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mercredi, 07 mars 2012

LIBYE - LE CNT INCAPABLE DE GERER LA LIBYE, LES LIBYENS PLEURENT KADHAFI


MOUAMMAR KADHAFI, L'AFRICAIN.jpg
Kadhafi, l'Africain

Comme un seul homme, les médias "mainstream" reprennent les informations de l'AFP sans plus analyser quelque chose. Ainsi, c'est par cette introduction lapidaire qu'ils annoncent la fin de la Libye: "Des chefs de tribus et de milices de l'Est libyen ont déclaré mardi l'autonomie de cette région pétrolière, où est née la révolte qui a fait chuter Mouammar Kadhafi, faisant craindre une partition du pays, où les nouvelles autorités peinent à exercer leur autorité".

Souvenez-vous, j'avais fait le serment de dire tout ce que je sais, savais, sur la Libye, en juin dernier dans un billet après mon passage sur Télésud (vidéo en dessous), dont voici l'extrait:

" Même sous la torture, tant pis pour le prix à payer, quelque soit ce que ça me coûtera, je dirai toujours la vérité sur le dossier libyen qui est une vaste fumisterie. Quant à nos amis du CNT, ils ne pourront jamais avoir la main mise sur la Libye. Jamais ".

Finalement, toutes nos prévisions sont entrain de se révéler vraies. Le CNT ne peut pas gouverner la Libye. L'OTAN a installé des faibles, pour mieux piller le pays. Sachant que les Libyens ne peuvent accepter de revenir à un Royaume, le clan Sénoussi qui a piloté la révolte de l'Est libyen, est aux avant-poste, aussi, pour réclamer son autonomie. Le Conseil intérimaire de Cyrénaïque comme il s'est baptisé a été établi sous la direction de Cheikh Ahmed Zoubaïr al-Sénoussi, cousin du roi Idriss déposé en 1969 par Kadhafi sans effusion de sang.

La presse française vient enfin de diffuser ce dont nous parlions ici le 02 mars dernier, avec la profanation des tombes des soldats et du Commonwealth tués en Afrique du Nord lors de la seconde guerre mondiale par les renégats de Benghazi. C'est L'Express qui en parle, sans toutefois préciser qu'il y avait aussi des tombes juives. Ah, les ingrats ! Aidés par David Cameron pour assassiner le frère guide Mouammar Kadhafi, le résultat est vraiment très amusant. Comment Mouammar Kadhafi l'homme traité de tous les noms d'oiseaux dont d'antisémitisme a pu laisser en place ces tombes durant 42 ans ?

Ce que la presse dominante refuse de reconnaître, c'est que cette fameuse Cyrénaïque n'a connu son développement que sous l'impulsion de Kadhafi. Faut-il vous faire un dessein ? Regardez la vidéo n°1. Contrairement aux affirmations mensongères de la presse, Le CNT de plus en plus faible est incapable de gérer la Libye et par conséquent, ses dirigeants presque tous issus de l'Est libyen veulent créer un petit Émirat et laisser tomber la Tripolitaine (ouest, zone de Tripoli) et le Fezzan (sud libyen), moins riche. Seul Kadhafi ne voulait pas la partition de la Libye et redistribuait équitablement les richesses de son pays...

Nous étions en juin 2011, bien avant l'assassinat que l'ONU a commandité avec les mains américaines, françaises, anglaises et....africaines. Pas de doute possible, la malédiction Kadhafi se payera un jour. On ne peut surfer éternellement sur cette injustice faite au peuple libyen.


Source: Le blog d'Allain Jules

mardi, 28 février 2012

MANDATS D'ARRET CONTRE LES PRO-GBAGBO: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BENINOIS BONI YAYI

 

YAYI BONI.jpg

Lettre ouverte au Président Boni Yayi, Chef de l'Etat, Chef du gouvernement et au Ministre de l'Intérieur Benoît Dègla

 

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,


Il nous revient que des manœuvres politiques secrètes sont actuellement en cours visant à exécuter les termes d'un mandat d'arrêt international  contre de paisibles personnalités ivoiriennes réfugiés chez nous. La récente visite d'Alain Juppé, Ministre français des Affaires Etrangères, au Bénin s'inscrit certainement aussi dans ce cadre, eu égard au rôle combien néfaste que joua la diplomatie française dans le coup d'Etat militaire contre le Président Gbagbo en Avril 2011.

En effet, dans sa parution du 20 février 2012, le quotidien béninois Fraternité nous apprend que 13 hauts dignitaires de l'ancien régime de Laurent Gbagbo sont l'objet d'un mandat d'arrêt international  par la section béninoise d'Interpol.

Par ailleurs, une note du Ministre béninois de l'Intérieur Benoît Dègla, à votre attention,  affirmait que « D'ores et déjà, les services compétents de la Direction générale de la Police nationale ont engagé les recherches subséquentes à l'exécution desdits mandats et tout fait nouveau fera l'objet de compte-rendu à votre Haute Autorité».

Je voudrais vous signifier, au travers de cette interpellation publique, le caractère dangereux et suicidaire d'une telle entreprise si elle venait à s'accomplir. Votre responsabilité en tant que Chef d'Etat béninois ainsi que celle de votre gouvernement seraient clairement engagées devant l'Histoire, l'opinion publique béninoise et africaine comme responsable de ce qu'il adviendrait de ces personnalités réfugiées chez nous.

Au regard de ce qui précède, mon hostilité à l'exécution de ce mandat se fonde entre autres, sur les raisons suivantes :

1- Votre responsabilité de Président en exercice de l'Union Africaine

Monsieur le Président, vous aviez à votre corps défendant, tenté de concilier les vues des différents protagonistes de la crise ivoirienne avec l'infortune qu'on sait. Donc vous connaissez parfaitement les méandres de cette crise ainsi que les responsabilités de chaque acteur politique ivoirien. A ce titre, vous devez claire¬ment vous opposer à cette manœuvre politique de M. Ouattara et ses complices qui voudraient faire du Bénin l'allié objectif d'une mascarade judiciaire grave¬ment attentatoire à une véritable réconciliation nationale en Côte d'Ivoire. 

Par ailleurs, en votre qualité de Président assurant la présidence tournante de l'Union Africaine, il n'est pas superflu de porter à votre attention que de nombreuses personnalités ivoiriennes et leurs proches sont détenues dans les prisons de M. Ouattara au mépris des dispositions juridiques de la Charte africaine des droits de l'Homme notamment en ses articles 5, 6, et 7 qui consacrent la liberté et sécurité individuelles ainsi que la dignité humaine hors de tout traitement inhumain dégradant. Ces personnalités, depuis plusieurs mois sont incarcérées sans jugement.

Il est aussi de votre ressort d'exhorter de manière ferme les nouvelles autorités à cultiver un dialogue inclusif sans préalable visant à créer les conditions d'une sécurité réelle des biens et des personnes, laquelle favoriserait le retour d'exil des milliers de réfugiés ivoiriens vivant au Togo, Bénin, Libéria et au Ghana.

C'est le minimum qu'on puisse attendre de votre mandat à la tête de l'Union Africaine.

L'Union Africaine, vous en conviendrez sans doute, doit impérativement faire peau neuve et changer de paradigme quant à sa façon de résoudre les conflits qui meurtrissent si souvent l'Afrique. Son discrédit va grandissant au sein de l'opinion publique africaine qui la perçoit comme une institution-croupion phagocytée par l'Occident.

2- Préserver la réputation de terre d'hospitalité du Bénin

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Malgré tous les soubresauts qu'a connu notre pays, il est édifiant de constater combien ont toujours été sauvegardées la cohésion nationale et une certaine « paix des braves » entre les différentes chapelles politiques béninoises.

Même durant les années où nous étions considérés à juste titre comme « l'enfant malade » de l'Afrique à cause de la propension du Dahomey d'alors, à enfanter des putschs militaires, jamais nous n'avions franchi le rubicond des assassinats politiques et autres massacres massifs des populations béninoises.

C'est une expérience politique à faire partager aux nouvelles autorités en charge de la Cote d'Ivoire. Comment ne pas ressentir une certaine fierté personnelle lorsqu'à l'occasion d'un évènement officiel (la fête nationale du 01 Août, par exemple), tous nos anciens Chefs d'Etat -civils ou militaires- se tenaient proches les uns des autres et ce, en estime réciproque. Ainsi les Présidents Maga, Ahomadegbé, Zinsou, Kouandété, Kérékou, Soglo... ont su préserver l'essentiel en évitant de recourir à l'assassinat politique de leurs adversaires respectifs. Leur esprit de tolérance et d'ouverture politique explique sans doute cela.

Sur un tout autre plan, le Bénin a longtemps accueilli des milliers de réfugiés togolais sur son sol durant les années 90 et plus récemment en 2005 lors des massacres ayant suivi le décès du Président togolais Gnassingbé Eyadema et le transfert des charges présidentielles à son fils Faure Gnassingbé.

Idem pour de nombreux citoyens rwandais et burundais durant le génocide au Rwanda et les massacres au Burundi dans les années 1994/1995.

Que dire des nombreux citoyens congolais des deux rives du fleuve Congo que notre pays a accueilli en 1997 durant la guerre civile à Brazzaville (Congo) d'une part et l'arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila en République Démocratique du Congo d'autre part. L'accueil récent des centaines de réfugiés ivoiriens fuyant la barbarie des milices tribales de Guillaume Soro sous la responsabilité de M. Ouattara, s'inscrit aussi dans cette longue tradition d'hospitalité béninoise.

Or la perspective d'une extradition éventuelle des personnalités ivoiriennes proches du Président Gbagbo ou anciens serviteurs de l'Etat de Côte d'Ivoire serait non seulement une faute politique grave mais aussi une menace pour la cohésion nationale ivoirienne déjà fort mise à mal par « le rattrapage ethnique » de M. Ouattara. Cette extradition éventuelle pourrait dissoudre le « contrat d'accueil » qui nous lie depuis plusieurs décennies déjà aux personnes réfugiées dans nos contrées.

Vous devez, Monsieur le Président, ne pas prêter flanc à cette mascarade judiciaire en vous opposant fermement à tout renvoi de ces réfugiés vers Abidjan.

3- Récuser la vengeance justicière en cours en Côte d'Ivoire

Une sagesse bantoue nous apprend que « lorsqu'on a mis les genoux de son adversaire à terre, il est inutile de lui jeter du sable à la figure ».

L'innommable se produit sous nos yeux à Abidjan ! Le crime, le mensonge, le déshonneur et le poltronisme politique dans toute sa laideur. Sans parler de la Justice ivoirienne, cette faucheuse à sens unique dont le discrédit public a atteint le seuil de l'infamie. Comment qualifier aujourd'hui ce qui se passe à Abidjan sinon d'une volonté d'humilier et de faire rendre gorge tous ceux qui n'ont pas l'heur de plaire aux nouveaux « administrateurs » de l'Etat de Cote d'Ivoire et à leurs mandataires occidentaux. Les dignitaires de l'ancien régime relégués désormais au rang de « sans-culottes », sont contraints à la mendicité, à la maladie et à l'indigence matérielle pour survivre. Rien pourtant ne justifie cette chasse à l'homme.

Tous les proches de M. Ouattara et des FRCI (Forces Républicaine de Côte d'Ivoire !) coupables de pires crimes comme les massacres à Duékoué (27 au 29 mars 2011), les incendies de villages, les pillages de banques locales, les exécutions sommaires de citoyens, les pillages et vols à main armée, ne sont guère inquiétés et narguent leurs victimes.

Plus affligeant encore, est l'absence d'un grand dessein national dans ce sombre tableau ivoirien. La Côte d'Ivoire est « gérée » au jour le jour sans rétrospective et hélas, sans prospective. Une gouvernance à la petite semaine !

L'insécurité règne en maître, le saupoudrage est partout, l'auto-adoration est célébrée et le griottage médiatique fait le reste. Pendant ce temps, des milliers de personnes sont licenciés sans ménagement de l'administration publique et autres offices d'Etat parce que jugées proches de Gbagbo. Cette nouvelle doxa politique s'appelle le « rattrapage ethnique », sorte de néologisme de l'Etat-dioula inventé par M. Ouattara, ce Barrientos aux petits pieds. 

Cet état de fait abondamment décrit par les médias ivoiriens et internationaux résume bien le nouvel ordre ivoirien.  Un pays en réalité victime de ce que Wangari Maathai, l'ancienne Prix Nobel de la Paix qualifie de « syndrome du mauvais autobus » parce que porteur d'instabilité, de précarité sociale et d'impasse politique.

Monsieur le Président, vous avez à l'égard du peuple ivoirien et des africains, une exigence de vérité et de justice, loin de toutes collusions politiciennes. 
Le Bénin vous observe.

En guise de conclusion, je voudrais vous rappeler que le Bénin n'est pas une république bananière, par conséquent, votre responsabilité politique est clairement engagée  si ces différentes personnalités ivoiriennes venaient à être renvoyées à Abidjan. Inutile de vous décrire ce qui les attend dans les geôles ivoiriennes. Le Bénin a une ancienne culture de dialogue politique, ce qui fait qu'aucun prisonnier politique ne croupit dans nos prisons depuis le Renouveau démocratique opéré après la Conférence Nationale de Février 1990.

Votre leadership doit pouvoir capitaliser tout cet héritage historique et politique béninois, en affirmant clairement la primauté des principes et règles démocratiques face à la tentation autocratique de M. Ouattara.

Salutations distinguées.                       


Bruxelles, le 26 février 2012



Olivier FADO


Citoyen béninois
Vice-président du MORAF (Mouvement pour la Renaissance Africaine)
m.moraf@yahoo.fr

lundi, 27 février 2012

DROITS DES HOMOSEXUELS: MUGABE DIT A CAMERON D'«ALLER EN ENFER»


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Le président zimbabwéen Robert Mugabe, le 18 décembre 2010 à Mutare. (Photo. Desmond Kwande AFP)


Sur cette question, le président Mugabe et moi avons exactement la même opinion et strictement la même façon de voir les choses. Ils veulent avoir le droit de se marier entre personnes du même sexe (excluant donc toute condition de procréation naturelle) et après, ils revendiquent celui d'adopter des enfants. C'est quoi ce délire? Merci, cher président, de lui avoir dit son fait à ce sinistre personnage. Fernand Dindé.

 

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a rejeté samedi les appels au respect des droits des homosexuels du Premier ministre britannique David Cameron, lui disant d'"aller en enfer".

"La nature est la nature. Elle a créé le mâle et la femelle. Vous, David Cameron, suggérez-vous que vous ne savez pas ça, ou est-ce qu'il y a une sorte de démence, ou cela fait-il partie de la culture des Européens?", s'est interrogé M. Mugabe devant des milliers de partisans rassemblés pour fêter son 88ème anniversaire dans un stade de Mutare (est).

"Selon leurs journaux, c'est l'un de mes péchés. Que j'ai dit qu'ils (les gays) étaient pire que les porcs et les chiens parce que les porcs savent qu'il y a des mâles et des femelles. C'est même dans la Bible: vous créez grâce au système du mariage", a argumenté le président zimbabwéen, un catholique pratiquant.

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«Chien»

"Voilà comment nous sommes nés, c'est pourquoi nous rejetons catégoriquement cela et vous disons d'aller en enfer", a-t-il lancé au Premier ministre de l'ancien colonisateur de son pays.

"Je vais même pas l'appeler un chien parce que mon propre chien va se plaindre", a-t-il ajouté.

David Cameron a déclaré lors d'un sommet du Commonwealth l'an dernier que ses partenaires devraient respecter les droits de l'Homme, y compris les droits des homosexuels, pour pouvoir bénéficier de l'aide britannique.

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Diatribe

La question a refait surface alors que le Zimbabwe doit se doter d'une nouvelle Constitution, des opposants au président ayant suggéré de suivre l'exemple du voisin sud-africain en garantissant les droits des homosexuels dans la Loi fondamentale.

"Nous n'accepterons pas cela", a assuré M. Mugabe.

"S'il vous plaît, jeunes hommes et jeunes femmes, vous n'avez pas la liberté pour les hommes d'épouser des hommes et pour les femmes d'épouser des femmes. Vous avez la liberté pour les hommes d'épouser des femmes. C'est la liberté de Dieu. C'est ce qui nous a créés, vous et moi", a lancé le vieux président, dont la croisade contre l'homosexualité est devenue une marque de fabrique.

Sa dernière diatribe survenait samedi alors que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a à nouveau appelé les pays africains à respecter les droits des homosexuels, lors d'une visite en Zambie, pays voisin du Zimbabwe.

 

AFP


Source: LIBERATION.FR

LUTTE CONTRE LA CYBERCRIMINALITE: DES EXPERTS RECOMMANDENT DE NOUVELLES STRATEGIES




Lutte contre la cybercriminalité : Des experts recommandent de nouvelles stratégies pour contrer ce fléau qui met à mal la fiabilité de nos états...

La cybercriminalité a gagné du terrain en Afrique, notamment en Afrique de l'ouest. Les clignotants sont inquiétants en Côte d'Ivoire qui est devenu en espace d'une décennie une véritable plaque tournante du crime en ligne. Les experts entendent impulser une nouvelle dynamique de lutte contre ce qu'ils qualifient de fléau.

Le ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication (MPTIC) a organisé un atelier sur l'harmonisation des cybers législations dans les pays de l'Afrique de l'Ouest, du 20 au 22 février à Abidjan. En partenariat avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de l'union africaine et de la Commission économique des Nation Unies pour l'Afrique (CEANU), cet atelier a été l'occasion pour les experts de faire des recommandations aux Etats membres de la CEDEAO. Ils s'agira pour ceux-ci, d'appliquer les actes additionnels en matière de transactions électroniques et de protection des données à caractère personnel et de transposer la directive sur la lutte contre la cybercriminalité, au niveau national. Par ailleurs, les animateurs dudit atelier ont exhorté les auditeurs à développer des programmes de renforcement des capacités sur la cybercriminalité et la sensibilisation sur les thématiques de l'avant-projet de convention.

Aussi, devront-ils en faire de même pour la suite des consultations nécessaires en vue de proposer des alternatives en matière de support juridique harmonisé. Au terme de ces deux jours d'échanges et de réflexions, les participants ont été conviés à faire des recommandations sur l'avant projet de convention sur le cyber sécurité en l'occurrence sur les transactions électroniques, les données à caractère personnel et la lutte contre la cybercriminalité. Ils les feront ensuite parvenir au plus tard le 07 mars 2012, à la CEDEAO, à l'Union Africaine et à la Ceanu en vue d'une amélioration. « Les travaux de réflexions sur l'harmonisation des cyber-législations dans nos pays ne doivent pas s'arrêter à cet atelier. Ils doivent se poursuivre jusqu'au délai fixé», a conclu le directeur de cabinet du ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication.


Wognin D.

Source : Le blog de Dada Suprem

«ET SI LE COLONIALISME N'ETAIT QUE L'HISTOIRE DE L'EXPLOITATION FORCEE DES RESSOURCES MATERIELLES ET HUMAINES DES COLONISES»



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Mardi 28 février de 18h à 22h : Conférence-débat « Et si le colonialisme n'était que l'histoire de l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés » point de vue d'africains.


Animé par Lanciné Camara dans le cadre de la semaine anticoloniale:


A différentes époques correspondent des modes de colonisation ainsi que des justificatifs différents : la sécurité, apporter la civilisation, la démocratie, la vraie religion, mais on observe qu'il s'agit généralement, en réalité, d'un motif économique : besoin de main d'œuvre bon marché (dont l'esclavagisme), libre circulation des biens et des commerçants, pillage de produits miniers, agricoles, etc. Il ne s'agit pas uniquement des Etats, ex-coloniaux ou non, mais aussi de catégories socio-économiques

comme le monde de la finance, les multinationales, etc.

On peut ainsi distinguer différentes méthodes du colonialisme : par la dette, le contrôle de la monnaie et des organismes financiers, par le contrôle des élites et l'élimination des insoumis, par la maîtrise des coûts des matières premières, la spéculation, l'achat des terres ou de concession de pêche, par le soutien à des rebellions, par la diabolisation médiatique pouvant aller jusqu'à justifier une recolonisation par voie militaire, par le commerce des armes, la corruption, etc.


Il reste que, quelque soit les motifs avancés et les moyens utilisés par le colonisateur, la conséquence et donc le but est l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés.


Programme

-- 18h00 : Accueil, Présentation des intervenants et introduction par Lanciné Camara, journaliste, Président de l'UIJA basée à Paris et directeur de publication du magazine Le Devoir Africain.

-- 18h40 : « Du développement injuste au développement juste de l'Occident. Défis majeurs pour l'Occident et l'Afrique» par Armand Mavinga Tsafunenga, Ecrivain poète, Ambassadeur de paix, chercheur, expert en formulation des politiques culturelles pour le développement en Afrique, Président du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et du Centre d'études et de promotion de la culture et de la communication en Afrique (CEPROCOM).

-- 19h10 : « L'état de non droit du pillage des matières premières et des ressources naturelles ou bien humaines en Afrique » par Maître Norbert Tricaud, Avocat au Barreau de Paris et spécialiste de la RDC.

-- 19h30 : « Le franc CFA un moyen néocolonial pour la France d'aujourd'hui de contrôler l'économie des anciennes colonies africaines». Cette mise sous tutelle permet ainsi à la France à la fois de tirer profit des économies de la zone CFA mais aussi de bloquer toute possibilité d'indépendance politique et donc de développement.

Intervenant : Dr Nicolas Agbohou, Politologue, économiste monétariste, enseignant, écrivain et spécialiste de la monnaie, le franc CFA, Il a publié notamment: Les causes structurelles de la faim en Afrique, Le franc CFA et l'euro contre l'Afrique

-- 20h20 : Débat avec la salle

-- 21h20 : Conclusion par Lanciné Camara,

-- 21h40 : Séance de dédicaces (en cas de retard dans un bistro proche de la salle après 22h) - Table de presse : des conférenciers, de l'association Survie, de Grégory Protche, etc.

-- Lieu : Espace Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, Paris 2è. 01 55 80 78 35 - M° Sentier ligne 3 ou parking au 42 rue Aboukir 01 40 13 98 20 sinon à 300m près du M° Bourse.

-- Renseignements : Maud Martin 06 63 98 64 37 ou Jean-Paul Vanhoove 06.21.05.47.38 (Plateforme Panafricaine).


Lu sur INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT


Source: CULTURES

vendredi, 24 février 2012

SOUTIEN AUX PEUPLES EN LUTTE: AU SENEGAL COMME AILLEURS, LA FRANCE DOIT CESSER SON AIDE AU «MAINTIEN DE L'ORDRE»


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Manifestant sénégalais anti-wade brutalisé par la police

 

ATTAC France tient à exprimer sa solidarité à l'égard du large mouvement populaire au Sénégal. Par sa résistance et la constance de sa mobilisation, le peuple sénégalais montre qu'il ne se laissera pas confisquer sa souveraineté par la mascarade électorale que tente d'imposer Abdoulaye Wade.

Plus largement, cela démontre, si besoin était, que l'exaspération face à des pouvoirs illégitimes et l'aspiration à une véritable démocratie dépassent les pays du Maghreb et du Machrek, et s'expriment indépendamment de l'agenda politique des grandes puissances occidentales. Alors que celles-ci prétendent exporter la démocratie par la guerre en Côte d'Ivoire ou en Libye, leur attitude face au hold-up électoral du Président Wade dira si elles continuent de fermer les yeux tant que le régime est un allié de leurs intérêts économiques.

La France est particulièrement concernée par ce qui se passe au Sénégal, comme partout en Afrique francophone, puisque dans le cadre de sa coopération militaire et policière, scellée par un accord en cours de renégociation, elle contribue à équiper et former les unités qui répriment actuellement les manifestations. À l'occasion de la semaine anti-coloniale et d'une campagne présidentielle dont ces questions sont absentes, il est urgent de le dire et de le répéter : Paris doit rompre toute coopération militaire avec des régimes illégitimes, et cesser toute présence et intervention militaire extérieure en dehors de mandats d'une ONU réformée, qui ne sera plus instrumentalisée par les grandes puissances.

Celles-ci doivent maintenant se positionner publiquement : reconnaîtront-elles la "victoire" de Wade dans de telles conditions?

Comme lors de la tenue du forum social mondial à Dakar (février 2011), la solidarité entre les peuples doit l'emporter.

Attac France


Paris, le 24 février 2012.

jeudi, 23 février 2012

SITUATION AU MALI: PSYCHOSE ET HAUTE SECURITE A MOPTI


SOLDATS MALIENS.jpg

Pour nous imprégner de l'état d'esprit des Mopticiens après le déclenchement de la rébellion dans le Nord malien, nous nous sommes rendus dans cette 5e ville du Mali, le 17 janvier 2012. Un séjour de deux jours nous a permis de découvrir des réalités, dont certaines sont peu favorables à la situation que vivent les populations nordistes. Nous avons aussi rencontré diverses personnes, notamment des autorités, des hommes de médias, des touristes, bref, plusieurs catégories des couches sociales dont les avis sur la rébellion touareg sont divergents. Mais la plupart des personnes rencontrées déplorent cette situation de crise car ils en souffrent énormément.

Le constat que nous avons fait, est que la ville du président Amadou Toumani Touré (ATT) est sous haute surveillance car les Forces de l'ordre sillonnent la ville vingt quatre heures sur vingt quatre.

Lorsque le véhicule de transport d'immatriculation malienne s'immobilisa à l'autogare de Mopti, après plus de 10 heures de route, c'est à la fois une délivrance et une frustration qui nous ont envahis. Il était 0h 12 minutes en ce 7 février 2012. Il faisait très froid. Une grande partie de Mopti dormait déjà. Tout était calme, mais quelques taxis-motos et taxis ordinaires continuaient à circuler. Les noctambules vaquaient très normalement à leurs occupations. Cependant, la ville est quadrillée. Les forces de l'ordre occupent les principales artères de la ville, contrôlent les allées et venues des citoyens.

Des fouilles minutieuses sont opérées, ce d'autant plus qu'une rumeur faisait état d'une probable infiltration des rebelles à Mopti, ville natale du président Amadou Toumani Touré (ATT). En ce 7 février 2012, le soleil se levait lentement au gouvernorat de la 5e région. Réputé pour être le quartier général du commandement militaire de l'armée malienne au niveau régional, ce lieu est très surveillé. A 8h 30, des militaires en treillis, armes au poing, sont en alerte maximale. A 9h passées, un général du nom de Issouf Koétta fit son entrée dans le gouvernorat. Il est accompagné d'autres officiers aussi supérieurs que lui. Ils sont accueillis par le gouverneur Abdoulaye Camara. Les échanges entre les 2 hommes ont duré une quinzaine de minutes. Le général ressortit, le gouverneur a enchaîné immédiatement avec la présidence d'une autre réunion dite d'importance nationale.

Officiellement, rien ne filtre de ces concertations mais, de toute évidence, tout tournait autour de la situation au Nord où les rebelles Touareg ont lancé une vaste offensive contre les positions des FAM (Forces armées maliennes). Pendant ce temps, le secrétaire particulier du gouverneur, Issa Aidara est au four et au moulin. « Revenez demain ou après demain, le gouverneur est très occupé », a-t-il lancé, en guise de réponse, à tous ceux qui avaient rendez-vous ou qui souhaiteraient voir le gouverneur Abdoulaye Camara. N'empêche, dans la salle d'attente, on pouvait entendre des propos du genre : « la République est en crise, nous devons répondre du tic au tac. Il ne faut pas caresser ces bandits dans le sens du poil.

Il faut agir vite. » Le gouvernorat qui abrite en même temps les locaux du médiateur de la République, du commandement du cercle, est pris d'assaut par une cohorte de visiteurs. Quand moussa Hamèye Maïga, commandant du cercle de Mopti, nous reçoit, le 8 février entre 13h et 14h, c'est un homme averti en matière de sécurité qui nous a accueillis avec ce brin d'humour : « Oh Le Pays, qu'est-ce que vous avez dit aujourd'hui à propos de mon pays ». Plus qu'un administrateur, l'homme reconnaît la grande impartialité du journal et dit suivre ses prises de position à travers la revue de presse sur RFI. Dès lors qu'on évoqua le sujet très sensible de la rébellion avec le préfet de Mopti, son visage devint pâle, le regard hagard et le ton militaire.

Lui-même originaire du Nord, fustige les velléités indépendantistes de ses frères. « Je connais très bien la région du Nord pour y avoir servi dans les années 90. J'ai eu à gérer la rébellion de 1992. Kidal, Gao et Tombouctou sont des régions qui me sont familières. » Tout en minimisant l'armada militaire des rebelles, il les qualifie de bandits armés, prêts à piller les paisibles populations. Ils n'ont ni de chars de combats, ni d'avions de combats, affirme-t-il. Durant la trentaine de minutes que nous avons passées avec le 19e préfet malien de Mopti, sa secrétaire particulière est passée au moins deux fois pour déposer sur son bureau des dossiers jugés urgents. Profondément touché par cette crise, l'autorité régionale assure que la situation est maîtrisée par l'armée malienne.

Alors qu'il commençait à nous dire ce qu'il pense réellement de la situation, son téléphone portable sonna. A l'autre bout du fil, une personnalité importante dont nous taisons le nom. La conversation durera 10 minutes et se portait sans conteste sur la crise au Nord. Au terme de son entretien téléphonique, il n'en dira pas plus encore sur la guerre. Mais notre soif sera un tant soit peu amoindrie le même jour dans un hôtel de Mopti. Là, nous avons pu nous entretenir avec un officier supérieur de l'armée malienne. Pour lui, la haute hiérarchie avait été informée au préalable, du danger que court le Mali en acceptant de recevoir les ex- combattants de Libye sans désarmement. « Les hautes autorités n'ont pas pris au sérieux nos inquiétudes. Pour ma part, je condamne l'attitude adoptée par nos autorités dans cette affaire. »

Plus loin, il condamne l'attitude de la France qu'il accuse implicitement de collusion avec les rebelles. « Si nous avions été écoutés, notre Armée n'aurait pas subi cette humiliation », nous a confié ce haut gradé. Et d'humiliation, la rébellion l'a infligée à l'Armée régulière. Des militaires, au nombre de 45, accompagnés de leurs familles, ont fui le front d'Andérraboukane et ont été accueillis à Mopti. Information que nous avons pu vérifier et qui a été plus tard confirmée par le ministre de la Défense et des anciens combattants, le Général Sadio Camara, lors d'une conférence de presse à Bamako. Les combats, dans cette localité, ont été particulièrement féroces entre les protagonistes, selon plusieurs sources consultées. Mopti, ville carrefour au thermomètre touristique du Mali, subit d'ores et déjà avec intensité les contrecoups de cette situation au Nord. Les touristes qui, en temps normal, et en cette période précise, remplissaient les hôtels, se font de plus en plus rares. Moins de 15% des chambres des hôtels sont occupées avec pour clients des nationaux en mission.

Pour Moctar Ba, le Directeur régional de l'office malien du Tourisme et de l'hôtellerie, la situation est beaucoup plus alarmante. « Une situation de crise extrême est en train de traverser la destination touristique du mali. Nous avons juste quelques petites poches de sites touristiques qui continuent de recevoir des visiteurs. Partant de l'analyse objective, je dirais que nous sommes très loin des affluences habituelles. Et il y a 2 niveaux problématiques. Le premier niveau est ce que nous appelons la problématique de la crise du tourisme liée à la question de l'insécurité dans la bande sahélo saharienne. Le deuxième niveau concerne cette nouvelle crise qui concerne directement les Maliens. C'est très mitigé, mais la grande tendance va vers le négatif.

Depuis le début des événements au Nord, nous avons eu à mener des actions en vue de rassurer les destinataires. Mais très malheureusement, la suite des événements ne joue pas en notre faveur. » Propos du premier responsable du tourisme dans le cercle de Mopti. Ces propos sont corroborés par un touriste que nous avons rencontré non loin du fleuve Bani.

Les Touaregs entre deux feux

« Nous devrions être 37 dans le groupe, mais finalement, nous ne sommes que 8 personnes à venir ici », a affirmé l'un des rares touristes rencontrés dans la ville de Mopti. A en croire un haut responsable du ministère malien de l'Artisanat et du tourisme, des voyagistes venant de France, du Canada et des Etats-Unis d'Amérique (USA) ont purement et simplement annulé leur destination vers le Mali. « En début février, on comptait environ 1500 annulations vers le Nord et beaucoup moins en direction de Mopti. La situation de guerre dans notre pays a provoqué des défections touristiques. Les aventuriers préfèrent aller vers d'autres horizons où la sécurité est garantie.'' L'aveu d'impuissance du haut responsable renforce celui des hôteliers. Du côté des commerçants, on qualifie cette crise de dramatique.

Même si Mamadou Niangadou dit Bakoroba, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Mopti, s'est abstenu de commenter la crise du fait qu'il n'a pas obtenu l'aval du gouverneur, force est de constater que les opérateurs économiques vivent actuellement une période difficile. Seydou Yelkouni (originaire du Passoré) est très inquiet : « Tous nos gros véhicules en partance pour Gao et Tombouctou sont immobilisés. Nos gros clients fuient la région et nous sommes gagnés par une inquiétude grandissante. » Le domaine des transports est aussi secoué par cette crise. Yacouba Traoré, président des chauffeurs et locataires routiers de Mopti confirme cette paralysie. « Lorsque nous prenons la route du Nord, c'est quasiment à vide que nous circulons. Mais au retour, nous sommes parfois obligés de faire de la surcharge ». Une affirmation que nous avons vérifiée à la gare de Tombouctou et de Gao où les voyageurs de Kidal et Menaka empruntent leurs véhicules. Nombreux sont ceux aussi qui ont choisi la voie fluviale pour rejoindre Mopti.

Une fois sur place soit ils sont hébergés par des familles, soit ils cherchent à continuer vers Bamako ou encore au Burkina et en Cote d'ivoire. Conséquence, il y a des familles débordées à force d'accueillir ceux qui fuient les zones de combats. Selon certaines sources, la communauté tamarcheq subit une certaine chasse à l'homme à Mopti. Devenus la risée des autres Maliens, ils sont obligés de se cacher dans les taudis et autres habitations insalubres de la ville pour échapper à la furie d'une certaine frange de la population bien circonscrite. Bijoutier, NS est très malheureux en ces moments et nous raconte sa « malchance » d'appartenir à la communauté Tamarcheq : « On nous accuse d'avoir déclenché la guerre au Nord. Des jeunes de mon quartier sont venus nuitamment chez moi et ont voulu attenter à ma vie. J'ai envie même de quitter la ville mais j'ai peur. Je me cache dans les quartiers périphériques. »

Comme NS, ils sont nombreux les Touaregs et les Arabes, à vivre cette situation. Un groupe de Touaregs vivant dans les mêmes conditions, que nous avons rencontré, le 8 février dans un quartier périphérique, ne sait plus à quel saint se vouer. C'est la peur au ventre que des chefs de famille passent la nuit et la journée à l'intérieur d'une maison très exiguë. Pour tout dire, ces Touareg sont pris entre deux feux particulièrement nourris. D'un côté, ils ne peuvent plus retourner au Nord, leur région d'origine, de l'autre, leur vie est en danger quand ils sont dans d'autres régions.

Attention aux radios mille collines

Et pour ne rien arranger, certaines radios émettant à Mopti ont pris fait et cause pour le pouvoir de Bamako. Pire, à écouter certaines radios « ce sont plutôt des aigris, des paresseux et des vauriens qui ont pris les armes contre l'Etat malien ». A travers des tranches spéciales animées en bambara, des animateurs expliquent avec détails comment la rébellion a été mise en déroute par les loyalistes. Par le biais parfois de l'humour, ils évoquent que les hommes aux turbans sont en cours de munitions et de rations alimentaires. Des propos haineux du genre « Appretez-vous, nous irons déloger les Touaregs à Ménaka'' sont entendus sur certaines antennes. Même si nous sommes loin des propos tenus par certains animateurs des « radios mille collines » lors du génocide rwandais, le pire souvenir est à éviter. Fort heureusement, parmi les 8 radios que compte la ville, il y en a qui ont choisi la voie de la neutralité.

Cas de la radio Djamana qui a opté pour un traitement professionnel, objectif et équilibré de la crise. « A chaque fois que nous devons parler, nous devons nous interroger sur notre part de responsabilité immédiate et future », prophétise Adam Diarra de la radio Djamana. Plus loin, à Kayes, les radios locales ne cachent pas leur soutien vis-à-vis des autorités de Bamako. Le directeur de la radio FM de Kayes, M. Traoré, que nous avons croisé au grand stade de Mopti s'est exprimé en ces termes : « C'est la France qui veut nous imposer cette guerre. Tout simplement parce que nous avons refusé de cautionner la guerre qu'elle a engagée en Libye. Avec la France, RFI empoisonne l'information sans tenir compte de l'éthique et de la déontologie. Serge Daniel, leur correspondant, n'a jamais quitté Bamako depuis le début de la crise. Je soutiens l'Etat malien et je suis sûr qu'il va mettre hors d'état de nuire ces bandits armés.

Ce matin, j'étais avec un confrère de la radio ADDAR de Ménaka, et il m'a expliqué comment les loyalistes ont bombardé les positions des rebelles aujourd'hui. On les a massacrés, pourchassés jusqu'à leur dernier retranchement. Mais RFI n'a jamais fait cas de cela. Lorsque ces rebelles sont arrivés à Ménaka, ils ont pris position au niveau de la radio ADDAR avant de couper toute communication téléphonique. Ils ont pillé la population, violé les femmes ». En revanche, Salifou Warmé, directeur de la radio Orona de Koro, ne porte pas de gants pour fustiger la responsabilité de l'Etat malien dans cette guerre. « C'est la complicité passive de l'Etat malien qui nous a créé cette situation. Tenez-vous bien, l'Etat savait bel et bien que ces Touarègs étaient armés jusqu'aux dents de leur retour de la Libye. Qu'est- ce qu'on a proposé pour ces affamés et ces nombreux combattants qui n'ont ni travail, ni projet sauf celui de la prise d'armes. Il fallait plutôt prévenir au lieu de chercher à guérir.''

En tout cas, Fanta Diabaté, une auditrice résidant à Tomoguel1, un quartier populeux de Mopti, en a marre de certains animateurs. Selon la jeune dame, ils attisent le feu au lieu de l'éteindre. Au niveau des partis politiques ayant des représentations à Mopti , on joue la carte de la prudence. Au nombre de 18 à avoir un siège à Mopti, ces partis ont une position qui tranche avec une certaine réserve. Le parti de la Solidarité africaine pour l'indépendance et l'intégration (SADI) du Docteur Oumar Mariko, par la voix de son représentant régional, secrétaire permanent intérimaire du parti, M. Cissé, dit observer la situation avec beaucoup d'amertume. S'il dit comprendre la position de Bamako, il reconnaît tout de même que les rebelles du Nord sont avant tout des Maliens à part entière. Il appelle les protagonistes à s'asseoir autour d'une table pour négocier et trouver un compromis. Car il y va de l'intérêt général de la Nation.

Enseignant en sciences politiques et agronome de formation, Ag Intazoumé Moussa est un fils de la région du Nord. Installé à Bamako, son bureau a été l'objet d'une attaque. Lorsque nous l'avons joint au téléphone, il était en partance pour Kidal. Connu pour ses écrits enflammants dans certains journaux maliens, l'homme n'est pas tendre avec le régime de Bamako. « Le pouvoir a profité d'une situation pour redorer son blason. Le nordiste a été marginalisé. Moi je suis, par exemple, de l'ethnie Bella. Au Mali, le Bella est une ethnie de seconde zone. C'est toute cette frustration qui a amené les frustrés à prendre les armes. Quand je fais par exemple une comparaison entre les Bella du Burkina et ceux du Mali, je me rends compte que le Bella au Burkina est beaucoup plus considéré. En plus, le Nord est laissé économiquement à son propre sort. Tous ceux qui ont eu à me lire avant cette crise me donnent aujourd'hui raison. », nous a-t-il dit au téléphone.

Les armées étrangères et la rumeur envahissent Mopti

Mais, ses arguments sont battus en brèche par le maire indépendant de Mopti, Oumar Batili : « L'Etat a tout donné à la région du Nord. Ce que le pouvoir a mis dans le Nord comme investissement, faites la comparaison et vous verrez. Honnêtement, ce que l'Etat a fait au Nord, il ne l'a pas fait au Sud. On y trouve des routes, des hôpitaux, des écoles...Tout ce qui contribue au développement. Ils sont tout simplement défavorisés par le climat et la nature. C'est vraiment dommage qu'ils arrivent à prendre les armes pour revendiquer. Je vous dis qu'ici nous avons 703 communes. Et il y a des élus au Nord qui sont maires ou députés. Pourquoi ne pas emprunter le chemin de la légalité pour revendiquer ? Ils se sont trompés d'ennemis. » Mais la grande question que les Mopticiens se posent est celle-ci : pourquoi y a-t-il d'armées étrangères dans leur ville ? En effet, depuis quelques jours, des hommes et femmes en treillis des Etats-Unis d'Amérique sillonnent la ville.

Leur quartier général serait implanté à la Brigade de la Gendarmerie nationale. Sont-ils venus en formation ou pour prêter main forte à leurs collègues maliens. En tout cas, le débat est ouvert. Conversant en anglais avec les citadins, leur présence suscite des rumeurs les plus alarmantes. Si d'aucuns affirment avoir vu d'autres militaires venant d'autres pays, ceux que nous avons pu voir sont des Américains. La présence, dans cette ville, de ces militaires a renforcé une rumeur qui était déjà persistante. C'est ainsi que dans la nuit du 8 février, l'on a appris que des rebelles avaient fait des infiltrations à Mopti. Pire, il se susurrait même que Salifou Koné, gouverneur de la région de Kidal, avait trouvé refuge à Mopti, accompagné de plusieurs militaires. Aussi, les villes stratégiques à prendre par les rebelles étaient Kidal, Gao, Tombouctou et Mopti. Dans le quartier Mossinkoré où nous étions logés, les commentaires des citoyens non maliens, notamment des Burkinabè, allaient bon train.

A en croire les avis des uns et des autres, les Maliens à la peau blanche sont vraiment très mal vus par leurs compatriotes. L'explication que l'on donne à cela est qu'ils sont non seulement minoritaires, mais aussi contestataires depuis des lustres. Insatisfaits depuis des siècles, ils n'ont pas ce courage de manier la daba comme leurs compatriotes du Sud ou du Centre. Ces préjugés sont autant des faits qui déterminent l'animosité dans la tension actuelle. Une femme venue de Menaka témoigne en affirmant ceci : « Quand ils sont arrivés chez nous, ils nous ont forcé à crier « République de l'AZAWAD » ; ils rançonnent la population, surtout les commerçants. Ils disent que leur objectif, c'est Bamako. » Mais selon une catégorie de personnes à Mopti, très minoritaire, cette rébellion est la politique de ATT pour s'éterniser au pouvoir.


Hamed NABALMA, de retour de Mopti


Le Pays, Burkina Faso, 21/02/2012 (via lefaso.net)


Source: MALI WEB.NET

mercredi, 22 février 2012

CRISE AU NORD MALI: LA RANÇON DE LA CRISE LIBYENNE


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L'Afrique et ses dirigeants ont vécu la crise libyenne comme un spectacle et dont les conséquences sont loin de se limiter de nos jours, à ce que nous vivons au Mali. Les dirigeants africains et leur organisation, l'Union africaine ont assisté passivement à la liquidation du régime du colonel Mouammar Kadhafi. Pour le colonel Mouammar Kadhafi, la page s'est définitivement refermée le 20 octobre dernier.

Tué ce jour-là, il en finissait définitivement avec les contradictions et les soucis de son existence de révolutionnaire ; mais pour bien d'autres États africains dont le Mali et les autres pays de l'espace Uémoa, les difficultés n'ont commencé que ce jour-là.

Il en est ainsi de la rébellion touarègue à laquelle nous assistons. Des experts en tout genre cherchent à trouver les raisons qui ravivent ce conflit que l'on croyait éteint suite à la signature du Pacte national. Mais le combat que les Touaregs mènent actuellement contre notre armée n'a rien d'identitaire. Il est existentiel. Il s'agit d'hommes et de femmes qui, estimant ne pas pouvoir trouver de quoi vivre chez eux-mêmes, avaient décidé d'aller voir ailleurs.

Le hasard les conduit alors en Libye où ils trouvent de quoi mener une existence à l'abri de l'indigence. Mais un beau jour, leur quotidien devait subitement être bouleversé. Plus parce que sa tête ne plaisait plus à certains que parce qu'il gérait mal son pays, le colonel voyait se lever contre lui une armée mondiale. L'issue fut tragique. Et pour les touaregs accusés à tort ou à raison de s'être rangés du côté du perdant, c'est la chasse aux sorcières, c'est le vandalisme, c'est le pillage des biens et c'est le retour forcé.

Retour d'émigrés démunis, pleins d'amertume mais puissamment armés. L'Etat ayant, à travers les autorités militaires ayant failli à leur devoir de désarmer les revenants, la crise était inévitable. Aujourd'hui, c'est la nation malienne qui est menacée dans son unité et son intégrité territoriale et le processus électoral jadis prometteur, est plus que compromis. On n'entend aucune des puissances impérialistes qui étaient intervenues en Libye, reconnaître leur part de responsabilité dans la crise actuelle que traverse le Mali et par ricochet, les pays comme le Niger, le Burkina Faso puisque ces pays accueillent de nombreux Maliens réfugiés.

L'Onu qui avait donné quitus à l'intervention, à travers sa fameuse résolution 1973 est muette de nos jours. Au Mali et à tous les autres pays sur lesquels se déversent actuellement les conséquences de cette crise libyenne de les gérer. Les autres avaient pour mission de tuer Kadhafi. Celle-ci accomplie, ils se sont retirés et tant pis pour le reste. Pauvre Afrique !

Et c'est là que se manifeste la responsabilité des dirigeants africains. Eux qui avaient laissé faire, ils avaient naïvement pensé que cela se limiterait à Kadhafi seulement. Eh bien, ils se sont dangereusement trompés. Parce qu'en réalité, la crise malienne ne sera certainement pas la seule conséquence fâcheuse que l'Afrique aura à déplorer, suite à son incapacité à se faire respecter par le monde entier.

Déjà, le fiasco enregistré lors de l'élection du président de la commission de l'Union africaine, est également à mettre au compte de ces conséquences malheureuses et regrettables. Car la gestion calamiteuse de l'interventionnisme occidental dans les crises ivoirienne et libyenne par Jean Ping est l'élément fondamental de l'inimitié absolue que l'Afrique du sud éprouve à son encontre.

Le 40e sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui s'ouvre aujourd'hui dans la capitale nigériane Abuja saura -t-il tirer une belle leçon de ce vécu ? Les sommets étant souvent de grandes rencontres au cours desquels des discours mielleux sont prononcés sans que des actes concrets ne s'en suivent.


Denis Koné, in IRIB WORLD SERVICE


Source: TSIMOKI GASIKARA

mardi, 21 février 2012

DECLARATION D'INTELLECTUELS, HOMMES ET FEMMES DE CULTURE SUR LA REBELLION AU NORD DU MALI



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ETAT DES LIEUX

Comment comprendre la rébellion armée qui, aujourd'hui, endeuille le Mali et condamne des dizaines de milliers d'innocentes et d'innocents à l'insécurité et au déplacement forcé, lorsqu'on ne veut pas s'en tenir au schéma réducteur du conflit ethnique? La rébellion qui a débuté le 17 janvier 2012 crée dans notre pays une situation de guerre civile.

L'heure est grave : l'intégrité du territoire national et la cohésion sociale sont aujourd'hui menacées.

L'honnêteté intellectuelle et la rigueur qu'exige la gravité de la situation actuelle du Mali imposent de lire cette rébellion à la lumière du système mondial et de ses crises.

Les réformes structurelles mises en œuvre à partir de la décennie 80 en vue de corriger les dysfonctionnements du modèle néolibéral, n'ont pas atteint les objectifs visés en terme d'amélioration des conditions de vie des populations, notamment l'accès à l'alimentation, l'eau, l'éducation, la santé et l'énergie domestique. Ce constat, qui est valable pour l'ensemble du pays, revêt des conséquences particulières au Nord.

ENJEUX

Le Nord Mali se caractérise par l'extrême complexité des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques, sans la compréhension desquels aucune paix durable n'y est envisageable.

Le septentrion malien a souvent été le théâtre de soulèvements d'une partie de la population qui revendique son autonomie par la voie des armes. Tous les régimes, coloniaux et postcoloniaux ont été confrontés à cette situation. De l'indépendance à ce jour, les réponses de l'Etat, qui ont été à la fois militaires, politiques et socio-économiques, n'ont pas pu y instaurer la paix sur une base durable.

La mauvaise gestion, le clientélisme et la corruption que l'on relève  dans la gestion des affaires publiques, exacerbent les frustrations et le sentiment d'exclusion à l'échelle du pays sans pour autant justifier la violence armée dans les autres régions.

Par ailleurs, la manière de gérer la libération des otages occidentaux a conforté AQMI dans la création au Mali d'un sanctuaire en liaison avec le terrorisme international.

Nous sommes dans un processus programmé de désintégration de l'Etat et de cristallisation des identités ethniques et régionales. De ce point de vue, nous questionnons même la genèse de l'appellation  « régions du Nord ».

N'y a-t-il pas une volonté d'affaiblir des Etats de la CEDEAO et l'Organisation elle-même ?

N'allons-nous pas vers une résurgence du vieux projet de l'Organisation des Etats Riverains du Sahara (OERS) ?

Après le découpage du Soudan, nous sommes en droit de nous interroger sur l'intention des pays de l'OTAN de procéder à une nouvelle balkanisation de l'Afrique. Ne sommes-nous pas de fait en présence d'un processus de dépossession des ressources  agricoles et  minières africaines, qui constituent aujourd'hui une partie importante des réserves mondiales pour la relance de la croissance économique globale ?

De l'approche globale que nous privilégions, il ressort que l'issue à cette guerre fratricide récurrente n'est ni militaire ni financière mais politique, économique, sociale, culturelle et diplomatique.

Face à cette situation :

Nous, intellectuels, hommes et femmes de culture du Mali, signataires de ce document déclarons que :

- L'intégrité du territoire, l'unité nationale et la cohésion sociale du Mali sont des acquis sacrés.

- Le septentrion n'est pas une planète à part, mais bel et bien une région du Mali, particulièrement vulnérable, qui n'en a pas moins subi les politiques néolibérales qui ont aggravé les inégalités, les injustices, la corruption et l'impunité. De Kayes à Kidal, les Maliens paient cher pour le dépérissement de l'Etat que nous voulons plus responsable, comptable et souverain ;

- La Paix véritable et durable dans le Nord de notre pays et sur l'ensemble du territoire, est au prix d'une nouvelle compréhension de la situation du Mali et de la bande Sahélienne qui intègre les enjeux sous-régionaux et mondiaux;

- Nous réfutons le discours réducteur de la guerre ethnique ;

- Nous déplorons le déficit de communication et de dialogue sur  les causes internes et externes des questions majeures qui engagent le destin de la nation ;

- Nous condamnons le recours à la violence armée comme mode de revendication dans un contexte démocratique et déplorons les pertes en vies humaines ;

- Nous condamnons avec énergie les agressions physiques, la destruction des biens et la stigmatisation de nos compatriotes Kel-Tamasheq et de peau blanche, nos frères et sœurs, alliés et voisins de quartier, de ville qui aiment et se reconnaissent dans le Mali, leur patrie, notre patrie commune à tous ;

- Nous soutenons résolument nos forces armées et de sécurité dans leur mission sacrée de défense du territoire national ;

- Nous sommes Un Seul et Même Peuple, uni par une longue histoire multiséculaire de rencontres, de brassages et de résistances à l'adversité ;

- La paix s'impose d'autant plus que les femmes et les enfants sont pris dans l'étau dans un conflit qui n'est pas le leur ;

- Les élections de 2012 sont donc une occasion historique de renouveler la réflexion sur un projet de société adapté à nos réalités, davantage fondé sur la culture de l'être et des relations humaines à même de garantir la prospérité, la paix, la stabilité et la sécurité pour tous.

- Nous signataires de la présente Déclaration, présentons nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes et à toute la nation malienne. Nous exprimons notre solidarité à toutes les familles déplacées victimes de violences.

Bamako, le 07 février 2012.


Signataires


-    Aminata Dramane TRAORE, Essayiste
-    Abdoulaye NIANG, Socio-Economiste
-    Adama SAMASSEKOU, Linguiste
-    Filifing SAKO, Anthropologue
-    Hamidou MAGASSA, Socio-Economiste
-    Ismaïl DIABATE, Artiste-Peintre
-    Jean-Bosco KONARE, Historien
-    Mohamédoun DICKO, Historien
-    Mariam KANAKOMO,  Communicatrice
-    Ousmane TRAORE, Administrateur civil, Juriste
-    Doulbi FAKOLY, Ecrivain
-    Kaourou DOUCOURE, Universitaire
-    Abderhaman SOTBAR, Professeur
-    Cheick PLEAH, Professeur
-    Mohamed COULIBALY, Ingénieur
-    Abdoul MADJIDOU HASSAN, Gestionnaire
-    Mahamadou H. DIALLO, Imam
-    Boubacar COULIBALY, Gestionnaire
-    Mme SiSSOKO Safi SY, CAHBA
-    Mme TOURE Alzouharata, Gestionnaire
-    Mme Awa MEITE VAN TIL, Designer
-    Dr Daba COULIBALY, Enseignant-Chercheur

LES MENSONGES «DEMOCRATIQUES»

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Comme au bon vieux temps des conquêtes coloniales, les Arabes et assimilés, les monarques en tête, bachaghas et caïds des temps modernes, en bons supplétifs, tambours battants, ouvrent la voie aux maîtres. Ils s'en vont démocratiser les irréductibles d'entre eux, qui leur sont désignés, qui refusent de s'aligner ou de les suivre dans leur équipée. Ils ont volé au secours des «révolutionnaires» libyens, ils sont en train de le faire pour la Syrie. Ils n'ont rien à craindre à le faire, ils sont les légions avancées de l'ordre mondial. De plus, il vaut mieux faire du zèle que de fâcher les maîtres qui, en matière de démocratie, ont plus d'un reproche à leur faire. Le problème est que, cette fois-ci, cela ne se passe pas exactement comme prévu. Les maîtres s'interdisent d'aller démocratiser eux-mêmes. Ils ont décidé, aux dernières nouvelles, de garder leurs avions, leurs pilotes et leurs bombes bien au chaud. Tout cela parce que les Russes et les Chinois se sont dit qu'il n'était pas question de se faire blouser une seconde fois. Ce qui a changé, fondamentalement, les données.

Ce sera, donc, en toute probabilité, aux Arabes et eux seuls d'aller au casse-pipe. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont envisagé une opération a minima. Ils veulent faire accepter au pouvoir syrien d'intervenir en tant que «force d'interposition». Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a expliqué que ce n'était pas si simple, dans une phrase simple : «Pour déployer une force de maintien de la paix, il faut l'autorisation de la partie qui la reçoit, tout d'abord. Deuxièmement, pour envoyer une mission de maintien de la paix, comme on l'appelle dans le jargon de l'ONU, il faut qu'il y ait une paix à maintenir». Le Russe a remis les choses à plat et a utilisé des formules désintoxiquées. «Il faut qu'il y ait une paix à maintenir», c'est fort de sens et une très judicieuse remarque. En clair, il veut dire qu'il ne suffit pas de mettre en branle l'armada médiatique et un CNT pour asseoir la vérité. Si tant est que le «droit d'ingérence» est accepté, il faudrait, pour le moins, qu'il y ait des raisons sérieusement établies. Ce qui est loin d'être le cas. L'exemple Irakien a démontré que des centaines de milliers d'êtres humains sont morts sur la base de mensonges, dont l'ONU a servi à la validation. Il suffit pour la Syrie d'en référer à la dernière tentative en date.

L'ambassadeur étatsunien en Syrie et le département d'Etat ont mis en ligne sur internet des photos prises par satellite, comme autant de preuves que l'armée syrienne conduit des opérations «d'envergure» contre les civils, notamment dans la ville de Homs. Un internaute algérien, Hafid, s'exclame : «La position (34° 42' 24'' N / 36° 41' 00'' E)  est particulièrement   intéressante : l'ambassadeur US parle de cratère (suite au pilonnage) !!! Je me suis posé sur cette position (grâce à Google Earth) et j'ai effectivement vu des cratères !!!  Le hic c'est que les images Google Earth datent du 29 juin 2010 et à cette date les «cratères»  existaient déjà !!!!  On est en plein Retour vers le futur. L'ambassadeur ne s'est pas douté un instant que des petits curieux s'amuseraient à visiter ses coordonnées. Autre débilité de l'ambassadeur, sur sa photo en bas à gauche : on peut lire: «Source : © 2011 Digital Globe» !! Oui, Oui, Copyright 2011 !! Digital Globe est un fournisseur privé d'images satellite !! Le mensonge éventé fait le tour de la toile. On comprend la phrase du Russe.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

mercredi, 15 février 2012

FINALE DE LA CAN - LE PUBLIC GABONAIS CRIE: «LIBEREZ GBAGBO, LIBEREZ GBAGBO!»


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Après l'Afrique du Sud, Alassane Ouattara semble décidément par avoir la côte en Afrique centrale.

Partis en grand nombre à Libreville au Gabon pour pousser les Eléphants à la victoire face aux ''Chipolopolo'' de la Zambie en finale de la Coupe d'Afrique des nations Orange 2012, les supporters ivoiriens ont été doublement désillusionnés au Stade Sino-Gabonais de l'Amitié. En face, ils n'avaient pas seulement pour adversaire la poignée de supporters zambiens présente dans le stade. Les supporters convoyés par le Comité national de soutien aux Eléphants (CNSE) et tous les Ivoiriens présents à Libreville, n'avaient pas compté avec l'hostilité des Gabonais qui se sont constitués en douzième homme des ''Chipolopolo''. Pourtant, lorsque l'avion affrété par le ministère des Sports et Loisirs s'est posé sur le tarmac de l'aéroport Léon Mba de Libreville sous le coup de 1h GMT, rien ne présageait une telle situation.

Dans la salle des formalités de police, l'ambiance était bon enfant entre Ivoiriens et Zambiens arrivés presqu'au même moment. Le ministre des Sports, Philippe Légré venu en personne accueillir ses ''troupes'', était heureux de savoir que les Eléphants ne manqueraient pas de soutien. Parce qu'en plus des supporters du CNSE, d'autres entreprises de la place et la Fédération ivoirienne de football avaient également transporté des supporters à Libreville. Il y avait du beau monde. De quoi galvaniser Didier Drogba et ses camarades pour la victoire tant attendue.

Mais très vite, l'optimisme va faire place à l'incertitude, ensuite à la désillusion, puis au cauchemar. En effet, dès la fin du compte à rebours, pendant la présentation des hymnes nationaux, les supporters ivoiriens sont surpris par un fait insolite après ''l'Abidjanaise''. Autour d'eux, certains Gabonais, chantent en choeur l'hymne national de la Zambie. On a l'impression qu'ils s'y étaient préparés en apprenant les paroles de cet hymne zambien. Et que quelque chose d'anormal allait se passer. Dans la foulée, tout le stade enchaîne aussitôt avec l'hymne national du Gabon. Ce qui n'est pas prévu. Nationalisme oblige, pourrait-on dire. Parce qu'au pays d'Ali Bongo Ondimba, c'est ''le Gabon d'abord''. Qu'à cela ne tienne. Mais le masque ne tarde pas à tomber. Des Gabonais assis parmi des supporters ivoiriens dans la zone où nous sommes, décident alors de faire des commentaires désobligeants sur la crise post-électorale en Côte d'Ivoire et le Transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI.

Excédé, un supporter ivoirien oppose à l'un d'eux une réaction musclée et lui rappelle, qu'eux aussi avaient contesté la nationalité de leur président lorsqu'il a exprimé l'intention de briguer la magistrature suprême du Gabon. Mais pourquoi l'acclament-ils dans ce stade? Mieux, il lui demande en quoi il est concerné par les affaires ivoiro-ivoiriennes, et quels liens elles ont avec l'affiche de la finale à laquelle ne participe pas le Gabon. Cette mise au point faite, plus tard, le fauteur de trouble présente ses excuses mais c'était sans compter avec ses autres compatriotes dans le stade. Surtout lorsque Drogba a raté le penalty. «Vous les Ivoiriens, vous n'allez pas partir avec ce trophée. C'est Gbagbo qui a gagné les élections. vous oubliez que nous sommes entre nous Africains, on va soutenir la Zambie jusqu'au bout», ont lancé certains.

Hostilité

Toutes les actions d'éclat des Eléphants étaient huées. Mais quand il s'agissait des Zambiens, ils étaient acclamés à tout rompre. D'autres n'hésitaient pas à venir narguer les supporters ivoiriens. Durant toute la partie, les Eléphants ont été brisés dans leur élan par une horde de Gabonais hostiles, braqués contre eux. Le public gabonais a réservé le comble pour la séance des tirs au but. Chaque fois que c'était le tour d'un joueur ivoirien de shooter, on entendait: ''Chipolopolo, Chipolopolo... Libérez Gbagbo, libérez Gbagbo...''. Dans les travées, cela donnait lieu à des menaces xénophobes insensées. Malgré l'hostilité ambiante, les supporters ivoiriens ont gardé leur calme jusqu'à la fin. Dignes dans la défaite et dans la douleur, ils n'ont pas répondu aux provocations des ressortissants du pays co-organisateur de la CAN Orange 2012.

Sur chemin du retour vers l'aéroport, le bus hué, recevait parfois des coups au passage. Dans la salle d'embarquement où les ont rejoints plus tard les Zambiens en partant pour Lusaka, la délégation ivoirienne a applaudi les vainqueurs. Les uns et les autres se sont congratulés et ont sympathisé. Dans un esprit de fair-play. Contrairement aux co-organisateurs.

Alphonse

 

Source: KOACI.COM

mardi, 14 février 2012

CRISE AU NORD-MALI: A QUOI JOUE LA FRANCE?

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La question mérite d'être posée au regard du comportement déjà suspect des médias français les plus prisés au Mali et qui vient d'être corroboré par les déclarations incendiaires à friser la démesure, de la part d'un chef de diplomatie.

En abordant la question du septentrion malien sur RFI, avant-hier, Alain Juppé, sans la moindre retenue due à sa tunique  diplomatique, n'a trouvé mieux que de blesser les Maliens dans leur orgueil par des propos qui frôlent la jubilation. «La rébellion a engrangé des succès», a-t-il laissé entendre, allusion faite visiblement aux assauts sporadiques d'éléments armés sur certaines contrées du Nord-Mali. Ménaka, Tessalit, Aguelhoc, Anderamboukane, etc, ont été soit définitivement soit temporairement abandonnés aux positions rebelles parfois par mesure stratégique.

Quoi qu'il en soit, le succès auquel le Ministre français des Affaires Étrangers fait allusion est entaché d'exactions graves et même passibles de comparutions  devant la Cour Pénale Internationale. Il s'agit des abus commis sur les soldats maliens après qu'ils se soient rendus, abus dont les images ont fini de faire le tour du monde et d'horrifier les internautes de la planète entière.

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Au lieu d'attirer les attentions sur ces horreurs dignes de la barbarie d'un autre âge, Alain Juppé semble visiblement mettre les intérêts de la France sur celle de l'humanité.

En effet, une telle perception de l'évolution de la situation dans le Nord-Mali, pour peu qu'on est attentif, ne peut s'expliquer que par la détention d'une poignée de citoyens Français par l'AQMI dans la zone. Il se trouve, selon des sources dignes de foi, que la collusion d'intérêts entre la France et la rébellion est de plus en plus manifeste. Leur collaboration, de même source, a même atteint une certaine proportion depuis que l'AQMI, principal ennemi de Paris, a essuyé une lourde perte à la suite d'un récent accrochage avec les positions rebelles du Mali.

Se servir des rebelles maliens pour combattre les islamistes et autres preneurs d'otages. Telle est, en définitive, la logique qui vaut au Mali l'indifférence de l'ancienne métropole face aux horreurs que subissent ses vaillants combattants sur le front septentrional. Il ne lui a donc pas suffi que son ancienne colonie ait fait violence sur elle en compromettant ses rapports de bon voisinage avec des pays limitrophes (Algérie et Mauritanie) par la libération de leurs terroristes contre celle du Français Pierre Camate.


A.Keïta


Source: TELEDIASPORA.NET

00:25 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Mali | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, mali, crise au nord-mali, rfi, alain juppé, aqmi, pierre camate, ménaka, tessalit, aguelhoc, anderamboukane, cpi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

SITUATION SECURITAIRE AU NORD-MALI: LES BANDITS ARMES DU MNLA REJETTENT L'OFFRE DE DIALOGUE DE BAMAKO



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Comme des patients atteints d'une cécité qui ne dit pas son nom, plusieurs ténors de la classe politique malienne s'ingénient autour d'ATT à faire des propositions en vue d'aller au dialogue avec les bandits armés qui ont pris les armes contre la patrie nourricière du Mali. A quoi servira un forum de discussions que les groupuscules du prétendu Mouvement national de Libération de l'Azawad (MNLA) rejettent catégoriquement ? Malgré la bonne volonté affichée par le Chef de l'Etat, accompagné par la classe politique, les bandits armés semblent décidés à aller à l'affrontement. Le Mali va devoir se lancer dans une guerre qu'on lui aura imposée. Cette fois, pour une paix définitive !

Celui qui apparaît désormais comme le porte-parole de la classe politique malienne, le président de l'Assemblée nationale, président de l'Adéma-PASJ et candidat investi par ce parti à la présidentielle du 29 avril 2012 (dont le report se susurre malgré les assurances données par le Chef de l'Etat), Pr Dioncounda Traoré devrait rencontrer hier ou aujourd'hui le président Touré pour lui soumettre « le plan d'actions du Forum national pour la paix et la stabilité au Mali ». Un plan de dialogue et de réconciliation d'office rejeté par les bandits armés qui ont attaqué notre pays. « Les discussions menées à Alger entre le gouvernement et ces rebelles touareg du Mali ne nous engagent en rien », a affirmé mardi un des chefs du MNLA, qui a lancé depuis le 17 janvier des attaques dans le nord du pays.

Echec des négociations d'Alger

«Les négociateurs présents à Alger ne nous représentent pas, les conclusions auxquelles ils aboutiraient ne nous engagent en rien», a déclaré le président d'un prétendu conseil révolutionnaire du MNLA, Abdel Kerim Ag Matafa, dans un entretien publié par l'agence indépendante mauritanienne en ligne Al-Akhbar. «Toute négociation avec Bamako doit, vocifère l'un de ces bandits, se baser sur le principe de l'autodétermination de notre peuple et se dérouler en terrain neutre, au Burkina Faso, en Mauritanie ou en Suisse, par exemple, avec la participation directe des Nations Unies».

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga a eu, du 2 au 4 février, des discussions avec des délégués de l'Alliance du 23 mai, dont des membres combattent aux côtés du MNLA contre l'armée nationale dans le nord du pays. A l'issue des pourparlers, les deux parties ont lancé, le 4 février, de sources proches du dossier citées par l'Agence officielle algérienne APS, un appel pressant à l'arrêt des hostilités, pour privilégier le dialogue et la concertation.

Par ailleurs, dans un entretien diffusé lundi par le quotidien arabophone algérien El Khabar, le secrétaire général du MNLA avait affirmé que cet appel au cessez-le-feu ne concernait pas son mouvement. Il faut rappeler que des bandits armés se réclamant du MNLA, appuyés par des éléments armés rentrés de Libye, ont lancé, depuis le 17 janvier, une vaste offensive dans le nord du Mali, la plus importante depuis 2009.

La fermeté...

Plusieurs villes du septentrion ont été attaquées, provoquant l'exode de paisibles populations, qui ont trouvé refuge dans des campements au Mali, mais aussi dans des pays voisins, selon les constats du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Se croyant en position de force pour avoir semé la désolation à Ménaka, Aguelhoc, Anderouraboukane et Tinzawaten, les criminels du désert semblent montrer à présent leurs biceps, non seulement aux autorités maliennes mais à toute la nation.

Nos forces armées républicaines doivent désormais se lancer dans la bataille que l'ennemi est décidé à nous imposer. Ces bandits ont affirmé avoir pris mercredi le contrôle de la localité de Tinzawaten, dans le nord-est et frontalière avec l'Algérie. Ce qu'a démenti une source militaire digne de foi. «Je démens catégoriquement. Nous tenons toujours nos positions. Nous sommes sur le terrain pour défendre la patrie», a affirmé de son côté un officier de l'armée nationale en poste à Gao.

La localité de Tinzawaten est située dans le désert à la frontière avec l'Algérie. Elle abrite notamment un camp de candidats à l'émigration clandestine en Europe refoulés d'Algérie ou en attente de départ. Des témoins joints depuis Bamako ont affirmé avoir vu mardi des hélicoptères de l'armée malienne survoler la zone comprise entre Tinzawaten et la ville de Kidal, plus au sud.

Faut-ils rappeler que la crise actuelle a suscité le mécontentement de familles de soldats engagés dans les combats, qui ont dénoncé la gestion du dossier par le pouvoir et ont manifesté pour avoir des nouvelles des leurs au front et plus de moyens pour ceux-ci. Elle a également été à l'origine « d'amalgames  » de manifestations hostiles à des habitants à peau claire, incluant des Touareg, dont des biens ont été saccagés, notamment à Kati.

Le président Amadou Toumani Touré a invité les populations à ne pas faire « l'amalgame » entre civils et rebelles touareg. Et les appels à l'apaisement, au cessez-le-feu et au dialogue se sont multipliés ces derniers jours au Mali et à l'étranger. Mais, il faut se rendre à l'évidence que la fermeté prônée par ATT, Dioncounda Traoré et d'autres, doit avoir à présent droit de cité.


Bruno D. SEGBEDJI


Source: TELEDIASPORA.NET

lundi, 13 février 2012

CAN 2012 - LA ZAMBIE REINE D'AFRIQUE

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Mweene et la Zambie ont détruit le rêve de Drogba et de la Côte d'Ivoire. (Reuters)

 

Nous l'avions espérée et attendue, cette victoire des Eléphants, ainsi que le couronnement de la carrière de la Génération Drogba. Elle ne viendra pas. Abidjan plonge dans le désarroi et s'endort, la mort dans l'âme. La réconciliation par le football n'a pas eu lieu. Ouattara doit voir ailleurs et faire face à ses vraies responsabilités.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

 

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Pour la première fois de son histoire, la Zambie a remporté la Coupe d'Afrique des Nations aux dépens de la Côte d'Ivoire (0-0, tab: 8-7), dimanche, à Libreville. Stoppila Sunzu est devenu le héros des Chipolopolos, qui ont tenu bon malgré un penalty sifflé contre eux en seconde période. Les Éléphants échouent une nouvelle fois en finale, comme en 2006, après des ratés de Kolo Touré et Gervinho. Le film du match.

Il y a 20 ans, la Côte d'Ivoire triomphait sur le sol sénégalais, célébrant alors aux dépens du Ghana sa toute première - et unique à ce jour - Coupe d'Afrique des Nations. Il y a 19 ans, la Zambie vivait un véritable drame national, perdant dans un crash aérien toute une sélection - exception faite de son joueur vedette, Kalusha, le seul alors à ne pas évoluer au pays. Ce jour tragique d'avril 1993, les Chipolopolos se rendaient à Dakar, fauchés dans leur envol au large de Libreville, capitale gabonaise où les Zambiens jouaient ce dimanche soir la troisième finale de CAN de leur histoire, après deux échecs essuyés en 1974 et 1994. Sous le regard bienveillant mais humide de Kalusha...


Cette finale, les uns la jouaient pour leurs aînés disparus, les autres pour un pays déchiré par un conflit civil qui, l'an dernier encore, faisait des centaines de victimes. Les premiers, inattendus à ce stade ultime, n'avaient en théorie rien à perdre, si ce n'est dans le discours de leur sélectionneur, le Savoyard Hervé Renard, qui lui n'envisageait que la gagne après les victoires au culot de ses hommes sur le Sénégal (2-1 au premier tour) ou encore le Ghana (1-0 en demie), deux grands favoris de la compétition. Les seconds, eux, avaient de fait toute la pression sur leurs larges épaules d'Eléphants. Un lest fatalement pesant sur le terrain...


Vifs et alertes comme à leur habitude depuis le coup d'envoi de cette CAN, les Zambiens n'ont ainsi guère souffert de la comparaison. Au contraire. Si ce n'est cette frappe de Yaya Touré consécutive à une belle talonnade de Drogba dans la surface (30e), rares ont été les opportunités franches pour les Ivoiriens en première période. A peine plus nombreuses dans le deuxième acte. Outre ce tir un brin trop croisé de Gradel dans les derniers instants de la partie (88e), c'est bien ce penalty sifflé pour une faute commune de Chansa et Nyambe sur
Gervinho qui aurait pu (dû ?) faire pencher la balance dans le temps réglementaire. Seulement capitaine Drogba a alors manqué le coche, expédiant sa lourde frappe au-dessus du montant supérieur de Mweene (69e).

La prolongation devenue inévitable, les Chipolopolos auront à leur tour laissé passer leur chance, se heurtant au soulier de Barry et à son poteau gauche au terme d'une action rondement menée par les frères Katongo (95e). Entre le favori et son valeureux challenger, il était manifestement écrit que le sort ne choisirait son camp qu'en tout dernier recours, via la si cruelle séance des tirs au but. Drogba, cette fois, n'a pas tremblé, mais Gervinho, comme Kolo Touré juste avant, a failli, permettant à Sunzu d'entrer dans l'histoire de la CAN et de son pays (8-7 au final). Pour la deuxième fois de sa carrière, Didier Drogba, symbole d'une génération ivoirienne dorée, se contente de l'amertume de l'argent, six ans après la désillusion du Caire, face aux Pharaons d'Egypte (déjà aux tirs au but après une finale conclue sur un score nul et vierge). Les Zambiens d'Hervé Renard, eux, ont rendu le plus beaux des hommages à Kalusha et ses anciens partenaires...


Yannick SAGORIN

 

Source: COUPE D'AFRIQUE.COM

dimanche, 12 février 2012

ELEPHANTS, DONNEZ UN PEU DE JOIE A CE PAYS TRISTE DEPUIS LE 11 AVRIL!


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Devant le petit magasin qu'il tient au «black market» d'Adjamé, Moktar n'a pas eu hier, un bout de temps pour lui-même. Toute la journée, il a été assailli par les clients venus se procurer qui, des gadgets aux couleurs nationales qui, la dernière réplique du maillot officiel des Eléphants. En prévision de la demande, le jeune commerçant avait pris soin la veille, de renforcer considérablement son stock. Mais cela n'a pas suffi à satisfaire la clientèle qui en redemandait. A en croire le jeune homme et ses voisins commerçants du coin, la réalisation de ces bonnes affaires dure depuis trois jours aujourd'hui, soit depuis la victoire sur le Mali, le pays d'origine de Moktar. Une bonne conjoncture qui non seulement est venue soigner le moral du commerçant, brisé par le raid de Gervinho, mais qui lui a permis d'équilibrer ses comptes, déficitaires jusque-là, du fait de la morosité économique ambiante. C'est donc tout heureux que depuis jeudi, Moktar a troqué son maillot des Aigles contre la tunique orange des Eléphants dont il se dit désormais le premier supporter.

Et hier, à la mosquée, lors de la grande prière de 13 heures, il a ardemment invoqué Allah le Miséricordieux afin qu'il permette à  Drogba de brandir le trophée au terme des 90 mn car il sait que pareil dénouement lui donnera encore quelques jours de prospérité. Comme Moktar, Yves Messou, assis au comptoir de son maquis, qui passe pour le meilleur espace de la cité verte, à Yopougon, peut se frotter les mains. En cette période de CAN, les recettes sont bonnes avec des pics inespérés à chaque victoire de Copa Barry et les siens. C'est pourquoi, comme le Onze national, lui aussi prépare le grand soir.  Stock de boissons  triplé, nouvelles serveuses aguichantes, capacité d'accueil agrandie, drapeaux tricolores flottants, rien n'a été négligé par le maître des lieux pour demeurer la meilleure offre du quartier.  La plupart des ménages abidjanais sont également dans l'air du temps avec les couleurs orange-blanc-vert accrochés aux fenêtres des maisons comme à la belle époque de la célébration des fêtes nationales de l'indépendance.

Dans les bureaux, presque toutes les conversations tournaient hier autour du match de demain. Les dossiers ? « Ca peut attendre après la finale », a lancé tout sourire, Cédric, cadre des impôts, refermant son bureau  dès 13h et pressé d'aller rejoindre la joyeuse bande de copains qui, dira-t-il, a déjà commencé la mise au vert  autour de ses bouteilles préférées. Partout, dans l'esprit des uns et des autres, c'est la fête avant le show final même si l'on redoute quelque peu, le syndrome ''Orlando pirates'' du nom du cataclysme intervenu le 15 décembre 1995, où le club Sud-Africain, en match retour, est venu battre l'Asec  au stade Félix Houphouët-Boigny (1-0) alors que les Ivoiriens avaient fait le plus dur à Pretoria (2-2). Le revers des champions ivoiriens si prêt du but, avait eu l'effet d'un séisme dans tout le pays.

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D'où la méfiance et la concentration maximale conseillée par le coach François Zahoui à ses garçons qui ne devront jamais penser que c'est déjà dans la poche et que le rendez-vous du dimanche soir n'est que simple formalité. Ce serait une grossière appréciation vu qu'en face, les garçons de Hervé Renard caressent le rêve secret de tomber le grand favori de la compétition, trois jours après s'être offert le Ghana, un autre groupe bien côté à la bourse des valeurs africaines. De sources proches du staff des Eléphants, on indique que les joueurs sont conscients de leur mission et savent que les Ivoiriens attendent avec impatience ce second sacre. Pas seulement pour voir enfin la génération dorée ivoirienne, inscrire en lettres d'or, son nom sur le précieux trophée continental, mais pour s'offrir eux-mêmes quelques jours de bonheur dans ce pays toujours aussi triste qu'au lendemain du 11 avril 2011, le jour où tout a basculé en Côte d'Ivoire.

Oui, quelques jours de félicité pour chasser le spleen d'un peuple pris à la gorge par la cherté de la vie, angoissé par la vague de licenciements qui balaie tous les services, terrorisé par les FRCI et qui attend toujours sans vraiment y croire maintenant, les pluies de milliards annoncés à grand renfort de publicité par les gouvernants actuels. Dix mois que l'attente dure et rien n'indique pour l'heure, que nous sommes au bout du tunnel.

Avec notamment toutes ces nouvelles pas trop rassurantes en provenance du FMI et de la Banque Mondiale. Bien instruit de l'enjeu de cette finale, les principales compagnies de téléphonie mobile qui officient à Abidjan ont décidé d'accompagner les Ivoiriens sur la route du bonheur. Pour cela, elles rivalisent depuis quelques jours d'ardeur pour attirer le maximum de personnes sur les sites spécialement conçus et savamment disséminés aux quatre coins du District d'Abidjan. La place Ficgayo, le complexe Jesse Jackson de Yopougon   et la place Inch Allah de Koumassi  sont pour l'heure, les meilleures adresses en la matière. Du côté du leader du secteur, on annonce pour cette nuit, une veillée d'animation sportive qui va se poursuivre jusqu'à l'heure du match. Du délire en perspective. Eléphants, à vous de jouer !

Barrissez donc !

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 143 des samedi 11 et dimanche 12 février 2012.


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CE NE SERA PAS LA FIN DE LA CRISE

Il faudra être clair et ne pas s'y tromper, les Eléphants prendront cette coupe et nous leur ferons la fête comme il est recommandé de le faire à tous les vrais héros nationaux. La fête sera  grande parce que depuis 20 ans, nous en bavons et nous ne bouderons pas notre joie parce que nous avons trop souffert de la méchanceté de l'impérialisme qui a fait une OPA sur notre pays. Nous savourerons chaque instant de la victoire des Eléphants comme si nous prenions une revanche sur le sort des opprimés que les mentalités esclavagistes veulent nous imposer.

Comme un seul homme, n'en déplaise aux esprits chagrins, nous nous lèverons pour soutenir les Eléphants et les pousser à la victoire. Mais, à l'adresse de nos dirigeants et de la commission vérité dialogue et réconciliation, il faut clarifier que ce ne sera pas le moment de faire une lecture erronée sur l'état de la société ivoirienne. Il n'est pas interdit à un malade même dans son état de grabataire de savourer quelques instants de bonheur quand ceux-ci se présentent. Un médecin sérieux et compétent ne prendrait pas le sourire de son malade pour la fin du mal. Aussi voudrions-nous prévenir Dramane Ouattara que ce n'est pas pour lui et sa politique de rattrapage, de licenciement, de justice des vainqueurs, de chartes de détournement, de démolisseur,  que les Ivoiriens occuperont les rues le soir du dimanche 12 février. Nous savons qu'il n'a jamais eu droit à une véritable liesse populaire dans ce pays, mais il se trompera lourdement de voir dans la joie des Ivoiriens son retour en grâce dans leurs cœurs.

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Quant à Charles Konan Banny, il sait lui-même qu'à part tourner le couteau dans la plaie par la ténacité de sa rancœur contre Gbagbo, il n'a encore rien fait pour que les Ivoiriens se réconcilient. Nous nous jetterons dans les bras des uns et des autres pour montrer notre disposition à nous retrouver, mais nous ne laisserons aucun politique  tirer à lui la couverture d'un succès dont il n'a aucun mérite.

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 143 des samedi 11 et dimanche 12 février 2012.



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DIDIER DROGBA, DANS LA LIGNEE DES POKOU, MILLA, BELLOUMI...

Dimanche, 12 février 2012, la Côte d'Ivoire joue pour la troisième fois de son histoire, la finale de la Coupe d'Afrique des nations. La deuxième finale de la génération Didier Drogba. Dans cette génération, où les talents se valent, les regards sont tournés vers l'emblématique buteur de l'équipe nationale qui a besoin de rentrer dans l'histoire. En tant que leader de l'actuelle génération, Didier Drogba doit inscrire son nom dans les annales du football africain à l'instar d'un Laurent Pokou qui, en seulement deux compétitions, est devenu une légende  continentale.

Pendant plus de 38 ans, il a détenu le record de meilleur buteur avec 14 buts à son actif. Marquant ainsi la Can de son empreinte. Le nom d'Asmara qu'il porte n'est pas un pseudonyme de luxe. Ce nom qui était celui de la deuxième ville d'Ethiopie, aujourd'hui capitale de l'Erythrée,  a été donné à Laurent Pokou en 1970 par le Président Hailé Sélassié pour saluer ses prouesses face à l'équipe nationale de l'Ethiopie dont « l'Empereur Baoulé », un autre surnom de Laurent Pokou, avait violé la cage plus de 5 fois, arrachant du coup la vedette à l'Egyptien Mohamed  Al-Diba qui totalisait déjà 4 buts en une seule rencontre.

Avec ce  talent  de grand buteur, sa rage de vaincre, Didier Drogba a tous les moyens pour  se hisser au diapason des Pierre Kalala Mukendi, N'dayé Mulamba, Ossei Koffi, Ali Fergani, Moustafa Dalheb, Roger Mila, Djonkep Bonaventure, Ibrahim Youssef et autres Abega Théophile, ces grandes figures dont les noms occupent les premières lignes dans les livres du Football africain. Le buteur de Chelsea a certes  glané des lauriers çà et là en Europe,  avec le titre de Champion d'Angleterre, un trophée de la Coupe d'Angleterre, deux ballons d'Or en Afrique et deux participations à la phase finale de la Coupe du monde où il totalise deux buts.

Un but contre l'Argentine en 2006 et un autre contre le Brésil en 2010.  Le seul africain à avoir violé la cage des Auriverde. Mais cela ne suffit pas pour  ce brillant  palmarès auquel manque la Coupe d'Afrique des Nations. L'Année  2012 est donc celle de l'espoir pour le natif de Niaprahio de brandir ce prestigieux trophée continental.  Cela, en vue de confirmer son  statut de leader  qui lui colle à la peau depuis 2006, date de la première participation de cette génération à un rendez-vous aussi important qui réunit tous les grands noms du football africain.

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Avec ses dix buts en quelques années de présence à la Coupe d'Afrique des nations, Drogba a là une belle occasion d'accroître son capital buts et rabattre définitivement le caquet à tous ses détracteurs en ramenant le trophée sur les bords de la lagune Ebrié. Les sportifs ivoiriens et de toute l'Afrique l'attendent. Si la rencontre Côte d'Ivoire -Zambie polarise tant  l'attention, c'est en partie à cause d'un Didier Drogba qui a su porter l'équipe à bout de bras jusqu'à la finale. L'heure de la vérité n'est plus loin. ''Dahi Zoko'', le guerrier de Niaprahio ne le sait que trop.


Que le spectacle commence !

Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 143 des samedi 11 et dimanche 12 février 2012.

MALI: LES COMBATS SE POURSUIVENT, LES APPELS AU CESSEZ-LE-FEU SE MULTIPLIENT


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Les appels au cessez-le-feu et au dialogue se multiplient au Mali et à l'étranger. Pour l'heure les combats continuent entre l'armée malienne et les rebelles du MNLA, dans le nord-est du pays, pour empêcher ces derniers d'évoluer vers Kidal. L'impasse actuelle inquiète d'autant plus que le nord du Mali est aussi le théâtre d'opérations d'al-Qaïda au Maghreb islamique qui y détient treize otages occidentaux. C'est dans ce contexte que le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt est arrivé le 9 février à Bamako, avant de se rendre au Niger et en Mauritanie.

La France ne peut pas rester à l'écart de la grave crise qui secoue le Nord-Mali d'autant que six de ses ressortissants ont été pris en otages dans cette région du Sahel. Henri de Raincourt a eu un entretien avec le président malien Amadou Toumani Touré. Le déplacement du ministre français de la Coopération devrait permettre à l'ancienne puissance coloniale d'écouter mais aussi de s'assurer de la volonté de Bamako d'ouvrir un dialogue avec la rébellion du MNLA, Mouvement national de libération de l'Azawad. Même si les Français ne souhaitent pas apparaître en première ligne, ils peuvent peser et aider les deux parties en conflit à négocier.

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Henri de Raincourt
Ministre français de la Coopération

La France est aux côtés du Mali pour trouver des solutions à la crise (...) Le Mali a vocation à vivre dans la paix et la sécurité et que c'est un acteur très important pour la stabilité du continent tout entier.

Le ministre français de la Coopération devrait également évoquer la menace qui pèse sur l'élection présidentielle prévue le 29 avril. Dans l'impossibilité de la tenir, quelles seront les options ?

Après cette étape malienne, le ministre français est aujourd'hui à Niamey. Le risque d'un débordement de la crise malienne chez le voisin nigérien suscite sans doute de l'inquiétude. Les Touaregs nigériens vivent dans une zone frontalière avec la Libye. Ce serait grave, explique un diplomate si le MNLA faisait tache d'huile, le Nord-Niger pourrait servir de base arrière et réveiller des alliances entre forces touarègues et forces pro-kadhafi.

A Nouakchott dernière étape de sa tournée régionale, Henri de Raincourt pourrait demander au président Mohamed Ould Abdel Aziz de nuancer ses critiques à l'égard du régime de Bamako et de profiter de ses éventuels contacts avec le MNLA pour faciliter l'ouverture d'un dialogue entre les adversaires maliens.
Exode des populations

Les violences qui font rage depuis la mi-janvier provoquent l'exode de milliers de personnes qui cherchent refuge dans les pays voisins et dans des campements de fortune. La ville de Ménaka, touchée par les premiers combats entre le MNLA et l'armée malienne, continue de se dépeupler. Les départs se sont multipliées quand l'armée malienne a quitté la ville : 26 000 personnes ont fui dans la région, et plus de 15 000 ont passé la frontière nigérienne selon le CICR, Comité international de la Croix-Rouge. Ibrahim est parti avec toute sa famille, quinze personnes au total, pour trouver refuge en début de semaine chez des proches à Gao à quelques heures de route de là. Il raconte son désarroi.


Un habitant de Ménaka
Réfugié à Gao

Les gens fuient parce qu'ils ont peur, ils ne sont pas habitués aux armes, aux pillages. L'Etat a abandonné Ménaka.

Le CICR est présent sur le terrain du conflit. L'organisation est appelée à prêter secours aux nombreux déplacés, les populations qui ont quitté leur maison pour fuir les combats. Germain Mwehu responsable de la communication pour le CICR Niger Mali témoigne.

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Germain Mwehu
Responsable de la communication pour le CICR Niger Mali

Une équipe du CICR a rendu visite à treize militaires de l'armée malienne qui sont aux mains d'un groupe armé aux environs de Ménaka et entamer un dialogue avec eux. Le CICR a également porté secours aux combattants blessés.

En Mauritanie, les autorités et le Haut commissariat aux réfugiés sont en train de mettre en place un immense camp de réfugiés à deux jours de route de la capitale Nouakchott. Elise Villechalane, porte- parole du HCR en Mauritanie s'en explique.


Elise Villechalane
Porte parole du HCR en Mauritanie

Le HCR a assuré dans un premier temps le transport de biens essentiels, couvertures, sanitaires, moustiquaires et doit livrer 1 200 tentes familiales dans les jours qui viennent.

A Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, les autorités, appuyées par les Nations unies, font tout leur possible pour gérer ces arrivées. Une cellule de coordination est en place pour gérer la situation.


Réfugiés maliens au Burkina Faso

Les autorités burkinabè s'inquiètent également des désertions au sein de l'armée malienne. Pour Vincent Zakané, le ministre délégué à la coopération regionale, le Burkina Faso ne doit pas être une base arrière pour déstabiliser le pays.


Source: RFI

vendredi, 10 février 2012

MALI: UN COLONEL TOUAREG NOUS A DIT...

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LE REMAKE IVOIRIEN AU MALI?


Le 17 janvier 2012, des hommes solidement armés ont attaqué des cantonnements militaires à Manaka, Adaramboukaré et Tessalit, trois localités sahariennes du Nord-Mali. Depuis, les combats se font âpres. Même s'il est difficile de dresser aujourd'hui un bilan fiable, ce, d'autant plus que chacun des belligérants donne plus ou moins des chiffres en deçà de la réalité du terrain, le doute n'est plus de mise : les morts se comptent par centaines et les réfugiés par milliers dans les pays voisins.

Hier, en fin de matinée, nous avons rencontré dans notre capitale un des ténors de cette rébellion : il s'appelle Hassane Ag Mehdy, il est officier de l'armée malienne et porte fièrement son grade de colonel. Pour lui, contrairement aux idées reçues, le nord du Mali n'est pas occupé seulement par des Touaregs, mais aussi par des Peulhs, des Sonraï et des Arabes, qui se sentent marginalisés, délaissés, abandonnés à leur propre sort par l'Etat central : dans le septentrion malien, à en croire notre interlocuteur du jour, il n'y a ni infrastructures socio-éducatives, ni routes, ni eau, rien !

Bref, les habitants de cette zone ne se sentent plus Maliens. « Et la solution passe par l'indépendance du nord du Mali qui occupe les 2/3 du territoire ».

Entretien exclusif.

Peut-on connaître qui est le colonel Jimmy ?

Je m'appelle Hassane Ag Mehdy, dit Jimmy, le Rebelle pour les intimes. Je suis colonel de l'armée malienne. Je vivais au Burkina, mais après les Accords de Ouagadougou de 1990, j'ai regagné mon pays, le Mali. Mais comme vous le savez, depuis quelques jours dans le nord du Mali, je suis devenu une cible. C'est pourquoi je suis revenu au Burkina.

Quelles fonctions avez-vous occupées dans l'armée malienne ?

Dans l'armée malienne, j'ai assumé tous les commandements, de commandant du premier escadron jusqu'à commandant de région. C'est le plafond. J'ai servi aussi comme officier au Liberia durant la guerre que ce pays a connue.

Dans quel cadre séjournez-vous au Burkina ?

Je suis ici au Burkina pour des raisons évidentes. Comme je vous le disais tantôt, les derniers développements au Mali (Nldr ; la rébellion touarègue) ont fait que j'étais devenu une cible. Alors, j'ai décidé de trouver refuge quelque part. Mon choix a porté bien naturellement sur le Burkina Faso où je vivais, je vous le disais, bien avant les Accords de Ouagadougou dont je suis un des signataires. Je fais partie des derniers à avoir quitté le Mali.

Vous dites que vous étiez devenu une cible. Qu'est-ce qu'on reproche au colonel que vous êtes ?

Ce n'est pas à moi seulement qu'on en veut, mais à toute la communauté touarègue et arabe. C'est devenu une guerre de couleurs. On a brûlé et cassé des pharmacies, des domiciles de conseillers du président, de ministres, etc.

On sait que vous avez été un élément actif de la rébellion touarègue au Mali dans les années 90. Qu'en est-il aujourd'hui ?

J'ai participé activement à la rébellion de 1990. J'étais même chef de guerre et contrôlais toute une zone. Je n'ai pas participé aux accords de Tamarasset ni à ceux du pacte national. Après 1990, j'ai rejoint les rangs de l'armée régulière, mais aujourd'hui, je suis de nouveau dans la rébellion.

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Depuis une cinquantaine d'années, il y a toujours eu des remous dans cette partie du pays. Peut-on savoir ce que les Touaregs réclament exactement ?

Vous savez, le problème touareg n'a pas commencé hier. Il date de 1963, mais jusqu'aujourd'hui, il n'a toujours pas trouvé sa solution. Les autorités maliennes n'ont jamais pris à bras-le-corps ce problème. Pire, on a même l'impression qu'on recule. Comment pouvez-vous comprendre que le Nord-Mali, qui représente les 2/3 du territoire avec un million de km2 et environ deux millions d'habitants, soit laissé à lui-même ? Pas d'eau, pas d'infrastructures socio-éducatives, pas de routes... Rien ! Quand vous arrivez dans cette partie du Mali, vous avez l'impression d'être dans deux pays différents. C'est inadmissible. Vous savez, le Touareg est un homme à la fois simple et compliqué. Les seules choses qui comptent à ses yeux, ce sont sa dignité et sa culture, en un mot, la considération. Si vous touchez à l'un de ces éléments-là, vous allez le croiser sur votre chemin. Aujourd'hui, les populations de cette région, qui regroupe les Touareg, les Arabes, les Sonraï et les Peuls, en ont marre et veulent résoudre leurs problèmes par et pour eux-mêmes.

Mais le président ATT a quand même essayé de résoudre le problème en déliant les cordons de la bourse pour financer par centaines de milliards de Francs CFA des projets dans cette partie du pays !

Vous parlez de quels projets ? Nous, en tout cas, nous n'avons rien vu. Le Nord reste comme il a toujours été, malgré les projets dont vous parlez. Nous ne savons pas où va cet argent. Vous savez, on peut fabriquer des chiffres sur papier et parler de financement de projets de développement. Il n'y a rien sur le terrain. Rien.

Avec cette crise à épisodes, on a l'impression qu'il y a comme un acharnement sur les autorités maliennes. Les rebelles auraient-ils des velléités séparatistes ?

Je l'ai toujours dit à qui veut l'entendre. Le Nord-Mali veut son indépendance. Les quatre peuples cités plus haut vivent mal, très mal à cause de la négligence et du dédain des autres. Ils connaissent mieux leurs problèmes et sont bien placés pour les résoudre eux-mêmes. Pour nous, la résolution de ces problèmes passe par l'indépendance du Nord-Mali. Ni plus, ni moins. Nous sommes fatigués du diktat de Bamako.

La solution pour vous passe donc par la séparation ?

Absolument. Ils nous y ont obligés en créant une sorte de "nous et vous". Nous ne voulons plus vivre dans un même Etat. Nous voulons notre liberté, notre indépendance.

Difficile alors d'envisager une médiation ?

Nous ne refusons pas de médiation. Le problème, c'est qu'il y a eu trop de négociations et aucune n'a permis de résoudre le problème du Nord-Mali parce qu'en face il y a réellement un manque de volonté. Nous n'y croyons plus tellement.

Pensez-vous que cette partie du pays dispose d'assez de ressources pour se développer elle-même ?

Le développement, c'est avant tout dans la tête. Il faut le courage et la détermination. Après, on peut voir avec qui composer pour se développer.


Entretien réalisé par Boureima Diallo & Nankoita Dofini.


L'Observateur Paalga


Source: LE FASO.NET

EDITO: ÇA SUFFIT, M. JUPPE!

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Tous ceux qui aiment ce pays, qui le savent fragile dans son projet de nation, qui ne veulent pas du fossé Nord-Sud ou des dérives ethniques à la base de bien des hécatombes en Afrique ne peuvent vouloir que d'une chose : la paix au Nord Mali, la paix tout de suite et la paix via le dialogue.

C'est d'ailleurs un des acquis majeurs des échanges qui mobilisent actuellement la classe politique malienne. C'était plus facile pour elle par démagogie, de préconiser la solution militaire mais elle s'en est gardée. Car pour beaucoup d'entre nous, l'autorité réside dans l'usage de la force et rarement dans le compromis qui rend celle-ci inutile. Beaucoup d'entre nous voteraient aujourd'hui l'indépendance de l'Azawad juste pour souhaiter bon débarras à ce que nous appelons l'irrédentisme touareg. Beaucoup d'entre nous pousseront à la guerre sans chercher à explorer davantage les issues pour le dialogue, et totalement ignorants des réalités et des pièges du terrain. Non, le salut n'est pas dans la guerre.

Il est dans la négociation et négocier avec son peuple n'est pas de la faiblesse. Nous sommes de ce camp quant à nous et nous y resterons. Mais rien n'est au-dessus de notre pays et sous ce regard-là, nous trouvons déplorable, voire méprisant le cheminement par lequel Alain Juppé exige le cessez-le feu. Un ministre respectueux de l'orgueil des peuples n'a pas à constater les exploits d'une rébellion.

Or il l'a fait. Et du coup, on est bien en situation de penser que ce qu'il demande, dès lors, peut être perçu comme la capitulation d'un Etat dont les citoyens se croient stigmatisés par la France.  Par sa déclaration qu'il doit rectifier, Juppé n'accélère pas la paix que nous appelons de nos vœux. Au contraire, il l'éloigne. Or M. Juppé a trop de classe pour se reconnaître dans la France du discours de Dakar ou celle bien plus récente de la supériorité de certaines cultures sur d'autres.

Adam Thiam


Source: MALI WEB.NET

jeudi, 09 février 2012

1000 MILLIARDS DE FRANCS CFA POUR «ORGANISER» UNE DEMIE CAN ET SERVIR DE COUPES-COUPES AUX MALIENS EN 1/4 DE FINALE!

 


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Un des stades de la demie CAN gabonaise

 

CAN 2012 : LA MALEDICTION DU «GAGUISME»!


Près de 1000 milliards de francs CFA pour organiser (de manière chaotique) une moitié de CAN et, surtout, pour servir de coupés-coupés aux Maliens en 1/4 de finale ! Est-ce bien raisonnable ?


S'il n'y a rien à dire sur la prestation des footballeurs (encore que !), tout le reste, en revanche, est d'une nullité insondable. Rien qu'à lire le communiqué pondu par Gaguie-le-Battu, au lendemain de sa défaite, on mesure l'ampleur des dégâts et l'on comprend aussitôt que le président du PDG et sa bande étaient complètement à côté de leurs pompes : le texte est d'une vacuité et d'une légèreté affligeantes. La syntaxe, quant à elle, était tellement boiteuse (comme qui ?) que L'union a pris la liberté de la redresser avant publication.

Pendant un peu plus de deux ans, toutes les ressources (financières, matérielles, humaines, spirituelles...) du pays ont été mobilisées pour faire de la ½ CAN gabonaise, un succès. Sans être dupes, les Gabonais ont laissé faire. L'arrière-pensée politicienne qui guidait Ali dans cette entreprise était flagrante. L'inclination des dictateurs à vouloir se servir du sport comme vitrine est une vieille ficelle. Jean-Marc Diakité du quotidien sénégalais Le Soleil le rappelle en quelques phrases : « C'est  connu que les dictatures et le sport font souvent bon ménage. Quand la situation intérieure d'un pays est mauvaise, les présidents-dictateurs sortent de leur manche une performance sportive pour flatter l'ego du peuple et le remobiliser derrière eux. Selon la bonne vieille méthode du pain et des jeux à jeter en pâture au bon peuple pour qu'il oublie sa misère et la mal-gouvernance, les meurtres et le pillage des élites qui mettent le pays en coupe réglée. C'est pourquoi les dictateurs jettent souvent leur dévolu sur les grandes manifestations sportives dans lesquelles ils vont investir des milliards de francs pour relever victorieusement le défi de la participation ou au moins celui de l'organisation. Ce sont des moments particuliers durant lesquels on parle d'unité nationale, de solidarité et de patriotisme... »

Pour Ali, cela aurait pu fonctionner si les « Panthères » avaient remporté le trophée. L'euphorie de la victoire aurait masqué les énormes carences que l'on peut encore observer et déplorer aujourd'hui à Libreville. De tous les chantiers annoncés et vantés par les griots du pouvoir, aucun n'a été livré. Les plus emblématiques d'entre eux, les fameuses passerelles de la Voie express, sont une honte nationale. On risque sa vie chaque fois qu'on les emprunte : d'énormes blocs de béton font office de glissières de sécurité,  absence d'éclairage et de signalisation, pas de passages piétons. Quant à la bande de roulage, ce n'est même pas digne d'un bitume d'occasion. Les gravats laissés sur place après les démolitions de la fin de l'année dernière et les poubelles à ciel ouvert donnent de notre capitale une image tellement surréaliste que nombre de journalistes étrangers, présents dans notre pays, ne manqueront pas d'en parler.

A Libreville, toujours, le réseau routier urbain et les outils de communication que sont le téléphone et Internet font pitié. Toujours dispo quand il s'agit de donner un coup de pouce à son « fils », Marie-Joséphine Kaama, alias Patience Dabany, a transformé son domicile de Likouala en annexe du COCAN : avant chaque match, des dizaines de badauds et d'affamés s'y pressaient pour obtenir un billet d'entrée au stade, ou tout simplement un sandwich. Les intéressés devaient, au préalable, agiter des banderoles à la gloire de « Ya Ali ». Mais tout cela n'a servi à rien, un penalty raté d'Aubameyang a tout « footu » en l'air. Maintenant, il va falloir expliquer au bon peuple pourquoi on a brûlé près de 1000 milliards de francs, qui représentent, quand-même, l'équivalent de plus 1000 kilomètres de routes goudronnées. Mais il n'y a pas d'illusion à se faire, aucun bilan financier ne sera rendu public, car, comme d'habitude, l'argent sorti des caisses de l'Etat ne sera pas perdu pour tout le monde : les probabilités qu'une bonne partie de ce magot ait déjà pris la direction de quelques paradis fiscaux accueillants sont très grandes.

C'est ce qui pourrait, en partie, expliquer la tenue précipitée d'une réunion du conseil d'administration de l'Agence nationale des grands travaux (ANGT), cette énorme pompe à fric qui a servi à régler les vraies et les fausses factures du COCAN. Dimanche soir, le match à peine terminé, les deux âmes damnées de Gagui, Liban Soleman et Maixent Accrombessi, se sont rendues directement au siège de l'ANGT, situé à côté de l'ancien gouvernorat. Il fallait finaliser la préparation des dossiers que le conseil d'orientation, prévu pour le lendemain et coprésidé par Ali Bongo et Maixent Accrombessi, allait examiner. Comme d'habitude, cette énième farce émergente a accouché d'un énorme mensonge : « Le Gabon va investir 12 mille milliards de Francs CFA (18 milliards d'euros) dans des projets d'infrastructures d'ici 5 ans... » Alors que nombre de chantiers sont arrêtés (la route du PK9 à Libreville, le tronçon Ndjolé/Medoumane, etc.), où Gagui-la machine à promesses pense-t-il trouver tout cet argent ? Avec la triste réputation que le régime Bongo/PDG s'est taillée auprès des bailleurs de fonds, on lui souhaite bien du plaisir.

En attendant, pour les Gabonais, la CAN est terminée. Ils vont devoir reprendre leur (sur)vie habituelle. Dans l'amertume et la résignation. Ce qui n'est pas le cas de Habib Sylla « Ngoye » et de son poulain Seydou Kane, les amis maliens d'Ali. Ils ont fêté la victoire des « Aigles » jusqu'au petit matin. Comme on dit, tout Malien est un malin et demi. Fin du match!


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 30 janvier 2012

LA LIBYE SOMBRE DANS LE CHAOS

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Les autorités libyennes de transition ne parviennent plus à contenir le mécontentement d'hommes armés jusqu'aux dents.


Y a-t-il encore un gouvernement en Libye ? Trois mois après la mort de Muammar Kadhafi, le pays semble inexorablement sombrer dans le chaos. En à peine quatre jours, les autorités libyennes de transition ont essuyé quatre revers de taille, comme un symbole patent de leur échec. Samedi, le siège du Conseil national de transition (CNT) à Benghazi (Est), pourtant berceau de la révolution, a été envahi par les manifestants, après avoir été visé par des grenades. Le lendemain, c'est le vice-président Abdelhafidh Ghoga qui a été contraint à la démission, après avoir été victime jeudi d'une agression à l'université de Ghar Younès.

Lundi, ce sont des partisans pro-Kadhafi lourdement armés qui, à la surprise générale, ont repris dans le sang le contrôle de la ville de Bani Walid, ex-bastion kadhafiste au Sud-ouest de Tripoli. Au centre de la tourmente, le président du Conseil national de transition, Mustapha Abdel Jalil, a exclu pour l'heure une démission du CNT. Brandissant la menace d'une "guerre civile", l'homme fort de la Libye nouvelle a accusé des "mains cachées" d'être responsables des dernières violences. Pourtant, aux dires des habitants de Benghazi, il est d'ores et déjà le prochain sur la liste.

Les mystères du gouvernement

"Le CNT est plus affaibli que jamais", estime Hasni Abidi (1), directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam). "Il a voulu jouer le rôle de l'armée égyptienne, en se portant garant de la transition. Mais il n'en a ni l'étoffe ni les moyens", ajoute le chercheur. "Il n'a jamais été conçu pour durer, et se heurte désormais aux aspirations de la population." De l'aveu des Libyens, le CNT n'a jamais rompu avec l'ère Kadhafi. Formée d'anciens apparatchiks de l'ex-régime libyen, en décalage complet avec les aspirations de la jeunesse révolutionnaire, l'institution pèche par un mode de gouvernance opaque, toujours basé sur le clientélisme de ses cadres. Ces derniers se réunissent dans des "lieux secrets" pour statuer sur l'avenir du pays.

Le même mystère entoure la redistribution des richesses du dictateur disparu, que la communauté internationale a décidé de débloquer. "Les salaires des fonctionnaires, y compris rebelles, qui étaient payés jusqu'à la chute du régime, ne sont plus versés aujourd'hui", révèle Patrick Haimzadeh (2), diplomate en Libye de 2001 à 2004. Autre anomalie, la nomination en novembre dernier du technocrate Abdel Rahim al-Kib au poste de Premier ministre, chargé de former un nouvel exécutif, alors que les principales décisions restent l'apanage des dirigeants du CNT. Symbole de cette contradiction, l'existence au CNT de responsables chargés de la sécurité, de la défense et de l'information, alors que ces mêmes postes sont également assurés par des ministres du nouveau gouvernement.

Véritable guerre civile

Mais le véritable fléau qui frappe la Libye nouvelle reste la prolifération d'armes à travers le pays. Si celles-ci ont permis aux troupes rebelles de se débarrasser du Guide libyen, elles approvisionnent désormais allègrement les milices tribales, aussi bien en Cyrénaïque (Est) qu'en Tripolitaine (Ouest). Et les combattants ne sont prêts à les rendre sous aucun prétexte, à moins d'obtenir une place de choix au sein du nouveau pouvoir. De retour de Libye, Patrick Haimzadeh décrit une véritable "guerre civile" entre tribus rivales : "L'État n'existe plus. Les gens sortent la kalachnikov au moindre problème. Ils n'ont aucun intérêt à rendre les armes, pour rejoindre une armée sous-payée, commandée par des généraux qu'ils ne reconnaissent pas." D'après le diplomate, ils sont dorénavant nombreux dans le pays à rejeter systématiquement toute loi proposée par le CNT, peu importe son contenu.

Une réalité d'autant plus inquiétante que les autorités se trouvent totalement désemparées, face au poids grandissant des comités révolutionnaires armés se créant dans chaque quartier. Il en existerait plusieurs centaines rien qu'à Tripoli. "Le CNT a clairement peur de se heurter à une opposition farouche", note Hasni Abidi. Dans ce contexte de guerre, l'hypothèse de la tenue en juin d'élections pour une assemblée constituante semble plus qu'improbable, d'autant plus que la Libye ne possède aucune culture politique. D'ailleurs, sous la pression de la rue, le CNT n'a eu d'autre choix que de reporter sine die, dimanche, l'adoption de la loi électorale qui régira la future élection.

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Par


(1) Auteur du livre "Où va le monde arabe : entre islamistes et militaires" (Éditions Encore d'Orient, février 2011)

(2) Auteur du livre "Au coeur de la Libye de Kadhafi" (Éditions JC Lattès)


Source: LE POINT.FR