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mercredi, 21 avril 2010

REFUSANT UN MARIAGE FORCE: UNE FILLETTE DE 10 ANS FUIT LE DOMICILE "CONJUGAL"

FILLETTE NOIRE.jpg

"Comment est-ce encore possible dans ce pays, en plein 21ème siècle?".

La scène qui s'est déroulée le mercredi 14 avril 2010 dans un quartier de la commune de Port-Bouët a suscité des réactions des plus variées lorsqu'elle a pris fin. Ce jour en effet, des passants et des riverains effarés découvrent une gamine qui résiste de toutes ses forces à une dame qui veut l'entraîner avec elle. La jeune fille visiblement, ressentait une terreur qui la poussait à s'agripper vivement aux objets ou même aux passants afin de ne pas suivre la dame en question qui de son côté ne ménageait ni coups ni efforts pour remporter ce bras de fer.

Les cris et le désespoir visible de la fillette poussent les passants et les riverains à intervenir dans cette affaire afin, de s’enquérir de la cause de ce remue-ménage qui trouble la quiétude du quartier en cet après midi de forte chaleur. Ils s’aperçoivent très vite que les deux protagonistes ne sont pas des Ivoiriens. La petite fille ne parlant pas un traître mot de français, c’est tout naturellement la dame qui instruit la foule des curieux qui s’étaient alors rassemblés sur les lieux, sur les raisons de ce tapage. Elle informe tout un chacun qu’il s’agit de sa nièce et que cette dernière a fait une fugue et qu’elle la recherchait depuis deux jours. Ce serait un de ces cousins qui l’ayant aperçue a donné l’alerte.

Toutes ces indications intriguent certains témoins. Ils veulent entendre la version de la fillette, mais celle-ci ne s’exprime que dans une des langues du Burkina Faso. Qu’à cela ne tienne, une femme burkinabé habitant le quartier est aussitôt dépêchée sur les lieux. C’est elle qui donnera le fin mot de cette intrigue. Il ressort donc des explications de l’interprète que, la fillette d’une dizaine d’années a été mariée au Burkina Faso par un de ces compatriotes vivant en Côte d’Ivoire. Compatriote beaucoup plus âgé qu’elle. Ce dernier après avoir engagé les frais inhérents au mariage est retourné en Côte d’Ivoire pour se préparer à recevoir sa « dulcinée ». Celle-ci dès son arrivée a profité d’un moment d’inattention pour prendre la poudre d’escampette, au grand dam de sa famille maternelle à qui injonction a été donnée de la retrouver illico presto.

Acculée, la bonne dame fini par reconnaître les faits et tente de se justifier. Selon elle, des frais auraient été déjà engagés par l’époux et l’honneur de la famille (de la fillette) est en jeu. « D’ailleurs, le monsieur en question n’est pas si vieux. Il approche la quarantaine », assure-t-elle pour gagner quelques sympathies. Quarante ans contre dix ans, le calcul a été vite fait par la foule en colère. La police est aussitôt appelée par un témoin. « Il faut punir cette ignominie », a-t-il lancé indigné. Quant à la victime, elle affirme s’être enfuie car, elle a peur que le « vieux là », lui fasse du mal. Ainsi donc, cette innocente sait dans son subconscient que ce mariage a quelque chose de malsain, c’est pourquoi elle n’en veut pas.

Arrivés sur les lieux, les éléments du 45ème Arrondissement ont embarqué tout ce beau monde pour explication au poste de police. La seule chose à regretter dans cette triste affaire, c’est l’opinion de certaines jeunes filles ivoiriennes à l’attitude assez dévergondée qui assuraient que la fillette devrait regagner son foyer puisque son « mari n’aurait que 40 ans, avec les moyens de l’entretenir». Tous les défenseurs des droits de l’homme surtout des femmes et des filles ont visiblement beaucoup d’efforts à faire notamment au niveau de la sensibilisation des populations en matière d’abus de tout genre.

Olivier Guédé

Sources : L’Intelligent d’Abidjan, Access Africa

mardi, 13 avril 2010

ABIDJAN: DEUXIEME JOUR DE GREVE DES TRANSPORTEURS

GARE RIVIERA PALMERAIE.jpg

Photo: La gare des wôrô-wôrô de la Riviera Palmeraie désespérément vide

La rumeur s’est confirmée. La grève des transporteurs s’est prolongée.  Abidjan s’est réveillé ce mardi matin comme hier lundi. Sans moyen de transport.

Au deuxième jour de ce mouvement de grève, les causes sont les mêmes : l’augmentation des prix du carburant.

Boulevard Mitterrand. La voie principale reliant Cocody (la commune présidentielle) à Bingerville (ancienne capitale de la Côte d’Ivoire). Il est 08 heures, ce mardi, mais déjà la circulation est fluide. Véritable tape à l’œil pour qui sait que d’habitude, à cette heure, un énorme embouteillage engorge la voie. L’usager averti remarque aussi qu’il n’y a aucun véhicule de transport en commun. Ni taxi compteur, ni gbakas (véhicule de transport en commun de 18 places environ), ni wôrô-wôrô (taxi communal).

Sur les trottoirs, les habitués de ce mode de transport s’agglutinent peu à peu. Espérant que les choses ont évolué. Le lot de voitures privées se pavanant sur la chaussée, les fait vite déchanter. Dans les gares, c’est le calme plat. Les transporteurs sont décidés à aller jusqu’au. Comme ce transporteur en colère qui ne démord pas.

« Cette fois nous allons tenir une grève illimitée jusqu’à ce que le prix de l’essence baisse. Nous sommes fatigués de rouler et que nos bénéfices ne servent qu’à payer le carburant ».

C’est l’exemple de la gare de wôrô-wôrô de la Riviera palmeraie (un quartier huppé). «Ce matin il n’y avait aucun wôrô-wôrô à la gare», déclare un habitant du quartier. Outre le secteur routier, certaines écoles ont du faire «journée morte». C’est le cas de l’Université de Cocody où des examens ont dû être reportés. «Nos camarades n’ont pu être là, on a donc été obligés de reporter la composition», explique  Silvère Della, étudiant en Faculté de psychologie.

La réponse ingénieuse des populations

Pour les uns, la solution se trouve dans les raccourcis. «C’est dans ces situations qu’il est important de connaitre ces petits chemins qui vous mènent à destination», explique en riant un étudiant. Pour lui, il suffit de s’armer de courage. Juste assez pour marcher jusqu’à destination. A condition que le chemin ne soit pas long. Dans ce cas la solution reste le  bus. «Pour nous qui allons loin, le bus reste le meilleur moyen de transport», confie une jeune fille en réponse à l’étudiant. Le bus reste, en effet, le seul moyen de transport en commun encore accessible. Le nombre des usagers des bus a explosé, depuis hier, lundi. Mais jusqu’à quand encore les usagers vont-ils supporter cette situation ?

Roland N’Dekploman


Source: Avenue 225


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Grève des transports en commun abidjanais : que se passe-t-il ?

Depuis hier matin, vous avez, vous qui vivez à Abidjan, remarqué comme moi qu'il était difficile, voire impossible de trouver un taxi, un wôrô-wôrô ou même un gbaka. La raison : les transporteurs ont décidé de protester contre la récente augmentation des prix à la pompe des carburants (le 1er avril dernier), qu'ils jugent de trop. Voici la teneur d'un article de Cinthia Aka du Nouveau Réveil qui en parle :

« Les chauffeurs de taxis communaux commencent à partir d'aujourd'hui une grève illimitée en raison de la hausse du prix du carburant. Dans une déclaration, à nous parvenue, le président du comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport (Ccsat), a déploré le manque d'attention de la part du gouvernement de la Côte d'Ivoire, à leur cri du cœur, à la suite de l'augmentation du prix du carburant à la pompe le 1er février 2010. "Le gouvernement de la Côte d'Ivoire n'ayant pas été attentif à notre cri du cœur suite à l'augmentation du prix du carburant à la pompe le 1er février 2010, cette 2ème augmentation du prix du carburant entrée en vigueur le 1er avril est insupportable pour tous les Ivoiriens en général et pour notre secteur en particulier. C'est alors pour parler d'une même et seule voix, face à cette augmentation de trop, que le comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport, a reçu mission de la base, de faire un arrêt général de travail dénommé : "Journées sans transport", à partir du lundi 12 avril 2010, et cela, jusqu'à ce que le prix du carburant soit revu a la baisse. Nous comptons sur la compréhension, la bonne foi de tous", a déclaré, le président du comité de crise, Eric Diabaté. Le patronat des transports routiers de Côte d'Ivoire, par la voix de son porte-parole Mamadou Diaby, a indiqué le vendredi dernier que les tarifs des transports connaîtront un réajustement ou une augmentation dès cette semaine ».

On est en droit de se demander pourquoi cette grève, alors qu'en matière de fixation des prix des carburants, l'heure est désormais à la transparence. En effet, tout le monde sait qu'à la suite de la conclusion d'un programme avec le FMI, l'Etat de Côte d'Ivoire s'est engagé à réajuster mensuellement les prix à la pompe en fonction de la conjoncture sur les marchés internationaux. Alors cette nième hausse n'est pas étonnante en soi !

Ce qui pourrait poser problème, ce serait son amplitude.  Même là, je crois qu'il n'y a pas de quoi foueter un chat : si on considère l'augmentation du prix du gas-oil, elle s'établit à 4,9% (de 615F à 645L le litre) contre 5,4% pour l'essence super sans plomb (de 739F à 779F le litre). Alors qu'entre février et mars 2010 (période de référence pour cette hausse), l'augmentation du prix du pétrole sur les marchés internationaux est de 7,5%, soit largement au-delà des hausses appliquées sur le marché abidjanais. Dans ces conditions, quelle est la vraie raison de cette agitation ? Ne serait-ce pas une façon de préparer les esprits à un surajustement des prix des transports, c'est-à-dire à une hausse plus que proportionnelle à celle du prix du carburant ?

J'espère que cette fois-ci, ceux qui sont les plus concernés (c'est-à-dire vous et moi), ne vont plus se comporter comme de simples spectateurs neutres et muets ! Nous aussi, on doit voir dedans...

Ch@rlie

Source: Le blog Aller de l'avant

COTE D'IVOIRE: UNE ADOLESCENTE MEURT APRES AVOIR ETE EXCISEE

HALTE A L'EXCISION.png

 

Deux exciseuses traditionnelles ont été mises aux arrêts, mardi, dans le village d’Aboisso-Comoé, dans le département d'Alépé (sud, région des Lagunes), par la brigade de gendarmerie locale, après qu’elles ont procédé à l’excision de plusieurs adolescentes, dont l’une a succombé à la suite d’une forte hémorragie causée par cet acte.

Les deux exciseuses en question, résidant à Abidjan, dans la commune d'Abobo, banlieue au nord de la capitale économique ivoirienne, se seraient rendues à Aboisso, accomplir ce rite sur les jeunes filles, à la demande des communautés guinéenne et malienne de cette localité. Ces dernières ont reconnu leur acte, et ont été mises en détention à la gendarmerie d’Alépé, en attendant d’être déférées pour être jugées devant les tribunaux

Le gouvernement ivoirien, par le truchement du ministère de Famille, de la Femme et des Affaires sociales avait procédé, en partenariat avec l`Unicef, au lancement, le 22 mars, d’un label dénommé " Tolérance Zéro de l’excision ", qui vise à passer de la phase de la sensibilisation à celle de la répression contre l’excision et toutes les formes de mutilations génitales.

"La forte prévalence de cette pratique, en Côte d`Ivoire, est intolérable et doit interpeller la conscience des communautés nationale et internationale sur la nécessité de la prévenir et de la réprimer", avait déclaré, à cette occasion, la ministre de Famille, de la Femme et des Affaires sociales, Jeanne Peuhmond

 

Source: AIP/ Le Blog de Bob Traoré de Djess

01:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : côte d'ivoire, excision, mort d'une excisée, aip, bob traoré de djess, halte à l'excision | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 25 mars 2010

AXE GAGNOA-DIVO: UN EFFROYABLE ACCIDENT PROVOQUE PAR DES COUPEURS DE ROUTE!

DIVO. ACCIDENT.JPG

 

Absolument affreux, insoutenable! Reçu d'un ami pour interpeller la Côte d'Ivoire entière et les autorités ivoiriennes sur le dramatique fléau des coupeurs de routes qui écument et gangrènent nos contrées laborieuses et paisibles. J'en ai déjà été victime, avec tous les autres passagers de mon Massa (mini car), sur l'Autoroute du Nord, en partance pour Yamoussoukro, un peu avant Nzianoua, il y a trois années de cela. Je sais donc de quoi je parle. Un cauchemar que je ne suis pas prêt d'oublier. Ames sensibles, s'abstenir (si je puis encore le dire). Mille excuses pour le cru de l'image, mais c'est cela la réalité de mon pays. Hélas !!!

 

C'est vraiment horrible ! Voici le résultat du travail des coupeurs de route, la semaine dernière, sur l'axe Gagnoa-Divo.

Après avoir arrêté un car, ils dépouillent les passagers et les font coucher à plat ventre sur la route, juste après le car en stationnement.

Malheureusement, un autre car arrive à toute vitesse, tente le dépassement et se retrouve sur tous ces infortunés passagers qu'il a écrasés.

13 morts sur le champ et de nombreux blessés graves. Les coupeurs de route ont eu le temps de prendre le large. Comme des lâches.

De grâce, évitez l'axe Abidjan-Gagnoa-Duékoué et prenez, de préférence, celui d'Abidjan-Yakro-Daloa-Duékoué, mais en journée.

Même en pleine journée, l'axe Man-Duékoué est parfois pris en otage par les coupeurs de route, pendant que les chemins des champs sont assaillis par d'autres coupeurs de route et  violeurs.

Ah, quel monde!

Attention, Attention! Voyageurs de Côte d'Ivoire, prudence, mille fois prudence!!!

Merci de partager notre peine et prudence à tous, en prenant soin d'informer le maximum de personnes.

 

Guillaume Kouamé Brou

19:12 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : côte d'ivoire, accident de la circulation, coupeurs de route, axe gagnoa-divo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 22 mars 2010

CYBERCRIMINALITE: L’ETAU SE REFERME LENTEMENT AUTOUR DES BROUTEURS

BROUTEUR. COTE D'IVOIRE.jpg

Qui n'a jamais reçu un spam l’appelant à envoyer de l’argent à l’autre bout du monde ? En Côte d’Ivoire, d’où sont envoyés une grande partie de ces mails, on appelle cela du "broutage". Il s’agit d’appâter un internaute européen à la suite d'un échange de courriers électroniques en lui faisant miroiter une somme d'argent en échange d'un service rendu, un investissement immobilier ou encore en se faisant passer pour une femme en quête d’un mari. Les brouteurs, qui renouvellent sans cesse leurs stratagèmes, sont passés maître en l’art de la persuasion, grâce notamment à leur capacité à produire de faux documents pour rassurer leur "pigeon" sur leur identité ou leur bonne foi.

Victime de leur crédulité, leurs proies récalcitrantes peuvent faire l’objet de chantage, avec photos compromettantes à l’appui, pour les presser à verser l’argent. Les autorités tentent de lutter contre ce phénomène qui pénalise la réputation du pays. Notre Observateur à Abidjan nous affirme que l’heure de l’impunité sera bientôt révolue.

Vous avez été victime des brouteurs ? N’hésitez pas à témoigner en laissant un commentaire ci-dessous.

 

"Certains d’entre eux en on fait leur activité principale"

Abraham Djekou, 43 ans, est ingénieur en télécommunications. Il travaille au sein de l’Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI).

"Le phénomène des brouteurs a pris de l’ampleur depuis deux ans, dit-il. Au départ, c’était l’œuvre de quelques spécialistes, mais les jeunes ont rapidement et massivement pris la relève. Ils s’attaquent quasi-exclusivement à des Européens. Pour accomplir leur forfait, ils ont besoin de complices, notamment au moment de retirer l’argent qui est envoyé depuis l’étranger. Les brouteurs opèrent depuis des quartiers biens précis, comme par exemple Treichville et Marcory. Certains d’entre eux en on fait leur activité principale. Encouragé par l’anonymat que leur garanti Internet et la crédulité de leurs victimes, ils sont nombreux à avoir fait fortune".

"La réputation de la Côte d’Ivoire a pâti de ces pratiques. Le pays est désormais blacklisté sur Internet. Certains grands sites web bloquent les IP ivoiriennes. Cela pénalise économiquement le pays et les transactions et les échanges commerciaux en ligne. Pour lutte contre ce fléau, une plateforme de cyber-criminalité a été mise en place. Son rôle est de surveiller les brouteurs, les confondre avec la police et les faire condamner par la justice. Ce phénomène devrait baisser d’au moins 80 % dans les prochains mois. De plus, pour compliquer la tâche des brouteurs, une loi obligeant les internautes des cybercafés à présenter une carte d’identité entrera en vigueur le mois prochain."

A propos du CICERT/CC


L'Agence de Régulation des Télécommunications de Côte d'Ivoire (ATCI) met à votre disposition un centre d'assistance et de soutien en matière de sécurité informatique (CICERT/CC).

Côte d’Ivoire Computer Emergency Response Team : Equipe de réponses aux urgences informatiques, Centre de Coordination Ivoirien.

Ce centre offre l'assistance nécessaire aussi bien aux citoyens qu’aux professionnels concernant tous les problèmes ayant trait à la sécurité des systèmes d’information et veille à la disponibilité des moyens appropriés, aptes à assurer la protection de l’espace cybernétique national. Il vise aussi à informer et sensibiliser la communauté nationale sur les menaces de sécurité et la guider sur les moyens de s’en protéger.

BANNIERE CICERT.jpg

 

UNE PRESENTATION PLUS LARGE DU CICERT

Avant-propos

La cybercriminalité désigne l’ensemble des infractions pénales susceptibles d’être commises sur les réseaux de télécommunications en général et plus particulièrement sur Internet. Ces dernières années, la cybercriminalité a fortement affecté l’image de la Côte d’Ivoire au point d’être classée pays à risque dans les transactions en ligne internationales. Une étude réalisée par le CIRES[1] a montré que 71% des internautes ivoiriens jugent le niveau de criminalité sur le réseau Internet ivoirien important.

Vu l’ampleur du phénomène, l’Agence des Télécommunications Côte d’Ivoire (ATCI) a mené diverses actions dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité ; elle a notamment organisé des ateliers et conférences, donné des interviews et participé à des émissions télé et radio. L’on pourrait par exemple citer la conférence régionale africaine sur la cybersécurité[2] qui s’est déroulée du 17 au 20 novembre 2008 à Yamoussoukro et a porté sur le thème: "Bâtir un espace numérique de confiance en Afrique". A l’issue des différentes réflexions, l’ATCI a décidé de mettre en place un centre de veille, de surveillance et de traitement des menaces et incidents sur les réseaux d’information au niveau national. Ce centre est dénommé Côte d’Ivoire Computer Emergency Response Team (CICERT).

Le CICERT a débuté ses activités le 19 juin 2009 avec comme objectif principal de lutter contre la cyber escroquerie. Depuis cette date, de nombreuses actions visant à freiner l’expansion de ce phénomène ont été entreprises. Le présent texte est tiré du rapport annuel d’activités du CICERT.

1- PRESENTATION DU CICERT

1.1 Création

Le centre de veille, de traitement des menaces et incidents informatiques de la Côte d’Ivoire,  dénommé CICERT (Cote d’Ivoire Computer Emergency Response Team) a été créé par l’ATCI et a débuté ses activités le 19 juin 2009.

Le site web du CICERT est: www.cicert.ci et son adresse Email de contact est info@cicert.ci.

1.2 Missions

Le CICERT a pour ambition de contribuer à assurer la confiance dans l’utilisation de l’Internet par la communauté des Internautes ivoiriens (le secteur public, le secteur privé et les particuliers).

A cet effet, ses missions sont les suivantes :

§  mettre fin aux escroqueries via Internet venant de la Côte d’Ivoire ;

§  sensibiliser la population des dangers à l’utilisation des TICs ;

§  assurer la fonction de point focal  de la Côte d’ivoire pour les questions de cybercriminalité ;

§  promouvoir l’utilisation appropriée des technologies de l’information et de la communication ;

§  proposer des programmes de formation de haut niveau dans les différentes branches de la sécurité des systèmes d’information ;

§  faciliter la communication entre les professionnels et les experts travaillant dans le domaine de la sécurité informatique.

1.3 Organisation

Le CICERT est constitué d’une équipe technique comprenant 6 Ingénieurs informaticiens spécialisés en sécurité informatique.

Cette équipe exécute les tâches suivantes :

§  traiter les plaintes portant sur l’escroquerie sur Internet reçues en ligne à l’adresse info@cicert.ci,

§  détecter et résoudre les incidents informatiques ;

§  publier des bulletins de vulnérabilités

§  sensibiliser sur les nouvelles méthodes d’arnaques

2- ACTIVITES

2.1 Statistiques de la lutte contre la cyber-escroquerie

Dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité, et particulièrement de la cyber-escroquerie, le CICERT et la Sous Direction des Traces Technologiques (SDTT) de la Police Scientifique collaborent au sein d’une plateforme.

Le CICERT reçoit les plaintes en ligne à l'adresse info@cicert.ci et par documents papier transmis par la police ou provenant du parquet. Les plaintes sont traitées, toutes les recherches afférentes sont effectuées en ligne, et les résultats sur la localisation des cyber-escrocs sont remis à la police scientifique.

La police est alors chargée d’interpeller les personnes suspectes et d’initier les procédures judiciaires et le déferrement des cyber-escrocs. Les réalisations de la plate forme sont présentées à travers les statistiques du Rapport Annuel (Voir CICERT).

2.1.1 Classifications des arnaques

6 types d’arnaques ont été recensés par le CICERT ; ce sont :

·     Arnaque à Héritage ;

·     Love Tchat ;

·     Loterie ;

·     Usurpation de comptes mails ;

·     Arnaque aux Grains ;

·     Commande avec promesse d'achat ;

·     Usurpation d'identité ;

·     Arnaque par téléphone portable.

Description des différents types d'arnaques

Fausses dotations ou legs (héritage)

Elles prétendent être sans famille, sans descendance et sont donc  à la recherche d'un parfait inconnu  à qui léguer leur fortune. Elles  se disent très pieuses et souhaitent de préférence que leur donation soit faite au bénéfice d'une œuvre caritative.

Demandes d'aides

Les demandes d’aides, plusieurs cas de figure entrent en ligne de compte, mais les plus souvent utilisés. L’escroc se fait passer pour :

ü  une orpheline, une veuve ou une personne influente poursuivie par les assassins de son père ou de son mari, réfugiée dans une ONG ou une église ;

ü  l’héritière d'une importante somme d'argent se trouvant dans une malle, confiée à une société de sécurité.

Dans le  du Spam, l'escroc demande de l'aider pour sortir une somme d’argent de son pays et   propose en contrepartie 15% à 20 % du montant.

Fausse loterie

La fausse loterie consiste à faire soit des promotions au nom de grandes firmes internationales, usurpant ainsi le nom, la marque, etc., ensuite intervient une désignation des gagnants fictifs en envoyant des spams. C’est ainsi qu'on retrouve souvent des loteries COCA-COLA, MICROSOFT, BMW, PARAMOUNT, etc..

Ces fausses loteries sont également organisées à l'occasion d'évènements nationaux comme la CAN FOOT 2010 en Angola, le Mondial FOOT 2010 en Afrique du Sud, les jeux Olympiques 2010, etc.

Usurpation d'identité

C’est une technique permettant d'obtenir des informations confidentielles d'une personne, en lui donnant des raisons valables de le faire.

Par exemple, le cyber-escroc envoie un spam dans lequel il se fait passer pour le support technique d’un fournisseur de mail quelconque (Yahoo ou Hotmail…) et demande aux potentielles victimes de communiquer leurs informations confidentielles (login, mot de passe).

Le cyber-escroc prend alors le contrôle total de la messagerie de la victime et envoie des messages malveillants aux contacts de cette dernière.

Love Tchat

Le Love Tchat est une arnaque où un étranger prétend avoir une attirance, des sentiments amoureux et gagne ainsi l'affection de sa victime.

Cette arnaque repose sur la création de liens affectifs forts qui sortent de toute logique habituelle et font appel à des émotions intenses. Ces émotions sont suscitées en ayant recours à des photos attractives, des profils de rêves sur des sites de rencontre, des lettres flatteuses, des pratiques mystiques, etc.

La stratégie consiste principalement à obtenir de la victime qu'elle tombe amoureuse et ait envie d'être avec l'arnaqueur. La promesse d'un mariage est courante.

La manipulation psychologique est telle que la victime perd tout discernement et libre arbitre.

Commande de marchandises avec promesse de paiement par carte de crédit ou virement bancaire

Les escrocs passent des commandes de matériels à des exportateurs européens ou à des hôtels au nom de fausses entreprises ivoiriennes et proposent de payer soit par carte de crédit (il s'agit alors de cartes de crédit volées ou fausses), soit par virement bancaire (il s'agit de faux ordres de virement, souvent d'excellente qualité).

 

Ne répondez JAMAIS à ce type de sollicitations sur le Net !!!

 

2.1.2 Dénonciations

Le CICERT a enregistré 950 dénonciations en 2009. Les dénonciations représentent l’ensemble des emails des victimes de cyber-escroquerie et des Spams reçus par le CICERT. Le nombre élevé des dénonciations montre que le CICERT assure bien la fonction de point focal ou point de contact pour les questions de cybercriminalité, aussi bien pour les personnes résidant à l’extérieur qu’à l’intérieur de notre pays.

Les dénonciations parviennent au CICERT par :

§  E-mail (info@cicert.ci);

§  appels téléphoniques (20 22 91 99 / 20 22 91 97)

§  la police (les plaintes déposées auprès de la police ou du Parquet).

Les plaignants sont en général :

§  des personnes physiques ou particulières

§  des ONGs et associations

§  des entreprises (les banques, sociétés immobilières, etc.) 

Dénonciations par type d’arnaque

La répartition des dénonciations par type d’arnaque est présentée ci-dessous sous forme de tableau :

 

Types d’arnaque

Nbre de dénonciations

Pourcentage

Héritage

285

30,0%

Love Tchat

177

18,6%

Loterie

163

17,2%

Usurpation de comptes mails

80

8,4%

Arnaque aux Grains

71

7,5%

Commande avec promesse d'achat

70

7,4%

Usurpation d'identité

64

6,7%

Arnaque par Téléphone Portable

40

4,2%

Total

950

100%

Tableau. Statistiques des dénonciations par type d’arnaque en 2009

2.2 Assistance à tiers

Les usagers d’Internet résidant ou non sur le territoire ivoirien contactent le CICERT en vue d’être assistés. Cette assistance à tiers consiste à :

§  aider les victimes pour récupérer les entêtes SMTP

§  prodiguer des conseils à une victime d’arnaque et à lui indiquer la démarche à suivre pour porter plainte

§  sensibiliser le public sur les arnaques via Internet

§  donner des conseils afin d’éviter d’être arnaqué

2.3 Les bulletins de sécurité

Outre la lutte contre la cyber-escroquerie, l’une des activités du CICERT est la veille sur les menaces, les vulnérabilités ainsi que les cyber-attaques. Dans le cadre de cette activité, le CICERT effectue des recherches sur Internet pour être informé des failles découvertes sur les systèmes d’exploitations et autres logiciels publiés en général par des sociétés d’édition de logiciels.

Le CICERT publie alors des bulletins de sécurité qui peuvent être répartis en deux catégories : les alertes et les mises à jour.

Les mises à jour sont des informations complémentaires ou des correctifs à un bulletin de sécurité existant. Ils constituent un mécanisme permettant de libérer rapidement des informations importantes d'une façon moins structurée.

Les alertes sont des informations détaillées sur des menaces ou des vulnérabilités spécifiques.

Le CICERT a publié sur son site web en 2009, 84 bulletins de sécurité repartis comme suit : 44 avis d’alertes et 40 avis de mise à jour.

 

Le CICERT, un partenaire sûr dans la lutte contre la cybercriminalité en Côte d’Ivoire !

 

Source : Les Observateurs France24, CICERT 



1 : Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales

2 : Voir le site de la conférence : www.afcybersec.org

YAMOUSSOUKRO: SERVEUSES ET PROSTITUEES

VENDEUSE DE SEXE A YAKRO.jpg

La capitale politique ivoirienne, Yamoussoukro, est en train de se vêtir d'habitudes malsaines. Photo: Une de ces serveuses-vendeuses de sexe en pleine activité.


Yamoussoukro est en train de prendre ses allures de véritable capitale, depuis l’accession au pouvoir de Laurent Gbagbo, en octobre 2000. Les grands chantiers se multiplient à la grande joie des populations, qui voient la ville natale de feu Félix Houphouët Boigny, renaître de ses cendres. Depuis la disparition, le 7 décembre 1993, de ce dernier. Les jeunes sont vivement sollicités dans les grands chantiers de construction de la ville lumière. Les grands gagnants du transfert de la capitale restent incontestablement, les tenancières de maquis et restaurants, ainsi que les gérants des nombreux bars qui commencent à pulluler dans la capitale. « Yamoussoukro a changé. Et la vie y bouge », nous lance un jeune natif du chef-lieu de la région des Lacs. Ces grandes rues désertes le matin, se remplissent à la tombée de la nuit. Les décibels que distillent les matos « dernier cri » aussi bien chez les tenancières de maquis que dans les bars de la ville, vous donnent un avant-goût de cette autre facette de la ville natale du « vieux ».


De la bonne chair à profusion

Si la capitale politique de la Côte d’Ivoire tient sa réputation de ces gigantesques et magnifiques édifices tels la Basilique, la Fondation FHB, l’hôtel Président, les écoles polytechniques, ces nombreux restaurants aux abords de la voie internationale ne participent pas moins à la pérennisation de cette aura nationale. En effet, dans ces lieux, qui ont fini par ravir la place aux espaces gastronomiques de renom d'Abidjan (Ficgayo, Ndotré..), on trouve de la bonne chair à profusion. Et cela, dans tous les sens du terme. De bons mets, avec de la viande « de brousse », vous attendent dans ces différents endroits gastronomiques de la capitale politique. En début de soirée, c’est un décor endiablé qui s’offre à vous. Alcool, musique, le show et le…
sexe ! Les « étrangers » (Ndlr : ceux qui viennent d’autres villes du pays et pour la plupart d’Abidjan) sont vite repérés, fait savoir Roland un des gérants des nombreux maquis qui ornent le long de la gare routière de Yamoussoukro. Qui ne se gêne pas à nous demander si on souhaite de la compagnie. En fait de compagnie, il ne s’agit ni plus ni moins que de filles de joie, « disposées à vous faire passer une nuit torride ». « La compagnie » est un terme pudique pour désigner des prostituées.

Leur métier : serveuses d’alcool et de sexe


« Vieux père, si vous voulez, je vous envoie deux Go (filles), tout de suite même », nous lance Laurent, gérant du maquis La T… de Yamoussoukro. Il fait signe à une serveuse de s’approcher. Elle lui fait savoir que ses services après le service ont été déjà rachetés. En clair, après 1h du matin, elle doit rejoindre son client qui l’attend dans un Hôtel. Certaines, pour peu qu’on leur offre de la boisson, vous ouvrent les portes de leur entrejambe. Dans les maquis comme dans les boites de nuit de la capitale, le mot d’ordre semble être donné. Après l’alcool, le sexe. Peguy ne s’est pas gênée à nous expliquer ce comportement. Pour la plupart, ces filles, fait-elle savoir, doivent subvenir aux besoins de leur famille. « Et c’est difficile de joindre les deux bouts avec ce maigre salaire qu’elles touchent. Elles sont donc contraintes de faire cela», explique-t-elle. C’est une forme de prostitution qui prend de plus en plus de l’ampleur ici à Yamoussoukro, déplore le jeune Kouamé Sylvain. Si on n’y prend garde, on risque de reproduire la Rue Princesse dans la capitale, ajoute Mlle Chimène, étudiante à l’INP-HB (Institut National Polytechnique Houphouet-Boigny) de Yamoussoukro. Pour l’instant les autorités de la ville semblent ignorer ce phénomène qui grandit dramatiquement. Et qui, à la longue, risque d’augmenter drastiquement le taux de prévalence du sida, à Yamoussoukro.

Une enquête réalisée par Frank Toti.

Source: ABIDJAN TRIBUNE

lundi, 15 mars 2010

LAURENT GBAGBO: LA FIN DU DELESTAGE DANS UNE SEMAINE

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Depuis plusieurs semaines, la Côte d'Ivoire est confrontée à un problème d'approvisionnement des ménages et des industries, en énergie électrique. Cette situation a pour conséquences, le délestage, créant des désagréments de toutes sortes aux populations. Face à ce problème, le Président de la République, S.E.M. Laurent Gbagbo, est monté au créneau (ce samedi 13 mars 2010, dans une allocution télévisée) pour expliquer les causes de cette pénurie et annoncer les actions qui sont entreprises par le Gouvernement afin de trouver les solutions les meilleures pour le bonheur des populations. Lire l'intégralité de son adresse au peuple ivoirien.

Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire.


Depuis près de deux mois, la Côte d'Ivoire connaît une pénurie d'électricité inhabituelle. L'approvisionnement des ménages et des industries en énergie électrique est rationné. Le délestage se prolonge et ses conséquences pèsent de plus en plus sur la vie des populations et les activités industrielles.
La cause essentielle de cette situation, c'est un accident survenu le 22 décembre 2009 sur les installations de la centrale d'Azito. Cet accident a provoqué l'arrêt d'une turbine, entraînant une chute brutale de la production d'électricité.
L'électricité produite en Côte d'Ivoire provient de 4 barrages hydroélectriques et de deux centrales thermiques, AZITO et CIPREL.

Au moment de l'accident, nous produisions 830 mégawatts, pour une demande moyenne de 875 mégawatts par jour. Soit un déficit de 30 mégawatts hors pointe. Ce déficit était dû à la baisse saisonnière du niveau de l'eau dans les barrages. La panne survenue à AZITO a réduit la production de 150 mégawatts, portant le déficit à 180 mégawatts, hors pointe.
C'est cet accident sur la centrale d'AZITO qui est la cause du délestage que nous subissons actuellement.

Depuis le début de cette pénurie d'électricité, aucun effort n'est épargné pour faire face à l'urgence. Nous mettons tout en oeuvre pour rétablir l'équilibre le plus tôt possible. Nous devons retrouver très vite un niveau satisfaisant de fourniture d'électricité, tout en recherchant les solutions durables.

Trois actions sont menées de front : la réparation de la panne, le recours à l'importation de l'électricité, et l'acquisition d'équipements d'appoint.
Les techniciens sont à pied d'oeuvre pour réparer la turbine avariée chez AZITO. Les opérateurs m'ont assuré que les équipements seront à nouveau fonctionnels avant la fin de ce mois de mars. Je leur demande de tout faire pour que, dans un délai d'une semaine, AZITO retrouve son rythme normal de production.

Pendant ce temps, nous faisons jouer les mécanismes de la coopération sous-régionale en matière d'énergie. Dans ce cadre, j'ai autorisé l'importation de l'électricité du Ghana. Depuis début février, ce pays nous fournit 25 mégawatts par jour. Nous travaillons à ce que cet apport augmente.

La troisième action engagée, c'est la location de deux centrales thermiques d'appoint, d'une capacité de production totale de 105 mégawatts. La mise en service de ces deux centrales est prévue, pour l'une, fin mars et pour l'autre, début mai.

A la même période, la centrale CIPREL qui a une capacité de production de 110 mégawatts, va s'arrêter pour cause d'entretien.

Nous avons encore une semaine à subir les délestages, le temps que la turbine d'AZITO soit réparée.
J'ai demandé au Premier ministre de veiller à ce que la gestion de ce délestage préserve les secteurs aussi sensibles que sont les centres de santé, les stations de pompage d'eau, les installations stratégiques du pays, les industries dont dépend la vie économique du pays.

Il est impératif, par ailleurs, de communiquer le programme des délestages aux populations et aux opérateurs économiques pour leur permettre de planifier leurs activités. Les villes, les quartiers, les régions et les villages doivent être informés du programme de délestage.

Mes chers compatriotes,
Nous faisons face aux conséquences d'un accident. D'après les spécialistes, le type d'accident survenu à AZITO en décembre dernier est rare. Ni l'Etat ni les opérateurs eux-mêmes ne pouvaient le prévoir. Mon rôle, en tout état de cause, devant les conséquences de cet accident, c'est de trouver les solutions pour régler le problème. C'est ce que je fais.


Aucun pays n'est à l'abri d'une situation comme celle que nous connaissons aujourd'hui. On se souvient des séries de pannes d'électricité qui ont ébranlé les pays d'Amérique et d'Europe en 2003.

Ici même en Côte d'Ivoire, nous avons connu une situation analogue en 1984. Les délestages ont duré au moins trois (03) mois. Vingt six ans plus tard, la consommation d'énergie a fortement augmenté. La demande est passée de 1 794 Giga watts heures (GWH) en 1984 à 5 315 Giga watts heures (GWH) en 2010. Le nombre des abonnés à la CIE est passé de moins de 350 000 à plus d'un million aujourd'hui.

Cette évolution a des conséquences sur l'exploitation des équipements. Depuis cette époque déjà, on devrait avoir construit de nouveaux barrages hydroélectriques. Mais, comme aujourd'hui, la conjoncture économique n'avait pas permis au gouvernement d'alors de faire les investissements nécessaires.

La politique des barrages hydroélectriques produisant de l'électricité à bon marché, a été abandonnée au profit de centrales thermiques. Ces infrastructures nous ont certes permis de combler le déficit de production mais elles ont contribué à creuser le déficit financier structurel du secteur.

Il est avéré que l'électricité produite par les centrales thermiques est plus chère que celle produite par les centrales hydroélectriques.

L'Etat a choisi de ne pas répercuter les surcoûts d'exploitation sur le consommateur. Naturellement, ce choix n'a pas permis au secteur de disposer de ressources suffisantes pour réaliser les investissements nécessaires.

La situation actuelle est donc aussi une alerte. Les mesures que nous avons prises permettront de revenir très vite à la normale. Mais il nous faudra rattraper le retard d'investissement. Nous devons continuer à investir dans l'acquisition de nouvelles centrales thermiques et la construction de nouveaux barrages hydroélectriques.
Les études du projet de barrage de Soubré sont achevées. Elles sont disponibles. Les négociations pour le financement sont en cours. Ce barrage aura une capacité de 270 mégawatts. Sa construction nous permettra d'apporter une réponse durable à l'équilibre du secteur.

J'appelle les Ivoiriens au calme. La situation est inhabituelle, certes, mais elle n'est pas sans issue.

Cette pénurie d'électricité est un défi pour les entreprises. Je salue la capacité d'adaptation des dirigeants de nos entreprises qui n'ont pas baissé les bras. Nous allons sortir de cette autre crise.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.

Source: ABIDJAN TRIBUNE

16:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, laurent gbagbo, délestage, cie, sodeci, azito, ciprel, barrages hydroélectriques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 12 mars 2010

Pr MAMADOU KOULIBALY: BIENHEUREUX VENANCE KONAN!

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Elle est à vous cette chanson…
"N'en parlez jamais qu'à un sage Car la foule est bien prompte à l'outrage, Je vais honorer l'être vivant Qui veut mourir dans le feu ardent.
Dans la fraîcheur des belles nuits Où tu reçus et donnas la vie, Te saisit un étrange sentiment Quand l'Étoile luit au firmament.
Tu veux enfin te libérer De la noirceur de l'obscurité Et un désir t'entraîne alors Vers un hyménée beaucoup plus fort.
Ne ménageant ni peine ni temps, Fasciné, tu t'élances en volant, Et recherchant le feu du ciel, Papillon tu te brûles les ailes.
Et tant que tu ne comprendras rien Au sens des mots : "Meurs et Deviens" Tu seras un obscur passager Sur cette terre enténébrée."

Nostalgie Bienheureuse
Johann Wolfgang Von Goethe (1815)

 

 

M. Venance Konan, suite à l’interpellation que j’ai adressée à vos lecteurs, vous avez pris l’initiative de me répondre personnellement. Ma démarche initiale était d’offrir à vos lecteurs une meilleure objectivité et de pointer du doigt le gouffre de subjectivité dont vous faites preuve après vous être égaré sur les terrains mouvants et dangereux de l’ivoirité. Vous avez certes écrit votre repentir mais votre attitude acerbe et votre grande désinvolture semblent démontrer que vous n’avez pas su tirer les conséquences de vos égarements passés et que ce repentir se limite à quelques paroles alibis. J’ai d’ailleurs le sentiment que vous êtes toujours sur la voie de l’égarement car la critique populiste dépourvue de propositions est un exercice qui s’apparente peu au statut d’un intellectuel responsable. Vous aimez réveiller les haines et attiser les angoisses comme si pour vous, notre vie devait errer entre la peur et la douleur, la jungle et le zoo, la loi du plus fort et la loi du talion. Pour ma part, je crois fermement à l'état de droit, à la société ouverte et j'ai foi en l'homme.


Gare aux égarements populistes ! Le dictionnaire Wikipedia décrit ainsi le populisme : « met en accusation les élites ou des petits groupes d'intérêt particulier de la société. Parce qu'ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l'appareil d'État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le « mettre au service du peuple ».

 

Afin de remédier à cette situation, le leader populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité, mais ignore complètement les réalités de la décision politique (notamment le fait qu'elles doivent être inscrites dans un agenda, qu'elles doivent tenir compte des avis parfois contradictoires de la société civile), comme la complexité des situations décrites. Ces solutions sont présentées comme applicables tout de suite et émanant d'une opinion publique présentée comme monolithique. Les populistes critiquent généralement les milieux d'argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative, etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu'ils prétendent représenter.

S'ils accèdent au pouvoir, il peut leur arriver de supprimer les formes traditionnelles de la démocratie, au profit d'institutions autoritaires, présentées comme servant plus authentiquement "le peuple". Des comportements populistes peuvent affecter toutes les activités de la société, cela amène des organismes, des institutions ou des associations à favoriser des positions réputées « populaires ». Elles peuvent montrer paradoxalement un certain mépris pour le peuple, le vulgus latin, pensé comme la populace, la foule, les masses, le troupeau. Ceci est particulièrement notable en publicité où « le peuple » est mis en scène, souvent sous la forme de personnages ignorants ou idiots ».


Les dégâts dont vous êtes comptable


La méthode populiste fait ainsi appel au bon sens populaire et au simplisme, ignorant la complexité des situations décrites. Ainsi, pour exemple, vous soutenez que : L’eau et l’électricité sont coupées dans les zones rebelles, personne n’en parle. On a tué de pauvres marcheurs en mars 2004, personne n’en parle. On a bombardé Bouaké et tué des Blancs et des Noirs aussi, personne n’en parle. L’opposition au président Gbagbo est trop molle, faiblarde, nulle même. Les étrangers s’accaparent notre économie, cela ne nous dit rien, tout ce qui nous intéresse, c’est vouloir gérer l’Etat ; le reste nous importe peu. Mélange de genres, mélange d'époques, mélange « d’agresseurs », mélange d'émotions, mélanges de victimes. Tout est amalgame. Prémices vraies mais conclusions stériles. Hypothèses confuses et déductions légères. Mais avez-vous idée des conséquences de vos thèses sur le tissu social et l'esprit de cohésion nationale ? Derrière votre apparente satire sociale, c'est-à-dire votre « représentation critique et comique de nos défauts, de nos vices, de nos mensonges, observés dans la réalité sur le plan moral, politique, social », vos analyses souffrent de nombreux biais que vous ne pouvez ignorer et qui, j'espère, n'échappent pas à vos lecteurs qui ont dû retenir l'avertissement de Paul Valery selon lequel : « Le mélange du vrai et du faux est plus faux que le faux ».


Hier, vos écrits ont animé des hantises et des haines, des peurs et des frayeurs qui ont contribué à donner des alibis à ceux qui ont pris les armes et organisé une rébellion contre l'Etat de Côte d'Ivoire. Les conséquences pour le pays demeurent et vous semblez aujourd'hui vous en laver les mains préférant rejeter les fautes sur d’autres. Comme c'est facile ! Les propagandistes du fascisme sont poursuivis aujourd'hui encore dans le monde. Ceux du génocide rwandais dit "des mille collines" aussi comme ceux de l'ex-Yougoslavie. On ne s'en sort pas par un soi disant repentir jeté à la face des lecteurs. Comme ça ! La méthode du pyromane pompier.


Ainsi, je suis étonné de votre propension à traiter avec légèreté vos égarements passés. D’un revers rapide vous écrivez votre repentir et vous vous précipitez dans la critique sarcastique, occultant totalement le fait que les souffrances d’aujourd’hui aient pu prendre racine dans un passé récent à travers l’idéologie restrictive que vous avez soutenue et promue. A quand l'ouverture des portes de votre prison de haine ?


Soulignons que la propagande autour de l’ivoirité était telle, au moment où le président Bédié partait du pouvoir, que le concept n'était plus perçu comme l'idéologie d'une partie du PDCI, votre parti, mais comme le projet de société du peuple de Côte d’Ivoire tout entier. De nombreux ivoiriens étaient devenus ivoiritaires et plusieurs refondateurs sont semble-il, devenus eux-aussi des gourous de l'ivoirité grâce à vous et à vos amis. Vous avez fait des émules qui continuent aujourd'hui de vous rendre hommage alors que vous prétendez avoir tourné casaque. Combien sont-ils aujourd'hui ceux qui au FPI, au RDR et ailleurs cherchent à vous égaler voire à vous surpasser ? Vous n’auriez donc aucune responsabilité dans le blocage actuel du pays dites-vous ? Un peu d’humilité eut été de rigueur si vous aviez une certaine honnêteté intellectuelle et une vision globale dans l’analyse.

Certes, vous reconnaissez avoir contribué au saccage du climat social, mais que faites-vous aujourd’hui pour réparer cela à part mettre les dégâts en pertes et profits collectifs ? Votre relativisme moral est inacceptable. Votre relativisme culturel est insupportable. Votre relativisme politique n'est pas défendable. Vous aimez vous présenter en fédérateur des déçus, certes fédérez-les, mais en tant qu’intellectuel, ouvrez-leur des horizons. Faites des propositions pertinentes pour fédérer non des déceptions mais des espoirs. Mais quelle est donc la place de l'écrivain et du journaliste à coté des actions et des réflexions "politiciennes" que vous menez ? Ne resterez-vous pas dans notre histoire l'apologiste de l'ivoirité ? Vous serez sans doute autre chose après vos différentes mutations, mais vous ne cesserez jamais d'être l'écrivain qui, dans sa génération, aura fourni le plus d'apologues incitant à la division des ivoiriens.

Lorsque vous vous interrogez sur les raisons qui me poussent à ne pas démissionner du FPI, ce parti qui, selon vos dires, serait responsable de tous les maux de notre société, je vous réponds qu’à l’inverse je n’ai jamais compris pourquoi vous tentez, avec tant d’énergie, de dissimuler votre engagement partisan au sein du PDCI bédiéiste. Pourquoi ce masque de chroniqueur pour défendre votre parti politique ? De quoi avez-vous donc peur alors que, grâce à vos écrits, tout semble désormais permis ? Pourquoi tenter de réécrire l'histoire alors que les témoins sont vivants ? Pourquoi rechercher, par de vaines accusations, des responsables sinon des coupables là où aucun révisionnisme n'est désormais possible ?


Merci de vous inquiéter pour moi, mais tout va bien

 
En ce qui me concerne, je n’aime pas les attitudes masquées et préfère vivre ouvertement mon engagement, tout en restant objectif et en osant critiquer les dérives de mon propre groupe si nécessaire. L’engagement n’est pas forcément synonyme de comportement moutonnier que je ne confonds d'ailleurs pas avec la discipline du parti. C’est pour cela que je continue à réfléchir et à publier régulièrement des réflexions personnelles tout en militant au sein du FPI. Je me considérais comme un intellectuel avant d'entrer en politique. Je crois encore que je le demeure. J'estime que lorsque l'intellect se met au service de la politique c'est pour élever le débat démocratique et contribuer à la sortie de la société magique, de l'obscurantisme. Pour moi la politique ne signifie ni terrorisme intellectuel ni barbarie de la pensée unique. Faire de la politique n'est pas une bataille pour des postes de gouvernement, c'est contribuer au bien-être de la population par un plaidoyer en faveur de la liberté de parole et de pensée. Ni anarchiste, ni mercenaire, mais responsable des idées produites et de leurs conséquences directes et perverses.

 

Pour la Côte d'Ivoire par contre ça ne s'arrange pas

 

Lorsque je vous questionne au sujet de la Côte d'Ivoire ne me parlez pas de ma carrière politique car elle importe peu par rapport à ce qui se joue. Je ne suis pas entré en politique pour devenir quelqu'un. J'y suis parce que j'ai des convictions à faire partager. Les hommes et les femmes qui les acceptent, m'obligent. Ceux qui n’y adhèrent pas ne font que raffermir ma détermination.

Vous parlez également du bilan des refondateurs. Que sont les refondateurs à vos yeux M. Konan ? Si c’est le groupe actuellement au pouvoir, rappelons qu'il a été constitué consécutivement à l’accord de Marcoussis dont Bédié est signataire. Le pouvoir a alors été distribué, tel des parts de gâteau, aux différentes forces politiques, légalement constituées ou pas. Dans ce contexte, le programme de la refondation a fait place à la politique de la médiocrité et à la rebfondation qui ont entretenu des querelles meurtrières. Le but ultime étant de ne surtout pas faire de vague et de partager les postes à responsabilité au sein d'un Etat qui jour après jour, n'a cessé de devenir faible et exsangue.

Vos amis du PDCI sont également au pouvoir et partagent donc les responsabilités dans les échecs comme dans les réussites. Vos amis acceptent de mourir pour cet Etat qui ne tient plus tête et qui est incapable d'assurer ses responsabilités. Pourquoi, le docteur en droit que vous êtes ne sort pas des généralités pour parfaire son acte d'accusation ? Pourquoi ne faites-vous pas une évaluation des responsabilités de chaque signataire de Marcoussis, ministère par ministère avant de situer les culpabilités et de prononcer vos sentences ? Votre méthode réductrice est analytiquement pauvre. Vous vous contentez de lieux communs et de stéréotypes. Pour un écrivain-journaliste, nous ressasser les discussions de la vulgate populiste n'avance en rien le débat d'idées. Bien au contraire, ces attitudes nous font descendre dans les poubelles de la connaissance.

Au lieu de crier "les refondateurs sont nuls", "sacrés refondateurs" "pauvre Mamadou" ou encore "les Ivoiriens sont des moutons", vous pourriez exprimer clairement vos reproches à la refondation en tant que programme politique et vision du monde. Quels points contestez-vous et pourquoi ? Que proposez-vous ? Il est temps d’élever le débat. Pourquoi vous enfermez-vous dans la critique improductive ? Hier vous militiez pour que les étrangers soient jetés à la porte de la côte d'Ivoire. Hier vous proclamiez que Bédié et l'ivoirité étaient ce qu'il y avait de mieux pour la Côte d'ivoire. Hier vous défendiez l'idée que Gbagbo et Ado étaient les pires fléaux du pays. Aujourd'hui les amitiés de façade entre Ado et Bédié vous font dire que vous vous êtes trompés et que la seule calamité de la Côte d'Ivoire se nomme Gbagbo Laurent. Aujourd'hui vous dites ne plus en vouloir aux étrangers mais vous reprochez quand même aux ivoiriens leur apathie face au contrôle de leur économie laissée aux mains d'intrus venus de France, du Liban, de Chine, du Mali ou du Burkina et des autres pays voisins, dans le but de corrompre nos hommes, nos femmes, nos institutions et nos valeurs. N'est ce pas ce que l'on a appelé à une autre époque de notre histoire "le changement dans la continuité" ? Et vous nous le dites si bien : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier ». Chapeau mon bienheureux ! En vérité vous, vous n'avez pas changé c'est le vent qui vous pousse qui a changé de sens.


Les conditions initiales ne sont pas neutres


Nous avons soif de découvrir les voies de progrès que vous proposez pour la Côte d’Ivoire. Si ces voies sont à la hauteur de la hargne de vos critiques, le débat s’annonce passionnant.

Ce que j'essayais d'expliquer à vos lecteurs était que, tous ensemble nous devons, maintenant, après ces deux décennies piteuses et ruineuses, comprendre qu'appliquer les mauvaises politiques aux mauvais moments est le meilleur moyen de produire la désolation et les horreurs. Gbagbo est le point d'achèvement d'une lignée partie de Houphouët à Bédié puis passée à Gueï. Il ne peut donc être comptable que de sa part, ni plus ni moins. Ses prédécesseurs aussi. N'oubliez pas que les conditions initiales jouent un rôle essentiel dans la trajectoire des nations. Alors mon bienheureux Venance, si nous arrêtions, dans notre façon de faire la politique, de haïr les joueurs pour concentrer notre énergie sur le jeu lui-même ?

 

Mamadou KOULIBALY,
3ème vice-président du FPI

18:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : côte d'ivoire, mamadou koulibaly, venance konan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

DELESTAGE EN COTE D'IVOIRE: SYMPTOME D'UN DEVELOPPEMENT A RECULONS

 

 

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 À l'échelle mondiale, et en ce début de 21e siècle, la majeure partie de notre énergie (81 à 86% selon les auteurs) provient de sources épuisables : pétrole, gaz naturel, charbon et uranium pour les centrales nucléaires. Le reste (14 à 19%) vient de sources renouvelables : biomasse, hydraulique, etc… Une telle configuration fait du  problème énergétique, une des thématiques les plus discutées dans la décennie actuelle.  

S’intéresser à cette  problématique énergétique, c'est ainsi entrer dans un monde non seulement multisectoriel et multidisciplinaire  mais surtout éminemment conflictuel de par sa dimension géopolitique, car né des secousses survenues depuis l'après-guerre et son euphorie: deux chocs pétroliers, un accident nucléaire et le constat d'un réchauffement global de la planète dû à l'augmentation de l'effet de serre.

La Côte d’Ivoire à l’instar des pays africains ayant accédé à la souveraineté internationale dans les années 60, observe son année du cinquantenaire. Le président de la république à lancé le 31 janvier 2010,  l’ouverture de l’année du Cinquantenaire.

 

Les 50 ans d’indépendance de la Côte d’ivoire resteront certainement gravés à jamais dans la mémoire des Ivoiriens et de tous ceux qui y habitent. Les idées festives ne manqueront pas. Le chorégraphe Georges Momboye organisera le 17 avril au stade Houphouët-Boigny, à Abidjan, un spectacle exceptionnel intitulé «Aujourd’hui, fruit d’hier; demain, souffle d’aujourd’hui ».

 

C’est dans cette dernière phrase que se concentre tout le paradoxe de ce pays. Comment « le souffle d’aujourd’hui pourra construire notre futur », lorsqu’on néglige les facteurs essentiels à l’indépendance, car un pays qui méprise le facteur énergétique dans son processus de développement est tout simplement hors-jeu.

 

Depuis le 2 février, la Côte d’Ivoire, pourtant exportatrice d’énergie électrique dans quelques pays voisins, s’est vue obligée de subir un programme de délestage de la distribution du courant  électrique, suite à une énorme panne survenue sur les installations de la centrale thermique d’Azito, dans la commune de Yopougon.

 

 

L’IMPORTANCE DE L’ENERGIE DANS LE DEVELOPPEMENT

 

Pour saisir la place qu’occupe l’énergie dans tout développement, nous pouvons, à titre d’exemple, revisiter son apport dans la révolution industrielle.

La révolution industrielle, expression créée par Adolphe Blanqui désigne le processus historique du XIXe siècle qui se caractérise par le passage d'une société à dominante agraire et artisanale à une société commerciale et industrielle.  Cette transformation a affecté profondément l’économie, la politique, la société et l’environnement du monde contemporain.

 

 On sait par exemple que l'utilisation intensive du charbon, le perfectionnement des machines à vapeur et deux industries motrices (le textile et la métallurgie) constituent ensemble le cœur de la révolution industrielle anglaise.

 

En général, à l’énergie humaine ou animale, on substitue l’énergie de la machine. D’abord, à vapeur, la machine utilise le charbon de bois comme combustible, puis on découvre les propriétés de la houille, plus productive et abondante.

 

Le développement massif, perceptible à plus ou moins long terme, des nouvelles technologies de l'énergie (NTE) s'accompagnera de mutations importantes à plusieurs niveaux.

Au niveau industriel, la montée en puissance de la demande en équipements et les contraintes de réduction des coûts vont conférer aux industries concernées une nouvelle dimension qui se traduira par des investissements lourds et nombreux.

 

Au niveau social, le développement des industries et des services liés aux NTE induira l'apparition de nouveaux métiers et compétences, ce qui impliquera d'importants efforts d'information, de formation et de reconversion.

Les bienfaits de l’électrification des zones rurales ne sont plus à énumérer : une meilleure éducation, puisque les enfants ont de la lumière pour lire et étudier, de meilleurs établissements de santé, de meilleurs services de communication… et la liste pourrait encore s’allonger.

Pour résumer ce que l’énergie apporte au développement, disons simplement que l’énergie, c’est la vie. Elle permet aux êtres vivants de croître, de respirer, de se mouvoir et de se reproduire. Pour se développer, les sociétés humaines ont, au fil du temps, employé diverses formes d’énergie : musculaire (humaine et animale), eau, vent, bois, soleil, atome, pétrole…

 

Si l’énergie a été un préalable à la révolution industrielle, elle reste aujourd’hui un maillon essentiel au développement car comme le rappelle Fernand BRAUDEL, « Il n'y a jamais entre passé, même lointain et présent de discontinuité absolue, ou si l'on préfère de non contamination. Les expériences du passé ne cessent de se prolonger dans la vie présente ».

RETOUR SUR LES POLITIQUES ENERGETIQUES EN CÔTE D’IVOIRE

Platon nous laissait entendre que « le propre de la sagesse et de la vertu est de gouverner bien ; le propre de l’injustice et de l’ignorance est de gouverner mal ».  Le président Houphouët-Boigny avait lui, résolu de prévoir car c’est aussi bien gouverner.  Cet homme politique de premier plan,  avait doté la Côte d’Ivoire de barrages hydroélectriques et de centrales pour la fourniture d’électricité. C’est ainsi qu’ont été construits les barrages d’Ayamé 1 (1959), Ayamé 2 (1965), Kossou (1972), Taabo (1979), Buyo (1980) et Fayé dans la région de San Pedro (1983). Et en 1984, la Centrale thermique de Vridi  (212 MW) est inaugurée avec une turbine à gaz. En 1985, une autre turbine est ajoutée.

Le président Henri Konan Bédié, s’inscrivant dans cette dynamique inaugure une troisième  turbine  en 1997.

Mieux, dans le cadre du programme de développement durable de la Côte d'Ivoire, le gouvernement ivoirien décide de faire réaliser en 1997, la Centrale Thermique d'Azito pour les raisons principales suivantes : Répondre à la forte croissance de la demande d'énergie électrique en Côte d'Ivoire ; Utiliser le gaz naturel national dont les récentes découvertes assurent l'indépendance énergétique de la Côte d'Ivoire ; Faire de la Côte d'Ivoire la principale nation exportatrice d'électricité en Afrique de l'Ouest. Deux années plus tard, Henri Konan Bédié inaugure la centrale thermique d’Azito. La première turbine a été inaugurée en janvier 1999 et la seconde a été mise en service en février 2000. D'une puissance initiale de 300 MW et à terme de 450 MW la centrale d'AZITO était la plus puissante, la plus moderne et la plus performante  d'Afrique de l'Ouest. Par sa technologie, elle fournit plus du tiers de l'électricité produite en Côte d'Ivoire et permet non seulement d'assurer son indépendance énergétique mais aussi d'exporter de l'électricité.

 

 

Ainsi, de 1997 à 2003, l'on a enregistré un taux de croissance annuelle moyen de production de 13,72%. Face à cette croissance alarmante du niveau de production pouvant conduire à terme à un épuisement précoce de la ressource et partant l'interruption également précoce de la production énergétique thermique, rien de sérieux  n’a été fait. 

En 2006, la production électrique d’origine  hydraulique représentait 27% de la production totale. Sur 5 542 GWh produits, l’hydraulique a fourni 1 510 GWh (avec une puissance installée de 604 MW).

Six barrages fournissent l’électricité consommée: i) Buyo (50%), Taabo (30%), Ayamé (14%), Kossou (5%) et Fayé (1%). La Côte d’Ivoire était exportatrice nette d’électricité vers le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et le Togo.

Mais le manque de clairvoyance des autorités actuelles a conduit le pays dans une situation inédite : le délestage dans un pays comme la Côte d’Ivoire.  Pourquoi un tel délestage ?  Il est dit du côté des voix autorisées que le  système électrique national connaît en ce moment une diminution de sa capacité de production d’énergie électrique qui se traduit par des difficultés à satisfaire l’ensemble des besoins en électricité des populations.

En attendant le retour à une situation normale qui est prévue au mois de Mai 2010, l’Etat a engagé des actions pour réduire les effets du délestage sur les populations.

1. Le secteur de l’électricité a commencé à importer de l’énergie du Ghana pour environ 25 MW et ceci, en application du contrat d’échanges d’énergie qui existe entre nos deux pays.  Rappelons qu’il fut un moment où les ivoiriens se moquaient du Cedi, la monnaie ghanéenne, pour sa faiblesse face au franc CFA. Cette dernière, la monnaie ivoirienne ne l'a pas rendue indépendante sur le plan de l’énergie.


2. Des négociations sont en cours avec d’autres pays voisins en vue de conclure un contrat d’importation d’énergie pour environ 70 MW.


3. Une centrale thermique de location de 70 MW sera installée à Vridi pour accroître notre capacité de production.

Le coût financier de tous ces efforts consentis, s’élève à 35 milliards de francs CFA. C’est encore le contribuable ivoirien, qui paiera cette dette, par la faute de monsieur Léon Emmanuel Monnet, qui s’est enrichi illicitement à la tête du ministère des mines et de l’énergie.  Souvenons-nous que monsieur Kouassi Bandaman Gilbert, l’ancien et  tout puissant Directeur général des hydrocarbures a été  limogé par le chef de l'Etat Laurent Gbagbo. Et cela pour sa mauvaise gestion. Lors de la formation du gouvernement SORO II, monsieur Léon-Emmanuel Monnet, ministre des Mines confronté au délestage et à la crise à la Société ivoirienne de raffinage (SIR) a été remercié, en cause sa très mauvaise gestion de ce secteur stratégique.

Après cette humiliation subie par le peuple ivoirien avec ce délestage sauvage, les ivoiriens ont droit à des explications et une justice. En clair, il faudra que le chef de l’Etat demande un audit sur la gestion calamiteuse du ministre Monnet.  Depuis 1999, les ivoiriens souffrent et ils ne peuvent plus payer pour la faute de certains voleurs. Ce qu’on propose aux ivoiriens, c’est la fourniture d’information aux usagers sur le délestage afin qu’ils s’organisent au mieux. Ainsi, un site internet: www.delestage.gouv.ci sera opérationnel dès cette semaine prochaine. Ce dont les ivoiriens ont réellement besoin, c’est d’une gestion saine, équitable et transparente des affaires du pays. Le médecin après la mort, c’est ce qui est réservé aux les ivoiriens.

DES PERSPECTIVES INTERESSANTES POUR LES PAYS AFRICAINS

« Au lieu de se mobiliser autour de prédictions aléatoires sur le climat, nous ferions mieux de nous concentrer sur les problèmes futurs de l’énergie dont l’échéance est hélas inéluctable », avertit Claude Allègre.

Un secteur aussi stratégique que celui de l’électricité a été bradé  à Bouygues. On peut citer celui de l’eau également.  Deux secteurs stratégiques qui tiennent à la souveraineté du pays. D’ailleurs, les privatisations en série des secteurs de l'électricité et de l'eau en Afrique constituent un handicap à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. En  1952, la Côte d’Ivoire a  crée,  la société Energie Electrique de Côte d’Ivoire (EECI), société d’économie mixte, pour assurer la production, le transport et la distribution de l’électricité sur le territoire national. En Octobre 1990, débute  la privatisation du secteur de l’électricité avec l’entrée de la société privée Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) à qui l’Etat de Côte d’Ivoire concède le service public de l’électricité. En Juillet 1994,  on assiste à l’entrée du premier producteur indépendant d’électricité, la société privée Compagnie Ivoirienne de Production d’Electricité (CIPREL), propriétaire d’une centrale thermique installée à vridi.

Aujourd’hui,  la privatisation de l’eau et de l’électricité dans les pays africains fait surtout l’affaire des compagnies multinationales installées en Europe, mais elle rend plus difficiles les conditions de vie des populations qui continuent de souffrir des pénuries d’eau et des délestages. Que faire devant la chute libre des conditions de vie des populations africaines ?

Les pays africains ont le devoir d’investir dans les énergies renouvelables, eux qui ont la chance d’avoir une biodiversité et les ressources naturelles fournies.  Les pays africains peuvent investir dans les énergies renouvelables. En effet, il y a trois sources d’énergie renouvelable de natures très différentes et d’importances quantitatives extrêmement inégales : le soleil et tout ce qui en dérive, la géothermie naturelle et les marées. Tous les pays émergents ont compris la nécessité de l’énergie dans le développement.  « Luz para todos » (l’électricité pour tous), voici le slogan lancé par le président Lula da Silva au Brésil. En Bolivie voisine, son homologue Evo Morales entend « transformer le pays en puissance industrielle ».  Point commun aux deux dirigeants : ils comptent sur la puissance des eaux des plus grandes rivières amazoniennes pour assurer les besoins énergétiques croissants de leurs populations, et ce sans émission de gaz à effet de serre supplémentaire.

Pour relever le défi de l’énergie pour tous en Afrique, les énergies renouvelables vont jouer un rôle majeur en particulier le solaire thermique et photovoltaïque. Penser le Soleil comme une source d'approvisionnement énergétique inépuisable, dans des zones où l'ensoleillement est maximal, n'est que logique. L'Afrique doit au moins essayé, voire tout essayer. L'énergie photovoltaïque résulte de la transformation directe de la lumière du soleil en énergie électrique au moyen de cellules généralement à base de silicium. Pour obtenir une puissance suffisante, les cellules sont reliées entre elles et constituent le module ou panneau solaire.
En fonction de la puissance désirée, les panneaux eux-mêmes peuvent être assemblés pour constituer un champ photovoltaïque. Relié au récepteur sans autre élément, le panneau solaire fonctionne en fonction de la puissance d'ensoleillement. Elle est donc à son maximum lorsque le soleil est au zénith et nulle, la nuit.

 

Le Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation (TREC) fait campagne pour une prise de conscience du potentiel de cette technologie et l’installation de centrales solaires dans le Sahara pour alimenter en électricité l’Afrique du nord et l’Europe. Il coûterait beaucoup plus cher de ne pas agir que d’investir massivement dans ces technologies propres. En tout cas, le Maroc s’est lancé dans la technologie solaire pour le bien-être de sa population surtout villageoise.

Avec son programme d’électrification rurale, l’Office National d’Electricité (ONE) apporte l’électricité à de plus en plus de villages éloignés. Dans les régions ou l’habitat est très dispersé, il est impossible d’atteindre chaque maison avec le réseau. Grâce au solaire, les habitants de ces régions bénéficient aussi du confort de l’électricité. Il s’agit d’un programme innovant, lancé par l’ONE, avec des spécialistes de l’énergie solaire, qui assurent non seulement la fourniture des équipements solaires mais aussi un vrai service de proximité dans la durée.

 

L’énergie solaire est sans aucun doute, une des pistes sérieuses, à la portée des africains, s’ils veulent leur indépendance énergétique.

 

Dieu nous aide à saisir le sens du mot indépendance !

Dieu bénisse l’Afrique !

 

 

Dr Séraphin PRAO

 

Président du MLAN

contact@mlan.fr

www.mlan.fr

 

00:58 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, délestage, développement à reculons, yao prao séraphin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 09 mars 2010

UNE CANDIDATE DE STAR TONNERRE, ACTRICE DE PORNO: LE CD VENDU COMME DE PETITS PAINS A LA SORBONNE



TOPS MODELS STARS TONNERRE


Lu sur le blog INFO, sur le site AFRIQUE REDACTION et sur le site officiel du quotidien L'INTER (avec les commentaires les plus incroyables). Edifiant sur la dérive de la jeunesse ivoirienne et sur les risques éminents d'une aventure sans préparation et sans encadrement vers l'eldorado que semble représenter, à tort, l'Occident pour une jeunesse africaine sans plus d'espoir et de repères! Le fait qu'un CD aussi affligeant à voir (soyez tranquilles, je refuse de le voir) soit vendu comme de petits pains à la Sorbonne, au Plateau (quartier des affaires abidjanais), est la preuve de la dégénérescence morale et spirituelle avancée de la société ivoirienne. Misère que tout cela! Que DIEU garde l'Afrique et sa jeunesse!
 

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Vendredi 05 février 2010. Depuis quelques jours, un CD porno s’arrache comme de petits pains à l’espace La Sorbonne au Plateau. La raison, c’est que l’actrice dans ce film, prénommée Abiba, est une jeune ivoirienne de 23 ans qui vit depuis quelque temps dans une ville près de Paris, en France. Selon les promoteurs de ce CD, cette jeune dame serait une candidate malheureuse de l’émission de téléréalité, Star Tonnerre. Abiba serait de l’édition de Star Tonnerre d’où sont sorties des lauréates bien connues telles que Bamba Ami Sarah, Nelly Joumah, Balakiss, Rose, Mariama, etc. ‘’Abiba, son casting’’, tel est l’intitulé de ce CD aux images révoltantes.

TOPS MODELS STARS TONNERRE

 
La jeune ivoirienne, très belle avec un corps de rêve et un visage d’ange, est possédée dans toutes sortes de position et dans tous les sens, par deux hommes. L’un de race blanche, coiffé d’un foulard bleu et le visage bouffé par une barbe récalcitrante. L’autre, un gaillard de race noire métissée, portant une cagoule. Ce sont ces deux pervers, qui se sont chargés de faire passer le test à Abiba, qui rêve de devenir actrice du X. Durant 1h15 mn sur certains CD et 46mn33s sur d’autres, Mlle Abiba la novice, couchée dans un canapé, subit les assauts répétés de ces deux étalons. Une trilogie sexuelle totalement répugnante. Ces deux amants incirconcis la chevauchent tantôt à tour de rôle, tantôt à la fois.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette vidéo choque la morale. La jeune actrice n’a certainement pas mesuré les conséquences de son acte pour sa famille et ses connaissances. Les informations en notre possession indiquent que la famille d’Abiba réside dans la commune d’Abobo. Pour la petite histoire, elle se serait retrouvée à Paris, avec d’autres jeunes ivoiriens (filles et garçons), pour participer à un casting pour jouer dans un film. Dans une ville proche de Paris où elle a déposé ses valises, Abiba est informée qu’un autre casting est organisé dans la capitale française. Sans hésiter, elle débarque à Paris pour participer à ce fameux casting qui se déroule dans un appartement.

 

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Les échanges entre la jeune fille et ses amants d’un jour, prouvent bien qu’Abiba a accepté sans contrainte de jouer dans un film porno. Elle avoue que c’est la première fois qu’elle va tourner un film, tout comme c’est la première qu’elle couche avec deux hommes à la fois. Elle est cependant déterminée à atteindre cet objectif, celui de devenir actrice du X. John Chahin Sombo, producteur de l’émission Star Tonnerre, que nous avons joint hier après-midi pour avoir quelques informations sur cette jeune fille, a été on ne peut plus clair. "Je reçois entre 1500 et 2000 candidates qui viennent pour Star Tonnerre, chaque fois que le jeu est organisé. Il y a des présélections et les filles sont éliminées au fur et à mesure, jusqu’à ce qu’on ait des lauréates. Il me serait donc difficile de mettre un nom sur chacun des 2000 visages de filles venues pour Star Tonnerre", a en substance déclaré M. John Chahin. En attendant d’avoir d’autres informations sur Abiba, son CD s’arrache à la Sorbonne à Abidjan-Plateau.

dimanche, 07 mars 2010

LA REPONSE DE VENANCE KONAN AU Pr MAMADOU KOULIBALY

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Le 03 Mars, je soumettais à votre lecture "la lettre du Professeur Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan", en circulation, actuellement, sur le Net. La réponse du "mis en cause" ne s'est pas faite attendre. L'honnêteté intellectuelle et l'éthique du journalisme..., pardon!, du blogging impose à tous ceux qui ont publié la première de le faire pareil pour la deuxième. Droit de réponse oblige. Bonne lecture donc et que le débat se poursuive! Dans le respect et la fraternité.

 

Sacrés Refondateurs !

Je crois que je finirai bien par aimer les Refondateurs. Des gens qui sont capables de soutenir une chose et son contraire en même temps, de critiquer une chose tout en la pratiquant, méritent parfois qu’on leur tire le chapeau. Ainsi, ils nous disent que notre bon chef nous a délivrés des griffes de la France, à qui le pouvoir précédent avait cédé toute notre économie. Et voici que ce grand libérateur n’a pas trouvé mieux que de céder tous les travaux qu’il réalise à des entreprises françaises. Le troisième pont, le quatrième, les palais, l’hôtel Ivoire, le terminal à conteneur, tout. C’est d’ailleurs pour s’être opposé aux conditions scandaleuses dans lesquelles ce terminal à conteneur a été cédé, que Patrick Achi est devenu persona non grata au gouvernement. Il en a été de même pour l’accord de Linas-Marcoussis. Mamadou Koulibaly, vice-président du FPI et président de notre Assemblée nationale n’a pas cessé, jusqu’à ce jour, de dénoncer cet accord, oubliant qu’il a été signé par le président de son parti, et que le chef de l’Etat avait solennellement demandé aux Ivoiriens de l’appliquer.

Tiens, à propos de Mamadou Koulibaly. Il fait circuler en ce moment sur internet certains articles que j’avais écrits il y a une quinzaine d’années. Il me reproche d’avoir soutenu une idéologie qui a amené la guerre en Côte d’Ivoire, et de me renier aujourd’hui. Tout en le remerciant de contribuer à la diffusion de mes pensées, je trouve cependant dommage qu’il n’ait pas inclus dans ces textes deux de mes écrits que je trouve très intéressants. Le premier, intitulé « la passion et la raison » avait été publié dans Fraternité Matin du 12 août 2004 et se trouve à la page 219 de mon livre « Nègreries », qu’il cite abondamment. J’écrivais ceci dans ce texte : « Pendant des années, ceux qui soutenaient M. Bédié avaient tenté de démontrer que M. Ouattara n’était pas Ivoirien, mais Burkinabé. Nous étions de ceux-là. Les personnes lucides nous expliquaient que M. Bédié n’avait pas besoin de passer par cet artifice pour battre M. Ouattara, mais c’était parler à des murs. Nous étions emportés par notre passion. »

Il y en a un autre que j’ai intitulé « adresse aux militants du FPI » que j’ai publié dans Le Nouveau Réveil du 1er octobre 2007, et que j’ai repris dans mon dernier livre, « Ngo n’di ou palabres », à la page 49. J’y écrivais ceci : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier. Moi-même, au temps où Bédié était au pouvoir, où je croyais qu’il était la seconde chance du pays, j’écrivais pire que pendre sur le RDR, son président, et tous ceux qui se réclamaient d’eux. Je me suis senti mieux le jour où j’ai reconnu que je me trompais et que je défendais une cause indéfendable qui conduisait mon pays dans le mur. » Mamadou Koulibaly dit que j’ai soutenu l’ivoirité, que j’ai traité M. Ouattara d’étranger ? Oui, je l’ai fait. Donc quoi ?

Il n’y a pas très longtemps, Mamadou Koulibaly avait dit à un meeting à Koumassi : « A l’indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d’ici ont refusé et Houphouët n’a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd’hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et la léguer à nos enfants ? Et dans dix ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye et qu’on dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi, peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre ? ... C’est important d’aller aux élections, mais la coexistence pacifique entre les populations est également importante. Dans ce débat, celui-là est ivoirien et l’autre ne l’est pas, on ne s’en sortira pas…Si j’ai un conseil à donner, c’est de vous demander d’amener nos hommes politiques à résoudre ce problème au mieux des intérêts du peuple de Côte d’Ivoire. Si on veut résoudre ce problème par des tactiques politiciennes, par des jeux d’intérêt, on risque de proposer des solutions qui ne seront pas des solutions optimales. Cela va résoudre des problèmes immédiats, tout de suite, mais à la longue, ça va nous conduire à la guerre. Comme on a choisi rapidement la solution en 2000, cela nous a envoyé la guerre. » Je l’avais félicité dans ces colonnes pour ces propos.

Mais quel est le parti qui cherche, par des tactiques politiciennes, à exclure des milliers de personnes des listes électorales et de la nationalité ivoirienne ? C’est le parti dont Mamadou Koulibaly est le vice-président. Et, à votre avis, qui, d’entre les Kipré, Konan ou Koulibaly risque le plus de se voir contester la nationalité ivoirienne par le parti de Mamadou Koulibaly ? Alors, pourquoi continue-t-il de militer dans un parti qui l’exclut, lui ? Masochisme ? Manque de courage ? Schizophrénie ? Entre celui qui dit « j’ai pris une mauvaise voie, je rebrousse chemin », et celui qui dit « je sais que je suis sur une mauvaise voie, mais j’y reste », lequel est à blâmer ? « L’erreur est humaine, mais le propre de l’homme est de savoir la reconnaître. Et persévérer dans l’erreur est diabolique », dit-on. Koulibaly sait que son parti est en train de nous conduire vers la guerre. Et c’est celui qui dénonce ce parti qu’il blâme. Sacré Koulibaly ! Moi, j’ai tiré les leçons de l’histoire récente de mon pays. Celui qui ne tire pas de leçon de son histoire se condamne à la revivre. Et le FPI de Mamadou Koulibaly est en train de nous condamner à revivre la guerre.

 

Venance Konan. Email : venancekonan@yahoo.fr

La lettre du Professeur Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan: ICI.

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo.

 

20:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : côte d'ivoire, venance konan, mamadou koulibaly, le concept de l'ivoirité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 03 mars 2010

LA LETTRE DU Pr MAMADOU KOULIBALY AUX LECTEURS DE VENANCE KONAN

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Je vois bien circuler sur le web de petits textes de M. Venance Konan. Je trouve cela admirable. Je voudrais y contribuer en mettant aussi en circulation d’autres textes du même auteur dans une autre vie pas très éloignée.
Personnellement je le prends pour responsable en partie, de ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire. Venance Konan a été, avec Yao Noël et d’autres, à une époque, les thuriféraires de l’Ivoirité bon teint qui est à la source, comme le disent certaines personnes, du problème inextricable que nous avons à résoudre aujourd’hui. Je vous laisse apprécier le même auteur.

Quels sentiments cela vous inspire t-il au vu de la situation aujourd’hui ? Quelles questions vous vous posez après la lecture de ces documents ? Quelle est la responsabilité d’un intellectuel face à ses propres écrits et à leurs conséquences ? Peut-on se dédouaner ? Et comment ?

Je vous laisse apprécier ces textes et les partager avec ceux avec lesquels vous échangez. Nous étions dans la période juste avant les emprisonnements des opposants et le coup d’Etat de 1999. Et je me demande lequel des Venance Konan est lui-même, le vrai ? Comment comprendre ces discours et leur évolution dans le temps ? En 2006 M. Konan a choisi de publier des textes anciens de lui même et n’a pas jugé utile de retrouver ceux que je vous offre dans ce message. Je ne trouve pas cela très honnête de sa part.

Dans « l’Avant propos » de « Nègreries » qui est publié chez Frat-Mat éditions en 2006, M. Konan explique cet oubli par ce qui suit, et je cite : « De 1994 à ce jour, cela fait beaucoup. Il a fallu choisir entre ces centaines de chroniques. Choisir c’est exclure. Il y a des articles que peut-être des lecteurs auraient aimé voir dans ce recueil, soit parce qu’ils les avaient aimés, soit parce qu’ils les avaient détestés. Je m’excuse auprès d’eux. J’ai volontairement exclu de ce recueil les chroniques qui traduisent des erreurs de jugement de ma part à une période donnée. Mais je n’exclus pas la publication d’un autre recueil qui reprendrait les chroniques qui ne figurent pas dans celui-ci ». Page 7

Je trouve la justification fallacieuse et pas sérieuse, pour les propos de combats tenus; et dont il semble que M. Konan ne soutienne plus aujourd’hui les lignes. M. Konan se serait il trompé de combat qu’il ne le dirait pas autrement. De 1994 à 2006 Chronique de 12 années sèches ; Nègreries. Tel est le titre complet de l’ouvrage de 302 pages.

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Les douze années de chroniques M. Konan peuvent être présentées en deux phases :

a) La première phase commence en 1994, avec l’arrivée de Bédié au pouvoir, et se termine en 1999 avec le départ de Bédié du pouvoir fuyant devant le coup d’Etat de 24 décembre. Sur cette période de six ans de chroniques, M. Konan, dans son livre, retient 56 articles de « nègreries » des autres. Et exclu volontairement, en particulier les dix-huit articles que je vous fais parvenir. Pourquoi donc cet abandon ? M. Konan répond « J’ai volontairement exclu de ce recueil les chroniques qui traduisent des erreurs de jugement de ma part à une période donnée ».

Les textes concernés sont pourtant violents, engagés et ivoiritaires. Ce sont des textes de combat. Mais quel était donc son combat à cette époque ? L’intellectuel peut il se dédouaner simplement en disant qu’il faisait, ou qu’il a fait des erreurs de jugement au moment où il faisait baver sa plume ? Les erreurs viennent elles des méthodes de l’intello, de ses doctrines ou bien simplement de ses haines dont il serait le prisonnier ?

Les propos tenus ont expliqué en partie le coup d’Etat de 99. Les erreurs de jugement d’un intello ont fait des dégâts dans la cohésion sociale. Aujourd’hui M. Konan est reparti pour un autre combat. Mesure-t-on le risque à l’écouter si demain il nous disait de nouveau que des erreurs de jugements l’aveuglaient aux moments où il écrivait ses propos présentés aujourd’hui comme politiquement correct ? Peut-on fuir les conséquences de nos écrits et nous cacher derrière les erreurs de jugement ? N’est pas trop facile ? L’intellect doit il être sacrifié sur l’autel des péripéties politiques ou doit il être ancré dans des convictions solides ? Il y a dans l’attitude de M. Konan un biais politique qu’il ne peut avouer. M. Konan tente de dissimuler ses chroniques sataniques dont il a peut être honte aujourd’hui. Mais pourquoi donc ? Peut-il nous expliquer pourquoi ses erreurs de jugement se sont manifestées et comment il en est venu à les comprendre et à les abandonner ? Quelles garanties l’écrivain nous donne t-il quand à la valeur pérenne des ses pensées, propos et écrits ?

b) La seconde phase des textes publiés dans « nègreries » commence en novembre 2002, après l’installation de la rébellion armée qui, en septembre, a tenté de renverser le pouvoir de la Refondation. Cette phase dure cinq ans et elle se termine en juillet 2006. Donc elle est plus courte que la première phase.

Cependant, dans cette seconde phase, M. Konan sélectionne volontairement 84 textes soit 33% plus de textes que dans la première pourtant plus longue et dans laquelle il ne sélectionne que 56 textes. (Voyez vous-même 6ans pour 56 textes et 5ans pour 84 textes). Ici aussi il y a un biais politique intellectuellement difficile à cacher.
La Refondation sous la guerre est plus facile à attaquer et « les erreurs de jugement » pourront toujours être évoquées comme dans la première phase. L’intellectuel sacrifie encore une fois son intellect à la politique politicienne, celle des raccourcis, de la futilité, de la mode, de la vogue, du populisme. Sans méthodes et sans convictions. Faut-il consommer sans précaution les écrits de M. Konan si l’on n’a aucune assurance sur le service après vente des idées qu’il nous propose ?

Un intellectuel doit avoir des convictions quand il descend dans l’arène politique. S’il vogue au gré des courants politiques alors il ne peut être que mercenaire de l’écriture.

M. Konan a volontairement exclu les articles dans lesquels il défendait le pouvoir de Bédié et non ses propres convictions à lui Venance. Il a écrit aussi pour défendre la France mais pas ses propres convictions. Maintenant il écrit de nouveau. Bonne lecture à tous ceux qui ces derniers temps raffolent de ce qui sort de sa plume. Mais assurons nous de savoir qui il défend cette fois ? Pour qui écrit-il cette fois et pour quoi surtout ?

Lorsque la plume se met au service d’ambitions sans convictions elle conduit à de Nègreries. M. Konan aime à parler des Nègreries de ses adversaires politiques mais les siennes sont classées dans le casier des « erreurs de jugement ». Elles sont donc classées ainsi sans suites. Pondre des écrits, pousser les gens à avoir peur des lendemains, leurs pronostiquer des demi vérités et de demi mensonges, puis leur dire que la page est tournée lorsque le chaos survient est inacceptable intellectuellement et irresponsable Politiquement. Le biais Politique est flagrant. Encore faut-il l’assumer entièrement et sans faux fuyant.

Il se pose simplement la question de la responsabilité sociale de l’intellectuel, ce producteur de mots, d’idées, de concepts, de doctrines, d’idéologies et de « prêt à penser ». Attention donc.

Avec mes remerciements.

Pr Mamadou KOULIBALY

20:27 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : côte d'ivoire, mamadou koulibaly, venance konan, le concept de l'ivoirité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 02 mars 2010

SERGE GRAH: LE RHDP, TOUTE HONTE BUE...

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Du remarquable blogueur, Serge Grah. Pour comprendre la vacuité d'un attelage disparate (le RHDP), qui tire la Côte d'Ivoire vers le bas!

 

 

 

 

« Les grands esprits ont toujours rencontré

une opposition farouche des esprits médiocres » (Albert Einstein)

 

C’est fini « l’affaire Mambé ». Bien terminée. Comme elle est venue. L’important pour l’heure étant de comptabiliser ses gains. En portefeuilles ministériels. En sièges à la nouvelle Commission Electorale Indépendant. Et pourtant, que n’a-t-on pas entendu lors de cette triste affaire qui a donné lieu, pendant plusieurs semaines, au déchaînement des leaders de l’opposition réunis au sein du RHDP ? Des leaders politiques qui ont recherchés désespérément à vendre au monde entier la « démission » du Président Gbagbo. Avec une agressivité sans égal et dans une prose endiablée, une logorrhée infernale, un cynisme vénéneux dont ils ont seuls le secret, ces messiers tentent de se déculpabiliser dans le répugnant scandale des 429 000 pétitionnaires. Comment ne pas donc sourire, avec un brin de pitié, lorsqu’on se rappelle les propos puérils de Djédjé Mady et de ses mandants : « Le RHDP ne reconnait plus Monsieur Gbagbo comme Chef de l’Etat… Le RHDP exige la démission de Gbagbo… Le RHDP ne participera pas au nouveau gouvernement si Mambé n’est pas rétablit dans sa fonction… » Et patati et patata ! C'est devenu un rituel… Dès que le RHDP se retrouve face à son incompétence et à sa volonté de rester scotché à son butin de guerre, son directoire se livre à cette phraséologie nauséabonde…

 

Ça peut, peut-être, marcher avec certains. Mais jamais avec Laurent Gbagbo ! Woody ne s’est donc pas laissé conter. Au final, Mambé a été bel et bien viré, au grand soulagement des Ivoiriens. Et la terre a continué de tourner sur elle-même, comme d’habitude. Mieux, Laurent Gbagbo est toujours Président de la République de Côte d’Ivoire. Et le RHDP, toute honte bue, siège dans la nouvelle CEI et négocie, à l’abri des regards de ses militants, son entrée dans le nouveau gouvernement… Le ridicule ne tue pas. Et parfois, c’est bien dommage.

 

C’est donc peu que de le dire. Le RHDP est au bout du rouleau ténébreux de ses brouillards paranoïaques. Pour toute personne bien assise sur des convictions intellectuelles et morales les plus communément admises, peu d’hommes sont aussi piteux que les leaders du RHDP. C’est vraiment triste que l’éthique politique dans notre pays prenne cette allure effrayante d’une catastrophe humanitaire. Avec eux, la misère morale ne fait plus scandale. Parce que ce n’est pas possible que la reconquête du pouvoir puisse pousser à de telles hérésies.

 

De l’affaire Mambé…

Ainsi, contrairement à ce qu’aurait pu croire l’opinion publique internationale, l’affaire Mambé n’a pas divisé les Ivoiriens. Loin s’en faut. Et ce malgré toutes ces scènes regrettables de banditisme et de vandalisme qui ont eut lieu. Il y a des Ivoiriens, la majorité, qui,  disposant de tout leur équilibre mental et de leur sens du discernement, sont consternés devant ce spectacle lamentable que leur infligent Bédié et consorts. Et puis, il y en a quelques autres. Désabusés par le renvoie de Mambé, ils en sont arrivés à se torturer et à incendier leurs propres maisons. C’est grâce à cette seconde catégorie d’Ivoiriens que Djédjé Mady peut se surprendre à crier à tue-tête à la démission de Laurent Gbagbo. C’est aussi à cause d’eux, en passant, que la démocratie en Côte d’Ivoire n’a pas encore triomphé des pourris, des fraudeurs impénitents et de tous ces jouisseurs de guerre. Car c’est bien à cause d’eux que le processus de sortie de crise traîne et prolonge les souffrances des populations, au nombre desquels on retrouve ces mêmes  Ivoiriens. Ce sont des gens qui ont tué en eux tout esprit critique et sont maintenus dans cet état par l’inconscience, l’inculture et le fanatisme. Ce qui traduit leurs comportements suicidaires de ces derniers jours. Et pourtant, c’est très facile de comprendre cette affaire Mambé… où la CEI devait être utilisée pour un compte personnel et pour les intérêts électoraux du RHDP, aveuglé par sa haine viscérale pour Gbagbo.

 

Ce qui a écœuré et choqué au plus haut point dans cette affaire pitoyable, c’est l’attitude de Mambé lui-même… Pour tester la lucidité du jugement qu’il porte sur lui-même, il suffit de chercher quelle définition ce héros ( ?) de notre histoire moderne donne à « dysfonctionnement ». Au bout du compte, on a découvert un homme lige complètement dysfonctionné, accroché à une prébende, incapable de se rendre compte de l’énormité de sa situation, dédaigneux et hautain, méprisant la vérité qui pourtant s’imposait à lui. Le reconnaître n’est pas un parjure. Mambé s’est vraiment contrefoutu des Ivoiriens. C’est ce qui explique pourquoi il se débattait, tel un diable dans un bénitier, pour continuer imperturbablement, à infliger ses manigances au peuple de Côte d’Ivoire. Au mépris des intérêts les plus essentiels, ceux de la Cote d’Ivoire qu’il prétendait servir, ce « militant » aura bien réussi à inspirer un dégout absolu et à faire le vide autour de lui. Oui, en effet, c’est bien pire que d’être humilié par soi-même.

 

Peur des élections et conspiration opportuniste à l’extrême

Les leaders du RHDP eux-mêmes, par leur soutien à Mambé, apparaissent ainsi, au grand jour, tels qu’ils l’ont toujours été : des comploteurs, intriguant à l’extrême, des manipulateurs… des couards. Des démons dont le seul projet politique est de faire tuer de pauvres Ivoiriens. Ils doivent bien se retourner dans leurs tombes, ces morts du RHDP. Comprenant, trop tard, qu’aucune sueur ne mérite d’être versée pour Bédié et consorts. A plus forte raison, une vie précieuse.

 

Et s’il demeurait encore quelques doutes dans l’esprit de certains de nos concitoyens sur le sens à donner à leur vote à la prochaine présidentielle ; et s’il est vrai aussi qu’il existait quelques minces chances que ces concitoyens envisageaient d'évaluer lors de l’élection présidentielle à l’endroit de Bédié et consorts, l’affaire Mambé, leur aura permis de faire une saine évaluation. Aujourd'hui, le RHDP vient de perdre le peu de crédit que ces Ivoiriens auraient pu lui accorder. Ses leaders vivent ainsi leurs derniers moments. Leur manque de lucidité les a ensevelis sous les décombres de leur sinueuse carrière politique. Ils sont morts. Spirituellement et physiquement.

 

Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder de très près ceux qui font la une des « canards boiteux » ces derniers temps et qui dénigrent la Côte d’Ivoire et les institutions qui l’incarnent dans les couloirs boueux des médias occidentaux : Des excités, des anarchistes, des politiciens déchus. Toute chose qui laisse transparaître tout le sens qu’ils donnent à la démocratie. Parce que, pour des gens qui réclament, à cors et à cris, une élection « juste et transparente », on s’étonne de ne pas les voir militer pour que les membres de la CEI ne soient plus inféodés aux partis politiques, mais plutôt dirigée par des personnes qui bénéficient d’un minimum de présomption de neutralité et d’impartialité. Que non ! Pour le RHDP, c’est très transparent d’être arbitre et, en même temps, joueur.

 

Au demeurant, le RHDP surestime, bien à tort, son poids politique dans le pays… Ses leaders, pour ne pas avouer leur inaptitude à faire mieux que Gbagbo, préfèrent jouer le temps et les effets de manche pour donner le change, et faire porter le chapeau des blocages récurrents observés ça et là dans la conduite du processus de sortie de crise au seul Laurent Gbagbo. C’est pourquoi, derrière leur attitude irrévérencieuse, il faut voir une vérité que cache leur hétérogénéité : la peur des élections… qui mettra fin à tout leur petit boucan. Au lieu de réclamer tout et rien et n’importe quoi, pourquoi ne disent-ils pas aux Ivoiriens ce qu’ils proposent concrètement pour permettre à notre pays de sortir de la crise.

 

Mais on s’en rendra bien vite compte. Les leaders du RHDP sont pauvres. Intellectuellement. Moralement. Politiquement. Si bien qu’il est légitime de s'interroger si cette opposition peut faire autre chose que se donner au quotidien tristement en spectacle. N’est-ce pas, finalement, sa nature que de s’opposer systématiquement et de prendre les Ivoiriens en otage ? Quelle est l’utilité de Bédié et consorts dans notre jeune démocratie ?

 

De l’utilité du RHDP

Parce que c’est connu. Une opposition doit constituer un contre-pouvoir. Elle doit représenter aussi la possibilité d’une alternance politique : participer à l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie. Enfin, une opposition crédible doit travailler au renouvellement du personnel politique. Comme on le voit, le rôle d’une opposition est essentiel en démocratie. Une opposition forte, imaginative, constructive est un gage de dynamisme et de développement dans un pays. Parce que faire de la politique, vouloir gouverner, ce n’est pas seulement s’admirer parler dans les médias étrangers. C’est d’abord avoir un projet de société à proposer au peuple. C’est la seule adhésion du peuple à ce projet qui conduit au pouvoir.

 

Malheureusement, pendant près de 40 ans de règne sans partage, cette classe politique rouillée, construite sur la couardise, la haine, le clientélisme et la compromission, a été  frappée par une inimagination sans pareille. Mis à part la même rancœur à l'encontre de Laurent Gbagbo et de ceux qui défendent des idées novatrices de la démocratie et du partage équitable de la prospérité nationale. Et c'est bien pour cela que le mépris des Ivoiriens à l’égard de ces individus fait place à de la pitié, car ces individus apparaissent avant tout comme pathétiques. Parce qu'ils sont emblématiques d'un travers de plus en plus répandus dans notre pays, alliant la mauvaise foi à une nostalgie béate d’un pouvoir perdu. Ce sont ces gens-là qui créent aujourd’hui une croisade insurrectionnelle anti-constitution. Des gens qui tiennent toute leur carrière politique de situations d’exception et au respect scrupuleux que les Ivoiriens vouent à leur Constitution…

 

Aujourd’hui, c'est la faute à Gbagbo, aux refondateurs. Bref, « au régime illégitime du FPI », selon la terminologie houphouétiste bon marché en Côte d’Ivoire. Comment comprendre ces bons messieurs du RHDP qui veulent brûler le pays juste pour demeurer ministre et pour contrôler la CEI et, qui, en toute irresponsabilité ne veulent point être comptables de la gestion du pouvoir d’Etat dans lequel ils ont les deux mains plongées.  Ah qu’il a raison Anaky – même s’il l’a dit sans vraiment y croire – quand il dit que : « C’est parce que l’opposition est au gouvernement que les choses n’avancent pas. C’est cette compromission qui bloque les élections et qui va encore retarder le processus électoral… Ceux qui sont au pouvoir gouvernent et ceux qui sont dans l’opposition s’opposent. » Cette incongruité que dénonce Anaky résume à elle seule, toute l’incohérence et l’inconséquence des leaders du RHDP. Qui veulent  le beurre, l’argent du beurre, mais aussi, et peut-être surtout, les fesses de la crémière. Et c’est le témoignage à la fois d'une inculture politique en vogue chez nous et d'un amalgame préoccupant.

 

Le RHDP et l’héritage d’Houphouët-Boigny

 

On remarquera que cet attelage de prétendus houphouétistes, ne savent pas grand chose du Président Houphouët-Boigny… Houphouët était avant tout un esprit pragmatique. Cohérent et honnête. Toute chose qui lui aurait permis, bien au contraire, d’apprécier sainement la réalité politique de notre pays. Si Houphouët voyait aujourd'hui la Côte d’Ivoire déchirée par les turpitudes de ses soi-disant  « héritiers », il pourrait en surprendre plus d'un en se déclarant un fervent pro-Gbagbo, c’est-à-dire, capable de se sacrifier, de s’humilier pour la Côte d’Ivoire.

 

Le mal de la Côte d’Ivoire ce n’est donc pas Gbagbo. Il est surtout une grande partie de la solution. Sans lui notre pays en pâtirait, et les difficultés quotidiennes seraient infernales. Le mal de la Côte d’Ivoire c’est bien cette nouvelle classe d’opposants. Qui au mépris des principes démocratiques ont voulu écourter le mandat du Président Gbagbo. Résultat, ils l’ont rallongé eux-mêmes de 10 ans. Non sans avoir installé le pays dans le chaos. C’est donc être amnésique, myope, sourd ou simplement d’une mauvaise foi révoltante que de dire que c’est Gbagbo qui refuse d’aller aux élections. Car il leur suffisait seulement de respecter le plus élémentaire des principes démocratiques : le choix du peuple. Combien faudra-t-il de morts dans notre pays pour que le RHDP le comprenne et cesse de « rendre ce pays ingouvernable » ?... Que Bédié et consorts prennent, enfin, conscience qu’aucun coup de force ne placera personne à la tête de la Côte d’Ivoire. A bon entendeur…

 

Serge Grah

Journaliste,

Ambassadeur Universel pour la Paix

serge_grah@yahoo.fr

 

vendredi, 26 février 2010

CYBERCRIMINALITE: COMMENT LA COTE D'IVOIRE EST DEVENUE LA PLAQUE TOURNANTE

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Abidjan est devenue le sanctuaire de la cybercriminalité. Comment en est-on arrivé là ?

Le 25 février 2009, la chaîne française M6 diffuse un reportage intitulé «Internet : les as de l`escroquerie». Des jeunes Ivoiriens, à visage découvert, expliquent leurs stratagèmes pour arnaquer. Les faussaires, par des courriers électroniques, entrent en contact avec des personnes installées à l’étranger, créent des histoires à dormir debout, telles que les gains à la loterie, les offres d’achats de biens, rien que pour se faire remettre des espèces sonnantes et trébuchantes. M. Jean Cournot, un expatrié suisse, qui voulait vendre un immeuble a ainsi été floué. L’individu qui prétendait vouloir acquérir l’édifice lui a soutiré de l’argent pour, disait-il, l’ouverture du compte bancaire devant accueillir les fonds. Dans le même mois de février, Fidèle Koffi Konan, 22 ans, Serges Gossé Koré, 21 ans, et Arnaud Djobo Kpagbi, 22 ans, se font passer pour le procureur de la République, Raymond Tchimou. Ils cherchent à soutirer de l’argent à un opérateur économique français établi à Dakar. Les quidams font parvenir à Jean Luc Albert Pierre Marioni, via internet, une correspondance baptisée: «La lettre du Tribunal».

Le procédé

La note adressée à l’homme d’affaires français porte les armoiries de la République et est signée du haut magistrat. Le courrier informe M. Marioni de ce qu’une certaine Camille Lurette lui lègue sa fortune. Mais, il dispose de quatre jours pour faire acheminer à l’autorité judiciaire, la somme d’environ 300.000 Fcfa destinée à la légalisation de l’acte de donation. Manque de pot pour les délinquants. M. Marioni connaît très bien le chef du parquet. Un peu agacé par les ridicules fautes dans la correspondance, l’opérateur économique alerte par fax Raymond Tchimou. Le magistrat tombe des nues et actionne aussitôt le commissaire Félix Bléa, chef de la cellule de lutte contre les infractions sur le net. Avec l’aide d’une journaliste française venue justement enquêter sur le phénomène de l’escroquerie sur Internet à partir d’Abidjan, l’officier parvient à mettre le grappin sur Fidèle Koffi Konan et Serges Gossé Koré, le troisième lascar ayant réussi à se fondre dans la nature. Les indélicats sont condamnés pour faux et usage de faux, tentative d’escroquerie. Il ne se passe plus une seule semaine sans que la police ne soit saisie de plaintes liées à la cyberescroquerie. Vous l’aurez compris ! Phénomène nouveau, la cybercriminalité est en pleine expansion en Côte d’Ivoire. Les experts la définissent comme l’ensemble des délits commis contre les systèmes d’informations et aussi l’ensemble des crimes commis en utilisant l’informatique et l’Internet. «La cybercriminalité se décline sous plusieurs formes : les crimes contre les systèmes d’information et les crimes commis par l’utilisation des systèmes d’informations », explique Corenthin Ahuili, expert en Nouvelle technologie de l’information et de la communication (Ntic). Selon lui, la Côte d’Ivoire est dans la zone rouge, en tête du peloton. L’année dernière, une commission rogatoire belge a effectué sur les bords de la lagune Ebrié des investigations. Elle avait été précédée par plusieurs autres enquêtes. Les conclusions, selon le quotidien belge «Le Soir», sont déprimantes : la Côte d’Ivoire est devenue un sanctuaire dangereux de la cybercriminalité. Mais comment en est-on arrivé là ? Tout commence au début des années 2000 avec les jeunes d’un gigantesque pays de la Cedeao. Rompus au banditisme sur le net mais fermés dans leur communauté, ils ont réussi à garder le secret jusqu’à l’avènement de la crise de 2002. «Avant la guerre, on les voyait rouler carrosse mais on ne savait pas comment ils gagnaient leur argent. Finalement, on a su que c’était grâce à l’outil informatique qu’ils devenaient aussi riches rapidement », révèle Tré Blahou, un gérant de cybercafé. En fait, les effets pervers de cette crise poussent de nombreux jeunes gens à l’exil. Ils prennent le chemin de l’aventure dans l’espoir de se faire une place au soleil de l’occident. Mais, la moisson n’est pas toujours à la promesse des fleurs. Selon M. Ahuili, les immigrés, vivant généralement dans la clandestinité et parfois dans la promiscuité, cherchent par tous les moyens à faire bombance. Peu importe la manière. «Tous les chemins mènent à Rome», clame Roger M. un Ivoirien basé en Suisse. Nos chers immigrés commencent alors par les vols de voitures. Un jeune Ivoirien, Thomas Tiacoh, serait passé maître dans ce type d’opération. En 2008, la justice française a manqué de peu de l’arrêter dans une ruelle au Plateau. L’homme a un procédé tout simple. Il s’affuble du titre d’opérateur économique, prend les engins chez des concessionnaires, prétend pouvoir les vendre dans son pays d’origine puis, en fin de compte, disparaît dans la ville. L’opération tourne toujours à l’arnaque.

La solution

Mais cette pratique étant devenue inopérante parce que trop usuelle, les délinquants changent de stratégie. Ils s’orientent vers la toile. La possibilité des achats en ligne est considérée comme un don du ciel. Ils se lancent, pour ainsi dire, dans les vols de cartes de crédit et font des transactions à partir d’internet. On les appelle « les brouteurs». Face «au succès grandissant», le phénomène s’étend à toutes les communes et même à tout le pays, partout où il existe une connexion internet. Les jeunes gens ont entre 15 ans et 35 ans.
Si certains cherchent à avoir du cash, d’autres sont à la recherche de correspondants pouvant les faire voyager vers l’occident. Selon un adepte, «le broutage» se décline sous diverses formes mais la plus répandue est celle qui se fait avec la complicité des agents de transfert d’argent. L’escroc va sur des sites de rencontre, s’inscrit et se «travestit ». «On lui envoie une belle photo pour l’appâter», explique Magloire, un jeune homme qui a vécu l’expérience. Lorsque la relation s’établit, les «brouteurs» demandent à rencontrer le correspondant chez lui en Europe. Mais celui-ci doit aider à l’organisation du voyage vers l’Europe. Maintenant que l’amoureux a accepté de décaisser, rentrent en jeu les agences de transfert en vue de faciliter les formalités. Selon Didier Kla, président d’Internet Society, la destination Côte d’Ivoire n’est plus sûre. Il multiplie les actions de sensibilisation en direction des autorités ivoiriennes sur la cybercriminalité, expliquant que le phénomène cause d’énor­mes pertes à l’économie mondiale. Malheureusement, le chef de la cellule en charge de la lutte contre les crimes via l’Internet manque de moyens pour traquer les escrocs. L’équipe du commissaire Bléa est composée d’une dizaine d’éléments qui ne dispose ni de la logistique, ni de la formation pour accomplir la mission. En attendant, Sylvanus Kla, Directeur général de l’Atci (Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire), définit les mesures urgentes. Aux fournisseurs d’accès Internet, propriétaires et gérants de cybercafés , M. Kla a tiré la sonnette d’alarme. Il révèle qu’une police scientifique est née pour traquer les fossoyeurs de l’Internet. Pour sa part, le procureur Hamed Diakité annonce que l’article 403 du code pénal sera renforcé par d’autres lois spécifiques à la cybercriminalité.


Lanciné Bakayoko


Le vide juridique profite aux criminels

L’image est du Directeur général de l’Atci, Sylvanus Kla. «Nous sommes le 19 décembre, les Ivoiriens attendent patiemment les salaires pour préparer la fête. Brusquement, c’est la panique. Des criminels viennent de lancer une attaque informatique sur le système du Trésor public et des grandes banques. Les données sur la paie sont effacées, le système est paralysé. Le site internet de la présidence, véritable vitrine pour le pays est piraté et son contenu remplacé par des photos osées. Le pays est sous le choc. Des experts sont mobilisés et retrouvent les criminels. Ceux-ci avaient également, entre autres forfaits, créé à distance et de façon frauduleuse, des comptes bancaires en leur nom, crédités frauduleusement de fortes sommes d’argents. Le procès s’ouvre et coup de théâtre, les accusées sont relâchées. Le juge explique qu’aucune loi ne lui permet de les condamner, le code pénal ne prévoit que la destruction de bien matériels ». Pour lui, le vide juridique préjudiciable aux citoyens honnêtes, fait la part belle aux bandits. A cet effet, il en appelle à la mise en place d’outils juridiques, administratifs et techniques. En attendant la validation du texte de loi en préparation, l’Atci a engagé une vaste opération de traçabilité dans l’utilisation des puces de téléphonie mobile. Ainsi depuis le 1er janvier 2009, tout acquéreur de puce est tenue de s’identifier. Cela permet de savoir qui fait quoi. Mais il faut le reconnaître, la lutte ne deviendra efficace que dans un cadre de coopération internationale car le cyberespace n’a pas de frontière. La Convention de Budapest trace déjà la voie car elle propose une organisation harmonisée de textes existants en la matière avec un mécanisme d’intervention.

L.B

Source: Quotidien Nord-Sud du 05/09/2009.

vendredi, 12 février 2010

ETTY MACAIRE: L'IVOIRIEN ET LE GASPILLAGE DU TEMPS

Horloge - Beffroi de Lille

 

Un excellent papier d'Etty Macaire, découvert sur son blog ! D'une extrême justesse. A lire, absolument!

 

Comme l’argent, le temps est un capital qui, bien investi, bien exploité produit des richesses aussi bien matérielles qu’intellectuelles. Malheureusement, les Africains semblent ne pas prendre conscience de la valeur du temps. Aussi, le gaspille-t-ils à longueur de journée comme s’ils n’en avaient en abondance. Belle et incroyable habitude pour des hommes qui sont considérés comme les plus pauvres de la planète ! Dans notre pays, le gaspillage du temps trouve sa manifestation dans certaines manies coriaces.

 D’abord, aucune activité ne commence à l’heure et personne ne se soucie d’être ponctuel. L’ambulance vient en retard, le train vient en retard, le corbillard vient en retard, la chorale vient en retard, la sécurité vient en retard, les pompiers viennent en retard, l’examinateur vient en retard, la mariée arrive en retard. Et tout le monde s’en accommode bien, car chez nous ne pas respecter l’heure est une seconde nature. Dans les services, le patron sans scrupule, prend un plaisir mâle à faire attendre une file de personnes venues solliciter sa signature, son assistance administrative, son conseil. Et pendant ce temps des montagnes de dossiers frustrés attendent dans le silence d’un bureau la précieuse signature, l’inestimable cachet ou un cerveau pour les examiner. Nous allons aux réunions avec une heure de retard sous le fragile prétexte qu’ « en Afrique, une réunion ne peut commencer à l’heure ». Et malgré notre retard, nous arrivons avant le début de la réunion. Tout simplement parce que celui qui l’a convoquée, lui-même est venu deux heures après. Et tout le monde est content du retard avec lequel la réunion a commencé. Les retards des hauts responsables sont si coutumiers que l’on a fini par adopter complaisamment cette charmante boutade : « le patron n’est jamais en retard, il a eu un empêchement ». Et tout le monde comprend et pardonne le retard du chef en attendant un jour de devenir chef pour jouir abondamment, lui aussi, de son droit de venir en retard. Comment peut-on aller en retard à un entretien d’embauche alors que nous courons derrière notre premier emploi depuis une demi-décennie ? Chez nous, ces retardataires de cet acabit courent les rues. Même lorsque les autorités d’une quelconque administration fixe un délai pour une activité, elles prennent toujours le soin de fixer un autre délai pour les éternels retardataires. Ces derniers trouvent normal que l’on tienne toujours compte de leur tare congénitale.

 

Mais peut-on aller à l’heure quand l’environnement dans lequel nous vivons n’accorde aucune importance au temps ? Même le sommet de l’Etat n’est pas exempt de reproches. Tous nos chefs d’Etat nous ont habitués à venir au-delà de l’heure pour laquelle la population a été mobilisée pour les attendre. Cette habitude, semble-t-il, est liée à des questions de sécurité. Qu’en est-il alors des ministres, des députés, des maires, des PDG, des DG ? L’importance d’un haut responsable est proportionnelle à ses heures de retard. Personne ne se croit obligée, par respect de l’autre, d’être ponctuelle. Mais qui va sanctionner le préfet en retard dans une ville où il est la plus haute autorité ? Qui va tirer les oreilles au président du tribunal dans un service où il est le grand manitou ? Le maire, le premier magistrat de la commune a-t-il une fois été sommé par ses administrés de les respecter en venant aux rencontres à l’heure ? Dans les hôpitaux, le médecin vient toujours en retard. La ponctualité est simplement dévolue aux infirmiers, le médecin, le patron lui se donne le droit de venir à l’heure qui lui convient. Pendant ce temps des malades agonisants, à force de ronger leur frein, préfèrent se laisser emporter par la mort.

 

Ensuite, à côté de cette plaie puante qu’est le retard, il y a aussi le refus d’utiliser le temps à travailler. Le temps est gaspillé dans l’inactivité et l’oisiveté. A Abidjan, et à Abidjan surtout, le travail au public est l’affaire d’une poignée de fonctionnaires consciencieux. Et ceux qui acceptent de travailler se donnent le droit de s’en abstenir les vendredis. Officieusement, c’est le jour des levées de corps et des convois funèbres. Tout le monde le sait et en parle mais personne ne prend des mesures. Car tout le monde en profite. Or cette ruée vers les obsèques le plus souvent n’est qu’une occasion pour se donner à de multiples cochonneries et lubricités (nous y reviendrons). Les ministres qui doivent sévir ou donner l’exemple sont eux-mêmes emportés par la fièvre des obsèques du vendredi. Pour un pays où le samedi est férié, le travail hebdomadaire se réduit à cinq jours. Mais ces cinq jours sont-ils réellement mis à profit ? Bien sûr que non ! Comment dans ces conditions, pouvons-nous rêver de développement et de progrès ?

 

Pour faire apposer une simple signature sur un dossier, il n’est pas rare d’attendre des jours voire des mois. Combien de fois des citoyens n’ont-ils pas attendu sur des bancs dans des services pendant des heures pour se faire recevoir ou se faire dire qu’ils ne peuvent pas être reçus ? Un dossier qui n’a pas été traité dans le temps, c’est un grain de sable jeté dans la machine du développement. Et quand il arrive par hasard de nous occuper un temps soit peu, nous nous adonnons à des activités oiseuses. Combien de temps passe-t-on devant l’écran de la télévision pour consommer des films incestueux et violents ? Combien d’heures passons-nous assis au maquis, au cabaret, pour nous empoisonner l’organisme d’alcool ? Combien de temps perdons-nous à discuter de sujets stériles et creux au détriment des débats de fonds qui engagent notre destin commun ? Combien de temps passons-nous au téléphone à faire des conversations paresseuses ? Combien de temps brûlons-nous à dénigrer, à calomnier, à médire, à mentir, à errer, à dormir ? Pendant ce temps, le travail attend, les dossiers attendent, les malades attendent, les élèves attendent, les inculpés attendent, les convoqués attendent, les administrés attendent, les clients attendent.

 

Et dire que dans les pays riches, dans les pays qui sont déjà développés, tout se fait à pas de course. L’écrivain ne dit pas autre chose quand il s’interroge : « Pourquoi les Africains affectionnaient de trainer ainsi les pieds ? Pourquoi les Européens et, par-delà, les Blancs, faisaient-ils tout sur le mode de la vitesse, de l’empressement, et les Africains, celui de la lenteur, de l’indolence paresseuse ? Qui donc, du Noir ou du Blanc, avait besoin d’aller vite ? » (in Mémoire d’une tombe, de Tiburce Koffi).

Le temps est aussi une matière première, une richesse inestimable qu’il faut pouvoir mettre à profit. Le temps doit être investi. C’est de cette façon qu’il peut produire des richesses. En sus, il faut savoir le gérer, l’organiser. L’Afrique commencera sa révolution le jour où elle comprendra que le temps ne doit pas être gaspillé. Pour la Côte d'Ivoire de demain, apprenons à gagner du temps. C’est de cette façon que nous gagnerons le défi du progrès.

dimanche, 07 février 2010

CINQUANTENAIRE DE LA CI: PROPOSITIONS DE LEANDRE SAHIRI A L'AMBASSADEUR PIERRE KIPRE

 LOGO OFFICIEL CINQUANTENAIRE.jpg 

Londres le 01/ 02 / 2010

 

Monsieur le Président de la Commission Nationale Préparatoire du Cinquantenaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire,

Excellence,

             

Espérant que vous lirez cette lettre avec une bienveillante attention jusqu’au bout, je voudrais, en tant qu’intellectuel et citoyen ivoirien, membre de la sous-commission préparatoire du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire pour la circonscription du Royaume-Uni, porter à votre connaissance les faits ci-après.

 

Comme nous le savons tous, c’est en 1960 que la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne ont obtenu leur indépendance. Et donc, cette année 2010, un demi-siècle plus tard, nous nous apprêtons à célébrer, à sa juste dimension, le cinquantenaire de cet événement d’importance et de résonnance particulières pour nous.

 

Pour ma part, je conviens avec nombre d’Africains et d’amis de l’Afrique que ce cinquantenaire doit être l’occasion pour nous de faire le bilan des cinquante années passées, de faire l’état de nos lieux à cette étape de notre Histoire, de poser la question de notre autonomie économique, de trouver les moyens de mettre en place une monnaie commune à nos États hors du giron français, de réfléchir sur les stratégies à mettre en œuvre afin que le demi-siècle à venir soit celui d’une indépendance vraie pour l’Afrique.

 

A ce propos, quoique la situation de l’Afrique ne soit pas ce qu’elle était en 1960, quoique l’année 1960 soit vue dans les discours officiels comme un moment faste pour le retour de la liberté des peuples constitués en Etats neufs, ayant leurs attributs spécifiques (drapeaux, hymnes, constitutions, etc.) au même titre que les puissances coloniales d’hier, quoique la Coupe du monde de football qui aura lieu, cet été, en Afrique du Sud, soit tout à l'honneur du continent africain, nombre d’Africains, pour le moins éclairés, lorsqu’ils parlent des cinquante années des soleils des indépendances africaines, n’hésitent pas à appeler de tous leurs vœux « une deuxième indépendance », pour dire qu’il nous reste à conquérir notre vraie indépendance, y compris notre indépendance économique, sans laquelle notre souveraineté politique demeure aujourd’hui encore et toujours une pure illusion, vous le savez.

 

Ces Africains sans doute mettent en avant, et je souscris à cette thèse, le fait que plus de 80% des populations africaines vivent sous le seuil de pauvreté, peinent à s'assurer un repas convenable par jour, à se soigner convenablement, à bénéficier des conditions adéquates d’éludes et de promotion, et aussi du fait que le chômage des jeunes diplômés demeure une épidémie, entre autres maux.

 

Ces Africains estiment, et je souscris à cette thèse, que, de ce fait, le moment est venu de nous réapproprier et de maîtriser notre propre destin, de trouver en nous-mêmes et par nous-mêmes les moyens de faire face à notre humaine condition, de lever la tête et de sortir du calvaire infernal de l’esclavage permanent insinué et institutionnalisé par le « Code noir » promulgué par le roi Louis XIV, en 1685.

 

Ces Africains préconisent, et je souscris à cette thèse, que l’année 2010 soit vue et vécue comme le point de départ d’une nouvelle ère pour nous Africains.

 

Ces Africains considèrent, et je souscris à cette thèse, que, cette année, l’opportunité nous est donnée de nous atteler à élaborer un projet sérieux de décolonisation et de développement, à induire avec intelligence les moyens de notre libération, à réviser tous les contrats léonins passés avec les pays occidentaux qui ont soin de penser et de décider en notre lieu et place, à soulever le problème crucial de nos indépendances : des indépendances ankylosées par la misère et le déficit moral dans la gestion des affaires publiques, empestées par les rebellions et les dictatures, confisquées par une armée étrangère sur nos territoires pourtant dits souverains et des gouvernants irresponsables aux pratiques d’arrière-garde, dévidées économiquement par une monnaie dont la maîtrise nous échappe, mises à mal par des conflits plus ou moins ouverts où des Africains n’ont ni honte, ni scrupule à étaler leur barbarie, à se révéler les « pires ennemis de l’Afrique », etc.

 

Telles sont, je crois, les préoccupations qui doivent être les nôtres et qui, sans doute aucun, ont inspiré le président Laurent Gbagbo à proposer de faire, de cette année 2010, une année exceptionnelle, ainsi que de donner une grande envergure à la  célébration des cinquante ans de notre indépendance.

 

Et, Excellence, en nommant comme « Président de la Commission Nationale Préparatoire » de cette commémoration le grand historien, l’éminent universitaire et homme politique que, à nos yeux, vous êtes censé incarner, le président Laurent Gbagbo vise, je crois, à ce que soient proposées et organisées des manifestations et des activités qui sortent, absolument, du folklorique, du tintamarresque et qui se situent au-delà du cadre routinier habituel de l’«Indépendance Cha Cha ».

 

Excellence, en vous nommant comme « Président de la Commission Nationale Préparatoire », le président Laurent Gbagbo s’attend, je crois, à ce que vous fassiez émerger cette manifestation de ce que Blaise Pascal appelle le « divertissement », à savoir : les bals populaires, les soirées dansantes, les défilés de mode, les matches de gala, etc., c'est-à-dire tout ce qui atteste que « l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire » (Nicolas Sarkozy), tout ce qui réduit l’Africain à sa plus simple expression : le « nègre Banania ». En vérité, il nous faut, s’il vous plaît,  saisir l’occasion de nous élever au-dessus des contingences immédiates et de nous comporter en êtres pensants » (Houphouët Boigny).

 

Excellence, en vous nommant comme « Président de la Commission Nationale Préparatoire », le président Laurent Gbagbo s’attend, je crois, à ce que nous ne nous laissions pas distraire par l’idée du grand folklore que prépare la France et dont l’objectif inavoué est que nous soyons toujours et encore occupés à nous amuser,  à danser, à jouer, au lieu de mener notre propre introspection. Le but du jeu est connu : il s’agit  de nous distraire afin de  nous détourner de poser les vraies questions, afin de ne pas rechercher les vrais remèdes à nos maux, afin que nous continuions à nous préoccuper des choses viles et non essentielles à nos vies ; il s’agit  de célébrer la Françafrique ou la francophonie comme notre seul salut, pour continuer à nous chosifier, à nous instrumentaliser et à nous exploiter ; il s’agit  de continuer à écrire notre histoire avec la même encre noire...

 

A preuve, Excellence, selon le programme officiel, « la France va honorer, cette année, ses anciennes colonies, notamment en faisant défiler des troupes africaines sur les Champs-Elysées, le 14 juillet et en recevant, en invités spéciaux, des ballets et chefs d’Etats africains pour les festivités ».

 

Et donc, bien évidemment, il ne s’agira pas de parler du contenu de nos indépendances, comme on peut s’en rendre compte : on ne tirera pas le bilan politique, économique, social, culturel de nos cinq décennies d’indépendances ; on ne posera pas le problème de notre libération totale ;  on ne célébrera pas les grands acteurs de nos indépendances, ni les savants et créateurs africains ; on ne dégagera pas les perspectives d’avenir pour nous-mêmes et pour les générations à venir. Non !

 

Et pourtant, ce  sont là, de mon point de vue, les vraies préoccupations qui doivent, en ce moment, être les nôtres et qui doivent être au cœur de la célébration du cinquantenaire de notre indépendance.

 

Eu égard à ce qui précède, je voudrais, par-dessus tout, vous savoir gré et vous féliciter, Excellence, d’avoir mis au cœur de cette commémoration un Colloque international et pluridisciplinaire qui se tiendra à Yamoussoukro (Palais de la Fondation Félix Houphouët-Boigny) du 1er au 4 août 2010, et qui réunira, des experts, mais des vrais, autour du thème suivant : « Les 50 ans des indépendances africaines : bilan et perspectives d'avenir». En tout cas, je suis fier et fort heureux qu’une telle initiative soit venue de notre pays et que les moyens conséquents en aient été mis à votre disposition, du moins autant que je sache.

 

Malheureusement, votre « appel à communications » semble être passé totalement inaperçu, du moins à ma connaissance, sinon sauf erreur de ma part. Aussi, serait-il bon que cet appel soit (re)diffusé le plus largement possible, par toutes les voies et moyens possibles.

 

Par ailleurs, le Colloque devant se tenir en août 2010, il serait également bon, pour ce qui est des « propositions de communications »,  de revoir, du moins de proroger la date de clôture, fixée préalablement au  30 décembre 2009.

 

Il serait tout aussi bon que nous ne restions pas là à seulement attendre des propositions de communications. Au contraire, nos efforts et nos moyens doivent être réunis à rechercher avec torche, à recenser et à inviter tous ceux des Africains et toutes celles des Africaines et autres scientifiques, intellectuels…, - et ils sont légions- à même de conduire cette réflexion, à même d’alimenter positivement et sereinement les débats de ce colloque dont les actes devront être édités, publiés et largement diffusés. 

 

Outre ce colloque dont le bien-fondé n’est plus à démontrer, je voudrais proposer les activités et manifestations suivantes :

 

  1. 4 concours littéraires et artistiques interafricains dotés de prix, dont l’un à l’attention des écrivains en herbe :

1) Œuvres (genres au choix) publiées entre 1960 et 2010 qui auront profondément marqué nos esprits et nos vies ou susceptible d’être considérées comme livres de chevet ;  

2) un essai politique ;

3) Presse ;

4) œuvre d’art. (NB : L'art englobe principalement les produits des « beaux arts » tels que l'architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la danse et la poésie (et donc la littérature), auxquels on ajoute le cinéma, la gravure, le théâtre, la photographie, la bande dessinée, la télévision, voire l'art numérique).

 

  1. Des expositions d’art (ambulantes et ouvertes au grand public) : donner les moyens et l’opportunité à nos talentueux artistes de se faire connaître, de faire la promotion de leurs œuvres, au plan national et international.

 

  1. Des projections de films produits, réalisés entre 1960 et 2010 :

a) des films montrant les héros des indépendances et autres grandes figures de notre histoire ;

b) des films soulevant les problèmes africains et visant à nous faire prendre conscience de notre être, de nos responsabilités et de notre devenir.

 

  1. Des table-rondes et des conférences sur les thèmes suivants : La problématique du Franc CFA ; la pauvreté ; l’éducation ; l’actualité du Code Noir ; la diffusion de la pensée ; l’édition ; la santé ; le pouvoir et la bonne gouvernance ; les ambassades et représentations diplomatiques africaines : missions et activités ; diplomatie et coopération, les libertés et les droits ; la liberté de presse ; parti unique et multipartisme, la démocratie, les élections ; les constitutions, la jeunesse ; la condition féminine ; etc.

 

  1. Des expositions d’œuvres scientifiques par les créateurs et inventeurs africains pour servir de modèles aux jeunes, pour révéler au monde le génie africain, pour combattre le complexe d’infériorité et les préjugés de tous genres.

 

  1. La vulgarisation des œuvres littéraires (ouvrages, récitals, et spectacles divers) qui visent  à favoriser la prise de conscience et de responsabilité, telles que Monsieur Thogo Gnini (B. Dadié), Les Sofas (B. Zaourou), Tribaliques (H. Lopes), Le Code noir de Louis XIV (L. Sahiri), Une saison au Congo (Césaire), Le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique (N. Agbohou), Le crime d’être noir ( C. Bassidiki), Les Bouts de bois de Dieu (O. Sembene), La carte d’identité ( J. M Adiaffi), En attendant la liberté (G. Oupoh), entre autres.

 

En vous remerciant, Excellence, de votre bienveillante attention et vous félicitant, par avance, du succès de cette commémoration, je vous prie de bien vouloir agréer, Excellence, l’expression de ma considération distinguée.

 

Léandre Sahiri. (Membre de la Sous-commission Préparatoire du Cinquantenaire de la Côte d’Ivoire pour la circonscription du Royaume-Uni, Chargé des expositions d’œuvres d’art, concours littéraires ou scientifiques autour de l’idée d’indépendance. sahirileandre@yahoo.fr).

jeudi, 04 février 2010

EDITH BROU: BLACK-OUT EN COTE D'IVOIRE PENDANT 3 MOIS ET PLUS...SI AFFINITES


Un post intéressant de l'excellente blogueuse ivoirienne, Edith Ya Brou, sur son blog GODIVOIRE, relativement aux trois mois de délestage annoncés unilatéralement par la CIE, la Compagnie Ivoirienne d'Electricité. Je tenais à vous le faire parcourir. Immanquablement. Bonne lecture! Dindé.

 

Délestage, délestage....Ce mot tellement ''tristounet''est à la page en ce moment. On en parle dans la vie réelle à Abidjan et dans tout le reste du pays. Mais on le craint encore plus sur le web.
Depuis plus d'une semaine donc, les réseaux sociaux (facebook, twitter, linkedin, netlog, hi5,etc) utilisés en Côte d'ivoire sont en ébullition. Les internautes après avoir mal digéré, la choquante nouvelle du seul fournisseur d'électricité en Côte d'Ivoire, ont déversé leur indignation et même leur colère sur leurs profils.
Voici un des nombreux commentaires sur facebook, ce matin qui m'a fait sourire:

R. E. a dit: ''Avec ces 3 mois de coupure de courant annoncés , on n'arrête pas de régresser dans ce pays ! On va se galérer gravvvvvve! Les bandits vont se régaler mais avec la tension politique actuelle, je me demande aussi si ce n'est pas une forme cachée de couvre-feu ?''


Et c'est tellement légitime. Tenez! Au moment où j'écris ces lignes, je viens de recevoir un appel de Joe T. Ndzulo, un ami et web entrepreneur vivant à Abengourou (coucou à Elia Varela et à tous les blogueurs de l'indénié). Joe m'a donc fait savoir, avec une pointe de désespoir que le délestage avait bel et bien commencé à Abengourou car depuis 2 jours, la ville n'avait plus d'électricité. Hier, par exemple, ils en ont été privés de 1h du mat à 17h et aujourd'hui, depuis 10h, c'est le black-out. La ville d'Abengourou est donc la première victime.

Pauvre Côte d'Ivoire. Après la Sir qui va fermer bientôt, le carburant qui fait yoyo, les incendies qui se succèdent, la crise électorale, le paysage audiovisuel déplorable, etc...Voici la dernière pilule amère que nous devons avaler de gré ou de force. L'effondrement de l'économie ivoirienne en dépend.


Sincèrement, je me fiche de savoir les raisons de ce délestage; on en a suffisamment pour en servir à d'autres pays alors...Et ce qui est marrant, c'est que nous avons du soleil A PROFUSION, matière première gratuite pour l'alimentation de nos foyers en énergie solaire. Mais je pense que réfléchir à une politique concrète de mise en oeuvre progressive de ce type d'énergie pour nos pays africains est ''assez futuriste'' pour nos technocrates scotchés à leur fauteuil: trop compliqué et surtout manque à gagner.


Bref!!.... Notez que dans ce scénario sombre, ce sont les entreprises du secteur privé et les travailleurs de l'informatique et du web, qui vont le plus, grincer les dents. Car, leur matière (notre matière) première, c'est un PC ou un laptop, mais c'est surtout l'électricité sans laquelle il ne peut y avoir de connexion Internet (cette fois-ci, ce ne sera pas de la faute de nos FAI). J'imagine déjà le pauvre développeur, à minuit, le nez rivé sur l'écran de sa machine, occupé à coder, car ayant un Contrat de Outsourcing à Philadelphie, aux USA. Il ne lui reste que quelques minutes pour livrer la plateforme à son client trop pressé et PAAAAF!!! Coupure d'électricité car délestage.

Ou bien encore, le blogueur ou le community manager, très inspiré, sur son article ou ses mises à jour, mais tellement inspiré qu'il en a oublié de manger, car c'est aujourd'hui que son article doit être prêt ou que les mises à jour doivent être disponibles, et PAAAF!!! Coupure d'électricité car délestage. Les travailleurs du web et autres informaticiens auront donc beaucoup de soucis à se faire.
Le seul conseil que je pourrais te donner (oui à toi, puisque tu utilises aussi un PC et Internet), ce serait de bien sauvegarder tes documents (word, excell, powerpoint, publisher, etc), tes créas (photoshop, gimp, paint.net, etc), tes montages (after effect, motion picture, pinnacle), tes programmations (CSS, Php, java, ajax, etc).


Il faudra donc vous armer d'un mental à toute épreuve comme un soldat au front. Car la coupure peut venir à tout moment. PAAAF!! Bonus: Vous pouvez suivre l'évolution du délestage (maladie) en direct via ces liens:

 http://twitter.com/tndzulo/statuses/8546243556

http://amonjosias.ivoire-blog.com/archive/2010/02/03/prem...

http://www.afreekelection.com/chronique/item/294-caricatu...

10:48 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : cie, délectage, édith ya brou, godivoire, 3 mois de délestage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 28 janvier 2010

BOMOU ABOUBALAR APRES LA DEFAITE DES ELEPHANTS: LE FARROT

 
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Un billet intéressant que je vous propose, malgré le fait que je ne partage pas entièrement les avis de l'ami Bomou Aboubalar que je trouve un peu dur avec nos chers (même si nous sommes furieux après eux) Eléphants de Côte d'Ivoire. A part cela, le reste est la peinture objective de tout ce qui constitue le drame ivoirien. Bonne lecture!

 

Bonjour ! Je profite de la défaite des éléphants face à l’Algérie pour rebondir sur le problème majeur de mon pays : La déliquescence de la société ivoirienne.

Nous passerons des heures et des journées à jaser sur la contre-performance de notre équipe en 1/4 de finale de la coupe d’Afrique des nations 2010.  

Je pense pour ma part que ce n’est pas imputable à l’entraîneur sinon ce serait en ce moment du baby foot. Comme tous les ivoiriens, Drogba et les autres peuvent ils avoir le sens de l’honneur, la conscience professionnelle, c'est-à-dire faire d’abord ce pourquoi nous avons été appelés avant de faire la fête ?  Avant de faire le beau ?

 

La Cote d’Ivoire aujourd’hui ressemble à l’Hôtel Ivoire : Une belle architecture, un nom de prestige, mais à l’intérieur ; un plancher pourri, une ampoule sur trois fonctionne, une moquette d’une moisissure à vous donner une grippe H+ N+.

Sur tous les plans, la politique, l’éducation, la culture, la santé, les médias, la sécurité, les ménages, etc. On est en chute libre.

Avons-nous seulement conscience du pays sans couleur, sans odeur, et sans saveur que nous nous apprêtons à livrer à nos enfants ?

 

Nos enfants, justement parlons –en. Des parents qui mentent et apprennent à mentir à leurs enfants, des parents qui volent aux yeux de leurs enfants pour qu’ils  retiennent de nous que paraître est mieux que être. Un jeu sans fond.

La relation entre le professeur et l’élève, entre le détenteur du savoir et le néophyte. Tant pis si on n’a pas le niveau, c’est le diplôme qui est important ; quitte à l’acheter. Et on se retrouve avec des diplômés qui ne savent ni lire, ni écrire encore moins tenir une discussion. Que vaut vraiment un diplôme ivoirien d’aujourd’hui sur l’échiquier international et pour combien de temps ? Un jeu sans fond. 

Au nom de quel éthique, au nom de quel faim, mais diantre, au nom de quoi avons-nous laissé des voleurs bruiteurs venir se produire dans notre palais de la culture ? Pour des billets de banque à provenance douteuse jetés ça et là ?  

 

Aujourd’hui il devient de plus en plus difficile pour un ivoirien d’avoir une subvention pour monter son spectacle ou un festival. « C’est la situation du pays », on me dira. Mais c’est aussi et surtout par manque de confiance, par défaut de crédibilité : Quand nous recevons une subvention, nos premiers calculs, c’est d’abord les 4x4, le festival après. N’est-il pas possible de bien faire le travail et la java après, le farrot après ?  Mais avons du cœur, de l’honneur ? L’artiste ne se soucie plus de sa formation, de son bagage culturel. Alors avec un discours creux et vaseux il se produit et son jeu s’en ressent. Un jeu sans fond.

 

Comment se sent le médecin qui vole des  médicaments à ses patients au péril de leurs vies, revend ces médicaments et achète des cadeaux ou de la nourriture pour ses enfants avec cet argent ? Le douanier qui prend de l’argent en fermant les yeux sur la cargaison d’armes qui servira à attaquer son pays et à tuer ses frères, a-t-il du remords ? Que dit le policier à son épouse quand il lui remet l’argent du racket ? «  Pays de l’hospitalité », non, nous offrons à notre étranger une planche pourrie, et il tombe, et il se fracasse la jambe, et nous dansons. Un jeu sans fond.

 

Chers ivoiriens, Monsieur Drogba, Monsieur Touré et Yaya et les autres, je voudrais nous rappeler que la seule fois  pour l’instant  que nous avons ramené la coupe d’Afrique des nations chez nous, c’était avec un entraineur africain et une équipe qui avait 70 pour cent de joueurs locaux !

Faisons avec ce qu’on a, avec ceux qu’on a. Jouons ce que nous valons.

 

Si un peuple a le chef qu’il mérite,

Les artistes qu’il mérite,

La police qu’il mérite,

Les enseignants qu’il mérite,

Les docteurs qu’il mérite…

Alors il a les joueurs qu’il mérite.

 

La Cote d’Ivoire aujourd’hui n’est plus que le reflet de ce qu’elle a été.

Si ça a été, c’est que ça peut l’être encore.

C’est dans ce contexte que nous nous apprêtons à célébrer le cinquantenaire. De quoi ?

 

Merci de réagir et de partager.

 

Bomou Aboubalar

jeudi, 14 janvier 2010

LA SOCIETE IVOIRIENNE EN PLEIN DECLIN: L'EMERGENCE D'UNE CULTURE DE LA DEPRAVATION



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La société ivoirienne qui était présentée comme un creuset de discipline et de retenue, a définitivement cédé à la dépravation des mœurs. Sous la poussée d’une industrie du loisir incontrôlé et du sexe, est désormais née une culture de la dépravation qui frappe tant les villes que les campagnes, tant les femmes que les hommes.

Jadis tabou le plus sacré, le corps dénudé de la femme est devenu de nos jours en Côte d’Ivoire le plus commun des spectacles auquel l’on a droit dans les rues des villes. Désormais, il fait partie intégrante du paysage des centres urbains et, plus grave, cette tendance se propage à une allure vertigineuse vers les campagnes. Soit-il minuit ou midi, la différence ne se mesure seulement qu’en termes de point paroxystique. Parce que ce spectacle de femmes sommairement vêtues ou carrément nues se déploie sur toutes les 24 heures de la journée et dans n’importe quel quartier d’Abidjan et des villes ivoiriennes. Et tout y concourt : la mode vestimentaire, la presse, les lieux de loisirs… Avec le phénomène du collant, c’était les formes outrancières que les femmes n’hésitaient plus à exhiber en les plaquant. Désormais, c’est le pantalon taille basse ; l’on va encore plus loin : le pantalon doit dorénavant dévoiler les sous-vêtements de la femme qui se sont tellement amincis, qu’ils dévoilent à leur tour ses parties intimes. Et cela est loin de préoccuper la gente féminine. C’est la mode ; on s’y met ou alors on est une has been tout juste bonne à être rangée au garage. Et preuve que cette démence a désormais gangréné toute la société ivoirienne, les hommes ne sont pas en reste. Eux aussi sortent dans les rues le pantalon jeans sans ceinture et au milieu du fessier, dévoilant largement le caleçon porté en-dessous. Pendant ce temps, sur ces mêmes rues, la presse pornographique s’affiche sur les étals de journaux de façon triomphale ; elle offre ainsi des photos de femmes nues dans toutes les positions à toutes les vues, mêmes celles qui n’ont pas envie de les explorer. Les jeunes mâles qui n’ont jamais vu de femmes que le corps entièrement couvert, ont ainsi l’occasion de le découvrir. Au grand dam de leurs parents qui s’acharnent à les éduquer dans la culture du sacré qui doit recouvrir la nudité de la femme, mais aussi de l’homme.

La valorisation de la dépravation morale

Cette dictature du sexe nu tient sa source dans l’étrange culte de la dépravation morale et sexuelle qui a été érigée en tendance sociale en Côte d’Ivoire depuis un peu plus d’une décennie. Au lieu de promouvoir les valeurs de travail, de probité, etc. qui sont le moteur de tout développement, les années 2000 ont plutôt vu l’explosion du culte de la vanité. Désormais, ce qu’une femme a à faire valoir, c’est la partie la plus proéminente de son corps et non pas ce qu’elle à dans la tête. Le phénomène ‘’lolo’’ a ainsi ouvert cette tendance de dégénérescence. Les seins volumineux, à la limite d’une bosse de zébu, à laisser transparaître par le haut, sont ainsi devenus la norme. Une artiste telle que Nastou Traoré, qui n’a jamais convaincu ni par son jeu d’actrice ni pas ses performances vocales, est devenue l’icône du début des années 2000 à cause de ses mensurations mammaires hors norme. Et dans toutes les villes de la Côte d’Ivoire, ce fut la course aux poitrines monumentales. Offrant ainsi à de pseudo apothicaires d’ouvrir un florissant commerce de ‘’produits qui gonflent les seins’’.

L’on a avait pas encore fini de s’inquiéter de cette célébration de la vanité que le phénomène ‘’ tassaba’’, qui réfère à l’exhibition de fessiers énormes de femmes, a été remis au goût du jour. Né à la fin des années 1990 et mis sur orbite par la danse Mapouka, les années 2000, qui se veulent comme celles du déclin moral total de la société ivoirienne, ne pouvait que signer son retour au premier plan. Désormais dénommé ‘’bobaraba’’, il fait fureur. C’est la course aux fesses proéminentes au sein de la gente féminine, où l’on s’en remet de nouveau à son apothicaire pour se faire concocter cette fois des ‘’produits qui donnent fesses’’.

Mais, les déviances énumérées plus haut sont peu de choses comparées à la tendance ‘’wolosso’’. Celle-ci signifie rien moins que l’affranchissement total de normes morales. Ainsi, il ne suffit plus d’avoir des ‘’lolo’’, un ‘’tassaba’’ ou ‘’bobaraba’’ ; il faut maintenant les exhiber dans des tenues des plus indécentes. Et cette nouvelle tendance connaît une adhésion unanime : les femmes que la nature n’a pas pourvu de formes extravagantes peuvent se faire ‘’valoir’’ dans des vêtements impudiques tels que le fameux pantalon taille basse dont nous parlions plus haut. Et ces modes sont désormais complétées par le ‘’piercing’’ et le tatouage qui consistent respectivement à se percer soit le nez, le nombril ou l’arcade sourcilière pour y accrocher un bijou et à s’imprimer des dessins très souvent indélébiles sur le corps.

L’explosion des pratiques sexuelles contre-nature

Inutile de dire que la prostitution féminine, qui a désormais conquis le tout Abidjan, y compris les quartiers huppés, trouve en ces tendances une nouvelle voie d’expansion. Cette façon de s’habiller qui dévoile les parties sexuelles renseigne très clairement sur la moralité et les intentions des filles qui s’y adonnent. Parce qu’il constitue tout simplement ce que les Anglo-saxons appellent le ‘’sex-appeal’’. Ainsi vêtues, ces filles vont partir de leurs quartiers flâner dans le centre des affaires du Plateau ou dans les grands supermarchés, faisant semblant de faire des courses, alors qu’il ne s’agit en réalité que d’une pêche aux hommes.

Mais là où le regard sur la société ivoirienne devient le plus pénible, c’est lorsqu’il se porte sur les pratiques sexuelles contre-nature qui y sont en pleine explosion.

L’homosexualité est devenue une tendance qui se joue désormais à ciel ouvert. Ce phénomène est sans contexte plus prononcé chez les hommes. Tant et si bien qu’une prostitution masculine qui en a découlé, livre aujourd’hui une concurrence très rude à la prostitution féminine. Sur les trottoirs des rues sombres du tristement célèbre quartier Zone 4 dans la commune de Marcory, les homosexuels prostitués, travestis en femmes, égalent désormais en nombre les pionnières de ce commerce. Mais le pire, c’est que cette homosexualité masculine est devenue aujourd’hui un facteur de promotion dans de nombreuses entreprises ivoiriennes. Ainsi, sous le couvert du silence, certains travailleurs, sans avoir eu à démontrer plus de mérite que d’autres, gravissent plus vite les échelons et sont les favoris des patrons. Cela prévaut aussi pour d’autres personnes qui, en un tour de main, connaissent une brusque réussite sociale. Ce phénomène est très répandu dans le monde des artistes. L’un d’entre eux, le ‘’coupeur-décaleur’’, Lino Versace, n’a pas ainsi hésité à se réclamer de cette tendance, même s’il a tenté après de se reprendre de ses propos.

Quand la dépravation évince le travail

La conséquence de l’émergence de cette voie de réussite sociale et professionnelle qu’offre désormais la dépravation morale, c’est le culte du travail qui est déchu à son profit. La culture de la facilité qui fait tant de mal à la société ivoirienne, s’en trouve ainsi ragaillardit. Déjà que des nombreuses femmes avaient fait le choix de tourner dos à cette valeur comme facteur de promotion sociale, de nombreux s’y ajoutent chaque jour. Le travail est ainsi ‘’tué’’ et avec lui, toute la société ivoirienne.


Yves Blondel


(Quotidien Nuit & Jour du 13 janvier 2010)

mercredi, 13 janvier 2010

DESAFFECTION DES FEMMES POUR LES DESSOUS: EFFET DE MODE OU PURE PERVERSITE?

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Un certain phénomène prend, en ce moment, de l'ampleur dans nos sociétés: la désaffection des femmes pour les dessous. Après avoir opté, un temps, pour les strings dévastateurs, elles renoncent de plus en plus, aujourd'hui, à en porter. Tout bonnement. Les jupons, n'en parlons même pas. Pas alors étonnant de les voir dans des Jeans taille basse qui dégagent (au meilleur des cas) le nombril et laissent entrevoir le haut du pubis nu, les fesses dénudées, avec des tatouages sur la partie supérieure ou dans des pantalons et robes moulants qui dessinent parfaitement leurs fessiers ou leurs entrejambes, galbés, sans dessous aucun. Cette pratique nudiste est courante dans les milieux dits "glamour". Si bien que des stars internationales comme Beyonce Knowles, Britney Spears, Jennifer Lopez, Kate Moss, Katie Jordan Price, Lindsay Lohan, Paris Hilton, Victoria Silvstedt et bien d'autres encore, ont été prises en photo, en descente de voiture (exemple de la deuxième image; nous avons choisi la moins choquante), dans des postures dégradantes, où leur attribut féminin se dévoile dans tout son cru. Franchement déprimant! Malheureusement, comme toujours, nos soeurs africaines et, singulièrement, ivoiriennes, se sont entichées de la désolante pratique et s'y distinguent fort négativement. La situation (similaire) au Gabon a interpellé Dave Moubele Pendy, qui nous en parle, dans cet article: Le dégout des gabonaises face au slip.


De plus en plus de femmes adoptent un nouveau mode vestimentaire qui suscite curiosité auprès de nombreuses personnes en tête desquelles la gente masculine. Le non port du slip chez la femme est un véritable phénomène de société qui prend chez la jeune fille ainsi que la femme en générale une proportion très inquiétante. Une récente enquête menée auprès d'un échantillonnage de femmes issues de plusieurs catégories de notre société assure qu'être nu est mieux que d'être vêtu d'un slip. D'autres en revanche décrient le phénomène.

Jeanne : Esthéticienne.

Pour ma part, je trouve que porter le slip aujourd'hui est un « casse-feeling ». Moi, quand j'ai un rendez-vous galant et sachant que j'ai en tête que ma rencontre se soldera par une partie de jambe en l'air, je m'habille sans mettre le slip parce que cela pourrait constituer un élément de ralentissement de l'acte.

Constance : Etudiante en 2ème Année de Sociologie.

Je trouve absurde de voir mes sœurs s'adonner à un tel comportement. De plus, nous assistons à une perte de valeur de la dignité féminine africaine parlant de la considération de la femme en générale et de la Gabonaise de manière singulière. Comment peut-on justifier une telle attitude ? C'est regrettable ! Où va la femme ? Cela ne s'explique pas. Vivement que ce phénomène soit dénoncé mais également que des mesures fortes soient prises afin de décourager des comportements pareils.


Antoinette : Fille de joie (Prostituée).

Chez moi, le slip est inscrit aux abonnés absents. Voici neuf (9) ans aujourd'hui que je n'en mets pas sauf quand j'ai mes menstruations. Le slip me dégoûte et je trouve ça encombrant au moment de passer à l'acte sexuel. Je trouve embêtant de l'ôter surtout quand je suis excitée.

Adélaïde T. : Pharmacienne.

Le port du slip me créait des démangeaisons entre les cuisses. J'aime être nue. Cela me procure plusieurs avantages, notamment ceux liés à l'acte que vous connaissez. Il y a moins de perte de temps mais aussi pour les raisons que j'ai évoquées auparavant.

Henriette : Secrétaire de Direction.

Le slip tel que beaucoup se l'imaginent, je ne le porte que lors de mes règles. Par contre, je suis une accros du string qui me met très à l'aise quant je le porte. J'avoue que j'aime dormir toute nue et cela est très confortable. Le slip est un linge que je souhaite voir évoluer mais qui reste quand même important aux yeux des femmes. Libres à elles d'en faire le choix. Je suis « string-girls » et non « slip-women ».

Maman Hortense, Sexagénaire : Commerçante de divers.

Je suis dépassée par vous les jeunes d'aujourd'hui. Dans quel monde a-t-on vu une femme qui se balade sans slip ? La dernière fois, j'ai été scandalisée par ma petite fille qui avait porté un pantalon qu'elle appelle taille basse ; mais elle a porté ce dernier sans dessous. Ce n'est pas normal !

Célestine M. : Femme de ménage.

A mon époque, ce genre de phénomène n'existait pas. Nous étions toutes instruites sur la nécessité de préserver notre dignité. Je ne sais pas jusqu'où nos filles d'aujourd'hui veulent aller ?


Dave MOUBELE PENDY