topblog Ivoire blogs

dimanche, 02 juin 2013

SYRIE: L'OCCIDENT PREPARE SON PLAN B POUR LE JOUR D'APRES!

SYRIE. DESTRUCTION.jpg

 

IRIB - L’ex vice-président du Conseil des ministres syrien pour les affaires économiques, M. Abdallah al-Dardari, se prépare à rejouer un rôle politique de premier plan dans «la Syrie de l’après guerre»!

 

M. Al-Dardari a tourné la page du soutien tacite aux groupes armés, et s’est porté volontaire pour coordonner un projet de financement [de plus de vingt milliards de dollars] pour la reconstruction de la Syrie après la guerre ; projet présenté comme le « Plan Marshall pour la Syrie » en référence au plan, du même nom, ayant aidé à la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale [1].

C’est en tant que fonctionnaire international [2] que M. Al-Dardari a rencontré le président Bachar al-Assad ; lequel, d’après des témoignages de personnalités jordaniennes, n’aurait prêté aucune attention particulière à l’idée même du projet et l’aurait carrément rejetée lorsqu’il a été directement interrogé sur ce sujet. Des sources de presse ont rapporté que la réplique de certains milieux  diplomatiques occidentaux a consisté à déclarer que « M. Al-Assad n’avait pas de droit de veto sur un gouvernement dirigé par M. Al-Dardari, dans le cadre d'un règlement interne ! ».

L’important ici, n’est pas la personne de M. Al-Dardari. L’important est le projet qu’il annonce et qui commence à prendre forme dans les milieux occidentaux des affaires et des finances, milieux probablement en étroite collusion avec leurs homologues arabes et syriens.

Un projet ou « plan B » concocté suite à l'inéluctable défaite politique et militaire du plan précédent [3] destiné à renverser le gouvernement syrien. Sa mise en application ne fait que commencer et son schéma directeur se résume à profiter de l’épuisement infligé au gouvernement syrien en exploitant son nécessaire besoin de réconciliation interne et de reconstruction accélérée ; ce qui permettrait aussi bien à l’Occident qu’aux États du Golfe et à la Turquie de « renverser économiquement la Syrie » ! Un renversement censé aboutir au contrôle de ses ressources et richesses par l'imposition d’un « système néolibéral » sur tout son territoire et dans tous les domaines : privatisations à grande échelle, libéralisation du marché et de la circulation des capitaux, concentration des investissements étrangers dans les secteurs les plus rentables tels ceux de l’infrastructure, de l'immobilier, du tourisme et de la finance.

Les conséquences notoirement connues d’une telle approche sont l'endettement, les déficits budgétaires, la destruction des institutions industrielles et artisanales, le démantèlement de la production rurale et, par conséquent, la transformation de la Syrie d’un État national en plein développement en un « État comprador » ayant perdu son indépendance économique relative, avec tout ce que cela implique comme totale soumission aux forces du néolibéralisme et tout ce que cela engendre comme réseaux de corruption qui vont avec ! Dès lors, sa dépendance économique saperait nécessairement son indépendance politique.

Et c’est tout naturellement qu’une telle dynamique, nourrie par le capitalisme mondial et ses acolytes des Pays du Golfe, mènerait vers « la désintégration » des constantes politiques syriennes ; celles du financement et de l’équipement de son Armée nationale, de sa résistance politique et militaire à l’occupation du Golan, de son soutien à la Résistance libanaise et palestinienne… Bref, la politique syrienne se désintègrerait d’elle-même !

Finalement, c’est par le biais économique que le plan Marshall devrait imposer à Damas ce qu’il n’a pu lui imposer par la force des armes et des sanctions. Il a cependant le mérite de souligner le seul point positif de cette approche de « la Syrie d’après la guerre », celui de reconnaître tacitement que l’option guerrière est caduque et qu’il est désormais inévitable de traiter avec le gouvernement du Président Bachar al-Assad… en usant de tentations séductrices !

Ici, j'appelle les dirigeants syriens à se rappeler ce qui suit :

Tout d'abord, l'application partielle des politiques de privatisation et d’ouverture économique vers l'Occident, les États du Golfe et la Turquie - dont M. Al-Dardari fut le principal artisan lorsque, de par ses fonctions, il exerçait son contrôle sur les orientations et décisions économiques de la Syrie d’après  2005 - a été la principale raison ayant privé le gouvernement syrien de sa base sociale traditionnelle. Les paysans, artisans et ouvriers ont durement souffert du « choc néolibéral » au cours de la deuxième moitié de la dernière décennie. C’est en effet à partir de 2005 que sont apparues les pires manifestations de la pauvreté, du chômage et de la marginalisation. C’est sur cette frange de la société syrienne que se sont appuyés les forces réactionnaires hostiles à la Syrie. C’est à partir de ceux-là qu’ils ont  recruté les combattants ayant rejoint les groupes terroristes, après l’endoctrinement sectaire de milliers d’entre eux. Par conséquent, que pouvons-nous attendre si une politique néolibérale était appliquée pleinement et sans conditions ?

Deuxièmement, les forces qui ont versé leur sang et ont défendu la République arabe syrienne et son gouvernement légitime sont principalement :

1. Les officiers et soldats de l'armée arabe syrienne issus des classes laborieuses.

2. Les groupes de jeunes patriotes progressistes.

3. Les militants des courants gauchistes et nationalistes qui espéraient que la guerre, bien que douloureuse, puisse justement ramener la trajectoire socio-économique syrienne vers le développement national et la démocratie sociale.

4. Les forces de la bourgeoisie patriote et les industriels syriens qui ont suffisamment pâtis de l'ouverture vers la Turquie.

Ce sont là les quatre forces qui seront les plus touchées si la Syrie était acculée à devenir un « état comprador » menant inéluctablement à la réduction des dépenses militaires, à l’aggravation du chômage pour les classes populaires et moyennes, à la dégradation de la qualité de vie des jeunes de la classe moyenne, à la destruction des projets industriels… Le gouvernement syrien ne peut donc céder à une telle tentation, au risque de se retrouver devant un consensus national déjà prêt à s’y opposer.

La Syrie d’après la guerre, ne sera que pour ceux qui se sont battus pour sa défense ; pour ses jeunes, ses travailleurs et ses paysans ; pour ses industriels patriotes qui n’ont pas dévié de la ligne de l'indépendance, du développement et de la résistance. C'est ce que nous aimerions entendre, mais cette fois-ci « en public », de son Président !
 

Nahed Hattar

 
Notes :

[1] Le Plan Marshall / L’index historique
 
« A partir de 1947, le plan Marshall est une arme économique utilisée par les Américains pour combattre le communisme. Il correspond au côté économique de la doctrine Truman le Containment (endiguement). L'idée est que la misère fait le lit du communisme, le plan Marshall permet donc à la fois de combattre le communisme et de convertir l'économie de guerre américaine en économie de paix, nécessaires. Par le plan Marshall les Américains entendent rallier l'Europe. L'aide financière est assortie de conditions d'achat de produits américains. L'U.R.S.S. s'oppose à ce projet et empêche les pays de l'Europe de l'Est de bénéficier de ce plan. Par exemple, le plan Marshall d'abord accepté en Tchécoslovaquie par le gouvernement doit être refusé sous la pression de Moscou. En revanche 17 pays qui acceptent cette aide créent en 1948 l'Organisation Européenne de Coopération Économique (O.E.C.E.) qui deviendra O.C.D.E. [Organisation de Coordination et de Développement Économique). En mai 1949 est créé la R.F.A. Un ancien résistant à Hitler, le démocrate chrétien Konrad Adenauer en devient le premier chancelier. Il ancre solidement la R.F.A. dans le camp de l'ouest et accepte le plan Marshall. Le plan Marshall permet aussi d'effectuer des pressions sur les alliés des États-Unis. Ainsi, les Américains menacent les Pays-Bas de suspendre le plan si ceux-ci n'accordent pas l'indépendance à l'Indonésie (chose faite en 1949) ». [Ce site n’est peut-être pas une référence mais, puisque l’Histoire n’est écrite que par les vainqueurs, il n’est pas interdit de lire aussi le revers de certaines médailles, NdT].

[2] M. Abdallah AL DARDARI, Economiste en Chef et directeur de la division du développement économique et de la mondialisation et ESCWA [Economic and Social Commission for Western Asia].

[3] Comment le bloc atlantiste a construit la guerre en syrie
http://www.entrefilets.com/16_mois_pour_une_guerre.htm
 

 

vendredi, 31 mai 2013

DECRYPTAGE OPERATION ARMES CHIMIQUES DU JOURNAL "LE MONDE" PAR UN MEDECIN SPECIALISTE

 

BOMBARDEMENTS HOMS.jpg

A Homs, en Syrie. Les chefs de la diplomatie française et britannique s'inquiètent de voir le président Bachar al Assad recourir à des armes chimiques dans le conflit syrien, dans une lettre adressée à la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Photo prise le 16 mars 2013/REUTERS/Yazen Homsy (c) Reuters.


ARMES CHIMIQUES SYRIE.jpg


Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.

Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille ‘rétractée’, signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.

Le récit, espéré digeste grâce à la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.

Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours.

Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.

Quatrième anomalie. La consultation de n’importe encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie. 

Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.

Les escarmouches autour du plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris sous celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

 

Badia Benjelloun

28 mai 2013

 

Source: PALESTINE SOLIDARITE.ORG

L'EUROPE ET LES FACTEURS FRANCO-ANGLAIS DE DIVISION

FABIUS ET HAGUE.jpg

 
Les ministres européens des affaires étrangères ont décidé la levée de l’embargo sur les armes au profit de l’insurrection syrienne. Constatons au passage que pour Fabius cette décision doit permettre de rétablir un rapport de forces susceptible de contraindre à la négociation le président syrien, El Assad, celui qui « ne mérite pas de vivre » et dont la chute est imminente depuis deux ans. Pourquoi choisir la voie des armes et se défier de la voie politique offerte par Genève II qui doit, selon lui, aboutir au même résultat? Son collègue anglais Hague confirme de son côté que les anglais sauront trouver les voies appropriées pour faire parvenir les armes aux insurgés avant cette espèce d’absurdité de date butoir du 1erAoût. Au cas où Fabius serait mal compris le porte parole de son ministère souligne que cette date du 1er août n’oblige pas la France. Ashton perd toute autorité devant le traitement fait par ces deux ministres à sa déclaration que les armes ne peuvent être fournies avant le 1er août pour, selon les « sources proches », laisser une chance à Genève de se tenir. Retenons quand même sa justification de l’envoi des armes par leur but : « défendre les civils ». C’était le but aussi en Libye. Entre Ashton qui veut défendre les civils et Fabius qui veut changer le rapport des forces et Hague qui les ajoute aux arguments de choc qui doivent obliger El Assad à partir, l’unité européenne risque de prendre des coups sérieux.

Le lendemain de ces déclarations qui semblent vouloir forcer le destin, la Belgique annonce  son intention de rester en retrait, l’Allemagne confirme son opposition à l’envoi des armes et l’Autriche rassure sur le maintien de ses soldats au sein des forces de l’ONU chargées de superviser le cessez-le-feu sur le Golan.

Car, précise le ministre autrichien, l’embargo est levé pour après le 1eraoût. Il n’y a aucune raison de croire que ce dernier ment et donc il existe plus que des désaccords entre pays européens. Il existe des divisions.

Nous constatons qu’à l’entente franco-allemande qui a donné tonus et chair à une construction européenne enracinée dans les crédos économiques, il s’est réellement substituée une connivence franco-britannique implantée dans les choix politiques et idéologiques d’un alignement sur les USA. Cette connivence a été officialisée dans un accord signé par les deux pays et préparé par Sarkozy pressé de donner des gages aux USA sur son alignement complet. Cet accord militaire présageait d’un déplacement de la France du centre de gravité franco-allemand au cœur de l’Europe, vers un axe aux frontières de l’Europe voire à sa tangente.

Sarkozy avait préparé et négocié ce déplacement par conviction : l’hyper puissance US était à ses yeux la source de tout pouvoir et de toute orientation. Ceux qui ont de la mémoire se souviendront du forcing pour séduire Bush juste après son élection. Ils peuvent aussi se souvenir de ces campagnes de basse propagande qui glorifiaient les USA et fustigeaient l’anti-américanisme « primaire », campagnes animées par les figures les plus marquantes et les plus marquées de la gauche « humanitaire » alliées, pour la circonstance, aux figures de la droite autour de la «défense des valeurs de démocratie et de liberté». Les français comprendront un jour qu’elles désignaient les « vertus du capitalisme » débridé. 

Cette même « gauche » du PS continue dans ce domaine comme dans d’autres, dans la lancée de cet alignement pro-US qu’on a tort de confondre avec l’atlantisme car il préfigure la prochaine étape de destruction de l’Europe par le grand accord de Libre Echange entre l’UE et les USA. Les socialistes français continuent cette politique d’alignement qui est de fait une politique pour se désaxer de l’ancienne conception d’une Europe Unie. C’est la course au titre de meilleur élève néocon.

Le gouvernement français a joué à fond cette carte de l’alignement dont on peut dire sans exagérer qu’elle précédait les ordres. Le zèle a poussé si loin la France que ni Hollande ni Fabius ne peuvent reconnaître leur échec en Syrie sans le transformer en défaite. En forçant la main à l’Europe, les français et les anglais renforcent un axe ouest-européen aligné sur les USA ouvertement hostile à un axe est-européen pour qui la Russie est un partenaire vital. Il faut y rajouter les fractures économiques et sociales Nord/Sud de l’Europe, aggravées et dévoilées au grand jour par la crise.

La guerre à la Syrie ne risque pas d'embrasser le seul Liban. Elle peut aussi ajouter aux fissures européennes. On sent arriver le moment que choisiront quelques pays européens pour dire à l’état français que l’Empire colonial est derrière eux.   
 

Mohamed Bouhamidi


In Reporters-Alger, le 30 mai 2013. 

DECERNER LE PRIX FELIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX A FRANÇOIS HOLLANDE: UNE ERREUR DE CASTING OU UNE PREUVE DE CYNISME?

 

 

FRANçOIS HOLLANDE 2.jpg

François Hollande doit renoncer à ce prix!

 

Le 21 février dernier, François Hollande s’est vu nommé pour recevoir le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[1], décerné chaque année par l’UNESCO. Il le recevra le 5 juin prochain de l’UNESCO.

 Il y a de quoi s’étonner à plus d'un titre.

  • Comment François Hollande peut-il recevoir ce prix alors qu’il a porté et porte toujours la guerre au Mali, qu’il est à la pointe du combat pour livrer des armes aux opposants au régime syrien et que la Force Licorne est toujours active en Côte d’Ivoire alors qu’Amnesty International[2], dès 2011 a signalé que « les forces internationales (à la fois les soldats français de la Force Licorne et les forces de maintien de la paix de l’ONUCI) ont joué un rôle clé en Côte d’Ivoire depuis leur intervention dans cette crise.» Ajoutant que «la légitimité de la présence de ces forces de maintien de la paix a été remise en cause (…) en novembre 2004 et en janvier 2006 » et que par ailleurs ces « forces internationales ont fait usage de la force létale aussi bien en novembre 2004 qu’en janvier 2006 »?  
  • Comment l’UNESCO, qui ne peut ignorer ces éléments, a-t-il pu avaliser la suggestion du jury?

Cette nomination risque d’avoir de sérieuses conséquences sur l’image de l’UNESCO et particulièrement sur la Commission internationale pour la recherche de la paix[3] mais elle porte aussi un nouveau coup à la Charte des Nations Unies et à l’ONU qui n’en ont pas besoin alors qu’elles sont niées, instrumentalisées, bafouées par nombre de membres de la communauté internationale qui, au détriment des peuples, décident de réécrire de nouvelles règles pour les relations internationales au profit de la finance et des multinationales et des nouvelles aspirations impérialistes au prétexte de combattre le terrorisme. 

Elle oblige à constater la rupture qu’il y a, d’un côté, entre le Peuple des Nations et de l’autre, les gouvernants et les institutions internationales.

Depuis 1989, le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[4] honore par ce titre -composé d’une médaille en or, d’un diplôme de la paix et d’une somme de 150 000 dollars[5]-, « des personnes, institutions ou organisations ayant contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix, dans le respect de la Charte des Nations Unies et de l'Acte constitutif de l'UNESCO ».

Il est fait référence à deux outils ; l’un est la Charte des nations Unies, acte constitutif et fondamental de ce qui constitue et le Peuple des Nations et la communauté internationale[6], l’autre concerne l’acte constitutif de l’Unesco pensé par les gouvernements des Etats parce que «les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix[7]».

Ce prix a-t-il été décerné à François Hollande au vu de son action au Mali qui garantirait la paix dans le respect de la Charte des Nations unies? «Préserve-t-il les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances »?

Cette action permet-elle de « proclamer à nouveau notre foi dans (…) l'égalité de droits (…) entre les nations, grandes et petites »?  Crée-t-elle «les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, (…)  et à ces fins à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage et à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales[8]»?

Est-ce-que l’intervention armée de la France au Mali mais aussi le maintien de la Force Licorne en Côte d’Ivoire «contribue -selon les critères de l’UNESCO- au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, (…) que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples »? 

Quelle autre action pacifique a menée le Président de la République française depuis son élection ? A-t-il, ainsi qu’il l’avait promis lors de sa campagne, «rompu avec la Françafrique, en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité[9]»?

Non, il n’a pas été mis fin à la présence de la Force Licorne en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, il ne cesse de répéter qu’au Mali, « nous sommes en train de gagner cette bataille[10] »;  certains de ses ministres vont même jusqu’à affirmer que la France est en guerre.

Guerre contre qui? Sur quelles bases légales au regard du droit international?

Depuis son non engagement contre l'Irak, la France n’a de cesse d’endosser le statut de va-t-en-guerre. Elle l’a fait en Libye, hors du cadre onusien mais au nom du droit d'ingérence et de la responsabilité de protéger les populations civiles[11]. Elle cherche à prouver à ses alliés favoris qu’elle continue à tenir son rang et qu’elle est à leurs côtés en allant défendre leurs intérêts et les maigres privilèges qui lui restent, même si cela est fait alors qu’elle sait que l'usage de la force ou même la menace de l'usage de la force est interdit par l'article 2 §4 de la Charte des Nations Unies.

Cet article interdit de manière absolue l’usage de la force et de la menace de l’utilisation de la force. Cette interdiction- une des plus grandes conquêtes de l’humanité depuis la deuxième guerre mondiale- est une garantie normative visant la paix et la sécurité internationales pour tous les Etats et les peuples.

Le droit international ne prévoit, en effet, que deux cas de recours licite à la force armée, soit lorsque les mesures de coercition armées sont décidées par le Conseil de sécurité sur la base de l’article 42 de la Charte des Nations Unies en cas de menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d’un acte d’agression (chapitre VII de la charte), soit parce qu’il s’agit de légitime défense sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, qui reconnaît, à tous les Etats, le droit inhérent d’utiliser la force armée dans le cas où ils seraient l'objet d'une agression armée.

La France se trouvait-elle dans l’une ou l’autre de ces situations?

L’interdiction absolue -et répétons-le une fois encore, sauf en cas de légitime défense et de l’autorisation du Conseil de sécurité- fait partie, sans aucun doute, des normes impératives du droit international.

En déclenchant une guerre au Mali, les autorités françaises -agissant en tant qu’organes de l’Etat- ont ordonné l’exécution d’opérations militaires qui, de toute évidence, enfreignent les dispositions de la Charte des Nations Unies. Ainsi, les autorités françaises –il est vrai que ce ne sont pas les seules- sont en train de violer l’une des normes les plus fondamentales du droit international, mettant directement en danger la paix et la sécurité internationales dont les conséquences néfastes vont se faire sentir bien au-delà du départ, encore très incertain, des troupes françaises.

Certes, en l'état actuel du dispositif impérialiste, il est somme toute normal que la France, membre du Conseil de Sécurité, ne se soit pas portée garante de cette norme impérative du droit international et ait préféré surfer sur des idées comme le droit de protéger ses otages retenus à l’intérieur de territoires souverains et sur la responsabilité de protéger les populations du Nord Mali et stopper à la fois l’avancée sur le sud du Mali et la destruction de biens culturels d’importance. Elle continue à  ouvrir la porte à ce nouvel ordre mondial de violence et de misère basé sur la loi du plus fort et la déstructuration de l'ensemble des normes impératives du droit international.

Préférer la violence et la guerre à la recherche de moyens pour maintenir la paix et la sécurité internationales pour l'ensemble des peuples, c'est permettre que tout le système multilatéral onusien soit remis en cause alors qu'il aurait fallu trouver d’autres moyens pour mettre fin à ce début de partition du Mali et permettre aux Maliens et aux Maliennes de construire des solutions pour mettre fin aux nombreuses exactions portant atteintes à l’ensemble des droits fondamentaux.

En passant outre certaines des Résolutions[12] adoptées sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, la France ne fait que démontrer que le système onusien a perdu toute sa crédibilité et dès lors qu'il est aisé de le bafouer, de le contourner, de le manipuler, voire de l’ignorer. Cela a été le cas pour la Libye, l’Irak où la culture du mensonge a été portée à un niveau de cynisme qui a coûté et coûte encore la vie à de très nombreux enfants, femmes et hommes.

Le Président de la France, dès lors, mérite-t-il d’être récompensé? Certainement pas!

C’est pourtant bien ce qu’a fait le jury présidé par l'ancien Président du Mozambique, Joaquim Chissano, qui a «condamné la violation de l'intégrité territoriale du Mali, les violations des droits de l'homme, l'enlèvement d'otages et la destruction du patrimoine culturel de l'humanité à Tombouctou » en reconnaissant « la contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique » et « la solidarité manifestée par la France à l'égard des peuples africains ». Si nous sommes tous et toutes d’accord pour condamner, aux côtés des Maliens et des Maliennes, la violation de l’intégrité territoriale, l’enlèvement d’otages et la destruction d’un patrimoine culturel inestimable, il reste une question de taille.

Certes, le peuple malien, grâce aux moyens militaires importants de la France, a été « débarrassé » des groupes semant la violence au Nord Mali ; il aspirait, fort légitimement, à la fin de la terreur ; mais quel prix va-t-il maintenant payer d’une part, à « ses sauveurs » et d’autre part, aux groupes qui vont certainement continuer à semer la terreur une fois les troupes françaises parties? Cela autorisait-il la France à commettre les exactions commises lors de la reprise de Kidal? Comment expliquer que la France a noué  des relations particulières avec le MNLA dans la même ville?

Les questions posées par certains de ces groupes sont-elles résolues? Sera-t-il enfin mis fin au passage de la drogue qui alimente l’Europe dans ces régions? La question touareg trouvera-t-elle une solution? Cette intervention extérieure permettra-t-elle la reconstruction des institutions maliennes de manière durable et avec des moyens suffisants pour assurer une totale souveraineté à un gouvernement qui n’a cessé d’être sous la coupe de ses anciens colonisateurs et des institutions financières internationales? Les pays occidentaux arrêteront-ils de faire croire à l’ensemble des peuples qui se sont libérés de dictature ou qui sont encore sous l’emprise de leurs « suzerains » que le seul modèle démocratique est le leur?

Autant de questions qui restent en suspens et pour lesquelles l’intervention française ne peut apporter de solution tant ces réponses doivent être construites par le peuple malien dans son ensemble en raison de son droit inaliénable à disposer de lui-même et de jouir pleinement de sa souveraineté, sans ingérence extérieure imposée. 

Au regard de tout cela, il y aurait une certaine indécence à remettre le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à François Hollande. 

La Commission internationale pour la recherche de la paix doit revoir son casting et attribuer ce prix à des hommes et des femmes qui se battent au quotidien pour maintenir la paix alors que ce sont les logiques de guerre qui prévalent et envahissent de plus en plus l’espace social mondial.

Face à ces logiques mortifères, le « Peuple des Nations » doit cesser de courber l’échine et doit faire entendre ses voix diverses, son attachement fondamental au droit à disposer de lui-même il doit  aussi faire entendre son refus de la menace d'une guerre permanente et de cet ordre qui les exploite et les exclut du partage du pouvoir et des richesses.

Dans ce contexte, il serait indécent que le Président de la République, François Hollande, soit récompensé pour ses entreprises « guerrières » et reçoive le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

 

Fondation Frantz Fanon

http:// frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com

 



[1] Ce prix a été décerné à de nombreuses personnalités dont Nelson Mandela et Frederik W. De Klerk, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, Jimmy Carter, Abdoulaye Wade, Martti Ahtisaari, ainsi que Luiz Inácio Lula da Silva.

[2] Rapport -AFR 31/002/2011, Amnesty International, mai 2011.

[3] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/international-commission-for-peace-research/

[4] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/

[5] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/presentation/general-conditions-of-the-prize/#c246171

[6] Représentée par « nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants » qui sont dans la majorité des Etats élus par les membres de la société civile, Préambule de la Charte des Nations Unies.

[7] http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=15244&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[8] Préambule de la Charte des Nations Unies.

[9] Proposition 58, Le changement c’est maintenant ; Mes 60 engagements pour la France ; 

http://www.parti-socialiste.fr/dossier/le-projet-de-francois-hollande

 [10] ww.lepoint.fr/monde/mali-nous-sommes-en-train-de-gagner-cette-bataille-selon-hollande-28-01-2013-1621132_24.php

[11] Enfin, la porte est grande ouverte, Mireille Fanon-Mendès-France, 31 mars 2011,

http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/?p=723 

[12] Résolutions 20562071 : votée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de Sécurité et 2085.

jeudi, 30 mai 2013

SYRIE: L'ARMEE PRETE A LANCER UNE OFFENSIVE A QOUSSEIR, LE RETRAIT DU HEZBOLLAH EXIGE

 

syrie,l'armée prête à lancer une offensive à qousseir,le retrait du hezbollah exigé,afp,la coalition nationale de l'opposition syrienne,hezbollah,liban

Le chef de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Mouaz al-Khatib.

 

L'opposition syrienne joue avec les nerfs de la communauté internationale. Réunie à Istanbul depuis près d'une semaine, la Coalition nationale peine à adopter une position en vue de la conférence sur la paix prévue à Genève en juin. Au grand dam de la communauté internationale. METRONEWS.FR

A Istanbul, plusieurs diplomates de pays soutenant l'opposition syrienne se sont rendus à la réunion de la Coalition nationale de l'opposition pour tenter de débloquer les débats. AFP

syrie,l'armée prête à lancer une offensive à qousseir,le retrait du hezbollah exigé,afp,la coalition nationale de l'opposition syrienne,hezbollah,liban

Des tanks de l'armée syrienne prennent position près de la ville de Qousseir, le 25 mai 2013 (Photo AFP).

 

DAMAS — Washington a exigé "le retrait immédiat" du Hezbollah de Syrie, au moment où l'armée syrienne, épaulée par ce mouvement libanais, a annoncé s'être emparée de l'aéroport de Dabaa, prémice d'une offensive de tous les côtés contre les rebelles à Qousseir.

De son côté, la Russie, soutien de Damas, a estimé que la levée par l'Union européenne de l'embargo sur les livraisons d'armes aux insurgés posait "de sérieux obstacles" à la conférence internationale de paix sur la Syrie baptisée "Genève-2", qu'elle prépare pour juin avec les Etats-Unis.

Les Etats-Unis, la Russie et l'ONU n'ont toujours pas résolu de nombreuses questions relatives à cette future conférence internationale, y compris la date précise de cette réunion, a indiqué mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le régime a donné son accord de principe à cette conférence, et l'opposition, rongée par ses divisions, peine à prendre une décision, alors que les violences ont fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG, et ont poussé à la fuite plus de cinq millions de Syriens.

La Coalition nationale de l'opposition syrienne a indiqué qu'elle "accueille favorablement les efforts internationaux destinés à favoriser une solution politique au conflit", dans une déclaration publiée mercredi soir après sept jours d'âpres discussions à Istanbul.

Elle continue à exiger le départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad et de ses chefs militaires mais n'en fait pas un préalable à une participation à une conférence de paix, selon un porte-parole qui s'est refusé à préciser si l'opposition participerait ou non à une telle réunion.

Comme ils l'avaient déjà fait, les opposants syriens ont formulé à nouveau mercredi trois exigences: "les massacres et destructions commises par le régime doivent cesser; les forces révolutionnaires doivent bénéficier d'armes pour se protéger; l'invasion de l'Iran et de la milice (chiite libanaise) du Hezbollah doit être arrêtée".

Outre sa participation à la conférence de Genève, la Coalition doit encore se prononcer sur son élargissement, le choix d'un nouveau président et la composition d'un gouvernement provisoire.

Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répété mercredi que le président Assad resterait à son poste jusqu'en 2014 et se présenterait pour un troisième mandat "si le peuple le veut".

M. Mouallem a par ailleurs qualifié la France de "menteuse" à propos des accusations de Paris sur l'utilisation par Damas d'armes chimiques.

"L'arme chimique n'a été utilisée qu'une seule fois, à Khan al-Assal", par les rebelles, a déclaré le chef de la diplomatie syrienne à la chaîne de télévision arabe al-Mayadeen.

Le pouvoir syrien accuse la rébellion d'avoir eu recours à des armes chimiques le 19 mars à Khan al-Assal, près d'Alep (nord).

Sur le terrain, l'armée syrienne contrôle l'aéroport de Dabaa "à l'issue d'une opération militaire de plusieurs heures commencée dans la matinée", a affirmé une source militaire à l'AFP, précisant que l'opération a fait plusieurs dizaines de morts.

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images de l'intérieur de cet ancien aéroport montrant des chars postés près des hangars et des soldats tirant vers l'extérieur.

L'armée contrôle désormais toutes les issues de Qousseir, stratégique tant pour le régime que pour les insurgés, et peut lancer une offensive sur tous les fronts contre le dernier carré d'insurgés dans cette ville du centre-ouest de la Syrie.

"Nous pouvons désormais nous diriger vers le quartier nord de Qousseir", où sont retranchés les insurgés, a déclaré un officier à al-Manar.

Cette avancée fait suite à l'envoi vers la ville de renforts du Hezbollah libanais et des forces spéciales de la garde républicaine, les mieux entraînées des troupes syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONU condamne les combattants étrangers

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que le Hezbollah, fer de lance de l'assaut lancé le 19 mai contre Qousseir, avait déployé 3.000 à 4.000 combattants en Syrie.

"Nous exigeons que le Hezbollah retire immédiatement ses combattants de Syrie" a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, dénonçant "une escalade inacceptable".

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné l'intervention de "combattants étrangers" aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir, et a demandé une enquête de l'ONU sur les violences dans cette ville.

Une résolution en ce sens, présentée par les Etats-Unis, le Qatar et la Turquie, a été adoptée par le Conseil, par 36 voix contre 1 (le Venezuela). Huit pays se sont abstenus.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé que "le nombre croissant de soldats étrangers qui traversent la frontière de part et d'autre ne fait qu'encourager la violence confessionnelle".

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "des combattants sunnites libanais" se battent en outre du côté des rebelles, donnant au conflit "de plus en plus une dimension confessionnelle".

Le pouvoir en Syrie est tenu par la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme, tandis que la majorité de la population syrienne et des rebelles sont des sunnites.

Le contrôle de Qousseir est essentiel pour la rébellion, car cette ville se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban, mais aussi pour le pouvoir car la cité est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

L'Iran, allié régional de la Syrie qui a indiqué avoir reçu une "invitation orale" à participer Genève-2 en dépit des réticences de la France, a dit souhaiter une "solution politique" en Syrie, lors d'une conférence sur le conflit syrien organisée par Téhéran.


Source: AFP

FACE A LA DECISION DE PARIS ET LONDRES D’ARMER LES REBELLES SYRIENS, MOSCOU DECIDE A SON TOUR DE LIVRER DES MISSILES A BACHAR AL ASSAD

 

VLADIMIR POUTINE.png


Londres et Paris ont annoncé qu’ils pourraient livrer des armes à l’opposition syrienne avant le mois d’août. La Russie indique, elle, qu’elle livrera des missiles S-300 à Damas pour dissuader toute velléité d’ingérence occidentale dans le conflit.

 

Alors que la levée de l’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens a été décidée, lundi 27 mai, par les 27 États membres de l’Union européenne, la Russie a annoncé par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, qu’elle ne renoncerait pas à ses projets de livraison de missiles sol-air au régime de Bachar al-Assad, en dépit des objections occidentales. La livraison de ces systèmes de défense, a-t-il poursuivi, contribuera à dissuader toute velléité d’ingérence dans le conflit en cours depuis mars 2011 que pourraient nourrir des “têtes brûlées”.

“Les livraisons n’ont pas eu lieu, et j’espère qu’elles n’auront pas lieu”, a déclaré, de son côté, le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon. “Mais si par malheur elles arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire”, a-t-il menacé. Les autorités israéliennes redoutent, en effet, que de telles armes ne finissent par tomber entre les mains du Hezbollah libanais ou des forces iraniennes. Tsahal a mené début mai une série de raids aériens en Syrie pour détruire, selon des sources israéliennes et occidentales, des armes destinées au mouvement chiite pro-iranien.

Levée de l’embargo sur les armes

Réunis lundi soir à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont, eux, décidé de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens et le maintien de toutes les autres sanctions votées depuis l’été 2011. “L’UE a décidé de mettre fin à l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien” prises il y a deux ans, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en milieu de nuit, à l’issue d’une réunion marathon.

Le chef de la diplomatie britannique a enfoncé le clou mardi, indiquant que Londres considérait qu’il n’était “pas exclu” d’armer les rebelles avant le 1er août, date d’expiration de l’embargo occidental, tout en ajoutant cependant que son pays n’agirait pas seul s’il choisissait d’aller dans ce sens. Le porte-parole du Quai d’Orsay, Philippe Lalliot, a déclaré peu après que la France se réservait elle aussi le droit d’armer rapidement les rebelles syriens mais qu’elle n’avait encore pris aucune décision en ce sens. Il a précisé que la décision prise lundi par l’UE de lever l’embargo sur les armes était une déclaration politique qui n’avait aucun fondement juridique.

“La décision de lever l’embargo n’est pas nécessairement une décision de livrer des armes”, a toutefois souligné le diplomate français qui rappelle que la France souhaite qu’une solution politique soit trouvée, notamment dans le cadre de la conférence Genève 2 prévue à la mi-juin à l’initiative des États-Unis et de la Russie. De plus, la question de la traçabilité des armes poussent Britanniques et Français à la prudence devant les divisions de l’opposition syrienne et la présence de brigades djihadistes en Syrie. 

“Genève 2″ au cœur des discussions américanos-russes

En évoquant la conférence Genève 2, Sergueï Lavrov a déclaré à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue américain John Kerry: “Nous avons discuté des moyens de procéder [...] pour que cette conférence ait lieu. Ce n’est pas une tâche facile, ce n’est vraiment pas une mince affaire”. La levée de l’embargo par l’Union européenne “porte un préjudice direct à la possibilité d’organiser une conférence internationale” sur le règlement du conflit en Syrie, a-t-il ajouté. Cette sixième rencontre entre les deux hommes depuis la prise de fonction de John Kerry en février avait pour objectif de fixer une date pour cette conférence de paix mais aussi de déterminer la liste des participants du côté syrien.

Reste que si Damas a donné son “accord de principe” pour participer à “Genève 2″, l’opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée.

En juin 2012, la première conférence de Genève avait rassemblé les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), des représentants de l’Irak, du Koweït, du Qatar, de la Turquie, et des responsables de l’ONU et de l’Union européenne ne s’est pas encore prononcée sur sa présence. La conférence de paix pourrait également être “élargie pour inclure tous les acteurs clefs” dans la région. Moscou souhaite de longue date que l’Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Sur le terrain, les combats font toujours rage entre les rebelles syriens et les forces de Bachar el-Assad, notamment autour de la ville stratégique de Qousseir, dans le centre du pays. Les insurgés défendent bec et ongle cette ville et ses environs, zone stratégique aussi bien pour les rebelles que pour le régime car elle se trouve sur le principal axe vers le Liban et sur la route reliant Damas au littoral, base arrière du régime.

 

Le 29 mai 2013. Lu sur france24.fr

Le titre est de la rédaction


Source: IVOIRENEWS INFO.NET

mardi, 28 mai 2013

COALITION DE L'OPPOSITION SYRIENNE: AMERTUME ET «DELIRE DE VICTOIRE»

 

monde,syrie,coalition de l'opposition syrienne. amertume et «délire de victo,la coalition de l’opposition extérieure de la syrie,istanbul,genève ii,moaz el khatib,mohamed bouhamidi,in reporters-alger le 27 mai 2013

La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution syrienne (opposition extérieure) à Istanbul


La coalition de l’opposition extérieure de la Syrie réitère, à partir d’Istanbul, son exigence de réaliser  par Genève II ce qu’elle n’a pu obtenir par l’insurrection. Elle croit avoir beaucoup concédé en acceptant que la conférence se réunisse pour consacrer le départ d’El Assad au lieu de se réunir après ce départ. Moaz El Khatib, bon prince, propose même au président syrien de prendre une suite de cinq cent personnes et de quitter la Syrie, certainement par un de ces couloirs humanitaires que rêvait la France de Sarkozy dans sa superbe, sans lui garantir d’immunité contre une éventuelle action devant la justice internationale. En clair Moaz El Khatib met les pieds dans le plat et offre à un chef d’état laïc et plutôt moderne l’Aman Moyenâgeux des traditions bédouines qui constituent le fond de sa « pensée politique», alors qu’il est censé porter avec la caution française un projet de république citoyenne moderne. Ne cherchez pas dans la presse meanstream française une quelconque interrogation sur ces curieux mariages – c’est le cas de le dire depuis Taubira – entre le boniment démocratique de Fabius et les fantasmes bédouins ressuscités dans la tête de chefs avouant leur inféodation à des Emirats et des royaumes moyenâgeux.

La coalition a promptement refusé la largesse « royale » de Moaz El Khatib. Elle risquait de faire croire aux miliciens et aux mercenaires un manque de fermeté et de détermination de la part de  l’opposition « cinq étoiles », comme l’appellent désormais les syriens, en référence aux fastes de leur vie dans les grands hôtels. Les  dirigeants de la coalition savent d’instinct et d’expérience que ces « révolutions » enveloppées dans le langage et dans les motivations religieuses ne se reconnaissent que dans l’ultime et impossible identité de la politique à la religion. Par nature, les groupes islamistes, eux, fonctionnent au « plus radical » jusqu’à l’identité de l’acte humain à la prescription divine. Derrière la rodomontade, toute discussion doit porter sur les modalités du départ d’El Assad – et non sur la construction d’une autre Syrie, qui de toutes les façons est en train de naître – se dessine implacable la réalité de la défaite. Elle cherche à donner une impression de toute puissance et de gains tangibles en demandant, en exigeant comme préalable –en implorant en réalité – que le pouvoir montre « la sincérité de ses intentions »  par des « gestes simples » comme « cesser le feu » unilatéralement, se retirer de « certaines villes etc. Nous pouvons comprendre cette prolongation du « délire de la victoire »  chez des dirigeants syriens dont la survie politique est désormais grevée par la réalisation du seul but politique formulé jusqu’à présent, si on considère qu’il s’agit d’un but politique : le départ d’El Assad. Plus ce but est contrarié, plus la politique, elle, refait surface et avec elle la question soigneusement refoulée: Quelle Syrie veulent les syriens ? Premier accroc, les quarante mille djihadistes étrangers dont a parlé Lakhdar Brahimi, soixante quinze mille selon d’autres sources, les huit cents djihadistes européens dont parle la presse européenne, sont-ils concernés par la question et qu’ont-ils à faire dans la conférence de Genève II et qu’ont-ils à en faire ? La coalition ne peut espérer désarmer politiquement cette force étrangère qui fait l’essence de la « révolution syrienne » qu’en présentant à la masse considérable de miliciens syriens qui s’agglomèrent autour d’eux, des victoires plus évidentes que celles d’El Nosra, et donc au minimum l’expulsion de l’armée syrienne des « certaines villes », c'est-à-dire Alep et Homs essentiellement. Les sponsors de cette révolution –France, Angleterre, Qatar, Arabie Saoudite, Israël en douce - hors les USA qui se sont rendus à la réalité – subissent cette logique jusqu’au bout : ils ne peuvent réclamer ni proclamer moins que les djihadistes : le départ d'El Assad. Et partant, gêner les USA qui ne pourront qu’au prix de mille difficultés entraîner leurs comparses à accepter la nouvelle réalité et réduire de l’ampleur de la défaite.   

Les américains, eux, méditeront longtemps ce principe de précaution en politique : « on peut rattraper un retard, jamais une avance ».  Ils auraient quand-même besoin de fouiller dans les textes de Mao Tsé Toung pour se convaincre des bienfaits de l’autocritique même si, au fond, ils risquent de trouver à côté des vertus de cette méthode d’évaluation et d’espérance pour révolutionnaires cet axiome que dédaigne l’Hybris comme l’arrogance des puissants : « Nul rapport de force n’est immuable ».  
                    

Mohamed Bouhamidi

In Reporters-Alger, le 27 mai 2013.

lundi, 27 mai 2013

LES PUISSANCES EUROPEENNES FINANCENT AL QUAIDA EN ACHETANT DU PETROLE PILLE EN SYRIE


PETROLE SYRIE REBELLES.jpg


D’après un article paru le 19 mai dans le journal britannique Guardian, l’Union européenne (UE) finance directement des terroristes islamistes sunnites soutenus par les États-Unis et luttant en Syrie contre le régime du président Bashar El-Assad. Ces groupes sont en train de piller le pétrole dans certaines parties de la Syrie orientale qu’ils contrôlent et de le revendre aux pays européens à des prix défiants toute concurrence.

Le Guardian écrit : « La décision de l’UE de retirer les sanctions contre le pétrole syrien pour aider l’opposition a accéléré une ruée pour le contrôle des puits et des pipelines dans les zones contrôlées par les rebelles et a aidé à consolider l’emprise des groupes jihadistes sur des ressources essentielles du pays. »

D’après le Guardian, les principaux bénéficiaires de la levée des sanctions de l’UE sont le Front Al Nusra et d’autres groupes terroristes islamistes du même genre. « Jabhat al-Nusra, affilié à Al Quaïda et d’autres groupes islamistes extrémistes, contrôle la majeure partie des puits de pétrole dans la province de Deir Ezzor, ils ont fait fuir des tribus sunnites locales, parfois par la force. Ils ont également pris le contrôle d’autres champs de pétrole contre des groupes kurdes plus loin au Nord-Est, dans le gouvernorat d’al-Hasakah. »

La décision de l’UE de reprendre le commerce avec des champs de pétrole tenus par Al Nusra dément complètement le mensonge selon lequel les puissances impérialistes mènent une guerre en Syrie pour obtenir un changement du caractère répressif du régime syrien. En fait, ils construisent et soutiennent des forces profondément réactionnaires qui oppriment la population.

Ces événements montrent également que la prétendue « guerre contre le terrorisme » — l’affirmation que Washington et l’UE luttent contre Al Quaïda, qui a servi de justification pour les invasions décidées par les États-Unis de l’Irak et de l’Afghanistan – est un mensonge. L’impérialisme arme et finance des groupes terroristes liés à Al Quaïda qui commettent de terribles crimes contre la population syrienne, livrant ses richesses à l’UE et à Washington.

La revue allemande Spiegel Online a récemment fait un reportage sur la manière dont les islamistes fournissent les marchés mondiaux en pétrole syrien à des prix sacrifiés : « Depuis février, le groupe rebelle Liwa al-Islam contrôle le champ pétrolifère d’al-Thaura dans le gouvernorat d’ar-Raqqah […] les rebelles d’al-Thaura vendent dix cargaisons de camions-citernes chaque jour. Ils se font de l’argent facile et demandent environ 13 dollars du baril. Sur le marché mondial, cependant, un baril se vend 100 dollars, mais cela n’a pas grande importance ici. »

Abu Saif, un autre combattant islamiste de la brigade Ahar, liée aux Frères musulmans donne une autre version de la façon dont les islamistes pillent la Syrie. Jabhat al Nusra investit dans l’économie syrienne pour renforcer sa position en Syrie et en Irak. Les combattants d’al-Nusra vendent tout ce qui leur tombe sous la main, du blé aux pièces archéologiques en passant par l’équipement industriel, les outils de forage, les voitures, les pièces détachées et le pétrole brut.

Pour sécuriser le pétrole, les terroristes assassinent toute personne qui leur barre la route. Dans un cas très connu, les combattants d’Al Nusra ont rasé le village d’al-Musareb près de Deir Ezzor, tuant 50 de ses habitants après une dispute avec des membres des tribus locales au sujet d’un pétrolier. Les meurtres de masse par lesquels les groupes terroristes contrôlent le territoire dont ils ont besoin pour approvisionner en pétrole l’impérialisme européen sont prouvés par des vidéos disponibles sur YouTube.

Les puissances impérialistes s’appuient sur des groupes terroristes dans le cadre de leur stratégie pour contrôler les vastes ressources énergétiques du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Ces intérêts fondamentaux sous-tendent les guerres menées contre l’Afghanistan, l’Irak, et la Libye, ainsi que les préparatifs en cours d’une guerre contre l’Iran chiite – auquel le régime d’Assad à dominante alaouite est étroitement lié. Comme la Syrie, l’Iran a longtemps été sur la “liste noire” de l’impérialisme, depuis que Washington et ses alliés d’Europe et du Moyen-Orient le considèrent comme l’un des principaux obstacles au contrôle du commerce du pétrole dans le Golfe persique, et par conséquent du monde entier.

Ce viol de la Syrie arrache son voile à la décision cynique des organisations de la pseudo-gauche des classes moyennes – comme l’International Socialist Organisation (ISO), le parti allemand Die Linke, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en France, ou encore le Socialist Workers Party (SWP) de Grande-Bretagne – de présenter la guerre en Syrie comme une « révolution ». Leur position de classe émerge clairement maintenant : elles applaudissent le pillage du pétrole syrien pour faire monter les profits des groupes pétroliers et en font une « révolution » et elles présentent les pillards comme des « révolutionnaires. »

Le soutien étranger de plus en plus fort accordé aux forces islamistes sunnites est accompagné de nouvelles menaces de la part de l’impérialisme américain et de ses alliés pour faire fuir Assad, et accélérer les préparatifs pour une intervention militaire directe.

Lors d’une conférence de presse avec le premier ministre turc Reccep Tayyip Erdogan jeudi dernier à Washington, le président américain Barack Obama a promis « d’exercer une pression de plus en plus forte sur le régime d’Assad et de travailler avec l’opposition syrienne. Nous sommes d’accord sur le fait qu’Assad doit partir. »

Vendredi, le chef de la CIA, John Brennan, a rencontré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Moshe Ya’alon, le chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz, et le chef du Mossad Tamir Pardo pour discuter de la Syrie. Lors d’une réunion du gouvernement le lendemain, Netanyahou a menacé de lancer de nouveaux raids aériens contre la Syrie, disant qu’Israël agirait « avec détermination […] pour garantir les intérêts suprêmes de l’Etat d’Israël et empêcher le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et à d’autres éléments terroristes. »

Israël a déjà bombardé Damas il y a deux semaines, ostensiblement pour empêcher des armes d’être transférées de la Syrie au Hezbollah. La milice chiite libanaise est un allié proche de la Syrie et de l’Iran et est considérée comme un des principaux obstacles à la domination militaire d’Israël au Proche-Orient.

Samedi, le président Syrien Bashar el-Assad a accordé un entretien au journal argentin Clarin et à l’agence de presse argentine Telam, depuis son palais de la capitale syrienne, Damas. Il a juré de rester au pouvoir, accusant Israël et d’autres « puissances étrangères » de soutenir l’opposition islamiste. « Israël soutient directement les groupes terroristes de deux manières, premièrement il leur accorde un soutien logistique, et il leur dit également quels sites attaquer et comment les attaquer, » a-t-il dit.

Il a nié que son gouvernement ait utilisé des armes chimiques, disant que « l’Occident » pourrait orchestrer une intervention en s’appuyant sur de fausses accusations : « L’Occident ment et invente des preuves pour déclencher des guerres ; c’est dans ses habitudes. »

Il a dit qu’une intervention est « une probabilité claire, en particulier maintenant que nous avons réussi à faire reculer les groupes armés dans de nombreuses régions de Syrie. » Cependant, il a ajouté « nous sommes prêts à parler à toute personne qui veut bien parler, sans exception. »

Assad a clairement dit qu’il espérait rester au pouvoir en convainquant Washington qu’il est un garant des intérêts américains plus fort et plus fiable qu’Al Quaïda dans la région : « l’Amérique est pragmatique. S’ils se rendent compte qu’ils sont battus et que le régime est vainqueur, les Américains trouveront un accord avec le pouvoir réel. »

Cette soumission à Washington montre la faillite du nationalisme arabe. En fait, comme le dit clairement le reportage du Guardian, Washington et ses alliés impérialistes européens financent et soutiennent l’opposition islamiste pour faire tomber le régime.

Le gouvernement d’Obama est également en train d’augmenter ses efforts pour parvenir à un accord avec Moscou, le principal allié de la Syrie. Le week-end dernier, le ministre des Affaires étrangères Russe Sergei Lavrov est tombé d’accord avec son homologue Américain John Kerry pour négocier une fin de la guerre syrienne. Au cours d’une telle conférence, Washington insisterait pour une sortie « négociée » d’Assad et son remplacement par un pantin plus manipulable approuvé par Moscou.

Lavrov cherche également à calmer les inquiétudes américaines et israéliennes concernant les possibles ventes de missiles russes à la Syrie. Il a insisté pour dire que ces armes « n’altéraient en aucun cas l’équilibre des forces dans cette région ou ne donnaient un avantage dans la lutte contre l’opposition. »

La Russie ne fournirait à la Syrie que des missiles de défense côtière SS-N-26, mais aucun SA-21 anti-aérien, dans le cadre d’une vente conclue en 2011. Lavrov a également juré que la Russie ne signerait aucun nouvel accord avec la Syrie.


Johannes Stern


Article original, WSWS,paru le 20 mai 2013


Source: MONDIALISATION.CA

LIBYE: LA BOITE DE PANDORE DE L'OTAN

libye,libye la boîte de pandore de l’otan,françafrique,mouammar kadhafi,otan,luc michel


Attentats au Niger: «Les assaillants venaient de Libye», selon le président nigérien Mahamadou Issoufou…

 

C’était fin février 2011, quelques jours après le début du coup d’état insurrectionnel de Benghazi, organisé par la CIA et l’OTAN, avec ses kollabos « libyens ».  Moammar Kadhafi, qui avait déjà pris la mesure de ses adversaires, venait de dénoncer la présence des djihadistes d’al-Qaida à Benghazi, Derah et Tripoli, affirmant « ce sera moi ou le chaos islamiste ». Soulevant l’ironie de tous ces analystes, experts et journalistes qui aujourd’hui – toujours après l’événement -, deux ans plus tard, daubent sur la « guerre au terrorisme » et le « danger djihadiste ». Kadhafi avait raison !

LA LIBYE MADE IN NATO EPICENTRE DE LA DESTABILISATION DU MAGHREB ET DU SAHEL

L’exemple nigérien, après ceux de Libye et du Mali, est là, à nouveau, pour le démontrer.

Les auteurs des deux attentats-suicide perpétrés jeudi au Niger, contre un camp militaire à Agadez et contre un site du groupe nucléaire français Areva à Arlit, « venaient de Libye », a en effet affirmé ce samedi le président nigérien Mahamadou Issoufou, interrogé par France 24. « Les assaillants, selon toutes les informations que nous avons eues, venaient de Libye, du Sud libyen », a déclaré M. Issouffou, confirmant des informations déjà avancées par des responsables nigériens sitôt après les attentats, revendiqués par le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), groupe islamiste armé chassé du Mali par l’intervention des forces militaires françaises et africaines.

Ces attaques confirment que « la Libye continue d’être une source de déstablisation pour les pays du Sahel », a ajouté M. Issoufou qui s’exprimait à l’issue d’une rencontre avec le patron du groupe Areva – un des fers de lance de la Françafrique -, Luc Oursel, dont un employé a été tué et 14 blessés dans l’attentat d’Arlit.

A Agadez, l’attaque a fait 24 morts, et au total, une dizaine de jihadistes ont été tués, selon le dernier bilan de Niamey.

« J’avais déjà prévenu depuis le déclenchement de la crise libyenne (…) qu’il fallait éviter que les solutions après la défaite de Kadhafi soient pires que le mal et j’avais précisé que si l’Etat libyen se somalisait ou tombait entre les mains d’intégristes, la solution serait pire », a-t-il souligné.

« Aujourd’hui la situation est très difficile, les autorités libyennes font le maximum pour la contrôler, mais le fait est là: la Libye continue d’être une source de déstablisation pour les pays du Sahel », a-t-il dit.

Des autorités libyennes dont le pouvoir se limite à quelques quartiers de Tripoli ou Benghazi. Des régions entières, tombées sous la coupe de milices islamistes, véritables armées régionales, – Derah, Zlinten, Misratta … – échappant totalement à leur pouvoir débile.

Selon de nombreux experts – que l’on aurait aimé entendre il y a deux ans -, le Sud libyen est devenu au cours des derniers mois l’un des sanctuaires où se sont reformées les cellules d’Al-Qaïda au Maghreb islamiste (Aqmi) et autres groupes islamistes armés après l’offensive française au Mali. Ils y trouvent relais, arsenaux et sanctuaires, sous la protection de leurs épigones des milices islamistes, issues des katibas djihadistes du CNT. Et jusqu’au sommet de ce qui reste de l’état libyen en voie de somalisation.

Sitôt après les attentats, les autorités nigériennes avaient déjà pointé la Libye voisine: « les kamikazes viennent effectivement de Libye », « un sanctuaire des terroristes », avait ainsi assuré un haut responsable civil de la région d’Agadez.

On se souviendra que la Libye était aussi directement impliquée dans l’attaque terroriste du site gazier de Tigantiroune (In Amenas, Algérie) (1).

LE MAUVAIS SIGNAL DES USA ET DE L’OTAN

Le déclencheur de l’activisme terroriste des djihadistes au Sahel et au Maghreb comme en Europe est en effet la réponse à un signal fort, et extrêmement irresponsable, donné depuis plus de deux ans par les USA et l’OTAN : la collaboration des services spéciaux de l’OTAN, et singulièrement de la CIA, des français et des britanniques, avec des leaders d’Al-Qaida et d’AQMI, sa branche nord-africaine, en Libye, en Syrie et en Algérie.

La vision, exemple emblématique, d’un ancien de Guantanamo, Abdelhakim Belhadj, adoubé par les généraux de l’OTAN, français en tête, comme « gouverneur militaire de Tripoli » en Août 2011 est un mauvais signal donné à tous les djihadistes. Relire les déclarations délirantes des généraux français de l’OTAN lors de la prise de Tripoli en Août 2011…

Le même Abdelhakim Belhadj fut ensuite chargé de mission contre Damas en novembre 2011, à la tête d’une brigade en Syrie, basée en Turquie, et dont les camps d’entrainement étaient précisément organisés en Libye avec la bénédiction du CNT et de ses protecteurs de l’OTAN.

LE PROJET GEOPOLITIQUE DES USA ET LE SCENARIO DU DIABLE

libye,LIBYE LA BOîTE DE PANDORE DE L’OTAN,françafrique,mouammar kadhafi,otan,Luc MICHEL

Les USA, l’OTAN et singulièrement la France payent cash le prix fort pour cette politique aventuriste et irresponsable.

Et ce n’est que le début. Les djihadistes ont le vent en poupe, disposent maintenant de relais forts et de gouvernements favorables en Libye, Egypte, Tunisie et Maroc. Où les Salafistes et les Frères musulmans dominent maintenant la vie politique. Toujours sous la protection de généraux « arabes » protégés des USA et de l’OTAN.

A cela s’ajoutent le pillage des arsenaux libyens par les « katibas » djihadistes du CNT et la vente par les dirigeants corrompus du CNT libyen d’un impressionnant arsenal à AQMI aux début du coup d’état en Libye, en mars-mai 2011 (notamment des ventes de missiles exposées par le CANARD ENCHAINE à Paris, à l’époque).

Sans oublier aussi la Centrafrique, où les occidentaux, pas échaudés apparemment par les désastres libyen et malien, ont rejoué le scénario maudit, le scénario du diable, installant au pouvoir la Séléka et ses islamistes ; via un nouveau CNT (2). On comprend mieux alors le nom du pouvoir « de transition » installé au pouvoir en Centrafrique – et que Paris aurait pu balayer sans problème -, ce CNT inspiré du CNT libyen de Benghazi …

Derrière ce scénario du diable, il y a le projet géopolitique américain, celui des néocons de Bush réactivé par Obama, dit du « Grand Moyen Orient ». Au sens de plus en plus large et où l’Afrique est devenue l’arrière cour de ce « Grand Moyen Orient » remodelé et de sa cible géostratégique, le contrôle de l’Eurasie, clé d’un « XXIe siècle américain ». Dans ce projet la tactique est simple, toujours la même : allier dans un état faible ou fragmenté un pouvoir militaire et des forces islamistes, tous deux gagnés à l’économie libérale (la première caractéristique des Frères musulmans, par exemple, est leur hostilité absolue au Socialisme). Pour arriver cela, il faut évidemment s’allier au diable djihadiste !

LA SCHYZOPHRENIE DES USA ET DE L’OTAN

La politique des USA et de l’OTAN, dont la France des Sarkozy et Hollande – qui a enterré la politique du générale de Gaulle aussi bien au niveau européen qu’arabe – réintégrée dans l’OTAN est le bon élève servile, peut être qualifiée de schizophrénique. Chaque jour de jeunes soldats sont sacrifiés en Afghanistan, en Irak ou au Mali pour combattre des djihadistes. Que par ailleurs on a armés et organisés, comme allié principal, en Libye ou en Syrie. Incohérence ou cynisme …

Schizophrénie qui touche aussi les services spéciaux de l’OTAN. Ainsi les branches Sécurité intérieure des Services français, britanniques ou belges, qui doivent suivre les djihadistes et autres salafistes en Europe, doivent regarder d’un drôle d’œil leurs collègues des branches Action extérieure et du Service Action qui ont encadré et armé les mêmes islamistes en Libye ou le font encore contre la Syrie. En particulier les barbouzes française qui ont organisé les livraisons d’armes aux Brigades de Zenten et de Tripoli en juin 2011, avant de remettre la capitale libyenne à leur chef Abdelhakim Belhadj.

La participation de la France et de nombreux pays de l’OTAN au projet américain dit du « Grand Moyen-Orient », celui de Bush et des Neocons réactivé par Obama, où les Européens se chargent par ailleurs de tâches que même les généraux du Pentagone refusent d’accomplir, à un prix. Celui ci est aujourd’hui élevé. Il le sera encore plus demain !

Les USA, qui ont aidé Ben Laden à organiser Al-Qaida au début des Années 80 en Arabie Saoudite et en Afghanistan contre les Soviétiques, puis les mêmes réseaux en Bosnie au milieu des Années 90 contre la Yougoslavie de Milosevic, connaissent bien ce prix. Washington le paye depuis plus de 15 ans.

Les leçons de l’Histoire semblent ne jamais être comprises des politiciens occidentaux.

En Libye, l’Occident – USA, NATO, Françafrique -, en détruisant la Jamahiriya de Kadhafi, facteur de stabilité, de paix et de sécurité, amie de la Grande-Europe, a ouvert sa boîte de Pandore. Il va le payer longtemps et jusqu’au cœur des capitales de l’UE …

Avec AFP – France 24 – PCN-SPO – ELAC Website / 2013 05 25 /


Luc MICHEL


http://www.lucmichel.net/2013/05/25/elac-alac-committees-libye-la-boite-de-pandore-de-lotan/

https://www.facebook.com/notes/elac-committees/-elac-alac-committees-libye-la-bo%C3%AEte-de-pandore-de-lotan/315731048556824

___________________

(1) Cfr. ELAC & ALAC Committees / LA LIBYE DU CNT MADE IN NATO IMPLIQUEE DANS L’ATTAQUE D’IN AMENAS EN ALGERIE !

sur:

http://www.elac-committees.org/2013/02/18/elac-alac-committees-la-libye-du-cnt-made-in-nato-impliquee-dans-l%e2%80%99attaque-d%e2%80%99in-amenas-en-algerie/

(2) Cfr. Luc MICHEL, SELEKA ET CRISE EN CENTRAFRIQUE: LE DESSOUS DES CARTES

sur:

http://www.eode.org/eode-think-tank-geopolitique-seleka-et-crise-en-centrafrique-le-dessous-des-cartes/

__________________

Photo: Dessin de Chapatte pour Le Temps.

Le sénateur américain John McCain, en visite dans le bastion du CNT à Benghazi en mai 2011. « USA you have a new ally » (sic).

libye,libye la boîte de pandore de l’otan,françafrique,mouammar kadhafi,otan,luc michel


Source: TSIMOKI GASIKARA

samedi, 25 mai 2013

LA DEFAITE IMPERIALE EN SYRIE ET LA NAISSANCE D'UN MONDE BIPOLAIRE

 

syrie,la défaite impériale en syrie et la naissance d’un monde bipolai,mohamed bouhamidi

 
Par petites touches et sur le terrain, se dévoile la réalité des discussions entre Poutine, Lavrov et Kerry. Malgré son apparence de gag ou d’euphorie inopinée, l’idée de Hollande d’expliquer à  Poutine où se trouvent les intérêts de la Russie, participe à ce dévoilement : l’accord russo-américain a surpris le pouvoir français. De nombreuses analyses, sur les sites alternatifs, démontraient pourtant une nette répugnance de l’exécutif américain à intervenir directement dans la guerre faite à la Syrie. L’option américaine, depuis l’arrivée d’Obama, d’une « stratégie par l’arrière » comme l’a exposée Hillary Clinton dans l’agression de la Libye n’était pas une option intermittente  mais une nécessité des buts assignés à Obama par le système après les dégâts considérables financiers et de communication ou d’image de la guerre de démolition de l’Irak et d’occupation de l’Afghanistan.  Cette « stratégie par l’arrière » ne signifiait  pas l’absence US ni du théâtre d’opération ni de la direction des opérations. Sans la destruction des défenses aériennes  libyennes et sans la fourniture des bombes et munitions US les avions anglais et français n’auraient pu mener leurs attaques avec autant de facilité.
 
L’annonce d’une conférence Genève II sur la Syrie a d’abord porté ce premier message que les USA avaient décidé quelque chose avec les Russes sans  prévenir personne. Beaucoup d’observateurs et d’analystes attiraient l’attention que la ligne de résistance qui s’organisait autour de la Syrie à la politique d’agression US signifiait la fin du monde unipolaire issu de la fin de l’URSS et de la chute du mur de Berlin. Bien sûr la presse aux ordres continuait à expliquer le véto russo-chinois par le ressentiment et le désir de vengeance.  La presse des oligarques n’a pas pour mission d’ouvrir les yeux des opinions publiques mais de droguer leurs cerveaux. Il n’était pas dit, cependant, que la fin pressenti de ce monde unipolaire allait déboucher aussi brutalement  sur un monde bipolaire. L’accord Russo-américain sur la Syrie n’est pas un nouveau Yalta et n’a pas l’ambition de l’être dans cette forme et en l’état actuel mais il change substantiellement la donne. Il la change tellement que Cameron puis Netanyahou se sont précipités à Sotchi, que Cameron a prolongé le voyage vers Washington suivi d’Erdogan et que Hollande a mis ses conditions à l’application de l’entente :  Genève II doit enregistrer la reddition honteuse d’El Assad ou ne sera pas et hors de question d’enregistrer la présence de l’Iran. On pourrait en rire si cette dénégation de la réalité n’était aussi triste pour le pays France.
 
Pourtant quelques heures après les discussions, Kerry confirmait la demande américaine de départ d’El Assad... de façon un peu vague, sans mettre de calendrier et surtout sans en faire une condition de Genève II.  Obama récidive en recevant Erdogan. Quel élément a échappé à Hollande qui a réagi comme le partenaire trahi, le partenaire qu’on a poussé devant pour le lâcher au milieu des flots ? Qu’est-ce qu’Obama a expliqué à Erdogan pour que ce dernier continue à exiger le départ du président syrien en oubliant les armes chimiques pièce essentielle pour une éventuelle intervention US ? Qu’est-ce que Netanyahu a compris pour oublier ces mêmes armes chimiques mais continuer à menacer ?
 
Il semble bien que Poutine, Kerry et Lavrov se sont entendus pour cerner la crise syrienne dans ses dimensions régionales et exclure par cet accord toute extension vers une crise mondiale. Il n’y aura donc pas d’implication américaine directe et par conséquent, pas d’intervention de l’OTAN. L’accord prend acte, par contre, de la dimension régionale.  Israël, Turquie, Arabie Saoudite, pourront continuer à agir contre l’état syrien et soutenir la subversion rebelle. L’Iran et le Hezbollah, voire une partie de l’état irakien pourront soutenir la résistance de l’armée et du peuple syriens. Les USA et la Russie pourront évidemment soutenir et coordonner les forces de leurs camps respectifs et poursuivre leurs propres buts mais en s’excluant tout acte pouvant les entraîner comme acteurs directs et donc risquer un conflit mondial. Là dedans la France et l’Angleterre sont évidement hors jeu en dehors de l’action des forces spéciales ou des aides militaires et financières.  
 
Nous sommes entrés dans une phase de bipolarisation par la mise en place d’un dispositif de guerre contrôlée. La conférence « Genève II » sera le cadre ouvert d’une négociation régionale qui accompagnera la guerre sur le terrain jusqu’à ce que cette dernière finisse par convaincre l’un des acteurs de sa défaite. C’est déjà un pas immense des USA vers la reconnaissance de leur statut de puissance cogérante du monde.  Et un pas vers la reconnaissance de leur échec en Syrie.    
 
 
Mohamed Bouhamidi
             
 
In Reporters-Alger, le mardi 21 mai.

vendredi, 24 mai 2013

SYRIE - DE LA DEROUTE IMMINENTE DES FORCES ARABO-OCCIDENTALES A GENEVE II

 

REUNION SUR LA SYRIE A AMAN. JOHN KERRY ET LES PARTICIPANTS.jpg

 

Une lecture politique de ce qui se déroule actuellement en Syrie montre un bouleversement des données, des visions et des objectifs, mais également un effondrement visible des projets et espérances des agresseurs.


Les ballets diplomatiques surtout vers la Russie et les réponses de Poutine et de Lavrov qui ne souffrent d’aucune ambiguïté, ainsi que les déclarations, devenues plutôt sensées, des responsables américains - par leurs références à la réalité et à la légalité, quoique encore équivoques, sûrement pour ne pas contrarier ses alliés en inquiétude - montrent que pour l’Amérique la limite est atteinte sans percevoir le minimum de ce qui est planifié, comme résultat sur la Syrie, se réaliser.

SERGUEI LAVROV.jpeg

Deux années de guerre contre un peuple, son armée, ses institutions et son histoire sans l’apparition ne serait-ce qu’une faille significative dans l’édifice syrien ; deux années de destruction des infrastructures de toutes natures sans voir la déliquescence prévue malgré les dizaines de milliards de dollars «investis» dans un contexte de récession ou de faillite des économies occidentales sachant que les bailleurs sont de riches monarchies arabes sous tutelle américaine. La volonté d’exister, la détermination et la patience des syriens ont eu raison sur l’agresseur, ses ruses et son aliénation.

En arriver à mobiliser des groupes terroristes intégristes disséminés à travers le monde, surtout musulmans, que l’on traquait hier, pour en faire aujourd’hui, contre de l’argent, des combattants «de la liberté» et «de la justice» sous la fausse bannière de l’Islam, au motif fallacieux du ‘‘Djihad’’, sans résultats probants, ne peut qu’obliger les puissants commanditaires, aussi déraisonnables qu’ils soient, au pragmatisme et au renoncement de cette aventure belliqueuse, onéreuse et sans horizon, qui virait vers une déflagration régionale, voire mondiale !

L’échec de l’aventure semble bien consommé et les cartes jouées au regard surtout des résultats militaires sur le terrain des combats. Depuis l’annonce, par les deux «Grands», les USA et la Russie, d’une conférence «internationale» sur la Syrie, prévue à Genève, qui se veut ultime round pour celer cet encombrant et dangereux dossier, il ne reste plus chez les autres protagonistes, impliqués dans le versement du sang syrien, que de s’aligner malgré leurs murmures, leurs agitations trahissant une profonde désillusion. Quand Moscou et Washington ont décidé que la conférence aura lieu les 14 et 15 juin à Genève, au niveau des ministres et vice-ministres des Affaires étrangères, suivi de Ban Ki-Moon, position que Berlin ‘partage’, les autres seront contraint de suivre, y compris la funeste et félonne «Ligue arabe»que dirige le Qatar.

En effet, dans le cas d’une guerre, toutes les décisions d’ordre politique s’inspirent ou se réfèrent aux résultats sur le terrain des combats; c’est une condition sine qua non. Et ces résultats c’est l’armée syrienne qui les imprime.   Il n’y a que la France, inféodée à Israël, qui dévoile, sans pudeur, son incompétence. C’est précisément au moment où les deux «Grands» envisagent d’y mettre fin, suite à un accord, en y convoquant cette Conférence, pour juste entériner la décision, que la France, honteuse et confuse, se sentant marginalisée, s’incruste pour manifester sa présence par un ‘m’as-tu-vu’ en déclarant, pour la galerie, que «l’Iran ne doit pas participer» tout en reprenant le refrain désuet «Bachar al-Assad doit partir», narguant la Russie qui trouve sa participation essentielle. L’Iran, qui est aussi visé, est lié par un accord de défense mutuel avec la Syrie.

Selon Reuters, Lavrov a haussé le ton ainsi : «La chose principale est que l’Occident veille à la participation à la conférence des groupes d'opposition sans condition préalable et de faire pression pour que les adversaires d'Assad n’exigent pas des choses irréalistes» ajoutant «aucun doute qu'il est obligatoire d'inviter tous les voisins de la Syrie, sans exception. L’Iran, comme vous le savez, est un pays voisin de la Syrie». La France justifie sa position par une tromperie (qui s’appliquerait plutôt sur elle) en claironnant : «Il y a un enjeu de stabilité régionale, on voit mal qu’un pays [l'Iran] qui représente une menace pour cette stabilité participe à cette conférence ».

Prôner la paix en refusant les principaux protagonistes est non seulement insensé, mais motif de disqualification. C’est la France aussi qui soutient et arme les terroristes en Syrie en éloignant la solution. C’est donc la France qui représente une menace à la paix dans cette région, qui lui est étrangère, dont la participation est superflue, voire problématique, par ses accointances douteuses! Elle persiste encore, à reconnaitre un CNS, issu du néant, sans ancrage et sans élection, comme «le seul représentant légitime du peuple syrien». Quel cynisme ! Surprise de taille, au même moment, elle ‘perd’ une de ses colonies, la Polynésie, par un vote de l’assemblée générale de l’ONU qui l’inscrit territoire à décoloniser par une résolution - présentée par trois minuscules pays - affirmant «le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance».

Elle crie maintenant à «l’ingérence flagrante…un détournement des objectifs que les Nations Unies se sont fixées en matière de décolonisation» (rien que ça ?) alors qu’elle ne cesse de s’immiscer dans les affaires des autres peuples, en s’employant à choisir à leur place, tels la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, la Syrie est bien d’autres !

LAURENT FABIUS 3.jpg

Finalement, cela n’arrive pas qu’aux autres. La France se rend compte, à ses dépens, qu’elle ne vaut pas grand-chose sur la scène internationale. Le front ‘Ennosra’ qui constitue le groupe «djihadiste», composé de wahabo-takfiro-sionistes, le plus puissant de Syrie semble en débâcle, selon les derniers développements sur le terrain militaire, sous les coups de boutoir de l’armée syrienne et/ou en s’entre-tuant suite à des conflits intestins et sur le terrain politique en déchéance puisqu’il vient d’être classé désormais, perfidement , par son parrain, groupe «terroriste» après avoir misé sans succès sur lui en lui ‘‘déléguant’’ sa sale besogne par le truchement d’une «opposition syrienne à l’étranger» fragmentée, aux intérêts antinomiques.

Les Américains, qui ne visent que leurs intérêts, y verraient certainement d’un bon œil l’armée syrienne la débarrasser de toute cette racaille au risque de les voir retourner dans leurs pays poursuivre leurs méfaits. Les services européens de sécurité demandent même l’aide des services syriens pour les identifier, d’autant que le ministre allemand de l’Intérieur reconnaît l’existence d’environ 700 terroristes.La Syrie avait, en effet, présenté à l’ONU une liste de terroristes, issues de 28 pays (dont EU et Européens), actifs en Syrie. Ces terroristes ne peuvent être traqués sans une coordination étroite avec, surtout, les services syriens, libanais et iraniens. 

A Al Qseir, dans la banlieue de Homs près de la frontière libanaise et à 15 km de Homs, est considéré point hautement stratégique pour les américano-sionistes - par sa position de carrefour et importante porte d’entrée des groupes armés et des armes venant de l’étranger - pour envahir Damas, est finalement sur le point de tomber entre les mains de l’armée syrienne ainsi que 36 villages situés dans sa banlieue. Toutes les voies d'approvisionnements d' «Ennosra» seraient coupées. Le député libanais, Assam Ghansou, a confié à ‘‘Al Nachra’’ que des dizaines d’officiers français, britanniques, belges, hollandais, qataris auraient été capturés. Ne reste important, selon lui, que la libération de l'aéroport Al Zabgha qui permettra d'annoncer zones sûres les frontières syro-libanaises. La chute d’Al Qseir sera un tournant décisif de la guerre; un coup rude à l’axe wahabo-takfiro-occidentalo-sioniste.

Du coup, le Conseil national syrien appelle  à une réunion urgente de la Ligue arabe pour arrêter cette«tentative de faire disparaître la ville et ses habitants de la carte» suivie de cris d’orfraie des commanditaires dont les EU qui ‘‘condamnent’’ l’assaut de l’armée syrienne pour libérer cette ville. Ce qu’ils autorisent chez eux, ils le dénient à la Syrie. De la fantaisie ?  On parle aussi de «nettoyage» par ratissages, depuis quelques semaines,  des zones et autres banlieues de Damas, d'Idleb, de Lattaquié, d'Alep,  de Deir Ezzor, de  Daraa  et de Hama essentiellement - beaucoup sont déjà sous leur contrôle - où l’on rapporte des centaines de tués par jour parmi les groupes armés composites pour la plupart des mercenaires étrangers et ce, sans possibilités d’être approvisionnés, remplacés ou renforcés.

Un enfer où il ne reste que la mort ou, avec chance, la fuite ou la reddition. Cette dernière, qui est considérée trahison, a pour réponse l’exécution immédiate par les pairs. Cependant, devant la mort certaine, des milliers ont choisi de se rendre. Cette bataille d’Al Qseir précipitera, sans aucun doute la tenue de cette Conférence que les analystes syriens assurent qu’elle sortira avec un résultat en deçà de ce qui est programmé par les autorités syriennes.  Forcément !

REBELLES SYRIENS.jpg

Selon les observateurs, l´armée syrienne, majoritairement sunnite, qui a une doctrine et l’expérience, aidés par les forces de «défense nationale », procède par intelligence, discernement, méthode et patience : informations, étude, stratégie, contre stratégie, tactiques, contre-tactique, offensive contre-offensive contrairement à la horde mercenaire, hétéroclite, indisciplinée, sans conviction, qui répond par les assassinats de civils, le lancement des obus sur les villes, les attaques des concentrations de personnes par des voitures piégées, les destructions des infrastructures économiques, sociales et culturelles, les attentats-suicides, l’éviscération des cadavres, les kidnapping dont des vieillards amnésiques pour les utiliser sûrement comme monnaie d'échange, l’embrigadement des enfants. Ils s’autorisent aussi de décréter le‘‘Djihad sexuel’’ (forme de prostitution), de rendre licite le viol et le vol. Les planificateurs de cette conquête de la Syrie doivent être atteints d’une grave déchéance mentale pour engager et compter sur ces barbares-là ! 

Dans ces situations, la guerre contre la Syrie ne peut que toucher à sa fin, en faveur de la Syrie, au regard de la débandade qui règne dans leurs rangs d’une part et de la fébrilité et l’agitation sur le plan diplomatique qui saisit les États impliqués d’autre part. Cette certitude se vérifie d’abord par les incontestables succès de l’armée syrienne, ensuite par le «coup de grâce» porté suite à l’acquisition récente par la Syrie de moyens de défense redoutables - tels les S300 et les nouveaux missiles de pointe, sol-mer, du type ‘Yakhont’, des antinavires équipés de radars sophistiqués - qui ont ôté tout espoir de poursuivre la guerre encore moins de la gagner ! Le tout pris en tenaille par une armada de navires de guerre russes dont 12, au moins, ont accosté récemment au port Tartus.

Ceci a fait réagir de façon curieuse le général Martin Dempsey, chef de l’état-major interarmes américain, qui estime que cela «risquait d’encourager l’armée régulière syrienne et de prolonger le conflit» (?!). Plutôt mettre fin aux provocations si l’on se réfère à Nick Brown, rédacteur en chef de la revue IHS Jane’s, qui fait autorité en matière de défense, qui affirme que ces missiles sont «difficiles à détecter et encore plus difficiles à abattre…[qu’ils sont] de taille pour tenir les bâtiments de guerre à distance des rivages syriens». L’intention cachée est révélée par d’autres responsables US qui pensent que ces engins«empêchent un blocus maritime de la Syrie et bloquent toutes possibilités de ravitaillement des groupes armés via la mer».

La dissonance, toutefois, vient du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel qui a déclaré que les États-Unis allaient «continuer à discuter avec la Russie» et que les deux pays «ont un intérêt commun à empêcher une guerre régionale potentiellement explosive». Les autres éléments qui ont accéléré les choses vers leurs fins sont notamment le raid israélien qui a eu pour conséquence un effet inverse de celui projeté; une aggravation de la «sécurité» d’Israël par l’ouverture du front du Golan - auquel adhère l’Irak avec l’annonce, par le conseiller de Maliki, Heydar Al Lami, de la création de comités pour la libération de ses hauteurs occupées par les sionistes - la fourniture d’armes plus sophistiquées au redoutable Hezbollah et, enfin, la sortie fortuite de Carla Del Ponte qui a démoli l’argument de l’utilisation, par l’armée syrienne, des armes chimiques qui allait justifier une intervention militaire extérieure.

AMOS YADIN.jpg

C’est les groupes armés, que soutient l’Occident, qui l’ont utilisé affirme-t-elle, sans ambages, après enquête. La dernière menace d’Israël d’user d’un autre raid sur la Syrie a non seulement reçu déjà la mise en garde ferme de la Russie, mais fait réagir l’ex-chef du renseignement sioniste, Amos Yadlin (photo), qui a mis en doute le succès des raids prochains en affirmant que  «cette entreprise ne peut être couronnée…de succès vu les tensions que créerait une telle campagne…et les réactions que le camp d'en face manifesterait» ajoutant que «les S300 sont capables de viser les avions israéliens à des dizaines de kilomètres». Selon ‘Haaretz’, une autorité militaire aurait confié qu’Israël a«sous-estimé la puissance militaire du régime syrien et l'attitude à suivre fait toujours débat au sein de la hiérarchie militaire». Il faut toutefois rester vigilant avec cet Israël connu pour sa vilénie et ses coups tordus! 

On ‘’réfléchit’’ même à un ultime (?) stratagème qui consiste en l’envoi de «Casques bleus» afin, dit-on, de «rassurer certains groupes ethniques» et «aider à stabiliser le pays», alors que ce genre de force ne se déploie qu’en cas d’accord de paix d’une part et lorsqu’il y a conflit entre groupes ethniques d’autre part ; ce qui loin d’être le cas en Syrie contrairement à la propagande de l’Occident ! Et puis, le monde connaît maintenant le rôle des «Casques bleus» de l’ONU…des espions déguisés onusiens pour la plupart ! Rien n’y fera. Tout est fini.

Il n’y aura plus d’hégémonie américaine sur la région ni de supériorité sioniste. Le multilatéralisme est désormais établi. Le couplet monotone rabâché à la nausée «communauté internationale» ne prendra plus, l’attrape-nigaud «Ligue des États arabes» ne piégera et ne trompera plus. Nous verrons que le monde reconnaîtra, l’héroïsme, les sacrifices et la résistance du modeste peuple syrien face à la puissante alliance qui voulait le sacrifier pour l’intérêt et la suprématie.

L’écrivain et philosophe russe, proche de Poutine, Alexander Prokhanov fait cette remarque d’importance«ceux qui ne veulent pas voir l’occupation rampante de la planète par les Américains feraient bien d’observer la Syrie et le rôle qu’y joue l’Occident » ( ‘hebdo.ch’, du 16 mai 2013). 

Terminons par un extrait de l’entretien donné, par Bachar al-Assad, au journal argentin ‘Clarin’ qui nous renseigne sur les principes qu’il ne faudra pas toucher et sur des faits qui battent en brèche les versions tronquées occidentales: «Je ne sais pas si Kerry ou les autres ont reçu un pouvoir du peuple syrien pour parler en son nom, à savoir, qui devrait partir et qui devrait rester. Cela sera déterminé par le peuple syrien par les élections…la présence d’observateurs est une décision nationale».

Sur le terrorisme, il a déclaré «soyons clairs…il y a confusion dans le monde entre la politique et la solution au terrorisme. Ils estiment qu’une conférence politique peut arrêter le terrorisme sur le terrain. C’est irréel».

Sur les armes chimiques et les accusations, il explique ainsi «ces déclarations de nos ennemis…changent tous les jours. Les armes chimiques sont des armes de destruction massive. Ils disent que nous les avons utilisés dans des zones résidentielles. Si je vous dis qu’une bombe nucléaire a été larguée sur la banlieue et qu’il a dix ou vingt personnes victimes, vous allez me croire ? L’utilisation des armes chimiques dans les zones résidentielles signifie…des dizaines de milliers de personnes tuées en quelques minutes. Qui pourrait cacher une telle chose ?».

On comprend, en effet, pourquoi les Américains corrigent l’accusation en disant, maintenant, «en petite dose» à défaut de se renier. Dans peu de temps, il ne restera que les stigmates et les ondes d’une guerre psychomédiatique sans précédent, perfide, mensongère et vengeresse qui nourriront, durablement, plus de haine surtout pour les États compromis dans cette guerre injuste et prédatrice. Une haine, bien sûr envers tous ces pseudos politiciens, ces pseudos journalistes ou chroniqueurs avec leurs médias-mensonges, ces pseudos organisations dites des «droits de l’homme», ces pseudos philanthropes qui font passer ces assassins,  ces gueux, ces lâches, ces ignorants, ces obscurantistes, ces dégénérés pour des vertueux ou de «bons samaritains», des épris de justice, de paix et de liberté.


Djerrad Amar


Source: CAMEROON VOICE

dimanche, 19 mai 2013

CONFERENCE DE MICHEL COLLON: «AVONS-NOUS LE DROIT A LA VERITE?»

DEMOCRATIE A L'ARME LOURDE.jpg


"Avons-nous le droit à la vérité?" est le thème de la conférence qui s'est déroulée le 25 Avril 2013 à l'ISFSC de Bruxelles.

Intervention de Michel Collon sur le rôle des médias dans les guerres "humanitaires", et sur le projet atlantiste USA-OTAN.

A voir absolument, chers lecteurs ! ! !



Conférence de Michel Collon: 1ère partie

 


Conférence de Michel Collon: 2ème partie

mercredi, 15 mai 2013

JEAN-LUC MELENCHON: «IL EST TEMPS POUR NOTRE PAYS D’EXIGER LA LIBERATION SANS CONDITION DE NOTRE COMPATRIOTE MICHEL GBAGBO»

 

JEAN-LUC MELENCHON.jpg


Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, Président du Parti de Gauche et Coprésident du Front de Gauche, dénonce vigoureusement l’interventionnisme militaire de la France qui, sous couvert de défense des droits de l’homme, a installé en Côte d’Ivoire le régime dictatorial d’Alassane Ouattara. Une nouvelle fois, il interpelle le Président François Hollande et le Ministre Laurent Fabius afin qu’ils exigent sans délai la libération du franco-ivoirien Michel Gbagbo détenu arbitrairement depuis deux ans. Le site "Soutien et Liberté".

Malheur aux ivoiriens vaincus

 

Le service après-vente des interventions militaires de nos présidents successifs est un devoir qui dépasse les temporalités médiatiques. Quand la guerre a lieu, l’armée transporte les journalistes et les installe dans des points d’observations choisis par elle. Pendant quelques jours les « reporters » filment librement ce qu’il est prévu de les voir filmer et commentent librement en direct « sur place, depuis le terrain » leurs collègues en plateau à Paris qui leur lisent les dépêches de l’armée et du gouvernement. Jusque-là tout va très bien. En effet il ne saurait être question de laisser de tels énergumènes pourrir une guerre avec leurs inévitables otages ou leurs morts mis en exergue chaque jour au journal de vingt heures. Surtout que sur ces plateaux tournent avec suavité deux ou trois experts directement liés à nos Etats-Majors, revues et colloques savants, qui commentent des cartes du meilleur effet. De cette façon tout se déroule, avec une magnifique précision d’horloge, selon le plan prévu. Premier temps on intervient au nom des droits de l’homme comme le prouvent des images « tournées en caméras cachées au péril de notre vie ». Deuxième temps on commente les droits de l’homme bafoués avant notre glorieuse présence vu qu’il n’y a plus rien à montrer en image car les zones de combat sont interdites d’accès. Troisième temps la guerre est finie, les droits de l’homme sont rétablis, la population sort les drapeaux français tout neufs qu’elle cousait en cachette depuis des semaines. Les télés rentrent à la maison, les commentaires s’interrompent car le sujet est vite épuisé (surtout dans le désert où il n’y a vraiment personne). Depuis peu il y a une nouvelle séquence imposée : la visite sur place du président très bon très grand qui vient écumer la joie du peuple libéré. « Merci la France » « Sarkozy ! Sarkozy ! » à Benghazi. « Merci papa Hollande » à Tombouctou. Les sceptiques reçoivent le coup de grâce. Quoi qu’il en soit, quatrième temps, la guerre continue. Peu importe qu’elle continue. Le cirque est parti, le spectacle a lieu ailleurs. Les droits de l’homme retournent donc au présentoir de la bonne conscience, entre la tête de buffle empaillé et le portrait du Dalaï Lama. A partir de cet instant on ne peut revenir sur la scène de ces exploits guerriers qu’avec un masque et des gants, car il s’agira de fouiller dans la charogne.

En Côte d’Ivoire, comme hier au Kosovo, comme à présent en Lybie et très bientôt, c’est certain, au Mali et en Syrie, nos chers alliés politiques « amis des droits de l’homme » que nous sommes venus secourir s’avèrent être « à la longue », c’est-à-dire hors de la quinzaine pendant laquelle les médias montrent quelque chose, d’odieux pourris et parfois même des criminels notoires. Voyez comment les prétendus « combattants de la liberté » du Kosovo trafiquaient les organes des prisonniers serbes qu’ils prélevaient pour les revendre. Motus. Le serbe était le méchant du film. Puis ils menacèrent de mort la présidente du Tribunal Pénal International. Silence : aucun d’entre eux ne sera donc jugé. En Lybie et en Syrie aujourd’hui les « insurgés » combattent un despote avec des méthodes aussi répugnantes que les siennes et parfois même pire. C’est ce que vient de montrer le recours aux armes chimiques par les « rebelles » en Syrie. Etrange : la femme qui le révèle pour l’ONU est celle qui a été menacée déjà pour le Kosovo. Encore elle ! Heureusement, les nord-américains sont là pour révéler qu’ils disposent de preuves solides montrant que le despote a usé de ces armes chimiques. Et patati et patata. La vie, quoi. Je ne crois pas surprendre beaucoup de mes lecteurs en écrivant tout cela. Je les invite pourtant à suivre avec attention ce qui leur est dit sur ces sujets quand ils en entendent parler. Car il nous faut tous tirer parti de chacun de ces épisodes. C’est nécessaire pour améliorer notre compréhension du monde et pour éduquer nos réflexes face à la machine de propagande quand elle se met en mouvement. Sinon comment assumer notre dignité de citoyens ? Nous devons exercer en esprit libre nos pouvoirs de discernement. Il est essentiel, là encore de prendre d’abord conscience du rôle d’illusionnistes (souvent distrayants, j’en conviens) des médias officialistes.

En Côte d’Ivoire, des criminels de toutes sortes, massacreurs de civils, tortureurs de prisonniers civils, bourreurs d’urnes patentés, occupent dorénavant les postes clefs du régime « ami des droits de l’homme » que Nicolas Sarkozy a installé au pouvoir. Un rapport de l’ONU, non commenté aux journaux de 20 heures français pourtant tellement actifs dans le service de vente directe de la belle guerre de Côte d’Ivoire note : « D'anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire. Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sous le coup de sanctions de l'ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias ì Wattao), Hervé Touré (alias ì Vetcho ), Koné Zakaria et Chérif Ousmane ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d'importantes quantités d'armes (et de matériel connexe) entre leurs mains. » Ces gens sont impliqués dans des crimes dont le récit vous fait dresser les cheveux sur la tête. Qui cela va-t-il empêcher de dormir ici, au pays des droits de l’homme qui n’hésite pas à s’engager militairement pour défendre nos principes ? Personne ! Et sûrement pas François Hollande. Il a confirmé la marionnette présidentielle Alassane Ouattara qui est venue lui faire acte d’allégeance à domicile. J’ai alors demandé si ce noble guerrier se souvenait de notre compatriote Michel Gbagbo détenu dans des conditions infra humaines par les vainqueurs qui l’ont d’abord copieusement tabassé. Michel Gbagbo est citoyen français. Il a été détenu sans jugement ni même inculpation pendant des mois. Puis il a été détenu dans des conditions qui l’ont amené aux portes de la mort. Il ne faisait pas de politique. J’ai interpellé le gouvernement. Personne ne m’a répondu. Il faut quand même dire, sans doute, que s’appeler Gbagbo et être le fils de son père, même si on n’a pas d’activité politique n’est pas bien malin. Fabius qui a eu ses petites entrées auprès de Laurent Gbagbo du temps où il était puissant devrait pouvoir s’en émouvoir. Non. Dans la mesure où l’ennemi est vaincu, les vainqueurs ont tous les droits. Notamment celui de martyriser les vaincus. Bien sûr cela se fait en toute bonne conscience au nom des droits de l’homme qui ont été méprisés par les vaincus, cela va de soi.

« Vae victis » dit l’adage des romains, malheur aux vaincus. Tout est alors permis contre eux. Je ne veux pas gâcher vos rêves avec des cauchemars venus de Côte d’Ivoire. Mais le sort réservé aux six cent soixante dix membres du Front Populaire Ivoirien détenus par les officiels actuels pourraient vous faire très peur. Passons sur celui réservé à madame Simone Gbagbo qui vient d’être enlevée de l’hôpital où il avait bien fallu la conduire. Battue en public sous les yeux des caméras par des soudards, elle est pourtant réclamée par le tribunal pénal international. Sa défense ne sait rien d’elle. Elle est vivante et martyrisée. Qui s’en soucie à Paris parmi ceux qui dînaient avec elle du temps où elle était la « première dame » ? Moi, je n’ai jamais dîné avec les Gbagbo du temps où ils étaient puissants. Ils ne m’ont ni reçu, ni invité. J’étais à la gauche du PS et de l’Internationale socialiste. Mais je sentais le souffre pour eux. Ils recevaient Henri Emmanuelli, et d’autres beaucoup moins à gauche. Au bureau national du PS des gens comme le renégat Eric Besson réclamaient des sanctions contre les Gbagbo sans beaucoup de succès car nombreux étaient ceux qui regardaient la pointe de leurs chaussures. Ils ont fini par applaudir l’intervention militaire de Nicolas Sarkozy. Tous sont devenus muets depuis. Défendre leurs droits humains aujourd’hui ajoute aux croix qu’il me faut porter devant la meute. Mais pourtant je le fais. Quand je vois un « ministre de la justice et des droits de l’homme » refuser l’accès de tout avocat auprès de mon compatriote Michel Gbagbo, je me souviens que lui et son ministère ne seraient rien ni personne sans l’accord de François Hollande. Quand Simone Gbagbo est enlevée de son hôpital à la faveur d’une anesthésie générale et interdite de contact avec ses conseils, je suis juste soulevé de dégoût par la lâcheté de ceux qui autorisent ces exactions à Paris. Et je ne voudrais pas que les ivoiriens croient que « c’est ça la France ». Et je ne voudrais pas qu’ils montrent mon pays du doigt. Exactement comme moi, je ne crois pas que Alassane Ouattara, ce soit la Côte d’Ivoire et je ne montre pas le pays du doigt à cause des bourreaux des milices nordistes.    

Il y a eu des élections municipales il y a trois semaines en Côte d’Ivoire. Evidemment, vu la situation, le Front Populaire Ivoirien et ses alliées ont appelé au boycott. Selon eux, la participation a été de 15%. Le président « élu », Alassane Ouattara dit qu’elle a été de… 30%. Pas de quoi pavoiser ! Mais selon les observateurs internationaux ce serait 20%. Rien qui évoque la joie et la mobilisation d’un pays « libéré ». Cette très faible participation, due au boycott et à la lassitude générale de la population, montre au contraire un pays prostré et abusé. Et dans ce naufrage, le parti d’Alassane Ouattara a subi une sévère débâcle. A peine 20% des nouveaux maires sont issus de ses rangs et ils viennent des régions déjà sous contrôle de ses milices partisanes sécessionnistes sous l’ère légale de Laurent Gbagbo. La moitié des nouveaux maires sont des « indépendants ». 30% environ sont issus du très ancien parti présidentiel des lendemains de la décolonisation, le PDCI ! Sur le terrain de nombreux incidents ont eu lieu entre les deux partis. Là encore pas de trace du « pays libéré », juste une exaspération généralisée et une tension rappelant à tous les conditions politiques qui prévalaient à la veille de l’intervention militaire française.

Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, a officiellement invité François Hollande à se rendre dans son pays. Peut-être qu’il ira. Je ne sais pas. Mais je sais qu’il est temps pour notre pays d’exiger la libération sans condition de notre compatriote Michel Gbagbo. Juste parce que c’est notre compatriote et que nous ne devons pas accepter que son nom soit un motif de persécution. C’est pourquoi je prends le temps d’écrire ces lignes pour rappeler que le retour à un état de droit qui avait été promis passe nécessairement par le respect des droits attachés à la personne de tous les prisonniers politiques ! Et enfin j’affirme que le renvoi devant les tribunaux des personnes proches de Monsieur Ouattara suspectées d’avoir commis de graves crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire est une urgence centrale dans un contexte où nos armes sont intervenues sous le prétexte de la restauration des droits de l’homme. Je sais très bien que ce n’était pas vraiment le sujet. Mais ce pourrait être une opportunité. Même après coup.

Je ne veux pas finir ce chapitre sans revenir aux questions de couverture médiatique de nos guerres. Tout le monde ne se contente pas d’occuper avec sérieux son rôle de marionnette. Quelques courageux vont pourtant plus loin, sans la laisse ni la gamelle fournie par le service de communication des armées en campagne. Mais le temps qu’ils arrivent là où les choses se passent, le temps qu’ils recoupent leurs informations, bref le temps qu’ils fassent le travail de journaliste, la guerre officielle est finie. Ils n’accèdent donc plus à l’antenne. Ou alors seulement pour le magazine spécialisé qui diffusent leur travail entre deux reportages voyeuristes sur la prostitution aux îles Boudijis et le trafic des escargots en voie de disparition en république centre Afroucha. Ceux-là se font tuer aussi parfois. Leur mort, n’est pas filmée. Mais elle sert de prétexte à d’émouvantes auto-célébrations de la corporation par des hommes et des femmes troncs qui ne quittent jamais leurs studios bien chauffés. Leurs images, leurs lignes sont tout ce qu’il nous reste de la part de vérité qu’ils ont pu capter. Mais comme ce sont des parts de vérité, il faut pour en disposer aller les chercher soi-même. Mais peut-être est-ce un devoir à leur égard aussi.


Jean-Luc Mélenchon


Source: Le blog de Jean-Luc Mélenchon

mercredi, 08 mai 2013

AGRESSION DE DAMAS PAR L’AVIATION ISRAELIENNE: LE LEURRE ISRAELIEN DES PLANS D’OBAMA

 

ATTAQUE ISRAELIENNE EN SYRIE.jpg

 

Trois jours après l’agression de Damas par l’aviation israélienne, nous connaissons la plus grande part de sa réalité, au-delà et en dépit de l’habillage israélien et des mensonges américains.


Notons au passage que les USA, l’Angleterre ou la France sont passés de la ligne rouge, que serait l’usage des armes chimiques, à une ligne rouge aléatoire, que pourrait être d’invérifiables livraisons d’armes au Hezbollah. Cela nous rappelle la triste époque quand Mahmoud Abbas condamnait la résistance parce qu’elle donnait des prétextes à Israël. Ni Israël, ni les USA ou la France ou l’Angleterre n’ont besoin de prétextes. Ils les inventent en fonction de leurs besoins. Ils le prouvent une fois de plus. Obama et Hague viennent de rappeler le meilleur d’entre eux : le droit d’Israël à l’autodéfense. Contre tout ce qui lui semble représenter une menace, y compris la marine algérienne, qu’il a montrée du doigt et du canon dès 2008, avec la complaisance que vous devinez de la part des intermédiaires US chargés accessoirement d’en informer les Algériens et plus essentiellement d’en prendre prétexte pour s’arroger le droit de nous questionner sur nos options de défense.

Car si ses parrains fondateurs lui donnent le droit à se créer tous les prétextes, Israël est d’abord un excellent prétexte et un leurre idéal de leurs propres politiques. Nous savons aujourd’hui que le bombardement israélien ne visait aucune arme destinée au Hezbollah, mais des positions de défense autour de la capitale syrienne. Certaines sources parlent d’une quarantaine d’objectifs, d’autres les évaluent à plus d’une dizaine, dont deux emplacements des unités d’élite de la Garde républicaine. Les médias arabes embarqués dans cette guerre contre la Syrie ont pu diffuser très vite des images très nettes, donc professionnelles, des explosions, ce qui implique une coordination avec des opérateurs au sol. La coordination concernait également les rebelles syriens qui ont mené une nouvelle offensive contre les lignes de défense de la ville, qu’ils auraient dû franchir avec aisance suite aux dégâts militaires et psychologiques provoqués par la puissance des bombardements. Un colonel syrien a parlé d’une impression de séisme. Cette description laisse penser que des missiles sol-sol ont été utilisés, car seuls capables de produire cet effet.

Bien sûr, la violence et la puissance de ces moyens militaires auraient dû créer, selon un expert syrien, une grande panique chez les civils, qui aurait achevé de désorganiser les lignes de l’Armée arabe syrienne. Bref, Israël a participé directement à la sixième offensive rebelle contre Damas. Israël vient de faire le sale boulot pour les Américains et de nous dévoiler, par cette sous-traitance, quelques secrets du récent voyage d’Obama dans la région. La presse israélienne, dans une première et hâtive évaluation, a souligné combien la réconciliation avec la Turquie a été un facteur « facilitant » pour cette agression. Entendez aussi pour les futures. La visite de Chuck Haguel qui a suivi a dû « faciliter » le pack de dix milliards de dollars d’armement destiné à Israël, au Qatar et à l’Arabie Saoudite. L’association médiatique de ces pays prend tout son sens maintenant que nous devinons qui a payé le prix des missiles qui ont servi contre Damas.

syrie,états-unis,israël,attaque israélienne en syrie,agression de damas par l’aviation israélienne : le leurre israél

Turquie, Qatar, Arabie Saoudite, Jordanie, que les médias « mouillaient » par des « scoops » répétés dans une alliance secrète ou ouverte avec Israël, devaient donner une « caution musulmane et arabe » à la participation directe d’Israël dans la guerre faite à la Syrie, dans l’impossibilité pour les USA, la France et l’Angleterre d’envoyer leurs propres troupes. L’échec de cette attaque se retournera contre ses organisateurs. Les plans de démolition de la Syrie, comme de tout Etat-nation, doit se réaliser vite et sous couverture de « révolution » interne. Plus l’opération s’allonge et plus ses véritables acteurs apparaissent. Deux ans après le début de la démolition, force est de constater l’échec de la «chute imminente» d’Al Assad, de la mise en place des couloirs humanitaires, de la zone d’exclusion aérienne, des zones tampons réservées aux réfugiés, des zones sous «gouvernement» rebelle, de l’action psychologique pour faire changer d’avis à Poutine, de l’échec des désertions et des défections,... Bref, force est de constater l’échec de tous les plans initiaux.

L’échec de l’attaque d’Israël vient de mettre fin à l’illusion américaine d’une victoire sans engagement de sa part. Pour espérer un succès, Obama devra obliger Israël et la Turquie à faire la guerre pour son compte ou se résigner à l’idée de défaite. C’est à Poutine de l’aider à amortir le choc, car l’Hybris des décadents est une terrible conseillère.

 

Mohamed Bouhamidi, le mercredi 08 Mai 2013.

 

Source: REPORTERS.DZ

vendredi, 22 mars 2013

LES PROBLEMES POSES A L’AFRIQUE ET L’HUMANITE PAR LA CARNAVALISATION DE GBAGBO VIA LA PLOUTOCRATIE TOTALITAIRE OCCIDENTALE (PTO)


 

afrique,côte d'ivoire,cameroun,les problèmes posés à l’afrique et l’humanité,la carnavalisation de gbagbo via la ploutocratie totalitaire occ,batouri ngoffi

 

Excellent article, engagé (c’est peu dire) et éveilleur de conscience, de l’illustre intellectuel camerounais Batouri Ngoffi. C’est exactement ce que nous attendons des intellectuels africains: être de vrais chevaliers de la liberté pour l’Afrique et non les piètres sous-fiffres de l’Occident travestis en panafricanistes qui s’offrent piteusement à nos regards médusés. Il faut absolument prendre le temps de le lire! Fernand Dindé.

 

Le Jeudi 28 février 2013 s’est clos, à La Haye aux Pays Bas, l’audience d’infirmation ou de confirmation de charges contre le Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO. Petite précision importante: quand je parle de la République de Côte d’Ivoire, il s’agit de cette Nation humaine, Insoumise et fière de défendre sa Liberté, sa Dignité et son Humanité bafouées, humiliées et violées par la Ploutocratie Totalitaire Occidentale (PTO) depuis le 19 septembre 2002.

J’ai suivi avec un très grand intérêt cette mise en scène anthropophagique où l’Inquisition représentée par la terminologie « le procureur » a montré l’imposture éthique et morale de l’organisation dont il est un valet. L’organisation en question n’est pas la CPI. Cette dernière, depuis le « procès » de Nuremberg, s’est révélée être, dans les faits et la réalité, un instrument de domination comme une arme à feu est l’instrument dont se sert toute crapule pour délester sa victime de tous ses biens. L’objectif de la violence envers autrui est le vol. Cette mise en scène pose des questionnements de type philosophique et politique qui ne peuvent manquer d’interpeller l’Intelligence et la Conscience universelle. Mon propos va donc porter sur une brève analyse de ceux-ci.

Mais avant de présenter ces questions philosophiques que je me propose d’analyser, permettez-moi de revenir sur la notion d’Inquisition utilisée pour qualifier la CPI.

Qu’est-ce que l’Inquisition? Existe-il une filiation entre l’inquisiteur et le « procureur » de la CPI?

La Cour de Prédation et d’Injustice que la propagande totalitaire vend comme une organisation au service du droit est en réalité une organisation criminogène. Elle est congénitalement incapable de dire et de garantir le droit et la justice internationaux, de même que l’Onu dont elle en est une émanation, n’a jamais milité pour et ne peut garantir (ce droit et cette justice internationaux, Ndlr). Qu’il soit clair: il n’existe pas à ce jour, une Institution de forge impérialiste qui défende et promeuve la Justice et le respect du Droit dans le monde. Tant que l’impérialisme existera, il ne peut y avoir droit et justice. L’ONU et tout ce qui est appelé institution internationale sont des promoteurs et défenseurs de l’ordre désordonné impérialiste. Il ne peut en être autrement car derrière toute création existe un objectif politique: dans le cas de l’ONU et de la CPI, l’objectif est de garantir un ordre injuste qui assurerait l’hégémonie politique, économique, culturelle, philosophique et sociale de la ploutocratie totalitaire occidentale sur les peuples.

Créée à partir de 1191, l’Inquisition, cette institution prescripteur de la « Vérité », a, connu plusieurs formes qui ont eu toutes en commun pour ambition de détruire physiquement toute source de production du sens qui avait le courage et la puissance mentale de démystifier le dogme. Dogme s’entend au sens de toute expression qui a le courage d’aller dans le sens contraire des intérêts des faibles du moment. Est faible, toute organisation, structure, entité ou État qui postule que son être au monde n’est possible qu’avec la souffrance des autres. Ses seules armes sont: mensonges, violence, agression et utilisation des armes de destruction massive (médias, cinéma, littérature, science, armes létales et non létales) pour imposer la misère et l’obscurantisme à ses nationaux et aux autres nations. On est donc dans l’erreur quand on utilise des superlatifs forts, puissants pour les qualifier.

Existe-t-il une filiation entre le procureur de la CPI et l’inquisiteur de l’Inquisition? Personne ne peut contester que la cabale inquisitoriale contre Laurent GBAGBO, Homme devenu Vérité et Dignité, n’est autre chose que la lutte entre Obscurantisme et la Vérité. Toute la procédure, jusqu’aux « débats » obéit point par point, aux différentes étapes de la procédure inquisitoriale. Avec la carnavalisation de GBAGBO, le monde entier s’est très vite rendu compte que la justice ploutocratique totalitaire occidentale est dans la diffamation, des supputations et non dans la présentation des faits. L’expression « affaire procureur contre Laurent GBAGBO » est en réalité le procès de la PTO représentée par la France colonialiste contre GBAGBO.

Quelle est la mission géostratégique de la CPI dans le monde? Quel est son rôle dans la carnavalisation orchestrée du président de la république de Côte d’Ivoire Laurent GBAGBO?

Je ne vais pas revenir sur une analyse détaillée de la mission géostratégique de cette organisation qui n’est que le bras armé de la PTO. La PTO veut faire croire aux crédules de bonne foi que c’est le président GBAGBO qui serait responsable des massacres que l’armée française et l’ONU commettent en Côte d’Ivoire depuis le 24 décembre 1999. Ce faisant, ces entités cannibalistes  veulent réécrire l’Histoire en cachant leurs crimes. Ici, on est dans l’inversion des valeurs. La victime devient le bourreau et le bourreau, la victime.

Ces petites précisions étant évacuées, passons à l’objet de notre réflexion.

Quels problèmes philosophiques, éthiques et politiques la carnavalisation de GBAGBO par la PTO met-elle en lumière? Cette carnavalisation pose le problème philosophique et éthique de la distorsion inversion des valeurs, de l’érection du vice en vertu.  Le problème philosophique du droit, du droit international et celui de la justice en tant qu’instrument d’humanisation. C’est aussi le problème philosophique du Mal et du Mensonge. Il met aussi en lumière la question de la liberté (lisible à travers la misère intellectuelle et psychologique des politiques et lettrés africains formatés par l’idéologie ploutocratique totalitaire). C’est, d’un point de vue philosophique,  pour le mouvement de libération de l’Afrique et pour tous ceux qui croient en l’humanité, le problème du procès de la morale immorale qui structure le libéralisme économique occidental.

Au point de vue politique, c’est la question du rôle social des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples et du rôle politique des médias autoproclamés africains qui se revendiquent de la Résistance à l’ordre totalitaire ploutocratique. C’est la question du rôle et de la mission politiques et philosophiques des lettrés africains. Se pose aussi la question de l’autodéfense intellectuelle que nous allons étudier à travers le langage que les médias et les Résistances africains utilisent dans la lutte contre le totalitarisme du marché. Pour finir, je présenterai les conclusions que l’Afrique doit tirer si elle veut sortir de l’exclusion où la PTO la maintient depuis plus de six siècles. 

A- Les occidentaux n’aiment pas le droit international

Dans une interview accordée au B.I. Infos n° 185 de mars 2013, le journaliste Jean-Loup Izambert, revenant sur le contenu de son dernier livre publié aux éditions 20 Cœurs, Crimes sans châtiment. «Les noires complicités de la France», où il cite le grand intellectuel camerounais Pougala, et qui dit des ploutocrates totalitaires occidentaux:

«Qu’ils déclenchent des conflits en bafouant la souveraineté des peuples, en piétinant la Charte des Nations unies, ses résolutions comme les conventions internationales. [Que] les guerres ouvertes contre la Libye puis contre la République arabe syrienne font suite à celles déjà enclenchées dans des conditions similaires contre l’Afghanistan, l’Irak, la République fédérative de Yougoslavie et plusieurs pays d’Afrique dont la Côte-d’Ivoire ou le Mali.

[Que] Elles (les guerres en question) témoignent de la volonté des dirigeants des mêmes pays occidentaux – USA, Angleterre et France en principal – de passer outre le droit international pour piller les richesses des peuples, contrôler les grands axes de communication qu’ils jalonnent et y installer des régimes militaro-financiers. [Qu’]Ils bénéficient dans ces nouvelles guerres coloniales du soutien peu flatteur des dictatures pétro-religieuses du golfe Persique et de l’intervention du Fonds monétaire international.

[Que] L’embargo contre la République islamique d’Iran afin d’empêcher son développement et d’y provoquer des troubles en est un autre exemple. [Que] Ces crimes sont prémédités, planifiés, discutés entre princes et sont le fait des mêmes États, tous membres de l’OTAN.»

Le slogan «les droits de l’homme» n’est en réalité qu’une imposture dont se servent les nazis occidentaux pour voler, piller et massacrer les peuples qui refusent de se laisser spolier. C’est qui a été observé depuis décembre 1993 en Côte d’Ivoire.

B- La CPI peut-elle être une instance de justice?

afrique,côte d'ivoire,cameroun,les problèmes posés à l’afrique et l’humanité,la carnavalisation de gbagbo via la ploutocratie totalitaire occ,batouri ngoffi

Pour répondre à cette question, j’invite les uns et les autres à se poser la question de savoir pourquoi les plus grands criminels (Bush père et fils, Obama, Blair, Sarkozy, Hollande, Ban Ki moon, Netanyaou, Pinochet, Chirac, Cameron, Ocampo, Koffi Annan) n’ont jamais été inquiétés depuis la création de ce monstre. Moreno Ocampo (je recommande de lire le livre-enquête que lui a consacré Charles Onana), ex inquisiteur, n’a-t-il pas reconnu implicitement, lors d’une interview à la chaîne impérialiste qatarie «Al jazeera» que la Cpi était une organisation chargée de garantir l’hégémonie de la PTO?

Pour être plus précis, de quel problème philosophique et politique la Cpi serait-elle la solution? Il s’agirait, selon la propagande totalitaire, d’un dispositif chargé de défendre le droit international et de garantir la paix. Sauf que, le totalitarisme a une conception très curieuse du droit international qui se réduit à une licence d’exterminer donnée aux banques, assurances et autres cartels financiers et mafieux de s’accaparer ce que bon lui semble où il le veut et quand il le veut. Lorsqu’on regarde l’historiographie de cet instrument du maintien de l’ordre injuste, on est frappé de constater qu’il a toujours été le fait des faibles. Est faible toute organisation qui utilise tous les moyens pour empêcher son «adversaire» de se préparer pour lui faire face.   

Comme l’a dit le président GBAGBO, dans sa magistrale leçon sur la Vérité, la démocratie et le droit du 28 février devant la cour, «en suivant les débats», tous ceux qui ont une science de l’historiographie de l’occupation de la Côte d’Ivoire par la France se sont «trouvé tellement éloignés de la Côte d’ivoire». 

En écoutant l’égrainage du DCC (Document de Confirmation de Charges), on se pose la question de savoir de quoi doit se nourrir la Justice?

Tel est le sens de la question que GBAGBO posa à la conscience des «juges». Si on veut dire la Justice comme le prétend la Cpi, pourquoi, pas une seule fois, les faits n’ont été convoqués par la « procureure »pour assoir son narratif?

Pourquoi, ne serait-ce que «pour fluidifier son raisonnement», ni la «procureure», ni la «représentante légale des victimes», ni les «juges» n’ont posé de question  au président GBAGBO afin d’obtenir «des informations» qu’ils auraient pu vérifier par la suite? Par ce non respect du b a bas de toute procédure judiciaire, la Cpi a convaincu ceux qui croyaient encore naïvement à la propagande qu’elle n’est nullement une cour de justice; mais bien un instrument au service du Mal. Autrement dit, comment expliquer que pas qu’une seule fois, dans le DCC, il n’est été question de la seule question qui vaille et que le président GBAGBO a rappelé aux «juges»: qui a gagné les élections présidentielles de 2010 en République de Côte d’Ivoire? Comment la «justice moderne» peut-elle vouloir juger des conséquences sans se préoccuper des causes de celles-ci? Seule la recherche de la réponse à cette question aurait suffit à situer les responsabilités.

Non, on ne peut juger de quelque chose sans en connaître les causes. C’est comme si on demandait à un médecin de soigner une maladie en ignorant les causes de celle-ci. Juger signifie évaluer, émettre un jugement de valeur sur quelque chose. 

Sur la question de la légitimité du jugement, Me ALTIT a répondu clairement qu’un jugement n’est légitime que si on prend le réel dans son ensemble. Porter des jugements sur des parties inexistantes d’un puzzle, n’est nullement parler du puzzle ni même le juger. La partie inexistante ne peut rendre compte d’un ensemble ayant réellement existé. C’est à cette castration intellectuelle, à cette imposture éthique et psychologique que la PTO veut soumettre le monde. Comme on le voit, on est dans l’érection de l’Injustice en justice. C’est la raison pour laquelle je l’appelle Cour ploutocratique de l’Injustice.

Dans sa lutte contre la Résistance [dont GBAGBO, est une figure de proue] la PTO, à travers son instrument la CPI, promeut l’Injustice en luttant de toute sa violence et sa férocité contre la Justice.

C- La CPI ou la caution morale du totalitarisme?

Que donne à voir l’expression «affaire procureur contre Laurent GBAGBO»? En suivant au jour le jour l’audience qui a commencé depuis le 19 février 2013, on se rend compte qu’au-delà de la question de la Justice, se pose la question philosophique du Mal.

Le monde entier a pu constater que l’acte d’accusation était un tissu de mensonges que la défense a pulvérisé dans les règles de l’art. Mentir est intentionnel. Quand on ment, déforme les faits, raconte une histoire qui n’a rien à voir avec le réel ou les faits, on ne fait pas autre chose que banaliser le Mal.

N’en déplaise aux afrocollabos (individus qui, en se revendiquant de l’Afrique, travaillent pour son aliénation par le PTO), en Côte d’Ivoire, il y a, d’un côté le camp du Bien qui est le peuple de Côte d’ivoire que représente GBAGBO et le Mal qui est la France (et le cercle des cannibales), l’Onu et ses démembrements que représente le Burkinabé Dramane.

Dans une précédente réflexion, j’avais qualifié ce figurant de Pétain. En vérité, n’étant pas ivoirien, on ne peut que se risquer de le qualifier d’Alberto Fijumori (Japonais que la PTO plaça à la tête du Pérou et qui lorsqu’il commit des massacres et fut poursuivit par la justice péruvienne, il alla se réfugier chez lui au Japon).

Cette scène de cannibalisme qui se joue depuis novembre 2011 pose la question de la légitimité philosophique et politique du colonialisme que la propagande appelle «droit d’ingérence». 

Au nom de quel principe, de quelle valeur, des entités qui massacrent, mutilent, violent, font des domicides ou génocides depuis des siècles se donnent-elles la liberté d’aller massacrer dans un pays souverain comme la Côte d’ivoire, la Libye, l’Iraq, la Syrie, le Mali?

Le «droit d’ingérence humanitaire» n’est pas autre chose que le totalitarisme. Le totalitarisme n’est pas ce qu’on a voulu faire dire à la philosophe Hannah Arendt. C’est une organisation de la vie humaine reposant sur la pensée unique et un système d’aliénation et d’embrigadement des peuples et des consciences. La pensée unique ici est la thèse selon «tu dois suivre une seule voie qui est la mienne et à condition que ce soit toujours moi qui te domine». Voilà ce que je nomme la pensée unique. Le totalitarisme se veut intemporel, ahistorique et trans-humain.

C’est parce que GBAGBO est nationaliste et fondamentalement humain que la PTO veut le briser. En réalité, c’est la lutte Etat-nation contre ce que le philosophe Herbert Marcuse appelait le «capitalisme des monopoles», du pillage et des massacres qui se joue dans la déportation du président ivoirien. On comprend, au regard de tout ce qui précède que la Cpi n’est que la caution morale du totalitarisme.   

D- le mensonge est-il consubstantiel au totalitarisme à la CPI?

afrique,côte d'ivoire,cameroun,les problèmes posés à l’afrique et l’humanité,la carnavalisation de gbagbo via la ploutocratie totalitaire occ,batouri ngoffi

Le président GBAGBO posait aux juges la question de savoir «pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés?» Et il renchérissait en demandant à ses bourreaux de ne pas lui attribuer des parents qu’il n’a pas. Cette remarque fut la preuve qu’il est conscient que c’est l’inconscient africanophobe des euro-américains composants la «cour» qui structure ce cannibalisme dont il est le «trophée» provisoire.

L’observation la plus importante qu’il fit était le constat que si la «cour» avait voulu vraiment dire le droit et la justice, elle aurait, ne serait-ce que «pour fluidifier le raisonnement», fait appel à lui pour avoir des «informations» qu’elle pourrait vérifier par la suite.

La prestidigitation de l’inquisiteur et de l’Inquisition a confirmé tout ce que l’Afrique pense de cette organisation. D’ailleurs, mise à mal, la potiche Bensouda a fui en rase campagne.

Ainsi, le raisonnement est simple. Au-delà de la carnavalisation du président GBAGBO par la PTO, la vraie question philosophique que soulève l’existence de la Cpi ou des autres  «tribunaux internationaux» qui l’ont précédée est celle de sa légitimité. Qui crée ces structurent et les finance? Toute organisation est au service exclusif de son créateur-financeur. L’être même de la Cpi est mensonge et imposture. Crime et justice sont incompatibles.  Le mensonge ne peut se nourrir que du mensonge. La Cpi étant mensonge, ce dernier ne peut que lui être consubstantiel.

E- Le larbin vit-il? 

Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire par la France colonialiste, j’ai découvert comment et pourquoi des individus étaient des individus et non des hommes. 

J’ai vu et lu des individus qui chantaient et se présentaient comme des militants anticolonialistes et qui postulaient à qui voulait les entendre qu’en toute circonstance, il faut se référer à la raison. Je les ai vus proclamer qu’il faut enterrer la françafrique, ils ont vilipendé et honni de bouche l’impérialisme. Mais ils ont accouru pour soutenir le colonialisme en Côte d’Ivoire. Ce faisant, ils ont nié leur profession de foi publique. Des contempteurs occidentaux des gouvernants africains se sont retrouvés alliés à eux quand il fallait justifier les positions sociale et économique qu’ils occupent. Ils ont renoncé à penser pour aller dans le sens du vent de l’impérialisme, ont renié leurs parents pour satisfaire les dessous de la ceinture. Ils ont appelé et justifié les massacres d’hommes et de femmes pour un verre de bière.

afrique,côte d'ivoire,cameroun,les problèmes posés à l’afrique et l’humanité,la carnavalisation de gbagbo via la ploutocratie totalitaire occ,batouri ngoffi

Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire, la France livre à la vindicte populaire africaine tous ses agents africains. Elle a permis aux jeunes générations africaines de voir quel est le rôle exact des lettrés africains qui travaillent pour elle et contre l’Afrique. Au Cameroun, nous avons vu à quoi servent Achille Mbembè, Shanda Tomnè (Ce dernier essaie de faire oublier qu’il a participé au «coup d’état» contre GBAGBO et à l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire) et autres organes de presse tels que Voxafrica et son larbin de service Jules Ndomché, au Bénin, on a vu a quoi sert Hountondji, au Congo Brazza, on eu Mabanckou, de l’autre côté de Kinshasa, on a vu Elykia Mbokolo, au Sénégal, on a vu Boubakar Boris Diop et tous les autres que je ne vais pas citer ici. J’ai voulu savoir ce que tout ce monde avait en commun. Toute leur propagande est faite par la France. Autrement dit, ils doivent tout à la France.   

F- La morale immorale du totalitarisme ploutocratique

La morale peut-elle être immorale? Voilà la question que m’a posée ma fille quand elle m’a entendu utiliser le concept de morale immorale. De quoi s’agit-il en réalité? Comment une morale peut-elle être immorale? La PTO a-t-elle une morale? Quelle est sa nature?

La morale est un ensemble de règles, de façons de faire et d’être dans une société et qui a pour but ultime de permettre à l’individu de s’humaniser; c’est-à-dire de devenir Homme. On ne naît pas Homme; on le devient.

Une morale peut-elle être immorale? Une morale immorale, c’est exactement toute la manière d’être au monde de la ploutocratie totalitaire occidentale. Une morale immorale est ce qu’on peut appeler une imposture. C’est-à-dire le fait de professer en public quelque chose et de faire son opposé dans la vie avec les autres. C’est désigner les opprimés par le terme de terroristes alors que  soi-même on pratique le terrorisme. Oui, la ploutocratie totalitaire a une morale qui est immorale.

G- Rôle politique et mission sociale des médias

afrique,côte d'ivoire,cameroun,les problèmes posés à l’afrique et l’humanité,la carnavalisation de gbagbo via la ploutocratie totalitaire occ,batouri ngoffi

Quels sont le rôle politique et la mission sociale des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples?

La fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, écrit par les grands intellectuels Noam Chomsky et Edward Herman en 1988 situe sur le rôle et la mission sociale des médias dans une société où il n’est plus facile d’utiliser la violence physique pour se faire obéir: fabriquer le consentement.

Il ressort de cette étude qu’il y a ce que dénonce Pougala: contrôle et rétention des informations qui, si elles étaient connues du grand public, les choses ne passeraient pas comme cela se passe actuellement. Pour réussir son coup d’État et l’occupation de la Côte d’Ivoire, les médias français, tous détenus par les hommes qui s’enrichissent avec l’argent public français avaient engagé contre la Côte d’Ivoire et le président GBAGBO, une campagne de dénigrement et de délégitimation afin de donner comme une sorte de caution morale à une action nazie et de la pire immoralité: massacrer des Ivoiriens pour voler et continuer le pillage du pays.

Quel est le rôle politique des médias nationalistes dans la lutte contre l’impérialisme? Voilà la petite question que j’ai posée aux hommes et femmes des médias qui se revendiquent de l’Afrique? Je continue de poser la même question: en tant qu’Africain qui dit travailler pour l’Afrique et les Africains et non contre l’Afrique et les Africains, quels est son rôle politique et sa mission dans la lutte contre le système qui ensanglante le continent depuis plus de six siècles? Qu’est-ce que lutter contre l’impérialisme? Peut-on lutter contre un système complexe en utilisant sans critique toutes les catégories terminologiques utilisé par le système pour assoire sa domination culturelle?

En clair, peut-on utiliser le vocabulaire de l’obscurantisme pour le combattre? La guerre idéologique et linguistique précède la guerre militaire. Tant que les médias africains ne prendront pas ce problème à bras le corps, leur combat est vain. Aujourd’hui, quand on parcourt les médias africains qui se réclament de  la Résistance, on est stupéfait du manque de distance de ceux-ci, par rapport au vocabulaire idéologique de la France. Aucun travail n’est effectué sur les concepts qui sont repris de façon naïve.

H- Les lettrés africains et l’Afrique

Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés sous domination coloniale? Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés prétendues «libres et ouvertes» comme les chiens de garde occidentaux aiment désigner la société dans laquelle ils vivent?

Est-il légitime de parler de morale quand on défend les crimes monstrueux que son gouvernement commet sur d’autres peuples?

La responsabilité d'un lettré est  de s'efforcer de révéler la vérité sur des sujets humainement significatifs à un public capable de s'en saisir.

Sur la première question, je vous renvoie à un précédent article que j’avais commis sur le sujet.

La quasi-totalité des lettrés africains sont des larbins. Qu’est-ce qu’un larbin? C’est un individu malade psychologique et qui prend systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Cette pathologie diminue ses capacités d’analyse et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.  Le larbin africain prend systématiquement la défense des impérialistes contre l’Afrique. Quand il parle de l’Afrique, c’est pour la dénigrer et appeler à sa colonisation. Quand vous entrez chez lui, il parle la langue héritée de ses parents avec sa femme et parle une des langues occidentales à ses enfants.

Quelles conclusions pour l’afrique?

Tant que nous n’étudierons pas les moyens et les outils utilisés pour nous asservir, la PTO s’en donnera à cœur joie.

La jeunesse africaine doit faire terriblement attention à tous ces lettrés africains encensés par les Occidentaux.

Tant que les journalistes se revendiquant de l’Afrique ne prendront pas à bras le corps la question des mots idéologiques de l’impérialisme qu’ils reprennent à leur compte, ils perdureront l’asservissement de l’Afrique.

La jeunesse africaine restée sur le continent doit se méfier des Africains partis étudier en Occident. Ils sont très souvent des agents d’influence de la domination occidentale sur le continent. Il ne faut développer aucun complexe vis-à-vis d’eux. Ce sont des larbins qui s’ignorent parfois. Les études en Occident ont pour but géostratégique de fabriquer des larbins et laquais qui devront continuer à perpétuer la domination de la ploutocratie totalitaire occidentale sur l’Afrique. Plus de 90% d’auteurs occidentaux sont des agents au service d’un ordre injuste et tous ceux qui les lisent devront douter de façon systématique de tous ce qu’ils lisent et entendent. Cette méfiance devra être aussi de rigueur avec les afrocollabos qui sont très nombreux.

 

Le 16 mars 2013, Batouri Ngoffi

Ancien vendeur d’arachide au marché New Déido à Douala

Bangoffi05@gmail.com

 

Source: CAMEROON VOICE

dimanche, 10 mars 2013

MANOEUVRES AMERICAINES EN VUE D'ARMER OUVERTEMENT L'OPPOSITION SYRIENNE

 

DRAPEAU SYRIEN - OMBRE.jpg


Durant les préparatifs du sommet des Amis de la Syrie du 28 février à Rome, les États-Unis ont indiqué un changement de politique consistant à armer ouvertement l’opposition syrienne qui mène une guerre pour le compte des États-Unis dans le dessein de faire tomber le président syrien Bashar el-Assad.

 

Cela s’est fait par un jeu politique chorégraphié avec soin entre le ministre des Affaires étrangères John F. Kerry, quelques pays européens dont la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie, et l’opposition syrienne elle-même.

La Coalition nationale syrienne (CNS) d’opposition a menacé de ne pas venir au sommet, laissant ostensiblement les amis de la Syrie sans personne avec qui pouvoir affirmer leur amitié. Kerry a saisi ce moment pour faire des promesses d’un soutien supplémentaire pendant qu’il faisait la tournée des capitales européennes, en préparation du sommet de Rome et de sa prochaine tournée au Moyen-Orient.

En rencontrant le premier ministre britannique David Cameron et le ministre des Affaires étrangères William Hague, Kerry a promis qu’un nouveau soutien américain pour la CNS « arrive[rait] à maturité d’ici que nous nous réunissions à Rome. » D’autres mesures américaines devaient y être discutées si l’opposition assiste à la réunion des Amis de la Syrie.

Kerry a insisté sur le fait que les États-Unis cherchaient toujours une solution politique, suggérant que l’aide militaire directe n’était pas immédiatement à l’ordre du jour. Mais il a ajouté : « Nous sommes déterminés à ce que l’opposition Syrienne ne soit pas laissée à l’abandon, à se demander où est le soutien, et s’il doit bien arriver. » « Je veux que nos amis du conseil d’opposition syrien sachent que nous ne venons pas à Rome juste pour parler. Nous venons à Rome pour prendre une décision sur les prochaines étapes, » a-t-il ajouté. Hague a également insisté pour que l’opposition reste impliquée dans les négociations, promettant que le Royaume-Uni croit que « nous devons augmenter significativement notre soutien à l’opposition syrienne, en plus de notre importante contribution à l’aide humanitaire, et c’est précisément ce que nous nous préparons à faire. »

Les diplomates européens ont dit que le chef de la CNS, Moaz al-Khatib, avait déclaré au gouvernement italien que sa délégation se rendrait au sommet jeudi. Walid al-Bunni, porte-parole du CNS, a dit lundi que cette décision avait été prise après une conversation téléphonique entre al-Khatib et Kerry.

La discussion sur l’intensification de l’aide est intervenue dans un contexte de reportages – notamment de la part du New York Times – selon lesquels les cargaisons d’armes envoyées à l’opposition étaient en augmentation, financées par les Etats du golfe et dans certains cas en provenance de Croatie et d’autres pays d’Europe de l’Est.

Ces armes auraient été acheminées en passant par la Jordanie et la Turquie. David Ottaway du Woodrow Wilson International Center for Scholarsa déclaré, «Je pense que c’est une opération américano-jordano-saoudienne – les trois mêmes groupes qui ont œuvré par le passé pour faire tomber Saddam Hussein. Je ne pense pas que la Jordanie ferait cela seule.»

«En effet, nous avons fourni de nouvelles armes anti-aériennes et des armes défensives lourdes données par des pays arabes et non-arabes ces derniers temps, » a dit Louay Almokdad, coordinateur politique et médiatique de l’Armée syrienne de libération, à CNN dimanche.

Divers commandants et combattants rebelles ont déclaré à Reuters qu’une cargaison était parvenue en Syrie en passant par la Turquie le mois dernier comprenant des équipements portables à l’épaule et d’autres équipements mobiles, dont des armes anti-aériennes et anti-blindage, des mortiers et des lance-roquettes. Ces armes, ainsi que l’argent pour payer les combattants, étaient tous distribués via une nouvelle structure de commandement établie pour envoyer de l’aide étrangère en partie comme moyen de contrôler l’opposition et de minimiser l’influence des groupes de type Al-Quaïda comme Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham.

D’après Reuters, «Les rebelles ont refusé de spécifier qui fournissait les nouvelles armes, disant qu’ils ne veulent pas embarrasser leurs soutiens étrangers, mais ils ont dit qu’elles étaient venues ouvertement de Turquie, “de la part d’Etats donneurs”. "Nous avons reçu cette cargaison légalement et normalement. Elle n’a pas été livrée en contrebande mais officiellement par le passage de Bab al-Hawa," a dit un commandant rebelle.»

Un photographe de Reuters à Damas a vu des armes d’origine occidentale aux mains des rebelles, dont des fusils d’assaut M4 américains et Steyr autrichiens.

Un commandant rebelle a dit au sujet de l’argent et des armes fournis, «Donc en fait c’est comme si nous avions payé d’avance. C’est financé par les pays qui seront impliqués dans la reconstruction de la Syrie.»

Le chef d’état-major du commandement militaire rebelle, le brigadier Selim Idris, a dit que la présence des combattants étrangers compliquait le soutien international pour la lutte contre Assad, tout en affirmant: «Nous ne recevons pas d’armes des Européens, nous ne voulons pas les embarrasser, nous ne voulons embarrasser personne avec la question des armes.»

Après la déclaration de Kerry à Londres, le Washington Post et CNN ont tous deux fait état du fait que le gouvernement Obama s’apprêtait à un changement de politique majeur concernant la Syrie qui pourrait fournir aux rebelles des équipements tels des gilets pare-balles et des véhicules blindés, et éventuellement de l’entraînement militaire.

Le Washington Post a dit que le gouvernement Obama cherche à retirer les restrictions sur les équipements «à double usage [pouvant servir à une action offensive comme défensive, ndt]», qui concernerait le matériel de communication, les gilets pare-balles et pare-éclats, du matériel de vision de nuit, et des véhicules militaires. «Ils procèdent à une redéfinition de ce qui est létal,» a indiqué une source. «Ils travaillent là-dessus depuis un moment.»

CNN a affirmé que ces changements sont en cours de discussion avec les alliés des États-Unis dans le cadre de la tournée de Kerry et que cela se fait en coordination avec les puissances européennes. Chaque pays de l’Union européenne décidera lui-même de ce qu’il va fournir, d’après le responsable.

Le Post a noté que «Kerry a fait référence indirectement à plusieurs reprises à un changement de politique au cours de ses voyages. Il a dit à un groupe d’étudiants allemands mardi que les États-Unis veulent une “solution pacifique” en Syrie, mais si ses dirigeants refusent de négocier et continuent à tuer des civils, “alors il faut au moins fournir une sorte de soutien à ceux qui se battent pour leurs droits.»

La Grande-Bretagne et la France ont toutes deux insisté pour lever l’embargo de l’UE sur les ventes d’armes à la Syrie, mais ont rencontré une opposition dans ce bloc, celui-ci a par conséquent été prolongé de trois mois. L’UE a cependant inséré une clause autorisant les Etats-membres «à fournir une aide non-létale plus importante et une assistance technique à la protection des civils.»

Un représentant de l’UE a parlé avec franchise au Washington Post, expliquant, «Sous le vieux système européen on ne pouvait rien faire,» alors que la nouvelle règle autorisera «des choses qui en elles-mêmes ne tuent pas les gens.»

«On parle de choses qui peuvent être utiles sur le terrain – gilets pare-balles, jumelles et moyens de communication,» a dit un autre.

La duplicité des États-Unis et de leurs alliés européens est rendue nécessaire par leur tentative de préserver l’illusion qu’ils cherchent une solution diplomatique. Kerry s’est même plaint au CNS que leur boycott affaiblissait sa position à la veille d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères russe, Sergey Lavrov, à Berlin mardi.

S’exprimant depuis Moscou lundi 25 février, le ministre des Affaires étrangères syrien Walid al-Moallem a proposé des négociations avec l’opposition, y compris avec ceux qui avaient pris les armes. Lavrov a lancé un appel au soutien de l’initiation du régime Assad, prévenant que de nouveaux combats risquaient d’entraîner «le démembrement de l’Etat syrien.»

«Les Syriens devraient décider par eux-mêmes de leur sort sans intervention extérieure,» a dit Lavrov, citant «des forces raisonnables qui sont de plus en plus conscientes de la nécessité de commencer les négociations aussi tôt que possible pour parvenir à un accord politique.»

Quelles que soient les agitations diplomatiques, Washington pousse à un changement de régime en Syrie, par l’entremise de ses intermédiaires : la Turquie, l’Arabie saoudite, et le Qatar. Mardi 26 février, des délégués du Groupe de travail international des Amis de la Syrie, réunis à Sofia, ont appelé à l’application de sanctions par « tous les membres de la communauté internationale, en particulier les membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies » – visant la Russie et la Chine pour leur opposition à de telles mesures.

 

Chris Marsden

Article original, WSWS, paru le 28 février 2013.

 

Source: INTERNATIONAL NEWS

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, manoeuvres américaines, armer ouvertement l'opposition syrienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 06 mars 2013

POURQUOI LA CPI NE PEUT PAS LACHER (DE SITOT) GBAGBO

côte d'ivoire,pourquoi la cpi ne peut pas lâcher (de sitôt) gbagbo,cour pénale internationale,la procureure fatou bensouda,philippe duval,in newsring,le blog de henry agré

 

L’évènement est passé inaperçu.  Le 14 mars 2012, la cour pénale internationale, créée le 1er juillet 2002, a rendu son premier jugement en condamnant à 14 ans de prison un chef de milice congolais Thomas Lubanga, reconnu coupable de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans ses troupes.

Le procès avait débuté trois ans plus tôt, ce qui témoigne de l’extrême lenteur de la justice internationale. La défense de Lubanga avait pointé de nombreux faux témoignages, reconnus comme tels, dans le dossier d’accusation, ce qui illustre sa propension à mener des enquêtes bâclées. Et, on avait noté l’absence sur le banc des accusés de nombreux autres chefs de guerre responsables, autant que Lubanga, des millions de morts du conflit congolais.

D’où l’accusation d’exercer une justice des vainqueurs. Ce qui n’avait pas empêché le procureur de réclamer trente ans de prison. Les juges avaient coupé la poire en deux en infligeant à Lubanga une demi-peine.

Lenteur, approximation et partialité

Dans l’audience de confirmation des charges contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo qui a débuté depuis le 19 février, on retrouve les mêmes symptômes de lenteur, d’approximation, et de partialité dont la justice internationale a fait sa marque de fabrique.

L'ex chef d'État est accusé d'être «le coauteur indirect de meurtre, de viol et d’acte inhumain constituant un crime contre l’humanité». Au cœur de l'accusation, quatre événements, la répression de deux marches des pro-Ouattara, l'une  sur la Télévision ivoirienne, l'autre de femmes d'Abobo, un quartier d'Abidjan, le bombardement d'un marché d'Abobo, et les massacres qui ont suivi la chute de Gbagbo dans le quartier de Yopougon.

Au total plusieurs dizaines de victimes dans une crise post-électorale qui a fait des milliers de morts (le nombre de trois mille est communément avancé mais, en réalité, il est bien supérieur).

Pour étayer son dossier, Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, a collecté des rapports de l'ONU, d'organisations de défense des droits de l'homme, cité des témoins le plus souvent anonymes, s'est appuyé sur des articles de presse souvent partisans mais n'a pas mené de véritable enquête pénale: pas d'autopsies des corps des victimes, pas d'expertises balistiques sérieuses...

Or, les partisans de Gbagbo rejettent la responsabilité de certains de ces événements meurtriers sur un «commando invisible», dirigé par un chef rebelle dissident, Ibrahim Coulibaly, qui avait pris, à l'époque, le contrôle d'une partie du quartier d'Abobo. Ce chef de guerre a été abattu par les partisans du tandem Ouattara-Soro après la chute de Gbagbo.

Silence sur les crimes commis par les nouvelles forces pro-Ouattara

La justice internationale pêche aussi par omission. Elle oublie ainsi d'évoquer l'exécution de centaines de pro-Gbagbo à Duékoué, dans l'ouest du pays. Des hommes et des adolescents, abattus selon un scénario qui évoque Srebreniça, sous les yeux de casques bleus marocains qui sont restés l'arme au pied.

Elle limite son champ d'investigation aux quatre mois de la crise post-électorale (décembre 2010-avril 2011) et ne prend pas en compte les événements antérieurs et postérieurs. Pas d'enquête sur les exactions commises depuis le coup d'état manqué du 19 septembre 2002 en zones gouvernementales et rebelles.

Silence sur les exécutions sommaires, les tortures commises par les nouvelles forces pro-Ouattara et dénoncées dans un récent rapport d'Amnesty International.

Et, enfin, symbole d'une justice inéquitable, aucun chef de guerre pro-Ouattara n'est traduit devant la CPI. On sait pourtant qu'au moins trois mandats ont été émis contre eux mais ils ne sont pas exécutés.

Selon la propre enquête du gouvernement Ouattara, au moins un tiers des morts de la crise post-électorale leur sont pourtant imputables. Sont-ils les «coauteurs indirects» des crimes qu'on impute pour l'instant au seul Gbagbo. Un concept fumeux qui induit l'idée qu'il y aurait des auteurs ou des coauteurs directs qui, eux, ne sont pas inquiétés.

Si Gbagbo encourt une lourde peine de prison dans l'hypothèse où les charges qui pèsent contre lui seraient confirmées, la Cour Pénale Internationale court un bien plus grand risque dans ce procès, celui de perdre le peu de crédibilité qui lui reste. Car, après plus de dix ans d'existence, son bilan est bien maigre.

Gbagbo: une «opportunité» pour la dispendieuse CPI

Depuis sa naissance en juillet 2002, la CPI n'a réussi à condamner qu'un seul criminel de guerre, le Congolais Lubanga. Pendant cette période, l'institution a dépensé plus de cent millions d'euros par an en budget de fonctionnement pour payer l'armée mexicaine de 800 fonctionnaires internationaux qu'elle emploie.

Un milliard d'euros en dix ans: Lubanga est donc le condamné le plus cher de l'histoire de l'humanité. Elle a mené à leur terme sept enquêtes dans sept pays, tous africains, dont la Côte d'Ivoire, le Congo, le Soudan (Darfour) et la Libye qui ont abouti à l'arrestation et à la détention de six personnes, Lubanga et trois autres obscurs chefs de guerre congolais, un centrafricain et Laurent Gbagbo, le seul à bénéficier d'une «notoriété» internationale.

Il est évident que, détenant un tel homme, ex chef d'état de surcroît, la CPI ne va pas le lâcher de sitôt pour continuer à justifier son existence, pour légitimer des budgets en perpétuelle augmentation et la présence à La Haye de dix-huit juges permanents (trois pour un détenu) rétribués 180 000 euros par an, hors de multiples avantages en nature.

Et le monde continuera à tourner. Omar El-Bechir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2009 pour les crimes commis au Darfour, vaquera tranquillement à ses occupations de président soudanais, Bachar El-Assad bombardera ses opposants, les Russes pourront écraser les Tchétchènes, les Chinois  réprimer les Tibétains...

Il est vrai que tous ces pays, des États-Unis à la Russie, de l'Inde à la Chine en passant par le Pakistan ou l'Iran, soit les deux tiers de la population de l'humanité, ne reconnaissent pas la compétence de la CPI.

La juridiction est aux ordres des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, dont la France, l'ex-puissance coloniale, qui a arrêté elle-même Gbagbo le 11 avril 2011 dans son palais présidentiel bombardé pour le livrer aux forces d'Alassane Ouattara - avant de le rétrocéder à la CPI.

Sarkozy était alors président. Depuis, les rapports d'organisations internationales de défense des droits de l'homme se multiplient pour dénoncer les tortures, les exactions commises par les nouveaux maîtres de la Côte d'Ivoire dans le silence assourdissant de François Hollande et de son gouvernement. Un président qui ne cesse d'appeler au respect des droits de l'homme... en Syrie.

 

Philippe Duval

 

Source: NEWSRING

samedi, 23 février 2013

FRANCE - L’ETAT GUERRIER (Réédition)

france,algérie,l’etat guerrier,djamel labidi,le quotidien d'oran du jeudi 17 janvier 2013

 

Une intervention militaire française en chasse une autre: Côte d'ivoire, puis Libye, puis Mali, sans parler de la volonté appuyée d'intervenir en Syrie. Les troupes françaises ont à peine commencé à quitter l'Afghanistan qu'elles interviennent de nouveau au Mali.


La France apparaît ainsi, actuellement,  comme le pays  le plus agressif de la planète. Même les USA paraissent, en comparaison, plus réservés, dans le rôle de gendarme. Et  s'il y a une distribution des tâches dans ce rôle, on peut dire  que la France fait preuve dans le sien  d'un zèle particulier.

C'est inquiétant. Car cet Etat  par deux fois, en Libye et maintenant au Mali, est venu, avec ses armées, aux  frontières de l'Algérie et des pays du Maghreb. Chaque Algérien, chaque Nord-Africain, ressent cette inquiétude, celle d'avoir en face, de l'autre côté de la méditerranée, un Etat guerrier.

François Hollande est célébré en France comme "un chef de guerre". Sur tous les médias français, journaux, radios, télés, on proclame qu'il "est vraiment devenu président de la république maintenant qu'il a déclenché une guerre".  Comme le président Bush après la guerre contre l'Irak, et comme le président Obama, sacré "chef de guerre" après avoir fait tuer Ben Laden, ou comme le président Sarkozy après l'attaque contre la Libye. Non pas Président de la république respecté parce qu'il a réglé des problèmes économiques, des problèmes sociaux, parce qu'il est un homme de paix, mais parce qu'il a déclenché une guerre.

On reste songeur devant une telle vision, devant cette culture belliqueuse, devant "cette civilisation" qui nous ramène aux temps où les Consuls et Césars ne  devenaient légitimes et populaires, à Rome,   qu'au retour d'une expédition victorieuse, à l'époque où les rois ne le devenaient  réellement qu'après avoir conquis de nouveaux territoires, et où ils demandaient à leurs vassaux d'envoyer des contingents pour la guerre, comme l'injonction en est faite aujourd'hui par la France au Tchad, au Niger, au Sénégal, au Togo, au Bénin, à la Côte d'Ivoire, et à d'autres pays africains.

C'est l'union sacrée autour du nouveau "chef de guerre", François Hollande. C'est, de la gauche jusqu' à l'extrême droite française, l'unanimité de la classe politique française pour l'intervention militaire. Un tel unanimisme,  une démocratie aussi verrouillée, a des allures de  totalitarisme. Les socialistes français retrouvent leurs premiers amours, et les parfums  enivrants du chauvinisme de gauche et des expéditions vers des lieux aux noms exotiques: Tombouctou, Gao, le Sahara. Beaucoup d'intellectuels français les suivent. Comme cela avait été le cas pour la Libye, ils sont pris d'excitation guerrière, d'émotion et de fierté patriotiques devant le spectacle des avions "Rafale" qui décollent et celui du déploiement martial de leurs forces armées. De joie, l'un d'eux s'écrie: " Pour tous ceux qui parlaient de décadence française,  c'est la preuve que nous sommes toujours un grand pays car nous sommes capables d'intervenir."(Nicolas Domenach, Chaîne ITélé, émission "ça se dispute", 12 janvier2013). La communauté malienne en France se voit soudain entourée de sollicitude. Elle en est  étonnée et même gênée. Pourvu que ça dure. Les médias français découvrent avec tendresse que la ville française de Montreuil est, après Bamako, la seconde ville malienne par sa population originaire de ce pays.  Le parti français, le "Front National", juge cette intervention légitime, d'autant plus « qu'elle concerne, dit-il,  un pays francophone ». Les émigrés maliens ne sont plus donc, pour le moment, des " émigrés qui envahissent la France et viennent manger le pain des français". On pressent déjà des tentatives pour opposer Arabes et Africains dans l'immigration française, Afrique du Nord et Afrique noire, mais ce sera difficile tant la solidarité maghrebo-africaine est grande.

Bref, peu de voix se font entendre, en France,  pour  dénoncer l'intervention militaire, ou alors elles sont difficilement audibles. Aujourd'hui, pour l'instant, le principal reproche  fait au Président  François Hollande par le leader du Front de gauche, J.F. Mélenchon, ainsi que par les représentants du parti communiste français et de la gauche écologique c'est de…ne pas avoir convoqué le parlement avant d'avoir décidé de la guerre. A quoi le gouvernement français répond superbement qu'il n'en avait pas le temps et qu'il "fallait agir vite".

Cet argument, "qu'il fallait agir vite"  est trop souvent répété, assené, sur tous les médias français pour ne pas en devenir suspect. Il rappelle, le même, utilisé pour la Libye, lorsqu'on criait qu'il fallait vite intervenir à Benghazi, pour éviter un massacre. On sait comment cette justification s'est avérée mensongère et d'où est finalement venu  le massacre. Il semble, en réalité, que l'armée malienne avaient lancé des opérations sur la route menant à la ville de Mobti et en direction de la ville de Douentza, dés la journée de Lundi 7 Janvier (cf. le Quotidien d'Oran, 9 janvier 2013, p 6). Ces opérations, organisées en coordination avec le commandement français, avaient pour but, selon des experts occidentaux, de faire sortir les colonnes de pick-up des groupes rebelles de leurs bases et des villes afin de les bombarder en rase campagne et de permettre ainsi à l'aviation française d'intervenir. La version officielle française vise donc à justifier la précipitation de l'intervention française et à en  cacher les véritables raisons. Affaire donc à suivre, tant la gestion de ces interventions militaires par le mensonge est devenue coutumière.

La légitimation

Il est remarquable de voir comment chaque intervention militaire s'entoure d'un discours de légitimation. Chaque fois qu'elle a eu lieu, l'intervention militaire a été proclamée légitime, qu'il s'agisse de défendre un pouvoir contre des groupes armés rebelles comme c'est le cas au Mali, ou, au contraire,  de soutenir des groupes armés rebelles contre un pouvoir comme cela a été le cas en Libye ou c'est le cas en Syrie. Le droit d'ingérence n'est en fait que le droit du plus fort. Il ne s'embarrasse pas de cohérence. Mais  en aucun cas, les puissances occidentales qui  s'en réclament et interviennent, ne mettront leur influence, pourtant grande, au service d'une solution politique, pacifique. L'intervention est toujours violente et elle laisse toujours le pays dévasté, exsangue, meurtri  physiquement et moralement, fragile pour longtemps.

Dans le registre de la légitimation, il y a aussi l'argumentaire de la "menace terroriste islamiste".  Depuis que le Président Bush a trouvé et désigné  ainsi le nouvel ennemi global de l'Occident,  l'argument sert " à toutes les sauces", y compris d'ailleurs à des alliances avec ceux désignés auparavant comme "terroristes" lorsque la "realpolitik"  l'exige. La référence à la "menace terroriste" offre l'avantage à la fois de n'avoir rien à justifier et de donner une justification à n'importe quoi. Le président de la République française, François Hollande, et son ministre des affaires étrangères n'ont cessé de répéter, de marteler, qu'il s'agissait, au Mali, de lutter contre " des groupes terroristes criminels". On aura remarqué le pléonasme. Il a pour fonction d'accroître la tension. C'est ainsi qu'un amalgame est fait entre les différents groupes armés "rebelles", et que se trouvent obscurcies les véritables raisons de la crise malienne, et du même coup celles véritables de l'intervention française. Elles sont, ici comme ailleurs, à  chercher, banalement hélas, dans le pillage des richesses de la région et dans le maintien de l'influence nécessaire à cet effet.

L’Histoire se répète sur le continent africain..Entre l’an 397 et 398, Gildon,  prince Amazigh, se révolta contre la domination romaine et s'allia avec  les rebelles donatistes et circoncellions. Il arrêta les exportations de blé d'Afrique du Nord  vers Rome. Celle-ci utilisa contre lui, le fameux poète romain Claudien (un media de l'époque) qui mobilisa, à travers notamment un long poème propagandiste, l'opinion romaine, et déclencha la peur dans l'Empire en  faisant croire à la population qu'elle allait connaître la famine. Les méthodes sont les mêmes. Seule la technologie a changé.

La "menace terroriste islamiste" est brandie, comme à la plus belle époque du Président Bush junior. Le thème est repris en boucle par tous les hommes politiques et les médias français ce qui permet, collatéralement, de différer, au nom de "l'union sacrée", les échéances de la grave crise économique, sociale et morale actuelle de la société française ou d'y faire diversion.

Mais le thème comporte néanmoins un inconvénient, puisque, depuis, il y a eu le Président Obama et sa nouvelle stratégie envers le monde arabe et musulman, qui consiste à ne plus se contenter de brandir l'épouvantail de l'islamisme. Là se trouve une contradiction et une gêne, qu'on perçoit chez bien des  commentateurs français  lorsqu'il s'agit de passer du discours sur "le printemps arabe" et de la prise en compte de l'Islam politique à celui de la "menace islamiste".

Dans le registre de la légitimation de l'intervention au Mali, il faut parler, enfin, de la référence à la décision du Conseil de sécurité de l'ONU à ce sujet. Les responsables français s'enveloppent dans celle-ci  comme si la France ne faisait que se mettre,  par altruisme,  au service du droit international. Mais c'est précisément la France qui a  fait le siège du Conseil de sécurité pour obtenir une résolution autorisant l'intervention au Mali. Encore que cette intervention prévoyait d'abord de s'efforcer de trouver une solution politique aussi bien aux revendications légitimes des Touaregs du Nord Mali, qu'à la question de la légitimité du pouvoir politique malien,  mise à mal par le coup d'Etat récent. Et à ce propos, d'ailleurs, quelle  légitimité peut bien avoir un pouvoir qui ne peut se maintenir que par une intervention armée étrangère, laquelle, par ricochet, révèle d'ailleurs, par là même, sa propre illégitimité. Là est la faiblesse originelle de cette intervention militaire française. On peut s’attendre à la voir se révéler de plus en plus au fur et à mesure du développement de la situation.

 

Djamel LABIDI

 

Source:  Le Quotidien d'Oran du Jeudi 17 Janvier 2013

mercredi, 13 février 2013

SERGUEI LAVROV: «LA FRANCE COMBAT AU MALI CEUX QU'ELLE A ARMES EN LIBYE»

 

SERGUEI LAVROV.gif

 

France est en train de combattre au Mali ceux qu’elle avait armés en Libye, a estimé dimanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en appelant les Occidentaux à avoir “une vue d’ensemble” sur la région.

“Au Mali, la France lutte contre ceux qu’elle avait armés en Libye contre le régime de Kadhafi en violant l’embargo du Conseil de sécurité de l’ONU”, a déclaré M. Lavrov dans une interview à la télévision russe diffusée en Extrême-Orient et dont les extraits sont publiés par les agences de presse russes.

Les mêmes groupes luttent en Syrie contre le régime du président Bachar al-Assad, a poursuivi le ministre, dont l’interview devait être diffusée en Russie centrale à 19h30 GMT.

“Je suis accablé par l’incapacité de nos partenaires d’arrêter de fixer un point sur la carte et d’avoir une vue d’ensemble sur la région”, a-t-il poursuivi.

La France est intervenue au Mali à la demande des autorités de Bamako, à la suite d’une offensive islamiste vers le Sud en janvier.

Le Nord du Mali est depuis le début de 2012 sous la coupe de groupes armés jihadistes, devenant un sanctuaire pour el-Qaëda au Maghreb Islamique (Aqmi).

M. Lavrov avait critiqué dans le passé les largages d’armes françaises à la rébellion hostile au régime de Mouammar Kadhafi, dénonçant des “interprétations” abusives de la résolution de l’ONU autorisant le recours à la force pour protéger la population civile.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, s’était abstenue lors d’un vote sur la Libye en mars 2011 qui a permis les frappes internationales contre les forces de Kadhafi, conduisant à la chute du régime.

Mais Moscou n’a eu de cesse par la suite de répéter que l’ampleur de l’intervention des avions de l’Otan contre les installations libyennes sortait du cadre de la résolution des Nations unies.


In LORIENT du 11 février 2013.


Source: IVOIRIAN.NET

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Mali, Monde, Monde arabe, Russie, Syrie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 11 février 2013

LE MYTHE DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE: CINQ GUERRES, TROIS CONTINENTS... ET LES MEMES MENSONGES

 

 

ARMES DESTRUCTION MASSIVE.gif


«Je ne comprends pas les réticences en ce qui concerne l’utilisation de gaz. Nous avons définitivement adopté à la Conférence de paix la position de retenir le gaz comme méthode permanente de guerre... Je suis fortement en faveur de l’usage de gaz toxiques contre des tribus qui ne sont pas civilisées» (Winston Churchill, War Office Minute, 12 mai 1919).

 

Alors que les roulements de tambour contre la Syrie deviennent de plus en plus forts, les allégations de plus en plus folles, et le double jeu de fomenter, comploter et financer les terroristes (pardon, aider l’opposition légitime) de plus en plus évident, il est intéressant de jeter un coup d’oeil aux justifications présentées par les gouvernants US pour leurs incursions meurtrières de l’histoire récente. 

NORIEGA.png

Panama

Ce mois de décembre 2012 est le 23e anniversaire de l’invasion de Panama le 20 décembre 1989, au moment où les Panaméens préparaient leurs fêtes de Noël. Un bref rappel nous remet en mémoire Philip Agee évoquant le président George H. W. Bush lorsqu’il disait au peuple américain que la menace de Panama (3.571.185 habitants en 2011) était telle qu’elle « compromettait notre mode de vie ». La référence figure dans la conférence bien nommée d’Agee, “Produire la crise appropriée” (1). Aussi éloquente aujourd’hui qu’hier. Rien n’a changé.

Le but de l’invasion était de s’emparer du leader du pays, le général Manuel Noriega, et bien entendu “d’établir un gouvernement démocratique”. Un changement de régime. Avec la proximité de la remise au Panama du contrôle du canal (prévue à l’origine pour le 1er janvier 1990) après un siècle de gestion coloniale US, l’Amérique voulait s’assurer que ce contrôle reste dans les mains d’alliés malléables. 

Noriega, un pion de la CIA depuis 1967 (2), qui était passé par la célèbre Ecole des Amériques à Fort Benning (Georgie), était arrivé au pouvoir avec l’aide des Etats-Unis, mais apparemment son soutien US avait faibli. En un mot, les USA le kidnappèrent et le condamnèrent à 40 ans de prison.

Les plans d’invasion avaient été baptisés “Opération livre de prières”. “Par la suite, on les renomma “Opération juste cause”. Le général Colin Powell approuva ce nouveau nom en disant “Même nos critiques les plus sévères seront obligés de parler de ‘juste cause’ quand ils nous dénonceront” (Colin Powell et Joseph E. Persico, My American Journey, 1995). 

27.000 hommes, soutenus par des hélicoptères Apache, ravagèrent la plus grande partie du petit pays qui était défendu par 3.000 hommes. George Bush senior déclara qu’il détrônait un dictateur malfaisant qui brutalisait son peuple (ça vous dit quelque chose ?) et que son action était rendue nécessaire pour “la protection de vies américaines”. Il alléguait aussi la “défense de la démocratie et des droits de l’homme au Panama” et le besoin de “protéger le canal” (Surprise, non ?).

Manuel Noriega a été libéré de son emprisonnement US en 2007, et extradé en France où il avait été décoré de la légion d’honneur en 1987. Il y est resté incarcéré jusqu’en décembre 2011, puis il a été renvoyé à Panama où il est tojurs en prison. 

Au cours de la destruction de Panama, aujourd’hui oubliée (si vous n’êtes pas Panaméen), le secteur pauvre et fortement peuplé d’El Chorillo fut à ce point ravagé par les flammes qu’il a reçu le nom de “petit Hiroshima”. Une femme a déclaré : “Les Américains du Nord ont commencé à incendier El Chorillo à 6 h 30 du matin. Ils lançaient un petit objet dans la maison et la maison prenait feu. Après, ils passaient à une autre, mettant le feu dans une rue après l’autre, en coordonnant les incendies avec des walkie-talkies.” Un soldat US a été enregistré déclarant : “Nous vous demandons de vous rendre. Si vous ne le faites pas, nous raserons toutes les maisons” D’après un habitant de la ville : “ils tiraient sur tout ce qui bougeait.”

Les morts étaient jetés dans des fosses communes. Des témoins ont vu les troupes US brûlant les victimes au lance-flammes et ont décrit comment les cadavres se recroquevillaient sous le feu. D’autres corps étaient empilés en tas par des bulldozers. (3) 

Des essais US d’armes chimiques

Il y a pire. Alors que pleuvent les allégations actuelles moralisantes de Washington et de Whitehall sur la présence sans preuve d’armes chimiques en Syrie, on dispose de faits prouvés en ce qui concerne les Etats-Unis.

Des années 1940 à 1990, les Etats-Unis se sont servis de diverses régions de Panama comme terrains d’essais d’armes chimiques, comprenant le gaz moutarde, le VX, le Sarin, le cyanure d’hydrogène et d’autres agents neurotoxiques, placés dans des mines, des roquettes ou des obus, peut-être des dizaines de milliers de munitions chimiques.” (William Blum, “Rogue State”, 2002). De plus, en quittant Panama en fin 1999, ils ont laissé “de nombreux sites contenant des armes chimiques”. Ils ont aussi “effectué au Panama des essais secrets de l’Agent Orange.” “Au cours de l’invasion, le village de Pacora, près de Panama City, a été bombardé de produits chimiques par hélicoptères et avions de l’US Southern Command, avec des substances qui brûlaient la peau et causaient des diarrhées et d’intenses souffrances.” 

SADDAM HUSSEIN.png 

L’Irak (1er chapitre) 

Beaucoup d’analystes considèrent que Panama fut le terrain d’essai pour l’Irak. Neuf mois après la contamination de Panama, l’étranglement de l’Irak par l’embargo dirigé par les USA a été imposé par l’ONU, après que l’ambassadeur américain April Glaspie ait donné le feu vert à Saddam Hussein pour son invasion du Koweit, suite aux importantes provocations de ce dernier et à sa déstabilisation financière et géographique .(4)

Le fracas autour des armes chimiques et autres s’est amplifié, amenant Saddam Hussein à dire : “J’ai l’impression qu’un jour vous allez me dire : vous fabriquez de la poudre à canon à partir du blé”. Treize mois après Panama, l’Amérique a pris la tête d’une coalition de 31 pays visant à “ramener l’Irak à un âge pré-industriel”. Les seuls produits chimiques trouvés en Irak ont été le mélange toxique émanant des usines bombardées de pharmacie, d’engrais ou de construction automobile, et des autres établissements de la base industrielle du pays, y compris les entrepôts de substances chimiques et biologiques (à usage médical) vendues à l’Irak par les USA, l’Allemagne et d’autres pendant des décennies (ventes qui se sont poursuivies ironiquement même pendant l’agression).(5) 

Par contre, des substances hautement toxiques et radioactives ont été introduites en Irak sous la forme de 750 tonnes de munitions à l’uranium appauvri (UA) qui ont une “demi-vie” toxique de 4 à 5 milliards d’années. Les petites tombes du nombre de bébés morts-nés, avortés, déformés ou venant au monde avec des cancers sont le témoignage muet de ces armes de destruction massive d’une exceptionnelle cruauté. L’Irak a été bombardé pendant 42 jours et nuits. Les fameuses armes chimiques soi-disant fabriquées par Bagdad n’ont bien sûr jamais été trouvées.

monde,afrique,amérique,le mythe des destructions massives,cinq guerres trois continents,et les mêmes mensonges,felicity arbuthnot

La Yougoslavie 

Le 24 mars 1999, l’OTAN a commencé a “libérer” le Kosovo de la Serbie (Opération Noble enclume). Le Kosovo avait une quantité “inépuisable” de minerais d’une valeur estimée à dix trillions de dollars dans les mines de Trebca. La “libération” a consisté en 78 jours de bombardement intense, comprenant l’emploi d’armes à l’uranium appauvri. 20.000 tonnes de bombes ont été lâchées, détruisant systématiquement les centres de communication, les dépôts de carburant, les aéroports, le réseau routier, les trains, les marchés, et même l’ambassade de Chine (la Chine était opposée à l’agression, et l’OTAN a boiteusement allégué qu’elle avait une mauvaise carte de Belgrade), et évidemment le centre de presse. Assassiner les journalistes est devenu aujourd’hui une routine, un impardonnable crime de guerre.

Avant l’agression, le Pentagone avait affirmé que l’armée yougoslave disposait d’au moins deux sortes de gaz toxiques, avec les moyens de les produire. Le département US de la Défense avait averti Slobodan Milosevic et l’état-major de l’armée yougoslave : “Si Belgrade utilise les toxiques sarin et gaz moutarde contre l’OTAN, la riposte sera dévastatrice”. 

Curieusement, une fois commencées les frappes aériennes, l’OTAN n’a pas dit un mot sur le fait que l’attaque pouvait être motivée par la conviction américaine que la Serbie était en mesure de produire des armes chimiques. (Zagreb Globus, 16 avril 1999, pp. 18-19.)

La destruction à grande échelle de l’industrie a cependant épargné les mines de Trebca. 

Le 14 août 2000, 900 hommes lourdement armés – anglais, français, italiens, pakistanais et membres de la KFOR – ont été amenés par hélicoptères sur le site. Les managers et ouvriers qui ont essayé de les combattre ont été maîtrisés par gaz lacrymogènes et balles en plastique. Le personnel qui avait résisté a été arrêté. Les journaux de l’OTAN ont décrit l’action comme le “commencement de la démocratisation du Kosovo”. En fait l’attaque a ouvert la voie à la vente des mines – contenant les “inépuisables” réserves de 77.302.000 tonnes de charbon, cuivre, zinc, plomb, nickel, or, argent, marbre, manganèse, fer, amiante et calcaire, pour ne citer que quelques ressources – à des groupes privés étrangers. L’ “Armée de libération du Kosovo” (UCK) avait été entraînée et financée par des millions de dollars et de marks allemands de la CIA et du BND (services de renseignements de Berlin), pendant des années, pour cette guerre, faussement baptisée “guerre civile” (6) par les gouvernements de l’OTAN et leurs porte-paroles. Les meurtriers effets toxiques et radioactifs de l’UA ont été provoqués dans toute l’ex-Yougoslavie.

En 2001, les médecins de l’hôpital serbe de Kosovska Mitrovica ont constaté que le nombre de patients souffrant de cancers avait augmenté de 200 % par rapport à l’enquête de 1998. Une étude de 2003 de l’UN Environmental Program (UNEP) a fait état de prélèvements contaminés d’air et d’eau potable en Bosnie-Herzégovine. Bien sûr, “il n’y avait pas lieu de s’alarmer”. Pekka Haavisto, ex-ministre finlandaise de l’Environnement à la tête de l’UNEP, a réclamé une enquête vaste et approfondie pour établir l’étendue et l’intensité de la contamination. Les Etats-Unis – cités comme étant le seul pays à avoir utilisé des armes à l’UA dans le conflit – ont bloqué la requête. (7) Cependant, l’inquiétude s’est répandue en Europe quand on a vu que des Casques bleus italiens, portugais, belges ou français étaient atteints de cancers, et étaient morts en quelques mois. Les Casques bleus norvégiens ont refusé d’être déployés sur place. (8) 

Moins d’un mois après la fin de la guerre en Yougoslavie en 1999, le British National Radiological Protection Board a averti les citoyens britanniques du danger de résider au Kosovo “en raison de la contamination de ses territoires par des armes à l’UA.”

Les Casques bleus, évidemment, n’étaient là que pour quelques semaines ou quelques mois. Les gens de la région y vivent. Ils ont vu la dégradation de leur santé et de celle de leurs générations à venir ignorées et oubliées par leurs “libérateurs”. Ces derniers avaient d’autres “tyrans” à renverser, d’autres populations à “libérer” de leurs conditions d’existence, de leurs membres et de leurs vies. 

SADDAM HUSSEIN.png

L’Irak (2e chapitre) 

L’Irak avait de nouveau été bombardé par les USA et le Royaume Uni pendant la période de noel 1998, quatre mois avant l’agression de la Yougoslavie, et était de nouveau sur l’agenda d’invasion. Les mensonges étaient familiers, et incessants. Un exemple, parmi des milliers d’autres, le 2 septembre 2002. “Selon les experts, l’Irak possède des tonnes d’armes chimiques. Alors que des membres de l’administration Bush réclament une frappe préventive contre l’Irak, ils font état de preuves de plus en plus nombreuses que Saddam Hussein a amassé de vastes stocks d’armes chimiques et biologiques qu’il cache d’une éventuelle attaque militaire US. La préoccupation de Washington est que l’Irak pourrait remettre ces armes à des groupes terroristes. Si nous attendons que le danger se matérialise, ce sera peut-être trop tard” a dit le sénateur Joseph Biden, président du Foreign Relations Committee. Biden étant aujourd’hui vice-président, il est impossible de ne pas se demander s’il n’inspire pas l’actuelle propagande anti-syrienne, truffée de formules si extraordinairement similaires.

Jon Wolfsthal, un analyste du Carnegie Endownment for International Peace, a affirmé que l’inventaire irakien est significatif : “l’Irak continue à posséder plusieurs tonnes d’armes chimiques, assez pour tuer des milliers et des milliers de civils et de soldats.” (9) 

Des experts de l’ONU en matière d’armement ont prétendu que l’Irak avait stocké plus de 600 tonnes d’agents chimiques, comprenant gaz moutarde, VX et sarin. Selon eux, quelques 25.000 roquettes et 15.000 obus d’artillerie pourvus de produits chimiques n’étaient pas officiellement répertoriés.

“Le souci est qu’ils (les Irakiens) disposent – ou peuvent disposer rapidement – des moyens de fabriquer de vastes quantités d’anthrax ou d’autres matériels”, a ajouté Wolfsthal. Selon le secrétaire d’Etat à la Défense Donald Rumsfeld : “l’Irak a des laboratoires mobiles d’armes biologiques qu’il est pratiquement impossible pour les forces US de cibler”. Il affirmait que les vies de milliers de gens étaient en jeu. En fait, c’est le nombre de victimes irakiennes de troupes américaines et anglaises, de leurs milices et de leur gouvernement de marionnettes imposé, qui peut se comparer à un véritable holocauste. 

Jonathan Schwartz a revu le paquet de mensonges débité sur l’Irak à l’ONU par le général Colin Powell, le 5 février 2003. Il le cite : “Mes chers collègues. Toutes les déclarations que je fais aujourd’hui sont prouvées par des sources, des sources solides. Ce ne sont pas de simples affirmations. Ce sont des faits et des conclusions basées sur des renseignements solides.”

Aujourd’hui, Powell exprime des regrets. Schwartz n’en est pas touché pour autant. Au cinquième anniversaire des absurdités trompeuses du général, il a commenté : “Quelle que soit l’abondance de critiques dont Powell a été l’objet – il dit qu’elles ont été douloureuses et feront toujours partie de sa vie – elles ne sont rien à côté de ce qu’il aurait mérité. Il a été beaucoup plus qu’horriblement abusé. Il est prouvé qu’il a fabriqué des documents et ignoré les avertissements répétés que ce qu’il racontait était faux.” 

L’invasion totalement illégale de l’Irak, basée sur ce paquet transatlantique de mensonges, a commencé 45 jours après. Opération Iraq Liberation : OIL.

monde,afrique,amérique,le mythe des destructions massives,cinq guerres trois continents,et les mêmes mensonges,felicity arbuthnot

La Libye 

Les mensonges sur la Libye, promue par le colonel Kadhafi au premier rang de l’Index de développement humain de l’Afrique, sont de récente mémoire. Quelques rappels tout de même.

La CIA a payé des Quislings pendant des décennies dans toutes ses invasions. Pour Kadhafi, il y a eu le général Abdul Fatah Younis, son ministre de l’Intérieur, qui est passé à l’opposition – on peut se demander quel a été son prix – pour devenir le chef d’état major des insurgés. Il a réclamé aux alliés de l’OTAN des armes lourdes pour les rebelles, comprenant des hélicoptères et des missiles anti-chars pour défendre la ville assiégée de Misurata. Il prédisait que “le dictateur était prêt à se servir d’armes chimiques dans son combat ultime contre les rebelles et la population civile”. (affirmations qu’on croirait sorties de la bouche de l’opposition actuelle en Syrie). “Kadhafi est acculé. Malheureusement, il a encore environ 25 % de son armement chimique qu’il pourrait utiliser s’il est dans une situation désespérée. (...) On sait qu’il lui reste environ dix tonnes de gaz moutarde sur les quantités qu’il avait détruites sous le contrôle de l’agence de l’ONU, l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.” (10) 

Pour situer le contexte, rappelons qu’en 2002, Neil Mackay, le chef plusieurs fois récompensé des enquêtes du Sunday Herald, avait dénoncé : “Poussé par la rapacité et un profond manque de moralité, le gouvernement britannique a violé la Convention sur les armes chimiques en vendant des produits toxiques pouvant être convertis en armes de guerre. Les pays bénéficiant de ces ventes comprenaient la Libye, le Yemen, Israël, l’Arabie Saoudite, Chypre, l’Inde, le Kenya, le Kuwait, la Malaisie, le Nigeria, l’Oman, le Pakistan, Singapour, la Slovénie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, le Sri Lanka, la Tanzanie, la Turquie et l’Ouganda, une accusation ‘clairement admise’ par le département du Commerce et de l’Industrie.”

Après l’accolade donnée par Tony Blair au colonel Kadhafi en mars 2004, le gouvernement britannique a fait état de plans d’envois en Libye d’experts pour détruire les armes chimiques qu’il lui avait vendues, prétendant que le colonel Kadhafi avait trompé Blair sur leur existence. Que Londres avait les reçus de livraison en Libye lui a sûrement échappé. Une duplicité identique à celle du Royaume Uni en Irak. 

Entre le début de la destruction de la Libye le 19 mars 2011 et la prise en main des opérations par l’OTAN le 31 mars, les USA et la GB ont lancé 110 missiles Cruise sur un pays de moins de 6.500.000 habitants. Quand l’OTAN a assumé le commandement de l’”intervention humanitaire”, ils ont agressé cette faible population à travers 26.500 sorties de bombardement. Aucune larme présidentielle n’a été versée sur les enfants libyens tués, dont la mort a été précédée d’une terreur inimaginable, au cours d’attaques portant les noms idiots d’Operation Odyssey Dawn et d’Opération Unified Protector (sans commentaire).

Kadhafi a perdu trois petits-enfants et trois fils. En 1986, au cours d’un premier bombardement, il avait perdu une fille adoptive en bas âge. 

Quelques instants après avoir appris sa terrible mort aux mains d’un gang enragé de “protégés” de l’OTAN, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton est apparue secouée de rire à la télévision, en s’exclamant : “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.” Combien de temps est passé depuis qu’elle a dit : “Je pense vraiment qu’il faut un village pour élever un enfant.” Aujourd’hui il semble que son credo soit d’éliminer le village, ses enfants et leurs parents, et de lyncher les anciens du cru pour avoir l’occasion de rigoler à la télévision.

monde,afrique,amérique,le mythe des destructions massives,cinq guerres trois continents,et les mêmes mensonges,felicity arbuthnot

La Syrie 

Le 4 décembre 2012, elle a annoncé que le président syrien Bachar al Assad était peut-être en train de déplacer – devinez quoi – un “stock d’armes chimiques”. 

“Nous avons parfaitement clarifié notre position, a-t-elle dit au cours d’une conférence de presse à Prague. C’est une ligne rouge pour les Etats-Unis. Je ne vais pas détailler ce que nous ferons dans le cas crédible où le régime d’Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple ; il suffit de dire que nous faisons à coup sûr des plans pour passer à l’action si cette éventualité se produisait.”

Selon une autorité US, “les armes peuvent être trafiquées pour contenir du gaz sarin”. Un autre a ajouté : “Nous nous inquiétons de tout mouvement qui pourrait indiquer qu’ils sont prêts à utiliser des armes chimiques contre leur propre peuple.” (11) 

Du “déjà vu” à répétition, comme on dit.

La Syrie a répondu le 6 décembre. “la Syrie souligne une fois de plus, pour la dixième, pour la centième fois, que si elle avait ce genre d’armes, elles ne seraient pas utilisées contre son propre peuple, a dit à la télévision libanaise Al Manar le ministre adjoint des Affaires étrangères Faisal al Maqdad. Nous n’avons pas l’intention de nous suicider. (...) Nous craignons un complot consistant à fournir le prétexte d’une intervention des pays qui font pression sur la Syrie. Ce ne serait pas la première fois.” 

Fin octobre, des troupes US sont arrivées en Jordanie pour d’importants exercices conjoints près de la frontière syrienne sous le nom toujours aussi stupide d’Opération Eager Lion (Opération lion enthousiaste. En arabe, al assad veut dire le lion).

La première allusion aux armes chimiques de la Syrie semble être venue de John R. Bolton, que le député Henry Waxman accuse d’avoir persuadé George W. Bush d’inclure dans son discours de 2003 sur l’Etat de l’union le conte de fées de l’achat irakien d’uranium au Nigeria. 

L’accusation n’est pas prouvée car les documents sont encore classifiés.

Bolton est impliqué dans une mouvance d’organisations loin d’être libérales comme le Project for The New American Century, le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et la National Rifle Association. 

En ce qui concerne la Syrie, il faut rappeler que le pays est étranglé par des sanctions depuis 2004.

L’ancien chef-inspecteur de l’Armement en Irak, Scott Ritter, a écrit que “les armes chimiques ont une durée de conservation de cinq ans. Les armes biologiques de trois.” Il en émane aussi un “éther”, disent les experts, qui peut être décelé par une surveillance de satellite dont la Syrie est certainement l’objet, comme l’Irak avant elle. 

Que Dieu nous préserve de Washington, Whitehall et Tel Aviv qui crient une fois de plus “au loup !”. Et que Dieu vienne en aide à ceux qui les croient ! 

 

Felicity Arbuthnot

 

Arbuthnot est une critique bien informée et lucide de l’empire. C’est la raison pour laquelle vous ne la verrez pas dans le New York Times, pas plus que John Pilger, Amira Hass ou Noam Chomsky.

 

Notes 

(1) http://www.serendipity.li/cia/agee_...

(2) http://revcom.us/a/017/us-invasion-...

(3) http://www.addictedtowar.com/docs/p...

(4)http://www.globalresearch.ca/the-wa...

(5) http://www.commondreams.org/headlin...

(6) http://www.currentconcerns.ch/index...

(7) http://www.iacenter.org/depleted/un...

(8) http://www.frontlineonnet.com/fl180...

(9) http://articles.cnn.com/2002-09-02/...

(10) http://www.telegraph.co.uk/news/wor...

(11) http://news.yahoo.com/clinton-assad...

 

 

Sur Global Research, traduit par B.I.

 

Source: MICHEL COLLON.INFO