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vendredi, 03 février 2012

CLASH SORO-ADO: OU SE CACHE SORO? LE PREMIER MINISTRE REFUSE D'ETRE CAPTURE ET TRANSFERE A LA CPI!

 

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Le Premier ministre Guillaume Soro est porté disparu depuis deux semaines. Il s'est bunkérisé parmi sa garde prétorienne surarmée de 500 hommes, quelque part entre

Bouaké et le Nord de la Côte d'Ivoire. Une concentration très importante d'hommes en armes a été notée à Bouaké et à Korhogo ces derniers jours.

Ce qui est sûr, il n'est plus à Abidjan et a annulé un déplacement à Malabo aux côtés des éléphants. C'est pour cela qu'il n'a même pas mis les pieds à la Primature lorsque celle-ci est partie en flammes le 28 janvier dernier, se contentant d'y emmener des seconds couteaux.

Selon une source, il prend à cœur sa guerre contre Ouattara, et il la prépare très sérieusement. Car il n'a pas du tout l'intention de se laisser capturer par ce dernier via les Légionnaires et Licorne, et conduit à la CPI.

C'est la raison pour laquelle il multiplie en ce moment conclaves sur conclaves avec ses chefs de guerre, dont Wattao, également dans le collimateur de Ouattara. Des réunions secrètes se tiendraient entre lui et ses hommes à Bouaké, Tiébissou et Ferkessedougou, sa ville natale.

Depuis le débarquement de 300 légionnaires le 31 janvier dernier aux premières heures à Abidjan, Soro a compris que son sort était scellé.

C'est donc peu dire qu'il a disparu des écrans radars, écœuré par la guerre que lui livre sans merci son mentor d'hier, Alassane Ouattara. Lequel est devenu aujourd'hui son ennemi le plus farouche qui a désormais pour ambition de le livrer pieds et points liés à la CPI, avec certains de ses chefs de guerre.

En privé, une source nous annonce que Soro regretterait même le Président Gbagbo qui « n'allait jamais envoyer un enfant de la Côte d'Ivoire à la CPI ».

Il déplore la facilité avec laquelle Ouattara a emmené Gbagbo à la CPI, sans privilégier un règlement entre ivoiriens. Ce qui aurait été le cas du Président Gbagbo, qui n'avait pas hésité en 2000 à faire revenir Ouattara et Bédié en Côte d'Ivoire, pour qu'ils participent au jeu démocratique.

Selon une source, Soro préférerait être tué que d'être capturé par les forces françaises et livré à la CPI.

Même rengaine chez ses chefs de guerre lesquels affirment avoir mené une guerre à crédit pour Ouattara sans être payés, et pour ses beaux yeux. Et qu'aujourd'hui, ce dernier veut les transférer à la CPI par la force.

La bataille Soro-Ado s'annonce donc sanglante. Ce dernier, comme c'est la coutume, a fui le pays pour se réfugier en France, laissant cette dernière faire tout le travail pour lui.

Soro sait qu'il ne peut pas fuir le pays, car un mandat d'arrêt international serait vite lancé contre lui et il serait capturé à coup sûr.
Il est donc plus en sécurité en Côte d'Ivoire qu'à l'étranger.

C'est au pays qu'il livrera donc bataille, depuis sa cachette et parmi ses 500 hommes surarmés et spécialement recrutés par lui.


Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

jeudi, 02 février 2012

NON A UNE POLITIQUE IMPERIALISTE MORTIFERE!


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RETRAIT DE LA FORCE LICORNE DE COTE D'IVOIRE! ARRET DES FINANCEMENTS MILITAIRES ILLEGITIMES!

 

Fondation Frantz Fanon, Plate-forme Panafricaine

 

Les associations soussignées s'indignent de la signature d'un nouvel accord de coopération militaire, entre la France et la Côte d'Ivoire, à l'occasion de la venue d'Alassane Ouattara à Paris. Cela alors que l'université ivoirienne est fermée pour un an, cette mesure arbitraire mettant en jeu l'avenir de toute une promotion et qu'une manifestation légale à l'initiative du FPI, parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, a été récemment réprimée dans le sang. La répression des manifestants ivoiriens et panafricains à Paris à l'occasion de cette visite est également inadmissible. Est-ce là la politique démocratique et de réconciliation nationale revendiquée par les dirigeants à Paris et à Abidjan ?

Nous soutenons les demandes de création d'une commission d'enquête parlementaire qui fasse le bilan des responsabilités  de la force Licorne dans la guerre civile qui a endeuillé la Côte d'Ivoire depuis 2002 et demande son retrait du pays. Soutenons également la collecte d'informations menée par Survie à destination de la CPI pour que toute la lumière soit faite et les sanctions prises concernant le drame de 2004, dans lequel l'armée française serait impliquée. 

Dans le cadre de la campagne présidentielle, il s'avère indispensable que les relations franco-ivoiriennes et au-delà entre pays d'Afrique francophone et France soient l'objet d'un débat. En effet, cette politique criminelle participe d'une offensive impérialiste généralisée, menée à l'encontre des souverainetés des pays du Sud, cela par la violation du droit international et pour le compte du lobby militaro-industriel  et des  grandes entreprises franco-occidentales. Dans le cadre de l'audit sur la dette publique, la part des budgets militaires illégitimes doit être établie pour l'assainissement des finances, tant en France que dans les pays du Sud. Inverser cette tendance mortifère passe aussi par la mise en place de démarches authentiques de coopération entre les sociétés civiles et entre les peuples, pour la restauration à terme de la paix civile et de relations internationales plus équitables.


Fondation Frantz Fanon, Plate-forme Panafricaine.



CPI / Côte d'Ivoire : pour un examen de l'action de l'opération française Licorne (communiqué de Survie, 24 janvier 2012)
http://survie.org/francafrique/cote-d-ivoire/article/cpi-cote-d-ivoire-pour-un-examen

Enseignement supérieur en Côte d'Ivoire : pas d'université fermée ! (communiqué du SNESUP, 25 janvier 2012)
http://www.snesup.fr/Le-Snesup/L-actualite-du-SUP?cid=1250

dimanche, 29 janvier 2012

UNE REVELATION VENUE DU CAMEROUN POUR LA COTE D'IVOIRE


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Cette nouvelle révélation sur la Côte d'Ivoire et les acteurs de la crise ivoirienne (états et individus) m'a été transmise, il y a bientôt une semaine de cela, dans ma boîte e-mail par un internaute (peut-être son auteur?), sous un nom d'emprunt, dans le souci de garder son anonymat. Il ne fait pas bon, en ce moment, être un livreur de révélations (attaques verbales, agressions physiques, suspensions ecclésiales, mandat d'arrêt international). Dans tous les cas, le message fait actuellement le tour du Net. Pour que mes lecteurs ne soient pas les seuls à ne pas en avoir connaissance, je me suis décidé, après beaucoup d'hésitations, à le publier sur ce blog. Tout juste pour information. Il appartient à chacun de s'en faire une opinion. Bonne lecture!

 

A SON EXCELLENCE MONSIEUR LAURENT GBAGBO: « VOICI LA REVELATION DU SEIGNEUR JESUS-CHRIST POUR VOUS »

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Le Seigneur m'a révélé que votre régime allait être renversé par un coup d'état militaire au cours duquel vous serriez blessé. A la suite de ce coup, vous devriez être transférez à la CPI où vous devriez mourir. De tels malheurs devraient vous arriver parce que vous vous êtes détourné de la voie de l'ETERNEL DIEU. Mais seulement votre repentance sincère et votre mise en œuvre de la volonté de JESUS-CHRIST vous blanchiraient de tous les chefs d'accusation dont vous êtes l'objet. Cela aurait pour conséquence votre retour triomphal en Côte d'Ivoire pour finir votre mandat.

Votre histoire, Président Gbagbo, est semblable à celle d'un homme que l'ETERNEL DIEU a élevé dans la gloire et qui par la suite a été rempli d'orgueil et croyait avoir tout fait par sa propre force. Il avait oublié son origine et refusait de s'humilier devant le DIEU TOUT-PUISSANT créateur des cieux et de la terre. Aussi l'ETERNEL a-t-il brisé son orgueil, tel le cas de l'histoire de Nébucadnetsar, roi de Babylone, que je vous conseille de lire (voir Daniel 4 :1-37).

Tous ces malheurs vous ont atteint, Mr le Président Gbagbo, afin que vous sachiez que le règne des rois appartient à DIEU et qu'il le donne à qui il veut. L'humilité précède la gloire et l'orgueil précède la chute. L'ETERNEL DIEU fait grâce aux humbles mais il résiste aux orgueilleux.

En son temps, lorsque j'ai reçu cette révélation, plusieurs fois j'ai cherché à vous rencontrer pour vous faire part de cela mais hélas mes efforts sont restés vains ; car personne n'écoutait «les petites églises ou les petits hommes de DIEU».

Aujourd'hui que la prophétie s'est accompli et que, abandonné de tous vous, êtes plus facile à joindre, voici ce que dit l'ETERNEL DIEU : Maintenant que son Excellence Laurent Gbagbo s'est humilié et a confié son sort à l'ETERNEL DIEU par le jeûne et la repentance, voici la parole de DIEU d'abord pour lui, ensuite pour ses ennemis.

JACOB ISRAEL prononce son oracle : Parole du fils de l'homme des quatre vents des cieux de celui qui a l'œil ouvert, de celui qui entend les paroles de DIEU, de celui qui voit la vision du TOUT-PUISSANT, de celui qui connait les desseins du Très-Haut, et qui se prosterne devant le seul vrai DIEU, le Seigneur JESUS-CHRIST : le Président Laurent Gbagbo sera blanchi de toutes les charges qui pèsent contre lui. Il reviendra de la CPI dans la gloire, sur le trône de la Côte d'Ivoire, et sera honoré par l'ETERNEL DIEU.

Le Président Laurent Gbagbo reviendra au pouvoir pour un seul mandat présidentiel après quoi il se retirera pour se reposer. Ainsi, il rentrera dans l'histoire des grands hommes politiques et restera gravé dans la mémoire de la génération présente et future, des fils et filles de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique. L'on parlera du Président Laurent Gbagbo avec respect et il sera une référence de paix dans le monde entier. La paix reviendra en Côte d'Ivoire et la Côte d'Ivoire sera la tête de toutes les nations d'Afrique. Toute l'Afrique sera libérée et même les puissantes nations se prosterneront devant ce petit pays choisi par Dieu. Tout le monde entier verra que la GLOIRE de DIEU est sur la Côte d'Ivoire et saura que ce pays est béni de l'ETERNEL DIEU.

En ce qui concerne vos ennemis, ceux de la Côte d'Ivoire et partant ceux de l'ETERNEL DIEU, voici la réplique de l'ETERNEL : La France entière saura la vérité sur les actions réelles de la Françafrique de Nicolas Sarkozy en Afrique et surtout en Côte d'Ivoire, elle aura tellement honte de lui qu'elle va le lui faire payer par tous les moyens ; dans le même temps, toute l'Afrique criera son ras-le-bol et ainsi la France perdra la majorité de ses colonies Africaines.

La France subira toute cette débâcle parce qu'elle a osé s'attaquer aux peuples et oints de Dieu. Nicolas Sarkozy perdra les élections en France au profit de François Hollande que l'ETERNEL suscitera pour punir Sarkozy en le poursuivant en justice pour détournement de fonds de l'état Français.

Il sera aussi jugé pour crime contre l'humanité pour les guerres qu'il a provoquées en Afrique. Au finish, la colère de DIEU contre Sarkozy sera tellement forte à travers François Hollande que Sarkozy va se retrouver enfermé à la CPI à la place du Président Gbagbo. La famille du Président Gbagbo a été huée et lynchée, il en sera de même pour la Famille de Sarkozy par les français du fait de l'humiliation de lèse-majesté qu'il leur a fait subir en ternissant l'image de la France aux yeux du monde entier.

Quant à Barack Obama, la colère de l'ETERNEL DIEU sur lui sera tellement forte qu'il fera la honte de la peau noire ; contraignant ainsi ses parents à le renier (Barack mourra à la suite d'une grave maladie mentale ou se suicidera à moins qu'il se repente). Les USA seront frappés de grêles de feu qui descendront du ciel ; ce feu consumera une grande partie de leur principale ville. Il en sera ainsi parce qu'ils aiment faire descendre le feu du ciel pour bombarder les autres nations faibles pour mieux les piller mais aussi parce qu'ils ont encouragé la France à bombarder la Côte d'Ivoire, pays béni de DIEU.

L'ETERNEL permettra toutes ces choses et pire encore, afin que tout le monde entier sache qu'il y a un DIEU, JESUS-CHRIST, Tout-puissant, qui délivre un faible d'un plus puissant que lui. Les USA verront une de leurs principales bases militaires et la Maison Blanche frappées par DIEU, en réponse au bombardement de la résidence du Président Gbagbo et des bases militaires ivoiriennes; selon qu'il est écrit dans Daniel 8 :10-12 : « Elle (la corne qui est l'Amérique) s'éleva jusqu'à l'armée des cieux, elle fit tomber à terre une partie de cette armée et des étoiles, et elle les foula.

Elle s'éleva jusqu'au chef de l'armée, lui enleva le sacrifice perpétuel, et renversa le lieu de son sanctuaire. L'armée fut livrée avec le sacrifice perpétuel, à cause du péché ; la corne jeta la vérité par terre, et réussit dans ses entreprises ». L'évidence est nette car les deux témoins du diable des derniers temps sont Obama et Sarkozy ; leur notoriété est sans pareil aux yeux du monde car mandatés par Lucifer lui-même, cela est illustré dans Apocalypse 13 :11-18.

Mais il est écrit que les ténèbres ne règneront pas toujours, car toute chose a une fin. Aussi DIEU frappera-t-il la Maison Blanche et le Pentagone, de sorte que les USA ne soient plus une puissance mondiale qui terrorise les petites nations par la guerre et l'injustice en se prenant pour les maîtres de la terre. Ainsi, toutes les nations de la terre sauront que c'est JESUS-CHRIST seul qui est DIEU et que c'est à lui qu'appartiennent le monde, le règne, la justice et le jugement.

JESUS s'est choisi un pays, la Côte d'Ivoire, avec lequel il s'est fait un nom grand, puissant et redoutable et partant, les Africains, pour exercer le jugement sur toutes les nations du monde. Selon qu'il est écrit dans le Psaume 46 :6-12 : « DIEU est au milieu d'elle ; elle n'est point ébranlée ; DIEU la secourt dès l'aube du matin ».

Des nations s'agitent, des royaumes s'ébranlent ; il fait entendre sa voix : La terre se fond d'épouvante. L'ETERNEL des Armées est avec nous. Le DIEU de Jacob est pour nous une haute retraite. Venez contempler les œuvres de l'ETERNEL, les ravages qu'il a opérés sur la terre ! C'est lui qui a fait cesser les combats jusqu'au bout de la terre ; il a brisé l'arc, et il a rompu la lance, il a consumé par le feu les chars de guerre. Arrêtez et sachez que je suis DIEU : Je domine sur les nations, je domine sur la terre. L'ETERNEL des armées est avec nous, le DIEU de Jacob est pour nous une haute retraite ».

L'ETERNEL, dans Apocalypse 18 :5-10 comparent la France et les USA à Babylone ; je cite : « car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et DIEU s'est souvenu de ses iniquités. Payez-la comme elle a payé, et rendez-lui au double selon ses œuvres. Dans la coupe où elle a versé, versé lui au double. Autant elle s'est glorifiée et plongée dans le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu'elle dit dans son cœur : Je suis assise en reine, je ne suis point veuve, je ne verrai point le deuil ! A cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur DIEU qui l'a jugée.

Et tous les rois de la terre, qui se sont livrés avec elle à l'impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée de son embrasement. Se tenant éloignés dans la crainte de son tourment, ils diront : Malheur ! Malheur ! La grande ville, Babylone, la ville puissante ! En une seule heure est venu ton jugement ! ». C'est ainsi qu'il jugera les USA dont l'emblème est la statue de la liberté de la prostitution ; l'ETERNEL détruira cette statue et son pouvoir maléfique.

La France connaîtra le même sort par la destruction de sa Tour Eiffel qui symbolise sa puissance spirituel et son autorité en référence à la Tour de Babel, et le peuple Français sera dispersé dans différentes nations, suite à la famine qu'il connaîtra et bien d'autres malheurs comme elle la fait pour le peuple Ivoirien ; selon qu'il est écrit dans Genèse 11 :1-9 : « Toute la terre avait une seule langue et les même mots. Comme ils étaient partis de l'orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l'un à l'autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu.

Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. L'ETERNEL descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l'ETERNEL dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous un même langage, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons descendons, et là, confondons leur langue, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres. Et l'ETERNEL les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtirent la ville. C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'ETERNEL confondit le langage de toute la terre, et c'est là que l'ETERNEL les dispersa sur la face de toute la terre ».

Le profond désir du Président Abdoulaye Wade de voir la Côte d'Ivoire détruite par la guerre et son Président Gbagbo tué, sera lui-même son propre châtiment. L'ETERNEL DIEU endurcira le cœur de Wade afin qu'il se présente coûte que coûte aux élections présidentielles de 2012. Cet entêtement soulèvera le peuple Sénégalais et même une grande partie de l'armée se mutinera et entraînera une rébellion générale.

Le Président Wade connaîtra la mort au cours de ces évènements. Dieu suscitera un nouveau Président, celui des « pauvres » pour mieux diriger le Sénégal dans la justice et l'équité. Ce Président se nomme Youssour N'dour, qui a trouvé grâce aux yeux de l'ETERNEL suite à ses bonnes actions envers les pauvres et les démunis. La France, dans sa logique malsaine de la Françafrique, cherchera à contrôler le règne du Président Youssour N'dour. Mais ce sera en vain car le Président Youssour N'dour privilégiera les intérêts des Sénégalais selon que l'ETERNEL parle de lui : « Cet homme (le Président N'dour) ne vient pas au pouvoir comme un affamé, mais comme un ange qui a un cœur bon de libéralité et qui depuis toujours a eu de la compassion pour son prochain, toujours près à aider tant qu'il le peut ».

Quant au Burkina Faso, il connaîtra une rébellion très violente et très sanglante, de sorte que toutes les bâtisses qui ont été faites à partir des richesses piller en Côte d'Ivoire seront totalement détruites. Le Président Blaise Compaoré ira en exil où il mourra très pauvre comme l'ex-Président de la RDC, Mobutu, car ses biens et comptes bancaires seront confisqués.

La Côte d'Ivoire ne sera pas en reste de ces évènements tragiques. Un vent très violent, cent fois supérieur à celui que nous avons connu durant les évènements de l'année 2011 soufflera sur elle. Le 43ème BIMA sera assiégé et détruit. Le Président Alassane Ouattara sera trahi par les dix « com-zones » et lynché par le peuple dont il a beaucoup fait couler le sang; il connaîtra le même sort que l'ex-Président du Libéria Samuel Doe. Dominique Ouattara subira les mêmes souffrances atroces qu'a subies Mme Simone Gbagbo. Soro Guillaume se retrouvera à la CPI où il mourra. Les faux hommes de DIEU seront également châtiés de mort à moins qu'ils se repentent.

L'ETERNEL DIEU exhorte le peuple Ivoirien à beaucoup prier, car il a déjà excité l'esprit des rois de médis pour exercer sa colère ; selon qu'il est écrit dans Apocalypse 6 :15-16 : « Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochets des montagnes. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'agneau ». Les Ivoirien doivent faire une repentance sincère et abandonner leurs mauvaises voies et toutes sortes d'idolâtrie (fétichisme, maraboutage, occultisme, astrologie, etc.). La Côte d'Ivoire entière doit prier le seul vrai DIEU qui est JESUS-CHRIST DE NAZARETH car ce vent violent soufflera en cette année 2012.

Voici, Excellence Monsieur le Président Gbagbo, le Peuple Ivoirien, l'Eglise de DIEU et tous ceux qui désirent connaître les événements à venir, ces quelques mots que le SEIGNEUR JESUS-CHRIST m'inspire pour vous.

Que le SEIGNEUR DIEU, Créateur, JESUS-CHRIST qui change les temps et les circonstances, qui établit et renverse les rois, vous bénisse et accomplisse ses paroles en leur temps ! Amen !

 

Prophète Jacob Israël


Fait à Douala, le 03 décembre 2011.

mercredi, 25 janvier 2012

L’ANCIEN CHEF DE L’ETAT SUD-AFRICAIN, THABO MBEKI, LORS D’UNE CONFERENCE A L’UNIVERSITE DE MAKERERE: «NON AU NOUVEL IMPERIALISME!»



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L'ancien chef de l'Etat sud-africain a profité d'une conférence à l'université de Makerere (Ouganda) pour dénoncer une fois de plus les interventions brutales des Occidentaux en Afrique. Destinées selon lui à capter le pétrole et les ressources naturelles du continent. Il a appelé à renforcer l'Union africaine et à rendre audible la voix de l'Afrique dans le monde.



Les anciens chefs d'Etat africains se réclamant du progressisme et du nationalisme africain seront-ils les nécessaires éclaireurs du continent face à la guerre sournoise que l'Occident et ses alliés locaux opposent désormais aux peuples ? En tout cas, après le Ghanéen Jerry Rawlings devant le Parlement panafricain à Addis Abeba, le Sud-Africain Thabo Mbeki a dénoncé, devant un parterre d'étudiants dans la célèbre université ougandaise de Makerere, les expéditions occidentales de 2011 en Côte d'Ivoire et en Libye. Et appelé les Africains à des initiatives destinées à contrer le « nouvel impérialisme ».

«Nous avons maintenant vu ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire et en Libye au cours de cette dernière année, dans les deux cas pour permettre à des pays non-africains, officiellement mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU, et indépendamment de l'opinion africaine, de renverser par la force des gouvernements établis et pour instaurer par la force et donc un changement de régime, dans l'intérêt des puissances occidentales. Il y a deux décennies, une grande partie de l'Afrique aurait caractérisé ces pays interventionnistes occidentaux comme des puissances impérialistes, dans le sens plein du terme.

Pourtant, quand ils sont intervenus en Côte d'Ivoire et en Libye, ils ont cherché à justifier leurs actes en affirmant qu'ils ont agi comme ils le faisaient pour faire avancer nos intérêts en tant qu'Africains, prétendant être plus déterminés à protéger nos intérêts de manière désintéressée que nous-mêmes. Vraisemblablement pour atteindre ce noble objectif, ils ont même réussi à imposer la fiction selon laquelle la Libye n'était pas un pays africain, mais simplement un pays arabe, dont le sort devait être décidé sur la base de ce que la Ligue des États arabes avait dit, et jamais sur la base de ce que l'Union africaine avait décidé !»

«Ces pouvoirs sont intervenus violemment sur notre continent, affirmant qu'ils ont agi par bonté de coeur, avec l'objectif de nous apporter, à nous les Africains, les dons de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la paix et même de la vie pour ces millions d'Africains qui auraient été massacrés par les gouvernements africains concernés. C'est ainsi qu'un miracle s'est produit : nos maîtres du temps de la colonisation, les impérialistes, sont réapparus sur notre continent comme les meilleurs amis des peuples africains !»


Thabo Mbeki a levé le voile sur les véritables motivations des interventions musclées des Occidentaux en Libye et en Côte d'Ivoire en s'appuyant sur un livre publié en 2007 par le Conseil américain aux Relations extérieures (CFR) intitulé «Au delà de l'humanitaire : une approche stratégique de l'Afrique». Un livre qui affirmait notamment : que les Etats-Unis dépendaient de plus en plus du pétrole brut africain pour combler ses propres besoins énergétiques ; qu'il était impossible de compter sur un approvisionnement continu en pétrole africain sans faire attention à la gouvernance et à la stabilité à long terme, ce qui signifie très clairement qu'il fallait intervenir sur les différentes scènes politiques ; qu'il y avait désormais une forte concurrence pour accéder au pétrole et aux autres ressources naturelles de l'Afrique, provenant notamment de la Chine ; que la Chine devenait un concurrent formidable à la fois sur le plan de l'influence et des contrats lucratifs sur le continent. Thabo Mbeki a affirmé que les Occidentaux avaient trahi l'esprit du NEPAD en mettant en place le plan du G8 pour l'Afrique et en imposant les Accords de partenariats économiques (APE), qu'il a qualifiés d'inégaux et qui visaient un objectif : « continuer d'organiser les relations entre l'Afrique et le « monde post-moderne » à l'avantage de ce dernier ».

Prononçant l'expression « nouvel impérialisme », Thabo Mbeki a appelé à « la défense de notre indépendance » à travers un renforcement de l'Union africaine. Il faut s'assurer que la voix de l'Afrique, « soit à la fois entendue et considérée avec sérieux, en particulier quand cela concerne ses propres affaires ». Mbeki a aussi appelé au renforcement des relations entre l'Afrique et les pays de ce qu'on appelait, hier, le Tiers-Monde. Et demandé aux forces engagées dans la transformation progressive de l'Afrique, à se mobiliser plus que jamais.


Traduit par Benjamin Silué. In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: CAMEROON VOICE

mardi, 24 janvier 2012

2012 PROPHETIQUE: COTE D'IVOIRE, REÇOIS LA VERITE DU SEIGNEUR!


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Pour toi va venir le temps de la douce pluie de l'arrière saison, celle qui va permettre que ton sol altéré soit imprégné de cette eau vive qui va te fertiliser et de stérile te rendre féconde, c'est de par la grâce du Seigneur que cela sera possible, mais non pas par la volonté de l'homme ; c'est lui qui t'affranchit de ta rude servitude et qui met fin à ton service d'esclave, en brisant de dessus ton cou ton joug qui te tient enserré dans le fer ; après cela le joug qui sera déposé sur toi te paraîtra si léger que tu ne voudra plus en changer ; le joug du Seigneur est léger - Mathieu 11/30.


Shalom - et moi je dis : il s'est élevé comme une faible plante et n'avait rien pour nous plaire... rejeté, isolé, seul? Mais la gloire du Très Haut reposait sur ses épaules et à l'heure fatale il s'écrit : PERE TOUT EST ACCOMPLIT!


Enfants! Comprenez cela : TOUT EST ACCOMPLIT ! En ces mots la globalité spirituelle de l'Ecrit saint incarné dans le Fils, le VERBE VIVANT, était ainsi accomplie!


Alors, qu'Abidjan se taise, que la lumière satanique se ternisse et se voile, que l'astre invoqué pâlisse et que ses rayons ne soient plus trouvé, que l'œil soit fermé afin que LA SEULE LUMIERE DU MONDE SOIT VUE DE TOUS ET TOUTES.


Jean 8/12 -  Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.


JE DIS MAINTENANT A LA COTE D'IVOIRE ET A SES ENFANTS : QUI CHERCHEZ-VOUS?


Jean 1/38 -  Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: Que cherchez-vous? Ils lui répondirent: Rabbi ce qui signifie Maître, où demeures-tu?


JE DIS A LA COTE D'IVOIRE : QUI DITES-VOUS QUE « JE SUIS? »


Marc 8/29 -  Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre lui répondit: Tu es le Christ.


SI CHRIST EST DIEU ADOREZ-LE et sachez que Babylone, s'effondre sous la puissante vague d'amour du Fils béni.


Apocalypse 14/8 -  Et un autre, un second ange suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité!


Apocalypse 18/2 - Il cria d'une voix forte, disant: Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux.

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COTE D'IVOIRE ! TON LIBERATEUR VIENT !

Apocalypse 1/7  - Voici, il vient avec les nuées. Et tout oeil le verra, même ceux qui l'ont percé; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui. Oui. Amen!

Mais il vient EN TRIOMPHE POUR TE DELIVRER QUAND LE TEMPS DES LARMES SERA TERMINE.

1 Jean 5/4  - parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi.


COTE D'IVOIRE

JE TE BENIS PAR LE SAINT NOM DE CHRIST YESHUA ET QUE CETTE BENEDICTION SOIT SUR LES COEURS CONTRIS DE CEUX QUI ESPERENT ENCORE.

Alors que le monde charnel se vautre telle la truie dans ses ordures mille fois vomis, alors qu'il patauge dans ses excréments, alors que l'homme aveugle s'écrie « je vois » les yeux toujours fermés, que l'homme sourd de dire « j'entends » les oreilles toujours sans résonance ; que le paralytique pense être indépendant, toujours engoncé dans son fauteuil de handicapé ; Le mensonge est entretenu par ceux-là même qui leur ressemble, criant qu'ils sont libres, mais qui pourtant ne sont, en réalité, que des pourvoyeurs d'illusions.


Pour nous, qui sommes au milieu de tout cela, nous ne devons pas nous laisser entacher de cette pourriture.


Notre robe doit être blanchie et lorsque la poussière sur nos pieds est trop importante, allons à Siloé afin de nous nettoyer parce qu'arrive le temps de la bénédiction sur ceux qui seront envers et contre tout demeurés fidèles et qui se seront sanctifiés comme nous l'enseigne le Divin Sauveur.


Nous sommes au sein de la gangrène du monde, mais la gangrène ne s'attrape pas alors à nous d'apporter au monde la guérison, la volonté de la pureté et l'assurance que le péché peut être pardonné.


La pourriture de ce monde que nous respirons n'est pas une fatalité, il nous appartient de dire qu'il existe un puissant antidote et qu'il est grand temps d'être vacciné avant qu'il ne soit trop tard.


Rien n'est fatalité, tout est péché et le péché se combat à Golgotha,  là où plus beaucoup se rendent, alors que c'est le lieu de la rencontre d'avec celui qui demeure à jamais VIVANT.

Les pécheurs de tout genre, de toute sorte peuvent aussi obtenir le salut, c'est possible, sauf pour ceux dont le nom n'est pas inscrit dans le LIVRE DE LA VIE.

Tous vous pouvez vous désengluer des agissements spirituels de cette engeance pécheresse, mais pour cela, il vous faut renoncer aux œuvres de votre maître afin de vous soumettre au Maître de la Vie, puisqu'il est LE ROI DES ROIS - LE VIVANT FORT ET PUISSANT QUI NOUS REGARDE!


Frères  et sœurs !


Ceci est l'expression de l'amour de Christ pour nous tous, et en vous adressant ce message, JE SAIS QUE CE SONT LES « VOEUX » (si je puis ainsi m'exprimer » QUI VIENNENT DU CIEL comme une eau claire venant nettoyer la porcherie mondiale dans laquelle nous sommes, mais dont nous ne sommes pas.


MARANATHA !


Criez-le à tue-tête parce que c'est la vérité et parce qu'au son de votre voix, l'ennemi tremblera sur ses assises !

C'est à nous qu'appartient la victoire, Christ l'a acquise pour nous !

SHALOM !


Criez-le de toutes vos forces et dites à celui qui ne vous aime pas qu'en vous est le SHALOM de Dieu !


IL EST VIVANT !


Au son de votre voix, par votre foi exprimée, Satan va s'en retiré de devant vous, car lui sait que Christ Yéshua, Sauveur et Rédempteur, est vivant ! S'il est vivant, à nous la victoire !


EGLISE ! LEVE-TOI ET VA DE L'AVANT SOUS SA BANNIERE !

Ce sont là mes vœux pour toi !



Naomie




Source : Le Site du Ministère de Naomie

vendredi, 20 janvier 2012

LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION EST MAL PARTIE


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La Côte d’Ivoire sort d’une décennie de crise qui s’est soldée par une violente guerre avec un cortège de désolations innombrables. Certes, les blessures sont encore profondes mais il est impératif de tenter de recoller les morceaux. Pour ce faire, le chef de l'Etat, Alassane Ouattara, a signé le 13 juillet 2011, l’Ordonnance n° 2011-167 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la  Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR) chargée de panser les plaies des Ivoiriens meurtris et de refaire de la Côte d’Ivoire cette oasis de paix si attrayante où il faisait bon vivre. Cependant, tout porte à croire que cette institution aux ambitions nobles aura du mal à atteindre l’objectif qui lui a été assigné.

Une composition incohérente

La composition de la CDVR est loin de faire l’unanimité. En effet, on ne peut être « juge » et partie or, il est de notoriété publique que Charles Konan Banny, Président de ladite commission, est une figure influente du RHDP union politique intégrant le RDR, parti au pouvoir. Ceci crée déjà la méfiance dans le camp adverse et freine la confiance sur laquelle devrait reposer l’action de réconcilier. Il aurait été plus judicieux de confier la direction de cette commission à une personnalité neutre dans le paysage politique ivoirien ou au moins de lui adjoindre une personnalité du clan adverse.

L’autre fait intriguant est que, hormis son Président, cette commission ne soit constituée que de membres de la société civile ivoirienne, avec des représentants issus des milieux traditionnels, religieux, mais aussi des différentes zones géographiques du pays.  Il apparait clairement que la classe politique n’y est pas représentée.

Ce procédé porte à croire que la Côte d’Ivoire sort d’une Guerre Civile essentiellement religieuse et ethnique. Alors qu’il n’en est rien. Le vrai problème réside dans les querelles politiques consécutives à la mort de Félix Houphouët Boigny, le premier président ivoirien. Sa succession a été un fiasco qui a entrainé le pays dans une succession de crises du fait de la haine viscérale que se vouaient les acteurs politiques de l’époque. La crise ivoirienne est donc purement politique. Dans ce contexte, il est difficile de résoudre la crise politique en n’impliquant que les victimes, c'est-à-dire la société civile en faisant fi des véritables belligérants qui sont en réalité les acteurs politiques? Ce faisant, la CDVR risque dans sa mission de déplacer le problème ou simplement le survoler sans oser le résoudre réellement.

La banalisation du transfèrement de l’ex-chef d’Etat

Le transfèrement de l’ex-chef de l’Etat ivoirien n’est pas fait non plus pour favoriser la réconciliation. En effet, le second tour de l’élection présidentielle de 2010 a montré la bipolarisation de la classe politique ivoirienne. Cet état de fait nous montre que l’ex-président Laurent GBAGBO est, à n’en point douter, le leader d’une grande frange de la population (45% des suffrages lors du second tour des élections générales de 2010 selon la Commission électorale indépendante (CEI)). Après le transfèrement de ce dernier à la Cour pénale Internationale (CPI), l’on attendait de la CDVR un plaidoyer pour sa non inculpation devant cette cour internationale ce qui aurait pu atténuer les tensions toujours vives qui  existent dans le pays. Contre toute attente, la CDVR a banalisé ce  transfèrement  lors d’un communiqué officiel datant du 08 décembre 2011, avançant comme raison que sa mission n’était pas de juger, ni de condamner ou d’amnistier mais d'amener tous les Ivoiriens, sans exclusive, à identifier les causes de leurs dissensions et mettre en lumière tous les cas de violation de droits de l’homme, et tout mettre en œuvre pour éviter que nous ne retombions dans les mêmes errements. Comment dialoguer quand on sait qu’un acteur clé de la crise, en l’occurrence le Président Gbagbo, est entre les mains de la justice internationale ? Sans toutefois s’opposer à ce que justice soit faite, la CDVR aurait dû plaider auprès du gouvernement ivoirien pour que celui-ci fasse preuve d’une humilité qui aurait pu être salvatrice. Ne dit-on pas que la paix n’a pas de prix ? De plus, voir que seul le président Gbagbo est transféré à la Haye donne le sentiment d’une justice de vainqueurs qui rappelle le cas des généraux d’Adolf Hitler à Nuremberg.

La justice des vainqueurs

Cette justice des vainqueurs se remarque au quotidien et pourtant la CDVR n’a mené aucune action concrète auprès du gouvernement pour un dégel des relations entre lui et le clan adverse. Cette situation ne fait qu’accentuer la méfiance qui existe déjà entre les différentes parties à la crise. Tous les acteurs de cette crise ont une responsabilité car les exactions sont partagées. Il serait donc mieux que tous bénéficient d’une amnistie à défaut de mettre en place une justice impartiale. Dans le cas contraire, la cohésion sociale ne sera jamais réellement reconstruite d’autant que les exactions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) continuent et restent impunies. Les souffrances banalisées dans l’oubli associées à une tolérance excessive envers les amis du pouvoir entretiennent le fossé et un sentiment d’injustice flagrant.

Pour guérir un mal, il faut le traiter à la racine ainsi, la CDVR devrait mettre tout en œuvre pour éviter les pièges du Forum de réconciliation national de 2001 qui, ayant esquivé les problèmes de fond, a débouché sur la rébellion de 2002.
La CDVR gagnerait alors à faire le bon diagnostic pour trouver le remède adéquat afin que les Ivoiriens puissent se retrouver sans haine ni rancune. Il y va de notre survie à tous ; il y va la pérennité de la Côte d’Ivoire.


Par Aquilas YAO, étudiant libéral ivoirien (ELI) au sein d'Audace Institut Afrique.


Source: AUDACE AFRIQUE.NET

jeudi, 19 janvier 2012

JERRY RAWLINGS HAUSSE A NOUVEAU LE TON: «GBAGBO A LA HAYE? UNE HUMILIATION POUR L’AFRIQUE!»



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Tout feu tout flamme. Ancien président ghanéen et Haut représentant de l'Union africaine pour la Somalie, Jerry Rawlings a tenu, à l'occasion d'un discours prononcé lors de la sixième session ordinaire du Parlement panafricain, lundi dernier à Addis-Abeba (Ethiopie), à dénoncer l'incapacité du continent à prévenir les excès sponsorisés par certains membres de la communauté internationale, notamment en Libye et en Côte d'Ivoire. Il s'est une fois de plus insurgé contre le transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye. Larges extraits de son discours.

L'Afrique n'a pas réussi à empêcher les excès en Libye et en Côte d'Ivoire...

«L'Afrique a au cours des douze derniers mois connu des bouleversements politiques considérables. Et l'action ou l'inaction de l'Union africaine et de ses divers organes ont amené certains à remettre en question l'avenir de cette institution créée avec les plus nobles intentions. De la Tunisie à travers l'Egypte à la Libye et même en Côte d'Ivoire, il y avait des mouvements politiques de nature différente qui remettaient en question la capacité de l'institution à engendrer l'unité africaine, la paix et le développement. Bien que la majorité d'entre nous ont été ravis de la volonté des peuples à prendre leur destin en main, nous avons été pris de court par l'échec du continent à empêcher les excès dans des pays comme la Libye et la Côte d'Ivoire. Notre déroute collective doit être corrigée de toute urgence et avec détermination afin que le sang et le labeur de ceux qui ont sacrifié leur vie à rechercher le changement ne soient pas gaspillés».

Gbagbo à La Haye ? C'est humiliant...

«Il est tout simplement humiliant qu'en ce 21ème siècle, notre continent conduise certains de ses dirigeants à La Haye comme on conduit l'agneau à l'abattoir, alors que nous sommes censés avoir la capacité de rendre notre propre justice. Nous devons laisser La Haye à ceux qui ne peuvent pas contrôler leur destinée. Si les Libyens étaient justifiés à renverser le régime de Kadhafi dans leur quête de liberté et de justice, alors pourquoi ne peuvent-ils pas rendre leur propre justice?

Si les Ivoiriens sont vraiment en quête de paix et de réconciliation, dans le cadre d'un processus convenu par les deux factions de Ouattara et Gbagbo, pourquoi alors envoyer à la CPI un ancien dirigeant qui, en dépit de ses défauts, a accompli son devoir envers son pays ?»

Dire non à «une nouvelle forme de colonialisme»

«Nous avons et avons eu des dirigeants défaillants mais nous avons assez de dirigeants bons et progressistes, qui ne peuvent réussir que si des institutions comme le Parlement panafricain et les parlements nationaux leur montrent la voie et leur accordent leur soutien.

Le temps est venu de cesser d'être des observateurs, et de devenir de véritables acteurs dans les dynamiques de changement du continent. Le danger est devant nous. Nous ne devons pas permettre à une nouvelle forme de colonialisme d'engloutir notre continent et de nous transformer en marionnettes de la communauté internationale. Conjuguons nos efforts en prenant une position ferme contre cette menace imminente.»

Les immigrants africains victimes de trafics d'organes en Egypte...

«Nous devrions être particulièrement préoccupés par la situation en Egypte où la douleur et l'agonie que le peuple a endurées à la place Tahrir et dans d'autres villes se répète quelques mois après. Il est évident que la machine très oppressante que la révolution cherchait à supplanter a de nouveau émergé et sous le prétexte de la sécurité nationale, les Egyptiens ordinaires sont de nouveau confrontés à des assauts et des brutalités rappellent ce qui s'est passé en janvier et février de l'année dernière (...). Pendant combien de temps allons-nous être des observateurs silencieux ? Et pourtant, les révolutions menées par des populations désarmées civiles en Tunisie et en Egypte avaient donné au monde l'espoir que la liberté et la justice allaient enfin triompher. (...) Il y a quelques mois, le projet Freedom CNN a publié un exposé sur l'enlèvement cruel et l'extraction des organes vitaux des immigrants illégaux qui tentent de passer à travers l'Egypte en Israël. Les passeurs bédouins auraient arraché des parties de leurs corps alors que les immigrants étaient encore vivants. Les immigrants sont réduits en esclavage, torturés et ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer des sommes énormes à ces contrebandiers font face à la sanction ultime d'une mort déshumanisante à travers le prélèvement d'organes ! Et l'Afrique est muette ?»


Traduit par Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 18 janvier 2012

ETATS-UNIS - COTE D'IVOIRE: LES VERITES D'HILLARY CLINTON A ALASSANE OUATTARA


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Le tête à tête à Abidjan entre la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et le président ivoirien Alassane Ouattara commence à livrer quelques secrets. Révélations exclusives.

Au cours de la conférence de presse suivant la rencontre Hillary Clinton - Alassane Ouattara, mardi 17 janvier à Abidjan, la langue de bois diplomatique a été bien respectée, l’envoyée de Barack Obama se disant satisfaite des derniers progrès enregistrés en Côte d'Ivoire, avec notamment l’organisation des élections législatives pacifiques du 11 décembre dernier. Mais en privé, la chef de la diplomatie américaine n’a pas hésité à employer son franc-parler habituel avec son interlocuteur.

De sources diplomatiques américaines, il a été fortement recommandé au chef de l’État ivoirien de former un gouvernement de réconciliation nationale avec, à la clé, le départ de l’actuel Premier ministre. « Les États-Unis souhaitent que Guillaume Soro et tous les proches du pouvoir qui auraient pu commettre des crimes et exactions comparaissent devant la Cour pénale internationale (CPI), même en qualité de simples témoins. Ce message très clair a été passé au président ivoirien », confie une source américaine consultée par Jeune Afrique.

L’instauration d’un État de droit, avec moins d’immixtions d’hommes politiques et de militaires dans les affaires de la justice semble être une priorité pour les Américains. Lesquels conditionnent l’octroi de leurs aides dans plusieurs domaines, notamment dans la santé, l’éducation, la sécurité, l’économie et l’agriculture, à des progrès dans la bonne gouvernance. Une position qui rejoint celle de la France, qui doit également envoyer des émissaires de haut rang cette semaine.

 

Baudelaire Mieu, à Abidjan.


vendredi, 16 décembre 2011

L'IVOIRIEN KAHOU BI TOKALO ECRIT A CHARLES KONAN BANNY


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Ce frère ivoirien, citoyen anonyme, tenait à faire entendre sa voix, sur une plate-forme élargie, au milieu du tumulte des joutes verbales et des démêlées politiques. Une voix pas discordante, mais différente. En démocrate convaincu, nous lui avons offert la tribune de notre blog, pour lui permettre de faire passer son message, qui ne manque pas de pertinence. Aussi singulier soit-il. Le texte que vous allez lire, ci-dessous, a été publié en intégralité, tel qu'il nous est parvenu par ses soins, sans modification aucune. Bonne lecture à tous et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

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Lettre ouverte à Monsieur Charles Konan Banny, Président de la Commission Dialogue-Vérité-Réconciliation de la République de Côte d'Ivoire.

 


Réconciliation nationale : Contribution d'un ivoirien.



Monsieur le président,


Le Président de la République de Côte d'Ivoire, son excellence Monsieur Alassane OUATTARA vient de vous placer sa confiance en vous confiant, le 29 novembre 2011, la lourde charge de réconcilier les ivoiriens divisés par une multitude de crises.

Les ivoiriens, dans leur très grande majorité, ont approuvé ce choix.

Cependant, si le chef de l'Etat ne s'est pas trompé, ils sont nombreux vos compatriotes qui pensent que vous risquez de vous faire tromper.

Il est plus difficile de réconcilier des adultes que de réconcilier des enfants. La réconciliation est un processus difficile. S'il y a réconciliation, c'est qu'il y a problème entre des hommes. C'est donc l'affaire de tous. C'est pour cette raison que je m'autorise à vous apporter ma petite contribution, puisse-t-elle servir à la paix que les ivoiriens cherchent.

Les mauvaises langues disent que vous écrire relève d'une audace adossée à une bonne dose de courage, parce qu'on est jamais sûr de se voir lu, encore moins répondu.

Si, donc, cela est un risque à prendre je le prend ici devant Dieu pour mon pays, pour son peuple et pour tous les enfants de ce pays, notamment ces millions qui n'ont jamais été déclarés sur le registre de l'état civil.

Ma contribution s'articule autour de quatre points, à savoir : la nature du problème de la Côte d'Ivoire, ses possibles origines, ses manifestations et ses probables solutions :

1- LE PROBLEME

J'estime que le problème de la Cote d'Ivoire est un PROBLEME JURIDICO-SOCIAL qui, par pure récupération, semble être aujourd'hui un problème politique.

Il s'agit du phénomène de la non-déclaration des naissances à l'état civil qui a favorisé l'émergence d'ivoiriens  « sans papiers » en Côte d'Ivoire, toutes ethnies confondues.

A mal d'informations (et de bonne foi bien entendu) ces ivoiriens répartis d'ailleurs sur toute l'étendue du territoire national ont été dressés inutilement contre leur Police et leur Gendarmerie au point de devenir allergiques aux contrôles d'identité.

Cette carence vient du fait que la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l'état civil n'a jamais été expliquée aux populations ivoiriennes depuis 1969, date de sa dernière explication.

2- LES MANIFESTATIONS

Il s'est manifesté par l'immobilisme, le dysfonctionnement et la mauvaise tenue de l'état civil de notre pays, puis notamment  le développement du phénomène des sans papiers en Côte d'Ivoire.

Enfin il est à noter que les agents de l'état civil de notre pays n'ont jamais été formés pour manipuler un outil aussi important pour un Etat. Les ivoiriens ennemis de la Côte d'Ivoire ont profité de cette faiblesse pour faire de l'état civil un instrument propice à toutes formes de fraudes, malheureusement impunies au mépris de l'article 386 de notre code pénal.

3- LES ORIGINES DES CRISES, SELON MOI

Ce problème date des années 1980.

Chronologie des successives crises en Côte d'Ivoire, avec l'état civil comme terreau:

- 1983-1990 : les populations ivoiriennes toutes régions, toutes ethnies, toutes religions, toutes classes sociales confondues, confrontées au quotidien vital, commencent à se désintéresser de l'état civil suite à la grave crise alimentaire qui s'est installée du fait de ces grands feux de brousses qui ont dévasté les exploitations vivrières des paysans.

- 1990 : l'avènement du multipartisme a fait des mécontents;

- 1993 : le décès du premier président de la Côte d'Ivoire a fait des indignés ;

- 1993-1994 a fait des frustrés ;

- 1995 : le boycott actif des frontistes et des républicains a faits des aigris ;

- 1995-1999 : les conflits fonciers qui enflamment les régions de Duékoué, San-Pédro et de Gagnoa font des frustrés ;

- 1999 : le coup d'Etat a créé des incompréhensions ;

- 2000 : les élections présidentielles ont fait des frustrés ;

- 2002 : apparition de la phase armée de toutes ces crises non résolues. Cette phase laisse des séquelles dans le cœur des populations ivoiriennes ;

- 2010-2011 : les évènements et leurs conséquences ne constituent que le visage réel de ce que tout le monde a laissé pourrir.

4- LES CONSEQUENCES

Un faisceau de conséquences a fait passer les populations ivoiriennes du stade de la pauvreté à celui de l'indigence absolue.

Ils sont devenus des « Prêts à Assister ».

5- DE PROBABLES SOLUTIONS

Des pistes de solutions existent. Parce que le problème de fond est social, la recherche de solutions doit se faire dans la société pour qu'elles soient utiles à toutes les populations ivoiriennes.

Première proposition de solution :

- Réhabiliter et moderniser notre dispositif institutionnel de suivi de l'évolution démographique, c'est-à-dire ; l'état civil, après l'opération de reconstitution des registres.

- Pour traiter le problème à la source et de façon durable, il y a lieu d'instruire et d'éduquer les populations à la culture de la déclaration des faits à l'état civil pour, à terme, les familiariser avec celui-ci. Car, un Etat moderne est un Etat qui a des statistiques démographiques fiables.

Toutes les solutions doivent reposer sur ce fondement.

A cet effet, j'ai personnellement interpellé les pouvoirs publics dès 2003 à travers le quotidien Fraternité Matin en son N° 11714 du jeudi 27 novembre 2003, page 8.

N'ayant pas été entendu, j'ai écrit en 2007 un manuel de sensibilisation et d'éducation d'une cinquantaine de pages dans un langage très accessible à toutes les couches sociales. Il s'intitule :

« Comment et pourquoi déclarer une naissance et un décès à l'état civil ? », pour vulgariser la loi N° 64-374 du 7 octobre 1964 relative à l'état civil contenu dans notre Code de la Famille..

Bien que déposé en manuscrit auprès d'un éditeur de la place, il peine à être sur la bonne voie.

J'ai toujours souhaité un soutien institutionnel de l'Etat pour qu'il soit édité, diffusé large puis distribué gratuitement aux ivoiriens pour les instruire sur la procédure relative à la déclaration de faits à l'état civil.

Deuxième proposition de solution :

L'Etat de Côte d'Ivoire forme des Assistants Sociaux diplômés en sciences humaines, en droit, en sciences sociales et surtout en andragogie (enseignée par Dr Koné Issiaka). Oui, l'andragogie peut vous aider à sauver notre pays.

Ces experts en investigations sociales, au moyen d'un diagnostic social très fin, sont outillés pour déblayer le champ de la réconciliation pour votre institution aux fins de vous donner des repères.

En effet, leur approche basée sur l'intervention rapprochée permettra de dégager les pistes à explorer, les cibles à atteindre, les motivations des populations, leurs craintes, leurs attentes et leurs propositions pour une paix durable.

J'en veux pour preuve :

- Le forum de la réconciliation nationale tenu en 2001 n'avait pas été précédé d'une phase préliminaire de sensibilisation, il n'a pas produit le résultat escompté.

- En 2008, l'opération des audiences foraines n'a pas été non plus précédée de cette même phase de sensibilisation des populations, elle a connu un début très difficile qui a coûté des milliards supplémentaires à notre pays.

Elle a donné des résultats politiques dans lesquels les populations, dans leur grande majorité, ne se sont pas reconnues parce que ayant exclus leurs enfants en âge d'aller à l'école. Le seul péché de ces enfants : n'avoir pas l'âge requis pour voter. Ils se comptent, aujourd'hui, par millions sur toute l'étendue du territoire national.

Monsieur le président de la Commission Dialogue-Vérité-Réconciliation (CDVR), si vous voulez conduire la Côte d'Ivoire à une paix solide et définitive, vous devez avoir une vue rétrospective de tous les évènements qui, par leur gravité, ont écorché la dignité, l'honneur ou l'intégrité physique de tout individu établi sur cette terre de nos ancêtres, quelque soit sa classe sociale, sa communauté d'appartenance ou sa nationalité.

Au regard de tout ce qui précède, j'ai toujours estimé que notre police et notre gendarmerie, institutions en charge du contrôle d'identité des personnes sur le territoire national, n'ont jamais été la cause-souche de tous les déboires de la Côte d'Ivoire.

C'est de la même façon que j'ai toujours trouvé que les FANCI, les FDS, les FN d'alors ou les FRCI d'aujourd'hui, qui se sont tant affrontées, n'ont jamais été responsables de ce qui est sensé être à l'origine des problèmes de notre pays.

Monsieur le président, des frères africains qui ont connu une situation similaire (Rwanda, Afrique du Sud) peuvent vous aider à nous aider. Autant que les institutions onusiennes (ONUCI, PNUD, UNICEF ou autres) sont outillées pour nous aider. Il n'y a pas d'experts en réconciliation.

Ils sont nombreux, ici, ces experts en stratégie de la réconciliation et en médiation sociale, qui connaissent mieux nos problèmes, nos cultures, nos coutumes, nos traditions et nos valeurs sociales ; ce sont notamment, nos chefs religieux, nos dignes chefs traditionnels longtemps négligés et qui représentent un appui incontournable dans ce processus auxquel peuvent s'ajouter des professeurs de sciences sociales et humaines, des professeurs d'andragogie.

La réconciliation n'est pas une discipline académique. Ce n'est pas une affaire de diplômés, car aucune école ne décerne de diplômes en réconciliation. C'est pourquoi, elle se fait sur le terrain par les victimes des frustrations, parce qu'elles en sont les seules véritables bénéficiaires. Les ivoiriens vous conseillent de vous méfier des hypocrites et des opportunistes.

Evitez-les : Evitez de vous laisser emporter par ces vautours touchés par la crise économique chez eux, toujours embusqués sur les médias internationaux en quête d'opportunité et se passant pour des spécialistes de la Côte d'Ivoire ou des experts en réconciliation pour venir absorber votre budget, l'argent du contribuable ivoirien pour aller régler leurs dettes familiales, chez eux. Ce serait d'ailleurs perçu comme une insulte pour les ivoiriens, car la réconciliation des ivoiriens ne se fera pas en avion. Ces malins personnages se cachent derrière ce terme « adhésif » de spécialistes des pays africains pour se faire une place au soleil.

Il n'y a pas plus spécialistes de la Côte d'Ivoire que les ivoiriens. Là encore les ivoiriens savent qu'il n'y a aucune école dans ce monde qui forme des spécialistes de pays.

Evitez-les : Evitez ces « grands intellectuels » qui craignent la poussière, qui sont avides de missions et de séjours dans des hôtels 5 étoiles, en compagnie de prostituées, prêts à rédiger des compte-rendus de missions dans ces chambres climatisées.

Evitez-les : Evitez ces cadres qui viennent organiser des journées dites de la réconciliation sous une (ou deux) bâche meublée d'enfants mineurs, au chef-lieu du département (craignant pour leur sécurité et celle de leurs belles 4X4 climatisées), des missions supposées les avoir conduit dans tous les villages et campements de la région, assorties de compte-rendus à vous rassurer à jamais.

Monsieur le président, les ivoiriens concernés par la réconciliation sont dans les Sous-préfectures, les quartiers précaires de nos villes, les villages et dans les campements de notre pays. Ce sont les paysans, les victimes, les indigents mais aussi les plus prêts à vous dire la vérité que vous recherchez. Ils sont prêts à tolérer, pourvu qu'ils soient écoutés et compris. Ils veulent parler pour se libérer et vivre en paix.

Les ivoiriens sont devenus extrêmement pauvres, qu'ils soient travailleurs du privé, fonctionnaires, commerçants ou paysans. Ils sont partout dans ce pays qui attendent vos collaborateurs devant leurs maisons ou leurs cases, pour écouter et se faire écouter dans un langage qui leur est bien familier, un langage qui ne continuera pas de les marginaliser.

Les ivoiriens veulent vous aider, venez vers eux. Le président Félix HOUPHOUET-BOIGNY a semé la graine du don de soi. Le président Alassane OUATTARA vous offre, ici, la belle occasion de l'entretenir pour qu'elle produise cette vraie paix du cœur qui va constituer le socle du vrai développement économique et social de ce pays.

Attention:

Un Etat de droit est un Etat dont les citoyens sont des sujets de droit.

A ce jour, environ 66% des ivoiriens existent officiellement sur le registre de l'état civil de Côte d'Ivoire (si ce dernier existe encore) pour environ 25% des décès déclarés.

Si la réconciliation se fait seulement sur le plan politique, la même cause risque de produire les mêmes effets, plus tard.

Que Dieu vous aide!

 


KAHOU Bi Tokalo, Assistant Social Diplômé d'Etat,

en service au Ministère de la Justice.

Contacts : E-mail : tokalonan@yahoo.fr

Mobile : (225) 05.05.40.64

samedi, 26 novembre 2011

PDCI-RDA: CE QUI ATTEND BEDIE APRES LES LEGISLATIVES


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Le sort d'Henri Konan Bédié à la tête du Pdci Rda est plus que jamais lié aux résultats des législatives de décembre 2011. Président du plus vieux parti de la scène politique ivoirienne depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, en 1993, le sphinx de Daoukro joue son maintien à travers les législatives à venir.

Si au départ, l'ancien président de la République, jouissant du respect dû à son rang, pouvait imposer ses visions aux militants, aujourd'hui, les choses semblent évoluer autrement. On l'a vu pendant le choix des candidats à la candidature aux prochaines législatives. Quand, en tant que premier responsable du parti, Bédié a voulu, de façon moutonnière, s'aligner sur les décisions d'Alassane Ouattara qui consistent à privilégier les cadres du Rdr dans les circonscriptions où ils ont fait les meilleurs scores au second tour de la présidentielle de novembre 2010, les barons du Pdci se sont dressés pour dire non ! On se rappelle qu'après une réunion tenue à la maison du parti à Cocody sur ce sujet, barons, militants et simples sympathisants s'étaient déportés au domicile de Bédié pour lui dire de retirer sa caution à cette volonté du chef de l'Etat de précipiter la mort du Pdci. Ce qui avait fait reculer N'zueba dont le discours plein d'hésitations, n'avait pas manqué de surprendre ses alliés du Rhdp.

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Bien avant cela, unis comme un seul homme, ils ont fait ombrage à l'idée de transformer le Rdr et le Pdci en un seul parti politique. Des cadres, comme Edjampan Tiémélé, Gaston Ouassenan Koné et bien d'autres barons avaient fait entendre leurs voix pour refuser ce qu'ils ont eux-mêmes qualifié de fusion-absorption. Toutes ces démarches révolutionnaires constituaient déjà un avertissement à Henri Konan Bédié quant à ses options sur la gestion globale du parti.

Selon certaines indiscrétions, aujourd'hui, les bases grognent parce qu'elles ne sont pas contentes de la trahison dont le Pdci est victime de la part d'Alassane Ouattara qui n'a respecté et qui ne veut respecter aucun de ses engagements vis-à-vis du parti. Pour rappel, notons que pendant la campagne présidentielle, l'ex-mentor du Rdr avait promis la primature au Pdci. Il avait également promis de nommer le chef du protocole de Bédié comme chef du protocole d'Etat. Mais le Président Ouattara en a été dissuadé par certains de ses sbires qui voyaient en cette nomination une grosse erreur à ne pas commettre. Parce que le bénéficiaire de ce poste stratégique serait l'œil et l'oreille de Bédié au cœur du pouvoir.

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S'il a accepté la nomination du Colonel Gervais Kouassi à la tête de la gendarmerie nationale, sur proposition du président du Pdci, selon des informations de sources dignes de foi, le chef de l'Etat semble ne pas lui faire entièrement confiance. Certains barons de son régime le soupçonnant d'être l'œil et le bras séculier d'un Henri Konan Bédié qui rêve, malgré son âge très avancé, 76 ans officiellement, de revenir au pouvoir.

Ce sont ces faits, au dire d'un haut cadre du Pdci, qui fondent la colère des militants qui attendent la fin des législatives et surtout les résultats qui en découleront pour demander des comptes au successeur d'Houphouët Boigny. Lesquels résultats détermineront son sort à la présidence du Pdci. Dans ce débat, dit-on au niveau du parti sexagénaire, les chances d'Henri Konan Bédié sont minces à cause de son âge très avancé qui joue contre lui. Les militants et les barons qui grognent actuellement auront-ils les coudées nécessaires pour exiger un congrès après les législatives ? Attendons de voir.


Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 102 du mercredi 23 novembre 2011.

vendredi, 25 novembre 2011

PROFESSION, DEPUTE A L'ASSEMBLEE NATIONALE!


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Maison des députés à Yamoussoukro


La crise postélectorale ivoirienne a ceci de louable qu'elle nous permet, aujourd'hui, de constater que certains hommes politiques de ce pays sont tout juste des suiveurs sans conviction et sans idéaux démocratiques. Pour eux, ne comptent que les avantages à tirer d'un engagement opportuniste et la jouissance que procure une fonction parlementaire. Ces personnages, qui ne doivent leur statut de citoyen privilégié bénéficiant d'un certain rang social que parce qu'ils sont des députés, n'entendent pas pour des dogmes politiques se priver de caviar et de champagne ni se soustraire au grand train de vie que leur offre leur titre ou à l'honorabilité qu'il leur confère.

En un mot, être député à l'Assemblée nationale, ils en ont fait un métier. Ils n'en ont pas d'autres, n'en ont pas connus d'autres ou n'en veulent plus d'autres. Le perdre ou manquer l'objectif correspondrait alors pour eux à une descente aux enfers, à une rétrogression dans l'échelle sociale ou à un échec personnel. Ils ne peuvent y survivre ou le supporter. Pas même pour un idéal. Politique du ventre et intérêts personnels obligent.

Certains y aspirent pour continuer à se sentir important et incontournable, proches du pouvoir qu'ils ont été, quand d'autres, nouveaux venus sous peu dans la course à l'hémicycle, espèrent en faire un tremplin de percée sociale. Au mépris de tout mot d'ordre émanant de leur parti et sous l'instigation de certains diplomates occidentaux, navigant en eaux troubles depuis l'élection présidentielle de 2010 et à qui nous devons de vivre dans un pays où règne la terreur, l'insécurité, la justice des « vainqueurs » et le non droit.

Nous avions peut-être naïvement pensé qu'être député consistait à représenter une population en tant qu'élu de la nation et que les souffrances et préoccupations de ce peuple-là passait en priorité pour le représentant qu'il avait mandaté. La priorité, aujourd'hui, pour les partisans et sympathisants de La Majorité Présidentielle qu'ils représentent déjà ou nourrissent le projet de représenter, c'est la libération de leur leader, le Président Laurent Gbagbo, de son épouse, Simone, de tous les principaux dirigeants du FPI-CNRD en captivité et de tous les prisonniers politiques et militaires du pouvoir Ouattara. Ne pas l'avoir compris les disqualifie à parler en leur nom ou à briguer leur suffrage.

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De ce point de vue, il faut rendre un hommage vibrant à tous ces élus et cadres ivoiriens potentiels parlementaires 2011 qui, au nom de leurs idéaux et la noblesse de leur lutte sont prêts à sacrifier mandats et ambitions parlementaires pour que soit tenu haut le flambeau de la lutte démocratique dans notre pays. Au rang de ceux-ci, nous citerons le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Monsieur Laurent Akoun, qui a asséné ses vérités au meeting organisé par les responsables du FPI du Sud-Comoé, samedi dernier 19 novembre à Bonoua, rassemblement qui s'est tenu malgré la répression inacceptable des FRCI : «Il faut leur dire (aux militants) que le FPI de Laurent Gbagbo, qu'Affi N'guessan nous a momentanément confié, n'a pas donné une caution à quelque individu que ce soit pour représenter ses intérêts dans un parlement. Nous n'avons pas de candidats. Ne vous laissez pas avoir. Ils vont venir dire, c'est la famille. Non, c'est leurs intérêts, c'est leurs tubes digestifs. Ne vous mêlez pas de leur affaire. Moi, je suis député sortant à Alépé et je peux gagner. Mais Gbagbo est en prison, Simone est en prison, Adjobi (Christine) est en prison, Affi est en prison, Sangaré est en prison..., je vais être candidat pour défendre quoi ? Sachez que ce qu'ils veulent faire-là, ça ne nous concerne pas !», a-t-il martelé. Le message est on ne peut plus limpide et gageons qu'il a été reçu sans équivoque par tous les démocrates ivoiriens proches de Gbagbo.

De toutes les façons, comment va-t-on à des élections où il y a de fortes chances qu'on se fassent taillader à la machette, au couteau ou abattre par des FRCI indociles - pour ne pas en dire davantage - et des militants RHDP, et singulièrement RDR, déchainés comme ceux qu'il nous a été donné de voir à Bonoua et à Port-Bouët, le week-end dernier, tout juste parce qu'on est habillé d'un tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo ou présent à un rassemblement de son parti ? Morceaux choisis des propos irréels qu'ils ont tenus contre les militants du FPI-CNRD et contre les forces de sécurité, détachements de la BAE et de la CRS, venus maintenir l'ordre sans dotation d'armes : « Vous ne ferez pas de coup d'Etat ici », à l'adresse des militants. « Vous n'avez pas dit que vous soutenez Gbagbo, tirez vous allez voir », avec le plus grand mépris, aux policiers. « Vos meetings, c'est pour faire des coups d'Etat et nous, les FRCI, on est venu pour mettre fin à vos coups d'Etat ! », ont-ils parachevé. « Sommes-nous vraiment encore en Côte d'Ivoire ? », nous n'avons de cesse de nous interroger. Dans notre for intérieur, nous n'en sommes plus très certain, tant ce pays est devenu méconnaissable depuis l'avènement du RHDP au pouvoir.

Au demeurant, comment va-t-on sereinement à des élections quand une dispute éclate entre des militants et des soldats FRCI, à Bonoua le samedi 19 novembre, parce que se rendant au meeting, qu'un militant du FPI se fait copieusement bastonner par les hommes en armes parce qu'arborant un tee-shirt à l'effigie de Laurent Gbagbo et que ceux-ci, ayant déployé l'artillerie lourde, kalachnikovs, mitraillettes, lance-roquettes, RPG, font des tirs nourris en l'air pour semer la terreur ? Comment participe-t-on dans la quiétude à des élections quand, à Port-Bouët le dimanche 20 novembre, on mène une chasse à l'homme juste parce que des partisans ont porté des tee-shirts estampillés « Laurent Gbagbo », quand une horde de vandales, en tenues civiles pour certains et en tenues militaires bigarrées pour d'autres, passant pour être des FRCI, fait irruption dans le meeting à bord de véhicules de type 4x4, s'attaque aux militants, armée d'armes blanches (gourdins, machettes, couteaux), de pistolets, de gaz lacrymogènes, et disperse violemment la manifestation ?

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C'est ainsi le énième meeting du parti de Laurent Gbagbo qui est « maté » par les FRCI et les militants du RDR selon la consigne d'Amadou Soumahoro, le Secrétaire général par intérim du RDR, et qui se solde par plusieurs blessés à l'arme blanche et de nombreuses bastonnades. Dans l'impunité la plus totale. Voici, dans toute sa splendeur, la nouvelle « République de Côte d'Ivoire » !

Demander donc à un parti politique, de la sorte traqué et persécuté, de prendre part à des législatives, sur toute l'étendue du territoire national, quand on est incapable d'assurer sa sécurité ne serait-ce qu'à Abidjan, siège du pouvoir exécutif et de l'Etat-major des armées, relève du mépris, de la mauvaise foi et de l'insouciance coupable voire de la complicité. Les pires choses surviendraient dans les ex-zones CNO (Centre-Nord-Ouest), et même sous leur nez à Abidjan, personne ne serait inquiété, encore moins jugé. La preuve est là ! Tous les crimes contre l'humanité commis dans l'Ouest et notamment à Duékoué, dénoncés par les ONG internationales de défense des droits humains avec des noms à l'appui, sans qu'aucun proche de Ouattara incriminé ne soit interpellé ou n'ait de compte à rendre, en sont une autre preuve. Aller donc à de telles élections, c'est se rendre à l'abattoir. Incontestablement.

Comme le dit l'honorable Odette Lorougnon : « On nous demande d'aller aux élections, mais il n'y a pas de sécurité. Dans une campagne électorale, on se heurte. Est-ce que le régime Ouattara peut tolérer et accepter les critiques ? En outre, dans les bureaux de vote, nos candidats doivent être représentés alors que les jeunes continuent d'être traqués, arrêtés. Si la sécurité n'est pas garantie, si la liste électorale et la composition de la CEI ne sont pas revues, comment voulez-vous qu'on puisse aller aux élections ? ». « Si en tant qu'opposition, souligne-t-elle avec à-propos, on ne peut pas critiquer, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie ni dans un Etat de droit ».

Nous ne comprenons donc pas comment des futurs élus de la nation peuvent accepter que leurs partisans soient ainsi envoyés au pressoir pour satisfaire leurs ambitions politiques aveugles et égocentriques. Ces individus-là ne méritent pas de se présenter sous la bannière du parti du démocrate Laurent Gbagbo qui, du reste, ne se sent aucunement concerné par ces législatives, malgré les gesticulations et les intrigues souterraines des ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui s'efforcent de susciter des candidatures indépendantes de cadres proches de Gbagbo afin de les exhiber comme issus du FPI pour se targuer d'une participation virtuelle de tous les partis politiques significatifs de Côte d'Ivoire aux législatives de décembre. Cette entourloupe ne saurait prospérer.

Ces futurs élus - s'il en est - devraient avoir le courage d'assumer seuls leurs candidatures et ne pas user de circonlocutions arrimées à des prestidigitations de chancelleries occidentales pour se porter sous l'enseigne fleurie du parti de Laurent Gbagbo. Qu'ils passent leur chemin, mus qu'ils sont par les soucis de promotion sociale, les contingences alimentaires immédiates, les ambitions personnelles égoïstes et le désir de demeurer ad vitam aeternam députés, durent-ils renier maîtres, leaders, camarades de lutte, famille politique, principes et convictions idéologiques. Les dignes fils d'Eburnie se passeront bien d'eux.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 374 du jeudi 24 novembre 2011.

FRANÇAFRIQUE – NOUVELLE DEVALUATION DU FRANC CFA OU L’ASSASSINAT DE L’AFRIQUE

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Alors qu'on a appris que Nicolas Sarkozy doit en partie sa victoire présidentielle grâce à l'argent (le franc CFA) des Africains qu'il méprise, il veut la dévaluation dudit franc CFA selon des rumeurs persistantes. Avec la nouvelle révélation sur le financement de sa campagne présidentielle par Omar Bongo dans un livre à paraître demain, jeudi 24 novembre : « Le scandale des biens mal acquis », on comprend pourquoi le dossier judiciaire sur les biens mal acquis n'aboutissent pas en France.

C'est Mike Jocktane, ancien conseiller de feu Omar Bongo qui accuse Nicolas Sarkozy d'avoir bénéficié des mallettes et des fonds occultes de la Françafrique. Du coup, les salmigondis de Robert Bourgi ressemblent étrangement au nuage de Tchernobyl qui s'était arrêté aux frontières de la France de même que les mallettes avec l'avènement du président Sarkozy. De l'esbroufe. Tous corrompus ! Mais, au détriment de l'Afrique qu'ils aiment tant détester.


Donc, avec la complicité des dirigeants africains-ont-ils vraiment le choix ?-, le franc CFA sera dévalué le 1er janvier 2012 pour le grand malheur de l'Afrique subsaharienne francophone. Considérant que son baromètre et/ou arrimage se mesure à l'euro, ça veut dire que, demain, 1 euro correspondra à 1000 francs CFA au lieu de 655,59 FCFA. Si l'information est confirmée, alors que la dévaluation du franc CFA, en 1994, a fait naître l'espoir de voir les principales filières commerciales boostées, c'est le contraire qui s'est produit. Et par conséquent, ce sont les populations, en premier, qui pâtiront de cet effet. La dialectique selon laquelle la parité fixe entre le franc cfa et l'euro est avantageuse pour les États de la zone CFA, avec notamment la maîtrise de l'inflation et la stabilité macroéconomique est mensongère.


La plupart des pays du continent n'ont pas encore réussi à tirer un avantage significatif des débouchés commerciaux découlant de l'expansion des marchés et des régimes préférentiels. Ne pas pouvoir transformer sa propre production en produit manufacturier implique l'importation plus que l'exportation et par conséquent, l'Afrique est obligée d'acheter les produits de l'extérieur. Avec une dévaluation, les milliards de francs CFA qui viendront en Europe, permettront à la zone euro, très chahutée en ce moment, de pouvoir s'en sortir.


C'est pour ces faits qu'il faut préciser, que dis-je, re-préciser que, les pays africains ne sont pas indépendants, nonobstant bien évidemment certaines tentatives de dirigeants, qui, par peur de perdre leur pouvoir se découvrent comme par enchantement panafricanistes, qui, pour contenter sa population annoncent qu'il faut battre sa propre monnaie. Autant d'exemples ridicules sans véritable volonté politique qui ne sont que des effets d'annonce sans réelle signification.


Donc, pour éviter le naufrage de la France, il faut organiser celui de l'Afrique ? Alors que les Africains ne sont pas à l'origine de la chute probable de la France avec notamment la perte annoncée de son « triple A » résultant de la mauvaise gestion de ses autorités, ce sont les plus faibles, en l'occurrence les Africains, qui doivent trinquer. Il est plus que jamais urgent pour les pays africains sous le joug français, de s'unir et de quitter la zone CFA. C'est une évidence et une urgence.


Comment expliquer la non-interchangeabilité du franc CFA de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) et celui de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ? Or, d'un pays à l'autre, l'euro circule, à part en Angleterre qui a conservé sa Livre sterling (£). Autrement dit : il est impossible de partir d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, à Yaoundé, au Cameroun, avec ses francs CFA émis par la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Une incongruité.


Source: Le blog d'Allain Jules

LA MISE A MORT DE L'UNIVERSITE IVOIRIENNE

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Pour l'universitaire Michel Galy, l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara met en danger l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire.

 

Les malheurs de l'université ivoirienne, en passe d'être détruite aujourd'hui, remontent pourtant plus loin: comme pour l'ensemble du pays, la zone rebelle a servi, depuis le coup d'Etat manqué de 2002, de banc d'essai; l'université de Bouaké, dans le fief de la rébellion ouattariste, a en effet été complètement pillée et rendue à ce point inutilisable qu'étudiants et professeurs se sont retrouvés à ...Abidjan, squattant au début amphis et cours du campus de Cocody la nuit ou le dimanche -puis se retrouvant dans de nouveaux locaux construits malgré la guerre civile.

Une dégradation progressive de l'université

Que faire d'autre quand livres, bancs, équipements -jusqu'aux huisseries et métaux de construction ont été volés, pillés ou incendiés? Cette libérianisation de l'université ivoirienne a été appliquée à grande échelle pendant et après le coup d'Etat franco-onusien d'avril 2011.

Tout se passe comme si l'Université ivoirienne, ses professeurs et ses étudiants étaient devenus l'ennemi collectif du nouveau régime; dans une déclaration faite à Lomé, Alassane Ouattara ne vient-il pas d'annoncer la fermeture pour deux ans des établissements publics ivoiriens d'enseignement supérieur! La Côte d'Ivoire, entre maîtres de guerres et technocrates, sera-t-elle le seul pays au monde à avoir détruit sa propre Université?

Le contraste est patent avec le régime précédent qu'on a pu nommer (en référence malicieuse à la III ème république française), la «République des professeurs». De l'historien Laurent Gbagbo à l'économiste Aké N'gbo Gilbert- tous deux en déportation sans inculpation ni jugement à Korhogo et à Bouna, du philosophe Voho Sahi à l'historien Pierre Kipré- en exil quant à eux à Accra, capitale du Ghana, tous ont exercé, revanche sur l'affairisme houphouétiste et «l'idéologie du planteur», des responsabilités politiques; on aura reconnu, dans l'ordre cité, le président et le premier ministre ivoirien, le ministre de la Culture et l'ambassadeur de Côte d'ivoire en France.

Et certes, contrairement aux calomnies, cette république des professeurs et des chercheurs, bien qu'en butte à une rébellion armée aidée par la droite française dans sa prise du pouvoir a bien été, par certains côtés, celle de l'intelligence.

J'en voudrai pour preuve ce formidable effort de réflexion national (et même panafricain) qu'a été en 2010 la commémoration des 50 ans des Indépendance, pauvre indépendance bafouée et humiliée lors du putsch sanglant de 2011! Ce qu'on pourrait nommer, en termes heideggériens, l'auto-affirmation de l'université ivoirienne, s'est notamment traduit par cinq colloques successifs, établissant l'état des lieux, prospectant les futurs possibles, cherchant les voies d'une «seconde indépendance».

Et si c'était cette intelligence collective, critique et rebelle, mais en même temps porteuse des luttes des Indépendances comme des révolutions africaines encore à venir, qu'on a voulu, qu'on veut toujours anéantir?

La France, allié de poids de Ouattara

Car du point de vue géopolitique, un tournant était en cours, vers une pluralité d'acteurs, notamment la Chine- ce qui n'était nullement exclusif avec une collaboration franco ivoirienne soucieuse des intérêts communs et du respect de l'autre; y a-t-il d'ailleurs des dirigeants plus francophones et francophiles par certains côtés que ces professeurs ayant pour la plupart fait leurs études dans les universités françaises, continuant à produire articles et ouvrages avec leurs collègues français- ceux-là même qui les ont abandonnés, reniés et parfois insultés quand ont commencé les temps mauvais de la délégitimation politique et des campagnes médiatiques préalables?

Il y a bien eu, hélas trahison des clercs et forfaiture médiatique! Il faudra bien, un jour, faire l'inventaire des délateurs de la presse et des intellectuels organiques des Services ou du sarkosysme, intoxicant l'opinion publique internationale, jusqu'au monde intellectuel français qui connaissait pourtant les acteurs ivoiriens et, pour certains, le pays...

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Un pays laissé à l'abandon

Le silence des intellectuels, lorsque tombaient les bombes franco onusiennes sur la présidence et la résidence, mais aussi campus et cités, CHU et camps militaires habités par des familles entières, tuant des centaines de civils (dont nombre d'étudiants engagés) semble, depuis avril, assourdissant.

A quoi bon disserter sur les «guerres humanitaires» au Kosovo, en Irak et en Libye- demain en Syrie ou en Iran, rappeler les immenses massacres du «Cameroun» sans voir que le même modèle d'intervention a été mis en œuvre en Cote d'ivoire- et que quelque part la mise à mort de l'université  parachève les massacres?

L'écrivain espagnol Miguel de Unamuno, depuis son université de Salamanque affirmait déjà qu'en entendant les franquistes louer la mort et la fin de l'intelligence («Abajo la inteligencia!», A mort l'intelligence!, osait clamer le général Millan Astray) c'était bien, au-delà du fascisme, le glas de toute civilisation qui se manifestait! Ses paroles de 1936 ne sont-elles pas, encore, prophétiques -pour d'autres temps et d'autres lieux:

«Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat».

Que dire des institutions internationales en charge de la Culture, de l'Education ou de la langue? Si des «organisations des droits de l'homme» se sont définitivement discréditées par leur engagement partisan en Côte d'ivoire (cf. le dernier rapport de Human Rights Watch...), si est patent l'honneur perdu de la Cour Pénale Internationale (CPI) dont Jean Ping, président de la commission de l'Union Africaine, a publiquement dénoncé l'instrumentalisation et le rôle de «néocolonialisme judiciaire» (le procureur Ocampo a récemment serré la main, à Abidjan, de criminels de guerre notoires), on attend encore un plaidoyer fort et des actions effectives de l'Unesco, Unicef ou Francophonie, en faveur de l'université d'Abidjan.

Mais ne s'agit-il pas en fait d'une punition collective contre un milieu intellectuel sudiste largement favorable au président Laurent Gbagbo?

Un clivage Nord/Sud de l'enseignement universitaire

Démontrant que le régime Ouattara est plus fragile que sa propagande l'affirme, cette tentative de mise à mort de l'université rencontre pourtant des résistances inattendues; syndicats d'étudiants et de professeurs, partis politiques et journalistes qui commencent à tisser des liens par-delà les frontières.

Le régime, par le biais d'une ministre dont l'incompétence, voire le semi analphabétisme provoque des gorges chaudes à chaque intervention, a cru faire une concession majeure ces jours-ci; après l'annonce depuis Lomé de la fermeture universitaire et des deux «années blanches», on a cru bon d'en excepter l'université de Bouaké et de Korhogo: en somme les ex-rebelles à Abidjan, et les étudiants sudistes en ré-éducation au Nord ?

Il est plus probable que si elle était maintenue, cette surprenante décision se traduirait par une partition de fait du système éducatif, régionalisation et ethnicisation provoquant une «université dioula» (une langue très parlée dans la région) au Nord et ... l'absence de tout enseignement supérieur au Sud!! Double peine pour une capitale qui a voté à 54% pour le candidat Gbagbo, toutes ethnies confondues...

Politique éducative au fond suicidaire pour le régime: exclus par les droits d'inscription d'une université désormais privatisée, que feraient les centaines de milliers d'étudiants désespérés et paupérisés, sans autre issue que la lutte politique et le combat de rue?

Le régime Ouattara qui ferme sa seule université alors qu'il se targuait d'en construire «une par an» s'est lancé dans un projet aussi symbolique que caricatural: enfermer d'un mur d'enceinte le campus de Cocody- plutôt que de le réhabiliter; à grand frais ce «mur de Berlin» (déjà «mur de la honte» pour la débordante inventivité langagière d'Abidjan) pourra peut-être ceinturer l'immense espace universitaire, peut-être le cacher aux nouveaux maîtres; on doute qu'il enferme qui que ce soit, notamment les étudiants et la turbulente jeunesse abidjanaise. Quant à enfermer intelligence universitaire et esprit critique, mur ou pas mur, la tâche semble tout simplement impossible...


Michel Galy, sur Slate Afrique.

 

Source : INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

jeudi, 24 novembre 2011

ARRETE DEPUIS UNE SEMAINE, KATA KEKE LIBERE - SON AVOCAT: «LE DOSSIER A ETE CLASSE SANS SUITE»



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Le Professeur Kata Kéké peut à nouveau humer l'air frais de la liberté. Le ministre de la Recherche Scientifique dans le gouvernement Aké N'Gbo, le dernier formé par l'ex-président Laurent Gbagbo, a été libéré hier mardi 22 novembre 2011.

Interpellé le mercredi 16 novembre dernier à son domicile par des éléments de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Kata Kéké a été conduit nuitamment et manu militari dans les locaux de la DST, avant d'être transféré à la Police Criminelle. Il a passé une semaine dans une cellule de l'ex-Police judiciaire (PJ), au Plateau, avant d'être relaxé. Joint hier après-midi au téléphone, l'un des avocats du Professeur Kata Kéké a expliqué les différentes démarches menées pour obtenir sa libération. «Le ministre Kata Kéké a été libéré hier, vers 12H35. Pendant près d'une semaine, il a été détenu à la Police Criminelle. Dès son arrestation mercredi dernier (16 novembre), nous avons rencontré le Procureur de la République pour sa libération. Cela devait se faire le lendemain jeudi (17 novembre), mais ça n'a pas été possible», a fait savoir le conseil juridique du ministre.

« Hier soir (lundi 21 novembre), nous avons rencontré le directeur de la Police Criminelle (Ndlr : le Commissaire Gnagne), et nous lui avons signifié que tous les délais légaux de garde à vue avaient expiré et qu'ils ne pouvaient pas continuer de le garder. Le directeur nous a répondu qu'il attendait les instructions de sa hiérarchie. Ce matin (hier mardi), le procureur de la République a donné des instructions pour sa mise en liberté », a ajouté l'avocat.

Sur les motifs de l'arrestation du ministre, son conseil juridique a fait observer qu'il a été reproché à Kata Kéké d'avoir porté atteinte à la justice, et ses propos tenus à sa sortie de prison ont été jugés séditieux. L'avocat a aussi fait quelques commentaires sur l'issue de cette interpellation vivement dénoncée par le FPI. «Je constate que la procédure s'est arrêtée au niveau de l'enquête policière. Le dossier n'a pas été transféré au Parquet. Je peux donc dire que le dossier a été classé sans suite », a indiqué l'avocat.

Détenu à la prison civile de Boundiali, l'ex-ministre de la Recherche Scientifique et 19 autres cadres de l'ex-Majorité présidentielle (LMP) incarcérés au nord de la Côte d'Ivoire, avaient bénéficié d'une mise en liberté provisoire, le jeudi 09 novembre dernier.

Anassé Anassé

 

Source : L'INTER

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ARRESTATION ARBITRAIRE DU PROFESSEUR KATA KEKE: HAMED BAKAYOKO AU CENTRE DU COMPLOT


Le professeur Kata Kéké, ex-ministre du gouvernement Gbagbo et prisonnier politique du régime Ouattara, élargi le week-end dernier, a passé hier sa deuxième nuit au violon de la Police criminelle (Pc) d'Abidjan. Où il a été conduit, mercredi dernier, aux environs de 23h par des agents de la Police criminelle (Pc, anciennement Police judiciaire) et des Frci (forces armées pro-Ouattara). De son arrestation chez lui, à 18h, jusqu'à sa mise en garde à vue, il a été suivi et assisté par ses avocats et par l'ex-ministre de la Défense, Michel Amani N'Guessan, Secrétaire général adjoint du Fpi chargé des questions sécuritaires.

Sur les raisons de son arrestation, les informations sont des plus ridicules. D'abord, Kata Kéké a été arrêté chez lui par des agents de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire). Apparemment, on lui reprochait un délit « d'atteinte à la sûreté de l'Etat ». Mais transféré à la DST en compagnie de ses avocats, Kata Kéké a vu ce service décliner sa responsabilité dans son arrestation. Aux environs de 23h, mercredi dernier, il a été transféré à la Police criminelle. Là, au bout de 30 minutes d'interrogatoire et de ballets téléphoniques, ses avocats apprennent que leur client a été arrêté sur ordre du procureur de la République près le Tribunal d'Abidjan-Plateau, Simplice Koffi Kouadio, au motif qu'il aurait porté « atteinte à l'autorité de la Justice ». Mais en faisant quoi ?

Le professeur Kata Kéké a été le porte-parole des prisonniers politiques bénéficiant de la liberté provisoire depuis jeudi dernier. Le samedi 12 novembre, au siège du Cnrd à Cocody, lors de la réception organisée par le Fpi en l'honneur des 20 prisonniers politiques de Ouattara libérés, c'est lui qui a pris naturellement la parole. Dans le compte rendu qu'il a fait de cette manifestation, le quotidien du Pdci-Rda, Le Nouveau Réveil, a rapporté des propos selon lesquels le Professeur Kata Kéké aurait déclaré : « Y-a-t-il encore une justice dans ce pays ? ». Au nombre des journalistes présents à cette manifestation, celui du Nouveau Réveil a été, curieusement, le seul à avoir entendu et rapporté de tels propos. Mais en Côte d'Ivoire, ce bidonnage journalistique serait à la base de l'arrestation et de la mise en garde à vue du professeur Kata Kéké. Ce dernier, selon les informations, a déclaré sur procès- verbal à la Police criminelle qu'il n'a jamais tenu de tels propos.

Hier, toujours selon les informations, les avocats de Kata Kéké auraient appris auprès du cabinet du procureur de la République que le vrai ordonnateur de l'arrestation de Kata Kéké, c'est le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Ces sources bienveillantes du cabinet du procureur, visiblement exaspérées, ont demandé aux dirigeants du FPI de « mener des actions politiques » s'ils veulent voir libérer leur camarade dont la détention à la Police criminelle est purement politique et ordonnée par Hamed Bakayoko. En attendant, Kata Kété pourrait être déféré aujourd'hui à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Le Nouveau Réveil n'a-t-il pas raison d'avoir inventé ces propos ? Comment peut-on, raisonnablement, qualifier un Etat dans lequel l'honnête citoyen peut être arrêté de la sorte?


Didier Depri, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du vendredi 18 novembre 2011.


didierdepri@yahoo.fr


Source:
INFO D'ABIDJAN

mercredi, 23 novembre 2011

GUY LABERTIT A PROPOS DU BOYCOTT DES LEGISLATIVES: «LES ARGUMENTS DU FPI SONT FONDES»


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Dans une interview exclusive accordée au Nouveau Courrier, Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et vieil ami du président Laurent Gbagbo, évoque l'actualité politique ivoirienne, mais également les derniers développements enregistrés sur la scène internationale, en Libye, dans le Sahel et en France. L'intégralité de notre entretien.


Sept mois après le 11 avril, quel est votre regard sur la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire, dans un contexte où l'on parle de législatives, de réconciliation... et où certains considèrent que les choses sont un peu bloquées ?

La France de Nicolas Sarkozy a joué un rôle premier dans la situation qui prévaut aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Le président français, les autorités françaises ont dit qu'elles étaient intervenues pour, en quelque sorte, imposer la démocratie aux Ivoiriens, faire respecter la démocratie. On constate au bout de quelques mois qu'il n'y a toujours pas de sécurité dans ce pays. Puisque Monsieur Guéant était récemment en visite à Abidjan pour s'occuper des questions de sécurité. On constate qu'il n'y a pas non plus de démocratie. Au contraire, on sent une sorte de retour au parti unique. Les partis d'opposition, en particulier le FPI, ont eu beaucoup de mal à s'imposer. Le FPI tient aujourd'hui des meetings, mais ses tentatives ont dans un premier temps été réprimées. La meilleure preuve de l'absence de démocratie, c'est qu'il a fallu reporter à plusieurs reprises la fin du dépôt des candidatures pour les législatives annoncées le 11 décembre. Tout simplement parce que le principal parti d'opposition, qui a toujours été engagé en faveur des élections, peut difficilement y aller alors que ses principaux cadres sont toujours détenus. Et finalement on s'aperçoit qu'on est dans un pays où officiellement on a des discours lénifiants sur la réconciliation, mais où les actes des autorités ressortent uniquement de la justice des vainqueurs.

Visiblement, vous comprenez le refus du FPI de participer aux législatives dans les conditions actuelles...

Pour l'heure, le FPI rappelle très clairement qu'il a été un acteur majeur du processus démocratique en Côte d'Ivoire. Puisque son premier dirigeant, Laurent Gbagbo, a été le chantre du multipartisme qui a été arraché le 30 avril 1990. Le FPI garde une stratégie électorale, s'oppose à toute résistance armée, mais pour développer sa stratégie, il faut bien que les conditions réelles du respect des droits démocratiques existent dans ce pays. Avec la détention arbitraire de la plupart des cadres du FPI, je pense que les arguments qui sont présentés pour pouvoir participer aux élections présidentielles sont fondés.

Les conditions, vous voulez dire...

Oui, on peut appeler cela des conditions... Moi je me vois mal, en tant que socialiste français, participer à des élections alors que les principaux dirigeants du Parti socialiste seraient détenus. Cela me paraîtrait totalement surréaliste...

En parlant de détention, le pouvoir Ouattara évoque régulièrement un éventuel transfert de Laurent Gbagbo à La Haye, siège de la Cour pénale internationale, disant que cela faciliterait la réconciliation...

J'ai le sentiment qu'au plus haut de la direction de certains Etats, et je suis sûr que le président Ouattara a entendu ce message, des autorités politiques africaines pensent qu'au contraire la libération du président Gbagbo permettrait une vraie réconciliation qui ouvrirait la voie à un contexte permettant à tous les pays de la région de mieux se développer. Parce que la situation ivoirienne pénalise les économies des pays voisins. Il faudra peut-être du temps, mais j'espère que les autorités ivoiriennes prendront à un moment donné conscience de cette réalité qui devrait s'imposer à elles.

Vous pensez que beaucoup de dirigeants africains sont hostiles à cette volonté du pouvoir Ouattara d'envoyer Gbagbo à la Cour pénale internationale ?

Je constate que le président Gbagbo et son épouse ont été détenus en toute illégalité pendant plusieurs mois, que le chef d'inculpation avancé par la justice ivoirienne, c'est «crimes économiques». Ce qui, entre nous, ressort quand même de la farce, puisque l'actuel Premier ministre Guillaume Soro était secrétaire général des Forces nouvelles, lesquelles avaient une Caisse centrale dont on peut dire qu'elle a recueilli environ 250 milliards de FCFA en moyenne du début de la rébellion en 2002 à 2010 sur la base de détournement de cacao, de café, de coton, de diamants, de bois et de taxes en tous genres indûment perçues dans les zones rebelles alors que les FN étaient pourtant représentées dans le gouvernement . Pour l'instant, c'est la seule inculpation officiellement avancée par la justice ivoirienne. Pourquoi n'y en a-t-il pas d'autre ? Est-ce que les autorités ivoiriennes ont conscience que juger le président Gbagbo en Côte d'Ivoire serait peut-être avoir à affronter une véritable vague de protestation qui mettrait en péril le fragile équilibre du pouvoir Ouattara ? Par rapport à la Cour pénale internationale, j'entends des rumeurs en tous sens. Je dois dire que cela me semble plutôt marquer l'inquiétude, l'angoisse des actuelles autorités d'engager un processus électoral avec la présence sur le sol ivoirien du président Gbagbo. On voit bien que le président Gbagbo est détenu, mais qu'il est encore extrêmement présent dans la vie politique ivoirienne. Je crois qu'en fait, toutes les démarches qui sont annoncées en termes de justice internationale sont la marque du désir d'extraire le président Gbagbo du territoire ivoirien. Car quand il y est, il représente encore un poids politique que peut difficilement contenir le pouvoir actuel.

On veut donc le neutraliser politiquement, ôter à ses partisans tout espoir qu'il revienne au centre du jeu politique ?

Rien n'est jamais définitif en politique. Je pense qu'aujourd'hui, ces autorités politiques qui réclament cette justice internationale sont bien conscientes qu'elles-mêmes devraient répondre devant cette justice internationale. Je suis assez conscient que cette fameuse Cour pénale internationale est profondément politique, et qu'elle a souvent rendu des jugements qui ressortaient plutôt de la justice des vainqueurs. Je pense même qu'un certain nombre de juges au sein de cette Cour sont conscients que les autorités ivoiriennes, de fait, devraient également être traduites devant la justice internationale. Les tergiversations viennent de là.

Avant le 11 avril, on vous a entendu dire que le président Gbagbo ne sortirait pas vivant de l'assaut sur sa résidence. Cela veut dire que vous aviez anticipé le pire, une éventuelle élimination physique. Finalement, il est vivant. Mais avec le recul, comment avez -vous vécu ces journées de feu ?

Evidemment, très douloureusement. Lorsque j'ai tenu les propos que vous venez de rapporter, quelques jours avant le 11 avril, je me suis rendu compte qu'il y avait eu des réactions de panique, y compris au niveau des pouvoirs qui voulaient en finir politiquement avec Gbagbo. J'ai reçu des coups de fil assez surprenants me disant : «Mais vous ne vous rendez pas compte, Laurent Gbagbo mort ce serait une catastrophe pour la Côte d'Ivoire !». J'ai d'ailleurs dit à ces interlocuteurs que je me réjouissais qu'ils réalisent la portée dramatique de leurs actes. Je dois aussi dire que certains dans la résidence m'ont dit : «On ne peut pas faire moins qu'Allende !  [le président chilien mort dans le palais de la Moneda, encerclé par les forces du pro-américain Augusto Pinochet]». Ils avaient conscience qu'on voulait en finir politiquement avec eux. Et que les bombardements pouvaient tout à fait atteindre une des cibles : Laurent Gbagbo. D'ailleurs, une plainte a été déposée par ses avocats pour tentative de meurtre. Des pièces de la résidence ont été touchées et détruites par des projectiles français, des pièces où le président Gbagbo aurait très bien pu se trouver et être physiquement éliminé.

Ce ne sont pas seulement les cibles militaires autour de la résidence qui ont été atteintes?

Non, pas du tout. Mais la vérité se fera un jour. Il est évident que les bombardements français, initialement prévus pour empêcher l'utilisation des armes lourdes contre des populations civiles, selon une résolution de l'ONU, n'avaient pas cette finalité. La résolution a été largement violée par la France et l'ONUCI puisqu'il s'agissait au final d'éliminer politiquement voire physiquement le président Gbagbo. Ces bombardements ont occasionné ce que les militaires appellent officiellement des «dégâts collatéraux» dramatiques. Il y a eu de nombreux morts civils et militaires ivoiriens du fait des bombardements de la France. Pour l'instant, c'est une réalité qui est tue. Mais il est évident que vous ne pouvez pas faire exploser deux poudrières à Akouédo, bombarder le camp d'Agban où vivent les familles des gendarmes - et je pourrais donner plusieurs autres exemples - sans que des civils ivoiriens soient tués. La France qui disait vouloir éviter les morts de civils ivoiriens a en réalité elle-même tué ces civils et des militaires ivoiriens.

La campagne électorale en vue de la présidentielle française de 2012 commence bientôt. Pensez-vous que les questions internationales y trouveront leur place, notamment la double question des interventions de la France en Côte d'Ivoire et en Libye, même si elles ne sont pas équivalentes dans l'absolu ?

Vous avez raison de distinguer les deux questions. Notamment parce que le président Gbagbo est un acteur historique de l'avènement de la démocratie en Côte d'Ivoire, alors que le colonel Kadhafi a fait un coup d'Etat militaire alors qu'il avait 28 ans pour renverser un roi. Les deux situations n'ont rien à voir au niveau des processus historiques. Mais les deux cas se rapprochent en ce qui concerne la politique de Nicolas Sarkozy, qui a utilisé l'ONU en Côte d'Ivoire et l'OTAN et l'ONU en Libye avec le Britannique David Cameroun comme premier allié européen. Dans les deux cas, on observe la volonté du camp occidental d'en finir avec des régimes existants. Et ce qui m'a déçu dans l'approche des politiques français, c'est de voir une forme d'unanimité aussi bien sur la question ivoirienne que sur la question libyenne.

Je suis socialiste, et je crois que François Hollande lors de son récent discours d'investiture comme candidat socialiste a rappelé qu'il fallait sortir de la Françafrique. M. Ruffin a publié dans les colonnes du Monde pour le compte de Martine Aubry une tribune intitulée "Pour sortir de la Françafrique". J'ai envie de dire «chiche !». Mais tout au long de la Vème République, aussi bien la droite que la gauche n'ont pas fait les réformes structurelles qui s'imposent au sein même de l'Etat français pour en finir avec la Françafrique. Je souhaite vivement que la gauche l'emporte en 2012, et si nous voulons vraiment sortir de la Françafrique, il faudra les faire, ces réformes structurelles. Je me suis rendu compte récemment que c'est au sein même de notre diplomatie du Quai d'Orsay que sont choisis les directeurs stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE,  contre-espionnage). Ce sont les mêmes acteurs qui passent de la DGSE à la direction Afrique du Quai d'Orsay voire à la cellule Afrique de l'Elysée. Je me rends compte que l'action politique de la France en Afrique est définie par les deux seuls centres nerveux que sont l'Elysée et le ministère de la Défense. Il n'en va pas de même pour nos rapports avec l'Amérique latine ou l'Asie...

Il y a un débat au sein de la communauté des Franco-Africains politisés. Certains estiment que la gauche et la droite, c'est blanc bonnet, et bonnet blanc. D'autres estiment qu'il faut voter massivement pour le principal candidat de la gauche pour faire partir Nicolas Sarkozy. Est-il vrai de dire que la Françafrique n'a jamais été remise en cause par aucun parti de gouvernement ?

J'ai été responsable Afrique du PS pendant 13 ans, de 1993 à 2006. Je peux dire que je vois une différence entre la droite et la gauche en Afrique. La gauche, lorsqu'elle était au pouvoir, n'a pas accompli de « coups tordus » en Afrique contrairement à ce que fait la droite. La situation en Côte d'Ivoire, par exemple, s'est dégradée quand Lionel Jospin a été battu aux élections présidentielles en avril 2002 et que la droite a repris l'ensemble des manettes du pouvoir.

Maintenant, le militant socialiste que je suis veut qu'on fasse plus pour sortir de la Françafrique, qu'on fasse des réformes structurelles. Tant qu'elles ne seront pas faites, le mode de gestion de la politique de la France en Afrique ne se différenciera pas de ce qu'on a vu depuis les débuts de la Vème République.

Vous connaissez bien le Sahel. De nombreux chefs d'Etat de cette partie de l'Afrique s'inquiètent  de la circulation d'armes et de combattants après le renversement de Kadhafi. Quelle est la mesure de ces angoisses et comment les juguler ?

Je pense que la politique de l'OTAN conduite par la France, les Etats-Unis et la Grande Bretagne a eu pour conséquence de déstabiliser le Sahel. Je me suis rendu aussi bien au Mali qu'au Niger en septembre et octobre, et j'ai pu constater une grande inquiétude. Notamment en raison de la circulation d'armes dont beaucoup sont dans la nature... ou récupérées par des mouvements rebelles ou intégristes. Les retours précipités dans leur pays de plus de 200 000 Nigériens et d'un grand nombre de Maliens, le manque à gagner lié à la suspension des relations économiques avec la Libye sont une réalité. Il y a aussi un rapprochement entre les mouvements touaregs qui mènent des rébellions récurrentes au Mali et au Niger et des forces intégristes. Je pense que l'Occident a véritablement joué avec le feu. Et on le voit aux incertitudes qui prévalent face à l'avenir de la Libye. Certains responsables sahéliens m'ont dit qu'ils craignent vraiment une «somalisation» de la Libye. Ce n'est pas pour eux une marque de soutien à Kadhafi que d'exprimer leur angoisse face à l'absence d'Etat en Libye.

Pour des pays comme le Mali et le Niger, devoir organiser des patrouilles, dépenser beaucoup d'argent pour la sécurité, tout cela remet en cause leur volonté de prendre des mesures sociales au bénéfice de leur population, en particulier en matière d'éducation et de santé.

Les Etats-Unis se sont empressés de proposer leur aide au Mali, qui a pour l'instant décliné l'offre...

Je m'étonne qu'il y ait une telle présence militaire américaine depuis tant d'années au Mali et qu'il y ait tant de difficultés pour repérer quelques centaines d'hommes. Malgré les moyens technologiques extrêmement sophistiqués mis à disposition...

Il y a quelques années, on parlait beaucoup d'africanisation des capacités de maintien de la paix sur le continent. Quand le PS était aux affaires, le concept Recamp a même été évoqué. Tout cela semble bien loin aujourd'hui, avec l'interventionnisme occidental reconsidéré comme légitime...

Le concept a plus été qu'évoqué...  C'était une autre période par certains aspects. Aujourd'hui, je pense qu'une partie des difficultés du président Gbagbo a été liée à sa volonté d'en finir avec la base militaire française lorsqu'il a constaté que les accords franco-ivoiriens en matière de défense sécurité n'avaient pas été appliqués en 2001 et 2002 lors de tentatives de coups d'Etat destinés à le renverser. Des textes signés en 2008 mettaient fin au 1er juillet de cette année-là à la présence d'une base permanente en Côte d'Ivoire avec le retrait de la force Licorne, puisque la base de Port-Bouët était devenue une base d'appui à la force Licorne qui perdrait toute sa raison d'être avec le départ de celle-ci. Depuis l'arrivée de M. Ouattara, on constate que celui-ci revient en arrière et souhaite le rétablissement de la situation qui prévalait avant juillet 2008. Et là, dans ce domaine, la France a réalisé ce qu'elle voulait. C'est-à-dire maintenir ses bases militaires en Afrique tout en tenant un discours disant «nos accords sont obsolètes et nous allons les revoir avec nos partenaires». Et on s'aperçoit que le nouveau partenaire ivoirien est particulièrement favorable pour remettre à l'ordre du jour le maintien d'une base permanente de la France. Il va même jusqu'à demander que la Côte d'Ivoire soit une base internationale de la lutte contre le terrorisme. Peut-être alors que M. Ouattara n'a plus aucune confiance dans les Ivoiriens, et qu'il souhaite asseoir son pouvoir sur la présence de troupes étrangères en Côte d'Ivoire ?

Vous dites que le retour en force des armées occidentales en Afrique est un moment. Cela veut-il dire que selon vous, cette politique est historiquement condamnée ?

Oui, historiquement, elle le sera. Mais on va assister à des va-et-vient permanents entre des responsables politiques qui veulent faire avancer les choses, aller vers plus de souveraineté, et les forces conservatrices qui voudront maintenir l'ordre ancien. Mais je crois qu'effectivement, même si elle n'était pas très hardie, la politique sous-tendue par Recamp, en matière de sécurité et, qu'il aurait fallu européaniser, pouvait ouvrir une transition qui devait aboutir au retrait total des forces non africaines du continent africain, sous réserve que l'ensemble des acteurs politiques et militaires étaient de bonne foi. Malheureusement, il y a aujourd'hui une forme d'aveuglement, l'expression d'un vertige occidental qui a gagné la gauche à soutenir sans réserve les politiques conduites par la droite en Côte d'Ivoire et en Libye.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

mardi, 22 novembre 2011

MOINS D'UNE SEMAINE APRES SA LIBERATION: LE MINISTRE KATA KEKE DETENU A LA DST


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Dernière heure: Une rumeur persistante fait état de sa sortie de la DST, ce matin. Nous attendons que cette information soit confirmée, par voie de presse, pour en avoir le coeur net.

 

Sur la libération de 20 prisonniers politiques du régime Ouattara, le numéro un de la Jfpi, Koua Justin ne croyait pas si bien dire en déclarant samedi dernier que "ce n'est ni une décision de justice ni une décision politique". Moins d'une semaine après sa libération au même titre que 19 de ses camarades, le ministre Kata Kéké, porte-parole des ex-prisonniers politiques, samedi dernier lors de leur réception par le Fpi/Cnrd, vient d'être arrêté par le régime Ouattara. Dans des circonstances encore ambiguës voire rocambolesques.

Selon des informations en notre possession, c'est en début de soirée qu'une escouade d'éléments de la DST a fait irruption au domicile du Pr Kata Kéké, lui intimant l'ordre de les suivre, comme dans les temps moyenâgeux où un individu pouvait être enlevé sans laisser de trace. Devant la procédure cavalière des hommes se réclamant de la loi, mais n'ayant montré aucun document officiel, le ministre veut s'assurer qu'il ne s'agit pas de membres d'un escadron de la mort qui ont pour mission secrète d'attenter à sa vie. Il oppose un refus poli à ces visiteurs du soir, d'autant plus qu'aucun de ses avocats n'est informé.

Les "visiteurs" d'un soir, tenant absolument à "livrer leur colis", n'entendent ne pas retourner bredouilles. Des échanges vifs surviennent entre les envoyés du régime et les avocats du ministre à la suite desquels le ministre est conduit dans les locaux de la DST à Cocody, selon ce qui nous a été rapporté. On lui reproche d'avoir tenu des propos séditieux (!), irrévérencieux (!). Jusqu'à très tard dans la nuit, le ministre Kata Kéké était encore dans les locaux de la DST.


Franck Toti, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 368 du 17 novembre 2011.

GEL DES AVOIRS DE PLUS DE 400 PERSONNES: OUATTARA VEUT TUER DES MILLIERS D'IVOIRIENS



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Le pouvoir Ouattara a gelé depuis plus de 8 mois, les comptes et autres avoirs de plusieurs centaines de personnalités et/ou anonymes ivoiriens qui ne savent plus à quel saint se vouer. Tant la procédure au départ relevant d'un acte judiciaire s'est avéré être une action hautement politique pour tout simplement «nuire».

 

Officiellement, ce sont environ 400 personnes qui ont vu leurs comptes gelés, avec ou sans motifs valables. Le mot de passe étant pour «nécessité d'enquête» ou pour son «implication dans la crise post-électorale». Mais aujourd'hui, il est quasiment impossible de justifier ce moyen d'asphyxie extrême utilisé par le régime et qui touche plusieurs personnalités et même des anonymes. Lesquelles conséquences sont dramatiques pour des milliers de familles et des dizaines de milliers d'Ivoiriens. Depuis quelques semaines donc, les victimes de cette mesure injuste se sont organisées pour former le Collectif pour le dégel des avoirs gelés en Côte d'Ivoire (Cdag-Ci), présidé par le Dr Adja Jules. Hier, le Collectif a saisi officiellement le Fpi/Cnrd, à qui il a confié le dossier de ses centaines d'Ivoiriens privés du fruit de leurs labeurs. «En plus du caractère illégal de cet abus qui procède de la justice des vainqueurs, cette mesure est d'une telle gravité morale qu'elle contraint, depuis plusieurs mois, d'honnête citoyens à l'incapacité d'assumer leurs responsabilités sociales des plus élémentaires », a fait savoir le président du Collectif.

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Un véritable crime contre l'humanité

Pour sa part, Jean Gervais Tchéidé, représentant du SG du Fpi, a réaffirmé l'engagement du Fpi/Cnrd aux côtés des victimes. «La situation qui vous est faite est injuste et scandaleuse. Il s'agit d'un vrai scandale...Un pouvoir sous un vernis judiciaire entreprend d'asphyxier et de réduire à la clochardisation d'honnêtes citoyens. C'est un véritable crime contre l'humanité que de réduire des êtres humains à la mendicité et de créer les conditions pour qu'ils meurent», a déploré le Secrétaire national aux Finances et au patrimoine du Fpi. Il n'appartient pas à un pouvoir quelle que soit son origine ou son essence de persécuter un citoyen au point de lui arracher le fruit de ses labeurs, s'est-il offusqué. «Il y a ceux qui veulent gouverner et ceux qui veulent régner», a-t-il déduit. Pour le Dr Tousséa, Sg du Cnrd, cet acte de gel des avoirs de plusieurs centaines d'Ivoiriens est un acte criminel qui ne s'est jamais vu dans aucun autre pays au monde.


Franck Toti, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 368 du 17 novembre 2011.

dimanche, 20 novembre 2011

CAMPS DE DUEKOUE: LES DEPLACES CHASSES, AVEC LA COMPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE



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Ouattara fait vider les déplacés de Duékoué comme des malpropres et des pestiférés. Sans aucune compassion ni mesures d'accompagnement. Ainsi va la "nouvelle Côte d'Ivoire"! Cet homme a-t-il vraiment un coeur? Que les myopes et les aveugles voient enfin et comprennent.

 

La date butoir que le gouvernement a fixé pour la fermeture des camps de déplacés de l’Ouest, notamment de Duékoué, c’était le 15 novembre 2011 dernier. Date qui coïncidait paradoxalement avec la journée nationale de la paix. Au lendemain de cette célébration, le déguerpissement des populations en détresse qui ont trouvé refuge sur des sites d’accueil tenus par des organisations internationales et des organisations non gouvernementales a effectivement débuté. Sous la menace d’une intervention des Frci en cas de refus des populations concernées de partir. Tristesse et émotions au rendez-vous, à voir des populations sans logis et sans moyen de retour sur les ruines de leurs maisons dévastées au cours de la crise postélectorale.

Aujourd’hui, ces populations ne décolèrent pas contre les organisations du système des Nations unies et des ONG spécialisées dans la prise en charge des déplacés, accusées de complicité avec le gouvernement. Elles reprochent à ces structures internationales d’une part, de ne pas respecter leurs chartes qui reposent sur l’obligation de protéger les personnes en danger. Et d’autre part, de réduire les kits d’accompagnement promis par les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) à des cordes et des paquets de pointes. Point de nattes, de matelas ni bâches pour couvrir les maisons décoiffées ; point de rations alimentaires pour aider les déplacés et leurs progénitures à survivre, ne serait-ce que dès les premiers jours de retour chez eux où Frci, dozos et allogènes burkinabè ou maliens sont les nouveaux maitres.

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Indignés, les déplacés dont le sort n’émeut nullement la communauté internationale et ses démembrements en Côte d’Ivoire refuseront dans un premier temps de partir. Mais ils y seront contraints très vite par les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui ont menacé de faire appel aux éléments des Frci déjà en attente d’intervention pour le sale boulot. La mort dans l’âme, les déplacés ont donc quitté les camps de déplacés, sans trop savoir où trouver refuge.

Les 459 personnes qui ont embarqué à bord d’un camion commis pour le déguerpissement ont été déversées comme des bœufs sur l'espace CP2 du quartier Carrefour. «Ils sont repartis comme ils sont venus, errant dans la nature, sans repère, la plupart ne sachant ni où dormir ni où aller», commentait un agent de l’Etat en poste à Duékoué. Les inquiétudes des agents de Médecins sans frontières (MSF) n’ont pas valu grand’ chose. Et même les quelques réfugiés qui résistent encore, invitant les ONG et organisations du système des Nations unies à cesser de bafouer leurs chartes et à dire non au gouvernement, savent déjà qu’ils devront partir.

Interrogés sur leurs agissements, des agents de l'OIM ont confié que l'important, c’était de débarrasser la mission de ses occupants «indésirables» comme l’exigeait le gouvernement. Particulièrement le ministre Kafana Koné qui veille au grain et ne relâche pas la pression sur les ONG.

 

Edouard Amichia


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

samedi, 19 novembre 2011

LA CHARTE DES AKANS: VOICI COMMENT DES CHEFS TRADITIONNELS ONT CONDITIONNE LES BAOULE CONTRE LAURENT GBAGBO

 

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C'est avec des textes comme celui qui suit qu'on conditionne des esprits. Ce texte avait été publié en 2007, dans un journal ivoirien, "L'Intelligent d'Abidjan". Dans la dynamique actuelle de réconciliation voulue par la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), la nation doit entendre les signataires de ce brûlot auquel nous devons certainement le renforcement de la haine irrationnelle d'une bonne partie du peuple baoulé contre le président Laurent Gbagbo et les bétés. Moi-même baoulé de part ma mère, issue d'un père natif de Yamoussoukro et d'une mère originaire de Tiébissou, je condamne cette dérive avec la dernière des énergies et interpelle, ici, tous mes frères baoulé du RHDP. Il faut désamorcer cette bombe sociologique qui a déjà répandu son venin dans bien des coeurs, tout comme l'a antérieurement fait la Charte du Nord, justement évoquée dans ce pamphlet tribal odieusement mensonger. Nous en voyons les résultats, aujourd'hui, dans une Côte d'Ivoire défigurée, aux mains des Houphouétistes. Nous attendons Charles Konan Banny sur cette question. Voici la Charte des Akans. Jamais plus ceci en Côte d'Ivoire!!! Fernand Dindé.


" La Côte d’Ivoire a été longtemps perçue comme un havre de paix, une nation multiculturelle et de grande symbiose ethnique. C’est cela qui a fait sa notoriété et son prestige. Aujourd’hui, force est de constater que notre pays a totalement perdu les automatismes qui ont fait sa distinction.


L’exclusion est désormais érigée en système de gouvernement. Des groupes ethniques subissent des injustices indescriptibles. C’est le cas des Akans qui chaque jour sont victimes de brimades et de frustrations dans tous les secteurs d’activités, dans l’administration civile comme dans l’administration militaire sans oublier le monde des affaires. Nos amis refondateurs dont la coloration ethnique ne fait l’objet d’aucun doute s’accaparent de tout. Expropriations, nominations fantaisistes, ostracismes, gangstérisme étatique, célébration du culte de la médiocrité, crimes crapuleux…, voilà le spectacle macabre qui nous est quotidiennement offert. Il s’agit là d’une minorité de complexés qui sème partout la terreur et qui joue cyniquement à étouffer et à casser de l’Akan.


Chers frères et sœurs Akan, il est temps de se réveiller et de prendre nos responsabilités historiques en main.


Tu es Akan, tu es dans l’armée, dans l’administration ou dans le monde des affaires, réveille-toi, l’heure a sonné pour la marche des Akan. L’heure a sonné pour la réhabilitation de la justice et pour la prise du pouvoir que nous savons d’ailleurs exercer dans les règles de l’art et avec la profonde sagesse qui caractérise notre société. Unissons-nous et tenons-nous prêts car très bientôt, la chaîne d’affirmation et de consécration se signalera. A la force brute nous substituerons l’ordre républicain, à la politique hasardeuse et démagogique, nous substituerons des stratégies concrètes de développement de notre nation. Loin d’être une révolution ethnique, la charte des Akan est une interpellation à une prise de conscience nationale et à la volonté de rétablir l’équilibre social par la lutte contre les injustices sociales dont sont victimes les Akans.


Réveillez-vous militaires et forces Akans de développement car notre pays se meurt. Nous n’avons plus de routes, plus de boulot, nos hôpitaux sont vides, notre jeunesse est livrée à la dépravation et à la débauche.


L’école qui est la formation de base est sacrifiée : le Lycée Scientifique, l’Université et les Grandes écoles de Yamoussoukro se meurent. Le système éducatif est totalement infecté par une bande de voyous et de criminels militants au sein de la FESCI. Cette organisation politico-militaire qui en réalité est une milice à la solde de ces politiciens de pacotille constitue pour notre pays une véritable gangrène. Doit-on laisser ces gros grains nous spolier de nos biens et nous ranger prématurément au placard sous prétexte qu’on ne pavoise pas avec eux ?


Akan ressaisis-toi et reste à l’écoute. Tu constitues un poids démographique important et incontournable. Cherche à te placer devant et non derrière. Les compétences civiles et militaires ne nous font pas défaut et tu le sais.

Incessamment, vous serez conviés à la consolidation de la charte.

Oh… c’est vrai qu’ils en riront ; mais souvenez-vous que la charte du Nord a fait des effets. Notre charte va porter ses fruits pour le bonheur de l’Homme ivoirien.

L’autorité de l’Etat sera restaurée et le citoyen sera respecté dans son intégrité physique comme morale.


Nous vous invitons donc à un nouveau pacte social fondé sur le mérite, l’ordre, la justice, la discipline sociale et le respect des valeurs républicaines.


Chers frères et sœurs Akans, mobilisons-nous pour mettre fin à cette grande imposture, cette délinquance politique qui nous sert en permanence un décor mortuaire.


Nanan Loukou Kou 1er - Nanan Tala Koutoua IX

Publié dans le quotidien ivoirien "L'Intelligent d'Abidjan" du 1er octobre 2007 ".

vendredi, 18 novembre 2011

KONE KATINAN, PORTE-PAROLE DU PRESIDENT GBAGBO: «NON A UNE AUTRE HUMILIATION»

 

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Mesdames, messieurs, chers Ivoiriens et habitants de la Côte d'Ivoire.


Je me permets de m'adresser à vous en vos rangs, qualités, âge, genre respectifs, au nom du mandat qu'a bien voulu me donner le Président Laurent GBAGBO de son lieu de détention à Korhogo. En effet depuis le 26 mai 2011, je suis porteur d'un mandat expressément donné par le Président Laurent GBAGBO à l'effet de porter sa parole et de le représenter partout où besoin se fait sentir. C'est donc en cette qualité que je me permets de m'adresser par la présente à vous.

Je voudrais avant tout propos vous prier de m'accorder l'indulgence de votre jugement et j'en appelle à votre grande compréhension si d'aventure, les termes de cette adresse heurtaient vos sensibilités. La délicatesse de porter la parole d'un grand homme de surcroît interdit de parole m'impose une démarche qui observe un minimum de prudence. Mais en même temps, nul n'a le droit de se taire lorsque notre Nation s'engage dans une voie qui pourrait à terme compromettre son avenir. Tant de peuples ont péri faute d'avoir relevé les risques putatifs ou réels qui encombraient le chemin de leur Histoire. Or c'est peu de dire que notre pays, la Côte d'Ivoire, malgré les apparences, reste gagné par le doute. Comment peut-il en être autrement, lorsque certains de ses fils et filles, ces supposés leaders et tous ceux qui devraient porter l'espérance de notre peuple, semblent avoir opté pour la désagrégation de notre lien social.

Mesdames et messieurs, il revient de façon constante que certaines personnes en Côte d'Ivoire et ailleurs se délectent de l'emprisonnement du Président Laurent Gbagbo et font de son transfèrement à la CPI un objectif politique, malgré les risques certains que fait courir une telle entreprise à notre pays. Devant la persistance d'une telle attitude, je voudrais en appeler à la conscience de tous afin que chacun de nous évalue souverainement l'impact du harcèlement judiciaire dont est l'objet le Président GBAGBO sur la cohésion sociale. C'est pourquoi, je voudrais interpeller la société civile ivoirienne dans sa diversité, sur la situation de la Côte d'Ivoire qui reste intimement liée à celle du Président GBAGBO. Je pense notamment aux chefs religieux, rois et chefs traditionnels, aux femmes et aux jeunes et toute la masse des hommes de notre pays.

I/ Les chefs religieux

Je sais que chacun de vous continue de prier pour notre pays et chacun reste préoccupé par la paix sociale en Côte d'Ivoire. Je vous sais infiniment gré au nom du Président GBAGBO Laurent, pour cette assistance soutenue à son endroit et à celui de toute la Côte d'Ivoire. Mais, Éminences de toutes les confessions religieuses, vous savez mieux que quiconque que l'Homme est la synthèse du spirituel et du matériel. C'est-à-dire que l'Homme n'atteint la plénitude de son accomplissement que lorsqu'il s'harmonise à la fois avec le spirituel et le temporel. C'est pourquoi, il est juste d'admettre que vous avez une responsabilité renforcée dans l'épanouissement total de nos compatriotes et de tous ceux qui nous font l'amitié de vivre avec nous en Côte d'Ivoire, et partagent de ce fait notre espérance commune. Le berger ne se lasse jamais dans la conduite de son troupeau. Vous aurez beau dire que vous avez suffisamment interpellé les uns et les autres mais cela ne vous dédouanera jamais, car votre mission quasi divine reste un sacerdoce c'est-à-dire, un service désintéressé, sans contrepartie en dehors de celle légitimement attendue du Tout- Puissant dont vous êtes les vicaires sur terre. Tout en reconnaissant vos immenses efforts pour l'avènement d'une Côte d'Ivoire pacifiée et réconciliée avec elle-même, vous restez encore redevables devant vos concitoyens qui attendent que vous preniez une position ferme contre toute tentative de transfèrement du Président GBAGBO à la CPI. C'est à la fois un devoir spirituel, un devoir moral et un devoir national. Parce que, une telle entreprise ne fera que perpétuer la chaîne de la haine dans notre pays.

II/ Les rois et chefs de villages

Gardiens de notre riche tradition issue de plusieurs couches de sédimentation de notre histoire commune, vous êtes suffisamment instruits des grandes valeurs que comporte la recherche permanente de compromis entre les enfants d'une famille. L'humiliation d'un Chef dans toutes nos traditions appelle la malédiction sur la communauté. L'emprisonnement prolongé du Président GBAGBO en lui-même est déjà suffisamment dégradant. Son impensable transfèrement à la CPI, si contre tout bons sens intervenait, sonnerait le glas de toutes nos valeurs sociales dont vous êtes les garants obligés. Je voudrais particulièrement insister sur la responsabilité de mes parents du Nord. Je continue de croire et cela ne pourrait être autrement, quand je questionne l'éducation que cette grande société nous a inculquée, que vous avez déjà exprimé votre opposition à l'emprisonnement prolongé des enfants des autres régions de notre pays chez nous. Je me confondrais moi-même devant ma propre conscience si une telle démarche n'avait pas encore été entreprise de votre part. Tous ceux qui sont emprisonnés chez nous sont les leaders des autres régions de notre pays. Sont-ils pour nous, les trophées d'une conquête militaire lancée contre les autres parties de notre propre pays. Sinon, il est temps et juste, conformément à notre culture pacifique de dénoncer cette détention et d'en exiger la fin. Si d'aventure, le Président Laurent GBAGBO était transféré depuis nos terres vers les prisons européennes ou d'ailleurs, alors nous aurons rompu le pacte avec nos propres ancêtres. Nous serons devenus des hommes sans repères fondamentaux, sujets à toutes les aventures.

Je crois personnellement que l'un des problèmes profonds de notre Continent Noir trouve ses origines dans le fait que très souvent nous avons donné en esclavage certains des nôtres. L'abandon d'un sien au traitement méprisant d'un autre peuple est un acte abominable qui ne peut appeler que malédiction sur nous. Or le transfèrement du Président GBAGBO projeté est le prolongement de notre propension à abandonner nos propres enfants et généralement les plus doués et les plus vigoureux au traitement humiliant des puissances extérieures. Le Président Laurent GBAGBO que l'on tente ainsi d'éloigner définitivement de ses terres est celui qui s'est battu au lendemain de son élection, pour faire revenir au pays ceux des nôtres qui étaient en exil.

Majestés les Rois, Honorables Chefs de villages, vous avez le devoir moral de vous opposer à l'humiliation de l'un de vos illustres fils. Vous en avez la capacité. La question ne peut être soumise à la seule fatalité.

III/ Les femmes

Femmes ivoiriennes et habitantes de la Côte d'Ivoire, au-delà de la diversité de vos sensibilités politiques, religieuses, de vos ordres et rangs sociaux, vous êtes unies par le destin à une mission divine. La fonction de procréation que Dieu vous a déléguée vous élève évidemment au niveau des divinités de notre monde. Elle accroît par la même occasion votre responsabilité dans l'accomplissement de l'Homme, en tant que créature façonnée par Dieu à sa propre image. Quelque soient vos ressentiments personnels et vos récriminations, vous ne pouvez souffrir de l'humiliation d'un être, fut-il votre pire ennemi. Parce que chaque gémissement d'un être humain rappelle les vôtres pendant l'accomplissement de la fonction divine qui se rattache à votre nature. Nul ne peut raisonnablement soutenir que le Président Laurent GBAGBO mérite l'humiliation qu'il subit déjà et celle plus grande à laquelle l'on veut absolument le soumettre. Imaginer et jauger la douleur d'une mère à laquelle l'on arrache son fils pour une terre inconnue. La douleur de Marguerite GADOH, 88 ans, contrainte à l'exil après avoir tout perdu jusqu'à son dernier pagne est également la douleur de chacune des femmes qui habitent la Côte d'Ivoire. Nous sommes tous témoin de l'Histoire récente de notre pays. Le Président GBAGBO s'est toujours rendu personnellement aux domiciles de ses adversaires politiques les plus déterminés pour partager avec eux la douleur consécutive du décès de leur mère. Mais voilà que l'on mobilise une grande énergie pour le séparer définitivement, de son vivant de la sienne, tentant de le priver ainsi de l'accomplissement du devoir le plus sacré qui incombe à chaque enfant d'être témoin oculaire du départ de celle qui lui a donné vie vers celui qui lui a conféré mandat à cette fin.

Je reçois régulièrement témoignage des prières intenses que vous formulez à l'endroit du Président GBAGBO, de tous les autres détenus et de la Côte d'Ivoire. Je vous exprime en retour au nom du Président GBAGBO ma profonde gratitude. J'en appelle à une plus grande mobilisation de votre part pour faire échec à ce que l'on peut qualifier d'attaque contre notre pays. La mise à l'écart forcé du Président GBAGBO du débat politique en Côte d'Ivoire est porteuse de risques pour la cohésion sociale. Elle risque de renforcer les rancœurs qui finissent toujours par détendre les liens sociaux dans une communauté. C'est pourquoi elle s'assimile à une attaque contre notre pays. Votre mobilisation de façon pacifique et suivant les moyens légaux au-delà de vos divergences, constituera un signal fort en tant que gardiennes de notre grande famille ivoirienne suffisamment éprouvée, en direction des promoteurs de cette entreprise dangereuse.

IV/ Les jeunes

Dans l'accomplissement de son plan pour l'Homme, Dieu a établi une chaîne infinie entre les générations. Chaque génération a le devoir de fructifier l'héritage reçu de la génération qui l'a précédée afin de le transmettre avec une plus value certaine à la génération qui lui succède.

De ce point de vue, chacun est en plein ouvrage pour le compte du Créateur. C'est pourquoi, la hantise de notre finitude se contrebalance avec notre espérance de la perpétuation de notre nom dans les générations futures. Dans ce jeu de rôle, la jeunesse occupe une place de choix parce que légataire naturel et obligé de leurs aînés. Dans cette position, les jeunes ne peuvent observer seulement l'attentisme. Il est bon de rappeler que dans notre riche culture africaine, le légataire travaille déjà avant terme à l'entretien de l'héritage qu'il recevra de sorte à le bonifier et à le purger autant que possible des charges inutiles qui pourraient le déprécier au moment où il le recevra. La jeunesse ivoirienne l'a bien compris, c'est pourquoi elle a été de tous les combats pour sortir notre pays des serres des rapaces de tous acabits, qui tentent de prendre en otage son destin. Retenez que le monde entier vous admire pour votre engagement permanent à défendre votre héritage.

Chers amis, jeunes ivoiriens, malgré vos divergences idéologiques, politiques, philosophiques et religieuses, et au-delà de vos conditions sociales, vous êtes unis par le même destin. Vous avez tous part au même héritage. En le laissant se charger de passif grave, vous courrez le risque d'avoir un solde s'il n'est négatif, qui sera limité tout au moins dans une dimension congrue. Vous avez donc le droit peut être même le devoir de surveiller les agissements de vos aînés afin que ceux-ci ne frelatent pas l'Histoire de notre pays que vous recevrez en héritage. Les humiliations entretiennent les rancœurs qui empoisonnent elles-mêmes notre existence. L'emprisonnement du Président GBAGBO, et la volonté affichée par certaines personnes de le faire transférer vers des prisons européennes constituent des faits aggravants qui pourraient si l'on y prend garde compromettre définitivement notre destin commun. Il faut que vous ayez une claire vision de cette réalité. La société ivoirienne est en crise depuis plus d'une vingtaine d'années par la faute de vos aînés qui sont incapables de surpasser leur ego qu'ils placent pour certains, au-dessus de l'intérêt de notre Nation. Il est temps d'exiger d'eux la rupture de la chaîne de la haine. Tout comportement ou tous actes de nature à renforcer cette chaîne de la haine et à la prolonger doivent être dénoncés et combattus. C'est pourquoi nous devons élever au rang de priorité nationale la libération du Président GBAGBO et des autres prisonniers. C'est une question vitale pour toute la jeunesse. Elle requiert donc sa mobilisation sans passion ni violence mais avec détermination. C'est une condition majeure pour purifier l'héritage que vous êtes en droit d'attendre de vos aînés.

V/ Les hommes

Notre responsabilité dans la déchirure de notre société ivoirienne est entière. Alors que nous avons reçu tout de ceux qui nous ont précédés, nous sommes incapables de garantir à la relève un avenir serein. Nous nous sommes laissés enivrés des désirs le plus fous qui cultivent en chacun de nous un égoïsme à la limite de la perversité. Nos émotions semblent avoir totalement submergé notre raison. Qu'avons-nous fait de l'héritage reçu ? Quelle Côte d' Ivoire espérons-nous laisser à la postérité qui devient de plus en plus, à raison du reste, exigeante. Le mutisme que nous observons devant la dégradation continue de notre nation nous rend tous autant que nous sommes coupables devant le tribunal de l'Histoire. La chaîne de générations est avant tout une chaîne de responsabilités. Nous restons débiteurs vis-à-vis de générations futures du double de ce que nous avons reçu de nos devanciers. Est-il bon de rappeler que la nation est une communauté dont une bonne partie des membres n'est plus, quelques uns seulement vivent et la majorité des membres reste à naître. Il nous faut rompre maintenant avec le cycle de la haine. La politique de l'autruche est le plus grand danger qui guette notre existence. Faire semblant de ne pas voir le danger ne signifie nullement pas que ce dernier n'existe pas.

Conclusion

Qui peut raisonnablement penser en Côte d'Ivoire que l'emprisonnement du Président GBAGBO et celui des siens et la volonté affichée par certains de voir nos propres frères ou sœurs enfermés dans des prisons européennes fait avancer la Côte d'Ivoire ? En quoi sont-ils plus coupables que ceux qui veulent les conduire dans ces prisons ? Sommes-nous vraiment génétiquement esclaves au point que notre conscience définitivement soumise, nous condamne mécaniquement à renoncer à tout ce qui nous conduit vers la liberté ? Je ne peux croire à une classification des peuples selon une échelle produite par la fatalité. Refusons de nous donner en friandises pour les délices des occupants des palais repus du fruit de notre labeur et qui pensent que tout leur est dû. C'est en nous-mêmes, que nous trouverons l'énergie, la force et l'intelligence pour orienter dans le sens qui correspond à l'intérêt de nos peuples, le cours de notre destin pris en otage, avec souvent notre propre complicité. Quelle leçon de grandeur donnerons nous au monde entier si nous arrivons à dire ça suffit ! Nous allons nous-mêmes régler nos propres contradictions. Cela ne relève pas du domaine du rêve. Loin s'en faut. Mobilisons nous et nous verrons que le destin d'un peuple n'est jamais l'œuvre ni de la fatalité ni du hasard. Un destin se bâtit par des hommes et des femmes audacieux qui croient d'abord en leur capacité et qui demandent seulement à Dieu de bien les en inspirer. C'est seulement quand Dieu est convaincu de la volonté partagée de chacun des membres de cette communauté de bâtisseurs d'abandonner son ego au profit de l'intérêt commun, qu'il laisse découvrir sa générosité. Un peuple qui vend ses propres enfants à la gloire d'autres peuples ne peut bénéficier des largesses de Dieu si tant est qu'il est juste.

Nous avons le devoir sacré de dire non à une autre humiliation de l'un des nôtres et le Président GBAGBO n'en n'est pas l'un des moindres. Il mérite que nous nous mobilisions pour sa cause qui est également celle de nous tous entant que peuple engagé dans la bataille pour l'affirmation de sa dignité. Nous pouvons dire non sans violence. C'est d'ailleurs la qualité des grands hommes. Sur ce point, la vie du Président Laurent GBAGBO peut nous servir si nous faisons l'effort de dominer nos passions.


Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !


Le Ministre KONE Katinan Justin

Représentant et Porte parole du Président Laurent GBAGBO

 

Source: NOUVEAU COURRIER.INFO