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lundi, 27 février 2012

ADRESSE DE LA PLATE-FORME PANAFRICAINE POUR LA PRESIDENTIELLE EN FRANCE


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Préambule

Mesdames, Messieurs, Honorables candidates et candidats à la magistrature suprême,

Un demi-siècle après les indépendances des pays africains, incontestablement, ce continent reste toujours sous domination coloniale. Sortie par la grande porte en Afrique lors des indépendances, la France coloniale est rentrée par la fenêtre pour continuer à piller ce continent et spolier les populations africaines.

Aujourd'hui plus que jamais, le continent le plus doté en potentialités possède la population la plus pauvre du monde. A tel point que tous les jours, plusieurs dizaines de jeunes africains fuyant une misère imposée par une politique coloniale qui vide le continent de toutes ses ressources, se jettent dans la traversée de la méditerranée pour gagner l'Europe, une Europe barricadée de part en part, de Tanger à Gibraltar, de Lampedusa à Marseille.

Et comme si cela ne suffisait pas, tous les moyens sont devenus bons pour y faire la guerre, officiellement au nom de valeurs de l'ONU, mais en réalité pour le compte de valeurs mercantiles inavouables. Ainsi, on fait tonner le canon pour régler certains contentieux électoraux en faveur d'intérêts qui échappent aux Africains tout en prétendant éradiquer des dictatures qui sévissent contre les pauvres populations, etc., comme si l'on découvre seulement aujourd'hui ces fléaux politiques, qui ne sont, en réalité, rien d'autre que le reflet des méfaits de l'ordre impérialiste occidental en Afrique. Pire, les vraies dictatures continuent pendant ce temps d'êtres choyées. Résultat de cette politique d'annexion : des pays entiers basculent dans des guerres effroyables.

Les Africains ne s'y trompent pas, la prétendue solution des Occidentaux pour les Africains est plutôt une composante fondamentale du problème.

C'est pourquoi, La Plateforme Panafricaine, collectif d'organisations de la Diaspora africaine, entend prendre à bras le corps ces questions vitales pour les Africains afin de contribuer à peser sur le nécessaire rééquilibrage des relations futures de la France avec le continent africain.

Nous sommes convaincus qu'une autre forme de coopération est possible entre les pays occidentaux et l'Afrique en général et entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique en particulier.

La France, en tant que membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies est sensée être garante du respect et de l'application des résolutions de celui-ci. Et pourtant, elle maintient toujours dans les faits des colonies et occupe même des pays indépendants reconnus par les Nations Unies! Comment obliger les autres à respecter le Droit et les Règles internationales, y compris par la force, si l'on ne les respecte pas soi-même ?

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Ce questionnaire fait l'hypothèse que vous soyez élu(e) Président(e) de la République le soir du 6 mai 2012.

Q1. Le libre choix des dirigeants

Choisir leurs dirigeants est un droit universel et inaliénable des peuples. En Afrique, les dirigeants sont imposés aux peuples au prix d'innombrables vies humaines. Les forces vives africaines pointent du doigt la responsabilité de la France.

Quand et comment comptez-vous mettre fin à ce déni de droit si vous êtes élu(e) Président(e)?

Q2. Les accords de défense et la coopération militaire

Des accords de défense signés entre la France et ses anciennes colonies au lendemain des indépendances ont connu récemment, pour certains d'entre eux, quelques retouches, sans pour autant modifier fondamentalement la donne. En outre, ils restent toujours inconnus du grand public.

L'armée française est omniprésente aux quatre coins de l'Afrique, dans des bases militaires et par le biais de conseillers à la défense. Son rôle réel a toujours été et demeure, selon les situations, soit de veiller sur les dirigeants impopulaires et dictateurs imposés, « amis de la France », soit d'évincer du pouvoir les dirigeants jugés insoumis aux intérêts de la France.

Quand et comment comptez-vous en finir avec ces accords de défense léonins et cette prétendue coopération militaire qui fait des forces françaises en Afrique une armée d'occupation et de déstabilisation ?

Q3. La coopération économique, la monnaie et la dette

Aux côtés d'autres puissances économiques prédatrices, des multinationales françaises font des bénéfices colossaux en Afrique, au prix d'un pillage sans vergogne des richesses du continent pendant que les populations locales sombrent dans la misère. Sur l'autel de l'indépendance énergétique de la France, l'uranium africain est immolé et dans le même temps savamment occulté du nécessaire débat à mener sur l'avenir du nucléaire en France.

La prétendue dette est plutôt un moyen savant, une véritable gangrène pour faire obstacle à toute politique économique viable.

Le franc CFA a été dès sa création et demeure de nos jours un instrument fondamental dans la trousse à outils multiformes aux mains de la France pour la vassalisation des pays africains.

Contrairement au message véhiculé par la fable abondamment médiatisée sur les bienfaits et la nécessité d'une Aide Publique Occidentale pour le Développement de l'Afrique, ce sont les pays prétendument pauvres mais en réalité pillés et appauvris, qui aident de gré ou de force les pays riches.

Quelles dispositions prendriez-vous pour remédier à ces situations d'injustice qui perpétuent le néo-colonialisme français en Afrique ?

Q4. La France, l'Afrique et les institutions internationales

Dans la configuration de notre monde du XXIème siècle, les pays vainqueurs de la seconde guerre mondiale continuent de faire main basse sur la gouvernance mondiale sans vraiment compter les autres, en particulier l'Afrique qui, pourtant, a sa part dans la victoire. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies reste un instrument aux mains de quelques pays, dont la France, qui se sont arrogé le droit de veto comme un butin de guerre et l'utilisent à leurs seuls profits. Le droit international et les instruments qui sont érigés pour l'incarner sont à géométrie variable. Les légitimes contraintes qui découlent du protocole de Kyoto et de la Cour Internationale de Justice, pour ne citer que ces deux exemples, ne concernent que les autres, notamment les pays appauvris.

A quand et comment comptez-vous influer sur le cours des évènements pour que des réformes structurelles soient entreprises sur l'ONU afin de tenir compte de l'évolution et des aspirations des peuples dans le monde et plus particulièrement en Afrique ?

Q5. L'image de l'Afrique, les discriminations racistes et les médias

Les discriminations frappent très singulièrement en France les personnes d'origine africaine et plus particulièrement celles issues de l'Afrique au sud du Sahara ou d'ascendance. Ce sont entre autres l'accès au travail, au logement ou les « contrôles au faciès », etc.

Ces discriminations aggravent le legs de l'histoire caractérisée par une exploitation féroce de l'Afrique et des Africains, alors qu'il convient au contraire de le résorber et de le guérir. De surcroît, une certaine légèreté de traitement des questions africaines par les médias hexagonaux, y compris d'Etat, en est sans doute pour beaucoup dans cette déconsidération envers ces personnes. Ces médias excellent dans la manipulation de l'information et l'inversion des rôles dès lors qu'il s'agit de l'Afrique.

Entendez-vous y remédier et comment ?

Q6. La situation aux Comores

La France occupe et divise toujours les Comores. Pourtant, la résolution 3385 (XXX) du 12 Novembre 1975 relative à l'admission des Comores à l'Organisation des Nations Unies a réaffirmé la nécessité de respecter l'intangibilité des frontières, l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composé des îles d'Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli.

Quand et comment comptez-vous agir pour mettre la France en accord avec le Droit International dans ce cas précis ?

Merci d'avoir bien voulu répondre à nos questions.

 

Pour La Plateforme Panafricaine, le 22/02/12

Raymond AYIVI

Référent.

 

Les premières Organisations signataires sont :

 

* MBDHP-SF : Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples - Section de France, Président : Didier OUEDRAOGO

* AEBF : Association des Etudiants Burkinabé en France, Président : Issa SORY

* COFANZO : Collectif de France Affaire Norbert ZONGO, Président : Ardiouma SIRIMA

* Le Tchad Notre Case Commune, Président : Souleymane ABDALLAH

* Association France-Tchad : Président : Balaam FACHO

* ATMF: Association des Travailleurs Maghrébins en France, Président : Driss ELKHERCHI

* CAAC : Collectif des Associations et des Amis des Comores, Président Mustapha ABDOURAOUF

* DIASCOM : Coordination des Associations de la Diaspora Comorienne, Coordinateur : Ben HAMIDI

* FNAFA : Fédération Nationale des Associations Franco Africaines, Président : Louis Mohamed SEYE

* FENACOP : Fédération Nationale des Collèges des Parents, Président : Sylvestre d'Almeida

* Les Soeurs du Cavally, association pour la Côte d'Ivoire, Présidente : Clémentine DEHE

* FCMA : Forum Citoyenneté Monde Arabe, Coordinateur : Abdessalam KLEICHE

* Association Culturelle Camerounaise de Loire Atlantique, Président : Alain YONA

* Collectif pour une Afrique Libre et Responsable, Président : Jean-Paul NGASSA

* MoLiTo : Mouvement du 04 mars pour la Libération du Togo, Président : Kofi ALOUDA

* MFIRA : Mouvement des Femmes Ivoiriennes de Rhône-Alpes, Présidente : Monique BERTHELOT

* EGO AFRICA, Président : Jean-François ANKOUE

* CCD : Conseil Camerounais de la Diaspora, Robert WANTO WAFO

* Association Enfants du Congo Brazzaville, Président : Gaston NITOU-SAMBA

* Association Internationale Cultures Sans Frontières, Président : Robert FOPA

* FPP : Front Patriotique pour le Progrès - Centrafrique, Chargé des Affaires Extérieures : Claude YABANDA.

* AJD/MR : Alliance pour la Justice et la Démocratie / Mouvement pour la Réconciliation - Mauritanie, Chargé des Affaires Extérieures, Ousmane DIAGANA

* Ligue Camerounaise des Droits de l'Homme (LCDH), membre fondateur de l'Union Internationale des Droits l'homme UIDH, Professeur Kapet de BANA.

 

______________________________________________


Pour toute correspondance, SVP :

 

La Plateforme Panafricaine

c/o M. Raymond AYIVI

3, rue Dr Rouques

95870 Bezons.

E-mail : ppanafricaine@gmail.com

samedi, 19 novembre 2011

LIBRE OPINION: «L'OCCIDENT NE SE FOUT PAS DE LA DEMOCRATIE, IL LA DETESTE»



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Lisez-moi ce papier. Un trésor d'informations, une mine de lucidité et de vérité. Tout simplement excellent! Du camerounais Atangana Mebah Dorien.

 

Les occidentaux se foutent en réalité de la démocratie et des droits de l'homme. Si vous n'êtes pas encore arrivés à cette conclusion, c'est que les beaux discours sur la démocratie, embellis par les séminaires sur les droits de l'homme et le financement de la formation des moniteurs d'élections par la France ou l'Union européenne entretiennent encore la confusion et l'illusion dans votre esprit.

A cela s'ajoute l'aide au développement qui est claironnée dans les médias occidentaux, imprimée dans notre subconscient par les images télévisées des dons de matériel médical en présence de l'ambassadeur de France ou d'Allemagne. Vous devez penser que les pays dits démocratiques nous veulent du bien et qu'ils aimeraient que nous atteignions leur niveau de développement et de confort. Ne critiquent-ils pas certaines dictatures et des chefs d'Etat ayant mis long au pouvoir ? Ne demandent-ils et ne s'alignent-ils d'ailleurs pas avec les peuples pour obtenir leur départ comme en Egypte et en Tunisie ? Ne demandent-ils pas des élections libres et transparentes et ne blâment-ils pas les leaders qui ne semblent pas respecter la volonté de leurs peuples ? Après tout, ce sont même ces pays qui envoient des observateurs pour garantir la régularité des scrutins.

Ils critiquent même aussi souvent les coups d'Etat qui sont presque toujours commis par un chef militaire ou un groupe de rebelles qui se révoltent contre la politique économique irresponsable du leader qu'ils viennent de renverser.

Les organismes internationaux censés garantir les droits de l'homme tels qu'Amnesty International ou le Tribunal Pénal International chargé de juger ceux qui commettent des crimes contre les peuples ajoutent à cette confusion. Pourquoi créeraient et financeraient-ils ces organismes s'ils n'avaient pas à cœur le bien des masses, devez-vous vous demander ? Pourtant la réalité est toute autre.

Attitudes peu démocratiques

Les pays dits démocratiques ne sont pas consistants dans leur demande d'élections transparentes. Ils ferment les yeux sur les exactions des dictatures alliées et les aident même dans leur fraude électorale comme la France le fait au Tchad, Burkina Faso, Gabon et dans bien d'autres pays d'Afrique francophone. L'ancien chef des services secrets français au Gabon, l'ancien Mr Afrique du président Chirac et l'ancien ambassadeur de France au Gabon affirmaient d'ailleurs qu'Ali Bongo avait perdu les élections et que les chiffres qu'on lui a attribués appartenaient en réalité à son opposant principal Mba Obame (Regarder le documentaire intitulé "Françafrique : 50 ans sous le Sceau du Secret").

Certaines dictatures sont non seulement tolérées mais ont aussi été installées après renversement de leaders démocratiquement élus. A ce propos, que les méthodes indirectes utilisées dans le renversement de certains leaders ou la main invisible des commanditaires ne vous trompent pas. Les pays démocratiques participent à ces événements très peu démocratiques. Ce sont les pays occidentaux qui ont fait assassiner Lumumba, le premier leader du Zaïre. Il est dit que les puissances occidentales en voulaient tellement à Patrice Lumumba de leur avoir tenu tête que près de 4 services de renseignements (France, Etats-Unis, Belgique et Angleterre) avaient mis des équipes de tueurs à ses trousses (Lire "The Assassination Business" de Richard Belfield) .

Il est important de signaler que Patrice Lumumba a été assassiné en présence des troupes de l'ONU. Ce sont les Etats-Unis qui ont initié les 2 coups d'Etat contre Jean-Bertrand Aristide à Haïti en utilisant, dans le 2ème coup, des trafiquants de drogue entrainés par la CIA en République dominicaine; Hugo Chavez du Venezuela, Salvatore Allende du Chili ou Mossadegh d'Iran étaient des leaders politiques démocratiquement élus qui ont connu des coups d'Etat organisés avec le soutien actif de la CIA. C'est la France qui, à travers ELF, a fait renverser Lissouba au Congo-Brazzaville et a réinstallé Sassou Nguesso au pouvoir. C'est finalement avec la complicité de la « communauté internationale » et l'aide des troupes françaises et des Nations Unies que Laurent Gbagbo (vainqueur réel des élections ivoiriennes) a été renversé par la violence par Alassane Ouattara.

Le dénominateur commun de ces leaders est le choix courageux qu'ils ont fait de défendre les intérêts de leurs nations et leur désir de sortir leurs peuples de la pauvreté, actions qui les ont souvent mis en conflit avec les intérêts économiques des pays développés et de leurs grands groupes financiers installés à travers le monde.

Mais ce n'est pas ce que CNN, France 24, RFI, BBC ou la Voix de l'Amérique diront aux français, allemands, anglais ou américains. Ils leur diront qu'un chef d'Etat impopulaire, à la politique économique controversée, a été renversé par l'armée (Chavez, Allende), des rebelles (Lissouba, Aristide). Dans le cas de Laurent Gbagbo, ils ont simplement dit qu'il est un chef d'Etat qui a perdu des élections et qui ne veut pas quitter le pouvoir (un de plus en Afrique, ont dû penser les occidentaux).

A l'inverse, ceux qui ont protégé les intérêts des pays occidentaux sont restés au pouvoir pendant des décennies. Mobutu, Moubarak, Eyadema ou Bongo en sont des exemples. Ces 2 derniers ont d'ailleurs été remplacés par leurs fils sans que les défenseurs de l'alternance démocratique ne crient à une confiscation du pouvoir. Blaise Compaoré, Idriss Deby, Obiang Nguema Mbazogo et d'autres encore sont toujours au pouvoir après des décennies et viennent d'ailleurs de gagner de nouveaux mandats sans qu'aucun pays occidental ne trouve à redire. Et ces chefs d'Etat ne sont pas exactement des modèles de démocratie. Moubarak et Zine El-Abidine ont d'ailleurs été renversés parce que la pression populaire était forte. Pour les pays occidentaux, il valait mieux aider à faire tomber ces dictateurs fragilisés qui les ont pourtant servi, pour rester au bon côté de l'histoire et garder des apparences démocratiques. Ils ne poussent pas dehors des dictateurs alliés dont les régimes sont encore forts. Au même moment où l'Otan accusait Kadhafi d'être un dictateur, il donnait sa bénédiction au roi du Bahreïn pour réprimer dans le sang, avec l'aide de 1000 soldats saoudiens, les revendications de son peuple.

De la poudre aux yeux

La démocratie importe peu comme vous le constatez. Ce qui est important, ce sont les intérêts économiques et financiers dont la protection exige le contrôle des ressources naturelles des pays-clients. Tant que vous servez ces intérêts, vous restez au pouvoir. Vous les mettez en danger, alors on utilise cet artifice appellé démocratie pour vous faire tomber.

Que dire de la protection des droits de l'homme, de l'aide au développement ou du Tribunal Pénal International (TPI) ? Ce ne sont que d'autres artifices mis en place pour créer l'illusion : Celle d'un occident bienveillant fonctionnant sur la base de fortes valeurs morales. Tout le système de contrôle des pays faibles est basé sur cette apparence de bonté, sur une illusion de bienveillance. Si cette illusion était enlevée, tout le système s'écroulerait. Il est plus aisé de contrôler un peuple endormi qui croit en votre bonté qu'un peuple bouillonnant de colère face à son exploitation et à son impuissance. L'une des raisons pour lesquelles la France en voulait tant à Laurent Gbagbo est qu'il avait exposé le système d'exploitation de la France en Afrique à travers les émissions de la Radio Télévision Ivoirienne sur la Françafrique. En cela seulement, c'est Laurent Gbagbo qui a gagné. Ces émissions ont contribué à ouvrir les yeux des populations au Cameroun ou le sentiment anti-français est palpable. Vous pouvez imaginer que sous Ouattara, ce genre d'émissions ne sera pas montré à la RTI.

Savez-vous qu'une infime partie de l'aide au développement que la France fait aux pays africains parvient aux pays destinataires ? Une bonne partie de cette aide est retournée en France dans des valises pleines d'argent liquide pour le financement des partis politiques. Le Tribunal Pénal International tout comme l'Onu est simplement un outil utilisé dans les mains des puissances occidentales pour exercer leur prédation sur les pays faibles. Vous avez vu le rôle que le TPI a joué dans les crises Ivoirienne et Libyenne ? Il s'est précipité à ouvrir une enquête sur Laurent Gbagbo, Kadhafi et ses enfants pour violation des droits de l'homme et crimes contre l'humanité juste pour leur mettre la pression.

A l'inverse, le roi du Bahreïn qui a réprimé dans le sang les revendications de son peuple, Alassane Ouattara ou Guillaume Soro dont les soldats ont commis des exactions n'ont subi aucune inquiétude, jusqu'à présent. C'est cette attitude qui a amené Jean Ping, le président de l'Union Africaine à accuser le TPI de faire de la politique et un autre président africain à le qualifier de blague. Le TPI est une vraie farce. En passant, la plupart des individus inculpés par le TPI sont Africains.

Les organisations des droits de l'homme tels qu'Amnesty International, bien que créées avec des motifs nobles, ont été récupérées par des Etats et groupes d'intérêt qui les financent. Elles ont une caution morale très importante pour qu'on les laisse sans contrôle. Amnesty International serait contrôlé d'ailleurs par le MI-5, le service de renseignement britannique. Human Rights Watch, une autre organisation des droits de l'homme, serait financée par Georges Soros, un milliardaire soi-disant philanthrope. Ces 2 organisations ne critiquent pas les atteintes aux droits de l'homme faites pendant les guerres initiées sous le couvert des Nations Unies par la France, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Lorsqu'ils condamnent certaines actions de leurs pays maitres, c'est avec beaucoup de timidité et juste pour garder une certaine crédibilité. Par contre, ils feront des rapports annuels sur les pays « ennemis » de l'occident.

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Au plus fort de la crise libyenne, les fils de Mouammar Kadhafi ont suggéré qu'on procède à une élection pour voir qui le peuple choisirait comme leader mais l'Otan a refusé, sachant que Kadhafi était populaire (à plus de 80%) dans son pays et qu'il gagnerait haut la main pareil test. La démocratie n'exigeait-elle pas qu'on laisse le peuple décider ? Cette solution n'a même pas reçu l'attention de la « communauté internationale » parce qu'il fallait abattre ce leader qui avait osé défier l'ordre international.

Les séminaires sur les droits de l'homme, le financement et l'aide à certains journaux privés africains, les critiques contre certaines dictatures ne sont que de la poudre aux yeux. Ils font partie de l'arsenal psychologique qui entretient l'illusion de la bienveillance occidentale.

J'espère que vous ne croyez plus les présidents français lorsqu'ils prétendent défendre l'Afrique au G-20, le groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde, alors que ce sont eux qui, à travers le franc CFA, maintiennent l'Afrique sous oppression monétaire (http://www.africamaat.com/Video-Le-Franc-CFA-et-les-comptes).

Voyez-vous, on ne peut être voleur et honnête en même temps. On est l'un ou l'autre. On ne peut faire assassiner des gens et prétendre défendre les droits de l'homme. On ne peut provoquer des guerres qui détruisent et prétendre accorder de la valeur à la vie humaine. On ne peut faciliter et donner de la caution à la fraude dans un pays et prétendre être un démocrate dans un autre. On ne peut utiliser la banque mondiale et le FMI pour détruire les économies des pays du tiers-monde et prétendre aider au développement (http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafIPvt.html). On est bon ou on ne l'est pas. Et si ces pays démocratiques nous voulaient du bien, pourquoi éliminent-ils nos leaders tels Sankara, Lumumba ou Kadhafi qui nous aimaient ?

L'occident ne se fout pas de la démocratie. Il la déteste

On le sait, contrairement aux apparences et aux déclarations bienveillantes, les leaders occidentaux ne veulent pas de démocratie, ni de progrès en Afrique. Ils aimeraient que les choses restent comme elles sont, sans toutefois tomber dans le chaos car celui-ci perturbe la bonne marche des affaires. Ils ne veulent pas non plus que les pays du tiers-monde se développent car le développement de l'Afrique les ferait sortir de leur contrôle et de leur joug.

Démocratie suppose répartition du pouvoir entre institutions indépendantes, élections transparentes, presse libre et bavarde, commission d'enquêtes parlementaires, réflexion indépendante, débats publics, etc.... Il est plus facile de contrôler un leader corrompu qui a entre ses mains la totalité du pouvoir que de contrôler un président ou premier ministre qui partage le pouvoir avec les députés, les magistrats de la cour suprême et tous les hauts responsables qui joueraient un rôle-clé dans la marche d'une nation démocratique. Des élections libres présentent le risque de mettre au pouvoir des leaders nationalistes et libres d'esprit que les occidentaux ne contrôlent pas.

La démocratie permettrait à la presse de révéler les magouilles qui se font sous la table et peut très sérieusement interférer avec l'informel dont bénéficient les compagnies occidentales opérant en Afrique. Par exemple, une presse libre et bien informée révélerait aux africains tous les accords commerciaux abusifs que la France a imposé aux pays africains tels que le Niger où elle a la priorité sur l'exploitation de l'uranium. C'est la France qui fixe le prix auquel elle achète cet uranium que le Niger ne peut d'ailleurs pas vendre à aucun autre pays. Cette presse dénoncerait l'exploitation off-shore qu'ELF fait du pétrole congolais sans que le gouvernement congolais n'ait une idée des quantités prélevées. (Regarder le documentaire intitulé "Les Milliards d'ELF").

Une presse libre montrerait les émissions de la Françafrique qui sont diffusées en France mais interdites sur les chaînes africaines. Les juges seraient ainsi libres de faire juger sans pression politique toute compagnie française ou américaine ayant commis des exactions sur le sol africain ou ayant procédé par corruption pour obtenir des contrats. Les députés pourraient débattre de projets de lois et revoir tous les accords que les pays africains ont signé avec la France. Le peuple serait partie prenante du jeu et demanderait une redistribution des richesses qui pour le moment bénéficient en majorité aux compagnies occidentales.

Tout ceci m'amène à affirmer que même si un leader véritablement démocrate et intègre arrivait au pouvoir dans un pays africain, les puissances occidentales essaieraient de l'éliminer. Leurs leaders étrangers ne vont pas se croiser les mains, l'applaudir pour les changements positifs (du moins, pas sincèrement) et le laisser faire. Ils ne vont pas se contenter de le regarder travailler. Ils vont essayer de l'éliminer, pour des raisons déjà évoquées. En plus de ces intérêts nationaux, ils ont aussi des motifs personnels. Les familles Mitterrand, Charles Pasqua et Giscard d'Estaing auraient des intérêts privés au Cameroun, Gabon, Centrafrique, Tchad, Congo. Sur le plan moins personnel, un dirigeant démocrate refusera de procéder aux financements occultes de partis politiques et des ordres mystiques européens. Nous savons que ce financement joue une très importante part dans le fonctionnement de ces entités et certains leaders africains leur verseraient des dizaines et même des centaines de millions de francs CFA, à titre de contribution.

En plus de ces intérêts, il y a la notion de prestige qui est en jeu. Aux yeux des pays puissants, il serait inacceptable qu'un dirigeant d'un petit pays sous tutelle change les règles du jeu telles qu'elles existent depuis la colonisation et force la main à une grande puissance. C'est un affront qu'on ne saurait accepter, ceci est d'autant plus dangereux qu'il pourrait faire des émules. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Président Thomas Sankara était un danger pour l'ordre établi français. Il était très admiré et était devenu très populaire auprès des jeunesses et corps d'officiers africains. Les maîtres occidentaux avaient peur que d'autres gens ne veuillent suivre son exemple. Bien qu'il ait été assassiné par celui qu'il croyait être son ami, ce sont la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et la France qui en étaient les commanditaires.

Pourquoi les chefs d'Etats africains ne dénoncent-ils pas cet ordre outrageux des choses ? D'abord parce qu'ils sont eux-mêmes compromis par des abus et violations d'ordre divers. Ils font partie de ce système global de jouissance matérielle, pour la plupart. Ensuite, ces chefs d'Etat seraient embarrassés d'exposer leur impuissance, leur rang subalterne et leur servilité vis-à-vis de leurs maîtres. Quel chef de famille pourrait rentrer, le soir, à la maison et dire avec fierté à sa femme et à ses enfants qu'il a dû remettre une partie de son salaire au voisin parce qu'il avait peur que celui-ci ne le bastonne ? Ces chefs paraissent forts et invincibles aux yeux de leurs peuples et un aveu d'impuissance heurterait leur fierté. Pourtant, la mise en place d'un véritable système démocratique est la seule voie de sortie de ce système d'oppression car elle permettrait de battre les pays dits démocratiques au jeu de la démocratie. Elle permettrait de désarmer les prédateurs, de mettre les règles du jeu du côté du pays en question et d'impliquer dans le jeu la seule composante vraiment capable de protéger un leader : le peuple.

Même chez eux, la démocratie n'existe pas vraiment

Ne vous y trompez pas, même dans les pays occidentaux, la démocratie n'existe pas vraiment. Les dirigeants de ces pays sont sélectionnés à partir de 2 partis politiques uniquement dont aucun ne représente parfois un bon choix. Selon les pays, il s'agit de la gauche et de la droite, des républicains ou des démocrates, libéraux ou conservateurs. Cette organisation ne laisse pas de chances à une tierce personne de compétir. Un ancien agent de la CIA racontait dans une vidéo comment il avait été envoyé pour intimider Ross Pérot, un candidat indépendant qui voulait compétir contre Bush I en 1992, en lui demandant de retirer sa candidature. Il l'a menacé de s'en prendre à sa fille et Ross Pérot a obtempéré. Incroyable, n'est ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé. Ross Pérot qui commençait à devenir populaire menaçait le règne des 2 partis politiques, par la création d'une alternative pour le peuple.

Les candidats finalement sélectionnés à l'issue des primaires viennent presque tous du même moule. Il est presqu'impossible pour un personnage ayant des idées révolutionnaires qui inconfortent l'establishment d'arriver à ce niveau. Ils ne peuvent changer la politique préétablie par leurs partis et dans une large mesure, l'establishment. Les leaders élus ne peuvent pas de façon significative affecter la politique extérieure de leurs pays et, dans une certaine mesure, même pas la politique intérieure. Ils sont en réalité des têtes visibles de groupes d'intérêt que sont les partis politiques. Ceux qui essaient de changer les choses se font éliminer comme Kennedy, sont poussés à l'échec comme Jimmy Carter ou alors sont intimidés comme Barack Obama qui renonce à mettre en application son programme social. Ces candidats sont, en général, issus de mêmes écoles, fréquentent les mêmes clubs sociaux et appartiennent même souvent aux mêmes sociétés secrètes. Ce dernier détail a une grande valeur lorsque l'on sait que l'Allegiance aux sectes dépasse même souvent leur loyauté vis-à-vis de leurs pays. Le monde occidental est simplement une dictature de l'élite sur les masses ouvrières.

Ces pays démocratiques ont aussi des fraudes électorales, moins visibles et plus sophistiquées que les pays africains. Georges W. Bush ne doit sa première élection de l'an 2000 contre Al Gore (qui avait gagné le vote populaire) qu'à la décision de la Cour suprême de refuser le recomptage des votes en Floride où son frère était gouverneur. Il faut signaler que Georges W. Bush avait des partisans à la Cour suprême, ce juge dont le fils faisait partie de l'équipe de campagne de Georges Bush. Peut-on vraiment parler de démocratie quand le candidat que la plupart des électeurs ont voté perd les élections par le jeu des grands électeurs.

Dans le documentaire intitule "Hacking Democracy", un individu affirme que Kerry avait la preuve que Georges Bush avait perdu l'élection de 2004 mais avait choisi de ne pas en parler. Il faut signaler que Bush et Kerry font partie de la même secte appellée "Skulls and Bones" traduits par "Cranes et Os". Dans son excellent article, Michael Parenti (http://www.michaelparenti.org/stolenelections.html) dit que des irrégularités ont été commises en 2000 contre les minorités ethniques et des personnes démunies qui votent en général démocrate (parti d'Al Gore). 36 000 personnes n'ont pu voter parce que leurs noms n'ont pas été inscrits dans les listes électorales par le secrétaire d'Etat de l'Etat de Floride, Kathleen Harris. Celle-ci a supervisé les élections de l'Etat de Floride de par sa fonction alors qu'elle était aussi un membre actif du comité de campagne de Georges Bush, dans l'Etat de Floride. D'autres électeurs ont été refoulés par une accusation mensongère d'être d'anciens repris de justice. Dans beaucoup de bureaux de vote dans des régions favorables aux démocrates, les autorités ont fermé tôt les bureaux, empêchant les gens alignés dehors de voter.

Plus récemment en Grèce, Georges Papandreou a renoncé à l'idée du referendum sur le sauvetage des banques grecques sous la pression de ses pairs européens qui savaient que s'il était consulté, le peuple grec allait rejeter ces mesures qui le mettent pratiquement en captivité. N'est-ce pas la démocratie, le choix du peuple ?

En conclusion, la démocratie n'existe vraiment pas. L'occident utilise cet artifice dans la guerre qu'elle mène contre l'Afrique. Les crises ivoirienne et libyenne n'ont été que l'expression visible et violente de cette guerre. Cependant, ce n'est pas une guerre que nous gagnerons par la violence. L'Afrique gagnera cette guerre en retrouvant sa dignité, son self-esteem, l'amour de l'un pour l'autre, sous la direction de leaders nationalistes utilisant la sagesse et l'astuce.

Au-delà de ces considérations bassement matérielles, il y a un élément humain qui explique le comportement des gens vis-à-vis des autres. Nous avons tous en nous, en tant qu'êtres humains, ce désir de contrôler et de nous enrichir aux dépends des autres et de leur bien-être supérieur. C'est pour cela que toutes ces sociétés secrètes et clubs élitistes naissent et prospèrent, à travers le monde. Leur but est de contourner la démocratie, de remettre et de garder le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés.


Atangana Mebah Dorien, citoyen libre.

vendredi, 15 juillet 2011

COUR PENALE INTERNATIONALE: L'AFRIQUE ENTRE EN RESISTANCE

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Jean Ping, chef de la Commission de l'Union africaine.


L’Union africaine refuse de faire appliquer les mandats d’arrêt de la CPI contre el-Béchir et Kadhafi, et propose une Cour de justice africaine. Mais en a-t-elle les moyens et la volonté politique?

 

Trop c’est trop! Le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre Mouammar Kadhafi, «Guide» d’une Libye dévastée par plus de quatre mois de guerre et, accessoirement, un des principaux bailleurs de fonds de l’organisation panafricaine, a jeté le trouble.

Pourquoi la CPI ne poursuit-elle que des criminels africains? Pourquoi cet acharnement contre le continent? Est-ce que le Proche-Orient, l’Asie, l’Amérique latine et même l’Amérique du Nord et l’Europe n’ont pas, en leur sein,  des personnes susceptibles d’être épinglées sur le tableau de chasse du bureau du procureur de la cour internationale?

Les reproches ne sont pas nouveaux. Et en Afrique, la CPI est souvent considérée comme un instrument d’une domination post-coloniale. Le fait de lancer un mandat d’arrêt contre Kadhafi alors que les avions de l’Otan (et en premiers lieux les Français et les Britanniques) bombardent Tripoli ne pouvait pas plus mal tomber.

Le timing est même désastreux. Du pain béni pour les détracteurs de la CPI qui veulent faire passer la cour siégeant à La Haye (Pays-Bas) pour le bras armé juridique des Européens .

Ping contre Moreno-Ocampo

A la fin du sommet de l’Union africaine (UA), tenu fin juin en Guinée équatoriale, le pourtant très mesuré Jean Ping, président de la Commission de l’UA, a littéralement explosé:  «Nous sommes contre la manière dont la CPI fonctionne.» Et il s’en est pris frontalement au procureur Luis Moreno-Ocampo qui «ne condamne que des Africains, il ne juge que des Africains. En Afghanistan, au Pakistan, à Gaza, en Tchétchénie, au Sri Lanka… Il n'y a qu'en Afrique qu'il y a des problèmes? C'est la question qu'on se pose». Le chef de la Commission africaine propose alors une Cour de justice africaine pour contrer la CPI.

«Nous sommes en train de créer une cour criminelle en Afrique. Il ne reste plus que la ratification des chefs d'Etat et la Cour criminelle sera opérationnelle», affirme-t-il à l’agence de presse chinoise (officielle) Xinhua.

L’annonce, passée relativement inaperçue, est pourtant très importante. Si l’Afrique, avec son milliard d’habitants, basculait dans l’opposition frontale à la CPI, les conséquences diplomatiques seraient importantes. Cela jetterait un froid certain entre le continent et les pays européens, très importants bailleurs de l’organisation panafricaine et grands contributeurs à l’aide publique au développement (APD) en Afrique.

Les amis chinois

Mais l’Afrique, dans le passé très liée aux anciennes puissances coloniales, diversifie de plus en plus ses partenaires. Et aujourd’hui, ce n’est pas la France ou les Etats-Unis qui commercent le plus avec ce continent qui comptera deux milliards d’habitants en 2050. C’est la Chine. Cette même Chine, très critique envers la CPI, qui n’a d’ailleurs pas signé les statuts fondateurs, tout comme les Etats-Unis.

Cette Chine qui fait passer, sur le continent africain, ses intérêts économiques avant la défense des droits de l’Homme. «Gagnant-gagnant» économique et non ingérence politique: Pékin avance ses pions. Cette Chine qui déroule le tapis rouge, au grand dam des défenseurs des droits de l’Homme, au président soudanais Omar el-Béchir, accusé de génocide et visé par un mandat d’arrêt de la CPI. Pékin a d’ailleurs émis de «sérieuses réserves» sur l’authenticité de ces crimes. Il est vrai que le Soudan était en 2010 le sixième fournisseur mondial de pétrole de la locomotive chinoise, avec 12,6 millions de tonnes.

Si Pékin finance et construit le nouveau siège de l’UA à Addis Abeba, soutiendra-t-elle, d’un point de vue financier et politique, une Cour de justice africaine, par opposition à une CPI jugée trop anti-Afrique? L’Afrique accueille déjà sur son sol deux tribunaux internationaux, mais pas proprement africains. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha (Tanzanie), est une juridiction onusienne. Et le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), mis en place par le gouvernement de Freetown et l’ONU, est une juridiction hybride mêlant droit international et droit sierra-léonais.

Hissène Habré, impunité à l'africaine

La mise en place de la CPI a marqué une avancée significative dans l’établissement d’une véritable justice internationale. Mais si elle est de plus en plus isolée diplomatiquement, la situation risque fort de devenir intenable. La non-exécution de ses mandats d’arrêt dits internationaux est une pilule difficile à avaler pour les partisans de la CPI.

Si les nouveaux amis chinois ne financent pas la nouvelle cour de justice africaine, qui le fera? Sûrement pas les Européens, qui tiennent trop à leur CPI. Y a-t-il alors en Afrique une réelle volonté de soutenir tant politiquement que financièrement un tribunal qui devra juger… des dirigeants africains?

Le cas de l’ex-président tchadien Hissène Habré donne un élément de réponse. L’UA s’est débarrassée de ce dossier encombrant en le donnant au Sénégal qui, depuis 2006, n’a quasiment rien fait. Le 8 juillet, le Sénégal a brusquement annoncé qu’il enverrait Habré vers le Tchad le 10 juillet. Cela a immédiatement provoqué un tollé au sein des organisations de défense des droits de l’Homme, qui doutaient de la volonté du régime d’Idriss Déby de garantir un procès équitable à son ennemi d’hier. L'ancien président tchadien est accusé par le régime de N'djamena de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de tortures. Il risque la peine de mort.

L’ONU a mis en garde Dakar, soulignant qu’une extradition d’Hissène Habré vers N’djamena violerait les lois internationales en la matière. Le président sénégalais Abdoulaye Wade a aussitôt fait marche arrière et suspendu sa décision. Cette affaire est devenue le symbole de l’impunité à l’africaine et n’engage guère à l’optimisme.

Si les tractations politiques continuent pour juger un jour Habré, qui coule une paisible retraite à Dakar, les victimes n’attendent pas. Chaque année, plusieurs d’entre elles décèdent sans avoir vu une justice africaine, debout, juste et équitable.


Adrien Hart

 

Source : SLATE AFRIQUE

mardi, 12 juillet 2011

LEÇON DE LULA DA SILVA AUX DIRIGEANTS AFRICAINS: «CESSEZ DE BAISSER VOTRE PANTALON DEVANT LES OCCIDENTAUX»

 

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L'ex-président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva au 17ème sommet de l'«Union Africaine» à Malabo en Guinée Equatoriale le 30 juin 2011, en train de faire une leçon de morale politique aux dirigeants africains.


Suivant l'exemple de l'«Amérique Latine», l'Afrique devrait décider de prendre sa vraie indépendance qui est aux mains des occidentaux, Le «continent africain» qui est riche de gisement minéral et de terre fertile, aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance économique planétaire, mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre.


Lula a invité les chef d'État à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois, en Libye et en Côte d'Ivoire : l'interférence de la France et des Etats-unis constitue un sérieux danger pour la « souveraineté Africaine » et pour les futures générations.

Durant l'« assemblée générale » sur le rôle des jeunes africains, une session détachée de la réunion avec pour thème la crise libyenne, Lula a accusé les chefs d'états africains d'être avides, assoiffés de pouvoir, de trahir leurs propres pays et surtout d'être des servants de l'occident qui saccage le continent noir et décime sa souveraineté. La devise de ces chefs d'états étant : « Chacun pour soi, Dieu pour tous », elle ne portera pas loin l'Afrique. Il faut le sens de la responsabilité, de l'humilité, de la dignité et de l'unité pour bien gouverner ! Critiquant le fait que des leaders africains qui soient arrivés au pouvoir par un coup d'état ou pour le vouloir des puissances occidentales, il a ensuite critiqué et dénoncé le monopole de 5 pays du monde. Ajoutant que : l'« Union Africaine » compte 1,4 milliard d'habitants, l'« Amérique Latine » 400 millions d'habitants et que c'est inconcevable que les USA, la France, la Chine, la Russie et la Grande Bretagne dictent la loi au « Conseil de sécurité de l'ONU » !!!! Surtout que la « crise économique mondiale » provient des Etats-unis.

Et il a déploré le fait que l'« Union Africaine » soit financée seulement par 5 pays africains, le reste des ressources provenant des dons occidentaux. Par conséquent, pour cela, l'« UA » ne peut pas privilégier les intérêts de l'Afrique et avoir un poids au niveau international. C'est cette même « UA » qui légitime les coups d'états, les rebellions ou actions illégales pour l'obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections.

Beaucoup de chefs d'états présents avaient la tête basse, à qui il a réitéré l'« invasion française » dans le continent noir. La France nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d'être leurs colonies. Avec des interférences dans les affaires internes des autres pays africains. C'est clairement la référence au cas de la Côte d'Ivoire, où Paris, avec l'utilisation de la force, a enlevé le président Gbagbo pour mettre à son poste Ouattara.

Et si pour la Côte d'Ivoire rien n'a été fait pour arrêter le coup d'Etat, l'« Union Africaine » peut demander le « cessez-le-feu » immédiat en Libye. En soutien, s'est ajouté le président Jacob Zuma, un des chefs opposants qui tient tête à l'occident, disant qu'ils n'ont pas le droit d'assassiner Kadhafi.

Un silence d'ombre dans la salle de l'« UA » où les présidents qui sont les talons de l'occident étaient nombreux, en l'occurrence Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a séjourné à Benghazi pour reconnaître le gouvernement des rebelles, Blaise Campaoré du Burkina Faso, qui a soutenu la rébellion de Ouattara en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, Yoweri Museveni de l'Uganda qui combat les « Al Shabaab » en Somalie, Paul Kagame du Rwanda qui saccage pour le compte de l'occident et puis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Faure Gnassingbé du Togo, Ali Ondimba Bongo du Gabon et le dernier recruté qui s'est ajouté à la dépendance des puissances de l'oppression, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire !

Ce sont les paroles de l'ex-président brésilien Lula da Silva, qui était la semaine dernière en Guinée équatoriale pour la réunion des chefs d'états africains.


Texte en italien, traduit en français par Kouamé Célestin N'Brah


Lien du journal officiel italien: RINASCITA

 

Source: NERRATI.NET

lundi, 14 mars 2011

LES RAISONS DE L'ECHEC DU PANEL DE L'UNION AFRICAINE: L'EMOTION L'A EMPORTE SUR LE FOND DU DOSSIER


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Rencontre de l'«Union africaine» sur la crise ivoirienne. L'on y attendait le dénouement du poker menteur ivoirien. Mais l'on en est plutôt sorti stoïque. Le consensus n'ayant pu être trouvé pour sortir définitivement la Côte d'Ivoire de l'ornière électorale, où elle s'est empêtrée depuis le 28 novembre 2010.


Mais à bien y voir de près le problème ivoirien remonte à bien longtemps, depuis que le socialiste Laurent Gbagbo a accédé en octobre 2000, à la Magistrature suprême. Le chef d'Etat ivoirien prône un rééquilibrage de la répartition des immenses richesses de son pays. L'appétit de la France insatisfaite se voit alors douché face à un Gbagbo « récalcitrant incommode et réfractaire » à la bonne boulimie hexagonale. On a battu en brèche les suggestions du plus pondéré du Groupe de Haut niveau des chefs d'Etat de l'« Union africaine », en l'occurrence le Mauritanien Ould Abdel Aziz. On a refusé de prêter une oreille attentive à la démarche constitutionnelle et donc légaliste du Sud-Africain Jacob Zuma. Que restait-il d'autre à part le Malawi dont la dette se voit « effacée » par la France corruptrice ? A quoi pouvait-on s'attendre du Burkinabé Blaise Compaoré fier de son statut de président à vie assuré par la France ? Le Tchadien Idriss Déby Itno qui doit une fière chandelle à la France qui lui a flanqué une rébellion de « surveillance », préfère ne pas prendre de risque. Le groupe de Haut niveau mis sur pied par le Conseil de paix et de sécurité de l'« Union africaine » souffre de trois péchés congénitaux.

Premièrement il est pris à son propre piège quand il dit que la solution doit être trouvée par « consensus » et ce n'est qu'à cette seule et unique condition qu'elle deviendra « contraignante à toutes les parties ivoiriennes ». Ce qui voudra dire que, tant qu'une des deux parties conteste la décision, il faudra attendre la saint glinglin. « Nous avons estimé que c'est une proposition inacceptable... Malheureusement, nous avons constaté que le panel de Haut niveau s'est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l'incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision (le choix d'Alassane Dramane Ouattara comme président élu de Côte d'Ivoire, ndlr) ». S'est braqué l'ancien Premier ministre ivoirien Pascal Affi N'Guessan qui représentait le président Gbagbo à ces rencontres. Le porte-parole du candidat Gbagbo à la dernière élection a donné le ton.

Deuxièmement, la couardise de certains de ses membres face au chantage de la France.

Dès le départ, le panel a été noyauté par la France consciente de la faiblesse de la majorité de sa composante. Là où l'idéal voudrait en vue de s'assurer une majorité soviétique, qu'elle s'aliène l'Afrique du Sud de Jacob Zuma, la Mauritanie d'Ould Abdel Aziz et narguer le continent noir. La France pourra se contenter d'une majorité relative constituée du Burkina Faso, du Tchad et du Malawi. Mais ce n'est qu'un round de joué. Il faudra attendre. Car, la « contrainte » passe forcément par le « consensus » qu'il faudra nécessairement trouver entre le candidat de « La majorité présidentielle (Lmp) » et celui du « Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ».

Troisième couac et c'est là où la tâche devient âpre. L'« Union africaine » a fermé les yeux sur les résultats de ses propres missions en Côte d'Ivoire. Ni le chef de délégation de la mission d'observation du second tour de l'élection présidentielle l'ancien premier ministre Joseph Koku Koffigo, ni l'émissaire de l'« Union africaine » l'ancien président sud africain Thabo Mbeki, ni le Groupe des experts, encore moins le Groupe de grands niveau constitué de chefs d'Etat ; tout ce bataclan financé à grands frais pour des missions onéreuses en Côte d'Ivoire n'a été pris en compte, à entendre Affi N'Guessan. On a carrément botté en touche les considérations légalistes pour des considérations d'ordre émotionnel. Vous voulez une issue heureuse à la crise ivoirienne ? Veuillez passez demain !



Lire, ci-dessous, le « communiqué du Conseil de paix et de sécurité » de l'« Union africaine » sur la résolution de la crise ivoirienne postélectorale du 28 décembre 2010 :

>> COMMUNIQUÉ DE LA 265ème REUNION DU CONSEIL DE PAIX ET DE SÉCURITÉ DE L'UNION AFRICAINE DU 10 MARS 2011.

 


Source : NERRATI.NET

vendredi, 11 mars 2011

CARGAISON D'ARMES SAISIES AU CAMEROUN: LE NOM D'ALASSANE OUATTARA CITE



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In Le Nouveau Courrier N°225 du 11 Mars 2011

 

Des informations issues des interrogatoires attestent que le nom de l'opposant ivoirien aurait été cité par le monsieur d'origine libanaise venu s'enquérir de la situation sur place afin d'entamer les négociations.


Hier mercredi 9 mars 2011, en fin d'après midi, Le Messager a appris de sources sécuritaires proches de la légion de gendarmerie de l'Est qu'un homme de nationalité libanaise dont l'identité ne nous pas été communiquée, se serait présenté nuitamment aux chauffeurs tchadiens des quinze camions contenant les trente containers estampillés Onu et fortement soupçonnés de contenir des armes de guerre, pour les convaincre de prendre la poudre d'escampette avec le délicat convoi en direction de Douala. Selon nos sources, il était prévu que lesdits chauffeurs quittent Bertoua à minuit dans la nuit du mardi 8 mars non sans avoir déjoué la vigilance des gendarmes préposés à leur surveillance. Mais, prévenus contre une telle éventualité, les gendarmes de Bertoua auraient tout de suite éventré " ce plan de guerre ".

Et le mystérieux Libanais qui, dit-on, venait de Douala, aurait alors quitté Bertoua précipitamment au moment où les pandores s'apprêtaient à lui mettre le grappin dessus afin de procéder à son identification et l'interroger sur les mobiles de sa démarche. Ainsi hier mercredi, jusqu'au moment où nous mettions sous presses, les nouvelles qui nous parvenaient de Bertoua indiquaient que le convoi des quinze camions semi-remorques avec leurs trente containers suspects étaient toujours parqués à la légion de gendarmerie de l'Est, sous la vigilance des gendarmes. Le Messager a aussi appris des sources proches du ministère de la Défense, que ces containers n'avaient toujours pas été ouverts, la présidence de la République n'ayant toujours pas donné d'ordre à ce propos.

Toutefois, des indiscrétions en provenance des milieux proches du pouvoir de Yaoundé affirment qu'il s'agit " d'une affaire de haute sécurité qui préoccupe au plus haut niveau le chef de l'Etat. Dans la mesure où s'il s'agit effectivement des armes de guerre, à savoir des kalachnikov, des fusils d'assaut légers, et des lances roquettes, comme le laissent croire les premiers éléments de l'enquête, il s'agirait d'une affaire très grave. Vous savez que les containers en question viennent du Tchad, un pays voisin et frère et sont estampillés Nations Unies. Ce n'est pas une affaire simple à gérer, il faut le croire ". Selon nos sources, l'affaire préoccupe au plus haut point le pouvoir de Yaoundé dont le silence actuel pourrait être le signe visible d'un embarras. Parce que l'histoire pourrait conduire à une crise diplomatique non seulement entre le Cameroun et le Tchad mais aussi entre notre pays et l'Onu ou la Côte d'Ivoire. De sources bien introduites, que ce soit à la présidence de la République ou ministère des Relations extérieures l'on s'étonne que le Tchad, dont le président Idriss Deby Itno fait partie du panel des chefs d'Etats membres de l'Union africaine chargé de trouver une solution diplomatique à la crise postélectorale ivoirienne, ait fait convoyer des containers suspects en passant par le Cameroun, sans en avertir les autorités camerounaises. " Il y a quelque chose qui sent mauvais dans cette situation. Le président tchadien entretient de bonnes relations avec le président Paul Biya. La météo entre N'djamena et Yaoundé est sans nuage. Qu'est-ce qui peut expliquer une telle cachotterie " ? s'interroge un cadre du Minrex.

Il est évident qu'il s'agit d'une situation de grosse tension en ce moment au sommet de l'Etat camerounais où le silence reste, pour le moment, de rigueur. Aux dernières nouvelles, nous apprenions qu'une partie du convoi serait parti de Bertoua la nuit dernière pour Yaoundé sous escorte de la gendarmerie.

Selon les premières informations diffusées par le Messager, il s'agissait d'un convoi de plus de 15 véhicules gros porteurs transportant chacun deux conteneurs. Mais selon les dernières informations de la gendarmerie camerounaise il s'agirait de plus de 35 véhicules gros porteurs regroupés autour de la légion de gendarmerie (voir photos ci dessus) et siège régional du Groupement Mobile d'Intervention (GMI).

D'autres informations issues des interrogatoires attestent que le nom de le Sieur Alassane Ouattara aurait été cité par le monsieur d'origine libanaise venu s'enquérir de la situation sur place afin d'entamer les négociations. Même si l'issue de ces négociations n'a pas été révélée, le correspondant de cameroonvoice sur place à Bertoua a pu constater qu'une partie du convoi a pris la route à destination de Douala sous forte escorte de la gendarmerie camerounaise. D'après les indiscrétions des chauffeurs qui avaient pris des chambres dans une auberge proche de la légion de gendarmerie, ils quitteront ce 10 mars à 7h 00 pour Douala. Notre source sur place a pu néanmoins noter quelques plaques immatriculation:18S2408A, 18S2411A, 18S2409A, CESR8553A, T8S1402A, 18S2337. Nous y reviendrons.


 

In Le messager - Cameroonvoice


Source : LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 08 mars 2011

CAMEROUN - EN PROVENANCE DU TCHAD: 30 CONTAINERS D'ARMES DE L'ONUCI SAISIS PAR LA GENDARMERIE A BERTOUA

 

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L'encombrant colis était destiné au port ivoirien de San Pedro.

 

Trente containers en provenance du Tchad et suspectés de contenir des armes ont été saisis, le vendredi 4 mars 2011, à Garoua-Boulai, bourgade du département du Lom et Djerem, par la brigade de gendarmerie locale. Il s'agirait vraisemblablement de containers d'armes de l'Onuci à destination de la Côte d'Ivoire. Le chef de l'Etat a été saisi du dossier.


Selon des sources sécuritaires, proches de la légion de gendarmerie de l'Est à Bertoua, c'est le vendredi 4 mars 2011 que la brigade de gendarmerie de Garoua Boulai, a interpellé un convoi de 15 camions semi- remorques portant chacun deux containers. L'important convoi qui venait du Tchad, est arrivé au poste de contrôle frontalier de la gendarmerie nationale de Garoua-Boulaï la nuit tombante. Les gendarmes ont alors stoppé le convoi pour identification d'usage des conducteurs, et c'est là qu'ils ont découvert le pot-aux-roses. Un élément de la gendarmerie en poste à Garoua-Boulai, joint hier au téléphone par Le Messager, explique sous anonymat :

« Après avoir identifié les chauffeurs, nos éléments ont demandé à connaître ce qu'ils transportaient dans les containers. Tous ont déclaré qu'il s'agissait des vêtements et du coton qu'ils sont en train de convoyer vers le port de Douala. Ce qui a attiré l'attention des gendarmes est le fait qu'il y avait sur chaque container la mention « Onuci Bouaké Côte d'Ivoire ». Il se trouve qu'un convoi des Nations unies ne peut pas venir d'un pays voisin, et traverser ainsi tout le pays sans que les autorités militaires et de sécurité du pays concerné n'aient été informées. C'est pour cette raison que nos éléments ont tenu à vérifier ce qui se trouvait effectivement dans ces containers ».

Notre source indique alors que les chauffeurs se seraient d'abord opposés à la fouille des containers. Mais face à la détermination des gendarmes de Garoua-Boulaï, ils ont fini par obtempérer. C'est alors que, selon toujours notre source, les gendarmes auraient découvert dans deux des premiers containers contrôlés, des armes de guerre du genre Kalachnikov, Fusils d'assaut léger (Fal) et des grenades. Immédiatement, face à l'incapacité des chauffeurs des camions transportant ces colis de s'expliquer, les gendarmes ont donné l'alerte.

Informé, le commandant de la légion de gendarmerie de l'Est va ainsi envoyer sur place des renforts pour convoyer tous les camions sur Bertoua. Le convoi arrive dans la capitale régionale du Soleil Levant au petit matin de samedi 5 mars 2011. La première exploitation des chauffeurs  permet aux gendarmes de la légion de l'Est, de savoir que le cortège se rendait à Douala, où il était attendu au port de la capitale économique, pour embarquement des containers à direction de la Côte d'Ivoire, et précisément du Port de San Pedro.

Pour en savoir plus, nous avons contacté le cabinet du secrétaire d'Etat à la Défense où une source officieuse  a confirmé l'immobilisation de ce convoi de 15 camions à Bertoua par la gendarmerie. « Pour l'instant, a-t-elle indiqué, il est difficile de dire avec le maximum de précision ce que contiennent ces containers. La haute hiérarchie a été informée de l'immobilisation des camions et des premiers éléments de l'enquête. Il s'agit d'un convoi des Nations unies. Nous ne pouvons pas l'ouvrir sans l'autorisation du chef de l'Etat ».

A la représentation des Nations unies à Yaoundé, on n'a pas semblé au courant de cette expédition. Voici ce que nous a répondu une voie autorisée : « Ce qu'il faut savoir, c'est que ce n'est pas nouveau que des convois des Nations unies partent du Tchad pour Douala, et vice versa. Le Pam, par exemple travaille beaucoup avec le Tchad. Mais pour ce qui est d'un convoi de containers des Nations unies interpellé à Bertoua, je ne suis pas au courant ».

Pour sa part, joint au téléphone hier, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Cameroun est formel : « J'ai été mis au courant par un appel téléphonique d'un individu disant vivre à Bertoua qui m'a informé de cette situation. Je suis en train de vérifier auprès des autorités camerounaises. En tout cas pour ce qui nous concerne, l'ambassade n'a pas été saisie du passage d'un convoi des Nations unies venant du Tchad, à destination de la Côte d'Ivoire ».

Au moment où nous mettions sous presse, dans la nuit de dimanche, les camions étaient toujours parqués à la légion de gendarmerie de l'Est, attendant sans doute que les forces de sécurité reçoivent de la Présidence de la République des indications sur la conduite à tenir. Car, s'il était établi qu'il s'agit effectivement de containers d'armes, traversant le Cameroun pour aller sur un théâtre de guerre civile, dans un pays africain frère, le problème serait forcément diplomatique, et ne pourrait se traiter qu'au niveau du chef de l'Etat. Lequel voudrait bien, et devrait avoir la primeur des réponses aux questions de savoir si l'Onuci a opté définitivement pour une solution armée en Côte d'Ivoire, ou si des trafiquants d'armes ont usurpé le sigle des Nations unies pour tromper la vigilance de la douane et de la sécurité du territoire camerounais.

Une chose est sûre : pour confirmer ou infirmer que les 30 containers ne contiennent que des armes, et en savoir plus sur  l'expéditeur de la cargaison, les éléments de la gendarmerie ne peuvent les ouvrir au-delà du contrôle de routine qui les a conduits à la découverte, sans instructions du chef de l'Etat, si nous en croyons un haut responsable du Sed. C'est donc une affaire à suivre.


© Le Messager : Jean François Channon


Source : CAMER.BE

samedi, 26 février 2011

COTE D'IVOIRE - LE PANEL DE L'UNION AFRICAINE PROPOSE DE REVENIR AUX ACCORDS JAMAIS RESPECTES DE OUAGADOUGOU

 

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Alassane Ouattara, mis K.-O. par Jacob Zuma et le panel de l'UA


28 novembre 2010 au soir. Second tour de la présidentielle ivoirienne. Au regard du taux de participation, de près de 10 points inférieur à celui, remarquable, du premier tour, les plus chevronnés observateurs l'annoncent : Laurent Gbagbo ne peut pas perdre. Avec les plus de 80% de participation du premier tour, Alassane Ouattara pouvait espérer le battre, à condition de bénéficier des reports pleins et entiers des suffrages recueillis par le troisième candidat, l'ancien président Henri Konan Bédié. Avec les à peine 70% annoncés tout à la fois par Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale (soi disant) indépendante (et en fait ouattariste) et par France 24, la messe était dite et ADO cuit... Une large part des partisans de Bédié avaient préféré ne pas aller voter, incapables, contrairement à leur candidat, de se résoudre à élire Ouattara - fut-ce pour battre Gbagbo. C'est là que le putsch médiatico-politique a débuté vraiment... D'un peu partout fusèrent des mails, sms et bientôt même des tweets. Qui tous, au contraire, annonçaient un irréel et irréaliste score de près de 55% en faveur de... Ouattara ! La CEI se mit au boulot. Les (ultra minoritaires) favorables à Gbagbo en son sein dénoncèrent rapidement des fraudes massives, des registres électoraux falsifiés, des signatures absentes ou contrefaites... des bureaux de vote où Gbagbo ne recueillait pas un suffrage, alors même que ses représentants étaient présents, puisque leurs "signatures" apparaissaient... d'autres où le nombre de suffrages exprimés (bêtise, mépris et suffisance des tricheurs) est supérieur à celui des inscrits... bref, une pantalonnade électorale. Réalisée d'autant plus facilement que le Centre et le Nord du pays, sous contrôle rebelle, n'ont jamais été démilitarisés. Bravo l'ONU. Avec ses deux pantins, Ban Ki Moon le controversé et Choi la Muppet. R esponsables du non désarmement des rebelles de Guillaume Soro, financés depuis septembre 2002 par ADO et soutenus quasi officiellement par la France, via le Burkina Faso de Blaise Compaoré.

La CEI, incapable de "consolider sur la base du consensus" des résultats faussés, il fut essayé de proclamer illégalement des résultats bidon, donnant ADO vainqueur. L'image de cette feuille mensongère arrachée des mains d'un escroc électoral fit le tour des médias occidentaux (et donc africains, déplorons leur suivisme confinant à l'aliénation). Image, comme le scrutin, détournée de son sens... Infoutue donc de produire des résultats fiables dans son temps de compétence, la CEI devait techniquement céder la place au Conseil constitutionnel. (Ce qu'elle finira par faire, d'ailleurs, au regard du strict respect des institutions ivoiriennes et des accords de Ouagadougou, qui jamais n'ont mis aucune autorité au-dessus des institutions nationales). Mais sous les pressions conjuguées des ambassadeurs français et américain, Bakayoko fut "extrait" de la CEI. Pour aller annoncer, Choi l'a avoué, les frauduleux résultats à l'ONUCI. Muppet Choi refusa. Il veut bien certifier les conditions de vote calamiteuses, les bourrages d'urnes et les violences. Mais pas assumer l'annonce. On opta pour l'Hôtel du Golf. (Il faut avoir entendu Bakayoko, des semaines plus tard, sur la coopé-loniale RFI, oser prétendre qu'il ignorait que le dit hôtel était le QG de Ouattara !).
La suite, chacun la connaît : le Conseil constitutionnel ivoirien a annulé des votes - comme la CEI l'avait fait avec les suffrages de la diaspora ivoirienne en France. Et proclamé Laurent Gbagbo vainqueur des élections et nouveau président de la république de Côte d'Ivoire. Un Conseil constitutionnel dont aura été mise en doute une légitimité sous la protection de laquelle pourtant et Sarkozy, le 2 décembre, puis Ouattara, le 4, auront tenté de se placer.

Depuis, Ouattara, "reconnu" jusque sur Mars mais incapable de soulever un mouvement populaire, est le pauvre président du peuple, héroïque et spolié de sa victoire par le dictateur Gbagbo, avec ses bras longs et bolloréens, ses mains pleines de doigts patriotes ensanglantés ! L'hollywoodien film était en marche. Sarkozy, bien avant Alliot-Marie, Fillon et le monokineur Boris Boillon, mettait la diplomatie et la politique étrangère française sur le trottoir. Comme Chirac, refusant d'honorer en 2002 des accords de coopération militaire, lorsque la meurtrière rébellion s'élança, sous prétexte de ne pas défendre Gbagbo, déjà.

Les missions de conciliation de l'Union africaine ou les menaces de la Cédéao, toutes, ont fini par achopper sur une réalité : Ouattara a triché... et par conséquent, suite à l'élimination, régulière, logique et morale du tricheur : Laurent Gbagbo a gagné. Comment l'avouer sans se dédire ? Même les médias ne savent pas faire ça. Depuis mi janvier et les premières révélations du forfait, chacun l'a compris, la question est moins de savoir comment déloger le légitime vainqueur Gbagbo, que de réussir à soustraire le perdant grugeur Ouattara. Le moins indignement et le moins violemment possible. Comment épargner ses soutiens et souteneurs notoirement impliqués. De Sarkozy à Soros, avec son avion "prêté" à ADO et les officieux et subventionnés services de Human rights watch, ses communiqués aussi invérifiés qu'invérifiables sur des charniers aussi inexistants que nécessairement gbagbistes. En passant par les lobbyistes d'Avaaz et les spéculateurs de cacao d'Amarajo. Faure Gnassingbé, président togolaid dynastique aussi illégitime qu'Ali Bongo. Et Wade, bientôt centenaire. Le remplaçant, le joker nigerian Goodluck Jonathan. Blaise Compaoré, là depuis 23 ans... Comment retenir le violent Soro, l'éternel rebelle qui a compris lui que Ouattara était rincé. Mais qui doit des comptes à ses hommes, ses chefs rebelles régnant sur le Nord et le Centre depuis 2002 au prix de 10 000 morts (jamais dénoncés par "la communauté internationale" ou les ONG).
Au final, les yeux baissés ou avec soulagement, les deux parties ont accepté de s'en remettre à l'Union africaine. Un panel de présidents africains a été désigné lors du sommet d'Addis Abeba. Sarkozy réussira à y imposer le soldat français Compaoré, pourtant plus que partie prenante et partial. Par trouille de l'influence et du poids de l'Afrique du Sud de Zuma, également sollicitée. Et bien moins mauviette que celle de Thabo Mbeki. Preuves par l'absurde que l'atmosphère a changé : presque plus du tout de sujets sur la Côte d'Ivoire à la télé française... loin de la curée raciste des semaines folles de décembre. Loin de la désormais embarrassante Côte d'Ivoire.

La semaine dernière, le pitre sanguinaire Soro lança sa "révolution tunisienne de Côte" d'Ivoire (ou égyptienne, tant il serait en peine de les distinguer). Elle devait démarrer d'Abidjan à partir du 21 février. Entre amateurisme et décadence. Aussi aveuglé que Ben Ali ou Moubarak. Refusant de voir que même dans une localité comme San Pedro, pourtant dirigée par un ouattariste, plus personne pour "les rebelles" ne se lèvera... Soro se ravise et décide que sa révolution finalement démarrera à Bouaké. "Fief rebelle". Ou ville martyre. Et le 19 plutôt que le 21. Soro "le séquestré", qui, depuis des semaines, butine et lutine les primatures et présidences africaines (au point de se faire éconduire par Zuma qui refusera de le recevoir !). En quête de soutiens à ramener à la Ruche du Golf Hôtel reconnue par l'ONU. Soro arrive le jour dit à Bouaké. Mais tout seul : le public n'est pas venu. Le voilà obligé de transformer le fiasco en une rencontre, sûrement prévue de longue date, avec des chefs coutumiers et religieux...
Le 21 février, toujours dans l'indifférence médiatique, le panel arrive à Abidjan. Enfin, presque. Les jeunes patriotes ivoiriens dévoués au ministre Charles Blé Goudé, en manifestant à l'aéroport contre sa venue, ont réussi à faire renoncer le Mobutu de Thomas Sankara, Blaise Compaoré. Laurent Gbagbo a reçu le panel. S'est expliqué. A présenté les pièces du dossier omises ou occultées par Choi. Alassane Ouattara, ultime chochotterie, a d'abord refusé de rencontrer Zuma. Sous prétexte de l'absence de Compaoré. (Rires). Le reste du panel, le Mauritanien Ould Abdel Aziz, le Tchadien Idriss Déby et le Tanzanien Jakaya Kikwete, a été ferme : avec Zuma ou rien. De cela non plus, la presse occidentale ne se fit pas l'écho. Puis Ouattara a cédé. Au même moment, l'opportune Amnesty International publie elle un communiqué qui dénonce les violations des droits de l'homme des deux camps. Quelle pondération soudaine ! Jusque-là, qui aurait osé admettre que, bien que peu nombreux, les partisans à mains nues de M.Ouattara étaient singulièrement dotés en armes à feu lourdes et légères ?

Zuma prévint qu'il ne voulait pas voir de "rebelles" aux abords du Golf quand il y serait. (Est-ce pour ça que Soro est parti ?). Quelques dizaines de jeunes ouattaristes en retard d'une conspuation l'accueillirent en l'injuriant. Derniers râles. À l'intérieur, c'est lui qui donne le la. Le pauvre Alassane, le regard vidé, décomposé, hagard, débite un texte aussi insignifiant et pleurnicheur que ses rares interventions télé. Au bout de 3 minutes, il commence à mentir, à prétendre qu'il a gagné les élections, que les mini émeutes que certains de ses partisans essaient de faire démarrer, depuis deux jours, en espérant les voir dégénérer assez pour justifier une intervention franco-onusienne, sont en fait des manifestations pacifiques de bienvenue au panel ! Et que c'est le camp Gbagbo qui en a fait des bains de sang... Sauf que Zuma l'arrête. "Stop, stop, stop..." Il vient de se faire insulter par les jeunes ouattaristes, il connaît leur pacifisme. Toujours poli, il se contente d'exhorter Ouattara à entrer dans la discussion et les photographes à sortir.

À l'heure où nous publions ces lignes, le panel ne s'est toujours pas officiellement prononcé, quand aux propositions "contraignantes pour les deux parties" qu'il doit formuler. Ce qui n'empêche pas l'AFP et ses relais depuis hier après midi de spéculer sur un éventuel partage de pouvoir... ou un pouvoir tournant sur deux ans... Ultime manière de minorer et déconsidérer le cinglant désavoeu. Un des conseillers de Laurent Gbagbo (et il vaut bien après tout l'AFP et ses mensonges répétés en qualité de source), Alain Toussaint, a depuis hier soir, après le départ de Jacob Zuma, affiché sur facebook un statut aussi serein que vraisemblable, si l'on en juge la débandade et le black out français : "Jacob Zuma et les Chefs d'Etat du panel de l'UA opposés au partage du pouvoir. Propositions : Laurent Gbagbo demeure à son poste de Président de la République jusqu'à l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle. Préalables : désarmement effectif des rebelles et des milices, révision et nettoyage du fichier électoral, redéploiement de l'Administration sur toute l'étendue du territoire national." C'est à dire, en somme, un retour aux accords de Ouagadougou jamais respectés...

De sources dignes de foi et proches du dossier, en provenance d'Afrique du Sud et de Guinée Équatoriale, dont le président Obiang Nguema dirige actuellement l'Union africaine, on serait bel et bien sur cette ligne-là.


Dessin: Fabien Hulot - Texte: G.P


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

jeudi, 10 février 2011

LES REVISIONS CONSTITUTIONNELLES EN AFRIQUE ?

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"Quand l'Etat est pris en otage par les kleptocrates". Par Me Thiamel NDIADE.


Si en 1990 le vent de la démocratie avait soufflé sur le continent africain, aujourd'hui, c'est plutôt le vent de la modification des constitutions qui ravage l'Afrique. "Cette révision revêt une dimension importante dans l'évolution du constitutionnalisme africain, non seulement parce qu'elle constitue un élément moteur, mais et surtout parce qu'elle démontre certaines conceptions du pouvoir politique dans le continent tout entier", comme l'écrit l'enseignant chercheur tchadien Adja DJOUNFOUNE.

Revenons sur quelques cas des pays africains qui ont déjà modifié leur constitution pour répondre à des besoins dont ils sont les seuls à connaître les motivations. Que ce soit en Afrique du Nord, Est, Centre ou Ouest, ces pays ont tous un seul dénominateur commun : "modifier la constitution pour s'éterniser au pouvoir".

Quelques exemples :
Guinée
: En Guinée -Conakry, la constitution a été modifiée en 2002 dans l'intention d'autoriser feu Président LANSANA Conté à se représenter, à la fin de son second et dernier mandat aux élections présidentielles.

Tchad : La constitution du Tchad a été modifiée en 2005 et a permis à Idriss Deby ITNO à se maintenir au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1990.

Mauritanie : En Mauritanie, la modification de la constitution en 1991 a permis à OULD TAYA de rester au pouvoir jusqu'à son renversement par un coup d'Etat en août 2005.

Burkina Faso : Par un subtil jeu de levée de la limitation de mandats en 1997, puis de restauration de cette limitation en 2000, Blaise COMPAROÉ est au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1987.

Tunisie : En Tunisie, la constitution a été modifiée également en 2002 pour permettre au Président Zine Ben ALI de se représenter à l'élection présidentielle de 2004 qu'il a remporté pour un quatrième mandat. Pourtant, lorsqu'il avait destitué en 1987 le premier Président tunisien malade, Habib BOURGUIBA, 84 ans, il avait promis de mettre fin à la présidence à vie.

Togo : Au Togo, la constitution a été modifiée en 2003 et a permis à feu EYADEMA de se faire réélire pour un troisième mandat de cinq ans, au terme de 36 années de pouvoir jusqu'à sa mort en 2OO5.

Ouganda : Modification en 2005 et maintien de YOWERI MUSEVENI au pouvoir depuis sa victoire militaire contre le régime en place en 1986.

Cameroun , en 2008 imaginez vous-même la suite.


L'inflation révisionniste

Il est normal de reformuler les lois qui régissent le peuple. La constitution française de 1789 ne postulait-elle pas que "la nation a le droit imprescriptible de changer sa constitution" ?

En se basant sur ce pouvoir de révision selon les circonstances et les intérêts de toutes sortes, les pouvoirs africains ont à souhait procédé à des modifications constitutionnelles de telle sorte que les constitutions africaines ont été atteintes d'une inflation révisionniste. Cela est souvent justifié par la recherche constante d'institutions adaptées aux besoins et au niveau de développement tant économique, social que culturel.

Généralement, la révision tourne autour du statut du chef de l'Etat, de la dévolution du pouvoir monarchique, de l'alternance politique ; plus exactement elle porte sur la prolongation ou non du mandat présidentiel.

À ce niveau deux tendances apparaissent : la première, négative, se situe dans la trajectoire du renouvellement ou de l'allongement du mandat arrivé à terme au bout de deux mandats successifs ; la rééligibilité ne se faisant qu'une seule fois. C'est le cas du Cameroun, et bien d'autres pays africains.

La deuxième tendance, positive, se démarque par le jeu de l'abandon du pouvoir après l'exercice de deux mandats consécutifs, respectant l'esprit et la lettre de la constitution. C'est le cas des présidents KONARÉ du Mali, RAWLINGS et KUFFOR du Ghana.


Droit de l'Etat ou Etat de droit ?

Deux procédés de modifications sont possibles : la révision par voie référendaire et celle effectuée par le parlement en exercice. Cette dernière formule est la plus utilisée. La raison en est simple : la majorité présidentielle coïncidant avec la majorité parlementaire, le tour est vite joué, comme au Cameroun en 2008.

Si rien n'interdit à ce que le législateur modifie, complète ou abroge les dispositions législatives antérieures, le droit de l'État, cependant, doit se concilier avec l'Etat de droit. En principe, la souveraineté du peuple ne peut être entamée que par le peuple lui-même. Ce que le peuple a fait, il lui appartient de le défaire en retour.

La révision constitutionnelle peut représenter un danger pour le processus et la consolidation de la démocratie en Afrique. Elle est aujourd'hui un des enjeux pour la lutte pour le pouvoir : chacun veut modifier la constitution pour s'assurer un avantage décisif dans l'accession ou le maintien aux commandes de l'Etat. Ce qui affecte inéluctablement le principe de l'alternance politique.

Les bouleversements politiques dans beaucoup de pays africains sont déjà des signes révélateurs des difficultés que les dirigeants africains éprouvent à trouver une solution satisfaisante à la problématique de la gouvernance.

Selon ADJA DJOUNFOUNE, la révision constitutionnelle est perçue d'abord comme "une technique d'établissement de la monopolisation du pouvoir par le chef de l'Etat" ; et ensuite comme "un instrument de pérennisation du système politique".

En tout état de cause, les nouvelles constitutions africaines devraient normalement présenter la caractéristique d'abandonner les modèles consacrant l'autoritarisme politique et se conformer à l'orthodoxie constitutionnelle et à l'affirmation de l'Etat de droit.


Révision structurelle....ou conjoncturelle ?

Tout en notant que les constitutions africaines ont souvent été adoptées dans l'urgence, et qu'un certain toilettage s'impose, Jean Du Bois de GAUDUSSON, spécialiste français du droit constitutionnel, rappelle qu'une "constitution se change, en effet, et c'est parfaitement conforme à l'Etat de droit ; si l'on fait référence au cas français, on s'apercevrait qu'une constitution peut se changer assez souvent, dès lors que les procédures sont respectées et que la révision s'effectue dans les formes républicaines".

C'est l'idée défendue par un homme politique tchadien, l'ancien Premier Ministre KASSIRÉ KOUMAKOYE qui note que "toute constitution étant une œuvre humaine, elle est faite pour être adaptée à l'évolution de la société. Dès l'instant, que la constitution elle-même prévoit qu'on doit la réviser, la question posée est : est ce que la révision engagée respecte les normes constitutionnelles" ?

A quoi répond l'avocat et homme politique Béninois DOSSOU ROBERT : "Une action peut être dans la ligne de la légalité la plus pure et se révéler parfaitement illégitime. La légitimité, c'est la conformité à la conscience du moment..."

R. DOSSOU fait également une distinction entre ce qui pourrait s'apparenter à une révision structurelle (consistant en une refonte profonde du texte constitutionnel) et une révision conjoncturelle, inspirée par des considérations politiques.

Or, et même si elle est incluse dans un ensemble d'autres modifications, la révision des mandats présidentiels risquent fort d'apparaître comme éminemment conjoncturelle, et ainsi que l'affirme JEUS AJAVON, juriste et homme politique togolais, "avant tout politique (...) il faut voir pourquoi les mandats présidentiels ont été limités, à l'époque on l'on rédigeait les constitutions, dans un contexte donné. Est- ce que ce contexte a changé" ?

Le contexte, si on l'entend bien, étant celui-ci : pas plus qu'hier l'alternance n'est tellement en vigueur en Afrique. Mais aujourd'hui on manipule les textes...

In fine, Robert DOSSOU relève ceci : "les Africains ont tendance à voir la stabilité comme personnalisée ... c'est le cas si Pierre ou Paul restent au pouvoir, et il y a stabilité institutionnelle : c'est ce que nous essayons de construire" !
C'est le même Robert DOSSOU qui a cette formule imagée de la constitution : "c'est à la fois le concentré de l'histoire d'un peuple et la plate-forme de ses espérances".

Et nous allons conclure : c'est aux princes africains et leurs remparts capitalistes que profite la modification des constitutions en Afrique.


http://mampouya.over-blog.com/

OPERATION FRANÇAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE

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OPERATION FRANCAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE[1]


Par BWEMBA-BONG

Membre du Cercle SAMORY

Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine

(CESAM)

Pour la Renaissance du Peuple Noir


« Pour les intérêts de notre pays, il ne faut pas avoir peur de mettre la main dans celle du diable » Jacques Foccart.

De tous les anciens pays négriers, la France est le seul qui, six siècles plus tard, après la prétendue Abolition de la Traite négrière, s'accroche toujours et continue, par diverses violences, à vampiriser avec arrogance l'Afrique Noire qu'elle tient pour sa propriété, hommes et biens compris. Aussi, chaque fois que celle-ci tente de sortir la tête de l'eau, la nation de Gobineau et Colbert est-elle toujours présente, pour l'y replonger.

Dans son préambule, la Constitution française de 1958 fait mention des Droits de l'Homme définis par la Déclaration de 1789, complétée par le Préambule de la Constitution de 1946, et du principe de la Libre Détermination des Peuples.

C'est sur l'application de cette profession de foi que se fonde l'Article 1er du texte, qui dispose : « La République et les peuples des territoires d'outre-mer qui, par un acte de libre détermination, adoptent la présente Constitution instituent une communauté. La communauté est basée sur l'égalité et la solidarité des peuples qui la composent ».

Ainsi donc, la Communauté franco-africaine, nouvelle structure mise sur pied par la France pour ne pas lâcher son empire et ses colonies d'Afrique Noire, donnait à penser qu'elle reposait sur deux principes fondamentaux : la participation et l'autonomie.

L'Article 76 de cette Constitution dispose : « Les territoires d'outre-mer peuvent garder leur statut au sein de la République s'ils en manifestent la volonté par délibération de leur Assemblée territoriale prise dans le délai prévu au premier alinéa de l'article 91 (dans un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la Constitution), ils deviennent soit départements d'outre-mer de la République, soit groupés ou non entre eux, Etats membres de la communauté ».

Quatre solutions se présentaient donc :

1°)- Rejeter la Constitution (ce que fit la Guinée, sous l'impulsion de Sékou Touré). Ce vote négatif impliquant que, par ce rejet, la colonie sortait de l'Union Française, qu'elle n'entrait pas dans la Communauté, qu'elle devenait indépendante ;

2°)- Opter pour le régime de département d'Outre-mer ;

3°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient garder leur statut au sein de la République ;

4°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient devenir des Etats membres de la Communauté.

Quant à l'autonomie, c'est le Titre XII de la Constitution, intitulé De la Communauté, qui en précisait la situation juridique, par des textes qui la définissaient à travers ce qu'ils dénommaient « l'Autonomie des Etats de la Communauté ».

S'inspirant de la doctrine de la IVe République, la Ve République reprenait ce système d'autonomie qui n'avait qu'un semblant de souveraineté interne.

A cet égard, l'Article 77 stipulait à propos de ces Etats fictifs : « ...s'administrent eux-mêmes et gèrent démocratiquement et librement leurs propres affaires ».

Mais l'Article 78 définissait la compétence de la Communauté : la politique étrangère, la défense, la monnaie, ainsi que la politique économique et financière revenaient à la France seule. En définitive, la Communauté se substituait tout simplement à l'Union Française.

Structurellement, la Communauté se composait de quatre organes :

- le Président de la République (Français)[2],

- le Conseil Exécutif,

- le Sénat de la Communauté,

- la Cour arbitrale.

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Au plan de la participation, il était institué des organes propres de la Communauté, désignés indirectement par les populations des Etats membres et exerçant des compétences communes ; il s'agissait, en l'occurrence, du Président de la République française, du Conseil exécutif qui était composé notamment des chefs de gouvernement des membres de la Communauté et des ministres chargés par la Communauté des affaires communes, du Sénat de la Communauté, composé des parlementaires français et d'élus africains membres des Assemblées Territoriales ; enfin, d'une Cour Arbitrale.

Ces organes étaient investis des compétences attribuées à la Communauté : la politique étrangère, la défense, la politique des matières premières stratégiques, la politique économique et monétaire, l'enseignement supérieur, le contrôle de la justice, etc.

La Communauté autorisait formellement chaque Etat, y compris ceux d'Afrique Noire, à disposer d'organes propres : un gouvernement dirigé par un Premier ministre, une Assemblée territoriale et des tribunaux. Toujours aussi formellement, ces organes étaient investis des compétences de maintien de l'ordre, de vote du budget, de levée des impôts, de règlement des litiges, etc.

Dans la réalité, le droit de séparation proclamé par la France, était, comme la plupart de ses principes, une déclaration qui n'avait pas à avoir d'effet dans la pratique. La Guinée, qui sous la direction de Sékou Touré opta pour la séparation, en fit la triste expérience. C'est ce que révèle un responsable des services secrets français, alors chargés de mener la guerre totale et sans répit à la Guinée nouvellement indépendante : « Dans les semaines suivant le « non », Sékou Touré pouvait encore être récupéré. Albert nous bombarde de rapports pour nous signaler que le leader guinéen guette le moindre signe de dégel. Mais De Gaulle a décidé de se montrer intraitable et confie à ses intimes :

Sékou Touré, je le veux à plat ventre....

A ce jeu-là, Sékou Touré s'endette chaque jour un peu plus, car cette aide étrangère est payante, les missions économiques de l'Est ne lui font pas de cadeau. Où trouver l'argent ? Il n'a même plus de quoi payer ses fonctionnaires. De Gaulle lui a coupé les vivres [...]

Cet argent, disent les responsables français, restera bloqué à la Caisse des Dépôts et Consignations jusqu'au moment où nous serons autorisés à verser les pensions directement aux ayants droit [...]

Mais voici un miracle : Sékou Touré se souvient brusquement qu'il possède, dans les caisses de la Banque Centrale de Guinée, la très coquette somme de quatre milliards de francs C.F.A., abandonnés par les Français. Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt pour éponger ses dettes ? Il commence donc à prélever sur le magot [...]

Alarmé, notre agent à Conakry nous prévient que Sékou Touré est en train de puiser dans des ressources insoupçonnées, au détriment de notre propre balance C.F.A., car il s'agit de monnaie émise par la Banque de France. Il nous propose d'y mettre le holà. Comment ? [...]

Vous m'envoyez deux ou trois grenades au phosphore. Moi, j'ai déjà repéré les cheminées d'aération de la Banque Centrale qui descendent jusque dans la salle des coffres. J'irai dire bonjour à mon copain le ministre et, ni vu ni connu, je balance les grenades. C'est un coup à gagner quatre milliards [...]

Quant au reste, soit près de trois milliards de francs C.F.A. en billets neufs, ils ne sont pas encore en circulation. Le directeur de la Banque de France devait, pour les rendre valables, signer le traditionnel décret d'émission. Mais on a attendu le résultat du référendum. A la suite du « non » de la Guinée, De Gaulle a donné des ordres formels pour que le décret ne soit pas pris : cette masse de billets demeure sans valeur [...]

Sékou entre dans une rage folle. Il se sent abominablement piégé. L'indépendance est une belle chose, mais comment se débrouiller quand on n'a plus un sou vaillant, plus un compte bancaire, quand l'argent que l'on croyait détenir est frappé d'un mal mystérieux et se désintègre entre vos doigts ? [...]

Pourtant, c'est le même franc CFA que celui qui circule au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Mali, etc. A un détail près toutefois, qui change tout. Dans sa grande méfiance, la Banque de France a pris depuis longtemps ses précautions : la monnaie imprimée en métropole et émise pour chaque territoire africain porte une lettre spécifique permettant de l'identifier. Ainsi, tout ce qui vient maintenant de Guinée est automatiquement détecté et rejeté [...]

Nous avons appris que la Guinée voulait de toute façon quitter la zone franc, créer sa propre monnaie [...]

Nous allons nous procurer des billets de la nouvelle monnaie guinéenne. Dans l'imprimerie ultra-secrète de la Piscine[3], dirigée par un officier Pied-Noir, nous sommes en mesure de reproduire ces bank-notes le plus parfaitement du monde et nous en inonderons le marché guinéen [...]

C'est de bonne guerre. Sékou Touré s'est moqué de nous, et a voulu tricher lui-même avec nos propres francs CFA [...]

Sékou Touré se retrouve avec une monnaie inexploitable, ruiné, aux abois. Il est à plat ventre comme le souhaitait le Général. Mais pas devant la France. Il se tourne définitivement vers les régimes socialistes ... »[4].

Mais, malgré la volonté de la France de doter la Communauté d'une armature colonialiste plus renforcée, celle-ci n'aura qu'une courte existence de deux ans, Paris ayant changé de stratégie : face à la revendication de l'indépendance posée par le Cameroun, et soucieuse d'éviter l'embourbement de type algérien en Afrique Noire, la France choisit la ruse articulée autour d'une donne nouvelle : octroyer de façon déclarative l'indépendance aux colonies, tout en gardant la haute main sur tout l'empire : le néocolonialisme.

Ainsi donc, la réalité de la politique de la France en Afrique Noire était appliquée en Guinée, par le Général de Gaulle qui, de ce fait, était d'autant plus à l'aise pour répondre à ceux qui lui faisaient grief d'avoir bradé ce qui restait à la France de son empire colonial : « Des territoires qui ne cessaient pas, depuis dix ans, d'aspirer à l'indépendance, la réclament aujourd'hui avec insistance. Faut-il laisser ce mouvement se développer contre nous, ou, au contraire, tenter de le comprendre, de l'assimiler, de le canaliser ? ».

L'expérience de l'Indochine et celle de l'Afrique du nord ont servi à devancer les événements en Afrique Noire. Elles ont permis d'octroyer l'indépendance qui allait être arrachée :

« J'ai desserré les liens avant qu'ils ne se rompent »[5].

Effectivement, le général de Gaulle avait desserré les liens avant qu'ils ne se rompent. Il avait réussi par la terreur sur la Guinée, et l'assassinat des vrais combattants africains de l'Indépendance, à placer à la tête de la quasi-totalité des « Etats » d'Afrique Noire à l'heure des fausses indépendances, des personnages dont la particularité était d'être marqués du sceau de la souplesse d'échine, et de s'être, de ce fait, farouchement opposés à l'indépendance de l'Afrique Subsaharienne, mais qui, pour les besoins du néocolonialisme, étaient travestis en « grands timoniers », « héros nationaux », « pères de la Nation ».

Dans un article d'une brûlante actualité aujourd'hui encore, sur les relations invariablement colonialistes que la France a toujours entretenues avec l'Afrique Noire, Cheikh Anta Diop notait déjà en 1953, avec une clairvoyance et une lucidité prémonitoires : « De toutes les puissances européennes qui dominent l'Afrique, la France est l'une des plus colonialistes - sinon la plus colonialiste. Les méthodes qu'elle applique (politique d'assimilation, etc.) sont telles que malgré l'exploitation la plus féroce, on n'a pas vu surgir, jusqu'ici, dans ses colonies d'Afrique Noire (les territoires sous mandat mis à part) une franche aspiration à l'indépendance nationale. Le colonialisme français a même réussi un tour de force exceptionnel en créant des consciences politiques, de tout âge, vieilles, d'âge mur, jeunes, attelées à la défense de l'Union française.

Car, l'Union française, quelque soit l'angle sous lequel on l'envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains, en ce sens qu'elle impliquera, toujours, une exploitation unilatérale de l'Afrique par la métropole et un étouffement des aspirations légitimes d'indépendance nationale des peuples colonisés, sans la réalisation desquelles il n'y a pas de démocratie possible »[6].

En effet, par la ruse, la fraude et une violence endémique, les institutions administratives et politiques, créées par la France dans le cadre de sa mainmise sur l'Afrique Noire, fonctionnèrent et continuent de fonctionner à la pleine satisfaction de leur initiatrice.

D'un atavisme négrier sans égal, la France qui sait avoir définitivement perdu les colonies cochinchinoises et arabes (Tunisie, Maroc et Algérie) de son ancien empire, a choisi le raccourci de miser sur la « servilité » des « Nègres » qui, pense-t-elle, restent encore à portée de son hégémonie[7]. Aussi, fonde-t-elle sa politique extérieure sur une stratégie dont l'objectif central est d'empêcher les anciennes colonies d'Afrique Noire, de vivre de façon libre et indépendante. Pour ce faire, elle repose sa politique africaine sur une logistique dans laquelle elle s'inscrit comme le pays emblématique représentatif du triomphe de l'Occident sur le monde noir. Son système fonctionne ainsi sur la base :

1°)- Du maintien de l'Afrique Subsaharienne (que Jacques Chirac s'est donné pour mission d'élargir de plus en plus aux anciennes colonies africaines dites anglophones, lusophones et hispanophones) dans une colonisation de type nouveau, par laquelle la France les utilise dans la plupart des problèmes internationaux pour ses besoins de puissance politique, économique, militaire et culturelle. En somme, le colonialisme français ancien a muté en néocolonialisme néonégrier triomphant : la coopération franco-africaine dont l'unique dominante et seule bénéficiaire est la France ;

2°)- D'une prétendue « coopération » qui sert de justificatif au pillage économique de l'Afrique Noire, aux interventions militaires françaises, et à l'aliénation culturelle des populations africaines, au nom d'une prétendue communauté de langue : le Français ;

3°)- De l'ancrage de l'Afrique Subsaharienne dans une intégration esclavagiste de plus en plus subtile, mais toujours plus renforcée et rigide ;

4°)- De la poursuite par la France de ses objectifs de domination, tout en les renforçant dans le cadre d'une projection stratégique ;

Cette nouvelle forme de maintien de l'Afrique Noire dite francophone en esclavage par la France se révèle être un système dans lequel le suzerain français et ses esclaves mages forment un Tout. Il se veut immuable, et n'accepte de remise en cause ni de sa structure, ni de son fonctionnement. Aussi, suffit-il seulement qu'un territoire africain se donne lui-même librement ses représentants, pour qu'un tel acte d'indépendance soit ressenti comme une agression et appelle la riposte immédiate : le coup d'Etat téléguidé de Paris et l'élimination du régime « intrus ».

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samedi, 18 décembre 2010

DECLARATION DE L'ACTUS/PRPE (PARTI POLITIQUE TCHADIEN) SUR LA SITUATION EN COTE D'IVOIRE

 

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Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum, Secrétaire Général de l'ACTUS/PRPE


COTE D'IVOIRE: POURQUOI LA FRANCE VEUT-ELLE ABATTRE LE PRESIDENT INSOUMIS, LAURENT GBAGBO ?


L'ACTUS/prpe (Action Tchadienne pour l'Unité et le Socialisme / Parti Révolutionnaire Populaire et Écologique, E-mail : actus-prpe@club-internet.fr) suit avec une attention particulière l'évolution de la situation politique en Côte-d'Ivoire depuis le coup d'état avorté de l'impérialisme français en 2002 contre le Président Laurent Gbagbo.

L'échec du putsch d'alors était du au soutien massif, populaire et notamment à celui des jeunes patriotes dirigés par Charles Blé Goudé, qui ont bravé les troupes françaises basées dans le pays.

La partition de facto du pays en deux : le Nord sous contrôle des putschistes et le Sud sous administration légitime et légale du Président Laurent Gbagbo.

Dix années plus tard, la rancoeur tenace de l'impérialisme international et français en particulier, est revenue à la charge afin d'imposer à la présidence de Côte-d'Ivoire, leur poulain, en l'occurrence Monsieur Alassane Dramane Ouattara (surnommé ADO par ses partisans) après le deuxième tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2008.

Si les prétendus démocrates en occident et si les membres de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) étaient impartiaux et soucieux d'instaurer une véritable démocratie en Côte d'Ivoire, alors comment expliquer leurs criminelles accointances avec les putschistes du Nord depuis septembre 2002 en refusant de les désarmer avant les élections ? Dans ces conditions surréalistes, comment pourrait-on avoir une ombre de doute que les élections dans la partie septentrionale du pays serait opaque, falsifiée et irrégulière ?

Cette connivence de la France et de l'Onuci avec les putschistes du nord, préparerait déjà l'opinion internationale à ce coup d'état « démocratique et institutionnel » de la Commission Electorale Indépendante (CEI) qui voudrait imposer illégalement et illégitimement ADO, Président de la République de Côte d'Ivoire.

Pourquoi les Africains doivent-ils continuer à être humiliés en acceptant les coups d'états permanents de l'impérialisme français, la Françafrique 50 ans après les indépendances nominales? Force n'est-il pas de constater que les criminels dictateurs à l'instar du tyran Déby au Tchad, soutenus par la France sont imposés aux peuples ?

Ces despotes du pré carré français d'Afrique sont au pouvoir depuis au moins 20 ans pour chacun d'eux, par la volonté impériale de la France. En revanche, elle vilipende les dirigeants ou candidats africains insoumis ou progressistes, soutenus par les peuples.

La nouvelle stratégie de l'hexagone consisterait à appeler en renfort l'ONU afin de procéder au sacre de leur valet, ADO. C'est le cas de la Côte-d'Ivoire ces derniers jours où le cynisme, et la forfaiture du droit de la force de l'impérialisme prime sur la force du droit national et international. 50 ans après les indépendances africaines, le néocolonialisme français n'a pas perdu de sa vigueur d'antan. Il a repris le haut du pavé.

Ce qui se passe en Côte-d'Ivoire est inédit, injuste, humiliant, déshonorant et criminel pour toute l'Afrique. Cela devrait interpeller tous les patriotes africains car quelles que soient nos divergences confessionnelles, politiques et idéologiques avec le régime du Président Laurent Gbagbo, il serait de notre devoir de combattre l'inacceptable et cette pensée unique que l'impérialisme occidental, au nom de l'esprit de la suprématie coloniale occidentale, voudrait imposer sa volonté au détriment des peuples de notre continent.

C'est dans cette optique de résistance de solidarité et de lutte pour les Etats-Unis d'Afrique indépendants, que notre Parti, ACTUS/prpe adresse sa solidarité militante et anti-impérialiste au Président Laurent Gbagbo et au peuple frère ivoirien. Nous tenons ici, à lui exprimer par ailleurs, nos félicitations pour sa réélection à la magistrature suprême du pays (Lire la suite en téléchargeant le fichier joint ci-dessous).


Télécharger toute la déclaration de l'ACTUS/PRPE (18 pages) en fichier PDF (cliquer): ICI

samedi, 11 décembre 2010

"FRANÇAFRIQUE, LA RAISON D’ETAT", POUR MIEUX COMPRENDRE LA CRISE IVOIRIENNE

 

SARKOZY-BONGO. FRANçAFRIQUE 2.jpg

Documentaire. Réalisé par Patrick Benquet. Scénario de Patrick Benquet. Produit par Compagnies des Phares et Balises. Avec la participation de France Télévisions. Conseiller historique : Antoine Glaser.

Film documentaire diffusé ce jeudi 9 décembre, à 23h10, sur France 2. Première partie : La Raison d'Etat.

 

Pendant plus d'un an, Patrick Benquet a enquêté avec l'aide précieuse d'Antoine Glaser, spécialiste unanimement reconnu dans ce domaine. Il montre dans ce film qu'à travers les présidences successives qu'avaient connues la France, de droite et de gauche, les bouleversements mondiaux entraînés par la chute du mur du Berlin et la mondialisation, il existe une étonnante cohérence dans la politique française à l'égard de ses anciennes colonies.

Que tous les grands événements africains dont les français gardaient le souvenir, le Biafra, les diamants de Giscard, l'action du mercenaire Bob Denard, les coups d'États à répétition, les assassinats politiques, l'affaire Elf et ses valises de billets, le licenciement de Jean-Marie Bockel..., étaient reliés par une logique implacable : la mise en œuvre d'une politique occulte dont la motivation principale était l'approvisionnement énergétique de la France, en particulier en pétrole.


Françafrique révèle un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d'État africains dévoués à la France. Un monde ou des sommes d'argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d'enrichissement personnel et de financements de partis politiques. Le film donne la parole aux hommes de l'ombre, chefs des services secrets français, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir et à des acteurs historiques français qui ne s'étaient jamais exprimés : "Messieurs Afrique" de l'Élysée, ambassadeurs, ministre de la coopération, etc. Avec, par ordre d'apparition :


Maurice Delaunay : Formé à la Coloniale, l'École Nationale de la France d'Outre-mer, Maurice Delaunay fut le prototype de ces serviteurs de l'État qui ont géré l'empire africain sans état d'âme, justifiant les opérations illégales au nom de la " raison d'État ". Se définissant lui-même comme un homme de Foccart, il fut en charge de la grande répression des indépendantistes au Cameroun à la fin des années 50.


Ambassadeur au Gabon à deux reprises, il organisa la montée au pouvoir d'Omar Bongo. Il géra depuis Libreville l'intervention française au Biafra. Il dirigea et protégea le mercenaire Bob Denard en particulier pour les opérations de déstabilisation au Bénin. Il fut le témoin des mouvements de fonds clandestins entre l'Afrique et les responsables français.


Maurice Robert : En tant que responsable du secteur Afrique, il fut l'homme de main de Jacques Foccart au sein du SDECE, les services secrets français. De l'intervention de la France au Biafra à la déstabilisation de la Guinée ou du Bénin en passant par la mise au pouvoir de Bongo, il fut l'exécuteur en chef de la politique secrète de la France en Afrique. Débarqué des services secrets français, il fut immédiatement embauché dans les services de renseignements chez Elf et finira par être nommé ambassadeur au Gabon à la demande exprès d'Omar Bongo avant de terminer sa carrière de nouveau chez Elf.


André Lewin : Ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979, il est la mémoire de la violente rupture entre le Général de Gaulle et Ahmed Sékou Touré et des tentatives de déstabilisation de ce pays par les services secrets français.


Bob Maloubier : Ancien responsable du service Action des services secrets français, c'est lui qui organisa, à la demande de Jacques Foccart, la garde présidentielle du président gabonais Léon M'Ba, victime d'une tentative de coup d'État en 1964. Il fut ensuite embauché par la compagnie Elf au Nigéria.


Jacques Pigot : Jacques Pigot a fait partie de ces hauts fonctionnaires que la France nomma pour encadrer les nouveaux présidents africains. Il passa 50 ans dans l'entourage direct du premier président gabonais Léon M'ba puis d'Omar Bongo.


Jacques Thiebaut : Pilote d'avion, baroudeur au Gabon, il participa au ravitaillement en armes du Biafra en guerre contre le Nigéria, sous les ordres de Maurice Delaunay afin de renverser le pouvoir en place puis de placer à la tête du Nigéria le rebelle Odjuku, dont le premier fils fut adopté par Omar Bongo.


Martin Kirsch : Il fut le "Monsieur Afrique" de Valéry Giscard d'Estaing de 1980 à 1981. Symbole de la continuité de la politique africaine, sa nomination avait été recommandée par Jacques Foccart.


Albin Chalandon : PDG d'Elf de 1977 à 1983, il conforta le rôle du Gabon comme premier fournisseur de pétrole de la France et entreprit de fructueuses négociations avec le Congo-Brazzaville, pourtant dirigé par le procommuniste Denis Sassou Nguesso. Il distribua généreusement les enveloppes pour le financement des campagnes électorales de tous les grands partis politiques aussi bien de droite que de gauche.


Jacques Salles : Chef des services secrets français au Zaïre puis au Gabon, il eut à connaître de la décision française de renverser le président Bokassa. En poste à Libreville, il fut le témoin privilégié des manipulations électorales et des prodigalités financières corruptrices du président Bongo.


Jean-Pierre Cot : Vingt deux ans avant Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Cot connaîtra la même mésaventure. Nommé en mai 1981 ministre de la Coopération par François Mitterrand, il prônait la transparence dans les relations avec l'Afrique et la fin des réseaux secrets. Il sera démissionné au bout de 20 mois et remplacé par Christian Nucci.


Pierre Marion : Directeur de la DGSE de 1981 à 1982, il échoua dans sa tentative de nettoyer les services secrets français de l'influence des réseaux Foccart et des hommes de Elf. Désavoué par le président Mitterrand qui l'avait nommé, il démissionna.


Jean-Christophe Mitterrand : "Monsieur Afrique" de son père à l'Élysée, de 1986 à 1992, il hérita du surnom de "Papa m'a dit" auprès des chefs d'État africains.


Loïk Le Floch-Prigent : Président-directeur général d'Elf, du 28 juin 1989 au 3 août 1993, il fut l'instrument consentant du président François Mitterrand qui poursuivit la pratique des financements occultes des partis politiques par l'argent secret du pétrole. Dans le scandale de l'affaire Elf, il fut la victime collatérale de la tentative balladurienne de prise du pouvoir présidentiel. Au nom de la raison d'État, il justifia les pratiques occultes de la compagnie pétrolière et en particulier le financement par Elf des guerres civiles au Congo Brazzaville et en Angola dans le cadre de la stratégie pétrolière de sa compagnie.


Eva Joly : Juge d'instruction de l'affaire Elf, elle démonta les mécanismes de la corruption et des financements occultes générés par l'argent du pétrole.


Robert Bourgi : Avocat d'affaires, conseiller personnel de plusieurs présidents du continent noir, il travailla dans l'ombre des relations franco-africaines d'abord pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin puis pour Nicolas Sarkozy qu'il initia aux réseaux africains. Se définissant lui-même comme le fils spirituel de Jacques Foccart, il est considéré aujourd'hui comme l'homme de plus influent des réseaux françafricains.


Michel de Bonnecorse : Ambassadeur dans plusieurs pays africains, il fut le conseiller aux affaires africaines de Jacques Chirac de 2002 à 2007. Pourfendeur des réseaux il assista à leur remontée en puissance après l'élection de Nicolas Sarkozy.


Dominique Pin Adjoint de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire de 2002 à 2005, il fut ensuite directeur d'Areva au Niger.


François Stifani : Il est le Grand-maître de la Grande Loge nationale de France (GLNF) qui procéda à l'intronisation d'Ali Bongo, fils d'Omar Bongo, comme Grand-maître de la Grande Loge gabonaise.


Et en archives, dans la première partie de ce grand film documentaire, apparaissent successivement : le Général de Gaulle, Pierre Guillaumat, Jacques Foccart, Ahmed Sékou Touré, Pierre Mesmer, Ahmadou Ahidjo, Félix Mounier, William Bechtel, Léon M'ba, Omar Bongo, le Colonel Benjamin Adekunlé, Valéry Giscard d'Estaing, René Journiac, Mathieu Kérékou, Bob Denard, Denis Sassou Nguesso, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko, François Mitterrand, Guy Penne, Pascal Lissouba, Eduardo Dos Santos, Edouard Balladur, Philippe Jaffré, Roland Dumas, Bernard Kouchner, Laurent Gbagbo, Vincent Bolloré, Francis Bouygues, Félix Houphouët-Boigny, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Marie Bockel, Alain Joyandet , Mamadou Tandja et Ali Bongo.



Sources : France 2, Décembre 2010 et AFRIK53

lundi, 24 mars 2008

LE TCHAD A L'EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE

Vendredi 08 Février 2008


LE TCHAD A L’EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE



L’Afrique demeure encore aujourd’hui le théâtre des affrontements dont le seul dessein est le partage du pouvoir. Après avoir partagé l’Afrique en 1885, c’est autour des strapontins africains avec la nébuleuse occidentale tapis dans l’ombre qui se partagent les richesses de la terre de nos ancêtres. En effet, avant 1880, Les Européens disposaient pour l'essentiel d'implantations côtières. La France se réservait une partie du Maghreb, et en Afrique occidentale, le Sénégal. L'Angleterre possédait la colonie du Cap, la Côte de l'or, des compagnies commerciales anglaises travaillaient en Afrique occidentale et orientale. Toutefois, de 1870 à 1880, l 'exploration de l'Afrique progresse : on découvre des richesses intéressantes, or et diamants d'Afrique du Sud, cuivre de Rhodésie. C’est la conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885), à laquelle participent les principaux Etats européens, qui rédige un "acte final". Celui-ci, après avoir défini le bassin du Congo, établit l'obligation de respecter le libre-échange pour toute puissance colonisatrice, même en cas de guerre; il définit les conditions à remplir pour l'occupation effective des côtes et elles seules : implantation du "pavillon", autorité suffisante et notification diplomatique. La situation Tchadienne est une illustration parfaite de cette complicité parfaite entre les occidentaux et une certaine élite africaine dont l’objectif est de piller le sous-sol africain. L’attaque « éclaire » de la rébellion tchadienne et ses corollaires méritent l’attention des africains sur le mode opératoire des ennemis de l’Afrique.

Lorsque la France imposa Deby

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Eboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Ce dernier sera assassiné en 1975. Le général Félix Malloum, son successeur, dut céder la place à Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes libyennes. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré. En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, avec le soutien de la France et de la Libye. La France a participé à ce coup d’état, officiellement en raison de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement parce qu'il a voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Le régime d'Idriss Déby a été installé donc par la France , son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Pour se donner bonne conscience et paraître comme un démocrate, Deby organise des élections avec l’aide de la France en 1996. 3 juillet 1996 : Idriss Déby l'emporte au second tour face à Kamougué Wadal Abdelkader. Il a été élu le 3 juillet 1996 avec 69,09% des voix, devançant Abdelkader Wadal Kamougue (30,91%). Il sera investi le 8 août 1996. Selon les organisations Survie et Agir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d'éviter un renversement légal du régime. Le catéchisme est récité fidèlement en 2001. Pour s’éterniser au pouvoir, Idriss Deby organise un référendum le 6 juin 2005 pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects, lui permettant de se représenter aux prochaines élections. Le 3 mai 2006, il est réélu avec plus de 77% des voix.

Deby le dictateur face à ses rebelles

Le moins qu’on puisse dire sur Deby c’est qu’il n’est pas démocrate. Trois années ont suffi pour qu’il retourne l’arme contre ses propres citoyens. Fin 1993, Amnesty International dressait le bilan amer des trois premières années du régime Déby :
" La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari, le fleuve qui arrose N'Djaména. Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire. [...] Quels que soient ses mots d'ordre, le gouvernement d’Idriss Déby utilise aujourd'hui les méthodes de répression dont il disait vouloir débarrasser son pays à l'époque où il luttait contre le régime de Hissène Habré. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby ".
Outre les assassinats et tortures, le régime Deby monopolise les richesses du pays au point de laisser le pays dans une extrême pauvreté. Il se forme dès lors une opposition armée : le FUC (Front Uni pour le Changement). Elle regroupe l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makaye. Le 2 février 2008, les rebelles, apparemment soutenus par le Soudan, ont pris la capitale du pays N'Djamena. Le 4 février, l'ONU autorise l'ancienne puissance coloniale à intervenir militairement pour mettre fin à la rébellion.

L’impérialisme occidental au Tchad

La prise de N'Djamena après la condamnation des membres de l’arche de Zoé et le soutien appuyé des Etats-Unis et de la France invitent à la réflexion. Comme autrefois, les occidentaux ont voulu déportés 103 enfants[i] tchadiens et les priver de leur cordon ombilical dans un pays inconnu. Cette affaire qualifiée d'illégale et d'inacceptable par le chef d'Etat français Nicolas Sarkozy a ému le monde entier. Mais voilà qu’après la condamnation prononcée par les juges Tchadiens, de la peine de « 8 ans de travaux forcés», traduite par le tribunal correctionnel de Créteil, en droit français, le président Deby annonce le 6 février 2008, sa volonté de les grâcier si la France en fait la demande. On est en droit de s’interroger sur les commanditaires de cette attaque de N'Djamena, vu qu’elle permet à la France de voir ses détenus grâciés par un Deby affaibli. Comment admettre que les militaires fiançais positionnés dans le pays avec les appareils sophistiqués n’aient pas vu venir du soudan une colonne de plus deux cent voitures. Soit la France voulait laisser faire pour reprendre la main après sa dérouillée dans l’affaire « arche de zoé », soit elle a commandité cette attaque. Cette dernière option n’est pas à négliger puisque Deby s’est vu proposer vendredi, 2 février 2008, par Nicolas Sarkozy d’être exfiltré s’il le souhaitait, mais il a refusé. Avant de lancer une mise en garde aux rebelles qui ont attaqué le président Deby et son régime, en ces termes : « Si la France doit faire son devoir, elle le fera (...) (En cas d'agression), ... la France aurait les moyens de s'opposer à une action contraire aux règles du droit international », la France voulait comme, à son habitude « gommer » Deby, un ancien poulain qui ose tenir tête au colonisateur. D’ailleurs, Bernard Kouchner, Ministre français des affaires étrangères, en déclarant que la France ne défendrait pas le régime de Déby, a donné une "sorte de feu vert" à l'offensive de l'opposition armée tchadienne. Quant à Louis Michel, Commissaire européen, en affirmant qu'il était "prêt à rencontrer les rebelles "n'importe où" a ipso-facto reconnu, au nom de l'UE, la légitimité de l'existence politique et militaire de ceux-ci.
Cependant les intérêts américains ont fini par sauver Deby mais pour combien de temps ? En effet, depuis 2004, le pétrole qui représente plus de 80% des exportations nationales, est exploité par un consortium associant Exxon Mobil[ii], Chevron, et Petronas. Face à un Soudan qui aimerait voir un gouvernement Tchadien qui lui est accommodant, afin de construire un oléoduc entre Doba et ceux qui mènent vers le Port-Soudan, pour livrer la Chine , et les intérêts américains, le choix d’un corrompu comme Deby s’impose[iii]. La France cherche à maintenir son influence sur le continent africain, face à d’autres intérêts, comme ceux des Etats-Unis ou de la Chine , et à garder un accès privilégié au pétrole et aux ressources minières du pays.
Pour ses intérêts, elle cherche le retour de la stabilité au Tchad. Dont dépendent, conséquemment, la paix et la sécurité collectives à l'échelle régionale. A commencer, au moins, par la République centrafricaine voisine, en quête de pacification durable du climat sociopolitique tributaire des faibles ressources financières de Bangui.

La leçon à retenir par les africains

Au Tchad, il y’a des enjeux pétroliers importants. C’est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde africain. Paris et Washington ont haussé le ton dans la crise tchadienne, au lendemain de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, et soutenu le régime Deby. Alors que les Etats-Unis font part de leur "préoccupation", le président français a annoncé mardi 5 février, que Paris ne renoncerait pas à faire son devoir.
Pourquoi Paris n’a pas soutenu le régime de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire alors que des accords de défense les liaient ? En vérité, les occidentaux soutiennent toujours ceux qui affament leur peuple à leur profit. Il est temps que les africains se défendent par tous les moyens vis-à-vis des imposteurs occidentaux, qui profitent de quelques africains analphabètes pour semer la division afin de piller nos ressources naturelles. L’africain nouveau doit exiger que l’exploitation des ressources pétrolières, minières et autres profitent aux africains. Autant la France n’a pas vocation à accepter la misère (les termes de Sarkozy), elle ne doit pas piller les ressources des « misérables ». Après avoir injecté le venin de la division, créant de la sorte les guerres et conflits, les occidentaux organisent le rapatriement de leurs ressortissants. Le devoir nous appelle, africain et l’histoire nous regarde. L’Afrique peut compter sur ses ressources humaines pour diagnostiquer de quoi elle souffre. Et elle dispose suffisamment de ressources matérielles pour son développement. Barrons la route à ceux qui ont rendus esclaves nos grands parents, colonisés nos parents et qui veulent assombrir notre avenir et celui de nos enfants. Faisons donc ce qu’on n’a jamais fait pour avoir ce qu’on n’a jamais eu.

Que Dieu nous donne la force de résister !

Vive le Tchad apaisé !

Vive l’Afrique !
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

22:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Tchad | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |