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dimanche, 29 janvier 2012

SENEGAL - ABDOULAYE WADE OU L'ARCHETYPE DE L'INCONSISTANCE AFRICAINE


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C'est simplement scandaleux ! Abdoulaye Wade, le président sénégalais sortant, va donc concourir, le 26 février prochain, à 85 ans déclaré, à l'élection présidentielle. Au delà du fait qu'une loi ne serait rétroactive, la question de l'âge du "Pape du Sopi" se pose avec acuité. Ne peut-il pas s'inspirer de Léopold Sédar Senghor ? Ce dernier, premier président sénégalais (1960-1980), avait volontairement quitté ses fonctions, à 74 ans, simplement pour se reposer.

Les Africains, à toutes les échelles, pas seulement au niveau de leurs élites, prennent la retraite comme une sanction. C'est ainsi qu'on voit ce grabataire faire du forcing. Mais pourquoi papy fait-il ainsi de la résistance alors qu'il pouvait lancer un poulain de son parti ? Ses partisans que j'ai rencontré me disent qu'en 10 ans à la tête du Sénégal, il a fait mieux que Senghor et Diouf réunis, comme si c'était le débat.

Pire, manipulant à son compte la Conseil constitutionnel, selon Seneweb, l'homme s'apprêterait à faire invalider à leur tour, les candidatures "de Macky Sall, d'Idrissa Seck et de Cheikh Tidiane Gadio, tous des fils putatifs du leader du PDS (parti de Wade, Ndrl) et reniés finalement. Quant à Youssou Ndour qui a déposé un recours, il a annoncé avoir 100 000 signatures alors que le Conseil constitutionnel lui reproche d'avoir fourni une liste de 12.936 électeurs appuyant sa candidature dont seuls 8.911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées.

Avec la même condescendance habituelle, le Département d'Etat américain, par la voix de son ambassadeur à Dakar au Sénégal, demande aux Sénégalais de respecter la décision du Conseil constitutionnel. Wade se fout royalement des Sénégalais et ne pense qu'à sa petite personne. Quand on sait que ce clown était allé pérorer à Benghazi pour demander le départ de Kadhafi alors que la Libye était agressée, il est étonnant que lui, s'accroche au pouvoir avec le silence assourdissant de la soi-disant "communauté internationale". Il avait enfin promis, de ne pas se représenter. Cet homme a tué la démocratie sénégalaise !


Source: ALLAIN JULES

mercredi, 25 janvier 2012

L’ANCIEN CHEF DE L’ETAT SUD-AFRICAIN, THABO MBEKI, LORS D’UNE CONFERENCE A L’UNIVERSITE DE MAKERERE: «NON AU NOUVEL IMPERIALISME!»



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L'ancien chef de l'Etat sud-africain a profité d'une conférence à l'université de Makerere (Ouganda) pour dénoncer une fois de plus les interventions brutales des Occidentaux en Afrique. Destinées selon lui à capter le pétrole et les ressources naturelles du continent. Il a appelé à renforcer l'Union africaine et à rendre audible la voix de l'Afrique dans le monde.



Les anciens chefs d'Etat africains se réclamant du progressisme et du nationalisme africain seront-ils les nécessaires éclaireurs du continent face à la guerre sournoise que l'Occident et ses alliés locaux opposent désormais aux peuples ? En tout cas, après le Ghanéen Jerry Rawlings devant le Parlement panafricain à Addis Abeba, le Sud-Africain Thabo Mbeki a dénoncé, devant un parterre d'étudiants dans la célèbre université ougandaise de Makerere, les expéditions occidentales de 2011 en Côte d'Ivoire et en Libye. Et appelé les Africains à des initiatives destinées à contrer le « nouvel impérialisme ».

«Nous avons maintenant vu ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire et en Libye au cours de cette dernière année, dans les deux cas pour permettre à des pays non-africains, officiellement mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU, et indépendamment de l'opinion africaine, de renverser par la force des gouvernements établis et pour instaurer par la force et donc un changement de régime, dans l'intérêt des puissances occidentales. Il y a deux décennies, une grande partie de l'Afrique aurait caractérisé ces pays interventionnistes occidentaux comme des puissances impérialistes, dans le sens plein du terme.

Pourtant, quand ils sont intervenus en Côte d'Ivoire et en Libye, ils ont cherché à justifier leurs actes en affirmant qu'ils ont agi comme ils le faisaient pour faire avancer nos intérêts en tant qu'Africains, prétendant être plus déterminés à protéger nos intérêts de manière désintéressée que nous-mêmes. Vraisemblablement pour atteindre ce noble objectif, ils ont même réussi à imposer la fiction selon laquelle la Libye n'était pas un pays africain, mais simplement un pays arabe, dont le sort devait être décidé sur la base de ce que la Ligue des États arabes avait dit, et jamais sur la base de ce que l'Union africaine avait décidé !»

«Ces pouvoirs sont intervenus violemment sur notre continent, affirmant qu'ils ont agi par bonté de coeur, avec l'objectif de nous apporter, à nous les Africains, les dons de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la paix et même de la vie pour ces millions d'Africains qui auraient été massacrés par les gouvernements africains concernés. C'est ainsi qu'un miracle s'est produit : nos maîtres du temps de la colonisation, les impérialistes, sont réapparus sur notre continent comme les meilleurs amis des peuples africains !»


Thabo Mbeki a levé le voile sur les véritables motivations des interventions musclées des Occidentaux en Libye et en Côte d'Ivoire en s'appuyant sur un livre publié en 2007 par le Conseil américain aux Relations extérieures (CFR) intitulé «Au delà de l'humanitaire : une approche stratégique de l'Afrique». Un livre qui affirmait notamment : que les Etats-Unis dépendaient de plus en plus du pétrole brut africain pour combler ses propres besoins énergétiques ; qu'il était impossible de compter sur un approvisionnement continu en pétrole africain sans faire attention à la gouvernance et à la stabilité à long terme, ce qui signifie très clairement qu'il fallait intervenir sur les différentes scènes politiques ; qu'il y avait désormais une forte concurrence pour accéder au pétrole et aux autres ressources naturelles de l'Afrique, provenant notamment de la Chine ; que la Chine devenait un concurrent formidable à la fois sur le plan de l'influence et des contrats lucratifs sur le continent. Thabo Mbeki a affirmé que les Occidentaux avaient trahi l'esprit du NEPAD en mettant en place le plan du G8 pour l'Afrique et en imposant les Accords de partenariats économiques (APE), qu'il a qualifiés d'inégaux et qui visaient un objectif : « continuer d'organiser les relations entre l'Afrique et le « monde post-moderne » à l'avantage de ce dernier ».

Prononçant l'expression « nouvel impérialisme », Thabo Mbeki a appelé à « la défense de notre indépendance » à travers un renforcement de l'Union africaine. Il faut s'assurer que la voix de l'Afrique, « soit à la fois entendue et considérée avec sérieux, en particulier quand cela concerne ses propres affaires ». Mbeki a aussi appelé au renforcement des relations entre l'Afrique et les pays de ce qu'on appelait, hier, le Tiers-Monde. Et demandé aux forces engagées dans la transformation progressive de l'Afrique, à se mobiliser plus que jamais.


Traduit par Benjamin Silué. In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: CAMEROON VOICE

lundi, 23 janvier 2012

LIBYE - LE RETOUR PETARADANT DE LA RESISTANCE VERTE A BANI WALID


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Moustafa Abdel Jalil menacé par ses propres renégats.

 

"Kadhafi c'est fini !"

C'est le cri de ralliement depuis des lustres des ennemis de la Libye et de l'Afrique, comme si la mort de Mouammar Kadhafi pouvait changer, à terme, la vraie aspiration des Libyens, la donne sociétale de la Jamahiriya. Avec une facilité déconcertante, certains nigauds, puisqu'ils ne suivent que les médias "mainstream" n'ont pas hésité à dire de nous que nous étions des mythomanes quand nous disions que tout allait mal, puisque "leurs" médias n'en parlaient pas.

Avec la bénédiction des soi disant grandes démocraties, la Libye s'enfonce. Alors que le projet de loi électorale scélérate indique que, "quiconque ayant des liens avec Mouammar Kadhafi ou le précédent gouvernement souverain libyen sera interdit de se présenter aux élections", une démocratie d'exclusion" comme nous l'avons toujours dit, tout va mal. Hier c'était à Benghazi, où renégats se faisaient face, on a appris ce matin que la résistance avait causé le chaos au sein des félons du CNT, traîtres à leur propre pays, à Bani Walid.

Selon les informations que nous venons de recueillir et contrairement aux affirmations de l'AFP, ce sont plutôt 11 renégats qui sont tombés ce matin et non 4, après une attaque fulgurante de l'armée de libération de la Jamahiriya. La base des renégats est encerclée et, le bilan des combats devrait apporter ce soir des informations catastrophiques pour le CNT. Avec plus de 30 blessés graves, et ceux qui priaient les pro-Kadhafi de leur laisser la vie sauve en échange de les rallier contre le CNT, nul ne sait où va la Libye.


Source: ALLAIN JULES

19:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, libye, la résistance verte, le cnt, bani walid | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 janvier 2012

JERRY RAWLINGS HAUSSE A NOUVEAU LE TON: «GBAGBO A LA HAYE? UNE HUMILIATION POUR L’AFRIQUE!»



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Tout feu tout flamme. Ancien président ghanéen et Haut représentant de l'Union africaine pour la Somalie, Jerry Rawlings a tenu, à l'occasion d'un discours prononcé lors de la sixième session ordinaire du Parlement panafricain, lundi dernier à Addis-Abeba (Ethiopie), à dénoncer l'incapacité du continent à prévenir les excès sponsorisés par certains membres de la communauté internationale, notamment en Libye et en Côte d'Ivoire. Il s'est une fois de plus insurgé contre le transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye. Larges extraits de son discours.

L'Afrique n'a pas réussi à empêcher les excès en Libye et en Côte d'Ivoire...

«L'Afrique a au cours des douze derniers mois connu des bouleversements politiques considérables. Et l'action ou l'inaction de l'Union africaine et de ses divers organes ont amené certains à remettre en question l'avenir de cette institution créée avec les plus nobles intentions. De la Tunisie à travers l'Egypte à la Libye et même en Côte d'Ivoire, il y avait des mouvements politiques de nature différente qui remettaient en question la capacité de l'institution à engendrer l'unité africaine, la paix et le développement. Bien que la majorité d'entre nous ont été ravis de la volonté des peuples à prendre leur destin en main, nous avons été pris de court par l'échec du continent à empêcher les excès dans des pays comme la Libye et la Côte d'Ivoire. Notre déroute collective doit être corrigée de toute urgence et avec détermination afin que le sang et le labeur de ceux qui ont sacrifié leur vie à rechercher le changement ne soient pas gaspillés».

Gbagbo à La Haye ? C'est humiliant...

«Il est tout simplement humiliant qu'en ce 21ème siècle, notre continent conduise certains de ses dirigeants à La Haye comme on conduit l'agneau à l'abattoir, alors que nous sommes censés avoir la capacité de rendre notre propre justice. Nous devons laisser La Haye à ceux qui ne peuvent pas contrôler leur destinée. Si les Libyens étaient justifiés à renverser le régime de Kadhafi dans leur quête de liberté et de justice, alors pourquoi ne peuvent-ils pas rendre leur propre justice?

Si les Ivoiriens sont vraiment en quête de paix et de réconciliation, dans le cadre d'un processus convenu par les deux factions de Ouattara et Gbagbo, pourquoi alors envoyer à la CPI un ancien dirigeant qui, en dépit de ses défauts, a accompli son devoir envers son pays ?»

Dire non à «une nouvelle forme de colonialisme»

«Nous avons et avons eu des dirigeants défaillants mais nous avons assez de dirigeants bons et progressistes, qui ne peuvent réussir que si des institutions comme le Parlement panafricain et les parlements nationaux leur montrent la voie et leur accordent leur soutien.

Le temps est venu de cesser d'être des observateurs, et de devenir de véritables acteurs dans les dynamiques de changement du continent. Le danger est devant nous. Nous ne devons pas permettre à une nouvelle forme de colonialisme d'engloutir notre continent et de nous transformer en marionnettes de la communauté internationale. Conjuguons nos efforts en prenant une position ferme contre cette menace imminente.»

Les immigrants africains victimes de trafics d'organes en Egypte...

«Nous devrions être particulièrement préoccupés par la situation en Egypte où la douleur et l'agonie que le peuple a endurées à la place Tahrir et dans d'autres villes se répète quelques mois après. Il est évident que la machine très oppressante que la révolution cherchait à supplanter a de nouveau émergé et sous le prétexte de la sécurité nationale, les Egyptiens ordinaires sont de nouveau confrontés à des assauts et des brutalités rappellent ce qui s'est passé en janvier et février de l'année dernière (...). Pendant combien de temps allons-nous être des observateurs silencieux ? Et pourtant, les révolutions menées par des populations désarmées civiles en Tunisie et en Egypte avaient donné au monde l'espoir que la liberté et la justice allaient enfin triompher. (...) Il y a quelques mois, le projet Freedom CNN a publié un exposé sur l'enlèvement cruel et l'extraction des organes vitaux des immigrants illégaux qui tentent de passer à travers l'Egypte en Israël. Les passeurs bédouins auraient arraché des parties de leurs corps alors que les immigrants étaient encore vivants. Les immigrants sont réduits en esclavage, torturés et ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer des sommes énormes à ces contrebandiers font face à la sanction ultime d'une mort déshumanisante à travers le prélèvement d'organes ! Et l'Afrique est muette ?»


Traduit par Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 28 décembre 2011

L'ENVERS D'UN «PRINTEMPS»

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La «démocratie», version «printemps», est en train de faire des siennes dans la tête de pas mal d'excités qui croyaient dur comme fer que leur heure était venue. Ils se voyaient en haut, tout en haut de la vague irrépressible qui devait balayer les gouvernants arabes et leurs assimilés. On leur avait pourtant offert plateaux télévisés et prime time. On leur avait offert le plus puissant feu d'artillerie médiatique. On a fait d'eux le «peuple en marche» et la «révolution inéluctable». Leurs chefs, ceux qui avaient droit aux forêts de micros et aux lumières des projecteurs, jubilaient et ne croyaient plus qu'au sacre.

Et puis, rien de tout ça. La «démocratie», même entre guillemets, ne figurait pas, en définitive, dans les préoccupations de la «communauté internationale». Faisant feu de tout bois, elle a choisi ce qui est au plus près de l'efficacité recherchée et qui a les capacités de capter et de catalyser les mouvements populaires aux dérives imprévisibles. Le «printemps» prend l'allure d'un cauchemar. Fidèles aux signaux des maîtres, les têtes d'affiche se sont mises à féliciter les «islamistes», qu'hier elles voulaient éradiquer.

Les courtisans, moins initiés aux coulisses, en marge des QG de manœuvres, assistent médusés à l'effondrement d'un monde qu'ils pensaient à portée de main. Leurs pires ennemis sont les vainqueurs inattendus de ce qui figurait dans leurs agendas. On peut, désormais, lire leur panique, leurs lamentations ou leur amertume à longueur d'articles.

Les médias mainstream  ne sollicitent plus leurs leaders. Ils ont été surestimés...un temps. Ils ont eu droit aux sollicitations empressées et aux honneurs. Ils ont pu vivre le tourbillon que procurent la notoriété et les feux de la rampe. Ils n'ont été qu'une éventualité, pas une certitude. Inaptes à remplir les termes du contrat, ils ont été jetés à la poubelle ou remisés, en attendant. Seuls, abandonnés de tous, ils ramassent ce qui leur reste de bon sens et tentent de se ressaisir.

Tout s'est passé si vite ! Hier, adulés ils ne sont même plus des ombres. A leur place, ce sont les islamistes qui tiennent la vedette, qui ont le vent en poupe et qui caracolent sur la scène «printanière». Chose inimaginable, il y a peu, quand il fut établi que le «changement» devait survenir hic et nunc et que le peuple ne voulait rien d'autre que leur «démocratie» aux contours et au contenu non identifiés. Quand ils pouvaient jusqu'à se permettre de menacer ceux qui ne voulaient pas de leur diktat. A leur décharge, il était difficile pour eux de ne pas se laisser prendre par le délire, médiatisé, qui a déferlé sur la région et de ne pas avoir la grosse tête devant le statut qu'on leur a offert.

Reçus partout, reconnus et honorés, la tentation submergeait la raison. Ils étaient l'avenir et Alassane Ouattara en était la démonstration, la bande de Benghazi en prime. Il suffisait d'un petit mouvement, une petite secousse, une esquisse pour Al Jazeera, France 24 et consorts, qui feraient le reste et fabriqueraient les foules qui manquent à l'appel. Il n'en a rien été et il est dur d'en revenir.

 

Badis Guettaf


Source: LE JOUR D'ALGERIE

jeudi, 22 décembre 2011

LA LIBYE, UN PAYS EN DECOMPOSITION AVANCEE


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Libye - Le chaos s'installe peu à peu, lentement mais sûrement!

 

Alors que les nouvelles autorités libyennes ne savent plus où donner de la tête, c'est maintenant au tour du peuple de constater qu'il s'est trompé. Les soi-disant rebelles  défilent chaque jour dans les rues. Pas seulement en Libye, mais, au Maroc, en Grèce, en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Ils lancent des cris d'orfraie, disent qu'ils sont maltraités dans les hôpitaux, ne sont pas payés, etc. Vous pouvez remarquer que ces gens ne sont soutenus nulle part.

C'est le visage hideux de ces bandits qui s'exprime dans toute sa splendeur. Pour le peuple donc, rien ne se passe. Syrte est complètement détruit. Ce n'est une découverte pour personne. Il n'y a rien sur les marchés, dans les hôpitaux. La tuberculose s'est déclarée, la typhoïde aussi, bref, de nombreuses maladies, suite à l'insalubrité des villes. Au temps de Kadhafi, la Libye était propre, même dans les coins les plus reculés. Les pauvres libyens voient dans leurs maisons aujourd'hui, des rats affamés, de vrais rats.

Selon nos informations, de nombreux renégats volent et s'enfuient vers les pays voisins. De nombreux veulent même présenter des excuses pour le mal qu'ils ont fait. Il se peut que de nombreux djinns aient prévu le pire pour les renégats. Du coup, ils sont convaincus que leurs péchés retombent sur eux. Sur le terrain, il ne se passe pas un jour sans que les félons aient des pertes humaines. Ce n'est que justice, d'autant plus que la bestialité de ces criminels et de leurs amis impérialistes de l'OTAN ont causé du tort à la Libye. Un bilan désastreux: 100.000 morts, 240.000 blessés, 78.000 disparus, 10.300 viols et 350.000 réfugiés.

C'est ainsi que de  Tarhunah à Tripoli, en passant par Bani Walid, Zentan, Tobruk, Benghazi,  Misrata, Sabha ou Gadhames, ce n'est plus la joie pour le CNT. Demain la chute ? Nous l'espérons bien.


Source: Le blog d'Allain Jules

mercredi, 14 décembre 2011

L'ONU APPELLE A UN RECOMPTAGE DES VOIX EN RD CONGO


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Alors qu'elle a soutenu la voie des armes en Côte d'Ivoire, l'ONU appelle à un recomptage des voix en RD Congo.


Comme la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo est un pays d'Afrique subsaharienne où, à la suite d'une élection présidentielle, deux candidats se sont considérés vainqueurs.

Comme en Côte d’Ivoire, institutions nationales et observateurs internationaux s’emmêlent les pinceaux. Comme en Côte d’Ivoire, l’ONU est présente en République démocratique du Congo et impliquée dans le processus électoral. Mais après avoir bombardé en Côte d’Ivoire le camp qui demandait le recomptage des votes et la vérification des procédures, l’ONU exhorte la Commission électorale congolaise, qui a déjà livré des résultats, à effectuer un nouveau décompte, plus transparent, pour mettre tout le monde d’accord. L’ONU, qui a plébiscité un schéma guerrier en Côte d’Ivoire, demande que la crise postélectorale congolaise trouve sa solution de manière pacifique, dans le cadre des institutions, notamment celles spécialisées dans la médiation.

Là où en Côte d’Ivoire, un incroyable flou artistique et des généralités étaient opposées au camp qui avait décidé de recourir à la voie légale du contentieux, l’ONU demande, en RDC, un traitement exhaustif et transparent de toutes les réclamations. On croit rêver. Et l’on se convainc une fois de plus de ce que la «communauté internationale» est une girouette cynique qui n’a aucun principe, mais qui se «cale» sur l’agenda des différentes grandes puissances dans leur aire d’influence. Et qui justifie l’injustifiable, comme on le voit aujourd’hui avec la glorification, par l’ONU, d’un scrutin qui a été tout sauf inclusif, et que les Ivoiriens ont boudé, par voie de conséquence…

Nous diffusons, ici, le communiqué intégral de la Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO), plaidant pour un recomptage des voix.

«La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a appelé lundi la Commission électorale nationale indépendante de la RDC (CENI) à garantir que le décompte, la compilation et la vérification des résultats des élections de l'Assemblée nationale soient menés de manière transparente».

«En outre, en vue d'éviter des problèmes tels que ceux identifiés lors des élections présidentielles, la MONUSCO recommande à la CENI de prendre des mesures correctives pour les élections futures», a dit la Mission onusienne dans un communiqué de presse.

La Mission onusienne a pris acte des déclarations publiées le 10 décembre dernier par la Mission d'observation électorale du Centre international Carter en RDC et d'autres missions d'observation sur les résultats provisoires de l'élection présidentielle tels que proclamés le 9 décembre par la CENI, donnant le Président sortant Joseph Kabila en tête du vote. Selon la presse, Joseph Kabila a été déclaré vainqueur avec 48,95% des voix, face à l'opposant Etienne Tshisekedi qui a obtenu 32,33% des voix. La MONUSCO a noté « avec une vive préoccupation les conclusions de ces Missions d'observation relatives aux irrégularités relevées dans la gestion du processus des résultats, en particulier le décompte et la compilation des voix ».

La MONUSCO a exhorté la CENI à « entreprendre urgemment un examen rigoureux des problèmes relevés par les Missions d'observation, en associant pleinement les témoins et les observateurs y compris les groupes d'observateurs étrangers, qui pourraient donner un avis technique à cet effet ». La Mission a de nouveau appelé les parties à résoudre toute dispute par des voies pacifiques à travers les institutions établies à cet effet, y compris le Comité national de médiation, et a souligné l'importance d'un traitement exhaustif et transparent de tout contentieux électoral par la Cour suprême de justice. La MONUSCO a également réitéré son appel aux acteurs politiques « de s'abstenir de tout acte d'incitation à la violence et à la confrontation » et a exhorté « les services de sécurité et les institutions judiciaires à exercer leurs fonctions avec retenue, de se conformer aux principes internationaux des droits de l'homme lors de la gestion des manifestations publiques ».


Source: un.org


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 390 du mardi 13 décembre 2011.

LES VRAIES RAISONS DE L'ASSASSINAT DU GUIDE LIBYEN MOUAMMAR KADHAFI



 

Le projet RASCOM 1 pour la couverture satellitaire de toute l'Afrique et le Fonds Monétaire Africain (42 milliards de dollar contre 25 milliards de dollar pour le grand FMI) devant booster le développement de notre continent, sont à la base de l'assassinat lâche du Guide libyen par l'OTAN et les puissances occidentales. Vidéo.


Que DIEU délivre l'Afrique!

vendredi, 25 novembre 2011

FRANÇAFRIQUE – NOUVELLE DEVALUATION DU FRANC CFA OU L’ASSASSINAT DE L’AFRIQUE

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Alors qu'on a appris que Nicolas Sarkozy doit en partie sa victoire présidentielle grâce à l'argent (le franc CFA) des Africains qu'il méprise, il veut la dévaluation dudit franc CFA selon des rumeurs persistantes. Avec la nouvelle révélation sur le financement de sa campagne présidentielle par Omar Bongo dans un livre à paraître demain, jeudi 24 novembre : « Le scandale des biens mal acquis », on comprend pourquoi le dossier judiciaire sur les biens mal acquis n'aboutissent pas en France.

C'est Mike Jocktane, ancien conseiller de feu Omar Bongo qui accuse Nicolas Sarkozy d'avoir bénéficié des mallettes et des fonds occultes de la Françafrique. Du coup, les salmigondis de Robert Bourgi ressemblent étrangement au nuage de Tchernobyl qui s'était arrêté aux frontières de la France de même que les mallettes avec l'avènement du président Sarkozy. De l'esbroufe. Tous corrompus ! Mais, au détriment de l'Afrique qu'ils aiment tant détester.


Donc, avec la complicité des dirigeants africains-ont-ils vraiment le choix ?-, le franc CFA sera dévalué le 1er janvier 2012 pour le grand malheur de l'Afrique subsaharienne francophone. Considérant que son baromètre et/ou arrimage se mesure à l'euro, ça veut dire que, demain, 1 euro correspondra à 1000 francs CFA au lieu de 655,59 FCFA. Si l'information est confirmée, alors que la dévaluation du franc CFA, en 1994, a fait naître l'espoir de voir les principales filières commerciales boostées, c'est le contraire qui s'est produit. Et par conséquent, ce sont les populations, en premier, qui pâtiront de cet effet. La dialectique selon laquelle la parité fixe entre le franc cfa et l'euro est avantageuse pour les États de la zone CFA, avec notamment la maîtrise de l'inflation et la stabilité macroéconomique est mensongère.


La plupart des pays du continent n'ont pas encore réussi à tirer un avantage significatif des débouchés commerciaux découlant de l'expansion des marchés et des régimes préférentiels. Ne pas pouvoir transformer sa propre production en produit manufacturier implique l'importation plus que l'exportation et par conséquent, l'Afrique est obligée d'acheter les produits de l'extérieur. Avec une dévaluation, les milliards de francs CFA qui viendront en Europe, permettront à la zone euro, très chahutée en ce moment, de pouvoir s'en sortir.


C'est pour ces faits qu'il faut préciser, que dis-je, re-préciser que, les pays africains ne sont pas indépendants, nonobstant bien évidemment certaines tentatives de dirigeants, qui, par peur de perdre leur pouvoir se découvrent comme par enchantement panafricanistes, qui, pour contenter sa population annoncent qu'il faut battre sa propre monnaie. Autant d'exemples ridicules sans véritable volonté politique qui ne sont que des effets d'annonce sans réelle signification.


Donc, pour éviter le naufrage de la France, il faut organiser celui de l'Afrique ? Alors que les Africains ne sont pas à l'origine de la chute probable de la France avec notamment la perte annoncée de son « triple A » résultant de la mauvaise gestion de ses autorités, ce sont les plus faibles, en l'occurrence les Africains, qui doivent trinquer. Il est plus que jamais urgent pour les pays africains sous le joug français, de s'unir et de quitter la zone CFA. C'est une évidence et une urgence.


Comment expliquer la non-interchangeabilité du franc CFA de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) et celui de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ? Or, d'un pays à l'autre, l'euro circule, à part en Angleterre qui a conservé sa Livre sterling (£). Autrement dit : il est impossible de partir d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, à Yaoundé, au Cameroun, avec ses francs CFA émis par la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Une incongruité.


Source: Le blog d'Allain Jules

MALGRE LE DEMENTI DU CAMP OUATTARA, LE CFA SERA BEL ET BIEN DEVALUE: LA PREUVE


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Comme il fallait s'y attendre, le scoop livré par Notre Voie, dans son édition N° 3988 du lundi 21 novembre 2011 relativement à la dévaluation du franc Cfa, annoncée pour janvier 2012, suscite des réactions divergentes. Pendant que des économistes africains trouvent cette triste réalité inévitable au regard de la rude crise économique qui frappe l'Europe, les gouverneurs des banques centrales africaines concernées (Bceao et Beac) tentent de nier l'éventualité. Et pourtant, le franc Cfa se situe à un micron de sa deuxième profonde dévaluation.

 

«Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c'est-à-dire dans moins de 40 jours, le Fcfa sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro = 655,59 Fcfa passera à 1 euro = 1000 Fcfa. Selon une source diplomatique occidentale, c'est pour apporter cette information aux chefs d'Etat de l'Uemoa qu'Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région, la semaine dernière. Il a été mandaté, selon la source, par le Président français, Nicolas Sarkozy. En Afrique centrale, c'est à Denis Sassou N'Guesso que la mission a été confiée par Paris d'informer ses homologues de la Cemac mais aussi des Comores. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin bissau-guinéen».

Cette exclusivité publiée par le quotidien Notre Voie n°3988 du lundi 21 novembre 2011 a visiblement créé un séisme à la rencontre annuelle de concertation entre la Bceao et la Beac qui se tient à Abidjan, depuis mardi 22 pour prendre fin aujourd'hui 24 novembre 2011. Au point où, au sortir d'une audience avec Alassane Dramane Ouattara, le mardi 22 novembre, lendemain de la publication de l'article de Notre Voie, le gouverneur de la Beac, Lucas Abaga, a déclaré : «La dévaluation n'est pas d'actualité. La croissance reste rigoureuse en 2011 ; le taux de couverture monétaire est presque de 100% alors qu'il faut un minimum de 20%, tous les indicateurs sont dans le bon sens». Le nouveau gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, qui se tenait à ses côtés, a partagé la même vision que son homologue.

Le prêteur en difficultés financières

Ces propos du gouverneur de la Beac sont plus du registre de la politique, qui vise à amadouer les populations afin de prévenir toute manifestation de rue, que celui de l'économie, où la démagogie ne prospère pas face aux clignotants rouges. Si une timide croissance est constatée en Afrique depuis quelques années, ce n'est pas le cas en Europe où sévit une crise économique rude qui menace même les fondements de l'euro, la monnaie commune à 27 pays européens. Dont la France, ex-pays colonisateur de la majorité des pays, membres de la Bceao et de la Beac. Mais surtout «parrain» du Fcfa et principal pourvoyeur de «l'aide» au développement des Etats de la zone monétaire. Frappée par la crise économique qui touche l'Europe, la France se trouve profondément dans l'incapacité de jouer son rôle comme par le passé.

De son côté, l'Allemagne, la première puissance économique européenne, se refuse à servir de «parapluie» à la France en Afrique au risque de mettre en péril tout l'édifice européen. D'autant qu'en Europe, les conséquences de la crise se font durement ressentir. L'exemple de la Grèce est bien récent. «Le prêteur est en difficulté, c'est cela la réalité. Pour prêter de l'argent aux pays de la zone Cfa dans le cadre de l'aide au développement, la France empruntait, avant la crise, sur le marché européen à un taux de 2%. Elle prêtait ensuite aux pays africains à un taux de 4%. Avec la crise, le taux d'emprunt de la France sur le marché européen s'est accru. La France ne peut plus continuer puisqu'elle est frappée de plein fouet par la crise. Elle a donc décidé de dévaluer le Fcfa pour ne pas porter les pays de la zone Bceao et Beac comme un boulet au pied», soutient une source informée.

Ancien gouverneur de la Bceao, Alassane Dramane Ouattara que la France a activement contribué à installer au pouvoir a été chargé par Paris d'expliquer la pilule amère de la dévaluation du Fcfa aux autres chefs d'Etat de la zone. Quant aux gouverneurs de la Bceao et de Beac réunis à Abidjan avec les autres partenaires dont la France, il s'agit de réfléchir sur comment appliquer cette mesure sans faire sombrer les économies sous-régionales.

Comme avant le 11 janvier 1994

La tâche est ardue comme ce fut le cas en 1993, quelques mois avant la dévaluation du Fcfa survenue en janvier 1994. En effet, à partir de septembre 1993, le soutien financier de la France était conditionné à l'adoption par les pays de la zone Cfa de programmes économiques et financiers crédibles soutenus par le Fmi. Ce changement d'attitude préfigurait de la dévaluation du franc Cfa. Aujourd'hui encore, le schéma est identique.

Pendant que le Fmi est sollicité par l'Europe pour appuyer les économies de certains pays de la zone euro en grande difficulté, il soumet les pays africains à des conditionnalités socio économiques qui ne seront pas sans conséquences pour la stabilité de certains Etats. Des sources parlent, par exemple, de réduction du personnel de la Fonction publique et d'une privatisation totale de tous les secteurs des économies des pays africains.

La dévaluation va renchérir le coût de la vie déjà intenable dans certains pays comme la Côte d'Ivoire. C'est à juste titre que Houphouët s'opposait vigoureusement à la dévaluation. Quelques semaines après sa mort, le 7 décembre 1993, la France et le Fmi ont décidé, le 11 janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc Cfa pour les 13 pays africains du continent et 33% pour les îles Comores. Pour janvier 2012, des sources parlent d'une dévaluation de plus de 60% du franc Cfa. C'est dire que la catastrophe est à nos portes. Et les pluies de milliards de Fcfa dévalués n'y pourront rien. Comme en 1994...


Didier Depry, in le quotien ivoirien "Notre Voie" N° 3991 du jeudi 24 novembre 2011.

didierdepri@yahoo.fr

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

00:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, france, afrique, dévaluation du franc cfa, nicolas sarkozy, uemoa, bceao, beac, cemac, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 19 novembre 2011

LIBRE OPINION: «L'OCCIDENT NE SE FOUT PAS DE LA DEMOCRATIE, IL LA DETESTE»



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Lisez-moi ce papier. Un trésor d'informations, une mine de lucidité et de vérité. Tout simplement excellent! Du camerounais Atangana Mebah Dorien.

 

Les occidentaux se foutent en réalité de la démocratie et des droits de l'homme. Si vous n'êtes pas encore arrivés à cette conclusion, c'est que les beaux discours sur la démocratie, embellis par les séminaires sur les droits de l'homme et le financement de la formation des moniteurs d'élections par la France ou l'Union européenne entretiennent encore la confusion et l'illusion dans votre esprit.

A cela s'ajoute l'aide au développement qui est claironnée dans les médias occidentaux, imprimée dans notre subconscient par les images télévisées des dons de matériel médical en présence de l'ambassadeur de France ou d'Allemagne. Vous devez penser que les pays dits démocratiques nous veulent du bien et qu'ils aimeraient que nous atteignions leur niveau de développement et de confort. Ne critiquent-ils pas certaines dictatures et des chefs d'Etat ayant mis long au pouvoir ? Ne demandent-ils et ne s'alignent-ils d'ailleurs pas avec les peuples pour obtenir leur départ comme en Egypte et en Tunisie ? Ne demandent-ils pas des élections libres et transparentes et ne blâment-ils pas les leaders qui ne semblent pas respecter la volonté de leurs peuples ? Après tout, ce sont même ces pays qui envoient des observateurs pour garantir la régularité des scrutins.

Ils critiquent même aussi souvent les coups d'Etat qui sont presque toujours commis par un chef militaire ou un groupe de rebelles qui se révoltent contre la politique économique irresponsable du leader qu'ils viennent de renverser.

Les organismes internationaux censés garantir les droits de l'homme tels qu'Amnesty International ou le Tribunal Pénal International chargé de juger ceux qui commettent des crimes contre les peuples ajoutent à cette confusion. Pourquoi créeraient et financeraient-ils ces organismes s'ils n'avaient pas à cœur le bien des masses, devez-vous vous demander ? Pourtant la réalité est toute autre.

Attitudes peu démocratiques

Les pays dits démocratiques ne sont pas consistants dans leur demande d'élections transparentes. Ils ferment les yeux sur les exactions des dictatures alliées et les aident même dans leur fraude électorale comme la France le fait au Tchad, Burkina Faso, Gabon et dans bien d'autres pays d'Afrique francophone. L'ancien chef des services secrets français au Gabon, l'ancien Mr Afrique du président Chirac et l'ancien ambassadeur de France au Gabon affirmaient d'ailleurs qu'Ali Bongo avait perdu les élections et que les chiffres qu'on lui a attribués appartenaient en réalité à son opposant principal Mba Obame (Regarder le documentaire intitulé "Françafrique : 50 ans sous le Sceau du Secret").

Certaines dictatures sont non seulement tolérées mais ont aussi été installées après renversement de leaders démocratiquement élus. A ce propos, que les méthodes indirectes utilisées dans le renversement de certains leaders ou la main invisible des commanditaires ne vous trompent pas. Les pays démocratiques participent à ces événements très peu démocratiques. Ce sont les pays occidentaux qui ont fait assassiner Lumumba, le premier leader du Zaïre. Il est dit que les puissances occidentales en voulaient tellement à Patrice Lumumba de leur avoir tenu tête que près de 4 services de renseignements (France, Etats-Unis, Belgique et Angleterre) avaient mis des équipes de tueurs à ses trousses (Lire "The Assassination Business" de Richard Belfield) .

Il est important de signaler que Patrice Lumumba a été assassiné en présence des troupes de l'ONU. Ce sont les Etats-Unis qui ont initié les 2 coups d'Etat contre Jean-Bertrand Aristide à Haïti en utilisant, dans le 2ème coup, des trafiquants de drogue entrainés par la CIA en République dominicaine; Hugo Chavez du Venezuela, Salvatore Allende du Chili ou Mossadegh d'Iran étaient des leaders politiques démocratiquement élus qui ont connu des coups d'Etat organisés avec le soutien actif de la CIA. C'est la France qui, à travers ELF, a fait renverser Lissouba au Congo-Brazzaville et a réinstallé Sassou Nguesso au pouvoir. C'est finalement avec la complicité de la « communauté internationale » et l'aide des troupes françaises et des Nations Unies que Laurent Gbagbo (vainqueur réel des élections ivoiriennes) a été renversé par la violence par Alassane Ouattara.

Le dénominateur commun de ces leaders est le choix courageux qu'ils ont fait de défendre les intérêts de leurs nations et leur désir de sortir leurs peuples de la pauvreté, actions qui les ont souvent mis en conflit avec les intérêts économiques des pays développés et de leurs grands groupes financiers installés à travers le monde.

Mais ce n'est pas ce que CNN, France 24, RFI, BBC ou la Voix de l'Amérique diront aux français, allemands, anglais ou américains. Ils leur diront qu'un chef d'Etat impopulaire, à la politique économique controversée, a été renversé par l'armée (Chavez, Allende), des rebelles (Lissouba, Aristide). Dans le cas de Laurent Gbagbo, ils ont simplement dit qu'il est un chef d'Etat qui a perdu des élections et qui ne veut pas quitter le pouvoir (un de plus en Afrique, ont dû penser les occidentaux).

A l'inverse, ceux qui ont protégé les intérêts des pays occidentaux sont restés au pouvoir pendant des décennies. Mobutu, Moubarak, Eyadema ou Bongo en sont des exemples. Ces 2 derniers ont d'ailleurs été remplacés par leurs fils sans que les défenseurs de l'alternance démocratique ne crient à une confiscation du pouvoir. Blaise Compaoré, Idriss Deby, Obiang Nguema Mbazogo et d'autres encore sont toujours au pouvoir après des décennies et viennent d'ailleurs de gagner de nouveaux mandats sans qu'aucun pays occidental ne trouve à redire. Et ces chefs d'Etat ne sont pas exactement des modèles de démocratie. Moubarak et Zine El-Abidine ont d'ailleurs été renversés parce que la pression populaire était forte. Pour les pays occidentaux, il valait mieux aider à faire tomber ces dictateurs fragilisés qui les ont pourtant servi, pour rester au bon côté de l'histoire et garder des apparences démocratiques. Ils ne poussent pas dehors des dictateurs alliés dont les régimes sont encore forts. Au même moment où l'Otan accusait Kadhafi d'être un dictateur, il donnait sa bénédiction au roi du Bahreïn pour réprimer dans le sang, avec l'aide de 1000 soldats saoudiens, les revendications de son peuple.

De la poudre aux yeux

La démocratie importe peu comme vous le constatez. Ce qui est important, ce sont les intérêts économiques et financiers dont la protection exige le contrôle des ressources naturelles des pays-clients. Tant que vous servez ces intérêts, vous restez au pouvoir. Vous les mettez en danger, alors on utilise cet artifice appellé démocratie pour vous faire tomber.

Que dire de la protection des droits de l'homme, de l'aide au développement ou du Tribunal Pénal International (TPI) ? Ce ne sont que d'autres artifices mis en place pour créer l'illusion : Celle d'un occident bienveillant fonctionnant sur la base de fortes valeurs morales. Tout le système de contrôle des pays faibles est basé sur cette apparence de bonté, sur une illusion de bienveillance. Si cette illusion était enlevée, tout le système s'écroulerait. Il est plus aisé de contrôler un peuple endormi qui croit en votre bonté qu'un peuple bouillonnant de colère face à son exploitation et à son impuissance. L'une des raisons pour lesquelles la France en voulait tant à Laurent Gbagbo est qu'il avait exposé le système d'exploitation de la France en Afrique à travers les émissions de la Radio Télévision Ivoirienne sur la Françafrique. En cela seulement, c'est Laurent Gbagbo qui a gagné. Ces émissions ont contribué à ouvrir les yeux des populations au Cameroun ou le sentiment anti-français est palpable. Vous pouvez imaginer que sous Ouattara, ce genre d'émissions ne sera pas montré à la RTI.

Savez-vous qu'une infime partie de l'aide au développement que la France fait aux pays africains parvient aux pays destinataires ? Une bonne partie de cette aide est retournée en France dans des valises pleines d'argent liquide pour le financement des partis politiques. Le Tribunal Pénal International tout comme l'Onu est simplement un outil utilisé dans les mains des puissances occidentales pour exercer leur prédation sur les pays faibles. Vous avez vu le rôle que le TPI a joué dans les crises Ivoirienne et Libyenne ? Il s'est précipité à ouvrir une enquête sur Laurent Gbagbo, Kadhafi et ses enfants pour violation des droits de l'homme et crimes contre l'humanité juste pour leur mettre la pression.

A l'inverse, le roi du Bahreïn qui a réprimé dans le sang les revendications de son peuple, Alassane Ouattara ou Guillaume Soro dont les soldats ont commis des exactions n'ont subi aucune inquiétude, jusqu'à présent. C'est cette attitude qui a amené Jean Ping, le président de l'Union Africaine à accuser le TPI de faire de la politique et un autre président africain à le qualifier de blague. Le TPI est une vraie farce. En passant, la plupart des individus inculpés par le TPI sont Africains.

Les organisations des droits de l'homme tels qu'Amnesty International, bien que créées avec des motifs nobles, ont été récupérées par des Etats et groupes d'intérêt qui les financent. Elles ont une caution morale très importante pour qu'on les laisse sans contrôle. Amnesty International serait contrôlé d'ailleurs par le MI-5, le service de renseignement britannique. Human Rights Watch, une autre organisation des droits de l'homme, serait financée par Georges Soros, un milliardaire soi-disant philanthrope. Ces 2 organisations ne critiquent pas les atteintes aux droits de l'homme faites pendant les guerres initiées sous le couvert des Nations Unies par la France, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Lorsqu'ils condamnent certaines actions de leurs pays maitres, c'est avec beaucoup de timidité et juste pour garder une certaine crédibilité. Par contre, ils feront des rapports annuels sur les pays « ennemis » de l'occident.

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Au plus fort de la crise libyenne, les fils de Mouammar Kadhafi ont suggéré qu'on procède à une élection pour voir qui le peuple choisirait comme leader mais l'Otan a refusé, sachant que Kadhafi était populaire (à plus de 80%) dans son pays et qu'il gagnerait haut la main pareil test. La démocratie n'exigeait-elle pas qu'on laisse le peuple décider ? Cette solution n'a même pas reçu l'attention de la « communauté internationale » parce qu'il fallait abattre ce leader qui avait osé défier l'ordre international.

Les séminaires sur les droits de l'homme, le financement et l'aide à certains journaux privés africains, les critiques contre certaines dictatures ne sont que de la poudre aux yeux. Ils font partie de l'arsenal psychologique qui entretient l'illusion de la bienveillance occidentale.

J'espère que vous ne croyez plus les présidents français lorsqu'ils prétendent défendre l'Afrique au G-20, le groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde, alors que ce sont eux qui, à travers le franc CFA, maintiennent l'Afrique sous oppression monétaire (http://www.africamaat.com/Video-Le-Franc-CFA-et-les-comptes).

Voyez-vous, on ne peut être voleur et honnête en même temps. On est l'un ou l'autre. On ne peut faire assassiner des gens et prétendre défendre les droits de l'homme. On ne peut provoquer des guerres qui détruisent et prétendre accorder de la valeur à la vie humaine. On ne peut faciliter et donner de la caution à la fraude dans un pays et prétendre être un démocrate dans un autre. On ne peut utiliser la banque mondiale et le FMI pour détruire les économies des pays du tiers-monde et prétendre aider au développement (http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafIPvt.html). On est bon ou on ne l'est pas. Et si ces pays démocratiques nous voulaient du bien, pourquoi éliminent-ils nos leaders tels Sankara, Lumumba ou Kadhafi qui nous aimaient ?

L'occident ne se fout pas de la démocratie. Il la déteste

On le sait, contrairement aux apparences et aux déclarations bienveillantes, les leaders occidentaux ne veulent pas de démocratie, ni de progrès en Afrique. Ils aimeraient que les choses restent comme elles sont, sans toutefois tomber dans le chaos car celui-ci perturbe la bonne marche des affaires. Ils ne veulent pas non plus que les pays du tiers-monde se développent car le développement de l'Afrique les ferait sortir de leur contrôle et de leur joug.

Démocratie suppose répartition du pouvoir entre institutions indépendantes, élections transparentes, presse libre et bavarde, commission d'enquêtes parlementaires, réflexion indépendante, débats publics, etc.... Il est plus facile de contrôler un leader corrompu qui a entre ses mains la totalité du pouvoir que de contrôler un président ou premier ministre qui partage le pouvoir avec les députés, les magistrats de la cour suprême et tous les hauts responsables qui joueraient un rôle-clé dans la marche d'une nation démocratique. Des élections libres présentent le risque de mettre au pouvoir des leaders nationalistes et libres d'esprit que les occidentaux ne contrôlent pas.

La démocratie permettrait à la presse de révéler les magouilles qui se font sous la table et peut très sérieusement interférer avec l'informel dont bénéficient les compagnies occidentales opérant en Afrique. Par exemple, une presse libre et bien informée révélerait aux africains tous les accords commerciaux abusifs que la France a imposé aux pays africains tels que le Niger où elle a la priorité sur l'exploitation de l'uranium. C'est la France qui fixe le prix auquel elle achète cet uranium que le Niger ne peut d'ailleurs pas vendre à aucun autre pays. Cette presse dénoncerait l'exploitation off-shore qu'ELF fait du pétrole congolais sans que le gouvernement congolais n'ait une idée des quantités prélevées. (Regarder le documentaire intitulé "Les Milliards d'ELF").

Une presse libre montrerait les émissions de la Françafrique qui sont diffusées en France mais interdites sur les chaînes africaines. Les juges seraient ainsi libres de faire juger sans pression politique toute compagnie française ou américaine ayant commis des exactions sur le sol africain ou ayant procédé par corruption pour obtenir des contrats. Les députés pourraient débattre de projets de lois et revoir tous les accords que les pays africains ont signé avec la France. Le peuple serait partie prenante du jeu et demanderait une redistribution des richesses qui pour le moment bénéficient en majorité aux compagnies occidentales.

Tout ceci m'amène à affirmer que même si un leader véritablement démocrate et intègre arrivait au pouvoir dans un pays africain, les puissances occidentales essaieraient de l'éliminer. Leurs leaders étrangers ne vont pas se croiser les mains, l'applaudir pour les changements positifs (du moins, pas sincèrement) et le laisser faire. Ils ne vont pas se contenter de le regarder travailler. Ils vont essayer de l'éliminer, pour des raisons déjà évoquées. En plus de ces intérêts nationaux, ils ont aussi des motifs personnels. Les familles Mitterrand, Charles Pasqua et Giscard d'Estaing auraient des intérêts privés au Cameroun, Gabon, Centrafrique, Tchad, Congo. Sur le plan moins personnel, un dirigeant démocrate refusera de procéder aux financements occultes de partis politiques et des ordres mystiques européens. Nous savons que ce financement joue une très importante part dans le fonctionnement de ces entités et certains leaders africains leur verseraient des dizaines et même des centaines de millions de francs CFA, à titre de contribution.

En plus de ces intérêts, il y a la notion de prestige qui est en jeu. Aux yeux des pays puissants, il serait inacceptable qu'un dirigeant d'un petit pays sous tutelle change les règles du jeu telles qu'elles existent depuis la colonisation et force la main à une grande puissance. C'est un affront qu'on ne saurait accepter, ceci est d'autant plus dangereux qu'il pourrait faire des émules. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Président Thomas Sankara était un danger pour l'ordre établi français. Il était très admiré et était devenu très populaire auprès des jeunesses et corps d'officiers africains. Les maîtres occidentaux avaient peur que d'autres gens ne veuillent suivre son exemple. Bien qu'il ait été assassiné par celui qu'il croyait être son ami, ce sont la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et la France qui en étaient les commanditaires.

Pourquoi les chefs d'Etats africains ne dénoncent-ils pas cet ordre outrageux des choses ? D'abord parce qu'ils sont eux-mêmes compromis par des abus et violations d'ordre divers. Ils font partie de ce système global de jouissance matérielle, pour la plupart. Ensuite, ces chefs d'Etat seraient embarrassés d'exposer leur impuissance, leur rang subalterne et leur servilité vis-à-vis de leurs maîtres. Quel chef de famille pourrait rentrer, le soir, à la maison et dire avec fierté à sa femme et à ses enfants qu'il a dû remettre une partie de son salaire au voisin parce qu'il avait peur que celui-ci ne le bastonne ? Ces chefs paraissent forts et invincibles aux yeux de leurs peuples et un aveu d'impuissance heurterait leur fierté. Pourtant, la mise en place d'un véritable système démocratique est la seule voie de sortie de ce système d'oppression car elle permettrait de battre les pays dits démocratiques au jeu de la démocratie. Elle permettrait de désarmer les prédateurs, de mettre les règles du jeu du côté du pays en question et d'impliquer dans le jeu la seule composante vraiment capable de protéger un leader : le peuple.

Même chez eux, la démocratie n'existe pas vraiment

Ne vous y trompez pas, même dans les pays occidentaux, la démocratie n'existe pas vraiment. Les dirigeants de ces pays sont sélectionnés à partir de 2 partis politiques uniquement dont aucun ne représente parfois un bon choix. Selon les pays, il s'agit de la gauche et de la droite, des républicains ou des démocrates, libéraux ou conservateurs. Cette organisation ne laisse pas de chances à une tierce personne de compétir. Un ancien agent de la CIA racontait dans une vidéo comment il avait été envoyé pour intimider Ross Pérot, un candidat indépendant qui voulait compétir contre Bush I en 1992, en lui demandant de retirer sa candidature. Il l'a menacé de s'en prendre à sa fille et Ross Pérot a obtempéré. Incroyable, n'est ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé. Ross Pérot qui commençait à devenir populaire menaçait le règne des 2 partis politiques, par la création d'une alternative pour le peuple.

Les candidats finalement sélectionnés à l'issue des primaires viennent presque tous du même moule. Il est presqu'impossible pour un personnage ayant des idées révolutionnaires qui inconfortent l'establishment d'arriver à ce niveau. Ils ne peuvent changer la politique préétablie par leurs partis et dans une large mesure, l'establishment. Les leaders élus ne peuvent pas de façon significative affecter la politique extérieure de leurs pays et, dans une certaine mesure, même pas la politique intérieure. Ils sont en réalité des têtes visibles de groupes d'intérêt que sont les partis politiques. Ceux qui essaient de changer les choses se font éliminer comme Kennedy, sont poussés à l'échec comme Jimmy Carter ou alors sont intimidés comme Barack Obama qui renonce à mettre en application son programme social. Ces candidats sont, en général, issus de mêmes écoles, fréquentent les mêmes clubs sociaux et appartiennent même souvent aux mêmes sociétés secrètes. Ce dernier détail a une grande valeur lorsque l'on sait que l'Allegiance aux sectes dépasse même souvent leur loyauté vis-à-vis de leurs pays. Le monde occidental est simplement une dictature de l'élite sur les masses ouvrières.

Ces pays démocratiques ont aussi des fraudes électorales, moins visibles et plus sophistiquées que les pays africains. Georges W. Bush ne doit sa première élection de l'an 2000 contre Al Gore (qui avait gagné le vote populaire) qu'à la décision de la Cour suprême de refuser le recomptage des votes en Floride où son frère était gouverneur. Il faut signaler que Georges W. Bush avait des partisans à la Cour suprême, ce juge dont le fils faisait partie de l'équipe de campagne de Georges Bush. Peut-on vraiment parler de démocratie quand le candidat que la plupart des électeurs ont voté perd les élections par le jeu des grands électeurs.

Dans le documentaire intitule "Hacking Democracy", un individu affirme que Kerry avait la preuve que Georges Bush avait perdu l'élection de 2004 mais avait choisi de ne pas en parler. Il faut signaler que Bush et Kerry font partie de la même secte appellée "Skulls and Bones" traduits par "Cranes et Os". Dans son excellent article, Michael Parenti (http://www.michaelparenti.org/stolenelections.html) dit que des irrégularités ont été commises en 2000 contre les minorités ethniques et des personnes démunies qui votent en général démocrate (parti d'Al Gore). 36 000 personnes n'ont pu voter parce que leurs noms n'ont pas été inscrits dans les listes électorales par le secrétaire d'Etat de l'Etat de Floride, Kathleen Harris. Celle-ci a supervisé les élections de l'Etat de Floride de par sa fonction alors qu'elle était aussi un membre actif du comité de campagne de Georges Bush, dans l'Etat de Floride. D'autres électeurs ont été refoulés par une accusation mensongère d'être d'anciens repris de justice. Dans beaucoup de bureaux de vote dans des régions favorables aux démocrates, les autorités ont fermé tôt les bureaux, empêchant les gens alignés dehors de voter.

Plus récemment en Grèce, Georges Papandreou a renoncé à l'idée du referendum sur le sauvetage des banques grecques sous la pression de ses pairs européens qui savaient que s'il était consulté, le peuple grec allait rejeter ces mesures qui le mettent pratiquement en captivité. N'est-ce pas la démocratie, le choix du peuple ?

En conclusion, la démocratie n'existe vraiment pas. L'occident utilise cet artifice dans la guerre qu'elle mène contre l'Afrique. Les crises ivoirienne et libyenne n'ont été que l'expression visible et violente de cette guerre. Cependant, ce n'est pas une guerre que nous gagnerons par la violence. L'Afrique gagnera cette guerre en retrouvant sa dignité, son self-esteem, l'amour de l'un pour l'autre, sous la direction de leaders nationalistes utilisant la sagesse et l'astuce.

Au-delà de ces considérations bassement matérielles, il y a un élément humain qui explique le comportement des gens vis-à-vis des autres. Nous avons tous en nous, en tant qu'êtres humains, ce désir de contrôler et de nous enrichir aux dépends des autres et de leur bien-être supérieur. C'est pour cela que toutes ces sociétés secrètes et clubs élitistes naissent et prospèrent, à travers le monde. Leur but est de contourner la démocratie, de remettre et de garder le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés.


Atangana Mebah Dorien, citoyen libre.

vendredi, 11 novembre 2011

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT SARKOZY ET LA FRANCE

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« La faillite n'est plus un mot abstrait », voici l'euphémisme - du reste, très élégant - derrière lequel s'est embusqué le Premier ministre français, François Fillon, pour annoncer, dans une mine inabordable des mauvais jours, au peuple français sa banqueroute budgétaire. Prenant sur lui, en préposé des mauvaises nouvelles, de décliner devant la nation, comme un ange venu du Hadès, un plan, non plus de rigueur (mot pourtant longtemps esquivé par le gouvernement et éludé par moult contorsions verbales de ses membres) mais pire, d'austérité. Avec une accélération de la réforme des retraites, une hausse de la TVA (7%) et de l'impôt sur les sociétés (5%). Mettant la France sur le même palier, en réalité, qu'une Grèce en faillite sous perfusion européenne et une Italie sous surveillance économique et budgétaire du FMI. Des plans d'ajustements structurels (PAS, terminologie longtemps demeurée l'apanage des pays pauvres et notamment des pays africains) qui ne disent pas leur nom.

François Fillon répondait ainsi, du même coup - l'occasion était une aubaine immanquable -, à ses pourfendeurs qui le trouvaient un tantinet alarmiste quand il disait en début de quinquennat, en septembre 2007, qu'il était « à la tête d'un Etat en faillite » et à un Nicolas Sarkozy qui, en novembre 2007, assurait les français de l'inverse : « La France n'est pas en faillite ».

Déjà le samedi 5 octobre, à Morzine en Haute Savoie, dans les Alpes françaises, à deux jours de la présentation du deuxième plan de rigueur en moins de trois mois - le socialiste François Hollande dénonce justement une « politique de bricolages » -, il déclarait que « Le budget 2012 sera l'un des budgets les plus rigoureux que la France ait connu depuis 1945 ». Il est urgent, a-t-il dit, cette fois le lundi 7 novembre dernier, lors de sa conférence de presse à l'Hôtel Matignon, de « sortir de la spirale dangereuse » de « la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité », même au prix « d'efforts collectifs et prolongés et de « sacrifices ». Il faut rappeler que la France gît sous une épaisse couche de dettes et de déficits, depuis de très longues années. Elle espère ainsi « économiser 100 milliards d'Euros pour parvenir à zéro déficit, en 2016 ».

Comme dit une chaîne de télévision belge sur son site Internet, « l'objectif est de ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2012. Il en va du précieux ''triple A'' de la France, attribué par les agences de notation et sésame pour emprunter à bas coût sur le marché de la dette. Etalé sur quatre ans, l'effort supplémentaire prévu par ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'Euros dès 2012. Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'Euros de dette supplémentaire, d'ici à 2016. (...) Fait rarissime, le budget de l'an prochain est ainsi profondément remanié avant même d'avoir été adopté par le Parlement ».

Les coupes budgétaires annoncées doivent permettre de faire entrer dans les caisses de l'Etat 5,4 milliards d'Euros pour un besoin brut de 7 milliards d'Euros supplémentaires, qui viendront en appui des 11 milliards d'Euros d'économie forcée déjà annoncés, en septembre dernier. Nettement insuffisant pour sortir la France de l'impasse. Où trouver la différence de 1,6 milliards d'Euros. Tel est le nouveau casse-tête « chinois » français.

Et pourtant, si la France vivait moins orgueilleuse et moins belliqueuse, l'économie hexagonale et tout le peuple français s'en porteraient infiniment mieux. Se livrer à un « fascisme extérieur » comme le lui a asséné le sociologue Jean Ziegler, présentant sur TV5 Monde son dernier ouvrage intitulé « Destruction massive », fomenter contre des nations tranquilles  des « guerres humanitaires et démocratiques » pour lesquelles plus personne n'est dupe et espérer équilibrer un « budget en déficit depuis une trentaine d'années », dixit Nicolas Sarkozy lors de sa 3ème conférence de mandat, nous semble être une fuite en avant, doublée d'une prise de raccourci déconcertante du gouvernement français, quand des solutions objectives existent bien en face de lui : vivre selon ses moyens. Qu'entendons-nous par cette expression ?

La France veut continuer à être la « Grande France ». De bonne guerre ! Mais à ses risques et périls. Car comment espérer réduire les déficits, sortir de la spirale de l'endettement aveugle voire irresponsable et s'extirper des anneaux contristants des marchés financiers, tout en continuant cette politique arrogante et impérialiste dans le monde, appuyée sur une économie défaillante et très peu compétitive ? Impossible de faire des omelettes sans casser les œufs. Il faut que la France vive selon ses moyens et non plus de l'argent qu'elle n'a pas ou que ne produit guère plus son économie ni sa force de travail nationale. Le monde a évolué, les rapports de forces géopolitiques et géostratégiques ont mué avec l'émergence de la Chine et des BRICS en général, la real politik internationale n'est plus celle des « 30 glorieuses ». La France n'a plus les moyens de son prestige. Elle doit simplement revoir ses prétentions à la baisse et ne plus vivre aussi outrageusement au-dessus de ses moyens. N'y a-t-il plus de bon sens en France ou plus personne qui en soit habité ?

Figurez-vous qu'en ces temps de vaches maigres internationales, la France se paye encore le luxe d'entretenir pas moins de 11 bases militaires permanentes et d'« opérations extérieures (Opex) », en Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal, Tchad, Gabon, Somalie, Djibouti, Comores, Ile de la Réunion, Togo, Cameroun, République Centrafricaine) et dans le monde, dont les plus importantes se situent en Afghanistan, au Liban, dans le Darfour, en Côte d'Ivoire et dans les Balkans. Sans omettre la toute nouvelle base d'Abu Dhabi (mai 2009), dans les Emirats arabes unis, aux larges du Golfe persique. Avec tout ce que cela sous-entend de logistiques lourde et légère, de charges quotidiennes de fonctionnement et de maintenance, de salaires et de primes, d'investissements divers. La seule force Licorne en Côte d'Ivoire, coûtait et continue de coûter à la France pas moins de 10 milliards de Francs CFA par mois, soient environ 15,3 millions d'Euros par mois.

Les forces françaises hors de la métropole sont les détachements de l'armée française localisés hors du territoire européen de la France. Ainsi, environ 10.000 militaires français sont répartis, en 2010, dans une dizaine d'opérations extérieures (Opex). En ajoutant aux Opex les forces dites de « présence » et de « souveraineté » stationnés dans la France d'outre-mer (Mayotte, Antilles, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Polynésie. Afrique y compris ? Ce serait une insulte !), on obtient un total d'environ 30 000 soldats stationnés hors de la métropole française. Réduire cette armada ne serait-ce que de moitié, et la France est sauvée. Mais de cette solution, point question !

Nicolas Sarkozy sera certainement le président français sous lequel toute cette richesse et cette vie artificielles entretenues depuis des décennies finiront par s'écrouler comme un château de cartes. Tant les coups de boutoirs de sa politique extérieure (la guerre en Côte d'Ivoire, couplée de la guerre en Libye et d'un plan de sauvetage de la Grèce audacieux si ce n'est suicidaire, qui ont aggravé comme jamais le déjà abyssal déficit budgétaire français), ses derniers mois, auront été décisifs pour le futur et très proche effondrement général d'une économie déjà en équilibre précaire.

Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont passé le plus clair de leur temps à s'encenser l'un après l'autre et à célébrer leur « leadership exceptionnel », lors de leur conférence de presse de clôture du G20 de Cannes. Deux personnalités qui en avaient vraiment besoin, sur le moment, pour maquiller en victoire médiatique leurs déconvenues budgétaires et donner le sentiment global d'être bien « à la barre », quand leur pays vont à vau-l'eau et qu'ils ne doivent leur salut qu'à la « magnanimité » d'une Chine triomphante qui a bien voulu leur acheter leurs bons de trésor et racheter une partie significative de la dette européenne.

Vu sous ce prisme, la présidentielle française de mai 2012 promet des débats croustillants sur les questions financières et économiques. Des esquives en tout genre, des déclarations à l'emporte-pièce, des promesses mirobolantes qui ne seront jamais tenues comme à l'accoutumée, des coups bas à la DSK (en dessous de la ceinture) et des mensonges éhontés de tout registre sont au menu. Nous serons bien servis, en tout cas. La France en sortira-t-elle perdante, plus que jamais affaiblie ou plus forte ? Nous le saurons, bientôt ! D'ici là, il faut sauver le soldat Sarkozy et la France par des recettes intelligentes et peu coûteuses. Nous, nous proposons le bon sens universel et la trivialité d'une recette connue même en économie domestique : vivre selon ses moyens - donc non plus au-dessus de ses moyens - et revoir à la baisse un ego international surdimensionné.

Nous y invitons pareillement la « nouvelle Côte d'Ivoire » et la « République des vainqueurs » de la lagune Ebrié. Qui a les yeux désespérément rivés sur la France messianique d'un Nicolas Sarkozy fauché - qui a récemment offert à notre police 34 véhicules d'occasion encore aux couleurs et aux immatriculations françaises - sauveur pressenti d'un Alassane Ouattara sans le sou.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 363 du jeudi 10 novembre 2011.

lundi, 07 novembre 2011

LA MONDIALISATION DE LA PROTESTATION

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Le mouvement protestataire qui a débuté en Tunisie en janvier pour s’étendre par la suite à l’Égypte puis à l’Espagne est désormais un phénomène mondial, avec des manifestations qui prennent d’assaut Wall Street et plusieurs villes d’Amérique. La mondialisation et la technologie moderne permettent désormais aux mouvements sociaux de transcender les frontières aussi rapidement que les idées. Et la contestation sociale a trouvé un terrain fertile partout dans le monde : un sentiment que le « système » a échoué et la conviction que, même au sein d’une démocratie, le processus électoral n’arrangera pas les choses – du moins, en l’absence d’une forte pression de la part de la rue.

En mai, je me suis rendu sur les lieux des manifestations tunisiennes ; en juillet, j’ai eu l’occasion de parler avec les indignados espagnols ; je suis ensuite allé rencontrer les jeunes révolutionnaires égyptiens sur la place Tahrir au Caire ;  il y a quelques semaines enfin, j’ai discuté avec les contestataires d’Occupy Wall Street, à New York. Il existe un thème commun, exprimé par le mouvement OWS, et qui se résume en une phrase simple : « Nous représentons les 99% ».

Ce slogan fait écho au titre d’un article que j’ai récemment  publié : « Of the 1%, for the 1%, and by the 1% » (Des 1%, pour les 1%, et par les 1%), décrivant l’augmentation considérable des inégalités aux États-Unis : 1% de la population détient plus de 40% de la richesse et perçoit plus de 20% des revenus. Et les personnes appartenant à cette strate raréfiée sont souvent grassement récompensées, non pas pour leur contribution à la société – bonus et plans de sauvetage anéantissent clairement cette justification des inégalités – mais parce qu’ils sont, disons les choses clairement, des rentiers prospères (et parfois corrompus).

Il est indéniable qu’une partie de ces 1% a grandement apporté sa contribution. En effet, les bienfaits sociaux apportés par de nombreuses véritables innovations (par opposition aux nouveaux « produits » financiers qui ont fini par dévaster l’économie mondiale) ont pour la plupart grandement excédé ce qu’ont perçu leurs inventeurs.

Partout dans le monde, l’influence des politiques et les pratiques anti-concurrentielles (souvent soutenues par les politiques) ont joué un rôle central dans le creusement des inégalités économiques. Et les systèmes fiscaux dans le cadre desquels des milliardaires comme Warren Buffett payent moins d’impôt (en pourcentage de leur revenus) que leur secrétaire, ou dans lesquels les spéculateurs ayant participé à l’effondrement de l’économie mondiale sont taxés à des taux inférieurs aux taux imposés à ceux qui travaillent pour eux, n’ont fait que renforcé cette tendance.

Les recherches de ces dernières années ont montré à quel point la notion d’équité était importante et ancrée. Les manifestants espagnols et ceux des autres pays ont raison d’être indignés : voici un système dans lequel les banquiers sont renfloués, tandis que ceux qui en ont été la proie sont livrés à eux-mêmes. Pire, les banquiers sont désormais de retour à leurs postes, gagnent des bonus dont le montant dépasse ce que la plupart des travailleurs espèrent gagner dans toute une vie, tandis que les jeunes qui ont travaillé dur pendant leurs études et respecté les règles du jeu n’ont aucune perspectives d’emploi épanouissantes.

La montée des inégalités est le produit d’un cercle vicieux : les riches rentiers ont recours à leur fortune pour façonner la législation dans l’objectif de protéger et d’accroître leur richesse – et finalement leur influence. La Cour suprême des États-Unis, dans sa célèbre décision Citizens United, autorise librement les grandes entreprises à utiliser leur argent pour influencer l’orientation de la politique. En revanche, alors que les plus riches sont autorisés à recourir à l’argent pour assoir leurs opinions, dans la rue la police m’a interdit de m’adresser aux manifestants de l’OWS à travers un mégaphone.

Le contraste entre une démocratie sur-réglementée et des banques non-réglementées n’est pas passé inaperçu. Mais les manifestants sont ingénieux : ils ont repris ce que j’avais dit à la foule et l’ont répété pour que tout le monde puisse l’entendre haut et fort. Et pour empêcher que le « dialogue » ne soit interrompu par les applaudissements, ils ont eu recours à des signes de main énergiques pour exprimer leur approbation.

Ils ont raison d’affirmer que notre « système » a un problème. Partout dans le monde, nous avons sous-exploité un certain nombre de ressources – des personnes désireuses de travailler, des machines inutilisées, des bâtiments vides – et sommes faces à des besoins non-satisfaits : lutte contre la pauvreté, promotion du développement, et modernisation de l’économie pour lutter contre le réchauffement climatique, pour n’en nommer que quelques-uns. En Amérique, après la saisie de plus de sept millions de maisons au cours des dernières années, les maisons vides contrastent avec les sans-abris.

Les manifestants ont été critiqués pour leur absence de propositions. Mais là n’est pas la question des mouvements protestataires. Ils sont l’expression d’une frustration à l’égard du processus électoral. Ils constituent une alarme.

Les manifestations anti-mondialisation qui ont eu lieu à Seattle en 1999, lors de ce qui était supposé être l’inauguration d’une nouvelle série de négociations commerciales, ont attiré l’attention sur les échecs de la mondialisation et des institutions et accords internationaux qui la gouvernent. Lorsque la presse s’est intéressée aux revendications des manifestants, elle a décelée chez eux une vérité certaine. Les négociations commerciales qui ont suivi ont été différentes – du moins en principe, elles étaient censées constituer un cercle en faveur du développement, remédier à certaines des lacunes mises en évidence par les manifestants – et le Fonds monétaire international a par la suite entrepris des réformes importantes.

De la même manière, aux États-Unis, les manifestants pour les droits civiques dans les années 1960 ont attiré l’attention sur le racisme institutionnalisé omniprésent dans la société américaine. Cet héritage n’a toujours pas disparu, mais l’élection du président Barack Obama montre à quel point ces manifestations ont bouleversé l’Amérique.

À un premier niveau, les manifestants d’aujourd’hui réclament peu : la possibilité d’utiliser leurs compétences, le droit à un emploi décent et à un salaire décent, une économie et une société plus justes. Leur espoir est évolutionnaire, et non révolutionnaire. Cependant, à un autre niveau, ils demandent beaucoup : une démocratie dans laquelle le peuple compte, et non les dollars, et une économie de marché à la hauteur des espérances qu’elle suscite.

Les deux sont liés : comme nous l’avons observé, des marchés sans entrave conduisent à des crises économiques et politiques. Les marchés ne peuvent fonctionner correctement qu'à condition qu’ils opèrent dans le cadre de régulations gouvernementales adaptées ; et ce cadre ne peut être érigé que dans une démocratie qui reflète l’intérêt général – et non l’intérêt des 1%. Le meilleur gouvernement que l’argent puisse acheter ne suffit plus.


Joseph E. Stiglitz est professeur à l’Université de Columbia, lauréat du prix Nobel d’économie, et auteur de Freefall: Free Markets and the Sinking of the Global Economy (Chute libre : la liberté des marchés et l’effondrement de l’économie globale, ndt)

 

Copyright: Project Syndicate, 2011.

www.project-syndicate.org

Traduit de l’anglais par Martin Morel


Pour un podcast de ce commentaire en anglais, veuillez utiliser ce lien :

http://traffic.libsyn.com/projectsyndicate/stiglitz144.mp3

 

Source: PROJECT SYNDICATE

mercredi, 02 novembre 2011

LA SYMETRIE DU CHAOS, VERS UN NOUVEAU PARADIGME INTERNATIONAL?


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Article un peu décalé par rapport à sa date de publication, au regard de l'évolution dramatique qu'a connu la crise libyenne mais d'un contenu remarquable qui nous interpelle sur le nouveau paradigme qui est en train de se mettre en place sur la "petite planète bleue". Tout simplement angoissant. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Après six mois de résistance, le régime du colonel Gaddafi a fini par être surpris dans sa capitale par un coup de main assez élaboré. Il aura néanmoins réussi à briser l'élan des nouvelles guerres high-tech, rapides et multimédia s'abattant sur un nombre précis de pays arabes depuis l'avènement de l'année 2011.

Ce remake réussi de la Baie des cochons sur les rivages de Libye marque non seulement un tournant dans les relations internationales mais pèsera négativement à l'avenir sur les relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Vingt ans après l'effondrement de l'empire soviétique et la suppression de la menace dite rouge, l'année 2011 fut choisie comme celle de l'assaut général contre les derniers régimes rétifs à l'hégémonie du nouvel ordre mondial et son idéologie. Première cible avant les pays satellites de la Chine et les pays d'Amérique latine contestataire de l'ordre mondial : les pays arabes hors de l'influence. En sacrifiant deux leaders alliés dont l'un du pays arabe le plus peuplé et le plus influent, les USA escomptaient obtenir un effet domino dans l'ensemble de la région et plus particulièrement un changement de régime dans des pays comme la Libye et la Syrie. Cependant, la très coûteuse occupation de l'Irak de Saddam Hussein et le désastre afghan obligèrent les stratèges américains à opter pour un nouveau type de guerre plus économique en utilisant les moyens de l'information, les réseaux sociaux, les Psyops, la propagande, les cellules terroristes dormantes et Al-Qaida, outil créé, financé et armé par la CIA, le MI-6 et bien d'autres services de renseignement pour l'achèvement de certains objectifs géostratégiques globaux. C'est en effet une nouvelle forme de guerre High Tech, rapide et reposant sur le concours des populations locales préalablement formatées par une propagande massive, multi-vectorielle, élaborée et adaptée à l'humus culturel, religieux et/ou idéologique. Si le putsch militaire en Tunisie fut relativement facile, ordonné et sans grande effusion de sang, celui de l'Égypte contraria deux acteurs clé de la politique étrangère US : le royaume d'Arabie Saoudite et Israël. Ce dernier avait toutes les raisons du monde d'appréhender un changement de régime en Égypte susceptible d'amener à sa tête des factions hostiles à l'État hébreux.

Malgré la soumission totale de l'armée égyptienne à son mentor US, véritable maître du pays du Nil, les choses semblent se détériorer dans la péninsule du Sinaï. Au détriment d'Israël. Effet collatéral inattendu d'une guerre dite globale. C'est le concept de la guerre tous azimuts ou guerre totale multidimensionnelle appliquée à des cas concrets. A distinguer du concept clausewitzien de la guerre. C'est une nouvelle forme de guerre dans laquelle les aspects informationnels, propagandistes, psychologiques, diplomatiques et économiques sont mobilisés comme des armes de combat de première ligne contre des États ou des groupes d'États. D'ailleurs, ce n'est point un hasard si les moyens diplomatiques incluant le recours au CS de l'ONU, et les médias sont considérés comme des étapes cruciales de tout plan militaire US. Ainsi après l'Afghanistan, le Pakistan, l'Iran, l'Irak, le Liban, la Palestine, la Syrie, le Yémen, la Somalie et le Soudan, il n'était pas étonnant de voir la machine bien huilée se tourner vers le Maghreb. Premier maillon faible de cet espace géopolitique en mal d'intégration : la Libye du colonel Mouammar Gaddafi. Bête noire et vieil ennemi de bons nombre de pays occidentaux et arabes du golfe arabo-persique. L'aventure militaire précipitée de l'OTAN sur les côtes libyennes a non seulement bousculé l'équilibre géostratégique de cet espace géopolitique mais risque fort de bouleverser l'ensemble des relations Nord-Sud en méditerranée occidentale. Cette aventure militaire a mis fin à cinquante ans de paix, puisque la dernière intervention armée occidentale en Afrique du Nord remonte à la bataille de Bizerte (Tunisie septentrionale) et à la guerre d'Algérie. Plus préoccupante est l'ingérence presque immorale de certaines entités étatiques du Golfe persique au Maghreb : la chasse frénétique aux subsahariens par les rebelles en Libye relève plus d'une vindicte dictée contre l'orientation africaine de la Jamahiriya et son mépris des Arabes du Golfe persique. Cette tendance africanophobe traduit la future orientation de la Libye de demain telle que voulue par les mentors et financiers de l'agression militaire contre ce pays : La Libye post-Gaddafi sera Arabe du premier camp. Celui de la Jordanie, du Qatar, des Émirats Arabes Unis, du Koweït et du Bahreïn. En d'autres termes, un pays détaché de son environnement africain.

Malgré la chute de Tripoli suite à l'opération «Siren», opération coup de poing qui fera date dans les manuels militaires des armées, les Libyens n'auront pas démérité et ont globalement fait face à l'agression de leur pays avec plus d'efficacité que ne l'ont fait les Irakiens pourtant infiniment mieux armés. La Libye a tenu à six mois de bombardements et autres pilonnages intensifs des forces de l'OTAN, lesquelles ont déversé sur ce pays près de 200 bombes par jour. Dans cette guerre, les rebelles libyens, en particulier ceux de la ville de Misurata ont bénéficié du soutien de firmes de sécurité et de renseignement privées ainsi que de mini-drones (des drones quadricoptères de type Scout). Ailleurs dans le pays, des drones américains Predator II armés croisaient dans le ciel libyen chassant en meute des cibles désignées.

Sous-estimée, la Libye du colonel Gaddafi et son système atypique de pouvoir non hiérarchisé et horizontalement distribué a donné du fil à retordre à l'OTAN. A la surprise générale de ses voisins, la Libye, plus petit pays du Maghreb, a failli écraser rapidement et efficacement la rébellion armée qui s'est déclarée en Cyrénaïque le 16 février 2011, n'était-ce l'intervention militaire occidentale. Néanmoins, la Libye a réussi à absorber le choc initial de l'agression de la coalition internationale menée par les USA, la France, la Grande Bretagne, le Qatar et les Émirats Arabes Unis avant de tenir tête à l'OTAN, la plus grande alliance militaire du monde.

Cette capacité de résistance d'un pays aux capacités technologiques quasi-inexistantes, doté d'une toute petite armée de quatre ou cinq brigades, ne peut s'expliquer que par le régime très particulier et hors normes imposé par le colonel Kadhafi. Un système opaque où le pouvoir est dissous parmi des centaines de tribus et où la notion d'État selon l'acception occidentale demeure un concept étrange. L'organisation de l'État des masses, un concept paradoxal pour un pays de cinq ou six millions d'habitants, a rendu caduc tous les plans précédemment utilisés en Irak et a imposé à l'OTAN un nouveau paradigme à peine connu. Indubitablement, c'est en Libye qu'a été mis en échec le cycle des révoltes arabes par le désordre et l'ingénierie du chaos au moyen des réseaux sociaux et des services de messagerie. Car, contrairement à la Tunisie et l'Égypte, pays pro-occidentaux ayant connu des putschs militaires déguisés en révolutions colorées, la Libye comme le Yémen et la Syrie ont fait autrefois partie d'un front du refus et de la résistance qui aura vécu. Il est paradoxal de constater qu'une ville éloignée comme Brega ait tenu tout au long de la guerre et ait survécu à Tripoli qui a succombé à un coup de main éclair et complexe.

L'histoire est riche de ces retournements spectaculaires d'alliances et d'allégeance. Toutefois, qui aurait osé concevoir il y a à peine une trentaine d'années que l'OLP (Organisation de Libération de Palestine) se retournerait contre Damas ? Il est vrai que la vieille organisation désuète et corrompue de la résistance palestinienne n'a jamais pardonné le positionnement du régime syrien laïc aux côtés d'une organisation islamiste rivale, ayant réussi à prendre le pouvoir dans l'enclave assiégée de Gaza. Comme dans l'épisode libanais, la main des Saoudiens n'est jamais très loin et il n'est pas étonnant dès lors de constater la stratification en cours et la superposition de la rivalité créée de toutes pièces entre l'Arabie Saoudite et ses alliés, garant d'une version rigoriste de l'Islam sunnite contre l'Iran chiite, ultime avatar de l'impérialisme perse. Un schéma correspondant parfaitement aux plans d'hégémonie US au Moyen-Orient, basés sur les divisions ethniques et confessionnelles et même au-delà.

L'une des techniques de tromperie en usage dans ces nouvelles campagnes militaires d'un nouveau genre contre des États est l'imposition d'un mensonge comme vérité dans la plus pure tradition stalinienne. Ainsi des médias nous présentent sans vergogne aucune des informations faisant état de l'usage du gouvernement syrien d'embarcations armées contre ses propres populations civiles tout en avançant des bilans dignes d'un accident de circulation. Est-il possible qu'une ville de la taille de Lattaquié soit pilonnée par l'artillerie navale et n'enregistre que trois ou quatre victimes ? Le cas libyen est encore plus pathétique : l'OTAN qui ne maîtrise qu'une forme de propagande unique et disons le sans ambages, sclérosée, qualifie ses raids meurtriers contre les populations civiles libyennes comme une opération de protection de ces mêmes populations ! Les sites officiels britanniques se sont illustrés par une propagande mensongère sans vergogne pire que celle de Staline. Cercle vicieux d'un mensonge orwellien. Cet auteur avait bien pressenti que le totalitarisme anglais pourrait être bien plus pire que celui du nazisme et du stalinisme de son époque.

Les États-Unis d'Amérique sont les principaux architectes de cet assaut. Mais dans le cas de la Libye, ils ont adopté une nouvelle ligne de conduite, faisant semblant de confier les opérations, dès l'élimination de l'ensemble des défenses aériennes libyennes à leurs alliés de l'OTAN. Ils en regrettèrent presque cette option. La Grande Bretagne et la France eurent une piètre performance face à une armée libyenne bien faible et pas du tout équipée. C'est grâce à la logistique US et à l'argent du Qatar et des Émirats Arabes Unis que cette guerre put aboutir à l'entrée des rebelles à Tripoli atour d'un noyau dur formé par les commandos spéciaux de la CIA, du SAS, du 2ème régiment de parachutistes, de la Légion jordanienne, des mercenaires de l'X (ex-Blackwater) et des forces spéciales italiennes et qatari.

Des observateurs peu avertis de la nature du pouvoir en Europe s'étaient interrogés sur les motivations de certains pays comme l'Italie de s'aliéner gratuitement et durablement l'ensemble des pays de la rive Sud de la méditerranée, en d'autres termes ses voisins immédiats, en s'impliquant dans une guerre d'agression contre la Libye ou en joignant sa voix aux cris d'orfraie des pays européens contre la Syrie. Alors que ce pays jouissait jusqu'ici d'une assez bonne image au sein des pays du Sud. Le fait est que le pouvoir réel en Italie et ailleurs en Europe n'est plus aux mains des habitants de ces pays mais appartient de facto à des oligarchies invisibles agissant assez similairement à des gouvernements d'occupation.

La stratégie du double endiguement utilisée contre l'Iran et l'Irak, la destruction de ce dernier et son occupation, la guerre civile libanaise, la scission du Soudan, l'élimination physique des figures historiques de la résistance palestinienne, la mise au pas du Liban, l'encerclement et l'assaut de la Syrie, la déstabilisation du Yémen, l'affaiblissement des pays du Maghreb, la mise en place d'une véritable ceinture de feu entre le Sahel et l'Afrique du Nord s'étendant de la corne de l'Afrique à l'Atlantique, et, actuellement, la mise en pièces de la Libye, ne sont qu'une suite ininterrompue d'évènements liés. Lesquels s'inscrivent dans le cadre d'un plan réglé et préconçu. Tel qu'il a été ébauché par l'ex-secrétaire d'État US Henri Kissinger dès l'avènement des années 70. A posteriori, l'actuelle vague de révoltes présentée comme un printemps arabe en référence à une série d'évènements ayant abouti à l'implosion de l'ancien bloc de l'Est, n'est que la continuation d'une même et unique stratégie visant toujours le même objectif : le formatage de l'environnement immédiat et lointain d'Israël à même de garantir sa survie pour les cinquante prochaines années et par-dessus tout garantir son existence au-delà de l'année 2048.

L'enthousiasme suscité par les révoltes arabes a fait long feu. Si les médias mainstream n'ont pas hésité à qualifier cet assaut général de «printemps arabe», la réalité des faits déformés sur le terrain, grâce à la magie des caméras embarquées sur les téléphones portables dans un monde ou presque tout le monde en est équipé, a fait déchanter plus d'un. De mémoire de révolutionnaire, on n'a jamais vu des rebelles armés de fusils d'assaut Gewehr-36 avancer contre les troupes gouvernementales de leur propre pays sous la couverture d'hélicoptères de combat avancé, de drones et de bombardiers étrangers tout en bénéficiant de l'appui feu de l'artillerie navale, le renseignement de l'imagerie satellitaire et l'encadrement des forces spéciales de pays ayant une longue tradition dans la subversion et le sabotage. C'est pourtant bien ce qui s'est passé en Libye. Et c'est ce que l'on tente de recréer en Syrie et si possible, ailleurs. Ce n'est point un hasard si, au départ des contestations, une aide logistique est mise à profit des insurgés, fussent-ils présentés comme de simples manifestants. Changement d'icônes. Depuis les années 60, le Kalachnikov était l'arme par excellence de tous les révolutionnaires et guérilléros de tous bords. L'usage par les rebelles libyens d'une variante du fusil d'assaut FN-FAL et de missiles antichar MILAN, puis après l'opération de Tripoli, du fusil Allemand G-36, équipant entre autres les forces spéciales jordaniennes, consacre une véritable rupture. Après les rébellions maoïste, communiste, socialiste et nationaliste, voici venu le temps des rébellions néolibérales financées par les riches Cheikhats du Golfe persique et soutenues militairement par les milieux trans-financiers internationaux.

Cependant, l'apparition spontanée de ces nouvelles guerres High Tech de propagation du chaos social par le bas et l'ingénierie du putsch scientifique n'est pas sans risque pour les pays l'ayant adopté. La Grande Bretagne (mais aussi la France) en sont de parfaits exemples. Et ce, malgré la surveillance exhaustive et maniaque des réseaux par des cohortes de cyber policiers dans ces deux pays. Surveillance bien plus intense, systématique et étroite que ne le serait la surveillance d'internet dans un pays comme la Chine. Le retournement des nouvelles armes que constituent désormais les réseaux sociaux et les services de messagerie contre l'un des pays les ayant le premier utilisé pour attaquer un autre pays (la tentative britannique de susciter une révolution colorée-verte-en Iran en 2009) a donné plus que des sueurs froides à Londres. Les émeutes du mois d'août 2011 ont fait craindre un retour de boomerang, voire une British Revolution. Signe qui ne trompe pas : deux facebookers ayant posté des blagues sur le net au sujet de ces émeutes ont été condamnées à de très sévères peines d'emprisonnement. Pendant ce temps, le gouvernement de sa majesté, le plus acharné dans sa guerre en Libye, finance, encourage et soutient des milliers de jeunes Arabes à propager via les réseaux sociaux le désordre, le chaos et la sédition.

La reprise du symbolisme religieux islamique par les services de renseignement US et britannique n'est pas nouveau. Il remonte à plus d'un siècle, avec les théories du manteau vert, du messie attendu et les intrigues de Lawrence d'Arabie. On percevait aisément derrière tous ces vendredis «colorés» une forte touche de marketing. «Vendredi de la colère», «Vendredi de la vengeance» ou encore «vendredi de la défiance» sont des produits marketing 100 % US adaptés à l'humus local. Un peu comme les filiales de Coca Cola au Moyen-Orient. A ces techniques s'ajoutèrent le renfort d'une pléthore de pseudo-fatwas issues de manière désordonnées et diffusées par des «clercs» musulmans majoritairement sunnites mais dont la majorité provient des pays du Golfe persique inféodés à l'empire ou de pays comme l'Égypte ou la Jordanie. C'est un Islam version US, aussi corollaire au néo-libéralisme que l'est la spéculation boursière sur des actifs pourris. Support de propagation : internet et chaînes satellitaires. Après l'anathème vient la diabolisation. Le président syrien est qualifié de Hulagu dans une référence à l'invasion mongole du Moyen-Orient au 13ème siècle ; le guide libyen qui s'est déjà auto-affublé de toute une série de titres, se voit en plus affublé de tous les noms d'oiseaux. Il est vrai qu'il ne s'est fait que des ennemis. La propagande des pays du CCG s'acharne plus particulièrement sur lui avant, pendant et après son règne. Même hors de son complexe de Bâb Azizya, le colonel sera accusé par les US d'avoir collaboré avec leurs services dans la lutte antiterroriste. Quant on sait que tous les pays musulmans ont été sommés de collaborer dans la lutte contre un terrorisme créé de toutes pièces par ceux là même qui l'exigent, on ne peut que rester stupéfait de la tromperie avec laquelle agit l'empire quel que soit le contexte.

Mais tout cela est voué à l'échec. Les Américains et leurs alliés sont dans une impasse non seulement économique mais idiosyncratique. Si au Levant, la déstabilisation de la Syrie aura de très graves conséquences sur Israël, dont l'arsenal nucléaire conséquent ne lui sera d'aucun secours, au Maghreb, le dépeçage de la Libye aura des conséquences négatives durables sur l'ensemble des relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Il ne fait aucun doute que tôt ou tard, l'intrusion militaire de puissances étrangères en Libye aura un prix.

A ce propos, certains observateurs ont mis en doute la mainmise étrangère sur les ressources de la Libye à cause du sentiment ultranationaliste de certaines factions rebelles. C'est méconnaître les ressorts cachés de la soumission consentante. Les rebelles, y compris leurs ailes militaires les plus radicales sont beaucoup trop faibles pour pouvoir prétendre tenir tête à leurs puissants protecteurs. De facto, ils sont encore plus faibles que les forces loyalistes. C'est pour cette raison que la Libye représente un cas d'école : c'est le nouvel eldorado des multinationales et l'entrée rêvée en Afrique du Nord et au Sahel. Et connaissant certains pays de la coalition «humanitaire» caractérisées par leur hargne et leur cupidité à tenir coûte que coûte la moindre parcelle de terre tombée en leur pouvoir et ne plus jamais la relâcher à moins de provoquer un génocide généralisé, on ne voit pas la Libye se débarrasser de sitôt de ces protecteurs de la dernière heure.

Avec l'épilogue libyen, l'Africom devrait avoir résolu le choix de ses bases en Afrique. Elle y disposera aussi bien de bases stratégiquement situées sur le golfe de Syrte qu'en bordure du Sahel, voire au Sahara central. En parallèle, la Russie perd plus qu'un important client de ses armements. Tandis que la Chine voit sa présence en Méditerranée, en Afrique du Nord et au Sahel assez compromise. Certains pays occidentaux voyant d'un très mauvais oeil la présence chinoise dans la bande sahélienne du Soudan en Mauritanie, en passant par le Niger, principal pourvoyeur d'uranium aux centrales électronucléaires françaises.

Propager le désordre dans un pays fait partie intégrante de la panoplie de guerre. Le chaos est un nouveau paradigme des relations internationales. L'ex-ambassadeur US en Chine, Jon Huntsman et probable candidat aux présidentielles américaines en sait quelque chose. Sa tentative très maladroite de susciter des troubles en Chine en utilisant les réseaux sociaux l'a forcé à quitter son poste.

Cependant, la question qui se pose actuellement est celle relative aux conséquences à moyen et long terme de cette nouvelle ingénierie du chaos appliqué à l'échelle géostratégique. Utilisant des outils transcendant la guerre asymétrique que pourrait opposer le pays ciblé face à un assaillant technologiquement plus avancé, cette nouvelle forme de guerre ne serait-elle pas susceptible de créer une symétrie du chaos dans les deux camps ? L'avenir nous le dira.


Wissem Chekkat, in « Le Quotidien d'Oran » du 15 septembre 2011.

mardi, 01 novembre 2011

ET SI LA SORCELLERIE N'EXISTAIT PAS?


PROF. BOA THIEMELE RAMSES.jpg

Le Prof. Boa Thiémélé Ramsès est professeur titulaire de Philosophie (Université de Cocody/Abidjan). Son dernier livre paru aux Editions Cérap à Abidjan en 2010, La sorcellerie n’existe pas, continue de susciter des débats. Nous l’avons rencontré…

 

Qui est le Professeur Boa Thiémélé ?

Je suis un enseignant-chercheur, professeur titulaire de philosophie, à l’université de Cocody, et ancien étudiant de l’université de Poitiers, nourri au panafricanisme. Mon maître intellectuel est Cheikh Anta Diop.

Définissez-vous comme un philosophe, un écrivain ou un éducateur?

Tout ça à la fois. Plus professeur de philosophie que philosophe. Je suis éducateur, car mon métier d’enseignant oblige à aller au-delà de l’instruction pour amener les étudiants à intégrer dans leur vie des valeurs humanistes. Il s’agit donc de leur apprendre à combiner le savoir, le savoir-être et le savoir-faire. Je suis aussi écrivain, plus précisément essayiste. J’ai déjà publié 4 livres. Le cinquième sort bientôt et portera sur l’ivoirité, thème du premier livre. Chaque jour des éléments nouveaux viennent changer notre perception du réel.

Vous avez de publié un ouvrage La sorcellerie n’existe pas. Ce titre fort provocateur procède-t-il d’une conviction ou simplement de votre désir de choquer, de susciter un débat ?

Les deux à la fois. Choquer et susciter le débat sont des modalités intellectuelles. C’est plus pour exprimer une révolte intérieure. J’ai moi-même été choqué par un article de Landry Kohon de Fraternité Matin qui racontait comment, à Sahuyé (Sikensi), en 2008, un homme accusé de sorcellerie, avait été enterré vivant sous le cercueil contenant le corps de sa présumée victime, devant une foule excitée. D’ailleurs, j’ai usé de mon devoir de citoyenneté pour saisir la Commission nationale des Droits de l’Homme, section Côte d’Ivoire (CNDH-CI) dont la présidente est Mme Wodié. Jusqu’à ce jour, elle n’a pas daigné me répondre.

Vous soutenez donc que la sorcellerie n’existe pas…

Je ne m’attaque pas au fait social. C’est bien parce que le fait social existe que nous pouvons en parler. Selon moi, il faut aller au-delà de l’explication naïve de la sorcellerie qui consiste à croire que des individus possèdent des pouvoirs surnaturels de métamorphose et de nuisance. Ma thèse est simple : ce n’est pas la sorcellerie qui est non compréhensible, mais c’est tout ce qui est non compréhensible qui est attribué à la sorcellerie. Autrement dit : ce n’est pas parce qu’un individu est sorcier qu’il fait le mal, c’est plutôt parce qu’il fait le mal que l’on l’accuse d’être sorcier.

Qu’est-ce que vous apportez de nouveau dans l’approche du phénomène de la sorcellerie ?

Il ne s’agit pas de prétendre à la nouveauté pour dénoncer un phénomène de violation des droits de l’homme. Des femmes sont abandonnées, des enfants sont assassinés, des vieillards sont humiliés, au motif qu’ils sont des sorciers. Nous ne pouvons pas nous taire sur ces faits simplement parce que ce n’est pas nouveau. D’ailleurs, les philosophes continuent d’écrire sur la mort, sur l’injustice, sur la violence depuis des siècles. Tant que l’homme sera menacé dans son humanité, le silence sera une lâcheté. Avant moi, des romanciers ou des cinéastes avaient dénoncé cette mystification de la sorcellerie. Je peux citer par exemple, N’Cho Chayé,  qui a écrit : La sorcellerie. La hantise du peuple : mythe ou réalité, Abidjan Frat Mat Editions en 2009. Je ne prétends pas à la nouveauté. Je peux également mentionner Nebié Bali, du Burkina Faso qui en fait de même dans son roman, Le Roi du Dja-djo, Editions Jethro, Ouagadougou, en 2011. Cependant, c’est la conjonction de toutes ces dénonciations et de toutes ces révoltes qui pourraient conduire à une compréhension intelligente des pratiques sociales africaines.

La même maison d’édition a publié un autre ouvrage qui semble se mettre aux antipodes du vôtre. Cette polémique ne cache-t-elle pas un objectif lucratif ?

C’est l’esprit de la collection « Controverse » de l’éditeur. Cet esprit obéit au principe de la liberté de penser et de la tolérance. Il manifeste plus une fin (ou une faim) de connaissance intellectuelle qu’un objectif lucratif. L’aspect lucratif n’est pas pour autant condamnable. Seuls les idiots pensent que l’argent ne rend pas heureux.

LA SORCELLERIE N'EXISTE PAS.png

Dans cet ouvrage vous défendez un concept déroutant la dégaoutique. De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qu’il recouvre ?

Le mot dégaoutique est composé d'un préfixe "de", qui a un caractère privatif et du radical,"gaou" ou le niais dans le langage populaire de Côte d'Ivoire, le Nouchi . La dégaoutique, en tant que philosophie critique des vérités premières, est ainsi le dépassement de l’évidence. Elle propose une lecture complexe du réel selon une rationalité ouverte. Elle recherche la diversité de signification du monde, et la multiplicité interprétative du réel.  Pour ce faire, elle invite à prendre ses distances avec les discours prétendant détenir la norme intangible du vrai. La dégaoutique est une herméneutique et un humanisme.

N’êtes-vous pas hors sujet par rapport aux préoccupations du moment de la société ivoirienne ?

Aucunement. D’abord, tout le monde n’est pas obligé de faire la politique des partis politiques ; ensuite les préoccupations du moment ne sont pas que politiques. Certains aiment le sport, la fête, les études, l’agriculture ou la chasse. Ce n’est pas moins important que l’élection d’un président ou d’un député. Enfin, la dégaoutique, en tant qu’herméneutique, encourage la saisie critique des phénomènes politiques, sans forcément inclure un jugement moral. Elle dit d’éviter d’être naïf vis-à-vis des explications institutionnelles des faits sociaux. Car comme dans le débat sur la sorcellerie, souvent nous avalons les points de vue officiels sans prendre de la distance mentale. Cela est donc valable pour ce que tu appelles « les préoccupations du moment ».

Bon nombre de gens pensent que le débat intellectuel connait un recul en CI ? Qu’en pensez-vous ?

Ces gens ne savent pas ce qu’est un débat intellectuel. D’ailleurs, quel est le niveau de qualification intellectuelle de ceux qui disent cela ? Ils achètent rarement les livres écrits par les auteurs ivoiriens ou africains, ils fréquentent rarement les librairies; ils préfèrent l’opium des centres de prière, la démagogie des meetings des partis politiques et les maquis bruyants. Ils ne fréquentent guère de bibliothèque. Ils ne savent pas qu’ils peuvent offrir des livres à leurs enfants ou à leurs maîtresses. C’est donc leur esprit qui recule devant les débats sur l’ivoirité, sur la sorcellerie, sur le néolibéralisme, sur la souveraineté, sur le néocolonialisme, sur la laïcité, sur la guerre, sur la décentralisation, etc.

On accuse à tort ou à raison les intellectuels ivoiriens de ne pas jouer suffisamment leur partition lorsqu’il se pose de grandes divergences politiques ?

L’opinion qui dit cela m’amuse. Pourquoi ce que tu appelles « les grandes divergences politiques » devraient être réglées par des intellectuels ? C’est irrationnel. Tu ne peux appliquer une solution idoine qu’à un problème de la même nature. Les intellectuels réfléchissent, inventent des utopies, créent des modèles de société. L’application revient aux hommes politiques. A chacun son métier. Que chacun assume sa part de tâche. Enfin, délestons-nous de l’idée que l’intellectuel a la vérité infuse. Les intellectuels ne constituent pas un bloc monolithique sachant et comprenant tout. Cela dit, ne donnons pas plus de pouvoir aux intellectuels qu’ils n’en ont, ici comme ailleurs. Qui a même envie d’écouter les intellectuels?

On aurait voulu avoir un puissant front composé d’intellectuels capable de servir de contre-pouvoir au régime au pouvoir. A ce sujet, on cite à l’envi les intellectuels sénégalais.

C’est une grande mythologie de l’époque coloniale. Partout en Afrique, dans les partis politiques surtout, les intellectuels organiques sont isolés, moqués et traités de rêveurs, au sens négatif. Le drame qu’ils vivent c’est qu’ils se croient obligés d’être membres d’un parti politique. Leur fonction critique est contraire aux exigences de discipline interne. En réalité, le vrai contre-pouvoir, c’est la société civile organisée. Les intellectuels y sont. J’en connais ; ils y travaillent efficacement, sans bruit. Enfin, ne confondons pas universitaires et intellectuels.

 

Interview réalisée par ETTY Macaire

ethimacaire@yahoo.fr


Source: NOUVEAU COURRIER.COM

dimanche, 30 octobre 2011

L'AFRIQUE, LE CONTINENT HUMILIE

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Lundi 11 avril 2011, sorti groggy de la résidence présidentielle, pilonnée plusieurs jours durant par l'armée française; livré à la furie de ses adversaires, Laurent Gbagbo est déporté sans ménagement et emprisonné au Nord de la Côte d'Ivoire.

Jeudi 20 octobre 2011, sorti hagard de son convoi détruit par un bombardement de l'Otan, Mouammar Kadhafi effectue son chemin de croix, le visage ensanglanté, lynché par des adversaires déchaînés. Ils finiront par l'exécuter d'une balle dans la tête à Syrte, sa ville natale.

Deux images unanimement saluées par la démocratie occidentale. Deux images choquantes pour l'Afrique. Images d'humiliation de deux chefs d'Etat. Images d'humiliation d'un continent.

Elle est belle la démocratie mondiale, empêtrée dans ses mensonges et ses propres turpitudes. A user de remèdes plus pernicieux que le mal décrit. A parler de démocratie en larguant plus de 30000 bombes sur un pays. A prétendre protéger les civils quand la guerre "humanitaire" fait plus de 60000 morts. A jouer les pompiers ici pour faire oublier ailleurs le rôle de pyromane. A saluer l'élection de Barack Obama quand son rêve américain prend des airs de cauchemar africain. A reconnaître des rebellions militaires sanglantes tout en menaçant de son veto la reconnaissance d'un Etat Palestinien. A nommer des prix Nobel de la paix qui n'ont réalisé aucune action pacifique. A créer une Cour Pénale Internationale pour juger uniquement les crimes des autres. A évoquer l'indépendance quand il s'agit de la recolonisation d'un continent.

Georges Bush Jr n'est plus président mais son esprit plane encore au-dessus du nouvel ordre mondial. Il est réincarné dans l'hexagone en président hyperactif et va-t-en guerre. Un président qui n'hésite pas à régler en Côte d'Ivoire un contentieux électoral à coups de milliers de bombes et d'obus. Hier Bagdad, aujourd'hui Tripoli. Mêmes causes, mêmes effets. Des pays livrés aux chiens de guerre et au chaos. A qui le tour demain?
Mépris des Africains à Paris. Mépris de l'histoire africaine à Dakar. Dans l'esprit des Africains-Français, les mouroirs de Syrte et d'Abidjan s'inviteront jusqu'aux isoloirs de Neuilly sur Seine et de Tulle en 2012.

Et le silence de l'Union Africaine? Et la lâcheté des chefs d'Etat africains? Certains se terrent, terrorisés. Les tyrans, les putschistes, les oppresseurs, les corrompus, les marionnettes et les collabos. Ils se font tout petits. Et les autres? Ils manquent de courage. Ils se taisent. Ils acceptent sans broncher leur propre humiliation, l'humiliation du continent. Planquez-vous braves présidents! Croisez les bras. Croisez les doigts. Fermez les yeux. Espérez que la furie occidentale vous oublie. Priez pour qu'elle s'abatte sur le voisin d'à côté. Union Africaine. Union disparate de petits Etats pauvres et divisés. Adieu, Lumumba. Adieu Nkrumah. Adieu Sankara. Adieu l'unité africaine. Adieu enfin les Etats-Unis d'Afrique.

Et les intellectuels africains? Que disent-ils? Rien du tout? Vaillants leaders éclairés! La triste réalité du continent africain n'est de toute évidence pas une source d'inspiration. Parcourez les rédactions et les médias occidentaux pour vendre vos si belles fictions. Silence, on massacre vos semblables. Dormez-bien. Rêvez-bien. Bernard Henry Levy est lui bien réveillé. Lui qui se bat pour que les indignés africains expriment dorénavant avec "force" leur soif de démocratie. Peu importe si les armes, qui leur sont distribuées, entraînent un bain de sang entre concitoyens. Merci B.H.L! Encore un coup de panache, et la charia devrait être érigée en règle constitutionnelle sur l'ensemble du continent.

Elle est belle la démocratie internationale. Et les centaines de milliers de bombes larguées sur le continent noir n'ont pas encore tiré le milliard d'Africains de sa profonde léthargie. Alors, massacrons-nous encore à Kigali et à Benghazi pour la conquête du pouvoir. Dansons à Syrte et à Misrata autour de nos cadavres. Célébrons à Abidjan et à Libreville, l'humiliation de notre continent. Oui laissons, abandonnons, cédons aux Américains, aux Européens et aux Asiatiques le soin d'exploiter nos immenses richesses naturelles. Philanthropes, ils développeront peut-être un jour l'Afrique mieux que les Africains eux-mêmes.


Anicet Djehoury, Essayiste ivoirien, in PENSEES NOIRES

 

Source: SENE REVOLUTION.COM

jeudi, 27 octobre 2011

SELON LE CANARD ENCHAINE, KADHAFI A ETE «CONDAMNE A MORT PAR WASHINGTON ET PARIS»

 

KADHAFI ET SON FILS MOATASSIM MORTS.jpg

Pour ceux qui ne vivent pas en France et ne peuvent pas se procurer l'indispensable hebdomadaire du mercredi, voici l'intégralité d'un article qui apparaît d'ores et déjà comme une "pièce" historique. Quand la "civilisation" ressemble à s'y méprendre à la barbarie...



Obama et Sarkozy ne voulaient pas qu'il s'en sorte vivant. De crainte qu'il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale.


Mercredi, 19 octobre en fin d'après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l'un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l'une des priorités actuelles des généraux de l'équipe Obama, l'Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu'il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu'il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.


Depuis quelques jours d'ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.


Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « ´´traiter´´ le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n'échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ?».


Hypocrisie internationale.

À l'Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l'un de ses fils s'étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d'état-major particulier, de superviser la chasse à l'ancien dictateur. Ce qu'il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l'étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d'ailleurs pour évoquer l' «élimination physique »du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l'Élysée, s'il faut en croire un conseiller du Président.


« La peine de mort n'était pas prévue dans les résolutions de l'ONU qui ont permis à l'OTAN d'intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d'un procès devant la Cours pénale internationale, « ce nouvel ami de l'Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l'aide qu'il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu'il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais ? ».


Le 20 octobre à 8h 30 du matin, l'objectif allait être atteint. Trois avions de l'OTAN s'approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui largue deux bombes GBU-12 de 225 kilos guidées au laser. Bilan : 21 véhicules détruits et Kadhafi seulement blessé.


Soupirs de satisfaction.


Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L'histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande ''Allah Akbar'' à pleine poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d'autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».


On connait la suite, quelques images de ce lynchage suivi d'une exécution par balles sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n'est pas la fin de l'histoire car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man's land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d'un procès international.


Claude Angeli, in « Le Canard Enchaîné » du mercredi 26 octobre 2011.

 

Source : Le blog de Théophile Kouamouo

 

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«NOUS SOMMES EN DROIT DE DEMANDER LA MISE EN ACCUSATION, LA POURSUITE ET LE CHATIMENT DES RESPONSABLES DE CES CRIMES»

 

KADHAFI MORT 3.jpg

Si ces informations sont confirmées et elles le seront probablement, nous sommes face à un crime d'État, au commencement d'une grave crise politique en France menant à la mise en accusation de Sarkozy.

Des procédures sont déjà engagées par les avocats et les conseils de la famille Kadhafi, mais cela est encore insuffisant face à la gravité de l'affaire et à l'énormité du crime contre le chef d'un État souverain, en violation de toutes les normes du Droit International.

Si nous sommes encore une démocratie, il faudra bien que des politiques et en particulier ceux de l'opposition fassent preuve pour une fois d'un peu de courage et mettent en cause publiquement Nicolas Sarkozy, s'adressent à la Nation et demandent l'ouverture d'une enquête

M. Ocampo est un homme très occupé, il est le seul des habitants de cette planète à n'avoir pas ouvert un journal, écouté une radio ou regardé sa télé depuis 6 mois.

Cet homme n'a rien vu, rien entendu, mais nous sommes 6 milliards de témoins à avoir assisté en direct au déroulement de cette tragédie jusqu'à son atroce dénouement.

Nous sommes 6 milliards de témoins à avoir assister à la destruction d'un pays et au déchaînement de la terreur contre sa population.

Nous disposons de centaines d'heures d'images vidéos que tout le monde a pu visionner sur YouTube, des milliers de pages de témoignages, de rapports établis par des commissions d'enquêtes indépendantes et des journalistes, ces témoignages constituent un acte terrible d'accusation contre la coalition qui s'acharne contre la Libye depuis des mois.

Ce que les médias occidentaux ne nous montrent pas... par SuperResistance1:

IL FAUT ABSOLUMENT VOIR CETTE VIDEO

Nous devons constituer un Tribunal sur le modèle du Tribunal Russel pour établir devant l'opinion mondiale l'accumulation incroyable de mensonges, de faux témoignages, de documents fabriqués ou truqués, d'actes de barbarie, de crimes de guerre contre des populations civiles, de lynchage systématique de centaines de noirs.

Nous sommes en droit de demander la mise en accusation, la poursuite et le châtiment des responsables de ces crimes.


Source : LE POST.FR

CRIMES ET MENSONGES DE L'OTAN EN LIBYE: LE TEMOIGNAGE ELOQUENT DE LA JOURNALISTE BRITANNIQUE LIZZY PHELAN

 

 

KADHAFI ET SARKOZY.jpg

Un autre témoignage des média-mensonges dans lesquels l'Occident et l'OTAN ont fait macérer le monde entier pendant 8 mois pour, au final, assassiner le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, tuer des dizaines de milliers de ses concitoyens et causer des dommages incommensurables en Libye. Quel monde pourri que le notre!!!



mardi, 25 octobre 2011

LES AFRICAINS NE SAVENT PAS

FRANçOIS COPE.jpeg

François Copé, Secrétaire général de l'UMP (Union pour la Majorité Présidentielle), parti politique du président français Nicolas Sarkozy.

 

Les Africains n'ont pas de bonnes chaînes-TV, de bons journaux, et ne savent pas trop où aller sur Internet, quand ils y ont accès. Leurs chaînes  sont archaïques, croient toujours que la bonne vieille langue de bois est encore efficace et que leurs programmes soporifiques sont regardés. Les journaux ne sont pas beaucoup lus et pour ceux qui les lisent ils n'offrent le plus souvent que le ton des dépêches d'agences. Alors, les Africains regardent les télévisions de là-bas, qui offrent plein de choses confortables pour les yeux. Des matchs de haut niveau, des films récents et bien faits et...des informations aux belles images, rapides, digérées, commentées et illustrées.

Donc ils ne peuvent pas savoir ce qui risque de les atteindre, en bien ou en mal. Pour deux raisons. La première est que la langue de bois ne les nourrit pas de la réalité et que l'information de là-bas est faite pour qu'ils ne sachent rien de ce qui puisse leur faire du mal. La seconde est qu'ils n'ont aucun moyen de pallier la chose, s'il leur arrive de penser à le faire, malgré tout. Par conséquent, ils ne sauront pas ce qu'a dit François Copé, s'il leur arrive de savoir qui c'est, sur la nouvelle politique africaine de la France. Sinon ils auraient risqué de réagir.

Le monsieur Copé a dit que «Cette nouvelle politique (...) c'est celle que le président français Nicolas Sarkozy a menée durant la crise ivoirienne, comme d'ailleurs, dans un registre très différent, il a pu le faire en Libye». En passant, on peut lui reconnaître qu'il sait qu'en Libye cela passe plus difficilement qu'en Côte d'Ivoire. Il y a une raison fondamentale, voire vitale, que les Africains sachent ce qui se passe. Le monsieur parle d'eux. Il dit qu'il y a «... en Côte d'Ivoire comme en Libye une mission d'abord au service des peuples concernés...» Les Africains doivent être informés de ça et être les premiers à savoir qu'il y a une  «mission» en leur direction.

Eh bien, ils ne le sauront pas, jusqu'à ce que la terre se dérobe sous leurs pieds et que des flots de haines séparent en ennemis mortels, les enfants d'un même pays. Des «bons» d'un côté, des «méchants» de l'autre. Ces catégories, ils pourront les identifier grâce à ces mêmes télévisions, à la belle cosmétique, où défileront des «opposants» et des  «spécialistes»  de leur pays et qui leur expliqueront ce qu'il faut faire et de quel bord il faut être. Des dizaines de milliers de morts plus tard, sur un pays en ruine, la Banque Mondiale, le Fonds monétaire International et d'autres institutions du même acabit viendront, comme en Libye, travailler avec «les nouvelles autorités à un plan de relance économique», un plan qui impliquera les «experts» des «grandes démocraties», toujours soucieuses du bien-être des Africains et des peuples qui leur ressemblent.

D'ailleurs, pour preuve, la visite en Algérie du secrétaire d'Etat-adjoint américain pour les Affaires du Proche-Orient et l'Afrique du Nord, qui a pour but avoué de savoir auprès de Bouteflika «quelle était la meilleure façon d'aider (la Libye) à avoir une bonne transition». Et là, c'est encore assez gentil de solliciter un Africain. Car d'habitude ils décident tous seuls de ce qu'il y a à faire. Les Africains ne savent pas ce qui se passe autour de leur avenir et cela durera tant qu'ils ne seront pas informés.


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

KADHAFI: ILS ONT EXAUCE SON SOUHAIT

MOUAMMAR KADHAFI 16.jpg

Ils ont donc fini par le tuer. Depuis le début, ils ont cherché à le faire. Les frappes de l'OTAN le cherchaient sans arrêt. Mais aujourd'hui, tel Ponce Pilate, ils veulent s'en laver les mains. Ponce Pilate  avait livré Jésus  aux marchands du Temple et aux grands prêtres proches des Romains. Il avait préféré  laissé les collaborateurs de l'empire Romain décider de sa mise à mort. Pour Kadhafi, l'OTAN a fait l'essentiel du travail, mais il a laissé faire le sale travail,  finir le travail  à des Libyens contre un autre Libyen.  Le crime était presque parfait, mais il y a eu d'abord cet anonyme qui a filmé et mis ces images sur You tube, puis les images d'une extrême cruauté de cette hystérie collective hallucinante  sur le site "The Global Post". Il a bien fallu ensuite trouver des explications.

Le colonialisme a toujours agi ainsi: libyens contre libyens, algériens contre algériens, vietnamiens contre vietnamiens, irakiens contre irakiens.  Faire ainsi coup double: éliminer l'ennemi,  Kadhafi, et tenter de faire perdre son âme à tout un peuple, en tentant de faire peser sur sa conscience un acte ignoble.

Mais pourquoi l'OTAN a-t-il si peur de dire la vérité, qu'il est le véritable responsable de cet assassinat  car les autres ne sont que des exécutants. Pourquoi cette campagne médiatique inouïe, acharnée, non seulement pour dégager sa responsabilité de ce crime, mais pour dévaloriser et salir sans cesse la personne de Kadhafi. Il ya certes la tentative bien vaine de faire encore croire que l'OTAN a agi dans le cadre de la résolution 1973 de l'ONU, que son but était  de protéger des populations civiles et non d'intervenir comme belligérant dans cette guerre pour abattre le régime libyen. Il y a aussi l'éventualité d'une accusation de crime de guerre, Kadhafi ayant été fait prisonnier puis assassiné. Mais on découvre soudain que cette campagne traduit au fond une peur, celle que les dominants ont toujours, la peur de leurs victimes, la peur de la mémoire des peuples. En effet, pourquoi parler autant de Kadhafi s'il est une personnalité aussi monstrueuse, aussi misérable qu'il est décrit  dans les médias occidentaux et les medias arabes qui leur sont liés. Pourquoi lui consacrer autant de temps. Pourquoi cette obsession  le concernant.

J'avais toujours été impressionné par la rage de Rome envers Hannibal et Jugurtha. Ils les avaient traqués partout, sans leur laisser un endroit où se refugier dans le monde connu de cette époque, menaçant quiconque leur donnerait asile, alors même qu'ils ne représentaient plus un danger militaire. Comme Kadhafi.., ai-je songé le jour de sa mort. N'avait il pas d'ailleurs appelé l'un de ses fils Hannibal, comme une provocation, comme un symbole, comme une continuité de la lutte de ses ancêtres, de l'ancienne à la nouvelle Rome.

LA TACHE

Déjà la vérité commence à se frayer un chemin dans le torrent de mensonges dont on a voulu inonder la planète au  sujet de la Libye. C'est ainsi qu'on découvre stupéfait qu'il n'y a aucune image, aucune preuve des allégations qui ont permis le déclenchement de l'intervention de l'OTAN: aucune preuve sur l'allégation que l'aviation de Kadhafi  bombardait Benghazi et qu'il y avait des milliers de morts.   On apprend que le responsable de la ligue des droits de l'homme libyen, à l'origine de ces allégations, qui ont été à la base de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, est en réalité lié au CNT libyen et que des ministres du CNT sont membres de cette Ligue.

Lumumba avait été tué par d'autres congolais, Che Guevara par un bolivien pour le pays duquel il luttait pourtant,  Kadhafi par d'autre libyens. Certes la vie de chacun est différente, plus ou moins exemplaire, plus ou moins "pure", plus ou moins glorieuse, plus ou moins critiquable. Ils n'ont peut être pas tous la même dimension. L'Histoire fera le tri. Elle dira les mérites et les fautes de chacun.  Mais ils ont en point commun d'avoir refusé la domination étrangère sur leur pays ou leur continent, d'avoir refusé de se soumettre, d'avoir préféré la mort à la honte de l'esclavage, d'avoir voulu mourir debout, la tête haute. J'ai souvenir de  ces images de Lumumba, ligoté mais qui gardait la tête haute et fière, même lorsqu'on le trainait dans la poussière pour la lui faire baisser. 50 ans après, le même geste chez Kadhafi quand ils  le ballotent, le brutalisent, le frappent  et qu'il tente quand même de rester debout,  et qu'il s'efforce, le cou raide, tendu, de dresser la tête sous les coups. Ils ont tous en commun ce qu'on appelle le courage, ceci personne ne pourra le leur nier, et encore moins ceux qui bombardent du ciel,  sans risques  des villes et des populations, ou qui lynchent.

Certains aujourd'hui  se félicitent de l'intervention militaire étrangère tout en déplorant les violences qui s'en sont suivies, la guerre civile qu'elle y a enflammée, la destruction du pays, et jusqu'à la façon avec laquelle a été assassiné Kadhafi et probablement ses fils et bien d'autres. Quelles contradictions, quelle naïveté feinte ou alors quelle cécité! Qu'attendaient-ils de la violence extrême de cette intervention militaire ?  Quand le colonialisme a-t-il eu un état d'âme, une pitié quelconque. Peut on être si aveugle pour ne pas comprendre que le véritable objectif sont les richesses de la Libye et qu'il ne s'agit que de rapine et de brigandage international.

En tout cas, ils ont rendu au fond le meilleur service à Kadhafi. Il avait voulu ne jamais quitter son pays, y mourir debout. Ils ont exaucé son souhait. D'un coup, ils l'ont réhabilité, ils l'ont lavé de tous ses péchés, de toutes ses fautes et l'ont fait rentrer dans l'Histoire, comme celui qui a refusé la soumission. Mais pour les autres, tous les autres, les commanditaires comme les exécutants, ils sont souillés à jamais  Comme Ponce Pilate, ils auront beau se laver les mains, la tache est indélébile.


Djamel LABIDI

Paru dans "Le Quotidien d'Oran" du 23 Octobre 2011.


Source : LE BLOG PROAFRICA