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vendredi, 14 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA EST-IL UN RECONCILIATEUR?


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La crise postélectorale a jeté sur les pistes et les routes africaines des centaines de milliers d'Ivoiriens, au comble du malheur et du désastre ou hantés par l'angoisse des lendemains improbables. Certains pour fuir une mort inéluctable, d'autres pour se mettre à l'abri d'éventuelles exactions ou maltraitances des « vainqueurs » désormais au pouvoir, en Côte d'Ivoire. D'autres encore, en quête de sérénité parce que ne supportant plus le bruit des armes. Pour cela, ils ont dû franchir la frontière de leur pays pour demander l'hospitalité et l'asile, loin de chez eux et, quelquefois, abandonner famille, biens et projets d'avenir. Des milliers d'entre eux en ont, pour ainsi dire, été réduits à leur plus simple expression. Des années de durs labeurs et de sacrifice parties en fumée. Un seul véritable bien leur restant, désormais : la vie sauve !

Voici la condition désastreuse de bon nombre de nos concitoyens partis en exil et vivant, pour le plus grand nombre, dans une précarité à fendre le cœur. Mais ils ont au moins le bénéfice d'une certaine quiétude et d'un répit salutaire pour leur âme en détresse. Cela, semble-t-il, n'est pas du goût du pouvoir Ouattara. Il faut absolument faire rentrer ces Ivoiriens, et surtout tous ces pro-Gbagbo en exil, qui ternissent l'image policée de l'homme du slogan médiatique de « la Côte d'ivoire rassemblée » qui peine à les convaincre d'amorcer le mouvement de retour au pays. Plusieurs délégations mandatées par le nouveau pouvoir ivoirien se sont heurtées à un mur de réticence des exilés ivoiriens.

Toutes les démarches de ses émissaires ayant fait long feu, Ouattara se charge lui-même de faire le « ménage ». Le chef de l'Etat ivoirien semble visiblement manquer de sérénité. La réconciliation faite maison tarde à venir, pour la consolidation de son pouvoir certifié par la « communauté internationale ». Il va falloir lui donner un coup de fouet pour la booster dans le sens souhaité. Surtout qu'il entendrait des bruits de bottes venir du Ghana voisin contre son régime, aux dires de la presse locale, au point de jeter quelque ombre sur les relations légendaires entre le pays de Kwamé Nkruma et le sien. Au-delà des sourires protocolaires et des discours diplomatiques. Et pour se faire, il met à contribution le président Ghanéen, John Evans Atta Mills himself, qui en bon africain nourri aux mamelles de la fraternité et de l'hospitalité, va lui ouvrir grands les bras, pour lever tout malentendu entre les deux pays.

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Reçu avec tout le faste et les honneurs dus à son rang, Alassane Ouattara ne sera malheureusement pas à la hauteur de toute la confiance investie en lui par le Président ghanéen pour rencontrer les autorités ivoiriennes et les responsables du FPI en exil, dans une entrevue qui devait servir de cadre à un échange fructueux, à un dialogue constructif, pour le retour de nos frères. Son agenda secret - le rapatriement des personnalités proches de Laurent Gbagbo poursuivies ou non - gâche la belle initiative. Le tête-à-tête annoncé et arrangé par Atta Mills se mue en une vulgaire instrumentalisation politique : la délégation des cadres LMP aura le désagrément de se rendre compte que la conférence de presse initialement prévue à House Parlement par le gouvernement ghanéen a été, soudainement et sans explication, transférée à la Conference Center du stade de Oussou. Apparemment, sous l'insistance de Ouattara. Selon des sources diplomatiques. Nos cadres en exil se retrouvent donc installés au premier rang d'une salle chauffée à blanc par des Ivoiriens, censés être des exilés en T-shirts à l'effigie de Ouattara, visiblement heureux de retrouver leur président. Jamais vu des « victimes » aussi heureuses de retrouver leur « bourreau ». Il n'en était, en fait, rien. Il s'agissait simplement du comité d'accueil RHDP transporté de Côte d'Ivoire et également suscité sur place au Ghana, pour célébrer son mentor. Ouattara, soigneux de son image internationale, n'avait qu'une obsession : montrer au monde, à travers cette machination indigne, que les exilés proches de l'ancien président sont heureux de le voir, qu'ils sont prêts à rentrer - pour preuve, les personnalités pro-Gbagbo étaient toutes présentes à son « meeting » - et que la page Gbagbo était tournée. De tête-à-tête arrangé, point question. Subodorant le coup, les personnalités ivoiriennes en exil prennent le soin de se retirer de l'auditorium avant l'arrivée de Ouattara.

Mais qu'à cela ne tienne. Le voyage officiel du chef de l'Etat ivoirien en terre ghanéenne aurait pu s'avérer, malgré tout, fructueux s'il n'en avait lui-même torpillé l'issue. Car comment comprendre qu'on puisse s'afficher comme un réconciliateur parti rencontrer ses compatriotes pour les convaincre de rentrer et demander, dans le même temps, leurs têtes à leur hôte sur un plateau d'argent ? Oui, Ouattara a bel et bien demandé au président Atta Mills d'exécuter les mandats d'arrêt qu'il a lancés contre ses propres concitoyens. Ceux mêmes qu'il était censé rencontrer en aparté, dans un dialogue franc et fraternel, loin de son « meeting ». Il s'est même félicité, sur la base des discussions qu'il a eues avec les autorités ghanéennes, de leur prochaine arrestation, à son retour à Abidjan. Quel est donc ce réconciliateur ? Des Ivoiriens ont fui leur pays pour vivre à l'étranger, afin d'avoir la paix et retrouver un peu de quiétude. Il faut encore qu'Alassane Ouattara aille les y tourmenter avec des mandats d'arrêt et des ordres de gel de comptes bancaires ! Quelle est donc cette étrange disposition de cœur ? Quel sens Ouattara a-t-il de l'hospitalité et de la fraternité africaines pour demander au Ghana de lui livrer ses protégés, contre sa propre Constitution qui lui interdit le rapatriement de force et sans raisons objectives de réfugiés ?

Au demeurant, les propos tenus par Alassane Ouattara au Ghana laissent pantois : « Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon ». Ah bon ?! J'aurais parié pour  le contraire. Monsieur le président, j'ai justement l'honneur de vous contredire ! C'est plutôt la réconciliation et le pardon qui vont accélérer le développement de notre pays. Certainement pas l'inverse ou autre chose.

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Alassane Ouattara dit, en outre : « Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive ». Honnêtement, quel criminel ou individu soupçonné de l'être viendrait-il allègrement s'offrir aux mailles de la justice qui doit l'écrouer ? Et surtout quand il s'agit de celle des « vainqueurs » que la Côte d'Ivoire s'est désormais offerte ? Cela ne correspond à aucune logique ni à aucun bon sens. Monsieur le président, la solution du retour de ces plus de 200.000 Ivoiriens en exil se trouve ailleurs, et d'ailleurs entre vos mains, et vous la connaissez très précisément : il s'agit de la libération du président Laurent Gbagbo et de tous vos prisonniers politiques et militaires. Arrêtez de chercher ailleurs et de nous conduire tous dans l'impasse d'une réconciliation des « vainqueurs ».

Pour clore le tout, Alassane Ouattara lance aux exilés ivoiriens : «  N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit. (...) Rentrez, le pays est désormais en paix ». Entre nous soit dit, de quelle paix et de quel Etat de droit s'agit-il ? Une paix et un Etat de droit faits d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement social, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances ? « Non, merci ! », semblent répondre les réfugiés ivoiriens qui sont encore et toujours massivement présents au Ghana, au Bénin et au Togo (pour ne citer que ces trois pays) et ne semblent aucunement pressés de regagner la Côte d'Ivoire, terres de leurs pères.

Un seul signal pourra convaincre nos compatriotes de rentrer : la liberté de Laurent Gbagbo. Il ne faut pas avoir fait Havard pour le comprendre. La semaine où Gbagbo sera libéré, les exilés envahiront la Côte d'Ivoire, sans aucun mot d'ordre, et la réconciliation s'amorcera d'elle-même, sans discours. C'est aussi simple que cela !

Comme nous pouvons donc l'apprécier, même en prison, c'est encore Laurent Gbagbo qui a les cartes en main. La réconciliation incombe à titre principal à Alassane Ouattara. Mais que nous donne-t-il à voir ? La continuité de la chasse à l'homme. Et pourtant, il faut bien peu pour réconcilier les Ivoiriens, quand on a une grande âme. Par la façon dont il règlera la question Gbagbo, Ouattara scellera son avenir politique. Soit comme le « réconciliateur tant attendu », soit comme le « pyromane national ». Avec les conséquences y afférentes. C'est à lui de voir. L'Histoire l'observe.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 341 du jeudi 13 octobre 2011.

DECLARATION DU FPI, SUITE A LA BARBARIE DES PARTISANS DE OUATTARA A KOUMASSI


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Déclaration de la Direction du FPI

 

Le samedi 08 Octobre 2011, à l'initiative de l'honorable YAO Yao Jules, député à l'Assemblée Nationale, élu de la commune de Koumassi et membre du Comité Central du Front Populaire Ivoirien (F.P.I), un meeting était organisé dans le quartier "Grand Campement" (Commune de Koumassi). Cette réunion publique avait rassemblé une foule immense de militants, de démocrates et de la population de Koumassi. Y participaient également plusieurs élus (députés, élus municipaux et départementaux) ainsi qu'une forte délégation de la direction du parti conduite par le Secrétaire Général et Porte-parole, le député Laurent AKOUN.

Ce rassemblement, convient-il de le rappeler, est la seconde sortie publique du FPI dans cette commune depuis l'avènement de M. OUATTARA à la tête de ce pays, le 11 avril 2011. Ce Samedi 8 Octobre, alors que le meeting battait son plein avec des messages délivrés par les responsables politiques, alors que la population fortement mobilisée écoutait attentivement les intervenants du jour, des personnes vêtues à l'effigie d'"ADO" et des FRCI et munies d'armes blanches, d'objets contondants et de projectiles, appuyés par des hommes en armes, font irruption sur le lieu du rassemblement. Elles saccagent le matériel de sonorisation et tous les biens (chaises, bâches...) ; s'attaquent aux personnalités présentes sans épargner la foule qui ne demandait qu'à vivre la contradiction démocratique. Le bilan provisoire fait état de plusieurs blessés graves, de la destruction de plusieurs véhicules dont celui du Secrétaire Général et Porte-Parole du parti et de toute la logistique mobilisée dans le cadre de ce meeting politique. Un cadre du FPI, le camarade N'GUESSAN Lavry, Secrétaire Général de la Fédération de Jacqueville, a été séquestré dans un domicile privé appartenant au "doyen" des militants RDR de Koumassi, M. Ladji. Il n'a été libéré que plusieurs heures plus tard après de vives recherches et d'intenses négociations. Dans le respect des règles républicaines, le Député YAO Yao Jules dépêché dans les commissariats pour demander secours et porter plainte n'a pu trouver d'agents en place et s'est résigné à attendre 48 heures pour pouvoir porter plainte contre X.

A l'analyse, pour la Direction du FPI, cette attaque d'une réunion publique pour laquelle toutes les formalités administratives, légales et réglementaires avaient été remplies est une tentative des «ennemis de la démocratie » de faire taire les opinions contraires à celles du pouvoir en place. Cet acte barbare et d'un autre âge tend à ramener la Côte d'Ivoire à la triste époque du parti unique. Il n'est que la mise à exécution de la menace de "mater tout meeting arrogant" proférée par M. Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR et Ministre-Conseiller de M. Alassane OUATTARA au lendemain de la première sortie publique du FPI dans la Commune de Koumassi. M. Soumahoro vient de châtier ! Cette « correction » n'est que de la volonté du pouvoir en place d'intimider, de museler et d'éteindre à jamais l'opposition démocratique incarnée par le FPI / CNRD. Le sabotage du meeting de ce samedi 08 octobre 2011 est un acte savamment conçu, préparé et mis en œuvre par le pouvoir avec à sa tête le Chef de l'Etat dont le Ministre-Conseiller (de surcroît chargé des dossiers politiques) avait annoncé les couleurs sans être publiquement interpellé.

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Face à cet acte d'intolérance caractérisée, la Direction du FPI :

- dénonce la dérive totalitaire développée en Côte d'Ivoire depuis l'avènement de M. Alassane Dramane OUATTARA à la tête de notre pays ;

- s'insurge contre l'usage inconsidéré de la violence contre ses élus, ses cadres, ses militants et sympathisants, les démocrates et la population ivoirienne nourris depuis 10 ans à la sève de la démocratie par le président Laurent GBAGBO ;

- tient personnellement pour responsable M. Alassane OUATTARA, président du RDR de la fracture définitive que font peser sur la cohésion nationale ses (nervis) hommes de mains dont les actes délibérés ne font l'objet d'aucune retenue ;

- interpelle le Chef de l'Etat sur la nécessité de veiller à la cohésion nationale conformément à la Constitution Ivoirienne ;

- prend à témoin les communautés Nationale et Internationale sur le risque irréversible de dislocation sociale que fait planer sur la Côte d'Ivoire le président OUATTARA par son obsession à gérer l'Etat par la terreur.

En cette circonstance douloureuse, la Direction du FPI exprime sa compassion aux blessés et aux victimes de cette énième "croisade" des pro-OUATTARA contre les militants du FPI, les démocrates et le peuple ivoirien. Elle assure ces derniers de sa sympathie, de son soutien et les encourage à persévérer dans la dignité et la lutte pour la Liberté.

Enfin la Direction du FPI demande aux militants, aux démocrates et au peuple ivoirien de ne point se laisser distraire par toutes ces provocations et de continuer à réclamer par tout moyen démocratique la libération du président Laurent GBAGBO, de sa famille et de ses collaborateurs pour assurer à notre peuple la réconciliation attendue.

C'est pourquoi, la Direction du FPI les exhorte à se rendre massivement au meeting de la JFPI, le samedi 15 octobre 2011 à 09 heures à la place CP1 à Yopougon.


Pour la Direction du FPI


Le Secrétaire Général et Porte-parole

Laurent AKOUN


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 13 octobre 2011

DEPUIS QUE LE CAMP OUATTARA EST AU POUVOIR, LES IVOIRIENS SOUFFRENT, SOUFFRENT, SOUFFRENT. LES FAITS

 


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Pendant que Ouattara, Soro et leur gouvernement se congratulent, les indicateurs économiques et sociaux du pays sont au rouge. Au-delà des effets de manche cosmétiques, les fondamentaux d'une reprise ne sont pas là. Explications.


«La solution est plus grave que le problème!» Avec leur légendaire sens de la formule, les Ivoiriens ordinaires ont résumé leur perception de la situation qui règne dans leur pays, six mois après le kidnapping du président Gbagbo. Loin du triomphalisme indécent des vainqueurs du moment, qui célèbrent leurs cent ( ?) jours d'exercice du pouvoir, la situation économique et sociale du pays est mauvaise, et un certain nombre de facteurs incitent au pessimisme.

Revue de chiffres et de faits qui doivent instruire les Ivoiriens, loin de la propagande de mauvais goût.

Des centaines de milliers d'Ivoiriens toujours déplacés ou réfugiés

A priori, un gouvernement vraiment soucieux de l'unité nationale et d'un retour durable à la paix aurait dû s'attaquer de manière volontariste à la question des réfugiés et des déplacés, profondément traumatisés, en grande partie par les prouesses armées des «sauveurs» de la Nation. Pas grand-chose n'a été fait sur ce terrain-là. Les chiffres des ONG internationales sont préoccupants. «Les Nations Unies recensent 29.000 déplacés dans des camps, mais estiment à 270.000 le nombre de personnes encore déplacées dans des familles d'accueil, et 170.000 sont à ce jour réfugiées au Liberia voisin», explique ainsi Vincent Taillandier, responsable géographique en charge de la Côte d'Ivoire à Action contre la faim.

Dans un rapport conjoint, les ONG Care, Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés évaluent le nombre d'Ivoiriens encore déplacés à 450 000 personnes. Près de 10% du corps électoral national ! Et le gouvernement ne fait pas grand-chose pour encourager les retours. «Les consultations avec les personnes déplacées et retournées conduites pendant les mois de juillet et août révèlent que les conditions pour des solutions durables aux déplacements ne sont pas remplies. De trop nombreux retournés continuent de faire l'objet d'attaques, de harcèlement et d'intimidations dans leur zone d'origine, et beaucoup ont un accès limité voir pas d'accès aux services de base et aux mécanismes de protection. Une large proportion a perdu ses documents officiels et n'a pas accès à des mécanismes de restitution de la propriété ou de compensation pour les pertes encourues, tandis que beaucoup n'ont pas encore été en mesure de réunifier tous les membres de leur famille. Un nombre significatif de personnes déplacées n'est toujours pas prêt à retourner en raison de la peur d'attaques, du manque d'accès à leur terre ou du manque de moyens de subsistance», écrivent les ONG. Qui publient un témoignage d'une déplacée du site de Nahibly (Duékoué) dont la clarté éblouit : «Je ne me sentirais pas en sécurité tant que le désarmement ne sera pas effectif. Les Dozos, ils me font peur. A qui rendent-ils des comptes ? Je me le demande. Et les FRCI, il n'y a pas le moindre ordre dans cette armée. Je ne peux pas leur faire confiance. Si vous êtes Guéré, ils vous tuent.» Tout cela ne semble pas émouvoir le régime actuel qui a affirmé sa pensée profonde par la bouche de Paul Koffi Koffi, ministre délégué à la Défense. «Les Frci vont s'installer ici dans la zone pour longtemps, longtemps. Que vous le voulez ou que vous ne le voulez pas, vous êtes obligés de les accepter, c'est l'armée de Côte d'Ivoire. Celui qui ne veut pas des FRCI, il n'a qu'à changer de pays et aller vivre ailleurs», a-t-il ainsi lancé aux populations de Taï, qui se plaignaient des abus des hommes en armes...

Une forte insécurité alimentaire dans l'Ouest

Les décideurs qui ont dépensé, il y a quelque temps, des milliards de FCFA pour faire la fête à Paris à l'occasion de la remise du prix Félix Houphouët-Boigny le savent-ils ? «En raison des combats, des destructions et des déplacements de population, les récoltes de cette année ont été perturbées. Dans l'Ouest, beaucoup de cultivateurs ont manqué la saison de culture du riz pluvial. Le pays est actuellement en période de soudure, particulièrement critique cette année.

Dans la zone de Zouan Hounien/Bin-Houyé/Toulépleu (ouest du pays), selon une évaluation menée (...) au mois d'août, 60% de ménages n'arrivent pas à couvrir leurs besoins alimentaires alors qu'en période de soudure normale, cette proportion est de 30%», écrit l'ONG Action contre la faim. Qui met en lumière un doublement de l'insécurité alimentaire. Selon une enquête récente, 15 000 enfants seraient malnutris.

Les prix sur les marchés ont explosé

Tout le monde s'en plaint à Abidjan : les prix des denrées alimentaires n'ont cessé d'augmenter, ce qui accroît la pauvreté des Ivoiriens. «Entre juin 2010 et juin 2011, les prix du riz, du sucre et du boeuf ont augmenté de 11%, 44% et 20% respectivement, selon l'Institut national des statistiques», écrit ainsi l'agence de presse IRIN, qui dépend des Nations unies. Bien entendu, ces prix ont quelque chose à voir avec l'atmosphère de tension entretenue dans les zones rurales par les FRCI, qui poussent les agriculteurs à fuir vers les villes, et avec le racket des mêmes FRCI qui a littéralement décuplé. «Les abus présumés des soldats partisans de M. Ouattara (qui sont maintenant l'armée nationale) et la lenteur à restaurer l'ordre public et de véritables services de police et de gendarmerie ont également un impact négatif sur l'économie», écrit ainsi sobrement l'agence IRIN.

Dans ce contexte d'exacerbation de la pauvreté, les destructions des quartiers précaires, qui augmentent naturellement le prix moyen des loyers puisque, couplées à la fermeture des cités universitaires, elles réduisent mécaniquement l'offre, traduisent l'absence de conscience sociale et de compassion de ce gouvernement.

En dehors de l'activisme limité des bailleurs de fonds, l'économie n'a pas redémarré

L'incapacité de l'Etat à payer ses créanciers déstabilise profondément les entreprises qui vivent dans une forte proportion des marchés publics. La dette de l'Etat vis-à-vis de ses fournisseurs est de 900 milliards de FCFA, et la figure des balayeuses d'Abidjan, qui n'ont quasiment jamais été payées depuis qu'elles ont été recrutées dans l'informel par le gouvernement est assez illustratrice de la situation.

Faustin Gré, président d'une fédération de PME, explique ainsi à IRIN que beaucoup d'entreprises mettent leurs employés au chômage technique deux jours pendant la semaine pour survivre. Si le dernier emprunt obligataire de l'Etat de Côte d'Ivoire a bien fonctionné - comme du reste la quasi-totalité de ces emprunts sous l'ère Gbagbo, y compris à des moments de forte crise -, la BRVM se distingue par son attentisme. Et la remontée du mercure sur le thermomètre politique, avec le forcing du régime, qui tient à organiser des législatives en l'absence de tout consensus et qui est bien décidé à mater l'opposition, comme l'ont montré les événements de samedi dernier à Koumassi, font frémir les investisseurs. Le pays n'est pas sorti de l'auberge.

Seul un grand effort national, soutenu par tous, y compris par une opposition enfin écoutée avec respect, peut aider la Nation à relever les grands défis qui se présentent à elle.


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier ».

 

Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

ALPHONSE DOUATI: «EN CINQ MOIS, CE POUVOIR A SEME MISERE ET DESOLATION DANS LES FOYERS»


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Docteur Alphonse Douati (Sga du Fpi chargé du suivi de l'action gouvernementale)

 

Cela fait un peu plus de 5 mois qu'Alassane Dramane Ouattara est au pouvoir. Cela coïncide avec la fixation du prix du kg de cacao à 1000 Fcfa. Quel commentaire ?


La filière café cacao est une filière majeure parce que la Côte d'Ivoire pèse pour 40% de l'offre mondiale. Cette filière intervient dans l'ordre de 25 à 30% du Pib. Ce qui voudrait dire que les producteurs de cette richesse sont à la base du développement de ce pays. A travers le Comité de gestion de la filière café cacao (Cgfcc), le gouvernement vient d'annoncer le prix du kilogramme du cacao aux producteurs à 1000 Fcfa. Cela nous amène à faire une série d'observations. La première est que depuis que la Côte d'Ivoire existe, le premier octobre a été toujours la date de l'ouverture de la campagne cacaoyère et caféière. Ensuite, contrairement à ce que nous avons constaté depuis dix ans, c'est une personnalité administrative nommée par l'exécutif qui est venue annoncer ce prix en lieu et place des producteurs. Cela est un recul par rapport à ce que nous avons convenu depuis dix ans avec les bailleurs de fonds qui est que l'Etat doit se mettre de plus en plus en retrait. Pour permettre aux professionnels de la filière de se prendre en charge. Il n'était plus de mise qu'une personne administrative nommée par l'exécutif, vienne annoncer le prix aux producteurs.

C'est vrai que le gouvernement a le devoir d'organiser le cadre règlementaire de la gestion de la filière. Mais ce qui se passe, est un retour de l'Etat dans la filière qui s'apparente à une remise en cause des accords avec les institutions de Breton Woods et des partenaires au développement. La troisième remarque porte sur le prix aux producteurs fixé à mille francs, le prix bord champs... ramenons nous à la situation des cinq mois passés. D'avril à septembre dernier, le life, c'est-à-dire la bourse de Londres concernant le café et le cacao, n'a cessé de donner des prix assez rémunérateurs avec une moyenne de 1600 Fcfa à 1700 le kg pour le cacao et 1000 Fcfa pour le café. Alors que le gouvernement actuel affirme qu'il donnera au moins 50% du prix du marché mondial aux producteurs, nous avons observé que le prix bord champs a oscillé entre 300 et 350 Fcfa le kg pour le cacao, c'est cela la réalité du terrain. Soit une perte de 500F/kg .Les producteurs ont donc reçu à peine 20% du prix du marché international contre 70% sous la présidence Gbagbo. C'est un appauvrissement des planteurs.

Aujourd'hui, le prix aux producteurs a été annoncé à 1000Fcfa le kg au bord champs sans nous dire sur quoi cela repose et si ce prix vient en compensation des 50% auxquels les paysans n'ont pas pu avoir accès durant les cinq mois écoulés ou s'il efface le manque à gagner durant la période écoulée. Encore moins la politique structurelle des prix qui va nous permettre d'atteindre les 1000 Fcfa demeure un mystère. Le gouvernement y a d'ailleurs été interpelé par la mission Fmi/Bm/Bad.

Au titre des infrastructures, on nous annonce qu'Abidjan est en chantier ou que la Côte d'Ivoire sera en chantier. Vous connaissez certainement ces projets en cours d'exécution. C'est nouveau ou il s'agit de vieux projets qui ont été gelés ?

Comme tous les Ivoiriens et en tant qu'ancien membre du gouvernement, je dis qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. De quoi s'agit-il ? Le troisième pont par exemple n'est même pas du Président Gbagbo mais du Président Bédié. Le Président Gbagbo Laurent avait commencé à mettre de coté une ristourne sur les produits pétroliers, pour permettre à l'Etat d'apporter son soutien à ce projet du troisième pont. Aujourd'hui sur le projet du troisième pont, la taxe de paiement du passage est fixée à 700 Fcfa par passage. Dans une économie libérale, le principe de paiement, pour l'entretien des infrastructures ne peut être remis en cause. Mais ce que nous dénonçons, c'est le fait que ce prix soit exorbitant. Ce qui en limitera l'accès à une grande partie de la population. Ce qui fait que le but recherché ne pourra pas être atteint. A titre d'exemple, l'ivoirien qui a son véhicule et qui doit traverser ce pont quatre fois par jour, va débourser 2800 Fcfa par jour. C'est exorbitant et cela donne l'impression qu'on voudrait faire cadeau à un ami. Notamment à Bouygues. Au Front Populaire Ivoirien, nous estimons qu'un bien public ne doit pas être exclusif et réservé aux seules personnes nanties.

La concession d'exploitation porte sur 30 ans. Là aussi, les ivoiriens n'ont pas été suffisamment informés. Quand on voit d'ailleurs les débats qui ont eu cours entre M. Serey Eiffel, (que nous connaissons bien en Côte d'Ivoire) le Conseiller Spécial du Président Ouattara, et des membres du gouvernement, nous disons qu'il y a quelque chose qui ne va pas. (...) Concernant le pont de Jacqueville, les travaux avaient été lancés sous le Président Gbagbo d'une part, et en ce qui concerne le prolongement de l'Autoroute jusqu'à Yamoussoukro, il avait déjà presque atteint notre capitale politique d'autre part. Dans un pays, il y a ce qu'on appelle la continuité de l'Etat. Donc que si les nouveaux dirigeants continuent les projets du régime précédent, nous ne pouvons que comprendre. Mais ce qui n'est pas sain, c'est de faire croire que ces projets viennent de germer par enchantement alors qu'ils étaient déjà dans le "pipe" sous le Président Gbagbo ; qui avait commencé à les mettre en œuvre. Nous sommes d' autant plus à l'aise pour en parler que les ministres actuels de l'Economie et des Finances et des Infrastructures économiques ont été ministres dans différents gouvernements du Président Gbagbo. En ce qui concerne celui des Infrastructures Economiques, c'est en 2000 que nous sommes entrés au gouvernement ensemble. Ni l'un ni l'autre ne peuvent me contredire. Ce sont des projets qui font partie de la continuité de l'Etat, y compris d'ailleurs l'autoroute de Grand-Bassam dont le financement était recherché auprès de la Chine. C'est pourquoi la tentative de déconstruction des actes de Laurent Gbagbo est inutile et à la limite malséant.

L'on assiste depuis quelques mois à un ré-endettement massif de la Côte d'Ivoire. Est-ce votre avis ?

Nous nous inquiétons du rythme d'endettement que les nouvelles autorités infligent à la Côte d'Ivoire. En l'espace de 5 mois, on peut dire que nous sommes à un niveau de près 1000 milliards de Fcfa de dette : 250 milliards de Fcfa de la France, 450 milliards de Fcfa que les institutions de Bretton Woods veulent nous donner et les emprunts obligataires qui sont aussi des dettes sans oublier la panoplie de prestations préfinancées par des entreprises notamment les Pme. Quand on fait une addition, nous ne sommes pas loin des 1000 milliards de Fcfa. On nous dit que ce sont des pluies de milliards de Fcfa. L'endettement n'est pas le problème mais c'est bien l'utilisation qu'on en fait. Nous savons tous que l'endettement actuel n'est pas destiné à un investissement productif mais à la consommation. Mais quand on s'endette pour payer les salaires on soutient la consommation. Dans un contexte inflationniste, l'endettement est en train de prendre des proportions inquiétantes et cela va indéniablement plomber l'économie. S'endetter pour payer les salaires, le Président Gbagbo ne l'a jamais fait.

Mais cette manière de gérer ne s'invente pas. Elle est consubstantielle à la philosophie et à la doctrine politique du dirigeant. Le président Laurent Gbagbo le faisait parce que sa vision politique rimait avec la souveraineté nationale. S'agissant du succès connu par le dernier emprunt obligataire et tant vanté, nous disons que ce n'est pas une prouesse. Consécutivement à des mesures que Ouattara et ses amis de la communauté internationale avaient prises contre la Côte d'Ivoire, notre pays n'était plus sur le marché financier, lequel d'ailleurs avait ralenti dans la sous-région. Compte tenu donc du poids de la Côte d'Ivoire sur le marché de l'espace Uemoa, sa réapparition sur ce marché a suscité un vif intérêt chez les opérateurs économiques. Ce qui explique ce succès. Cela n'est donc pas lié à la prouesse d'un quelconque gouvernement mais au poids de notre pays dans l'Union. Même cet emprunt à un taux de 6,5% dans un contexte où l'inflation est de 5,3% ne fait qu'aggraver la dette. Il faut d'ailleurs dire qu'au moins 65 milliards des 160 milliards récoltés serviront à rembourser les emprunts antérieurs, le reste servant aux dépenses courantes de l'Etat excluant tout investissement productif. Les ivoiriens ne voient donc pas du tout que cet endettement leur apporte quelque chose. Cet endettement massif est un acte anti économique et cela crée davantage de misère et remet encore un lourd fardeau sur la tête des générations futures. Il faut toujours garder en mémoire que l'atteinte du point de décision de l'Initiative PPTE en 2009 et la prévision du point d'achèvement pour 2011 relèvent de la bonne performance de la gestion du Président Gbagbo.

Cela se passe dans un contexte international marqué par la crise de la dette aux Usa et en Europe. Doit-on continuer à compter véritablement sur l'extérieur pour que la Côte d'Ivoire s'en sorte ?

C'est justement à ce point que nous voulons en venir. Nous devons d'abord compter sur nous mêmes. Lorsque le Président Laurent Gbagbo a mis en place le contexte du budget sécurisé au sortir de la transition militaire en 2000, c'était pour dire que nous avons des ressources et qu'il fallait mettre notre intelligence en marche pour que ces ressources puissent être mobilisées de façon efficiente. Il a eu recours certes à des emprunts mais à des taux concessionnels et destinés à des projets productifs comme la construction de l'autoroute du nord par exemple.

Vous me dites que les Usa et les Etats européens sont confrontés à une crise de la dette. Ce qui est réel. Ces pays sont confrontés à ce que les spécialistes appellent une forte augmentation de la dette souveraine qui fait d'ailleurs suite à la grave crise de 2008 liée elle aux subprimes". Dans ces conditions nous pensons que le gouvernement devrait être mieux inspiré en montrant aux ivoiriens, vu nos capacités internes, les mécanismes que le gouvernement met en place pour mieux mobiliser les ressources internes. La France sur laquelle les autorités comptent, a ses problèmes internes et a une dette souveraine qui va au-delà de 85% de son Pib et les Usa encore plus. Dans ces conditions, l'effort de mobilisation des ressources internes s'impose. Mais la situation chaotique créée par le chef de l'Etat lui-même ne permet pas cet effort car avec la présence des Frci, les rackets et l'économie parallèle en zone Cno, rien n'est possible.

Pour revenir au budget 2011 qui est de 3050 milliards de Fcfa, la ligne budgétaire allouée au financement des partis politiques sur fonds publics existe belle et bien, mais les ressources sont affectées à d'autres charges. Votre commentaire sur ce budget et la mise en veilleuse de la loi sur le financement des partis politiques ?

D'abord sur l'ossature de ce budget, l'on peut affirmer sans se tromper qu'il s'agit d'un budget virtuel et médiatique qui n'est pas réel parce qu'irréaliste et donc irréalisable. D'abord sa structure fait la part belle, aux ressources extérieures (984,2 milliards sur 3050,4) avec une grande incertitude baptisée "ressources à rechercher" (360,5 milliards). Ceci est aléatoire.

Nous avons ensuite le fait que la visibilité n'est pas nette sur la mobilisation des ressources internes au regard de l'environnement des affaires. Ce qui est un deuxième handicap. Aussi, nous constatons que ce budget qui s'équilibre en ressources et en dépenses à 3050 milliards de Fcfa est à son troisième niveau de révision. Ce que les ivoiriens ne savent pas trop car cela n'est pas rendu public. Un gouvernement peut cacher des dossiers. Mais, il ne peut le faire tout le temps dans un monde ouvert avec les Tic et avec les sites spécialisés. Pis, il y a la quatrième révision attendue par les administrateurs de crédits ; c'est que contrairement aux années passées où la clôture budgétaire se faisait en fin d'année, cette année la clôture est prévue pour fin octobre 2011. Cela signifie que l'exécution du budget n'a d'existence réelle que sur cinq mois. Pour un budget se chiffrant à 3050 milliards de Fcfa, on grignote à chaque fois, quel sera le niveau réel des dépenses ? Ce point a préoccupé d'ailleurs fortement la mission conjointe Fmi/Bm/Bad. Par ailleurs, on assiste à une nouvelle astuce de rédaction budgétaire par un transfert des chapitres ; le dernier en date ayant été opéré le 15 septembre 2011 par le basculement du chapitre 654 «indemnités et frais de missions» au chapitre 620 «transport et frets». Il s'agit d'une technique de réduction budgétaire car le crédit transféré ne sera pas autorisé à dépenses. C'est d'ailleurs, cette astuce qui prévaut pour le financement des partis. Nous observons donc que ce budget ne prend plus en compte le financement des partis.

Quand le Fpi parle de financement des partis politiques, nous ne quémandons pas. C'est sur une base légale et tous les partis politiques ont bénéficié de ce mécanisme lorsque le Président Gbagbo était au pouvoir. Là où la loi est, il ne faut pas effacer les données du revers de la main. On nous dit qu'il faut attendre les législatifs pour faire la répartition nouvelle. Ce n'est pas juste. Le budget 2011 est le budget 2011. En 2000, le Rdr n'est pas allé aux législatives.

Mais pour l'apaisement national, le Président Laurent Gbagbo a permis à tous les partis politiques de bénéficier de cette disposition. D'où vient-il que pour 2011, on ne veuille pas l'appliquer ? Parlant de croissance, avec ce que nous avons vu depuis 5 mois, nous sommes très sceptiques. Au départ, on nous a parlé d'un taux de croissance de moins 7% en fin 2011 et à la fin de la dernière évaluation de mission conjointe Fmi, Banque mondiale et la Bad, ce taux a été revu à moins 5,8% et le gouvernement dans une sorte d'euphorie nous annonce un taux de croissance de 8% en 2012 alors que la filière café et cacao est confrontée à des difficultés réelles, le racket, la fuite des produits et autres richesses ,l'or notamment, du pays vers les pays voisins n'est pas maîtrisée, le traitement des plantations n'a pas été fait. Dans ces conditions, il ne faut pas dire aux Ivoiriens ce qui n'est pas faisable. Le Fpi ne croit pas que par un coup de baguette magique la Côte d'Ivoire va passer d'un taux de croissance de moins 5,8% à 8% soit un bond de 14%. Il s'agit là d'effet d'annonce. Il faudrait rappeler que la Banque mondiale et le Fmi prévoient dans le meilleur des cas un taux de croissance de Plus 6% à fin 2014. La croissance étant l'indicateur de la création de la richesse, qui peut vraiment croire que notre pays créera la richesse à un tel rythme en moins de 12 mois, vu la situation qui prévaut actuellement.

Que diriez-vous au niveau du secteur de l'emploi ?

Au Fpi nous avons constaté qu'en 5 mois, le chômage a pris des proportions inquiétantes. Pis, la situation s'est considérablement accentuée. Si en 2010, nous en étions à 15% de taux de chômage, à ce jour, on peut dire sans se tromper que nous oscillons entre 25 et 30%. L'Ugtci qui ne peut être taxée d'un syndicat pro-Fpi dit que l'emploi régulier structuré a été décapité de 80 mille emplois. Ce chiffre n'a pas été remis en cause par le gouvernement. Ce qui suppose que ce syndicat est dans le vrai. En dehors de ça, nous avons constaté l'arrêt de tous les concours et tests d'entrée à la Fonction publique. C'était un espoir d'emploi pour beaucoup de postulants qui vient d'être brisé. Même ceux qui devraient avoir des promotions de par les concours professionnels ont été recalés. C'est une forme de mise en chômage. Parce que leur blocage entraine le blocage de nouvelles recrues dans des emplois à la Fonction publique. Il faut ajouter à cela, tous les systèmes de licenciement aussi bien à la présidence de la République que dans les sociétés d'Etat (les ports, la poste) et dans bien d'autres sociétés d'Etat. Sans oublier l'effet sur l'emploi des mesures précipitées des casses des petits commerces et des maquis entrepris par Madame la ministre de la Salubrité urbaine, nous pouvons dire que le gouvernement actuel a fait détruire au moins 150 mille emplois en 5 mois. Alors qu'il nous promettait 200 mille emplois par an. Sur l'effet des casses, les données précises sont disponibles en se référant au système du sticker du Burida.

Au niveau de l'école et de la communication, la situation n'est pas également reluisante...

Notre constat sur l'école depuis l'avènement de l'actuel régime est très amer. D'abord commençons par l'Université qui n'est pas une institution ordinaire. Ce n'est pas par hasard que l'Université est appelée le temple du savoir. Depuis que l'université est fermée, on assiste à l'assassinat du savoir et de la réflexion. Quand on prend le domaine des sciences exactes à l'Université de Cocody du fait que chaque laboratoire encadre au moins trois thèses de recherche et vu qu'il y en a au moins une dizaine, cela fait une trentaine de thèses de recherche qui sont bloquées. Ajouter à cela les facultés liées aux sciences humaines, aux sciences économiques et aux sciences juridiques, nous pouvons affirmer sans nous tromper qu'en moins de 5 mois, nous avons au moins une centaine de thèses qui sont bloquées. Sans oublier les doctorats professionnels (médecine, pharmacie et odontostomatologie).

Que dire des futurs candidats à l'agrégation ? La Côte d'Ivoire est asphyxiée intellectuellement au niveau de l'Ecole même si à l'Université de Bouaké délocalisée à Abidjan du fait de la crise militaro politique de septembre 2002, les examens ont eu lieu, l'Université de Cocody et celle d'Abobo Adjamé sont fermées. Les résidences universitaires le sont aussi. Ce qui se passe dans les Universités est plus un ressentiment vis-à-vis des étudiants pour leur prétendu choix politique qu'autre chose. La preuve en est que sur le même site de l'Université de Cocody, l'Ens, l'Ensea et le Campc sont opérationnels. La formation nous le disons a été sacrifiée pour les besoins de prise du pouvoir. Dans un pays civilisé, la formation est une chaine. On a organisé les examens du Baccalauréat, du Bepc et du concours d'entrée en sixième. On ne peut pas bloquer le maillon supérieur dans une chaine et espérer que le maillon inférieur va s'épanouir. Mais pis, Mme le ministre de l'Education nationale a pris sur elle d'organiser les examens bien après l'arrêt des cours dans certaines zones.

Notamment dans la partie sud du pays. Nous attendons les résultats pour nous prononcer.

Dans le domaine de la culture, nous avons assisté à la destruction des monuments qui, dans un pays sont des symboles de la Société. Les monuments font partie de la Culture d'un pays.

L'on nous dit qu'il s'agissait de retrouver des corps. Nous connaissons les méthodes communicationnelles de ce gouvernement. Si des corps avaient été déterrés sous un seul monument, cela ne passerait pas sous silence. Ils ont détruit les monuments en croyant effacer les traces du Président Gbagbo. De la même façon qu'ils viennent de casser les conseils généraux, c'est comme cela qu'ils ont cassé les monuments. Les cinq mois ont fait détruire une partie de l'identité culturelle de notre pays. Ceci est de la mauvaise gouvernance. Cela devrait interpeller le ministre de la Culture plutôt que de s'empêtrer dans des palabres à n'en point finir au Burida. Dans le domaine de la communication, nous disons qu'il y a problème en termes d'accès aux médias d'Etat. C'est le retour à l'autocratie et il n'y a qu'à voir le logo de la Rti qui n'a rien avoir avec celui d'une Télévision nationale. Ce logo là c'est bien l'emblème du Rdr. Dans le secteur de la presse privée, nous avons noté une série de suspensions abusives et inexplicables des organes proches du Fpi/Cnrd. Nous profitons de votre organe pour interpeller le Cnp qui depuis 5 mois s'érige en oppresseur de la liberté.

 

Interview réalisée par : Bamba Mafoumgbé (bamaf2000@yahoo.fr)

 

In le quotidien ivoirien « Le Temps » N° 2464 du mardi 11 octobre 2011.

mercredi, 12 octobre 2011

OH HAPPY DAY!

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Le regard sévère, caustique même, d'un patriote sur une certaine Côte d'Ivoire « nouvelle ». Mais aussi, un chant d'allégresse que nous espérons tous pouvoir, un jour, chanter sur les bords de la lagune Ebrié. Nous le souhaitons de tous nos vœux, ce jour. Mais, il faut compter avec DIEU. Lui seul décide de toutes choses. Nous portons vers lui nos regards et nos cœurs suppliants, pour que soient rétablies la vérité et la justice pour notre nation.


La semaine dernière, j'ai exprimé  ma profonde affliction face  à la tournure que prenaient les évènements en Côte d'Ivoire. Il fallait que le nœud noué dans mon ventre se délie, que j'évacue le trop plein de stress et d'amertume qui emplissait mon âme. J'ai pleuré en toute innocence, versé les larmes comme un bagnard condamné à tort et cela m'a fait du bien.

Maintenant, j'ai les idées claires et le cœur, somme toute, soulagé. Ma mélancolie s'est muée en une détermination ferme et mes veines bouillonnent d'une énergie nouvelle. Je suis ragaillardi, prêt à continuer le combat pour mon pays puisqu'il est juste, louable et impérieux...

Mes chers frères, on peut, en tout état de cause,  marquer une pause dans cette longue lutte qui nous a été imposée par l'ennemi mais ne jamais baisser les bras, ni renoncer à nos idéaux car nous sommes confronté à un défi de taille : LA RECONQUETE DE NOTRE NATION. Et ce challenge demande de nous, ABNEGATION, COMBATIVITE, FOI, COURAGE, PERSEVERANCE. Mais surtout CONVICTION ! Conviction d'avoir fait le bon choix.  En effet cette conviction doit être la base de notre engagement. Elle doit être l'élément moteur et fédérateur qui anime nos volontés.  Elle doit être sincère, pure et inébranlable. Jamais le doute ne devra  nous habiter, que ce soit dans  notre conscience comme dans notre inconscient. Et les termes de cette certitude sont les suivants: Gbagbo est le président des vrais ivoiriens et ADO (...), est celui qui depuis des années endeuille la Côte d'Ivoire. Ce doit être pour nous un postulat : Gbagbo est le véritable vainqueur des élections de novembre 2010!

Pour moi, cette affirmation ne souffre d'aucune équivoque, elle n'est pas une phrase proférée en l'air mais le résultat d'une observation évidente. Ladite observation prenant forme dans l'analyse d'une question. A savoir, qu'est ce que la démocratie ?  Vous me direz comme l'avait déjà défini Abraham Lincoln que la démocratie est «  le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Alors dans le cas de la Côte d'Ivoire, quel est ce peuple sachant que divers groupes socioculturels subsistent ? Sans risque de polémiquer, on peut dire que le peuple ivoirien, c'est cet ensemble composé de différentes ethnies (plus d'une soixantaine) originaires des divers régions du pays. Dans ce cas de figure, la démocratie  est la prise en compte de toutes ces ethnies constitutives du peuple. Cette démocratie ne peut donc être ni partielle ni mono ethnique mais consensuelle. C'est à dire qu'elle ne doit pas être l'apanage d'un groupe, elle ne doit pas se limiter qu'à un décompte arithmétique des électeurs mais plutôt à une prise en compte globale de la volonté  des différentes ethnies du pays. A bien y regarder, Alassane peut se prévaloir, par un tour de passe-passe mathématique, de la victoire hypothétique des élections considérant le bétail ethnique (dioula et baoulé) qu'il a pu ameuter (cela reste encore à vérifier), toutefois le véritable gagnant du scrutin présidentiel est fondamentalement Gbagbo car de manière objective, nationale, pluriethnique,  il a été le plus plébiscité.

Par ailleurs, ma conviction en Gbagbo est d'autant plus ferme qu'au regard d'une étude comparative faite des actes posés par ces deux hommes pour notre pays, Gbagbo s'avère être le démocrate par excellence.  En effet, je constate que quand Gbagbo a proposé la démocratie, Ado a proposé la rébellion. Quand il a préconisé les marches pacifiques, Ado a créé les manifestations armées. Quand Gbagbo a prôné l'indépendance du pays, lui a préféré la soumission. Lorsque Gbagbo a proposé la liberté économique, lui a opté pour l'esclavage financier. Lorsque Gbagbo a proposé la réforme de la terre, lui l'a bradée aux étrangers. Là où Gbagbo a bâti une armée souveraine, loyale et fière, lui a érigé une meute affamée de mercenaires et de déserteurs. Ado a introduit la haine dans ce pays, la division ethnique, religieuse. Hypnotiseur aguerri, il a embarqué le peuple baoulé dans un chemin sinueux, loin de tout idéal patriotique.

Au vu de tous ces antagonismes, j'estime que mon choix  pour Gbagbo est le plus judicieux car là où il a tendu la main, Alassane, lui, a tendu le poing. C'est en cela que  l'historien est le meilleur des choix. Certes, il est loin d'être un saint, loin d'être un innocent mais il est humain et mille fois préférable à l'économiste au cœur d'acier. Sans nul doute, je sais être du côté de la raison et ma foi ne cesse de croître quant à la fin prochaine de cette galéjade politique.

Bientôt, la vérité éclatera au grand jour, elle se fera si incandescente qu'elle consumera les yeux de tous ces illuminati, ces francs-maçons qui se croient maîtres du monde. Les princes qui ont été dépossédés de leur hongre remonteront en selle et ces analphabètes qui se sont arrogé le droit de vie et de mort iront croupir en enfer. Bientôt ces fieffés voleurs rencontreront la justice divine, celle qui ne se compromet pas, qui ne se négocie pas, qui ne se circonscrit pas dans une période donnée et ils auront des comptes à rendre. Ces meurtriers qui oublient le sang versé, les femmes violées, les innocents estropiés, les maisons parties en fumée. Le glaive les frappera durement et ils partiront comme ils sont venus, dans le chaos et la désolation totale. Tout cet argent, cet or, ce diamant, ce cacao, ce coton volés et entrés dans leurs poches ressortiront (...). Ce jour viendra, bientôt !

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Et nous qui sommes restés fermes dans notre conviction, ce sera notre happy day! Ces impénitents  seront balayés par un coup de mistral violent et sur tous les toits, on annoncera l'arrivée de notre P.R à l'aéroport F.H.B. Toutes les communes seront en ébullition. Yopougon, Treichville, Cocody, Marcory... seront en transe. Déjà dès l'aube, les oiseaux chanteront dans le ciel l'hymne de la liberté, la rosée bénira le sol d'une eau cristalline. Le soleil, à l'horizon, irradiera de ses rayons la douce lagune Ebrié. Et de minute en minute, les abidjanais sortiront de leurs maisons, formeront des groupes hissant les oriflammes de la nation. La ville, vêtue d'orange, blanc et vert, célèbrera la dignité retrouvée. Comme un seul homme, la foule convergera vers Port-Bouët accueillir  le héros national. Même ces détracteurs se dissimuleront dans les cortèges pour aller l'admirer, honteux qu'ils seront de s'être fourvoyés. Et on attendra, sur le tarmac luisant de l'aéroport F.H.B, l'ivoirien qui a bravé la France, défié l'ONU et confondu tous les suppôts du Diable pour l'honneur de son pays. On chantera en cœur son nom et on glorifiera le Seigneur pour sa magnificence. Ils reviendront tous, ce jour-là, ces déportés du grand nord, victimes malheureuses de la vengeance inique. De l'orient à l'occident, les frontières s'ouvriront et tous nos exilés rentreront au pays dans de longues colonnes de cars grisés de joie.

Ce jour-là est pour bientôt, mes amis, et on fera alors notre Sainte cène. Dans l'exultation et la ferveur absolue, on organisera un merveilleux banquet dans un jardin irrigué de fleurs multicolores. Sous un immense flamboyant ocre, on se retrouvera tous, autour d'une grande table garnie de mets exotiques. On festoiera entre amis de lutte, amis de conviction. Et enfin je pourrai  coller un visage et un nom sur chacun d'entre vous. Vous, patriotes anonymes que je n'ai jamais vu et qui pourtant me semblez si proches et si familiers. Je verrai Jean-Christ Decimus, Prisca Joëlle Stani, Altesse Kafe, Justine Kiss, Loving Koudou Gbagbo, Fernand Agbo Dindé, Mathieu D. Jouan, Kouamé Célestin M'brah, Marie Paule Kodia,  Suzanne Dahouet, Stelro Gomlan, Marie Danielle, Serge Pacôme Diai, Pat Berluti et tous ceux que je ne peux citer (la liste est si longue). Je rencontrerai, enfin, tous ces amis virtuels qui sont devenus, par la force des choses, mes frères et sœurs à vie, et ensemble, on entonnera ce gospel qui a, au fil du temps, traversé les générations, réchauffé les foyers :

ECLATS DE JOIE.jpg

« Oh happy day!

Oh happy day!

When Jesus washed!

Oh when he washed!

Washed my sins away!

Oh Happy day...»


Argentus Côte d'Ivoire, blogueur ivoirien, sur sa page Facebook.

 

Visitez le blog d'Argentus: LES CHRONIQUES D'ARGENTUS

LE FPI, UN OS DANS LA GORGE DE MONSIEUR OUATTARA


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Après les événements qui ont émaillé le dernier rassemblement du Front populaire ivoirien à Koumassi-campement, nous nous interrogeons. Alassane Dramane Ouattara a-t-il aujourd'hui, les ressources nécessaires pour réprimer son opposition ? Il peut en avoir la volonté parce que, pour ceux qui connaissent l'homme, c'est ce qu'il sait faire le mieux.  Le 18 février 1992, il était l'homme de main de Félix Houphouët-Boigny. C'est lui qui avait, sans vergogne, dit avoir vu Laurent Gbagbo  casser. La suite nous la connaissons. Laurent Gbagbo, toute sa famille et toute l'opposition significative de l'époque se sont retrouvés derrière les barreaux pour six mois. Il y a maintenant 7 mois, l'homme en tant que chef d'Etat cette fois-ci, a réédité l'exploit. Laurent Gbagbo, son épouse, son fils, le chef de son parti, et l'ensemble des dignitaires de son régime sont enfermés dans des goulags au nord du pays. On le voit bien, malgré les années, la volonté de réprimer l'opposition ne s'est point émoussée chez Mr Dramane. Au contraire, elle s'est aiguisée avec un goût macabre. Seulement les contextes changent et souventes fois, l'histoire, dans une sorte de mystique du temps, nous rappelle qu'elle a un sens et qu'on ne saurait indéfiniment ramer contre son courant.

Ce qui s'est passé à Koumassi-campement est le signe que le champion du Rhdp ne dort plus tranquillement du sommeil du juste contrairement à ce qu'il veut nous faire croire. A l'analyse, cela relève plus d'une intimidation que d'une véritable répression. Aujourd'hui l'ex homme fort de l'hôtel du Golf peut bouillir de colère contre ses opposants, mais les circonstances ne lui sont plus favorables. On se souvient qu'il y a plus de quatre mois que le FPI avait déposé une demande d'audience pour rencontrer ce dernier. Les frontistes ont longtemps rongé leurs freins avant d'être finalement reçus, fin septembre dernier au palais présidentiel. Ils y sont encore attendus les jours prochains. On le voit bien, le chef de l'Etat n'a pas envie de passer pour un dictateur aux yeux de ses soutiens occidentaux.

Autre chose et non des moindres, l'épée de Damoclès de la CPI qui plane actuellement dans le ciel politique ivoirien saurait difficilement s'accommoder d'une répression sauvage de l'opposition. Cela ne manquera certainement pas de faire beaucoup de bruits au sein de la communauté internationale qui pourrait être ainsi contrainte au lâchage du Prince d'Abidjan.

A coté de toutes ces observations qui fonctionnent comme des menottes au poignet d'un criminel, il y a la démobilisation que l'on note de plus en plus au sein des soldats FRCI désabusés par des promesses restées sans suite. En somme, le FPI apparaît aujourd'hui comme un os dans la gorge de Mr Dramane.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 73 du mardi 11 octobre 2011.

 

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L'ESPOIR EST EN PRISON

 

Comme cela peut-être encore possible dans ce pays heureusement, je me suis retrouvé, un matin, dans une enceinte fermée à double tour, avec un ami, pour assouvir notre passion : débattre de politique. Les rues grouillent d'espions et les agoras de joutes politiques relèvent désormais de notre histoire récente.  Au fil de la causerie, mon ami m'avoue que, comme la plupart des Ivoiriens, il porte le deuil de l'arrestation du président Gbagbo. Seulement, il avait espéré que le pays ne perdrait pas au change. Alassane Ouattara est tout de même un nom connu dans les hautes sphères des finances du monde. Son carnet d'adresses devrait être insubmersible pour un petit pays comme la Côte d'Ivoire. S'il réalise, ne serait-ce que le 10ème de tout ce qu'il a promis, on ne devrait pas regretter trop longtemps le Woody de Mama. Mais, finit-il par dire, plus les jours passent, plus la désillusion fait place à ce qui aurait pu être une consolation.

J'ai dit à mon ami que c'est indéniable qu'il y ait eu dans ce pays plusieurs millions de personnes qui, de bonne foi, ont placé l'espoir en Alassane Ouattara. Mais ils ont eu tort ! Et le sentiment de désillusion n'est que le moindre mal. Quand un homme politique doit laisser des traces de progrès dans la mémoire d'un peuple donné cela se remarque dans ses prises de position. Ce n'est pas en distribuant des promesses de milliards qu'on impulse l'évolution à une société. Ce sont des prises de position idéologique, capable de façonner la mentalité des peuples, qui pistonnent le progrès. En France, nous avons De Gaule pour son appel à la résistance, en Inde, Gandhi pour son idéologie de non-violence contre l' impérialisme anglais violent, Luther King aux Etats Unis pour son rêve d'un Etat sans ségrégation, Nelson Mandela pour sa lutte contre l'apartheid, Laurent Gbagbo pour son combat pour la liberté et la démocratie. Quel acte peut militer en faveur de Ouattara dans cette constellation de géants. Les Programmes d'Ajustement Structurel? Le soutien à une rébellion sauvage? La culture de l'emprisonnement des opposants? Les privatisations abusives? Ouattara a-t-il une seule fois montré qu'il est capable de défendre un idéal progressiste? J'ai fini par dire à mon ami que l'espoir du peuple ivoirien est en prison à Korhogo. Prions pour que la descente dans les profondeurs de la déchéance ne soit pas longue.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 73 du mardi 11 octobre 2011.

mardi, 11 octobre 2011

COMMENT VA LA COTE D'IVOIRE, 6 MOIS APRES LE 11 AVRIL?


RESIDENCE PRESIDENTIELLE DE CI LE 11 AVRIL 2011.JPG

Le match du storytelling pro-Ouattara contre la réalité du terrain bat son plein.

- Dans la famille du storytelling, je vous présente un pays où souffle "un vent d'optimisme", où même ceux qui ont voté pour Gbagbo se réjouissent que "les choses commencent bien" sous le règne de Ouattara où l'opération pays propre bat son plein et où les pelleteuses et les grues virevoltent. C'est le pays du bonheur, et aucun jugement foncièrement négatif n'a droit de cité, malgré la violence politique et sociale qui règne. Cette fable-là est racontée par le correspondant local du quotidien La Croix. Lire en cliquant ICI.

- Dans la famille de la réalité, je vous présente cette vidéo d'Action contre la faim (destinée certes à collecter des fonds...), qui décrit un pays où l'exode d'une bonne partie de la population dans certaines zones durant la période des semailles a créé les conditions d'une insécurité alimentaire inédite qui s'étalera sur l'année prochaine, où un grand nombre de personnes ont vu leurs maisons détruites par les "sauveurs" du pays et ont besoin d'une aide au retour - ce qui rend encore plus irresponsable la destruction dans ce contexte des quartiers précaires -, où l'insécurité effraie les entreprises et où il est moins question de création que de destruction d'emplois. Regardez.


 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 10 octobre 2011

COMMENT OUATTARA A SABOTE ATTA MILLS

ATTA MILLS ET ALASSANE OUATTARA.JPG

Alors que le président ghanéen souhaitait encourager un dialogue fructueux entre les exilés pro-Gbagbo et le régime Ouattara, ce dernier s'est livré à une drôle de mise en scène destinée à faire la porte à des discussions sérieuses. Précisions.

 

La visite d'Alassane Ouattara à Accra va-telle renforcer la compréhension mutuelle entre la Côte d'Ivoire et le Ghana ou contribuer à donner de la consistance à l'atmosphère de méfiance que le régime ivoirien essaie de créer, notamment à travers des accusations médiatiques au vitriol? En tout cas, l'histoire secrète du séjour de Ouattara au Ghana illustre le double langage déroutant de son régime, qui prétend vouloir la paix par la conciliation des différences et se signale, dans la pratique, par une irascibilité périlleuse pour la stabilité nationale.

A l'origine de la rencontre avortée entre Ouattara et les réfugiés LMP, deux audiences de ces derniers avec le président Atta Mills. En bon père de famille et en dirigeant responsable, Atta Mills souhaite créer un dialogue constructif qui permettra le retour au bercail des exilés, dans une atmosphère apaisée. Lors de la première audience qu'il accorde aux proches de son ancien homologue ivoirien, Mills leur explique, selon des sources dignes de foi, qu'il va inviter Ouattara et en profiter pour plaider auprès de lui pour qu'il fasse tout pour apaiser le climat en Côte d'Ivoire.

Lors de la seconde audience, il annonce à ses invités que l'invitation qu'il avait promis de transmettre l'a bien été. Et il leur demande ce qu'ils aimeraient qu'il dise, de leur part, à «leur» président. Il va plus loin en les exhortant à accepter de le rencontrer lors de son séjour au Ghana, histoire d'engager un vrai dialogue, préalable à un retour massif et non contraint de tous les réfugiés - dans la mesure où ceux qui sont dans les camps appartiennent à la même obédience que les cadres avec lesquels Mills a entamé des discussions.

Un grand nombre de cadres exilés est hostile à une rencontre avec Ouattara. Mais la proposition ne peut être rejetée. On ne peut pas traiter par le mépris l'offre de bons services d'un hôte aussi bienveillant, qui propose même d'être présent pour en quelque sorte, rassurer les différentes parties et fluidifier les échanges. Une délégation de personnalités représentatives de LMP est désignée.

La rencontre est prévue pour jeudi à 15 heures. A 14 heures, les cadres de LMP sont installés dans une annexe. Puis, ils sont conviés à entrer dans la salle de conférences où la réunion doit avoir lieu.

Mais ils sont frappés par plusieurs choses:

Premièrement, on leur demande de venir s'installer dans une salle bondée de partisans de Ouattara qu'il est question de présenter comme des réfugiés, mais qui portent des tee-shirts à son effigie et débordent d'amour pour lui - alors qu'ils sont censés avoir fui les représailles de ses nervis.

Deuxièmement, Atta Mills, qui avait promis d'être présent, n'est pas là. Ce qui signifie, selon leur analyse, que le format de discussion qu'il a préconisé a été saboté par Ouattara. Et qu'il a, selon toute évidence, pris acte de ce sabotage.

En effet, comment peut-on sérieusement commencer un dialogue fructueux en parquant ses partisans surexcités dans une salle, et en demandant à ses adversaires de prendre les premières places dans cette salle-là. Pour créer un effet totalement artificiel de percée politique, là où il n'y a qu'incompréhension mutuelle. Ou pire, pour faire huer ses adversaires par de pseudo-réfugiés et s'empresser de faire raconter à travers les médias qu'une prétendue «division» existe entre cadres et, si l'on peut dire, réfugiés de base.

«Pour résumer, il faut bien que l'on admette que Ouattara n'est pas un interlocuteur crédible», constate un cadre LMP exilé. La Côte d'Ivoire a du souci à se faire...

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 337 du samedi 8 octobre 2011. 

LE MENSONGE AU POUVOIR EN COTE D'IVOIRE

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Le gouvernement  célèbre ses 100 jours à la tête du pays en détournant à son profit les chantiers préparés sous la présidence Gbagbo. Il vient aussi d'annoncer que le prix du kilogramme de cacao coûtera 1000 F alors que la réalité est au désespoir, dans les champs comme dans les villes.


 Le rond-point de la riviera 2 a été émondé de ses revendeurs de téléphone portable habituels. Le ministère de la salubrité urbaine avait d'abord décoiffé les activités  de ces jeunes commerçants débrouillards en s'en prenant à leurs parasols défraîchis. Depuis sa mise en place, le gouvernement traque le petit commerce dans les rues abidjanaises sans avoir prévu le minimum pour son recasement. Alors qu'il reprochait d'ailleurs à Laurent Gbagbo de ne pas lutter contre le chômage des jeunes diplômés, réduits pour la plupart à se débrouiller dans les rues pour survivre, M. Dramane  a finalement jeté aux orties ses promesses électorales. Selon l'union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI), proche du pouvoir, 80.000 emplois ont été détruits dès les premiers mois de l'arrivée du chef de l'Etat et rien n'est venu améliorer la situation. Le ministre de la salubrité publique, Anne Oulotto, s'est lancé à corps perdu depuis plusieurs mois dans une violente opération de déguerpissement du domaine public qui ruine les espoirs de survie d'une population qui paie un lourd tribut à la guerre et aux pillages systématiques ayant accompagné l'accession de M. Dramane au pouvoir au début du mois d'août.

La situation sociale est plus que stationnaire avec des guichets automatiques qui affichent « En panne » ou « Hors service ». Le gouvernement arrive encore à payer les salaires des fonctionnaires mais au prix de mille et un sacrifices, pendant que la pluie de milliards annoncés par M. Dramane se fait toujours attendre. Les fonctionnaires des cabinets ministériels, sous contrat, totalisent parfois jusqu'à huit mois d'arriérés de salaires et la plupart des travailleurs des principales institutions de l'Etat tirent le diable par la queue. Les services de recouvrement, pour leur part, se sont lancés dans une campagne de communication démagogique destinée à noyer une réalité catastrophique. Car la Centrale, le service de collecte des impôts de la zone CNO aux mains des Forces Nouvelles proches de Guillaume Soro, officiellement dissoute, tourne à plein régime. L'Etat même a du mal à recouvrer les taxes et les impôts à Abidjan, scindée en territoires rivaux par des chefs de guerre soucieux de se faire une petite fortune.

Le gouvernement fait mine d'avoir le sourire en faisant croire qu'il a initié de nombreux chantiers dans la ville d'Abidjan. Or   le troisième pont, par exemple, a une histoire qui part de la présidence d'Henri Konan Bédié et se termine sous la présidence de Laurent Gbagbo, dont l'activisme a permis la mise en place d'un fonds de près de 50 milliards de Fcfa, obtenus grâce à des appels à souscription internationaux notamment. Les voies de dégagement qui sont actuellement en chantier au rond-point de la riviera 2 avaient été programmées après les élections présidentielles avant d'être ajournées en raison des tensions politiques et les menaces ouvertes de bombardement proférées par M. Dramane.

L'université nationale dont les alentours ont été déblayés ressemble à un tombeau blanchi. Pillée dans le sillage des nouveaux gouvernants, elle manque désormais de tout : ordinateurs, climatiseurs, téléphone, photocopieurs, livres, papier... Pareil pour les résidences universitaires qui ont été la cible des forces républicaines de Côte d'Ivoire bourrées de préjugés sur le militantisme pro-Gbagbo des étudiants ivoiriens. Celles qui sont opérationnelles sont d'ailleurs occupées par ces bandes armées que l'Etat n'arrive toujours pas à faire partir des commissariats en dépit des promesses récurrentes de leur encasernement.

L'insécurité est toujours aussi problématique à Abidjan où les policiers officiellement de retour depuis deux mois sur les routes, ne sont plus armés. Les clans rivaux de FRCI se tirent régulièrement dessus sur le prétexte habituel que certains parmi eux se sont reconvertis en braqueurs.

Le gouvernement fait du surplace et multiplie les séminaires gouvernementaux dont l'utilité reste à démontrer, car les prix des denrées alimentaires de première nécessité ne cessent de flamber. Le ministre du commerce, acculé par les critiques des médias, a finalement concédé une diminution de 10 F du riz de grande consommation dont le kilogramme se négocie désormais à 500 F. Le régime a du mal à faire face aux problèmes qui s'accumulent si ce n'est qu'à les regarder sous le prisme de la communication. Alors que le cacao est vendu à 200 F bord-champ, le gouvernement vient de se lancer dans un autre pari médiatique en fixant des prix indicatifs de 1000F pour l'achat du kilogramme du cacao aux planteurs. Ce qui représente une belle gageure au moment où toutes les coopératives ont été liquidées par la nouvelle administration qui y voit des niches de détournement. Cette politique livre le planteur à la puissance des multinationales du cacao qui pourront toujours imposer le prix qu'elles veulent. On est loin des 3000 F le kilogramme de cacao annoncé lors de la campagne électorale, du million d'emplois à créer chaque année et des milliards à distribuer à chaque patelin du pays.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 72 du lundi 10 octobre 2011.

dimanche, 09 octobre 2011

VISITE DE OUATTARA AU GHANA: CE QU'ON VOUS A CACHE


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Devant ces initiatives très peu prometteuses, des proches de Ouattara ont conseillé à leur champion, de réduire son séjour à Accra pour ne pas s'y faire ridiculiser.

Comme vous le savez, le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, Dramane Ouattara, a passé une journée au Ghana le jeudi 6 octobre dernier. Dans ce papier, nous ne reviendrons pas sur les objectifs et les acquis de ce voyage éclair au pays d'Atta Mills. Parce que tout le monde sait que Dramane y était pour se faire remettre les exilés politiques ou tout au moins obtenir l'exécution des nombreux mandats d'arrêt émis contre des pro-Gbagbo séjournant actuellement au Ghana. On sait aussi ce que les autorités ghanéennes lui ont donné comme réponse à sa requête. A savoir par exemple, que la Constitution ghanéenne n'autorise jamais les expulsions de ressortissants d'un pays tiers sur la base d'arguments infondés. Nous n'insisterons donc pas sur l'échec de cette visite. Nous nous permettrons cependant de vous livrer des informations non divulguées et qui ont pourtant leur importance.

Initialement prévu pour trois jours, le séjour de Ouattara a été réduit à une seule journée. Et cela, parce que M. Ehui Bernard, représentant de Dramane Ouattara au Ghana, a pris soin d'informer son chef sur l'ambiance prévalant au Ghana dans l'attente de l'arrivée du '' Brave Tchê''. En effet, ni les politiques de la coordination LMP, ni les réfugiés dans leur ensemble, ne tenaient à rencontrer Dramane Ouattara encore moins échanger avec lui sur un quelconque sujet. Quant aux autorités ghanéennes, elles avaient depuis toujours fait savoir aux dirigeants actuels de la Côte d'Ivoire qu'elles n'étaient pas prêtes à transiger sur leurs principes en ce qui concerne les rapatriements politiques non fondés.

Selon des sources diplomatiques, sachant tout cela, Dramane Ouattara a failli annuler son voyage. Mais il en a été dissuadé par son ambassadeur ( Ehui) qui lui aurait quand même donné des assurances sur le fait qu'il serait traité comme un chef d'Etat à son arrivée dans la capitale ghanéenne. En plus des assurances de M. Ehui, les habituels serviteurs du vrai patron du RHDP se sont mis dans la danse à travers des initiatives ubuesques, en vue de faire passer Dramane Ouattara pour un visiteur de marque très attendu dans la communauté ivoirienne du Ghana. On notera entre autres, les actions suivantes:

Premièrement, M. N'Zi, président de la communauté RHDP au Ghana, n'ayant pu convaincre les réfugiés et exilés ivoiriens à aller accueillir Dramane Ouattara et le rencontrer par la suite, s'est résolu à sensibiliser et à rassembler les Maliens, Guinéens, Sierra Léonais et Sénégalais d'Accra pour accompagner les militants RHDP du Ghana au contact de Ouattara.

Evidemment, cela se paye et cela s'est payé en cedis (la monnaie ghanéenne). Ce sont ces gens-là que vous avez du voir sur les images.

Deuxièmement, M. Adama Bictogo, homme de main de Ouattara, n'étant pas très sûr du succès de l'initiative de N'Zi, a pris sur lui de convoyer de nombreux militants RDR d'Abidjan à Accra dans une vingtaine de cars (de 60 places chacun) de transport inter-Etats. Les réfugiés des camps d'Elibou et surtout de Buduburam se sont amusés toute la journée du mardi 4 octobre à compter les cars. Quelques jours avant, le même Bictogo voulait marquer un grand coup en Côte d'Ivoire. En effet, à l'occasion d'une visite flash au Ghana, il a réussi à prendre contact avec de nombreux réfugiés grâce à l'intermédiation de Yaké Evariste, ex-patriote aujourd'hui pro-Ouattara.

Bictogo voulait faire rentrer en Côte d'Ivoire, de nombreux réfugiés avant même que Alassane Ouattara ne vienne au Ghana. Question de démontrer que les pro-Gbagbo ont enfin compris que Ouattara a un grand sens du pardon. Des réfugiés se sont prêtés à ce jeu contre 225 cedis (75 000Fcfa) par ''volontaire rentrant''. Mais l'affaire s'est soldée par un échec ridicule, car seul un car a pu arriver à Elibou et avec seulement trois commerçantes d'Adjamé venues à Accra pour autre chose et qui ont profité d'un voyage retour ''cadeau''.

Troisièmement, Hamed Bakayoko, lui, s'est contenté de distribuer des récompenses en espèces aux militants RDR de la sous-région, mobilisés par N'ZI pour l'accueil avec des mots d'ordre venus d'Abidjan. Devant ces initiatives très peu prometteuses, des proches de Ouattara ont conseillé à leur champion, de réduire son séjour à Accra pour ne pas s'y faire ridiculiser.

Le chef de l'Etat ivoirien a écouté ce conseil avisé et a modifié la configuration de ce voyage. Ainsi, est-il arrivé à Accra aux environs de 7 h00 du matin soit plusieurs heures avant l'heure retenue avec le protocole d'Etat du Président ghanéen. Mais ce n'est pas tout. Ouattara n'a pas passé plus de 15 minutes à l'aéroport. Il a modifié le trajet proposé par le protocole ghanéen. La conférence de presse initialement prévue à House Parlement a été soudainement transférée à Conference Center du stade de Oussou sous l'insistance, selon des sources diplomatiques de Ouattara. C'est après cette conférence qu'il a rencontré le groupe RHDP de N'ZI et un autre groupe de réparateurs de portables et des tenanciers de kiosques du camp de Buduburam, tous originaires du Mali, du Niger, du Burkina, de Guinée, présentés comme réfugiés ivoiriens.

Comme il l'a fait pour son arrivée à Accra, le nouvel homme fort de la Côte d'Ivoire est reparti du Ghana plus tôt que prévu contrairement au programme conçu par les directions du protocole d'Etat de Côte d'Ivoire et du Ghana. 14h au lieu de 16h.

 

In Notre Voie

 

Source: AFRICAN LIBERTY

samedi, 08 octobre 2011

RENCONTRE D'ACCRA: LES VERITES D'ASSOA ADOU A OUATTARA


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Discours du Dr. Assoa Adou, Porte-parole de la Coordination du FPI en exil

 

Excellence Monsieur le Président de la République du Ghana,

Excellence Monsieur le Président de la République Fédérale du Nigéria,


Nos premiers mots sont à l'endroit de SEM. Atta Mills, Président de la République du Ghana. Nous voudrions encore une fois vous dire toute notre reconnaissance à vous et à tout le peuple ghanéen pour l'hospitalité et l'attention que vous n'avez cessez de nous accorder depuis que, par milliers, nous sommes venus trouver refuge dans votre pays. Nous vous remercions également pour tous les efforts que vous déployez pour la paix en Côte d'Ivoire. La présente rencontre en est une illustration parfaite.

Nous voudrions saluer son excellence M. Goodluck Jonathan, pour sa présence.

Quant à M. Alassane Dramane Ouattara nous sommes heureux de sa présence qui nous donne l'occasion de nous adresser à lui.

Nous sommes venus lui dire que nous sommes pour la paix, mais une paix qui réconcilie les ivoiriens, à l'exemple de Laurent Gbagbo, qui a œuvré pendant dix ans pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. On citera entre autres actions: le financement des partis d'opposition lorsqu'il a accédé au pouvoir en 2000 et qui a permis au RDR qui n'y avait pas droit, de bénéficier d'une subvention annuelle de 800 millions de francs CFA ; le retour d'exil de MM. Ouattara et Bédié dans le cadre du forum pour une réconciliation inclusive en 2001 ; la décision de 2005 qui a rendu éligibles MM. Ouattara et Bédié aux élections  présidentielles de sortie de crise, suite à l'Accord de Pretoria ; la prise d'une loi d'amnistie pour les rebelles qui ont attaqué la Côte d'Ivoire en septembre 2002 ; la signature de l'Accord politique de Ouagadougou avec la rébellion armée et la nomination au poste de premier ministre du chef des rebelles, M. Soro.

La crise ivoirienne n'a pas commencé le 28 novembre 2010 contrairement à l'opinion courante, elle a commencé le 19 septembre 2002 par un coup d'Etat manqué qui s'est mué en une rébellion armée, organisée et planifiée par la France.

L'élection du 28 novembre 2010 devait mettre fin à cette longue et grave crise mais hélas, elle l'a aggravée et prolongée.

Le refus des résultats du Conseil constitutionnel proclamant le Président  Laurent Gbagbo vainqueur a entraîné un contentieux électoral qui n'a pas été vidé par le recomptage des voix, comme préconisé par le Président Laurent Gbagbo, ni par la solution politique négociée proposée par l'Union Africaine et acceptée par le Président Laurent Gbagbo. En lieu et place, la rébellion, appuyée par la France et l'Onu a déclenché  la guerre qui a abouti à l'arrestation le 11 avril 2011 du Président Laurent Gbagbo par les forces française qui l'ont remis aux rebelles. Au cours de cette guerre, les forces rebelles ont perpétré des massacres politiques et ethniques, comme le génocide du peuple wè dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et l'exécution sommaire de centaines de jeunes à Adjamé et Yopougon.

Le Président Laurent Gbagbo est aujourd'hui détenu à Korhogo dans des conditions indignes et humiliantes d'un Président de la République et traité moins bien qu'un vulgaire délinquant de droit commun. Nous avons appris que suite aux démarches entreprises par les autorités ivoiriennes et françaises auprès de la CPI (Cour Pénale Internationale) les tractations sont en cours en vue de traduire le Président Laurent Gbagbo devant cette juridiction.

Par ailleurs, depuis le 11 avril 2011, les tueries, pillages, viols, occupations de plantations et domiciles par les rebelles et les dozos rebaptisés FRCI sont ininterrompus et ont occasionné un exil  interne et externe de plus de deux millions d'ivoiriens.

M. le Président Atta Mills, les milliers d'exilés que nous représentons refusent que la force soit utilisée pour imposer une solution à un camp.

Nous refusons l'instrumentalisation de la justice ivoirienne et la justice internationale pour exclure de la vie politique des adversaires.

Pour nous, la vraie solution à la crise ivoirienne, celle qui ramènera la paix définitive ne peut être qu'une solution politique. Cette solution commence par la libération immédiate du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, civils et militaires en vue d'un dialogue inclusif au sommet de l'Etat et entre les ivoiriens.

Le Président Laurent Gbagbo qui représente plus de 50% de la population, n'est pas, comme nous l'avons entendu dire, l'obstacle à la paix mais au contraire l'élément clé pour la paix en Côte d'Ivoire.

C'est pourquoi, pour nous, détenir le Président Laurent Gbagbo et ne pas le libérer c'est faire obstacle à la paix.

Transférer le Président Laurent Gbagbo à la CPI alors que les criminels notoires sont en liberté et ne sont pas inquiétés, c'est hypothéquer définitivement la paix en Côte d'Ivoire.

Nous sommes pour notre part dans l'attente d'initiatives africaines allant dans le sens de la paix véritable en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut intervenir que par la libération du Président Laurent Gbagbo et l'instauration d'un dialogue direct entre lui et M. Ouattara.

C'est pourquoi nous vous saluons encore une fois Messieurs les Présidents pour cette initiative et vous remercions de nous avoir écoutés.


Dr Assoa Adou, Président et Porte-parole de la coordination FPI en exil.

In « Le Nouveau Courrier » N° 336 du vendredi 7 octobre 2011.


Source : Le blog de Claudus

EXTRADITION DES CADRES LMP: LE REFUS POLI D'ATTA MILLS A OUATTARA


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A l'occasion de sa visite hier à son homologue ghanéen, John Evans Atta Mills, une préoccupation majeure taraudait l'esprit de Ouattara, à savoir obtenir l'extradition des cadres Lmp dans le viseur de la «justice des vainqueurs».

Matraquage médiatique pour une visite dans l'enjeu principal était, cela saute désormais aux yeux, forcer la main au gouvernement ghanéen pour obtenir un éventuel rapatriement des personnalités proches du président Gbagbo contre qui la «justice des vainqueurs» a lancé des mandats d'arrêts internationaux. Lors de son tête-à-tête avec le président Ghanéen, John Evans Atta Mills, l'actuel maître de la Côte d'Ivoire lui a demandé de donner suite aux mandats d'arrêt émis contre plusieurs personnalités de l'ancien régime exilés au Ghana, selon le communiqué conjoint qui a sanctionné son bref séjour en terre ghanéenne.

«Le président Ouattara a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise », lit-on dans le communiqué.

En réponse au chef de l'Etat ivoirien qui a effectué une visite pour cette requête, dans un langage diplomatique, le Ghana a «accepté d'étudier» ladite requête. Tout simplement pour traduire un refus poli des autorités ghanéennes adressé à l'endroit du pouvoir ivoirien. Le Ghana qui maitrise mieux le dossier ivoirien ne pense pas jouer les pièces maitresse pour l'instauration d'une justice sous-régionale des vainqueurs.

Au-delà de l'hospitalité généreuse du peuple ghanéen, il est à souligner que la constitution ghanéenne interdit l'extradition de réfugiés politiques quelles que soient les motivations. Alors, l'on est fort surpris que le chef de l'Etat, une fois de retour à Abidjan, annonce à la face de la Nation que le Ghana a accepté d'exécuter sa demande de rapatriement des personnalités poursuivies. Quelques cadres Lmp exilés au Ghana ont été fort surpris des propos tenus par Alassane Ouattara de retour à Abidjan. «Nous sommes fort étonnés.

Puisqu'il n'en nullement été question d'une réponse favorable d'Accra à la requête de M. Ouattara», a déclaré un cadre Lmp exilé au Ghana.


Gérard Koné, in « Le Nouveau Courrier » N° 336 du vendredi 7 octobre 2011.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

HUMAN RIGHTS WATCH: UN RAPPORT MENSONGER!


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Dans un rapport truffé de contre-vérités, l'organisation financée par Georges Soros, proche d'Alassane Ouattara, essaie de donner de la consistance à sa stratégie de défense. Concoctée pour éviter de recevoir en pleine figure le boomerang de «sa» CPI.

Les observateurs les mieux informés connaissaient déjà la proximité entre l'organisation de défense ( ?) des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) et le milliardaire américain George Soros, réputé avoir financé la campagne électorale d'Alassane Ouattara. Ils notaient déjà le parti pris manifeste de cette ONG par rapport à ses homologues, pourtant pas tendres avec Laurent Gbagbo. Mais le dernier rapport de HRW sur la situation en Côte d'Ivoire achève de la discréditer. Et dévoile, au grand jour, son rôle dans l'orchestration de l'impunité d'Alassane Ouattara et dans la mise en place idéologique d'une justice des vainqueurs «acceptable».

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Les yeux les plus distraits pourraient se laisser illusionner. Dans un faux équilibrisme, le rapport affirme que «l'obsession de Laurent Gbagbo de se maintenir au pouvoir a sans doute été à l'origine du dernier conflit armé» et que «malgré les promesses répétées du gouvernement [Ouattara, ndlr] de tenir responsables tous ceux qui ont commis des crimes graves durant le conflit, la réalité est celle d'une justice des vainqueurs - aucun membre des Forces républicaines n'avait été inculpé au moment de la rédaction de ce rapport». Mais l'essentiel est ailleurs. HRW veut justifier à l'avance l'injustice qui se prépare et qui s'annonce criarde : si les deux camps ont commis des «atrocités», pourquoi donc la «justice parfaite» consisterait-elle à livrer le chef d'un des deux camps et les «gros poissons» de son bord d'une part, et à sacrifier du menu fretin d'autre part ?

Manipulation sous le couvert d'un «grand label» humanitaire

En avocate quasi-assumée de Ouattara, Human Rights Watch dévoile sa stratégie de défense médiatique. Gbagbo est responsable des crimes, parce qu'il a mis en place une sorte d'idéologie haineuse, alors que les forces pro-Ouattara n'ont fait que «réagir», sans avoir été instruites dans ce sens par leur chef suprême. Une telle affirmation est farfelue, tant il faut des enquêtes longues et contradictoires pour arriver à cette conclusion. Mais on peut toujours faire illusion quand on manipule sous le couvert d'un «grand label» humanitaire.

Human Rights Watch est pourtant prise en flagrant délit de mensonge clair ou par omission, dès qu'elle se hasarde à ce type de démonstration artificielle. «Avec la montée des tensions post-électorales, les invectives de Laurent Gbagbo redoublent, comparant les supporters d'Alassane Ouattara à des «rats d'égouts» ou à des «oiseaux abattus», et exhortant ses partisans à ériger des barrages routiers et à «dénoncer tout étranger», appel immédiatement suivi d'attaques ciblées d'une violence épouvantable», écrit l'ONG. Contrairement à sa méthodologie d'usage, elle ne référence pas ces prétendus propos en notifiant une source en bas de page. Et pour cause : ces propos sont introuvables. Ils n'ont jamais été tenus. HRW diffame sans la moindre éthique l'adversaire de Ouattara. Donc son adversaire...

Ces propos fabriqués ne sont pas un détail. Ils dévoilent dans toute sa nudité une construction cynique et malhonnête.  Tout aussi malhonnête est la référence à la RTI, qui «après le second tour des élections (...) incite à la violence contre ces groupes (les étrangers ndlr), les désignant systématiquement comme des «rebelles» ou des indésirables menaçant la nation». Bien entendu, aucune référence au moindre propos n'est disponible. Quand on sait que c'est au nom de telles contrevérités facilement lancées que notre confrère Hermann Aboa est dans les geôles de Ouattara, on mesure l'irresponsabilité du procédé.

16 décembre 2010 : la vidéo de Soro qui discrédite les propos de HRW

On n'est donc plus surpris des omissions et des ruses de HRW, qui essaie d'accréditer la thèse selon laquelle les pro-Ouattara, qui ont pourtant pris l'initiative de la guerre et ont mis en place une logistique meurtrière avec l'aide de la «communauté internationale», n'ont fait que «réagir», tardivement, à la violence de l'armée ivoirienne. Pour imposer cette idée fausse, HRW feint d'ignorer que le 16 décembre 2010, Guillaume Soro a lancé depuis l'hôtel du Golf une opération militaire assumée comme telle - ce qui est documenté par une vidéo qui a « fuité » et qui a créé le buzz en son temps. «Soldats, militaires, je vais à la RTI pour installer le nouveau DG de cette télévision parce que le président de la République me l'a demandé. Vous devez vous tenir prêts (...) Jeudi, nous allons à la télévision», dit ainsi Soro (voir la vidéo ici). Dont la pensée est clarifiée par un de ses lieutenants, qui s'adresse à sa suite aux hommes en armes. «Rassemblement à la piscine, avec tous vos équipements militaires et de combats. L'amusement est terminé» : c'est l'ordre qu'il donne aux soldats des Forces nouvelles. Cela n'empêche pas HRW d'affirmer que « l'écrasante majorité des manifestants semble avoir eu un comportement pacifique tout au long des événements ; cependant, Human Rights Watch a documenté le meurtre de plusieurs membres des forces de sécurité de Laurent Gbagbo - dont un a été tué par une foule déchaînée après avoir tiré sur plusieurs manifestants depuis le toit d'un bâtiment». Et les autres, dans quelles conditions ont-ils été tués ? HRW se garde de le dire, pour ne pas accréditer la thèse de manifestations de type civilo-militaire. Aucun témoignage direct ne permet d'entrer en empathie avec les militaires tués dans ces circonstances.

Des enquêtes sur les financiers du «commando invisible» nécessaires

Pour établir un lien direct entre Laurent Gbagbo et les exactions supposées de ses forces, HRW utilise en permanence l'insinuation. «Les principaux responsables de ces crimes étaient des unités d'élite étroitement liées à Laurent Gbagbo, dont la Garde républicaine, le CECOS (Centre de commandement des opérations de sécurité, une unité d'intervention rapide), la BAE (Brigade anti-émeute) et la CRS (Compagnie républicaine de sécurité, une unité de police d'élite)», écrivent les chercheurs de l'organisation. Bien entendu, ils restent muets sur les liens particuliers entre Chérif Ousmane et Alassane et Dominique Ouattara, témoins de son mariage en 2007 à Ouagadougou... Cela relèverait, pourtant, du même type de méthodes.

Plus loin, HRW essaie de protéger Alassane Ouattara des crimes contre l'humanité commis - bien avant le mois de mars, contrairement à ce qui est prétendu - par le «commando invisible». « Le Commando invisible, s'il comptait des militants pro-Ouattara, n'affichait aucune chaîne de commande claire avec le gouvernement Ouattara. Celui qui apparaissait être à la tête du Commando invisible, connu sous le nom d'IB Coulibaly, était un ex-commandant supérieur des Forces nouvelles qui s'était violemment opposé à Guillaume Soro sur le contrôle du groupe rebelle en 2003. Cette lutte intestine aboutira à la mort d'IB Coulibaly, tué par les Forces républicaines de Guillaume Soro le 27 avril 2011».

L'organisation a-t-elle enquêté sur le financement et les connexions du «commando invisible» pour arriver à une telle conclusion ? Dans un entretien publié par Jeune Afrique dans son édition du 9 au 16 avril 2011, Ibrahim Coulibaly invoque des contacts réguliers avec Alassane et Dominique Ouattara. Seule une enquête judiciaire sérieuse et contradictoire peut permettre d'en savoir plus sur les financiers et les soutiens du Commando invisible. Mais la démarche de déculpabilisation précipitée d'HRW est profondément suspecte.

Entre propos instrumentalisés pour entrer dans le canevas de la haine ethnique et du «logiciel rwandais», réécriture sournoise de l'Histoire visant à attribuer la paternité de l'ivoirité à Laurent Gbagbo et raccourcis simplificateurs, le reste est à l'avenant, et nécessiterait un contre-rapport. Une chose est sûre : après la FIDH qui a tenté d'expliquer les massacres massifs de Duékoué par une sorte de volonté de «prévenir un génocide» puis a renoncé à publier un rapport annoncé, c'est HRW qui vient de se brûler les ailes au chaud soleil ivoirien.


Théophile Kouamouo


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION ONT DEJA ECHOUE

 

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Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

vendredi, 07 octobre 2011

LA CPI, UNE COUR D'INJUSTICE INTERNATIONALE


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Elaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l'idée d'une justice internationale a pris forme en 1998 avec l'adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l'esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde ...) n'ont pas signé le statut. D'autres (USA, Russie ...) l'ont fait mais refusent tout processus de ratification.

La France qui a signé et ratifié le statut de Rome, s'est longtemps singularisée en se soustrayant à la compétence de la Cour pour l'une des catégories de crimes qui sont de son ressort: les crimes de guerre. Mettant ainsi à l'abri de toute poursuite internationale, les crimes de guerre commis par des soldats français en territoire étranger. La loi d'adaptation d'août 2010 n'a pas fait taire toutes les critiques.

La volonté des grandes puissances de mettre leurs ressortissants au-delà des lois internationales a pour principal effet de faire de la CPI, un tribunal pour juger et condamner uniquement les crimes des autres.

A ce jour, la Cour a ouvert une procédure d'enquête dans 7 cas. Tous en Afrique (Ouganda, République Démocratique du Congo, Centrafrique, Darfour, Kenya, Libye et Côte d'Ivoire). Depuis sa création, la CPI n'est rien d'autre qu'une Cour Pénale Africaine. La colère du président de la commission de l'Union Africaine, Jean Ping contestant « l'africanisation des poursuites de la Cour » est donc légitime. Les victimes des crimes contre l'humanité en Irak (plus de 650 000 morts), des crimes de guerre en Tchétchénie (160 000 morts), en Afghanistan et à Gaza etc. méritent mieux que le silence coupable qui leur est destiné.

Il ne s'agit ni d'encourager l'impunité en Afrique, ni de contester la compétence de la CPI sur le continent noir. Il est simplement question de dénoncer une justice instrumentalisée et à double vitesse. De contester une justice de dominants pour les puissants. Et d'appeler de tous nos vœux, une justice internationale enfin égale pour tous.

L'indépendance et l'impartialité sont pourtant deux principes fondamentaux du système judiciaire international. La CPI, dans ses règles de fonctionnement est censée être indépendante du pouvoir politique.

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Dans les faits, en Libye notamment, le Conseil de Sécurité a, dans la résolution 1970 du 26 février 2011, saisi le procureur de la CPI de la situation qui régnait en Libye depuis le 15 février 2011. Peu importe que la Libye n'ait pas signé le statut de Rome (l'affaire étant transmise ad hoc par le Conseil de Sécurité, point besoin donc de ratification du statut). Peu importe que 3 des 5 membres permanents ne reconnaissent, pas pour leurs ressortissants, la compétence de la Cour qu'ils souhaitent voir appliquer à d'autres.

Le 3 mars 2011, 5 jours à peine après la saisine de la Cour par le Conseil de Sécurité, le procureur décide quasi-simultanément de l'ouverture d'une enquête sur la situation en Libye. Sait-il que le déferrement par le Conseil de Sécurité d'une situation ne déclenche pas systématiquement une enquête de la CPI? Sait-il aussi que les textes du statut de Rome donnent au procureur le pouvoir et le temps d'apprécier par le biais d'un examen approfondi des données préliminaires, s'il existe un motif raisonnable de procéder à une enquête?

Le cas ivoirien est lui aussi édifiant. La guerre y a fait une dizaine de milliers de morts depuis 2002, et une rébellion partie du Burkina Faso voisin. Mais il faut attendre 2011, et l'intervention militaire de la France aux côtés d'un des belligérants pour voir le procureur s'auto-saisir (deuxième cas d'auto-saisine du procureur après le Kenya); en ouvrant une enquête visant quasi-exclusivement l'autre partie. Peu importe aussi que la Côte d'Ivoire qui a signé le statut de Rome ne l'ait pas ratifié.

En Côte d'Ivoire, la CPI veut enquêter uniquement sur les crimes commis après le 28 novembre 2010. Est-ce une manière habile d'exclure de la compétence de la Cour, les crimes de guerre commis par des soldats d'une puissance étrangère faisant, en novembre 2004, près d'une centaine de victimes civiles et plus d'un millier de blessés? A quelles victimes ivoiriennes, le procureur peut-il expliquer qu'elles n'obtiendront pas réparation du préjudice subi, pour la simple raison que l'obus qui les a blessées a été tiré par un assassin se trouvant du bon côté de l'histoire? A quelles familles, Mr Moreno-Ocampo pourra-t-il expliquer que justice ne sera pas rendue aux leurs, parce que la balle qui les a tués a été tirée avant le 28 novembre 2010? Le rôle de la justice est de dire le droit, pas de régler des comptes ou de faire de la politique.

Est-ce la raison pour laquelle les Etats-Unis souhaitent voir leurs ressortissants au-dessus des textes internationaux? Faut-il dès lors comprendre les réticences de certains Etats vis-à-vis de cette Cour ? Soucieuse de sa souveraineté, la Russie refuse toute ratification du statut de Rome. Inquiète du rôle politique que peut jouer le procureur, la Chine ne veut toujours pas signer le statut.

Le principe de subsidiarité permet pourtant aux Etats de conserver, à titre principal, la responsabilité de poursuivre et juger les crimes les plus graves. La CPI n'étant compétente qu'en cas de défaillance ou de mauvaise volonté des Etats.

Il n'y a donc qu'en Afrique qu'on peut voir un État organiser artificiellement sa propre défaillance (en limitant sa compétence aux seuls crimes économiques); et appeler de vive voix l'intervention de la CPI. Il n'y a qu'en Côte d'Ivoire qu'on peut apercevoir un ministre des Droits de l'Homme faire le tour des capitales occidentales, pour livrer un de ses compatriotes à la vindicte d'une grande injustice internationale.

 

Anicet Djéhoury, Essayiste.

 

Source: PENSEES NOIRES

ALASSANE OUATTARA DEMANDE A ACCRA D'ARRETER DES IVOIRIENS REFUGIES AU GHANA


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200.000 Ivoiriens ont fui la Côte d'Ivoire meurtrière et justicière d'Alassane Ouattara pour avoir un repit et retrouver un peu de paix. Il faut encore que Ouattara aille au Ghana les tourmenter avec des mandats d'arrêt et des menaces à peine voilée. Quel coeur a-t-il donc? Quel sens a-t-il de l'hospitalité? "Rentrez, le pays est désormais en paix. La Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit". Quelle paix et quel Etat de droit, entre nous soit dit? Une paix et un Etat de droit faits de crimes, d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances? Pauvre de toi, ma Côte d'Ivoire bien-aimée! Tu es morte, le jour où cet homme a pris le pouvoir. Requiem pour une nation en déliquescence.


Le président ivoirien Alassane Ouattara a demandé jeudi à Accra d'arrêter des Ivoiriens réfugiés au Ghana, terre d'exil de nombreux proches du chef d'Etat déchu Laurent Gbagbo, dont certains coulent des jours paisibles malgré des mandats lancés par Abidjan.

Arrivé dans la capitale ghanéenne dans la matinée, M. Ouattara s'est entretenu avec son homologue John Atta Mills et a rencontré la communauté ivoirienne du Ghana avant de repartir en début de soirée, ont constaté des journalistes de l'AFP.


Selon une déclaration conjointe des deux présidents, M. Ouattara "a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise postélectorale ivoirienne".


Le Ghana a accepté d'étudier cette requête, ajoute le texte, et une réunion entre responsables de la sécurité des deux pays devrait bientôt se tenir à Abidjan.


Il s'agissait du premier voyage officiel de M. Ouattara chez son voisin de l'est, près de six mois après la fin de la crise née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts selon l'ONU.


Des milliers d'Ivoiriens se sont réfugiés au Ghana, parmi lesquels de nombreux partisans du président déchu Laurent Gbagbo.


Un accord tripartite prévoyant le rapatriement des exilés a été signé jeudi par le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, lors d'une cérémonie en présence de MM. Atta Mills et Ouattara.


S'adressant à quelque 1.500 compatriotes rassemblés dans un centre de conférence d'Accra, Alassane Ouattara a lancé un appel pour qu'ils "rentrent au pays" désormais "en paix".


"Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon (...) N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit", a-t-il lancé.


"Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive", a-t-il assuré.


Une délégation de personnalités pro-Gbagbo réfugiées au Ghana devait participer à la rencontre, mais elle est repartie peu après son arrivée au centre de conférence, semble-t-il après avoir constaté qu'elle n'aurait pas d'entretien particulier avec le président, contrairement à ce qu'elle prévoyait.


Alors que des dizaines de figures du régime déchu, dont Laurent Gbagbo lui-même, sont détenues en Côte d'Ivoire, des cadres politiques et d'anciens militaires de son bord se sont installés à Accra.


Une "Coordination du Front populaire ivoirien (FPI, parti de M. Gbagbo) en exil" a ainsi été montée, sous la direction d'Assoa Adou, un ancien ministre.


Le porte-parole de l'ex-chef d'Etat, Justin Koné Katinan, qui fut son ministre du Budget en pleine crise, signe ses communiqués virulents depuis la capitale ghanéenne.


Dans la matinée, M. Katinan avait estimé auprès de l'AFP que la rencontre avec M. Ouattara serait "une occasion pour exposer nos souffrances et ce que nous attendons des nouvelles autorités ivoiriennes".


L'activisme à ciel ouvert du camp Gbagbo à Accra agace le nouveau régime ivoirien, avaient indiqué des sources concordantes avant la visite.


"Ce qui irrite le pouvoir, c'est surtout le fait que des pro-Gbagbo se baladent à Accra alors que des mandats d'arrêt ont été émis par la justice ivoirienne à l'encontre de certains d'entre eux", avait expliqué à l'AFP une source diplomatique occidentale.


"Ouattara vient mettre la pression sur Atta-Mills", avait-elle estimé avant la visite.


A Abidjan, on en veut particulièrement au toujours influent Jerry Rawlings, ex-président ghanéen et proche de Laurent Gbagbo, soupçonné de jouer un jeu ambigu depuis la crise et de protéger les pro-Gbagbo.


Lu sur ABIDJAN.NET


Source : AFP

ABOU CISSE A SON NEVEU ALASSANE OUATTARA: «TU ES MAL PLACE POUR JUGER GBAGBO»


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Je veux, à travers ce courrier, rafraîchir ta mémoire. Tu es mal placé pour juger le Président Laurent Gbagbo. Après le décès du Président Félix Houphouët-Boigny, sa succession est assurée par Henri Konan Bédié. Son échec patent avec l'ivoirité, sa gestion calamiteuse de l'après dévaluation du francs Cfa, son goût à la facilité, son sectarisme tribal sont parmi tant d'autres les vraies causes de la crise actuelle. L'aperçu financier de cet homme de succession est plus explosif. Et l'imagination tourne en dérision lorsqu'on se rend compte qu'au moment de la période difficile, cet homme politique fêtait ses milliards qui, convertis aujourd'hui, s'évaluent en centaines de milliards. Cet homme et d'autres avec lui n'ont pas été inquiétés d'aucune mesure disciplinaire. Mais récompensés par le système.

À preuve, le plus grand des milliardaires d'entre eux est devenu Président de la république, puis éjecté du pouvoir plus tard sans que quelqu'un ne prouve un sentiment de désolation. Il est parti par la justice du temps. Il vit en pacha comme si rien ne s'était passé. Pourtant celui qui traitait de journaleux, nos valeureux journalistes, de burkinabé, toute personne qui désirait discuter le pouvoir avec lui, comme vous, (à l'époque pourtant, votre désir du pouvoir n'était pas évident), de Malien, lorsque je lui discutais son identité face à son affirmation, que vous êtes burkinabé. Il diligenta même des policiers, pour effrayer une pauvre femme qu'il voulait contraindre à dire que tu n'étais pas son fils, en vue de vous inculper et vous expulser de la Côte d'Ivoire.

De non éligibilité au poste de Président de l'assemblée nationale : lorsque au lendemain du décès de Charles Bauza Donwahi, le Secrétaire général du Pdci de l'époque Laurent Dona Fologo, homme du nord qui devait être logiquement proposé à la tête du perchoir. On lui a préféré un autre homme. Les diatribes de sa presse traduisaient bien sa tragédie intérieure, faite de haine pour tous ceux qui s'opposaient à sa politique destructrice du tissu national. Pourtant le Pdci-Rda est le produit des gens du nord, qui par civilité, ont accepté le Président Félix Houphouët-Boigny, comme leur leader. Sans les gens du nord comme le mystique Gon Coulibaly, Yaya Cissé, Guibo Soukalo, le Pdci ne serait pas devenu ce qu'il est. Le fait que les tenants actuels veulent identifier le Pdci au seul V baoulé est ingrat et peut à court terme, disloquer le parti et le pays avec, et ce n'est pas un Bédié qui pourra colmater les brèches.

Et c'est pourquoi tous ces faits et méfaits ont amené à la création des partis dont le Rdr et l'Udpci. Pour le Rdr, nous avons choisi votre personne, sur suggestion de Phillipe Yacé déchu de son perchoir pour des questions tribales. Ce dernier d'une intégrité exemplaire, ne s'associait pas à notre initiative. Mais partageait l'idéal qu'animait notre démarche.

Cher neveu, ce rappel s'adresse à vous, à votre conscience d'homme, qui se transforme peu à peu en un roc, qui s'identifie à une vengeance répétitive qui n'a de comparaison que le coeur d'un Français sans âme et d'un Américain sans identité. Ceux qui vous ont précédé, ont dirigé ce pays en considérant notre culture, notre identité. Sinon comment comprendre que des hommes d'Etat qui ont fêté leurs milliards alors que le peuple mourait de faim n'ont pas été inquiétés, ni jugés ? Et comment comprendre, venu à la rescousse d'une Côte d'Ivoire moribonde, Premier ministre à l'époque, vous avez bradé l'essentiel du tissu économique, qui, à court terme, devait aboutir à la fameuse dévaluation, mettant en péril l'âme de la Côte d'Ivoire. Faut-il vous soustraire de cette comédie de gestion qui ne pouvait qu'aboutir à l'avènement du Président Laurent Gbagbo, à qui on veut faire porter tout un chapelet de crimes? Faut-il laisser écrire l'histoire des vainqueurs sur le papier du mensonge alors que le Président Laurent Gbagbo n'est pas le produit qui a modelé l'actuelle situation ?

Non, monsieur Alassane Ouattara ! Vous êtes dans le même bateau avec ceux qui vous ont précédé. Vous êtes en attente du temps pour écrire l'histoire vraie que seule la génération future appréciera. Alors monsieur Alassane Ouattara, vous qui êtes le petit fils de l'empereur Ouattara dont le règne était fait d'équité et de justice vous ne pouvez, petit fils de Mangan Cissé, le roi des rois de l'empire du Ghana, vous autorisez à commettre de l'injustice face à une situation qui ne demande que la mesure.

Monsieur Alassane Ouattara, une justice sans le savoir n'est pas une justice, un savoir sans justice n'est pas un savoir. La faute du Président Laurent Gbagbo, n'a rien de criminel. Et les faits qui lui sont reprochés semblent être le fait de notre désir de nuisance. Ce qui indique bien qu'il n'a fait que terminer l'oeuvre de ses prédécesseurs. Et si le hasard a fait de vous le nouvel homme fort, faites attention à vous-mêmes. Car autant responsable que vos prédécesseurs, les actes que vous posez aujourd'hui ne se différencient pas du passé. Et l'histoire, mon fils, est têtue. Alors, évite à la Côte d'Ivoire, à ses enfants, ces procès qui n'ont ni tête ni queue, qui à long terme ou à court terme, vous balanceront dans les geôles de l'histoire et nos compatriotes Dioulas en souffriront. Parce qu'ils ne savent pas que le pouvoir temporel ne s'identifie pas à un homme, à une race. Vous êtes un économiste, je vous demande de faire l'économie d'un procès pour que vous puissiez appliquer votre savoir pour des bonnes causes. Faites l'économie d'un procès, pour ne pas être victime de vos alliés. Notamment les Forces nouvelles qui n'attendent qu'une petite erreur pour s'accaparer le pouvoir. Et j'ose croire que ce premier faux pas sera l'ouverture d'un procès contre nature.

La Côte d'Ivoire a besoin d'une démocratie humaine. Et non une démocratie tribale, et si vous ne le savez pas, vous êtes dans le collimateur du temps. Savez-vous ce que c'est que le temps ? Et bien, c'est l'affirmation de Dieu. Il vous dit, par ma voix, que l'homme Laurent Gbagbo est innocent. Il vous dit aussi de vous réconcilier avec lui et de l'amener dans le jeu démocratique, pour qu'il s'exprime, qu'il se désavoue dans le jeu démocratique. Les Ivoiriens n'ont pas d'animosité entre eux. Ils vaquent à leur occupation, seulement, ils ont faim. Ce qu'ils veulent, c'est du travail, la paix et la liberté. Et non des procès dont tout le monde est fautif.

Mais sachez, aux dires des uns et des autres, un procès transformera la Côte d'Ivoire en un pays ingouvernable, cela malgré vos talents. Ce ne sont pas vos armées qui empêcheront le peuple de se défaire de ce nouveau joug colonial. Je suis Dioula, musulman et fils d'Iman. Je dis et je le répète, ne laissez pas rentrer seul dans l'histoire le Président Laurent Gbagbo. Et sachez que sans le Président Laurent Gbagbo et sa suite, il n'y a pas de développement apaisé. Et sans le Président Laurent Gbagbo, il n'y a pas de sécurité pour vous. Parce que vous êtes seul parmi les soixante ethnies, si jamais la raison ne vous revient pas.

Enfin, monsieur Alassane Ouattara, je ne suis d'un parti que lorsque ce parti incarne la liberté, la tolérance. La création du Rdr devait, dans la conquête comme dans l'exercice du pouvoir, nous inscrire dans des grands partis et vous devez vous installer dans l'histoire des grands hommes comme les Nelson Mandela. Mais aujourd'hui, je me pose la question de savoir qui de vous et le Président Laurent Gbagbo est démocrate ? N'est-ce pas aux ex-rebelles qu'il appartenait de l'incarcérer? Parce que vous êtes censé ne pas être de connivence avec l'insurrection. Votre devoir devait être de défendre un Président pour que vous ne subissiez pas, les mêmes vexations que votre prédécesseur. N'est ce pas grâce à lui que vos différentes pièces administratives vous ont été livrées, notamment : le certificat de nationalité, votre carte d'identité, votre passeport ivoirien, votre éligibilité et votre dignité d'homme Ivoirien. Comment pouvez-vous accepter de pourfendre cet homme de cœur qui a trahi ses proches. Parce qu'il vous a donné tous vos papiers. Alors que pour ces mêmes papiers, les autres vous pourchassaient par Interpol, dans le monde entier.

A la lumière de ce que je vois, je crains de savoir que les grands vainqueurs de ces élections ne sont pas les partis et leurs leaders. Mais bien les combattants rebelles. Et si je ne m'abuse, ce sont eux qui devaient être au pouvoir pour juger les trois (03) Présidents que sont : Bédié, Gbagbo et vous-même. Peut-être, avec ceux-là et avec l'âme d'Africains lucides qu'ils ont, ils auraient évité à la Côte d'Ivoire sa dislocation et son érection en département français.

Pourquoi au Mali n'a-t'on pas fait un grand procès à Moussa Traoré? Et pourtant, le Mali se porte mieux ! Pourquoi Nelson Mandela, le grand Mandela, n'a t-il pas emprisonné tous les blancs qui l'ont incarcéré pendant 27 ans ?

Monsieur Alassane Ouattara, vous êtes devant l'histoire, mais sachez que la vraie victoire, celle qui vaut d'être vécue, est celle que l'on a sur soi-même.

 

A quoi sert la victoire ?

A quoi sert ta victoire ?

Des morts et des morts élus après ta victoire

Et des prisonniers qui aux larmes sèches te regardent, regardent ta victoire

Sans âme, plus que tu es victoire sans être né comme les autres

De multiples cimetières, qui à perte de vue, gisent des hommes

Des femmes, des enfants qui ne voulaient que vivre

A quoi sert ta victoire, seigneur, toi qui est venu de loin de très loin ?

Et conquérir le cœur des peuples des cimetières

Qui aujourd'hui sombrent dans l'épée et pour l'épée sur l'existant qui n'est plus

A quoi sert ta victoire, toi qui viens de loin dans ce lointain pays qui n'est pas le mien ?

A quoi sert ta victoire, sinon remplir à nouveau tes cimetières avec ses hommes et ses femmes prisonniers ?

Dont tes protecteurs veulent qu'ils soient pendus, fusillés par les cordes d'esclaves

Par les armes qui ont fait leur preuve en tuant notre peuple sans arme

A quoi sert ta victoire, juvénile victoire?

A te pendre dans le temps, dans le bref temps de l'histoire.

 

Abou Cissé,

Membre fondateur du Rdr et combattant de la liberté

 

In le quotidien ivoirien « Le Temps » du 06 octobre 2011.

 

Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

jeudi, 06 octobre 2011

UNE DES FILLES DU COUPLE GBAGBO PARLE...

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Dans ce témoignage poignant, Marie-Antoinette Singleton, une des filles du couple Gbagbo qui vit aux Etats-Unis, parle de ses parents et de son frère Michel, auxquels elle n'a pas le droit de parler, même par téléphone. Elle évoque également sa certitude que le combat mené par ses parents vaut la peine d'être mené. Et se terminera par la victoire de la Côte d'Ivoire indépendante.

 

Cela fait plus de cinq mois que vos parents et votre frère Michel ont été arrêtés. Avez-vous des nouvelles régulières d'eux ? Si oui, ces nouvelles sont-elles rassurantes ?

Non, nous n'avons pas de nouvelles régulières d'eux. Mais ça va ! Ils se portent bien, selon ce que nous avons pu avoir comme informations. On ne nous a pas encore donné l'autorisation de leur parler ni de les voir. Mes avocats se battent pour ça. Une lettre en ce sens a été envoyée au ministre de la Justice qui a refusé tout simplement...

Votre famille a subi de gros chocs émotionnels. Comment on survit à une telle bourrasque ?

Toute la famille a été déstabilisée, dispersée. Mais ayant grandi dans un environnement de combattants, ce n'est pas qu'on souhaite des choses pareilles mais on se fait un moral plus ou moins prêt à résister à de telles bourrasques. Et on bénit Dieu qu'ils soient en vie, c'est l'essentiel. Et comme il s'agit d'une vision... La vision n'est pas morte, nous avons l'espoir de voir la vision s'accomplir. Ça suffit pour tenir bon. Pour ce qui est du quotidien, on est obligés de se réorganiser. Parce que tout le monde a été délocalisé...

Et vos sœurs, elles vont bien ?

Oui, elles vont bien.

Quel regard portez-vous sur les premiers mois d'Alassane Ouattara ? Lors des moments les plus durs d'avril, on vous a entendu avec des accents politiques. Et nous sommes curieux d'avoir votre analyse sur ce régime qui a déjà passé l'étape symbolique des cent premiers jours. Que pensez-vous d'eux ? Avez-vous eu des contacts avec eux ? La réconciliation qu'ils prônent vous semble-t-elle envisageable ?

D'un point de vue personnel, je trouve qu'ils ne font pas un bon boulot. Même s'ils semblent avoir des raisons de kidnapper des gens pour leurs opinions politiques, je ne comprends pas pourquoi le contact avec la famille devrait être un problème. Je ne comprends pas pourquoi ils ne permettent même pas un coup de fil. C'est aberrant, cela n'a pas de sens.

Au-delà de cet aspect personnel, familial, j'étais le vice-consul à Washington. Quand il y a eu ces événements,  je me suis retirée. Et j'ai reçu une note du ministère des Affaires étrangères me demandant, en tant que diplomate, de rentrer sur Abidjan. Ce qui n'est pas envisageable. Je n'ai plus personne à Abidjan. Tous nos domiciles ont été totalement pillés. Tout ce qui n'a pas été emporté a été détruit.  J'ai fait savoir à l'ambassadeur que je n'étais en mesure de rentrer.

Pour ce qui est de la réconciliation, il faut que les gens soient réalistes. Il y a un grand nombre de personnes qui sont réfugiées à l'étranger, apeurées. Certains continuent à subir des exactions. Il ne faut donc pas rester dans la théorie. Il faut porter des actions concrètes sur le terrain qui montrent le désir de voir les gens se réconcilier.

Vous vous êtes beaucoup impliquée dans le plaidoyer, au service de la cause des vôtres et des autres détenus politiques. Avez-vous eu des contacts haut placés dans ce cadre, en Côte d'Ivoire et à l'étranger ?

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J'ai surtout des contacts avec la population. C'est une action qui concerne avant tout les Ivoiriens. C'est vrai que mes parents sont impliqués, à un niveau suffisamment haut. Mais tous les Ivoiriens que je connais ont subi une perte. C'est au niveau de la communauté que nous travaillons, que nous menons des actions.

Des ONG de défense des droits de l'homme, des gouvernements étrangers vous ont écoutée ?

Pas de gouvernement étranger pour ma part. Le sénateur Inhofe, ici aux Etats-Unis, est très impliqué et nous essayons de lui donner le maximum d'informations. J'ai envoyé un courrier au secrétariat général de l'ONU et à la structure spécialisée chargée des droits de l'homme. Sans réponse.

Durant les bombardements, est-ce que vous vous êtes dit, à un moment donné, que votre place était aux côtés de vos parents, de votre mère, à la Résidence, plutôt qu'au chaud, d'une certaine manière ?

Non. Je ne crois pas que quelqu'un aurait envie de se retrouver dans cette atmosphère-là. Je me suis  dit que si Dieu a permis qu'un membre de la famille soit à l'extérieur c'est pour une raison. Rien n'est le fruit du hasard quand on croit en Dieu. Il a sans doute permis que je sois à l'extérieur pour donner un autre son de cloche, le point de vue de la famille. C'était une expérience traumatisante d'après ce que tout le monde m'a dit. Mes sœurs, mes amis... Des gens qui n'étaient même pas à la Résidence mais dans les environs en sont sortis traumatisés. Je pense que personne ne souhaiterait vivre ça.

Quelle image de tous ces événements vous a le plus marquée ?

Le souvenir le plus douloureux, ce sont les humiliations que certaines personnes comme le gouverneur Dacoury-Tabley ont subies. C'est allé vraiment trop loin. C'était énorme. J'ai lu au-delà de la première réaction d'humiliation, de violence contre la Première Dame, le président et Michel, j'ai vu des gens qui subissaient quelque chose sur la base de la vision qu'ils ont. Quand je vois les photos de la Première Dame par terre, les cheveux arrachés, je vois la violence, certes. Mais je vois aussi la sérénité sur son visage. C'est un combat qu'elle mène depuis qu'elle est jeune. Un combat pour la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique. Personne n'enlèvera cette conviction de son esprit. Dieu étant fidèle, lorsqu'on met sa cause dans la main de Dieu, on ne se laisse pas envahir par l'anxiété. Je n'ai pas vu la peur sur leur visage, ni sur le visage de Michel. Michel avait du sang sur la tête, sur le dos, mais il avait les mains croisées. Je n'ai pas vu de panique sur son visage. Et moi je rends gloire à Dieu pour ça. Et pour les films qu'on a pu voir du président à l'hôtel du Golf. Il expliquait seulement ce qui venait de se passer, et ce qu'il avait suggéré de faire. Passé l'effet de violence, j'ai vu des gens qui croient en leur combat. Et qu'ils font ce qu'il faut faire. Si les humiliations sont le prix à payer, ils sont prêts à payer ce prix-là.

Que pensez-vous de l'attitude et de la démarche politiques de Mamadou Koulibaly qui était le numéro deux du système Gbagbo ?

Moi, je n'étais pas du tout impliqué dans la politique, vous savez. J'ai suivi ces choses-là de loin. Je ne connais pas les motivations de Mamadou Koulibaly, le raisonnement qui l'a amené à prendre une telle décision. J'avais déjà été déçue de voir qu'il n'a pas pris en main le problème de succession. La solution pour moi était qu'il prenne le pouvoir dans le chaos que nous avons vécu après le 11 avril. Il ne l'a pas fait. Il a choisi de faire autre chose. Aujourd'hui, il décide de se séparer du FPI. Je ne sais pas s'il a cru en cette vision. Parce que dans la matérialisation d'une vision, il y a des choses qui ne sont pas forcément positives, qu'on n'approuve pas. Mais cela ne nous pousse pas à abandonner cette vision pour autant. Si le président Gbagbo devait laisser tomber sa vision sous prétexte que les individus ne faisaient pas leur part du travail, le FPI n'existerait pas. La démocratie n'existerait pas en Côte d'Ivoire. Il faut comprendre la vision et être prêt à payer le prix et à porter le fardeau. Manifestement, nous ne sommes pas nombreux à réfléchir comme cela. C'est bien dommage, mais on verra jusqu'où les choses iront. Quand on parle de vision, on ne se limite pas aux hommes. Parce qu'il  y en aura toujours pour la porter.

On a senti des dissensions entre des collectifs d'avocats se réclamant de la défense du président Gbagbo...

Je ne souhaite pas en parler parce que ce n'est pas très beau et cela peut faire irrespectueux. Le moment viendra certainement où ces questions-là seront résolues.

En tant que femme, que diriez-vous à Dominique Ouattara si vous l'aviez en face de vous ?

Franchement, je ne sais pas, je ne pense pas à elle... Donc je n'ai pas de propos préparé. Il faut peut-être que je réfléchisse à ce sujet...

Et si vous aviez Simone Ehivet Gbagbo en face de vous ?

(Rires). Que je l'aime énormément, que je suis fière d'elle, qu'elle m'inspire, et que je suis prête à porter le flambeau, à marcher dans ses pas. Je vais m'organiser pour. Je lui dirai de tenir bon, parce que le Dieu qu'elle sert est fidèle. Cette vision qu'il leur a donnée pour la Côte d'Ivoire, elle s'accomplira certainement.

Que diriez-vous aux Ivoiriens qui vivent dans le pays, qui ont cru en Laurent Gbagbo et qui sont aujourd'hui apeurés après une répression qui n'est toujours pas terminée ?

Je leur dirai que le combat vaut absolument la peine d'être mené. Personne ne viendra mener à notre place le combat de libération de notre pays. C'est difficile. Je suis de tout cœur avec eux. Je ne demande à personne de faire des actes de folie. Ce qu'il faut savoir, c'est que nous avons un devoir de libération vis-à-vis de notre pays et de notre continent. Et que si nous ne prenons pas sur nous de le faire, les générations prochaines le feront. C'est une réaction naturelle. Tous les peuples aspirent à cette liberté et passent par des moments difficiles pour l'acquérir. Nous devons passer par ces moments difficiles. Le combat ce n'est pas seulement d'être dans la rue, de manifester. Mais si chacun a son niveau choisit de rectifier les erreurs qui nous ont mené là où nous sommes et choisit de marcher différemment, c'est déjà le début du combat. Que chacun quotidiennement fasse sa part. Tout le monde n'est pas soldat. Mais ce combat, nous devons de toute façon le mener.


Recueilli par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

PLAINTES DEVANT LA CPI, LE TEMPS PRESSE!

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Chacun a jusqu'au 31 octobre pour envoyer sa plainte et/ou dénonciation des violations et crimes de guerre de tout ordre (violation des Droits de l'Homme, crimes économiques, etc) commis entre 2002 et 2010, à la CPI. Même un simple mail qui détaille les faits et l'accusation suffit. Celui qui le désire peut faire une lettre postale. On peut le faire en tant que victime, ayant-droit ou simple témoin, individuellement ou en tant qu'association.

Il faut que les faits soient clairs et précis avec des noms, dates et lieux. On peut accompagner cela de pièces à conviction (ce n'est pas une obligation) comme des enregistrements vidéo (même YouTube est permis), des coupures de presse (journal papier ou article en ligne), des rapports d'ONG internationales comme Amnesty, Human Rights, Croix Rouge et d'ONG locales Lidho, Fidhop, etc...

Email : otpnewsdesk@icc-cpi.int

Adresse postale:
International Criminal Court
Po Box 19519
2500 CM, The Hague
The Netherlands

A chaque patriote sa plainte ou dénonciation. Ne restons pas les bras croisés. Chacun est/connaît au moins une victime. C'est le moment d'agir, ne perdons pas de temps, ne soyons pas passifs. Ne remettons pas à demain.


La lutte continue !!!

LA COTE D'IVOIRE, UN PAYS EMERGENT EN 2020? RESTONS SERIEUX!


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Alassane Ouattara sait-il que courant 2010, du 26 au 28 avril exactement, le secteur privé ivoirien au grand complet a tenu un séminaire de trois jours à Yamoussoukro dans le but d'étudier sur tous les angles la possibilité de faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent ? Alassane Ouattara sait-il que ce projet, initié par le patronat ivoirien, qui a vu la participation de l'Etat de Côte d'Ivoire - oui, c'était bien un Etat et non un clan que Laurent Gbagbo dirigeait - représenté pour la circonstance par Moussa Dosso, ex et actuel ministre de l'industrie et de la promotion du secteur privé, a accouché de conclusions et de directives précises sur comment y arriver ?

Alassane Ouattara sait-il que les différents ateliers qui ont meublé ce conclave ont déterminé qu'il est peu probable, voire carrément impossible, que la Côte d'Ivoire atteigne cet objectif avant le terme d'une génération entière de trente ans. Et qu'en conséquence, le secteur privé ivoirien a baptisé son programme Côte d'Ivoire 2040 ?

Si nous, nous le savons, c'est qu'Alassane Ouattara a forcément eu vent de ce projet. Si même ce n'était pas le cas, il a eu l'occasion, en novembre 2009, exactement un an avant les présidentielles, de participer aux rencontres « Face au Patronat » organisées par le même secteur privé, sous l'égide de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire, qui avaient alors réuni les principaux candidats à l'élection présidentielle - sauf Laurent Gbagbo, apparemment « oublié ». Et devant ce parterre de sommités économiques du pays, Ouattara-le-présidentiable avait entendu de vive voix les attentes des grands patrons ivoiriens et renouvelé sa volonté de faire siennes les recommandations expertes du secteur privé sur l'avenir économique du pays.

Au secours Malachie !

Apparemment, la rigueur sacerdotale de l'économiste chevronné que l'on disait innée n'est plus que relique du passé ! Voilà notre chef d'Etat à la tribune des Nations Unies, à Washington, bien loin du bidonville homonyme et récemment déguerpi par sa politique bulldozérienne, en train de prétendre sans sourciller que son « ambition est de faire de la Côte d'Ivoire, à l'horizon 2020, un pays émergent ».

Tonnerre d'applaudissements ! En 2020, soit dans un peu moins d'une décennie, nous avons quelques chances, à en croire la docte science ouattariste, de nager dans les eaux douces de l'émergence et de voir les effluves de la prospérité se déverser sur nous en moins de temps que ce qu'il aura fallu au Mexique, à l'Ile Maurice ou à l'Afrique du Sud pour y arriver.

Au secours, Malachie ! Mais de vous à moi, est-ce vraiment sérieux de fabuler sur des questions si sensibles, auxquelles une large partie de la population croit, car relativement ignorante des principes économiques de base ? Est-ce vraiment sérieux d'insulter même l'intelligence de la minorité qui prend le temps de s'éduquer sur ces questions ? Est-ce si coûteux de délivrer un message responsable, qui épouse tous les contours du sujet et avance des propositions réalistes et réalisables ?

A en croire la pensée classique, « il n'est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ». A en croire le discours ivoirien, il n'est pas d'émergence salutaire pour quiconque ne croit aux ambitions de Ouattara. Et tout le monde, de Christine Lagarde à Eugène Dié Kacou, voudrait que l'on y fasse allégeance et qu'on s'émeuve devant les images de notre omniprésident à la tribune de l'ONU.

Le climat social apaisé réclamé par les investisseurs, une réalité ?

Non merci. Les prestidigitateurs politiques qui font fi du minimum en matière de bonne gouvernance et de gestion économique ne sont pas ceux que nous saluerons comme Caius Julius Caesar. Astérix résistants à la manipulation médiatique et à la politique politicienne, nous resterons. Avec quelques questions : le climat social apaisé que réclament les investisseurs, où les tueries attribuées aux FRCI se conjuguent à l'imparfait, est-il réalité ? Est-ce le cas à Yopougon Nouveau Quartier où il y a quelques jours à peine, tout un quartier a été assiégé par ces ostrogoths incontrôlables ? Ou encore à Blockhaus où il y a peu, un véritable combat de rue s'est engagé entre « sauveurs » et « sauvés » ? Et que dire de la dette intérieure ? Ces entreprises nationales qui ont vu leur gagne-pain partir dans la fumée des bombes françaises ont-elles été indemnisées ? Le seront-elles avec les derniers 150 millions de dollars « donnés » à la Côte d' Ivoire par la Banque Mondiale ? Quand est-ce que les recommandations du secteur privé sur le contexte macroéconomique seront-elles appliquées ? Quand est-ce que le modèle de développement de la Côte d'Ivoire, qui a atteint ses limites depuis longtemps, sera-t-il révisé ?

Faute de réponses précises à ces quelques questions sommaires, « la Côte d'Ivoire pays émergent » est encore un doux rêve qu'il vaut mieux ignorer. Le surdoué qui, parait-il, dirige ce pays, n'ignore pas ces détails. Mais pour les besoins de la manipulation, on lance une communication d'envergure sur l'émergence que l'on sait bien que l'on n'atteindra pas en huit ans. C'est qu'il faut bien intégrer un nouveau jargon au vocabulaire ivoirien ! Après la comptine de la réconciliation, il faut bien que les victimes de la terreur s'habituent à un terme moins conflictuel. Alors « pays émergent », essayons ! Faisons la promotion de l'émergence, en répétant inlassablement la chose comme des incantations de dozos et en ignorant royalement les prérequis les plus évidents que sont l'Etat de droit et la justice équitable pour tous.

Tout cela n'est pas bien sérieux. Ouattara-le-pragmatique ne croit pas plus que nous que la Côte d'Ivoire enjambera toutes les étapes du développement et se réveillera un bon matin avec un taux de croissance continu comparable à celui des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). On considèrera donc que ses « ambitions » sont un énième calcul politicien destiné à amuser la galerie.


Fabien d'Almeida

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO