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lundi, 16 septembre 2013

COMMUNIQUE DU COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS


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Continuons le combat pour la libération de tous les prisonniers politiques, et du premier d'entre eux, détenu à La Haye, Laurent Gbagbo.

 

Sans la libération totale de tous les prisonniers, sans le retour de tous les exilés, sans la cessation totale des ethnocides de l'Ouest, sans le jugement du génocide de Duékoué, sans l'abrogation de la politique liberticide de rattrapage ethnique, sans l'annulation de la loi sur la naturalisation et l'apatridie, passée en force au détriment des ivoiriens et de leurs terres, sans la restitution des biens et le déblocage des comptes, sans le retour de la liberté d'expression et du débat démocratique, la réconciliation, condition de la reconstruction du tissu social, ne pourra se faire

La clé de la réconciliation se trouve à La Haye.

Abidjan, Paris  et la «communauté internationale» le savent

 

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A la date du 6 août 2013, le total cumulé des prisonniers politiques s’élevait à 708 personnes. Or, il y a quelques jours, 4 pro-Gbagbo, ou supposés tels, ont été jetés en prison. Ainsi, le régime de Ouattara continue-t-il sa fuite en avant en poursuivant allègrement sa logique de persécution et de violation généralisée des droits de l'homme.

Un mois et demi à peine après leur mise en liberté provisoire, le régime d'Abidjan menace déjà de reconduire en prison le Président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, et ses camarades : souffrant d'un déficit de légitimité, le régime d'Abidjan opte une fois de plus pour la réduction de toute contradiction idéologique par une instrumentalisation politique de la violence et de la justice.

D'ailleurs Alassane Ouattara et son ministre de la Justice et des droits de l’homme viennent de promettre la construction de 10 nouvelles prisons, affichant de la sorte publiquement leur volonté de durcir un des moyens de répression de la dictature qu'ils ont mise en place, depuis le 11 avril 2011, avec l'aide de la France et de l'ONU.

On sait que les camps illégaux de détention et de torture dont Amnesty international a dénoncé l'existence, continuent à fonctionner. Et que dans les locaux de la sinistre DST, des personnes soupçonnées d'être pro-Gbagbo sont gardées des jours entiers à l'intérieur de containers, dans des conditions que l'on ne souhaiterait à aucun animal.

Aujourd'hui, des prisonniers politiques, provisoirement libérés, souffrent de graves séquelles physiques dues à leurs conditions de détention. S'il est encore impossible d'évaluer précisément l'étendue et l'impact des conséquences des traumas moraux et physiques infligés par leurs tortionnaires, on sait par contre que les conséquences sont importantes et pour certains, terribles. Ainsi, Basile Mahan Gahé, secrétaire général de la centrale syndicale Dignité, qui n'a dû sa libération, après 18 mois de détention arbitraire et illégale, qu'au soutien sans faille de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la CGT-France, se trouve-t-il aujourd'hui dans un état critique qui a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam (Polyclinique Internationale Sainte Anne-Marie), à Abidjan.

Si la plupart des leaders politiques ont été libérés le 6 Août, il faut rappeler que Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu, pour ne citer qu'eux, croupissent encore dans leurs cachots, en violation totale de toutes les conventions internationales.

La quasi-totalité des prisonniers anonymes, quant à elle, se trouve à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan), dans des conditions carcérales de surpeuplement innommables.

Nous venons d'apprendre que les FRCI (soldats de l'armée ethnique Ouattariste) ont lancé une offensive sur les détenus de cette prison, hier, samedi 14 Septembre. On note plusieurs blessés dont deux cas graves (Source: Le blog d’Alain Doh Bi:

http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com).

Cette attaque fait suite à celle du 23 au 24 Juillet 2013, pour laquelle le "Collectif des femmes des détenus de la crise postélectorale" a dénoncé le massacre de 57 personnes dont 16 femmes.

Le Nord du pays, considéré symboliquement par le pouvoir comme le lieu le plus sûr, parce qu'étant la région natale des «vainqueurs» qui font régner leur «justice» à travers une terreur généralisée dans tout le pays, est la zone territoriale où ont été embastillées les personnalités proches de l'ancien président Laurent Gbagbo.

Aujourd'hui encore, 28 mois après la prise de pouvoir de Ouattara par la force, les arrestations et les persécutions  continuent en toute illégalité, sur la base de présupposés ethniques (en particulier contre des personnes originaires du sud du pays), de sympathies politiques et/ou de motifs infondés. Mais parmi les victimes du régime totalitaire d'Abidjan, se trouvent bien entendu des ressortissants du Nord persécutés pour leurs opinions, ce qui confirme le fait que Laurent Gbagbo est bel et bien le leader le plus transethnique d’entre les candidats à la présidentielle du 28 novembre 2010.

Enfin, le nombre total des réfugiés est estimé à 80 000 personnes, dont 52 839 assistées par le HCR.

Certains de ces exilés (en particulier des membres de l'élite intellectuelle et/ou  politique complètement décimée depuis le 11 avril 2011) sont même pourchassés jusque sur le sol de leurs pays d'accueil (Ghana, Libéria, Togo, Bénin) par les services secrets ivoiriens et les milices tribales à la solde de Ouattara.

A la veille du 11ème anniversaire du coup d'état le plus long de l'histoire (19 septembre 2002-11 Avril 2011), il est plus que temps que cessent le martyre du peuple ivoirien et l'ethnocide des populations de l'Ouest.

L'allégresse générale suscitée par la libération des prisonniers politiques, et l'accueil phénoménal réservé à Pascal Affi N'Guessan lors de sa tournée actuelle dans le pays, témoignent de l'existence d'un véritable soutien populaire à  Laurent Gbagbo et à la politique mise en place par le gouvernement courageux, intègre et socialiste du Professeur Gilbert-Marie Aké N'gbo, ainsi qu'à la cause qu'ils ont défendue jusqu'au bout, celle du droit du peuple ivoirien à son autodétermination, dans la légalité.

C'est pourquoi il est à noter, à deux ans d'hypothétiques élections présidentielles, que sans la libération imminente de Laurent Gbagbo, dont la nature politique du procès n'est plus à démontrer, et dont la relaxe est la condition sine qua non d'une véritable réconciliation nationale, la Côte d'Ivoire ne pourra que continuer son escalade vers la violence. Sans cela, si le pire n'est jamais certain, il pourrait bien rester à venir.

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Continuons à faire pression pour la libération totale des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire, et du premier d'entre eux, Laurent Gbagbo, pour leur réhabilitation et pour le retour de tous les exilés!

Justice et vérité sont les conditions non négociables du retour à la paix.

 

Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens.

 

Paris, le 15 Septembre 2013.

 

Contact du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens: 

prisonnierspolitiques.rci@gmail.com

samedi, 14 septembre 2013

AFFI NGUESSAN ANNONCE LA LIBERATION DE GBAGBO ET DE SIMONE DEPUIS MOOSSOU


AFFI NGUESSAN 3. PASSATION.jpg

Affi Nguessan, le 07 septembre 2013, au siège du FPI à Cocody Attoban
 

Lundi 09 septembre 2013, Pascal Affi N'guessan, président du Front populaire ivoirien, était sur les terres de la première Dame Simone Ehivet Gbagbo, à Moossou (Grand Bassam) où il a été accueilli en triomphe par la population.
 
A cette population massivement sortie, Affi N'guessan a apporté la bonne nouvelle: Celle de la libération prochaine de leur fille Simone Ehivet Gbagbo, incarcérée injustement et dans des conditions inhumaines au Nord de la Côte d'Ivoire, dans les geôles de la dictature Ouattara.
 
Et celle aussi de la libération prochaine du Président Laurent Gbagbo, injustement incarcéré à la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir respecté la constitution de son pays, et contre qui la procureure Fatou Bensouda n'a aucune preuve.
 
Pour Affi N'guessan, Gbagbo et Simone seront bientôt libérés, car ils sont indispensables à la réconciliation nationale et à la paix.
 
De même que tous les prisonniers politiques qui croupissent dans toutes les prisons du pays, parfois dans des conteneurs, devront être libérés. Leurs comptes et leurs biens devront leur être rétrocédés car la politique actuelle du régime Ouattara, c'est d'affamer le peuple ivoirien pour le réduire à la mendicité, afin qu'il n'ait pas la force ni le courage de revendiquer ses droits. Sans oublier les milliers d'exilés politiques qui ont fui la dictature actuelle, qui doivent aussi revenir au pays. C'est le minimum pour que le pays s'inscrive sur la voie de la réconciliation nationale et la paix.
 
Message reçu cinq sur cinq par les populations de Moossou.
 

Eric Lassale
 
 

mercredi, 28 août 2013

AFFI NGUESSAN A CŒUR OUVERT APRES SA SORTIE DE PRISON


AFFI NGUESSAN 3.jpg

 

«Notre arrestation était politique, notre libération est politique»

 

Le président du Front populaire ivoirien a accordé hier dimanche un entretien à la station de radio camerounaise basée au Canada Cameroon Voice dans le cadre de son émission «Sans détour». Il parle du combat du FPI pour la libération des autres prisonniers politiques, du sens des dernières libérations provisoires, et des questions politiques de l’heure. Première partie.


Comment goûtez-vous les premiers délices de cette liberté retrouvée?

J’aimerais d’abord vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de parler à vos auditeurs et dire qu’évidemment la liberté est un bien d’une importance capitale pour l’être humain. Et en être privé pendant plus de deux ans, est un calvaire, un drame. C’est donc dire que nous sommes particulièrement heureux de pouvoir retrouver la liberté.

Vous avez été libéré le 7 août, y a-t-il eu des négociations auparavant avec le FPI? Etiez-vous informé de votre libération ou alors vous l’avez su comme tout le monde?

Nous en avons été informés le lundi 5 août aux environs de 13 heures par le canal du journal télévisé. Le régisseur de la prison nous avait informés de ce qu’il avait reçu un message lui demandant de suivre la télévision notamment le journal de 13 heures. Lui également ne savait pas de quoi il s’agissait mais il est venu nous informer. Mais je crois que nous avons été informés en même temps que lui. Nous avons attendu le lendemain que les formalités de sortie soient exécutées et ensuite les autorités gouvernementales ont envoyé un avion qui a été chercher ceux qui étaient à Boundiali au nord-ouest du pays. Le même avion est revenu à Bouna où nous étions. C’est donc ensemble que nous avons regagné Abidjan.

Quel sens donnez-vous personnellement à cet acte du chef de l’Etat? Est-ce un acte décisif vers la réconciliation nationale dans le pays?

Oui je pense que c’est un signal de décrispation, un signal de repositionnement. C’est un signal qui de notre point de vue signifie que la stratégie qui a été suivie depuis le 11 avril 2011 a atteint ses limites et n’a pas produit les effets escomptés puisque le pays est dans une situation difficile. On peut dire que c’est dans l’impasse parce que la réconciliation nationale est bloquée, la fracture sociale s’élargit chaque jour, l’économie est en train de s’effondrer, les finances publiques sont au rouge. Cela signifie que la stratégie doit être révisée et nous considérons que notre libération est un signal pour dire que les autorités s’engagent dans une nouvelle voie qui doit prendre en compte l’opposition, qui doit permettre de résoudre tous les contentieux qui nous opposent, créer la confiance mutuelle et permettre à la Côte d’Ivoire de repartir sur de nouvelles bases.

Concrètement, que change cette vague de libération dans la position de principe du FPI qui avait choisi de déserter le champ politique tant que tous les militants ne seraient pas libérés?

Dans le principe, rien ne change puisque notre objectif stratégique reste le même. Mais dans la pratique, il est évident que tout peut changer puisque nous avons toujours revendiqué la négociation, le dialogue avec le pouvoir, la décrispation, la modération dans l’action du régime, du respect des libertés et des droits de l’homme, des principes démocratiques. Nous n’avions pas été entendus et ce que nous constatons, c’est que le pouvoir fait un rapprochement. Il y a une inflexion dans la ligne adoptée par le pouvoir de manière à ce que nous puissions nous retrouver sur une même plateforme, une même vision de la démarche à emprunter pour résoudre les problèmes du pays. Cela signifie qu’il y a donc une convergence qui est en train de s’amorcer et va favoriser des négociations franches et sincères pour résoudre tous les problèmes qui handicapent le pays actuellement.

Vous parlez d’inflexion du gouvernement mais toujours est-il que Charles Blé Goudé est toujours tenu au secret, Simone Gbagbo est toujours détenue, Laurent Gbagbo est toujours à La Haye et la CPI peine à démontrer que son procès n’est pas un procès politique. Vous parlez d’inflexion mais est-ce que Ouattara n’aurait pas pu pas aller au-delà de cette décision parcimonieuse?

C’est pour cela que nous parlons d’inflexion, il n’y a pas de rupture. L’inflexion veut dire qu’on voit les lignes bouger. Maintenant, il appartient au pouvoir de marquer de façon plus franche en poursuivant dans la même logique de manière à ce que tout ceux qui sont encore en prison puissent trouver la liberté y compris Simone Gbagbo. Que le président Laurent Gbagbo puisse rejoindre son pays. Et que tous les exilés rentrent. Pour nous, ce sont des données de la crise. Donc résoudre la crise, c’est résoudre tous ces problèmes. Sur ces questions là, nous avons les mêmes positions, nous allons mener le même combat. Nous allons encourager le pouvoir à aller plus loin que la libération des 12 ou 14 prisonniers qui sont sortis le 5. Il faut poursuivre, c’est un processus et nous sommes rentrés dans un nouveau processus et pour ce processus les premiers signes, c’est notre libération. Ce qui n’est pas suffisant pour dire que le processus est achevé. Il faut poursuivre et les autres signes qui vont permettre à l’opposition d’être convaincue que notre libération n’est pas un épiphénomène et un coup médiatique mais que cela rentre dans une logique, dans une politique, ce serait la libération de Simone, Laurent Gbagbo, tous les autres détenus et le retour des exilés. Plus des négociations sur toutes les autres questions qui concernent la situation économique, politique et sociale du pays. Je veux parler par exemple du désarmement des ex-combattants, de la liberté de la presse, des médias d’état, de la sécurité, de la réforme de la commission électorale. Au total toutes les réformes politiques et institutionnelles qui doivent permettre à la Côte d’Ivoire de rompre véritablement avec la période de trouble, d’agitations et d’affrontements que nous avons connue.

Vous bénéficiez d’une liberté provisoire et la procédure judiciaire poursuit son cours. Avez-vous franchement confiance en la justice de votre pays qui rendra un jugement impartial. Avez-vous encore foi en ce que la justice vous acquittera si vous le méritez ou vous condamnera si vous le méritez. Quel est votre état d’esprit aujourd’hui?

Mon appréciation, ma conception et ma vision, c’est que nous sommes dans un processus politique. Notre arrestation est éminemment politique, notre libération est politique. La justice, dans le contexte que nous connaissons en Côte d’Ivoire n’est là que pour maquiller les choses pour essayer de donner un vernis juridique et judiciaire à des actes politiques. Et c’est pourquoi on nous appelle prisonniers politiques. C’est donc le politique qui déterminera l’issue de tout cela et à la fin du processus, la justice trouvera les formules pour pouvoir entériner les décisions politiques des accords politiques qui auront été conclus entre les différentes parties. C’est pourquoi en ce qui me concerne, je ne me préoccupe pas de la dimension judiciaire parce que je sais que ce sont des prétextes, des instruments pour accompagner un pouvoir qui a décidé à un moment donné de museler son opposition, de couper toutes les têtes , d’arrêter tous les dirigeants pour neutraliser l’opposition qui était perçue à cette époque comme un empêcheur de tourner en rond, comme une menace à l’installation du pouvoir qui venait d’arriver. Maintenant qu’avec notre libération, de notre point de vue, il y a une nouvelle orientation qui est donnée, nous pensons que le processus des négociations des discussions et de l’apaisement et de décrispation qui vont résulter, c’est ce qui est fondamental. La dimension judiciaire, de notre point de vue, est secondaire.

Guillaume Soro a achevé une visite à Gagnoa dans le pays bété, à Gnaliépa, à Mama le village de Laurent Gbagbo, à Kpogrobré le village de Blé Goudé. Quel sens donnez-vous à cette visite. Est-ce que c’était selon vous une manière d’assujettir les Bété ou d’humilier davantage Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé?

Je suis très mal placé pour vous répondre avec précision et concision puisque c’est monsieur Soro Guillaume qui peut dire quel est l’objectif qu’il visait en effectuant cette tournée. En ce qui me concerne, je ne peux que me poser des questions sur l’objectif politique. Est-ce qu’il s’agit d’un objectif national ou de poser des actes pour soutenir un processus d’apaisement, de réconciliation ? Est-ce que c’est une tournée qui vise un calendrier personnel ? Je ne peux vous répondre. Mais ce que j’observe, c’est que c’est une visite qui a été controversée, il y a eu beaucoup d’opposition et qu’en définitive, elle s’est effectue dans un contexte de division. Je ne pense pas que ce soit une visite qui ait contribué à rapprocher les parties et à soutenir un processus de réconciliation.

«Je suis plutôt venu vous dire que la réconciliation doit se faire. C’est en nous mettant ensemble que nous pourrons trouver une solution pour Laurent Gbagbo, Blé Goudé et tous les autres», disait Guillaume Soro. Ne pensez-vous pas que c’est le début d’un dialogue sincère que vous réclamez depuis toujours?

Je ne sais pas si c’est de cette façon qu’on peut dialoguer, mais ce que je peux dire, c’est qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions et de bonnes idées. Il faut aussi avoir une bonne démarche. Sinon, les bonnes intentions peuvent être contre-productives et produire l’effet inverse. C’est une loi qu’il faut prendre en compte quand on est un leader politique, un homme d’état. A savoir qu’il ne suffit pas d’être bien intentionné, il faut avoir une démarche appropriée. Sinon on risque d’échouer et peut être même d’aggraver la situation.

Sur cette question des exilés, nous savons qu’il y avait comme cette épée de Damoclès qui pendait sur la tête du porte-parole Justin Koné Katinan. Est-ce qu’il y a eu une décision de justice comme prévu le 9 août dernier ou alors avez-vous eu de ses nouvelles?

Je n’ai pas de nouvelle du dossier judiciaire. Je n’ai pas été informé de ce qu’il y a eu une décision judiciaire.

Comment se porte le FPI que vous retrouvez et que vous avez laissé sous le leadership de Miaka Oureto et les autres?

Mon sentiment, c’est que le FPI a grandi, il s’est renforcé dans la conscience des ivoiriens. Parce qu’aujourd’hui, manifestement le FPI reste le seul instrument, la seule bouée de sauvetage pour les ivoiriens face au régime actuel. Face à tout ce que nous avons observé, les exactions des forces républicaines, les violations des droits de l’homme, le non respect des libertés, face à la crainte permanente dans laquelle vivent les populations, la peur qui les habite tous les jours puisqu’aujourd’hui, jusque là on pouvait venir vous arracher votre véhicule, votre terrain, vous n’avez aucun moyen de vous défendre, les gens peuvent habiter vos maisons impunément. Face à tout cela qui constitue des préoccupations des populations, les gens ne pensent plus qu’au FPI comme la seule alternance possible, comme la seule possibilité pour eux, ne serait-ce que pour vivre tranquillement dans leur pays en sécurité. D’être le seul bouclier qui, s’il est suffisamment fort, peut leur garantir au moins la liberté d’exister, l’égalité vis-à-vis des autres citoyens. C’est pour cela que nous avons la lourde responsabilité dans la restauration de la paix, de la stabilité et de la cohésion dans le pays.

Dans votre discours de sortie de prison, vous disiez: «Le pouvoir en place doit savoir que le FPI, parti d’opposition est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’il nous comprenne comme tel et qu’il ne cherche pas à détruire l’opposition parce que ce ne sera pas possible. La situation actuelle le prouve te ce ne sera pas dans l’intérêt du pays». Y-a-t-il eu des tentatives de destruction du FPI, des exemples, qui vous permettent de parler avec autant d’autorité d’un complot qui viserait spécifiquement le FPI?

Mon arrestation en tant que président du FPI est le signe de cette volonté d’anéantir le FPI. Avec l’arrestation de tous les dirigeants, l’objectif visé était à défaut d’anéantir le FPI, de l’affaiblir au maximum de manière à se fabriquer une opposition factice. Une soi-disant opposition qui n’en serait pas véritablement une. C’était le projet initial. Il fallait détruire le parti, à défaut l’affaiblir au maximum de manière à ce qu’il ne soit que l’ombre de lui-même. Et de manière à ce que le pouvoir qui venait de s’installer puisse régner en maître absolu sans une opposition véritable en face.

Je pense que les dysfonctionnements de la gouvernance en Côte d’Ivoire résultent de ce que ce projet là avait commencé à prospérer. Par exemple jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’opposition sur le terrain. Tous les meetings du FPI ont été démantelés, réprimés. Les médias sont quotidiennement pourchassés, suspendus et tout cela s’est traduit par un sentiment d’impunité, de règne en maitre absolu au niveau des autorités, sentiments et situations qui ont engendré beaucoup d’actes de mauvaise gouvernance, qui ont encouragé certaines forces paraétatiques à se livrer à des persécutions, des violations des droits de l’homme. Tous les dysfonctionnements que l’on a constatés pendant ces deux dernières années résultent de ce qu’on a voulu museler l’opposition sinon même la détruire. Malheureusement [pour le pouvoir, ndlr], les Ivoiriens ont résisté au niveau individuel et collectif. Quand on les a appelés à voter, ils ont refusé de répondre à l’appel au vote pour ce qui concerne les législatives comme les municipales. Quand on les appelle à des manifestations de réjouissance, ils restent chez eux. Dans les bureaux, on voit une atmosphère morose qui existe dans les administrations. La vie a cessé d’exister en Côte d’Ivoire. Dès 18 heures, chacun rentre chez lui. Il n’y a plus ces moments d’effervescence qu’on observait dans les rues par le passé. Tout le pays est figé parce qu’il y a une situation de persécution à l’encontre d’une partie de la population, c’est donc tout cela qui a contribué à amener les autorités avec les pressions extérieures à envisager une autre façon de gérer la crise. Donc il y avait une volonté d’anéantissement mais celle-ci n’a pas pu prospérer et elle a échoué parce que le peuple ivoirien n’a pas accepté de jouer le jeu.

 

Retranscrits par Hermann Djea, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier».

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER.net

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lundi, 26 août 2013

COTE D'IVOIRE - ANTICIPER ET OEUVRER POUR LE RETOUR AU PAYS DU PRESIDENT GBAGBO


GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE 2.jpg


Libre opinion par Ephrem Youkpo Journaliste-Producteur, Auteur Groupe X-POL ACTIVE SUD 1ère – 1ère télévision de nos cultures 100% métissées.

 

La réconciliation à quel prix ? Doit-on y croire ? A quelle sauce ? Comment ?

Depuis l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, devrais-je dire aussi de manière calamiteuse à l’image des précédents, sans mâcher mes mots, parce que je reste convaincu quoi qu’on dise ou pense, sans vouloir créer la polémique, que le recomptage des voix nous aurait réellement situé sur le vrai vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire en 2010.

Le recomptage n’aurait pas été exceptionnel à la Côte d’Ivoire puisqu’il s’est fait en Afghanistan et à Haïti, entre autres, pendant que les bombes pleuvaient sur la Côte d’Ivoire pour le même sujet. On aurait fait l’économies de la catastrophe que l’on sait puisqu’ il y avait la Communauté dite internationale, l’Onuci et les observateurs pour encadrer cette opération. Même lors des élections régionales ou municipales en France, l’on a eu recours au recomptage des voix. C’est un procédé démocratique qui permet d’établir la vérité au moment du doute et de litige. Et croyez-moi, on en serait sortis grandis. Comme beaucoup d’entre vous, je reste encore sur ma faim devant toute cette cacophonie, ces non-dits qui ont entraîné des emprisonnements, des peurs et tout ce chaos à n’en plus finir qui ne rassure personne. Bref.

Parlons un peu de réconciliation. Ce mot qui finit par être dénué de tout son sens, je le trouve galvaudé venant des politiques ivoiriens ou apprentis sorciers. Je crains qu’on mette la charrue avant les bœufs sinon on roule a contresens. Comme la majorité d’Ivoiriens, j’avoue que je suis encore sceptique sur le processus actuel pour arriver à la réconciliation. Si c’est vraiment une préoccupation principale pour les dirigeants actuels du pays, la recette n’étant pas digeste, ils devront la changer, la doser d’une grande part d’humilité, en prenant le temps d’écouter le peuple, de lire dans les lignes, de bien fixer leurs regards parce que ce ne sont pas toutes les larmes qui sont visibles. En Côte d’Ivoire, comme si un chaos en appelait un autre, celui qui accède au pouvoir, peu importe la manière (Bédié, Guéhi, Gbagbo, Ouattara), croit être l’homme providentiel qui détiendrait la formule magique pour la réconciliation, avec ses concepts, ses milliards à dépenser pendant que le peuple a faim, pendant que des régions entières sont privées de leurs cadres, des parents de leurs enfants et vice-versa, qui sont soit en exil, soit jetés en prison, humiliés, bastonnés, etc. Ce constat est aussi valable pour ceux d’hier que pour ceux d’aujourd’hui.

Que ceux qui revendiquent l’héritage de feu Houphouët-Boigny se souviennent de cet adage qui lui était cher, je cite : « un homme qui a faim, n’est pas un homme libre. » Ils devront en prendre de la graine. En Afrique, détenir un cadre en prison c’est détenir tout son village, toute sa région et son groupe ethnique dont il fait la fierté. On ne peut exiger le sourire de celui qui n’a pas des nouvelles de son frère, de son père, de son fils ou de sa mère, à moins qu’on ait une pierre à la place du cœur. Souvenons-nous du tollé au sein de la communauté nordiste lorsque Ouattara était en exil, ce qui a même conduit à des manipulations politiques qui ont failli opposer musulmans et chrétiens. C’est certainement ce constat qui avait conduit son prédécesseur Laurent Gbagbo à faire en sorte qu’il revienne en Côte d’Ivoire, jusqu’à permettre sa candidature autrefois refusée par Konan Bédié qui l’avait mis sous le coup d’un mandat d’arrêt international. L’histoire est têtue. Les ivoiriens s’en souviennent encore et attendent le retour de l’ascenseur de monsieur Ouattara à l’endroit de Gbagbo. C’est aussi cela le jeu politique. Alors n’ayons pas peur de le dire, je souhaiterais que Monsieur Guillaume Soro le Président de l’Assemblée nationale et Monsieur Hamed Bakayoko le ministre de l’intérieur que j’appelle respectueusement  »mes frères » qui sont de notre génération, l’élite politique de demain et aspirent tous les deux à une Côte d’Ivoire nouvelle se joignent à nous pour œuvrer pour la libération totale des prisonniers politiques, qu’ils soient des Ex-fds ou de simples citoyens qui auraient eu le tort d’être de l’autre camp.

Nul n’est infaillible surtout dans cette horreur qu’a connu le pays où aucun acteur n’est blanc comme neige. Ayons le courage de le dire, nous l’avons fait lorsque Alassane Ouattara était injustement en exil et nous le faisons maintenant pour Laurent Gbagbo avant que des masques ne tombent, que des vérités et des secrets soient sus, avant que les yeux du peuple ne finissent par s’ouvrir complètement, et pour arrêter des articles des médias amis d’hier qui ont commencé à retourner la veste, il faut anticiper et œuvrer pour le retour au pays du président Gbagbo. C’est le pays qui en ressortira guéri, grandit, le pouvoir en place se consolidera dans ses actions et les cœurs seront pansés. Si c’est vraiment la réconciliation que recherche le pouvoir en place d’où le vrai préalable susceptible de conduire à l’unité du pays autour d’un seul chef pour tous. Parlons-en.

Ensemble, construisons notre Légende.
2015, c’est demain!

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

vendredi, 23 août 2013

AFFI NGUESSAN ANNONCE COMME NOUVEAU PREMIER MINISTRE!

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C’est désormais un secret de polichinelle que de se le murmurer à l’oreille. Affi N’Guessan sera le prochain Premier Ministre dans un Gouvernement de réconciliation à former avec le régime Ouattara.

Telle est en substance, l’information que nous tenons de diverses sources diplomatiques.

Alors c’est fait. Ouattara ne sera jamais accepté par plus de la moitié des Ivoiriens qui ont voté le Président GBAGBO mais dont la volonté a été bafouée par la France et son allié néocolonial les USA.

Il fallait sortir du bourbier, de l’impasse. Vers qui pouvait-on se tourner. Les massacres de civils, autres arrestations et tortures n’ont ébranlé aucune volonté de Résistance chez les combattants de la souveraineté que nous sommes.

La seule alternative est naturellement le FPI. Le vomir hier pour qu’il serve aujourd’hui de plat d’apaisement; Il faut être un fasciste occidental pour en arriver à une pirouette aussi spectaculaire.

Mais il fallait le faire, quitte à prévoir le plan B, celui qui fera suite à l’engraissement programmé des cadres affamés du FPI afin qu’ils soient plus tranquilles et royalement dociles. Ne dit-on pas qu’un homme qui a faim n’est pas un homme libre ?

Bref. Que les courtisans en chaleur en ce moment en exil ou en Côte d’Ivoire s’égosillent face à vos réactions, ne vous y trompez pas. Affi sera bel et bien le prochain Nouveau Premier Ministre. « Real politique » oblige.

De notre exil, les réactions sont partagées. A Abidjan aussi.

D’aucuns rétorquent qu’après tout, le MPCI et sa branche politique le RDR ont été dans divers gouvernements du Président GBAGBO et cela n’a pas empêché qu’ils en finissent avec lui en se servant de la France, de l’ONU et des USA. Alors, à chacun son tour chez le …

D’autres sont choqués et scandalisés surtout quand ils entendent les détails de ce qu’il est proposé à Affi qui reste pour l’instant digne et lucide. Regardez du côté du Kenya ou du Zimbabwe. Il y a eu deux espèces de premiers ministres avant 2013. C’est ce qu’il est proposé à Affi. Le peuple peut patienter. On se souviendra de lui plus tard.

Mais le Président du FPI n’a pas encore trempé dans la marmite de la sorcière. Il peut encore donner de la voix. Sur le principe, il n’y pas de refus catégorique. Mais pour mettre tout le monde à son aise, Laurent GBAGBO doit être libéré, fût-il de façon provisoire. Ensuite, les prisonniers politiques doivent être libérés et le jeu politique doit être ouvert. Ça coince pour le Président GBAGBO. Mais tout le reste est possible.

Voilà. Nous vous l’avons révélé. Et une seule question se pose à nous : que doit-on en penser ?

Pour la Révolution Permanente, la question ne se pose pas : « le jeu politique aux politiciens qui veulent jouer et, la libération de la Côte d’Ivoire aux combattants ». Notre intime conviction est que mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, ou casser directement les vieilles et les remplacer avec des nouvelles, revient au même sauf que dans le premier cas, on perd les vieilles outres et on perd aussi le vin nouveau. Or ils ont accepté de mettre le vin nouveau dans les vieilles outres, celles qui ont fini par plonger le peuple dans l’abîme.

Ce qu’il doit être fait sera fait. Après la Libération, il y aura la Libération.

Le futur proche a ceci de merveilleux qu’il ne tarde pas à devenir le présent. Que ceux qui ont faim viennent à table de la beuverie collective. Au début, il y aura du plaisir fou et à la fin, des larmes et des cris de douleur. Surtout quand on est sûr qu’on oubliera d’où on vient et où on devrait aller et qu’un plan B dont nous parlerons bientôt, attend les épicuriens de la partie qui s’annonce comme une guillotine.
Que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent.

A Très Bientôt.
 
 
Hassane Magued
 
La Révolution Permanente


Source: AFRIK53.COM

COINCE, OUATTARA VEUT CROISER GBAGBO: VOICI SES EMISSAIRES

GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE.jpg

On ne verra jamais ceci avec Ouattara. La différence est déjà là!


«C’était un morceau de choix. Mais il s’avère dur à avaler. Ce n’est pas de gastronomie qu’il est ici question, mais des problèmes de digestion d’une certaine justice (…) Fin novembre 2011, la Cpi s’est donc offert une pièce d’exception : pas un quelconque chef de milice ou un demisolde du crime de masse comme elle en a déjà jugé, mais le Président Laurent Gbagbo, 68 ans, ancien membre de l’Internationale socialiste, ami de Jack Lang et d’Henri Emmanuelli, opposant historique de Félix Houphouët-Boigny, historien et président déchu de la Côte-d’Ivoire après avoir dirigé pendant dix ans, ce qui fut un des pays les plus riches et prometteurs de l’Afrique de l’Ouest», ce ne sont pas les écrits d’un journal bleu ivoirien, mais de Marianne, l’une des publications les plus respectées en France.
 
Cette révélation traduit toute la gêne qui s’est installée à la Cpi avec ce procès du Président Gbagbo. Ouattara aujourd’hui coincé dans ce dossier, veut directement négocier avec le Président Gbagbo. Il fait désormais mains et pieds pour rencontrer le prisonnier politique de l’Onu à la Cpi. C’est vrai qu’au niveau international, il fait appel à certains amis très proches et très écoutés par le Président Gbagbo pour faciliter cette rencontre. Saura-t-il convaincre Gbagbo ? Le temps le dira.
 
Mais en Côte d’Ivoire, Ouattara a appelé au secours, deux cadors de la politique ivoirienne qui se disent amis du prisonnier politique le plus célèbre du monde. Il s’agit en effet, de Charles Konan Banny, le président de la Cdvr et de Laurent Dona Fologo, l’homme qui avec son parti le Rpp, a fait partie des hommes de confiance du Président Gbagbo au plus fort de l’ex-rébellion. La mission qui leur est assignée est très claire : convaincre l’ami Gbagbo à accepter une rencontre avec Ouattara à la Cpi. Car depuis sa déportation à la Cpi, tout se complique pour Ouattara, mais aussi pour la Côte d’Ivoire. Assailli par les difficultés de toutes sortes, Ouattara se résout finalement à faire ce que plusieurs guides religieux lui demandaient depuis longtemps; à savoir négocier directement la sortie de crise avec le Président Gbagbo. C’était bien avant sa déportation à la Cpi. Plusieurs guides religieux, (musulmans comme chrétiens) l’avaient ouvertement déconseillé de déporter le Président Gbagbo à La Haye. Mais Ouattara est resté ferme sur sa position.
 
A cette époque, il y avait un certain Sarkozy à l’Elysée. Et le régime ivoirien ne jurait que par lui. Mais bien plus que ça, Ouattara se sentait obligé de faire la volonté du parrain Sarkozy qui tenait par tous les moyens, à se venger de Gbagbo, l’empêcheur de piller. Pour venir à bout de Gbagbo, la Droite française alors au pouvoir, s’est ouvertement substituée à l’Etat ivoirien. C’est le ministère français de la Justice qui fait toutes les démarches au niveau de la Cpi avant la déportation du Président Gbagbo. Coulibaly Gnénéma, en ce moment ministre des Droits de l’Homme n’a été là, rien que pour la forme.
 
Il a fallu que la Droite française dise que «le transfèrement de Gbagbo à la Cpi va faciliter la réconciliation en Côte d’Ivoire», pour que cela soit repris en choeur par le régime d’Abidjan. Sarkozy n’avait pas de preuves contre le Président Gbagbo. Il savait aussi qui avait réellement gagné les élections en Côte d’Ivoire. Mais il ne voulait pas de Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire. Il utilise donc l’Etat français pour régler des comptes personnels à un homme qu’il ne porte pas dans son coeur pour sa probité intellectuelle et morale.
 
A l’Elysée, Sarkozy décide donc à la place des Ivoiriens. C’est pourquoi au plus fort de la crise postélectorale, lors d’un voyage en Chine, il se permet de dire que «le Président de la Côte d’Ivoire s’appelle Ouattara». De l’Elysée, il téléphone plus d’une dizaine de fois à Goodluck, le Président Nigérian, maitre d’oeuvre de l’option militaire contre la Côte d’Ivoire. Lorsque Michel Dénisot, en ce moment, présentateur du Grand journal sur la chaîne Canal+ offre un plateau au Président Gbagbo pour expliquer la crise ivoirienne, il pique une colère noire. Et demande le même plateau pour Ouattara, son poulain en ce moment réfugié volontaire au Golf Hôtel. L’homme était hanté par Gbagbo. Après le 11 avril 2011, lorsque la France réussit le coup parfait, l’option est de tenir Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Même pire, de détruire son image dans l’opinion ivoirienne, africaine et occidentale.
 
La presse hexagonale aux ordres de Sarko s’y met à fond. Le confrère Paris-Match plus à Droite, consacre alors plusieurs pages photos à la «capturation» de Gbagbo à la résidence. L’objectif est simplement de l’humilier au niveau mondial, quand on sait que ce journal fait partie des plus grands tirages dans l’espace francophone. C’est en plus, la Droite française qui monte le dossier de sa déportation à la Cpi. Toute la procédure est escamotée. Le dossier d’accusation montée dans les officines de l’Elysée, est une compilation de mensonges ressassés depuis le début de la rébellion armée dans la nuit du 19 septembre 2002. Pour Sarkozy, le plus important est de tenir le Président Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Il peut gérer le reste après, depuis son palais de l’Elysée. N’était-il pas à la tête de l’une des plus grandes puissances du monde. Mais c’était sans compter avec le temps, l’autre nom de Dieu, comme le dit le Président Gbagbo.
 
Et comme le reconnait aujourd’hui Rfi. Le 05 mais 2012, tout s’écroule. Sarkozy est battu à plate couture par François Hollande, le candidat socialiste. Il quitte l’Elysée par la petite porte.
 
C’est là que les difficultés commencent pour Ouattara désormais obligé de faire mains et pieds pour se faire recevoir par le nouveau pouvoir français. La Gauche française qui par moment, marche sur des principes, lui dit ce qu’il n’a pas envie d’entendre. A savoir la libération des prisonniers et la normalisation de la vie politique. «Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du Quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire», écrit à ce propos sur le site Slate Afrique, le confrère français Philip Duval, auteur du livre Fantôme d’Ivoire, un excellent essai consacré à la crise ivoirienne.
 
Les regards changent en plus dans la gestion du dossier Gbagbo à la Cpi. Certains diplomates français le conseillent même en privé, d’organiser une rencontre avec le Président Gbagbo à la Cpi. Cependant, Ouattara qui croyait encore en son affaire avec la complicité de Bensouda s’entête. Mais le 03 juin 2013, il reçoit un coup de massue sur la tête à la Cpi. La Cour déclare les preuves contre le Président Gbagbo insuffisantes. Le dossier d’accusation est même démonté pièces par pièces par la Défense. Au point de dévoiler à la face du monde entier, une vidéo en provenance du Kenya dans le dossier. Grand désaveu pour Sarkozy et toute la mafia qui ont installée le chaos en Côte d’Ivoire.
 
Coincé, Ouattara envoie finalement Banny en mission auprès de son «frère Laurent». Le lundi 12 août 2013, Karim Ouattara, le conseiller chargé de la Jeunesse au niveau de la Cdvr donnait déjà le ton lors d’un point de presse. «Le Président Laurent Gbagbo, fait-il savoir, détient de nombreux secrets. Il a des conseils à donner. Il a des choses à dire à l’Occident, à ses proches et à ses adversaires. Ce serait dommage qu’il reste à La Haye. Nous avons donc l’opportunité de calmer la situation, afin de lui permettre de dire sa part de vérité sur la crise. On ne doit pas encourager le musellement du Président Laurent Gbagbo». Tout est clair. On pourrait même dire qu’il dévoile un secret. En 2011, Karim Ouattara ne pouvait pas se permettre de tels propos. Les temps ont changé.
 
 
Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

lundi, 19 août 2013

APATRIDIE, FONCIER RURAL, NATIONALITE - ANAKY KOBENAN A OUATTARA: «POURQUOI TANT DE PRECIPITATION?»

 

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Il y a environ un mois (18 Juillet – 12 août 2013), que l’examen par les Parlementaires des projets de lois sur la nationalité et le foncier rural notamment, tient tout le pays en haleine.
 
Le Président Alassane Ouattara fait revenir les textes de loi sur l’apatridie, la nationalité et le foncier rural un mois après que l’Assemblée Nationale ait préféré les retirer de son ordre du jour parce que les Elus ont bien senti que ces sujets sensibles avaient un impact particulier sur les populations.
 
En effet, le projet de loi présidentiel portant dispositions spéciales, en matière d’acquisition de la nationalité vise, en clair, à octroyer à un certain nombre d’étrangers vivant en Côte d’Ivoire, par une procédure dite d’urgence – la voie déclarative simple – la nationalité ivoirienne. Dans une interview accordée à la RTI le 7 août dernier, le Président de la République a fait l’exposé qui suit : « La crise politique qu’a traversée notre pays, et qui a abouti à un conflit armé en septembre 2002, a remis à l’ordre du jour, quelques carences du code de la nationalité, qui avait préoccupé les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis, notamment le traitement différent des hommes et des femmes de nationalité étrangère, dans les modes d’acquisition de la nationalité, à l’occasion du mariage avec un conjoint ivoirien (…).»
 
La session qui s’est ouverte le 12 août 2013, va donc statuer sur cette loi et d’autres de la même lignée : le Foncier Rural et la loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention sur la réduction des cas d’apatridie, adoptée le 28 septembre 1954, à New-York.
 
De toute évidence, l’Apatridie et le Foncier Rural apparaissent comme des sujets à controverses, et même passionnels qu’il conviendrait de traiter avec énormément de retenue et un sens politique très élevé.
 
De fait, en Côte d’Ivoire, il existe une intimité manifeste entre apatridie et nationalité, d’une part, et entre nationalité et foncier rural, d’autre part. Cette réalité explique la prudence et le pragmatisme qui habitèrent, en la matière, tous les dirigeants et décideurs ivoiriens depuis l’indépendance jusqu’à maintenant. Alors, l’on est en droit de susciter les questionnements suivants :
 
1. La citoyenneté, (sa définition et son octroi) est-elle un fait nouveau chez nous ? Notre pays, en accédant à la souveraineté nationale et internationale, ne s’est-il pas doté depuis 1961 d’un code de nationalité, consensuel, crédible et responsable ?
 
2. En quoi les dispositions de la Convention Internationale de 1954, votée à New-York, sont-elles conformes aux normes ivoiriennes sur la nationalité ? N’y a-t-il pas nécessité de faire appel au peuple à se prononcer par voie référendaire ? Il y va, non seulement de notre souveraineté nationale, mais de la cohésion sociale.
 
3. Par rapport aux objectifs de l’OMD (Objectif du Millénaire pour le Développement) a-t-on suffisamment tenu compte des incidences d’une naturalisation automatique, massive et incontrôlée sur les multiples compartiments de la vie nationale (santé, éducation, emplois, divers droits…).
 
4. Pourquoi cette précipitation ? est-ce que des personnes vivant en Côte d’Ivoire n’arrivent pas à travailler, se nourrir, se soigner, etc., en un mot, à vivre normalement du fait de la nationalité, de l’apatridie ou du Foncier Rural ?
 
5. En ce qui concerne plus spécifiquement l’apatridie, s’est-on suffisamment interrogé sur le cas particulier de la Côte d’Ivoire, pays qui, depuis plus de 4 décennies, enregistre sur son sol un des taux d’immigration parmi les plus élevés au monde (plus de 26 %) ? Qui sont-ils, ces apatrides, dont on parle tant dans un pays dont le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) remonte à 1998 ?
 
6. Le Président Alassane Ouattara a-t-il eu le souci d’écouter les groupes parlementaires, les partis politiques, les autorités traditionnelles, les syndicats, les autorités religieuses, la société civile, etc., sur des sujets aussi importants pour l’avenir de notre Nation ? Pourquoi ne pas mettre en place une grande commission nationale, sous la responsabilité de l’Assemblée Nationale, intégrant des représentants de toutes les forces vives de la nation, qui sillonnerait le pays profond pour travailler sur le sujet en vue de faire des propositions comme ce fut le cas en 1998 avant l’adoption de la loi sur le Foncier Rural?
 
7. L’entêtement, pour ne pas dire l’obstination impatiente du Chef de l’Etat à faire adopter ces textes ne risque-il pas de mettre à mal son image vis-à-vis du peuple de Côte d’Ivoire ? Si la nationalité et le Foncier Rural au bénéfice évident des populations immigrées est, à ce point, un enjeu fondamental du mandat du Président Alassane Ouattara, pourquoi ne nous le déclare t-il pas de manière ouverte, et pousser la logique jusqu’à déclarer mettre fin à son mandat si l’Assemblée Nationale ne le suivait pas?
 
8. Le Chef de l’Etat n’est-il pas, sans en avoir conscience, en train d’éveiller un sentiment d’inquiétude et de repli sur soi des Ivoiriens, qui risque de dégénérer en xénophobie généralisée ? Ce qui est aux antipodes de ce que lui-même et nous souhaitons tous !!!
 
La multiplication des conflits intercommunautaires : à l’Ouest (Duékoué, Guiglo) au Nord (Touba Séguéla, Mankono) et au Centre (Angbovia, Béoumi), ne devrait-elle pas l’interpeller, tout comme tous les ivoiriens?
 
Généralement, le Gouvernement d’un pays s’emploie à appliquer le programme pour lequel le Chef de l’Etat a été élu. Nous nous souvenons qu’en 2010, les partis issus du RHDP se sont accordés sur un programme commun de gouvernement qui portait, entre autres, sur les problèmes de création d’emplois (200 000 par an), de réalisation et d’entretien des infrastructures économiques, scolaires, sanitaires et sécuritaire des biens et des personnes, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants, ainsi que de la réconciliation nationale. À aucun moment il n’a été question de la modification de la loi sur la nationalité.
 
D’où vient donc l’obsession du Pouvoir actuel à légiférer, de façon brutale et inopportune, sur des questions aussi vitales et sensibles que la nationalité et le foncier rural, en faisant manifestement fi de la volonté du peuple de Côte d’Ivoire ? D’un côté, on affirme avec force que la crise ivoirienne est née des questions liées à la nationalité, et de l’autre, on veut les résoudre à la hâte et sans précaution. Quelle délirante contradiction !
 
De plus, pour faire passer la modification envisagée, le Gouvernement se réfère aux Accords de Linas-Marcoussis. Ce faisant, il oublie de préciser qu’il s’agissait d’une entente politique de circonstance par rapport à la crise que vivait la Côte d’Ivoire, et la nécessité d’un retour à la normale. Le cycle électoral étant achevé, et l’accord de Linas-Marcoussis devenu caduque, n’est-il pas judicieux de revenir à la normalité constitutionnelle?
 
Plus précisément, qu’est-ce qui peut justifier que la nationalité et le foncier rural soient une urgence pour la Côte d’Ivoire en cette période de sortie de crise ? Peut-être veut-on, à travers ce projet de loi sur la nationalité, contourner la loi sur le foncier, ou encore octroyer massivement la nationalité dans un but électoraliste? Si tels sont les buts visés, mais non-avoués, alors les Représentants de la Nation doivent prendre leurs responsabilités en demandant le retrait pur et simple de ces projets de lois potentiellement conflictuels.
 
Par rapport à ce que la Côte d’Ivoire attend de son nouveau Président, qu’est-ce qui a été réalisé à ce jour du point de vue de l’économie, des infrastructures et de la création des emplois, de la sécurité des biens et des personnes, de la réconciliation nationale, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants…?
 
Ne seraient-ils pas les défis prioritaires de la Côte d’Ivoire en ce moment ? En tous les cas, il y a matière à réflexion et à actions.
 
 
Fait à Abidjan, le 14 août 2013.
 
 
Pour le MFA

Anaky Kobena

dimanche, 18 août 2013

SI OUATTARA PEUT «LIBERER», POURQUOI PAS LA CPI?

CPI. SIEGE.jpg

 

Pour la libération provisoire de membres influents du FPI par Ouattara, nous devons nous réjouir avec Martin L. King d’avoir taillé ‘‘une pierre d’espoir dans une montagne de désespoir’’; et dire avec Richard Wright, qu’une ‘‘lueur d’espoir peut poindre même des nuits les plus désespérément noires’’. Un acte tardif de décrispation qui s’impose au dictateur comme le jour s’impose à la nuit. Baudelaire n’insinue-t-il pas que même le Mal puisse produire des Fleurs? Combien plus forte raison la CPI, symbole superlatif de Justice?

Dans une admission explicite de culpabilité, Ouattara dit, en libérant ses victimes accusées des mêmes délits que GBAGBO, qu’il n’est pas bon que des gens de «ce rang» restent en prison. Lui l’accusateur dit ainsi à la CPI, non seulement que GBAGBO, d’un rang supérieur et accusé des mêmes délits, doit être libéré; mais il atteste aussi que la ‘‘justice’’ fonctionne en CI. En conséquence, la CPI ne saurait se substituer à elle en tant que Tribunal Subsidiaire (selon le Statut de Rome), sans le constat d’une triple faillite des tribunaux nationaux, liée à leur capacité fonctionnelle, à leur refus de poursuivre ou à la complaisance de leur verdict.

A la lumière de l’insuffisance des preuves constatée par la CPI elle-même, en plus de la viabilité soudaine des tribunaux ivoiriens, la CPI devrait accorder au moins la liberté provisoire à GBAGBO à ce stade où son procès n’a pas encore commencé. La libération provisoire des pro-GBAGBO pour la paix, atteste non seulement de l’aspect politique des accusations, mais aussi et surtout, de l’impossible paix en CI sans GBAGBO. La CPI qui avait motivé son refus d’accorder la liberté provisoire à GBAGBO par un besoin de paix en CI, doit en tirer les leçons. Cet argument est dangereux: il met la CPI en plein dans la politique et confirme des craintes. Prendre en otage la liberté d’autrui pour obtenir la rançon politique de l’apaisement dans un pays est contraire à toute notion élémentaire de Justice.  Tout homme ne doit être tenu responsable que de ce qu’il fait et non maintenu en prison pour ce qu’un autre homme libre et loin de lui fait (peut-être pour l’y maintenir). La responsabilité des faits d’autrui dans cette acception est une invention dangereuse, qui au-delà des critères juridiques pertinents inclus des considérations sociales subjectives.

Les tribunaux Sud-Africains, qui condamnèrent Nelson Mandela pour obtenir la paix sociale avaient perdu toute crédibilité sans jamais avoir la paix sociale tant recherchée. La paix sociale procède de la Justice. Quand les architectes de la démocratie moderne construisirent avant nous, le grand moule dans lequel furent coulées nos conceptions actuelles de la démocratie, c’est à dessein qu’ils mirent à part,  par un mécanisme de verrou et de contrepoids, le Judiciaire; de sorte que, ainsi hissé sur le roc solide des choses éternelles et libéré de l’emprise des choses passagères (politiques, guerres…), il ne fût pas captif  du présent, mais redevable à sa Conscience et à Dieu. C’est ainsi qu’en 1954, la Cour Suprême des Etats Unis d’Amérique, dans un revirement historique (Brown v. Board of Education et Bolling v. Sharpe) mis fin à plus de 150 ans de tergiversations juridiques relatives aux droits civiques des Noirs au mépris des réalités. Pour preuve, malgré l’injonction de sa mise en œuvre ‘‘en toute hâte réfléchie’’, cette décision ne fut exécutée qu’en 1964, soit 10 ans plus tard, après l’embrasement sociale causé par  son étincelle (Martin L. King, Malcom X).

Si la Cour Suprême avait craint les embrasements sociaux aux USA, comme vous les craignez aujourd’hui en CI, Obama ne serait jamais président. Le mot Magistrat (Juge) vient du latin magister, qui veut dire Maître, une âme imprégnée de Connaissance à laquelle Révérence est due. Dans la Bible, Dieu nomme d’abord pour diriger son peuple, non des rois; mais des Juges, parce que de leurs décisions découle la stabilité prévisible tant recherchée. Leurs décisions, quand elles sont fondées sur la Vérité, sont naturellement investies d’une force exécutoire intangible, affranchie de la corruptibilité qui limite les actes de l’exécutif.

C’est à juste titre que dans les saintes écritures, le Messie est appelé Maître, être qui se confond avec un idéal de Justice. La culture judiciaire française n’appelle-t-elle pas maître tout auxiliaire de justice? La détention provisoire du suspect, en tant qu’une exception au principe de la présomption d’innocence, repose sur la crainte d’irrémédiablement faillir à l’administration de la justice autrement; elle doit être annulée dès lors qu’après examen, les indices de culpabilité craints n’existent pas et que l’accusé peut, sous le control judiciaire d’un pays d’accueil, comparaître librement. GBAGBO fuirait peut être, s’il était libéré? Sous des bombardements intensifs où Kadhafi, Bozizé, Mobutu, Ben Laden et Saddam Hussein (tous des militaires et prétendument aguerris aux armes), ont fui; GBAGBO n’a pas fui. Ce n’est pas la Vérité, son allié, qu’il fuirait. C’est la vérité et la libération de GBAGBO qui ramèneront ce que la CPI semble étonnamment rechercher plus que ceux mêmes qui en ont le plus besoin dans leur propre pays: la Paix. La crédibilité et la survie de la CPI sont en jeu.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste)

samedi, 17 août 2013

LES PAMPHLETS D’ALAIN BOUIKALO - Ô ROI, LE PEUPLE VEUT UN REFERENDUM

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« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » Abraham Lincoln

 

Ô roi, valeureux descendant de Dieu. Digne héritier de Dieu. Peut-être, Dieu lui-même. Nous savons que ton règne fait le pied de nez au temps parce que tu es au dessus du temps. Tu t’éterniseras au trône. L’un de tes notables a eu la brillante idée d’écrire au fronton du palais ceci : « là, jusqu’en 2053 ». Il n’a pas seulement dit que tu t’enracineras au trône, il a surtout avoué que les fous déchainés qui s’aventurent à crier : « Mort à la dictature ! Mort au rattrapage ethnique ! Mort à la justice des vainqueurs ! Mort aux tortures ! Mort à la mauvaise gouvernance ! », continueront leur folie dans un cimetière. Tu es donc un puissant homme. Le peuple le sait.

Mais roi, vois-tu, te saluant en s’incliner ne veut pas dire que les intelligences sont inclinées. Secouer les mollets en amont et en aval de ton tapis rouge ne signifie pas que ces mollets ne savent que vénérer ta gloire. Non roi. L’intelligence du peuple est toujours en érection. Et les mollets suivent le rythme de l’intelligence. C’est pourquoi, au moment où tu exprimes l’inébranlable désir de disperser notre nationalité et éroder nos terres, le peuple que tu rassasies de souffrances te demande la parole. Ecoute-le roi. Il ne te demande pas des cargaisons de billets ni des pluies de milliards qui risquent de ne jamais mouiller nos poches. Il veut tout simplement que tu lui donnes la parole pour qu’il s’exprime. Oui valeureux roi, il veut ouvrir la bouche pour dire si oui ou non il adhère à ta généreuse idée de faire de tous les habitants de nos terres, des éburnéens. C’est la voie idéale pour légitimer ta bonté à l’égard de ces bénis dont les pieds sont fermement fixés sur le starting block électoral. Sa ferveur à vouloir s’exprimer n’est pas une défiance, roi. Il te sait un dieu ouvert, un dieu partageux, un dieu plongé au cœur du peuple. C’est la raison pour laquelle il voudrait te prouver son amour infini en te donnant son avis. Ô roi, le peuple veut un référendum. 

Valeureux roi, pourquoi ne coures-tu pas vers cette solution ? Tu ne diras quand même pas au peuple que son avis sur ce qui engage son avenir ne fait pas partie de tes solutions poreuses ! Non roi. Ecoute le peuple. Le peuple qui susurre dans les rues. Le peuple qui grogne des les couloirs pouilleux de la capitale. Le peuple d’en haut, le peuple d’en bas. Le peuple qui poursuit en vain sa pitance mille fois promise mais jamais donnée. Le peuple qui ne trouve aucun emploi mais qui, les yeux blafards, te regarde faire des apatrides, ta priorité. Le peuple qui n’a pas encore eu droit à ses soins gratuits, à ses cinq universités nord américaines, mais qui t’observe te défouler pour des choses de moindre importance. « Mais dans que monde suis-je ? », m’a demandé le peuple. Ne trouvant aucune réponse, je me tourne poliment vers toi. Ô roi, descend de ta gloire et donne la parole au peuple pour qu’il se prononce et tranche définitivement. Ô roi, le peuple veut un référendum.

Dieu-Roi, la voix du peuple n’est pas celle confinée entre les mains d’éternels diseurs de « Oui ». Des « Oui » dogmatiques que même le sommeil n’empêche. Ces mains rendues belles et vengeresses par l’eau du rattrapage ethnique et de la fraude électorale n’attendent que vienne, pour elles, l’occasion d’approuver mécaniquement ce qui a été goupillé durant des décennies dans l’antichambre de ton clan. Digne et valeureux roi, descend de ta super puissance et interroge le peuple qui piaffe d’impatience. Le peuple est très intelligent. Laisse-le décider de son sort. Laisse-le prendre le chemin qui semble bon à ses yeux. Le peuple n’est ni un mineur non émancipé, ni un incapable. Il est majeur. Il a aujourd’hui 53 ans. Ce peuple veut donc un référendum. Ne le musèle pas. Roi, tu dis sans cesse que tu aimes le peuple, alors, ne lui vole pas, son droit, ne lui vole pas sa volonté de s’exprimer. Il veut trancher directement. Tel est son choix. Il est fatigué d’être trompé tout le temps. Il est fatigué d’être abusé tout le temps. O roi, le peuple veut un référendum.

A tantôt!

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

vendredi, 16 août 2013

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL SUITE A LA MISE EN LIBERTE PROVISOIRE DU PRESIDENT ET DES HAUTS CADRES DU FPI

 

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Le 5 août 2013, le Procureur de la République a annoncé la mise en liberté provisoire, devenue effective  pour douze détenus politiques proches du Président Laurent Gbagbo. Des responsables de premier plan de la direction nationale du FPI, dont entre autres les camarades Affi N’guessan, Président, Aboudrahamane Sangaré, 1er Vice-Président, Lida Kouassi Moise, Sécrétaire Général adjoint, Douati Alphonse, Secrétaire National, Koua Justin, Secrétaire National par intérim de la JFPI, sont au nombre de ceux-ci.

La Coordination FPI en Exil accueille avec joie et surtout soulagement cette libération car le pire était à craindre pour ces camarades qui ont subi des traitements inhumains et dégradants dans leurs geôles. Elle salue le courage des camarades qui viennent de recouvrer la liberté, fût-elle provisoire, puisque les traitements qu’ils ont subis en prison sont devenus des secrets de polichinelle. Leur retour constitue assurément un élément catalyseur de nature à renforcer la direction de la lutte conduite depuis juillet 2011 par les camarades de la direction intérimaire avec à leur tête le camarade Miaka Oureto, à qui nous rendons ici un vibrant hommage.

La Coordination FPI en exil considère donc cette mise en liberté comme le résultat de l’engagement et de la mobilisation des militants et ce, grâce à la détermination de notre direction intérimaire.

La Coordination FPI en exil considère que cette mise en liberté est aussi le résultat de la mobilisation de tous autour de cette question. C’est pourquoi, elle saisit cette occasion pour féliciter :

- Tous les patriotes en Côte d’Ivoire pour leur soutien matériel et moral aux camarades emprisonnés ;

- Tous les patriotes africains, tous les patriotes de la diaspora pour leur mobilisation constante et exemplaire afin que triomphe notre cause commune ;

- Les organisations des droits de l’Homme dont les rapports nous éclairent et nous restituent chaque jour la vérité et la profondeur du drame ivoirien depuis le 11 avril 2011 ;

- L’ensemble des journalistes, des communicateurs et autres internautes.

La Coordination FPI en exil considère cette mise en liberté certes comme un bon geste car nul n’est mieux que chez soi et non dans une prison. Mais, à la réalité celle-ci demeure à mi-chemin de ce que la Côte d’Ivoire attend et espère. L’essentiel reste à faire et à venir.

C’est en effet de liberté tout court dont nos camarades ont besoin. Le Président Laurent Gbagbo en prison, la 2ème Vice Présidente du FPI  et Présidente du groupe parlementaire FPI, Mme Simone Ehivet-Gbagbo, en prison, des centaines d’Ivoiriens du camp du Président Gbagbo en prison, des centaines de milliers d’autres contraints à l’exil, pendant qu’une camarilla de mercenaires venus de la sous-région occupent leurs terres et leurs maisons, ce ne sont pas des signes qui vont dans le sens de l’apaisement et de la réconciliation des Ivoiriens.

La Coordination FPI en exil, Convaincue qu’il faut mettre fin à :

- Plus d’une décennie de rébellion qui a balafré la Côte d’Ivoire et endeuillé des milliers et des milliers de familles ; 

- Plus de deux ans de destruction  de l’Etat grâce au coup d’Etat de la droite française et à une communauté internationale instrumentalisée à souhait ; 

- Plus de deux ans de braderie de notre patrimoine national, de notre foncier rural et de la nationalité ivoirienne ;

- Plus de deux ans d’une politique économique extravertie au service des intérêts des multinationales ;

La Coordination FPI en exil, Soutient :

A la suite du Président du parti, le camarade Affi N’Guessan, que c’est seule la mobilisation des militants et des forces populaires qui a rendu la libération de nos camardes. C’est aussi la mobilisation de tous qui assurera une issue heureuse à la lutte qui s’impose ici et maintenant à notre parti.

La Coordination FPI en exil, Considérant : 

Que c’est la libération du Président Laurent Gbagbo ainsi que celle de tous les prisonniers politiques civils ou militaires et le retour sécurisé des exilés qui constitue les principaux gages de l’apaisement et une garantie sûre pour la réconciliation nationale ;

Elle Assure :

Le Président du parti et la direction nationale de son soutien ferme et déterminé ainsi que de son entière disponibilité à leurs côtés pour cette lutte dont la noblesse l’emporte sur toute autre considération.

La Coordination FPI en Exil, Appelle : 

- L’attention des autorités ivoiriennes sur l’impérieuse nécessité et l’urgence pressante d’aller encore plus loin dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire et de nombreux Ivoiriens dont les souffrances et la détresse méritent enfin de connaître un terme.

- Les Ivoiriens et les Ivoiriennes du Nord, du Sud, du Centre, de l’Ouest, de l’Est et de toute confession religieuse à se mobiliser pour imposer une vraie réconciliation. La Cote d’Ivoire a besoin de la paix maintenant.


Fait à Accra, le 13 août 2013.


Pour la Coordination

 

Dr. Assoa Adou

Porte-Parole et Coordonnateur

jeudi, 15 août 2013

UNE SEMAINE APRES SA SORTIE DE PRISON - LES ETATS-UNIS RECOIVENT AFFI

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Barack Obama, fervent avocat de Ouattara lors de la crise post-électorale, commence-t-il à douter?


La représentation américaine à Abidjan a sollicité une rencontre avec le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan. L’ex-prisonnier du régime Ouattara saisira cette opportunité pour dérouler les attentes de sa formation politique pour une réconciliation sincère et le retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire.

 

Deux ans ont seulement suffi à certains partenaires, et non des moindres, d’Alassane Ouattara, pour apprécier le poids du camp Gbagbo, notamment du FPI. Les Etats-Unis qui ont pris la pleine mesure de la situation actuelle, marquée par la mauvaise gouvernance et des atteintes graves aux droits de l’Homme, et ont manifestement décidé de prendre leur distance vis-à-vis du régime d’Abidjan. Et de jouer en faveur de l’expression d’une opposition forte qui va constituer un contrepoids vis-à-vis du régime d’Abidjan.

Si l’on en croit les révélations d’il y a quelques mois de La Lettre du Continent, Phillip Carter III, l’ambassadeur des Etats-Unis, s’était alarmé du «sort réservé aux individus mis au secret durant plusieurs semaines sans assistance juridique». Cela constituait sans doute un changement progressif d’approche de la part des Américains, qu’il était juste de noter, sans rien oublier des dérives du passé. Selon nos sources, l’administration Obama, qui a apporté un soutien massif à Alassane Ouattara, a pesé de son poids pour la remise en liberté des personnalités pro-Gbagbo détenus sur toute l’étendue du territoire.

A peine se retrouvent-ils dehors que les représentants de la diplomatie américaine à Abidjan sollicitent et obtiennent une audience avec Pascal Affi N’Guessan qui est le premier responsable du Front populaire ivoirien. Ce mercredi 14 août, l’ex-prisonnier politique de Ouattara se rendra donc à l’ambassade des Etats-Unis à la tête d’une délégation de trois personnalités de son parti. Ils seront reçus, selon une source crédible, en attendant l’arrivée du nouvel ambassadeur, par le premier secrétaire de l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire.

Affi saisit la balle au bond      

En sa qualité de premier responsable de l’opposition significative, Pascal Affi N’Guessan qui ne se donne pas de repos depuis sa sortie de prison eu égard aux questions brûlantes qui touchent au processus de démocratisation de la Côte d’Ivoire, va dérouler les préoccupations de l’heure. Le successeur du président Laurent Gbagbo, selon certaines indiscrétions, évoquera la question de la libération de tous les prisonniers politiques du régime Ouattara détenus sur toutes l’étendue du territoire national ainsi que celle du retour de ses camarades en exil. Pascal Affi N’Guessan, dont le parti n’est jamais fermé aux discussions, va sans doute aborder les négociations avec le gouvernement Duncan. Cependant, le désormais meneur de l’opposition politique face au régime Ouattara mettra l’accent sur le caractère « sincère » du « dialogue ».

Cette audience avec les représentants de l’administration Obama en Côte d’Ivoire ouvre une série d’audiences que le premier responsable du Fpi aura avec des représentations diplomatiques et d’autres partenaires internationaux en Côte d’Ivoire.


Saint-Claver Oula


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 07 août 2013

LA RAISON COMMANDE DE LIBERER LAURENT GBAGBO

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Laurent Gbagbo est maintenu à la CPI alors que les charges qui lui sont imputées ne sont pas prouvées. Vu que les preuves apportées par l'accusation sont insuffisantes, Laurent Gbagbo doit recouvrer la liberté puisque le doute profite à l'accusé. Nous constatons que cet aspect du droit devient un non-droit pour le cas Laurent Gbagbo. Sa détention, déjà organisée de façon illégale connaît de plus un versant arbitraire après la décision du 3 juin dernier, des trois juges de la chambre préliminaire. Chacun d'entre nous doit donc travailler à rassurer pour que nous obtenions la libération de Laurent Gbagbo. Pourquoi "rassurer" ? Parce que la grande campagne mensongère de diabolisation contre Laurent Gbagbo complique aujourd'hui la tâche des commanditaires qui ne savent pas comment retourner les contre-vérités qu'ils ont assénées.

Car pour leur survie, il faudrait encore et toujours donner le sentiment d'apparaître crédibles aux yeux de ceux qui croient encore aux propos de ces puissances, notamment la "grande" partie de leurs opinions publiques qui ne s'informent que par des canaux officiels. Laurent Gbagbo ayant été injustement présenté comme un chien enragé, aux fins d'être abattu, l'équation est naturellement difficile pour ceux-là qui veulent toujours avoir raison malgré les pires crimes qu'ils ont commis ou provoqués durant des millénaires. Nous devons travailler " à remettre la balle au centre ". Il nous faut réinitialiser les choses avec nos interlocuteurs ou partenaires. Le plus simplement, il y a lieu de faire comprendre que Laurent Gbagbo n'est pas rancunier.

Toute sa trajectoire politique milite dans ce sens. Il sait que ce n'est pas Ouattara "le maître d'ouvrage". Il n'aura donc jamais ni à se venger de Ouattara ni à confondre les parrains qui sont les vrais commanditaires. Aujourd'hui, acteurs comme observateurs ont eu l'occasion d'apprécier "qui est qui" en Côte d'Ivoire. Il nous faut donc absolument rebattre les cartes. Ceux qui veulent vraiment aider la Côte d'Ivoire doivent intégrer que la popularité de Gbagbo est complètement inscrite dans le mental des Ivoiriens. L'autre réalité est que Laurent Gbagbo a toujours les mots qu'il faut pour apaiser les Ivoiriens. Cet homme qui est en harmonie avec les Ivoiriens - et les Africains - est nécessairement une pièce maîtresse dans le processus de réconciliation nationale. Il convient d'indiquer que la réconciliation nationale n'est pas une vue de l'esprit. C'est un vécu. Il doit donc être factuel.

Une discussion franche entre les Ivoiriens passe par la libération de Laurent Gbagbo. En plus, un pays en crise comme la Côte d'Ivoire doit nécessairement passer par l'hébergement d'un gouvernement de transition.

Il faut donc libérer Laurent Gbagbo de cette détention arbitraire, pour que la Côte d'Ivoire décolle. La fuite en avant qui consiste à entretenir le fard de l'existence d'une croissance en Côte d’Ivoire, est une insulte pour les populations qui sont au bord de l'éclatement à cause des effets réels de leur paupérisation.


Claude Koudou, Enseignant-Ecrivain, Directeur de Collection «Afrique Liberté» aux Editions L’Harmattan, Président de «Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique».

DISCOURS DE PASCAL AFFI NGUESSAN, PRESIDENT DU FPI, APRES SA LIBERATION


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Les premiers mots de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, après sa mise en liberté provisoire: «Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit. Nous ne sommes pas des revanchards».

 

«Je voudrais, avant de commencer tout autre discours, d’abord vous saluer et vous remercier chaleureusement. Si nous sommes présents devant vous en ce jour, ne vous y trompez pas. Il n’y a pas trois explications. Il n’y a pas deux explications. Il y a une seule explication. C’est votre mobilisation, c’est votre détermination, c’est votre Résistance, c’est votre refus de la situation injuste qui est faite à la Côte d’Ivoire qui explique que nous soyons aujourd’hui devant vous. Qui explique qu’hier d’autres camarades ont été libérés. Qui explique qu’avant-hier Diabaté Bê et d’autres camarades [...] ont été mis en liberté.

Et c’est cette mobilisation qui expliquera demain la normalisation en Côte d’Ivoire, la libération de tous nos camarades qui sont encore détenus, le retour d’exil de tous les camarades qui sont obligés de fuir leur propre pays, et le retour parmi nous du président Laurent Gbagbo.

Je voudrais remercier profondément, du plus profond de mon cœur, le camarade Miaka Ouretto, président par intérim. Et avec lui remercier tous ceux qui composent la direction intérimaire du FPI à l’heure actuelle. Je voudrais remercier la camarade Marie-Odette Lorougon, le camarade Koua Justin. (…)

Le projet originel n’est pas que le FPI existe en tant que parti politique. L’ambition nourrie par ceux qui sont arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons n’est pas de réinstaurer la démocratie. Ce n’est pas de laisser exister un parti aussi puissant que le Front populaire ivoirien. (…)

Chers camarades, vous avez déjoué tous les pronostics. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était intraitable. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était un esprit. Vous avez prouvé que le peuple de Côte d’Ivoire n’a pas envie de faire marche arrière. Et que son parcours est résolu vers la démocratie, vers le progrès, vers les libertés. Et c’est parce que nos adversaires se sont rendus compte de cette réalité, parce que nous avons imposé cette réalité, que nous sommes ici aujourd’hui face à vous.

Aujourd’hui est un jour de réjouissance. Un jour pour célébrer cette étape de notre lutte. C’est pourquoi il serait peut-être trop hasardeux d’aller plus loin. Mais sachez que nous n’avons pas trois programmes, nous n’avons pas deux programmes, nous avons un seul programme. Et ce programme, c’est le programme du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, ce sont les aspirations profondes du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, c’est résoudre tous les problèmes qui empêchent ce pays d’être un pays moderne et prospère. Voilà notre programme !

Nous sommes là pour redresser. Comme le dit le vieux de Ménékré, « Politique tordue », nous sommes là pour redresser.Or aujourd’hui, qu’il s’agisse de la politique, qu’il s’agisse de l’économie, qu’il s’agisse des droits de l’homme, qu’il s’agisse des libertés, la politique ivoirienne est tordue. C’est pourquoi notre mission est encore plus importante. Restons mobilisés. (…)

Notre programme de redressement national, nous ne l’engageons pas contre un individu, une ethnie, une religion. Nous l’engageons au profit de tout le peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité. Non dans la violence, mais dans la paix, dans la démocratie, dans la politique. C’est pourquoi nous invitons ceux qui ont la responsabilité de ce pays à l’heure actuelle à savoir que le Front populaire ivoirien est présent et entend prendre sa part dans la restauration de la Côte d’Ivoire. (…)

Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit.

Nous ne sommes pas des revanchards. Les souffrances que nous endurons, nous les endurons au nom de la Côte d’Ivoire. Et nous les portons fièrement comme des décorations. Parce qu’en définitive, personne ne nous a obligés à venir au secours de la Côte d’Ivoire. Et ce travail dans lequel nous nous sommes engagés, nous ne le faisons pas pour des intérêts matériels ou financiers. Nous voulons construire notre pays. Parce que ce ne sont pas les étrangers, des autres pays qui viendront construire la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi nous sommes engagés dans la lutte. Et nous sommes prêts à prendre tous les risques pour que la Côte d’Ivoire avance. Merci donc, chers camarades.

Lorsque le président par intérim nous aura invités à un Forum plus politique et plus élargi, nous aurons à discuter largement et à nous entendre sur les axes de cette nouvelle phase de la lutte.Le pouvoir en place doit savoir que le Front populaire ivoirien, parti d’opposition, est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’ils nous comprennent comme tel, et qu’ils ne cherchent pas à détruire l’opposition. Parce que ce ne sera pas possible ! La situation actuelle le prouve. Et ce ne serait pas dans l’intérêt du pays.

Nous sommes donc ouverts et nous demandons le dialogue. Le dialogue politique franc et sincère ! Parce que la Côte d’Ivoire souffre. Les Ivoiriens souffrent. Ils aspirent à la paix, à la tranquillité, à la démocratie. C’est dans le dialogue que nous devons travailler à résoudre tous les problèmes afin que la Côte d’Ivoire avance.

Merci beaucoup d’être venus.

Merci de votre mobilisation.

La lutte continue !

Je vous remercie.»

 

Propos retranscrits par Djagoyouwle Ogbawoli.

lundi, 29 juillet 2013

MAMADOU KOULIBALY: LA COTE D'IVOIRE, PAYS DES MERVEILLES SOUS OUATTARA

 

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Dans une homélie prononcée le samedi 29 juin 2013 à la cathédrale d’Agboville, Mgr Alexis Touably Youlo, l’évêque du diocèse, qui procédait à l’ordination du docteur en économie Abel Béranger Ndjomon comme prêtre de la «Compagnie de Jésus», nous a expliqué combien il était important pour la paix et la réconciliation en nous-mêmes, dans nos familles, dans nos villages et villes et dans notre pays, que nous nous émerveillions les uns les autres. «Emerveillez-vous !» nous a-t-il dit. Il nous a fait répéter à nos voisins «tu m’émerveilles». Il a conseillé que l’époux devrait en permanence s’émerveiller devant l’épouse et vice versa. Que l’homme du sud, du nord, de l’est, de l’ouest ou du centre devrait s’émerveiller devant son semblable d’ailleurs. Que l’Ivoirien devrait s’émerveiller devant le non Ivoirien. Tous, nous sommes des créatures différentes et nos différences doivent toujours être perçues comme des merveilles. En écoutant l’ecclésiastique, je me suis aperçu que nous pouvons tous nous émerveiller devant le personnel politique ivoirien.

Système D comme Démagogie, Déficit, Dette, Désespoir, Désastre, Discrimination, Détournements

N’est-ce pas que les hommes et les femmes qui font la politique chez nous nous émerveillent continuellement ? Mais de quoi viendrait cet émerveillement politique ? Emerveillons-nous devant ce que Jean-Gilles Malliarakis appelait, il y a dix ans déjà, le système D en parlant, à l’époque, dans un autre contexte et d’un autre pays. Pour cet auteur, le système D qu’il évoquait n’a rien à voir avec la débrouillardise et est «l’aboutissement de l’expression d’une démarche perverse à nos yeux mais parfaitement cohérente dans la réaffirmation de vieux dogmes que certains croyaient abandonnés». Hélas, les gouvernements se suivent et se ressemblent et il y a des raisons de s’émerveiller devant le statu quo dynamique qui permet à quelques politiciens de mener la danse, de nous entrainer dans des tangos infinis, de nous donner le vertige, de nous tourner la tête, de nous tourner en rond, toujours. Emerveillez-vous devant ce système D qui permet à ceux qui gouvernent l’Etat de Côte d’Ivoire de régner. Le système D en question se décline en plusieurs aspects tous liés et auto entretenus. D comme Démagogie, D comme Déficit, D comme Dette, D comme Désespoir, D comme Désastre, D comme Discrimination, D comme Détournement de fonds publics. Emerveillez-vous donc chaque jour de la semaine avec un D.

Lorsqu’il était candidat à la Présidence de la République, le programme du Dr Ouattara était celui du «vivre ensemble». Le semestre qui a suivi son arrivée au pouvoir, il a avoué qu’il ne s’attendait pas à trouver une situation plus catastrophique que celle qu’il avait anticipée. Ses calculs se sont donc révélés faux. Le dépérissement de l’Etat était, dit-il, plus profond. La défaillance de l’Etat était au-delà de ce qu’il avait cru, lui qui a été pourtant représenté au gouvernement par plusieurs ministres – et non des moindres –, qui a partagé le pouvoir depuis le 5 août 2002, date d’entrée de son parti au gouvernement ; lui qui a eu depuis janvier 2003 le statut de président d’Institution ; lui qui a participé à la cogestion du pouvoir et dont les hommes ont contrôlé un Etat parallèle à l’Etat de Côte d’Ivoire appelé à l’époque zone Cno ; lui enfin avoue n’avoir rien compris à ce qui se passait alors. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller : constater qu’après dix ans de règne, Ouattara avoue ne rien comprendre au pouvoir en Côte d’Ivoire ? Dès le premier semestre, il a abandonné le programme du «vivre ensemble» pour la chasse aux sorcières de ses présumés adversaires et ennemis. Chasse qu’il a conduit jusqu’à ce qu’il se rende compte que la vengeance ne paye pas toujours en termes de stabilité, d’emploi et de croissance.

Il passe, pendant le second semestre, au programme du «rattrapage ethnique», pour constater, en fin de première année, que le chômage ne baisse pas, bien au contraire, il augmente avec le chômage ethnique et le coût de la vie de plus en plus élevée.

A 30 mois de la fin de son mandat, Ouattara a un nouveau programme de gouvernement: être candidat en 2015

Il abandonne ces premières logiques impuissantes pour passer au programme de «l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020», grâce à de vieux programmes de dépenses publiques d’infrastructures de la fin des années 70 qu’il dénomme Pnd (plan national pour le développement). Il fait des campagnes de communication sur la croissance économique qui serait de retour avec des taux de 10%, mais constate que la pauvreté et le coût de la vie augmentent aussi dans des proportions incalculables. Comme les chiffres qui sont utilisés pour évaluer la croissance sont faux, il lui est difficile de dire que ceux utilisés pour évaluer la pauvreté, le chômage et le coût de la vie sont eux aussi faux. A faussaire, faussaire et demi. Une fois de plus, il change, le Pnd est oublié et on s’engage, trente mois avant les élections, avant même qu’il nous dise combien d’habitants il y a en Côte d’Ivoire, avant qu’il ne mette en place une commission électorale sérieuse, avant qu’il ne nous permette de reconstituer la liste électorale, dans son nouveau programme de gouvernement : il sera candidat en 2015, car il ne peut réaliser ses promesses électorales faites entre 1994 et 2010, en seulement 5 ans. Il lui faut un autre mandat et dans les trente mois à venir, tel sera son programme : convaincre les populations qu’il fera en sept ans ce qu’il n’a pas fait en trois ans. Il ira en campagne ici à l’intérieur du pays et aussi à l’extérieur car, à défaut de travailler pour avoir de l’argent, il ira s’endetter pour y arriver.

Devant notre émerveillement le président passe à la vitesse supérieure. Il faut trouver un thème de campagne qui paye, et qui, par le passé a bien payé. «Je vais régler maintenant les questions de nationalité et de foncier».

Juste pour détourner l’attention des populations sur la mauvaise gouvernance et les grandes déceptions, pour remobiliser un électorat qui, par le passé, a été très sensible à son discours identitaire, la candidature annoncée et appuyée par un projet de règlement présenté comme conjoint entre la nationalité et le foncier rural. Quel émerveillement, quand des gens qui nous disaient il y a quelques temps, lors du conclave de Bassam, être définitivement sortis du cadre de Marcoussis, se retrouvent à invoquer les accords de Marcoussis ! Ces accords, conçus pour un gouvernement de réconciliation nationale, avaient pour but de chasser le détenteur du pouvoir de l’époque. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le cadre d’un gouvernement de transition ou de réconciliation, du moins c’est ce que nous nous autorisons à penser. Marcoussis a été appliqué selon les désidératas de Ouattara et le dossier semblait clos, lorsqu’il est ressorti de nouveau d’une part pour la nationalité et le foncier et d’autre part pour l’âge limite autorisée par l’article 35 de la constitution pour briguer un mandat de la présidence de la république. Emerveillez-vous !

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Une lecture sélective de Marcoussis qui aboutit à la transformation d’une armée nationale en garde prétorienne privée de Ouattara

Marcoussis demandait le désarmement des rebelles dès la mise en place du gouvernement de réconciliation nationale. Ouattara ne l’a jamais accepté et aujourd’hui, pendant sa tournée dans les Savanes, non seulement il a justifié cette rébellion, mais il a proclamé en plus qu’il en est fier dans une région où plus de deux cents (200) personnes ont été assassinées dans un conteneur par le chef de guerre local, promu par Ouattara alors qu’il est sous sanctions onusiennes. Rien n’a été fait pour le désarmement et les élections se sont déroulées contre l’esprit et la lettre de Marcoussis. Les rebelles, après avoir pillé le nord, mettent maintenant à sac toute la Côte d’Ivoire. Le nord aurait donc oublié les crimes de la rébellion ? Quelle merveille !

Marcoussis voulait le désarmement des forces belligérantes, mais Ouattara, après sa victoire militaire, n’a désarmé que les Forces de défense et de sécurité (Fds) de l’Etat de Côte d’Ivoire. La retraite obligatoire et d’office a été imposée aux agents des Fds qui ne le souhaitaient pas. La retraite sans promotion pour certains qui en avaient atteint l’âge. La promotion à des postes diplomatiques pour d’autres enfin, qu’il aurait fallu maintenir pour la mise en place de la nouvelle armée. Le désarmement version Ouattara : transformer l’armée nationale en sa garde prétorienne privée. Quelle merveille !

Marcoussis voulait que les médias d’Etat ne soient pas caporalisés pour le compte d’un parti et qu’il leur soit donné impartialité et indépendance. Ils sont devenus, depuis Marcoussis, et le restent encore, des instruments de propagande du président de la République et du clan le plus fort du pouvoir en place. Quelle merveille !

On peut s’émerveiller de cette lecture sélective de Marcoussis par le personnel politique ivoirien. D’ailleurs , l’émerveillement ne date pas d’aujourd’hui quand on se souvient des métamorphoses des accords de Marcoussis signés le 24 janvier 2003. Aujourd’hui, en juillet 2013, plus de dix ans après, les accords sont passés par différents avatars. Le 30 juillet 2004, on les a renommés accords d’Accra, puis le 6 juin 2005, ils ont été rebaptisés accords de Pretoria, pour finir le 4 mars 2007 comme l’accord politique de Ouagadougou. Emerveillez-vous donc ! Avatars ? Quelle merveille !

Pillage systématique du sol et du sous-sol par des mafias politiques

Faire un traitement conjoint des questions de la nationalité et du foncier rural revient à se lancer dans une mission impossible, mais qui aura l’effet recherché de réveiller les vieux démons de l’ivoirité, de la xénophobie et de l’exclusion dans une ambiance qui suit l’annonce de la candidature du Dr Ouattara, président de la République en exercice.

Depuis les violences de la crise post électorale, de nombreux Ivoiriens sont rejetés par leur État et sont réfugiés au Libéria, en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Ghana, au Togo, au Benin et bien plus loin encore. Non content de négliger le phénomène et de se montrer incapable de les rassurer et de les faire revenir, Alassane Dramane Ouattara propose plutôt de régler en urgence de prétendus cas d’apatrides, c’est-à-dire des gens qui vivraient en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance de 1960 et qui ne seraient citoyens de nulle part. Alors qu’il interdit la nationalité à de nombreux citoyens ivoiriens en exil, il cherche de putatifs apatrides auxquels il voudrait donner la nationalité. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller?

Le président Ouattara, face à la déperdition de sa popularité et pour remobiliser ce qui était son électorat traditionnel avant son arrivée au pouvoir, tente de ressortir les démons de la division qui lui avaient été tellement favorables par le passé. Ces démons collectivistes qui entraînent les populations à choisir non plus leurs destinées propres, en tant que citoyens, en tant qu’individus, en tant que personnes humaines, mais à se définir d’abord comme groupes plus ou moins homogènes. Pour Alassane Dramane Ouattara, les habitants de notre pays appartiennent à leurs langues, à leurs ethnies, à leurs tribus, à leurs religions ; ils ne s’appartiennent pas à eux-mêmes. Le démon du repli identitaire qu’il veut attiser est celui qui nous conduit à choisir notre groupe tribal et à nous identifier à ce groupe comme entité homogène autonome. Le résultat est que chacun de nous, les partis politiques en premier, doit définir le groupe qu’il aime et ceux qu’il n’aime pas selon l’humeur du moment, selon les alliances du moment, selon les tactiques politiques du moment. Le gouvernement doit en faire autant et même donner l’exemple. Cet holisme politique, qui instrumentalise l’ethnie, la tribu, la région, la religion en les mettant à la disposition des ambitions politiques, cultive la discrimination collective, oppose les groupes ethniques, nourrit les antagonismes de groupes, les envies, les jalousies, les conflits communautaires. Lorsque vous êtes dans une catégorie peu nombreuse ou peu appréciée par le pouvoir dont la détention donne des forces, vous serez brimé parce que votre seule valeur se trouve dans votre nombre et votre identité collective, tribale. Ce collectivisme définit des catégories importantes et fortes et les impose aux catégories classées comme peu importantes et faibles. Ce système discriminatoire et tribal conduit aux conflits tribaux et ethniques. Faut-il s’en émerveiller ?

Combiner cette approche discriminatoire et les questions foncières, c’est nous éloigner du fond du règlement des questions foncières et, pendant ce temps, mieux organiser le pillage systématique des ressources du sol et du sous-sol par le canal de mafias politiques. Ce constat pousse à espérer que les Ivoiriens prennent conscience des dangers du système D dans la république de Ouattara, et que l’émerveillement béat et fataliste fasse place à l’éveil des consciences et à l’action. Ensemble, nous réussirons.

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER

mercredi, 03 juillet 2013

FONCIER RURAL: IL Y A QUELQUE CHOSE DE FONDAMENTALEMENT DESTRUCTURE EN COTE D'IVOIRE


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Entre Sinfra et Yamoussoukro, les plantations luxuriantes de cacao s’étalent à perte de vue (photo 1). On y trouve des terres broussailleuses, hyper fertiles, traversées par une route goudronnée (photo 2) et bénéficiant de la proximité du fleuve Bandama (photo 3). Mais entre Sinfra et Yamoussoukro, les populations vivent dans des maisons qui sont indignes d’abriter du bétail dans un pays normal (photo 4 & 5).
 
Comment se fait-il que les femmes et les hommes qui se lèvent chaque matin pour cultiver les champs soient aussi pauvres, alors que ceux qui vendent le fruit de leur labeur à Abidjan pataugent dans une opulence et une richesse iniques ?
 
Comment se fait-il que les paysans qui travaillent la terre ne sont pas propriétaires de leurs champs, alors que cela fait plus de 50 ans que le colon qui les leur avait arrachés est parti ?
 
Il y a quelque chose de fondamentalement déstructuré en Côte d’Ivoire, et LIDER est là pour remettre les choses en ordre. Notre méthode est simple :
 
1. L’abrogation immédiate de la loi de 1998.
 
2. La rédaction et l’adoption d’une nouvelle loi avec les caractéristiques suivantes :
 
- Reconnaissance des droits coutumiers sur le sol et le sous-sol ;

- Principe du libre commerce du foncier (tout propriétaire est libre de signer des arrangements contractuels avec le client de son choix) ;

- Principe général du cadastrage de l’ensemble du territoire national avec remembrement des terrains ruraux et création de servitudes ;

- Principe général de la rémunération des géomètres ;

- Principe général de mise en place de conseils villageois de gestion du foncier chargés de la détermination des propriétaires coutumiers ou traditionnels;

- Réattribution des terres aux propriétaires coutumiers ou traditionnels reconnus (les superficies après le cadastrage ne seront pas égales à celles avant le cadastrage du fait du remembrement) ;

- Distribution des titres fonciers définitifs ;

- Principe général de la fiscalité sur les titres fonciers définitifs.
 
3. Les décrets d’application préciseront les modalités pratiques (quel corps fera le cadastrage, comment le territoire sera reparti, quelle collaboration avec les autorités locales et administratives sur le terrain etc.).
 
4. Les lois des finances préciseront les taux de taxation modulable de la propriété foncière.
 
5. Les propriétaires coutumiers seront déterminés avec l’implication des populations villageoises et des chefs de terres.
 
6. Le règlement judiciaire des cas litigieux sera du ressort des conseils villageois de gestion du foncier.
 
La proposition de LIDER pour le foncier rural est un acte de justice sociale, qui vise à rétablir dans leurs droits des populations rurales meurtries et appauvries. Il est plus que temps de mettre fin à l’injustice criarde qui caractérise la société ivoirienne.
 
Ensemble, nous réussirons.
 

Nathalie Yamb

Conseillère exécutive du Président de Liberté et Démocratie pour la République
 

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DANS CERTAINES CIRCONSTANCES, LE SILENCE PEUT ETRE SYNONYME DE LACHETE ET DE COMPLICITE AVEC L'INIQUITE

 

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Mgr Paul-Siméon Ahouana Djro

 

Lorsque Caïn tua Abel et que Dieu lui demanda où était son frère, il répondit qu’il ne savait pas et qu’il n’était pas le gardien de son frère (Genèse 4, 25). Qu’ils le confessent ou non, les disciples de Caïn sont ceux qui refusent de veiller sur leurs frères, ceux qui se montrent indifférents à la détresse ou à la souffrance d’autrui. D’autres personnes estiment au contraire que nous sommes responsables les uns des autres, qu’on ne peut se revendiquer homme et ne pas “connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi ”. Leur raisonnement est le suivant: si nous nous disons frères ou compagnons d’humanité, la misère (matérielle, morale ou spirituelle) de l’autre devrait nous interpeller et nous amener à sortir de notre silence.

C’est ce que fit Voltaire (1694-1778), figure emblématique de la France des Lumières, en défendant Calas accusé à tort d’avoir assassiné son fils Marc-Antoine pour l’empêcher de faire comme son frère aîné qui était passé du protestantisme au catholicisme et d’avoir maquillé le meurtre en suicide. En intervenant dans l’affaire Calas, l’auteur de “Candide” n’était pas mû par des considérations pécuniaires pas plus qu’il n’était en quête de reconnaissance. Sa renommée était déjà bien établie par une immense œuvre littéraire. Tout ce qu’il voulait, c’était un nouveau procès car il était convaincu que Calas et les siens étaient victimes de l’intolérance et de l’arbitraire. La suite est connue: un autre procès eut lieu en 1764, Jean Calas fut réhabilité l’année suivante et Voltaire put retourner à Paris en avril 1778 après vingt ans d’exil.

Victor Hugo (1802-1885) ne défendit pas un individu mais les pauvres en général. En 1862, en effet, il leur consacra un grand roman, Les Misérables, qui raconte l’émouvante histoire de Jean Valjean. Sa phrase “Le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime ou au vice, selon le sexe” est restée dans tous les esprits. Mais Hugo est aussi connu et apprécié pour avoir fustigé le coup d’État du 2 décembre 1851 et son auteur Napoléon III dans un pamphlet intitulé Napoléon le petit. Probablement pour le remercier d’avoir plaidé la cause du peuple et d’avoir pris des risques pour ce peuple, environ deux millions de personnes et 2 000 délégations se déplacèrent, le 31 mai 1885, pour lui rendre un dernier hommage.

Émile Zola (1840-1902), mort 17 ans après V. Hugo, s’intéressait comme ce dernier aux conditions de vie des pauvres et disait “n’avoir qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur”. C’est pour cette raison qu’il refusa de se murer dans le silence pendant l’affaire Dreyfus. Se taire lorsqu’un innocent est condamné alors que les vrais coupables circulent librement lui semblait insupportable. Pour mémoire, Alfred Dreyfus, capitaine français d’origine juive, était considéré comme un traître à la nation. On lui reprochait d’avoir livré des documents secrets à l’attaché militaire allemand en poste à Paris. Pour Zola, le véritable traître était le commandant Walsin Esterházy.

Ses articles dans la presse française et sa lettre au président de la République Félix Faure publiée dans “L’Aurore” du 13 janvier 1898 sous le titre “J’accuse” furent décisifs. Le 23 février 1898, au cours du procès, il reviendra à la charge en disant: “Tout semble être contre moi, les deux Chambres, le pouvoir civil, le pouvoir militaire, les journaux à grand tirage, l’opinion publique qu’ils ont empoisonnée. Et je n’ai pour moi que l’idée, un idéal de vérité et de justice. Et je suis bien tranquille, je vaincrai. Je n’ai pas voulu que mon pays restât dans le mensonge et dans l’injustice. On peut me frapper ici. Un jour, la France me remerciera d’avoir aidé à sauver son honneur.”

Si l’engagement de Zola contribua incontestablement à la révision du procès et à la réhabilitation de Dreyfus en 1906, il n’en reste pas moins vrai que l’auteur de “Germinal” laissa quelques plumes dans ce combat contre l’injustice et le mensonge. Il dut en effet composer avec la haine et les menaces de mort. Ses livres et son portrait furent publiquement incendiés. Même son nom fut retiré de la Légion d’honneur.

Pourquoi ce détour par trois monuments de la littérature française? D’abord, pour souligner que la lutte pour la justice et la vérité n’est pas un combat perdu d’avance.

Cette lutte peut être longue et dure; elle peut parfois nous éloigner momentanément de la patrie et des nôtres (c’est le cas de Voltaire et de Zola qui fut contraint de passer 11 mois à Londres) mais elle finit par porter du fruit. Je ne sais pas quand cela se fera mais je suis certain que les usurpateurs et voleurs que la France a installés à la tête de notre pays seront dégagés et rendront des comptes au peuple ivoirien pour la simple raison que le faux et l’injustice ne peuvent prospérer éternellement. En revenant sur l’engagement politique des 3 écrivains français, je voudrais, d’autre part, nuancer l’idée selon laquelle il vaut mieux garder le silence pour éviter d’avoir des ennuis. Non, devant un frère qui souffre ou pleure, la seule attitude qui vaille n’est pas de se taire ou de rester dans son petit coin mais de se solidariser avec lui, de l’assister.

La Côte d’Ivoire divisée en deux en septembre 2002 par une rébellion montée de toutes pièces par la France pour obliger Laurent Gbagbo à se prosterner devant elle et à la laisser piller les richesses du pays, ne bénéficia pas de cette assistance. Plusieurs pays de la CEDEAO refusèrent de soutenir ouvertement et concrètement le président démocratiquement élu par les Ivoiriens en octobre 2000. Peut-être ces pays se disaient-ils qu’ils n’étaient pas concernés par cette tragédie et que leurs pays étaient à l’abri de ce genre de choses. La CEDEAO prit fait et cause pour les rebelles, leur déroulant le tapis rouge, n’exigeant jamais que ces assassins et buveurs de sang déposent les armes, les soutenant jusqu’à la réalisation de leur funeste objectif: remplacer Laurent Gbagbo par Dramane Ouattara, l’homme qui leur envoyait chaque mois 25 millions de FCFA quand ils se préparaient à attaquer le pays au nez et à la barbe de Compaoré et donne chaque jour l’impression de travailler plus pour la France et les étrangers de la CEDEAO que pour les Ivoiriens. Mais quelques mois suffirent pour que chacun de ces pays découvre, avec la partition du Mali, que ce qui arriva à la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo peut arriver à tout le monde, tout comme il fallut les guerres meurtrières du Liberia et de la Sierra Leone pour que nombre d’Africains prennent conscience qu’ils auraient dû parler et faire quelque chose au moment où les Interahamwe de Juvénal Habyarimana massacraient un million de Tutsis avec la complicité de l’armée française.

Ce que je voudrais dire en un mot, c’est que le silence n’est pas toujours recommendable quoiqu’il soit utile à certains moments. Face à certaines situations, on a en effet le devoir de parler (haut et fort au besoin) pour que soient entendus les cris des victimes. Parler non pas parce qu’on a envie de se faire remarquer, ni parce qu’on désire nuire à X ou à Y, ni parce qu’on cherche à faire fortune sur le dos des personnes affligées mais simplement parce qu’on considère que tout homme nous est un frère. Pour le dire autrement, se taire toujours me paraît à la fois malsain et indécent. Je fais partie de ceux qui soutiennent que le silence ne mérite pas que des éloges et que, dans certaines circonstances, il peut être synonyme de lâcheté et de complicité avec l’iniquité, que ne rien dire devant l’injustice et le mensonge est dangereux et destructeur non seulement pour les autres mais pour soi-même.

À titre d’illustration, je ne citerai ici que le joli poème écrit en 1942 par le pasteur allemand Martin Niemöller, fondateur de La “Ligue d’urgence des pasteurs” qui protesta contre la persécution des Juifs et des pasteurs refusant de se soumettre aux Nazis. Le fameux poème, le voici: “Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste; quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste; quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas Juif; quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit, je n’étais pas catholique. Et puis, ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester.” Le malheur qui frappe aujourd’hui autrui peut me frapper demain si je ne dis rien ou ne fais rien pour le tirer d’affaire: telle est la leçon qui nous est donnée par Martin Niemöller.

Les Maliens, qui croient à tort avec les Burkinabè et Guinéens que la Côte d’Ivoire est aussi leur propriété privée parce qu’ils auraient contribué à son développement, l’avaient oubliée ou ignorée. Simplement parce qu’ils étaient obnubilés par l’idée, la fausse idée, que le malheur des Ivoiriens ferait leur bonheur. En effet, le Mali mais aussi le Sénégal de Wade et d’autres pays de la sous-région, poussés par une diabolique jalousie, s’imaginaient que la crise ivoirienne les rendrait enfin riches, prospères et puissants. D’où le soutien qu’ils n’hésitèrent pas à apporter à une rebellion sanguinaire et immorale. Mais, comme tout se paie ici-bas et que ça n’arrive pas qu’aux autres, ils vivent à présent dans un pays divisé avec deux armées et des populations obligées d’abandonner tout ce qu’elles ont patiemment construit et de fuir des rebelles voleurs et violeurs.

Le “Je n’ai rien dit” de Niemöller fut oublié par le Vatican qui, en plus de se faire représenter à Yamoussoukro le 21 mai 2011 par Mgr George Antonisamy à l’investiture de Dramane Ouattara, ne dénonça jamais l’embargo sur les médicaments, la fermeture des banques, l’incarcération sans jugement des proches de Laurent Gbagbo, les tueries de Duékoué et de Nahibly. Il est vrai que personne ne peut chanter un “Te Deum” après le cambriolage de la basilique Notre Dame de la Paix le 24 juin 2013, prouesse jamais réalisée sous les précédents régimes. Mais peut-on s’interdire de penser qu’il est peut-être bon que le Vatican soit victime, lui aussi, de cette barbarie pour qu’il comprenne enfin que ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 est trop grave pour qu’on continue de garder le silence?

Certains pourraient objecter que les prêtres étrangers qui ont la charge de cette basilique ne devraient pas se mêler des affaires de la Côte d’Ivoire. Je leur répondrais que l’argument ne tient point la route car l’évêque de Doba (Tchad), la ville du pétrole tchadien, bien que de nationalité italienne, n’a pas manqué de critiquer, dans son homélie du 30 septembre 2012, la gestion des ressources du pétrole. Pour Mgr Russo, la population locale ne profitait pas assez des revenus de l’or noir. L’évêque italien ne comprenait pas que Doba n’ait pas d’électricité 24h/24h alors que le Tchad produit du pétrole depuis 9 ans.

Le gouvernement tchadien estima que Mgr Michel Russo prêchait la division et qu’il devait donc quitter le pays. Mgr Russo fut effectivement expulsé le 21 octobre 2012 mais il revint dans son diocèse le 27 décembre. Et, parmi les évêques de Centrafrique ayant écrit au président Michel Djotodia le 20 juin 2013 pour condamner les exactions de la coalition Seleka, ne trouve-t-on pas 5 étrangers (les évêques d’Alindao, de Bouar, Bangassou, Kaga-Bandoro et M’Baïki)? Ces deux exemples attestent que l’évangile ne dit nulle part que seuls les prêtres et évêques d’un pays devraient s’engager dans la lutte pour la justice et le respect des droits de l’homme. “L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se developper .”

Cette parole de Benoît XVI ne s’adresse pas uniquement au clergé ivoirien mais à toute personne ayant choisi librement de suivre le Christ comme prêtre ou religieux(se). Les prêtres et religieux (ses) travaillant en Côte d’Ivoire devraient mettre en pratique la recommandation du pape allemand au lieu de continuer à rester muets. Sinon, ils donneraient raison à ceux qui les soupçonnent d’être les inspirateurs des articles partisans du quotidien catholique “La Croix” et de rouler pour ceux qui, après avoir coupé le pays en deux, ont usé de mensonges pour amener l’ONU et la France à tuer les Ivoiriens afin que Dramane Ouattara puisse occuper le fauteuil présidentiel.

En prenant position clairement et publiquement, Mgr Russo et les 5 évêques expatriés de Centrafrique ne voulaient pas renverser Idriss Déby et Djotodia. Leur objectif était simplement d’incarner un tant soit peu 2 paroles du Christ. La première dit: “Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres” (Jean 8, 32). Quant à la seconde, elle invite à craindre non pas “ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus mais celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne” (Luc 12, 4-5).

Je ne sais pas ce que craignent nos frères qui militent dans le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) s’ils arrêtaient de soutenir aveuglément un pouvoir qui s’est donné pour mission de déposséder les populations de l’Ouest au profit des Burkinabè, de brader la nationalité ivoirienne, d’emprisonner ou d’assassiner quiconque est en désaccord avec Dramane Ouattara, de protéger et promouvoir ses propres criminels, de faire du faux (par exemple, la vidéo des violences du Kenya versée au dossier de l’Accusation) pour garder injustement Laurent Gbagbo à la Haye, de ne donner du travail qu’aux gens du Nord, etc. Craignent-ils de perdre leurs postes et les avantages les accompagnant?

Mais que valent nos petits intérêts égoïstes à côté de l’avenir d’une nation? Le pays va mal, il se meurt et les partisans de Laurent Gbagbo ne sont pas les seuls à le dire. Lazare Yéboué, Kouadio Konan Bertin, Daniel Aka Ahizi, Mel Théodore, Boni Claverie, Dona Fologo, Jean-Louis Billon et tant d’autres nous alertent sur les dangers que des irresponsables et des bouffons font courir chaque jour à la Côte d’Ivoire. Ils nous mettent en garde contre le fait de penser que ça n’arrive qu’aux autres et ils ont raison car, quand les mercenaires venus du Burkina et du Mali pillaient les maisons, violant et emportant tout sur leur passage, ce n’est pas les seuls partisans de Laurent Gbagbo qui firent les frais de ce gangstérisme moyenâgeux.

Tout le monde fut visité et dépouillé. Ils n’ont pas tort de considérer que la Commission électorale ivoirienne, dans sa composition actuelle, est un non-sens dans la mesure où le MPIGO, le MJP et le MPCI qui n’existent plus continuent d’en faire partie et de nous rappeler que les étrangers n’ont pas le droit de faire chez nous ce qu’ils ne nous permettraient pas de faire chez eux. Je suis d’accord avec eux quand ils conseillent que l’ouverture à l’extérieur ne doit pas nous faire croire naïvement que la France veut notre bien car “entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies”.

Le pape François, qui ne cesse de nous surprendre agréablement, a dit une chose que je trouve belle et juste lors de l’audience générale du 26 juin 2013: “Dans l’Église, personne n’est secondaire, personne n’est le plus important, nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu, même le pape. Vous pourriez dire: ‘Écoutez, sainteté, vous n’êtes pas notre égal’. Si, je suis comme chacun de vous, nous sommes tous égaux, nous sommes frères! Nous formons et nous construisons tous l’Église… Nous devons tous apporter notre vie à l’Église, apporter notre cœur, notre amour, nos pensées, notre travail, tous ensemble.” C’est en frère désireux d’apporter sa petite pierre à l’édification de l’Église qui est en Côte d’Ivoire que je voudrais revenir sur l’homélie délivrée par le frère Siméon Ahouanan à la messe de clôture de la 96ème Assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire, le 26 mai 2013.

L’archevêque de Bouaké disait entre autres ceci: “Aucune société ne peut se construire sur la base de l’exclusion, sur la logique de la vengeance, sur des désirs d’affrontement, sur des réflexes de repli communautaire ou politique. Aucune communauté ne peut survivre dans la violence aveugle dont personne ne sort indemne d’ailleurs.” Rien ne nous dit que ces propos portent sur la société ivoirienne. Cette façon de parler s’appelle noyer le poisson, botter en touche, se débiner, parler sans s’engager ou refuser de prendre ses responsabilités, tant le discours est vague et trop général. Il est si général qu’il pourrait s’appliquer à la Gambie, au Portugal, au Mexique ou au Vietnam.

Ahouanan a manqué de courage pour dire de quoi le pays souffre exactement et interpeller qui de droit. Lui qui avait demandé à juste titre à Robert Guéi de respecter sa promesse de balayer la maison et de retourner à Kabacouma, lui qui ne se privait pas de tirer à boulets rouges sur le régime de Gbagbo, est devenu subitement muet comme si tout allait bien à Bouaké et ailleurs dans le pays. Les Camerounais disent que la bouche qui mange ne parle pas. Celle d’Ahouanan serait-elle tellement pleine qu’il aurait du mal à parler sans peur de choses sérieuses? Quand il rugissait sous Guéi et Gbagbo, était-il en mission pour le RHDP? La seule chose que je trouve recevable dans sa prédication du jour, c’est d’avoir invité les femmes à sortir. Sortir en masse et partout comme en Égypte: c’est l’unique chose à faire aujourd’hui si nous voulons libérer notre pays, si nous voulons mettre fin aux souffrances et aux humiliations des Ivoiriens. Mais j’ajouterais ceci: ce ne sont pas seulement les femmes qui doivent sortir. Les hommes de Dieu, eux aussi, doivent descendre dans la rue pour chasser ce régime totalitaire et impopulaire.


Romuald Aboké Isidore

BP 64 Sakassou

lundi, 01 juillet 2013

MAMADOU KOULIBALY: LA REFORME DE LA JUSTICE COMME ELEMENT D'UNE COALITION DE RUPTURE VICTORIEUSE

 

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L’intrusion brutale de la Cour pénale internationale (Cpi) dans le paysage politique ivoirien nous fait prendre conscience que nous n’avons pas de justice crédible, efficace et équitable. Depuis ces vingt dernières années, les gouvernements successifs ont pris l’habitude d’emprisonner des personnes sans jugements et sans que l’on ne demande de compte au système judiciaire.

Hier, c’était les gestionnaires de la filière du cacao, des journalistes et autres citoyens qui étaient incarcérés de longs mois, illégalement et sans procès. Aujourd’hui, c’est une partie du personnel politique qui se retrouve dans le même type d’incarcération. Dans les deux cas, les commentateurs regardent non pas la justice, mais le bureau du président de la République, qui est capable de dire si oui ou non, une personne peut être arrêtée, doit être arrêtée, quand il faut le faire et combien de temps la garder en prison sans jugement. En général, les prisonniers politiques libérés ont pour premiers mots la reconnaissance et des remerciements en l’endroit des autorités pour leur magnanimité. Dans les deux cas, c’est le président de la République qui est capable de dire si un prisonnier peut être libéré ou pas. Lui est au-dessus du code de procédure pénale, au-dessus de la loi. Le président n’est-il pas aussi le président du conseil supérieur de la magistrature ? N’est-ce pas lui qui fait la promotion des magistrats et qui peut leur dicter aussi sa volonté de justice, tout en proclamant aux esprits naïfs qu’il n’interférera jamais dans les procédures judiciaires ? Dans notre pays, être président, c’est être à la fois un roi et un pontife.

La justice dans notre pays est un sujet à problème qui mérite des solutions novatrices et révolutionnaires, si l’on souhaite construire une économie de progrès social et de liberté. L’opposition ivoirienne pourrait déjà se faire l’écho de réformes, compte tenu des expériences vécues par elle dans cette période où la justice est utilisée à des fins de vengeance. Plus une vengeance justicière qu’une simple justice de vainqueurs.

Nous nous plaignons tous de la justice, à commencer par les juges et les magistrats qui jugent sévèrement leurs conditions de travail. Les avocats, greffiers, huissiers, notaires et autres policiers et auxiliaires de justice sont tout aussi sévères avec le système judiciaire, qui ne traite pas les dossiers et va de renvoi en renvoi sans trancher de façon claire et définitive. Les justiciables ordinaires, individus, ménages et entreprises, affirment partout que notre justice est incompétente et corrompue.

Le personnel politique quant à lui n’a pas d’idées pour réformer cette justice au-delà des professions de foi et des vœux pieux, parce qu’il ne rêve que de mettre cette justice à son propre service, contre tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Le système judiciaire ivoirien va mal depuis très longtemps et a besoin de rupture et de réformes. Mais comment réformer en gardant en même temps le statu quo ? Toute idée de réforme est-elle irréaliste, idéaliste, théorique comme se plaisent à le dire tous ceux qui sont formatés pour cautionner la tyrannie de l’immobilisme et du désespoir?

Répondre à ces questions, c’est considérer sérieusement que les populations ivoiriennes ont besoin d’un bon système judiciaire et que pour cela, il ne faut pas hésiter à bouleverser les conformismes qui bloquent toutes les évolutions. Notre société ne peut avancer que si nos réformes nous empêchent de continuer de tourner en rond.

Cette rupture semble avoir été perçue par les rédacteurs de la constitution de 2000, qui ont décidé d’y inscrire notre passage d’une autorité judiciaire constitutionnelle à un pouvoir judiciaire et d’éclater la cour suprême d’antan en quatre différentes institutions, suivant en cela la tradition des institutions juridiques françaises. Cependant, la France, elle, n’a pas évolué dans une logique de pouvoir judiciaire constitutionnel, mais est restée avec une autorité judiciaire. En plus, en France, l’éclatement de la cour suprême en quatre instances est devenu tout de suite réalité.

Ici, en Côte d’Ivoire, après avoir inscrit que c’est d’un pouvoir judiciaire que nous voulons, nous avons continué, depuis 2000, à fonctionner avec une autorité judiciaire éclatée entre une cour suprême amputée du conseil constitutionnel et un conseil constitutionnel qui, depuis treize ans, n’a pas arrêté de nous surprendre, tant sa compréhension de la constitution est discutable, sectaire, controversée et marginale. La dernière crise postélectorale nous aura montré qu’en 2000 comme en 2010 et même en 2013, le conseil constitutionnel est loin de donner satisfaction. Les autres institutions éclatées issues de la disparition programmée de la cour suprême n’ont jamais été installées, treize ans après l’adoption de la constitution. Le conseil d’Etat, la cour des comptes et la cour de cassation n’ont pas été mis en place, parce que le gouvernement et le parlement ne se sont accordés, à l’époque, que sur la nécessité de régler les problèmes électoraux avec le conseil constitutionnel, les autres juridictions supérieures ayant été jugées peu importantes et moins urgentes jusqu’aujourd’hui. Comment s’étonner alors du biais judiciaire, si la législation elle-même au commencement avait biaisé le jeu ?

Maintenant, dans une logique authentique de rupture démocratique, l’opposition doit affirmer clairement ses choix et sortir des hésitations. Treize ans d’expérience suffisent pour comprendre que nous n’avons aucun intérêt à éclater la cour suprême et qu’au contraire, nous devons la réinstaller et la renforcer. Il nous faut une réforme constitutionnelle qui unifiera les juridictions administratives et judiciaires et remettra en place la cour suprême. Nous devons ainsi repositionner l’Etat, non plus comme un justiciable à part, mais comme un justiciable de droit commun. Autant le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ont chacun un seul organe hiérarchique, autant pour l’équilibre des pouvoirs, il nous faut un seul organe suprême d’expression du système judiciaire. La cohérence d’ensemble de notre système politique l’exige, la démocratie et notre sécurité collective aussi.

Même si la nomination des magistrats peut rester dans les prérogatives du chef de l’exécutif, nous devons établir des balises pour éviter les abus de ces dernières années, œuvres de tous les bords politiques. D’abord, les nominations des magistrats à la tête des juridictions suprêmes devraient faire l’objet de ratification par l’assemblée nationale issue du nouveau régime parlementaire que la réforme constitutionnelle mettra en place. Les pouvoirs se contrôlent mutuellement, rendent des comptes et sont prêts à ce qu’on leur demande des comptes.

Ensuite, pour rapprocher les justiciables de leur justice, des juridictions suprêmes de second degré doivent être établies dans les différentes régions du pays. Aujourd’hui, nous avons 14 districts, dont deux districts autonomes, qui regroupent les 31 régions du pays. Il nous faudrait donc, à supposer que la loi d’orientation de la décentralisation garde le découpage actuel, 14 juridictions suprêmes régionales pour commencer, en plus de la cour suprême nationale qui serait l’organe de recours, d’appel et de censure à la disposition des populations. Enfin, il faut donner à l’opposition parlementaire ou non parlementaire la possibilité de saisir la cour suprême, et soumettre la loi de la majorité votée par le parlement à la sanction du droit, qui est supérieur à la loi. De même, les citoyens et les entreprises doivent aussi avoir la possibilité de se pourvoir devant les juridictions supérieures et devant celles de la Cedeao pour y chercher des remparts contre les risques totalitaires des législations adoptées par la majorité parlementaire dans un pays membre. Ainsi, les citoyens nationaux doivent pouvoir, par la voie de l’exception d’inconstitutionnalité soulevée devant les juridictions, demander une interprétation des lois adoptées et qui leur sembleraient abusives.

Au-delà de ces réorganisations institutionnelles, le fonctionnement de la justice nécessiterait des améliorations et donc des efforts budgétaires conséquents, non pas, comme d’habitude, seulement en termes d’équipements et de formation. Dans son fonctionnement il sera clairement établi que la police n’est qu’un moyen au service des tribunaux et que les tribunaux auront des pouvoirs renforcés pour les rendre capables de garantir l’ordre social et les droits individuels.

Plus de droits et plus de juges biens formés, des tribunaux fonctionnels, efficaces, rapides et accessibles à tous : telles devraient être les priorités pour nous en matière de réforme de la justice. Une telle démarche exige que nous nous mettions d’accord pour dire que dans une démocratie qui marche bien, le pouvoir judiciaire doit avoir la primauté sur l’exécutif et le législatif et avoir une indépendance absolue nécessaire à son bon fonctionnement. La constitution et les lois révisées devraient affirmer le substrat de valeurs morales qui garantissent cette vision des choses.  

Tel est le fond d’un vrai discours de rupture en matière judiciaire. Notre histoire récente nous prouve que sans justice stable, efficace et indépendante, nous devenons tous fragiles et ceux qui ont un brin de pouvoir l’utilisent tout de suite pour écraser les autres. Le juge est le meilleur garant des droits individuels et notre liberté est mieux assurée par les tribunaux indépendants que par les législateurs, qui souvent font des lois pour se venger de leurs adversaires.

Les lois sont toujours l’expression de pouvoirs politiques, qu’elles émanent du président de la République ou du parlement. Et, dans un tel contexte, les minorités politiques seront considérées comme ayant juridiquement tort. Les lois dans notre pays sont devenues des instruments que les majorités utilisent pour imposer leurs vues. Nos réformes et la rupture qui les inspire doivent être telles qu’aucun président ne puisse régner en violation des textes fondamentaux et qu’il n’y ait face à cela aucun recours autre que la violence. Nous devons utiliser la justice pour mettre fin au cycle de la violence et de l’insécurité.

Ces réformes exigent cependant que les convictions prennent le pas sur les ambitions personnelles. Elles pourraient être le socle d’un ensemble de valeurs morales et idéologiques d’une opposition unie derrière des idées communes, propices à la résolution des problèmes qui se posent avec acuité et urgence. La Côte d’Ivoire n’est-elle pas plus importante que nos destinées politiques individuelles ?


Pr. Mamadou Koulibaly, le 28 juin 2013.


Source: LIDER-CI.ORG (Page Facebook)

samedi, 29 juin 2013

LE FPI SUSPEND LES NEGOCIATIONS AVEC LE GOUVERNEMENT: ENLEVEMENT DE KOUA JUSTIN, LA BARBARIE DE TROP!

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Conférence de Presse N° 004/2013

Déclaration préliminaire

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Je voudrais, avant tout propos et au nom du Front Populaire Ivoirien, vous remercier d’avoir répondu nombreux à notre invitation. C’est une marque de considération pour laquelle je vous salue tous, autant que vous êtes, et vous assure de notre infinie gratitude.

Mesdames et Messieurs,

Cette rencontre s’inscrit dans une série d’événements que nous organisons, chaque fois que nous jugeons utile d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur la vie politique en Côte d’Ivoire. Il s’agit aujourd’hui d’annoncer et de clarifier la position du Front Populaire Ivoirien sur la reprise du dialogue entre le gouvernement et le parti.

RAPPEL :

Le coup d’Etat du 11 avril 2011, perpétré par la communauté dite internationale, avec les forces françaises et onusiennes, en appui aux rebelles ivoiriens, contre le régime du président Laurent Gbagbo, s’est imposé à nous ; avec tout le désordre, la violence, puis les viols et autres exactions qui s’en sont suivis, nous avons opté, malgré tout, pour le retour de la paix, de la cohésion et de l’harmonie sociale. C’est pourquoi, dans la logique de notre vision de la vie politique, qui repose sur la formule « asseyons-nous et discutons », nous avons sollicité, dès le mois de Juillet 2011, l’ouverture d’un dialogue républicain avec les nouvelles autorités du pays. Il s’agissait, pour le Front Populaire Ivoirien, d’ouvrir la voie à la normalisation rapide de la situation sociopolitique du pays, gravement dégradée par la crise dite postélectorale. Notre action n’était nullement la preuve d’une quelconque faiblesse ! Nous affirmions plutôt notre attachement à la discussion, au dialogue et à la démocratie, moyens légaux et paisibles de gestion de la vie politique dans une République.

Le Président Ouattara nous a accordé une audience le 29 septembre 2011 sans aucun résultat. Alors que nous attendions qu’une suite soit donnée  à notre démarche, sans compter nos relances, la situation du pays empirait, avec les exactions de toutes sortes sur d’honnêtes citoyens ; notamment les arrestations arbitraires, les enlèvements et tortures inhumaines,  les expropriations et les assassinats ; en somme, toutes sortes d’atrocités à travers tout le pays. En décembre 2012, on dénombrait déjà 302 prisonniers politiques, civils et militaires, en plus des milliers de personnes portées disparues et celles contraintes à l’exil.

Finalement, c’est le 17 janvier 2013, soit 15 mois après la demande du Front Populaire Ivoirien, que le gouvernement de M. Ouattara a consenti à ouvrir le dialogue direct tant souhaité par le FPI. Toute cette tergiversation à accepter de dialoguer s’explique simplement par le fait que le régime n’a pas du tout l’intention de discuter avec qui que ce soit, encore moins avec le Front Populaire Ivoirien. Et la gestion de ce dialogue, accepté au forceps, a montré la mauvaise foi du régime.  

UN DIALOGUE SANS IMPACT

Contrairement à ce qu’avait espéré le Front Populaire Ivoirien, le dialogue n’a eu aucun impact  sur la gestion du pays. De fait, pendant qu’il s’ouvrait, sous la houlette du Premier Ministre, le régime poursuivait sa gestion dictatoriale basée sur la terreur. Jusqu’aujourd’hui, aucune demande ou proposition du Front Populaire Ivoirien n’a fait l’objet d’aucune attention véritable. Pire, les arrestations et autres atrocités se poursuivent :

- C’est le 17 Janvier 2013, à l’ouverture des assises de ce dialogue, que le régime a fait arrêter puis extrader du Ghana où il vivait en exil, M. Charles Blé GOUDE, ancien ministre et président du Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP). M. Blé GOUDE est, à ce jour, détenu au secret.

- Les 3 et 4 février 2013, au moment où s’ouvre la séance plénière à l’issue des travaux en commission, sont arrêtés, tour à tour, au Ghana puis extradés en Côte d’Ivoire, Monsieur Jean-Yves DIBOPIEU, un leader des jeunes et le commandant Jean Noël ABEHI, un officier de la gendarmerie nationale. Ces deux personnes sont également détenues au secret à ce jour.

- Sur le territoire ivoirien, la chasse à l’homme, particulièrement dirigée contre les partisans ou supposés proches du président Laurent Gbagbo, se poursuit, sans aucune trêve : de nombreuses personnes, hommes, femmes, et jeunes, sont écroués, torturés, exécutés sommairement, sans la moindre justification ;

- Le 5 mars 2013, le régime a mis sous séquestre les biens, meubles et immeubles, ainsi que les avoirs bancaires, d’une vingtaine de partisans de Laurent GBAGBO, récemment libérés provisoirement des prisons.

Le Front Populaire Ivoirien, tout en protestant contre ces exactions, a condamné vigoureusement la propension à la violence du régime et a demandé la libération de tous les prisonniers politiques ainsi  que la cessation de la situation de terreur généralisée sur tout le territoire national. Cela, de notre point de vue, constitue la voie indiquée, pour le retour à la sérénité, à la confiance mutuelle et pour la tenue d’un dialogue véritable et sincère préalables à la réconciliation.  Le régime, dans une position de mépris de toute position autre que la sienne, a ignoré les positions et déclarations du Front Populaire Ivoirien, et a continué d’exercer avec obstination la persécution des populations. Par ailleurs, pendant que se poursuivait le dialogue, dont l’un des points focaux était les élections locales avec la question de la recomposition de la CEI, le redécoupage électoral et la date de la tenue du scrutin, le Front Populaire Ivoirien apprenait, par voie de presse, que ces élections municipales couplées avec les régionales devaient se tenir le 21 avril 2013. Toute la situation demeurait inchangée, comme si personne n’avait exprimé la moindre réserve.

Devant tous les agissements discourtois du régime, le Front Populaire Ivoirien a pris acte de son exclusion de fait des élections par le pouvoir. Nous avons été exclus du jeu politique de notre pays, bien qu’étant le parti majoritaire. Il ne nous restait plus, pour ces élections locales dont on nous a exclus qu’à démontrer notre communion avec le peuple ; ce que nous avons montré en appelant à un boycotte pacifique des élections du 21 avril 2013. Le boycott a été massivement observé par la population, dans son ensemble, sur toute l’étendue du territoire, ce qui a donné un taux de participation dérisoire au scrutin, le frappant  d’illégitimité et d’un discrédit certain.   

A la date d’aujourd’hui, aucune des propositions que le Front Populaire Ivoirien a exposées au gouvernement, dans le cadre du dialogue républicain, n’a fait l’objet d’une attention sincère. Même les éléments de discussion reconnus comme des points de convergence n’ont pas eu le moindre début d’exécution. Il s’agit notamment :

- de la libération des domiciles et sites privés occupés par les FRCI ;

- du versement de la quote part du FPI au titre du financement des partis politiques sur fonds publics ;

- du libre exercice de l’activité politique, notamment les meetings, marches et autres rassemblements.

Monsieur Ouattara et ses partisans ont créé la crise en Côte d’Ivoire. Cette crise perdure et s’aggrave au fil des jours. Ils ont utilisé les armes et la  violence là où le Front Populaire Ivoirien prônait le dialogue et les invitait à s’asseoir pour discuter, en vue de bâtir la démocratie. Arrivés au pouvoir par la violence, le sang et les crimes de toutes sortes, ils affichent du mépris pour les autres. Aujourd’hui, on dénombre plus de 700 prisonniers politiques, civils et militaires, des milliers de disparus en plus des dizaines de milliers d’exilés. La Côte d’Ivoire est devenue une vaste prison à ciel ouvert et un espace de grande insécurité. Le dernier acte discourtois et de mépris du régime réside dans le fait qu’au moment où le Premier Ministre invite le Front Populaire Ivoirien à la reprise du dialogue, à partir du 27 juin 2013, ce régime enlève Monsieur KOUA Justin, premier responsable de la jeunesse et membre de la direction de notre parti. Cet enlèvement s’est fait le 7 juin 2013 à 19 heures au siège provisoire du FPI, par une quarantaine d’hommes lourdement armés, sans mandat d’emmener, comme dans une mise en scène des fictions hollywoodiennes ! Et ces hommes, armés jusqu’aux dents, ont brutalisé des personnes présentes tout en menaçant de les tuer s’ils ne retrouvaient pas KOUA Justin. Tout cela, pour des crimes qu’ils n’ont pu indiquer ni à KOUA Justin ni à ceux qui étaient présents sur les lieux, parce qu’inexistants et qu’ils fabriqueront plus tard dans les cellules de conception du faux au service de la terreur. 

Cet acte constitue pour le Front Populaire Ivoirien, la barbarie de trop ! C’est pourquoi, nous prenons, ce jour, à témoin, l’opinion nationale et internationale et chaque habitant de la Côte d’Ivoire, afin que tout le monde constate que malgré notre bonne volonté et notre choix, sans équivoque, de résolution des problèmes par la voie du dialogue et de la concertation, nous avons en face un régime totalement ancré dans la violence, l’illégalité, le faux et le mépris des autres. Le régime Ouattara est totalement opposé au dialogue et à toute norme démocratique. Il réprouve toute confrontation d’idées et préfère se murer dans la violence totalitaire.

En conséquence, mesdames et messieurs les journalistes, il convient de noter ce jour que le Front Populaire Ivoirien réclame prestement avant l’ouverture de la prochaine réunion :

1. La libération de KOUA Justin, secrétaire national de la JFPI et membre de la direction du parti ;

2. L’application des articles 11 et 12 de la Constitution ivoirienne relatifs aux libertés de manifester et à l’interdiction de contraindre tout ivoirien à l’exil ;

3. La mise en œuvre effective des points de convergence obtenus lors de la première partie du dialogue politique, notamment le dégel des avoirs, le paiement des arriérés 2011 et 2012 du financement public des partis politiques dû au FPI, etc.

4. La mise sur pied d’un comité de médiation et de suivi pour le dialogue républicain ;

Nous pensons que l’acceptation et la mise en œuvre sans délai de ces préoccupations légitimes, créeront un environnement propice à la reprise des négociations, en ce qu’ils constituent un gage de bonne foi du gouvernement.

Mesdames et Messieurs,

Cher amis,

Chers camarades,

Merci de votre attention, et merci encore d’être venus !

Mesdames et Messieurs les journalistes, je suis à vous pour les précisions éventuelles que vous voudrez bien demander.


Fait à Abidjan, le 27 juin 2013.


Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard

mercredi, 26 juin 2013

LE FPI EXIGE LA LIBERATION SANS CONDITION DE KOUA JUSTIN POUR CREER UN ENVIRONNEMENT PROPICE A LA REPRISE DES NEGOCIATIONS AVEC LE GOUVERNEMENT OUATTARA


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Secrétariat Général Ordinaire - Communiqué final N°006/2013

   

1- Sur convocation du Secrétaire Général par intérim, Porte-parole du Parti, le Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien (FPI) s’est réuni en session ordinaire, le jeudi 20 juin 2013, de 15h00 à 19h40, à son siège provisoire, sis à Cocody les II Plateaux, 7ème Tranche, sous la présidence effective du Vice-président par Intérim, le camarade Raymond Abouo Ndori, suppléant le Président du Parti en Mission.

2- L’ordre du jour de cette session a porté principalement sur l’examen de la situation sociopolitique.

3- Le Secrétariat Général, a ainsi examiné deux dossiers concernant la situation judiciaire de camarades détenus et un dossier sur la reprise du dialogue direct. Il endosse les conclusions.

4- Sur le premier dossier, celui de la procureure contre Laurent Gbagbo, le Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien a pris acte de ce que le lundi 03 juin 2013, la Chambre Préliminaire I de la CPI a décidé d’ajourner le délibéré de l’audience de confirmation des charges et demander au Bureau de la Procureure de fournir des informations additionnelles sur certains points des accusations ou de mener des enquêtes supplémentaires, notamment sur la structure organisationnelle des associations patriotiques et l’allégation de leur participation au plan commun visant les populations Pro-Ouattara.

5- Le Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien se réjouit que la Chambre Préliminaire I n’ait pas trouvé de preuves à l’encontre du Président Gbagbo, malgré toutes les nombreuses allégations de l’Accusation et le temps accordé pour mener les enquêtes. C’est pourquoi il déplore que la Chambre Préliminaire I n’ait pas pris acte de la faiblesse du dossier des charges en infirmant purement et simplement les accusations du Bureau de la Procureure. 

6- Toutefois, le Secrétariat Général du FPI encourage vivement la CPI à continuer de dire le Droit,  gage d’une justice équitable qui contribue fortement à restaurer sa crédibilité en Côte d’Ivoire et partout dans le monde, en prenant courageusement la décision équitable de la relaxe pure et simple du Président Laurent Gbagbo, comme le lui a demandé le Comité Central du parti le 25 mai 2013.

7- Par ailleurs, le Secrétariat Général réitère les félicitations et les vifs encouragements du FPI à l’Union Africaine (UA) et à l’ensemble des démocrates du monde qui continuent de se mobiliser pour que justice soit faite au Président Laurent Gbagbo, déclaré vainqueur de l’élection présidentielle de novembre 2010 par le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire.

8- Sur le deuxième dossier, le Secrétariat Général du FPI a appris avec consternation et exaspération l’enlèvement du camarade Koua Justin, leader de la  Jeunesse du Front Populaire Ivoirien, le Vendredi 07 Juin 2013, à son  Quartier Général, aux environs de 19 heures. Il s’insurge contre le fait que cet enlèvement, opéré par des éléments du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (CCDO, créé pour lutter contre la grande criminalité), s’est fait évidemment en dehors de toutes réglementations républicaines pertinentes. Présenté à un juge d’instruction le lundi 10 Juin 2013, Koua Justin a été inculpé et placé sous mandat de dépôt avec un dossier absolument vide. 

9- Le Secrétariat Général condamne avec la plus grande énergie cette propension du pouvoir actuel à mener les Ivoiriens dans une impasse dictatoriale où la mauvaise gouvernance sécuritaire le dispute à l’état calamiteux des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire.

10- Le Secrétariat Général prend une fois encore à témoin la Communauté Nationale et Internationale sur le fait que cet enlèvement, digne d’un état « hors la loi », vient gonfler le nombre de persécutés politiques en général et particulièrement ceux visant les militants du FPI (parti significatif de l’opposition) au motif farfelu et rébarbatif d’atteinte à la défense nationale et d’offense au Chef de l’Etat. 

11- Le Secrétariat Général rappelle au Gouvernement de Monsieur le Premier Ministre Duncan et aux observateurs de la vie sociopolitique en Côte d’Ivoire que le FPI  est dans un processus de négociation avec le pouvoir actuel et qu’il ne pourra tolérer que ce dernier prenne prétexte de l’infraction d’atteinte à la défense nationale et comble de ridicule, à l’offense au Chef de l’Etat pour faire le lit à des arrestations tous azimuts, à des atteintes à la présomption d’innocence et à la liberté  constitutionnelle d’opinion et de manifestation pacifique.

12- Le Secrétariat Général exige du gouvernement l’arrêt immédiat de toute procédure à l’encontre de  Koua Justin, cadre fonctionnaire de son état et citoyen libre d’opinion et de le libérer prestement.

13- Le Secrétariat Général du FPI demande au Secrétaire Général du Parti de faire valoir ce droit en s’appuyant sur toute action constitutionnelle et réglementaire de la République de  Côte d’Ivoire.

14- Sur le troisième dossier, le Secrétariat Général prend acte de l’invitation du Premier Ministre à la reprise des travaux du dialogue direct. Il tient à rappeler que le FPI a non seulement affiché son désir d’entrer dans le jeu politique, mais il a surtout réaffirmé, dans ce dialogue direct sa ferme volonté de participer aux élections locales de 2013. Malheureusement le pouvoir en a décidé autrement et a organisé ses élections sans le FPI, partie au dialogue.

15- Sans préjuger de l’issue de ce processus auquel il adhère pleinement et qu’il souhaite sincèrement positif pour le peuple de Côte d’Ivoire, le Secrétariat Général considère que ce processus devra se poursuivre  dans un climat d’apaisement général et de respect mutuel des parties au  dialogue.

16- Le Secrétariat Général du FPI attend du Gouvernement qu’il crée sans délai et en toute responsabilité un environnement de dialogue définitivement débarrassé des tares qui le plombent : (i) le climat de terreur savamment entretenu, (ii) les enlèvements, emprisonnements et traques continuelles des militants de l’opposition, (iii) la pratique scandaleuse de la justice des vainqueurs, (iv) et la confiscation inadmissible des médias d’Etat.

17- En tout état de cause, le Secrétariat Général du FPI reste convaincu que la libération immédiate et sans condition de Koua Justin et la mise en œuvre effective des points de convergence obtenus lors de la première partie du dialogue politique créeront sans nul doute un environnement propice à la reprise des négociations en ce qu’ils constituent un gage de bonne foi du pouvoir. Il y va de la reconstitution du tissu social ivoirien en vue d’une réconciliation nationale réelle en Côte d’Ivoire.

 

Fait à Abidjan, le 25 juin 2013

Le Secrétariat Général.

vendredi, 21 juin 2013

Me EMMANUEL ALTIT: «JE N’AI JAMAIS VU GBAGBO SE PLAINDRE»

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Un homme politique ivoirien bien connu a confié un jour à ses proches: «Si tu veux détester Laurent Gbagbo, évite de l’approcher». Traduction: Tous ceux qui approchent Laurent Gbagbo finissent par découvrir que tous les clichés répandus à son sujet ne sont que des affabulations dont l’unique but est de noircir son image. Maître Emmanuel Altit, qui n’était pas un proche de l’ancien chef de l’Etat ivoirien avant la crise postélectorale en côte d’Ivoire, est certainement de ceux qui ont découvert qui est réellement Gbagbo. De sorte que le regard qu’il pose sur lui dépasse largement celui que le professionnel du droit pose sur un simple client qu’il est chargé de défendre. 

Quand le célèbre avocat français parle de Laurent Gbagbo, on sent parfaitement qu’en quelques mois, il a cerné l’homme et en parle passionnément. « Je vais vous dire quelque chose qui, pour moi, signe sa personnalité, donne à voir sa vraie nature », promet-il d’emblée dans une vidéo publiée, mercredi dernier, sur le site internet de la radio Netherlands internationale (RWN). « Depuis qu’il a été transféré, depuis un an et demi, je ne l’ai jamais entendu se plaindre ; je ne l’ai jamais entendu dire des choses négatives sur tel ou tel ; je ne l’ai jamais entendu tenir des propos désobligeants », confie-t-il parlant de l’homme qu’il dit rencontrer « souvent chaque semaine ».

Lui qui précise qu’il était allé voir son actuel client quand celui-ci était encore emprisonné à Korhogo. «J’étais allé le voir en Côte d’Ivoire avec beaucoup de difficulté dans le nord lorsqu’il était incarcéré dans des conditions extrêmement difficiles », soutient Me Altit. Selon l’avocat, Gbagbo est « toujours positif, toujoursconstructif ». « C’est quelqu’un qui est dans la création, dans la vision ; il est espère que son pays et, au-delà, l’Afrique connaîtra un avenir meilleur et il y travaille », révèle Me Emmanuel Altit. Qui déplore d’ailleurs que les violations de droits de l’homme qui ont accompagné la destitution de Laurent Gbagbo n’aient pas cessé. « Les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire se poursuivent jusqu’à aujourd’hui », note-t-il. 


Augustin Kouyo, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: FACEBOOK