topblog Ivoire blogs

mardi, 12 juillet 2011

DECLARATION DE MAMADOU KOULIBALY - DEMISSION DU FPI ET CREATION DE LIDER (LIBERTE ET DEMOCRATIE POUR LA REPUBLIQUE)

 

MAMADOU KOULIBALY 3.jpg

Le clash Mamadou Koulibaly-FPI est désormais consommé. MK vient de créer son parti. Risqué comme pari! Mais nul ne peut être contraint à rester dans une association qui ne lui sied plus. Espérons que sa nouvelle aventure politique lui portera bonheur, même si nous sommes et restons convaincus que le moment n'était pas opportun. Revue de déclaration.

 

Lorsque dans un parcours politique, les évènements évoluent dans une voie qui n'est plus en adéquation avec votre vision, vos aspirations et vos valeurs, il devient nécessaire de se réorienter et de dissoudre les liens qui vous ont attaché à une formation politique dans laquelle vous ne vous reconnaissez plus.

Une organisation politique doit permettre à des citoyens qui partagent des idéaux et des objectifs communs de s'allier pour promouvoir un projet. Il lui incombe d'animer la vie politique ; de structurer l'opinion ; de générer des idées ; de proposer une politique ; d'être l'intermédiaire entre le peuple et le pouvoir et non d'être statique, inamovible, murée dans le désordre, l'idolâtrie, le culte de ses fondateurs, les contradictions sans issue et la peur des innovations. Elle ne peut rester réfractaire à tout changement, à toute réinvention.

Mon engagement au sein du Front populaire ivoirien étant allé jusqu'à l'épuisement de toutes les possibilités compatibles avec mes convictions, j'ai décidé d'y mettre un terme. Ce faisant, le respect de l'opinion publique et du chemin parcouru m'oblige à énoncer les causes qui motivent la séparation qui s'impose :

- suite à la tentative de coup d'Etat de 2002 qui s'est muée en rébellion, les dirigeants du FPI ont accepté la signature de différents accords qui d'évidence allaient à l'encontre de l'intérêt de la Nation ivoirienne et conduisaient même à épouser les idées de l'agresseur et à les mettre en œuvre;

- en ce qui concerne le scrutin de 2010, alors que les préalables du désarmement des rebelles et du redéploiement de l'administration sur l'intégralité du territoire n'avaient pas été remplis, rendant constitutionnellement impossible le déroulement des élections présidentielles dans un environnement serein et sécurisé, les cadres du FPI ne se sont nullement insurgés contre la tenue de ce scrutin organisé dans des conditions manifestement vouées à mettre en péril la vie de nos concitoyens ;

- aujourd'hui, ayant contre toute logique accepté les règles du jeu, le FPI refuse totalement d'assumer les conséquences des élections et se vautre dans des rancœurs, des jalousies internes et des conflits permanents à l'image de ceux qui déchirent depuis des années les responsables du parti et qui fragilisent la base, empêchent d'avancer et de constituer une force d'opposition et de pouvoir dynamique, compte tenu des nouvelles dispositions dans lesquelles nous nous trouvons ;

MAMADOU KOULIBALY 4.jpg

- alors que le Congrès est l'instance prévue au sein d'un parti politique pour garantir la libre expression des militants, depuis juillet 2001, aucun congrès n'a été organisé au sein du FPI. Cela est non seulement un signe de refus de l'exercice de la démocratie interne, mais témoigne également de l'inertie, de l'érosion des idées et du manque de vision du parti dont les instances n'ont pas été renouvelées une seule fois en dix ans ;

- suite au cataclysme que nous venons de vivre, la haute direction du FPI refuse toujours un congrès-bilan et exclut tout changement, même indispensable, qui pourrait selon eux les affaiblir. S'abritant derrière le prétexte que tout changement serait assimilable à une traîtrise envers des camarades emprisonnés ou exilés, elle cherche surtout à préserver des chasses gardées personnelles au détriment de l'intérêt général et à masquer sa propre trahison envers nos militants, nos idéaux, la Côte d'Ivoire et la cause africaine.

Je n'ai point manqué d'égards envers mes camarades du FPI et, depuis les événements du 11 avril 2011, ayant en charge l'intérim de sa présidence, je me suis investi pour redonner vie au parti et pour constituer une opposition crédible. J'ai enchaîné les rencontres et réunions, lancé des sujets de réflexion pour anticiper les proches défis, consacré du temps et de l'énergie à rassurer, regrouper, négocier la libération de nombre de prisonniers politiques du Golf ou de la Pergola, définir un cap commun pour reconstruire ensemble et expliquer en permanence notre position de non belligérance au nouveau régime et à la communauté internationale. Mon constat est que cette tentative a été vaine et que le FPI, en sa forme actuelle, ne peut devenir un grand parti d'opposition puisque le refus de toute évolution fige les perspectives.

La prudence enseigne que les changements ne doivent pas se faire pour des causes légères et passagères. Lorsqu'une longue suite de dérives et d'erreurs s'enchaîne en toute irresponsabilité et qu'aucune volonté d'inventaire, d'évolution et de restructuration n'est admise, la nécessité de changer de méthode et de doctrine s'impose.

Ainsi, compte tenu de l'environnement politique actuel en Côte d'Ivoire, je juge indispensable de former un contre-pouvoir efficace dans le pays.

En tant que libéral attaché à la démocratie et à l'économie de marché, j'évalue justement la place importante d'une opposition forte pour freiner l'oppression d'un pouvoir présidentialiste absolu. Ainsi, dans l'intérêt des populations ivoiriennes, je vais m'employer avec mon équipe à le faire au sein d'un parti politique en création, dont le nom porte en lui-même une part de sa vision : Liberté et Démocratie pour la République, (LIDER), nouveau parti qui œuvrera pour l'instauration d'une société de confiance au sein de laquelle les Ivoiriens ne se méfient plus les uns des autres pour des raisons tribales, ethniques, régionales ou religieuses.

La liberté, en Côte d'Ivoire, sonne parfois comme un mot creux, un idéal réservé à des pays riches mais inatteignable pour la grande masse des populations des pays pauvres dont le souci est de trouver à manger chaque jour et de pouvoir se soigner pour survivre. On voit pourtant que, partout dans le monde, le recul de la pauvreté est lié à l'augmentation de la liberté. LIDER s'assigne la responsabilité d'éveiller les Ivoiriens à ces idées pour rompre avec le pessimisme qui confine l'individu dans un attentisme dévastateur et de restaurer chacun dans la confiance qu'il lui faut avoir en ses propres capacités. Les Ivoiriens ne peuvent plus croire qu'ils doivent tout attendre de l'Etat car, depuis plusieurs décennies, les gouvernements se succèdent et la pauvreté demeure, voire même s'étend.

Lorsque les populations seront libres d'entreprendre une activité sans rencontrer mille barrières qui découragent les projets ; quand elles ne seront plus étouffées par l'impôt et le poids de l'Etat ; quand elles pourront avoir des titres de propriété qui sécurisent leurs activités et leur descendance ; quand elles pourront commercer librement avec le reste du monde ; quand elles ne seront plus asphyxiées par des entreprises en situation de monopole qui dictent leurs prix en les maintenant à des niveaux protégés par des législations injustes; quand toutes ces barrières seront tombées, et quand leurs droits d'accéder à l'éducation, à la santé et à la prospérité tout court seront les vrais enjeux de l' action politique, alors le progrès arrivera enfin et le développement du pays ne reposera plus uniquement sur une aide publique extérieure aliénatrice qui entrave plutôt l'avenir des peuples concernés.

La conviction de LIDER repose sur un socle constitué d'un état de droit, car un bon cadre institutionnel est nécessaire à l'exercice de la liberté dans une Nation en construction, qui aspire à conquérir une souveraineté totale lui permettant d'interagir d'égal à égal avec ses partenaires. Il est inadmissible que les populations d'Afrique en général et de Côte d'Ivoire en particulier soient interdites d'accès à la prospérité par des politiques surannées. Cessons de croire que nous sommes damnés ! Libérons-nous ! Soyons les acteurs de notre propre développement, de notre propre réussite, de notre propre vie.

GBAGBO-KOULIBALY.jpg

La principale mission de LIDER sera de promouvoir ces idées et de développer des initiatives réalistes et novatrices pour redonner aux Ivoiriens, aux Africains, le goût du combat pour un avenir plus heureux et épanoui. Comment lutter quand on ne sait pas qu'une voie meilleure est possible ? LIDER s'engage à réveiller l'esprit militant et à l'ouvrir sur l'autre et sur le monde sans appréhension, sans peur et sans haine.

L'autre mission, non moins importante de ce parti politique sera de surveiller l'action du gouvernement en place pour dénoncer les dérives de manière à protéger les Ivoiriens. La démocratie ne se limite pas à glisser un bulletin dans l'urne, elle repose sur un contrôle permanent de l'action des dirigeants. L'opposition n'a pas pour mission de rester assise à pleurnicher, à se morfondre dans le nombrilisme et à se plaindre pendant cinq ans. Elle doit être proactive, décomplexée et constructive pour le bien-être des Ivoiriens.

C'est pour faire avancer ces idées auxquelles je crois fermement que j'ai posément pris la décision irrévocable de partir du FPI.

Empli d'une ferme confiance, j'appelle toutes les bonnes volontés qui partagent ces valeurs et ces convictions à apporter leur soutien, leur engagement, leur courage et leur honneur à LIDER pour qu'ensemble, nous osions conduire la Côte d'Ivoire sur la voie audacieuse de la liberté, du progrès et de la réussite individuelle et nationale.


Mamadou Koulibaly

 

Abidjan, le 11 juillet 2011

lundi, 11 juillet 2011

ADO OU LE DON DE SE METTRE A DOS LES IVOIRIENS


ADO - PHOTO OFFICIEL.png

Mardi 5 juillet 2011 - Annoncé comme un sauveur, « la solution pour mon pays », le messie de la Côte d'Ivoire contre Laurent Gbagbo, « ce sinistre dictateur qui fait souffrir les Ivoiriens et aux méchancetés duquel il faut de toute urgence les arracher », selon la rengaine psychédélique du RHDP, Alassane Dramane Ouattara est en passe de pulvériser un triste record : celui de se mettre bientôt à dos la quasi-totalité des Ivoiriens, partisans et adversaires, de façon indifférenciée.

Jamais Chef d'Etat n'aura autant fait l'unanimité sur sa capacité de nuisance, ses promesses non tenues et son incapacité à souder le peuple ivoirien : mal gouvernance, mesures administratives impopulaires et iniques, nominations à caractère ethnique et régionaliste, obsession vindicative. Un cocktail plus qu'explosif qui risque d'emporter, dans des échéances plus brèves qu'on aurait pu l'imaginer, l'alchimiste ivoirien.

Parlant de mal gouvernance, l'on se rappelle encore la récente promesse du nouvel homme fort d'Abidjan de prôner l'excellence et la transparence dans notre pays. L'exemple n'a pas suivi. Nous pouvons en juger : 3 mois après sa prise de pouvoir, Alassane Ouattara, contrairement à Laurent Gbagbo, demeure encore et toujours le Président du RDR (le Rassemblement Des Républicains), son parti et, tout à la fois, chef de l'exécutif ivoirien. L'article 54 de la Constitution est sans ambages sur la question : « Les fonctions de Président de la République sont incompatibles avec l'exercice de (...) toute fonction de dirigeant de parti politique ». La Loi fondamentale ivoirienne est vraiment le cadet de ses soucis. Pour preuve, une autre de ses dispositions a été royalement ignorée par le nouveau locataire du palais présidentiel, à l'opposé encore une fois de Laurent Gbagbo : « Lors de son entrée en fonction et à la fin de celle-ci, le Président de la République est tenu de produire une déclaration authentique de son patrimoine devant la Cour des Comptes », Article 55 de la Constitution de la République de Côte d'Ivoire. Vous avez dit opacité et ésotérisme politique ?

Il faut ajouter à cela qu'Alassane Ouattara gouverne par ordonnance - ce qu'a notamment dénoncé le Président Mamadou Koulibaly -, ayant suspendu le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Selon un canard ivoirien, « Jeune Afrique, qui soutient aveuglément Ouattara depuis plus de quinze ans, le qualifie d'hyper-président (dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ! Suivez mon regard, Ndlr) et met en garde contre le fait que le président du RDR ''concentre aujourd'hui la plupart des pouvoirs entre ses mains''. Et continue : ''Une situation inédite depuis la mort d'Houphouët-Boigny. Et qui n'est pas sans dangers''».

Venons-en aux mesures administratives impopulaires et iniques. Dès sa prise de pouvoir, Monsieur Alassane Dramane Ouattara fait annuler tous les décrets pris par son adversaire, le Président Gbagbo, après le 04 décembre 2010, sous le fallacieux prétexte que c'est lui et lui seul qui était élu à cette date comme Président de la République de Côte d'Ivoire. Or, comme le dit un confrère ivoirien, avec une rare lucidité et une logique implacable : « On nous a toujours dit que l'Etat est une continuité et notre constitution dans sa dernière mouture dit qu'un chef d'Etat n'est investi de sa mission que le jour où il prête serment devant l'organe institutionnel habilité pour. L'ascension d'un chef d'Etat à la magistrature suprême est semblable à l'ordination d'un prêtre. Ce dernier, tant qu'il n'est pas ordonné ou consacré prêtre, quel que soit son cursus, ne peut dire de messe. Alassane Ouattara est donc chef d'Etat depuis le 06 mars 2011. Avant lui, c'était le Président Laurent Gbagbo. Et selon le principe de la continuité de l'Etat, il se doit de conduire à terme tous les engagements pris au nom de l'Etat de Côte d'Ivoire par son prédécesseur. Quelle est donc cette incongruité juridique tendant à faire croire qu'entre le 04 décembre 2010, date de la prestation de serment du Président Gbagbo et le 11 avril 2011, date des ordonnances N° 2011-004 et N° 2011-005 portant annulation de tous les actes pris par le Président Gbagbo, la Côte d'Ivoire avait cessé de vivre. Son existence avait subitement discontinué. Paradoxe juridique de taille : comment Ouattara arrive-t-il à dire la messe sans avoir été ordonné ? ». Une énigme qui constitue un vrai cas d'école et sur laquelle devront se pencher les universitaires du monde entier. Quand s'y ajoute le parjure innommable auquel s'est livré le Conseil Constitutionnel pour l'adouber, chapeau bas, les ivoiriens !

Partant de cette incompréhensible et morbide propension à remettre en cause les actes de Laurent Gbagbo et à effacer toute trace pouvant l'évoquer (monuments d'Abidjan, notamment), Alassane Ouattara se livre, depuis quelques semaines à une bien curieuse gymnastique : la reconfiguration de la Cote d'Ivoire.

Ainsi, tous les concours de la Fonction Publique passés après le 04 décembre 2010 sont annulés. Celui qui a parlé de trouver du travail aux jeunes ivoiriens dans sa campagne présidentielle a plongé des milliers d'entre eux dans une détresse sans nom. Certains ont mis des années de dur labeur à décrocher leur admission. Ils sont inconsolables, en ce moment, ainsi que leurs familles parmi lesquelles de très modestes qui voyaient poindre pour elles de l'espérance, à travers l'emploi de leur progéniture. Ce qu'oublie Alassane Dramane Ouattara, c'est que parmi tous ces jeunes figurent également ses partisans. Car, en Côte d'Ivoire, l'obédience politique n'est pas un critère de candidature. A ce sujet, en désespoir de cause, une promotion de l'ENS de 568 élèves professeurs et éducateurs est, actuellement (depuis lundi 04 juillet 2011), en grève de la faim à la Cathédrale Saint Paul d'Abidjan Plateau. Ils n'ont droit à aucun regard de compassion du nouveau « Zorro » ivoirien.

Toujours au titre des mesures iniques, le nouveau gouvernement fait payer les ex-FDS de main à main, insouciant du grand mécontentement que cette nouvelle disposition suscite en leur sein, du fait des grands retards de paiement (les corps habillés étant désormais les derniers à être payés, de premiers qu'ils étaient sous Gbagbo) et des files d'attente interminables. Dans la même veine, il leur supprime les « Hauts-les-cœurs », cette prime de guerre de 50.000 francs CFA commuée, depuis belle lurette, en accessoire de salaire par le Président Laurent Gbagbo - donc plus liée à la guerre - ; cette indemnité est désormais un acquis social pour les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire. Alassane Ouattara n'en a cure. Il reste constant dans sa logique de faire payer aux FDS leur loyauté à Laurent Gbagbo. Là encore, il ne fait pas de tort qu'aux pro-Gbagbo mais bien à tous, y compris ses partisans les plus indécrottables. On ne traite pas ainsi la branche la plus sensible de la Fonction Publique.

En outre, un quotidien ivoirien rapporte : « Dès qu'il a pris fonction, Alassane Ouattara a déclaré à la délégation du député PDCI, Ouassénan Koné, qui l'a rencontré sur le sujet, qu'il a «suspendu» les salaires de toutes les institutions du pays, en dehors de la présidence et de la primature. «Suspendus» donc, les salaires des députés à l'Assemblée nationale et de tous les agents de cette institution ! «Suspendus», les salaires des Conseillers constitutionnels et de tous les agents de cette institution ! «Suspendus», les salaires des Conseillers économiques et sociaux et de tous les agents de cette institution ! Même les plus petits agents de ces institutions (gardiens, vaguemestres, coupeurs de gazon, etc.), qui n'ont rien à avoir avec la politique, n'ont pas été épargnés par la mesure de Ouattara ». Et nous y ajouterons : «suspendus», les salaires des hauts magistrats de la Cour suprême, « suspendus », les salaires de la Grande médiature, «suspendus», les salaires de la Grande chancellerie ! Assurément, ils sont nombreux, ceux qui ne bénissent pas Alassane Ouattara, en ce moment.

Un autre tabloïd ivoirien rapporte : « En mai dernier, plus de 300 agents de banque ont été licenciés, avec la caution des nouveaux tenants du pouvoir, pour avoir travaillé à sauver les Ivoiriens d'un désastre humanitaire, alors que Ouattara avaient obtenu des patrons de la BICICI et la SGBCI leur fermeture. La situation est plus sérieuse dans l'armée où les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont clairement stigmatisées et menacées de poursuite devant les tribunaux nationaux et internationaux ».

Bientôt, les fonctionnaires et agents de l'Etat dans leur entièreté subiront des mesures très impopulaires, auxquelles les a, du reste, habitués Alassane Ouattara pendant sa gestion de 1990 à 1993, alors Premier ministre du Président Félix Houphouët-Boigny. On se rappelle encore la suppression pure et simple de 12.000 emplois d'agents journaliers et de centaines d'autres fonctions, emplois et services de l'Etat, le salaire à double vitesse des enseignants recrutés à partir de 1991 (payés moitié salaire), la suppression des internats pour les élèves, la suppression des cars de transport pour les étudiants, la réduction du budget des restaurants universitaires et celle plus que drastique du nombre des boursiers de l'Etat. Des mesures qui ont pourri la vie sociale et la vie scolaire ivoiriennes. Les effets induits ont été une vraie catastrophe pour notre pays. Actuellement, sont dans son collimateur, les baux administratifs des « corps habillés », la prime de recherche des universitaires, les frais funéraires des fonctionnaires décédés, les indemnités de logements, le profil de carrière et la nouvelle grille indiciaire des enseignants, les bourses des étudiants, les cités universitaires, les véhicules de services des cadres de l'Administration et les salaires des gestionnaires des entreprises d'Etat.

La ponction en vue sur les salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat, dans les causeries de salon, serait de 10 à 15% voire plus, pour dit-on contribuer à la reconstruction de la Côte d'Ivoire. Où est donc passée la fameuse pluie de milliards annoncée, tambour battant, pendant la campagne présidentielle pour séduire les électeurs et amorcer les ivoiriens indécis ? Pourquoi donc tarde-t-elle à venir pour qu'on laisse souffler des Ivoiriens meurtris et appauvris par une crise postélectorale inédite dans l'histoire de notre pays, sans qu'il soit besoin de leur demander un quelconque sacrifice de reconstruction ?

Les agents de la Fonction Publique ne sont pas les seuls qui auront à subir jusqu'au désespoir le nouveau régime ivoirien. Le racket, quoique combattu depuis quelques semaines, a la peau toujours aussi dure. Les automobilistes paient un lourd tribut à la présence des FRCI sur nos routes, eux qui dissimulent désormais leurs forfaits sous tous les déguisements et parades imaginables, pour ne rien laisser paraître. Ils sont ainsi devenus les vigiles forcés de nos résidences, cités et autres quartiers. Les propriétaires de maquis, bars et boîtes de nuits, les populations et les commerçants, dans leur éventail le plus large, sont également soumis au paiement de taxes irrégulières par ces éléments, qui n'hésitent pas à se montrer violents pour parvenir à leurs fins ou à user de la force brutale, en cas de contrariété. Abstraction faite de celles qu'ils versent déjà aux Mairies et à l'Etat de Côte d'Ivoire.

En ce qui concerne les nominations dans les hautes fonctions de l'Administration ou de la République, ou encore à la tête des entreprises d'Etat, Alassane Ouattara ne fait pas meilleure figure. Les nominations sont essentiellement à caractère ethnique et régionaliste. Rien qu'au gouvernement, la moitié des ministres est du Nord, région du Chef de l'Etat. Et cela ne constitue pas un cas isolé. La tendance est plutôt générale, récurrente. Il y a quelques jours, à la direction d'AERIA (Aéroport International d'Abidjan), l'illustre Simplice Zinsou, Président du Conseil d'administration de ce fleuron de l'économie ivoirienne a été démis et remplacé par le Général Abdoulaye Coulibaly, un proche d'Alassane Ouattara. Et dire que très récemment, parlant des mesures de réorganisation des structures étatiques qui seront bientôt mises en vigueur, Monsieur Ouattara n'a pas raté l'occasion de préconiser, une fois encore, la rigueur et la transparence dans la gestion de la chose publique et clamer qu'il ne veut « plus de nomination à caractère régionaliste, ethnique et politique » (sic !). De qui se moque-t-on ?

En son temps, le Président Laurent Gbagbo a été accusé - de mauvaise foi - de tout mettre sur le compte de la guerre pour justifier certaines de ses insuffisances. Et aucune circonstance atténuante ne lui a été concédée dans sa pénible gestion d'une Côte d'Ivoire en plein dans un processus de sortie de crise diablement budgétivore. Sans appui extérieur et, pire, sous embargo pendant les derniers mois de son pouvoir, il a porté à bout de bras la Côte d'Ivoire en opérant une gouvernance plus qu'honorable, en ne comptant que sur les seuls ressorts économiques de notre pays et sur des régies financières d'une efficacité exemplaire.

Aujourd'hui, Alassane Dramane Ouattara hérite d'une situation similaire et est aux abois. C'est le moins qu'on puisse dire. Il a un immense besoin de fonds et d'appuis budgétaires pour se tirer, sans trop y laisser de plumes, des corollaires négatives de la crise postélectorale de 2010. Il a besoin d'atermoiement. Il lui faut un « break », comme disent les Anglais, de plusieurs mois voire une année. Mais après avoir diabolisé de façon méchante et hémiplégique le régime Gbagbo - en difficulté mais digne jusqu'au bout, n'esquivant aucune responsabilité ni engagement envers le peuple ivoirien - le gouvernement RHDP est très mal placé pour nous demander de comprendre quoi que ce soit ou nous appeler à consentir quelque sacrifice que ce soit. Il n'a aucune raison et aucun droit, après ce qu'il a dit des manquements de Gbagbo, de faire des coupes sur nos salaires et indemnités pour reconstruire la Côte d'Ivoire.

Il ne s'agit, ici, aucunement de reconstruction ou d'investissement, en réalité. A l'heure actuelle dans notre pays, c'est le vital même qui est en jeu. Et ce n'est désormais un secret pour personne. Alassane Ouattara fait diversion ; la vérité, c'est que les caisses de l'Etat sont désespérément vides, que les régies financières de l'Etat peinent à retrouver leur opérationnalité, que payer les salaires chaque mois est une gageure. Il a besoin d'argent liquide, dans les meilleurs délais ; ses mentors français et américains n'ont pas tenu parole ou n'en ont pas encore les moyens parce qu'eux-mêmes au bord du gouffre financier. Il ne s'embarrassera pas d'élégance pour le prendre sur nos émoluments. Au besoin, par les pires moyens. Voici la véritable raison de toutes ces mesures impopulaires et iniques qui frappent comme une volée de bois vert tous les Ivoiriens, sans différenciation, installant progressivement le mécontentement général et, surtout, la déception à peine voilée des supporters zélés d'hier. Sur fond de vengeance et de règlements de compte tous azimuts contre les pro-Gbagbo. Bonsoir, la réconciliation nationale et la sérénité sociale !

Au final, Alassane Ouattara est en voie de réussir la prouesse, en seulement trois mois de gestion étatique, de se mettre à dos la quasi-totalité des Ivoiriens, chaque jour plus nombreux à grogner contre sa gestion post-crise et son incapacité à prendre de la hauteur dans le dossier de la réconciliation nationale. « Où nous mène cet homme ? », sommes-nous alors tentés de nous interroger. Vivement que le tir soit rattrapé avant l'inéluctable sortie de route qui se profile à l'horizon, déjà passablement embrouillé, de l'avenir de notre pays !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

MOSAIQUE DE VISIONS ET DE SONGES INQUIETANTS SUR LA COTE D'IVOIRE (1)


LA MAIN VENUE DU CIEL.jpg

Une amie nous a donné l'idée de réaliser une sorte de mosaïque de visions et de songes, semblable à celle du film « Flashforward », récemment diffusé sur la chaîne de télévision française TF1, pour essayer de reconstituer et faire ressortir les éléments dominants des nombreuses révélations reçues, ces derniers temps, par les Ivoiriens, en Côte d'Ivoire et dans le monde, sur la fin de la crise dans leur pays (la véritable). Nous en faisons juste une esquisse dans ce nouveau post pour lancer le projet, en espérant qu'il puisse contribuer à nous éclairer sur l'issue de la tragédie ivoirienne. Bonne lecture !

 

Nina (Côte d'Ivoire)

« Cher Fernand,

Merci pour ce site http://gehco.unblog.fr/ que j'ai rapidement partagé avec des amis... L'idée de la « mosaïque » est partagée, apparemment. Ce dimanche (26 juin 2011), mon frère m'a relaté un songe dans lequel il a vu une foule immense marcher pour protester et clamer son mécontentement. Et la marche rassemblait des milliers d'ivoiriens lassés des exactions, pillages et tueries en cours dans notre pays. Il dit que c'était dément!!! Et puis à un moment donné, tout le monde a commencé à réclamer le Président Laurent Gbagbo. Celui-ci, revenu,  était acclamé par la foule mais jetait des regards inquiets, à gauche et à droite. Tout autour, c'était le chaos. Et lui, se demandait comment il allait faire...

Juste pour compléter la liste de la « mosaïque ». Moi, en ce qui me concerne, mon songe concerne le jugement à venir de DIEU sur notre pays; c'était terrible et je pleurais. Nous n'avions aucune cachette. C'était horrible! Et cela a commencé une nuit où, apparemment, le pays semblait être en paix. J'en ai fait part à des amis. Et depuis, nous faisons nos provisions en double.

Nous avons commencé cela, 3 semaines après le kidnapping du Président Laurent Gbagbo.

Continuons à intercéder pour notre pays, dans la repentance sincère ! ».

Awa (Diaspora)

« J'ai eu un songe dans lequel j'étais allée faire des courses dans un supermarché. Arrivée à la caisse pour payer mes articles, la caissière était Geneviève Bro Grébé et je disais au fond de moi: « Elle n'est plus en prison!? ». Et elle était toute rayonnante; je devais payer 10 Euros et 70 centimes, et je n'avais que 10 Euros; une femme près de nous m'a donné 1 Euro et je voulais lui rendre ses 30 centimes; la dame m'a dit de garder la monnaie. Il était l'heure de fermer le magasin et le gérant est venu rassembler tout le personnel pour une mise au point (séance de travail) ; le gérant était le Président Gbagbo ».

Lilas (Côte d'Ivoire)

« Grande soeur Awa, voilà ce dont je te parlais qui vient de t'être révéler-là!!!
Moi, je viens vous donner une prophétie d'un jeune enfant, un adolescent, que Dieu utilise puissamment. Ce dernier avait annoncé l'arrestation du Président Gbagbo en avril, et personne n'y a cru, tellement on était « fan » de Malachie; depuis le week-end, mon pasteur est en train de faire une retraite spirituelle dans son camp, et ce jeune homme a eu une autre révélation, dans ce mois de juillet même, sur la Côte d'Ivoire: une guerre terrible va s'abattre sur la Côte d'Ivoire, du jamais vu, même sur le plan aérien avec des avions de guerre, mais Dieu va nettoyer son église, les faux pasteurs, les faux prophètes, les politiques, et le Président Gbagbo sera à nouveau président. Et cela risque de commencer très bientôt.... Voilà ce qu'on a reçu comme révélation... J'avoue que j'ai froid dans le dos et je compte m'humilier, dès demain, devant la face de Dieu, pour avoir sa protection....Voilà! ».

Ivoirienne Impartiale (Côte d'Ivoire)

« Je ne voulais pas en parler mais... Le 10 avril 2011, au matin, une dame qui a reçu une révélation appelle un des pasteurs dans la Résidence du Président pour lui dire qu'elle a eu une vision de l'arrestation de Laurent Gbagbo : « Pasteur, c'est pour bientôt ! ». Ce 10 avril-là donc, dans la journée, le pasteur effrayé n'a pas osé donner l'information à son entourage, pensant à sa survie car si le Président est pris, lui aussi le sera ; donc prières et jeûne, ce dimanche 10 avril, pour bénéficier de la protection du Seigneur.

Mais la dame a continué : « Les gens étaient tristes, il n'y a pas eu de joie dans la ville quand le président a été saisi, tout était calme. Les gens qui l'ont pris l'ont emmené loin... Mais ces mêmes personnes le prendront encore et le ramèneront où ils l'ont pris, dans une liesse populaire inimaginable. J'étais dans la joie et suivait la foule qui l'installait à sa place et je me suis réveillée dans cette joie qui m'a inondée ».

A chacun de faire son interprétation de ce songe du 10 avril 2011. Que le Seigneur soit notre guide ! ».

Anita (Côte d'Ivoire)

« J'ai fait un songe terrible, trois fois de suite et identique jusque dans les moindres détails, à plusieurs jours d'intervalle : une immense vague est partie du Sud de la Côte d'Ivoire et a balayé tout le territoire national jusqu'au Nord, rasant tout sur son passage. Quand cette gigantesque vague a reflué jusqu'à la mer, elle a laissé derrière elle un nombre incalculable de morts. Je me suis réveillée, toute tremblante. Que DIEU garde la Côte d'Ivoire ! ».

Fadiga (Diaspora)

« Dans un songe, j'ai vu un tsunami terrifiant et violent partir de la mer et inonder toute la Côte d'Ivoire jusqu'au Nord. Quand les eaux se sont retirées, il y avait des morts partout. Quelque chose de grave arrive. Il faut que les Ivoiriens cherchent la face de DIEU dans la repentance ! ».

Julien (Côte d'Ivoire)

« J'ai vu dans une vision le SEIGNEUR assis dans le Ciel devant un damier (jeu de dame) et poussant les pions. Puis je l'ai entendu me dire : « Ce pays verra ma gloire ! ». Je lui ai demandé : « Quel pays ? ». Pour toute réponse, j'ai vu un petit drapeau monter du damier en flottant et devenir de plus en plus grand, gigantesque. Et JESUS qui riait d'un grand rire bon enfant. Ce drapeau était le drapeau ivoirien (aux couleurs Orange Blanc et Vert) ! ».

Nina (Côte d'Ivoire) - Reprise

« Merci, Fernand, pour ces posts.

J'ai recueilli un songe d'une amie intercesseuse à l'Eglise Foursquare : Elle a vu le ciel s'ouvrir et une main géante en sortir. Cette main sonnait aux portes et exterminait toutes les personnes qui se trouvaient dans les maisons visitées.

Cela se passait ainsi pour toutes les maisons, quand, arrivée devant une certaine maison, elle a sonné longtemps. Personne ne venait ouvrir et elle est donc entrée de force. Mais ce qu'elle a vu l'a arrêtée : une femme en prière! Cette main s'est dirigée vers la femme, s'est posée sur son cœur et a dit : "Grâce!". Elle est ensuite repartie.

Le même scénario s'est répété jusqu'à ce que cette main arrive dans sa chambre. La main s'est avancée, menaçante, vers elle; elle avait peur, et une voix a dit : ''Range ta vie, sinon si je repasse, tu mourras aussi!''. Elle s'est réveillée, toute confuse et apeurée.

Nous avons eu peur. La vision résume ce que disent tous les messages : la repentance sincère.

Et puis cela rappelle l'histoire des enfants d'Israël, en Egypte, avec le sang de l'agneau pascal sur le linteau des portes (Exode, chapitre 12).

J'ai réécouté le Pasteur Dali claude. C'est effrayant et en même temps, cela me donne la force pour intercéder pour notre nation qui en a tant besoin. Les gens ont perdu espoir et sont déprimés.

Que Dieu aie compassion du peuple ivoirien!
».

Dans la même veine, deux personnes à Abidjan ont également reçu des révélations, qui nous ont été rapportées, sur la fin de la crise ivoirienne. Dans le projet « mosaïque », qui consiste à relater, après un examen minutieux, les songes et révélations qui nous parviennent par nos lecteurs et de toutes parts, nous les dévoilons. Ce chrétien (qui n'est plus de notre monde, parce qu'abattu par les FRCI) et cette dame sont formels, catégoriques, sur la base des révélations qu'ils ont reçues : la crise ivoirienne ne passera pas le mois d'octobre. Elle va s'achever, brutalement, par un grand bouleversement institutionnel. Il faut indiquer que ce même frère avait annoncé la chute du Président Gbagbo pour, EXACTEMENT, le 11 avril 2011. Personne ne l'avait alors pris au sérieux, jusqu'à ce que, dans la stupéfaction et la consternation générales, on constate tous l'accomplissement de sa prophétie. Il vient de remettre ça mais vient aussi malheureusement de nous quitter, à cause de cette dernière révélation qui n'a pas été appréciée de tous parce que très allusive.

Néanmoins, un message demeure constant dans ces révélations qui viennent corroborer celles (effroyables) du Pasteur Dali Claude : la repentance ! DIEU interpelle et appelle les Ivoiriens à la repentance. Un grand nettoyage venu d'En Haut est en marche contre ce pays. Que chacun se mette à l'abri ! « DIEU parle cependant, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, et l'on n'y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, quand ils sont endormis sur leur couche. Alors il leur donne des avertissements et met le sceau à ses instructions, afin de détourner l'homme du mal et de le préserver de l'orgueil, afin de garantir son âme de la fosse et sa vie des coups du glaive. » (Job 33 :14-18).

Nous croyons fermement que tous ne peuvent délirer en même temps! «Il y a FORCEMENT du vrai quelque part», comme on dit. Alors, à bon entendeur, ... salut ! N'oubliez pas de nous faire parvenir vos songes et visions, ou ceux de vos connaissances, pour parachever notre mosaïque.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 08 juillet 2011

MANGOU ET KASSARATE DEMIS PAR OUATTARA

OUATTARA-FRCI.jpg

Leur allégeance au nouvel homme fort d'Abidjan n'a pu leur garantir aucun poste dans le commandement supérieur de la nouvelle armée ivoirienne. Maintenant qu'ils sont déchargés de toute responsabilité militaire, il faudrait certainement craindre pour leur intégrité, eut égard à la justice à sens unique du régime vindicatif du RHDP. En attendant, ils ne peuvent plus compter sur le moindre soutien ou compassion du camp Gbagbo et des patriotes ivoiriens pour l'avoir lâché (passe encore s'ils s'étaient arrêtés là, notamment le Général Mangou) mais, pire, avoir récemment proféré des paroles inacceptables sur leur défection justifiée et légitime à leur poste, en avril 2011, au moment où le peuple de Côte d'Ivoire pensait pouvoir compter sur leur loyauté. Désavoués de tous côtés, ils font, aujourd'hui, l'amère expérience d'une sortie peu honorable. Ainsi va la vie. Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire! Fernand Dindé.

 

Le Chef de l'Etat a procédé, ce jeudi 7 juillet 2011, à la nomination et à la promotion des officiers généraux et supérieurs à la tête de l'armée ivoirienne. A la lecture du communiqué relatif à cette nomination, l'on note que le Général de division Philippe Mangou cède son fauteuil de l'Etat-major au Général de division Bakayoko Soumaïla, que son homologue Gueu Michel pressenti à ce poste rejoint l'Etat-major particulier du Président de la République. De plus, le Général de corps d'armée Kassaraté, partant pour la retraite, est remplacé par le Colonel-major Gervais Kouakou Kouassi. Seul indéboulonnable de ce vaste mouvement de changement, l'Inspecteur général Mbia Bredou qui reste à la tête de la Police nationale.

GENERAUX AU PALAIS PRESIDENTIEL.jpg

Les nominations sont les suivantes :

 

1/ Promotion : Sont nommés au grade de :

- Général de division de l'armée de terre: le Général de brigade Soumaïla Bakayoko et le Général de brigade Michel Gueu ;

- Capitaine de vaisseau major: le Capitaine de vaisseau Djakaridja Konaté ;

- Colonel-major: le Colonel Gervais Kouakou Kouassi.

 

2/ Nominations : Sont nommés:

- Chef d'Etat-major général des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire: le Général de division Soumaïla Bakayoko ;

- Chef d'Etat-major général adjoint des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire: le Général de brigade Detoh Letoh ;

- Commandant des Forces terrestres: le Général de brigade Sékou Touré ;

- Commandant des Forces aériennes: le Colonel-major Jean-Jacques Réné Ouégnin ;

- Commandant de la Marine nationale: le Capitaine de vaisseau major Djakaridja Konaté ;

- Chef d'Etat-major particulier du Président de la République: le Général de division Michel Gueu ;

- Chef de Cabinet militaire du Premier ministre, Ministre de la Défense: le Général de brigade Nicolas Kouadio Kouakou ;

- Commandant supérieur de la Gendarmerie nationale: le Colonel-major Gervais Kouakou Kouassi ;

- Commandant en second de la Gendarmerie nationale: le Colonel Vako Bamba ;

- Directeur général de la Police nationale: l'Inspecteur général Mbia Bredou.


Source: RUE225

LE MINISTRE HAMED BAKAYOKO PRIS EN FLAGRANT DELIT DE MENSONGE


HAMED BAKAYOKO.JPG

S'il est une chose qui prospère dans le gouvernement d'Alassane Ouattara c'est bien le mensonge et la dernière sortie du ministre Hamed Bakayoko sur les antennes d'Africa 24 vient renchérir cette thèse.

En effet, le ministre Hamed Bakayoko, ministre de l'intérieur était l'invité d'Africa 24 le mardi 24 juin dernier. Appelé à réagir sur les propos des proches du président Laurent Gbagbo qui se plaignent de mauvais traitements et de mauvaises conditions de détention, le ministre Hamed Bakayoko ne s'est pas embarrassé de fioritures pour répondre. Voici en substance ce qu'il a dit, à cet effet :

«Ils sont mal placés pour parler de maltraitance. Quand nous arrivions au pouvoir nous n'avons trouvé personnes vivant dans les geôles de Gbagbo, ce n'était que des ossements. Ils sont logés dans un hôtel quatre étoiles qu'on appelle La Pergola. Allez-y à Abidjan, vous verrez cet hôtel. Ils sont mieux logés que nous quand nous étions à l'Hôtel du Golf».

Voici des propos tout de même surprenants qui appellent bien des réflexions. Beaucoup de choses ont été dites par les membres du gouvernement Ouattara pour incriminer le Président Gbagbo et ses proches, mais ces propos du ministre Hamed Bakayoko sont d'une teneur renversante. Monsieur le ministre nous fait, ici, des révélations que nous tenons à porter à votre connaissance.

La première, c'est que le RDR et ses alliés ont le don de ramener des ossements à la vie, ce que le Fils de Dieu, sans vouloir blasphémer n'a pas fait durant son passage sur la terre, car lui a ressuscité son ami Lazare qui venait de mourir, quelques jours auparavant. Oui, il affirme qu'ils n'ont trouvé que des ossements dans les prisons, alors comment comprendre que des gens soient sortis de prisons et se soient retrouvés dehors avec des armes ?

Cela ne peut relever que du miracle, et ce miracle a été réussi par le ministre Hamed Bakayoko et ses amis du RHDP.

La deuxième révélation, c'est que tous les prisonniers fait par eux sont logés à La Pergola, un hôtel quatre étoiles, c'est donc une vue de l'esprit des Ivoiriens qui affirment qu'Affi N'guessan, Michel Gbagbo et autres sont à Bouna et Katiola. Monsieur le ministre nous rassure à ce sujet, l'hôtel La Nouvelle Pergola s'étend d'Abidjan à Katiola en passant par Bouna.

Un autre exploit réussi par eux; alors il n' y a plus lieu de se faire du mauvais sang pour tous ces détenus pour qui des SOS ont été lancés. Voilà qui est rassurant.

La troisième révélation, c'est qu'ils n'étaient pas allé à l'Hotel du Golf de leur propre chef, mais ils étaient retenus prisonniers dans ce fleuron de l'hôtellerie Ivoirienne dont le luxe est en deçà de celui de La Pergola, puisqu'il affirme que les personnes retenues à La Pergola sont dans des conditions meilleures que celles dans lesquelles eux vivaient à l'Hotel du Golf.

Révélation importante tout de même pour ceux qui avaient encore des doutes sur le fait qu'ils étaient prisonniers au Golf Hôtel. Après le ministre Ahoussou Koffi, voici que le ministre Hamed Bakayoko a décidé de se lancer dans des envolées lyriques pour nous faire voyager dans un décor qui est loin de la réalité.

Non, Monsieur le ministre, vous n'avez pas trouvé des ossements à la MACA, mais plutôt 6.000 prisonniers à qui vous avez offert la liberté et des armes pour certains, et cela, la presse l'a si bien relayé. Non, Monsieur le ministre, il n'y a pas que La Pergola où sont retenus les pro-Gbagbo, il y a aussi Bouna, Katiola et Odienné dans le nord, où certains détenus se meurent.

Non, Monsieur le ministre, les conditions de vie à l'Hôtel du Golf n'ont rien à voir avec celles de l'Hôtel La Pergola. C'est une évidence, parce que vous y aviez une armée pour vous protéger, une radio et une télévision pour faire porter votre voix, vos téléphones mobiles pour appeler vos proches et amis, des droits de visites pour ceux que vous vouliez bien recevoir, le droit d'aller et venir, transportés par l'Onuci.

Tout cela n'existe point pour ces détenus de La Pergola qui y vivent reclus et coupés même de leurs familles, sans aucun moyen de communication avec l'extérieur.

Il est vrai que la volonté d'incriminer Gbagbo et ses proches est grande mais cela ne devrait pas empêcher de rester humain et d'avoir le triomphe modeste.

Que gagnez-vous à vouloir présenter le Président Gbagbo comme un meurtrier, un sanguinaire, alors que vous savez tout au fond de vous que cela n'est pas vrai. Sachons raison garder parce que l'histoire nous juge comme elle juge aujourd'hui Charles Taylor, Jean Pierre M'Bemba et autres. L'histoire a une mémoire qui est aussi constituée du sang des victimes innocentes de Duékoué, plus récemment, mais aussi de celui des autres de Guitorzon, Sakassou, Bouaké, etc.


In woudyti@abidjanici.net


Source: COTE D'IVOIRE, LA LUTTE CONTINUE

jeudi, 07 juillet 2011

FRANCE - CRISE IVOIRIENNE: TROISIEME INTERPELLATION DE LA REPRESENTATION NATIONALE


ASSEMBLEE NATIONALE FRANCE.jpg

Paris, le 7 juillet 2011

Mesdames, Messieurs les députés, émanation du peuple souverain,

 

Il y a de cela quelques semaines, nous vous avons alerté sur la nécessité de mettre en place une commission d'enquête parlementaire, visant à  éclairer les français sur les agissements de la force Licorne en Côte d'Ivoire. A deux exceptions près, la Représentation Nationale est demeurée silencieuse. Nous revenons vers vous cette fois pour porter à votre connaissance les traitements odieux dont font l'objet d'anciens officiels ivoiriens et un ressortissant français.

Nous constatons que le pouvoir législatif, délaissant ses prérogatives, ferme les yeux face à l'aventurisme colonial du gouvernement français. Votre silence, couplé aux campagnes de désinformation gouvernementale et médiatique, remet en cause les  principes démocratiques qui régissent l'exercice du pouvoir exécutif encadrant votre action. Chaque jour qui passe ébranle la légitimité et la sincérité de l'action de la France dans ce que, selon toute vraisemblance, nombre de responsables politiques considèrent, non pas comme une ex-colonie mais comme une chasse gardée. Le but supposé de l'action de notre gouvernement était de permettre l'installation du candidat vainqueur de l'élection présidentielle au regard du droit interne ivoirien, et non pas au regard du droit international. Ceci aurait permis de lever tout soupçon pesant sur une intervention évoquant les politiques néocoloniales et expansionnistes des puissances occidentales.

Nous ne vous ferons pas l'affront de réécrire ici ce que nous savons tous. Il n'a pas été question de l'installation de la démocratie en Côte d'Ivoire, mais plutôt de la protection «d'intérêts» français et autres.

M. Alassane Ouattara, qui peut se féliciter d'avoir été installé au pouvoir grâce à la France et l'ONUCI, n'est pas un défenseur de l'état de droit et des libertés individuelles.

Non content de voir ses milices soupçonnées de crimes de guerre, voire de crimes contre l'humanité (Cf. le rapport d'Amnesty international en date du 24 mai), il maintient, sans justification légale et dans des conditions violant les textes internationaux encadrant les droits des personnes, des citoyens au motif qu'ils sont de proches collaborateurs de M. Gbagbo. Nous vous citons M. Affi N'guessan Pascal, ancien premier ministre de Côte d'Ivoire, maintenu avec ses camarades d'infortune dans la prison politique de Bouna.

Les images que nous mettons à votre disposition sont particulièrement insoutenables.

Nous attirons particulièrement votre attention sur un point. Dans cette vidéo est clairement identifiable un ressortissant français, M. Gbagbo Michel.

Est-il concevable que la Représentation Nationale reste sans réaction à la vue des maltraitances qu'il subit?

Autre question solennelle : son patronyme le prive-t-il de la protection diplomatique de l'Etat français ?

Si oui, notre droit positif aurait-il entériné une nouvelle distinction parmi les citoyens français? Nous n'avons trouvé, malgré nos recherches, aucune trace d'une telle modification juridique...

Il est temps que la Représentation Nationale prenne ses responsabilités et engage toute mesure appropriée pour faire cesser ces atteintes répétées à l'intégrité physique et à la dignité d'un citoyen français, qui comme tout justiciable, à fortiori présumé innocent, doit jouir de toutes le garanties reconnues par le droit français et les normes internationales en vigueur.

Il est temps que la Représentation Nationale engage les actions en son pouvoir, pour contacter et faire revenir à la raison les dirigeants que notre armée a installés à la tête de l'Etat ivoirien. Mardi dernier le Tribunal aux armées de Paris a accepté d'instruire une plainte. Celle-ci déposée il y a plus de sept ans par des refugiées rwandaises qui, fuyant les massacres perpétrés lors du génocide de 1994, se sont retrouvées être victimes présumées de viol, du fait de militaires rattachés au contingent de l'opération Turquoise. Y-aurait-il une fatalité ou une tradition qui condamnerait la France à être synonyme de forfaiture et d'atteinte aux droits de l'homme en Afrique ?

L'image de notre pays a été gravement écornée du fait de guerres menées dans des pays africains souverains, guerres reflétant le droit du plus fort et un impérialisme à peine dissimulé. Il est peut-être opportun, par le biais d'une action énergique auprès des autorités ivoiriennes, de favoriser l'application des normes de droit et de respect de la dignité humaine, normes indissociables au bon fonctionnement d'une véritable démocratie. Cette action en faveur des prisonniers politiques ivoiriens concourt également à  la libération sans condition de notre concitoyen Michel Gbagbo. Ceci permettrait de rassurer les citoyens français et les peuples africains, quant à l'attachement de la France aux principes de droit qu'elle se plaît à promouvoir...

Nous réitérons, par la même occasion, notre demande visant à la formation d'une commission d'enquête  parlementaire portant sur l'intervention militaire française en Côte d'Ivoire. Le précédent rwandais, remis sous les feux de l'actualité par la décision du Tribunal aux armées cette semaine, démontre la nécessité de lever dès à présent toute ambiguïté concernant l'action française en Côte d'Ivoire. M. Dominique Paillé a eu à connaitre, à travers l'expérience d'un proche, des méthodes peu démocratiques de nos alliés de circonstances. Il est un exemple, certainement plus évocateur que les morts ivoiriens anonymes. Partant, le caractère impératif que revêt toute action tendant à laver les militaires français du soupçon de «collaboration» avec les milices ouattaristes (qui n'ont rien de républicaines) s'impose.

Il est impératif d'éviter à l'armée, et par ricochet à l'Etat français, de se retrouver, pour la seconde fois en moins de vingt ans, sur le banc des accusés aux côtés de régimes soupçonnés de pratiquer des massacres (ethniques et d'opposants). Nous souhaitons ne pas vous laisser indifférents à la vue d'atteintes à la dignité humaine et de violations patentes des textes internationaux organisant la protection des droits de l'homme. Voici le lien permettant d'y accéder, bon courage... http://www.youtube.com/watch?v=9URpePMLl3A&feature=pl...


En attendant votre réponse.


Respectueusement, Pour Alternatives et Cohérence


Ahouansou Séyivé

mercredi, 06 juillet 2011

UN JUGEMENT VENANT DU CIEL AUX PORTES DE LA COTE D'IVOIRE

BIBLES.jpg

D'une soeur bien-aimée en CHRIST, pour une introspection sincère et une repentance salutaire!

Merci, Fernand, pour ces posts.

J'ai recueilli un songe d'une amie intercesseuse à l'Eglise Foursquare : Elle a vu le ciel s'ouvrir et une main géante en sortir. Cette main sonnait aux portes et exterminait toutes les personnes qui se trouvaient dans les maisons visitées.


Cela se passait ainsi pour toutes les maisons, quand, arrivée devant une certaine maison, elle a sonné longtemps. Personne ne venait ouvrir et elle est donc entrée de force. Mais ce qu'elle a vu l'a arrêtée : une femme en prière! Cette main s'est dirigée vers la femme, s'est posée sur son cœur et a dit : "Grâce!". Elle est ensuite repartie.


Le même scénario s'est répété jusqu'à ce que cette main arrive dans sa chambre. La main s'est avancée, menaçante, vers elle, elle avait peur, et une voix a dit : ''Range ta vie, sinon si je repasse, tu mourras aussi!''. Elle s'est réveillée, toute confuse et apeurée.


Nous avons eu peur. La vision résume ce que disent tous les messages : la repentance sincère.


Et puis cela rappelle l'histoire des enfants d'Israël, en Egypte, avec le sang de l'agneau pascal sur le linteau des portes.


J'ai réécouté le Pasteur DALI claude. C'est effrayant et en même temps, cela me donne la force pour intercéder pour notre nation qui en a tant besoin. Les gens ont perdu espoir et sont déprimés.


Que Dieu aie compassion du peuple ivoirien! Nina.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

CHARLES BLE GOUDE: «JE SUIS PRET A COMPARAITRE DEVANT LA JUSTICE. A CONDITION QUE M. OUATTARA SOIT MON VOISIN»

 

BLE GOUDE CHARLES.jpg

Par Christophe Boisbouvier

 

Alors que s'ouvre, ce mardi 5 juillet 2011 à Abidjan, un séminaire gouvernemental pour faire redémarrer l'économie du pays, Charles Blé Goudé, qu'on avait dit mort, a répondu aux questions de RFI. Ce proche de l'ancien président Laurent Gbagbo s'est dit prêt à comparaître, sous certaines conditions, devant la justice ivoirienne alors qu'un mandat d'arrêt international a été lancé il y a quelques jours contre lui.


RFI : Charles Blé Goudé, bonjour. Que devenez-vous ?

Charles Blé Goudé : Je suis Charles Blé Goudé. Je suis là.

RFI : Quand vous dites, « je suis là », cela veut dire où ?


C.B.G. :
Je suis là où je dois être. Je suis à l'abri. Je suis là et je regarde les choses.

RFI : On dit que vous circulez beaucoup en Afrique de l'Ouest.


C.B.G. :
Oui. On dit aussi que je suis décédé ! Donc je laisse les gens déblatérer sur mon sort et souvent, je ris.

RFI : Donc, vous êtes quelque part en exil ?


C.B.G. :
Non. Je dis aux uns et aux autres qu'on est ensemble, là où on doit être. Certainement que je suis à Abidjan ou je suis quelque part, mais je suis dans une vie de clandestinité que j'assume totalement. On m'annonce souvent mort, on m'annonce au Zimbabwe, au Bénin, au Ghana... Tout cela m'amuse et je regarde.

RFI : Alors vendredi dernier, le 1er juillet 2011, la justice ivoirienne a lancé contre vous un mandat d'arrêt international. Comment réagissez-vous ?


C.B.G. :
Oh, écoutez ! Rien ne me surprend. Parce que voyez-vous, depuis que monsieur Ouattara est au pouvoir, il y a une justice à double vitesse. Il a peur. Il a peur d'une opposition significative.  Il a décidé d'installer son pouvoir dans la terreur. Et tous les signes apparents d'un pouvoir dictatorial, d'un pouvoir tribaliste, sont là, et visibles.

Pour moi, ce pouvoir n'ira pas bien loin, parce que monsieur Ouattara fait comme si son pouvoir avait pour seul objectif de traquer, de tuer, de poursuivre tous ceux qui ont été plus ou moins proches du président Gbagbo. Donc nous osons croire qu'à un moment donné, le président Sarkozy et le président Obama vont l'interpeller pour lui dire qu'il n'est plus le président du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix). Ouattara est le président de la Côte d'Ivoire. Alors il doit garantir la justice à tous les Ivoiriens. Alors, j'attends qu'on me signifie ce mandat d'arrêt et qu'on me dise les raisons pour lesquelles on me poursuit.


RFI : Le ministre ivoirien de la Justice dit : « Blé Goudé pense se cacher, mais on sait où il est. Son extradition se fera ».


C.B.G. :
Je ne veux pas entrer dans cette comédie. Je veux simplement dire qu'en Côte d'Ivoire il y a une justice à deux vitesses. Regardez-vous ! Un président de la République du nord, un Premier ministre du nord, ministre de l'Intérieur du nord, ministre de l'Agriculture du nord, ministre de l'Industrie du nord... Où allons-nous avec tout cela ? Pourvu que vous ayez battu campagne pour Laurent Gbagbo, alors on bloque votre compte ? 

RFI : Ce que vous reproche la justice ivoirienne ce n'est pas seulement d'avoir battu campagne pour Laurent Gbagbo. Est-ce que vous ne regrettez pas vos appels à la mobilisation populaire contre Alassane Ouattara, contre l'Onu, contre la France, entre décembre et avril 2011 ?


C.B.G. :
Au moment où je vous parle, il y a quelques semaines, les indignés qui sont dans la rue en Espagne, ne se sont pas arrêtés.

RFI : Mais quand vous avez appelé vos Patriotes à bloquer les véhicules de l'Onuci, en février et mars 2011, était-ce vraiment pacifique ?


C.B.G. :
Combien de véhicules de l'Onuci ont été bloqués ? Combien d'agents de l'Onuci ont été blessés ? Que s'est-il réellement passé ? Face aux gens de monsieur Ouattara, qui, depuis 2002, tuent, pillent, tous les Ivoiriens ! Pourquoi ne parle-t-on pas d'eux ?

Et puis on s'acharne sur la personne de Blé Goudé ! Moi, je pense qu'il faut être sérieux et puis mettre tout ça dans la balance. Maintenant, si c'est la justice des vainqueurs  sur les vaincus... Mais monsieur Ouattara n'a pas vaincu l'armée de Côte d'Ivoire, je suis désolé ! Il sait très bien que c'est l'armée française qui l'a aidé à être là où il est.


Monsieur, je voudrais vous dire que j'ai la conscience tranquille. Depuis 2002, c'est la mobilisation aux mains nues et je défie quiconque de mobiliser plus que nous. Voilà ce qu'est la démocratie, la loi du nombre !


RFI : Mamadou Coulibaly, président de l'Assemblée, affirme que le 10 mars dernier, quand l'Union africaine a reconnu la victoire d'Alassane Ouattara, il a compris qu'il était fichu. Et vous ?


C.B.G. :
Je ne veux pas commenter les propos du président Mamadou Koulibaly, pour qui j'ai beaucoup de respect. Et je pense qu'il fallait plutôt faire en sorte qu'on revienne au vrai débat. Qui, de Laurent Gbagbo ou d'Alassane Ouattara a remporté les élections ?

RFI : On a souvent dit que Laurent Gbagbo était le plus malin de tous les hommes politiques ivoiriens. Mais il a quand même perdu. Quelle faute politique a-t-il pu commettre ?


C.B.G. :
Pourquoi voulez-vous qu'on vienne exposer les fautes de Laurent Gbagbo sur les antennes ? C'est un être humain. Il peut se tromper ! Mais on ne parle pas des fautes de son chef sur des antennes.

RFI : Quand lui avez-vous parlé pour la dernière fois ?


C.B.G. :
Je suis désolé, ça encore, c'est entre lui et moi.

RFI : Charles Blé Goudé, reconnaissez-vous Alassane Ouattara comme président de la République ?


C.B.G. :
Mais si c'est moi qui reconnaissait les hommes politiques en tant que président de la République, vous savez très bien que Laurent Gbagbo serait président aujourd'hui ! La volonté de la France a été faite par la force. Et à partir du 11 avril, moi je n'ai pas à savoir qui est président ou qui ne l'est pas.

RFI : Donc pour vous, aucune réconciliation n'est possible ?


C.B.G. :
Moi je veux qu'il y ait réconciliation ! Mais monsieur Ouattara a pris le pouvoir pour se venger. Et il veut installer son pouvoir dans la terreur ! Aujourd'hui, tous ceux qui semblent avoir même une toute petite odeur de camp proGbagbo, tous ceux-là sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements !

RFI : Vous dites que tout le monde est traqué, mais il y a tout de même un Front populaire ivoirien (FPI) qui a pu à nouveau se réunir à Abidjan !


C.B.G. :
S'il vous plaît ! Quand le président du Front populaire ivoirien Affi N'Guessan est en prison dans le nord de la Côte d'Ivoire, c'est cela que vous appelez « la liberté » ? Quand on parle de pillages dans la ville d'Abidjan... Vous êtes d'accord avec moi que les FRCI ont pillé ?... Que les chefs de guerre  ont pillé ! Mais ils sont en liberté, pendant que d'autres sont traqués !

RFI : A quelles conditions cette réconciliation sera-t-elle possible ?


C.B.G. :
Quand on veut se réconcilier, on discute avec les opposants. Laurent Gbagbo ne peut pas être en prison à Korhogo, son épouse en prison ! Le président du Front populaire ivoirien et le fils de Laurent Gbagbo en prison, dans le nord. Et puis on nous parle de réconciliation ! Je demande à monsieur Ouattara de prendre de la hauteur. Il faut réunir les Ivoiriens et savoir pardonner.

RFI : Vous demandez le pardon, mais est-ce que la justice peut passer l'éponge sur les quelque 3 000 victimes de la crise postélectorale ?


C.B.G. :
Mais moi-même, je suis une victime de cette crise postélectorale ! Nous ne demandons pas que la justice ne se fasse pas. Mais de là à aller tuer de gens toutes les nuits, aller les traquer dans leurs villages, ce ne sont pas des signes encourageants !

RFI : Vous dites qu'il est normal que justice se fasse. Seriez-vous prêt, le cas échéant, à comparaître devant un tribunal ivoirien ?


C.B.G. :
Cela ne me pose aucun problème ! A condition que monsieur Ouattara soit mon voisin ! Parce que, quand on va comparaître, vous savez très bien qu'il a commis des actes, que des hommes ont commis des actes ignobles, en son nom ! Alors je suis prêt à comparaître. Mon voisin doit être Alassane Ouattara, mon voisin Soro Guillaume et ensemble nous allons comparaître devant la justice !

RFI : Comment reviendrez-vous sur la scène politique si vous êtes un clandestin, si vous êtes en fuite ?


C.B.G. :
Dites à tous les Ivoiriens qu'un jour, il fera jour. Nous avons perdu une bataille. Nous n'avons pas encore perdu notre combat.

R.F.I. : Vous avez des accents revanchards dans vos réponses. Croyez-vous encore à une solution militaire ?


C.B.G. :
Non, non, non, non.... Pas du tout ! Je ne suis pas revanchard. J'ai toujours pardonné, comme vous savez. Je veux que les Ivoiriens se parlent à nouveau. Je veux qu'il y ait un débat responsable, critique. Je ne suis pas pour le coup de force. Je pense que les Ivoiriens ont déjà été trop traumatisés et ils attendent mieux des hommes politiques que de nouveaux coups de canons.

RFI : Samedi dernier à Paris encore, 1 300 personnes ont manifesté en faveur de la libération de Laurent Gbagbo. Qu'attendez-vous de la France et des Français ?


C.B.G. :
Comme c'est la France qui a permis à monsieur Ouattara d'être au pouvoir, je souhaite que la France pèse encore de tout son poids sur monsieur Ouattara et lui dire que un monsieur Laurent Gbagbo, qui a dirigé la Côte d'Ivoire et qui a obtenu, selon les résultats de la Commission électorale plus de 49% des suffrages, ce monsieur ne peut pas être maintenu au nord (du pays). A ce sujet d'ailleurs,  le 16 juillet, le Conseil européen du congrès panafricain de la jeunesse des patriotes se réunit. Je voudrais inviter tous les Africains, qui vivent à Paris, à participer à cette conférence. Pour la première fois, on verra ce que je suis devenu, et cela à travers une vidéo exclusive que nous allons projeter.

RFI : Charles Blé Goudé, merci.


Source: RFI.FR

 

Ecouter l'interview de Charles Blé Goudé à Radio France Internationale (RFI):

 


podcast


lundi, 04 juillet 2011

FAIRE GAFFE A LA RECONCILIATION ET A LA JUSTICE DES VAINQUEURS

 

AHOUSSOU JEANNOT 2.jpg

Nous avions espéré l’après kidnapping du Président Laurent Gbagbo par l’armée française, malgré le choc qu’ils ont pu subir pendant ces heures dramatiques de la jeune histoire de leur pays, comme une période de rapprochement, de pardon et de réconciliation pour les ivoiriens. Qui n’ont en fait pas vraiment le choix s’ils veulent continuer à exister en tant que nation. Notre espérance aura été bien vite déçue.

Le Prix Nobel de la Paix sud-africain et illustre président de la célèbre Commission Vérité et Réconciliation de l’après Apartheid, le Révérend Desmond Tutu, l’aura recommandé aux Ivoiriens lors de sa visite au Président Laurent Gbagbo, à sa résidence surveillée de Korhogo, en compagnie de Monsieur Kofi Anan, ex-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) : « Il faut éviter de parler de justice quand on veut réussir la réconciliation ». Aura-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr.

Encore énivré et grisé par sa chevauchée victorieuse du 28 mai au 11 avril 2011 qui a vu le renversement du régime de Laurent Gbagbo, le RHDP n’en a cure et fait fi du chemin de la sagesse et de l’expérience qui lui est ainsi proposé. Il a décidé de définir sa propre voie de la réconciliation : celle des vainqueurs ! Qui fait table rase de toute considération humanitaire, légal, juridique et même humaine : une centaine de parents, collaborateurs et partisans de Gbagbo emprisonnés sans aucun chef d’accusation, dans des conditions inhumaines ; l’ex-Première Dame, la Député Simone Ehivet Gbagbo, mise aux arrêts sans aucune levée de son immunité parlementaire ; un Premier Ministre et des ministres inculpés sans que ne soit mise en place la Haute Cour de justice ivoirienne, seule juridiction habilitée et compétente, selon notre Constitution, à juger les hautes autorités de l’Etat. Or Me Ahoussou Jeannot, le Ministre de la Justice de Ouattara, l’avait déclaré presqu’avec serment : « Nous sommes soucieux du droit et de la justice », avait-il confié à Jeuneafrique.com. Non seulement on ne tient aucun compte de la nécessité de prendre une option véritable pour le rapprochement des ivoiriens et leur réconciliation mais on escamote les procédures judiciaires. « C’est sous la pression des ONG internationales qu’Alassane Ouattara a enfin bougé et emprunté le chemin du droit », a expliqué un juriste sous le couvert de l’anonymat. Autrement, il ne l’aurait certainement jamais fait, en concluons-nous.

Ainsi, des mandats d’arrêt internationaux seront très prochainement lancés contre Charles Blé Goudé, le leader des « Jeunes Patriotes », et l’actuel porte-parole du président Laurent Gbagbo, Koné Katinan, également Ministre du budget, accusé par le nouveau régime d’avoir procédé à la nationalisation de l’agence ivoirienne de la BCEAO et des filiales des banques françaises BNP Paribas et Société Générale que sont les banques de droit ivoirien, BICICI et SGBCI.

Ainsi le vendredi 24 juin 2011, il a été clairement notifié à quinze (15) hautes autorités de l’Etat et collaborateurs du Président Gbagbo leur inculpation par les services du Parquet du Tribunal de Première instance d’Abidjan, sous au moins 18 chefs d’accusation. Ce sont :

1- Gilbert-Marie Aké N'Gbo, Premier Ministre.


2- Alcide Djédjé, Ministre des Affaires Etrangères.


3- Désiré Dallo, Ministre de l'Economie et des Finances.


4- Ettien Amoakon, Ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l'Information.


5- Christine Adjobi, Ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida.


6- Danielle Boni Claverie, Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant.


7- George Armand Ouégnin, Secrétaire d'État chargé de l'Assurance Mutuelle Universelle (AMU).


8- Philippe Henri Dacoury-Tabley, ancien Gouverneur de la BCEAO.


9- Franck Anderson Kouassi, Président du Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA).


10- Armand Bohui Komé, journaliste au Cabinet de l'ex-Première Dame Simone Gbagbo et ex-membre du Conseil National de la Presse.


11- Norbert Gnahoua Zibrabi, Directeur de publication du journal L'Oeil du peuple et ex-Conseiller technique de Laurent Gbagbo.


12- Simone Hué Lou, Directrice générale adjointe de "La Refondation", société éditrice du journal du FPI Notre Voie.


13- Germain Guézé, cameraman à la RTI, détaché à la Présidence.


14- Chantal Léba, membre de la FESCI, présidente d'un mouvement patriotique.


15- Parfait Atsé Acho, Chef de cabinet de Ahoua Don Mello, au Ministère de l'Equipement et des Assainissements.

Si des procès doivent être ouverts contre des citoyens « indélicats », alors autant que cela se fasse à partir de 2002, où les premiers assassinats et crimes économiques ont été commis contre les Ivoiriens et l’Etat de Côte d’Ivoire par la rébellion conduite par Soro Guillaume et parrainée par Alassane Ouattara. On ne peut absoudre les coupables et incarcérer les victimes, celles qui ont tentées de minimiser ce désastre socio-économique et ses effets par des opérations de sauvegarde et de salut public. Et quand, concomitamment à cette chasse aux sorcières, on embouche le clairon de la réconciliation, nous y perdons notre latin. Cette justice à sens unique nous conduit, inexorablement, dans le mur. Ce n’est qu’une question de temps.

Monsieur le Chef de l’Etat, si tant est que vous souhaitez aller à la paix avec tous les Ivoiriens, vos signaux et messages de réconciliation sont parfaitement illisibles. Aussi bien dans les médias d’Etat ivoirien – accusateurs du camp adverse et cachant mal une contemplation jouissive de sa déchéance – que dans vos actes chargés d’une forte connotation vindicative.

Oui, les appels du pied d’Alassane Ouattara à la réconciliation sont si illisibles que toutes les démarches de ses émissaires auprès des exilés ivoiriens au Ghana et au Togo (où il a lui-même, de vive voix, sollicité le retour de ses concitoyens) auront accouché d’une souris. Le Colonel-major Konan Boniface (jeune, brillant et valeureux officier supérieur de l’armée ivoirienne, major de sa promotion parmi les marine’s américains), Commandant du Théâtre des opérations (Com-théâtre) sous le régime du Président Laurent Gbagbo, se refuse à revenir au pays. Ou du moins, n’y reviendra qu’« au moment opportun », selon ses propres termes. Et avec lui, des dizaines de milliers d’Ivoiriens, ainsi que de redoutables soldats, armés et bien entraînés. Pourquoi donc ? Parce qu’ils ne voient pas de sincérité dans les propos et les actions du camp Ouattara.

Monsieur le Chef de l’Etat, vous ne pouvez tendre une main de velours à vos concitoyens et, de l’autre, cacher un glaive dans le dos. Ce n’est pas de la réconciliation mais plutôt des règlements de compte, qui feront immanquablement le lit d’un repli conservatoire et défensif qui pourrait gravement compromettre la paix en Côte d’Ivoire et conduire à une déflagration générale. Nous vous interpellons, ici. De la façon la plus vive. Un chat aculé dans un endroit clos peut se montrer extrêmement dangereux, nous apprend l’expérience de la vie. Parce qu’on ne lui laisse aucun autre choix pour sa survie.

Nous avons encore souvenance que le Président Gbagbo a évité de mener la traque contre le Président Robert Guéi à Kabakouma, dans sa région natale de Man, après sa chute en 2000, ou contre ses collaborateurs exilés. Sa préoccupation était véritablement de rapprocher tous les Ivoiriens. Et il l’a concrètement traduit par l’organisation du Forum de la Réconciliation Nationale, avec des personnes neutres (ce qui n’est pas le cas du régime Ouattara, pour sa Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation). Il a pour se faire, fait revenir d’exil Messieurs Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, pour dire leur part de vérité à cette tribune et conduire la Côte d’Ivoire vers des jours plus apaisés, même s’ils basculeront, deux ans plus tard, dans une tentative de coup d’Etat muée en rébellion qui balafrera notre pays, par le manque de sincérité de certains participants audit forum. Il aura au moins eu le mérite de mettre en confiance ses adversaires politiques pour les faire revenir dans leur pays et leur a donné des statuts qui siéent à leur rang.

Ne leur avait-il pas notamment, comme nous l’écrivions antérieurement, reconnu un statut d'anciens présidents et d'ancien premier ministre avec salaire présidentiel, voiture de fonction, escorte de sécurité, gardes de corps (au choix des bénéficiaires), résidence de fonction? N'avait-il pas amnistié tous leurs forfaits et nommé leurs hommes de mains dans son gouvernement? N'avait-il pas mis à la tête de ce gouvernement Monsieur Soro Guillaume, chef officiel de la rébellion et ne l'avait-il pas honoré selon son rang? N'avait-il pas promu aux grades militaires supérieurs et payé le rappel de 5 années de salaire à tous les membres de la rébellion en rupture de ban dans l'armée régulière ivoirienne? Et, cerise sur le gâteau, nul parmi eux n’a été, le moins du monde, inquiété pour ses actions subversives, ses crimes économiques et ses délits de droit commun. Voici ce qu’on peut qualifier d’efforts véritables de réconciliation. Pas le simulacre qu’il nous est donné de déplorer, en ce moment, en Côte d’Ivoire.

Ivoiriens, nous voulons aller à la paix. Nous n’avons de cesse de le réaffirmer, depuis le sanglant dénouement de la crise postélectorale, intervenu en avril 2011. Prenons donc garde à la réconciliation et à la justice des vainqueurs. Périlleuse et aux issues incertaines. Au risque de faire basculer la Côte d’Ivoire, notre beau pays, dans une nouvelle spirale de violence dont on ignore totalement ce que seront les aboutissements.

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

 

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 254 du mercredi 29 juin 2011

samedi, 02 juillet 2011

MAMADOU KOULIBALY, JUSTICE, LMP, FPI: KONE KATINAN (PORTE-PAROLE DE GBAGBO) REPOND A TOUT


KONE KATINAN JUSTIN.jpg

Il s'est enfermé dans un silence prudent depuis les évènements qui ont favorisé la chute de Laurent Gbagbo courant avril. Koné Katinan Justin, ministre délégué au budget dans le gouvernement Aké N'gbo se trouve aujourd'hui- comme bien de cadres de l'ancien régime- en exil. Il est depuis fin mai porte-parole du chef de l'Etat déchu Laurent Gbagbo. Par le truchement d'une personne ressource, nous avons pu établir le contact avec ce diplômé de l'Ena, haut cadre des Impôts. L'interview a été réalisée via internet. Exclusivité.

Bonjour, comment allez-vous ?

Koné Katinan Justin : Je vais bien. Tout juste un peu fatigué.

Bientôt trois (3) mois que votre leader, Laurent Gbagbo, a été défait militairement. Etes-vous remis de ces terribles moments ?

K.K.J : Certainement pas. On ne se remet pas aussi vite d'un tel traumatisme. Mais nous avons hérité de lui qu'il ne sert à rien de pleurer devant l'adversité. Cet enseignement nous permet au moins de nous surpasser. C'est ce que nous faisons.

M. Koulibaly Mamadou, président intérimaire de votre parti, le FPI, a expliqué dans une récente interview à Jeune Afrique que « tous les militants et cadres se demandent pourquoi Laurent Gbagbo s'est entêté à ce point à la limite de l'irrationnel ». Faites-vous partie de ces cadres-là qui pensent que Laurent Gbagbo s'est « entêté à la limite de l'irrationnel » ?

K.K.J : Tout dépend de ce que Mamadou Koulibaly comprend par l'entêtement. Lui et moi n'avons pas la même lecture des événements. Moi j'étais en Côte d'Ivoire et il était, lui, au Ghana. Peut-être que la distance que chacun avait par rapport au théâtre de ces douloureux événements justifie la différence de compréhension et d'analyse de ces événements. En tout cas, je ne vois pas en quoi le Président Gbagbo s'est entêté jusqu'aux limites que Mamadou Koulibaly qualifie d irrationnelles. Je ne fais pas partie de ces cadres qui pensent comme lui, et je ne suis pas sûr qu'il en existe plus de deux dans le parti.

Mais objectivement, vous ne pensez pas que Laurent Gbagbo, seul contre tous, n'avait aucune chance de demeurer au pouvoir ?

K.K.J : Mais Gbagbo n'était pas seul ! Il avait le peuple, l'armée et les institutions de l'Etat y compris l'Assemblée Nationale avec lui. Une élection n'est pas une compétition internationale. C'est d abord une affaire domestique. Le cas de la Cote d'Ivoire va certainement faire école. Quelles justifications aurait-il données à ces millions de personnes qui ont porté leur choix sur lui s'il avait eu une conduite autre que celle qu'il a eue si heureusement ? Par ailleurs, ce débat me semble dépassé. Les Ivoiriens s'interrogent comment faire pour avancer c'est cela qui me paraît vraiment important. Et sur ce point, le président Gbagbo, lui-même, a indiqué le chemin le jour de son arrestation par l'armée française quand il a dit il faut passer à la phase politique de la résolution de la crise après les opérations militaires. Je crois qu'il est toujours dans la même logique et il attend encore l'autre camp sur ce chemin.

Le débat est dépassé, dites-vous. Doit-on comprendre que vous reconnaissez Alassane Ouattara comme nouveau président de la République ?

K.K.J : C'est sur cette question que le débat politique et la réconciliation tant recherchée prennent tout leur sens. Il y a eu une élection à l'issue de laquelle deux candidats revendiquent chacun la victoire. L'un est défait militairement par une force de surcroît étrangère, mais le problème n'est pas, pour autant, réglé. La légitimité ne se trouve jamais au bout des canons de fusils. Le problème politique persiste. Et c'est là où l'intelligence humaine fait la différence. Qu'est-ce que l'on fait face à une telle situation. C'est là où la politique, en tant que moyen de gestion civilisée des contradictions et des conflits dans la société, joue un rôle déterminant. Pour que l'on arrive à une solution définitive qui rassure tous les Ivoiriens sur leur avenir, le débat politique civilisé doit s'ouvrir entre personnes de grande intelligence comme les deux candidats pour trouver la solution. Au terme de ce débat, toutes les conclusions sont faciles à tirer. C'est ce qu'attend le Président Gbagbo.

Donc, vous ne reconnaissez pas la décision du Conseil constitutionnel qui fait d'Alassane Ouattara, le nouveau président de la République ?

K.K.J : Il y'en avait une qui existait déjà. Un Conseil Constitutionnel ne se dédit pas. Si la décision du Conseil Constitutionnel était suffisante pour trancher la question ivoirienne, pourquoi avoir fait la guerre alors qu'il avait déjà rendu un verdict. C'est dire que le problème est ailleurs. Je répète que le problème reste fondamentalement politique. Il faut lui trouver une solution politique sans faux-fuyant. Et on ne peut le régler en excluant de ce débat le Président Gbagbo comme cela a semblé être le cas jusqu'à présent. Quand le Président Gbagbo désigne un porte-parole c'est qu'il entend participer au débat politique sur la suite de la gestion de la crise. Il ne faut pas lui chercher une alternative alors qu'il est encore bien vivant et il est le principal concerné par cette affaire. C'est pourquoi en notre qualité de porte-parole, nous avons saisi le Premier Ministre Charles Konan Banny, en tant chargé de la réconciliation en interne, et le comité des sages conduit par Desmond Tutu et autres Kofi Annan en tant que réconciliateurs extérieurs, qui sont à notre avis, les principaux points de jonction entre les deux candidats pour ouvrir le débat politique, qui s impose dans tous les cas de figure. Mieux vaut peut-être l'ouvrir maintenant.

Vous affirmez que le Conseil constitutionnel ne se dédit pas. En voulez-vous à son président Paul Yao N'Dré qui a proclamé Alassane Ouattara, président de la République ? N'a-t-il pas fait l'objet de pressions ? On parle d'une médiation du président John Atta Mills...

K.K.J : Quand on n'est pas capable d'assumer une responsabilité on ne l'accepte pas. Un président de Conseil Constitutionnel ne se laisse pas impressionné.

Un journal vous a cité comme faisant partie d'un groupe de cadres pro-Gbagbo prêts à monter une action de déstabilisation contre le régime en place. Que répondez-vous ?

K.K.J : On ne peut pas être à la fois porte-parole de Gbagbo et adepte des actions de déstabilisation dont a parlé ce journal. Il y a là une incompatibilité absolue. J'avais déjà répondu à ce journal. Je ne reviendrai plus là-dessus. Le credo du Président est et demeure toujours « Asseyons nous et discutons ». Il n'a pas changé et je ne vois pas pourquoi ses lieutenants changeraient. C'est un homme politique et il reste politique.

Un autre canard vous accuse d'avoir acheté une maison à 400 millions de F cfa à Accra avec l'argent du « braquage de la Bceao à Abidjan ». Que dites-vous ?

K.K.J : J'aimerais bien qu'on passe à des choses plus sérieuses. Il y a des personnes qui dessinent le monde de leurs rêves à travers des allégories. L'on tente de faire de moi le héros d'un film de science fiction. Je refuse de jouer ce rôle. J'étais ministre dans un gouvernement et non un chef de gang. Je ne crois pas que ce débat inutile puisse faire avancer la cause de notre pays. Allons-y à l'essentiel.

Qu'est-ce que cela vous fait de savoir que les nouvelles autorités s'apprêteraient à lancer un mandat d'arrêt international contre vous et certains cadres pro-Gbagbo ?

K.K.J : Elles ont certainement leurs raisons. Je suis un justiciable comme tous les citoyens de ce pays même si mon statut d'ancien ministre me donne quelques protections. Mais comme je l'ai dit tantôt, tout dépend de l'objectif recherché. Est-il opportun de boucher toutes les voies de discussions ? Le conflit est rentré dans une phase civile où l'on a besoin de se parler. La désignation d'un porte-parole par le président Gbagbo répond à ce souci. Peut-être, faut-il laisser des pistes de rencontre possible. Dans un schéma de sortie d'une crise aussi profonde que celle de la Côte d'Ivoire, cela me semble un minimum indispensable. Le Président en prison, le président du parti, tous les deux premiers vice-présidents en prison, il faut savoir, à mon humble avis, laisser l'ouverture nécessaire à la discussion comme le Président Gbagbo lui-même l'a fait pendant tout le temps où il a exercé effectivement le pouvoir d'État. C'est tout cela que nous appelons le débat politique. Choisir la voie, la meilleure pour sortir de cette mauvaise passe reste le gage de succès de la réconciliation. Mais tout cela est de la responsabilité des nouvelles autorités. Il leur appartient de prendre la juste décision.

Vous dites que vous êtes ancien ministre. Le problème, c'est que le pouvoir actuel considère le régime auquel vous avez appartenu illégitime. Pour cela d'ailleurs, le ministre Jeannot Ahoussou a annoncé, en conférence de presse, que Laurent Gbagbo sera jugé devant une Cour d'Assise pour des « infractions contre l'autorité de l'Etat, atteinte à sa souveraineté... »

K.K.J : Je vous ai dit que c'est son droit de vouloir poursuivre les personnes qu'il soupçonne coupables de crimes et délits. Il est ministre de la Justice, il a donc, à travers le Procureur de la République, l'initiative des poursuites pénales. Personne ne lui conteste ce droit. Mais, maintenant c'est au tribunal saisi de trancher l'affaire. Il y a certainement ce que veut le ministre, mais il y a aussi ce que dit le droit. Et le droit est dit par un Juge à la suite d'une procédure contradictoire. Nous ne sommes tout de même pas revenu à la période de l'inquisition. Cela dit, je m'interroge toujours sur l'opportunité de ces poursuites eu égard à la situation de la Côte d Ivoire. Est-il encore nécessaire de cristalliser davantage les positions déjà suffisamment tranchées et qui ne font que faire douter les Ivoiriens sur leur capacité à surmonter leurs contradictions internes ? Quelle gloire tire-t-on à vouloir emprisonner tous azimuts un Président de la République et les Hauts serviteurs de l'État. Il est temps de couper la chaîne des ressentiments nés depuis 1999. Il ne faut pas la transmettre aux générations futures. Or, j'observe que les ressentiments ne font qu'augmenter. Il faut éviter de frelater notre propre histoire au point d'en faire, comme le disait Nietzche, un poison pour nous mêmes. Nous avons cette capacité de dépassement. Il faut le faire. Le Président Gbagbo l'a suffisamment démontré.

Vous semblez demander l'abandon des poursuites au nom de la réconciliation là où les nouvelles autorités pensent que justice et réconciliation vont ensemble ?

K.K.J : Je n'ai jamais demandé d'abandonner les poursuites. Je dis qu'il faut éviter de donner l'impression de faire la justice des vainqueurs. Cela risquerait de compliquer encore plus la situation du pays. Pour moi, la solution et, je le répète, reste politique. Seul le débat politique peut faire sortir la Côte d'Ivoire de la situation difficile qu'elle traverse. On oublie que le Président Gbagbo a été défait militairement là où l'UA proposait une solution politique et lui- même ne demandait rien d'autre qu'un seul recomptage des voix. C'est un aspect important. Mais, une fois encore, je répète qu'il est à la fois du devoir et de la responsabilité des nouvelles autorités de faire ce qui leur semble bien pour le pays. Ce n'est plus à Gbagbo de décider. Il attend toujours sur le chemin du débat politique civilisé. En tout conflit, il faut savoir s'aménager une petite porte de sortie.

Quelles sont les dernières nouvelles que vous avez de Laurent Gbagbo ?

K.K.J : Les dernières nouvelles que j'ai de lui me font dire qu'il irait bien. Il est cependant préoccupé par le sort de la Côte d'Ivoire. Il s'inquiète du sort de tous ces milliers de personnes qui sont en exil. Il pense profondément à toutes ces familles détruites, aux veuves des Fds et des simples citoyens, aux orphelins de cette tragédie et aux prisonniers. A ces milliers de jeunes qui ont cru à la démocratie et qui sont obligés pour cela de vivre qui, en brousse, qui en exil. A tous ces élèves et étudiants qui ne pourront plus retourner dans les classes et les amphithéâtres. Il en est malheureux. Il prie pour eux. Il leur demande de croire à la Cote d Ivoire et à la capacité de ses fils et filles de se surpasser. Il leur exprime toute son amitié. Enfin, je pense à sa famille et notamment à sa mère de plus de 88 ans, contrainte de vivre en exil après avoir tout perdu.

Au fait, où vous trouvez-vous ? On vous annonce tantôt à Accra, tantôt à Luanda....

K.K.J : Je ne crois pas que là où je suis puisse faire avancer la cause de la Côte d Ivoire.

Comment se fait-il que vous ayez été nommé porte-parole de Laurent Gbagbo au lieu et place de Gervais Coulibaly qui assumait cette fonction jusqu'à la chute de l'ancien Président ? Est-ce parce que Gervais Coulibaly ne faisait plus l'affaire ?

K.K.J : Mon grand-frère Gervais est, reste le porte-parole du Président en exercice. Son petit-frère assume la même fonction pour la même personne mais qui est dans une autre posture. Il s'agit d'un Président en prison. En me désignant comme porte-parole, le Président Gbagbo ne fait que confirmer Gervais. Vous ne pensez tout de même pas que je vais exercer cette fonction sans la bénédiction et la supervision de mon grand-frère. Je suis Tagbana et l'on m'a enseigné très tôt le sens du respect des aînés et les rapports sociaux dans une famille. Je n'aurais jamais accepté cette mission malgré toute ma loyauté vis- à-vis du Président si Gervais ne me l'avait pas permis. Ces choses-là relèvent du sacré chez nous. Considérez que c'est le grand-frère Gervais qui continue d'exercer cette mission et qui continue de bénéficier ainsi de la confiance du Président Gbagbo.

Le ministre Jeannot Ahoussou a indiqué que vous deviez répondre personnellement devant la justice pour avoir conduit la nationalisation forcée de certaines banques commerciales. Il a aussi dit que la somme d'un milliard de F cfa décaissée pour payer les travailleurs d'une banque commerciale, au marché d'Adjamé, a disparu. Que répondez-vous ?

K.K.J : Je vous ai dit que je ne veux pas jouer le héros d'un film de science fiction. Le ministre Ahoussou est garde des sceaux. Dans l'ordre protocolaire du gouvernement, quand il n'y a pas de ministre d'État, c'est pratiquement la deuxième personnalité du Gouvernement après le Premier Ministre. Il est mieux placé pour savoir les compétences d'un ministre délégué dans un gouvernement. J'ai eu la chance de travailler avec le ministre Dallo Désiré, un homme de grande ouverture d'esprit héritée de sa longue expérience du privé. Je profite pour le remercier pour l'encadrement qu'il a bien voulu m'apporter pendant cette brève mais intéressante expérience ministérielle. Je n'accepte pas que l'on lui fasse l'injure de le présenter comme un incompétent et que tout le mérite de l'action du cabinet revienne à son délégué. Cela dit, ce n'est même pas un ministre qui fait une nationalisation. Elle est faite par décret et il n'y a qu'une seule personne qui prend le décret, c'est le Président de la République. Évidemment la solidarité gouvernementale nous rend tous comptables de l'action du gouvernement. Mais de là à penser qu'un ministre délégué a pu forcer la main au Président de la République, c'est un peut trop me surestimer. Mais en tout état de cause, ce que je tiens à dire, c'est que le rôle que j'ai eu à jouer en tant que ministre délégué ou membre du gouvernement dans le dossier des banques, si c'était à reprendre, je ferais la même chose. Pour moi, le comportement des banques en Côte d'Ivoire pendant cette période ne peut mériter aucune condescendance ou une quelconque compassion. Je serais ministre sous le Président Ouattara ou le Président Bédié, je ferais la même chose. C'est une question de conviction personnelle. Moi, je suis client de ma banque depuis plus de 20 ans. Elle m'a démarché alors que j'étais à l'ENA (Ecole normale d'Administration). Elle n'a pas le droit de se comporter avec moi comme les banques l'ont fait avec leurs clients. C'est un acte purement raciste et il s'agit là de la position d'un client. Un banquier n'est pas un épicier. Je dénoncerai ce comportement quel qu'en soit le prix. L'on parle de milliers de morts dans les affrontements militaires. Mais personne ne peut déterminer le nombre de personnes décédées suite à cette décision hasardeuse et méchante des banques. Ce n'est pas parce que je suis en exil ou sous les menaces de poursuites judiciaires que je renoncerai à cette conviction profonde.

Pour ce qui concerne cette fameuse histoire d'argent d'Adjamé, je pense que la banque en question a des services de comptabilité. Mois je n'ai jamais vu cet argent. Ce n'est pas le rôle d'un ministre de garder l'argent. Il y a des services compétents pour cela. Des instructions ont été données pour faire arrêter l'opération clandestine et humiliante de paiement des salariés d'une banque dans un marché. L'opération a été arrêtée et les paiements se sont poursuivis le lendemain dans les locaux de cette banque. Il ne faut pas me donner plus de responsabilité ou de mérite que je n'en avais.

Etes-vous en contact avec un certain nombre de cadres, Ahoua Don Mello, Emile Guiriéoulou...le leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé ?

K.K.J : Je n'ai aucun contact avec personne pour le moment. Je sais seulement qu'ils vont bien selon mes sources d'informations.

Si vous étiez à Abidjan, vous vous trouveriez certainement aux côtés de vos camarades à la Pergola dont 15 viennent d'être inculpés. Avez-vous le sentiment, en étant à l'extérieur, de les avoir trahis ?

K.K.J : Je ne crois pas qu'ils se soient donné librement rendez vous là-bas pour se manifester mutuellement la solidarité. Je mesure leur souffrance. Mais c'est la même souffrance que ceux qui sont en exil endurent à quelques variances près. La place d'un citoyen heureux et libre n'est certainement pas en exil ou dans une prison, fût-elle un hôtel. C'est justement pour cela que le président Gbagbo appelle au débat politique qui est, seul, capable de rassurer les Ivoiriens et de cicatriser, un tant soit peu, les plaies intérieures.

Laurent Gbagbo est poursuivi en justice sur le plan national. Il le sera peut-être au niveau de la CPI. A 66 ans, on peut dire qu'il est politiquement fini ?

K.K.J : C'est quoi être politiquement fini ? Je ne pense pas que vous partagiez le rêve de certains des nôtres qui se précipitent, tête baissée, en étant dans la même logique de la fin politique du Président Gbagbo. Un homme politique ne finit jamais surtout quand on a la trempe du Président Gbagbo. Même s'il n'exerce plus le pouvoir d'État, son influence sur la scène politique ne peut se nier. Il a créé un parti qui reste une force incontournable dans le jeu politique ivoirien. J'observe les soucis inutiles que certains des nôtres se donnent pour retourner la créature contre son créateur. C'est à la fois amusant et utopique.

Vous êtes membre du secrétariat général du FPI. Vous semblez en opposition avec le président intérimaire du parti qui pense qu'il faut repenser votre idéologie et changer le nom du parti ?

K.K.J : Je réponds à cette question en tant que cadre du FPI. Ce n'est pas la mission d'un intérimaire. Il faut un peu de discipline en toute chose. Un intérimaire gère les affaires courantes. Le changement de l'idéologie d'un parti ou de son nom ne se décide pas comme cela dans un coin de la rue. Le FPI est un parti trop sérieux et trop organisé pour être traité de la sorte. C'est une opinion personnelle. Il y a, à mon avis, de la précipitation dans la gestion de l'intérim. Les Ivoiriens commencent à prendre trop de goût au coup de force. C'est dangereux pour la démocratie.

Fait-il bon vivre à Luanda ?

K.K.J : J'y suis allé il y a si longtemps que je ne sais que vous répondre.

 


Réalisé par Kisselminan COULIBALY, in le quotidien ivoirien "Soir-Info"

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

mercredi, 29 juin 2011

MAMADOU KOULIBALY : BILAN DU FPI, EVALUATION DE OUATTARA, DETTE PUBLIQUE, RELATIONS AVEC LA FRANCE, RESPECT DE LA CONSTITUTION, ELECTIONS LEGISLATIVES…





MAMADOU KOULIBALY.jpg

Alors que le microcosme ivoirien bruisse des rumeurs de restructuration du Front populaire ivoirien, et qu'Alassane Dramane Ouattara brade les fleurons économiques et industriels aux entreprises françaises, Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale et leader de l'opposition, s'exprime sur les sujets cruciaux et rappelle à l'ordre un Alassane Ouattara qui, à peine investi, s'est déjà mué en satrape hors-la-loi. Un entretien sans fard et constructif, qui augure d'une opposition salvatrice dans un pays à la dérive. Mahalia Nteby.


Vous êtes d'ordinaire très critique à l'égard du Fpi. Peut-on globalement dire que les 10 années de gestion du Fpi ont été profitables à la nation ?

Le bilan du FPI est difficile à dresser lorsque l'on sait que dès son arrivée au pouvoir Laurent Gbagbo a opté pour un partage du pouvoir avec les partis d'opposition. Ce partage a ensuite été «institutionnalisé» par les accords de Marcoussis et le FPI a été nettement minoritaire dans les gouvernements qui se sont succédé avec de surcroît des premiers ministres d'opposition. Dans ce contexte, il est difficile d'appliquer un programme et d'avancer efficacement. Sûrement, ce constat est un point positif puisqu'il nous a permis aujourd'hui de refuser d'entrer au gouvernement pour laisser une chance à la nouvelle équipe de mettre en place en toute responsabilité sa politique. Il est important que la notion de responsabilité émerge enfin dans le pays. Le partage du pouvoir n'est non seulement pas propice à cela mais va contre la démocratie même qui nécessite des contre-pouvoirs pour exercer un contrôle sur les dirigeants en place. Si nous partageons tous «le gâteau», plus personne ne contrôle rien et chacun rejette les responsabilités sur l'autre.

Je crois cependant qu'il est important de souligner les actions positives de la politique de refondation du FPI. La Côte d'Ivoire n'a pas connu une seule crise que l'on appelle la crise postélectorale. Elle en a connu plusieurs, dont une que l'on a tendance à oublier. C'est la sévère crise économique des années 80 dont les effets sont encore vivaces de nos jours. Quand nous sommes arrivés au pouvoir en 2000, la Côte d'Ivoire était en faillite avec un taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) négatif de -3%. Au moment où nous partions aux élections en octobre dernier, la Côte d'Ivoire avait un taux de croissance du PIB de près de 4%. C'est-à-dire qu'entre 2000 et 2010, nous avons fait un bond de 7 points. Aucun pays au monde, dans une situation de crise comme celle de la Côte d'Ivoire n'a jamais réalisé une telle performance. Et ça été bien pour la Nation en construction.

En ce qui concerne la démocratie, le FPI a à son actif l'élection démocratique de Laurent Gbagbo en 2000. Aussi imparfait qu'ait été le scrutin, il est arrivé au pouvoir par les urnes et cela était un pas en avant après les pages noires de la bataille de la succession d'Houphouët puis du coup d'Etat de 1999. Et ça aussi a été bien pour la Nation en construction.

On peut également mettre à l'actif du FPI l'explosion de la libéralisation de la presse écrite. On a vu ces dernières années nombres de journaux de tous bords fleurir et s'exprimer librement. On ne peut pas dire que cela a fait du mal à la Nation en construction.

Le FPI a également aboli la carte de séjour qui avait été mise en place par le gouvernement Ouattara dans les années 90 et, contrairement à l'idée reçue que le FPI est xénophobe, c'est durant ces dernières années que le nombre de naturalisation a augmenté de manière exponentielle. Et cela a aussi été très bien pour la Nation en construction.

Il faut également souligner le travail réalisé dans le recul de la dette. Notons que la dette de la Côte d'Ivoire remonte essentiellement aux années 70, 80 et 90. C'est au cours de ces trois décennies qu'elle a connu une évolution fulgurante. De 100 milliards de francs CFA, équivalant à 17,7% du PIB en 1973, le montant de la dette est passé successivement à 2371 milliards, soit 75,6% du PIB en 1985 puis 8468 milliards, soit 136% du PIB en 1996. Il a donc fallu être économe et stratège pour faire reculer ce fléau. Grace à la discipline budgétaire, en mars 2009 la Côte d'Ivoire a pu être élue, pour la première fois, à l'initiative PPTE qui vise à annuler cet héritage empoisonné. Nous avions obtenu que les créanciers de la Côte d'Ivoire annulent, à partir de mars 2011, plus de 6400 milliards de francs CFA. Cette bonne gestion mérite d'être soulignée même si la guerre est venue retarder cette perspective. Et Ouattara ne peut construire que sur la base du point de décision obtenu en 2009 par le FPI auprès de la communauté des créanciers de son Etat. N'est-ce pas bien çà pour la Nation en construction ?

N'oublions pas également que sous l'action du FPI, l'organisation de l'Etat a connu une importante métamorphose par une promotion intensive de la décentralisation. Nous sommes passés de la vision du centralisme étatique des quarante premières années de notre Nation à une vision plus libérale où l'Etat concède aux populations la capacité de s'auto déterminer elles-mêmes dans certains domaines du développement local. Il reste encore du chemin à faire pour améliorer ce modèle décentralisé mais le principe a été posé durant cette dernière décennie. Et les populations ont apprécié nous les en remercions.

Il est vrai, comme vous le dites dans votre question, que je ne suis pas tendre avec le bilan du parti car je crois qu'il est inutile de masquer les dérives, mais il est tout aussi important de souligner les acquis et les actes que nous avons posés dans le sens de la démocratie et du progrès. Cela aussi raffermit la démocratie et le FPI est le seul parti capable de se le permettre pour le moment. L'autocritique ne peut faire que du bien à une Nation en construction.

Si tant que est que le bilan de Gbagbo est aussi positif, pourquoi les Ivoiriens ne l'ont pas reconduit lors de l'élection du 28 novembre ?

Il y a tellement eu d'urgences à gérer et de négociations stériles après la tentative de coup d'Etat de 2002 et la rébellion qui l'a suivie que la communication dans le pays s'est limitée à la gestion de la crise et aux commentaires sur les accords successifs signés. La communication n'a pas été bonne puisqu'on a donné l'impression d'être dans une situation d'attente de la résolution de la crise, d'attente des élections, alors que cette attente n'était pas dépourvue d'aspects constructifs malgré les freins imposés par le gouvernement d'union nationale. Il faut dire qu'il est moins glorieux d'annoncer que l'on a fait des économies pour réduire le montant de la dette héritée de ses prédécesseurs que de contracter un énorme emprunt pour réaliser des routes, des hôpitaux, des écoles. La bonne gestion n'est pas très populaire car elle ne se voit pas.

De plus, nous avons commis la faute politique qu'il ne fallait pas: aller aux élections sans qu'il n'y ait eu application intégrale de l'accord de Ouaga. Nous sommes allés aux élections sans désarmement, sans redéploiement de l'administration, sans unicité de caisse, sans réunification du pays, et sans la réalisation de bien d'autres exigences de l'APO, qui n'a été qu'un mauvais accord de surcroît mal appliqué. L'issue nous aura été fatale.

Pensez-vous que Ouattara est-il bien ou mal parti pour relever les défis qu'il s'est imposés ?

J'avoue qu'il est un peu tôt pour poser un jugement intangible mais les premiers mois de gouvernance d'Alassane Ouattara interrogent. En effet, s'il ne maîtrise pas ses chefs de guerre, s'il ne libère pas le pays de ces hommes en armes marginaux qui règnent par la terreur, se rémunèrent des vols et rackets, il sera difficile de relever le défi de l'état de droit qui pourtant est le socle de tout notre développement. Quel Ivoirien va vouloir investir dans le pays dans les conditions actuelles de chaos ? Quel investisseur étranger va prendre le risque de lancer des activités ici alors qu'il n'y a de sécurité pour personne? Pourtant si l'économie ne redémarre pas, nous allons de nouveau entrer dans le cycle cauchemardesque de la dette publique. En Côte d'Ivoire, on a coutume de parler de dons de la part des institutions financières internationales mais gardons en tête que ce sont des prêts à l'Etat et au gouvernement à taux non marchands qui, depuis cinq décennies, handicapent l'avenir. De même que nous payons la dette des générations passées, de même nous endettons nos enfants et nos petits-enfants. Au lieu de la richesse, nous transmettons plutôt la pauvreté aux  générations à venir. Et çà ce n'est pas bien pour la Nation en construction.

Notons également que comme son prédécesseur, le Président Ouattara gouverne par ordonnances illégales et par décrets dans l'attente des prochaines élections législatives qui ne pourront être organisées qu'en fin d'année. C'est la porte ouverte à tous les abus car il n'y a aucun garde-fou. Rien ne l'empêche pourtant de travailler avec le Parlement au sein duquel ses alliés politiques pourraient lui apporter la majorité des voix. Il y a des décisions importantes à prendre. Le pouvoir absolu sans contrôle et sans contre-pouvoir est très dangereux pour la Nation en construction.

Le budget vient d'être adopté cette semaine par ordonnance sans même avoir recueilli l'avis des représentants du peuple à l'Assemblée nationale. C'est de mon point de vue une grave erreur que je ne manquais pas non plus de relever dans les pratiques de l'ancien pouvoir. On note de toutes parts des critiques du FPI formulées par le nouveau régime, mais on reproduit ses erreurs les plus graves. De surcroît, le Président Ouattara verrouille son système en positionnant ses amis dans les secteurs stratégiques... C'est assez inquiétant car nous sommes loin de cette démocratie au nom de laquelle tant d'ivoiriens sont tombés.

Ce qui me semble inquiétant également, c'est cette passion exercée par l'Etat français sur le Président. Certes il doit beaucoup aux autorités françaises. De ce fait, certaines grandes entreprises françaises se sont taillées la part du lion dans les premiers chantiers mis en œuvre depuis le début de son mandat. Je ne dis pas qu'il faille marginaliser les entreprises françaises, bien au contraire, mais notre pays ne doit pas être la chasse gardée de quelques-unes à l'exclusion de nombreuses et performantes entreprises européennes, américaines ou provenant des pays émergents. Ouattara qui se dit libéral devrait avoir une vision plus ouverte du libre-échange, de l'appel d'offre et de la transparence des contrats et éviter les pièges du protectionnisme qui à terme appauvrit nécessairement. Le monde est grand et ouvert plus que jamais. Nous ne pouvons rester immuablement le regard tourné exclusivement vers Paris car nous risquons de perdre des opportunités intéressantes dans le monde globalisé. Et l'Etat en France a ses propres contraintes avec les déficits énormes de son budget et de son commerce extérieur qui tendent à la présenter comme un Etat qui vit au-dessus de ses moyens.

Je compte sur le temps et espère vivement que l'équipe en place rétablisse l'état de droit, la sécurité et les libertés individuelles au plus vite. Nous avons, à travers ses discours, noté des volontés, il convient désormais de poser des actes concrets. La gouvernance ne peut se limiter à une bonne communication.

Donc, pour répondre à votre question, j'ai le sentiment que le Président Ouattara part mal pour relever ses défis mais il est encore temps de redresser la barre, donc nous attendons avec un œil vigilant.

Le budget 2011 adopté par ordonnance s'élève à 3050 milliards, avez-vous des réserves à poser ?

J'ai répondu à cela dans votre précédente question. Il est inquiétant que le budget n'ait pas été présenté à l'Assemblée nationale pour être débattu entre les députés. Les ordonnances qui instituent ce budget sont illégales. Nous ne savons même pas si ce budget corrige le défaut d'unicité des caisses. Comment ce budget sera-t-il exécuté s'il n'y a pas d'administration redéployée ? Ce budget réunifie-t-il la Côte d'Ivoire ?

Chez Ouattara, on estime que votre Parlement n'est plus représentatif du peuple ivoirien qui l'avait élu pour 5 ans et qu'aucun texte ne permet de proroger le mandat des députés. Doit-t-on soumettre des lois à un parlement illégal ?

Alassane Ouattara, lors de sa prestation de serment, a juré de respecter et de défendre fidèlement la Constitution. Rien dans la Constitution ne lui donne le droit de décréter la fin du mandat du Parlement. Au mieux, il pourrait demander son avis au Conseil constitutionnel, à moins qu'il considère que le Conseil constitutionnel est illégal également. Auquel cas, la prestation de serment qui a eu lieu le serait aussi.

On ne peut pas violer la Constitution et le Président de la République n'est pas au-dessus de la Constitution que je sache. Ceux qui estiment, comme vous dites, chez Ouattara, que le Parlement est illégal devraient mettre aux arrêts tous les députes pour exercice illégal d'activités législatives. Il devrait leur être interdit de mettre les pieds à l'Assemblée nationale. Et chaque fois que quelqu'un se présenterait comme député, il devrait être poursuivi pour faux, usage de faux et d'usurpation de titre.

Dire qu'aucun texte ne permet de proroger le mandat des députes relève d'une bien curieuse façon de lire le droit chez ceux qui le disent. La législature qui devait durer cinq ans dure jusqu'à ce jour. Quelles en sont les raisons? La réponse à cette question doit être à la fois recherchée dans la lettre et l'esprit de l'alinéa 4 de l'article 59 de la Constitution et également dans l'avis du Conseil Constitutionnel de décembre 2005 sur la prorogation du mandat de l'Assemblée nationale. 

Selon l'alinéa 4 de l'article 59 de la Constitution, les élections législatives ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale. L'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale élue en 2000 devant prendre fin le 16 décembre 2005, l'élection des nouveaux députés aurait dû intervenir 20 jours au moins et 50 jours au plus avant le 16 décembre 2005, soit entre le 27 octobre et le 26 novembre 2005.

L'élection n'étant pas intervenue, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne pouvaient prendre fin. Simple question de bon sens. Il résulte de ce qui précède que l'élection des nouveaux députés doit impérativement avoir lieu avant l'expiration du mandat des députés en cours.

La lettre de l'alinéa 4 de l'article 59 de la Constitution est confirmée par la pratique constante de l'élection des députés depuis 1960. Le débat sur les pouvoirs de l'Assemblée Nationale au-delà de décembre 2005 a été soulevé en son temps et le Conseil constitutionnel, saisi à cet effet, a rendu un avis concluant au maintien de ladite institution dans ses prérogatives jusqu'à l'élection des nouveaux députés. Peut-on ignorer cet avis et prétendre respecter la Constitution et ses Institutions?

Abréger le mandat parlementaire en cours pourrait être interprété comme une violation des dispositions constitutionnelles et légales préjudiciable à l'avènement de l'Etat de droit prôné par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara. Il conviendrait conséquemment de laisser survivre l'Assemblée Nationale pour donner toute plénitude au pouvoir nouvellement élu de prendre les dispositions diligentes pour convoquer le collège électoral en vue du renouvellement de l'Assemblée nationale. La fin prématurée du mandat parlementaire ne peut intervenir que dans les cas suivants: démission, déchéance, décès ou acceptation de certaines fonctions, notamment gouvernementales. Le cas d'espèce soulevé ne correspond à aucune prescription constitutionnelle et réglementaire.

Au surplus, contrairement aux législations prescrivant les motions de censure du Parlement à l'encontre du gouvernement ou de dissolution du Parlement par l'Exécutif, le système institutionnel ivoirien, qui est un régime de séparation des pouvoirs, n'autorise nullement l'Exécutif à abréger le mandat parlementaire, ni le Législatif à renverser l'Exécutif. Si le gouvernement en place veut passer outre les dispositions constitutionnelles, c'est leur affaire mais qu'ils ne nous disent pas qu'il n'y a pas de texte en la matière. Il y a des textes, et ces textes seront alors violés.

Qu'attendez-vous de Ouattara aujourd'hui ?

Il est important qu'il rétablisse la sécurité dans le pays et qu'il mette en place un véritable état de droit. Il est crucial qu'il veille à ce que la justice fasse son travail dans le processus de réconciliation. Il faut en effet mettre en exergue toutes les culpabilités sans couleur politique. Il n'y a pas le clan des gentils au pouvoir et le clan des méchants perdants. Il y a des responsabilités de toutes parts et je compte sur lui pour ne pas biaiser le processus au risque d'anéantir toute possibilité de cohésion sociale.

Dans les jours à venir, en vue de préparer les élections locales, en tant qu'opposant, j'attends de lui que l'on engage une discussion sur des sujets de fond : le redécoupage électoral, la future liste des électeurs, l'augmentation du nombre des députés, la recomposition de la Commission électorale, la sécurisation de la campagne et des scrutins. Je souhaite également aborder le sujet du financement des partis politiques. L'accord de Marcoussis a instauré le financement public des partis politiques et il est important de maintenir cette disposition qui permet à l'opposition d'exister, d'exercer sa mission constitutionnelle et de faire connaître leurs droits et leurs obligations aux citoyens électeurs et aux populations en général. N'oublions pas qu'une opposition libre, au même titre qu'une presse libre, est un contre-pouvoir essentiel dans une démocratie. La démocratie ne peut se limiter à un bulletin dans l'urne au risque de muer vers l'autocratie.

Etes-vous, oui ou non, le dauphin constitutionnel ? La question se pose entre quatre murs ?

Votre question est étrange. Pourquoi «entre quatre murs» alors qu'un quotidien (Nord-Sud) s'est également inquiété de cette question dans son édition du 24 juin dernier, et qu'au RHDP cela fait l'objet de spéculations incessantes ? La terreur que laissait transparaitre l'analyse de vos confrères face à l'hypothèse d'empêchement du Président de la République m'a fait sourire ! Cette crainte démesurée pourrait inquiéter les populations quant à la santé du Président !

Pour vous répondre, expliquons que la Constitution de 2000 a supprimé le dauphinat en Côte d'ivoire. Dans l'ancienne Constitution, le Président de l'Assemblée nationale était le dauphin au sens où la constitution lui permettait, en cas de vacance du pouvoir, de terminer le mandat du Président de la République avec les pleins pouvoirs de celui-ci.

Mais, dans la nouvelle Constitution, le Président de l'Assemblée nationale ne peut plus terminer le mandat du Président de la République. Il a au plus 90 jours pour organiser les élections auxquelles il peut être candidat ou pas. En outre, il n'a pas les pleins pouvoirs d'un Président de la République et ne peut changer de gouvernement, ni renvoyer ou nommer un ministre. Il ne peut modifier la Constitution et ne peut organiser de referendum. L'intérim n'est pas le dauphinat. Les deux notions sont totalement différentes. Le premier se réfère aux structures monarchiques tandis que le second à l'environnement démocratique.

Donc, il faut que les populations le comprennent bien et que le RHDP arrête de paniquer à force de ressasser les mêmes arguments fallacieux. Koulibaly n'est pas le dauphin de Ouattara. Koulibaly n'usurpera pas le pouvoir du RHDP. Koulibaly a une opposition à construire face à Alassane Ouattara pour que la démocratie s'ancre en profondeur dans notre pays et en Afrique. Pour l'heure, je suis ma voie qui est celle du plaidoyer en faveur de la construction de la démocratie, du combat pour l'avancée de la liberté, de l'état de droit et de la souveraineté des peuples et des individus dans une Afrique moins violente, plus harmonieuse, plus heureuse et plus ouverte sur le monde.


Interview par Traoré M. Ahmed, in L'Expression, le 28 Juin 2011

 

Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

vendredi, 24 juin 2011

LES EMISSAIRES DE OUATTARA ECHOUENT A CONVAINCRE LE COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE

 

COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE.PNG

Depuis son exil, le Col-major Konan Boniface parle: «Je rentrerai au moment opportun».


D'ordinaire peu bavard, on n'avait eu aucune nouvelle de lui depuis l'arrestation du président Gbagbo. Le Colonel-major Konan Boniface, ex-Commandant du théâtre des opérations et des célèbres Fumaco (fusiliers marins commando), une unité d'élite de l'armée ivoirienne, a fait parler de lui récemment.

Le Commandant Konan Boniface dit « Konan la guerre », comme on l'appelle affectueusement au sein de l'appareil militaire, fait partie des officiers supérieurs qui ont défendu la souveraineté jusqu'à la dernière minute. Peu bavard et fin stratège militaire, il est à la fois respecté, adulé et craint aussi bien au sein des Forces de défense et de sécurité que des Forces nouvelles devenues Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). Il fait partie de ses officiers qui se sont retrouvés hors des frontières nationales aux lendemains de l'arrestation de Gbagbo.

Celui qui avait presqu'une relation de « père et fils » avec le président Laurent Gbagbo, juge prématuré son retour au pays, malgré les incessantes médiations engagées par le nouveau pouvoir en place « pour ramener tous les fils et filles de la Côte d'Ivoire à la maison ». «Je ne vois aucune raison de rentrer en Côte d'Ivoire actuellement. Cela dit, je le ferai à un moment où je jugerai opportun», a déclaré le Cdt Konan à l'«émissaire» de Ouattara.

Par ailleurs, il a tenu à rappeler qu'il n'est pas le porte-parole des militaires en exil et que par conséquent, il ne pouvait ni leur donner des ordres, ni les exhorter à rentrer au pays.

Les premières tentatives de connexion entre les envoyés de Ouattara et le Commandant Konan Boniface se sont faites sans grand succès dans le courant du mois de mai par l'intermédiaire d'un Officier-général «rallié». Puis, un autre Général en rupture de banc avec l'ex-régime du président Laurent Gbagbo, a proposé ses services pour ramener au bercail l'ex Com-théâtre et tous les militaires en exil. C'est ce dernier qui a pris contact avec le Colonel-major Konan Boniface et quelques officiers, la semaine dernière dans un pays de la sous-région.

Il n'a pas manqué d'égrener une panoplie de garanties que le pouvoir Ouattara offrait à Konan Boniface et ses frères d'armes, afin qu'ils viennent prendre part à l'édification de la nouvelle armée. Qui selon la vision d' Alassane Ouattara, poursuit le «médiateur», va faire la part belle aux jeunes officiers valeureux et ayant fait leurs preuves sur le terrain. «Je ne rentrerai que le moment opportun. Et les nouvelles autorités peuvent me considérer comme démissionnaire, si elles se trouvent dans l'urgence », a fait savoir le marine's Konan (major de sa promotion dans l'armée américaine, ndlr).



In Le Nouveau Courrier du jeudi 23 juin 2011

 

Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

jeudi, 23 juin 2011

LA COTE D’IVOIRE, UN PAYS SINISTRE - TAUX DE CROISSANCE PREVISIONNEL 2011: - 7,3% !


PILLAGES EN CI.JPG

De mémoire d’Ivoiriens et d’économistes, jamais la Côte d’Ivoire ne se sera portée aussi mal, après l’expédition punitive sarko-onusienne de mars-avril 2011 qui aura ouvert la boîte de Pandores d’un véritable désossement de notre pays : le pillage systématique des FRCI, forces pro-Ouattara, qui n’ont rien épargné sur leur passage.

Le nouveau régime ivoirien et sa soldatesque nous ont donné le net sentiment qu’ils ne venaient pas pour régner mais tout juste pour casser du Gbagbo et s’en aller. Sinon, comment comprendre qu’ils aient pu tout détruire et piller avec autant de minutie ? Commerces, entreprises, micro-finances, domiciles, véhicules de luxe, véhicules utilitaires (4x4), installations électriques, canalisations d’eau, administrations, églises, pharmacies, stations d’essence, universités, cités universitaires, commissariats, casernes de police, camps militaires, centres émetteurs, matériels de diffusion et de production (RTI), prisons. Tout y est passé. Tant et si bien qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tout est à refaire.

Comme le dit une analyste politique ivoirienne : « Presque tous les voyants sont au rouge après la tempête de pillages systématiques qui a marqué le changement de régime et mis à genoux la plupart des entreprises exerçant dans le pays. Même son de cloche dans l’administration publique, paralysée après le passage des troupes FRCI dans les différents services. Tout est à refaire là où les chefs d’entreprise n’ont pas encore mis la clé sous le paillasson. Une situation chaotique qui selon les spécialistes, porte les prévisions de croissance pour cette année au chiffre record de – 7,3% contre 3% l’année dernière (sous Gbagbo, Ndlr). Un chiffre jamais atteint, même pendant la dure crise économique des années 80 et la décennie de guerre que vient de vivre la Côte d’Ivoire ».

Faut-il s’en étonner ? Non ! Les forces pro-Ouattara sont d’un illettrisme souverain. Comment pourraient-elles donc savoir qu’il ne faut pas piller les universités, par exemple, ou l’appareil de production, qui devait aider leurs mentors à bien reprendre en main le pays, après la victoire ? Boule de gomme !

Alassane Ouattara qui sait parfaitement ce qu’il a fait subir à la Côte d’Ivoire et entièrement conscient du drame, s’en est allé en Occident, à la faveur du dernier G8 en France, en quête de 13.000 milliards de francs CFA auprès des bailleurs de fonds internationaux. La récolte a été maigre à en pleurer : des promesses, rien que de vagues promesses. Or la Côte d’Ivoire ne peut se satisfaire actuellement de promesses. Il faut de la liquidité. Beaucoup de liquidité. Ici et maintenant. Alassane Dramane Ouattara nous avait certifié, pendant sa campagne présidentielle, que son métier était de trouver des fonds. Qu’il nous les trouve donc pour relancer notre économie. En attendant, la Côte d’Ivoire vit à crédit. Même les salaires sont payés à crédit, faute d’entrée de recettes significatives dans les régies financières de l’Etat. Comme le disait trivialement un ami : « On ne s’endette pas pour manger. On s’endette pour investir. Un pays qui s’endette pour son quotidien est un pays en faillite ». Il ne croit pas si bien dire. Plus de 400 entreprises en dépôt de bilan ou en grande difficulté, 120.000 emplois détruits, selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. Monsieur Jean Kacou Diagou, Président du Patronat ivoirien enfonce le clou : « Tout le monde porte des treillis. Il y a entre 2.000 et 3.000 prisonniers qui errent dans la ville et menacent nos activités. On ne fait plus la différence entre les FRCI et les bandits ». Quant à Monsieur Farikou, Président de la Fédération des Commerçants de Côte d’Ivoire, il ne décolère pas : « Le racket s’est aggravé comme jamais auparavant sur nos routes nationales. Tout le monde est en treillis ! ».

Il faut donc désarmer les FRCI et les faire entrer en caserne. Ils s’y refusent tout net. Leur hiérarchie ne les maîtrise pas. La force Licorne entre donc en lice, comme en avril, pour les y contraindre et – pour ne rien arranger à la situation économique de la Côte d’Ivoire – les tirs à l’arme lourde reprennent à Abidjan, entre FRCI et entre FRCI et Licorne, à Abobo et à Yopougon. Vous parlez d’une armée républicaine ! Quelle poisse ! Le chef de guerre et Com-zone d’Anyama, le commandant Bauer, pro-IB invétéré, est très clair en ce qui le concerne : « J’attends de pied ferme celui qui viendra me déloger ». A bon entendeur, … ! Ça promet pour la sérénité des populations!

Mais là où la malhonnêteté est poussée à son comble, c’est quand le pouvoir Ouattara veut faire imputer ce désastre économique au Président Laurent Gbagbo. Un membre illustre du gouvernement RHDP clame, pince sans rire : « C’est Gbagbo qui a mis le pays en faillite avant de partir. Ils ont commis des crimes économiques. Ils doivent en répondre ». Eh bien, Monsieur le Ministre, vous aller devoir répondre à 10 petites questions pas si idiotes que cela, que nous vous posons pour nous éclairer, un tant soit peu, sur le sujet :

1- Qui a donné à la Côte d’Ivoire un taux de croissance de 3% en pleine crise, en 2010 ?

2- Qui a payé les salaires des fonctionnaires, fin mars 2011, sans aucun appui extérieur et en pleine offensive militaire (virement bancaire que vous vous êtes indûment attribué, au paiement des deux mois de salaire de la fin du mois d’avril 2011) ?

3- Qui a pillé les entreprises et déboulonné leurs machines de production, en avril 2011, au moment où Gbagbo avait été renversé et ses partisans, traqués et assassinés, avaient fondu dans la nature ?

4- Qui a libéré et enrôlé les 6.000 prisonniers de la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) et les milliers d’autres de nos villes, qui sèment la terreur à Abidjan et à l’intérieur du pays ?

5- Qui a instauré une économie parallèle au Nord du pays depuis 2002, encore en place à ce jour ?

6- Qui a exploité les minerais et pierres précieuses de la zone CNO (Centre, Nord et Ouest du pays), instauré un trafic en règle du bois, du café et du cacao ivoiriens (ce qui a d’ailleurs fait du Burkina Faso, un pays désertique, un gros exportateur de cacao) pour acheter des armes et financer la guerre contre la Côte d’Ivoire ?

7- Qui a procédé au casse des agences ivoiriennes de la BCEAO à Bouaké, Korhogo et Man pour ce constituer un fonds de guerre contre Gbagbo ?

8- Les coupables de ces crimes économiques ont-ils été poursuivis devant les tribunaux ?

9- Le seront-ils, un jour, sous vos auspices ?

10- Qui a nous promis une pluie de milliards, qui n’honore toujours pas sa parole pour permettre à la Côte d’Ivoire de rebondir, et qui se cherche des boucs émissaires ?

Si vous répondez en toute honnêteté à ces questions, Monsieur le Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, vous saurez sans coup férir qui a commis des crimes économiques contre notre pays, qui l’a mis en faillite et qui doit en répondre devant les instances judiciaires.

Oui, la Côte d’Ivoire va mal. Alassane Dramane Ouattara et les FRCI l’ont mise en faillite. Il lui faudra un traitement de choc pour se remettre des effets induits de la sanglante alternance d’avril 2011 qui plombent sa croissance et, partant, son développement. Une seule porte de sortie possible : la maîtrise de la question sécuritaire et la remise à flot des caisses de l’Etat par la reprise économique, sur la base d’une réconciliation vraie et non pas celle des vainqueurs, triomphaliste et justicière.

« La solution » (surnom d’Alassane Ouattara, émanant de son slogan de campagne) pourra-t-il relever le défi ? Une gageure à forts relents de suspense ! En ce qui nous concerne, nous nous astreindrons à une posture d’attente et d’observation patiente, pour nous faire ensuite une opinion définitive sur la question et sur l’individu. « Wait and see », comme disent les anglophones.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 22 juin 2011

COTE D’IVOIRE: DES DETENTIONS ARBITRAIRES SOUS LES YEUX DE L’ONU (AMNESTY)


DECLARATION AMNESTY INTERNATIONAL.jpg

Amnesty International a dénoncé mercredi la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont certains ont été "battus" par les forces d'Alassane Ouattara dans un hôtel devant lequel sont postés des Casques bleus.

"La présence de soldats de l'ONU devant l'hôtel où des partisans supposés de Laurent Gbagbo sont détenus arbitrairement soulève de troublantes questions", déclare Véronique Aubert, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique, citée dans un communiqué de l'ONG.

"C'est loin d'être un début encourageant pour la présidence d'Alassane Ouattara", ajoute Mme Aubert.

L'organisation de défense des droits de l'homme affirme que "les autorités ivoiriennes détiennent au moins 50 personnes sans charge, parmi lesquelles figurent des hommes politiques de haut rang", deux mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les forces armées (FRCI) de M. Ouattara à l'issue d'affrontements sanglants.

Au moins "21 personnes" sont retenues à l'hôtel La Pergola d'Abidjan, la capitale économique, selon l'ONG.

Plusieurs d'entre elles "ont été battues par les FRCI (...) au moment de leur arrestation, dont l'une assez violement pour avoir perdu connaissance", poursuit le texte.

"Des soldats français (de la force Licorne déployée sans la bannière de l'ONU) et de l'ONUCI (Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire) étaient présent au moment de ces arrestations et du transfert des détenus à l'hôtel, mais n'ont rien fait pour empêcher ces mauvais traitements", déplore l'ONG.

Amnesty relève que les FRCI sont en charge de la sécurité à l'intérieur du complexe hôtelier de La Pergola, mais que des Casques bleus de l`ONUCI sont postés devant l'hôtel pour la sécurisation à l'extérieur du bâtiment. "Cela signifie qu'ils (les Casques bleus) exercent un degré de supervision concernant les personnes autorisées à y entrer."

Amnesty appelle les autorités ivoiriennes à inculper les personnes détenues ou à les "libérer immédiatement", et appelle l'ONUCI à s'assurer que ses soldats ne sont pas impliqués "dans la sécurisation de centres où des personnes sont détenues illégalement".


AFP

Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN


------------------------------------------------------------


LAZARE KOFFI KOFFI.jpg

DEPUIS SON EXIL, LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: "OUATTARA N'A PAS GAGNE LES ELECTIONS!"


Lazare Koffi Koffi était ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts dans le gouvernement d’Aké N'gbo. Depuis le 11 avril 2011, il est en exil suite à l'offensive des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Il nous a accordé cette interview par le truchement d'Internet.



Où êtes-vous depuis la chute de Laurent Gbagbo ?

Lazare Koffi Koffi : Je suis au Ghana, un pays devenu depuis quelque temps, le pays où l'on savoure la liberté. J'y suis arrivé deux jours après l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Je bénis Dieu et je le loue chaque jour de m'avoir préservé d'une mort certaine puisque du lieu où je m'étais réfugié après la destruction et le pillage systématique de mon domicile à Abidjan, j'ai côtoyé la mort. J'ai vu des gens sauvagement abattus comme des animaux sans raison. Aujourd'hui, grâce à Dieu, je me porte bien. Mon moral est au beau fixe ainsi que toutes mes facultés pour apprécier sainement les événements douloureux que vit notre pays depuis mars 2011. Je tiens à dire également qu’après avoir attaqué et pillé ma résidence d'Abidjan, les rebelles ont investi mon domicile du village d'Eboué (dans la nouvelle sous-préfecture d'Adjouan). Après avoir à coups de kalachs et machettes porté atteinte à l’intégrité physique de mes parents (ma mère a été molestée et Koffi Amichia mon petit frère a été rudoyé et tailladé à la machette, il a été abandonné dans un état comateux), ils ont tout pris dans la maison y compris les habits et autres ornements sacerdotaux de l'Abbé Koffi Gnassou Bruno, mon jeune frère prêtre défunt. Récemment encore, dans la nuit du 6 au 7 juin dernier, pour la troisième fois, les Frci sont encore venues chez moi au village pour tout briser. Tout le village se trouve aujourd'hui choqué même parmi les pro-Ouattara qui ne comprennent pas cet acharnement contre ma personne et qui s'interrogent sur cette manière de gouverner. Mais moi, je reste serein, habité par l'esprit de Job de la Bible. La perte de ces biens, du reste périssables, n'est pas importante. Ce qui est important, c'est d'avoir la vie.

Le Procureur de la République a gelé vos avoirs. Comment arrivez-vous à vivre?

L.K.K : Le Procureur de la République a gelé nos avoirs sans une décision de justice. C’est une grave atteinte aux droits de l’Homme. Et le plus cocasse dans cette affaire, c'est qu'il vise des décisions du Conseil de l'Union européenne. Pour le reste, comment je vis ? Dieu a dit que je vaux mieux que les passereaux ; donc il me demande de ne pas me soucier du lendemain.

Regrettez-vous d'avoir accepté d'être ministre dans le gouvernement d'Aké N'Gbo?

L.K.K : Et pourquoi devrais-je le regretter ? J'ai appartenu à un gouvernement légal dans lequel les Ivoiriens se sont reconnus et identifiés. Pendant quatre mois, j'ai été accueilli partout dans la liesse populaire et non sous la baillonnette. J'ai échangé avec les Ivoiriens en toute liberté dans le respect mutuel en ayant toujours à l’esprit que c'est le peuple qui détient la réalité du pouvoir. C'est pourquoi je ne comprends pas ceux des nôtres qui pensent que nous avons tout perdu, allant même jusqu'à renier toute légitimité à Gbagbo. Ils sont devenus des démarcheurs quotidiens pour faire reconnaitre Ouattara comme un Président légal et légitime.

De qui parlez-vous ?

L.K.K : De tous ceux qui, dans nos rangs, pensent que leur heure est venue pour se faire une place au soleil.

Comment avez-vous vécu les derniers moments du règne du Président Gbagbo?

L.K.K : J'ai été traversé simultanément par trois sentiments. D'abord la nausée. Face à l'acte criminel perpétré par la France contre notre pays, un pays indépendant et souverain. J'ai été écœuré de voir comment nuitamment, dans la lâcheté, les Institutions républicaines ont été renversées et notre Armée détruite. La France, depuis, n'est plus pour moi un pays de référence en matière de respect du droit international et de droit de l'Homme. Ensuite, j'ai éprouvé de l'admiration pour le Président Laurent Gbagbo qui a fait montre d'un courage exceptionnel qui fera date dans l'histoire. Face au déluge de feux sur Abidjan et particulièrement sur sa résidence de Cocody, il est resté digne. Il a montré encore une fois que pour la confiance placée en lui par les Ivoiriens, il était prêt à défendre le pays même au prix de sa vie. Enfin, j'ai été horrifié, meurtri et franchement dégouté de constater que ce sont ceux qui se disent héritiers d'Houphouët, regroupés au sein du Rhdp, qui, avec l'appui de la France et de l'Onu, ont détruit ce que Houphouët, toute sa vie durant, a construit, et qui constitue aujourd'hui l'âme de la Côte d'Ivoire moderne. Le Palais présidentiel, la Rti, l'Atci, les bases militaires et, scandale des scandales, la résidence mythique d'Houphouët, symbole de notre souveraineté, tout a été détruit par les enfants d'Houphouët. Un véritable parricide. Ce que Gbagbo, le célèbre opposant à Houphouët, n'a osé faire, sinon que chercher à restaurer ce qui tombait en ruine, Ouattara, Bédié et leurs alliés l'ont fait pour satisfaire leur volonté de venir au pouvoir.

A quel moment avez-vous senti que c'était la fin de votre régime?

L.K.K : Je n'ai jamais senti la fin de notre régime et même encore aujourd'hui, je crois en sa survie. Car tout le monde le sait, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Face aux canons de la France, il a crié cette phrase : « Mais Ouattara n’a pas gagné les élections !» Cette phrase retentira pendant longtemps dans les esprits des démocrates. Gbagbo n'a pas été vomi par son peuple. Bien au contraire, celui-ci reste fidèle et uni à sa personne. Non, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Il a seulement perdu la guerre contre la France, une guerre qui n'a jamais été ouvertement déclarée, une guerre lâche dans laquelle la France sous Sarkozy a démontré toute sa laideur sur la question du droit des peuples à s'autodéterminer. La conséquence de tout cela, c'est qu'Abidjan ayant (re) perdu son indépendance et sa souveraineté, titube dans les décisions à prendre.

Vous avez dit que vous croyez en la survie de votre régime. Mais plusieurs cadres de votre parti dont Mamadou Koulibaly ont fait allégeance. Ce qui fait dire que c’est fini pour le Fpi…

Ceux de nos camarades qui ont fait allégeance à Ouattara savent ce qu'ils font. Nous serons tous jugés par l'Histoire. Le peuple ivoirien est mature. Il sait discerner. Il sait que la vérité est de notre coté. Même ceux de nos frères qui ont soutenu honnêtement Ouattara commencent à déchanter face aux pillages, aux assassinats sommaires dont ils sont témoins au quotidien.

Que pensez-vous des menaces de Koulibaly à quitter le Fpi et créer son parti politique ?

L.K.K :C’est son droit et il ne sera pas le premier. Seulement s’il veut partir, il faut qu’il le fasse dans l’élégance et non donner l’impression qu’il a eu mission de mains noires pour « tuer » le Fpi. Il ne réussira pas. Il ne faut pas qu’il donne de lui, dans l’opinion, l’image d’un homme inconstant qui a abandonné ses camarades et surtout Gbagbo et Simone qui l’ont fait, dans les geôles de Ouattara dont il est devenu l’admirateur attitré. S’il part, il ne nous reste qu’à lui souhaiter bonne chance. En toute camaraderie.

Selon vous est-il possible pour les Ivoiriens de se réconcilier?

L.K.K : Vous avez dit réconciliation? Que signifie ce mot aujourd'hui? Réconciliation entre qui et qui? En tout cas, pas entre les Ivoiriens. Il n'y a jamais eu de problèmes entre les Ivoiriens. Même quand on a voulu les opposer de manière artificielle, les sentiments forts qui les unissent ont bravé toutes les adversités. Les Ivoiriens s'entendent bien entre eux. Mais s'il s'agit de réconcilier le peuple au nouveau pouvoir qui lui a été imposé alors qu'on le dise. Donc, j'attends de voir comment il va procéder pour se réconcilier avec les Ivoiriens encore traumatisés par toutes les pertes en biens matériels et en vies humaines de leurs proches à cause du pouvoir à conquérir.

Charles Konan Banny a été nommé à la tête de la commission Dialogue vérité et réconciliation. Quels commentaires ?

L.K.K : Laissons Charles Konan Banny là où il est. Il ne réconciliera personne. Il ne peut réussir une mission dans laquelle juge, il a pris déjà parti. Dans plusieurs déclarations, il a déjà condamné Gbagbo et ses partisans. De plus, tout le monde sait qu'on l'a nommé à ce poste juste pour l'éloigner de la Primature.

Que pensez-vous de la décision du président Ouattara de faire juger Gbagbo par la Cpi?

L.K.K : Ouattara ne fera jamais juger Gbagbo par la Cpi (Cour pénale internationale, Ndlr) parce que le faisant, il s'exposera lui-même à des poursuites internationales ainsi que tous ceux qui l'ont soutenu c'est-à-dire Bédié, Soro, Mabri, et autres. ainsi que tous les chefs de guerre. Envoyer Gbagbo devant la Cpi, c'est se faire hara-kiri.

Pourquoi ?

L.K.K : S'il accepte de faire juger Gbagbo par la Cpi, ce dernier poursuivra immanquablement Soro, ainsi que les chefs qui ont tué en son nom. Ouattara se gardera bien de présenter Gbagbo devant la Cpi. D’ailleurs, ces derniers temps, les Frci ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’on évoque cette question ou lorsque les organisations humanitaires les épinglent.

Monsieur le ministre, vous êtes très dur dans vos propos. Ne craignez-vous pas pour votre retour en Côte d’Ivoire ? Comptez-vous rentrer au pays un jour ?

L.K.K : En quoi suis-je dur dans mes propos? Je ne fais que dépeindre la situation actuelle que tous les Ivoiriens vivent. Pour ma vie, il ne faut pas vous en faire. Il faut bien mourir un jour mais au moins pour une bonne cause. Moi, depuis 1990, je me bats auprès du Président Gbagbo pour qu'il y ait un nouvel ordre démocratique en Côte d'Ivoire. Cette démocratie doit s'enraciner pour le bonheur de notre peuple. Je me bats pour que les Ivoiriens soient respectés. C'est pourquoi il faut parler, il faut dénoncer, il ne faut pas se rendre complice de quelque manière que ce soit de ce qui se déroule sous nos yeux. Pour ce qui est de mon retour au pays, tout dépend de Dieu.



Réalisée via Internet

K.A.Parfait


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

EXCLUSIF - ARRESTATION DE LAURENT GBAGBO : L’EX-DAME DE COMPAGNIE DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS


CAPTURE DE GBAGBO.gif

Chef de Service chargé des Finances et Moyens Généraux au cabinet de la Première dame, et membre du comité de contrôle du Front populaire Ivoirien (Fpi) jusqu'au 11 Avril 2011, Mme Agnès TANOH, fut anciennement Secrétaire particulière et Dame de compagnie de Simone Gbagbo. Elle a été respectivement secrétaire nationale adjointe de l'Offpi, membre du secrétariat chargé des Fédérations d'Abidjan. Présente à la résidence présidentielle lors de l'arrestation du président Laurent Gbagbo, elle nous livre dans cet entretien les derniers instants dans le bunker...


Abidjandirect.net : Vous étiez à la résidence présidentielle avec la Président Laurent GBAGBO jusqu'à sa capture. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés les derniers moments?

Il faut dire que depuis un mois, pour les habitants d'Angré que nous sommes, ce n'était pas du tout le repos car la nuit c'était les bruits d'armes en provenance d'Abobo. Cela ne nous empêchait pas de vaquer tranquillement comme tous les abidjanais (habitants d'Abidjan, ndlr) à nos occupations habituelles.

Ainsi, le 30 mars je suis allée au travail comme d'habitude. Ce jour là, vers 11 heures, mes enfants, de la maison ont appelé ma fille avec qui j'ai été arrêtée, pour nous demander de ne pas revenir à la maison car des rebelles étaient postés devant notre maison ; surtout que la semaine d'avant nous avions été informés que j'étais sur une liste dressée par le RHDP de mon quartier, lieu où j'habite depuis 1998. Nous avons donc passé la nuit à la résidence.

Le 31 Mars, j'apprends que non seulement ma maison a été pillée la veille mais que les rebelles ont établi leur barrage à la pharmacie des ''Allées'' et aussi que les combats se sont déportés sur le boulevard des martyrs vers SOCOCE qui est sur le trajet qui mène à mon domicile. Depuis lors, je suis restée à la résidence jusqu' à l'arrestation du Président Gbagbo. D'ailleurs, je préférais être sur les lieux dans ces circonstances.

Le 19 septembre 2002, je me suis retrouvée dans les mêmes circonstances et je me suis rendue utile. J'ai ouvert les bureaux de la Première dame pour permettre au ministre Lida Kouassi d'être en contact avec le couple présidentiel alors en Italie. Ensuite, est arrivé le Ministre TAGRO et Paul Dokoui pour la Radio et la Télé. J'étais là quand Dr Tabley a ramené le corps du Ministre BOGA à la résidence.

Revenant à votre question, le mot capture est inapproprié car Laurent GBAGBO n'était pas en fuite. J'ai même appris que le ministre Alcide DJEDJE a entrepris des démarches auprès de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire et obtenu le départ du Président Laurent GBAGBO en exil sans l'accord de ce dernier mais tout naturellement, il a refusé.

Pour ce qui s'est passé, il faut noter qu'avant le 11 avril, date fatidique, il y a eu plusieurs tentatives de prise de points stratégiques et d'arrestation du Président qui avait échoué avant que la force Licorne ne rentre en action. Ainsi, il y a eu l'attaque de l'école de gendarmerie, la RTI, du Palais de la République, la Garde Républicaine, le camp de gendarmerie d'Agban (etc).

Constatant ces échecs, la force Licorne prétextant du bombardement de l'Ambassade du Japon, a détruit les chars de la Garde Républicaine à la résidence du chef de l'Etat et bombardée les patriotes qui campaient depuis quelques jours à l'entrée de la résidence. C'est à partir de ce moment que la force LICORNE est entrée officiellement dans l'arène et a mené des actions offensives.

Le 04 avril, un hélico détecteur de son avec à son bord des snippers voulant abattre le Président, se positionne au dessus de la résidence, juste au-dessus de sa chambre alors qu'il y était pour téléphoner. La sécurité a donc demandé à tous ceux qui étaient dans les appartements de descendre au deuxième sous sol. Depuis cette date, nous dormions tous au sous-sol car c'est la nuit que la force Licorne faisait ses grandes manœuvres.

D'autres manœuvres vont se dérouler du 07 au 10 avril 2011. Toutes les nuits, de 21 heures à 05 heures du matin, la Licorne lançait les obus sur la résidence et elle disparaissait au lever du jour. Le bureau de la Première dame, le bâtiment D et sa chambre ont été atteint. Dans la nuit du 09 au 10 avril, ils ont tenté sans succès de forcer le tunnel qui relie la résidence de l'Ambassadeur de France à la résidence présidentielle. Rappelons que le Président GBAGBO avait fait fermer l'accès à sa résidence quelques années plutôt. Je crois que c'est cet énième échec qui a déclenché le bombardement continu jusqu'à l'arrestation du Président.

En effet, ce jour du 10 avril, alors que nous, nous attendions 21 heures pour la ''pluie de feux'', comme cela était de coutume depuis quelques jours, ils ont commencé un peu plutôt. Dès 17 heures déjà et cela s'est poursuivi jusqu' à 11 heures du matin. La résidence a pris feu et les voitures du coté du plan lagunaire aussi. Le feu, cependant n'a pas atteint l'intérieur du sous-sol.

Vers midi, ils ont mis le feu et du gaz lacrymogène par les sorties d'égouts. Cela s'est transformé en une fumée opaque. Ils l'ont fait à dessein pour nous calciner car les conduits de gaz et d'électricité étaient à cet endroit. Le commandant Séka nous à donc demandé, avec la garde rapprochée du Président de remonter au premier sous-sol pour éviter de mourir asphyxiés ou cramés.

Une fois à ce niveau, nous avons été repartis dans plusieurs salles. Dans la nôtre, il n'y avait que des civils : des femmes et trois hommes (Sidjiri Vakaba, le pasteur Adjé Nzi et un autre Monsieur). Le Président était dans une autre avec ''certainement'' la Première dame, le Ministre Aboudramane Sangaré, etc.

Le Ministre Tagro s'est proposé à la négociation. Je l'ai vu et entendu téléphoner à quelqu'un. Il a dit un numéro dans lequel il y avait le nombre 936 ou 906. Il a dit à cette personne, «demandez leur d'arrêter de tirer, je viens discuter». J'ai appris plus tard que cette personne était l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Ce dernier a coordonné personnellement l'attaque de la résidence présidentielle car après le départ du Président, alors que nous sortions en file indienne du sous-sol, il était encore à l'entrée de la résidence, téléphone à l'oreille.

Pour aller à la discussion, le ministre Tagro a demandé un drapeau blanc en signe de paix. Nous lui avons donné une nappe blanche. A peine a-t-il mis le nez dehors qu'il est revenu sur ses pas en criant, « ils ont tiré sur moi, ils ont tiré sur moi ». Des militaires adverses qui étaient sans doute à la porte des escaliers se sont engouffrés derrière lui. Je ne sais pas combien ils étaient, toutefois trois d'entre eux sont entrés dans notre salle. Ils nous ont demandé où se trouvait le Président. Nous avons répondu que nous sommes des civils et que nous ne savions pas grand'chose. Quelques instants après, d'autres (soldats rebelles, ndlr) ont retrouvé Michel GBAGBO (fils de Laurent Gbagbo, ndlr) qu'ils ont emmené dans notre salle. Ils lui ont dit qu'ils abattraient les civils, femmes et hommes que nous sommes, s'il ne disait pas où se trouve son père. Il leur a répondu : « Si c'est mon père que vous êtes venu arrêter, il est dans la pièce à coté ». Ils ont emmené Michel avec eux en laissant d'autres garder notre porte. La suite de l'arrestation, vous l'avez vu par les images qu'ils ont voulu vous montrer.

Une fois hors de la résidence, nous autres, le gouverneur de la BCEAO Dakoury, le Ministre Adjobi Christine, l'ambassadeur Boubacar Koné qui avait reçu une balle juste en-dessous de l'aisselle et une autre dans le pied, étions entassés devant la maison du Président de l'Assemblée nationale Koulibaly Mamadou quand nous avons vu venir le ministre TAGRO Désiré, titubant, complètement trempé de son sang. Il est allé s'adosser au mur de la résidence de l'Ambassadeur de France quand notre camionnette a démarré, encadrée par les chars de la force Licorne.

Nous avions eu beaucoup de chances car l'un d'eux nous a rapporté ceci : « La mission était pour la mort. L'objectif des deux groupes (forces Licorne et des forces rebelles, ndlr) était de tuer le Président Laurent GBAGBO et d'éliminer tous les témoins ». Fort heureusement, aucun d'entre eux ne voulait porter cette responsabilité. Les français étant arrivés les premiers sur les lieux ont attendu les Fafn (Forces armées des forces nouvelles, ndlr) pour commettre l'exploit de l'assassinat de plus d'une centaine de personnes avec le Président Gbagbo, mais ceux qui répondaient aux ordres de Soro, n'ont pas voulu prendre cette responsabilité. La France qui travaille avec et pour Alassane Ouattara pourrait retourner ces meurtres contre eux. C'est Dieu qui a travaillé en notre faveur, Psaume 23.

Abidjandirect.net : Qu'en est-il des jeunes patriotes qui étaient rassemblés devant le palais ?

Entre le 7 et le 10 Avril, il nous a été déconseillé de sortir de l'enceinte de la résidence. Je me rappelle que lorsque la gouvernante et la Dame de compagnie parties prendre des nouvelles d'une des cuisinières qui a été projetée au sol par le souffle d'un obus la veille, n'ont pu traverser la cour à cause des manœuvres des hélicos. Je sais qu'après la destruction des chars de la Garde Républicaine à la résidence du Président liée aux soi-disant bombardements de l'Ambassade du Japon, ils étaient moins nombreux quand je suis sortie de la résidence.

Abidjandirect.net : Le quartier présidentiel était déjà encerclé, comment les jeunes leaders présents à la résidence ont pu s'échapper ?

Ceux qui sont partis ont pu le faire dans la matinée du 10 Avril s'ils y étaient encore parce que comme je le disais plus haut, dans la matinée, il y avait un répit. C'est comme cela que la deuxième secrétaire du Président bloquée depuis une semaine a pu rejoindre son bébé qu'elle avait laissé, contrainte à rester à la résidence à cause des combats dans la commune de Cocody. Aussi, les jeunes n'étaient pas dans la même enceinte que nous. Ce que je peux affirmer c'est qu'il y avait plusieurs chars de la Licorne à la résidence du chef de l'Etat. Ils ont jalonnés notre parcours jusqu' au golf.

 

Réalisé par AbidjanDirect.Net


Source: Blog Emile Constant Bombey



----------------------------------------------------------



COTE D'IVOIRE, LA JUSTICE A SENS UNIQUE


Human Rights Watch a signalé, le mercredi, la justice à sens unique en Côte d'Ivoire, en disant: Personne dans le camp de Mr Alassane Ouattara, n'avait encore été arrêté pour les abus dans le conflit postélectoral.


L'agence des droits de l'Homme a exhorté Ouattara à répondre aux exigences d'une commission d'enquête onusienne pour les enquêtes impartiales sur les violations, y compris les meurtres politiques et ethniques et les viols commis par les deux camps durant les cinq mois de bataille.

«Il y a un fossé croissant entre la  rhétorique du gouvernement Ouattara qui dit que nul n'est au-dessus des lois et la réalité qui montre que la justice apparaît unilatérale et retardée», a déclaré dans un communiqué le chercheur principal en Afrique de l'ouest, Corinne Dufka.

L'enquête de l'ONU présentée mercredi, a été appuyée d'autres conclusions selon lesquelles les deux camps ont été impliqués dans des abus de violence déclenchée par le soi-disant refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre à 2010.

Il s'agit notamment de potentiels crimes de guerre  et crimes contre l'humanité, avec des dizaines de femmes violées et un nombre de morts estimé à au moins 3 000, indique la déclaration.

Gbagbo a été kidnappé de sa résidence, le 11 avril, et mis en résidence surveillée, permettant à Ouattara à travers ce putsch, d'occuper son bureau. Toutefois, aucune accusation n'avait été portée contre lui ou des dizaines de ses alliés, dit Human Right Watch.

Il a été recommandé aux putschistes "de mettre fin à ce vide juridique et à engager des poursuites rapidement contre les personnes en détention, conformément au droit, ou à les libérer".

Se référant aux forces armées de Ouattara, il a déclaré: "À l'opposé, aucun membre des forces républicaines n'a été arrêté ou détenu pour de graves crimes commis pendant la crise postélectorale».

Plusieurs Ong des droits de l'homme les ont (Ouattara et ses troupes) impliqués dans des atteintes graves.

«Si  la Côte d'Ivoire veut faire le break du passé promis par Ouattara, une justice impartiale pour les milliers de victimes est  essentielle", a déclaré Mme Dufka.

Ouattara a promis une enquête impartiale sur les violences dans le cadre d'un effort pour ramener une réconciliation compromise par la guerre, dans le premier pays producteur mondial de cacao.

Comment peut-on laisser un criminel mener des enquêtes sur des crimes qu'il a commis ?

L'évidence même de cette justice à sens unique est que la première personne à condamner, Mr Ouattara, sur laquelle les enquêtes doivent se porter n'a jamais été cité par Human Right Watch comme responsable. En gros, il y a déjà une distorsion de la réalité, et en plus quand on parle des droits de l'homme. Et quand on ne condamne pas des arrestations et détentions sans motifs, on ne peut s'empêcher de dénoncer la complicité de cette ONG, qui donne indirectement des indications à leur complice, concernant le mobile de l'accusation. Du coup, on a un pseudo procureur de la République du nom de Simplice Kouadio Koffi, qui saisit la perche au bond et nous déclare que le motif de l'arrestation du Président Laurent Gbagbo est "le refus de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre 2010". Quelqu'un disait une fois, "le diable se pend très souvent", une expression pour dire qu'il s'expose à tous les coups; car cette accusation débouchera à tout prix sur la vérification des résultats. En un mot, on revient à la case départ que les terroristes ont voulu éviter : le recomptage des voix. Qu'est ce qu'ils sont plouk!


Patrick Cohen, un coup de gueule sur sa page Facebook.

MAMADOU KOULIBALY: UN DISCOURS DEVENU ILLISIBLE

UNE DE JEUNE AFRIQUE.jpg

Je l'avoue, je ne me retrouve plus dans le discours et dans la nouvelle posture du Professeur Mamadou Koulibaly, un homme que j'ai toujours considéré comme une icône de la lutte contre le néocolonialisme et pour l'indépendance africaine. Que craint-il ou que redoute-t-il tant pour tourner ainsi casaque? La perte des siens ou de sa propre vie? Ou qu'espère-t-il? Faire le procès de ses camarades de lutte (qui, du reste, ne sont pas toujours exempts de reproches), régler des comptes personnels, torpiller Laurent Gbagbo, déjà au sol et qui a plus besoin, en ce moment, de compassion que de récriminations? Pourquoi s'acoquine-t-il avec l'innommable? En toute franchise, je donne ma langue au chat. Je retiendrai, néanmoins, la leçon que c'est face à l'épreuve qu'on découvre les grands hommes. Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire et l'Afrique! Fernand Dindé.


Le président de l'Assemblée nationale fait sans Gbagbo et souhaite tourner une page qu'il regrette amèrement. En prenant les rênes du parti de l'ex-président de la République, il n'a qu'un seul but: remettre l'appareil en ordre de marche et préparer la présidentielle de 2015. Mis sur la touche par Laurent Gbagbo pour, entre autres, avoir dénoncé les excès des durs du régime, écarté lors de la campagne pour la présidentielle, exilé au Ghana durant la crise postélectorale, Mamadou Koulibaly signe son grand retour sur la scène politique. Interlocuteur du nouveau pouvoir, le président de l'Assemblée nationale veut sauver un Front populaire ivoirien (FPI, ancien parti au pouvoir) assommé par la défaite électorale et militaire. «L'objectif est de proposer un nouveau projet de société pour gagner la présidentielle de 2015», explique-t-il. En attendant, il dresse un bilan sévère de la décennie écoulée.

Fidèle à ses principes, intransigeant sur la morale et les règles de droit, il se pose en défenseur de la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Avec, en filigrane, une phrase qu'il ne prononce jamais mais que l'on entrevoit à chacune de ses réponses; «si Gbagbo m'avait écouté ...»

Jeune Afrique: On vous a peu entendu pendant la crise postélectorale. Pourquoi?

Mamadou Koulibaly : Je n'avais pas le choix. Ma présence n'était pas désirée; l'Assemblée nationale ne fonctionnait plus. Mais aujourd'hui, j'ai la lourde responsabilité d'assurer la présidence par intérim du FPI. Cela m'oblige à rassurer les militants, à aider à la libération des cadres du parti qui ont été arrêtés et à faciliter le retour des exilés.

Êtes-vous en contact avec les cadres du parti en exil?

MK : Oui, notamment avec Kadet Bertin, qui est au Ghana. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est l'un des premiers à avoir reconnu notre défaite et il souhaite qu'on tourne rapidement la page. J'ai aussi rendu visite à ceux qui sont en résidence surveillée à l'hôtel de La Pergola à Abidjan: Alcide Djédjé, Dano Djédjé, Philippe-Henri Dacoury-Tabley ... Ils reconnaissent Alassane Ouattara comme chef de l'État et me demandent de plaider leur cause auprès de lui. Ils promettent de ne pas perturber son travail. Certains se mettent même à sa disposition.

Avez-vous des nouvelles du couple Gbagbo?

MK : Non. On ne m'a pas permis de les rencontrer. J'en ai parlé avec Charles Konan Banny, qui préside la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Il prévoit d'aller les voir prochainement et m'a promis de tout faire pour que je puisse leur rendre visite.

À quand remonte votre dernier contact?

MK : J'ai rencontré Laurent Gbagbo quelques jours après le retour de Pascal Affi Nguessan d'Addis-Abeba [rencontre avec le panel des cinq chefs d'État, le 11 mars, NDLR]. Je lui avais conseillé d'accepter le verdict de l'Union africaine.

Laurent Gbagbo a-t-il, selon vous, perdu l'élection présidentielle?

MK : Il a fini par reconnaître sa défaite. D'ailleurs, le 11 avril, il a demandé à Désiré Tagro [alors secrétaire général de la présidence, NDLR] de sortir avec un mouchoir blanc.

N'était-ce pas plutôt la reconnaissance d'une défaite militaire?

MK : C'est la continuation du résultat électoral. Nous avons dénoncé la fraude, dans le nord du pays. Nous sommes les premiers responsables, car le FPI n'avait pas de représentant dans de nombreux bureaux de vote. Nous avons réalisé une très mauvaise campagne électorale, mal organisée. Il n'y avait pas de stratégie, pas de discours cohérent, et trop de personnes étaient en première ligne, avec des moyens colossaux mais mal utilisés. Certains cadres n'ont pas travaillé; ils ont détourné de l'argent pour acheter notamment des véhicules.

Le pouvoir leur est-il monté à la tête?

MK : Le problème, c'est l'usure du pouvoir. Lorsque nous étions dans l'opposition, on faisait mieux avec moins de moyens. On rêvait d'une nouvelle Côte d'Ivoire et on déplaçait des montagnes. Dix ans plus tard, nous étions pleins de fric. On disait qu'on voulait ouvrir le marché ivoirien au monde entier mais, dans les faits, on a fait des deals avec les plus grosses entreprises françaises. Alassane Ouattara a proposé une vision plus cohérente.

Sur quelles bases faut-il reconstruire le FPI?

MK : La priorité, c'est de refaire du FPI un grand parti d'opposition. Cela veut dire qu'il faut dresser un bilan en profondeur, prendre des dispositions institutionnelles, remobiliser les militants et donner des signaux forts aux Ivoiriens, en modifiant complètement notre discours et nos méthodes. Il faut revenir aussi à plus d'humilité et reprendre le travail à la base. Ensuite, on pourra peut-être penser à organiser un grand congrès du parti.

Que pensez-vous des poursuites judiciaires et des sanctions financières engagées contre le camp Gbagbo?

MK : La justice n'est pas un problème en soi. Si Koulibaly ou d'autres sont coupables, ils méritent de payer pour leurs actes. Mais dans ce cas, il faut enquêter sur tous les crimes de sang et tous les crimes économiques perpétrés depuis 2002. Je crains que l'on ne prépare quelque chose de spécial pour Gbagbo et ses compagnons. On peut dire qu'ils ont braqué la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, à Abidjan. Mais les banques ont également été dévalisées dans la zone nord. Si Ouattara cherche à se venger, il va créer de nouvelles frustrations.

Simone Gbagbo a-t-elle persuadé son époux de s’accrocher au pouvoir ?

MK : Je ne pense pas que quelqu'un puisse influencer Laurent Gbagbo. Il est toujours resté maître de ses actes. Mais tous, les militants, les cadres, se demandent pourquoi il s'est à ce point entêté, à la limite de l'irrationnel. Pendant la cérémonie d'investiture de Ouattara, je me suis mis à rêver. Laurent Gbagbo était en train de lui remettre les insignes de la République. Cette passation aurait ancré la démocratie dans notre pays. Cinq ans plus tard, il avait toutes ses chances pour redevenir président.

Dans quel état d’esprit sont les militants du FPI ?

MK : Ils craignent pour leur sécurité. Je reçois régulièrement des messages de détresse.

En tant que président de l’Assemblée nationale, avez-vous reçu des garanties du président Ouattara ?

MK : Il a promis d'assurer la pérennité des institutions. Mais, dans le même temps, il m'a fait savoir que son conseiller juridique considérait que mon mandat avait pris fin avec l'élection du 28 novembre 2010.

Acceptez-vous que le chef de l’Etat, dont le parti n’a pas de représentant à l’Assemblée nationale, puisse gouverner par ordonnance et par décret jusqu’aux législatives ?

MK : C'est une situation intolérable. Le mandat des députés expire après l'élection de la nouvelle Assemblée. Le nouveau président a prêté serment et doit respecter la Constitution. Il n’y a effectivement pas de députés du RDR (Rassemblement des républicains, NDLR), mais ses alliés du RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, NDLR) occupent la moitié de l’hémicycle.

Se dirige-t-on vers une hyper-présidence ?

MK : C'est mon sentiment. C'est la raison pour laquelle nous n'avions pas intérêt à entrer dans ce gouvernement d'union. Dans ce système, les présidents se sentent obligés d'avoir des "shadow cabinets'' pour diriger. Gbagbo n'aurait jamais dû accepter- je le lui avais dit - les accords de Marcoussis, qui sont l'origine de ce mode de gouvernance.

Quel doit être le chantier prioritaire du nouveau président ?

MK : La refonte de l'armée. L'insécurité règne et le phénomène de racket est pire qu'avant. Le président Ouattara a appelé les militaires des deux camps à se considérer désormais comme des frères. Il faut poser des actes qui le montrent vraiment. C'est comme une maison à reconstruire. Nous avons les briques. Encore faut-il qu'elles soient positionnées de manière à ce qu’il y ait des chambres, des toilettes et un salon !

Alassane Ouattara a dit à Nicolas Sarkozy que l’armée française était la bienvenue. Qu’en pensez-vous ?

MK : Nous sommes indépendants depuis plus de cinquante ans. Il n'est pas dans notre intérêt d'entretenir ce type de relation infantilisante. Les accords de défense devront donc être révisés.

Selon vous, quelles sont les priorités économiques de la Côte d’Ivoire ?

MK : L'Etat a quasiment disparu. Il faut redéployer l'administration sur l'ensemble du territoire, mais, pour cela, il faut rétablir la sécurité. On doit aussi faire en sorte qu'il n'y ait plus d'administration parallèle, celle des FN (Forces nouvelles, dans le Nord, NDLR) en l'occurrence. En fait, ce sont les mêmes problèmes qui se posaient à Gbagbo.



Interview par Pascal Airault in Jeune Afrique, le 5 Juin 2011


Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

lundi, 20 juin 2011

L'EXCELLENCE SELON ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN

ALASSANE OUATTARA.jpg

Après avoir été aidé par les forces spéciales françaises à renverser le Président Laurent Gbagbo, depuis sa résidence de Cocody Ambassades, et à le placer sous surveillance à Korhogo (Nord du pays), le nouvel homme fort d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara a mis en place un gouvernement populaire de 36 membres (en lieu et place des 25 promis) à qui il exige résultat et excellence. Et il donne sa parole d'honneur qu'il en sera désormais ainsi en Côte d'Ivoire : rien que le mérite et le travail ! Malheureusement, à notre analyse, le top départ de cette nouvelle gouvernance et de ces nouvelles vertus a été faussé par la constitution ou la teneur même de ce gouvernement, ainsi que par toutes les nominations qui se font aujourd'hui à la tête des institutions et sociétés de l'Etat, donnant à croire que toutes ces allégations, ces déclarations de bonnes intentions, ne sont en réalité que des effets de presse s'inscrivant dans un coup médiatique savamment ficelé pour couvrir les tares congénitales du nouveau régime ivoirien.

En effet, dans notre entendement, parler d'excellence et de mérite ne doit pas relever d'un discours banal mais de l'exemple le plus affiné. Ce qui est loin d'être le cas dans le nouveau gouvernement. Il aurait fallu, pour qu'un tel laïus tienne la route et aie de la consistance, que la leçon se fasse par l'exemple, par des symboles forts qui renvoient un message sans équivoque possible. Mais que nous sert-on ?

D'abord un Premier Ministre qui n'est pas lui-même un modèle. Son cursus est totalement atypique : niveau d'études, Licence. A 31 ans, chef d'une rébellion qui a défiguré la Côte d'Ivoire, et à 40 ans, Chef de guerre à la tête de bidasses qui ont fait de l'épuration ethnique à Duékoué (pas moins de 2.000 guéré froidement exécutés, selon le CICR). Le fait que le Président Laurent Gbagbo l'aie nommé à ce poste au forceps parce qu'ayant été le seul courageux à revendiquer l'attaque contre la Côte d'Ivoire en 2002, ne nous autorise pas à le reconduire quand il est question de donner une base nouvelle au paradigme de l'excellence en Côte d'Ivoire.

Ensuite, le gouvernement : bien des ministres n'ont guère le profil de la fonction ou du poste. Un vrai crève-cœur ! A ce niveau, point d'excellence ni de mérite. Seulement la nomination de « petits copains » et de camarades de lutte. Ce n'est pas un gouvernement d'excellence mais plutôt de reconnaissance et de récompense. Le cas le plus patent est à retrouver au Ministère de l'Education Nationale. Un cas d'école. Tout simplement. Balbutier et escamoter ainsi la langue française sur la tribune de l'UNESCO n'honore pas notre pays. On pouvait faire mieux. A côté de cela, des ministres qui ont été maires dans des communes comme San Pedro, Taabo, Abobo, Man et dont la gestion a été des plus décriées et des plus chaotiques ne sauraient nous être brandis comme des modèles.

Seulement deux choix parmi ces serviteurs de l'Etat, à notre avis, font l'unanimité sur la qualité de leur travail et leur excellence - qui font d'ailleurs écho jusqu'au-delà de nos frontières - et auraient fort valablement pu assumer la fonction de Premier Ministre de la République de Côte d'Ivoire. Il s'agit de messieurs Charles Koffi Diby, Ministre de l'Economie et des Finances, et Gnamien Konan, Ministre de la Fonction Publique. Curieusement, ces deux technocrates émérites sont de purs produits Gbagbo, révélés au monde à la faveur de l'appel à candidature instauré par celui-ci pour les nominations à la tête des régies financières de l'Etat, notamment du Trésor (Diby) et de la Douane (Konan), par souci de bonne gouvernance. Les résultats ont relevé tout bonnement de l'extraordinaire, Impôts y compris (avec monsieur Fé Kessé).

Il convient également de relever que la moitié des membres du gouvernement est issue du Nord de la Côte d'Ivoire, région d'Alassane Ouattara. Est-ce une nouvelle base ou un nouveau critère d'excellence ? Qu'on nous le dise. On pourrait être en droit de le croire quand la majorité des hauts cadres nommés à la tête de nos sociétés d'Etat, régies financières et directions centrales sont anecdotiquement aussi du Nord. Le « Dioula Power » ? Qu'on nous éclaire sur la question. Parce qu'à notre sens, ce n'est pas ainsi qu'on bâtira « la nouvelle Côte d'Ivoire ». Dans la même veine, au moins 80% des soldats pro-Ouattara sont du Nord, si ce n'est à 90%! Ils sont en grande majorité analphabètes et d'une inculture renversante, tous en profilage, en ce moment, pour être intégrés à l'armée ivoirienne, elle, professionnelle et formée dans les meilleures écoles militaires. De quelle excellence nous parle-t-on?

En somme, Alassane Dramane Ouattara envoie un très mauvais signal aux Ivoiriens, à tous ceux qui pensaient qu'il pouvait faire du neuf dans une Côte d'Ivoire déconfite par 10 années de crise aiguë et particulièrement à la jeunesse : quasi aucun membre de son gouvernement n'est un modèle, un symbole des nouvelles valeurs qu'il veut prôner et imposer au peuple ivoirien. Ici encore, nous disons que l'excellence ne se décrète pas, elle se donne des symboles ou s'impose par des modèles et par l'exemple. Se donner une charte gouvernementale est une avancée, certes, mais cela ne suffira pas, vu que les paradigmes sont déjà biaisés à la source, au départ même de l'action. Nul n'est dupe de ce point de vue. Partant de là, qu'on ne vienne pas nous rabâcher les oreilles de discours creux déclamés pour policer médiatiquement une image suffisamment écornée de putschiste et d'épurateur.

Au final, l'initiateur de cette excellence devrait lui-même en être un exemple. Apprécions ensemble : en novembre1993, alors Premier Ministre imposé par le FMI au Président Félix Houphouët-Boigny pour soi-disant redresser l'économie ivoirienne, il a mis la Côte d'Ivoire en faillite et a annoncé sur nos antennes que notre pays serait en cessation de paiement, à la fin du mois de décembre. Le 7 décembre, à la mort du « sage de Yamoussoukro », son dauphin constitutionnel, Henri Konan Bédié, prend le pouvoir et fait mentir Alassane Ouattara : tous les salaires sont payés, non seulement en décembre, mais également sur toute la durée de ses 6 années de pouvoir, sans discontinuer. L'initiateur de la nouvelle excellence ivoirienne a, en outre, parrainé une rébellion pendant près de 10 ans, a fraudé à l'élection présidentielle (avec preuves à l'appui) et a pris le pouvoir dans le sang, en humiliant par la force des armes un chef d'Etat légal, Président de la République en exercice, de connivence avec des forces étrangères (Licorne et ONUCI). Où est le modèle, où est l'exemple, où est le symbole ? Nous aimerions le savoir.

De toutes les façons, aucune république au monde - surtout africaine - parrainée par la France n'a jamais eu pour valeur l'excellence. Elle n'y a aucun intérêt. Il lui faut, dans tous ces Etats fantoches qu'elle mène par le bout du nez, des prébendes et des monopoles condescendants pour continuer à être « la grande France ». Exit donc l'excellence, exit la concurrence loyale, exit les appels d'offre transparents. Vive la nouvelle république ivoirienne et ses nouvelles valeurs !

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 17 juin 2011

HOTELS-PRISONS, PRISONS VIDES ET DETRUITES, INNOCENTS INCARCERES, COUPABLES AU POUVOIR

 

ADO.jpg

Comment apprendre à marcher sur la tête : 67ème leçon (1), par le Pr Ouattara

 

Dépêche de cameroonvoice :

Jean Martin Dassé, Directeur administratif du siège du FPI est depuis mardi 11h30, aux mains des éléments de l'armée de Ouattara qui l'ont conduit à la Pergola, l'autre prison du nouveau régime. Alors qu'il se rendait au Ghana pour une séance de prière en compagnie de son pasteur Naho, de l'Eglise Pentecôtiste siège de Marcory, son épouse, sa belle-sœur et de l'épouse du pasteur, il a été stoppé net au poste frontière de Noé par les éléments des FRCI. On lui reprocherait d'avoir sur lui un texte manuscrit dans lequel il parlerait du nouveau pouvoir et de ses soldats qui sont accusés par toutes les organisations de défense des droits humains de commettre des atrocités sur les partisans de Laurent Gbagbo.

 

----------------------------------------------------

 

C'est en découvrant cette dépêche reprise de Notre Voie, rapportant l'arrestation du Directeur administratif du FPI, qui j'ai eu envie de mettre à plat ces quelques réflexions sur la tournure des événements en Côte d'Ivoire.

 

Jean-Martin Dassé, encore une victime de la chasse aux sorcières du nouveau gouvernement : se déplacer avec des coupures de presse autorisées (puisque la presse d'opposition est toujours encore muselée), et des rapports d'Ong (qui font autorité dans la France de Sarkozy et constituent des feuilles de route pour le TPI), reste un délit, alors que la réconciliation est prônée, voire claironnée ! Aller au Ghana rencontrer des ivoiriens déplacés, les consoler, leur remonter le moral, prier avec eux, quel délit ! Il n'y a aucun écho des visites de Ouattara ou de ses émissaires à ces exilés, ayant tout perdu, alors la compassion sélective de l'Elite au pouvoir est la norme, la seule acceptable !

Il ressort également de ce texte que les prisons n'existant plus, il n'est pas possible d'arrêter les « vrais coupables », on ne saurait où les loger, et les faux coupables sont emprisonnés... dans deux hôtels recyclés ! (le "Pergola" où se trouve déjà l'ex-Premier Ministre, et le fameux "Golf Hôtel", moitié "Quai des orfèvres", "Prison de la Santé" et Siège du Gouvernement Soro ! [2])

L'Angola se lance dans le Tourisme, - à grand renfort de publicité sur TV5 Monde - mais les vacanciers francophones attendront encore longtemps avant de pouvoir visiter le 102ème département de la France de Sarkozy, les hôtels ne pouvant les recevoir !

Nous pourrions suggérer à nos deux présidents, véritables copains, d'améliorer encore cette coopération fraternelle en organisant pour cet été déjà des camps de jeunes, camps de travail internationaux, pour construire rapidement des Auberges de Jeunesse, pardon des prisons pour héberger au plus vite - c'est-à-dire dans quelques années - ces pauvres délinquants et ex-taulards qui sont obligés de squatter les commissariats, les cités universitaires; obligés de chasser les pauvres villageois et de prendre leur place ! Toujours ce terrible problème du manque d'hôtels !

La réconciliation ? Un vœu pieux, reflet du peu de piété et de compassion dont Ouattara semble pourvu !

«En France, ''tout de suite'', c'est dans trois semaines !», disait mon alsacien de père quand il s'énervait de la lenteur bureaucratique française par rapport à la légendaire discipline allemande...

Dans la nouvelle république de Côte d'Ivoire, si Ouattara ne se réveille pas, le ''tout de suite'' de la réconciliation, n'aura pas lieu, même en lui accordant quelques semaines supplémentaires !

Comment faisait donc le Président Gbagbo pour contrôler un pays coupé en deux, dans une atmosphère de guerre larvée avec des monstres fantastiques et incontrôlables du genre Licorne et Onuci, qui se rebellaient avec les rebelles, rugissaient avec les bêtes féroces ! Comment faisait-il pour payer les salaires des fonctionnaires et du personnel diplomatique à l'étranger ? Comment se fait-il que les administrations fonctionnaient, tout comme les universités, les écoles, les hôpitaux, et cela malgré un embargo dur et inhumain ? Comment pouvait-il payer les cultivateurs de cacao et de café quatre fois, voire cinq fois ce que propose Ouattara ? Comment a-t-il pu augmenter les salaires de la fonction publique, sans s'endetter ?

Le bruit a couru qu'il avait fait éditer de faux billets de francs CFA, mais ces billets où les a-t-on trouvés ? Dans les poches des Dozos et autres mercenaires payés en monnaie de singe par notre brillant économiste du FMI, et qui maintenant se rattrapent sur les populations en les terrorisant !

Le « dictateur Gbagbo » et son gouvernement, plutôt chrétien, lâchons le mot, subventionnaient depuis plusieurs années le pèlerinage à la Mecque pour les ivoiriens d'obédience musulmane ! Alors que nous avons maintenant, et au vu de l'article ci-dessus, un gouvernement qui se veut laïque, avec à sa tête un musulman, voilà que la liberté de penser et de croire deviennent des coquilles vides, des paroles creuses, comme la réconciliation et la Justice qui ne servent plus qu'à lancer des signaux positifs à une France et des États-Unis qui exigent des résultats.

Que Messieurs Ouattara et Sarkozy, ces deux copains, - du latin cum-panere, manger ensemble le même pain, celui de la côte d'ivoire - s'asseyent ensemble et méditent le Psaume premier : Ce n'est pas franchement laïque, mais c'est une parole qui a déjà fait vibrer et mis en marche bien des gens, de grands hommes et femmes, les a illuminés de l'intérieur. C'est une question de bon sens : regardez les photos de la rencontre entre Les Anciens et le président Gbagbo, il y a quelques semaines à Korhogo; Desmond Tutu et Gbagbo rayonnent, Koffi Annan ne sait pas cacher son agacement, il n'est visiblement pas dans le même film ! Mes enfants me faisaient remarquer les visages fermés, les traits tirés, sinistres de Sarkozy, Ouattara, Hillary ces dernières semaines, et Gbagbo, même privé de liberté, reste égal à lui-même, il les devance encore dans cette campagne de communication !

« Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s'arrête pas sur le chemin des délinquants ... » En hébreu, « heureux, bienheureux », ce n'est pas la béatitude du sourire de la Joconde, figé, artificiel, déformé. Non, c'est un mot totalement dynamique, que André Chouraqui a rendu par « en route, en marche ! » C'est cela le véritable compagnonnage : se lève, se met en branle, celui qui est intègre et dont les intentions sont droites. Bien sûr, en politique, l'intégrité en prend toujours un coup, et Gbagbo n'était pas assurément un homme parfait, mais il n'a fait que grandir en stature et en force depuis la Chute du 11 avril, et c'est là certainement que réside son invincible assurance, son autorité tellement perceptible que Ouattara l'empêche d'avoir une Bible (confisquée celle de Tutu, celle des avocats ...)

Gageons que les nuits du Président Gbagbo sont plus récupératrices que celles de nos présidents, copains comme co...(te d'ivoire ?), mais qui doivent avoir des nuits encombrées de fantômes... On nous dit que Ouattara dort tous les soirs dans un hôtel - un vrai - au Sénégal, mais après le Golf Hôtel de la République du Golf, soyons sûrs que les murs de sa chambre, dans le silence de la nuit, rétrécissent à l'image de son avenir à la tête de la Côte d'Ivoire ! Comme Caïphe, souverain-sacrificateur, indigne mais investi de la légitimité du pouvoir collaborateur en place, a pu "prophétiser" sans le savoir, que Monsieur Ouattara et son mentor puissent recevoir la prophétie involontaire de madame la Grande chancelière, qui dans son émotion a intronisé "Mr le Préfet" ; Mr le Président constitutionnellement élu, exilé dans le Nord, ne pouvant, lui, être légalement destitué, bien que son royaume se limitât pour le moment aux quatre murs de l'hôtel de Korhogo.

« Car l'Eternel connaît la voie des justes et la voie des délinquants mène à la ruine » (dernier verset du Psaume 1).

Le passé n'est plus, le présent n'est pas rose, mais l'avenir est totalement bouché pour le dormeur de l'Élysée et son compagnon golfeur.

 

Shlomit Abel

 

[1] Une leçon par jour, depuis le 11 avril et la capture de SEM Laurent Gbagbo, de son épouse Simone Ehivet et de leurs proches.

 

[2] Trois moitiés, çà vous étonne? C'est parce que vous n'êtes pas ivoirien, et que vous n'avez pas encore suivi les cours d'Ado l'économagicien.

 


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 16 juin 2011

GRAVES REVELATIONS PROPHETIQUES DU PASTEUR DALI CLAUDE SUR LA COTE D'IVOIRE


BIBLES.jpg

Le jeudi 09 mars 2006, il nous a été donné d'entendre sur la chaîne nationale ivoirienne de radio, Fréquence 2, à l'émission Mythes et Mystères de Juliette ANZIAN, entre 22 h et Minuit, un pasteur du nom de DALI Claude qui faisait, pour la deuxième fois, des révélations effrayantes sur la fin de la crise ivoirienne.

Joint au téléphone après la grande bataille d'Abidjan qui s'est soldée, le lundi 11 avril 2011, par la capture du Président Laurent Gbagbo, alors que bon nombre d'Ivoiriens croient en la fin de cette pénible crise débutée en 2002, l'Homme de DIEU est formel: "Les évènements hyper-dramatiques que j'ai annoncés depuis 2004 n'ont pas encore eu lieu. Ce qui vient de se passer n'est rien du tout. Les Ivoiriens doivent encore se repentir et se convertir à DIEU car le pire arrive".

Quels sont ces évènements? Loin de nous le projet d'entretenir une quelconque psychose chez les Ivoiriens mais savoir ces choses et ne pas les banaliser peut être salvateur pour chacun de nous. Découvrez-les donc ou redécouvrez-les en écoutant les révélations du Pasteur DALI Claude sur Fréquence 2, le jeudi 09 mars 2006. Durée de la bande: une quarantaine de minutes. Bien à tous!


DALI Claude, 1ère partie

podcast


DALI Claude, 2ème partie

podcast

 

DALI Claude, 3ème partie

podcast


DALI Claude, 4ème partie

podcast


 

Cette révélation peut également être consultée, en intégralité, sur DAILYMOTION. Cliquer:

ICI

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 15 juin 2011

LE CACAO DESORMAIS ACHETE A 250 FCFA, AU LIEU DE 1000 FCFA SOUS GBAGBO


CACAO BRULE.jpg

Les planteurs de Côte d'Ivoire n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Particulièrement les planteurs djoulas et baoulés qui ont voté Alassane Ouattara à la présidence de la République, sur les conseils d'Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, le parti d'houphouët Boigny.

Laurent Gbagbo leur achetait le cacao à 1000 Fcfa. Au lieu de l'aider à continuer dans sa tâche ardue de donner le pouvoir aux planteurs de Côte d'Ivoire, ils ont préféré donner leurs voix à Alassane Ouattara, qui les remercie aujourd'hui en monnaie de singe en achetant leurs cacao à 250 Fcfa, pour les plus chanceux.

C'est le cas du vieux Aboulaye, riche planteur bien connu dans la forêt de l'Ouest qui n'a aujourd'hui que ses yeux pour pleurer. Les tonnes de cacao qu'il a produites ne valent plus rien. Car on lui a acheté le kilo de son produit au prix dérisoire de 150 Fcfa. Même pas à 250 Fcfa, le prix officiel. Alors qu'au même moment,  les multinationales font d'énormes profits. C'est aussi le cas du vieux Kouassi Kan, riche planteur baoulé à Issia dont la récolte de cacao a été achetée à 250 Fcfa le kilo et qui rumine déjà sa colère contre Ouattara et Bédié qu'il accuse de trahison.

Notre vieillard qui n'aimait pas Gbagbo, regrette déjà son époque où le kilo de cacao était acheté à 1000 Fcfa. Ce Président-là se faisait du souci pour le monde paysan. Gbagbo disait à l'envi que le temps était l'autre nom de Dieu. C'est justement ce qui se passe en ce moment.

Les paysans djoulas et baoulés ont compris, malheureusement un peu tardivement que leurs intérêts se trouvaient avec Laurent Gbagbo. Ce n'est que justice et reconnaissance pour ce dernier.


Eric Lassale, in IvoireBusiness.Net


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL