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lundi, 09 mai 2011

UN PRO-OUATTARA SUR SON BLOG: «SI C'EST ÇA L'ERE OUATTARA, LES CHOSES COMMENCENT MAL!»



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Son entourage pose déjà problème, au-delà de celui de sa propre personne!

 

Je n'ai jamais été autant étonné de voir la Présidence Ivoirienne ! Pas étonné de voir le monde qui s'y trouvait à la prestation de serment du Président Alassane Ouattara mais étonné de la manière dont cette institution est malmenée aujourd'hui. Je dis bien malmenée ! Le symbole du pouvoir d'Etat Ivoirien s'est transformé le temps d'une cérémonie en village où la langue officielle est passée du français au dioula ! Le nom inscrit sur la carte d'identité était un sésame et deux mots bambaras bien placés valaient mieux qu'une accréditation en règle. Les copinages de partis politiques et de familles alliées par ici pendant que les invités poireautent au portail devant des nouveaux protocoles galvaudés d'un zèle hors norme. « Voici les nouveaux hommes forts du pays, impolitesse va les tuer » lance discrètement une femme exacerbée par le comportement quasi injurieux d'un excité d'à peine quarante ans face à des symboles de la monarchie coutumière de notre pays. Même les religieux n'ont pas eu droit à un traitement de faveur, eux dont l'accoutrement était un laissez-passer !

Je n'en veux pas à ces nouveaux arrivés, leur vrai problème c'est leur niveau intellectuel ! A les entendre parler français et ''pondre'' un vocabulaire à vous donner des céphalées, on comprend bien pourquoi ils ne parlent que leur patois même devant des diplomates. Et dans ce tohu-bohu quand les hommes en arme s'en mêlent c'est le comble ! Les pistoleros du frère Soro font parler plus aisément leurs armes que leurs méninges : j'en ai croisé certains qui savent à peine lire les inscriptions sur une carte de presse ! Quand ils ne jouent pas au muet, ils vous disent « allez voir le chef » et le chef vous dira aussi « allez voir le chef ». Si sur cette ligne vous ne croisez pas un Policier ou un Gendarme (eux lettrés et bien formés) qui a repris le service vous allez certainement cogner le prochain mur ! Imaginez-vous si la Présidence offre un spectacle aussi triste, à quoi ressemblent aujourd'hui nos rues, nos quartiers et notre administration. Si c'est ça l'ère Ouattara, les choses commencent mal et un nettoyage s'impose. Il y a tellement de personnes valables et instruites dans ce pays qu'il faut bien à l'avenir éviter de présenter une telle image de notre belle Côte d'Ivoire. Le pays à perdu beaucoup dans cette crise mais pas tous ces cerveaux ! Le clanisme, le tribalisme, le favoritisme ethnique sont des épines déjà visibles du mandat d'Alassane Ouattara. S'il veut que le peuple de Côte d'Ivoire lui fasse confiance, il va falloir très vite changer de méthode. C'est bien ces plaies qui ont occasionnées la chute des régimes qui l'ont précédé qu'il ne l'oublie pas.


Suy Kahofi


Source : EBURNIE TODAY

dimanche, 08 mai 2011

MISSION DES « ELDERS » A KORHOGO: TOUT SUR LE HUIS-CLOS DE LA RENCONTRE AVEC GBAGBO - CE QUI N'A JAMAIS ETE REVELE



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C'est une source diplomatique qui livre les secrets du huis-clos entre Laurent Gbagbo et les « Elders » (anciens). Elle revient dans les détails sur cette rencontre tenue, lundi 2 mai 2011, à Korhogo. Cette source rapporte que Kofi Annan, Desmond Tutu et Mary Robinson -membres des « Elders »- ont demandé deux choses à l'ex-président ivoirien pendant l'entretien de 45 minutes qu'ils ont eu avec lui. Ils ont voulu d'abord qu'il reconnaisse la victoire d'Alassane Ouattara et qu'il appelle ses partisans à déposer des armes. Les « Elders » l'ont ensuite exhorté à s'impliquer de façon active dans le processus de paix pour « une gouvernance tranquille » dans le pays. Avant de répondre à ces « requêtes », le chef de l'Etat déchu a cherché à savoir son statut juridique. Pour lui, il est détenu sans motif d'inculpation. Plus encore, M. Gbagbo a soutenu qu'avec son statut, s'il doit être jugé, cela ne peut se faire que devant la Haute cour de justice et non devant un tribunal de droit commun.

Pour ce qui est des préoccupations de ses « hôtes », il a dit qu'il ne pouvait pas demander à des personnes qu'il ne connaît pas de déposer les armes. L'ancien numéro 1 ivoirien a expliqué à ses visiteurs qu'il a exigé aux Forces de défense et de sécurité (Fds) de cesser tout acte de guerre depuis le 8 avril 2011. Ce qu'ils ont fait, a-t-il souligné, ajoutant qu'il n'est pas un chef de guerre pour appeler à un quelconque dépôt des armes de miliciens et autres mercenaires. Laurent Gbagbo a rappelé que Philippe Mangou, le chef d'état-major des armées, qui était sous son autorité, avait demandé, en son temps, un cessez-le-feu avec la force Licorne et l'Onuci (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, Ndlr). Il a fait savoir que les Fds ont fait allégeance à Alassane Ouattara. Il a dit aux « Elders » de voir le général des corps d'armée, Philippe Mangou pour qu'il parle à ceux qui continuent de se battre si tant est qu'ils sont identifiés comme des éléments des Fds.

Les conditions de Gbagbo

Mary Robinson a fait quasiment la même révélation, mardi 3 mai 2011, sur les antennes de Radio France internationale (Rfi). A la question du confrère de savoir si M. Gbagbo n'a pas voulu « appeler ses supporters à déposer les armes », l'ancienne présidente d'Irlande a confié: « Non, il n'a pas voulu faire ça (...). Il a dit qu'il ne voulait pas faire quelque chose d'artificiel, mais il voulait qu'il y ait la paix et la prospérité... ».

Relativement à la reconnaissance de la victoire de M. Ouattara, l'ex-homme fort d'Abidjan s'est dit persuadé que sa déclaration ne changera rien. « Que je reconnaisse ou pas la victoire de quelqu'un, ce n'est pas ce qui va donner la paix à la Côte d'Ivoire. Depuis 2006, je disais que je voulais la paix. Ce qui passait forcement par le désarmement. Les autres, y compris Annan assis ici, demandaient les élections. Quand Annan disait que ce sont les élections qui allaient ramener la paix dans le pays, j'avais dit non et vous voyez maintenant pourquoi je disais cela. Mais mieux, le problème de reconnaissance ne se pose pas dans notre pays vu qu'il y a des institutions qui sont là pour ça... », a déclaré Laurent Gbagbo, selon notre source diplomatique. Qui précise que, finalement, Desmond Tutu a pris la parole, invitant M. Gbagbo, « en tant que nationaliste et chrétien », de tout de même parler à ses partisans.

L'archevêque sud-africain a affirmé qu'il sait que Laurent Gbagbo souffre de voir la Côte d'Ivoire dans cette situation. L'ancien président ivoirien a donné son accord, mais a posé des conditions. Il a souhaité la libération de tous les prisonniers, que la chasse à l'homme cesse et que la partie civile de la crise post-électorale commence. Le candidat de La majorité présidentielle (Lmp) à la dernière présidentielle a estimé que les armes ne règlent jamais les conflits. Il a fait remarquer que malgré « les bombes françaises », les médiateurs viennent le voir pour négocier une sortie de crise pacifique.

Les « Elders » ont dit avoir pris bonne note de ses préoccupations. Les deux parties ont promis de se revoir ou de se téléphoner.
Le Garde des Sceaux, ministre d'Etat, ministre de la Justice, Me Ahoussou Kouadio Jeannot était du voyage. Outre la question de l'audition de Laurent Gbagbo dont il a parlé dans la presse, Me Ahoussou Kouadio Jeannot lui a demandé si son séjour se passait bien et si les journaux, surtout ceux de la presse internationale, arrivent fréquemment.
Pour le reste, notre source a rapporté que l'ex-locataire du Palais présidentiel ivoirien -comme l'ont souligné les « Elders »- est apparu souriant, détendu et avait bonne mine.



In le quotidien ivoirien Soir Info du vendredi 6 mai 2011


Source : IVORIAN.NET

CRISE IVOIRIENNE: LA CPI, UN COUTEAU A DOUBLE TRANCHANT


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La Cour pénale internationale (Cpi) veut ouvrir une enquête sur les crimes commis tout au long de la crise post-électorale. Le Procureur Luis Moreno-Ocampo a annoncé mardi 3 mai dernier, que ses services entendaient adresser une demande à la Chambre préliminaire en vue de l'autoriser à ouvrir une enquête sur des « massacres commis de façon systématique et généralisée ». Les crimes et autres violations graves des droits de l'homme perpétrés suite au contentieux électoral pourraient donc faire l'objet d'une procédure judiciaire à l'échelle internationale. La saisine de la Cpi répond au vœu des nouvelles autorités ivoiriennes de faire la lumière sur tous les crimes et violations des droits de l'homme commis depuis l'éclatement de la crise post-électorale.

Le nouveau chef de l'Etat, Alassane Ouattara, s'était en effet engagé à porter tous les massacres, notamment ceux perpétrés à Duékoué, devant la Cpi. Le mercredi 13 avril, il avait déclaré au cours d'une conférence de presse : « Ces massacres sont inadmissibles, indignes (...) Je suis révolté (...) Je ferai tout pour que ces condamnations soient un exemple, non seulement pour les Ivoiriens, mais aussi pour l'Afrique et le monde entier ».

Avant lui, le Conseil de sécurité de l'Onu invitait pratiquement la Cpi à se pencher sur les crimes commis en Côte d'Ivoire. Dans la résolution 1975 adoptée le 30 mars, le Conseil a en effet estimé que « la Cour pénale internationale peut, en se fondant sur le paragraphe 3 de l'article 12 du Statut de Rome, décider de sa compétence concernant la situation en Côte d'Ivoire », vu que « les attaques qui se perpètrent actuellement en Côte d'Ivoire contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l'humanité et que leurs auteurs doivent être tenus pour responsables au regard du droit international... ». Et cela, eu égard au fait que la crise en Côte d'Ivoire est traitée sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies parce que, selon l'Onu, la situation dans le pays menace la paix et la sécurité internationales. Bien que la Côte d'Ivoire n'ait pas ratifié le Traité de Rome, le Conseil de sécurité semble donc avoir décidé de mettre en mouvement la Cpi pour connaître des allégations de crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui y auraient été commis.


Le retour du bâton


Recourir à la Cpi dans le cas de la Côte d'Ivoire, n'est-ce pas ouvrir la boîte de Pandore ? La solution Cpi apparaît en effet comme un couteau à double tranchant. A l'évidence, en appelant de tous leurs vœux le recours à ce tribunal international, les nouvelles autorités ivoiriennes et même l'Onu y voient une chicotte pour fouetter Laurent Gbagbo et tous ces affidés accusés d'avoir fait perpétrer des crimes durant toute la crise post-électorale.

Dans le camp Ouattara, on nourrit l'intention de poursuivre devant cette juridiction internationale, l'ancien chef de l'Etat, certains de ses farouches partisans voire des officiers de l'armée, dont la responsabilité aura été établie dans les tueries et violations graves des droits de l'homme commises durant la crise post-électorale. A l'hôtel du Golf, on ne cache pas la volonté de faire payer aux responsables et bras séculiers de l'ancien régime les crimes qu'ils sont censés avoir commis. Des responsables militaires aux jeunes patriotes en passant par les pontes de l'ex-parti au pouvoir voire des journalistes accusés d'avoir préparé les esprits à commettre des exactions, tous sont dans le viseur des nouvelles autorités. « En tout état de cause, le gouvernement tient à rassurer, une fois de plus, les populations que la justice poursuivra son cours et qu'aucun crime ne restera impuni. », a prévenu le gouvernement au sortir d'un conseil le mardi 3 mai dernier.

Mais le camp Ouattara pourrait bien, lui aussi, subir l'effet boomerang du recours à la Cpi. Tous ceux qui rêvent d'une justice sélective pourraient bien être déçus par le procureur Moreno-Ocampo. A moins d'avoir reçu pour instruction de ne s'intéresser qu'aux crimes et forfaits perpétrés par le camp des vaincus, le juge argentin serait amené à plancher sur tous les crimes, d'où qu'ils viennent. Au plus fort de la crise post-électorale, le procureur de la Cpi avait du reste mis en garde toutes parties impliquées dans les affrontements post-électoraux, qu'il frappera sans discrimination. « S'ils commencent à tuer des gens, alors c'est un crime et nous engagerons des poursuites contre eux (...) Nous n'avons choisi aucun camp dans cette affaire. Quiconque se rend coupable de cela, quel que soit son bord, sera poursuivi », avait-il prévenu en décembre 2010 dans une interview sur France 24.

Quand les massacres de Duékoué ont été portés à la connaissance de l'opinion internationale, le même Moreno-Ocampo a de nouveau donné de la voix. Son bureau, avait-il soutenu, était « extrêmement préoccupé par la détérioration de la situation en Côte d'Ivoire et notamment par les meurtres qui auraient été perpétrés dans l'ouest du pays (allusion aux massacres de Duékoué, ndlr) d'après les renseignements qui lui ont été récemment communiqués ». Or, des organisations internationales des droits de l'homme avaient accusé les forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci), combattant pour le compte du président Alassane Ouattara, d'être en partie responsables de ces tueries. C'est dire que l'épée de la Cpi peut planer également sur la tête de certaines têtes fortes du camp Ouattara. Le procureur Moreno-Ocampo pourrait en effet être tenté de fouiller dans les placards pour en ressortir les cadavres que des partisans de Ouattara y auraient cachés. Il pourrait notamment faire la lumière sur les massacres de Duékoué, la mort de Désiré Tagro et du sergent-chef IB.



Assane NIADA

 

Source: Quotidien ivoirien L'INTER

samedi, 07 mai 2011

REVENIR A LA RAISON

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Nous ne partageons pas cet avis, qui nous ramène 50 ans en arrière dans la lutte pour la libération de notre pays du joug colonial français. On y récrimine presque contre l'Accord Politique de Ouagadougou négocié pour donner un peu de paix aux Ivoiriens en ignorant les circonstances et les blocages inextricables qui l'ont précédé. Aurait-on préféré en lieu et place une guerre totale qui aurait défiguré la Côte d'Ivoire? Le président Gbagbo ne trouvait pas cela judicieux, et il avait raison.

Ces paroles seraient vraies et donneraient de l'espérance si on avait en face des démocrates et des personnes soucieuses des libertés, des quidams qui ne soient pas parrainés par la plus génocidaire et la plus colonialiste des puissances modernes - en l'occurence la France -, des individus aux paroles de qui ont pouvait se fier, et si concomittament, parlant de pardon et de réconciliation, les nouveaux locataires du palais présidentiel ne continuaient pas à tuer, à piller et à faire la chasse à l'homme. Ces faits, nous les vivons chaque jour. On ne peut nous assurer qu'en faisant profil bas, le contraire se produirait! Comme par enchantement. Faisons gaffe à la séduction, à la méprise et à la crédulité! Il fallait au moins les laisser assumer leur coup d'Etat jusqu'au bout, sans les y aider!

Mais pour donner une chance à la diversité de vues et d'opinions, je vous donne l'occasion, chers lecteurs, d'entendre un autre son de cloche. Au nom de la Côte d'Ivoire.

 

«Libérez Gbagbo !», «On veut Gbagbo!», «Pas de négociations sans Gbagbo!», «C'est Gbagbo le président !», «Yao N'Dré est un traitre !».

Que d'injonctions péremptoires et d'accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l'armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l'arrêt rendu hier par le Conseil constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara président de la république de Côte d'Ivoire, n'est pas venu calmer l'intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu'ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !


Mais si l'émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.


Ceux qui s'époumonent en récriminations et incantations, niant une situation certes douloureuse, mais bel et bien réelle, servent-ils vraiment la cause qu'ils défendent ? Laurent Gbagbo n'a plus l'effectivité du pouvoir en Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011. Il ne reviendra pas au pouvoir, ni dans les jours, ni dans les semaines, ni dans les mois à venir. Refuser d'accepter cette réalité n'est pas faire preuve de loyauté envers le prisonnier de Korhogo, mais contribue plutôt à compliquer ses conditions de détention et ses perspectives de libération.


Une stratégie ne peut être viable et avoir du succès que si elle prend en compte sans concession tous les paramètres contextuels : les forces, les faiblesses, les opportunités et les dangers. Il est donc vital que les partisans d'une Côte d'Ivoire digne et debout reformatent au plus vite leur logiciel de fonctionnement en tenant compte de quelques réalités, dont notamment celle-ci : Laurent Gbagbo, bien que vainqueur du scrutin de novembre 2010, n'est plus le président de la Côte d'Ivoire. Pour arriver à ce résultat, la France, aidée par la quasi totalité de la communauté internationale, a fait la guerre à la Côte d'Ivoire. La bataille militaire a été perdue par l'Etat ivoirien. Des défaites ont aussi été enregistrées sur le plan médiatique, diplomatique, stratégique, politique.


L'arrêt rendu par le Conseil constitutionnel hier, comme la déclaration du FPI signée par son vice-président Mamadou Koulibaly ou l'appel à déposer les armes lancé par Eugene Djué aux résistants pro Gbagbo sont très loin d'être des preuves de traîtrise. Par ailleurs, c'est n'est pas la première fois que deux individus prêtent serment pour l'exercice de la magistrature suprême devant une cour constitutionnelle en l'espace d'un court laps de temps. Un précédent existe tout près, en Côte d'Ivoire même : en 2000, le général Guéi, proclamé vainqueur, a prêté serment devant la chambre constitutionnelle de la Cour suprême, présidée par Tia Koné. Quelques heures plus tard, c'est devant la même institution et le même Tia Koné que Laurent Gbagbo prêtait lui aussi serment, après que sa victoire dans les urnes lui ait été rendue par la rue.


A candidature exceptionnelle, présidence exceptionnelle


En quoi la proclamation et la reconnaissance de la présidence factuelle de Ouattara sont-elles donc soudain si méprisables ? Est-ce pire que d'avoir signé  les accords de Kleber/Marcoussis qui ont fait entrer les rebelles au gouvernement ? Est-ce plus grave que d'avoir accepté la candidature exceptionnelle de Ouattara, alors que l'inéligibilité de ce dernier avait été constatée et motivée par un arrêt légendaire de la Cour suprême en 2000 et que les décisions de la Cour suprême sont réputées irrévocables ? Est-ce plus inacceptable que de n'avoir pas exigé le départ de l'armée française et ni poursuivi l'Etat français devant les juridictions internationales suite aux événements sanglants de novembre 2004, dans un contexte favorable comme jamais, où l'Hexagone avait perdu les batailles diplomatique et médiatique ? Est-ce plus répulsif que d'avoir imposé un assassin comme Guillaume Soro comme Premier ministre, lui donnant non seulement un pouvoir auquel lui-même n'aspirait plus depuis la mise en déroute de ses troupes par l'opération Dignité conduite, faut-il le rappeler, par le Général Philippe Mangou, aujourd'hui soupçonné des pires turpitudes par certains pro Gbagbo, mais le présentant en plus comme le «meilleur premier ministre » que la Côte d'Ivoire ait eu depuis l'accession de Gbagbo au pouvoir ? Est-ce plus odieux que d'avoir accepté d'aller aux élections sans désarmement préalable des rebelles, en violation flagrante des dispositions de l'Accord politique de Ouagadougou, pourtant déjà difficile à accepter en l'état, ce qui a permis aux rebelles de se rendre coupables de toutes les exactions possibles et imaginables afin d'aboutir aux fraudes massives enregistrées dans les zones sous leur contrôle lors du scrutin présidentiel de novembre 2010 ? Et pourtant, qui peut nier les idéaux nationalistes à la base du combat de Laurent Gbagbo lorsqu'il se lança en politique il y a maintenant 40 ans ?

Au regard de ce qui précède, la proclamation d'hier ou la prestation de serment de ce jour ne relèvent pas plus d'Ubu que l'ensemble de la situation dans laquelle la Côte d'Ivoire est maintenue depuis 9 ans. Les actes récemment posés par les personnalités au patriotisme au-dessus de tout soupçon que sont, entre autres, les membres et le président du Conseil constitutionnel, le président de l'Assemblée nationale, le secrétaire général du Front populaire ivoirien sont donc loin d'être constitutifs de trahison ou d'allégeance. Ils procèdent d'une analyse pragmatique de la situation, de la nécessité d'accepter de payer le prix des erreurs colossales et des choix désastreux faits ces dernières années, de l'obligation de se réorganiser autrement et de la volonté d'apaisement nécessaire à la réinstauration d'un Etat de Droit pour faire place au chaos, à la barbarie et à la terreur qui sont devenus le quotidien des Ivoiriens depuis le putsch militaire franco-onusien qui a imposé au forceps Ouattara à la tête de l'Etat.


Les représentants du FPI à l'étranger qui ne représentent qu'eux-mêmes tant qu'ils font fi de la discipline du parti ou les conseillers autoproclamés ou non de l'ex-président de la république seraient donc bien inspirés de se taire ou d'avoir des prises de paroles plus utiles. Ce n'est pas ceux qui crient le plus fort qui en font le plus pour la libération de Laurent Gbagbo et de toutes les personnes détenues de façon illégale et dans des conditions souvent inhumaines à travers le pays. Que dire du commandant de la garde républicaine, de l'aide de camp du président, de ses gardes du corps qui sont entassés à 23 dans une cellule de 9 mètres carrés sans fenêtre et sans toilettes au camp militaire de Korhogo, par des températures suffocantes ? Sont-ils seulement encore en vie ou ont-ils déjà succombé au cholera ou à la typhoïde, compte tenu de leurs conditions de détention ? Ne méritent-ils pas eux aussi d'être au centre de l'attention de ceux qui se démènent pour le retour de la sécurité et de la normalité dans la vie des Ivoiriens ou ce privilège est-il uniquement dévolu à Gbagbo?


Continuer la lutte sous une autre forme


Laurent Gbagbo n'est plus le président en exercice des Ivoiriens. Cependant, malgré le fait qu'il ne soit plus au pouvoir, il n'en demeure pas moins un des personnages clé de l'avenir de la Côte d'Ivoire. Le processus de réconciliation ne saurait aboutir sans son rétablissement rapide dans les droits et prérogatives les plus élémentaires qui lui sont dévolus. Ouattara et toutes les parties prenantes à la crise ivoirienne en sont naturellement bien conscients. En tant qu'ancien président, Gbagbo a le droit de vivre paisiblement et en toute sécurité en Côte d'Ivoire et de jouir de tous les avantages liés à son statut, toutes choses dont ses bourreaux d'aujourd'hui (Ouattara et Bédié) ont par ailleurs largement bénéficiés grâce au grand sens démocratique pratiqué par l'homme de Mama lorsqu'il était aux commandes du pays.

Il sera intéressant de voir si les «vaincus du 11 avril» sauront surmonter leurs incompréhensions, désabusement, tentations de positionnement personnel et inutiles guerres de leadership, et faire preuve de suffisamment de maturité pour se rassembler en rangs serrés derrière ceux qui ont eu le courage de prendre des décisions parfois difficiles et impopulaires pour mieux préserver l'intérêt général de tous les Ivoiriens et les quelques acquis d'un long et fastidieux combat d'émancipation. De la rapidité avec laquelle ils intégreront cela, ainsi que de leur capacité à focaliser leur passion sur leur seul et vrai adversaire : la France et son pion local Alassane Dramane Ouattara, dépend l'avenir de la lutte nationaliste de libération et la mise en échec de la recolonisation de l'Afrique entreprise avec violence par l'Occident.

 

 

Elias Koré, le 6 mai 2011


Source : SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

 

MARIE-ANTOINETTE SINGLETON: «LA FRANCE A FAIT LA GUERRE A LA COTE D'IVOIRE»

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Interview de Marie-Antoinette Singleton, fille de Laurent et Simone Gbagbo, installée aux Etats-Unis.


L'une des cinq filles de Laurent et Simone Gbagbo, Marie-Antoinette Singleton, installée depuis douze ans aux Etats-Unis, a écrit le 6 avril une lettre au président Nicolas Sarkozy, restée sans réponse. Elle s'y élevait contre les mauvais traitements infligés à ses parents lors de leur arrestation, le 11 avril, et contre leurs conditions actuelles de détention. Pour SlateAfrique, Marie-Antoinette Singleton, belle-fille de Laurent Gbagbo, née avec sa sœur jumelle Marthe et sa sœur aînée Patricia d'un premier mariage de Simone Ehivet, réagit à l'investiture, le 5 mai, du président Alassane Ouattara par le Conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire -ce même Conseil constitutionnel qui avait investi son père, Laurent Gbagbo, après le second tour de la présidentielle du 28 novembre. Elle a été assistée, dans cette interview, par l'avocat camerounais Michel Noulowe, membre du collectif constitué pour la défense de Laurent Gbagbo, aux côtés de Roland Dumas, Jacques Vergès, Gilbert Collard, Marcel Ceccaldi et Habiba Touré.


SlateAfrique - Quelles sont les conditions de détention de vos parents aujourd'hui?

Marie-Antoinette Singleton - Le Président se trouve en ce moment à Korogho et la Première dame à Odienné. Mon frère Michel est à Bouna [communes du Nord de la Côte d'Ivoire, ndlr]. A ce jour, je n'ai pas pu leur parler. Les informations qui me parviennent sont celles de la presse. Sur une photo prise lors de la visite rendue au Président par Desmond Tutu et Kofi Annan, j'ai vu qu'il portait les même vêtements, une chemise bleue et un pantalon noir, deux semaines après son transfert à Korogho. Je me demande d'où viennent ces vêtements. La tenue de ma mère a été déchirée à l'hôtel du Golf, et on lui a prêté un boubou [vêtement typique du Nord de la Côte d'Ivoire, ndlr] d'après ce que j'ai pu voir sur les photos. La famille n'a pas été contactée, nous n'avons pas pu donner de vêtement ni même de dessous. D'autre part, mes parents suivent un régime alimentaire particulier à cause de l'âge... Mon frère, lui, porte des loupes et je l'ai vu sur des photos sans ses lunettes. Sans elles, il est pratiquement aveugle. Comment est-il traité? Voilà deux jours que j'appelle au Golf pour parler à Jeannot Ahoussou [le ministre de la Justice du gouvernement d'Alassane Ouattara, ndlr], mais je n'ai pas réussi à le joindre. Je vais continuer. Je ne dis pas qu'il m'évite, peut-être était-il occupé. Je continue d'essayer.

Michel Noulowe - Le Président et toutes les autres personnes arrêtées sont soumis à un régime d'isolement. Ils ne reçoivent pas de visites, n'ont de contact avec personne, ni les proches, ni les avocats. C'est contraire à toutes les règles élémentaires et à la Charte des Nations unies sur les droits de l'homme.

SlateAfrique - Que demandez-vous pour vos parents?

M.-A. Singleton - Que les règles élementaires soient respectées. Nous ne demandons pas un traitement de faveur particulier. C'est difficilement concevable que des personnes puissent être arrêtées sans qu'elles en sachent les raisons. Une situation qui se passe au XXIe siècle et sous la supervision des Nations unies en Côte d'Ivoire.

SlateAfrique - Le médecin personnel de votre père est-il toujours à ses côtés?

M.-A. Singleton - Oui, il est toujours là, d'après ce que nous avons pu voir sur les photos. J'espère qu'on ne lui a pas refusé ses médicaments.

SlateAfrique - Pourquoi vos parents ont-ils été séparés?

M.-A. Singleton - Je n'en sais rien. Je suppose qu'ils essaient de les briser.

SlateAfrique - Avez-vous le droit de voyager et, si oui, souhaitez-vous vous rendre en Côte d'Ivoire?

M.-A. Singleton - J'ai le droit de voyager, mais j'aimerais pouvoir avoir un interlocuteur en Côte d'Ivoire. Il n'y a pas de police, les rebelles font la loi dans les rues. Ce serait utile que j'y aille, si les conditions de sécurité sont réunies.

SlateAfrique - Où se trouvent vos sœurs en ce moment?

M.-A. Singleton - Je préfère ne pas donner de détails. Elles ont été arrêtées avec mes parents, puis relâchées, de même que leurs enfants. J'aimerais dire au passage que les filles ont été tabassées pendant l'arrestation. Ils n'ont pas touché aux enfants.

SlateAfrique - Comment avez-vous réagi en voyant les photos de vos parents arrêtés dans l'hebdomadaire Paris-Match?

M.-A. Singleton - Cela m'a fait mal pour la Côte d'Ivoire, qu'on subisse un sort tellement injuste et que le monde ne soit pas offusqué. Ces choses ne seraient pas tolérées ailleurs. Pour les journalistes qui couvrent les évènements, c'est un autre dossier, sans plus. Mes parents ont traversé beaucoup de choses, ma mère a été tabassée quand Ouattara a fait arrêter mes parents en 1992. Ce n'est pas nouveau! Eux-mêmes étaient préparés psychologiquement pour ce combat qui n'est pas terminé. Nous avons été tellement traumatisés enfants que je ne suis pas émue. J'adhère à 100% au combat de mes parents et je suis prête à le continuer, pour la libération de la Côte d'Ivoire.

SlateAfrique - Votre père est accusé par Choi Young-jin, le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire, d'avoir laissé faire les violences politiques après les élections. Le bilan des exactions s'élève à plus de 1.000 morts. Que répondez-vous à ces accusations?

M.-A. Singleton - Un Président a le devoir de défendre son peuple, les institutions, la République. L'armée a fait son travail. Qu'on me dise ce qu'on reproche à mes parents! L'armée a défendu le pays car il était attaqué. A Abobo [quartier d'Abidjan, ndlr], le commandant IB a déclaré que c'était lui qui était derrière le commando invisible, alors qu'on a accusé l'armée de tuer les gens dans ce quartier. Je suis désolée, mais l'armée avait un devoir, et elle l'a fait.

SlateAfrique - On reproche aussi à votre père d'avoir laissé faire des milices à sa solde, les Jeunes patriotes et la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d'Ivoire (Fesci)?

M.-A. Singleton - C'est facile de dire ce genre de choses. Choi peut raconter ce qu'il veut, encore faut-il qu'il le prouve. Les enfants de la Côte d'Ivoire se sont levés depuis 2000 pour défendre leur pays. On a vu des révolutions en Europe et aux Etats-Unis. Pourquoi ces combats seraient-ils nobles, et pas le nôtre? Que M. Choi vienne prouver que Laurent Gbagbo est un adepte de la violence! On a vu qui a produit la violence en Côte d'Ivoire... C'est Ouattara! Ils parlent de charniers, d'escadrons de la mort, ils créent ce genre de termes parce que ce sont leurs pratiques! Il y a des enlèvements à Abidjan aujourd'hui, des actes qui se passent en toute violation du mandat de l'ONU. Choi n'est pas impartial, il a un parti-pris. L'ONU a transporté des rebelles pour les amener dans les quartiers. Qu'il réponde à cela d'abord!

SlateAfrique - Pendant la crise post-électorale, avez-vous conseillé à vos parents d'adopter une stratégie différente?

M.-A. Singleton - Je porte le combat entièrement. Je suis d'accord avec ce qu'ils font. Il y a eu des élections. La Commission électorale indépendante (CEI) n'a pas été capable de donner les résultats provisoires. C'est une aberration de voir la seule voix du président de la CEI porter, alors qu'elle est constituée de 31 membres. Le délai de proclamation des résultats a été dépassé. C'est scandaleux! Les résultats ont été proclamés au QG de l'un des candidats, l'hôtel du Golf, ce même hôtel où les rebelles ont logé pendant des années aux frais de l'Etat. C'est ridicule! Le président de la CEI y a été amené par des diplomates étrangers, ce qui relève d'une ingérence dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire... Quand le Conseil constitutionnel déclare le président Gbagbo vainqueur, on le refuse. Moi, je respecte les institutions de mon pays. Je l'aurais fait même s'il ne s'agissait pas de mes parents. Si les Ivoiriens ne respectent pas leurs institutions, qui va le faire? Ici aux Etats-Unis, qui a empêché George Bush d'être Président en exercice, alors que sa victoire était contestée face à Al Gore? Qui l'a contestée, alors qu'une partie du peuple s'estimait spoliée de la victoire de Gore?

SlateAfrique - A vos yeux, Alassane Ouattara représente-t-il l'illégalité?

M.-A. Singleton - A supposer qu'il soit prouvé qu'il est le vainqueur, il y a un processus à suivre, à respecter... Il faut avoir été investi. Comment tolérer que ce Monsieur puisse agir comme Président? Le monde veut nous enseigner la démocratie, mais le monde ne peut pas en appliquer les règles en Afrique... C'est scandaleux! Chaque jour, on piétine la Constitution en Côte d'Ivoire. On va de violation en violation. On nous dit que le Conseil constitutionnel applique une décision contraignante de l'Union africaine (UA), pour laquelle il doit se dédire, cinq mois plus tard, en investissant quelqu'un d'autre...

Me M. Noulowe - Le Conseil constitutionnel a pris une décision pour proclamer la victoire d'Alassane Ouattara. C'est une démarche singulière, dans la mesure où c'est un conflit armé qui a abouti à cette décision. C'est le même Conseil constitutionnel, présenté comme un groupe d'affidés de Laurent Gbagbo, le même Conseil constitutionnel qui était vilipendé ces derniers mois qui est porté aux nues aujourd'hui. Le fait que le Conseil constitutionnel n'ait pas été dissous et qu'il se soit contredit lui-même, à quelques mois d'intervalle, pose un certain nombre de questions qui restent sans réponses. C'est également un aveu: en tout état de cause, c'est bien le Conseil consitutionnel qui était seul habilité à proclamer le résultat des élections. Tantôt la CEI, tantôt le représentant des Nations unies pouvaient s'arroger cette prérogative. On revient à la case départ, au terme de cinq mois de conflit. Quel besoin Alassane Ouattara a-t-il du Conseil consitutionnel? On est allé plus vite que la musique. On a mis la charrue avant les bœufs. Et comme on dit chez vous, la réalité dépasse la fiction.

SlateAfrique - Que pensez-vous du rôle de la France dans la situation actuelle en Côte d'Ivoire?

M.-A. Singleton - La France a montré aux yeux du monde qu'elle a toujours été l'instigatrice des crises que nous avons traversées depuis 2002. Elle a d'abord été active, non pas dans les combats mais en apportant des équipements et un soutien logistique aux rebelles. Maintenant, les choses se passent à l'échelon international, tout simplement. On a vu l'ONU et la France transporter les rebelles et même combattre sur le terrain. La France est l'instigatrice de ces coups. Elle a fait la guerre à la Côte d'Ivoire sans qu'on lui ait déclaré la guerre, et sans déclarer la guerre elle-même.

SlateAfrique - Etes-vous déçue par la position des Etats-Unis?

M.-A. Singleton - C'est cette année que j'ai vu les Etats-Unis prendre parti. Je ne sais pas encore quelles sont les motivations des Etats-Unis, une nation censée représenter les valeurs de justice, de démocratie et de droit. Ils auraient pu regarder les choses d'un point de vue légal. On ne peut pas soutenir les efforts de rebelles... En Libye, c'est le même schéma. Désormais, tout se passe comme si on pouvait apporter des armes à des rebelles.

SlateAfrique - Etes-vous soutenue par votre communauté aux Etats-Unis?

M.-A. Singleton - Absolument! Des Ivoiriens, des Africains et des Américains n'arrêtent pas de nous appeler et demandent à contribuer au combat. Nous coordonnons les efforts, nous reçevons des emails, des coups de fil. Tout le monde estime qu'il ne s'agit plus de la Côte d'Ivoire mais d'un antécédent majeur pour l'Afrique.

SlateAfrique - Redoutez-vous une procédure contre vos parents devant la Cour pénale internationale (CPI)?

M.-A. Singleton - Non, je ne la redoute pas. Je ne sais pas ce que la CPI pourrait leur reprocher. J'attends de voir. Je ne suis pas inquiète.

SlateAfrique - Croyez-vous à la politique de réconciliation annoncée par Alassane Ouattara?

M.-A. Singleton - Leurs paroles sont contradictoires. Ils parlent de réconciliation alors qu'on se bat encore à Yopougon! Les gens ne sont pas libres de se déplacer, les rebelles occupent les maisons, les gens ont tout perdu. Il ne s'agit pas de mon opinion, mais des faits.

Slate Afrique - Etes-vous en contact avec Charles Blé Goudé?

M.-A. Singleton - Non, je ne cherche pas à rentrer en contact avec ces personnes, elles ont des raisons évidentes de se cacher pour protéger leur vie et ne pas jouer les martyrs. Je les félicite pour le travail qu'ils ont fait. Il faut continuer là où nous sommes. Je m'organise depuis les Etats-Unis. On n'a pas besoin de Blé Goudé, il en a fait suffisamment, mais s'il revient, gloire à Dieu.

SlateAfrique - Est-il vrai que nombre de fidèles de vos parents se trouvent au Ghana, où ils s'organiseraient pour poursuivre leur combat?

M.-A. Singleton - Je l'ai entendu dire mais je n'ai pas de contacts particuliers avec eux.

SlateAfrique - Quelle est votre situation personnelle en ce moment? Travaillez-vous?

M.-A. Singleton - J'ai étudié l'administration publique aux Etats-Unis, je suis mariée à un Américain et mère de quatre enfants. Jusqu'en février, je travaillais comme conseiller à l'ambassade de Côte d'Ivoire. J'ai cessé d'y aller, physiquement, pour protester contre le traitement subi par l'ancien ambassadeur [Charles Yao Koffi, nommé par Laurent Gbagbo, a été de facto remplacé par Daouda Diabaté, nommé par Alassane Ouattara et reconnu par Washington le 11 février, ndlr]. C'est une forfaiture que je ne partage pas. Mais je me considère toujours comme employée de l'ambassade.



Recueilli par Sabine Cessou


Source: SLATE AFRIQUE

vendredi, 06 mai 2011

COTE D'IVOIRE: LES AVOCATS DE GBAGBO REFOULES, PRESTATION DE SERMENT POUR OUATTARA


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Les deux défenseurs français du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo ont été refoulés vendredi avant son premier interrogatoire, alors que son successeur Alassane Ouattara doit prêter serment.


Les deux avocats, Me Jacques Vergès et Me Marcel Ceccaldi, ont été interdits d'entrée à l'aéroport d'Abdijan faute de visas en règle et ont été placés dans un avion pour Paris.

Cet incident est intervenu alors que M. Gbagbo, 65 ans, devait être entendu par le Procureur de la République à Korhogo (nord), où il se trouve en résidence surveillée depuis son arrestation il y a près d'un mois à Abidjan.

Il devait être interrogé dans le cadre d'une enquête préliminaire portant sur la crise née de la contestation du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010, au cours de laquelle 3.000 personnes ont trouvé la mort, selon les autorités.

Des accusations d'exactions, de concussion et d'appels à la haine pèsent notamment contre M. Gbagbo, qui avait refusé de reconnaître la victoire de M. Ouattara.

M. Outarra doit finalement prêter serment vendredi devant le Conseil constitutionnel.

"Manifestement, on ne veut pas que le président Gbagbo soit défendu. Je suis très pessimiste sur l'avenir d'un régime qui traite les avocats de cette manière", a commenté Me Vergès.

Le célèbre avocat est arrivé à Abdijan muni d'un visa délivré par le consulat ivoirien de Nancy (est de la France), mais les autorités ivoiriennes ont soutenu que le document n'avait pas été validé par l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris.

"Les autorités se livrent à une palinodie de justice", a dénoncé Me Ceccaldi, qui ne disposait pas de visa mais avait écrit au Procureur pour lui demander de "favoriser" son entrée dans le pays.

La troisième membre de l'équipe assurant la défense de M. Gbagbo, l'avocate franco-camerounaise Lucie Bourthoumieux, détentrice d'une carte de résident, a pu passer les contrôles mais a décidé de repartir avec ses collégues vers Paris.

Les trois avocats devaient également assister samedi l'épouse du président déchu, Simone Gbagbo, assignée à résidence depuis le 22 avril à Odienné (nord-ouest).

Ils devaient aussi être présents lors des auditions d'autres membres de l'ancien régime, dont le chef du parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien, Pascal Affi N'Guessan, à Katiola (nord).

"Près de 200 personnalités de l'ancien régime sont concernées par ces auditions", avait indiqué le ministère de la Justice, précisant que le procureur d'Abidjan devrait les entendre "d'ici le mois de juin".

Selon le ministère, ces personnalités "figurent pour la plupart sur la liste des personnes sanctionnées par l'Union européenne".

L'audition de M. Gbagbo intervient après l'arrivée mercredi en Côte d'Ivoire de trois experts internationaux indépendants chargés par l'ONU d'enquêter sur les violations graves des droits de l'Homme commises depuis la présidentielle.

"Nous avons exclu (de l'acte d'accusation ivoirien, ndlr) ce qui relève de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), comme les crimes contre l'humanité", avait souligné le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Kouadio Ahoussou.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a indiqué mardi que ses services préparaient une demande au tribunal pour ouvrir une enquête concernant des massacres commis en Côte d'Ivoire.


AFP

Source: 20MINUTES.FR

jeudi, 05 mai 2011

CALIXTHE BEYALA: «QU'AURAIS-JE FAIT A LA PLACE D'ALASSANE OUATTARA ? TOUT, SAUF CETTE PORNOGRAPHIE MEURTRIERE !»



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Dès lors que les français ont donné le poste de Président à Alassane Ouattara, il eût été préférable d'arrêter les massacres. Il s'avère aujourd'hui, que cet homme et ses acolytes ont été d'une violence inouïe, inutile... d'ailleurs. Dès lors, ils se sont mis à massacrer des gens, civils, chrétiens, sudistes appartenant à la région de Laurent Gbagbo. On a vu comment ils ont tué Tagro... Tant de morts ! Pour la première fois de ma vie, j'ai assisté à une pornographie meurtrière ! Non seulement on tue, mais on présente ces images d'une sauvagerie extrême à la télévision. Impudique ! Ce qui me donne à penser que nous avons là affaire à des gens soit inintelligents, soit sans aucune conscience, ce qui me semble d'une gravité extrême !

Régner par la peur n'a jamais été une solution. Comment expliquez-vous l'exécution sommaire d'IB ? Je ne le connaissais pas, mais je trouve indécent que le cadavre de ce dernier, leur allié, quoiqu'il ait fait, soit ainsi exposé aux yeux du monde. D'ailleurs, pourquoi ne l'avoir pas tout simplement arrêté et mis à disposition de la justice ? Pourquoi ? J'ai l'impression de revivre malgré moi, un remake des Bokassa, Mobutu et autres sanguinaires africains des années soixante dix. C'était à la mode de tuer les adversaires et d'exposer leurs cadavres ! Il eut mieux valu que Monsieur Ouattara, Président nommé par la Communauté Internationale continuât de palabrer, de négocier, de tenter de convaincre les ivoiriens qu'il est l'homme de la situation. Il a tué tant de personnes qu'il a provoqué une rétractation à la fois identitaire, religieuse...

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Tout ceci fait penser qu'il ne saurait être un Président rassembleur, un président symbolisant les valeurs d'égalité et de justice, de liberté et d'équité ! Laurent Gbagbo avait tous les moyens de l'éliminer depuis dix ans, il ne l'a pas fait, tout au contraire, il lui a permis de se présenter aux élections! Laurent Gbagbo avait tout loisir de faire assassiner Guillaume Soro, il en a fait un premier Ministre. Dans le cas Ivoirien, qui est donc véritablement un meurtrier ?
L'une des valeurs essentielles du continent Noir est la palabre et avec patience et ténacité, on arrive toujours à une solution.

Le compromis, voilà ce qu'il eût mieux fait d'adopter comme posture... Et non la violence. Après tant de morts, comment voulez-vous que les Ivoiriens notamment du Sud et des Chrétiens chez qui d'ailleurs il compte installer son pouvoir l'acceptent ? On le voit déjà : l'armée refuse de le rejoindre, par peur de représailles ; les fonctionnaires refusent de reprendre leurs postes, par crainte d'être égorgé par ses rebelles. La résistance continue. Comment gouverner ? Effectivement, il ne lui reste qu'une solution : massacrer tout le monde! Et je ne m'étais point trompée ! Ils viennent d'assassiner Félix Anoblé proche du PDCI. A quand la fin des massacres ?


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Par Calixthe Beyala, Ecrivaine franco-camerounaise

mercredi, 04 mai 2011

THABO MBEKI: QU’EST-CE QUE LE MONDE S’EST TROMPE EN COTE D’IVOIRE!

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Une contribution de l'ancien président Sud-africain, M. Thabo Mbeki, parue dans le magazine Foreign Policy en date du 29 avril 2011, fait état de l'échec des Nation Unies dans la crise ivoirienne et encourage les Africains à prendre en main la résolution de leurs propres conflits.


Le second tour des élections présidentielles du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire montés les uns contre deux autres de longue date des opposants politiques, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Pour cette raison d'une importance stratégique, il était inévitable que ce concours électoral décide de l'avenir à long terme du pays. Toutes les personnes concernées devraient avoir sondé très au sérieux la question critique: Est-ce que les élections de 2010 ont crée les conditions permettant d'établir la base d'un meilleur avenir possible pour le peuple ivoirien ?


Ce qui n'a pas été fait

La communauté internationale a insisté pour que la Côte d'Ivoire mettre fin à la crise et organise des élections démocratiques, même si les conditions n'étaient pas réunies pour mener de telles élections. Bien qu'ils savaient que cette proposition était fondamentalement mauvaise, les Ivoiriens ne pouvaient pas résister à la pression internationale à la tenue des élections.

Cependant, la réalité objective est que les élections présidentielles ivoiriennes n'auraient pas dû avoir lieu au moment où elles se sont tenues. Il était parfaitement prévisible qu'elles ne feraient que renforcer le conflit, même si il a été suggéré qu'elles y mettraient fin.

La rébellion de 2002 en Côte d'Ivoire a divisé le pays en deux parties, avec le nord contrôlé par les rebelles des Forces Nouvelles, qui a soutenu Alassane Ouattara, et le sud aux mains du gouvernement dirigé par Laurent Gbagbo. Depuis lors, la Côte d'Ivoire a eu deux gouvernements, deux administrations, deux armées, et deux leaders «nationaux» .

Toutes élections tenues dans ces circonstances enracinent inévitablement les divisions et les animosités représentées et aggravées par la rébellion de 2002.

Les défauts structurels qui se trouvaient à la base de la rébellion de 2002 comprennent des questions inflammables telles que les tensions trans-nationales qui touchent en particulier la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, les antagonismes ethniques et religieux en Côte d'Ivoire, le partage du pouvoir politique, et l'accès au pouvoir et aux opportunités socio-économiques.

À cet égard, la communauté internationale a assidûment supprimé une juste appréciation des diverses allégations explosives qui, à tort ou à raison, ont informé et continueront d'informer l'opinion de la population partisane de Gbagbo dans le sud de la Côte d'Ivoire - ainsi qu' une grande partie de l'Afrique francophone !

A savoir que Ouattara est un étranger né au Burkina Faso, qui, avec le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, a été responsable de la rébellion de 2002, que son accession au pouvoir se traduirait par la prise de contrôle du pays en particulier par des étrangers burkinabé, et que, historiquement, Jusqu'ici, il a été prêt à faire avancer les intérêts français en Côte d'Ivoire.

Prenant en compte tout cela, l'Union africaine a compris qu'une solution durable à la crise ivoirienne nécessitait un accord négocié entre les deux factions belligérantes, portant sur les questions interdépendantes de la démocratie, la paix, la réconciliation et l'unité nationales.

Après de longues négociations à partir de 2002, les Ivoiriens ont convenu que l'élection présidentielle ne se tiendrait pas avant que des conditions diverses aient été remplies. Il s'agissait notamment de la réunification du pays, la restauration de l'administration nationale à toutes les parties du territoire ivoirien, et le désarmement des rebelles et de toutes les milices et leur intégration dans le mécanisme de sécurité nationale, ceci au moins deux mois avant la tenue des élections présidentielles. Malgré le fait que rien de tout cela n'ait été honoré, les élections présidentielles ont été autorisées.

En fin de compte, Ouattara a été installé comme président de la Côte d'Ivoire. Gbagbo, et son épouse Simone, ont fini comme des prisonniers humiliés. Beaucoup d'Ivoiriens sont morts et ont été déplacés, de nombreuses infrastructures ont été détruites, et les animosités historiques ont été exacerbées à cette fin.


Beaucoup de choses ont été radicalement faussées tout le long de la route jusqu'à ce résultat.

Les accords portant sur ce qui aurait dû être fait pour créer les conditions d'élections libres et équitables ont été volontairement et dédaigneusement ignorés. Le Conseil constitutionnel ivoirien (CC) est le seul organisme habilité par la Constitution à déterminer le vainqueur dans une élection présidentielle et à installer le président, avec la Commission électorale independante (CEI), chargée de transmettre les résultats provisoires au CC. Toutefois, ceux-là mêmes qui insistent sur le caractère sacré du droit fondamental à toute pratique démocratique, ont choisi de façon illégale de reconnaître le résultat provisoire annoncé par un président de la CEI tout seul, comme le résultat authentique de l'élection présidentielle.

Comme prévu par la loi, Gbagbo a contesté la régularité des élections dans certaines parties du pays, surtout dans le nord. Le CC, à tort ou à raison, a accepté la majorité des plaintes déposées par Gbagbo, a identifié d'autres irrégularités , a annulé les votes dans certains districts, et a déclaré Gbagbo vainqueur. Le président de la CEI n'a pas pris ces prétendues irrégularités en compte et a décidé que Ouattara avait gagné.

L'envoyé de l'ONU, le Secrétaire général Ban Ki-moon, et son collègues sud-coréen, RSSG Young-jin Choi, ont également déterminé que Ouattara avait gagné, mais sur la base de moins de voix que celles annoncées par la CEI, après avoir déterminé que certaines des plaintes déposées par Gbagbo étaient légitimes. En termes de suffrages exprimés pour les deux candidats, la CEI, le CC, et le représentant spécial de l'ONU ont fait trois mesures différentes.

Gbagbo a proposé que pour résoudre cette question, qui porte sur l'importante question de la volonté du peuple ivoirien, une commission internationale devrait être établie pour vérifier les résultats des élections, avec la condition préalable importante que lui et Ouattara doivent accepter la décision de la commission.

Cette proposition a été rejetée par la communauté internationale - en dépit du fait qu'elle aurait réglé le contentieux électoral, sans recourir à la guerre, et malgré le fait que certains observateurs électoraux aient émis des doutes quant à l'équité des élections, en particulier dans le nord de la Côte d'Ivoire.

Par exemple, rapportant aux élections dans le Nord, la mission d'observation électorale de l'Union africaine dirigée par Joseph Kokou Kofigoh, ancien Premier ministre du Togo, indépendant de la société civile Société Civile Africaine pour la Démocratie et l'assistance électorale dirigée par Seynabou Indieguene de Sénégal, et la coordination des experts électoraux en Afrique (CAEE) du Cameroun, Sénégal, Bénin, Mali, Maroc, Gabon, Togo et dirigée par Jean-Marie Ongjibangte du Cameroun, tous ont sonné l'alarme au sujet des élections dans le Nord.

Par exemple, le CAEE a déclaré: «Après le partage d'informations avec d'autres observateurs électoraux nationaux et internationaux, nous vous informons que le second tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire a eu lieu au milieu des problèmes majeurs dans différentes régions du Nord ...

" Ces problèmes étaient le vol des urnes, l'arrestation des représentants des candidats, le vote multiple, le refus d'admettre des observateurs internationaux pour assister aux comptages des bulletins de vote, et l'assassinat des représentants des candidats. A cet effet, nous déclarons que le second tour de scrutin n'a pas été libres, justes et transparentes dans ces localités (nord). "

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Pour sa part, à ce jour, la mission d'observation électorale de la CEDEAO n'a pas publié son rapport sur le deuxième tour de l'élection présidentielle! Pourquoi ?

Il est clair que la Commission internationale indépendante proposée par Laurent Gbagbo aurait pu être établie et habilitée à prendre une décision définitive et contraignante sur ce qui s'était passé. Le temps nous dira pourquoi cela n'a pas été fait!

En outre, le Représentant spécial de l'ONU a pris la décision extraordinaire de dépasser son mandat en déclarant qui avait remporté l'élection présidentielle, contrairement à ses attributions comme indiqué par le Conseil de sécurité. Cette décision a positionné la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) en tant que partisan dans le conflit ivoirien, plutôt qu'artisan de la paix neutre, à égale distance des parties belligérantes.

A partir de cet instant, l'ONUCI n'avait pas d'autre choix que de travailler activement pour l'installation de Ouattara en tant que président du pays et la suppression de Gbagbo. En fin de compte, cela s'est matérialisé dans l'utilisation flagrante de ses capacités militaires pour ouvrir la voie aux Forces nouvelles afin de vaincre les forces pro- Gbagbo et la capture Gbagbo, sous le prétexte sans vergogne de pour protéger les civils.

Bien que dans l'obligation de respecter son mandat de maintien de la paix, qui consistait à maintenir les forces belligérantes à part, l'ONUCI n'a rien fait pour arrêter avancée des Forces Nouvelles parties du nord au sud, et jusqu'à Abidjan. Ni l'ONUCI , ni les forces françaises Licorne, tel que mandaté par les Nations Unies,n'ont agit pour protéger les civils dans la région de Duékoué, où, évidemment, la plus forte concentration d'assassinat de civils a eu lieu! Cela rappelle l'incapacité de l'Organisation des Nations Unies à mettre fin au plus catastrophique assassinat et abus de civils dans l'est de la République démocratique du Congo!


Les points de la réalité ivoirienne ont un certain nombre de conclusions irréfutables.

Les conditions convenues pour la tenue d'élections démocratiques en Côte d'Ivoire n'ont pas été créés. Malgré les fortes allégations de fraudes électorales, la communauté internationale a décidé de ne mener aucune vérification du processus et des résultats annoncés. Cela a laissé sans réponse la question d'une importance vitale à savoir qui a gagné les élections, et les responsabilités de Ouattara dans les fraudes commises.

L'Organisation des Nations Unies a décidé d'abandonner sa neutralité en tant que conciliateur et décidé d'être un belligérant partisan dans le conflit ivoirien.

La France a utilisé sa place privilégiée au sein du Conseil de sécurité afin de se positionner pour jouer un rôle important dans la détermination de l'avenir de la Côte d'Ivoire, son ancienne colonie dans laquelle, entre autres, elle a d'importants intérêts économiques. Elle a rejoint l'Organisation des Nations Unies pour veiller à ce que Ouattara emerge en tant que vainqueur dans le conflit ivoirien.

Cette initiative répond à des intérêts nationaux de la France, conformément à ses politiques Françafriques , qui visent à perpétuer une relation particulière avec ses anciennes colonies africaines. Cela est conforme aux observations faites par l'ancien président français François Mitterrand, quand il dit: «Sans l'Afrique, la France n'aurait pas d'histoire au 21e siècle», ce que l'ancien ministre des Affaires étrangères français Jacques Godfrain a confirmé quand il a dit: "Un petit pays [France ], avec une petite quantité de force, nous pouvons déplacer une planète à cause [de nos] ... relations avec 15 ou 20 pays d'Afrique ... "

L'UA n'est pas non plus sans reproche, car elle n'a pas su s'affirmer pour convaincre tout le monde à travailler pour parvenir à la réconciliation entre les Ivoiriens, et donc à une paix durable. Malheureusement, les résultats qui ont été réalisés en Côte d'Ivoire consacrent un conflit endémique dans ce pays. Ceci parce qu'elle a placé entre les mains exclusives de la rébellion de 2002 le droit de déterminer de l'avenir du pays, là où la situation objective exigeait et exige encore que les peuples de Côte d'Ivoire s' engagent les uns les autres comme égaux afin de déterminer leur destinée commune.

Au cours de la décennie durant laquelle il a servi comme président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo n'avait aucune possibilité d'agir de son propre chef pour réunifier le pays et réaliser la réconciliation entre ses diverses populations, malgré l'existence d'accords négociés à cet égard. Comme il sert en tant que président du pays, Ouattara ne réussira pas à réaliser ces objectifs, en agissant de son propre chef, en dehors du contexte d'un accord honnête avec les sections de la population ivoirienne représentée par Gbagbo.

Ce qui devait arriver avait été prévu par l'ambassadeur des États-Unis d'alors en Côte d'Ivoire, Wanda L. Nesbitt. En Juillet 2009, elle en informait le gouvernement des États-Unis:

"Il semble maintenant que l'accord de Ouaga IV, [le quatrième accord de l'accord politique de Ouagadougou, qui prescrit que le désarmement doit précéder les élections], est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré [Président du Burkina Faso] et Laurent Gbagbo à partager le contrôle du nord jusqu'à après l'élection présidentielle, en dépit du fait que le texte appelle les Forces Nouvelles à rendre le contrôle du nord au gouvernement et à achever le désarmement complet deux mois avant les élections ...

"Mais les 5.000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être « désarmés », et regroupés dans des casernes dans quatre grandes villes dans le nord et l'ouest jusqu'à ce qu'une nouvelle armée nationale soit créée, représentent une capacité militaire sérieuse que les FAFN [Forces Nouvelles] ont l'intention de garder bien formés et en réserve jusqu'à la fin de l'élection. La remise du pouvoir administratif des FAFN aux autorités civiles du gouvernement était un pré-requis pour les élections , mais, comme les voyageurs vers le nord (y compris le personnel des ambassades) confirment: les FAFN conservent de facto le contrôle de la région en particulier quand il s'agit de finances. "

L'incapacité à résoudre les "pré-requis aux les élections" prédéterminent leurs résultats. Les rebelles au «contrôle» du Nord, cité par l'Ambassadeur Nesbitt, déterminait par le résultat de l'élection présidentielle de 2010. De même, c'était les "capacités militaires" de la rébellion, dont l'Ambassadeur Nesbitt faisait mention, qui ont été utilisées pour s'assurer que Ouattara devienne président de la Côte d'Ivoire.

Il n'est pas étonnant qu'au plus fort de la crise post-électorale, Laurent Gbagbo criait: j'ai été trahi!

À la fin de tout cela, il y a de nombreuses victimes.

L'une d'entre elles est l'Union africaine. Les événements tragiques en Côte d'Ivoire ont confirmé la marginalisation de l'union dans sa capacité à résoudre les défis les plus importants d'Afrique.

Au lieu de cela, l'UA a affirmé la capacité des grandes puissances à intervenir pour résoudre ses problèmes à l'aide de leurs capacités différentes pour légitimer leurs actions en persuadant l'Organisation des Nations Unies d'autoriser leurs interventions égoïstes.

L'ONU a gravement compromis son acceptabilité comme une force neutre dans la résolution des conflits internes, comme celui en Côte d'Ivoire. Il sera désormais difficile pour l'Organisation des Nations Unies de convaincre l'Afrique et le reste du monde en développement que ce n'est pas un simple instrument entre les mains des grandes puissances du monde. Cela a confirmé l'urgence de la nécessité de restructurer l'organisation, basée sur l'idée que dans sa structure actuelle les Nations Unies n'a pas la capacité d'agir en tant que représentant véritablement démocratique de ses Etats membres.

Ainsi, de diverses manières, les événements en Côte d'Ivoire pourraient servir à un moment déterminant en termes de l'urgente nécessité de restructurer le système des relations internationales. Ils ont mis en évidence la réalité de l'équilibre et l'abus de pouvoir dans la période post-électorale, et mis fin à la fiction que les grandes puissances respectent la primauté du droit dans la conduite des relations internationales, même telle que défini par la Charte des Nations Unies, et que, en tant que démocrates, ils respectent les opinions des peuples du monde.

Nous ne pouvons qu'espérer que Laurent et Simone Gbagbo et le peuple ivoirien ne continuent pas à souffrir, victimes maltraitées et humiliées d'un système mondial qui, dans son intérêt, tout en criant haut et fort les droits universels de l'homme, ne cherche qu'à perpétuer la domination du plus grand nombre par quelques-uns qui disposent du pouvoir politique, économique, militaire et médiatique prépondérante.

Vues les procédures perverses et toxiques qui ont frappé la Côte d'Ivoire, on peut se poser la question d'urgence: Combien de violations flagrantes du pouvoir l'Afrique et le reste des pays en développement devront expérimenter avant que la vision d'un système démocratique de la gouvernance mondiale soit réalisée ?



Par Thabo Mbeki


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FOREIGN POLICY.COM

mardi, 03 mai 2011

CONFIDENCES SUR L’ENTRETIEN ENTRE GBAGBO, TUTU, ANNAN ET ROBINSON

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La rencontre n'était pas prévue dans le programme officiel de la délégation des « Elders », ces « aînés », anciennes figures de la scène publique retirées des affaires, et qui offrent leurs bons offices sur un certain nombre de terrains conflictuels. Les « Elders » (Desmond Tutu, Kofi Annan, Mary Robinson), venus à Abidjan à la demande d'Alassane Ouattara, ont tout de même souhaité rencontrer Laurent Gbagbo, notamment pour s'assurer qu'il était bien traité, après les images traumatisantes servies ad nauseum par les médias internationaux le 11 avril. Ils ont, selon des sources diplomatiques, exprimé le souhait de rencontrer Simone Gbagbo aussi, mais ont au final considéré qu'il était pratiquement difficile de faire à la fois le voyage de Korhogo et de se rendre à Odienné. En toute logique, les Elders se sont rendus à l'hôtel Pergola, où sont détenus plusieurs dizaines de cadres de la majorité présidentielle (LMP). Ils ont exprimé le vœu de voir ces cadres retrouver le droit aux communications téléphoniques et aux visites familiales...

A Korhogo, les Elders ont trouvé un Laurent Gbagbo en pleine forme, ce qui dément la rumeur persistante, lancée comme un ballon d'essai par la presse ouattariste, qui évoquait une tentative de suicide. Il a dit être bien traité - son médecin personnel, le docteur Blé, est avec lui - mais a demandé, comme son épouse Simone, si l'on en croit les confidences de Ouattara à La Croix, une Bible. Signe qu'il ne se considère pas comme à la retraite, il a demandé un livre contenant les discours les plus célèbres des plus grands hommes politiques. Séance tenante, le ministre de la Justice de Ouattara, Jeannot Ahoussou Kouadio, lui a remis la biographie de Félix Houphouët-Boigny écrite par Frédéric Grah Mel. Et a promis de lui faire parvenir une Bible version Louis Segond. Les Elders ont été surpris du tonus de Laurent Gbagbo. Kofi Annan est allé jusqu'à lui dire qu'ils s'attendaient à voir un homme non pas rayonnant, mais au visage défait et triste...

La question de la procédure judiciaire lancée contre le président Laurent Gbagbo a été évoquée à la fin de l'entretien par Jeannot Ahoussou Kouadio. Gbagbo a insisté sur sa requête, déjà exprimée, mais visiblement ignorée, de rencontrer ses avocats avant sa première audition. Ahoussou Kouadio a, devant les Elders, promis que la question serait réglée. D'où le report de l'audition en question, qui devait se dérouler ce mardi, mais aura lieu sans doute en fin de semaine... Gbagbo attend également de parler à ses avocats avant de donner une suite à la demande des « Elders » de le voir s'adresser à la Nation, notamment pour encourager ses partisans à aller dans le sens de la réconciliation.

Plus globalement, les Elders sont plus ou moins inquiets quant à la rapidité des procédures judiciaires et « réconciliatrices » mises en place par le gouvernement Ouattara. Ils s'interrogent sur les attributions et le champ de compétence de la Commission Vérité et Réconciliation et aimeraient que toutes les couches sociales soient représentées dans son bureau, y compris les femmes. Ils ont peur que les procès qui s'engagent s'inscrivent dans la logique de la « justice des vainqueurs » et perturbent le processus de réconciliation.

Bon à savoir : le 6 avril 2011, les « Elders » avaient accablé Laurent Gbagbo, estimant qu'il était le « premier responsable » de la violence en Côte d'Ivoire « qu'il a déclenchée (...) en refusant de quitter le pouvoir ».


 

Une correspondance de Philippe Brou


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

vendredi, 29 avril 2011

REVELATION SUR LA COTE D'IVOIRE REÇUE PAR UN CHRETIEN EVANGELIQUE IVOIRIEN LE 20 JANVIER 2011


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Chers amis,

 

J'observerai un jeûne (au pain et à l'eau) du Lundi au Vendredi pour intercéder en faveur de mon pays et de ses habitants (quel qu'ils soient...).

Que le DIEU de bonté soit tendre et protecteur avec ceux qui confessent son Saint Nom et croient en sa puissance d'amour salvatrice.

Je vous exhorte à le faire avec tous les hommes de bonne volonté... pour nos amis, nos parents, nos camarades, notre pays.


Bien-aimés,

Face à ce que j'ai vu en songe aujourd'hui, jeudi 20 janvier 2011, au petit matin entre 4h00 et 5h00, je crois qu'il est plus que jamais urgent pour l'Eglise de se lever et de mener le combat spirituel en faveur de la Côte d'Ivoire.

En effet, dans le songe, je voyais que des forces étrangères avaient pris d'assaut la Côte d'Ivoire, elles ont attaqué de partout avec des armes lourdes. Les détonations étaient insupportables. C'était presque le chaos en Côte d'Ivoire. Plusieurs institutions bancaires et des bâtiments ont été détruits.

Chose bizarre dans ce songe, je ne voyais en aucun moment l'armée ivoirienne (FDS). Ces forces étrangères semblaient avoir le dessus quand tout d'un coup, il y a eu une confusion. Alors, la situation s'est inversée et ces forces ont pris la fuite. Nul ne pouvait expliquer comment la situation a été soudainement renversée. Après ces violences d'une extrême gravité, un calme s'est abattu sur la Côte d'Ivoire. Les dégâts étaient incalculables. Je voyais par-ci et par-là des débris, de la cendre... La désolation était terrible.

C'est alors que je me suis réveillé vers 5h00. J'étais profondément troublé et bouleversé face à cette horreur. Alors je me suis mis à combattre et à intercéder pour la Côte d'Ivoire. DIEU m'a donné un passage pendant le moment de prière et j'ai prié sur la base de ces versets bibliques.


Voici les versets bibliques : Psaumes 86 : 14-17 (pour une prière efficace, remplacer « me », « moi » et « servante » par « Côte d'Ivoire »).


14 O DIEU ! des orgueilleux se sont levés contre moi, une troupe d'hommes violents en veulent à ma vie ; ils ne portent pas leurs pensées sur toi.

15 Mais toi, SEIGNEUR, tu es un DIEU miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité ;

16 Tourne vers moi les regards et aie pitié de moi, donne la force à ton serviteur, et sauve le fils de ta servante !

17 Opère un signe en ma faveur ! Que mes ennemis le voient et soient confus ! Car tu me secours et tu me consoles, ô ETERNEL !

 

Interprétation du songe :

 

Dans cette attaque de la Côte d'Ivoire par des forces étrangères, la victoire de la Côte d'Ivoire ne viendra pas de son armée (FDS) mais de l'ETERNEL lui-même, qui va créer une situation de confusion (Psaume 86 : 17) et entraîner la fuite de ces forces. C'est pourquoi dans le songe, l'armée ivoirienne était invisible. C'est l'armée des cieux qui donnera la victoire à la Côte d'Ivoire.

L'attaque sera très violente et les dégâts seront importants, mais DIEU va restaurer la paix en Côte d'Ivoire.

 

Sujets de prières :

 

1-      Prier pour que DIEU fasse grâce à la Côte d'Ivoire et pardonne le péché du peuple, de l'Eglise et des dirigeants ;

2-      Invoquer la bonté et la miséricorde de DIEU pour qu'il épargne le pire à la Côte d'Ivoire ;

3-      Prier pour les familles et pour leur protection ;

4-      Que DIEU fasse un signe en faveur de la Côte d'Ivoire (Psaume 86 : 17) ;

5-      Que les ennemis de la Côte d'Ivoire soient dans la confusion (Psaume 86 : 17) ;

6-      Que DIEU donne la force à la Côte d'Ivoire et à ses fils (Psaume 86 : 16) ;

7-      Que DIEU secourt la Côte d'Ivoire (Psaume 86 : 17) ;

8-      Que DIEU console la Côte d'Ivoire (Psaume 86 : 17) ;

9-      Que DIEU restaure la Côte d'Ivoire tout entière ;

10-    Que DIEU établisse une paix durable et définitive en Côte d'Ivoire.


Merci de faire circuler ce message autour de vous !

 

mercredi, 27 avril 2011

UN SENATEUR AMERICAIN REVELE: IL Y A EU DES FRAUDES MASSIVES EN COTE D'IVOIRE!

 

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Le sénateur républicain James Inhofe


Malgré le fait que la France ait organisé le coup d'Etat en Côte d'Ivoire avec l'aide des américains, il existe des politiciens honnêtes et sincères. Bien davantage aux Etats-Unis qu'en France d'ailleurs. D'ailleurs, seul un sénateur américain a eu le courage d'interpeler publiquement la Secrétaire d'Etat Clinton sur la question...

Pour le Sénateur républicain James Inhofe, pas de doute, l'ONU se trompe. Selon les éléments en sa possession, des fraudes massives ont en effet été constatées dans le Nord de la Côte d'Ivoire lors du second tour de l'élection. Le sénateur demande donc au Département d'Etat américain de revoir sa position à la lueur de faits établis.

Extrait du passage relatif aux fraudes électorales :
Verbatim du Sénateur Inhofe : « J'ai reçu de nombreuses preuves convaincantes qu'il y a eu des fraudes électorales massives dans le Nord du pays sous contrôle des rebelles. Il y a eu des bulletins de votes volés...J'en ai référé deux fois au Secrétaire d'État Hillary Clinton. Par une fraude avérée, Ouattara aurait bénéficié de 94 873 voix, sur une liste électorale d'une seule des cinq régions du Nord sous son contrôle. Et si l'on multiplie ce chiffre par quatre, on est proche de la marge de voix qui lui a donné la victoire contre M. Gbagbo, c'est-à-dire 400.000.
Donc si des fraudes comparables ont eu lieu dans toutes les régions du Nord de la Côte d'Ivoire, Gbagbo est le président légitimement élu dans ces élections du 28 Novembre.

Mais si cela est trop compliqué, on peut apprécier la situation autrement :
Dans ces 5 régions, j'ai attiré l'attention, dans mon courrier au Secrétaire d'État, sur le fait que Gbagbo avait obtenu des milliers de voix dans ce que nous appellerions les primaires; et néanmoins, lors du vote final, le candidat Gbagbo a obtenu Zéro voix dans certains cantons. C'est là une impossibilité statistique : vous ne pouvez pas n'obtenir aucune voix, particulièrement si vous en aviez déjà obtenu quelques milliers auparavant ! J'ai écrit au Secrétaire Clinton pour qu'elle soutienne l'établissement de nouvelles élections, mais ma demande n'a pas été traitée avec l'attention souhaitée.

Mais avec les dernières nouvelles indiquant que Ouattara a tué un millier de personnes dans la région de Duékoué (rapport en français sur les viols et les tueries), j'espère que les USA reconsidéreront leur position et appelleront à la tenue d'un nouveau scrutin. »


 

Le 26 avril 2011, par IvoireBusiness.net


Rédigé par JSS, April 21st, 2011 and filed under Afrique, Divers


 

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RECOLONISATION: LA FRANCE DANS LE BOURBIER IVOIRIEN


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L'ambassadeur français Jean-Marc Simon


La crise ivoirienne ressemble à celle de l'Irak. La seule différence c'est que les acteurs ne sont pas les mêmes. En Irak, ce sont les Américains. Ils ont pensé qu'en enlevant Saddam Hussein, tout allait

se passer comme sur des roulettes. La vie allait reprendre comme si de rien n'était. Malheureusement, c'est le contraire qui s'est produit. Plus de dix ans que le pays est dans une situation d'instabilité. Aucune lueur d'espoir ne pointe à l'horizon. C'est l'incertitude. L'avenir est en pointillé. Jusqu'à ce jour, les Américains n'ont pu ramener la paix. Il ne se passe pas de jour sans qu'il n'y ait des attentats. Le pays est devenu un far-west. Il n'y a aucune loi. On ne peut pas dénombrer jusqu'à ce jour, les soldats américains tués.

Les Français ont le même comportement en Côte d'Ivoire. Après leur coup d'Etat, l'Hexagone a du mal à faire asseoir le pouvoir de son poulain, Alassane Ouattara. Au fur et à mesure que les jours passent, la situation s'enlise. Pas de lisibilité. L'armée française ne maîtrise rien sur le terrain. Elle ne fait que perdre des soldats. Les informations font état de ce que cette armée a perdu plus de 400 hommes dans les affrontements. Sarkozy et ses amis de l'Elysée pensaient que tout allait être facile pour eux. Ils sont confrontés à la réalité du terrain. Ils mordent la poussière face aux jeunes qui font la résistance. Il se raconte que l'armée de Sarkozy a dû abandonner trois chars dans les combats à Yopougon.

En tout cas, la France a tout calculé sauf la côte de popularité du Président Laurent Gbagbo à Abidjan. Il pèse plus de 64% de voix à Abidjan. C'est une donnée non négligeable qui fausse les calculs de la France. On se rappelle qu'en septembre 2002, lors de la tentative de coup d'Etat qui s'est muée en rébellion, Tuo Fozié avait dit qu'il n'avait pas compté avec la mobilisation populaire des Ivoiriens.


 

Le 26 avril 2011, in Le Temps


Enise Kamagaté

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

Pr GORGUI DIENG - COTE D'IVOIRE: OUATTARA A L'EPREUVE DE LA LEGALITE CONSTITUTIONNELLE



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Tout observateur averti doit se rendre compte que Ouattara, le président ivoirien 'reconnu par la communauté internationale' (une première dans les relations internationales, car jusqu'à récemment, c'étaient les Etats qui étaient reconnus par l'Onu!) est dans une situation très peu enviable. Son ami Sarkozy, président de la France néocolonialiste, qui ne défend que ses propres intérêts électoralistes et ceux économiques et stratégiques de son pays malgré les discours sur le devoir humanitaire, a bombardé et capturé comme un gorille le président élu par le peuple ivoirien et investi par le Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire. Pour ensuite l'installer, lui le 'policé', dans le fauteuil de Président de Côte d'Ivoire. De Gouverneur de la nouvelle colonie française de Côte d'Ivoire, pour bon nombre d'Africains outrés par les méthodes condescendantes de l'Onu et de Sarkozy. Mais comme le dit si bien l'adage wolof : 'il est plus facile de voler un tambour que de trouver un endroit propice pour le battre'. L'euphorie de la victoire a fait long feu. Se dresse subitement, comme une montagne infranchissable, la difficulté de l'exercice du pouvoir acquis anticonstitutionnellement.

Ouattara sait qu'il a été reconnu et imposé aux Ivoiriens par la 'Communauté internationale' qui a été roulée dans la farine par la France. Gbagbo mis dans un trou, il se rend compte maintenant qu'il doit administrer des Ivoiriens et non la 'Communauté internationale'. Pour cela, il a besoin de légalité constitutionnelle que seul le Conseil Constitutionnel de son pays peut lui conférer ! Dure réalité ! Et techniquement, il est dans une terrible impasse dans la mesure où le monsieur n'est, au meilleur des cas, que le 'président élu' par la 'Communauté internationale', et non le 'président officiel' de Côte d'Ivoire. Légalement, c'est Mamadou Koulibaly, le Président de l'Assemblée Nationale, qui doit assurer l'intérim de Gbagbo, empêché par la France de poursuivre son mandat ! D'ailleurs le Conseil Constitutionnel a constaté la vacance du pouvoir depuis le 16 avril ! Par conséquent, tous les actes que Ouattara pose, toutes les décisions qu'il prend (emprisonnement des Gbagbo et mise en résidence surveillée des dignitaires du FPI, entre autres) sont illégaux et arbitraires et rappellent ceux des putschistes au lendemain de leur Coup d'Etat ! Ses souteneurs le savent bien, c'est pourquoi ils exigeaient de Gbagbo une renonciation du pouvoir qu'ils n'obtiendront jamais malgré les bombes et les humiliations... Il leur a tenu tête, même après son arrestation !

Après avoir usé de la force armée et arraché le pouvoir au Président précédemment investi par le Conseil Constitutionnel, Ouattara se voit maintenant obligé de recourir au Président de ladite institution qui l'a déjà déclaré battu. Pour pouvoir gérer le pays en toute légalité... Comme si le ridicule ne tuait pas ! Supplier Paul Yao Ndré, qui s'était réfugié à Accra (c'est cela la réalité !) de rentrer dare-dare à Abidjan pour procéder à son investiture, après celle de Gbagbo effectuée par le même personnage, nous paraît relever de la fiction romanesque. Yao Ndré doit alors retourner sa veste et le déclarer, lui, nouveau vainqueur et l'installer dans ses fonctions de Président de Côte d'Ivoire devant un parterre d'invités de marque venus, à n'en pas douter, des quatre coins du globe! Avec certainement le tombeur de Gbagbo, Sarko, aux premières loges ! Soyons sérieux ! Pour un même match, il ne saurait y avoir deux vainqueurs déclarés et intronisés champions par le même arbitre ! Si cela se passait, ce serait décidément l'événement politique le plus cocasse du siècle commençant. Et l'Afrique toucherait les bas-fonds du ridicule...

Pourquoi Ouattara n'a-t-il pas demandé à l'Onu et à la 'Communauté Internationale' qui l'ont 'reconnu' comme 'président légitime' d'accepter qu'il prête serment devant Choi ou Ban Ki-Moon ? A Abidjan ou à New York... Il sait que dans tous les pays la Cour Suprême ou le Conseil Constitutionnel est l'unique instance qui donne la victoire électorale et la légalité. Sans appel... En admettant cela, l'ami de Sarkozy et de Carter III doit admettre aussi que Laurent Gbagbo, qui a été déclaré élu par le Conseil Constitutionnel dont il accepte les prérogatives - parce qu'il l'implore de l'investir -, est, jusqu'à preuve du contraire, le président 'légal' de Côte d'Ivoire. Aujourd'hui évincé du pouvoir par la force, ce dernier est victime d'un Coup d'Etat ! Aucun constitutionnaliste ne peut dire le contraire !

En demandant au Président du Conseil Constitutionnel de l'investir, Ouattara cherche à faire d'une pierre deux gros coups. D'abord, obtenir la légalité qui lui fait défaut ; ensuite, prouver au monde entier que Yao Ndré a été manipulé par Gbagbo. Mais, nous osons croire que le concerné est suffisamment intelligent pour savoir qu'il saisit là le bon bout qu'on lui a tendu sans peut-être le savoir. En lieu et place de l'investiture attendue par Ouattara, la France et l'Onu, Paul Yao Ndré doit saisir cette aubaine pour apporter les preuves qui ont motivé l'annulation du vote dans sept départements du Nord et l'élection de Gbagbo. Il a l'occasion idéale de prouver qu'il avait agi en technicien du droit et non en partisan du président sortant.

En faisant cela, le Professeur titulaire de Droit constitutionnel prouvera son impartialité dans cette affaire et sauvera l'honneur de l'université africaine et confondra ses détracteurs. Et Gbagbo et les siens auront plus de chance de se tirer d'affaire... Mais si le professeur ne détient aucune preuve, ou en détient mais cède aux pressions et aux promesses et procède à l'investiture de Ouattara, il devra savoir qu'il sera tenu pour responsable numéro un de tous les maux dont souffre la Côte d'Ivoire depuis la proclamation des résultats de novembre 2010 : tueries, massacres, enlèvements, déplacements des populations, exacerbation de la haine intercommunautaire, non-paiement des salaires depuis deux mois, dislocation de l'Armée, de la Police et de la Gendarmerie, dysfonctionnement de l'Etat, effondrement de l'économie...

Une autre option s'offre à Paul Yao Ndré. Le jour de la prestation de serment, il peut dire tout tranquillement : 'Monsieur Alassane Dramane Ouattara, vous avez pris le pouvoir par la force armée, avec le soutien décisif de la France ; la CEDEAO, l'Union Africaine, l'Onu et la 'Communauté internationale' vous ont reconnu et me demandent de vous installer dans les fonctions de président de la République de Côte d'Ivoire. Je le fais sans état d'âme... Pour les raisons que vous savez... Gbagbo n'est plus président ! C'est vous le nouveau président ! Vive la Côte d'Ivoire ! Vive la France !'

 

 

Pr. Gorgui Dieng


Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal

mardi, 26 avril 2011

DE LA LEGITIMITE DE MONSIEUR OUATTARA ET DES ELIMINATIONS PHYSIQUES DES ELITES IVOIRIENNES



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Maître Josette KADJI, Avocat près la Cour Pénale Internationale pour le Rwanda pose la question de la légitimité de Monsieur Ouattara ainsi que des éliminations physiques et des arrestations systématiques des élites ivoiriennes.

 

" J'ai l'impression que le Monde marche sur la tête dès qu'il s'agit de la Côte d'Ivoire, car enfin à quoi joue-t-on lorsque tout le monde semble oublier que la Côte d'Ivoire a une Constitution et que cette Constitution dit que pour être considéré comme Président de la Côte d'Ivoire, il faut que l'impétrant ai prêté serment devant le Conseil Constitutionnel.

La phase de la proclamation des résultats définitifs par le Conseil Constitutionnel a été escamotée soit ! Mais quid de la prestation de serment qui donne lieu à l'établissement d'un arrêt par le Conseil Constitutionnel, acte qui fait foi partout où besoin est (BCEAO, par exemple) ?

Tout le monde sait que sans cette formalité substantielle, Ouattara n'a aucune légitimité, mais tout le monde devient aveugle et feint de l'ignorer.

A quel titre Ouattara fait des discours, prend des décisions, reçoit allégeance des généraux, décide de mettre en «résidence surveillée» le Président dont l'acte judiciaire de prestation de serment se trouve dans les archives du Conseil Constitutionnel ?

Tout cela manque de base légale et confirme l'affirmation selon laquelle nous sommes devant un coup d'état.

Tout le monde feint d'ignorer que ce n'est pas la mise à l'écart seule du Président Gbagbo qui confère une légitimité et une légalité à Ouattara.

Le mode de fonctionnement actuel de Ouattara tombe dans ce que nous voyons chaque fois qu'un individu fait un coup d'état : prise de pouvoir par les armes, arrestations et éliminations de ceux qui étaient à la tête de l'État, ou travaillaient pour le gouvernement, opposants arrêtés torturés et tués et j'en passe...est-ce là l'attitude d'un président ayant pris le pouvoir légalement ?

Qu'ont fait ces personnes qui justifient leur arrestation ? Quel est leur crime ? Nous sommes bien en présence de ce qu'il est convenu d'appeler « coup d'état », et Ouattara et la France ont beau y faire rien ne peut changer cette pénible réalité pour eux.

Ouattara sera toujours vu comme un usurpateur installé par les armes à la suite d'un coup d'état perpétré par un pays étranger, la France.

Il n'a pas pris les rênes du pouvoir selon la Constitution de la Côte d'Ivoire, point!

Alors, que la fameuse « communauté internationale « arrête de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes, il ne peut y avoir en Côte d'Ivoire qu'un seul président à la fois et c'est celui dont la prestation de serment se trouve actuellement dans les archives du Conseil Constitutionnel.

Et cette prise de pouvoir brutale et illégale fait présager des jours sombres. "


Me Josette KADJI, Avocat

lundi, 25 avril 2011

DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN RELATIVE A LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE EN COTE D'IVOIRE

 

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La situation sociopolitique dans notre pays a été marquée cette semaine par deux faits majeurs:

- Les tentatives des nouvelles autorités pour remettre en marche la machine économique et sociale ;

- Le processus de légitimation du nouveau régime à travers le ballet des Présidents et Chefs d'Institutions.

Vivement préoccupés par la persistance de l'insécurité et dans le souci de contribuer à la normalisation rapide de la vie politique, économique et sociale du pays, le Front Populaire Ivoirien (FPI) et La Majorité Présidentielle (LMP), par ma voix, estiment indiqué :

  • de faire le point de la situation sociopolitique nationale ;
  • d'analyser le processus de légitimation institutionnelle entrepris par le nouveau régime ;
  • d'évoquer la nécessité d'une solution politique de sortie de crise.


I- SITUATION SOCIOPOLITIQUE NATIONALE

Presque deux semaines après les douloureux événements du 11 avril 2011, la situation sociopolitique reste marquée par la persistance de l'insécurité et des atteintes aux libertés et aux droits de la personne humaine.

En l'absence des forces régulières de police et de gendarmerie, des combattants armés continuent de sévir dans les différents quartiers d'Abidjan et à l'intérieur du pays. Chaque jour, il est fait écho d'arrestations arbitraires et de détentions abusives sous le prétexte de la recherche de caches d'armes. Les violations de domiciles sont monnaies courantes et les actes de pillages continuent.

Pour échapper aux exactions, voir à la mort, les cadres, militants et sympathisants du FPI et de LMP vivent depuis plus d'un mois dans la clandestinité, la peur et la précarité, séparés de leurs familles, femmes et enfants. Beaucoup d'entre eux ont pris le chemin de l'exil. A ce jour, plus de dix mille (10 000) exilés sont enregistrés au Ghana, Togo et Bénin.

Le sentiment d'insécurité est renforcé à Abidjan en particulier par la poursuite des combats, notamment à Yopougon et à Abobo ou entre groupes d'auto-défense, Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) et partisans d'Ibrahim Coulibaly dit IB, on ne sait plus qui attaque qui. Le tout est que les populations fuient les quartiers, abandonnant leurs domiciles aux pilleurs. Ces pillages sont d'une telle ampleur et si systématiques qu'ils apparaissent comme une dimension du plan de conquête d'Abidjan.

Dans ce contexte de violence, l'Etat de droit et les libertés sont étouffés. L'arbitraire règne en maître. Les acquis démocratiques de la longue lutte du FPI sont aujourd'hui menacés. « Notre Voie », le quotidien du FPI ne peut paraître ; les bureaux ont été saccagés, le matériel informatique et technique emporté et l'imprimerie d'un coût de près de cinq cent millions (500 000 000) FCFA incendiée. L'opposition est réduite au silence.

C'est le règne de la pensée unique dans l'audiovisuel comme dans la presse écrite et une ambiance de dictature s'installe progressivement sur le pays. Elle alimente la peur et la méfiance des uns. Elle encourage les actes d'agression et d'humiliation perpétrés par les autres. Le pays est divisé : entre les vainqueurs du 11 avril et les autres.

Comment combler cette fracture ? Comment rassembler et légitimer les institutions représentatives à même de restaurer la paix et la cohésion nationales ?

La guerre et la violence ont montré leurs limites. Malgré le 11 avril 2011, le pays n'a pas retrouvé la paix ; au contraire les positions se sont radicalisées et la fracture sociale s'est élargie ; il n'y a pas de solution militaire à une crise politique. Mais en même temps, il serait illusoire d'espérer résoudre la crise politique par des arrangements entre Chefs d'Institutions.


II- DE LA LEGITIMATION INSTITUTIONNELLE

Les visites au Chef de l'Etat, du Président de l'Assemblée Nationale d'une part et du Président du Conseil Constitutionnel d'autre part, remettent au goût du jour les questions initiales de la crise post-électorale que sont la question de la légitimité et celle de la légalité.

Les aborder aujourd'hui signifie que le 11 avril ne les a pas régler. Mais les aborder par le biais des institutions est une illusion ; car ces questions sont d'abord politiques, c'est-à-dire qu'elles sont en liaison avec les choix et les déterminations du peuple, avant d'être juridiques et institutionnelles.

C'est pourquoi est d'avance vouée à l'échec, toute solution qui chercherait, comme cela semble se dessiner à l'heure actuelle, à faire l'impasse sur l'ouverture de négociations franches et sincères avec les forces politiques et sociales significatives du pays.

Au demeurant, comment le groupe parlementaire FPI peut-il siéger dans la sérénité et participer activement aux débats de l'Assemblée Nationale alors que sa Présidente est emprisonnée pour des motifs politiques et sans que son immunité parlementaire n'ait été levée?

Comment le Groupe parlementaire peut-il avoir une oreille attentive au discours du Chef de l'Etat alors que Laurent Gbagbo, Fondateur du parti croupit en prison en un lieu inconnu de ses proches et que cette situation divise le pays ?

Comment le Président du Conseil Constitutionnel peut-il justifier et fonder l'investiture de deux Présidents pour la même élection présidentielle ? Etc.

En définitive, seule une solution politique issue de négociations et d'un consensus de la classe politique peut permettre à notre pays d'éviter le ridicule et de sortir dignement de cette crise politique.


III- D'UNE SOLUTION POLITIQUE DE SORTIE DE CRISE

Sortir le pays de la crise exige courage politique et sens élevé de la responsabilité. Faire preuve de courage politique, c'est regarder la vérité en face et reconnaître que le pays est en crise et que cette crise est principalement d'ordre politique.

Faire preuve de responsabilité, c'est reconnaître que depuis la chute du mur de Berlin et dans les pays en développement et en transition démocratique comme le nôtre, il n'y a pas trente-six mille manières de résoudre une crise politique, mais une seule, celle de la négociation et du dialogue politique. Elle exige humilité, hauteur de vue et ouverture d'esprit, sens de l'intérêt national. Elle exige de la patience ; mais elle est durable si la sincérité et la bonne foi animent les différents acteurs.

En l'occurrence, la solution politique de sortie de crise permettra de restaurer la confiance mutuelle, d'assurer la décrispation de l'environnement sociopolitique et de créer les conditions de la paix, de la sécurité, de la réconciliation nationale et de la stabilité politique.

La solution politique de sortie de crise adressera les questions suivantes liées à :

- L'ordre public et la sécurité des personnes et des biens ;

- Au désarmement, au retour des militaires dans les casernes, au rapatriement des mercenaires, etc. ;

- La sécurité physique, juridique et professionnelle des membres des Forces de Sécurité et de Défense (FDS) loyalistes ;

- L'adoption d'une solution négociée, dans la dynamique de la réconciliation nationale pour mettre fin aux mouvements armés à Yopougon et à Abobo ;

- La réinstallation des déplacés et le retour des exilés ;

- Le rétablissement des médias d'Etat et le traitement équitable des différents courants d'opinion ;*

- La restauration des acquis démocratiques ;

- L'adoption d'une loi d'amnistie pour fermer la grande parenthèse et la crise sociopolitique en Côte d'Ivoire et pour poser les jalons de la réconciliation nationale ;

- La libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques.


CONCLUSION

Terre d'espérance, la Côte d'Ivoire est à genoux, mais elle ne s'est pas encore écroulée. Elle peut et elle doit se relever avec l'engagement de tous ses fils et de toutes ses filles.

C'est pourquoi il est impérieux que s'engage ici et maintenant, le dialogue politique et des négociations avec les forces politiques et sociales pour fonder un consensus national pour un nouveau contrat social ; un contrat pour la restauration et pour la réconciliation nationale.


Fait à Abidjan, le 21 avril 2011

 

Pascal Affi N'guessan

Président du FPI

 

Source: ABIDJAN 360

dimanche, 24 avril 2011

SIGNEZ LA "PETITION POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DE LAURENT GBAGBO"

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Laurent Gbagbo, Président constitutionnellement élu en Côte d'Ivoire, investi le 4 décembre 2010, a été livré, le 11 avril 2011, par l'armée française, avec la complicité de l'ONU, à Alassane Ouattara, imposé à la Côte d'Ivoire sur la base de résultats frauduleux illégalement proclamés, mais reconnus par le représentant du secrétaire général de l'ONU, le Coréen Young-jin Choi. A l'écrasement militaire, rappelant les pires heures de sa politique coloniale en Afrique, la France a ajouté l'humiliation dont avait été victime le Congolais Patrice Lumumba avant d'être assassiné il y a un demi-siècle avec la complicité de l'ONU.

Laurent Gbagbo, opposant historique depuis la fin des années 1960 qui a incarné la lutte pour le multipartisme et la démocratie en Côte d'Ivoire, n'a jamais pris les armes et a été élu en 2000. Il a été remis par les éléments de la Force française Licorne à ceux-là même qui ont voulu le renverser par un coup d'Etat militaire en septembre 2002 précipitant la partition du pays et plongeant celui-ci dans une crise meurtrière pour le peuple ivoirien.

Nous, soussignés,

Pacôme Adjourouvi, Albert Bourgi, Guy Labertit, Christian Mensah, Calixthe Beyala, Olympe Bhëly Quenum, Marcel Amondji, Cheikh Oumar Diarrah, Amath Dansokho, Michel Galy, Gaston Kelman, Malick Ndiaye, Hermann Yaméogo,  Jean Marie Teno, Francis Kpatindé, Théophile Kouamouo, Léopold Gnininvi, Hervé Emmanuel Nkom...

DÉNONÇONS

  • l'intervention de la France en Côte d'Ivoire qui outrepasse le mandat de l'ONU et viole le droit international ;
  • les mensonges d'Etat du gouvernement français et la complaisance de nombreux médias;
  • les exactions et les tueries perpétrées par les troupes d'Alassane Ouattara contre les partisans de Laurent Gbagbo depuis son arrestation illégale, dont la première victime a été l'ancien ministre de la Justice et de l'Intérieur Désiré Tagro.

CONDAMNONS

la politique guerrière, illégitime et coûteuse, conduite par le Président Sarkozy, avec la complicité des Etats-Unis, de chefs d'Etat d'Afrique et de l'ONU ayant mis sous tutelle la diplomatie africaine.

DEMANDONS

La libération immédiate de Laurent Gbagbo car la réconciliation ne peut se faire en Côte d'Ivoire qu'avec Laurent Gbagbo vivant et libre.    

 

Pour signer, cliquez sur: LIBEREZ LAURENT GBAGBO

samedi, 23 avril 2011

UNE PAQUES POUR L'AFRIQUE, UNE PAQUES POUR LA COTE D'IVOIRE!

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 Et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des anciens, un agneau qui se tenait là, comme immolé, ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu, envoyés sur toute la terre. Et il vint et prit le livre de la main droite de celui qui était assis* sur le trône. Et lorsqu'il eut pris le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre anciens tombèrent sur leurs faces devant l'Agneau, ayant chacun une harpe et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. Et ils chantent un cantique nouveau, disant : Tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation ; et tu les as faits rois et sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. Apo 5/8 à 10.


Jésus-Christ s'est offert volontairement à Dieu, Il a mis sa vie sur l'autel, il a donné sa vie pour la nation mais aussi pour réunir  en un seul corps les brebis dispersées. Jean11/5. Il s'est donné entièrement ...Sa Voix aujourd'hui, nous appelle, je dirai même nous supplie, de nous donner entièrement à Lui en retour comme il s'est donné lui-même entièrement à nous. Car Celui qui dit qu'il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. 1 Jean 2/6.
Ils se sont d'abord donnés au Seigneur et ensuite par la volonté de Dieu, également à nous.( au corps)
2 Cor 8/5.
Mais c'est ici votre heure et la puissance des ténèbres
(Luc 22/53.) Comme Jésus l'a crié sur la croix:" Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ", la Côte d'Ivoire a pu se sentir abandonnée, mais rappelons-nous que la mort précède toujours la résurrection. Par Déborah.


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UNE PÂQUES POUR LA CÔTE D'IVOIRE


Par  Israël. Faites disparaître le vieux levain
, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. 1 Cor 5:7 
Selon le calendrier biblique révélé à Moïse, la période de Pâques s'étale sur 8 jours à savoir du 14 au 21 du premier mois (Nissan). Pour cette année, cela correspond à la période du Lundi 18 au lundi 25 avril 11

Voici les fêtes de l'Éternel, les convocations saintes que vous publierez en leur saison. Au premier mois, le quatorzième du mois, dans la soirée, c'est la Pâques de l'Éternel ; et le quinzième jour du mois, c'est la fête des pains sans levain en l'honneur de l'Éternel ; pendant sept jours vous mangerez des pains sans levain. Le premier jour vous aurez une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre servile. Vous offrirez à l'Éternel pendant sept jours des sacrifices faits par le feu. Au septième jour il y aura une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre servile. Lév 23:4- 15


Voici en résumé le calendrier de la période de Pâques pour cette année:

14 Nissan - Lundi 18 avril - Début de la Pâque dès la soirée - Mort de Jésus

15 Nissan- Mardi 19 avril - Pleine lune - Pâques - Jour férié
21 Nissan - Lundi 25 avril -
Dernier jour de la fête des pains sans levain - Jour férié

(Note : La fête des pains sans levain commence le 19 Avril et finit le 25 avril)

La veillée pour la pleine lune qui aura lieu dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 avril est la veillée de pâques. C'est pendant cette nuit, qu'il y a environ 3500 ans, l'Éternel combattit les dieux égyptiens et qu'Israël sorti miraculeusement d'Égypte avec d'immenses trésors.


Il y a environ 2000 ans, pendant cette même époque, c'est à dire, dans la soirée du 14 au 15 Nissan, Jésus s'est écrié sur la croix :'' Tout est accompli'' Trois jours plus tard, Jésus triompha sur la mort par la résurrection.


Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire, et l'Afrique toute entière ont besoin d'une Pâques plus que de toute autre chose. Alors, en cette veillée de Pâques, prions  que Dieu accorde une Pâques à la Côte d'Ivoire et à l'Afrique. Qu'Il fasse disparaître la vielle Afrique, la vielle Côte d'Ivoire, au profit d'un nouveau continent et d'un nouveau pays. Qu'au nom du Christ, notre Pâques, qui a été immolé, le vieux levain disparaisse au profit d'une nouvelle pâte !  Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé


Longtemps, j'ai cru que les africains pouvaient agir en toute responsabilité surtout lorsqu'on est âgé de 50 ans et qu'on célèbre à grande pompe son ''jubilé''. Mais aujourd'hui   je n'y crois plus d'un iota car qu'est-ce que je vois ? J'observe plutôt, que nous évoluons d'irresponsabilité en irresponsabilité même parfois au mépris des valeurs de solidarité et de respect de la vie humaine qui jadis constituèrent le socle de notre société. Par contre je crois fermement que seule une Pâques de l'Éternel pour l'Afrique pourra sauver mon continent et mon pays la Côte d'Ivoire. Cette Pâques de l'Éternel va transformer le vieux levain de l'irresponsabilité, source de corruption, de népotisme, en nouvelle pâte de responsabilité, d'équité et de justice. En cette période de Pâques, que l'Éternel châtie et réprime, les dominations, les principautés et les puissances des ténèbres qui œuvrent à l'irresponsabilité sur l'Afrique et sur la Côte d'Ivoire. Qu'au nom de Jésus-Christ, en cette période de Pâque, le vieux levain de l'injustice disparaisse pour faire place à la nouvelle pâte de la justice.


Longtemps, j'ai cru que la démocratie ''sauverait'' l'Afrique, mais aujourd'hui je n'y crois plus d'un iota. Car qu'est-ce que je vois ? J'observe plutôt que les partis politiques africains endossés aux ethnies, ont divisé encore plus l'Afrique au lieu de l'unir. Les élections démocratiques censées faire avancer les pays africains, les ont fait reculer car elles se terminent toujours par des centaines voir des milliers de morts comme c'est le cas en Côte d'Ivoire en ce moment. Par contre je crois fermement que seule une Pâques de l'Éternel pour l'Afrique pourra sauver mon continent et mon pays la Côte d'Ivoire. Cette Pâques de l'Éternel va transformer le vieux levain ethnique source de division, de guerre en nouvelle pâte d'unité et de richesse culturelle. Comme lors de la sortie d'Égypte, et de la mort de Jésus sur la croix, que l'Éternel châtie et réprime, les dominations, les principautés, les puissances des ténèbres qui soufflent négativement sur les braises ethniques pour dresser les africains les uns contre les autres. Qu'au nom de Jésus-Christ, en cette période de Pâques, le vieux levain ethnique diviseur et guerrier disparaisse pour faire place à la nouvelle pâte de l'unité de la paix et de la diversité culturelle.


Longtemps, j'ai cru que comme l'Afrique ne pouvait pas s'en sortir seule, la communauté internationale, l'ONU...pouvaient l'aider. Mais aujourd'hui, je n'y crois plus d'un iota car, qu'est ce que je vois ? J'observe plutôt que presque partout en Afrique où passent la communauté internationale et l'ONU, le désordre, les tuerie, les charniers les suivent. Les cas du Rwanda, du Congo et de la Côte d'Ivoire en sont les preuves. Le ''nouvel ordre mondial'' n'arrive pas à imposer l'ordre. Elle crée plutôt désordre sur son passage. Je ne crois plus au salut de l'Afrique et de la Côte d'Ivoire qui viendrait des dieux de la communauté internationale. Par contre je crois fermement que seule une Pâques de l'Éternel pour l'Afrique pourra sauver mon continent et mon pays la Côte d'Ivoire. En cette période de pâques, que l'Éternel châtie et réprime, les dominations, les principautés et les puissances des ténèbres qui, via les institutions internationales, maintiennent l'Afrique en captivité. Qu'au nom de Jésus-Christ, en cette période de Pâques, le vieux levain de la domination des puissants sur l'Afrique disparaisse pour faire place à la nouvelle pâte du Jubilé de ce continent.


Longtemps, j'ai cru que comme l'Afrique et la Côte d'Ivoire disposaient d'immenses richesses humaines et souterraines, le développement était assuré. Mais aujourd'hui je n'y crois plus d'un iota car qu'est-ce que je vois ? J'observe plutôt que chaque fois qu'on découvre une richesse (or, diamant, pétrole...) en Afrique, cela devient immédiatement source de guerre meurtrière comme au Liberia, au Congo.... et en ce moment en Cote d'Ivoire.  Chaque découverte de richesse provoque misère et désolation. L'Afrique est très très très riche, mais les africains sont très très pauvres. Aujourd'hui, tous les pays africains font mains et pieds pour être classés ''Pays Pauvre Très Endetté (PPTE)'' par la Banque mondiale et le FMI. Par contre je crois fermement que seule une Pâques de l'Éternel pour l'Afrique pourra sauver mon continent et mon pays la Côte d'Ivoire. En cette période de Pâques, que l'Éternel châtie et réprime, les dominations, les principautés et les puissances des ténèbres qui animent tous ceux qui pillent les richesses de l'Afrique.


Comme pour les enfants d'Israël, en cette période de Pâques, que l'Afrique sorte en ce moment de la servitude avec d'Immense trésor. Qu'au nom de Jésus-Christ, en cette période de Pâques, le vieux levain de la malédiction qui agit sur l'Afrique disparaisse pour faire place à la nouvelle pâte de la bénédiction.


Je ne crois pas à un plan Marshall pour l'Afrique comme certains le demandent depuis plusieurs années. En effet, tous les plans concoctés pour sauver l'Afrique par les experts locaux et internationaux ont tous échoués dans leur ensemble. Par contre, Oh Dieu ! Nous croyons en ta droite puissante. Nous croyons en ta droite que tu as étendue pour faire sortir Israël d'Égypte. C'est pourquoi Oh Père, en cette période de Pâques, avec mes frères et sœurs, nous crions à toi pour t'implorer et te supplier. Tourne ta face vers l'Afrique, et accorde à ce continent ta Pâques, Ta Délivrance, Ton Salut. Tu es notre seule et unique espérance !


Or depuis la sixième heure il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu'à la neuvième heure. Et environ la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte, disant : Eli, Eli, lamma sabachthani ? C'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Et quelques-uns de ceux qui étaient présents, l'ayant entendu, disaient : Il appelle Elie, celui-ci ! Et aussitôt l'un d'entre eux courut et prit une éponge, et l'ayant remplie de vinaigre et mise au bout d'un roseau, il lui donna à boire. Et les autres disaient : Laisse ; voyons si Elie vient le délivrer. Et Jésus ayant de nouveau poussé un grand cri, rendit l'esprit. Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas ; et la terre trembla, et les rochers se fendirent, et les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent.. Matt 27/45 - 51.


Il est mort pour rassembler en un seul corps (une seule nation) les brebis dispersés.Or,il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. Et ce n'était pas pour la nation seulement; c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. Jean 11/5


C'est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu'on appelle circoncis et qui le sont en la chair par la main de l'homme, souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, ( Nord et sud) avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l'inimitié. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près; Eph 2/13 - 17.



En cette période de PÂQUES, de VICTOIRE et de DELIVRANCE



Jérusalem, sois une pâte nouvelle pour servir à la gloire du Très Haut


Église, sois une pâte nouvelle pour servir à la gloire du Très Haut


Côte d'Ivoire, sois une pâte nouvelle pour servir à la gloire du Très Haut


Afrique, sois une pâte nouvelle pour servir à la gloire du Très Haut


Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. 1 Cor 5/7


Bonne fête de Pâques  et  de délivrance!


Source: DEBORAH 33

COTE D'IVOIRE: LA FRANÇAFRIQUE EST RESSUSCITEE A ABIDJAN

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La main sur le cœur, le candidat Nicolas Sarkozy promettait à Cotonou au Bénin la fin du mythe qui prête à la France « la faculté de redresser les situations, de rechercher ses intérêts économiques... et d'être capable d'assurer la stabilité ou de créer l'instabilité dans un pays ». Promis, c'en était fini de la françafrique. Juré, c'était la fin du rôle de gendarme de l'Afrique. Le pied au plancher, le président Sarkozy s'est éloigné à une vitesse supersonique de cette profession de foi.

Le discours de Dakar, la révocation de Jean-Marie Bockel - qui voulait signer l'acte de décès de la Françafrique, l'influence de Robert Bourgi, figure de la Françafrique, qui conseille l'Elysée sur les questions africaines... Ce sont autant de signes qui montrent que, rattrapé par la realpolitik, Nicolas Sarkozy a tourné le dos à ses promesses électorales.

Il faut questionner les conditions d'une telle « libération »

A Abidjan, réfugiés derrière le paravent onusien, les soldats français ont participé à l'arrestation du président ivoirien. Il n'y a plus de contentieux électoral en Côte d'Ivoire. L'arrestation du président Laurent Gbagbo est, nous dit-on, « un signal fort aux dictateurs » de la région. Ils ne « devraient plus mépriser » la voix de leurs peuples qui réclament des élections libres et justes.

Quelques mois plutôt, au Gabon, une inversion pure et simple du résultat présidentiel a été encouragée au profit du fils Bongo. La vox populi gabonaise était certainement inaudible. A Ouagadougou, où le Président n'est pas loin de subir le même sort que Ben Ali et Hosni Moubarak, les forces spéciales françaises s'activent déjà sur le terrain. Il faut sauver le soldat Compaoré. Et inciter les Burkinabés à supporter le Président qu'ils ont « plébiscité » lors du dernier scrutin présidentiel.

La françafrique est ressuscitée. Dans la capitale économique ivoirienne, elle occupe l'aéroport international de Port-Bouët - nom de l'ancien commandant français, chargé de conclure des traités de commerce et de protection avec des chefs côtiers. A Treichville - qui tient son nom de Treich-Laplène, premier administrateur colonial de la Côte d'Ivoire -, la Françafrique, sans attendre que les victimes soient enterrées, exploite et exporte déjà le cacao ivoirien vers l'Union européenne.

Sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle, elle effectue, dans un pays indépendant depuis cinquante ans, des patrouilles pour assurer la sécurité des populations. Et s'il existe des millions d'Ivoiriens pour penser que « la Côte d'Ivoire est enfin libérée », il y a des millions d'autres pour dénoncer les conditions d'une telle « libération ».

Les victimes ivoiriennes sont oubliées

Aussi loin qu'on puisse remonter dans le temps, il n'existe aucune trace d'une seule démocratie installée ou soutenue par la Françafrique. Le temps est désormais compté en Côte d'Ivoire. Oubliées déjà ces milliers de victimes civiles. Certaines, des centaines, sont tombées sous les bombardements de la communauté internationale. Sacrifiées sur la base d'une résolution censée pourtant les protéger.

Le regard est détourné. Et des milliers de partisans de Laurent Gbagbo sont traqués de Duékoué à Abidjan.
Bouchées sont les oreilles pour ne pas entendre le bruit des exécutions sommaires.

Fermés sont les yeux pour ne pas voir les traitements dégradants et humiliants infligés aux patriotes ivoiriens.
Et la mémoire, définitivement effacée pour oublier ces dizaines de milliers de morts depuis 2002. Il n'y a plus personne pour épiloguer sur le sort des Ivoiriens.

La Françafrique se tourne maintenant vers la Libye

Le western abidjanais est enfin terminé. Mission accomplie pour les bérets verts français. Les journalistes peuvent désarmer leur plume. Ils peuvent ranger leurs caméras pour d'autres théâtres d'opérations. Les Ivoiriens ne les regretteront pas.

L'actualité est brûlante ailleurs. Kadhafi utiliserait des armes lourdes contre ses populations. Il ne faut plus attendre. Vite, une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Trois ans après lui avoir déroulé le tapis rouge et proposé la vente de rafales, Nicolas Sarkozy veut enfin désarmer le tyran libyen. Vaut mieux tard que jamais.

En Côte d'Ivoire, en ce triste printemps africain, la Françafrique a revêtu ses plus beaux oripeaux. Laurent Gbagbo a eu l'imprudence de vouloir enterrer la bête sans l'avoir tuée. Le rideau d'un réveil du continent noir est tombé à Abidjan.


 

Par Anicet Djéhoury, Essayiste ivoirien.


Source: RUE89

vendredi, 22 avril 2011

MAMADOU KOULIBALY APRES SA RENCONTRE AVEC OUATTARA

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"Après avoir réfléchi, être passé d'un extrême à l'autre dans mon analyse de la situation, je pense qu'il ne faut pas jeter la pierre à Mamadou Koulibaly. Il a, peut-être, dans sa tête une stratégie de ré-établissement de contre-pouvoirs. Il veut contraindre ADO à retourner à une démocratie constitutionnelle. Pour mieux le combattre politiquement. Les Ivoiriens, à mon avis, doivent lui donner une chance...", dixit Théophile Kouamouo.

Mais en ce qui nous concerne, les propos du président de l'Assemblée Nationale (même s'il faut reconnaître qu'il a asséné quelques bonnes vérités qui ont ramené les épurateurs et les putschistes dans leurs petites chaussures) auraient pu revêtir plus d'audace et d'exigence, eut égard à l'estime que lui accorde le nouvel homme fort d'Abidjan et compte tenu de l'extrême gravité des évènements que vit la Côte d'Ivoire. Nous sommes notamment outré du fait qu'il n'ait pas évoqué un certain nombre de choses capitales: Pas un traitre mot de ce speech sur mon président qui a été kidnappé par l'armée française, battu et illégalement privé de liberté avec son épouse, la Première Dame de Côte d'Ivoire! Sont-ils encore vivants et bien traités? Silence radio! Or une simple évocation dans ce sens aurait eu le mérite de rasséréner les Ivoiriens. Pas un mot non plus sur la violente guerre de la France contre mon pays et sur les patriotes et les civiles qui continuent de se faire massacrer par la force Licorne, l'ONUCI et les forces pro-Ouattara, à Yopougon, et qui quittent massivement la commune! N'aurait-il pas fallu qu'il se proposât d'effectuer une médiation auprès de ces jeunes qu'ils ont contribué à armer mentalement pour la résistance, en vue de les convaincre de déposer les armes et de s'inscrire dans la dynamique de la "réconciliation", si dynamique il existe vraiment? Car ils ont promis ne pas déposer les armes tant qu'ils n'auraient pas vu le Président Gbagbo. Car, qu'on se le tienne pour dit: il ne peut y avoir de réconciliation sans Gbagbo. Et que dire de l'investiture que s'apprêterait à faire Paul Yao-Ndré? Vais-je enfin me réveiller de mon cauchemar? Pardonnez mon intransigeance... Vivent le pardon et la "paix" (sur des nappes de sang et dans l'insécurité totale) en Côte d'Ivoire!

 

«J'étais à Accra, j'ai reçu un appel du président Ouattara qui souhaitait s'entretenir avec moi. J'avais moi aussi un certain nombre de choses à discuter avec lui.Je suis arrivé hier [mardi, ndlr] et ce matin je sors d'une audience avec lui. Nous avons parlé de plusieurs sujets. En particulier, je lui ai fait part des préoccupations des députés qui aimeraient bien qu'en tout début de mandat, nous puissions nous inscrire dans la légalité constitutionnelle. Donc que les ordonnances qui ont été prises puissent faire l'objet d'une autorisation de l'Assemblée nationale, d'une régularisation. Le président a donné son accord.

Les députés ont suggéré aussi que l'on puisse entrer dans l'application de la Constitution, le respect de l'Etat de droit, le respect des libertés individuelles. Le président de la République m'a dit qu'il était conscient de la question et qu'il prenait toutes les dispositions pour qu'il en soit ainsi.

Au nom des députés, je lui ai signalé des problèmes de sécurité, l'assemblée nationale ayant été pillée, mon domicile à Abidjan et à Azaguié, ma famille menacée et pillée. C'est aussi vrai pour l'ensemble des députés. Nous avons trouvé à l'Assemblée nationale un cadavre en putréfaction, tous les bureaux cassés et pillés. Les députés se sont demandé dans quelle mesure ils pouvaient avoir la sécurité, puisqu'ils se sont déjà inquiétés de la situation auprès des ministres concernés mais que rien n'avait encore été fait. Le président a donc donné des instructions pour qu'assez rapidement l'Assemblée nationale soit sécurisée. Parce qu'il y a des pillages chaque jour. Il y a des gens qui passent pour ramasser ce qui est resté.

Nous avons parlé de l'Etat de droit pour expliquer qu'en début de mandat, conformément au vœu de l'Union africaine, le président de la République puisse avoir une prestation de serment régulière. Il a donné son accord et je crois savoir, si je ne trahis de secret, que le président du Conseil constitutionnel, Yao N'dré, est en route pour Abidjan, où il arrive probablement demain. Et très rapidement, le président m'a dit qu'une cérémonie serait organisée pour rester conforme au vœu de l'Union africaine.

Je lui ai dit par ailleurs, toujours concernant la sécurité, que de nombreux militants du Fpi et de Lmp, ceux qu'on appelle pro-Gbagbo, étaient très inquiets pour leur sécurité dans les quartiers. Qu'ils étaient dénoncés, indexés, comme si être militant de ce parti ou de ce mouvement était une tare. Ils se cachent, ils se sentent brimés. Nombreux sont également ceux qui ont fui et qui se sont réfugiés au Ghana, au Togo ou au Bénin. Il serait bien d'aller vers une détente pour que ces militants se sentent bien sécurisés. Et de surcroit, je lui ai signalé plusieurs appels reçus d'amis et de proches de populations bété qui me disent, «Nous sommes poursuivis, tués dans des quartiers simplement parce que nous sommes Bété.» Et l'ethnie ne peut pas être un défaut. Et si l'on peut reprocher des choses au Fpi, ce n'est pas aux Bété qu'il faut le faire payer. Si l'on peut reprocher des choses à Gbagbo Laurent, ce n'est pas aux Bété qu'il faut le faire payer. Si nous rentrons dans ce jeu, jamais nous n'aurons de réconciliation et nous n'aurons de paix. Le président de la République a pris le téléphone, il a appelé les ministres concernés. Il a demandé que des enquêtes soient faites rapidement afin que cette situation s'estompe. Parce qu'il n'a pas envie de gouverner au nom d'une ethnie.

J'en ai profité aussi pour lui dire que l'Assemblée nationale faisait sa séance solennelle d'ouverture le mercredi 27 avril 2011, la première session ordinaire pour l'année 2011.

J'en ai profité pour lui dire la méfiance, la tension, l'absence d'Etat pour le moment, les fonctionnaires qui ne vont pas au travail, les policiers, les gendarmes apeurés, les militaires effrayés... Je lui ai dit que ce serait peut-être bien qu'il parle aux Ivoiriens encore une fois, mais pas dans le cadre d'une interview classique comme nous l'avons déjà vu. Mais qu'il saisisse la tribune de l'Assemblée nationale pour dire aux Ivoiriens où il va, comment il veut y aller, avec qui, dans quelles conditions de sécurité, de réconciliation, de détente. Et qu'à ce propos, les députés m'avaient demandé de lui adresser une invitation pour le 27 pour qu'il vienne s'adresser aux Ivoiriens. Le président m'a dit qu'il donnait son accord et qu'il se préparerait pour le mercredi 27 pour s'adresser aux Ivoiriens.

Je pense qu'en allant dans ce sens, et si les uns et les autres acceptaient d'arrêter de se bagarrer, si ceux qui ont des armes arrêtaient de menacer ceux qui n'en ont pas, si ceux qui sont Rhdp arrêtaient de faire peur à ceux qui ne sont pas Rhdp, si les représentants locaux du Pdci ou du Rdr arrêtaient de faire peur aux représentants locaux du Fpi, peut-être que nous aurions une chance extraordinaire de reconstruire ce pays après ce chaos. Mais, si jamais certains pensent que l'arrivée de Ouattara au pouvoir, c'est le pouvoir aux Dioula ou aux Nordistes alors, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, alors c'est le chaos promis. Jamais il n'y aura de réconciliation, jamais il n'y aura de paix, jamais il n'y aura d'Etat, jamais il n'y aura de nation. Et là où nous sommes, nous sommes encore loin du fond du puits. C'est vrai que les temps sont durs, les Ivoiriens pensent que nous sommes tombés, que c'est grave. Mais il y a pire que la situation dans laquelle nous sommes. Il faut regarder ce qui est arrivé à Haïti, il faut regarder ce qui est arrivé en Somalie. On n'a pas encore vu le pire, faisons donc tout pour l'éviter.»

Le 20 avril 2011

 

Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

 

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Mamadou Koulibaly: le sens d'un retour

 

"Je partage avec vous cette analyse du journaliste ivoirien Simplice Allard, relative au retour dans l'arène de Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale et numéro deux de l'Etat ivoirien. Une analyse que j'ai aimé lire..." Théophile Kouamouo.

 

Le Pr Koulibaly Mamadou est de retour, mardi 19 avril 2011, de son abri ghanéen. Information capitale, le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire met fin à son exil en rentrant dans son pays, deux semaines après le coup d'Etat qui a enlevé le Président Laurent Gbagbo et déchu le régime Fpi, cerise sur le gâteau : par un avion spécial affrété par le tombeur, Alassane Dramane Ouattara. Que penser d'un tel acte de la part du président de l'Assemblée nationale, par ailleurs vice-président du Front populaire ivoirien (Fpi) ? Pour ma part, il s'agit d'une démarche très sage et d'une très grande lucidité politique, j'allais dire, une saine appréciation de la réalité du terrain comme le recommandent les stratèges politiques. Au demeurant, le retour de ''Koul'' par un avion spécialement affrété par Ouattara prouve que le président par coup d'Etat, reconnu par la communauté internationale, est coincé et qu'aucune autre issue institutionnelle et légale ne s'offre à lui. Le fait que M. Ouattara n'a pas prêté serment devant le Conseil constitutionnel est, en effet, un gros handicap politique, un boulet qu'il traine au pied dont il est véritablement conscient. D'où la négociation, car c'en est bien une, entre le Fpi représenté (officiellement ou officieusement peu importe) par le Pr Koulibaly et le camp Ouattara qui a besoin de se faire entourer des compagnons - dont l'autre Professeur Paul Yao N'Dré président du Conseil constitutionnel -, de Laurent Gbagbo pour se faire une couverture légaliste.

On ne sort pas d'une guerre comme on sortirait d'un dîner gala, disait Laurent Gbagbo. Ouattara sait combien de plumes il a perdues dans son ambition présidentielle : les entreprises privées comme publiques sont pillées systématiquement ou rançonnées comme c'est le cas à San Pedro où les soldats pro-Ouattara exigent la somme de huit millions (8.000.000 Fcfa) à chaque société industrielle ; des crimes sont perpétrés par les mêmes soldats à sa solde, il y a destructions de biens publics et privés, pillages de domiciles privés partout dans le pays, les Forces républicaines de Côte d'Ivoire pro-Ouattara sèment mort et désolation dans presque tous les foyers ivoiriens. La ville de Duékoué à l'ouest de la Côte d'Ivoire, avec plus de huit cent (800) morts en trois jours, en est le symbole le plus illustratif. C'est un Alassane D. Ouattara qui convoite le pouvoir ivoirien depuis des lustres et qui y est presque, mais dont l'ambition pourrait être contrariée par ses actes qui ne sont pas dignes de l'image d'aristocrate doublé de grand banquier reconnu comme tel dans la haute finance internationale qu'il donne de lui-même.

Il faut savoir qu'une République, pour son fonctionnement dans la stabilité doit être à l'image d'un carré. Dont les différents pieds institutionnels sont: la présidence de la République, l'Assemblée nationale, la défense et les médias d'Etat. Or, c'est de notoriété publique, pour le moment et deux semaines après le coup d'Etat militaire qui a enlevé Laurent Gbagbo, il n'y a toujours pas de présidence. Tout le monde le sait, Ouattara n'a pas encore prêté serment. Pour la défense, inutile de dire qu'il n'y a non plus pas d'armée nationale en tant qu'institution. Chaque parcelle du pays est « sécurisée » par une floraison de milices armées, les combattants de l'armée nationale : les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire (Fds-Ci) se sont évanouies dans la nature sans prêter une oreille attentive à l'appel de la hiérarchie qu'ils soupçonnent d'être soucieuse de son avenir et de sa sécurité. La situation n'est pas non plus reluisante pour les médias, deux semaines après le coup d'Etat de Ouattara, l'Etat de Côte d'Ivoire ne dispose pas d'institutions médiatiques officielles pour porter sa parole. La Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (Rti) et Fraternité Matin ont cessé toute activité. Il reste l'Assemblée nationale, l'autre socle du carré d'as institutionnel. Et c'est une des principales raisons de la « magnanimité » d'Alassane Dramane Ouattara qui a mis à la disposition du président de l'Assemblée nationale un avion spécial qui l'a ramené du Ghana avec toutes les garanties sécuritaires que cela suppose.

Je dirais que le retour du Pr Koulibaly ouvre de nouvelles perspectives et donne un semblant de vie à la Côte d'Ivoire. Car, à sa sortie d'audience, mercredi 20 avril 2011, avec Ouattara, Koulibaly annonce la réouverture des travaux avec une prise de contact avec les députés responsables des groupes parlementaires le même jour, et éventuellement une adresse les jours prochains devant ceux-ci d'Alassane Ouattara. Sans oublier l'autre pan, celui de la garantie sécuritaire des députés, obtenue par le président Koulibaly de la part de l'homme fort du moment, Ouattara, et qui permet à la Côte d'Ivoire de revivre. L'acte du président Koulibaly Mamadou est très important en ce sens qu'il permet une détente dans le marigot politique ivoirien. Détente profitable à tous sans oublier au Fpi son parti politique qui pourra se donner des coudées franches et sortir de l'étreinte des Forces républicaines, l'armée de Ouattara, qui s'illustrent avec leur lot de pillages et d'exécutions physiques à relents d'épuration ethnique dont les Bété, ethnie du Président Gbagbo, sont les principales cibles. On pourrait espérer que ces tueries cesseront comme le promet Ouattara.

Koulibaly Mamadou desserre également l'étau et permet à son parti le Front populaire ivoirien (Fpi) de sortir la tête de l'eau, d'affiner et de dégager une stratégie pour reconquérir le pouvoir d'Etat perdu, non pas par élection mais par la force des armes. Le Fpi en a les ressources humaines et les instruments. C'est donc un geste que les cadres du Fpi doivent applaudir des deux mains, celui posé par le président de l'Assemblée nationale que le hasard a voulu du même bord politique que le président Laurent Gbagbo. Je puis dire que le Pr Koulibaly sauve des meubles, à commencer par ceux de la République dont il pourrait - en toute éventualité - en assumer l'intérim, et partant, ceux de sa famille politique.

Simplice ALLARD

al08062317@yahoo.fr

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 17 avril 2011

INCROYABLES REVELATIONS DE LA PROPHETESSE FRANÇAISE NAOMIE SUR LA COTE D'IVOIRE

 

Samedi 27 Octobre 2006


Je vous affirme qu'en recevant cette vision, les larmes étaient abondantes, tant je pouvais voir dans une dimension, ce que les hommes ne voyaient pas.
C'est ainsi que le Saint Esprit de Dieu m'a montré comment ce président était perçu par le plus grand nombre.
Il vous appartient de vous faire votre opinion, toujours à la lumière sainte de notre Seigneur. Amen!

VISION

" Je vois un homme avec le nez rouge « une petite balle rouge ». Il est triste, c'est l'Auguste, le clown triste.

Cet homme comprend ce qui lui arrive, mais il veut encore faire bonne figure, paraître !

Il est la risée de tous, et tous ris de lui !

Sous son maquillage, il pleure mais personne ne le voit !
Il y a un très beau parquet en bois ciré qui s'effondre sous ses pieds, et pour ne pas tomber, il lui faut faire un grand bond en avant, pour passer au-dessus de ce plancher qui continue à s'effondrer. Il faut que ses pieds retombent sur le dur et prendre appuie sur ce parquet devant lui !
Une porte de côté droit, au fond d'une grande pièce s'ouvre violemment avec fracas, et les soldats entrent, mais PERSONNE ne touche à cet homme. Les soldats sont surpris de ce qu'ils voient et ne bougent pas. Ils constatent que le « clown » se débarrasse de son masque et ils voient l'homme tel qu'il est en réalité.
L'homme pleure : sur lui, sur sa vie, sur tout ce qu'il voit autour de lui. Il expose sa souffrance et il comprend son erreur.

Il va connaître sa déchéance devant « ceux qui ont gagné » - alors du fond de « l'abîme » dans lequel il se trouve, il va lever les yeux au ciel et il va invoquer, reconnaître le Seigneur Yeshua.

C'est après une période de rejet, dont je ne connais pas le temps réel, qu'il y aura un retournement de situation et il sera « redemandé »  je le vois accoudé à un balcon, une foule devant lui qui l'acclame ».

Parole du Seigneur : « Je veux faire cesser tous les conflits et donner le salut à ce peuple »  - Je vais faire taire les tambours pour que ma musique couvre et surplombe ce pays. Celui que je te montre actuellement, avec ce titre de « docteur » sera mis en relation avec le président parce qu'il va avoir besoin d'aide et de support, d'appui spirituel. »

Alors que je demande au Seigneur si tout cela est bien de Lui je reçois en réponse : Ne t'ai-Je pas dis : si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? Alors écris !

« Je vais faire cesser le négoce qui appauvrit le pays et Je donnerai à faire un négoce équitable pour tous ! Je vais mettre en place un « conseil spirituel » qui sera une aide pour ce pays (je le voyais caché, en retrait).

Je vais chasser les faux prophètes et les faux docteurs parce qu'ils mènent ce pays à sa ruine et parce qu'ils sont de mauvais conseil ! »

C'est ce que Je veux que tu dises au Président Gbagbo. Je te le dis, parle ! Qu'il écoute ou qu'il n'écoute pas, parle !
Après ce sera Mon affaire dit le Seigneur !

Je demande une confirmation au Seigneur - Il me donne : « Je ferais reverdir le Saron et Je couvrirais le pays d'eau afin que son désert reverdisse !

Je t'ai montré l'état de ce pays : poussiéreux, séché, désertique et pauvre !
Ce que Je t'ai fait voir au travers du pétrole qui jaillit  que telle était Ma volonté de faire du bien à ce pays, en lui donnant Ma bienveillance et Ma détermination de lui faire du bien dans tous les domaines.
Je te l'ai fais voir parce que ce pays te fera participer à ses richesses pour Mon œuvre et pour Ma gloire !

Il y aura un changement radical dans ce pays « si le président enfin, Me reconnaît dans ses voies » ! "

Je n'ai rien ajouté, ni rien retranché, j'ai simplement dit ce que le Saint Esprit veut faire savoir à la Côte d'Ivoire, et par extension, à l'Afrique « noire ».


Shalom !

Naomie

 

Source : Le site web du Ministère de Naomie

 

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Révélation d'un chrétien anonyme sur Facebook

" Voici ce que nous annonce un frère en CHRIST ", nous rapportait Michel Mika sur Facebook, le 12 avril 2011 :

« Je ne suis pas ivoirien, je n'ai jamais mis les pieds en Côte d'Ivoire, je suis juste un chrétien qui transmet un message à tous les chrétiens qui prient pour la Côte d'Ivoire.

Le Seigneur dit que ce n'est pas terminé, il dit qu'il va relever la Côte d'ivoire et que Gbagbo sera restauré de façon spectaculaire pour que l'on sache qu'il est DIEU. Il demande à tous les chrétiens de jeûner 3 jours, du 13 au 15 avril (2011).

Il demande de transmettre à l'ancien ministre des finances de Gbagbo, le chiffre « 21 ».

Chers frères, je sais que beaucoup ne me croiront pas, j'ignore qui est l'ancien ministre des finances de Gbagbo, ni même qui est Gbagbo mais je ne peux pas bloquer le plan de DIEU en ne transmettant pas ce message.

DIEU a dit qu'il va restaurer Gbagbo et relever la Côte d'Ivoire aux yeux du monde entier. Aujourd'hui les cameras du monde entier le montrent humilié et emprisonné; cette humiliation fait partie d'un processus personnel entre DIEU et Gbagbo....

Vous pensez que DIEU est sourd à toutes ces prières à lui adressées en faveur de ce pays depuis des années ?

DIEU ne partage jamais sa gloire et ne la partagera jamais avec personne.

Ce pays appartient à DIEU et à lui seul, c'est pourquoi le diable cherche par tous les moyens à y semer le chaos...

DIEU nous demande une dernière chose : "Jeûnez et priez, du 13 au 15 avril (2011) pour Gbagbo et pour la Côte d'Ivoire et vous verrez ce qui va se passer..."

On reconnait un vrai prophète à l'accomplissement de ses prophéties...

Si Malachie Koné vous avait raconté cet épisode que nous vivons, beaucoup auraient cherché à lui faire du mal, mais le Seigneur ne lui a pas permis de raconter la prise de Gbagbo, pour sa propre sécurité et afin que la gloire revienne à son nom seul...

Personne n'est obligé de me croire mais je ne fais que mon devoir de chrétien en transmettant ce message.

 

Que DIEU vous bénisse ! ».

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jeudi, 31 mars 2011

LEVE-TOI, ETERNEL!

Prières et paroles pour la Côte d'Ivoire, mon pays!

 

"Lève-toi, ETERNEL! et que tes ennemis soient dispersés! Que ceux qui te haïssent fuient devant ta face!" (Nombres 10: 35).

"Ceux-ci s'appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux; Nous, nous invoquons le nom de l'ETERNEL, notre DIEU. Eux, ils plient et tombent; Nous, nous tenons ferme, et restons debout. ETERNEL, sauve le roi!" (Psaume 20: 8 à 10).

"ETERNEL! le roi se réjouit de ta protection puissante. Oh! comme ton secours le remplit d'allégresse!". "Le Roi se confie en l'ETERNEL; Et, par la bonté du Très-Haut, il ne chancelle pas". "Lève-toi, ETERNEL, avec ta force! Nous voulons chanter, célébrer ta puissance." (Psaume 21: 2, 8 et 14).

"Lève-toi, ô ETERNEL! Que l'homme ne triomphe pas! Que les nations soient jugées devant ta face! Frappe-les d'épouvante, ô ETERNEL! Que les peuples sachent qu'ils sont des hommes!" (Psaume 9: 20 et 21).

"Lève-toi, ETRENEL! ô DIEU, lève ta main! N'oublie pas les malheureux!". "Brise le bras du méchant, punis ses iniquités, et qu'il disparaissent à tes yeux!" (Psaume 10: 12 et 15).

"Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô ETERNEL!" (Psaume 4: 7).

"Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, quand personne ne vient à mon secours" (Psaume 22: 12).

"Elève-toi sur les cieux et que ta gloire soit sur toute la terre! Afin que tes bien-aimés soient délivrés, sauve par ta droite, et exauce-nous!" (Psaume 108: 6 et 7).

"Avec DIEU, nous ferons des exploits; il écrasera nos ennemis" (Psaume 60: 14).

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

 

DINDE Fernand AGBO