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jeudi, 08 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: LE 3EME PONT, UNE ARNAQUE

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La première pierre du 3ème pont baptisé depuis hier Henri Konan Bédié a été inaugurée en grandes pompes. La petite curiosité  est venue de l'omerta observée sur le coût de l'ouvrage. L'Etat participe pourtant à la construction de ce pont que le concessionnaire français doit exploiter pendant trente ans.


Le vieux projet de quinze ans devrait finalement voir le jour dans six petits mois. Le groupe Bouygues qui est chargé d'offrir au pays ce joyau comme on offre du bonbon à de petits enfants pour les séduire semble assez formel sur la livraison de l'ouvrage de 1,6 km de long et de 28,4 m de large. L'Etat passe presque pour un mendiant dans l'affaire. Pourtant, il a déjà engagé plusieurs milliards de fcfa pour l'indemnisation des riverains sous le régime de Bédié aussi bien à la Riviera qu'à Marcory. L'Etat a aussi mobilisé 42 des 50 milliards qui constituent sa participation grâce en partie à l'emprunt obligataire lancé par le gouvernement Gbagbo qui avait décidé de financer lui-même la construction de l'ouvrage après le désistement de Bouygues qui, officiellement, doit investir grosso-modo 100 milliards de fcfa. Un tel investissement lui garantit une concession de trente ans, soit 1.412 milliards environ de gains. Avec de tels montants, on ne peut pas dire que Bouygues n'a pas le meilleur retour qui soit sur investissements. Le géant français du bâtiment se tape même 39 millions par jour sur la base d'une prévision de 56.000 véhicules qui doivent passer chaque jour sur ce pont, 5 milliards environ par mois soit 60 milliards l'an.

Selon toutes les interventions qui ont meublé la cérémonie d'inauguration, les usagers vont connaître un meilleur confort sur les routes contre les engorgements actuels qui favorisent un surcoût du prix du carburant. Les nouvelles autorités tablent aussi sur le fait que  la construction dudit pont devrait aider à la création de  800 emplois directs et 2000 emplois indirects. Alors qu'il espérait relancer l'ensemble du projet avec de nouveaux appels d'offres, le chef de l'Etat qui avait donné instructions à son ministre des infrastructures économiques Patrick Achi pour  reprendre toute  la procédure d'appels d'offres, a buté en définitive sur son Premier ministre qui a freiné des quatre fers et mis fin à cette « intrusion » fort déplaisante et au goût de lèse-Premier ministre. Guillaume Soro a par ailleurs pris soin d'envoyer une mise au point pour le moins pimentée au concerné, avec ampliation à tous les ministres, pour que ce genre de choses ne se reproduisent plus. Finalement, cette levée de bouclier a sonné le glas de la nouvelle procédure et Ouattara s'est contenté de reconduire le projet tel qu'il l'a trouvé.

Mais si le gouvernement a le profil bas, gardant un silence gêné sur l'ensemble des apports financiers consentis depuis les régimes de Bédié et Gbagbo, en revanche sur le terrain de la réclame, il a mis le paquet. Des espaces publicitaires ont été pris dans tous les journaux qui lui sont proches où l'on peut lire que « l'Etat ivoirien est engagé sur la voie du développement et mettra tous les moyens en vue d'améliorer votre quotidien ». Pour l'instant, la seule garantie pour les populations abidjanaises est que le péage coûtera 700 fcfa à chaque passage et que la construction de l'ouvrage durera six mois.

Les soi-disant investisseurs étrangers à qui les Etats africains concèdent généralement des BOT exploitent habituellement cette stratégie. L'aéroport Félix Houphouët-Boigny concédé par l'Etat à l'entreprise Aeria a été largement financé par les usagers à travers le système de péage. Ceux du 3ème pont baptisé du nom d'Henri Konan Bédié ne peuvent certes pas s'offrir la même parade en raison de la nature de l'ouvrage. Mais à 100 milliards, l'Etat peut largement avec ses 50 milliards déjà mobilisés à 90%, construire ce pont pour lequel Bouygues multiplie ses gains à vitesse grand V.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 58 du jeudi 18 septembre 2011.

A CAUSE DES «BLANCS» DE OUATTARA SORO A MENACE DE DEMISSIONNER, SELON LA LETTRE DU CONTINENT



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L'entourage du Chef de l'Etat fortement composé de Français à tous les postes stratégiques irrite le premier ministre Guillaume Soro.


Si l'on en croit les confidences de La Lettre du Continent, feuille confidentielle spécialisée sur l'Afrique basée à Paris, les relations entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro ne sont pas un long fleuve tranquille.

«D'ordinaire flegmatique, le Premier ministre Guillaume Soro a piqué une grosse colère le 7 août, allant jusqu'à menacer le chef de l'Etat de démissionner. En cause, l'emprise des Français nommés à la présidence, chargés de gérer des domaines aussi stratégiques que le budget et les projets d'infrastructures», écrit La Lettre du Continent.

Qui révèle que l'homme qui irrite le plus Soro est Philippe Serey-Eiffel, ingénieur des Ponts et Chaussées qui jouerait le rôle d'un vice-président omniprésent. Soro serait allé jusqu'à écrire une note à ses conseillers les sommant de désobéir à ses injonctions.

Ambiance. Eiffel n'est pas le seul. Claude Réglat, ancien patron des Forces françaises au Gabon, règne sur le domaine sécuritaire, et gère notamment le dossier délicat de l'insertion des hommes des Forces nouvelles au sein de la nouvelle armée. Tandis que la Direction du renseignement militaire (DRM) française gère directement les écoutes téléphoniques d'un régime accusé de très graves violations des droits de l'homme... «Concernant les réformes de l'administration et de la justice, Nicolas Sarkozy recherche actuellement la personnalité idoine pour remplir le job», écrit La Lettre du Continent. On croit rêver... Jusqu'où la recolonisation de la Côte d'Ivoire va-t-elle aller ?

Soro pense-t-il que les «sorciers blancs» de Ouattara sont là pour préparer un éventuel conflit ouvert avec lui, voire pour le liquider politiquement après avoir, par l'art du renseignement, bien pénétré le système dont il verrouille une partie pour demeurer indispensable aux yeux de Ouattara ? Sans doute. Moins sérieusement, on remarquera tout de même que le chef de l'Etat se méfie définitivement des Ivoiriens. Alors qu'on raconte que son premier cercle sécuritaire est composé de «coopérants» burkinabé, La Lettre du Continent nous apprend que l'alimentation d'Alassane Ouattara - le sujet est très sensible pour les chefs - sera l'affaire d'un Français du nom d'Olivier Payet, patron du restaurant de l'hôtel Tiama, que Dominique Ouattara voudrait recruter. Car c'est elle qui gère directement les recrutements.

Alors que l'on nous avait assurés, en avril dernier, qu'elle «ne se mêlerait pas de tout» comme la trop politique Simone Gbagbo, mais qu'elle s'occuperait tranquillement de sa Fondation. Les promesses, on le sait, n'engagent que ceux qui y croient...


Benjamin Silué, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 311 du jeudi 8 septembre 2011.

mercredi, 07 septembre 2011

NORD DE LA COTE D'IVOIRE: LES DERNIERES NOUVELLES DU PRESIDENT GBAGBO ET DE TOUS SES PROCHES ILLEGALEMENT DETENUS

 

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Les dernières nouvelles du Président Gbagbo et des autres personnalités qui lui sont proches, détenus illégalement au nord de la Côte d'ivoire viennent de nous être données par son représentant officie, le ministre Koné Katinan, des amis et connaissances qui lui ont rendu visite. Des nouvelles diffusées largement en ce jour, par la presse locale.

Ce qu'on peut retenir des dernières nouvelles, c'est que le président Gbagbo, la première Dame, le premier ministre Affi N'Guessan, Michel Gbagbo et toutes les autres personnalités proches du président Gbagbo, illégalement détenus, vont bien et ils ont le moral.

Lors du premier meeting de la résistance après le coup d'Etat du 11 Avril 2011 contre le régime du président Gbagbo, le porte parole du président Gbagbo avait fait une révélation de taille, Le point culminant du meeting de remobilisation «Le président Laurent Gbagbo me charge de vous dire qu'il a le moral très haut. Il continue de se considérer comme le président de la République de Côte d'Ivoire. Il tient à dire qu'il ne négociera pas sur cette question là. Il est le chef de l'Etat et toute la réconciliation doit se faire autour de cette question là. Et il vous demande de rester mobilisés et il vous fait entièrement confiance», a fait savoir Koné Katinan.

Dans sa parution de ce mercredi 07/09/2011, le quotidien « L'inter » ne dit pas le contraire. « Il nous est revenu que ses positions et ses convictions n'ont pas changé. L'ex-numéro 1 Ivoirien a posé à ses visiteurs sa condition pour la réconciliation. Il leur a dit qu'il est important, avant toute réconciliation, qu'on sache le véritable vainqueur de la dernière présidentielle en Côte d'Ivoire », rapporte ce journal, proche du camp Ouattara. Sa sécurité est assurée à la fois par les éléments du chef rebelle, Fofié kouakou qui est pourtant sous sanction onusienne, et par des soldats de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) originaires du Niger qui constitue sa garde rapprochée.

Sur son lieu de détention, les informations qui nous parviennent sont contradictoires. Si le camp Ouattara soutien que le président Gbagbo se trouve à la Résidence présidentielle de Korhogo, certaines personnes, et non des moindres, qui ont lui rendre visite, affirment le contraire. Où est-il donc ? Nous continuons nos investigations à ce sujet pour mieux vous situer dans les prochains jours.

Concernant la première Dame et les autres prisonniers, voici ce que ce quotidien écrit :

« Les visiteurs ne se sont pas arrêtés à Korhogo.Ils sont allés, dans la même semaine, à Odienné. Dans la capitale de Denguelé, ils ont pu voir Simone Ehivet Gbagbo. L'épouse de Laurent Gbagbo est avec son médecin, Dr Djédjé. Tout comme son époux, elle se porte bien. De plus, la députée d'Abobo réside toujours dans la villa d' Issouf Koné, l'ex-grand chancelier de l'ordre national. En tout cas jusqu'au mercredi 31 août 2011, elle n'avait pas encore été transférée à la Maison d'arrêt et de correction d'Odienné. Sa cuisine est faite par une dame. Simone Ehivet Gbagbo continue d'avoir les cheveux coupés. Après son arrestation, on s'en souvient, des images avaient circulé, la montrant avec des mèches arrachées. Elle s'était, par la suite, coupé les cheveux. Et jusqu'à présent, l'ex-Première dame n'a pas jugé utile de changer de coiffure.

Une barbe à la Ben Laden

A Katiola, se trouvent les anciens ministres Aboudramane Sangaré, Jean Jacques Béchio, Généviève Bro Grebé, l'ex-chef de cabinet de la présidence de la République, Kuyo Téa Narcisse et l'ancien Directeur du Protocole à la présidence de la République. Quand ils sont arrivés là-bas, ils étaient dans une villa située au quartier Gnomoukaha près du Lycée moderne de Katiola. Mais depuis deux semaines, après leur inculpation, ils ont été envoyés à la prison civile de la cité du Hambol. Quand notre source arrivait, la semaine dernière, dans cet espace carcéral, elle les a trouvés à table. Ils étaient en train de manger du riz accompagné d'une sauce locale. Le restaurant de l'hôtel Hambol qui, dès leur arrivée, apportait de la nourriture, a arrêté ses services. Les repas sont faits, là aussi, par une dame. Ces prisonniers pro-Gbagbo de Katiola ont dit à leur hôte avoir le moral.

Dernier escale de ce périple : Bouna. Cette ville située au nord-est de la Côte d'Ivoire accueille, dans sa prison, le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N'Guessan, le fils de Laurent Gbagbo, Michel Gbagbo, le Secrétaire national du Fpi, Diabaté Beh, le caméraman de la Rti, Serge Boguhé...

Ces prisonniers ont souhaité, comme les autres, sortir de cette situation pas du tout enviable. En attendant un éventuel procès, Michel Gbagbo, enseignant à l'Université de Cocody, a décidé de changer de look. Son visage est complètement mangé par la barbe. « Il a laissé sa barbe pousser comme pour Ben Laden », nous a-t-on confié. Est-ce une volonté de protester contre son incarcération ? Notre source n'a pas voulu en dire davantage». A quelques différences près, c'est aussi ce que nos sources confirment.

Si au début, ces prisonniers politiques du nord vivaient dans des conditions inhumaines, face à la pression des organismes internationaux des droits de l'homme, leurs conditions de détention se sont un peu améliorées.

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

COTE D'IVOIRE: DES FACTURES D'ELECTRICITE SALEES POUR LES IVOIRIENS

De bonnes surprises d'Alassane Ouattara attendent les Ivoiriens et singulièrement les augmentations de coût d'électricité à venir. Le FMI et la Banque Mondiale veulent compenser les pertes record enregistrées par la Compagnie Ivoirienne de l'Electricité (CIE) depuis quelques années.


Une facture d'électricité un peu plus salée qu'à l'accoutumée, c'est la bonne surprise du chef qu'ont réservée le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale aux nouvelles autorités ivoiriennes, lesquelles vont avoir du mal à expliquer aux populations pourquoi elles ne peuvent pas faire changer d'avis aux meilleurs amis du chef de l'Etat. Les deux délégations qui sont à Abidjan pour deux semaines dans le cadre de la mission conjointe FMI et Banque Mondiale évoquent des pertes record de 86 milliards de francs annuels dont 19 milliards de fraude provenant essentiellement des zones CNO que subit  la Compagnie Ivoirienne d'Electricité cédée  dans les années de sa primature par Alassane Ouattara lui-même.

L'Etat paie particulièrement au prix fort des installations vieillottes et plusieurs semaines de pillages occasionnés par la guerre du nouveau locataire de la présidence. Bref, selon le FMI et la Banque Mondiale, tout ceci rend urgente une majoration de 29% du prix de l'électricité à la consommation. Ce qui ne va pas du tout plaire aux consommateurs ivoiriens déjà rétifs au paiement des factures accumulées durant toute la période d'incertitude.

Mais dans la tête des deux délégations, ces augmentations ne sont pas négociables puisqu'elles doivent permettre de réhabiliter la plupart des réseaux détruits par la guerre et d'engager de nouveaux investissements. Le FMI et la Banque Mondiale rouspètent notamment contre le contrat conclu en 1991 par l'Etat avec des partenaires privés et dont les modalités renchérissent le prix du gaz. Or il faut aujourd'hui du gaz pour produire l'électricité. Le contrat sur le gaz est en effet un exemple de contrat léonin signé sous la primature de Ouattara. Il fixe un prix plancher en-deçà duquel les clients ne peuvent négocier les offres de prix des producteurs alors qu'il interdit un prix plafond. Ce qui rend toute négociation dérisoire.

Les populations sont ainsi sanctionnées pour les errements de ses gouvernants et notamment Alassane Ouattara dont le gouvernement avait lancé dans les années 90 un vaste programme de privatisation des entreprises publiques.

La cession de l'EECI, (Energie Electrique de Côte d'Ivoire) devenue CIE, Compagnie Ivoirienne d'Electricité cédée à 1F symbolique par Ouattara procède de ce type de contrats léonins qui retombent comme du ressac sur les populations. Pour digérer cette terrible nouvelle qu'il faudra appliquer à une population de plus en plus appauvrie, le gouvernement demande un délai de trois mois pour négocier avec les concessionnaires du gaz. Il espère ainsi les convaincre à revoir à la baisse leurs prix.

Le chef de l'Etat est ainsi pris à son propre piège. Pour rallier les populations des zones Centre Nord et Ouest à sa cause, il a fait croire que le paiement des factures d'électricité relevait d'une malveillance anti-nordique et affirmé que dès qu'il arriverait au pouvoir, les factures déjà émises ne seront pas payées et qu'en plus un abattement des prix serait observé afin d'aider les couches défavorisées. Ce discours a été tellement bien compris que la commune d'Abobo qui a pris petit à petit fait et cause pour l'ancienne rébellion, au point de menacer les populations qui ne sont pas ressortissantes du Nord, refuse encore aujourd'hui de payer les factures de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité. L'heure de vérité arrive.

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 56 du mardi 6 septembre 2011.

mardi, 06 septembre 2011

LES VERITES DE DAMANA PICKAS SUR LA TRINITE FRANCE-ONU-REBELLES



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"...parce que Laurent Gbagbo est en prison, toute la Côte d'Ivoire est en prison. Y compris Ouattara et Sarkozy..."

Ex-numéro 3 de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) de 1995 à 1998 sous Soro Guillaume, ancien responsable de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI, 1998-2001), Damana Adia Pickas est doctorant en droit. Revenu de France, pendant la crise née de la rébellion du 19 septembre 2002, où il poursuivait ses études, il a été nommé, par décret, administrateur civil. Et a servi à la Direction de la décentralisation et du développement local. C'est étant là-bas que feu Désiré Tagro l'a choisi, en 2010, pour représenter le ministère de l'Intérieur à la Commission électorale indépendante (CEI). Et puis arrive la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle... Le monde entier voit Damana Pickas empêcher Bamba Yacouba de lire certains résultats qu'il juge non consensuels. La crise post-électorale venait ainsi d'éclater jusqu'à la chute, le 11 Avril 2011, de Laurent Gbagbo, son leader. Depuis, l'homme s'est muré dans le silence. Pour nos lecteurs, nous avons pu l'avoir. Et il a accepté de nous parler. Via internet. Interview exclusive!

Où vous vous trouvez actuellement?

Merci, nous voudrions d'abord remercier l'Eternel des armées qui a préservé notre vie, parce que ce n'était pas évident que nous soyons en vie. Ce qui malheureusement n'a pas été le cas pour beaucoup d'Ivoiriens devant la mémoire de qui nous nous inclinons. Cher ami, nous revenons d'un très grand traumatisme. Permettez-moi donc de saluer tous les Ivoiriens et tous les habitants de la Côte d'Ivoire qui ont souffert ou qui continuent de souffrir dans leurs chairs. De même que toutes ces personnes illustres ou anonymes détenues dans des conditions inhumaines çà et là. Notamment le Président de la République Laurent Gbagbo et son épouse la Députée Simone Ehivet, le Premier ministre Aké N'Gbo et certains membres de son gouvernement, le Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien et certains de ses camarades aussi bien du FPI comme de LMP, nous leur adressons des mots de réconfort et de courage. Aux nombreux Ivoiriens contraints de vivre en exil dans des conditions difficiles, nous leur demandons de rester sereins et dignes dans leurs souffrances et de regarder l'horizon avec espoir. A tous les Ivoiriens de la diaspora, nous portons nos félicitations pour le sens du combat et l'intérêt qu'ils portent à la mère patrie. Et à tous leurs concitoyens, nous les encourageons à continuer le combat. A nos héroïques FDS, nous leur exprimons notre admiration et notre fierté pour leur détermination, leur bravoure et leur sens de la responsabilité. Pour revenir à votre question, sachez que le lieu où je me trouve n'a aucun intérêt. Je n'ai pas une position stable, je suis en Afrique. Mais le plus important, c'est d'être en vie et je me porte bien.

Comment avez-vous quitté Abidjan?

C'est par la grâce de Dieu.

Pourquoi ce long silence depuis que vous avez quitté Abidjan ?

Oh ! Nous avons dit d'entrée de jeu que les Ivoiriens ont subi un très grand traumatisme et donc il nous fallait nous imposer ce silence pour rentrer dans une phase introspective pour comprendre exactement ce qui est arrivé à notre pays. Pourquoi une telle violence s'est-elle abattue sur des responsables aussi bien politiques que sur le citoyen lambda ? En un mot, pourquoi une telle violence s'est-elle abattue sur la Côte d'Ivoire ? Pourquoi un tel acharnement de la communauté dite internationale, en particulier la France, sur notre très chère patrie ? Pourquoi tant de traîtrise et de lâcheté autour du Président Laurent Gbagbo ? Pourquoi dans des quartiers, certains Ivoiriens se sont réjouis du malheur d'autres Ivoiriens, au point d'indiquer leur domicile pour qu'ils soient tués ou pillés ? Après avoir longuement médité sur ces questions, nous pensons avoir trouvé des ébauches de réponses qui nous serviront pour l'avenir.

Comment réagissez-vous à certains écrits qui vous citent comme faisant partie de ceux qui veulent faire un coup d'État contre le régime d'Abidjan?

Ils ne sont pas sérieux.

On vous a vu, des jours avant la chute de Gbagbo, mobiliser les populations à résister. Malgré cela, il est parti. Avez-vous l'impression d'avoir échoué ?

Qu'est-ce que vous appelez échec ?

Le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir, malgré votre appel à la mobilisation

Non, ce n'est pas un échec. Le sens de notre appel s'inscrit dans le combat que nous avons toujours mené. Vous savez, nous étions arrivés à une confrontation armée directe avec la coalition rebelle. L'heure du combat décisif avait sonné et il fallait donc assumer cette responsabilité qui était la nôtre. Notre stratégie de résistance depuis le 19 Septembre 2002, a toujours reposé sur trois piliers. A savoir : le chef, c'est-à-dire le président Laurent Gbagbo, l'armée et le peuple. Si le chef est resté digne et a donc pleinement joué son rôle jusqu'au bout, cela n'a pas été le cas pour les deux autres piliers que sont l'armée et le peuple où de graves défaillances ont été constatées. Il fallait donc vite réagir pour remettre de l'ordre. Ce qui restait de notre Armée, s'est aussitôt réorganisée autour du colonel Major Konan Boniface qui faisait, dès lors, office de chef d'état-major des armées. Au niveau du peuple, nous avons aussi dû nous réorganiser pour mener à bien la mobilisation. Et vous avez constaté que notre appel à la mobilisation et à la résistance a été massivement suivi par la population malgré la violence inouïe et les tueries dans les quartiers. Les deux ponts étaient bondés de monde, et plusieurs sites stratégiques étaient occupés par la population dont la résidence du Chef de l'État. Cette réorganisation nous a permis de mettre en déroute la coalition rebelle (Onuci-Licorne-FRCI) malgré l'important soutien aérien dont elle disposait. C'est dans cette dynamique que nous étions lorsque, le dimanche 10 avril, le président Laurent Gbagbo, chef suprême des Armées a ordonné aux FDS, pour des raisons qui lui sont propres, la cessation des combats. C'est suite à cela, qu'il a été arrêté sans résistance aucune, le lendemain lundi 11 avril, par l'Armée française.

Vous étiez à la résidence de Laurent Gbagbo pendant les bombardements. Qu'est-ce qui s'est réellement passé et qu'elle était l'ambiance là-bas?

C'est un très mauvais souvenir. On était dans une ambiance de guerre et la résidence était la cible privilégiée des Français. Pendant plusieurs jours, ils y ont balancé des obus de gros calibre depuis leurs hélicoptères au point où à un certain moment on a cru que la résidence allait s'écrouler sur nous et nous tuer tous. Mais malgré cet état de fait, nous sommes restés debout. Plusieurs images se bousculent encore dans ma tête. Il y a l'image des petits-enfants du président, âgés d'environ 2 à 6 ans, qui trouvaient l'occasion, entre deux bombardements, de s'amuser. C'était très émouvant. Nous voyons l'image d'un Aboudramane Sangaré, fidèle parmi les fidèles, placide, imperturbable à toute émotion, serein, assis près d'une fenêtre en train de lire. L'image d'un Sidiki Bakaba, tout aussi fidèle, avec sa caméra en train d'immortaliser ces moments. Il sera par la suite touché par des éclats d'obus. Gisant peu après dans une mare de sang. L'image d'un Tagro, jovial, qui était au four et au moulin, paix à son âme. L'image d'une Simone Ehivet, resplendissante de courage et de détermination et toujours plongée dans la prière. L'image d'un Konaté Navigué et d'un Alcide Djédjé, sereins et s'activant sur le front diplomatique. L'image du porte-parole de l'armée, Hilaire Gohourou, lâchement assassiné par un sniper français posté depuis la résidence de leur ambassadeur. L'image du colonel Major Ahouman Nathanaël, paix à son âme, du Commandant Dua, du Commandant Séka Anselme, de Maître Bahi Patrice, du Docteur Blé, de Kuyo Téa Narcisse, de Koné Boubakar et de toute la garde du président Gbagbo qui ont fait preuve de loyauté et de fidélité exemplaires, nous leur rendons un hommage mérité. Ce sont des hommes d'honneur. L'image de tous ces valeureux jeunes patriotes, dont beaucoup ont perdu la vie ou garderont à jamais, des séquelles indélébiles. Il y a aussi tous ces FDS qui, entre deux bombardements, repoussaient la coalition rebelle qui tentait des incursions au sol.

Avez-vous les preuves, quand vous accusez un sniper français d'avoir « lâchement assassiné » le colonel Hilaire Gohourou ?

Je suis formel sur mes accusations. Je sais que ce sont des snipers français, embusqués au domicile de l'ambassadeur de France, qui ont abattu lâchement ce vaillant soldat des Fanci, juste au portail de la résidence du président de la République alors que nous n'étions pas en guerre contre la France. Ces tueurs embusqués, dissimulés un peu partout chez l'ambassadeur de France, avaient pour réelle mission d'abattre le président de la République en exercice, SEM. Laurent Gbagbo, au cas où celui-ci venait à sortir de sa résidence qui est proche de celle de l'ambassadeur de France. C'est pourquoi d'ailleurs, le Groupement de la sécurité présidentielle (GSPR) nous avait imposé le port des gilets pare-balles. Réduisant ainsi nos mouvements dans la cour de la résidence, parce que nous étions aussi leurs cibles.

Vous arrivait-il souvent d'avoir des contacts avec Laurent Gbagbo pendant ces bombardements ? Si oui, quel était son état d'esprit ?

Bien évidemment, il nous arrivait d'avoir des échanges avec le Président pendant ces événements extrêmement graves. Nous avons pu nous rendre compte d'une autre dimension, de sa force de caractère et de sa conviction. Ce monsieur est un homme de grande stature morale. Pendant l'une de nos conversations, il nous a dit ceci : « Si je résiste, c'est pour vous. J'aurais pu démissionner, mais cela serait catastrophique pour la Côte d'Ivoire et pour votre génération ». Risquer sa vie pour ses concitoyens et pour son pays, n'est pas donné à tout le monde. C'est un homme politique de dimension mondiale que nous ne regrettons pas d'avoir côtoyé. Nous continuerons à toujours le soutenir.

Au moment de son arrestation, étiez-vous encore à la résidence présidentielle? Si oui, qui l'a arrêté ? C'étaient les soldats français ou les FRCI ? Et pourquoi n'avez-vous pas été arrêté aussi?

Nous sommes restés à la résidence jusqu'au dimanche 10 avril 2011. Ce qui nous a permis de vivre tous les événements qui s'y sont déroulés. Notamment les bombardements ainsi que l'ambiance. Sachez que toute la journée de ce dimanche, la résidence a été l'objet de bombardements intenses jusqu'à 19 h où, profitant d'un moment d'accalmie, nous sommes sortis porter assistance à des patriotes blessés à Blockhaus. C'est pendant que nous nous trouvions à Blockhaus, que les bombardements ont repris. Ce qui nous a empêchés de revenir à la résidence du chef de l'État. Ceux-ci n'ont plus cessé jusqu'à l'arrestation du président, le lendemain lundi 11 avril 2011 aux environs de 11h. Depuis blockhaus, nous voyions au moins 7 hélicoptères de combat, bombardant la résidence du président. Nous avons aussi vu, à partir de notre position, une colonne de chars français se dirigeant vers la résidence. Ce sont ces soldats français qui, après avoir encerclé le périmètre avec leurs chars, ont procédé à l'arrestation du président avant de le livrer aux FRCI.

N'avez-vous pas fui Laurent Gbagbo pour ne pas être arrêté?

Avec tout ce que je viens de vous expliquer, vous avez encore le courage de me demander si j'ai fui ? Non, je n'ai pas fui, Damana Pickas n'est pas un fuyard et toute la Côte d'Ivoire le sait.

Aujourd'hui, avec tout ce qui s'est passé, pensez-vous avoir bien fait en empêchant, à la CEI, Bamba Yacouba de donner certains résultats?

Vous faites bien de me poser cette question, car elle me permet d'expliquer, une fois de plus, le rôle essentiel de la CEI dans le processus électoral. La CEI est un organe qui avait en charge de conduire les élections jusqu'à la proclamation des résultats provisoires. Non seulement, elle devait être indépendante mais elle devait être aussi impartiale. C'est pourquoi, nous nous sommes donné un mode de travail précis. Et c'est ce mode de travail qui a prévalu depuis l'établissement des listes électorales jusqu'au premier tour des élections présidentielles. Ce mode est le consensus qui était destiné à amortir le déséquilibre de la représentativité des différentes parties. On me fait le procès d'avoir empêché la proclamation des résultats du second tour des élections présidentielles, ce qui n'est pas exact ! Que s'est-il passé ? Bamba Yacouba a voulu proclamer des résultats non consensuels. Ce qui était contraire à notre mode de travail. Ce n'était donc pas les résultats provisoires de la CEI que venait proclamer Bamba Yacouba. Donc Damana Pickas n'a jamais empêché la proclamation des résultats des élections présidentielles. Puisque la CEI n'avait pas ces résultats. Il y avait en réalité un réseau parallèle et frauduleux de proclamation de résultats avec pour tête de pont, Bamba Yacouba. C'est ce réseau que j'ai démantelé. Vous remarquerez que Bamba Yacouba est le seul commissaire, excepté le président Youssouf Bakayoko, à avoir été décoré par le Chef de l'État, M. Ouattara. Pourquoi lui et pas aussi les autres ? Vous comprendrez que c'est juste pour le récompenser pour la mission qui lui a été confiée.

Vous ne pensez pas que votre geste, vu de tout le monde, a joué contre Laurent Gbagbo?

Non, pas du tout ! Ce geste a plutôt permis de mettre à nu ce coup d'État électoral. Il a déstabilisé complètement le plan des rebelles. Ce qui les a amenés à commettre beaucoup d'erreurs comme celle qui a consisté, pour le président Bakayoko, à aller au Golf Hôtel pour proclamer des chiffres imaginaires.

Et si c'était à refaire, allez-vous faire la même chose?

Oh! Oui, oui, oui ! Et en plus, si je savais que Bakayoko partait au Golf Hôtel, je l'aurais empêché de s'y rendre.

Comment réagissez-vous à votre remplacement à la CEI par Amani Ipou Félicien, pour le compte du ministère de l'Intérieur?

Tout ceci est illégal. La Commission électorale indépendante dans sa composition issue des accords de Pretoria, était chargée d'organiser toutes les élections générales en Côte d'Ivoire. Pas seulement les présidentielles, mais aussi les législatives, les municipales, les conseils généraux. En remaniant la CEI juste après les élections présidentielles, M. Ouattara viole l'esprit et la lettre de Pretoria. Cette CEI monocolore n'est pas crédible et ne peut garantir à la Côte d'Ivoire, des élections équitables, justes et transparentes. Sinon franchement, dites-moi ce que cherchent encore le MJP, le MPIGO, le MPCI dans la CEI quand ils disent avoir unifié l'armée en créant leur FRCI ? C'est la preuve que ce pouvoir ne veut pas de la décrispation, de la transparence du jeu, car il sait que sur ce terrain, il sera battu. Ce régime veut masquer sa minorité populaire en caporalisant la CEI. Les Ivoiriens ne doivent donc pas se méprendre sur le caractère de ce régime qui veut monopoliser la scène politique. Mais il nous trouvera sur son chemin. Car la CEI est une conquête de la lutte démocratique du peuple de la Côte d'Ivoire.

Que pensez-vous de la décision du Conseil constitutionnel qui a finalement proclamé Alassane Ouattara, président de la République?

D'un point de vue strictement juridique, nous savons tous que les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours et sont irrévocables. Elles ne peuvent donc pas changer en fonction du temps. Ce qui rend donc nul, quelles que soient les motivations qui l'ont fondé, l'arrêt du Conseil constitutionnel proclamant M. Ouattara, président. Car le droit, une fois dit par le Conseil Constitutionnel, ne peut plus être dédit. Et ce n'est pas cette investiture folklorique, arrachée par la terreur à un Yao N'dré complètement tétanisé, qui changera les choses.

Comment jugez-vous les premiers mois de la gouvernance Ouattara?

Ces premiers mois de gestion du Chef de l'État Ouattara sont caractérisés par une absence totale de gouvernance, il n'y a pas d'État. Au plan sécuritaire, les commissariats et les brigades de gendarmerie n'existent plus. Ce sont les braquages, les exécutions sommaires, les attaques de domiciles, les meurtres qui sont le quotidien des Ivoiriens. A la nuit tombée, c'est l'incertitude. Abidjan est devenue un far-West où les bandes armées se tirent dessus à tout bout de champ. Un tel climat d'insécurité généralisée, n'est pas favorable aux investissements. Les quelques rares entreprises qui n'ont pas été pillées sont contraintes de fermer. Le Chef de l'État, M. Ouattara, est en train d'anéantir le travail phénoménal de réduction de la dette accompli par Laurent Gbagbo en procédant à un surendettement de la Côte d'Ivoire. Au plan social, ce sont les licenciements abusifs, la destruction systématique et sans contrepartie des petits commerces qui représentent les moyens de subsistance du petit peuple. Au plan politique, c'est le musellement de l'opposition et de la presse (j'en profite pour demander la libération d'Hermann Aboa et de Serges Boguhé), l'absence de l'État de droit avec la dissolution de l'Assemblée nationale, les violations des libertés fondamentales, la justice à deux vitesses, etc.

Le président Ouattara peut-il réussir, selon vous, sa mission de réconciliation?

Il n'y a pas de volonté de réconciliation de M. Ouattara. Car, depuis qu'il est à la tête de la Côte d'Ivoire, il n'a posé aucun acte traduisant de façon claire son intention de réconcilier et d'unir les Ivoiriens. Bien au contraire, il pense que la solution aux différentes contradictions est d'emprisonner tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Et M. Banny, à qui la mission a été donnée de réconcilier les Ivoiriens, peut-il réussir ?

Non ! Car M. Ouattara n'a pas cette volonté de réconciliation de sorte que M. Banny n'aura pas les mains libres pour travailler. Encore que M. Banny lui-même doit faire preuve de beaucoup d'humilité, d'impartialité. Car il est lui-même un acteur majeur de la crise ivoirienne et en plus, il a déjà posé des actes qui ne militent pas en sa faveur. Notamment, la catégorisation des victimes.

Quelles sont les conditions de la réconciliation, pour vous ?

D'abord, sachez et comprenez qu'il ne peut y avoir de réconciliation véritable en Côte d'Ivoire sans Laurent Gbagbo. Tant que le président Gbagbo est en prison, il ne peut y avoir de réconciliation. C'est un préalable. Ensuite, il faudra que la réconciliation puisse situer tous ceux qui sont encore sceptiques sur les résultats des élections présidentielles. Qui a gagné les élections présidentielles et qui est donc le vrai président de la République de la Côte d'Ivoire? M. Banny doit, dans sa mission, répondre à cette préoccupation majeure qui a déclenché la crise post-électorale et le coup de force de la France. Si on répond clairement et objectivement à cette question, vous verrez que beaucoup de questions vont se résoudre d'elles-mêmes. Il ne doit y avoir aucun doute sur celui que nous avons choisi pour diriger notre pays. C'est bien pour M. Ouattara et je souhaiterais vivement qu'il permette à M. Banny d'ouvrir ce débat, librement. Par ailleurs, cette réconciliation ne doit pas consister à mettre ensemble deux petits Dioula, deux petits Bété, deux petits Baoulé et les faire danser ensemble sur la place publique pour dire que la Côte d'Ivoire est réconciliée. Il ne s'agit pas non plus de superposer des rencontres région par région et en faire une synthèse. Il s'agit surtout d'identifier la question fondamentale qui a entraîné toute cette crise qualifiée à tort, de crise post-électorale. A mon sens, il s'agit de la question de la souveraineté, de la compréhension de la notion de souveraineté qui signifie le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tel que proclamé par les instruments internationaux. Notamment la charte des Nations unies, le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le pacte international des droits civils et politiques qui énoncent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de leurs richesses nationales. Avons-nous la même approche de cette notion avec la France et la communauté dite internationale ? Nous pensons que non. C'est pourquoi nous croyons que la réconciliation doit réunir trois acteurs fondamentaux : la France qui représenterait, à l'occasion, la communauté dite internationale, et les deux parties ivoiriennes. C'est-à-dire LMP, souverainiste et le RHDP, colonialiste, afin que nous puissions nous entendre sur la notion d'indépendance d'un État et son application en Côte d'Ivoire.

Quels commentaires faites-vous du retour d'exil de certains officiers ?

Pas de commentaires particuliers. Ce sont des militaires qui ont décidé de rentrer, ils sont rentrés.

Êtes-vous en contact avec Gbagbo, Simone, Affi, Blé Goudé... ?

Non, leurs conditions de détention ne me permettent pas de rentrer en contact avec eux.

Comment réagissez-vous au départ de Koulibaly Mamadou du FPI ?

Koulibaly Mamadou est un aîné pour qui nous avons beaucoup de respect, mais qui a décidé de quitter le parti à un moment crucial. Nous en avons pris acte, mais le FPI est un grand parti qui dispose encore de personnes ressources, de personnes de grande valeur qui peuvent relever les défis présents et futurs.

Êtes-vous d'avis avec Koulibaly Mamadou, quand il déclare, dans un journal béninois, parlant du FPI, qu'« on aurait pu continuer notre lancée comme un grand parti, si le tribalisme n'était pas venu gangréner le FPI au point de perdre le président Gbagbo qui s'est laissé emprisonner par un clan tribal » et quand il dit aussi que Gbagbo a perdu les élections?

Koulibaly Mamadou n'est plus du FPI. Ce qu'il dit ne m'intéresse plus. En plus, nous ne réglons pas nos contradictions sur la place publique. C'est ainsi que le FPI nous a éduqués.

Laurent Gbagbo est-il politiquement fini ?

Laurent Gbagbo ne peut plus finir, car il est un esprit qui est en chacun de nous. Il est rentré dans l'histoire de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique parce que son combat, dès à présent, transcende toutes les générations à venir. Ouattara et ses parrains ne détiennent momentanément que l'enveloppe charnelle qui renferme cet esprit. Qu'ils sachent qu'en chaque Ivoirien digne, je dirais même plus, qu'en chaque Africain digne, vibre du Laurent Gbagbo. Physiquement, mentalement et intellectuellement. A travers sa dernière sortie lors de la célébration de l'indépendance, Laurent Gbagbo nous a démontré qu'il demeure un acteur incontournable de la scène politique ivoirienne. Et puis, parce qu'il est en prison, toute la Côte d'Ivoire est en prison. Y compris Ouattara et Sarkozy.

Quels commentaires faites-vous de l'inculpation de Laurent Gbagbo et de son épouse?

Elle n'a aucune base juridique. Le président Laurent Gbagbo, en raison de son statut, n'est justiciable que devant la Haute cour de justice et non devant les juridictions de droit commun. Quant à son épouse, elle est parlementaire et son immunité n'ayant pas été levée, elle ne peut faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire.

Comment réagissez-vous à la menace du président Alassane Ouattara d'envoyer Laurent Gbagbo au TPI ?

Ce qui me gêne, ce n'est pas le fait d'accuser le président Laurent Gbagbo de crime de sang ou de crime économique. Car l'homme que nous connaissons tous, ne peut pas être coupable de meurtres, d'assassinats, de détournements de fonds ou de vol. Mais plutôt que le TPI n'est pas une juridiction impartiale et crédible. C'est un instrument de domination des plus forts. Pour nous, il n'y a donc pas de suspense, car leur justice va condamner Laurent Gbagbo et son épouse, les placer au poteau et les exécuter. Telle est la volonté des dirigeants de ce monde. Notamment, Nicolas Sarkozy et Barack Obama. Mais après Laurent Gbagbo, ce sera au tour de tous ces jeunes gens qu'ils ont eux-mêmes armés pour faire la guerre contre leur pays, c'est-à-dire les Zakaria, Wattao, Chérif Ousmane, Fofié, Soro Guillaume, etc. Car, ils veulent donner une image d'homme d'État sain à Ouattara. Encore que, quand ils en auront fini avec ceux-ci, ils s'en prendront à M. Ouattara lui-même, quand il ne sera plus d'aucune utilité pour eux. Retenons donc que tôt ou tard, chacun aura son tour devant cette CPI. Mais ce sont toujours les Occidentaux qui nous divisent et qui nous manipulent.

Que répondez-vous à Monsieur Choi qui, en visite le jeudi 18 Août 2011, à Ouagadougou a dit que Laurent Gbagbo a perdu l'affection de la population ivoirienne, après s'être accroché au pouvoir par la force pendant quatre mois ?

Vous savez, ce monsieur est hanté par le président Gbagbo au point où il ne cesse de prononcer des propos ridicules et grotesques. A partir de quoi conclut-il que Gbagbo a perdu l'affection des Ivoiriens ? Quel sondage sérieux et crédible a-t-il effectué pour aboutir à ces résultats ? Si c'est l'absence de manifestations publiques de soutien au Président Gbagbo qui le fonde dans ces déclarations-là, encore, il fait preuve de mauvaise foi car il sait la répression inhumaine qui s'abat sur la Côte d'Ivoire pro-Gbagbo et Dieu seul sait qu'elle est largement majoritaire. Nous en voulons pour preuve, la marche de soutien des populations de Dabou au Président Laurent Gbagbo. Ce qui a entraîné le limogeage du Préfet de Dabou et du Sous-préfet de Lopou parce qu'ils auraient laissé cette marche se dérouler. Il y a également l'assassinat par des hommes armés, du camarade qui a financé et aidé à l'organisation de la rencontre mémorable de la Jeunesse du FPI à Bassam, la semaine dernière. Par ailleurs, beaucoup de ses partisans se rendent compte que loin d'être la solution, Ouattara est le véritable problème de la Côte d'Ivoire. L'exemple de ces femmes d'Abobo et d'Adjamé qui l'ont exprimé à travers des manifestations publiques confirme nos dires. Cette déclaration de Choi dénote donc clairement de sa partialité et de celle de l'Onu dans la crise ivoirienne. On comprend, dès lors, pourquoi il y a eu autant de chaos et de morts dans ce processus. Choi doit certainement être fier de sa boucherie. Nous le remercions d'avoir versé tout ce sang et anéanti notre pays. Mais, comme le phœnix, la Côte d'Ivoire renaîtra de ses cendres avec un Laurent Gbagbo élevé au panthéon de la dignité ivoirienne voire africaine. Ce Gbagbo-là ne peut être que plus fort et plus populaire que par le passé. Je souhaite donc à Choi d'être en vie pour vivre cela. Ce sera fabuleux !

Envisagez-vous votre retour au pays?

C'est vrai qu'il faudra qu'un jour que tous les Ivoiriens exilés, rentrent au pays. Mais cela n'est pas notre priorité car certaines questions préalables doivent être réglées. Notamment la sécurité des personnes et des biens, les domiciles injustement occupés par les FRCI, les exécutions sommaires, la libération des prisonniers politiques. En attendant que ces conditions soient réunies, il faut penser aux réalités quotidiennes de tous ces Ivoiriens vivant en exil et de tous ceux qui souffrent tous les jours dans leur propre pays. Toutes ces questions méritent une implication véritable des organisations de Défense des droits de l'Homme. Je ne saurais terminer sans demander aux militants du FPI, à toute la grande famille LMP et à tous les patriotes ivoiriens, de savoir se remettre en cause et faire preuve d'humilité. Je souhaite que nous améliorions plutôt nos qualités et surtout que nous réveillions les autres qui sommeillent en nous et qui sont nombreuses. Car c'est de cette manière que nous pourrons repartir de plus belle, reconstruire un groupe plus solide pour reconquérir notre liberté. Aux nombreux Ivoiriens et amis de la Côte d'Ivoire, nous demandons de ne pas perdre espoir, de ne pas se laisser décourager par les nombreuses trahisons et défections qu'ils observent çà et là car Dieu est en train de faire son tri. Rapportez-vous à la Bible, dans Les Juges 7 où Gédéon, partant à la conquête de leur liberté confisquée avec le peuple d'Israël, a vu son groupe être réduit de 32 000 à 300 personnes par Dieu. En effet, voyant le nombre important de combattants Israélites, Dieu n'a pas voulu qu'en cas de victoire, ceux-ci pensent que c'est leur nombre qui la leur a procurée et prendre de ce fait la gloire qui lui revient de droit. Il a donc fait réduire ce nombre en disant à Gédéon, de demander à ceux qui étaient craintifs et avaient peur, de s'en retourner et s'éloigner du lieu de la bataille. 22 000 personnes quittèrent le groupe et il n'en resta que 10 000. Malgré cela, Dieu trouva encore que le nombre était assez élevé et demanda un second tri à Gédéon. Ce qu'il fit au bord de l'eau et il ne resta plus que 300 personnes. C'est donc avec ceux-ci et avec la bénédiction de l'Eternel des Armées, que Gédéon mena et remporta la victoire contre leurs ennemis d'alors. C'est-à-dire, les Madianites et leurs alliés qui étaient d'environ 135 000 hommes. Ce n'est donc pas le nombre des soldats qui garantit la victoire, mais plutôt la qualité des combattants. Nous opposerons permanemment l'État de Droit, la démocratie, le respect des libertés publiques et individuelles, à cette dictature rampante en Côte d'Ivoire. Restez donc sereins et ne perdez pas espoir, car le combat continue dans la détermination et la prière. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens.

In le quotidien ivoirien « Soir Info ».

Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

COTE D'IVOIRE: POKER FAMILIAL GAGNANT POUR LES OUATTARA

 

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Selon La Lettre du continent amplement reprise par le quotidien Notre Voie, le chef de l'Etat a décidé de racheter la plupart des propriétés situées dans les environs de sa résidence privée, à quelques mètres de l'hôtel du golfe l'ancien symbole du gouvernement Ouattara pendant les péripéties de la crise postélectorale. A commencer par la sienne qu'il louait à un homme d'affaires libanais. Dans les années 1990, Ouattara s'était aussi offert une somptueuse résidence dès son arrivée à la primature.

 

Si la saga Ouattara nous était contée un jour, elle réserverait un chapitre aux propriétés du couple et surtout aux circonstances de leur achat. Selon La dernière Lettre du continent, le chef de l'Etat se passionne ces derniers temps pour les offres privées d'achat (OPA) qu'il a fait à tous ceux qui ont une propriété dans les environs de l'hôtel du Golfe, là où lui a été donnée sa « victoire » par Youssouf Bakayoko. Alassane Ouattara veut construire une caserne militaire pour assurer ses arrières. Et pour se sentir en sécurité par ces temps de frayeurs, il n'y a pas mieux qu'une caserne militaire mitoyenne. L'actuel verrou qui encadre la résidence du couple est pourtant impressionnant. Le Golfe hôtel est occupé par les hommes de Chérif Ousmane. Ceux-ci ont établi leur check-point au carrefour de M'pouto, face à Sol Béni. Quelques mètres plus loin sont postés deux pick-up de l'ONUCI avec à leur bord des soldats marocains et bengladeshi. Plus loin, deux autres chars armés de l'ONUCI surveillent la petite entrée de l'hôtel devenue le point de ralliement du régime, quatre mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les soldats français et la prise de pouvoir de Ouattara dans la foulée. Les derniers murs de l'hôtel laissent voir une armada de chars et de blindés dans l'arrière-cour. Mais malgré tout cela, Alassane Ouattara s'est mis en tête de faire de sa résidence privée un bunker comme nous l'avions écrit dans nos précédentes éditions.

Alors qu'il était simple locataire de la résidence qu'il bichonne avec l'argent des contribuables, le chef de l'Etat a, selon les bonnes feuilles de La lettre du continent abondamment citée par le quotidien Notre Voie, Ouattara a déjà fait une OPA à l'homme d'affaires à qui il louait depuis des années cette résidence située aux encablures de l'hôtel du Golfe et donnant sur la lagune Ebrié. L'accès à la lagune est stratégiquement vital pour Ouattara qui craint d'être à la merci d'une ville abidjanaise où il est minoritaire.

Dans les années 90, le chef de l'Etat qui venait d'être nommé premier ministre s'était aussi offert dans les premiers mois le château des Boni, à un jet de pierre de la résidence de l'Ambassadeur d'Allemagne. Et si le luxe de sa nouvelle maison n'avait laissé personne indifférent, cette fois-ci c'est la répétition de l'histoire  qui offre des thèmes d'analyse, notamment pour ce qui est de la coïncidence qui voudrait que Ouattara ne songe à s'offrir un toit que lorsqu'il est aux affaires.

Or de ce point de vue, sa présidence commence plutôt bien pour le chef de l'Etat. Son épouse possède l'Agence Immobilière de Côte d'Ivoire (AICI) à qui le Président Houphouët-Boigny a laissé, dans des circonstances plutôt obscures la gestion de tout le patrimoine de l'Etat ivoirien. L'agence elle-même avait entamé une rapide prospérité du temps de la primature Ouattara, en 1991 notamment où elle installa des succursales à Cannes et près de Paris.

Les proches du chef de l'Etat s'en tirent assez bien dans ce début de présidence florissante pour la famille. Alors que le régime vide jusqu'au personnel de la filière café-cacao qui tombe à nouveau dans les caisses noires de l'Etat, le fils aîné de l'épouse de Ouattara vient de s'emparer des magasins de la SIFCA-COOP. La famille est dans les affaires ; ce qui n'a pas l'air de déranger le chef de l'Etat qui refuse toujours de déclarer ses biens comme l'exige la constitution ivoirienne. Sa sœur Sita Ouattara doit faire son entrée dans la commercialisation du riz au moment où les caciques du régime font revenir le système du quota à la base de la fluctuation des prix de cette denrée de première nécessité pour laquelle la Côte d'Ivoire achète chaque année plus de 200 à 400 milliards de riz importé.

Selon La Lettre du continent, Versus Bank nationalisée sous le régime de Laurent Gbagbo s'apprête à financer cette affaire.

Mais Alassane Ouattara écume aussi les postes de l'Administration pour placer sa fratrie. Son petit frère « photocopie » pour sa grande ressemblance avec Ouattara gère les milliards de la Présidence de la République. Cette maison que Gbagbo appelait la caisse de sécurité du public bénéficie d'un budget record de 89 milliards. Aucun chef d'Etat depuis Houphouët-Boigny n'avait encore songé à y nommer son cadet. Ouattara l'a fait. Parce que depuis le renversement du Président Gbagbo, la gestion de la Côte d'Ivoire, c'est un peu une affaire de clan et de famille.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui ».

dimanche, 04 septembre 2011

OUATTARA A HONTE DES FRCI

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Quelle est cette armée qui change de nom comme de chemise ? C’est la question que vont se poser de nombreux Ivoiriens à l’annonce du changement de dénomination des troupes officielles de la Côte d’Ivoire. En effet, le «rebranding» (comme le disent les experts en marketing) est venu moins de six mois après le «baptême» du 17 mars dernier, où Alassane Ouattara a sorti le nom FRCI de son chapeau.

Pourquoi changer ? Tout simplement parce que le chef de l’Etat et ses conseillers savent pertinemment que leur «produit» ne marche pas. Le sigle FRCI rappelle les massacres de Duékoué, les pires de l’histoire de la Côte d’Ivoire, le racket, la violence, les brimades, l’analphabétisme et l’incompétence. Surtout, tout le monde sait que quand on dit «FRCI», on pense «rebelles», «ex-rebelles» ou «apprentis de gbaka transformés en drôles de militaires». Le clip de l’humoriste «Le Magnifique» est à cet égard évocateur…

Ouattara a honte des FRCI. Et son pouvoir répond comme d’habitude à un vrai problème par une réforme cosmétique. Il change le nom mais n’a aucune intention de changer ou d’améliorer le produit. On revient à l’ancien sigle pour «faire comme si». Mais on ne peut pas contraindre l’Ivoirien lambda à penser de la «nouvelle armée» autre chose que ce qui lui vient à l’esprit quand il sort dans la rue. Si on veut vraiment que ce «retour à la case FANCI» soit pris au sérieux, il faut expurger l’armée de tous les combattants à peine alphabétisés qui créent l’insécurité là où ils doivent apporter la paix. Il faut aussi qu’on ait l’impression qu’il n’y a pas une superposition soupçonneuse entre les forces venues du Nord qui ont le droit de porter des armes et les «corps habillés» traditionnels qui sont là pour faire joli, mais qui sont littéralement émasculés.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

ILS NE SUIVENT PLUS LA RTI

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Une autre catégorie d'Ivoiriens est née à la faveur de la guerre de la France contre la Côte d'Ivoire. Cette bonne frange de la population ivoirienne qui n'ose même plus suivre la RTI  version « solution ». Les Ivoiriens ont toujours aimé leur radio et leur télévision. Mais depuis le 11 avril 2011, beaucoup pensent qu'on les leur a arrachées pour leur tendre à la place des chaînes qu'ils ont du mal à suivre.


Par le passé, les Ivoiriens aimaient indifféremment regarder ou écouter les Serge Pacôme Aoulou,  Jésus Kouassi Yobouet, Kaba Taïffour, Ahmed Touré, Eloi Oulaï, Eugène Kacou, Roger Fulgence Kassi, Georges Taï Benson, Yves Zogbo Junior, Pol Dokui, Levy Nyamké...et des émissions, étaient devenues des cultes. Les Mythes et mystères, Podium, Nandjelet, Toukpè, Tempo, Les choses de la nuit, Wozo, Samedi ça me dit, Tonnerre etc...sans oublier les séries brésiliennes de 19h30, se monnayaient difficilement. Il est vrai que chacun avait son 13 h ou son 20 h. Mais passé l'instant de propagande politique qui nous catégorisait en fonction de nos bords politiques, on s'abreuvait tous à la même source d'informations nationales. Il y a eu ceux qui n'aimaient pas les pensées du jour d'Houphouët, ceux qui ont refusé de se mettre à la disposition de Bédié, ceux qui ne supportaient pas le « bon ton » de feu Robert Guéi, et ceux qui n'ont jamais su que Gbagbo ne portait plus de serviette au cou.

Aujourd'hui ils sont nombreux les Ivoiriens qui refusent, sans concession, de savoir  qui passe sur les antennes dites nationales. Ils ne trient plus les émissions, ils rejettent la Télévision de la Communauté Internationale qui s'est masquée sous une RTI orange.

Une anecdote. L'équipe du journal "Aujourd'hui" s'est retrouvée chez une consœur le week-end dernier. Après un succulent repas on a manifesté le désir de suivre les nouvelles du pays. Elle s'est excusée de ne pouvoir satisfaire notre demande. La chaîne nationale n'est plus au programme chez elle. Chez le voisin où elle nous a conduits pour des civilités, le constat était le même. Au fil de la discussion, je me suis rendu à l'évidence, que dans ce cercle d'une dizaine de personnes, chacune d'elles connaissait au moins une dizaine d'autres Ivoiriens qui ne regardent et n'écoutent plus la RTI.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui".

02:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : côte d'ivoire, joseph marat, ils ne suivent plus la rti | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

COTE D'IVOIRE, QUE VOIS-TU A PRESENT?

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Quel est parmi vous le survivant qui a vu cette Maison dans son ancienne gloire ? Et comment la voyez-vous maintenant ?  N'apparaît-elle pas à vos yeux comme rien ? comme néant ?..., Aggée 2/4 à 9.

Côte d'Ivoire, comment te vois-tu maintenant ? demande l'Eternel.

Du 27 au 30 Août,  je suis interpellée par les paroles suivantes :

- Or, que signifie: Il est monté, sinon qu'il est aussi descendu premièrement dans les régions inférieures de la terre ? Celui qui est descendu, c'est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses, Eph. 4/9-10.

-  Aggée 1 et 2.

Ce mercredi 1er septembre 2011, jour de rédaction de ce message, correspond au premier jour du 6ème mois du calendrier biblique où Dieu parla à Aggée en ces termes : «Lire Agée 1 et 2.

« La deuxième année du roi Darius, le sixième mois, le premier jour du mois, la parole de l'Éternel fut adressée par l'intermédiaire du prophète Aggée à Zorobabel, fils de Chealtiel, gouverneur de Juda, et à Josué, fils de Yehotsadaq, le souverain sacrificateur, en ces mots: ...Moi je suis avec vous, oracle de l'Éternel..», Aggée 2/4.

Suite à cette parole d'Aggée, 24 jours plus tard, l'esprit du peuple, du roi et du sacrificateur va se réveiller. «...Et l'Eternel réveilla l'esprit de Zorobabel, fils de Séalthiel, gouverneur de Juda, et l'esprit de Josué fils de Jéhotsadak, le souverain sacrificateur, et l'esprit de tout le reste du peuple ; ils se mirent à l'œuvre dans la maison de l'Eternel, le vingt-quatrième jour  du sixième mois, la deuxième année du roi Darius ».

« Considérez attentivement ce qui vous est arrivé » mais  l'Eternel après avoir décrit la réalité de la situation et ses causes va ENCOURAGER ET REVEILLER L'ESPRIT DE ZOROBABEL ET DE TOUT LE RESTE DU PEUPLE pour qu'ils reconstruisent ensemble la maison de l'Eternel.

C'est l'Esprit de l'Eternel seul qui réveille chacun, au temps fixé !


DIEU AGIT EN CE MOMENT DANS LES PROFONDEURS DU PAYS


Pour le moment, nous ne voyons peut-être pas la main « invisible » de Dieu derrière les événements  sur la terre de Côte d'Ivoire, certains peuvent  voir leur nation comme décrite  dans Aggée 2/3, où   l'Eternel interpelle son peuple : Quel est parmi vous le survivant qui a vu cette Maison dans son ancienne gloire ? Et comment la voyez-vous maintenant ?  N'apparaît-elle pas à vos yeux comme rien ? comme néant ?

Cependant le Seigneur vous  dit: Et maintenant, courage, Zorobabel ! dit l'Eternel ; courage, Josué fils de Jéhotsadak, grand sacrificateur ! courage, vous tout le peuple du pays ! dit l'Eternel ; et agissez ! Car je suis avec vous, dit l'Eternel des armées, Aggée 2/4.

Or, que signifie: Il est monté, sinon qu'il est aussi descendu premièrement dans les régions inférieures de la terre ? Eph. 4/9.

Depuis le temps où l'Eglise, jeûne et prie, le Seigneur agit premièrement dans les régions inférieures de la terre de Côte d'Ivoire, là où l'homme ne peut aller. Les cieux dans leur hauteur, la terre dans sa profondeur, Et le coeur des rois, sont impénétrables. Proverbes 25/3.

Avant d'élever sa gloire et de remplir toutes choses ! Celui qui est descendu, c'est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses, Eph. 4/10-11.

C'est pourquoi Dieu l'a souverainement élevé et  lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus-Christ tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, Phil. 2/9.

Il est donc descendu premièrement dans les régions inférieures de la terre :

1) Pour détruire les deux colonnes invisibles dans les régions inférieures de la terre de Côte d'Ivoire.

Rappelons-nous du message d'août 2010 sur les 2 fondations spirituelles invisibles, les deux colonnes vues sous la terre de cette nation, qui sont devenues visibles à l'issue du deuxième tour des élections ou le pays compta deux présidents, deux premiers ministres, etc. Accompagné de cette parole : « Moi l'Eternel, je vais ébranler les anciennes fondations, les deux colonnes  de la Côte d'Ivoire ».

2) Pour déboucher les puits sous la terre.

Les deux fondations spirituelles et souterraines de la Côte d'Ivoire ont bouché les puits de vie et d'eaux vives de  ce pays. Le plus important, ici, ce ne sont pas les hommes mais les dominations qui ont bouchés ces puits avec de la terre comme au temps d'Abraham.

Gen. 26/15 à 22 : Tous les puits qu'avaient creusés les serviteurs de son père, aux jours d'Abraham, son père, les Philistins les bouchèrent en les remplissant de terre..... Isaac creusa de nouveau les puits qu'on avait creusés aux jours d'Abraham, son père, et que les Philistins avaient bouchés après la mort d'Abraham. Il les appela des mêmes noms dont son père les avait appelés. Les serviteurs d'Isaac creusèrent encore dans l'oued et y trouvèrent un puits d'eau vive. Les bergers de Guérar cherchèrent querelle aux bergers d'Isaac en disant : L'eau nous appartient ! Il appela donc le puits du nom d'Eseq (« Dispute »), parce qu'on s'était disputé avec lui. Ils creusèrent un autre puits, au sujet duquel il y eut aussi querelle ; il l'appela du nom de Sitna (« Opposition »). Il leva le camp et creusa un autre puits, au sujet duquel il n'y eut pas querelle ; il l'appela du nom de Rehoboth («Largeurs»), car, dit-il,  le SEIGNEUR nous a maintenant mis au large, et nous pourrons être féconds dans le pays.

Pour Isaac et ses serviteurs, la réouverture de ces  puits n'a pas été facile. Cette fois, les ennemis  ne les ont pas bouchés, mais ils ont cherché querelle à Isaac,  pour les deux premiers  nommés Eseq « disputes » et  Sitna « opposition, ennemi, adversaire ».

Cependant comme pour le troisième puit « Rehobot », Dieu agit en ce moment dans les profondeurs de la Côte d'Ivoire pour déboucher les puits d'eaux vives.


LE SEIGNEUR OUVRE ET REMPLIT LES PUITS


Celui qui est descendu, c'est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses, Eph. 4/10.

Gen. 26/22. Il leva le camp et creusa un autre puits, au sujet duquel il n'y eut pas querelle ; il l'appela du nom de Rehoboth («Largeurs»), car, dit-il, le SEIGNEUR nous a maintenant mis au large, et nous pourrons être féconds dans le pays.

Le Seigneur  vient ouvrir les puits bouchés et remplir toutes choses, et Il mettra son peuple au large. Les choses enfouies, ce qui a été arrêté, bloqué dans les vies, et dans le pays, bouché par l'action de  l'ennemi, renaîtront, et cette fois personne ne pourra fermer ces puits, car  c'est Lui qui le fait et Il est celui qui ouvre et personne ne ferme ! Apoc. 3/7.

Aggée 2/4 à 9. Maintenant fortifie-toi, Zorobabel! dit l'Éternel. Fortifie-toi, Josué, fils de Jotsadak, souverain sacrificateur! Fortifie-toi, peuple entier du pays! dit l'Éternel. Et travaillez! Car je suis avec vous, dit l'Éternel des armées. Je reste fidèle à l'alliance que j'ai faite avec vous quand vous sortîtes de l'Égypte, Et mon esprit est au milieu de vous; Ne craignez pas! Car ainsi parle l'Éternel des armées: Encore un peu de temps, Et j'ébranlerai les cieux et la terre, La mer et le sec; J'ébranlerai toutes les nations; Les trésors de toutes les nations viendront, Et je remplirai de gloire cette maison, dit l'Éternel des armées.  L'argent est à moi, et l'or est à moi, dit l'Éternel des armées. La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première, dit l'Éternel des armées; Et c'est dans ce lieu que je donnerai la paix, dit l'Éternel des armées.

Le 24ème jour du neuvième mois, la parole de l'Eternel se révéla :

1)  ....Considérez attentivement ce qui s'est passé jusqu'à ce jour, jusqu'au vingt-quatrième jour du neuvième mois, Depuis le jour où le temple de l'Éternel a été fondé, Considérez-le attentivement!  Y avait-il encore de la semence dans les greniers? Même la vigne, le figuier, le grenadier et l'olivier, N'ont rien rapporté. Mais dès ce jour, je répandrai ma bénédiction.

Quand le Seigneur ouvre les puits, c'est pour accorder au pays, des bénédictions spirituelles, politiques, économiques.

2) La parole de l'Éternel fut adressée pour la seconde fois à Aggée, le vingt-quatrième jour du mois, en ces mots: Parle à Zorobabel, gouverneur de Juda, et dis: J'ébranlerai les cieux et la terre; Je renverserai le trône des royaumes, Je détruirai la force des royaumes des nations, Je renverserai les chars et ceux qui les montent; Les chevaux et leurs cavaliers seront abattus, L'un par l'épée de l'autre. En ce jour-là, dit l'Éternel des armées, Je te prendrai, Zorobabel, fils de Schealthiel, Mon serviteur, dit l'Éternel, Et je te garderai comme un sceau; Car je t'ai choisi, dit l'Éternel des armées.

Le Seigneur va rouvrir lui-même tous les puits bouchés par l'ennemi afin qu'ils deviennent des sources d'eaux vives et de bénédictions pour son peuple et pour la Côte d'Ivoire. Et Vous serez féconds dans le pays. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture, Jean 7/38.

« Il a tout mis sous ses pieds et il l'a donné comme chef suprême à l'Eglise, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous, Eph. 1/23.


PROFONDEURS DE LA CÔTE D'IVOIRE

RETENTISSEZ DE JOIE ET D'ALLEGRESSE !


Cieux, réjouissez-vous! car l'Eternel a agi; Profondeurs de la terre, retentissez d'allégresse! Montagnes, éclatez en cris de joie! Vous aussi, forêts, avec tous vos arbres! Car l'Eternel a acheté Jacob, Il a manifesté sa gloire en Israël, Esaïe 44/23.

Il tient dans sa main les profondeurs de la terre, Ps 95/4. De la poussière, il retire le pauvre, du fumier il relève l'indigent, Pour les faire asseoir avec les grands. Et il leur donne en partage un trône de gloire; Car à l'Éternel sont les colonnes de la terre, Et c'est sur elles qu'il a posé le monde, 1 Sam. 2/8.

Le Seigneur, à travers ses actions en ce moment dans les profondeurs de la Côte d'Ivoire, va  libérer les richesses enfouies et cachées, tant spirituelles que matérielles. L'Eternel va arracher les richesses détenues par les puissances des ténèbres pour les mettre à la disposition du pays.

Es. 45: 3. Je te donnerai les trésors déposés dans les ténèbres, les richesses dissimulées dans des cachettes : ainsi tu sauras que c'est moi le SEIGNEUR, celui qui t'appelle par ton nom, le Dieu d'Israël. Bible TOB.

Christ a repris la clé du séjour des morts (Apoc. 1/18 - 1 Pierre 3/18 à 20 - 1 Pierre 4/6) à celui qui ne relâchait point ses prisonniers (Es. 14/17).

Lorsque Satan est tombé, il a été jeté dans le séjour des morts, il a emporté avec lui dans les profondeurs de la terre, «  sa magnificence », les richesses du monde minéral qui l'entourait (Ez. 28/12 à 19).

Esaïe 14 /4 à 17 - Le séjour des morts s'émeut jusque dans ses profondeurs, Pour t'accueillir à ton arrivée; Il réveille devant toi les ombres, tous les grands de la terre, Il fait lever de leurs trônes tous les rois des nations.... Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations! Tu disais en ton coeur: Je monterai au ciel, J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu; Je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, A l'extrémité du septentrion; Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au Très Haut.  Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, Dans les profondeurs de la fosse.

Ez. 26/20 - Quand je ferai monter contre toi l'abîme, Et que les grandes eaux te couvriront, Je te précipiterai avec ceux qui sont descendus dans la fosse, Vers le peuple d'autrefois, Je te placerai dans les profondeurs de la terre, Dans les solitudes éternelles, Près de ceux qui sont descendus dans la fosse.

Ez. 28/4 à 6 - Par ta sagesse et par ton intelligence, Tu t'es acquis des richesses, Tu as amassé de l'or et de l'argent Dans tes trésors; Par ta grande sagesse et par ton commerce Tu as accru tes richesses, Et par tes richesses ton coeur s'est élevé.

Ez. 28/15 à 19 - Par ton commerce, tout chez toi a été plein de violence, et tu as péché, et je t'ai chassé, comme un profane, de la montagne de Dieu, et je t'ai fait périr, ô chérubin protecteur, au milieu des pierres de feu. Ton coeur s'est élevé à cause de ta beauté, Tu as corrompu ta sagesse par ton éclat; Je te jette par terre, Je te livre en spectacle aux rois. Par la multitude de tes iniquités, Par l'injustice de ton commerce, Tu as profané tes sanctuaires; Je fais sortir du milieu de toi un feu qui te dévore, Je te réduis en cendre sur la terre, Aux yeux de tous ceux qui te regardent. Tous ceux qui te connaissent parmi les peuples Sont dans la stupeur à cause de toi; Tu es réduit au néant, tu ne seras plus à jamais!

Depuis le début, Satan  fait du commerce ( Ez. 28/5),  il détient des richesses, et les distribue à qui il veut ( Luc 4/5), à ceux qui font ou feront alliance avec lui par le commerce, (Dan. 11/38-39 - Ez. 27/12 à 36  - Ez. 28  etc.). Et ces passages s'adressent  aussi à tous ceux qui  ont corrompus  la sagesse et  l'intelligence pour les détourner de leur but afin qu'elles deviennent  le moyen de satisfaire leur  orgueil,  d'obtenir  le pouvoir et d'acquérir des richesses égoïstes. La chute sera terrible pour ceux qui se servent des dons de Dieu quels qu'ils soient, spirituels ou matériels, pour se glorifier eux-mêmes... « Je te jette  à terre », dit le Seigneur.

Le Seigneur reprend les « richesses de Tyr » pour les  donner à son peuple, il ramène les richesses des nations vers la Côte d'Ivoire.

Au bout de soixante-dix ans, l'Éternel visitera Tyr, Et elle retournera à son salaire impur; Elle se prostituera à tous les royaumes de la terre, Sur la face du monde. Mais son gain et son salaire impur seront consacrés à l'Éternel, Ils ne seront ni entassés ni conservés; Car son gain fournira pour ceux qui habitent devant l'Éternel Une nourriture abondante et des vêtements magnifiques. Es. 23/17-18   cf. Es 60/5 à 9.

Les trésors de toutes les nations viendront, Et je remplirai de gloire cette maison, dit l'Éternel des armées.  L'argent est à moi, et l'or est à moi, dit l'Éternel des armées. Aggée 2/7-8.

Côte d'Ivoire : La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première, elle sera telle que tu ne peux l'imaginer !

Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l'oeil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Dieu nous les a révélées par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. 1 Cor. 2/9-10.

Côte d'Ivoire, quand désormais l'Eternel te dira : Que vois tu  à présent ?

Oh, mon Dieu,  je vois maintenant ta GLOIRE !


Deborah


Source : LE GLAIVE TRANCHANT

COTE D'IVOIRE: L'AFFAIRE DES 3 FRANÇAIS «ENLEVES» N'EST PAS FINIE


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L'affaire, révélée par France-Soir, des trois anciens officiers français arrêtés à Abidjan en dehors de tout cadre légal par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) continue de créer la polémique. Plus de dix jours après leur « arrestation » une importante somme saisie illégalement n'a toujours pas été restituée. Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur, semble vouloir protéger les FRCI sous la responsabilité du commandant Wattao alors que les ONG s'alarment de la poursuite d'exactions en Côte d'Ivoire.


Le calme a du mal à revenir à Abidjan malgré les efforts politiques du président Alassane Ouattara et les déclarations rassurantes de son ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Raser la célèbre rue Princesse, connue pour sa fête, sa musique et sa débauche ne suffit pas à marquer le changement d'ère. La colère de nombre d'ivoiriens augmente face aux abus récurrents des Forces républicaines de Côte d'Ivoire tandis que plusieurs ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent la poursuite d'exactions. Une affaire embarrasse actuellement le pouvoir à Abidjan : trois ex-officiers français  déclarent avoir été « enlevés », « séquestrés » et « volés » samedi 20 août par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), comme l'a révélé France-Soir dans la nuit du samedi 20 août au dimanche 21 août.

Ainsi, dans une interview télévisée accordée à la journaliste Pauline Simonet de France24 le 1er septembre 2011, le ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, a donné une version des faits différente de celle qu'il a présenté à France-Soir quelques jours auparavant au sujet de cette affaire.


A la question de savoir ce qu'il pensait de la version des faits des officiers, le ministre de l'Intérieur ivoirien avait répondu à
France-Soir que les Français n'avaient pas été « arrêtés » : « Il faut d'abord savoir qu'il n'ont pas été arrêtés, ils ont été « entendus ». » Nuance. A cela, le colonel Jean-Grégoire Charaux avait répondu catégorique qu'il avait été « enlevé ». Dans l'interview accordée à France24, la version change : le ministre indique avoir préalablement autorisé l'interpellation sur le territoire de la Côte d'Ivoire de ces hommes par les FRCI.

Mise en cause des FRCI

Or, à France-Soir le ministre, alors en séjour en France, indiquait ne pas être à l'origine de cette interpellation puisqu'il avait du se « renseigner » afin de faire un rapport à la demande du président Alassane Ouattara, lui aussi en visite dans l'Hexagone : « L'affaire est remontée jusqu'à moi et jusqu'au président de la République qui m'a demandé de faire toute la lumière sur cette affaire ». Le ministre a donc été mis au courant de « l'arrestation » des trois hommes par les FRCI après que celle-ci soit intervenue et non avant. En aucun cas il n'avait déclaré à France-Soir l'avoir ordonnée. Ni lui, ni le Président de la république, Alassane Ouattara n'ont commandité ce que les trois officiers retraités dénoncent comme une « embuscade ». Au contraire puisque la présidence a demandé « toute la lumière sur cette affaire » mettant en cause les agissements de certains éléments des FRCI.

A
France-Soir comme à France24, Hamed Bakayoko a assuré que les trois Français avaient été remis par les FRCI (qui n'ont aucun pouvoir de police) aux services de police pour être « entendus » selon sa version. Pourtant le colonel Jean-Grégoire Charaux est formel : il n'a jamais vu de policier lors de sa « séquestration » mais uniquement des militaires, dont un capitaine, second du commandant Wattao. Il a par ailleurs affirmé avoir eu au téléphone le commandant Wattao, commandant en second de la Garde républicaine, juste avant sa libération. L'ambassade de France sur place avait exercé toute son influence pour faire libérer les trois hommes arrêtés en dehors de tout cadre légal par les FRCI.

Deux jours avant les faits Hamed Bakayoko avait pourtant lancé publiquement un avertissement aux FRCI. Il souhaitait
« qu'on ne retrouve plus un FRCI en train de s'occuper de juger des affaires entre deux Libanais ou deux opérateurs économiques. Ce n'est pas leur mission, ils ne sont pas formés pour cela (...) ». Cette déclaration faisait suite à de violents affrontements entre les factions rivales des FRCI sous les ordres des deux « com-zones » ennemis, Zakaria Koné et Issiaka Ouattara alias... Wattao. Il ajoutait même, très clair , dans la foulée : « Vous devez comprendre que la Côte d'Ivoire a changé et que ce qu'on pouvait faire avant, on ne peut plus le faire maintenant. Celui qui n'a pas compris cela est condamné ». A peine deux jours plus tard, la règle change... et le ministre aurait ainsi autorisé ce qu'il interdisait : une arrestation par les FRCI. « Pourtant, le ministre ne peut ignorer qu'il n'a pas pouvoir sur les éléments des FRCI qui sont sous la tutelle du ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi », explique une source.

Revirement politique

Pourquoi soudainement le ministre prend-t-il la responsabilité des « arrestations » alors qu'elles ne sont pas le fait de ses services ? Le colonel de gendarmerie Jean-Grégoire Charaux expliquait à France-Soir que Hamed Bakayoko « est embarrassé par les hommes de Wattao qui ne sont ni des gendarmes ni des policiers... L'action de ces hommes là (les FRCI NDLR) paralysent son objectif de rétablir la sécurité publique. »
« Que Hamed Bakayoko défende le commandant Wattao, je peux le comprendre, c'est de la politique. »
Mais dans ce cas pourquoi protéger le commandant Wattao et ses hommes ? « Wattao est très puissant et indispensable aujourd'hui. Le régime n'est pas encore stabilisé malgré le discours officiel. Il y a des tensions profondes dans le camp Ouattara. Les « seigneurs de la guerre » se payent de leurs années de lutte avec la richesse d'Abidjan : squattage de villas, vols de berlines, racket. Demain cela changera peut-être. En attendant, Hamed Bakayoko marche sur des œufs et est obligé de composer avec lui et d'assumer les exactions de ces hommes sans foi ni loi qui tiennent Abidjan quitte... à avaler son chapeau et de se contredire. C'est un choix politique : il temporise. Avec peu de moyens humains et techniques il essaye de faire le nécessaire. Le pouvoir ivoirien aurait pu se saisir de cette occasion pour faire le ménage et écarter Wattao. Ils ne le font pas et Bakayoko est obligé d'endosser toute la responsabilité de cette affaire » commente cette source.  Et de poursuivre : « Alassane Ouattara envoie un très mauvais signal en ne réglant pas cette affaire et en accusant ces anciens militaires français d'être les hommes de main d'un trafiquant d'armes. C'est grossier comme attaque. Ce que les gens retiennent c'est qu'aujourd'hui même un ressortissant étranger ne peut pas être en sécurité, physiquement, même chez lui ».
Hamed Bakayoko l'a martelé à juste titre le 1er septembre sur France24 : en Côte d'Ivoire « nul n'est au dessus de la loi même pas un français ». Ce serait oublier que les trois hommes ont été relâchés sans qu'aucun motif n'ait été retenu contre eux... En l'espèce, c'est le colonel Jean-Grégoire Charaux qui considère les FRCI, dont il assure être la victime, comme étant « au dessus de la loi » et qui este en justice son affaire.

Accusation de banditisme organisé

Ces citoyens français « arrêtés » pour « atteinte à la sûreté de l'Etat » dénoncent non seulement un « enlèvement » et une « séquestration » par les FRCI mais aussi le vol de 41.000 $ qui appartiennent à la société de leur employeur, Frédéric Lafont. Le colonel Jean-Grégoire Charaux va plus loin et accuse les FRCI de « banditisme » et refuse tout compromis : « Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif et qui appartient à une société privée. »

L'ordre règne ?

En attendant, les 41.000 $, retirés par des soldats des FRCI aux trois citoyens français n'ont pas refait surface. Le ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, avait déclaré à France-Soir être prêt à rendre l'argent « s'il n'y a pas de charge » retenue contre le colonel Jean-Grégoire Charaux. Or, aucun des trois n'a été inquiété.
Après une enquête, les services de renseignement ivoiriens auraient eux aussi conclu à la véracité du témoignage du Français. Ceux-ci auraient alors assuré au colonel Jean-Grégoire Charaux la restitution sous 48 heures de la somme dérobée. L'affaire, même portée au plus haut sommet de l'Etat ivoirien n'a semble-t-il pas trouvé d'issue.
A la question de savoir où pouvait se trouver le pactole, le ministre n'avait pas pu répondre tout en justifiant que « si cet argent a été retenu c'est parce qu'il y avait suspicion » par rapport à son origine et à sa destination. « Le problème c'est que cette suspicion pour justifier de la rétention de l'argent est illégale. C'est du vol pur et simple. C'est la méthode des FRCI pour se rémunérer » explique une source.

Frédéric Lafont, homme d'affaires, un temps inquiété par l'Union européenne pour être «
susceptible d'agir en violation de l'embargo fixé à la Côte d'Ivoire » fin 2010 suite à des accusations de trafic d'armes lors de la crise post-électorale, puis blanchi, récuse ces suspicions : « Nous avons fourni aux autorités tous les documents prouvant l'origine et la destination de cet argent. Cet argent vient de ma compagnie aérienne à Abidjan, ce n'est pas de l'argent qui a transité. Cette somme devait servir à payer essence et  pièces détachées. Dans l'aviation, tout se paye en dollars ! »

Les moyens d'une ambition

Responsable de la sécurité, Hamed Bakayoko jure qu'en Côte d'Ivoire « l'ordre est de retour ». Ainsi il avance à France24 que « le retour à la normalité se passe très bien ». A France-Soir il a assuré être à l'écoute des ONG qui dénoncent la poursuite d'exactions en Côte d'Ivoire. « Nous sommes en contact avec ces ONG et nous travaillons de concert. Nous voulons rester informés de la situation (...). On veut repartir sur les bases d'un Etat de droit. »

Pour retrouver un Etat de droit la Côte d'Ivoire peut compter sur la France. Hamed Bakayoko reçu mardi 30 Aout 2011, au ministère de l'Intérieur à Paris par Claude Guéanta évoqué le renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité. La France devrait fournir à la Côte d'Ivoire une cinquantaine de véhicules et du matériel de sécurité.


L'affaire des trois Français arrêtés en dehors de tout cadre légal par les FRCI, et qui attendent toujours la restitution de la somme dérobée, sans démentir la volonté politique d'Alassane Ouattara et de son ministre d'un retour à l'Etat de droit et de la fin de la corruption, révèle que le gouvernement ivoirien n'a pas encore pleinement les moyens d'y parvenir. En cause : Les actions menées par certains commandants de l'armée ivoirienne issus de la rébellion, et ce sans compter des calculs politiques complexes avec, en vue, les législatives de la fin 2011.


A lire et à voir

Interview de Hamed Bakayoko à France24

Interview de Hamed Bakayoko à France-Soir

Interview du colonel Jean-Grégoire Charaux

Côte d'Ivoire : Libération des trois officiers français arrêtés


Par Antoine Kowalski

 

Source : FRANCE SOIR.FR

vendredi, 02 septembre 2011

UN JEÛNE D'HUMILIATION POUR LE JUBILE ET LA RESTAURATION DE LA COTE D'IVOIRE



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Pour le jubilé et la restauration :

 

Jeûne national d’humiliation pour la Côte d’Ivoire et de reconsécration personnelle au Seigneur Eternel !

 

Du vendredi 2 au dimanche 4 septembre 2011

 

Que DIEU vous fortifie puissamment pendant ce jeûne et qu’il bénisse la nation ivoirienne !

 

°°°°°°°°°°°°°°° O °°°°°°°°°°°°°°°

 

« Nous espérions la paix, et il n’arrive rien d’heureux ; Un temps de guérison, et voici la terreur ! »

Jérémie 8 : 15

 

« Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Eprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! »

Psaumes 139 : 23 et 24.

 

« Annonce-moi l’allégresse et la joie, Et les os que tu as brisés se réjouiront. Détourne ton regard de mes péchés, Efface toutes mes iniquités. O Dieu ! crée en moi un cœur pur, Renouvelle en moi un esprit bien disposé. »

Psaumes 51 : 10 à 12.

 

« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, - je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays ».

2 Chroniques 7 : 14

 

« Je ferai de la droiture une règle, et de la justice un niveau ; Et la grêle emportera le refuge de la fausseté, Et les eaux inonderont l’abri du mensonge »

Esaïe 28 : 17.

« Rassemblez-moi mes fidèles, Qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice ! »

Psaumes 50 : 5.

 

Bon jeûne d'humiliation et de reconsécration à tous !!!

 

Consignes du jeûne, cliquer:

 

ICI

jeudi, 01 septembre 2011

INCULPATIONS EN COTE D'IVOIRE: UN MODE OPERATOIRE BIEN SINGULIER

 

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« La justice des vainqueurs dans toute sa splendeur ! ». Ainsi pourrait-on s'exclamer devant la singularité des inculpations, en ce moment, en Côte d'Ivoire. Depuis que le pouvoir Ouattara a jeté les amarres dans la République ivoirienne pour en faire un autre type d'Etat, la Constitution et la règle de droit sont allègrement foulées au pied. Quotidiennement. Sans que cela n'émeuvent les juristes et hommes de droit locaux (y en a-t-il encore dans ce pays ?) et les champions internationaux autoproclamés de la démocratie et des droits humains que sont les pays occidentaux, ceux-là même qui se sont invités dans notre crise, la transformant en sables mouvants pour le malheur des Ivoiriens.

Pour en avoir le cœur net et ne pas être accusé de délation et de propos gratuits, parcourons quelques exemples très révélateurs.

Le président Laurent Gbagbo et son épouse, Simone, kidnappés par les forces spéciales françaises et mis à la disposition des vainqueurs du 11 avril 2011 (triste jour de l'histoire de la Côte d'Ivoire !), ont été arrêtés et assignés en résidence, dans le Nord du pays, loin de chez eux - sans le moindre décret d'assignation ou le moindre acte administratif de notification - malgré leurs statuts d'ancien président et de parlementaire. Aucun chef d'inculpation n'a transpiré de toutes les récriminations et diatribes officiels et domestiques de rigueur, aussi bien dans la presse pro-gouvernementale écrite et audiovisuelle que dans les communiqués du gouvernement. Il aura fallu 4 incroyables mois d'attente pour, au final - sous la pression des ONG internationales de défense des Droits humains - nous voir balancer à la face un chef d'inculpation aussi loufoque que surprenant contre le couple Gbagbo (au regard de tous les crimes à eux antérieurement imputés) : « Crimes économiques » ! N'eût été le caractère infiniment sérieux et grave de cette affaire, nous en aurions éclaté de rire. Franchement. La bonne procédure voudrait qu'on inculpe d'abord et qu'on mette aux arrêts ensuite. Dans toutes les écoles de droit qui se respectent, on le sait ; c'est même une évidence. Sauf, peut-être, en Côte d'Ivoire. Même s'il convient de relever, selon les subtilités procédurales, que l'inculpation signifie simplement que la justice recherche le bien-fondé d'une accusation et non qu'elle fait sienne cette accusation. Mais, en Côte d'Ivoire, les choses sont malheureusement menées de telle sorte que soit privilégié l'inverse dans l'opinion. Les procédures et les méthodes du nouveau régime ne laissent pas de place à une autre interprétation. L'inculpation tenant quasi lieu de culpabilité.

D'ailleurs, pour tous ceux qui ont encore du bon sens dans ce pays, qui n'épousent pas le narcissisme ambiant et sclérosant, qui refusent d'emboucher le clairon de l'encensement béat et crédule à l'ordre du jour, actuellement, et qui portent un regard rigoureux, objectif et non complaisant sur la nouvelle gestion de la « République de Côte d'Ivoire », il n'y a pas d'illusion possible à se faire : aucune décision de justice équitable et impartiale ne peut sortir de tels « préliminaires ». Absolument aucune. Les dés sont pipés d'avance. Exit la réconciliation nationale, au passage !

Le cas du Premier ministre Marie Gilbert Aké N'Gbo, du Premier ministre Affi N'Guessan et de quelques dizaines d'autres dignitaires du régime, de hautes autorités de l'Etat, de cadres et d'anonymes proches de l'ancien président ivoirien ou ayant simplement fait le travail pour lequel ils émargeaient au budget de l'Etat de Côte d'Ivoire, ne manque pas non plus de singularité : mis aux arrêts le jour de la capture du Président Laurent Gbagbo ou après un séjour à l'Hôtel La Nouvelle Pergola où ils étaient sensés être retranchés pour leur sécurité négociée avec le pouvoir Ouattara, puis emprisonnés dans le Nord de la Côte d'Ivoire dans des conditions à la limite de l'humain, privés des soins de qualité que nécessitent leurs états, interdits des visites aussi bien de leurs avocats que de leurs proches, ils n'ont eu droit (car c'est un droit) à un chef d'inculpation que trois mois après leur incarcération, de la part du nouveau régime. Qui embastillait par la même occasion le Droit en Côte d'Ivoire.

Autre cas édifiant : la récente inculpation du Général Guiai Bi Poin, ex-Directeur de l'Ecole Nationale de la Gendarmerie et Commandant du CECOS (Centre de Commandement des Opérations de Sécurité). Aussi incroyable que cela puisse paraître, cet officier supérieur des ex-FDS a été mis aux arrêts après sa convocation par le Commandant en second de la Gendarmerie nationale, le Colonel-major Vako Bamba, sous le prétexte qu'il aurait commis et dissimulé un charnier au sein de l'établissement militaire sous ses ordres. Après avoir amplement remué la terre de cette école, en présence des soldats et d'une partie de la hiérarchie de l'ONUCI, et n'avoir absolument rien trouvé à se mettre sous la dent, l'acte d'accusation ayant initialement justifié son arrestation est commué en inculpation pour « vol à main armée ». Totalement irréel. Une justice digne de ce nom ou, pour être plus bref, La Justice peut-elle émerger d'un tel modus operandi ? Fichtrement non !

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Le cas qui nous aura paru le plus incongru parmi tous et le plus révélateur de la dérive justicière ivoirienne est celui du fils du Président Laurent Gbagbo, Michel Gbagbo. Il est le pire de tous. Parce que n'ayant justement fait l'objet d'un chef d'inculpation officiel que pour sauver la face au pouvoir Ouattara, tant l'argumentaire laissait à désirer. La seule accusation qui lui tenait lieu de chef d'accusation avant son inculpation est « qu'il était avec son père », dixit le Garde des Sceaux, Ministre d'Etat, Ministre de la justice, Maître Ahoussou Jeannot himself, s'expliquant devant la presse. Y a-t-il scénario et argument plus risible ? Vous avez la réponse.

Ce sont donc en tout 40 pro-Gbagbo qui sont ainsi dans les liens de la justice. Ils sont accusés, pour certains, d'atteinte à la défense nationale, de complot contre l'autorité de l'Etat, de constitution de bandes armées, de participation à un mouvement insurrectionnel, ainsi que de rébellion, et pour d'autres, inculpés pour atteinte à la sûreté de l'Etat ou infractions économiques.

Selon le droit français duquel le nôtre tire son origine, l'inculpation (appelée « mise en examen », en France) est une compétence exclusive du juge d'instruction. Elle vise la personne contre laquelle il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission d'une infraction. Avant l'inculpation, il faut que la personne visée comparaisse en présence de son avocat lors d'une première comparution, ou en tant que témoin assisté, de manière à ce qu'elle soit entendue et puisse s'exprimer sur les infractions qui lui sont reprochées. En terre ivoirienne, rien de tout ceci n'est respecté. Sans que personne ne s'en émeuve, outre mesure.

Le désir de vengeance en Côte d'Ivoire, en ce moment, est tel que même des hommes de droit et des juristes en oublient leur métier. Rien de plus désolant : un constitutionnaliste éminent qui accepte que la Constitution de son pays soit foulée au pied pour que lui soit taillé un costume de Président de Conseil Constitutionnel, un procureur de la République qui emprisonne avant d'inculper, un ministre de la justice qui incarcère un fils pour le « crime » du père. Et cerise sur le gâteau, le garant de la législature qui suspend l'Assemblée nationale, sans autre forme d'explication, de mesure ou de procédure. Franchement, il va falloir réécrire nos livres de droit, refaire le Code pénal ivoirien, réinventer la Procédure pénale et, au passage, réécrire notre Loi fondamentale, pour nous mettre au goût du jour.

A cette allure, la jungle n'aura plus rien à envier à la « République de Côte d'Ivoire ». Il est peut-être encore temps, si nous nous bercions d'illusion, qu'on nous informe par communiqué officiel que nous avons changé de régime et que nous ne sommes plus dans une République. Nous apprécierions au moins l'honnêteté de la démarche et concèderions quelques circonstances atténuantes relevant du cas de force majeure ou du cas d'exception. Mais s'adosser à la Constitution pour commettre de tels actes anti-républicains est totalement indécent, irrévérencieux à l'égard du peuple souverain de Côte d'Ivoire et méprisant pour l'éthique et la morale. L'excellence et la rigueur promues et hyper-médiatisées par le nouveau chef de l'Etat, Alassane Ouattara, doivent au moins commencer par cette étape de rééquilibrage et d'ajustage.

Le nouveau régime ivoirien ne manque certainement pas d'hommes sensés et sages - à moins que nous nous trompions - capables de redresser la barre et nous éviter une plongée inexorable dans les eaux de la Lagune Ebrié (à l'image du bus 19 de la SOTRA), dommageable pour tous. Ne dit-on pas qu'une faute reconnue est à moitié pardonnée ? Vivement que la Côte d'Ivoire redevienne grande par sa règle de droit et par son attachement à sa Constitution.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 305 du jeudi 1er septembre 2011.

MAINMISE DU RHDP SUR LA CEI

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L'installation d'un pouvoir sans limite en Côte d'Ivoire se poursuit allègrement  et se consolide chaque jour davantage. Pour le malheur des démocrates ivoiriens et à la grande satisfaction des gouvernants actuels qui visiblement redoutent des élections transparentes.

 

La preuve que Ouattara n'est pas majoritaire en Côte d'Ivoire

Depuis lundi dernier, la Commission électorale indépendante (CEI) a fait le plein de ses membres avec la rentrée officielle de quatorze nouveaux commissaires centraux au sein de l'institution. Les promus viennent ainsi porter à 31 le nombre des  commissaires centraux de cet organe chargé d'organiser  les élections générales en Côte d'Ivoire. Tous ces membres ont la particularité d'appartenir au seul camp présidentiel actuel. Point de représentants de l'opposition conduite aujourd'hui par le Front populaire ivoirien ! Et pour cause, les revendications de cette formation politique ont été royalement ignorées par le pouvoir, arguant malicieusement que l'on ne pouvait pas changer les règles du jeu en cours de match. Or  la réclamation des frontistes est loin d'être farfelue.

Pour rappel, les partisans du président Laurent Gbagbo ont fait observer qu'avec le contexte du 11 avril 2011 mettant désormais face à face, le RHDP et la LMP, il était bon, dans un souci de transparence et de recherche de la paix, que chaque camp ait 15 représentants et que le 31ème commissaire soit celui désigné par le chef de l'Etat, portant ainsi au final, à 16, le quota du RHDP. La requête n'a pu prospérer si bien qu'aujourd'hui, la CEI est totalement aux mains de Ouattara et ses alliés politiques du RHDP et de la rébellion armée. Bref, la coalition qui avec le soutien actif de la France et de l'ONU, a renversé le régime Gbagbo le 11 avril dernier. Une attitude pour le moins curieuse de la part des gens qui clament à longueur de journée et à qui veut l'entendre qu'ils ont franchement remporté la présidentielle de 2010 ; donc certains d'être les préférés des électeurs ivoiriens. S'ils sont si sûrs de leur fait, pourquoi diantre refusent-ils d'équilibrer les choses au niveau de la Commission électorale indépendante ? On se souvient que le président Laurent Gbagbo, en son temps, conscient de son poids électoral en Côte d'Ivoire, n'avait pas craint d'être minoritaire au sein de la CEI. Et malgré ce qui paraissait comme un gros handicap, il était arrivé en tête, au premier tour de  la présidentielle, loin devant Alassane Dramane Ouattara et Aimé Henri Konan Bédié. Au second tour,  selon l'arrêt du conseil constitutionnel, il a devancé d'une courte tête le candidat du RHDP. Ouattara aurait pu faire pareil s'il était réellement convaincu d'être majoritaire dans le pays.

Mais visiblement, l'homme ne veut prendre aucun risque. D'où la suspicion légitime nourrie par nombre d'observateurs du marigot politique national, qui pensent plutôt que le chef de l'Etat veut une CEI totalement aux ordres pour lui garantir la victoire aux prochaines élections législatives, municipales et départementales. Ce qui n'est pas évident avec un scrutin démocratique et transparent, organisé par une commission électorale réellement indépendante. Car l'argumentaire cache-sexe des tenants actuels du pouvoir selon lequel il faut rester  scotché aux accords de Marcoussis et de Pretoria, ne peut convaincre. Et ce, dans la mesure où, les accords en question, reposaient essentiellement sur le partage du pouvoir. Ce qui n'est manifestement plus le cas depuis la prise de pouvoir sanglante de Ouattara, le 11 avril dernier. Désormais seul maître à bord, le n°1 Ivoirien va en roue libre, déterminé à ne faire aucune concession à ses adversaires politiques. Un choix qui fait courir à nouveau, de gros risques de violences électorales à la Côte d'Ivoire, qui n'a pourtant pas encore pansé ses plaies de la période postélectorale. Ceux qui pensaient que Ouattara nous garantirait une paix durable savent  désormais à quoi s'en tenir.

 

Yves de Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 51 du jeudi 1er septembre 2011.

VOICI LE PROGRAMME DE GOUVERNEMENT DE OUATTARA: EMPRISONNEMENTS, DEGUERPISSEMENTS ET LICENCIEMENTS

 

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Le nouvel homme fort de la Côte d'Ivoire, Alassane Dramane Ouattara déroule son programme de gouvernement pour montrer ce qu'il sait faire à ceux qui ont voté pour lui et, surtout, à ceux qui l'ont soutenu dans la guerre meurtrière et dévastatrice qu'il a faite à la Côte d'Ivoire. Ce programme se résume en trois grands points qui sont : emprisonnements, déguerpissements et licenciements.


Installé au pouvoir par les armes, Ouattara continue sa guerre contre les Ivoiriens. Les emprisonnements sont le plat préféré qu'il leur sert au quotidien. Alassane Ouattara et ses soldats ont vidé toutes les prisons du pays pour les remplir à nouveau de ses adversaires politiques. A Korhogo, Boundiali, Bouna, Katiola et à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), les hommes politiques, les journalistes, les syndicalistes et les universitaires ont remplacé les ayant droit de ces lieux de détention. D'Houphouët à Gbagbo en passant par Bédié et Robert Guéi, Alassane Dramane Ouattara est le chef d'Etat qui bat le record des emprisonnements. Ces nouveaux pensionnaires sont souvent torturés comme au temps des vieilles dictatures et sont détenus sans chef d'inculpation encore moins de jugement. Laurent Gbagbo, son épouse Ehivet Simone et leur fils Michel vivent l'enfer au Nord dans le dénuement total. Un traitement qui n'honore pas la Côte d'Ivoire. De nombreux journalistes, des députés en fonction, des syndicalistes, des leaders politiques, des militaires, même des personnes anonymes et des universitaires qui font la fierté du pays et de l'Afrique sont détenus de façon arbitraire.

Chaque jour, la liste des prisonniers de Ouattara s'allonge avec de nouvelles arrestations au point qu'il est vraiment difficile d'avoir une idée exacte des prisonniers du régime. Les Ivoiriens sont attristés par ce vent de répression qui souffle sur eux alors qu'ils ont passé une dizaine d'année sous Gbagbo sans connaître cette manière de gouverner avec la baïonnette, loin des discussions, débats et autres négociations propres au fonctionnement des régimes modernes.

Comme si ces emprisonnements en cascade ne suffisaient pas, les populations sont délogées et déguerpies sans que personne ne leur dise où elles doivent se réinstaller. On a toujours conseillé pourtant qu'avant un déguerpissement des populations, il faut toujours leur trouver un nouveau site d'accueil. Mais cette règle n'est pas observée par Ouattara. Il fait procèder à des déguerpissements sauvages, c'est-à-dire, sans mise en demeure raisonnable. Des commerçants, des quartiers précaires, des opérateurs économiques, le secteur informel sont tous surpris et déstabilisés.

A Adjamé, des commerçants qui nourrissaient des familles entières sont condamnés à errer et à jouer désormais au cache-cache avec des hommes en armes qui ignorent tout des droits de l'homme. Dans le périmètre de l'université de Cocody, des familles ont été jetées à la belle étoile par le nouveau pouvoir. Ces familles passent aujourd'hui le plus clair de leur temps à se chercher sans être sûres de se retrouver. A la Rue Princesse, au boulevard Giscard d'Estaing, de véritables affaires sont tombées à l'eau sans dédommagement.

Au marché de la Sicogi à Yopougon, les femmes dégagées de la voie sont allées s'abriter sous des pylônes de haute tension électrique pour y faire le commerce, entre la Sogefia et la Cité Cie. Leur sort n'émeut pas du tout Ouattara qui fait des déguerpissements pour, dit-on, embellir son pays et le rendre plus vivable. Il s'en fout éperdument de ce que ces familles dorment à la belle étoile et meurent de faim. L'essentiel est de donner un nouveau visage à la Côte d'Ivoire afin qu'elle ressemble aux belles nations du monde. Sans doute comme la France et les Etats-Unis, ses tuteurs.

Du côté de Port-Bouët, on annonce que les quartiers comme Adjoufou, Derrière Warf, et les autres quartiers précaires au bord de la mer vont être rasés dès cette semaine. Les populations qui vivent dans ces quartiers sont déjà angoissées et crispées. Tout cela sous les yeux bien ouverts des organisations des droits de l'homme qui sont, curieusement, devenues muettes face à ces déguerpissements faits sans créer au préalable un site d'accueil.

Comme si ce drame que vivent des pères et mères de familles, qui se retrouvent du jour au lendemain sans aucune ressource ne suffisait pas, des travailleurs du public et du privé perdent leurs emplois par milliers. La centrale syndicale Ugtci fait cas de 80.000 emplois perdus déjà. Mais la saignée continue car au Palais présidentiel de Yamoussoukro, le nouvel homme fort vient de frapper dans le lot du personnel. Au Conseil économique et social, à la Sicogi, au Port d'Abidjan, à la Lonaci etc., les travailleurs sont remerciés sans aucune justification.

La peur et l'angoisse d'un lendemain assombri gagnent de plus en plus les habitants de ce pays. En un temps record, depuis qu'il est arrivé au pouvoir, Alassane Dramane Ouattara «montre les couleurs» à ceux qu'il appelle pourtant ses compatriotes. Les emprisonnements, déguerpissements et licenciements sont en passe de devenir, aux yeux des Ivoiriens, les grands axes de son programme de gouvernement.

En définitive, tous les signaux qu'il a allumés montrent que Ouattara gouverne contre le peuple. Et c'est triste.

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du mardi 30 août 2011.


benjaminkore@yahoo.fr


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 31 août 2011

LES VERITES DE BERNARD HOUDIN SUR LA CRISE IVOIRIENNE


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Bernard Houdin, Conseiller du Président Laurent Gbagbo n'est pas en Côte d'Ivoire ; à travers cet entretien effectué en ligne, il croque l'actualité ivoirienne avec la rigueur d'un observateur averti.


Conseiller français du Président Laurent Gbagbo, comment vivez-vous les événements tragiques en Côte d'Ivoire ?

Je suis effectivement français d'origine et j'ai acquis la nationalité ivoirienne il y a plusieurs années. Arrivé très jeune (un an) à Abidjan, j'y ai grandi et fait l'essentiel de mes études primaires et secondaires de l'école de la Ran au Banco jusqu'au lycée classique de Cocody en passant par le collège d'orientation du Plateau.
Mon père dirigeait une entreprise de travaux publics qui a bâti, entre autres, les deux ponts d'Abidjan et l'Hôtel Ivoire. J'ai, plus tard, travaillé au ministère des Finances de 1975 à 1977, quand M. Bédié en était le ministre, et dirigé la société Ash à la fin des années 1990 puis d'autres entreprises jusqu'à ce que le Président Gbagbo m'appelle à son cabinet en 2007.
J'ai vécu l'ensemble de la crise ivoirienne, de 2002 à aujourd'hui comme un gâchis effroyable dont les autorités françaises successives porteront la responsabilité devant l'Histoire. Après l'élection et la décision du Conseil Constitutionnel, je n'aurais jamais imaginé que le président français ordonnerait la destruction de la Résidence présidentielle et la capture du Président de la République par l'armée française, un acte qui entrera dans l'Histoire comme une des pires forfaitures des relations franco-africaines.

Depuis le 11 avril, une nouvelle situation prévaut en Côte d'Ivoire. Que pensez-vous du choix du Président concernant le Porte-parole ?

Le ministre Koné Katinan a été, par mandat écrit, désigné par le Président Gbagbo comme son Porte-parole officiel. Je sais, d'expérience, que le Président ne pose jamais un acte à la légère. Le Porte-parole est le «lien» entre lui et tous ses partisans. Le choix de l'ancien ministre du Budget n'est pas anodin.
Dans une période difficile le Président a voulu promouvoir un homme de rigueur qui a démontré, dans le gouvernement formé après l'élection du 28 novembre, toutes les qualités pour mériter la confiance du Président.
Toutes celles et ceux, quelle que soit la structure à laquelle ils appartiennent, qui veulent s'engager dans le combat du Président doivent, d'abord, accepter ses décisions et sa vision des choses. En effet, comment peut-on se prévaloir du Président et, dans le même temps, ne pas respecter ses choix et décisions ?

Représentant du Président Gbagbo en Europe et en Amérique, sous l'autorité de son Porte-parole, quelle est votre mission ?

Pendant toutes mes années auprès du Président j'ai essayé d'agir sans ostentation, en m'efforçant de remplir honnêtement ma mission. Le choix du Président à mon égard, confirmé par le Porte-parole, tient, peut être, de sa conviction que je travaillerai, sans état d'âme, à la mise en œuvre de sa «feuille de route».
La feuille de route du Président était déjà claire, pour moi, le 11 avril lorsqu' il a déclaré, à l'hôtel du Golf :
«La crise militaire est terminée, il faut régler la partie civile de cette crise pour que le pays reprenne».
Il a renouvelé ce mot d'ordre lors de la venue des Elders à Korhogo et il a délivré, dans son message à la nation à l'occasion de la Fête nationale, sa vision profonde de la crise et des conditions du renouveau du pays. J'encourage tous les Ivoiriens et, au-delà, tous les Africains épris de souveraineté et de dignité pour leurs pays respectifs, à s'approprier ce discours qui montre, une fois de plus, la vision politique et le sens de l'Histoire du Président Gbagbo.
C'est mon rôle, ici, de relayer la parole du Président, en accord avec le Porte-parole. Il existe en Europe et aux Amériques de nombreuses associations et représentations de partis politiques ivoiriens déjà implantés localement où qui sont apparus dans l'urgence de la crise. Il faut les faire travailler ensemble pour créer une force qui puisse peser sur les médias et l'opinion publique, ce qui finira par interpeler le monde politique.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Dans nos sociétés modernes, la prolifération des moyens d'expression, en particulier à travers toutes les possibilités offertes par l'internet, rend difficile la maîtrise de l'action politique. Aujourd'hui, ces moyens de communication amplifient la propagation des informations et, le plus souvent, des rumeurs. Vue de Paris, de Hambourg ou de Montréal, la situation du pays est «scrutée» en permanence et si, juste après le 11 avril, les manifestations «émotionnelles» étaient légitimes et nécessaires, il faut désormais agir de façon plus «politique», ce qui impose aux uns et aux autres un effort sur soi-même car il est évident que le sort actuel du pays nous fait naturellement pencher vers des actions plus radicales.
Je rentre du Canada où j'ai représenté le Président aux cérémonies organisées par la diaspora ivoirienne à l'occasion du 51e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. J'ai rencontré des hommes et des femmes bien intégrés dans la société canadienne, mais qui se sentent totalement concernés par l'état du pays. C'est une prise de conscience que je retrouve partout où je vais. Cela démontre la justesse du combat du Président qui a toujours privilégié le respect du Droit et qui accepte les pires humiliations pour faire triompher, à la fin, sa vision d'une Côte d'Ivoire moderne et démocratique, qui soit un exemple pour l'Afrique et le monde.
Dans cette période de combat politique, nous devons montrer à l'opinion internationale et aux medias que nous représentons une «force tranquille» et ne pas risquer d'être entrainés dans des provocations de toutes sortes. Mais je dis à toutes celles et à tous ceux qui se battent avec nous qu'il leur faut rester mobilisés et entretenir autour d'eux la flamme de l'espérance. Il faut arriver à comprendre que, dans ce genre de situation, l'action la plus efficace n'est, généralement, pas la plus bruyante.

Quatre mois après le 11 avril, la situation de la Côte d'Ivoire est en effet toujours très précaire. Quelle est votre analyse ?

Il est commun de dire que «l'on récolte ce que l'on a semé». Le jeudi 25 novembre 2010, à la veille du 2e tour, j'avais demandé audience à l'Ambassadeur Jean Marc Simon. Au cours de l'entretien, déjà inquiet des manœuvres qui avaient commencé dans le nord au 1er tour et émettant différentes hypothèses pour le scrutin du dimanche suivant, je lui ai dit :
«je pense, hypothèse n°1, que le Président va gagner, que Ouattara va contester quelques temps mais que les choses rentreront rapidement dans l'ordre, Mais, hypothèse n°2, si l'on fait gagner Ouattara, alors là je vous promets le chaos».
La réponse de l'Ambassadeur de France résonne encore à mes oreilles : «je crains, monsieur, que l'on s'achemine vers votre dernière hypothèse» ! Vous connaissez la suite...
La vérité est que le Président Gbagbo avait gagné effectivement l'élection du 28 novembre 2010. Le scrutin a été truqué et, passé la période où «le monde entier a été trompé par l'annonce de M Choi»comme l'a déclaré, en son temps, le Président angolais Eduardo Dos Santos lors de ses vœux au corps diplomatique en poste à Luanda, cette vérité commencera, imperceptiblement, à prendre corps.
Un seul chiffre, incontournable, est le «talon d'Achille» de ce trucage: le taux de participation du 2e tour, officiellement annoncé par la Cei à 70,84 % le lundi 29 novembre 2010, confirmé par un communiqué de l'Onuci et, brutalement, «augmenté» à 82 % dans la «proclamation» du président de la Cei du 2décembre 2010, dans les conditions que l'on sait.
J'ai participé, en juin dernier, à l'invitation des Autorités vénézuéliennes, à une Convention sur l'Afrique à Caracas. Au cours de la séance d'ouverture, l'ancien Président Jerry Rawlings a dit clairement à la tribune :
«en Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo a gagné l'élection mais a perdu la guerre contre la France».
Le pouvoir en place n'est pas celui élu démocratiquement et tous les «cris d'effroi» que pourront pousser certains, hommes politiques et medias confondus, n'y feront rien. Un jour, qui n'est peut être pas si lointain, le point d'inflexion de cette crise sera atteint et vous verrez les choses changer.
D'ailleurs la politique menée par les autorités installées par le coup de force des dirigeants français démontre chaque jour sa vraie nature : un pouvoir faible et dissolu, incapable d'instaurer un climat d'apaisement pour rassurer l'ensemble des Ivoiriens. Dans ce contexte la déclaration du Premier ministre français à l'Assemblée nationale, après le 11 avril 2011, précisant «sa fierté que l'armée française ait contribué à restaurer la démocratie en Côte d'Ivoire» apparaît encore plus cynique alors que nous entrons dans le 4e mois de gestion de monsieur Ouattara.
La France va entrer dans la phase active de la période pré-électorale pour la présidentielle de 2012. Il faudra peser de toutes nos forces et «inviter» la crise ivoirienne dans le débat.
Dans le même ordre d'idée, les élections à venir en 2012 dans le monde, aux Etats-Unis, au Sénégal, au Mali et au Cameroun seront, elles aussi, l'occasion de rappeler qu'en Côte d'Ivoire certains ont truqué délibérément le suffrage universel pour assouvir une soif de pouvoir personnel, ce qui n'est rien d'autre que le viol de la conscience collective du peuple ivoirien.

Vu d'Europe quels sont les éléments qui vous donnent l'espoir que les choses pourraient changer en Côte d'Ivoire ?

Si nous avons confiance ici, toutes celles et ceux qui luttent pour une vraie démocratie en Côte d'Ivoire, certains signes alimentent notre conviction. Prenons l'exemple de la presse. Au lendemain du 11 avril 2011 une chape de plomb s'est abattue sur la presse «bleue» et malheur à ceux qui auraient eu l'idée de critiquer les «nouveaux maitres».
Aujourd'hui, dans un climat de violence et d'intimidation permanente, des esprits libres et courageux permettent aux Ivoiriennes et Ivoiriens de ne pas entendre seulement une propagande aveugle. Votre propre journal en est l'incarnation : malgré les menaces et les sanctions iniques, vous ne cédez pas. Vous êtes un modèle pour tous ceux qui luttent de l'extérieur : ce que vous faites à l'intérieur est infiniment plus compliqué et courageux que tout ce que l'on peut faire à l'extérieur.
Cela doit être un motif permanent de persévérance dans l'action. D'un autre côté, nous voyons chaque jour nos interlocuteurs, Ong, médias, milieux politiques, s'interroger de plus en plus ouvertement sur la vraie nature de cette crise ivoirienne.

Revenons au quotidien de votre travail. On parle de dissensions dans l'organisation de la diaspora. Qu'en pensez-vous ?

La gravité de la situation actuelle rend vaine et dérisoire toute polémique. Les faits sont clairs. Le Président fait des choix, ceux qui se réclament de lui doivent les suivre ou sont libres d'agir selon leur propre entendement. Mais ils ne peuvent pas, dès lors, le faire au nom du Président. Depuis toujours je m'attache à agir selon un des principes cardinaux du Président :
«Asseyons nous et discutons».
J'entends et j'observe, ça et là, des propos et des initiatives peu propices à favoriser un climat serein nécessaire à l'efficacité de la lutte. Ne comptez pas sur moi pour me prêter à ce jeu et à me détourner de l'objectif qui m'a été assigné. Je dis et redis qu'il y a un temps pour tout. Après le 11 avril 2011, dans l'émotion des événements, il fallait montrer que l'on ne se soumettrait pas au diktat de l'étranger.
Aujourd'hui est venu le temps du combat «politique», moins ostentatoire mais indispensable. Dans ce contexte les manifestations (marches, rassemblements) doivent être des armes à utiliser à bon escient pour en conserver toute leur efficacité. A titre d'exemple, l'an dernier les Français sont descendus par millions dans les rues pour manifester leur opposition à la réforme des retraites. M. Sarkozy l'a finalement imposée (avec un Conseil Constitutionnel composé de 9 membres sur 9 de sa famille politique...).

On se rend compte que pendant qu'il tend la main aux Gbagbo, le pouvoir inculpe ses membres. Comment expliquez-vous cette politique ?

Depuis son installation par le coup de force de la France, M. Ouattara n'a de cesse de prôner la réconciliation nationale. Dans ce domaine, comme dans tous ceux où il a pris position depuis le 11 avril 2011, les actes posés contredisent singulièrement les propos émis. Les «inculpations» de la majorité des dirigeants de la mouvance présidentielle Lmp, au-delà du caractère «loufoque» des motifs invoqués, sont de nature à briser durablement le tissu national que le Président Gbagbo avait commencé à tisser avec patience.
La position du Président et de la 1ere Dame, vice-présidente de l'Assemblée nationale, sans aucun statut juridique, conduit aujourd'hui même les plus fervents défenseurs d'Ado à se sentir «gênés». En fait tout cela rend raison au Président Gbagbo qui apparaît chaque jour qui passe comme le seul à pouvoir rendre au débat démocratique en Côte d'Ivoire toute sa signification. Cela rappelle, aux uns et aux autres, que le mandat du Président n'a, à aucun moment, été celui d'un dictateur tel que les parrains du complot antinational ont voulu le faire paraître.
La liste est longue des actes à caractère démocratique posés par Laurent Gbagbo pendant sa présidence, guidé par le souci de la préservation de l'avenir du pays, en privilégiant sans cesse le dialogue entre les Ivoiriens, au risque, avéré désormais, de voir les ennemis de la liberté se servir de cette ouverture d'esprit pour mieux avancer masqués.
Au contraire, les dirigeants actuels, mués par la satisfaction de leurs intérêts personnels au détriment de l'intérêt général, s'enferrent dans leurs contradictions et prennent, à chaque fois, les mauvaises décisions. Ce cycle «infernal» aura ses limites tôt ou tard. C'est parce que l'attelage hétéroclite du Rhdp n'a, ni consistance politique ni un soutien populaire majoritaire qu'il n'a pas d'avenir. Préparons-nous, comme le Président Gbagbo nous l'a toujours enseigné, à avoir une réponse «politique» à cet état de fait.

Après un rapport accablant de l'Onuci contre les Frci et les Dozo sur les violations des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire, les deux entités indexées disent être irréprochables, innocentes. Finalement, personne n'a tué ceux qui sont morts pendant cette crise ?

Depuis le 19 septembre 2002, jour où, ne l'oublions jamais, plusieurs centaines de personnes sont mortes, en majorité des soldats des Fanci qui ont sauvé la République à ce moment là, jusqu'aux dernières exactions quotidiennes des «Frci», le peuple de Côte d'Ivoire est victime de la «volonté de pouvoir» d'une caste politique qui n' a pas hésité à s'appuyer sur la force de puissances étrangères d'une part, et de bandes armés dont la conviction politique est inversement proportionnelle à la soif de pillage économique d'autre part.
Oui, on a tué, on a beaucoup tué en Côte d'Ivoire ces dernières années, mais les bourreaux «paradent» dans Abidjan et les villes de l'intérieur, avec la complicité veule d'une partie de la classe politique dont l'appât du gain et la recherche d'un «poste» tient lieu de viatique.
Heureusement les Ong telles que Human Rights Watch et Amnesty International ainsi qu'une partie croissante de la presse d'investigation commencent à «briser» la loi du silence qui s'était abattue sur le pays depuis le 11 avril 2011. C'est un combat long et difficile à mener où le courage et l'honneur devront triompher du mensonge et de la manipulation.
Les victimes ne sont pas les tueurs et ceux-ci devront, un jour, rendre compte au tribunal de l'Histoire. Je salue d'ailleurs, à cette occasion, le travail exemplaire que votre journal, dans la pire adversité, continue à réaliser. Il illustre bien une phrase du Président Gbagbo dans son message du 7 aout dernier : «...Car, jamais un peuple qui lutte pour sa liberté n'a été vaincu».

Quel message voudriez-vous retenir ?

La crise actuelle donne raison au Président Gbagbo. Le 15 octobre 2010, dans sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle, il avait dit : «je suis le candidat de la Côte d'Ivoire contre le candidat de l'étranger et cette élection marquera la fin de la période houphouetienne de l'Histoire du pays....».
Ce qui arrive aujourd'hui en est l'illustration parfaite et si nous nous plaçons dans une perspective historique, le Président Gbagbo, par son sacrifice personnel, va faire rentrer la Côte d'Ivoire dans une nouvelle époque, celle de la souveraineté nationale au vrai sens du terme. Aussi, son message du 7 août doit être lu, relu et médité par chacun et chacune.
Aussi permettez-moi, en conclusion, de donner la parole au Président :
« (...) je voudrais me permettre de partager avec vous quelques réflexions sur le sens profond de la journée de ce 7 août. Cette réflexion est un exercice de prospection de nous-mêmes qui s'impose à chaque de ce pays, mais surtout aux dirigeants et aux responsables politiques et administratifs qui ont la charge de construire le destin de notre nation, surtout dans le contexte actuel de grands traumatismes causés à notre peuple, qui n'aspire qu'à vivre sa souveraineté en tant qu'acteur et sujet de l'humanité, et non pas comme simple objet ou simple spectateur de la construction de sa propre histoire (...)
Mes chers compatriotes, de mon lieu de détention, je continue de garder la foi en notre combat. Comme dans tous les combats il y a des batailles perdues. (... )
Qu'une bataille perdue ne nous détourne pas de notre objectif final qui est l'affirmation de notre existence en tant que communauté de destins libre et souveraine (...) 
Les grandes puissances qui nous en imposent aujourd'hui sont passées par ces épreuves. Leurs générations actuelles jouissent des dividendes de luttes menées par leurs ancêtres. (...) 
Demeurons toujours mobilisés et confiants. Car, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n'a été vaincu. C'est aussi une vérité historique»

Entretien réalisé par Germain Séhoué, in le quotidien ivoirien "Le Temps".


gs05895444@yahoo.fr


 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

REACTION DU MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO RELATIVE AU MANDAT D'ARRET INTERNATIONAL CONTRE SA PERSONNE ET D'AUTRES PRO-GBAGBO

 

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Nous avons appris par voie de presse, le 25 Août 2011, qu'il a été lancé contre sept autres proches du Président Laurent Gbagbo des mandats d'arrêt internationaux dont notre modeste personne.

Ces mandats qui n'ont de l'importance qu'aux yeux de ceux qui les délivrent, appellent  toutefois de notre part une réaction afin que l'opinion comprenne encore mieux les incongruités, le cynisme du pouvoir passager installer par la Communauté Internationale à Abidjan.

Je ne m'attarderai pas sur la forme atypique voire carnavalesque d'émission des mandats d'arrêt par le Procureur de Monsieur Alassane Ouattara. Une procédure qu'un journaliste ivoirien a qualifiée de façon laconique de «Vuvuzela judiciaire».   Toutefois, qu'il me soit juste permis de revenir en quelques lignes sur les raisons qui les sous-tendent. Précisément, le mandat à mon encontre.

Pour les justificatifs de ce mandat, le pouvoir Ouattara parle sans vergogne de crime économique.

Quand on a été, dans un gouvernement, chargé des personnes affectées par la guerre, que pendant votre court exercice, vous n'avez eu la gestion d'aucun budget, il vous est difficilement imputable un délit de crime économique, la nouvelle trouvaille de Monsieur Ouattara et ses juristes. On invoquerait certainement la responsabilité collective des membres du gouvernement pour m'incriminer. Mais, là encore, nous serions dans un cas de poursuite générale de tous les membres du gouvernement. Ce n'est point le cas. Les raisons de cette poursuite sont donc ailleurs.

Au nombre de plusieurs raisons plausibles, je voudrais retenir trois. L'expression aggravée de la justice des vainqueurs, la poursuite du musellement de l'opposition par le pouvoir des sbires de la France et la bataille spirituelle sortant de l'abstrait pour devenir matériel donc perceptible au commun des mortels afin que la parole s'accomplisse.

On savait Messieurs Ouattara et Soro accoutumés à faire couler le sang, tuer, massacrer de paisibles et innocentes personnes pour le pouvoir. Il est donc dans l'ordre normal des choses que, les pleurs, les gémissements, les sanglots de douleur des personnes victimes de leurs atrocités soient sans intérêt à leurs yeux. Cependant, nous étions en droit de penser que le couple de meurtriers propulsés temporairement au sommet de l'Etat ivoirien par l'armée Française, ne pourraient pas atteindre un certain degré de sadisme. Notamment, intervertir les rôles entre les bourreaux qu'ils sont et les victimes directes de leur barbarie.

En effet, après avoir essayé de récupérer mordicus sans succès la Fédération des Victimes de la Guerre que nous présidons, les victorieux de la razzia Française du 11 AVRIL 2011 veulent la décapiter pour faire taire à jamais les nombreuses preuves de leur stupidité guerrière qui dure depuis le 19 septembre 2002. Ainsi, après avoir fait subir des traitements de choc aux responsables restés sur place, le pouvoir d'Abidjan se lance dans une chasse sans merci au garant moral de l'organisation des victimes de la guerre. Ceux qui ont tué d'innocentes personnes, éventré des femmes enceintes, violé des filles et femmes sans défense, pillé les agences de la BCEAO, les ressources naturelles, agricoles des zones assiégées, décernent un mandat d'arrêt international contre quelqu'un dont ils ont fait piller tous les biens à Korhogo en 2002, refusé le transfert médical de la maman de Man à Abidjan en temps opportun, ce qui entraîna son décès le 25 septembre 2004. Sans oublier que cette rébellion a opposé un refus catégorique quant à l'idée de nous voir participer à ses obsèques.

On lance donc, un mandat d'arrêt international contre quelqu'un dont le seul tort est d'être victime et défenseur d'un corps social d'indigents créé par la guerre menée par Monsieur Ouattara contre les ivoiriens. C'est simplement ridicule !

Ainsi, pour célébrer leur victoire, les vainqueurs du 11 AVRIL veulent pousser leur arrogance, leur justice de vainqueur à se faire remplacer dans les prisons qui devraient leur être destinées par les victimes directes de leur barbarie.

Monsieur Ouattara veut certainement se débarrasser de la face hideuse de sa récente histoire. Malheureusement, tuer des milliers d'innocentes personnes pour son élévation personnelle, marque à jamais. Contre cela, Monsieur Ouattara ne pourra rien. En dépit de tout ce qu'il fera, la mémoire collective retient contre lui et sa descendance la qualité de tueur.

Pour ce qui nous concerne, c'est simplement un autre défi. Dans cette lutte, nous ne sommes pas au premier défi. Je voudrais rassurer l'ensemble des victimes de la guerre que ce défi sera relevé comme les premiers. Et ce ne serait point par notre force, encore moins par notre intelligence mais par l'Esprit de Dieu. Notre Dieu n'est-il pas le Dieu des faibles, des veuves et des orphelins ? Victimes de la guerre, gardons le silence car Dieu combat pour nous. Très bientôt, il sera rendu à chacun selon ses œuvres. Le juste sera justifié. Le méchant verra sa rétribution.

Au-delà de ce qui précède, ce mandat d'arrêt trouve également son explication dans la fermeture de Monsieur Ouattara à toute contradiction. La contradiction qui sied à toute démocratie, même les moins avancées. Cette procédure dépourvue de tout bon sens et est en réalité l'expression extérieure du refus de Monsieur Ouattara d'accepter que nous ayons ouvert la voie de la contradiction après la forfaiture de l'armée Française. Une forfaiture qui l'a installée momentanément au Pouvoir. Monsieur Ouattara aurait voulu être célébré et ovationné par les ivoiriens après qu'il ait fait larguer des tonnes de bombes  sur la tête d'un peuple qui n'aspirait qu'à la liberté et à  son autonomie ; faisant au bas mot 3000 morts. Ce, pendant que son adversaire Laurent Gbagbo demandait simplement le recomptage des voix en véritable démocrate pour trancher le contentieux électoral.

Ainsi, le pouvoir Ouattara lance tout azimut des mandats d'arrêt pour obtenir de force ce qu'il n'a pu obtenu de gré. C'est-à-dire l'adhésion des ivoiriens à sa politique machiavélique, déshonorante faisant de notre pays à nouveau une colonie Française et placée sous tutelle du Burkina Faso, 50 ans après notre indépendance.  Par ces mandats, Monsieur Ouattara voudrait obtenir la reddition de son opposition et la soumission du peuple ivoirien martyrisé par ses ambitions personnelles.

Espérer que les mandats d'arrêt imposent le silence aux dirigeants légitimes de la Côte d'Ivoire et au peuple ivoirien, c'est se méprendre sur l'enjeu de cette lutte.

Il me plairait de lui rappeler que si sa lutte à lui consiste à amener la  Côte d'Ivoire à ne plus exister dans le concert des nations et gérer une représentation française comme Président des Ivoiriens, la lutte de Laurent Gbagbo est de donner à la Côte d'Ivoire son autonomie aussi bien politique qu'économique comme il l'a démontré quand il était au pouvoir. Laurent Gbagbo a choisi de faire des ivoiriens des personnes dignes, ne vivant pas de mendicité internationale. C'est au nom de ce choix de dignité que le Président Laurent Gbagbo a défié la mort sans rechigner, le 11 Avril. Nous sommes adeptes de ses choix politiques, conscients des risques qui s'y attachent. Pour se faire, décerner des mandats d'arrêt internationaux à l'emporte-pièce ne changera rien à notre engagement. Dans la lutte pour l'existence de la Côte d'Ivoire, même la mort ne serait pas chère payée.

Je voudrais terminer mon propos en invitant une fois de plus les ivoiriens à croire sincèrement que Dieu n'a point lâché notre nation. Qu'il est bel et bien au contrôle. Sa gloire apparaîtra très bientôt. Ce jour là, le mal sera rendu au mal et le bien au bien. L'ordre établi par l'Homme sera évincé au profit de l'ordre divin. Même les multiples vies sacrifiées par les nombreux accidents, les cérémonies d'exorcisme des Dozos (chasseurs traditionnels réputés pour leur mysticisme) convoyés de toute la sous-région n'y pourront rien. Dieu dira son dernier mot dans la crise ivoirienne. Tournons tous les regards vers lui. A défaut, il endurcira davantage le cœur de l'ennemi qui sera de plus en plus arrogant, méprisant, violent dans la répression. Ce, pour nous briser, nous pousser à réaliser notre faiblesse, notre limite d'humain. Conditions à remplir pour la manifestation de la puissance de Dieu en Côte d'Ivoire. A la répression, opposons simplement la louange à Dieu. Car, la délivrance ne tardera pas. Elle approche à grand pas.

Pour ma part, je veux encore bénir Dieu pour ce que le sceau de mort que l'ennemi avait placé sur ma vie ait été transformé en poursuite judiciaire. Car en réalité, c'est après trois tentatives d'assassinat infructueuses qu'il s'est résolu à me mettre dare-dare sur une liste de personnes poursuivies. La précipitation après l'échec de la première option a  été telle qu'il n'a pas eu le temps nécessaire pour retrouver dans les multiples fichiers mon nom, au point où il a été totalement dénaturé sur leur fameuse liste.  Notre Dieu ne dort pas, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est bel et bien sur son trône. Même dans l'ombre de la mort, nous ne craignons aucun mal, sa présence nous rassure.

Ivoirien, Ivoirienne, ne laisse point ton cœur troubler, ton Dieu t'a promis une délivrance, il ne se reprend jamais de sa parole. La grande montagne que tu vois devant toi sera aplanie et tu glorifieras pour toujours ton seigneur. Quand Dieu t'aura donné le signal, tu te lèveras spontanément et tu saisiras ta liberté, la liberté de ta nation et même celle de ton continent.

Que Dieu bénisse chacun de nous !

 

Fait à Abidjan, le 31 Août 2011


Le Ministre Charles Rodel Dosso

AFFAIRE WATTAO: LES HOMMES DU COMMANDANT DECLARENT LA GUERRE

 

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«Si jamais, on touche à notre commandant, nous allons rendre ce pays ingouvernable. Celui qui est « garçon » qu'il vienne arrêter le commandant. Nous sommes prêts».


L'affaire d'anciens militaires français arrêtés et relâchés par Issiaka Ouattara, alias Wattao continue d'alimenter l'actualité. Le commandant et ses hommes sont accusés par l'un des Français de vols numéraires, séquestration avec violences et voie de fait.

Cette situation a mis les autorités françaises dans tous leurs états. Ainsi, selon les informations en provenance de l'hexagone, les autorités françaises réclameraient la tête du patron de la compagnie «Anaconda».


Ce qui n'est pas du goût des hommes du commandant en second de la garde républicaine. Nous avons échangé avec certains d'entre eux, vendredi dernier, aux environs de 16 heures, par téléphone. Selon ces derniers, c'est une manœuvre mise en place pour «liquider » leur chef. Ils soutiennent mordicus que pendant les faits, leur commandant n'était pas sur les lieux. Et que l'interpellation et l'interrogatoire des trois Français se seraient déroulés sans aucune violence. «Tous leurs matériels leur ont été remis. Les Blancs mêmes ont reconnu n'avoir subi aucune violence. Nous sommes surpris qu'on vienne demander la tête de notre commandant », font-ils remarquer. Et de menacer : «Si jamais, on touche à notre commandant, nous allons rendre ce pays ingouvernable. Celui qui est « garçon » qu'il vienne arrêter le commandant. Nous sommes prêts. Nous ne pouvons pas l'accepter. C'est nous qui avons mis Alassane au pouvoir. Qu'on fasse attention ». Dans les échanges, ils font des révélations sur ce qui arrive à Wattao. Selon eux, il y a longtemps que leur commandant était dans le viseur de ses pourfendeurs.


Les gens attendaient le moindre faux pas de ce dernier pour frapper. Puisque selon certains proches d'Alassane, il aurait aidé de nombreuses personnalités de la majorité présidentielle à sortir du pays au lendemain de l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Notamment, Charles Blé Goudé, leader des jeunes patriotes.

En effet, les nouvelles autorités se demandent comment Blé Goudé a pu sortir du pays sans complicité. Tous les regards sont tournés vers Wattao. Parce qu'il est très lié au leader des jeunes patriotes. « Le commandant n'a aidé personne à sortir du pays, même pas Blé Goudé. Ce sont des rumeurs pour le salir », font-ils remarquer. Et d'ajouter : «Celui qui est garçon qu'il vienne enlever le commandant. Les gens veulent qu'on s'amuse. On va s'amuser. Au lieu de gérer le pays, on veut liquider ceux qui les ont aidés à prendre le pouvoir».

Peut-on avoir la tête de Wattao sans que Morou et Fofié ne réagissent? Les deux autres n'accepteront sous aucun prétexte que leur frère soit livré. Puisque les trois sont liés. C'est une autre paire de manche qu'il faudra gérer. Le film est loin d'être terminé. Les jours prochains nous situeront. Comme le disent les Anglo-Saxons, « Wait and see ».


Source : AFRICAN LIBERTY

NOMINATION D'UN PREMIER MINISTRE APRES SORO: LE PDCI PROPOSE, L'UE RECUSE

 

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Le poste de Premier ministre est l'une des promesses fortes de campagne du président Alassane Ouattara à l'endroit du Pdci. Ce poste devrait être effectivement occupé par le parti du président Henri Konan Bédié, à la deuxième mouture du gouvernement Soro. Mais, la désignation de son occupant pose encore problème. La personnalité proposée par le Pdci est récusée par l'Union européenne (Ue) qui fait une contre-proposition.


Le dossier fait la navette entre le palais présidentiel et Daoukro où le président Bédié s'est retiré après les rudes batailles postélectorales. La désignation d'un Premier ministre issu du Pdci-Rda pour succéder à Guillaume kigbafory Soro, conformément à la promesse de campagne du président Ouattara, pose problème entre le palais d'Abidjan, l'Ue et Daoukro, devenu le centre des décisions du vieux parti. Dès la formation du gouvernement actuel, le président de la République avait déclaré que les ministres seront évalués après six mois d'activités. Cette évaluation sera sanctionnée par un remaniement ministériel dont le fait majeur sera la nomination d'un nouveau Premier ministre issu du Pdci-Rda. L'application de cette promesse qui s'inscrit dans le cadre de la coalition Rhdp est rendu difficile par les exigences de l'Ue.

En effet, de source diplomatique proche du dossier, le président du Pdci a proposé à ce poste l'actuel ministre des affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan. L'argumentaire du sphinx de Daoukro a pour ossature les six ans d'expérience (de 1993 à 1999) acquise à ce poste par Duncan, sous son régime. Mais l'Ue voit les choses autrement.

Pour les dirigeants du vieux continent, Kablan Duncan (né le 30 juin 1943) et le président de la République (né le 1er janvier 1942) qui ont sensiblement le même âge ne feraient pas une bonne paire au sommet de l'Etat. Ado se retrouverait face à un Premier ministre difficile à manipuler. Ils proposent donc un Premier ministre outillé mais jeune. Le traitement du dossier se complique davantage pour Ouattara lorsque, au lieu de laisser le choix au Pdci de proposer une autre personnalité, l'Union européenne tente d'en imposer d'autres qui échappent au contrôle d'Henri Konan Bédié .Il s'agit, notamment, de Thierry Tanoh, expert comptable, diplômé de l'Université Harvard, vice-président de la Société financière internationale, Sfi, pour l' Afrique sub-saharienne et l'Amérique latine, depuis le 1er juillet 2008 et de Tidjane Thiam, actuel Pdg de Prudential plc, principale compagnie d'assurance du Royaume-Uni, ministre de la planification et du développement dans le gouvernement Kablan Duncan .

Depuis septembre 2009, ce dernier préside le groupe d'assurance Prudential. De ce fait, il est le premier noir à diriger une entreprise du Ftse 100, indice boursier des cent entreprises britanniques les mieux capitalisées, cotées à la bourse de Londres. Les deux personnalités ont du coffre et un réseau de relations étanche, mais sont plus proches de l'Occident que de leur propre pays. Le choix de l'une d'entre elle comme Premier ministre laisserait entrevoir un diktat occidental. Ce qui donnerait du grain à moudre aux détracteurs du président Ouattara, présenté par ceux-ci comme un simple levier manipulé depuis l'extérieur. Outre la gêne qu'éprouve Ado face à l'immixtion de ses soutiens extérieurs dans le choix du prochain Premier ministre, il y a son souci de préserver son soutien politique national qu'est Henri Konan Bédié.

De sa position, Ado devient, malgré lui, médiateur dans le traitement du dossier. Pris qu'il est entre le marteau de l'Ue et l'enclume du Pdci. Pour détendre le bras de fer, le président Bédié prépare une pièce de rechange. Charles Diby Koffi, admiré par la communauté internationale, à la place de Kablan Duncan. Beau-fils du président Bédié (il a épousé sa nièce), Charles Diby a l'avantage d'être déjà dans le carré familial. Il ne lui restait plus qu'à se donner une onction politique. C'est chose faite depuis le samedi 20 août dernier. Il a, en effet, pris, ce jour, la carte du Pdci-Rda, officialisant ainsi son appartenance au parti. Bédié se trouve donc plus à l'aise pour jouer la carte Diby. Selon des indiscrétions, le président Ouattara qui séjourne actuellement en France a certainement inscrit en bonne place ce dossier brûlant au menu des entretiens avec Nicolas Sarkozy.



E.M. Koffi

 

Source : LE MANDAT

lundi, 29 août 2011

LE COLONEL CHARAUX LIVRE SA VERSION DES FAITS ET DENONCE LES ABUS DES FRCI

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Interview d'un des trois Français victimes d'arrestation arbitraire en Côte d'Ivoire, le samedi 20 août. Pour France-Soir, le colonel de gendarmerie Jean-Grégoire Charaux livre sa version des faits et dénonce les abus de pouvoir commis par certains FRCI.


France-Soir. Le ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, a déclaré dans une interview à France-Soir que vous n'avez pas été arrêté mais que vous avez été "entendu" par la police et la gendarmerie, le samedi 20 août. Est-ce votre version des faits ?

Jean-Grégoire Charaux. Je n'ai pas été « entendu » ni « arrêté ». J'ai été enlevé. Je suis officier de gendarmerie à la retraite et je connais les procédures légales pour les avoir pratiquées durant toute ma carrière. J'ai enseigné la police judiciaire en Côte d'Ivoire et ailleurs. Quand on est entendu, on signe un procès verbal, on a droit à un avocat, on peut prévenir un proche. Là, non, aucun de ces droits ne m'ont été garantis. Tout m'a été retiré. J'ai été enlevé sur dénonciation.

F.-S. Qui vous a enlevé et vous a donc « entendu »?

J.-G. C. Je sais faire la différence entre un policier, un gendarme et un militaire. Ces gens là étaient dans une tenue panachée, mi-civile, mi-militaire...

F.-S. Comment les choses se sont-elles passées ?

J.-G. C. Je suis arrivé par avion de Lomé (Capitale du Togo, Ndlr) à 1′aéroport d'Abidjan à 15H10. J'étais entre 16H15 et 16H30 en train de faire visiter un domicile à un couple de Français expatriés.  A ce moment là, ces hommes que je vous décris sont arrivés. Ils étaient armés de kalachnikov et d'armes de poing. Ils nous ont demandé de sortir. Nous avons obtempéré. Ils ont libéré le couple et des trois qui restaient ils m'ont nommément désigné pour monter dans un véhicule noir sans plaque d'immatriculation en me menaçant de leurs armes. J'ai bien voulu demander qui ils étaient et ce qu'ils me voulaient mais ils ont répondu en m'intimidant avec leurs armes. Ils m'ont intimé l'ordre de monter et à mes compagnons de les suivre, encore une fois, sous la menace. Mes bagages ont été montés dans leur véhicule. Ils nous emmenés dans une caserne entre le boulevard de Marseille et le boulevard Valéry Giscard d'Estaing. Cette caserne abrite apparemment les Forces républicaines de Côte d'Ivoire. Ce n'est pas un poste de police ! Il était 17H30. Dehors, ils ont directement sorti mon sac, m'ont demandé la clé de mon bagage. En ouvrant ils ont « découvert » 41.000 $ en espèces que je venais de récupérer à la compagnie aérienne de mon employeur, à sa demande, pour régler le carburant des avions. Dans l'aviation en Côte d'Ivoire, et ailleurs en Afrique, tout se paye en dollars. Ils savaient que je venais de retirer cette somme. J'ai été victime d'une dénonciation et la victime d'une embuscade. Comment voulez-vous qu'ils me désignent autrement aussi facilement ? Ils sont venus nous cueillir et ils savaient où se trouvaient l'argent. Je m'y connais en embuscade, je suis un ancien capitaine d'infanterie, ce n'est ni plus ni moins que du banditisme. C'est du banditisme sous le sceau d'une autorité militaire d'Etat.

F.-S. Que s'est-il passé une fois qu'ils vous ont retiré l'argent ?

J.-G. C. Ils m'ont séparé du reste du groupe et isolé dans un bureau dans le corps central de la caserne. Mes deux ravisseurs, sans grades, avaient toujours leurs armes pointées sur moi et franchement ils ne m'inspiraient pas confiance. Ils n'avaient rien de militaires officiels, réguliers. L'un avait une tête de barbu et l'autre portait avec son treillis une casquette de baseball. J'ai connu les événements de 2004 et là, honnêtement j'ai cru que je voyais les mêmes hommes. J'ai eu peur que l'on me retrouve dans une forêt avec une balle dans la tête. Je me suis aussi souvenu de l'affaire Kieffer. Etre enlevé, séquestré, humilié par ces gens-là m'a vraiment inquiété sur le moment. Je ne savais pas ce qu'il pouvait se passer. Là, un type arrive que l'on me présente prétendument comme un capitaine de police, sans en avoir l'air, me pose un tas de questions sur mon patron, m'accuse d'être un salopard, un trafiquant ! Evidemment aucun procès verbal, aucune déposition, aucune procédure légale... Je nie tout ce dont on m'accuse et répond que la somme est celle de mon patron, qu'il me l'a confiée parce que je suis un homme de confiance et que celle-ci sert à l'approvisionnement en essence des avions de sa compagnie. Vers 19H45, le commandant Wattao (« Com-zone » en charge des FRCI sur le secteur et nommé commandant en second de la Garde républicaine par Alassane Ouattara, Ndlr), appelle pour savoir si j'ai été brutalisé. Il m'a demandé de faire un écrit spécifiant que je n'avais pas été victime de violences et que l'on m'avait rendu mes effets personnels. J'ai signé bien évidemment, mais en sachant qu'à côté de moi mes ravisseurs étaient toujours armés. Que se serait-il passé si je n'avais pas signé ? J'ai signé, oui. Et quand on m'a rendu mes « effets personnels », on ne m'a pas rendu l'argent qui s'y trouvait au moment de mon enlèvement.

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F.-S. Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, déclare dans l'interview donné à France-Soir ne pas savoir où l'argent est gardé. Qu'en pensez-vous ?

J.-G. C. J'ai du respect pour Hamed Bakayoko qui m'a appelé pour avoir ma version des faits. Mais c'est un politique. Il est embarrassé par les hommes de Wattao qui ne sont ni des gendarmes ni des policiers... L'action de ces hommes là paralysent son objectif de rétablir la sécurité publique. Les gens à qui j'ai eu à faire sont en réalité plus des voyous que des militaires. Après, que Hamed Bakayoko défende le commandant Wattao, je peux le comprendre, c'est de la politique. Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif et qui appartient à une société privée.

F.-S. Vous avez porté plainte pour quels motifs le lendemain ?

J.-G. C. J'ai porté plainte auprès de la gendarmerie pour arrestation arbitraire, séquestration et vol. C'est bien de cela dont il s'agit. Après avoir fait enregistrer cette première plainte, un officier de police judiciaire de la Sûreté de l'Etat s'est présenté pour que je présente une deuxième déposition. Ce que j'ai fait. Il y a donc deux plaintes et deux enquêtes. Les deux sont identiques et je suis formel dans celle-ci comme ici : ce qui s'est passé samedi 20 août est une bavure de la part des FRCI.

F.-S. Vous n'avez donc pas en tout cas été « brutalisés » par les FRCI ?

J.-G. C. Nous n'avons pas été brutalisés mais nous avons été intimidés par des hommes armés qui refusent de s'identifier et de vous dire pourquoi vous êtes embarqué et séquestré ! Ce n'est déjà pas mal non ? Franchement quand vous vous retrouvez face à ces hommes là vous ne savez vraiment pas comment vous allez sortir de là... Ils nous ont traités comme de la viande, comme des voleurs.

F.-S. L'ambassade de France est-elle bien intervenue dans votre libération ?

J.-G. C. Oui, c'est vrai et je remercie l'ambassade et le Premier conseiller ainsi que la Force Licorne. Ils suivent l'affaire avec attention depuis le début.

F.-S. Est-ce que vous pensez que le commandant Wattao a commandité votre enlèvement ?

J.-G. C. Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que c'est son second qui a fait le coup. Je n'envisage pas qu'il n'ait pas été informé par lui. Je n'accuse pas le commandant Wattao de corruption mais ce sont ses hommes qui m'ont pris l'argent dans la zone qu'il est sensé contrôler. Il y a une expression parfaite pour cela : « responsable mais pas coupable ».

F.-S. Cette affaire semble embarrasser le gouvernement ivoirien. Ne croyez-vous pas que votre « affaire » tombe au mauvais moment pour lui ?

J.-G. C. Au contraire ! Avec cette affaire on rend service au gouvernement Ouattara pour qui j'ai le plus grand respect. Il faut qu'Abidjan soit débarrassée de la prédation et que gendarmerie et police retrouvent leurs prérogatives. Je n'ai rien contre le nouveau pouvoir au contraire. Je n'accepte pas l'injustice parce que je suis un soldat de la loi. Par mon action je veux laver mon honneur et que ces actions de ce genre cessent ! Il faut le savoir, tous les jours les Français sont pillés, volés, vandalisés taxés, rackettés par ces voyous qui ont mis Abidjan sous leur coupe. Ces voyous, il faut les encaserner ou leur trouver un travail ! Mon affaire permet de lever le voile sur cette vérité là. Je veux rendre service. C'est un test fort pour le pouvoir qui suit l'affaire de près. Il n'est pas le seul... Les investisseurs internationaux regardent aussi cette affaire avec un grand intérêt. Si le gouvernement refuse de rendre justice et montre que l'Etat de droit n'est pas de retour en Côte d'Ivoire, ces investisseurs là se détourneront et ne feront pas confiance au pays. En attendant, j'ai confiance en la Justice ivoirienne.

F.-S. Vous parlez de « voyous » au sujet de certains FRCI. Vous n'y allez pas un peu fort?

J.-G. C. Je n'ai pas peur de dire ce que je pense même si ces jours-ci je ne sors pas de mon hôtel de craintes de représailles. Ils sont les mêmes que les voyous d'avant. La seule chose qui a changé ? Leur ethnie. Sinon les mœurs restent les mêmes, la seule chose qui les motive c'est l'argent. Aujourd'hui ces gens-là squattent des domiciles privés, volent des voitures... La Côte d'Ivoire mérite bien mieux. Je ne fais pas de politique mais j'aime ce pays. C'est mon deuxième pays. J'y ai de la famille, j'y ai travaillé pendant des années, j'ai protégé des familles chrétiennes, j'ai protégé des familles musulmanes à Yamoussoukro où j'étais en poste, j'ai formé des gendarmes qui sont aujourd'hui responsables, officiers... Je sais que la Côte d'Ivoire peut réussir à retrouver la paix. Les Ivoiriens ont le droit à la démocratie. J'ai confiance en ce pays et je veux y vivre.

F.-S. Que demandez-vous à la justice ivoirienne ?

J.-G. C. C'est simple. Je veux récupérer l'argent de mon patron. Je veux laver mon honneur. Je veux recevoir des excuses de ces hommes-là. Il faut que cette histoire serve d'exemple. Ces méthodes doivent cesser.

 

Source: FRANCE-SOIR

dimanche, 28 août 2011

COTE D'IVOIRE: UN JEÛNE D'HUMILIATION (SUITE)


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Par Naomie, le 25 Août 2011.


SHALOM !

Me tenant ce matin devant la parole écrite, la Bible, je « parlais » au Seigneur et surtout, je faisais le point sur notre vie d'aujourd'hui. Je lui parlais et, selon mon habitude, j'avais à la main un stylo et un nouveau cahier ouvert devant moi.

Page blanche !

Un léger récapitulatif des évènements que nous venons de vivre, la canicule, la libération de DSK, la Libye... Autant de sujets à réflexion, mais pas de litanie aucune.

Vous et moi avons pris connaissance de la volonté du Seigneur en ce qui concerne ce jeûne, et pourtant, ce matin, je savais que ce que je lisais, pensais, parlais tournait autour de ce jeûne dans une explication complémentaire, afin de bien cerner le pourquoi de ce dernier.

Oui ! Nous savons vous et moi qu'il y a déjà eu des jeûnes, bien sur ! Mais en réalité, qu'avons-nous « créé » au sein de ces jeûnes ? En un mot : quel était l'était de notre cœur lorsque nous « jeûnions » ?

Quel était l'enjeu de ces jeûnes aussi ?

Tant de questions ? Avons-nous toutes les réponses ? Je ne le pense pas ! Moi même ne peux dire et donner que ce que le Saint Esprit me donne, me révèle, m'apprend aussi.

Dans cette alliance que nous allons renouveler au travers de ce jeûne, il y a un aspect que nous ne devons pas ignorer : pour quoi, pour quoi, comment jeûnons-nous ?

La réponse nous est ici donnée, et je ne suis pas l'auteur de cette réponse !

Shalom à vous tous ! Dieu avec nous et nous franchirons les rives orgueilleuses du Jourdain afin d'entrer spirituellement dans la destinée qui est réservée pour l'humain premièrement, pour la nation ensuite.

Un frère m'a écrit un mail et dans ce dernier, j'ai été interpellée par une phrase : ne pas devenir comme Moïse ! Je me suis interrogée sur cette parole, et j'ai compris ce qu'il voulait me dire : ne pas « vilipender » (mépriser) le peuple de Dieu !

Moïse n'a pas méprisé le peuple qui lui était confié mais il en fut lassé à cause de son comportement, et hier, à la lecture de certain message qui m'était adressé, j'aurai pu en effet « m'énerver » envers l'auteur.

Mais voilà, je me suis vite « reprise » en pensant à ce petit message ; je veux entrer dans le pays promis, en l'occurrence la Côte d'Ivoire.

Voilà mes pensées de ce matin :

  • Seigneur ! Nous gémissons parce que le monde est ce qu'il est, mais nous ne gémissons pas de l'avoir fait ce qu'il paraît aujourd'hui !
  • Seigneur ! Nous disons ne pas juger mais nous faisons bien pire : nous lapidons ceux et celles qui nous paraissent digne de ce sort, oublieux de tes paroles qui nous enseignent : Jean 8/7 - Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.(et celui-là seulement)
  • Seigneur ! Nous disons aimer Israël ; pourtant, au nom d'une paix illusoire nous agissons comme des animaux sans réflexion, de manière grégaire (en troupeaux) et aimerions voir Israël céder devant les instances des nations et sous l'égide de l'O.N.U. - « asticotée » par les « palestiniens » (les philistins anciens) - A qui Dieu donna cette terre sinon à Israël, qui devait jouir de sa terre promise ! Gaza, qui appartient de droit à Israël, occupée par les philistins, n'offre pas une vision de paix et harcèle continuellement Israël, qui ainsi subit de grands dommages laissant l'église elle même silencieuse voir muette. Lévitique 20/24 - Je vous ai dit: C'est vous qui posséderez leur pays; je vous en donnerai la possession: c'est un pays où coulent le lait et le miel. Je suis l'Eternel, votre Dieu, qui vous ai séparés des peuples
  • Seigneur ! Nous disons « amen » aux beaux sermons qui nous enflamment, mais demeurons statiques lorsque tu nous appelles. Matthieu 8/22 - Mais Jésus lui répondit: Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts.
  • Seigneur ! Nous tuons au nom de la liberté, alors que c'est en toi, le Prince de la vie, le Vivant, qu'est la vraie liberté - Esaïe 61 /1 - L'esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi, Car l'Eternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance.

La parole de l'homme est toute autre : « liberté ! Que de crime on commet en ton nom » (Charlotte Corday au pied de la guillotine)

  • Seigneur ! Nous disons suivre tes voies : « tu ne détourneras pas ton regard de celui qui souffre ! Tu ne feras pas de faux témoignage ! Tu ne tueras pas !

Mais n'est-ce pas au nom de la miséricorde (?) qu'un mouvement programmé et légalisé prend vie (il n'y a que ce mouvement qui prend vie, afin de  mieux donner la mort) : l'Euthanasie cachée sous un bel emballage d'amour pour son prochain, et l'avortement ; Nous nous devons de sauvegarder les espèces en voie de disparition, ce qui me paraît louable, même si nous sommes ceux qui avons procédé à cet état de faits ; En ce qui concerne la mort dispensée au nom de l'amour, nous légiférons, ainsi, nous évitons la propagation des microbes et de la puanteur qui monte jusqu'aux cieux.

Enfin ! Quand allons-nous avoir l'honnêteté de reconnaître notre péché, procréateur de cette pestilence émanant de nos actions folles et meurtrières, allant jusqu'à imaginer que nous avons l'accord signé du Seigneur Dieu.

Esprit de Caïn repose sur nos cœurs !

Pas d'euthanasie !

Pas d'avortement !

Esaie 61/8 - 7 milliards d'individus sur terre ; pourtant les silos sont a moitié vides ! Pourquoi ne sont pas dénoncés, montré du doigt, ceux qui agissent contre l'humain son frère, préférant le voir mourir de faim afin de s'emplir les poches ?

Dieu a donné à l'homme la nourriture, le vêtement, le toit pour sa tête, le travail de la terre !

Le fossoyeur des peuples agit contrairement, il prend et ne donne rien ! Résultat : l'homme à faim, les enfants meurent de faim, les femmes n'ont plus la force d'accoucher, et cela sous le regard concupiscent des « Marchés mondiaux »

Pour palier à cela, un remède : Ignorer la parole de Dieu, la détourner de son objectif : tu ne tueras pas devient « acte miséricordieux » et nous suivons la voie tracée par Hitler : les handicapés invalides irréversibles, les malades « en fin de vie » et les grossesses inopinées et mal venues. Qui donne la vie ? Dieu ! Qui la reprend ? Dieu !

L'enfant est un cadeau de Dieu, et honte aux « chrétiens » qui mettent ainsi dans les toilettes les embryons, les fœtus indésirés, et honte à ceux qui ôtent la vie sous le prétexte du « bon samaritain » - voyez plutôt ce que fit le Samaritain décrit dans la bible !

Bref ! L'homme se prend pour Dieu et agit comme tel ! Attention au retour du boomerang.

ILS DIRONT « SEIGNEUR ! SEIGNEUR ! EN TON NOM... ET LE SEIGNEUR DE DIRE : ARRIERE DE MOI OUVRIER D'INIQUITE JE NE VOUS AI PAS CONNU » Luc 13/27.

Allons-nous comprendre ce que le Saint Esprit nous enseigne ?

Jusqu'à quand allons-nous ainsi fermer les yeux de nos cœurs ?

TU VEUX ENTRER DANS CE JEÛNE ? REFLECHIS BIEN A CE QUE TU VAS FAIRE !

METS-TOI DEVANT LE SEIGNEUR ET PENSES COMMENT TU VAS VIVRE CET INSTANT !

REFORMONS NOS VOIES tout comme le fit Onésime (Epitre à Philémon)

Frères et sœurs ! Au commencement de l'Ere « chrétienne » tout était mis en commun - Actes 4/32 - La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux.

Malgré les dires, les bonnes volontés, les gestes de générosité, s'il en était encore ainsi, la pauvreté ne règnerait pas en ton sein. Pourquoi tant de misère ? De manque de libéralité ? De manque de la connaissance de la parole de Dieu qui conduit les « chrétiens » à analphabétisme biblique? Une pauvreté endémique s'est incrustée et nous disons que chez les autres, le régime est pire !

Regarde la poutre dans ton œil...

Luc 6/41 et 42 - Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère.

Sache, frère, sœur, que lorsque tu reçois un plus petit que toi c'est le Seigneur que tu reçois !

POUR ABORDER CE JEÛNE IL TE FAUT CHANGER TON COMPORTEMENT DE SUITE !

PAS DEMAIN !

DEMAIN C'EST TROP TARD !

Même si on te dit le contraire, il n'y a pas de temps à perdre !

LAVE TES MAINS AFIN DE MONTER A LA MONTAGNE DE DIEU !

REVETS-TOI DE GRACE ET D'HUMILITE

et que tes entrailles soient émues du sort de ceux de ta maison (si le Sanctuaire saint (Yéshua) de Dieu est ta maison) Habakuk 3/16

QU'ENSEIGNE LA PAROLE DE DIEU EN CE QUI CONCERNE LE JEÛNE ?

A ceux qui se posent cette question : Esaïe 58/3 - Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas? De mortifier notre âme, si tu n'y as point égard? -

La réponse du Seigneur : Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants, Et vous traitez durement tous vos mercenaires.

Esaïe 58/5 - Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l'homme humilie son âme? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l'Eternel?

Esaïe 58/6 - Voici le jeûne auquel je prends plaisir: Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l'on rompe toute espèce de joug;

Ce matin, cette pensée d'un peuple « hybride » s'imprimait dans ma pensée : tel est le peuple de Dieu : partagé (hybride : deux) alors qu'il ne devait être qu'un avec le Seigneur.

Si Dieu est Dieu, servez-le avec intégrité et fidélité. Faites disparaître les dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du fleuve en Egypte et servez l'Eternel -

Josué 24/14.

Elie au mont Carmel dira :

Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l'Eternel est Dieu, allez après lui ; si c'est Baal, allez après lui !

Le peuple ne répondit pas - 1 Rois 18/21.

Peuple méchant à la nuque raide !

Esaïe 1/13 - Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités.

Esaïe 1/16 Lavez-vous, purifiez-vous,  ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal.

Esaïe 2/22 - Cessez de vous confier en l'homme, dans les narines duquel il n'y a qu'un souffle: Car de quelle valeur est-il?

En conclusion, ce matin, une évidence est apparue :

TOUT CE QUI VA ÊTRE FAIT AU TRAVERS DE CE JEÛNE VA L'ETRE POUR LE PEUPLE TOUT ENTIER :

Regardez et comprenez :


Esaïe 62 /10 - Franchissez, franchissez les portes! Préparez un chemin pour le peuple! Frayez, frayez la route, ôtez les pierres! Elevez une bannière vers les peuples!

Ce jeûne est une action faite pour plaire au Seigneur, et c'est un moyen choisi  de préparer le chemin pour le peuple.

Soyez bénis !

Que l'onction arrive sur vous, et telle l'huile répandue sur la tête de Aaron, couler en abondance sur vous afin de rejaillir sur le plus grand nombre !

Seigneur ! Nous espérons voir la lumière illuminer nos cœurs et se répandre sur la Nation toute entière.

SHALOM.


Naomie.


Source: Le Site du Ministère de Naomie