topblog Ivoire blogs

jeudi, 28 octobre 2010

GRAVES MENACES SUR LE PROCESSUS ELECTORAL: MANGOU MET SEVEREMENT EN GARDE LES FAUTEURS DE TROUBLES



MANGOU.JPG

 

Eût égard aux rumeurs persistantes de coup de force et aux affrontements récurrents entre militants de candidats à l'élection présidentielle, le Chef d'Etat-major des armées, Philippe Mangou, a animé, hier, un point de presse, à l'Etat-major des armées, au Camp Galiéni du Plateau. Il a mis en garde contre toute tentative de troubles. L'intégralité de sa déclaration.



Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire qui se sont félicitées du climat d'apaisement et de convivialité ayant prévalu au début de la campagne électorale lancée le 15 octobre 2010, font aujourd'hui le constat suivant:


1-Les affiches de certains candidats, quand elles ne sont pas littéralement détruites, sont badigeonnées de produits de toutes natures ;
2-Des militants de partis politiques subissent des menaces dans plusieurs localités du pays;
3-Des cortèges de certains leaders politiques sont attaqués ici et là ;
4-Des affrontements sanglants sont même enregistrés dans certaines villes de la Côte d'Ivoire...


Ces actes sont à tout point de vue inadmissibles.
Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire sont ainsi arrivées à la conclusion que plus la date du 31 octobre 2010 approche, plus la violence s'empare de certains militants de partis politiques.
La démocratie se nourrissant de tolérance et de l'acceptation de l'autre, les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire appellent les militants de l'ensemble des partis politiques à l'apaisement et au respect des uns et des autres.
Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire rappellent à tous et à toutes leurs missions:


1-Défendre l'intégrité du territoire en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance;
2-Protéger les institutions de la République et des personnes qui les incarnent;
3-Protéger les personnes et leurs biens.


Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire mettent donc sévèrement en garde, les éventuels fauteurs de troubles et leurs commanditaires en cette période cruciale et sensible de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Ceux-ci subiront la rigueur de la loi.
Les Ivoiriens et les populations vivant en Côte d'Ivoire ayant suffisamment souffert de cette crise déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ne sauraient accepter que le pays replonge dans l'horreur par la faute de certains individus inconscients et ennemis de la paix.


Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire assurent l'ensemble des populations de leur détermination à garantir leur sécurité durant le déroulement de tout le processus électoral. Elles les invitent dès lors à aller voter massivement le 31 octobre 2010 sans crainte de représailles ni de menaces d'atteinte à leur intégrité physique.


Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire les informent que toutes les dispositions sont prises à cet effet.
"Quant à vous, éléments des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire déployés sur le terrain pour la sécurisation du scrutin et des électeurs": assurez vos missions en toute rigueur, avec le professionnalisme et la discipline qui vous ont toujours caractérisés. Ne cédez en aucun cas aux provocations dont vous pourriez être victimes.


En tout état de cause, les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire mettent une fois de plus en garde les abonnés aux troubles et à la violence, contre toute tentative de fuir le pays après y avoir mis le feu. Ils sont avertis que les frontières et l'aéroport seront fermés à ce moment-la et qu'ils seront contraints à aider les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire à éteindre le feu qu'ils auront eux-mêmes allumé.


Fait à Abidjan, le mercredi 27 octobre 2010


Pour les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire


Le Général de corps d'armée
Philippe Mangou
Chef d'état-major des armées de Côte d'Ivoire

mardi, 26 octobre 2010

ELECTION PRESIDENTIELLE: RETOUR IN EXTREMIS AU COMPTAGE NUMERIQUE DES VOIX

 

MEITE SINDOU.jpg

Le Premier Ministre SORO Kigbafori Guillaume a récemment pris la décision courageuse de revenir au comptage informatique des voix, récusé par les candidats du RHDP pour des raisons totalement fallacieuses: la SILS Technology est une branche du BNETD, dirigé par M. Ahoua DON MELLO, un des directeurs de campagne du candidat GBAGBO. Et ils attendent d'être à quelques jours de l'élection présidentielle pour faire de telles récriminations. En réalité, le RHDP est prisonnier de ses propres peurs. Peur d'être étalés, aux yeux du monde et dans la plus grande transparence, dans une course où le candidat LMP les distance depuis de très longs mois voire années. Ils ne s'imaginent tout de même pas que les Ivoiriens porteront leur choix sur les quidams qui ont éventré et défiguré la mère-patrie! Rêvez toujours; au soir du 31 octobre 2010, le réveil sera très brutal! Pour l'heure, disons simplement que le Premier Ministre a réussi l'esquive, à merveille.


Cabinet du  Premier Ministre

Service du Porte-parole du Premier Ministre                 


COMMUNIQUE DU PREMIER MINISTRE
n°01/24102010/PP/PM


Le jeudi 21 octobre 2010, à l'issue d'une session extraordinaire, la Commission Electorale Indépendante décidait de recourir au comptage manuel pour la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 31 octobre 2010.

Une telle décision, prise à seulement dix jours du scrutin présidentiel, a suscité des inquiétudes dans certains états major. Aussi, le Premier Ministre, Monsieur Guillaume Kigbafori Soro, a cru bon de se saisir de la question en vue de prévenir toute crispation et parvenir au meilleur compromis possible.

Après de multiples consultations avec le Représentant Spécial du Facilitateur du Dialogue Direct inter-ivoirien, le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'Onu et la CEI elle-même le samedi 23 octobre, le Premier Ministre a fortement recommandé la mise en place d'un Comité d'experts indépendants composé de techniciens issus du Cabinet du Premier Ministre, de la Commission Electorale Indépendante, de la Facilitation, de la société informatique de droit suisse dénommée CRYPTO AG et d'observateurs issus de l'ONUCI.

Ce Comité d'experts, en collaboration avec la SILS Technology (Société Informatique de Localisation et de Sécurité), procédera en toute transparence à la transmission sécurisée des résultats du scrutin présidentiel et en garantira ainsi leur inviolabilité.

Le Premier Ministre informe les populations ivoiriennes que le Comité d'experts ainsi créé exercera ses missions sans préjudice de toutes les autres mesures prises par la Commission Electorale Indépendante, seule institution responsable de la proclamation des résultats provisoires de l'élection présidentielle de sortie de crise.

Le Premier Ministre tient à rassurer les populations ivoiriennes que l'élection présidentielle du 31 octobre 2010 sera transparente à tout point de vue. Aucune manipulation susceptible d'altérer la sincérité du vote des électeurs ne sera possible au regard du dispositif rigoureux mis en place. Le retour d'une paix durable dans notre pays est à ce prix.

Le Premier Ministre appelle les candidats à l'élection présidentielle à continuer la campagne dans la sérénité et invite les ivoiriens à aller massivement aux urnes le 31 octobre 2010, date de rigueur.


Fait à Abidjan, le 24 octobre 2010



Pour le Premier ministre

Le Porte-parole

20:26 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, élections présidentielles, comptage informatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 19 octobre 2010

MA PREMIERE IMPRESSION A MI-PARCOURS DE LA CAMPAGNE ELECTORALE PRESIDENTIELLE

 

PDCI_logo.PNG

 

Depuis bientôt une semaine, la Côte d'Ivoire vit au rythme de la campagne électorale présidentielle. A travers des projets de société et des programmes de gouvernement aussi novateurs et audacieux les uns que les autres, les candidats au scrutin du 31 octobre 2010 rivalisent d'ardeur, d'idées et d'arguments pour rafler le plus de suffrage des ivoiriens.

A l'analyse et au regard des premières sorties de tous les postulants au fauteuil présidentiel ivoirien, nous nous sommes sentis fier de notre peuple. Tant les idées sont pertinentes et les solutions proposées remarquables. A un premier niveau d'appréciation, nous pensons que tous les candidats semblent bien savoir ce qu'ils veulent pour leur pays et nous nous en félicitons, après avoir écouté dame Lohouès Oble, Félix Akoto Yao, Gnamien Konan, Pascal Tagoua, Tohou Henri, Dolo Adama, Francis Wodié, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et j'en passe. Ils ont été tout simplement brillants et donnent quelquefois envie de changer de candidat... Bref !

La seule fausse note à ce niveau est l'entrée on ne peut plus maladroite du PDCI-RDA, à travers l'adresse de son candidat, le Président Aimé Henri Konan BEDIE qui, le samedi 16 octobre sur les antennes de la RTI, plutôt que de s'atteler à dérouler son programme de gouvernement et son projet de société comme les autres, s'est englué dans l'entreprise stérile de s'attaquer à la Refondation et à faire un appel à témoignages aux ivoiriens pour recueillir des faits et récits dévoilant ou soulignant la précarité de leur vie, depuis l'arrivée des Refondateurs ( ?).

Que la Refondation soit condamnable pour ses manquements, tous les ivoiriens le savent déjà ; mais si nous voulons être justes et équitables dans notre jugement, il nous faut lui accorder au moins le bénéfice de l'indulgence (ce qui est d'ailleurs déjà fait), en raison de la guerre qui lui a été injustement faite. Jusqu'à preuve du contraire, aucun leader politique ivoirien, en dehors du Président GBAGBO, n'a eu à gérer la Côte d'Ivoire en état de guerre. En d'autres temps et dans d'autres circonstances (notamment avant la campagne électorale), une telle initiative aurait été compréhensible. Mais le faire maintenant, en pleine campagne présidentielle, c'est desservir gravement le PDCI-RDA. Puisque donnant la preuve qu'Henri Konan BEDIE est un leader à la rancune tenace, incapable d'élévation, et qu'il faudrait craindre comme la peste qu'une fois élu président, le « châtieur » s'engage dans une périlleuse chasse aux sorcières qui replonge la Côte d'Ivoire dans la violence. Soit dit en passant, ce n'est pas Laurent GBAGBO qui l'a éjecté du pouvoir en 1999. Cela, il ne doit pas au moins l'oublier et éviter de faire des amalgames.

Henri Konan BEDIE aurait pu valablement soigner son image en exposant magistralement son projet de société pour la Côte d'Ivoire, qui du reste, n'est pas le moins brillant des projets de société actuellement en promotion, loin s'en faut. Mais que nenni ! Il a fallu qu'il s'affiche sur ce tableau dégradant. Dommage pour le seul mentor capable d'égaler le candidat Laurent GBAGBO ! On ne peut obliger personne à être grand. Etre grand est un état d'esprit, une nature. Ainsi est faite la vie !

Nonobstant la qualité des programmes de gouvernement et des projets de société de nos candidats à l'élection présidentielle, il y a une cause qui transcende toutes les autres : la libération et l'affranchissement politique, économique et monétaire de la Côte d'Ivoire du joug impérialiste de la France. Sans ce préalable, tout développement et toute émergence véritables de notre pays, ainsi que toute lutte efficace contre la pauvreté, seraient une vue de l'esprit, un leurre. Et jusqu'à preuve du contraire, le seul leader politique ivoirien qui a déjà prouvé qu'il peut être le fer de lance de cette lutte, c'est le candidat GBAGBO. Et il a payé cash cette outrecuidance. Il ne faut pas se contenter de gérer les effets (ce que se propose de faire tous les autres candidats), il faut attaquer les causes, les racines profondes, historiques et subliminales.

La Côte d'Ivoire doit, une fois pour toutes, se donner les moyens de sortir du sous-développement. Comme la Corée du Sud, comme l'Inde, comme le Brésil, comme la Chine. Il faut une haute vision pour son peuple pour s'assigner un tel objectif. Seuls les grands hommes, les visionnaires, sont capables d'en avoir. Et Laurent GBAGBO en est un. A bon entendeur... Salut, la compagnie !


DINDE Fernand AGBO

LES DONNEURS DE LEÇON A L'EPREUVE DE LA REALITE ET DE LA VERITE

 

NICOLAS SARKOZY GUIGNOL.jpg


Il y a de cela quelques années, la Côte d'Ivoire en pleine guerre était traitée de « xénophobe » et de « fasciste » parce qu'en démêlées avec les étrangers vivant sur son sol, dont certains ont été des acteurs de première ligne de la crise ivoirienne. Et ceux qui tenaient de tels propos contre notre pays, ce sont les ténors de l'exécutif français d'alors, parrainés par un déprimant Jacques CHIRAC. Appuyés en cela par des chefs d'états africains aux conceptions panafricanistes qui laissent à désirer.

Parmi ceux-ci, il faut citer le Président sénégalais, Abdoulaye WADE qui en son temps avait dit à peu près ceci : « A l'heure où je vous parle, des étrangers sont traités en Côte d'Ivoire comme dans aucun pays au monde ». Tout naturellement, sans tenir aucun compte du contexte et des circonstances particulières qui accablaient notre pays.

Comme DIEU sait bien faire les choses, voici aujourd'hui la France au pied du mur, avec la honteuse affaire de l'expulsion des Roms, citoyens itinérants roumains, vivant dans des camps précaires en Hexagone, vidés comme des malpropres. Une affaire qui lui a valu d'avoir échappé, aujourd'hui, à une procédure d'infraction contre les lois européennes en la matière.

Pour bien faire, l'Allemagne, à travers la Chancelière Angela MERKEL, se mêle à la danse et intime l'ordre à ses émigrés d'intégrer le modèle allemand ou « de débarrasser le plancher ». Voici l'Europe en train de reconsidérer ses premières convictions vis-à-vis des étrangers, droit qu'elle nous avait royalement dénié pendant la crise de 2002, nous qui comptons plus de 26% d'étrangers sur notre sol. Cas unique au monde.

Mieux, on n'entend curieusement plus le Président Abdoulaye WADE, qui aurait dû casser la baraque (tant il y a matière) et qui, du reste, se livre à des dérives népotistes sans nom dans son pays, œuvrant d'une façon scandaleuse à imposer son fils comme son successeur à la tête de l'état sénégalais. Vous l'avez devinez, on se croirait dans une monarchie.

Voici donc que les donneurs de leçons ne font guère mieux, à l'épreuve de la réalité et de la vérité ! Comme dit l'adage : « C'est au pied du mur qu'on voit le vrai maçon ». Et les donneurs de leçons ont échoué. Lamentablement. Nous osons espérer que prochainement, ils ne s'aviseront plus de ruer dans les brancards et s'empresser de charger la Côte d'Ivoire, et souhaitons qu'ils « tourneront sept fois la langue dans la bouche » avant de clouer quiconque au pilori. Au demeurant, nous sommes en pleine campagne électorale présidentielle. Nous les prions de se tenir bien à l'écart de notre chemin et de nous laisser assumer nos responsabilités face à l'histoire et face à la destinée de notre nation.

En attendant la proclamation des résultats du scrutin du 31 octobre en Côte d'Ivoire, nous souhaitons aux donneurs de leçons de sortir intacts de l'écheveau de la fronde sociale française contre la loi de retraite à 62 ans, qui paralyse en ce moment leur pays.

Que chacun s'occupe de ses oignons et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes !

 

DINDE Fernand AGBO

lundi, 27 septembre 2010

ZAHIRI ZIKI SEBASTIEN: 31 OCTOBRE 2010, C'EST DECIDE EN FIN DE COMPTE!

ZAHIRI ZIKI SEBASTIEN.JPG

Le jeudi 05 août 2010,  j'étais en plein boulot dans mon bureau, lorsque mon téléphone retentît. Il était autour de 13 heures. Au bout du fil, un frère et ami qui me soutient et me suit bien par rapport aux révélations que j'ai reçues de Dieu sur la crise ivoirienne et le processus de son règlement.

La nouvelle était bonne. Il pensait que je la connaissais. Mais non ! Plongé dans mes dossiers, je ne suivais pas les informations. Il fût alors le premier à m'annoncer la bonne nouvelle : la date de la présidentielle que je n'avais cessée d'annoncer pour le dimanche 31 octobre 2010 est désormais officielle. Le Conseil des Ministres Extraordinaire tenu ce jour-là à YAMOUSSOUKRO, la capitale Politique,  venait de la confirmer.

Mon émotion monta alors d'un cran. Je ne pouvais plus continuer d'échanger avec mon interlocuteur. Après des trémolos dans la voix, elle cessa de se faire entendre et je fondis en larmes. Je raccrochai immédiatement et me jetai comme dans les bras de notre  Seigneur Jésus-Christ, pour pleurer de joie et à chaudes larmes. Sans me faire entendre, je louai le Seigneur de tout mon cœur, de toute ma force et de toute ma pensée.

En pensant à tout ce que j'avais vécu, en bien et en mal, depuis que je parle de la révélation divine reçue, mes larmes se mirent à couler. Au même moment, je continuai de me réjouir dans le Seigneur, en le louant davantage et en lui présentant des actions de grâces.

Lorsque je cessai de pleurer, je me mis à lancer quelques coups de fil pour vérifier l'information. Elle était vraie : le Conseil des Ministres avait effectivement fixé la présidentielle au dimanche 31 octobre 2010. Je poussai un cri de joie : « Youpiiiii ! »

Dès cet instant, mon téléphone ne cessa plus de crépiter. Les coups de fil me parvenaient de partout : d'Abidjan, de toute la Côte d'Ivoire, d'Afrique et du monde entier. Tantôt pour me féliciter. Tantôt pour se joindre à moi afin de rendre gloire à Dieu, l'auteur de la révélation. Tantôt pour m'encourager à doubler d'efforts dans la prière afin que le Seigneur achève ce qu'il a commencé, en accomplissant toute sa Parole. D'autres interlocuteurs me prodiguèrent de bons conseils pour me permettre de rester humble et d'avoir le triomphe modeste.

Il en fut ainsi trois jours durant, du 05 au 07 août 2010 inclus. Heureusement pour moi, j'étais hors d'Abidjan et dans une ville où j'étais peu connu. J'évitai ainsi ceux qui voulurent me rendre visite pour échanger sur ce qui semblait être un exploit, mais que je ressentais comme une grande consolation de la part de notre Seigneur Jésus-Christ.

Passé le temps de l'émotion, place à la réflexion ! Je me mis donc à réfléchir en me confiant au Seigneur et en m'appuyant sur lui. Je privilégie cette attitude car une bonne réflexion conduit toujours à de très bonnes actions. Mieux, la Bible déclare que « celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur et celui qui se confie en l'Eternel est heureux » (cf. Proverbes 16 :20).

Pour trouver le bonheur et être plus heureux, il m'a plu de me confier au Seigneur et de réfléchir sur la décision fixant la présidentielle au 31/10/2010, décision prise le 05/08/20101, à deux jours du 07/08/2010, date marquant le cinquantenaire de l'indépendance politique de la Côte d'Ivoire. Le bonheur et la joie n'ayant de sens que lorsqu'ils sont partagés, je voudrais, ici, partager le fruit de mes réflexions. Autant il  me procure bonheur et joie, autant il est susceptible d'en procurer à quiconque le savoure et s'en délecte.

Il convient de signaler que je m'efforce de mêler harmonieusement  révélations divines et réflexions personnelles, car autant je me confie en Dieu pour recevoir de lui des révélations, autant je réfléchis sur ces choses pour m'assurer qu'elles viennent de Dieu. C'est ce que nous recommande la Parole de Dieu lorsqu'elle déclare : « Faites tous vos efforts pour joindre à votre foi... la science » (cf. 2Pierre 1 :5).

En rapport avec les révélations divines, le fruit de mes réflexions consisteront  en des observations faites :

  • Sur la décision prise, de façon générale (1).
  • Sur la date fixée en tant que telle (2).
  • Sur la période actuelle et les enjeux des futures élections en Côte d'Ivoire (3).

C'est ce fruit que je voudrais soumettre à votre appréciation, à votre dégustation avant que vous ne passiez à sa consommation.

1. SUR LA DECISION PRISE DE FAÇON GENERALE

Mes premières observations porteront sur la décision prise d'organiser le premier tour de l'élection présidentielle le dimanche 31 octobre 2010. Il s'agira d'observations d'ordre général. Je relèverai d'abord que cette décision est l'accomplissement de la révélation reçue (1.1) et elle constitue une belle occasion pour glorifier Dieu, l'auteur de cette révélation (1.2).

1.1. Accomplissement de la révélation divine

C'est le 16 avril 2008 que le Seigneur m'a clairement révélé, pour la première fois, qu'il a fixé l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire au dernier dimanche du mois d'octobre 2010, ce qui correspond au 31 octobre 2010. Cette révélation m'a été faite à la suite du Décret du 14 avril 2008 fixant la date du premier tour de la présidentielle au dimanche 30 novembre 2008.

Bien avant que Dieu me fasse cette précision, il m'a d'abord révélé, le 19 septembre 2002, qu'il allait faire échec à la rébellion en maintenant le Président Laurent GBAGBO à la tête de notre pays pendant quinze ans. Par la suite, en février 2005, il m'a révélé qu'il ne permettra pas d'élections en Côte d'Ivoire avant l'an 2010.

Pour servir de témoignage, j'ai pris le risque d'en parler publiquement et de le mentionner dans mes deux ouvrages sur la crise ivoirienne2. Depuis lors, Dieu n'a cessé de confirmer cette révélation au fur et à mesure que nous avancions dans le processus de sortie de crise et au fil des nombreux reports de la date des élections.

Il en a été ainsi jusqu'au 16 novembre 2009. A cette date, il était manifeste que la présidentielle ne pouvait plus se tenir le 29 novembre 2009, contrairement à ce qui avait été décidé. Ce jour-là, le Seigneur m'a clairement dit qu'il ne permettra plus que les hommes fixent une date autre que le 31 octobre 2010. Je croyais entendre ma propre voix. Mais j'ai eu la paix du cœur mêlée à une grande joie. Cela m'a rassuré que c'est Dieu qui m'a parlé. Dès lors, je me suis mis à en parler autour de moi et au cours de conférences publiques comme dans les interviews accordées aux organes de presse.

Cette nouvelle révélation a subi un premier test à l'occasion de la réunion des membres du C.P.C. (Cadre Permanent de Concertation) qui s'est tenue au Burkina Faso le 03 décembre 2009. La date du 29 novembre 2009 ayant échoué, on s'attendait à ce qu'une nouvelle date soit fixée à cette rencontre. Les pressions internes et externes sur les participants n'ont pas manqué. Dieu observait de près car sa décision était déjà prise et annoncée : « si les hommes refusent de fixer la date du 31 octobre 2010, il ne leur permettra plus de fixer une date quelconque. »

Qu'allait-il donc se passer ? La révélation allait-elle être confirmée ou infirmée ? J'étais comme un élève ou étudiant qui attendait le résultat de son examen de fin d'année. Tantôt confiant, tantôt anxieux. Cependant, lorsque le résultat est tombé à travers le communiqué final du C.P.C., j'ai découvert avec joie que le test a marché. Dieu n'a pas permis qu'ils fixent une date parce qu'ils ne voulaient pas du 31 octobre 2010.

Passé ce premier test, il eût d'autres tests qui s'avérèrent concluants. Les acteurs humains du processus optèrent pour des périodes et non pour des dates, jusqu'au jeudi 05 août 2010. A cette date, ils finirent par accepter  et entériner la date du 31/10/2010 déjà fixée par le Seigneur. C'est ainsi que s'accomplit la Parole que Dieu m'avait dite sur la date de la présidentielle dans notre pays.

Avec l'accomplissement de la révélation reçue, s'accomplit aussi la Parole de Dieu consignée dans la Bible, notamment celle selon laquelle : « Le cœur du roi est un courant d'eau dans la main de l'Eternel ; il l'incline partout où il veut » (cf. Proverbes 21 :1). Le Seigneur ayant incliné le cœur des décideurs sur la date qu'il avait fixée depuis longtemps, ceux-ci ne pouvaient que s'exécuter, sans s'y opposer indéfiniment (cf. Job 23 :13 et 42 :2) : 31 octobre 2010, c'est donc décidé, en fin de compte !

Il n'y a pas meilleure preuve que c'est Dieu qui m'a parlé (cf. Deutéronome 18 :21-22). Je ne pouvais qu'en être satisfait, très satisfait. Que le nom du Seigneur soit glorifié ! L'occasion est belle pour en être ainsi.

1.2. Belle occasion pour glorifier Dieu

Glorifier Dieu, c'est proclamer ses mérites, le louer et le magnifier pour ses hauts bienfaits. Dieu est loué lorsqu'on met en exergue son implication dans la décision prise de fixer la présidentielle au dimanche 31 octobre 2010, comme il l'avait d'avance annoncée.

Sans entrer dans les coulisses de cette décision, je peux dire avec assurance qu'elle a été l'œuvre de Dieu. En effet, comme dit précédemment, Dieu m'a fait annoncer cette décision longtemps d'avance (cf. Esaïe 46 :10). Après l'échec du 29/11/2009, Dieu a empêché que l'on fixe une date autre que celle du 31 octobre 2010. Les hommes ont essayé, à plusieurs reprises, en annonçant des périodes limites. Mais ils n'ont pas pu parvenir à fixer une date autre que le 31/10/2010. La preuve est ainsi faite que la décision du 05/08/2010 est l'œuvre de Dieu. Il faut donc le reconnaître et le dire afin que Dieu en soit glorifié.

Certes lorsqu'il me l'avait fait annoncer publiquement, rares étaient les personnes qui y croyaient et l'acceptaient. Mais peu avant qu'elle ne soit officiellement prise, c'est à peine si la plus part de ceux qui la réprouvaient ne  la réclamaient pas de tous leurs vœux. La preuve, dès qu'elle a été prise, elle a été acceptée unanimement. Personne ne l'a rejetée. Tout le monde en a été satisfait.

Même si on peut craindre que cette date ne soit pas tenue, à l'instar des précédentes, il faut d'abord rendre grâces à Dieu pour cette décision qu'il a fait prendre. Ce sera la preuve que nous y voyons sa main. Au regard de cette reconnaissance, Dieu  dissipera toute inquiétude en nous, pour nous remplir de joie. Nos cœurs déborderont de louanges. Et, puisque Dieu siège dans les louanges de ses enfants (cf. Psaume 22 :4), il agira et achèvera ce qu'il a commencé, pour nous conduire effectivement aux urnes le dimanche 31 octobre 2010.

Par ailleurs, la décision est  intervenue à un moment très stratégique et opportun : à la veille du message à la nation du Président de la République, à l'occasion de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance de notre pays. La crise armée n'ayant pas encore définitivement pris fin 3, le Président de la République a renoncé à organiser ce cinquantenaire avec faste. Il fallait donc un grand sujet de joie et d'espérance, de peur que tout soit morose. C'est ce que la décision portant fixation de la date de l'élection présidentielle nous apporte : un sujet de joie et d'espérance, de la part du Seigneur.

Effectivement, par la grâce de Dieu, la fixation de la date de l'élection présidentielle apporte une lueur d'espoir au processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Elle nous donne de voir le bout du tunnel, même si nous n'y sommes pas encore. Dans ces conditions, nous pouvions célébrer et nous avons pu célébrer le cinquantenaire de notre indépendance politique dans la joie, indépendamment de la sobriété de cette célébration. La sobriété fait partie des vertus cardinales à cultiver dans la vie. La Bible la recommande vivement, dans notre combat permanent contre notre adversaire, le diable (cf. 1Pierre 5 :8).

Cela constitue une autre raison de glorifier Dieu. Il démontre qu'il ne nous a pas abandonnés dans le combat pour la libération de notre pays. Il nous a mis dans les conditions d'être sobres tout en étant heureux. Or la sobriété est une stratégie divine dans la  résistance contre les manœuvres du diable. Le Seigneur l'a recommandée à ses disciples en leur disant d'être simples comme des colombes, pour résister aux loups ravisseurs parmi lesquels ils sont comme des brebis (cf. Matthieu 10 :16).

Pour la libération de notre pays attaqué à l'arme lourde, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, le Seigneur a révélé dès le départ que la seule stratégie qu'il nous recommande, c'est la résistance, jusqu'à ce qu'il nous accorde la victoire finale (cf. Jérémie 1 :18-19). Nous constatons qu'à ce jour, il continue d'agir dans cette perspective. Nous pouvons donc le louer pour sa fidélité au profit de notre pays.

Telles sont mes observations d'ordre général sur la décision prise, en Conseil des Ministres, le jeudi 05 août 2010. Elles n'épuisent cependant pas celles que je voudrais faire sur la date du 31 octobre prise en tant que telle.

2. SUR LA DATE FIXEE EN TANT QUE TELLE

Si l'on se réjouit de la fixation de la date du 31 octobre 2010 tant attendue, on ne s'interroge pas moins sur sa faisabilité. On reconnaît certes qu'elle est tenable, mais on se demande si elle sera tenue ou pas. La question n'est pas sans intérêt eu égard aux expériences passées et aux soubresauts récurrents dont on ne maîtrise pas toujours l'ampleur.

Même en tenant compte de la révélation divine mise en rapport avec l'étape actuelle du processus de sortie de crise, on peut se poser des questions. Une telle démarche, loin de remettre en cause la révélation reçue, est l'expression de la curiosité intellectuelle qui n'est pas contraire à la foi. Elle pousse à la réflexion et à la connaissance, comme Dieu nous le recommande pour consolider notre foi (cf. Proverbes 16 :20, Osée 4 :6 et 2Pierre 1 :5) 4.

C'est dans cette perspective que j'essaie de répondre à la question de savoir si la date fixée l'a été à titre indicatif (2.1) ou à titre définitif ?  (2.2)

2.1. Une date fixée à titre indicatif ?

A l'occasion de la fixation des dates précédentes (30/11/2008 et 29/11/2009), le Seigneur m'avait révélé que c'était à titre indicatif, la vraie date étant, selon lui, le 31/10/2010. Sur cette base, on ne pouvait plus penser que la dernière date pût être indicative.

Mais, il se trouve qu'en me révélant cette date, le Seigneur m'a aussi révélé qu'il allait procéder à de grands bouleversements devant mettre à plat le processus de sortie de crise. Ces bouleversements devraient en outre consacrer l'échec de la rébellion armée, pour y mettre fin définitivement.

Le Seigneur ne m'a pas révélé le temps de ces bouleversements mais leur teneur et leur ampleur :

-  Changements institutionnels au niveau du Gouvernement et de la CEI.

-  Etablissement d'une nouvelle liste électorale par l'INS.

-  Organisation des élections sur la seule base de la Constitution ivoirienne et en dehors des accords inter Ivoiriens et des résolutions onusiennes, lesquels auront cessé d'être en vigueur.

Eu égard à leur ampleur, j'ai pensé que ces bouleversements allaient se produire plusieurs mois avant le 31/10/2010. Nous en avons eu quelques signes avec la dissolution du Gouvernement et de la CEI en février dernier. Mais ce n'était qu'une fausse alerte, car Dieu avait clairement révélé que les choses ne se passeraient pas ainsi : les bouleversements annoncés ne seront pas le fait du Président de la République mais de Dieu lui-même.

Depuis la fausse alerte, il ne s'est rien passé. Les bouleversements annoncés ne se sont pas encore produits. Or selon la Bible, Dieu peut changer les temps ou dates fixées et les circonstances ou évènements annoncés (cf. Daniel 2 :21). Pour ce qui est de la date fixée le 05/08/2010, Dieu peut décider de la changer dans deux cas de figures :

-  Soit il permet que les bouleversements annoncés se produisent et nous contraignent d'aller  au-delà du 31/10/2010 ;

-  Soit, sans que les bouleversements surviennent, il décide en toute souveraineté de changer cette date.

Dans le premier cas, nous sommes dans la révélation reçue, puisque les bouleversements se seront produits.  Leur survenance est un fait justificatif du changement de date. On peut donc en être heureux. Il en a été ainsi pour la durée de l'esclavage du peuple de Dieu en Egypte. Annoncé pour quatre cents ans, il a duré quatre cent trente ans. La raison était que Moïse, le libérateur préparé par Dieu, était en exil forcé au pays  de Madian. Il y a passé quarante ans avant de revenir en Egypte pour libérer le peuple de Dieu du joug esclavagiste de Pharaon (cf. Exode 2, 3, 4 et 12 :40-41).

Dans le second cas, il y a changement du temps fixé et changement des circonstances annoncées. L'on aurait raison de conclure que la révélation ne s'est pas accomplie et que Dieu ne m'a pas parlé. Or, sur plusieurs points de la révélation, Dieu n'a cessé de démontrer que c'est bien lui qui m'a parlé. Jusqu'à ce jour, il a accompli plus des trois quarts de ce qu'il m'a révélé. Il a donc commencé ! Et, nous savons que lorsqu'il commence une œuvre, il l'achève toujours merveilleusement, afin de se reposer et de recevoir la louange et l'adoration de ses créatures (cf. Genèse 2 :1-2 ; Philippiens 1 :6).

Il apparaît dans ces conditions que la seconde hypothèse ne prospérera point. Seule la première demeure possible. La date du 31/10/2010 ne sera indicative que si Dieu décide de procéder aux bouleversements annoncés, avec une ampleur telle qu'elle puisse changer. A défaut, il faut s'attendre à ce que cette date soit définitive.

Lire la suite

mercredi, 22 septembre 2010

L'INDEPENDANCE POLITIQUE, ECONOMIQUE ET MONETAIRE DE LA COTE D'IVOIRE : LE SEUL VERITABLE MESSAGE FEDERATEUR DU CANDIDAT GBAGBO



LE PDT LAURENT GBAGBO.jpg

Enfin, l'élection présidentielle tant attendue depuis 2005 et reportée pas moins de 6 fois, en Côte d'Ivoire, est en passe de devenir réalité. Proposée par la Commission Electorale Indépendance (CEI) et fixée par décret par le Président de la République, la date du dimanche 31 octobre 2010 sera, sauf surprise ou cataclysme, celle du scrutin présidentiel.

Quoiqu'annoncé par de nombreux sondages comme le potentiel vainqueur du premier tour de cette élection, le Président Laurent Gbagbo a raison de déclarer qu'aucune élection n'est gagnée d'avance et qu'il faut resserrer les rangs, ne pas se tromper de combat et se battre jusqu'à la proclamation des résultats, évitant ainsi avec sagesse et intelligence politique de tomber dans le triomphalisme et l'auto-encensement.

Le combat, en effet, est loin d'être gagné. Le FPI, son parti, n'ayant rien prouvé pendant ces dix dernières années. L'administration est noyautée par des nominations fantaisistes sur la base de concours truqués, notamment à l'ENA, par le copinage et l'admission d'agents qui ont délié bourse pour occuper leurs fonctions actuelles (quelle morale et quelle éthique peuvent-ils donc avoir?) et qui font ce qu'ils veulent ; l'école est à la dérive, la jeunesse aux abois, plongée dans la déprime de lendemains incertains ; l'adéquation formation-emploi est à son point le plus bas, le quotidien des ivoiriens s'est gravement dégradé ouvrant le champ libre au désespoir, à la précarité, à la corruption, à la prostitution, aux vices et à toutes les perversions.

Pire, le FPI nous est même apparu sous des jours absolument fantasmagoriques, s'illustrant dans des registres déprimants du genre pillage de fonds publics, enrichissement illicite, rapide, excessif et injustifié, étalage et gaspillage ostentatoire de richesses mal acquises, corruption, racket, népotisme, clientélisme et dépravation morale.

Il n'a, en outre, rien prouvé du point de vue de la morale et de l'éthique. Le laisser-aller, le laisser-faire, l'absence de contrôle et l'impunité sont au firmament de leur printemps sous son régime (même s'il partage cette responsabilité avec tous les partis présents dans le gouvernement). Bref, le tableau n'est pas reluisant. Quand on n'est pas soi-même un modèle, on ne peut clouer les autres au pilori. Partant de là, La Majorité Présidentielle (LMP) n'a pas intérêt à aller en campagne avec de prétendus acquis du FPI (même s'il en a quelques rares).

Le seul véritable message qui peut donc fédérer et qui fédère, d'ailleurs, déjà les Ivoiriens autour du Président Gbagbo, c'est l'espérance de l'accession de la Côte d'Ivoire à une véritable indépendance politique, économique et monétaire (Franc CFA). Si La Majorité Présidentielle dévoie ce message, elle perdra les élections.

Nous, Ivoiriens patriotes silencieux et majoritaires, sommes, ce faisant, prêts à signer un chèque en blanc au candidat Gbagbo pour lui permettre de remporter, haut-les-mains, cette élection. Pas parce qu'il a eu un mandat positif, loin s'en faut, mais parce qu'il est le seul candidat capable de mener le combat qui est le nôtre, actuellement, celui de sortir la Côte d'Ivoire du joug néo-colonialiste de la France à travers son projet impérialiste d'imposer à notre pays des dirigeants aux ordres de l'Elysée et à travers le nazisme économique et monétaire sous lequel elle nous fait croupir depuis de très longues décennies, par l'entremise du Franc CFA.

Mais, que le candidat Gbagbo se le tienne pour dit : ce chèque en blanc n'est pas gratuit. Nous attendons de lui qu'après son élection (pour laquelle nous nous mobiliserons), il :

-         remette véritablement les Ivoiriens au travail (trop de nonchalance, de laxisme, de gestion approximative et d'absentéisme) ; aucun pays ne s'est développé sans le travail ;

-         remette la discipline, l'ordre et le respect de la Loi et de la Réglementation au goût du jour ; aucun pays ne se développe sans le Droit ;

-         créé des emplois pour les jeunes ;

-         fasse disparaître l'impunité ;

-         ne soit plus complaisant avec ses amis, compagnons et collaborateurs qui s'enrichissent illicitement et sur le dos de l'Etat ;

-         demande des comptes et contrôle tous ceux qui gèrent des biens publics ou  qui ont occupé des postes de directions dans les services de l'Etat, tous les élus dans les collectivités territoriales de la Côte d'Ivoire qui ont administré nos populations pendant ces dix dernières années ;

-         instaure le contrôle, le mérite et l'excellence à tous les niveaux ;

-         restaure l'école ivoirienne et ses infrastructures ;

-         sévisse contre la déliquescence des mœurs (super-maquis et autres night-clubs bruyants, couverture d'une dépravation sexuelle et morale sans nom) ;

-         engage véritablement la Côte d'Ivoire sur le chemin de l'affranchissement de l'impérialisme français en reconsidérant les termes de la coopération ivoiro-française, pour un partenariat gagnant-gagnant s'inscrivant dans la durée et devant servir au bonheur des deux peuples.

C'est à ce prix-là que nous lui donnerons quitus à la fin de son deuxième mandat, faute de quoi le FPI sera à jamais disqualifié pour critiquer qui que ce soit dans ce pays. Notre sanction sera sans appel et le FPI ne reviendra pas de si tôt au pouvoir. Par la grâce de DIEU. Que ceux qui ont des oreilles entendent !


DINDE Fernand AGBO

mardi, 21 septembre 2010

CRISE IVOIRIENNE DU 19 SEPTEMBRE 2002: UNE GUERRE SANS PERE

soro guillaume_rebelle_cote d ivoire_afrique.png

Il y a 8 ans, le 19 septembre 2002: la guerre que personne ne voulait assumer

In le Nouveau courrier N°082 du 18 Septembre 2010 par Sylvie Kouamé

La crise ivoirienne qui a débuté depuis septembre 2002 a livré beaucoup de secrets. Mais beaucoup de zones d'ombres subsistent encore, huit ans après.


Qui a organisé ? Huit ans après le 19 septembre 2002, on en sait finalement très peu de détails sur la nature de l'organisation qui a pris l'initiative de porter le feu à Abidjan par une nuit indécise. Et pour cause : à la différence des attentats du 11 septembre 2001 - auxquels certains Ivoiriens comparent leur «grand choc» à eux -, le coup d'Etat avorté qui a accouché de la rébellion n'a pas été revendiqué d'emblée. Marionnettistes peu téméraires, ses initiateurs se sont réfugiés au départ derrière le paravent d'une «mutinerie» avant de laisser apparaître un visage, le seul qui assumera l'insurrection - sans doute aussi parce qu'il a toujours été évident pour tous qu'il ne pouvait être qu'un «porte-parole». Celui de Guillaume Soro. L'Histoire retiendra en tout cas que Soro a été le seul à avoir le cran de revendiquer - et de justifier - le choix des armes. Aujourd'hui, il en tire les dividendes, à l'opposé de Ibrahim Coulibaly dit «IB», cheville ouvrière qui s'est marginalisée par son silence et ses dénégations.

Depuis le 19 septembre 2002, une certaine omerta continue de régner sur «la vraie histoire» du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), qui s'est transformé, sous l'impulsion de Soro, en Forces nouvelles (FN). Qui a fait quoi exactement et à quel moment ? Motus.

Blaise Compaoré : du parrainage à la facilitation

Seule la crise homérique entre Soro et IB, permettra d'avoir des témoignages - et surtout des photos - qui fourniront la preuve absolue de ce dont tout le monde se doutait : la rébellion s'est préparée pendant de longs mois à Ouaga, sous la protection de Blaise Compaoré, dont Guillaume Soro assume aujourd'hui le parrainage avec panache. «C'est mon mentor, je n'ai pas honte de le dire. Il m'inspire, il m'a énormément donné, il est à mes côtés. Sans lui, je ne serais pas ce que je suis», disait-il ainsi fin 2008 (Frat- Mat du 1er octobre 2008).

Blaise Compaoré lui-même s'est gardé d'endosser de quelque manière que ce soit la crise ivoirienne. Il s'est imposé comme facilitateur et pacificateur, et peut savourer le plaisir ambivalent de régler une crise - qu'il a contribué à créer - tout en continuant à l'alimenter à travers la poursuite des livraisons d'armes aux Forces nouvelles (selon des rapports de l'ONU) et la contrebande du cacao des zones Centre Nord Ouest (CNO). Sous le regard complaisant - ou impuissant - de son homologue ivoirien Laurent Gbagbo qui, lors d'une interview diffusée par RFI et France 24 le 30 mai dernier, tenait ces propos surprenants : «Il y a certaines personnes qui me disent souvent : «Vous savez, tel pays exporte maintenant du cacao». Je réponds : «qu'est-ce que ça fait ?» Le jour où la guerre sera finie, où la crise sera finie, où nous aurons placé des douaniers, ce sera fini cette situation.»

Le cas Ouattara

Et Alassane Ouattara dans tout ça ? S'il n'a plus honte de glorifier en public «le combat» des Forces nouvelles, il campe toujours sur une ligne de défense claire : il n'a rien à avoir avec la naissance de la rébellion. «Je n'ai aucune responsabilité dans la crise. J'ai été accusé de beaucoup de choses. Ce sont des allégations, sinon sept ans après, on aurait eu des preuves. Mais jusque-là, aucune preuve. Je condamne la rébellion, les coups d'Etat, la violence. Et j'ai été le premier à le faire, dès les premiers jours du coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002. Je pense que quitter une institution aussi prestigieuse comme le FMI, ayant été Gouverneur de la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest, on ne peut pas être instigateur de coup d'Etat. Ma vision de la politique, c'est de faire de l'alternance dans les urnes. La violence ne résout jamais les problèmes de manière définitive », a-t-il ainsi martelé lors d'une récente interview sur Africa 24. Contredisant encore et toujours la fameuse confidence de Koné Zakaria, prononcée lors d'un meeting filmé à Séguéla.

Selon Zakaria, le petit groupe d'hommes qui préparait la rébellion depuis le Burkina Faso était financé par Alassane Ouattara à hauteur de 25 millions de FCFA par mois. Il est en tout cas évident que la question de la participation d'ADO à la guerre sera une des questions-clés de la prochaine campagne en vue du scrutin présidentiel du 31 octobre 2010.

La France officielle plaide non coupable

Egalement accusée d'avoir trempé dans la rébellion, la France officielle a toujours vivement démenti. Et les accusations voilées de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur, affirmant que Villepin avait essayé, quand il était à l'Hôtel Matignon, de renverser deux chefs d'Etat africains - dont Laurent Gbagbo - ne sont intervenues qu'après le départ du pouvoir de Jacques Chirac. Un Jacques Chirac qui est aujourd'hui devant les tribunaux de son pays pour une affaire de malversations à la mairie de Paris. Quand son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin, au contrôle des opérations françaises en Côte d'Ivoire est également face aux juges pour son rôle présumé dans la falsification de fausses preuves de forfaiture contre Nicolas Sarkozy. Ministre de la Défense au moment des faits, Michèle Alliot-Marie quant à elle a été entendue par le Tribunal aux armées comme témoin dans le cadre des enquêtes sur les événements de novembre 2004... et leurs zones d'ombres. Curieuses coïncidences!


Source: LE NOUVEAU COURRIER IVOIRE-BLOG.COM

vendredi, 17 septembre 2010

ZAHIRI ZIKI SEBASTIEN, CONSEILLER SPECIAL DU PRESIDENT: NI PROPHETE, NI VOYANT, NI DEVIN

 

ZAHIRI ZIKI SEBASTIEN.JPG

Chers amis, je soumets aujourd'hui à votre lecture l'interview que le Conseiller Spécial du Président de la République chargé des religions, des traditions et de l'identification a accordée, récemment au quotidien NORD-SUD. Pour mémoire, Monsieur Zahiri Ziki Sébastien est l'homme qui a maintenu envers et contre tout et tous, en plein processus de sortie de crise et pendant des années, que l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire ne pourrait se tenir avant le 31 octobre 2010. Il s'était alors attiré les foudres de son supérieur, le Ministre Désiré Tagro. Il se prononce à nouveau ici, à quelques semaines de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, sur cette révélation qui lui avait valu des remarques à rebrousse-poils et un limogeage en bonne et due forme. Bonne lecture!


Un conseiller spécial du Président de la République qui fait des révélations divines, n'est-ce pas curieux ?

Non, ce n'est pas curieux. En fait, je suis conseiller spécial du Président de la République chargé des religions, des traditions et de l'identification depuis, seulement, le mois de juin. Mais avant, j'ai reçu des révélations divines sur la crise ivoirienne dont je parle depuis le 19 septembre 2002.

Vous ne devriez pas vous inspirer plus des données techniques et réelles?

Je suis en train de dire que je parlais de ces choses avant d'être Conseiller Spécial du Président de la République. La question est de savoir si je peux continuer d'en parler, dans mes nouvelles fonctions ? Je pourrais y répondre par une autre question : pourquoi pas ? Je me rappelle que j'en ai parlé quand j'exerçais encore comme Juge au Tribunal et quand j'étais Directeur de l'Etat Civil et de l'Identification à l'Office National d'Identification (ONI). Je suis encouragé dans mon initiative par la place de choix accordée à la religion dans notre pays. En effet, quoique la Côte d'Ivoire soit un Etat laïc, ses habitants, à tous les niveaux de la hiérarchie, ont la liberté d'afficher ou d'affirmer leur appartenance religieuse. La liberté religieuse fait d'ailleurs partie des droits inaliénables de tout citoyen de ce pays. Ils sont reconnus comme tels par la Constitution, notre loi suprême ou fondamentale. Mieux, l'Etat de Côte d'Ivoire aide ses citoyens dans leurs activités religieuses : subventions pour les pèlerinages, contributions à la construction de lieux de cultes... En outre, ses dirigeants invitent de temps en temps les religieux à prier pour qu'il y règne la paix. Or, quand nous prions Dieu nous lui parlons. Et, à son tour, il nous parle. Lorsque ce qu'il nous dit est d'intérêt public, nous avons le devoir de le porter sur la place publique. C'est ce que je fais de certaines révélations que j'ai reçues de Dieu.

Prophète, voyant, devin...quelle est l'appellation qui vous convient le mieux ?

Je suis Magistrat, Conseiller Spécial du Président de la République. Dans la profession de Magistrat, l'appellation dépend de la fonction qu'on exerce : Monsieur le Juge, Monsieur le Procureur, Monsieur le Président. Ayant exercé toutes ces fonctions dans ma carrière de Magistrat, on m'appelle souvent par l'un de ces titres et je l'accepte. A l'Eglise, j'exerce comme Ancien, un auxiliaire ou assistant du Pasteur. On m'appelle aussi par ce titre. C'est tout. Pas plus.

Vous vous désignez pourtant comme Dispensateur de mystères ou Lumière du monde, selon vos écrits.

Ce ne sont pas des titres d'appellation en tant que tels.  La Bible dit que tout chrétien est chargé de dispenser ou de partager les révélations qu'il reçoit de Dieu. C'est le sens du terme « dispensateur » que j'utilise souvent, mais pas comme titre d'appellation. Il en va de même du terme « lumière du monde ». Notre Seigneur Jésus-Christ dit que nous sommes « la lumière du monde » pour l'éclairer par notre vie exemplaire et par sa Parole qui est en nous. Ce sont en quelque sorte des attributs qui sont liés à notre qualité de chrétien. Je ne suis ni Prophète, ni Pasteur attitré, mais un collaborateur de Pasteur en tant qu'Ancien.

Vous êtes donc un collaborateur de Pasteur qui prophétise ?

Cette grâce est accordée par Dieu, à tout chrétien, même sans être collaborateur de Pasteur. Elle ne fait pas de moi un prophète attitré, même si on peut dire que je prophétise. Je ne revendique donc pas le titre de Prophète, encore moins celui de Voyant ou de Devin.

Il semble que les déclarations que vous avez faites lorsque vous étiez Directeur de l'Etat Civil vous auraient coûté ce poste, parce qu'elles dérangeraient le pouvoir en place ; est-ce exact ?

Je ne le pense pas. Ce que je dis est plutôt favorable au pouvoir en place. J'annonce la révélation divine selon laquelle la rébellion et ses commanditaires ou alliés vont échouer contre le Président Laurent GBAGBO, lequel va rester au pouvoir pendant quinze ans, jusqu'en 2015. Dieu m'a également révélé la date exacte de l'élection présidentielle fixée au 31 octobre 2010. Je l'ai annoncée longtemps d'avance et elle vient d'être entérinée. Il est évident qu'au moment où je l'annonçais, depuis 2002, cela pouvait être gênant pour tout le monde et pas pour le pouvoir seulement. Le message du Christ que nous propageons est certes comme un feu dévorant qui peut gêner ou déranger. Mais, lorsqu'il dérange, il le fait positivement ou favorablement. C'est pourquoi le chrétien n'a pas peur de ramer à contre courant, lorsqu'il est en accord avec Dieu.

N'est-ce pas perturber les Ivoiriens que de leur dire que l'élection qu'ils attendent depuis cinq ans ne se tiendra pas à la date fixée par qui de droit ?

Absolument ! Mais je les dérange positivement, dans le bon sens. Je leur dit : ne vous fatiguez pas, ne perdez pas votre argent. Dieu a fixé les élections au 31 octobre 2010. Si en 2005 Dieu a dit que c'est le 31 octobre 2010 qu'il y aura des élections et que vous n'êtes pas d'accord, vous allez gaspiller votre argent. En leur disant de ne pas gaspiller leur argent de campagne électorale, avant le bon moment, je leur fait du bien et non du mal.

Parlant du jour du scrutin présidentiel dans l'un de vos ouvrages, vous avez utilisé l'expression « la vraie date ». N'est-ce pas prétentieux de votre part  de dire que vous détenez la vraie date de l'élection présidentielle ?

Non, ce n'est pas prétentieux. Je tiens l'information de Dieu l'Omniscient, qui sait tout. Le dire de la part de Dieu n'est pas non plus prétentieux, mais normal ou naturel. Ayant parlé à Dieu en priant, n'est-ce pas normal qu'à son tour il me parle ? S'il a des oreilles pour entendre ma prière, il a aussi une bouche pour parler. La Bible dit qu'il nous a créés à son image. Au cours de cet entretien, autant je vous parle, autant vous pouvez me parler et autant vous me parlez. Est-ce que c'est prétentieux de parler à Dieu ? Si oui, on ne devrait plus prier Dieu car, prier Dieu c'est lui parler. Or, nombreux sont ceux qui prient Dieu, quelque soit l'âge ou l'état de santé.  Ce n'est pas non plus prétentieux de transmettre à ses semblables ce qu'on croit avoir reçu de Dieu. A eux de juger ou d'apprécier.

Pourquoi dites-vous que le 31 octobre est ''la vraie date'' du scrutin présidentiel ?

Il y a un cheminement à retenir. Le 19 septembre 2002, Dieu m'a dit que la rébellion allait échouer. Pour que l'échec soit manifeste, il a décidé de maintenir le Président Laurent Gbagbo à la tête du pays pendant quinze ans. Or,  l'attaque du 19 septembre 2002 visait à écourter son mandat. Ensuite, en février 2005, Dieu me révèle qu'il ne permettra pas qu'il y ait des élections avant 2010. Dieu est libre de révéler tout en même temps ou de le faire de façon progressive. Le 16 avril 2008, il précise que la présidentielle aura lieu le 31 octobre 2010, deux jours après la fixation de la date du 30 novembre 2008.  C'est à cette occasion qu'il m'a dit que le 31 octobre 2010 était la vraie date, par rapport à celle du 30 novembre 2008. Celle-ci était placée sous le signe du diable qui est 666. Dans le symbolisme des chiffres, la bible parle du nombre 666 comme étant celui de la bête qui est Satan ou le diable. Par contre, s'agissant du 31 octobre 2010, Dieu a révélé qu'elle est placée sous un bon signe qui est le chiffre 8. Il symbolise le renouveau,  la nouvelle naissance. Il en résulte que l'élection présidentielle consacrera le nouveau départ de la Côte d'Ivoire, une Côte d'Ivoire nouvelle et refondée.  C'est pourquoi ce scrutin aura lieu, après que l'échec de la rébellion aura été manifeste, selon la révélation divine.

Que répondez-vous à ceux qui disent qu'en annonçant le 31 octobre 2010 vous ne faites que lire la constitution, qui prévoit l'élection présidentielle à cette date-là ?

Non. Je ne fais pas que lire la Constitution. Je révèle la volonté de Dieu de redonner à la Constitution ivoirienne toute sa vigueur. Après l'avoir fait plier comme le roseau, Dieu va la redresser pour qu'elle se tienne splendidement comme l'iroko de nos forêts. C'est pourquoi Dieu m'a révélé que la présidentielle et les élections subséquentes seront organisées conformément à notre Constitution, le 31 octobre 2010.

Il y a une semaine, vous disiez que les Ivoiriens iront aux élections avec une liste autre que celle de la CEI. Est-ce que vous maintenez votre déclaration ?

C'est une révélation que Dieu m'a faite en novembre 2008, j'étais encore à l'ONI. J'étais allé en mission pour sensibiliser les populations sur la liste électorale afin qu'elles aillent se faire enrôler. Et Dieu m'a dit : « est-ce que tu sais que ce n'est pas avec cette liste que vous irez aux élections ?»

Comment vous l'a-t-il dit ?

Comme il me parle souvent, du fond de mon cœur. Quand il me l'a révélé, je me suis dis, mais comment est-ce possible, alors que l'Etat a dépensé beaucoup d'argent pour confectionner cette liste électorale.  Après y avoir réfléchi, j'y ai cru. Et, pour démontrer que j'y crois, j'ai décidé de ne pas me faire enrôler. Mais par sagesse, je n'en ai pas parlé ouvertement encore moins publiquement. J'ai laissé le processus se dérouler normalement. Jusqu'à ce jour (mercredi 08 septembre dernier, ndlr), Dieu ne m'a pas encore dit qu'il en sera autrement que ce qu'il m'a révélé. Je continue donc d'y croire, malgré ce que nous voyons.

Qu'elle  sera  la particularité de cette nouvelle liste, si on peut l'appeler ainsi?

On peut l'appeler ainsi puisqu'il y aura eu une première liste qui sera devenue ancienne. Elle sera établie comme on établit habituellement les listes électorales en Côte d'Ivoire, à partir de celle de 2000, qu'il suffira d'actualiser. C'est le procédé que le Président de la République avait proposé. Il est simple et moins coûteux en temps et en argent. L'INS en a la capacité, une expertise qui, semble-t-il a servi en dehors de la Côte d'Ivoire.

Des changements pointent à l'horizon, pourrait-on éviter un énième report de l'élection ?

J'ai réfléchi à cela après la fixation en Conseil des Ministres de la date du 31 octobre 2010. Mais avant de vous parler du fruit de mes réflexions, je voudrais indiquer qu'au moment où je recevais cette révélation en 2008,  j'ai pensé que la confection de cette nouvelle liste allait se faire beaucoup plutôt, dans le premier semestre de l'année en cours. Or, il se trouve qu'il n'en a pas été ainsi, à moins de trois mois de la date du 31 octobre 2010. Est-ce qu'en moins de trois mois on peut faire une nouvelle liste devant nous permettre d'aller au vote le 31 octobre 2010 ? Humainement parlant, la réponse est négative. Mais tout croyant sait qu'à Dieu rien n'est impossible. Alors, les regards tournés vers Dieu, j'attends de voir ce qu'il fera en définitive.

Le dernier Cadre Permanent de Concertation (CPC) a validé, lundi, la liste électorale définitive...

Je suis amusé et heureux. Je ne me sens pas encore contrarié par rapport à la révélation reçue. Lors de la conférence que j'ai animée devant les communicateurs citoyens bénévoles pour le plébiscite du Président Laurent GBAGBO, j'ai dit que quand la date du 31 octobre 2010 a été fixée  j'ai échangé avec le Seigneur. Il m'avait révélé des bouleversements qui devraient survenir avant cette date. Ceux-ci tardant à se produire à mes yeux, j'ai réfléchi à la situation en me confiant au Seigneur. A l'issue de nos échanges, j'ai retenu trois cas de figures possibles : Soit les bouleversements révélés se réalisent et leur ampleur nous conduit au-delà du 31 octobre 2010. C'est le premier cas de figure possible. Dans ce cas, les bouleversements justifieront le changement de date. Ils constitueront ce que nous appelons en droit, les faits justificatifs.  La bible en donne des exemples dont le meilleur est celui dans lequel Dieu, lui-même, a dit à Abraham que son peuple allait faire quatre cents ans de captivité à l'étranger. Mais, son peuple a finalement fait quatre cent trente ans. Pourquoi cela alors que Dieu avait annoncé quatre cents ans ? C'est parce que Moïse, le libérateur choisi par Dieu, était en exil forcé. Par ailleurs, la Bible nous apprend que Dieu étant souverain, il peut changer les temps et les circonstances, lesquels avaient déjà été fixés ou annoncés.  Dans cette première hypothèse, on assistera au changement du temps ou de la date, mais au maintien des circonstances ou des bouleversements.

Qu'en est-il des autres hypothèses?

La deuxième hypothèse, consiste en ce que les bouleversements annoncés ne se réalisent pas et la date du 31 octobre 2010 est maintenue. C'est dans cette hypothèse que se trouve le processus de sortie de crise en ce moment. Comme dans la précédente, on assistera à un accomplissement partiel de la prophétie ; ce qui n'est pas bibliquement anormal. Dans le  troisième cas de figure, nous allons assister à un accomplissement total de la révélation divine avec la survenance des bouleversements annoncés et le maintien de la date du 31 octobre 2010. Cette hypothèse semble humainement  irréalisable, même si l'on peut convenir qu'elle n'est pas tout à fait irréaliste. Dieu étant omnipotent et capable de tout, je continue de croire à sa réalisation. Elle a l'avantage d'établir la justice de Dieu. La Bible dit qu'il ne laisse pas impuni le coupable, surtout lorsque ce dernier refuse de se repentir et continue de s'endurcir, même en usant de manœuvres pour séduire et divertir les gens.

De quel ordre seront ces bouleversements ?

Ils seront d'ordre institutionnel et vont porter sur le processus de sortie de crise en cours. Dieu seul sera à leur base pour faire sa volonté, dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire et de ses habitants. Ils donneront lieu à de grandes manifestations de joie dans tout le pays et nous conduiront paisiblement et normalement aux urnes, le dimanche 31 octobre 2010. C'est à cette occasion qu'une nouvelle liste électorale va être élaborée par l'INS.

Comment avez vous réagi quand la date du 31 octobre a été fixée ?

J'étais dans mon bureau quand un ami m'a appelé pour m'informer. J'ai été tellement ému que j'ai pleuré de joie. J'ai même raccroché le téléphone, sans lui dire au revoir. Puis, j'ai béni le Seigneur. Je lui ai rendu gloire et honneur en disant : « Gloire à Toi ! Tu ne m'as pas honni. Tu as relevé ma face ! ». Vous savez en tant que Magistrat, je tiens à ma dignité et à mon honorabilité, sauf si Dieu lui-même en décide autrement, en guise d'humilité. J'aurais été beaucoup peiné d'être taxé de faux Magistrat ou de faux Prophète, même si je ne revendique pas le titre de Prophète. Cette peine ou cette honte pourrait rejaillir sur les membres mes familles professionnelle, biologique et religieuse.

A vous entendre, un désaveu divin vous ferait énormément de tort.

Pas tout à fait, car ce serait justice puisque j'aurais agi contre la volonté de Dieu. Mais avec toutes les précautions que j'ai prises pour m'assurer que j'ai parlé de la part de Dieu, j'aurais été peiné de constater qu'il en a été totalement autrement que ce que j'ai publié. Quoiqu'il en soit, au regard du bon état de mes relations avec Dieu, j'aurais fini par voir cela non pas comme un désaveu, mais comme une épreuve de ma foi en lui car, je sais qu'il ne peut pas me faire du mal, il ne peut pas me honnir. Il ne peut que me faire du bien. C'est un principe absolu, puisqu'il m'aime et je l'aime. Je verrais donc une telle épreuve comme un défi de ma foi en Dieu. Un défi que je ne manquerais pas de relever en me confiant davantage au Seigneur.

On peut le dire, pour finir, vos révélations vous ont valu une nomination comme conseiller du président de la République.

Ce n'est pas à exclure. Mais ce n'est pas le plus important. Ce qui me semble important, c'est que le Président de la République qui croit en Dieu comme moi, a vu que je pouvais lui être utile dans la mission que Dieu et le peuple de Côte d'Ivoire lui ont confiée pour le bien-être des habitants de ce pays. Je me sens donc doublement honoré par Dieu et par son serviteur, le Président Laurent GBAGBO. Je rends grâces à Dieu et je continue de remercier le Président de la République pour cette marque de confiance.


Interview réalisée par BIDI Ignace

Et publiée le lundi 13 septembre 2010 dans le quotidien NORD-SUD.

 

Sébastien ZAHIRI ZIKI

07 567 961 zahiriziki@yahoo.fr

TOUT L'INVERSE!

LE PATRIOTE N° 3273.jpg

Cette Une du quotidien Le Patriote N° 3273 de ce vendredi 17 septembre 2010 m'a vraiment fait sourire! Sans commentaires!

 

mardi, 31 août 2010

NOMINATION DU GENERAL BETH COMME AMBASSADEUR AU BURKINA : FAIRE TRES GAFFE A LA FRANCE !

GENERAL BETH.jpg

Sous des dehors de préoccupations sécuritaires dans la région sahélienne, la France installe dans la sous-région ouest-africaine un commandement d'opérations spéciales (obscures) contre la Côte d'Ivoire, en nommant le Général Beth, un acteur de la crise ivoirienne, ambassadeur au Burkina Faso. Pour mémoire, Emmanuel Beth commandait le Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO), en novembre 2004, quand la Force Licorne a détruit la flotte aérienne ivoirienne, sur ordre de Chirac. Ivoiriens, il faut savoir lire entre les lignes; vous êtes avertis! A bon entendeur...! Fernand Dindé.

 

A deux mois de la présidentielle en Côte d'Ivoire : Paris installe le général Beth à Ouagadougou


Le général de corps d'armée Emmanuel Beth, est officiellement, depuis le mercredi 4 août 2010, le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso. Il remplace, à ce poste, le civil François Goldblatt.


Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, le général Beth fut le premier commandant de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, en 2002, après la tentative de coup d'Etat muée en rébellion armée. Il dirigea la Licorne du 1er octobre 2002 au 30 mai 2003. C'est sous lui que s'est déroulée la récupération des ressortissants français vivant à Bouaké qui fut "un prétexte", selon des sources informées, pour "permettre aux rebelles acculés par l'armée ivoirienne de bénéficier d'appui de mercenaires et d'armement". La signature du cessez-le-feu entre les Fds et la rébellion sous les auspices du Sénégal, alors président en exercice de la Cedeao et l'accord de Linas-Marcoussis se sont effectués pendant qu'il était à la Licorne.


Le général Beth est surtout celui qui a consacré la partition de la Côte d'Ivoire. Puisqu'il est le concepteur de la zone de confiance. Pourquoi Sarkozy nomme-t-il Beth à Ouaga en cette période-ci ? La revue française "La Dépêche diplomatique", datée d'août 2010, livre en des termes voilés, les raisons de ce pré- positionnement d'un ambassadeur militaire français au Burkina Faso : "Les confins sahélo-sahariens seraient devenus une zone à risques, la situation n'est pas stabilisée au Niger ; au Mali, le général d'armée, Amadou Toumani Touré, président de la République, va probablement laisser la place à un "civil" lors de la prochaine élection 2012. A Abidjan, la présidentielle d'octobre 2005 sera organisée (au mieux) en octobre 2010 ; et si cela ne se produisait pas, on peut penser que l'axe Abidjan-Ouagadougou en subirait les effets collatéraux (pour ne pas dire plus). A Ouagadougou, Blaise Compaoré va rempiler (sans surprise) pour cinq ans à la suite de la présidentielle du 21 novembre 2010 (dans tout juste trois mois). C'est dire que Ouaga est le centre de gravité du triangle Abidjan/Bamako/Niamey. Voilà pour le contexte. Pour le reste, ce sera le job de Beth", écrit le magazine.


En des termes plus clairs, la France, qui visiblement prévoit une déflagration du contexte sociopolitique en Côte d'Ivoire si l'élection présidentielle ne se tient pas comme prévue le 31 octobre prochain, a préféré nommer, à Ouagadougou, un général, ancien commandant de l'opération Licorne, pour organiser les interventions en terre ivoirienne.


Paris qui ne croit ni en l'Accord de Ouagadougou ni en l'excellence des relations bilatérales entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, présage déjà des tensions entre les deux pays au-delà du 31 octobre.


Comme on peut le constater, cette nomination du général Beth cache bien des secrets qui ne sont pas faits pour ramener la stabilité en Côte d'Ivoire et en l'Afrique de l'ouest. Une sous-région confrontée, pourtant, à des réalités ignominieuses telles que les coups d'Etat, les rébellions armées, le terrorisme, le trafic de drogue, le fondamentalisme religieux et le rapt de civils occidentaux innocents.


Didier Depry (ddepry@hotmail.com)

Source: Notre Voie N° 3669 du Lundi 30 Août 2010

REALITE DU FRANC CFA : LE NAZISME MONETAIRE FRANÇAIS EN AFRIQUE

Agbohou.jpg

Vidéo : Histoire du Franc CFA interview de Nicolas AGBOHOU

http://www.youtube.com/watch?v=myqXvbrSelo

http://www.youtube.com/watch?v=vB9GQWKGdXk

http://www.youtube.com/watch?v=9pnMyNbMm40


Le professeur Nicolas AGBOHOU a donné à son livre un titre qui résume la réalité qu'il décrit et annonce le combat qu'il mène : "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique"

Quelle est cette réalité ? C'est d'abord la servitude de quinze pays africains à la monnaie française. Un système de parité fixe, sans équivalent dans l'histoire monétaire, ligote la monnaie de ces pays, à la monnaie française, hier le franc français, aujourd'hui l'euro. La singularité de ce système, c'est l'arsenal légal et statutaire qui régit le fonctionnement de la zone franc. Le lecteur est vivement invité à lire avec attention l'analyse que fait Nicolas AGBOHOU de cet arsenal.

A ce jour et à notre connaissance, seuls deux auteurs ont consacré leur ouvrage à cette analyse : feu le professeur Joseph TCHUNDJANG POUÉMI, dans un livre paru au début des années 1980, "Monnaie, servitude et liberté - La répression monétaire de l'Afrique" (tiré à un nombre restreint d'exemplaires, épuisé aussitôt après sa publication, ce livre est resté longtemps introuvable. Il a été récemment réédité par les éditions Menaibuc) et Nicolas AGBOHOU, dans le livre "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique". C'est dire l'importance de ce livre et l'exceptionnelle valeur du travail qu'a accompli Nicolas AGBOHOU.

La réalité du franc CFA et de la zone franc, c'est aussi et peut-être surtout, le nazisme monétaire. Mettre en lumière cette autre réalité est l'un des intérêts majeurs de la présente et nouvelle édition du livre de Nicolas AGBOHOU.

Le franc CFA, ou franc des Colonies Françaises d'Afrique, est créé le 25 décembre 1945 par un décret signé par trois Français (Charles De GAULLE, président du gouvernement provisoire ; René PLEVEN, ministre des finances ; Jacques SOUSTELLE, ministre des colonies) qui ont en commun un double caractère : ils sont imbus de la suprématie blanche ; ils sont de fervents acteurs de l'agression coloniale contre l'Afrique. Surtout, leur pays, la France, vaincue et conquise par l'Allemagne hitlérienne en mai 1940 vient de subir cinq années d'occupation nazie. Or cette occupation n'avait pas que le caractère spectaculairement bestial des hordes de soldats allemands soumettant les Français, pillant et versant le sang. L'occupation allemande de la France fut aussi un formidable champ d'exécution du nazisme monétaire externe.

Conçu par Herman GOERING, ministre de l'économie de Hitler, et appliqué aux territoires conquis par les troupes allemandes, le nazisme monétaire externe allemand n'avait que deux objectifs : soumettre et piller. Parce qu'elle était, et de loin, le plus gros des territoires conquis par l'Allemagne, la France a subi le nazisme monétaire allemand avec beaucoup plus de rigueur que les autres territoires eux aussi conquis par l'Allemagne, par exemple la Belgique et la Pologne.

Curieusement, alors qu'il existe des tonnes de livres, de mémoires, de thèses de doctorats et d'articles sur l'occupation nazie de la France, et que chaque année apporte de nouvelles publications sur le sujet, il n'existe quasiment rien sur le nazisme monétaire infligé par les Allemands aux Français. Pourquoi ?

La grande surprise ici, c'est le silence des Français, de leurs historiens et de leurs universitaires, d'habitude si diserts, sur ce qui est sans doute l'épisode le plus saignant de l'histoire contemporaine de leur pays.

Il faut remonter soixante-trois ans plus tôt, pour trouver un Français écrivant sérieusement sur ce sujet : René SÉDILLOT, qui publie en 1945, son livre intitulé Le Franc enchaîné - Histoire de la monnaie française pendant la guerre et l'occupation. SÉDILLOT constate : "Avec les siècles, les formes de pillage sont devenues plus savantes. Les anciens Germains dévastaient en toute simplicité les pays qu'ils avaient conquis. Leurs descendants, en 1940, ont recouru à une méthode de rapine plus subtile et plus fructueuse : ils ont mis le mark à 20 francs".

Cette manipulation du taux de change, à l'avantage exclusif du conquérant est l'une des caractéristiques du nazisme monétaire appliqué à la France, nazisme monétaire que celle-ci, une fois libérée du joug hitlérien, appliquera aussi, intégralement et même en l'accentuant à l'Afrique. Ce n'est pas une surprise, les Français créent le CFA en 1945, après l'occupation nazie, la même année où René SÉDILLOT publie son livre.

Pour cette création, ils ont au préalable récupéré l'arsenal statutaire du nazisme monétaire que leur a infligé l'Allemagne et qui fut entre autres inclus dans la convention d'armistice signée le 22 juin 1940 entre la France conquise et l'Allemagne conquérante. Les Français ont alors fait du copier-coller : à leur tour, ils ont retourné l'arsenal nazi contre les Africains, de sorte que le franc CFA et la zone franc, c'est du nazisme monétaire.

Parmi les nombreux mérites de la présente édition de "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique", l'un des plus instructifs est donc que Nicolas AGBOHOU, ici, est l'un des premiers auteurs à jeter la lumière sur le caractère foncièrement nazi de la zone franc. Du coup, il montre aussi la transmutation par laquelle, la France, d'opprimée et exploitée par l'Allemagne hitlérienne, est devenue oppresseur et exploiteuse de l'Afrique, en usant du nazisme monétaire. Nicolas AGBOHOU ouvre ainsi un vaste domaine de recherches que devront explorer historiens, économistes et divers chercheurs.

Nicolas AGBOHOU n'est pas qu'un chercheur. Il est aussi un combattant pour la justice. Son livre est un outil de ce combat. Combat contre le double caractère malsain des pères fondateurs du franc CFA : suprématie blanche, agression coloniale de l'Afrique. Double caractère qui est hélas une immuable constante de la zone franc et qui permet à l'Etat français de réussir l'exploit de maintenir intact son système de domination monétaire des pays CFA, malgré les "indépendances" qu'elle leur a accordées dans les années 1960.

Rien n'a changé, pas même le sigle : on a gardé CFA, qui signifie désormais quelque chose comme Communauté Financière d'Afrique.

Combat contre l'infantilisation dans laquelle la zone franc maintient l'Afrique, infantilisation qui relève du syndrome "Ne-le-faîtes-pas-vous-même, nous-nous-en-chargeons-pour-vous".

Au lieu de gérer eux-mêmes leurs réserves, les États CFA les confient au Trésor français.


-        Au lieu de fixer eux-mêmes leurs objectifs de taux d'inflation, ils se contentent de singer ceux de la France et aujourd'hui de l'eurogroupe.

-        Au lieu de favoriser et intensifier les échanges entre eux, les États CFA miment les "critères de convergence" définis par la France et l'eurogroupe.

-        Au lieu de se doter des moyens techniques pour fabriquer eux-mêmes leur monnaie, ils se contentent de tout sous-traiter aux imprimeries de la Banque de France, qui facturent au prix fort.

-        Au lieu d'encourager l'émergence d'une élite africaine d'économistes et financiers compétents et indépendants, capables de défendre les intérêts africains, de promouvoir le point de vue africain et de le faire entendre dans le monde, les Etats CFA, s'en remettent aux "experts" de la Banque de France et du Trésor français ou à ceux des institutions multilatérales comme le FMI ou la Banque Mondiale.


Toute politique sans contradicteurs est corrompue. C'est précisément le cas de la zone franc et du franc CFA en Afrique. Dans cette zone, les questions monétaires sont un sujet tabou, la répression sévère, parfois meurtrière, comme ce fut probablement le cas concernant le décès, certains disent l'assassinat de TCHUNDJANG POUÉMI.

Les premiers responsables de cette situation sont les dirigeants africains. Au lendemain des "indépendances", ils ont embarqué leurs populations dans l'impasse du franc CFA, lequel n'est rien d'autre que la prolongation de l'agression coloniale et raciale contre l'Afrique.

Cette monnaie a admirablement servi le but pour lequel il fut créé : être l'instrument de "l'appauvrissement automatique de l'Afrique et de l'enrichissement automatique de la France", pour paraphraser René SEDILLOT. Il y avait d'autres voies. Par exemple celle choisie par les pays du Maghreb, dès qu'ils se sont libérés du joug colonial français. Ces pays se portent aujourd'hui infiniment mieux que les pays CFA. Toutes les études le montrent, la décision de quitter la zone franc est pour beaucoup dans la meilleure santé économique de ces pays maghrébins.

Le travail de Nicolas AGBOHOU peut donc être considéré comme une œuvre salutaire contre la corruption en Afrique. En déchirant le voile du tabou, en mettant le débat sur la place publique, en présentant aussi objectivement que possible tous les termes du débat, il rend un grand service à l'Afrique entière. S'il vise les décideurs qui, par leurs fonctions dans l'appareil d'État, sont capables de prendre les mesures nécessaires à la libération monétaire de l'Afrique, Nicolas AGBOHOU s'adresse d'abord au plus commun des citoyens africains : bien informés, ceux-ci seront mieux armés pour obliger leurs dirigeants à prendre les meilleures décisions.

Ici encore, il faut rendre hommage à Nicolas AGBOHOU : il a abandonné le jargon des hommes de sa profession, les économistes, pour utiliser une langue simple, que peut comprendre tout Africain qui accepte de faire le moindre effort personnel.

Au livre de TCHUNDJANG POUÉMI publié voici bientôt trente ans, les adeptes du statu quo néocolonial et les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont répondu par un silence. Total black- out. Ils ont refusé le débat. Il n'y a pas eu débat. Ils ont été imités par leurs relais dans les cercles influents, en l'occurrence le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, qui ont la mainmise sur les questions économiques ou stratégiques concernant l'Afrique. Les banques centrales des pays CFA ont réagi exactement comme ces adeptes et ces bénéficiaires.

A la première édition de Le Franc CFA et l'Euro contre l'Afrique, publiée en 1999, l'année de l'introduction de l'euro, on a observé encore la même réaction de ces adeptes, de ces bénéficiaires et de ces banques centrales.

Jusqu'ici, cette réaction, ainsi que la répression et l'intimidation contre la pensée libre en Afrique ont bloqué tout débat sur ce qui est sans doute le plus grand scandale monétaire de toute l'histoire et aussi la principale cause de l'appauvrissement de centaines de millions d'Africains.

Les choses pourraient être différentes avec la présente édition. Deux éléments nouveaux poussent à le croire. D'abord, l'euro n'a apporté aux Africains aucun des nombreux bienfaits qu'on leur avait promis lors de l'introduction de cette monnaie et de l'arrimage du franc CFA à elle. Au contraire, les populations africaines souffrent aujourd'hui plus que jamais de l'asservissement du franc CFA à l'euro : l'appréciation considérable de l'euro par rapport au dollar a pour conséquence l'appréciation automatique du franc CFA et donc aussi une dévastatrice perte de compétitivité des pays CFA.

Second élément, le plus important, la guerre en Côte d'Ivoire. La guerre que les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont provoquée en Côte d'Ivoire ces cinq dernières années, a permis à grand nombre d'Africains, en premier lieu les Ivoiriens, d'identifier clairement les ennemis de l'Afrique.

Des millions d'Africains sont descendus dans la rue pour affronter les chars ennemis et protéger les responsables Ivoiriens décidés à défendre l'intérêt Africain et à mettre fin au néocolonialisme dont le franc CFA n'est qu'un aspect. Un nombre considérable d'Africains, souvent des jeunes, sont morts dans ce combat pour la libération de la Côte d'Ivoire et celle de l'Afrique.

Une responsabilité particulière est donc placée sur les épaules des dirigeants actuels et futurs de la Côte d'Ivoire. Toutes ces victimes, tous ces jeunes, sont-ils morts pour rien ? Le débat pour la libération définitive de l'Afrique ne peut plus être interdit. Or cette libération passe, à notre avis, par un rejet du franc CFA. Il ne peut donc plus y avoir tabou, et aujourd'hui, l'on ne peut plus répondre à Nicolas AGBOHOU par le black-out.

Mieux, les dirigeants de Côte d'Ivoire, ont pour ainsi dire l'obligation d'aller de l'avant sur le chemin de la libération. Or il se trouve que, malgré la guerre qui a considérablement affaibli ce pays, économiquement, politiquement et administrativement, le divisant en deux territoires antagonistes, l'un aux mains des rebelles et de leurs commanditaires étrangers, la Côte d'Ivoire demeure et de loin, la plus importante économie de l'UEMOA, représentant à elle seule près de 40% du PIB de cette union. La sortie de la Côte d'Ivoire de l'UEMOA sonnerait le glas de la zone franc.

Tout ceci souligne l'importance exceptionnelle aujourd'hui de la Côte d'Ivoire pour le progrès en Afrique. L'année 2010, est annoncée comme aussi l'année des élections en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, quel que soit leur niveau de responsabilité, doivent bien saisir la portée des choix qu'ils auront à effectuer lors de ces élections. Tout mouvement vers la libération étant pour l'instant invisible dans la zone CEMAC soumise à des autocrates s'éternisant au pouvoir, totalisant près de deux siècles d'exercice continu de dictature, c'est à l'UEMOA que revient la tâche de lancer la marche vers l'émancipation de l'Afrique. Et à l'intérieur de l'UEMOA, c'est au leader de cette union, la Côte d'Ivoire, de donner le cap.

Il se trouve que Nicolas AGBOHOU, patriote panafricain convaincu, est aussi Ivoirien. Il se trouve aussi que c'est en Côte d'Ivoire que TCHUNDJANG POUÉMI a élaboré sa théorie et rassemblé les éléments qui lui ont permis d'écrire son livre.

Nicolas AGBOHOU, en digne successeur de TCHUNDJANG POUÉMI, est un Ivoirien conscient des responsabilités qui incombent à son pays dans le combat sans merci contre le nazisme monétaire français en Afrique. Les dirigeants ivoiriens pourraient-il l'écouter ? Les dirigeants Africains pourraient-ils lui prêter l'oreille ?


http://mampouya.over-blog.com/

vendredi, 20 août 2010

50 ANS APRES L'INDEPENDANCE, LA COTE D'IVOIRE MALADE DE SES INTELLECTUELS

 

LOGO CINQUANTENAIRE CI.jpg

Dans les sociétés primitives, l'intellectuel était le prêtre, le gardien de la tribu. Son savoir était spirituel et matériel. Il savait interpréter les rythmes lunaires pour que les bonnes périodes de semence et de récolte soient respectées. Il connaissait les propriétés des plantes qui guérissent. Sa connaissance de l'homme dans toute sa dimension faisait aussi de lui un psychologue, et parfois même un psychiatre... Dans ces sociétés-là, c'est à l'intellectuel qu'était confiée, de diverses manières, la responsabilité de toute la communauté. L'image de celle-ci, était à sa charge. Il devait la préserver et signaler quand cette image commençait à s'effondrer du fait des comportements de certains membres de ladite communauté.

La fonction de l'intellectuel n'est donc pas récente. Aujourd'hui encore, ce vocable désigne toute personne qui s'engage publiquement pour défendre des valeurs. Comme on le voit, l'intellectuel n'est pas nécessairement un universitaire. Il n'a pas forcément de lien avec le niveau scolaire. C'est une personne qui dispose d'une forme d'autorité qu'il met à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales. Par exemple, clarifier les enjeux majeurs de son temps et définir les principales menaces pour la paix, le développement, la justice sociale, la vraie indépendance nationale, ainsi qu'identifier et soutenir les principaux défenseurs de ces principes. Par le seul fait de son intégrité et de son héroïsme à se porter en exemple, il convainc par son autorité morale. Par ses seules idées et analyses, il apporte éclairage dans tous les secteurs de la société, afin que les décisions soient prises en toute connaissance de cause.

Que sont devenus nos intellectuels ?

Notre pays commémore aujourd'hui 50 ans d'indépendance... dit-on. Et à ce stade, il convient de s'interroger rigoureusement sur le rôle de nos intellectuels dans la marche de notre Nation. L'heure est venue de nous questionner sur leur rapport à la société ivoirienne. Quelle a été leur responsabilité dans la situation actuelle de notre pays ? Où sont-ils ? Que font-ils aujourd'hui ? La réponse, c'est Paul Nizan qui la donne dans « Les Chiens de garde » : « Ils gardent leur silence. Ils n'avertissent pas. Ils ne dénoncent pas... L'écart entre leur pensée et l'univers en proie aux catastrophes grandit chaque semaine, chaque jour, et ils ne sont pas alertés. Et ils n'alertent pas. L'écart entre leurs promesses et la situation des hommes est plus scandaleux qu'il ne fut jamais. Et ils ne bougent point... » Le constat est triste et amer. Qu'après 50 ans, nos intellectuels en soient encore à faire le sempiternel procès de la traite négrière, de la colonisation, de la néo-colonisation, de la mévente des matières premières ou de leur pillage. C'est vrai qu'on ne doit pas faire comme si l'esclavage et ses ravages n'ont jamais eu lieu. Mais on ne doit pas non plus rester figé à l'émotion de cette parenthèse horrible de notre histoire. Et être frappé de paralysie intellectuelle. Parce qu'il est clair que le bilan politique de notre pays est honteux. Mais celui des intellectuels est des plus catastrophiques. Car, force est de le reconnaitre, leurs actions ont été plus dangereuses et plus dévastatrices. Puisque plus insidieuses et plus vicieuses, parce qu'agissant directement sur la conscience des populations.

Depuis l'indépendance, nos intellectuels se partagent quasiment seuls l'espace politique. Et exercent des fonctions de pouvoir... Ils ont choisi de défendre égoïstement leur chapelle et d'ainsi sacrifier l'intérêt général au profit du leur. Certains ont même développé la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle, prémices de la dépravation des mœurs à laquelle nous assistons impuissants. D'autres se sont perdus dans un nombrilisme suicidaire. Hélas ! Et pourtant, on attendait d'eux qu'ils endossent la tâche exaltante de modeler la société et de se poser en vecteurs des valeurs positives. Au contraire, ils ont préféré inoculer à la population le virus des inconduites nocives à la société. Ils ont inscrit ces comportements de déstabilisation sociale dans notre culture, poussant la population à haïr et à dédaigner la vérité, l'honnêteté, la responsabilité, le civisme, etc. Des attitudes qui ont inondé la Côte d'Ivoire de fausses idéologies et ruiné la population toute entière. En définitive, ils ont bradé tout ce qu'ils avaient de crédibilité. Dans un tel environnement, la population miséreuse à outrance a perdu tous ses repères, ses modèles et même sa foi en la vie. Ainsi les Ivoiriens en sont-ils venus ainsi à développer des réflexes de survie caractérisés par la corruption, le je-m'en-foutisme, le pillage des biens publics, la prostitution, etc. Et il s'en trouve qui déplorent leur indolence devant la faillite de leur propre réalité, mais oublient de rappeler de quelles fables ils ont été bercées 50 ans durant...

Finalement, nos intellectuels se sont tus. Et le bruit de leur silence cinquantenaire est devenu bien plus qu'assourdissant et révoltant. Surtout, en cette période de crise aiguë d'où nous avons du mal à sortir. En réalité, c'est la Vérité qu'ils ont tue pour promouvoir des fausses valeurs sur lesquelles a été bâtie une fausse réalité sociale et politique. Ceux qui étaient sensés être nos lumières nous ont donc plongés dans les ténèbres. Pendant 50 ans, nos intellectuels n'ont pas su améliorer notre perception de nos handicaps majeurs. Pis, ils n'ont même pas été capables de nous offrir une grille de lecture simple et efficace qui rende intelligibles les raisons de nos faiblesses et de nos défaites historiques. Pour éviter ces responsabilités historiques, et sociales, ils ont installé des comportements de nature à faire prospérer le désespoir, la fatalité et l'absence de toute éthique.

N'est-ce pas eux les fameux idéologues des régimes qui ont bloqué toute idée d'ouverture et de modernisation de notre pays ? 50 ans durant, ils ont soutenu l'injuste système des équilibres régionaux au détriment de la compétence, y compris dans les examens et concours. Si des idées comme « la terre appartient à celui qui la met en valeur » ou « on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides », « l'école télévisuelle », « le complot du chat noir », « la rébellion armée du 19 septembre 2002 », etc. ont prospéré et détruit notre pays, c'est bien grâce à la caution de ces intellectuels ou supposés tels. Ils ont soutenu à cors et à cris qu'on pouvait tripatouiller la Constitution, comme un simple règlement intérieur d'association de quartier. Ce sont les mêmes qui ont dit que le parti unique était une chance pour notre pays et le multipartisme, une vue de l'esprit. Ils ont été les fervents défenseurs des programmes d'ajustement structurel. Ce sont eux encore qui, aujourd'hui, dénoncent doctement et avec véhémence les ravages causés par ces PAS. Comment des gens qui sont supposés mieux connaître les réalités de notre pays, ont-ils pu se faire dicter des mesures économiques par des jeunes cadres sans expérience du FMI et de la Banque mondiale ? Quant à leur conviction politique, inutile d'en parler. Car pour parvenir au sommet de l'échelle sociale, ils ont trempé dans toutes les combines politiques et intellectuelles. Dans tous les compromis et toutes les compromissions. Ils ont participé à toutes les rapines économiques. Ils ont expérimenté toutes les idéologies et tous les régimes : ils étaient houphouétistes, ils sont devenus bédiéistes, puis guéistes, ils sont aujourd'hui gbagboéistes. Pendant 50 ans, ils se sont reniés et ont ruiné le crédit de leur corporation en trahissant leur vocation à la Sagesse. Finalement, leur rapport à la population fait penser à cette parabole : « le ventre de ma mère peut être fermé, du moment que j'en suis sorti ! »

En clair, c'est de morale qu'il faut parler aujourd'hui aux intellectuels ivoiriens. S'il est une valeur qu'ils ont oubliée, c'est bien celle-là. Non pas pour l'asséner à leurs compatriotes. Mais pour l'appliquer à eux-mêmes. Car, s'ils sont aujourd'hui complètement inaudibles, c'est qu'eux-mêmes n'entendent pas ce qu'ils doivent entendre : la parole des autres, la parole du peuple. Et s'ils n'entendent pas, c'est qu'ils n'écoutent pas. Or, être intellectuel c'est non seulement parler, mais, par sa parole, écouter, et aller chercher la vérité là où elle se trouve, c'est-à-dire dans la parole des autres.

Fort heureusement, il existe encore chez nous des intellectuels, dans le sens noble du terme, des femmes et des hommes probes qui résistent et qui refusent de tremper dans les combines et combinaisons sordides. Et en ces heures difficiles, il faut le dire, le Pr Mamadou Koulibaly fait partie de ces rares spécimens, malheureusement en voie de disparition, qui sauvent l'honneur de la classe intellectuelle ivoirienne et portent cette charge écrasante avec foi et conviction.

Qu'attendons-nous de nos intellectuels ?

Que peuvent donner les intellectuels ivoiriens ? Que doivent-ils refuser ? C'est vrai qu'en tant qu'êtres sociaux, ils ont des appartenances. Mais dans quelle mesure sont-ils au service de la Nation ? Parce qu'il est vrai que dans toutes les sociétés, ce sont les hommes qui, engagés fermement, font l'histoire à travers leurs actions pour orienter le destin de leur Nation. C'est pourquoi, les intellectuels doivent s'impliquer et être attentifs aux réalités de leur pays. En un mot, être les témoins de leur temps. Des témoins qui vont témoigner, au nom de la Vérité. Et suivre résolument la voie de leur conscience quel qu'en soit le prix à payer.

C'est ce niveau de perfection réflexive et discursive que lui envient tous ceux qui reconnaissent son savoir. Il participe ainsi à la reproduction d'une valeur sociale. Cependant, comme l'écrit Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison, « on peut dire que les hommes sont des intellectuels, mais que tous les hommes n'ont pas dans la société la fonction d'intellectuel. » Alors, combien sont-ils dans notre pays à exercer réellement cette fonction d'intellectuel ?

Pareils aux philosophes du siècle des Lumières en Europe, il faut aux intellectuels ivoiriens absolument être les éclaireurs du progrès, de la modernisation et de la vraie indépendance. Cette période de crise est justement l'occasion pour les intellectuels ivoiriens de se manifester, se distinguer, sortir du lot du commun des mortels, et s'obliger à produire des idées de génie afin qu'un terme soit mis aux souffrances des populations.

Car rien ne défigure plus l'image des intellectuels que le louvoiement, le silence prudent, le vacarme patriotique et le reniement théâtral. L'adhésion des intellectuels ne doit pas être synonyme d'allégeance servile. L'affiliation politique, l'appartenance régionale et ses fidélités ne doivent à aucun moment prendre le pas sur les critères de Vérité. Son rôle n'est pas de produire des louanges pour le pouvoir lui-même en contrepartie d'une rente, mais d'émettre des idées constructives, selon sa propre vision du monde, par un discours de vérité pour faire avancer la société grâce à un débat contradictoire utile, son refus du silence face à l'inacceptable, son autorité morale, sa capacité à proposer des solutions... et son intransigeance dans ses idées. Ne pas le faire, c'est démissionner.

Nul n'a donc besoin d'être un économiste ou politologue sorti de Harvard pour comprendre que « l'indépendance et le développement » dans un système de dépendance politique, économique et culturel n'est rien d'autre qu'un leurre, une grosse farce dont le seul et unique objectif est d'occulter les vrais problèmes pour justement éviter de les poser... Si nous sommes encore en proie à ces désordres qui bloquent notre vraie indépendance et handicapent notre développement, c'est bien parce qu'il y a des choix contestables qui ont été faits en amont et qui sont, hélas, encore entretenus.

Nos éminences grises ont passé 50 ans à juste inventorier les facteurs qui seraient caractéristiques de notre sous-développement, sous-entendant qu'il suffirait de surmonter les problèmes de la démocratie, de la pauvreté, etc. pour que les portes de la liberté et du développement s'ouvrent à nous. Un pays peut être aussi riche que possible, mais si son élite est irresponsable et corrompue, abandonnant sa structure économique et politique asservie à un système dont elle-même ne contrôle pas les données, ce pays ne sera jamais indépendant, encore moins développé. Il faut vraiment faire preuve d'une mauvaise foi déconcertante ou souffrir d'une grave myopie intellectuelle pour ne pas le reconnaître.

Nous croyons qu'une autre Côte d'Ivoire est possible et même nécessaire pour les 50 prochaines années ! Et c'est maintenant qu'il faut la construire. Mais par pitié, que nos élites ne commettent plus l'erreur de le faire avec des comportements et attitudes que nous ne voulons plus, et qui de toute façon ne sont pas viables. Un tel édifice ne peut que s'écrouler avant même son achèvement, entraînant un nouveau naufrage cinquantenaire, un second drame, une autre tragédie.


Serge Grah

Source: Le Blog de Serge Grah

jeudi, 19 août 2010

COTE D'IVOIRE: FPI, TRAGEDIE D'UN PARTI QUI INCARNAIT L'ESPOIR

LOGO FPI.png

On a parfois besoin de vivre les faits pour y croire. Ou encore, la vie quotidienne, comme qui dirait, se révèle souvent la meilleure des écoles, voire le meilleur apprentissage. Sans cette expérience, on croit bien souvent que ce que certains disent ou racontent autour de nous n'est que du pur idéalisme ou simple utopie ou encore des fantasmes. Descendons sur terre et disons les choses plus simplement pour nous faire mieux comprendre ; n'est‐ce pas là l'une de nos nombreuses missions à travers « Le Filament » ?

Ce qui se passe aujourd'hui en Côte d'Ivoire et tout précisément au sein du parti du Président Laurent Gbagbo, nous oblige à parler, sans tabou, du futur du FPI et de la Côte d'Ivoire après l'ère Gbagbo et surtout à revenir quelques années en arrière pour réviser les leçons de philosophie pure, de philosophie politique, de science politique et même de droit que nous buvions, avec volupté, et sans penser que, un jour, nous serions des témoins et acteurs de ce que nos différents maîtres ( que, au passage, nous saluons de nous avoir ouvert les yeux et les oreilles) tentaient, contre vents et marrées, de nous faire comprendre.

Il est très important de rappeler que le Front Populaire Ivoirien (FPI) est né d'une révolte contre les pratiques politiciennes du temps du parti unique ; des pratiques socialement et économiquement dégradantes et inhumaines de l'ancien régime, le PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire) dirigé alors par le « bélier » de Yamoussoukro, M Félix Houphouët‐Boigny. Le FPI est né aussi de la volonté et dans le but de « gouverner autrement la Côte d'Ivoire » (Lire à ce sujet « Propositions pour gouverner la Côte d'Ivoire» de Laurent Gbagbo). Et donc « gouverner autrement la Côte d'Ivoire », tel est le slogan qui, comme le « Yes we can » de Barack Obama, a conduit le peuple ivoirien à prendre le risque de porter M. Laurent Gbagbo au pouvoir, en acceptant ou en faisant les sacrifices exigés, allant de la perte du gagne‐pain jusqu'à la perte de la vie (Kpéa Domain, par exemple). Tout le monde le sait, des foyers ont été disloqués ; des légions remplies d'espérance ont été brisées, des ressortissants de certaines régions du pays ont été frappés d'ostracisme, purement et durement, de la part des dirigeants du PDCI ; et ce, parce qu'ils avaient épousé les idéaux véhiculés ouvertement par le discours nouveau ou inédit de Laurent Gbagbo et ses camarades.

En effet, Monsieur Laurent Gbagbo promettait de changer, radicalement et positivement, la condition de vie des Ivoiriens et des Africains. A ce propos, il disait : « J'ai les hommes et les femmes pour gouverner la Côte d'Ivoire autrement » ou encore « Je mets les pieds là où je connais », autrement dit, je viens en homme d'expérience, j'ai un programme pour gouverner, contrairement à mes prédécesseurs, etc. Nous ne croyons pas qu'il ait une seule fois dit qu'il venait au pouvoir pour empirer la situation des Ivoiriens. C'est pourquoi au vu de la situation exécrable, déliquescente et nauséabonde qui prévaut aujourd'hui au sein du FPI, et partant en Côte d'Ivoire, nous ne pensons pas que M. Laurent Gbagbo devrait être, n'en déplaisent à certains, épargné de nos critiques. Il est le chef du village, il est donc entièrement responsable, comme l'étaient hier M. Houphouët‐Boigny et M. Konan Bédié, de l'ivresse et de la folie devenues quotidiennetés de la part de ces hommes et de ces femmes en qui il a placé sa confiance. N'est‐ce pas lui qui répétait que, pour guérir une plaie, il faut percer l'abcès ? Alors pourquoi s'émouvoir lorsque son nom apparaît dans une quelconque analyse ou une critique ? Simplement, arrêtons de donner raison à Senghor qui avait du mal à supporter la couleur de sa peau et qui, sans conscience, disait : « La raison est hellène et l'émotion est nègre ». Dépassons le culte de la personne, battons‐nous pour la dignité du Noir, et de l'Africain en particulier. Que les « Gbagboïstes » voient plus loin que le bout de leur nez et qu'ils placent la Côte d'Ivoire au centre ou au‐devant de leur vision politique.

Aujourd'hui, lorsque nous jetons un regard froid sur la situation qui prévaut au sein du FPI et sur celle de toute la nation ivoirienne, nous sommes obligés de conclure, sans ambages, que le train des rêves sur lequel des millions d'Ivoiriens ont embarqué, s'est transformé en un minuscule wagon de cauchemars, voire en un coma politique et socio‐économique. Au FPI, de l'idéalisme socialiste prometteur, l'on est tombé dans un « matérialisme » vagabondant, nauséabond , du moins dans une aristocratie éhontée qui écrase l'Ivoirien, qui conforte la pauvreté et la misère, au point de contraindre les autres Ivoiriens à vivoter ou à se prostituer dans les écoles, sur les lieux de travail, voire dans les toilettes des immeubles aux murs verdâtres et lézardés d'Abidjan et d'ailleurs.

C'est vrai que la France fasciste continue de livrer une guerre farouche d'intérêts à la Côte d'Ivoire, depuis que Laurent Gbagbo a décidé de « gouverner autrement ». Mais, nous disons : assez ! « La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire », pour parler comme le Président de l'Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, ne doit pas cacher la gangrène dans laquelle la nation ivoirienne est plongée, purement et simplement par les agissements des hommes et des femmes du FPI. Leur attitude renvoie à l'idée, du moins porte à convaincre qu'ils sont venus au pouvoir pour voler, pour piller, pour détourner les deniers publics, pour se bâtir des châteaux, pour faire de leurs enfants les seuls méritants du pays et les seuls aptes à faire de bonnes études, et ce, dans les écoles et institutions les plus prestigieuses et non moins coûteuses dans les pays occidentaux.

Pour conclure cette première partie, nous disons que la Côte d'Ivoire est très riche et que sa modeste superficie ne constitue pas un obstacle pour son développement, ni pour le bien‐être des Ivoiriens. Le seul problème ou l'un des obstacles est la course effrénée et illégale vers l'enrichissement rapide qui fait fi de toute loi morale et de toute logique, qui nous éloigne des promesses d'hier, qui nous pousse au désespoir, plutôt qu'à l'espoir. (A suivre)


Sylvain de Bogou,

Directeur de la Rédaction, Le Filament.

sylvaindebogou@yahoo.com

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


Prochainement :

Le FPI, un parti gangréné et aux lendemains incertains.


S'abonner gratuitement au journal électronique libre et indépendant, LE FILAMENT:

Ecrire à sahirileandre@yahoo.fr

15:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, fpi, le filament, sylvain de bogou, léandre sahiri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

A QUI PROFITE LA REBELLION AFRICAINE ?

LIVRE SORO GUILLAUME.jpg

« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire ». (Voltaire).

A qui profite la rébellion africaine ?

Il y a quelques semaines, une des lectrices du Filament, Mme Emilie K., pour ne pas la nommer, m'a adressé une lettre, personnellement, pour me demander de donner un résumé et un commentaire du livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle », écrit et publié, en 2004, par M. Guillaume Soro, Premier ministre ivoirien. Mme Emilie K. m'a aussi demandé de répondre aux questions suivantes : Qu'est‐ce qu'un rebelle ? Pourquoi et comment la rébellion est née en Afrique ? A qui profite la rébellion africaine? Qu'est‐ce que la rébellion apporte à l'Afrique ?...

Au‐delà de ma modeste personne, c'est, à ce que je pense, à nous tous et toutes, que Mme Emilie K. demande de réfléchir, très sérieusement, sur la rébellion et de tirer des leçons des rebellions africaines, comme hier on en a tiré des guérillas sud‐américaines. En attendant que des personnes bien outillées puissent apporter des réponses plus édifiantes aux questions que pose Mme Emilie K, je me vais m'atteler à dire, ici, ce que je pense, étant donné, n'est‐ce pas, que Mme Emilie K. m'a interpellé personnellement.

Du livre de Soro Guillaume

D'abord, en ce qui concerne le livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle », je dois d'emblée avouer que, connaissant plus ou moins les raisons de la rébellion ivoirienne, à travers les diverses déclarations des rebelles eux‐mêmes, les reportages, et les dossiers de presse, je ne me suis sincèrement pas intéressé à le lire. Certes à tort, je le reconnais. A preuve, je ne puis actuellement pas en proposer un commentaire.

Mais, j'ai changé d'avis. Depuis quelques jours, j'ai passé la commande du livre et crois pouvoir le lire et être à même d'en parler dans l'une de nos prochaines parutions. Ceci dit, venons‐en à l'autre volet de la lettre de Mme Emilie K., notamment les questions.

Qu'estce qu'un rebelle ?

Une rébellion est un mouvement de contestation ou de remise en cause des autorités en place, ainsi que de refus, voire de négation de l'ordre institutionnel établi. Tel est le principe de base de toute rébellion.

Généralement, la rébellion a une base locale et une sphère de rayonnement régionale. En effet, elle naît toujours dans une région ou part communément d'une région donnée du territoire national et s'y cantonne. Pour justifier leur action ou leur mouvement, les rebelles mettent en avant la mauvaise répartition des richesses nationales, les disparités ou inégalités socio‐économique de l'espace national, tout cela brandi comme une injustice flagrante plus jamais insupportable, et comme des motifs de frustrations longtemps contenues, et dont il faut immédiatement se départir.

Voilà ce qui, en principe et au‐delà des motivations individuelles des leaders, sert de motifs fondateurs, d'alibi ou de justification sociale, politique, morale, psychologique ou intellectuelle à toute rébellion. Sur cette base, on s'attendrait a ce que les rebelles s'engagent dans des activités, des ouvrages ou des actions pratiques pour développer la région concernée. Mais non ! En lieu et place de tout cela, c'est‐à‐dire d'un mouvement « pacifique » de revendication régionale pour réparer les inégalités et les frustrations décriées, les rebelles défient les autorités et s'arment, sans doute pour conférer plus d'efficacité à leur action. Leur mouvement devient, alors, politique et surtout militaire, autrement dit, de violence. On en arrive alors, à une lutte armée. Ainsi, la stratégie, les méthodes et les buts changent, du tout au tout, et cela devient une autre histoire. En effet, ce qui, au départ, n'était qu'une soi‐disant expression de révolte locale et régionale, dégénère et devient un conflit national violent, comme on en a vu au Liberia, en Sierre Leone, en Côte d'Ivoire, etc.

Les rébellions ont la même logique

Les rébellions connaissent, toutes ou presque toutes, la même logique : mouvement régional uni, et enthousiaste au départ, une rébellion le demeure rarement jusqu'à sa fin ultime. Tout le monde sait qu'une rébellion prend fin, soit par la satisfaction entière et totale de ses revendications, soit par une victoire militaire nette, soit par la prise du pouvoir d'Etat, soit par une défaite militaire, soit par sa récupération par le pouvoir et l'ordre en place, soit par la dispersion de ses leaders et dirigeants dont la plupart sont contraints à l'exil ou réduits à la clandestinité intérieure...

On peut alors se demander : d'où vient‐il que la rébellion, qui, au départ, était un mouvement uni, en vient‐elle à se trouver divisée et fatalement affaiblie? La réponse est toute simple. C'est que, chemin faisant, des divergences et des divisions internes apparaissent entre les responsables du mouvement rebelle. Ces divergences qui, généralement, opposent les leaders et principaux dirigeants de la rébellion entre eux et les uns aux autres, sont basées sur des querelles de personnes ou sur des conflits d'intérêts égoïstes essentiellement matériels, financiers et sociaux, et ont un rapport direct avec le niveau d'instruction et de conscience des rebelles dont 95% sont des analphabètes ou demi‐lettrés. Ces divergences apparaissent dès lors que les objectifs premiers du mouvement (de contestation du départ) se trouvent altérés et rejetés en arrière‐plan, chacun agissant désormais, au sein de la rébellion, pour son propre compte et celui de son clan. La vision angélique et l'action unitaire du départ ayant fait place aux soupçons, à la suspicion et aux règlements de compte, eu égard aux spasmes ou fibres ethniques, aux positions sociales privilégiées acquises rapidement par certains chefs rebelles, positions qui les placent, de fait, aux postes d'honneur, souvent avec tapis rouge déplié sous leurs pieds, avec des voyages nombreux, officiels et officieux à l'étranger en première classe, des séjours dans les hôtels huppés avec suites, etc. Ces prérogatives ou privilèges finissent par convaincre les chefs rebelles que, si au sein du mouvement contestataire, on est toujours ensemble, en tout cas on n'est plus désormais les mêmes. Ainsi, même si les rebelles se parlent et se saluent encore, ce n'est désormais plus avec enthousiasme ou ferveur, etc. De ces faits, c'est à se demander à qui profite, en réalité, la rébellion ? Nous y reviendrons plus loin. Pour l'heure, intéressons‐nous aux cas singuliers de Jonas Savimbi et de Soro Guillaume.

Du cas exemplaire de Jonas Savimbi

Comme tout le monde le sait, c'est le 22 février 2002 que, à quelques six mois de son 68ème anniversaire, que M. Jonas Malheiro Savimbi, l'un des plus vieux rebelles d'Afrique, le chef de l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola (UNITA, fondée le 13 mars 1966) est tombé au front, les armes à la main. En effet, c'est sur les bords de la rivière Luvuei, dans la province de Moxico, au sud‐est de l'Angola, non loin de la frontière zambienne, que le vieux chef rebelle a livré sa dernière bataille. Surpris par l'armée gouvernementale, il a été abattu, non sans s'être défendu.

Quinze balles logées dans son corps. Montré le lendemain à la télévision angolaise, son corps gisait sans vie, baignait dans son propre sang, son sang à lui Jonas Savimbi. Toutefois, il avait le visage serein et intact, les yeux mi‐clos. II a fini comme finissent tous les rebelles de son espèce, Samuel Doe, Fodé Sankoh, Ousmane Mané, Joseph Kabila..., qui, eux aussi, avaient défiguré leurs pays respectifs, par des guerres, par des violences, par des tueries sans nom...

L'Histoire retient que le leader de l'UNITA, M. Jonas Savimbi, avait résisté très longtemps, depuis 1962, au temps du FNLA (Front National de Libération de l'Angola, présidé par Holden Roberto). Pour lui, céder au MPLA aurait signifié l'humiliation suprême. Certes, Savimbi était à la fois un chef charismatique, un stratège, un nationaliste intransigeant. Avec un parcours exceptionnel, où le revers l'a, finalement, emporté sur le succès. Obstiné par une volonté farouche d'aller, tête baissée, jusqu'au bout de ses convictions, il reste, en définitive, un rebelle jusqu'au bout, du moins jusqu'à la mort. Tel est le sort de tout rebelle, c'est‐à‐dire de tout individu qui prétend rétablir ses concitoyens dans leurs droits, et qui ôte à ceux‐ci le premier des droits humains, à savoir, le droit à la vie. Telle est la leçon que devront retenir ceux qui, commandités ou commis pour tuer M. Laurent Gbagbo et prendre le pouvoir sans passer par la voie des urnes, ont hélas ! défiguré la Côte d'Ivoire et nous ont mis dans la ténébreuse et ignominieuse situation où nous nous trouvons depuis plus de 8 ans.

Ma « Lettre ouverte à Monsieur Guillaume Soro ».

En 2002, je me trouvais à Abidjan, en tant que professeur de Lettres à l'université de Cocody et intervenant à l'ENA, quand la guerre a éclaté en Côte d'Ivoire. En 2004, quand, j'ai appris que M. Soro Guillaume, chef des rebelles, fut de nos élèves au lycée de Korhogo, j'ai décidé, sans doute par déformation professionnelle, de lui adresser une Lettre ouverte pour lui dire ce que je pense et pour l'amener à bien situer sa responsabilité dans cette rébellion dont il se gargarisait, par des déclarations ronflantes et tonitruantes. Pour votre respect, je me permets de reproduire ici, ma « Lettre ouverte à Monsieur Guillaume Soro », qui semble être passée inaperçue, à l'époque, et dont Mme Emilie K. me donne l'opportunité de reparler. La voici, cette lettre ouverte :

« Monsieur Guillaume Soro,

Je vous envoie cette lettre en espérant qu'elle vous parviendra, que vous la lirez jusqu'au bout et que vous m'en donnerez réponse et avis.

Tout d'abord, je voudrais vous poser cette question : M. Soro Guillaume, d'où tirez‐vous votre légitimité pour prétendre nous imposer votre volonté et vos caprices de cow‐boys des films westerns d'antan, lesquels cow‐boys, hors‐la‐loi et sans civisme ni éducation, défient le Sheriff du district et imposent leur loi, par la force de leurs pistolets ? Sachez, M. Soro Guillaume, que cette époque est révolue. Les temps modernes nous commandent d'utiliser, de nos jours, même dans le Far West, la voie des urnes pour accéder au pouvoir, pour pouvoir marcher sur des tapis rouges et pour pouvoir prétendre diriger les hommes en vue, (tenez‐vous bien !), de contribuer à favoriser leur bien‐être et le progrès de l'humanité.

A votre avis, depuis que vous êtes rebelle, M. Soro Guillaume, qu'est‐ce que la Côte d'Ivoire a gagné ? Qu'est‐ce que les gens du Nord ont gagné ? Qu'est‐ce que vous avez ajouté à l'humanité ? Quelle image représentez‐vous pour le présent et le futur dans l'histoire ? Quelle leçon la jeunesse peut‐elle tirer de vos actes?...

Alors que les autres peuples sont dans des laboratoires et dans les usines pour fabriquer des ordinateurs, des médicaments, des avions, des machines, des appareils..., pour notre aisance et notre santé, vous et vos amis en armes (rebelles et ex‐rebelles), ainsi que vos alliés (connus et inconnus ou méconnus), n'avez aucune honte, aucun regret, ni remords, de tuer nos parents et nos amis.

Vous n'éprouvez aucune gêne, ni aucun dégoût à voir notre pays dans cet état lamentable, à vous faire payer sans travailler, à piller et à faire piller les ressources de notre pays ; vous êtes fiers de narguer nos autorités et nos élus, fiers de fouler aux pieds nos lois, nos institutions et notre Constitution, comme des gens sans éducation ni morale. Vous vous en enorgueillissez de nous imposer les chefs que vous, vous voulez sans même notre avis, sans notre accord, et sans élection, etc. Mais, on est où là ? Vous n'avez pas honte de publier des livres et de faire des déclarations et des tapages sur vos tueries et vos desseins diaboliques qui relèvent de la pure délinquance. Avez‐vous jamais compris que vous vous êtes ainsi déclaré à la face du monde, par vous‐même, délinquant de première catégorie et assassin en liberté ? Les preuves sont là, palpables, par vous‐même fournies, dans votre livre qui se résume en ceci : Je suis un rebelle et voici ce que j'ai fait et commis comme actes. Ce que les Ivoiriens ont subi, ce n'est ni un conte de fée, ni une rumeur... Oui ! M. Soro Guillaume, vous avez osé écrire cela ! C'est à se demander si l'on ne manque pas parfois de bon sens et d'« esprit des lois » (Montesquieu)?

M. Soro Guillaume, vous qui, à ce que je crois savoir, avez fait des études universitaires, devriez avoir honte d'agir comme vous faites. Arrêtez de vous comporter comme un cow‐boy ou un dozo (chasseur analphabète initié dans le maniement de fusil traditionnel). Arrêtez ça, ici et maintenant. Aucun rebelle n'a, il faut le savoir, longue vie. Et donc, vous êtes en train d'écourter, de miner votre espérance de vie, comme les Savimbi, John Garrang, Fodé Sankoh et autres rebelles qui croyaient que la nuit était si longue qu'il ne ferait pas jour. Et puis, vous savez, on connaît le sort des cow‐boys dans les westerns : le film finit quand finit la vie du cow‐boy, parce que toute chose a une fin.

M. Soro Guillaume, ceux qui vous financent, ceux qui vous poussent et vous encouragent à cet orgueil insensé, à ces fanfaronnades, à ces débilités, ne vous aiment pas du tout et sont vos ennemis premiers. Ceux qui vous suivent savent ce qu'ils y gagnent et se foutent éperdument de ce que vous y perdez. Ils ne vous ont pas conseillé la bonne voie, parce que vous êtes dans l'impasse. Et, je suis à me demander comment vous allez pouvoir vous en tirer, je veux dire, de ce sale drap. Zut ! Il vous faut revenir à la raison! Mais, cela exige, d'abord et avant tout, de mettre bas votre orgueil déraisonné et sans fondement ; cela vous impose d'arrêter de prendre des vessies pour des lanternes. Si, bien entendu, vous tenez encore à la vie qui vous tend les bras et qui vous a tant donné afin que vous soyez utile à l'humanité, et non pour détruire des vies humaines, non pour servir, sans vergogne ni envergure, des intérêts égoïstes, partisans, ethnocentriques, mesquins, utopiques, sataniques...

Il n'est jamais trop tard, dit‐on, et seul le repentir est votre unique voie de salut, quelque soit ce qu'il vous en coûtera. C'est ce que je pense. Du moins, tel est mon sentiment. Avec mes salutations distinguées et sans rancune ».

Je précise que je n'ai pas eu de réponse à cette lettre. Peu importe ! L'essentiel est que, aujourd'hui, M. Soro Guillaume est premier ministre, dans la république. Je pense qu'il m'a entendu. C'est un motif de satisfaction qui m'amène à répondre, pour terminer, à la question : à qui profite la rébellion ?

A qui profite la rébellion ?

On constate, en se référant à la rébellion ivoirienne, que trop de sang a coulé à Korhogo et Bouaké, à Abidjan, à Man, à Gagnoa..., partout, dans toute la Côte d'Ivoire, plus que jamais auparavant. Du sang des Ivoiriens comme des étrangers. Du sang des forces de l'ordre et des populations civiles comme des rebelles. « Nous avons eu plus de morts entre rebelles qu'entre nous et les Forces loyalistes », avait déclaré sur Rfi, M. Séhi Claude, chargé de communication d'IB à Paris. Ces pertes importantes de vies humaines ont endeuillé la Côte d'Ivoire et suscité partout animosité, rancoeur, indignation, colère et désirs de vengeance... Telles les réalités et les résultats de la rébellion ivoirienne.

On constate également que la rébellion ivoirienne n'a pas atteint son objectif qui était de prendre le pouvoir d'Etat. Loin de là. Aujourd'hui, M. Soro Guillaume est siège dans le gouvernement de Laurent Gbagbo. M. Soro Guillaume est premier ministre. M. Soro Guillaume mange à la même table que M. Laurent Gbagbo que, poussé ses mandataires et mû par des forces sataniques, il prétendait assassiner, ou tout au moins chasser du pouvoir pour accéder (lui ou un de ses commanditaires) à la magistrature suprême de notre pays. M. Soro Guillaume a abandonné le sentier battu de la violence sauvage, ignoble et inutile. En a‐t‐il tiré des leçons, de sa rébellion ? S'est‐il assagi ? A‐t‐il compris que les rebellions africaines rabaissent les Africains au rang d'animaux sauvages et de barbares des temps anciens ? Sait‐il désormais que les rebellions africaines réduisent l'Afrique à l'état de jungle ou de champ de bataille permanent, comme du temps des Gaulois ou des vikings ? A‐t‐il compris que les rebellions africaines ont pour victimes les populations africaines, c'est‐à‐dire des femmes, des hommes, des enfants qui ne demandaient qu'à vivre et que, prétendant les rétablir dans la justice ou dans leurs droits, on éventre, on viole, on pille, on déshérite, on égorge, on assassine, on mutile, on chasse de leurs terroirs, on prive de leurs biens acquis durement et âprement ? A‐t‐il compris que ceux qui fabriquent les armes, nous les vendent ou nous arment ne sont pas responsables de l'utilisation que nous en faisons ? A‐t‐il compris que, par les rebellions, les Africains se révèlent les pires ennemis de l'Afrique ?... Par exemple, on sait que les conflits en RDC sont, en grande partie, liés à l'exploitation et au commerce du coltan. Le commerce du coltan aurait procuré aux rebelles et chefs militaires et à des civils rwandais et ougandais des ressources financières énormes et encourage la poursuite du conflit. Les alliés zimbabwéens, angolais et namibiens du gouvernement de Kinshasa sont aussi accusés d'avoir systématiquement pillé les ressources du Congo avec la collaboration de lobbies internationaux et de grandes compagnies aériennes qui arment les rebellions. Dans les circuits économiques, le commerce du coltan a été qualifié de «nerf de la rebellion», dans l'est du Congo. Des intrigues compliquées, qui stimulent l'action d'alerte des ONG. Il en va du coltan comme du diamant et de la RDC comme de la Côte d'Ivoire, ainsi que de tous les pays qui ont connu la rébellion. Tout cela, M. Soro Guillaume, M. Sidiki Konate et les autres membres des Forces Nouvelles (ex‐rebelles), je pense, l'ont compris. Et, c'est ça l'essentiel. Ils savent, et nous savons, à qui profite les rebellions africaines. Certes pas aux Africains. C'est ce que je pense.

Léandre Sahiri,

Directeur de Publication, Le Filament.

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


S'abonner gratuitement au journal électronique libre et indépendant, LE FILAMENT:

Ecrire à sahirileandre@yahoo.fr

lundi, 09 août 2010

CELEBRATION DU CINQUANTENAIRE: MESSAGE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA NATION

DISCOURS A LA NATION 2010.jpg

Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire.


En ce jour de la commémoration du cinquantième anniversaire de notre indépendance, mon vœu le plus cher a été de vous offrir une Côte d'Ivoire unifiée, pacifiée et rassemblée autour de ses fils et de ses filles ; une Côte d'Ivoire prête, résolue à rebondir, tirant les leçons de cette expérience de cinquante années et assumant son héritage, avec le courage et la confiance des peuples valeureux.


Nos efforts inlassables pour ramener la paix, les sacrifices innombrables que vous avez consentis, pour pardonner et tourner la page de la fracture vécue en 2002, n'ont malheureusement pas suffi à nous y conduire, même si, résolument, nous avons ensemble avancé sur le chemin de la paix et réussi à tourner le dos à la guerre.


Enfant des élections, comme j'aime à le dire, mon vœu le plus cher est de permettre à mes concitoyens de pouvoir s'exprimer librement, à l'occasion de la tenue des élections présidentielles tant attendues, pour choisir en toute conscience, celui qui conduira les destinées d'après crise de notre pays. La première conséquence de notre accession à la souveraineté nationale est en effet de conférer aux citoyens la possibilité de choisir librement leurs dirigeants et de déterminer en toute souveraineté les voies de l'évolution de leur pays.


Depuis que je suis entré en politique, je prône les valeurs de liberté, de justice sociale et d'indépendance économique véritable et je ne m'y déroberai pas. Je reste profondément attaché à ce compartiment essentiel de la vie démocratique commune et je dis à tous : Cette année verra se tenir l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire et notre pays amorcera sa reconstruction.


Mes chers compatriotes,


Nous l'avons souhaité sobre, cette commémoration de notre indépendance pour rester mobilisés sur nos objectifs prioritaires. C'est une commémoration orientée vers la meilleure compréhension de notre passé et axée sur la critique exhaustive et non partisane du parcours réalisé ensemble pour en tirer les leçons les plus significatives.


Un peuple qui méconnait son histoire, peut-il en effet construire avec succès son avenir ? L'avenir commun ainsi envisagé, avec confiance, sera le condensé des voies nouvelles de consolidation de notre indépendance afin de nous engager avec lucidité, audace et responsabilité, dans la voie du progrès.

La sobriété de ces instants n'entame en rien leur solennité parce qu'en ce jour, nous nous réjouissons de l'existence d'un Etat indépendant. Il y a cinquante ans, nos aînés, malgré leurs divergences, ont mené le combat noble de la libération du continent, pour engager la bataille de la construction de nos nations. Chemin difficile mais parcours exaltant, dont la finalité demeure de diriger des nations prospères et de voir y vivre des citoyens libres et heureux.

En ces instants précis, j'ai une reconnaissance profonde pour nos devanciers, vaillants combattants qui ont œuvré pour l'aboutissement de cette perspective mémorable. J'ai une pensée particulière pour le Président Félix Houphouët-Boigny, celui là-même qui, en ce jour du 7 août 1960, a proclamé l'indépendance de notre pays, en ces termes :


« En vertu du droit qu'a tout peuple à disposer de soi-même,

je proclame solennellement l'indépendance de la Côte d'Ivoire. » !


Enfin, j'ai une pensée pour tous ceux qui sont tombés dans la lutte pour l'indépendance, tous ceux qui sont morts pour leurs idées, tous ceux qui ont tracé avec courage et persévérance, les premiers sillons.


Chers compatriotes,


Notre cheminement a alterné périodes fastes et moments de difficultés, années de prospérité et conjonctures austères. Sur le chemin, des écueils ont existé, entraînant de profondes fractures, des blessures parfois encore vivaces ; mais mon devoir est de rappeler à tous l'exigence d'amour fraternel et de pardon mutuel pour préserver la Côte d'Ivoire et entrer dans le second cinquantenaire confiants. Nous y sommes déjà et nous devons poursuivre l'œuvre avec foi, espoir et détermination.

Pendant ces cinquante ans, et malgré les obstacles persistants, des avancées remarquables ont été réalisées qu'il nous importe de garder à l'esprit. Ces avancées qui forgent les nations prospères, il nous faut les défendre et les préserver parce qu'elles sont la marque de notre progrès.


En tout premier lieu, notre dignité de nation libre, la dignité de pouvoir s'affirmer et participer au progrès du monde en tant qu'Etat reconnu, respecté et œuvrant en toute fraternité avec les autres nations du monde pour le progrès de l'humanité. Cette dignité, il faut s'en prévaloir, mais en user sans agressivité ni ostentation, parce que c'est elle qui induit les choix autonomes, souverains et responsables que nous faisons pour l'accomplissement du destin que nous voulons collectivement. Cette dignité-là, ces dernières années, a été particulièrement mise à mal mais ensemble, nous l'avons préservée ; nous sommes heureux aujourd'hui de dire : la résistance a payé !

En second lieu, nous avons hérité de cette indépendance la responsabilité collective de notre devenir commun. Les grandes nations se sont forgées à travers l'histoire en connaissant des moments de prospérité, de gloire et de succès, mais aussi des moments de crise ; elles sont restées résolues devant les crises et les dissensions qui leur ont été préjudiciables. Elles ont ainsi atteint des niveaux appréciables de progrès économique et de justice sociale, s'étant accordées sur la nécessité de surmonter ces obstacles. Ces nations ont supporté des moments particulièrement pénibles mais la raison et le profond désir de cohésion a fini par prévaloir sur les intérêts conjoncturels et les calculs personnels, pour faire triompher la renaissance et la prospérité collective.

En ces instants-là, ce qui a primé, c'est la volonté commune de préserver les générations futures. Cette primauté de l'intérêt général sur les intérêts personnels ou partisans, a été le véritable ferment de leur prospérité retrouvée. La leçon principale que nous pouvons en tirer demeure, en conséquence, le dépassement de soi dans le respect mutuel des divergences.


Au-delà des divergences politiques qui heureusement consolident les Etats démocratiques, au-delà des divergences d'opinion qui enrichissent les perspectives d'alternative qu'elles offrent, cette responsabilité collective, nous devons l'assumer et à chaque instant, la traduire dans tous nos actes.


Ma responsabilité de Chef de l'Etat me l'impose en tout premier lieu et je ne m'y déroberai en aucune façon. Depuis huit années en effet, nous l'assumons, affrontant des vicissitudes multiples et de féroces adversités, internes et externes. Notre souci, conformément à notre serment, demeure de préserver la vie de nos concitoyens et garder intact le territoire de la Côte d'Ivoire, de 322 462 km2 que nous ont légués nos prédécesseurs. C'est dans cette perspective que nous avons inscrit l'accord politique inter-ivoirien de Ouagadougou et les récentes évolutions du dialogue politique interne. Ce dialogue interne devra se raffermir et se consolider, pour nous engager résolument sur la voie du salut collectif.


La troisième avancée significative, que je vous invite à garder en mémoire en ce jour, est notre pratique progressive de la démocratie. Sur ce point, les chantiers réalisés par notre pays sont appréciables. Souvenons-nous en effet de la période d'avant 1990 où la liberté d'expression et le pluralisme politique étaient encore inexistants. La Côte d'Ivoire peut s'enorgueillir d'avoir aujourd'hui les instruments réglementaires et les institutions adéquates pour entretenir la démocratie et veiller au respect par tous des droits et devoirs opposables.


La construction d'un Etat démocratique, protecteur des libertés individuelles et collectives et respectueux des droits de l'homme, n'est certes pas chose aisée ; mais nous y sommes engagés. Nous pouvons en effet nous réjouir de l'existence et du maintien de nos institutions clés : Présidence de la République, Assemblée nationale, Conseil constitutionnel, Conseil économique et social. A ces institutions, nous en avons ajouté d'autres, nouvelles et autonomes de promotion du pluralisme politique, de la démocratie et des droits de l'homme : Conseil National de la Communication audiovisuelle, Conseil national de la presse, Commission nationale des droits de l'homme.


Nous devons également nous réjouir de l'existence de textes de lois novateurs concernant la presse écrite et audiovisuelle afin d'aider à construire une presse responsable, garant d'une véritable conscience citoyenne. C'est ainsi en effet que se réalise l'avènement des nations prospères et démocratiques.


Dignité d'hommes libres, responsabilité collective de notre devenir et enracinement dans la démocratie, telles sont les leçons de cette accession à l'indépendance que nous nous devons de préserver.

Mes chers compatriotes,

Les circonstances actuelles et les contraintes de la période d'après 2002 ont certes limité notre capacité d'agir mais elles n'ont, en aucune façon, entamé l'idéal de justice sociale et de prospérité qui a fondé mon entrée en politique. C'est pourquoi je vous invite à demeurer confiants parce que nous avons fait le choix du courage, de la persévérance et de l'espérance. Nous nous devons de continuer à faire progresser le niveau de vie de nos concitoyens.

La crise que nous vivons a laissé de profondes blessures qu'il nous appartient de guérir. Blessures d'ordre moral avec la perte d'êtres chers mais aussi dysfonctionnements profonds dans nos pratiques, dislocation de nos valeurs essentielles. Deux chiffres résument, à eux seuls, l'ampleur des méfaits de cette crise : celui de la pauvreté de nos compatriotes qui s'est aggravée ces dernières années pour atteindre un chiffre de 49 % environ du fait principalement de la guerre ; l'accroissement du taux de chômage, avec un niveau record de 16 % !

Ces indicateurs nous invitent à repenser d'urgence et profondément notre mode de production et d'allocation des ressources, dans le sens d'une croissance économique plus forte et beaucoup plus diversifiée et d'opportunités nouvelles, de création de nombreux emplois.


La remise en état sera fonction de l'ampleur de notre engagement à conduire les indispensables changements éthiques et de notre ingéniosité pour agir sans délai. Cette situation exige en effet un sursaut national et un engagement sans faille pour la prospérité, le plein emploi et la justice sociale.


Nous avons progressé mais nous avons également régressé alors même que nos potentialités nous permettent d'avancer. Eh bien, avançons !

Dans cette perspective, nous avons passé déjà avec succès, une étape importante dans la procédure d'élimination du fardeau de la dette qui constitue une hypothèque sur nos objectifs de croissance et de développement. L'admission de la Côte d'Ivoire au point de décision de l'initiative PPTE, en ramenant notre endettement extérieur de 160 % de la richesse nationale en 1990 à environ 50 % à la fin de cette année 2010, est un réel motif d'espoir. Bien évidemment, cette réduction de dette n'est pas en soi une finalité de développement mais constitue un instrument essentiel de gestion publique qui, préservé, assurera aux générations futures un avenir dans des conditions de plus grande sécurité.

Le temps est donc venu d'une gouvernance publique profondément remaniée, honnête et efficace, faite d'engagements audacieux. Le temps est arrivé des politiques publiques résolument saines et endogènes garantissant des effets positifs de long terme. Il s'impose à nous désormais, après cette fracture sociale et cette crise politique, la nécessité d'avoir des institutions plus solides et une justice efficace, plus accessible et indépendante, afin d'asseoir les conditions d'une paix durable.


Nous devons entreprendre le saut de qualité, réaliser notre indépendance économique et aboutir à une démocratie véritable. Engageons nous donc à amorcer la nouvelle donne en assumant en même temps l'héritage particulier de la multi-culturalité de notre pays.


Je dis aux Ivoiriens et aux Ivoiriennes d'ici et d'ailleurs, ingénieux et ayant un sens élevé de l'intérêt général, ceux de l'administration publique, des entreprises, des professions libérales, des zones rurales, des usines et des ateliers, des multinationales et des organisations internationales, dès cet instant : Les cinquante prochaines années vous appartiennent. Prenez donc votre place !


La Côte d'Ivoire n'a pas sombré hier, malgré les bourrasques.

La Côte d'Ivoire résiste aujourd'hui.
Mais, plus encore, la Côte d'Ivoire de demain, par l'engagement de tous ses fils et de ses filles et dans un sursaut d'orgueil, sera conquérante.

En ce jour, c'est donc un message d'espérance et une invitation à la confiance et à la solidarité que je vous envoie.

Bonne fête de l'indépendance à tous et à toutes.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !



Laurent Gbagbo

NB: Lire également l'adresse du 7 Août 2010, à la Présidence de la République.

 

CINQUANTENAIRE PRESIDENCE.JPG

 

Lire la suite

mardi, 06 juillet 2010

MES PROPOSITIONS POUR LA COTE D'IVOIRE (Réédition)

 

LE TEMPS N°1508 DU 07 MAI 2008.jpg

Les dernières Une sur la moralisation de la vie publique, dans la presse ivoirienne, m'ont fait revisiter mes 16 propositions pour la Côte d'Ivoire. Elles sont restées d'une actualité criante! Découvrez ou redécouvrez-les!


Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,

Notre pays connaît depuis quelques années une décrépitude morale, éthique et institutionnelle grave due à la guerre qui s'est abattue sur lui dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002 et qui s'est commuée en une crise sociale des plus affligeantes, qui le rend méconnaissable, à plus d'un point de vue.

Les origines les plus récentes de cette crise ivoirienne sont à rechercher dans le contexte général de mutation socio-politique qui s'opère, en Côte d' Ivoire, depuis le début des années 1990 et qui a atteint, aujourd'hui, sa forme la plus aiguë.

Le mal est véritablement profond et des indices de toutes sortes nous donnent presqu'à désespérer de cette belle nation en gestation, malheureusement en pleine décadence et qui, visiblement, semble bien mal partie, au point que son redressement nécessitera une thérapie de choc pour le prochain Président de la Côte d'Ivoire, qui sera élu, au soir du Dimanche 30 Novembre 2008 (si une autre crise plus grave ne vient pas la renvoyer aux calendes grecques).

Le diagnostic, quoiqu'éloquent, est à mettre en grande partie au compte de cette guerre absurde qui a été faite à notre pays par des hommes politiques aux ambitions démesurées et irréalistes, sous-tendues ou en accointance avec des intérêts politico-mafieux étrangers et qui a entraîné, par ricochet, l'affaiblissement profond de l'Etat de Côte d'Ivoire.

I- Le diagnostic du mal ivoirien

Les maux à relever sont une multitude et ont nom (je ne suis pas exhaustif):

· L'école démunie et abandonnée, caractérisée dans son quotidien par la violence poussée jusqu'au crime, les effectifs pléthoriques (jusqu'à 100 élèves dans une classe de Terminale), la faiblesse ou la démission de l'encadrement administratif, la formation au rabais faite par des enseignants démotivés par des contingences sociales non satisfaites par l'Etat ou handicapés par des lacunes académiques lamentables liées au mode de recrutement obscur désormais en vigueur dans une Fonction Publique ivoirienne en totale déliquescence ;

· La pauvreté lancinante et la cherté de la vie, liée à la flambée des prix des produits de grande consommation, échappant quasi totalement à l'Etat, par son propre fait;
· L'admission aux examens et concours « achetée » (c'est le lieu de le dire), du fait des critères obscurs de recrutement et de cooptation qui prospèrent à la Police, à la Gendarmerie, au Ministère de la Santé (INFAS), aux Impôts, à la Douane, au Trésor, au Ministère de l'Education Nationale (BEPC, BAC, CAFOP, ENS) et dans l'Enseignement Supérieur (BTS et autres diplômes universitaires) ;
· L'incivisme généralisée ;
· Les concours de l'ENA et de la Fonction Publique, objets de trafics de toutes sortes, et source du désespoir le plus profond pour les jeunes et leurs parents aux revenus faibles car basés sur l'argent, le pouvoir d'achat et les relations (clientélisme et népotisme) et non sur le mérite ;
· Les malversations et les surfacturations dans les Services Publics dont les budgets sont au service du prestige social exclusif du chef, qui s'offre un rythme et un niveau de vie que ne peut lui assurer son seul salaire, et cela au vu et au su de l'Etat, qui ne lève pas le petit doigt (au nom de quelle logique ?) ;
· La corruption dans toutes les Administrations et Sociétés d'Etat, avec les complicités tacites ou explicites des Directeurs des Affaires Administratives et Financières (DAAF), eux-mêmes adonnés au gain facile ;
· Le laxisme et la moralité douteuse des Contrôleurs Financiers (tous grades confondus), qui exigent des dessous de table ou des pourcentages avant le visa des factures à payer aux entrepreneurs et aux opérateurs économiques à qui l'Etat doit de l'argent ;
· Le trafic d'influence, le clientélisme et le népotisme comme nouvelles valeurs sociales ivoiriennes ;
· La célébration de l'incompétence et des faux symboles, au cœur de laquelle prospèrent et s'enrichissent impunément les corrompus, au grand dam des hommes intègres, des justes et des pauvres, laissés pour compte et ainsi incités à se corrompre à leur tour ;
· Le manque de contrôle et de mesures coercitives exemplaires, disciplinaires, correctionnelles, dans les Ministères et les Collectivités Territoriales, où des sommes énormes sont détournées au détriment des populations ;
· La politisation des embauches, plutôt anormalement sélectives, ethnocentristes, tribales, claniques et régionalistes ;
· L'impunité criante, institutionnalisée, qui nous laisse voir un Etat en totale démission, même là où le minimum peut être assuré, nous offrant le spectacle désolant de « l'Etat informel », comme disait l'autre ;
· Le manque d'une véritable solidarité nationale entre les Ivoiriens au sein desquels quelques-uns deviennent amoralement riches, du jour au lendemain, tandis que le reste du peuple gît dans une misère noire, donnant à constater que le pays souffre d'une mauvaise gestion et d'une mauvaise répartition des ressources nationales, le sommet de l'Etat menant grand train de vie, au détriment des populations laborieuses ;
· Le racket des Forces de l'Ordre, toléré par toute la hiérarchie militaire et qui prend, aujourd'hui, des allures systématiques et totalement désinvoltes ;
· L'enrichissement illicite par le pillage du denier public ;
· Le déclin du mérite et de la compétence, véritable danger pour l'avenir et le prestige (si elle en a encore) de la nation, qui perd ses repères et ses points d'encrage ;
· L'adjudication des marchés publics soumise au paiement systématique de pots-de-vin par les soumissionnaires, sous peine de forclusion ;
· Les paiements de factures dans les services du Trésor (notamment après l'exécution des marchés), soumis au règlement ou à l'acquittement d'un certain pourcentage du montant à percevoir, sous peine de ne jamais accéder à son dû ;
· Les transactions financières dans les prises de décisions de justice, faites au mépris de l'application de la Loi (Ex : Des prévenus qui payent pour être jugés, sous peine de moisir, ad vitam aeternam, dans les tréfonds des geôles ivoiriennes) ;
· Les malades démunis abandonnés à leur sort dans les hôpitaux, faute d'argent, sans tenir aucun compte de l'urgence d'instaurer dans le pays, aujourd'hui plus que jamais, une vraie solidarité nationale ;
· Le désespoir total des jeunes face à l'embauche ou à l'emploi où des modes de recrutement d'un autre âge sont en vigueur (droits de cuissage, dessous de table, etc.);
· Le terrible danger que représente la normalisation ou la normalité de la corruption dans la société ivoirienne pour l'avenir de notre pays ;
· La tricherie planifiée et organisée aux examens nationaux ;
· Le rançonnement des élèves aux épreuves orales du BAC et du BEPC ( 1000 F à 4000 F, selon la note voulue);
· La banalisation du sexe, affiché sur la place publique, en couverture de journaux, de films et de CD en vente dans nos rues, au vu et à la portée des enfants;
· L'immoralité sexuelle, l'excentrisme et le libertinage vestimentaire, l'impudicité et la crétinisation de la musique et des danses ivoiriennes ;
· La métamorphose des ivoiriens en fêtards forcenés, en quête perpétuelle d'exutoire, du fait du stress de la crise ;
· La nationalisation de la « Rue Princesse », haut-lieu de la dépravation morale, désormais présente dans toutes les villes du pays et sanctifiée par le Président GBAGBO himself, la prolifération des lieux de plaisirs mondains et des sanctuaires du sexe facile (Bar-dancings, night-clubs, super-maquis) et leurs corollaires que sont la prostitution, l'ivrognerie, le proxénétisme, les relations sexuelles contre-nature telles la pédérastie, le lesbianisme et la pédophilie. En un mot, la légèreté des mœurs et la déliquescence morale que je considère, personnellement, comme un des effets induits du délitement de l'Etat, sous-tendue par une démission nationale collective qui a conduit le pays à la déperdition totale de ses repères moraux et sociaux ;
· L'injustice sociale (pas forcément institutionnalisée) dont sont victimes les couches sociales les plus faibles et qui a fini par les pousser à abandonner leurs repères moraux pour faire face à des contingences immédiates toujours plus pressantes et plus oppressantes, réalisme vital oblige ;
· La survalorisation de l'argent au détriment de l'éthique, de la morale et des valeurs du travail, de l'effort, du mérite, de la droiture, de l'honnêteté, de l'équité et du civisme qui ne nourrissent plus ni ne payent, dans une Côte d'Ivoire naufragée.


II- Quelques pistes de solutions

Lire la suite

mardi, 01 juin 2010

GBAGBO SE DECIDE ENFIN A INCRIMINER OUVERTEMENT LA FRANCE DANS LA CRISE IVOIRIENNE

  

LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO.jpg

  

 

Sommet France-Afrique, Gbagbo: "Pas question d'aller à Paris!"

 

Le sommet France Afrique débute ce matin (hier, lundi 31 mai 2010), à Nice sans le chef de l’Etat ivoirien. Laurent Gbagbo n’ira donc pas à Nice. Le chef de l’Etat ivoirien qui ne souhaite pas associé son image à cette cérémonie s’est fait représenter par le président du conseil économique et social Laurent Dona Fologo. Selon le chef de l’Etat ivoirien il n’était « pas question d’aller à Paris » sans avoir discuté avec la France des différends avec la Côte d’ivoire. « Il n’y a pas de raison que j’aille en France tant qu’on n’a pas discuté du différend qui oppose et qui continue d’opposer l’Etat français et l’Etat de Côte d’Ivoire », a-t-il martelé.


Laurent Gbagbo accuse la France d’avoir tenté de le renverser en novembre 2004 après le bombardement du camp militaire français par l’aviation ivoirien. En réaction, l’aviation française avait détruit la flottille ivoirienne. Pour Laurent Gbagbo, la France avait tenté ce jour là de le renverser et cela reste inacceptable. « La tentative pour un pays qui est de renverser un Chef d’Etat, légalement élu, légitimé par une élection démocratique et populaire, tant qu’on envisage les relations comme ça, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec cette manière de voir les relations entre deux Etats », a-t-il indiqué

Même s’il blanchit le président Nicolas Sarkozy et accuse depuis cette époque clairement et ouvertement l’ancien président français Jacques Chirac et son premier ministre Dominique De Villepin d’être à l’origine du refroidissement des relations avec la France, Laurent Gbagbo n’a pas l’intention de passer l’éponge pour autant. « Je n’ai jamais fait mystère de l’implication de l’Etat français à travers les personnes de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. Je n’ai jamais fais mystère de leur implication dans la tentative de renversement de mon régime. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais dire le contraire. Mais, nous ne nous sommes jamais assis avec l’Etat français pour discuter de ces questions-là. Ce n’est pas Sarkozy. C’est Chirac et De Villepin. Mais, pour moi, c’est l’Etat français. Alors, nous n’avons pas encore discuté du fond », a-t-il expliqué

Laurent Gbagbo veut d’abord discuter avec Paris avant d’envisager un quelconque voyage, peu importe la façon dont les choses se feront. Et Nice n’est pas la bonne opportunité. « Je ne trouve pas que ce soit une bonne solution que d’aller au sommet de Nice pour discuter d’un différend que j’estime fondamental. Il faut qu’on en discute d’abord et, après, je pourrai faire un déplacement. Que nous discutions. Peu importe. Ou bien, s’ils veulent que moi, j’envoie un émissaire, je peux le faire, mais qu’on discute. Quand j’ai discuté avec Compaoré, je ne suis pas allé à Ouagadougou. Le sommet de Nice lui s’ouvre ce matin avec 38 chefs d’Etats Africains.

 

Marc Antoine Colombus

 

Source: KOACI.COM

dimanche, 30 mai 2010

RETOUR DE LA BAD EN COTE D'IVOIRE: DE LA PURE SORCELLERIE!

DONALD KABERUKA.jpg

L'intrigue du retour de la BAD à son siège d'Abidjan relève, à n'en point douter, de la haute sorcellerie. Sinon, comment comprendre qu'une institution bancaire veuille dicter à un Etat sa façon de fonctionner et en lui opposant des conditions de retour, là où des efforts incommensurables et des sacrifices de toutes sortes ont été fournis pour ramener la paix, en Côte d'Ivoire ? A-t-on un seul instant pensé à délocaliser l'OUA, actuelle UA, d'Addis-Abeba, en Ethiopie, au plus fort même des multiples crises qu'a connu ce pays ? Non ! Pourquoi fait-on deux poids deux mesures, quand il s'agit de mon pays ? Assurément, la Côte d'Ivoire est victime d'un complot ourdi par des intérêts politico-mafieux aux contours encore mal cernés (Françafrique, Franc-maçons, Illuminatis ? DIEU seul sait) ; les mêmes qui ont planifié et financé l'attaque du 19 septembre 2002 et la guerre qui en a suivi dans ce pays paisible! Sinon, comment comprendre cette posture injuste et illogique tenue contre notre pays par Monsieur Donald KABERUKA, président de la BAD ? En vérité, cet homme n'est rien d'autre que la parfaite marionnette des pouvoirs occultes de qui il tient ses ordres. Comme disent les Ivoiriens, « on laisse pour nous à DIEU » !

 

Retour à Abidjan, la BAD veut d’abord des élections, Gbagbo se fâche

Le sortilège n'a pas marché. Les efforts fournis par les autorités ivoiriennes, pour rendre possible et « convenable » la tenue des assemblées annuelles de la banque africaine de développement (BAD) à Abidjan ponctués par l'appel « à revenir à la maison » du chef de l'Etat ivoirien n'ont pas produit l'effet attendu. Avant même la clôture des assemblées annuelles de la banque hier dans la soirée, le président de la BAD, le rwandais Donald Kaberuka, a donné une réponse, feutrée mais limpide à la demande du chef de l'Etat ivoirien. Pour que la BAD « revienne à Abidjan, son siège », il faut organiser les élections. C'est une condition.

« Je mesure l'ampleur des efforts que la nation ivoirienne a déployée pour organiser cette rencontre. Nous sommes reconnaissants. Nous savons que vous attendez avec impatience notre retour. Nous sommes persuadés que le peuple ivoirien trouvera une solution durable et permettra bientôt un terme définitif à la crise qu'il traverse, pour permettre à la Banque de retourner à son siège», a-t-il déclaré. Même le discours émouvant du président du conseil des gouverneurs, par ailleurs, ministre ivoirien du plan et du développement, Paul Antoine est resté sans effets.

De sources proches de l'entourage présidentiel, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo a mal accueilli cette réponse officielle qu'il assimilerait à du chantage, lui qui ne veut pas que l'extérieur lui impose une démarche quelconque dans la conduite des affaires internes. Alors qu'Abidjan a tenu toutes ses promesses pour accueillir les délégations, le chef de l'Etat aurait voulu au regard des compromis politiques internes que les gouverneurs de la BAD décident du retour au siège de l'institution. Irrité, le chef de l'Etat a décidé de ne pas pointer à la cérémonie de clôture. Surtout que les bruits ont circulé sur un retour probable de la banque en Côte d'ivoire qu'en 2012

Pour le reste de la cérémonie, le président de la BAD a été reconduit par l'ensemble des gouverneurs pour autre mandat de cinq ans. La BAD a triplé son capital sans que cela influence la configuration actuelle des membres. Un nouveau conseil des gouverneurs présidé par le Portugal a été installé. La 45ème assemblée annuelle de la BAD a pris fin officiellement par une soirée culturelle au palais de la culture de Treichville. Il faut savoir que depuis 2003 la BAD a délocalisé ses activités à Tunis la capitale tunisienne pour raison de sécurité.


Source : KOACI.COM

19:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : côte d'ivoire, afrique, koaci.com, bad, donald kaberuka, oua, ua, addis-abeba, éthiopie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 13 mai 2010

LE RHDP ENFIN VISITE PAR LA RAISON

GBAGBO ET BEDIE.jpg

 

Annoncée comme la marche de tous les dangers, la fameuse et désormais célèbre marche (pour avoir incroyablement polarisé les ivoiriens et la classe politique) a été reportée d’autorité, hier, par le PDCI-RDA et le RDR, après une négociation au sommet entre les présidents Gbagbo et Bédié, au grand dam des deux autres partis membres de la confrérie (UDPCI et MFA), furieux de voir une fois encore le RHDP désavouer sa base, eux qui avaient appelé ouvertement à l'insurrection (armée?).

Je crois que pour une fois, il faut tirer le chapeau au Président Henri Konan Bédié et au Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara qui ont décidé de reporter cette marche qui allait, à coup sûr, faire des morts. Des morts de trop. Plusieurs camps s’attendaient, en effet, de pied ferme dans tout le pays et plusieurs caches d’armes avaient été découvertes (pour celles qu’on a pu voir) ; le risque d’explosion était immense. En plus d’être une mauvaise publicité pour la Côte d’Ivoire, à l’approche des assises de la BAD qui devraient confirmer le retour de la prestigieuse institution dans notre pays.

Merci à vous, chers leaders du RHDP, d’avoir mis au premier plan l’intérêt de notre chère patrie. Dans l’espoir, bien entendu, que vous vous afficherez toujours sur ce registre et que cette sage décision ne sera pas de la poudre aux yeux des Ivoiriens !!!

Je te salue, peuple digne de Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

samedi, 08 mai 2010

UNE CACHE D'ARMES DECOUVERTE A ANYAMA

 

DECOUVERTE CACHE D'ARMES A ANYAMA.jpg

Une cache d’armes, longtemps recherchée par les services de sécurité, a été découverte mercredi par les éléments de la gendarmerie du général Kassaraté à Anyama, à la périphérie d’Abidjan. Le nommé Fofana Baya, natif de Dabakala et retrouvé sur les lieux, a été mis aux arrêts.

C’est par une action conjointe de l’unité d’intervention de la gendarmerie, le GDR, et de l’escadron commando d’Abobo, que ce qui était considéré jusque-là comme des rumeurs, a été démantelé dans le quartier RAN d’anyama.

Les armes découvertes sont de belle facture. On peut citer pêle-mêle, 05 RPG (Roquettes Propulsées par Gaz), 05 fusils de type SIG, 02 fusils de calibre 12, 03 kalachnikovs, 03 fusils mitrailleurs, 01 arme automatique modèle 52 (AA52), 01 bande de munitions AA52, 18 charges propulsives, 04 roquettes anti personnel, 16 roquettes anti chars, 04 cartouches de fusil calibre 12, 11 chargeurs de fusil kalachnikov, 02 chargeurs de fusil SIG, 13 paquets de munitions de 7,62 mm, 10 munitions en vrac de 7,62 mm, 10 sacs de treillis différents et 04 cartons de treillis différents.

Visiblement, ces armes devaient servir à une insurrection armée sur Abidjan ou ailleurs dans le pays. Pour l’instant, aucune information n’a filtré sur l’origine et la destination de ces armes. Une information judiciaire a été ouverte pour élucider toute cette affaire, qui nul doute, permettra de remonter à leurs puissants commanditaires.

Nous y reviendrons.

Harry’O

Source : AbidjanTV.net

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, cache d'armes, anyama, désarmement, insurrection | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |