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dimanche, 25 septembre 2011

FRCI, LE DILEMME CORNELIEN D'ALASSANE OUATTARA


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Toutes les épithètes leur avaient été gracieusement décernées. Sans confession. Y compris celle - surréaliste et hallucinante - de « sauveurs » intouchables, par le Procureur de la République, Kouadio Koffi Simplice, en personne. Un moment célébrés par les partisans pro-Ouattara pour avoir mené la bataille d'Abidjan aux côtés des forces spéciales françaises qui a conduit au renversement du Président ivoirien Laurent Gbagbo, l'idylle est aujourd'hui en passe de virer au désaveu complet. Les « sauveurs » du mois d'Avril se sont mués, au fil du temps, en mercenaires fauchés et sans salaire, remontés contre leurs employeurs, ainsi qu'en vulgaires braqueurs de supermarchés et d'agence de transfert d'argent. Ils se sont même payé le luxe d'accrocher à leur tableau de chasse, le vendredi 9 septembre 2011, un trophée impensable et inimaginable : la tête du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau, enlevé alors qu'il rentrait chez lui, « séquestré pendant trois heures, de 17h à 20h » (selon ses propres termes) et délesté de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de ses deux portables et de sa montre de valeur. Comment est-ce possible ? De mémoire d'Ivoiriens, jamais pareille scène ne s'est produite contre un magistrat de ce rang, de toute la jeune histoire de la Côte d'Ivoire !

Ouattara a la pression des bailleurs de fonds : il lui faut absolument assainir la situation sécuritaire en Abidjan, ainsi que dans toutes les autres régions du pays. Et particulièrement dans celle de l'Ouest. Ce faisant, il était sensé les avoir remis en caserne et disciplinés. Que non ! Nos chers FRCI continuent de déambuler dans la capitale économique et dans nos villes avec des kalachnikovs en bandoulière, dans des tenues bigarrées. Avec en prime, la gâchette terriblement facile. Au quart de tour, pourrait-on dire ! Les évènements de Blockhaus, dans la commune de Cocody, survenus dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 septembre 2011, entre les jeunes du quartier et quatre éléments FRCI, qui se sont soldés par un blessé par balles de kalachnikov et plusieurs autres à l'arme blanche (couteaux et machettes), victimes des FRCI, en disent long. Entre deux patrouilles, ils se payent une virée dans des résidences privées, des commerces et structures bancaires pour faire le plein de billets de banques, dans l'impunité la plus totale.

Les « Zorro » à l'ivoirienne ne rendent aucun compte. Personne qui puisse les inquiéter. Pas même leur hiérarchie sensé observer la rigueur martiale. Ce sont nos « sauveurs ». Et notre salut a un coût. Du reste, élevé. Pour avoir la vie sauve, nous devons nous laisser plumer sans pousser un pépiement. Parce qu'il faut bien que les précieux « sauveurs » mangent. Or, il se trouve qu'ils ont été les grands oubliés des lignes budgétaires de la République version RHDP, ne pouvant y être tous intégrés.

Ouattara a besoin des FRCI. Il leur doit son fauteuil présidentiel. Même s'il le doit plus encore à la France de Sarkozy. C'est également grâce à eux qu'il peut maintenir cette terreur rampante entretenue dans tout le pays, indispensable à sa victoire aux prochaines élections législatives. Vous avez dit remake de l'élection présidentielle ? Comment donc s'en défaire, sans grabuge, et donner suite aux exigences récentes des institutions de Bretton Woods (Banque Mondiale et Fonds Monétaire International) pour lesquelles il n'est pas question de les greffer aussi massivement à une masse salariale que Ouattara avait lui-même déjà jugé explosive, en son temps, pour récriminer contre Laurent Gbagbo ? Accuser Gbagbo du mal et faire le pire ? Certainement pas ! Comment donc leur payer les milliards nécessaires à leur intéressement et les libérer sans mettre à mal les finances désespérément sinistrées de l'Etat, pendant que les lieutenants de Soro se la coulent douce au Nord avec une « Centrale » officiellement démantelée mais qui continue bel et bien ses activités de rançonnement des populations, des commerçants et des transporteurs ? Les derniers nommés, très amers et excédés, s'en sont d'ailleurs récemment plaints au Ministre des Transports Gaoussou Touré, le mercredi 14 septembre 2011, à l'auditorium de la Caisse de Stabilisation, lors du lancement officiel des activités de l'observatoire de la fluidité des transports, dirigé par l'ancien ministre Adama Coulibaly alias « Adama Champion ». Comment les démobiliser sans les avoir pour longtemps à dos voire contre soi ? Faut-il s'en remettre, pour la protection du régime, à l'armée régulière des ex-FDS réputée fidèle à Gbagbo (pour preuve, elle n'a droit à aucune arme, depuis cinq mois, à part les ex-FAFN) sachant qu'il ne serait pas recevable de les éconduire et de les faire, purement et simplement, remplacer par les ex-rebelles, résolvant ainsi l'épineux problème de leur intégration budgétaire ? Voici la position inconfortable du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau. Un casse-tête chinois. Un vrai dilemme cornélien.

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Il faudra pourtant plancher une fois pour de bon sur ce cas de conscience que constituent les éléments incontrôlés des FRCI pour le pouvoir Ouattara. Et DIEU seul sait s'ils sont nombreux, illettrés et sans formation. Les exactions n'en finissent plus de faire la Une des journaux. Ils ne se passent pas de journées que leurs dérives ne soient mises au grand jour. Plutôt que de faire la fine bouche sur une incursion de prétendus « mercenaires de Gbagbo » à Ziriglo (Sous-préfecture de Taï), dans le Sud-ouest ivoirien, qui n'était rien d'autre, en fait, qu'une expédition punitive d'un ressortissant burkinabé mécontent du nom d'Abdoulaye Kabré, véritable parrain de cartel mafieux dans ladite zone forestière, furieux d'avoir vu sa seigneurie érodée dans ce bled par l'arrivée des FRCI qui y contrôlent désormais tous les trafics, les nouvelles autorités ivoiriennes gagneraient à désarmer leurs propres éléments et à les discipliner. Faute de quoi, il faudra se résoudre à les traduire devant les tribunaux militaires. Tout « sauveurs » qu'ils sont. Parce que nous ne saurions les supporter indéfiniment.

Le samedi 10 septembre 2011, deux d'entre eux se sont faits refroidir par un commando marin FUMACO (l'ex-compagnie d'élite du Colonel-major Konan Boniface). Il a été retrouvé sur eux des cartes professionnelles FRCI. Ces deux quidams venaient de braquer un supermarché de Yopougon Niangon Nord, carrefour Lubafrique, et espéraient s'emparer de la berline de marque Mercédès du soldat pour couvrir leur fuite. Manque de pot pour eux, ils avaient affaire à un professionnel du combat de contact. Prestement désarmés, ils furent abattus avant même de réaliser ce qui leur arrivait.

Voici donc la nouvelle armée de la Côte d'Ivoire. Celle qui est désormais en charge de la sécurité des Ivoiriens. Les « sauveurs » d'un mois se sont transmués en bourreaux impitoyables et en vulgaires délinquants. Faut-il leur en vouloir ? Pas totalement. Leurs employeurs, ceux pour qui ils ont quitté plantations, forêts sacrées et forges, ne les rémunèrent pas. Ils constituent, pour ainsi dire, le cadet de leurs soucis. Leur priorité étant de plaire à Nicolas Sarkozy, servir la France, indemniser les entreprises françaises et leur accorder les meilleurs marchés du moment. Que faire alors ? La chose la plus naturelle du monde, bien entendu : se payer soi-même. Au mépris de la réputation de la corporation et de l'éthique militaire. Voilà où en est la Côte d'Ivoire.

Ouattara, de notre avis, est écartelé entre la nécessité - pour lui - de garder en l'état son armée d'ex-mercenaires pour parer à toute éventualité, avec la peur qu'ils se sont faite, la semaine dernière (le vendredi 16 septembre 2011), de l'incursion des troupes du burkinabé détrôné de Taï, Abdoulaye Kabré (malgré la présence des soldats onusiens malawites), honteusement imputé, encore une fois, à un Laurent Gbagbo injustement assigné à résidence et impuissant à faire quoi que ce soit, et l'urgence de reprofiler, civiliser et professionnaliser les FRCI pour répondre aux exigences de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, des investisseurs internationaux et aussi (que croit-il ?) des Ivoiriens, toutes obédiences confondues, au bord de la crise de nerfs.

Il est tout autant tenaillé par le désir de les éloigner de lui (la preuve, sa garde rapprochée est entièrement étrangère), parce que ne répondant visiblement et véritablement que du Premier ministre Guillaume Soro dont il ne peut se targuer de cerner toutes les ambitions politiques (avouées et inavouées) et celui de ne pas s'attirer leurs foudres en les sacrifiant sur l'autel des visées françaises de reconfiguration de l'armée ivoirienne qui ne leur accordent pas forcément des postes privilégiés (tous les conseillers de Ouattara, de ce point de vue, sont français ; pas de place pour les nationaux). Ouattara redoute, pour ainsi dire, son propre monstre. Il est laminé, à son égard, par un étrange sentiment ambivalent, contrasté, alambiqué, contradictoire que dépeindrait exactement l'expression « Je t'aime moi non plus ».

Jusqu'à quand durera ce chassé-croisé idyllique de haine-amour entre Ouattara et son armée, pour le plus grand malheur des ivoiriens ? A trop vouloir nuire, le chef de l'Etat ivoirien est aujourd'hui pris à son propre jeu et devra bien, un jour, en sortir pour permettre aux Ivoiriens de retrouver la sérénité et le plaisir de vivre dans un pays sécurisé et paisible.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» N° 325 des samedi 24 et dimanche 25 septembre 2011.

POURQUOI GBAGBO FAIT SI PEUR

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Les  récurrents appels des adversaires de l'ancien président de la République de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo à le laisser juger par la Cour pénale internationale  a ceci de pathétique qu'ils montrent à quel point Gbagbo inspire de la peur à Alassane Dramane Ouattara et à son parrain blanc Nicolas Sarkozy.


Finalement, il ne se passe pas un seul jour sans qu'on ne parle de Laurent Gbagbo à Abidjan. Que cela soit dans les  médias ivoiriens, à part bien évidement la télévision nationale tenue par les séides du régime en place et particulièrement dans la presse écrite toutes tendances confondues, ou dans les états-majors des partis politiques. D'ailleurs, toutes les visites à l'étranger d'Alassane Dramane Ouattara sont dominées par les sujets se rapportant à l'actualité de Laurent Gbagbo et le chef de l'Etat l'a encore appris à ses dépens lors de son dernier séjour en France. Même Henri Konan Bédié ne trouve grâce aux yeux des médias européens que pour évoquer le devenir de Laurent Gbagbo que le président du parti démocratique de Côte d'Ivoire et son alter ego du rassemblement des républicains alliés dans le rassemblement des houphouëtistes pour la recherche de la paix (RHDP) voudraient voir écrouer à la Cour pénale internationale.

Car même s'il est officiellement inculpé depuis plusieurs mois par le procureur de la République Simplice Koffi, la justice ivoirienne est embarrassée par le cas Gbagbo. D'abord parce qu'en l'état actuel des choses, elle ne peut juger l'ancien président de la République qui bénéficie du statut d'ancien chef d'Etat. Pressée par les politiques qui n'ont pas prévu de plan B à la non reddition de Gbagbo, la justice ivoirienne a violé toutes les procédures en la matière, à commencer par le décret de mise en résidence surveillée précédé par l'acte lui-même. C'est le contraire qui est normal. Les avocats de Gbagbo ont aussi du mal à rencontrer leur client à Korhogo en violation de toutes les règles du permis de communiquer. Mais il reste le fond du problème. Inculpé pour crimes économiques, la justice ivoirienne perd son latin et sa difficulté est celle des politiques. Malgré toutes les possibilités qu'ils ont aujourd'hui pour démontrer toutes les allégations de détournement présentées comme vérifiées à l'époque, le Procureur de la République n'a pas la moindre preuve de crimes économiques provenant d'avantages personnels que le président Gbagbo aurait tirés de son mandat. Les crimes économiques dont il parle seraient la conséquence d'une usurpation de titre. Or, sur cette question il faut un miracle pour que l'accusation démontre qu'Alassane Dramane Ouattara qui s'est fait investir par des personnalités non assermentées dans son QG de l'hôtel du Golfe était président de la République avant l'arrestation du président Gbagbo par les français.

C'est pour quoi aussi bien Dramane que Bédié ne jurent plus que par la Cour pénale internationale censée établir des preuves de la culpabilité de Gbagbo sur des cas de violences politiques dans le pays. Dramane et Bédié espèrent surtout que le président Gbagbo sera lourdement condamné pour qu'il soit à jamais éloigné du paysage politique ivoirien.

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Parce que la survie des deux hommes politiques en dépend. Henri Konan Bédié est un vieil homme de 77 ans. Cet âge le rend inéligible à un autre mandat présidentiel en Côte d'Ivoire et l'expose à la furie des jeunes à l'intérieur. Ces derniers avaient déjà  tenté de le pousser à la retraite sous la présidence Gbagbo qui, de toutes les trois grosses personnalités du pays est le plus jeune et le seul à ne pas hésiter à confier des responsabilités aux jeunes. L'effet Kigbafori (du nom de l'actuel Premier ministre) a en effet rendu la plupart des jeunes militants des partis  ambitieux. La jeunesse du PDCI dont les leaders ont été royalement ignorés lors de la formation du cabinet Dramane ont déjà montré de la déception en critiquant cette mise à l'écart. La présence de Gbagbo à la tête de l'Etat aurait donné plus de force à ce type de revendications à l'intérieur du PDCI. Henri Konan Bédié semble même cacher d'autres projets, notamment la possibilité d'être candidat en 2015 où il pourrait surfer sur la vague nationaliste insufflée au pays par Gbagbo contre Alassane Ouattara dont les conditions d'accession au pouvoir continuent de rebuter l'opinion pro-Gbagbo.

Dramane est donc la solution du moins pire que Bédié joue à fond en espérant renaître de ses cendres, lui que ses partisans appellent aussi le sphinx de Daoukro. Quant à Dramane, il sait qu'un procès de Gbagbo qui s'ouvrirait   à Abidjan serait une tribune populaire contre lui. Il n'a pas envie de voir relancer le débat sur sa légitimité. Son principal écueil demeure cependant le temps. Pour être entendu par la Cour pénale internationale, il faut entre deux ou trois ans de procédure. L'environnement international risque entre-temps d'évoluer pendant ce temps puisque le président français Nicolas Sarkozy et son homologue américain Barack Obama qui sont ses principaux soutiens doivent faire face à des élections cruciales  dans leur pays dans le but d'assurer leur propre survie politique.  La défaite de l'un ou l'autre risque de changer les rapports au pays où les partisans de Laurent Gbagbo auront vaincu la peur. La jeunesse du front populaire ivoirien se prépare déjà à enclencher une série de meetings dits de libération et la direction du parti vient de quitter officiellement la commission électorale indépendante et semble dessiner les contours d'un boycott qui va mettre en doute la crédibilité du scrutin et faire l'impasse sur la reconnaissance nationale que Dramane voulait payer en prenant en otage l'ensemble des procédures électorales.

La France vient d'ailleurs de s'inventer une nouvelle polémique sur l'assassinat manqué de Gbagbo dont la résidence a été la cible de 800 tonnes de la part des avions français et onusiens. Le chef de sa diplomatie Alain Juppé a préféré nier en bloc les assauts des hélicoptères français contre la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo pourtant filmés en mondovision. Sarkozy devra répondre devant la justice de son pays mais aussi devant la conscience de tous ceux qui continuent de se mobiliser dans le monde pour la libération du Président Gbagbo qui n'a jamais été aussi populaire que maintenant.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 71 du vendredi 23 septembre 2011.

 

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LES NOUVEAUX INQUISITEURS

 

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La Ouattarandie a de beaux jours devant elle. En cinq mois, elle s'est offert de nouveaux sicaires qui, de toute évidence, n'ont aucun état d'âme. Les frères Cissé qu'on a fini par appeler les Forces républicaines de Côte d'Ivoire, en partie pour absoudre tous leurs crimes, sont partout dans nos rues avec leurs armes. Elles nous rappellent que nous sommes face à un tyran qui peut décider d'avoir notre tête quand bon lui semble. Avec elles, il faut désormais compter le Conseil national de la presse devenu un instrument d'inquisition contre la liberté de penser. En fait, penser autrement ou critiquer est plus que jamais la pire hérésie que les dramanistes ont décidé d'expurger du corps social. Alors le CNP joue sa partition, menace, suspend. Sa dernière trouvaille fut de menacer quiconque ne reconnait pas que Dramane Ouattara a été élu selon les règles de notre République. Parce que selon sa belle théorie, ceux qui écrivent cela sont des imposteurs et corrompent en plus l'opinion en la persuadant de ne pas reconnaître la réalité.

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Nous sommes donc l'ivraie, qui fait pourrir l'ensemble des bons fruits qui sont au service de la ouattarandie. Et pour qui sait comment ils assainissent, il ne serait pas étonnant qu'ils nous coupent nos bras pour ne plus qu'on écrive les lignes qu'ils détestent tant. Ce ne serait qu'un bon spectacle pour Eugène Kakou qui n'a pas manqué d'applaudir  l'assassinat de notre confrère Sylvain Gagnétaud. Selon ses bonnes dispositions, Gagnétaud n'était que journaliste à 20%. Il avait donc 80% de chance de mourir. C'était écrit, et le président du CNP n'a pas intérêt à remettre en cause les lois de la nature.

Seulement voilà, les faits sont têtus. Le 11 avril, Laurent Gbagbo n'est pas allé se rendre à Dramane Ouattara qui a refusé le recomptage des voix qui lui était proposé comme ultime moyen pacifique de sortie de la crise postélectorale. Nous ne sommes pas les auteurs prolixes et imaginatifs de cette histoire. Ceux que le président du CNP présente comme des gogos ou de parfaits amnésiques pour se rappeler au moins les souvenirs de ces nuits de bombardement, étaient chez eux quand les bruits assourdissants des 800 tonnes de bombes allaient à l'assaut de la résidence de Laurent Gbagbo. Un homme qui était chez lui avec sa femme et ses enfants. Cet homme a été arrêté par l'armée française qui l'a remis à ceux qui se font passer pour des forces républicaines et dont on ne raconte pas assez les tueries.

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Ce n'est pas parce que les ivoiriens ne le crient pas sur tous les toits qu'ils ne savent pas ce qui s'est passé ; et ce n'est pas parce que le CNP se sent fort dans son nouveau rôle de tortionnaire attitré, l'anti-liberté de service de la ouattarandie que ce qu'il veut imposer deviendra une vérité.

Le zèle, c'est connu, peut vous valoir plus des subsides ; il peut même vous donner l'illusion que vous comptez. Mais le zèle au service du mensonge ne rend que plus vil et plus méprisable. Certes, nous avons  besoin, en dépit des contingences conjoncturelles, de nous réunir autour d'un minimum de consensus, d'un certain nombre de valeurs qui nous réunissent. Mais ces valeurs-là se négocient. On ne les impose pas pour montrer qu'on est passé inquisiteur de la République après avoir encouragé à ce même poste la chienlit des uns et l'appel au meurtre des autres.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 71 du vendredi 23 septembre 2011.

samedi, 24 septembre 2011

SCENARIO DU PIRE A ABIDJAN

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Le gouvernement mise sur des législatives fin décembre à Abidjan pour clore la série mortelle dans le pays. Rien n'est pourtant prêt : pas d'argent, pas de sécurité et pas le minimum pour la transparence du scrutin. Le Front populaire ivoirien, l'ex-parti au pouvoir, demande toujours la libération de Gbagbo comme le préalable à une réconciliation dans le pays. Il se plaint aussi du déséquilibre dans la commission électorale. Youssouf Bakayoko, lui, est toujours à la tête de la CEI... Bref, en Côte d'Ivoire, c'est le scénario du pire qui se met irrémédiablement en place.


A moins de quatre mois des législatives prévues officiellement pour la fin de l'année, les forces républicaines de Côte d'Ivoire ont à nouveau fait parler d'elles. A Ziriglo dans la sous-préfecture de Taï d'abord et à Tiébissou ensuite. Pour desserrer la pression autour de lui, le gouvernement maquille ces attaques en des actions de sicaires gagés par l'ancien régime pour le déstabiliser. Les massacres de Ziriglo que tous les témoignages sur place à Taï présentent pourtant comme le résumé mortel de la vengeance des FRCI du coin, ont fait l'objet d'une communication politique. Aussi bien le commandement des FRCI sur place que le gouvernement, ont ainsi accusé les miliciens pro-Gbagbo qui seraient venus du Libéria voisin pour commettre leur forfait avant de s'en aller par la piste dans cette zone extraordinairement militarisée où l'ONUCI a installé ses premières bases militaires.

Les hommes politiques, eux, l'ont compris depuis le début. Leur slogan semble celui-ci : qui veut gagner sans coup férir ménage les forces républicaines de Côte d'Ivoire. C'est ce que dénoncent d'ailleurs les populations de Saïoua qui reprochent à Alphonse Djédjé Mady, qui a des velléités de candidature à la présidence de l'Assemblée nationale, de vouloir profiter de la terreur instaurée par ces forces pour se faire élire député de la circonscription avant de viser la tête de l'hémicycle. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire qui a fait l'impasse sur ses ambitions présidentielles pour ne pas gêner Alassane Dramane Ouattara rêve de contrôler l'Assemblée Nationale pour tenir en laisse le Chef de l'Etat.

Or le chef politique des FRCI lui-même Guillaume Soro a décidé de briguer ces législatives pour ne pas mettre entre parenthèses ses ambitions présidentielles. Son duel avec Ouattara dans le nord fait partie des inconnues de cette bataille des législatives qui s'annoncent palpitantes et particulièrement dangereuses. Car pour gagner, la coalition du rassemblement des houphouëtistes pour la recherche de la paix s'est emparée de tous les postes des commissaires centraux de la commission électorale indépendante (CEI) à l'exclusion de deux,   revenant au Front populaire ivoirien, le parti de Laurent Gbagbo toujours en résidence surveillée dans le nord, après avoir été arrêté par les soldats français. Le FPI demande un rééquilibrage des postes parce que ceux détenus par les Forces nouvelles ne se justifient plus dès lors qu'elles affirment avoir intégré l'armée régulière. Sous la présidence Gbagbo, l'opposition détenait la majorité à la CEI avec 16 postes de commissaires centraux. Elle dominait aussi les commissions régionales en raison d'une démultiplication autorisée par Marcoussis et dont le but évident était de faire contrôler le processus électoral par l'opposition.

Tétanisée par la terreur des premiers mois, rythmée par les pillages de domiciles, les vols et les tueries, la base du FPI ne veut plus se laisser conter. La jeunesse du parti lance à partir du 15 octobre prochain un meeting dit de libération. La direction de la JFPI multiplie d'ailleurs à cet égard, des réunions de mobilisation et la peur semble vaincue.

La méfiance voire la haine est perceptible alors que la réconciliation nationale a du mal à se mettre en place. La plupart des ivoiriens n'y voient qu'une foire aux empoignes qui ne fera pas bien mieux que le forum de réconciliation nationale pour lequel l'ancien président avait fait rentrer au pays tous les exilés de l'époque, à commencer par Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Piégé par ses premières déclarations, le président de la commission de réconciliation Charles Konan Banny a réussi à enrôler le footballeur Didier Drogba pour faire partie de la direction de la commission. A quelques mois d'une élection pour laquelle le RHDP se montre particulièrement fébrile, les efforts de réconciliation risquent de ne pas être suffisants. Et puis que faire du cas Gbagbo ? Le régime en place a jusque-là choisi de vouloir le conduire à la Cour pénale internationale (CPI), feignant d'ignorer son impact sur la vie des ivoiriens. L'armée ivoirienne continue de rester une des nombreuses inconnues de la vie publique nationale. En dépit de la défaite militaire de Laurent Gbagbo et de l'allégeance de la plupart des chefs de corps, les FANCI et les FRCI ne semblent pas tout à fait prêtes à vivre ensemble. Et même si les altercations ont sensiblement diminué depuis plusieurs semaines, la cohésion au sein des deux forces est encore problématique.  De plus, il faut craindre que les populations de l'ouest, excédées par les exactions des FRCI se révoltent pour croiser le fer avec les nouveaux seigneurs des lieux. Il faudrait, donc,  peut-être, négocier une paix des braves au sein de l'armée mais aussi dans tout le pays. A commencer par la libération des prisonniers politiques, y compris le Président Laurent Gbagbo avec qui le pouvoir doit négocier la paix, si tant est que c'est ce qu'il recherche.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 70 du jeudi 22 septembre 2011.

LEGITIMITE D'ALASSANE OUATTARA - EUGENE KACOU ET LE CNP VEULENT FALSIFIER L'HISTOIRE DE LA COTE D'IVOIRE

 

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Dans sa volonté d'asseoir un régime de fer en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat peut être assuré du soutien à la limite de la folie du patron du Conseil national de la presse, engagé dans une course à l'embrigadement de l'esprit et de la liberté.


Le président du Conseil national de la presse (CNP), certainement pour nous montrer qu'il est au travail, conformément à la promesse d'Alassane Ouattara de remettre ce pays au travail, (comme si tout s'était arrêté avant sa prise de pouvoir), a distribué, hier, à la presse, ses petits biscuits préférés de rappel à l'ordre sur des manquements qu'il aurait noté sur la pratique journalistique. Pour bien faire et pour ne pas être pris à revers sur la partialité légendaire qui transparait généralement de ses courriers, Eugène Dié Kacou a élargi la missive à l'ensemble de la presse nationale. Mais en réalité celle-ci vise les journaux, tels que le quotidien Aujourd'hui, qui refusent jusque-là d'obéir au doigt et à l'œil, à Alassane Ouattara. Pour construire son argumentaire, et prenant appui, selon des indiscrétions sur notre « numéro spécial 19 septembre 2002 », le président du CNP part du constat selon lequel :

« Depuis la fin de la crise postélectorale, des journalistes s'évertuent, dans leurs écrits, à faire admettre à l'opinion que les autorités politiques en place seraient issues d'un coup d'Etat opéré contre leurs prédécesseurs. A cet effet, les concepteurs de ces idées présentent le chef de l'Etat Ivoirien comme un « président installé par coup d'Etat » et son « régime installé par la France », tandis que l'ancien chef de l'Etat est vu comme « renversé par l'Armée française » voire « prisonnier du chef de l'Etat français ». Ce procédé utilisé à foison dans certains journaux traduit, loin du souci d'informer les lecteurs, une tendance inacceptable à la manipulation des faits et de la réalité. Le Président de la République de Côte d'Ivoire exerce son mandat actuel des suites d'élections démocratiques reconnues par la communauté nationale et internationale et, pour lequel, il a été officiellement investi dans ses charges. »

C'est vrai qu'Eugène Kacou est bien dans son élément ; celui de brandir le grand sabre du chef pour trancher la tête à tous les récalcitrants de la cité. Pour mériter son salaire certainement. C'est de bonne guerre, mais de grâce qu'il ne falsifie pas l'histoire, surtout quand celle-ci est aussi récente que la crise postélectorale ivoirienne. Dans sa croisade, le président du CNP nous accuse de vouloir faire passer Alassane Ouattara comme un président installé par coup d'Etat et Laurent Gbagbo comme un président renversé par la France. Peut-être que nous ne maîtrisons pas assez la langue française et n'avons pas fait une école de sciences politiques pour  décrire exactement ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire entre le 9 et le 11 avril derniers, mais nous voulons simplement demander comment appelle-t-on une situation politique où un chef d'Etat accède au pouvoir après que son  prédécesseur, encore en exercice selon les lois du pays, soit arrêté suite à plusieurs jours de bombardements intensifs de sa résidence  par une force étrangère, en l'occurrence la France puis remis à son ennemi ? Nous sommes bien curieux de le savoir, car jusqu'à preuve du contraire, cela n'est rien d'autre, à nos yeux,  qu'un coup d'Etat. Autrement, l'on n'aurait pas eu besoin de larguer quelques 800 tonnes de bombes sur la résidence du président Laurent Gbagbo, pour un simple contentieux électoral. Car en démocratie,et Eugène Kacou devrait le savoir,  ce genre de conflit est réglé par le Droit et non la force. On l'a vu en 2000, aux Etats-Unis et récemment encore en Haïti, où l'on a eu recours au recomptage des voix pour départager les différents protagonistes. Chez nous, malgré les appels incessants de l'ex-chef de l'Etat à recompter les voix, rien n'y fit. Parce que justement, fort du soutien de l'armée française, Ouattara a préféré passer en force. Alors de quoi parle Eugène Kacou ? De quelles « élections démocratiques » parle le président du CNP quand il sait lui-même les conditions scandaleuses dans lesquelles le scrutin s'est déroulé en zones CNO ? Les faits sont encore vivaces dans l'esprit de tous.

Et l'histoire est têtue. Vouloir nier cette réalité, comme le fait Dié Kacou c'est se moquer par exemple, du martyr de toutes ces mères de famille qui ont été malmenées et/ou violées  lors du scrutin présidentiel, au Nord, par les  bandes armées de Guillaume Soro. A défaut d'avoir pour ces dames et toutes les autres victimes, des mots de réconfort, il faut au moins respecter leur douleur et leur dignité. En la bouclant tout simplement. Car il est des moments où le silence est vraiment d'or.  Poursuivant, et comme il fallait s'y attendre, le patron du CNP brandit des menaces : « Le CNP met en garde les auteurs de tous écrits de presse qui travestissent les faits et leur rappelle que pareilles dérives les exposent, eux et leurs organes de presse, à la rigueur de la loi. » Si Eugène Kacou pense ainsi nous amener à nous renier, il a tout faux car jamais le quotidien Aujourd'hui n'acceptera de se faire complice de la dictature qui se met en place sous nos yeux.  C'est pourquoi il continuera à dénoncer avec la dernière énergie, la forfaiture et l'imposture où qu'elles se trouvent, fussent-elles au palais présidentiel. Candidat à la suspension à vie, pour préserver notre liberté d'esprit, le quotidien Aujourd'hui attend donc les petites notes arbitraires du président du CNP.

 

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 70 du jeudi 22 septembre 2011.

LETTRE OUVERTE D'ABOU CISSE, ONCLE MATERNEL D'ALASSANE OUATTARA A L'IMAM ABOUBACAR FOFANA: «DITES A ALASSANE DE LIBERER GBAGBO»




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Abou Cissé, oncle maternel d'Alassane Ouattara (frère de Nabintou Cissé, mère d'ADO) revient à la charge. Cette fois, à travers un courrier, il interpelle l'imam Aboubacar Fofana et crache des vérités crues.

 

A son excellence Cheick Aboubacar Fofana.


C'est en raison du double titre que vous portez :

- Celui d'imam comme mon père dont l'imamat de l'avis de tous ceux qui l'ont connu fut un exemple à suivre.

-Celui d'être le Cheick et le chef de tous les Imams de Côte d'Ivoire, que j'ai l'honneur de m'adresser, à l'imam, au guide spirituel de la communauté musulmane. Vos sermons de tous les vendredis ne laissent indifférents aucune communauté tant musulmane que d'autres confessions. Ceci fait de vous un guide de référence en témoigne votre nomination au sein d'une des structures de réconciliation nationale. Ce qui corrobore l'homme politico-religieux que vous êtes.

Souvenez-vous au lendemain de l'indépendance de notre pays. Un certain nombre de leaders politiques, ont eu la vie sauve et la Côte d'Ivoire avec à cause de l'intervention du premier des imams de l'époque el hadj Yaya Cissé, en leur faveur. Parce que de façon injuste ou juste de la mort d'un certain Mamadou Koné (ministre) était certaine à cause d'un faux coup d'Etat. Crime ou pas, suscité par nos colonisateurs qui demandent un procès avec tous les tintamarres.

La volonté de l'époque orchestrée par les sbires s'est transformée en ce que l'on a appelé le dialogue national. Ce dialogue comme vous le savez, c'est fait autour de tous les fils de ce pays avec l'assentiment d'un Président qui est arrivé à se libérer des dictats du colon. Les imams qui l'ont suscité tenaient compte des faiblesses humaines et se sont attelés à cultiver, à faire valoir l'humanisme africain. ne faut-il pas croire que tout être si parfait qu'il soit est    la jonction de l'imparfait et du parfait. C'est pourquoi, certains jugements à la lueur de ce qui s'est passé laisseront du goût amer dans le tissu social, dans l'humanisme que nous a enseigné le    premier des Présidents.

C'est pourquoi le Cheick que vous êtes, je demande d'établir le dialogue produit de notre propre inspiration et non de confectionner des procès à l'image de la France au lieu d'être à l'image de l'Afrique. C'est pourquoi les procès, l'appel à la vengeance, l'intolérance ne donneront pas la victoire au pouvoir actuel. Et ne peut engendrer dans le futur d'autres procès, peut-être ceux des dirigeants d'aujourd'hui qui chantent leur victoire au clairon. Vous    conviendrez avec moi les conséquences néfastes pour tout le monde, homme du nord comme du Sud. J'en appelle à votre conscience que la communauté dans son ensemble et les Dioula en particulier,    que le pouvoir est temporel. Aucune ethnie ne peut se prévaloir de diriger le monde jusqu'à la fin des temps.

Si le jugement de l'histoire arrive et sans aucun doute, il arrivera, ce n'est pas parce que vous êtes Dioula avec votre communauté que les conséquences de vos agissements resteront impunies ; qu'aujourd'hui par la volonté de l'Occident, de ceux qui ont la puissance financière,    on détient de façon arbitraire des Ivoiriens qui n'ont eu pendant leur exercice du pouvoir qu'à servir l'Etat dans toute sa dimension.

Aujourd'hui, c'est le Président Laurent Gbagbo et sa suite qu'on veut faire juger. L'instigateur de cette opération ne doit pas avoir la mémoire courte. Des gens qui l'ont fait rechercher par toutes les polices du monde et que seul le Président Laurent Gbagbo a été capable de procéder à l'annulation de toutes les poursuites contre le détenteur du pouvoir actuel, à lui donner le certificat de nationalité refusé en son temps par son allié d'aujourd'hui. En    conséquence faut-il croire que ceux qui sont en prison méritent-ils de l'être ?

Quand bien même les fautes qui restent à vérifier ne ressemblent pas à des crimes nazi. Mais à des actes simples, que tout dirigeant, dans l'exercice du pouvoir temporel peut commettre. La responsabilité en politique et surtout en temps de guerre est partagée. Alassane Ouattara doit    le savoir. Ainsi que ses partisans. Depuis la mort du Président Houphouët-Boigny en passant par ses successeurs, le cas d'Alassane Ouattara reste inique. S'il peut se garder de se condamner lui-même. C'est parce qu'en faisant juger le Président Laurent Gbagbo et son équipe, il se juge lui-même. Il se condamne lui-même. Et enterre pour toujours le Président Félix Houphouët-Boigny.

En effet, toutes les erreurs d'aujourd'hui ne sont que la conséquence de l'incompréhension de la société multiforme, multiraciale que nous avons mise en place avec ses faiblesses et ses avantages. Pourquoi en Afrique du Sud, Nelson Mandela n'a-t-il pas traduit tous les blancs qui ont tué, séquestré la population noire qui ne demandait qu'à vivre en paix ? et Mandela disait lors de son investiture : «L'Afrique du Sud doit être une Nation arc-en-ciel    avec ce qu'il y a de vérité. Celle de s'accepter les uns les autres malgré nos différences».

Mon cher Imam, être à la tête d'une communauté, c'est servir la vérité rien que la vérité. Parce que tout procès sans équité aliène la société contre ses propres dirigeants. Monsieur le guide suprême, avant tout procès, il faut se référer à l'humanisme des Africains. Combien de Dioula sont-ils mariés aux non Dioula ? Combien de Dioula vivent dehors de leur région d'origine ? Faire un procès, arrêter certaines personnes pour des opinions politiques, c'est contribuer à diviser la Côte d'Ivoire. Ce n'est pas d'un forum de réconciliation que l'on pourra souder les différentes communautés. C'est pourquoi, monsieur le guide, en dehors de toutes velléités politiques, un procès politique d'un fils de la Côte d'Ivoire en état actuel ne va qu'envenimer la haine dont les tenants du pouvoir actuel faisaient leur cheval de bataille.

Comment ne pas s'inquiéter, se révolter devant les nominations qui s'adressent aux ressortissants du nord ? Comme si la Côte d'Ivoire n'avait pas aussi d'autres valeurs aussi responsables, bien formés par les différentes universités du monde. Ce genre d'appréciation de l'Etat par le jugement du Président Laurent Gbagbo est le prélude d'un jugement d'Alassane Ouattara lui-même dans la Côte d'Ivoire de demain. Ce jugement aura pour conséquence une guerre tribale. Parce que les victorieux d'aujourd'hui seront les vaincus de demain avec pour corollaires des guerres fratricides.

Comment ne pas s'inquiéter de la destruction massive des biens des gens qui avaient pour seuls biens sur terre, des magasins, des kiosques à café... dont le coût de construction s'élève à des centaines de millions. Tous ces biens détruits au nom de l'insalubrité. Quelle insalubrité?

Mon guide, celui qu'on veut juger mort ou vivant, rentre dans l'histoire par notre incompétence à apprécier l'histoire. Il sera comme Lumumba, N'krumah, Sankara, Mandela... Ceux qui sont morts, à la vérité, ils sont morts parce qu'ils avaient la vérité avec eux. Alors Cheick Aboubacar Fofana, dites à Alassane Ouattara d'arrêter toute procédure judicaire en libérant tous les prisonniers politiques et de favoriser le retour de tous ceux qui sont hors du pays. Afin de consolider l'unité nationale. La Côte d'Ivoire n'a pas besoin de forum de réconciliation. Elle a besoin d'un dialogue national initié par les Ivoiriens eux-mêmes et non par les Français.

Ce que le Président Laurent Gbagbo a apporté à l'islam

Il ne faut pas oublier ce que le Président Gbagbo a fait pour la communauté musulmane. L'apport du Président Laurent Gbagbo à la promotion de l'islam est énorme. Depuis son arrivée au pouvoir, l'islam a plus bénéficié que les autres religions. La subvention et la construction de    mosquée, il le fait. Chaque année, des centaines de billets sont mis à la disposition de la communauté musulmane pour l'accomplissement du hadj. Avec lui le nombre a triplé. La prise en charge des pèlerins de 2006 en 2007 appelé pèlerinage 2006 bis. Le pèlerinage était devenu un véritable et un grand fond de commerce par certaines associations islamiques et par certains leaders. Le point culminant, 2000 pèlerins sont restés en Côte d'Ivoire.

Le président Laurent Gbagbo les a pris en charge en 2007 en leur offrant le meilleur pèlerinage de tous les temps jusqu'alors. La baisse relative du coût du pèlerinage en Côte d'Ivoire (1.5 millions de Fcfa) par rapport aux autres pays de la sous-région. Puisque dans ces pays, le coût se situe entre 2 millions et 3 millions de Fcfa. La gestion de plusieurs institutions d'État par des musulmans. Sans oublier la distribution de vivres et de denrées alimentaires à des guides religieux musulmans pendant le mois de ramadan. Ainsi que des moutons pour la fête de la Tabaski. Octroi de deux ambulances, deux minicars pour les pèlerins de 2005. L'appartenance de la Côte d'Ivoire aux organisations et aux institutions internationales islamiques, Oci (Organisation de la Conférence islamique), Cen-Sad (Communauté des États Sahélo-Sahariens), L'Isesco (Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture), Bid (Banque Islamique de Développement). Notons que cette banque a financé le prolongement de l'autoroute du nord jusqu'à Yamoussoukro, création d'un ministère du culte dont l'un des objectifs était de faciliter le pèlerinage. Il fait des contributions à un certain niveau.

Sur le plan institutionnel, nous avons la présentation institutionnelle des voeux des débuts d'années. Sous les régimes du Président Houphouët et du Président Bédié, seul le nonce apostolique confession chrétienne catholique qui adressait ses voeux aux chefs de l'Etat. Avec le Président Laurent Gbagbo, plusieurs confessions religieuses y compris les musulmans présentent leurs voeux, au chef de l'Etat. Exauçant ainsi le souhaite de la communauté musulmane. Le conflit qui vous a opposé longtemps avec Idriss Koné président du Cni avait impacté négativement la communauté musulmane. Tous les efforts endogènes (au sein de la communauté musulmane tant sur le plan national que international n'ont eu aucun effet dans cette crise, qu'il a apaisé. C'est bel et bien le président Laurent Gbagbo en 2009 au palais de la présidence.

Il faut dire que lorsque le Président Laurent Gbagbo était à l'opposition a trouvé anormal que les musulmans ivoiriens partent chercher leur visa dans les pays limitrophes. Afin de partir au pèlerinage. C'est ainsi qu'une Ambassade de la Côte d'Ivoire à Ryad a été ouverte. Lorsqu'il prend le pouvoir, il fait ouvrir une Ambassade de l'Arabie Saoudite en Côte d'Ivoire. D'autres représentations sont ouvertes. Représentations diplomatiques avec les pays islamiques Ambassade de Côte d'Ivoire en Iran, Ambassade d'Iran en Côte d'Ivoire, Consulat de Côte d'Ivoire à Djeddah (Arabie Saoudite) pour faciliter le pèlerinage à la Mecque sans oublier le renforcement  de la coopération avec la Jamahiriya islamique de Libye, renforcement de la coopération avec les Émirats Arabes Unis, avènement de l'Émir du Qatar en 2001 pour le développement d'écoles confessionnelles et d'université islamiques en Côte d'Ivoire, l'introduction du patrimoine islamique au Musée national des Civilisations de Côte d'Ivoire. Il y a une chose qu'il faut saluer chez le Président Laurent Gbagbo, c'est la suppression de la carte de séjour.

Le contrôle de la carte de séjour se faisait aux abords et dans les mosquées. La création de ladite carte a été la porte ouverte à toutes les dysfonctions sociales. Sans oublier les abus sur la communauté musulmane nationale et étrangère. C'est une réalité sociologique, nous ne sommes contre personne. Contrairement à Bédié, l'Assemblée nationale un Malinké (Koulibaly), la primature un Akan (Affi), le Ces (Fologo), un Sénoufo nordiste, la chancellerie, un Malinké (Youssouf Koné)... Il a donné des pouvoirs politiques aux musulmans. Mieux son dauphin constitutionnel est un musulman. Il s'agit de Mamadou Koulibaly. Jamais, un nordiste ou un musulman n'était    héritier constitutionnel en Côte d'Ivoire depuis le temps d'Houphouët. On s'est arrangé pour ne pas que soit possible. Il a tout donné aux musulmans.

Le droit à l'information religieuse est de mise avec lui. Certains responsables religieux, souvent à travers notre radio, adressent des propos à caractère insurrectionnel contre son régime. Le Président Gbagbo ne demande pas la restriction des programmes ni la fermeture de la radio. en 2005, il y a eu son appui technique et logistique aux pèlerins. Il leur a offert deux mini cars. Même les pays qui sont en majorité musulman ne l'ont jamais fait à leurs pèlerins. Il faut dire sous le Président Gbagbo, le nombre d'association islamique a drastiquement augmenté. C'est du jamais vu dans ce pays. Sous Gbagbo, on a l'aumônerie militaire. Alors que le décret sur l'aumônerie militaire existe depuis 1969. Il n'a jamais été mis en application.

Aujourd'hui avec Gbagbo, les Forces de Défense et de Sécurité vivent pleinement leur foi. A partir de tout cela, nous disons que le Président Laurent Gbagbo est le parrain, le protecteur, le prometteur de l'Islam en Côte d'Ivoire. Nous avons un devoir éthique, moral pour restaurer la vérité. Aucun régime n'a fait ce qu'il a fait pour la communauté musulmane. Son apport au développement de l'Islam est un apport exponentiel. C'est du jamais vu. Laurent Gbagbo a apporté une contribution inestimable pour l'Islam. On ne peut même pas l'identifier.

En plus, L'Islam c'est la justice, les gens ont beaucoup menti pour leur intérêt égoïste. Il faut donc restaurer la vérité et la justice. L'Islam c'est la reconnaissance, un hadit dit que celui qui n'est pas reconnaissant à son prochain ne peut être reconnaissant à Dieu. Tous les musulmans et même tous les croyants et les aspirants à Dieu doivent reconnaissance au Président Laurent Gbagbo. Car il a renforcé la liberté de culte de quelque religion qu'on se trouve. Une telle personnalité doit avoir le soutien de notre communauté dans ces moments difficiles qu'il traverse.

Ne ce reste que pour ces faits énumérés, je vous demande cher Cheick, de demander à Alassane Ouattara de le libérer. Ainsi que son épouse et les autres cadres de Lmp. Excellence, comprenez ma très haute considération.


Abou cissé,

Combattant de la liberté,

Membre fondateur du Rdr.

 

Source : INFO D'ABIDJAN

lundi, 19 septembre 2011

L’INSECURITE CHRONIQUE A L’OUEST TOURNE A LA RECUPERATION POLITIQUE

 

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C'était commode, vu le contexte ivoirien, de désigner des mercenaires libériens comme étant les responsables de l'attaque de Ziriglo, dans la sous-préfecture de Taï. Sauf que la réalité est plus simple à relater. Ziriglo est une agglomération dominée par un certain Aboulaye Kabré, ressortissant burkinabé, planteur de cacao et d'hévéa qui l'exploite comme une rente. Selon des sources sur place, c'est l'auteur de l'expédition punitive.


Le gouvernement n'a pas attendu longtemps pour identifier vendredi les auteurs de l'attaque meurtrière de Ziriglo, dans la sous-préfecture de Taï à 600 Km d'Abidjan. Selon Le Figaro qui cite le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi, ce sont les miliciens libériens pro-Gbagbo qui sont à l'origine de l'expédition punitive qui a coûté la vie à quelque 23 personnes dont 22 villageois et 1 FRCI.  Le commandement de cette force pro-Ouattara de la localité interrogé par le journal L'Inter a d'ailleurs expliqué que  «  leurs positions ont été attaquées ce vendredi par des miliciens et mercenaires pro-Gbagbo, ce sont eux qui peuvent faire ça », a indiqué le responsable chargé de la communication du commandant Losseni Fofana dit Loss. Selon lui, ces miliciens profitent de l'accalmie pour attaquer parce qu'ils « bénéficient de la complicité des populations de cette région ». Pourquoi ont-ils donc incendié les cases de leurs protecteurs et tué selon le ministre de la Défense 22 paysans ?

La réalité est que par ces temps qui courent, c'est plus commode de masquer les récurrents problèmes de sécurité dans la zone par ce genre de scoop. Car Ziriglo comme toute la zone forestière de l'ouest est prise en otage par les allogènes burkinabé qui y ont fait de vastes plantations de cacao ; ces dernières années, ils se sont même mis à la culture de l'hévéa et ce sont eux qui sèment la terreur partout, soit pour intimider les populations pour qu'elles abandonnent leur forêt, soit pour se venger de ceux qui ont revendiqué des plantations exploitées au-delà des conventions et à qui l'ancien gouvernement avait accordé protection.

Pour ce qui est de l'attaque d'hier, des sources sur place sont formelles. C'est l'œuvre d'un certain Aboulaye Kabré, ressortissant burkinabé qui a fait de vastes plantations de cacao et d'hévéa à Ziriglo. Le sieur Kaboré a aussi des plantations dans la forêt classée de Cavally. La tradition dans ce patelin est d'ailleurs de nier l'existence de l'Etat. Et pour mieux exploiter les forêts classées, les clandestins  n'hésitent pas à élever des milices contre les forces de l'Etat, notamment les agents des eaux et forêts. S'agissant d'Aboulaye Kabré, les exploitants forestiers lui payent des taxes et les orpailleurs venus des pays limitrophes, parfois d'un peu plus loin, lui versent des sommes importantes. C'est donc le parrain de la grande agglomération de Ziriglo qui est forte d'un millier d'habitants, des ressortissants burkinabé en majorité. Mais l'arrivée des FRCI est  venue éroder son pouvoir. Car ce sont les FRCI qui contrôlent désormais tout : les taxes, les patentes, l'argent  généré par l'exploitation des ressources minières et minéralières. Selon des sources sur place, c'est donc lui qui s'est vengé ainsi en s'attaquant aux Forces républicaines de Côte d'Ivoire mais aussi aux villageois qui l'ont dénoncé auprès des FRCI. C'est ce qui explique aussi l'acharnement du commando venu punir les récalcitrants. Ces derniers ont en effet incendié de nombreuses maisons dans le style de l'expédition punitive de Guitrozon où les assaillants avaient profité de la nuit pour tirer à la kalach, découper à la machette et égorger des habitants endormis.

Sinon pourquoi des miliciens pro-Gbagbo s'en prendraient-ils à des populations qui sont accusées par les FRCI de la localité de les protéger et de ne pas les aider à les mettre hors d'état de nuire ? C'est bien parce que ce n'est pas eux. Par ailleurs, entre Zuédrou le plus grand centre de réfugiés de la région où vivent reclus la plupart des jeunes du village, et Ziriglo, il ya près de 500 Km et  un check-point de l'ONUCI. Il y a en effet des casques bleus malawites dans cette zone. Un mouvement de ce type avec un armement lourd ne leur aurait pas échappé. Au demeurant, la zone ouest est particulièrement militarisée depuis l'arrestation du Président Gbagbo par les français. L'ONU y avait annoncé la construction d'une dizaine de camps militaires pour sécuriser l'ensemble de la zone. Comment avec toutes ces précautions, des supplétifs libériens peuvent-ils y sévir en toute tranquillité, tuant à leur guise et retournant quand bon leur semble ? L'affaire n'est pas claire, comme d'ailleurs toutes les affaires de nos gouvernants.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 67 du lundi 19 septembre 2011.


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LE BLUES DU PATRIOTE


Le gouvernement a réagi en fin de semaine dernière à la plainte du Président Laurent Gbagbo contre Nicolas Sarkozy et l'Armée française par une pusillanimité déroutante. Comme aux lendemains du meeting du Front Populaire Ivoirien (FPI) organisé dans la commune de Koumassi, le gouvernement s'est réuni à nouveau en Conseil des Ministres extraordinaire pour analyser la situation et commenter cette actualité. Ainsi, son porte-parole Bruno Koné s'est expliqué sur les conditions de détention du Président Gbagbo en niant notamment les accusations de tentative d'assassinat qui ne les vise pourtant pas. Mais comme le dit l'adage : qui se sent morveux se mouche ! Et apparemment, le gouvernement est assez enrhumé ; alors il se mouche à chaque mouvement, nous laissant voir sa frilosité et sa pusillanimité.

Alassane Ouattara avait pourtant fait croire qu'il dormait tranquillement pendant que les chiens continuaient d'aboyer. Apparemment, il y en a un qui l'empêche de dormir. Le Président Laurent Gbagbo ne lui a pourtant pas fait crédit d'une seule ligne de sa lettre où  il attaque le Président français sur ses idées reçues de l'homme africain qui ne mérite pas de considération. Un apprenti Gbaka qui commentait l'actualité de ce jour avec ses amis s'est senti désabusé par la propension des journalistes à créer des choses de toutes pièces. « Comment Gbagbo qui est en prison peut-il attaquer Sarkozy, de surcroît là où ça fait mal ? » Vraiment les journalistes !

Pourtant, c'est ce qu'il ya de plus vrai dans la plainte du Président Laurent Gbagbo. Car au nom de quels présupposés, Nicolas Sarkozy s'est-il défoulé autant sur notre pays, tuant et y semant la désolation ? Au nom d'un mandat de l'Organisation des Nations Unies ? Mensonges ! Au nom de notre Constitution ? Archifaux ! Car notre Constitution permet de régler nos contradictions. Et en la matière, c'est le Conseil Constitutionnel qui a le monopole du contentieux électoral.   Et il ne suffit pas de dire comme l'apprenti-gbaka que Laurent Gbagbo est un prisonnier pour que ce débat fasse pschiiit comme Jacques Chirac.

Car l'acte inimaginable posé par le Président français contre le Président Gbagbo tout simplement parce qu'il veut voir un autre à sa place, n'a aucun fondement juridique. Le prétexte de l'élection qu'il a choisi comme acte de communication pour blouser une grande partie de l'opinion mondiale, qui croit facilement à tout ce que débite la télévision, ne durera pas longtemps.

Au plan interne, les ivoiriens commencent à comprendre ce que voulait dire avoir des solutions. C'est la meilleure façon de dire à quelqu'un « je n'ai rien à dire ». Car si l'on voyait comment l'argent se raréfie dans le pays, comment le gouvernement qui a promis le plus de milliards aux populations se promène de pays en pays, mille fois à Paris et mille fois à Washington tendant la gamelle à tout le monde, plus personne ne serait fier d'être ivoirien.

Nous qui avons, en dix années de la gouvernance  Gbagbo, payé nos fonctionnaires sans demander le moindre centime à la France et encore moins aux Etats-Unis ! Nous qui avions franchi des paliers importants de notre souveraineté ! Voir des gens applaudir les fausses promesses du FMI nous cause tellement de blues que nous serions partis loin d'ici si nous n'aimions pas tant ce pays comme l'aime Laurent Gbagbo.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 67 du lundi 19 septembre 2011.

dimanche, 18 septembre 2011

LE TEMOIGNAGE TERRIFIANT D'UN RESCAPE DES MASSACRES DE LA VILLE DE DUEKOUE


MASSACRE DE DUEKOUE 2.JPG

Les troupes de l'ONUCI jouent, ici, les crocs-morts après avoir assisté sans réagir au massacre des populations civiles de Duékoué.

 

Chers lecteurs, le témoignage que je vous propose, ce jour, est totalement authentique. Il a été recueilli par une journaliste française, en séjour depuis quelques jours à Abidjan, qui refuse de cautionner ce que son pays a fait subir à la Côte d'Ivoire et qui espère rétablir la vérité sur les évènements de mars à avril 2011, dans notre pays, en restituant les faits, à travers le témoignage des Ivoiriens qui ont vécu ces drames. Tandis qu'on parle d'allier la justice à la réconciliation dans ce pays, il serait peut-être aussi temps qu'on retrouve et mette aux arrêts ceux qui ont commis ces crimes contre l'humanité. A moins que la justice des vainqueurs les absolve de tout crime et ne rélègue leur condamnation au jugement de DIEU. Pour des raisons évidentes de sécurité, nous gardons l'anonymat de notre témoin. Ames sensibles, s'abstenir. Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

« Dans ce témoignage, je vous ressasse, pêle-mêle, ma traversée de ce désert entaché de douleurs, de larmes et de sang qu'est la crise ivoirienne.

J'avais eu pour mission (dans le cadre de mon boulot), de me rendre en repérage dans la ville de Duékoué.

C'est ainsi qu'après la constitution d'une équipe, nous avons quitté la ville d'Abidjan, le 13 mars 2011, pour l'Ouest du pays. Une fois à Duékoué, la ville était très animée avec ces gamins qu'on pouvait voir jouer à proximité des habitations, les populations qui vaquaient à leurs occupations, sous le regard des ex-FDS (Forces de Défense et de Sécurité). Nous étions précisément logés au Royal Hôtel de Duékoué.

Par endroit, l'on pouvait distinguer la présence des forces onusiennes et des soldats de la Licorne ; et au fur et à mesure que le temps s'écoulait, l'on avait comme l'impression que de nouveaux visages, presqu'inconnus, se montraient au grand jour. C'étaient pour la plupart des illettrés, sinon des personnes qui ne s'exprimaient qu'en Bambara (Malinké, Dioula) et leur nombre croissait, au fil du temps. Cela faisait donc l'objet de discussions au sein des populations.

La plupart s'adonnait à des pratiques telles : vols, braquages à mains armées, viols... .

Cette nuit du 28 au 29 mars, principalement, restera gravée à jamais dans ma mémoire. Ce fut le passage de la quiétude au chaos.

Effectivement, durant cette nuit, l'assaut final avait été lancé sur la ville de Duékoué. Les forces pro-Ouattara attaquaient la ville ainsi que les différentes positions des Forces de Défense et de Sécurité. C'était la psychose totale. On pouvait entendre de partout ces bruits assourdissants qu'émettaient chars, obus et autres armes à feu. Des gens criaient, se lamentaient, on pouvait même apercevoir les colorations bleues et rouges de ces balles qui fusaient de partout. Mes collègues et moi, pris de panique, avions commencé à appeler nos parents des autres villes pour les informer. Puis nous nous sommes mis à prier.

Vers 5h du matin, des individus armés, vêtus de tenues militaires (pantalons et cagoules pour certains), ont envahi notre chambre en s'exprimant de cette sorte : « C'est vous les maudits-là, aujourd'hui-là, on va vous égorger ! ». Un autre survint et dit en Bambara : « Eh kôro, Gbagbo môgô lo ! A faga ! ». Pour traduire : « Ce sont les partisans de Gbagbo, tuons-les ! ».

Je vous jure que j'ai fais pipi dans mon pyjama. J'étais terrifié. Mon collègue, lui, s'est évanoui en entendant ces paroles nous condamnant à une mort irrémédiable et dans sa chute, ils lui ont asséné un coup de machette au visage puis l'ont égorgé, sous mes yeux, en me menaçant dans un langage décousu : « C'est comme ça que toi aussi, on va te tuer ! ». (Larmes)...

Je me suis mis à parler le peu de leur langue que je connaissais. Ils m'ont posé quelques questions, m'on demandé de l'argent ainsi que mes pièces d'identité. Je leur ai fait part du fait que l'on m'avait dérobé mon portefeuille car s'ils avaient pris connaissance de mon nom de famille (qui ne rimait aucunement avec celui d'un ressortissant du nord), je serais un homme mort.

Aux environs de 5h 36 du matin, ils sortirent tout le monde de l'hôtel et nous firent coucher le long de la route. Ils posaient des questions dans leur langue à tous les prisonniers. Ceux qui n'y comprenaient rien du tout étaient immédiatement éventrés ou égorgés ; ils ont même marché sur le ventre d'une femme enceinte puis l'ont égorgée. Ils se prêtaient à des atrocités que l'on ne pouvait imaginer. Les jeunes filles étaient violées et les enfants égorgés.

Nous ne sommes restés que trois personnes ; les membres de mon équipe, hormis moi, avaient tous été exécutés.

Aux environs de 6h 20 du matin, ils nous embarquèrent dans leur véhicule de type 4x4. Ils trouvèrent en route un fou qui faisait son chemin, l'arrêtèrent, lui attachèrent une corde au pénis et relièrent celle-ci à leur véhicule puis démarrèrent à toute vitesse. Imaginez la suite...

Le long des routes, l'on pouvait voir des corps ensanglantés, décapités, sans bras, sans tête. C'était d'une horreur insupportable et malheureusement, ces assassins se réjouissaient. L'un d'entre nous (prisonniers) a eu le malheur de dire qu'il avait soif. Ils ont uriné au sol et lui ont demandé de boire. Il a refusé et ces derniers, comme des barbares, lui ont coupé les lèvres et le pénis ; quelques minutes plus tard, ils l'ont abattu.

C'était vraiment atroce ! J'ai du mal à me retenir... (Larmes).

Ce qui me maintenait en vie, c'est le fait que j'arrivais à communiquer avec eux en Dioula.
Dans leurs causeries, ils ressassaient incessamment : « On va tuer tous les partisans de Gbagbo et après, on réglera le cas de Gbagbo. Ils sont tous des maudits et ils seront exterminés ». C'était pénible.

Le comble, c'est que toutes ces atrocités étaient commises sous le regard des forces françaises et des soldats onusiens qui n'intervenaient aucunement. Ils levaient simplement les mains pour saluer les rebelles.

A un moment donné, ils entraient dans les maisons pour exterminer toutes les familles supposées partisanes de Gbagbo, puis s'adonnaient à des scènes de pillage. Les voitures se suivaient. Lorsque celles-ci s'arrêtaient devant une maison, les mercenaires en ressortaient avec les machettes inondées de sang. Je ne faisais que prier.

Ils poursuivaient leur chemin et tuaient sur leur passage tous les éléments des FDS, leur prenaient leurs uniformes et les enfilaient. Les rues étaient vides et ne laissaient entrevoir que des corps sans vie.

MASSACRE DE DUEKOUE.JPG

Les massacres continuaient et moi, je devenais de plus en plus faible. On ne nous donnait rien à manger et tous les soirs, l'on se faisait tabasser puis lier.

J'ai passé deux jours à me faire traîner comme un gibier dans la ville puis l'un d'eux prit la parole et dit ceci, en riant: « Aujourd'hui, nous irons incendier et tuer tous les parents de Blé Goudé et de Gbagbo. Donnez des treillis à nos prisonniers, ils vont combattre à nos cotés ».

Je partais tout droit à l'abattoir. Nous sommes donc sortis de Duékoué puis avions pris la route d'Issia. J'ai fait semblant de descendre récupérer de l'eau et j'ai sauté dans la brousse. J'ai couru dans la brousse, éperdument, et je suis sorti sur une autoroute que je ne connaissais pas, quelques heures après. J'étais épuisé. Après plusieurs minutes, j'ai aperçu un mini car. Que faire ?
J'ai enlevé l'uniforme duquel j'étais vêtu et je suis resté en culotte. J'ai fais une petite prière et j'ai arrêté la voiture.

Par la grâce de Dieu, le chauffeur a stoppé le véhicule et m'a demandé d'où je venais. Je lui ai dit que je fuyais la guerre. Il m'a demandé aussitôt de monter et je l'ai fait. Ce car transportait des membres d'une famille qui fuyait la ville de Man et qui était passée par un chemin de brousse pour s'en sortir. On lisait sur le visage de chacun la désolation la plus absolue. C'était difficile à supporter. J'ai fini par m'endormir et je me suis réveillé à Agboville (une ville au Sud de la Côte d'Ivoire, située à 79 km de la ville d'Abidjan).

Le car m'y a laissé et j'ai vu de bonnes volontés pour me payer le transport jusqu'à Abidjan. Un homme à qui j'avais relaté mon périple m'a offert un copieux repas et des vêtements, puis m'a payé le ticket de transport pour Abidjan. Je suis bien arrivé à Abidjan et les autres évènements ont suivi. Je m'arrête là.

Je remercie le ciel de m'avoir gardé en vie. Que ces atrocités ne voient plus le jour dans notre pays. Vivement que la paix revienne !


Que Dieu nous bénisse ! ».


Un ivoirien meurtri qui veut la paix pour son pays.

samedi, 17 septembre 2011

SARKADO: LE POIDS DE LA VERTU


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Il était une fois un putschiste félon qui, en l'espace de deux mois à l'hôtel du Golf, parvint à "claquer" 452 milliards de Fcfa (689 millions d'euros), prélevés en toute illégalité sur le compte ivoirien de la BCEAO, après avoir, huit années durant, présidé au détournement par la rébellion qu'il animait de 40 % des ressources de l'État ivoirien.

Et voilà que le plus hypocritement du monde alarmé par l'augmentation du nombre de fonctionnaires (de 92.000 à 132.700) pendant la période où il fomentait et menait sa sanglante guerre civile (de 2000 à 2010), le putschiste félon part en guerre contre le gaspillage, et décide arbitrairement d'annuler 120 concours administratifs.

Devinez donc ce qui se cache derrière la métamorphose de ce flambeur sanguinaire en champion de la saine gestion, pourfendeur du gaspillage et prodigue en économies ?

Simplement, la réalité d'un pays aux finances publiques ruinées par la folie meurtrière du système SarkAdo...

Les investisseurs (hormis quelques charognards de l'immobilier, qui s'enrichissent déjà sur le dos des innombrables "déguerpis" de la vaste opération "villes mortes") persistent à fuir comme la peste un pays toujours rongé par l'anarchie et la délinquance d'État (quel autre nom donner en effet aux exactions quotidiennes des frci?), gangrené par le racket et les détournements de fonds tous azimuts.

Par contre, continuer à faire le malheur des petits, en les enfonçant toujours plus profondément dans la boue d'une précarité pourvoyeuse à terme de juteux dividendes FMIesques, çà, le SarkAdo y excellera toujours...

Si nous avions une suggestion à faire au sous-préfet momentanément en poste à la tête de l'arrondissement ivoirien de l'empire sarkafricain, ce serait de garder secrètes les minutes des sous-conseils qu'il préside, pour épargner aux Ivoiriens encore aptes à la gaieté - en dépit du malheur dont il restera longtemps le symbole - le risque de s'étouffer de rire à la lecture des vœux pieux surréalistes dont elles sont truffées.

Le dernier compte-rendu en date (celui du 7 septembre dernier) nous offre la burlesque mise en scène d'un Drame Man, tour à tour et en vrac:

-soudainement épris de respect de l'environnement lui, le champion toute catégorie du saccage à grande échelle;

-soucieux de sécurité pour tous, après avoir instauré le règne de la terreur dozo et licornue;

- soucieux également de santé publique, après avoir mis à mal le système de santé ivoirien, en commençant par condamner à mort des dizaines de dialysés victimes de l'ignoble boycott imposé par son parrain Sarko, avant d'encourager ce dernier à bombarder les hôpitaux;

- soucieux aussi de présider à l'avènement d'une "école ivoirienne d'excellence" (si vous avez trop mal aux côtes, arrêtez de lire!), après avoir durablement désorganisé le système éducatif en sabotant l'année scolaire en cours au moment de son putsch, et en détruisant écoles et universités;

- soucieux toujours de création d'emplois, après avoir ruiné des millions d'Ivoiriens et jeté sur les routes de l'exil près de trois millions d'entre eux (et il ose promettre et s'engager, le bougre !);

- tout fier d'avoir ramené l'effondrement du taux de croissance provoqué par ses menées criminelles (il était de +4 % en 2010 avec SEM Laurent Gbagbo) de -6 à -5,3 %, évoquant même une projection de croissance de +8 % pour 2012 ! (au rythme actuel, et dans le meilleur des cas, on arriverait péniblement à 2,8 % fin 2012, et il faudrait au moins cinq ans pour atteindre ces mirifiques 8%.)

- enfin pour couronner l'ensemble, auto-promu, lui, le fraudeur invétéré, qui n'a cessé de mentir éhontément sur tout (ses origines, sa fortune, ses compétences, sa victoire aux élections...), en "terminator" de ... la fraude.

Comme quoi, et plus que jamais, Ado solution, c'est PrestigitAdo rêve éveillé sur scène, cauchemar Adormir debout en coulisses...

Quant à la docte (?) assemblée de sinistres fantoches opportunistes suffisamment lâches ou pervertis pour cautionner une telle mascarade, en consentant à avaler autant de couleuvres, à céder au chant d'aussi piètres sirènes, à prendre d'aussi piteuses vessies pour autant de phares d'Alexandrie : ça a la couleur d'un gouvernement, le goût d'un gouvernement, mais ça n'est pas le gouvernement de Côte d'Ivoire, lequel est très provisoirement en prison ou en exil.

 

Eliahou Abel

 

SourceRESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

COTE D'IVOIRE - PLUIES DE MILLIARDS: ALASSANE DRAMANE OUATTARA SEME LE VENT


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Le régime de Ouattara s'est mis hier à rêver de pluies de milliards à la suite de la déclaration conjointe faite par le FMI et la Banque Mondiale qui ont séjourné pendant plus de deux semaines dans la capitale économique ivoirienne. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples en Côte d'Ivoire où la vie quotidienne éclaire  d'une réalité crue la conjoncture économique difficile dans laquelle vivent les abidjanais.


Les ouvriers de dame Kanaté avaient hier la mine des mauvais jours. Leur patronne devait en principe leur verser une partie de leurs dus. Lorsqu'elle a d'ailleurs affirmé, sous le coup de dix heures, qu'elle était à la banque, le petit groupe s'était senti requinqué. Dramane s'est alors emparé des derniers paquets de ciment qui étaient encore dans le magasin et s'est littéralement jeté sur le reste du sable pour faire des briques. Rien, se disait-il, ne pouvait alors contrarier son rêve d'empocher les 85.000 Fcfa qui doivent lui être payés. Mais à 13 heures, la patronne est revenue de ses courses matinales en affirmant que la banque avait des problèmes de connexion et qu'en conséquence, elle n'avait pas pu retirer de l'argent sur son compte. Les problèmes d'informatique, les pannes de guichet, des distributeurs d'ailleurs souvent non alimentés etc... A Abidjan, les gestionnaires de compte et les caissiers ont une panoplie de vocabulaire pour justifier un paiement qui ne viendra pas, parce que par principe, ici la vérité n'est jamais bonne à dire. Le sachant, le gouvernement joue   à fond la carte de la communication et se contente parfois d'expédients comme l'emprunt obligataire pour essayer de maintenir en haleine une population qui croit de moins en moins aux milliards qu'on lui a annoncés pendant la campagne électorale.

Avant-hier d'ailleurs, un sentiment de soulagement se lisait sur le visage du ministre de l'économie et des finances qui sort de deux semaines de réunions éprouvantes avec la délégation conjointe du FMI et de la Banque Mondiale. M. Diby avait de toute évidence besoin de ce type de déclaration diplomatique de clôture de Doris Ross pour être ensuite relayé par les communicants du gouvernement. Mais la joie risque d'être de courte durée. Car les promesses d'appuis budgétaires devront être entérinées en novembre par le conseil d'administration des deux banques. Le FMI et la Banque Mondiale ont refusé d'autoriser le principe des appuis budgétaires pour cette année. Les décaissements probables des 300 milliards devront ainsi attendre l'année prochaine et s'étendre sur trois ans, c'es-à-dire de 2012, 2013 et 2014. La presse quelque peu en retrait de l'euphorie des pro-Ouattara a insisté hier sur les conditionnalités, notamment la bonne tenue des élections législatives. Mais c'est surtout dans les non-dits de la déclaration qu'il faut situer les vrais enjeux du programme de facilité de crédit que le gouvernement négocie depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Le ministre de l'économie et des finances Charles Diby Koffi a même concédé que la promesse de 300 milliards était conditionnée par l'application d'un train de réformes que le communiqué se garde d'énumérer parce qu'elles ont un coût social lourd. Il s'agit notamment de l'augmentation du prix de l'énergie pour combler les pertes de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité qui a subi le pillage de ses installations et dont les infrastructures sont désuètes. Le gouvernement avait espéré avoir le temps nécessaire pour convaincre ses partenaires du privé, notamment jusqu'à la fin de 2012. Mais sur cette question, le régime a subi son premier gros revers puisque la discussion a entériné le principe des augmentations dès mars prochain dans une proportion  de 10% au départ pour se stabiliser à la fin à 19% comme le demandaient les deux bailleurs de fonds. Le gouvernement doit aussi débloquer les prix du carburant à la pompe pour laisser la vérité du marché s'imposer. Pour les transporteurs, c'est le principal acquis obtenu sous la présidence Gbagbo qui disparaîtrait ainsi.

Le gouvernement doit aussi accélérer la privatisation d'un certain nombre d'entreprises publiques comme il s'y est engagé depuis plusieurs mois et optimiser ses ressources internes. Sans elles, Alassane Ouattara ne pourra pas faire face au fonctionnement régulier de l'Etat comme actuellement où le gouvernement a choisi de prioriser les salaires des fonctionnaires ivoiriens pour éviter d'entrer en conflit avec les populations. Quant aux autres partenaires, ils sont obligés d'attendre. Les tensions de trésorerie sont perceptibles et les fournisseurs de l'Etat s'en prennent à d'imaginaires agents véreux qui rendraient le versement de leurs dettes aléatoire. Le gouvernement annonce par ailleurs un niveau d'apurement de la dette intérieure que ne reconnait pas par exemple le patronat ivoirien et mise encore sur la peur des populations pour essayer de mieux s'installer.

Officiellement, la dissolution de la Centrale devrait permettre de disposer enfin des impôts du nord, plus de cinq mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les français après une série de bombardements de sa résidence. Mais à part le communiqué de dissolution, rien n'a encore changé dans les zones centre, nord et ouest du pays toujours aux mains des ex rebelles qui se préparent à aller aux législatives avec leur chef Guillaume Soro. Le FMI et la Banque Mondiale rechignent d'ailleurs à l'idée de voir l'armée du Premier  ministre grossir le nombre des fonctionnaires du pays. « L'incorporation post-crise à la solde de l'État des anciens combattants et des enseignants précédemment non rémunérés du nord du pays aura pour effet d'accroître une masse salariale déjà lourde », déplore la déclaration qui prend pour ainsi dire acte de la défense du gouvernement de faire des économies en réduisant les dépenses habituelles de l'Etat. C'est ce qui explique d'ailleurs la poursuite du recensement des fonctionnaires et agents de l'Etat. Mais le gouvernement est sur des braises. Il ne peut mener l'ensemble des réformes, y compris celle de la filière café-cacao en si peu de temps. Il sait aussi que les législatives ne seront pas crédibles tant que l'opposition n'y sera pas. Bref, le gouvernement sait que ce genre de déclaration même venant du FMI et de la Banque Mondiale ne vaut pas grand-chose et ressemble aux promesses électorales. N'y croient alors que ceux veulent bien y croire.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 66 du samedi 17 septembre 2011.

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

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11 Avril 2011 - 11 septembre 2011. Voilà maintenant cinq mois que des centaines de milliers d'Ivoiriens sont contraints à l'exil. Parmi ces exilés contre leur gré figurent des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales, de toutes origines ethniques et de toutes confessions religieuses. Pour bon nombre d'entre eux, leur seul tort est soit d'avoir cru en un idéal démocratique, soit d'avoir mis leur foi dans les Institutions dont la Côte d'Ivoire s'est librement dotée. D'autres goûtent aux rigueurs de l'exil du seul fait de leur appartenance ethnique.

Dans leur écrasante majorité, ils ont fait montre, dans les différents pays d'accueil, d'un comportement exemplaire que l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du CNRD, voudrait saluer. Chacun, par sa conduite, aura été un excellent ambassadeur de la Côte d'Ivoire tout en permettant aux autres peuples de mieux comprendre les crises ivoiriennes. Aussi, la direction et l'ensemble des militants de l'AIRD adressent leurs sincères remerciements et expriment leur profonde gratitude aux gouvernements et aux peuples frères des pays qui leur ont accordé l'hospitalité. Outre le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Cameroun, le Mali, c'est à l'ensemble des pays africains, y compris ceux du Maghreb et de l'Afrique Australe que s'adressent nos remerciements et la profonde gratitude du peuple ivoirien. Nous associons à ces remerciements nos frères et sœurs de la diaspora pour leurs soutiens multiformes.

A nos frères et sœurs qui souffrent de situations inattendues et brutales, nous voudrions dire notre solidarité, la même que nous éprouvons pour ceux des Ivoiriens restés aux pays et victimes d'exactions. Après les pillages de leurs biens tandis que leurs maisons sont encore occupées par des non ayant-droits, des Ivoiriens sont confrontés aux pires difficultés, dont certains suite à l'opération "pays propre". L'AIRD s'interroge sur la bonne gouvernance d'une telle opération de déguerpissement sans support pédagogique. En effet, des bulldozers et des moyens qui auraient, par exemple, pu être mobilisés à l'aménagement de plates formes agricoles ou de petites unités de production sont employés à démolir des entreprises et à jeter à la rue de nombreuses familles. Or, la conception de tels produits et leur mise à la disposition des jeunes et des femmes vulnérables en quête d'emplois et d'activités génératrices de revenus (AGR) aurait été d'un appui à la réduction de la pauvreté, un des engagements du gouvernement contenu dans le DSRP (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) apportant par la même occasion une réponse au crucial problème de l'exode rural. Vu que les maquis et autres établissements installés aux abords des rues de nos grandes villes ne sont qu'une partie visible des effets de l'exode rural, c'est en éliminant les causes de l'exode rural que les abords des rues auraient pu être conséquemment nettoyés de toutes ces baraques, sans user de la force et sans exposer inutilement d'autres ivoiriens à la précarité. C'est pour cela que l'AIRD est solidaire des souffrances des nombreux Ivoiriens et Ivoiriennes victimes de cette opération qui aurait pu s'appuyer sur un autre agencement.

Par ailleurs, un mois après l'appel du président Alassane Dramane Ouattara au retour des exilés, l'AIRD fait le constat qu'aucune mesure concrète n'est venue accompagner cet appel. Il apparaît même qu'un sentiment de rejet réciproque se développe entre les Ivoiriens, et la direction de l'AIRD ne manque pas de marquer sa surprise devant un tel désastre pour un peuple qui a, pendant longtemps, affiché au monde entier, sa fraternité, désormais illusoire. Les propos et discours de certains leaders politiques proches du pouvoir sont toujours trahis par un esprit de haine et de caporalisation de l'opposition, esprit abusivement qualifié de vengeance, tant il est vrai que les raisons d'une telle vengeance ne sont objectivement pas fondées. Les institutions chargées de certaines enquêtes et de pans entiers de la réconciliation apparaissent plombées à la fois par leurs attributions, leur positionnement juridique et leur composition qui appellent bien des réserves. Des circonscriptions administratives entières, des quartiers et des villages continuent d'être sous le joug de supplétifs illégalement et lourdement armés.

C'est dans un tel climat que s'annoncent des élections législatives prévues avant la fin de l'année. Notant que l'élection présidentielle qui devait nous apporter la paix et la réconciliation nous a servi le tableau le plus sombre de l'histoire de la Côte d'Ivoire, l'AIRD en appelle, dans l'urgence, au nécessaire et préalable dialogue politique, seul gage d'élections justes et démocratiques et de réconciliation vraie en vue d'une paix durable pour un développement harmonieux de la Côte d'Ivoire et de toute la sous-région. Un tel dialogue qui ne pourra avoir de sens sans la libération des personnalités détenues devra déboucher sur les conditions consensuelles de l'exercice de la démocratie dans notre pays, sans diktat ni mépris, en abordant de façon responsable les questions de la sécurité, de la transparence, de la liberté, du retour des exilés et de l'Etat de droit, de l'indépendance de la Commission Electorale Indépendante (CEI), de la stabilité politique, etc.

Enfin, l'AIRD lance un appel pressant à l'ensemble des Ivoiriens et des acteurs politiques afin que pour une fois, et en raison de la gravité de la situation que vit notre pays et que ne saurait durablement cacher la force d'une communication politique, l'intérêt de la Côte d'Ivoire puisse primer dans toutes les initiatives, actions et réflexions qui seront les leurs, car il est illusoire de prétendre aimer son pays en riant des malheurs de la moitié de sa population ou en surfant sur des clichés régionalistes. La Côte d'Ivoire et ses élites n'ont pas d'autre choix que celui du courage politique.

 

Fait le 12 Septembre 2011.


Pour l'AIRD, le  Ministre Eric KAHE, Président

ET LE BLANC DEVIENT NOIR

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Ils pensaient, ces individus, pouvoir anesthésier notre conscience à coups de pinceau magique. Ils pensaient pouvoir égarer notre intelligence dans de sombres abysses. Stupidité ! Ils croyaient pouvoir nous endoctriner à partir de quelques tours de passe-passe merdiques, de cosmétique grossière mettant en relief un simulacre de ville propre. Bien sûr, ils sont moult ceux qui se sont pris au jeu du changement salubre, comme quoi l'ancien pouvoir en place ne se complaisait que dans les détritus, dans l'inefficacité résiduelle. Et pourtant après quelques semaines de tape à l'œil, de vague blanche sur les artères d'Abidjan, on assiste à nouveau au retour des immondices. Bis répétita !

Ce matin, en sortant de ma commune, quel ne fut mon étonnement de voir par-ci et par-là des tas d'ordures jonchant la chaussée. Je me suis dit qu'il s'agissait sûrement d'une autre cité, d'une autre métropole que celle d'ADO car avec lui, on ne pouvait assister à ce décor apocalyptique digne de « l'infâme dirigeant génocidaire ». Croyez-moi mes amis, je fus encore plus étonné de voir les rues et les carrefours des quartiers de mes frères enturbannés malpropres. D'autant plus étonné que de mémoire d'ivoiriens, jamais je n'avais vu une communauté aussi fière d'enlever sa propre crotte juste pour prouver aux autres que le changement promis était arrivé.

Cependant, comme dit l'adage : « A beau chasser le naturel, il revient au galop ! ». N'en pouvant plus d'être propres, c'est à cœur joie qu'ils se remettent à déverser les eaux usées, les sachets, les épluchures partout. Même cette armée de femmes burkinabé allouée par Blaise COMPAORE pour astiquer Abidjan n'en peut plus de travailler en vain et réclame son maigre émolument. En réalité, les nombreuses promesses n'ont été pures supercheries. Bof ! Elles n'auront que leurs yeux pour pleurer car moi, jamais je ne compatirai à leur malheur.

Et le blanc devient noir, tous ces kilos de peinture blanche déversés dans Abidjan se sont transformés en une couche brune et glauque pareille à la pourriture qu'ils sont. Ils ont voulu du blanc, Dieu leur donne du noir ! À force de coups de pelleteuse, Abidjan est dévasté, les boulevards sont tristes et une atmosphère lourde et opaque étouffe la population. Tout est faux dans cette ville. Les joies sont fausses, les rires sont faux, et les fêtes ont un arrière de goût de mélancolie. Pour sûr, on regrette le passé, on regrette déjà GBAGBO. Et la maxime : « On n'apprécie le vrai bonheur que lorsqu'on l'a perdu » commence à titiller l'esprit de nos frères d'à côté. Mais, trop fiers pour l'admettre, ils se cachent derrière les éternelles excuses : « Il ne fait que commencer ! Dans quelques mois les activités vont reprendre ! ». Autrement dit, ils font dans l'espoir d'un lendemain meilleur. Nous, on n'est serein et on observe les évènements se dérouler, confiant d'avoir fait le bon choix, de ne pas avoir bradé notre dignité.

En somme, on retiendra qu'il ne suffit pas d'être économiste pour être un bon président, qu'il ne suffit pas d'injures et de calomnies pour faire mieux que ceux qu'on dénigre. Ces ânes de la politique ivoirienne l'apprendront à leurs dépens. Hélas, c'est encore nous, le peuple, qui souffrons. L'inflation est croissante, la paupérisation, vivace ; les malades, en grand nombre, succombent dans les hôpitaux bondés ; nos étudiants, l'élite de demain, se rongent les pouces à ne rien faire. Ainsi va la Côte d'Ivoire d'Alassane, un pays au bord du gouffre qui n'a de sursis que grâce à la main tendue. Moi, J'ai les larmes aux yeux à chaque fois que je sors en ville. J'ai l'impression de vivre un long cauchemar mais le brouhaha des balayeuses me rappelle à chaque fois que je suis bien éveillé !


Argentus Côte d'Ivoire


Source: Les Chroniques d'Argentus

LA GALERE DES BALAYEUSES D'ABIDJAN

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Lorsque le projet a été lancé à la fin du mois d'avril 2011, beaucoup y ont vu le signe d'un nouveau départ et d'une prospérité retrouvée, après la longue crise qu'a traversé la Côte d'Ivoire. L'opération d'assainissement baptisée «Pays propre» et lancée par les nouvelles autorités ivoiriennes devait aider à redorer le blason d'Abidjan, la capitale économique, et pourvoir de nombreux emplois.

Mais l'enthousiasme a cédé la place à la désillusion, notamment pour les «balayeuses d'Abidjan», raconte Mondoblog le 9 septembre.

Ces femmes, reconnaissables par leur blouse verte ou orange et le balai qu'elles tiennent à la main, travaillent dans des conditions pour le moins difficiles. D'abord, elles doivent acheter leur propre matériel de travail: 500 francs CFA par semaine pour l'achat de deux balais; 700 pour un cache-nez; 1.000 pour un sceau -en plus de leur blouse.

Tout cela pour un salaire qui n'excède pas 3.000 francs CFA par jour (4,57 euros). Seulement, les jours, les semaines se succèdent et les salaires se font toujours attendre, ainsi que l'explique une enquête publiée par L'intelligent d'Abidjan:

«Après trois mois de travail nous n'avons pas reçu un seul centime. Nos patrons nous disent que l'Etat n'a pas encore versé notre argent », affirme Djénébou, une de ces balayeuses.

Dans certains cas, ajoute L'Intelligent, l'on observe même jusqu'à six mois d'arriérés de salaire, sans véritable explication. D'autant que les balayeuses n'ont pratiquement aucun contact avec les responsables des sociétés privées qui les emploient. La plupart ne savent même pas qui est leur patron, à l'instar de Maférima Bamba:

«Nous avons rencontré nos responsables pour la première fois à la mairie de Cocody. Ensuite, nous nous sommes retrouvées au carrefour d'Angré-Petro-Ivoire. Franchement, nous ne savons même pas où se trouve le siège de l'entreprise qui nous emploie.»

Les sociétés en charge de l'assainissement de la ville invoquent, quant à elles, des retards de paiement de factures par le ministère de la Salubrité urbaine. Lequel ministère, dirigé par Anne Ouloto, a fait savoir qu'elle n'exerçait aucune tutelle sur ces entreprises.

Autant dire que les balayeuses d'Abidjan ne sont pas sorties de l'auberge. En attendant, certaines d'entre elles ont exprimé leur grogne lors d'une manifestation à Abidjan, fin août:

«Ce sont des voleurs. Ils nous ont fait travailler quatre mois sans salaire.
Lorsque nous venons réclamer notre argent, ils nous demandent de repasser la semaine prochaine. A chaque fois, c'est comme ça. Ce sont des voleurs»
, martelaient certaines.

 

Source : SLATE AFRIQUE

vendredi, 16 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: UNE BIEN CURIEUSE DEMOCRATIE


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Dans quelques mois, les Ivoiriens seront appelés à se rendre aux urnes pour élire députés, maires et présidents de conseils généraux. Dans une atmosphère de totale suspicion qui en dit long sur les vertus et les valeurs démocratiques du nouveau pouvoir ivoirien.

D'abord, la crédibilité du président de la Commission Electorale Indépendante, Youssouf Bakayoko. Largement entachée, quand on sait les circonstances dans lesquelles cet homme, encadré des ambassadeurs Philip Carter 3 des Etats-Unis et Jean-Marc Simon de France, sur ordre du conspirateur patenté de l'ONU en Côte d'Ivoire, Young Jin Choï, a proclamé le résultat du second tour de l'élection présidentielle de Novembre 2010, il est totalement disqualifié à occuper ce poste : proclamation des résultats hors délai (donc forclusion), hors cadre (au quartier général d'un des candidats, Alassane Ouattara en l'occurrence, à l'Hôtel du Golf), en l'absence des commissaires et des vice-présidents de la CEI, sur des médias étrangers, tout seul, avec des résultats non consolidés et un taux de participation contraire de 11 points à celui annoncé quelques jours plus tôt par ses propres soins, à travers la très officielle voix de son vice-président, sur le plateau du Journal de 20h de la RTI (de 70% à 81%. Abracadabrant !).

Ne serait-ce que pour la suspicion légitime de partialité qui pèse sur sa personne et par la gravité extrême des actes qu'il a posés en Décembre 2010, au mépris de la Constitution et du Code électoral ivoiriens, il devrait tirer sa révérence, s'il était un homme d'honneur. Que nenni ! Il demeure bel et bien à son poste. Il a même été décoré, par Alassane Ouattara, pour service rendu. Que peut-on donc espérer d'un tel administrateur électoral ?

Ensuite, le bureau même de la CEI postélectorale : quasi à une seule et unique teinte ! Tous les pro-Gbagbo et représentants du pouvoir ivoirien de 2010, déjà largement minoritaires du fait des accords de Tschwane (Prétoria) et de Ouagadougou, vont être éjectés ou remplacés au sein de la structure par des proches de Ouattara. Entre temps, tous les représentants de l'opposition d'alors, composée du PDCI-RDA, du RDR, du MPCI, du MJP, du MPIGO (les trois milices armées regroupées sous l'appellation « Forces Nouvelles » par la Chiraquie), du PIT, du MFA et de l'UDPCI ont conservé leurs postes. Quand on a clamé sur tout le pourtour de la terre qu'on est « démocrate », reconsidérer ces dispositions, dans un souci évident de justice et d'équité, est d'une trivialité désarmante ! Mais monsieur le nouveau chef de l'Etat n'en a cure et se sert de l'accord de Prétoria comme échappatoire pour justifier l'injustifiable. Gbagbo l'aurait fait que la planète entière s'en serait émue, tant les médias pro-Sarkozy, soutiens indéfectibles de Ouattara, l'aurait ameutée. Et même que le ciel serait tombé sur la tête des Ivoiriens.

Quand on a traité les autres de « dictateurs », il faut soi-même montrer patte blanche, si on veut rester crédible et ne pas passer pour des êtres vils. Le pouvoir Ouattara n'a pas même l'élégance de cacher un tantinet son jeu en associant ses adversaires politiques à la discussion, à la concertation - fût-elle de façade - et en relevant un tant soit peu la représentativité de l'opposition actuelle qu'assurent La Majorité Présidentielle (LMP) et LIDER, le parti du président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly. Gbagbo a concédé beaucoup ! Il a même fait rentrer d'exil, formalisé le statut d'anciens Président et Premier ministre, payé, logé et blanchi ses adversaires d'alors, aujourd'hui au pouvoir et se délectant sans retenue de l'ivresse du trône et de la puissance qu'il confère. Il leur a donné, au nom de la paix et des accords y afférents, la majorité dans une commission électorale qu'il a véritablement rendue indépendante. A son tour, on ne lui a rien concédé. Pas même le droit d'être assigné à résidence chez lui avec son épouse, son fils, Michel Gbagbo et d'avoir droit aux visites de ses proches.

C'est avec raison que le FPI, le parti du président Laurent Gbagbo, menace de se retirer des futurs scrutins. Il n'a que trop raison. Les dés sont déjà pipés. Une CEI à une seule coloration, présageant clairement le retour au parti unique, qui ne semble pas émouvoir les donneurs de leçons internationaux et tous les loups qui hurlaient en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, « le dictateur ». La « technologie électorale » RHDP est en marche. Les résultats sont connus d'avance. Comme l'a si bien dit un homme politique ivoirien : « Autant nommer les députés », pour faire économiser de l'argent à l'Etat de Côte d'Ivoire !

Ouattara est en pleine manœuvre - oh, extase de la victoire ! - pour se tailler une majorité confortable à l'hémicycle, de sorte à faire passer les lois les plus impopulaires, sur simple ordre à des parlementaires (d'opérette ?), qui obéiraient au doigt et à l'œil, pour asseoir durablement, et certainement définitivement, un parti unique à l'ancienne et un régime dictatorial « stické » démocratique. Une menace à peine voilée, voire un péril national, de formatage et de reconfiguration de la Côte d'Ivoire que les Ivoiriens doivent prendre avec le plus grand sérieux. Quand on connait la capacité de nuisance et les connexions extérieures peu recommandables de ceux qui sont, aujourd'hui, parvenus au pouvoir en Côte d'Ivoire, après moults contorsions politiques, coups tordus, coups d'Etat, rébellions, crimes de sang, crimes économiques et fraudes électorales. Ils ne s'embarrasseront d'aucun scrupule. Absolument aucun.

Enfin, les adversaires et opposants significatifs au pouvoir RHDP, ainsi que bon nombre des potentiels candidats aux législatives proches de Laurent Gbagbo, sont quasiment tous en exil ou en prison. Quant aux conditions de sécurité, de transparence, de crédibilité et d'ouverture du scrutin à tous, le rêve n'est pas permis. La réalité est crue, impitoyable, sans concession : il n'y a plus de démocratie en Côte d'Ivoire. Tout juste une mascarade, un affreux simulacre devant servir de faire-valoir aux yeux de la « communauté internationale », des bailleurs de fonds et des investisseurs (qui ne sont d'ailleurs pas dupes). Pourquoi, en bons « démocrates », ne pas désarmer les « Dozo », mercenaires et autres miliciens venus combattre à Abidjan et dans toutes les villes du pays, les renvoyer à leurs plantations, forêts et savanes et permettre aux exilés de rentrer sans être inquiétés, ainsi qu'aux prisonniers de prétendre à une candidature aux futures échéances électorales ?

Nous avons pour notre part, une intime conviction : si le jeu politique était véritablement démocratique et que les armes ne circulaient plus de façon aussi intimidante et visible dans nos rues et villages malgré les promesses (jamais tenues) du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau, après ce que nous avons vu des quelques mois de règne de Ouattara et de son bras séculier, les FRCI transmués - ou plus exactement bombardés - FANCI, le plébiscite du camp Gbagbo aurait été total ! Tant les exactions, la terreur, le mépris et les injustices du pouvoir RHDP en ont fait voir des vertes et des pas mûres aux Ivoiriens, tous bords confondus, depuis six longs et pénibles mois. Les commerçantes d'Adjamé ne se sont-elles pas faites copieusement injurier par le Commandant Koné Zacharia pour avoir clamé : « Gbagbo kafissa (Gbagbo était mieux, en langue malinké) ? ».

Si Ouattara veut jauger sa vraie popularité, qu'il libéralise et sécurise le jeu démocratique des prochaines échéances. Même sans Gbagbo et les autres. Il pourrait alors apprécier son véritable poids politique et ne plus avoir à se dissimuler derrière le cache-sexe des résultats proclamés par la « Communauté internationale » qui ne sont revêtus d'aucune légitimité, d'aucune constitutionnalité. Malheureusement, une élection législative démocratique en Côte d'Ivoire constitue pour lui, tout comme pour le RHDP et l'ex-rébellion, un véritable épouvantail. Hors de question donc d'en réunir les conditions. Un autre aveu de la victoire, de la popularité et de la majorité de Laurent Gbagbo au sein du peuple ivoirien.

Vivement, que tous les démocrates de Côte d'Ivoire, d'Afrique et du monde, embouchent le cor de la dénonciation véhémente pour décrier sans détours et de la façon la plus audible la conspiration et le hold-up électoral en cours, une fois de plus, dans notre pays. Il en est encore temps ! Mais ce temps nous est désormais compté.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 317 du jeudi 15 septembre 2011.

jeudi, 15 septembre 2011

LIBERATION DE LAURENT GBAGBO: DES CHEFS D'ETAT SE MOBILISENT AUSSI


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Les apparences sont généralement trompeuses et singulièrement sur la déportation de Laurent Gbagbo. De nombreux Chefs d'Etat militent en effet activement pour la libération de l'ancien président de la République et offrent gîte et couvert aux proches de l'ancien homme fort d'Abidjan exilés dans plusieurs pays limitrophes.


En dépit des menaces que leur fait courir la justice ivoirienne en lançant de manière ininterrompue des mandats d'arrêt internationaux, les partisans de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo capturé par la France après une série inattendue de bombardements de sa résidence d'Abidjan ne sont guère confinés dans la clandestinité. Selon plusieurs sources dignes de foi, ils sont même bien accueillis par de nombreux Chefs d'Etat africains qui leur accordent gîte et couvert. Ces derniers les reçoivent d'ailleurs avec beaucoup de sympathie et même si la crainte de la France n'est pour autant pas effacée, ils œuvrent aussi à convaincre le Chef d'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara de libérer l'ancien homme fort d'Abidjan. Selon des indiscrétions, lors des récents sommets de l'union africaine, de la Cedeao et du fleuve Mano, bien d'homologues africains du N°1 Ivoirien ont ainsi approché ce dernier pour lui demander d'élargir le célèbre prisonnier de Korhogo. Requête à laquelle Ouattara a répondu avoir pris bonne note, mais que le problème ne dépendait pas que de lui. Mais aussi et surtout des présidents Sarkozy et Obama.

Car en dépit des discours lénifiants, y compris celui tenu récemment en France par Dramane Ouattara dans le cadre d'une visite officielle, la Côte d'Ivoire demeure sous tension. La vie politique est bloquée comme l'est l'Assemblée nationale du pays et l'ancien parti au pouvoir le Front Populaire Ivoirien (FPI) se dit contraint de ne pas aller aux élections législatives prévues officiellement pour fin décembre si les conditions de transparence et de sécurité notamment ne sont pas réunies.

De sources diplomatiques, on indique que le porte-parole du président Laurent Gbagbo est même l'objet de sollicitations de Chefs d'Etat africains qui ne supportent pas le sort réservé à son patron détenu depuis plus de cinq mois au nord du pays en dépit d'une inculpation qui devrait officiellement lancer la procédure de son jugement. Koné Katinan est l'ancien ministre du budget de Laurent Gbagbo. Il est régulièrement monté en première  ligne en raison de la crise postélectorale qui s'est déportée sur le terrain économique avec la fermeture des banques du pays. Officiellement, ces Chefs d'Etat facilitent les déplacements des représentants de Laurent Gbagbo exilés dans les pays limitrophes avec des passeports de service notamment. Connu pour être l'un de ses grands défenseurs, le Chef de l'Etat angolais ne s'est jamais officiellement prononcé sur la capture de Laurent Gbagbo par les Français à Abidjan. Mais on imagine la dette qui est celle de Dos Santos qui doit une fière chandelle à Laurent Gbagbo pour la liquidation de Jonas Savimbi chouchouté par les régimes d'Houphouët-Boigny et d'Henri Konan Bédié. Mais si l'ogre angolais garde le silence, l'ancien président sud-africain  ne manque pas d'occasion pour dénoncer ce qui s'est passé à Abidjan et en dépit de la situation de fait qui prévaut  en Côte d'Ivoire , continue encore de douter de la victoire d'Alassane Ouattara.

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La plupart de ces chefs d'Etat en exercice ou à la retraite usent de leurs pouvoirs et de leur carnet d'adresses pour aider à la libération du président Gbagbo pas par simple humanisme mais parce qu'ils ont leur propre lecture des événements en Côte d'Ivoire. L'ancien président ghanéen Jerry Rawlings fait partie des fidèles défenseurs de Gbagbo. Hostile à un dénouement armé de la crise, il avait lui aussi demandé le recomptage des voix pour départager le sortant et Alassane Ouattara pressé d'en découdre militairement. Son aide est fortement appréciée de la plupart des patriotes qui sont exilés au Ghana. Mais on connait aussi le point de vue tranché de Paul Kagamé sur la question. C'est lui qui avait dénoncé l'ombre du metteur en scène étranger dans l'arrestation du président ivoirien. « Le fait que, cinquante ans après les indépendances, le destin du peuple ivoirien, mais aussi son économie, sa monnaie, sa vie politique soient encore contrôlés par l'ancienne puissance coloniale pose problème », avait-il analysé au grand désespoir des journalistes de Jeune Afrique l'Intelligent qui l'avait interrogé.

Mais la cause de Laurent Gbagbo est surtout défendue par la diaspora africaine. Celle-ci n'arrête plus de se mobiliser. Hier encore, elle était à Paris pour huer plusieurs dirigeants africains venus assister à la remise du prix Houphouët-Boigny. Ce prix sponsorisé par la Côte d'Ivoire voit chaque année défiler d'apocryphes houphouëtistes qui ont jeté aux orties son œuvre et sa vieille épouse. Alassane Ouattara s'est vu lancer à la face  un « Ouattara assassin ! » suivi de « Wade assassin ! » scandé par la foule au fur et à mesure de l'arrivée des Chefs d'Etat invités à cette cérémonie. Bernard Houdin le conseiller du président Gbagbo représentant le porte-parole Koné Katinan en Europe multiplie les rencontres. « En ma qualité de représentant du porte-parole du Président, j'essaie de rencontrer le plus possible les associations et organisations issues de la diaspora, certaines anciennes, d'autres nées avec la crise, et je suis souvent impressionné par l'engagement des uns et des autres dans ce combat », affirme-t-il. Le 7 août, Bernard Houdin était d'ailleurs à Montréal où il  a rencontré une forte communauté ivoirienne dont il se dit surpris par l'enthousiasme. Cette communauté ivoirienne comme partout en Europe, épaulée par de nombreux Africains des autres pays. Le représentant du porte-parole du président ira dans les prochaines semaines en Allemagne où il est attendu par de nombreux Africains. Pour lui, tout cela augure que c'est Gbagbo qui aura raison à la fin.

Alors qu'il avait cru se débarrasser du Président Gbagbo comme l'ont demandé les Français en le déportant, Alassane Ouattara a bien du mal à s'affirmer comme le président légitime des Ivoiriens. Hier encore, il a fallu une seule déclaration de Gbagbo qui l'a pourtant royalement ignoré dans sa lettre à Nicolas Sarkozy pour que ses deux grandes interviews au Figaro et à TF1 passent complètement inaperçues à Abidjan où chaque sortie de l'ancien président alimente plus la conversation que les discours monocordes de Ouattara.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 64 du jeudi 15 septembre 2011.

COTE D'IVOIRE: LES FRANÇAIS D'ABORD!

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L'arrivée de Marcel Zady Kessy à la tête du conseil économique et social a propulsé dans l'administration de cette institution un secrétaire général de nationalité française. De manière générale, la prise du pouvoir d'Alassane Ouattara coïncide avec une poussée de « blanchisation » de l'administration publique. A la présidence notamment, mais aussi à la police.


Il avait tout promis. A savoir trouver l'argent qui manque tant aux ivoiriens pour mettre fin à la grande pauvreté ambiante. Donner surtout du travail à chaque ivoirien grâce à un ambitieux programme économique. Aux termes de cette foire aux promesses, Ouattara s'était engagé à créer un million d'emplois par an... En cinq mois, il en a pourtant détruit des milliers : 80.000 selon l'union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI) proche du parti démocratique de Côte d'Ivoire et donc pro-Ouattara et près d'un millier d'employés de la présidence ont perdu leur poste depuis l'avènement du chef de l'Etat au pouvoir. Les nouveaux gouvernants se livrent même à une sordide chasse aux sorcières presque compréhensible pour placer leurs propres hommes mais recrutent aussi des blancs. Notamment à la présidence où le chef de l'Etat est « sous l'influence de ses sorciers blancs », selon l'expression de la Lettre du Continent. Les français travaillant à la présidence ivoirienne se chargent de tout : stratégie, budget, infrastructures...

Bref, ce sont ces conseillers français qui décident de tout au point d'agacer le Premier ministre Guillaume Soro. Recruté en mars pendant que les bombes tonnaient à Abidjan, Philippe Serey-Eiffel est perçu «  comme le grand vizir de la lagune Ebrié », selon La Lettre du Continent. Aucun dossier intéressant les finances ne peut arriver au chef de l'Etat sans passer par lui. Dans les faits, il est le vice-président chargé des finances. Ce qui est fort compréhensible.

Le principe de la françafrique est de coller aux bottes des gouvernants africains des conseillers techniques dont le rôle est de contrôler les entrées et sorties d'argent comme le démontre l'excellent documentaire de O. Cetaril. Guillaume Soro a beau tenter de délimiter son pouvoir, Philippe Serey-Eiffel reste droit dans ses bottes, sûr de ses moyens.

Il n'est d'ailleurs pas le seul à se croire à la maison à la présidence ivoirienne. Cédric Lombardo chargé des affaires climatiques va lui aussi proroger son bail. Les français ont la haute main sur les finances du pays mais aussi sur les questions de défense nationale. L'armée ivoirienne que la France a désarmée dans les bombardements de la résidence du président Gbagbo n'est plus qu'une armée d'opérette. Claude Réglat et Marc Paitier, deux officiers français à la retraite ont dorénavant du travail. Ils ont la responsabilité des écoutes dans les sous-sols du palais. Claude Réglat doit piloter la réforme de l'armée avec l'entrée des 10.000 rebelles reversés dans l'armée régulière. Pendant ce temps, Jean-Yves Garnault contrôle le trésorier payeur général de l'Armée et passe au crible les dépenses militaires engagées par l'Etat. Ouattara a aussi recruté Christian Delmotte pour les questions de santé. C'est lui, croit naïvement Alassane Ouattara, qui doit mettre en place une couverture maladie universelle en Côte d'Ivoire. Mais si Ouattara s'appuie sur les français pour faire fonctionner la présidence de la République, il a également recruté des français pour s'occuper de la cuisine. C'est Dominique Ouattara en personne qui supervise les entretiens d'embauche. L'épouse du chef de l'Etat a d'ailleurs rapidement jeté son dévolu sur Olivier Payet le chef de cuisine du restaurant de l'hôtel Tiama d'Abidjan.

Mais Ouattara a aussi embauché Jean-Louis Blanc pour gérer le parc-auto de la présidence et a pensé pour sa communication à une autre française Anna Méaux qui évince Patricia Balme, elle aussi de nationalité française. Quant à Frédéric Bedin qui est le directeur de Public Système Hopscotch, il a été imposé par Paris pour organiser les grands événements du pays. Comme s'il n'y avait aucune compétence sur place.
La police attend également son  lot de blancs. Pour l'instant, deux instructeurs blancs y font des évaluations au terme duquel un bon nombre de policiers français devraient arriver à Abidjan. Jusqu'à présent les deux instructeurs de la police nationale restent discrets. Personne ne connait leur nom, à part quelques directeurs avec qui ils sont en contact.

Alors que depuis les années 80, Houphouët-Boigny lui-même s'était lancé dans une politique d'ivoirisation des cadres et que Laurent Gbagbo a porté haut le combat de la souveraineté de notre pays, Alassane Ouattara nous ramène par sa politique de gouvernant complexé aux années où l'administration était sous la coupe des colons français. Cette attitude est d'autant plus incompréhensible qu'environ un millier d'ivoiriens viennent d'être renvoyés de la Présidence ivoirienne. Certainement pour faire de la place à une poignée de conseillers mieux rémunérés que le millier viré.

Laurent Gbagbo avait dit aux militaires : « si je tombe, vous tombez ». Les ivoiriens ne savaient à quel point la prophétie était aussi écrite pour eux.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui ».

mercredi, 14 septembre 2011

LE PRESIDENT GBAGBO PORTE PLAINTE CONTRE SARKOZY ET SON ARMEE



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Excellence Monsieur le Président (Nicolas Sarkozy),

Le 31 août 2011, lors de la conférence annuelle des Ambassadeurs à Paris composée de diplomates du monde accrédités près de la France, vous avez mis un point d'honneur à vous étendre sur votre vision nouvelle de la politique étrangère de la France. Certainement pris de remords, de tourments et d'une gêne bien visible, vous vous êtes cru obligé, sur un ton répétitif, de justifier l'intervention illégale de votre «puissante armée» en Côte d'Ivoire et en Libye pour des raisons que vous énoncez vous-mêmes difficilement, tant elles paraissent absurdes. Vous justifiez en effet l'intervention armée de votre pays en Afrique, notamment en Côte d'Ivoire et en Libye, par un nouveau concept ; celui «de la responsabilité de protéger».

Monsieur le Président de la République, ce qui paraît une trouvaille pour vous, n'est qu'une variante des idéologies impérialistes déjà développées par vos illustres prédécesseurs. 

Les Africains sont peut-être, de grands enfants pour vous, mais ils ont au moins de la mémoire. Ils se rappellent donc que chaque action prédatrice de votre cher peuple occidental en Afrique a toujours été justifiée par votre soi-disant humanisme. C'est bien au nom de cet humanisme que vous avez justifié la colonisation en Afrique après l'avoir soumise au joug de l'esclavage. Le Président Laurent Gbagbo suffisamment instruit de l'histoire du peuple africain, fait partie hélas de ceux qui trouvent votre amour pour les peuples africains trop suspect pour être sincère. Ils vous soupçonnent de vouloir corrompre le droit international humanitaire en Afrique pour des raisons qui relèvent de votre intérêt personnel qui du reste, se détachent des grandes valeurs que la France a légué à l'humanité. Votre regard condescendant sur l'Afrique traduit tout au moins le mépris que vous avez pour ce continent qui ne serait pas, suivant votre échelle à vous, entré dans l'Histoire. Ce regard condescendant manque donc d'honnêteté. C'est pourquoi vous avez du mal à comprendre et admettre qu'un pays souverain ne puisse avoir, du seul fait qu'il soit africain, les moyens de réguler ses contradictions internes.

Monsieur le Président de la République, souffrez que je vous rappelle que la Côte d'Ivoire reste un Etat souverain au même titre que la France. A ce titre, la Côte d'Ivoire possède une Constitution comme la France. Elle s'est dotée d'organes de gestion de l'Etat pour réguler les rapports sociaux à l'image de ce qui se passe en France. Le Président Laurent Gbagbo a été déclaré vainqueur d'une élection qui s'est déroulée sur le sol ivoirien conformément aux règles et procédures que le peuple ivoirien s'est souverainement données. Il tient à rappeler solennellement qu'il demeure le Président légitime et légal de la Côte d'Ivoire parce qu'il a gagné l'élection présidentielle. Son arrestation arbitraire et sa détention tout aussi illégale n'entament en rien cette réalité.

Monsieur le Président de la République, au cas où vous ne le sauriez pas, votre homologue, le Président Laurent Gbagbo, a porté une plainte auprès du tribunal aux armées de Paris contre l'Armée française pour assassinat et tentative d'assassinat. La plainte régulièrement formulée a été introduite par les soins de ses avocats le 5 juillet 2011. D'autres actions sont en cours auprès des tribunaux français et internationaux. Elles vous visent directement pour votre action illégale en Côte d'Ivoire. Il est bon de rappeler qu'aucune disposition légale ni du droit interne française ni du droit international ne vous a donné mandat pour agir en Côte d'Ivoire comme vous l'avez fait. La résolution 1975 de l'Onu ne vous a jamais donné mandat pour arrêter le Président Gbagbo et le remettre à l'ennemi.

Le Président Laurent Gbagbo tient à rassurer l'Armée française que, c'est dans la douleur qu'il a été contraint d'engager des poursuites contre elle. Il est tout simplement à la recherche de la vérité. Il tient à ce que le monde entier sache que c'est bien lui qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire. Il n'a aucune animosité personnelle contre l'Armée française, lui, fils du sergent chef Koudou Paul dans l'Armée française, qui a combattu sans regret pour restaurer la grandeur perdue de la France dans les Ardennes. Un lien fort l'unit à cette grande Armée. Ceux qui - ni eux, ni leurs ascendants - n'ont jamais pu connaître l'Armée française de façon aussi intime, ne peuvent comprendre ces liens. Il est malheureux de constater que l'Armée française, dont les souvenirs ont souvent occupé les conversations de son père, soit obligée de combattre aux côtés de mouvements rebelles pour défendre des causes qui sont aux antipodes de la grande espérance que la révolution française et la déclaration de 1789 qui en a suivi, ont apporté à l'humanité tout entière.

Les mobiles de l'intervention de l'Etat français en Côte d'Ivoire restent totalement étrangers aux intérêts du peuple français. Il s'agit de la manifestation des appétits exagérés de réseaux pervers qui tentent de soumettre le monde et particulièrement l'Afrique à leurs intérêts égoïstes. Le Président Gbagbo en est conscient. C'est pourquoi il refuse l'amalgame que l'on tente de faire à dessein en le présentant comme étant l'ennemi des Français. Le Président Gbagbo réaffirme son attachement au peuple français à qui des raisons affectives le lient solidement. Il y a fait une partie de ses études et a bénéficié, de ce fait, de l'hospitalité de nombreux Français. Cela constitue une attache solide qui ne peut se défaire aussi facilement à coups de campagne de dénigrement par ceux qui méconnaissant l'Histoire du grand peuple qu'ils sont censés diriger.

Cependant, le Président Gbagbo reste inflexible sur sa détermination à défendre et à préserver la souveraineté du peuple africain. Cette détermination est l'axe majeur de son combat politique vieux de plus d'un demi-siècle. Ce ne sont donc pas les bombes, encore moins les campagnes de dénigrement, qui sauraient le détourner de son combat.

C'est au nom de ce principe essentiel de sa vie qu'il a refusé que son armée aille défiler sur les Champs Elysées, le 14 juillet 2010, alors que le gouvernement ivoirien attendait du gouvernement français un début de réparation des tueries perpétrées sur les civils, en 2004, par l'armée française et qui ont fait plus de 60 morts. C'est pour cette même raison qu'il a refusé de se rendre aux assises Franco-Afrique de Nice 2010.

Monsieur le Président de la République, vous aurez du mal à convaincre le monde que vous n'avez pas trouvé intolérable cet affront venant, de surcroît, d'un Président africain. Le monde aura compris alors votre haine vis-à-vis du Président Laurent Gbagbo.

Aucune peine n'est trop grande pour qui se bat pour la grandeur de son peuple. Monsieur le Président de la République, le pays que vous dirigez en donne plusieurs exemples. Le plus récent reste le cas du Général de Gaulle. Peut-être que si vous appreniez à mieux connaître son amour pour le peuple français, vous comprendriez certainement mieux, avec un peu de bonne foi, l'amour du Président Gbagbo pour le sien.

Le Président Laurent Gbagbo vous informe par ailleurs qu'il a instruit ses avocats à l'effet de demander une enquête internationale sur les tueries d'Abobo dont vous l'accablez. Il reste convaincu que cette enquête vous révèlera des surprises désagréables. Il espère que l'Onu sera assez courageuse pour accepter d'ouvrir cette enquête. Le monde entier a besoin de connaître la vérité sur tout ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. Tout comme le monde aussi a besoin de savoir pourquoi l'on a préféré une guerre qui a semé tant de désolation, à une simple opération de recomptage de voix, déjà expérimentée quelques mois auparavant en République d'Haïti. Cette vérité est essentielle et ne saurait être occultée du simple fait de l'arrestation et de la détention arbitraire du Président Gbagbo et de ses principaux collaborateurs. Pour vous en convaincre, je vous prie de faire analyser le document joint en annexe, dressé par un homme qui s'est attelé à faire le travail de recomptage des voix proposé par le Président Gbagbo, et que vous avez rejeté du revers de la main au profit d'une opération militaire. Au terme de ce travail scientifique, c'est bien le Président Laurent Gbagbo qui a remporté l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. L'auteur de ce travail de recherche a mis deux mois pour le faire seul. C'est dire qu'une commission aurait mis moins de deux semaines. Vous auriez pu faire l'économie de cette guerre, à tout point de vue inutile, et affecter ainsi l'argent des contribuables français à d'autres fins que celle «de protéger» des Africains en larguant - suprême paradoxe - sur leurs têtes, des bombes.

Dans l'attente que cette vérité soit enfin sue, je vous prie d'agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l'expression de ma très haute considération.


Le ministre Koné Katinan


Représentant et porte-parole du Président Laurent Gbagbo


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

mardi, 13 septembre 2011

A LIRE ABSOLUMENT ET DE TOUTE URGENCE: L'ETAT SPIRITUEL DE L'EGLISE, LA CRISE IVOIRIENNE ET SON ISSUE FINALE

 

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"Je vous salue, chers frères et soeurs en CHRIST! Je voudrais, par la grâce de DIEU partager avec vous une série de révélations que le SEIGNEUR JESUS-CHRIST m'a données sur l'état spirituel de son Eglise en Côte d'Ivoire, sur la crise ivoirienne et son issue finale qui est pour très bientôt". Ainsi commence la prophétie que je vous invite à lire, ce jour, et qui va vous pétrifier.

Une révélation de 15 pages qui m'a été envoyée par un inconnu, très proche de celle du Pasteur DALI Claude et reçue en AVRIL 2004 (tout comme celle du Pasteur DALI), qui vous laissera sans voix devant la précision et l'exactitude de ses prédictions dont une bonne partie s'est déjà accomplie et dont la suite prévue pour les prochains jours est une terrifiante interpellation A CHAQUE IVOIRIEN.

Loin de moi l'idée de faire du sensationnel et de vous embarquer dans une aventure foireuse. Le sujet m'a l'air extrêmement grave et sérieux!

 

Pour lire la prophétie en document PDF, cliquer sur:



REVELATION 2004

 

 

DINDE Fernand AGBO

lundi, 12 septembre 2011

BOURGI: «J'AI VU CHIRAC ET VILLEPIN COMPTER LES BILLETS»


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L'avocat Robert Bourgi, successeur de Jacques Foccart, révèle vingt-cinq ans de pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d'Afrique.



L'ex-numéro deux du régime du président déchu Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire a affirmé dimanche que quelque trois millions d'euros avaient été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne électorale du président français Jacques Chirac en 2002. Ces déclarations de Mamadou Koulibaly, actuel président de l'Assemblée nationale, vont dans le sens des accusations de l'avocat français Robert Bourgi, conseiller officieux pour l'Afrique du président français Nicolas Sarkozy.


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Robert Bourgi a parfaitement raison, il y a eu un transfert d'argent entre Laurent Gbagbo (2000-2011) et Jacques Chirac, en 2002" a déclaré M. Koulibaly, faisant état "d'environ deux milliards de FCFA (environ trois millions d'euros) transportés d'Abidjan vers Paris par valise". "J'ai dit au président [Laurent Gbagbo] que nous étions un pays pauvre et que nous n'avions pas d'argent à financer des élections d'hommes politiques de pays riches", a-t-il expliqué. Mamadou Koulibaly a ajouté avoir "rencontré Robert Bourgi à la table de Gbagbo en 2002, venu solliciter de l'aide en vue d'un financement de la campagne présidentielle en France".

"Quand on veut faire de la politique, on est généreux"


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Monsieur, vous êtes jeune, quand on veut faire de la politique, on est généreux", lui aurait répondu Robert Bourgi devant son opposition. Robert Bourgi a affirmé au Journal du dimanche qu'il avait "participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac" et qu'il avait également remis des fonds occultes à Dominique de Villepin, ex-Premier ministre français.

Lire ci dessous l'interview intégrale de Robert Bourgi:

Pourquoi prendre la parole aujourd'hui?

Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu'un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j'observe, je lis et j'entends les commentaires de ce dernier sur l'enquête de Pierre Péan. Trop, c'est trop. À 66 ans, j'en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale... J'ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n'ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu...

J'ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d'un ami, de quelqu'un que l'on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m'a chassé. Oui, il m'a déçu. N'est pas de Gaulle qui veut. L'entendre donner des leçons, lui que je connais de l'intérieur, m'exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?

En mars 1997, le jour de l'enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m'appelle et me dit qu'il m'attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l'Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin... Et souhaite que je l'initie à ce que nous faisions avec le "Doyen", comme j'appelais Foccart.

C'est-à-dire?

Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d'État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j'ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

Directement?

Oui, bien sûr. C'était toujours le soir. "Il y a du lourd?" demandait Chirac quand j'entrais dans le bureau. Il m'installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n'aime pas la bière, je m'y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n'y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu'à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L'argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C'était en 1995. Il m'avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le "Doyen" m'avait dit que cela s'était passé "en présence de Villepinte", c'est comme cela qu'il appelait Villepin. Foccart ne l'a jamais apprécié... Et c'était réciproque.

Pourquoi?

En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l'Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le "Doyen" en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d'argent de Foccart venant d'Afrique?

Incalculable! À ma connaissance, il n'y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d'avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela...

Je sais ce que je dis. Je sais ce que j'ai fait.

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?

Je l'ai présenté aux chefs d'État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la "moralisation"... Je leur ai dit que c'était une décision du "Grand", autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s'y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire... Il m'appelait "camarade" et s'est mis à m'offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?

Elles n'ont jamais cessé. À l'approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m'a carrément demandé "la marche à suivre". Il s'est même inquiété. C'est sa nature d'être méfiant. Je devais me présenter à l'Élysée sous le nom de "M. Chambertin", une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d'État africains - Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) - ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l'affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d'État africains...

C'est l'exacte vérité. Un exemple qui ne s'invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j'étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l'idée, "connaissant Villepin comme un homme de l'art", a-t-il dit, de cacher l'argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu'à l'Élysée. C'est la seule fois où j'ai pu me garer dans la cour d'honneur! C'était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l'Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction... Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : "Blaise déconne, c'est encore des petites coupures!"

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n'a jamais eu vent de ces espèces...

Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C'est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002...

Oui. Il m'avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j'avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m'a dit : "On donnera pareil alors." Il est venu à Paris avec l'argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J'ai eu l'idée de les emballer dans une affiche publicitaire d'Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l'Élysée, en compagnie d'Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l'affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir...

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d'espèces?

Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l'Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j'étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j'étais en retard. Bongo, qui m'appelait "fiston" et que j'appelais "papa", m'avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m'a fait passer par les sous-sols de l'Élysée. J'avais un gros sac de sport contenant l'argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l'Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu'il contenait. Ce jour-là, j'ai pensé au Général, et j'ai eu honte.

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l'Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?

Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d'Orsay, à l'Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau "donateur", le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J'ai organisé un déjeuner au ministère de l'Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d'euros. Parfois, Dominique sortait directement l'argent devant nous, même si je venais accompagné d'un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l'anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu'il l'ouvre en lui donnant le code de la serrure... Une autre fois, lorsqu'il était à Matignon, Villepin s'impatientait parce que l'ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d'euros. "C'est lourd", disait-il... en frôlant l'infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de "moralisation de la vie publique"...

Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu'un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. "On va bourrer le nabot", disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l'affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu'il eut quitté l'Élysée, j'estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des "cadeaux"...

Quel genre?

Je me souviens d'un bâton du maréchal d'Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon... Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d'une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France...

Comment savez-vous cela?

J'avais accès au gestionnaire du compte parisien d'Omar Bongo, et il m'est arrivé d'aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec "papa", nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin "Mamadou", parce qu'autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : "Papa, 'Mamadou' a besoin de quelque chose." Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

Vous disiez que les remises d'espèces ont continué quand Villepin était à Matignon...

Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : "Dominique, entends-toi avec Nicolas." Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : "J'irai à Matignon, puis à l'Élysée." Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d'un jour, au Quai d'Orsay, où sa secrétaire m'appelle en urgence. "Camarade, un double whisky aujourd'hui, la ration John Wayne", me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : "Aujourd'hui, j'ai atteint l'âge du général de Gaulle le jour de l'appel du 18 juin, j'ai 49 ans, Robert! Je serai l'homme du recours!" Il a prononcé plusieurs fois cette phrase - "Je serai l'homme du recours" - en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j'ai dit à ma femme qu'il y avait peut-être un problème...

Comment cela s'est-il arrêté et pourquoi?

Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m'appelle selon le code : "Nous allons acheter des fleurs." Cela voulait dire que l'on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m'amener à Matignon. Ce jour-là, elle m'a fait entrer par l'arrière et m'a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m'a fait attendre une demi-heure. J'ai tout de suite eu l'intuition qu'il y avait un problème.

Que s'est-il passé?

Il est arrivé et a lancé un drôle de "Alors, camarade, ça va?", avant de m'expliquer : "L'argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C'est fini", a-t-il poursuivi... Je me souviens de sa phrase : "Si un juge d'instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir." Il parle exactement comme cela. Je l'ai bien regardé. Je lui ai dit qu'il m'emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m'a couru après en disant "camarade, camarade!", m'a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J'avais décidé que ce n'était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?

Nicolas Sarkozy m'a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd'hui. Même lui, il m'a paru étonné. Je l'entends encore me demander : "Mais qu'est-ce qu'ils ont fait de tout cet argent, Robert ?" Il m'a dit aussi : "Ils t'ont humilié comme ils m'ont humilié, mais ne t'inquiète pas, on les aura." Je l'ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m'a dit : "Robert, là où je suis, tu es chez toi", et m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par "valises".

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire... D'autant que Sarkozy, à peine élu, s'est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise...

Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d'État africain, par mon intermédiaire, n'a remis d'argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n'avez pas été invité à l'intronisation d'Alassane Ouattara...

Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m'a raccroché au nez la dernière fois que je l'ai appelé. J'étais dans le bureau de Claude Guéant et c'était dans les derniers jours avant sa destitution... Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone . Il ne voulait rien entendre et m'a dit : "C'est la dernière fois que je te parle." Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m'a fait enlever de la liste des invités pour l'intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé...

Lui aussi me fait sourire quand je l'entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s'est installé dans de superbes locaux de l'avenue Montaigne. C'est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l'époque. D'ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L'argent d'Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années... Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l'ignorer. Je sais qu'aujourd'hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.



Laurent Valdiguié


Source: LE JOURNAL DU DIMANCHE du 11 septembre 2011.

VILLAGE D'AYAME: LA POPULATION CHASSE LES FRCI DU VILLAGE


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L'après midi du vendredi  9 septembre 2011 a été particulièrement mouvementé dans le village d'Ebikro-N'dakro situé à 18 Km d'Ayamé  département d'Aboisso sur l' axe Ayamé -Bianouan. La population de ce paisible village  de 2 000 âmes  s'est révoltée, les jeunes, toutes tendances confondues en tête, contre les agissements des populations étrangères Maliennes et Burkinabés qui depuis la crise post -électorale  ont revêtu les habits de soldats pro -Ouattara baptisés FRCI.

Ce jour là, le neveu  devenu FRCI, du Sieur Daouda Diarra de nationalité malienne qui réside depuis plus de 50 ans dans ce village  était en état d'ébriété. Il a failli faucher une dame et déraciner un bananier avec son véhicule FRCI. Les jeunes lui demandent alors de garer le véhicule pour éviter un drame dans le village. Il n'en fallait pas plus pour que le  nouveau soldat pro -Ouattara  et un ami tous deux, de nationalité malienne sortent prestement leurs kalach pour tirer plusieurs coups de rafales de sommation en l'air. Les jeunes excédés par ces agissements répétitifs des Frci prennent leur courage pour maitriser  les délinquants soldats de Ouattara et les conduire au domicile du chef de village. L'ambiance devient alors électrique quand la communauté étrangère, comme on le constate un peu partout en côte d'ivoire, est venue prêter mains fortes aux FRCI en  très mauvaise posture. Le chef du village soutenu par toute la population autochtone demande alors aux fautifs de quitter définitivement le village. Les Frci d'Ayamé ainsi que le corps Préfectoral informés se rendent au village. Les FRCI sont donc arrêtés, désarmés et conduits menottés à Ayamé.

Visiblement heureux de s'être libérés de l'étreinte des  rebelles FRCI, la jeunesse et la population  du village ont fait une parade dans les quartiers de la localité en entonnant  la chanson bien connue de  la campagne présidentielle de Laurent Gbagbo :

« RESPECTEZ LE POUVOIR DE GBAGBO » !

Le lendemain Samedi en guise de représailles pour l'affront subi par leurs frères FRCI, les jeunes maliens du village, dans une folie meurtrière tailladent à la machette 4 jeunes qui la veille avaient dénoncé le comportement des Frci d'Ebikro-N'dakro. La gendarmerie d'Ayamé et les FRCI de Bianouan arrivent de nouveau au village  pour calmer les esprits. Comme il fallait s'y attendre dans cette république de non droit, aucune arrestation n'est opérée.


Correspondance particulière d'Anastasie Ehoulan.

dimanche, 11 septembre 2011

VOICI LES VRAIS DIRIGEANTS DE LA COTE D'IVOIRE

 

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Ils sont français. Ils ont tous été envoyés en mission par Nicolas Sarkozy. Ils ne répondent que de lui. Ils ont pris leurs quartiers au palais présidentiel. Ce sont les yeux, les oreilles et la bouche de la France auprès d'Alassane Ouattara. Ce sont les défenseurs des intérêts français. Ils gèrent presque tous les domaines des finances, à la défense, en passant par le renseignement et la communication.

 

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Philippe Serey-Eiffel

Conseiller économique affecté à Ouattara depuis l'Elysée. Recruté en Mars 2011, cet ingénieur des Ponts et chaussées, directeur sous Houphouët-Boigny de la puissante Direction des Grands Travaux (ancêtre du BNETD), est le vrai patron des dossiers économique du pays.

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Anne Méaux

La communication et l'entretien de l'image du couple Ouattara lui ont été confiés.

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Le général Claude Réglat

Il a en charge le domaine de la défense. Ancien commandant des Forces françaises au Gabon (FFG), il est celui qui gère les FRCI et est en charge des écoutes téléphoniques.

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Antoine Cesaréo

DG des Grands Travaux de 1978 à 1992, il est l'officieux ministre des affaires étrangères et gère tout le commerce international du pays.

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Frédéric Bedin

(Directeur général de Public Système Hopscotch). Il est l'organisateur des grands événements du pays. Toutes les cérémonies somptuaires de présentation de serment, de séminaires des membres du gouvernement Ouattara, du simulacre d'investiture sont de sa responsabilité.

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Le colonel Marc Paitier

Il est rattaché à Guillaume Soro pour mieux contrôler toutes les dépenses militaires engagées par l'Etat ivoirien.

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Olivier Payet

Il est l'intendant du palais présidentiel. Il était auparavant, chef cuisinier de l'hôtel TIAMA. Il gère également les nombreux séjours à l'étranger du chef de l'Etat ivoirien.


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Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL