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mercredi, 23 décembre 2009

DE L’ENGAGEMENT PATRIOTIQUE A LA CROISADE SOCIALE : TOUS MES ARTICLES PUBLIES DANS LA PRESSE IVOIRIENNE (Mis à jour)

DINDE FERNAND.jpg
NB: Vous pouvez cliquer sur le titre en gras de chaque article pour le lire.
Chers bien-aimés frères et sœurs, chers lecteurs,


La crise ivoirienne qui s’est enclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, a révélé en moi un talent caché de chroniqueur amateur qui, pendant quatre bonnes années (2006 – 2010), a croqué l’actualité socio-politique ivoirienne, à pleines dents.

Mon engagement pour l’Etat, la République, la Nation et le Peuple ivoiriens n’a souffert d’aucune équivoque, depuis les premières heures de la crise jusqu’à ce jour.
Mais cet engagement très fort, qui a quelquefois fait craindre à des amis pour mon intégrité physique, a pris des postures différentes, en fonction de l’heure et des enjeux.
C’est ainsi que plus d’un ont pu voir Dindé Fernand, le patriote indéracinable (sans jamais cesser de l’être), muer en défenseur indécrottable des causes sociales ivoiriennes et des valeurs éthiques et morales, au risque d’apparaître comme un opposant politique.

A travers les 21 différentes parutions de 15 (sur plus d’une centaine) de mes articles dans la presse ivoirienne (dans 7 quotidiens et magazines, en tout), allant de la presse « bleue » (Camp présidentiel) à la presse « verte » (Opposition), que je vous énumère ici (et qui sont tous postés sur mon blog, à l’exception d’un seul), découvrez le cheminement singulier de mon engagement pour mon pays et pour mon peuple, celui d’un patriote viscéralement convaincu mais tout à la fois lucide et critique contre son propre camp (si on peut le dire ainsi), qui se refuse à la langue de bois, au laxisme intellectuel et moral et au fatalisme (cliquer sur le titre de l'article pour le lire):


1- La résolution 1721, un texte franchement décousu

Notre Voie, N° 2529 des Samedi 4 et Dimanche 5 Novembre 2006, p.10, rubrique Contribution.

2- Ecriture et Engagement

(Publié sous le titre : Vents de recolonisation, écriture de combat).
Afrique Matin, N° 103 du Mardi 27 Mars 2007, p.2, rubrique Opinion.

3- Jusqu’à quand serez-vous en état de grâce, Monsieur le Président ?
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.


Le Nouveau Réveil, N° 1712 du Mardi 4 Septembre 2007, p.6 et 7, rubrique Politique.
Le Courrier d’Abidjan, N° 1103 du Mercredi 5 Septembre 2007, p.9 et 10, rubrique Votre Courrier.

4- Droit de réponse à Théophile Kouamouo
(Rédacteur en Chef du quotidien Le Courrier d’Abidjan)


Le Courrier d’Abidjan, N° 1111 du Vendredi 14 Septembre 2007, p.8, rubrique Votre Courrier.

5- Sortir de la logique de la récompense (les Patriotes)

Le Courrier d’Abidjan, N° 1138 du Jeudi 18 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

6- Un discours rassurant (Gbagbo), mais un gros point d’ombre : la corruption

Le Courrier d’Abidjan, N° 1141 du Lundi 22 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

7- L’illogisme suspect de l’ONU

Le Courrier d’Abidjan, N° 1149 des Mercredi 31 Octobre et Jeudi 1er Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

8- La France paiera un jour pour tous ses crimes

Le Courrier d’Abidjan, N° 1161 du Vendredi 16 Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

9- Mes propositions pour la Côte d’Ivoire (1)
     Mes propositions pour la Côte d'Ivoire (2)

(Publiés à la Une, sous le titre : Diagnostic du mal ivoirien. 16 mesures à Gbagbo pour redresser la Côte d’Ivoire)
Le Temps, N° 1508 du Mercredi 7 Mai 2008, p.1, 6 et 7, rubrique Temps Fort.
QUOTIDIEN LE TEMPS. 7 MAI 2008.jpg


(Publié sous le titre : Crise sociale, décrépitude morale…Diagnostic et solution au mal ivoirien)
Le Matin d’Abidjan, N° 750, 751 et 752 des Mercredi 7 (p.9), Jeudi 8 et Vendredi 9 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

10- Les choses bougent enfin dans ce pays. Nous n’en demandons pas mieux

(Publié sous le titre : Racket, dérives éthiques et morales, corruption…Quand les choses bougent enfin)
Le Matin d’Abidjan, N° 762 et 763 des Jeudi 22 et Vendredi 23 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

11- Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire : Aller plus loin

Notre Voie, N° 3022 du Mardi 1er Juillet 2008, p.7, rubrique Contribution.

Notre Voie, N° 3033 du Lundi 14 Juillet 2008, p.11, rubrique Contribution (C'est ce dernier numéro qui sert d'illustration photo à cet article, en chapeau de texte).

12- Article paru, en 2007, sous un pseudonyme. Très caustique. Contre un
citoyen ivoirien affreusement corrompu.


Non disponible sur mon blog. Je ne peux vous en donner le titre, ni la dénomination du quotidien qui l’a publié, pour des raisons évidentes, mais je peux vous assurer que cela a fait mouche !
LES ARTICLES PUBLIES CETTE ANNEE 2009
13- Du nouveau dans l'affaire Vidéo Bassesse!
(Publié sous le titre : Un proche de la victime témoigne. En fait, dans mon article, c'est plutôt une proche de la victime que je connais qui témoigne car, moi, je n'en suis pas un).
Magazine Vedette, N° 006 du Mardi 07 au Lundi 13 Juillet 2009, p.7, rubrique Société.
14- Affaire Kieffer: Et revoici le chiffon rouge de la France!
(Publié en première page sous le titre : Affaire Kieffer / Un intellectuel (quelle estime pour ma modeste personne !) interpelle Sarkozy : "Un peuple digne ne se laisse pas plier comme une feuille").
Le Temps N° 1874 du Samedi 24 au Dimanche 26 Juillet 2009, p.6, rubique Temps Fort.
15-Faire gaffe à la crise guinéenne

Le Temps N° 1974 du Jeudi 22 Octobre 2009, p.10, rubrique Temps des Idées.

L’esprit en alerte, je me tiens quotidiennement à la brèche et en éveil, au nom de l’amour immense qui m’étreint pour mon pays, la Côte d’Ivoire et pour ma terre génitrice, l’Afrique.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu m’accompagner, depuis le départ, qui continuent jusqu'à ce jour, à m'accompagner dans cette belle aventure et à partager ma passion pour mon peuple !


Que DIEU vous bénisse tous, richement, et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire mienne !


DINDE Fernand AGBO

lundi, 21 décembre 2009

ALLOCO BLOGUEURS PARTY, ACTE 2: DU VIRTUEL AU REEL!

PLAT D'ALLOCO.jpg

L'Espace Boa Vista Club, à la Résidence Valérie, à Cocody Deux-Plateaux Vallon (Abidjan, Côte d'Ivoire), a été, ce samedi 19 décembre 2009, le cadre choisi par la structure AKENDEWA (l'araignée, tisseuse de toile - comme le web -, en langue Baoulé) pour abriter la deuxième édition de l’Alloco Blogueurs Party, un concept créé par Israël Yoroba et sa dynamique petite équipe, pour réunir autour d’une table les blogueurs ivoiriens ou résidant en Côte d’Ivoire, en vue de leur permettre de mieux se connaître et d’échanger sur leur activité.

Je n’ai pu assister à la première édition de cet évènement majeur pour tous les amoureux du blogging dans notre pays mais je peux affirmer, sans risque de me tromper que cette deuxième édition, à laquelle j’ai pris part, a été un total succès.

Parti de Marcory, mon lieu de résidence provisoire, avec un « warren » pour débarquer quelques minutes plus tard à la gare des woro-woro de Saint-Jean, à Cocody, je me suis laissé guider au téléphone par celle que j’appellerais « la dame à la voix remarquablement suave », Roxane Tanoh, jusqu’à destination. C’est donc sur le coup de 19 heures 37 minutes que je fais mon entrée à la piscine de la Résidence Valérie, aux abords de laquelle était dressée, pour la circonstance, la longue table du show gastronomique, parée de bougies et soigneusement apprêtée pour recevoir les couverts.

Me croyant en retard (le rendez-vous étant pris pour 19 heures sonnantes), c’est avec satisfaction et appréhension, tout à la fois, que j’ai constaté que j’étais, bien au contraire, parmi les tout premiers à pointer présents. Les blogueurs viendraient-ils, ne viendraient-ils pas ?, je m’interrogeais. Une angoisse diffuse d’un fiasco commençait à s’emparer de moi. Mais bien vite les autres amis, par vagues successives pendant une heure, sont arrivés occuper les places réservées en leurs noms, me rassurant quant au succès de l’évènement.

L’ambiance bon-enfant qui a, ensuite, présidé à l’exercice individuel (pas si aisée que cela !) de la présentation des blogueurs, de leur blog, de son histoire et de ses contenus, en disait long sur la joie des uns et des autres de se retrouver à cette sympathique manifestation, qui avait pour maître de cérémonie de circonstance, le jeune blogueur Cartunelo (Manassé Déhé, membre d’AKENDEWA), très à l’aise dans son rôle.

Le menu, côté gastro, était constitué de savoureux Kédjénou de poulet, de frites de pomme de terre, d’alloco, d'attiéké, de poissons frits, arrosés de sucrerie fraîche. Nous avons donc joyeusement devisé sur le blogging, des heures durant, tout en dégustant les bons plats.

J’ai eu ainsi l’immense bonheur de connaître, non plus virtuellement mais de visu, des amis chers comme « le grand » Bob Traoré de Djess (que j’appelle mon partenaire, pour notre inoubliable blog-aventure sur le scandale de la CECP), le remarquable Théophile Kouamouo, la non moins remarquable Nadine Kouamouo (la belle et brillante épouse du premier nommé), l’inénarrable Israël Yoroba (meilleur blogueur francophone 2008) et son frère Samuel Guébo, le très polémiste Adji Raymond d’Abidjantv.net, Arsène Dally et Hervé Siaba, sacrés bosseurs de Criticafric, le très sympathique Richman Mvouama, la belle et délicieuse Edith Brou, de nombreux jeunes blogueurs, qui sont en train de « se faire les dents », ainsi que d’autres blogueurs plus aguerris parmi lesquels K. Honorat Hermann, l’animateur du Blog de la Stratégie et le bouillant Georges Zanklan (le Blog des Vainqueurs). En tout, une trentaine de participants.

Véritablement, ce fut une magnifique soirée ! Au cours de laquelle nous avons appris de Kouamouo la prééminence du blogging ivoirien sur celui du reste de la sous-région ouest africaine francophone et même un peu sur celui de l’Afrique Noire, en général. Il nous a, en outre, informés qu’IVOIRE-BLOG, notre plate-forme, compte aujourd’hui plus de 150 blogueurs effectifs en deux ans (Décembre 2007 – Décembre 2009), avec pas moins de 80 000 visites par mois. La projection pour 2010, avec l’avènement des nouveaux fournisseurs d’accès Internet enregistrés en ce moment, en Côte d’Ivoire, est de 200 000 visites par mois pour notre blogosphère, avec la possibilité offerte aux blogueurs les plus entreprenants de tirer quelques ressources de leur activité. Une perspective que je salue avec la dernière énergie et pour cause !

C’est finalement aux environs de 22 heures 30 minutes que « les lampions se sont éteints » sur l’Alloco Blogueurs Party, Acte 2, même si quelques blogueurs très inspirés ont continué la causerie jusqu’au-delà de 23 heures.

Nous pensons et espérons pouvoir atteindre, l’année prochaine, le chiffre record de 100 blogueurs participants. Ce qui serait une chose remarquable.

Rideau donc sur l’Alloco Blogueurs Party, Acte 2. Chapeau aux organisateurs! Les absents ont eu plus que tort. Vive l’Alloco Blogueurs Party, Acte 3 !

DINDE Fernand AGBO

jeudi, 17 décembre 2009

L'INITIATIVE PPTE N'EST PAS UN PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT

CARTE DE L'AFRIQUE.png

L’Afrique reste de loin le continent où les prescriptions des institutions financières prospèrent.

En effet, les africains ont la manie de croire que leur salut viendra des occidentaux comme s’ils étaient amnésiques de leur passé. Après l’échec des programmes d’ajustement structurels, les institutions financières internationales récidivent avec ce qui ressemble bien à une humiliation des pays du tiers-monde : l’initiative PPTE [1]. Cette énième stratégie des institutions financières internationales, pour mettre les économies sous-développées sous tutelle, trouve des supporteurs en Afrique. Très récemment (le 4 décembre), en Côte d’Ivoire,  le Réseau des jeunes cadres pour la victoire de Gbagbo, a organisé une conférence animée par les spécialistes du ministère de l’Economie et des Finances, sur le thème : « L’initiative PPTE dans le bilan du Président Laurent Gbagbo, quelles retombées pour la Côte d’Ivoire ? ».

Les experts de la « refondation » ont applaudi des deux mains, l’admission de leur pays à l’initiative PPTE. Et pourtant il n’y a pas de quoi pavoiser car aucun pays ne s’est développé avec les programmes d’ajustement structurels. C’est le but de notre présent article qui s’articulera autour de quatre points. Primo, il sera question de situer l’origine premier de la dette, secundo, montrer comment les tentatives de réduction ont abouti à l’initiative PPTE, tertio, démontrer qu’elle  n’est pas un programme de développement puis quarto, exhorter les pays en développement à compter sur eux-mêmes dans une logique de développement autocentré.

RÔLE DE L’AIDE DANS SA CONCEPTION PREMIERE

Il s’agit ici de définir brièvement le rôle de l’aide dans l’histoire, afin de débarrasser définitivement les africains de l’idée que l’aide est destinée à leur développement.  

Dans le passé, les pays qui ne parvenaient pas à générer une épargne intérieure suffisante pour financer leur essor économique ont recherché des fonds auprès d’autres pays. Les Etats-Unis ont fait appel à l’épargne étrangère, en particulier pendant la période antérieure à la guerre de sécession, de 1835 à 1860. De la même manière, la Russie a eu besoin de fonds extérieurs pour assurer son développement dans les trois décennies qui ont précédé la première guerre mondiale et la révolution communiste. L’aide étrangère, telle qu’on la conçoit aujourd’hui, est l’émanation de la phase qui a suivi la seconde guerre mondiale. Son origine remonte au plan Marshall, dont l’application a amené les Etats-Unis à transférer 17 milliards de dollars en quatre ans à l’Europe, soit l’équivalent d’environ 1,5% du PNB américain, pour la reconstruction de l’Europe. Les deux décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale ont vu les colonies européennes, notamment en Asie et en Afrique, émerger en nations indépendantes. Encouragés par la réussite du concours apporté par le plan Marshall, les Etats-Unis ont pris la tête de la politique d’aide aux pays en gestation en leur fournissant, sous forme d’aide étrangère, le même élément « le capital ». Les motivations qui fondaient les programmes d’aide américaine dans l’après guerre étaient complexe et allaient de l’égoïsme à la générosité. De 1946 à 1952, l’Europe menacée par le communisme reçoit l’essentiel de l’aide (25 milliards de dollars sur 37), l’Afrique reçoit 0,02 milliards de dollars, l’Amérique Latine 0,86, l’Inde 0,29, 2,2 pour le Japon, 0,7 à la Corée , 1,2 à la Formose … Il s’agissait pour les américains de «  contenir le communisme » autour du périmètre du bloc soviétique, tout en essayant d’assurer l’accès des Etats-Unis aux matières premières dont leur industrie avait besoin. On estimait en outre que le développement favoriserait à la fois la sécurité et les intérêts économiques, en réduisant l’instabilité et en associant les nouvelles nations à l’ordre du monde capitaliste. C’est à la suite des américains que les pays européens et en particulier la France et le Royaume-Uni apportent leur appui à leurs anciennes colonies.

DE LA REDUCTION DE LA DETTE A L’INITIATIVE PPTE

Après des années de laxisme au niveau des prêts aux Etats, le début des années 80 connaitra un tournant décisif puisque les bénéficiaires vont se déclarer incapables d’honorer le remboursement de leurs dettes. En effet, le monde de la finance a été secoué le 13 août 1982 lorsque le Mexique, l'un des pays débiteurs importants des banques a annoncé son intention de ne plus respecter les échéances de remboursement de sa dette extérieure. Et pourtant, ce pays  ne présentait aucun  risque de défaut de paiement, selon les observateurs avisés de l’époque. En  quatre mois, une trentaine de pays en développement vont suivre l'exemple du Mexique, plongeant ainsi le monde entier dans une crise d’une nouveauté historique : celle qui touche les Etats. L’endettement devient une hémorragie qu’il faut arrêter le plus vite possible. C’est dans cet ordre que naissent les divers plans.

L’initiative BAKER intervenue en 1985 peut s’inscrire dans cette logique puisqu’elle propose pour les 15 pays lourdement endettés un rééchelonnement pluriannuel de la dette accompagné d’un flux de nouveaux prêts. Force est de constater que le rééchelonnement n’a pas empêché  l’hémorragie car les arriérés se sont cumulés. Dès lors, les réflexions se sont tournées vers la réduction de la dette. Ces efforts de réduction ou d’aménagement de la dette sont légions. Il y a eu :

-L’accord de Toronto (1988) : d’autre l’appelle aussi accord Mitterrand. Cet accord n’est ni plus ni moins qu’un plan de réduction de la dette publique des pays dits à revenu faible.

-Le plan Brandy (1989) : le plan Brandy, du fait qu’il est utopique de croire à un remboursement intégral de la dette, c’est pourquoi il est nécessaire de convaincre les banques commerciales de la nécessité d’un allégement de la dette. C’est ainsi qu’ensemble, pays débiteurs, institutions financières internationales, banques commerciales et Etats créanciers définissent les modalités de réduction de la dette et de l’octroi de nouveaux prêts.
-Le plan de Trinidad (1990) : cette initiative était destinée à renforcer l’accord de Toronto en élargissant le nombre de pays bénéficiaires de la réduction et en offrant un allégement plus substantiel de la dette des pays les plus pauvres.

-L’accord de Naples (1994) : cette initiative est généreuse et contraignante à la fois ; elle offre une possibilité de réduction de deux tiers de la dette des pauvres démunis qui acceptent de mettre en œuvre des programmes de reformes économiques.

Ces réformes ne révolutionnent rien du tout. La communauté financière internationale a reconnu en 1996 que la situation d'endettement extérieur d'un certain nombre de pays très pauvres, la plupart situés en Afrique, était devenue extrêmement difficile et avait un impact négatif sur leurs perspectives de développement.

L’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (initiative PPTE) a été lancée au Sommet du G7 de Lyon en 1996 et renforcée au Sommet de Cologne en 1999. Elle définit un cadre global dans lequel les créanciers multilatéraux (Banque mondiale, Fonds monétaire international) et bilatéraux (pays créanciers) procèdent de manière coordonnée à des allégements de dette en faveur des pays pauvres très endettés qui appliquent des programmes d’ajustement et de réformes appuyés par le FMI et la Banque mondiale. Elle a pour objectif de rétablir la solvabilité de ces pays et de réduire la pauvreté. L'initiative pays pauvres très endettés (PPTE, HIPC Heavily Indebted Poor Countries en anglais),  vise  en réalité à assister les pays les plus pauvres du monde en rendant leurs dettes internationales « soutenables ».   Selon le FMI, la soutenabilité est « une situation dans laquelle un pays a la capacité de satisfaire à ses obligations présentes et futures concernant le service de la dette, sans qu’un changement important dans sa balance de paiement soit nécessaire ».

L’INITIATIVE PPTE N’EST PAS UN PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT

L’initiative PPTE n’est pas un programme de développement mais une déprogrammation du développement. Les pays en développement et singulièrement ceux d’Afrique ne doivent point avoir la mémoire courte. Les programmes d’ajustement structurel (PAS) ont été un levier très puissant au développement du sous-développement dans ces pays. Les conséquences des PAS ont ému jusqu’au-delà des pays en développement pour révolter le prix Nobel Joseph Stiglitz. Il suffit de lire les premières pages de son livre « la grande désillusion », pour s’en convaincre. Il écrit : « j’écris ce livre parce que j’ai directement constaté, quand j’étais à la banque mondiale, l’impact dévastateur que peut avoir la mondialisation sur les pays en développement, et d’abord sur leurs populations pauvres ».  Le FMI lie ses crédits à des conditions, dans le cadre d’un plan censé corriger les problèmes qui ont causé la crise. D’abord, pour être éligible à l’initiative PPTE, le pays doit être très pauvre, avoir son ratio dette/exportations supérieur à 150%, et le pays demandeur doit produire un Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Il est demandé, l’application effective par les pays bénéficiaires pendant au moins trois ans d’un programme d’ajustement structurel. Une fois ce premier terme échu (décision point), les créanciers décident d’accorder ou non le programme de réduction de la dette. Mais cette réduction devient effective dans sa globalité qu’après trois autres années probatoires, durant lesquelles les résultats économiques s’affichent comme satisfaisants (completion point). Dans les milieux financiers, on dit souvent que le pays doit successivement passer les étapes dites de Période préliminaire, de Point de décision, de Période intérimaire, de Point d'achèvement. Toutes ces périodes successives sont en réalité des  périodes où le FMI voudrait voir ses ordres exécutés. Mais étant donné l’ampleur  des « conditions », les pays qui acceptent l’aide du FMI, lui abandonnent de fait une grande partie de leur souveraineté économique. Les experts du FMI mettent souvent en avant la nouveauté qu’est le Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP). Ce serait une innovation du FMI puisque le DSRP lie  directement les allègements de dette à la lutte contre la pauvreté. C’est un document rédigé par le pays débiteur, qui présente les politiques et les programmes macro-économiques et sociaux qui constitueront leur stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté.  Les occidentaux, pour jouer aux « shérifs » crient aux « indiens » à tout vent. Le FMI demande la réduction d’effectifs dans des secteurs stratégiques comme l’éducation et la santé. Or, il est impossible d’amorcer un véritable développement sans des progrès considérables dans ces deux secteurs. Pourtant, le FMI et les institutions financières internationales exigent que les pays n’excèdent pas 35% de leurs ressources financières pour leur masse salariale.

L’initiative PPTE est semblable à un malade sous « assistance respiratoire », qui une fois sorti de cet état est placé à nouveau « sous perfusion ». Du coup, le malade n’est toujours pas libre. Cette initiative  permet juste à la trésorerie exsangue d’un Etat de souffler pendant un certain temps.  Pour son développement, il faudra pour tout pays, des politiques économiques axées sur les investissements productifs, l’industrialisation, la réduction du chômage, pour parler véritablement de développement.

LES AFRICAINS DOIVENT COMPTER SUR EUX-MÊMES POUR LEUR DEVELOPPEMENT

Le Premier ministre grec Georges Papandréou a exclu le 11 décembre 2009, de recourir à des prêts du Fonds monétaire international et rejeté tout risque de faillite imminent pour son pays en dépit de  la grave crise financière qu'il traverse. Cette hypothèse a été évoquée par certains économistes au moment où l'augmentation de la dette et du déficit budgétaire grecs suscitent des inquiétudes croissantes en Europe. Les grecs veulent compter sur eux-mêmes car c’est ainsi qu’on devient un grand pays, un grand continent. Georges Papandréou entend notamment lutter contre l'évasion fiscale et réformer un système hospitalier très corrompu. "Nous reconnaissons qu'il s'agit avant tout de notre problème. La corruption n'a rien à voir avec la crise financière, c'est notre responsabilité". Si les pays africains veulent compter dans le concert des nations, il leur faudra tourner le dos à cette mendicité internationale dont seuls les pays africains ont le secret.  L’initiative PPTE est avant tout destinée à garantir la pérennité des remboursements et à dissimuler le renforcement de l’ajustement structurel sous une apparence de générosité. Il est vrai que l’endettement des pays africains est immoral car la responsabilité morale des créanciers est nette dans le cas des prêts de la guerre froide. Lorsque le FMI et la Banque mondiale prêtaient de l’argent à Mobutu, le tristement célèbre président du Zaïre, ils savaient que ces fonds, pour l’essentiel, ne servaient pas à aider les pauvres zaïrois. On payait ce despote pour qu’il maintienne son pays fermement allié sur l’Occident. C’est donc dire que les aides de ces institutions financières internationales ont d’autres objectifs que le développement des pays en développement. Il leur revient d’échafauder des programmes de développement et des politiques économiques clairs pour sortir leur pays du sous-développement.  Que faire des pays dits pauvres dans ce cas ?

La question est irritante mais débouche sur une réponse toute simple : tant que les pays en développement n’auront pas une croissance endogène, et ne seront pas débarrassés de toutes emprises extérieures, l’annulation de la dette ne sera jamais un médicament aux maux dont souffrent les pays pauvres mais un alicament. 

 

Dieu bénisse l’Afrique !

Séraphin PRAO
Docteur en économie monétaire
Spécialiste des Pays Africains de la Zone Franc
Président du MLAN
www.mlan.fr
contact@mlan.fr


[1] Pays Pauvres Très Endettés

TIBURCE KOFFI: LA TRAHISON DES INTELLECTUELS AFRICAINS

Un texte intéressant de Tiburce Koffi (publié l'année dernière) que je vous invite à lire, même si je n'adhère pas à l'orientation trop ciblée et personnalisée de la réflexion et de la conclusion du texte que je juge excessivement exclusive. Bonne lecture!

« (…) du fait de la dé-responsabilisation des citoyens par le parti unique, tout le monde commence à trouver normal, légitime, que l’on devienne multimillionnaire en l'espace de quelques mois du fait que l'on est placé à des postes de responsabilité dans l'appareil d’Etat. Et c’est là le drame. Il ne peut pas être pardonné qu PDCI d’avoir élevé notre peuple dans le goût du luxe, de l’enrichissement facile et illicite. Des fortunes que, sous d’autres cieux, des femmes et des hommes ont mis des générations à bâtir, ces fortunes-là, des personnes les ont bâties en quelques années de postes ministériels. » In « Pour une alternative démocratique ». P. 126.


gbagbo.jpgSurtout ne vous y méprénez pas, ces paroles ne viennent pas de moi ― quoique cela eût pu en être ainsi. Elles viennent d’un essayiste du nom de Laurent Gbagbo. Il y a de cela 25 ans qu’ils les a écrites. J’avais à peu près cet âge-là ; et, jeune enseignant contestataire alors, ce livre d’où j’ai extrait cette citation pour ma chronique d’aujourd’hui, était un peu comme ma bible. J’ai jugé utile d’en porter cet extrait à la connaissance des lecteurs… qui ne savent pas, en attendant de trouver le temps de leur faire un compte rendu un peu plus fouillé de ce livre.


« Il ne peut pas être pardonné au PDCI d’avoir élevé notre peuple dans le goût du luxe, de l’enrichissement facile et illicite. Des fortunes que, sous d’autres cieux, des femmes et des hommes ont mis des générations à bâtir, ces fortunes-là, des personnes les ont bâties en quelques années de postes ministériels. » Oui, vous avez bien lu. C’est ce que disait cet homme lorsqu’il était dans l’opposition et que, bénéficiant de l’aura que donne ce statut aux intellectuels, il remuait notre enthousiasme à l’aide de ces mots-là ; ces mots si jolis, si bien placés, si bien dits. Ces mots durs, incisifs, sans complaisance, sans nuance aucune. Alors, comme de nombreux enseignants de ma génération, je me suis dit : «Voilà l’homme qu’il nous faut pour le renouveau de la Côte d’Ivoire : mettre fin a la Côte d’Ivoire des bourgeoisies spontanées et injustifiées ; la Côte d’Ivoire des riches sans tradition de richesse. La Côte d’Ivoire des gens qui ne deviennent riches que par et dans la politique, et non par le travail laborieux et patient qui, seul, génère la richesse méritée. »...


Est-ce bien cet homme-là, le même, qui est aux commandes de mon pays depuis près d’une décennie ? Est-ce bien lui dont le régime se caractérise aux yeux de tous les Ivoiriens par cette âpreté au gain, cet enrichissement facile et illicite que nous avions décrié hier encore ? Est-ce bien le même Gbagbo dont les ministres et les collaborateurs étalent sous nos yeux étonnés, tous ces signes extérieurs de richesses faciles et, certainement illicites ? Oui. Tragiquement oui ! Et du Nigeria au Sénégal, du Tchad au Togo, du Liberia au Camroun, etc., c’est au spectacle d’une Afrique en proie à ces maux-là que nous assistons ; une Afrique d’aujourd’hui dirigée par les grands opposants d’hier aux idées si généreuses, si belles, si prometteuses. Et nombre d’entre eux sont des intellectuels ! Autrement dit, de 1960 à 2008, rien n’a changé en Afrique dans la manière de gérer le pays ; rien d’autre sinon les noms des dirigeants. Les pratiques décriées d’hier sont encore là, plus vivaces, plus nocives que par le passé ― les nouveaux riches ne laissant nulle place où la main truande ne passe et repasse.


Alors, je me suis interrogé : que veut finalement ce continent ? Que veut la Côte d’Ivoire ? Sommes-nous vraiment condamnés à échouer ? Sommes-nous maudits ? Pourquoi sommes-nous si fragiles face aux tentations mesquines ? Pourquoi sommes-nous si faibles face à l’argent ? Quelles sont finalement les valeurs auxquelles l’Africain croit ? Pourquoi nos intellectuels n’arrivent-ils pas à cultiver un idéal élevé, à entretenir les rêves qu’ils ont semés dans le cerveau de leurs peuples ? Pourquoi le pouvoir nous dévore-t-il si facilement l’âme et le cerveau ?...
Plus je relis les livres de Laurent Gbagbo, plus je revisite les discours de l’opposant d’hier, et plus fort gronde en moi la révolte ; une révolte légitime, une révolte justifiée, née du sentiment d’avoir été trahi. Mais au-delà de cette révolte, il y a en moi, cette certitude navrante : le nègre est incapable d’entretenir un idéal ! Or notre chef est un nègre… comme tous les autres. Donc... !


Mais je sais au fond de moi-même que cette certitude est erronnée et qu’elle n’est que l’expression du découragement d’un instant de détresse. Je sais qu’il nous est possible de faire germer de grands rêves pour nos peuple, et de veiller à leurs réalisations effectives. Je sais qu’il y a place aussi pour nous autres à la peau pigmentée, au rendez-vous des valeurs nobles, incorruptibles. Des hommes nouveaux, aux âmes belles et généreuses, existent bel et bien sur ce continent du désespoir permanent. Des hommes que la soif de richesse n’habite pas ; des hommes que seul le besoin de servir la patrie agite. Il nous faut arriver à les identifier ; il nous fait arriver à faire l’inventaire de notre personnel Intelligent et dévoué à la cause populaire.


Oui, il faut le dire ou… périr : ces hommes-là existent. Il est évident que M. Gbagbo et ses refondateurs n’en font pas partie. C’est pourquoi il nous faudra leur arracher le pouvoir pour le confier à des mains plus doctes, plus propres. A des âmes plus belles ! Pour faire fleurir et fructifier les rêves sains et généreux. Sans démagogie.

Source: Les Réflexions de Tiburce Koffi.

17:38 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tiburce koffi, trahison des intellectuels africains, laurent gbagbo, pdci-rda | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 14 décembre 2009

L'ONG ESPOIR DE VIE SE "BAT" CONTRE L'INSUFFISANCE RENALE

 

HEMODIALYSE.jpg

"Comprendre est essentiel pour préserver sa santé"
 
L'ONG ESPOIR DE VIE (engagée dans la lutte contre l'insuffisance rénale) travaille de manière autonome en liaison avec les différents services traitant les problèmes d'insuffisance rénale : le SAMU, le Programme National de Prévention des Maladies Non Transmissibles (PNPMNT) du Ministère de la Santé et la Société Ivoirienne de Néphrologie (SINEPH). 

CONTEXTE
 
L'insuffisance rénale est une maladie chronique non transmissible à diverses causes, qui se traduit par l'altération des fonctions des reins. 
D'année en année, elle prend des proportions inquiétantes causant ainsi de nombreuses pertes en vie humaine et mettant en danger l'avenir des générations futures (16 à 45 ans). Le niveau de connaissance de la population est moindre. 
Au niveau du traitement, nous avons trois centres d'hémodialyse publics, situés dans les différents CHU d'Abidjan et huit centres privés. Il est très coûteux (entre 110000 et 150000 francs) dans les centres privés. Les malades sont obligés de s'en référer aux centres publics où la séance de dialyse coûte 2500 francs (mais sont en surnombre et éprouvent beaucoup de difficultés).
 Mais là encore, ils sont obligés de s'inscrire sur une liste d'attente parce qu'il n'y a plus de place. Jusqu'à ce jour, nous avons plus de 200 malades sur la fameuse liste d'attente.
La prévalence hospitalière varie entre 39 et 52%, avec un taux de mortalité de 39% et cela dans le seul centre de Néphrologie de Yopougon. De 2006 à 2008, sur 594 malades enregistrés, nous avons eu 192 décès.
Cette mortalité est due à plusieurs facteurs dont le plus déterminant est la faible capacité de prise en charge des malades.
Autrefois appelée maladie des personnes âgées et des personnes riches, elle touche aujourd'hui toutes les classes d'âge et toutes les couches sociales.
Nous sommes confrontés à un véritable problème de santé publique, à une maladie pour laquelle il n'existe pas de solution médicale immédiate, à une maladie dont la cherté du traitement pèse lourdement sur les ressources de santé déjà limitées et sur les ressources des malades et de leurs proches.
Son impact devient de plus en plus visible dans tous les secteurs de la société et dans la vie quotidienne des ivoiriens. Il relève de ce constat que chaque membre de la communauté prenne conscience du danger de la maladie et devienne un relais de sensibilisation dans son entourage.
 

NOTRE VISION
 
Informer, former, éduquer et proposer une meilleure qualité de vie pour toutes les personnes affectées par l'insuffisance rénale.
 
NOTRE MISSION
 
        L'ONG ESPOIR DE VIE est une organisation nationale bénévole dont l'objectif principal est d'alléger le fardeau que représente l'insuffisance rénale pour les personnes atteintes, leurs familles et la société en général :
  -En offrant des programmes éducatifs et de soutien,
 - En facilitant l'accès à des soins de santé de qualité pour les malades de l'insuffisance  rénale;
 - En regroupant les patients atteints d'insuffisance rénale afin de créer une solidarité entre eux;
 - En les représentant et défendant leurs intérêts dans le traitement de leurs problèmes sociaux
    et administratifs;
 - En sensibilisant le public à l'importance de maintenir son organisme en bonne santé;
 - En permettant une expression plus ouverte des comportements positifs dans les
   communautés à l'égard des personnes malades.
 
NOTRE ENGAGEMENT
 
Depuis 2006, nous nous sommes engagés à collecter des fonds qui nous permettrons de les déverser à la fourniture de service aux personnes vivant avec l'insuffisance rénale et à des programmes de recherches durables et fiables en matière de soins et de prévention.
L'insuffisance rénale est une affaire de tous car c'est une maladie qui touche n'importe qui, à n'importe quel âge et à n'importe quel moment.

CE QUE NOUS ATTENDONS DE VOUS
 
Vous! qui fréquentez l'école secondaire ou universitaire, soyez un parent de malade, occupiez un emploi plein ou même sans emploi, toutes sortes de possibilités de bénévolat qui tiennent compte de vos besoins et de votre situation particulière s'offre à vous :
 - Aidez les autres : impliquez-vous dans les activités qui remontent le moral des personnes
   atteintes et leur redonnent espoir.
- Raffermissez les liens communautaires : sensibilisez les gens dans votre milieu à des
   questions importantes ayant trait à leur santé, particulièrement à l'insuffisance rénale.
- Cultivez vos talents : utiliser vos dons en participant à des actions ayant trait à la promotion du malade de l'insuffisance rénale.
 
 
 ENSEMBLE, NOUS FERONS TOUTE UNE DIFFERENCE...!
 
 
Pour plus d'informations, vous pouvez contacter le Président de l'ONG :

Mr ORY ODY ARMEL

07033799  ou  03730050

17:29 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : insuffisance rénale, hémodialyse, ong espoir de vie, ory ody armel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 01 décembre 2009

LEANDRE SAHIRI: DROIT DE REPONSE A TIBURCE KOFFI

30 novembre 2009.

 

Bonjour Tiburce,

 

TIBURCE KOFFI.jpgJ'ai lu avec attention ton commentaire à propos de « Ma Lettre Ouverte au candidat Laurent Gbagbo », publiée le 12 novembre 2009, et où j’avais écrit ceci :

« Monsieur le Président,

[…] Persuadé que, vous êtes le candidat qui, milite le mieux pour le sursaut national et les idéaux de progrès pour notre pays en particulier, et pour l'Afrique en général, et au total, pour la dignité de l'homme face aux néo esclavagistes, je soutiens sans faille votre candidature. Par la même occasion, j’en appelle à tous ceux et à toutes celles de mes connaissances et de mes relations, y compris mes amis, mes parents proches et lointains, mes anciens camarades des Syndicats des enseignants du Secondaire et du Supérieur (SYNARES, SYNESCI) et du Mouvement Ivoirien Pour le Droits Démocratiques (MIDD), mes anciens élèves, étudiants et collègues…, à vous donner, Monsieur le Président, leur voix pour une éclatante « victoire, par la voie des urnes»... ».

 

Cher ami, réagissant à mes propos ci-dessus et, comme faisant, en lieu et place du destinataire, suite à cette lettre, tu m’as adressé le commentaire suivant :

«Tu en auras vraiment mis du temps, hein, pour décliner ton statut (que je savais, moi) de militant du FPI et de bras séculier du dictateur. Ton appel aux enseignants à soutenir un voleur et un criminel comme Gbagbo, qui va finir devant le TPI, est purement ridicule.

Heureusement pour ce pays : ta voix et ta signature ne signifient rien et ne représentent rien en Côte d'Ivoire. Qui te lit ici ? Viens faire une dédicace en Côte d'Ivoire, et tu verras le nombre de lecteurs qui effectueront le déplacement pour toi. C'est malheureux ! Triste et malheureux !!!

  Ah tiens : je croyais que le PDCI était un parti de gens pourris. Et ce sont, aujourd'hui, les cadres d'un parti nul comme le PDCI, qui sont devenus subitement vos références, pour gagner des élections. Vous ne savez pas ce qu'est la honte, vous autres ! Pitié pour vous.

Puis-je t'en vouloir ? Non, pas du tout : ce n'est pas la première fois que des lettrés soutiennent des régimes de voleurs, d'assassins et d'imposteurs...

NB : ne confonds pas le statut de lettré à celui d'intellectuel ; moins encore à celui d'écrivain. Créer une maison et s'auto éditer ne fait pas écrivain ».

 

Cher ami, après avoir lu ton « commentaire », ma vision de la vie et mes engagements personnels m’ont d’emblée incliné à ne pas te répondre, c’est-à-dire : garder le silence. Parce que, bien souvent, le silence, dit l’adage, est d’or. Parce que, bien souvent « le silence est grand, et tout le reste faiblesse…», disait Alfred de Vigny.  Alors, j’ai été longtemps tenté de m’abstenir de te répondre.

 

Mais, convenu que le silence, comme l’obscurité, est opaque et préjudiciable ; entendu que ce n’est pas forcément une vertu de tout supporter sans rien dire ; considérant que garder le silence, ce serait, en fait, rester passif, du moins avaler ma propre langue et laisser altérer la vérité, j’ai fini par céder au réflexe de donner suite à ta lettre, bien entendu, en usant de mon droit de réponse et par devoir de vérité. Je te parlerai ici, sans fanfaronnade comme d’habitude, et surtout sans autre souci que celui de faire la lumière sur un certain nombre de points que tu soulèves dans ton « commentaire ». Ceci nous évitera de nous brouiller pour rien et de nous éloigner de la vérité qui, n’est-ce pas, nous préoccupe.

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15:44 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : léandre sahiri, tiburce koffi, droit de réponse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 30 novembre 2009

ADAMA DAHICO... ET L'ÉTAT COMIQUE

ADAMA DAHICO 1.jpg

Virginie Kamarah, une amie de la région parisienne, m'a expédié ce brillant texte, fruit de sa réflexion sur la candidature de Monsieur Dolo Adama (il faudra désormais l'appeler ainsi), alias Adama Dahico, à la prochaine élection présidentielle ivoirienne. Elle a vivement souhaité partager son opinion (sur fond de déception) avec tous mes lecteurs que vous etes. Une analyse qui en vaut bien le détour! Bonne lecture à tous!

Virginie Kamarah: "Personnellement, je prenais l'affaire pour une grosse blague à la coluche! Et puis, le sieur Dolo Adama de sobriquet « Dahico » ou « Adama l'ivrogne » nous a accoutumés à ses irruptions verbales sur la scène politique ivoirienne! Il a toujours proclamé en riant qu'il était président-fondateur d'un parti politique : « le PIR », approximativement:« parti ivoirien du rire »! Son slogan était clair et sans ambiguïté: « donnez-moi le pouvoir et je vous rendrai le rire »! pour dire que tout son projet de gouvernement échouait auprès de notre faculté à nous esclaffer, comme si nous n'avions pas assez ri dans ce pays, lequel possède à son actif de nombreux classiques du rire: de wintin wintin Pierre et Vieux Foulard, Gazékagnon, Ayatollah Comédie, Zoumamana, Oméga David, Gohou Michel, aux plus jeunes comme Zongo et Tao, Agarawal, Djimmy Danger, Digbeu Cravate, Glazaï Dohou Kévin, Abass ou même aux femmes du milieu comme Djuédjuessi, Akissi Delta, Léa Dubois, Adrienne Koutouan, Fanta Coulibaly, Marie-Louise Asseu, Clémentine Papouet, et bien d'autres valeurs confirmées ou montantes.

Pourtant, au-delà de la surprise générale qu'elle engendre, disons sans langue de bois que la candidature de Dolo Adama à l'élection présidentielle ivoirienne, n'augure rien de spécialement prometteur. Je dirais même qu'elle m'inspire une profonde déception, pour trois raisons, dont la première a trait au malheureux mélange des genres.

En effet, de toute la pléthore de comédiens et d'humoristes qui prospère sur la place ivoirienne, Dolo Adama (avec Sidiki Vakaba alias Sidjiri Vakaba et Akissi Delta) sont les quelques rares à honorer leur statut d'artistes au sens où on dirait d'un artiste qu'il vit de son art.

Prétendre à être président de la République de Côte d'Ivoire aurait pu constituer une merveilleuse leçon à méditer si l'acte ne s'était pas défait de ses oriflammes artistiques, car en devenant un acteur politique au sens dénoté du terme, Adama Dahico perd dorénavant toute la force de sa parole publique. Il parlera désormais de politique comme un homme de métier sans qu'on ne sache très bien quel registre le caractérise. Le regard affectif qui rattache à l'artiste fera désormais place à la pesanteur suspicieuse que subit l'homme politique, espèce de citoyen nuisible par excellence. En se ralliant à « ses gens-là », Adama Dahico, modeste conscience critique de son état trahit les ivoiriens relativement à la fonction sociale qui lui était assignée, car ils l'avaient aimé et adopté pour ce qu'il était et faisait.

ADAMA DAHICO 2.jpg

La deuxième raison de ma déception relève d'une des caractéristiques de ce que j'appelle « l'état comique ». On le trouve dans tous les espaces politiques en décrépitude comme le nôtre: Ici les stigmates de la pauvreté sont élevés au rang d'arguments présidentiels: le fameux « on peut être fils de pauvre et devenir président de la République » que répète à volonté Dolo Adama est un résidu du populisme outrancier de Laurent Gbagbo. Comme dans bien d'autres contrées tropicales, tout se passe comme s’il ne saurait y avoir d'autres activités possibles en dehors de la politique, celle-ci étant, en fin de compte, la seule entreprise pourvoyeuse d’emplois. Aussi, pour la plupart des jeunes ivoiriens d'aujourd'hui, l’unité de mesure d’une vie heureuse et bien remplie est-elle celle qui méprise le statut ou le devoir de citoyen ordinaire pour programmer hic et nunc le désir d’être « Président de la république ».

Étudiants mal formés pour la plupart, sans autres diplômes que ce qu’ils ont pu subtiliser par les chemins tortueux de la tricherie, dépourvus d'expérience professionnelle, donc n’ayant jamais servi l'État que par des coups de gueule prétextant de vulgates souvent mal maîtrisées dans leurs positivités intrinsèques, certains de ces jeunes ivoiriens sont devenus des icônes dont le seul avenir possible, selon eux, est d'accéder à la magistrature suprême, exactement comme le prétend Adama Dahico.

La dernière raison transcende la personne même de Dolo Adama. Je découvre en effet que « l'état comique » a transformé la politique en une activité tout aussi comique. Les comédiens rêvent de politique quand les politiques s'exercent au comique. L'état comique et/ou l'état postcolonial a ceci de troublant que les frontières d'identité professionnelle bougent infiniment, avec des rôles sociaux sans cesse redistribués. Ainsi, de Laurent Gbagbo, Dadis Camara, à Dolo Adama, on ne voit pas très bien ce qui fait la différence, sauf que le dernier, malgré son talent, n'est pas encore parvenu à exposer son plumard au monde entier, en petite culotte de chambre ou sans chaussures, avant de monopoliser entre ses mains tous les pouvoirs, celui d'être tout à la fois juge, Chef de l'État, chef-comptable et père fouettard".

Virginie Kamarah

mercredi, 25 novembre 2009

ADJAME, "FORUM DES MARCHES": LA PROSTITUTION A CIEL OUVERT


PROSTITUTION.jpg

Le Forum des marchés d'Adjamé est devenu un nid de prostituées. De jour comme de nuit, des jeunes filles y vendent leur corps pour survivre. Nous les avons rencontrées. Reportage.


Sous un soleil peu ardent par ces temps de pluies, il faut se débattre pour avancer. Les vendeurs ambulants disputent la chaussée aux automobilistes. Leurs cris, les bruits des véhicules et la musique jouée dans certains magasins créent une ambiance particulière. Le «Forum» des marchés, avec ses bâtiments jaunes et ses toitures en dents de scie, est imposant. De l'extérieur, il offre une belle vue. La publicité des produits alimentaires sur la face de l'immeuble séduit. Au rez-de-chaussée, des étals de condiments et des boutiques de vêtements. Entre deux bousculades, on accède aux marches poussiéreuses qui conduisent aux niveaux supérieurs. Il faut marcher dans la poussière, enjamber des résidus d'aliments. Des jeunes filles assises sur ces marches regardent avec des yeux hagards les visiteurs qui montent et descendent les escaliers. Au premier étage, des vendeurs installés dans les magasins bavardent. Nous faisons quelques achats. De nombreuses jeunes filles se baladent sur les marches. Elles sont pleines d'entrain et ont l'air de ne s'occuper de personne. Ce ne sont ni des commerçantes, ni des clientes. A l'autre bout du bâtiment, au-dessus des vendeurs de poisson, un autre groupe de jeunes filles. L'une d'elle, la vingtaine, visage potélé et excessivement maquillé, nous sourit. Elle porte un décolleté noir qui laisse apparaître son soutien-gorge gonflé. Le pagne bigarré qu'elle porte moule parfaitement ses rondeurs alléchantes. Nous l'approchons. Tout en bavardant, Ami, c'est le nom qu'elle nous donne, montre tout de suite ses intentions. Elle fait signe de se mettre à l'écart. « Grand frère, ce n'est pas cher, 2.000 Fcfa sans capote», dit-elle en mâchant son chewing-gum. Par curiosité, nous jouons le jeu : «Accepté». Pendant que nous marchons pour trouver un endroit isolé, elle continue de mâcher son chewing-gum tout en maintenant le regard sur nous. La jeune fille semble se dire que : «ce garçon est un novice».

2000 Fcfa sans capote !

Elle ne montre aucune gêne, comme si elle était sous l'effet d'une drogue. Cette confiance affichée nous encourage à lui demander pourquoi elle se prostitue. Visiblement effrayée par cette question, notre compagne de circonstance essaie de s'enfuir. Il faut trouver des arguments pour la rassurer. Un billet d'argent, et elle reprend confiance. Ami avoue qu'elle est prostituée. Elle « fait ça avec tout le monde.» Son lieu de prédilection, ce sont les bâtiments jaunes du «Forum» des marchés d'Adjamé. Ici, elle peut se confondre aux commerçantes. De plus, il y a de la place et un abri. Mais, Ami se dérobe un peu à la tradition de la prostitution classique. Pour elle, il n'y a pas d'heure pour se prostituer. Elle affirme s'en tirer souvent avec 20 000 Fcfa par jour. Voyant les questions se multiplier, notre interlocutrice se sauve pour se fondre dans la masse. Elle a eu le temps de nous montrer d'autres filles qui, comme elle, se prostituent au forum. C'est le groupe de filles que nous avions vu au départ. Pour les rejoindre, il faut se diriger vers le point de vente des volailles. Elles sont attroupées-là. Certaines mangent sur des tables, d'autres dorment sur des dalles, des barres de fers, où même sur des tables abandonnées. Deux d'entre elles portent des enfants. La première, 20 ans, dit s'appeler Mariam. Son enfant, une fillette de 8 mois, s'appelle Clémentine. A côté d'elle, Aïcha, un peu chétive, a à peine 18 ans. Un peu bedonnante, sans être enceinte, elle tient dans sa main un enfant d'un an. Couchée sur la même table, une autre fille dort. Elle s'apelle Sidibé, selon ses camarades. Mais, tout le monde l'appelle «la vieille». Elle dort la tête posée sur un sachet bleu qui contient des vêtements. Les filles sont méfiantes. Autour d'elles, des cordonniers, des plumeurs de poulets et d'autres jeunes aux allures de voyous rôdent. Ils ont l'air de les surveiller. Nous nous sentons épié.

On les appelle bâcôrôman

Ici, on peut agresser quelqu'un, le voler et disparaître sans être inquiété. Les jeunes filles devinent notre intention. Sidibé se reveille soudain. Une de ses camarades la taquine. Elle lui demande de faire attention, au risque de déchirer sa valise. La valise en question, c'est le sachet bleu qui contient des vêtements. «La vieille» n'a pas de complexe à expliquer qu'elle se balade ainsi avec ses affaires. Nous lui en demandons les raisons. Comme toutes les filles de ce lieu, elle n'a pas de domicile fixe. «On nous appelle Bacôrôman», indique-t-elle. En malinké, cela désigne quelqu'un qui dort là où la nuit le trouve. Selon Sidibé, elles viennent achever leurs nuits sur les tables libres du marché. Que font-elles alors comme activité si elles doivent dormir toute la journée ? Une question qui paraît les embarrasser. Mariam, qui nourrit son bébé à l'attiéké, nous sourit tout en gardant la tête baissée. Aïcha en profite pour filer à l'anglaise. Seule « la vieille», plus bavarde, continue : «On vend des chocolats, deux à 25 Fcfa et aussi des lotus». Où sont donc ces objets qu'elles disent vendre ? Aucune réponse. En ce moment, une autre fille qui a l'air plus âgée s'approche. Elle est gaie. Elle porte aussi un enfant. « Nous sommes dans la même situation », informe Sidibé en la désignant. La fille qui vient de s'ajouter au groupe est grosse, avec un tee-shirt sale et déchiré. Elle se présente sous le nom de Abiba. La vraie Abiba qui a pris la conversation en cours, dément: «Aucune d'entre nous ne vend. Que celle qui fait une activité lève le doigt». Les autres filles rient pour se décomplexer. Abiba, qui n'a pas sa langue dans la poche va plus loin : «Toi, dis-leur ce que tu fais la nuit», lance-t-elle à une fille qui vient de s'ajouter au petit cercle qui s'anime. Elle, c'est Aimé Wangni. Habillée et maquillée de façon extravagante avec des mèches touffues, Aimée se met aussi à rire. Les filles plaisantent, se taquinent. L'ambiance est plutôt cordiale. Sur notre insistance, Abiba raconte qu'elles se prostituent parce qu'elles n'ont pas de métier. « Mais, moi j'ai arrêté parce que j'ai un copain», se dédouane-t-elle. Ayant dévoilé le mystère, Abiba ne laisse pas d'autre choix aux autres filles qui se confessent avec prudence. « Je suis venue d'Odienné pour vivre chez ma tante à Abidjan. Elle me maltraitait, j'ai donc fui la maison», explique la Vieille. Grâce à une camarade qui est dans ce circuit depuis 3 ans, elle s'est retrouvée en ce lieu. La camarade en question se nomme Salimata.

«C'est notre vieille mère», affirme la Vieille. Elle a connu Salimata à Odienné. Selon elle, dès que celle-ci à su qu'elle était maltraitée par sa tante, elle lui a proposé de venir avec elle pour se prostituer au Forum. Ses parents savent-ils où elle est ? «J'appelle souvent ma mère. Mais, je ne lui ai jamais dit ce que je fais. J'irai la voir quand je serai riche», rêve-t-elle. Pour l'instant, pour s'enrichir, elle n'a qu'une seule voie : vendre son corps à vil prix. Les tarifs varient entre 1.500 et 2.000 Fcfa. De jour comme de nuit, elles se prostituent, tout comme Ami. Abiba, elle, a quitté Seguela pour rejoindre sa grand-mère à Abidjan. Celle-ci la maltraitait, accuse-t-elle à son tour. «C'est pour cette raison que j'ai fui la maison pour venir ici», ajoute-t-elle. Même son de cloche chez Mariam, Aïcha et Aimée qui viennent de Ouragahio. Si elles n'ont pas été maltraitées par une tante, c'est une grand-mère ou un oncle qui les haïssait. Ici, la prostitution se déroule d'une manière différente. Les filles atteignent la centaine. Le jour, elles essayent de se camoufler comme elles le peuvent. Ce qui explique qu'au Forum , on a l'impression que ce sont des commerçantes ambulantes. Le plus souvent, quand elles ne dorment pas, elles circulent entre les marches des bâtiments, ou bavardent. «Je ne fais rien toute la journée, je dors», jure Abiba. Pourtant, elle arrive à se nourrir et à s'habiller, dit-elle. Celles qui ne dorment pas le jour, sont disponibles pour les hommes. Il suffit de connaître le circuit. «Au Forum, quand vous parlez de bacôrôman, on vous les montre du doigt. A vous de jouer. Si vous voulez aller avec une, vous l'approchez discrètement, elle vous suivra n'importe où, même dans les vieux magasins abandonnés à l'étage», avance Aboulaye C., un vendeur de chaussures qui passe à côté. Ces filles ne passent pas la nuit au Forum. «Nous dormons au marché Gouro», affirme Mariam. Au marché Gouro, les bacôrôman, par centaine, se retrouvent près d'un grand magasin de vente de pagnes, appelé «maison blanche». Un hangar s'y trouve, et c'est là qu'elles passent leurs nuits, presqu'à la belle étoile, selon Mariam. Avec son enfant de 8 mois, elle continue d'exercer le plus vieux métier du monde. Dès 19 heures, elles quittent le forum pour le hangar qu'elles appellent le « hangar de Haïdara». «A minuit, les portes gardées par des vigiles sont fermées au cadenas pour être rouvertes à 4 h», ajoute Abiba. Heure à laquelle tout le monde doit quitter le camp pour laisser la place aux commerçants. «Si minuit te trouve dehors, tu dors dehors», précise la Vieille. Mais, entre 19 h et minuit, beaucoup de choses se passent. Elles se livrent au premier venu. Les clients savent le plus souvent où les trouver. Très souvent, disent-elles, ce sont des personnes respectables qui les abordent.

Avec ou sans préservatifs

Les nuits sont longues. Ce qui explique que beaucoup d'entre elles sont obligées de dormir au Forum la journée. Cette activité, selon Sidibé, n'est pas sans conséquences. «Nous nous faisons agresser tous les jours par les voyous. C'est pour cela qu'aucune d'entre nous n'a un objet de valeur. Nous sommes aussi victimes de viol», explique Aimée W. Beaucoup de filles lient amitié avec des voyous. Ceux-ci profitent d'elles. Mais, en contrepartie, ils les protègent contre les agressions et les viols. La prostitution en elle-même à ces conséquences immédiates. «La plupart d'entre nous ont des enfants sans père», raconte la Vieille. Jusque-là, elle a miraculeusement échappé à cette situation. Mariam, Aïcha, Abiba et les autres ont souvent jusqu'à 4 gosses à nourrir. D'autres bakôrômans envoient leurs enfants chez les parents, en inventant n'importe quoi pour les faire accepter là-bas. Mais, de nombreuses filles sont livrées à elles-mêmes. Beaucoup perdent leurs enfants. Comme Dosso Fatou. La semaine dernière, cette fille a perdu son enfant en plein jour, au Forum. «L'enfant était malade, sans soin», raconte une des filles. Une information confirmée par Diomandé Mamadou, le responsable de la sécurité du Forum. «Cette fille avait reçu des médicaments de la part d'une Ong qui s'occupe des prostituées. Au lieu d'envoyer l'enfant à l'hôpital, elle est allée acheter des canaris pour faire de l'indigénat», explique-t-il. L'enfant qui était mal soigné a succombé dans ses bras, en plein jour. «Quand on l'a interrogée sur ses problèmes, elle a avancé qu'elle avait été chassée par sa tante. Mais, l'une de ses soeurs qui est arrivée ici un jour a démenti cette information. En faite, Dosso vendait pour sa tante. Elle détournait les recettes de la vente. Le jour où on lui a demandé de montrer où elle les cachait. Dosso a déserté les lieux pour toujours», explique Diomandé qui suit ces filles depuis 3 ans. La plupart des explications qu'elles avancent pour justifier leurs actes sont fausses, selon lui. «J'ai assisté à l'arrivée de ces filles au Forum. Au début, c'étaient des pickpockets. Elles faisaient semblant de vous aider à transporter vos bagages, puis elles se sauvaient avec. Ensuite, elles ont commencé à se prostituer depuis 3 ans. Il y en a même de 13 ans», explique-t-il. Selon Diomandé, leur nombre sans cesse croissant au Forum inquiète. C'est sans espoir pour ce responsable de la sécurité. «Elles prennent des stupéfiants pour exercer leur activité. Plus précisément du «rivo». C'est difficile de s'en sortir», ajoute-t-il.

Comme un monstre, le nombre de bacôrômans croît d'année en année. Elles sont de plus en plus incontrôlables. Quelques Ong, telle que «Cavoéiquiva» et «Save the Children» tentent de les sortir de ce gouffre. Sans succès. C'est donc un cri d'alerte lancé à tout le monde. Attention quand vous allez faire des achats au Forum, les bacôrômans sont là !

 

Raphaël TANOH (Quotidien Nord-Sud)

 

Source: ALL AFRICA.COM

dimanche, 22 novembre 2009

GREVES DES ENSEIGNANTS: BLACK-OUT SUR L'ECOLE IVOIRIENNE

LE MINISTRE CISSE BACONGO.jpg

Tout va mal en ce moment pour l’école ivoirienne. Il y a trois (3) semaines, la Coordination nationale des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur public (CNEC) a entamé une grève, à l’effet d’interpeller les autorités ivoiriennes sur la question de la nouvelle grille indiciaire, revalorisant leur salaire. « Puisque personne ne nous a reçus pour discuter et trouver des solutions à nos problèmes, nous prolongeons la grève de deux (2) semaines à partir du lundi 23 novembre », a déclaré Flavien Traoré, porte-parole de la CNEC.

 

LE MINISTRE BLEU-LAINE.jpg

En début de semaine dernière, huit (8) syndicats de l’Enseignement secondaire général et technique ont déposé la craie pour une période illimitée. Ce, afin de revendiquer leur nouveau salaire. Au cours d’une Assemblée générale qui s’est tenue récemment, le collectif des syndicats de l’Enseignement primaire public est entré dans la danse pour le même motif. Et a décrété une semaine de grève aussi, à compter du lundi 23 novembre. Pour dire vrai, c’est tout le système éducatif ivoirien qui est paralysé, puisque tous les établissements, primaires, secondaires, supérieurs publics, sont fermés. Incompréhension ou mauvaise foi ? La question reste posée. Une chose est sûre, les enseignants ne sont pas prêt à lâcher du lest et sont déterminés à aller jusqu’au bout pour obtenir gain de cause : le paiement de leur nouveau salaire. Ce qui intrigue dans cette histoire, c’est que les élèves qui ont à peine repris le chemin de l’école sont à nouveau contraints de rester à la maison. Le pire est que du côté du gouvernement, aucune réaction n’a été donnée. Troublant, tout de même! Comme si la question de l’éducation ne préoccupait personne. Tous sont concentrés sur des élections reportées.

 

Attention! Des enfants mal formés peuvent devenir les rebelles de demain.

 

Un article de KNRK.

 

Source: ABIDJAN TRIBUNE

mardi, 17 novembre 2009

AFFAIRE KONE DOSSONGUI: "LES PETITS DIOULAS DE GBAGBO" REPONDENT AU QUOTIDIEN "LE PATRIOTE"

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Un certain article du quotidien « PATRIOTE » s’est égosillé, la semaine dernière, à démontrer le caractère « ingrat » (sic !) et opportuniste, sans preuve et sans raison, du sieur KONE DOSSONGUI, dont, apparemment,  le seul crime fut d’apporter son soutien au candidat LAURENT GBAGBO pour les élections présidentielles futures.

Déception, indignation et même regret, tels sont les sentiments qui nous ont animés lorsque nous lûmes cet article à fort relent injurieux que la prétendue présentation sui generis du mise en cause.

Il va sans dire que M.KONE DOSSONGUI n’allait pas perdre son temps à répondre à de telles ignominies. Trop préoccupé à conduire ses himalayennes affaires que de répondre à un quidam dont la syntaxe est aussi vacillante que l’idée est fixe.

Nous nous en chargeons donc !!!

LA FAUTE DE KONE DOSSONGUI : SOUTENIR GBAGBO.

Doit-on rappeler aux messieurs du « PATRIOTE » que la démocratie est une discipline dans lequel la liberté d’opinion ou d’appartenance à une opinion est le maitre-mot. L’article 7 des déclarations des Droits de l’Homme de 1789 en est la base institutionnelle et insubmersible.

Partant, doit-on s’atteler à convaincre son auditoire et lui susciter  cette tendance au changement de comportement que de patauger dans du déjà-entendu et du déjà-vu dont la seule conséquence est de créer une certaine monotonie suffocante et harassante pour les condisciples qu’on veut sinon conquérir, à tout le moins garder. Petite leçon de communication ou de marketing politique certes ! Mais leçon quand même. Que nos chers journalistes devraient rappeler à leurs différents mentors.

Lorsqu’on jette un regard, même rapide et sans analyses componentielles,  on comprend vite que le sieur GBAGBO LAURENT a parfaitement compris cette leçon depuis l’opposition jusqu’à son tout dernier voyage dans le Worodougou ce matin.

On n’a pas besoin d’avoir un PHD en Marketing politique pour comprendre que toute la stratégie politique du Président GBAGBO est fondamentalement basée sur la conquête du NORD et de ses fils émérites. Y a qu’à épeler le nom de son Directeur de Campagne, qu’à se souvenir de sa « 2ème femme », qu’à compter le nombre de ses visites d’Etat effectuées dans le Nord….Nord d’ailleurs qui lui a toujours été hostile depuis Houphouët jusqu’à SORO en passant par l’Inusable ADO.

Que cet acharnement stratégique porte ses fruits aujourd’hui, tout le salut doit être au sieur GBAGBO. D’autres devraient, à la limite faire du Benchmarking. Il aurait donc été démocratiquement loyal que les adversaires de GBAGBO fissent pareil en débauchant des hauts dignitaires des régions qui leur sont hostiles plutôt que de se lancer dans la petite délation, palliatif momentané de leur incompétence professionnelle. La politique est un métier, pour rappel !

Chers Messieurs, on vous savait naïfs. On ne pensait pas que vous fussiez autant inconséquents !!!

ET LES AUTRES DIOULAS QUI SOUTIENNENT GBAGBO ???

Dans votre logique, on s’attend à une ribambelle d’écrits biographiquement satiriques sur les INZA DIABY, TRAORE DOHIA MAMADOU et autres  COULIBALY DOULAYE qui, comme KONE DOSSONGUI ont rallié le camp présidentiel…Simple logique à l’opposé du contraire. Tant qu’à être limité, il faut l’être jusqu’au bout.

Alors, comme ça, ETRE DIOULA ET SUPPORTER GBAGBO serait un crime de lèse-majesté ??? Au point de s’encaper les lazzis et les hallalis des confrères autant médusés que médisants ???

COLLIN POWELL, farouche Républicain au point d’être le Secrétaire d’Etat américain n’a-t-il pas, à la fin, soutenu le très historique BARAK OBAMA ? Fut-il tué par les Républicains ? Eric Besson, le cerveau des programmes de SEGOLENE ROYAL a, au final, rallié SARKOZY aux élections présidentielles françaises, est-il mort ? Je ne vais pas inventorier tous les leaders d’opinions qui ont tourné casaque dans l’histoire de la politique.

Alors, nos chers amis Dioulas n’ont pas réinventé la roue politique. Ils ne font que conforter le célèbre postulat de…… (Bon ! malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à trouver qui l’a dit)…donc le célèbre postulat selon lequel «SEUL  LE TRAVAIL PAIE ».

A ces hommes d’affaires et intellectuels émérites, GBAGBO offre une certaine garantie et sécurité qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Que ce soit pour leurs affaires ou pour leur carrière, peu doit chaloir les raisons profondes. Toujours est-il que ce ne sont pas des cancres à la solde du premier démagogue venu.

Bon, écoutez, nous soutenons GBAGBO piannnnnn ! Et chaque fois que l’un quelconque de ces honorables personnalités DIOULAS sera attaqué par une quelconque presse, nous répliquerons. C’est aussi cela la DEMOCRATIE : les débats d’idées.

 

« Nata ko tè ; nafa ko lo »

 

MOUSSA TRAORE.

Président du Mouvement  « LES PETITS DIOULAS DE GBAGBO »

09 00 06 06 / 600 71 603

moussatraore@yahoo.fr

mardi, 03 novembre 2009

MAMADOU KOULIBALY: LE CRI DU COEUR D'UN IVOIRIEN QUI EN A MARRE

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Le président Mamadou Koulibaly en a ras-le-bol. La crise ivoirienne n'a que trop duré. Il propose des voies de sortie pour aller vite aux élections, seule barrière sur le chemin des ivoiriens dont le pays est, à bien des égards, absolument méconnaissable. Une sortie insolite qui a laissé les thuriféraires de la Galaxie Patriotique pantois. Une sortie qui n'est pourtant pas dénuée de tout sens, loin s'en faut! Quand on veut la paix, on en paye le prix. Mais tous les prix sont-ils payables? S'interrogent bien de patriotes. Le président Mamadou Koulibaly a tenu un discours totalement inhabituel, pour ceux qui connaisse l'homme. Mettant à mal le camp présidentiel tout entier. Faut-il le brûler au feu? Faut-il suivre la voie qu'il recommande sans avoir l'air de se renier et d'avoir renié toute la lutte? Je retiens toutefois que ce laïus est le cri désespéré d'un ivoirien épuisé et qui veut voir son pays avancer et s'occuper des seuls dossiers qui en vaillent vraiment la peine: ceux du développement et du bonheur social des ivoiriens!

Je vous propose, ci-dessous, l'intégralité du discours de Koumassi du président Mamadou Koulibaly, invité de l'Association EBOYEKOUN de Béoumi, un discours qui laisse à réfléchir!

 

Cette cérémonie d’aujourd’hui permet au grand public de Béoumi résidant à Abidjan de constater qu’une présidente est partie et une autre arrive. L’association Eboyekoun vit. Nous allons investir la nouvelle présidente afin qu’elle puisse travailler dans l’intérêt de l’ensemble des membres. Que Béoumi et toute la Côte d’Ivoire puissent bénéficier de ce travail. Aujourd’hui on est avec la présidente koffi Adjoua et ses sœurs. Merci de l’occasion que vous nous donnez pour célébrer l’union, la fraternité et le travail. Merci au gouverneur Amondji d’être venu. (…) s’il y a le reste des aides qu’il apporte aux communes, il ne faut pas qu’il oublie Agboville et Azaguié. (…) merci au commissaire divisionnaire Goly, merci aux députés qui sont venus, je n’oublie pas le conseiller économique et social Diabaté Bê. Merci à tous. Ces femmes essaient chacune à sa façon de faire ce qu’elle peut pour le développement de leur région, il faut les encourager. Le fait qu’elles s’entendent déjà est un pas positif. Les hommes d’Abidjan doivent aussi faire comme ces femmes. Entre les populations, les palabres doivent finir. Les méchancetés et les guerres doivent finir. Les chefs qui sont là doivent donner les conseils qu’il faut pour cela. Merci à tous.

Le ministre Amani N’Guessan dit qu’il y a beaucoup de problèmes à Béoumi. Pour les résoudre, il faut que ce qu’on gagne à Abidjan soit beaucoup. Or les temps sont durs à cause des palabres. Cela fait huit ans que ça dure. Nous sommes tous pressés que ça finisse et qu’on commence à faire la paix. Ce qui nous barre la route qui mène à la paix, ce sont les élections. Avant ces élections, il y a la liste électorale. Si on finit avec cette liste, nous irons au vote et celui qui gagne va travailler pour le pays. 5 ans après, si celui-ci travaille bien, on va encore voter pour lui. S’il ne travaille pas bien, on va voter contre lui. On nous a dit que la liste provisoire est préparée. Mais, ce n’est encore affiché. Or, il faut le faire pour que chacun aille voir si son nom y est inscrit. Mais, on a un gros problème là-bas. Quand on a établi la liste, on a trouvé qu’il y a 2, 752.000 personnes dont les noms ne se retrouvent sur aucun ancien fichier de la Côte d’Ivoire. Le président a demandé qu’on aille fouiller encore. Ils sont allés trier et ils pu repêcher 900.000 personnes. Il y a des fautes de frappe sur les noms et sur les dates de naissance. Si je dis que je m’appelle Kouamé Kouakou et je dis que mon père est né en 1918 alors qu’il est né en 1919, si on cherche Kouamé Kouakou avec un père qui est né en 1918, on ne le retrouve pas. On a corrigé cela. Maintenant, il reste 1.900.000 personnes. On ne sait pas comment on va les traiter. Certains disent que ce sont des fraudeurs et des étrangers. On ne sait pas. A trois millions, on a fouillé et on a pu trouver des Ivoiriens dedans. Si on fouille bien, on va encore trouver des Ivoiriens. Si on ouvre les plaintes, Adjoua va dire que tel n’est pas ivoirien, lui , il prétendra le contraire. Le monsieur ira chercher des papiers pour venir se justifier. Cela peut déboucher sur des palabres entre Adjoua et la personne qu’elle accuse. Ce genre de palabres, on se connait, divise, et c’est ce qui a divisé la Côte d’Ivoire.

Les rebelles disent qu’ils ont pris les fusils à cause de papiers. Or jusqu’à aujourd’hui, les rebelles n’ont pas déposé les armes. Va-t-on continuer avec ces problèmes de papiers sans les résoudre ? Si on va aux élections dans ces conditions, est-ce qu’on aura la paix après ? Si on déclare que Mamadou est sur la liste et qu’Amenan dit que Mamadou n’est pas ivoirien et qu’on doit l’enlever du listing, c’est sûr que Mamadou ira chercher ou fabriquer des papiers pour se défendre. Si on dit que ses papiers ne sont pas bons et que Mamadou est écarté, il ira s’asseoir à la maison mais il ne sera pas content. Alassane Ouattara lui seul, il n’était pas content et cela nous envoyés la guerre de 2002 à maintenant 2009. Si aujourd’hui, on dit que 1.900.000 personnes sont pas ivoiriennes, vous voyez ce que ça peut donner. Pour un seul cas, on est là depuis 2009, imaginez-vous le temps qu’on mettra pour tout ce monde. Comment allons-nous sortir de ce problème ? A l’indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d’ici ont refusé et Houphouët n’a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd’hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et le léguer à nos enfants ? Et dans 10 ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye qu’on se dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi ; peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre. Et nous, on continue tranquillement notre histoire. Ça va être très dur à accepter pour certaines personnes. Mais à dire vrai, s’il est ivoirien cela nous enlève quoi ? Cela ne nous enlève rien. Si on demande à chacun d’aller chercher ses papiers on ne finira pas. ? Comment allons-nous procéder puisqu’il n’y a pas la gendarmerie, la police et les tribunaux sur l’ensemble du pays actuellement. Dans ce débat, celui là est ivoirien et l’autre ne l’est pas, on ne s’en sortira pas. Même ici à Koumassi, moi-même j’ai eu des problèmes lors de l’enrôlement. Imaginez-vous à Tengrela, Bouna, Korhogo où il n’y a ni police ni gendarme ni militaire. Qui va protéger qui ? Si vous dites que tel n’est pas ivoirien, il prendra sa machette et vous sortirez la vôtre. On apprendra qu’il y a eu 25 morts à Tengrela. C’est 25 vies de perdues. Est-ce qu’il n’est pas temps de réfléchir. On les prend tous, on organise les élections et continue de construire notre pays avec les écoles, les routes, les hôpitaux…

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dimanche, 01 novembre 2009

GOUROUS DE LA MORT EN COTE D'IVOIRE: DELATION OU REALITE?

Les gourous de la mort, un phénomène bien inquiétant, dans ce pays, avec des noms de personnalités cités de façon récurrente. En témoigne cet article de Prestige Mag, publié sur Ivoirenews. La dénonciation est assez grave pour que nous nous y penchions. Les gourous de la mort en Côte d'Ivoire: délation ou réalité? qu'en pensez-vous?

HAMED BAKAYOKO: GOUROU DE LA MORT?

gourou de la mort.jpg 2.jpgUn phénomène pas aussi nouveau que ça, mais terriblement destructeur, fait des ravages au sein de la gent féminine. La mort de plusieurs artistes, notamment celle de Joëlle C ou même d'Affo Love, serait liée à ce fléau terrifiant. Pour entretenir leur puissance et leur fortune, de grandes personnalités du pays demandent à déféquer ou à uriner sur des filles, en échange de fortes sommes d'argent.

En Côte d'Ivoire, chaque jour qui se lève apporte son lot de rumeurs et d'informations les unes aussi fantaisistes que les autres. Mais ce qui est remarquable, c'est que ces bruits de couloir et de rue se sont, très souvent, avérés vrais. Aujourd'hui, le phénomène qui secoue la société ivoirienne en général et le landerneau du show-biz en particulier, c'est la propension de certaines personnalités du pays à vouloir satisfaire leurs besoins naturels sur les artistes féminins. Les cibles de ses hommes peu scrupuleux sont principalement les chanteuses et les filles dans la fleur de l'âge. Le sujet est très sensible et même tabou. Mais mettons le pied dans le plat !

On pourrait les affubler de cette appellation : “Les gourous de la mort”. En effet, quel nom peut-on attribuer à ces gros bonnets du pays qui, de par leurs actes sataniques, causent la mort d'innocentes personnes ? Toujours est-il que les personnalités qui s'adonnent à de telles pratiques sont bien connues. Les avis, multiples, se rejoignent sur leur identité. Mais, sur la liste de ces gourous, se trouvent notamment un ancien journaliste vedette de la RTI, un ministre actuel et un patron d'une société de téléphonie mobile. Le journaliste en question a magistralement présenté, pendant des années, le journal télévisé avant d'occuper de hautes fonctions à la Maisonbleue. Le ministre est un acteur majeur du show-biz ivoirien tandis que le patron de téléphonie mobile est, lui, influent dans la sphère footballistique de notre pays. Au cours de nos enquêtes, leurs noms sont constamment revenus. La liste n’est pas du tout exhaustive. Les gourous de la mort, on les compte par milliers. Ils se recrutent pour la plupart dans le monde politique et celui des affaires.


Pour assouvir leur dessein lugubre, ces gros bonnets passent par la case de la drague classique. Leurs proies, ils les “chassent” généralement dans le milieu de la musique, notamment au sein des jeunes chanteuses. Souvent avides de gloire et de fortune. Une fois qu'ils réussissent à établir une relation de confiance avec leurs cibles qu'ils bombardent de cadeaux faramineux, ils passent à la vitesse supérieure. Ainsi, au cours d'un rapport sexuel, ils demandent à déféquer ou à uriner sur leur partenaire. Certains font passer cet acte dégoûtant pour leur fantasme sexuel. Si les filles en question opposent un refus, ils leur proposent de très fortes sommes d'argent. Des chanteuses nous ont fait des témoignages édifiants. C'est le cas d’une chanteuse à qui l’un d’eux a récemment fait une telle offre. Mais, elle avoue l'avoir gentiment déclinée. Les chanteuses ne sont cependant pas les seules proies des “gourous de la mort”. Ils frappent aussi en plein cœur de la population. Des filles nous ont ainsi révélé avoir été déjà sujettes à de telles propositions insensées. N.B est étudiante en psychologie à l'université de Cocody. Elle témoigne. “Je sortais depuis un moment avec un grand nom du pays. Il est marié. C'était l'amour fou entre nous. Et, il ne cessait de me couvrir de cadeaux. Mais, un jour, au moment où on devait faire l'amour, il a demandé à c… sur moi. Dépassée, j'ai refusé. Il m'a alors supplié en me proposant la somme de 10 millions de F. Mais, je suis restée sur ma décision. Il s'est alors fâché et a essayé de m'intimider. Mais je n'ai pas cédé. Deux jours après, je voulais accepter sa proposition et prendre les 10 millions. Mais, quand je l'appelais, il ne répondait plus”. Aujourd'hui, N.B ne regrette pas sa fermeté, même si elle avoue avoir éprouvé un profond regret durant les premiers jours. “Franchement, j'ai regretté les 10 millions. Mais, quand j'ai expliqué ce qui s'est passé à ma mère, elle a fondu en larmes et m'a félicitée pour avoir décliné la proposition de mon gros bonnet. Elle m'a enlacé en sanglotant. Et elle m’a dit. Cela t'aurait conduite à la mort ma fille”. L'expérience vécue par Mlle A.D est encore plus dramatique.

Témoignages :

Une femme qui a voulu garder l'anonymat depuis Yopougon témoigne : En 2005, ma voisine de classe avait été victime d'une personnalité bien connue dans le pays (il pourrait s'agir du Ministre Hamed Bakayoko, ministre des NTIC depuis le début des années 2000, membre du RDR). Nous étions en classe de Première dans un lycée privé de Yopougon. C'est à la suite d'un auto-stop qu'elle avait fait la connaissance de ce monsieur. Ils n'ont pas mis du temps à sortir ensemble. Il faut dire que le monsieur était très généreux. Il faisait plein de cadeaux à ma voisine. Quelque temps après leur idylle, on était en pleine préparation du Bac, je me le rappelle bien, ma voisine a commencé à avoir de terribles maux de tête. Ensuite, c'était au niveau de son bas ventre. Jusqu'à ce qu'elle rende l'âme, une nuit. Je n'oublierai jamais ce qui est arrivé à ma voisine. Sa mort atroce et soudaine nous a vraiment surpris. Dans le quartier, on avançait que c'est la tante sorcière de ma voisine qui ne voulait pas de sa réussite au Bac et qui était à la base de sa mort. C'est dans cette confusion que sa mère, profondément atterrée par ce qui est arrivé à sa fille, est allée consulter une célèbre exorciste qui vit à Abidjan. C'est cette dernière qui a révélé que ma camarade avait été victime d'un acte diabolique exécuté par son amant. Elle est rentrée dans tous les détails. On est tombé des nues. Sur place, la mère de ma camarade est tombée dans les pommes. Quand elle a retrouvé ses esprits, elle m'a demandé si je connaissais l'amant en question. J'ai dit son nom. Mais, la famille est restée impuissante. Elle n'a pu rien faire contre ce monsieur qui est aujourd'hui un ministre de la République. On n'avait pas de preuves pour le confondre. Aujourd'hui, quand je vois ce criminel à la télé, j'ai l'envie de vomir. J'ai aussi très peur de lui. Je prie chaque jour Dieu pour qu'il punisse ce criminel. Pour des raisons que vous savez, je vous prie de ne divulguer ni mon identité, ni mes coordonnées”.

Par Abdoul Kapo

Pour en savoir plus : Article Prestigemag  / Article Abidjan.net

17:20 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gourou de la mort, ivoirenews, côte d'ivoire, hamed bakayoko, rti, jacques anouma | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 29 octobre 2009

LES RESULTATS DU BTS 2009

Tous les résultats du BTS 2009 sont désormais disponibles en ligne. Pour y accéder, cliquer ICI.

Ce lien vous offre deux possibilités de recherche: Recherche par le numéro du candidat et recherche par le nom de famille du candidat. A vous de jouer et bonne chance!

BTS. Composition.jpg

B.T.S / 24,24 % d’Admis - Résultat catastrophique

Les résultats du Brevet de technicien supérieur (Bts), ont été publiés hier dans l’après-midi, par la Décoes, sise au Plateau. Dans les filières industrielles, sur un effectif de 11.745 candidats présents, seulement 3.035 ont été déclarés admis soit 25,84 %. L’année dernière (2009) dans ces mêmes filières, l’on a enregistré un taux de réussite estimé à 28,60 % pour un effectif de 12.686 soit 3.678 candidats admis. Dans les filières Tertiaires, les résultats sont aussi décevants que ceux enregistrés dans les filières industrielles. Ainsi, pour un effectif de 26.509 candidats présents, 6.237 candidats ont été déclarés admis pour un pourcentage estimé à 23,53 %. L’effectif total général des filières qui s’élève à 3.825 candidats, ont donné 9.272 candidats admis pour un pourcentage de 24,24 %. Un résultat jugé catastrophique, eut égard au nombre pléthorique de candidats.

Le Directeur Doulaye Coulibaly a estimé que ces résultats dans l’ensemble ne sont pas catastrophiques. Celui-ci a expliqué que son équipe était dans une nouvelle dynamique de procédés pour l’obtention d’un meilleur résultat dans le calcul des notes. Une nouvelle approche, a-t-il soutenu, qui dans l’exécution des travaux, leur a tout de même créé un peu de problèmes. Parce que, semble t-il expliquer, la procédure n’étant pas encore huilée. Mais, le Directeur a tenu à rassurer les candidats qui auraient constaté des anomalies dans le calcul de leurs notes, qu’il a été prévu un jury spécial qui statuerait sur leurs cas, au plus tard, le samedi prochain.

Jean-Baptiste Essis

Source: Quotidien Le Temps.

21:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, résultats bts 2009 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 21 octobre 2009

L’ARGENT, CE DOUX PETIT DIABLE!

Beau texte de l'ami Etty Macaire ! Dépeignant avec une grande lucidité la triste réalité ivoirienne. Appréciez, tout simplement. Excellente lecture à tous et que DIEU vous bénisse,...... richement!


ARGENT 3.jpgMais, où va la société ivoirienne d’aujourd’hui ? Telle est la question, despotique, qui trouble les consciences éveillées devant le pouvoir totalitaire de l’argent. La hantise de l’enrichissement rapide et malhonnête a fait de notre société moderne « une grosse prostituée ». Moyen d’échanges auparavant, l’argent est devenu le dieu des temps modernes. Sur son autel, des vies ont été broyées, des amitiés trahies, des amours assassinées. Que ne fera-t-on pas pour acquérir ses billets aux murmures capiteux et à l’odeur pourtant si odieuse ? L’amour de l’argent et les moyens mis en œuvre pour l’acquérir ont fini par réduire les hommes au rang d’esclaves pitoyables du diable. Léon Tolstoï écrivait à juste titre : « L’argent ne représente qu’une nouvelle forme d’esclavage impersonnel à la place de l’ancien esclavage personnel » (in L’argent).

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mercredi, 14 octobre 2009

CYBER-ESCROQUERIE : NOS AMIS LES BROUTEURS

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Dans la veine de ma campagne actuelle contre la cybercriminalité en Côte d'Ivoire qui ternit l'image de notre pays dans le monde entier, et dans le souci de faire de la sensibilisation auprès de nos concitoyens et de tous les internautes qui se font arnaquer par les jeunes ivoiriens, je vous propose un excellent papier de l'ami CLAUDUS, publié il y a quelque temps de cela sur son blog. Assez édifiant! Bonne lecture à vous et que le débat se poursuive! Fernand Dindé.

CLAUDUS: Il y a un adage bien connu qui dit que l’argent n’aime pas le bruit. Cependant en Côte d’Ivoire, il y a un « concept » dans le mode de vie de la jeunesse qui impose le « boucan et le vacarme » autour du nerf de la guerre. Il faut montrer qu’on est fort, très très fort, très très trop fort, sérieusement fort…. Financièrement.

La déferlante Couper-Décaler avec son idéologie nauséabonde qui se résume au divertissement  et à l’argent facile en est l’instigatrice première. Notre jeunesse qui n’a plus aucun repère solide a trouvé son nouveau Dieu : Crésus. Tous les moyens étant bon pour avoir de l’argent, certains ne vont pas trop se creuser la tête mais parer au plus simple (selon leur entendement): Recrudescence de l’industrie du sexe, vol, escroquerie… .

Comme par enchantement, un filon, peu ou presque pas exploité par les Ivoiriens, connaissait un franc succès dans la communauté Ibo du Nigeria installée à Abidjan : les arnaques sur Internet.

La plupart des novices qui s’y intéressaient commençaient auprès d’un Ibo pour qui ils travaillaient comme interprète ou traducteur pour ses « clients » francophones.

Les Ibos avaient pour habitude d’être plutôt discret dans leurs affaires qu’ils menaient à bien depuis plusieurs années : leur association avec les arnaqueurs recrutés et formés sur place va les dévoiler au grand jour et leur coûter très cher.

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12:20 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : claudus, côte d’ivoire, cyber-criminalite, cyber-escroquerie, couper-décaler, argent, crésus, ibo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 08 octobre 2009

CENSURE A LA RTI: MONSIEUR BROU AMESSAN PIERRE, VOTRE ATTITUDE EST LAMENTABLE!

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Une réaction du Dr Kobé Ziri Cécile, Ethno-sociologue, à la censure du film documentaire de Serge Bilé par la RTI...


Monsieur le Directeur Général de la RTI,

A l'heure où la liberté d'expression semble être un droit acquis et où la censure dans notre pays a pris sa place dans les livres d'histoire, on apprend avec effroi que vous avez décidé de « frapper » le film documentaire de notre compatriote Serge Bilé intitulé « Une journée dans la vie de Marie-Madeleine ». Son crime, rompre le silence sur la prostitution des religieuses africaines au Vatican ». La justification que vous donnez à cette censure n’est pas à une incohérence près, puisque vous dîtes, Monsieur le Directeur Général, que « la télévision, service public, a pour missions de rapprocher les peuples et de concilier les divergences… (et) notre pays qui sort d’une profonde crise sociopolitique doit s’appuyer sur la RTI pour réconcilier les esprits et éviter de créer d’autres scissions… (et qu’il) n’est pas sain de mettre sur la place publique la vie des hommes et des femmes qui, malgré leurs faiblesses humaines, ont décidé de se consacrer à Dieu.». Le fait, Monsieur le DG, que vous repreniez ce genre de clichés, sans le moindre esprit critique, constitue non seulement une grave faute professionnelle, mais aussi un vrai délire. Car un tel argumentaire apparaît comme un signal désastreux envoyé aux Ivoiriens. Tant il est ridicule et ne résiste à aucune analyse sérieuse.

La télévision est un média public (sic) dans un État laïc. C’est pourquoi, Monsieur le Directeur Général, il vous faut rejeter ces oppositions puériles entre les « bons » et les « méchants » pour donner à cette question du comportement peu catholique de certains religieux toute sa lisibilité dans l'opinion publique ivoirienne. Et vous ne devez pas laisser croire que la laïcité peut être à géométrie variable, qui épouserait le cours du temps, et évoluerait à (votre) loisir. Non. La laïcité est un principe intangible qui détermine toute République… Elle est à la fois éthique et une règle de vie sociale. Parce qu’elle affirme le respect des autres, en tant que personnes égales en dignité, en droits et en devoirs, dans l’acceptation positive de toutes les différences, qu’elles soient d’ordre sociologique, culturel, spirituel ou ethnique. Elle est le respect des croyances, à condition que celles-ci ne visent pas à porter atteinte aux opinions et aux convictions des individus qui « pensent » autrement.

Par ailleurs, dans la situation qui est la notre, il est indécent de diriger un bien public à la lumière exclusive de sa foi religieuse… Ce qui est une manipulation doublée d’une escroquerie intellectuelle. Car il faut écarter tout intégrisme sectaire de ce documentaire qui n’a pour seul objet que d’exposer des faits de notre société, enfin de laisser la place à la réflexion qui permet d'en débattre publiquement et d'en juger librement.

C’est vrai que ça peut paraître provocateur, dans une société où la télévision nationale ne s’est pas trouvé d’autre vocation que d'offrir « le tout ludique » et « le tout divertissant ». Il faut que vous arrêtiez d’infantiliser le peuple ivoirien et que vous le laissiez se nourrir de la confrontation des opinions pour améliorer la réflexion individuelle et collective. Pourquoi Monsieur le Directeur Général, voulez-vous susciter et développer dans l’esprit de la population, des allergies face à la recherche de la Vérité ? Qu’a donc dit Serge Bilé que vous voulez cacher aux Ivoiriens ? C’est bien à force de vouloir couvrir les choses ou de laisser les autres s’exprimer pour eux, que les ivoiriens vivent dans des confusions monstrueuses et mensongères qui faussent leurs choix et les empêchent, malheureusement, de se construire.

À mon avis, le danger qui guette la paix sociale dans notre pays réside dans ce genre d’amalgames scandaleux. Car, il est dommage, Monsieur le DG, que vous n’ayez pas encore compris que nous vivons, avec l’avènement des inforoutes et de l'unification du monde qui en résulte, sans doute un des plus grands bouleversements de l'humanité. Une période de rupture où les idées changent, où d'anciennes évidences et les réponses qu'elles donnaient se révèlent complètement inadaptées. C’est en cela que les médias, en l’occurrence la télévision, doivent jouer le rôle d’éclaireur des consciences. En amenant la population à développer son sens critique et à mieux comprendre les grands enjeux du monde actuel. C'est vraiment affligeant et lamentable que sous prétexte de « faiblesses », vous encouragiez des prêtres pédophiles à continuer tranquillement d’abuser de nos enfants… et que vous exhortiez tous ces prêtres, incapables de tenir la promesse de leur propre Foi et, qui passent donc le clair de leur temps entre les jupons des paroissiennes, à continuer leur honteuse besogne. Non, Monsieur Pierre Brou Amessan ! Il faut les dénoncer afin qu’ils sortent des rangs, parce qu’il est évident qu’ils n’en ont pas la vocation.

Et puis, Monsieur le DG, si on regarde de près ce qui se passe dans le média que vous dirigez, on constate avec révolte que, ce qui est traumatisant, c’est bien les programmes que vous diffusez. La télévision est devenue une arme de destruction massive... de cerveaux. N’y a-t-il rien d’autres à montrer dans cette télévision que danser ? J’ai mal à « Notre Télévision ». Et je crois que vous feriez mieux de prendre au sérieux ce rejet de la télévision nationale ivoirienne… Vous êtes peut-être le seul à ne pas remarquer que les programmes de « votre » Télévision sont aussi indigents les uns que les autres, stupides et abêtissants. En dehors des journaux télévisés et de quelques (très) rares documentaires, ils sont constituées d’émissions de variétés musicales, de séries brésiliennes machistes, idiotes et sans intérêt et de re-re-retransmission de films… qui montre combien vous êtes frappés d’un terrible deuil de l’imagination créative. Toute chose qui atteste d’un particularisme typiquement ivoirien, se traduisant par un désintérêt pour tout ce qui touche au domaine culturel et de la réflexion. Ainsi, entre le sexe, la violence et le culte de l’argent, la télévision ivoirienne n'a pas fini de choquer… Mais diantre ! Jusqu'où iriez-vous, Monsieur le Directeur Général, pour prendre ainsi nos enfants en otage ? La rentrée des classes a démarré depuis le 14 septembre 2009. Mais « votre » Télévision n’en a cure. Il ne faut surtout pas que les enfants aillent à l’École. Il faut suffisamment les détraquer... « C’est parce qu’ils ont été tard en vacances » a-t-on entendu dire piteusement. Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale, vous feriez mieux de consulter dorénavant le DG de la RTI avant de fixer la date de la rentrée des classes dans notre pays. S’il vous plaît ! N’en riez surtout pas. C’est tellement triste et désespérant !

Comment veut-on former des citoyens pour Demain dans un tel environnement de zombification des enfants de ce pays ? Et c’est là le point important et délicat, parce qu’on ne peut enseigner une certaine éthique aux enfants qu’en leur offrant des activités saines et en leur présentant des modèles édifiants. Et pourtant la télévision, dont l’impact sur la population est indéniable, pourrait être un formidable outil d’éducation et de formation. Oui, elle pourrait l’être, mais il est assez peu probable qu’elle le devienne, car en faire un instrument culturel bénéfique représente une tâche particulièrement ardue pour ses dirigeants. Car où faut-il aller chercher ces personnes capables de proposer un programme de qualité ? Voici donc la difficulté fondamentale, interne, qui est à l’origine de cette dégradation de « Notre Télévision ».

Comme vous le voyez, Monsieur le DG, la censure que vous infligez au film de Serge Bilé et l’argumentaire qui la soutient montrent à quel point vous voulez maintenir les Ivoiriens dans une situation permanente de non-réflexion… En les poussant à la consommation et à la reproduction de clichés et autres sous-cultures des autres, vous travaillez à les nourrir de l'espoir d’un changement miraculeux de vie, comme le révèle « la vie de Gaspard ».

Si chez nous, la télévision ne sert qu’à faire danser et à promouvoir la médiocrité, ailleurs, dans les pays qui veulent avancer vers le développement, elle joue un rôle culturel et éducatif fondamental. Elle transmet les valeurs éthiques, morales, sociales, culturelles et les bonnes mœurs. Parce que tout simplement, la télévision est devenue le lieu où se poursuit, après la famille et l’école, la socialisation des citoyens. La transmission des valeurs, Monsieur le DG, est nécessaire dans toute société civilisée, et que les citoyens d’une telle société, c’est-à-dire les citoyens civilisés, qui ont un comportement civique, un sens du discernement et de la responsabilité, ne sont pas le produit du hasard mais d’un processus éducatif rigoureux et cohérent. Soyons, s’il vous plaît, un tout petit peu ambitieux pour notre avenir et pour notre pays !

Dr Kobé Ziri Cécile
Ethno-sociologue
kobececile@yahoo.fr

Source: Le Blog de Serge Grah

lundi, 28 septembre 2009

ARNAQUE PAR INTERNET: LA "MAFIA" DE LA CYBERCRIMINALITE EN COTE D'IVOIRE


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Se faire passer pour une femme pour gruger les Blancs, ou tout simplement monter un réseau en complicité avec des jeunes femmes pour atteindre le même résultat. Voilà la nouvelle trouvaille des Ivoiriens, qui bénéficient, pour ce travail, de la couverture de certains agents des forces de l’ordre et de certains points de transfert et de retrait d’argent. Zoom sur cette activité illégale qui discrédite la Côte d’Ivoire.

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mardi, 22 septembre 2009

ABIDJAN: LES ''BROUTEURS'' SEVISSENT SUR INTERNET

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Lu pour vous sur Le Blog de Roger Kassé:
Vous avez déjà reçu des mails du genre: " Je suis un riche héritier, mon père était détenteur de tel ou tel bien. Après sa mort, j'ai du mal à entrer en possession de ses milliards et je demande votre aide...". Ou encore "Vous êtes l'heureux gagnant de telle ou telle fondation, veuillez entrer en contact avec tel hussier de justice pour...". Généralement, à ce type de mail le destinataire est inconnu. Si vous prenez la peine de répondre, vous tombez dans leur jeu et salut l'arnaque. Eux, ce sont les "Brouteurs". Vous les retrouverez aussi sur Messenger ou sur MSN. La plupart du temps, ils se font passer pour des femmes ou sont en complicités avec des femmes expertes dans l'art d'escroquer sur Internet. Leurs cibles ou victimes résident en Europe. En moins d'une décennie, Abidjan est devenue la plaque tournante de la cybercriminalité à cause de ces brouteurs.

Ces escrocs sur la toile profitent d'un vaste réseau venu du Nigéria. Leur scénario est tout simple: Ils prennent d'assaut les cyber-espaces du District d'Abidjan. Leurs sites de prédilection, les réseaux sociaux tels Facebook ou les sites de Tchat. En remplissant les profils, ils utilisent des pseudos de filles et utilisent des photos de filles qu'ils prennent sur les sites pornographiques. Ils engagent la conversation et progressivement, ils s'emploient à tisser des liens avec la victime. Au moment propice, ils sortent le grand jeu. "La vraie fausse jeune fille" joue sur les sentiments de sa victime en inventant une histoire savamment montée, soit qu'elle a été victime d'un braquage soit d'un sinistre. Ainsi donc comme un lien d'affinité s'est tissé entre "la vraie fausse jeune fille" et sa victime, la victime se laisse prendre par les sentiments et peut lui envoyer jusqu'à 600 Euro par Western Union, voire plus. L'arnaqueur agira ainsi jusqu'à ce que sa victime s'en rende compte. Les plus violents des brouteurs, eux, usent de magie noire pour escroquer. Ils travaillent en collaboration avec des marabouts. Ils vont voir ces charlatans qui leur font "un travail" à partir d'un de leurs propres organes. Conséquence, leur correspondant, où qu'il soit ne peut rien leur refuser, jusqu' à ce qu'il n'ait plus besoin de lui. Aujourd'hui, ils sont légion ces jeunes abidjanais qui se livrent à cette sorte de cybercriminalité. Empêchant du coup les hommes honnêtes de se faire des amis et des relations d'affaires. Alors vigilance.

Roger Kassé

19:59 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : les brouteurs, cybercriminalité, arnaque sur internet | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 08 septembre 2009

BROU JEAN-PAUL: L'HISTOIRE DE LA REINE ABLA POKOU A ETE VOLONTAIREMENT TRONQUEE

 

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Vous travaillez actuellement, à l’effet de publication, sur un ouvrage où il sera question de ce que vous appelez « la face voilée » de l’histoire de la Reine Abla Pokou. De quoi s’agit-il ?


Je suis issu de la lignée de la Reine Abla Pokou (ou Ablan Opokwa) par ma grand-mère qui descend de la princesse Akwa Ama. Elle fut aussi mariée à un descendant de Houphouët Mongo qui a été le deuxième souverain à succéder à la reine. Ayant passé toute mon enfance auprès de mes grands-parents, ils ont eu le temps de m’apprendre mon histoire, l’histoire du peuple baoulé à travers celle de la Reine Abla Pokou. C’est donc par devoir de mémoire que je m’intéresse à cette histoire. Je me dois de la protéger. Mais, c’est également par devoir de vérité qu’il me faut aujourd’hui rompre ce lourd silence pour élucider l'histoire de l'impératrice du peuple baoulé.

Source: ABIDJAN TRIBUNE

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21:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : côte d'ivoire, brou jean-paul, la reine abla pokou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 04 septembre 2009

LE CINQUANTENAIRE DE LA COTE D'IVOIRE SE PREPARE!

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Le 7 Août 2010, la Côte d'Ivoire aura 50 ans et elle compte célébrer cet évènement historique avec un faste tout particulier, comme l'a dit le Président Laurent Gbagbo, à l'occasion de la cérémonie officielle du 49ème anniversaire de notre pays.

C'est pour se mettre dans l'air du temps que la structure "CINQUANTENAIRE COTE D'IVOIRE" lance une série de 4 concours destinés à marquer d'une pierre blanche l'exceptionnelle célébration. Ce sont: un concours de timbres, un concours de logos, un concours d'hymnes (audes à la patrie) et un concours de slogans. Les différentes oeuvres étant à déposer avant la fin de ce mois de septembre 2009, à son siège, à Abidjan.

Cette haute inititiave est à louer et à encourager. Ce sera l'occasion pour les Ivoiriens de dire leur amour pour leur pays, d'exalter leurs valeurs nationales (on connaît, par exemple, l'hospitalité légendaire de notre peuple) et de renouveler leur engagement à le servir, dans la dignité, la tolérance et la droiture.

Nous souhaitons donc bon vent à l'équipe de "Cinquantenaire Côte d'Ivoire" et que vive la Côte d'Ivoire, une, indivisible, fraternelle et prospère!

DINDE Fernand AGBO

Consultez le site de la PRESIDENCE sur le Cinquantenaire de la Côte d'Ivoire: Cliquez ICI.