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mardi, 16 août 2011

LIDER, UN ENGAGEMENT RESPONSABLE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT - LE MANIFESTE


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Introduction

Liberté et Démocratie pour la République, en abrégé LIDER, est un parti politique ivoirien créé le 14 juillet 2011, qui s’inscrit dans le courant du libéralisme classique et qui prône la démocratie et l'économie de marché.

Faisant le constat:


de l’échec politique de la Côte d’Ivoire au cours des deux dernières décennies ;


-des limites dangereuses d’un Etat dit fort, au sens où il centralise tous les pouvoirs sans réel contre-pouvoir, qui tient ses populations sous domination, dans un cadre institutionnel inadapté à l’initiative privée, populations qui, pourtant, selon la Constitution de Côte d’Ivoire, sont le véritable souverain du pays, mais dont le rôle se limite à donner la légitimité des urnes à une classe politique qui s’emploie ensuite à les marginaliser dans un système voué à son enrichissement personnel;


-de ce que le dirigisme imposé par la classe politique, le protectionnisme économique et la centralisation administrative ont prouvé leurs limites dans la gestion du pays ;


LIDER a été créé pour permettre aux Ivoiriens de sortir de la spirale de la désespérance, d’accéder aux libertés et de devenir acteurs de leurs propres vies pour ne plus être les victimes d’un système qui exclut leur bonheur.


LIDER souhaite également donner un contenu à la démocratie, en dépassant le simple multipartisme, et en donnant les rênes du pouvoir au peuple pour sortir notre pays de la « république cacaoyère » et lui faire emprunter fermement la voie du progrès.


Tous les Ivoiriens appellent de leurs vœux une société de confiance, de paix et de développement économique. Mais cela reste trop souvent un souhait vague que les discours ne peuvent suffire à réaliser. Ce qu’il faut c’est se mettre d’accord sur la voie pour atteindre cet objectif. Partager des valeurs, c’est précisément cela : être d’accord pour se donner des règles et s’imposer de les respecter parce que l’on a confiance en leur capacité à engendrer les résultats escomptés.


Alors quelle pourrait être cette voie partagée? Quels pourraient être ces règles, principes et valeurs communes qui permettraient un nouveau départ de la Côte d’Ivoire ?


Pour LIDER, il s'agit des règles que les représentants du peuple adoptent dans les formes prévues par la Constitution de Côte d’Ivoire, des principes et valeurs de liberté, de respect des lois, de transparence, de libre concurrence et d’égalité des chances.


Les Ivoiriens s’engagent souvent avec passion dans le combat pour la souveraineté de leur pays face au reste du monde mais négligent totalement le combat plus fondamental de leur propre souveraineté face à leur Etat et ses animateurs.


L’évolution de nombreux pays a démontré au fil du temps que l’affirmation de la souveraineté des populations face à leur Etat, et l’affirmation de leurs libertés, sont en corrélation avec le progrès et le recul de la pauvreté.


Par conséquent, l’enjeu est primordial puisqu’il tient en la question du progrès et du recul de la pauvreté, qui sont la finalité des propositions de LIDER.


Avant de développer les propositions politiques du parti, il convient de s’attaquer à quelques idées reçues qui pourraient fausser l’analyse si elles n’étaient pas repoussées ou précisées.


I – Les idées reçues

1 – Le clivage Droite – Gauche est une grille de compréhension pertinente de la politique en Afrique

En Afrique, on a coutume de parler, comme dans les pays occidentaux, de clivages politiques Droite-Gauche. Il y a des hommes et de femmes qui se disent de Gauche ou de Droite alors que sur notre continent, ce clivage ne représente rien de décisif du point de vue des libertés, et donc du développement de nos pays.

C’est un artifice qui enferme les élites et les populations dans une illusion car, en pratique, les différents gouvernements, qu’ils se prétendent de Droite ou de Gauche, appliquent une politique identique, à savoir un modèle dirigiste dans lequel l’Etat contrôle tout, décide de tout, pour tout le monde et est propriétaire de tout. L’Etat est accaparé par ceux qui le gèrent et le considèrent comme leur propre patrimoine.


Les partis qui se disent de Droite comme ceux qui se disent de Gauche ont la même conception de l’Etat, qui est celle d’une manne qu’il faut gérer et partager alors qu’ils devraient s’atteler à construire des Nations et à les conduire vers la prospérité et le progrès social.


Ainsi, les élites se battent à mort pour le contrôle de l’Etat, dans l’unique dessein de se partager cette manne, alors même que cette institution n’arrive pas à assumer ses missions régaliennes.


Ceci explique qu'après plus de 50 ans d’indépendance, le continent reste à la traîne par rapport au reste du monde.


LIDER entend dépasser les clivages traditionnels du paysage politique ivoirien pour remettre les libertés politiques, économiques et sociales de la personne humaine au centre des préoccupations et des actions du citoyen et de l’Etat, tout en faisant de l’intérêt effectif pour ces libertés la seule vraie ligne de partage idéologique entre les différents pôles politiques.


Il y a ceux qui considèrent que la liberté consiste à faire ce qu’ils veulent de la vie, du travail et du patrimoine des autres, en toute irresponsabilité, et il y a LIDER, qui considère que la liberté est le droit inaliénable pour chacun de faire ce qu’il veut de sa vie, de son travail et de son patrimoine en toute responsabilité, en inscrivant leur action dans les rouages de l’Etat de droit.


Dans le premier cas de figure, il s’agit de tyrannie et c’est malheureusement le modèle qu’appliquent uniformément la plupart des partis politiques au pouvoir en Afrique qu’ils se revendiquent de Droite ou de Gauche. Dans le second cas, il s’agit de liberté. LIDER s’opposera à toute forme de tyrannie incompatible avec la liberté.


2 –Aucun groupe politique ne peut gouverner tout seul un pays

Lorsqu’une équipe politique arrive au pouvoir en Afrique, la coutume est de partager les postes décisifs entre les différentes familles politiques pour éviter les mécontentements postélectoraux. C’est une imposture à l’égard des populations qui se sont déplacées aux urnes pour faire un choix qui au final se retrouve totalement dilué.


Le propre de la démocratie est d’autoriser le vainqueur d’une élection à gouverner seul. Il n’appartient pas à l’opposant d’intégrer l’équipe gouvernante. Sa mission est de se positionner comme contre-pouvoir face au gouvernement pour veiller aux dérives éventuelles. Les gouvernements dits d’union et d’unité nationale sont de nature à tuer les fondements de la démocratie, les libertés, l’opposition et la logique de la République.


Le rôle des partis politiques d’opposition est d’exercer un contre-pouvoir. La concurrence est en effet le meilleur mode de contrôle social. Si l’on élimine ce contrôle et si les libertés individuelles ne sont pas respectées, la démocratie prend les allures d’une dictature légitime et le pillage y devient légal. Sans opposition, la démocratie n’existe pas.


C’est pourquoi LIDER rejette les gouvernements d’union, ne croit pas en l’efficacité des gouvernements d’unité nationale et refuse la logique égoïste du partage de la manne étatique. LIDER croit que la démocratie doit être intégrale, sinon elle n’est pas.


3 – Le retard de l’Afrique est lié à des politiques libérales

Selon nombre d’analystes, les politiques libérales seraient en partie, responsables du malheur de l’Afrique. Ils appuient leurs propos sur l’échec des plans d’ajustement structurel émanant de politiques dites néo libérales qui ont été appliquées sur le continent par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). Ces politiques étaient pourtant loin d’être libérales et étaient plutôt d’inspiration keynésienne, au sens où elles prônaient l’interventionnisme, la social-démocratie et l’encadrement de l’économie par l’Etat. Elles ont naturellement débouché sur le protectionnisme d’intérêts inavouables.


La vague des privatisations des années 90 ne peut être associée au libéralisme, puisque les concessions se sont faites hors marché, sans appel d’offre et ont débouché sur des monopoles protégés. Ces échecs ont abusivement entaché le libéralisme d’une connotation négative, puisque dans les faits, l’Afrique et essentiellement l’Afrique francophone n’a jamais connu le libéralisme. Dire le contraire est une imposture intellectuelle reposant sur une communication travestie.


La fulgurante montée en puissance de plusieurs pays du Sud-Est asiatique ces vingt dernières années est un exemple édifiant. Alors qu’ils étaient moins bien dotés en richesses naturelles que l’Afrique, leur progression a reposé sur l’application de politiques libérales.


4 – La géométrie tribaliste peut promouvoir la démocratie


Par souci «d’ouverture politique», il est de coutume, en Côte d’Ivoire, de répartir les postes d’Etat par ethnie, selon un quota arbitraire, sous prétexte de satisfaire tous les groupes tribaux, et toutes les régions du pays.


Tant de ministres du Nord, tant du Sud, de l’Ouest, etc. L’on sacrifie ainsi la compétence, la complicité des équipes de travail et l’efficacité des personnes concernées. Cette forme de géopolitique n’est ni nécessaire, ni suffisante et encore moins saine dans une démocratie. Récompenser un groupe sur une base ethnique, exclut toute considération de compétence et dilue la responsabilité.


Lorsque le représentant de l’un des groupes perd un jour sa fonction ou son poste, une crise politique grave s’installe car son ethnie entière se sent frustrée. Sachant que 65 à 100 groupes ethniques peuplent la Côte d’Ivoire, l’insatisfaction est permanente car tous les groupes ne peuvent accéder en même temps au pouvoir.


Chez ceux qui se sentent exclus, la démotivation, les frustrations et la jalousie deviennent le terreau de la haine et des conflits. Le tribalisme ne peut donc être combattu par cet artifice géopolitique restrictif porteur de grands dangers pour la cohésion nationale.


De même, lorsque le soi-disant représentant d’une tribu est mis en cause à tort ou à raison, son groupe entier est indexé, alors même que les groupes ethniques ne peuvent être tenus pour responsables des succès ou des échecs de leurs membres individuels.


5 – Les étrangers sont une menace pour notre pays

Les Ivoiriens ne doivent pas avoir peur des étrangers. Contrairement à l’entendement général, les étrangers ne sont pas un problème mais une richesse pour le pays. Les économies les plus autarciques et les plus fermées sont aussi les moins riches et les moins prospères. A l’inverse, l’histoire montre que les pays les plus ouverts aux étrangers sont aussi ceux qui connaissent le moins de conflits. Un pays comme la Côte d’Ivoire, financé par l’étranger à travers l’aide publique au développement et les ventes de ses matières premières sur les marchés internationaux, peut difficilement justifier une fermeture face à l’étranger. La Côte d’Ivoire doit s’ouvrir et ne doit pas avoir peur de sa propre histoire, ne doit pas avoir peur de l’autre. Il est foncièrement faux de soutenir que l’étranger est une menace pour notre pays.


Les hommes et les femmes qui immigrent en Côte d’Ivoire le font parce qu’ils y trouvent des moyens d’enrichissement personnel. Cet enrichissement ne peut appauvrir la Côte d’Ivoire, il doit au contraire l’enrichir par la mise en œuvre d’une politique appropriée. La responsabilité des Ivoiriens est de créer un cadre de vie qui permette à tous de s’épanouir dans le respect des règles fondamentales de la République que sont la Démocratie et la Liberté.


II – Le positionnement politique de LIDER

De l’indépendance en 1960 jusqu’en 1990, la Côte d’Ivoire a évolué contre sa propre Constitution, dans un environnement politique reposant sur le parti unique.


L’ouverture au multipartisme, imposée sous la pression populaire, s’est heurtée au confort de l’environnement protégé qui portait les responsables du parti unique. Le passage à la démocratie a été douloureux. Les conflits qui s’en sont suivis ont cristallisé le débat politique autour des ancrages régionaux des partis politiques.


LIDER ne se positionne pas par rapport à des schémas qui réduisent l’activité politique à des antagonismes inter-ethniques, à des conflits inter-tribaux ou encore à des conflits personnalisés à l’extrême. LIDER se positionne par rapport à ses propres valeurs et principes : contre le tribalisme et toute politique qui s’y adosse, contre le centralisme et le dirigisme étatique, contre la personnalisation du débat politique, contre la violence politique.


LIDER est pour la liberté, la transparence, les règles claires du jeu politique, la préservation des droits individuels et la responsabilité qui va avec, la citoyenneté et la libre concurrence. Actuellement, l’offre et les pratiques des partis politiques en Côte d’Ivoire ne répondent pas à ces valeurs, à ces règles et à cet idéal.


LIDER souhaite se positionner en dehors de toute problématique ethniciste, en proposant aux Ivoiriens un point de rencontre logique de coexistence et d’inclusion. LIDER souhaite briser le cycle infernal de la violence politique et engager un cycle vertueux reposant sur des valeurs universelles qui placent l’Homme au centre de l’action politique. LIDER est profondément attaché à cet humanisme et place les valeurs liées à l’homme avant les valeurs africaine et ivoirienne.


LIDER a été créé au moment où l’Etat de Côte d’Ivoire est gouverné par une coalition politique dont les valeurs et le programme sont incompatibles avec les siennes. Aussi, LIDER se situe-t-il dans l’opposition. Il prône une opposition sans arme ni violence ; une opposition ferme et sans concession qui sera présente quand il convient de se mobiliser pour la Côte d’Ivoire, mais également quand il faut dénoncer les abus préjudiciables au pays; une opposition préparée pour une alternance démocratique dans quatre ans.


Bien que LIDER s’inscrive sur la voie du libéralisme dont, semble-t-il, se réclame également la coalition gouvernementale au pouvoir, cela ne signifie pas que le parti soit rattaché à cette dernière.


LIDER se présente comme un défenseur des libertés. Notre acception de la liberté va au-delà de la liberté politique et notre libéralisme n’a rien à voir avec la version édulcorée du capitalisme d’Etat que pratique le gouvernement actuel.


Notre conception de la démocratie suppose le strict respect de la Constitution et des Institutions de la République. Peut-on être libéral et violer la Constitution sur laquelle l’on a prêté serment ? Peut-on être démocrate et prendre des ordonnances illégales sans le consentement des représentants du peuple ? Peut-on être démocrate et prélever sur les revenus du peuple des montants faramineux sans l’autorisation des représentants du peuple ? Peut-on être libéral et passer de gros marchés publics de gré à gré, sans aucune transparence ? Peut-on être démocrate et s’endetter dans des proportions qui mettent en péril l’équilibre des générations futures ?


A toutes ces questions LIDER répond «Non» et donc, se démarque de toutes les composantes de la classe politique actuelle.

LIDER propose des politiques alternatives libérales et donne un contenu crédible à ces idées pour sortir de l’illusion des mots en assumant pleinement son rôle. Les pays les plus avancés au monde sont ceux qui ont fait la promotion des valeurs de liberté, de démocratie, d’Etat de droit et de propriété privée.


LIDER souhaite progressivement habituer les populations à ces possibilités nouvelles, afin qu’elles prennent pleinement conscience qu’un avenir meilleur construit sur la base de la liberté est possible. C’est ainsi que les transformations se feront.


Le pari de LIDER est de redonner une place à l’Homme, de réveiller les consciences et de redonner aux citoyens le goût de l’engagement politique et l’espoir de lendemains meilleurs. Avec LIDER, nous cessons d’avoir peur : d’avoir peur du voisin, peur de l’autre, peur du prochain, peur du lendemain, peur de la politique, peur de l’étranger, peur de nous-mêmes en définitive.


III - Les propositions de LIDER

LIDER place la liberté de choix au centre de la prospérité et du développement économique, valorise les libertés individuelles dans le développement de la Côte d’Ivoire et renforce les arguments en faveur de la défense de l'économie de marché, de la propriété privée, de la souveraineté, de la bonne monnaie et de la politique budgétaire adaptée au développement et à des relations internationales pacifiques. La jeunesse et le monde rural, de même que la famille, sont au cœur des préoccupations de LIDER. Cela signifie que LIDER positionne bien l’Etat dans des fonctions essentielles pour la bonne maîtrise de la construction de la Nation.


1) LIDER pour un Etat maitrisé

Plus de cinq décennies après les indépendances, l’État africain reste au cœur des débats intellectuels et politiques concernant le présent et l’avenir du continent. Les raisons de cette préoccupation résultent des crises multiples qui les conduisent à s’embourber, se renouveler, éclater et tomber en faillite.

L’État africain bat le record du plus grand nombre d’épithètes jamais employées. Il a été qualifié de «surdéveloppé», «prébendier» «patrimonial/néo-patrimonial», «rentier», «népotiste», «vacillant», «kleptocrate», «sultaniste», «convivial», «Léviathan boiteux», «bantoustan international», «fantôme», «criminel», «omnipotent mais jamais omniprésent», «bananier ou cacaoyer». Tous ces qualificatifs synthétisent l’incompétence des Etats africains à relever le défi des indépendances. Les nations africaines dominent d’ailleurs nettement la liste des Etats les plus défaillants dans le monde.


LIDER prône l’Etat maitrisé, c'est-à-dire un Etat dont l’action se limite à ses fonctions essentielles et souveraines, à savoir la sécurité du pays et une justice équitable. LIDER veut mettre les Institutions au cœur de tout processus de réformes. Le développement, c’est de la création de valeur, et ceci ne peut se faire sans cadres juridique et institutionnel favorables à l’investissement privé. LIDER fait confiance en la capacité des Ivoiriens et veut libérer leur talent en leur permettant de créer leur propre richesse.


LIDER a une approche décentralisée du développement. Jusqu’à présent, l’Etat était considéré comme le moteur du développement, seul capable de résoudre les problèmes, or le bilan est désastreux. Pour changer le résultat, l’approche doit être changée. LIDER veut libérer les individus pour leur permettre de se prendre en charge en contribuant eux-mêmes au processus de développement. C’est un renversement de la conception même du développement, qui contribue à redonner sa dignité et sa richesse à l’Homme.


Dans ce contexte, LIDER s’engage à réaliser des budgets réalistes et à lutter contre les inégalités de traitement des citoyens face à l’impôt et aux prélèvements obligatoires. L’impôt proportionnel remplacera progressivement l’impôt progressif en application des principes de la flat tax.


Après toutes les expériences désastreuses des régimes présidentiels en Afrique et tirant les leçons de la longue crise ivoirienne, LIDER propose une révision constitutionnelle mettant fin au régime présidentiel actuel pour introduire un régime parlementaire. Selon ce régime, une seule élection permet de désigner les députés au scrutin majoritaire à un seul tour. Le parti ayant la majorité au parlement désigne son représentant qui devient président de la République ou premier ministre selon l’appellation qui lui est donnée dans la Constitution. Ce représentant forme son gouvernement qui a l’obligation de rendre des comptes, en temps réel, au Parlement. Le régime parlementaire éloigne des frustrations tribalistes et régionalistes et assure un meilleur contrôle des hommes politiques par les contribuables.


LIDER s’engage également à poursuivre le processus de décentralisation en octroyant aux communes et départements des financements qui leur permettront d’exercer effectivement leurs compétences. LIDER souhaite sortir la décentralisation de la fiction.


2) LIDER et le monde rural

a) La propriété privée du sol


Aucun développement durable n’a jamais eu lieu sans une responsabilisation des populations par la propriété. Sans droit de propriété, on peut certes progresser, inventer, mais seul un petit groupe de personnes en tire profit pendant que l’immense majorité de la population continue à manquer de tout.

En Côte d’Ivoire, alors que la terre était jadis répartie selon le droit coutumier, le colon français, à son arrivée, a pris possession des terres, expropriant de fait les populations qui en étaient les premiers occupants. Il a exploité le sol et le sous-sol pendant plusieurs siècles jusqu’à son départ dans les années 60. À l’indépendance du pays, la terre a été directement cédée par le colon à l’Etat de Côte d’Ivoire qui, au lieu de la redonner aux successeurs des propriétaires initiaux, l’a gardée déclarant comme principe nouveau que la terre appartenait désormais à l’Etat pour ensuite dire que la terre appartenait à celui qui la mettrait en valeur, créant ainsi la confusion totale. Que de conflits n’a-t-on pas vu naître à cause de ce double standard ?


LIDER propose de reconnaitre ce circuit d’usurpation et de restituer aux propriétaires initiaux leurs terres, en tenant compte des titres de propriété légalement acquis et des achats et ventes ayant eu régulièrement lieu dans l’intervalle.


La terre de Côte d’Ivoire est un capital qui dort. Il faut la réveiller et lui donner la possibilité d’avoir une valeur d’échange sur un marché libre. Il a été souvent reproché à la Côte d’Ivoire de ne pas avoir d’entreprises et d’entrepreneurs. Or, le pays foisonne de paysans individuels ayant des terres qu’ils travaillent, et qui produisent des biens que l’Etat s’empresse de collecter et de commercialiser. C’est une forme de servage qui n’a que trop duré.


Pour mettre un terme à cela, LIDER propose de préciser le cadastre dans les brousses, de délimiter les départements et, à l’intérieur du département, les sous-préfectures et dans la sous-préfecture, les villages, et dans les villages, les propriétés familiales, afin de délivrer des titres de propriété. La terre aura ainsi une valeur et pourra être louée, commercialisée ou transmise à la descendance.


A partir de là, les banques auront la possibilité de fournir de nouveaux produits financiers capables de financer l’agriculteur, la production agricole, et non uniquement la commercialisation des produits agricoles comme cela est le cas en général actuellement.


Les agriculteurs, entrepreneurs agricoles, sont étouffés par des pratiques et des législations qui devraient pourtant leur permettre de s’épanouir en faisant fructifier leurs terres. L’innovation culturale est ainsi freinée, l’archaïsme des méthodes culturales est en déphasage avec le monde moderne et les rendements le sont en conséquence. L’agriculture est un grand secteur privé dépourvu de liberté et de droit de propriété, donc de moyens de sa promotion. Les paysans, ces acteurs privés, sont donc vulnérables, et se retrouvent à la merci de n’importe quel prédateur. Pour LIDER, s’attaquer au foncier rural en définissant un droit de la propriété privée sans ambigüité, c’est aussi lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté en milieu rural.


Pour libérer l’agriculteur, LIDER place le droit de propriété au cœur de son programme et propose d’en faire le fondement de son action.


b) La commercialisation des produits de rente

La précision des droits de propriété sur les terres sera doublée d’une réorganisation du système de commercialisation des produits agricoles de rente comme le café et le cacao. Après avoir essayé les caisses de stabilisation qui ont donné les résultats que nous connaissons, LIDER propose de libérer le marché du cacao.

La production doit s’organiser autour d’exploitants agricoles propriétaires de leurs terres. La filière sera ainsi composée de nombreux agents privés qui prendront une part active à la commercialisation. Les interventions publiques directes sur la commercialisation domestique et internationale seront limitées à la supervision, au contrôle de la qualité et aux prélèvements fiscaux, mais les prix seront déterminés par le marché mondial du cacao au grand bénéfice des producteurs, qui pourront alors recevoir une part plus élevée de ce prix. Mais, sans droit de propriété privée sur l’agriculture du café et du cacao, de nombreuses distorsions rendront inefficaces les solutions du marché libre.

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CAMPAGNE AGRICOLE A VAVOUA: LE CACAO S'ACHETE A 75F CFA LE KILO


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Le prix du kilogramme bord-champ du cacao a chuté depuis la prise de pouvoir d'Alassane Ouattara. Ainsi, de 1200 F CFA, il est passé à 300 F CFA.


Mais ce nouveau prix n'est pas appliqué dans les provinces. Dans le département de Vavoua où nous étions récemment, selon des producteurs agricoles rencontrés, le prix national du kilogramme du cacao n'est pas appliqué. Il varie selon les localités et surtout selon leur situation géographique. Dans le canton Nattis, le kilogramme s'élève à 150F. Mais, seuls les villages situés sur l'axe Vavoua-Séguéla sont concernés par ce prix. Ces villages sont: Déragon, Bazra-Nattis, Goulinfla,Vrouo I Alladjékro et Ténéfiéro. Dans les autres villages, dont Vrouo II, loin de ce tronçon, les producteurs perçoivent entre 75 F CFA et 100 F CFA pour un kilo de cacao vendu.

Dans le canton Sétis, le prix plancher pratiqué est de 75 F CFA.

Toujours au dire de nos sources, cette mévente serait due à l'impraticabilité des voies d'accès à ces villages. « Quand les pisteurs arrivent, ils évoquent l'état des routes. Selon eux, c'est parce que le carburant coûte cher et qu'ils mettent assez de temps avant d'accéder à nos villages respectifs qu'ils achètent nos produits à vil prix. Lorsque nous nous opposons à cela, ils appliquent "la loi de l'offre et de la demande". Puisqu'ils savent que nous sommes démunis, ils feignent de repartir en ville. Et face à notre détresse, nous sommes obligés de nous soumettre », confie Tra B. E, planteur dans le village de Douffla.

En plus de la mévente de leurs produits agricoles, les paysans de Vavoua sont confrontés à l'insécurité et aux exactions des FRCI. S'agissant de l'insécurité, les producteurs sont régulièrement victimes des agressions des coupeurs de route. Si quelques-uns des leurs ne sont pas tués par ces bandits de grand chemin, ce sont leurs produits agricoles qui sont emportés par ces coupeurs de route dans des destinations inconnues.

Concernant les exactions des éléments des FRCI, un responsable d'une coopérative agricole qui a requis l'anonymat, nous a révélé que ces militaires les rackettent à longueur de journée. Pis, ils imposent des quotas qui varient selon le tonnage des produits transportés. « Si vous transportez, par exemple, 10 tonnes, vous payez 100 000 FCFA. En dessous de 10 tonnes, vous payez 50 000 FCFA. Face à cette situation, certains producteurs éprouvent des difficultés à évacuer leurs produits agricoles. Ces produits restent avec eux et s'usent. Nous avions tenté de négocier pour que les quotas soient revus à la baisse, mais les FRCI ont refusé », a-t-il révélé.

Et d'ajouter que les autorités administratives sont impuissantes face à cette situation.


Une correspondance de Emile Kian in Ivorian.net


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

JEAN ZIEGLER: «LAURENT GBAGBO REVIENDRA CERTAINEMENT AU POUVOIR»


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Jean Ziegler vice-président du Comité Consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, ancien rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation au sein de la même institution connaît bien l'ONU. Il est par ailleurs l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels: Main basse sur l'Afrique (1978) L'empire de la honte (2005) La haine de l'Occident (2008) qui dénotent d'une maîtrise des rapports complexes entre les occidentaux et les africains. Il était hier dimanche l'invité de Christian Musampa dans le cadre de l'émission "Sans détours" sur la radio camerounaise Cameroonvoice et pour lui le retour de Gbagbo au pouvoir ne se discute pas.


Savoir lire les événements quand le commun des mortels pense que tout est fini ! En tout cas, Jean Ziegler offre une grille de lecture nouvelle de la situation politique en Côte d'Ivoire et pour lui, c'est bien Gbagbo qui sortira grandi de toute cette tourmente politico-juridique qui montre aussi à quel point les nouveaux gouvernants ne sont pas rassurants. D'abord parce que pour lui les ivoiriens ne se laisseront pas faire. « La communauté internationale s'est trompée sur les orientations et les solutions apportées au problème ivoirien. Sur la base de toutes les défaillances qui ont entaché le système électoral en Côte d'Ivoire, l'unique solution était le recomptage des voix. Par conséquent, l'attaque du domicile de Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, en violation de l'esprit des résolutions de l'Onu, pour installer un larbin comme Ouattara est un acte purement impérialiste », estime Jean Ziegler. Ensuite, parce qu'il estime bien connaître Laurent Gbagbo, il ajoute « Je connais bien Laurent Gbagbo. Je l'ai rencontré pendant son exil ici en France et dans l'international socialiste, c'est quelqu'un qui va certainement revenir au pouvoir(...) il est le seul véritable homme d'Etat de toute la sous-région Ouest Africaine ». L'universitaire préfère d'ailleurs se focaliser sur les capacités de grand lutteur du président Gbagbo qui l'a fait triompher maintes fois alors que la situation semblait compromise. Enfin, parce que la vie nationale continue d'être bloquée et dans ce cas, il faudra bien discuter avec Gbagbo. Laurent Gbagbo lui-même ne le sait que trop. « Il est souvent bon de rire des choses tragiques. D'abord parce que les pleurs ne changeront pas leur cours mais, mieux, leur avènement est porteur de plusieurs enseignements. Pour certains c'est gagné et pour d'autres c'est perdu. Et pourtant... ». Volontairement énigmatique lors de cette première interview accordée à un internaute, Laurent Gbagbo montrait déjà qu'il fallait compter sur lui. Il a d'ailleurs tenu à le redire au fil des interventions de son porte-parole Koné Katinan. Le président Gbagbo y affirme qu'on ne peut pas passer par pertes et profits les relations franco-africaines pour sacrifier les intérêts du peuple de Côte d'Ivoire. Les français doivent gagner, les ivoiriens aussi.

Les autorités françaises ne semblent pour l'instant pas prêtes de l'accepter mais pour combien de temps ? L'histoire de Mandela a pris la même trajectoire il ya aujourd'hui de nombreuses années. Les afrikaneers l'avaient aussi jeté en prison parce qu'il était considéré comme un terroriste. Ce qui n'était pas tout à fait faux parce que la lutte pour l'égalité des races en Afrique du Sud a pris toutes sortes de contours et l'ANC a été un adepte de la lutte armée. Une fois Mandela mis sous les verrous, les blancs ont cru que l'affaire était réglée. Que nenni ! La situation politique fut bloquée pendant de nombreuses années. Au point où le seul moyen de garantir la paix aux populations blanches fut d'aller négocier avec Nelson Mandela qui sortit de prison avant de devenir le premier président noir d'Afrique du Sud. Mandela est aujourd'hui respecté par le monde entier, y compris par les blancs qui ne juraient que sa perte.

La première partie de l'intervention de Jean Ziegler a essentiellement consisté à analyser la situation de la famine dans la Corne de l'Afrique. Sur la question, M. Ziegler a dénoncé la duplicité et la cupidité des organisations internationales méthodiquement soutenues par les Institutions de Bretton Woods qui organisent et imposent à cette partie de l'Afrique une famine non conjoncturelle mais structurelle parce que liée à la spéculation des marchés boursiers sur les coûts des produits alimentaires. Pour lui, il y a à dénoncer un véritable crime contre l'humanité en Somalie où, à cause de la déstructuration de l'Etat, les aides humanitaires sont détournées. Lesquelles aides s'amenuisent à la faveur de la crise financière mondiale qui oblige la réduction du budget de la Fao de 50%. Il est passé de 6000 milliards à 2800 milliards.

Dans la deuxième partie outre la situation en Côte d'Ivoire, Monsieur Ziegler s'est aussi intéressé à l'élection présidentielle au Cameroun, à la guerre en Libye. A propos des élections au Cameroun, il pense qu'elles manqueront une fois encore de transparence à l'instar des autres élections dans certaines contrées d'Afrique comme le Burkina, le Togo, Le Gabon, le Tchad etc.  Et que le peuple Camerounais qui n'a pas encore vécu de véritables élections mérite mieux qu'un dirigeant comme Paul Biya : « Le peuple camerounais ne mérite pas ce genre de dirigeant d'un autre âge [...] qui passe son temps à l'hôtel intercontinental et se balade au bord du lac Leman ». Sur la guerre en Libye, le polémiste suisse a salué l'intervention de l'Otan face à ce qu'il a appelé le projet ou l'intention de Kadhafi d'exterminer tous les habitants de Benghazi.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 40 du mardi 16 août 2011.

lundi, 15 août 2011

LA PROPHETESSE FRANÇAISE NAOMIE AU PASTEUR KONE MALACHIE: «HANANIA, TA VIE EST EN DANGER!»



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Par Naomie le 13 Août 2011.


Shalom!

Entendes-vous ce bruit grandissant, semblable à l'eau arrivant a ébullition dans un récipient?

C'est le bruit de la rumeur!

Une rumeur : je serai mandatée par le FBI afin de procéder à la mise en place à la tête de la Côte d'Ivoire d'un homme!

Quelle fâcherie! Il n'en est rien!

Moi, mon désir ardent, c'est de voir la Côte d'Ivoire accepter dans sa totalité le « joug » de l'amour de Christ sur elle, et rien d'autre.

Puis d'être « targuée » de « gourou » ou bien encore d'autres « petits noms » du même genre!

Baliverne que tout cela!

Je ne répondrai aucunement à ces accusations mensongères, et je continue dans la voie que Christ a ouvert pour moi à la croix!

Parce que voyez-vous, ni rien, ni personne ne peut influencer ma vie consacrée à Dieu, servante que je suis, depuis 1974.

Maintenant, par le « mandat » dont le Seigneur m'a rendu ambassadrice, je dénonce la forfaiture mensongère de HANANIA - et je lui dis : Hanania! Tu es en grand danger mortel! Tu en a menti en te prévalant de Dieu!

Ta parole est demeurée sans écho et tu a conduit un grand nombre dans la désillusion tragique d'une espérance trompée.

Peuple! Tu es en danger d'avoir pris conseil d'un « Hanania » plutôt que de rechercher la face du Seigneur jusqu'à ce que tu la trouve, et tu t'es bercée d'illusion!

Tu as ton salaire en ce jour, et ce salaire n'est que du sable sur lequel le vent de l'Esprit est intervenu et l'a dispersé au quatre coins de la terre!

Tes citernes demeurent vides, et vides sont tes silos à grains!

Homme qui prend défense du mensonge : tu es pareillement en danger! Es-tu prêt à rencontrer ton Dieu?

Maintenant!


COTE D'IVOIRE : "ECOUTE CE QUE YESHUA VEUT QUE TU SACHES!"

Depuis quelques jours, devant le Seigneur de toute la terre, devant lequel je me tiens, prenant la « Cène » je me cantonne dans la Parole de Dieu afin de savoir si oui ou non quelque chose à changé depuis 2005, premier jour ou Yéshua m'interpella pour la Côte d'Ivoire : je peux vous rassurer, rien n'a changé, et la volonté du Très-Haut demeure la même : que la Côte d'Ivoire soit sous le « joug » de l'amour du Seigneur, délivrée du mensonge du Malin, et entrant dans sa destinée issue du cœur de Dieu!

Toutefois, si la volonté du pardon accordé demeure, si la volonté de la restauration perdure, si la bénédiction est en marche, il y a aussi cette parole qui demeure entière : Riche en bonté, lent à la colère, mais ne tenant pas le coupable pour innocent!

Nombres 14/18 - L'Eternel est lent à la colère et riche en bonté, il pardonne l'iniquité et la rébellion; mais il ne tient point le coupable pour innocent, et il punit l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération.

Et Yéshua de nous dire :

Matthieu 5/17 - Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.

Cette parole est véritable et elle trouve son accomplissement parce que nul péché n'est en Christ, l'Oint de Dieu.

Comme je le fais naturellement, je vais vous donner, ci-après, ce que j'ai noté avec patience alors que l'Esprit saint de Yéshua me montrait ce qu'il me fallait vous rapporter, parce que ces paroles s'adressent à vous tous qui êtes dans l'attente de voir le jour se lever sur les Ténèbres qui recouvrent votre terre.

Mais sachez-le, frères et sœurs, les Ténèbres couvrent la terre toute entière, nous sommes sous le joug de l'esclavage, nous avons fait fit de la liberté qui nous était octroyée parce que nous avons rejeté la croix, et surtout nous avons détourné le regard d'Israël pour qui nous avons affiché le plus grand des mépris.


COTE D'IVOIRE :

NE TE LAISSE PLUS BERNER, N'ACCEPTE PAS POUR VERITE LE MENSONGE DE HANANIA!

Je dis : "HANANIA, TAIS-TOI!"

Le Seigneur, ce jeudi 11 Août, me redis par sa parole, qu'il me donne ce que désire mon cœur! Je ne souhaite rien des biens de ce monde, ce que je désire, c'est ma venue parmi vous, afin de déposer la bénédiction sur votre terre et sur vos vies, comme le désir le Seigneur.

Ce même jour, après avoir lu un message d'un homme qui défend l'homme appelé K.M. Et maintient qu'il est prophète, la « colère » me saisie, celle qui saisie le Seigneur tandis qu'il chassait les marchands du temple, le feu du zèle de l'Esprit saint le dévorant (Jean 2/17)

Comment peut-on avoir l'audace de remettre en question ce qui est probant, c'est à dire la défection d'un homme se fourvoyant dans une parole que Dieu n'a pas dite?

Jérémie ne trouva pas d'explication ni n'en rechercha; il dénonça simplement la forfaiture du mensonge sortant de la bouche de Hanania, prophète, auquel le Seigneur n'avait point dit de dire cette parole.

L'Esprit vivifie, la chair n'est rien! Si nous parlons selon la chair, nous sommes en danger et nous sommes dangereux pour qui nous écoute!

Une des argumentations de cet homme est que K.M. parlait pour certains hommes appelés à prendre les armes au nom de Dieu, et l'autre, tout aussi aberrante (fig. Erreur de jugement, égarement. Aberration des sens, du jugement) est la remise en question des dates données par l'homme alors que le silence a été.

Lorsque Dieu appela certains hommes, certaines femmes pour le servir, il le fit de manière compréhensible, sans ameuter peuple ni battre tambour. De plus, dans l'analyse de ce qui est écrit, il s'agit d'un appel séditieux, qui pourrait faire verser bien du sang et des larmes; mais la vérité est toute autre, c'est le Seigneur qui, sans l'aide de personne (de manière humaine) va procéder à la délivrance de la Côte d'Ivoire, tout comme Israël « vainquit » Pharaon sans arme mais par l'assurance que le temps de sa délivrance était venu.

Israël souffrit avant son départ : songez! Plus de paille mais le même nombre de briques! Des coups, des privations, des blessures... mais au bout de cela, le départ!


Côte d'Ivoire? Es-tu prête à ta délivrance?

La seule vérité en tout cela, c'est que Dieu n'est pas homme pour être trouvé menteur à l'image de l'homme.

Maintenant il faut savoir ceci : Jérémie 18 : Dieu détruit, il rétablit aussi!

Dans Jérémie 20, nous voyons que Dieu est avec Jérémie qui dira alors : Dieu est pour moi comme un « homme fort et terrible (v/11) - Bible martin.

Dieu est celui qui combat pour nous!

Qui a connu la pensée du Seigneur? - 1 Corinthiens 2/16 -

Dans tout ce qui est vécu aujourd'hui, il y a une raison qui est la suivante : il faut que le méchant connaisse ses voies méchantes afin de se repentir.

Mais je peux vous assurer de la parole suivante : Le Seigneur fera en sorte que l'eau ne passe pas sur la tête de celui qui m'est consacré (au Seigneur) il sera arraché de la boue, tout comme le fut Jérémie alors qu'il se tenait emprisonné dans une gangue de boue dans une citerne, et la parole du Seigneur sera sous vos aisselles, le Seigneur se servant d'elle pour votre délivrance.

Par contre, il est écrit qu'une sentence tombera sur « les faiseurs de coussinets pour toutes les aisselles » (hommes et femmes confondus) qui surprennent ainsi les âmes qui doivent vivre et qui s'imaginent que leur âme vivra. (Ezéchiel 13/17)

Ezéchiel 13/20 - C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, j'en veux à vos coussinets Par lesquels vous surprenez les âmes afin qu'elles s'envolent, Et je les arracherai de vos bras; Et je délivrerai les âmes Que vous cherchez à surprendre afin qu'elles s'envolent.

TOUS LES COUSSINETS PLACES SOUS LES AISSELLES SERONT DETRUITS.

Toujours la même journée de Jeudi, le Seigneur de me rappeler qu'il est celui qui a établi Jérémie, tout comme Elie qui mis à mort les prophètes de Baals.

L'Esprit saint de dire :

« Ezéchiel ne me fut pas caché, et mes prophètes, chacun pour leur part, accomplirent les œuvres que je leur avaient confiées. Mais à celui-là qui dit : Dieu a dit alors que Dieu n'a pas dit, je lui donnerai pour nourriture non pas du « grain d'orge » mais le fruit de ma colère; cela sera comme des pierres sous ses dents que je lui briserai l'une après l'autre, jusqu'à ce qu'il mette genoux en terre, sac et cendres sur sa tête et se repente de sa méchanceté.

Hanania trouva son salaire!

Lorsque je permis mon peuple déporté, mon prophète pris soin d'avertir ceux qui portaient mon nom afin qu'ils se soumettent à celui qui les écartaient de Jérusalem. Ce fut pour leur bien, et dans ce temps d'exil, ils purent comprendre, et revenir a moi; c'est alors que fut réveille l'Esprit saint parmi mes enfants qui trouvèrent grâce aux yeux de l'oppresseur.

Ils revinrent de leur exil et purent agir en faveur du pays, leur pays, que j'avais promis à leurs pères de leur donner. Il en est de même aujourd'hui.

PAS DE SEDITION! PAS DE REBELLION!

Ce n'est pas par la force que le problème trouvera solution, et je vous le dis encore : Dieu combat pour nous!

Il est bon pour un temps à l'homme de faire silence devant Dieu et tout comme le roi Ezéchias, de savoir que les évènements peuvent nous dépasser, que seule, l'intervention de Dieu est l'ultime recoure.

Esaïe 37. Et dans le feu de la tourmente, le peuple et le roi invoquèrent Dieu soutenant que ce dernier avait été insulté Seigneur Eternel notre Dieu : nous ne savons plus que faire, mais nos yeux sont fixés sur toi!

Zacharie 4/6 - Alors il reprit et me dit: C'est ici la parole que l'Eternel adresse à Zorobabel: Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon esprit, dit l'Eternel des armées.


Avec l'Esprit du Seigneur, voilà ce qui est :

Esaïe 40/29 - Il donne de la force à celui qui est fatigué, Et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance.

Esaïe 40/31 - Mais ceux qui se confient en l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point.

Il en est ainsi depuis toute chose : l'impossible devient réalisable lorsque ce réalisable est la concrétisation des promesses de notre Dieu.

Par contre la dérision sera la couverture sur le dos de celui qui agit non par la volonté du Seigneur mais sa propre volonté, qui se nomme orgueil.

Le Seigneur de dire : il n'est nulle parole sortant de ma bouche qui soit mensonge, et nul mensonge ne vient de moi!


Aujourd'hui, samedi 13 Août 2011.

Je suis « chagrin » parce que la volonté de l'homme a conduit un grand nombre dans une attente qui a été bafouée, et, ce qui me paraît au dessus de tout, c'est de constater que la tête de K.M. A été mise à prix!

Que celui qui a fait cela se souvienne d'où il vient, et quel était son péché avant de voir Christ sur une croix mourir pour lui dans l'effusion du sang.

Quelle différence existe-t-il entre ce « soi disant » chrétien et l'homme ainsi mis à prix?

Il n'en existe aucune. Chacun des deux ont un besoin urgent de s'humilier devant le trône du Seigneur et de réclamer grâce et pardon.

Jérémie dit à Hanania qu'il perdrait la vie; Elie mis à mort les prophètes de Baal, mais aucun des deux n'agit comme un donneur de prime à des mercenaires!

Il est des actes qui, tout en étant « spectaculaires  dans la foi » n'en demeurent pas moins du SPECTACULUM!

Reprenez-vous et faites cessez cette mascarade qui n'a qu'un seul objectif : faire rire les moqueurs et danser Satan qui mène le bal de l'infamie.

STOP!

Ce matin, je constate le silence absolu, il est encore tôt! Je pense que même dans le silence, la terre est plus bruyante que les « chrétiens » qui se taisent, donnant quitus et approbation à de telles actions.

C'est l'époque où les hommes se regroupent afin d'adorer les idoles païennes (islam, bouddhisme, catholicisme, indouisme) et cela sur le sol de France, et en bien des nations.

Seigneur ! Souffle le vent, mais qui en connait l'origine?

Les piliers du temple sont rongés par la gangrène, et l'homme a érigé un temple, son temple, qui n'a rien de spirituel.

L'homme est comme anesthésié, et il est conduit, telle une bête, à l'abattoir!

Haman veut la destruction du peuple du Seigneur, et travaille, en cela, avec ardeur!

Mais voilà le secret que « Hanania » n'a pas compris : Dieu fait lever une femme, Esther, et un homme dont le nom est Mardochée. (Esther 4/1)

En signe de désolation devant ce qui se trame contre le peuple de Dieu, Mardochée revêt sur son dos un manteau en haillons, manteau de la honte. Esther, dans son incompréhension, et parce que Mardochée est son oncle, à elle, la reine, lui fait porter des vêtements dignes « d'elle » mais Mardochée ne cèdera en rien. Que la honte soit vue de tous!

C'est alors que Mardochée prendra la parole et fera dire à Esther : tu es reine? Soit, mais n'est-ce pas pour un tel jour que l'Eternel Dieu t'a fait accéder à la royauté?

La loi ne permet pas à la reine d'aller vers le roi sans y avoir été conviée, c'est contraire à la loi; celui qui transige cette loi risque sa vie.

Mardochée connait les risques encourus par Esther, mais il s'agit avant tout de sauver le peuple juif déporté d'une mort arrêtée par Haman, et met Esther devant un choix : quand bien même tu n'agirais pas, tu ne seras pas sauvée, ni tous les tiens.

Esther fait dire à son oncle : je suis d'accord en cela, c'est pourquoi qu'il soit proclamé un jeûne de trois jours et trois nuits, puis après cela j'irai. (Esther 4/17).


PEUPLE DE COTE D'IVOIRE :

Publie un jeûne de 3 jours, afin de permettre au  roi de te recevoir !

En agissant ainsi, tu feras que s'ouvre  la porte d'accès qui a ce jour t'es encore fermée.

Il est des stratégies qui ne s'improvisent pas, mais elles s'organisent, surtout lorsque le Seigneur permet l'action; après viendra la victoire et tout comme il en fut pour Mardochée, un manteau royal sera ton lot.

Voici les directives dans l'organisation spirituelle de la préparation de ce jeûne :

. SANCTIFIEZ-VOUS (ne vous rasez pas la tête)

. CONSACREZ-VOUS (ne vous rasez pas la barbe)

. QUE CES TROIS JOURS FASSENT TREMBLER LES MURS DE JERICHO!

. VOS ARMES SONT SPIRITUELLES - IL VOUS FAUT RENTRER DANS LE NAZIREA DIVIN. QUI EST LA RECONSECRATION.

SI VOTRE FOI EST TELLE LE GRAIN DE MOUTARDE, VOUS DIREZ A LA MONTAGNE QUI VOUS EMPECHE LE PASSAGE DE SE JETER DANS LA MER, CE QUI S'ACCOMPLIRAIT CERTAINEMENT!

METTEZ VOTRE FOI EN ACTION!

Par la foi, Pharaon bu le vin amère, c'est par elle qu'Israël s'empara du pays de la promesse, et par ta foi, Côte d'Ivoire, tu deviendras le reflet de la volonté du Seigneur Yéshua : tu seras la tête et non plus la queue, tu prêteras et n'emprunteras plus... Mais n'oublie pas la condition : REVIENT VERS TON SEIGNEUR ET DIEU!

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Dieu veut libérer la rosée du ciel sur nous tous! Recevons le Seigneur, la grâce est avec lui, la rétribution le devance, le suit aussi, et tombent les forteresses du despotisme religieux.

Ce n'est pas dans la fuite que se trouve la solution; c'est dans la sanctification.

Purifiés, nous irons ensemble, mais  ensemble nous disons : que Dieu te réprime Satan, qu'il te réprime! Ainsi que ceux qui sont de ta maison diabolique.

Sanctifiez le nom de l'Eternel des armées; qu'il soit votre crainte - Esaïe 8/13 Enquerrez-vous de Dieu, cherchez sa face! Et le peuple qui marche dans les Ténèbres. Esaïe 9/1-  Le joug tombera seulement à cette condition, et cela créera un événement plus fort que si cela s'était produit par les armes - Esaïe 9/4 -

Esaïe 11/4 et 5 - ... le rejeton poussé des racines de David jugera avec justice les chétifs, et il reprendra avec droiture, afin de maintenir les débonnaires de la terre, et il frappera la terre par la verge de sa bouche, et il fera mourir le méchant par l'Esprit de ses lèvres. La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses flancs.

Amen.

Lorsque Josué reçut de la bouche de Dieu les directives afin de passer les rives du Jourdain et entrer dans le pays de la promesse, il se passa trois jours.

C'est un temps donné pour que le peuple puisse enfin se purifier, se sanctifier et après cela, aller.

Ceci n'est pas une révélation de temps, c'est tout simplement qu'il faut se préparer afin de pouvoir entrer dans la promesse de Dieu.

Nous avons besoin de ce temps mi a part afin de faire « nos ablutions spirituelles » mais au bout du compte, le peuple se lèvera afin d'entrer sans crainte dans les eaux tumultueuses du Jourdain et avec assurance, l'Arche de l'Alliance, les chantres devant eux, les Lévites, les Sacrificateurs, les Prophètes...

Côte d'Ivoire, il est enfin temps de te préparer, c'est ton temps qui est présent.

Ni par force, ni par puissance, seulement par l'action conduite par l'Esprit saint.

Shalom.


Source : Le Site du Ministère de Naomie

samedi, 13 août 2011

LES IVOIRIENS COMMENCENT A VAINCRE LA PEUR: DABOU MARCHE POUR LA LIBERATION DU COUPLE GBAGBO!

 

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Lopou, village et sous-préfecture situé à 25 kilomètres de Dabou, a fêté de façon singulière et mémorable l'an 51 de la Côte d'Ivoire. En ce dimanche 7aout 2011, Lopou se pare sobrement du drapeau national, deuil national oblige. La cérémonie du jour avait failli être annulée, finalement elle aura lieu, avec la bénédiction du Sous-préfet, Mme Kossonou Véh Brigitte.


Les délégations venues des 15 villages de la circonscription prennent d'assaut l'espace de la cérémonie, allant de la Sous-préfecture à l'église catholique. Il y a du beau monde. Prévue pour 8 heures, c'est finalement aux alentours de 10 heures que débutent les festivités. Mme le Sous-préfet a, dans son discours, prôné la paix et la réconciliation entre fils et filles de la Côte d'Ivoire. «Je crois pouvoir affirmer sans risque de me tromper que le premier défi auquel nous avons à faire face est celui de la réconciliation nationale», a-t-elle souligné. «En réalité, a-t-elle précisé, la réconciliation ne se décrète pas, elle est d'abord et surtout une volonté des parties en présence de faire des concessions et de rapprocher les points de vue. En ce sens, la réconciliation se conçoit dans les cœurs et dans les esprits et se vit dans les actes que chacun de nous devrait poser quotidiennement pour soutenir ce grand chantier du président de la République».

L'ombre du président Gbagbo plane sur la cérémonie

Le point d'orgue de la cérémonie a été les défilés des différentes couches socio-professionnelles de la circonscription. Les partis et groupements politiques n'étaient pas en reste. La délégation du Rhdp, composée à peine d'une douzaine de personnes, défile sobrement au son de la fanfare. Ensuite, arrive celle de LMP, groupement politique qui a soutenu le président Gbagbo lors de la présidentielle d'octobre 2010.

Moment d'extase, moment d'émotions. La délégation, qui est composée au début d'un peu plus de 300 personnes, va grossir considérablement. Des hommes, femmes, enfants avec  le V de la victoire en l'air, T-shirts et posters à l'effigie du président Gbagbo ne se dénombrent pas comme le montrent les images ci-dessous:

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Scène émouvante ! Un jeune homme symbolisant le président Gbagbo a les mains liées, à ses côtés, un autre, représentant son épouse Simone, ouvrent le bal, suivis des autres. Scandant des chants de victoire et surtout appelant à la libération de Gbagbo. «On va libérer Gbagbo, on va libérer Gbagbo, on va libérer Gbagbo, on va libérer Gbagbo !».

La foule en liesse acclame sans rompre, en signe d'encouragement et de soutien à la ''revendication'' de LMP. Des vieilles dames en pleurs, inconsolables, des personnes en transe, des chants de victoire. La file interminable, qui a vu de nouvelles personnes gonfler ses rangs, ne se contente pas de sa simple procession à Lopou. Elle s'ébranle vers Youhoulil et N'Doumikro dans une ambiance de fête, sous les hourra des habitants des villages visités. Certains parmi les invités sont mélancoliques, d'autres sont réconfortés de voir que que Lopou n'a pas oublié Gbagbo, que Dabou n'a pas oublié celui que la population ivoirienne appelle affectueusement le « Woody » et que ces populations espèrent vivement sa libération.

Débutée à 10 heures, la cérémonie s'est terminée vers 15 heures, ce dimanche 7 août. Bel hommage à celui qui a lutté pour la conquête des libertés publiques et l'indépendance véritable de la Côte d'Ivoire.


Source: LE NOUVEAU COURRIER N° 292 du samedi 13 août 2011.

DEMOLITIONS ET DEGUERPISSEMENTS TOUS AZIMUTS: THAT'S ALL?

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Ça n'en finit plus dans les forums de discussion sur internet et les points de causeries dans les quartiers. Les Ivoiriens se crêpent le chignon, s'empoignent à volonté et sans retenue. L'objet du scandale ? Le projet d'assainissement de la ville d'Abidjan entrepris depuis quelques semaines par la ministre Anne Ouloto.

 

Vérité pour les uns, erreur pour les autres, si seulement le débat se résumait à cette ambivalence. Dans le fond, tout le monde est d'accord sur la nécessité d'une pareille opération. Mais comment  assainir ? Où assainir ? Tout le débat se résume à la méthode et aux endroits choisis. Loin de l'opération de salubrité publique annoncée à grands renforts de publicité, l'on a plus l'impression d'assister à une chasse aux sorcières qu'à autre chose. Les premiers endroits cassés, rasés ont été les abords des cités universitaires et l'université de Cocody réputés Gbagboïstes. Après quoi, s'en est suivi la Sorbonne, accusé de véhiculer la pensée LMP. Nos pas résonnent encore sur les pavés d'une agora déserte. L'espace la Sorbonne, lieu de rassemblement, de ralliement même, carrefour d'informations et de réflexions, rasé, d'un coup. Chaque périmètre de l'endroit sentait le parfum d'un Laurent Gbagbo que ses adversaires parvenus au pouvoir s'échinent à gommer dans les esprits. Vaine entreprise mais tant qu'ils peuvent essayer... Les monuments, véritables fosses communes selon les légendes RHDP, sont tous passés à la trappe sans qu'on ne présente les ossements retrouvés après leurs destructions aux communautés nationale et internationale. Pour des personnes si friandes de coups d'éclat, déconcertant, non ?

Puis la situation a évolué et après les voies obstruées par les commerçants, ce fut le tour la semaine dernière des mythiques «Mille maquis» de Marcory et «Rue princesse» de Yopougon. Doit-on condamner un gouvernement qui essaie de mettre de l'ordre dans une cité où le désordre s'est érigé en valeur ? L'honnêteté intellectuelle commande de répondre par la négative. Dans ces conditions, où se situe le problème serait-on en droit de se demander ? Eh bien, dans un Etat de droit comme le défend le chef de l'Etat chaque fois qu'il en a l'occasion, on ne déguerpit pas les gens comme on se débarrasse des ordures domestiques. On leur délivre un préavis en bonne et dû forme, ensuite on discute les conditions de recasement et / ou dédommagement. La procédure engagée par les autorités actuelles a-t-elle suivi ce processus ? Une injonction, le terme qui convient le mieux en la circonstance qui nous réunit, a été faite aux responsables des maquis et boîtes de nuit de plier bagage car les sites qui abritent leurs PME seraient détruits. Rien que ça. Même les prisonniers ont des droits, voyons. D'autres avant nous on fait l'état des lieux en ce qui concerne les pertes que la ''mort'' de la seule Rue Princesse occasionnera. Alors, nous nous attarderons peu sur les serveuses de maquis, bars et boîtes de nuit sans salaires, des vendeuses de poissons, de kédjénou, des vendeurs de cigarettes, des portiers, des gérants, de la Solibra, de Canal Plus Horizons, des chauffeurs de taxis, des poissonneries, de Coquivoire, des employés de chawarmas, glaciers... Comme on le voit, cette décision prise sans étude préalable entrainera une réaction en chaîne dont la conséquence immédiate sera la  généralisation de la pauvreté (et dire que nous avons vu cela sans être des économistes).

Pourtant, face à un véritable problème de salubrité publique comme ce à quoi la mythique rue nous exposait, que fallait-il faire ? Régler une fois pour toute la question des nuisances sonores et tapage nocturne en prenant des mesures pour que les maquis soient des espaces non plus ouverts au regard des passants mais fermés (des bars géants). D'ailleurs pour qui a déjà visité la Rue Princesse, elle prenait tout doucement ce visage. Mais le gouvernement a décidé de passer par la force, restant sourd et insensible aux cris de tous ceux qui vivent et font vivre les leurs grâce à cet endroit. Ils persistent à meubler le temps en nous distrayant. Les problèmes urgents sont connus de tous, ils gagnent du temps en privant des familles de leurs sources de revenus. Meubler le temps, gagner du temps, mais qu'attendent-ils ? La pluie de milliards ? «La Côte d'Ivoire n'est ni la Grèce, ni les USA encore moins une entreprise du CAC 40», disait à juste titre un internaute, ils s'en rendront compte bien assez tôt. «Ça fait beaucoup marrer les gens de voir qu'on peut se moquer de la politique, alors que dans l'ensemble, c'est surtout la politique qui se moque de nous», disait Coluche.

Les déguerpis RHDP l'apprennent à leurs dépens, eux qui pleurent en silence, ''va y avoir des désabonnements''. Le plus drôle, c'est le silence étonnant des ambassades occidentales accréditées dans notre pays. Des familles sont jetées à la rue, des emplois sont détruits mais elles n'ont rien vu, elles n'ont rien entendu. Une médaille pour Philipe Carter III, une autre pour Simon alors. Une dernière pour la route, on espère tous que le projet Abidjan ville propre n'oubliera pas Bori Bana, Derrière rails, toutes les constructions qui ne respectent pas les normes, la gare d'Adjamé, la casse, l'abattoir, les véhicules trop âgés pour servir de moyens de transport, les ''apprentis'' accrochés aux portières. Pendant qu'on y est...


«L'humeur de Guy-Constant NEZA», in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 290 du jeudi 11 août 2011.

OUATTARA RECULE FACE AU COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE

 

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Revirement dans la communication du gouvernement qui a précisé, hier, sur les antennes de la nouvelle RTI que le Colonel-Major Boniface Konan n'a jamais été inquiété.

 

Il se passe des choses pas très claires actuellement. Alors que le gouvernement via le commissaire militaire Ange Kessy avait expressément convoqué une conférence de presse pour annoncer urbi et orbi l'inculpation de 62 militaires pro-Gbagbo dont le colonel-major Boniface Konan, le même  Ange-Kessy est venu hier à la télévision pour infirmer ce qu'il avait dit. Aux termes de ce revirement, ni le Colonel-Major Konan, ni le Lieutenant Damalan, ni Honré Zoin l'ancien ministre du Général Guéi du temps du CNSP n'ont été inculpés.

Ils auraient obtenu le rétablissement de leurs soldes et ce serait principalement cela qui aurait été discuté au cabinet du commissaire du gouvernement. Selon RFI, le colonel-major Konan Boniface a juste reçu une notification qui « lui reproche des choses, mais il est en liberté car on suppose qu'il est revenu en Côte d'Ivoire pour travailler à la réconciliation. On lui a aussi notifié qu'on sait où il habite, qu'il n'est plus dangereux et qu'à chaque fois qu'on aura besoin de lui, il sera présent. On a donc pas eu besoin de l'arrêter ». Ange Kessy dit exactement la même chose.

Pourtant, le Colonel Konan a bien failli être arrêté. Sa demande de permission avait même été refusée et le gouvernement a hésité en raison de la personnalité du concerné. Alors de deux choses l'une. Soit le gouvernement n'a jamais voulu arrêter le Colonel Konan et dans ce cas il faudra bien expliquer ce qui s'est passé pour que le commissaire du gouvernement communique abondamment sur son inculpation ou au contraire, son revirement est lié à la pression des autorités ghanéennes qui avaient supervisé l'arrivée de la délégation à Abidjan dans le cadre des négociations pour le retour des militaires exilés, soit enfin les mouvements dans l'armée ajoutés à la mauvaise conjoncture avec les affrontements FRCI-FRCI ont ramolli le Chef de l'Etat.

Dans tous les cas, c'est la première fois que Ouattara revient sur une décision d'inculpation. La crainte de Boniface Konan a donc rendu la lucidité à un gouvernement qui emprisonnait jusque-là à tour de bras.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 39 du samedi 13 août 2011.

vendredi, 12 août 2011

LE PIEGE DE LA TERREUR SE REFERME SUR LE COLONEL-MAJOR BONIFACE KONAN


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Des informations contradictoires circulaient, hier soir, sur le sort du Colonel-major Boniface Konan officiellement inculpé avec les 57 autres militaires restés fidèles au président Laurent Gbagbo. Leur inculpation est un revirement spectaculaire même si, en la matière, entre ce que dit le pouvoir et ce qu'il fait, il ya toujours un fossé.

 

Le colonel-major Boniface Konan, brillant officier de la marine ivoirienne, revenu à Abidjan dans le cadre des négociations pour le retour des militaires exilés, a été officiellement inculpé, hier, avec 57 autres. 40 parmi les 57 ont été écroués. Jusqu'à tard dans la soirée d'hier, le mandat de dépôt ne concernait pas l'ancien commandant du théâtre des opérations qui en a tant fait bavé sur le terrain à ses ennemis.

Ancien des marines américains parmi lesquels il a fait ses classes, le Colonel-Major Konan s'était exilé au Ghana comme la plupart des officiers restés fidèles au président Gbagbo après avoir refusé de faire allégeance à Alassane Ouattara qui se faisait introniser à l'Hôtel du Golf.

Il y a deux semaines, il était rentré en Côte d'Ivoire à la tête d'une délégation de négociateurs. A sa descente d'avion, le Colonel-Major Konan avait affirmé que son arrivée était un signal pour ceux restés au Ghana et parmi lesquels l'on compte le Commandant Abéhi qui aurait refusé de céder aux chants de sirène du parti au pouvoir, spécialisé dans les voltes-faces.

Les 57 militaires écroués, hier, sont accusés d'avoir armés des miliciens pendant les affrontements qui ont suivi le conflit postélectoral dans le pays. La série des arrestations provoquent l'émoi au sein d'une population qui craint la résurgence de la guerre. Le chef de l'Etat, lui, continue d'alterner bonnes intentions et attitudes provocatrices. Alors qu'il avait solennellement souhaité le rassemblement autour de sa présidence pour aider à la réconciliation nationale, Alassane Ouattara a aussi multiplié les contre-pieds et les crocs-en-jambes. Le plus significatif est sans aucun  doute l'arrestation d'hier, qui risque de décourager les militaires encore réticents et qui, par mesure de précaution, étaient restés à couvert dans les pays où ils se sont exilés.

La Côte d'Ivoire a du mal à faire sa réconciliation. Le Chef de l'Etat a trop de ressentiments au cœur pour donner la chance à la paix. L'organisation des Nations Unies, son alliée objective, dénonce depuis avant-hier des exécutions extra-judicaires et accuse ses hommes, selon les mots du rapport, d'en être les auteurs. Mais s'il est impitoyable envers ses adversaires et en particulier contre  les partisans de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara sait être magnanime envers les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire qui continuent encore de terroriser les populations dans les villages et petites villes du pays.

A Abidjan, c'est à un harcèlement moral que font face ceux qui ne sont pas convertis au ouattaraïsme et qui sont, pour cela seul, soupçonnés d'être pro-Gbagbo. Tous les postes de commandement de l'Administration sont exclusivement confiés aux pro-Ouattara, à défaut, aux proches d'Henri Konan Bédié.

Privés de salaires, les pro-Gbagbo, ou ceux qui ne sont pas suffisamment ouattaraïstes, sont aussi privés de leurs biens. Outre les comptes encore gelés, la plupart ont encore leur domicile occupé par les FRCI qui règnent en conquistadors dans le pays.

L'arrestation des militaires va encore plomber l'atmosphère déjà trop lourde à Abidjan mais avec Ouattara, la terreur est certainement le meilleur filon pour avoir la paix.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N°38 du vendredi 12 août 2011.

ZONES D'OMBRE ET NON-DITS D'UN DISCOURS D'AUTO-CONTEMPLATION


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Dans la soirée du vendredi 6 août 2011 dernier, les Ivoiriens ont eu droit au traditionnel et institutionnel discours à la nation du chef de l'Etat, marquant la célébration de la Fête nationale et la commémoration de l'Indépendance de la Côte d'Ivoire. Pour notre part, il n'aura été qu'une débauche impudique de bons points attribués à soi-même par son auteur, qui fait l'impasse sur des aspects importants de la vie de notre peuple, au sortir d'une crise aussi aiguë que la crise postélectorale ivoirienne, et qui entretient l'omerta sur les actes concrets qui devraient être posés dans l'optique d'une réconciliation et d'une prospérité effectives de notre pays.

Nous avons ainsi pu apprendre avec stupéfaction « le retour de la démocratie en Côte d'Ivoire » là où elle n'a jamais été plus dégradée : des opposants sont en prison ou en exil, leurs biens et ressources sous séquestre, l'Assemblée nationale suspendue, le pays gouverné par ordonnance, le chef de l'Etat encore et toujours chef d'un parti politique (le RDR) - ce qu'interdit notre constitution ; Article 54 -, ses biens non encore déclarés devant la Cour des comptes - comme l'exige la Loi fondamentale, en son Articles 55 -, des journalistes et hommes de médias en prison, le siège du quotidien de l'opposition Notre Voie occupé par des hommes en armes pro-Ouattara, la Commission Electorale Indépendante déjà majoritairement constituée par le RHDP qui enregistre de nouvelles nominations de proches de Ouattara - accentuant un déséquilibre déjà outrancier -, les élections législatives et municipales en approche envisagées dans une ambiance de traque et d'exactions des FRCI contre les pro-Gbagbo et les militants du FPI, le Conseil constitutionnel renouvelé avant terme, au plus grand mépris de notre Constitution. Bref, de quel retour de la démocratie nous parle-t-on, si ne n'est d'exprimer aux Ivoiriens tout le mépris et le peu d'égard qu'on a pour eux ?

Nous avons, en outre, été abreuvés de rhétoriques du genre « respect de Droits de l'homme » en Côte d'Ivoire et de « société souveraine ». Comment peut-on prétendre respecter les Droits de l'homme quand on a été épinglé plusieurs mois de suite par ses ex-partenaires les plus fidèles, les ONG internationales Human Rights Watch, Amnesty International et même par le HCR et l'ONUCI, pour meurtres, crimes, viols et pillages contre des populations sans défense et pour l'incarcération sans inculpation d'opposants politiques ? Ces structures supranationales ont clairement dénoncé la récente promotion de chefs militaires, proches du chef de l'Etat Alassane Ouattara, nommément cités dans des crimes contre l'humanité. Nous aurions bien voulu croire, avec Monsieur Ouattara, au respect des Droits de l'homme en Côte d'Ivoire mais force est de reconnaître qu'il n'en est rien. Les Droits de l'homme en terre ivoirienne ne sont qu'une vue de l'esprit. Ils ne relèvent que du discours officiel et non de la réalité.

Quant à la « société souveraine » du nouvel homme fort d'Abidjan, le peuple ivoirien, il s'est donné des institutions qu'on bafoue allègrement : le Président de la République qu'il s'est donné par la voie des urnes a été bombardé en sa résidence et kidnappé par des armées étrangères dont les bases et missions, en guise de reconnaissance, sont réinstallées, renforcées et reconduites, pour assurer la sécurité et la sûreté du territoire ivoirien. Ces mêmes forces assurent la sécurité du nouveau locataire du Palais présidentiel du Plateau, en appui aux soldats burkinabés récemment recrutés dans la garde rapprochée présidentielle, au milieu d'un parterre de conseillers politiques, diplomatiques et militaires français. Cette « société souveraine » s'est également donné un porte-voix : l'Assemblée nationale. Elle est aujourd'hui aphone, mise sous l'éteignoir. Selon le bon vouloir du « Brave Tchê » Alassane Ouattara. Comment exerce-t-elle alors la souveraineté qu'on lui reconnait subitement, à la faveur d'un discours de circonstance ? Motus, bouche cousue !

Le chef de l'Etat se targue, en outre, de se mettre en peine de la réconciliation nationale : « Nous œuvrons pour le retour de nos frères et sœurs à l'extérieur du pays ». Un d'entre eux en est justement revenu, sous son instigation, et a été mis aux arrêts dans les jours qui ont suivis : le journaliste Hermann Aboa. Sous des chefs d'inculpation aussi imaginaires que surréalistes, révélés non par la justice ivoirienne comme cela se doit, dans tout Etat de droit qui se respecte, mais de sa propre bouche, au détour d'une visite de travail aux Etats-Unis : achat d'armes de guerre et distribution à des milices, sur financement de Laurent Gbagbo (sic !).

Au regard de tout ce qui précède, où se trouve donc cette « Côte d'Ivoire dotée d'un Etat fort, moderne et impartial, avec des Institutions crédibles ; un Etat qui respectera l'indépendance de la justice, qui luttera contre l'impunité et fera la promotion du mérite et de la compétence » ?

« Je salue, dit Alassane Ouattara, la décision des officiers exilés au Ghana, de rentrer au pays, pour prendre une part active au processus de réconciliation ; j'encourage les refugiés demeurant au Liberia à rentrer ». Le fait que quatre mois après la Bataille d'Abidjan, ils en soient encore à se méfier et à redouter un retour en Côte d'Ivoire est un revers et désaveu cinglant pour le pouvoir en place. Si l'invite était aussi fraternelle et sincère qu'on veut le laisser croire, il y a belle lurette que ces Ivoiriens seraient de retour. Sans attendre d'être constamment rassurés par des discours officiels.

« Je lance à nouveau, poursuit-il, un appel à nos frères et sœurs, de tous bords politiques afin de nous retrouver pour bâtir ensemble une patrie de paix... Je continue de tendre la main en particulier à nos frères et sœurs du FPI et de LMP. Leur place est avec nous ( ?). Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour garantir le retour et la sécurité de tous ».  Soit dit en passant, les leaders FPI et LMP sont pour l'essentiel en prison, avec à leur tête le Président Laurent Gbagbo et son épouse ainsi que le Premier ministre Affi Nguessan. Leur place est-elle objectivement et effectivement parmi nous ? Hélas, trois fois non ! Les faits parlent plus que les mots. Et on ne peut les falsifier par une effusion émotive occasionnelle fût-elle lyrique et officielle.

Pour Alassane Ouattara « les activités économiques redémarrent, la vie sociale s'anime à nouveau, la presse fonctionne dans toute sa diversité. Il travaille à réduire nos souffrances. La sécurité s'améliore de jour en jour. Les ordures et les dépôts sauvages se font de plus en plus rares. Abidjan retrouvera son lumineux visage de « Perle des lagunes » et toute la Côte d'Ivoire sera à nouveau belle. Les soins de santé des Ivoiriens les plus défavorisés seront gratuits. Les travaux d'assainissement ont commencé, bientôt, c'est toute la Côte d'Ivoire qui sera en chantier. Les jeunes auront des emplois et auront aussi les financements promis pour leurs projets ». Plutôt reluisant comme tableau dans un pays où le chômage a atteint des records et les universités - du reste, fermées - sont occupées par les ex-rebelles, où les hôpitaux sont plus que jamais des mouroirs, où l'appareil de production cassé est en lente agonie, où la misère atteint des summums jamais effleurés et où des arriérés de salaire de deux à quatre mois restent encore à payer aux ex-FDS et dans certaines entreprises publiques (BNETD et bien d'autres) et institutions nationales (Assemblée nationale, CEI etc).

En outre, à quoi peuvent bien servir un cadre de vie et un environnement assainis où l'on est plus susceptible de perdre la vie que la santé, du fait des exactions des FRCI et d'une insécurité permanente, insidieuse, rampante ?

Au final, Alassane Ouattara ne croyait pas si bien dire : « Sans paix, sans sécurité, il ne peut y avoir ni réconciliation, ni développement solidaire ». C'est exactement cette vérité universelle qui est implacablement à l'œuvre, en ce moment, dans notre pays. Absence de paix et de sécurité, c'est, hélas, la triste réalité ivoirienne.

Du sommet de son piédestal et au comble de l'auto-contemplation, il déclame : « Une telle volonté de ramener la paix et la prospérité chez nous attire à nouveau la confiance de nos partenaires. L'image de la Côte d'Ivoire s'est nettement améliorée et notre pays est de retour sur la carte du monde (Y avait-elle disparu ? Mystère !) ». Même si les investisseurs, à défaut de s'y rendre (insécurité et Etat de droit en déliquescence obligent), se contentent d'avoir « à nouveau le regard (seulement le regard) tourné vers la Côte d'Ivoire », dans un contexte mondial de crise financière généralisée, la plupart des pays occidentaux étant au bord de la faillite, avec en tête de file, les Etats-Unis d'un Barack Obama fauché et dans une tourmente historique, sauveur pressenti et attendu d'une Côte d'Ivoire sans le sou.

Cette débauche auto-célébrante aura permis de faire ombrage aux vraies questions qui intéressent les Ivoiriens : la libération du président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires, la création de richesses nationales sur la base de notre force de travail et de nos ressources propres (humaines et économiques), l'instauration d'une véritable impunité commençant par les siens - si tant est qu'il désire vraiment allier la justice à la réconciliation -, les raisons de la promotion de criminels de guerre qui devraient être traduits devant la CPI, la réunification effective du pays par l'unification des caisses de l'Etat, l'indépendance et la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Des points royalement éludés.

En effet, il aurait fallu qu'il nous dise :

- comment il espère réconcilier les Ivoiriens en maintenant Laurent Gbagbo en prison sans aucun chef d'inculpation. Il n'en a pas dit un traître mot ;

- comment il envisage de faire disparaître l'impunité tout en promouvant des militaires proches de lui et déjà épinglés par les organisations des Droits de l'homme pour une comparution éventuelle devant les instances judiciaires internationales ;

- comment il compte mettre fin à la saignée financière inacceptable (au moment où nos coffres-forts sont vides) et à la partition économique et financière de notre pays, avec l'économie parallèle florissante dans la partie Nord de la Côte d'Ivoire, entre les mains des ex-Forces Nouvelles dont la Centrale (Trésor de l'ex-rébellion) est en plein essor ;

- comment il espère éviter à la Côte d'Ivoire de n'avoir pour seule politique de création de richesses et pour seul programme de gouvernement que l'endettement excessif ;

- comment il compte « apporter à notre pays son indépendance totale (sic !) » et affirmer sa souveraineté quand il multiplie en Côte d'Ivoire les bases militaires étrangères (réouverture du 43ème Bima français et une dizaine de l'ONUCI en projet d'urgence), quand les salaires des fonctionnaires ivoiriens sont payés par la France, que sa propre sécurité est assurée par des forces étrangères et quand il semble ne tirer sa légitimité que de la reconnaissance de la « Communauté internationale ».

Au total, un discours qui aura tout dit sauf l'essentiel. Pas donc certain que nous fassions des pas de géant en matière de réconciliation et de cohésion sociale, d'avancées démocratiques, politiques et institutionnelles, de reprise économique et de prospérité nationale. Ouattara nous a servi une litanie de vœux pieux et fait une peinture irréelle de la situation de notre pays. Nous continuons à attendre qu'il se ressaisisse et nous donne des signes concrets et réalistes, à tout le moins autres que cet épanchement auto-contemplateur qui ne nous rassure guère pour l'avenir de notre pays. Nous voulons des actes, pas des discours. Gageons que la tendance sera bientôt inversée.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 290 du jeudi 11 août 2011.

L'INSECURITE ET L'IMPUNITE ONT ETE PREPAREES: 12 000 PRISONNIERS LIBERES ET ARMES PAR LES FORCES D'ALASSANE OUATTARA



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Les organisations internationales de défense des droits de l'homme dont Human Rights Watch et Amnesty International condamnent dans leurs différents rapports, l'insécurité, les exactions et l'impunité dans lesquelles les forces pro-Ouattara, avec le soutien condescendant du nouveau régime, ont plongé la Côte d'Ivoire depuis l'installation au pouvoir, dans des conditions calamiteuses, du chef de l'Etat, Alassane Dramane Ouattara.

« Les promotions dont viennent de bénéficier en Côte d'Ivoire deux officiers supérieurs (les Com'Zones de l'ex-rébellion armée, Chérif Ousmane et Fofié Kouakou) fortement soupçonnés d'être impliqués dans de graves crimes suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la réalité de l'engagement du président Alassane Ouattara à mettre fin à l'impunité et à rendre justice aux victimes », affirme Human Rights Watch dans un récent communiqué sur la situation en Côte d'Ivoire. Cette attitude du régime Ouattara s'explique aisément par le fait que sa proximité avec l'ex-rébellion armée constitue un secret de polichinelle.

Ce sont, d'ailleurs, ces ex-rebelles baptisés aujourd'hui Frci par un décret de l'actuel chef de l'Etat qui, appuyés activement par la force française Licorne et l'Onuci, ont attaqué en mars-avril derniers, le régime Gbagbo. En avril dernier, dans le cadre de leur guerre contre Abidjan, la capitale économique qui abrite le palais présidentiel et la résidence du chef de l'Etat (le dernier site a été bombardé par l'armée française), les forces pro-Ouattara ont pris d'assaut la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca).

Ils ont libéré environ 6000 prisonniers et leur ont distribué, selon des témoins, des kalachnikovs. L'objectif était de les associer à l'attaque contre Abidjan. Ce qui fut fait. Ces prisonniers libérés et armés ont été baptisés « volontaires » par les forces pro-Ouattara. A l'instar de centaines de jeunes gens d'Abobo à qui les forces pro-Ouattara avaient également distribué des armes, à la fin mars dernier.

Ce sont au total 12 000 prisonniers que les forces pro-Ouattara ont libérés et armés à travers le pays, soutient une source crédible. 12 000 bandits de grands chemins qui, depuis lors, écument Abidjan, Yamoussoukro et les autres villes du pays en commettant, dans une totale impunité, des exactions, pillages, braquages et vols. D'où le climat d'insécurité qui enveloppe le pays.

C'est à juste titre qu'une source proche du Rhdp soutient : « Nous avons tous ouvert la boîte de pandore. Tous, nous en assumons donc les conséquences ». Allusion faite à la situation créée par les 12 000 prisonniers armés et jetés dans la nature.


I. Grhenberg


 

Source : FACEBOOK

jeudi, 11 août 2011

LAURENT GBAGBO, TOUJOURS TRES «KAFISSA»!

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Sacrés ivoiriens ! Ils ne cesseront jamais de nous étonner ! Malgré la situation difficile du pays, ils n'ont pas perdu leur sens de l'humour légendaire. Cela est encore une fois prouvé par cette histoire vraie que m'a rapportée mon neveu de sa virée dans un piano-bar, quelque part à Abidjan.

A l'occasion de la célébration de l'Indépendance, un piano-bar très connu des noctambules a fait peau neuve et proposé un spectacle haut en gamme à ses clients.

Après la prestation de certains artistes, le Maître de Cérémonie annonce la vedette du jour, en la personne d'un grand nom de la musique Zouglou. Applaudissements du public composé en grande majorité de jeunes cadres dynamiques.

Il entonne son répertoire, aussitôt repris par l'assistance qui exulte.

A la fin de sa prestation, et dans la mouvance de la réconciliation, cet artiste demande au public d'applaudir pour la paix et la fraternité en Côte d'Ivoire. Le public, conquis, obéit. Après un petit speech où il invite le public a vraiment s'impliquer pour que la réconciliation entre les fils du pays soit effective, l'artiste, croyant bien faire, demande au public :

L'artiste : Si tu aimes Bédié, tape des mains.

Le public : Acclamation (clap ! clap ! clap !).

L'artiste : Si tu aimes Bédié, si tu aimes Bédié, tape encore des mains.

Le public : Acclamations (clap ! clap ! cap !).

L'artiste : Si tu aimes Ado, tape des mains.

Le public : Acclamations (clap ! clap ! clap !).

L'artiste : Si tu aimes Ado, si tu aimes Ado, tape encore des mains.

Le public : Acclamation (clap ! clap ! clap !).

L'artiste : Si tu aimes Gbagbo, tape.... (Il n'a pas même le temps d'achever sa phrase).

Le public : Ovations et cris de joie retentissants : « Le coin est gâté », comme disent les Ivoiriens : « Koudou ! Koudou ! Koudou ! Y a rien en face ! Y a rien en face ! Koudou ! Koudou ! Koudou ! »

A l'instant, tout le public entonne : « C'est comment, comment, Laurent Gbagbo, il est sur terrain ! Devant, c'est maïs ! ».

C'était le délire !

Comme quoi, Laurent Gbagbo est  toujours présent dans le cœur des Ivoiriens !

Nos amis de la fameuse « Communauté internationale » ne l'ont pas encore compris ! Ni le quadrillage d'Abidjan par la France et le verrouillage de la Côte d'Ivoire par l'Onuci ne peuvent enlever cet amour pour Laurent Gbagbo du cœur des Ivoiriens.

Etonné et effrayé, l'artiste de dire : « Eeeh, votre affaire-là, c'est comme ça ! Faut pas me donner problème dèh ! Vous aussi, petit amusement-là! Non, les gars vous êtes graves ! Amusement comme ça là, où y a fusil-là, zouglouman n'aime pas ! A bon entendeur, salut ! »

Que conclure ?

Ce n'est ni les mensonges de la perfide France chaque jour dévoilée ni la « certification » de Young Jin Choi qui lui a valu une décoration qui arracheront de nos cœurs l'amour et l'admiration que nous portons au président authentique des Ivoiriens !

Président Laurent Gbagbo, nous t'aimons ! Et ce sentiment se renforce chaque jour davantage.

Sois fort pour la Côte d'Ivoire ! Sois fort pour le peuple ivoirien !

Laurent Gbagbo, toujours très très « KAFISSA » (en Malinké : Gbagbo est mieux !).

Qui dit mieux ?


Nina Glez

LES DERNIERES NOUVELLES DU PRESIDENT ET DE SON EPOUSE - GBAGBO TOUJOURS DETERMINE

 

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Les dernières nouvelles que nous avons du président Laurent Gbagbo nous viennent essentiellement du dernier reportage réalisé par "Jeune Afrique" et de quelques visites que celui, que les ivoiriens appellent affectueusement le "Woody" a pu bénéficier.

Il faut dire que le président de la république ne décolère pas contre les autorités françaises. Depuis Korhogo où il est en résidence surveillée, il continue d'affirmer, malgré les menaces et les nombreuses offres à lui faites qu'il n'a pas perdu les élections. Son éviction du pouvoir est le fait des  forces françaises, soutient-il. C`est en tout cas ce que nous apprend un reportage réalisé par Jeune Afrique sur son lieu de détention et celui de son épouse Simone Gbagbo.

Dans l`article publié dans la dernière édition de JA sortie cette semaine, le président Laurent Gbagbo persiste à soutenir qu`il a remporté le scrutin du 28 novembre 2010. « Devant ses visiteurs, il s`emporte régulièrement contre l`ancienne puissance coloniale et son président Nicolas Sarkozy. Il réfute les accusations portées contre lui et reporte les fautes sur les ex-rebelles et la France. « Je n`ai pas été battu dans les urnes mais par l`armée française » », rapporte le confrère, qui distille d`autres informations sur le célèbre « prisonnier » de Korhogo, notamment sur son état de santé, ses conditions de détention, ses relations avec son épouse Simone et son audition par le procureur de la République.

Le confrère nous apprend que le chef de l`Etat est « en bonne forme » (...) Dans la résidence présidentielle où il est gardé, il bénéficie de l`assistance de son médecin personnel, Christophe Blé. Ce qui ne l`empêche pas de s`insurger contre ses conditions de détention. « Gbagbo se plaint de ne pouvoir sortir pour se dégourdir les jambes et de ne pas voir la lumière du jour », rapporte Jeune Afrique. Entre son épouse Simone et lui, le téléphone est coupé depuis fin avril, date de leur dernière conversation téléphonique.

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Revenant sur son audition par le procureur de la République, le confrère rapporte que le président Gbagbo a refusé de se soumettre à un quelconque interrogatoire: « Simplice Koffi Kouadio s`est heurté à un mur. Gbagbo affirme ne pas relever d`une juridiction ordinaire et oppose son statut d`exception, notamment sa qualité d`ancien chef de l`Etat, membre du Conseil constitutionnel ». Jeune Afrique donne par ailleurs, les dernières nouvelles de la première dame, en résidence surveillée à Odienné. Elle est privée de téléphone fixe et portable, indiquent les auteurs de l`article. Pour passer des messages, elle n`a pour tout canal que l`évêque d`Odienné, Mgr Antoine Koné et le chef de guerre Ousmane Coulibaly alias Ben Laden.

Elle bénéficie aussi de l`assistance médicale de son médecin personnel, Dr Eugène Djédjé, qui partage son lieu de détention. Pour passer le temps, l`universitaire « dispense des cours d`alphabétisation aux enfants du vigile de la résidence et discute régulièrement avec les gardiens », rapporte le confrère. Tout comme son époux, elle aussi a refusé de se prêter à l`interrogatoire du procureur de la République lors du séjour de celui-ci à Odienné. Elle a brandi son immunité parlementaire « qui n`a jamais été levée ».

 

Source : COTE D’IVOIRE LA VRAIE

mercredi, 10 août 2011

FABRICE DJEDJE, CE HEROS TOTALEMENT OUBLIE!


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Le grave accident de la circulation survenu le vendredi 05 août, 41 morts (nombre, aujourd'hui, relevé à 47 morts, Ndlr) et plusieurs blessés et portés disparus, a plané sur la célébration du 51ème anniversaire de la Côte d’ivoire. L’indépendance de la Côte d’Ivoire a été donc célébrée dans sobriété, hier à la place de la république.

Cette célébration d’après Fraternité matin, a été l’occasion de rendre hommages aux artisans de la renaissance du pays. Parmi ces bienheureux on retrouve des ministres, des ex-ministres, présidents d’institution, des personnalités du monde de l’économie, de la diplomatie, de la politique et de la société civile. Pour Nouveau Réveil, la liste de personne à décorer a fait de nombreux frustrés. Toujours selon Nouveau réveil, l’assistance se demandait sur quels critères ces derniers avaient été sélectionnés : présence à la République du Golf ou le fait d’avoir risqué leur vie.

Pour Soir Info, cette cérémonie a été l’occasion pour le président ADO de lancer un appel à l’opposition (FPI et LMP) à regagner le pays et à œuvrer ensemble pour la reconstruction. Notre Voie quant à lui s’interroge sur le sens de la cérémonie. Etant donné que pour le quotidien la souveraineté et la démocratie ont foutu le camp.

Au-delà de cette revue de presse, l’on a noté que cette cérémonie était tout sauf sobre. Il y’a avait de la joie au palais de la république. Et cette joie était visible pour tous ceux qui y ont été conviés. Vous avez dit deuil national ? Que nenni !

Cette cérémonie était visiblement l’occasion d’honorer tous ceux qui d’une manière ou une autre ont été participants de la guerre livrée à la CI.

Méritaient-ils leur médaille ? Assurément non car leurs œuvres n’ont participé aucunement au développement ni au rayonnement de la CI.
L’hypocrisie, la félonie, la rébellion et la traitrise ont été célébrées.

Youssouf Bakayoko (Monsieur Minuit), Philippe Carter III (M. Rambo), Simon marc (M. le Gouverneur) et Young-Jin Choi (M. Certification), acteurs et auteurs de la grave crise qui a endeuillé et détruit la Côte d’ivoire décorés pour service rendu à la nation!


Soro Guillaume (M. le Rebelle fier de l’être) et ses compagnons (la bande des Rapetous) décorés pour service rendu à la nation !


Des Officiers qui n’ont pas respecté le serment de protéger la nation envers et contre tout décorés !


Des hommes d’affaires, appelant à l’incivisme fiscal décorés !


Des hommes de culture, véritables traîtres à leur pays décorés !


Quel héritage laisserons-nous aux générations futures ? Quelle éducation pour nos enfants ?

Sincèrement que veut on à la fin en Côte d’ivoire ? La justice et le droit ? L’amour et la défense de la nation ? Le respect des décisions de la justice ? Le mérite et la compétence ?
Là, je crois sincèrement que nous sommes mal barrés !

Pour moi, s’il y avait un héros à féliciter et à décorer, c’était tout simplement ce jeune homme que nous avons vu à la télé qui a tout bravé et sauvé la vie de deux personnes lors de l’accident tragique. Lui méritait la reconnaissance de la nation. Et son action a été plébiscitée par tous les ivoiriens.

Voilà une décoration qui aurait recueilli tous les suffrages.
Lui au moins a sauvé des vies !

Lui, c’est Fabrice Djédjé, c’est l’un des neuf rescapés de l’accident du bus de la Sotra.
Ce jeune homme a posé un acte de bravoure qui a permis de sauver des vies. Ayant réussi à sauter du bus avant sa chute, il a pu nager pour atteindre l’autre rive. Mais, épris de compassion, il a rebroussé chemin et a pu sauver ainsi la vie de deux femmes. Enorme ! Les personnes témoins de cet acte l’ont salué à sa juste valeur.
Il mérite la reconnaissance de la nation.
En le décorant, la nation lui aurait signifié qu’il est un vrai héros.
Mais ….

La nation par ma voix te rend cet hommage :

A toi Djédjé Fabrice, sache que la nation t’est reconnaissante
.

Que Dieu, le souverain se souvienne de toi
.
Merci pour ta bravoure ! Merci pour ton geste d’amour !
Dans cette tragédie, elle a été une lucarne pour nous et un exemple à imiter.


Salut à toi, héros!


Nina Glez


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LA VISITE D'ALASSANE OUATTARA AUX USA A TOURNE AU CAUCHEMAR


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Le chef de l'état ivoirien, Alassane Ouattara a regagné Abidjan, samedi, après une visite de 72 heures aux États-Unis, à l'invitation du Président américain Barack Obama.

 

La très alassaniste TCI a présenté ce déplacement à la Maison Blanche comme le 2ème du genre pour un chef d'état ivoirien, après celui de feu Houphouët-Boigny. Les supports proches du pouvoir n'ont pas été avares en écrits dithyrambiques, du genre « Côte d'ivoire is back » ou « Ouattara obtient en moins d'un an, ce que Gbagbo a cherché pendant 10 ans ».

Hélas, ce que les thuriféraires de Ouattara présentent comme un succès diplomatique a été en réalité un périple cauchemardesque.

Sur l'agenda de Ouattara, ses épigones ont glosé sur un tête-à-tête avec Obama : il n'en a rien été. Le président américain, englué dans une tempête économique avec les sénateurs républicains, n'avait pas le cœur à cela. Il a reçu les quatre présidents africains, les présidents béninois Boni Yayi, guinéen Alpha Condé, nigérien Mahamadou Issoufou et ivoirien Alassane Ouattara, ensemble, dans une petite pièce de la Maison ovale.

Pis, la rencontre que Ouattara devait avoir avec ses compatriotes vivant aux usa, à Four Season hôtel, Pennsylvania avenue, a tourné court. Face à une foule compacte de manifestants hostiles qui rappelaient bruyamment les exactions et exécutions sommaires dont sont victimes les populations en Côte d'ivoire, Alassane Ouattara a préféré rebrousser chemin, selon une source à Washington D.C.

Idem pour sa visite au sénat. Stoppé net par la virulence des propos du sénateur Jim Inhofe.

C'est dit-on, sur la pointe des pieds que le nouvel homme fort d'Abidjan a quitté le pays de l'oncle Sam, vendredi, à deux heures du matin.

Comme on le voit, la presse proche du pouvoir peut continuer à saouler ses lecteurs, la vérité sur ce voyage est implacable : c'est un camouflet diplomatique. Les États-Unis, qui ont été en première ligne dans la crise postélectorale qui s'est achevée par l'arrivée au pouvoir dans des conditions apocalyptiques de M. Ouattara ne veulent pas se faire complices des dérives totalitaires de son régime.

C'est au quotidien que les organisations des droits de l'homme dénoncent les exactions contre les populations civiles dont le seul tort est de partager des convictions avec Laurent Gbagbo. La dernière déclaration en date est celle d'Amnesty international qui s'insurge contre les exactions de la milice dozo pro-Ouattara qui empêche des milliers de réfugiés de regagner leurs domiciles. Barack Obama a beau souligner que « Cette rencontre est l'occasion de souligner le soutien de l'administration (américaine) à des démocraties en développement, de mettre en valeur nos partenariats avec ces pays, et de discuter de l'élaboration d'institutions démocratiques fortes, du développement économique et d'autres sujets régionaux », il sait à travers les signaux en provenance d'Abidjan que les Forces dites républicaines qu'il a aidées par l'entremise de son peu diplomate ambassadeur Philip Carter III à prendre le pouvoir sont devenues un cauchemar pour les ivoiriens de tout bord.


Tché Bi Tché in le quotidien ivoirien "Le Temps".

 

Source : INFO D'ABIDJAN

mardi, 09 août 2011

AU PAYS DES FAUX-SEMBLANTS, TOUT LE MONDE A SA MEDAILLE DU MERITE!

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Décryptage du discours de Ouattara

 

Je viens de lire le discours d'Alassane Ouattara écrit pour le 7 août. Certains l'ont décrit comme un discours versant dans le religieux, rappelant la manière d'écrire du président Gbagbo.

Ouattara étant la créature de l'Occident et particulièrement de la France, je ne pense pas que Monsieur Sarkozy aurait pu écrire ce discours, ou le faire écrire par son « nègre » en écriture Guéno! Car en France, du fait de la séparation de l'Église et de l'État, un tel discours ne pourrait être tenu par un homme politique, tellement il est proche d'une homélie, d'une homélie  « profonde dans le sens du creux », et non d'un discours politique classique !

Alors que Ouattara semble prendre son avion tous les soirs pour « rentrer » au Sénégal, n'ayant pas confiance en l'hospitalité ivoirienne légendaire, il verse dans le sentimental, à tout bout de paragraphe : « mes chers compatriotes » (deux fois), « chères sœurs, chers frères » (trois fois), voulant évoquer une proximité qui n'existe que dans la « chaleur » du langage, mais complètement absente dans la réalité nue d'un homme qui passe son temps en tournées à l'étranger. En fait il fait plus penser à un orateur qui essaie de plagier un prédicateur charismatique qui aurait été engagé pour réveiller, encourager, dynamiser des fidèles, ses derniers fidèles, qui se font rares, car sans revenir sur le détail des résultats électoraux de novembre, il doit convaincre ou plutôt séduire la moitié des troupes restées loyales à Laurent Gbagbo et regagner les déçus de son propre camp qui semblent légion ! Soit beaucoup de monde !

Le problème, c'est que les ivoiriens n'ont pas besoin de télévangéliste qui leur parlerait de recueillement ,de prière, de repos de l'âme des disparus, de souvenirs des victimes dans le cœur et l'esprit, de la beauté de la réconciliation en citant, un trémolo (plutôt qu'un sanglot) dans la voix « Terre d'espérance » et « Patrie de la vraie fraternité »

Alors que les richesses de la Côte d'ivoire filent à la vitesse grand-V hors du pays, les Ivoiriens ne s'émouvront que très peu en s'entendant  appeler par leur président-préfet : « Vous, la plus grande richesse de notre pays ! ». Dans la bouche d'un autre cela aurait pu faire chaud au cœur, mais dans la bouche de Ouattara, ce n'est malheureusement qu'un triste constat : la seule richesse qui demeure, alors que tout a été bradé et donné à Saint- Nicolas, ce sont les mains et l'ouvrage des ivoiriens qui vont travailler pour un salaire de misère afin que la France et l'Occident puissent continuer de mener leur train de vie habituel !

Alors que tout est à reconstruire, que les exilés ont tout perdu, et que d'autres se sont installés chez eux, dans leurs maisons et leurs plantations, que les Frères Cissé continuent de se livrer au racket, à la violence, au rapt et au viol, que les étudiants n'ont plus d'universités ni de professeurs ni de bourses d'études, que les commerçants ont tout perdu, Ado nous parle « d'héritage des pères fondateurs », "de « souveraineté nationale », de « retour à la démocratie », « d'espérance », de « vraie fraternité », de « valeurs », de « ferme conviction », de « nouvelle espérance », de « jouissance des fruits du travail » (et non du fruit ! )... Grâce aux nouveaux chefs de l'armée « qui veillent nuit et jour à la sécurité des personnes », l'avenir s'annonce radieux pour les ivoiriens !

Et puis le Président Ouattara ayant connu l'exil - certes dans des hôtels particuliers en France -  est à même de comprendre la souffrance des exilés d'aujourd'hui ! Comment se laisser entrainer à la douce complainte de l'ancien exilé qui « ne souhaite à aucun ivoirien de connaitre l'exil », alors que le président Gbagbo et les siens sont justement en exil, exilés par ses soins, et qu'il ne les mentionne même pas lorsqu'il parle de la mise en œuvre de la réconciliation et de la justice !

Après avoir énuméré ceux qui ne sommeillent ni ne dorment, les anges gardiens de Côte d'Ivoire, - les frères Cissé et la nouvelle police et gendarmerie qui n'a pas su rassembler plus de 20 pour cent des corps habillés de Gbagbo -, Ouattara encourage ses concitoyens : « Je veux vous rassurer : n'ayez plus peur. » ! Surprenant de candeur ! Ouattara prêche pour lui-même, il a besoin de se convaincre de ce qu'il professe ! Il a besoin d'évoquer la peur, l'insécurité des autres, pour masquer la sienne et se rassurer, lui qui quitte chaque soir cette Côte d'Ivoire si chère à son cœur ! Ici encore le prédicateur Ouattara ne convainc pas ses ouailles par ses vœux pieux ! L'insécurité, les arrestations arbitraires, le racket, sont toujours d'actualité !

Depuis le 11 avril, date à laquelle Ouattara est sorti du Golf Hôtel par la grande porte, le chemin parcouru, - si l'on s'en tient au seul discours d'indépendance - est une traversée de chantiers, « bientôt, c'est toute la Côte d'Ivoire qui sera en chantier », il n'y a rien de concret, après quatre mois, il formule le souhait « qu'ensemble nous construisions cette nouvelle espérance. » phrase bizarre, on s'adosse à une espérance pour construire sur du dur, du concret ! Encore du profond dans le sens du creux ! C'est l'espérance qui met en mouvement pour bâtir !  Elle doit être là au départ, elle ne s'acquiert pas s'il n'y a pas au départ une base solide de confiance en celui qui nous gouverne !

Ce 7 août 2011 doit être «  le point de départ d'une Côte d'Ivoire nouvelle », les quatre mois écoulés sont certainement encore à verser à l'actif « négatif » du Président Gbagbo ! « Une nouvelle ère s'ouvre à nous. Une ère de croissance et de prospérité. » Après le 11 avril, les ivoiriens ont cru que la nouvelle ère commençait à la date de l'intronisation anticonstitutionnelle, le 21 mai, maintenant ils découvrent que la nouvelle page s'écrit à partir du 7 août 2011 !

« En commémorant l'accession de notre pays à la souveraineté nationale, nous célébrons également le retour de la démocratie en Côte d'Ivoire », Ce n'est ni le prédicateur, ni l'homme politique qui parle, mais l'historien révisionniste, qui n'a pas peur d'évoquer le retour à une vraie démocratie, - bafouée par son prédécesseur ! - alors que le multipartisme existait et que la presse était libre, en toute impunité, de s'en prendre au « boulanger » Gbagbo !

« Bientôt », « vous verrez », « mes promesses », « vous aurez », « les investisseurs ont le regard tourné », « très bientôt », « vous sentirez »... A la fin de son discours, Ouattara se projette dans l'avenir  mais le bilan de presque quatre mois de gouvernance reste théorique : en quatre mois pas le moindre signal de relance, de reprise effective des affaires pour la Côte d'Ivoire.  Le président se contente de parler du secteur tertiaire, improductif par définition : « Le gouvernement est à la tâche. Il travaille à réduire vos souffrances » suivent moultes descriptions : « Je tiens à ce que chaque habitant de notre cher pays puisse vaquer librement et en toute sérénité à ses occupations et jouir des fruits de son travail en toute quiétude. Je tiens à ce que chacun d'entre vous puisse vivre en paix, car sans paix, sans sécurité, il ne peut y avoir ni réconciliation, ni développement solidaire. »

En d'autres termes réconciliation et développement solidaire ne sont pas encore à l'ordre du jour puisque les conditions préalables ne sont pas encore remplies. Je suis surprise par l'emploi de certaines expressions : sans travail et sans salaire, comment peut-on « vaquer à ses occupations ? »

Rien n'est dit sur la relance économique, les salaires impayés des fonctionnaires, les indemnités des chômeurs, les bourses des étudiants, les payes de la main à la main des militaires et assimilés si ce n'est que ce bon Alassane veut que les ivoiriens « jouissent des fruits de leur travail ». Mais en fait, il ne fait que brosser, lustrer le cadre d'une Côte d'Ivoire imaginaire, figée, fantomatique !, La vraie Côte d'Ivoire, exsangue, foulée aux pieds de l'Étranger n'est pas évoquée, Ouattara se contentant de banalités et de mensonges à peine déguisés quand il évoque la liberté de la presse : « Depuis la fin de la crise, la vie reprend progressivement son cours : les activités économiques redémarrent, la vie sociale s'anime à nouveau, la presse fonctionne dans toute sa diversité. »

Et que dire du « développement solidaire », pauvre plagiat du « commerce équitable » associatif, destiné à améliorer concrètement la situation des producteurs des pays en voie de développement, qui permet de payer un peu plus les producteurs, et qui dans la bouche de Ouattara se réduit à de vagues opérations de replâtrage destinées à mieux renforcer les acquis d'un système colonial corrompu. Petite solidarité mais peu de développement, le pétrole, le café et le cacao - pour ne citer qu'eux - n'étant pas manufacturés sur place! Même les bus, un des fleurons de la Côte d'Ivoire, au bénéfice d'un bombardement français en avril dernier, doivent être maintenant importés de France !

L'accent est mis sur l'amélioration du « cadre de vie » et de « l'environnement », du » ramassage des ordures » et l'embellissement de la ville, à coup de bulldozers qui détruisent le dernier peu des plus pauvres !

« Santé gratuite » le plus tôt possible, donc dans un avenir incertain pour l'ivoirien qui a besoin de soins maintenant !

« Nous travaillons à la réhabilitation et à la réouverture de nos universités », en attendant, il n'y a plus rien, si ce n'est des cités universitaires transformées en lupanars et casernes de FRCI. Pourquoi Alassane n'a-t-il pas parlé de la rentrée universitaire d'automne 2011 ?

« Les travaux d'assainissement » - intervention des bulldozers - ont exproprié des ivoiriens, mais qu'est-ce en face du « grave danger que sont les inondations » ? En fait Alassane est un grand humaniste, comme le président Sarkozy en Côte d'ivoire puis en Libye, il intervient pour « sauver des vies humaines » !

La « construction du troisième pont » devient une priorité parce que c'est un grand chantier pour les multinationales françaises, construction bien plus urgente que la reconstruction des logements détruits et la réhabilitation des universités et entreprises sinistrées.

Œuvrons pour « Une Côte d'Ivoire dotée d'un État fort, moderne et impartial, avec des Institutions crédibles ; un État qui respectera l'indépendance de la justice, qui luttera contre l'impunité et fera la promotion du mérite et de la compétence. » Dernier paragraphe de Ouattara, le plus essentiel certainement puisqu'il reprend et mène à son apothéose ce discours ! Un « État fort », soutenu, voire porté par le conseiller militaire français, l'ambassadeur de France  et le 43ème Bima, "des institutions crédibles", - lesquelles ? -, puisqu'il ne peut s'agir du Conseil Constitutionnel, du ministère de la Justice, - dépossédés de leurs attributs...-, médailles du mérite distribuées largement à tous les anti-Gbagbo...

Bref, un État de pacotille, où le discours tient certes la route, mais à la façon de ces bus rescapés dont le délabrement vient de contribuer à endeuiller tous les ivoiriens d'Abidjan


Shlomit Abel

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

OUATTARA PARLE AUX PROMPTEURS ET A EUX SEULS


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Un tantinet tendu pour son premier message à la nation, le Chef de l'Etat a néanmoins retrouvé ses accents d'homme providentiel qui va accomplir tous les miracles attendus par le peuple. Sauf que les faits, eux, ne lui donnent guère raison.


Les ivoiriens ont désormais tout : la démocratie, le retour du pays sur la carte du monde avec des investisseurs prêts à faire leur bonheur, la sécurité, la paix et bientôt la croissance...Et tout ça grâce à lui. Pour sa première grande sortie officielle, à l'occasion de la célébration du cinquante-unième anniversaire d'indépendance de la Côte d'Ivoire, le Chef de l'Etat a peut-être donné le change à ses conseillers en communication qui voulaient certainement le rendre plus communicatif, moins agressif et moins froid. Le résultat est  plutôt mitigé. Car c'est bien aux prompteurs qu'il a pu s'adresser  ce 6 août 2011 et non aux ivoiriens dont les préoccupations ont été pour le moins ignorées, au plus mises en attente.

Ce fut donc un exercice de haute voltige,  mais pour entretenir sans sourciller  un double discours sur des problèmes cruciaux, le Chef de l'Etat n'a pas son pareil. Il en est ainsi de la paix au nom de laquelle Ouattara serait disposé à travailler au retour de tous les exilés. Ils ont leur place dans la construction du pays, dit-il et même le Front populaire ivoirien, l'ennemie juré, y compris la majorité présidentielle ont eu droit à une parade amoureuse en direct sur TCI, au nom de la paix et de la réconciliation nationale. Sauf que le FPI attend depuis des mois qu'Alassane Ouattara reçoive ses mandants qui ont une demande d'audience dans les cahiers de la Présidence et qui, de guerre lasse se sont rabattus sur Henri Konan Bédié qu'ils sont allés voir à Daoukro, il ya quelques semaines, en tant qu'inspirateur théorique de la présidence Ouattara. Comme quoi, ça paraît plus simple sur les écrans de TCI que dans les chambres capitonnées des palais de la République. Le chef de l'Etat garde également sa tactique de l'omerta sur les déportations infligées à ses adversaires, dont la plupart ne sont même  pas encore inculpés, en guise de réponse aux ONG des droits de l'homme qui s'inquiètent encore aujourd'hui des exactions commises par les FRCI. Les villages de petit Akoupé, en pays Akyé, Broudoumé et Nagadoukou dans la région de Gagnoa sont actuellement livrés à ses hommes qui malmènent leurs habitants, incendient leurs maisons et y prennent des otages qui servent par la suite de moyen de rançon. Ce n'est certainement pas à eux que le Chef  de l'Etat s'adresse en affirmant que la sécurité est à nouveau de retour et que les ivoiriens ne doivent plus avoir peur.

Mais Alassane Ouattara évoque aussi, à l'occasion de ce message,  de grands principes comme ceux de la démocratie en indiquant que son avènement à la tête du pays marque le retour de la Côte d'Ivoire dans une ère démocratique. Il ne passe pourtant pas de jour sans qu'il ne défigure le visage institutionnel du pays. L'Assemblée nationale n'a plus droit à son budget  habituel pour assurer son fonctionnement et en violation de la constitution, le président du conseil constitutionnel Paul Yao N'dré vient d'être viré. Pis, Ouattara promet de modifier la constitution alors qu'en vérité, il n'a qu'une initiative en la matière, le peuple étant le seul souverain. Quoi d'étonnant en fait, depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat fait ce qu'il veut. Il arrête qui il veut, fait geler les comptes de qui il veut et promet des sanctions à des prisonniers sur le sort desquels la justice reste étrangement muette.

Les FRCI quant à elles tirent profit de cette tendance du chef de l'Etat à ne pas se conformer à ses charges. Elles continuent de piller et de tuer. Après avoir dénoncé les chasseurs dozos qui sèment la terreur  dans la partie ouest du pays pour mieux protéger le pouvoir de Ouattara, Human Rights Watch s'inquiète de la promotion des principaux chefs de guerre dans l'armée régulière. L' ONG condamne ces promotions et doute de l'engagement du chef de l'Etat à mettre fin à l'impunité. Finalement, seule compte  l'impunité de ses adversaires politiques.

Mais ce sont sur les préoccupations matérielles des ivoiriens que le discours de Ouattara fuit les réalités nationales. Les déguerpissements sont nécessaires, dit-il pour justifier la brutalité de ceux qui sont commis à cette tâche et qui n'ont pas jugé bon de donner des mises en demeure aux concernés. Les ONG locales et internationales, tout comme les Ambassades promptes à bloquer ce type d'opération sous Gbagbo assistent sans broncher à ces actes qui relèvent d'une violation des droits de l'homme. Ouattara, lui, se veut formel : les droits de l'homme c'est lui qui les respecte. Par ailleurs, il est toujours le Dr. Solution qui a promis monts et merveilles aux ivoiriens.  Ceux qui n'ont pas encore de travail seront bientôt comblés. Le gouvernement va réaliser sa promesse en créant des emplois, promet le chef de l'Etat qui, sur ce chapitre, a au moins déjà montré qu'à défaut d'en créer, il  sait procéder à des annulations de concours sur la base qu'ils auraient été organisés par un gouvernement illégitime et  renvoyer des travailleurs ou geler leurs comptes pour avoir continué à occuper leur poste pendant la période postélectorale. A partir de quand  compte-t-il donc créer ces emplois ? Motus et bouche cousue. Sauf pour se fendre, comme à ses habitudes, d'une petite mystification  pour gogo et rassurer ses ouailles avec des peccadilles comme  le retour du Fonds monétaire international en Côte d'Ivoire, il a pourtant toujours été là, celui de la Banque mondiale et de toutes ces institutions que Ouattara considère toujours comme des entités pouvant développer la Côte d'Ivoire.

Tout va donc bien. Malheureusement, le chef de l'Etat est le seul optimiste. Car malgré les effets d'annonce sur des milliards recouvrés ou encore ses invitations au G8 à Deauville en France ou à la Maison blanche, la situation économique du pays est catastrophique. Les salaires, humiliation suprême pour la fierté nationale, sont payés par la France et des forces de l'ordre traînent encore des arriérés de soldes tout comme de nombreux travailleurs ivoiriens. La grogne jusque-là contenue à cause de la présence des FRCI dans les rues risque de sortir de son lit si les provocations du gouvernement continuent. Et rien que pour cela, Ouattara sur TCI, sur une télévision privée utilisant les infrastructures de la télévision nationale, c'était déjà une très mauvaise affiche.


Joseph Titi

 

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COTE D'IVOIRE : A CHACUN SON DISCOURS


Après la confrontation physique, celle des visions ? Quelques heures avant qu'Alassane Ouattara ne lise son discours à la nation, Laurent Gbagbo a martelé ses convictions dans une déclaration envoyée à la presse nationale.


Il va lui pourrir la vie et ce n'est que justice. Vendredi dernier, l'ancien président de la République a fait parvenir à la presse ivoirienne le contenu d'une déclaration intitulée adresse de Laurent Gbagbo à la nation à l'occasion de la fête de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Même si la déclaration est sobrement référencée, il n'empêche qu'elle est attentatoire à la solennité de l'événement et à l'exclusivité dont Ouattara aurait bien aimé se targuer, lui dont les premières assises ont été par ailleurs parasitées par un stupide accident d'autocar qui a recouvert de deuil sa première fête d'indépendance en tant que chef de l'Etat. L'ancien président qui connaît bien les tendances atlantistes de son successeur lui rappelle notamment dans cette déclaration « qu'il est illusoire de croire qu'un peuple peut assurer le bonheur parfait d'un autre peuple ».

Alassane Ouattara est bien souvent mal à l'aise sur ce type de rhétorique, lui qui a été porté au pouvoir par une kyrielle d'organisations internationales, et principalement  par la détermination des soldats français et de l'Onuci. Samedi, le nouveau chef de l'Etat a pourtant essayé de compter, insistant sur des thématiques telles que la démocratie, l'indépendance nationale et la souveraineté considérées par lui comme la « promesse d'une société souveraine, rassemblée dans la paix et dans le respect des Droits de l'homme ». Mais Ouattara est emprunté quand il parle de ces sujets. Car au contraire de Laurent Gbagbo, il croit aux institutions internationales, à la fameuse communauté internationale. C'est d'ailleurs avec leur crédibilité qu'il a essayé de convaincre et calmer les ardeurs des populations qui commencent à être impatientes. « Les investisseurs ont à nouveau le regard tourné vers la Côte d'Ivoire. Les partenaires au développement que sont la Banque Africaine de Développement, notre institution continentale, la Banque Mondiale, le FMI, l'Union Européenne ainsi que d'autres organisations et institutions sont de retour. Très bientôt, vous sentirez les retombées de ces contacts sur votre quotidien », a-t-il dit dans un plaidoyer pro domo.

Laurent Gbagbo, lui,  ironise sur la position de la monture et le foin. « Je reste persuadé, dit-il , que dans le rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là ( le cavalier ) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture). L'ancien président écrit d'une main ferme et parle d'indépendance nationale d'une tonalité différente coulée dans les sillons tracés par de grands combattants de la liberté : Ghandi, en Inde, Martin Luther King aux Etats-Unis dont le combat profite à présent à Barack Obama, le Général de Gaulle en France, Mao Tsé Toung en Chine, Nelson Mandela en Afrique du Sud et Patrice Lumumba au Congo. « Leur mérite est tout à fait grand dans le contexte qui était le leur. Mais nous devons avoir à l'esprit que leur combat serait vain si nous nous arrêtions à admirer seulement leurs acquis », écrit Gbagbo prêt au sacrifice suprême pour la liberté et l'indépendance de son pays. Et même si « chacun est appelé à donner un sens réel au devoir que nous rappellent les symboles de l'Etat et les armoiries de la République » en faisant sien « le combat permanent qui doit mobiliser toutes les énergies des filles et des fils de notre pays », l'ancien président ne se dérobe point. « En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dan laquelle l'on veut absolument maintenir le peuple africain ».

Au plan interne, Laurent Gbagbo  ne veut pas non plus transiger sur le respect de la constitution ; ce qui n'est pas a priori le fort d'Alassane Ouattara. D'ailleurs comme si sa seule volonté suffisait, il a déjà annoncé qu'il modifierait la constitution. « Sur le plan politique, le respect de la constitution, symbole du contrat social qui fonde notre Nation, est une exigence absolue qui ne peut s'accommoder de compromis possibles ». C'est pourquoi Gbagbo dénonce une fois encore les accords de défense avec la France qui est un accord de dupes. « Le respect de nos institutions me paraît être un autre aspect tout aussi important de l'exercice de notre souveraineté. C'est pourquoi nous avons négocié avec les autorités françaises la rupture des accords de défense qui nous liaient avec l'ancienne puissance coloniale. La crise que connaît notre pays nous aura appris que dans ce monde à compétition ouverte du fait de la mondialisation, les conflits d'intérêts peuvent naître entre les nations même les plus amies. Dans ces conditions, il vaut mieux se donner une marge de manœuvre dans l'exercice de son droit de défense ». Avec ça, il n'est pas sûr que le discours de Ouattara  ait eu  l'effet escompté après le cours d'indépendance du Professeur Laurent Gbagbo.

 

Joseph Titi


Source: Le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 35 du mardi 9 août 2011.

dimanche, 07 août 2011

LE PRESIDENT GBAGBO S'ADRESSE AUX IVOIRIENS A L'OCCASION DE LA FETE NATIONALE


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Ivoiriens, Ivoiriennes, peuples de CÔTE D’IVOIRE, très chers compatriotes, très chers habitants de la CÔTE D’IVOIRE.

 

Je voudrais, en ce jour solennel qui marque le 51ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays, me joindre à chacun de vous pour rendre d’abord gloire à Dieu, notre Maître qui continue de manifester sa fidélité à notre pays, malgré les tribulations de ces derniers moments.

Ensuite, chaque anniversaire étant une occasion à la fois de faire le bilan et de dégager les perspectives, je voudrais me permettre de partager avec vous quelques réflexions sur le sens profond de la journée de ce 7 août.

Cette réflexion est un exercice de prospection de nous-mêmes qui s’impose à chaque citoyen de ce pays, mais surtout aux dirigeants, et aux responsables politiques et administratifs qui ont la charge de conduire le destin de notre nation, surtout dans le contexte actuel de grands traumatismes causés à notre peuple, qui n’aspire qu’à vivre sa souveraineté en tant qu’acteur et sujet de l’humanité, et non pas comme simple objet ou simple spectateur de la construction de sa propre histoire.

L’Indépendance est une notion forte, qui renvoie à un mouvement de rupture. La rupture ici ne s’entend point d’un isolement ou d’un repli sur soi, position idéale des faibles, mais elle correspond plutôt à une métamorphose de la conscience, qui fait passer celui qui s’en prévaut, de la servitude à sa pleine responsabilisation dans le processus de construction de l’humanité.

Je continue de croire que notre monde tire sa liberté et son dynamisme de la liberté de chacune de ses composantes. Cette conviction est restée la boussole de toute mon action politique, elle ne m’a jamais quitté. C’est pourquoi, dans mes fonctions de Chef d’Etat et de Président de la République, je me suis efforcé malgré l’adversité, de donner corps à cette notion qui semblait devenir évasive et insaisissable pour nos compatriotes.

Je mesure mieux de ma position, les grandes souffrances, mais en même temps le grand mérite de tous ces hommes qui, à travers l’Histoire, ont combattu pour la Liberté et l’Indépendance de leur peuple. Je pense notamment à Martin LUTHER KING, dont l’engagement politique jusqu’à la mort a permis, plus de quarante ans après, l’élection de Barack OBAMA comme Président des ETATS-UNIS d’Amérique; à GHANDI, dont l’ œuvre continue de nourrir l’âme de la grande INDE; au Général de GAULLE qui a refusé la fatalité de la défaite pour restaurer la grandeur perdue de la France; à Mao TSE TOUNG, qui a rompu les liens de la servitude au prix d’énormes sacrifices pour donner à la CHINE sa gloire d’aujourd’hui.

Je loue le courage de MANDELA, de Kwame NKRUMAH, de Patrice LUMUMBA et de tous les autres dignes combattants de l’Afrique, qui sont des exemples de don de soi pour la liberté et la fierté du peuple africain. Je salue plus particulièrement la mémoire de nos illustres pères qui ont combattu pour dessiner les contours de ce que nous appelons Indépendance. Leur mérite est tout à fait grand dans le contexte qui était le leur.

Mais nous devons avoir à l’esprit que leur combat serait vain si nous nous arrêtions à admirer seulement leurs acquis. Les symboles de l’Etat et les armoiries de la République nous rappellent chaque jour notre devoir et notre responsabilité devant notre propre destin. Chacun est appelé à leur donner un sens réel. C’est le combat permanent qui doit mobiliser toutes les énergies des filles et fils de notre pays.

En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l’on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans le rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture).

Dans un monde de compétition, il est illusoire de croire qu’un peuple peut assurer le bonheur parfait d’un autre peuple; l’Histoire ne donne aucun exemple de ce type. C’est pourquoi, dès ma prise de fonction en tant que Chef d’Etat, j’ai inscrit mes engagements politiques, économiques et sociaux, dans le sens de l’affirmation de notre souveraineté, qui constitue à mes yeux le préalable à tout épanouissement.

Sur le plan politique, le respect de la Constitution, symbole du contrat social qui fonde notre Nation, est une exigence absolue qui ne peut s’accommoder de compromis possibles. Je reste persuadé que si nous tous, nous avions donné à notre Constitution le caractère sacré qui est le sien, la crise ivoirienne aurait connu un meilleur dénouement dans de plus brefs délais. La Constitution reste le gage de notre souveraineté nationale. Elle mérite une mobilisation sans faille autour d’elle.

Je voudrais à ce niveau de mes propos, rendre hommage à tous nos valeureux combattants de la liberté, dont certains ont perdu la vie pour la défense de notre Constitution. Je pense particulièrement à nos braves soldats des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), toutes unités confondues.

Depuis 2002, ils se sont opposés avec héroïsme, dans des conditions souvent très difficiles, à la vassalisation de notre peuple. À chaque fois qu’ils étaient proches de l’emporter, ils en ont été empêchés par la FRANCE. Ça a été le cas en novembre 2004 et en mars 2011, lorsqu’au prix de mille sacrifices, les FDS avaient pris le dessus sur l’ennemi dans la bataille décisive de la ville d’Abidjan. Elles n’ont donc pas perdu la guerre contre l’ennemi officiellement déclaré. Je leur réitère ma grande fierté et je leur demande donc de ne point cultiver un quelconque complexe d’une armée vaincue.

Je joins à ces hommages tous ces milliers de jeunes, de femmes et d’hommes, martyrs de notre jeune Histoire, qui au prix de leur vie, ont su matérialiser notre volonté d’assumer notre destin commun en tant que peuple libre, car souverain.

Je loue le courage et la bravoure du Premier Ministre, le Professeur Aké Gilbert-Marie N’GBO, Professeur émérite d’économie, par ailleurs Président de l’Université d’Abidjan-Cocody, et de l’ensemble des membres de son Gouvernement qui sont soit en prison, soit en exil, pour avoir choisi le camp de la liberté et de la dignité africaine.

J’associe à ces hommages également tous ces grands fonctionnaires de l’Etat qui ont tout perdu et qui vivent dans le dénuement total pour n’avoir rempli que leurs devoirs. Je garde une profonde pensée pour tous ces anonymes exilés, emprisonnés ou vivant dans la peur à cause de leur foi en la grandeur de notre pays et de l’Afrique. L’Histoire leur restituera leur gloire.

Je remercie également ces innombrables Africains vivant en Afrique et ailleurs qui portent chaque jour notre combat qui est surtout le leur, partout où le besoin se fait sentir. Je les rassure de toute mon amitié. Enfin, à tous ceux des autres peuples qui croient au destin de notre continent et qui se sont engagés à nos côtés, je leur témoigne ma profonde gratitude.

Je demande la libération de tous les prisonniers politiques, car il m’appartient à moi, et à moi seul, de rendre compte au peuple souverain de CÔTE D’IVOIRE du mandat qu’il a bien voulu me confier depuis octobre 2000.

Toujours sur le plan politique, le respect de nos Institutions me paraît être un autre aspect tout aussi important de l’exercice de notre souveraineté. C’est pourquoi nous avons négocié avec les Autorités françaises la rupture des Accords de défense qui nous liaient à l’ancienne puissance coloniale. La crise que connaît notre pays nous aura appris que dans ce monde à compétition ouverte du fait de la mondialisation, les conflits d’intérêts peuvent naître entre les nations, même les plus amies. Dans ces conditions, il vaut mieux se donner une marge de manœuvre dans l’exercice de son droit de défense.

Or, ces Accords de défense, dans leur rédaction ancienne, confiaient la défense de notre souveraineté nationale de façon exclusive et entière à une puissance étrangère. Ils limitaient notre liberté d’action. Dans la même logique, la fermeture de la base militaire française du 43ème BIMA est une exigence en adéquation avec la profonde aspiration de notre peuple. L’intervention militaire française violente dans la crise électorale ivoirienne me conforte dans mes choix. Le massacre de nos compatriotes, civils pour la plupart, et surtout jeunes, par l’armée française, nous amène à nous interroger sur le sens de l’Indépendance de notre peuple.

En l’espace de six ans (2004-2011), l’armée française a tiré et tué des citoyens ivoiriens qui ne revendiquaient rien d’autre que leur droit à la liberté. C’est le plus grand traumatisme de ma vie. Mais en même temps, ces deux massacres affermissent ma conviction que le combat pour la souveraineté demeure une question existentielle pour notre peuple. Je ne me lasserai jamais de le mener. Pour cette cause, aucune humiliation ne sera de trop pour moi. J’entends mener ce combat en faisant corps avec mon peuple, avec le concours de tous les combattants de la liberté du monde entier sur la terre de nos ancêtres.

Sur le plan économique, j’ai inscrit mon action dans la logique de l’affirmation de notre souveraineté. En effet, de 2001 à 2011, la CÔTE D’IVOIRE a vécu sur fonds propres en dépit de la division du territoire en deux. Nous avons pu assurer toutes nos obligations en tant qu’Etat à l’intérieur, et tous nos engagements à l’extérieur. Dans la même logique, malgré les difficultés dans la mise en œuvre de la réforme du secteur café-cacao, le transfert de sa gestion aux paysans témoigne également de notre volonté d’affranchir les bases de notre économie de toute aliénation.

Les notions de budget sécurisé et autres, loin d’être de simples diversions thématiques, traduisent ma pensée profonde selon laquelle nous devons compter d’abord sur nous-mêmes pour assurer notre développement. Et la CÔTE D’IVOIRE en a les moyens. Je rappelle que pour le seul exercice budgétaire 2010, malgré une fin d’année tumultueuse, les services des Impôts, des Douanes et du Trésor ont mobilisé plus de 2 200 milliards de nos francs.

Qu’il me soit permis de saluer ici, tous les fonctionnaires et agents de l’Etat de ces grandes administrations qui ont su traduire dans les faits dix ans durant notre volonté de souveraineté. Pour l’année 2011, ces services s’étaient engagés à mobiliser près de 2500 milliards de francs CFA. Malheureusement, le poids de la dette, notamment extérieure, limite la portée de nos performances. L’impact social n’a pas été la hauteur de cette performance du fait du poids de la dette.

C’est pourquoi, dès ma prise de fonction, j’ai élevé cette question au rang de priorité nationale. Le poids de la dette nous rend servile. Notre Indépendance passe aussi par notre affranchissement des chaînes de cette dette. C’est à juste raison que malgré les difficultés de tous ordres, nous avons continué de la rembourser.

Le point de décision de l’Initiative PPTE atteint en 2009, malgré la situation de crise, traduit la reconnaissance de nos efforts par la Communauté financière internationale. Nous devons tous avoir à l’esprit qu’aucun pays ne peut se développer avec l’effort exclusif des contribuables d’un autre pays. De même, un pays qui combat dans un autre pays, combat d’abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peuple. C’est à la fois utopique et dangereux de croire et de soutenir le contraire. La CÔTE D’IVOIRE a les moyens de vivre sans endettement excessif, pourvu qu’elle ait la pleine et libre administration de ses richesses. Je reste convaincu que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes victimes des attaques que nous subissons.

Sur le plan social, notre détermination à préserver la souveraineté de notre peuple, a fait naître en chacun de nos concitoyens l’énergie nécessaire qui mobilise autour de la Nation. Malgré les anathèmes jetés sur notre jeunesse en galvaudant les grandes valeurs du patriotisme qu’elle incarne, nous avons enregistré des progrès sérieux sur la prise de conscience de notre destin commun. De ce point de vue, notre pays est devenu porteur d’une nouvelle espérance pour toute l’Afrique combattante. Toutes les grandes nations se nourrissent de leur patriotisme. La CÔTE D’IVOIRE qui ambitionne de devenir une grande nation ne peut rougir du sien.

Mes chers compatriotes, de mon lieu de détention, je continue de garder la foi en notre combat. Comme dans tous les combats, il y a des batailles perdues. Mais l’essentiel reste la finalité qui correspond à l’objectif du départ. Qu’une bataille perdue, ne nous détourne pas de notre objectif final qui est l’affirmation de notre existence en tant que communauté de destins libre et souveraine.

L’Indépendance que nous célébrons aujourd’hui exige de nous d’énormes sacrifices. Sur l’humus des corps de combattants tombés pour la liberté, germent toujours les grains de l’espérance des générations à venir. C’est la chaîne de solidarité des générations qui se perpétue jusqu’à la fin des temps. La génération qui se dérobe à ses devoirs de solidarité reste définitivement débitrice de celles qui la suivent, pour ne pas dire de l’humanité toute entière.

Les grandes puissances qui nous en imposent aujourd’hui sont passées par ces épreuves. Leurs générations actuelles jouissent des dividendes de luttes menées par leurs ancêtres. C’est une vieille loi de la nature à laquelle nous devons nous soumettre pour acquérir au bout du compte, notre pleine souveraineté. Demeurons toujours mobilisés et confiants. Car, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique.

Je n’ai jamais cessé de croire que le problème ivoirien doit se régler entre nous, Ivoiriens, avec l’appui sage de l’Afrique. Je continue de m’interroger donc, sur les motivations qui ont gouverné l’action des Autorités françaises, dans un conflit qui était en traitement au niveau africain. J’observe que la crise ivoirienne s’est fortement enlisée chaque fois que le Gouvernement français s’y est impliqué au-delà du raisonnable.

C’est pourquoi j’en appelle au débat politique inter-ivoirien sous l’égide des Africains. L’Afrique a toutes les compétences pour gérer ses propres contradictions. Elle doit s’assumer pleinement si elle veut cesser d’être le théâtre des expériences les plus inimaginables qui méprisent ses propres valeurs. C’est seulement à ce prix que nul n’osera encore contester sa contribution pourtant évidente, à la construction de l’Histoire de notre humanité.

Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse la CÔTE D’IVOIRE.

Bonne fête de l’Indépendance à toutes et à tous !


Laurent GBAGBO

LE DESESPOIR DES PRO-ADO

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Alassane Ouattara lors de la campagne présidentielle 2010.

ADO pissanci a magni deh ! pissanci ! ADO pissanci a magni deh ! Pissanci ! ADO pissanci a magni deh ! Pissanci ! (Traduire la puissance de ADO est redoutable !)

Ce refrain a rythmé la campagne du candidat ADO. Ces aficionados n'ont cesse de le proclamer à qui veut l'entendre. Comme beaucoup de viande ne gâche pas la sauce, plusieurs qualificatifs lui sont attribués à souhait : Bravetchê, compétent, travailleur, généreux, etc.


Certains amis miens nous serinaient à longueur de journée que ADO est le messie attendu par la CI. La preuve ? Carnet d'adresses impressionnant, très bonne relation avec les grands et décideurs de ce monde ! Pluie de milliards à sa disposition ! Développement de la CI en un temps record ! Rayonnement à nulle autre pareille de la CI! Réunification du pays ! Fin des exactions, des pillages, tueries ! enfin une justice équitable !! Fini la xénophobie, fini les tracasseries routières ! En gros, les ivoiriens pourront vivre au paradis sans débourser un sou !


Bref devant ce déluge de qualificatifs et dispositions particulières de ADO répétés à l'envi par ses partisans, la sagesse humaine nous enseigne que c'est seulement au pied du mur que l'on reconnait le bon maçon.


Trois mois après son installation par la mafia internationale, la France et l'Onu en tête, l'unique président certifié ONU au monde, ADO, doit faire face à la réalité de la gestion des choses publiques.


Face aux décisions de leur président, les ADOrateurs déchantent de jour en jour : le refrain tant proclamé fait place à une grogne généralisée de ses partisans. Ses partisans ne comprennent plus rien. Il s'est annoncé comme un sauveur, il se présente désormais comme un bourreau ; il s'est annoncé comme le messie du changement, il se présente comme un dictateur, bref le paradis annoncé se transforme en cauchemar !

« Qu'avons-nous fait à ADO ? » ; « Nous avons voté pour lui, pourquoi nous traite-t-il ainsi » ; « Dans cette situation difficile, comment peut-il nous enlever le pain de la bouche » ; « Comment allons-nous nous occuper de nos familles ? » ; « Les FRCI nous briment ». Tels sont les griefs à l'encontre du nouveau maître du pays.

Les raisons de ce désamour ? :

- Les bulldozers ont entamé depuis 2 semaines la destruction de tous les commerces et maisons : ADO pissanci a magni deh !!

- Les paysans dans leur grande majorité ne savent plus à quel saint se vouer : ils sont soumis aux diktats des FRCI qui leur font payer des taxes imaginaires : ADO pissanci a magni deh !

- Malgré les discours officiels, on n'a toujours pas abouti à l'unicité des caisses. Au contraire, les rebelles - ont élargi leur système de prédation à toutes les régions. Alors que l'on espérait maintenant avec l'installation du nouveau pouvoir la réunification du pays et de son économie. ADO pissanci a magni deh !

- Les populations sont rançonnées sous peine d'être arrêtées, les FRCI leur extorquent de l'argent régulièrement. Les populations vivent encore dans un effroi sans nom : ADO pissanci a magni deh !

- Pas un seul jour sans un coup d'état (imaginaire) déjoué. Le régime s'est installé dans une paranoïa et est atteint de « complotite ». Bonjour les arrestations arbitraires et les inculpations fantaisistes : ADO pissanci a magni deh !

- Les forces régulières désarmées au profit de bandes armées incontrôlables : ADO pissanci a magni deh !

- Les FRCI, armée républicaine par compétence, sont pointés du doigt par les populations : abus de pouvoir, substitution au juge ; jugement arbitraires, vols : ADO pissanci a magni deh!

- Du côté des transporteurs, soutien incontestable de ADO, le racket et les exactions battent leur plein. : Prélèvement des taxes aux véhicules de transport, pourboire obligatoire aux barrages, les bavures autrefois décriées par ces derniers passent désormais sous silence ! leur voix est inaudible eux si prompts à enclencher des mouvements de grève ! ADO pissanci a magni deh !

- Les prix des denrées alimentaires augmentent chaque jour : sac de riz prix gbagbo 17500 Fcfa, prix ADO 21500 FCFA ou 25000Fcfa d'un commerçant à un autre. ADO pissanci a magni deh !

Toute cette ambiance n'augure rien de bon pour la CI.

Pour terminer, juste cette phrase d'une amie : ''La CI est en deuil depuis 2002, et le 11 avril, nous avons commencé nos funérailles et pleurons tous les jours notre président. Sincèrement on ne peut pas gérer deuil de quelqu'un d'autre ! : Maintenant s'ils veulent nous rejoindre dans nos funérailles, ils sont les bienvenus''.

Les pro-ADO commencent à regretter amèrement d'avoir cru aux promesses du bravetchê. Ils ont vite fait de déchanter tant l'espoir a fait place à la désillusion. Ils crient leur colère et leur profonde déception.


Le maçon GBAGBO serait-t-il meilleur que le maçon ADO ? Il n'y a qu'un pas que de nombreux ADOrateurs ont franchi allégrement, ces derniers temps.

En effet, certains pro-ADO ont même composé un refrain qui semble gagner le pays petit à petit. "ADO pissanci a magni deh!" sera-t-il remplacé par "Gbagbo kafissa" ou "Gbagbo kagni" (Gbagbo est mieux ou meilleur ou Gbagbo est généreux) ?

Le Temps n'est-il pas l'autre Nom du Dieu Tout-puissant ? "Let's wait and see", disent les anglais !


Nina GLEZ, une patriote.

vendredi, 05 août 2011

APRES LE RETOUR DE KONAN BONIFACE, ALLER PLUS LOIN DANS LE PROCESSUS DE RECONCILIATION

 

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Nous commençons notre intervention de ce jour avec un récit qui figurerait volontiers et valablement au chapitre des faits divers, c'est-à-dire des faits banals et isolés de la vie quotidienne, s'il n'avait pour point de mire le comportement ubuesque d'un élément des FRCI.

Nous effectuions un voyage à l'intérieur du pays pour des raisons, somme toute, assez personnels, ce samedi 30 juillet 2011, quand notre mini car Massa de marque Mercédès a dû obtempérer au coup de sifflet des forces de l'ordre, aux environs de 13 heures, au corridor de Yamoussoukro Zatta. Après les contrôles de routine, nous avions amorcé notre départ des lieux, quand un autre coup de sifflet a retenti : contrôle des agents des eaux et forêts. Le conducteur stationne et le véhicule est passé au crible. Rien à signaler à part un grand bidon jaune de 20 litres, rempli d'huile de palme rouge, dont le propriétaire est introuvable. En tout cas, absent du mini car. Le conducteur est lui-même surpris qu'un tel bidon soit dans son véhicule sans qu'il en ait été informé. Le soldat FRCI armé d'une kalachnikov et couvrant le contrôle de l'agent des eaux et forêts effectuant le contrôle exige donc que ledit bidon soit descendu et mis sous consigne. Notre conducteur s'y refuse dans un premier temps, estimant qu'il est de son devoir de répondre de tout colis chargé dans son engin, en l'absence de tout propriétaire.

Mais notre soldat FRCI se faisant menaçant, le fameux bidon est descendu. Des pourparlers s'engagent donc. Il est demandé à notre conducteur de verser une certaine somme, un passe-droit, afin de récupérer son bidon. Il y oppose une fin de non recevoir. Après de longues discussions et un coup de fil à sa gare pour informer ses supérieurs qu'il abandonne un colis chargé à son insu dans le mini car, quitte au vrai propriétaire de venir en effectuer le retrait auprès des agents du corridor, il s'engouffre dans sa cabine et démarre. Nous avons tout juste le temps d'entendre le premier vrombissement du mini car quand une détonation assourdissante se fait entendre dans notre dos. Le soldat FRCI venait d'ouvrir le feu. Branle-bas général au corridor, scène de terreur et cris d'épouvante dans le mini car, des femmes dioulas en pleurs dans leur langue, deux blessés qui se tiennent la tête en sang. Le conducteur freine des quatre fers. Nous descendons tous de l'engin dans le plus grand désordre.

Que s'est-il passé ? Le soldat FRCI n'ayant pas reçu son passe-droit a tiré une balle de kalachnikov dans le bitume, qui en a arraché le gravier, a ricoché sur la carrosserie du véhicule côté pneu arrière droit et les éclats ont blessé notre « apprenti », ainsi que celui d'un autre mini car Massa stationné à quelques mètres. Nous avons ainsi été immobilisés pendant près d'une heure pour décanter cette situation totalement irréelle. Pendant que les chefs de poste FRCI du corridor appelaient leur hiérarchie à Yamoussoukro pour régler ce grave incident et faire admettre les deux blessés au CHR de la capitale, des gendarmes, ex-FDS non armés, faisaient des remarques au soldat indélicat. Les passagers ne s'en privaient pas non plus. Particulièrement deux femmes malinké qui criaient toute leur colère et leur profonde déception.

L'un des gendarmes lui a fait comprendre qu'un tir de sommation se faisait en l'air et non dans le sol et qu'il aurait pu faire des morts. Il n'en fallait pas plus pour faire « péter les plombs » à notre pistolero : « Je n'aime pas ça ! Méfie-toi, hein ! C'est parce qu'on ne veut pas parler c'est ça, sinon si on veut voir-là, nous on vous a gagné (sic !), c'est pour ça qu'on est là. Si on veut même là, on peut vous chasser d'ici ! ». Il reprend sa kalachnikov, qu'il avait entre temps adossé à un pan de mur du poste, et l'arme bruyamment. Débandade générale au corridor avant un retour précaire au calme. Tout le monde a craint un nouveau tir. Les ex-FDS présents sur les lieux, douaniers, policiers, eaux et forêts et gendarmes, n'en croient pas leurs yeux. Aucun d'eux, du reste, n'a la moindre arme. Dans cette nouvelle Côte d'Ivoire. A part, bien sûr, ces ex-rebelles. Le soldat FRCI quitte les lieux pendant une bonne quinzaine de minutes, à moto, tout en colère, imbu qu'il est de sa personne, et revient juste à temps pour voir arriver sa hiérarchie dans une Mercédès berline et un pick-up, sans immatriculation, badigeonnés de peinture noire avec une inscription d'un jaune éclatant : « FRCI ». Sur ces faits, n'en pouvant plus d'attendre et plus qu'écoeuré, nous empruntons un autre car pour poursuivre notre voyage.

Cette fin est plutôt heureuse quand on sait que ce corridor, comme tous les autres d'ailleurs en Côte d'Ivoire, grouillent de vendeurs de toutes sortes et surtout de petites vendeuses d'arachides, de maïs bouillis, de bananes braisés, d'eau en sachet, de tomates, etc. Il aurait pu y avoir mort d'homme. Et le drame serait resté sans suite, dans cette impunité générale dont jouissent les FRCI. Il faudrait beaucoup de contorsions et un véritable nettoyage au karcher à la Côte d'Ivoire pour retrouver une armée digne de ce nom.

Ce récit rocambolesque, pour souligner à quel point notre armée a rétrogradé dans l'estime de sa population et donne, aujourd'hui, l'image d'une bande d'incontrôlés et d'incultes. Devant autant d'incurie, vous comprendrez notre joie que les vrais professionnels soient de retour (à tout le moins, une partie). En effet, c'est avec un plaisir réel que nous avons vu revenir d'exil nos dignes soldats à travers les personnes du Colonel-major Konan Boniface, l'Enseigne de Vaisseau Honoré Zohin, le Lieutenant Delafosse Oulaï et le Lieutenant Sama Emmanuel, le frère cadet de l'ancien ministre de Robert Guéi. Nous saluons à juste titre le retour de ces hommes connus pour leur professionnalisme et leur bravoure ainsi que le beau coup de la délégation abidjanaise partie les rencontrer et négocier avec eux au Ghana, avec à sa tête le ministre Adama Bictogo de l'Intégration Africaine et le Ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi. De tels officiers peuvent valablement contribuer à rehausser l'image et la réputation de notre armée, assez mal en point, il faut l'avouer, avec des faits comme ceux que nous avons vécus à Yamoussoukro, et qui sont loin, bien loin d'être des actes isolés. Et surtout, les voir revenir au bercail a une vertu fortement apaisante pour le microcosme ivoirien.

Nos soldats ne sont pas rentrés sans un minimum d'assurance à eux donnée par les émissaires d'Alassane Ouattara, à savoir : la prise en charge de leur sécurité, la libération du général Dogbo Blé et de tous les autres militaires incarcérés, la garantie de ne subir aucune intimidation ni tracasserie du commissaire du gouvernement, Ange Bernard Kessy, et de ne faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire, estimant ne rien avoir à se reprocher et n'avoir fait que leur travail républicain : celui de défendre la patrie attaquée et l'institution présidentielle, alors reconnue par le Conseil Constitutionnel, en péril. Des promesses leur ont été faites à ce propos qui restent, néanmoins, à négocier point par point avec le pouvoir en place.

Libérer les militaires aux arrêts est la condition sine qua non du retour des autres soldats en exil et de la paix en Côte d'Ivoire ; elle devrait pouvoir entraîner une conséquence logique : la libération des prisonniers civils n'ayant pas de responsabilité politique (comme Hermann Aboa et bien d'autres) et même - pourquoi pas, si on veut vraiment aller à la réconciliation - de tous les prisonniers, y compris du Président Laurent Gbagbo et de son épouse. Oui, il nous faut aller plus loin dans le processus de réconciliation nationale et dans notre volonté de faire la paix. Celle des braves.

Mais des appréhensions légitimes demeurent : nous avons, avec effarement, entendu le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara accuser le journaliste co-animateur de l'émission « Raison d'Etat », Hermann Aboa, devant la presse américaine - à peine foulait-il le sol étasunien -, d'avoir reçu de l'argent du Président Gbagbo, avoir acheté des armes et les avoir distribués à des miliciens. Ce qui justifierait sa mise sous mandat de dépôt. Comment se fait-il alors que des faits aussi graves n'aient pas fait l'objet, à titre principal, des charges retenues contre ce jeune journaliste et que ce soit après coup que l'opinion mondiale et ivoirienne ait eu connaissance de ces chefs d'inculpation ? Une énigme qu'il faudrait éclaircir au plus vite. Il y va de la crédibilité même du Chef de l'état ivoirien. Qui devrait éviter de descendre dans la fange et se garder de constituer une entrave à la justice, en empêchant la vérité des faits d'éclore, permettant ainsi à la justice des vainqueurs de prospérer et de s'enraciner en Côte d'Ivoire.

Notre perplexité voire nos inquiétudes relatives à la fiabilité des promesses du pouvoir à aller à la réconciliation résident dans les propos surréalistes tenus par un « super-président » et un chef d'Etat tout-puissant comme Alassane Ouattara contre un civil aussi inoffensif qu'Hermann Aboa. Cette disposition de Monsieur Ouattara à régler ses comptes de façon aussi expéditive peut-elle nous mettre à l'abri d'un coup de théâtre historique relativement au sort des officiers supérieurs fraîchement rentrés d'exil et nous garantir une sortie honorable de crise ? La Côte d'Ivoire ne joue-t-elle pas là un véritable poker menteur ? Pour l'heure, attendons de voir ce qu'enfantera toute la cour faite aux soldats ivoiriens en exil. L'avenir proche nous situera, définitivement.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 285 du jeudi 4 août 2011.

jeudi, 04 août 2011

A CONTRE-COURANT DE L'HISTOIRE

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Si l’on en croit les idéologues officiels du régime Ouattara, la Côte d’Ivoire devrait se réjouir comme un seul homme. Et pour cause: notre bien-aimé Chef d’Etat est allé aux Etats-Unis où il a rencontré – accompagné de trois autres de ses pairs francophones, avec qui il était convié au sommet du G8 – Barack Obama. Dans le bureau ovale! Des “pluies de milliards”viendront donc du pays de l’oncle Sam. Elles nous sauveront de nos propres turpitudes, notamment de la faillite programmée de notre économie, elle-même liée à neuf ans de guerre sauvage pour le pouvoir et à la destruction systématique de l’outil de production national par qui nous savons.

 

Sauf que… il y a un hic ! Le président de la première puissance mondiale a reçu ses homologues africains alors qu’il était tourmenté lui-même par une question qui angoisse toutes les places du marché du monde développé. Celui du “plafond de la dette” américaine. Les parlementaires américains s’étripent autour de cette thématique. Les Démocrates veulent que le montant maximum de l’endettement américain, déjà relevé huit fois en dix ans, remonte encore. Ce n’est en effet qu’en “prenant crédit” que l’Etat central peut payer ses différentes charges. Les Républicains, adversaires d’Obama, exigent qu’en contrepartie, des économies substantielles soient faites – que certaines dépenses, notamment sociales, soient annulées. Cette polémique – qui se règlera sans doute dans les heures qui viennent – témoigne en tout cas de l’état économique des Etats-Unis. Elle montre la première puissance mondiale telle qu’elle est. Une nation financièrement essoufflée, tenue en laisse par ses créanciers – notamment les très économes Chinois, premiers détenteurs des bons du Trésor américain.

En gros, ceux qui nous prêtent de l’argent en empruntent eux-mêmes massivement auprès de pays plus liquides. Nos “sauveurs” cherchent eux aussi à être sauvés. L’Occident est en crise. Et si les Européens ont tout mis dans la balance pour que la Française Christine Lagarde succède à Dominique Strauss-Kahn, c’est parce qu’ils espèrent que l’institution sera plus compréhensive envers ceux d’entre eux qui “mériteraient” un programme d’ajustement structurel aussi violent que ceux auxquels l’Afrique a été soumise. La Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne… et demain l’Italie ou la France?

Sur le “vieux continent”, l’effet contagieux de la “misère du monde” va du Sud vers le Nord. Avec d’autres indices, il témoigne d’un changement des équilibres économiques mondiaux. Au détriment de l’Occident. Au profit des pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et dans une moindre mesure la Russie et l’Afrique du Sud. Les Ivoiriens, aveuglés par leurs querelles autochtones, ne peuvent pas ne pas voir ce mouvement de fonds mondial. En réalité, la guerre que nous avons vécue et la reprise en main brutale qui va jusqu’à l’installation à la Présidence d’un conseiller économique français chargé officieusement d’orienter au “bon endroit” un peu de “gras”, témoigne de la tentation occidentale d’instrumentaliser la seule supériorité intangible qui lui reste – la supériorité militaire – pour se faire “respecter” dans la jungle des échanges économiques internationaux. Et pour garder quelques marchés captifs. L’invasion de la très lucrative Libye, sous le faux nez d’un Conseil National de la Transition (CNT) fantoche, relève de la même logique implacable.

Le temps d’Houphouët-Boigny ne reviendra donc jamais. La Françafrique traditionnelle a prospéré pendant l’époque des “trente Glorieuses”. Elle était une relation de sujétion stratégique entre un pays riche ayant encore les moyens de sa politique et un “dominion” sous-peuplé et doté de richesses encore inexploitées. Aujourd’hui, nous avons en face de nous les responsables politiques de nations déclassées qui doivent résoudre leurs problèmes chroniques de dette et de compétitivité, et qui veulent se rassurer en faisant des “coups” vite rentabilisés. Or, pour créer les conditions d’une croissance qui peut relever le défi de notre poussée démographique, il nous faut autre chose que des “grands-frères” voulant nous recoloniser pour s’en sortir eux-mêmes.

La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, qui assume jusqu’à la caricature sa sujétion à la “communauté internationale” occidentale, va clairement à contre-courant de l’Histoire. L’Afrique doit aujourd’hui relever le défi de la stabilité de ses Etats – ceux qui nous dirigent actuellement n’ont cessé de déstabiliser l’Etat quand ils étaient dans l’opposition et s’appuient aujourd’hui sur leur statut de “chouchous” de l’Occident pour refuser de faire les gestes qui renforceront la cohésion nationale. Donc, forcément, la solidité des institutions.

L’Afrique, convoitée pour ses richesses, doit se battre pour sa souveraineté, seule gage de multipartenariats fructueux pour elle. Parce qu’il bénéficie pour l’instant du soutien de la France, Alassane Ouattara réclame le maintien du 43ème BIMA jusqu’à prétendre, devant des journalistes français, que l’Algérie – où l’Occident mène la guerre contre les Islamistes – est à nos portes. Les choses sont pourtant claires. A ce moment précis de l’évolution de l’histoire, un dirigeant africain ne peut à la fois enrichir son peuple et complaire à l’Occident. Il faut choisir. Alassane Ouattara a choisi, et son choix est connu de tous. Nous lui souhaitons bien du courage.


Théophile Kouamouo


Source: Le blog de Théophile Kouamouo