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mercredi, 05 juin 2013

CPI - LE POEME INEDIT DU PREMIER MINISTRE JOSEPH KOKOU KOFFIGOH: «EN ATTENDANT GBAGBO»

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Le dossier est vide vous l'admettez enfin!
Alors que fait Laurent encore dans la galère?
Coupez les chaines de l'innocent dans les fers;
N'imitez pas Pilate en vous lavant les mains.

Depuis plus de deux ans, on a creusé, fouillé
Partout, pour lui coller les trois mille cadavres,
Sous les vieux monuments, déraciné les arbres,
Plongé dans l'Ébrié pour ne rien trouver.

À présent, on donne quelques mois pour chercher 
À tout prix. Dites-moi quoi? Quelle ultime preuve?
Justice mon amour! Tu peux fouiller! Oui creuse!
Oui! Je te demande de ne rien lâcher.

Quand le trou sera grand, très profond et intense,
C'est le Mensonge qui y sera enterré;
Alors vous comprendrez qu'il vous faut libérer
Des mains de l'infamie, ce grand héros immense.

J'entends d'ici trembler les murs de Jéricho;
La Vérité suprême en un sursaut final,
Renverse les remparts érigés par le mal;
Demandez lui pardon en libérant Gbagbo.

 

Joseph Kokou Koffigoh

Lomé, le 4 Juin 2013

CPI - LE BIG BROTHER NE PERD JAMAIS!

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Nous avons une fois encore gagné. Et il ne faut pas bouder sa joie. Notre champion, décidément ne perd pas de procès. Parce qu’il a toujours été convaincu d’une chose : un homme politique, digne de ce nom, doit toujours inscrire son action dans le strict respect du droit et Laurent Gbagbo s’est toujours adossé au droit, et à la constitution de son pays. C’est pourquoi, là où le droit se célèbre, il ne craint rien. Ils lui ont proposé de lui accorder la liberté provisoire à condition qu’il reste déporté dans un autre pays que le sien. Il leur a répondu qu’il préfère plutôt être jugé, condamné et finir ses jours dans une prison selon le verdict du droit ou de la justice, fut-il inique, que de finir ses jours en exil, en violation flagrante de la loi fondamentale de son pays. « Aucun Ivoirien ne doit être contraint à l’exil.» Cette posture rappelle bien celle du philosophe Socrate, le Père de la civilisation occidentale. Un ami m’a dit un jour que le cas Gbagbo est un casse-tête pour la communauté internationale parce qu’il leur oppose avec la rigueur juridique qui l’accompagne, les principes élémentaire de la civilisation qu’elle croit détenir et qu’elle croit nous apporter. Elle se rend compte qu’avec ce monsieur, de quelque façon qu’elle veuille le prendre, elle passera pour être le creuset de la sauvagerie.

Le Président Gbagbo a gagné son procès contre les procureurs O Campo et Ben Souda. N’en déplaisent à ceux qui veulent se contenter aujourd’hui du report du procès de confirmation des charges. Ils ont perdu et il devrait avoir honte d’être si indignes de diriger un peuple qui est attaché à son âme, c’est-à-dire au droit. Le droit et la loi sont les éléments constitutifs de l’âme d’un peuple. Ils peuvent être durs, tyranniques, mais c’est son respect qui maintient le peuple dans son concept. Lorsqu’on n’obéit pas aux lois et au droit qu’un peuple s’est librement donné, on ne mérite pas de le diriger parce qu’on est simplement un hors-la-loi. Nulle part dans notre constitution, il n’est dit qu’il faut recourir à la violence pour solder un contentieux électoral. Notre constitution prévoit tous les recours démocratiques possibles. Ce qu’on a vu après les élections de 2010 relève simplement du banditisme.

Qu’on demande aujourd’hui à Fatou Ben Souda de repartir sur les lieux du crime pour ramener plus de preuves qu’elle n’en a déjà produites est tout simplement un aveu d’échec d’une communauté internationale qui ne sait que faire du cas Gbagbo. Le "nègre" a été plus intelligent que la machine civilisatrice. Parce que comment celui ou celle qui n’a pu rassembler des preuves suffisantes sur un lieu de crime encore tout frais, peut-il en trouver quand celui-ci a été souillé ? L’enquêtrice trouvera les preuves qu’elle viendra chercher en Côte d’Ivoire. Le régime actuel est prêt pour ça. On lui connait difficilement d’autres prouesses. Mais comment Ben Souda, qui inventait déjà les preuves, quand elles étaient encore fraiches et disponibles, procédera-t-elle pour démontrer qu’elle n’invente plus rien ? comment a-t-elle fait pour ne pas voir, la première fois, ces preuves accablantes qui devraient condamner Gbagbo dès que possible ? La cause est perdue pour eux. L’habillage temporel dont il recouvre leur décision n’est rien d’autre qu’une façon pour eux de sauver la face.

J’étais dans cette euphorie infantile quand un ami dont j’apprécie la perspicacité m’a appelé pour me dire ceci : « Jeune homme, c’est dans cette posture de vaincu que Big Brother est très dangereux parce que, dans le fond, il ne perd jamais. Ne nous laissons surtout pas endormir par le fumigène. Continuons de rester vigilant en ayant le triomphe modeste et travaillons maintenant à ce que Big Brother se convertisse et change de camp… »


Joseph Marat

 

Source: Le blog de Joseph Marat

lundi, 03 juin 2013

URGENT! CPI - LE VERDICT DE GBAGBO AJOURNE (OFFICIEL)

 

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Dans un communiqué de presse [en Anglais] que nous venons à l’instant [3 juin 2013] de recevoir de la CPI, la Chambre préliminaire I décide de reporter le verdict du procès en [non]confirmation des Charges contre l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et demande par la même occasion des investigations supplémentaires au Bureau du Procureur, Fatou Bensouda, au regards de l’article 61(7)(c)(i).

Les demandes d’informations complémentaires concernent selon les juges de la chambre préliminaire I, six points. Sont concernés entre autres la structure de commandement exacte des forces pro-Gbagbo, leur évolution en fonction du conflit et les preuves d’allégations de viols.

La Chambre demande au Bureau du Procureur de fournir un nouveau document d’accusations (charges) au plus tard le 15 novembre 2013. Les pièces à conviction devront être déposées au plus tard le 16 décembre 2013.

Le communiqué de la CPI indique enfin que la Juge Fernández de Gurmendi, se dissociait de la décision d’ajournement du verdict.

Selon nos informations, au vu de cette décision de report du verdict, les Conseils [avocats] de Laurent Gbagbo, pourraient introduire une nouvelle demande de mise en liberté provisoire.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

CPI. Le verdict de la Chambre préliminaire I est une victoire de Gbagbo et des avocats de la Défense. Dans le contexte diplomatique actuel, sachant que ce tribunal est une cour profondément politique, Maître Altit et ses confrères ont obtenu le maximum. La CPI n'a pas voulu aggraver son discrédit. Mais le combat est loin d'être terminé. Notre analyse complète dans Le Nouveau Courrier de demain.


Théophile Kouamouo


Si les juges estiment que le verdict doit être ajourné jusqu'à la fin de l'année 2013 pour insuffisance de preuves, après deux années de joutes judiciaires, c'est qu'il ne reste qu'une décision à prendre, la seule qui vaille: la libération pure et simple de Laurent Gbagbo. Toute autre décision serait du tripatouillage et la mise au jour d'un complot indécent contre une icône africaine. Qu'ils nous prouvent maintenant, mieux que des discours et démentis officiels de non-chasse raciale aux Africains, qu'ils ne sont pas une justice de pacotille en prenant LA décision qui s'impose! Nous attendons de voir.


Fernand Dindé

samedi, 25 mai 2013

ALLIANCE FPI-PDCI EN 2015: AMANI NGUESSAN REPOND A KONAN BEDIE


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«J’aurais trouvé qu’il triche», «Concernant Gbagbo, la vérité juridique est sue».

 

Suite à la réponse que Henri Konan Bédié, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, a donnée au FPI au sujet de l’alliance entre les deux partis, l’ex-ministre de Laurent Gbagbo, Amani N’guessan Michel, a réagi, dans une interview qu’il nous a accordée par téléphone, ce vendredi 24 mai 2013. Aussi, il a donné son avis sur le verdict attendu du côté de la CPI concernant son mentor.


Que pensez-vous de la réponse que Monsieur Bédié a donnée face à l’appel du FPI à une alliance avec son parti, le PDCI?

Je pense que monsieur Bédié donne l’occasion aux deux partis de s’asseoir et de discuter, car aucune alliance sérieuse ne peut se réaliser sans discussions préalables. Monsieur Bédié engage déjà la discussion. C’est heureux de le constater. On ne va pas au mariage sans se dire la vérité. Nous pensons que c’est une bonne sortie qui augure des lendemains meilleurs.

Même quand il pose le problème de la sincérité du FPI, vous dites qu’il a raison.

Nous ne disons pas qu’il a raison, c’est un point de vue. La critique est partagée, c’est-à-dire qu’à deux, l’un et l’autre, on a des choses à se dire. C’est ce qui justifie la discussion pour clarifier les positions et les points de vue. Donc, ce que dit monsieur Bédié est une vérité pour lui mais qui peut ne pas être forcément notre vérité. Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que nous devons savoir, au PDCI-RDA et au Front Populaire Ivoirien, aller à l’essentiel. Le pays est en danger, il faut le sauver. C’est cela l’essentiel. On peut discuter tout le reste.

A priori, le président Bédié ne vous ai pas favorable?

Je suis plutôt satisfait. Parce que si Monsieur Bédié ne donne pas son avis sur l’appel et surtout sur le Front Populaire Ivoirien, j’aurais trouvé même qu’il triche avec lui même et avec l’histoire. Car l’histoire politique en Côte d’Ivoire n’est pas aussi linéaire que cela. Il faut être honnête et reconnaître que nous avons combattu le parti unique et il y a des actes qui ont été posés. Aujourd’hui, l’heure est à la discussion pour apprécier tout cela. Monsieur Bédié ne peut pas dire qu’il n’a rien à dire. Moi, je suis heureux qu’il parle car, en effet, c’est lorsque qu’on lave les cœurs qu’on tisse un mariage solide.

A votre niveau, que reprochez-vous au PDCI qui vous accuse de l’avoir traité de ‘‘serpent’’ et d’avoir voulu le tuer par la création du Front Républicain?

Personnellement, je trouve que le débat sur l’alliance probable PDCI-FPI dans les journaux est malsain. Il faut s’asseoir, et en toute responsabilité, discuter. Ce n’est pas dans les journaux que nous allons tisser l’alliance. Il nous faut nous asseoir, nous reprocher ce que nous avons à nous reprocher réciproquement, et en tant que fils d’une même famille, être devant le danger qui nous guette tous. Nous devons savoir en tirer les leçons.

Pensez-vous que le PDCI répondra positivement à cet appel?

Je ne suis pas un devin, mais je suis sûr que monsieur Bédié, en acceptant de parler de l’appel, veut qu’on en discute. C’est déjà ça qui est important.

Quelles sont vos attentes relativement au verdict de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo qui est pour bientôt?

J’ai toujours dit depuis le début de cette affaire que si c’est le droit qui est dit, monsieur Gbagbo doit être libéré. Mais tout le monde entier a découvert que c’est un procès politique. La CPI est l’instrument des grandes puissances qui, aujourd’hui, ont décidé de faire la guerre à certains chefs d’État africains d’une certaine vision. Peut-être que c’est leur droit, mais nous ne partageons pas la même vision. De ce point de vue, ils pourront décider tout ce qu’ils veulent. J’ai même dit quelque part qu’ils peuvent condamner monsieur Gbagbo, mais la vérité juridique est sue et chacun appréciera.

 

César DJEDJE MEL, in Linfodrome

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

lundi, 20 mai 2013

Pr MAMADOU KOULIBALY: «LES PERFORMANCES ECONOMIQUES, POLITIQUES ET SOCIALES DE M. OUATTARA SONT LES PLUS MEDIOCRES DE L'HISTOIRE DE LA COTE D'IVOIRE»

 

 

MAMADOU KOULIBALY - AFRIQUE EDUCATION.jpg

 

La Côte d’Ivoire vit l’An II d’Alassane Dramane Ouattara à la tête de l’Etat. Pendant que, du côté du pouvoir, on présente un bilan positif en voyant l’avenir en rose, c’est tout un autre son de cloche qu’on entend dans l’opposition, où plus que l’inquiétude, c’est la colère qui règne. Ancien ministre de l’Economie et des Finances, ancien président de l’Assemblée nationale jusqu’à la chute des « Refondateurs », en 2011, le professeur Mamadou Koulibaly est un intellectuel pur qui ne s’en sort pas mal (pour l’instant) dans le marigot des politiques. Agrégé des sciences économiques, il sait de quoi il parle quand il dit, tout haut, que le chef de l’Etat, ancien directeur général-adjoint du FMI, mène la Côte d’Ivoire vers la catastrophe. C’est vrai que le docteur Alassane Ouattara évite (visiblement), pour le moment, de l’affronter (il y va peut-être de sa renommée acquise auprès des institutions de Bretton Woods), mais jusqu’où, jusqu’à quand ? Président de LIDER, depuis sa démission fracassante du FPI où il était un des vice-présidents avant d’assumer la présidence par intérim du parti, Mamadou Koulibaly se distingue comme un véritable empêcheur de tourner en rond de la politique gouvernementale. Ses critiques sont concrètes, acerbes et scientifiquement démontrées. Voilà pourquoi elles font mal. Dans cette longue interview qu’il accorde à votre bimensuel préféré, il n’est pas plus tendre que l’année dernière où il qualifiait de nulle la politique du chef de l’Etat. A cette allure, les trois ans qui séparent la Côte d’Ivoire de l’élection présidentielle, promettent d’être rudes, car Ouattara qui ne fait plus l’unanimité au sein du RHDP, aurait, logiquement, des gros soucis à se faire.

AFRIQUEDUCATION : L’an passé, à la même période, vous nous aviez accordé une interview sur l’An I d’Alassane Ouattara au pouvoir où vous aviez été très critique sur son bilan. Nous avions même titré : «Sous Ouattara, la Côte d’Ivoire va très très mal». La situation s’est-elle améliorée ou les choses vont de mal en pis ?

Professeur Mamadou Koulibaly : Ouattara n’a tenu ses promesses ni sur l’état de droit, ni sur la réconciliation et encore moins sur une vie meilleure ou sur la sécurité. En effet, deux ans après la fin de la crise postélectorale, la Côte d’Ivoire demeure le théâtre de violations graves des droits humains commises contre les populations civiles. Ces violations se sont d’ailleurs accrues à la suite d’attaques armées contre les commissariats, les camps militaires, etc. Ces violations, dans la plupart des cas, sont le fait de ce que l’on pourrait qualifier de forces répressives de Côte d’Ivoire. En effet, dans une situation où il n’existe plus d’armée digne de ce nom, ce sont les Frci (Armée nationale), dozos (chasseurs traditionnels armés) et autres supplétifs armés qui font la loi. Les Com’Zones, comme le confirme le dernier rapport d’experts indépendants de l’Onu (lire page ??), continuent d’étendre un réseau mafieux et criminel sur tout le territoire comme ils le faisaient dans les zones Cno pillées sous leur contrôle pendant dix ans. A cela se rajoutent la corruption endémique généralisée et les crimes économiques divers, notamment, dans l’octroi des marchés publics, le détournement des deniers publics, la corruption et le trafic d’influence. En ce qui concerne la justice, les vainqueurs de la guerre qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir sont toujours épargnés et se vengent de leurs adversaires d’hier. Leurs crimes passés et présents bénéficient d’un label de «normalité». Certains, en l’occurrence, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, anciennement, premier responsable de la rébellion ivoirienne, les présente comme des actes de légitime défense. Ces crimes restent donc impunis. La justice est loin d’être une réalité dans la Côte d’Ivoire de M. Ouattara. La situation sécuritaire est toujours inquiétante sur l’ensemble du territoire et, essentiellement, dans l’Ouest. La réforme du secteur de la sécurité est juste en phase de lancement, ce qui veut dire que tout stagne dans le désordre et la division au sein même des rangs de l’armée. La défaillance de l’Etat laisse impuni l’accaparement illégal des terres, ce qui augmente le niveau de risque en Côte d’Ivoire.

Enfin, sur le plan social, on voit le coût de la vie augmenter, le pouvoir d’achat se réduit drastiquement et les étudiants vivent le calvaire dans les universités publiques qui, bien que rénovées, ne sont pas fonctionnelles, manquent de professeurs, de moyens, de bibliothèques, de microphones, de climatisation, d’eau. La vie associative y a même été interdite. Les hôpitaux quant à eux sont toujours délabrés et sans moyens. L’administration est prise en otage par les recrutements ethniques qui permettent à de nombreux incompétents d’accéder à des postes qu’ils sont incapables d’assumer. Les habitants de la commune d’Abobo résument, parfaitement, la situation lorsqu’ils disent que « Si c’est cela la solution, Mr Ouattara, rendez-nous notre problème ! ».

A vous entendre, il n’y aura point d’émergence à l’horizon 2020 comme le clame le président de la République.

Pour l’instant, en Côte d’Ivoire, nous ne voyons aucune politique qui puisse permettre d’atteindre l’émergence en 2020, et même si l’on se base sur les chiffres officiels qui annoncent une croissance proche de 10%, des calculs simples ne permettent pas d’espérer l’émergence avant 20 ans. L’émergence en Côte d’Ivoire est seulement un slogan politique, à moins qu’il ne s’agisse de l’émergence de tous ces nouveaux milliardaires proches de Ouattara.

De manière pragmatique, si l’on compare les politiques économiques appliquées en Côte d’Ivoire à celles qui ont conduit les pays nouvellement émergents à la prospérité, on constate un fossé. L’émergence ne se décrète pas dans les discours. Si l’on observe les pays émergents, on voit au moins deux choses. D’abord, pour atteindre l’émergence, ils ont compris la nécessité de muter vers une économie de marché. En effet, après de longues années de politiques publiques hasardeuses menées par des Etats hyper-centralisés, protectionnistes, interventionnistes et marqués par la croyance en l’économie d’endettement et en l’aide publique au développement ; après des décennies perdues de lutte contre la pauvreté organisée et mise en application par des Etats tentaculaires aussi inefficaces que budgétivores, ces pays en sont arrivés au constat que, si la finalité de l’action publique est d’enrichir les populations, de leur permettre d’avoir des emplois et du bonheur, alors l’investissement privé, les apporteurs de capitaux frais, de technologies efficientes et de produits mondialement demandés, étaient bien plus efficaces que les hommes politiques et les Etats qu’ils dirigeaient. Ces économies ont su tirer les leçons des échecs de leurs politiques de développement et se sont alors tournées vers de nouvelles méthodes et connaissances plus propices à une croissance économique enrichissante. Ces pays ont fait le choix de l’économie de marché, qui apporte confiance, propriété privée, liber té des échanges par le «laissez faire, laissez passer», responsabilité, efficacité, solidarité, prospérité individuelle et progrès social. Ces pays ont abandonné l’économie protectionniste, reposant sur la méfiance, pour l’économie de marché et de confiance. Tel a été le premier mouvement. Ensuite, pour attirer les investisseurs et leurs capitaux, ces pays ont procédé à des réformes pour faire émerger des marchés de capitaux qui n’existent pas traditionnellement dans les pays en développement. Ces marchés et l’environnement propice qui va avec, en termes de justice transparente, de sécurité crédible, de système bancaire libre, de monnaie et de politique monétaire stable, ont été instaurés pour attirer les capitaux et les capitalistes qui sont, à l’échelle mondiale, à la recherche d’opportunités, de sécurité et de rentabilité. Ces réformes vont faire émerger effectivement des marchés pour l’investissement direct étranger, des marchés pour les prêts bancaires privés et des marchés pour les placements de portefeuilles d’actions et d’obligations d’entreprises privées et publiques. Ouattara vient du Fmi, mais il ne semble pas d’accord avec toute cette politique. De quelle émergence parle t-il donc ?

Comment le professeur Koulibaly peut-il démontrer que le docteur Ouattara, ancien directeur général adjoint du FMI, fait complètement fausse route ? Certains collaborateurs du chef de l’Etat pensent que vous êtes prétentieux. Ont-ils tort ?

Les collaborateurs du Dr Ouattara devraient s’évertuer à travailler, plutôt que de rester dans la sphère stérile de la politique politicienne qui se limite à des jugements de valeur sur les hommes et autres assassinats de caractères sur leurs adversaires. Il est difficile de connaître les réelles compétences en économie du Dr Ouattara, puisqu’il n’a jamais rien publié lui-même sur ses visions économiques et sociales de l’Afrique. Ce qui est très étonnant pour quelqu’un qui se revendique comme étant de la «crème» de l’élite intellectuelle africaine.

Il ne faut surtout pas faire confiance à tous les chiffres et performances présentés par les services de communication de Ouattara. Il dit qu’en deux ans, il a réduit le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire de 50%, il aurait ainsi sorti de pauvreté plus de six millions de personnes, alors que par tout dans le pays, les nouveaux pauvres sont de plus en plus nombreux. Cette pauvreté est totalement indécente comparée au train de vie démesuré des nouveaux riches proches du pouvoir. Ouattara déclare désormais ouvertement son incapacité à redresser l’économie ivoirienne, même dans les trois prochaines années. Il demande donc un mandat supplémentaire pour le faire. Il annonce un taux de croissance de 9,8%, ce qui étonne de nombreux entrepreneurs, car la valeur ajoutée, qui est une composante du calcul du Produit intérieur brut (PIB), n’a pas augmenté pour autant. Il dit qu’il n’est pas capable de créer les 200 000 emplois annuels promis lors de sa campagne mais il annonce, en même temps, avoir créé sur la première année d’exercice, plus d’un million d’emplois. Avec lui, on entend dire que le bilan est globalement positif avec des chiffres irréalistes qui se contredisent totalement, ce qui atteste du caractère complètement mensonger de ses déclarations. Ouattara est cependant le président le plus chanceux que la Côte d’Ivoire ait connu car, à l’écouter, toutes les bourses se délient pour lui. Il n’a aucune contrainte extérieure. Toutes les puissances économiques et politiques sont à son service. Pour tant, ses performances économiques, politiques et sociales sont les plus médiocres de notre histoire. La pauvreté en milieu rural, le chômage en milieu urbain sont là pour démontrer que malgré toutes les aides mises à sa disposition, il n’arrive pas à réaliser son programme du « vivre ensemble » qu’il a d’ailleurs vite abandonné pour s’accrocher à un programme d’investissement public en infrastructures conçu par ses prédécesseurs qu’il juge pour tant incompétents.

Les collaborateurs de Ouattara peuvent me qualifier de prétentieux parce que j’ose faire un bilan objectif, mais n’est-ce pas mon devoir d’opposant ?

Est-il vrai que vous demandez, sans succès pour le moment, un débat télévisé avec le président Alassane Ouattara sur des questions essentiellement économiques ? Quel message voulez-vous solennellement passer au peuple ivoirien en demandant un face à face avec le chef de l’Etat ?

J’ai toujours pensé que le débat public est le cœur d’une démocratie et c’est bien pour cela que nous nous attelons, aussi bien à LIDER qu’au sein d’Audace Institut Afrique, le think tank que je préside, à la formation et la pratique du débat pour créer un nouveau leadership responsable en Afrique. Ceux qui n’osent pas affronter les débats sont souvent ceux qui doutent de leurs politiques ou qui ont trop de choses à se reprocher. Les Ivoiriens n’ont aucun moyen de contrôler l’action du gouvernement et du président de la République. Ils sont soumis à la pensée unique, notamment, à travers la télévision d’Etat dans un environnement médiatique contrôlé. L’Etat qui devrait servir le peuple l’opprime et ne lui offre aucun moyen de contrôle. Les Ivoiriens doivent comprendre que la démocratie, ce n’est pas seulement le fait d’aller voter de temps en temps dans l’insécurité, c’est avant tout, contrôler ceux que l’on a élus pour qu’ils n’abusent pas de leur pouvoir. Le débat permet de demander des comptes aux gouvernants et leur donne aussi l’occasion de rendre compte aux populations au nom desquelles ils gouvernent. Dans notre système, le président de la République ne rend compte à personne. C’est un roi et cela m’est insupportable au nom de la vision que j’ai de la démocratie.

Les élections municipales viennent de se tenir en Côte d’Ivoire. Ont-elles été bien organisées ? Pourquoi LIDER, votre parti politique, n’y a pas pris part alors qu’elles auraient pu permettre sa meilleure implantation sur l’ensemble du territoire ?

LIDER n’a pas pris par t aux élections municipales car le processus électoral n’a pas été organisé de manière consensuelle et que nous n’avions pas les moyens financiers suffisants pour proposer des candidats. Nous déplorons, entre autres, que la liste électorale soit exclusive, au sens où les nouveaux majeurs n’ont pas été pris en compte. Trois millions au moins de jeunes ont été ainsi exclus. La liste actuelle date de 2009 et les jeunes en âge de voter représentent cinq cohortes étalées entre 2009 et 2013. La carte électorale est un instrument politique décrété, unilatéralement, par le président Ouattara et la Commission électorale prétendument indépendante (Cei) mais, effectivement, forclose depuis décembre 2011, est totalement politisée, comporte en son sein, des représentants de l’armée ivoirienne issus de l’ancienne rébellion. Toutes les élections qu’elle a organisées depuis sa mise en place, se sont terminées dans l’imbroglio, la violence, la tricherie. Cela n’est pas sérieux et prouve la volonté autoritaire d’Alassane Dramane Ouattara de tout maîtriser sans encombre, et sur tout, sans opposition. De par les Accords de Pretoria, la Cei devait disparaitre après les élections législatives mais le président l’a maintenue, illégalement, en place pour mieux tripatouiller les résultats électoraux. LIDER contribue au renforcement de la démocratie même dans l’opposition, même sans participer à ces élections.

Comment va la Côte d’Ivoire sur le plan de la sécurité ? Vous avez demandé à l’Onu de se substituer à l’Etat pour résoudre la question de la sécurité. Est-ce raisonnable de votre part ?

L’insécurité reste préoccupante sur l’ensemble du territoire ivoirien et, essentiellement, dans la partie Ouest du pays. Je crois qu’à un moment, il faut être méthodique et réaliste, quand on constate la défaillance de l’Etat. La Côte d’Ivoire est le 11 e pays à avoir l’Etat le plus défaillant au monde, sur 177 pays entrant dans l’évaluation du Failed States Index établi par The Fund for Peace. Quand on voit que la situation sécuritaire stagne, que l’Etat ivoirien est incapable, par exemple, de déloger un seul homme, le terroriste burkinabé, Amadé Ourémi, star du régime Ouattara et membre de l’armée créée par ordonnance par l’actuel chef de l’Etat en mars 2011, qui occupe en toute illégalité, des forêts classées de Côte d’Ivoire depuis l’issue de la crise postélectorale, il faut oser dire les choses. Si l’Etat est incapable d’assurer sa mission régalienne de défense et de sécurité du territoire national et de ses habitants, on ne peut pas abandonner les populations qui y vivent à la merci de criminels et l’ONU aurait une mission impor tante à ce niveau : aider le président Ouattara à retourner à l’état de droit et à recouvrer l’intégrité du territoire ivoirien. Je ne pense pas que ce soit déraisonnable. C’est la situation actuelle qui est déraisonnable : voir un seul homme et ses miliciens FRCI défier l’Etat de Côte d’Ivoire, son armée, son peuple, ses lois, ses institutions. Si l’Etat ne peut pas le faire, pourquoi ne pas solliciter l’Onuci dont la mission première est de protéger les populations civiles de ce pays ? Si cela n’est pas fait, alors, il semble évident que le chef de guerre FRCI, Amadé Ouedraogo Rémi, dit Ouremi est protégé, personnellement, par le président Alassane Dramane Ouattara, et que, toutes les exactions qu’il commet se font avec la bénédiction du chef de l’Etat et la complicité de personnes très haut placées dans la machine de l’Etat et de l’armée.

Quel bilan faites-vous de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (Cdvr) installée le 28 septembre 2011 ? A quelles conditions son président peut-il réussir la réconciliation nationale ?

La mission du président de la Cdvr est sur le point de se terminer. Le bilan est, osons le dire, totalement nul. Ce n’est pas, seulement, le jugement de Koulibaly, c’est le jugement unanime. Il serait d’ailleurs intéressant de faire un audit externe des travaux de la structure. Le président de la Cdvr, Charles Konan Banny, semble plus préoccupé par son avenir politique personnel au sein du Pdci que par la mise en place d’une méthodologie ef ficace pour réconcilier les populations de Côte d’Ivoire. Il vient d’ailleurs de laisser entendre ses ambitions pour briguer la présidence de ce par ti au prochain congrès. Ces préoccupations ne me semblent pas compatibles avec la présidence de la Cdvr. En outre, la Cdvr, congénitalement, n’avait pas de grandes chances de réussite puisque Banny est une personnalité politique controversée et qu’en plus, il agit sous l’autorité du chef de l’Etat, qui est un des acteurs principaux de la déstabilisation et de la crise qui minent la Côte d’Ivoire depuis vingt ans maintenant.

Vous êtes l’opposant le plus critique du système politique ivoirien. N’avezvous pas peur d’une balle perdue ou d’une roue de voiture qui crève mystérieusement conduisant votre véhicule à un tonneau ?

Votre question sous-entend que vous avez compris la réalité du régime Ouattara. C’est en effet un régime qui repose sur la violence, l’exclusion, la division, le mensonge, la peur de l’autre, et sur tout, de l’opposant. La vie d’un opposant n’est pas dépourvue de risque en Côte d’Ivoire mais cela n’arrêtera pas notre combat au profit des populations : ce serait faire preuve de lâcheté en tant qu’intellectuel et leader politique.

Vous sembliez approuver certaines actions du premier ministre Jeannot Kouadio-Ahoussou sur le plan du dialogue avec l’opposition notamment. Qu’en est-il de son successeur Daniel Kablan Duncan? Où en est la question du statut de l’opposition ?

Le statut de l’opposition ne semble pas une préoccupation urgente pour l’administration Ouattara. On voit, en effet, que le président de la République est capable de convoquer une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour obtenir l’autorisation de gouverner par ordonnances mais que l’adoption d’un statut de l’opposition traîne au fond des tiroirs, alors même que, c’est le pivot du contrepouvoir indispensable à une démocratie. Les premiers ministres se succèdent mais restent dans la même logique. Ils savent soigner leur communication pour mieux cacher le vide de leur action. En Côte d’Ivoire, malheureusement, la politique est dédiée à la glorification de ceux qui ont le pouvoir. Le dialogue est au point mort en ce moment. Ouattara a eu ses élections, il gouverne par ordonnances alors qu’il a la majorité au parlement où il n’y a pas d’opposition. Pourquoi dialoguerait-il avec l’opposition ? Au sujet de quoi vont-ils dialoguer ? A LIDER, nous sommes, en tout cas, ouverts à la discussion puisque tout est à construire. Mais nous refusons un dialogue de dupes, instrumentalisé à des fins communicationnelles.

Alassane Ouattara est de droite. C’est bien lui qui a envoyé Laurent Gbagbo à la Cpi. C’est encore lui qui maintient nombre de vos anciens camarades du Fpi en prison. Pourtant, il est toujours bien reçu à l’Elysée. Hier sous Nicolas Sarkozy comme aujourd’hui sous le socialiste François Hollande. Etes-vous jaloux que les portes lui soient restées ouvertes sous un président français de gauche ?

Vous pensez qu’Alassane Ouattara est de droite ? Que signifie être de droite ou être de gauche en Côte d’Ivoire, aujourd’hui, comme hier d’ailleurs ? On le dit aussi libéral, et pour tant, il applique une politique très interventionniste, contrôlée et fermée, qui est plus proche d’un modèle communiste que du libéralisme. On en dit beaucoup de choses. Ce qui est certain, c’est qu’il a une politique qui repose sur le patrimonialisme étatique, la politique du ventre, celle de l’intimidation et sur l’aide publique extérieure, ce qui fragilise beaucoup les Ivoiriens qui vont de surendettement politique en surendettement appauvrissant, avec tous les réseaux de corruption qu’il peut y avoir autour de la dette. D’évidence, aucun président français ne peut négliger cette opportunité. Politique et affairisme riment là-bas et ici. Ouattara est un pion important pour la classe politique française, car il permet de maintenir un système de domination et de corruption dont les nouvelles élites ivoiriennes ne veulent plus s’accommoder. Il attend, la main tendue, et nous explique qu’il est génial d’avoir comme seule politique économique d’emprunter de l’argent public. Les Ivoiriens qui commencent à comprendre qu’ils vont devoir rembourser les enveloppes d’aides détournées par les équipes gouvernementales, n’ont plus confiance. D’autant qu’ils ont bien compris que dans ces arrangements, la corruption est énorme. A LIDER, nous souhaitons reformuler les principes de la coopération avec Paris. Nous souhaitons qu’il y ait plus de contacts avec des hommes d’affaires, des investisseurs et avec les sociétés civiles. Nous souhaitons renégocier les accords de coopération monétaire qui ne sont plus du tout adaptés au monde moderne et à la globalisation. Nous souhaitons avoir avec le monde des échanges libres et marchands. Nous ne pensons pas que la vocation d’un pays soit d’être la chasse gardée d’un autre. Nous croyons au partenariat libre et équitable. Que les portes de tous les palais du monde s’ouvrent à Ouattara est une chose. Que Ouattara en profite pour le bien des populations ivoiriennes en est une autre moins évidente. Malgré toutes les générosités que lui offre le monde entier, les populations ivoiriennes attendent toujours de voir les milliards promis d’investissements se concrétiser en une amélioration de leurs conditions de vie.

Est-ce vrai que sur les 175 milliards de francs cfa mis sur la table pour financer la rénovation des universités, il y a eu jusqu’à 133 milliards de francs cfa de surfacturation ?

Les cas de corruption sont multiples et les détournements sur les travaux de l’université ne sont qu’une illustration parmi tant de cas. Le système est pourri. Ouattara est soi disant arrivé au pouvoir pour combattre ce système qui existait déjà, dans une moindre mesure, sous Gbagbo mais, aujourd’hui, la corruption s’est instaurée en mode de gouvernance. Ce qui pourrait faire sourire, si l’on ne parlait pas d’argent public, c’est qu’à l’époque, on qualifiait Gbagbo de dictateur à cause de ces pratiques alors qu’aujourd’hui, on présente Ouattara comme un grand démocrate alors qu’il fait pire. C’est pour dire que la communication peut faire ou défaire les hommes. Pendant ce temps, la pauvreté augmente et les femmes rentrent du marché avec des sachets de plus en plus légers.

Les travaux de restauration des universités ont été sur facturés et il n’y a eu aucune sanction contre le ministre responsable dont Ouattara dit au contraire qu’il est fier. Le détournement par un ministre de Ouattara de l’argent des victimes des déchets toxiques, n’aura débouché sur aucune sanction. Les Com’Zones promus et experts dans les trafics de cacao, café, or, diamants, anacarde, coton et bois qui leur rapportent de dizaines de milliards, ne sont soumis à aucune sanction eux non plus. On soupçonnerait Ouattara d’être complice de ces pratiques qu’on ne s’y tromperait point.

Il n’y a pas longtemps, un communiqué de LIDER reçu à Afrique Education faisait état de l’arnaque du pouvoir qui fait payer jusqu’aux formulaires de demande de bourses d’études à l’étranger. Ce système de faire payer le retrait du formulaire et le dépôt du dossier à concurrence de 5.000 f Cfa, à chaque fois, a-t-il cessé depuis votre coup de gueule ?

Non, la pratique continue et il en est de même pour bien d’autres services de l’administration, mais nous ne perdons pas espoir et continuerons de dénoncer tous les comportements voyous de l’administration Ouattara et de combattre toutes les mesures qui contribuent à précariser les étudiants et les populations dans leur ensemble. Le gouvernement a quand même mis fin, après que nous l’ayons vivement dénoncé, à l’arnaque aux visas qu’il avait mise en place et qui consistait à contraindre les étrangers résidant en Côte d’Ivoire et titulaires d’un permis de séjour en bonne et due forme à s’acquitter d’un visa d’entrée supplémentaire à leur retour de voyage ou de vacances.

LIDER est un parti qui bouge. Mamadou Koulibaly est l’empêcheur de tourner en rond suprême. Vous préparez-vous déjà à être candidat à la présidentielle de 2015 ?

En Côte d’Ivoire, les 20% des Ivoiriens les plus pauvres doivent se partager 5,6% des revenus annuels du pays, pendant que dans le même temps, les 20% des Ivoiriens les plus riches se partagent 47% des revenus annuels du pays. La pauvreté et l’injustice profonde caractérisent la société ivoirienne. Il existe, également, une fracture effective entre ceux qui veulent utiliser l’Etat et la politique pour s’enrichir, quitte à instrumentaliser les populations et leurs ethnies et utiliser la violence à cet effet, et ceux pour qui la réussite passe par l’effort personnel, l’initiative privée et l’esprit d’entreprise. C’est à ces derniers, ainsi qu’à tous ceux qui, dans la société civile, la classe politique, dans les villes et les villages, en Côte d’Ivoire ou à l’étranger, ne veulent plus se laisser abuser par le pouvoir de l’Etat, refusent d’abandonner la Côte d’Ivoire aux mains des politiciens menteurs et manipulateurs, ont été trompés par Ouattara et aspirent à une société plus juste, plus tolérante et plus prospère, que je demande de se remobiliser autour d’un programme de rupture pour la victoire en 2015. Il ne s’agit ni d’un rassemblement sans contenu autour d’un homme dans le style de l’ex-Lmp, ni d’une superposition d’organisations et d’associations politiques dans le style de l’ex-Cnrd. Ces expériences ont été inefficaces pour arrêter Ouattara. La coalition se regrouperait autour d’un programme commun pour la Côte d’Ivoire. Ce programme s’ar ticulerait en deux phases. A cour t terme, la Coalition pour la Rupture s’unirait autour d’un agenda qui consiste à pousser Ouattara à effectuer d’urgence un recensement général de la population, sans mention de l’ethnie ; à adopter un statut pour l’opposition ; à procéder à l’actualisation de la liste électorale, pour y intégrer tous les exclus, notamment, les quelques trois millions de jeunes, qui ont obtenu le droit de vote en atteignant leur majorité depuis 2009 et à qui M. Ouattara refuse, catégoriquement, de donner leurs car tes d’électeur ; et enfin, à former une commission électorale efficace et crédible, au sein de laquelle, l’opposition statutaire sera représentée de façon paritaire. Une fois le pouvoir conquis en 2015, les dynamiques engagées dans la Coalition pour la Rupture en 2015 procéderont à une réforme du foncier rural, qui se ferait, conjointement, avec le désarmement, pour rendre les terres que l’Etat ivoirien s’est accaparé depuis 1960 à leurs propriétaires légitimes, les paysans. Le programme contiendrait la mise en place d’un cadre efficient pour la promotion de la libre entreprise, meilleure arme pour générer la création d’emplois ; une réforme de la justice pour la rendre réellement indépendante et mettre fin à l’impunité, et sur tout, l’on procéderait à la réforme constitutionnelle qui sonnerait le glas de l’hyper présidence pour la remplacer par un régime parlementaire, qui permet de mieux contrôler l’exécutif et de le contraindre à rendre des comptes au peuple. A moyen terme, la rupture avec la monnaie inique qu’est le franc Cfa et l’instauration d’un marché des capitaux en Côte d’Ivoire, seraient, également, sur notre feuille de route. L’un des projets principaux de la Coalition pour la rupture, à long terme, serait la renonciation aux frontières héritées de la période coloniale et la marche vers une fédération d’Etats ouest-africains prélude à une confédération africaine viable. Il me semble, donc, urgent que cette coalition puisse se mettre en place pour stopper la destruction de notre pays par Ouattara.

Votre dernier mot ?

En dernier mot, je souhaiterais interpeller les Ivoiriens pour qu’ils cessent d’être tolérants envers la médiocrité et intolérants face à l’excellence. Ils doivent savoir que les mauvais économistes, les mauvais politiciens, tuent plus que les guerres, tant leur impact affaiblit les populations. Les Ivoiriens doivent, pourtant, garder confiance. La pauvreté n’est pas une fatalité, c’est, simplement, le fruit de mauvaises politiques et de mauvais comportements dans la classe politique au pouvoir. Il faut un véritable éveil des consciences, et j’ai le sentiment que la machine est en marche, tant la classe politique a atteint les limites ultimes de la tolérance que l’on peut lui accorder dans la médiocrité.


Propos recueillis par Jean Paul Tédga.


Source: AFRIQUE EDUCATION.COM

lundi, 13 mai 2013

LIDER DRESSE LE BILAN DE L'AN 2 DE OUATTARA

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Mamadou Koulibaly appelle à une coalition pour la rupture afin de donner un carton rouge à Alassane Dramane Ouattara en 2015.
 
 
C’est en lançant un appel pour une Coalition pour la rupture en 2015  que le Pr Mamadou Koulibaly, président de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a conclu la série de conférences -débats organisées par son parti pour dresser le bilan de la deuxième année d’exercice du pouvoir par  M. Alassane  Dramane Ouattara.
 
Devant un parterre de plus de 300 participants, parmi lesquels se côtoyaient les représentants des ambassades des Etats-Unis, d’Afrique du Sud, du Sénégal, de Palestine, du Nigeria, de la Friedrich Ebert-Stiftung, de la société civile, d’autres partis politiques ainsi que de nombreux militants et sympathisants LIDER venus de toutes les régions du pays, le Pr Mamadou Koulibaly a présenté ses propositions  pour une Côte d’Ivoire meilleure et son projet pour s’assurer que l’actuel chef de l’Etat ne fasse pas plus d’un mandat au pouvoir.  
 
«En Côte d’Ivoire, les 20% des Ivoiriens les plus pauvres doivent se partager 5,6% des revenus annuels du pays, pendant que dans le même temps, les 20% des Ivoiriens les plus riches se partagent 47% des revenus annuels du pays », a relevé M. Koulibaly, stigmatisant la pauvreté et la profonde injustice qui caractérisent la société ivoirienne. Il a également noté la fracture effective qui existe entre ceux qui veulent utiliser l’Etat et la politique pour s’enrichir, quitte à instrumentaliser les populations et utiliser la violence à cet effet, et ceux pour qui la réussite passe par l’effort personnel, l’initiative privée et l’esprit d’entreprise.   
 
C’est à ces derniers, ainsi qu’à tous ceux qui, dans la classe politique, la société civile, dans les villes et les villages, en Côte d’Ivoire ou à l’étranger,  ne veulent  plus se laisser abuser par le pouvoir de l’Etat, refusent d’abandonner la Côte d’Ivoire aux mains des politiciens menteurs et manipulateurs et aspirent à une société plus juste, plus tolérante et plus prospère que LIDER demande de se remobiliser autour d’un programme de rupture pour la victoire en 2015.
 
Ecartant fermement l’éventualité d’un vote électronique à la prochaine élection présidentielle d’octobre 2015 évoquée récemment par le chef de l’Etat, qui semble oublieux des pénuries d’électricité récurrentes dans lesquelles est plongé le pays, le président de Liberté et Démocratie pour la République a énuméré  quelques points de ralliement de la coalition qu’il appelle de ses vœux  et qui n’est pas un rassemblement sans contenu autour d’un homme (comme l’ex-Lmp) ou une superposition désorganisée de partis et associations politiques comme l’ex-Cnrd, mais une initiative visant à réunir tous les Ivoiriens de bonne volonté qui souhaitent construire une Côte d’Ivoire meilleure et apaisée.  
 
A court terme, la Coalition pour la Rupture s’unirait autour d’un agenda qui consiste à pousser Ouattara à effectuer d’urgence un recensement général de la population, sans mention de l’ethnie ; à adopter un statut pour l’opposition ; à procéder à l’actualisation de la liste électorale, pour y intégrer tous les exclus, notamment les quelques trois millions de jeunes, qui ont obtenu le droit de vote en atteignant leur maj orité depuis 2009 et à qui M. Ouattara refuse catégoriquement de donner leurs cartes d’électeur  ; et enfin à former une commission électorale efficace et crédible, au sein de laquelle l’opposition statutaire sera représentée de façon paritaire.   
 
Une fois le pouvoir conquis en 2015, les parties engagées dans la Coalition pour la Rupture en 2015 procéderont à une réforme du foncier rural, qui se ferait conjointement avec le désarmement, pour rendre les terres dont l’Etat ivoirien s’est accaparé depuis 1960 à  leurs propriétaires légitimes, les paysans. Le programme contiendrait la mise en place d’un cadre efficient pour la promotion de la libre entreprise, meilleure arme pour générer de la création d’emplois ; une réforme de la justice pour la rendre réellemen t indépendante et mettre fin à l’impunité, et surtout, la réforme constitutionnelle qui sonnerait le glas de l’hyper présidence pour la remplacer par un régime parlementaire, qui permet de mieux contrôler l’exécutif et de le contraindre à rendre des comptes au peuple. A moyen terme, la rupture avec la monnaie inique qu’est le franc Cfa et l’instauration d’un marché des capitaux en Côte d’Ivoire seraient également sur  sa feuille de route.  
 
L’un des projets principaux de la Coalition pour la rupture, à long  terme, serait la renonciation aux frontières héritées de la période coloniale et la marche vers une fédération d’Etats ouest africains prélude à une confédération africaine viable.    
 
Avant l’intervention du Pr Koulibaly, la Déléguée nationale aux Questions électorales Mme Monique Gbékia, avec son équipe, avait ouvert la journée à 10 heurs en analysant l’état de la Réconciliation, qui
est au point mort en Côte d’Ivoire. Puis ce sont le Délégué national aux Réformes institutionnelles, Mohamed Sylla, et son équipe, qui ont fait le constat de l’absence criante de l’Etat de droit sous Ouattara, avant de céder leurs places au Délégué national au Système monétaire et financier, le Dr Séraphin Prao et à son équipe, qui ont démontré la vacuité des promesses d’émergence et démonté les solutions économiques du Dr Ouattara. La quatrième intervention avait été assurée par le Dr Eblin Fobah, Délégué national aux Questions sociétales, qui, entouré de son équipe, a ausculté la dégradation des conditions de vie des population s depuis l’avènement du régime Ouattara.  
 

Par  LIDER News, le 7 mai 2013.


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mercredi, 08 mai 2013

GBAGBO A BEL ET BIEN APPLIQUE L'ASPECT «NATIONALITE» DES ACCORDS DE MARCOUSSIS

 

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Alassane Dramane Ouattara prétend que l'aspect "nationalité" de l'accord de Linas-Marcoussis n'a pas été appliqué. C'est un mensonge. Le Président Gbagbo a signé la décision N° 2005-04/PR du 15 juillet 2005, portant dispositions spéciales en matière de naturalisation pour ouvrir la voie de la nationalité ivoirienne aux étrangers de longue durée. Voici l'intégralité de la décision:


Le Président de la République,

Vu la loi n° 2000-513 du 1er août 2000 portant Constitution de la République de Côte d'Ivoire, notamment en son article 48 ;

Vu le Règlement de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire ;

Vu la loi n° 2001-303 du 5 juin 2001 déterminant l'organisation et le fonctionnement du Conseil Constitutionnel ;

Vu les avis du Président de l'Assemblée Nationale et du Président du Conseil Constitutionnel ;

Vu la loi n° 61-415 du 14 Décembre 1961 portant code de la nationalité ivoirienne, telle que modifiée par la loi n° 72-852 du 21 Décembre 1972 et la loi n°2004-662 du 17 décembre 2004 ;

Vu la loi n°2004-663 du 17 décem-bre2004 ;

Vu le message à la nation du Président de la République en date du 26 avril 2005 ;

DECIDE :

CHAPITRE PREMIER :
DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

La présente décision institue des dispositions spéciales et exceptionnelles en matière de naturalisation.

Les conditions générales de naturalisation sont requises chaque fois qu'elles ne sont pas exclues par la présente décision.

CHAPITRE II :
DE LA DETERMINATION DES BENEFICIAIRES

Article 2

Sont concernées par la présente décision :
- les anciens bénéficiaires des articles 17 à 23 de la loi n°61-415 du 14 décembre 1961 portant Code de la nationalité ivoirienne modifiée par la loi n° 72-852 du 21 décembre 1972 et la loi n°2004-662 du 17 décembre 2004, n'ayant pas exercé leur droit d'option dans les délais prescrits ;
- les personnes résidant en Côte d'Ivoire avant le 7 août 1960 et n'ayant pas exercé leur droit d'option dans les délais prescrits.

CHAPITRE III :
DE LA PROCEDURE DE NATURALISATION

Article 3

Les personnes indiquées à l'article 2 ci-dessus et désireuses d'acquérir la nationalité ivoirienne, doivent se faire identifier auprès de l'administration selon les modalités ci-après :
- la demande motivée de naturalisation, sur papier ordinaire, mentionnant la nationalité d'origine à laquelle il est renoncé, doit être adressée au Président de la République, accompagnée de deux photos d'identité, de la copie intégrale de l'extrait d'acte de naissance ou du jugement supplétif, des documents pouvant justifier de sa résidence en Côte d'Ivoire, ceux attestant des qualités et titres requis, ainsi que d'un extrait de casier judiciaire ;
- ces documents doivent être complétés par un procès-verbal d'enquête, administrative établi dans le village ou la ville de résidence par devant les autorités traditionnelles ;
- les personnes ne pouvant justifier d'aucun titre écrit ne sont pas éligibles ; de même que les personnes ayant commis des crimes ou délits contre l'autorité de l'Etat ;
- les services compétents pour l'instruction, disposent d'un délai de trois mois pour mettre le dossier en état d'être réglé par le Président de la République par voie de décret.

Article 4

Les décrets de naturalisation sont signés par le Président de la République.

Article 5

Une copie du décret de naturalisation est adressée au Ministère de la Justice pour classement.

En cas de rejet de la demande de naturalisation par le Président de la République, notification de la décision est faite à l'intéressé et le dossier est transmis au Ministère de la Justice pour archivage.

Article 6

Les personnes naturalisées en application de la présente décision restent soumises aux incapacités prévues par l'article 43 de la loi portant Code de la nationalité.

Article 7

Les dispositions de la présente décision sont applicables pour une période de douze (12) mois dès son entrée en vigueur.

Article 8

Un décret pris en Conseil des Ministres précisera les modalités d'application de la présente décision.

Article 9

La présente décision déroge à toute disposition antérieure contraire.

Article 10

Le Ministre d'État, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice est chargé de l'exécution de la présente décision.

Article 11

La présente décision, qui prend effet à la date de sa signature, sera publiée selon la procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.


Fait à Abidjan, le 15 juillet 2005


LAURENT GBAGBO

Voir la décision sur Refword

 

Source: Le blog d'Alain Doh Bi

lundi, 06 mai 2013

DEPUIS L'EXIL, DAMANA PICKASS: «IL FAUT UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION»

 

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Dans cette interview réalisée via le net, il y a quelques jours, Damana Adia Pickass, un des leaders de la jeunesse pro-Gbagbo en exil au Ghana, réagit aux accusations portées contre lui par le récent rapport d’experts de l’Onu sur la Côte d’Ivoire. Il parle aussi d’autres sujets d’actualité tels que les élections locales, l’appel du Fpi au Pdci et l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015.


Notre Voie : Comment se porte le mouvement des patriotes ivoiriens que vous dirigez en exil ?

Damana Adia Pickass : Le mouvement des patriotes ivoiriens en exil, l’ensemble des structures et au-delà, la communauté ivoirienne en exil, se portent bien. Nous avons maintenant développé un reflexe de survie d’exilés. Quant à notre retour au pays, le jour, l’heure, l’année qu’il plaira au Seigneur de le permettre, nous rentrerons, retrouver notre chère patrie, la Cote d’Ivoire. Tout n’est pas rose, mais tout va, en général, très bien. Oui, tout va bien, Dieu est merveilleux (rires).

N.V : Charles Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu et le Commandant de Gendarmerie, Abéhi, constituent les exilés politiques qui ont été récemment extradés vers Abidjan de façon cavalière dans une procédure opaque. Comment avez-vous vécu de tout cela ?

D.A.P : C’est une situation déplorable que nous continuons de regretter car les exilés bénéficient de la protection organisée et prévue par la législation internationale. Toutefois, nous n’avons aucune raison de douter de la bonne foi des autorités ghanéennes qui nous hébergent et nous protègent depuis le début de notre arrivée sur leur sol.

N.V : Quel est aujourd’hui le climat au sein des exilés politiques au Ghana et ailleurs ?

D.A.P : Le climat, l’ambiance, les rapports sont très bons. Ils ne font que se raffermir. Nous formons une vraie communauté familiale.

N.V: Le régime Ouattara soutient à travers la sous-région ouest africaine que les exilés politiques pro-Gbagbo installés au Ghana veulent le déstabiliser. Est-ce vrai ?

D.A.P : Tout se passe dans ces accusations comme si le régime de M. Alassane Dramane Ouattara, après tout le mal qu’il nous fait subir notamment les assassinats, emprisonnements, tortures, confiscation de biens, gel des avoirs, expulsion de notre pays etc., ne veut pas voir les pro-Gbagbo rescapés de cette barbarie vivre ou survivre dans une relative paix. Sur la base de montages grotesques, M. Ouattara tente, par tous les moyens, de diaboliser les pro-Gbagbo, les accusant sans aucune preuve sérieuse afin de les livrer, pieds et mains liés, à la justice internationale. Certaines fois, c’est à des réunions imaginaires qu’on nous accuse d’avoir participé. D’autres fois, ce sont des attaques ou des transports de sommes d’argent tout aussi surréalistes. Tout ceci sous l’œil complaisant de l’Onu qui se prête à cette comédie de mauvais goût du régime Ouattara. Même si l’Onu, dans la crise ivoirienne, a choisi son camp, il faut que dans son parti pris, elle y mette la manière et du sérieux, ne serait-ce que pour sauver les apparences. Les pro-Gbagbo en exil n’ont ni la volonté ni les moyens de déstabiliser le régime Ouattara.

N.V : Dans un rapport de l’Onu rendu public, le dimanche 28 avril 2013, des experts mandatés reprennent à leur profit cette accusation du régime Ouattara. Le rapport vous indexe nommément d’avoir été le pourvoyeur de fonds qui auraient servi à financer l’attaque menée, le 8 juin 2012, près de Para Sao, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Une attaque dans laquelle 7 casques bleus nigériens et 26 civils ivoiriens ont été tués, précise le rapport de l’Onu. Que répondez-vous à ces graves accusations ?

D.A.P : Le régime Ouattara au bénéfice de qui ce rapport a été pourtant fait fut le premier à le charger et à le rejeter pour son manque de sérieux et son absence de preuves. Vous avez pu suivre cette position du gouvernement Ouattara à travers la réaction du ministre de la Justice et des Droits de l’homme (Gnénéma Mamadou Coulibaly, ndlr) qui a fustigé la légèreté avec laquelle les accusations ont été portées. Que dire de plus, après ce désaveux cinglant du régime Ouattara, lui-même? Sinon lui emboiter le pas pour réfuter catégoriquement toutes ces accusations infondées portées sur des bases toutes aussi légères. Hier, un rapport de ces experts de l’Onu nous accusait d’être en intelligence avec les islamistes d’Ansar Dine pour déstabiliser le régime Ouattara. Hier encore, c’était le capitaine Sanogo du Mali avec qui nous aurions été convaincus de collusion déstabilisatrice du régime Ouattara. Aujourd’hui, c’est l’attaque des casques bleus du contingent nigérien de l’Onuci dont la mort a été rendue possible par des fonds que nous aurions convoyés. Demain, ce sera certainement un bombardement aérien mené depuis le Burkina Faso avec des drones malgaches. Tout ceci pue la conspiration, le complot et cela ne fait pas sérieux de la part de prétendus experts qui sont, en fait, des mercenaires à la solde du régime Ouattara. Des indiscrétions crédibles nous font savoir que leur champ d’investigation ne va pas au-delà de l’enceinte du ministère de l’Intérieur. L’enquête concernant les pro-Gbagbo commence au ministère de l’intérieur et se termine au ministère de l’intérieur avec en prime de grosses sommes d’argent et le tour est joué. Le rapport est bouclé. Le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, est souvent manipulé par de petits fantaisistes affamés ou par des réseaux d’information qui font beaucoup plus de l’incantation pour assurer une pitance quotidienne de plus en plus incertaine. Ce travail n’est pas professionnel et objectif, c’est un torchon. Devant cette calomnie permanente, nous sommes en train de nous organiser pour commettre des avocats en vue d’attaquer devant les juridictions compétentes, les auteurs désormais connus de ce grossier mensonge.

N.V : Le 21 avril dernier, se sont tenues des élections municipales et régionales en Côte d’Ivoire marquées par un très fort taux d’abstention des populations et émaillées de graves violences. Comment de l’exil, avez-vous interprété cette situation ?

D.A.P : Cette violence provient en majorité du Rdr. Ce comportement est tributaire de la méthode de prise de pouvoir d’Etat par Alassane Dramane Ouattara. Pour les gens du Rdr, être quelqu’un au plan local, suppose suivre l’exemple de leur mentor. En effet, M. Ouattara n’est-il pas chef de l’Etat alors qu’il a perdu les élections présidentielles de 2010 ? Alors dans cette logique du « qui perd gagne » chacun au plan local doit montrer ses muscles pour être désigné vainqueur. Désormais, les vrais électeurs en Côte d’ivoire, ce sont la kalachnikov, les lances roquettes, les obus etc. Par ailleurs, il y a la défaite du SG du Rdr, Amadou Soumahoro, qui n’est pas banale. Amadou Soumahoro incarne l’aile la plus brutale et inhumaine du Rdr. Celle qui divise au lieu de rassembler, celle qui crée et exacerbe la haine au lieu de la résoudre, celle qui est opposée à tout compromis politique. Ne se promène-t-il pas fièrement à Abidjan auréolé du pseudonyme effrayant de « cimetière » ?

C’est ce Rdr-là que les militants du Rdr, en particulier, et les populations du Nord, en général, ont voulu rejeter par la défaite d’Amadou « cimetière ». Les Ivoiriens, dans leur majorité, ont besoin d’un nouveau Rdr, plus humain, plus conciliateur, enclin aux solutions négociées et aux compromis. Puisse la défaite d’Amadou « cimetière » permettre l’éclosion de ce nouveau Rdr. Le dernier enseignement, ce sont les Frci. Ce conglomérat de soudeurs, jardiniers, mécaniciens, chauffeurs, apprentis-Gbakas etc.…abusivement appelés « Force Républicaine de Côte d’Ivoire » et leurs auxiliaires dozos sont, en réalité, une milice du Rdr. Des officiers supérieurs de cette armée particulière ont publiquement fait campagne et donc violé le principe sacro saint de la neutralité de l’armée qui fait d’elle « la grande muette ». Les Frci ont, de ce fait, influencé les élections locales au profit d’un camp contre un autre. Et si à des endroits, ils ont eu un peu de réserve, c’est uniquement parce que c’est entre eux, membres du Rhdp. L’attitude des Frci est fondamentale pour l’avenir. Ainsi donc les municipales et les régionales mettent fin au processus électorale le plus calamiteux que la Côte d’ivoire ait connu et qui consacre la république des « illégitimes », un chef d’Etat illégitime, une assemblée nationale illégitime, des maires illégitimes, des présidents des régions illégitimes. Et le grand taux d’abstention sorti de ces dernières élections, comme celui des législatives passées, n’est que le reflet du rejet de Ouattara et de son régime par le peuple ivoirien.

N.V : La Commission électorale indépendante (Cei) dirigée par Youssouf Bakayoko que vous connaissez bien pour avoir été un membre du bureau central de cette structure, soutient qu’au contraire, ces élections locales ont connu un taux de participation avoisinant les 60%. Une estimation en déphasage avec le constat fait par tous les observateurs nationaux et internationaux. Cette réaction de la Cei vous a-t-elle surpris ?

DAP : 7-Nooonn ! Plus rien ne me surprendra de M. Youssouf Bakayoko. Ce monsieur est un réel danger pour la démocratie en Côte d’Ivoire. En effet, s’il a pu en 2010, imaginer des chiffres pour en faire des résultats provisoires des élections présidentielles, s’il a pu s’enfuir jusqu’au QG de campagne de M. Ouattara et y donner hors délai de prétendus résultats des présidentielles, ce n’est pas faire passer le taux de participation d’environ 15% à 60% qui serait compliqué pour lui. C’est vraiment un détail à côté des prouesses frauduleuses qu’il a déjà à son palmarès.

N.V : Quelle Cei pensez-vous nécessaire pour 2015 afin d’éviter les désastres électoraux de 2010, 2011 et 2013 ?

D.A.P : Vous avez raison de poser cette question, car il faut dès à présent renouveler l’architecture institutionnelle et juridique pour des élections crédibles et fiables en 2015. Ces aménagements en profondeur ne peuvent se faire que dans une approche démocratique et consensuelle entre le pouvoir et son opposition significative. Sur ces questions hautement importantes qui engagent la vie de la nation, le pouvoir doit comprendre qu’il ne peut et doit décider seul. Nulle part ailleurs l’organe chargé des élections n’est la résultante d’une décision unilatérale du pouvoir. C’est inadmissible et ce ne sera plus admis.

Il nous faudra une Cei libérée des pesanteurs des partis politiques qui pourraient y être certes mais en qualité d’observateurs afin de vérifier la fiabilité des opérations électorales. Cela éviterait de déporter au sein de la commission électorale, les contradictions politiques. La Commission doit, en outre, bénéficier d’une sécurité financière pendant et après sa mission, pour ses membres. Ainsi que d’un régime juridique expressément aménagé à cet effet. Cette Commission ne peut être crédible et digne de confiance que si elle émane d’un gouvernement qui lui-même aura subi des modifications notables aussi bien dans sa nature, sa composition que dans ses missions. C’est pourquoi, au vu du processus électoral qui vient de s’achever et considérant les tensions permanentes dans le pays, nous en appelons vivement à la mise en place d’un gouvernement de transition pour préparer les élections capitales de 2015. Ce gouvernement serait représentatif de l’ensemble des opinions politiques et de la société civile. La Côte d’Ivoire a des problèmes dont la solution ne peut attendre 2015. C’est maintenant qu’il faut agir pour 2015 afin d’éviter que 2015 soit un 2010 aggravé. Le gouvernement de transition est une approche sage, raisonnable pour contenter au minimum toutes les parties entre un Ouattara qui n’a pas gagné les élections et nous qui avons été spolié, de notre victoire.

N.V : Mais justement Alassane Dramane Ouattara a annoncé sa candidature pour la présidentielle de 2015. Quel commentaire vous inspire cette annonce ?

D.A.P : J’avoue que M. Ouattara est un personnage assez atypique. Alors que de façon courante, c’est le chef de l’Etat en exercice, parce qu’au travail et très occupé, qui est le dernier à annoncer sa candidature, en Côte d’Ivoire à un peu plus de 2 ans des échéances électorales de 2015, la première personne à annoncer sa candidature n’est pas un opposant mais celui qui est au pouvoir. Pourquoi cette annonce prématurée ? A qui s’adresse-t-elle ? Le chef de l’Etat s’adresse-t-il à Soro Guillaume, son dauphin constitutionnel, qui se donne de plus en plus une carapace présidentielle, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, et dont, bon nombre d’élus Rdr et indépendants se réclament de plus en plus ouvertement ?

Cette annonce de candidature ne concerne-t-elle pas aussi l’allié Pdci dont les velléités d’indépendance se font de plus en plus menaçantes ?

Cette annonce pourrait aussi bien s’adresser aux soutiens extérieurs d’Alassane Dramane Ouattara qui commencent à faire l’unanimité sur son incompétence et qui attendent toujours le retour sur les investissements qu’ils ont consentis pour son installation au pouvoir. Ouattara veut sans doute leur dire : « Soyez patients et soutenez-moi toujours, surtout en 2015 et je serai plus diligent envers vous ». En tout état de cause, cette annonce renferme des énigmes qu’il faut à tout prix déceler.

N.V : Le Fpi et tous les pro-Gbagbo auront-ils un candidat en 2015, selon vous ?

D.A.P : 2015, c’est dans deux ans, toute annonce maintenant serait prématurée.

N.V : Comment jugez-vous l’appel au sursaut patriotique lancé par le Fpi au Pdci-Rda pour sauver la Côte d’Ivoire qui est à la croisée des chemins ?

D.A.P : Cet appel au sursaut patriotique du Fpi est partagé par des cadres du Pdci et non des moindres. Cet appel doit non seulement être adoubé par les militants de ces deux partis politiques, mais au-delà, par tous les Ivoiriens soucieux de sauver la Côte d’Ivoire du naufrage dans lequel Ouattara et le Rdr l’ont mise. C’est donc la Côte d’Ivoire qui appelle le Fpi, le Pdci et voire même l’aile modérée du Rdr et les autres partis du Rhdp. Laissons de côté les égos, les récriminations personnelles et entendons ce cri du cœur de la Côte d’Ivoire. Nous avons suffisamment pris la mesure de la situation et le péril réel qui nous guette tous. A moins que nous soyons des imbéciles, des chiens, nous devons changer notre manière de nous asseoir.

Interview réalisée par Didier Depry in "Notre Voie".

didierdepri@yahoo.fr


jeudi, 02 mai 2013

COTE D'IVOIRE ET VENEZUELA: DEFIS COMMUNS

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En ce mois d’avril, il y a deux dates importantes dans l’histoire de deux pays: la Côte d’Ivoire et le Venezuela. Le 11 avril, le peuple ivoirien commémore le jour tristement célèbre où les forces armées d’une puissance étrangère ont renversé Laurent Gbagbo, chef d’État légitime d’un pays indépendant et souverain.

 

Le 14 avril, le peuple vénézuélien choisira un nouveau président, après la mort tragique, il y a à peine un mois du Commandante Hugo Chavez. Certains diront : deux pays différents, deux continents différents. Et pourtant la Côte d’Ivoire et le Venezuela ont bon nombre de similitudes et de défis en communs.

Nous nous souvenons des images d’avril 2011 en République de Côte d’Ivoire. Des images tristes, honteuses, nous donnant l’impression de revenir aux jours les plus sombres du colonialisme, lorsque le puissant écrase et humilie le plus faible en lui imposant sa volonté. Sauf que le néocolonialisme a signé son arrêt de mort ce jour-là. Car depuis cet instant la résistance n’a perdu de son intensité. Bien au contraire : elle ne cesse de grandir et s’organise très efficacement. En Côte d’Ivoire, dans d’autres pays du continent africain et au sein de la diaspora en exil, les actions ciblées ne manquent pas. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder les nombreuses images des manifestations aux quatre coins du monde en soutien à Laurent Gbagbo. D’ailleurs pas seulement au sein des Ivoiriens, mais également parmi tous les Africains, comme l’a si bien montré la manifestation d’envergure organisée aujourd’hui au Cameroun. Depuis le fameux 11 avril 2011, l’histoire de la Côte d’Ivoire et de toute l’Afrique a pris un tournant, et ce tournant a marqué définitivement la lutte pour la véritable indépendance et la souveraineté, ainsi que le combat pour la justice et la vérité. Le défi principal aujourd’hui de la Côte d’Ivoire est de voir Laurent Gbagbo libéré. Seule cette libération pourra assurer une véritable réconciliation nationale. La CPI devra d’ailleurs se prononcer d’ici peu sur cette libération.

D’ici quelques jours, le 14 avril, la République bolivarienne du Venezuela choisira son nouveau président suite au décès d’Hugo Chavez. Deux candidats sont en lice : Nicolas Maduro, partisan et successeur du président Chavez et Henrique Capriles, libéral pro-occidental, soutenu et financé activement par les USA. Le choix est assez simple : maintien de la souveraineté et de la justice sociale ou perte de l’indépendance au profit de forces extérieures et du pouvoir oligarchique. Quels parallèles avec la Côte d’Ivoire ? Chavez et Gbagbo se ressemblent sur beaucoup de points : justice sociale, défense de l’indépendance et de la souveraineté de leurs pays, priorité aux intérêts nationaux et non celles des puissances étrangères et des multinationales occidentales. Qu’en est-il des deux autres protagonistes ? Nous avons Ouattara, le « président » installé par l’armée française dans le cas ivoirien et Capriles au Venezuela pour une mainmise des USA sur le Venezuela… Étrange ressemblance également : tous deux néolibéraux, « défenseurs » ardents des privatisations massives et partisans de la baisse des programmes sociaux. Et bien sûr, aussi bien Ouattara (cadre du FMI) que Capriles (oligarque) sont des « alliés » inconditionnels des puissances occidentales. Bien que le mot « allié » ne soit pas tout à fait approprié, car il ne s’agit pas d’une relation d’égal à égal, mais plutôt du serviteur avec ses maîtres.

Le monde a beaucoup changé, en particulier depuis les dix dernières années. La Russie, humiliée dans les années 1990, a retrouvé pleinement son statut de grande puissance et continue de s’imposer à tous les niveaux et sur tous les fronts. L’Amérique latine, région ayant vécu trop longtemps sous le contrôle quasi-direct d’un pays et en particulier d’une organisation (dont le nom est CIA) est aujourd’hui dans sa grande majorité un exemple et une source d’inspiration pour le reste du monde. Le Venezuela en est un des acteurs clés. L’Afrique, continent martyr et pourtant tellement riche, aussi bien en ressources naturelles qu’humaines, ne peut toujours pas savourer pleinement sa souveraineté. D’ailleurs, a-t-elle eu dans son ensemble et dans son histoire récente la possibilité de profiter véritablement de son indépendance, ne serait-ce que brièvement ? A quelques exceptions près, la réponse est négative. En Côte d’Ivoire, à l’image des grandes personnalités africaines et mondiales, comme Patrice Lumumba, Nelson Mandela, et des autres grandes figures politiques africaines, Laurent Gbagbo a décidé d’en finir avec un système mafieux et criminel et a lancé ouvertement un défi aux néocolonialistes. Ces néocolonialistes ont répondu avec la plus grande violence qui soit afin de le faire chuter et ont installé un pantin au pouvoir par la force de leurs armes. Mais malgré tout l’arsenal armé et médiatique de ces puissances néocoloniales, elles n’ont non seulement pas réussi à détruire, ou du moins atténuer les aspirations de liberté des Africains, mais au contraire n’ont fait que confirmer la nécessité absolue d’en finir avec ce système mafieux et criminel une bonne fois pour toute.

Nous souhaitons à ces pays de réussir à gagner définitivement leur souveraineté. Cette souveraineté sera la clé pour profiter pleinement de leurs ressources et de leur potentiel. Dans le cas vénézuélien, reste également à souhaiter que quel que soit le résultat, il sera respecté par les forces extérieures, et avant tout étasunienne. Souhaitons également qu’Henrique Capriles ne copie pas son homologue Alassane Dramane Ouattara en appelant des forces armées étrangères pour bombarder son propre pays sous prétexte qu’il est « le bon candidat ».




Source: RADIO LA VOIX DE LA RUSSIE

lundi, 29 avril 2013

DEUXIEME FIASCO ELECTORAL - ALASSANE DRAMANE OUATTARA RATE SON NOUVEAU RENDEZ-VOUS AVEC LA DEMOCRATIE



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C’était le 11 octobre 1968. Il y a longtemps. Mais puisque Margaret Thatcher vient d’être enterrée en grande pompe en Angleterre et que sa politique «libérale» est encensée (encore) par quelques adeptes, cela vaut le coup de rappeler l’interrogation qui était celle de la «dame de fer» (quand elle ne l’était pas encore ; elle appartenait au Shadow Cabinet de Ted Heath). C’était à l’occasion de la conférence annuelle du Conservative Political Centre (CPC). Thatcher, qui avait alors 43 ans (mais près de dix ans d’expérience comme députée), était l’étoile montante de la vie politique britannique mais pas encore la star qu’elle deviendra quelques années plus tard, avait posé la question dans un texte fondateur du «thatchérisme»: «What’s wrong with politics?».


Elle y prônait une « politique de conviction » contre la « politique de consensus » en vigueur dans les rangs des conservateurs. La démocratie, disait-elle, « suppose l’alternative politique et un contre-gouvernement prêt à prendre en main les rênes du pays […] Aucun grand parti ne peut survivre sur des bases qui ne soient pas celles d’une ferme conviction de ce qu’il veut faire ». Elle ajoutait : « Il n’est pas de politique qui vaille en dehors des réalités ».

Cette interrogation («Qu’est-ce qui ne marche pas en politique?») et ces propos thatchériens me reviennent en mémoire alors que la Côte d’Ivoire est confrontée à l’émergence d’une nouvelle crise politique.

Les élections régionales couplées, déjà reportées, viennent de se dérouler de la façon la plus indescriptible qui soit. Impréparation, faible participation, confusion… et, tout naturellement, en fin de parcours, affrontements violents dans plusieurs villes du pays. Un K.O. annoncé pour le parti au pouvoir, le RDR, et un chaos avéré pour la République de Côte d’Ivoire qui n’avait pas besoin de cela.

Deux ans après avoir prêté serment (6 mai 2011), Alassane D. Ouattara se trouve, une fois encore, confronté à la réalité politique et sociale de son pays alors qu’il ne semble s’intéresser qu’à une virtualité économique (l’émergence en 2020) à laquelle l’encouragent, hélas, ses partenaires mondiaux et les institutions internationales qui l’ont formaté.

« Il n’est pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». Quand donc ADO va-t-il les prendre en compte ? En novembre 1988, à Washington, alors qu’il se préparait à quitter le FMI pour le gouvernorat de la BCEAO, il me disait que « les bonnes politiques économiques, ce sont des recettes de bonne femme, des choses très simples » et que pour les mettre en œuvre il fallait « un assainissement préalable du terrain ». O.K pour l’économie, c’est son job. Mais en matière politique, le « libéral » qu’il est (ce que je ne suis pas, loin de là) devrait relire Thatcher qui a des « recettes de bonne femme » qui pourraient lui permettre de ne pas être dégagé en touche avant l’heure : « Aucun grand parti ne peut survivre sur des bases qui ne soient pas celles d’une ferme conviction de ce qu’il veut faire ».

Or, le RDR ne semble vouloir rien faire d’autre que d’avoir le pouvoir pour quelques uns de ses « grottos ». ADO en a pris les rênes à l’été 1999 – cela fait quand même pas loin de quatorze ans – et ce parti n’a, depuis, cessé de se « déconstruire ». Le RDR accède au pouvoir après avoir raté le coche à de multiples reprises et, après deux années d’exercice, ne semble pas en mesure d’être un pôle de mobilisation de la vie politique de la droite libérale ivoirienne. L’impréparation se doublerait d’incompétence?

Le RDR, c’est le marshmallow de la vie politique ivoirienne. Aucune consistance ; goût factice. Amadou Soumahoro, son secrétaire général par intérim depuis le 14 juillet 2011, en a été le secrétaire général adjoint de 2005 à 2011 (il aurait été battu, ce week-end, à Séguéla). On se demande ce qu’il a « foutu » toutes ces années. Et quels sont les conseils distillés en 2011-2012 à Ouattara (il était son conseiller spécial en charge des affaires politiques). Djeni Kobina, fondateur du RDR, et Henriette Dagri Diabaté, qui a pris sa suite jusqu’à la nomination d’ADO à la présidence du parti le 1er août 1999, avaient une vraie personnalité (même s’ils avaient des insuffisances organisationnelles). Ce n’étaient pas des marshmallows. Le 4 avril 2013, à la veille de la campagne pour les régionales, Soumahoro « imaginait » déjà la victoire de Ouattara « au premier tour » de la présidentielle… 2015.

« La Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, est plongée dans le clameurs et les vivats de joie et de bonheur ». Il ajoutait : « Nous devons démontrer que nous sommes prêts pour 2015, en faisant de ces élections régionales et municipales un succès républicain et populaire ». Raté.

Le site du RDR fait état, en lieu et place de sa victoire, « des violences post-électorales » dans plusieurs villes du pays, précisant que « l’armée quadrille la ville d’Abidjan ». Ces élections n’auront pas été «un succès républicain et populaire ». Ce qui serait « républicain et populaire» (et salutaire pour le RDR) c’est que Soumahoro aille exprimer ailleurs son incompétence politique. Mais comme me le répétait Balla Keïta: «Si tu es au milieu des crapauds accroupis, ne demande pas une chaise».

Les régionales devaient être l’étape « du rassemblement et de l’unité pour l’édification d’une Côte d’Ivoire paisible, réconciliée et prospère » prédisait Soumahoro. Le FPI boycottait le scrutin ; il ne restait sur la scène politique que le RDR et le PDCI-RDA et des « indépendants » parfois instrumentalisés par Soumahoro. Les deux partis s’étaient rassemblés, au second tour de la présidentielle 2010, pour faire gagner (de justesse) Ouattara. Une crise post-électorale (déjà) particulièrement meurtrière et deux années de pouvoir ont eu raison de cette alliance sans que, pour autant, puisse s’exprimer une opposition viable. Résultat de la « politique de consensus » dénoncée par Thatcher. Qui exprimait une donnée gastronomique : « Nous n’avons pas beaucoup « bouffé » pendant dix ans, nous avons, du même coup, plus d’appétit que d’ordinaire ». Or chacun sait que les « grottos » ivoiriens ne sont pas anorexiques !

Le pari de Ouattara c’est: impasse sur la politique (il déteste son « ambiance délétère ») ; relance de l’économique (ce qu’il pense savoir faire). Du même coup, « les populations voyant leurs conditions de vie améliorées [vont] massivement renouveler leur confiance au président » (pronostic de Soumahoro/maschmallow le 4 avril 2013). Sauf que ça ne marche pas comme cela. Et Toussaint Alain, le communicant du FPI, peut évoquer une « traversée du désert électoral ». « Les Ivoiriens, dit-il, dans leur ensemble, ont manifesté leur désintérêt aux élections locales, Alassane Ouattara a été incapable de rassembler les Ivoiriens ».

On peut ne pas partager l’engagement de Toussaint Alain, on ne peut que partager son diagnostic. « Même sans opposition pro-Gbagbo, qui a décidé de boycotter le scrutin, commente Jeune Afrique sur son site, la Côte d’Ivoire ne peut visiblement pas organiser un scrutin sans que des violences ne se déclenchent […] Ces nombreux incident mettent essentiellement en cause des partisans du RDR du président Alassane Ouattara et du PDCI de l’ex-chef d’Etat Henri Konan Bédié ».

La presse pro-Gbagbo, bien sûr, s’en donne à cœur joie. Mais quelques jours après que le chef de l’Etat ait décidé de faire l’impasse sur une Assemblée nationale où le RDR est pourtant majoritaire pour gouverner par ordonnances, ce (double) fiasco électoral (échec du RDR + échec gouvernemental) annonce des lendemains difficiles pour Ouattara. Il est temps de se ressaisir et de prendre conscience que la Côte d’Ivoire 2013 n’est pas celle des années «Houphouët». Personne n’a intérêt à ce que le pays renoue avec une crise politique d’ampleur. «On lui reproche de vouloir créer un apartheid, un développement séparé pour quelques privilégiés et un statut de seconde classe pour les masses» disait-on de Thatcher en 1968 qui finira par imposer ses « convictions » plutôt que la négociation. C’est ce qu’on dit de Ouattara en 2013. Il est urgent, en Côte d’Ivoire, de repenser le mode de production politique. Si tant est qu’il y en ait un.

 

Jean-Pierre BEJOT

La Dépêche Diplomatique

 

Source: LEFASO.NET

dimanche, 28 avril 2013

APRES LE DESERT ELECTORAL - ABOU CISSE A SON NEVEU ALASSANE OUATTARA: «LA PRIORITE AUJOURD’HUI, C’EST LA LIBERATION DE TOUS LES PRISONNIERS»

 

 

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Quels commentaires pouvez-vous faire sur le «désert électoral» constaté pendant les municipales et régionales du 21 avril 2013?

Ce désert électoral était prévisible. Et le régime actuel doit tirer les conséquences. Nous sommes très heureux. Le mot d’ordre du Fpi a été respecté. On a constaté, partout en Côte d’Ivoire, un «désert électoral  dans tous les centres de vote. C’est un signal fort à la communauté internationale et nationale. En d’autres termes, à tous ceux qui disaient que le Président  Laurent Gbagbo était minoritaire dans ce pays. Les populations ivoiriennes viennent de démontrer que le Président Laurent Gbagbo compte beaucoup pour eux. Il ne peut avoir de réconciliation dans ce pays sans lui et le Fpi. C’est un autre coup dur pour le régime qui se vante pourtant tous les jours, d’être le choix des Ivoiriens depuis le 11 avril 2012. Le dimanche 21 avril 2013, il vient en effet, de subir un cinglant désaveu venant des Ivoiriens. Les élections municipales et régionales qu’il a tenu à organiser envers et contre tout, en balayant du revers de la main les propositions du Fpi, ont été massivement boycottées par l’ensemble des Ivoiriens. La Côte d’Ivoire a préféré s’occuper à autre chose, que de se rendre dans des urnes pour accompagner un régime qui a un gros problème de légitimité. Le régime actuel est vomi par la population ivoirienne.

Pourquoi?

Toutes leurs promesses n’ont jamais été traduites dans les faits. La priorité aujourd’hui, c’est la libération de tous les prisonniers. Et le retour du Président Laurent Gbagbo. Tout thème de campagne qui n’associe pas la libération de ce dernier et des autres prisonniers politiques est voué à l’échec.

Nous pensons que le mot d’ordre de boycott de ces élections du Front populaire ivoirien est à salué. Nous ne pouvons que remercier les Ivoiriens pas seulement pour avoir traduit dans les faits l’appel du Fpi, mais pour avoir entendu les cris de la mère patrie meurtrie depuis le 11 avril 2011. En effet, ce second désert électoral confirme l’illégitimité du régime Ouattara.

Le taux de participation varie selon les sources. La Commission électorale indépendante avance 30%, les chaînes étrangères évoquent 13 à 15 %, le Fpi parle de 12 à 13%...

Nous avons des informateurs au sein de la Commission électorale qui nous disent le contraire. Le taux de 30% avancé est une manière d’arranger le régime actuel. Parce que ce désert est un échec patent d’Alassane Ouattara. Même si on s’en tient à ce chiffre de la Commission, c’est toujours le désert. En d’autres mots, il montre que le pays est gouverné par une minorité. Nous avons des éléments d’appréciation venant de la Commission qui nous indique que le taux de participation réel est de 14,57%. Le régime doit reconnaître sa défaite au lieu de vouloir à tout prix gonfler les chiffres. On ne peut cacher le soleil avec la main. Le mensonge a beau se lever tôt le matin, il est vite rattrapé par la vérité. La Commission électorale et le régime soutiennent que les élections en Côte d’Ivoire n’attirent pas le monde… C’est du mensonge. Les élections locales intéressent tous les citoyens. Parce que les élus sont plus proches d’eux. La population est fatiguée de l’incompétence des gouvernants. Le régime doit reconnaitre sa défaite. Et avoir le profil bas.

Quelles leçons peut-on tirer de ce désert électoral?

Il faut que le régime démissionne. Parce que ce second désert électoral vient démystifier Alassane Ouattara. C’est fini pour lui. La base de la société ivoirienne, dans sa majorité, le  rejette. Ce qui est très grave. Il ne connaît pas bien la population ivoirienne. Qu’il arrête de faire le boucan. Tout le monde se rend compte que le Président Laurent Gbagbo détient la majorité dans ce pays. Donc la question "qui a gagné l’élection présidentielle?" demeure. Il faut que cette question soit élucidée. C’est le nœud de la crise qui secoue notre pays. Tant que l’on n’a pas répondu à cette question, il serait difficile d’aller à la paix.

Après les élections, on constate un regain de violence en Côte d’Ivoire…

Cela ne pouvait être autrement. Le Rdr est devenu un parti de violence. Il s’attaque à son allié d’hier. C’est-à-dire le Pdci. Et pourtant, ils ont accusé le Fpi d’être un parti de violents. Or ce parti n’a pas participé à ces élections. Face à ces violences partout, nous disons que c’est une victoire pour le Président Laurent Gbagbo et le Fpi.

Comment imaginer un seul instant si cette formation politique avait participé à ces élections. On allait les accuser d’être à la base de cette violence. C’est la victoire du Président Gbagbo et du Fpi. Ce serait dommage si cette formation politique avait participé à ces élections. Nous saluons les responsables du Fpi pour avoir eu le nez creux en appelant les Ivoiriens à rester à la maison. La Côte d’Ivoire a besoin d’un changement.

On comprend difficilement que les deux alliés se battent…

Leur alliance est basée sur du faux. C’est une alliance contre nature. Il faut comprendre que cette alliance a été voulue par Jacques Chirac pour combattre le Président Laurent Gbagbo.

Alors que l’ancien Président français ne connaît pas la Côte d’Ivoire. Où est passée la communauté internationale qui était prompte à condamner le régime de Gbagbo? C’est bien fait également pour le Pdci. Cette formation politique doit assumer son accointance avec le Rdr. Il est temps que le plus vieux parti du pays revienne à la raison en répondant à l’appel du président du Fpi, Miaka Ouretto.

Quel message aux Ivoiriens?

Les mots nous manquent pour qualifier ce qui s’est passé dimanche. Nous ne pouvons qu’être heureux. Les Ivoiriens sont formidables. Ils ont démontré une fois de plus qu’ils sont derrière le Président Laurent Gbagbo. Il n’y a vraiment rien en face. Ce n’est que le début de la victoire. Nous invitons les Ivoiriens à rester mobilisés. Ceux qui ont soutenu le régime actuel doivent être petits dans leurs souliers. Félicitations à tous les Ivoiriens qui ont décidé de rester à la maison. Le gouvernement a échoué sur tous les plans. Non seulement les élections ont été émaillées de graves violences opposant les alliés, mais le mot d’ordre de boycott du Fpi est largement suivi dans toute la Côte d’Ivoire. Et c’est Youssouf Bakayoko, le président de la Commission électorale indépendante (Cei) qui est le premier à parler de «désert électoral ». Il ne savait peut-être pas qu’il avait très vite parlé. Face à cet autre échec, le régime doit saisir la perche du dialogue à lui tendue le 19 septembre 2011 par le Front populaire ivoirien. En d’autres termes, il faut donc aller à la table du dialogue pour s’asseoir et discuter franchement pour une sortie heureuse de la crise, pour le bonheur des Ivoiriens.

 

Interview réalisée par Yacouba Gbané.


Source: Le quotidien ivoirien «LG Infos» N° 421 du 24 avril 2013.

mercredi, 24 avril 2013

DECLARATION DU SG ADJOINT CHARGE DES ELECTIONS ET DE LA RECONCILIATION AU FPI

 

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Le monde entier sait désormais qui sème la violence et le crime pendant les joutes électorales en Côte d'Ivoire et qui est abonné à la violence politique, à la fraude et au désordre, de tout temps. Merci, SEIGNEUR! Fernand Dindé.


On peut retenir essentiellement trois choses de ces élections Wouya-Wouya (de pacotille, Ndlr) comme vous les avez appelées.

La première chose, c’est lorsque le Fpi lance un mot d’ordre, il ne le fait pour le plaisir de le faire. C’est en toute connaissance de cause. Le Fpi a indiqué que ces élections ne seraient pas crédibles parce qu’elles ne sont ni démocratiques, ni inclusives.

Le Fpi a interpelé le président Ouattara et la communauté internationale sur ces deux faits, il n’a pas été entendu. Le résultat est là. Les estimations qui nous parviennent indiquent que le taux de participation ne peut pas excéder 15%. Cela veut dire que respectant le mot d’ordre de boycott du Fpi, les Ivoiriens ne se sont pas sentis concernés par ces simulacres d’élections. Comme ce fut le cas lors des législatives.

Deuxième chose, nous constatons que la Cei que nous décrions tant a encore prouvé qu’elle est partisane et qu’elle n’a pas les compétences nécessaires pour organiser des élections propres. A preuve tous les retards, les changements de position des candidats sur les bulletins de vote et les tâches découvertes dans les cases de certains candidats.

Troisième chose, les élections ont été émaillées par endroits de violence. Cela confirme parfaitement de quel côté se trouve la violence. Cela confirme également ce qui s’est passé pendant les élections présidentielles.

La leçon qu’on en tire est qu’en politique, il est bon quelquefois d’écouter l’opposition. Et c’est la bonne gestion des contradictions qui est la base de la démocratie. Le gouvernement voulait organiser ces élections à tout prix, il l’a fait et voilà le résultat. Les Ivoiriens les ont proprement boudées. Il doit maintenant en tirer toutes les conséquences. C'est-à-dire qu’il se rende à l’évidence que ces élections ne sont pas crédibles. En ce sens que nous allons avoir des maires et des présidents des conseils régionaux qui ne sont pas représentatifs parce qu’issus d’une minorité.

Cela montre que c’est bien le Fpi qui est le parti majoritaire dans ce pays. Le jour où le Fpi participera à une élection, nous aurons une affluence record.

Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier les Ivoiriens qui ont fait preuve de maturité politique en respectant le mot d’ordre du FPI.»

 

Pr Dano Djédjé , SG adjoint chargé des élections et de la réconciliation au FPI


Source: AFRICRY

jeudi, 18 avril 2013

KONAN BANNY VOIT ROUGE A BORDEAUX

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Présent dans la capitale girondine pour une conférence, le président de la CDVR, Charles Konan Banny, a été violemment pris à partie par des pro-Gbagbo. Reportage sur l’état de la pacification de la Côte d’Ivoire.



Invité le 12 avril pour animer une conférence sur la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire lors de la seconde Journée de l’Afrique de la ville de Bordeaux, Charles Konan Banny "CKB" a totalement perdu son flegme face à plusieurs partisans de Laurent Gbagbo venus lui apporter la contradiction. Après la présentation de la conférence par Alain Dupouy, le "monsieur Afrique" d’Alain Juppé, suivie d’un exposé du général Bruno Clément-Bollée, directeur de la coopération de sécurité et de défense au Quai d’Orsay, une dizaine de militants infiltrés vêtus de tee-shirts "No Gbagbo, No Peace" se sont levés comme un seul homme, traitant le patron de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) de "menteur", "d’usurpateur" et d’autres noms d’oiseaux. Alors qu’Alain Dupouy a failli en venir aux mains pour les expulser, Charles Konan Banny est allé au devant des manifestants pour en découdre. Modérateur de la rencontre organisée au Musée d’Aquitaine, le juriste constitutionnaliste bordelais Jean du Bois de Gaudusson regardait, ébahi.

Après un échange d’invectives, l’ex-gouverneur de la BCEAO est finalement parvenu à installer le dialogue avec la salle, non sans avoir endossé le costume de patriarche appelant au respect des anciens. "Je n’ai pas peur de tout cela. Ces intermèdes font partie du contexte ivoirien" a-t-il expliqué, tout en constatant : "Il nous reste du pain sur la planche !". Après une longue tirade sur le rôle de la CDVR, Charles Konan Banny, nommé à ce poste par Alassane Ouattara, a réaffirmé sa "totale indépendance d’esprit" à l’égard de l’exécutif ivoirien. "Qu’est-ce qui vous fait croire que nous ne sommes pas préoccupés par cette question ?", a-t-il également rétorqué à Guy Labertit, ex-responsable Afrique du Parti socialiste français et ami de Gbagbo, qui l’interrogeait sur le pardon "actuellement inexistant en Côte d’Ivoire". Malgré un prêche de trois heures sur la non-violence truffé de proverbes baoulés, CKB n’a pas convaincu les militants pro-Gbagbo. Certains ont quitté la salle en hurlant "Banny, la honte !".


In "La Lettre du Continent"


Source: La page Facebook de Théophile Kouamouo

samedi, 13 avril 2013

ENTRETIEN HOLLANDE-OUATTARA: CE QUI A FILTRE

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Le président de la République a reçu cet après-midi à l’Elysée, M. Alassane OUATTARA, président de la République de Côte d’Ivoire.

Les deux présidents ont évoqué la situation au Mali et sont convenus de tout faire pour que le calendrier des élections soit tenu. Ils ont salué la mise en place de la Commission nationale de dialogue et de réconciliation qui doit jouer un rôle clé pour favoriser le retour à l’unité et à la stabilité du Mali. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire assure la présidence, poursuivra ses efforts pour aider le Mali en s’appuyant notamment sur la médiation burkinabé. Ils ont évoqué les progrès des discussions au Conseil de sécurité à New York pour la transformation de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) sous conduite africaine en opération de stabilisation des Nations Unies.

Ils ont également décidé que nos deux pays travailleraient en étroite concertation pour préparer la Conférence internationale sur le développement du Mali qui se réunira le 15 mai prochain à Bruxelles.

S’agissant des relations bilatérales franco-ivoiriennes, ils ont fait un point d’étape sur la mise en œuvre du contrat de désendettement-développement (C2D), signé le 1er décembre 2012 entre les deux pays. Le président de la République a encouragé les autorités ivoiriennes à poursuivre les réformes engagées dans le domaine de la sécurité, de la réconciliation et du dialogue politique.


Source: ELYSEE.FR

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Alassane Dramane Ouattara, le chef de l’Etat ivoirien, a été reçu aujourd’hui 11 avril 2013 par le Président français, François Hollande, malgré un état de santé inquiétant, selon plusieurs sources.

De source diplomatique très crédible, Alassane Ouattara aurait été recadré vertement par François Hollande, qui se serait plaint avec sévérité de la dérive dictatoriale de son régime, des violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, de l’impunité de son armée, de la présence d’une justice à deux vitesses ou justice des vainqueurs, et lui aurait demandé avec insistance, d’y mettre fin.

La date du 11 avril choisie par Hollande pour recevoir Ouattara n’est pas passée inaperçue, et est même très symbolique. Car c’est le 11 avril 2011 que les troupes françaises du Président Nicolas Sarkozy, proche de Ouattara, franchirent les portes du palais présidentiel d’Abidjan-Cocody, pour arrêter et kidnapper le Président Laurent Gbagbo, son épouse Simone Ehivet Gbagbo, son fils Michel Gbagbo, et plusieurs de leurs proches.

Et c’est ce 11 avril 2013 qu’aura choisi le Président François Hollande pour quasiment signifier la fin de la récréation à Ouattara sur les violations des droits de l’homme par son régime, l’impunité des FRCI et des dozos, et sur la présence d’une justice partiale à sens unique, dirigée contre Laurent Gbagbo et ses proches.

Selon notre source, les échanges entre les deux hommes auraient été très toniques.

Avec le recadrage de Ouattara par Hollande aujourd’hui, c’est la série noire pour Ouattara qui amorce une véritable descente aux enfers.

En effet, cette semaine, Norbert Navarro de Jeune RFI et François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, dans une émission de RFI dimanche, évoquaient pour la première fois, le lâchage de Ouattara par les réseaux maçonniques pour son manque de vertu, et pour les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

Avant eux, c’est Human rights watch qui a dénoncé la semaine dernière, la partialité de la CPI, la non tenue des promesses par Ouattara qui applique une justice à sens unique dans son pays, évitant soigneusement d’épingler son propre camp, et recommandé à la Communauté internationale, l’asphyxie financière du régime jusqu’à ce que le changement intervienne.

 

Catherine Balineau


Source: IVOIREBUSINESS.NET


Lu sur RESISTANCE COTE D´IVOIRE ISRAEL

vendredi, 12 avril 2013

APPEL A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE RELATIVEMENT A L'EXCLUSION DU FPI DU JEU ELECTORAL PAR LE REGIME OUATTARA

 

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Appel No 001/2013


Le pouvoir Ouattara, en décidant d’exclure le FPI du scrutin législatif en décembre 2011 sans avoir été interpellé par vous, et maintenant, en l’excluant encore du jeu électoral, relativement aux scrutins locaux, prend rendez-vous avec l’histoire en se rendant coupable d’une grave dérive totalitaire.

Ce pouvoir, installé à coups de bombes au nom de la démocratie au détriment du FPI, refuse d’appliquer les termes de la résolution 2062 du 17 juillet 2012 que vous avez produite au nom de l’ONU.

Il est encore temps d’arrêter ce cavalier seul du RDR et du RHDP qui conduit inexorablement la Côte d’Ivoire vers un régime de parti unique, ce qui constituerait pour nous, un recul de près d’un quart de siècle.

L’ONU et son Conseil de Sécurité jouent, à ce tournant  de l’histoire de notre pays, leur crédibilité et ne peuvent plus s’autoriser sans dommage à produire des résolutions contre le seul camp Gbagbo. Tout comme, au demeurant, la Cour Pénale Internationale joue également sa crédibilité, dans un éventuel procès, qui ne visera que Laurent Gbagbo seul.

Le Front Populaire Ivoirien vous prend donc à témoin, en vous informant en même temps qu’il ne se taira pas, ni face à la dérive totalitaire du pouvoir Ouattara, ni lors de l’éventuel procès de Laurent Gbagbo, où il y a tant à dire sur toutes les complicités inavouables, lors de la crise électorale et post électorale.

 

Abidjan, le 11 avril 2013

Le Président par intérim


MIAKA Ouretto

vendredi, 29 mars 2013

AMANI NGUESSAN SANS DETOUR: «ALASSANE OUATTARA EST UN INCAPABLE»

 

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Michel Amani N’Guessan n’est pas tendre avec le pouvoir actuel. S’adressant, samedi dernier, aux militants du Fpi, à l’ancien QG de campagne de Laurent Gbagbo à Cocody-Attoban, il a chargé Alassane Dramane Ouattara. «Ouattara est un incapable politiquement. Ce pouvoir nous reçoit pour des discussions quand il pense qu’il peut nous mettre dans ses combines. Ouattara espère qu’avec le temps, le FPI rentrera dans les rangs. Non, ce n’est pas notre vision et il y va de notre dignité», a déclaré l’actuel vice-président du FPI chargé des questions de sécurité.

Pour lui, le jeu démocratique n’est pas libéré parce que, explique-t-il, le RDR a peur du FPI pour lui avoir fait trop de mal. «Ceux qui sont au pouvoir ont peur de nous. Ils nous ont tellement fait de mal qu’ils se demandent ce qu’on ferait d’eux, si nous revenons au pouvoir», a-t-il indiqué. Avant de souligner que ce qui arrange le FPI dérange le pouvoir.

Poursuivant, Michel Amani N’Guessan a déploré le fait que le parti au pouvoir veuille diaboliser l’opposition, en l’occurrence le FPI. «C’est le RDR qui s’est armé pour venir bousculer l’ordre établi. C’est Ouattara qui voulait coûte que coûte le pouvoir et qui a pris les armes contre Gbagbo et le FPI. (Conférer les propos de Koné Zakaria). Le FPI fait notre fierté et nous identifie. Nous ne devons pas détacher Gbagbo du FPI», a-t-il recommandé.

Il a également relevé que l’ancien chef de l’Etat, qui se trouve à la CPI, fait la fierté des dignes Africains. Pour Amani N’Guessan, Laurent Gbagbo est un héros. «La mémoire collective retient toujours le héros vivant de la guerre».

Au dire de Michel Amani N’Guessan, Gbagbo incarne le type d’Africains indésirables pour les impérialistes. «Laurent Gbagbo est en train de porter notre lutte très loin. Nous devons en être fiers et dignes. Il porte le combat des Nkrumah, Mandela et les autres panafricanistes», a-t-il souligné. Il a profité de la rencontre initiée par Marie-Odette Lorougnon pour dire ce qu’il pense du régime actuel. La vice-présidente du FPI a fait l’état des structures de ce parti avec des responsables venus de Bouaké, Béoumi, Botro, Sakassou, Katiola, Niakara et Dabakala.

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 27 mars 2013.


Source: IVOIRIAN.NET

jeudi, 28 mars 2013

POUR METTRE FIN AU CHAOS CREE PAR LE RDR: LE PDCI SE RAPPROCHE DU FPI

 

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Le Pr Miaka Ouréto, président intérimaire du Front populaire ivoirien (Fpi) a raison: Alassane Ouattara et tout son système ont une peur bleue du Fpi. Et quand à cela s’ajoute l’idée de voir le Pdci-Rda se rapprocher du Fpi de Laurent Gbagbo en vue de faire partir Ouattara du pouvoir, c’est la panique, un tournis violent qui s’empare de tout le sommet de l’Etat. A preuve, c’est le président de la jeunesse du Rdr, le député d’Abobo Karamoko Yayoro qui a enfoncé le clou récemment en redoutant un possible rapprochement du Pdci d’Henri Konan et le Fpi de Laurent Gbagbo. A la Rue Lepic l’on est conscient que l’alliance des Houphouétistes contre Gbagbo a fini de produire les effets escomptés. Le Fpi n’est plus au pouvoir. Mais il se pose à eux la lancinante question de la gestion en couple du pouvoir. Ouattara et ses partisans estiment que bien qu’étant membre du Rhdp, le Pdci ne se fait aucun scrupule à critiquer ouvertement et vertement le pouvoir. Pour eux, même à la périphérie du pouvoir Rdr, le Pdci participe à la gestion du pays et doit donc la boucler. Dénoncer le non respect du pacte de Yamoussoukro et l’invasion des ministères et autres directions par les seuls militants du Rdr au détriment du principal allié qu’est le Pdci, «c’est se comporter comme un parti d’opposition, notamment le Fpi» , tranchent les républicains. Ils vont jusqu’à affirmer que «c’est d’ailleurs le double langage soudain et le manque de solidarité du parti de Bédié qui est à la base de la dernière disso - lution du gouvernement.» Que Bédié nous le dise, s’il s’est fait de nouveaux amis, qu’il ait l’honnêteté de le dire à Ouattara, au lieu de lui faire des enfants dans le dos, nous confiait le jeudi dernier un cacique du parti au pouvoir. Qui revendique une proximité notoire avec le chef de l’Etat. 

Pour ce dernier, quand le Pdci relève que des candidats du Rdr ont continué à déposer leurs dossiers de candidatures à la Cei au-delà du délai imparti, c’est une façon déguisée d’accuser déjà le parti au pouvoir de fraude. «C’est un discours qui prouve que notre allié est devenu notre ennemi, pour s’être fait un autre ami qui n’est autre que le Fpi» , estime notre interlocuteur. «Des cadres du Pdci accusent le Rdr d’être hégémonique et d’être à la base de la rupture du consensus au sein du Rhdp concernant les régionales. Dans nos bases, les militants ne se font plus d’illusion. Pour eux, le Pdci a un calendrier et un agenda secrets, dans la perspective de la présidentielle de 2015. Vous vous souvenez de la déclaration fracassante du président Bédié lui- même, au dernier bureau politique du Pdci. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Il y a du Fpi dedans» , se convainc ce haut cadre du parti au pouvoir.

Comme lui, d’autres proches de Ouattara, pour ne pas dire Ouattara lui-même, voient une possible recomposition du paysage politique ivoirien à l’orée des joutes électorales de 2015, avec la réémergence du Front patriotique (alliance Fpi-Pdci) pour balayer Ouattara. Et cette idée, à elle seule, donne déjà l’insomnie au sommet de l’Etat. 



Barthélemy Téhin, in le quotidien ivoirien "LG Infos" N° 396 du lundi 25 mars 2013.

 

Source: CIVOX.NET

mardi, 19 mars 2013

L'OUEST IVOIRIEN: L'IMPOSSIBLE PAIX

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FRCI Diboké

Peuple accueillant et chaleureux, le pays Wê est devenu la proie de toutes les convoitises, mais aussi la terre de toutes les violences depuis le coup d’état manqué de 2002, et qui s’est mué en rébellion armée. Combien ont été tués parce qu’ils sont de l’ethnie guéré ? Non pas pour leur soutien au président Laurent Gbagbo uniquement mais parce qu’ils auraient commis le crime de naître sur des terres fertiles et riches, là où tout pousse.

Aussi, si ces populations autochtones ne refusent pas le partage de leur portion de terre cultivable avec ces autres communautés venues d’ailleurs, ces dernières en abuseront et cela avec le soutien de nouveaux seigneurs de guerre en quête de pécules. Alors que la population essayait d’oublier deux années de traumatismes nées de la crise postélectorale de 2010, cette tranquillité va devenir un véritable cauchemar. Après les violences perpétrées dans plusieurs localités de l’ouest en début de semaine et un calme relatif depuis deux jours, il est impensable que cette accalmie perdura pour toujours. En effet, selon des informations en notre possession, l’ouest qui connait en ce moment un semblant d’accalmie pourrait très vite replonger dans la violence. Et ce, en prévision d’une opération de nettoyage de l’ouest par l’armée régulière (FRCI). Toujours selon cette même source, l’état ivoirien qui aurait du mal à déloger les dozos, et autres seigneurs de guerre venus du Burkina faso, prépare dans le plus grand secret un plan commun avec l’Onuci et le Libéria en vue de venir à bout de ces gangs qui pillent, violent et tuent à l’ouest. Mais si le N°1 ivoirien hésite encore à retourner son propre couteau contre lui-même, celui-ci a bien l’intention d’en profiter pour faire un véritable nettoyage surtout contre les éventuels combattants non identifiés engloutis dans les forêts et parcs de la région.

C’est donc averti de ce projet que le commando invisible, selon une source proche des combattants venus de nulle part, projetterait de se faire entendre à nouveau et cela « sous peu ». Auront-ils le souffle nécessaire face à cette armée des FRCI qui pourrait compter sur le soutien de la communauté internationale en cas de difficulté ?

Les populations de l’ouest qui ont déjà payé le plus lourd tribut durant ces guerres successives en Côte d’Ivoire n’en veulent plus et les nouvelles autorités ivoiriennes devraient tout mettre en œuvre pour garantir la quiétude du peuple Wê. La France, l’Onu et la Cour pénale internationale sont avertis.

 

Source: Eventnews tv-17/3/2013

samedi, 26 janvier 2013

AFFAIRE BLE GOUDE: DU «NOUVEAU» QUI EN RAJOUTE AU FLOU?

 

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L'auteur de cet article, publié sur la page Facebook "Blé Goudé Les Amis", espérait peut-être (avec les Amis en question) nous apporter une nouvelle lumière sur le dossier, mais semble plutôt y avoir apporté un peu plus de flou. Quelle affaire! Bonne lecture.

Exclusif! - Depuis La Haye - Gbagbo impose au FPI une déclaration de soutien et confie: "Il faut laisser Blé Goudé tranquille"

Blé Goudé: "A quoi ça sert d'être libre et dans la clandestinité quand le Président Gbagbo est en prison?"


Après la banalisation du départ, le FPI a fini par produire une déclaration de soutien réclamant la libération immédiate de Charles Blé Goudé. Dans la querelle et la polémique liées à un éventuel deal, le parti de Laurent Gbagbo coupe court, demande aux militants de rester mobilisés et de ne pas se laisser distraire. De bonne source, Laurent Gbagbo n'est pas étranger à cette attitude. Quelques personnes ayant été en contact avec lui, indiquent que l'ex-Président, devant toutes les accusations dont fait l'objet l'un de ses fidèles soutiens, a eu cette réaction: "Il faut laisser Blé Goudé tranquille". 

L'on apprend que Laurent Gbagbo, qui attend avec sérénité son procès pour dire sa part de vérité et démontrer qu'il est innocent, encourage son parti et ses partisans à entrer dans un dialogue politique avec le pouvoir." On a toujours été un parti démocratique et un parti de non-violence. De plus, nous n'avons pas d'armes. Obligeons l'animal de ville à entrer dans la démocratie et dans le dialogue politique. En dehors de la violence et en dehors de la force, l'animal de ville qu'est l'autre ne peut rien. (...) Nous devons parvenir à le sortir de ses méthodes de prédilection. Nous avons eu le temps de voir leurs lacunes et leurs faiblesses, nous ne devons pas continuer à leur laisser seuls le terrain pour profiter des ressources de notre patrie et maintenir dans la pauvreté nos populations et notre peuple", révèle en guise de Verbatim de la pensée, un homme de droit et membre par alliance de la famille Laurent Gbagbo, après une visite à La Haye. 

Blé Goudé confond adversaires et détracteurs: "A quoi ça sert d'être libre, et dans la clandestinité quand le Président Gbagbo est en prison?"

On en sait un peu plus sur la sérénité des membres du Cojep et des partisans indéfectibles de Charles Blé Goudé. Avant son arrestation, Blé Goudé avait émis à haute voix cette réflexion: "A quoi cela sert-il d'être en exil, dans une fausse liberté alors que Laurent Gbagbo est en prison. Mon objectif était de continuer le combat en partant d'Abidjan avant le 11 avril 2011, avec la bénédiction du Président. Mais aujourd'hui l'exil, la clandestinité et cette illusion de liberté valent-elles mieux que la prison, tant que je ne suis pas en mesure d'interagir en faveur du Président Laurent Gbagbo? Moi je suis libre et lui, il n'est pas libre. Par solidarité pour lui, ne devons- nous pas nous constituer tous prisonniers?".

Cette réflexion a le mérite de dérouter aussi bien partisans qu'adversaires de Blé Goudé. Au niveau des adversaires, tout en saluant l'efficacité de la politique et tout en étant prêts à applaudir une éventuelle ruse politique du Président de la République Alassane Ouattara en cas de deal avéré, les pro-Ouattara sont davantage nombreux à penser que Blé Goudé ne mérite aucune rémission de ses fautes. A ce titre, ils supportent mal, très mal même, l'idée d'un deal. Même s'ils rappellent qu'à plusieurs reprises, Blé Goudé a tendu la main aux autorités et s'était porté volontaire pour accompagner la réconciliation nationale. Le carton rouge à Blé Goudé dans le camp Ouattara est une réalité. Mais les partisans de Gbagbo restent eux aussi désorientés et attendent de voir plus clair. Tout en disant qu'il se calmerait, Touré Zeguen a maintenu hier, ses soupçons à l'encontre de Blé Goudé. Pour leur part, depuis l'arrestation de leur leader, les membres du Cojep n'ont de cesse d'inviter les autres exilés à rentrer au pays, disant que la lutte se fait sur le terrain, et non sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter...).

"La souveraineté de la Côte d'Ivoire, c'est Laurent Gbagbo, l'avenir de la souveraineté, c'est Blé Goudé", a déclaré un porte-parole de Blé Goudé, qui en dehors du FPI dispose d'une organisation et de soutiens bien structurés avec le Cojep. Les positions du Cojep qui sonnent comme un regard froid et réaliste, en écho au combattant Blé Goudé, qui affronte la justice de son pays et de ses "bourreaux", donnent du grain à moudre aux soupçons de collusion. Face aux soupçons de deal et aux accusations de trahison, à la suite de Zap Krasso, qui rappelle à Moussa Touré Zeguen in l'Intelligent d’Abidjan, que personne n'a le monopole de l'amour de Laurent Gbagbo, un analyste et observateur averti de la maison Ivoire révèle: "Tout est possible, Blé Goudé peut soigner son image à condition de ne jamais renier Laurent Gbagbo. Là, réside la clé de sa survie politique. Tant qu'il revendiquera l'héritage de Laurent Gbagbo et ne se hasardera pas dans son supposé deal, à devenir Alassaniste, il peut rebondir malgré une peine de prison à vie. La prison à vie ne signifie rien, dans la perspective de l'après-Ouattara, et l'horizon 2020. Blé Goudé aura alors 48 ans, Guillaume Soro 47 ans et Hamed Bakayoko sera l'aîné des deux. Avant cela, Mamadou Koulibaly et d'autres personnalités auront déjà joué leur première carte présidentielle en 2015. Pas de quoi s'alarmer". Est-ce à dire que Charles Blé Goudé a eu le temps de se préparer mentalement et psychologiquement à cette autre étape de sa vie? Une autre question qui attend réponse, comme tant d'autres interrogations. 

 

Charles Kouassi in L'Intelligent d'Abidjan, Mercredi 23 Janvier 2013.

jeudi, 24 janvier 2013

2013 - VŒUX DE NAHIBLY

côte d'ivoire,2013 - vŒux de nahibly,émmanuel caleb,massacres de nahibly,duékoué

 ONUCI, complice de génocide et médecin après la mort.

 

Toi qui t’es toujours prévalu de l’amour de ton prochain,

Toi qui as accordé couvert, gîte et parcelle de terre à l’étranger,

Toi qui, en récompense de tout ce que tu as donné, as reçu des chapes de plomb, de fer et de feu,

*

Très bonne année 2013 à toi et que ton vœu le plus cher soit exaucé!

*

Que tu sois de Sakassou ou de Bouaké, de Monoko-Zohi, de Touba, de Ferké, de Bouna, d’Anonkoua-Kouté, de Bonoua, d’Agboville, de Yopougon, de Duékoué, de partout ailleurs en Côte d’Ivoire,

*

Que tu sois chrétien, animiste, musulman ou de toute autre croyance religieuse,

Quelque soit ton supplice, ton humiliation, ta souffrance, ta douleur et ta tristesse,

Que cette année 2013 te procure à nouveau la joie de vivre et le bonheur!

*

La joie de vivre et le bonheur, tu les auras forcément en partage,

Car à l’imposture du néo-colon français, tu as dit non et à son esprit de servitude, tu as su résister.

*

La joie de vivre et le bonheur, tu ne peux que les avoir abondamment en partage,

Car par ta vaillance et ta résistance qu’ils avaient sous-estimées,

Tu as dévoilé à la face du monde entier l’hypocrisie et la cruauté inhumaine des corsaires des temps nouveaux.

*

Du temps de l’esclavage à nos jours en passant par l’époque de la colonisation, ils n’ont pas changé.

*

Aux flibustiers des mers, aux faux prêtres ou missionnaires et autres corps expéditionnaires d’hier,

*

Ils ont substitué leurs médias, leurs armées et des diplomates malhonnêtes,

Tout le cocktail parfait pour planifier et réaliser des génocides sur ton continent.

*

Ta cause, frère, sœur, est si juste et ton combat si noble,

Que malgré tes larmes de sang et tes meurtrissures,

La joie de vivre et le bonheur seront ton partage

Parce que tu sais qu’aucune puissance aussi grande soit-elle,

Ne peut venir à bout d’un peuple déterminé

Et qui se bat pour sa liberté!

*

Un début de preuve à toutes ces affirmations,

C’est qu’en ton pays, la Côte d’Ivoire,

Armées française et onusienne se sont honteusement déculottées,

En prenant part à des massacres dont les vidéos parcourent le monde,

Mettant ainsi à nu la vraie moralité de ces impérialistes-donneurs de leçons,

Qui prétendent instaurer la démocratie en s’alliant à des brigands locaux ou régionaux.

*

A toi, frère, sœur, qui refuse de souscrire à l’esclavage mental

Imposé par ceux qui, refusant la royauté chez eux, ont décapité leur roi,

A toi, frère, sœur, qui dit non à la servitude et à tout esprit de nuisance

Sans jamais baisser la tête devant ces confréries du crime et du pillage,

Malgré l’ampleur de leurs crimes et génocides contre ton peuple.

*

A toi, frère, sœur, qui a définitivement compris qu’on t’a fait la guerre

Pour la richesse de tes terres et non pour des fausses élections,

A toi, frère, sœur, qui a aussi pardonné la bêtise de tes frères africains,

Toujours prêts aux massacres des leurs pour le bonheur du maître pirate blanc,

*

A toi, frère, sœur, nous disons donc «TRES BONNE ANNEE 2013»  depuis les décombres et les brousses de NAHIBLY à DUEKOUE !!!

 

Pour le collectif des victimes, Emmanuel CALEB, le 21 Janvier 2013.