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mardi, 11 octobre 2016

NOUVELLE CONSTITUTION: LA COTE D'IVOIRE N'A PAS DE PROPRIETAIRE ET NE DEVRAIT PAS EN AVOIR ?

 

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Débat sur la Constitution - Jean Enoc Bah répond à Docteur Doumbia Major.

 

« A mon avis, et ce, après lecture de plusieurs constitutions dont celle des grandes démocraties, en l'occurrence la France et les USA, aucune constitution n’est écrite pour être inclusive à tous points de vue. Et le point focal de toutes ces constitutions reste les dispositions relatives à l'éligibilité à la magistrature suprême.

Ainsi aux USA, nul, américain ne peut être éligible à la Présidence de la République s'il n'est né sur le sol américain.

Quand je reviens en Afrique, la constitution du Burkina Faso stipule en la même disposition constitutionnelle, que ne peut être candidat à la Présidence du Burkina Faso, que tout citoyen burkinabé, né de père et de mère Burkinabé eux-mêmes Burkinabé d'origine.

Donc textuellement la même formulation que l'article 35 de la constitution ivoirienne. Pourquoi donc mettre en cause forcément la constitution ivoirienne et la traiter le plus souvent de constitution haineuse, qui exclut une partie d'ivoiriens à la course présidentielle alors que toutes les constitutions au monde en font autant ?

Deuxièmement, dans un pays de forte immigration comme la Côte d'Ivoire, où même il n'y a jusque-là pas de politique efficace de contrôle et de suivi de cette immigration, pourquoi des ivoiriens peuvent-ils se plaindre de ce que leur constitution protège exclusivement cette fonction ?

Qui peut-il aujourd'hui me citer deux pays au monde où la nationalité s'acquiert par simple déclaration du pétitionnaire, en dehors de la Côte d'Ivoire de l'après-guerre de conquête ?

Pourquoi au Burkina Faso, seul un burkinabé né de père et de mère eux-mêmes burkinabé d’origine doivent-ils briguer la magistrature suprême alors qu'en Côte d'Ivoire cette disposition doit être mise en cause ? Où alors comme le dirait l'autre, la Côte d'Ivoire n'a pas de propriétaire et elle ne doit pas en avoir ?

Même en Occident, aujourd'hui, la politique de lutte contre l’immigration se corse de jour en jour. Mais en Côte d'Ivoire, malgré le flux incontrôlé d'immigrants, il est quasi impossible à l'Etat de mettre en place une réglementation en la matière. Dans quel pays au monde les citoyens ne sont pas catégorisés en termes de citoyens d'origine et de nationalité ?

Pourquoi des frères ivoiriens veulent-ils jouer à la place des ambassadeurs et autres représentations consulaires en matière de défense de leurs compatriotes ?

Toutes ces questions méritent que des réponses soient données. Mais en attendant, je tiens à souligner que mon parti (le Congrès pour la Renaissance Ivoirienne, CRI, Ndlr) reproche clairement à l'avant-projet de constitution actuelle de consacrer nettement un véritable recul démocratique.

A ce 21ème siècle, abrogé la disposition constitutionnelle relative à la limitation d'âge, ouvrir la possibilité au Président de la République de manipuler le pays et ses institutions, refuser de consacrer une véritable séparation des pouvoirs à travers des institutions fortes, n'est rien d'autre que revenir à la monarchie. C'est un déni de démocratie que nul citoyen de notre temps ne peut accepter (...). »

 

Jean Enoch Bah

 

Source: PAGE FACEBOOK SAINT-CLAVER OULA

lundi, 10 octobre 2016

LA CONSTITUTION IVOIRIENNE DANS TOUS SES ETATS - LES REACTIONS

 

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UN FOURRE-TOUT


L'avant-projet de loi portant Constitution de la République de Côte d'Ivoire est touffu et confus. Élaboré par un comité dit d'experts de dix membres présidé par Pr Ouraga Obou Boniface, il a répondu à des impératifs politiques.

L’État ivoirien aura un Exécutif à trois têtes avec un président tout puissant, un vice-président choisi qui aura une fonction purement "décorative", un premier ministre désigné qui est sous la coupe du chef tout puissant. 

Les conditions d'éligibilité à la tête de l’État de Côte d'Ivoire sont copiées sur celles des associations de ressortissants de village. Le critère de loyauté vis-à-vis de l’État est dissous et plus grave, un vieillard de 90 ans ou plus, peut briguer la magistrature suprême de Côte d'Ivoire. 

Ce texte, qui a voulu, selon Ouraga Obou, s'inspirer des Constitutions d'autres pays, n'est ni moderne ni impersonnel. C'est un fourre-tout avec des arrière-pensées politiques, comprenant des Institutions taillées sur mesure comme le Sénat et une Cour suprême composée d'un Conseil d’État et d'une Cour de cassation. Mon opinion? Ce texte, alors que nous visons l’Émergence, est un retour en arrière.

 

Ferro Bi BAILLY, le 02 Octobre 2016.

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NOUVELLE CONSTITUTION: MON AVIS

 

J'ai lu par-ci, par-là, des points de vue sur cette autre tentative de passage en force de Dramane. 
Quelle attitude face à cette forfaiture? 

Je vois que deux points de vue se dégagent:

-Ceux qui choisissent de voter "NON"
-Ceux qui optent pour un boycott

Voici ce que j'en pense.

VOTER "NON"

Je voudrais faire remarquer que dans un contexte de démocratie et de liberté, cette option -voter "non"- serait dans l'absolu, la bienvenue. Cependant, les adeptes du "NON" sont quasiment persuadés que leurs suffrages seront à tous les coups détournés au profit du "OUI". On connaît cette commission électorale et on sait comment Dramane et son gang sont arrivés au pouvoir. Ils ont probablement tout bouclé tranquillement. Ne pas le reconnaître, c'est faire preuve de cécité politique.

LE BOYCOTT

Dans un contexte tel que nous le vivons, à quoi servirait un boycott? J'entends souvent des gens me dire qu'aller à des élections pipées, c'est légitimer le pouvoir. Et ne pas y aller, qu'est-ce que c'est?

En Côte d'Ivoire, voter n'est pas obligatoire. De fait, le taux de participation n'a absolument aucune incidence sur le résultat d'une élection. Celui qui est élu dans ces conditions est donc de facto légitime et légal, car issu des urnes. Point. Il n'a besoin de personne pour le légitimer. C'est pourquoi dans notre pays, le boycott profite toujours au pouvoir. TOUJOURS! Si vous n'y allez pas, ses militants eux, iront et réaliseront un score tranquille. Cela n'est susceptible d'aucun recours.

Et Dramane est en passe de nous blouser avec ce système toute la durée de son pouvoir en nous maintenant en dehors du système politique. Pour toutes les élections. Pendant qu'il verrouille à l'aise le système au profit des siens. 

Je crois donc que ceux qui légitiment le plus ce pouvoir sont ceux qui choisissent de boycotter dans l'absolu.

QUE FAUT-IL FAIRE ?

Dans un tel contexte, il est clair qu'il faut trouver une solution. L'opposition s'oppose comment quand elle est en dehors du système? Surtout quand elle n'a aucun autre moyen? Ni diplomatique (on sait qui a mis ces gens là), ni militaires. Les petits soubresauts sur le terrain se résumant à quelques petits rassemblements de l'opposition pour se donner bonne conscience.

Il faut donc agir courageusement. Soit l'opposition s'organise, va aux élections ensemble, met en place un système de contrôle efficace sur le terrain pour collecter les résultats (le FPI l'a fait en 2000 contre Guéi) de sorte à bousculer l'adversaire et ainsi avoir le prétexte de mobiliser ses partisans sur le territoire national, soit, elle opte pour un boycott actif. C'est à dire, empêcher par TOUS LES MOYENS, la tenue des élections.

Il n'y a que ces deux éventualités qui peuvent donner un résultat. Le reste n'est que plaisanterie. 
Je rappelle que ceci n'est que mon avis. 

MERCI!

 

Isidore SIROBOIS ALLAH, le 02 Octobre 2016.
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ROGER BANCHI SE PRONONCE

 

J’ai lu le projet de nouvelle Constitution. Je ne suis pas fan de ça du tout. C’est flagrant, à visée personnelle. Ce texte ne résout rien et complique tout. La vaste majorité des têtes pensantes du pays sera contre. Le pouvoir opèrera un passage en force, et personne n’y pourra rien.

En Côte d’Ivoire, ne vous gênez pas, parlez… c’est la seule liberté qui vous demeure, après que vous l’ayez arrachée de justesse: dites tout haut ce que vous pensez!

Dites, car cela ne sert strictement à rien, à part vous soulager.

Le maître du pays y a le droit absolu de faire tout ce qu’il veut, comme il le veut, quand il le veut, sans votre consentement, ni participation. Vous êtes encore là pour la décoration, dans ce qui fût votre pays.

Maintenant, c’est son pays pour lui tout seul, et les quelques élus choisis pour l’accompagner.

Que voulez-vous faire contre sa puissance ? Rien !

Regardez-le seulement faire ses choses… il n’a pas besoin de vous. Ils vont régler ça ensemble dans leur petit groupe.

Comportez-vous en éléments de décoration, car c’est ce qui est attendu de vous.

Celui parmi vous, le peuple, qui estime que sa position d’élément de décoration lui rapporte quelque chose…Je suis le premier à l’encourager à se constituer partie prenante de cette affaire.

Personnellement, je ne me sens pas faire partie de leur république, donc les affaires de leur république ne me concernent pas.

Je ne peux aussi rien faire pour protester, à part m’exprimer. Ils ont la force brutale et n’hésitent pas à l’employer. Et personne ne veut lever le doigt pour nous défendre…donc on va parler…et ils vont continuer à faire ce qu’ils veulent du pays qu’ils ont conquis…avec ma participation, malheureusement.

Dieu est Grand !

 

Roger BANCHI, Ancien ministre, le 03 octobre 2016.
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EN VERITE - CONSTITUTION… RECENTRONS LE DEBAT

 

Ouattara et Bédié, dans ce qui apparaît comme un deal parfait, veulent changer la constitution de la Côte d’ivoire. Le premier a des contentieux personnels à vider avec la constitution de 2000. Si en 2000 Guéi Robert et les ivoiriens avaient remporté la bataille référendaire entre le  « et » et le « ou  », Ouattara tient désormais sa revanche en imposant le « ou » après avoir « pacifié les esprits ». L’ancien article 35 est désormais vidé de toute sa substance.Il n’est plus nécessaire pour le candidat à la magistrature suprême d’être ivoirien d’origine. Ouattara veut également  caser une armée de suiveurs qui lui ont dressé l’échafaud pour accéder par la force au pouvoir. Aussi, en plus du conseil économique et social il lui faut un Sénat. Sans plus. Bédié, quant à lui, par tous les artifices, les compromis et surtout les compromissions, veut revenir au pouvoir. Un pouvoir qu’il a toujours considéré, dans la pure tradition Akan, comme la chaise royale léguée par Houphouët, devant par conséquent lui revenir de plein droit. Pourquoi pas cette fois-ci par un poste de vice- président ? La limite d’âge ayant, entre temps malicieusement sautée, pourquoi ne pas se voir cadeauter du  pouvoir exécutif en 2020 en bradant le PDCI RDA, s’il le faut ? Ce sont donc ces deux personnes qui ont leurs problèmes avec la constitution de la Côte d ivoire votée en 2000 à plus de 80 %. Eux seuls, pas les ivoiriens. Aucune disposition pertinente de la constitution  en vigueur ne gêne l’ivoirien.

Dans ce concert de sons qui fait débat, des voix se font entendre. En réalité, pour couvrir des calculs politiciens aux contours brumeux ou tout simplement pour masquer maladroitement un subtil jeu de rôle. Il faut vite faire la part des choses.

En démocratie, bien sûr, lorsqu’on n’est pas d’accord on dit non. C’est à cet exercice que les pseudo-démocrates au pouvoir en Côte d’ivoire s’empressent à dessein de nous inviter avec une forte dose d’hypocrisie. « Allons au référendum, votez non, nous, nous voterons oui et on fera le point. » Or, nous ne sommes pas dans un processus démocratique en Côte d’ivoire. Avec qui fera t-on le point ? Voici le débat. Et une internaute, avec un sens  de reparti, a  lancé en pâture ceci sur la toile : « …tu cries partout que la CEI n'est pas impartiale mais en même tant  tu appelles à aller au référendum pour voter "Non" ... quand on va te dire que c'est le "Oui" qui a remporté alors que toi même tu sais que c'est faux, ce sera quoi la suite? »

C’est donc à ce niveau qu’il faut nécessairement recentrer le débat. Dans notre pays, le débat n’est pas de savoir si oui ou non il faut modifier la constitution. S’il doit y avoir un référendum à ce sujet, comment les voix des ivoiriens peuvent-elles être effectivement prises en compte ? Qui surveillera un tel scrutin dans toute la partie septentrionale  du pays ou déjà Hamed Bakayoko invite les populations à ne pas réfléchir parce que « c’est trop complexe » mais à se demander tout simplement qui propose les changements dans la constitution ? Nous sommes malheureusement dans un système ou les uns et les autres sont plus préoccupés par leur sécurité physique et alimentaire en se contentant des miettes de la table garnie du festin royal, qu’à faire triompher une cause nationale. Aussi les propos incantatoires appelant à aller voter non, révèlent-ils tous avec cruauté leur inanité. Le débat doit donc être recentré sur les moyens à développer à court, moyen  et long terme par une classe sociopolitique responsable et engagée, pour imposer les fondements durables d’une Côte d’ivoire libre, souveraine et  démocratique.

 

Aristide SILUE, In "La Voie Originale" du 04 octobre 2016.
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UNE CONSTITUTION POUR GUATEMALTEQUE

 

Miguel Guardado est né d’un père guatémaltèque et d’une mère ivoirienne. Il a toujours vécu au Guatemala où ses parents se sont établis, en exploitant une entreprise. Miguel Guardado a toujours été intéressé par la politique. Il s’est essayé à la députation sans succès à deux reprises. A 36 ans, rien n’est encore tard pour lui dans le domaine politique, mais après deux échecs successifs, il commence à s’interroger sérieusement sur son avenir politique dans le pays de son père. Ne faut-il pas tenter une autre aventure ? 

En pensant et repensant à cette question, une idée lui traverse l’esprit. Tiens, et s’il tentait de se présenter dans le pays d’origine de sa mère ! Il se souvient alors que durant les quelques rares vacances passées au pays, l’accueil a toujours été chaleureux partout où il est passé dans la région d’origine de sa mère. La Côte d’Ivoire lui a présenté un visage très hospitalier. Et puis, des amis français lui avaient fait comprendre que s’il avait été candidat en Côte d’Ivoire où ils ont leurs affaires, ils auraient financé sa campagne. 

De fil en aiguille, la petite idée commence à devenir fixe, une obsession. Surtout que le pays vient d’adopter une nouvelle Constitution qui dit clairement en son article 55 que « le candidat à l’élection présidentielle doit jouir de ses droits civils et politiques et doit être âgé de trente-cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d'origine ». Agé de 36 ans et disposant d’un casier judiciaire vierge, il lui suffit donc de solliciter la nationalité ivoirienne, de renoncer à la nationalité guatémaltèque dont il jouissait jusqu’à présent. Et comme sa mère est ivoirienne d’origine, le tour est joué. Et voici Miguel Guardado dans le starting block pour une nouvelle aventure politique en Côte d’Ivoire. ¡ Vamos !

 

Eddy KOUA, le 04 Octobre 2016.
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LE TROPISME DU N’ZASSA CONSTITUTIONNEL


Nos tropiques laissent bien souvent observer des faits intéressants pour les commentateurs et autres observateurs de notre vie politique. Dans le quotidien tout comme dans nos vies institutionnelles, l’inventivité achève de convaincre que nous sommes le continent de tous les possibles. La Côte d’Ivoire et son fameux «N’zassa » est un bel exemple de créativité.

Avec des morceaux disparates de tissus, les couturiers de nos quartiers arrivent à nous confectionner des vêtements, le «N’zassa » fait donc partie de notre vécu, ainsi que les tailleurs, ces couturiers qui allègent les charges pécuniaires  de nos ménagères ; et inspirent nos chefs d’État. Plusieurs d’entre eux se sont taillés une réputation de tailleur de Constitution, bien entendu à leurs mesures, et pour des raisons diverses.

La nouvelle Constitution porte les caractères du N’zassa

La nouvelle constitution qui devrait être soumise à l’approbation des Ivoiriens dans les jours à venir porte en elle des caractères du fameux N’zassa en plus d’être source de conflits. Qualifiée « d’aube d’une nouvelle espérance » par un des hérauts du régime qui l’a confectionné, la nouvelle constitution semble ne pas s’embarrasser des règles élémentaires qui devraient guider sa rédaction.

La mouture actuelle dont nous disposons, est le fruit du travail d’un comité d’experts nommé le 31 mai 2016 par le chef de l’État ivoirien, or lors de sa mise en place il reçoit une lettre de mission, il accompagne les idées constitutionnelles d’un politique, qui à travers ce type de procédé cherche une légitimité dont il est convaincu qu’il ne dispose pas.

Les travaux qui sont usuellement confiés aux comités d’experts relèvent de révisions, alors que confier la rédaction d’une nouvelle Constitution à un comité d’experts plutôt qu’à une Assemblée constituante, est un viol à la Constitution d’août 2000. Le Parlement au regard de l’article 125 de notre actuelle Constitution ne peut qu’approuver ou réprouver le projet en cours, hors l’Assemblée nationale actuelle n’est pas représentative de toutes les forces politiques en présence sur l’échiquier politique ivoirien, ce qui malheureusement ne permettra pas l’émergence d’un débat de qualité dans l’adoption définitive de ce projet de loi.

Mélange incompréhensible d’institutions

Le caractère bigarré de cet arrangement constitutionnel tient aussi à ce mélange incompréhensible d’institutions ; un vice-président nommé, ou coopté par le président de la République dans un régime présidentialiste présenté comme présidentiel ou ce dernier est un roi ; une cohabitation de ce dernier avec un Premier ministre, chef de gouvernement… Nous assisterons donc, du seul fait du Prince à la naissance d’une tétrarchie à la tête de l’exécutif ivoirien. Alors que, même dans les  régimes parlementaires à forte influence présidentielle, le pouvoir exécutif n’est partagé qu’entre le président de la République et le Premier ministre.

Le Parlement devrait également faire peau neuve, une seconde chambre s’ajoutera à la Chambre basse déjà en place. Aucun des présidents des deux Assemblées n’est désigné comme dauphin constitutionnel, alors que leurs membres sont censés être des élus du peuple ivoirien. Ce sont donc de nombreuses incohérences institutionnelles qu’aucun filtre ne va tamiser qui seront bientôt soumises à l’approbation des Ivoiriens dont bon nombre s’interrogent sur l’opportunité d’un référendum devant les préoccupations actuelles de nos compatriotes.

Vice-président

Une loi est impersonnelle par nature et prévoit les situations à venir, elle n’a point d’effets rétroactifs, l’empressement de l’actuel chef de l’État à vouloir nommer un vice-président dès la promulgation de la Constitution en cas d’adoption montre que ce « N’zassa » constitutionnel a été taillé sur mesure pour servir sa cause.

 

Cédric KONE, juriste, le 04 octobre 2016.

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 06 octobre 2016

NOUVELLE CONSTITUTION DE OUATTARA - MARTIAL AHIPEAUD, PHD: «L'AVANT-PROJET INSTAURE UN REGIME DE ROYAUTE CONSTITUTIONNELLE»

 

 

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Constitution Ouattara: Du Dauphin au Régent constitutionnel! La copie que nous avons de l’avant-projet de constitution instaure un régime présidentialiste qui tourne à la royauté. Car le Roi est celui qui gère un pays sans contre-pouvoir. Lorsqu’il a un pouvoir absolu constitutionnalisé, on appelle cela la royauté constitutionnelle. Le régime que le Président Ouattara veut introduire dans notre pays, est différent de tout ce que nous avons connu jusqu’à ce jour.

En effet, la royauté constitutionnelle anglaise donne la gestion du pouvoir au parlement qui désigne le Premier Ministre issu de la majorité. Dans le cas du projet Ouattara, le Premier Ministre est nommé par le Président et ce dernier entretien des rapports de cour d'enregistrement des décisions présidentielles avec le parlement puisqu’il est dilué avec un sénat dont le tiers est nommé par le Roi-Président ou le Président-Roi. Avec la possibilité pour ce dernier d’avoir au moins un tiers des députés, il lui suffira alors de s’allier à quelques courtisans en quête de prébendes et le tour est joué. Et comme pour revoir sa copie il faut au moins les deux-tiers du parlement que personne ne pourra avoir puisqu’il nomme déjà un tiers du sénat, toute réforme ou déverrouillage interne du système est impossible par la voie démocratique.

Mais ce qui est absolument hallucinant, c’est que l’Etat devient un instrument qui sert le Président-Roi. Son Vice-Président qui sera nommé dès la promulgation de cette constitution, le remplacera quand il sera hors du pays ou empêché et pourra même présider le conseil des ministres. Le Premier Ministre remplacera le président quand ce dernier et son régent-puisque c’est de cela qu’il s’agit- ne seront pas disponibles. Mais attention, désormais, il y a la possibilité, une fois le projet voté, que le Président-Roi ne passe plus par le peuple pour des modifications de la constitution car cela peut se faire par le parlement réuni en congrès!!! Entre temps, comme les députés sont élus au scrutin majoritaire ( sans précision du nombre de tour comme dans le cas du potentiel prochain président-roi), alors le jeu des tribus triomphe avec clameur. Les bastions politiques qui sont en fait des bastions tribaux, formellement interdits par la constitution actuelle comme celle qui arrive, va encore s’imposer. En un mot, la république tribalisée se dote enfin d’un cadre légal, avec le chef de la tribu en puissance militaire et financière comme le nouveau roi que son régent et son ministre en premier aideront à gérer le pays. Ce chef aura le soutien de tous les chefs et rois et comme il n’y a plus de limite d’âge, le président-roi, vers la fin de son deuxième mandat, peut réunir le congrès et hop, une réforme est passée qui lui permet de continuer encore pour deux autres mandats! N’importe quoi en somme!!!

Au total, toutes les souffrances endurées du Nord au Sud, d’Est en Ouest en passant par le centre, avaient pour but d’introduire ce projet inique de perpétuation du pouvoir d’un individu et garantir à sa cour une gestion permanente du pouvoir longtemps après son départ. J’applaudis des deux mains Son Mentor qui aura démontré qu’il avait raison depuis le départ de vouloir l’écarter même s’il s’y est mal pris. Chez nous on dit c’est quelqu’un que tu ne connais pas que tu appelles par « hey »!!! L’ancien connaissait son type et il voulait en finir. Les kpakpato se sont mis au milieu et aujourd’hui, seize ans après qu’il ait été chassé par lui, il montre à tous pourquoi il ne fallait pas permettre à ce petit-frère de dérouler son jeu. Même si cela n’était pas démocratique. Mais alors doit-on laisser un tyran tirer profit de la démocratie pour tuer la démocratie???

En tout cas, comme mon jeune frère l’a dit, « on est serein ». En tout cas, on est serein et imperturbable parce que nous aurons tous les yeux sur les députés le 5 octobre. Leur position sera déterminante. On attendra donc officiellement qu’ils se prononcent pour que chacun d’entre nous soit situé sur les fondements idéologiques et politiques de l’engagement en politique de chacun de notre génération, de celles qui nous ont précédées et encore plus, de la jeunesse de notre pays qui est désormais devant une alternative claire: valider le régent et son président-roi, ou alors faire barrage dans les urnes pour imposer la démocratie pour laquelle nombreux sont tombés, handicapés et désespèrent encore plus d’une certaine classe politique ivoirienne.

 

AHIPEAUD Martial Joseph, PhD

 

Pour télécharger et lire l'avant-projet de constitution d'Alassane Ouattara, cliquer: ICI

 

Source: AFRICA NEWS QUICK.NET

jeudi, 22 septembre 2016

MICHEL GBAGBO: DE LA TORTURE EN COTE D'IVOIRE

 

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INTRODUCTION

Le présent Rapport sur la situation des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire est le troisième produit par le Secrétariat National chargé de l’Administration Pénitentiaire et des Prisonniers Politiques du Front Populaire Ivoirien (F.P.I.) pour l’année 2016.

Ce Rapport aborde d’une part la question de la situation générale des détenus politiques en Côte d’Ivoire et d’autre part dénonce les pratiques pouvant être assimilées à des actes de torture à leur encontre.

Le Front Populaire Ivoirien (F.P. I.), sous la haute autorité du Président Laurent GBAGBO, travaille à l’instauration d’une Nation souveraine, pluraliste et démocratique, où nul ne devrait être inquiété du fait de son ethnie, sa religion ou de ses opinions politiques supposées ou avérées.

1.   SITUATION GENERALE DES DETENUS POLITIQUES EN CÔTE D’IVOIRE

Au 30 mars 2016, la situation générale des détenus politiques sur l’ensemble du territoire ivoirien se présentait de la manière suivante :

TABLEAU N°1 : PRISONNIERS POLITIQUES AU 30 MARS 2016

 

LIEUX DE DETENTION

NOMBRE DE DETENUS  MILITAIRES

NOMBRE DE DETENUS CIVILS

TOTAL

1

MACA

31

159

190

2

MAMA

 1 

7

3

KATIOLA

0

7

7

4

DIMBOKRO

1

5

6

5

CAMP PENAL DE BOUAKE

2

4

6

6

BOUNA

0

5

5

7

TOUMODI

3

2

5

8

SEGUELA

2

2

4

9

MAN

2

1

3

10

ECOLE DE GENDARMERIE

2

1

3[1]

11

BOUNDIALI

0

3

3

12

DABOU

0

2

2

 

TOTAL  GENERAL

49

192

241

 

[1] Ce chiffre de trois (3) est susceptible de devoir être modifié car nous n’avons pu effectuer de vérification concluante.

 

Au 20 septembre 2016, cette situation, six mois après, se présente comme suit :

 

TABLEAU N°II : PRISONNIERS POLITIQUES AU 30 SEPTEMBRE 2016

 

LIEUX DE DETENTION

DETENUS  MILITAIRES

DETENUS CIVILS

TOTAL

1

MACA

44

129

173

2

MAMA

3

1

4

3

DIMBOKRO

 

6

6

4

C. PENAL DE BOUAKE

4

4

8

5

BOUNA

 

1

1

6

TOUMODI

1

3

4

7

SEGUELA

2

3

5

8

MAN

3

 

3

9

ECOLE GENDARMERIE

2

2

4

10

BOUNDIALI

 

3

3

11

DABOU

 

2

2

12

Hôpital BINGERVILLE

1

 

1

13

Non parvenus

 

11

11

 

TOTAL  GENERAL

60

165

225

 

Malgré les déclarations de Monsieur le Président de la République, notamment celle du 1er mai 2016 évoquant l’inexistence de prisonniers politiques liés à la crise postélectorale ivoirienne de 2011, les faits nous semblent montrer le contraire. Trois points permettent de soutenir cette thèse.

En premier lieu, selon le Front Populaire Ivoirien, il faut entendre par le concept de « prisonniers politiques », la catégorie de prisonniers qui sont considérés comme tels par l’Administration ivoirienne elle-même du fait de leurs opinions politiques supposées et dont l’incarcération est liée à des activités politiques avérées ou présumées. Le nom courant qui leur est attribué est celui de prisonniers « pro-Gbagbo ». Le concept ne recouvre certes pas de réalité juridique au sens où le terme n’existe pas en droit interne ivoirien, mais désigne communément une catégorie bien précise de prisonniers dans la vie politique ivoirienne.

En second lieu, selon le Front Populaire Ivoirien, le nombre de ces prisonniers politiques correspond aujourd’hui – sauf erreur - à une population de 225 personnes.

Enfin, à ne considérer que les années 2011 et 2012 comme étant des années spécifiquement liées à la crise postélectorale, le Tableau n° III (page suivante) intitulé « Années de mandat de dépôt des prisonniers politiques», nous indique que les centres de détention ivoiriens paraissent renfermer à ce jour au moins :

- 37 prisonniers mis sous mandat de dépôt depuis 2011.

- 82  prisonniers mis sous mandat de dépôt depuis 2012.

Aussi, de notre point de vue, il apparaît plus juste de dire qu’à ce jour, et sur un total de 225 prisonniers politiques, 119 personnes (soit 52.88 %)  – donc plus de la moitié - sont retenues dans les liens de la détention pour des faits directement liés à la crise postélectorale.

La libération de l’ensemble des prisonniers politiques, six années après le drame qu’a connu la nation ivoirienne, l’arrêt de toutes les poursuites intentées ça et là et tendant à restreindre la liberté d’expression et de réunion, ainsi que le retour sécurisé des exilés de la crise postélectorale dans leur pays, la Côte d’Ivoire, constituent pour le Front Populaire Ivoirien, des éléments essentiels et majeurs du processus de réconciliation nationale et de normalisation souhaitée de la vie sociopolitique ivoirienne.

 

TABLEAU N°III : ANNEE DE MANDAT DE DEPOT DES PRISONNIERS POLITIQUES

 

Année de Mandat de dépôt

Nombre de détenus

Pourcentage

2011

37

16.44 %

2012

82

36.44 %

Années postérieures

119

52.88 %

Nombre de détenus au 20/09/16

225

100 %

 

S’il faut se réjouir que depuis six mois, une trentaine de personnes semblent avoir pu recouvrer la liberté, il faut cependant regretter l’insignifiance de ce chiffre – qui ne représente que 12 % de l’ensemble des prisonniers de mars 2016. Eut égard aux attentes des populations et des familles, et de la nécessité politique d’œuvrer pour la réconciliation et la stabilité, le Gouvernement devrait prendre des mesures plus courageuses en matière de décrispation et de respect des libertés publiques.

Pour aller plus loin encore, le Tableau n° IV suivant permet d’indexer le problème spécifique de la durée excessive de la prévention. On note par exemple que les quelques dix personnes libérées en septembre 2016 sont toutes des prévenues ayant majoritairement connu quatre années de détention sans jugement. Or de telles pratiques constituent à notre avis des violations flagrantes du droit des détenus à un procès rapide et équitable. Ces personnes innocentes, une fois libérées, devraient pouvoir bénéficier de compensations, eut égard aux préjudices subis.

 

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Grève de la faim de prisonniers politiques détenus à la MACA, sans jugement, depuis des années. Décembre 2014.

 

TABLEAU N°IV : PRISONNIERS LIBERES EN SEPTEMBRE 2016

 

ORDRE

MD

CABINET

LIEU DE DETENTION

STATUT

DATE DE LIBERATION

1

15/10/2012

10E

MACA

PREVENU

Libéré le 07/09/2016

2

01/01/2012

8E

KATIOLA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

3

29/04/2015

10E

MACA

PREVENU

Libéré le 02/09/2016

4

01/01/2012

8E

KATIOLA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

5

02/07/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

6

29/06/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

7

21/12/2015

10E

MACA

PREVENU

Libéré le 02/09/2016

8

03/07/2012

8E

KATIOLA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

9

02/07/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

10

29/06/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

 

Ces pratiques consistant à détenir sans jugement des années durant des personnes soupçonnées de militer dans des partis politiques d’opposition pourraient constituer des actes graves de violations des droits humains. Il s’agirait également de comportements relevant de la mauvaise gouvernance sur le plan du respect des principes de la démocratie pluraliste puisqu’ils viseraient à l’intimidation des populations. Dans certains cas, du fait même des conditions d’interpellation, d’interrogatoire et de détention, il serait possible, à notre avis,  de les assimiler à des actes relevant de la torture. 

2.   LA TORTURE EN CÔTE D’IVOIRE

2.1. Les tortures physiques

En Côte d’Ivoire, des dizaines de personnes, depuis 2011, semblent avoir été victimes de diverses formes de torture, d’après des témoignages recueillis.  Les bourreaux présumés, agissant au nom de la force publique, n’auraient jamais eu à répondre de leurs actes. Et les conséquences de tels actes s’avèrent parfois irréversibles pour des victimes, lesquelles ne bénéficient d’aucune protection ni compensation.

D’une manière générale, en ce qui concerne les prisonniers politiques, on peut retenir que le fait d’arrêter une personne avec une violence disproportionnée allant jusqu’à tirer à la kalachnikov dans son domicile ou à violenter les femmes présentes, le fait de suspendre un prisonnier par les mains et les pieds et de lui administrer des coups de bâton sur les membres inférieurs, de le battre avec des bois ou des lanières, de le mutiler, de le brûler, ou simplement de détenir des personnes dans des cellules surpeuplées et dans des conditions d’hygiène déplorable en leur fournissant une nourriture insuffisante et de mauvaise qualité, sans soins, constituent, à notre avis, des actes de torture physique.

Ces actes, s’ils sont avérés, s’expliquent par le climat d’impunité qui règne encore en Côte d’Ivoire, six années après l’accession de Monsieur Ouattara à la tête de l’Etat, et entraînent humiliation, déshumanisation et désespoir chez les victimes. Ils constituent des violations graves des droits humains.

« Ils sont arrivés chez nous, et ont demandé après ma femme, vendeuse au marché. Je leur ai demandé qui ils étaient ; ils m’ont dit qu’ils sont les renseignements généraux. Je leur ai dit de me présenter un papier pour le prouver et dire où ils l’emmènent. Leur chef a dit qu’ils n’ont pas que ça à faire. Il m’a giflé, m’a battu quand je suis tombé. Puis ils s’en sont pris à ma belle-sœur qui était là. La pauvre, elle ne fait que pleurer depuis… Ils ont tiré dans le plafond, ont pris ma femme qui sortait de la chambre, l’ont copieusement battue en disant qu’il y a longtemps qu’ils la cherchaient, et l’on traînée dehors comme un sac. Elle était presque nue quand ils l’ont emportée. »

Témoignage de Monsieur Gabriel Meho, époux de Mme Antoinette Mého, enlevée le 10/08/16 vers 16 heures par la DST.

Ces actes de torture peuvent s’étendre jusqu’à porter atteinte à la dignité des dépouilles, à faire disparaître les traces de sévices subis et ainsi empêcher toute autopsie.

« Les jeunes dansaient au village. Il était allé se soulager dans la brousse. Ils l’ont arrêté sous prétexte que c’est un couvre-feu. … Un couvre-feu qu’eux-mêmes ont décrété sans avertir personne et sans instruction du Préfet ? Les FRCI l’ont torturé dans leur camp et lui ont coupé trois orteils. Mais il a été mis à la MACA après être passé à la DST pour attentat à la sûreté de l’Etat.  Il pleurait, il pleurait, il était malade, son pied s’est infecté mais personne n’a pu le soigner vraiment…. Et il est mort à la MACA le 05 décembre au matin. Ils ont refusé de nous donner le corps, parce que c’est politique. Hors leur morgue ne fonctionne pas bien. …Quand son corps était décomposé, ils nous ont dit on va l’enterrer rapidement derrière et puis c’est bon. Voilà comment un enfant innocent a été enterré comme un chien et que le village fait des funérailles sans corps. »

Témoignage d’un oncle de Monsieur Kouya Gnépa Eric, décédé le 5 décembre 2015 à la MACA.        

Il est important de noter que cinq prisonniers politiques au moins sont décédés en prison faute de soins médicaux appropriés et qu’aucun responsable administratif, à notre connaissance, n’a jamais été inquiété au sujet de ce grave problème :

- Monsieur Koffi N'Dri Boniface, décédé en 2013.

- Monsieur Pékoula Joël décédé, en 2013.

- Monsieur Assémian Mathurin, décédé en 2014.

- Monsieur Kouya Gnépa Eric, décédé en 2015.

- Monsieur Djékouri Aimé décédé en 2016

L’absence de réaction, à notre connaissance, des plus hautes institutions de l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) en la matière nous est toujours apparue incompréhensible, sauf à supposer la partialité comme relevant de sa mission.

En principe, et selon toutes les Conventions internationales liées à la protection des droits des détenus, l’Etat de Côte d’Ivoire a la charge de veiller à la santé tant physique que mentale des détenus, quels qu’ils fussent. Or, les prisonniers politiques malades, issus de familles pauvres le plus souvent, ne bénéficient pas de soins appropriés d’après de nombreux témoignages récoltés auprès des détenus eux-mêmes et/ou de leurs familles.

Le tableau qui suit récapitule, à la date du 20 septembre 2016, la situation de vingt détenus politiques n’ayant pu, selon les témoignages, accéder à des soins adéquats.

 

TABLEAU N°V : DETENUS POLITIQUES MALADES

 

MD[1]

MALADIES

1

28/12/2012

Adenome Hypophysaire,sinusite chronique,Colopathie Fonctionnelle,ulcère gastrique

2

09/12/2011

Hypertension artérielle, troubles visuels, Palpitations

3

 

08/05/2012

Hypertension artérielle, beri beri

4

08/02/2012

Hypertension artérielle, palpitations

5

31/12/2012

Colopathie fonctionnelle, sinusite chronique, ulcère gastrique

6

31/12/2012

Beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

7

13/12/2013

Beri beri, asthme, Dyspnée Respiratoire

8

31/12/2013

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

9

14/01/2014

 Fracture du pied droit, hypertension artérielle

10

31/03/2014

Hydrocele très  volumineux. Hypertension artérielle

11

31/03/2014

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

12

29/01/2015

Beri beri, asthme, Dyspnée respiratoire

13

21/10/2015

Hypertension artérielle, Beri beri Palpitations, Diabète,Dyspnée respiratoire

14

19/11/2012

Beri beri,palpitations,Asthme

15

17/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri

16

04/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

17

12/08/2012

Hypertension artérielle, beri beri,ulcere Gastrique

18

12/08/2012

Hypertension artérielle  Beri beri

19

08/02/2012

Troubles Mentaux, hypertension artérielle, Aphasie

20

04/03/2014

( beri beri, colopathie, ulcere et palpitations

 

[1] MD : Mandat de dépôt : Date d’écrou.

 

Même si elles reçoivent des soins appropriés après-coup, les personnes ayant subies des actes de cruauté peuvent connaître des troubles psychiatriques aigus ou chroniques (bouffées délirantes, délires paranoïaques, confusion mentales, schizophrénies…) nécessitant un traitement lourd, un internement. Elles traversent parfois, eut égard à la culture dominante et à la pauvreté des parents, de graves difficultés ensuite à réintégrer le milieu de vie. 

« X ne parlait que des tortures qu’il avait subi lors de son arrestation… Cet autre là il semble qu’il a été libéré mais c’est sa famille qu’il faut pour aller le prendre à l’hôpital psychiatrique de Bingerville. En 2015 il a commencé à faire de la démence. Finalement on l’a envoyé à Bingerville. On dirait ensuite qu’ils l’ont libéré. Mais l’hôpital ne peut pas le laisser comme ça. Et depuis fort longtemps nous courons derrière sa famille. Ils ont fait une réunion mais ils n’ont pas pu s’entendre. Donc finalement chacun est retourné chez lui et personne ne veut le prendre. L’Hôpital ne peut pas le laisser tant qu’un parent n’est pas aller le chercher. C’est un civil. Non seulement il ne sait pas bien parler mais il est franchement devenu un peu bizarre.»

Témoignage en septembre 2016 d’un codétenu de X interné à l’hôpital psychiatrique de Bingerville.

2.2. Les tortures psychologiques

Les exemples cités plus haut n’épuisent pas l’ensemble des méthodes de ce que nous considérons comme relevant de la torture.

Au titre des techniques documentées de torture psychologique en Côte d’Ivoire on peut citer la réglementation excessivement stricte de tous les aspects de la vie du détenu, le changement intempestif du règlement intérieur applicable aux prisonniers politiques faisant que ceux-ci ne savent plus quoi faire pour avoir la paix avec l’administration pénitentiaire, l’incarcération ou les déportations subites dans des pénitenciers implantés dans d’anciennes zones rebelles réputées favorables au Gouvernement -  ce d’autant plus que ces lieux de détention se trouvent éloignés et inaccessibles aux familles ainsi qu’aux avocats - le surpeuplement et l’interdiction de toute promenade, les menaces et intimidations verbales, avec ou sans armes, de la part d’anciens combattants des FRCI reconvertis en gardes pénitentiaires et la privation de toute stimulation visuelle et sensorielle pouvant induire chez certaines personnes des troubles instrumentaux ou psychosomatiques irréversibles.

 Toutes ces techniques produisent un fort impact sur les personnes, leur famille et le tissu social. Elles constituent des procédés de destruction de la personne humaine, laissant sur elle et l’entourage des séquelles et des traumatismes parfois profonds.

« Nous étions assis, toute la journée, toute la journée, là, à ne rien faire. On pouvait marcher, mais bon, pour aller où ? Il n’y avait pas grande place pour cela. Manger, dormir, être assis, se lever, dans le même coin, jour après jour, comme ça… Et puis je sors et je me rends compte que ma vue est foutue. Je porte ces lunettes maintenant, je ne vois plus…Le médecin dit que le fait d’avoir été enfermé comme ça sans possibilité de voir au-delà de dix à quinze mètres pendant des années a détruit ma vue… En plus j’ai été acquitté… En fait je n’ai jamais été entendu par un juge. On m’a juste libéré un matin… Les gars du Commandant sont venus, ils ont crié mon nom, j’étais libre. »

Témoignage du Lieutenant-colonel X

Au dénombrement de ces techniques de torture blanche, il est encore possible d’ajouter celle consistant au maintien de la personne dans l’incertitude sur son sort des années durant en prison. Et elle, et sa famille, et ses enfants sont alors affectés par une situation d’insoutenable incertitude qui tend à pouvoir diffuser dans le corps social une forme peut-être voulue de terreur vis-à-vis de l’Etat.

L’absence de jugement dans un délai raisonnable d’une personne incarcérée – notamment dans de telles conditions - constitue à notre avis, et selon les standards internationaux, une violation grave des droits humains.

Le tableau qui suit présente la situation de près de cent cinquante personnes détenues politiques prévenues, (149 prévenues exactement) en Côte d’Ivoire. Elles n’ont jamais été jugées six années après l’installation du nouveau pouvoir. Certaines disent même n’avoir jamais été entendues par un juge d’instruction depuis leur incarcération.

 

TABLEAU N°VI : DETENUS POLITIQUES PREVENUS

 

MD[1]

MALADIES

1

28/12/2012

Adenome Hypophysaire,sinusite chronique,Colopathie Fonctionnelle,ulcère gastrique

2

09/12/2011

Hypertension artérielle, troubles visuels, Palpitations

3

 

08/05/2012

Hypertension artérielle, beri beri

4

08/02/2012

Hypertension artérielle, palpitations

5

31/12/2012

Colopathie fonctionnelle, sinusite chronique, ulcère gastrique

6

31/12/2012

Beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

7

13/12/2013

Beri beri, asthme, Dyspnée Respiratoire

8

31/12/2013

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

9

14/01/2014

 Fracture du pied droit, hypertension artérielle

10

31/03/2014

Hydrocele très  volumineux. Hypertension artérielle

11

31/03/2014

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

12

29/01/2015

Beri beri, asthme, Dyspnée respiratoire

13

21/10/2015

Hypertension artérielle, Beri beri Palpitations, Diabète,Dyspnée respiratoire

14

19/11/2012

Beri beri,palpitations,Asthme

15

17/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri

16

04/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

17

12/08/2012

Hypertension artérielle, beri beri,ulcere Gastrique

18

12/08/2012

Hypertension artérielle  Beri beri

19

08/02/2012

Troubles Mentaux, hypertension artérielle, Aphasie

20

04/03/2014

( beri beri, colopathie, ulcere et palpitations

 

[1] MD : Mandat de dépôt : Date d’écrou.

 

Au titre de cette forme de torture psychologique consistant à arrêter une personne et à la laisser des années durant dans l’incertitude sur son sort, on note qu’en Côte d’Ivoire :

- 17 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2011 dont 6 qui ne sont référés à aucun juge d’instruction.

- 62 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2012

- 16 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2013

- 36 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2014 dont 5 qui ne sont référés à aucun juge d’instruction.

- 18 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2015

C’est dire autrement que sur les 225 prisonniers politiques incarcérés en Côte d’Ivoire, les deux-tiers, soit 66%, demeurent encore des prévenus. Il importe que soient accélérées les procédures judiciaires afin que dans un délai raisonnable la Nation, ces citoyens ivoiriens et leurs familles soient situés sur leur sort.

 

CONCLUSION

Le Gouvernement ivoirien semble n’éprouver aucun scrupule à provoquer une dégradation continue du tissu social en Côte d’Ivoire. Les arrestations brutales et les emprisonnements accompagnant la cherté de la vie et la destruction des PME en zone urbaine semblent ne profiter qu’à des intérêts particuliers et à certaines multinationales au détriment de la paix sociale et de l’économie locale.

Quelque soit le coût pour le peuple ivoirien, ce qui ressemble à une instrumentalisation de l’Autorité judiciaire ajoutée au népotisme avéré et aux obstructions en vue d’organiser des élections transparentes et inclusives indiquent un sournois retour du Parti unique : la paix, pour ce Gouvernement, paraissant signifier la disparition de toute société civile indépendante et de toute opposition représentative.

Ce qui est tenté en Côte d’Ivoire, est la mainmise d’un groupement d’intérêts sur l’Etat et les richesses du Pays pour une longue durée et les moyens utilisés pour atteindre cet objectif vont jusqu’à des pratiques que nous assimilons à des actes de torture.  

Le Front Populaire Ivoirien (FPI), sous la haute autorité du Président Laurent GBAGBO, continue de plaider instamment auprès du Gouvernement ivoirien et des Pays frères du nôtre afin que soient mis fins aux exactions contre les populations, que tous les prisonniers politiques soient remis en liberté dans les plus brefs délais et que les exilés soient assurés d’un retour sécurisé dans leur patrie bien-aimée.

 Nous plaidons auprès des autorités ivoiriennes afin que les droits humains, sociaux, politiques, économiques, territoriaux et culturels des Ivoiriens soient respectés.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI) continue pour sa part, et auprès du peuple ivoirien souverain, d’œuvrer pour l’avènement d’une société stable, juste, pluraliste, démocratique et respectueuse des libertés individuelles. 

 

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Pour le Front Populaire Ivoirien (FPI)

Michel K. GBAGBO

 

Secrétaire National chargé de l’Administration Pénitentiaire et des Prisonniers Politiques

 
[1] Ce chiffre de trois (3) est susceptible de devoir être modifié car nous n’avons pu effectuer de vérification concluante.
[2] MD : Mandat de dépôt : Date d’écrou.

samedi, 10 septembre 2016

LA GUERRE DE HOLLANDE AURA LIEU AU GABON

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Sarkozy a eu sa guerre. Hollande aura la sienne. Les intentions Françaises sont claires là-dessus. Ne pas y croire relève de la prudence analytique. Y croire reflète la prudence qui permet d’ériger des garde-fous.  L’une ou l’autre option sont le seul lot des Gabonais et par-delà celui des Africains.

Le langage binaire Français est un fait. Il faut savoir l’interpréter. Le coup d’Etat est en l’air. Les mots et les faits, le confirment. La trilogie qui caractérise la déstabilisation d’un Etat par la France est en place.  Les propos des becs brisés comme Juppé, Valls, Jean-Christophe Lagarde—donc le parti politique l’Union des Démocrates Indépendants se limite à sa compagne et quelques gosses,…—élaborent  à partir du rapport mensonger des observateurs de l’Union Européennes à observer,  la doctrine de déstabilisation du Gabon en faveur des prédateurs occidentaux.

Bourgi et Glaser, Théoriciens de Hollande

La propagande de guerre de Hollande a commencé avant les élections. Les Français ont balloté les Gabonais entre Ali Bongo “est” ou “non” Gabonais. Après avoir pourri les esprits, ils découvrent que le président Gabonais est Gabonais. Dans leur construction théorique, Ils sont revenus sur la fameuse élection de 2009 pour diviser les Gabonais. Bongo était “premier,” Bongo était “troisième.” Langue fourchue diraient les Sioux. Le cancre de Robert Bourgi. Le manutentionnaire des valises. L’esclave habillé comme le maître peut alors dire qu’il prouvera à Ali ce que c’est que, organiser les élections sans lui. En d’autres termes, “Ali devrait perdre même s’il gagnait.” De pareil propos ne sont pas du registre de l’audace. Mais un avertissement.

Pendant ce temps, Antoine Glaser, l’espion dans les bottes des chefs d’Etat Africains opère sur la diversion. Son but. Endormir l’engagement Gabonais et Africains. A son avis, Hollande hésite à intervenir militairement au Gabon parce que ce pays aurait perdu son importance stratégique pour la France coloniale. Menteur! Le Gabon reste un pays utile et stratégique pour la France. Pays base-arrière pour déstabiliser l’Afrique Centrale. Le Cameroun d’abord. La Guinée Equatoriale ensuite.  Pour cela, il leur faut Ping. Le Ouattara de l’Afrique Centrale.

Tous les analystes politiques sérieux sauf Glaser savent que le président Gabonais est attaqué par la France parce qu’il a gratté sur les intérêts des multinationales Françaises au Gabon: Contrôles fiscaux. Interdiction de sortie des billes de bois. Diversification des partenaires économiques.

Expédition Militaire en Place

Louis de Guiringaud, ministres des Affaires Etrangères sous Raymond Barre, contredit Glaser et expose ce menteur.  Pour cet ancien diplomate qui a présidé le conseil de Sécurité de l’ONU, “L’Afrique est très importante pour la France parce que c’est le seul continent qui peut encore donner à la France le sentiment d’être une grande puissance. Le seul continent où avec 500 hommes, elle peut encore changer le cours de l’histoire.”

Dans sa campagne Gabonaise, la France a opté pour son schéma classique. Mettre les siens à l’abri. Puis, trouver les raisons explicatives de cette croisade. Comme toujours, alibi premier, protéger ses ressortissants. Fabriquer (?) et exiger de retrouver ses morpions bi/nationaux portés disparus(?). Dans le cas du Gabon, six des fils de cette Jézabel—Zue Eyi Johan, Mendone Sosthène, Sekorezole Rodney, Tchizinga Odette, Zibi Bertrand, Ntoumba Igor, sont réclamés dans la lettre n° 2016-636977/AL signée le 6 Septembre 2016 par l’ambassade de France au Gabon et adressée au gouvernement Gabonais.

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L’étape intimidation-action a ensuite été activée. Des bâtiments de guerre sont en mer. Ils battent pavillon vers les côtes Gabonaises. Une compagnie du 2e Régiment étranger de parachutistes de la Légion étrangère. Le bâtiment de projection et de commandement Dixmude et le patrouilleur Cdt Ducuing, avec leur dispositif renforcé par des équipes de protection et des équipes cynophiles. Sur le terrain, 450 hommes des Eléments français au Gabon sont mobilisés.

Coup Fatal Imminent

Diversion. Débats stériles. Discussions décousues de l’essentiel. Ces pièces continuent d’être jouées sur les media et les couloirs diplomatiques pour distraire et éloigner les Gabonais et Africains des objectifs militaires Français, qui, comme à leurs habitudes va frapper par lâcheté.

 

Feumba Samen

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L’armée française va attaquer le Gabon. Elkabbach l’a dit sur Europe 1

 

Sur Europe 1, dans une interview accordée au président Ali Bongo, Jean-Pierre Elkabbach ne cache pas les intentions Françaises d’en finir avec le président Gabonais. “Ali Bongo, ce matin dans votre palais il y a des gens qui sont contre vous. N’êtes-vous pas un homme seul? Seul?” Lance-t-il. Sans que le président termine avec sa réponse, il dit clairement ce qui arrivera d’ici un mois. “Si je vous appelle à nouveau dans un mois serez-vous encore au pouvoir?” Ali aurait alors à partir du 7 Septembre une durée de vie d’un mois au pouvoir selon les prévisions des agents Français.

Cette interview annonçant la fin de règne des Bongo  a duré +11mn. Celle qui annonça sur LCI le bombardement du palais présidentiel de Laurent Gbagbo en 2011 dura +12. Le journaliste-espion qui savait ce qui se préparait  dit. “J’essaie d’imaginer comment les choses vont se passer dans les heures qui viennent…” Il avait connaissance de l’agenda Français qui consistait à tuer le président Gbagbo. D’où sa question, “Etes-vous prêt à mourir pour votre pays pour imposer la vérité des urnes?” Puis comme Elkabbach, insista sur la fourchette de temps qui lui restait. “Président Gbagbo, si Je vous dis c’est trop tard… Est-ce que vous êtes prêt à mourir? ” Réponse du Président Gbagbo,  “Je ne suis pas un Kamikaze… Ma voie n’est pas une voix de martyr.” 

Quand on sait ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire à la suite de cette interview, il faut s’attendre à ce que ce scenario se répète au Gabon. A moins que les Gabonais patriotes et les panafricanistes investissent tous les domaines de communication pour dénoncer les actions criminelle de la francafrique contre Ali Bongo qui, devenu disciple de Gbagbo a repris presque mot pour mot ce grand homme.  “Nous ne ferons pas ce que les autres nous dictent. Je ne suis pas président de la République pour travailler sous la dictée de quelqu’un. Je ne suis ni gouverneur, ni sous-préfet, ni préfet, ni représentant de quelqu’un. Je suis Chef de l’Etat élu par son peuple, c’est tout !”

 

Feumba Samen

LE GABON: L’ALGERIE FRANÇAISE D'AFRIQUE EQUATORIALE

 

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J’ai entendu, sur les ondes d’une radio française, Antoine Glaser justifier les hésitations de Hollande à intervenir militairement au Gabon, entre autre, par le fait que le Gabon aurait perdu d’importance stratégique pour la France. Il n’y a pas de plus grande contre-vérité que cette affirmation. Dans le système gaulliste, les anciennes colonies françaises d’Afrique constituent encore l’un des axes majeurs de la diplomatie française. Aucune des sœurs africaines de Marianne (les « Mariannettes » d’Afrique) n’a perdu d’intérêt géostratégique pour la France. Le système Foccart organisé autour de la trilogie « surveiller, intervenir et punir » reste encore très fort. Elf n’existe plus, mais Total assume avec fierté l’actif et le passif de sa défunte sœur qui était devenue encombrante pour la France. L’ajustement de sa politique africaine pour en dissimuler sa vraie nature est un art consommé pour les Gaulois.

C’est le Président Laurent GBAGBO qui s’était opposé à son ami, Robert Bourgi, sur la nature exacte de la conférence de Brazzaville de 1944. Le premier y trouvait là un ajustement organisationnel de la politique coloniale française quand le second qualifiait cette conférence de prémices d’une décolonisation française. EN 1990, l’on a applaudi le discours de la Baule qui va se révéler n’être qu’une opération de recépage pour mieux rajeunir l’arbre du dispositif colonial en Afrique. 5 ans après la guerre de la France en Côte d’Ivoire, la crise électorale au Gabon rappelle que l’héritage colonial est loin d’être liquidé. La France n’entend pas quitter son pré-carré africain, en tout cas, pas de gré. L’issue de la crise gabonaise sera à la faveur de celui qui aura, au bout de négociations sécrètes, donné plus de garanties à la France quant à ses intérêts, sauf si le peuple gabonais en prend conscience et oblige, une fois pour toute, la France à liquider la succession gaulliste dans ce pays. Il leur faudra pour cela beaucoup de larmes et de sang comme en Algérie. Puisque, dans les faits, le Gabon est français, tout comme l’Algérie fut française, parce que, comme Houphouët en Côte d’Ivoire, Léon Mba lui aussi, a pleuré la rupture des fiançailles avec l’époux français avant de se réjouir à nouveau, lorsque, grâce à Foccart, le fiancé gaulliste a accepté le concubinage avec ses courtisanes africaines. Or, dans les relations de concubinage, le concubin n’a aucun devoir vis-à-vis de la concubine. Il lui soutire les délices pendant des belles nuits, la nourrit de l’illusion d’un amour profond, lui administre quelques corrections lorsque la concubine se montre un peu réticente, ou lorsqu’elle cherche à se remettre dans un ménage sérieux avec un autre partenaire. C’est la caricature des relations franco-africaines que Pierre Biarnès, ancien correspond du journal le Monde pour l’Afrique décrit de façon lapidaire en ces termes : « consolider le pouvoir des dirigeants qui jouaient loyalement le jeu de l’amitié franco-africaine et faire sentir le mors à ceux qui regardaient un peu trop dans d’autres directions ; contrer en même temps les visées des puissances concurrentes dès qu’elle étaient jugées menaçantes ».

Jouer le jeu de l’amitié franco-africaine, c’est ne pas titiller les multinationales qui sont les vrais détenteurs du pouvoir politique en France dans leur exploitation du Continent. Sinon l’on devient Laurent GBAGBO qui employait les enfants dans les plantations de cacao, Obiang Nguema dont la famille est sans cœur en Guinée équatoriale, Ali Bongo devenu, le temps d’une élection, le pilleur intolérable de l’économie gabonaise. Hasard ou préméditation, tous les « dictateurs africains » n’apparaissent comme tels que lorsqu’ils s’attaquent à des multinationales.

1/ LAURENT GBAGBO CONTRE LES CHOCOLATIERS

Le 26 octobre 2000, Laurent GBAGBO devient Excellence le Président de la République Laurent GBAGBO après sa victoire contre Robert Guéi. Le jour même de sa prise de pouvoir, il est confronté à une terrible campagne médiatique par rapport à un charnier découvert à la lisière de la forêt du Banco. Ce montage grossier alimente longtemps la presse internationale pendant toute la première année du mandat du nouvel élu ivoirien malgré le jugement rendu par le tribunal militaire qui s’était soldé par une relaxe des gendarmes accusés dans cette affaire.

Alors que le nouveau gouvernement ivoirien tentait de contrer cette première médisante offensive médiatique, une autre campagne encore plus féroce s’annonce déjà dès la fin du premier trimestre 2001. Dans cette dernière campagne de dénigrement, le nouveau dirigeant ivoirien, qui occupe les fonctions de Président de la République depuis seulement à peine 6 mois, est accusé par un rapport de l’ONU d’employer des enfants dans les plantations de cacao. De tueur d’opposants, le Président Laurent GBAGBO passe également pour un esclavagiste d’enfants. La presse impérialiste, conditionnée à cette fin, se montre particulièrement féroce contre lui.

Coïncidence hasardeuse ou calculée, ce rapport sort tout juste quelques jours après qu’un redressement fiscal de plus de 400 milliards de FCFA en provisoire ramené définitivement à 106 milliards de FCFA a été opéré par les services de l’inspection des finances sur l’entreprise SACO, filiale ivoirienne du géant suisse Barry Callebaut. Le redressement a été porté à la connaissance du groupe le 3 avril 2001. Juste quelques jours après, l’on découvre que la Côte d’Ivoire, leader mondial du cacao, emploie des enfants dans les plantations ivoiriennes.

Le gouvernement ivoirien mettra plusieurs années et un trésor d’énergie pour se laver de cette image absolument falsifiée pour ceux qui connaissent un tout petit peu la sociologie ivoirienne.

Dans la réalité, cette campagne suscitée par le géant chocolatier visait deux objectifs :

- Primo, détourner l’attention de l’opinion sur la fraude grossière à laquelle s’était livrée la multinationale dont le chiffre d’affaire annuelle dépasse de plusieurs fois le budget de la Côte d’Ivoire. En effet, l’opinion suisse à qui l’on donne une certaine vertu morale accepterait mal les pratiques mafieuses de l’un de ses fleurons économique dans un pauvre pays d’Afrique.

- Secundo, punir le gouvernement ivoirien qui n’a pas cédé aux pressions corruptives exercées sur lui pour faire tomber ce redressement. Gbagbo a osé tenir tête à un des patrons du cacao du monde, il faut qu’il en paie le prix.

Pourtant, la fraude organisée au niveau de Société Africaine du Cacao (SACO) dirigée au moment des faits par un certain Seydou Elimane Diarra PDG du groupe SACO-CHOCODI relève des pratiques mafieuses.

En effet, dans le système de commercialisation du cacao, les fèves de cacao de mauvaise qualité (moisissure, gains de petite taille etc.) donnent droit à une décote fiscale à celui qui les exporte. L’Etat renonce à lui appliquer la totalité des droits uniques de sortie et les droits d’enregistrements. Les lots de ces produits sont taxés de moitié pour permettre à l’exportateur de conserver une bonne marge bénéficiaire. C’est une sorte de prime pour encourager les exportateurs qui prennent le risque d’exporter ces produits sous grade. Malheureusement, SACO qui achète ce produit et le transforme partiellement en pâte avant de l’exporter va, en complicité avec certains cadres ce qui restait encore de la fameuse CAISTAB, déclarer comme sous grade une bonne partie de son cacao exporté. Elle bénéficie donc d’abattement fiscal pour du cacao supposé sous grade alors que, en fait, il s’agit de cacao de première qualité.

Cette fraude dure 10 ans de 1990 à 2000. Malheureusement pour l’administration fiscale, la prescription d’assiette en matière de droit de l’Enregistrement est de 5 ans. En d’autres termes, l’administration ne pouvait plus réclamer les impôts qu’elle n’a pas réclamé pour les années 1990, 1991, 1992, 1993, 1994. Elle s’est contentée de réclamer à l’entreprise SACO que les 5 dernières années. Ce qui donne le montant final de 106 milliards de FCFA grossièrement détournés par une société dirigée par un Ivoirien au profit d’une multinationale.

Peut-on dire qu’il s’agit d’un simple hasard quand le nom de Seydou Diarra s’est retrouvé dans la poche française des premiers ministrables à la fameuse réunion de Kléber après le hold-up de Marcoussis ? Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es.

Malheureusement, cette pratique mafieuse d’exportation de bon cacao en cacao sous grade va refaire surface à partir de 2004 après les évènements de novembre 2004. Les résultats de l’enquête diligentée par le Président Laurent GBAGBO en 2008 en marge de l’instruction au pénal du vol présumé dans les structures de gestion café-cacao, seront bloqués par des personnes insoupçonnées qui avaient juré fidélité ad vitam aeternam au Président Laurent GBAGBO et que l’on retrouvera, en pole position, du côté de la rébellion du Golf. Complices avérés des multinationales, ces personnes ont eu du mal à prendre une direction autre que celle que leur a indiquée leurs partenaires dans la fraude pendant la crise, c’est-à-dire, le camp de la fraude. Toutes les multinationales cacaoyères qui ont financé la rébellion contre la Côte d’Ivoire sont mouillées dans cette fraude mise en place à partir de 2004.

2/ OBIANG CONTRE LES CONSORTIUMS PÉTROLIERS EUROPÉENS.

Le 3 Août 1979, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse par coup d’Etat son oncle Francisco Macias Nguema. Il prend alors la tête d’un des pays les plus pauvres du monde. Eparpillée sur deux iles et sur une partie continentale, ce petit pays, ancienne colonie espagnole, l’unique d’ailleurs du Continent africain pour respecter le traité de Tordesillas du 15ème siècle qui partagea le monde entre les deux principales puissances de l’Epoque l’Espagne et le Portugal, la Guinée Equatoriale est, à cette époque, un coin du monde abandonné. Pour survivre, les Equato-Guinéens sont obligés d’aller chercher pitance dans la sous-région équatoriale, qui au Gabon, qui d’autre au Cameroun, les deux voisins avec lesquels ce pays partage une frontière terrestre, ou un peu plus loin, au Congo ou au Nigéria. En tout cas, c’est un pays sans ressources en plus d’être de gestion très difficile à cause de sa configuration.

En effet, les deux iles qui composent le pays se situent à plusieurs centaines de kilomètres de la partie continentale. L’ile d’Annobon, située non loin des eaux territoriales angolaises se situe à un fuseau horaire de plus que le reste de pays. Pour ne pas arranger les choses, le colon espagnol n’y a laissé pour seul héritage solide que la seule foi catholique. Aucune infrastructure social sérieuse n’existe ni à Malabo, la capitale insulaire, ni à Bata, la capitale continentale. L’infrastructure scolaire correspondant au niveau le plus élevé est un lycée situé à Malabo. Pour sortir du pays par avion, les Equato-Guinéens étaient obligés de s’enregistrer d’avance sur une liste et lorsque le nombre de voyageurs atteignait le chargement d’un avion-cargo militaire, une compagnie espagnole leur envoyait un avion de transport de troupes militaires pour les faire voyager.

Le nouvel homme fort du pays entreprend de faire des explorations. Même s’ils sont les damnés des Espagnols, il croit fermement que la nature ne peut pas, à son tour, les avoir condamnés. En effet, pourquoi les eaux continentales Gabonaises dans son flanc oriental, nigérianes dans son septentrion et de l’Angola dans son Midi regorgent de grosses réserves de pétrole, et celles, plus étendues de la Guinée Equatoriale en seraient dépourvues ?

Le Président Obiang se lance dans la prospection pétrolière dans les eaux territoriales guinéennes. Il confie, par réflexe naturel de tout colonisé, l’exploration à une société espagnole. Un permis d’exploration est concédé à cette dernière.

A l’expiration de la concession, l’entreprise dit n’avoir rien découvert mais paradoxalement demande une prorogation de la concession. Ce que le patient Obiang renouvelle.

A la fin de cette seconde concession, toujours rien, et l’entreprise espagnole demande un autre renouvellement de son permis d’exploration une troisième fois.

Le Président Obiang trouve la démarche de l’entreprise espagnole suspecte. Celle-ci ne peut pas investir à perte et vouloir continuer d’investir. Il la soupçonne de lui cacher des choses surtout que, dans le même temps, le Président Obiang est informé des manœuvres de déstabilisation de son régime que mènent secrètement les services espagnols pour le compte de son opposant Severo Moto Nsa, exilé en Espagne.

Le Président Obiang refuse de renouveler sa confiance au groupe espagnol. Il fait appel à un petit groupe américain qui va découvrir l’immensité des réserves pétrolières de 2 milliards de barils ainsi que des volumes impressionnant de gaz que les espagnols tentaient de cacher à Obiang. Le premier baril du pétrole est exploité en 1993.

Depuis lors, tous les grands groupes pétroliers américains se sont donné rendez-vous dans ce qui était, jadis, considéré comme un pays abandonné. Les USA y ouvrent même une ambassade. A quelques mètres du village Bioko, naissent les premiers signes de la modernisation du petit maudit pays d’Afrique Equatoriale. Le Punto Europa, village moderne construit et habités par les travailleurs occidentaux du pétrole donne une allure de ville à Malabo. Mais les Espagnols, victimes de leur propre turpitude, ruminent leur colère et leur vengeance contre le Président Obiang.

Dès 1995, le Président Obiang, que tous ignoraient, est devenu subitement un dictateur à abattre. Les media européens et les fameux défenseurs des droits de l’Homme surgissent comme des champignons après une première pluie. L’Espagne s’associe aux autres puissances européennes pour chasser le Président Obiang du pouvoir. Des pieds nickelés montent une opération d’envergure en 2004, une opération qui implique un certain Mark Thatcher qui n’est autre que l’enfant de Margaret Thatcher, Première femme Premier ministre d’Angleterre qui a formé avec Reagan le duo de charme de l’ultralibéralisme des années 80. Le coup consiste à chasser Obiang qui serait remplacé par son opposant historique mis au frais en Espagne. Le coup échoue grâce au Président Robert Mugabe du Zimbabwe dont les services en ont eu vent.

En effet, l’avion qui transportait le gros lot des mercenaires recrutés par le barbouze sud-Africain Mann Simon décolle d’ Harare pour déverser sa cargaison de criminels internationaux à Malabo. Le Président Mugabe informe son homologue équato-guinéen qui monte un comité d’accueil très musclé pour recevoir ces visiteurs indélicats. Ceux-ci seront cueillis à l’aéroport de Malabo pendant que le bénéficiaire politique de cette opération, l’opposant équato-guinéen qui avait déjà décollé de ses bases espagnoles dans un jet privé affrété à cette occasion, était encore dans les airs.

Le coup foiré, l’entreprise médiatique de destruction de l’image d’Obiang prend de l’ampleur. Une lugubre association se crée pour porter plainte en France contre les Obiang pour biens mal acquis.

Il faut dire que le comportement des enfants Obiang apporte de l’eau au moulin de leurs détracteurs. A la différence du père qui est très sobre, l’ainé des Obiang affiche un appétit immodéré pour le luxe. Ses sorties tapageuses en France, entre ses hôtels particuliers de luxe et ses grosses cylindrées, militent fortement contre le père qui a pourtant changé, en très peu de temps, l’infrastructure économique de la Guinée Equatoriale au point de jalouser un certain Bongo père, puis fils. Les relations entre ces deux pays voisins (Gabon et Guinée Equatoriale) vont vite se dégrader suite à un contentieux frontalier à forte odeur de pétrole finalement remporté par la Guinée Equatoriale. Les nombreux ennuis politico-judiciaires des Obiang en Europe montrent la ténacité de la rancune des anciens colonisateurs envers leurs anciennes colonies qui cherchent partenaire ailleurs.

Si jusque-là l’Espagne n’a pas eu la peau du Président Obiang, c’est surtout grâce à la protection américaine. Tout le pétrole équato-guinéen est exploité par les grandes firmes américaines, Exon, Chevron, Mobil etc. Malheureusement, si cette amitié américaine le protège, l’exploitation du pétrole équato-guinéen n’échappe pas à la prédation. Profitant de la faiblesse de l’administration fiscale du pays, les multinationales américaines s’adonnent à d’énormes fraudes. Un travail fait par un cabinet international commis par le gouvernement équato-guinéen a débouché sur un rappel historique de plusieurs milliards de dollars américains. La fraude s’organise autour de double comptabilité, de la minimisation des quantités de pétrole vendues, d’une interprétation biaisée de la législation fiscale du pays. Le dossier est entré en phase de négociation politique. Il y a très peu de chance que les montants appelés dans le cadre de ce redressement fiscal soient payés au Trésor équato-guinéen.

Ainsi souffrent les petits pays d’Afrique en face de la mafia financière des multinationales. C’est certainement ce qu’Ali Bongo va apprendre à ses dépens.

3/ BONGO CONTRE SES ANCIENS ALLIÉS

La dynastie Bongo règne sur le Gabon depuis pratiquement un demi-siècle. La gloire dès Bongo a commencé le 2 décembre 1967 lorsque Bongo père hérite du Gabon au décès du père fondateur : le vieux Léon Mba. Il s’appelle alors Albert-Bernard Bongo, ancien officier de l’armée française reconverti à la politique où il occupe le poste de Vice-Président du Congo du 12 novembre 1966 au 2 décembre 1967 dans l’attente de la mort quasi-certaine de Léon Mba. Son règne s’arrête naturellement suite à son décès survenu le 8 juin 2009, soit exactement 41ans, 6 mois et 6 jours. Son long règne est la contrepartie des offrandes faites par le Gabon à la France à travers son empire politico-financier ELF.

Le sort du pétrole gabonais a été scellé, on pourrait dire, après les accords d’Evian du 18 mars 1962 qui ont mis fin à la guerre franco-algérienne, et ouvrirent en même temps la voie de l’indépendance de l’Algérie. La France voulait une Algérie française non pas seulement pour les belles plages ensoleillées de d’Alger et d’Oran, ou les belles falaises à la vue panoramique envoutante de Constantine mais, également, pour son sous-sol très riche en pétrole. Dans les négociations sécrètes d’avant les accords d’Evian et même après, De Gaulle a tenté d’imposer le contrôle français sur le pétrole algérien en vain.

L’échec de ses négociations secrètes plaça le Gabon au centre des intérêts stratégiques français. Au Gabon, la France n’a pas besoin de forcer la main à Léon Mba qui est plus francophile que De Gaulle lui-même. Il a été un militant ardent de la communauté française de 1958. A la dissolution de fait de cette communauté, Léon Mba avait proposé un schéma institutionnel franco-africain de même nature que le Commonwealth. Dans ce schéma, l’autorité du Président Français s’étendrait sur l’ensemble de ses anciennes colonies africaines qui seraient alors gérées par des premiers ministres, comme cela se fait entre le Canada, l’Australie, la nouvelle Zélande et la Couronne d’Angleterre. Il avait même proposé à cet effet que le drapeau tricolore apparaisse en filigrane sur les drapeaux des pays africains nouvellement indépendants.
Donc, au Gabon, la France est chez elle.

Dans la nuit du 17 au 18 février 1964, le vieux Léon Mba est déposé par une poignée d’officiers de l’armée. Mais ils hésitent à placer un homme à la tête de l’Etat, et attendent l’instruction de Paris. Jean-Hilaire Aubame, ancien ministre des affaires étrangères est placé, malgré lui à la tête d’un gouvernement éphémère. Finalement, Paris décide de réinstaller le vieux Léon Mba apeuré et affaibli et au pouvoir. Il est coaché comme un novice par Paris qui tente de le rassurer. A cet effet, Foccart dépêche auprès du vieil homme ses meilleurs éléments pour le soutenir.

En 1966, Albert-Bernard Bongo est placé en embuscade par la France pour assurer la transmission du pouvoir entre le vieux cheval mourant Léon Mba et le nouvel étalon français, Bongo. Opération réussie à 100%. Depuis le 2 décembre 1967, El Hadj Omar alias Albert-Bernard Bongo assure les intérêts français au Gabon et dans la sous-région. Ayant échappé à la vague des conférences nationales de 1990 et ayant succédé à Houphouët à la tête de l’empire Franco-RDA, Omar Bongo installe durablement et profondément son pouvoir au Gabon. Pour ce faire, il s’entoure, à partir des années 90, de trois mousquetaires tous tirés du giron familial.

Feu Mba Aubame, ministre de l’intérieur. La rumeur le présente comme un enfant naturel d’Omar Bongo.

Jean Ping, ministre des affaires étrangères et époux de Pascaline Bongo, donc gendre du Président de la République.

Ali Bongo, ministre de la défense, enfant légitime du Président Bongo, donc oncle maternel des enfants Ping

A la mort d’Omar Bongo, Ali Bongo sort vainqueur de la bataille fraternelle pour le contrôle de l’Etat qui l’a opposé à Mba Aubame. Il est élu, sinon nommé par Sarkozy comme Président de la République, face à Mba Aubame, qui avait été le réel vainqueur de cette confrontation fraternelle.

Entre temps, la découverte du pétrole en Guinée Equatoriale ouvre les yeux des Gabonais sur l’immensité du tort qui leur a causé par le cartel Bongo-ELF. Obiang donne une véritable leçon de l’utilisation de l’argent du pétrole aux dirigeants Gabonais. En moins de 10 ans, la Guinée Equatoriale se métamorphose grâce à la manne pétrolière. Là où les dirigeants gabonais justifiaient l’absence d’infrastructures routières dans le pays par la densité de la forêt équatoriale, leurs voisins équato-Guinéens, enveloppés par la même forêt équatoriale, par ailleurs confrontés à des défis géographiques plus élevés, parsèment leur pays d’infrastructures routières modernes. Les hôtels de Luxe sortent de terre. Bata et Malabo font rêver les Librevillois. Oyala, la ville ultra moderne sortie de terre avec une université du future en plein cœur de la forêt équatoriale, fait rougir de honte les dirigeants gabonais.

Le Nouveau Chef de l’Etat, Bongo fils, entend changer le cours du destin de son pays confisqué par le fait de son propre père et de la France. Pour se faire, il n’a d’autres choix que de s’attaquer à certains tabous. Le rappel à l’ordre sous forme de contrôles fiscaux que le gouvernement gabonais opère sur les entreprises pétrolières françaises n’est pas du goût de Paris. La tête de Bongo est mise à prix. Or, cette tête ne coûte plus très cher pour trois raisons.

D’abord, 50 ans d’exercice du pouvoir par la famille Bongo a érodé définitivement l’estime du peuple pour l’actuel chef de l’Etat.

Ensuite, comme le fils Obiang, Ali Bongo a suffisamment étalé le faste de la famille Bongo en France.

Enfin, Ali Bongo n’est arrivé au pouvoir que par la seule volonté française.

L’élection de 2016 sonnait d’emblée comme un chant de hibou qui annonce le crépuscule des temps Bongo. Ali devrait perdre même s’il gagnait. C’est comme cela que marchent les amitiés franco-africaines. Elles ne résistent pas à l’épreuve du changement. Pourtant Ali n’avait pas d’autre choix que d’opérer quelques changements afin de réparer l’énorme préjudice que son père a fait subir au peuple gabonais.

Le peuple lui-même l’entendrait-il de cette oreille ? Rien n’est moins sûr. Wait and see.

 

Le ministre Justin KATINAN KONE.

mardi, 06 septembre 2016

LES EVENEMENTS AU GABON: PETITE VERSION POUR NULS

 

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Une amie française me demandant quelques explications sur ce qui se passe au Gabon, mais dans un langage simple, voici ce que je lui ai écrit... Shlomit.

 

Il y a eu des élections au Gabon dimanche dernier. Les résultats devaient être donnés par la commission électorale mardi en fin d’après-midi. Mais déjà lundi en fin de matinée Robert Bourgi, un des pions de la françafrique avait depuis l’ambassade  gabonaise de Paris donné les résultats ; Jean Ping gagnant dans 6 des 9 régions. 

Ali Bongo et Ping sont tous deux des pions de la françafrique. Sarkozy aurait aimé qu’Ali, -qui s’appelait Alain avant que son père n’embrasse l’islam- prenne la succession de son père. On se souvient
 
En fait Ali Bongo cherche des poux à certaines entreprises françaises comme Total auxquelles il a imposé –des arriérés d’impôts non négligeables, se chiffrant à des centaines de milliers d’Euros… Il va sans dire que les lobbies financiers n’apprécient pas cette exigence, payer le pétrole et les produits du sol et sous sol à sa juste valeur, alors qu’on pouvait jusqu’à présent tout avoir presque gratuitement. Jean-Ping qui a été le gendre d’Omar Bongo est un vieux monsieur, bien soumis à la France ; c’est lui qui présidait l’Union Africaine en 2011, et Laurent Gbagbo lui avait demandé de le soutenir en demandant le recomptage des voix, mais il avait refusé, affirmant sans détour que le véritable gagnant était Ouattara.  Aujourd’hui il semble récolter la monnaie de sa pièce.
 
En fait Ali Bongo, connaissant le jeu de la France a joué au plus fin, trichant encore mieux que Ping. Alors que Ping bénéficie du support des Français, Ali Bongo a cherché de l'aide en Côte d'Ivoire, et des hackers très professionnels, et toute une logistique abidjanaise bien rodée a suivi. L’ancien chef d’état major de Gbagbo, devenu ambassadeur au Gabon grâce à sa traîtrise, est aussi mentionné parmi les ivoiriens ayant aidé le camp Ali Bongo. 

La France a soutenu Ping, mais elle est très mal à l'aise aujourd'hui, l’affaire ivoirienne peu glorieuse refaisant surface avec cette histoire de décompte des voix qui est accepté semble-t-il aujourd'hui avec Ping et qui a été injustement refusée à LG, il y a 5 ans. La France essaie donc de faire profil bas, appelant à calmer le jeu par cette attitude conciliante de l'attente des vrais résultats issus d'un recomptage des voix. Mais ne nous illusionnons pas, quel que soit le candidat, il sera totalement inféodé à la France.

Ali Bongo a joué rusé, plus rusé que la France; Ping joue son va-tout, il va sur ses 74 ans et ne veut pas perdre sa dernière chance d'accéder au sommet de l'état. Le 2 septembre, il s'est autoproclamé président du Gabon, invitant le président Hollande à s'ingérer dans les affaires gabonaises. Il vient d'appeler le peuple à une grève générale... Quant à son programme, rien n'est promis aux Gabonais. Ils seraient bien fous de se passionner pour cette joute dont ils ressortiront perdants à tous les coups. Le candidat de l'alternance évidemment, et pour la seconde fois n'arrive que troisième, ses vrais chiffres à lui, ont été très certainement revus à la baisse pour gonfler les voix des deux autres.

Hier, le quai d’Orsay a fait savoir que plusieurs franco gabonais étaient portés disparus, voilà, s'il le fallait, une excuse toute trouvée pour une prochaine « ingérence humanitaire » à la française, comprenez un coup d’état pour placer celui qui saura au mieux servir les intérêts de la France ou plutôt de ses lobbies financiers et industriels…


Shlomit Abel

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 05 septembre 2016

L’EXIGENCE DU «RECOMPTAGE DES VOIX» DE LA PRESIDENTIELLE GABONAISE, UNE PREUVE DE PLUS DE LA NUISIBLE DUPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE !

 

 

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Il faut vraiment que la France, les USA, l’ONU et leurs complices de l’ordre du crime imposé à l’humanité à travers une certaine « Communauté Internationale », prennent les autres peuples du monde pour moins que des « bouts de bois de Dieu ». Ce sont ces gens-là qui, en 2011, se sont opposés avec un acharnement démentiel, à Laurent Gbagbo, lorsqu’il demandait que soient recomptées les voix de la présidentielle ivoirienne, juste pour démontrer que le protégé de « la Communauté Internationale » Alassane Ouattara, porté à bouts de bras par la France, les USA et l’ONU, n’avait pas pu gagner l’élection en Côte d’Ivoire, ce pays où, en réalité, Ouattara était connu comme indigne de confiance.

Le Secrétaire Général du « machin de New York », le sieur Ban Ki Moon, avait même osé déclarer sans sourciller, que « recompter les voix de l’élection était faire honte à Alassane Ouattara », l’homme qu’on avait décidé d’imposer aux Ivoiriens, par tous les moyens, y compris en les bombardant, avec les armes de l’ONU, de la France et des USA, après avoir usé de tout, y compris de la mesquine lâcheté, pour priver le pays du moindre outil de défense.

Dans la foulée, un obligé de cet ordre inique imposé à l’humanité, un certain Jean Ping, alors au premier rang de l’Union Africaine, déclara, à la 16ème session ordinaire de cette Union, le 28 janvier 2011, à propos du contentieux électoral en Côte d’Ivoire, que « la réouverture des résultats de l’élection serait une grave injustice et un précédent fâcheux (…) L’UA ne reviendra pas en arrière. Il y a des gens qui demandent de recompter les voix. Les opinions sont libres. Les gens sont libres de dire ce qu’ils veulent. Mais nous, notre position est claire ». Voilà ce que clamait Monsieur Jean Ping, adossé à ses maîtres dans la falsification de l’Histoire.

Ce sont aujourd’hui, ces mêmes falsificateurs de l’Histoire, pour placer leur pion, qui demandent qu’au Gabon, l’on recompte les voix de l’élection présidentielle ! C’est vrai que depuis longtemps, ces gens-là ont montré et démontré qu’ils n’ont aucun scrupule pour torde le cou à la vérité et à la justice. C’est également vrai que, convaincus d’être les plus forts, ils ne respectent rien qui soit aux autres sur la terre. Mais devraient-ils continuer de massacrer et faire massacrer tous les autres peuples de la terre, il faudra toujours leur opposer une résistance, aussi faible puisse-t-elle être, pour leur rappeler leur laideur morale et intellectuelle.

Apparemment, ils trouvent toujours dans les pays, des égoïstes vénaux, des corrompus sans état d’âme, appuyés par de soi-disant experts qui sont en réalité des agents de la falsification, dans un monde qu’ils ont pourri et continuent de détruire chaque jour un peu plus, un monde où les valeurs cardinales qui fondent l’humanité sont foulées au pied. La résistance, aussi minime soit-elle, est la voie qui permettra d’arrêter la progression de la destruction de l’harmonie entre les peuples. 

Pour l’observateur qui a suivi les crimes de la « Communauté Internationale » en Côte d’Ivoire, crimes qui ont conduit le président élu par les Ivoiriens, le président Laurent Gbagbo, à la prison de La Haye, où il est maintenu depuis des années sans aucune preuve de quelque culpabilité que ce soit, rien de ce qui peut  venir de cette communauté du crime ne peut rien présager de bon pour les Africains.

Même si Jean Ping avait pu gagner l’élection au Gabon, la posture de ses « amis » de la « Communauté Internationale » est une preuve que les Gabonais, pourvu qu’ils soient lucides, doivent se rendre compte que ce Jean Ping-là ne peut être que le « Cheval de Troie » des prédateurs occidentaux, qui se sont autoproclamés « Communauté Internationale ».

Notre propos n’est pas fondé par une quelconque haine de qui que ce soit. Nous n’exprimons pas non plus un sentiment de dépit : nous sommes bien au-delà de cela ! Ces gens nous ont rassasiés de l’usage qu’ils font, sans aucun discernement, du mensonge, de la falsification, des armes et de tous, pour s’approprier indûment ce qui appartient aux autres. Et ce serait cela être « une grande puissance ! ». De quoi susciter du dégoût, comme celui qu’on a du gangster qui écume les quartiers ! Non ! Ils ne peuvent plus nous étonner, ni susciter de ressentiment fort en nous. Sans être blasés, nous les prenons comme ils sont : des manipulateurs, que chacun peut qualifier comme il veut, et que le temps dévoilera au grand jour, un jour prochain, pour le bonheur de l’humanité !

 Nous réagissons ici, pour soutenir le peuple gabonais, afin qu’il reste ferme, non pas parce que Monsieur Ali Bongo, élu selon les lois du pays, est le meilleur d’entre eux, mais simplement parce que son adversaire ne peut pas être meilleur que lui. Même si les deux hommes peuvent avoir des tares identiques, le fait que l’autre soit soutenu par les prédateurs occidentaux, au point de vouloir que les Gabonais s’entretuent, fait de ce dernier un pion, le pire possible.

Il n’y a pas longtemps, les Nigériens ont fait barrage à la France qui avait misé sur l’ancien président de l’Assemblée Nationale en fuite à Paris ; en Centrafrique, le peuple a récusé celui que la France avait choisi ; au Bénin, l’homme de la France a été retourné à ses affaires ; au Burkina Faso, le peuple a mis en congé Blaise Compaoré, le coursier des occidentaux dans la déstabilisation des pays africains ; au Tchad, le rejet de Déby n’a pas marché, malgré le déploiement de gros moyens. Il semble que c’est seulement au Congo Brazza que l’argent des Congolais a servi à permettre à la France de contrôler le jeu de la présidentielle. Pour ce qui est du Mali, de nombreuses questions restent encore sans réponse, tandis que la Côte d’Ivoire va à vau l’eau avec le pion des prédateurs, en dépit d’une communication bien arrangée…

Nous avons choisi de taire pour le moment notre opinion sur les autres pays (ex)colonies françaises en Afrique. La réalité, c’est que chacun des pays, surtout en Afrique, où la France est profondément enracinée, a besoin de savoir que cette puissance occidentale ne peut rien lui apporter de positif. Comme d’un serpent dont on se méfie même s’il est endormi, il faut craindre tout ce qui vient de ce pays, quand bien même cela paraîtrait sans danger.

 

BEDI HOLY, Enseignant.

vendredi, 26 août 2016

DOSSIER: OUATTARA ET LE MYTHE DE LA CROISSANCE

 

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Côte d'Ivoire: Du maquillage des résultats électoraux au maquillage des taux de croissance du produit intérieur brut (PIB).

Dr DON MELLO Ahoua.

 

«En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif du PIB (Produit Intérieur Brut) de -8,5% en 2015, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe. Cela était trop gros. Même si en 2015 on prend en compte l’appréciation du dollar US (+13,2%), on n’obtient dans le meilleur des cas qu’un taux de croissance de 3,7%, ce qui serait un ralentissement de la croissance que les autorités ivoiriennes ne semblent pas disposées à accepter». Ainsi s’exprima Jean-Charles THIEMELE, Expert Économiste Financier ivoirien sur le Produit Intérieur Brut et le taux de croissance 2015 non encore certifiés par la communauté internationale.

Dis-moi comment tu gagnes le pouvoir et je te dirai comment tu gagnes tes taux de croissance.

En faisant certifier de faux résultats électoraux par l’ONU, le Dr Alassane Dramane OUATTARA dit ADO accède au pouvoir en promettant d’étonner le monde. Malgré le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) qui permettait de disposer de ressources suffisantes pour faire face à la pauvreté, les ivoiriens crient famine; pendant ce temps, le Dr ADO aligne au fil des années des PIB et les taux de croissance les plus spectaculaires:

- 2012 : PIB 27,1 milliards de dollars US, taux de croissance 9,8%

- 2013 : PIB 31,06 milliards de dollars US, taux de croissance 8,7%

- 2014 : PIB 34,25 milliards de dollars US, taux de croissance 8,5%

En 2015, c’est avec une assurance démesurée, que le Dr ADO et son honorable et dévoué Premier Ministre Daniel KABLAN DUNCAN attendaient un PIB de 37 milliards de dollars et un taux de croissance à deux chiffres, soit 10,3%.

Avec la certification par le respectable Fonds Monétaire International (FMI), une autre branche de L’ONU, les ivoiriens étaient gavés de beaux chiffres que leur quotidien ne reflète pas du tout. « L’argent travail mais ne circule pas » répondait le Docteur ADO aux Ivoiriens qui cherchaient en vain le fruit de la croissance dans le panier de la ménagère transformé en « sachet de la ménagère » selon un humour bien ivoirien ; comme si l’argent pouvait travailler sans circuler.

La confiance que le FMI accordait aux chiffres présentés par le Dr ADO n'excluait pas quelques réserves. En effet, des réserves étaient régulièrement émises par le FMI et des promesses sans lendemain étaient régulièrement faites par le régime Ouattara pour les lever.

En illustration, le rapport de mission du FMI de Juin 2014, rapporte :

« Les services du FMI ont néanmoins regretté qu’on ne se soit pas attaqué aux points faibles des comptes nationaux de 2012 avant la finalisation en cours de ceux de 2013 » (Rapport FMI 2014)

Il a fallu la crise de l’Attiéké (semoule à partir du manioc) en 2016 pour découvrir la vérité sur le taux de croissance réel du PIB.

DE LA CRISE D’ATTIEKE AU REJET DES CHIFFRES DE 2015 DU Dr ADO

Du 24 juin au 7 juillet 2016, une délégation du FMI arrive en Côte d’Ivoire pour certifier le taux de croissance à deux chiffres proposé par les alchimistes du Dr ADO. Comme on ne prête qu’aux riches, un PIB mirobolant et un taux de croissance à deux chiffres constituaient les clés pour ouvrir le ciel pour une seconde pluie de milliards des bailleurs de fonds après le jackpot de l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

Auréolé par l’exécution des projets conçus sous la Présidence de Laurent GBAGBO mais en révisant à la hausse les coûts des travaux pour gonfler le PIB et rembourser sa dette vis-à- vis des sponsors de la guerre qui l’a porté au pouvoir (le pont HKB évalué à 60 milliards de FCFA par les experts chinois sans péage, a été révisé à 180 milliards de FCFA avec péage, la rénovation et l’équipement de l’Université d’Abidjan expertisée à 40 milliards de FCFA sous GBAGBO, a été révisée à 110 milliards de FCFA sans équipements de laboratoire), le Dr ADO voulait cette fois-ci s’affranchir en faisant concocter durant 5 bonnes années, 114 projets (cf. site web du Comité National de Pilotage des Partenariats Public-Privé (CNPPPP) logé au BNETD) évalués à 14 000 milliards de FCFA.

La ligne rouge de la dette étant fixée à 70% du PIB, il fallait donc un PIB élevé avec une croissance forte pour forcer le coffre-fort des bailleurs de fonds à défaut de pouvoir utiliser contre eux la force armée comme il l’a fait pour la BCEAO de Bouaké pour financer sa rébellion armée. La certification du PIB de 37 milliards de dollars avec un taux de croissance de 10,3% était la clé du coffre-fort. Les experts du FMI font remarquer:

«Le secteur public reste le fournisseur principal des infrastructures publiques, mais étant donné les besoins d’infrastructures considérables et dans le contexte du PND (Programme National de Développement 2016-2020), les autorités cherchent à impliquer davantage le secteur privé au moyen de partenariats public-privé (PPP). Le portefeuille inclut aujourd’hui 114 projets pour un montant total d’environ 14 000 milliards de FCFA (environ 75 % du PIB de 2015), principalement dans les secteurs du transport, de l’énergie, de la faune et de la pêche, et du tourisme. » (Rapport de Mission du FMI, juin 2016)

Malheureusement pour le Dr ADO, la crise de l’ATTIEKE a donné rendez-vous aux experts du FMI.

En effet, la délégation découvre avec stupéfaction le cri des Ivoiriens sur la cherté de la vie en général et en particulier le manque de manioc sur le marché pour fabriquer de l’Attieké alors qu’elle arrivait pour certifier une croissance du PIB de 10,3% tirée par une croissance record de 12% de la production du vivrier dont le manioc seul battait le record de 74% de croissance (lettre d’intention du gouvernement au FMI 19 MAI 2015). Cette croissance extraordinaire devait répondre donc en abondance au besoin de la population et à prix accessible. La réalité était l’exact opposé des chiffres du Dr ADO : les prix doublaient sur le marché et le manioc se faisait rare.

Lisons ensemble cet extrait du rapport de mission du FMI qui exprime leur stupéfaction:

«La croissance du PIB réel est estimée à 7,9 %, tirée par les excellents résultats des services et de l’agriculture qui ont compensé la timide expansion du secteur secondaire (à cause en partie d’une baisse de la valeur ajoutée du secteur de l’énergie). Cependant, la précision des estimations du PIB de 2014 est quelque peu incertaine en raison de lacunes dans la collecte des données sur l’agriculture de subsistance. En particulier, les autorités ont signalé une récolte de manioc exceptionnelle (hausse de 74 % qui a contribué à hauteur de 1,3 point de pourcentage à une croissance totale de 7,9 % du PIB). » (Rapport 2016, Mission du FMI)

Le doute s’installe et le FMI propose son assistance à l’Institut Nationale de la Statistique (INS) le temple du maquillage des chiffres qui permettent le calcul du PIB. Son rapport de fin de mission, écrit dans un langage propre aux diplomates est éloquent :

« Faute de données finales de l'Institut national de la statistique, les autorités et les services du FMI ont utilisé une série d'indicateurs de l'activité pour obtenir des estimations préliminaires de l'expansion de la production. Pour 2015, les autorités estiment que la croissance du PIB réel a atteint 10,3 %. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016 »

Le rapport souligne avec plus de diplomatie, la médiocrité des données économiques :

« Les administrateurs invitent en outre les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer la production et la diffusion de données économiques de qualité » (Rapport du FMI juin 2016)

Cette nouvelle interpellation fait suite à celle de 2015 qui soulignait :

« Les graves faiblesses du système statistique qui empêchent de mesurer avec précision la croissance de l’activité économique. Le manque de données de base dans quelques secteurs (agriculture de subsistance, bâtiment et travaux publics, services immobiliers, par exemple) amène à utiliser des approximations ou à recourir à des méthodologies statistiques (groupes échantillons) qui ne donnent que des résultats imprécis. Ces difficultés sont aggravées par : (i) des contraintes en matière de dotation en personnel et de capacités de l’Institut national de la statistique (INS) et (ii) les erreurs occasionnelles dans le calcul des comptes nationaux. En 2014 notamment, les services du FMI ont recensé dans les comptes nationaux de 2012, dernière année pour laquelle des estimations définitives avaient été produites, des lacunes dans le calcul des taxes nominales sur les produits, parallèlement à certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels, ce qui modifie directement la croissance du PIB. Étant donné les faiblesses notables du système statistique, les perspectives de croissance récentes et à moyen terme risquent d’être quelque peu optimistes, ce qui pourrait compliquer la gestion des finances publiques en 2015. (Rapport FMI 2015)

Les choses se compliquèrent effectivement en 2015 avec la crise de l’ATTIEKE.

Ahuris par l’absence de bases de données solides sur les activités économiques dans plusieurs secteurs d'activités, les experts du FMI s’en remettent à leur hiérarchie pour la certification de la croissance à deux chiffres et du PIB de 37 milliards de 2015 en émettant de sérieuses réserves. La délégation constate qu’à l’INS les prix sont stables alors que le prix de l’ATTIEKE double chaque année. Dans n’importe quel quartier d’Abidjan il est difficile de trouver 4 jeunes sur 100 ayant un emploi là ou l’INS affirme que seul 4 jeunes sur 100 n’ont pas de travail. Alors que les enfants sont devenus des « microbes » envahissant les rues d’Abidjan, l’INS estime les dépenses pro-pauvres à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014.

Bref, l’échantillon d’Ivoiriens que fréquente l’INS semble être sur un autre territoire différent du territoire ivoirien.

Les experts du FMI ne se laissent pas distraire, pour autant, par les alchimistes du Dr ADO sur leur prétendue lutte contre la pauvreté. Le rapport ci-dessous le fait remarquer dans un langage tout aussi maquillé :

«La croissance s’est accompagnée d’une baisse modérée de la pauvreté et d’une lente amélioration des autres indicateurs du développement humain. Cependant, il subsiste des disparités considérables au niveau national sur le plan du niveau d’éducation, de l’emploi et du revenu (Annexe I). Selon le Rapport sur le développement humain 2015, la Côte d’Ivoire se situe à la 172e place sur 188 pays, avec un indice global de développement humain inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016)

Les remarques inquiétantes et les réserves incessantes des experts du FMI n’ont pas empêchés le conseil d’administration de cette institution de certifier régulièrement les faux PIB et les faux taux de croissance.

Si les experts avaient eu le temps de faire un audit du PIB et du taux de croissance, le Dr ADO aurait été pris la main dans le sac. Il suffisait simplement d’auditer les coûts réels des grands travaux et de jeter un coup d’œil sur les chiffres du port autonome d’Abidjan. Ils se seraient aperçus que sous le beau maquillage des chiffres, se cache la laideur palpable d’un maquillage économique à l’instar du maquillage électoral permanent. Il a refusé le recomptage des voix en 2011, mais cette fois-ci, il lui sera très difficile de refuser le comptage des marchandises qui passent par le port et qui donnent donc le pouls et le visage vrai et non maquillé de l’économie ivoirienne.

En effet, le caractère extraverti de notre économie fait que la croissance du PIB est intimement liée à la croissance du trafic du port d’Abidjan. Les économètres diront qu’il existe une forte corrélation entre le PIB et le trafic marchandises du port d’Abidjan et les mathématiciens diront que les deux courbes qui traduisent le PIB et le trafic marchandises au Port d’Abidjan évoluent dans le même sens. En termes simples, plus l’économie croit, plus le trafic du port augmente en volume. Dans le langage Nouchi (créole ivoirien), on dira qu’entre le PIB et le trafic marchandise au port d’Abidjan c’est une combinaison qui marche concomitamment, c’est ton pied mon pied. Si l’un monte l’autre monte et si l’un descend l’autre descend avec lui. Rendons-nous donc sur le site du Port Autonome d’Abidjan pour la vérité sur la croissance du PIB ivoirien :

Année                                  2007    2008    2009    2010    2011    2012    2013    2014    2015

Trafic (million de tonnes)  21.37   22.08   24.03   22.4     16.6     27.7     21.4     20.8     21.4

Taux de croissance en %   1.77     2.54     3.25     2.02     -4.39    9.8       8.7       8.5       8.5

Ce tableau démontre qu’entre 2007 et 2012 la croissance du trafic au port d’Abidjan et la croissance du PIB ont évolué dans le même sens. De 2009 à 2010 le trafic a chuté de 24.3 millions de tonnes à 22.4 millions de tonnes, cela a entraîné une chute du taux de croissance de 3.25 à 2.02. De 2010 à 2011, le trafic a chuté de 22.4 millions de tonnes à 16.6 millions de tonnes et concomitamment le taux de croissance a enregistré sa plus forte chute passant de 2.02% à -4.39% pour faire une forte remonté à 9.8% en 2012, entraînant une forte remontée du trafic à 27.7 millions de tonnes. La chute du trafic de 2012 à 2014 ne peut qu’entraîner la chute de la croissance du PIB dans les mêmes proportions selon la règle « ton pied mon pied ». Au regard du tableau ci-dessus, les taux de croissance du PIB de 2013 et 2014 ne sont pas en corrélation avec le trafic portuaire. La chute brutale du trafic entre 2012 et 2013 devait s’accompagner d’une chute brutale du taux de croissance, ce qui n’est pas le cas selon le Dr ADO. Cette inadéquation n’est justifiable que si la Côte d’Ivoire avait réussi avec la pluie de milliards à restructurer son économie de telle sorte qu’elle produise ce qu’elle consomme et consomme ce qu’elle produit, ce qui n’est pas encore le cas.

La seule année de croissance ou la richesse créée, même surfacturée, est supérieure à celle créée les années précédentes, est celle de 2012 avec la relance des chantiers qui avaient été initiés sous Laurent GBAGBO. Depuis 2012 l’économie ivoirienne est en décroissance. Le niveau de richesse réelle exportée et importée à partir de 2013 (21.4 millions de tonnes) est proche de celle de 2007 (21.37 millions de tonnes) ce qui veut dire que le PIB réel de la Côte d’Ivoire en 2015 devait être proche de celui de 2007. Le trafic au port autonome d’Abidjan n’a pas retrouvé son trafic de 2009 (24.03 millions de tonnes) alors que les chiffres de croissance du Dr ADO indiquent que le développement accéléré de la Côte d’Ivoire a fait doubler les importations et a donné un coup d’accélérateur à l’exportation. Au regard du trafic du Port Autonome d’Abidjan que nos alchimistes n’ont pas pris la peine de maquiller pour coller avec le maquillage du PIB, le niveau de richesse de la Côte d’Ivoire est plus proche de celle de 2007 avec une population qui est passée de 19 millions d’habitants à 23 millions (chiffres de l’INS à prendre avec des réserves). La pauvreté ne peut que croître et c’est cette réalité qui est le quotidien des Ivoiriens.

Pour maquiller cette réalité et jeter la poudre aux yeux des experts, le gouvernement ivoirien a fait croire que la croissance est tirée par le secteur vivrier qui lui ne passe pas par le port d’Abidjan et qui aurait atteint un chiffre de croissance de 12% en 2015. Cette croissance, selon les alchimistes, est dérivée de celle du manioc qui a grimpé de 74%. La crise de l’ATTIEKE est venue compromettre ce maquillage. En langage humoristique Nouchi on dira : « y a rien en face comme croissance, c’est manioc sans Attiéké » La question que l’on est en droit de se poser est la suivante: Où sont passés les ressources du PPTE et les milliards de dettes contractées au nom de la Côte d’Ivoire après le point d’achèvement du processus PPTE de 2012 à 2015 ?

Même si Christophe BARBIER, le célèbre journaliste avait donné la réponse par anticipation en disant « nous leur ferons payer la facture de la guerre » sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO, il s’agit de faire la démonstration.

La réalité est que l’argent qui est rentré par emprunt ou don, est ressorti sans laisser de trace de développement autre que les projets qui avaient déjà été initiés sous Laurent GBAGBO. La Côte d’Ivoire a ainsi renoué avec la fuite des capitaux qui engendre les balances de paiements négatifs depuis 2012, alors que cela avait disparu sous Laurent GBAGBO de 2001 à 2011. Or c’est le déficit cumulé de la balance des paiements avant 1994 qui a entraîné la dévaluation de 1994. En renouant avec les balances de paiements négatifs, le Dr ADO met en péril les pays de l’UEMOA et le niveau de vie des populations de l’UEMOA. Examinons ensemble, à travers les rapports du FMI et des documents du gouvernement ivoirien, le mécanisme de détournement de deniers publics et de fuite de capitaux en démaquillant les termes employés par les experts du FMI en guise de respect pour leur ancien patron.

LE MECANISME D’IMPORTATION ET DE REEXPORTATION DE L’ARGENT : L’ARGENT TRAVAIL MAIS NE CIRCULE PAS (dixit Dr ADO).

En mécanique, le travail est le produit scalaire de la force et du déplacement. Vu sous cet angle, effectivement l’argent est déplacé par la force du FMI et se retrouve dans les nombreux comptes ouverts par le gouvernement ivoirien dans les banques commerciales. Par le mécanisme des travaux fictifs, des fausses factures et des surfacturations (cas du troisième pont et de l’université d’Abidjan), l’argent emprunte le chemin inverse pour repartir sur d’autres comptes à l’extérieur de la Côte d’Ivoire sans que cela ne circule sur le territoire ivoirien. C’est cette vérité que révèlent dans un langage agréable et diplomatique les deux rapports du FMI de 2015 et de 2016 ainsi que le mémorandum du Gouvernement ivoirien adressé au FMI en guise de repentance et de pardon pour arracher la certification du PIB de 2015.

Relisons le mémorandum de politique économique adressé par le gouvernement ivoirien au FMI du 19 Mai 2015 et les rapports de 2015 et de 2016 du FMI, nous découvrons :

« Le Gouvernement s’attèlera à la mise en place du Compte Unique du Trésor (CUT) afin de centraliser les opérations de trésorerie de l’administration publique. À cet effet, 1 400 comptes publics domiciliés dans les banques commerciales sur les 2 500 comptes dénombrés seront clôturés ». (Mémorandum de Politiques Économiques et Financières, 19 mai 2015).

Le rapport du FMI de 2015 pointe le doigt sur le mécanisme de production des fausses factures dans un langage bien choisi:

« Le recours croissant à des mécanismes extra-budgétaires (financés à l’aide d’emprunts souscrits par les entités publiques) pour effectuer des opérations budgétaires ou quasi budgétaires est un sujet de préoccupation pour la mission…. Les services du FMI ont noté que cette pratique viole le principe d’universalité du budget, mène à un périmètre budgétaire excessivement étroit et affaiblit le contrôle budgétaire. La mission invite les autorités à ne pas utiliser les entités publiques pour procéder à des activités budgétaires ou quasi budgétaires et à élargir le cadre budgétaire ». (Rapport FMI, 2015).

En langage pénal, lorsque toutes les institutions fonctionnent normalement, une dépense extra-budgétaire est un détournement de deniers publics. C’est pour cette raison que les experts du FMI ont recommandé la création d’une chambre de discipline budgétaire à la cour des comptes. Une dépense extra-budgétaire engendre des deno (dépenses engagées non ordonnancées). Les fameux « deno » qui ont été à la base du scandale de 18 milliards de francs CFA sous le gouvernement BEDIE. Cette fraude massive organisée sous le régime du PDCI-RDA, a occasionné la suspension de l’aide des bailleurs de fonds en 1998 ainsi que la chute du PDCI-RDA en 1999.

Pour la seule année 2014, le rapport évalue les détournements de deniers publics baptisés par une sémantique plus diplomatique « dépenses extra-budgétaires » à 58,4 milliards de FCFA (rapport du FMI, 2015), tournant complètement le dos à la stratégie des budgets sécurisés développée par l’Administration Gbagbo. On peut imaginer qu’une bonne partie aurait servi à arracher au PDCI-RDA l’appel de Daoukro et le soutien de la galaxie françafricaine à la violation de la Constitution ivoirienne pour permettre la candidature du Dr ADO pour un second mandat. Les dépenses extra-budgétaires qui étaient un crime hier sous BEDIE sont devenues la norme sous le Dr ADO, ainsi va la justice et la gouvernance mondiale: « qui veut noyer son chien l’accuse de rage ».

Les surfacturations et les fausses factures ainsi produites par une entreprise internationale qui a des comptes multiples à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, rentrent dans le calcul du PIB sans faire rentrer ou sortir une seule marchandise du territoire ivoirien. Par contre, l’argent emprunté pour financer les projets, comme dans un jeu de ping pong, retourne d’où il est venu. Ainsi, les importations et les exportations qui conditionnent le PIB augmentent sur papier sans trace au port ni dans le panier de la ménagère. Cette entreprise qui produit des surfacturations et des factures fictives n’a pas besoin d’importer ou d’exporter des biens matériels à la hauteur de sa facture ni d’embaucher de la main d’œuvre ni de payer des taxes (elles sont toutes exonérées en application du code d’investissement). Elle a besoin tout simplement de détourner l’argent et l’expédier vers d’autres cieux, ce que le FMI appelle « certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels ». Les demandeurs d’emploi, les transitaires et les ménages n’en bénéficient pas. Seule bénéficiaire la galaxie françafricaine liée à ce nouveau régime. Chaque responsable politique, administratif ou dirigeant de société d’Etat est en relation avec une panoplie de sociétés de surfacturation et de factures fictives (voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de familles), il passe des marchés extra-budgétaires en mode gré à gré et produit des surfacturations et des factures fictives permettant à l’argent de faire du ping pong sans atterrir sur le sol ivoirien ou dans le panier de la ménagère. L’argent travaille comme une balle de ping pong mais ne circule pas sur le territoire ivoirien sauf entre les mains des « racketteurs ». Les ivoiriens deviennent donc des spectateurs d’un jeu de ping dont ils paient le ticket pour y assister.

Les contrats de concessions sont renouvelés et des péages institués pour faire payer les tickets aux citoyens, spectateurs obligés de ce jeu de ping pong. Des licences d’exportations sont accordées pour faire payer en nature le prix du ticket au paysan en le dessaisissant de son cacao à vil prix sans tenir compte des prix indicatifs pompeusement annoncés. Le cacao ainsi exproprié, qui représente le prix du ticket du paysan pour le spectacle du ping pong, est revendu à prix d’or sur le marché international. Le diamant, l’or, le manganèse, le bois etc. sont des butins de guerre. Ils sont pillés et exportés sans trace dans les comptes de l’Etat. (Voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de famille).

Parfois, le gouvernement ne s’embarrasse pas de la procédure de factures fictives qui demande de savoir lire et écrire. Or les bataillons de Dozos et de tirailleurs recrutés dans la sous-région pour renverser le Président GBAGBO avec le soutien de la galaxie françafricaine sont des analphabètes et des semi-lettrés. Ils sont devenus, par la magie du DDR (Désarmement, Démobilisation Réinsertion) des fonctionnaires non reconnus par le fichier de la fonction publique mais affectés au trésor, aux impôts, à la douane, à la gendarmerie, à l’armée, à la police etc.. Certains ont des plantations de cacao volées après avoir chassé ou tué les propriétaires, ils ont aussi des coopératives ou des sociétés fictives dans le secteur du BTP, dans le commerce du cacao et dans les fournitures diverses (voir dossier de la lettre du continent).

A partir des nombreux comptes, le gouvernement utilise la technique des avances du trésor c’est-à-dire des paiements effectués sans bulletin de salaire, sans facture ni support, pratique là encore totalement contraire au principe du budget sécurisé. Ils sont payés en main propre ou par virement bancaire à partir d’un des 2500 comptes du gouvernement. Voilà pourquoi les dépenses pro-pauvres s’élèvent à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014 sans impact significatif sur la réduction de la pauvreté. A titre de comparaison, dans le programme de la Refondation 2010-2015 de Laurent GBAGBO, le coût total pour rénover ou doter les 11 000 villages de la Côte d’Ivoire en eau, électricité, internet, centre de santé et une école primaire est de 1 100 milliards de FCFA. Or 1 622 milliards ont été dépensés en une année sans aucune trace de développement dans les villages. Il s’agit tout simplement de payer la facture de la guerre et non une quelconque prestation réelle pro-pauvre. « Nous leur ferons payer la facture de la guerre » Christophe BARBIER n’était pas le seul à le penser. Les revenus de ces curieux fonctionnaires nouveaux sont complétés avec des bons d’essence qui plombent les sociétés d’Etats comme la SIR (dettes cumulées 181 milliards de FCFA, rapport 2015 et 2016, FMI). Les subventions sont accordées à des coopératives fictives ou semi-fictives de cacao, des sociétés d’exportation fictives ou semi-fictives, des écoles privées fictives employant des élèves tout aussi fictifs. Le rapport du FMI de 2015 recommande :

«De réduire encore le volume élevé de dépenses publiques effectuées selon des procédures exceptionnelles (avances du Trésor notamment). Ils leur demandent de surveiller de près l’endettement des entités du secteur public…… qu’à compter de la loi de finances 2015, les crédits budgétaires affectés aux subventions aux écoles privées, au secteur de l’électricité et aux achats de carburant par les forces armées soient réalistes….de renforcer le contrôle sur les ministères dépensiers (plus grande mobilité des agents et audits plus fréquents)….d’envisager de créer une chambre de discipline budgétaire et financière au sein de la Cour des comptes » (Rapport 2015)

Pour combler le déficit causé par ces dépenses extra-budgétaires à la SIR et à la PETROCI et les avances du trésor, le gouvernement n’a révisé que légèrement le prix du carburant à la pompe au lieu d’appliquer le mécanisme automatique de la baisse du prix du carburant lorsque le pétrole a baissé de près de la moitié sur le marché mondial. Il a aussi refusé de baisser le prix de l’électricité à la fin des contrats de concession sur le gaz qui constitue l’essentiel du prix du secteur. Il a aussi différé la revalorisation des salaires des enseignants et le règlement des problèmes universitaires.

C’est ce que note le rapport du FMI de 2015 :

« Les autorités ont aussi accepté de réviser à la baisse les projections des dépenses d’investissement sur la base du taux d’exécution de 2014, ainsi que la masse salariale (les hausses de salaires ont été différées de janvier à une date ultérieure pendant l’exercice), et d’affecter l’équivalent de 12 milliards de FCFA de provisions inscrites dans la loi de finances à des dépenses imprévues pour compenser en partie les dépenses extra-budgétaires » (rapport FMI 2015)

Ainsi les détournements massifs pour payer la facture de la guerre ont pour conséquence, d’augmenter les factures d‘électricité et le coût du transport, de différer la revalorisation salariale, et pire encore de privatiser le prestigieux Institut National Polytechnique (INPHB) qui demande maintenant aux élèves ingénieurs de débourser 2 800 000 FCFA par an pour suivre les cours. Le prestigieux diplôme de l’INPHB devient une marchandise. L’enseignement supérieur est en route pour l’émergence de la médiocrité. L’université d’Abidjan, maquillée à 100 milliards de FCFA, manque d’équipements de laboratoire. Les étudiants sont donc contraints de croire sans expérimentation perdant ainsi le réflexe de l’esprit scientifique. Ainsi se fabrique « l’ivoirien nouveau » version OUATTARA, débarrassé de l’esprit scientifique dans une université devenu le tombeau de la culture scientifique et le temple des croyances sans vérification.

Ainsi, la cherté de la vie, la privatisation de l’INPHB, l’assassinat de la culture scientifique et la non valorisation des salaires dérivent donc des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor pour payer la facture de la guerre! Les vrais fonctionnaires et les vrais entrepreneurs n’ont aucun soutien et souffrent d’arriérés de paiement de salaire et de facture, les citoyens souffrent de la cherté de la vie pour payer la facture externe et interne de la guerre et leur ticket de spectateurs du jeu de ping pong.

Le refus des experts du FMI de certifier quelques-uns de ces crimes économiques, a conduit à ne pas accepter le taux de croissance de 10,3% de 2015 proposé par le gouvernement ainsi que le PIB de 37 milliards de dollars. Le coup fatal est que le PIB qui était projeté à 37 milliards de dollars, a été revue à 31 milliards de dollars, en baisse de 6 milliards de dollars par rapport à l’attente du Dr ADO et de 3 milliards de dollars par rapport à l’année 2014. Cette donne a fait dire à l’expert ivoirien Jean Charles THIEMELE que :

« En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif de -8,5%, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe ».

La très respectable agence Ecofin va dans le même sens que l’expert ivoirien :

« Toutefois, un aspect du PIB qui n'est pas souvent relevé par les responsables publics est la performance du PIB en dollars US. Un aspect qui doit être pris en compte par les pays importateurs de carburant et de biens de consommation. Or, de ce point de vue, la croissance économique ne sera pas au rendez-vous. Le PIB en dollars de la Côte d'Ivoire est annoncé à seulement 31,7 milliards $, contre près de 34 milliards $ en 2014 » (site web agence ecofin 13/07/2015).

Rappelons que la croissance du PIB d’un pays est définie comme suit :

« La croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) en % représente la variation relative du volume du PIB en dollars constants entre deux années. Elle reflète l'augmentation (ou la baisse dans le cas d'une croissance négative) du niveau d'activité économique dans un pays. Il s'agit d'un indicateur souvent retenu lorsque l'on veut faire des prévisions à court et à moyen terme sur la situation économique d'un pays. » (Site web, université de Sherbrook, perspective monde, 2016) ».

Ce verdict est inacceptable pour le Dr ADO qui préfère le calcul du PIB en monnaie locale et entend utiliser les multiples connexions qui existent entre les 2500 comptes de l’Etat ivoirien et la galaxie françafricaine pour rappeler à chacun le jeu de ping pong dans le cadre du pacte françafricain et arracher à la galaxie françafricaine la certification de son PIB et de son taux de croissance à deux chiffres. Il a réussi en 2013 et 2014 malgré les réserves des experts qui, pour se démarquer de leurs décideurs ont écrit au début de leur rapport :

« Les communiqués de presse publiés en fin de mission par les services du FMI expriment leurs observations préliminaires au terme d'une mission dans un pays. Les opinions exprimées dans ces conclusions sont celles des services du FMI et ne sont pas nécessairement celles du Conseil d'administration. Sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la direction, sera soumis à l'examen et à la décision du Conseil d'administration du FMI. » (Déclaration de fin de mission le 7 juillet 2016).

Quel que soit l’issue de ce bras de fer entre experts et membres du conseil d’administration du FMI, le Dr ADO qui compte sur la certification du FMI pour tromper la vigilance des investisseurs directs étrangers (IDE) pour financer les 114 projets identifiés à hauteur de 14 000 milliards de francs CFA ne les verra pas. Il ne reste plus à « ADO solution » que de continuer à brader le patrimoine de l’Etat, à accroître le prix du ticket par la pression fiscale sur les opérateurs économiques qui créent effectivement de la richesse et à augmenter la cherté de la vie. Entre 2011 et 2015, à part les créateurs d’entreprises fictives pour prendre leur part de butin de guerre, les investisseurs ne sont pas venus pour des affaires mais en tourisme d’affaires malgré le Vuvuzela du gouvernement. Leurs promesses d’investissement ont été considérées par les prestidigitateurs du Dr ADO entre 2011 et 2015 comme des investissements. Les experts du FMI n’ont pas maquillé cette réalité dans leur rapport de 2015:

« La saisie de l’IDE (investissement Direct Etranger) dans les statistiques de balance des paiements disponibles est médiocre » (Rapport 2015).

La course à la croissance à deux chiffres est terminée pour le Docteur ADO. En langage Nouchi on dira «Boribana». Le compte à rebours va bientôt commencer avec la convergence des échéances de la dette qui a atteint le niveau d’avant son annulation. Au lieu d’avouer la catastrophe, le gouvernement tente de maquiller les comptes publics et de cacher le volume de la dette en pourcentage d’un PIB qui est lui-même surestimé.

CONCLUSION

Comme les spectateurs de la coupe du monde de football 2010 en Afrique du sud, un seul mot résume les performances économiques du Docteur ADO : VUVUZELA.

La gestion du Dr ADO sonne le retour des « grilleurs d’arachides », expression consacrée sous le parti unique pour désigner les détourneurs de deniers publics. Le résultat de cette gouvernance est une vaste opération mondialisée de détournement de fonds publics.

L’hypothèse la plus probable qui se dégage à la lumière de la gouvernance du Dr ADO par des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor, est que la guerre faite à la Côte d’Ivoire par la galaxie françafricaine pendant 8 ans, a été faite à crédit avec promesse de remboursement sur les ressources financières de la Côte d’Ivoire et ses matières premières.

Cette hypothèse est confirmée sans faux fuyant ni langage diplomatique par le célèbre journaliste français Christophe BARBIER qui disait sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO « nous leur ferons payer la facture de la guerre ». La Côte d’Ivoire sous Ouattara n’est qu’un butin de guerre. Le conseil d’administration du FMI ne sert que de levier pour mobiliser les fonds et certifier le maquillage des comptes comme sa génitrice ONU l’a fait pour les élections. Le maquillage des comptes publics n’est que le prolongement du maquillage des élections. Le Dr ADO devait gagner les élections et avoir des taux de croissances élevées pour lever les fonds et faire piller les ressources naturelles pour payer la facture de la guerre.

Tandis que le Ghana avance en acceptant et corrigeant ses faiblesses avec un PIB en 2015 de 36.4 milliards de dollars détrônant depuis 2012 la Côte d’Ivoire du rang de deuxième économie de la CEDEOA, le Dr ADO continue de faire croire aux Ivoiriens qu’ils sont la deuxième puissance de la CEDEAO après le Nigeria et qu’ils émergeront de leur souffrance en 2020.

Le Dr ADO sert du Vuvuzela aux ivoiriens pendant que le Cap-Vert, en moins d’une dizaine d’années, avec une bonne gouvernance de Pedro Pires, sans immixtion ni soumission au Portugal, sans aucune ressource, est passé de l’extrême pauvreté pour se hisser au premier rang de la CEDEAO en terme de PIB par habitant. Il est le premier pays non corrompu de la CEDEAO, premier de la CEDEAO en indice de développement humain avec 100% de taux de scolarisation dans l’enseignement de base et 100% d’assurance maladie. L’expérience Cap Verdienne démontre qu’avec une bonne décentralisation et une gouvernance de qualité en matière de politiques publiques, la Côte d’Ivoire pouvait réaliser un miracle avec toutes les ressources mobilisées avec le PPTE. La dette est remontée à 7804 milliards de FCFA en 2015 au-dessus du niveau d’avant son annulation sans faire émerger la Côte d’Ivoire alors que le programme de refondation décentralisé incluant le transfert de la capitale et le grand Abidjan était chiffré à seulement 6 000 milliards de FCFA de 2010 à 2015.

Il revient à chaque groupe socio-professionnel de réclamer ses droits légitimes en demandant la revalorisation des salaires comme promis à chaque catégorie socioprofessionnelle, la diminution du prix du carburant et de l’électricité en rapport avec la diminution de près de 50% du prix du pétrole et du gaz sur le marché international, aux étudiants de réclamer des conditions de vie et de formation à la hauteur des ambitions d’émergence de la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que la Côte d’Ivoire pourra accéder à la culture scientifique, que le sachet de la ménagère pourra devenir un véritable panier ou les prix baisses tandis que les revenus des ménages croissent.

La gauche ivoirienne et la société civile doivent être les avocats et les porte-paroles des masses laborieuses en informant et formant le peuple sur les causes réelles de sa souffrance pour lui permettre d’exercer son droit souverain. Le Dr ADO ne prospère que sur la beauté mythique d’un taux de croissance maquillé dont il détient seul le secret avec le conseil d’administration du FMI, dont la complicité ne lui a pas fait défaut jusqu’à présent malgré les grincements de dents de plus en plus bruyants.

Les droits socio-économiques et la bonne gouvernance ne tombent pas du ciel, ils sont le résultat de l’action éclairée, coordonnée et unifiée des masses laborieuses et des exclus en vue de faire prendre en compte leurs desideratas.

 

Dr DON MELLO Ahoua

SIMONE COGNE AUX ASSISES, GBAGBO ECRASE A LA HAYE

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Deux continents. Deux espaces. Deux lieux. Deux scènes. Deux équipes. Deux personnages politiques: Gbagbo et Ehivet. Tous deux soumis aux mêmes chefs d’accusation. Ou presque. A Abidjan comme à La Haye, les Gbagbo ne donne pas du lait aux Sanhédrins d’Abidjan et de La Haye. Ni du miel aux parties adverses: procureurs et   représentants des victimes(?).

 

Les Sanhédrins d’Abidjan et de La Haye

Les Tribunaux d’Abidjan et de La Haye, ont donné aux Gbagbo l’occasion d’exposer dans les détais, leur pensée du politique et de la politique. Quoique dans le cas du président Gbagbo, étant donné la nature concrète de la CPI qui ne lui permet pas de faire ressortir et de prouver par lui-même dans les moindres détails la critique des chefs d’accusation, sa Défense fait le boulot. Ce qui est néanmoins un handicap.

On sera déçu si l’on cherche dans les pages constituant les dossiers d’accusation, une analyse complète du coup d’Etat occidental en Côte d’Ivoire qui s’est soldé par une élection handicapée par la violence rebelle, un conflit armé sous le commandement de la France et de L’ONUCI, et la “capturation” du couple Gbagbo. Ces dossiers vidés de leur substance ne saurait être le fondement de la compréhension de toutes les pièces du système conflictuel Ivoirien depuis 2002 à ce jour.

De sorte que, un travail de juges tendant à rendre justice à partir de tels dossiers ne peut avoir qu’une seule prétention. Cacher la vérité. Mais l’abnégation des accusés et de leur Défense, a produit l’effet insoupçonné par l’Accusation. Ils ont éveillé l’intérêt des curieux et des partisans de l’ordre colonial pour ce double-procès. Suscité leur désir à comprendre l’essence des faits qui ont conduit à ces Assises. En plus, le développement des thèses contradictoires via le contre-interrogatoire à briser les obstacles qui se sont accumulés au cours du temps empêchant une interprétation lucide du drame Ivoirien.

L’irrationalité des magistrats, de la partie civile, et de l’Accusation, en plus de leurs formules synthétiques en place d’un raisonnement raisonné, ont fini par convaincre que pour eux, ce qui est rationnel est irréel, et ce qui est réel est irrationnel.  La science de la logique abstraite. La mise en perspective inabordable. Ce qui renforce la thèse de la justice coloniale d’un côté et des vainqueurs de l’autre—dans ces Tribunaux situés dans deux espaces géographiques différents à des milliers de kilomètres l’un de l’autre.

Réécriture du Coup d’Etat Franco-Onusien aux Assises d’Abidjan

A la barre de la Cour d’Assises d’Abidjan, le franc-parler de Simone Ehivet a remis à plat l’interprétation du coup d’Etat Franco-Onusien-Rebelle en Côte d’Ivoire et bousculé l’ordre colonial. Laurent Gbagbo à La Haye a fait pareil.

Ainsi, s’expliquant devant la Cour d’Assises le 21 Juin 2016 et parlant des escadrons de la mort, elle situe les faits dans le contexte d’alors. Puisqu’elle n’a jamais préparé un coup d’Etat, n’a pas une armée, n’ayant aucun pouvoir à l’état des faits, elle se demande à juste titre comment elle pouvait constituer un escadron de tueurs. Sur le charnier de Yopougon, elle ne comprend pas que “ceux qui l’ont découvert s’adressent directement aux chaînes–medias–étrangères au lieu de s’adresser à la police ou à la gendarmerie” Nationale. Simple logique et bon sens qui dans les deux cas ont perturbé la sérénité de la Cour dont les jurés se sont mis à bâiller et à somnoler.

L’effondrement de cette Cour n’était pas total lorsque le témoin de l’Accusation, l’officier de gendarmerie Sévérin Kéhi, “offusqué et surpris” qu’on le convoque pour témoigner contre Simone Ehivet qu’il ne connaît pas, assène le coup qui aurait pu arrêter la procédure dans un monde plus enclin à la vérité et à la justice. “Je n’ai jamais reçu d’ordre ni de mes supérieurs, ni de Mme Gbagbo elle-même [pour attaquer la population civile].” Avait-il balancé à la face de ces chercheurs de poux sur une tête rasée. A cet uppercut,  Il ajouta. “Elle n’a donné d’ordre à qui que ce soit de cette nature.” Et conclut. “Elle ne s’immisce pas dans les affaires de l’armée.” Conclusion, la cellule de crise pour élaboration d’un plan commun en vue de liquider les opposants-internes-amis de la communauté internationale qui constitue l’ossature du dossier à charge du procureur de la CPI, n’a jamais existé. Une belle passe de l’épouse à l’époux à plus de 8000 km.

Démantelant le tissu de mensonges des juges iniques et du procureur sur la guérilla urbaine et les tueries d’Abobo, Simone dénonce le concepteur de cette guerre asymétrique que l’injustice couve. “La guérilla à Abobo c’est le commando invisible. Le commando invisible c’est Ouattara.” Message clair adressé à la CPI. Cuno Tarfusser l’appréciera-t-il à sa juste valeur? Rien n’est sûr. Même si le Commandant Jean-Noël Abéhi, témoin à charge contre le président Gbagbo lui a balancé cette même vérité au visage. Ajoutant que ces criminels infiltrés dans la population par l’armée Française et l’ONUCI, étaient plus équipés militairement que l’armée nationale de Côte d’Ivoire.

Rétablissement de la Vérité à La Haye

Présents à la CPI pour confondre le président Gbagbo, ses contradicteurs se dédisent et le dédouanent. L’ancien patron des services secrets de la Côte d’Ivoire, le témoin-clef-masqué P. 520, n’a pas dérogé à la règle. Il a informé que le Woody ne voulait pas de milices armées. Contrairement à Ouattara qui les entretenait. “Autant que je me souvienne, le président de la République avait décidé que les groupes d’autodéfense soient dissous et désarmés…Il ne voulait plus qu’il y ait des groupes armés parce qu’on allait à la paix et aux élections.” Puis insista sur sa volonté affirmée et affichée à trouver cette paix à tout prix. “Il souhaitait absolument qu’il y ait la paix.”

Mohamed Sam Jichi alias Sam l’Africain, témoin P. 44, président de la Nouvelle Alliance de Côte d’Ivoire pour la Patrie–NACIP–, déporté de force à la CPI le 27 Février 2016 pour témoigner à charge contre le Woody,  insiste dès l’ouverture du procès le 7 Mars, sur les qualités d’homme d’Etat et de paix du chef d’Etat Ivoirien. “Le président Gbagbo a accepté de s’humilier pour sauver la Côte d’Ivoire en signant l’accord de Marcoussis—Janvier 2003.” Il explique. “La population n’était pas d’accord mais le président l’a fait pour l’intérêt du pays.” Puis, il  déclara s’être opposé à cette décision de Laurent Gbagbo qui consacrait l’entrée des rebelles dans le gouvernement Ivoirien. “Je soutenais le président Gbagbo de toutes mes forces. Il a fait appel à ceux–rebelles–qui plus tard devaient lui régler son compte.” Parce qu’il “voulait toujours négocier pour le bien-être des Ivoiriens.”

Le témoin P. 48, porte-parole-RDR Joël N’guessan, parti pour noyer Gbagbo se retrouve à condamner ses employeurs. Il révèle que les partis politiques légalement constitués dont le PDCI, le RDR, l’UDPCI et le MFA s’étaient alliés au Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire–MPCI–,  au Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest–MPIGO–et au Mouvement pour la Justice et la Paix–MJP,  trois mouvements rebelles qui ont décimé les populations Ivoiriennes depuis 2002  pour former le G7 afin de combattre le président Gbagbo. Par ailleurs, il mentionna que c’est Bédié qui avait donné à ces massacreurs le nom de Forces Nouvelles. Un récit qui renforce la thèse du plan-commun-interne Ouattara-Soro, constitué par l’aile-politique–RHDP–et son aile-militaire–Rebelles–pour s’accaparer du pouvoir par les armes.  

Concernant le plan-commun-interne Ouattara-Soro, qui fait jonction avec le plan-commun-international, des témoins-clefs de l’Accusation épousent l’analyse de Simone Ehivet sur le rôle de la France en tant que parrain du génocide politique et humain en Côte d’Ivoire. Elle prend à témoin les journalistes Français Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel qui dans leur ouvrage Ça reste entre nous, hein!, reprennent les propos tenus par Sarkozy. “Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire…On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara, sans aucune polémique, sans rien.”

Dans le prolongement de Simone, les questions de Me O’shea font dire par Joël N’guessan que les autorités Françaises avait proposé les détails de la conférence de Linas-Marcoussis au président Gbagbo qui les aurait validés. Sam l’Africain va plus loin. C’est au moment que les signes de paix pointaient “que la France est intervenue en tant qu’arbitre alors que tout le monde savait que ce pays était le père fondateur de la crise en Côte d’Ivoire.”

Préoccupations Face aux Vérités des Gbagbo

A la lumière des éclaircissements des Gbagbo à la barre, de nombreux observateurs, des témoins à charge, et même certaines organisations acquises à l’occident, ont exprimé leurs préoccupations quant au déroulement de ces procès diaboliques sans base juridique ni preuves convaincantes. Et surtout sur leurs issues. C’est ainsi que la presse Française qui est un instrument de polissage des gouvernements Français et Outre-mer acquis à la francafrique, n’en pouvant plus de la mascarade a écrit par RFI, “La justice internationale est instrumentalisée.” l’Obs de son côté a dénoncé “les enquêteurs de la CPI [qui] ont façonné des adolescents.” Tandis que pour Mediapart, “le massacre de Nahibly a été planifié.” Insistant ainsi sur le plan commun Ouattara-Soro-France-ONU du génocide Wé.

Les vérités des Gbagbo mises sur la place publique grâce à ces Tribunaux sur le passé récent de la Côte d’Ivoire, donnent beaucoup de détails sur une nouvelle violation grave des droits de l'homme par les pro-esclavageo-colonialistes. Transgressions qui viennent s'ajouter à une série de violations commises depuis l'occupation illégale des terres et ressources naturelles Ivoiriennes en particulier et Africaines en général.

Les mensonges du système mis à nu, la peur bouillonne dans les entrailles du RDR-RHDP. Amadou Soumahoro, secrétaire général du RDR cumulativement président du directoire du RHDP a exprimé cette trouille lors d’une conférence de presse le 7Juillet 2016. “Si on perd le pouvoir, nous nous retrouverons en exil avec nos femmes et petits-enfants.” Une peur qu’il faudrait néanmoins circonscrire.

Justifiés

Seront-ils condamnés après tout? Quel que soit l’issue, les Gbagbo “ont été lavés, déclarés saints, déclarés justes au nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu”  (1 Corinthiens 6: 11).

 

Feumba Samen

vendredi, 13 mai 2016

JEAN-CLAUDE DJEREKE: «LA COTE D'IVOIRE EST GOUVERNEE PAR DES MONSTRES»

 

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"Celui qui doit combattre des monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre lui-même", disait Nietzsche dans l’aphorisme 146 de “Par-delà Bien et Mal”. Et, pour le philosophe allemand, le monstre est celui qui est habité par le désir de vengeance, celui qui finit par faire lui-même ce qu’il reproche aux autres .

Ainsi en est-il des femmes de “La Colonie” qui, à la fin, reproduisent les comportements qu’elles condamnaient chez les hommes. Pourtant, au départ, ces femmes exilées avec des hommes sur une île portaient un beau et noble projet: former une nouvelle société, c’est-à-dire créer une communauté débarrassée de l’injustice et de l’oppression.

Malheureusement, ce projet ne verra pas le jour car les femmes, en voulant s’émanciper de la domination des hommes, vont confisquer peu à peu tous les pouvoirs et mettre en place un système de pouvoir oppressif semblable à celui qui les fit souffrir des années durant .

Pierre de Marivaux, autant que Nietzsche, veut attirer ici notre attention sur le fait que l’ennemi ou le démon n’est pas uniquement hors de nous et que celui qui combat les monstres court le risque d’en devenir un lui-même.

Dramane Ouattara et ses suiveurs ont dénoncé l’ivoirité; ils ont fait croire que les Nordistes étaient traités comme des Ivoiriens de seconde zone et exclus des responsabilités et fonctions de l’État mais, depuis avril 2011, qui dirige l’ENA, l’ENS, les Ports d’Abidjan et de San-Pedro, la Poste, la Douane, les Impôts, l’Université de Cocody, la RTI, l’État-major des armées, la Sicogi, la Sotra, etc.?

Ils ont poussé des cris d’orfraie quand Bédié emprisonna la direction du RDR; ils ont crié à la persécution mais qui garde, depuis 5 ans, des centaines d’Ivoiriens à la Maca, dans les prisons infectes de Bouaké, Dabou, Dimbokro, Bouna et d’ailleurs? Qui maintient en exil des milliers d’Ivoiriens?

Ils ont dit que la place des enfants n’était pas dans les plantations de café et de cacao mais les enfants, dont certains arriveraient régulièrement du Burkina Faso, ont-ils arrêté de travailler dans ces plantations? Quelles mesures sont prises à l’encontre de ceux qui enlèvent et tuent froidement les enfants avant d’emporter leurs organes?

Ils ont parlé d’escadrons de la mort quand furent assassinés Camara Yêrêfê dit “H”, Émile Téhé et Benoît Dacoury-Tabley; ils ont fustigé les enquêtes sur les assassinats qui n’aboutissent pas. Maintenant qu’ils sont aux affaires, leurs compétents enquêteurs ont-ils déjà retrouvé les tueurs de Guy-André Kieffer, Philippe Rémond, Yves Lambelin, Stéphane Frantz Di Rippel et leurs collaborateurs?

Ils ont accusé Laurent Gbagbo du charnier de Yopougon mais qui sont les auteurs des massacres de Nahibly, de petit Duékoué, Guitrozon, Carrefour Duékoué, Adébem? Lesdits auteurs ont-ils été arrêtés et sanctionnés?

Ils aimaient ironiser sur les Refondateurs qui s’en mettaient plein les poches, faisaient la bamboula et cadeautaient leurs copines. Mais, sous leur règne, la Côte d’Ivoire en a-t-elle fini avec le détournement et le gaspillage des deniers publics, l’entretien des maîtresses et l’ouverture de comptes bancaires à l’extérieur?

Opposants, ils estimaient que personne ne songerait à aller se soigner à l’étranger si les hôpitaux et dispensaires du pays étaient mieux équipés et les médecins bien payés mais où vont-ils quand eux et leurs proches sont malades?

Quiconque ne se distingue pas de ceux qu’il critiquait hier est un monstre. Comment les monstres sont-ils perçus? Voici la réponse de Thabo Mbeki: “Alassane Ouattara est un homme qui n’a ni foi en l’honneur ni parole d’honneur. Je serai toujours surpris de la distance qu’il est prêt à parcourir dans le seul but de contenter ceux qu’il y a seulement 50 ans mettaient son peuple dans les chaînes de l’oppression. Je me sens un peu responsable de la situation ivoirienne dans la mesure où c’est moi qui ai persuadé le Président Gbagbo de permettre à Ouattara d’être candidat. Je n’ai pas assez de mots pour vous dire le dégoût que m’inspire cet homme.”

En 1957, l’Américain Léon Festinger (1919-1989), professeur en psychologie sociale à l’Université Stanford, élaborait la théorie de la “dissonance cognitive”. Selon cette théorie, lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances ou convictions, cette personne éprouvera un état de tension inconfortable appelé dissonance.

En 2010, Ouattara avait promis de faire tomber une pluie de milliards sur les villes où il était en campagne, de ne passer que 5 ans à la tête de notre pays et de le remettre debout pendant ces cinq années, de construire 5 universités en 5 ans. Aucune de ces promesses n’a été réalisée, pas plus que n’a été appliqué le “vivre-ensemble”, le slogan cher au RDR et signifiant en fait: “vivre chez les autres sans eux”.

Au contraire, la situation socio-économique du pays s’est empirée avec l’augmentation de la dette publique, la cherté de la vie, la hausse du prix de l’électricité, la réduction du pouvoir d’achat en ville comme à la campagne, l’expropriation des Ivoiriens par des étrangers (Français, Libanais, Marocains), etc.

Bref, Ouattara et les siens sont atteints de dissonance cognitive. Ils se rendent compte qu’il y a un abîme entre ce qu’ils ont dit et promis et les actes posés par eux depuis 2011. Cela ne peut que les plonger dans un état de tension inconfortable. Comment Ouattara essaie-t-il de surmonter cette tension? En menaçant de prison ou de mort tout Ivoirien qui tente de lui faire prendre conscience de son incohérence et de son imposture, en multipliant les voyages hors du pays, en voulant distraire et endormir le peuple avec les jeux et la danse.

Mais pendant combien de temps règnera-t-il par la terreur et les menaces? Est-il certain que sa fuite en avant durera éternellement si les Ivoiriens prennent conscience que “finalement mieux vaut se battre qu’avoir peur” (Gandhi)? Quand un peuple est progressivement dépouillé et piétiné, quand il court le risque de devenir étranger sur ses propres terres, il n’a plus d’autre choix que de livrer bataille.

Si nous refusons cette bataille, alors nous donnerons raison à Étienne de la Boétie quand il déclare: “"Ce sont les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant seulement de servir, ils briseraient leurs liens. C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge: qui, pouvant choisir d’être sujet ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse. ”

On n’en est pas encore là et les Ivoiriens peuvent à tout moment montrer de quoi ils sont capables quand ils sont mécontents. Si on se réfère, par exemple, aux événements d’octobre 1958 (expulsion des Dahoméens et Togolais accusés de recruter dans l’administration ivoirienne leurs compatriotes au détriment des Ivoiriens) et de novembre 1993 (riposte à la bastonnade des supporteurs de l’Asec Mimosas d’Abidjan par ceux de l’Ashante Kotoko de Kumasi), on s’aperçoit que, poussés à bout, ils sont capables de se faire entendre et respecter.

Cela fait 5 ans que Ouattara est en train de se venger d’eux en les terrorisant, en les divisant et en pillant leurs biens, alors qu’il avait laissé entendre qu’il travaillerait pour tous et que la réconciliation se ferait comme en Afrique du Sud après le démantèlement de l’Apartheid.

Pire encore, il travaillerait pour qu’une nouvelle Constitution remplace celle d’août 2000. 5 ans, ce n’est pas rien mais un peuple debout et déterminé a besoin de quelques jours pour tourner la page de 26 ans de souffrances et d’humiliations.

 

Une contribution de Jean-Claude Djéréké.

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 13 avril 2016

COTE D'IVOIRE: DECES DE BEN SOUMAHORO A ACCRA

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Un lion s'en est allé ! La Côte d'Ivoire digne est en deuil. Salut, Patriote ! Fernand Dindé.

 

Une information reçue d’Accra au Ghana annonce le décès ce lundi soir de Mamadou Ben Soumahoro en exil. Ce décès serait la conséquence d’un accident vasculaire cérébral [AVC] survenu en 2015. Depuis lors, l’ancien DG de la RTI, très proche de Laurent Gbagbo, était presque tout le temps alité.

Certaines informations le donnaient partiellement paralysé. Sa famille l’avait isolé, lui coupant presque toute communication.

Parti de la Côte-d’Ivoire en avril 2011 après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, Ben Soumahoro avait avec sa plume haute en couleurs, habitué les Ivoiriens aux longues tirades «pamphlets» contre Ouattara et son entourage. Dominique Ouattara était l’une de ses cibles favorites.

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L’ancien mari de la ministre Anne Ouleto surnommé «dossier en béton» ou encore Waraba, l’ex-député Mamadou Ben Soumahoro était un professionnel respecté dans le monde du journalisme en Côte d’Ivoire, malgré un militantisme politique qui l’aura conduit du PDCI-RDA au FPI, en passant par le RDR d’Alassane Ouattara.

Le sort aura voulu qu’il décède un 11 avril 2016, cinq ans après un certain 11 avril 2011.

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

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Quand BIG BEN racontait. "Simone Gbagbo, ma Reine": Témoignage de Mamadou Ben Soumahoro.

 

"...Vers les derniers jours de Mars 2011, j'étais à la Résidence Présidentielle avec La 1ère Dame Simone GBAGBO, nous étions en train de discuter lorsqu'elle s'est saisi d'une Bible sur la table à manger, elle l'a ouvert et est tombé sur le Psaume 140 que je connais parfaitement; quand je lui ai dit que je connaissais ce psaume par cœur, malgré le fait que je sois musulman, elle m'a dit en riant : "Toi, je sais que tu es un pasteur caché quelque part, mais tu nous distrais...

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Mais le plus important est que, reprenant tout son sérieux, elle m'a dit avec un air très convaincu et profond: Tu sais Ben, nous allons perdre le pouvoir, mais nous reviendrons plus tard, et nous remettrons ce pays sur pied en 3 ans. Retiens bien ce que je viens de te dire, ne l'oublie pas. Et je lui ai répondu, bien pris ma Reine, car c'est comme ça que je l'appelle : Ma Reine..."

Mamadou Ben Soumahoro
(Rencontre avec le Bureau de la Coordination du FPI en Exil, Lundi 16-2-15)

 

Source: LE BLOG DE RENE KIMBASSA

jeudi, 07 avril 2016

AFFAIRE GUY-ANDRE KIEFFER: LE GROS CANULAR

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Manipulations, intox, campagnes médiatiques mensongères, etc. La disparition le 14 avril 2004  »sur le parking d’un supermarché » du journaliste franco-canadien qui enquêtait, dit-on sur la filière café cacao, avait fait le tour du monde. Tous les médias nationaux et internationaux s’en faisaient l’écho. Cette affaire, chou gras de ceux qui trouvent à manger et à boire à tous les râteliers et en toutes circonstances, resurgissait chaque fois que le président Laurent Gbagbo posait une action d’envergure sociale allant dans le sens de l’émancipation de son pays vis-à-vis de la tutelle française.

Tous les écrits convergeaient dans un seul sens et pour un seul unique but : salir le Président Laurent Gbagbo, son épouse, son entourage pour affaiblir son pouvoir sensé ne pas faire l’affaire des occidentaux. Guy-André Kieffer cet anonyme journaliste devient alors célèbre sans aucun passé glorieux sur son talent et sa disparition une affaire d’État pour ces journaux occidentaux et locaux qui soutiennent l’opposant Alassane Ouattara. Une affaire si infâme que le président Gbagbo est amené à la qualifier de  »chiffon rouge ». De quoi s’était-il agit, pour ne plus que les mêmes qui en avaient un épouvantail continuent d’en faire écho. En fait, Guy-André Kieffer était une barbouze pion de la Françafrique juste bon à liquider pour servir la cause de l’hexagone.

Décrit avec une bi-nationalité franco canadienne, l’on n’a jamais compris pourquoi c’est la France seule, et pourquoi pas le Canada, qui défende son cas. Et très vite, l’opinion avisée se rendit compte que la France, comme un charognard se servait de cette macabre affaire, pour exister dans la crise ivoirienne de laquelle le président Laurent Gbagbo l’avait réduite au silence avec une certaine maestria politique. L’on a fait disparaître  – et non lui tirer une balle dans la tête si l’intention était vraiment de le réduire au silence – cet homme dont on dit qu’il s’échinait à décrypter les malversations au sein de la filière café-cacao. GAK de ses initiales aurait été aperçu pour la toute dernière fois alors qu’il pénètre dans le parking d’un centre commercial d’Abidjan, où il a rendez-vous avec Michel Legré  »le beau-frère de la Première Dame de l’époque Simone Gbagbo ». Beau frère de la Première dame Simone Gbagbo. Petit rajout mais grand dommage causé à l’image de marque des officiels ivoiriens présentés comme de vulgaires voyous de quartier mal famé payés pour assassiner.

Le 28 mai 2004 Michel Legré,  »beau-frère de Simone Gbagbo, épouse du chef de l’Etat », est inculpé pour « complicité d’enlèvement », « séquestration » et « assassinat » par la justice ivoirienne, puis placé en détention. Le  11 oct 2004, il est mis en examen pour « enlèvement et séquestration » par le juge Patrick Ramaël. Et le 28 oct 2005, Michel Legré est … mis en liberté provisoire. Depuis cette date d’avril 2004 à la prise du pouvoir par Alassane Ouattara en avril 2011, sept années se sont écoulées. Et de la prise du pouvoir à la réélection d’Alassane Ouattara cinq autres années sont passées. Et toujours rien. Ni sous le pouvoir, ni sous et pendant le régime Ouattara. Quel est donc cet homme dont la disparition ameutait le monde entier et qui subitement n’intéresse plus personne ? C’est à croire que Laurent Gbagbo a été enfermé dans sa cellule de prison de la Cour pénale internationale (Cpi) avec Guy-André Kiefer. Et pourtant quelle bile et médisance les médias français n’ont-ils pas déversé sur l’ancien couple présidentiel ivoirien. Laurent et Simone Gbagbo ont fait les frais de lourds soupçons. Mais en réalité n’étaient que des rumeurs. Plus les journalistes français s’improvisaient enquêteurs, plus les fausses pistes se multipliaient. Dès lors les chasseurs de primes entrent en jeu. Le 13 janv 2006 un certain Jean-Tony Oulaï Ivoirien de nationalité et se disant ex-capitaine de l’armée, est mis en examen par le même juge Ramaël. Le 29 août 2006, des  »indiscrétions annoncent que les auteurs auraient été identifiés par le juge Ramaël, lequel serait en possession d’une liste de 17 personnes.

Le 23 août 2007 sur France 3 une chaîne publique française, le sieur Berté Seydou se présente comme le chauffeur d'un commando dirigé par Jean-Tony Oulaï, qui aurait enlevé Kieffer, l'aurait détenu deux jours « à la présidence à Abidjan » puis transféré dans une ferme et tué. Le 17 novembre 2008  la justice ivoirienne lance un mandat d'arrêt international contre Berté Seydou pour « déclarations mensongères tant à la presse française qu'au juge Ramaël ». Le 23 avril 2009 Mme Simone Ehivet-Gbagbo l'une des principales cibles de la calomnie est entendue à Abidjan par le juge français Patrick Ramaël. Tellement il y avait de quoi à boire et à manger dans l'affaire, même le juge d'instruction de l'époque, Patrick Ramaël, se plaisait à multiplier les voyages à Abidjan, parfois aussi à Bouaké anciennement zone rebelle. Mais ses enquêtes s'étant soldée sans résultats, le juge Patrick Ramaël est sommé de rendre le tablier, le 1er septembre 2013, jour d'expiration de son mandat décennal. Un brin mélancolique Ramaël part laissant derrière lui un goût d'inachevé. Ce d'autant la famille de Guy-André, n'en pouvant plus multiplie les courriers à François Hollande.

Dans la dernière missive adressée en janvier, la famille montre son agacement. « D'autant plus agaçant, soupire Bernard Kieffer, que les autorités ivoiriennes ont sous la main la plupart des protagonistes ». A commencer par l'ex-First Lady, en résidence surveillée à Odienné (Nord), ou celui qui fut le caïd de sa sécurité rapprochée Anselme Seka Yapo, dit « Seka Seka », détenu au secret. A la vérité, plus personne ne comprend ce qui pourrait bloquer l'enquête, ce d'autant que les suspects n°1 et 2 sont respectivement emprisonnés à La Haye en Hollande (Laurent Gbagbo) et Odienné (à cette époque pour Simone Gbagbo). Mais là où le ridicule manque de tuer c'est lorsque, le vendredi 6 janvier 2012, des enquêteurs trouvent des squelettes dans le village d'Issia à 360 km à l'ouest d'Abidjan, et sont sensés être ceux du journaliste franco canadien. Le choix n'est pas fortuit. Issia est le village natal de deux proches du Président Laurent Gbagbo. Il s'agit de Paul Antoine Bohoun Bouabré et Désiré Tagro.

Mais la découverte se fait précisément dans le ville du premier cité qui lui a réussi à s'échapper pour s'exiler en Israel. Tagro ayant péri le 11 avril 2011 sous les balles des rebelles, Laurent et Simone Gbagbo étant emprisonnés, il ne restait plus que Bouabré à porter le pêcher d'Israël. Mais là, la trouvaille se découvre inopérante dans le plan conçu pour accabler le couple Gbagbo. Les échantillons prélevés des squelettes sont transférés en France, précisément à Nantes, pour des analyses médico-légales à l'effet de déterminer si oui ou non, il s'agit des restes de Guy-André Kieffer. Mais là aussi la déception est grande. Les expertises ADN montrent que le squelette exhumé le 6 janvier en Côte d'Ivoire n'était pas celui de Guy-André Kieffer, selon Me Alexis Gublin, avocat du frère du journaliste franco-canadien enlevé en 2004. « L'expertise ADN est négative. Le corps retrouvé n'est pas celui de Guy-André Kieffer", a déclaré l'avocat de Bernard Kieffer ». Et depuis, le mensonge semble s'estomper. Pour reprendre de plus belle certainement le temps que Laurent Gbagbo revienne au Pouvoir par un coup du sort. De toute évidence ni la France ni la Côte d'Ivoire ne se préoccupent plus de cette affaire qui avait fait couler tant de salive et d'encre.

 

Source: IVOIREPOST.COM

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Deuxième information, extraite de la dernière chronique de Hassane Magued, (qui malheureusement ne s'exprime plus depuis le 9 octobre 2015).

 

Diendéré et l’assassinat de Guy-André Kieffer

 

Afin que la Famille Kieffer arrête de chercher dans tous les sens, nous donnons la présente information sans aucun commentaire. Selon les informations qui circulent dans le milieu des renseignements, Guy André Kieffer n’a pas été assassiné par des militaires Ivoiriens. Son exécution a été assurée de main de maître par des mercenaires Burkinabè. Au moment de l’assassinat, ces hommes faisant partie de la garde rapprochée des membres de la rébellion ivoirienne exerçaient à Abidjan. Récemment, nous avons appris qu’ils sont issus des RSP burkinabè. Le meurtre a été commandité par un ministre actuel en fonction.

Dans le courant du mois de mars 2015, dans un bar privé sis au-dessus du Restaurant appelé Respako dans la Commune de Cocody précisément aux II Plateaux à Abidjan, il s’est vanté en présence de témoins et langue dioula d’avoir réussi cet exploit de neutraliser Kieffer qui les gênait à l’époque et fait porter le chapeau à Simone Gbagbo en instrumentalisant Légré Michel, beau-frère de Simone Gbagbo, lequel a rejoint depuis 2011 les services de renseignement du pouvoir en place. Selon toujours les renseignements disponibles, le Général Gilbert Diendéré et certains des officiers impliqués aux côtés des rebelles ivoiriens peuvent en dire beaucoup sur la mort du journaliste français.

Une seule question se pose désormais. Pourquoi la France dont les éléments de la DGSE sont à Abidjan en contact avec tout l’appareil politique continue-t-elle de couvrir l’auteur de ce crime que vous pouvez deviner aisément ?
Naturellement, on ne devrait pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur la présence des deux plus grandes caches d’armes du régime situées au "Black Market d’Ajamé" et destinées aux civils proches du pouvoir pour les besoins des élections à venir, de deux autres caches d’armes dédiées aux armes lourdes à Assinie et à Minignan dans le Nord, caches d’armes autour desquels gravitent des mercenaires étrangers très connus par les renseignements internationaux pour leur implication dans les massacres de civils en Afrique centrale.

Mieux, on ne peut pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur le dispositif de guerre civile mis en place par le régime actuel, dispositif dont les premiers éléments spécialisés dans le massacre de civils sont les « Microbes », une milice tribale tuant depuis quelques mois à visage découvert et en patrouille à Abidjan, lesquels sévissent sous la protection du pouvoir en place avec une formation et un mode opératoire taillés sur le Modèle des génocidaires Interahamwé du Rwanda.

Dans tous les cas, Diendéré est la boîte de pandore. Elle pourrait s’ouvrir si les bonnes questions lui sont posées. Mais qui aura intérêt à lui poser les bonnes questions et à le faire parler ?
A lui seul, il constitue la bibliothèque la mieux fournie du crime de sang en Afrique de l’Ouest. Qui donc osera ouvrir cette boîte de pandore ?

A Très Bientôt.

 

Hassane Magued. 

La révolution Permanente.

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 16 février 2016

LA MAIN DE LA FRANCE DANS LA CHUTE DE LAURENT GBAGBO - LES AVEUX DE FATOU BENSOUDA SUR L'INNOCENCE DE GBAGBO

 

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La CPI s’est discréditée lorsque les pays comme la France, craignant la perte de leur emprise sur les économies de l'Afrique de l'Ouest, la manipulent.

Je me suis récemment retrouvée assise dans un café en plein air à Kigali, dans la capitale du Rwanda, sirotant du vin sud-africain en ressassant les problèmes du continent. Mon compagnon de déjeuner est un haut fonctionnaire de la MONUSCO, la force de l'ONU pour le maintien de la paix dans l'Est de la RDC. Il a passé la plus grande partie de sa carrière en mission de maintien de la paix en Afrique centrale. Après avoir combattu le viol quotidien des femmes dans le Kivus pendant des années et ayant réalisé l'incapacité de l'ONU à mettre fin à ce fléau, mon collègue de l'ONU s'est donné la mission de faire en sorte que les auteurs de violations des droits de l'Homme sur le continent répondent de leurs crimes.

Mais nous savions tous les deux que dans quelques jours le Sommet de l'UA rallierait ses Etats membres à prendre des mesures concrètes pour se retirer de la Cour Pénale Internationale (CPI). C'est ce qui s'est exactement passé le 30 Janvier par la voix du président kényan Uhuru Kenyatta, lui-même visé par la CPI, qui engagea la bataille. Bien que mon collègue de l'ONU et moi déplorons le contournement de la justice par la CPI, nous restons convaincus du fait que cette institution ayant ainsi perdu sa crédibilité, les Africains n'ont plus foi en sa capacité de rendre justice de façon impartiale.

Il ne s'agit pas seulement de ce que seuls les Africains sont ciblés par cette institution, mais aussi du fait que les grandes puissances, la France en particulier, ont sérieusement réussi à manipuler la CPI et à l'utiliser pour leurs propres intérêts stratégiques sur le continent.

L'ouverture à la Haye du procès de l'ancien président Ivoirien, Laurent Gbagbo, le mois dernier, après cinq ans d'incarcération, a mis à nu cette manipulation de la CPI par la France. Mon collègue de l'ONU et moi avons discuté de toute la manigance que la France avait mise en place dans le but de neutraliser Gbagbo qui est pourtant venu au pouvoir par des élections démocratiques en 2000, mais qui a cherché à réduire le contrôle de la France sur son ancienne colonie. Gbagbo est ainsi devenu la plus grande menace pour la domination de la France, non seulement sur la Côte-d'Ivoire, mais sur toute la région, étant donné que sa lutte pour le déliement de l'emprise des sociétés françaises sur l'économie de son pays pourrait faire tâche d'huile dans toute la sous région ouest africaine.

La France aurait planifié cinq coups contre Gbagbo qui ont tous échoué. Elle a finalement procédé par le bombardement de sa résidence présidentielle en utilisant les forces spéciales françaises qui ont par la suite capturé le président, sa femme et son fils pour les remettre à «leur homme», Alassane Ouattara; soutenu par les rebelles qui sont formés et armés par la France. L'ancien président français Nicolas Sarkozy aurait fait pression pour que Gbagbo soit transféré à La Haye en 2011. Pendant cinq ans, les procureurs de la CPI enquêtent sur les accusations portées contre lui. Certains éléments de preuve retenus contre lui par l'accusation dans les audiences préliminaires ont été prouvés fabriqués donc irrecevables. Une des vidéos diffusées et tenues comme preuves des massacres perpétrés par ses partisans serait en réalité une scène filmée d'un homme brûlé vif au Kenya. Mon compagnon de déjeuner m'a informée qu'il n'est de secret pour personne que George Soros, un important bailleur de fonds de la CPI, est un ami proche de Ouattara et que la France a financé en grande partie les enquêtes de la CPI contre Gbagbo.

Un candidat à la présidence de la République centrafricaine, Pascal Bida Koyagbele, m'a dit qu'il avait rencontré le procureur en chef de la CPI, Fatou Bensouda en octobre de l'année dernière lors d'un dîner de remise de prix aux Pays-Bas, cérémonie au cours de laquelle Pascal Bida lui-même recevait le prix de leadership africain. A cette occasion donc, M. Koyagbele a demandé à Fatou Bensouda son avis sur le cas Gbagbo. Selon Koyagblele toujours, elle a donné la réponse suivante :

"Il n'y a rien de sérieux contre Gbagbo, c'est juste une pression politique venant de la France et je ne peux rien faire."
Koyagbele soutient que Bensouda avait sollicité le soutien de la France pour sa nomination comme procureure en chef de la CPI.

La raison de la nécessité pour la France de neutraliser la force politique qu'est Gbagbo est qu'il était déterminé à défaire l'emprise de la France sur la banque, l'assurance, le transport, le commerce de cacao et sur la politique de l'énergie en Côte-d'Ivoire. Durant le court laps de temps de son régime, il avait invité des entreprises d'autres pays à participer aux appels d'offres pour les projets du gouvernement. Gbagbo était dépassé par les coûts très élevés des projets exécutés par les entreprises françaises. Par exemple, pour la construction d'un pont, les français demandaient 200 milliards de francs Cfa. Gbagbo s'est donc détourné des Français au profit des chinois qui ne demandaient que 60 milliards de francs Cfa et ceci en 2002.

Plus important encore, jusqu'à ce jour, la France maintient son pacte colonial avec ses anciennes colonies. Selon les termes de ce pacte, le Trésor français a le contrôle de leur monnaie, des réserves de capitaux et des politiques commerciales et d'investissement. Selon l'accord entre la France et ses anciennes colonies sur la création du franc CFA, les banques centrales de ses anciennes colonies sont obligées de garder 80 pour cent de leurs réserves de change dans un compte d'opérations tenue au trésor français. Cela a rendu impossible pour ces pays africains la mise en place de leurs propres politiques monétaires.

Le défi que Gbagbo a opposé à cette situation d'esclavage a été en fait le plus grand défi qu'a connu la domination française dans cette région depuis la période post-coloniale. Son incarcération à La Haye est donc une solution de dernier recours, quand tous les autres moyens pour le neutraliser ont échoué.

Telle est la mission assignée à la CPI dans la dispensation de la justice en ce qui concerne le cas Gbagbo.

 

Par Shannon Ebrahim, le 12 Février 2016.
(Soucre: The Star)

 

Une traduction en français par le camarade Athanase Sessegnon, porte parole de la représentation FPI d'Afrique du Sud. Remerciement spécial à l'ambassadeur Abié Zogoué.

Kakry Khaza.

 

Source: Résistance Côte d'Ivoire Israël

jeudi, 28 janvier 2016

PROCES A LA CPI - LETTRES OUVERTES DE JEUNES AFRICAINS AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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UNE SÉNÉGALAISE ÉPRISE DE JUSTICE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Mr le President , Son Excellence Monsieur LAURENT GBAGBO, président de la République de Côte d'Ivoire déchu par l'armée française, vous souffrez certainement du silence du monde face à l'injustice que vous vivez.

Le silence de vos frères africains actuels chefs d'Etats. A l'aube de ce procès, je voudrais vous exprimer mes salutations et mon soutien le plus fraternel et chaleureux. Soutien d'une fille de l'Afrique et d'une militante de l'Afrique.

Pardonnez la tiédeur de leur indignation, pardonnez la pudeur des victimes qui taisent les crimes dont leurs frères sont victimes accordant ainsi aux bourreaux l'impunité.

Nous avons tous été grugés. Nous avons compris avec le temps que l'on nous a appris à vous détester. Nous n'avions pas compris . Nous avons compris trop tard. La pieuvre est bien trop puissante.

Vous avez résisté mais le brouhaha des plaidoyers des criminels tonnait comme le roulement d'un tambour de guerre, bien plus fort que les murmures de ceux qui avaient compris.

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Nous ne pouvons continuer à vivre dans le silence. L'aphonie des esclaves des temps modernes, les esclaves de la France perpétue l’indicible.

Nous sommes ces frères qui préfèrent faire semblant de n'avoir ni vu, ni compris l'existence des tribunaux qui ne jugent que l'homme noir. Nous sommes de ces peuples qui se résignent au fait qu'il y a de ces lois valables que pour les Présidents africains. Nul ne saurait justifier la liberté actuelle de Nicolas Sarkozy après son épopée en terre libyenne et en terre d'Eburnie dont vous êtes ressortissants.

Nous sommes avec vous de tout cœur Mr le Président. Je vous dis "Gacce nga lama" L'histoire retiendra que seul contre tous vous avez refusé le déshonneur. Vous avez choisi la dignité, la Patrie. Votre nom figurera dans les carnets des héros de la jeunesse africaine avec d'autres illustres et nobles fils de Mama Africa : Lumumba, Sankara, Olympio, Modibo Kéita et tant d'autres dignes et valeureux fils de l'Afrique sacrifiés à l'autel des intérêts de la France "pays des droits de l'homme ".

Malgré tout, je reste convaincue que vous vous en sortirez victorieux. Car vous êtes innocents selon les faits. Pour moi vous êtes l'un des derniers résistants par qui l'Afrique sera complètement libérée, grâce à DIEU. OUI J'Y CROIS !

 

Françoise Hélène Gaye, sénégalaise éprise de justice et de paix, résidant en Californie - USA.

 

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L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, à l'ouverture de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016. Photo Peter Dejong. AFP. Source: Libération.fr

 

 

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SOUTIEN AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO - LETTRE AIMABLE D'UNE JEUNE BURKINABÈ À 48H DU PROCÈS.

 

TRÈS CHERS TOUS,

Et si son excellence Laurent Koudou Gbagbo avait eu raison : Le temps c’est l’autre nom de Dieu.

Dans deux jours s’ouvrira le procès plus que jamais controversé de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la CPI.

Laurent Gbagbo a 4 chefs d’accusation dont entre autres: Crime contre l’humanité, Violences sexuelles, etc, lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Les partisans de l’ancien président ivoirien ont toujours accusé ce procès de faire du 2 poids 2 mesures. Aujourd’hui ceci est une évidence. La responsabilité des crimes et autres actes criminels de la crise ivoirienne de 2011 est largement partagée avec les partisans d’Alassane Ouattara, en alliance avec l’actuelle détenteur du perchoir ivoirien Guillaume Soro. Mais de toute évidence également, Alassane ne compte pas livrer ses partisans. Mieux, il a préféré faire juger Gbagbo à la CPI plutôt que par un tribunal ivoirien.

Ironie du sort, depuis quelques temps, Guillaume soro est acculé par divers mandats internationaux. L’un des arguments forts du président Ado est que la Côte d’ivoire n’extrade pas ses ressortissants. Gbagbo n’est donc pas un ivoirien ?

Toujours à propos de Guillaume Soro, celui-ci est accusé par le fils de Laurent Gbagbo de détention arbitraire et traitements inhumains. Le Burkina Faso l’accuse de son implication poussée dans le putsch avorté du 16 Septembre 2015, à travers les écoutes téléphoniques.

Ces écoutes téléphoniques pourraient aboutir à des révélations sur la crise ivoirienne. Une chose est là : un nombre important des détracteurs de Gbagbo sont dans de sales draps depuis un moment : Blaise Compaoré, Guillaume Soro et même Alassane Ouattara, à travers la dernière sortie polémique de Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain.

Le temps, aussi long ou court soit-il, finit pas révéler des vérités… Le temps, l’autre nom de Dieu !

Mon soutien à toutes les familles ivoiriennes qui souffrent de cette injustice !

Mes excuses personnelles, pour mon incapacité à réagir lorsque la rébellion se préparait chez moi.

Avec toutes la considération et le respect que j'ai pour ce grand monsieur, je lui répète : Le temps est l'autre nom de DIEU, et j'espère que sa libération sera prononcée, en ce mois de janvier 2016.

Cordialement,

 

Bassolé Yvette Stéphanie

Ouagadougou, le 26 janvier 2016.

 

 

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UNE JEUNE MALIENNE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Très cher Président Laurent Gbagbo,

Le lynchage médiatique, dont vous avez été victime, ces dernières années par la presse occidentale notamment française et vu la gouvernance des nouvelles autorités installées au pouvoir par la France de Sarkozy, qui a lieu actuellement en Côte d’ivoire, gouvernance devant laquelle, nous observons un silence complice de ces même médias, qui ne rataient aucune occasion pour vous diaboliser ainsi que votre régime, ont davantage poussé ma curiosité à m’intéresser à votre personne et comprendre enfin la vraie nature du conflit ivoirien.

Ainsi, je me suis rendue compte, que vous êtes un Homme d’État et un grand Homme, dont l’Afrique a besoin. Vous êtes un digne fils de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique ! Et cela me rassure de savoir qu'en 2016, l’Afrique a un successeur de Lumumba et Sankara: il se nomme LAURENT GBAGBO !

Monsieur le Président, je retiens de tout votre parcours politique, qu‘il faut sincèrement et profondément aimer l'Afrique pour prendre les risques que vous avez pris, car si vos prédécesseurs, Sankara et Lumumba, n'ont pas eu la chance de survivre pour mener jusqu’au bout leurs rêve. d’une Afrique libre et indépendante.

Je considère que vous êtes désormais l’espoir de l’Afrique contre le néo-colonialisme, car vous êtes encore en vie. Personnellement, je rends Grâce à Allah pour cela ! Car la jeunesse africaine consciente aux quatre coins du monde, voudrait vous voir libre dans un futur très proche, dans votre village Mama, InchAllah !

Sachez, Monsieur le Président que le combat que vous avez commencé depuis plus de 30 ans, nous le continuerons et nous l'enseignerons à nos enfants ! On leur parlera de vous en leur rappelant aussi un autre grand Africain Nelson Mandela qui s'est battu contre la domination et l'oppression blanche dans son pays l’Afrique du sud.

Nous leur parlerons de vous comme nos parents au Mali le font pour Soundjata Kéita, digne fils de l’empire Mandingue qui s'est battu toute sa vie pour la dignité et la grandeur de son peuple, comme Patrice Lumumba qui a osé dire NON à l'impérialisme et à l'asservissement du Congo, comme Thomas Sankara qui a tourné le dos à la FrançAfrique, comme Kwamé N'krumah qui a prôné l'indépendance culturelle, économique et politique de son Ghana et de l'Afrique toute entière.

Pour finir, je vais me permettre de vous appeler affectueusement Mon président, tout simplement, parce vous avez vécu et vous continuez de vivre une vraie histoire d'amour avec votre peuple et aussi pour votre amour pour l‘Afrique!

Mon Président, chez nous au Mali, il y un proverbe Malinké, qui dit ceci : " Douwawou den bé seguen, n'ga a té malo (Les enfants bénis souffrent, mais ne connaissent jamais l‘humiliation)". Tenez bon, car l'Histoire est témoin de tout ce que vous avez subi pour la cause de votre peuple, sachez que votre souffrance contre la domination néo-coloniale francaise n'est pas en vain et vous ne connaîtrez jamais l'humiliation, comme l'ont voulu ceux qui vous combattent, car nombreux sont les africains, qui comprennent maintenant le sens de votre combat pour votre pays la Côte d’ivoire ainsi que de l’Afrique, et qui souhaitent vous voir en liberté et en bonne santé !

 

FATIM WALETT

Citoyenne malienne, débordant d'énergie pour la cause africaine !

 

 

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 LES NORDISTES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

AVANT LE PROCES DU 28 JANVIER 2016, LES NORDITES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO POUR LUI TEMOIGNER LEUR SOUTIEN SANS FAILLE. LISEZ CETTE DECLARATION DE FOFANA YOUSSOUF PRESIDENT DE LA VOIX DU NORD DEPUIS SON EXIL GHANEEN.

 

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire,

Les populations du Nord de la Côte d’Ivoire, réunies depuis 2001 au sein de l’association dénommée « La Voix du Nord » voudraient par ma voix, à quelques jours du procès inique dont vous faites l’objet, vous réitérer leur indissoluble attachement et soutien indéfectible.

Nous vous savons injustement incarcéré à la prison de Scheveningen à la Haye, au Pays Bas, depuis exactement 50 mois aujourd’hui, tout simplement parce vous êtes accusé d’avoir commis le crime négro-colonial de lèse-majesté, celui de manifester l’amour à son peuple et d’oeuvrer pour la souveraineté et le développement de sa nation.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous continuons de vous considérer comme tel, et vous appeler ainsi, parce que pour nous, vous demeurez le seul véritable Président de l’histoire de notre pays, librement élu par l’ensemble des peuples, sans exclusive, qui constituent la société ivoirienne.

Dès votre ascension à la magistrature suprême, des individus tapis dans l’ombre et à la solde d’intérêts impérialistes, ont réussi tant bien que mal, à ternir votre image de marque auprès d’esprits moins avertis et à vous faire endosser les travers de vos prédécesseurs. On vous a taxé de xénophobie et d’être l’instigateur d’une politique réfractaire aux intérêts de la communauté musulmane, de la population du Nord et des étrangers.

Contrairement à leurs allégations, vous n’avez jamais été mêlé, ni de près ni de loin, au concept de ‘’l’Ivoirité’’ alors mis en place par M. Henri Konan Bédié, aujourd’hui allié de M. Alassane Ouattara.

Plutôt soucieux de favoriser la cohésion sociale et de consolider la paix, vous n’avez pas lésiné sur les moyens et avez déroulé un chapelet d’actions novatrices et fédératrices qui resteront à jamais gravées dans les annales de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

En effet, au lendemain de votre élection en octobre 2000, vous avez initié le forum de réconciliation nationale qui a réunit tous les leaders politiques ivoiriens. Vous avez facilité le retour d’exil de vos adversaires politiques, MM. Bédié et Ouattara, et ordonné la suppression des cartes de séjour et des certificats de résidence. Toujours attaché au plein épanouissement de vos concitoyens, vous avez permanemment soutenu la communauté musulmane dans l’organisation du Hadj, en octroyant plus de 400 prises en charge par an aux populations (billet d’avion, hébergement, frais de séjour à la Mecque). Pendant le jeun musulman, vous avez institué un élan de solidarité qui a permis aux musulmans de bénéficier de vivres et de non vivres pour la rupture du jeun.

Excellence Monsieur le Président, vous avez certainement dû vous en rendre compte de là où vous préparez sereinement la cinglante réplique à vos détracteurs, que de nombreuses populations du Nord, au lendemain des malheureux événements qui ont émaillé la crise postélectorale de 2010, désabusées par cette hideuse campagne d’intoxication et de dénigrement machiavéliquement montée contre vous, ont rejoint l’esprit de notre association. Ce revirement révélateur a été en effet, matérialisé par le désormais célèbre slogan « GBAGBO KA FISSA », qui contient en lui-même les germes du regret, formulé justement en Malinké, la principale ethnie du nord de la Côte d’Ivoire.

La confusion qui règne en ce moment même dans le camp de ceux-là qui se sont liés contre vous et la Côte d’Ivoire démontrent encore une fois votre clairvoyance, lorsque vous révéliez que « le Temps est vraiment l’autre Nom de Dieu ».

A la veille du 28 janvier 2016 donc, date historique où va s’ouvrir ce que nous qualifions à juste titre de procès de la honte, nous tenons à ce que vous sachiez que, notre frère le Ministre Charles Blé Goudé et vous ne serez pas seuls. Ce jour là, et durant tout le temps que va se tenir cette parodie de justice, c’est le Nord de la Côte d’Ivoire, que nous représentons dans sa diversité culturelle, ethnique, religieuse et politique, qui se tiendra débout à vos côtés. Nous le serons non pas pour des considérations partisanes et égoïstes, mais parce que vous avez démontré par votre passé qui témoigne aujourd’hui encore en votre faveur, que libre, vous êtes celui-là même qui peut véritablement unir et réconcilier les Ivoiriens, mais aussi parce que vous incarnez l’espoir des Africains.

En vérité, vous n’avez pas attendu l’occasion d’une campagne électorale pour parcourir toutes les contrées et les endroits les plus reculés de la Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par le Centre. De tous les leaders politiques ivoiriens de votre génération, vous êtes le mieux imprégné des réalités sociologiques de la terre de nos ancêtres, les Mandés du nord et du sud, les Akans, les Krous et les Voltaïques, au point d’avoir réussi à créer une complicité sans nul pareil, entre votre peuple et vous.

Comme on dit chez nous, vous connaissez les Ivoiriens et les Ivoiriens vous connaissent.

Au plan Africain, vous incarnez en vous seul, ces leaders éclairés de l’Afrique digne, Kwame N’Kruma, Patrice Emery Lumumba, Thomas Sankara et Nelson Mandela. Nos amis des mouvements panafricains ne cessent de nous le répéter : L’Afrique ne veut pas et ne doit pas vous perdre. Elle a besoin de vous et compte sur vous ! Récemment encore, les anciens chefs d’Etat africains, réunis au sein du ‘’African Forum’’ l’ont signifié dans un courrier adressé à une fille du continent, aujourd’hui Procureur de la Cour qui vous détient en otage. Comme pour dire en si peu d’image, à travers vous, c’est toute l’Afrique qui est à la barre, avec ses dignes et indignes fils.

Excellence Monsieur le Président, nous voulons enfin partager avec vous la foi en votre libération et restauration prochaines, et nous engager à vos côtés pour bâtir ensemble une nation libre, digne et prospère, vœux que nous savons très cher à vos yeux.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous vous prions de bien vouloir croire en l’assurance de notre amour inconditionnel et profonds respects.

Que Allah, Dieu continue de veiller sur vous et vous inspirer davantage !

 

Fait à Accra le 23 janvier 2016

 

Pour La Voix du Nord

Le Président

FOFANA Youssouf


 

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 UN JEUNE HAÏTIEN ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

LETTRE AU PRÉSIDENT GBAGBO

Cher papa,

Je viens ici parler au cœur de l’historien qui bat en ta poitrine. Je viens également m’adresser au monde qui a oublié ce qui a fait la recette gagnante de l’indépendance des esclaves sur ce petit bout de terre découvert en 1492 par un navigateur occidental : Kyskeya rebaptisé Hispaniola puis Saint-Domingue et enfin Haïti.

Mon père est né sur ce bout de terre, son père également et son grand-père avant lui. Nous sommes originaires de L’Artibonite, région de provenance de Jean-Jacques Dessalines. Comme Dessalines, nous avons ce teint noir ébène qui caractérise notre région. Nous sommes fiers de ce teint et de notre origine africaine. Nous sommes fiers d’avoir eu Dessalines comme fils de notre région. Nous sommes des Nègres Marrons dans l’âme et nous le serons toujours. Nous n’accepterons pas d’autorité que nous n’ayons choisie. C’est pour cette raison que je t’ai relaté ma courte généalogie.

Nous, descendants de Dessalines, nous nous rappelons ce qui a permis au peuple haïtien de triompher de l’armée la plus puissante de l’époque, celle de Bonaparte ! Le succès de notre révolution tient en deux mots : le créole et le vodou, en d’autres mots, le langage et la foi.

Pourquoi mentionner cela ici ? Simplement parce que tu nous as rassemblé sous un même langage et une même foi, papa. Avec toi nous parlons le langage unique de la dignité humaine et de l’égalité vraie. Avec toi nous avons foi en notre liberté acquise par le combat démocratique. Nous avons foi en un même but, l’indépendance véritable de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Tu nous réunis tous, africains et Noirs du monde, avec ce langage de la dignité et la foi en l’indépendance.

Voici ton procès qui approche à grand pas. Quelle qu’en soit l’issue, sache papa que nous avons appris grâce à toi à avoir un même langage et une même foi. La machine est en marche et aucun procès ne peut l’arrêter. Nous assistons ici aux derniers spasmes d’un système oppressif : la Françafrique ! Nous savons qu’ils useront de moyens violents pour nous faire plier et que ces moyens seront camouflés en droit et principes humanitaires. Nous sommes tranquilles. Dessalines nous a enseigné la voie du combat armé et toi celle du combat démocratique.

Papa, sur nos armoiries haïtiennes y figure un arbre palmiste qui représente la robustesse car son tronc est d’une dureté inégalée et la grandeur par sa hauteur. Tu es le palmiste de l’Afrique ! Ils s’en rendent compte aujourd’hui. Notre devise est : l’union fait la force. Tu n’as cessé de prôner l’union des États africains qui vont toujours en rangs dispersés à la défense de leur souveraineté. Ils comprennent tes paroles aujourd’hui.

Je ne serai pas plus long car tu auras beaucoup d’autres lettres à lire. Je veux juste que tu saches que chez nous, j’ai une tante qui mange quotidiennement dans des assiettes qui sont marquées à ton image ! Ton combat dépasse l’Afrique papa. Ils doivent le savoir.

 

Hervé Philippe, Un fils lointain mais si proche.

 

 

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UNE JEUNE TOGOLAISE ÉCRIT AU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO

 

Cher Président Gbagbo,

Bientôt cinq ans que vous vivez dans les geôles des imposteurs qui s’acharnent à nous révolter contre vous.
En cinq ans ils ont multiplié les documentaires, les articles, les émissions et les livres sur les medias pour faire avaler au monde, leur pilule du mensonge : celle selon que vous êtes un dictateur, un sanguinaire assoiffé du pouvoir qui a choisi de sacrifier son peuple pour se maintenir à la tête de son pays la Côte d’Ivoire.

Mais comme on le dit dans le jargon de votre pays : « ils ont tirés à terre ». En vous enfermant Président Gbagbo, ils ont libéré des millions d’autres africains des chaines de la peur et du silence. Vous devez savoir que dans ce combat vous n’avez jamais été, n’êtes pas et ne serez jamais seul et que depuis ma naissance le 19 Avril 1990, je n’ai vu aucun dirigeant d’Afrique mobiliser les africains de tous les coins du monde comme vous le faites.

Ils veulent faire croire au monde que vous êtes xénophobe et que vous avez divisé votre pays et pourtant je me sens ivoirienne grâce à vous même si je détiens un passeport togolais. Et personne n’a unie l’Afrique des esclaves de France autant que vous Président Gbagbo.

Ils ont cru que vous finirez comme un Samory Touré ou un Behanzin mais ils se sont trompés. Nous ne sommes plus au 19eme siècle et depuis, l’Afrique a grandi de 200 ans. Nous n’avons certainement pas une Afrique robuste comme l’aurait souhaité un Thomas Sankara, mais nous avons une Afrique qui se réveille car le jour est là. Bientôt, il sera MIDI et notre soleil tapera sur tous les systèmes qui nous oppriment et leur brûleront les ailes.

Sachez Président Laurent Gbagbo que le 28 Janvier prochain n’est pas la date de votre procès à vous mais plutôt celle de tous les millions d’africains qui savent que vous êtes l’incarnation d’une Afrique qui se veut libre. C’est nous tous, qui seront jugés à la Haye et vous n’êtes que notre représentant.

Avec toute ma considération

 

Farida Nabourema

Citoyenne Togolaise Désabusée

 

Sources: Facebook, IvoireBusiness.net et AfricaNews.com

LA CONFERENCE DES ANCIENS CHEFS D'ETAT AFRICAINS EXIGE LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

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La Conférence des Anciens chefs d'Etats africains au cours d'une rencontre. Image d'archives.

La Lettre urgente de l'Africa Forum exigeant la libération du Président Laurent Gbagbo.

 

À l’Honorable Mme Fatou B. Bensouda,

Procureur,

International Criminal Court,

Maanweg, 174,

2516 AB, The Hague.

The Netherlands.

 

Honorable Mme Bensouda,

UN APPEL AFRICAIN URGENT!

LA Côte d’Ivoire ET L’AFRIQUE ONT BESOIN DE L’ANCIEN Président LAURENT KOUDOU GBAGBO POUR RÉALISER LA PAIX ET LA JUSTICE

1. En tant qu’Africains, nous tenons à ce que l’Afrique, notre Continent résolve ses problèmes aussi vite que possible, y compris l’ensemble des défis liés à la paix et à la justice dans les pays sortant d'un conflit.

2. Cet appel urgent que nous vous adressons a trait à la situation en Côte d’Ivoire et notamment à son ancien Président, M. Laurent Gbagbo, qui, comme vous le savez, est présentement jugé à la Cour pénale internationale.

3. Nous lançons cet appel parce que nous croyons fermement que la Côte d'Ivoire devrait continuer de croître et se développer pour le bonheur de tous ses citoyens, dans des conditions de paix, de démocratie, de l'état de droit, de la réconciliation et de l'unité nationales.

4. Nous sommes absolument convaincus que le pays peut et doit atteindre ces objectifs et que M. Laurent Gbagbo peut et devrait faire une importante et exceptionnelle contrition à cet égard.

5. Inutile de dire qu'il ne peut faire cette contribution dans une cellule de prison, quelque part dans le monde, mais plutôt en tant qu’un citoyen libre dans son propre pays.

6. Au regard de ce que nous avons dit et qui se rapporte au conflit non résolu en Côte d'Ivoire, nous disons que la détention et le procès de Laurent Gbagbo ont davantage aggravé les divisions et animosités entre les citoyens ivoiriens. Ce développement risque de faire basculer le pays dans la reprise de la guerre civile, mettant ainsi en danger la vie de centaines de milliers d’innocents.

7. Il y a donc un risque réel que s’il est reconnu coupable et condamné par la CPI, cela ne mette le feu aux poudres et entraine une conflagration destructrice que nous redoutons.

8. Madame le Procureur, il est particulièrement important qu'au regard de ce qui précède, il y ait une profonde reconnaissance du fait que les événements qui ont amené Laurent Gbagbo à la CPI ont été le résultat d'une lutte politique stratégique intense et historique sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, et que cette contestation perdure.

9. Par conséquent, vous comprendrez que nonobstant la bonne foi avec laquelle votre bureau s'est acquitté de ses fonctions juridiques officielles, une partie importante de la société ivoirienne, en particulier les partisans de Laurent Gbagbo, va considérer l'intervention de la CPI comme un prolongement de la politique de domination de l’autre camp - une manifestation de la " justice des vainqueurs”. Pourtant, la situation en Côte d'Ivoire exige et nécessite que le peuple ivoirien continue à aborder ses défis stratégiques par des moyens démocratiques et dans un cadre véritablement inclusif, tout en travaillant ensemble dans des conditions de paix.

10. La polarisation autour de la question de la poursuite contre Laurent Gbagbo est attisée par l'interprétation qu’on en fait en Côte d'Ivoire, ce qui est corroborée par les informations du domaine public, selon lesquelles les exactions ont été en fait commises des deux côtés lors du conflit.

Le contexte historique de la crise ivoirienne

11. Madame le Procureur, permettez-nous de justifier certains des commentaires susmentionnés en rappelant brièvement certains des développements politiques en Côte d'Ivoire pendant ces quinze (15) dernières années.

12. Comme vous le savez, avant que M. Laurent Gbagbo ne soit élu Président de la Côte d'Ivoire en 2000, ses prédécesseurs avaient introduit une philosophie qu'ils ont appelée ‘'ivoirité". Pour l’essentiel, l’objectif était de diviser la population ivoirienne en deux groupes. Pendant longtemps, la Côte d'Ivoire a attiré un grand nombre de migrants économiques dont la majorité venait du Burkina Faso. Le concept d'ivoirité affirmait que la population de la Côte d'Ivoire était divisée en deux parties - une partie étant constituée par les ivoiriens autochtones et la seconde par les migrants économiques dont nous avons parlé. La politique de l’ivoirité avait pour objectif d’introduire une discrimination en faveur des ivoiriens autochtones qui sont majoritairement chrétiens.

13. Il se trouve que les migrants économiques, essentiellement musulmans, constituaient la majorité de la population dans le nord du pays.

14. En raison des dispositions constitutionnelles fondées sur ce concept d’ivoirité, l'actuel Président de la Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, lui-même un musulman, a été exclu de la course pour le poste de président de la République parce que sa filiation fait de lui un Burkinabé et non un Ivoirien. Naturellement, cela a eu un impact négatif sur les migrants économiques musulmans venus en grande partie du Burkina Faso et qui résidaient dans la région nord de la Côte d'Ivoire. Il était donc évident que ceux-là supportent M. Ouattara.

15. M. Gbagbo a été élu Président de la Côte d’Ivoire en 2000. En 2002, alors qu’il était hors du pays pour une visite d'État, une rébellion armée éclata dans le pays. Bien qu’elle ait été contenue dans le sud du pays, les rebelles (les Forces nouvelles) prirent le contrôle du Nord, divisant ainsi le pays en deux. Dans ces conditions, la Côte d'Ivoire fut scindée en deux territoires, chacun ayant son propre gouvernement et sa propre armée.

16. Afin de mettre un terme à la guerre civile, les Nations Unies ont déployé une mission de maintien de la paix, appelé ONUCI. La France a déployé sa propre force de maintien de la paix indépendante.

17. Après celles tenues en 2000, les prochaines élections présidentielles devaient avoir lieu en 2005. Mais, en raison de la situation de guerre dans le pays, et ses conséquences, ces élections ont seulement eu lieu vers la fin de 2010.

18. Dans l'intervalle, les parties ivoiriennes avaient conclu divers accords visant à mettre fin à la guerre civile et à aider le pays à retourner à la normalité. Dans ce contexte, elles ont également convenu de tenir des élections présidentielles pacifiques, libres et régulières.

19. Fait d’une importance capitale à cet égard, en 2005, M. Gbagbo alors Président, pris la décision d’user des pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution ivoirienne pour permettre à M. Alassane Ouattara de participer à l'élection présidentielle de la République de Côte d'Ivoire.

20. C'est en raison de cette contribution décisive faite par M. Gbagbo qu’il est devenu possible pour les parties ivoiriennes, de signer de nouveau en 2005, un accord qui, entre autres :

20.1. officiellement, mettait un terme à la guerre sur toute l'étendue du territoire ivoirien ;

20.2. établissait les processus relatifs à la mise en œuvre du programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) des forces armées;

20.3. ramenait les Forces nouvelles dans le Gouvernement de transition ;

20.4. expliquait clairement les dispositions relatives à la structure et au fonctionnement de la Commission électorale indépendante;

20.5. Mettait en place un calendrier pour la tenue des élections présidentielles et législatives.

21. Afin de permettre à ces élections d’avoir lieu, les parties ont convenu qu’il était nécessaire entre autres de :

21.1. Réunifier le pays sous une seule autorité; et

21.2. D'intégrer les groupes armés dans une armée nationale (républicaine).

22. En 2005, les parties ivoiriennes ont demandé à l'Organisation des Nations Unies, par l'intermédiaire de son Secrétaire général, d’organiser l'élection présidentielle. L'ONU a rejeté cette demande aux motifs que la Côte d'Ivoire n'était pas un État en déliquescence et disposait d’institutions prévues par la Constitution pour organiser des élections. Cette situation était différente de celle du Timor oriental où l'ONU a organisé les premières élections parce qu’il n’y existait pas à cette époque d’institutions étatiques similaires dans ce qui était un pays tout neuf. Répondant à la demande des parties ivoiriennes, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé la nomination d'un Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections qui aiderait les institutions électorales ivoiriennes.

23. Malheureusement, en raison des pressions extérieures, l'élection présidentielle s’est tenue avant la réalisation des deux objectifs convenus de la réunification du pays et la création d'une armée nationale. MM. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara étaient les eux candidats en lice.

24. Le résultat de ce combat fut que les résultats des élections annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI), qui déclaraient que M. Ouattara avait gagné, confirmaient simplement la division du pays, parce que les zones contrôlées par les rebelles avaient largement voté pour M. Ouattara et celles contrôlées par le Gouvernement largement voté pour M. Gbagbo. Le chef de l'ONUCI qui a agi en tant que Haut- Représentant des Nations Unies pour les élections annonça également que M. Ouattara avait remporté les élections.

25. La Constitution ivoirienne disposait que l'arbitre final de toute élection nationale, y compris les élections présidentielles, est le Conseil constitutionnel (CC) et non la CEI. La CEI soumit son rapport au CC qui a le pouvoir de changer la décision de la CEI sur la base de sa propre évaluation de tout élément des élections.

26. Exerçant son propre mandat, le CC annula les élections dans différentes parties du territoire contrôlées par les Forces Nouvelles parce qu’il disposait de preuves concrètes que des fraudes massives, etc., avaient eu lieu dans ces zones. Il déclara donc que M. Gbagbo avait remporté les élections.

27. Bien que le Conseil de sécurité des Nations Unies aituniquement chargé le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections de soutenir les institutions électorales ivoiriennes, ce représentant élu décida d’entériner les résultats de la CEI selon lesquels M. Ouattara avait été élu et ouvertement rejeta la décision de la CC qui faisait de M. Gbagbo le vainqueur.

28. Dans cette situation, M. Gbagbo appela à un recomptage des voix du scrutin et suggéra l'implication des diverses institutions internationales dans ce processus, y compris l'Organisation des Nations Unies, l'Union africaine et l'Union européenne. Cet appel fut rejeté par l’Onu et toutes les autres institutions contactées.

29. En fin de compte, M. Gbagbo contacta l'Union africaine et informa l'organisation qu'il était prêt et disposé à quitter le siège du Président afin de mettre fin au conflit dans le pays. Il demanda que l'UA envoie une délégation en Côte d'Ivoire afin de faciliter le processus de sa remise du pouvoir à M. Ouattara afin que le conflit de l'époque pris fin et éviter ainsi au pays des conflits futurs. L’UA accepta sa proposition.

30. En conséquence, l'UA a informé l'ONUCI qu'une délégation de Chefs d'État africains se rendrait à Abidjan pour exécuter leur mission comme proposé par M. Gbagbo. L'ONUCI s'est engagée à prendre les mesures de sécurité nécessaires pour cette délégation et les communiquer à l'UA. Cela n’a jamais été fait. Par conséquent, l'UA n'a jamais réussi à accomplir sa mission qui aurait permis de mettre fin pacifiquement au conflit d’alors.

31. Au lieu de cela, en 2011, tant l'ONU, par le biais de l'ONUCI que la France, dans le cadre de l'opération Licorne, déployée en Côte d'Ivoire en tant que forces neutres de maintien de la paix, ont demandé à ces forces de lancer des attaques militaires contre M. Gbagbo. Elles l’ont alors capturé et remis en fait aux mêmes forces nouvelles qui s'étaient rebellés contre le gouvernement élu de M. Gbagbo en 2002.

32. En 2011, à la suite du transfert de M. Gbagbo à la CPI, des élections législatives ont eu lieu en Côte d'Ivoire. Le FPI, le parti politique de M. Gbagbo a appelé au boycott des élections et n'y a pas participé. Plus de soixante pour cent (60 %) des électeurs inscrits n'ont pas participé aux élections.

33. Madame le Procureur, aux yeux de nombreux Ivoiriens, ce qui précède est l’expression d’un cortège d’injustices. C’est l'un des principaux facteurs qui alimentent la dangereuse division et l'animosité qui concernent une grande partie de la population ivoirienne - du fait que, entre autres :

33.1. en 2002, une rébellion armée a éclaté en Côte d'Ivoire cherchant à renverser par la violence et de manière inconstitutionnelle le Président Gbagbo et son gouvernement d’alors. Personne n'a jamais été poursuivi pour cet acte de trahison.

33.2. Plutôt, les putschistes ont été soutenus pendant de nombreuses années, des armes à la main, jusqu'à ce qu'ils réalisent leur objectif de prendre le contrôle d’Abidjan en 2011.

33.3. Comme nous l'avons indiqué, la pression extérieure a été actionnée afin d’obliger alors le Président Gbagbo à consentir à la tenue d'élections présidentielles dans des conditions qui étaient contraires aux accords négociés entre les parties ivoiriennes, conditions qui manifestement ne pouvaient garantir des élections libres et justes.

33.4. Encore une fois, comme nous l'ont fait remarquer, le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire a outrepassé ses pouvoirs et violé la Constitution de la Côte d'Ivoire en annonçant que M. Ouattara avait été élu président pendant les élections de 2010, en se fondant sur la décision de la CEI plutôt que sur celle du Conseil constitutionnel, constitutionnellement compétente pour valider les élections.

33.5. Cela a servi de prétexte à l'ONU et aux forces françaises pour abandonner leurs mandats de forces neutres de maintien de la paix, pour ainsi permettre aux Forces Nouvelles rebelles d’entrer à Abidjan pour déposer par la force le président Gbagbo. L'ONU et les Français ont rejoint les Forces nouvelles pour lancer l'attaque contre M. Gbagbo pour ensuite l’arrêter et le remettre aux Forces nouvelles.

33.6. Le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections n’a notamment rien fait pour donner une suite favorable à la demande tout à fait régulière de M. Gbagbo d’organiser un recomptage des voix du scrutin sous la supervision de la communauté internationale afin de mettre fin à la controverse de savoir qui avait remporté l'élection présidentielle, même après que M. Gbagbo ait également déclaré que lui et M. Ouattara devraient accepter le résultat du recomptage comme définitif et irrévocable.

33.7. L'ONU notamment et d'autres acteurs, n'ont rien fait pour reconnaître le rôle vital joué par M. Gbagbo pour ramener la paix en Côte d'Ivoire quand il a utilisé les pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution pour permettre à M. Ouattara de se présenter à l'élection présidentielle et devenir le Président de la République s'il remportait les élections. M. Gbagbo avait ainsi audacieusement résolu l'une des questions centrales qui avaient conduit à la rébellion de 2002 et à la tentative de coup d'État, et a donc commencé le processus de répudiation de la politique de division de l’ivoirité que ses prédécesseurs avaient instituée.

33.8. Tout aussi, ces acteurs n'ont pas prêté attention à la position d'une importance vitale que le Président Gbagbo a ensuite prise lorsqu'il a accepté qu’un Gouvernement intérimaire multipartite gère la transition jusqu’à la tenue des élections présidentielles. Pour montrer sa détermination à cet égard, il a même accepté que le leader des Forces nouvelles exerce la fonction de Premier ministre, à la tête du Gouvernement de transition.

33.9. En outre, et qui est d'une importance cruciale, nous ne pensons pas qu'étant donné leur longue implication dans le conflit ivoirien, l'ONU et la France n'aient pas été au courant de la réalité que Wanda L. Nesbitt, l'Ambassadeur des Etats-Unis près la République de la Côte d'Ivoire, a communiquée à son Gouvernement en juillet 2009 en disant :

«Il ressort à présent que l’accord de Ouaga IV, (le quatrième accord appelé Accord Politique de Ouagadougou qui prescrivait que le désarmement doit précéder les élections) est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré (Président du Burkina Faso) et Laurent Gbagbo en vue de partager le contrôle du nord jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle en dépit du fait que le texte en appelle aux Forces Nouvelles de restituer le contrôle du nord du pays au gouvernement et d’achever le désarmement deux mois avant la tenue des élections…

« Mais en attendant la création d’une nouvelle armée nationale, les 5 000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être ‘’désarmés’’ et regroupés dans des casernes dans quatre villes clés du nord et de l’ouest du pays représentent une sérieuse force militaire que les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont l’intention de maintenir bien formée et en réserve jusqu’au lendemain de l’élection. La cession du pouvoir administratif des FAFN aux autorités du gouvernement civil est une condition sinequa non pour les élections, mais comme le confirment des voyageurs dans le nord (y compris le personnel de l’ambassade), les FAFN maintiennent un contrôle absolu de la région en particulier en ce qui concerne les finances.»

34. Une fois de plus, aux yeux de millions d’Ivoiriens, ce qui précède et d'autres éléments liés à l'histoire ivoirienne présentent un tableau très troublant. La réalité est que depuis l'époque du Président Félix Houphouët-Boigny, notamment lorsque M. Alassane Ouattara était son Premier ministre, il a existé un plan pour neutraliser M. Gbagbo et la formation politique à laquelle il appartenait, le Front populaire ivoirien(FPI). Au cours de cette période M. Gbagbo a été emprisonné deux fois pendant de longues périodes et était régulièrement persécuté par les organes de sécurité de l'État en raison de sa campagne politique soutenue de démocratiser la Côte d'Ivoire et de libérer le pays du contrôle néo-colonial.

34.1. Pour ces millions d’Ivoiriens qui ont partagé les vues de M. Gbagbo, il est logique de conclure que ce plan pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique qu’il a conduit a été appuyé par certains Ivoiriens et certaines forces extérieures.

34.2. Ces forces combinées sont intervenues en 2002 pour déposer par la force M. Gbagbo alors Président, mais elles échouèrent.

34.3. Toutefois elles ont veillé à ce que le groupe armé qui avait tenté le coup d'État reste en place, prêt à essayer un autre coup d'état une fois que les conditions sont de nouveau réunies - d'où l'occupation du Nord et de certaines parties de l'ouest de la Côte d'Ivoire par les Forces nouvelles.

34.4. Finalement, le moment vint lorsque huit ans après la tentative de coup d'État de 2002, la Côte d'Ivoire organisa des élections présidentielles en 2010.

34.5. Il est clair pour ses partisans ivoiriens que toutes les dispositions avaient été prises pour assurer la défaite de M. Gbagbo à ces élections. C'est pourquoi, aucune mesure n'a été prise pour le recomptage des voix comme suggéré par M. Gbagbo. Cela, en dépit du fait que c’est un processus très courant dans les cas où il y a d’importantes différences au sujet du vainqueur et du perdant des élections.

34.6. Il est également clair qu’ils avaient pris toutes les dispositions pour chasser M. Gbagbo par la force s'il contestait sa perte des élections, même si cette contestation était justifiée.

34.7. C'est pour cette raison que les Forces nouvelles ont été autorisées à se comporter comme elles l'ont fait, comme indiqué par M. Nesbitt, l'Ambassadeur des États-Unis. [Cf. : Paragraphe 33.9.1. ci-dessus]

34.8. C'est également pour cette raison que l'Union africaine (UA) n’a pas été autorisée à intervenir pour assurer le règlement pacifique du conflit post-électoral qui débuta en décembre 2010. Nous devrions aussi noter que l'UA aurait également dû chercher à négocier un accord notamment entre MM. Laurent Gbagbo et Ouattara afin de résoudre certaines des anomalies structurelles en Côte d'Ivoire qui ont eu une incidence négative sur son indépendance et sa stabilité.

34.9. Enfin pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique et anti- néo-colonialiste qu'il dirigeait, il a été décidé que la meilleure chose à faire serait de l’inculper devant une cour de justice, de le déclarer coupable pour divers chefs d’accusation et l'emprisonner pour une longue période.

34.10. Plusieurs leaders et militants du FPI ont connu le même sort.

34.11. De nombreux Ivoiriens pensent qu'une partie de cette tâche serait confiée à la Cour pénale internationale (CPI), qui servirait ainsi d’instrument utile dans la réalisation de la tâche stratégique de détruire le mouvement au service du renouveau de la Côte d'Ivoire.

35. Pertinentes questions adressées à la CPI

35.1. Par conséquent, la question se pose de savoir comment la CPI devrait répondre à cette situation où l'absence de Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire compromet les perspectives de stabilité dans ce pays, et la Cour est perçue par une grande partie d’Ivoiriens et de la société africaine comme ayant été cooptée par une faction politique pour neutraliser Laurent Gbagbo et son parti!

35.2. Cette question doit à coup sûr, interpeller lourdement la conscience des juges de la CPI, notamment au regard des effets négatifs de son action sur la nécessité cruciale et urgente d'empêcher une reprise de la guerre et de réaliser la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire, qui ne peut être atteinte sans la participation de M. Gbagbo, du FPI, et de leurs partisans.

35.3. Bien que nos contacts avec eux nous révèlent que le FPI souhaite profondément que la réconciliation nationale ait lieu et est déterminé à participer à ce processus, elle ne pourra le faire sans la participation de M. Gbagbo, qui est lui-même disposé à contribuer à cette réconciliation sans exiger la réélection des institutions de gouvernance.

35.4. Bien que nous reconnaissons que la CPI devrait poursuivre sa quête de preuves pour prononcer les inculpations et est en droit d'attendre la décision définitive de chaque cas par les juges, nous estimons qu'une réévaluation du cas de M. Gbagbo est justifiée en raison de la fragilité actuelle de la situation en Côte d'Ivoire, et par sa situation particulière, notamment la nécessité pour son implication positive dans le processus de réconciliation, d'unité et de stabilisation nationales. À cet égard, il est manifeste que :

(i) M. Gbagbo n'était pas l’auteur mais plutôt la cible du recours aux armes par les autres en 2002 pour régler les divergences politiques ;

(ii) M. Gbagbo n'était pas l'initiateur mais un adversaire de la politique d'" ivoirité " qui est à l’origine du conflit ;

(iii) M. Gbagbo, contre la volonté d'un grand nombre d’Ivoiriens, a agi afin de permettre à M. Ouattara d'accéder démocratiquement à la présidence de la Côte d'Ivoire, et a donc transmis le message aux millions de migrants économiques résidents qu'ils ne seront pas considérés comme des citoyens de seconde classe ;

(iv) M. Gbagbo était tellement déterminé que la Côte d'Ivoire redevienne une démocratie qu'il a même permis à ceux qui avaient cherché à le chasser du pouvoir par un coup d'État à diriger le gouvernement qui serait chargé de conduire la transition vers la démocratie, en la personne du chef des Forces nouvelles;

(v) M. Gbagbo était déterminé à se retirer en tant que Président de la République en faveur de M. Ouattara malgré sa conviction qu'il avait remporté les élections, évitant ainsi au pays plus de morts, de souffrances et de destructions de biens; et,

(vi) Même certains juges au sein de la CPI ont soulevé des questions au sujet de l'existence de preuves suffisantes pour condamner M. Gbagbo.

36. Le contexte ivoirien et les perceptions populaires

36.1. Madame le Procureur, comme vous l'avez vu dans nos commentaires précédents, l'arrestation du Président Gbagbo en Côte d'Ivoire et son procès à La Haye ont eu lieu dans le contexte d'une situation politique extrêmement polarisée qui a abouti à la longue guerre civile en Côte d'Ivoire et la division du pays.

36.2. Il était inévitable dans ces circonstances que les mandats d'arrêt pour Laurent et Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé alimentent la perception qu'une justice des vainqueurs est en place à la CPI : une perception aggravée par le contraste saisissant qu'aucune accusation n'a été portée contre les opposants politiques du Président Gbagbo.

36.3. Par conséquent, pour d’importantes franges de la population de Côte d'Ivoire, l’insistance de la Cour que Simone Gbagbo soit aussi remise à la CPI pour subir un procès, a accentué cette perception d’une justice partiale, qui a été renforcée par l'arrestation et le transfert de M. Blé Goudé à la CPI.

36.4. Les expériences très médiatisées de M. Gbagbo à la CPI, auxquelles nous faisons allusion ci-dessous, ont ajouté au mécontentement d’importantes franges de la population ivoirienne et mettent en péril tout projet de cohésion nationale et toute perspective de redressement.

36.5. Comme vous le savez bien, et comme nous avons cherché à le démontrer, Laurent Gbagbo reste un acteur clé dans la politique ivoirienne, avec de nombreux partisans, dont l'absence persistante dans ce que devrait être une recherche collective de la réconciliation nationale et de la stabilité en Côte d'Ivoire, expose la paix et la stabilité du pays à un risque extrême.

36.6. En outre, jusqu'à présent, certaines caractéristiques des procédures de la CPI aggravent également l'effet de polarisation de l'arrestation, de la détention et des poursuites de M. Gbagbo.

37. Les problèmes soulevés par le processus de confirmation

37.1. Madame le Procureur, comme vous le savez, le déroulement du procès de M. Gbagbo est suivi de très près en Côte d'Ivoire, et le processus de confirmation des charges retenues contre Laurent Gbagbo a suscité un intérêt particulier. Force est de reconnaître que ce processus ne s’est pas déroulé sans heurts. Qu’il vous souvienne qu’en juin 2013, par une décision majoritaire, la Chambre préliminaire (I) a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves à ce stade pour confirmer les accusations portées contre M. Gbagbo.

37.2. Le fait que la Chambre ait néanmoins alloué au procureur un temps additionnel pour fournir des preuves supplémentaires pour renforcer son cas et, qu’un an plus tard, en juin 2014, la Chambre ait pu confirmer ces charges uniquement par la décision de la majorité n'a pas échappé aux observateurs. Ni le fait que l'un des éminents juges ait donné un avis complètement dissident, expliquant pourquoi elle n'était pas convaincue de la qualité des preuves qui pourraient attester de la participation de M. Gbagbo aux crimes présumés.

37.3. Pour les observateurs intéressés, notamment en Côte d'ivoire mais également en dehors de ce pays, ce fut donc une approbation mitigée des accusations contre Laurent Gbagbo. Par ailleurs, cette division dans l'opinion judiciaire a accentué la perception de l’insuffisance juridique des preuves contre M. Gbagbo.

37.4. Pire encore, vous comprendrez, Madame le Procureur, que tout cela a fermement confirmé la conviction des partisans de M. Gbagbo qu'il ne devait répondre d’aucun chef d’accusation en première instance et que la CPI s’employait à s’assurer que l'objectif prédéterminé de l’inculper était atteint.

38. Les retards dans l’affaire

38.1. Il y a d'autres éléments de l'affaire qu'il faut garder à l'esprit. Près de quatre ans après son transfert à La Haye, le procès de M. Gbagbo n'a toujours pas commencé. Bien que ce retard soit imputable à plusieurs raisons, y compris la complexité même des procédures, et la nécessité de veiller à ce que toutes les parties soient bien préparées pour tout procès; et bien que les retards dans le contexte des procès à la CPI peuvent ne pas être inhabituels, il est indéniable que plus cette affaire traine plus il y a des risques que cela attise les tensions politiques en Côte d'Ivoire auxquelles nous avons déjà fait allusion.

38.2. Comme vous le savez, les retards seraient perçus par les partisans de M. Gbagbo comme une expression délibérée et hostile du principe selon lequel - justice différée équivaut à déni de justice.

39. Détention prolongée

39.1. Le retard accusé dans cette affaire affecte énormément M. Gbagbo en raison de son maintien en détention à La Haye. En dépit des efforts incontestables de son équipe de défense, elle n’a pu obtenir la liberté provisoire de son client, bien que, selon les décisions de la Cour, un État tiers avait, à ce qu’il parait, accepté d’accueillir M. Gbagbo et qu'il assurerait sa présence à la Cour chaque fois que nécessaire. Un aspect particulièrement triste de sa détention est que l'an dernier, M. Gbagbo n’a même pas pu être libéré pour quelques jours pour assister à l'inhumation sa mère.

40. Bien que diverses décisions judiciaires puissent avoir été prises pour confirmer les accusations et maintenir M. Gbagbo en détention, il est impossible d'ignorer la réalité que cette affaire continue de polariser la Côte d'Ivoire et compliquer la transformation cruciale de son paysage historique général.

40.1. C'est une préoccupation importante, et c’est elle qui justifie notre Appel, et qui crée, à notre avis, l'impératif de réévaluer l'affaire Gbagbo, et en particulier d'interroger la nécessité d'une poursuite qui a déjà montré des insuffisances manifestes qui sont suffisamment graves pour avoir entrainé une forte dissidence judiciaire contre la confirmation des charges.

41. Contexte général

41.1. En 1998, lorsqu'il a été signé, les États ont reconnu que le Statut de Rome pourrait fonctionner au sein du système des relations internationales et entraînerait inévitablement un empiétement sur la souveraineté des États. Toutefois, les négociateurs du traité ont à juste titre rejeté l'idée de tout mécanisme de filtrage ou de contrôle externe des travaux de la CPI parce que cela aurait constitué une interférence inacceptable à l'exercice de la discrétion et la prise de décisions du Procureur et des juges.

41.2. Toutefois, dans le but de protéger l’indépendance de la Cour, les États n'avaient pas abandonné l'idée que la nouvelle cour devait fonctionner d'une manière qui reconnaisse la complexité du système international ou dans les contextes nationaux et se sont fondés sur l'option de prendre dûment en considération, le cas échéant, la nécessité de favoriser les processus nationaux.

41.3. Plutôt, et au lieu de cela, les signataires du Statut ont confié au Procureur et aux juges, par une utilisation judicieuse de de leur pouvoir discrétionnaire, le droit et le devoir de procéder aux appréciations nécessaires pour que lorsque, les procédures de la CPI sont inappropriées ou contraire aux intérêts de la justice, prennent en compte toutes les considérations pertinentes, y compris l'impact de ses interventions sur la paix durable et la stabilité dans les sociétés.

41.4. Nous considérons donc que le Statut de Rome devrait rester entre les mains de la CPI comme un instrument vivant, capable d'une part, de poursuivre les responsabilités individuelles pour les crimes les plus graves, tout en préservant dans le même temps la capacité de répondre avec souplesse aux spécificités de chaque cas, en évitant de causer des préjudices. Cette approche, de notre point de vue, est compatible avec l'objet et le texte du Statut comme nous le comprenons.

41.5. Madame le Procureur, à notre avis, l'indépendance même de votre bureau, et celle des juges, sert à protéger les décideurs de la Cour de toute interférence, leur permettant ainsi de mettre en œuvre la sagesse qui est nécessaire à la Cour afin de contribuer à la recherche de solutions aux crises majeures au sein desquelles la Cour fonctionne inévitablement. Partant, la solidité et la valeur du Statut de Rome seront jugées non pas par l'inflexibilité de la CPI dans l'exercice de la justice, mais par sa capacité de réaction face à la complexité et à la nuance des diverses situations dont la CPI sera saisie.

41.5.1. À cet égard, nous devons souligner que notre Appeln’a nullement pour intention de mettre en doute ou compromettre la nécessité de tenir pour responsables tous ceux qui commettent des infractions graves énoncées dans le Statut de Rome, et les obligations de la CPI à cet égard. Nous voudrions croire que comme ils traitent de la question extrêmement importante de la réconciliation nationale, les Ivoiriens se pencheront également sur la question de la justice, pleinement conscients de l'interconnexion entre les deux.

42. Retraits des chefs d’accusation contre Gbagbo

42.1. Madame le Procureur, nous reconnaissons que les défis auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée ne sont pas propres à ce pays, et que dans d'autres contextes également, votre bureau sera familiarisé avec les tensions entre les travaux de la CPI et les impératifs pour garantir la stabilité dans ces pays. Mais comme nous avons cherché à le démontrer, l'arrestation de Laurent Gbagbo a manifestement échoué à contribuer à la réconciliation politique et au redressement de ce pays, mais a plutôt freiné ce processus, polarisé les opinions et exacerbé les divisions de la société ivoirienne à tel point que nous sommes maintenant gravement préoccupés par la perspective de la reprise du conflit dans ce pays.

42.2. Nous sommes convaincus que l'effet cumulatif de la situation politique fragile en Côte d'Ivoire qui nécessite des efforts concertés pour parvenir à la réconciliation; les impacts négatifs actuels du procès de Gbagbo sur cette situation; l'occasion pour M. Gbagbo de faire une immense contribution à la recherche d'un règlement pacifique et de solutions humaines pour la Côte d'Ivoire; les incertitudes entourant les preuves contre lui; ainsi que les divers autres éléments personnelle à M. Gbagbo, justifient largement l’interruption du procès.

42.3. Madame le Procureur, vous nous pardonnerez pour le fait que nous ne soyons pas des spécialistes du Règlement de la Cour, et laisserons à votre appréciation la question des procédures nécessaires pour atteindre un résultat qui soit juste et équitable pour la Côte d'Ivoire, tout en reconnaissant que toute décision peut faire l'objet de confirmation judiciaire. Toutefois, nous espérons que vous comprendrez que nous avons une solide connaissance de la situation en Côte d'Ivoire et que vous nous rejoindrez dans la parfaite connaissance des défis de la construction de sociétés unies en Afrique, par dialogue.

42.4. Madame le Procureur, nous devons souligner que rien de ce que nous disons ici ne vise à minimiser les crimes qui ont été commis dans le cadre de la contestation politique en Côte d'Ivoire. Nous adhérons à l'idée que les crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale dans son ensemble ne devraient pas rester impunis mais devraient principalement être traités par des mesures prises au niveau national. À notre humble avis, en vertu du Statut de Rome, la Cour devrait, dans les circonstances qui prévalent en Côte d'Ivoire, s'en remettre à l'actuel processus national et aux mécanismes que les Ivoiriens, collectivement adopteront pour assurer la responsabilisation et la réconciliation relativement aux exactions commises lors de la crise dans ce pays.

42.5. Bien que nous reconnaissions que toute décision d’abandonner des charges pénales puisse être assujettie à l'autorisation des juges, nous sommes convaincus qu'à la lumière des nombreuses informations et analyses à votre disposition, ainsi que des problèmes que nous avons pu identifier dans la présente lettre, votre bureau, Madame le Procureur, est bien placé et équipé pour traiter cette question d'une manière qui va à la fois faire avancer la cause de la Cour et du peuple de Côte d'Ivoire, mais aussi de l'ensemble de l'Afrique.

43. Nous voudrions donc vous demander, Madame le Procureur, de réexaminer l'affaire Laurent Gbagbo et entamer le processus de son retrait ou de son interruption. Nous sommes convaincus que cette option est la meilleure façon pour la Cour de contribuer à la réalisation de la réconciliation nationale et de l'unité, de la stabilité, du redressement et de la responsabilisation de la Côte d'Ivoire, en donnant la possibilité à tous les Ivoiriens de se réunir pour régler leurs différends sans recourir à l'usage des armes.

Veuillez agréer Madame le Procureur, l'expression de nos sentiments distingués.

9 septembre 2015

Pretoria
Republic of South Africa

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CHAIRMAN AFRICA FORUM: JOAQUIN CHISSANO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF MOZAMBIQUE
DEPUTY CHAIR: NICEPHORE SOGLO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF BENIN.

 

Source: MEDIAPART

mercredi, 06 janvier 2016

QUI EST LAURENT GBAGBO ? PAR Me CHEIK KOUREYSSI BA, AVOCAT AU BARREAU DE DAKAR

 

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Maitre Cheik Koureyssi BA , Avocat au Barreau de Dakar

 

Extrait d’interview :

On va parler de la Côte d’Ivoire si vous le voulez bien. Pour vous, c’est qui, Laurent Gbagbo ?


Jérémie et Job à la fois ! L’homme politique le plus dénigré et le plus diffamé qui soit, mais aussi le dirigeant africain qui a connu le plus d’épreuves douloureuses tout au long de sa longue marche, à la fois ! Même séquestré, il continue d’être accusé de tous les crimes !

Les disparus du Novotel, pro-Gbagbo notoires, enlevés alors que la résidence présidentielle de Cocody est sous un déluge de feu : c’est Gbagbo !

Le général Guéi, tué avec tous ses proches pendant que le président se trouve en visite officielle en Italie et que ses ministres, officiers, gendarmes sont affreusement assassinés et que c’est la débandade au plus haut niveau de l’Etat : c’est Gbagbo !

Le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer enlevé et abattu alors que son enquête sur les magouilles du cacao révèle le rôle du trader Antony Ward de Armajaro, patron et mari de la sœur de Loïc Folloroux lui-même fils de Madame Ouattara Dominique Nouvian ex-veuve Folloroux, les pratiques spéculatives de la rébellion qui attaque toujours pour entraver la commercialisation du cacao et permettre donc la constitution d’énormes stocks, lesquels ne seront vendus qu’après que les prix se sont envolés à des hauteurs inédites pour des centaines de milliards de bénéfices allant dans les poches de Ouattara, Soro et leurs chefs de guerre : c’est Gbagbo qui l’a tué !

Et que dire de ces innombrables victimes, toujours « ramassées », découvertes et photographiées par les journaux proches de Ouattara au détour d’une rue, mutilées et sauvagement torturées, des morts dont la proximité et les incompatibilités d’humeur avec Ouattara, Soro Guillaume ou leurs chefs de guerre sont avérées : encore Gbagbo !

Les escadrons de la mort, Gbagbo !

Les charniers, à commencer par celui de Yopougon, où le principal protagoniste, un Malien payé en faux billets par Ouattara soi-même et qui, après son élargissement de prison au Mali pour détention et usage de ces faux billets, viendra se répandre dans la presse ivoirienne et confesser sa participation à la mascarade ? Encore et toujours Gbagbo !

Le vrai- faux massacre des femmes  marcheuses d’Abidjan où l’on s’est rendu compte qu’entre Hollywood et Bollywood, il pouvait bien y avoir de la place pour les rebelles cinéastes de Ouattara à Abobollywood assistés par l’Afp et les grandes chaînes de télévisions, avec une morte ensanglantée qui se relève, croyant la scène terminée, et qui s’entend hurler en malinké « recouche toi, ce n’est pas encore fini ! » : ne cherchez pas midi à quatorze heures, c’est encore l’effaceur qui est passé par là !

Voilà Laurent Gbagbo côté cour, le monstre que les professionnels du média-mensonge ont fabriqué et dont l’image a été pasteurisée et «vendue » aux naïfs et aux hurluberlus de la terre, tout cela pour en finir avec lui par tous les moyens ! Parce qu’il symbolise la nouvelle Afrique, celle qui refuse de se coucher et qui a décidé de se tenir debout et de marcher vers son destin !

Evidemment, tout cela est peine perdue dans la mesure où les Ivoiriens, même ceux qui ne l’aiment pas, savent à quoi s’en tenir vis-à-vis de cet homme qui est resté constant dans sa démarche et sur qui les humiliations, campagnes de dénigrement et mensonges sordides n’ont eu aucune prise.

Aujourd’hui, plus que jamais, son aura est restée intacte, les épreuves qu’il a traversées avec stoïcisme et honneur ayant, en plus et de manière  inattendue, contribué à le hisser à une altitude que nul n’aurait osé envisager ! Depuis sa « capturation », comme dit Mme Kandia Camara, ministron de Alassane Ouattara en charge de… l’Education nationale, Laurent Gbagbo est devenu, paradoxalement, le maître incontesté du jeu.

L’ombre de sa compétence couvre toute les valses-hésitations de l’incompétent technocrate libéral Ouattara à la commune renommée d’expertise surfaite et à qui l’on ne confierait même pas un quignon de pain ! Les succès de sa politique s’affichent dans toute leur splendeur au moment où l’expert économiste n’arrive même pas à trouver le chemin du début des solutions pourtant annoncées à grands renforts de pub durant sa campagne pour assurer une seule journée normale du train de vie de la Maison Ivoire…

Ce grand conducteur de peuple a subi toutes sortes d’avanies, de souffrances et d’humiliations depuis 1970, six emprisonnements, la torture pour lui et ses proches, des bastonnades, l’exil, des tentatives d’assassinat… S’inspirant de Job, son modèle de patience, il a tout enduré, sans se plaindre une seule fois, sans jamais prendre les armes!

Arrivé au pouvoir, il ne s’est vengé de personne, il n’a fait emprisonner personne, ni adversaire politique ni journaliste, alors qu’il a continué à être traité de tous les noms par ces derniers ! Au contraire il a permis un retour au pays des exilés, offert un  statut enviable au feu général Guéi, à l’ancien président Henri Konan Bédié et à l’ancien premier ministre Dramane Ouattara, permis à ce dernier de participer à titre exceptionnel à la présidentielle, financé leurs formations politiques à des niveaux jamais atteints au monde (plus d’un milliard annuel par parti politique significatif), réuni tout ce monde autour de gouvernements d’union, en les laissant de plus déverser leur bile sur lui, comploter dans son dos et salir en permanence son nom, etc…


Source: www.lynx togo.info

mercredi, 30 décembre 2015

LES ATTENTATS DE PARIS ET DE BAMAKO - LES APPARENCES DE SCENARIOS DE SCIENCE FICTION

 

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En observant de près, avec les images transmises par les médias, les péripéties des attentats perpétrés dans l’agglomération parisienne le 13 novembre dernier et l’examen des comptes rendus de l’attaque contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako, plusieurs éléments nous ont paru invraisemblables ou du moins étranges.

Les attentats « terroristes » de Paris (figures 1 et 2)

Le mystère entourant l’origine du passeport syrien trouvé près d’un kamikaze nous a remis en mémoire le passeport trouvé intact dans les décombres du WTC, la prise de décision précipitée par le Président français de déclarer l’état d’urgence et ce sans avoir en main les résultats d’une première enquête et sans consulter l’Assemblée nationale, l’explosion de deux bombes voire de trois près du stade de France cachée aux yeux du public (aucune image précise n’a été diffusée de ces attaques à part celles de l’intérieur du stade), le discours du Président déjà structuré et préparé selon le modèle de celui de G.W. Bush prononcé en septembre 2001 avec cette déclaration de guerre contre l’EI (l’EI aurait revendiqué les attaques le lendemain seulement), la rapidité (sans enquête préalable) à identifier les djihadistes à l’origine de la tragédie et l’assaut donné au Bataclan caché lui aussi aux yeux du public. Aucune preuve tangible concernant la revendication des attaques par l’EI. Enfin, pourquoi la présence et l’intervention du Secrétaire d’État des USA à cette occasion?

Selon le Procureur de Paris, il s’agit de la pire attaque terroriste qui n’ait jamais frappé la France. Six attaques ont eu lieu simultanément à Paris et à Saint-Denis, vendredi 13 novembre. Un bilan provisoire fait état d’au moins 129 morts et 352 blessés, dont beaucoup dans un état grave, selon le procureur de la République de Paris, François Molins, mais il pourrait s’alourdir. Sept terroristes sont morts, tous après avoir actionné leurs ceintures explosives. L’enquête ne fait que débuter. Nous sommes forcés de penser que les seules preuves des attaques sont basées sur le compte rendu du Procureur de Paris. Ce qui est surprenant c’est que l’on a pu faire une description complète concernant les terroristes alors que l’enquête ne faisait que débuter.

Nous sommes aussi restés perplexes en regardant attentivement les images transmises par les médias mainstream qui n’ont montré aucune trace de morts ou de blessés de même qu’aucune opération majeure leur portant secours. Les attentats de Saint-Denis nous ont laissés dans le doute quand le Procureur de Paris en a fait le compte rendu : Un assaut terrifiant par des forces de l’ordre considérables contre deux ou trois djihadistes se trouvant dans un appartement scellé avec une porte blindée opposant une résistance telle qu’il a fallu utiliser 5000 munitions dans une opération qui a duré sept heures : « Dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 13 novembre, un assaut a été donné à partir de 4 h 20 mercredi 18 novembre, dans un appartement situé rue Corbillon et sur le boulevard Carnot, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), au nord de Paris. L’opération, menée par le RAID et la BRI, et impliquant 110 policiers au total, s’est terminée peu après 11 h 45 (http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/18/assaut-a-saint-denis-ce-qu-on-sait-ce-qu-on-ignore_4812399_4809495.html). Ces événements n’ont pas non plus été diffusés clairement à la télévision et ont permis d’attiser  la peur à l’égard des supposés terroristes.

Figure 1. Un blessé évacué du Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris – DOMINIQUE FAGET AFP

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Source :

https://apps.facebook.com/ea_scrabble_closed/?fb_source=notification&fb_ref=YOUR_TURN_WORD_PLAYED&ref=notif&notif_t=app_notification

 

Figure 2. Les forces de l’ordre au cours de l’assaut à Saint-Denis

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Source : http://www.bfmtv.com/diaporama/les-images-de-l-assaut-a-saint-denis-3214/en-plein-centre-ville-3/

 

Les attentats de Bamako (figures 3 et 4)

Les reportages et images transmis concernant les attentats perpétrés à Bamako nous ont laissés aussi dans le doute sur la véracité des faits. Aucune image des morts ou des blessés. Une évacuation ordonnée et sans aucune panique chez les occupants de l’hôtel, aucune ambulance dans les parages de l’hôtel et identification précipitée des assaillants pouvant appartenir à al-Mourabitoun, un groupe d’al-Qaïda. Une revendication de l’attaque non confirmée serait venue via twitter des djihadistes de ce groupe. Ainsi, il y a lieu d’être perplexe devant le contenu de ces descriptions.

 

Figure 3. L’évacuation d’un otage de l’hôtel Radisson Blu à Bamako

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Source : http://www.lepoint.fr/monde/attaque-a-bamako-l-etat-d-urgence-decrete-au-mali-21-11-2015-1983567_24.php

 

Figure 4. Les forces spéciales maliennes, ce 20 novembre, interviennent à l’hôtel Radisson de Bamako au Mali.

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Source : http://www.rfi.fr/afrique/2min/20151120-direct-mali-radisson-blu-hotel-fusillade-bamako

 

Conclusion

À l’instar des attentats du 11 septembre 2001 aux USA plusieurs éléments nous permettent de formuler des questions sur la véracité des faits rapportés par les organismes officiels à Paris comme à Bamako. Nous ne voulons pas tomber dans le piège de la théorie du complot perpétré par les États, mais nous devons admettre qu’un grand nombre de questions peuvent être posées, car les preuves pouvant appuyer les faits rapportés ont été jusqu’à maintenant plutôt rares ou exposées de façon fragmentaire et imprécise.

Semer la peur afin de pouvoir justifier une militarisation accrue des États et des sociétés.

Nous appuyons très fortement les propos de Barry Grey concernant les effets de la campagne mondiale des médias mainstream utilisant les attaques dites terroristes de Paris et ce quels que soient les auteurs présumés de ces attaques :

« les attentats terroristes de vendredi dernier à Paris ont déclenché une campagne médiatique internationale visant à inspirer la panique et justifier une escalade des guerres au Moyen-Orient et l’assaut contre les droits démocratiques aux États-Unis et en Europe. Les principaux médias acceptent sans réserve toutes les affirmations des responsables du gouvernement, ainsi que leurs déclarations cyniques de solidarité avec les victimes et leurs dénonciations intéressées des tueurs comme le mal incarné. Ils œuvrent à utiliser ce dernier attentat pour légitimer les guerres et les mesures répressives qui ont produits ces atrocités et les précédentes, tout en ouvrant la voie à des guerres plus larges et à la dictature pure et simple » (http://www.mondialisation.ca/les-medias-et-les-attentats-terroristes-a-paris/5490157).
Bref, les reportages présentés par les grands médias n’ont pas exposé les faits de façon claire et convaincante. À Paris, il a fallu se contenter des comptes rendus du Procureur qui est resté vague dans ses propos et avare de preuves pouvant appuyer ses affirmations.

 

Jules Dufour

 

 

Références

DINUCCI, Manlio. 2015. 13-Novembre ou le «le 11-Septembre de la France». La stratégie du chaos. Mondialisation.ca et ilmanifesto.info. Le 17 novembre 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/13-novembre-ou-le-le-11-septembre-de-la-france-la-strategie-du-chaos/5489693

DUFOUR, Jules. 2009. La quête de la vérité sur le 11 septembre. Un droit universel à respecter. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 avril 2009. En ligne :http://www.mondialisation.ca/la-qu-te-de-la-v-rit-sur-le-11-septembre-un-droit-universel-respecter/13069

LE MONDE.fr. 2015. Attaques à Paris : le point sur l’enquête et le déroulé des attaques. Le 13 novembre 2015. En ligne : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/13/fusillade-meurtriere-a-paris_4809485_3224.html

LES DÉCODEURS. 2015. Assaut à Saint-Denis : ce que l’on sait, ce que l’on ignore. LeMonde.fr. Le 20 novembre 2015. En ligne : http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/18/assaut-a-saint-denis-ce-qu-on-sait-ce-qu-on-ignore_4812399_4809495.html

ORIENTAL REVIEW. 2015. Massacre du 13-Novembre à Paris: A qui profite le crime ? Montréal, Mondialisation.ca et orientalreview.org, le 16 novembre 2015. En ligne :http://www.mondialisation.ca/massacre-du-1311-a-paris-a-qui-profite-le-crime/5489402

RADIO CANADA. 2015. Mali : attaque armée contre un hôtel de Bamako. Le 20 novembre 2015. En ligne :

https://apps.facebook.com/ea_scrabble_closed/?fb_source=notification&fb_ref=YOUR_TURN_WORD_PLAYED&ref=notif&notif_t=app_notification

RADIO CANADA. 2015. Mali : attaque armée contre un hôtel de Bamako. Le 20 novembre 2015. En ligne : http://ici.radio-canada.ca/breve/35387/assaillants-toujours-retranches-dans-hotel-bamako

RADIO CANADA. 2015. Des assaillants toujours retranchés dans l’hôtel de Bamako, corrige le gouvernement malien. Le 20 novembre 2015. En ligne : http://ici.radio-canada.ca/breve/35387/assaillants-toujours-retranches-dans-hotel-bamako

ROBERTS, Paul Graig. 2015. Les attentats de Paris et «l’histoire officielle» : La Matrice se déploie. Mondialisation.ca et paulgrairoberts.org, Le 17 novembre 2015. En ligne :http://www.mondialisation.ca/les-attentats-de-paris-et-lhistoire-officielle-la-matrice-se-deploie/5489754

VASILESCU, Valentin. 2015. La chronologie des attentats de Paris. Mondialisation.ca et reseauinternational.net, le 17 novembre 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/la-chronologie-des-attentats-de-paris/ 5489747

WIKIPÉDIA. 2015. Attentats du 13 novembre 2015 en France. Dernière mise à jour : Le 22 novembre 2015. En ligne :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_13_novembre_2015_en_France#Identification_des_criminels

 

 

Source: MONDIALISATION.CA

jeudi, 12 novembre 2015

COUP D'ETAT DU RSP: LES ECOUTES AUDIO QUI ACCUSENT SORO ET BASSOLE (FUITES)

 

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Les services secrets ivoiriens et burkinabés ont fait fuiter la fameuse conversation téléphonique entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé relative au coup d'Etat Diendéré.

Guillaume Soro évoque également la mort de IB et Tagro : "Il fallait qu'on les tue pour qu'on soit en paix". Ovajab Media.

 

Ecouter la conversation sur le blog SoundCloud du journaliste Théophile Kouamouo, en cliquant:

ICI

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© Koaci.com - Jeudi 12 Novembre 2015 - Une fuite de conversation téléphonique transmise à KOACI par des sources proches de l’enquête sur le coup d'Etat au Burkina, de 16 minutes attribuée à Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et Djibrill Basolé, l’ex patron de la diplomatie burkinabé, sous l’ère Compaoré, et candidat recalé à la présidentielle au Burkina-Faso crée le choc.

(Écoutez l'intégralité de l'enregistrement transmis en cliquant sur le lien Audio en bas de l'article, ndlr).

Dans l'enregistrement, provenant probablement d'écoutes de services occidentaux (France ou Usa, ndlr), dans lequel les voix du président de l'assemblée nationale ivoirienne et de l'ancien ministre de Compaoré sont assez nettement identifiables, est clairement mise en lumière l'organisation et la planification d'un coup militaire au Burkina à l'époque du siège de l'armée devant le camp du Régiment de sécurité présidentielle (Rsp) via des actions armées à l'interieur du pays pour faire "paniquer" l'armée et permettre au putschistes pro-Compaoré encerclés de sortir afin d'instaurer un climat d'insécurité et de déstabilisation dans le pays et faire capoter la transition.

L'ancien chef rebelle ivoirien cite tour à tour entre autre, Hamed Bakayoko, Alassane Ouattara, un rapport de Faure Gnassingbé, le candidat à la présidentielle Roch Kaboré, dont il dit que "s'est déjà plié" sous entendant qu'il a déjà gagné l’élection, et un homme d'affaire camerounais Paul Fokam (patron du groupe bancaire Afriland Bank, ndlr) qui, toujours selon les dire de Soro, via l'actuel ministre de l'interieur ivoirien, financerait sa campagne sans que Ouattara en soit informé.

La résidence ouagalaise de Guillaume Soro a été perquisitionnée dans le cadre de l’enquête du coup d'Etat par les autorités burkinabé. Lors de la perquisition ont été retrouvés des lingots d'or, des gilets pare balle et des armes.

La justice burkinabé avait déjà laisser fuiter à la presse dont KOACI, l'existence de plusieurs heures d'écoutes attribuées à Guillaume Soro dont les liens avec Blaise Compaoré sont plus que connus et fraternels.

Le coup d'Etat visait à réinstaller le camp Compaoré, chassé par le peuple, au pouvoir et en finir avec la transition réinstallée depuis lors et en passe d'organiser une élection présidentielle transparente dont la campagne est en cours.

Djibrill Bassolé est à cette heure emprisonné dans le cadre de l’enquête en cours dont le rapport a été remis aux autorités.


Source: KOACI.COM

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Lire aussi l'article de Jeune Afrique publié le 12 octobre 2015: «Burkina: Bassolé dans le collimateur de la justice militaire»: http://bit.ly/1MpONyl

'Pour les magistrats militaires qui enquêtent sur le coup d'État manqué contre le régime de transition burkinabè, aucun doute : Djibrill Bassolé, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, est le complice des putschistes de l'ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP) et de leur chef, le général Gilbert Diendéré.

Les deux hommes, qui sont inculpés d’« attentat à la sûreté de l’État, haute trahison et collusion avec des forces étrangères », ont été placés sous mandat de dépôt le 6 octobre à Ouagadougou. L’ancien chef de la diplomatie aurait été avant son arrestation, le 29 septembre, en contact téléphonique avec Diendéré, mais aussi avec… Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Au cœur de la procédure en cours : un appel présumé d’une quinzaine de minutes entre ce dernier et Bassolé. Il aurait eu lieu alors que les hommes du RSP s’étaient repliés dans leur camp de Naaba Koom, derrière la présidence, et que les unités loyalistes prenaient le contrôle de la capitale.

Cette discussion a évidemment posé un problème aux autorités de la transition. Bassolé a été interpellé deux jours plus tard par la gendarmerie. Selon une source proche de l’enquête, l’ensemble de ces éléments ont été présentés à Bassolé lors de son audition par le juge d’instruction chargé du dossier. Signe de l’intérêt des enquêteurs pour cette piste, la villa ouagalaise de Soro (dont la rébellion contre les autorités ivoiriennes fut soutenue par Compaoré dans les années 2000) a été perquisitionnée le 6 octobre.'

MENTION SPÉCIALE À Théophile Kouamouo qui a pu trouver cette preuve mais surtout pour avoir eu le courage de la publier. Fier de toi mon mentor.

 

Source: Facebook Claudus Kouadio

lundi, 09 novembre 2015

COUPS D'ETAT ELECTORAUX EN AFRIQUE: LE CAS OUATTARA EN COTE D'IVOIRE - PAR LESLIE VARENNE

 

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Après le coup d’Etat manqué du 16 septembre au Burkina Faso – dont il est encore impossible de mesurer les conséquences notamment en ce qui concerne l’implication de plusieurs pays étrangers dans cette affaire -, l’Afrique de l’Ouest vient de réaliser deux magistraux coups d’Etat électoraux. Le premier s’est déroulé le 11 octobre en Guinée Conakry, avec un passage en force d’Alpha Condé, élu en bourrant les urnes et en s’octroyant 60% des voix dès le premier tour. Le second vient d’avoir lieu en Côte d’Ivoire où Alassane Ouattara a violé, non seulement les lois du code électoral, mais aussi celles de l’arithmétique !

Le scénario d’une victoire écrasante du président sortant et d’un scrutin à un seul tour était prévu depuis fort longtemps. En février dernier, un spécialiste de l’Afrique de l’Ouest confiait déjà à IVERIS : « la seule crainte du pouvoir est le taux de participation. » Ces inquiétudes étaient fondées et se sont révélées plus désastreuses que ce que le Président sortant et son camp n’avaient anticipé : les Ivoiriens se sont abstenus massivement. C’est ce qui explique l’interminable attente des résultats finaux et surtout du taux réel de participation. Finalement, la Commission électorale indépendante a annoncé qu’il y avait eu 54,63 % de votants. Un chiffre contesté par l’opposition qui, elle, avance un nombre compris entre 15 et 18%. Pourtant ce taux n’aurait dû être l’objet ni d’une polémique, ni d’une attente prolongée, puisque le National Democratic Institute, (NDI), un organisme américain, financé par la NED, était présent en Côte d’Ivoire. En effet, grâce à son système PVT , le NDI a les moyens d’obtenir des données fiables transmises dès la fin du scrutin. L’ex Premier ministre, Charles Konan Banny, a demandé : « instamment au NDI de transmettre le taux de participation ». Il attend toujours. L’ambassadeur américain, Terence McCulley, et la sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, Bissa Williams, n’ont pas attendu, eux, les résultats du scrutin pour donner une conférence de presse dès le lundi 26. Ils ont tous deux félicité les Ivoiriens pour cette élection : « crédible, transparente et inclusive ». Alassane Ouattara fait donc mieux que son homologue Alpha Condé et obtient un score à la soviétique : 83,66% ! Petite cerise sur le gâteau, les trois candidats indépendants, Charles Konan Banny, Essy Amara – ancien ministre des Affaires étrangères et ancien président du Conseil de sécurité – et Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale -, qui s’étaient désistés avant le scrutin pour dénoncer l’escroquerie électorale qui s’annonçait, ont été comptabilisés dans le vote ! Bien entendu, ils obtiennent des miettes ; bien entendu, c’est illégal, mais puisque le scrutin a été déclaré crédible, transparent et inclusif … L’Afrique francophone est malheureusement habituée à ce genre de mascarades électorales : en avril dernier, Faure Gnassimbé, qui se représentait pour la troisième fois consécutive à la tête du Togo, a, lui aussi, été élu dès le premier tour avec 55% des voix. En réalité son opposant Jean-Pierre Fabre avait obtenu 60% des suffrages et le président sortant 35%. Mais l’ONU a immédiatement validé la victoire de Faure Gnassimbé…

Quelle légitimité ?

Le taux de participation en Côte d’Ivoire était un point crucial, pas seulement parce que l’opposition fidèle à l’ancien président Laurent Gbagbo avait appelé au boycott des urnes, mais parce qu’Alassane Ouattara était arrivé au pouvoir par les armes après une élection déjà contestée. Cette élection devait donc lui apporter une vraie légitimité afin d’en finir avec « le président reconnu par la communauté internationale[i] ». Avec la manipulation des chiffres, il n’obtient qu’une légitimité de façade. Personne n’est dupe, ni les Ivoiriens, ni les chancelleries qui connaissent les vrais chiffres. Mais surtout, ces coups d’Etats électoraux, à Abidjan comme ailleurs, ne règlent aucun des problèmes qui se posent à ces Etats : pauvreté, chômage, corruption, réconciliation nationale. Bien au contraire, ils accentuent les frustrations, le ressentiment, les divisions et laissent ces pays assis sur des poudrières. L’Afrique de l’Ouest n’est pas sortie de l’œil du cyclone…

 

[i] « Le Président reconnu par la communauté internationale » était l’appellation consacrée par la presse étrangère pour différencier les deux présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara lors de la crise électorale de 2010. Le Premier avait été reconnu par le Conseil constitutionnel ivoirien, le second par la communauté internationale.

 

Une contribution de Leslie Varenne

Institut de Veille et d’Etude des Relations Internationales et Stratégiques (IVERIS).

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET