topblog Ivoire blogs

vendredi, 05 octobre 2012

VISITE DU RESPONSABLE DE L’ONUCI AU GHANA - LES REFUGIES POLITIQUES IVOIRIENS DISENT TOUT A KOENDERS

 


BERT KOENDERS - ONUCI 2.jpg



En visite de quelques jours au Ghana, Bert Koenders, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, a rencontré, ce Mercredi 3 Octobre 2012, les responsables des réfugiés politiques ivoiriens à l’International Conférence Center d’Accra au Ghana. Les réfugiés ont vidé leur cœur et sont repartis légers.


Bert Koenders est venu rencontrer les réfugiés ivoiriens vivant sous les tentes dans les camps tenus par le HCR à travers le Ghana. Cette visite commence ce jeudi 4 Octobre. Mais avant, le Mercredi 3 octobre, sur suggestion des autorités ghanéennes, il a rencontré de 14 H à 16 H, ceux des refugiés vivant à Accra après avoir rencontré dans la matinée le Président ghanéen John Dramani Mahama. 

D’entrée, Koenders a indiqué qu’il souhaitait écouter les refugiés sur les questions de la nécessité du dialogue politique et de la restauration de la paix pour faire avancer les choses en Côte d’Ivoire. Il était entouré de la responsable de la représentation de l’ONU à Accra, de l’ambassadeur du Ghana en Côte d'Ivoire, du vice-ministre ghanéen des affaires étrangères et de deux collaborateurs de l’ONUCI. 

Les responsables des réfugiés étaient tous là. Le Dr Assoa Adou et l’ensemble du Bureau de la coordination du Fpi en exil, Ben Dagbo de l’Association des réfugiés ivoiriens et de la diaspora (Arid) et un membre de son bureau. Presque tous les leaders en exil de la galaxie patriotique étaient également présents. 

Ils ont été cinq à prendre la parole. Assoa Adou pour les premiers mots, Emile Guiriéoulou pour décrire la situation calamiteuse des populations de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Don Mello Ahoua pour les graves violations de tous les droits en Côte d’Ivoire, Ben Dagbo pour décrire à Koenders les difficultés que vivent les exilés ivoiriens dans les camps aux Ghana et enfin l’ambassadeur Raymond Koudou Kessié pour stigmatiser toute la fraude électorale grossière sur laquelle la communauté internationale a fermé les yeux pour l’avènement du pouvoir Ouattara.

Assoa Adou a indiqué pour commencer que les refugiés ont longuement hésité avant d’accepter de participer à la rencontre, craignant un autre traquenard de l’onuci après celui tendu en avril 2011 aux dirigeants du FPI à l’hôtel Pergola d’Abidjan. Des dirigeants qui, allés chercher la protection de l’ONUCI, ont été livrés par celle-ci aux forces de Ouattara et qui se sont tous retrouvés en prison au Nord du Pays. Assoa Adou a alors demandé à Koenders de dire ceci à Ouattara: Les exilés ivoiriens sont tous partisans de la paix pour retourner en Côte d’Ivoire leur pays. Aucun ne veut et ne prépare la guerre à partir du Ghana. Les réfugiés ont trois préoccupations quotidiennes: comment se loger, comment se nourrir et enfin comment se soigner en cas de maladie. Tous leurs biens étant détruits et leurs comptes sont gelés.

Personne n’est venu avec un butin de guerre, vu les conditions dans lesquelles les uns et les autres se sont retrouvés au Ghana. Aucun ne dispose donc de ressources pour préparer un coup en vue de renverser le régime Ouattara. Toute chose qui du reste ne fait pas partie de notre philosophie politique. 

Si donc Mr Ouattara veut une paix durable en Côte d’Ivoire qu’il crée les conditions qui rassurent et sécurisent les participants au dialogue, ainsi donc:

1- Qu’il libère tous les prisonniers politiques, civils et militaires;

2- Qu’il arrête les poursuites contre les pro-Gbagbo en Côte d'Ivoire et à travers le monde; 

3- Qu’il organise un dialogue direct avec le FPI.

Emile Guiriéoulou a d’entrée dit à Koenders que les nouvelles ne sont pas bonnes à l’Ouest de la Côte d’Ivoire dont il est originaire. Il suffit aujourd’hui en Côte d’Ivoire d’être Guéré pour être considéré de fait comme un criminel. Le rôle de l’Onu n’est-il pas de dénoncer les crimes? Pourquoi l’Opération des nations unies qu’il dirige se tait sur les graves violations des droits humains qui se déroulent sous ses yeux? Quatre armées étrangères Burkinabés sont aujourd’hui installées à l’Ouest à Duékoué, Bloléquin et Taï. Personne ne s’en émeut. Leurs responsables viennent même aux cérémonies officielles. Tous ceux qui ont commis les crimes les plus graves à l’Ouest comme Ben Laden, qui était le chef rebelle de l’Ouest entre 2002 et 2003, connaissent aujourd'hui la promotion. Les tueries massives du camp de Nahibly ont même été minimisées par Koenders! J’ai le sentiment que pour l’ONU nous ne comptons pas en Côte d’Ivoire, s’est écrié Emile Guiriéoulou.

Ahoua Don Mello avec le verbe qu’on lui connait n’a pas pris de gants pour dénoncer de manière véhémente la passivité, la complicité voire la responsabilité de l’ONU dans la crise ivoirienne. Pour lui la valeur qui est à la base de la fondation de l’Onu est que les citoyens sont égaux en droit et en dignité. Aujourd’hui en Côte d'Ivoire, les citoyens qualifiés de pro-Gbagbo n’ont ni droit ni dignité. Je vous demande de dire à Ouattara ceci: Des citoyens ivoiriens sans droit et sans dignité ne peuvent pas financer des coups d’Etat. La Côte d'Ivoire vit une grave injustice. Comment des gens qui depuis 2002 continuent de tuer, égorger, piller sont considérés comme des démocrates, connaissent la promotion et l’Onu ne dit rien! Par contre des gens qui depuis plus de trente ans se sont battus sans armes pour réinstaurer le multipartisme et la démocratie dans le pays, et ont travaillé à la promotion d’un Etat de droit sont pourchassés partout en Côte d’Ivoire et dans le monde. Même par des chasseurs traditionnels qui parce que justement chasseurs de profession, confondent tout: Droit de l’homme et chasse à l’homme. Et l’Onu ne dit rien. Est-ce cela la démocratie que l’Onu et la France ont voulu instaurer en Côte d’Ivoire par les bombes? On veut une réconciliation après la justice mais ceux qui rodent dans les allées du pouvoir ne sont pas moins coupables que ceux qu’on emprisonne et qu’on pourchasse. Allez dire à Ouattara que s’il veut la réconciliation alors qu’il fasse comme en Afrique du Sud. Declerk a sorti Mandela de prison. Ils se sont assis. Ils ont discuté, ont trouvé les solutions aux problèmes sud-africains et ils ont avancé. Dites donc à Ouattara de libérer les prisonniers politiques, d’arrêter les poursuites, de s’assoir pour discuter de la Côte d'Ivoire pour avancer. 

Ben Dagbo au nom de l’Arid a répété qu’aucun refugié ne prépare de coup d'Etat au Ghana. Les réfugiés dans les camps du HCR ont besoin de tentes et de nourriture, exposés qu’ils sont aux morsures de serpents. Ils ont besoin de documents pour se déplacer. Il a demandé à Koenders de dire un grand merci aux ghanéens qui ont accueilli en frères tous les refugiés qui continuent aujourd’hui encore d’arriver et dont le nombre dépasse 22 000.

En réponse, Mr Koenders, dans un discours elliptique et diplomatique du fonctionnaire de Nations Unies qu’il est, a cherché à arrondir les angles. Je ne peux pas dire que vous avez raison dans tout ce que avez dit ni chercher à excuser l’ONU. Nous ne sommes pas saints, nous travaillons à trouver des solutions aux problèmes qui sont nombreux et que vous avez énoncés: foncier, démobilisation, justice équitable, sécurité… et qui ont occasionné une opération de paix en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes pays aveugles nous voyons… aidez nous à renouer le dialogue et arriver à un consensus. 

Avant de lever la séance, Koenders a soulevé une question qui certainement lui tenait particulièrement à cœur: « Le Président Ouattara dit que vous ne voulez pas le reconnaitre en tant que Président de la République ». La réponse d’Assoa Adou a été incisive: nous ne reconnaissons pas Ouattara comme le président ELU de la Côte d’Ivoire mais comme celui qui a été imposé par les forces françaises et celles de l’Onu à la tête de la Côte d'Ivoire. Mais c’est lui qui occupe le fauteuil présidentiel et c’est pourquoi notre parti est allé discuter avec lui.

On a discuté avec Guéi Robert après son coup d’Etat, nous pouvons discuter aussi avec lui. Voilà.



Correspondance particulière depuis ACCRA de Yves Komenan

CONFERENCE DE PRESSE DE LA JFPI: DECLARATION LIMINAIRE DE KOUA JUSTIN RELATIVEMENT A L'INTERDICTION DU SIT-IN DU 4 OCTOBRE 2012

 

 

côte d'ivoire,conférence de presse de la jfpi,déclaration liminaire de koua justin relativement a l'interdicti,koua justin,le secrétaire national de la jfpi

CONTEXTE :

1) Les résultats des élections présidentielles de novembre 2010 proclamés par le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire, sur la base de la Constitution ivoirienne de Juillet 2000 ont donné le Président Laurent Gbagbo vainqueur. Mais la communauté internationale avec à sa tête la France en a décidé autrement. S’appuyant sur une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU dévoyée, la France de SARKOZY a bombardé la résidence du Chef de l’Etat ivoirien. Le Président Laurent Gbagbo, celui que les ivoiriens ont choisi pour présider aux destinées de la Côte d’Ivoire a été arrêté par la France de SARKOZY le 11 Avril 2011 et remis aux autorités actuelles. Depuis cette date, la Côte d’Ivoire est plongée dans un climat de terreur inqualifiable.

2) Le Président Laurent Gbagbo a été déporté à La Haye (Pays-Bas), tandis que des dizaines de personnalités qui lui sont proches croupissent dans les geôles du pouvoir actuel, dirigé par Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
3) La terreur érigée en mode de gouvernance continue de s’abattre sur la Côte d’Ivoire. Cette répression généralisée est orchestrée non seulement par les services publics de l’Etat, mais aussi et surtout par des supplétifs et milices armés entretenus par le régime actuel.
 
4) Les militants du FPI et les personnes soupçonnées d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo sont systématiquement arrêtés, séquestrés, torturés et assassinés par le régime de Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
5) Des camps de concentrations copiés sur le modèle nazi sont créés à travers la ville d’Abidjan et dans certaines régions de la Côte d’Ivoire. Ce sont entre autres:
 
- l’Escadron de Gendarmerie d’Abobo ;
- La caserne de la brigade anti-émeute (BAE) ;
- la résidence George Ouegnin à Yopougon ;
- Le génie militaire à Adjamé ;
- La Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) ;
- La gendarmerie d’Agban ; 
- La garde républicaine à Treichville.
 
Dans ces camps de concentrations, croupissent des centaines de jeunes ivoiriens arrachés à leurs familles, simplement parce qu’ils sont soupçonnés d’être des sympathisants du Président Laurent GBAGBO.
 
6) La Démocratie et les libertés publiques durement acquises par le peuple ivoirien ont fait place à une dictature féroce, doublée d’un totalitarisme inédit. L’Etat policier répressif procède systématiquement à une épuration politique, ethnique (génocide du peuple Wê) et sociale sans précédent.
 
7) Sous le prétexte de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de tentatives de coup d’Etat, (condamnés par le FPI), la répression s’est accentuée sur les populations ivoiriennes en générale et particulièrement sur les jeunes pro-Gbagbo qui continuent d’être traqués, pourchassés, torturés dans ces camps de concentration et d’épuration.
 
8) Nous assistons à l’instauration d’une Côte d’Ivoire des vainqueurs qui pille, traque, enlève, torture et assassine tous les autres ivoiriens soupçonnés d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo, ou n’étant pas du groupe ethnique de Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
9) Les appareils de l’Etat (la Télévision et la Radio nationales) sont utilisés pour inciter et entretenir la haine, la violence, la dérive tribale et religieuse.
 
10) Face à ces violations quotidiennes des droits et libertés des populations ivoiriennes, la JFPI constate le mutisme de la communauté internationale qui a installé Monsieur Alassane Ouattara au pouvoir. Il est à relever aussi le silence des organisations de défense des droits de l’homme et des libertés publiques. Tous les objecteurs de consciences nationaux et internationaux restent silencieux face au drame qui se déroule pourtant sous leurs yeux.
 
Face à la destruction programmée de la Nation ivoirienne érigée en mode de gouvernance par le régime de monsieur Alassane Dramane Ouattara, la Jeunesse du Front Populaire Ivoirien et toutes les organisations sœurs avaient décidé de tenir un sit-in devant la cathédrale Saint Paul du Plateau, ce Jeudi 04 Octobre 2012 afin d’appeler :
 
1) L’ensemble des confessions religieuses à faire diligence auprès du régime Ouattara pour exiger que soit reconnu et garanti le droit à la vie de tout ivoirien, quelque soit ses idées politiques et croyances religieuses. Ce droit étant prescrit dans toutes les religions, la JFPI attend de toutes les communautés religieuses qu’elles œuvrent de façon effective à son respect en interpellant le régime de Monsieur Alassane Ouattara pour qu’il protége la vie des Ivoiriens.
 
2) Les organisations de défenses des droits de l’homme à se pencher sur la situation de chaos avancé dans laquelle est plongée la Côte d’Ivoire en dénonçant les violations systématiques et quotidiennes des droits humains les plus élémentaires.

3) La communauté internationale à travers l’ONU à :
 
- condamner toutes les formes de violences, les graves exactions et autres violations du Droit International, notamment le Droit International Humanitaire, le Droit International des droits de l’homme, perpétrées quotidiennement en Côte d’Ivoire par les FRCI et les supplétifs Dozos de Monsieur Alassane Ouattara. 
 
- Exiger de Monsieur Alassane Ouattara que soit garanti le droit à la vie, un droit fondamental consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 en son Article 3.

- A rappeler à Monsieur Alassane Dramane Ouattara qu’il est de sa responsabilité de promouvoir et de protéger tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales en Côte d’Ivoire.

- A ne pas se rendre complice du génocide du peuple ivoirien par son incompréhensible mutisme. (Le cas Rwandais est encore vivace dans les consciences).
 
4) L’ensemble d’organisations de la société civile à agir pour les libertés en dénonçant l’épuration politique, ethnique et sociale qui a cours en Côte d’Ivoire sous le règne de Monsieur Alassane Ouattara.

LES FAITS :
 
Dans le cadre des préparatifs du sit-in, la JFPI a adressé:
 
- Deux courriers au Ministre de l’Intérieur à l’effet de l’informer, d’une part, de la situation dramatique que vivent les ivoiriens et particulièrement ceux soupçonnés d’être des proches du Président Laurent Gbagbo qui sont tués quotidiennement et d’autre part, de la tenue d’un sit-in pour exiger le droit à la vie.
 
- Des courriers à l’ensembles des représentations des Etats membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, des représentants de l’ONU en Côte d’Ivoire, des organisations de défense des droits de l’homme, de la société civile, des confessions religieuses et des institutions de notre pays.
Pendant que nous faisions nos tournées dans le District d’Abidjan et les villes de l’intérieur pour inviter les Ivoiriens à se déplacer massivement à l’effet d’exiger que le pouvoir Ouattara garantisse leur droit à la vie, des informations nous parvenant faisaient état de ce que le pouvoir, devenu fébrile projetait, au mieux de faire interdire le sit-in et au pire de l’infiltrer pour rééditer le 18 février 1992 dans le même endroit. Nous n’avons pas pris au sérieux de telles informations, eu égard au caractère et au lieu de la manifestation. (Elle devait avoir lieu devant une Eglise)
 
- Le Mercredi 03 Octobre 2012, en fin d’après-midi, c'est-à-dire à quelque heures seulement de la manifestation, nous apprenions par un communiqué lu à la Télévision que le sit-in du lendemain venait d’être interdit.
 
- Ce matin 04 octobre, nous apprenons que des camarades qui n’ont pas été informé de l’interdiction de la manifestation viennent d’être arrêtés par les services de Monsieur Alassane Ouattara au Plateau et conduits à une destination inconnue.

NOTRE ANALYSE :
 
La JFPI constate une fois encore que le régime Ouattara a décidé de confirmer la nature fasciste de sa gouvernance, caractérisée par la confiscation de toutes les libertés, notamment la liberté d’expression, de réunion et de manifestation. Et l’interdiction de notre sit-in en est une preuve de plus.
 
Le régime de Dramane Ouattara démontre encore une fois son incapacité à promouvoir la démocratie dans notre pays.
 
La JFPI rappelle que le sit-in qui devait se tenir n’avait qu’un seul but: exiger le droit à la vie, qui est un droit fondamental reconnu dans toutes les sociétés. 
 
Et le régime Ouattara, en agissant comme il l’a fait, vient de démontrer encore une fois son mépris pour la vie humaine qui est pourtant sacrée. 
 
La JFPI estime que tous les actes posés par le régime sont de nature à compromettre dangereusement les acquis démocratiques et à instaurer un climat de suspicion pouvant conduire à une aggravation des tensions déjà existantes. C’est pourquoi :

NOTRE POSITION :
 
1) La JFPI condamne :
 
- Tous ces actes antidémocratiques qui ont cours sous le règne de Monsieur Dramane Ouattara;
- L’utilisation des appareils de l’Etat pour inciter à la haine, à la violence, à la dérive tribale et religieuse.
 
2) S’insurge contre :
 
- L’interdiction de la manifestation pacifique qu’elle a projeté de faire pour exiger le droit à la vie des ivoiriens.
- La montée en puissance de l’Etat totalitaire dirigé par Alassane Dramane Ouattara.
- L’incapacité de Ouattara à assurer la sécurité des ivoiriens.
- La défaillance de l’Etat-RDR qui entraîne chaque jour le Cote d’Ivoire dans le gouffre.
- La faillite du régime Ouattara qui est actuellement dans état de déliquescence avancée.
 
3) Exige :
 
- Une rencontre avec le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, Monsieur Ahmed Bakayoko pour, non seulement obtenir la libération sans condition et sans délai des ivoiriens illégalement détenus dans les geôles du pouvoir, mais aussi pour trouver une nouvelle date de manifestation, à l’effet d’exiger le droit à la vie.
 
5) Réaffirme à tous les Ivoiriens martyrisés par le régime fasciste de Dramane Ouattara, sa ferme volonté à continuer le combat pour la dignité de la vie humaine.
 
6) La JFPI recommande à la grande famille des démocrates ivoiriens, de rester à l’écoute de leur direction quant à la prochaine date du sit-in qui leur sera communiqué incessamment et de ne point se laisser envahir par la crainte et la peur, car c’est l’arme du régime pour nous contraindre au découragement et au silence.
 
 
 
Abidjan, le 4 octobre 2012
 
Le Secrétaire National de la JFPI

jeudi, 04 octobre 2012

ASSASSINAT DE ROBERT GUEI: LES VERSIONS CONTRADICTOIRES DE MABRI ET DE ANGE KESSY

 

côte d'ivoire,Assassinat de Robert Guéi,Les versions contradictoires de Mabri et de Ange Kessy,procès du général dogbo blé

 

Un véritable mystère que celui qui s’est créé autour de la mort du général Robert Guéi. Et depuis, les supputations vont bon train. Au point que l’on s’interroge sur la véracité de certaines révélations que de prétendus sachants sortent de leur gibecière de manière subite. Voilà que pour un seul cadavre, l’on se retrouve avec plusieurs versions, de quoi susciter le flou dans les esprits après dix années. Sous peu, s’ouvrira le procès relatif à l’assassinat du général Robert Guéi. Et les Ivoiriens ont sans doute soif d’être éclairés sur la question. Si l’on s’en tient aux dires du procureur militaire Ange Bernard Kessy, habitué aux one-man-show et à la justice vuvuzela, il n’y a plus aucun doute sur l’auteur ou encore les auteurs de cet assassinat.

En effet, d’après des aveux qui auraient été arrachés au commandant Anselme Seka Yapo, c’est lui qui a ôté la vie au président fondateur de l’Udpci et sa femme. «Quand il (Séka Séka) est arrivé sur les lieux de l’arrestation, Anselme Séka a demandé à Dogbo Blé de lui remettre le général Guei, ce qui fut fait», a affirmé Ange Kessy. «Séka a ensuite conduit le général Guéï vers la corniche (une des rues de Cocody, commune huppée d’Abidjan), l’a exécuté et a abandonné son corps sur les lieux. De retour à la résidence, il trouve son épouse assise au bord d’un caniveau tout près” du domicile et “sans autre forme de procès, il dégaine, tire et loge une balle dans la tête de dame Doudou Guéï qu’il tue sur le champ”, a prétendu le procureur militaire. Soit ! Mais ce qui intrigue, c’est que le 19 septembre dernier, au moment de la commémoration, Albert Mabri Toikeusse qui dirige aujourd’hui le parti a soutenu mordicus que le général a été enlevé puis conduit à la résidence présidentielle d’alors où ordre a été donné de l’éliminer. Une version qui s’ajoute à celle qu’aurait prétendument donné le principal accusé.

Deux versions qui viennent ainsi se chevaucher pour une même affaire. Il y a lieu de s’interroger sur l’authenticité de tels aveux quand on connait les pratiques du régime en la matière pour obtenir des prisonniers ce dont ils ont besoin pour l’intox. L’on en veut pour preuve la torture dont a fait l’objet le président Laurent Gbagbo alors qu’il était en détention à Korhogo. Les cas sont légion. Tout porte à croire, au vu de ce qu’a relaté le procureur du gouvernement, que ces aveux ont été obtenus bien évidemment après lui avoir fait subir des sévices de sorte à lui tirer les vers du nez. Sinon qu’est ce qui explique depuis son arrestation, le lieu de détention du capitaine soit tenu secret? Et comme si cela ne suffisait pas, depuis lors, son avocat n’a jamais eu accès à lui alors que c’est le droit le plus absolu de toutes les personnes entendues ou inculpées dans n’importe quelle affaire. Ce procès, avant même sa tenue, pue la justice des vainqueurs à laquelle nous a habitué le régime Ouattara. Sans même être médium ou voyant, l’on n’a aucun doute sur la peine qui sera prononcée vu que le décor a été planté par le commissaire du gouvernement lui-même au cours d’une conférence de presse.

 

Gérard Koné


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du 03 octobre 2012.


Source: IVORIAN.NET

mardi, 02 octobre 2012

LE MINISTRE EMILE GUIRIEOULOU A COEUR OUVERT DEPUIS L'EXIL


EMILE GUIRIEOULOU.jpg

 

Emile Guiriéoulou, depuis l’exil: «A écouter les partisans de Ouattara, les populations de l’Ouest remercient certainement monsieur Ouattara de les avoir débarrassés des «fils indésirables» que nous sommes.»


Ministre de l’Intérieur dans le dernier gouvernement de l’ex-Premier ministre Gilbert Aké Marie N’Gbo, après avoir géré le portefeuille de la Fonction publique dans une précédente équipe, Emile Guiriéoulou a été l’un des acteurs majeurs dans la gestion de la crise post-électorale. Il a bien voulu s’ouvrir aux lecteurs du Nouveau Courrier pour se prononcer sur les attaques récurrentes que subissent les Frci, mais surtout sur le processus de réconciliation nationale de façon générale.

 

Depuis le début du mois d’août, on constate un regain de violence dans le pays. Les FRCI ont subi plusieurs attaques armées. Comment réagissezvous à cette situation?

Je voudrais vous dire que ce n’est pas depuis début août qu’il y a regain de violence. C’est depuis fin novembre 2010 que la trêve que l’on observait dans le pays depuis 2007 a été rompue par le RDR et sa branche armée. Depuis le 11 avril 2011, vous pensez que la violence a cessé en Côte d’Ivoire? Vous-mêmes, journalistes, ne cessez de nous rapporter quotidiennement les exactions des FRCI à travers le pays avec des dizaines voire des centaines de morts. Ce qui est nouveau, c’est que les FRCI sont maintenant eux aussi victimes de la violence.

Ceci étant, je trouve regrettable tout ce qui arrive aujourd’hui à la Côte d’Ivoire et qu’on aurait pu éviter en acceptant un règlement négocié, pacifique du contentieux électoral plutôt que, fort de soutiens extérieurs, de se lancer dans la voie des armes. On a ouvert une boite de pandore avec la rébellion déclenchée en septembre 2002 et fièrement revendiquée même aujourd’hui encore. Quand Soro Guillaume déclare que son parcours est un modèle pour la jeunesse africaine, faut-il s’étonner de voir des jeunes chercher à avoir le même parcours afin de ressembler à ce modèle?

Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a effectué en avril dernier une visite d’Etat dans l’Ouest. En tant que cadre et élu de cette région, qu’en pensez-vous?

Au vu des réactions qui me sont parvenues, cette visite d’Etat n’a rien apporté et n’a pas donné satisfaction aux populations dont aucune des préoccupations n’a trouvé de réponse ni même été discutée, à savoir la question du retrait des dozos de la région, l’épineux problème du burkinabé Amadé Ouérémi qui sévit dans la forêt classée du mont Péko, l’occupation et l’exploitation illégale des plantations, l’envahissement de la région par de nouveaux migrants qui accourent de toute la sous région et qui s’y installent sans aucune autorisation, encadrés par des groupes armés. A propos d’ailleurs d’Amadé, vous ne trouvez pas curieux que le gouvernement annonce à l’avance qu’il va lancer une opération militaire pour le déloger du mont Péko? N’est ce pas une façon de lui dire : «Frère, sois rassuré on te fera rien et prends tes dispositions pour la mise en scène le moment venu».

A Duékoué, ville martyre, monsieur Ouattara aurait pu au moins visiter le quartier Diaye Bernard incendié et détruit en janvier 2011 par ses partisans ou encore se rendre sur les ruines du village de Niambly pour montrer sa compassion et sa solidarité avec les populations meurtrie ; et ainsi donner une preuve de sa volonté de réconciliation par les actes. Même ses visites de compassion ont été sélectives. Par exemple à Duékoué, il est allé saluer la famille d’un imam tué pendant la crise. Mais il a ignoré la famille de feu Léhi Paul, chef du village de Diahouin, un des chefs les plus écoutés dans ce département, tué dans son campement par les FRCI en avril 2011.

Mais pour la réconciliation, il a lancé un appel aux exilés originaires de la région que vous êtes, vous demandant de rentrer au pays.

Pour lancer deux mois après des mandats d’arrêt contre le ministre Kahé Eric et moi-même. Vous comprenez donc que cet appel n’était pas sincère. D’ailleurs, s’il était vraiment de bonne foi, M. Ouattara aurait pu, comme gage de sa volonté de réconciliation, commencer à l’occasion de cette visite par libérer le frère Basile Mahan Gahé qu’il maintient en prison uniquement au motif qu’il a demandé, pendant la crise, aux travailleurs ivoiriens de continuer d’aller au travail alors que lui Ouattara le leur avait interdit. Et pourtant, comme Mahan Gahé, de nombreux collaborateurs actuels du pouvoir, y compris ceux qui distribuent aujourd’hui les mandats d’arrêt contre nous, ne se sont pas à l’époque pliés à sa décision. Mais comme pour ses partisans, M. Ouattara, avec cette visite, a réussi à faire la réconciliation à l’Ouest et que tout est bien dans le meilleur des mondes, je dis Alléluia! Si vous les écoutez, les populations de cette région qui étaient «manipulées» sont maintenant désenvoutées et heureuses. Pour cela, elles remercient certainement monsieur Ouattara de les avoir débarrassés des «fils indésirables» que nous sommes.

Dans cette logique, je crois que Toulépleu a dû saluer le départ en exil des Voho Sahi, Pol Dokoui, Tahi Zoué quand Bloléquin bénit le Seigneur parce que Marcel Gossio et Mahan Gahé n’y seront plus vus. Guiglo ne cessera jamais d’exprimer sa joie de voir Hubert Oulaye et moi-même éloignés du département. Exit Kahé Eric et Déhé Gnahou à Duékoué. Facobly doit maintenant être soulagé par la mort au Togo du maire Gnan Raymond. Comment voulez vous qu’après avoir réussi cette « «éradication», la région ainsi «désinfectée et aseptisée», selon la volonté publiquement exprimée d’Amadou Soumahoro, ne soit pas «réconciliée»? Quel drame ! Mais si cela peut faire le bonheur de ceux qui le pensent, le croient ou le souhaitent, je dis encore Alléluia! Mais hélas, la réalité est autre et les souffrances des parents sont là qui nous interpellent.

Certains acteurs politiques disent qu’il y a des retombées pour les populations.

Oui, une très grande retombée : le camp de Nahibly n’existe plus et avec lui au moins 230 personnes innocentes parce que ce camp serait «infesté de miliciens». Parlant des jeunes de la région taxés de miliciens, je voudrais rappeler ceci. En 2002, on vivait tranquillement dans la région quand les rebelles, ayant en leur sein des mercenaires libériens et sierra léonais dont le tristement célèbre Sam Bockarie, ont attaqué Toulépleu et ont poursuivi leur avancée jusqu’à Bédi Goazon, village situé à 30 km de Guiglo après avoir pris Bloléquin. Les récits des survivants qui déferlaient sur Guiglo faisaient état de tueries effroyables de meurtres, de viols, de mutilations avec les fameux «manches longues ou manches courtes». C’est alors que des jeunes s’organisent en groupes d’auto-défense pour protéger leurs parents, mettre fin aux massacres et repousser les envahisseurs. Ce sont ceux-là qu’on accuse de tous les maux pendant que les vrais criminels sont encensés.

M. le ministre, vous êtes l’une des figures marquantes de la précédente législature, au niveau de l’Assemblée nationale. Quel regard portez-vous sur l’actuel parlement ivoirien?

Vous savez, beaucoup a été dit sur cette nouvelle Assemble nationale. Déjà le «désert électoral», le terme est de la presse internationale, qui a sanctionné l’élection qui l’a mise en place, est un indicateur de son déficit de légitimité. Si vous ajoutez à cela l’absence de représentation d’au moins la moitié de la population ivoirienne, vous comprenez que cette Assemblée n’a de nationale que le nom. Et puis, quel crédit démocratique peut-on accorder à un parlement sans groupe d’opposition? Mais si les tenants actuels du pouvoir sont satisfaits et heureux d’avoir une telle Assemblée Nationale, je leur souhaite bon vent!

Mais en 2000, l’absence du RDR ne vous avait pas empêchés d’aller aux législatives!

Ah non, les choses ne sont pas comparables! En 2000, le RDR avait décidé de boycotter les législatives au motif que la candidature de Alassane Dramane Ouattara avait été rejetée par la Cour Suprême. Donc par solidarité, les candidats RDR ont décidé de lier leur sort à celui de leur leader. Sinon le RDR n’avait contesté ni la liste électorale d’alors ni les conditions d’organisation des élections encore moins l’organe chargé de les organiser, à savoir la CNE dirigée à l’époque par Honoré Guié. Les candidats issus du RDR avaient le plus normalement du monde déposé leurs dossiers qui ont été validés, à l’exception de celui de Ouattara. Donc en 2000, pour le RDR c’était «si Alassane Dramane Ouattara n’est pas député alors pas de députés RDR en Côte d’Ivoire ».

Vous voyez que cela est complètement différent de la situation qui a contraint le FPI à ne pas participer aux législatives de 2010 : insécurité généralisée dans le pays, emprisonnement des responsables du parti, exil forcé de ses cadres, virtuels candidats, gel de leurs avoirs, CEI monocolore avec à sa tête un président à problèmes, découpage électoral scandaleux d’ailleurs dénoncé après coup par le PDCI, etc.

N’empêche que le RDR était absent pendant 10 ans de l’Assemblée nationale.

Oui, cela est vrai mais seulement en apparence, car le RDR n’était pas absent de l’hémicycle pendant la législature passée. En effet, le groupe parlementaire solidarité qui comprenait une dizaine de députés était en réalité RDR. En effet, en dehors de Mel Théodore et Anaky Kobénan, les autres membres étaient tous des militants du RDR qui s’étaient fait élire malgré l’appel au boycott et qui ont décidé de siéger contre l’avis de leur parti sans pour autant se voir infliger des sanctions pour cette «indiscipline».

Comment ça ?

Comment? C’est simple à comprendre. En effet, non reconnus comme «députés RDR» à l’assemblée nationale, certains d’entre eux ont pourtant été investis candidats RDR pour les élections municipales de 2001 et reconnus «maires RDR» pour ceux qui ont pu être élus. Le RDR était donc présent à l’Assemblée nationale. De plus, la pluralité des opinions politiques qui fait la force d’un parlement démocratique était garantie au cours de notre législature. Le PDCI disposait d’un groupe parlementaire aussi important en termes de membres que celui du FPI. L’UDPCI avait son groupe. Donc face au groupe parlementaire FPI, il y avait trois groupes parlementaires RHDP. Peut-on en dire autant aujourd’hui?

Cela fait près d’un an et demi que M. Alassane Ouattara est aux affaires. Quelle est votre appréciation de sa gouvernance?

Avant de répondre à cette question, je voudrais d’abord qu’on pose une autre qui de mon point de vue est capitale, j’allais dire préjudicielle et qu’on y réponde. Voyez-vous, que ce soit la presse proche du pouvoir, les membres du gouvernement ou le chef de l’Etat lui-même, tout ce monde dit que Ouattara n’est au pouvoir que depuis le 11 avril 2011. Alors la question est : qui exerçait donc le pouvoir du 4 décembre 2010 au 11 avril 2011 ? Je ne veux même pas ici discuter la question de la légitimité et/ou de la légalité de ce pouvoir. Un homme politique ivoirien disait récemment : «Etre président, c’est quand on est assis dans le fauteuil». Et moi j’ajoute: «Dans le fauteuil qui se trouve au palais présidentiel». Qui donc était assis dans le fauteuil qui se trouve au palais présidentiel entre le 4 décembre 2010 et le 11 avril 2011 ? Evidemment, c’est Laurent Gbagbo.

Alors si c’est Gbagbo, il faut arrêter de proclamer la nullité des décisions prises sous son autorité et de brimer ceux qui ont pu en bénéficier. Il ne faut plus pénaliser des journaux parce qu’ils auront écrit que Aké N’Gbo a été Premier Ministre en Côte d’Ivoire. Il faut rétablir dans leurs droits tous ces jeunes Ivoiriens qui ont pu réussir à des concours dont les résultats ont été proclamés pendant cette période. Alassane Ouattara, dans son discours lors de la récente rentrée solennelle du Conseil Constitutionnel, a déclaré que ceux des Ivoiriens qui ont cru que la décision du Conseil Constitutionnel proclamant Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle était juste l’ont fait «de bonne foi». Pourquoi donc pourchasser, brimer, pénaliser, frustrer des citoyens qui, «de bonne foi», ont cru aux institutions de leur pays?

Revenons, s’il vous plait, à ma question précédente.

Oui d’accord. Vous m’avez demandé ce que je pense du pouvoir Ouattara? Oh, je constate qu’on fait beaucoup de bruits pour rien. En matière d’infrastructures par exemple, je constate que tous les projets qui sont annoncés à grands frais publicitaires sont des projets qui étaient déjà là sous Laurent Gbagbo, avec des financements bouclés ou en voie de l’être. Certains étaient en cours de réalisation : Pont d’Azito, Pont de Jacqueville, prolongement de l’autoroute du nord, pipeline Abidjan – Burkina, troisième pont qui date de Bédié, échangeur de la Riviera 2, autoroute de Bassam, stade de Bassam, approvisionnement d’Abidjan en eau à partir de Bonoua. Pour ce dernier projet, je me souviens parfaitement de la communication faite en conseil des ministres en 2010 par Dagobert Banzio, à l’époque ministre des Infrastructures économiques. On nous a annoncé que les problèmes de l’échangeur de l’Indénié étaient définitivement réglés mais la réalité est là, rien n’a été fait.

Au plan social, le chômage s’accroit, le gouvernement est impuissant face à la cherté de la vie et le délai de 3 mois donnés aux Ivoiriens par le Premier ministre Ahoussou Jeannot pour y mettre fin est derrière nous. L’insécurité a atteint des proportions inquiétantes d’autant plus qu’elle est l’oeuvre de ceux supposés lutter contre ce fléau. Vous vous souvenez que ce gouvernement avait donné jusqu’au 30 juin 2012 aux FRCI pour libérer les bâtiments aussi bien de l’Etat que des personnes privées ainsi que les plantations qu’ils occupent et exploitent illégalement. Nous sommes fin septembre 2012 et on attend toujours la réaction vigoureuse promise par le gouvernement. En un mot, le pouvoir Ouattara a montré ses limites et son incapacité à offrir aux Ivoiriens le bien-être qu’ils sont en droit d’attendre de leurs dirigeants de circonstance.

Que dites vous de la conduite du processus de réconciliation nationale?

La réconciliation? Comme beaucoup d’autres Ivoiriens, je me pose encore la question de savoir qui on veut réconcilier en Côte d’Ivoire. Parce que quand j’entends ceux qui sont au pouvoir, je ne perçois aucune volonté de réconciliation. Et pourtant, ce sont eux qui ont créé une commission appelée Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR). Vous voyez bien que dans la dénomination de cette commission, «dialogue et vérité» viennent avant «réconciliation». Or nous avons face à nous des gens qui refusent le Dialogue et ne veulent entendre que leur Vérité. Comment allons-nous alors arriver à la Réconciliation?

Mais on dit que c’est le FPI qui ne veut pas saisir la main tendue du président pour aller à la réconciliation.

Ah oui? Nous sommes en Côte d’Ivoire et les événements sont vieux même pas de deux ans. Ce n’est pas Laurent Gbagbo qui, en décembre 2010, a proposé le dialogue pour régler le contentieux électoral par le recomptage des voix ? Ce n’est pas le même Laurent Gbagbo qui, le 11 avril 2011, a demandé qu’après les armes on passe à la partie civile de la crise? Ce n’est pas Affi N’guessan qui, en avril 2011, a demandé l’ouverture de discussions politiques en appelant à la fin des violences? Ce n’est pas le FPI qui le premier a tendu la main au pouvoir en sollicitant une rencontre avec le Chef de l’Etat en août 2011?

Ce n’est pas Miaka Ouretto qui, en compagnie d’Akoun Laurent, Dano Djédjé et Marie Odette Lorougnon, est allé à Daoukro pour y rencontrer Bédié? En réponse, que voyons nous sinon menaces, mandats d’arrêt, arrestations, enlèvements, emprisonnements, tortures, assassinats. Le FPI a pris toutes ces initiatives et bien d’autres parce qu’il veut la paix, fidèle à son slogan «Asseyons-nous et discutons». Sinon, en temps normal, c’est celui qui est au pouvoir qui a intérêt à prendre de telles initiatives. Mais ceux qui sont là aujourd’hui pensent que c’est par la terreur et la répression tous azimuts, par la négation de l’autre qu’ils vont réussir. On les regarde.

Il est dit aussi que le FPI ne veut pas reconnaitre le pouvoir de Ouattara.

Ceux qui disent cela peuvent-ils produire une déclaration du FPI affirmant que M. Ouattara n’est pas le chef de l’Etat actuel de la Côte d’Ivoire? Non. Par contre, nous disons que M. Ouattara n’est pas le vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. (…) Aujourd’hui, c’est un fait, il est assis dans le fauteuil présidentiel grâce à cela. Voici ce que nous disons.

Le pouvoir ne comprend pas que le FPI pose des préalables et tienne à un dialogue direct alors qu’un cadre de discussion existe avec les autres partis pro-Gbagbo.

Mais qu’appelle-t-on préalables? Le FPI a soumis au chef de l’Etat et au gouvernement les préoccupations qui sont les siennes et autour desquelles il souhaite voir les discussions se tenir et attend l’ouverture du dialogue. Le FPI dit : «Nous sommes d’accord pour le dialogue mais voici nos préoccupations sur lesquelles doivent porter les négociations : libération des prisonniers y compris le Président Laurent Gbagbo, retour apaisé des exilés, dégel des avoirs de ses militants, etc.». C’est çà les préalables? Non, ce sont des points de discussion.

Par ailleurs, le FPI demande un dialogue direct avec le gouvernement parce qu’il y a des problèmes qui lui sont spécifiques et qui lui tiennent à coeur. Quand après l’accord politique de Ouagadougou, il a été institué le CPC, seuls le RDR et le PDCI y ont été associés alors qu’ils n’étaient les seuls partis d’opposition. Le MFA et l’UDPCI membres du RHDP n’y étaient pas, le PIT non plus. Donc si aujourd’hui le FPI en raison de préoccupations spécifiques demande un dialogue direct entre lui et le pouvoir, qu’est ce que cela coûte à celui-ci d’accéder à cette requête et qui motive son refus? D’autant que ça n’empêche pas le gouvernement de continuer de discuter avec les autres. Quand on est au pouvoir et qu’on veut la paix, on y met le prix, on ne compte pas son temps.


Interview réalisée par Saint-Claver Oula, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: EBURNIE NEWS

dimanche, 30 septembre 2012

L’ETAT IVOIRIEN DECLARE LA CPI INCOMPETENTE A JUGER GBAGBO

 côte d'ivoire,l’état ivoirien declare la cpi incompétente à juger gbagbo,joseph titi,le quotidien ivoirien «aujourd’hui»,cpi,laurent gbagbo,la haye

 

Est-ce une gaffe pour le moins inédite ou un simple souci d’affronter la réalité face à la polémique qui atteint jusqu’au cœur la CPI elle-même ? En tout cas, la présidence ivoirienne a promis, hier (mercredi 26 septembre 2012, Ndlr), d’appeler officiellement à la ratification du traité de Rome instituant la CPI au risque d’ajouter sa voix à celles des avocats de Gbagbo qui affirment depuis plusieurs mois que Gbagbo ne peut pas être jugé par elle parce que la Côte d’Ivoire ne l’a pas ratifié?

 

Selon un communiqué de la présidence ivoirienne, le gouvernement va demander au parlement de ratifier le traité de Rome instituant la Cour pénale internationale. Une telle décision n’est pas sans conséquence avec ce qui se passe actuellement à la Cour pénale internationale où un huis-clos bien gardé autour du cas Gbagbo a eu lieu du 24 au 25 septembre, soit deux jours plus tôt. Les avocats du président Gbagbo qui ont été entendus à cette occasion plaident depuis longtemps la relaxe pure et simple de leur client parce que la CPI est incompétente pour deux raisons fondamentales. A savoir les mauvais traitements infligés au Président Gbagbo qui deviendrait, du coup, inapte à être jugé par la CPI et l’absence de ratification qui ne permet pas à la CPI de garder Gbagbo dans ses prisons.

Jusque-là, la CPI avait allégué qu’elle était compétente pour juger le Président Gbagbo en raison d’un courrier que celui-ci lui avait envoyé en 2002 pour demander d’enquêter sur les crimes de cette année-là. Mais la CPI avait aussi estimé que le fait que Ouattara qui lui ait envoyé un autre courrier depuis son QG du Golfe Hôtel est un autre acte de reconnaissance tacite. C’est finalement cette partie de la polémique que la décision de la présidence ivoirienne referme. Car elle montre que la Côte d’Ivoire n’a jamais ratifié le traité. Or comme la loi n’est pas rétroactive, c’est-à-dire qu’elle ne s’applique pas aux délits qui avaient été commis avant qu’elle ne soit créée, cette ratification officielle qui fait entrer le traité dans le champ des lois ivoiriennes ne peut pas s’appliquer au Président Gbagbo. C’est donc un coup de pouce inespéré pour le camp Gbagbo et particulièrement pour ses avocats qui s’évertuent depuis de longs mois à l’expliquer aux juges de la CPI. Désormais, celle-ci ne peut plus continuer à harceler le Président Gbagbo sans se discréditer et faire penser à un sordide règlement de comptes de la communauté internationale.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui ».

samedi, 08 septembre 2012

EXACTIONS ET CRIMES EN COTE D’IVOIRE: OU EST L’EGLISE CATHOLIQUE?

 

côte d'ivoire,exactions et crimes en côte d’ivoire,où est l’église catholique,pascal bellasset,le quotidien ivoirien «aujourd’hui»

 

Trop amorphe

 

Au-delà de l’Eglise catholique, ici spécifiquement interpellée par le quotidien «Aujourd’hui», c’est toute la société ivoirienne qui est prise à témoin devant les graves exactions et crimes subis par les Ivoiriens, ces dernières semaines, de la part du régime en place, et ce sont nos valeurs morales, culturelles et spirituelles qui sont interrogées face au silence assourdissant qui couvre toutes ces dérives inacceptables. C’est au point où on se demande s’il y a dans ce pays des chefs coutumiers, des autorités religieuses ou d’autres objecteurs de conscience. Tous font le mort. Quand ces crimes auront enfanté ce qu’ils doivent enfanter, chers messieurs et dames aphones, vous en serez tenus pour co-responsables. Devant l’Histoire. A bon entendeur… Bonne lecture !

 

Si nous n’avons pas qualité et autorité pour porter un jugement sur les agissements de l’Eglise catholique en Côte d’Ivoire, nous pouvons tout de même nous permettre de porter un regard critique sur elle. Pour trois raisons. Primo, elle est la plus vieille confession chrétienne installée en Côte d’Ivoire. Secundo, elle se veut un garant moral et spirituel de la société. Tertio, elle est la lampe censée éclairer le monde conformément aux Saintes Ecritures.

Alors pour coller à l’actualité, nous nous permettons de poser les questions qui suivent : où est l’église pendant qu’on massacre des Ivoiriens à l’Ouest ? Où est l’église pendant que des hordes de voleurs, d’expropriateurs, de vandales, de néo-colons, etc, envahissent, exproprient et pillent l’Ouest comme des criquets migrateurs ? Où est l’église quand le politique tue l’intelligentsia à travers des mesures que même les pays les plus pauvres de la terre n’ont jamais envisagées pour leur jeunesse ? Où est l’église quand les Frci s’adonnent aux violations graves des droits les plus élémentaires de l’Homme ? Où est l’église quand les détournements et autres magouilles de ceux qui nous dirigent sont érigés en sports nationaux ? Le constat que l’Ivoirien lambda fait est clair et sans appel : l’église est devenue aphone.

Or, le silence a souvent des relents de trahison et de complicité. Cette attitude, bien d’hommes de Dieu l’ont refusée et ont joué franchement leur rôle de conscience sociale. L’exemple le plus récent est Mgr. Tumi, l’Archevêque métropolitain de Kinshasa qui a dénoncé ouvertement et vertement sur Rfi le flou artistique qui a entouré les élections et qui a servi de prétexte au couple France-Onuci pour intervenir violemment dans une affaire qu’eux-mêmes ont qualifiée d’ivoiro-ivoirienne. Où a-t-il eu ses informations ? Du clergé ivoirien qui, lui, a apparemment opté pour le ni vu ni connu !? Pourquoi ce silence là où tous les Ivoiriens attendent de la mère de toutes les églises une interpellation claire et sans fioritures des autorités pour leurs propos justifiant les exactions ? Cela pose – encore une fois – le problème évident de la crédibilité de l’Eglise et des chrétiens en Côte d’Ivoire comme le souligne la Commission épiscopale de l’action et de l’apostolat des laïcs.

L’amorphie qui semble s’être emparée de l’église et le mutisme derrière lequel elle s’est muré ne sont pas faits pour arranger les choses. Vivement, la renaissance !

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

mercredi, 29 août 2012

LA RECONCILIATION DANS UN COMA PROFOND - LA CDVR REAGIT ENFIN!

 

côte d'ivoire,la réconciliation dans un coma profond,la cdvr réagit enfin,charles konan banny,alassane ouattara,la cdvr

 

La Commission réconciliation ivoirienne appelle Ouattara à relancer le dialogue

 

Le chef de la Commission réconciliation ivoirienne a appelé le président Alassane Ouattara à prendre des initiatives pour relancer le dialogue avec l'opposition, alors que le pays connaît un regain de tension après des violences et des arrestations , dans un entretien avec l'AFP.

La Nation ivoirienne est en danger, a alerté l'ex-Premier ministre Charles Konan Banny, président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), dans cet entretien réalisé mardi. Selon lui, la solution réside dans le dialogue et j'attends du chef de l'Etat, président de tous les Ivoiriens, qu'il prenne des initiatives en ce sens.


AFP, 29 août 2012.

mercredi, 15 août 2012

DECLARATION DE LIDER A L'OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE

  

côte d'ivoire,déclaration de lider à l'occasion de la journée internationale d,mamadou cissé,liberté et démocratie pour la république


Depuis 1999, le 12 août a été choisi pour célébrer la journée internationale de la jeunesse à travers le monde. L'Assemblée générale des Nations Unies qui est à l'origine de cette initiative a répertorié dix domaines d'action prioritaires pour les jeunes: l'éducation, l'emploi, la malnutrition et la pauvreté, la santé, l'environnement, la toxicomanie, la délinquance juvénile, les loisirs, les petites filles et jeunes femmes et la pleine et entière participation des jeunes à la vie de la société et à la prise de décisions. Le thème retenu pour l'année 2012 est: «Construire un monde meilleur en association avec les jeunes». Ce thème est un appel mondial à l’action pour nouer et développer des partenariats avec et pour la jeunesse.

LIDER saisit l'occasion de cette Journée pour dresser un bilan de la situation de la jeunesse en Côte d'Ivoire. Force est de constater que bien que le gouvernement Ouattara comprenne en son sein un ministère de la promotion de la jeunesse et du service civique, celle-ci est très alarmante. En effet, l'analyse des domaines prioritaires fait ressortir ce qui suit:


  • Le service civique demeure virtuel. Depuis le déclenchement de la rébellion et des conflits armés qui ont suivi la crise post électorale, il y a environ 100.000 jeunes qui attendent d'être désarmés après avoir été utilisés par les parties belligérantes pour conquérir ou conserver le pouvoir. Ces jeunes ont été écartés lors du partage du butin et abandonnés sur le bord de la route par leurs donneurs d'ordre respectifs, qui ont tous fui avec constance leurs responsabilités. L'Etat s'est jusqu'à présent montré totalement incapable de procéder à la réinsertion de cette jeunesse instrumentalisée à mauvais escient et à la mise en place d'un service civique pourtant prévu par l'Accord politique de Ouagadougou.
 
  • Au niveau de l’éducation, en lieu et place de la "meilleure accessibilité des jeunes aux structures d'éducation et de formations qualifiantes" promise par M. Ouattara dans son programme de gouvernement, il a plutôt été donné de constater qu'après avoir fermé les universités pendant deux années consécutives, le gouvernement vient de procéder à l'augmentation drastique des frais d'inscription à l'université publique, qui passent de 6.000 fcfa à 30.000 fcfa pour une licence. Ce faisant, le président de la République rompt non seulement une énième promesse électorale, celle de la gratuité des frais d'inscription pour tous les étudiants n'ayant pas redoublé, mais en plus il encourage l’accroissement du taux de déscolarisation. Le lycée Sport et Études de Bouaké, dans la construction duquel M. Ouattara promettait d'investir 5 milliards de fcfa dès l'entame de son mandat, demeure également une chimère, tout comme le sont les réhabilitations et constructions d'équipements sportifs qui devaient contribuer à l'essor de la jeunesse ivoirienne. Plutôt que d'investir dans les équipements pédagogiques universitaires de pointe comme de première nécessité, le gouvernement, persistant dans ses pratiques de mauvaise gouvernance, s'est attelé à abattre et rebâtir les clôtures récentes existantes des universités d'Abobo et de Cocody, en surfacturant  scandaleusement les chantiers à des fins d'enrichissement illicite.
 
  • Au niveau du marché du travail, une aggravation du taux de chômage a pu être  constatée, au lieu des 200.000 nouveaux emplois annuels promis par le candidat Ouattara. Il n'y a eu aucune retombée visible pour la jeunesse des marchés passés de gré à gré, en toute opacité, par le gouvernement. La politique entrepreneuriale tant vantée par l'Exécutif se révèle être une coquille vide. La politique de rattrapage ethnique prônée par le président de la République interdit un accès équitable à l'emploi public à tout un pan de la jeunesse de notre pays.
 
  • L'explosion du coût de la vie qui frappe les Ivoiriens dans leur ensemble depuis l'arrivée au pouvoir de M. Ouattara a accru la précarité des conditions de vie des populations et de la jeunesse en particulier. En sus d'avoir du mal à vivre convenablement, les jeunes de notre pays voient leur avenir durablement hypothéqué par la désastreuse politique de surendettemment pratiquée par le gouvernement, qui, au lieu d'investir comme promis "80 milliards de FCFA de lignes de crédit à taux réduit adaptées aux financements des projets portés par les jeunes et 90 milliards de FCFA pour les appuis aux associations et aux actions diverses en faveur des jeunes", préfère les condamner à rembourser des sommes astronomiques contractées sans leur accord et dont l'utilisation sans contrôle ne leur aura pas bénéficié de quelque manière que ce soit.
 
  • Au niveau de la santé: aucune vraie politique sanitaire n’a été mise en vigueur pour réduire les différents déficits que nous avons, et la Côte d'Ivoire demeure malheureusement un pays où la mortalité infantile du fait de la malnutrition est des plus élevées.
 

De ce qui précède, nous concluons avec regret que le gouvernement est plus préoccupé par la production d'effets d'annonce que par la mise en place d'une politique efficace de promotion de la jeunesse. Laissée à elle-même, oubliée, négligée, spoliée, désœuvrée, frustrée, celle-ci est de facto poussée à des actes désespérés pour vivre et survivre.

LIDER condamne avec vigueur l'instrumentalisation de la jeunesse par la classe politique à des fins violentes et belliqueuses.

Nous rappelons que la place et la valeur de la jeunesse doivent être reconnues en posant des actes concrets. À ce propos, LIDER est fier de faire confiance aux jeunes et de compter plusieurs d'entre eux au sein de la direction du parti, dont le plus jeune membre est agé de 25 ans.

LIDER estime que, dans un monde où la compétition entre les économies s'amplifie et où les populations les moins éduquées sont marginalisées et soumises aux risques de l'autoritarisme, l’enseignement ne doit plus être un moyen de domination des élites sur les populations, mais un outil de développement personnel et d’épanouissement à la disposition de tous. Chaque enfant en Côte d’Ivoire doit pouvoir bénéficier d'une éducation de qualité de la maternelle jusqu'aux plus hauts niveaux de l'enseignement supérieur.

LIDER propose une refonte du système éducatif qui passe par des réformes de fond comme la formation bilingue dès l'école maternelle afin de mieux outiller la jeunesse ivoirienne pour saisir les opportunités offertes par la mondialisation et en engageant dès l'école primaire des partenariats avec le monde de l’entreprise, pour sortir de la logique du fonctionnariat étatique et mieux répondre  à la demande du marché de l'emploi. La formation continue doit progresser pour permettre au monde du travail d’avoir toujours à disposition du personnel qualifié adapté à un environnement concurrentiel en constante évolution.

LIDER soutient que la solution à la problématique du chômage ne se trouve pas dans de vagues promesses de création d'emplois au sein d'une administration étatique déjà surdimensionnée ou en poussant la jeunesse vers l'informel, mais dans la libération du talent de nos jeunes par la promotion de la culture d'entreprenariat et la simplification des procédures et des coûts de création d'entreprise. L’entreprise privée, et non l’Etat, doit devenir la principale pourvoyeuse d’emplois. Il y a par exemple des milliers de jeunes médecins qualifiés qui sont aujourd'hui au chômage ou qui exercent dans la clandestinité, quand ils ne sont pas contraints à se recycler comme vendeurs de recharges téléphoniques, alors qu'il serait aisé de les sortir de l'informel en libéralisant le domaine de la santé et en simplifiant la fiscalité.

À cet effet, LIDER projette de soutenir l’entreprise privée fragile dans les deux premières années qui suivent sa création et propose un taux d’imposition unique proportionnel et non progressif, applicable à tous, simple pour les entreprises et plus rentable pour l’Etat, sachant que le contribuable n’a plus à fuir la complexité d’un système fiscal alambiqué.

Partout dans le monde, la pauvreté recule lorsque la liberté économique augmente. Les populations doivent être libérées du poids de leur Etat pour entreprendre. L’enrichissement personnel ne doit plus être l’exclusivité des élites politiques, pour lesquelles il apparaît d'ailleurs bien souvent illicite. À l'occasion de la Journée internationale de la Jeunesse 2012, nous demandons aux jeunes de Côte d'Ivoire de ne pas perdre espoir et les rassurons que LIDER travaille à promouvoir l’excellence, le mérite et la responsabilité au sein de la jeunesse et à augmenter leurs chances de réussite par la création d'un cadre institutionnel permettant de rétablir les possibilités de concurrence dans le monde des affaires, car c’est la compétition qui est à la base du dynamisme et de la performance pour le bien-être des populations.

 

Fait à Abidjan, le 12 août 2012


Pour la Direction du Parti


Mamadou Cissé

Délégué national à l'Emploi et à la Jeunesse


Source: Liberté et Démocratie pour la République (LIDER)

mardi, 14 août 2012

LE PIEGE DE LA CPI SE REFERME SUR LE CAMP OUATTARA

 

ALASSANE OUATTARA ET LUIS MORENO OCAMPO.jpg

 

Le régime Ouattara croyait trouver en la Cpi, une arme fatale contre Laurent Gbagbo et ses partisans qu’il veut voir disparaitre à jamais de la vie politique nationale. Obnubilé par ce noir dessein, le nouveau pouvoir s’est empressé de transférer le Président Gbagbo à La Haye. L’opération a nécessité de gros moyens (avion présidentiel) et s’est faite avec une rare célérité qui traduit éloquemment la détermination du régime Ouattara à vouloir sceller définitivement le sort d’un adversaire redoutable, l’ancien chef de l’Etat.

Mis en confiance par leurs parrains et convaincus qu’ils ne se seront jamais poursuivis pour les nombreux crimes commis par leurs hommes, Ouattara et son régime ont promis de coopérer pleinement avec la juridiction internationale dans la gestion du dossier ivoirien. « Toute personne mise en cause devra répondre de ses actes devant la justice qu’elle que soit son bord », se plaisait à affirmer l’actuel chef de l’Etat à ceux qui doutait de sa capacité à garantir l’indépendance de la justice tout en le soupçonnant de protéger ses partisans.

Mais depuis quelque temps, cette disponibilité vis-à-vis de la Cpi s’est transformée en une hostilité. La complicité du début a tourné au vinaigre. La raison est que le parquet de la juridiction internationale, s’appuyant sur les résultats des enquêtes menées par ses services ainsi que ceux des organisations de défense des droits humains, réclame la tête des hommes de Ouattara qui ont commis des crimes graves dont le massacre de 1000 civils dans l’ouest du pays. Un rapport relatif aux conclusions des juges de La Haye sur le dossier ivoirien mentionne que des forces armées pro-Ouattara ont bel et bien commis des crimes de guerre ainsi que des crimes contre l’humanité et devront comparaitre devant leur Cour.

Des sources concordantes indiquent qu’au nombre des personnes recherchées figureraient en bonne place Guillaume Soro Kigbafori, chef de l’ex- rébellion armée de septembre 2002 rebaptisée Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ; les chefs de guerre Chérif Ousmane, Fofié Koffi et Losseni Fofana. Face à retournement spectaculaire de situation, Ouattara et son régime voient le danger venir. Subitement, ils ne sont plus prêts à collaborer avec la juridiction internationale et ont changé de discours. Il faut plutôt trouver le moyen de contourner la Cpi. D’où la remise en selle de la justice nationale, présentée comme étant désormais apte à connaitre tous les crimes y compris ceux de génocide commis en Côte d’Ivoire.

La justice nationale déclarée ainsi compétente pourra juger les criminels du régime dont les têtes sont réclamées par la justice internationale. Les nouvelles inculpations infligées aux pro-Gbagbo détenus dans les camps de torture au nord du pays procèdent donc de cette volonté du régime Ouattara de contourner la Cpi. Alassane Ouattara pourra-t-il éviter la prison de La Haye à ses hommes ? En attendant le verdict de l’histoire, il apparait très clairement que la Cpi est devenue une source d’inquiétude pour le camp Ouattara. Autant dire que le piège se referme, de jour en jour, sur son auteur.



Jean Khalil Sella 

 

Source: NOTRE VOIE

dimanche, 12 août 2012

RAPPORT ACCABLANT DE HUMAN RIGHTS WATCH CONTRE LA CPI ET LE POUVOIR IVOIRIEN


http://www.connectionivoirienne.net/wp-content/uploads/2012/03/1FRCI_Ado1.jpg


Un rapport paru, il y a quelques temps (Juillet 2012) et qu'il est toujours bon de connaître. Très édifiant! Bonne lecture.



Human Rights Watch: La CPI doit encore asseoir sa légitimité en Côte d’Ivoire

Par Matt Wells

 

Pour l’instant, la Cour Pénale Internationale (CPI), qui fête son 10e anniversaire, n’a émis de mandats d’arrêt que contre un seul des deux camps du récent conflit ivoirien. De hauts responsables du gouvernement de Côte d’Ivoire s’appuient sur ce fait pour justifier leur propre approche sélective de la justice. Celle-ci fait fi de milliers de victimes et entrave le retour d’un État de droit dans le pays.

Ces manœuvres des responsables ivoiriens rendent encore plus urgente la nécessité de voir le nouveau procureur de la CPI, Mme Fatou Bensouda, examiner, de manière visible, toutes les allégations de crimes, indépendamment des appartenances politiques. Tout retard en la matière ne fait que renforcer la position de ceux qui cherchent à utiliser la CPI à des fins politiques.

Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle de novembre 2010, la Côte d’Ivoire a connu six mois de graves atteintes aux droits humains au cours desquels au moins 3 000 personnes ont été tuées et plusieurs centaines de femmes violées, principalement pour des motifs politiques et ethniques. Cette violence a été, à bien des égards, le point culminant d’une décennie marquée par l’impunité pour des crimes graves et par de vives tensions politico-ethniques dans un contexte où les règles de droit ont largement laissé la place à des milices d’autodéfense.

Le pouvoir a changé de mains, mais la justice impartiale maintes fois promise par le président Alassane Ouattara reste essentielle pour que le pays parvienne à surmonter ses divisions communautaires toujours profondes.

Alors que les forces fidèles à l’ancien président Laurent Gbagbo ont commis la plupart des crimes pendant les premiers mois de la crise postélectorale, les forces pro-Ouattara ont commis des crimes graves après le lancement de leur offensive militaire visant à écarter Gbagbo du pouvoir. Les forces armées des deux camps ont été impliquées dans des crimes de guerre et probablement dans des crimes contre l’humanité, comme cela a été documenté, entre autres, par la Commission d’enquête internationale mandatée par les Nations Unies, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l’Homme.

Quinze mois après l’arrestation de Gbagbo par les forces pro-Ouattara, les procureurs militaires et civils de Côte d’Ivoire ont mis en examen plus de 140 personnes pour des crimes postélectoraux, toutes appartenant au camp Gbagbo. La nature unilatérale des poursuites judiciaires a attiré les critiques des organisations de défense des droits humains, des diplomates et de la société civile ivoirienne. En réponse, de hauts responsables du gouvernement ont commencé à expliquer le manque de justice impartiale en se tournant vers un allié inattendu : la CPI.

Dans une interview du 8 juillet accordée à Radio France Internationale, Guillaume Soro, ancien Premier ministre de Ouattara et actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, a déclaré à propos du manque de justice pour les crimes commis par son camp : « Pour ne pas, justement, être accusé d’avoir une justice des vainqueurs, nous avons fait appel à la Cour pénale internationale, […] on ne peut pas soupçonner la CPI d’être complaisante ou de choisir… Jusqu’à présent, la CPI a été appelée à venir faire des investigations en Côte d’Ivoire. La CPI n’a, à ma connaissance, émis que quatre mandats (d’arrêt, NDLR) [tous contre le camp Gbagbo]. (Et) vous me direz (conviendrez, NDLR) que la CPI a décidé sur la base d’enquêtes. »

Invitée par le président Ouattara à enquêter sur les violences postélectorales, la CPI a rapidement pris la décision regrettable de procéder par étapes successives pour ses enquêtes : se pencher d’abord sur le camp Gbagbo, avant de mener les enquêtes promises sur les crimes perpétrés par les forces pro-Ouattara. Cette décision était en partie liée aux défis auxquels est confronté un tribunal débordé et au budget insuffisant. Le gouvernement Ouattara était prêt à aider la CPI à monter rapidement un dossier contre Gbagbo. La présence éventuelle de Gbagbo en Côte d’Ivoire suscitait en outre des préoccupations sécuritaires lors des préparatifs des élections législatives de décembre dernier. D’un point de vue pratique, en novembre dernier, la CPI a répondu au principal souhait du gouvernement ivoirien : le transfèrement de Gbagbo à La Haye.

En même temps, les conséquences d’une stratégie consistant à procéder par étapes successives étaient facilement prévisibles. Les arrestations et les poursuites judiciaires unilatérales avaient déjà commencé en Côte d’Ivoire. La décision de la CPI de se pencher d’abord sur le camp Gbagbo n’a fait que renforcer le sentiment d’une justice des vainqueurs. Aussi longtemps que la justice restera unilatérale, les plaies communautaires profondes dans le pays seront ravivées. Et comme les propos de Soro l’indiquent très clairement, les retards dans la stratégie de la CPI en Côte d’Ivoire ont été interprétés à tort comme le feu vert pour appliquer une justice sélective dans le pays.

La plupart des partisans modérés de Gbagbo avec lesquels je me suis entretenu au cours des douze derniers mois voyait dans la CPI le meilleur espoir de sortir de l’impasse d’un système judiciaire politisé, qui a été l’une des principales causes de la violence politique au cours de cette dernière décennie dans le pays. La société civile ivoirienne a exprimé une confiance similaire dans la CPI, du moins si on la compare aux mécanismes judiciaires nationaux. Il doit être profondément choquant pour ces Ivoiriens de voir l’une des personnes les plus puissantes du pays invoquer la CPI pour justifier le fait que les victimes des crimes odieux commis par les forces pro-Ouattara n’ont aucun recours pour obtenir justice.

Les propos de Soro doivent être un signal d’alarme pour la CPI. Le transfèrement de Gbagbo et son procès à venir sont des étapes positives pour de nombreuses victimes et pour la justice internationale, mais la CPI ne peut pas différer plus longtemps l’examen des atrocités perpétrées par l’autre camp. La légitimité de la Cour en Côte d’Ivoire est en jeu. Plus fondamentalement, le sentiment parmi un nombre considérable d’Ivoiriens que la CPI agit comme un instrument au service de ceux qui détiennent le pouvoir pourrait alimenter davantage les tensions politico-ethniques et amoindrir la capacité de la Cour à obtenir la coopération de certains groupes de victimes lors de futures enquêtes.

La CPI n’a pas pour vocation de se faire discrète face au gouvernement en place. Son rôle est de mettre en examen, de manière individuelle et impartiale, les auteurs de crimes relevant de sa compétence, sur la base de preuves concernant des responsables de haut-rang. En Côte d’Ivoire, la Cour doit confirmer clairement qu’aucune personne ayant commis des atrocités ne se trouve au-dessus des lois, quel que soit son rang militaire ou son appartenance politique.

 

Matt Wells est chercheur sur la Côte d’Ivoire à Human Rights Watch.

Titre: J-ci.net


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 11 août 2012

LA COMMISSION D'ENQUETE DE OUATTARA A RENDU SES CONCLUSIONS - LA COMEDIE DE LA LUTTE CONTRE L'IMPUNITE

 

côte d'ivoire,la commission d’enquête de ouattara a rendu ses conclusions,la comédie de la lutte contre l’impunité,cne commission nationale d'enquête,mme paulette badjo


Du grain à moudre pour la grande machine à «storyteller». En recevant hier les conclusions de sa Commission personnelle d’enquête sur les violations des droits de l’Homme et du droit humanitaire international, Alassane Ouattara a voulu adresser un signal à ses amis occidentaux, qui ne sont en général pas très exigeants avec lui, et qui pourraient bien – espère-t-il – se satisfaire à court terme d’une opération de communication.

L’analyse profonde de la cérémonie organisée hier au Palais présidentiel, qui consacrait la remise à Alassane Ouattara du rapport de la Commission d’enquête sur les graves exactions de la guerre post-électorale, permet d’écarter toute conclusion grandiloquente sur la fin de la logique de l’impunité qui caractérise le régime qui domine sur les Ivoiriens. Des organisations internationales de défense des droits de l’Homme avaient déjà, en amont, critiqué la composition et la méthodologie de la Commission nationale d’enquête (CNE). Dirigée au départ par Matto Loma Cissé, tellement indépendante qu’elle est devenue assez rapidement ministre de la Justice, la CNE est aujourd’hui pilotée par Paulette Badjo, et en son sein siègent des gens exclusivement choisis par Ouattara de manière discrétionnaire. La CNE n’a jamais révélé sa méthodologie, ni pris des mesures particulières pour protéger les victimes qui vivent toujours dans la peur de leurs bourreaux. Qui peut par exemple imaginer qu’à Duékoué l’on peut s’exprimer librement alors que FRCI, Dozos et miliciens burkinabé ont droit de vie et de mort sur les civils, comme le montre la dernière équipée sanglante de Nahibly ? La CNE est-elle allée enquêter dans les camps de réfugiés au Liberia et au Ghana, où se trouvent ceux qui ont fui les meurtriers de leurs parents, notamment dans l’Ouest ? Non. Bien entendu.

Quand un suspect a la haute main sur l'enquête…

La CNE a travaillé de manière très peu transparente, et a rendu ses conclusions dans la plus grande opacité. En général, les Commissions d’enquête rendent leurs conclusions publiques, ce qui permet aux observateurs et aux victimes de se faire une idée du sérieux de leur travail – et ce qui peut contribuer à la réconciliation. La CNE du régime a quant à elle choisi de remettre son texte de manière quasi secrète à Alassane Ouattara. Et de livrer au grand public des chiffres qui participent une fois de plus de la diabolisation du président Laurent Gbagbo, sans se soucier d’être crédibles. En effet, le seul massacre du quartier Carrefour, commis par les forces pro-Ouattara, a fait au bas mot 800 morts, selon les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Quelle est la principale «information» qu’on tire de l’opération de propagande d’hier ? «Les pro-Gbagbo ont tué deux fois plus que les pro-Ouattara». Circulez, y a plus rien à voir. Mais d’où sortent les chiffres qui nous sont assenés ? 3 248 morts, dont 1 452 sont le fait  de forces armées pro-Gbagbo, 727 de FRCI pro-Ouattara, 200 de Dozos, etc… Peut-on sérieusement, par exemple, dissocier les Dozos des FRCI ?

De toute façon, même si l’on fait semblant de croire aux chiffres truqués qui nous ont été servis, un débat doit forcément s’ouvrir sur la suite des procédures. Alassane Ouattara, se drapant dans ses oripeaux de défenseur de la veuve et de l’orphelin, a demandé à son Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio de prendre des «mesures». Quelle crédibilité ces «mesures» peuvent-elles avoir quand on sait qu’elles se prendront sous le contrôle exclusif d’un des belligérants qui est lui-même naturellement suspect, puisqu’il était le chef suprême de troupes qui, nous dit-on, ont tué plusieurs centaines de personnes ? L’on peut aujourd’hui déduire que les forces de Ouattara ont commis, selon Ouattara, le même type d’exactions que celles de son rival. Cela signifie que si l’un est à La Haye, c’est que l’autre pourrait bien l’y rejoindre. Tant que le régime Ouattara aura la haute main sur le processus de justice transitionnelle ou de justice tout court sur les exactions de la guerre post-électorale, l’impunité de certains relèvera de la fatalité.

Une fois de plus, le régime gagne du temps, à travers la mise en scène de ce qu’il faut bien appeler la comédie de la lutte contre l’impunité. Il sera toujours urgent d’attendre des inculpations des pro-Ouattara indexés dans le rapport de la CNE, puisque personne en dehors de leur chef hiérarchique ne connaît leur identité. On tourne en rond. On ruse. On diabolise. On se protège. On ne travaille pas à la réconciliation.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

Dr DIABATE POSE HUIT QUESTIONS A LA COMMISSION D’ENQUETE SUR LES EVENEMENTS POST-ELECTORAUX ET A MONSIEUR OUATTARA

 

côte d'ivoire,docteur diabaté pose huit questions à la commission d’enquête su,dr cheick diabate chercheur,université du colorado usa



1ère QUESTION :

Au lieu de deux ans pour compter des morts, n’était-il pas plus simple de prendre 2 semaines pour recompter les procès verbaux ?

2ème QUESTION :

Vous avez comptez les victimes des FDS, des FRCI, des DOZOS, où sont les morts des bombardements de la force Licorne et de l’ONUCI?

3ème QUESTION :

La plupart des victimes, surtout à l’Ouest, n’ont plus de village et leurs familles sont en exil par milliers au Liberia, au Ghana, au Togo, au Bénin etc. Plusieurs, par manque de moyens, sont morts des ces lieux de refuge et même de déplacement interne en Côte d’Ivoire, du fait de l’insecurité. Comment avez-vous pris en compte ces victimes ?

4ème QUESTION

Selon la Constitution ivoirienne, entre les rebelles, les Dozos et les FDS, qui avait le droit de porter des armes en Côte d’Ivoire pendant la période de votre enquête?

5ème QUESTION

Vous avez identifié les victimes et les coupables mais pour mieux orienter la CPI qui cherche les premiers responsables, qui est responsable de l’armement des FDS, des rebelles et des Dozos ?

6ème QUESTION

Entre ceux qui ont choisi la voie pacifique de règlement du conflit, à savoir l’Union Africaine et certains chefs d’Etat, et ceux qui ont choisi la voie de la violence, à savoir la CEDEAO, SARKOZY, OUATTARA, qui est responsable de la déclaration de guerre ?

7ème QUESTION

En France, les forces de défense et de sécurité ont tué MOHAMED MERHAT parce qu’il n’avait pas le droit de porter des armes et de les utiliser. Pour mieux situer les responsabilités, les morts attribués aux FDS qui ont légalement le droit de porter des armes au moment des faits, étaient-ils en situation de défense comme l’autorise la Constitution ou en violation des règles et procédures régissant la défense du territoire?

8ème et DERNIERE QUESTION

Si donc les FDS, FRCI et DOZOS ont tué au cours des événements post-électoraux en Côte d’Ivoire, tout comme la Licorne et l’Onuci, pourquoi c’est Laurent Gbagbo seul qui se retrouve à la CPI et pas Ouattara et Guillaume Soro pour Les FRCI, Koné Zakaria pour les Dozos, Ban Ki-Moon pour L’ONUCI et Nicolas Sarkozy pour la Licorne? Pourquoi ???

Si le rapport doit servir à rendre justice, je crains qu’en l’absence de réponses claires à ces questions, ce rapport ne soit qu’une simple comptabilité macabre pour émouvoir et tromper l’opinion internationale sur la réalité de la crise ivoirienne et prolonger la souffrance du peuple sous la dictature sanglante du régime ethno-génocidaire de Ouattara.
 


Dr Cheick DIABATE,

Chercheur, Université du Colorado,

USA

vendredi, 10 août 2012

CRISE POST-ELECTORALE: POLEMIQUE SUR LE RAPPORT D'ENQUETE DE LA CNE

 

côte d'ivoire,crise post-électorale; polémique sur le rapport d'enquête de la,mme paulette badjo,la présidente de la commission,laurent gbagbo,alassane ouattara,anassé anassé,washington post,associated press ap



A peine est-il disponible que le Rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE) fait déjà débat. Le document remis officiellement, le mercredi 8 août 2012, au chef de l'Etat, Alassane Ouattara, doit-il être publié en intégralité dans sa mouture initiale?

 

Telle est la polémique qui semble naître de ce Rapport ; polémique ouverte par un journal américain, le Washington Post. Faut-il le signaler, ce quotidien généraliste très influent aux États-Unis d'Amérique, a été fondé en 1877, et tire à  750.000 exemplaires par jour. Ce journal a notamment révélé le scandale du « Watergate », qui a valu la démission du président américain Richard Nixon, en 1972. Dans son édition en ligne du mercredi 8 août (avec Associated Press, AP), le Washington Post traduit les différentes opinions qui se sont exprimées concernant la mise de ce Rapport à la disposition du grand public.

Deux opinions s'affrontent. D'une part, il s'agit des organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch se fait le porte-voix, qui réclament la publication intégrale du Rapport de la Commission nationale d'enquête sur les événements post-électoraux en Côte d'Ivoire (période de référence de la CNE : du 31 octobre 2010 au 15 mai 2011). « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité », a estimé Matts Wells, chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch.

En face, des voix officielles du Gouvernement ivoirien, notamment le ministre des Droits de l'Homme et des Libertés Publiques, s'opposent à la publication du rapport intégral. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité. Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles », s'est justifié Coulibaly Gnénéma Mamadou. Le débat est donc ouvert. Et afin de permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion de cette controverse, nous publions ci-dessous, l'article en question du Washington Post (seulement les trois derniers paragraphes ont été amputés, car n'ayant pas un rapport direct avec le sujet).

 

Anassé Anassé

 

Ci-dessous, l'article publié sur le site Internet du Washington Post, daté du mercredi 08 août 2012 (avec Associated Press, AP) et traduit en français.


-----------------------------------------

 

côte d'ivoire,crise post-électorale; polémique sur le rapport d'enquête de la,mme paulette badjo,la présidente de la commission,laurent gbagbo,alassane ouattara,anassé anassé,washington post,associated press ap


Un rapport détaille les crimes commis par des forces pro-Ouattara durant la crise post-électorale en Côte d'Ivoire

 

ABIDJAN, Côte d'Ivoire (Washington Post, avec Associated Post) – Plusieurs centaines d'éléments des forces fidèles au président (ivoirien) Alassane Ouattara ont commis des crimes, dont des exécutions sommaires et des actes de torture durant les violences consécutives à la récente crise post-électorale (décembre 2010 – mai 2011) dans le pays, selon le Rapport final de la Commission nationale d'enquête (CNE) officiellement remis au président le mercredi (08 août 2012).

Malgré le fait que le rapport (de la CNE) n'a pas encore été publié, son contenu mérite d'être salué par les organisations de défense des droits de l'Homme, qui ont accusé l'administration du président Ouattara de pratiquer une justice à sens unique. Les crimes commis par les forces pro-Ouattara ont été bien documentés aussi bien par les ONG internationales de droits de l'Homme et par les journalistes qui se sont intéressé au conflit (post-électoral ivoirien). Mais en dépit de nombreux rapports détaillant ces violations, après un an de pouvoir du président Ouattara, seul les partisans du président déchu (Gbagbo) ont jusqu'à ce jour été arrêtés.

Mme Paulette Badjo, la présidente de la Commission, a déclaré mercredi que les enquêtes ont révélé que 545 éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), l'armée créée et installée par Ouattara, ont commis des exécutions sommaires, dont 54 actes de torture. A l'opposé, le Commission a découvert que 1.009 éléments des forces pro-Gbagbo ont également commis des exécutions sommaires et 136 cas de torture. Le Rapport documente aussi plusieurs autres crimes, dont des viols et des destructions ou extorsions de biens.

En définitive, plus de 3.000 personnes ont été tuées suite aux violences qui ont éclaté après (...) l'élection présidentielle de novembre 2010 (2nd tour). Laurent Gbagbo (le président sortant, Ndlr) a été arrêté en avril 2011 et transféré à la Cour Pénale internationale à La Haye (en novembre 2011), où il attend l'audience de confirmation des charges de crimes contre l'humanité alléguées contre lui. Depuis lors, plus de 100 partisans de Gbagbo, dont le fils de l'ex-chef de l’État ivoirien et son épouse (Simone Gbagbo), sont détenus en Côte d'Ivoire (…). Pendant ce temps, aucun soldat pro-Ouattara n'a encore fait l'objet de procédure judiciaire, ce que dénoncent certains comme étant une « justice des vainqueurs ».

Des membres du Gouvernement (ivoirien) ont justifié l'absence de poursuites contre les forces pro-Ouattara, par la nécessité de laisser la Commission finir son travail. Mme Badjo a déclaré que la Commission (qu'elle préside) n'a pas de prérogatives judiciaires et n'a pas pour objectif de poursuivre qui que ce soit. « Notre rôle n'est pas d'engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes », a-t-elle affirmé. « Notre rôle est d'identifier les auteurs de ces crimes afin que la justice puisse faire son travail ».

Cependant, après la cérémonie de mercredi la ministre déléguée à la Justice, Matto Loma Cissé, a fait savoir que des poursuites pourraient être engagées très rapidement. « Maintenant que les enquêtes sont terminées, nous pouvons faire le lien entre les enquêtes et les poursuites », a-t-elle indiqué. Le président Ouattara s'est encore prononcé en faveur de poursuites contre des présumés criminels des deux camps. « C'est en laissant la justice faire son travail que nous pouvons combattre l'impunité », a-t-il réaffirmé.

L'intégralité du rapport n'a pas été rendu public mercredi, mais le président Ouattara a déclaré que cela sera fait sous peu. Toutefois, dans une récente interview, le ministre (ivoirien) des droits de l'Homme, Gnénéma Coulibaly a précisé que le Rapport ne sera pas mis à la disposition du grand public, sans y apporter de retouches significatives (nouvelle rédaction), en vue de protéger l'identité des personnes qui ont fait des témoignages à la Commission. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité », a-t-il déclaré. « Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles ».

Matts Wells, Chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch, et auteur d'un rapport sur les violences post-électorales (en Côte d'Ivoire), a quant à lui déclaré que le Rapport devrait être mis à la disposition du grand public dans son entièreté, et que cela devrait déboucher sur les poursuites à l'encontre des forces pro-Ouattara. La crédibilité de la Commission sera déterminée par les suites judiciaires qui seront promptement accordées aux crimes commis par les pro-Ouattara, ce qui assurera une justice impartiale – et non une justice à sens unique », a-t-il indiqué. « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité » (…).

 

Traduction réalisée par Anassé Anassé


Source: L'INFODROME.COM

mercredi, 01 août 2012

EXCLUSIF: VOICI LE VERITABLE SOCLE DE LA CRISE IVOIRIENNE!


côte d'ivoire,voici le véritable socle de la crise ivoirienne,rapport du conseil économique et social sous bédié (octobre 1998,«immigration en côte d'ivoire,le seuil du tolérable est largement depassé (1)

 

La boîte de Pandore ouverte par le PDCI qu'il a été incapable de gérer, sa véritable semence vite oubliée qui, en plus de "l'insolence géologique" connue du sous-sol de la Côte d'Ivoire, est à la base du massacre du peuple ivoirien...

Document à lire, à partager et à conserver!

------------------------------------------

 

RAPPORT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL SOUS BEDIE (Octobre 1998)



TITRE: «IMMIGRATION EN COTE D'IVOIRE: LE SEUIL DU TOLERABLE EST LARGEMENT DEPASSE (1)» (Extraits...)



«[…] Face à l’importance considérable et toujours grandissante du phénomène de l’immigration en Côte d’Ivoire et aux risques encourus par la population aux plans de la sécurité, de l’unité nationale et de la paix sociale, le conseil économique et social a pris l’initiative d’une réflexion sur le sujet, dans l’espoir d’attirer l’attention des autorités sur la réalité de l’immigration dans notre pays […].

LE BILAN SUR LE PHENOMENE DE L'IMMIGRATION EN COTE D'IVOIRE, SES CAUSES ET SES CONSEQUENCES ...

[…] L’immigration qui a commencé en Côte d’Ivoire pendant la période de la colonisation, s’accroît d’année en année pour engendrer aujourd’hui une population d’origine étrangère dont l’importance dépasse de très loin le seuil de tolérance acceptable pour un peuple.

Une présence étrangère aussi massive ne peut manquer d’avoir des répercussions diverses sur tous les plans de la vie socioculturelle, économique et politique.

[…] Cette immigration galopante a transformé la structure même de la population du pays.

[…] C’est dès les années 1930, sous la colonisation que l’immigration en Côte d’Ivoire a commencé sous sa forme actuelle. C’est le pouvoir colonial qui avait créé et entretenu ces migrations vers la Côte d’Ivoire pendant toute cette période pour une exploitation maximale des potentialités culturales et naturelles de l’ère coloniale.

[…] C’est ainsi que l’exHaute-Volta, dont les habitants paraissaient valeureux au travail aux yeux de l’administration coloniale, a été momentanément rattachée à la Côte d’Ivoire pour favoriser et accentuer le recrutement de la main d’œuvre […]. Après l’indépendance, la Côte d’Ivoire a poursuivi son développement par la mise en place d’une politique de valorisation attractive de la main d’œuvre étrangère (libre entrée sur le territoire, revenus rémunérateurs et transférables, emplois disponibles…) et ainsi permis aux immigrants de continuer à affluer dans le pays.

[…] La politique d’ouverture, libérale, hospitalière et pacifique prônée et pratiquée par la Côte d’Ivoire du président Félix Houphouët-Boigny (fondateur du RDA) et de son digne successeur, le président Henri Konan Bédié, concrétisée par divers accords de libre circulation, de libres échanges économiques (ex: celui de la Cedeao) et l’hospitalité bien connue de l’Ivoirien, ont énormément contribué à favoriser cette immigration […].

LES CONSEQUENCES DE L'IMMIGRATION EN COTE D'IVOIRE

a) Les conséquences sur l’équilibre démographique naturel et la vie politique

[…] L’augmentation accélérée de la population active, une des sources du chômage des Ivoiriens, l’accélération du phénomène de métissage culturel, source d’enrichissement mais aussi de déséquilibre socioculturel, le cas de ces étrangers de la 2e génération représentant 42 % de la population étrangère en 1988. Cet autre phénomène connaît une telle expansion liée à la plus grande fécondité de ces femmes et couples étrangers que certaines projections estiment que la moitié du nombre des étrangers vivant en Côte d’Ivoire est née dans ce pays! Certains Ivoiriens se posent la question de savoir si ces étrangers de seconde génération, actuellement estimés à 1 500 000 personnes, ne vont pas revendiquer la nationalité ivoirienne par le fait de leur naissance en Côte d’Ivoire? Et s’ils l’obtiennent, ne vont-ils pas utiliser le libéralisme politique qui caractérise notre pays pour revendiquer des droits politiques, et notamment tenter de conquérir le pouvoir d’État au détriment des Ivoiriens de souche?

b) Les conséquences socio-économiques

Nul n’ignore le poids économique assumé par ces immigrés.

En effet, malgré leur faible niveau d’instruction en général, ils ont la mainmise sur le commerce dans ce pays, occupant ainsi la majorité des emplois du secteur informel (Libano-Syriens, Mauritaniens, Maliens). Il en résulte que les Ivoiriens de souche sont plus frappés par le chômage (6,4 %) que ces immigrés (3,6 %).

[…] La mainmise de ces immigrés sur les emplois dans certains secteurs d’activité nationale (commerce, transport routier, entreprises agro-industrielles, boucherie, etc.) est telle qu’ils empêchent les Ivoiriens de leur faire concurrence. Le phénomène n’a pas échappé au président de la République qui disait récemment aux députés: «En confectionnant la loi sur la préférence nationale, nous devons nous demander si l’exercice des petits métiers comme le marchand de charbon ne devra pas être exclusivement réservé à des jeunes Ivoiriens et Ivoiriennes patentés».

Par ailleurs, ces entreprises d’étrangers emploient très peu d’Ivoiriens, dont les salaires sont plutôt sous-évalués, et en général non déclarés à la CNPS […]. Enfin, nombreux sont ceux qui pensent que ces entreprises étrangères jouent un rôle considérable dans le phénomène de la corruption en Côte d’Ivoire, au grand détriment des caisses de l’État […].

L’immigration devient de plus en plus une des causes structurelles de l’accroissement de la pauvreté des Ivoiriens […].

c) Les conséquences sur la sécurité et la paix sociale

L’ampleur du nombre de la population des étrangers en Côte d’Ivoire risque, si ce n’est déjà le cas, de constituer un facteur d’insécurité dans le pays […].

– Les résultats du dernier recensement des populations effectué en Côte d’Ivoire en 1988 montrent clairement que ce sont les étrangers qui habitent, dans leur très grande majorité, les quartiers précaires, reconnus comme les nids des malfrats […].

Quant aux statistiques sur les infractions criminelles de 1989 […], elles ont relevé la grande implication des étrangers dans la criminalité: 69 % des vols avec effraction, 67 % des infractions sexuelles, 58 % des vols à main armée et plus de 50 % des coups et blessures sont à l’actif de malfrats étrangers.

– L’afflux d’immigrés de confession islamique (73 % des étrangers en provenance des pays frontaliers nordiques) a considérablement modifié l’équilibre religieux préexistant […]. Une telle rupture d’équilibre, dans un domaine aussi sensible, pourrait amener certains esprits à tenter d’exploiter l’appartenance religieuse à des fins politiques, toute chose qui dessert l’unité et l’harmonie nationales, et menace la paix sociale si chère à notre pays.

LES PROPOSITIONS

Face à ces risques réels, liés à l’ampleur extraordinaire prise par le phénomène d’immigration dans le pays, le Conseil économique et social suggère aux autorités compétentes quelques propositions […].

Ainsi, la gestion de l’immigration devra être dorénavant caractérisée par la mise en œuvre des mesures suivantes:

– la suppression de la libre immigration;

– l’établissement du principe de la réciprocité avec les pays qui n’accordent pas à notre pays les mêmes facilités d’immigration que nous leur donnons (obligation du visa);

– l’élaboration d’un Code national d’immigration fondé sur le respect des engagements internationaux pris par la Côte d’Ivoire;

– l’affectation aux frontières (dans les services de police, gendarmerie, douanes) d’agents ivoiriens honnêtes, assermentés et patriotes, à même d’appliquer rigoureusement les mesures préconisées par le gouvernement pour contrôler et maîtriser l’immigration dans le pays;

– une politique rigoureuse dans la délivrance des certificats de nationalité, des passeports, des cartes nationales d’identité et des naturalisations;

– la nécessité de produire le passeport ou la carte nationale d’identité mentionnant la nationalité de l’immigrant;

– l’instauration d’échanges réguliers entre les services frontaliers d’immigration, les ambassades et consulats, avec la direction générale nationale de la statistique en charge des questions démographiques;

– la création d’un Observatoire national de l’immigration;

– l’instauration d’une politique démographique plus hardie, susceptible de contribuer à limiter l’immigration;

– le maintien et l’application stricte des dispositions constitutionnelles récemment adoptées par le Parlement et portant sur le code électoral, précisément sur les conditions d’éligibilité à la présidence de la République et autres postes politiques;

– la révision en vertu de la réciprocité, des codes foncier et urbain dans leur principe de l’octroi de terrains à bâtir et de propriétés foncières à des étrangers. Toute rétrocession dans ce contexte doit l’être préférentiellement en faveur d’Ivoiriens de souche ou de l’État;

– la restructuration pour une meilleure gestion des quartiers précaires qui se sont révélés être de vrais nids de malfrats étrangers;

– la détention par des Ivoiriens d’un pourcentage minimum (à définir), du capital des sociétés et entreprises créées par des étrangers dans notre pays;

– définir la proportion minimale des agents ivoiriens parmi l’ensemble des employés exerçant dans ces entreprises étrangères;

– exiger une rémunération convenable (Smig) de ces agents ivoiriens qui devront être déclarés à la CNPS;

– dans la mesure du possible, prendre les dispositions utiles pour réduire le niveau de transfert des fonds par les entreprises étrangères;

– favoriser la mise au travail des Ivoiriens (fonds sociaux, etc.).

CONCLUSION

Il apparaît clairement que le seuil tolérable a été largement dépassé dans notre pays, exposant celui-ci à des risques sérieux de perturbations de l’équilibre socio-démographique, de l’unité, de l’harmonie et de la paix sociales si chères à la Côte d’Ivoire.

S’il est vrai qu’aucun pays au monde ne peut vivre en vase clos, il est aussi vrai que chaque pays doit, dans son intérêt, prendre les dispositions adéquates pour ne pas se laisser envahir par l’étranger. Ce n’est pas de la xénophobie, c’est une simple question de sauvegarde nationale.»

(1) Rapport publié dans Le Jour, Abidjan, n° 1251, jeudi 8 avril 1999.


(Source : http://www.politique-africaine.com/)


Source: COTE D'IVOIRE MA TERRE

vendredi, 27 juillet 2012

OUATTARA SOMME DE NEGOCIER LA PAIX AVEC SES OPPOSANTS

UNE QUOTIDIEN AUJOURD'HUI.jpg

Le président français a descendu quelques marches pour accueillir hier son homologue ivoirien à l’Elysée où les apparences ont été pour le moment préservées. Mais Ouattara sait désormais qu’il n’a plus tout à fait son destin entre les mains puisqu’il est sommé de négocier la paix avec ses opposants.


Un chef de l’Etat sur écoute, humilié la veille à l’aéroport parisien où François Hollande n’a daigné envoyer ne serait-ce que  le moins gradé de ses conseillers. Hier, l’opération était plus à soigner les apparences qu’à autre chose. Ainsi, le président français qui a ostensiblement boudé son homologue ivoirien durant de longues semaines, y compris sur des questions dont celui-ci avait directement la gestion comme celle du Mali, a tenté de jouer à l’acteur parfait devant un parterre de photographes qui n’ont sans doute pas oublié que des mois plus tôt, Ouattara était encore dans les mêmes murs, pour soutenir une dernière fois, l’ami Sarkozy sorti perdant de l’élection présidentielle. Signe des temps, les ministres des finances des deux pays ont signé le document annulant officiellement l’essentiel de la dette ivoirienne due à la France. Une opération-colifichet en fait pour laquelle Ouattara a usé de sa tendance chronique à la mystification. « Monsieur le président, je voulais vous remercier parce que nous avons signé avec le ministre des Finances avant hier (mardi) une annulation de la dette de la Côte-d’Ivoire à l'égard de la France de 99,5%, c’est-à-dire plus de trois milliards d’euros. Cela va nous permettre de renforcer les investissements dans les secteurs sociaux et je voudrais vous dire un grand merci ». Pourtant, rien de nouveau sous le soleil. La Côte d’Ivoire qui vient d’obtenir le point d’achèvement de l’initiative PPTE a déjà fêté cette décision qui devenait automatique. Ainsi tant qu’à rechercher les symboles, surtout de relations cordiales, le chef de l’Etat ivoirien n’a pas son pareil. Mais loin des yeux, les amabilités ont fait face à des visages plus graves. Car selon le journal français Libération, Ouattara a été sommé de négocier la paix avec ses opposants en relançant le processus de réconciliation nationale en panne depuis de longs mois. Il doit aussi former un gouvernement d’union nationale et collaborer avec la justice internationale en permettant le transfèrement des criminels de son camp. Une décision de la CPI rendue le 15 novembre 2011 par la chambre préliminaire III présidée à l’époque par la juge Silvia Fernandez De Gurmendi met en effet gravement en cause la responsabilité personnelle de Guillaume Soro dans la commission de crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Côte d’Ivoire, notamment sur les événements de Duékoué. Coopérer avec la CPI signifierait procéder au transfèrement de l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Ce n’est pas vraiment une surprise. Ouattara est accusé par les officiels français de se désintéresser de la réconciliation nationale et d’attiser les foyers de tension dans son pays. C’est ce qu’avait déjà dit Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La présidence française a d’ailleurs tenu à préciser que la coopération entre les deux pays se fera désormais à l’aune de ces questions. «la question de la réconciliation nécessaire entre les Ivoiriens, passe par le dialogue, la lutte contre l’impunité et la justice. A cet égard, le renforcement de l’Etat de droit et du système judiciaire en Côte-d’Ivoire fera aussi partie des priorités de la coopération bilatérale», a assuré la présidence française.

Pas d’autre façon de tordre le bras à quelqu’un qui avait jusque-là profité de la bienveillance de l’Elysée, y compris pour triompher du président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara a toujours freiné sur ces questions et notamment sur la libération des cadres du FPI qu’il continue de maintenir en prison et contre qui la justice ivoirienne invente chaque jour des délits. Par exemple,  Simone Gbagbo a été d’abord poursuivie pour vol en réunion avant que le Procureur de la République ne décide de lui coller le délit de crime contre l’humanité. D’ailleurs sur les plateaux de France 24, Alassane Ouattara a affirmé que s’il ne poursuit pas les criminels de son camp, c’est parce qu’eux n’ont pas été pris en flagrant délit de commission des actes criminels qui leur sont reprochés ; ce qui ne serait pas le cas des cadres du FPI qui ont généralement BAC + 10.

Comment Ouattara peut-il donc négocier la paix s’il développe une telle peur et une telle inhumanité et que la commission dialogue vérité et réconciliation n’a toujours pas reçu le moindre kopeck pour financer ses activités ? Interrogé d’ailleurs sur cette réalité avant-hier, le chef de l’Etat, comme à ses habitudes, a préféré verser dans la démagogie facile et accuser le FPI de ne pas vouloir qu’advienne la paix. Pendant ce temps, son parti le RDR continue de faire de la provocation en accusant journalistes proches de l’opposition et le FPI d’être les auteurs des massacres de Duékoué. Le gouvernement n’a d’ailleurs toujours pas esquissé le moindre acte de compassion à l’égard des rescapés que le régime lui-même  ne veut plus voir retourner sur le site de l’ancien camp. Leur déguerpissement était, pour ainsi dire, planifié. Comme l’est aussi sûrement le délitement de l’école publique dans notre pays puisque Ouattara y a augmenté les frais d’écolage, notamment à l’Université d’Abidjan où les inscriptions passent de 6000 f à 100.000 f pour le premier cycle, 200.000 f pour le second cycle et 300.000 f pour les troisièmes cycle. De quoi rendre perplexe tous ceux qui espèraient la fin de l’instabilité.  

                                                                                                                                                                 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" du 27 juillet 2012. 

jeudi, 26 juillet 2012

EN VISITE OFFICIELLE DEPUIS 48 HEURES, OUATTARA ACCUEILLI SANS HONNEUR EN FRANCE

 

ALASSANE OUATTARA - ARRIVEE SANS OFFICIEL FRANçAIS.jpg

 

Attendu hier matin par le ministre français des Affaires étrangères pour une séance de travail, Alassane Ouattara est arrivé un jour plus tôt  à l’aéroport de Paris où aucun officiel français ne l’attendait. Pour un homme à qui Nicolas Sarkozy a habitué aux flons flons et aux ors français, la descente aux enfers est pour le moins  terrible.

 

 Le chef de l’Etat ivoirien est arrivé deux jours avant son rendez-vous à l’Elysée où il doit rencontrer aujourd’hui François Hollande pour un premier tête-tête depuis l’arrivée de celui-ci au pouvoir. Sans doute pour cela, les apparences étaient donc d’une importance capitale parce qu’elles peuvent  permettre en outre de décrypter la suite des relations personnelles entre les deux hommes mais surtout aider à comprendre  si oui ou non les appuis forcenés de l’ivoirien à l’ex président ont été oubliés par le socialiste. Premiers frissons, l’arrivée à l’aéroport parisien, à quelques heures du tête-à-tête des ministres de l’Economie et des finances des deux pays pour une séance protocolaire d’annulation d’une partie de la dette ivoirienne obtenue, il faut bien le préciser,  dans le cadre du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvre très endetté (PPTE). Mais on est aussi  à la veille de la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de François Hollande qui est une rencontre éminemment politique.

Un jour plutôt, Bernard Valero le porte-parole avait copieusement flingué le chef de l’Etat ivoirien en pointant du doigt l’instabilité et l’insécurité chroniques  en Côte d’Ivoire où la réconciliation est bloquée. « La sécurité en Côte d’Ivoire est étroitement liée au processus de réconciliation » que Ouattara a jeté aux orties. Retour sur terre. A l’aéroport  de Paris, justement. Pas une seule tête blanche à des centaines de mètres à la ronde. Aucun officiel et pas même un conseiller n’a daigné venir recevoir le chef de l’Etat ivoirien qui doit rencontrer le président français, ce matin à l’Elysée. La file de personnalités qui sacrifient au protocole sont plutôt les membres du gouvernement Ouattara. Ils étaient dans le même avion que lui. Cette visite en France est pourtant officielle et les thuriféraires du chef de l’Etat avaient été soulagés par son annonce. Mais visiblement, il est désormais périlleux d’y trouver quelques enjeux de communication interne, comme en Chine même si le résultat est le même.

En janvier dernier, Ouattara était sur le même aéroport qui avait affiché tous les ors de la République française en son honneur. Tapis rouge depuis la descente de l’échelle de coupée, garde républicaine en tenue d’apparat, Ouattara s’était offert une revue de troupes en compagnie de Claude Guéant, ami personnel de Sarkozy et ministre de l’Intérieur… Ce 23 juillet, seul le personnel de l’aéroport dévoile quelques têtes blanches sur le parcours de Ouattara qui entre dans le pavillon où il est attendu par les mêmes qui l’ont accueilli et une poignée d’Ivoiriens arborant de menus drapeaux tricolores aux couleurs ivoiriennes.

La déculottée diplomatique est terrible, surtout que la journée d’aujourd’hui réserve son lot d’hostilités à Ouattara sur le perron de l’Elysée. Les résistants ivoiriens composés de ceux de la diaspora française ont multiplié les appels sur les réseaux sociaux pour réserver un accueil inamical au chef de l’Etat ivoirien, fragilisé un peu plus par la tragédie des Wê de Duékoué. Selon la Croix Rouge qui table sur des bilans encore provisoires, 211 personnes ont été massacrées dans le camp de Nahibly et des milliers d’autres refugiés sont portés disparus. Mais alors que le monde entier condamne et appelle le gouvernement  à plus de responsabilité, celui-ci a fait une déclaration sur les antennes de la télévision nationale dans la soirée du 24 juillet pour menacer les journalistes de l’opposition qui auraient traité d’une façon politicienne l’actualité de ses massacres. Le gouvernement promet aussi de se rendre à Duékoué où aucun ministre n’a toujours pas mis les pieds. Même les cadres de cette région membres du RHDP ou du gouvernement n’ont pas daigné apporter la compassion fraternelle aux rescapés que le régime refuse par ailleurs de reloger sur un autre site.

Le jour de la tragédie, les premiers témoignages avaient indiqué que le gouvernement avait ciblé ce camp comme un repère de bandits. Ses pensionnaires qui se sont retrouvés là pour avoir tout perdu et en raison des menaces dont ils sont l’objet, avaient déjà subi une diminution de la ration alimentaire. Et le gouvernement maintient toujours son refus de les réinstaller alors qu’ils ont tout perdu et ne savent plus où aller.

Mais ces crimes risquent de laisser des traces profondes. Même les associations jusque-là tolérantes comme la Commission des droits de l’homme dirigée par l’épouse du président du Conseil constitutionnel, Françis Wodié, rallié à Ouattara pendant le deuxième tour de la présidentielle, s’est élevée publiquement contre la torture en Côte d’Ivoire « devenue une chose banale ». Mais ces FRCI qui sont au centre de toutes les condamnations, et notamment  françaises ont continué de faire parler d’elles les jours qui suivirent. Elles se sont affrontées entre elles dans la commune d’Abobo. Bilan : trois tués. Le lendemain, elles remettaient ça mais cette fois-ci en poignardant un chauffeur de gbaka ; ce qui a provoqué la grève de ces mini cars dans toute la commune.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du 26 juillet 2012.

MASSACRES DE DUEKOUE - UNE RESSORTISSANTE DU NORD AVERTIT SES FRERES: «LA VENGEANCE RISQUE D'ETRE TERRIBLE!»

 

 

côte d'ivoire,massacres de duékoué,le cri du cœur d’une ressortissante du nord,«la vengeance risque d´être terrible!»,n. coulibaly,laurent gbagbo,alassane dramane ouattara


Je m'abstiens en général de les regarder, mais cette fois-ci, il était quasi impossible de les éviter. Aussi ai-je versé quelques larmes en voyant les images de la dernière tuerie, de Nahibly près de Duékoué. L'ouest! Oui encore lui! Région martyre qui paie très cher son soutien à Laurent Gbagbo – d'après ce qu'on dit. A moins que ce ne soit plutôt la présence de terres fertiles.

Je souffre avec cette population qui n'a même pas trouvé de protection alors qu'elle pensait trouver refuge dans ce camp de réfugiés, auprès de casques bleus sensés la protéger. Après avoir tout perdu, il ne leur restait - pour la plupart d'entre eux - que la vie. Ils viennent elle aussi de la perdre de manière brutale. Non, que dis-je? De manière barbare, car cela ressemble à une vraie boucherie.

Je n'ai pas pu regarder toutes les images tellement elles étaient brutales, horribles. Imaginez alors le sentiment de tous ceux qui les voient «en direct» et non derrière un écran d'ordinateur comme moi. La souffrance de ceux-là qui ont perdu de cette manière un père, une mère, un frère, une soeur, un oncle, une tante, etc... ou même un ami.

Est-ce cela la réconciliation? Je n'ai pas encore entendu Konan Banny. Cette barbarie l'a-t-elle rendu muet?

Les explications données par le représentant du gouvernement ne me satisfont pas: il y aurait eu des miliciens pro-Gbagbo dans ce camp?  J'ai envie de répondre: «Et puis?». N'y a-t-il plus de lois dans ce pays? Ne pouvait-on pas les arrêter au lieu d'occasionner une telle boucherie? Personne ne mérite une telle fin, fût-il «milicien  pro-Gbagbo», comme ils disent. Encore que cela reste à prouver. C'est de mon avis une bien piètre excuse. Où est passée la compassion pour ces populations qui souffrent déjà depuis trop longtemps et paient un très lourd tribut de leur soutien à Laurent Gbagbo? Même si les politiciens des autres régions leur accordent peu d´intérêt, où sont passés leurs «frères» qui  font partie de ce gouvernement? Ne peuvent-ils pas exiger qu'on les protège? Pauvre Côte d'Ivoire! On en est arrivé à ce point où la vie de ceux d'un autre bord poilitique ne semble plus avoir aucune valeur! Ces gens seraient-ils morts au combat, les armes à la main – dans un combat équitable donc – que vous ne m'auriez pas entendue. Mais je refuse de participer à cette déshumanisation de mon pays qui a lieu sous nos yeux à tous. C'est vrai  que je n'y peux pas grand-chose, mais je voudrais au moins ouvrir la bouche pour dire ma désaprobation.

Et quand je lis que ce sont les populations du Nord (encore une fois) avec l'aide de celles des pays de la sous-région qui sont responsables de ce massacre, je me pose la question: Mes frères du Nord ont-ils perdu le Nord? Je ne reconnais plus mon pays, je ne reconnais plus les gens de ma région. Mon coeur saigne pendant que j'écris ces lignes. Car si ces meurtres sont vraiment leur fait, qu'ils s'attendent à la pareille au moment où le pays sera libéré d'Alassane Ouattara et de ses complices. Je ne m'en réjouis pas – loin de là – mais c'est un fait et j'aimerais tant que quelqu'un ouvre les yeux avant qu'il ne soit trop tard. J'ai l'impression de crier dans le désert. Ce qui semble tellement évident à un grand nombre de personnes, ne semble sauter aux yeux d'aucun des membres de ce gouvernement!!! Ils mènent ceux qu'ils sont venus «libérer» - je me demande bien de quoi - tout droit à la boucherie, sur une route pavée il est vrai des corps de toutes leurs victimes depuis 2002...

Cette question me revient toujours: Quel est le but véritable de ces tueries répétées? Et où se trouve cette «communauté internationale» instauratrice de  «démocratie » en Côte d'Ivoire, qui donnait tant de la voix du temps de Laurent Gbagbo?  Rien que des protestations timides quand ce n'est pas le silence total. De toute façon, je ne crois  que nous les intéressions vraiment, ou que nous ayons quoi que ce soit à attendre d'eux. En effet, tant qu'ils ont la mainmise sur les richesses du pays, que leur importe que nous nous entretuions ?

 

Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire !!!

 

N. Coulibaly

mercredi, 25 juillet 2012

DECLARATION DES MILITANTS DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D’IVOIRE EN EUROPE ET EN AMERIQUE

 

ALASSANE OUATTARA ET KONAN BEDIE.jpg

Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, leaders du RHDP

 

Le PDCI-RDA, ce Grand Parti qui a conduit notre pays à l’indépendance, formé la grande majorité des cadres qui font aujourd’hui la fierté de la Côte d’Ivoire, posé les fondements de l’Etat ivoirien, commencé la construction de la nation ivoirienne et propulsé notre pays au rang des nations reconnues et respectées, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

En effet, depuis le malencontreux coup d’Etat de 1999, ce Parti donne l’impression de s’étioler à cause de ses inlassables querelles intestines, de certaines de ces décisions politiques qui laissent pantois le plus ordinaire de ses militants et sympathisants. Pour ces raisons, nous avons le devoir de donner de la voix afin d’attirer l’attention des dirigeants actuels sur l’avenir de ce Parti qui nous interpelle tous: Anciens, Doyens, Intellectuels, Cadres, Jeunes du Parti, Femmes du Parti ainsi que sympathisants.

Le dernier élément d’appréciation des décisions prises par les responsables du Parti qui nous met tous en demeure de réagir ici et maintenant est cette alliance dénommée Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et son but inavoué.

Bien que toute alliance politique pour l’avancement de la démocratie véritable soit un acte politique de haute stratégie, il convient de reconnaître que le RHDP qui n’est HOUPHOUETISTE que de nom, dessert les objectifs et la vision du président Houphouët, fondateur du PDCI-RDA, parce qu’à l’épreuve de l’action politique, le RHDP s’est révélé aux antipodes de la philosophie principale d’Houphouët-Boigny qui est la paix, le respect de la vie et de la parole donnée. En outre, le PDCI-RDA en tant que parti politique, avant même la perte du pouvoir d’Etat en 1999, avait déjà renoncé à l'application du projet de développement économique et social du président Houphouët-Boigny pour la Côte d’Ivoire.

Que nous est-il donc donné de constater avec le RHDP?

Un groupement politique hétéroclite qui s’est appuyé sur une rébellion armée pour parvenir au pouvoir alors qu’Houphouët-Boigny nous a toujours enseigné le dialogue pour la résolution de tout conflit.

En sus, l’unité nationale devient un lointain souvenir avec les actes que pose quotidiennement le gouvernement du RHDP: les arrestations arbitraires d’Ivoiriens, les enlèvements et détentions injustifiées, les bastonnades et mauvais traitements que subissent les jeunes raflés partout sur toute l’étendue du territoire jusqu’à ce que mort s’en suive parfois.

En fait, un régime de répression et de torture avec les meurtres et assassinats à répétition dans notre pays aujourd’hui transformé en un véritable Far-West. En particulier à l'Ouest du pays où les autochtones sont pourchassés, déplacés et parqués pendant qu'un mouvement continu de populations venues d'ailleurs occupe leurs terres illégalement créant ainsi une situation insupportable.

Devant de tels actes, nous, militants du PDCI-RDA, nous nous interrogeons sur la nécessité de nous maintenir dans cette alliance qui constamment viole notre éthique morale et politique mais aussi notre idéal humain et avons donc décidé de prendre nos responsabilités.

Concernant la vie du Parti, nous joignons nos voix à celles des membres du Bureau Politique du PDCI-RDA dont la dernière rencontre a suscité beaucoup d’espoir pour l’avenir du Parti pour leur demander de poursuivre la réflexion afin de sortir notre pays du marasme politique dans lequel il s’enfonce de jour en jour, en plus d’une gestion partisane voire ethniciste du pouvoir d’Etat.

C’est pourquoi, considérant les éléments énumérés ci-dessus qui ne sont d’ailleurs pas exhaustifs, nous militants et militantes du PDCI-RDA,

Exigeons:

-Le retrait du PDCI-RDA de cette alliance du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix ;

-La publication de la date du prochain Congrès ordinaire de notre Parti qui a été repoussée à plusieurs reprises afin de permettre le renouvellement des structures du PDCI-RDA mais surtout de revenir aux fondamentaux du projet de société du président Houphouët Boigny notamment l'action à l'endroit du monde paysan et la promotion de la jeunesse par la formation et préparer notre Parti aux futurs défis qui se présentent au pays et qui doivent être relevés pour le bonheur des Ivoiriens et repositionner la Côte d’Ivoire sur l’échiquier international ;

-Lançons un appel à la communauté internationale: l’ONU et ses agences très impliquées en Côte d’Ivoire, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la France, les Etats-Unis, la Russie et tous les pays amis et alliés qui continuent de soutenir ce pays, la Côte d’Ivoire, pour demander au gouvernement RHDP au pouvoir:

*La restauration de l'autorité de l'Etat central sur l'ensemble du territoire national en s'appuyant sur l'armée régulière la gendarmerie, et la police et dans le même temps le désarmement de toutes les milices et le démantèlement de tous les trafics organisés par les chefs de guerre dans toutes les régions du pays ;

*La libération de tous les prisonniers d’opinion en Côte d’Ivoire, le retour immédiat et libre de tous les réfugiés Ivoiriens des pays voisins et lointain dans leur pays sans qu’aucun d’entre eux ne soit arbitrairement poursuivi ;

*Plus généralement, la restitution de tous les biens et avoirs aux personnes morales et physiques injustement spoliées.

 

Fait, le 13 juillet 2012

En Côte d’Ivoire, en France, en Suisse, en Suède, aux Etats-Unis, et au Canada.


SIGNEE:


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Côte d’Ivoire,
Le Coordonnateur: Beugré Jérôme


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en France,
Le Coordonnateur: Kouakou Kouassi Bernard


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suisse,
La Coordonnatrice: Tra Brigitte


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suède,
La Coordonnatrice: Silué Maïlé


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA aux Etats-Unis,
Le Coordonnateur: Essis Mel Antoine


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA au Canada,
Le Coordonnateur: Tia Oulai Ferdinand


AMPLIATION:


- Secrétariat Général du PDCI-RDA

- Secrétariat Général de l’ONU

- Présidence de la Commission Européenne

- Présidence de l'Union Africaine

- Présidence de la Commission de l'Union Africaine

- Présidence de la République Française

- Présidence des Etats-Unis

- Gouvernement du Canada

- Présidence de Russie

- Confédération Helvétique

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

vendredi, 20 juillet 2012

L'ADRESSE DU COJEP AU PRESIDENT DE LA CDVR, CHARLES KONAN BANNY


côte d'ivoire,l'adresse du cojep à charles konan banny,blé sépé mark,cojep,charles blé goudé



Monsieur le président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation,
 

Le COJEP, voudrait par ma voix, vous traduire sa gratitude, pour la promptitude avec laquelle vous recevez ses responsables chaque fois que vous avez  été sollicité.
 
Monsieur le président, cette rencontre, la deuxième du genre, depuis que la lourde tâche de réconcilier les ivoiriens vous a été confiée, est une occasion pour nous, de porter à votre connaissance, les préoccupations qui sont les nôtres et tracer ensemble les sillons qui conduisent à la paix dans notre pays.
 
Autrement dit, nous sommes venus traduire en acte, le courrier officiel que le fondateur du COJEP, le président Charles Blé Goudé vous a adressé, depuis son lieu d'exil forcé.
 
Monsieur le président,
 
Le COJEP, est un mouvement responsable, qui a toujours oeuvré pour la paix et la réconciliation dans notre pays. Sa philosophie et sa ligne politique tranchent d'avec l'utilisation des armes et la force comme moyens d'accession au pouvoir. C'est pourquoi, le COJEP et ses responsables ne comprennent pas la traque et la répression systématique dont sont victimes ses responsables et militants.
 
En effet, monsieur le président, en plus du fait que notre siège est toujours occupé par les FRCI, toutes nos manifestations sont systématiquement interdites ou dispersées par les FRCI, malgré toutes les assurances et autorisations obtenues auprès des autorités compétentes, comme l'exige la loi.  Il ne se passe pas une seule semaine, un seul mois, sans qu'un responsable du COJEP ne soit enlevé et incarcéré, avec un chef d'accusation qui, nous en sommes maintenant convaincus, a été taillé à la mesure du COJEP: atteinte à la sûreté de l'Etat. Les cas sont légions, monsieur le président. Le vice-président du COJEP, le camarade YOUAN BI AGENOR, a été enlevé à Aboisso, alors qu'il venait de participer à une cérémonie à laquelle il représentait son supérieur hiérarchique de l'Agence pour la Promotion de l'Emploi (AGEPE). Accusé d'atteinte à la sûreté de l'Etat, Youan Bi Agenor croupit à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA), depuis plus de neuf mois. Tout récemment, alors qu'il venait d'accorder une interview au quotidien "Notre Voie", le président par intérim du COJEP, a été kidnappé par des hommes en tenues qui l'ont conduit au camp Génie d'Adjamé où lui et notre coordinateur d'Oumé ont subi, trois semaines durant, des tortures et autres traitements inhumains.
 
Accusés d'atteinte à la sûreté de l'Etat, Yavo Martial et le coordinateur du COJEP d'Oumé ont rejoint Youan Bi Agenor à la MACA.  Le camarade Zéliahourou, cordinateur adjoint du COJEP de Gagnoa, a été enlevé et se trouve à la direction de la surveillance du territoire.  A sa suite, le camarade Gonto Olivier, coordinateur du COJEP de Daloa a été enlevé, vendredi 13 Juillet 2012, battu à sang avant d'être mis en liberté le lendemain, après une rançon payée par sa famille. À  San Pedro, plusieurs responsables du COJEP sont  portés  disparus et la plupart de nos coordinateurs sont interdits de retourner dans leurs localités respectives où ils vivaient. Monsieur le président, pour leur appartenance au COJEP, beaucoup de nos camarades ont purement et simplement été licenciés de leurs différents services où ils servaient leur pays. Même le domicile de notre leader (Charles Blé Goudé) est jusqu'aujourd'hui occupé par les FRCI, malgré toutes les assurances à nous données par les autorités. Monsieur le président, nous vivons dans la terreur et la hantise. Nous sommes des prisonniers en sursis. C'est à juste titre que nous nous demandons si le COJEP est dissout ou interdit d'activités par les autorités de notre pays. Monsieur le président, non seulement le COJEP n'est pas une milice, mais il n'est associé à aucun projet de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Mouvement de réflexion et de pression, le COJEP, prépare en ce moment son congrès, afin d'adapter ces textes et ses organes dirigeants aux changements socio-politiques dans notre pays.
 
Monsieur le président,
 
Voici exposées, les raisons qui nous ont conduits à vous. Cependant, malgré  toutes les injustices dont nous sommes victimes, nous nous associons à la main tendue de notre leader, pour la réconciliation entre ivoiriens. Nous vous encourageons à créer les conditions pour que se tienne la rencontre qu'il a souhaitée avoir avec vous, car connaissant son engagement et son amour pour la Côte d'Ivoire, nous savons de quoi est capable Charles Blé Goudé. Les mauvaises langues sont aux aguets et nous n'avons pas le droit de leur donner raison. C'est pourquoi, nous souhaitons que vous travailliez à créer un environnement propice à la réconciliation, en intercédant auprès des autorités afin que soient mis en liberté la plupart des prisonniers politiques dont les camarades du COJEP.
 
Monsieur le président,
 
Nous vous sommes reconnaissants, pour le temps que vous avez pris pour nous écouter, et nous vous rassurons de notre disponibilité à vous accompagner dans votre difficile mission, dans l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire. Dans l'espoir que nos propos trouveront auprès de vous un écho favorable, par ma voix, le COJEP vous remercie.
 
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!
 
 
Fait à Abidjan, le 18 Juillet 2012
 

Pour le COJEP,
Le vice-président
 
 
Blé Sépé Mark

jeudi, 19 juillet 2012

COTE D'IVOIRE: NON, OUATTARA NE VEUT PAS DE LA RECONCILIATION

 

CDVR.gif

 

Le lundi 16 juillet 2012, Radio France internationale RFI, au cours de son émission quotidienne «Questions d’actualités» de Juan Gomez a, pendant 20 minutes, invité ses auditeurs à faire le bilan de la Commission Dialogue, Vérité et  réconciliation (CDVR) de Charles Konan Banny, un a après son installation par Alassane Ouattara. De manière unanime, incisive et sans détours le constat a été le suivant : On ne peut pas  faire le bilan d’une action qui n’a pas eu lieu. Décryptons…


Réconcilier, c’est l’acte qui consiste à remettre en accord, en harmonie, des personnes qui étaient brouillées, dit l’encyclopédie de la langue française. En politique, l’acte de réconciliation relève de la grandeur, de la transcendance, de l’humilité, de l’élégance. Le Président Laurent Gbagbo enseigne même que la politique est un métier. Il y croit si fort  qu’il était en train d’achever un livre ayant précisément pour titre  « La politique est un métier ». C’est connu, chaque métier requiert des prédispositions,  des qualités qui sont pour la plupart innées. Or justement, Alassane Ouattara qui veut faire la politique dans notre pays, n’a rien d’un  homme politique. La Politique au noble sens du terme, faite  à la fois de grandeur, de dépassement, d’humilité, de pondération, de mesure, de discernement, de don de soi, de transcendance.

Non, en vérité, Alassane Ouattara  ne veut de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Ne lui en voulez pas, il n’en a ni la culture  ni la volonté.

En effet, en créant la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, au lendemain de son installation au pouvoir et en choisissant  Konan Banny flanqué de Désiré Tanoé et Boubakar Fofana pour l’animer, Ouattara remplissait contre son gré une obligation de ceux qui l’ont mis à la tête de la Côte d’Ivoire. Ces derniers, après avoir lourdement investi dans la déstructuration de la Côte d’Ivoire avaient tout logiquement besoin d’un rapide retour sur investissement nécessitant un climat apaisé pour les affaires.

Le point d’achèvement de l’initiative PPTE était aussi dans le pipeline avec ses conditionnalités multiples. Voilà. Au-delà de ces considérations d’intérêts financiers, rien  d’autre n’intéressait Ouattara.

Pour lui ,pour la France de Sarkozy, son Parti le RDR, ses alliés de circonstance du RHDP et pour sa cohorte de thuriféraires, tant que Gbagbo sera à la Haye, ses principaux lieutenants en prison ou en exil, son Parti mis sous le boisseau, ses militants écrasés pas la terreur, la  presse de l’opposition fonctionnant avec le couperet de la sanction de fermeture  à la gorge ,un parlement  et une justice aux ordres…  mieux il gouvernera tranquillement. Il ne faut donc pas se tromper d’analyse. Suivez en ce moment les déclarations des dirigeants de son parti  le RDR dans les bases à propos de l’éventualité de la libération de Gbagbo lors du procès du 13 aout à la CPI. Pour eux Laurent Gbagbo doit mourir à La Haye. A défaut, s’il est libéré, que l’atmosphère électrique d’Abidjan à créer, faite de terreur, le dissuade à regagner la terre de ces ancêtres en pleine convulsion d’occupation. Comptabilisez le nombre de mandats d’arrêt qui continuent d’être lancés, les arrestations, enlèvements, et assassinats dans tout le pays, plus d’un an après l’avènement de ce régime d’exception. Vous aurez tout compris !!!

Non, Ouattara ne veut pas de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Aucun discours, aucune action, aucun geste ne présentent une inclination à la décrispation, à la concorde  de la part d’un chef d’Etat qui en a la l’obligation constitutionnelle. Le simulacre de dialogue de Grand  Bassam avec les partis et mouvements du CNRD, les rencontres du Premier Ministre Ahoussou Kouadio Jeannot avec le FPI, obéissent beaucoup plus  à des agendas précis  pour lesquels certaines  poignées de main  et photos de famille sont convenantes. Hier c’était pour le PPTE, aujourd’hui c’est assurément pour la tournée de Ouattara à l’extérieur et enfin sa rencontre avec le Président français François Hollande. Sans plus.

Au total, on  observe que les différents discours malicieux sur la réconciliation en Côte d’Ivoire sonnent faux. Aussi, les Ivoiriens qui dans leur majorité subissent au quotidien en silence  le poids de la dictature de Ouattara  savent que leur salut réside dans leur capacité à transformer cette résistance en énergie libératrice de la Côte d'Ivoire. Nécessairement.


Yves Komenan

Correspondance particulière


Source: ABIDJAN DIRECT