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vendredi, 28 octobre 2011

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN (1)


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Aussi illogique et excessif que cela puisse paraître comme propos venant d’un homme qui gère un Etat en lambeaux et qui devrait faire profil bas, le Premier ministre Soro Guillaume, triomphaliste, ne s’est pas embarrassé de scrupules pour s’en fendre : « Alassane Ouattara a fait en 100 jours ce que Laurent Gbagbo n’a pas fait en 10 ans ». Quand même ils bouclent 6 mois d’exercice du pouvoir. Sans pour autant nous dire, concrètement et précisément, dans un rapport ou document scientifique, les avancées effectuées et les réalisations de Ouattara, depuis qu'il occupe le palais du Plateau, et qui suscitent tant d’enthousiasme et de lyrisme.

Les libertés individuelles et collectives? La démocratie? La sécurité? L'économie? La santé publique? Les infrastructures? L'école et notamment l'université? L'affirmation de la souveraineté et la concrétisation de notre indépendance? Le respect de la Constitution? L'emploi jeunes? La croissance économique? Le recouvrement des recettes douanières? La justice? La santé des entreprises? L'initiative PPTE? La réconciliation nationale et la cohésion sociale? L'agriculture? L'autosuffisance et la sécurité alimentaires? Le prix d'achat du cacao et du café aux planteurs? Franchement, dans quel domaine, exactement ?

Effet d’annonce médiatique pour gogo et occidentaux néocolonialistes, disons-nous, pour quiconque vit en Côte d’Ivoire, touche les réalités du pouvoir Ouattara et porte un regard objectif et critique sur sa gestion, depuis avril 2011.

Nous n’allons pas donner l’occasion à toutes les mauvaises langues qui pullulent dans la « nouvelle Côte d’Ivoire » de nous accuser de délation. Nous exposerons des faits objectifs, palpables, pour permettre à tous d’apprécier, en toute lucidité, de sorte que jamais plus cette contre-vérité ne soit entendue ou dite, en Côte d’Ivoire.

D’abord les indicateurs économiques et sociaux, ceux qui comptent le plus pour le peuple : selon l’UGTCI (Union Générale des Travailleurs de Côte d’ivoire), la plus ancienne et plus grande centrale syndicale ivoirienne, proche du pouvoir actuel, la prise de pouvoir de Ouattara a occasionné la destruction de 80.000 emplois ; le Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, Monsieur Jean-Louis Billon, lui, parle de 120.000 emplois détruits.

En réalité, avec les licenciements abusifs (exemple de la Présidence, plus de 1300 déflatés, des personnels des institutions de l’Etat et, bientôt, de la RTI qui projette la libération de 600 agents), les déguerpissements de commerces informels et d’habitat précaire (dans le cadre de l’« Opération pays propre » qui, curieusement, ne touche pas les communes RDR), la dissolution des Conseils généraux et l’annulation de 120 concours de la Fonction publique, il faudrait plutôt parler de 150 à 200.000 destructions d’emplois en 5 mois. Exactement, ce qu’il avait promis créer comme emplois, chaque année. Avec autant de sans abri enregistrés. Sans compter les arriérés de salaires de plusieurs mois au BNETD, dans les institutions et établissements d’Etat et au niveau des agents des forces de l’ordre.

Le Patronat ivoirien, avec à sa tête Monsieur Jean Kacou Diagou, lui, a annoncé, dans la période de gouvernance dont se targue le Premier ministre, une perte sèche – pour toutes les entreprises de droit ivoirien – qui s’évalue à la somme astronomique d’environ 1000 milliards de francs CFA. Plus de 400 PME et PMI ont été déclarées en faillite par Monsieur Diagou. Ont-elles été ressuscitées en 100 jours de gestion de Ouattara, quand sous Gbagbo elles existaient bel et bien ? Sûrement pas. D’ailleurs, seules les entreprises françaises ont eu droit à un début de dédommagement (et aux nouveaux marchés, de gré à gré) de la part du Chef de l’Etat. En rapport avec ses accointances élyséennes. Les ivoiriennes, elles, rongent encore leurs freins. Ouattara ne leur prête pas le moindre regard de compassion. En plus de leur devoir énormément d’argent : la dette de l'Etat vis-à-vis de ses fournisseurs est de 900 milliards de francs CFA. Il n’y a pas encore eu un début franc de décaissement.

Le taux de croissance, lui, est passé au niveau record et historique de -7,8% (abyssal), au lendemain du renversement du Président Gbagbo par les Forces spéciales françaises. Les institutions de Bretton Woods, récemment en mission en Côte d’Ivoire, n’envisagent qu’un relèvement de -5,8% fin 2011, pour la prévision la plus optimiste. Déjà deux fois pire que le taux de croissance enregistré par le Président Laurent Gbagbo en 2002-2003, en pleine crise militaro-politique. Rien que ça. La prévision la plus pessimiste pour la Côte d’Ivoire, fin 2011, étant de -7%. Y a-t-il comparaison possible ?

Ouattara annonce, en outre, un taux de 8% pour 2012 quand les plus brillants spécialistes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international réunis prévoient, au meilleur des cas (et nous y insistons), 6% de croissance pour… 2014-2015 ! L’effet d’annonce, Ouattara adore ! Et berce ses suiveurs d’illusion. Il n’est pas possible qu’il ait fait mieux en 100 jours que Gbagbo en 10 ans. C’est mathématiquement impossible ! Et rien ne nous garantit, d’ailleurs, qu’il fera mieux en 5 ans de mandat ou même la moitié, en 10 ans.

Quand s’y ajoute l’exacerbation du racket, sur tout le territoire national, des commerçants, des transporteurs et des planteurs sur nos routes, dans nos ports et à nos frontières, on comprend aisément que bien d’opérateurs économiques étrangers se soient détournés de la destination Côte d’Ivoire et que l’économie peine à reprendre. La « Centrale » – le Trésor de l’ex-rébellion – est officiellement démantelée mais continue d’exister dans les faits et à détourner nos recettes douanières. Il faut bien que les ex-FAFN vivent. Ouattara ne leur a pas encore versé leur pécule de guerre (5 millions de francs CFA promis par combattant).

D’un autre côté, des centaines d’Ivoiriens sont toujours en exil ou déplacés de guerre. Pas moins de 270.000 d’entre eux sont hors de la Côte d’Ivoire, selon les chiffres des Nations Unies, dont 29.000 dans les camps du HCR, au comble du malheur et de la pauvreté. 450.000 sont déplacés, sur toute la surface du territoire ivoirien et dans les missions catholiques, selon les ONG Care, Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés. Soit environ – en tout et pour tout – un peu moins d’un million d’Ivoiriens ! Qu’a fait Ouattara pour leur retour et leur réintégration ? Rien ! A part la remise de quelques vivres, aussi rares, insuffisants que ponctuels. Si nous nous trompons, qu’on nous démente. Il fait même déguerpir les camps des déplacés de Duékoué pour sa prochaine visite dans l’Ouest. Ouattara ne veut pas voir la misère dans laquelle il a plongé les Ivoiriens.

De sorte qu’actuellement, dans l’indifférence la plus absolue, l’Ouest du pays est dans la détresse et l’insécurité alimentaires les plus totales et ne doit sa survie qu’à la présence d’ONG comme « Action contre la faim » et celles citées plus haut. (A suivre).

 

DINDE Fernand AGBO

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 353 du jeudi 27 octobre 2011.

SELON L'UN DES AVOCATS DE L'EX-COUPLE PRESIDENTIEL: «ILS SONT AMAIGRIS PARCE QU'ILS JEUNENT ET PRIENT BEAUCOUP»


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Un avocat qui fait partie de la délégation ayant effectué la dernière visite au couple Gbagbo parle des photographies qui ont été publiées hier par les tabloïds locaux.


Les dernières images du couple présidentiel prises séparément à Korhogo et à Odienné dans un contexte de visite officielle des avocats au couple présidentiel ont fait l'objet de quelques commentaires au quotidien ''Aujourd'hui'' : « Effectivement, ces images sont réelles. Elles ont  été prises lors de notre avant-dernière visite au couple présidentiel, à Korhogo et à Odienné. Toutefois, je tiens à préciser que ces images n'ont pas été prises dans le jardin de sa résidence. Mais plutôt dans le jardin de la résidence présidentielle. Retenez que le Président Laurent Gbagbo est transporté dans cette résidence chaque fois qu'il reçoit la visite de ses avocats. D'autre part, pour éviter que les visiteurs captent l'image du Président, les autorités judiciaires de la ville ont décidé que les différentes visites se passent  au tribunal de la ville. Ce qui me paraît anormal, mais que voulez-vous ? Et puis, ces images amaigrissantes que vous avez vues lors de leur publication dans les journaux, c'est justement parce que le Président et son épouse Simone jeûnent et prient beaucoup. Sinon, ils vont bien et, ont un moral de fer. C'est pourquoi je demande aux ivoiriens de ne pas s'inquiéter outre-mesure, mais plutôt de prier  pour eux. »

Face à ceux qui ont commencé à douter que Dieu est réellement aux côtés du couple présidentiel, cet avocat répond : « si Dieu avait lâché  Gbagbo, si vraiment Dieu n'était pas avec lui, on ne parlerait plus de lui en termes de détenu. Il serait mort. Parce qu'en réalité, avec toutes ces bombes larguées sur sa  résidence et ce, pendant plusieurs jours, ce n'était pas évident. Dire donc que le Président Laurent Gbagbo ne doit pas sa survie à Dieu est une marque d'ingratitude à l'égard du très haut. C'est parce que Dieu a agi qu'ils vivent, lui et tous ses proches qui étaient à la résidence. Ça, je tenais à vous le dire sincèrement. »

Depuis la publication des deux photographies, tous les avocats de l'ex-couple présidentiel sont harcelés par les journalistes ivoiriens. Ces derniers souhaitent connaître les conditions de détention des Gbagbo ainsi que des autres prisonniers retenus dans les goulags nordiques d'Alassane Ouattara. D'ailleurs selon notre interlocuteur, le Président Gbagbo habite dans une autre résidence dans l'un des quartiers de Korhogo. Le pouvoir craint l'émeute autour de Laurent Gbagbo qui continue d'être adulé jusqu'au nord du pays malgré une campagne de diabolisation du régime d'Alassane Ouattara relayé par les médias internationaux et des organisations des droits de l'homme aux ordres d'oligarques financiers américains.


Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 84 du jeudi 27 octobre 2011.


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APRES 6 MOIS DE CAPTIVITE, INCASSABLES LES GBAGBO!

 

La journée d'hier restera certainement gravée dans la mémoire de Dorcas Ikpo.  A l'image de celle cauchemardesque du 11 avril 2011. A la différence que celle de mercredi fut d'un bonheur indescriptible. Et pour cause, allant ce matin-là, à son travail, elle découvrit dans le kiosque à journaux du quartier qu'elle habite, les premières images de captivité de l'ex couple présidentiel auquel elle voue une sympathie sans bornes. C'est donc sans hésiter qu'elle prit son journal préféré qui lui servait justement une photo grandeur nature du président Laurent Gbagbo. Devant la foule de ''titrologues'', elle écrasa furtivement une grosse larme qui mouillait son léger maquillage, trahissant ainsi une forte émotion et une grande joie interne.

Naturellement, elle dévora l'article d'un trait après avoir loué le Seigneur  pour avoir gardé Laurent et Simone Gbagbo, ses préférés. Combien sont-ils, les Ivoiriens et autres Africains comme Dorcas, qui ont eu un baume au cœur à la vue des images récentes en provenance de Khorogo et Odienné ? Bien malin qui pourra dresser une arithmétique exacte sur la question tant le taux de  visites sur la toile est explosif et les journaux traitant le sujet, partis comme de petits pains. C'est dire si les Ivoiriens dans leur grande majorité vouent  encore une grande sympathie à l'ancien n°1 Ivoirien.

Une relation d'amour qui n'a pas pris la moindre ride même après 6 mois de détention. Comme le moral des Gbagbo. Deux personnalités qui ont gardé leur bonne humeur et leurs sourires habituels malgré tout. C'est vrai qu'ils paraissent amaigris, mais pour qui connaît le couple, doit pouvoir mettre ce déficit pondéral au compte des moments de jeûne et prières auxquels les Gbagbo  ont  habitué leurs concitoyens. C'est pourquoi, nombre de leurs partisans étaient hier fort rassurés car ces derniers temps, de petits malins prenaient du plaisir à distiller des informations alarmantes sur l'état de santé et les conditions de détention de Laurent et Simone.

Pour rappel, c'est le 11 avril dernier, après plusieurs jours de bombardements de la coalition franco-onusienne sur la résidence présidentielle, que Laurent Gbagbo a été arrêté et transféré à l'hôtel du golf avant d'être acheminé plus tard à Korhogo.

Quant à son épouse, elle sera mise en résidence surveillée à Odienné. Tout comme le couple, bien de personnalités proches ont été mises aux arrêts et dispatchées dans les goulags du régime, dans le nord du pays. Inculpés pour la plupart pour crimes économiques, ils attendent tous, y compris les Gbagbo, la suite judiciaire que les nouvelles autorités leur réservent. Et ceux qui croyaient  atteindre ces derniers  dans leur for intérieur ont depuis hier la réponse : les Gbagbo sont incassables.


Yves de Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 84 du jeudi 27 octobre 2011.

ADO ET LA GENDARMERIE: COMME L'HUILE ET L'EAU

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Le régime d'Alassane Dramane Ouattara  a maille à partir avec le corps de la gendarmerie nationale de Côte d'Ivoire. C'est le contraire qui nous aurait surpris. Ce corps d'armée est réputé pour son respect de la loi et pour son sens de la légalité républicaine. « Pro patria pro lege » telle est la devise de cette unité de l'armée qui ne recrute pas dans les rues, les prisons et autres champs de sorgho. On y accède et on évolue dans ce corps avec un certain niveau de connaissances. C'est donc un corps qui a une haute idée de la République et des lois qui la régissent.  C'est donc à juste titre que le corps de la gendarmerie a toujours été du côté de l'Etat pour défendre ses institutions. Elle fut pendant longtemps en Côte d'Ivoire une forteresse imprenable pour la défense des valeurs républicaines. Tous les coups d'Etat qui ont précédé celui du 19 septembre 2002 ont échoué après avoir buté sur le fameux camp de la gendarmerie d'Agban. La déroute des assaillants du 19 septembre est partie de la perte du combat épique que ces derniers ont mené dans cette caserne.

On se souvient qu'à cause de cette loyauté qui leur colle à la peau et qui a pendant longtemps empêché les putschistes de tourner en rond, Alassane Ouattara qui a cru que c'était sa personne qui était visée in fine, s'était même juré de la supprimer dès son accession au pouvoir. Aujourd'hui, personne ne devrait donc être surpris qu'il les malmène autant. Nous pensons même que c'est un manque de courage politique qui fait qu'au lieu de la supprimer totalement, on procède à ce vaste mouvement d'affectations qui ressemble bien plus à une chasse aux sorcières qu'à autre chose.

Un régime qui fait la promotion de chefs de guerre ne peut logiquement cohabiter avec un corps d'armée légaliste.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 85 du vendredi 28 octobre 2011.

mercredi, 26 octobre 2011

LE CAMP OUATTARA A DES SOUCIS: LES CHOSES NE MARCHENT PAS COMME PREVU

 

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La destination Côte d'Ivoire n'enchante plus personne à travers le monde. Au contraire, on s'en méfie comme d'un serpent qui peut vous mordre à tout moment. Des sources proches des milieux diplomatiques ont indiqué, le week-end dernier, que la Côte d'Ivoire reste «un partenaire à problèmes» pour les Etats de la sous -région, pour ne citer que les plus proches. Car, ce pays demeure «une destination à risque» depuis l'arrivée de Ouattara au palais, dans les conditions tragiques. Si bien que ces Etats ont décidé d'attendre «août 2012» pour se faire une meilleure idée de l'évolution de la situation, avant de demander à leurs ressortissants de venir faire des affaires à Abidjan et à leurs entreprises qui veulent délocaliser ou étendre leurs activités de se risquer sur les bords de la lagune Ebrié.

C'est la même consigne pour les élèves et étudiants qui souhaitent venir se former dans nos écoles. Plusieurs structures et entreprises dans la sous-région, voire en Afrique, qui courtisaient régulièrement l'expertise ivoirienne ne veulent pas «pour l'instant» dit-on, se hasarder à Abidjan avec leurs cadres et leurs employés pour des formations et des stages. Du coup, les cabinets de formation qui les accueillaient se retrouvent la clé sous le paillasson. Plus de contrats, plus de marchés avant fin août 2012. Mieux, des pays africains ont expliqué à leurs investisseurs sous-régionaux qui aiment le «goût de l'aventure», même quand elle s'avère plus qu'incertaine, qu'ils le feront à leur «risque et péril». Et que «les autorités diplomatiques ne peuvent pas garantir leur sécurité». La Côte d'Ivoire, on le constate, n'est plus fréquentable. C'est l'avis des hommes d'affaires et des investisseurs européens, français notamment, qui ne sont pas rassurés au plan sécuritaire.

Fin août 2012, une date stratégique

Selon nos sources, les partenaires devenus méfiants de la Côte d'Ivoire n'ont pas donné «l'échéance » d'août 2012 par hasard. Ils veulent d'abord connaître l'issue de l'élection présidentielle en France, avant de se faire une idée de la tournure que pourraient prendre les relations entre les deux pays. Car, «beaucoup de choses vont dépendre des autorités françaises qui seront en place en ce moment- là». Lesquelles ? Les personnes introduites ne sont pas très bavardes à ce sujet, mais il n'est pas difficile de se faire un dessin. On sait que la forme prise par l'intervention française dans la crise ivoirienne n'a pas eu la caution de toute la classe politique. Même si les intérêts français restent les intérêts français, beaucoup pensent, à Paris, que «les choses auraient pu se passer autrement».

Chirac n'a pas mené son affaire de la même manière que Sarkozy, fait-on remarquer. Cela signifie qu'à la place de ce dernier, d'autres pourraient prendre des «options différentes». Il apparaît donc clairement que l'avenir du régime en place sera influencé par celui de la tutelle actuelle à l'élection présidentielle française qui aura lieu en mars 2012. Car, selon qu'un tel sera réélu ou que tel autre sera élu, les regards sur la Côte d'Ivoire resteront figés ou seront orientés dans une autre direction à l'Elysée, pour les cinq années à venir, répète-t-on à demi-mot.

Aussi jusqu'à fin août 2012, les partenaires de la Côte d'Ivoire se seront-ils donné le temps de voir la direction du vent et ses conséquences immédiates sur une période de 6 mois, soit une demi année au moins, avant de s'aventurer à Abidjan pour des affaires sérieuses. En espérant que, d'ici là, la sérénité sera revenue avec la réhabilitation effective des forces de sécurité régulières et de la Justice. Les investisseurs l'ont déjà dit à Ouattara, il faut que «l'environnement des affaires» soit «sécurisé».

Lobbying infructueux

Ils n'ont pas fléchi leur position d'un pouce, malgré les appels à l'aide de Sarkozy qui demandent avec insistance aux hommes d'affaires français d'envahir Abidjan, pour prendre tous les marchés où ils sont prioritaires. Mais ceux-ci restent prudents, car l'argent n'aime pas les bruits de botte. Autant dire que la moisson a été maigre pour ce qui est des investisseurs que le régime a pu convaincre. On n'est donc pas surpris que «Ouattara bouge» beaucoup. L'homme dont le régime est très peu fréquenté par les chefs d'Etat qui, du reste, ne se bousculent guère à l'aéroport d'Abidjan, doit se déplacer lui-même. Il est obligé d'aller en personne vendre une image hélas écornée du pays à l'extérieur. Tout en continuant, chaque jour, de demander le soutien de l'UA et de la Cedeao sur des dossiers comme ceux du retour des investisseurs, de la relocalisation de la Bad à Abidjan, de l'aide en termes de milliards des institutions financières africaines à la Côte d'Ivoire, de la sécurisation des frontières ivoiriennes avec certains pays. Entre autres soucis. Mais ce lobbying s'avère pour l'heure infructueux.

D'ailleurs, des indiscrétions font états que «les chefs d'Etat de la Cedeao et de l'Union africaine qui ont été sévèrement ébranlés par la crise postélectorale, ont demandé à Ouattara de les laisser respirer un peu, après tout ce qui s'est passé». Ceux-ci, confronté à leurs problèmes internes et à la morosité du marché de l'Uemoa qui paye un lourd tribut aux dégâts qu'ils ont contribué eux-mêmes à infliger à la Côte d'Ivoire, ont pris leur distance avec le dossier ivoirien. Ils savent que c'est une source d'ennuis. Mieux, les chefs d'Etat de la Cedeao et de l'Union africaine estiment qu'ils ont fait ce qu'ils pouvaient pour le nouvel arrivant et qu'il lui appartient maintenant de se prendre en charge.

Quant à l'Union européenne, elle est plus intransigeante à l'égard du nouveau régime qui semble la décevoir par son incapacité à gérer le pays, après que tous se soient donné tant de mal pour le hisser. Et on soupçonne que l'Ue est à l'origine des conditions drastiques posées au pouvoir pour une éventuelle aide. A savoir l'organisation d'élections législatives ouvertes à tous et crédibles, la reforme de la filière café-cacao, les réserves quant au Point d'Achèvent de l'Initiative Ppte. Une étape que le pouvoir est en train de gâcher. Alors que Laurent Gbagbo, grâce aux performances de son équipe, à sa vision et à sa bonne gestion, avait pratiquement atteint. Et qu'il aurait réussi, si Ouattara ne lui avait pas mis les bâtons dans les roues, pour l'empêcher de sortir la Côte d'Ivoire de la lourde dette extérieure qui plombe son développement.

En outre, l'Ue, après avoir découvert des aspects qu'on lui a cachés dans la crise ivoirienne, ne serait pas étrangère à la décision des juges de la Cpi de faire remonter les enquêtes sur les crimes de sang en Côte d'Ivoire aux génocides commis par les rebelles et les forces pro Ouattara depuis septembres 2002. D'où le désespoir d'un régime embourbé dans ses crimes, incapable de s'assumer et qui continue d'être tributaire, pour l'essentiel, à l'aide des autres. Quelle tristesse pour la Côte d'Ivoire, un pays qui, pourtant, recèle tant de ressources et de potentialités !


K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien « Le Temps ».


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

ABIDJAN SOUS SURVEILLANCE AERIENNE - APPARENCE DE PROPRETE A ABIDJAN OU LE REGIME CRAINT TOUJOURS UN COUP DE FORCE

 


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A Abidjan, les balayeuses des rues n'ont plus la pêche. La plupart d'entre elles totalisent six à huit mois d'arriérés de salaires et celles qui n'en peuvent plus d'attendre ont dû retourner à leurs fourneaux habituels. Mais le régime n'abdique pas. Tous les arbres en bordure des axes empruntés par le Chef de l'Etat ont été systématiquement émondés de leurs branches ; ce qui donne à la ville un air de décoiffé. Comme si le pouvoir avait plus de choses à lui reprocher, l'Université nationale continue d'être remuée de fond en comble. Les gros arbres qui la couvraient de ses feuillages bienfaisants ont été déracinés, comme partout dans la commune de Cocody. Le régime veut voir à partir du ciel ce qui se trame sur le sol et les hélicoptères de l'organisation des nations unies et des forces Licorne tournent à plein régime. « Chez nous à Yopougon-Gesco, il passent deux fois : les matins à partir de six heures et les soirs, entre dix sept heures et dix huit heures ». Témoin des ballets aériens d'hélicoptères dont les bruits rappellent les bombardements de la résidence de Laurent Gbagbo et plusieurs semaines de terreur à Abidjan, Solé Dramane mime les bruits quand ils volent à basse altitude.

C'est la réponse la plus spectaculaire du régime aux tensions dans l'armée, en plus des arrestations tous azimuts qui se poursuivent encore et qui ne sont pas près de se terminer. Un journal pro-Ouattara qui continue d'enrager contre ces bruits dans les casernes affichait à sa manchette de samedi « où se cache Abéhi ? », la nouvelle terreur du pouvoir après avoir réussi le rapatriement du colonel Konan, ancien commandant du théâtre des opérations durant les dernières années de la présidence de Laurent Gbagbo et les événements postélectoraux. Un autre se demandait dans la même journée « où sont passés les officiers pro-Gbagbo ? » dans un article illustré par la photo du colonel Konan pour qui le pouvoir loue, comme pour les autres qui sont revenus d'Accra, des chambres d'hôtel dans la commune de Cocody.

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Le palais présidentiel au Plateau continue d'être surveillé par l'ONUCI dont les chars en bloquent les principaux accès. Quant au domicile privé des Ouattara, sa transformation se poursuit. Pendant que les murs montent, la voie qui passait juste derrière lui a été agrandie à quatre, deux en aller et deux au retour. L'ancien hôtel du golfe, lui, est devenu une caserne militaire. C'est là que sont stockés tous les chars de l'ONUCI chargés de sécuriser le couple Ouattara. Tout le périmètre jusqu'au golfe a été militarisé pour les mêmes raisons et abrite les hommes de Chérif Ousmane.

Le pouvoir se méfie de tout et après avoir empêché la jeunesse du front populaire ivoirien de tenir son meeting dans la commune de Yopougon, le FPI a été contraint d'annuler celui du Plateau, la semaine dernière. Les discussions avec la direction du parti encouragée par Ouattara lui-même est au poids mort, le pouvoir étant préoccupé par une chasse aux sorcières sans précédent dans l'armée nationale où avoir servi sous Laurent Gbagbo vous marque au fer comme élément dangereux pour la ouattarandie.

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Alors qu'il avait donné trois à quatre mois pour se débarrasser de ses Forces républicaines de Côte d'Ivoire, le régime vient de les déployer en grand nombre dans tout le district d'Abidjan où elles sont à nouveau visibles même dans les venelles des communes. Les commissariats ont aussi fini par s'accommoder des FRCI qui, elles, sont armées tandis que les policiers se contentent de l'administratif.

Le pays continue de tourner mais par habitude. L'argent manque et le régime a perdu le crédit qu'il s'était donné en affirmant que sa venue apporterait de l'oseille au pays. La lune de miel a été de courte durée et le gouvernement est désormais ouvertement accusé de s'approprier les chantiers de Laurent Gbagbo en souffrance en raison des divers blocages dont ceux liés à la fermeture des banques et à la désorganisation du système financier. Guillaume Soro a répondu la semaine dernière que la plupart des chantiers dont ils ont terminé les travaux avaient été négociés durant leur séjour mouvementé à l'hôtel du golfe, ce qui est bien surprenant puisque ces travaux avaient déjà leurs financements en place.

Pas très friand des contacts avec les populations, le chef de l'Etat, lui, limite au maximum ses sorties internes. Ce qui rend a priori l'ensemble de ces mesures presque dérisoires.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 82 du mardi 25 octobre 2011.

mardi, 25 octobre 2011

LES DERNIERES IMAGES DE LAURENT ET SIMONE GBAGBO A KORHOGO ET ODIENNE

 

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Dernière image de Laurent Gbagbo à Korhogo


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Dernière image de Simone Gbagbo à Odiénné

 

Que la grâce de DIEU soit avec eux et que Sa bonté les fortifie!

 

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C'est une source qui a balancé, via Internet, ces deux photos de Laurent Gbagbo et de Simone Gbagbo. Après quelques coups de fil, nous avons pu avoir des informations. Il ressort de nos investigations que ces photos ont été prises, il y a quelques semaines. C'était au moment où des avocats ivoiriens sont allés voir l'ex-couple présidentiel dans leur ville d'incarcération. Sur la première photo, celle de l'ex-chef de l'État, on voit Laurent Gbagbo poser, sous un arbre, avec deux dames, trois hommes et deux soldats des casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

On reconnaît sur cette photo, prise à la résidence présidentielle à Korhogo, Dr Blé Christophe (2ème à partir de la gauche). Il porte un polo bleu et un pantalon kaki. Le médecin personnel de l'ex-numéro 1 ivoirien a laissé pousser ses cheveux. Après lui, la deuxième personne qui vient (3ème à partir de la gauche), en costume noir, est Me Jean Serge Gbougnon. Il fait partie du collectif des avocats ivoiriens de M. Gbagbo. Juste à côté, on reconnaît l'ex-président ivoirien. Les deux mains dans les poches, il affiche son traditionnel sourire. Laurent Gbagbo est dans une chemise Pathé'O qu'il aimait porter quand il était encore au pouvoir. Il a bonne mine et a, apparemment, gardé sa forme. La dame qui est à côté de lui, s'appelle Me Barouan Agathe. Elle aussi fait partie du collectif des avocats ivoiriens. Tout comme Me Dako (en costume et en lunette). Il est le dernier (à partir de la gauche) sur la photo.

Quant à l'image de Simone Gbagbo, elle a été prise à Odienné dans la résidence qu'elle occupe, selon nos sources. L'ex-première dame, contrairement à son époux, est un peu amaigrie. Elle sourit tout de même sur la photo. Comme nous l'avions relevé dans un présent article, la député sortante d'Abobo a les cheveux coupés. Elle a pris la photo avec les trois avocats (Me Dako à sa gauche), Me Jean Serge Gbougnon (à sa droite) et Me Barouan Agathe (arrêtée au dessus d'elle). Avec Simone Gbagbo, ils ont changé de tenues vestimentaires. Sous le fauteuil sur lequel elle est assise, on voit, sur la photo, des jeux de divertissement : jeux de lettre, de ludo... Il nous est revenu que la présidente du groupe parlementaire du Front populaire ivoirien (Fpi) passe le temps en s'adonnant à ces jeux. Elle joue avec ceux qui partagent son quotidien, comme la dame qui lui fait à manger. Bref, ces dernières photos ont le mérite de montrer comment sont devenus Laurent Gbagbo et son épouse, Simone, après leur arrestation, le 11 avril 2011.


Sylla A. in Notre Voie du mercredi 26 octobre 2011.


Source: IVOIREBUSINESS

LEGISLATIVES 2011: DES ELECTIONS MAL ENGAGEES POUR OUATTARA

 

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Plus que quatre jours pour la fin de la réception des dossiers de candidatures aux élections législatives. Et jusque-là, pas encore de signes d'une éventuelle participation du Front populaire ivoirien à ces consultations. Et aujourd'hui rien n'indique que la situation pourrait évoluer dans les prochaines heures dans le sens de l'ouverture démocratique souhaitée par tous. A moins que le régime accepte de sortir de sa morgue habituelle pour engager enfin un dialogue républicain et citoyen avec l'opposition.

Mais pour l'instant, c'est à un statut-quo sclérosant auquel l'on assiste entre le FPI et M. Dramane Ouattara. D'une part, il y a les partisans du président Laurent Gbagbo qui chaque jour, comme Pénélope, attendent l'invitation du palais présidentiel pour vider leurs préoccupations portées à la connaissance du maître des lieux. De l'autre, il y a Ouattara et les siens qui déroulent tranquillement dans l'organisation des législatives comme si de rien n'était. Comme si le FPI n'avait pas posé de conditions pour la tenue de consultations apaisées.

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D'ailleurs sur le sujet, le Prof. Sylvain Miaka Ouretto, président par intérim du parti à la rose, s'époumonait encore hier matin sur les ondes de la radio de l'Onuci. Tout en dénonçant le mépris du régime à l'endroit des questions soulevées par le FPI, il a clairement réaffirmé que son parti ne s'offrira pas en pâture aux débats électoraux du 11 décembre prochain. Pour lui, si telle est la volonté des gouvernants, ils ont tout faux car jamais, le FPI ne servira de faire-valoir à qui que ce soit, fût-il chef d'Etat. Une position qui ne fait pas forcément l'affaire de Ouattara bien qu'il fasse actuellement le dos rond. Car plus que tous, ce dernier a besoin de la participation, à ces consultations, du principal parti de l'opposition. Et cela, pour des raisons évidentes de légitimité.

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Une lecture que fait du reste, M. Daniel Baer, Sous-secrétaire d'Etat-adjoint Américain chargé de la démocratie et des droits de l'Homme, qui espère que le parti fondé par le président Laurent Gbagbo sera de la course à l'hémicycle, « faute de quoi, l'Assemblée ne sera pas représentative ». Notons que ce haut responsable  de l'administration Obama a tenu ces propos, au cours d'une conférence de presse qu'il a animée, vendredi dernier, à Abidjan, au terme d'un séjour d'une semaine en terre ivoirienne où l'homme a successivement rencontré le chef de l'Etat, des responsables de la commission électorale indépendante (CEI) et du Front populaire ivoirien.

Le moins que l'on puisse dire, à la lecture de ce tableau, c'est que Ouattara, semble bien coincé sur ce coup-là, malgré tous les leviers du pouvoir dont il dispose. Peut-être que la visite, le week-end écoulé de Jean-François Copé, Secrétaire général de l'UMP, au chef de l'Etat, aidera ce dernier à se sortir d'affaire. Car on imagine difficilement que les deux hommes n'aient pas évoqué ce sujet majeur du moment. Surtout que depuis le 11 avril 2011, pratiquement aucune décision politique d'intérêt ne se prend en Côte d'Ivoire, sans l'aval de l'Elysée. Ce sont les nouveaux termes de la coopération renforcée entre Paris et Abidjan.

Pour rappel, les ''frontistes'', invoquant l'insécurité persistante et la composition déséquilibrée de la CEI, menacent de boycotter le scrutin, six (6) moi après la fin de la crise post-électorale qui a fait officiellement 3000 morts et des dégâts matériels inestimables.


Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 81 du lundi 24 octobre 2011.

POUR DES SOLUTIONS DURABLES EN FAVEUR DES IVOIRIENS DEPLACES


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Avertissement

Les termes "autochtones", "allochtones" et "allogènes" sont utilisés dans ce document pour faire référence aux différents groupes de population vivant dans le pays selon leur appellation commune en Côte d'Ivoire. Cela ne reflète pas les politiques ou l'opinion de Care, du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) ni d'Oxfam.

Dans le contexte de la région du Moyen Cavally où l'enquête a été menée, les "autochtones" sont du groupe ethnique Guéré, les "allochtones" sont constitués de tous les autres groupes ethniques ivoiriens ayant migrés dans le Moyen Cavally et les "allogènes" sont les migrants originaires des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO).

Les bases juridiques pour les solutions durables aux déplacements sont le Cadre de mise en place de solutions durables pour les réfugiés du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et les Principes directeurs des Nations Unies relatives aux déplacements de personnes à l'intérieur de leur propre pays.

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Le premier est centré sur la promotion de solutions durables pour les personnes réfugiées et les personnes relevant de la compétence du HCR par le biais du rapatriement dans leur pays d'origine, de l'intégration sur place dans le pays d'asile ou de la réinstallation dans un pays tiers. Le deuxième document précise les droits des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays dans les Principes directeurs 28-30. Compte tenu de l'ampleur de la dynamique de retour observée sur le terrain, ce rapport se concentre majoritairement sur le retour comme solution durable.

Les citations dans ce document sont celles des répondants et ne reflètent pas nécessairement les politiques et opinions de Care, du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) ni d'Oxfam.

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Résumé exécutif

Six mois après la résolution du conflit postélectoral qu'a connu la Côte d'Ivoire à la suite des élections présidentielles contestées du 28 Novembre 2010, une crise humanitaire aux proportions significatives perdure. Alors que plus de 500 000 personnes déplacées sont retournées dans leur lieu d'origine depuis la fin du conflit en avril, approximativement 450 000 Ivoiriens continuent d'être déplacés, et ont toujours besoin, quelque soit leur situation, d'aide humanitaire et de protection.

Oxfam, le Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et Care travaillent en Côte d'Ivoire pour apporter une aide humanitaire aux individus et aux communautés touchés par la crise, qu'ils soient retournés avec alors la nécessité d'appui pour reconstruire leur vie, ou qu'ils soient encore déplacés. Reconnaissant le besoin de prendre en compte les préoccupations des personnes affectées par la crise, cette étude a été menée pour collecter des témoignages afin de mieux formuler la réponse humanitaire de tous les acteurs dans le pays.

Durant les mois de juillet et août 2011, 331 entretiens individuels et 25 groupes de discussion ont été menés avec des personnes retournées et des personnes déplacées de 27 communautés de la région du Moyen-Cavally, à l'ouest de la Côte d'Ivoire. Cela a permis de collecter des informations quant à la perception des personnes affectées par la crise sur leurs besoins humanitaires immédiats, la sécurité et les perspectives pour le futur. Ces informations ont été complétées par une recherche documentaire et des entretiens avec les acteurs humanitaires. La majorité des personnes interrogées étaient des femmes, et les données collectées ont été désagrégées et analysées par genre.

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Les résultats présentés dans ce document renvoient l'image d'une région toujours aux prises avec les effets du conflit postélectoral et qui requiert un appui durable dans la période à venir. Ci-après sont présentés quelques uns des principaux résultats de l'étude:

Les améliorations en matière de sécurité ont motivé les Ivoiriens déplacés à retourner spontanément, cependant les tensions intercommunautaires exacerbées et les litiges fonciers ne sont pas favorables à des retours durables. Les affrontements interethniques en cours entraînent de nouveaux déplacements.

Au-delà de la sécurité, les trois facteurs principaux influençant la volonté des personnes déplacées à retourner sont la disponibilité de l'aide humanitaire sur le lieu d'origine, l'aide au transport, et la disponibilité d'informations fiables sur les conditions de sécurité. Le retour des autorités civiles, le désarmement et le renforcement des patrouilles sont également fréquemment mentionnés.

Quelque 22% des personnes déplacées interrogées ont exprimé leur intention de ne pas retourner vivre dans leur lieu d'origine. La destruction de leur habitat, l'insécurité, le traumatisme vécu et les litiges fonciers sont parmi les raisons données pour ne pas retourner. Ces personnes n'avaient néanmoins peu ou pas connaissance des alternatives offertes à elles.

Des besoins humanitaires significatifs demeurent dans les zones de déplacement et dans les zones de retours. L'aide alimentaire est la priorité majeure de la plupart des répondants, avec 77 % des personnes retournées et 83% des personnes déplacées déclarant qu'ils n'ont pas assez à manger. L'abri est la deuxième préoccupation des personnes affectées par la crise. Des lacunes graves en matière d'accès à l'éducation, aux soins de santé et à l'eau sont également mises en lumière que ce soit dans les zones de déplacement ou dans les zones de retour.

Les moyens de subsistance ont été sérieusement mis à mal avec 58% des personnes retournées et 82% des personnes déplacées ayant complètement perdu leur source de revenu et faisant face à d'énormes défis pour reconstruire leurs vies.

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Peu de personnes parmi les déplacées et les retournées connaissent l'existence de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, et quasiment aucune ne sait comment la contacter. Les personnes cherchant réparation font face à de multiples obstacles compte tenu des énormes défis en matière de justice.

Les personnes déplacées et retournées font encore face à des menaces significatives en matière de protection en raison de la persistance d'affrontements communautaires, du racket aux barrages, du manque d'accès aux services de base, d'actes de violence et d'intimidation et du harcèlement de personnes en armes.

Bien que l'étude ne puisse pas donner une image exhaustive de tous les besoins à l'ouest de la Côte d'Ivoire, ni représenter les diverses opinions de toutes les communautés, il est clair qu'en dépit de la fin du conflit et des améliorations en matière de sécurité, la situation à dans cette région est toujours très précaire et instable.

Les consultations avec les personnes déplacées et retournées conduites pendant les mois de juillet et août révèlent que les conditions pour des solutions durables aux déplacements ne sont pas remplies. De trop nombreux retournés continuent de faire l'objet d'attaques, de harcèlement et d'intimidations dans leur zone d'origine, et beaucoup ont un accès limité voir pas d'accès aux services de base et aux mécanismes de protection. Une large proportion a perdu ses documents officiels et n'a pas accès à des mécanismes de restitution de la propriété ou de compensation pour les pertes encourues, tandis que beaucoup n'ont pas encore été en mesure de réunifier tous les membres de leur famille. Un nombre significatif de personnes déplacées n'est toujours pas prêt à retourner en raison de la peur d'attaques, du manque d'accès à leur terre ou du manque de moyens de subsistance.

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La responsabilité ultime de la protection des personnes déplacées et de la promotion de solutions durables à leur déplacement incombe au Gouvernement de Côte d'Ivoire, cependant les agences des Nations Unies, les donateurs et les ONGs jouent un rôle vital à l'appui de ses efforts. Des recommandations détaillées à l'endroit de tous ces acteurs sont faites dans le rapport. Elles incluent:

1. Assurer une politique de retour responsable et durable pour ceux touchés par le conflit: un cadre juridique national devrait promouvoir les droits des personnes déplacées et veiller à ce que tous les retours soient volontaires, sûrs, dignes et durables. Un meilleur profilage des mouvements de population et une meilleure information des personnes déplacées, internes et externes, sont nécessaires pour ce faire. Toute stratégie doit prendre en compte les causes profondes du conflit, y compris les litiges fonciers et les préoccupations sécuritaires récurrentes.

2. Améliorer l'aide humanitaire et fournir une meilleur appui à la relance des moyens de subsistance: un appui bien plus important est nécessaire pour les personnes déplacées et retournées, en particulier dans l'ouest et en particulier dans les domaines de l'alimentation, de l'abri et des moyens de subsistance même si des besoins significatifs perdurent au niveau de l'accès aux services de base et pour assurer le respect des normes SPHERE dans les sites de déplacement. Un soutien d'une plus grande ampleur est attendu des donateurs pour couvrir les besoins identifiés dans le Plan d'action humanitaire d'urgence (EHAP).

3. Promouvoir le rétablissement de l'état de droit, appuyer la réconciliation et prévenir de nouvelles flambées de violence et de nouveaux déplacements : des retours durables ne seront garantis que si la sécurité, la justice et la réconciliation sont effectives. Pour ce faire, la réforme du secteur de la sécurité, le rétablissement de l'état de droit, et la mise en place d'un système de référencement et de réparation sont requis. Le renforcement des patrouilles dans les zones non sécurisées, le rétablissement effectif des autorités civiles, un processus de désarmement, démobilisation et réinsertion ainsi qu'une meilleure information sur l'existence et le mandat de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation sont de même nécessaires.

 

Pour lire tout le rapport en PDF de l'étude, cliquer: ICI

SIX MOIS APRES: L'URGENCE HUMANITAIRE PERDURE ET MET EN PERIL LES RETOURS ET LA RECONCILIATION EN COTE D'IVOIRE

 

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Abidjan, Côte d'Ivoire, 11 Octobre 2011 - Dans un rapport conjoint publié aujourd'hui, les organisations humanitaires internationales, Oxfam, Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et Care, avertissent qu'une crise humanitaire aux proportions significatives perdure six mois après la résolution de la crise politique dans le pays.

Basé sur des consultations avec les personnes déplacées et retournées et des recherches menées durant les derniers mois dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, le rapport conjoint "Pour des solutions durables pour les déplacés ivoiriens " révèle que les conditions pour des retours durables ne sont pas encore réalisées et que des besoins humanitaires et de protection non couverts menacent les efforts faits pour promouvoir la paix, la réconciliation et la possibilité pour les populations concernées de rentrer chez elles et de reconstruire leur vie.

"La situation est toujours très précaire et la population touchée par le conflit, en particulier à l'ouest du pays, a toujours besoins d'assistance et de protection", a déclaré le Coordinateur humanitaire d'Oxfam pour l'Afrique de l'ouest, Philippe Conraud. "Nous devons travailler tous ensemble pour assurer une bien meilleure réponse et offrir des solutions durables aux Ivoiriens déplacés. L'enjeu est de leur permettre de reconstruire leur vie et de prévenir de nouvelles violences et déplacements."

A ce jour, quelques 500 000 personnes déplacées, internes ou externes, sont retournées sur leur lieu d'origine depuis la fin du conflit en avril, mais environ 450 000 ivoiriens continuent d'être déplacés, à l'intérieur de leur propre pays ou dans des pays voisins. Et, en dépit du besoin persistant d'une aide humanitaire de grande ampleur, l'appel international d'urgence lancé par les Nations Unies n'est financé qu'à 29 pour cent.

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Le rapport confirme que des besoins humanitaires persistent. Parmi les personnes interrogées, l'alimentation est la priorité majeure, avec 77 pour cent des personnes retournées et 83 pour cent des personnes déplacées déclarant qu'elles n'ont pas assez à manger. L'abri est un autre défi entravant des retours durables. La moitié des personnes déplacées ayant exprimé leur intention de ne pas retourner dans leur lieu d'origine ont cité la destruction de leur maison comme raison principale. La peur liée à l'insécurité et le manque de moyens pour payer le transport ont également été cités.

"L'alimentation, l'abri et le soutien aux moyens de subsistance sont des besoins pressants qui requièrent qu'un haut niveau de priorité leur soit accordé afin de donner aux populations concernées le soutien dont elles ont besoin pour retourner chez elle, pour reconstruire leur vie et pour vivre en paix", a déclaré le Directeur de Care en Côte d'Ivoire, Steve Wallace.

Le rapport décrit comment ceux qui ont choisi de rentrer dans leur zone d'origine ont été encouragés par l'amélioration générale de la sécurité mais également motivés par l'accès à la terre, à l'alimentation et à des activités génératrices de revenus sur les sites de déplacement. Ils sont souvent retournés dans des conditions très précaires, sans le soutien requis pour assurer que leur retour soit une solution durable et - comme ceux qui continuent d'être déplacés dans les camps ou les familles d'accueil - ils sont largement dépendants de l'aide pour restaurer leurs moyens de subsistance. Parmi ceux interrogés lors de l'enquête, 58 pour cent des personnes retournées et 82 pour cent des personnes déplacées ont complètement perdu leurs sources de revenu.

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Beaucoup d'ivoiriens gardent à l'esprit des préoccupations sécuritaires et celles-ci continuent d'entraver le retour à la normale. Le rapport souligne également le besoin de renforcer l'accès à la justice et souligne que seul 28 pour cent des personnes interrogées connaissent l'existence de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation récemment lancée.

"L'ouest de la Côte d'Ivoire est toujours aux prises avec les effets de la crise postélectorale et requiert un appui durable pour la période charnière à venir ", a déclaré le Directeur régional du Conseil danois pour les réfugiés pour l'Afrique de l'ouest, Gilles Ponserre. "Davantage doit être fait pour apporter une aide humanitaire plus adéquate aux personnes affectées par le conflit, et davantage doit également être fait pour améliorer la sécurité et l'accès à la justice dans la région afin de permettre une paix et une réconciliation durables".

Sur la base des priorités identifiées au travers de consultations menées avec les personnes déplacées et retournées, Oxfam, DRC et Care font des recommandations spécifiques visant la mise en place d'une politique de retour durable pour les personnes affectés par le conflit, le rétablissement rapide de l'état de droit, l'appui aux efforts de réconciliation et une aide humanitaire plus adéquate et mieux financée - notamment en matière d'alimentation, d'abri et d'appui aux moyens de subsistance.


Pour plus d'informations, veuillez contacter:


Gaëlle Bausson, Advocacy and Communications

Oxfam (Côte d'Ivoire) (+225) 40 79 58 62

gbausson@oxfam.org.uk


Gilles Ponserre, Directeur regional pour l'Afrique de l'ouest

Conseil danois pour les réfugiés +225 04 01 71 52

rd-wa@drc.dk


Steve Wallace, Directeur pays

Care (Côte d'Ivoire) +225 02 50 92 88

swallace@careci.org


Pour télécharger le document PDF original du rapport, cliquer: ICI

lundi, 24 octobre 2011

ELECTIONS LEGISLATIVES: LE RHDP AU BORD DE L'IMPLOSION


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Pdci-Rdr, y a palabre! « Les mercredi, jeudi et vendredi derniers, nous nous sommes réunis à la maison du parti (Pdci), et nous avons décidé de quitter le Rhdp, si le Rdr continue de ne pas venir aux réunions ». C'est sur un ton coléreux qu'un haut cadre du parti démocratique de Côte d'Ivoire, qui a souhaité garder l'anonymat, nous a joint hier dimanche 23 octobre 2011. Des propos qui traduisaient vraisemblablement un ras-le-bol. A l'entendre, le rassemblement des houphouétistes serait en ce moment grippé par une mésentente entre les deux ténors de cette coalition politique, à savoir le Pdci et le Rdr, sur la question des élections législatives de décembre 2011. Le parti d'Alassane Ouattara ne jouerait pas franc jeu avec celui de son aîné Henri Konan Bédié, sur la façon d'aborder ce scrutin, afin d'assurer une victoire à la coalition au pouvoir. Selon notre interlocuteur d'hier, le Rhdp avait convenu de faire des réunions périodiques pour définir les différents angles d'attaque des élections législatives, notamment en ce qui concerne le choix des personnalités devant défendre les couleurs des partis du Rhdp.

Le président du directoire de cette coalition, le professeur Alphonse Djédjé Mady, a lancé à cet effet, depuis le mois de mai 2011, une invitation à tous les partis politiques du Rassemblement des houphouétistes pour ces réunions périodiques. Tous ont répondu présent, souligne notre informateur, sauf le Rdr, qui a brillé par son absence jusqu'au 15 septembre 2011, où ce parti a participé à sa première réunion, avant de s'éclipser à nouveau. A l'approche des législatives, et ne voyant pas leur allié le plus sûr à la table de discussion, Djédjé Mady a donné un coup de fil au ministre Amadou Soumahoro, le secrétaire général par intérim du Rdr, l'invitant à prendre part aux réunions. «Je n'ai pas le temps», aurait répondu le successeur de Henriette Diabaté au poste de SG du parti à la case. Une réponse qui a fait monter d'un cran la colère chez les barons du vieux parti. Qui perçoivent dans l'attitude de leur allié au pouvoir, une volonté de les rouler dans la farine.

La réponse d'Amadou Soumahoro traduit-elle un boycott ou une réelle difficulté d'harmoniser les positions avec les alliés du Rhdp ? Il faut toutefois souligner que pour ces législatives 2011, selon le président Bédié qui en est le grand patron, «le Rhdp ira en rangs dispersés, mais pas opposés». Dans la stratégie, il s'agit de privilégier les partis dela coalition en fonction de leur zone d'influence et de partager les postes dans les zones jugées neutres. Ces principes de base devraient cependant faire l'objet de réunions pour définir le nombre de candidats à mettre dans la course au parlement, qui compte désormais 255 sièges.

Pendant plus de trois mois, le Rdr a boycotté ces réunions, créant ainsi la suspicion au sein du Rhdp. Amadou Soumahoro, qui devrait prendre part à ces consultations, serait en ce moment, selon de bonnes sources, coincé par le choix des candidats du Rdr. Il doit gérer plus de 900 demandes de candidature, presque le double de la répartition qui aurait été convenue avec le Pdci (environ 400).

Ce qui crée des difficultés de choix. Avec quels arguments allait-il alors se présenter à la maison du Pdci pour décider des postes de députés ? Par ailleurs, le secrétaire général par intérim du Rdr devrait tenir compte des consignes du président Alassane Ouattara, à savoir qu'il faut privilégier les candidatures des secrétaires départementaux au détriment de certains gourous du Rdr. Or justement, de nombreux barons du parti des républicains font face à une fronde parce qu'ils sont opposés à des secrétaires départementaux. Autant d'épines que Amadou Soumahoro doit retirer de son pied pour aller à la réunion du Rhdp. L'affaire grippe donc la machine houphouétiste à un mois des législatives.

Le haut cadre du Pdci qui nous a parlé hier pense qu'avec l'attitude du Rdr, «le projet de parti unifié et de gouvernement commun du Rhdp n'est qu'une vue de l'esprit». Pour lui, le Rdr veut purement et simplement doubler le Pdci. Les deux têtes fortes de cette coalition devraient prendre le taureau par les cornes afin d'éviter l'implosion.


Mamadou Ziao, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4020 du lundi 24 octobre 2011.

vendredi, 21 octobre 2011

LA CPI: DE L'INJUSTICE INTERNATIONALE A LA JUSTICE INTERNATIONALE?



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Il y a deux semaines, nous avons eu le bonheur de lire l'article « La CPI, une cour d'injustice internationale » de l'essayiste ivoirien Anicet Djéhoury, qui présentait le visage hideux de cette machine judiciaire au service de l'impérialisme des nations puissantes de ce monde, relevant avec à-propos « la volonté des grandes puissances de mettre leurs ressortissants au-delà des lois internationales », avec « pour principal effet de faire de la CPI, un tribunal pour juger et condamner uniquement les crimes des autres ».

Ainsi l'arrivée du procureur de la Cour pénale internationale, l'argentin Luis Moreno-Ocampo, à Abidjan, le vendredi 14 octobre 2011, à la demande des nouvelles autorités ivoiriennes, est diversement appréciée. En effet, les obédiences proches du Président Laurent Gbagbo y voient l'occasion pour elles de faire enfin triompher la vérité sur le mensonge international abondamment servi au monde à la faveur de la crise postélectorale ivoirienne et d'élucider tous les crimes commis contre le peuple de Côte d'Ivoire, depuis la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Aspiration, du reste, légitime. Mais le seul fait que cette initiative soit à mettre au compte d'Alassane Ouattara, sous l'instigation de la France, n'augure rien de bon pour bon nombre d'Ivoiriens, qui y voient une mascarade et une volonté souterraine de faire payer les crimes de la crise ivoirienne au seul camp Gbagbo.

Car il est capital de relever que c'est après une visite de Ouattara en France et une autre, le jeudi 29 septembre, du ministre français de la justice, Michel Mercier, au président de la CPI, le juge sud-coréen Sang-Hyun Song, suivie de celle du ministre ivoirien Coulibaly Gnénéma des Droits de l'Homme et des Libertés publiques, à La Haye, accompagné de M. Michel Mercier, en vue d'une saisine officielle, que cette cour s'est mise en branle sur le dossier ivoirien et a circonscrit la période d'enquête à l'après 28 novembre 2010. Ces coïncidences - et accointances - sont pour le moins suspectes et dévoilent une collusion qui laisse présager une justice à sens unique de l'instance judiciaire internationale contre le Président Laurent Gbagbo et tous ses proches. D'ailleurs, de sa jeune histoire, la CPI n'a jamais bénéficié de réputation plus reluisante.

Ouattara pourrait même, pour les besoins de la cause, se délester de collaborateurs gênants dont les noms ont été cités de façon récurrente dans les rapports des ONG internationales de défense des droits humains, relatifs aux crimes postélectoraux, et notamment aux massacres de Duékoué qui ont fait plus de deux mille morts en trois jours, et immoler quelques FRCI sur l'autel de la « justice internationale » pour montrer patte blanche, quand il est lui-même le principal instigateur de toutes les violences qu'a connu notre beau pays, balafré et défiguré par la folie meurtrière et la convoitise criminelle du fauteuil présidentiel ivoirien depuis au moins 18 ans.

« Elaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l'idée d'une justice internationale a pris forme en 1998 avec l'adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l'esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde ...) n'ont pas signé le statut. D'autres (USA, Russie ...) l'ont fait mais refusent tout processus de ratification », souligne l'essayiste Anicet Djéhoury.

« A ce jour, la Cour a ouvert une procédure d'enquête dans 7 cas. Tous en Afrique (Ouganda, République Démocratique du Congo, Centrafrique, Darfour, Kenya, Libye et Côte d'Ivoire). Depuis sa création, la CPI n'est rien d'autre qu'une Cour Pénale Africaine. La colère du président de la commission de l'Union Africaine, Jean Ping contestant « l'africanisation des poursuites de la Cour » est donc légitime. Les victimes des crimes contre l'humanité en Irak (plus de 650.000 morts), des crimes de guerre en Tchétchénie (160.000 morts), en Afghanistan et à Gaza, etc. méritent mieux que le silence coupable qui leur est destiné.

Il ne s'agit ni d'encourager l'impunité en Afrique, ni de contester la compétence de la CPI sur le continent noir. Il est simplement question de dénoncer une justice instrumentalisée et à double vitesse. De contester une justice de dominants pour les puissants. Et d'appeler de tous nos vœux, une justice internationale enfin égale pour tous », plaide-t-il.

Peut-on espérer que la CPI fasse sa mue sur le dossier ivoirien ? Question pertinente et même capitale quand il est de notoriété que la CPI a toujours fait la part belle aux puissants et aux vainqueurs, et notamment aux Occidentaux, et qu'elle a toujours foulé au pied les faibles, les vaincus, et notamment les Africains.

Luis Moreno-Ocampo « jure » la main sur le cœur que justice sera faite et promet une enquête « impartiale » concernant les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre en Côte d'Ivoire. Nous en doutons, en toute légitimité. D'autant plus, quand il est reçu en grandes pompes à Abidjan par le nouveau pouvoir ivoirien, tout sourire et en totale complicité, au Palais présidentiel et à la Primature, avec un Alassane Ouattara et un Soro Guillaume ainsi « subliminalement blanchis ». « Nous sommes ici pour rencontrer les Ivoiriens et SURTOUT les victimes », avait-il clamé. Combien a-t-il donc rencontré de victimes, en seulement 24 heures, le week-end dernier (du vendredi 14 soir au samedi 15 après-midi) entre ses virées à la Présidence et à la Primature, et ses visites au Ministère de la justice, au siège de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation et à la délégation du FPI, parti du Président Laurent Gbagbo ? Mystère et boule de gomme ! Moreno-Ocampo n'a rencontré personne. « On se fout de notre gueule », permettez-moi l'expression.

Le procureur Luis Moreno-Ocampo était tout juste en villégiature en Côte d'Ivoire. L'aspect technique et professionnel de son voyage en terre ivoirienne - si crucial - lui importait peu. Tout juste l'occasion d'une belle sortie médiatique pour rassurer les puissants du monde sur sa volonté à donner suite à leurs desiderata, relativement à leur filleul Alassane Dramane Ouattara. Dans la droite ligne des missions originelles de la Cour pénale internationale. Celles à elle définies par les penseurs du Nouvel ordre mondial, même s'ils ne lèvent pas eux-mêmes le petit doigt pour ratifier le statut de Rome la portant sur les fonts baptismaux.

On se souvient que, dans le mois de juillet 2011, la Cour pénale internationale, « cette instance de justice pour indigènes », avait mis Mouammar Kadhafi en accusation ; les Etats-Unis, maîtres du monde en déclin mais encore assez puissants pour en imposer, ont royalement ignoré la décision, la considérant comme lettre morte. Donc nulle et non avenue. Pas par amour pour le Guide libyen, mais pour affirmer leur ascendance incontestable sur l'institution judiciaire, qui n'a pas à décider sans leur avis. Au grand dam du philosophe Bernard-Henri Lévy (l'autre patron du CNT) et des autorités françaises, qui avaient parrainé la mise en accusation. Les Etats-Unis ont ainsi passé l'éponge sur la décision de la magistrate de la CPI qui, « si elle avait la moindre miette de dignité, devrait démissionner, faute de pouvoir dédire Obama et ses affidés », comme l'affirme si bien le chroniqueur algérien Ahmed Halfaoui. « Elle n'en fera rien, dans la mesure où aucune décision de ce type ne peut être prise sans une injonction » des puissants de ce monde. Elle le sait. Maintenant, nous le savons aussi. Et nul n'est désormais censé l'ignorer. Cette désinvolture, la juge de la CPI l'a payée cash. Ce sont les grands de ce monde qui décident des poursuites, à la CPI, et personne d'autre, fût-il procureur ou juge au sein de l'instance judiciaire internationale. La preuve ? Elle est là dans tout son cynisme. Il en fallait une pour tous les candides et crédules « qui croient à la justice internationalisée ».

De sorte qu'il n'est « plus possible pour la CPI de conserver sa crédibilité pour autant qu'elle en ait une. Et ce n'est pas une simple question de jurisprudence, mais plutôt de validité d'une institution qui apparaît au grand jour en tant qu'arme de guerre contre ceux qui veulent résister à la domination », assène Ahmed Halfaoui. Le cas ivoirien ne s'écarte pas de cette ligne de pensée triomphante et de cette logique arrogante.

Au regard de tout ceci, nous sommes en droit de douter de la capacité de la CPI à rendre une justice équitable en Côte d'Ivoire. Ce qu'elle n'a d'ailleurs jamais fait nulle part dans le monde. Seuls les faibles et les vaincus ont eu droit à ses sentences, comme de véritables coups de glaive exterminateurs, quand les pires criminels du siècle se la coulent douce et, suprême ironie, décident de qui est coupable et de qui doit « trinquer ».

On peut donc légitimement s'interroger, en ce qui concerne le cas de la Côte d'Ivoire : Par quel coup de baguette magique, celle qui a toujours été au service des grandes puissances et de leurs intérêts va-t-elle, subitement, passer de l'injustice internationale à la justice internationale ? Nous sommes bien curieux de le savoir. Le dossier ivoirien sera peut-être le cas unique de l'histoire qui viendrait, plus que de besoin, confirmer la règle immuable de cette machine - ou plus exactement de cette machination - judiciaire à broyer de l'indigène. Qui vivra, verra ! D'ici là, il ne nous reste plus qu'à nous en remettre à celui qui nous a créés égaux, libres, dignes et fiers, pour que triomphe pour le peuple ivoirien Sa justice, souveraine, équitable et que nul ne peut esquiver.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 347 du jeudi 20 octobre 2011.

VOICI LA JUGE QUI DIT NON AU COMPLOT DE LA CPI


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Une habile campagne médiatique tend à faire croire que la Cour pénale internationale (CPI), unie comme un seul homme, est prête à fondre sur le président Gbagbo et ses proches, au nom d'une «justice des vainqueurs» absolument en phase avec celle que pratique le régime d'Abidjan.

S'il est vrai qu'un puissant lobby international mené par le gouvernement français est pressé d'envoyer Gbagbo à La Haye pour empêcher toute réversibilité de la situation politique en Côte d'Ivoire, les choses ne sont pas aussi aisées que les médias voudraient le faire croire. En interne, les juges de la Cour pénale internationale sont divisés sur le dossier ivoirien.

Ce qui témoigne de ce malaise, c'est un document produit par la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, Argentine comme le très controversé procureur Louis Moreno-Ocampo.

Un document qui s'assume comme une «opinion individuelle et partiellement dissidente», et qui est diffusé sur le site internet de la Cour.

Que conteste la juge Fernandez de Gurmendi ? Elle est, premièrement, en désaccord «avec l'approche globale de la majorité quant au rôle de la Chambre [préliminaire, ndlr]». Une Chambre préliminaire à qui l'on doit l'autorisation d'enquêter donnée au procureur Ocampo.

Selon la juge Fernandez, l'approche qui a mené à cette autorisation «n'a aucun fondement dans le cadre juridique de la Cour». Si on en croit cette juge, la Chambre préliminaire est allée au-delà de son rôle de supervision et a empiété sur la nécessaire enquête préparatoire des services du Procureur qui aurait dû précéder l'autorisation d'enquêter. Tout cela a l'air bien complexe, mais il transparaît clairement que la Cour est allée vite en besogne.

L'on est en droit de penser que certains lobbies sont trop pressés parce qu'ils se soumettent à l'agenda d'Alassane Ouattara dont la priorité des priorités est de neutraliser à jamais Laurent Gbagbo.

Restreindre la capacité d'enquête du procureur

La juge Fernandez de Gurmendi est, plus profondément, en désaccord avec le choix de la Cour sur «la portée temporelle de l'enquête autorisée». Elle écrit : «Je regrette que la majorité a décidé de restreindre l'autorisation à des crimes commis depuis le 28 Novembre 2010. Je crois que la majorité aurait pu faire reculer la date de départ pour englober, comme suggéré par le procureur, les crimes présumés commis depuis 2002, au lieu de lui ordonner de revenir avec des informations supplémentaires sur ces crimes».

Elle regrette également la limitation de la compétence de la Cour pour poursuivre les
crimes à venir, qui «peut restreindre indûment la capacité du Procureur de mener des enquêtes sur les crimes futurs découlant de la même situation de crise continue en Côte d'Ivoire». Une limitation qui, à l'en croire, n'a aucun fondement légal. On sort du texte-vérité
de la juge Fernandez de Gurmendi avec une certitude. Certains réseaux puissants veulent instrumentaliser la Cour pénale internationale pour «en finir» avec leur ennemi ivoirien - Laurent Gbagbo - tout en la bridant et en l'orientant assez pour qu'elle ne finisse pas par s'en prendre à un allié dont les troupes ont et pourraient avoir à l'avenir - vu leurs pratiques récurrentes de «gouvernance par la violence», pour reprendre l'expression du chercheur Michel Galy - beaucoup de sang ivoirien sur les mains.


Benjamin Silué


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

jeudi, 20 octobre 2011

SUPPRESSION DU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES: BEDIE SE FACHE ET MENACE

 

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Le nouveau locataire du palais a décidé de ranger au placard la Loi n° 2004-494 du 10 septembre 2004, relative au financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle. En effet, pour l'année 2011, les annexes à la loi de finance indiquent qu'aucune ressource n'a été allouée à ce chapitre. Une situation qui n'est pas faite pour plaire aux alliés de Ouattara au sein du Rhdp. En particulier à Henri Konan Bédié dont le parti est l'un des plus grands bénéficiaires de cette manne. Le président du Pdci aurait exprimé dans son entourage sa colère quant à cette décision douloureuse qui le prive des ressources pour faire vivre son parti.

Mieux, il aurait menacé, façon voilée, de remettre en cause certaines clauses du pacte qui le lie au mentor du Rdr dans le partage du gâteau après leur installation au pouvoir. La question qui est en train de fâcher au Rhdp est d'autant plus sensible que l'échéance des élections législatives se rapproche à grands pas. Les temps sont durs et le président Henri Konan Bédié ne semble pas en mesure de casquer des centaines de millions pour soutenir les candidats de son parti aux législatives. De ce fait, ceux-ci pourraient être amenés à se débrouiller seuls pour financer leur campagne.

En fait, cette pilule jugée trop amère n'était pas au programme. Au contraire, les alliés de Ouattara se frottaient plutôt les mains, dans la perspective d'un accroissement de l'enveloppe alloué par le président Gbagbo aux partis politiques, conformément à la loi susmentionnée.

«Là où Gbagbo lui-même qu'on combattait nous donnait de quoi vivre, ce n'est pas Ouattara qui va nous affamer, tout de même !», s'est exclamé, irrité, un cadre du vieux parti. Et cette préoccupation est loin de se limiter au Pdci. cette mesure de suppression du financement sur fonds de l'Etat des partis politiques qui vise surtout à asphyxier le Front populaire ivoirien (Fpi) pour le priver de moyen de survie fait tout aussi bien grincer des dents dans la « périphérie » du Rhdp. Dans les autres partis comme l'Udpci de Mabri Toikeusse et le Pit de Wodié qui s'est « rallié », l'Udcy et le Mfa, on fait grise mine à l'idée que cette oseille ne soit plus qu'un vieux souvenir, un « luxe » des temps Gbagbo que l'on regrette déjà.

Même, au Rdr, le parti de Ouattara, on boude cette mesure qui annonce des jours sans pain pour les partis. Il faut rappeler que ce sont au total 5 milliards de FCFA qui ont été alloués aux formations politiques jusqu'en 2010. Que de regrets. Car, sur ce point, les alliés de Ouattara au Rhdp semblent unanimes sur le fait que « Gbagbo ka fissa ». Ils confessent que « la suppression du financement de partis politiques n'est pas un acte de bonne gouvernance et de rigueur dans la gestion ».

Et que loin d'être une forme de gaspillage des ressources de l'Etat, elle permet, reconnaissent- ils avec Laurent Gbagbo, une meilleure traçabilité du financement des partis et concourt à éviter la mobilisation, par détournement ou par gabegie, de fonds occultes. Aussi Bédié attend-il que le mentor du Rdr revienne à de meilleurs sentiments. A moins que Ouattara permette aux ministres, aux directeurs généraux et autres cadres du Rhdp de mettre en place des caisses noires pour financer leurs partis.

Pendant que le Fpi se retrouvera dans un total dénuement.


K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien « Le Temps » N° 2470 du mercredi 19 octobre 2011.

mercredi, 19 octobre 2011

COTE D'IVOIRE: LE GRAND RETOUR DES FAUX COMPLOTS


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La Côte d'Ivoire avance vraisemblablement à reculons. Après le retour des nombreux coopérants occidentaux, notamment dans les domaines de l'économie et de la défense, c'est bien l'époque des «faux complots» qui réapparaît. Avec la vraie fausse attaque du camp Agban le week-end dernier. Décryptage des zones d'ombres qui attestent la thèse du  complot fabriqué de toutes pièces.


Dans la nuit du vendredi à samedi dernier, des tirs nourris à l'intérieur du camp de gendarmerie d'Agban sont entendus durant plus d'une demi-heure de temps. Au petit matin, les supputations vont bon train. Le ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, fait convoquer une conférence de presse pour ce même samedi à 11h. «Importante rencontre à 11h ce jour samedi 15 octobre à la Défense, pour faire le point et communiquer sur les évènements de la nuit à Agban », c'est en substance le contenu du SMS reçu à 8h 58 mn des services de communication du ministre. Une conférence de presse qui finalement n'aura pas lieu. Les journalistes ont attendu en vain avant de se faire prier de regagner leurs domiciles. Première incohérence, pourquoi convoquer aussi prestement la presse pour disent-ils «communiquer sur les évènements de la nuit à Agban» et reculer par la suite.

Ce qui est intrigant jusqu'à ce jour, ce sont les multiples zones d'ombre qui continuent d'entourer l'affaire dite de «tentative de déstabilisation !!!». Alors que la presse pro-Ouattara affirme la main sur le cœur que leur champion aurait échappé à une tentative de coup d'Etat (drôle de coup de force d'ailleurs) dans la nuit du vendredi à samedi dernier à travers des coups de feu entendus au camp Agban, situé à plus d'une vingtaine de kms de la résidence du chef de l'Etat. Il est utile de revenir sur ces faits.

Chasse aux gendarmes, arrestations tous azimuts

Pendant les détonations, selon les témoignages recueillis, les gendarmes sont restés terrés chez eux, parce que n'ayant pas pour la plupart d'armes. De plus, pour une attaque attribuée au Cdt Abéhi et à plusieurs de ses hommes restés sur place, selon la presse pro-Ouattara, il n'y a ni cibles ni champ de bataille. Encore moins de blessés ou de morts, pour une attaque à l'arme lourde et automatique ayant duré près d'une heure pour certains. Et comme par enchantement, ce fameux commando a été «mis en déroute» par les hommes du Général Gervais Kouassi, Cdt supérieur de la gendarmerie qui auraient bénéficié dit-on du renfort des forces spéciales encore inexistantes.

Comme il fallait s'y attendre, la «chasse aux gendarmes» s'est déclenchée, avec des arrestations tous azimuts. Et le clou de ce scénario bien orchestré étant l'expulsion de plusieurs familles de gendarmes réputés proches du Commandant Abéhi. Puisqu'un message radio a été attribué à un certain Tizon qu'on aurait identifié comme étant le Cdt Abéhi et qui appelait ses frères d'armes à la libération de la Côte d'Ivoire. Une orchestration vraiment digne d'un film hollywoodien version «James Bond». Jusqu'à hier soir, les riverains du camp d'Agban cherchaient toujours le «théâtre des affrontements» entre le commando et les gendarmes «loyalistes» ou encore les impacts des fortes détonations entendues.

Une «connexion» ratée avec le meeting de la JFPI

En tout cas, les responsables du Fpi ont été bien inspirés en reportant sine die le meeting de sa jeunesse prévu pour le samedi 15 octobre dernier. Sinon vraisemblablement, un vrai-faux complot se préparait contre eux. Dans le seul but de décapiter totalement ce parti, dont le réveil n'avait nullement été prévu dans tous les schémas de calculs des tenants actuels du pouvoir. Pour eux, le Fpi était bien mort après la valse des arrestations et les nombreux cadres en exil. Ainsi, en maintenant son meeting, les responsables du parti du président Gbagbo allaient se fait cueillir. Avec cette vraie fausse attaque du camp Agban, attribué aux hommes du Cdt Abehi et qui s'est perpétrée, selon toute coïncidence, le jour même de la tenue de la manifestation publique du Fpi. On aurait vite fait une connexion entre le meeting dit de «libération» et l'attaque du plus grand camp militaire du pays. Comme pour faire croire que l'opposition fomentait un coup d'état qui se cachait derrière une manifestation publique. Seulement, les ateliers de fabrique de «faux complots» du pouvoir avait omis un seul détail : que le meeting pouvait être reporté le jour même de l'évènement.

Comme en 1963 avec la valse des «faux complots» d'Houphouët, ses héritiers ne sont pas prêts de laisser ces vieilles méthodes qui permettent de régner d'une main de fer. L'opposition est donc avertie.


Gérard Koné


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

MENSONGE ANESTHESIANT POUR GOGO

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Un ami m'a parlé d'une histoire. Je vous la raconte telle qu'il me l'a lui-même racontée. S'étant rendu à Adjamé pour des achats, mon ami s'est retrouvé avec un vieux commerçant qui devait lui vendre quelques colifichets comme on en trouve de milliers à Adjamé. Pour ne pas se faire avoir, il marchande et dans ces conditions, il évoque avec lui des thèmes généraux, l'actualité, l'économie... bref, les difficultés économiques. C'est là que mon ami va s'entendre dire qu'il y a beaucoup d'argent stocké quelque part dans le pays. Après les élections législatives, cet argent va être mis en circulation et tout le monde sera heureux. Il y croyait tellement le vieux que mon ami dit n'avoir trouvé aucune ressource pour essayer de lui expliquer que ce n'est qu'un vil mensonge.

C'est donc la trouvaille des gouvernants. Maintenant que chacun sait qu'il n'y a pas d'argent au pays, que les banques, comme si elles s'étaient passé le mot, affichent « guichet en panne », il ne reste plus que le mensonge, la seule chose dans laquelle le régime excelle.

Leur laboratoire tourne à plein régime et les prochains mensonges sont peut-être déjà prêts. Telle est la nouvelle gouvernance qui nous était promise : mentir, communiquer, servir de la démagogie même à ceux qui ont sérieusement cru à toutes ces sornettes de milliards à distribuer dans un élan de générosité inédit. Hier, le Premier ministre est allé inaugurer le pont de la 8ème tranche. Avant de s'y rendre, il avait déjà dit que ce que M. Dramane fait depuis cinq mois dépasse ce que Gbagbo a fait en dix ans. C'est à croire que le chef de l'Etat a préparé tous les dossiers qui sont nécessaires à de tels investissements, si ce n'est une autre facette de la triste démagogie à laquelle nous sommes livrée depuis qu'ils sont là.


Séverine Blé, in le quotidien ivoirien N° 76 du mardi 18 octobre 2011.

mardi, 18 octobre 2011

TUERIES DES FEMMES D'ABOBO - ALAIN DOGOU MINISTRE DE LA DEFENSE ET DU SERVICE CIVIQUE DU GOUVERNEMENT AKE N'GBO: «LAURENT GBAGBO N'EST PAS CONCERNE»

 

 

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La chambre d'enquêtes préliminaire n°3 de la Cour Pénale Internationale a demandé au procureur, l'ouverture d'une enquête sur les événements post-électoraux survenus en Côte-d'Ivoire. En attendant l'aboutissement de ces procédures judiciaires, je voudrais en ma qualité de Ministre de la Défense d'alors, présenter d'abord mes condoléances aux familles de toutes les victimes de cette crise, ensuite apporter mon témoignage sur l'affaire des femmes d'Abobo, et enfin partager des interrogations sur cette affaire douloureuse vécue à l'époque par le gouvernement du professeur Aké N'GBO. 

LES FAITS

Le jeudi 3 mars 2011, autour de 14 heures, au sortir du Conseil hebdomadaire de Ministres, le premier coup de fil que je reçois lorsque je reprends mon Global Système Mobile (GSM), est celui d'un journaliste de Radio France Internationale (RFI) qui voulait avoir mon opinion sur l'assassinat de sept (7) femmes tuées à l'arme lourde à Abobo. Je lui réponds que c'est lui qui m'informait et lui ai demandé de me situer le lieu exact des faits qu'il me rapportait ainsi.

Il me rétorqua qu'il ignorait lui-même le lieu exact mais, on lui a dit que c'était à Abobo à un carrefour. Je lui ai demandé lequel des carrefours de la grande commune d'Abobo? Il m'a répondu qu'il ne connaissait pas bien la commune d'Abobo et qu'il n'était pas sur les lieux des faits qui lui ont été rapportés par une source qui n'en savait pas plus non plus. J'ai encore demandé s'il avait échangé au préalable avec ses confrères qui ont certainement plus d'informations que lui, ce qui me permettrait de diligenter rapidement, relativement au contexte, une enquête des Services d'intelligences dans l'attente des rapports des Services opérationnels.

Il me répondit qu'eux non plus, n'en savaient pas plus que lui. Je lui ai alors conseillé de se rapprocher des Services du ministère de l'intérieur qui sont compétents à un premier niveau pour l'encadrement des manifestations publiques.

A peine ai-je raccroché avec le journaliste de RFI que mon collègue, Ministre de l'Intérieur m'appelle pour me dire qu'il venait de raccrocher avec un journaliste de l'Agence France Presse (AFP) qui l'a interrogé sur une prétendue répression par les FDS d'une marche de femmes RHDP à Abobo qui aurait occasionné six (6) morts. Je lui rapporte le contenu de mon entretien téléphonique avec le journaliste de RFI et mon collègue me dit que ce sont à peu près, les mêmes questions qu'il a posées au journaliste de l'AFP qui n'avait pas plus d'informations que celui de RFI. Dix (10) minutes plus tard, c'est le Ministre Porte-parole du Gouvernement Aké N'GBO, qui m'appelle au téléphone parce qu'assailli dit-il, par des journalistes de la presse étrangère qui réclamaient une déclaration du Gouvernement sur la répression sanglante par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) d'une marche de femmes à Abobo.

J'entre alors en contact avec le Commandant Supérieur de la Gendarmerie puis le Chef d'Etat Major pour en savoir un peu plus sur cette prétendue affaire. Ils me répondirent l'un après l'autre qu'ils n'en savent rien. Je leur demande néanmoins d'interroger leurs différents collaborateurs sur le terrain pour être situés sur ces allégations contre les FDS et de me faire parvenir un rapport circonstancié.

Dans le même temps, les chaînes de télévisions françaises : I-Télé et France 24 diffusaient en boucle, des images d'une prétendue marche de femmes à Abidjan réprimée violemment par les FDS ayant occasionné (six) 6 morts. A l'évidence, les images qui sont diffusées pour illustrer les commentaires étaient des images d'archives d'une manifestation qui s'était déroulée quelques mois plutôt dans une autre commune d'Abidjan. Mais, pour « tromper » les téléspectateurs, la mention « images d'archives » ne figurait ni en haut ni au bas de l'écran comme l'exige la déontologie en la matière. Les commentaires tendaient à montrer au contraire, que c'étaient des images de la marche qui avait commencé dans une ambiance de gaieté, le jeudi 3 mars 2011 et qui par la suite, auraient été dispersée à l'arme lourde par des FDS.

Après les investigations de la Police et de la Gendarmerie, l'Etat Major des FDS a produit et rendu public le 4 mars 2011 un communiqué dans lequel il ne se reconnaissait pas dans une prétendue tuerie de femmes à Abobo à l'arme lourde consécutivement à une marche.

Plus tard, au cours de la journée du vendredi 4 mars 2011, des images étaient diffusées sur des sites Internet où l'on voyait en gros plan, des hommes, des enfants et des femmes dans un fond de grand bruit puis soudain, une femme à terre avec du sang ou de l'éosine sur la tête, la camera fait un gros plan sur elle, et l'on voit qu'elle tente de se relever et quelqu'un lui souffle de se recoucher et on revoit la jeune dame entrain de se recoucher effectivement. Le cameraman certainement amateur va plus loin, fait un « balayage » rapide et présente en gros plan une femme dont la tête a explosé. Puis, dans un « zoom arrière », la camera montre le passage d'un blindé, d'un véhicule de Police et d'une ambulance. 

L'ANALYSE

A l'analyse des seules images publiées sur Internet, il est difficile d'affirmer que les faits se déroulent sur le même théâtre ou qu'il s'agit d'un montage digne d'un film de James Bond. Ce sont les seules images véritables de cette supposée marche.

Le même jeudi 3 mars 2011 au même moment où se tenait le Conseil des Ministres, l'ONUCI organisait à son siège de l'hôtel Sebroko, une conférence de presse sur les justifications de sa réception de deux (2) hélicoptères de combat MI-24 dans une crise civile de contestation de résultats d'une élection. Ce faisant, les journalistes étaient certainement tous occupés par le Conseil des Ministres et la conférence de presse de l'onuci. Il n'y avait donc aucun journaliste de la presse nationale, ni de l'Onuci, encore moins de la presse étrangère pour couvrir la troisième plus importante activité de la journée du 3 mars 2011 à savoir la marche des femmes du RHDP qui se déroulait à Abobo, à la même heure et qui aurait été violemment réprimée à l'arme lourde par des FDS de Côte d'Ivoire.

Il est tout de même curieux de constater que les seules images disponibles de cette affaire sont celles d'un caméraman amateur. Elles sont à dessein non seulement utilisées pour émouvoir la communauté nationale et surtout internationale mais également présenter le Président Laurent GBAGBO comme un tueur de manifestantes pacifiques, un tyran qu'il fallait déloger part tous les moyens de son palais, rebaptisé « bunker » par la presse internationale en comparaison de celui du boucher Adolph Hitler en 1939-1945.

Ce n'est que le sept (7) mars, soit quatre jours après, que le quotidien proche du Rassemblement des Républicains(RDR) « le Patriote » qui avait volontairement cessé de paraitre depuis une semaine est revenu pour tenter de justifier les « tueries massives » des femmes à Abobo par des FDS. A la Une de ce journal, il était écrit en surtitre : « NOUS SOMMES DE RETOUR » accompagné de trois commentaires en forme de titres : « ils ont osé tirer sur des femmes » ; « ces gens sans cœurs, sans raisons » ; « le capitaine Allah livre les noms des commanditaires ».

Trois photographies isolées illustraient ces commentaires : la première présente en gros plan des femmes avec des pancartes, la seconde montre une seule femme à terre et, la troisième est une photo d'un char dans une rue. Ces trois photos, on peut en trouver de la même nature dans les photothèques de tous les journaux ivoiriens qu'ils aient couverts ou pas, une manifestation publique de cette envergure le 3 mars 2011.

Interrogée sur les mouvements de véhicules de Gendarmerie et de Police effectués dans la commune d'Abobo le jour des prétendus faits, la hiérarchie militaire a répondu que le jeudi 3 mars 2011, il y a eu sans incident, le ravitaillement des troupes de maintien d'ordre stationnées au camp de Gendarmerie d'Abobo.

L'affaire du massacre à l'arme lourde de femmes manifestantes a été surmédiatisée sans que personne ne situe ni les lieux ni l'heure de survenue, en dehors des images de la camera amateur. Les illustrations du journal « le Patriote » relevaient plus d'une imagination malsaine savamment préméditée. Malgré cela, L'ONUCI a repris à son compte les dépêches d'Agences de presse et le Conseil de Sécurité a été saisi d'un rapport sur une prétendue utilisation d'armes lourdes sur des femmes par les FDS.

C'était l'indignation et la consternation internationale malgré les démentis formels faits par le Gouvernement Aké N'GBO par son porte-parole le 4 mars 2011 et la conférence de presse des Ministres de l'Intérieur et de la Défense le 5 mars 2011, le Président Laurent GBAGBO est accusé par la presse étrangère et la Communauté Internationale d'avoir assassiné des femmes opposantes à son régime.

Quelle menace particulière pouvait représenter une manifestation publique de surcroit pacifique de femmes du RHDP à Abobo le 3 mars 2011 contre le régime du Président Laurent GBAGBO pour qu'il décide de la réprimer à l'arme lourde?

Que voulait donc prouver le président Laurent GBAGBO à la communauté internationale en ordonnant le « massacre » des femmes aux mains nues ?

De la version des faits selon le reportage du journal « le patriote » du 7 mars 2011, surgissent des interrogations non encore élucidées. Le char présenté à la Une de ce journal hautement partisan est-il celui qui a effectivement tiré ou est-ce une photo d'archives ? Combien de fois le char a-t-il tiré ? Comment la cible a-t-elle réagi ? Logiquement, si un blindé tire sur une foule aux mains nues, il survient une débandade généralisée occasionnant des morts, des blessés et autres dégâts collatéraux. Dans l'affaire d'Abobo, l'on ne parle que de femmes mortes et point de blessées comme si l'objectif poursuivi était exclusivement un décompte macabre. 

A QUI PROFITE LE CRIME ?

La question fondamentale que l'on est en droit de se poser est celle de savoir à qui profite le crime ? Cela parce que dès le dimanche 06 mars 2011, des femmes RHDP d'Abobo ont rendu une visite de compassion aux familles des défuntes et à celle d'un garçon de quinze (15) ans présenté par la presse proche du RDR comme la septième victime.

Au moment où le monde entier s'apprêtait à commémorer la journée internationale de la Femme célébrée tous les 8 mars de chaque année, qui avait intérêt à susciter l'émoi par l'assassinat de femmes quelques jours plus tôt ?

Des femmes mortes le 3 mars 2011, il y en a certainement eues, ce jour là, à Abobo. Mais sûrement pas dans les conditions décrites par la presse tendancieuse nationale et étrangère.

Sept (7) mois après, nombreux sont ceux qui comme moi demeurent encore dans l'expectative relativement aux conditions dans lesquelles elles furent tuées, surtout que jusqu'au mois de juillet 2011, certaines familles des victimes réclamaient au directoire du RHDP, les corps de leurs parentes pour les enterrer selon leurs rites culturels et religieux. D'autres familles de victimes ont fait leur deuil parce que le directoire du RHDP leur a répondu que leur parente a été enterrée le même jour et à leur insu !!!

Comment comprendre qu'une dépouille mortelle soit enterrée par la famille politique sans l'autorisation de la famille biologique étant entendu qu'elle n'appartient pas à la première mais à la seconde ? Et comment expliquer que des femmes supposées tuées par des FDS soient enterrées dans la précipitation, sans le moindre respect d'une procédure médico-légale ? Y avait-il des informations ou des données secrètes qu'il fallait absolument protéger ? En dehors du message de compassion apporté le dimanche 6 mars par une délégation des femmes du RHDP, quelles étaient les informations sur les dépouilles mortelles données aux familles de femmes « martyres » ?

Pourquoi le RHDP a tenu à organiser un rassemblement spécifique pour rendre des hommages particuliers à ces femmes sans attendre la cérémonie officielle dédiée à leurs victimes de la commune d'Abobo ? Y a t-il au RHDP une gradation des martyrs de la crise post-électorale ? Ou alors, est ce parce que les morgues d'Anyama et d'Abobo n'avaient pas les commodités pour recevoir des dépouilles issues d'attaques à l'armes lourdes que les femmes « martyres » du 3 mars ont été enterrées précipitamment?

La cérémonie de décoration à titre posthume, de ces femmes d'Abobo reconnues martyres par la Grande Chancellerie le 2 août 2011, n'élucide en rien le mystère de cette macabre histoire. Une telle cérémonie ne clôt pas non plus le débat sur les circonstances de leur mort provoquée.

Le constat est que les dépouilles mortelles des autres victimes d'Abobo ont été officiellement remises aux familles respectives au cours d'une cérémonie officielle le 13 octobre 2011, alors que les femmes martyres ont été enterrées dans la précipitation à l'insu de leurs familles.

Pourquoi ces traitements différentiels des victimes d'un même conflit ?

Pour mémoire, il faut rappeler que plusieurs montages grossiers ont été réalisés dans la crise ivoirienne si bien que l'on ne serait pas surpris que l'affaire des tueries des femmes d'Abobo et le charnier de Yopougon aient le même réalisateur et le même producteur parce que la mise en scène obéit à la même logique et l'objectif poursuivi est le même, diaboliser le président Laurent GBAGBO.

Dans le charnier de Yopougon, les médecins légistes avaient trouvé de l'eau dans les poumons des personnes décédées par suite de noyade au plateau et présentées comme ayant été froidement exécutées à N'dotré. Puis, l'on a vu au mois de janvier 2011 sur les écrans de télévisions françaises une personne, présentée comme un manifestant du RDR supposée morte à la suite d'une répression sanglante des FDS devant le siège de l'Onuci au Plateau, se relever tranquillement après avoir fini de jouer sa partition, ignorant qu'une autre camera continuait de tourner. Enfin, on avait aussi annoncé dès décembre 2010, l'existence d'un nouveau charnier à N'dotré. L'ONUCI après des investigations infructueuses a été obligée d'infirmer l'existence.

Dans l'affaire des tueries des femmes d'Abobo, la scène montrait une dame couverte d'un liquide de couleur rouge similaire au sang. Elle tentait de se relever quand l'ordre lui a été intimé dans une langue nationale de se recoucher car la prise de vue n'était pas encore finie...

Il est aussi intéressant d'indiquer que depuis janvier 2011, un commando dit invisible, aux méthodes médiévales sévissait dans la commune d'Abobo : six policiers tenant un poste d'observation au carrefour de la mairie ont explosé après une attaque à l'arme lourde dans la nuit du 12 au 13 janvier ; le secrétaire de la fédération FPI de Madinani venu s'abriter chez son oncle a été égorgé comme un mouton le 17 janvier sous le prétexte d'être un partisan du Président Laurent GBAGBO; un capitaine de Gendarmerie et deux de ses éléments en mission de reconnaissance ont été portés disparus au carrefour de N'Dotré le 18 janvier ; une expédition punitive nocturne a été organisée du 6 au 7 mars 2011 contre le village d'Anonkoua-kouté réputé favorable au président Laurent Gbagbo.

Tous les commissariats de Police et brigades de Gendarmerie d'Abobo ont été les cibles du commando invisible durant le mois de février 2011, ce qui a contraint l'Etat Major des FDS sous embargo depuis sept ans, à concentrer tous les Services de sécurité au camp de la Gendarmerie de ladite commune, pour continuer d'assurer la sécurité des populations résiduelles dans le contexte nouveau de guérilla urbaine imposé par le commando invisible.

Toutes les missions de ravitaillement des Forces de Sécurité rassemblées au camp de la Gendarmerie ont été attaquées par des snipers faisant presque régulièrement des dégâts du côté des FDS. A cette occasion, ont été tués un Officier et des Sous-officiers de police. Deux gendarmes ont été blessés et un char incendié à la grenade. Dans la nuit du 5 au 6 mars 2011, le centre émetteur de la télévision ivoirienne a été détruit et trois agents de sécurité qui étaient en service à l'intérieur des locaux ont été brûlés vifs après avoir été ligotés comme des cabris.

C'est dans cet environnement de troubles sérieux et graves à l'ordre public qu'on a pu observer pendant la période allant de janvier à mars 2011, des marches qualifiées de pacifiques du RHDP. Les images de ces manifestations de rue montraient parmi les marcheurs des individus munis d'armes légères et parfois lourdes ainsi que des chasseurs traditionnels « dozo » portant des fusils dont ils ne se séparent jamais. La supposée marche des femmes annoncée ou organisée le 3 mars dans cette commune aurait-elle échappé à ce dispositif ?

Dans cette affaire de tueries de femmes d'Abobo, aucune enquête spécifique n'a été réclamée ni exigée par les nouvelles autorités en place car pour le RHDP, le président Laurent GBAGBO est le seul responsable et les FDS les seuls coupables. A quoi servirait donc une enquête ? De toutes les façons, les supposés faits se seraient passés dans une commune favorable à Monsieur OUATTARA.

Pour notre part, nous sommes convaincus qu'une enquête transparente et sérieuse révélera bien de surprises. Sinon, comment expliquer la coïncidence remarquable entre la célébration nationale de la journée internationale de la femme annoncée depuis deux (2) semaines par la Télévision Nationale dans la commune de Yopougon supposée acquise au président Laurent GBAGBO et le « massacre » de femmes du RHDP à Abobo prétendu fief de Monsieur OUATTARA. A qui profite le crime ?

Une enquête minutieuse doit être menée pour déterminer les circonstances de la survenue de la tuerie de ces femmes, car ce n'est pas le Président Laurent GBAGBO qui a ordonné leurs assassinats. Ce n'est pas non plus le Premier Ministre Aké N'GBO.

Ce n'est ni le Ministre de la Défense ni celui de l'Intérieur. Rappelons que Le Chef d'Etat Major, le Commandant Supérieur de la Gendarmerie et le Directeur Général de la Police interrogés ont affirmé ne rien savoir de cette douloureuse affaire.

Mais une idée germait déjà dans l'opinion internationale, celle de faire interdire l'usage d'armes lourdes dans le District d'Abidjan dans le but d'affaiblir considérablement le système de défense des Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) dans la perceptive de la bataille d'Abidjan. Parce que ceux qu'on appelle à tort les soldats du président Laurent Gbagbo sont, en réalité les Forces de Défense et de Sécurité nationales en charge conformément aux dispositions pertinentes constitutionnelles (article 24) d'assurer la protection des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national. Ce qui n'était plus le cas depuis le déclenchement de la crise en 2002 ayant consacré la partition de fait du pays. Le président Laurent GBAGBO ne pouvait donc s'en servir contre les populations civiles contrairement aux allégations diffusées.

Tout ceci n'était-il pas le prétexte pour justifier l'intervention de la Communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l'ONU? 
Les enquêtes nous situeront certainement mais le constat est que, la mise en scène du commanditaire de l'assassinat des femmes s'est déroulée de manière linéaire. A partir de cette affaire, le Conseil de Sécurité de l'ONU a décidé d'interdire l'usage d'armes lourdes dans le seul district d'Abidjan, puis, prenant un autre faux prétexte de la violation de cette résolution le 17 mars par les FDS, il a donné mandat à l'ONUCI et à la force française LICORNE de détruire les sites stratégiques des FANCI et des Institutions de la République de Côte d'Ivoire. La suite est connue. 

EN CONCLUSION

Les procédures spécifiques engagées devant les juridictions compétentes par les avocats du Président Laurent GBAGBO et l'enquête de la Cour Pénale Internationale permettront certainement de découvrir la vérité sur les conditions de survenue de la mort de ces femmes. Leurs morts ont affecté les ivoiriens de tous les bords politiques tout simplement parce qu'on ne tire pas sur des femmes aux mains nues. C'est pourquoi, il faut, en toute objectivité et indépendance laisser la justice mener impartialement les investigations nécessaires à l'éclatement de la vérité en s'assurant que ces femmes ont été effectivement tuées et dans quelles conditions et circonstances l'ont-elles été, pour que soient situées les responsabilités afin de traduire devant les juridictions compétentes les coupables conformément aux lois en vigueur.

Contrairement à une idée répandue, les personnes qu'on qualifie de proches du Président Laurent GBAGBO ne sont pas contre la justice. Ce qu'elles réfutent c'est la justice des vainqueurs qui a cours depuis le 28 novembre 2010 avec d'un côté, les bons (les sauveurs dixit le procureur KOFFI) qui auraient mené le bon combat et de l'autre, les mauvais qui auraient agi en toute illégalité, comme si l'arrêt du Conseil Constitutionnel ivoirien qui proclame le président Laurent GBAGBO vainqueur du deuxième tour de l'élection présidentielle ne devrait produire aucun effet juridique.

Les proches du Président Laurent GBAGBO veulent savoir si oui ou non six femmes ont été tuées à Abobo et qui les a tuées. Mais au delà, élucider toutes les tueries d'Abobo comme celles des six policiers au rond point de la mairie de la même commune et les villageois d'Anonkoua-kouté. Mais avant, ils voudraient aussi savoir comment sont morts les anciens Ministres de l'Intérieur BOGA Doudou Emile et TAGRO Désiré ; les officiers des FANCI, DALI Oblé, DAGROU Loula et tous les gendarmes de Bouaké; les artistes CAMARA Yeréfè dit « H » et Marcellin Yacé; les chefs rebelles qu'étaient Oumar Diarrassouba dit « zaga-zaga », BAMBA Kassoum dit « kass », COULIBALY Adama dit « Adams » ainsi que tous les morts devant l'Hôtel Ivoire (2004) et du moyen Cavally (2011). On ne peut pas les occulter en cherchant simplement à faire inculper le président Laurent GBAGBO et le traduire devant la Cour Pénale Internationale.

Les ivoiriens veulent savoir la vérité sur tous les crimes commis depuis septembre 2002 et après cela, ils iront certainement à la réconciliation.

Laurent GBAGBO voulait simplement le recomptage des voies pour mettre définitivement fin à la crise politique née des proclamations divergentes du résultat de l'élection présidentielle faite par la Commission Electorale Indépendante et le Conseil Constitutionnel. Ceux qui ont refusé sa proposition et préféré le règlement du conflit politique par une solution militaire lui imputent la responsabilité exclusive des dégâts.

Les différentes enquêtes nous situerons sur les responsabilités des uns et des autres et permettront surtout d'identifier les véritables coupables.

 

Mardi 18 Octobre 2011


Alain DOGOU


Ministre de la Défense et du Service Civique du Gouvernement du Professeur Aké N'GBO Gilbert-Marie

 

Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

dimanche, 16 octobre 2011

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA CDVR ONT DEJA ECHOUE (Réédition)

 


CHARLES KONAN BANNY.gif

Le meeting pacifique de la JFPI à la place CP1 combattu, diabolisé et finalement reporté sous la pression des nouvelles autorités ivoiriennes, de jeunes patriotes partis au meeting (en dépit de l'annulation de fait) tabassés par les FRCI, un d'entre eux blessé par balle et transporté dans un hôpital de la place, pendant que le RHDP tenait tranquillement un meeting à la place Ficgayo (à seulement 1 Km de là), bien encadré par les FRCI qu'on disait ne pas pouvoir encadrer le leur; le commandant Séka Yapo Anselme, militaire ivoirien en exil à Accra, mis aux arrêts lors d'une escale technique de son vol en provenance du Ghana et en partance pour la Guinée. Continuité de la chasse à l'homme. Que d'impairs du gouvernement Ouattara! Je l'avais dit, la semaine dernière: Banny et la CDVR ont échoué, avant même d'avoir commencé. Nous en avons la preuve, chaque jour. Requiem pour la démocratie en Côte d'Ivoire et pour la réconciliation nationale. Bonne (re)lecture!


Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

ABSENCE PROLONGEE DE WATTAO: C'EST INQUIETANT!


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L`arrestation en août 2011 de trois ressortissants français à Abidjan par des éléments du commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, a fait grand bruit, aussi bien à Abidjan qu`à Paris. Ces Français qui disent avoir été séquestrés et dépouillés d`une importante somme d`argent ont porté plainte. Nos sources sont formelles: Paris, qui n`a pas apprécié le traitement que l`on a fait subir à ses ressortissants, l`a fait savoir au président ivoirien, Alassane Ouattara. Des langues indiscrètes murmurent même que la tête de Wattao, dont on soupçonne l`implication dans cette affaire, a été réclamée à Ouattara par l’Élysée.

Les malheurs de Wattao auraient-ils commencé à partir de cet instant ? S`il est difficile de l`affirmer, il est cependant clair que l`affaire était encore pendante lorsque le commandant en second de la Garde république a plié bagage pour les États unis d`Amérique. A-t-il fui le pays ? Un quotidien de la place, qui annonçait que l`officier supérieur avait quitté le pays, a répondu par l`affirmative. Sur cette base, peut-on affirmer, avec sérieux, que le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao a été contraint à l`exil ? Serait-il désormais indésirable auprès des nouvelles autorités ivoiriennes ? En tous cas l`absence prolongée de Wattao du pays inquiète, suscite de nombreuses interrogations et la rumeur sur ce séjour aux États unis enfle.

Selon nos investigations, le commandant en second de la Garde républicaine est sorti de la Côte d`Ivoire, après qu`il s`est soumis aux formalités d`usage, ainsi que nous l`avions écrit, il y a quelques semaines. Il a obtenu une autorisation d`absence auprès du ministère de la Défense et s`est rendu aux États unis d`Amérique pour y passer ses vacances. Naturellement, un séjour mis à profit pour s`occuper de sa famille qui vit au pays de l`Oncle Sam depuis la crise post-électorale. Tel que présenté, il n`y a rien d`anormal, encore moins de suspicieux sur ce voyage. Et, comme pour rassurer tous ceux qui ont des doutes au sujet du long séjour de l`ex-chef d`état-major adjoint des Forces nouvelles (ex-rébellion armée), un de ses proches avait laissé entendre dans les colonnes d`un confrère, que l`adjoint du patron de la Garde républicaine devrait être de retour la semaine dernière.

Mais plusieurs jours se sont écoulés et le commandant Wattao n`est toujours pas revenu, et n`a évidemment pas repris fonction. De sorte que cette absence qui se prolonge, apporte du grains à moudre à tous ceux qui pensent que le chef de la compagnie "Anaconda" est désormais contraint à l`exil. Qu`est-ce qui se passe donc réellement ? Cette question n`avait pas encore trouvé de réponse quand le ministre d`Etat, ministre de l`Intérieur, Hamed Bakayoko, invité à une émission de Radio France Internationale (Rfi), a fait cette déclaration, on ne peut plus révélatrice: "Nous l`avons interpellé, le président de la République l`a interpellé, le premier ministre l`a interpellé. Il sait qu`il ne peut pas faire ce qu`il veut". Ces propos du ministre montrent à quel point le pouvoir ivoirien n`était pas content de Wattao. L`est-il toujours ? Dans tous les cas, le ministre de l`Intérieur, à travers sa déclaration, apporte généreusement de l`eau au moulin de ceux qui ne cessent de chuchoter que ce séjour prolongé du militaire est lié aux reproches qui lui ont été faits par les principales personnalités du pays.

Selon certaines confidences,en effet, Wattao a décidé de prendre des vacances, loin du pays, et ce pour un bon bout de temps, dans le but de se faire un peu oublier et "réapparaître" à Abidjan dans une bonne disposition d`esprit, afin de mieux se mettre au service de son pays. D`autres sources rapportent que le n°2 de la Garde républicaine n`aurait plus l`intention de revenir de sitôt en Côte d`Ivoire, compte tenu de ses rapports devenus difficiles avec les autorités ivoiriennes. "Non ce n`est pas vrai!Il sera bientôt là. Pourquoi fuirait-il le pays ? C`est un homme comme tout le monde. On peut l`interpeller sur certaines situations. C`est normal. Mais de là à dire que ça ne va pas entre lui et les autorités ivoiriennes, c`est exagéré", a répliqué un soldat qui se dit proche de l`officier supérieur, avec qui nous avons conversé récemment.

A. Bouabré

 

Source: SOIR INFO

samedi, 15 octobre 2011

REACTION A L’ARTICLE «UN VENT D’OPTIMISME SUR LA COTE D’IVOIRE» DU JOURNAL FRANÇAIS «LA CROIX»

 

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Réaction à l'article « Un vent d'optimisme sur la Côte d'ivoire » du journal français « La Croix ». Quand la presse française vient au secours du régime Ouattara.


Monsieur,

Pour répondre à l'article de votre journal dont voici le lien:

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Un-ven...,

je peux vous dire que les contacts que j'ai sur place à Abidjan n'ont pas du tout le même sentiment que votre correspondant.

Tous les jours, on tue en Côte d'Ivoire. Ce sont les chasseurs traditionnels illettrés originaires du Nord de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Burkina Faso (les dozos) qui font régner la terreur à Abidjan et dans tout le pays. Ils ont pris la place des policiers et gendarmes (désarmés par l'ONU et la France). Pour ne parler que des alentours d'Abidjan, hier 2 personnes ont été tuées à Bingerville, d'autres à Yopougon et des médecins ont mêmes été tabassés au CHU de Treichville. Un meeting de l'opposition a été violemment attaqué le week-end dernier.

Il y a un manque de sécurité total dans le pays (d'ailleurs le journal britannique the Guardian annonce hier:''La Côte-d'Ivoire 2ème pays au monde où il y a le plus de meurtres'') et c'est peut-être pour cette raison que les abidjanais commencent leur journée à 7h30 au lieu de 8h parce que dès 17h la population rentre chez elle pour sa sécurité!

Votre correspondant sur place à Abidjan est très mal informé en diffusant partout que les ivoiriens sont heureux depuis que Monsieur Ouattara dirige la Cote d'Ivoire.


Sylvie Bocquet


59790 Ronchin - France


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 14 octobre 2011

LE REGARD DE LAURENT GBAGBO SUR LA COTE D'IVOIRE ET OUATTARA, DEPUIS KORHOGO, 5 MOIS APRES AVOIR ETE RENVERSE PAR LA FRANCE

 


LAURENT GBAGBO 6.jpg

Une interview du Président Laurent Gbagbo que nous avons reçue dans notre boîte e-mail et dont nous ne pouvons garantir l'authenticité. Néanmoins, son extrême proximité avec la ligne de pensée de son auteur présumé sur certains points, nous a finalement décidé à la publier sur votre blog préféré. Réalité ou manipulation? A chacun son appréciation. Bonne lecture!


Laurent Gbagbo dans tous ses états... Fernand Malgeer a interviewé le président ivoirien déchu le mois dernier, en septembre 2011. L'homme reste convaincu que la partie n'est pas encore perdue pour la démocratie. L'adversaire l'a certes neutralisé, mais l'animal politique, spécialiste du pocker menteur, qu'on appelle aussi le boulanger est étrangement animé d'un espoir voilé comme s'il détenait le joker secret de la crise ivoirienne.

 

FM : Comment vous portez-vous après cinq mois à Korhogo loin du pouvoir?

LG : Bien. Je vous le souhaite à vous et tous mes compatriotes exilés internes et externes qui souffrent encore de cette situation dramatique. 

FM: L'hebdomadaire Jeune Afrique L'intelligent nous apprend que vous êtes un peu perturbé.

LG : N'ayez pas peur des mots. Dites plutôt que je deviens fou. Je confonds mon lieu de détention au palais présidentiel, je donne des ordres, convoque des conseils des ministres... (rires). Il se dit beaucoup sur mon compte. Ne vous y trompez pas, cela fait partie du processus: on vous diabolise, on vous renverse, et on vous fait passer pour débile. Ai-je le parlé de quelqu'un qui perd la tête? 

FM: Vivez-vous en permanence dans la résidence présidentielle à Korhogo? Qu'en est-il exactement de vos conditions de détention? Vous avez été formellement inculpé, que dites-vous des chefs d'accusation qui justifient votre inculpation?

LG : Souffrez que je n'en dise pas un mot.

FM : Pourtant l'opinion nationale et internationale souhaiterait en savoir du concerné que vous êtes.

LG : Cela révèle du domaine judiciaire. Seuls mes avocats peuvent vous entretenir là-dessus. Le prévenu qu'on dit que je suis, ne souhaite donc pas se prononcer sur ces sujets. Pour le reste, excepté la politique intérieur des autres pays, je suis ouvert à vous, monsieur.

FM : Savez-vous que monsieur Koulibaly Mamadou l'ex-N° 2 de votre régime a crée son parti politique, le LIDER?

LG : J'en suis heureux pour lui. (rires).

FM : Mais il n'est pas tendre avec vous.

LG : Personne n'a jamais été tendre avec moi depuis mon entrée en politique.

FM: Vous semblez être sa cible préférée à chacune de ses sorties. Cela ne vous interpelle pas?

LG : Pourquoi cela devrait m'interpeller? (rires).  À chaque nouveau parti sa stratégie de positionnement ! Si ma modeste personne peut l'y aider, pourquoi voulez-vous qu'il s'en prive? Laissez Mamadou tranquille, c'est comme ça qu'il est, et comme ça que nous l'aimons. (rires).

FM : Que répondez-vous, lorsqu'il accuse le FPI d'être un parti tribal qui l'aurait accepté pour se donner une caution nordique?

LG : Rien qui puisse engager la polémique, si c'est que vous attendez de moi. Je suis simplement peiné, parce que nous le savons capable de mieux. S'il y a un mot ou sujet que j'évite en politique, où tout ce que vous dites, vous suit à vie, c'est bien celui-là. Nous savons où cette façon de faire la politique nous a conduit. Il faut se méfier de ceux qui jouent avec les ethnies.

FM : Est-ce à dire que le FPI (Front Populaire Ivoirien), votre formation politique, n'est pas tribal?

LG : Je vous renvoie à la carte électorale de la présidentielle. Nous comptons au moins soixante ethnies dans ce pays où, en plus de cinquante années de vie commune, le lien du mariage nous a entremêlés. Vous ne pouvez pas pointer du doigt l'autre sans que votre doigt ne soit dans votre direction. Il en est de même pour les 35% d'étrangers qui nous font l'honneur de vivre avec nous. Vous ne pouvez pas toucher à un seul d'entre eux sans toucher à un ivoirien, parce qu'il n'y a pas d'ivoirien, je dis bien un seul, qui puisse se targuer de ne pas avoir d'étranger au sein de sa famille....

C'est pourquoi malgré la prise de position de certains d'entre eux, qui continuent encore à tort de croire que la guerre faite à la Cote d'Ivoire l'est pour eux, aucune conduite à la frontière n'a été envisagée en violation de certaines lois de la sous-région, comme ce fut le cas pour des burkinabé vivant dans le sud-ouest, sous Bédié.

FM : Pourtant, il se dit que votre passage aux affaires a été des plus meurtriers pour beaucoup d'entre eux, tout comme il l'a été pour les ressortissants du nord acquis à la cause d'Alassane Ouattara.

LG : A vous entendre, on aurait dit qu'il n'y a pas de ressortissants du nord avec moi, mais pire je faisais la chasse à une certaine population. Non, c'est un mauvais procès qu'on me fait, il n'en est rien de tout ce qui se dit. Entre un président qui dirige un Etat de droit dont un des rôles régaliens est d'assurer la sécurité et un opposant qui excelle dans l'art du communautarisme à la limite du fanatisme religieux, à qui la faute s'il y a mort d'hommes? Qui réunit ces hommes et femmes très souvent armés, sur la base de la région et de la religion, pour aller défier les forces de l'ordre qui, elles-mêmes, sont représentatrices d'une Côte d'Ivoire diverse? Il n'y a qu'un seul que les ivoiriens désigneront facilement, si vous leur posez la question. C'est la deuxième fois que le même me met en prison sans que j'en appelle à la révolte de ma communauté religieuse, de ma région voire de ma tribu. Dommage que les autres veuillent forcement se voir en moi.

FM : Robert Bourgui a récemment révélé que vous avez financé la campagne de Jacques Chirac. Qu'en est-il? Je suppose que, comme les autres mis en cause, vous me direz que ce n'est pas vrai.

LG : Comment voulez-vous que je réponde à des accusations de quelqu'un qui dit ne pas avoir de preuve de ce qu'il avance? Où bien on attend de moi que je dise que je ne l'ai pas fait, mais je manque aussi de preuve pour clamer mon innocence? 

FM : Monsieur Koulibaly Mamadou le confirme...

LG : Espérons qu'il lui procure des preuves, dans la mesure où, lui, était du même camp que moi, lors de la remise de cet argent... Croyez-vous vraiment que si je faisais partie de ces magouilles, on m'aurait largué toutes ces bombes sur la tête? Le bon sens n'a jamais été une tare...

FM : Pourquoi monsieur Konan Bédié Henri, l'ex-président ivoirien et président du PDCI, vous voue-t-il cette haine viscérale?

LG : Vous l'a-t-il dit?

FM : Non... Mais il en donne l'air. Après avoir aidé monsieur Ouattara à vous ravir le poste de chef de l'Etat, il ne ferait pas d'effort pour vous sortir de là où vous êtes.

LG : Écoutez, c'est à monsieur Bédié qu'il faut poser la question, puisque personne ne m'accuse de lui avoir fait du mal, bien au contraire. Quant à me sortir d'ici, ne vous inquiétez pas, je suis assez responsable.

FM : Reconnaissez-vous maintenant monsieur Alassane Ouattara comme président de la République de la Côte d'Ivoire, après plusieurs mois de détention?

LG : Je suis allé à une élection où mon adversaire et moi soutenons tous les deux avoir remporté le scrutin. J'attends qu'on me dise qui de lui et moi est le vrai vainqueur.

FM : Mais le conseil constitutionnel l'a déclaré vainqueur !

LG : Après m'avoir déclaré en premier... Est-ce à dire que nous le sommes tous les deux? Ce serait impensable. Un pays comme le nôtre, riche de sa diversité, ne devrait pas s'éloigner de la démocratie et du respect des lois dont il s'est librement doté. Cela y va de sa stabilité. Ce serait hasardeux de croire qu'on pourra éternellement bâillonner cette énorme partie du peuple qui croit en cette voie.

FM : Etes-vous déçu de votre ami Yao Paul N'dré, l'ex-président du conseil constitutionnel?

LG : Je n'ai rien à dire.

FM : Souhaitez-vous toujours le recomptage des voix? N'avez-vous pas peur d'être perçu comme celui qui veut ressusciter la crise électorale?

LG : Ah bon ! Parce qu'elle était terminée? C'est vous qui me l'apprenez... Je sais que la France m'a renversé militairement à la demande de mon adversaire pour y être installé. Mais le fond du problème demeure. Qui de Ouattara et moi a remporté l'élection? Le candidat que je suis a le droit et le devoir de le savoir. Ceux qui ont voté pour Gbagbo ont le droit de savoir. Tout démocrate devrait le réclamer.

FM : Certains des vôtres soutiennent que vous avez perdu la présidentielle.

LG : Et d'autres, s'ils ne se posent pas des questions, affirment que je l'ai remporté.

FM : Ceux qui le soutiennent sont-ils des traîtres ou des cadres qui veulent vous régler leur compte?

LG : J'en sais rien, moi ! Mais ceux que vous appelez traîtres et que je crois manquer de conviction sont inhérents à la vie politique. La conviction est celle qui à mon sens détermine l'homme politique. Si elle vous manque, vous êtes un mâle en jupette. Dieu merci, les hommes et femmes déterminés, il y en a encore assez au FPI et dans La majorité présidentielle (LMP) qui m'a accompagné à la présidentielle, tout comme au sein du peuple de Côte d'Ivoire qu'on sous-estime gravement, à tort.

FM : Savez-vous qu'Abidjan a fière allure et qu'on y respire mieux?

LG : Dommage que je n'y sois pas pour profiter de cet air !  (rires).

FM : La population ou du moins les partisans de Ouattara célèbrent leur champion qui aurait réussi en quelques mois, ce que vous n'avez pas pu faire en dix ans. Il est au travail pour le bonheur du pays, disent-ils.

LG : Mais si c'était pour embellir Abidjan, il n'avait pas à me faire la guerre pendant des années ! Il m'aurait demandé le poste de gouverneur du district d'Abidjan, qu'il l'aurait obtenu. Ne riez pas... Honnêtement... Soyons sérieux, cher ami... Qui n'aurait pas nettoyé la ville d'Abidjan après ces violents combats qui ont fait des milliers de morts avec des ordures ménagères qui exposaient la population à des maladies? Moi, Gbagbo?

FM : Mais la situation n'était pas reluisante avant la bataille d'Abidjan.

LG : Soit, mais nettement acceptable en comparaison à celle d'après les combats. C'est vrai que le respect des lois n'est pas leur fort, mais s'ils sont honnêtes, ils vous diront que le cadre légal qui leur permet de dégager les domaines publics, malheureusement, sans dédommagement et recasement, a été défini sous mon autorité. Mais nous avons du ajourner son application pour des questions évidentes d'humanisme. Depuis 2002, tous ceux qui ont fui les combats de la rébellion se sont réfugiés à Abidjan et ne sont plus repartis jusqu'à ce jour, pour la plupart. Abidjan a vu sa population doubler. Ceux qui les ont accueillis ont du se lancer dans le système D que nous, gouvernants, avons décidés de laisser faire jusqu'à l'unification réelle du pays afin que chacun regagne sa base et que cette loi soit appliquée sans trop de désagréments. Gouverner, c'est aussi être humain. À quoi ça sert de s'en prendre aux plus démunis quand on a rien à leur donner en retour? Seraient-ils dans une logique de rendre Abidjan agréable pour le plaisir de leurs maîtres venus les encadrer et assurer leur sécurité? Ou bien le font-ils pour les ivoiriens? Si oui, où mettent-ils toutes ces ordures collectées? La Côte d'Ivoire n'a pas encore d'usine d'incinération ou de transformation des déchets que nous prévoyions. Certains seraient-ils plus aptes à vivre avec des ordures ménagères de près de 5 millions d'habitants que d'autres? Non, Ouattara ne travaille pas. Il fait du tape à l'oeil. Ses partisans feraient mieux de l'attendre sur l'Etat de droit, la sécurité des personnes et des biens, la pauvreté qui a gagné toutes les populations, la réouverture de toutes ces entreprises sinistrées par la faute de son appel à la guerre... 

FM: Vous ne pouvez pas lui en vouloir de manquer d'effort. Il est à la recherche de 13.000 milliards qu'il serait en passe d'obtenir pour exécuter son programme et démarrer ses grands chantiers. Tout ce que vous citez-là ne sera que mauvais souvenirs pour les ivoiriens, d'ici peu.

LG : Ne me faites pas rire, monsieur... Qui va-t-il les lui donner, ces milliards? Les ivoiriens sont ouverts au reste du monde et voient que des mesures d'austérités se mettent  en place partout en Europe et en Amérique. Depuis qu'ils l'ont installé, a-t-il un traitement particulier de la part de la Banque Mondiale et du FMI? Non. La Côte d'Ivoire suit les mêmes procédures et a droit aux mêmes montants de prêts qui avait occasionné son endettement par le passé, et dont nous avons tenté de rembourser une bonne partie. Demandez donc à Ouattara d'avoir un peu de respect pour ceux qui ont eu à voter pour lui. Car, nous autres savons qu'il a la frime facile et le mensonge aisé. Ce n'est pas parce que vous vous croyez ami des milliardaires qu'ils vous rendront milliardaire ! Si tel étaient le cas, avouions que leurs épouses feraient partie de la liste Forbes des fortunés. Parce qu'elles, au moins, ont l'avantage d'être plus proche de leurs époux milliardaires que le prétendu ami. Non, Ouattara n'apportera rien à la Côte d'Ivoire. Juste quelques temps et vous le découvrirez dans toute son incapacité.

FM : Que faites-vous de ses nombreuses années dans la haute finance et son carnet d'adresses qu'il met souvent en avant !

LG : Combien de fois vais-je vous le dire, cher monsieur. Ce type-là n'apportera rien à ce pays. C'est de là-bas qu'il venait, lorsqu'il fut premier ministre d'Houphouët. Il s'en est allé d'ici avec un blâme du FMI pour le plan qu'il était censé appliquer et une Cote d'Ivoire en cessation de paiement ! Le temps serait long pour vous énumérer ses méfaits de 90 à 93. Montrez-moi les pays qu'il a développé comme il le prétend de la BCEAO au FMI. Aucun ! Il excelle dans la mystification comme un gourou de secte.

FM : Aimerez-vous qu'il échoue?

LG : Honnêtement non, si tel est que c'est lui le vrai vainqueur de la présidentielle comme il le prétend. Parce qu'il est celui dont les agissements ont mis ce pays dans ce gouffre. Quoi de plus normal qu'on attende de lui réparation. Mais je suis sceptique quant à sa capacité à unir les ivoiriens d'abord et à trouver les  moyens pour réussir cette remise sur pied du pays. Observez-le, vous retiendriez qu'il est friand du superflu, du cérémonial, du beau décor, du coté martial du pouvoir...que du travail lui-même. On fait jurer les membres du gouvernement, chose qui n'existe nulle part dans notre constitution ; on dit aux chefs militaires qu'ils sont les seuls responsables des erreurs de la troupe, comme si on voulait être chef d'Etat sans être le chef suprême de son armée des temps anciens... Les plus enchantés de son camp commenceront bientôt à se poser des questions sur ses prétendues relations qui feraient pleuvoir des milliards sur le pays. Et puis, cela m'étonnerait qu'on l'ait installé pour le bonheur du peuple ivoirien après 18 ans de déstabilisation. Depuis 1993, lui et ses soutiens extérieurs empêchent les ivoiriens de vivre décemment.

FM : Pourtant, je me souviens que vous avez confié à Jeune Afrique qu'il était plutôt travailleur. Ou bien, je me trompe?

LG : Non, j'ai dit : de Bédié et lui, il est travailleur pendant que Bédié, lui, sait se faire entourer. Toute la nuance est là.

FM : Il n'a que quelques mois de pouvoir. Attendons de voir, pourrait-on être tenté de vous dire...

LG : Le début est très souvent un bon indicateur de la fin. Et ceux qui l'ont installé au mépris des règles démocratiques et de celui d'un peuple souverain qu'ils sous-estiment totalement, y compris lui-même, savent bien ce qu'ils font. Ils veulent un semblant de chef qui soit malléable parce qu'entre deux pressions : la leur et celle d'un peuple qui ne tardera pas à se faire entendre. Voyez l'état global du pays... Les problèmes qu'ils croyaient me créer lui retombent aujourd'hui dessus : l'insécurité est totale ; les bandes armées contrôlent encore le pays ; l'ouest montagneux est meurtri par un génocide ; les forêts classées sont occupées par des populations venues d'ailleurs ; le chômage a atteint son point crucial ; les concours et examens de la Fonction publique annulés ; les salaires des fonctionnaires ont du mal à être payés chaque mois ; le cacao fuit vers les pays limitrophes ; les universités sont encore fermées pendant que le primaire, le secondaire convergent vers elles. C'est très facile de créer un désordre. Mais il n'est pas donné à tous de ramener l'ordre, surtout quand vous êtes l'instigateur de ce désordre.

FM : On est un peu étonné de la virulence de vos propos alors que vous n'êtes pas libre de vos mouvements.

 

LG : Ce n'est pas parce qu'on fait des critiques qui ne plaisent pas qu'on est virulent. Je suis encore très loin de menacer de frapper un quelconque pouvoir moribond, le moment venu. Et puis, qu'est-ce qu'on me montrerait encore après tout ce que j'ai vu? La mort, me direz-vous. Celui qui me la donne, aura en héritage mes péchés.

FM : Y a-t-il des erreurs à mettre à votre compte en 10 ans de règne?

LG : Bien sûr que oui. Tous ceux qui travaillent ont droit à l'erreur.

FM : Lesquelles par exemple?

LG : La première qui peut nous être souvent fatale à tous : faire confiance.

FM : Quoi d'autre?

LG : Le reste n'est pas important...

FM : Vous ne vous sentez pas responsable de cette crise?

LG : Je ne sais pas ce que vous entendez par responsable, mais pas de la manière que l'entendent mes adversaires. Est-ce moi qui ai envoyé l'ivoirité qui leur a servi de base de revendication? Non. Est-ce moi qui ai demandé à mes militants d'aller prendre le pouvoir dans la rue après le départ du général Guéi, lors de la présidentielle qui nous a opposés? Non. Est-ce encore moi qui ai attaqué mon propre pouvoir, le 18 septembre 2002? Non. Alors, d'où vient-il que les gens soient devenus subitement amnésiques?

FM : Pourquoi 50 ans après, l'Afrique est encore à la traîne avec des guerres un peu partout où des populations d'un même pays se tirent dessus?

LG : Le refus du respect des lois. Tout bêtement. Les plus simplistes vous diront à cause des impérialistes. Mais si vous respectez la loi qui vous interdit de mettre le feu à votre pays, l'impérialiste ne peut pas vous contraindre à prendre ses armes pour le faire. Eux, sont dans leur logique de déstabilisation d'un continent qui regorge encore assez de ressources pour le piller. Mais que faisons-nous pour bâtir une unité qui les en dissuaderait? Pas grande chose ! L'occident sait qu'il est l'auteur de la balkanisation de l'Afrique, il peut donc quand bon lui semble opposer qui il veut, dans un pays qui lui doit ses frontières. Demandez à une ethnie ou région A de se mettre ensemble pour revendiquer, et vous verrez que de façon contagieuse le rival d'en face B fera de même. Une fois que les deux camps sont créés, il n'y plus qu'à aller à l'affrontement pour en sortir avec une grosse fracture sociale sur laquelle il pourra jouer à l'infini au gré de ses intérêts

FM : Vous ne faites pas cas de l'iniquité de certaines lois dans votre raisonnement.

LG : Si les lois sont iniques, faisons comprendre à celui ou ceux qui les ont mis en place, qu'elles le sont par des protestations démocratiques que sont les marches, grèves et autres. Mais jamais par les armes. Faute de quoi, les mêmes armes viendront vous arracher, tôt ou tard, ce que vous avez acquis. Dans son jeu, l'impérialisme n'a pas d'amis. Il n'a que des intérêts. Il n'aura aucune gêne à se mettre avec celui qu'il a fait chasser par vous pour vous évincer un jour.

FM : L'Afrique a donc intérêt à promouvoir le droit dans un vrai état de droit, si je vous suis?

LG : Absolument. À condition que ceux qui l'enseignent et le pratique au plus haut niveau ne donnent pas le mauvais exemple en cautionnant le faux.

FM : Qu'en est-il des milliards que vous aurez détournés pendant la décennie de pouvoir?

LG : C'est la aussi un stéréotype du président africain. On ne peut pas imaginer l'exercice du pouvoir sans détournement de deniers publics. Eh bien, j'en suis l'exception. On ne m'a pas encore montré un seul compte m'appartenant, au solde de milliards. Et quand c'est un ancien de la haute finance, comme vous le dites, qui dit n'avoir rien trouvé, (rires) vous pouvez croire que Gbagbo n'est pas venu se servir, mais servir le peuple de Côte d'Ivoire.

FM : Mais monsieur Ouattara a dit récemment, depuis New York, que vous irez en prison.

LG : Parce que je n'y suis pas encore? Laissez Ouattara à son cirque. Ce n'est pas avec cela qu'on fait  peur à un mortel de mon âge. Mieux il veut montrer qu'il est à la tête de ce pays en lambeaux, plus il nous étale sa dictature. Quand la moins attractive des marionnettes se mue en juge, cela donne aux démocrates l'idée du combat qui les attend. Ce monsieur ne fera pas reculer ce  pays sur le chemin de la démocratie.

FM : Et son envie de vous envoyez à la CPI, par exemple...

LG : Qui vous dit que je le mérite mieux que d'autres? Et en quoi cela résoudra quelque chose? On pourra m'enfermer dans une cellule en Europe, parce que je serais celui qui veut que la démocratie s'exerce dans ce pays. Mais est-ce qu'on l'aura fait pour chacun de tous ces ivoiriens qui se sentent concernés, abusés, révoltés par ce que traverse leur pays? L'histoire nous démontre que face au peuple, il n'y pas d'armée aussi puissante. En choisissant de faire la politique, j'ai aussi choisi d'accepter ce qu'elle m'offrirait comme fin. Mais qu'en est-il pour ceux d'en face? Accepteraient-ils la leur? En partant pour la CPI, je me permettrais de leur souhaiter une paix durable et une stabilité à tout épreuve.

FM : Est-ce une menace? Il ne se passe pas de jour sans rumeur de coup d'Etat. Vos partisans réfugiés au Ghana sont fortement soupçonnés de vouloir tenter un coup de force.

LG : Non, je n'ai pas l'habitude des menaces. Le FPI n'est pas non plus abonné aux putschs, son parcours le démontre. Ce n'est pas avec nous que cette pratique a gagné ce pays jadis stable.

FM : Etes-vous pour une participation du FPI aux législatives?

LG : Je n'ai aucune responsabilité au sein du FPI, le président Affi et d'autres hauts responsables du parti sont en prison comme moi. Mais, si c'est ma position que vous voulez savoir, elle a déjà été exprimée par mon porte-parole, le ministre Katinan.

FM : La réconciliation, mais justice d'abord, attend-on dire du côté du palais présidentiel, à Abidjan.

LG : On ne peut pas être démocrate et ne pas aimer la justice qui nous ramène au respect des lois. Je suis donc à l'aise dans ce schéma de réconciliation avec la justice. Cela nous amènera à comprendre beaucoup de choses. Par exemple, qui sont les agresseurs et qui sont les agressés. Comment la rébellion est née et est partie d'ici au Nord, en 2002, pour prendre le pouvoir en 2011, au Sud. Et non dans le sens inverse où on aurait vu les forces régulières partir du Sud, où elles sont le plus basées, pour reconquérir le Nord. Rien qu'avec ce tableau, l'on peut savoir qui voulait la guerre et qui était pour la paix. Bien sûr, il y a aussi les crimes de sang et économiques à élucider.

FM : Avec le recul n'avez-vous pas l'impression d'avoir été piégé en organisant la présidentielle sans le désarmement?

LG : Piégé, moi? S'il y a eu piège, il se refermera sur celui qui me l'a tendu. En politique, rien n'est jamais gagné ou perdu d'avance. On peut faire le dos rond au début et se convaincre après de la nécessité de ce qu'on vous avait proposé au début. Que les ivoiriens restent sereins et très mobilisés, la vérité éclatera. Jamais le faux n'a eu raison du vrai.

FM : Justement, à propos d'ivoiriens, ceux qui sont pour vous vous reprochent d'être trop clément avec vos adversaires.

LG : Ils ont peut-être raison. Mais, moi, je fais de la politique et non la guerre.

FM : Même quand l'adversaire vous malmène comme c'est le cas présentement?

LG : Vous savez, n'est pas cruel qui veut. C'est d'abord et avant tout une question de nature. Et puis, je crois... Si on part d'une logique, pour pouvoir assassiner son adversaire politique (c'est peut-être ce que certains me reprochent, ici), il faut être sûr qu'il est seul dans sa famille et qu'il n'a pas de militants, pour espérer ne pas subir la vengeance des siens. Or cela est impossible. Dans les pays où d'autres ont pris ce raccourci, la paix n'est plus jamais revenue. Voilà pourquoi face à un adversaire qui vous brandit la force des armes, brandissez-lui, celle du droit et soyez déterminé jusqu'à ce qu'il cède. Si vous voulez, je préfère la légitime défense, qui a un fondement juridique.

FM : Est-ce vrai qu'on vous promet la libération contre la reconnaissance d'Alassane Ouattara comme président? On se rappelle qu'au plus fort de la crise, monsieur Alain Jupé, ministre des affaires étrangères français, avait parlé d'un document à signer par vous, votre reddition.

LG : Je ne crois pas être le mieux placé pour vous répondre.

FM : Comment va votre mère qui serait réfugiée au Ghana, après que sa maison ait été pillée comme la vôtre au village?

LG : D'après mes avocats, elle va bien, merci. Si ma mère a eu le tort de m'avoir mis au monde, les ivoiriens eux ne méritent pas d'être pris en otage sur leurs propres terres par des bandes armées. Ce n'est pas bon, ce n'est pas humain. Que ceux qui ont pensé, ordonné et exécuté cette dérive y mette immédiatement fin. Evitons le chaos total au pays.

FM : Que diriez-vous d'un tête-à-tête avec Alassane Ouattara?

LG : Tout ce qui peut sortir le pays de cette impasse est le bienvenu. Mais, qu'on libère ces hommes et femmes qui sont détenus parce qu'ils ont été, pour certains, soit nommés par moi, soit mes partisans, soit des parents à  moi. Je le répète à qui veut l'entendre, le régime présidentiel qui est le nôtre fait de moi le seul responsable de ce qu'on pourrait leur reprocher.

FM : Jamais de jour sans que vous ne soyez en couverture des quotidiens ivoiriens. Est-ce à dire que vous hanter encore la scène politique ivoirienne et le pouvoir actuel?

LG : C'est peut-être là une des facettes de la gestion du pouvoir qui nous oppose. La méthode dictatoriale rend plus service à l'opposition qu'aux tenants d'un quelconque pouvoir. Peut-être aussi la crise qu'on dit être terminée ne l'est pas du tout, en réalité.

FM : Avez-vous noté que je me suis gardé d'user du titre de président pour désigner Monsieur Alassane Ouattara?

LG : Non, pas du tout. Pourquoi me le demandez-vous?

FM : Cela vous aurait peut-être fâché.

LG : Pour si peu? Non, je ne suis pas un malade du pouvoir. Ce n'est pas moi non plus qui désigne le président ivoirien. (rires).

FM : Au revoir, monsieur le président !

LG : Au revoir monsieur et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !