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samedi, 27 août 2011

UNE «CELLULE SPECIALE» A PARIS POUR DIRIGER LA COTE D'IVOIRE

NICOLAS SARKOZY 9.jpg

Lu pour vous dans "Le Temps" du Vendredi 26 Août 2011 par K. Kouassi Maurice.


(...) L'Elysée aurait tancé Ouattara pour l'incapacité avérée de son régime à tenir le pari. Non sans dire sa déception quant à un gouvernement de "Ministres nommés par complaisance pour satisfaire les alliances politiques" et qui sont payés à ne rien apporter de concret. En révélant que le Trésor français est obligé de supporter les salaires des fonctionnaires ivoiriens, à un moment où la France, à l'instar des pays européens et les Etats-Unis, se cherche au milieu des gros déficits économiques, Fillon donnait un avertissement.

Des sources crédibles indiquent que les deux hommes (Sarkozy et Ouattara) ont eu des "entretiens serrés" à ce sujet. Aussi, Ouattara pourrait ne plus avoir de marge de manœuvre dans la gestion courante de la Côte d'Ivoire. Il se murmure qu'une sorte de "Cellule spéciale pour les affaires ivoiriennes" a été mise en place à l'Elysée qui ferait office de gouvernement à distance pour la Côte d'Ivoire. Car, "on ne peut pas compter sur eux", s'affligent les colonisateurs aujourd'hui confrontés aux limites de leurs hommes de main. On imagine donc qu'au retour des vacances, les ministres adopteront un profil plus petit que par le passé. Ils seront toujours là, certes, mais, pour la forme. (...) Et la France, après son coup d'Etat contre Laurent Gbagbo, est obligée de palier les carences de ses affidés, dans la mesure où l'échec de Ouattara sera la plus grande honte de la France. Ce que Sarkozy tente d'éviter à tout prix (...).


Source : INFOS PLUS

vendredi, 26 août 2011

LA JUSTICE DES VAINQUEURS EN MARCHE: LE GENERAL GUIAI BI POIN A LA MACA POUR VOL A MAIN ARMEE... !



GENERAL GUIAI BI POIN.JPG

Arrêté le samedi 20 août 2011 à 16 heures par le colonel major Vako Bamba, commandant en second de la gendarmerie nationale, pour dit-il avoir constitué un charnier qui aurait été découvert à l'école de gendarmerie, le général de division Georges Guiai Bi Poin a été placé sous mandat de dépôt par le juge du 6ème cabinet pour des faits fabriqués de toutes pièces. De fait, arrêté et détenu au camp commando de Koumassi pour avoir constitué un charnier, à en croire le colonel major Vako Bamba. De sources proches du dossier, « le mandat de dépôt du général de division Guiai Bi Poin repose sur les faits de vol à main armée avec violence et effractions, concussion, atteinte à l'économie publique, pillages et complicité desdites effractions ».

On le voit, point n'est besoin de faire un dessin, le commandant en second de la gendarmerie nationale a menti sur toute la ligne. L'histoire du charnier, comme les services de Ouattara savent en fabriquer, n'est en réalité qu'une alchimie du nouveau régime pour avoir la tête de cet ancien collaborateur du président Laurent Gbagbo lui-même détenu au mépris des règles les plus élémentaires du droit par ceux qui de tous temps ont crié à l'arbitraire.

Il n'y a jamais eu de charnier à l'école de gendarmerie. Ni le colonel major Vako ni les conducteurs des bulldozers qui durant quatre jours ont remué tout le sol de cette institution ne  diront le contraire ; pas non plus l'Onuci qui était sur place hier, mais qui s'en est retournée la queue entre les pattes, confuse d'avoir pris pour vérité d'évangile les déclarations du colonel Vako. Les avocats de l'accusé promettent un déballage le lundi 29 août prochain, ont précisé nos sources.

Comme le président Laurent Gbagbo, le général de division Giuai Bi Poin a été mis aux arrêts avant que l'on ne lui trouve des chefs d'accusation. Aussi, les accusations portées contre Guiai Bi Poin ressemblent fort curieusement à celles pour lesquelles Laurent Gbagbo a été inculpé. Mais cela n'est pas étonnant. Le président déchu avait prévenu la haute hiérarchie des Fds en ces termes : « si je tombe vous tombez avec moi ». Aujourd'hui, l'ancien patron de l'école de gendarmerie et du Cecos paie pour avoir défendu à sa façon le régime de Gbagbo. Qui sera le prochain ? Avis aux généraux Philippe Mangou, Edouard Kassaraté, Detoh Letto, Brédou Mbia.


Barthélemy TEHIN, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 49 du vendredi 26 août 2011.

L'INCULPATION DE LAURENT GBAGBO POUR CRIMES ECONOMIQUES, UN AVEU QUI DOIT CONDUIRE A SA LIBERATION IMMEDIATE

 

GBAGBO ET LES CHEFS MUSULMANS IVOIRIENS.jpg

Le jeudi 18 août 2011, le procureur de la République, Simplice Kouadio Koffi a inculpé le couple Gbagbo pour « crimes économiques », à la surprise générale. Aucun crime de sang au menu. L'on se souvient pourtant de toutes les récriminations faites contre le couple présidentiel ivoirien depuis 2000, avec l'appui de toute la presse anti-Gbagbo porte-voix de l'Elysée, en France, en Belgique et en Afrique. Pour tous les observateurs et analystes de la crise ivoirienne depuis ses origines, qui ont connu la violence et la dureté des diatribes imputant des crimes à Monsieur et Madame Gbagbo, une telle « pudeur » dans leur inculpation laisse sans voix.

Loin d'être un acte à mettre au compte de la réconciliation nationale, cette dernière sortie du pouvoir Ouattara est à décrypter comme un aveu. Cinglant. Un aveu de mensonges, de diabolisation hémiplégique, de lynchage médiatique et d'invective manichéenne contre Laurent Gbagbo, pendant 10 ans.

Comment expliquer autrement que des affaires, faits et crimes longuement et permanemment ressassés comme le charnier de Yopougon, les escadrons de la mort, les enfants esclaves des plantations ivoiriennes de café et de cacao, le documentaire « Côte d'Ivoire, poudrière identitaire » du sociologue belge Benoît Scheuer de l'ONG Prévention Génocides, le concept de l'ivoirité clairement imputé à l'ancien chef de l'Etat ivoirien, la mort du journaliste franco-belge Jean Hélène, la disparition du journaliste affairiste Guy-André Kieffer, un autre franco-belge, les massacres et enlèvements de populations civiles et étrangères de la période postélectorale, n'aient pas même fait l'objet d'une évocation, du moindre chef d'inculpation. Silence radio sur 10 années « de crimes » de Laurent Gbagbo qui ont fait les choux gras de la presse française, belge et de l'opposition ivoirienne.

Laurent Gbagbo aurait dû au moins être entendu sur le financement des armes que le journaliste Hermann Aboa aurait achetées et distribuées à des milices, selon Alassane Ouattara, le chef de l'Etat ivoirien, devant la presse américaine, lors de sa visite de travail aux Etats-Unis. Que nenni ! C'est la preuve irréfutable que ce procès, qui entrera dans les annales de la justice et du droit ivoiriens - car ne respectant ni la Constitution ni les lois ivoiriennes -, n'est en réalité qu'une mascarade, un procès politique pour mettre sous l'éteignoir un opposant significatif qu'on redoute comme la peste.

Cette inculpation est totalement illégale parce que selon l'Article 2 de la loi du 27 mai 2005, «portant statut d'ancien président de la République, d'ancien chef ou président d'institution nationale et d'ancien ministre»: «Aucun ancien président de la République ne peut être poursuivi ou arrêté à raison des faits criminels ou délictueux par lui commis qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale». En outre, selon l'Article 3 de la même loi : «Lorsqu'un ancien président de la République est susceptible d'être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle, le Procureur général près la Cour de cassation, avisé des faits par tous moyens, saisit par requête le Bureau de l'Assemblée nationale». Sans nous immerger dans les détails juridico-législatifs de ces dispositions, nous constatons simplement qu'aucune de ces procédures n'a été respectée. Mieux, l'Assemblée nationale est suspendue. En toute illégalité et inconstitutionnalité. Vous parlez d'un Etat de droit !

C'était au moins l'occasion rêvée pour juger Laurent Gbagbo pour l'homicide des « 6 femmes martyrs » d'Abobo ! Comment se fait-il que rien n'ait transpiré, dans la communication du procureur de la République, de ce « crime affreux » du président ivoirien qui a fait le tour du monde ? Pour sauver la face - parce que le pouvoir Ouattara l'a vraiment perdu - il est fait référence et allusion à la Cour pénale internationale (CPI) pour juger les crimes de sang de l'ancien président ivoirien. Un cache-sexe, en réalité. Pour masquer les angoisses du nouveau pouvoir ivoirien relativement à ses propres démons et à ses propres crimes, quotidiennement dénoncés par les organisations internationales de défense des Droits humains (Human Rights Watch, Amnesty International), y compris la division des Droits de l'Homme de l'ONUCI et le CICR.

Mais, comme le dit un internaute ivoirien, « il ne faut pas prendre l'ombre pour la proie.  La légèreté ou l'illégalité des chefs d'inculpation est faite à dessein. Il s'agit de faire le lit à la CPI afin d'obtenir l'inculpation de Gbagbo pour crime contre l'humanité par cette dernière et pouvoir ainsi l'éloigner définitivement de la vie politique ivoirienne ». A la vérité, un procès contre Gbagbo pour « ses » crimes de sang offrirait une tribune locale inespérée qui exposerait le régime ivoirien au plus grand mépris international, tant le déballage serait croustillant. Le monde découvrirait avec horreur et stupeur les mensonges odieux macérés contre le couple présidentiel ivoirien pendant 10 bonnes années. Il faut donc renvoyer toutes ces affaires sales loin des bords de la Lagune Ebrié - par ailleurs, en pleine opération de salubrité publique - pour continuer à apparaître et à plastronner en toute « virginité », à la face du monde. Un mauvais calcul, du reste. Car rien ne nous garantit que le même résultat ne sera pas atteint outre-Atlantique, au regard de la qualité et de la pugnacité mondialement reconnues des avocats du couple présidentiel. La CPI fût-elle l'un des instruments séculiers de l'impérialisme international triomphant, adoubée tribunal des petits et des vaincus, dans un monde déliquescent et déclinant. En un mot, Laurent Gbagbo est devenu une véritable « patate chaude » entre les mains du pouvoir ivoirien, de quelque côté qu'il le tienne.

Pour en revenir aux crimes économiques de Gbagbo - s'il en est - il existe un lien étroit et un rapport dialectique indéniables entre eux et la rébellion de 2002. De sorte qu'on ne peut juger Laurent Gbagbo, en toute justice, sans juger les auteurs du coup de force avortée de 2002 et tous les drames et crimes qu'il a entraînés, qui l'ont contraint, en tant que chef d'Etat responsable de millions de vie, à prendre les mesures appropriées pour maintenir debout la Côte d'ivoire et permettre aux Ivoiriens de continuer à se nourrir et à vivre. On ne peut juger les effets et faire table rase des causes. Les vraies. Oui, les véritables causes du désordre ivoirien remontent, à la date la plus proche, au début de la rébellion ivoirienne. Il va donc falloir, au pied levé, juger aussi les auteurs de tout ce trafic de diamant, d'or, de cacao, de café, de coton, de bois et de minerais qui a été instauré dans le Nord du pays depuis 10 ans au moins, le casse des agences de la BCEAO de Bouaké, Korhogo et Man - auquel ont participé, au demeurant, des soldats français -, l'économie parallèle des ex-FAFN dans les zones CNO (Centre Nord Ouest) qui prospère jusqu'à ce jour, avec la « Centrale », véritable Ministère de l'économie et des finances de l'ex-rébellion, et ses postes douaniers, dans un Etat dit « de droit » et dans un pays prétendument réunifié.

Juger donc Laurent Gbagbo pour crimes économiques et blanchir la rébellion de tous ses péchés en faisant abstraction de ses nombreux crimes, elle, la vraie coupable, ce ne serait pas de la justice mais de la vengeance, à l'état primaire. Et la Côte d'Ivoire n'en sortirait ni grandie ni plus unie. Bien au contraire ! Il ne faudrait pas se leurrer. La seule décision ou mesure qui vaille, à l'heure actuelle, après cet aveu que constitue l'inculpation du couple Gbagbo pour crimes économiques - même si cela est fait intentionnellement -, est sa libération pure, simple et immédiate.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 301 du jeudi 25 août 2011.

jeudi, 25 août 2011

ZONES D'OMBRE AUTOUR DE LA SANTE DE OUATTARA


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La presse nationale a été alertée avant-hier mardi en fin de soirée, par une dépêche de l'Agence France Presse (Afp)  sur l'hospitalisation du chef de l'Etat ivoirien en France. En dépit des assurances données par les journaux proches du régime sur ce « court passage » d'Alassane Ouattara à l'hôpital militaire de Toulon pour des « examens médicaux », des zones d'ombre subsistent sur l'état de santé du chef de l'Etat. Et relance le débat sur le danger institutionnel que fait planer ce type de situation sur  la Côte d'Ivoire.

 

Alassane Dramane Ouattara, en vacances en France depuis le 12 août dernier, « a été admis dans la matinée (du mardi 23 aout) à l'hôpital militaire Sainte-Anne (de Toulon) pour subir des examens médicaux », a-t-on appris mardi d'une dépêche de l'Afp, qui cite une « source proche du dossier ». La presse nationale s'est faite l'écho de cette hospitalisation du chef de l'Etat ivoirien en France, et chacun y est allé de son commentaire.

Ainsi, les journaux pro-Ouattara, avec à leur tête Fraternité Matin, se sont montré assez rassurants sur l'état de forme de notre vacancier de chef d'Etat. « Bilan de santé annuel du chef de l'Etat, hier en France : Tout va très bien », a barré à sa Une le quotidien gouvernemental, illustrée d'une photo où Ouattara est tout sourire. « Comme il en a l'habitude chaque année, le chef de l'Etat a mis à profit son séjour privé en France, dans le cadre des vacances du gouvernement, pour faire ce check-up que son entourage qualifie de bilan de santé classique. Le bilan est très bon et le Président rentre en fin de semaine. Il est en pleine forme », a écrit hier Fraternité Matin en page 9, qui dit avoir joint au téléphone un membre du cabinet présidentiel. De son côté, la presse de l'opposition s'est voulue très circonspecte sur la santé du chef de l'Etat. Selon Notre Voie, « on lui a fait faire (à Ouattara) une biopsie pour analyser son cœur et permettre une circulation plus aisée du sang ».

Au fait, Alassane Ouattara a-t-il des ennuis de santé ? Même si en l'état actuel des informations disponibles sur son passage, aussi bref soit-il, à l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon, on ne peut pas répondre de façon précise à cette interrogation. Car des zones d'ombre subsistent sur l'état de santé du  chef de  l'Etat. En effet s'il s'agissait vraiment d'un banal check-up (contrôle) annuel de routine « comme d'habitude », pourquoi en fait-on tout un plat et tente-t-on par tous les moyens de rassurer l'opinion, au point de se fendre d'un laconique « tout va très bien », alors qu'on n'en sait rien sur le fameux bilan de santé du chef de l'Etat ? Et puis, pourquoi le chef de l'Etat fait-il son contrôle de routine de santé en France, alors qu'il y a des hôpitaux et de bons médecins dans son pays pour faire son bilan de santé ?

Le danger institutionnel qui guette la Côte d'Ivoire

On serait aujourd'hui à l'abri de toutes ces supputations autour de la santé   d'Alassane Dramane Ouattara, si les procédures constitutionnelles de validation des candidatures à l'élection présidentielle avaient été respectées. En effet, l'article 35 de la Constitution ivoirienne du 1er août 2000 prescrit que « (...) le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins». Ce verrou constitutionnel a été sauté par les arrangements de Marcoussis - les signataires de cet accord ont été admis de facto à postuler pour le fauteuil présidentiel même s'ils ne remplissaient pas ces formalités -, ce qui n'a pas permis de se fixer sur « l'état complet de bien-être physique et mental » des principaux candidats à l'élection présidentielle.

Cela dit, si la nouvelle de la brève hospitalisation du chef de l'Etat en France fait grand bruit aux abords de la lagune Ebrié et  alimente les discussions dans les chaumières, c'est parce que les Ivoiriens sont inquiets de se retrouver dans un vide constitutionnel. En cas de grand malheur (touchons du bois) au sommet de l'Etat, la voie serait tout ouverte pour une telle aventure. En effet, aux termes de l'article 40 de la loi fondamentale - la constitution ivoirienne n'a pas encore été abrogée ni révisée ni dissoute malgré les velléités du régime d'exception instauré par Alassane Ouattara -, « en cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République (...). En cas de décès, de démission ou d'empêchement absolu du Président de l'Assemblée nationale, alors que survient la vacance de la République, l'intérim du Président de la République est assuré, dans les mêmes conditions, par le Premier Vice- Président de l'Assemblée Nationale ».

Or, depuis la prise de pouvoir d' Alassane Dramane Ouattara, l'Assemblée nationale a été dissoute de fait. Les députés ne siègent plus et ne perçoivent plus leurs indemnités depuis plus de quatre mois, malgré les cris d'orfraie poussés par le Président du Parlement ivoirien Mamadou Koulibaly. Et les juristes du chef de l'Etat font preuve d'un juridisme de mauvais aloi pour justifier que le mandat de l'Assemblée nationale a pris fin depuis fin 2005 par un acte pourtant illégal du défunt Groupe de travail international (Gti). Dans ces conditions, comment se ferait la succession en cas de vacance du pouvoir au sommet de l'Etat dans un pays qui serait alors sans Président et vice-président de l'Assemblée nationale ? Surtout que nulle part dans ses dispositions, la Constitution ivoirienne ne prévoit que le Premier ministre succède au Président de la République en cas d'empêchement de celui-ci.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 48 du jeudi 25 août 2011.

mercredi, 24 août 2011

WATTAO DANS LE VISEUR DES FRANÇAIS

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Une scabreuse affaire de coup d'Etat impliquant d'anciens militaires français aurait d'abord poussé Issiaka Ouattara dit Wattao à les arrêter avant d'en libérer deux sur les trois interpellés. L'affaire en elle-même n'est pas tout à fait claire, mais c'est ainsi que procèdent généralement les français quand ils veulent liquider celui qui les gêne.


A Abidjan, les rumeurs de coup d'Etat font partie du décor habituel mais pour ce qui est des ressortissants français qui plus sont d'anciens militaires qui voudraient faire partir Ouattara par la force au nez et à la barbe de la coalition internationale qui assure sa sécurité, cela est nouveau dans le ciel ivoirien où rien en principe ne devrait plus surprendre. Or dimanche dernier, c'est pourtant avec cette information que le quotidien français en ligne francesoir.fr a ouvert ses pages nationales maintenant le suspens jusqu'au bout. Selon la dépêche qui relate cette histoire pour le moins alambiquée, reprise par certains journaux ivoiriens, les trois français dont deux anciens officiers et deux anciens sous-officiers ont été arrêtés « dans des conditions troubles » par Wattao et ses hommes qui les soupçonnaient de vouloir faire un pustch.

L'information en elle-même en rajoutait à la confusion. Pas de mobile apparent et l'auteur de l'article, pas trop sûr de son affaire, multiplie l'emploi du conditionnel. Eux qui d'ordinaire ont leurs entrées même jusque dans l'intimité des gouvernants africains ne savaient plus si les trois français avaient vraiment été arrêtés. Or paradoxalement l'identité de leur assaillant, lui, ne semblait pas faire l'objet du moindre doute. C'était Wattao comme par hasard. Ses hommes sont sommairement accusés d'avoir malmenés les dits français, ensuite de les avoir dépouillés de la somme de 45 mille euros, environ 30 millions de nos francs.

La stratégie est en place. Pour liquider ceux qui gênent leurs dispositifs, les français n'ont de pareils dans la mise en scène de ce type de scénarii. Avec le développement des moyens de communication, les mass-médias aident généralement à peaufiner les détails de leurs complots. Première chose, il faut toujours partir d'un fait réel. En effet, comme la plupart de ses amis chefs de guerre, Issiaka Ouattara dit Wattao règne sur la partie sud de la capitale et donc sur la zone industrielle du port d'Abidjan où les entreprises françaises ont pignon sur rue. A ce titre, c'est lui qui gère, comme on le dit à Abidjan l'aéroport et tout ce qui a de la valeur aux yeux des français. Mais Wattao règne aussi sur Marcory où vivent la plupart des français dans des villas cossues et bon marché.

Or Wattao n'est pas leur homme. Ses combattants sont régulièrement accusés de rançonner les chefs d'entreprises qui sont pour la plupart des français. Wattao est aussi l'un des chefs de guerre les plus loyaux à Guillaume Soro dont la France voudrait voir la tête coupée. Les dirigeants français avaient notamment demandé à Ouattara de limoger le Premier ministre ivoirien de son poste pour y mettre Tidjane Thiam, l'un des petits fils d'Houphouët-Boigny, histoire de réinstaller tous les paradigmes de la colonisation et des forces locales qui les soutiennent.

Il faut donc commencer à affaiblir Soro en commençant par ses chefs de guerre. D'autant plus que c'est en raison de la présence nombreuse et dissuasive des FRCI majoritairement inféodées au Premier ministre qu'Alassane Ouattara a consenti à le maintenir en place. Wattao est un symbole de la menace Soro. Le liquider amenuiserait la nocivité du chef du gouvernement qui a parfois tendance à la jouer nationaliste comme Laurent Gbagbo.


Mélanie Coulibaly, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 46 du lundi 22 août 2011.

mardi, 23 août 2011

COTE D'IVOIRE: UN JEÛNE D'HUMILIATION

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Par Naomie, ce jour, 23 Août 2011.


Esdras 8/21 - Là, près du fleuve d'Ahava, je publiai un jeûne d'humiliation devant notre Dieu, afin d'implorer de lui un heureux voyage pour nous, pour nos enfants, et pour tout ce qui nous appartenait.

 

SHALOM !

Je m'adresse à vous tous qui aimez la Côte d'Ivoire !

Pourquoi ?

Afin de vous donnez la stratégie d'un jeûne spécifique qui est un jeûne d'humiliation.

Actuellement, Dieu éprouve la Côte d'Ivoire particulièrement afin de l'humilier sous sa forte et puissante main, mais ce que le Seigneur attend de la Côte d'Ivoire, c'est que celle-ci, volontairement, s'humilie sous la forte et puissante main de Dieu, tout comme il en fut jadis pour Israël.

Ce n'est pas un jeûne quelconque, ce n'est pas un jeûne de compétition, ce n'est pas un jeûne dans lequel nous tirerons profit pour nous-mêmes en tant qu'humains, mais c'est un jeûne offert à Dieu afin que sa parole, en ce qui concerne la Cote d'Ivoire, soit notre priorité.

J'ai entendu que certains attendaient un « exploit » lors du jeûne d'un jour qui se fit à Pâques ! Mais où avez-vous pris connaissance d'une action « visible » de notre Seigneur ? Et si nous marchons par la vue, où est notre foi ?

Lorsque le Seigneur parle, sa parole porte son fruit, et nous voyons la concrétisation de cette dernière.

Je ne me défends pas, je n'ai rien à prouver, mais je veux vous faire vous souvenir de « quelques petits détails »  issus de cette parole vivante :

La grande secousse dans les trois domaines essentiels de nos nations : économique, politique, social (financier, etc...)

Les grandes chaleurs de plus en plus intenses ;

La découverte d'un grand réservoir d'eau naturel au Darfour ;

Les grands remaniements dans les Constitutions françaises et américaines,

Le suivi de la vie de M. Laurent Gbagbo, SA CHUTE,

La prise de pouvoir pour le pouvoir, du président élu,

Les américains et la grande marée noire ;

Les américains et la chute du dollar,

Obama au pouvoir avant même qu'il ne soit connu comme présidentiable, ainsi que M. Sarkozy,

Le traité « méditerranéen »

La chute des Présidents arabes,

La chute de M. Kadhafi (dès sa venue à Paris)

et plus près : Mr D.S.K acquitté ;

et il y en a à dire sur cette période ou je fus appelée en tant que Prophète par notre Seigneur Dieu.

LA PAROLE DE DIEU EST EFFICACE, pareille à UNE EPEE A DOUBLE TRANCHANT !

Apocalypse 19/15 - De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frapper les nations; il les paîtra avec une verge de fer; et il foulera la cuve du vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant.

Pourquoi ce « petit résumé »?

Simplement afin de vous faire souvenir que la Parole de Dieu (si Dieu est l'auteur de la parole donnée) est vivante et ne revient pas à lui sans avoir produit son effet.

Alors en prenant connaissance de ce qui est ci-dessous, n'allez pas dire : cela ne sert de rien ! Rien ne se passe ! Que nous sert-il de servir Dieu, etc...

Israël à crié 400 ans puis vint la délivrance !

Elle n'intervint pas par les armes, elle intervint par la main puissante de notre Dieu, ce même Dieu qui fit s'ouvrir la Mer Rouge devant les yeux incrédules de ce peuple (qui n'est pas encore une nation), ce même Dieu qui fit que Josué sollicita le même peuple sur l'instance de Dieu, devant les rives orgueilleuses du Jourdain, en crue, et lui précisa qu'il devait se préparer.

Ce jeûne est aussi un jeûne de préparation au retour de la consécration, au retour de la sanctification, pour ouvrir une porte afin que l'Afrique, et la Côte d'Ivoire particulièrement, entre dans son Jubilé (remise par Dieu de son péché et brisement des liens ancestraux de l'esclavage).

Après son séjour au désert pendant 40 jours et nuits, le Seigneur fut tenté par le diable qui, sans honte aucune, se présenta devant le Roi des roitelets de la terre, et lui présenta mille et un sujet de chute ; Christ fut tenté comme parfois nous le sommes nous-mêmes.

Il est le premier d'entre nous tous !

Quelle fut sa réponse :

« Il est écrit :

TU NE TENTERAS PAS LE SEIGNEUR TON DIEU ! »

Matthieu 4/7.

Que ce jeûne ne soit pas une action par laquelle nous tenterions notre Seigneur, mais offrons-lui, selon sa volonté, ce jeûne sur trois jours, et voyons comment son amour va répondre à notre désir de consécration.

J'insiste sur un fait : la période du Vendredi 2 Septembre au soir jusqu'au 4 Septembre au soir correspond à la date à laquelle ce jeûne doit s'accomplir ; souvenez-vous de ceux qui réclamèrent au Seigneur (pour le tenter) une action visible (un miracle) afin qu'ils croient :

Matthieu 12 /38 - Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent: Maître, nous voudrions te voir faire un miracle.

La réponse de Yéshua fut la suivante :

Luc 11/29 Comme le peuple s'amassait en foule, il se mit à dire: Cette génération est une génération méchante; elle demande un miracle; il ne lui sera donné d'autre miracle que celui de Jonas.

ALLER JUSQU'AU BOUT!

Dans la vie, il est des instants décisifs où la foi doit dominer sur le charnel, sur notre quotidien.

Depuis 7 années, Yéshua, par son Esprit saint, a jeté son dévolu sur sa servante afin que la Côte d'Ivoire sorte de sa crise tant spirituelle qu'autre, le spirituel demeurant la dominante (mais ne pas confondre, je ne suis pas une "Jeanne d'Arc").

Depuis qu'existe le site, vous vous êtes aperçus et avez vécu le déroulement de la prophétie pour cette nation, qui doit amener l'Afrique noire, particulièrement, à entrer dans sa destinée avec Dieu.

D'autres avant moi sont venus, ont fait ce qui devait être, agissant poussés, certains, par l'Esprit Saint, d'autres assoiffés de gloire personnelle;  je ne suis pas présentement chargée de les juger, le seul juge que je reconnais est Dieu qui, par Christ, agira selon le conseil de son propre conseil, nous dit la Bible.

Donc, il y a eu une évolution, puis un grand changement, et maintenant, il y a désolation, tant le plus grand nombre a été déçu. Mais en toute chose, il faut y voir le bras du Seigneur qui, permettant ce qui a été fait et dit, nous mène sur un chemin par lequel nous ne sommes pas encore passé (pour beaucoup d'entre nous).

C'est un chemin nouveau et ancien à la fois - Certains aspirent à le connaître tandis que d'autres le refusent.

Jérémie 6/16 - Ainsi parle l'Eternel: Placez-vous sur les chemins, regardez, Et demandez quels sont les anciens sentiers, Quelle est la bonne voie; marchez-y, Et vous trouverez le repos de vos âmes! Mais ils répondent: Nous n'y marcherons pas.

Ceux qui souffrent et comprennent les résolutions de Dieu diront ceci :

Lamentations 5/21 - Fais-nous revenir vers toi, ô Eternel, et nous reviendrons! Donne-nous encore des jours comme ceux d'autrefois!

Voici la voie par excellence que le Seigneur m'a révélé :

UN JEÛNE SUR TROIS JOURS :

Jeûne d'humiliation

(avant le départ du lieu de servitude)

(Esdras 8/21 - Là, près du fleuve d'Ahava, je publiai un jeûne d'humiliation devant notre Dieu, afin d'implorer de lui un heureux voyage pour nous, pour nos enfants, et pour tout ce qui nous appartenait.)

Jeûne de consécration

(avant d'entrer dans le Tabernacle de Dieu)

(Nombres 6/2 - Parle aux enfants d'Israël, et tu leur diras: Lorsqu'un homme ou une femme se séparera des autres en faisant vœu de naziréat, pour se consacrer à l'Eternel,)

Jeûne de sanctification

(Matthieu 5/8 - Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu!)

Jeûne de purification!

(Nombres 19/20 - Un homme qui sera impur, et qui ne se purifiera pas, sera retranché du milieu de l'assemblée, car il a souillé le sanctuaire de l'Eternel; comme l'eau de purification n'a pas été répandue sur lui, il est impur.)

La chair n'aime pas a être contrainte, et jeûner c'est la contraindre à s'humilier devant le Trône de la Grâce, sans jamais se départir une seule fois de la pensée que pour avoir accès à la grâce, il nous faut être passés à la croix. Sinon, ne faites rien, ce serait une perte de temps.

Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom...

2 Chroniques 7/14 - Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humilie, prie, et cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises voies, -je l'exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays.

Voilà la parole de vérité, voilà le chemin par lequel nous allons, ensemble, passer!

Cela va déboucher sur cette promesse faite à Jérémie le prophète de Dieu dans le chapitre 33 verset 3 : Invoque-moi, et je te répondrai; Je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées, Que tu ne connais pas.

Dieu désire que nous nous approchions de lui, le Souverain de la Côte d'Ivoire, que nous l'implorions, que nous l'invoquions selon sa volonté, et nous allons obtenir la réponse qui sera celle dont nous avons besoin, peut-être pas celle que nous souhaitons, mais la meilleur pour nous, pour la nation ivoirienne, puis ensuite pour l'Afrique noire.

Esdras nous enseigne la séparation d'avec les païens : ce jeûne est une mise à part, une séparation.

Le Seigneur vient lui-même faire cette séparation, les boucs d'avec les brebis!

Matthieu 25/32 et 33 - Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

CE JEUNE EST UNE RECONSTRUCTION SPIRITUELLE QUI DOIT SE FAIRE AVEC LES HOMMES ET FEMMES DE FOI, DE TOUS AGES, qui se seront mis à part, qui seront remplis de l'Esprit Saint, même les enfants à la mamelle.

PAS D'ASSOCIATTION OECUMENIQUE - (Esdras 4/3)

Le Seigneur de dire : POURQUOI NE COMPRENEZ-VOUS PAS?

IL EST TEMPS DE VOUS DEMARQUER DU MONDE!

IL EST TEMPS DE BRULER SUR LES BUCHERS L'ORGUEIL ET LA VANITE et de placer sur l'Autel de Dieu vos vies.

Un grand vent se lève! Il est parti de l'extrémité de la terre, et la poussière qui le précède va se déposer sur la surface de la terre, et la couvrir comme de la cendre, jusqu'à ce que l'homme prenne le sac de l'humiliation, de l'humilité.

LE SEIGNEUR DIT :

ASSIEGE LA VILLE DE YAMOUSSOUKRO, et pointe ton doigt vers elle; elle est la ville des pouvoirs que le Seigneur veut ébranler.

(Attention! Il n'est nullement question d'une action par les armes, les seules armes que nous possédons sont spirituelles, mais efficaces)

STRATEGIE DU JEÛNE :

Sur 3 jours.

JEUNE DE DANIEL - (s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles.)

Donc des fruits, légumes, eau, tisanes, potages clairs (pour les biens portants)

Pour les frères et sœurs dont la santé ne le permet pas, qu'ils fassent selon ce que Yéshua leur montrera.

Dans cette période d'abstinence, c'est une volonté de se mettre à part, de se purifier (l'intérieur et l'extérieur) - pas de relation sexuelle - de se consacrer (retrouver le naziréat perdu)

Une reconquête spirituelle de nos vies, des assemblées, de la nation.

Cela doit se faire hors de la crainte.

La modestie sera le vêtement de mon peuple - pas de recherche vestimentaire, pas de maquillage.

Suivre l'Arche de Dieu (Christ Yéshua) qui va nous montrer le chemin.

Josué dira ceci : Josué 3/5 - Josué dit au peuple: Sanctifiez-vous, car demain l'Eternel fera des prodiges au milieu de vous.

Le Seigneur veut ôter l'interdit qui est au milieu de toi!

Côte d'Ivoire, Dieu veut faire tomber l'interdit qui est en ton sein.

Josué 7/13 - Lève-toi, sanctifie le peuple. Tu diras: Sanctifiez-vous pour demain; car ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël: Il y a de l'interdit au milieu de toi, Israël; tu ne pourras résister à tes ennemis, jusqu'à ce que vous ayez ôté l'interdit du milieu de vous.

C'est alors que nous aurons la victoire sur tous nos ennemis.

La portée spirituelle de ce jeûne est « la traversée du Jourdain »

Le Seigneur de dire : malgré le tumulte de l'eau qui gronde, du vent qui souffle et de la tempête qui fait rage, c'est « à pieds secs » que le Jourdain sera franchit.

Un jeûne de consécration, d'humiliation avant de s'engager dans le Jourdain.

Se séparer de ce qui n'est pas à la gloire de Dieu!

1er jour : OTER TOUS LES FEUX ETRANGERS AU MILIEU DE TOI

ce qui revient à dire de nettoyer notre maison, notre « autel » - notre vie qui se doit d'être consacrée et de se défaire de tout ce qui déplais à Dieu, qu'il n'est pas permis de posséder, qu'il ne peut pas agréer.

Nous préparons ainsi l'autel nouveau sur lequel les feux de la sainteté seront agrées par le Seigneur.

2ème jour : ENTRER DANS LE VIF DU SUJET EN NOUS HUMILIANT DEVANT YESHUA!

Plus qu'une symbolique, c'est l'expression de vouloir vivre nouvellement une vie régénérée et de nous humilier pour le péché de nos pères et notre péché national.

Cette action va permettre que nous entrions dans le sanctuaire, parce que nous serons purifiés par notre action de nous défaire de nos feux étrangers qui n'ont pas a demeurer sur l'autel de nos vie, puis, de façon symbolique, revêtu de sac et de centre, nous allons en humilité reconnaître ce que nous sommes.

C'est alors que nous allons assiéger YAMOUSSOUKRO en pointant le doigt vers elle, afin que cette ville reçoive au centuple le fruit de sa méchanceté et de son règne d'iniquité.

Egalement, nous allons prendre 12 pierres que nous allons ériger comme un autel (qu'importe la taille des pierres) et symboliquement, nous allons les oindre d'huile, afin que notre feu soit vu au grand jour.

Celui qui aura honte de moi, j'aurai aussi honte de lui ...Luc 9/26 - Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges.

Matthieu 10/32 - C'est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux;

Ce qui est ci-dessus ne relève pas d'un rituel légaliste, mais d'une affirmation spirituelle que nous partons, dans notre action, afin de conquérir la Côte d'Ivoire pour Yéshua; nous préparons le chemin du Seigneur!

Josué 4/8 - Les enfants d'Israël firent ce que Josué leur avait ordonné. Ils enlevèrent douze pierres du milieu du Jourdain, comme l'Eternel l'avait dit à Josué, selon le nombre des tribus des enfants d'Israël, ils les emportèrent avec eux, et les déposèrent dans le lieu où ils devaient passer la nuit.

J'ai été amenée, par l'Esprit Saint, a agir de même a une époque de ma vie, et j'ai simplement obéi à la demande expresse de Yéshua, sans poser de question; Cet autel demeura au vu de tous dans ma maison, et c'est ainsi que j'ai confessé Yéshua par une action simple.

Séparation d'avec le monde, humiliation devant Dieu, et reconsécration (naziréat divin)

C'est-à-dire reprendre sa place d'homme et de femme consacré à Dieu, dans l'optique de reconquérir le territoire pour Dieu, et sa vie pour un jour emprunter la voie royale décrite dans Esaïe 35/8 - Il y aura là un chemin frayé, une route, Qu'on appellera la voie sainte; Nul impur n'y passera; elle sera pour eux seuls; Ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s'égarer.

Parce que frères et sœurs, il ne faut pas oublier l'important : si vous mourez en ce jour, ou sera votre destination? Christ ou Satan?

Réfléchissez bien, nous ne vivons pas pour un millénaire selon la pensée des hommes, mais pour une éternité avec ou sans Dieu!

3ème jour - CELEBRER LE SEIGNEUR AVEC ACTION DE GRACES

ELEVER L'ARCHE DE L'ALLIANCE FAITE EN CHRIST YESHUA

RESSORTIR DU JOURDAIN, afin de prendre spirituellement parlant possession de notre terre promise : COTE D'IVOIRE!

En même temps, se souvenir d'ISRAEL - l'Israël de Dieu et savoir ceci :

Si je t'oublie Jérusalem...Psaumes 137/5

DIEU NOUS OUBLIERA.

POURQUOI CE JEÛNE?

Nous espérions la paix, et il n'arrive rien d'heureux...

Jérémie 8/15 - Nous espérions la paix, et il n'arrive rien d'heureux; Un temps de guérison, et voici la terreur! -

Jérémie 8:20 La moisson est passée, l'été est fini, Et nous ne sommes pas sauvés!

Voilà une des premières explications.

La deuxième est celle-ci :

Job 12/22 - Il met à découvert ce qui est caché dans les ténèbres, Il produit à la lumière l'ombre de la mort.

QU'EST-CE QUE CELA VA APPORTER?

Matthieu 6/33 - Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus

Matthieu 11/12 - Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu'à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s'en emparent.

(Lorsqu'il est parlé des violents, il ne faut pas penser à une violence physique, mais spirituelle)

Il faut perdre cet esprit de tiédeur et de fatalisme qui ne produit pas le fruit du zèle et le vouloir de la conquête, mais qui produit un fruit ramolli sans saveur.

Vous êtes le sel de la terre nous révèle Yéshua, mais si le sel perd sa saveur, il n'est plus bon qu'à être jeté aux pourceaux.

PAR LE CHOIX DE YAMOUSSOUKRO « capitale politique et économique » ou règne la méchanceté et le « parti pris » c'est un choix de Yéshua - pas le mien -

Les colonnes du temple sont moussues et dessous il y a la gangrène -

Dans le livre 1 aux Corinthiens 10/13 il est précisé que le Seigneur Dieu ne nous éprouve pas au delà de ce que nous pourrions supporter.

Dans ce qui arrive, il faut y trouver la racine d'amour de la volonté de Dieu qui veut que le plus grand nombre soit sauvé, et surtout que le pécheur puisse trouver la possibilité de rachat pour son âme.

Dans les Lamentations écrites par Jérémie, 3/32 il y a une précision : lorsqu'il afflige, il a compassion selon sa grande miséricorde.

Nous avons trouvé grâce et Dieu déverse sur nous sa miséricorde!

Le Seigneur veut marier l'eau et le feu, la forme matérialisée d'une action spirituelle puissante qui doit entraîner le réveil de cette Jérusalem endormie, et que notre Seigneur secoue par l'épaule afin de la tirer de sa léthargie.

C'est le temps de la Côte d'Ivoire - si elle se laisse visiter par son Dieu -

Ne pas rendre la mal par le mal!

C'est là un changement profond de la manière de penser du plus grand nombre, mais ce n'est pas la pensée de Dieu qui nous dit : prie pour ton ennemi, et ainsi tu feras la volonté de ton Père qui est dans les cieux. Proverbes 25/22 - Car ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête, Et l'Eternel te récompensera.

LES PILIERS (LES COLONNES) DU TEMPLE ONT LA LEPRE

Au travers de cette affirmation, voici en réalité ce que je recevais :

L'ASSEMBLEE NATIONALE DE FRANCE A LA LEPRE, mais également celle de la COTE D'IVOIRE.  Cette lèpre sera dévoilée devant tous et toutes.

Lorsqu'un pilier (colonne) est moussu, il faut ne pas tarder a ôter la mousse; si nous perdons du temps, avec la mousse ôtée apparaît le salpêtre qui lui-aussi tombera dans l'action de la gangrène qui creuse profondément, jusqu'à l'instant où il ne peu plus rien être fait.

LA LEPRE DE YAMOUSSOUKRO va également être dévoilée.

LA LEPRE DE L'O.N.U. Va paraître (dès que sera admis en son sein les philistins qui en ont fait la demande)

A ce jour, le monde a l'allure d'une léproserie; aussi que faut-il faire? Ou bien procéder à la destruction par le feu (guerres, atomes) ou bien purifier le monde par une action spécifique spirituelle.

Lorsque les sacrificateurs dépistaient, dénonçaient un lieu ou bien  une personne lépreux, ils procédaient à un sacrifice sanglant; aujourd'hui, le sang a coulé une fois pour toute, aussi le feu qui a embrasé Christ sur la croix est suffisant pour nous débarrasser de la lèpre qui ronge des édifices, des vies.

Par son sacrifice, Christ peut faire au dessus de tout ce que nous pensons, et au travers de ce jeûne il est bon d'attendre la manifestation de son Esprit qui va venir bouleverser des vies, remettre des pendules à l'heure, redresser ce qui est tordu!

La contagion s'est répandue parce que les piliers (colonnes) de la maison sont lépreux! Ne sommes-nous pas déclarés colonnes dans le Temple du Seigneur? Mais c'est sous condition. Hors, à ce jour, voilà l'inventaire de la maison :

Eglise! Tu es lépreuse!

Côte d'Ivoire! Tu es lépreuse!

France! Tu es lépreuse!

Economie mondiale! Tu es lépreuse!

Gouverneurs du monde! Vous êtes lépreux!

Les scandales sont ta lèpre, ainsi que la diversité de tes péchés, et la puanteur de ta gangrène monte aux nues.

La royauté anglaise est lépreuse, déjà le salpêtre est tombé et apparaît à l'horizon l'impie que tu réchauffe dans ton sein!

La France est déchue de son droit constitutionnel, la guillotine est tombée, et a tranchée la tête du roi!

Le Seigneur éprouve notre foi, Côte d'Ivoire : le Seigneur te dit : Satan t'a réclamé afin de te sasser, de te passer au crible, mais Christ Yéshua est ton avocat!

Avec peu, il nourrit une multitude, et c'est après le miracle de la purification du potage porteur de la mort que s'accomplit le miracle de la multiplication (2 Rois 4/38)

Voilà ce qui a été : Paul afin de se faire entendre, joua sur la double partition de ceux qui le montrait du doigt afin de le faire condamner (les pharisiens et les saduccéens) - Actes 23.

C'est ce que ferait tout fin politique qui joue la carte de la division; c'est ce qui a été fait.

Dans Colossiens 4/2 - il est écrit... persévérez dans la prière afin que s'ouvre la porte pour que la parole soit annoncée.

Donc, en résumé :

3 JOURS dont le détail est donné plus haut.

Les actions précises et surtout prendre cela très au sérieux, sinon s'abstenir.

Cela va conduire à l'ouverture d'une porte pour que la Nation soit sauvée par une conversion spirituelle.

Comme je recevais ce détail = 1 jour est égal à 7 jours soit un jour de semaine, je pris cela en compte et le traduisit par 3 jours égal 21 jours, soit le départ de ce jeûne au Vendredi 2 Septembre au soir jusqu'au Dimanche 4 Septembre au soir.

COTE D'IVOIRE : TON SORT EST DANS TES MAINS, LE SEIGNEUR A DONNE SA VIE POUR TOI!

IL ATTEND TON ACTION, IL EPROUVE TA FOI!

Shalom et amen.

Après cela, je voyais une multitude de petites flammes éclairer la surface de la terre de Côte d'Ivoire, le feu de l'Esprit Saint va les allumer.

Que notre Seigneur aie pitié de nous, et qu'il nous fasse miséricorde, et qu'avec foi, avec autorité dans Sa parole, nous attendions de voir sa main agir en notre faveur, après que nous nous soyons lavés et purifiés, reconsacrés à notre Seigneur Dieu.

Jérémie 31/20 - Ephraïm est-il donc pour moi un fils chéri, Un enfant qui fait mes délices? Car plus je parle de lui, plus encore son souvenir est en moi; Aussi mes entrailles sont émues en sa faveur: J'aurai pitié de lui, dit l'Eternel.


Naomie. Je serai unie avec vous spirituellement dans ce jeûne.

 

Source: Le Site du Ministère de Naomie

lundi, 22 août 2011

L'INCULPATION DE GBAGBO EST 100% ILLEGALE: LA LOI DE 2005 QUI INVALIDE TOUT



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Même si l'on admet que Laurent Gbagbo était un ex-chef d'Etat au moment de la crise postélectorale, des dispositions légales très claires indiquent une procédure qui n'a pas du tout été respectée. Le ministre de la Justice Jeannot Ahoussou Kouadio est bien placé pour le savoir...


Dans notre édition d'hier, nous titrions, à propos des procédures ubuesques utilisées contre le couple Gbagbo : «Le Droit est mort en Côte d'Ivoire !» Un élément qui mérite d'être mis sur la place publique donne encore plus de force à notre constat. Il s'agit de la loi du 27 mai 2005, «portant statut d'ancien président de la République, d'ancien chef ou président d'institution nationale et d'ancien ministre». En effet, même si l'on admet que les faits supposés reprochés à Laurent Gbagbo ont été commis alors qu'il n'était plus président de la République - ce qui est une absurdité juridique puisque les pouvoirs d'un chef d'Etat s'éteignent au moment de la prestation de serment de son successeur, selon la Constitution -, si l'on élude le mystère qui est fait autour de la nécessaire autorisation du Conseil constitutionnel, on doit tout de même lire cette loi qui est très claire en son article 2. «Aucun ancien président de la République ne peut être poursuivi ou arrêté à raison des faits criminels ou délictueux par lui commis qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale». L'institution parlementaire, à laquelle Ouattara a coupé les vivres en toute illégalité, n'a jamais donné aucune autorisation, qui ne lui a pas du reste été demandée.

En son article 3, la loi de 2005 dit :  «Lorsqu'un ancien président de la République est susceptible d'être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle, le Procureur général près la Cour de cassation, avisé des faits par tous moyens, saisit par requête le Bureau de l'Assemblée nationale». Autrement dit, Simplice Kouadio Koffi, qui va de conférence de presse en plateaux télé pour évoquer le dossier Laurent Gbagbo, n'était absolument pas compétent pour le poursuivre. A défaut d'un procureur général près la Cour de cassation - prévue par la Constitution mais pas encore mise en place -, seul un procureur relevant de la Cour suprême pouvait, plus ou moins à bon droit, se saisir du dossier. Puis le transmettre ou pas, par la suite, à la juridiction qu'elle estime compétente. Le vice de procédure est patent, voire grossier... Si la Côte d'Ivoire était un Etat de droit tout juste minimal, ce méli-mélo juridique aurait été forcément annulé. En effet, les poursuites contre Laurent Gbagbo n'auraient eu de vernis juridique acceptable que si au terme de la consultation de l'Assemblée nationale, les deux tiers des députés siégeant l'avaient validée.  Ce qui n'a pas été le cas.

Le camp Ouattara a certes déjà trouvé une pirouette. Ils évoquent, dans leurs salons, l'article 55 qui évoque un cas où ces dispositions ne valent pas. C'est-à-dire «pendant les campagnes électorales» ou à «l'occasion des élections». Mais les infractions économiques supposées imputées au président Gbagbo se situent bien après le processus électoral, sous le gouvernement Aké N'Gbo. L'article 55 ne saurait donc être brandi de bonne foi.

Ce qui est le plus piquant dans ce dernier épisode de la série « Le droit est mort en Côte d'Ivoire », dont le scénariste est le chef de l'Etat himself, est que la loi de 2005 qui invalide toute la procédure lancée par Simplice Koffi Kouadio est que l'un des rédacteurs de cette loi est... Jeannot Ahoussou Kouadio, député de Didiévi, et membre de la Commission des Affaires générales et institutionnelles du Parlement au moment de son adoption. On aura décidément tout vu en Côte d'Ivoire !


Par Philippe Brou, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier »

ABOU CISSE A SON NEVEU ALASSANE OUATTARA: «TANT QUE GBAGBO SERA EN PRISON, TU NE POURRAS PAS REUSSIR»



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Abou Cissé, l’oncle maternel d’Alassane Ouattara (frère de feue Nabintou Cissé, mère d’Alassane) n’est pas du tout tendre avec son neveu. Dans cet entretien, il lui «crache» ses vérités.

 

La Côte d’Ivoire a un nouveau pouvoir depuis le 11 avril dernier, suite à l’arrestation du Président Gbagbo par l’armée française…

Nous avons assisté à l’avènement d’un nouveau pouvoir. Nous subissons, en ce moment, ce pouvoir. Nous savons comment ce pouvoir a été installé. Nous constatons, avec beaucoup d’inquiétudes, la mise en place d’un système de jugement qui ne fait qu’éterniser la crise.

Quelles sont vos inquiétudes?

C’est l’arrestation de certains Ivoiriens, qui à un moment donné, ont eu à diriger ce pays. Notamment le Président Laurent Gbagbo, son épouse, les autres cadres et les militants de la majorité présidentielle. En assignant Gbagbo en résidence surveillée, on ne fait qu’emprisonner celui qui est au pouvoir actuellement. Parce que Laurent Gbagbo en prison pose plus d’inquiétudes que d’apaisement.

Soyez plus explicite…

Le Président Laurent Gbagbo est une personnalité. Cette personnalité a régné pendant dix ans. Plus longtemps, il sera en prison, plus son aura va s’affirmer contre les erreurs du pouvoir actuel. Ce pouvoir n’a pas la dimension de résoudre tous les problèmes des Ivoiriens. Vous allez voir que les gens, sans distinction politique, religieuse, ethnique et régionale, vont se retrouver de plus en plus dans les idées du Président Laurent Gbagbo. A travers cette situation, il a de fortes chances de devenir une icône, un symbole. Il va atteindre une telle dimension que le pouvoir en place ne pourra pas diriger ce pays.

Comment ?

Bon nombre d’Ivoiriens vont se sentir, compte tenu du fait qu’il a mis pratiquement tout le monde en prison, dans l’idéal du Président Laurent Gbagbo. Prenons l’exemple de Mandela lorsqu’ il était en prison. Ce n’était pas lui qui faisait, la révolte en Afrique du Sud. C’est le fait qu’on l’ait mis en prison. Cela a donné une autre valeur à Mandela. Aujourd’hui, Gbagbo va atteindre une dimension telle que la Côte d’Ivoire ne pourra pas être gérée par ceux qui sont là. Il ne va pas utiliser, comme les autres l’ont fait, les armes ou la rébellion. Sa présence en prison va susciter, plutôt, une chaîne de mouvements au niveau de la classe sociale. On n’aura pas besoin des armes ou d’une révolution par la guérilla. C’est le peuple lui-même qui va se soulever. Parce que le pouvoir actuel ne pourra pas répondre à l’attente des préoccupations des Ivoiriens. Ce n’est pas en faisant de grands coups de peinture sur certaines places, qu’on peut dire que ça va, le pays est en train de partir, tout va bien… Le pouvoir actuel doit se dire que les grandes puissances sont en crise. Ce ne sont pas ces pays qui pourront apporter de l’aide à la Côte d’Ivoire.

On parle de plus en plus de réconciliation nationale avec la mise en place d’une commission…

Tout ce qu’on décide, il faut croire. Si c’est une croyance à Dieu, nous pouvons dire oui. Ce sont des gestes et des volontés humaines. Nous ne croyons pas à ce processus tant que le pouvoir ne prend pas sur lui-même de libérer tous les prisonniers politiques. Il faut libérer le Président Gbagbo et ses camarades. Tant que ceux-ci seront en prison, tant qu’on ne fera pas une politique de réconciliation en acceptant les conditions, il n’y aura pas de paix. Tout le monde a été fautif de cette situation. On ne peut pas juger un côté et laisser l’autre.

Alassane Ouattara, dans son discours à la Nation, tend la main aux cadres de la majorité présidentielle…

Nous avons souri de cette main tendue. Au même moment, il continue de mettre les cadres et militants de la majorité présidentielle en prison. Certains viennent d’être inculpés. La réconciliation ne pourra jamais se faire tant que le Président Gbagbo sera en prison. Il faut le libérer. C’est à partir de ce moment que nous pourrons parler de réconciliation. Afin que la Côte d’Ivoire puisse se retrouver. En clair, la réconciliation ne sera possible, si nous ne trouvons pas une solution sur la réconciliation elle-même.

Quelle est cette solution ?

Dans cette situation, il appartient à Alassane lui-même de trouver la solution. Pour qu’il y ait réconciliation, il faut qu’il se libère de la tutelle des Français. Il est emprisonné par les liens qui le lient à la France. C’est l’armée française qui assure, en ce moment, sa sécurité. En plus, il est emprisonné par le fait que le Président Laurent Gbagbo soit en prison. Il est également en prison par rapport à l’ex-rébellion qui l’a aidé. Il arrive que ceux qui vous ont aidé à prendre le pouvoir, trouvent les voies et moyens pour se débarrasser de vous. Parce qu’ils vont trouver que vous êtes gênant. On le voit, aujourd’hui, les dernières sorties des Nations unies. Elles sont en train de se rebiffer en parlant d’injustice. Alassane doit chercher à avoir une victoire intérieure. Cette victoire, c’est libérer tous les dirigeants de la majorité présidentielle.

Quelles explications donnez-vous à ce revirement des Nations unies qui ont aidé Alassane à prendre le pouvoir ?

Lorsqu’ on convoite une belle femme, on utilise tous les mots doux. Lorsque vous l’avez, les conditions dans lesquelles vous mettez la femme finissent par montrer votre vrai visage. Tant qu’Alassane ne prouvera pas aux Ivoiriens qu’il n’est pas attaché à la France, qu’il n’est pas gardé par des troupes françaises, l’Ivoirien dans sa dimension actuelle ne croira pas à tout ce qu’il va faire.

A-t-il vraiment le choix ?

C’est lui qui doit choisir. Avoir l’aval de la population ou être prisonnier de la France. Avec la présence des militaires partout dans les rues, l’Ivoirien va finir par s’habituer. Il ne va plus les respecter. C’est ce qui entraîne les guérillas. Il faut qu’Alassane se ressaisisse. La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de prisonniers politiques.

Depuis l’arrivée d’Alassane au pouvoir, rien n’a changé. La situation ne fait qu’empirer…

Il y a des parasites dans l’entourage d’Alassane pour satisfaire leurs poches. Et non pour l’intérêt de la population. Il ne pourra jamais travailler tant qu’il ne permettra pas à l’opposition réelle d’exister. Nous disons que la réconciliation ne sera possible tant qu’il y aura des prisonniers politiques. Dans ce mois de jeûne, un mois de pardon et de réconciliation avec soi même, il faut que les Imams lui disent que la pérennisation de la Côte d’Ivoire ne se trouve pas dans les crises. Encore moins avec l’emprisonnement du Président Gbagbo, son épouse et les autres membres de la majorité présidentielle. Ainsi que les inculpations qu’on voit ici et là.

Que dites-vous du panier de la ménagère ?

Nous vivons une situation dramatique. La vie est devenue très chère. Il y a aussi le marché de l’emploi qui est devenu catastrophique. Parce que la confiance n’est pas encore là. La peur de l’Ivoirien pour faire quelque chose est devenue plus frappante. Alassane a promis beaucoup d’argent en tenant compte de ses relations. On ne dirige pas un pays à coups de dollars ou d’argent. On dirige un pays avec un certain humanisme. Cet humanisme manque, aujourd’hui, à Alassane. La Côte d’Ivoire n’est pas seulement l’économie. C’est une histoire d’humanisme. Ceux qui s’asseyent dans leur bureau pour compter sur l’aide de l’extérieur en auront pour leur compte. Parce que ces pays qui devraient donner de l’argent à la Côte d’Ivoire sont en pleine crise. Ce ne sont pas eux qui vont nous donner de l’argent. Lorsque la population aura faim, elle se soulevera. La destruction des emplois n’arrange pas les choses.

Un commentaire sur les démolitions en cours…

On se rappelle que ceux qui sont au pouvoir actuellement avaient accusé l’ancien pouvoir de tous les maux. Lorsqu’il avait décidé de le faire. Il faut dire que c’était la haine contre le pouvoir de Gbagbo. Nous comprenons mal qu’on aille détruire la Rue princesse. Cette rue n’a pas été créée par un pouvoir. Elle a été créée par des jeunes. Nous ne comprenons pas. Et l’Ivoirien moyen ne comprendra jamais. C’est comme si on allait casser Pigalle en France.

Le pouvoir soutient que c’est un lieu de dépravation…

Il y a des lieux de dépravation dans toutes les villes. La Rue princesse avait sa dimension. Nous pensons que dans chaque ville du monde entier, il y a des zones qui se fabriquent d’elles-mêmes. Ce n’est pas un gouvernement ou un homme politique qui les crée. C’est une situation voulue, fabriquée et acceptée par les populations. C’est ça aussi la liberté. La Rue princesse existait avant l’arrivée de Gbagbo au pouvoir. La Rue princesse est symbole de Yopougon, voire de la ville d’Abidjan. C’est une erreur d’avoir donné l’ordre de casser cette rue. Ce sont des cultures de la jeunesse. L’homme doit se débarrasser de la haine pour embrasser l’amour pour la patrie. Qu’il arrive à aimer les Ivoiriens. S’ils sont venus pour détruire ce qui est construit, on ne finira pas de reconstruire la Côte d’Ivoire.

Et l’insécurité ?

C’est inquiétant. Alassane lui-même n’est pas en sécurité. Raison pour laquelle il est surveillé par l’armée française et les Forces onusiennes. Il se met en sécurité et met les Ivoiriens dans l’insécurité. Il faut donner la sécurité aux Ivoiriens. Notamment aux policiers et gendarmes. Nous ne pouvons pas comprendre qu’on puisse les désarmer. Nous devons apprendre à faire confiance à nos Forces de l’ordre. Il faut débarrasser les rues de tous ceux qui n’ont pas droit aux armes. Aujourd’hui, partout, les gens soutiennent que le temps du Président Gbagbo était le meilleur. Ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas. L’insécurité, la cherté de la vie, la débâcle de nos institutions sont très graves. Diriger un peuple, ce n’est pas seulement avec le talent d’un économiste. Pour diriger un pays, il faut être investi d’un humanisme. Nous prenons l’exemple du Président Gbagbo.

Il est d’un humanisme incroyable. La politique du Président Laurent Gbagbo prenait en compte tout le monde sans distinction d’ethnie, de religion et de région. Contrairement à Alassane dont l’entourage est composé uniquement de gens de leur ethnie et leur région. Ce n’est pas construire une Nation. C’est en tenant compte de ces facteurs que Gbagbo a mené une politique de rassemblement des Ivoiriens. Pour lui, il ne faut pas juger les gens sur la base ethnique ou religieuse. Mais sur la base des valeurs et de la compétence. C’est un humain. Et il est reconnaissant. Il n’oublie jamais ses amis. Lorsque j’étais en prison, il est le seul qui m’a rendu visite. Alors que celui pour qui j’ai été en prison n’est même pas venu me voir. Sans oublier que j’ai vendu deux de mes villas pour le défendre. Afin qu’il soit candidat. Laurent Gbagbo m’adressait régulièrement des courriers pour me demander de ne pas me suicider. Puisqu’on doit continuer la lutte. Au sortir de la prison, il m’a rendu visite à Treichville. La dimension de Gbagbo a dépassé les frontières. Il n’appartient pas à la seule Côte d’Ivoire. Encore moins au Fpi. C’est l’arc-en-ciel. Dieu ne dort pas. Il ne permet pas l’injustice. Laurent Gbagbo a fait beaucoup pour les musulmans. Il a envoyé des milliers de musulmans à la Mecque pour accomplir le cinquième pilier de l’Islam. Et pourtant, il y a des gens qui se targuent d’être musulmans. Alors que leur front ne touche pas le sol. En leur temps, ils n’ont pas pu obtenir une Ambassade en Arabie Saoudite. Laurent Gbagbo n’a jamais mis un journaliste en prison. Malgré tout ce que les journaux racontaient sur lui. Il y avait une liberté totale de la presse. Il était ouvert à toutes les critiques.

Des personnes ne comprendront pas que l’oncle maternel d’Alassane soit du côté de Gbagbo au détriment de son neveu…

Nous sommes libres de nos idées. La politique, ce n’est pas du tribalisme, du régionalisme. Ce sont des idées. Nous disons haut et fort que Laurent Gbagbo ne mérite pas ce qu’on lui fait, aujourd’hui. Alassane lui doit beaucoup. Notamment son retour d’exil et sa candidature. Il a fait beaucoup pour la communauté musulmane. A savoir la facilitation du pèlerinage, l’ouverture d’Ambassade en Arabie saoudite. Lorsqu’ il était au pouvoir, il était à leurs petits soins… La réconciliation ne bute pas sur les mots. Mais sur les conditions dans lesquelles, l’on veut organiser cette réconciliation. On risque de dépenser des milliards pour rien. Nous persistons et signons, il n’y aura pas de paix dans ce pays, tant qu’il y aura des prisonniers politiques. Le pouvoir d’Alassane est composé de personnes venues pour se venger. Nous pensons que l’on doit apprendre à faire la distinction entre les valeurs familiales et les valeurs républicaines. Personne ne peut nous empêcher d’avoir une opinion contraire à notre neveu. Nous ne sommes pas des béni-oui-oui. C’est une grave erreur qu’il commet en décidant de vouloir juger son bienfaiteur d’hier.

Le pouvoir soutient que la réconciliation ne doit pas se faire sans justice…

Les gens le poussent à la faute. Il lui appartient de dire aux puissances qui l’ont aidé à prendre le pouvoir qu’en Côte d’Ivoire, nous n’avons besoin de jugement, mais d’une réconciliation. Il faut qu’il arrête de mettre des peintures blanches partout. Ce n’est pas du développement. Ne semons pas les graines de la haine. Libérons tous les prisonniers politiques. Tant que le Président Gbagbo ne sera pas libre, Alassane ne pourra pas dormir sur la surveillance d’un Ivoirien. A la condition que les soldats français et les forces onusiennes restent en permanence. Tant qu’il ne libérera pas les prisonniers, les Ivoiriens à l’extérieur seront un danger. Non pas parce qu’ils ont des armes. Mais par leur aura sur la Côte d’Ivoire, ils auront une emprise sur l’ensemble des Ivoiriens. Au moindre faux pas, on risque de tomber dans une guerre civile. Pour qu’il puisse avoir la paix intérieure et dormir tranquille, Alassane doit chercher les voies et moyens pour libérer le Président Gbagbo et les autres avant d’entamer le processus de réconciliation. Comme ce qui s’est passé en Afrique du Sud et en Zambie. On a libéré tout le monde. Envoyer l’affaire devant le Tpi, c’est détruire la Côte d’Ivoire à petit feu. Alassane ne pourra pas construire la Côte d’Ivoire. C’est dans la paix des coeurs que l’économie marche. S’il refuse, il ne dirigera pas la Côte d’Ivoire.

Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que le tour des gens du Nord est arrivé?

La Côte d’Ivoire n’est pas faite de Dioula. Cette communauté représente 11% de la population. Lorsque nous entendons nos frères dire qu’ils sont au pouvoir, et qu’ils n’ont pas besoin de travailler, cela m’écoeure. Ces propos entraînent des brimades des autres ethnies. Que l’on arrête les exactions à l’encontre de certains de nos compatriotes. Il y a 60 ethnies en Côte d’Ivoire. Elles vivaient en harmonie. On voit des nominations à base ethnique. Ce n’est pas bon.

Quelles explications donnez-vous aux différents drames que vit la Côte d’Ivoire ? Notamment des accidents sur les routes, le bus qui a plongé dans la lagune ? Sans oublier plusieurs collisions de véhicules qui ont entraîné de nombreux morts ?

C’est un message que Dieu lance au pouvoir. Selon les devins, Dieu est en train de parler à Alassane qui a le coeur endurci. Que si le pouvoir n’y prend garde, la Côte d’Ivoire va connaître des lendemains plus atroces. Ce n’est pas de bon augure. Ce sont des signes que les nouveaux tenants du pouvoir doivent prendre au sérieux. Raison pour laquelle, nous lui demandons de libérer le Président Gbagbo et ses camarades.


Une interview de Yacouba Gbané.

 

Source: LA COTE D'IVOIRE VRAIE

dimanche, 21 août 2011

REUNIONS SECRETES A L'AMBASSADE: TOUT SUR CE QUE PREPARE LA FRANCE


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Une information légèrement décalée qui révèle la recolonisation achevée de la Côte d'Ivoire: la France se charge elle-même désormais d'assurer la sécurité de son pré-carré et de ses intérêts, après y avoir installé son homme lige. Vous avez dit souveraineté et indépendance?

 

La France prend au sérieux les rumeurs de déstabilisation du pouvoir de son poulain. Elle prend toutes les précautions sécuritaires pour parer à toute éventualité. Ainsi depuis le vendredi 29 juillet 2011, le navire M/n Eider en provenance de Toulon est arrivé au Port autonome d'Abidjan. Augmentant du coup, ses capacités en termes de puissance de feu. C'est le deuxième arrivage en moins de deux semaines. Tous ces armements proviennent du camp militaire Larzac.  Le nombre de colis a considérablement triplé lors de ce dernier arrivage.

On est passé de neuf mille trois cent soixante quinze (9375) colis de 558345 kg à trente et un mille quatre cent trente neuf (31439) colis de 2525944 kg. On compte parmi ce matériel, quatre (4) hélicoptères : Deux Puma sa 330 et deux Gazelle sa 342.

Hélicoptères Puma sa 330

Ce type d'hélicoptère est bimoteur de transport tactique avec une vitesse maximale de 265 km/h une vitesse de croisière de 260 km/h et une autonomie de 2 heures. Il possède des mitrailleuses installées de chaque côté du fuselage de portée de 7,62 mm, d'un canon latéral de 20 mm . Ainsi que des missiles antichars, des roquettes. Sa mission est simple : apporter un appui de feu au profit des troupes au sol ou la protection des hélicoptères ou de manœuvre. Cet hélico peut également détruire les chars. Il s'adapte à tous les climats. Il faut signaler que c'est un appareil d'assaut de grande qualité ayant une bonne capacité d'emport de charge. Il constitue l'épine dorsale des unités d'hélicoptères français.

Hélicoptères Gazelle sa 342

Cet appareil d'attaque peut détruire des objectifs de tout type : chars, poste de commandement et dépôt logistique. Il possède des missiles d'une portée de 4000 mm à une vitesse de 250 mètres par seconde. Ces missiles peuvent percer plus de 1,20 m de blindage d'acier homogène. Il possède également deux mitrailleuses 7,62 mm, d'un canon latéral, de 20 mm. La Gazelle sa 342 a une vitesse croisière de 240 km/h et une autonomie de 1h40mn. Elle est adaptée à un nombre de missions militaires : appui de feu, lutte antichar, liaison, reconnaissance, entraînement... Sans compter ses usages civils. Cette logistique aérienne est accompagnée des engins terrestres. Ainsi, pour ce second arrivage, la Licorne a envoyé douze (12) chars AMX.

Amx

Il a un armement principal : son canon de 105 mm , assorti d'une conduite de tir dotée d'un télémètre laser, il peut atteindre sa cible jusqu'à 200 m. Son armement secondaire : une mitrailleuse coaxiale de 6,62mm sous tourelle et 4 tubes lance pots quarante (40 coups), deux (2) mitrailleuses. Sans oublier ses quatre (4) pots lance- fumigènes. Ainsi, que de munitions avec mille (1000) cartouches.

Véhicules avant Blindés (Vab)

Des véhicules avant Blindés (vab) font également partie du matériel lourd de contingent de la Licorne. Ce sont des véhicules pouvant aussi bien transporter des troupes qu'intégrer des systèmes d'armes, de communication ou bien servir de poste de commandement. Ils sont amphibies et intègrent deux (2) turbines pour se mouvoir dans l'eau. Ils sont dotés d'un circulaire bouclier avec mitrailleuse de 7,62 mm ou 12,7 mm. D'un point de vue opérationnel, les véhicules avant blindés sont couramment utilisés sur les nombreux théâtres d'opération. Ils ont fait leur preuve lors de guerre du Golf. Ainsi que durant les missions de la paix en Bosnie au Cambodge, au Liban, au Rwanda et en Somalie... Le navire a débarqué cent dix kg (110) de munitions, soixante quatre (64) remorques... Tous ces matériels lourds montrent que l'Elysée ne veut pas lâcher prise.

Ce que Paris demande à ses ressortissants.

La Licorne et les autorités françaises sont très actives. Selon les informations qui nous parviennent, plusieurs réunions se sont tenues à l'Ambassade. L'objectif est de prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre les ressortissants et autres opérateurs économiques français à l'abri. Ainsi, il leur est demandé de se regrouper à Abidjan sud. Précisément en zone 4 et Biétry, considérés comme des quartiers français. Leur Ambassade a conseillé à ceux qui résident à Abidjan nord (Yopougon, Adjamé, Cocody...) de s'y replier. Mieux, il est demandé aux Français de l'intérieur du pays de rejoindre Abidjan. Et d'observer la même consigne. En d'autres termes, éviter de rester tard dans la nuit en ville. Les autorités françaises justifient cette mesure par le fait qu'il serait facile pour la Licorne de sécuriser ses ressortissants. Il faut dire également que l'ex-43e Bima va servir de village français de crise. Il se murmure que la compagnie aérienne française Air France, a, elle aussi, reçu la consigne de réaménager le programme de ses vols Paris-Abidjan. Et de privilégier la tendance contraire.

Réactions de la Licorne et d'Air France...

Suite aux informations faisant état de réunions entre l'Ambassade de France, la Licorne et les ressortissants français vivant sur le sol ivoirien, nous avons joint le lundi 8 août dernier, aux environs de 10 h 55 mn, le centre d'opération de la Licorne basée au 43e Bima. Afin d'en savoir plus. notre interlocuteur au bout du fil soutient qu'il ne sait rien de ces informations. Et de nous conduire à un autre militaire, qui soutient : « Nous sommes au centre des opérations. Nous ne pouvons pas vous donner des informations concernant la Licorne ». Avant de nous conseiller, à son tour, de nous adresser au commandant adjoint, chargé de la communication de la Conafor. Comme s'ils se sont passé le mot. Ce dernier refuse de décliner son identité.

Mieux, il nous demande d'avoir l'autorisation de son Ambassade. Par ailleurs, des responsables de la compagnie Air France joints, le mardi 9 août, par téléphone, sous le sceau de l'anonymat, ne se reconnaissent pas dans ces informations. Ils les considèrent comme étant de la désinformation et de l'intoxication.

Avant de soutenir n'avoir jamais reçu de consignes d'une quelconque autorité française dans ce sens. Les différents vols à destination de la capitale économique ivoirienne sont maintenus jusqu'à nouvel ordre. Par ailleurs, ils estiment qu'en cas de troubles, la compagnie se verra dans l'obligation de réduire ses vols. Comme ce fut le cas pendant les événements survenus à l'arrestation du Président Laurent Gbagbo par l'armée française. Les clients désirant se rendre à Paris, seront obligés de passer par Lomé. Mais, ils espèrent ne pas en arriver à cette décision extrême. Au niveau de l'Ambassade de France, c'est un silence radio. Toutes nos tentatives pour avoir la version de l'Ambassade sont restées vaines.


Yacouba Gbané

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 20 août 2011

COMMENT LE PDCI ET LE RDR ONT ARME LES MENTALITES CONTRE GBAGBO EN 10 ANS

 

KONAN BEDIE ET ALASSANE OUATTARA.jpg

Inculpation de l'ancien chef de l'Etat pour « crimes économiques »: Comment le Pdci et le Rdr ont armé les mentalités contre Gbagbo en 10 ans.

 

C'est une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. Un ancien Président de la République éjecté du pouvoir par un coup d'Etat militaire perpétré par des puissances étrangères (France-Onu-Etats-Unis) et son épouse viennent d'être inculpés par la justice ivoirienne. Laurent Gbagbo, puisque c'est de lui qu'il s'agit, passera bientôt devant la justice pour, dit-on, répondre de ses actes. Selon le Procureur de la République Simplice Koffi Kouadio, il est reproché à l'ex-couple présidentiel les faits de « vols aggravés, détournement de deniers publics, pillage, corruption et d'atteinte à l'économie nationale ». Curieusement, on ne retrouve nulle part dans les chefs d'accusation ayant servi de base à l'inculpation de l'ex-chef de l'Etat et de l'ex-Première Dame, les vaines diatribes ressassées depuis une décennie par l'ancien bloc de l'opposition réuni au sein du Rhdp, et portant sur les supposés crimes de sang qu'aurait commis Laurent Gbagbo durant son règne. Où sont passés les « crimes de sang » farfelus attribués depuis 2000 à Gbagbo et à Simone ? Qu'est-ce qui explique donc ce revirement spectaculaire des nouvelles autorités ivoiriennes, qui ont régulièrement peint dans tous les médias internationaux et particulièrement français, l'ancien couple présidentiel comme un monstre odieux ?

Personne n'ose pour le moment donner une réponse claire à cette question de bon sens. Ce que l'on sait, c'est que depuis 2000, Alassane Ouattara et ses hommes ont habitué les Ivoiriens à ces accusations gratuites contre le Président Laurent Gbagbo et son épouse. Très futés dans l'art de la manipulation, ils ont réussi, à travers les mensonges, à liguer le monde entier contre Laurent Gbagbo, le présentant parfois comme un personnage infréquentable. Tout commence en octobre 2000.

Le charnier de Yopougon

Alors que le Président Laurent Gbagbo s'apprête à prêter serment après sa brillante victoire sur le Général Robert Guéi, le 26 octobre 2000, Alassane Ouattara jette ses militants dans les rues d'Abidjan pour, dit-il, y récupérer le pouvoir. La capitale économique est à feu et à sang, et les manifestants du Rassemblement des républicains (Rdr) d'Alassane Dramane Ouattara tirent sur tout ce qui bouge. Curieusement, le lendemain, sur les ondes d'une Radio étrangère, les Ivoiriens apprennent la découverte d'un charnier derrière la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) située à Yopougon. Là où les chiffres officiels font état de 57 corps, le Rdr et ses responsables parlent d'une centaine de corps. Pire, sans aucune enquête sur l'identité des personnes enchevêtrées à cet endroit, le parti de Ouattara fait croire à l'opinion nationale et internationale que tous les corps composant ledit charnier sont ceux de jeunes musulmans ressortissants du Nord de la Côte d'Ivoire. Cette histoire poursuit Gbagbo jusqu'à ce qu'un procès vienne rétablir la vérité. Les gendarmes mis en cause dans cette scabreuse affaire montée de toutes pièces par le Rdr ayant été blanchis, faute de preuves. Néanmoins, cette histoire contribuera à ternir l'image de Laurent Gbagbo au plan politique et diplomatique.

L'affaire des enfants esclaves

Après l'épisode du charnier de Yopougon, le Rdr et ses responsables retournent dans leur laboratoire de fabrique de mensonges. Ils en ressortent subitement avec une affaire d'exploitation des enfants dans les plantations de cacao. Le tapage médiatique qui accompagne leur sadique campagne est tel, que la Côte d'Ivoire n'est pas loin de perdre sa place de premier pays producteur du cacao au monde. Les Etats-Unis et d'autres partenaires de la Côte d'Ivoire menacent même d'interdire l'importation du cacao ivoirien sur leurs sols. Heureusement que des organisations internationales effectuent des déplacements sur le terrain pour rétablir la vérité.

Poudrière identitaire de Benoît Chaueur

Pour ternir davantage l'image de Laurent Gbagbo et se donner des arguments pour déstabiliser son régime, le Rdr se voit obligé de se faire des alliés dans tous les pays européens. Sur leur liste se trouve un certain Benoît Chaueur, de nationalité belge. A ce dernier, les officines ouattaristes de manipulation confient la réalisation d'un film sur les velléités exclusionnistes et génocidaires de Laurent Gbagbo. C'est ce qu'il fait lorsqu'il débarque en Côte d'Ivoire. Dans une production intitulée « Côte d'Ivoire, poudrière identitaire », le mercenaire encagoulé fait savoir que dans ce pays, tous les ingrédients sont mis en œuvre par Laurent Gbagbo et son régime pour l'extermination systématique des musulmans et des populations du Nord. Ce pseudo-sociologue fait diffuser son film partout en Europe. L'image de Laurent Gbagbo prend là encore un autre coup. Mais après une contre offensive menée par Mamadou Ben Soumahoro en Belgique, l'ex-chef de l'Etat reprend le dessus. La bourrique de sociologue rentre dans sa coquille et la ferme à jamais.

Escadrons de la mort

Quand survient la crise militaro-politique en septembre 2002, il y a des gens qui sont liquidés par des hommes en tenues militaires. Il s'agit du Dr Benoît Dacoury Tabley, ancien médecin personnel de Laurent Gbagbo quand il était encore dans l'opposition (et frère cadet de Louis-André Dacoury-Tabley, l'ancien numéro 2 de la rébellion), Emile Tehé, président d'un parti politique inconnu et le comédien Camara Yéréfé dit « H ». Sans preuve aucune, le Rdr accuse le régime de Laurent Gbagbo d'avoir constitué une équipe de tueurs à gages qu'il baptise à coup de battage médiatique  « escadrons de la mort ». Dans toute la presse hexagonale, on accuse Simone Gbagbo d'être le cerveau de ces fameux « escadrons de la mort ». Pourtant, les personnages en question sont des anonymes en Côte d'Ivoire. Inconnus qu'ils sont sur le terrain politique, ils ne gênent nullement le pouvoir en place à l'époque au point de mettre à leurs trousses des tueurs. Là encore, la vérité l'emporte sur les mensonges de ses adversaires. Simone Gbagbo intente même des procès en France contre certains journaux hexagonaux, et la justice française condamne entre autres, le magazine Paris Match pour diffamation. Voici comment cette affabulation rocambolesque du Rdr s'est évanouie.

Affaire Jean Hélène et Guy André Kieffer

Après l'assassinat du journaliste franco-belge, Jean Hélène, l'opposition accuse une fois encore le président Laurent Gbagbo et son régime d'avoir commandité le coup. Le Sergent de police Dago Séry, reconnu coupable par la justice à l'issue d'un procès, est condamné à 17 ans d'emprisonnement ferme. Mais pour les opposants qui soutiennent la rébellion et qui veulent à tout prix manger du Gbagbo, cela ne suffit pas. Ils sortent un autre feuilleton. Celui de la disparition d'un autre soi-disant journaliste, Guy André Kieffer, lui aussi, un franco-belge. Simone Ehivet Gbagbo, l'épouse du Président est nommément accusée. Même si elle gagne son procès contre le journal français « Le Monde », cette curieuse disparition devient le chiffon rouge brandit contre Laurent Gbagbo dans tous les débats où la France ne veut pas le voir.

Crise postélectorale

La crise postélectorale sert également d'occasion aux adversaires du président Laurent Gbagbo pour multiplier les accusations farfelues. L'ex-chef de l'Etat est accusé de massacrer des populations civiles et les étrangers vivant en Côte d' Ivoire. Dans cette folie mensongère, Laurent Gbagbo est accusé d'avoir massacré 6 femmes parmi celles qui  manifestent à Abobo pour son départ du pouvoir. Et c'est pour tout cela, selon le Rhdp et ses alliés, qu'il méritait d'aller devant le Tribunal pénal international. Ce sont ces prétendues violations massives des droits de l'Homme attribuées à l'ancien chef de l'Etat ivoirien, qui ont servi à la France pour tromper l'Onu et obtenir une résolution du Conseil de sécurité pour déclencher sa guerre contre Laurent Gbagbo sous le fallacieux prétexte de « droit d'ingérence humanitaire ».

Conséquence, c'est que les adversaires de Laurent Gbagbo ont tout fait pour faire croire aux populations du Nord qu'il existe dans ce pays un individu qui ne les aime pas. A côté d'eux, il y a un groupe dont les esprits ont été armés contre Laurent Gbagbo. D'où la guerre fratricide qui vient d'endeuiller le pays. Et c'est cela qui justifie les massacres des populations d'Anonkoua Kouté, à Abobo, Duékoué et plusieurs villages Abbey, Akyé, Bété, Dida et de l'ouest parce qu'elles ont voté Gbagbo. C'est cela qui justifie aussi la bastonnade pendant le vote de ses représentants dans le Nord du pays et qu'on pourchasse d'autres dans les autres villes et contrées du pays.

Pendant 10 ans, le PDCI-RDA d'Henri Konan Bédié et le RDR d'Alassane Dramane Ouattara ont accusé Laurent (et Simone) Gbagbo de tous les péchés d'Israël. Au moment où ils ont maintenant l'occasion de lui faire payer pour tous ces « crimes » imaginaires, voici que la justice ivoirienne aux ordres de Ouattara se défausse sur de prétendus « crimes économiques ». Tout simplement honteux.


Gninika Ganiakoué, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 44 des samedi 20 et dimanche 21 août 2011.

vendredi, 19 août 2011

MANIFESTE DE L'ALLIANCE IVOIRIENNE POUR LA REPUBLIQUE ET LA DEMOCRATIE (AIRD)


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Un parti créé en 2006 mais dont le manisfeste est plus que jamais d'actualité!


Conscients de la mansuétude de Dieu à l'endroit des peuples de Côte d'Ivoire dans leur diversité ethnique, culturelle et religieuse, source d'enrichissement, nous croyons en l'unicité et en la grandeur de la nation ivoirienne, démocratique, libre, fraternelle et prospère.

Victimes et témoins des meurtrissures et des pires souffrances endurées par les peuples et les populations de Côte d'Ivoire suite à la guerre, nous sommes résolument déterminés à préserver les générations futures des affres engendrées par tout conflit, notamment armé qui nous déshumanise et retarde le développement de notre pays.

A l'AIRD, nous privilégions dans notre vécu quotidien le respect de la dignité humaine, la paix, la justice, la liberté, la solidarité, la tolérance, la démocratie, la bonne gouvernance, l'intégration régionale, la coopération internationale et l'épanouissement des femmes, des jeunes, des personnes âgées ou vulnérables.

Avec la création de ce parti politique affranchi des pesanteurs sectaires et regroupant ainsi des hommes et des femmes de toutes conditions et origines, ayant en partage la promotion de la démocratie et des valeurs républicaines et citoyennes, nous n'agirons que par conviction et dans l'esprit de la primauté de la nation ivoirienne sur les intérêts individuels ou partisans.

Nous ferons partager ces diverses valeurs, auxquelles nous sommes profondément attachés et que nous défendrons avec détermination, à tous nos concitoyens.

La conquête du pouvoir d'Etat par la voie exclusive des urnes, la création de richesses par tous et au profit de chacun et la bonne gouvernance dans la modération et la concertation selon la vision d'une nouvelle dynamique de prospérité et de progrès social dans tous les secteurs d'activités, doivent contribuer au développement harmonieux et durable d'une Côte d'Ivoire respectée de tous ses partenaires.

Notre credo demeurera toujours en l'idée force que rien ne mérite d'être acquis au prix du sang. Tout peut s'obtenir par le travail acharné, le dialogue constant dans un esprit d'ouverture et d'écoute, le respect de la différence dans la cohésion.

Au nom de notre jeunesse qui a plus que jamais besoin de repères et de nouvelles espérances, qui ne soient pas seulement virtuelles, pour relever les nombreux défis et à qui nous devons laisser plus que nous n'avons reçu de nos pères, nous contribuerons à permettre à la Côte d'Ivoire de prendre part à la révolution technologique en vue de son insertion dans le concert des nations tout en restant enracinée dans les valeurs africaines.

Nous en appelons à la conscience nationale de tous les Ivoiriens pour que dans un élan patriotique de solidarité, de pardon et de réconciliation dans la vérité, nous assumions avec dignité et courage notre histoire.

Parti d'ouverture à équidistance de tous les extrêmes, l'AIRD est un espace convivial et fraternel de liberté d'expression, notamment à travers des débats disciplinés dans le dépassement de notre ego, le respect de nos différences, de nos idées et dans la tolérance puisée dans les vertus de nos traditions.

Nos compromis seront obtenus sans compromission et avec la recherche permanente, dans l'humilité, du consensus soutenu par les principes démocratiques.

L'AIRD réaffirme sa foi en une Côte d'Ivoire une et indivisible dans laquelle se perpétuent, au fil des générations, les traditions d'amour, de fraternité, d'hospitalité, de cohésion sociale et de paix.

L'AIRD, notre édifice commun, se présente comme le réceptacle de toutes les forces vives mues par ces idéaux.

Ensemble, avec un mental nouveau et conquérant, semons avec l'AIRD les graines d'une république démocratique dont le respect des valeurs et principes nous fera cueillir les fruits de la dignité, de la liberté et de l'indépendance dans un état de droit.


Le Ministre Eric KAHE

 

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ERIC KAHE: DU «VIVRE ENSEMBLE» AU «VIVRE EN CENDRE»


Le ministre Eric Kahé,
Président de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIDR), le 5 août 2011.


7 août 1960, 7 août 2011. 50+1 ans d'indépendance. En ce premier anniversaire de notre marche vers le deuxième cinquantenaire de notre accession à la souveraineté nationale et internationale, que de signaux inquiétants!


Alors que ne devraient résonner dans nos cœurs que le solennel souvenir de la voix du président Félix Houphouët-Boigny (FHB) et scintiller dans nos yeux l'image historique de la proclamation d'indépendance du haut du perchoir de notre Assemblée nationale!

Ironie du sort, cette Assemblée nationale est sur pause. Ce jour qui aurait dû être celui de notre rassemblement et de l'unité de la Nation autour du drapeau est terni par une chape de froid humain alimenté par un air de suspicion et de délation qui n'épargne personne et contraint certains Ivoiriens à l'exil. Pour ne rien arranger, le dernier rapport d'Amnesty International sur la poursuite des tueries brise bien des cœurs et nous interpelle sur le devenir de notre pays, le devenir de la Nation en construction. L'incertitude et le doute habitent bien des Ivoiriens.

Pour beaucoup, le "vivre ensemble" qui aurait dû être un hymne au rassemblement et à l'union des filles et fils de ce pays est en passe de devenir un "vivre en cendres", au vu du nombre de villages et de quartiers de certaines villes en cendres.

Au chapitre des relations internationales, tout le monde s'accorde pour dire que les Etats n'agissent que dans le sens de leurs intérêts. A l'instar des Etats, les Ivoiriens ne peuvent-ils se donner les ressorts du sursaut?

Si la fille aînée de l'Eglise Catholique a pu se laisser accuser, sous un régime socialiste, de soutenir le génocide hutu, est-ce nos quelques milliers de morts qui vont l'émouvoir au point d'en appeler au nécessaire dialogue politique en Côte d'Ivoire? Quelle que soit la réponse à cette question, nous devons nous convaincre que nous sommes désormais seuls face à notre destin. Il sera ce que nous voudrions qu'il soit.

Nous pouvons et devons transformer nos relations qui sont hélas actuellement de sang et de cendres. Les premières responsabilités incombent aux leaders politiques et le président Laurent Gbagbo a déjà proposé son approche en indiquant que la dimension militaire étant terminée, nous devons aller aux discussions politiques. Cette initiative relève désormais de la volonté de celles et ceux qui sont au pouvoir, sous l'encadrement éventuel de l'Onu.

Certes, la tentation sera grande pour les partisans du nouveau régime de prôner la ligne de la fermeté. Il leur sera aussi loisible de feindre de ne pas voir les crimes et autres exactions de tous genres dans la conquête d'Abidjan, de l'Ouest, etc. Il y a aussi l'option des emprisonnements tous azimuts de tous ceux qui ont été associés d'une manière ou d'une autre à l'exercice du pouvoir postélectoral, en attendant sans doute une des 4 prochaines fêtes nationales pour un geste de grâce.

Dans ces différentes postures, se trouve le plus grand danger de notre avenir qui s'exposerait alors à une poudrière généralisée. Une poudrière avec ses ramifications devant chaque porte. Tout leader qui manque de courage politique ne peut rentrer dans l'Histoire. Jamais les portes de l'Histoire n'ont été aussi grandement ouvertes à chaque Ivoirien et plus singulièrement aux tenants du pouvoir, mais aussi à chaque Ivoirien.

S'il est de bonne guerre pour les pouvoirs de minimiser ou feindre d'ignorer les risques de déflagration future, il nous appartient, société civile et opposition républicaine, de donner l'alerte. Chacun avec sa sensibilité, sans jamais s'écarter de l'essentiel qui est de sauver la Côte d'Ivoire. Telle est la mission de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) qui n'oublie pas la nécessaire libération de ceux qui sont emprisonnés pour avoir, de bonne foi, respecté un arrêt du Conseil Constitutionnel sans la caution duquel les nouvelles autorités, elles-mêmes, n'auraient eu de base légale. Cette libération devient une exigence morale et politique qui ne porte nullement atteinte au besoin de justice. En effet, bon nombre de ceux qui sont détenus aujourd'hui ont agi dans le cadre d'un arrêt de justice, les décisions du Conseil Constitutionnel, qui s'imposent à tous.

Dès lors que toute la classe politique est finalement d'accord sur la nécessité démocratique d'un "parlement critique", il faudra aussi que cette exigence soit connue et acceptée des auteurs des exactions dénoncées par les organisations de défense des droits de l'homme, lesquels auteurs semblent ne pas pouvoir s'accommoder du droit à la différence et qui tuent pour le port d'un T-shirt d'un adversaire politique.

Un pays dont les populations, notamment les leaders politiques, les cadres et même les artistes sont en exil ne peut rassurer ni investisseurs, ni touristes. Le dire c'est aimer son pays. Un pays dans lequel des citoyens rient des malheurs d'autres citoyens, n'est pas une Nation. La Côte d'Ivoire a sans doute besoin d'argent. Mais elle a plus que besoin de paix et d'être une Nation. Nous devons briser nos chaînes du tribalisme. Cela commence par nous reconnaître tribalistes. C'est le sachant que les autres l'utilisent pour nous diviser afin de mieux nous asservir, au détriment des intérêts de nos populations ainsi spoliés de leurs richesses.

C'est en reconnaissant aux populations victimes, de toute localité, de toute région et de toute obédience politique le tort à elles causé, qu'on les détournera de la tentation de vengeance car l'on aura remarqué que chaque épisode de violences politiques impunies est suivi d'un autre épisode au bilan plus catastrophique et donc d'un plus grand désir de vengeance d'une partie de la population.

S'il est vrai qu'il faut du temps pour panser les plaies de la Côte d'Ivoire, il urge alors de ne pas en ouvrir de nouvelles. Notre paix doit se bâtir donc sur une trêve des intelligences et non sur une politique de l'autruche qui risque de cristalliser les rancœurs, encore moins d'une justice post-conflit entièrement à la solde et aux ordres des vainqueurs. Si FHB qui est notre référence historique a imprimé sous son règne un rythme de paix à ce pays et a pu jouir d'une longévité politique, c'est sans doute parce qu'il a su, aux moments nécessaires, oxygéner la marmite, notamment par les séances du Dialogue National. Il a aussi fait droit aux victimes des graves accidents de parcours, comme ceux des "complots de 1963".

Encore que dans son cas, FHB disposait du temps pour agir plus tard. Ce n'est plus le cas des régimes de notre époque où la limitation du mandat et la sanction populaire ne permettent de tabler au mieux que sur 10 ans, sinon sur 5. Dans 4 mois, une année aura été déjà consommée. Il ne restera au mieux que 3, la dernière année étant électorale.

Devant le risque de la tentation pour les extrémistes du pouvoir actuel de profiter de la période du traumatisme des défaits pour leur liquidation politique, l'AIRD doit, au sein du CNRD, prendre sa part d'audace, avec son enracinement républicain qu'on lui connaît et inviter tous les Ivoiriens à une lucidité nationale. Avec la conviction désintéressée de servir le pays, la défense de la liberté, la préservation des droits acquis grâce à l'engagement de nos devanciers, parmi lesquels Laurent Gbagbo à qui tous reconnaissent son combat pour la démocratie et qui reste, qu'on le veuille ou non, une partie de notre Patrimoine. D'autres ont, devant eux, les larges voies de l'autoroute de l'Histoire dans laquelle ils ne pourront s'inscrire que par leurs résultats, par leurs actes car pour l'Histoire, les intentions ou les déclarations d'intentions ne suffisent pas.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE.NET

REQUISITOIRE SANS CONCESSION DE MK: «L'HYPOTHETIQUE BILAN POSITIF D'ADO REPOSE SUR DU DETAIL PORTE PAR UNE COMMUNICATION SANS FONDEMENT»

 



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Quatre mois après la prise de pouvoir sanglante par Alassane Dramane Ouattara, le Professeur Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire et fondateur du dernier né des partis politiques ivoiriens Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a accordé un entretien sans langue de bois à Pan-African Visions, média panafricain de langue anglaise basé aux Etats-Unis.

Alors que le nouveau régime, entérinant la défaillance complète de l'état de Droit et de l'Etat tout court, se complait dans des dérives autocratiques sans précédent, et que les dirigeants de l'ex-parti au pouvoir - à l'instar du président par intérim du FPI Miaka Oureto - lui font une cour ouverte et pressante afin de faire enfin partie de la coalition gouvernementale, le président de LIDER se positionne fermement dans l'opposition, dans une posture audacieuse et porteuse d'espoir pour de nombreux Ivoiriens traumatisés par les événements récents et l'enlisement catastrophique de leur pays dans le chaos, l'étau néocolonial et la pauvreté durable. Une lecture nécessaire. Mahalia Nteby.


PAV: Professeur Koulibaly, commençons par jeter un coup d'œil sur la situation actuelle en Côte-d'Ivoire, en tant que politicien aguerri, pourriez-vous nous donner franchement votre point de vue sur la Côte-d'Ivoire aujourd'hui?

Mamadou Koulibaly : La situation qui prévaut actuellement en Côte d'Ivoire est extrêmement préoccupante car contrairement aux idées véhiculées autour d'une hypothétique démocratie dans le pays, nous glissons vers un régime autoritaire. La nouvelle armée n'est toujours pas maitrisée et les anciens chefs de la rébellion règnent en maitres sur la ville d'Abidjan et le pays. L'insécurité a certes reculé mais est toujours importante et les exécutions sommaires, les viols, les vols, le racket, les agressions diverses persistent ; l'assemblée nationale a été dissoute de fait par l'Exécutif, ce qui est totalement contraire à la constitution ivoirienne ; un nouveau conseil constitutionnel a été nommé par Alassane Ouattara en dehors de toutes règles constitutionnelles, le pays est gouverné par des ordonnances et des décrets illégaux, le Nord est toujours aux mains de l'ancienne rébellion qui impose son autorité et des taxes parallèles. Nous avons là tous les ingrédients d'un état défaillant qui survit grâce à l'aide publique internationale qui coule à flot depuis l'avènement de Ouattara. Ceci laisse malheureusement présager des lendemains difficiles, car la dette sera un handicap durable. Nous espérons sortir rapidement de cette spirale autocratique et revenir sur la voie de l'état de droit.


En tant que Président de l'Assemblée nationale, on vous a peu entendu durant la crise électorale avant l'arrestation du Président Gbagbo. Pourquoi êtes-vous resté si silencieux?


M.K. : Peut-on réellement parler de silence ? Je me suis exprimé début décembre en proposant mon point de vue sur la sortie de crise. Bien que je ne sois pas pour ce genre de gouvernance, j'ai proposé un partage du pouvoir pour éviter la violence, les morts et le durcissement des clivages ethniques au sein des populations. J'ai tenté une conciliation mais les deux camps y étaient fermement opposés. Dans ce contexte, toute tentative d'apaisement semblait raffermir les positions tranchées des deux camps.


Tous ces évènements liés au processus électoral en Côte d'Ivoire sont terriblement regrettables. Pensez-vous que nous aurions pu éviter toutes ces dérives ?


M.K. : Nous aurions pu éviter le chaos mais, alors que dans votre précédente question vous vous interrogiez sur mon silence, à l'inverse, quand, avant les élections, je me suis insurgé contre les vices entachant l'organisation du scrutin, j'ai été qualifié de trouble-fête pointilleux. D'évidence, il était périlleux d'aborder une élection dans un pays dont la moitié Nord était tenue par une rébellion armée, richement installée dans les détournements économiques et la prise en otage des finances de la zone. De surcroît, l'administration n'était pas redéployée, la commission électorale dite indépendante était composée d'une majorité écrasante d'opposants au Président Gbagbo. Quand on accepte de se jeter dans le feu, la brulure est certaine. Et le président Gbagbo a commis la faute de conduire le pays à des élections sans désarmement préalable des rebelles de Ouattara. Il fallait en assumer les conséquences.


Bien que ça ne fasse que quelques mois que le président Ouattara a pris le pouvoir, selon vous qu'a-t-il fait de positif pour ramener le pays sur la bonne voie.  Si vous deviez le conseiller, quelles voies lui proposeriez-vous de prendre
?

M.K. : En toute honnêteté je ne vois rien de très encourageant actuellement dans l'action d'Alassane Ouattara, tout son hypothétique bilan positif repose sur du détail porté par une communication sans fondement. Si l'on s'attache aux fondamentaux d'une nation, on ne peut que constater que la constitution est piétinée chaque jour, que la démocratie est aujourd'hui sans consistance, que l'Etat de droit est inexistant et que l'économie est prise en otage pour être redistribuée sans appel d'offre à des groupes français amis du pouvoir ivoirien. Le Général de Gaulle disait que les Etats n'ont pas d'amis mais n'ont que des intérêts. La Côte d'Ivoire est l'un des rares pays au monde qui ait des amis. Cependant, les intérêts de ces amis vont à l'encontre de ceux des Ivoiriens eux-mêmes.


Le seul aspect positif de la gouvernance Ouattara est que la déliquescence de l'Etat est formatrice pour les Ivoiriens. Ils peuvent ainsi comprendre que la démocratie ne peut pas se limiter à un bulletin dans l'urne mais qu'il faut aussi des moyens de freiner l'action de l'Etat qui a toujours tendance à devenir prédateur et dirigiste. Ils vivent la défaillance totale de leur Etat qui est dans l'impossibilité de garantir la sécurité et la justice qui sont pourtant ses missions de base. Cette prise de conscience conduit à un éveil de la société civile et c'est cet éveil qui va permettre aux populations de devenir exigeantes envers leurs dirigeants. Le changement sera demandé et insufflé par la base, par l'Ivoirien lui-même qui, ne l'oublions pas, constitutionnellement devrait être le véritable souverain.


Vous êtes connu pour être un fervent critique des Français en Côte-d'Ivoire, que pensez-vous du rôle qu'ils ont joué dans la résolution de l'impasse politique?


M.K. : Je ne suis pas critique des Français en Côte d'Ivoire, mais je suis plutôt critique de l'ingérence et de la domination du gouvernement français dans le pays, que ce soit au niveau monétaire, au niveau militaire ou encore au niveau économique. L'avènement de Ouattara ne fait qu'envenimer les choses. Cela dit, si la Côte d'Ivoire était un véritable état de droit avec des dirigeants soucieux du bien-être de leurs populations, tout cela ne serait pas possible. Il faut comprendre que l'Etat français cherche à satisfaire les Français avant tout et que la richesse de la France, son indépendance énergétique et la survie de ses multinationales passent par la domination des plus faibles, essentiellement des pays d'Afrique et la Côte d'Ivoire est un pion important dans leur stratégie. Si je prône le libéralisme, c'est justement pour lutter, entre autres, contre ces marchés protégés qui favorisent la corruption. Le système actuel, totalement fermé, laisse la Côte d'Ivoire en marge de la mondialisation qui pourrait pourtant lui apporter le progrès. Avec Ouattara, les relations entre la Côte d'Ivoire et la France se sont encore plus politisées et cela augmente considérablement le pouvoir des gens en place qui ne font plus du tout confiance aux populations locales. Le résultat est un dirigisme économique extensif et d'autres formes de politisation de la vie des entreprises incompatibles avec la mondialisation.


L'ancien président Gbagbo, sa famille et certains de ses proches collaborateurs sont toujours en détention, avez-vous été vous-même menacé et avez-vous noté une sorte de justice du vainqueur ?


M.K. : Je n'ai pas été menacé personnellement puisque j'étais au Ghana à l'époque où la répression a été la plus forte, mais ma famille a été inquiétée à de multiples reprises et ma résidence a été totalement saccagée. Certains de mes biens ont été retrouvés par Interpol au Mali. Vous parlez de justice du vainqueur, c'est évident. Ici, la justice repose plus sur l'émotion, sur la vengeance primaire que sur le droit car certaines arrestations se sont faîtes sans aucun fondement. Le fils du Président Gbagbo est en prison parce qu'il est son fils... Vous voyez sur quoi reposent les accusations parfois ! Des civils ont été exécutés parce qu'ils portaient des tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo. La situation se calme certes, mais il ne passe pas un seul jour qui ne puisse étayer par des faits cette affirmation. D'évidence, la crainte de faire remonter les enquêtes à 2002 prouve que le gouvernement Ouattara souhaite fuir ses responsabilités et s'orienter vers une justice du vainqueur. Comment laisser toutes les victimes de la rébellion depuis 2002 dans l'oubli ? Comment enquêter sur le casse de la BCEAO (Banque Centrale) d'Abidjan sans enquêter sur ceux de Bouaké et Man qui ont été braqués à l'époque par les Forces Nouvelles ? Comment enquêter sur les crimes des troupes fidèles à Gbagbo et ignorer ceux des FRCI, armée de guerriers mise en place par Ouattara par le biais d'une ordonnance et qui sont les auteurs de nombreuses exactions ? Comment faire pour que la vengeance ne se cache pas derrière la justice pour agir ? Comment faire pour que la justice ne soit pas de la vengeance ? Comment faire pour que la justice actuelle ne soit pas la source de nouvelles frustrations, de nouvelles haines, de nouveaux conflits ? Nous n'avons pas encore de réponses de Ouattara à toutes ces questions.


Vous avez récemment décidé de créer votre propre parti politique; peut-on connaître vos motivations, considérant que jusqu'à la crise, vous avez été un pilier connu du Front patriotique ivoirien, FPI?


M.K. : Mon départ du FPI ne s'est pas fait sur un coup de tête, c'est le fruit d'une longue réflexion. Mais je dois avouer que dans le contexte politique actuel, je ne pouvais plus m'inscrire dans une posture attentiste. L'inertie n'est pas acceptable. Le FPI souhaitait pourtant  instaurer le statu quo dans l'attente de la libération des dirigeants du parti. Les cadres ont refusé de faire un bilan, d'organiser un congrès national et de réorienter la vision du parti. Les Ivoiriens ont pourtant besoin d'une opposition forte qui puisse les défendre compte tenu des velléités autocratiques de l'équipe Ouattara. J'ai donc pris mes responsabilités. Je pense, comme de nombreux Ivoiriens, que nous devons sortir de la logique de la politique fondée sur l'ethnie et la tribu. Je pense que les élites ivoiriennes n'ont pas à diviser les populations pour ensuite régner sur elles. Je crois fermement que nous pouvons réunir les populations pour mieux gouverner le pays.


Quelle est votre réponse aux critiques qui pensent que vous êtes un opportuniste ayant abandonné ses camarades et le navire FPI alors qu'il était en pleine crise?


M.K. : S'ils considèrent que c'est une opportunité, c'est flatteur pour LIDER qui est un jeune parti. C'est très encourageant ! Mon départ, présenté comme une rupture, ressemble plus à un divorce par consentement mutuel. L'inertie s'est opposée à la nécessité d'action. Nous ne regardions plus dans le même sens. Le FPI et LIDER devraient partager un point commun, ce sont deux partis d'opposition au RHDP. L'élan de LIDER devrait donner également de l'eau au moulin du FPI, puisque notre mission démocratique est de former un contre-pouvoir puissant. Mais si le FPI accepte de participer au gouvernement de Ouattara comme cela m'en a l'air, alors LIDER sera aussi opposé au FPI. Je suis parti du FPI à cause des relents tribalistes qui y sont devenus plus vifs, et qui ne me convenaient plus. Le refus du FPI d'assumer ses responsabilités en tant que parti ayant soutenu et conduit des élections sans désarmement m'était insupportable. Le FPI avait pour vocation d'être un parti national et non d'être un club de soutien, une entreprise familiale ou un parti tribal.


D'un point de vue idéologique, LIDER est-il différent du FPI ?


M.K. : LIDER - Liberté et démocratie pour la République - comme son nom l'indique, s'inscrit dans le courant de pensée du libéralisme classique. La liberté, dans le pays, sonne parfois comme un mot creux, un idéal réservé à des pays riches mais inatteignable pour la grande masse des populations des pays pauvres dont le souci est de trouver à manger chaque jour et de pouvoir se soigner pour survivre. Pourtant, partout dans le monde, le recul de la pauvreté est lié à l'augmentation de la liberté. LIDER veut éveiller les Ivoiriens à ces idées pour rompre avec le pessimisme qui confine l'individu dans un attentisme dévastateur. Les Ivoiriens doivent avoir confiance en leurs propres capacités.


Lorsque les populations seront libres d'entreprendre une activité sans rencontrer mille barrières qui découragent les projets ; quand elles ne seront plus étouffées par l'impôt et le poids de l'Etat ; quand elles pourront avoir des titres de propriété qui sécurisent leurs activités et leur descendance ; quand elles pourront commercer librement avec le reste du monde ; quand elles ne seront plus asphyxiées par des entreprises en situation de monopole qui dictent leurs prix; quand toutes ces barrières seront tombées, et quand leurs droits d'accéder à l'éducation, à la santé et à la prospérité seront les vrais enjeux de l'action politique, alors le progrès arrivera enfin. C'est sous cet angle que LIDER voit le progrès. Le parti va présenter le 11 août prochain son manifeste qui permettra de saisir les contours de son programme politique.


Professeur Koulibaly, merci d'avoir accordé à PAV cette interview, et bonne chance dans votre nouvelle aventure politique.

Interview réalisée par Ajong Mbapndah L, in Pan-Afrcian Visions, le 3 aout 2011
*Titre et chapeau par Mahalia Nteby


Source: Le blog de Mahalia Nteby

ET SI L'OPERATION DE SALUBRITE PUBLIQUE CACHAIT EN REALITE UN «BUSINESS» JUTEUX?

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Depuis l'avènement du nouveau régime ivoirien, il s'observe une véritable frénésie à remettre « de l'ordre » dans nos rues, dans notre cadre de vie et notre environnement. Une opération que nous saluons à certains égards ; notamment en ce qui concerne la mise en coupe réglée des conducteurs de mini cars « gbaka » et de taxis intercommunaux « wôrô-wôrô » - notoirement indisciplinés - ainsi que des commerçants ambulants sur des voies essentielles comme le Boulevard Mitterrand, à Adjamé Renauld, depuis les échangeurs de la Gare Nord de la SOTRA jusqu'aux 220 logements.

La furia de celle qu'on surnomme aujourd'hui Ouloto « Bulldozer », Ministre de la Salubrité Urbaine de Ouattara, n'épargne presque rien : quartiers précaires, constructions anarchiques, baraquements de marchés, étals sur les trottoirs, maquis et boîtes de nuits (de la Rue princesse de Yopougon et des Mille Maquis de Marcory), occupations illicites de la voie publique. Nous aurions applaudi des « quatre mains » si cet acharnement ne suscitait pas, au-delà de ses aspects objectivement positifs et bénéfiques, des interrogations légitimes sur  la manière dont l'opération est conduite, au regard de la Réglementation ou plus simplement des convenances. Ce qui accréditerait les dénonciations d'une certaine opinion qui voit en cette frénésie la face visible d'une obscure affaire de gros sous, au centre de laquelle se trouveraient Madame Dominique Ouattara et un certain architecte du nom d'Ibrahim Bakayoko.

En effet, si nous envisageons cette question d'une criante actualité d'un point de vue strictement social et juridique, nous comprenons mal que dans un Etat de droit, l'on puisse mener une opération d'une telle envergure, sans un minimum de campagne de sensibilisation et d'information, visant à avertir les populations et opérateurs concernés - qui, du reste, sont en très grand nombre dans un pays paupérisé par 10 années de crise aiguë. En matière de développement communautaire, il est de notoriété que toute action qui se veut durable et intériorisée par les populations ne doit pas se faire sans leur consentement et leur participation.

Ce faisant, la Ministre de la Salubrité Urbaine, Anne Désirée Ouloto, aurait dû au préalable, associer ces populations à l'action à mener et définir clairement les critères objectifs de choix des sites ainsi que le calendrier selon lesquels les démolitions, déguerpissements et autres destructions devraient se faire. De sorte que tout à fait logiquement, les habitants et occupants de ces sites soient avertis, recensés, recasés ou dédommagés. Mais rien de tout ceci. Aucune sommation ni mesure d'accompagnement.

En revanche, dans le flou le plus artistique, des bulldozers et des chargeuses sont envoyés en croisade contre des citoyens démunis, de petits commerçants et des opérateurs économiques ainsi ruinés, sans leur laisser le moindre recours. La nécessité d'assainir un certain cadre de vie ou de donner un nouveau visage à la ville d'Abidjan - opération, au demeurant, cosmétique - peut-elle justifier qu'on crée une autre plaie, plus grave : la démultiplication du nombre des sans abris, des pauvres et des sans emploi, quand on sait que les premiers (les plus anciens) ne voient pas encore la sortie du tunnel ni un début de réalisation des promesses électorales, faites de ce point de vue, par le chef de l'Etat ?

Qu'est-ce qui justifie donc ces véritables croisées contre la dèche dont les oripeaux nous répugnent tant, en ce moment, à Abidjan ? Nous croyons y avoir un début réponse.

Relativement aux destructions de maquis et de bidonvilles, une certaine opinion abidjanaise fait état d'une affaire de gros sous, un « business » fort juteux dont l'objectif serait de dégager des espaces devenus rares à Abidjan, pour l'élévation d'immeubles et de kiosques de luxe à faire louer aux Ivoiriens et aux opérateurs économiques les plus nantis. Cette opération, selon cette opinion, ne serait donc pas aussi désintéressée qu'on voudrait le laisser croire.

Des sources bien introduites relèvent qu'il s'agirait, en réalité, d'une affaire bien ficelée et pilotée par Mme Dominique Ouattara, la ministre Anne Ouloto et l'architecte Ibrahim Bakayoko dont le cabinet est sis au quartier des affaires du Plateau, au rez-de-chaussée d'un immeuble situé en face du Collège des Filles « Notre Dame du Plateau ».

Monsieur Ibrahim Bakayoko, architecte de son Etat, aurait mis son génie créateur au service de la cause. Il aurait proposé à Mme Ouattara, un plan dit « d'embellissement de la capitale économique » prévoyant le rasage systématique des quartiers précaires, le débarras des trottoirs de tout étal de petits vendeurs et vendeuses et la démolition des maquis et des boîtes de nuit.

A la place, l'architecte ivoirien ambitionnerait de construire des kiosques de son invention, destinés à être proposés soit à la vente soit à la location, à un public ayant la capacité financière de se porter acquéreur.

En ce qui concerne les quartiers précaires, parmi lesquels figure en bonne place « Petit Ouaga », Mme Ouattara aurait le projet d'y bâtir des immeubles, sous le couvert de sociétés immobilières. En réalité, ces sociétés qui, bientôt, noirciraient les pages des annonces légales du très gouvernemental quotidien « Frat-Mat » ne seraient autre chose que des couvertures de la société mère AICI, propriété de Madame Dominique Ouattara. Le tour serait ainsi joué. Pour le financement, aucun souci à se faire, nul besoin de se triturer les méninges : l'assise financière confortable de notre milliardaire de Première Dame ferait tout à fait l'affaire.

L'on se rappelle encore avec acuité que la ministre Anne Désirée Ouloto déclarait, péremptoire, récemment, dans un quotidien de la place, que « de nouveaux kiosques flambants neufs pousseraient très bientôt à la place des anciens » ; corroborant ainsi les suspicions et les informations relevées plus haut. Ces nouveaux kiosques, malheureusement, ne seraient pas à la portée des premiers venus ni des premiers occupants (déguerpis), faute de moyens financiers. De toute évidence, ce seront les vainqueurs et gouvernants d'aujourd'hui qui les rachèteront ou les loueront, pour y installer les leurs.

En définitive, ces destructions de quartiers précaires, d'étals des trottoirs, de la « Rue Princesse », de « Petit Ouaga », du marché de Yopougon-Sicogi, serait une affaire de gros sous et du « Ote-toi que je m'y mette ». Toute autre argumentation, selon ces sources, ne serait que « camouflage et filouterie ».

Au regard de la fièvre avec laquelle ce projet d'assainissement de la ville d'Abidjan est diligenté, comment ne pas accorder de crédit à de telles allégations ? L'opération, si elle veut conserver une once de logique, devrait se poursuivre dans des quartiers d'Abidjan comme Bori-Banan, Mossikro, la casse d'Adjamé et d'Abobo, Bracodi Bar, la gare d'Adjamé jusqu'au Marché gouro, Derrière Rail, Gesco etc, et à l'intérieur du pays dans des bidonvilles célèbres comme « Bardot » à San Pedro, et au final, dans toute la Côte d'Ivoire. Faute de quoi, le gouvernement serait légitimement suspecté de faire de l'assainissement sélectif. Ce qui serait encore plus dommageable à la paix sociale.

D'un autre côté, avec du recul, nous avons fini par nous convaincre que des Ivoiriens ont délibérément travaillé contre leur pays. Histoire de faire clouer au pilori Laurent Gbagbo et d'obtenir sa tête. Car comment comprendre qu'aujourd'hui, un maire RDR comme celui d'Adjamé - donc pro-Ouattara -, dont la commune était le symbole du pire des désordres urbains, ait subitement trouvé l'énergie et les ressources (en plein marasme économique et en pleine sécheresse budgétaire) pour rendre sa commune moyennement propre et rangée ? Cela pouvait donc être fait sans qu'on crie à « l'exclusion » et à « la xénophobie » de Gbagbo ? Ce sont ces choses incompréhensibles voire énigmatiques qui dévoilent la mauvaise foi de certains des premiers magistrats de nos communes, la sinuosité du cœur humain, et qui mettent en lumière une volonté délibérée de nuire, en maintenant intentionnellement des administrés dans la crasse et le désordre. Ceux qui se targuent aujourd'hui de mettre de l'ordre à Abidjan avaient la possibilité de mener ces mêmes actions sous Gbagbo. Ils s'en sont volontairement soustraits. Quitte à faire périr des concitoyens. Aucune raison de s'en faire, tant que cela était porté au passif d'un Laurent Gbagbo injustement incriminé pour leurs propres turpitudes. Ainsi va la politique en Côte d'Ivoire, rétrograde et occulte.

Qu'un projet de salubrité publique et d'assainissement soit mené dans le souci du bien-être des populations ivoirienne est une action louable, à plus d'un titre. Mais il est inacceptable que cette opération se fasse sans un minimum d'égard pour les victimes de toutes ces démolitions et destructions, dont la situation sociale était déjà des plus précaires et infiniment  loin d'être enviable. Cette froideur sidérante, ce manque de sensibilité, de compassion et de prévenance pour ceux qu'on dit gouverner et qu'on plonge, sans appel possible, dans la détresse, au nom du « changement des mentalités », pour notre part, n'est pas compréhensible, encore moins acceptable. Et naturellement, il laisse penser à tout observateur sérieux que le mobile de cette effervescence est à rechercher ailleurs. Notamment, dans une affaire de gros sous au profit de proches du pouvoir Ouattara. Servant, par la même occasion à faire du lustrage politique, plutôt que de s'attaquer aux vrais préoccupations des Ivoiriens qui ont pour nom : réconciliation nationale, sécurité, restauration des services publics, réouverture des universités et remise en train de l'appareil de production mis à mal par l'entrée des FRCI à Abidjan. Toutes choses que nous jugeons inqualifiables.

Vivement, que des mesures d'urgences soient prises au profit de tous ces abidjanais  et de tous ces Ivoiriens réduits, du jour au lendemain, à la misère et au chômage, par ce qui pourrait apparaître comme une obsession du gain et une course à l'enrichissement, pourtant tant décriés chez le précédent régime. Au nom de l'humanité et pas seulement du « changement des mentalités ».


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 295 du jeudi 18 août 2011 (une version revue).

LE MARCHE DE YOPOUGON-SICOGI RASE

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La menace Anne Oulotto continue ses ravages

La destruction massive entamée par la « ministre bulldozer » de Ouattara, Anne Ouloto, n'est pas prête de s'arrêter. Après la Rue Princesse qui a subi la rage destructrice des pelleteuses de Ouloto faisant perdre des millions de francs Cfa aux opérateurs économiques de la zone et mettant du coup plus de deux mille (2000) personnes au chômage, c'est au tour des pauvres commerçantes de faire les frais de la Ministre. Ce sont les vendeuses du plus grand marché de la commune de Yopougon, en l'occurence celui de la Sicogi qui ont subi les affres de cette dernière.

C'est mercredi dernier, aux alentours de 10 heures que les casses ont débuté au dam des commerçantes qui avaient fait mains et pieds pour éviter cela. En effet, elles ont cotisé la somme de deux mille francs par personne pour soudoyer les exécutants de l'ordre de Oulotto. Mais rien n'y fît. Etals en main, courant dans tous les sens pour protéger ce qui pouvait encore l'être. Mais leurs bourreaux sans état d'âme ont accompli soigneusement la sale besogne que Ouloto leur a confiée. Les pauvres vendeuses ont assisté les larmes aux yeux et le cœur meurtri à la destruction de leurs différentes tables." Je viens à peine de faire près de 50000 FCFA d'achat d'aubergines et j'arrive, mon étal est parti en lambeaux. Que vais-je devenir ? C'est mon commerce qui me permet de m'occuper de ma famille", lance dame TRA LOU en larmes. Une autre commerçante non loin d'elle s'écrit "solution ! Solution que vous cherchiez-là, voilà ça maintenant. Ils ont tout cassé. Où allez-vous trouver l'argent pour nourrir vos familles ?. On dit Gbagbo tue les gens mais la faim aussi tue", s'indigne Mme Yao. Un autre visiblement ahuri, éclate: "On a cotisé l'argent pour rien". En effet, ayant eu vent de la démolition imminente du marché, ces braves dames  se sont cotisées et  ont recueilli environ un (1) million de nos francs qu'elles ont remis à des personnes qui faisaient partie des démolisseurs, pour les soudoyer. Mais elles n'ont eu que leurs yeux pour pleurer et constater avec désarroi ce qui leur arrivait. Destruction en mode Ouloto, à qui le tour ?


Tatiana N'GUETTIA, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 43 du vendredi 19 août 2011.

INCULPATION DE GBAGBO : QUATRE MOIS DE BRUITS POUR RIEN


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Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire après l'inculpation officielle du président Gbagbo poursuivi non plus pour crimes de guerre passibles devant le TPI mais plutôt pour « crimes économiques ». Pour qui connaît le président Gbagbo, cette mascarade est bien une honteuse opération.

 

Il s'est peut-être mis à couvert en France mais la honte, assurément, risque de rattraper rapidement Alassane Ouattara qui avait juré la perte de Laurent Gbagbo parce qu'il aurait commis d'horribles crimes qui l'enverraient tout droit devant la Cour pénale internationale. Rien de tout cela finalement après quatre mois d'humiliations inutiles. Depuis-hier, les juges du Chef de l'Etat n'ont rien trouvé à reprocher à l'ancien président que de prétendus détournements de deniers publics, un soi-disant braquage de la BCEAO et une tentative de création d'une monnaie ivoirienne. Des chefs d'accusation qui ont provoqué hier l'hilarité générale de ceux qui regardaient le journal de 20 heures au cours duquel l'annonce a été faite.

Alors qu'ils avaient annoncé toutes sortes d'apocalypse sur la tête de l'ancien président, bon selon l'expression de Ouattara pour le Tribunal Pénal International, le Procureur de la République a affirmé hier que ce sont là les seuls  chefs d'accusation qu'ils ont trouvés contre Laurent Gbagbo parce qu'en la matière lui-même  n'est pas tenu par les réquisitions du juge d'instruction.

Ceux à qui on a donc raconté depuis dix ans que Gbagbo est un criminel qui tue de préférence les populations du nord en seront certainement pour leurs frais. Car visiblement, aucune de ces accusations récurrentes n'étaient fondées. Gêné par ailleurs aux entournures face aux accusations d'une justice orientée, le Procureur de la République a indiqué que ce serait faire un équilibrisme de mauvais aloi que de demander que Shérif Ousmane par exemple,  accusé par les organisations de droits de l'homme de crimes massifs contre les partisans de Laurent Gbagbo, soit inculpé parce qu'il est un sauveur. « On était tous ici quand les gens nous tuaient. Il a fallu que ces gens-là viennent nous sauver », a commenté le Procureur qui reprend pour ainsi dire les mêmes rumeurs qu'ils n'ont pu eux-mêmes confirmer.

Alassane Ouattara qui s'est proclamé roi de l'argent durant sa campagne électorale peine aujourd'hui à réunir les moyens nécessaires au fonctionnement de l'Etat. La Côte d'Ivoire n'arrive plus à payer ses fonctionnaires avec ses propres ressources et accumule des impayés depuis son arrivée au pouvoir. Face à cette quadrature du cercle, il n'est pas impossible que le gouvernement ait décidé de rechercher ses difficultés dans des déprédations passées. Et dans ces conditions, ce type d'accusations pourrait bien aider. Mais jusqu'où ? Misère.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 43 du vendredi 19 août 2011.

jeudi, 18 août 2011

DEPUIS L'EXIL, BLE GOUDE DEGAINE A NOUVEAU: «CE QUE J'ATTENDS POUR RENTRER», «J'AI PEUR POUR DROGBA»



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Charles Blé Goudé donne encore de la voix. Dans une interview accordée à L'INTER, la première à un quotidien ivoirien depuis qu'il est allé en exil, le leader des jeunes patriotes pro-Gbagbo, joint au téléphone, a asséné ses vérités et a décidé de se positionner comme l'opposant au président Ouattara.


M. Blé Goudé Charles, qu'est-ce-que ça fait d'être en exil, coupé des réalités de son pays comme vous l'êtes depuis quatre mois?

Blé Goudé: Mais, écoutez, on n'est jamais content d'être en exil. Cependant par devoir, je l'assume. Il y a des Ivoiriens qui sont morts, il y en a qui sont en prison. Par devoir pour tous ceux-là, nous devons tenir, et j'ai décidé de tenir.

Tenir jusqu'à quand?

Jusqu'à ce que mon pays renoue avec la liberté, avec la démocratie et avec la paix. Ça a toujours été le sens de mon combat. Et aujourd'hui plus que hier, je suis déterminé dans ce combat-là pour les Ivoiriens et pour l'Afrique.

Il semble que vous attendez un ultime coup d'Etat pour réapparaître sur la scène politique en Côte d'Ivoire ?

Je ne suis pas un partisan de coups d'Etat. C'est contre les coups d'Etat que nous sommes descendus dans la rue pendant plusieurs années. Nous sommes pour un changement par des moyens démocratiques. Les Ivoiriens ont été tellement traumatisés que je ne crois pas qu'ils aient besoin d'un autre coup de force pour un changement de régime. Ils ont besoin aujourd'hui d'emplois, de structures sanitaires, scolaires et universitaires. Mais la question est de savoir si le régime en place est disposé à se prêter au jeu démocratique.

De là où vous êtes, qu'est-ce qui vous manque le plus?

Oh! Je ne crois pas que ce soit important, ce qui me manque. C'est ce qui manque aux Ivoiriens qui est plus important. Il manque aux Ivoiriens la sécurité, il leur manque la liberté de s'exprimer et de circuler, il leur manque une justice équitable car il suffit aujourd'hui de posséder un fusil en Côte d'Ivoire et on fait la loi. Les Ivoiriens ne veulent plus que leur pays soit une terre de règlement de comptes. Il leur manque la paix, il leur manque le développement. Tout cela est plus important que ce qui me manque là où je suis.

Vous sentez-vous comptable de la mort de milliers de jeunes que vous aviez appelés dans l'armée pour combattre aux côtés des ex-FDS ?

De quoi parlez-vous là? Il est bon, pour la bonne compréhension de chacun, de savoir que j'ai demandé aux jeunes qui le souhaitaient d'aller s'inscrire à l'Etat- major des Armées pour se faire recruter dans l'armée régulière. Pour la simple raison que l'Armée régulière est le seul cadre légal pour le maniement des armes et pour ceux qui veulent défendre leur pays par les armes. D'ailleurs, ce recrutement n'a jamais eu lieu vu que les évènements se sont précipités. Je suis donc fort surpris que l'on s'acharne contre ma personne en laissant en liberté ceux qui ont créé des bandes armées pour renverser le régime de Gbagbo, et qui ne sont nullement inquiétés.

Vous n'avez donc aucune responsabilité dans la récente crise postélectorale?

Ce n'est pas ce que je dis. Moi j'attends que vienne le jour où chacun des acteurs politiques reconnaitra sa part de responsabilité dans la crise que vit notre pays depuis des années. Il faut éviter de désigner d'un côté des méchants et de l'autre des gentils, des blancs comme neige, qui se présentent comme des innocents et jugent les autres. Quant à moi, en tant qu'acteur politique, je ne suis pas innocent dans ce qui est arrivé à mon pays. Mais, bien plus que moi, nombre de tenants du nouveau pouvoir ont été épinglés par des organisations internationales de défense des droits de l'Homme pour des meurtres et des exécutions extrajudiciaires.

Qu'attend-on pour les inculper, eux?

Le porte-parole du gouvernement, Koné Bruno, a dit que les pro-Ouattara n'ont jamais été formellement accusés...

Dites à M. Koné Bruno d'arrêter de tenir des propos qu'il pourrait regretter plus tard. Sinon, je le ramène aux différents rapports publiés récemment par les organisations internationales de Défense des Droits de l'Homme que sont Human Rigth Watch (HRW) et Amnesty International; des rapports qui ont clairement mis en cause le camp Ouattara dans des tueries en Côte d'Ivoire. Même la représentation onusienne en Côte d'Ivoire, je veux parler de l'ONUCI qui a aidé Ouattara à s'installer au pouvoir, a dénoncé les meurtres perpétrés par les Dozos et autres dans notre pays. Alors de quoi parle Koné Bruno?

Avez-vous des nouvelles de votre mentor Laurent Gbagbo?

Non ! Comment puis-je avoir des nouvelles d'une autorité coupée du reste du monde, isolée et à qui ses avocats n'arrivent pas à avoir accès? Le président Laurent Gbagbo est un prisonnier politique à qui ses geôliers dénient tout droit. D'ailleurs, je profite de cet entretien pour demander sa libération. Et je demande à tous les Ivoiriens, à tous les Africains et à tous ceux qui sont épris de justice de s'apprêter afin que nous demandions la libération de ce grand homme.

Croyez-vous, comme certains, à un retour de Gbagbo au pouvoir ?

En politique, ce qui est vrai aujourd'hui n'est pas forcément vrai demain. Nous nous battons pour la libération de Gbagbo car pour qu'un homme fasse de la politique, il faut qu'il soit libre. Ce qui importe pour moi, c'est que l'on comprenne que M. Gbagbo qui avait fait venir M. Ouattara de l'exil, qui avait mis fin à l'exil de M. Bédié, ne peut pas être en prison pendant que ceux-là sont en liberté. Alors je demande d'abord et avant tout qu'on libère le président Gbagbo.

Mamadou Koulibaly pense que c'en est fini pour Gbagbo...

Je ne peux pas l'empêcher de penser ainsi. C'est l'avenir qui nous situera.

Pour qui roulez-vous dans la bataille des clans autour de Gbagbo ?

Je roule pour la Côte d'Ivoire et pour tous les Ivoiriens. L'exil est un moment de formation et de transformation, de bilan, de remise en cause et d'analyse, mais aussi et surtout de perspectives. Dans cette logique, je ne saurai me retrouver dans un combat de clans, si tant est qu'il en existe un autour de Gbagbo. J'appelle, si c'est le cas, les différents protagonistes à unir leurs forces pour demander la libération de Gbagbo, fondateur du FPI.

Koulibaly Mamadou, lui, est définitivement parti du FPI pour créer son parti. Qu'est-ce que cela vous fait ?

Cela ne me fait rien. Vous savez, chacun assume son destin politique, il en choisit l'opportunité et les moyens pour y parvenir. Je n'en dis pas plus.

Alassane Ouattara a appelé les exilés à rentrer dans le cadre de la réconciliation, à quand votre retour en Côte d'Ivoire?

Qui vous a dit que je suis hors de la Côte d'Ivoire ? Je peux être quelque part dans mon pays. Cela dit, je fais la différence entre les récitations, les dictées préparées et les actes politiques de M. Ouattara. Il doit être jugé sur ses actes et non sur ses discours. M. Ouattara aurait libéré le président Gbagbo et tous les autres prisonniers politiques et militaires illégalement détenus dans le nord du pays, qu'il aurait ainsi facilité le retour des exilés en Côte d'Ivoire. La réconciliation est donc une conséquence des actes du gouvernement et non un programme de gouvernement.

Soyez plus explicite...

Je veux dire que c'est au regard du traitement que le pouvoir en place réserve à ceux qui sont en prison, mais aussi aux autres partisans de Gbagbo et en général à tous les Ivoiriens, que la réconciliation suivra. Tout le reste n'est que de la communication pour plaire à la communauté internationale, car la réalité est tout autre sur le terrain. Alassane Ouattara parle de paix et il a la malice dans le cœur. On n'appelle pas des exilés à rentrer pour les inculper.

Avez-vous des contacts avec votre ami, Guillaume Soro, le Premier ministre?

Non!

Il se murmure à Abidjan qu'il aurait envoyé le commandant Wattao vers vous ?

Comment peut-on envoyer un émissaire à quelqu'un dont on ignore le lieu de résidence ?

Où êtes-vous alors ?

Je suis là où je dois être.

Et c'est où, là où vous devez être?

Monsieur, je suis là où je dois être, prenez ça comme ça.

Les élections législatives ont été annoncées pour décembre prochain. Seriez-vous candidat à ces consultations ?

Je ne sais pas ce qui peut se passer d'ici à décembre. Les conditions d'élections transparentes, équitables et ouvertes à tous seront-elles garanties au moment opportun? Le pouvoir en place est-il prêt à se livrer au jeu démocratique et à une véritable compétition électorale? Autant de préoccupations et d'interrogations qui restent à élucider. En tout état de cause, je demande à nouveau à l'opposition de rester vigilante sur toutes ces questions.

Le nouveau pouvoir marque sa présence par la destruction des maquis anarchiques, et la ''Rue princesse'' de Yopougon en a fait les frais ?

D'abord ce n'est pas la ''Rue princesse'' de Yopougon seulement qui en a fait les frais. Je voudrais que vous rectifiiez cela. Les parcs autos qui sont sur le Boulevard Valery Giscard d'Estaing en ont fait les frais, tous les petits commerces de Cocody, de Gobelet, de la Riviera et de bien d'autres quartiers d'Abidjan en ont fait les frais. Bien plus, des habitations de pauvres citoyens ont été détruits sans sommation. C'est scandaleux ! Il est vrai, toute décision tendant à offrir un cadre de vie sain et propre aux Ivoiriens est salutaire. Seulement, il faut y mettre la manière. Dans ce qui est donné de voir en ce moment à Abidjan, a-t-on prévu un lieu pour relocaliser ces commerces détruits? A-t-on envisagé de les dédommager ? Visiblement, non ! Pour un pays comme la Côte d'Ivoire qui sort à peine d'une grave crise, un pays où la pauvreté a gagné du terrain, le secteur informel doit soutenir le formel; toute chose qui contribue à conserver de petits emplois et à réduire la pauvreté, l'oisiveté et ses corolaires. Un bar détruit entraine la destruction d'emplois directs et indirects. C'est vous dire que ces déguerpissements tout aussi anarchiques organisés par le gouvernement de Ouattara auront des conséquences, par exemple sur les chiffres d'affaires de la société Coquivoire qui fournit des maquis en poulets, de Solibra et de bien d'autres qui fabriquent des boissons. Il y a aussi le fait que les entreprises de téléphonie mobile peuvent prendre un coup à travers leurs démembrements de revendeurs qui gagnent généralement plus aux abords des maquis. On est alors tenté de se demander quel était l'opportunité et l'urgence d'une telle action du gouvernement d'Alassane Ouattara. In fine, le paiement de la main à la main des salaires aux militaires, policiers et gendarmes ainsi que les dernières actions relatives au déguerpissent achèvent de convaincre que M. Ouattara fait perdre de l'argent aux Ivoiriens au lieu de leur en faire gagner. N'étant pas à même de réaliser ses promesses électorales, il tente de poser quelques actions d'éclat pour donner l'impression qu'il travaille. Je souhaite que tous ceux qui ont été déguerpis soient relocalisés et dédommagés, comme cela se fait dans des régimes modernes et démocratiques.

Le footballeur Didier Drogba, originaire de votre région, a été nommé vice-président de la commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Que vous dit ce choix ?

Je sais que Didier aime son pays et il aimerait voir les Ivoiriens qui l'aiment s'unir et être traités de manière équitable, sans référence à l'ethnie à la religion et au parti politique. Seulement les intentions de Didier en acceptant ce poste sont-elles celles de ceux qui ont bien voulu qu'il soit membre de la commission réconciliation? On sait que des mauvais coups sont portés au président de la commission lui-même, le Premier ministre Banny. J'ai donc peur pour Didier Drogba. Je crains qu'on ne lui laisse pas les mains libres pour travailler. Cela dit, je pense que Didier Drogba n'a pas été nommé dans la commission de réconciliation parce qu'il est de ma région. Il a été nommé parce que ceux qui l'ont choisi pensent certainement qu'il peut avoir l'autorité et l'influence nécessaires pour aider à réconcilier les Ivoiriens. Donc il appartient au pouvoir en place de laisser les mains libres à ceux qui ont été nommés dans la commission de réconciliation, au risque de saboter leur travail.

La Côte d'Ivoire a connu, à la veille de la célébration de l'indépendance, deux graves accidents qui ont causé de nombreux morts? A qui et à quoi l'attribuez-vous ?

Je voudrais simplement m'incliner devant la mémoire de toutes les victimes de ces deux graves accidents d'autobus et de car qui ont fait plusieurs morts, il y a quelques jours. Pour moi, ce sont des accidents qu'il faut éviter de politiser. Ce n'est pas parce que Ouattara est au pouvoir que nous qui sommes dans l'opposition devons nous réjouir de ce drame. Non! Ceux qui sont morts sont des Ivoiriens qui partaient simplement au travail et qui ne s'intéressent peut-être pas tous à la politique. Je voudrais donc présenter mes condoléances aux différentes familles des disparus et souhaiter un prompt rétablissement à tous ceux qui sont encore à l'hôpital. Je demande à Dieu de faire en sorte de conjurer ce sort, de faire en sorte que la Côte d'Ivoire puisse s'éloigner de ces accidents parce que le pays est en train de gérer une situation post-crise qui a laissé de graves séquelles. Mon grand souhait, c'est qu'un jour, la Côte d'Ivoire sorte des difficultés pour avoir la paix et amorcer le développement. Malheureusement, c'est au moment où la Côte d'Ivoire est déchirée par ces différents drames que M. Ouattara s'offre des vacances en France, pays dont le président, Nicolas Sarkozy, vient lui-même d'écourter ses vacances pour résoudre la crise financière qui secoue son pays. Quel paradoxe ! Il y a également le Premier ministre anglais, David Cameron, qui a dû cesser ses congés suite aux dernières violences qu'a connues son pays l'Angleterre. Mais ce à quoi on assiste en Côte d'Ivoire est plutôt révoltant. Comment M. Ouattara peut-il aussi mépriser les Ivoiriens à ce point, lui qui a décrété trois jours de deuil national et qui s'est rendu dans la foulée au Tchad? En un mot, M. Ouattara voulait juste être président de la Côte d'Ivoire. C'est fait, la vie des Ivoiriens lui importe certainement peu. Sinon, comment comprendre que le gouvernement d'un pays comme la Côte d'Ivoire, un pays qui vit une crise sans précédent, peut aller en vacances au moment où les populations font face aux questions cruciales? Pour tout dire, les tenants du pouvoir donnent l'impression de naviguer à vue.


Source : Le quotidien ivoirien « L'INTER » N° 3966 du jeudi 18 août 2011.

HERMANN ABOA: LA PHOTO DE LA HONTE!

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Il y a des photos qui en disent plus que mille éditos. Le cliché que nous publions ici, et que nous mettons à notre « Une », fait partie de ces clichés qui décrivent à merveille une situation donnée, et démasquent le langage perfide des « communicants » et des « étouffeurs professionnels », très habiles à justifier l’injustifiable. Comme l’image de Pius Njawé, fondateur du quotidien Le Messager et prisonnier personnel de Paul Biya, le président camerounais, à plusieurs reprises, regardant tristement à travers le grillage de sa prison.


Chaque fois qu’un journaliste est emprisonné, c’est toute la profession qui est déshonorée. La situation d’Hermann Aboa est d’autant plus choquante qu’il est un des quinze prisonniers d’une métropole abidjanaise où tous les voleurs, braqueurs et criminels ont été mis en liberté par ceux-là mêmes qui ont désormais à cœur de mettre des universitaires, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques et… des journalistes au secret. Tandis que le pays s’enfonce dans une insécurité générée par nos « libérateurs » autoproclamés.

Il faut bien regarder cette photo d’Hermann Aboa. Il n’est pas abattu, non ! Il esquisse même une sorte de petit sourire qui en dit long sur sa force mentale, lui qui est accusé des crimes les plus infâmants par le premier magistrat de son pays, qui a dû regarder une autre émission que la sienne pour se convaincre qu’il lançait des appels au meurtre contre certaines ethnies précises. Il est libre. Libre derrière les barreaux. Et sa liberté intérieure est un moteur pour nous, qui pouvons encore écrire, publier, nous indigner.

Il faut bien regarder cette photo d’Hermann. Elle fera le tour du monde. Et elle édifiera le monde, sur la nature véritable du régime ivoirien, porté à bout de bras par un Occident qui se dit démocratique.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 17 août 2011

COTE D'IVOIRE: GBAGBO ISOLE DANS UN VIDE JURIDIQUE


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Le président Laurent Gbagbo, une vraie patate chaude entre les mains du pouvoir Ouattara

 

Un peu plus de quatre mois après son arrestation, aucune procédure n'a encore été ouverte contre l'ancien président ivoirien.

 

Que faire de Laurent Gbagbo? L'ex-président embarrasse le gouvernement d'Alassane Ouattara. Quatre mois après son arrestation, le 11 avril dernier, Gbagbo est maintenu dans un vide juridique qui préoccupe l'ONU. Chef d'État élu, Alassane Ouattara avait assuré que son prédécesseur allait être jugé pour les violences qui avaient suivi la contestation par Gbagbo des résultats du scrutin présidentiel annoncés le 2 décembre 2010. Deux solutions s'offraient: un procès en Côte d'Ivoire ou devant la Cour pénale internationale (CPI). Aujourd'hui, aucune procédure n'est ouverte. Laurent Gbagbo n'est ni accusé ni libre, et quasiment maintenu au secret.

Le responsable pour les droits de l'homme de l'Onuci, la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, a fini par s'en émouvoir. Guillaume Ngefa se dit en particulier préoccupé que l'ancien chef de l'État n'ait pas accès à ses avocats. Laurent Gbagbo n'a pu voir brièvement que deux de ses conseils locaux, au cours d'une audience où il était cité comme témoin. Il a en outre reçu la visite du représentant de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, Choi Young-jin, et trois représentants du «Conseil des anciens», un groupe informel de personnalités éminentes, l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson et l'archevêque sud-africain Desmond Tutu.

«Une fin de non-recevoir»

Ses avocats français n'ont pas pu lui rendre visite, ni même s'entretenir avec lui au téléphone. Deux d'entre eux, Me Emmanuel Altit, ancien défenseur des infirmières bulgares retenues en Libye, et sa collaboratrice, Me Jennifer Naouri, se sont pourtant rendus en Côte d'Ivoire en juin et juillet, frappant à toutes les portes, du ministre de la Justice au procureur de la République. En vain. Emmanuel Altit a également sollicité l'Onuci, garant du processus de paix ivoirien. «Nous nous sommes heurtés à une fin de non-recevoir», accuse l'avocat dans une lettre ouverte.

À écouter Me Altit, les conditions de détention de Laurent Gbagbo, détenu à Korhogo, dans le Nord, en font une sorte de masque de fer africain. «Il est enfermé dans une chambre close, à peine éclairée, et ne sort que pour prendre ses repas en compagnie de son médecin, lui aussi incarcéré.» Un avocat togolais de Laurent Gbagbo, Me Joseph Kokou Koffigoh, confirme: «Pour recevoir le représentant de l'ONU ou les anciens, on l'a transféré dans une résidence présidentielle de Kor­hogo. Mais le reste du temps, il est enfermé ailleurs.»

L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à Paris, Ally Coulibaly, dément et assure que le prisonnier vit en permanence dans la villa présidentielle. Me Altit, pour sa part, demande que Laurent Gbagbo soit assigné à résidence dans sa maison de Gagnoa, «pour échapper aux pressions» de son gardien, Fofié Kouakou, un ex-chef de guerre rebelle sous sanction onusienne. L'avocat exige aussi que son client sorte de ses limbes juridiques. Le gouvernement ivoirien semble toujours hésiter. Mercredi dernier, douze personnalités liées à l'ancien président, dont son fils Michel, ont été inculpées, entre autres, d'atteinte à la sûreté de l'État. Vingt-six autres dignitaires les avaient déjà précédés. Mais ni l'ancien chef de l'État ni son épouse, Simone, ne faisaient partie de cette nouvelle vague d'inculpations. Le procureur de la République répond qu'il attend un avis du Conseil constitutionnel.

Impasse politique

Reste l'option de la Cour pénale internationale. Son procureur, Luis Moreno-Ocampo, a lancé une enquête préliminaire sur les violences qui ont précédé la chute de Laurent Gbagbo. Il devrait dire en septembre s'il inculpe ou non des personnalités. Toutefois, la CPI laisse la préséance aux justices nationales: elle n'inculperait Laurent Gbagbo que si la Côte d'Ivoire décide de ne pas le juger. Mais pour Abidjan, la CPI est une arme à double tranchant. La Cour enquête sur les exactions commises par les deux côtés. L'Onuci elle-même affirme que les Forces républicaines, la nouvelle armée ivoirienne, continuent à tuer illégalement. Selon un rapport de la mission onusienne, 26 exécutions sommaires de partisans de Laurent Gbagbo ont encore eu lieu le mois dernier.

L'impasse du cas Gbagbo est aussi politique. Le gouvernement d'Abidjan redouterait, selon les observateurs, qu'un procès fournisse une tribune à Gbagbo, redoutable orateur, et qui compte encore de nombreux partisans dans le pays. Et à l'extérieur, plusieurs chefs d'État de la région ont fait savoir à leur homologue ivoirien qu'ils ne souhaitaient pas voir juger un ex-président, précédent fâcheux aux yeux de nombre d'entre eux.


Pierre Prier, in Le Figaro.fr, mercredi 17 Août 2011.


Source : LA DEPECHE D'ABIDJAN

SIMONE GBAGBO INCULPEE DEPUIS HIER

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L'ex-Première Dame de Côte d'Ivoire, Simone Ehivet Gbagbo, vient d'être inculpée par le sixième cabinet du juge d'instruction d'Abidjan, présidée par la magistrate Delphine Makouéni Cissé. Nous avons reçu l'information hier, très tard dans la nuit, de l'un des avocats membres du Collectif des avocats nationaux des pro-Gbagbo. Pour l'instant, la nouvelle reste à confirmer auprès de la présidente du sixième cabinet, qui n'a pas encore notifié la décision aux conseils juridiques de l'ex-Première Dame. Selon notre source, l'épouse de l'ancien chef de l'Etat ivoirien a été inculpée sur place à Odienné, lieu de sa détention depuis quatre mois, par le juge d'instruction de la section du Tribunal de Première Instance d'Odienné ; agissant aux bons soins de sa patronne à Abidjan qui l'a saisi d'une commission rogatoire qu'il a exécutée. En clair, la présidente Makouéni Cissé ne s'est pas déplacée dans la capitale du Denguélé pour écrouer en personne Mme Gbagbo. Elle a confié la « sale besogne » au juge d'instruction siégeant sur place à Odienné.

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L'ex-Première Dame de l'Etat de Côte d'Ivoire, inculpée principalement pour délits économiques, est poursuivie pour sept chefs d'accusation portant sur les infractions suivantes : vols en réunion, vols à mains armées commis avec violence et effraction, détournements de deniers publics, concussion, atteinte à l'économie publique, pillages et complicité des infractions sus-citées.

Pour l'heure, on peut dire que Simone Ehivet Gbagbo est « vernie », comparativement aux autres déportés de Bouna, Katiola et Korhogo (hormis le Président Laurent Gbagbo, qui n'a pas encore été formellement inculpé par Alassane Ouattara). En effet, les Premiers ministres Pascal Affi N'Guessan et Gilbert-Marie Aké N'Gbo, Michel Gbagbo, le fils de l'ancien chef de l'Etat et toutes les autres personnalités en détention dans les goulags du nord du pays et récemment inculpés, sont poursuivis pour 19 chefs d'accusation : 12 délivrés par le 3ème cabinet du juge d'instruction à Abidjan, et sept autres par le sixième cabinet.

Après l'ex-Première Dame de Côte d'Ivoire, il ne reste plus que le Président Laurent Gbagbo pour que la folie justicière du régime ouattariste soit bouclée.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 41 du mercredi 17 août 2011.

COTE D'IVOIRE: LE CLIVAGE FONDAMENTAL

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Le dernier-né des partis politiques ivoiriens, Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a fait sa première sortie le 11 août dernier, un mois jour pour jour après le départ hypermédiatisé du FPI de Mamadou Koulibaly, son “président-fondateur”. Quatre mois jour pour jour après le violent kidnapping de Laurent Gbagbo par les forces françaises et leurs supplétifs d’alors, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). On peut se contenter de considérer ce nouvel objet politique sous l’angle exclusif de la compétition entre les différentes chapelles partisanes. Et il est assez piquant de noter que Le Nouveau Réveil, journal pro-Ouattara, qui s’est enthousiasmé au commencement pour l’aventure politique de Koulibaly, et Notre Voie, journal du FPI, ont eu le même traitement de l’événement. Koulibaly n’est parti qu’avec des « feuilles mortes », et a fait une « maigre moisson ». Leçon de choses: dans l’arène politique, personne ne fait de cadeau à personne. Et les petits “clins d’oeil” ne servent qu’à exacerber les divisions du camp adverse…

Pour notre part, nous voudrions nous attarder sur les enjeux idéologiques de la création de LIDER. Qui revendique très clairement son appartenance à la grande famille libérale. Au moment où les pays-phares du libéralisme vacillent sur leurs bases et redoutent un krach financier et un effondrement du système. Crise de la dette, folie des marchés financiers, conséquences désagréables de la dérégulation et de la désindustrialisation de l’Occident qui en est le corollaire… Les idéologues de la”démondialisation”, nouveau mot pour définir le protectionnisme, commencent à se poser en alternative et à engranger des partisans.

Aujourd’hui, les Etats-Unis, patrie emblématique du libéralisme, vivent en “prenant crédit” auprès de la Chine, toujours dirigée par un Parti communiste qui a jeté aux orties son orthodoxie et adopté une forme de capitalisme d’Etat hybride qui semble relativement lui réussir… pour l’instant. Economiquement piégé, l’Occident libéral engage des guerres au nom de la démocratie. Hier en Irak, aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Libye. Et où demain?

On peut toujours rétorquer que le libéralisme n’y est pour rien, que c’est l’ingérence gouvernementale, de nature profondément keynésienne donc “socialiste” qui a, par exemple, fabriqué la crise des “subprimes”. On peut dire que le libéralisme est par nature pacificateur, parce que, dans sa vision idéelle, les nations qui commercent ensemble ne se font pas la guerre. Mais est-il réaliste d’imaginer qu’une Côte d’Ivoire dirigée demain par le LIDER soit le seul pays qui applique “bien” les recettes miraculeuses du libéralisme “pur”?

Dans son discours de présentation de son parti, Mamadou Koulibaly dit quelquechose qui nous semble pertinent. Selon lui, les concepts de gauche et de droite sont inopérants en Afrique. Le véritable clivage se situe, selon lui, entre l’étatisme castrateur et le libéralisme émancipateur. Mais ces concepts, dans toute leur pertinence, ne sont-ils pas des “pièges” pour une Afrique qui doit faire preuve, plus que jamais, d’une créativité conceptuelle bien son histoire, sa géographie et sa sociologie? Mamadou Koulibaly prend l’exemple du marché foncier pour illustrer les bienfaits que l’affirmation de la propriété individuelle apporterait à la Côte d’Ivoire. Munis de leurs titres de propriété, les paysans devenus exploitants agricoles pourraient obtenir des crédits bancaires, acheter des intrants et des engins, et améliorer leur productivité.

Le schéma est séduisant sur le papier, mais se heurte à un certain nombre de réalités locales. Premièrement la conception profonde que beaucoup d’entre nous ont de la ruralité. Le village est à la fois terroir ancestral inaccessible voire mystique, moyen de production, cimetière et lieu de mémoire. Le paysan dont le cousin rachètera à la banque son titre de propriété, après qu’il ait fait quelques “mauvaises années”, admettra-t-il de bon coeur une transaction de cette nature? Et si c’est l’ancien métayer «allogène » qui récupère ses terres? Sur quel mode seront distribués les titres de propriété, alors que le concept même de propriété est source de conflits, et que ni les “transactions traditionnelles”, très souvent orales, ni le droit coutumier, souvent interprété de manière fantaisiste par les dépositaires du pouvoir local, ne peuvent être un point de départ pertinent? Plus grave, un pays comme la Côte d’Ivoire peut-il “supporter” socialement l’activisme des fonds américains ou asiatiques cherchant à acheter des terres et proposant aux paysans, pauvres parmi les pauvres, des deals qu’ils ne pourront pas refuser?

Au-delà de toutes ces considérations, on peut se poser une question: dans un Etat dominé, occupé militairement par la France et l’ONU, où les élections et les institutions ne tiennent que si elles ne disconviennent pas à la “communauté internationale”, débattre des subtilités du socialisme et du libéralisme est-il aussi fondamental que cela? Le peuple ne doit-il pas arracher le droit de disposer de lui-même avant toute chose? Contrairement à ce que certains disent, Mamadou Koulibaly n’est pas passé du socialisme au libéralisme. Il a de tout temps été libéral. C’est au nom de la nécessaire lutte contre les structures du parti unique qu’il s’est, selon ses propres explications, fait compagnon de route des sociaux-démocrates, des marxistes et des frustrés de tout bord qui se sont réunis pour créer le FPI qui était, selon son fondateur, un « front », une sorte de fédération de plusieurs tendances idéologiques.

Aujourd’hui, après le 19 septembre 2002 et le 11 avril 2011, la question de l’indépendance de la Côte d’Ivoire s’est substituée à celle du multipartisme, depuis que l’alternance d’octobre 2000 a été littéralement “sabotée” par l’ancienne puissance coloniale qui a réussi à se remettre au centre du jeu et à imposer sa volonté. Au-delà du libéralisme, du marxisme, du conservatisme et de toutes les autres écoles de pensée. Un autre “front” ne s’impose-t-il pas désormais? Mamadou Koulibaly, qui s’est refusé à condamner la dernière expédition punitive de la Force Licorne, la qualifiant de “remise en ordre”, considère-t-il que « la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire » s’est terminée au bénéfice de la Côte d’Ivoire, pour que la subtilité des choix de société puisse s’exprimer sur une terre désormais “libérée”? Question subsidiaire: face à un RDR membre de l’Internationale libérale, Mamadou Koulibaly, qui prône les vertus du bipartisme, veut incarner une opposition tout aussi libérale que le pouvoir. La Côte d’Ivoire ne mériterait-elle donc rien d’autre que le choix entre un libéralisme de type A – frelaté selon l’interprétation de Koulibaly – et un libéralisme de type B, plus authentique? Le débat est ouvert.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo