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mardi, 27 octobre 2015

PRESIDENTIELLE 2015 - COTE D'IVOIRE: DES CAFOUILLAGES ET UNE PARTICIPATION FAIBLE

 

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LIBERATION.FR - Alors qu'Alassane Ouattara apparaît comme le favori, le scrutin de ce dimanche connaît des difficultés d'organisation et certains électeurs semblent avoir reçu de l'argent pour aller voter.

 

«Jamais on n’avait vu une élection aussi mal organisée en Côte d’Ivoire !» pestent les hommes assis sur les bancs du Café Emergence, une bicoque au toit en paille plantée au milieu d’un vaste terrain vague qui tient lieu de «place», à Abobo, l’un des quartiers populaires les plus densément peuplés d’Abidjan avec près de deux millions d’habitants. Ce dimanche, les Ivoiriens étaient invités à désigner leur président lors du premier scrutin organisé depuis la fin d’une longue période de conflit qui s’était achevée par une explosion de violences lors de la précédente présidentielle, fin 2010. En principe, cette fois, le scrutin de dimanche aurait dû se dérouler sans incidents, malgré les appels au boycott d’une partie de l’opposition, interdite de manifestation voire de médias depuis plusieurs semaines.

Mais à Abobo, un grand nombre de bureaux de vote n’avaient toujours pas ouvert leurs portes dimanche à midi. Comme celui abrité dans le grand lycée technique, juste en face du Café Emergence, où les hommes patientent quelque peu agacés par ces retards inexplicables. «On nous dit que certaines salles ne sont pas équipées de prise électrique pour les tablettes biométriques qui doivent enregistrer les électeurs. Ils n’auraient pas pu vérifier avant ?» s’indigne M. Koulibaly. Autour de lui, les langues claquent, signes d’une colère sourde qui n’ose encore s’exprimer totalement. «La vraie question est ailleurs», interrompt un autre homme la mine renfrognée. Comment se fait-il que dans ce lycée, construit il y a quinze ans, personne n’avait prévu de prises ?» interroge-t-il. «Tu ne sais pas ? s’amuse un autre, goguenard. Ils ont mangé l’argent !» Tous hochent encore la tête, lorsque Bakary s’exclame : «Mais c’est incompréhensible ! Le président pénalise son propre fief !»

«Seuls les idiots sont heureux»

Abobo est en effet traditionnellement une zone favorable au président sortant, Alassane Ouattara. Pendant la crise postélectorale de 2010-2011, ses habitants ont payé un lourd tribut en défendant Ouattara au péril de leurs vies, face aux partisans de son challenger, Laurent Gbagbo.

Ici, les appels au boycott des urnes, lancés par une partie de l’opposition, ne risquaient pas d’être entendus: tous les hommes présents sous le toit de paille du Café Emergence plébiscitent Ouattara. «Je l’aime, c’est un homme bien et qui bosse», confesse Bakary. Mais au fur et à mesure que l’attente s’éternise devant le bureau de vote fermé, les langues se délient : non, rien n’a changé ici depuis qu’il est au pouvoir. Au contraire, en faisant détruire manu militari des zones entières de bidonvilles, le régime a accentué la pression sur le quartier à cause de l’afflux soudain des victimes de ces «déguerpissements». «Désormais, il faut payer 30 000 francs CFA [près de 50 euros, ndlr] pour une simple chambre à peine plus grande qu’un placard», explique un chauffeur de bus au chômage. «Vous voyez la route qui passe devant le lycée technique ? signale Bakary en désignant une bande de goudron déjà abîmée. C’est la seule réalisation ici depuis son arrivée au pouvoir. Et il n’y est pour rien : elle a été financée par la coopération japonaise.»

Pour tous, néanmoins, c’est «l’entourage du Président» qui est responsable de cette indifférence au sort des plus pauvres, fussent-ils des sympathisants. «Tout va changer avec son second mandat», croit savoir un homme, qui comme tout le monde à Abidjan n’envisage même pas un second tour, pariant sur la victoire immédiate de Ouattara. «Ah bon ? Et pourquoi rien n’a été fait lors du premier mandat ?» se moque gentiment son voisin, fustigeant ces «dirigeants africains qui multiplient les promesses sans lendemain». «En Afrique, les gens intelligents souffrent parce qu’ils se posent des questions. Seuls les idiots sont heureux », conclut-il.

«Ouattara compte sur les siens»

Loin des palabres d’Abobo, à Yopougon, un autre grand quartier populaire, c’est le silence qui frappe. Les bureaux de vote sont déserts. Des assesseurs avachis sur des bancs d’école épluchent nonchalamment les listes d’électeurs avant de les diriger vers deux boîtes en carton, empilées l’une sur l’autre, qui tiennent lieu d’isoloirs. Ici, les consignes de boycott semblent avoir été bien suivies. A moins que ce ne soit cette maudite pluie qui transforme les cours d’école en lacs qui ait découragé les électeurs ? Reste que seul 55% des cartes d’électeurs ont été retirées cette semaine en Côte-d’Ivoire, malgré les nombreux appels au civisme de la commission électorale.

Et malgré le peu d’affluence, les problèmes n’ont pas épargné non plus les bureaux de Yopougon. «C’est la tablette qui déconne», explique sans détour l’assesseur d’un bureau de vote dans la zone de Sicogi 7. L’introduction des tablettes électroniques était censée assurer plus de transparence et de rapidité en enregistrant les électeurs par voie biométrique. Mais l’absence de prises électriques, ici aussi, et les bugs à répétition, ont provoqué des retards. Dans une école primaire aux murs délabrés de Sicogi 5, un tableau noir affiche la leçon du jour : «Leçon numéro 1 : être toujours ponctuel», alors que des assesseurs observent, intrigués, la fameuse tablette comme si elle allait redémarrer sous la pression de leurs regards intenses. Dehors, quelques femmes attendent patiemment de pouvoir voter, «depuis 7 heures du matin», souligne l’une d’elles, visiblement fatiguée à la mi-journée. «Ce sont des femmes dioulas, Ouattara compte sur les siens», grince Didier, un instituteur abstentionniste qui traîne devant le bureau de vote et qui se souvient encore des queues immenses qui s’étaient formées lors du précédent scrutin, en 2010.

«On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent !»

Une partie des Ivoiriens n’a jamais reconnu la victoire de Ouattara, à la sortie de la dernière crise postélectorale. Et cinq ans après, le véritable résultat des urnes de cette époque, donnant pour les uns Ouattara vainqueur et pour les autres Gbagbo, ne fait toujours pas consensus en Côte-d’Ivoire. Chaque camp maintient sa version de l’histoire. De manière presque désabusée, certains estiment aussi que «les résultats seront facilement truqués». Dans un pays où règne la méfiance et où les rumeurs gangrènent depuis longtemps les esprits, ce genre de soupçon est certainement inévitable.

Reste cette étrange scène dimanche après-midi dans l’enceinte de l’ancien siège du Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI), parti allié à celui de Ouattara au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition présidentielle. Dans la cour du bâtiment au quartier du Plateau, une foule en colère assaille un groupe d’hommes visiblement débordés. Quelle est la raison de ces clameurs qui tranchent avec le silence qui règne dans les bureaux de vote voisins, totalement désertés ? Au début, les visages se détournant à la moindre question. Puis deux hommes aux vêtements usés finissent par lâcher avec l’approbation de la foule, tout en exhibant un doigt bleu d’encre : «On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent qu’ils nous ont promis contre notre soutien !»

 

Maria Malagardis, envoyée spéciale en Côte d'Ivoire.

25 octobre 2015 à 16:13 (mis à jour à 18:13)

 

Source: LIBERATION

jeudi, 17 septembre 2015

Y A-T-IL DES GOUVERNANTS EN AFRIQUE ?

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A première vue, la question peut paraître provocatrice. Cependant, celui qui répondrait par l’affirmative aurait bien du mal à se justifier. Car être un chef, ce n’est pas endosser un titre comme on endosse un manteau ; c’est être chargé d’une fonction supposant des actions concrètes à mener ; c’est avoir la responsabilité de conduire et de protéger ses concitoyens. Et s’agissant justement des gouvernants africains, ce sont les actes qu’exigent leurs responsabilités qui nous obligent à nous demander s’ils exercent réellement leur fonction de gouvernants. Deux exemples suffisent à éclairer le lecteur quant au bien fondé de notre question. 

Depuis que la migration des populations africaines vers l’Europe a pris une dimension qui ne peut plus être qualifiée de « clandestine », compte tenu des milliers de morts qui jonchent, à intervalle régulier, la surface de la Méditerranée et les plages espagnoles et italiennes, le phénomène est devenu un sujet politique qui alimente les échanges entre les chefs d’Etats européens. Depuis les dernières semaines du mois d’août 2015, c’est même l’urgence qui est déclarée, suite à la migration jamais connue de populations blanches sur le flanc est de l’Europe avec également son cortège de morts. Toutes les digues dont l’Europe occidentale s’entourait, comme pour se protéger des guerres qu’elle entretenait hors de ses frontières, ont été rompues. Elle récolte ce qu’elle a semé, le clament certains.

Ce qui est fort étonnant, c’est de constater que dans le concert des cris d’indignations et des lamentations que les nombreux morts de la Méditerranée arrachent régulièrement aux milieux politiques et associatifs occidentaux, aucune voix africaine ne se fasse entendre. Devant les nombreux morts et les souffrances des Noirs en Méditerranée, l’Afrique reste impassible et muette. Alors que les politiques européens s’interpellent les uns les autres et se demandent ce qu’il convient de faire, aucune voix n’émane des gouvernants africains témoignant de la recherche de solution à leur niveau. Et pourtant, tout le monde sait que la prolifération du phénomène de migration a généré une véritable traite négrière dans les pays d’Afrique du nord devenus de véritables îles de Gorée !

Pourquoi donc les chefs d’Etats africains sont-ils si apathiques devant le malheur des leurs ? Mourir par centaines loin de sa terre natale est-il devenu chose si ordinaire sous le ciel d’Afrique au point de ne pas mériter une oraison funèbre, une petite larme de son pays ? 

Par ailleurs, nous assistons depuis un an ou deux à un phénomène dont l’ampleur a dépassé les frontières du pays qui l’a vu naître : la maltraitance des travailleurs domestiques au Liban. 

Depuis les années 60, bon nombre d’Africains avaient constaté que les ressortissants libanais pratiquaient ouvertement – en terre africaine – l’esclavage des jeunes filles noires à leur domicile sans qu’aucune autorité locale ne s’en inquiète. Quand ces filles accompagnaient leur maître ou leur maîtresse en Europe, cet esclavage pratiqué sous la forme de la séquestration en Afrique se doublait de la maltraitance physique sur la terre libanaise. Une domestique noire a eu le sexe brûlé au briquet ; une autre a été allègrement battue par toute la famille, une autre encore a été jetée du quatrième étage d’un immeuble. Chaque jour nous apporte son lot de maltraitances aussi indignes les unes que les autres. Les images de ces agissements inhumains diffusées par les bourreaux tournent toujours en boucle sur Internet. Les jeunes filles humiliées, blessées dans leur chair, ont parfois adressé des appels au secours sur Internet. Mais les gouvernants africains se taisent ; ils semblent ne rien voir et ne rien entendre. 

Le mutisme des autorités africaines devant les souffrances de leurs ressortissants sur les terres étrangères est d’autant plus surprenant que leurs homologues européens ne les laissent guère en paix quand il s’agit de la mort brutale d’un Blanc ou de son implication dans quelque litige ayant abouti à son arrestation ou à son emprisonnement en terre africaine. Les gouvernants européens ont-ils tort de se comporter de la sorte ? Non ! En agissant ainsi, ils se montrent dignes de leur fonction qui exige qu’ils prennent soin de tous leurs citoyens, qu’ils s’inquiètent de tout ce qui leur arrive où qu’ils soient. En d’autres termes, ce sont les gouvernants africains qui n’accomplissent pas leur devoir vis-à-vis des leurs. Ce sont eux qui se montrent indignes de toute considération aux yeux des Africains et du reste du monde.

 

Raphaël ADJOBI

 

SourceLES PAGES POLITIQUES DE RAPHAEL

jeudi, 13 août 2015

FRANC CFA: ARME D’ASSERVISSEMENT AU SERVICE DE L’IMPERIALISME ET DU NEO-COLONIALISME DE L’ETAT FRANÇAIS

 

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La prédation des ressources économiques ainsi que la confiscation de la souveraineté des pays africains de la zone franc à travers le mécanisme du CFA (franc des colonies française d'Afrique)  par la France s'éternisera tant que le système impérialiste et néocolonialiste de l'Etat français ne sera pas démantelé.

 

Le franc CFA, un outil de contrôle politique et économique sur les pays africains de la zone franc

 

La zone franc et le franc CFA, un système hérité de la colonisation

La zone franc et sa monnaie le franc CFA constituent le seul système monétaire colonial au monde à avoir survécu à la décolonisation. La mise en place progressive de ce système est le résultat de choix stratégiques de la France mettant l’entreprise de colonisation au service des intérêts économiques français. Les monnaies africaines sont supprimées et des banques privées appartenant aux colons mais contrôlées par la France sont créées.

La puissance coloniale exploite les matières premières des colonies pour alimenter l’industrie française et utilise les colonies comme débouchés pour les produits français. Suite à la crise de 1929, la France accentue son repli sur l’empire colonial pour protéger son économie et son commerce extérieur. La création de la zone franc en 1939 offre le moyen de pérenniser cette stratégie : les échanges avec des pays extérieurs à la zone franc sont interdits, ce qui cimente les liens économiques et commerciaux entre la France et son empire. La monnaie franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique) est quant à elle créée en 1945 afin que la dévaluation du franc français au sortir de la guerre n’affecte pas les marchés des possessions africaines de la France. Celle-ci conserve ainsi le leadership dans le commerce extérieur des colonies et réaffirme sa suprématie sur son empire.

Au moment des indépendances, la quasi-totalité des anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne décide de rester dans le giron de la France en signant des accords de coopération monétaire et en adhérant de ce fait à la zone franc. Le franc CFA est d’ailleurs renommé franc de la Communauté Française d’Afrique en 1958. Mais la Guinée refuse cet assujettissement monétaire et sort de la zone franc dans un coup d’éclat. Le président Sékou Touré veut une réelle indépendance politique et économique pour la Guinée, et pour ce faire crée le franc guinéen et quitte la zone en 1960. Au Togo, ancienne colonie allemande membre de la zone franc depuis 1949, des voix s’élèvent également contre le franc CFA en la personne du président Sylvanus Olympio. La sortie de la zone est prévue pour 1963 mais Sylvanus Olympio est assassiné juste avant que l’indépendance monétaire du pays ne soit acquise. Ce n’est que dix ans plus tard, en 1973, que la zone connaît de nouvelles modifications avec la sortie de la Mauritanie et de Madagascar.

C’est également à la période des indépendances que des banques centrales dont seulement la moitié des administrateurs sont des représentants africains sont créées pour émettre le franc CFA. Les présidents de ces institutions sont néanmoins français et restent maîtres de toute décision. Pendant les années 1970 la zone franc connaît des ajustements à la fois techniques et symboliques : révision des accords de coopération monétaire, déménagement des sièges des banques centrales de Paris à Dakar et Yaoundé, diminution du nombre de représentants français au sein des Conseils d’Administration. D’autre part deux nouveaux pays signent des accords de coopération avec la France et adoptent le franc CFA : la Guinée Équatoriale en 1985 et la Guinée-Bissau en 1997. Malgré ces changements, la France garde la mainmise sur la politique monétaire de la zone franc dont les pays subissent des choix économiques et monétaires dictés par les intérêts français. La France va même jusqu’à décider unilatéralement de la dévaluation du franc CFA en 1994.

La zone franc : une gestion et des principes au service des intérêts français

La zone franc englobe donc aujourd’hui quinze pays : huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad) et les Comores. C’est une organisation financière, monétaire et économique, dont le cœur est la France et l’instrument principal le franc CFA. Cette organisation, gérée par la France, s’appuie sur des institutions africaines : la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC).

Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc. A ces principes s’ajoutent la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maîtresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités.

La centralisation des réserves de changes : un principe qui bloque l’économie des pays de la zone franc

Chaque banque centrale de la zone franc possède un compte d’opérations au Trésor public français et doit y déposer une partie de ses réserves de monnaie. Depuis 2005, 50% des réserves de change doivent être stockées sur le compte d’opérations en France (jusqu’en 2005 ce pourcentage était de 65). Il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros. C’est autant d’argent qui est amputé du budget des États de la zone franc. La France rémunère les banques centrales africaines en intérêts, tout en se servant au passage grâce à des placements privés (des sommes dégagées au profit de la France qui se comptent en centaines de millions d’euros). Pire, la part d’intérêts versée aux banques centrales est comptabilisée dans l’Aide Publique au Développement ! Dépouillés de la moitié de leurs recettes, les pays africains de la zone franc se retrouvent ainsi dans une situation économique et sociale très difficile, d’autant plus que la France leur impose une rigueur budgétaire (c’est-à-dire une baisse des dépenses publiques) pour que l’approvisionnement du compte d’opérations soit garanti.

La parité fixe franc CFA-euro : une entrave à la compétitivité des économies africaines dans le monde

 Hier lié au franc français, le franc CFA est aujourd’hui arrimé à l’euro, c’est-à-dire que la valeur du franc CFA sur les marchés mondiaux dépend de celle de l’euro. Autrement dit, les pays africains de la zone franc n’ont pas le contrôle de leur politique de change et subissent les fluctuations du cours de la monnaie unique européenne. Les recettes de leurs exportations doivent être converties en euro avant de l’être en franc CFA, ce qui signifie que si la conversion entre l’euro et les monnaies étrangères fluctue, les recettes des pays africains de la zone franc fluctuent également. Actuellement la valeur de l’euro se renforce par rapport aux monnaies étrangères. Par conséquent, la compétitivité des pays de la zone euro, et donc de la zone franc, diminue par rapport au reste du monde. Une baisse de la compétitivité signifiant une plus grande difficulté à vendre ses produits sur le marché mondial, les conséquences pour les pays africains de la zone franc d’un arrimage à une monnaie forte comme l’euro sont considérables : les économies restent faibles, et les population se paupérisent car les matières premières qu’elles produisent ne peuvent ni être exportées ni être transformées.

La libre convertibilité franc CFA/Euro et la libre circulation des capitaux ou comment légaliser la fuite des capitaux

 La libre convertibilité s’applique des pays africains de la zone franc à la France et inversement, mais ne concerne pas les échanges entre les trois zones du système CFA. Ce principe facilite les investissements français en Afrique, le rapatriement des capitaux, et l’importation par la France de matières premières, mais bloque les échanges inter-africains.

Les principes de libre convertibilité et libre circulation des capitaux favorisent également la fuite des capitaux de l’Afrique vers la France. Les entreprises françaises installées dans les pays africains de la zone franc peuvent rapatrier librement leurs liquidités vers la France et les transferts d’argent entre la France et l’Afrique s’opèrent sans entraves au profit des élites françafricaines.

La participation française à la gestion des banques centrales africaines

Dans les trois banques centrales de la zone franc, des administrateurs français siègent aux Conseils d’Administration (CA). Dans les faits, la présence d’administrateurs français garantie par les statuts des banques centrales confère à la France un droit de veto lors de la prise de décision. Au CA de la BCC, 4 administrateurs sur 8 sont français alors que les décisions doivent être votées à la majorité. A la BCEAO seuls 2 administrateurs sur 16 sont français, mais l’unanimité est requise pour toute décision majeure (et notamment la modification des statuts). La situation est la même à la BEAC avec 3 administrateurs français sur 13. Le pouvoir de la France dans ces institutions est donc considérable et la présence de représentants français garantit la mise en œuvre de tous les principes centraux du système CFA.

 Un système monétaire qui constitue une entrave à la souveraineté des États africains de la zone franc

 Le franc CFA est un liant qui cimente les relations économiques entre la France et les pays africains de la zone franc. Ces pays ne sont pas libres de la gestion de leur politique économique et monétaire, domaine pourtant constitutif de la souveraineté d’un État. Preuve en est la dévaluation de 1994 décidée unilatéralement par la France.

Malgré le passage à l’euro, la France garde la mainmise sur la zone franc, alors même qu’elle n’est plus émettrice de la monnaie d’arrimage. L’adoption de l’euro aurait pu se traduire par une disparition du pouvoir tutélaire de la France sur ses anciennes colonies, or la France a obtenu que les accords de coopération monétaire de la zone franc ne soient pas affectés par l’intégration européenne.

Cinquante ans après les indépendances, la politique monétaire de la zone franc reste donc décidée par la France en fonction de ses intérêts propres. Cinquante ans pendant lesquels cette politique a été complètement déconnectée des vrais enjeux du développement africain tout en permettant à la France de contrôler économiquement et politiquement ses anciennes colonies au profit de son économie nationale, et au préjudice du développement des relations entre pays africains. Le modèle imposé par le système franc CFA induit une verticalité des échanges (Nord-Sud) au détriment d’une coopération horizontale (Sud-Sud). Un tel système financier, au service des intérêts économiques et politiques de la France, ne peut pas être le vecteur de l’autonomie monétaire et du développement. Il perpétue les relations asymétriques et néocoloniales entre la France et les pays de la zone CFA.

Afrique Expansion


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lundi, 13 juillet 2015

PRESIDENTIELLE 2010 - MEDIAPART FAIT DE GRAVES REVELATIONS SUR LE "DEAL" ENTRE LA CEI ET CHOI

 

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Notre collaboratrice Fanny Pigeaud sort un livre qui retrace les relations récentes entre Paris et Abidjan. Dans l’extrait que nous publions, elle revient sur l’élection contestée de 2010 qui a vu Alassane Ouattara arriver au pouvoir et Laurent Gbagbo finir dans une geôle à La Haye.

 

Cinquante ans après les indépendances de la plupart des anciennes colonies françaises d’Afrique, Paris continue d’être présent sur le continent africain : économiquement bien sûr, militairement, comme le démontrent la cinquantaine d’interventions tricolores qui ont eu lieu dans l’ancien «pré carré», et bien trop souvent politiquement. Contrairement aux promesses de Nicolas Sarkozy, réitérées par François Hollande, de non-intervention dans les affaires intérieures africaines, l’Élysée continue en effet d’y mettre son nez. L’argument est toujours le même, celui de la «stabilité», qui prend différentes formes. Aujourd’hui, c’est la lutte antiterroriste ou la volonté d’éviter les États faillis. Mais il y a bien souvent des raisons moins avouables publiquement : préservation de certains intérêts économiques, maintien de bases militaires, favoritisme à l’égard de tel ou tel politicien «ami», soutien diplomatique quand la France a besoin de rassembler des votes à l’Onu… En fait, il s’agit ni plus ni moins, pour la France, de continuer à gouverner indirectement ses anciennes colonies, plutôt que de laisser les Africains s’en charger eux-mêmes, avec leurs erreurs et leurs tâtonnements. La Côte d’Ivoire est depuis un demi-siècle le lieu de telles manœuvres. Notre collaboratrice Fanny Pigeaud a fait paraître fin juin un livre qui retrace l’histoire récente des relations entre Paris et Abidjan, France Côte d’Ivoire – Une histoire tronquée (Vents d’ailleurs, 453 pages). Son livre est centré sur l’élection présidentielle de 2010 qui a vu le président sortant Laurent Gbagbo être dé- fait, puis s’accrocher au pouvoir avant d’en être délogé par des bombardements français et onusien, afin que son concurrent, Alassane Ouattara, puisse s’installer au pouvoir. Mais cette histoire officielle tient-elle compte de ce qui s’est réellement passé ? Certainement pas, répond Fanny Pigeaud, comme le montre cet extrait de son ouvrage qui jette une lumière différente sur la régularité de cette fameuse élection de 2010.

UN PROCESSUS OBSCUR

Aucun acteur du processus électoral n’a joué son rôle. La «communauté internationale», suivie par les médias occidentaux, affirme donc que Ouattara est le vainqueur de l’élection présidentielle. Pourtant, tout montre que le processus électoral n’a pas respecté les règles et que chacun de ses principaux acteurs n’a pas joué son rôle : la commission électorale indépendante, le Conseil constitutionnel et le certificateur de l’Onu Young-jin Choi ont failli à leur mission.

LA COMMISSION ÉLECTORALE INDÉPENDANTE

La commission électorale indépendante (Cei) est le premier organe qui n’a pas fait son travail correctement. Nous avons vu qu’il y a eu, avant même le scrutin du second tour, de nombreux dysfonctionnements. D’autres anomalies importantes sont facilement détectables. Le taux de participation donné par la Cei, par exemple, pose beaucoup de questions. Tous les observateurs et acteurs ont annoncé à la sortie des urnes qu’il était inférieur d’environ dix points par rapport à celui du premier tour. Le chef de la délégation des observateurs de la francophonie, Gérard Latortue, a ainsi déclaré le 29 novembre qu’il «pourrait avoisiner les 70 %». Le vice-président de la Cei, Amadou Soumahoro, du RDR, a lui-même expliqué aux médias ce même lundi 29 novembre : «Le taux de participation au second tour de la présidentielle dimanche se situe autour de 70 %, en baisse par rapport au premier tour le 31 octobre, où elle avait atteint 83 %.» Le porte-parole de la Cei, Bamba Yacouba, représentant des Forces nouvelles, a dit le même jour : «Le taux de participation qui est d’environ 70 % est en baisse par rapport à celui du premier tour qui s’élevait à plus de 80 %.» Sur la Rti, Amadou Soumahoro a indiqué, toujours le même jour, à propos du chiffre de 70 % : «Nous sommes surpris que le taux soit aussi élevé, contrairement à ce que nous pensions hier (dimanche). Nous craignions que nous n’atteignions même pas les 60 % de taux de participation.» Or, lorsque le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a proclamé ses résultats provisoires, le 2 décembre, il a donné un taux de 81,1 %, soit 11 points de plus que les 70 % initialement annoncés. Pourquoi cet écart, qui correspondait à un peu plus de 600 000 voix ? Aucune réponse ne sera apportée à cette question. Cette différence a pourtant une incidence importante sur les résultats finaux. Comme d’autres observateurs, l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki soulignera les incohérences dans les chiffres donnés par les uns et les autres : «L’envoyé de l’Onu, le secrétaire général Ban Ki-moon, et son collègue sud-coréen, le Rssg Young-jin Choi, ont […] déterminé que Ouattara avait gagné, mais sur la base de moins de voix que celles annoncées par la Cei, après avoir déterminé que certaines des plaintes déposées par Gbagbo étaient légitimes. En termes de suffrages exprimés pour les deux candidats, la Cei, le Cc et le représentant spécial de l’Onu ont fait trois mesures différentes.» Un autre problème concerne les procès-verbaux (PV) du scrutin et la manière dont le comptage des voix a été effectué. L’Onuci avait des équipes dans 721 des 20 000 bureaux répartis dans tout le pays. Elle pouvait par conséquent certifier la validité des PV issus des bureaux où ses éléments étaient déployés et avaient assisté au dépouillement des voix.

Mais elle n’était pas capable de savoir s’il y avait eu, par exemple, tricherie et entente des acteurs dans les autres bureaux de vote, pour produire des PV ne correspondant pas au choix exprimé par les électeurs. Or, sur beaucoup de PV issus de la zone Cno notamment, des incohérences sont visibles : tout comme l’a relevé Bédié lors du premier tour, de nombreux bulletins de vote comportent plus de votants que d’inscrits. La société chargée de faire le comptage électronique des voix, Sils Technology, a ainsi signalé par écrit à la Cei, le 1er décembre 2010, que son logiciel avait «rejeté un nombre de procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000». En outre, les PV issus de beaucoup de bureaux du Nord indiquent que Gbagbo n’a obtenu aucune voix, ce qui veut dire que ses propres assesseurs n’ont pas voté pour lui. Autre curiosité : selon beaucoup de ces PV, 100 % (voire plus, si l’on compte les votants non inscrits) des électeurs ont voté (souvent à 100 % pour Ouattara), ce qui est extrêmement rare, pour ne pas dire totalement improbable. De plus, on ne sait pas sur quelles bases les résultats donnés par Bakayoko ont été établis : s’appuient-ils sur la compilation des résultats tels que la Cei les a reçus ? Ou bien seulement sur ceux validés par l’ensemble des membres de la Cei ? La proclamation de Bakayoko est elle-même sujette à caution : quelle est sa valeur légale, alors qu’elle a été faite en l’absence des autres membres de la Cei et que ces derniers n’ont en plus pas validé son contenu ? Quelle est sa valeur, alors que le Conseil constitutionnel a retiré à Bakayoko le droit de la faire ? Quelle valeur a-t-elle, alors qu’elle a été formulée non seulement hors délai, mais aussi au Qg de campagne de l’un des candidats, en l’occurrence Ouattara ? Aucune explication valable ne sera donnée à cette dernière incongruité. Youssouf Bakayoko dira juste depuis Paris, le 1er janvier 2011, dans un entretien à Rfi qui lui demandera pourquoi il a fait son annonce dans le «quartier général d’un des candidats, Alassane Ouattara»: «Écoutez, moi, je l’ai su par la suite, je ne savais pas qu’il habitait là.» Alors que RFI insistera, disant: «Mais tout le monde le savait. Pourquoi vous, vous ne le saviez pas ?», Bakayoko répondra : «Je n’ai pas à savoir ce que tout le monde sait parfois.» Notons que, après sa déclaration au Golf Hôtel, Bakayoko y restera pendant une semaine. Il demandera à l’Onuci de le faire partir hors du pays, mais celle-ci refusera. C’est finalement la France qui se chargera de l’exfiltrer discrètement vers Paris. Toutes ces questions concernant les résultats du second tour ne seront pas soulevées par les médias occidentaux. Aucun n’émettra l’hypothèse que les chiffres donnés par Bakayoko aient pu être trafiqués, tout comme l’ensemble du processus. Aucun ne dira ce qui est une évidence pour beaucoup : il y a eu d’importants bourrages d’urnes dans toute la zone Cno – qui représente 30 % des électeurs. «Les Fafnont tout fait pour faire passer leur candidat dans leur zone. Ainsi Yacouba Bamba, membre de la Cei nationale, a été très actif à Bouaké, où il contrôlait la Cei locale», témoignera un fonctionnaire international.

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LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Le Conseil constitutionnel et son président ont été sous le feu des critiques des alliés de Ouattara. L’Union européenne a, par la voix de sa mission d’observateurs, résumé les griefs à son égard, en blâmant sa décision d’annuler des votes. Elle l’a accusé de ne pas avoir fait de «vérification préalable des faits allégués» par les requêtes déposées par Gbagbo, disant : «Le Conseil constitutionnel a saisi le pré- texte d’incidents isolés, eux-mêmes insuffisants pour affecter les résultats d’ensemble, aux seules fins de modifier les résultats proclamés par la Cei.» L’UE a aussi assuré que le Conseil n’avait pas respecté l’article 31 de la Constitution, selon lequel «la souveraineté appartient au peuple. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice». Mais en affirmant cela, l’UE s’est contredite : elle a elle-même refusé de reconnaître la disposition constitutionnelle faisant du Conseil constitutionnel la dernière voix qui compte. Selon l’article 98, «les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale». (…)

Cela étant, il est évident que la manière dont le Conseil constitutionnel a travaillé a posé problème. Pourquoi n’a-t-il pas pris plus de temps avant de rendre son verdict, alors qu’il disposait de sept jours pour examiner les irrégularités soulevées par Gbagbo ? Pourquoi, au lieu d’annuler le vote de sept départements, n’a-t-il pas plutôt annulé l’élection dans son ensemble, comme le code électoral lui en donnait la possibilité ? L’article 64 du code stipule en effet : «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le ré- sultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel.» Toutefois, on peut imaginer que la situation serait restée la même si le Conseil avait annulé l’élection : sa décision n’aurait été acceptée ni par les grandes puissances occidentales, ni par Ouattara, ni par les Fafn. Une autre question, plus morale ou philosophique, peut être posée lorsque l’on connaît la suite de l’histoire : Yao N’Dré aurait-il dû accepter les résultats de la commission, même s’il les savait truqués, pour éviter une guerre déclenchée par les Fafn ? Doit-on accepter ce qu’on considère comme une injustice pour avoir la paix ? Plusieurs années après, en 2015, KKB, président de la jeunesse du Pdci, déclarera d’ailleurs à propos du soutien de son parti à Ouattara : «Avions-nous le choix en 2010 si nous voulions la paix ? Croyez-vous que le pays aurait été débarrassé […] des armes si Gbagbo avait été déclaré vainqueur des élections en 2010 ? Si Gbagbo avait été déclaré vainqueur de ces élections, nous serions encore dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, arme au poing. Des personnes tenaient des armes et disaient que tant que Ouattara n’est pas président de la République, ils ne baisseraient pas les armes.»

LE CERTIFICATEUR DE L’ONU, YOUNG-JIN CHOI

Young-jin Choi a quant à lui outrepassé son mandat. Il affirmera : «La seule question qui demeure est de savoir si l’Onuci est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire.» Mais le mandat de Choi ne prévoyait pas qu’il prenne en compte une proclamation de résultats provisoires douteuse (il n’a d’ailleurs rien dit sur l’illégalité de la proclamation de Bakayoko), puis qu’il fasse ses propres calculs, pour finalement donner le nom de celui qui avait, selon lui, remporté le scrutin. D’après la résolution 1765 du Conseil de sécurité de l’ONU, il devait simplement vérifier (et certifier ou non) que «tous les stades du processus électoral [fournissent] toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales». À propos des résultats, il devait dire, suivant le critère que l’Onuci avait elle-même fixé, s’ils avaient «été déterminés à l’issue d’un processus transparent et accepté par tous ou contesté de manière pacifique par les voies appropriées». En donnant le nom de celui qui, selon lui, avait gagné, Choi, et avec lui les Nations unies, s’est substitué aux institutions ivoiriennes, pourtant existantes et opérantes, ce qui ne s’était encore jamais vu nulle part ailleurs. Il s’est ainsi érigé en Conseil constitutionnel «bis» pour désigner Ouattara comme vainqueur et annuler la décision d’un organe constitutionnel, dont les décisions ne sont pourtant susceptibles d’aucun recours en vertu de l’article 98 de la Constitution. La résolution 1933 prise le 30 juin 2010 par le Conseil de sécurité n’a en outre pas été appliquée : ce texte précisait que le Conseil devait fonder son évaluation Ouattara. [...] Le rôle que l’Onu a joué dans la validation et la reconnaissance de la «victoire» de Ouattara conduira l’organisation dans une quasi-impasse : en se prononçant en faveur d’un candidat, elle a perdu sa légitimité pour jouer un rôle de médiateur dans la crise et aider à sa résolution, si tel était réellement son objectif. Même si l’entourage de Gbagbo restera toujours en relation avec l’Onuci, via Alcide Djédjé, son ministre des Affaires étrangères, lui-même ne voudra plus avoir de contacts directs avec Choi. En abandonnant sa neutralité, l’ONU s’est condamnée, pour ne pas se dédire, à «travailler activement pour l’installation de Ouattara en tant que président du pays et l’élimination de Gbagbo», soulignera Thabo Mbeki.

Cette dérive de l’organisation ne fera l’objet d’aucun débat public. Fin 2010, il est pourtant évident que l’Onu est en train d’être instrumentalisée par les grandes puissances qui la contrôlent. Qu’aurait pu faire l’Onuci pour éviter que la situation ne s’aggrave ? L’ancien secrétaire général d’Amnesty International et ancien sous-directeur général de l’Unesco Pierre Sané fera une suggestion : «Pourquoi le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies n’at-il pas travaillé sur les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et décidé ou non de les certifier, comme cela a été le cas lors du premier tour. En cas de désaccord persistant, pourquoi n’aurait-il pas procédé à la vérification détaillée des critères d’annulation mis en avant par le Conseil constitutionnel et évalué leur force de justification et même demandé, compte tenu des circonstances exceptionnelles, qu’Alassane Ouattara puisse soumettre des “contestations démocratiques” et ensuite transmettre un rapport au Conseil de sécurité ?» Preuve que le système de certification utilisé en Côte d’Ivoire a été un fiasco, même si cela ne sera pas reconnu officiellement : le Conseil de sécurité des Nations unies ne voudra plus en entendre parler. L’expérience d’un mandat confié à un seul individu ne sera donc vraisemblablement pas renouvelée ailleurs. Début décembre 2010, la situation en Côte d’Ivoire peut se résumer ainsi : le scrutin qui vient de se tenir a une crédibilité faible, voire nulle, bien que l’Onu dise le contraire ; plusieurs résultats ont été donnés : le premier par Youssouf Bakayoko, le deuxième par le Conseil constitutionnel, le troisième par Young-jin Choi ; un candidat, Gbagbo, s’est insuffisamment préparé pour contester le déroulement du scrutin ; l’autre, Ouattara, bénéficie de l’aide de grandes puissances, et plus particulièrement de la France et des États-Unis ; des personnalités clés du processus, Young-jin Choi et Youssouf Bakayoko, ont subi de fortes pressions de la part des diplomates occidentaux et du président français Sarkozy ; la certification onusienne de Choi n’a pas respecté le mandat donné.


In Médiapart

Source: LE CRI D'ABIDJAN

vendredi, 12 juin 2015

FRANC CFA: UN MINISTRE TOGOLAIS SUR LA SELLETTE

MINISTRE TOGOLAIS SUR LA SELLETTE. FCFA.jpg

 

L’affaire fait grand bruit dans les sphères économiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : un ministre togolais est en pleine tourmente pour avoir mis en cause la conduite de la politique monétaire dans la zone CFA.

Le ministre togolais chargé de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques conservera-t-il son poste dans le nouveau gouvernement que doit former Komi Sélom Klassou, après la polémique suscitée par sa critique de la politique monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ?

Agrégé en économie formé à l’université Lyon-II, Kako Nubukpo a été macroéconomiste et chef de service au siège de la BCEAO à Dakar (Sénégal) entre 2000 et 2003, il a été nommé en octobre 2013 au sein du gouvernement togolais pour suivre et évaluer l’ensemble des politiques publiques du pays. Au cours de conférences publiques sur l’économie tenues à Lomé (Togo) en février et mars 2015, le ministre a suggéré que de nouvelles mesures soient prises pour favoriser la croissance dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Dans son viseur : les réserves de change que déposent les deux banques centrales BCEAO et BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) auprès du Trésor public français pour assurer la parité du franc CFA avec l’euro.

La règle voudrait que ces réserves de change puissent couvrir au moins 20 % de l’émission monétaire effectuée par les deux banques centrales. Mais, souligne le ministre, « dans les faits, le taux de couverture avoisine 100 % depuis des années ». D’où la nécessité, selon lui, de puiser dans cette marge de 80 % pour accorder des crédits aux petites et moyennes entreprises.  Si une telle solution était adoptée, estime Kako Nubukpo, les pays de la région pourraient connaître une croissance économique annuelle supérieure à 10 %.

Réactions 

Des documents internes à la BCEAO, qui ont fuité dans les médias, révèlent les remous suscités au sein de l’institution par les sorties du ministre togolais. Une note rédigée par Kossi Tenou,  directeur national pour le Togo de la BCEAO a ainsi porté à la connaissance du gouverneur de cette institution, l’Ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, « les critiques formulées par Kako Nubukpo à l’encontre de la BCEAO ».

Des observations inscrites en annexes par des chefs de services indiquent qu’il « s’agit d’un acharnement sur la politique monétaire plutôt que de contributions pour l’amélioration des politiques publiques de l’État ». L’un d’eux a souhaité que le ministre soit rappelé « à l’ordre pour éviter à l’avenir qu’il continue de formuler des critiques qui n’ont aucun lien avec les objectifs poursuivis lors des colloques au cours desquels il intervient ».

Positions

Les propositions du ministre togolais rejoignent pourtant des positions adoptées par plusieurs acteurs de la finance africaine, à l’instar de Jean-Louis Ekra, président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui a émis le souhait qu’une partie des réserves des banques centrales africaines soit mobilisée pour accompagner les économies du continent.

L’économiste bissau-guinéen Paulo Gomes a lui aussi plaidé en faveur d’un changement de politique monétaire au sein de la zone Uemoa. Le « Fonds Afrique 50 » de la Banque africaine de développement (BAD), qui a démarré en 2014, recommande également la mobilisation d’une partie des réserves de change des banques centrales pour financer les infrastructures sur le continent.

Le président Faure Gnassingbé cèdera-t-il aux pressions en limogeant son ministre de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques ? Réponse dans quelques jours avec la publication de la nouvelle équipe gouvernementale au Togo.

 

Source: JEUNE AFRIQUE

mardi, 10 mars 2015

SIMONE GBAGBO - PLAIDOIRIE DE Me DADJE: C’EST LE PROCES DE LA POLITIQUE ETRANGERE FRANÇAISE

 

SIMONE GBAGBO. PROCES.jpg

 

Pardonnez-moi pour cette émotion car je suis aujourd’hui incapable de plaider sans cette émotion. Cette émotion tient sa source dans le fait que c’est un enfant de la Côte d’Ivoire, né après les indépendances, qui vient défendre celle qui fut la Première Dame de Côte d’Ivoire.
C’est un honneur redoutable qu’une pareille tâche me soit confiée. C’est l’amour de mon pays, et une foi inébranlable en la Justice et en la grandeur de la cause que je viens défendre, qui m’aident à en supporter le poids.

Mesdames et Messieurs les jurés, voyez en moi, un fils du pays et écoutez ce que j’ai à dire. Mes paroles viennent du cœur.

L’Avocat qui se présente à vous, a fait son stage à la DST et à la MACA. J’ai été inculpé sous les mêmes chefs d’inculpations que ceux qui sont aujourd’hui reprochés à ma Cliente.

Mais en réalité, mon crime a été d’être l’Avocat de la Première Dame Simone GBAGBO. Mon crime a été, par devoir et conscience professionnelle, de rentrer de mon lieu d’exil, au risque de ma vie, pour accomplir ma profession d’Avocat.

J’ai, par chance, et grâce à la mobilisation du Barreau et de la famille judiciaire, bénéficié d’un non-lieu car je n’ai effectivement rien fait de ce pour quoi j’étais accusé.

Mais j’aurais pu être le 84ème accusé, et être assis aux côtés de ma cliente, mais cette fois comme co-accusé. Je vous explique cela car ma famille, comme bon nombre de familles ivoiriennes, a connu l’exil.

Je vous explique cela car vous ne pouvez-vous imaginer le prix que mes Confrères ici présent et moi-même avons payé pour simplement assurer la défense des accusés.

Nous avons perdu bon nombre de clients qui avaient peur de représailles rien que du fait d’avoir le même Avocat que Madame Simone GBAGBO ou ses co-accusés.

Certains ont même vu leur Cabinet attaqué. Nous avons dû défendre les accusés, depuis 2011, sans percevoir de quelconques honoraires de leur part, dans la mesure où ils avaient eux- mêmes leurs comptes gelés.

Nous avons dû engager des frais pour aller les voir à Odienné, à Bouna, à Katiola, à Boundiali, à Korhogo, à Man, à Séguéla, dans des conditions de sécurité précaires.

Beaucoup de personnes nous trouvaient fous d’entreprendre ces voyages dangereux. Il nous est arrivé plus d’une fois parcourir en voiture toute la Côte d’Ivoire, souvent à plus de 800 kilomètres, pour finalement nous voir empêcher de rencontrer nos clients. Juste parce que le Com zone de la ville n’était pas de bonne humeur…et que sa décision était supérieure à celle de la Justice, à la loi, hélas. Cela, nous l’avons fait par conscience professionnelle, mais aussi par amour de notre pays.

Ce procès, Mesdames, Messieurs les Jurés ne peut et ne doit donc être assimilé à aucun de ceux que peuvent habituellement connaître nos Tribunaux et Cours.

Il ne s’agit pas ici d’un procès de droit commun. Il ne s’agit même pas du procès de ces accusés regroupés ici. Il s’agit ici d’un procès politique. C’est le procès de la politique étrangère française, telle qu’elle a été menée par certains de ses dirigeants. Il s’agit ici du procès du néocolonialisme français qui pratique l’ingérence dans la politique nationale de ses anciennes colonies ;

Qui impose à la tête de nos Etats qui ils veulent, en fonction de leurs intérêts économiques, financiers, politiques.

Ce procès est, si l’on peut dire, pratiquement souhaitable. Car il nous permet de poser devant l’opinion publique nationale et internationale, le problème si douloureux de la relation de l’Etat français avec ses anciennes colonies.

En élargissant les limites de ce débat, sans les déborder toutefois, je vous demande de considérer qu’elles n’ont pas pour seul but la recherche de la culpabilité de ces accusés ;
Non, Mesdames et Messieurs les Jurés, ce procès a une portée plus grande. Il porte en réalité sur le respect de la souveraineté des pays africains ; sur le respect des institutions dont les Etats africains se sont dotés. Les accusés disparaissent ainsi derrière cette grande fresque, ce procès les dépasse.

De quoi s’agit-il à la base ?

D’un contentieux électoral qui aboutira à la mort de milliers d’ivoiriens et au piétinement de notre Constitution. Comme si les vies brisées depuis 2002 n’étaient pas suffisantes.

Aujourd’hui, dans cette salle, il n’y a ni avocats, ni magistrats, ni jurés. Aujourd’hui, nous sommes entre nous, entre compatriotes astreints à un devoir de vérité pour nous même, pour nos enfants et pour les générations à venir. Le Monde nous regarde. Le Monde entier nous regarde. Mais surtout, nos enfants nous regardent, nos petits-enfants nous regardent, nos héritiers nous regardent et ils nous jugeront.

Il s’agit d’un procès historique dans lequel nous sommes tous acteurs. Si malgré les efforts que je veux faire sur moi-même, mes observations vous paraissent empreintes de consternation, je vous prie d’ores et déjà de m’en excuser.

C’est que la question de la souveraineté de la Côte d’Ivoire me tient véritablement à cœur et me semble primordiale. C’est que Madame la Première Dame Simone GBAGBO n’est pas un personnage anodin. Son parcours devrait être un exemple pour toutes les ivoiriennes, et pour tous les ivoiriens.

Laissez-moi vous parler de cette grande Dame dont la place n’est certainement pas ici.

PRESENTATION DE SIMONE GBAGBO ET DE SON COMBAT

Issue d’une famille de 18 enfants, Simone EHIVET GBAGBO est née en 1949 sous l’empire colonial français. Deuxième de sa fratrie, elle sera comme une mère pour ses 16 petits frères et sœurs.

Née d’un père gendarme, elle a vécu à Dakar, puis a parcouru la Côte d’Ivoire au gré des affectations de son père dans les villes de Bouaké, Béoumi, Sinfra avant de revenir sur Abidjan.
Titulaire d’un CAPES de lettres modernes, elle a soutenu une thèse de 3ème cycle en littérature orale ivoirienne. Elle a enseigné au Lycée classique d’Abidjan, puis à l’Université de Cocody, pour ensuite se consacrer à la recherche sur les traditions orales ivoiriennes et les langues ivoiriennes ; Ce qui lui permettra à nouveau de parcourir la Côte d’Ivoire et de la connaître de l’intérieur.

Son engagement politique tient sa source :

De sa formation de chrétienne dans sa famille, puis dans la Jeunesse Etudiante Catholique (JEC). Elle y a acquis les valeurs de Justice, d’équité, d’intégrité, et de compassion ;
De son militantisme dans les organisations de jeunesse, puis syndicales et politiques. Elle y a appris à connaître l’importance de la démocratie, de la souveraineté nationale, du multipartisme, des droits des femmes, des enfants, du citoyen, la primauté de la nation ;

De ses études et recherches sur la Tradition Orale et la linguistique qui l’ont aidé à connaître l’âme des divers peuples constituant la Côte d’Ivoire, à les aimer, à connaître leurs problèmes de développement, de vie quotidienne ;

De son rejet pratiquement viscéral des injustices dont elle a été témoin ;

Son engagement, elle le tient aussi de son amour sans commune mesure de ce pays qu’elle veut voir devenir réellement maître de son destin.

De toutes ses connaissances et expériences sont nées sa volonté profonde de voir une Côte d’Ivoire libre, indépendante qui n’ait rien à envier aux puissances occidentales.

C’est encore son engagement politique qui l’amènera à rencontrer un certain Laurent GBAGBO.

Tous deux, jeunes, beaux et idéalistes, partagent le même rêve, celui de voir la Côte d’Ivoire devenir véritablement indépendante, moderne et développée.

Car comme elle le dit, en 1960, la Côte d’Ivoire a eu une « indépendance aux oreilles percées ».

Nous avions quitté le système colonial pour entrer dans le système néo-colonial de la françafrique. Or, il n’y a aucune indépendance monétaire avec cette monnaie des Colonies Françaises d’Afrique, communément appelées « Franc CFA » ; Pas d’indépendance militaire avec ces accords de défense qui permettent à la France de gérer militairement ses anciennes colonies ; Aucune indépendance institutionnelle, aucune indépendance diplomatique ; la crise postélectorale nous le démontrera.

Mais voilà, quand on parle de souveraineté en Afrique, quand on parle de fierté africaine, on est immédiatement stigmatisé ! On fait peur.

Simone GBAGBO sera dès lors présentée comme la Dame de Fer, la Dame intransigeante, la «Dame de sang du régime ivoirien» par certains médias occidentaux dont notamment le journal Paris Match qui sera condamné pour les propos diffamatoires évoqués à l’encontre de Simone GBAGBO.

Mandela dira lors de son procès de Rivonia : « Le non-respect de la dignité humaine dont les Africains sont victimes est le résultat direct de la suprématie des Blancs. La suprématie des Blancs implique l’infériorité des Noirs ».

50 ans après ces propos qui dénonçaient une certaine réalité, qui peut taxer MANDELA d’être anti-blanc ou raciste ?

Mais quand Madame Simone GBAGBO parle de souveraineté, de liberté des peuples africains, on la qualifie immédiatement de «Dame de Fer» ou de «Dame Sanguinaire» de «patronne des escadrons de la mort».

En réalité, et cela est bien regrettable, l’homme ou la femme noire intellectuellement libre fait peur. Mandela n’a-t-il pas été pendant longtemps considéré comme un terroriste ?! Malcolm X ne faisait-il pas peur au pouvoir américain ?! LUMUMBA n’était-il pas craint au point que l’on l’élimina ?! Pourtant toutes ces figures n’étaient animées que d’un profond amour pour leur continent et d’un puissant rêve de liberté.

ARRIVEE AU POUVOIR DU PRESIDENT GBAGBO

Avec l’arrivée au pouvoir en 2000, du Président GBAGBO, c’est le combat de toute une vie qui se concrétise.

Eux, qui ont vu la Côte d’Ivoire passer du statut de colonie à celui d’Etat qui n’avait d’indépendant que le nom, rêvent de pouvoir faire de leur pays un Etat véritablement indépendant.

Ils rêvent d’organiser le multipartisme en Côte d’Ivoire. Ils rêvent de réaliser le développement équilibré de tout le pays avec la décentralisation ;

Ils rêvent de réaliser l’équipement moderne du pays avec l’électrification généralisée, l’eau courante, l’école gratuite, l’Assurance Maladie Universelle, l’industrialisation.

Ils pensent pouvoir le faire : Simone EHIVET GBAGBO en participant en qualité de Député à l’élaboration des lois du pays ; et le Président Laurent GBAGBO par le biais du pouvoir exécutif.
Mais voilà, quelqu’un qui se reconnaîtra certainement, a décidé de rendre ce pays ingouvernable … Bref…

Avançons comme dirait Madame Simone GBAGBO.

TENTATIVE DE COUP D’ETAT DU 19 SEPTEMBRE 2002

Comme vous le savez, la Côte d’Ivoire connaîtra une tentative de coup d’état en 2002, et voilà le Président Laurent GBAGBO arrivé démocratiquement au pouvoir, 18 mois plus tôt, contraint par les autorités françaises à partager le pouvoir avec les putschistes.

Pendant 8 ans, les rebelles partageront le pouvoir avec le Président démocratiquement élu Laurent GBAGBO. Pendant 8 ans, le Président Laurent GBAGBO sera contraint de céder de plus en plus de terrain aux doléances des rebelles.

Lui ne demandait qu’une seule chose: le désarmement pour la réunification du pays. Il ne l’obtiendra jamais. C’est dans ces conditions qu’auront lieu les élections présidentielles de 2010 sous la pression de la Communauté Internationale.

LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

En ce qui concerne les résultats provisoires, Madame Simone EHIVET GBAGBO, l’a dit lors de son intervention. Ils n’existent pas ! Ne refaisons pas l’histoire ! Tous les protagonistes de cette affaire savent bien qu’après le 1er décembre 2010 à minuit, la CEI était forclose.

Tout le monde sait que la Commission Electorale Indépendante ne s’est jamais réunie pour proclamer des résultats. Tout le monde sait que la déclaration de Monsieur Youssouf BAKAYOKO tout seul à l’hôtel du Golf, faite au siège de campagne du candidat Alassane OUATTARA, est scandaleuse à plus d’un titre :

Il n’y a jamais eu de procès-verbal de délibérations émargé par les membres de la CEI ;
Il n’est ni moral ni légal d’aller proclamer de manière solitaire, de prétendus résultats au QG d’un candidat ; En France, en 2012, un tel acte posé par le Secrétaire Général de l’UMP a failli casser le parti en deux.

Seul le Conseil Constitutionnel proclame vainqueur un candidat à l’élection présidentielle, et sa décision s’impose à tous à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, même à l’ONU.

Ne nous méprenons pas ! La crise est née uniquement du non-respect de la décision du Conseil Constitutionnel. L’acte de rébellion du candidat perdant et de ses alliés nationaux et internationaux entraineront un déferlement des troupes rebelles rebaptisées FRCI, des milices dozo, et divers mercenaires sur les territoires restés sous contrôle du Gouvernement, semant la mort, la violence, les pillages sur leurs passages.

Au bout du compte, l’Etat français achèvera ce plan d’agression par le bombardement de la résidence présidentielle, du Palais Présidentiel et des quartiers d’Abidjan pendant 11 jours.

LES CONDITIONS DE SON ARRESTATION ET LES HUMILIATIONS

C’est dans ces conditions que Madame la Première Dame Simone GBAGBO a été arrêtée, battue, humiliée !

Sa pudeur, et sa volonté de voir la Côte d’Ivoire se réconcilier et aller de l’avant l’ont amenée à, à peine évoquer les sévices graves dont elle a été victime.

Nous avons tous été témoins de la barbarie de ses geôliers !

Au-delà de sa personne, c’est la République ivoirienne, une et indivisible, qui a été malmenée !
Croyez-vous un seul instant que, pour un contentieux électoral, on aurait pu malmener la

Première Dame des Etats-Unis ?

Croyez-vous que l’on aurait pu montrer dans les médias du monde entier la Première Dame de n’importe quel pays occidental dans une position aussi humiliante que celle infligée à la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

Nous avons tous vu ces images écœurantes qui créent un malaise… aujourd’hui encore.
Oui, car lorsque l’on aime son pays, et quelque soit les divergences politiques que l’on peut avoir avec Madame la Première Dame Simone GBAGBO, on ne peut qu’être choqué face aux images humiliantes diffusées à profusion sur les médias français et sur internet.

Il est d’ailleurs surprenant de voir que les médias occidentaux qui prennent tant de soin à respecter la dignité de tous leurs ressortissants se trouvant en situation de difficulté notamment en tant qu’otage ou victime d’exaction, en refusant de diffuser les images ou en les grimant, et n’ont pas hésité un seul instant à diffuser des vidéos humiliantes de celle qui fut la Première Dame de la République de Côte d’Ivoire.

Je me souviens de toute la polémique qu’il y a eu en France lors de la diffusion de l’arrestation de Dominique STRAUSS KAHN alors Président du Fonds Monétaire International.

Certains médias français et politiques s’étaient émus du fait qu’il ait été présenté devant le monde entier menotté. Dommage que cette émotion soit à géométrie variable en fonction de ce que l’on parle d’occidentaux ou d’africains !

En tout état de cause, les humiliations et les sévices subis par la Première Dame furent nombreux… Mais tournons la page et avançons, comme elle a tenu à le dire… La violation de ses droits : détention arbitraire ; Violation de son immunité

Au-delà de ces sévices, Madame Simone GBAGBO a vu tous ses droits bafoués :
Enlèvement et séquestration ;
Immunité parlementaire piétinée !
En effet, à tour de rôle, Procureur, Juge d’Instruction, et Chambre d’Accusation, refuseront de prendre en compte sa qualité de parlementaire, prétextant du fait que son mandat aurait pris fin en 2005.

Et pourtant tout en contestant sa qualité de parlementaire, des Décrets d’application sont pris se fondant sur des lois votées postérieurement à 2005 par la Députée Simone GBAGBO !

Cela est notamment le cas de la Loi du 27 Décembre 2007 portant statut du corps diplomatique, votée par Madame Simone GBAGBO, et dont le Décret d’application sera pris le 21 décembre 2011 par Monsieur Alassane OUATTARA. Nous ne sommes malheureusement pas à la première contradiction dans ce dossier, ni à la première aberration ! Les infractions qui lui sont reprochées en témoignent.

LES INFRACTIONS : ABSENCE DE FAIT

Pendant 4 ans, il a été expliqué au peuple ivoirien et à l’opinion publique internationale que la Première Dame Simone GBAGBO est une sanguinaire !

On a même affirmé de façon péremptoire, au Peuple ivoirien que le couple présidentiel avait occasionné près de 3000 morts pendant la crise postélectorale !

On a tenté de faire croire que le Président Laurent GABGBO, son Gouvernement et la Première Dame massacraient les populations civiles.

On a tenté de faire croire, que la Première Dame avait les mains pleines de sang, qu’elle avait mis à mal l’Etat.

On a tenté de faire croire que son époux et elles, avaient ordonné le viol de femmes, de jeunes filles pendant cette période violente et douloureuse.

On a tenté de faire croire qu’elle avait recruté et armé de jeunes nationaux et étrangers pour tuer des ivoiriens ;

Pendant 4 ans, la Justice ivoirienne a été endormie par ces allégations dont on attend encore les preuves !

Quel est donc ce procès sans aucun fait précis ?!

Quel est donc ce procès sans aucun élément matériel constitutif d’une infraction ?

Quel est donc ce procès pénal où la partie civile est l’Etat de Côte d’Ivoire ?

Un Etat de Côte d’Ivoire représenté ici doublement par le Ministère Public et par des Avocats !

Comment peut-on appeler autrement ce procès que par ce qu’il est, à savoir un procès politique ! Ce procès, aboutissement d’une instruction qui a duré des années, met en évidence une chose :

C’est que pendant toute l’instruction, et au travers de toutes les discussions devant la Chambre d’accusation, ce n’est pas le droit qui semble avoir primé sur toute autre considération.

Ce dossier a été construit à l’envers ! On a arrêté des personnalités parce qu’on les trouvait gênants, et on a tenté de justifier leur détention par une inculpation intervenue tardivement et collectivement mais qui ne repose sur aucun fait précis et personnel !

Qu’est-il reproché à la Première Dame ? D’avoir respecté la Constitution et les Institutions ivoiriennes ?

Mais ce n’est pas 83 personnes qui devraient alors être sur le banc des accusés, mais 22 millions de personnes !

Tous les ivoiriens devraient donc être sur le banc des accusés ! Tous les fonctionnaires de ce pays devraient se trouver sur le banc des accusés !

Car il faut être sérieux ! Si l’on estime que le Président Laurent GBAGBO et son Gouvernement étaient illégitimes, si tous les actes posés par eux étaient illégaux ! Les fonctionnaires ne se sont-ils pas rendus complices de cette prétendue forfaiture ? Ne se sont-ils pas rendus coupables de recel en encaissant les salaires qui leur étaient réglés par le Gouvernement GBAGBO de Décembre 2010 à Mars 2011 ! Soyons sérieux !!!

Il n’y a, à l’encontre de la Première Dame Simone GBAGBO, aucune infraction pénale ! Aucun fait précis qui serait constitutif d’une infraction !

Par ailleurs, même dans l’hypothèse absurde où il y aurait existé des faits, l’intention criminelle indispensable à la constitution de l’infraction aurait forcément fait défaut. Oui car la Première Dame Simone Gbagbo n’a fait que respecter la décision du Conseil Constitutionnel déclarant son époux vainqueur et recevant son serment en audience solennelle comme l’exige la Constitution. Elle a donc agit de bonne foi convaincu que la vérité et la loi sont avec elle.

Alors que reproche-t-on à la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

CONSTITUTION DE BANDES ARMEES – MASSACRE DE CIVILS : DES TEMOINS PEU CREDIBLES ET SUSCITES

L’audition devant la Cour d’Assises de Mme Gbagbo a également démontré qu’elle n’était coupable de rien et qu’elle doit être déclarée non coupable de tous les chefs d’accusation, oui tous les chefs d’accusation.

Nous en voulons pour preuve les questions du Parquet Général qui étaient vagues, et ne faisaient allusion à aucun fait à elle allégué, sinon plutôt des questions sur ce qu’elle pense de la CEI, du Conseil Constitutionnel et autres, mais jamais de faits à elle personnellement reprochés. Question alors: Comment le Parquet a-t-il eu connaissance des témoins? Car tous les témoins disent qu’ils ont été appelés par le Parquet pour venir témoigner.

Pourquoi le Parquet qui avait connaissance desdits témoins n’a posé aucune question à Mme Gbagbo sur les faits que devaient raconter les témoins, afin de mieux la confondre. Le Parquet représente t-il le peuple ou le régime au pouvoir pro RDR?

Je pensais que le parquet représentait le peuple et par conséquent se devait de rester juste et équitable. On pourrait penser que tous les témoins ont été suscité par le RDR pour tenter de salir Mme Gbagbo, oui car tous les témoins sont du RDR ou sympathisants.

Des Témoins qui n’ont jamais été une seule fois entendus au cours de cette longue instruction.

Témoins qui n’ont jamais été confrontés à Mme Gbagbo pendant cette longue instruction.

Ces témoins viendront déclarer faussement sous serment ici à la barre hélas.

Faute de faits constitutifs d’infraction, il a été annoncé par l’Accusation un rattrapage, grâce à 16 témoins à charge, pour finalement n’en présenter que 5.

En écoutant les discours des témoins, on en conclut que le Parquet Général, tentait visiblement d’apporter enfin des faits incriminant l’accusée, et démontrant sa culpabilité au moins dans ces deux domaines.

Contre Madame GBAGBO, l’accusation produira tout d’abord le témoignage de Monsieur Issa BOCOUM.

Ce Monsieur expliquera avoir vu 8 véhicules DAKOTA, ayant de nouvelles plaques d’immatriculation « ww », rentrer dans une église à ABOBO, pour décharger des armes se trouvant dans des caisses.

Il prétendra y avoir vu Madame GBAGBO, en lunettes fumées de marque « Ray Ban », donnant des instructions à cette fin mais sans jamais parler, se contentant, selon lui, de faire des gestes.
Ce témoignage est évidemment peu sérieux dans la mesure où il n’est corroboré par aucun élément de preuves ! Monsieur Issa BOCOUM se limitant à présenter deux photos, prises il y a juste 3 mois, d’une montrant l’église méthodiste en question, et l’autre une mosquée qui se situerait selon lui, en face de ladite église.

Or, aucune des photos nous permet de savoir que les 2 bâtiments dont il parle, se trouvent face à face, vu que l’une montre uniquement une église et l’autre uniquement une mosquée. On ne voit nulle part Mme Simone GBAGBO présente et en action, sur ces photos.

Qui peut sérieusement croire que Madame Simone GBAGBO, qui n’a au demeurant aucune formation militaire, se serait rendue en plein jour dans la cour d’une église méthodiste, pour aller y déposer des armes, habillée comme une héroïne de films policiers de série B ?

Par ailleurs, ce témoin jure mordicus que sa maison a été bombardée par un obus tiré depuis le camp commando d’Abobo et qui l’aurait même personnellement blessé.

Il poursuit en déclarant que le bombardement de sa maison par le camp Commando a été fait sur ordre de la Première Dame Simone GBAGBO, mais il en rapporte toujours aucune preuve :
Aucune preuve sur le fait que sa maison a été effectivement bombardée par un obus et qu’il en aurait été blessé ;

Aucune preuve sur le fait qu’il y a eu un bombardement et que cela provenait du Camp Commando ;

Aucune preuve sur le fait que le prétendu bombardement, à supposer qu’il soit avéré, aurait été effectué sur ordre de Madame Simone GBAGBO.

Il est bon de rappeler que la Première Dame n’avait pas de véhicules de marque DAKOTA dans son cortège et cela aurait pu être vérifié par un simple transport sur les lieux, à la résidence Présidentielle.

Il est bon d’indiquer que Mme Gbagbo n’a jamais porté de lunettes fumées Ray Ban. Elle porte juste des verres pharmaceutiques et uniquement lorsqu’elle a besoin de lire. Ce témoignage, qui n’est corroboré par aucun élément sérieux, ne pourra être qu’écarté.

Que dire du second témoin, Monsieur DIALLO Souleymane, dont les dires étaient incompréhensibles et qui étaient venu expliquer qu’il n’avait vu que 2 fois la Première Dame : Une première fois en 2008, et la seconde fois, le jour même de l’audition de Madame Simone GBAGBO devant la Cour d’Assises, le 23 février 2015 ! Ce témoignage n’avait aucun intérêt !

L’accusation présentera encore le témoignage de Monsieur KONE Amara. Ce témoignage prêterait à sourire si ce dossier n’était pas aussi grave ! Voilà un Monsieur qui reconnaît n’avoir jamais vu Madame la Première Dame Simone GBAGBO, ne l’avoir jamais rencontré, tout en étant persuadé qu’elle aurait remis des armes au fils de son ami dénommé Lamté !

Il aurait même affirmé que le Sieur Lamté était le Chef de la Sécurité de Mme Gbagbo à Abobo. Mme Gbagbo n’a jamais eu de sécurité privée et tout le monde le sait. La seule sécurité dont elle disposait était celle de Groupement et sécurité présidentiel et de la Garde Républicaine. Le témoin qui ment sans cohérence en était sûr mais n’avait rien vu de tout cela !

Quant au témoignage de Monsieur TRAORE Ibrahim, il ne peut qu’être relevé des contradictions flagrantes. En effet, le 26 janvier 2015, ce Monsieur va déclarer qu’alors qu’il était superviseur dans un bureau de vote, Madame Simone GBAGBO a échangé avec lui, et qu’après son départ, son aide de camp, le Commandant SEKA, lui aurait remis une enveloppe d’argent pour « boire de l’eau », ce qu’il aurait refusé par soucis de neutralité.

Puis, dans son témoignage du 23 Février 2015, voilà qu’il déclare subitement que Madame GBAGBO, lui aurait envoyé 2 personnes prénommées Alain et Maxime, et non plus le Commandant SEKA, lui remettre une enveloppe d’argent pour bourrer les urnes et en modifier les contenus, le soir après 23 h, au moment de transporter les urnes au CMA.

Or, les urnes ne sont enlevées qu’après le dépouillement, et la proclamation des résultats des votes sur place, et un procès-verbal de délibération ait remis à chaque représentant des Candidats. Ce n’est qu’après cela que lesdites urnes sont transportées pour le centre de collecte de la circonscription.

En 90 et 95, Madame Simone GBAGBO et le FPI avaient même mené des négociations avec le pouvoir pour que dans chaque bureau de votes, les procès-verbaux de délibération soient remis à chaque représentant de candidat pour éviter ce type de fraudes, notamment le tripatouillage des urnes pendant leur transfert au centre de collectes.

A quoi donc aurait servi le bourrage d’urnes postérieurement au dépouillement ? Ces contradictions dans ces 2 déclarations, étayées par aucune preuve, discréditent totalement ce témoin qui a manifestement fait une fausse déclaration sous serment.

Il est bon de rappeler que c’est ce témoin qui, le 26 Janvier 2015, s’était lui- même identifié comme un rebelle formé à BOUAKE depuis 2002, et convoqué au Golf pour s’y faire remettre une arme par SORO Guillaume et aller combattre dans la ville d’Abidjan contre les Forces de Défense et de Sécurité.

Au vu de tout ce qu’il a déclaré lui-même, tout porte à croire que ce témoignage a été suscité dans le seul but de servir la cause à laquelle il a toujours adhéré depuis 2002 : celle de la rébellion armée contre Laurent GBAGBO, celle de discréditer Mme Simone Gbagbo à dessein.

Que dire encore de Monsieur CISSE Drissa, gardien au siège du RDR, qui dit qu’on lui aurait rapporté la présence du cortège de la Première Dame chez BAH BIENTO et qui en déduit qu’elle serait à l’origine des barrages et des coups de feux qu’il aurait entendu par la suite !

En effet, Monsieur CISSE Drissa dit que le 16 décembre 2011, il a vu passer un cortège de voitures. On lui aurait dit qu’il s’agissait du cortège de la Première Dame. Il reconnaît n’avoir jamais vu, de ses yeux, Madame Simone GBAGBO, ce jour-là, et encore moins l’avoir vue déposer des armes.

Bien que ne l’ayant jamais vue, il maintiendra que les agressions ont commencé ce jour-là, parce qu’elle aurait déposé des armes dans la maison de Monsieur BAH BIENTO, dans la mesure où c’est après cette prétendue visite que les agressions armées ont commencé.

La seule chose dont se témoin soit sûr sans qu’il ne lui ait été rapporté, c’est que ces évènements se sont déroulés le 16 Décembre 2011…

4 ou 5 fois, le Juges et les avocats de la partie civile, et les Avocats Généraux l’ont interrogé sur la date du 16 Décembre 2011.

A chaque fois, il a confirmé cette date.

Il lui a même été fait remarquer que Madame Simone GBAGBO a été arrêtée le 11 avril 2011, et qu’elle se trouvait à ODIENNE depuis le 22 avril 2011.

Mais ce témoin a persisté dans cette déclaration, jusqu’à ce que les multiples suggestions des Avocats de la Partie Civile l’amènent à revenir sur ce point pour enfin se limiter à affirmer que ces évènements ont eu lieu le « 16 décembre » !

Plus de date précise donc, plus de date !

A partir du moment où il n’a pas vu Mme Gbagbo, de surcroit déposer des armes chez Mr Bah Biento, de quoi est-il témoin pour que le Parquet le fasse comparaître en qualité de témoin. Il est évident que tous ces témoignages sont des mensonges, des témoignages inventés de toute pièce. Et cela tombe sous le sens.

Il est bon de noter que depuis l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire, les forces armées ne disposaient de plus d’effectif qu’il n’y avait d’armes disponibles. Même la Garde Républicaine manquait d’armes. Toutes les frontières de la Côte d’Ivoire étaient surveillées par l’ONU pour veiller à ne pas laisser violer l’embargo sur les armes. Où et comment Mme Gbagbo même si elle le voulait, aurait pu se procurer des armes pour les distribuer. C’est absurde et simplement diffamatoire.

Il n’y a aucune preuve, et il ne peut pas y en avoir, parce qu’à aucun moment, Madame Simone GBAGBO n’a constitué de bandes armées, n’a armé personne, n’a incité au massacre de personnes civiles ou militaires, n’a engagé d’actions contre une communauté quelconque.

Ce ne sont simplement que des faux témoignages, des inventions de toutes pièces.

CONCLUSION

Mesdames et Messieurs les Jurés, je vous l’ai dit au début de mon intervention, ce procès nous dépasse ! Vous avez un dossier sans faits ! Car en réalité, les infractions n’existent pas et ne sont qu’un prétexte à ce procès.

Il ne s’agit donc pas, dans ces douloureux débats, d’apprécier véritablement la culpabilité ou l’innocence des accusés. Il ne s’agit même pas de savoir de qui de GBAGBO ou de OUATTARA est le véritable Président de la République de Côte d’Ivoire. Il a effectivement déjà été répondu à cette question : La Côte d’Ivoire a eu un Président élu et proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel ; et un Président reconnu par la Communauté internationale et proclamé Président de la République après une violente crise, une agression armée de la Côte d’Ivoire.

Il s’agit de dire, par votre verdict, si oui ou non les peuples africains ont le droit de faire respecter leurs institutions. Vous avez la lourde mais noble mission de proclamer, une fois pour toutes, le droit de l’Homme africain au respect de sa personnalité, de sa dignité, et de sa souveraineté.

Madame Simone GBAGBO l’a très justement dit. La Constitution, le Conseil Constitutionnel, organes suprêmes de notre République sont nos totems. Si nous ne les respectons pas, qui le fera à notre place ?

Mesdames et Messieurs les Jurés, je vous rappelle que conformément à l’article 90 de notre Constitution, le Président du Conseil Constitutionnel prête serment en ces termes : Je m’engage à bien et fidèlement remplir ma fonction, à l’exercer en toute indépendance et en toute impartialité dans le respect de la Constitution, à garder le secret des délibérations et des votes, même après la cessation de mes fonctions, à ne prendre aucune position publique dans les domaines politique, économique ou social, à ne donner aucune consultation à titre privé sur les questions relevant de la compétence du Conseil constitutionnel ».

Les Membres du Conseil Constitutionnel prêtent eux, conformément à l’article 91 de la Constitution, le serment suivant : « Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution et de garder le secret des délibérations et des votes, même après la cessation de mes fonctions.

La décision du Conseil Constitutionnel du 4 décembre 2010 a été rendue conformément à ces textes.

L’absence de poursuites diligentées par le Ministère Public à l’encontre des Membres et du Président du Conseil Constitutionnel n’est-il pas l’aveu même de ce que cette décision ne saurait sérieusement être remise en question ? Le Parquet une fois de plus a montré qu’il ne représentait pas le peuple mais plutôt le parti au pouvoir et je m’explique. Le Parquet sur la base de ces faux témoignages demande que Mme Gbagbo soit condamné à 10 ans de prison et soit privé de ces droits civiques Curieusement, parmi les 80 accusés, Mme Gbagbo est la seule pour qui il soit demandé la privation de ses droits civiques.

Mais alors pourquoi pourrait se poser le citoyen lambda. Alors je vous répondrai, c’est uniquement pour empêcher Mme GBAGBO de reprendre sa place au FPI et leur tenir la dragée haute sur les tous les problèmes qui minent la Côte d’Ivoire qui semble-t-il émerge. Mais faire de la politique n’est pas un crime. Pourquoi donc manipuler le Parquet à cette fin. Voilà, la raison. Je pensais que le Parquet représentait le peuple, mais que je me suis trompé.

Le présent Parquet représente le pouvoir ivoirien et ne travaille qu’uniquement dans leur intérêt, même quand il est en contradiction avec le mandat que le peuple leur a confié. Dès lors entrer en voie de condamnation contre Mme GBAGBO, serait approuver le comportement de tous ceux qui méprisent nos institutions. Condamner, ce serait dire que l’on veut perdurer dans un système néo-colonisant où notre Constitution ne serait en réalité qu’un bout de papier, sans valeur.

Condamner ce serait dire que l’on est incapable de se respecter et que l’on aura toujours besoin de l’intervention prétendument civilisatrice de nos anciens colons pour distribuer les bons et les mauvais points. Condamner, ce serait accepter que nos Chefs d’Etat ne soient choisis par le peuple souverain mais par d’autres. Acquitter, au contraire c’est affirmer notre volonté d’indépendance. Acquitter c’est dire notre attachement à notre Constitution. Acquitter, c’est aussi faire œuvre d’apaisement; C’est détruire les ferments d’amertume et de rancœur dans le cœur de nos compatriotes qui sont bien conscients du caractère politique de ce procès. Acquitter, c’est réitérer sa volonté de voir une Justice indépendante du pouvoir politique. Acquitter enfin, c’est montrer le vrai visage de la Côte d’Ivoire éprise d’idéal, de Justice et de Paix ; et surtout de réconciliation entre tous ses enfants.

Monsieur le Président, Messieurs de la Cour, Mesdames et Messieurs les Jurés, ne vous faites pas complices des politiciens car ils ne sont pas bons. Ne contribuez pas construire une Côte d’Ivoire de haine et de vengeance perpétuelle, ce ne serait bon pour personne. Réconciliez les ivoiriens en rendant des décisions justes fondées sur les principes élémentaires du droit pénal.

Pas de faits précis, pas de preuves concrètes : pas de condamnations et j’ai plaidé.

Je vous en remercie.


Maître Ange Rodrigue DADJE / Maître Habiba TOURE

Plaidoirie publiée par le Gri Gri International.

vendredi, 06 mars 2015

TERRORISME - BOKO HARAM: 40% DES ARMES SAISIES SONT DE FABRICATION FRANÇAISE

 

BOKO HARAM. PANHARD VBL.jpg

Abubakar Shekau devant un panhard VBL.

 

Le Tchad a révélé que près de 40% des armes saisies par son armée aux membres de Boko Haram sont de fabrication française.

 

Le ministre tchadien de la Communication, Hassan Sylla Ben Bakari a indiqué qu’autour de « 40% des armes saisies par les forces armées du Tchad aux combattants de Boko Haram sont de fabrication française », rapporte Anadolu Agency. L’annonce a été faite par l’officiel, ce mercredi 4 mars 2015, à Yaoundé, à l’occasion d’une visite de travail au Cameroun.

Hassan Sylla Ben Bakari a indiqué qu’il ne désignait pas la France comme un fournisseur d’armes de la secte Boko Haram. Il s’agit d’un avertissement afin que Paris contrôle mieux les circuits de vente de matériel militaire. « Mon pays montre ces images et continuera de les montrer afin que ceux qui les fabriquent sachent que ces armes ne se retrouvent pas là où elles doivent être », a poursuivi le ministre tchadien de la Communication.

«Aucun pays africain ne fabrique des armes»

Pour justifier cette provenance, son homologue camerounais, Issa Tchiroma, a rappelé « qu’aucun pays africain ne fabrique des armes. Tous les pays africains achètent des armes auprès des pays comme la France, la Russie, les Etats-Unis ».

La capacité de Boko Haram à se procurer un armement tel que ce groupe terroriste se donne les moyens de résister à l’armée du Nigeria, du Cameroun et du Tchad coalisés n’a toujours pas trouvé d’explication. Certains observateurs doutent que le commerce des otages, raison officielle avancée le plus régulièrement, suffise pour armer et entretenir l’armée rebelle.

(Afrik.com)

 

Source: Le blog d'Allain Jules

BOKO HARAM: UNE OPERATION SECRETE DE LA CIA POUR DIVISER ET REGNER EN AFRIQUE?

 

BOKO HARAM. LE CHEF DE FILE.jpg

 

WIKISTRIKE. Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est bien documenté : contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles, y compris les réserves de pétrole. Cela a été confirmé il y a plus de 8 ans par le département d’État étasunien :

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham a commenté les objectifs stratégiques d’AFRICOM : « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, une tâche qui consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et à s’assurer qu’aucune autre tierce partie intéressée, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou des traitements préférentiels ». (Nile Bowie,.US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, Global Research, 11 avril 2012)

Au début février, « de passage au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, D.C., le chef d’AFRICOM, le général David Rodriguez, a appelé à une campagne de « contre-insurrection » de grande envergure menée par les États-Unis contre des groupes en Afrique de l’Ouest ».

Le chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), le général Joseph Votel, a fait des remarques similaires la semaine dernière à l’Académie West Point de l’Armée étasunienne, affirmant que les équipes de commandos étasuniens doivent se préparer à de nouveaux déploiements contre Boko Haram et l’État islamique. (Thomas Gaist, US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, World Socialist Web Site, 2 février 2015)

Mark P. Fancher a souligné l’hypocrisie et « l’arrogance impérialiste » des pays occidentaux, qui « malgré la condamnation universelle du colonialisme », sont toujours prêts « à déclarer publiquement (sans excuses) leurs plans d’expansion et de coordination de leur présence militaire en Afrique » (Marc P. Fancher, Arrogant Western Military Coordination and the New/Old Threat to Africa, Black Agenda Report, le 4 février 2015)

Plus de troupes en provenance du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad sont maintenant déployées pour lutter contre Boko Haram.

Cette nouvelle guerre contre une autre entité terroriste obscure en Afrique n’est pas sans rappeler la campagne de propagande ratée de Kony 2012, drapée dans des idéaux humanitaires. Elle est utilisée comme un écran de fumée pour éviter d’aborder la question des victimes de la guerre contre le terrorisme et les causes réelles du terrorisme, et afin de justifier une autre invasion militaire. Il est vrai que Boko Haram fait des victimes, mais le but de l’intervention occidentale en Afrique n’est pas de venir à leur secours.

Le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, celui qui fait toujours rage, se passe au Congo et l’élite occidentale et leurs médias ne s’en préoccupent pas. Cela démontre que les interventions militaires ne sont pas destinées à sauver des vies.

Pour comprendre pourquoi les médias se concentrent sur Boko Haram, nous avons besoin de savoir qui est derrière cette organisation. Quel est le contexte sous-jacent et quels intérêts sont servis?

Boko Haram : une autre opération clandestine des États-Unis?

Boko Haram est basé dans le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé et la plus grande économie d’Afrique. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole du continent et détient 3,4 % des réserves mondiales de pétrole brut.

En mai 2014, African Renaissance News a publié un reportage détaillé sur Boko Haram et la possibilité que l’organisation soit une autre opération secrète de la CIA visant à prendre le contrôle du Nigeria :

[L]e plus grand prix pour l’AFRICOM, qui vise à implanter une Pax Americana en Afrique, serait de réussir dans le pays africain le plus stratégique, le Nigeria. C’est là qu’entre en perspective la question de Boko Haram qui fait rage actuellement et la prédiction de l’Intelligence Council des États-Unis sur la désintégration du Nigeria en 2015, dont on a beaucoup parlé […] (Atheling P Reginald Mavengira, Humanitarian Intervention » in Nigeria: Is the Boko Haram Insurgency Another CIA Covert Operation? Wikileaks, African Renaissance News, 8 mai 2014)

Dans les années 1970 et 1980, le Nigeria a aidé plusieurs pays africains « défiant ainsi clairement les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux, une opposition ayant entraîné à l’époque un recul des initiatives occidentales en Afrique ». (Ibid.)

ECOMOG.jpg

Le Nigeria exerce son influence dans la région grâce au leadership du Groupe de contrôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG, droite), une armée composée de soldats de divers pays africains et mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le groupe est intervenu dans la guerre civile au Liberia dans les années 90. Le Liberia a été fondé en 1821 par les États-Unis et a été dirigé par des Américano-Libériens pendant plus d’un siècle.

Les puissances occidentales, en premier lieu les États-Unis, ne sont évidemment pas prêtes à laisser les Africains avoir une armée multinationale dans laquelle ils ne détiennent pas de rôle de premier plan. L’ACRI, qui devint plus tard l’AFRICOM, a été formé en 2000 pour contenir l’influence du Nigeria et contrer l’ECOMOG, évitant ainsi l’émergence d’une force militaire africaine dirigée par des Africains.

Selon les documents de Wikileaks mentionnés dans l’article de Mavengira ci-dessus, l’ambassade étasunienne au Nigeria constitue :

une base d’opérations pour des actes de subversion de grande envergure et à grande portée contre le Nigeria, notamment l’écoute des communications du gouvernement nigérian, l’espionnage financier d’éminents Nigérians, le soutien et le financement de groupes subversifs, d’insurgés, de propagande de discorde entre les groupes disparates du Nigeria et l’utilisation de chantage relié aux visas afin de contraindre et d’amener des Nigérians de haut rang à agir en faveur des intérêts étasuniens. (Mavengira, op. cit., c’est l’auteure qui souligne)

Mavengira fait partie de la GreenWhite Coalition, un « groupe de défense citoyen bénévole composé de Nigérians de tous les groupes ethniques et de toutes les convictions religieuses ». Il écrit que le but ultime des opérations clandestines étasuniennes dans son pays consiste « à éliminer le Nigeria comme potentiel rival stratégique des États-Unis sur le continent africain ». (Ibid.)

Une enquête sur la secte Boko Haram par la Coalition GreenWhite a révélé que la « campagne de Boko Haram est une opération secrète organisée de la Central Intelligence Agency (CIA) étasunienne coordonnée par l’ambassade étasunienne au Nigeria ». Les États-Unis ont déjà utilisé leurs ambassades pour des opérations secrètes.

L’ambassade de Benghazi s’est révélée être la base d’une opération secrète de trafic d’armes pour les mercenaires luttant contre Bachar Al-Assad en Syrie. Quant à l’ambassade en Ukraine, une vidéo de novembre 2013 a émergé récemment montrant un parlementaire ukrainien l’exposant comme le point central d’une autre opération clandestine destinée à fomenter des troubles civils et à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

L’enquête de GreenWhite Coalition sur Boko Haram révèle un plan en trois étapes du National Intelligence Council des États-Unis visant à « pakistaniser » le Nigeria, internationaliser la crise et diviser le pays en vertu d’un mandat et d’une force d’occupation de l’ONU. Le plan « prédit » la désintégration du Nigeria pour 2015. Il convient de citer l’enquête en détail :

L’ensemble du rapport du [National Intelligence Council] est en réalité une déclaration d’intentions codée sur la façon dont les États-Unis prévoient éventuellement démanteler le Nigeria grâce à des complots de déstabilisation […]

Étape 1: Pakistaniser le Nigeria

Vu la réalité existentielle du fléau de Boko Haram, la vague d’attentats et d’attaques sur les bâtiments publics sont susceptibles de dégénérer dans les mois à venir.

Le but est d’exacerber les tensions et la suspicion mutuelle entre les adeptes des deux religions au Nigeria et de les mener à la violence interconfessionnelle […]

Étape 2: L’internationalisation de la crise

Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies appellerons à l’arrêt des violences. […] Pour créer de l’effet, il y aura une couverture importante des médias internationaux sur la crise du Nigeria avec de soi-disant experts pour discuter de toutes les ramifications. Ces experts s’efforceront de créer l’impression que seule une intervention étrangère bienveillante pourrait résoudre la crise.

Étape 3: La grande division en vertu d’un mandat de l’ONU

L’on proposera d’abord l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix afin de séparer les groupes belligérants et/ou un mandat de l’ONU assignant différentes parties du Nigeria à des puissances occupantes. Bien sûr, les États-Unis et leurs alliés, guidés par des purs intérêts économiques, auront préalablement discuté dans les coulisses des zones à occuper […] (Ibid., c’est l’auteure qui souligne)

En 2012, le Nile Bowie écrivait:

Le Nigerian Tribune a rapporté que Boko Haram reçoit du financement de différents groupes de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, en particulier du Fonds fiduciaire Al-Muntada, dont le siège est au Royaume-Uni et à la Société islamique mondiale de l’Arabie saoudite [8]. Lors d’une entrevue menée par Al-Jazeera avec Abou Mousab Abdel Wadoud, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) stipule que des organisations dont le siège est en Algérie ont fourni des armes au mouvement Boko Haram au Nigeria « pour défendre les musulmans au Nigeria et arrêter les avancées d’une minorité de croisés » [9] .

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Image: Abdelhakim Belhadj, chef des rebelles pendant la guerre de 2011 en Libye et ancien commandant du Groupe islamique combattant en Libye lié à Al-Qaïda.

Pour l’administration Obama, l’appui clandestin à des organisations terroristes dans le but d’atteindre ses objectifs de politique étrangère semble être la condition préalable au commandement des opérations à l’étranger. Boko Haram existe comme une division séparée de l’appareil de déstabilisation étasunien, visant à briser le pays le plus peuplé d’Afrique et le plus grand marché potentiel. (Nile Bowie, CIA Covert Ops in Nigeria: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, le 11 avril 2012)

Des reportages indiquent également que certains commandants nigérians sont possiblement impliqués dans le financement de l’insurrection.

Selon le reportage, un soldat nigérian dans l’État de Borno a confirmé que Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala en leur présence, mais que leur commandant leur a demandé de ne pas repousser l’attaque. Le soldat a dit au Service Hausa de la BBC que des hélicoptères planaient dans le ciel tandis que les attaques étaient en cours.

Trois cents personnes ont été tuées, des maisons et un marché brûlés tandis que les soldats regardaient, ayant reçu l’ordre de ne pas prêter assistance à ceux qui étaient attaqués. Le soldat a déclaré que l’insurrection de Boko Haram prendra fin lorsque les officiers supérieurs de l’armée cesseront de l’alimenter.

Lors des enlèvements de filles de Chibok, un soldat a affirmé en entrevue à SaharaReporters,

« Nous avons reçu l’ordre d’arrêter les véhicules transportant les filles, mais dès le début de la mission, nous avons reçu l’ordre contraire, soit de nous retirer. Je peux vous assurer que personne ne nous a demandé de chercher quiconque. »

Certains soldats soupçonnent leurs commandants de révéler les opérations militaires à la secte Boko Haram. (Audu Liberty Oseni, Who is Protecting Boko Haram. Is the Nigerian Government involved in a Conspiracy?, africanexecutive.com, 28 mai 2014)

Ces commandants auraient-ils été contraints par des éléments de l’ambassade étasunienne, tel que le suggère l’enquête de Greewhite Coalition citée auparavant?

Boko Haram: Le prochain chapitre dans la frauduleuse, coûteuse, destructrice et meurtrière guerre au terrorisme?

Il a été clairement démontré que la soi-disant guerre contre le terrorisme a fait croître le terrorisme. Nick Turse explique :

[Dix] ans après que Washington eut commencé à verser l’argent des contribuables dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de stabilisation à travers l’Afrique, et que ses forces eurent commencé à exploiter le Camp Lemonnier [Djibouti], le continent a connu de profonds changements, mais pas ceux recherchés par les États-Unis.

L’université de Berny Sèbe de Birmingham cite en exemple la Libye post-révolutionnaire, l’effondrement du Mali, la montée de Boko Haram au Nigeria, le coup d’État en République centrafricaine, et la violence dans la région des Grands Lacs de l’Afrique comme preuve de la volatilité croissante. « Le continent est certainement plus instable aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 2000, lorsque les États-Unis ont commencé à intervenir plus directement. » (Nick Turse, The Terror Diaspora: The U.S. Military and Obama’s Scramble for Africa, Tom Dispatch, 18 juin, 2013)

Que veulent les États-Unis en Afrique?

Lorsqu’il est question d’interventions à l’étranger, des décennies d’histoire ont démontré que les objectifs déclarés de l’armée étasunienne et ses véritables intentions ne sont jamais les mêmes. L’intention réelle ne consiste jamais à sauver des humains, mais plutôt à sauver des profits et à gagner du pouvoir. Les interventions des États-Unis et de l’OTAN ne sauvent pas, elles tuent.

Celles menées depuis le début du siècle ont tué des centaines de milliers, si ce n’est plus d’un million d’innocents. Difficile de dire combien, car l’OTAN ne veut pas vraiment savoir combien de civils elle tue. Comme le notait The Guardian en août 2011, il n’y avait « pas de projet international de grande envergure consacré au bilan des décès dans le conflit en Libye », à part durant une brève période.

En février 2014, « on estimait qu’au moins 21 000 civils [étaient] décédés de mort violente en raison de la guerre » en Afghanistan selon Cost of War. En ce qui concerne l’Irak, en mai 2014 on comptait « au moins 133 000 civils tués, victimes de violence directe depuis l’invasion ».

Quant à la Libye, les médias traditionnels ont d’abord menti à propos du fait que Kadhafi avait initié la violence en attaquant des manifestants pacifiques, un faux compte-rendu destiné à diaboliser Kadhafi et galvaniser l’opinion publique en faveur d’une autre intervention militaire. Comme l’explique le Centre Belfer for Science and International Affairs, « ce sont effectivement les manifestants qui ont initié la violence ».

Alan Kuperman écrit :

Le gouvernement a réagi aux gestes des rebelles en envoyant l’armée, mais n’a jamais intentionnellement ciblé de civils ou eu recours à l’usage excessif et aveugle de la force, comme l’ont affirmé les médias occidentaux […]

Le plus grand malentendu à propos de l’intervention de l’OTAN, c’est qu’elle a sauvé des vies et a bénéficié à la Libye et ses voisins. En réalité, lorsque l’OTAN est intervenue à la mi-mars 2011, Kadhafi avait déjà repris le contrôle de presque toute la Libye, alors que les rebelles se retiraient rapidement vers l’Égypte.

Ainsi, le conflit était sur le point de se terminer à peine six semaines après avoir éclaté, avec un bilan d’environ 1 000 morts, incluant les soldats, les rebelles et les civils pris entre deux feux. En intervenant, l’OTAN a permis aux rebelles de résumer leur attaque, prolongeant ainsi la guerre pendant encore sept mois et causant la mort d’au moins 7000 personnes de plus. (Alan Kuperman, Lessons from Libya: How Not to Intervene, Belfer Center for Science and International Affairs, septembre 2013)

Malgré ces chiffres, les médias tenteront encore une fois de nous convaincre que ce dont le monde a le plus besoin en ce moment est de se débarrasser du groupe terroriste Boko Haram et qu’une intervention militaire est la seule solution, même si la soi-disant guerre contre la terreur a en fait accru le terrorisme à l’échelle mondiale. Comme le faisait remarquer Washington’s Blog en 2013, « le terrorisme à l’échelle mondiale a diminué entre 1992 et 2004… mais est monté en flèche depuis 2004 ».

Le Guardian rapportait pour sa part en novembre 2014 :

L’ Index mondial du terrorime (Global Terrorism Index) a enregistré près de 18 000 décès l’an dernier, un bond d’environ 60 % par rapport à l’année précédente. Quatre groupes sont responsables de la majorité de ces décès : le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie; Boko Haram au Nigeria; les talibans en Afghanistan; et Al-Qaïda dans diverses parties du monde. (Ewen MacAskill, Fivefold increase in terrorism fatalities since 9/11, says report, The Guardian, 18 novembre 2014)

Le Guardian omet toutefois de mentionner, que tous ces groupes, y compris Boko Haram et le groupe État islamique, ont été, d’une manière ou d’une autre, armés, entraînés et financés par l’alliance des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que leurs alliés au Moyen-Orient.

Grâce à l’appui clandestin des pays occidentaux, des marchands d’armes et des banquiers qui profitent de la mort et de la destruction, la guerre au terrorisme se porte bien. L’Occident prône des interventions militaires sans fin, feignant d’ignorer les causes réelles du terrorisme et la raison pour laquelle il se répand, cachant son rôle et de ce fait indiquant clairement son réel objectif en Afrique : alimenter le terrorisme pour déstabiliser et détruire des pays, justifiant ainsi l’invasion militaire menant à la conquête des terres les plus riches du continent africain, tout en feignant de sauver le monde de la terreur.

Julie Lévesque

 

Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 19 février 2015

6,2 MILLIONS D'EUROS POUR LE SILENCE DES ANCIENS PRESIDENTS SUR LE FRANC CFA: LES FRANÇAIS DECOUVRENT UN ASPECT DE LA MONNAIE NAZIE

 

 

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Nicolas Sarkozy est en colère, une fureur incommensurable, disent les journaux. Une fureur justifiée car le contrat sur le prix du silence qui lie les anciens présidents français et le gouvernement français vient d’être rompu d’une manière unilatérale par les journalistes bien instruits. Il est surtout furieux parce que des hauts dirigeants ont informé la presse de sa présence aux émirats, et surtout cette presse prétend que la république lui accorde déjà près de 2,4 millions d’euros par ans au titre d’ancien président. Voilà ce qui rend Nicolas Sarkozy en colère car il y a une confusion entre deux dotations : Une légale, qui attribue à chaque anciens président 6000 euros par mois depuis 1955 Cette dotation est toujours en vigueur aujourd’hui et s’applique à Giscard d’Estaing, J Chirac et N. Sarkozy.

La seconde dotation est, elle bien obscure, et concerne les 6,2 millions d’euros dont parle les journalistes et dont bénéficient les anciens présidents de la République. Il s’agit en fait d’une prime impériale pour leur silence par rapport au franc CFA, dont toute personne, vivant en France, ne prend la vraie dimension hautement criminelle que lorsqu’elle accède à la fonction de président de la France. Nicolas Sarkozy sait lui-même que c’est vraiment un coup tordu, car, malgré toute cette fureur, notre ex et pro-futur président de France ne peut dénoncer officiellement la violation de ce contrat de silence. Il est tenu au secret et s’enrage mais pour combien de temps ?

Les origines de cette confusion et fureur viendraient d’une information qui lève le voile petit à petit,  des deux côtés de la méditerranée, sur le franc CFA et les effets de cette monnaie nazi. En effet, après près de 30 années de bataille acharnée de quelques députés et citoyens récalcitrants, l’un de ces derniers, en l’occurrence M. Dosiere vient d’obtenir une petite victoire car le gouvernement Français vient de lui adresser le coût total des anciens présidents de la république pour l’année 2014 : 6,2 millions d’euros. Notons tout de suite que ce chiffre n’est qu’une déduction approximative, issue de tous les éléments dont disposait ce monsieur et qu’il n y a pas une ligne budgétaire officiel attribuée à cette allocation. Cette allocation n’a d’ailleurs pas une existence légale et reste totalement opaque.

Ce brave homme rapporte que les fondements de cette allocation et son financement reste totalement mystérieux, et comme Nicolas Sarkozy, sa consternation ou sa fureur s’arrête à ce niveau, laissant les Français et les autres citoyens du monde complètement médusés. Comme c’est devenu la mode au royaume de France, tout ce qui touche de près ou de loin le franc CFA, la France Afrique ou le pillage de l’Afrique est enveloppé d’une opacité dont les Français se sont à présent bien familiarisés. La réalité est que cet argent, qui sert à payer les anciens présidents, ne vient pas directement des contribuables Français, mais plutôt des revenus de la gestion du franc CFA. Ce qui ne veut pas dire que les Français ne payent pas de cette pratique digne d’une république bananière. La France est le seul pays dans le monde qui met en œuvre cette pratique, et au service des ex-présidents qui travaillent totalement à leur compte et parfois contre l’intérêt de l’état Français. Pour bien comprendre cette confusion qui entraine aussi bien la fureur de Monsieur Sarkozy que du sieur Dosiere et des Français, il faut remonter à l’origine de cette deuxième dotation opaque.

L’origine de cette dotation opaque aux anciens présidents

Les vraies raisons de cette deuxième dotation sont exactement celles qui font des présidents Africains francophones les propriétaires exclusifs du trésor public de leur pays : le Franc CFA. Tout réside dans la genèse même de cette dotation et il faut se replonger dans les années 70. A cette époque, il n’y avait dans le monde que 3 empereurs, donc deux générés par le franc CFA: Le Vraie (du Japon), le Virtuel (de la Centrafrique) et le réel (de la France). De ces trois empereurs, celui qui jouissait effectivement des pouvoirs d’un Empereur était le président Français, Valérie Giscard D’Estaing. Arrivé au pouvoir très jeune, cet homme intelligent s’est laissé aveugler par le pouvoir que lui conférait le Franc CFA.

Sachant que la France était de droite comme lui et le nombre de mandats n’étant pas limité à cette époque, il se voyait en parfait monarque qui devait régner sur la France pendant des décennies, contrairement à ses prédécesseurs qui était arrivés au pouvoir à un âge avancé.  Ses pouvoirs étaient tellement colossaux que les Africains ne remercieraient jamais assez cet homme pour leur avoir donné l’unique et le seul empereur d’Afrique de la période contemporaine.  Même Louis 14 aurait été jaloux de Bokassa 1er car la cérémonie fut grandiose. Bokassa, en bon empereur et griot Africain est d’ailleurs celui qui a décrit le mieux les faits et gestes impériaux du monarque Français. C’est de ce piédestal de la vision grandiose d’une France impériale du CFA qu’est tombé Valérie Giscard d’Estaing quand la droite a perdu le pouvoir au profit de François Mitterrand en 1981.

Le jeune président déchu a alors eu du mal à se remettre de ce retournement de situation complètement inattendu pour un empereur mais correctement possible pour un démocrate. Alors, lui qui était à l’époque le seul ancien président vivant et qui connaissait très bien les avantages du Franc CFA a alors décidé de revendiquer, comme un empereur déchu, des compensations, avec une menace sérieuse de dénoncer le Franc CFA. C’est ainsi qu’en 1985, les nouveaux arrivants, socialistes, qui avaient mis 4 ans pour prendre la mesure des richesses que procuraient le CFA à l’empire et à l’empereur français, ont alors décidé de lui garantir certaines prérogatives pour acheter son silence définitif sur le Franc CFA. Ainsi, VGE serait soutenu dans plusieurs de ses activités, allant de ses multiples élections jusqu’à la construction de Vulcania, une sorte de parc impérial pour les volcans. Le deal a bien fonctionné car Giscard d’Estaing ne s’est plus jamais exprimé sur le franc CFA et malgré l’alternance en France, le maintien de la monnaie criminogène fait l’unanimité.

Les montants réels de ce prix du silence depuis 1985 ne sont pas connus de nos jours, car les sommes sont directement déduites des intérêts du Franc CFA, un compteur sans chiffres. La somme de 6,2 millions, annoncée par René Mézière n’est qu’une indication, et seulement pour l’année 2014,  car, cette allocation qui n’a aucune base juridique, n’est pas facilement traçable. Le député de l’Aisne rappelle que cette dotation avait été réglé “sur la seule base d’une lettre personnelle” en 1985 de Laurent Fabius, alors Premier ministre, à Valéry Giscard d’Estaing. Elle n’a donc aucune existence ou base juridique.

De nos jours, il n’est pas nécessaire d’avoir une formation sur la vie des empereurs pour comprendre que le comportement des présidents Français, « Katika (Maître) » du Franc CFA, est impérial. Les journalistes Français eux-mêmes, je veux dire les quelques peu qui ont pu résister à ce tsunami de magouille du Franc CFA, qualifient d’ailleurs régulièrement leur président de monarque, a l’exemple de Médiapart ou de Marianne : Le feu président Mitterrand, de son vivant, avait déjà montré la puissance de cet empereur Français en échange de son silence sur le CFA : Les plus grands journalistes de France et Internationaux ne découvriront alors sa polygamie qu’après sa mort.

Le président Chirac est certainement celui dont la criminalité du Franc CFA, ou la monarchie aura le plus affectée. Sa déclaration, sur la nécessité que la France rembourse l’argent des Africains aux Africains, le clouera définitivement sur un fauteuil de mort politique, car dès le lendemain de sa déclaration, il a été frappé d’une maladie qui lui fait tout oublier. Son éloignement de Paris est d’ailleurs considéré comme un exil pour respecter le silence en vigueur. Le spectacle que donnent les deux derniers présidents Français avec leur vie privée ou publique, illustre bien que ces empereurs n’ont pas perdu de leur superbe. Bref, on peut utiliser tous les moyens de l’état pour gagner de l’argent dans des structures privées, tout en mettant à la disposition de ses clients, moyennant quelques pécules, les secrets de l’état.

On peut héberger une femme à l’Elysée sous aucun titre tout en organisant des courses poursuites en scooter avec les paparasis dans les rue de Paris. Ce n’est pas tout, certain candidat dans la lignée de ces monarques, candidat à la présidentielle, rêvent de remplir la fonction présidentielle en France tout en organisant des parties fines ou libertines dans les Hôtels de France et du monde. Bien entendu, ceci à l’insu des grands journalistes d’investigations qui découvrent tout a la télévision comme de simples spectateurs. C’est dire que le pouvoir que confère le franc CFA au président Français est sans limite. Et cette confusion sur les dotations aux anciens présidents, qui déclenche la fureur d’un ancien président, les frustrations d’un député ou des citoyens Français, ne lève qu’un petit coin de voile sur les méfaits de cette monnaie nazi.

La vraie morale de cette histoire c’est que toute chose, bâtit sur un socle de mensonge, de la duperie et du cynisme, finit par voler en éclat comme une maison construite sur une fondation foireuse. Ainsi des trois empereurs des années 70, centrafricain, Français et japonais des années 70, il ne demeure que le vrai empereur, celui du Japon. Au nom de cette morale, on peut parier que les deux empires générés par le Franc CFA disparaîtront également. L’empire de Centrafrique n’a pas attendu la fin du Franc CFA pour disparaitre.

Ngando

 

Source: cameroonvoice

vendredi, 13 février 2015

LIBYE: KADHAFI EST MORT, VIVE TOTAL!

 

Dans la nuit du mardi au mercredi 4 fevrier 2015 un champ pétrolier conjointement exploité par TOTAL et par la compagnie nationale libyenne NOC, a été attaqué par des hommes armés à Syrte, faisant 11 morts dont 10 libyens et 1 nigériens.

Cette information n’a ému personne. Il est bien évident que tant que les droits de pomper du  pétrole par  TOTAL sont garantis, le respect des droits de l'homme en Libye  ne constituent pas une préoccupation majeure pour les pourvoyeurs d'émotions sélectives et les  champions des droits de l'homme.

Je me suis demandé que fait Total dans le chaos complet qu’est devenu la Libye de l’après Kadhafi, surtout ces derniers mois. J’ai compris pourquoi il n’y a pas de sanctions économiques contre ces groupes armées qui contrôlent la Libye, y massacrent les populations, exploitent et mettent sous coupe réglée le territoire libyen, désormais éclaté entre 4 provinces hétéroclites (Bengazi, Syrte, Tripoli, le Faisan) : une « somalisation » complète. La compagnie nationale de pétrole libyenne représente qui dans un tel contexte? Que valent les contrats et quelle est la légalité et la légitimité des opérations des compagnies pétrolières en cours dans le pays ? Peut-on être aussi cynique et fermer les yeux sur le drame des populations libyennes à ce point ?

Déjà à la veille de la chute de Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) libyen annonçait en avril 2011 sa décision « attribuant 35 % du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre conseil » : ceci représenterait une production de plus de 542 000 bb/j sur sa production journalière de 1 550 000 bb/j d’avant la guerre.

Dans le contexte de la guerre menée par l’OTAN pour tuer Kadhafi en 2011, une telle annonce pouvait apparaitre comme une contribution du groupe français à l’installation de la démocratie en Libye.

Aujourd’hui, 4 ans après, avec ce qui se passe sur le terrain en Libye on est bien loin de l’installation de la démocratie, le pays est en ruine, le semblant d’Etat qui existait sous Kadhafi est totalement délité, c’est le règne des groupes djihadistes qui se partagent le pays et rivalisent dans les exactions et les actions les plus horribles.

Alors comment comprendre que TOTAL, une entreprise « citoyenne » en France, puisse intervenir à l’aise dans un tel merdier.   

En fait, la Libye, qui recèle les plus vastes réserves de pétrole d'Afrique et 9eme dans le monde (44-46.5 milliards de barils), est déjà à elle seule la troisième source d'approvisionnement de la France, ex aequo avec la Mer du Nord (16 % du total en 2010), derrière les pays du Proche-Orient (17 %) et ceux de l'ex-URSS (32 %), selon l'Insee. La France importe plus de pétrole libyen (10,25 millions de tonnes en 2010) que de pétrole saoudien (6 millions de tonnes).

Le groupe français TOTAL, tout comme les firmes pétrolières liées à la Grande-Bretagne, avait peu à perdre et beaucoup à gagner dans la guerre en Libye ; Paris et Londres ont été les plus impliqués dans l'offensive de l'Otan en Libye.

Avant le début du conflit, le groupe français TOTAL était assez mal implanté en Libye, avec seulement deux champs fournissant une modeste production de 55 000 barils par jour (b/j) : très loin derrière l'italien Eni (244 000 b/j), les compagnies américaines (124 000 b/j), et même l'allemand BASF (100 000 b/j), d'après les chiffres du département de l'énergie américain pour 2010.

Plus généralement, l'Occident, qui est à court de nouvelles découvertes de pétrole, est dans la crainte d’une chute de la production contrôlée par les compagnies occidentales. Dès 2005, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait annoncé, pour Le Monde, un déclin de la production hors-Opep « peu après 2010 ».

La conséquence serait que les grandes compagnies pétrolières occidentales, celles que l'on a pris l'habitude d'appeler les « majors », alors même que depuis les années 70 et l'émergence de l'Opep, elles ne contrôlent plus qu'à peine un septième des réserves de la planète, perdent leur place de leaders incontestables du marché. En effet, malgré leurs capitaux fantastiques, qui les placent toujours aux tout premiers rangs des plus grandes firmes privées de la planète, les majors sont désormais des « minors », du point de vue du contrôle des réserves, face aux firmes publiques des grands pays exportateurs.

Plus le temps passera, plus la proportion des réserves de pétrole contrôlées par les pays exportateurs augmentera, tandis que la part des compagnies occidentales, elle, s'amenuisera, et cela « mécaniquement », répète Fatih Birol à l'AIE.

N’est-ce pas ici que se trouve la réponse à toutes ces guerres fomentées opportunément dans les pays abritant les plus grandes réserves d’or noir au cours des dernières décennies (Irak, Lybie, Syrie, menaces contre l’Iran, Soudan puis Sud Soudan, Côte d’Ivoire, Mali, République centrafricaine, Tchétchénie et pays d’Asie de l’ancienne URSS, menace de guerre contre la Russie elle-même, instabilité au Nigeria avec la secte BokoHaram, etc.).

La présence et les activités de TOTAL et des autres grandes firmes pétrolières occidentales en Libye finissent de nous convaincre de l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, pour lesquels en réalité ne comptent que leurs intérêts mesquins, loin des vociférations et agitations officielles se référant cyniquement à la défense de valeurs démocratiques et de respect des droits de l’homme à travers le monde.

Sous le masque de la protection des droits de l’homme et de la lutte contre le terrorisme que porte l’occident, se cache le contrôle et la protection des ressources de matières premières notamment le pétrole. La concurrence des pays émergents pousse l’occident vers un monopole de type colonial ou l’installation du chaos qui laisse la place au plus fort donc aux pays qui interviennent par la force au non de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme.

En Afrique de l’ouest, outre le Nigeria, cinq États de la région sont actuellement producteurs de pétrole : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Mauritanie et le Niger. Tandis que les dix autres États sont encore au stade de l’exploration. En termes de réserves avérées, l’Afrique de l’Ouest affiche des proportions identiques à celles de la production : elles s’élèveraient à près de 40 milliards de barils (en 2012), soit environ 30 % des réserves totales de l’Afrique.

S’agissant tout particulièrement du Nord Mali, là d’où est partie la guerre et où persistent les principales tensions, même si cette région contribue très peu – à l’heure actuelle – au PIB du pays, le sous-sol des régions de Gao, Kidal et Tombouctou suscite beaucoup d’espoir : 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Un contexte qui pourrait  expliquer en partie la situation actuelle  et qui pourrait justifier  les velléités de partition du pays.

Quoi  qu’il en soit, 4 bassins principaux ont été identifiés dans cette zone : Tamesna (à cheval entre le Mali et le Niger), Taoudeni (qui couvre également une partie de l’Algérie et de la Mauritanie), le graben de Gao et le rift de Nara (vers Mopti). Le pyromane Barkhane a bien de l’avenir surtout que le pompier est déjà opérationnel : cette zone se situe dans le prolongement de la poudrière libyenne et aux confins de la région convoitée par Boko Haram.

Quand est-ce que les élites et les peuples africains vont-ils comprendre ce fait pour savoir la force que représentent les richesses du continent et prendre conscience de la nécessité de les exploiter pour le développement de nos populations tout en rejetant l’hypocrisie de l’occident et ses prétextes fallacieux pour intervenir dans nos pays.

 

Par Jean Charles TIEMELE, Expert Economiste Financier.

mercredi, 24 décembre 2014

PAYS SOUS-DEVELOPPES D'AFRIQUE... VOUS LE RESTEREZ!

 

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Il n'y a pas de pays en « voie de développement », il n’y a que des pays sous-développés. Pays auxquels on fait croire qu’ils se développeront. Ce « on », c’est celui qui les maintient dans le sous-développement. Mieux, encore, avec leur propre soutien et appui.

 

Pays sous-développés d’Afrique, vous ne vous développerez jamais.

Et l’on n’est pas naïf pour engendrer une polémique sur le «développement» auxquels ces pays sont sensés tendre. Ce n’est ni un modèle occidental ni oriental, ni nordique, ni méridional, ce développement dont on traite ici c’est celui qu’acquiert une nation, générant une gouvernance démocratique, par la promotion de l’être humain dans son corps et son esprit, des libertés et des technologies par la création de richesses mises au service du progrès social dans le respect de l’environnement et de la nature.

Ce « développement », même les nations occidentales industrialisées ne peuvent s’en targuer qu’en rangs dispersés chacune réalisant peu ou prou un « morceau de ce développement », mais à la différence des pays « sous-développés », elles ont pris le parti du développement et cela en mettant en marche les « forces » dont elles disposent pour y arriver et cela souvent au détriment des pays sous-développés.

Sans nous apitoyer encore sur le siphonage historique (et qui se continue) des ressources naturelles des pays sous-développés qui a permis aux pays , coloniaux notamment (et leurs alliés) de devenir ce qu’ils sont aujourd’hui- des puissances assises sur un capital historiquement mal acquis-, le constat est bien plus amer : les pays sous-développés le resteront à jamais.

Les épidémies, les endémies, les virus mortels et autres calamités virales, les pays « sous-développés » les produisent, les pays occidentaux leur fabriquent le vaccin.

Les pays sous-développés, n’ont aucun moyen de locomotion national (ni voiture, ni train, ni avion…) les pays occidentaux, le leurs fabriquent.

Les pays sous-développés ne fabriquent ni machines industrielles, ni pièces de rechange, les pays occidentaux les leurs fournissent.

Les pays sous-développés n’ont aucun brevet de fabrication des produits de haute technologie, les pays occidentaux les monopolisent pour les leur faire payer.

Les pays sous-développés, n’ont que des budgets de rente et d’endettement. Leurs recettes proviennent essentiellement de ressources naturelles limitées et de prêts et autres facilités d’ internationales par pays occidentaux interposés.

Les pays sous-développés consacrent les trois-quarts de leur budget national aux dépenses de fonctionnement d’une administration publique souvent incompétente et inefficiente.

Les pays sous-développés reçoivent l’armement et l’équipement et sécuritaire des pays occidentaux, à travers des contrats d’achat faramineux échappant souvent à tout contrôle et réduisant dramatiquement leurs budgets.

Les pays sous-développés n’investissent ni dans l’enseignement, ni l’éducation, ni la culture ni dans la maitrise de la technologie sinon de façon médiocre, insuffisante et dans tous les cas inefficace.

Les pays occidentaux développent les grandes universités, les laboratoires de recherche qui attirent les ressources humaines compétentes des pays sous-développés, les dépouillant de leur matière grise.

Les pays sous-développés, n’ont pas voix au chapitre des relations internationales qui sont davantage dictées par la force et le monopole du et autres puissances alliées.

Les pays sous-développés, pensent qu’ils sont indépendants alors qu’ils ne le sont ni économiquement, ni financièrement, ni même politiquement.

Les ressortissants des pays sous-développés s’agglutinent, dans la frustration et le mépris,  devant les consulats des pays occidentaux pour quémander des visas, ou encore se jettent à la mer pour mourir de désespoir devant leurs côtes. Fuyant la misère du sous-développement.

Pendant que les occidentaux, se préoccupent de conquérir l’espace sidéral et projettent de bâtir sur la lune, les pays sous-développés se préoccupent de la pousse des barbes et projettent de bâtir sur des ruines.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, cultivent les croyances sociales surannées et se réfugient dans des religions qui anesthésient leur peuples et leur font accepter toute fatalité.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, bradent leurs ressources naturelles aux compagnies occidentales, détruisant l’environnement et l’espoir des générations futures.

Les dirigeants des pays sous-développés, sont pour la plupart soit des dictateurs, des putschistes, des élus frauduleux, des corrompus, des agents des métropoles coloniales, soit des « manipulateurs de constitution », soit des otages de leurs courtisans, tribus, ethnies ou factions, et dans tous les cas des dirigeants impuissants face au devenir de leurs pays.

Pendant que les forces industrielles occidentales inventent aujourd’hui, le produit de demain pour préparer le futur de la dépendance économique des pays sous-développés, ceux-ci pompent les ressources de leur sol et exportent leurs cultures de subsistance pour acheter ces produits.

Pris dans la gangue militaro-industrielle occidentale (s’étendant jusqu’au Golfe et au-delà) et dans une mondialisation dans laquelle ils ne sont que des consommateurs forcés au prix de la saignée de leurs ressources naturelles en déclin, les pays sous-développés le resteront.

Pris dans les tourments des politiques prônées par le groupe de Bretton woods, avec des sociétés appauvries et des masses acculturées se tournant vers l’extrémisme et la violence, les pays sous-développés sont le champ d’expérimentations militaro-économiques qui les maintiennent dans une géostratégie de la soumission et de la division.

Les pays sous-développés ne peuvent se tourner vers nulle part pour leur salut et celui de leur peuple. Ceux qui se font appuyer financièrement par le Moyen-Orient finissent dans les révoltes et les religieuses, ceux qui demandent l’appui industriel de l’Extrême-Orient (la chine et l’Inde notamment) subissent les foudres de l’Occident et finissent par regagner les rangs de la puissance coloniale et le giron occidental.

Les pays sous-développés d’Afrique ont-ils un avenir ? Pas certain.

L’assimilation d’une rente (détournée et ou mal utilisée) à une croissance économique.

La littérature économique qui attribue à l’Afrique des taux de croissance souvent à deux chiffres est aussi mensongère que le sont souvent les affirmations de la BIRD et du à l’égard des pays d’Afrique.

Voici les deux récents exemples :

Banque Mondiale :

« Les perspectives macroéconomiques de l’Afrique subsaharienne demeurent prometteuses, avec une croissance à moyen terme qui reste favorable en dépit d’une conjoncture hostile : le de la région qui s’établissait à 4,6 % en 2014 devrait progresser à un rythme annuel moyen de 5,2 % sur la période 2015-16 et s’élever à 5,3 % en 2017. Le par habitant devrait continuer d’augmenter, pour passer de 2,1 % en 2014 à 2,6 % en 2015, et 2,8 % en 2017. » (Banque Mondiale)[1]

Le FMI :

« Le Fonds monétaire international (FMI) est optimiste pour l’économie de l’Afrique subsaharienne, si l’on en croit les prévisions du rapport publié jeudi 31 octobre. « Les vents contraires qui soufflent à l’échelle mondiale ont peu affecté sa croissance en 2013 et le rythme de celle-ci devrait s’accélérer en 2014″, estime les auteurs.

Le taux de croissance est prévu à 5 % pour cette année et à 6 % pour l’année prochaine. Autre bonne nouvelle, le taux d’inflation annoncé est en baisse pour la troisième année consécutive et passera en dessous de 6 % à la fin de 2014. » (Le FMI prédit à l’Afrique sub-saharienne une croissance soutenue- Le Monde : 31-10 2013 )[2] »

Hélas ! Ce que l’on refuse de mettre en exergue, c’est que cette croissance est assise sur des ressources naturelles, agricoles, ­pétrolières et minières.

Il s’agit de la croissance d’une rente (épuisable) et non pas d’une croissance économique au sens où cette croissance devrait être la résultante de la valeur ajoutée provenant du tissu industriel (créativité, technologie maitrisée, produits exportés) et commercial (diversité, compétitivité et offre de produits nationaux) du pays.

Les Pays étrangers achètent les extractions minières et autres, les pays sous-développés engrangent le revenu-rente.

Plus le pays sous-développé vend et plus les institutions financières internationales considèrent qu’il y a croissance. Ironique.

En somme, plus un pays exportateur de fer, fait tourner ses pelleteuses (et détruit le sol et le sous-sol) plus il « croit » économiquement. Mieux encore, si le prix du fer sur le international augmente,  la croissance en fera de même.

Il s’agit là d’une conception erronée qui continue à maintenir les pays sous-développés dans l’ignorance de leur croissance réelle (en terme d’agrégats économiques réels, d’étoffement de leur tissu industriel, de leurs maitrise technologique et scientifique) et ne sert qu’à faire délivrer, par les institutions financières de l’endettement des satisfecit béats à leurs dirigeants qui les pillent.

La rente financière n’est pas une croissance. C’est le revenu qu’un pays reçoit du fait d’exportations de ressources naturelles et qu’il engrange. Cette rente ne provient ni d’un progrès économique ou industriel ni d’un savoir-faire exporté, ni d’un tissu industriel exploitant des innovations scientifiques et des brevets nationaux, elle provient de la roche que l’on extrait, que l’on casse et que l’on exporte.

Cependant, Il y aurait eu croissance, si cette rente était utilisée pour le développement économique, industriel, technologique, scientifique et social (soit une vraie croissance). Hélas, ce revenu-rente ne sert pas le pays. Il est détourné par des élites corrompues et cela par mille et un moyens, affecté à des projets dont l’intérêt est davantage de servir des factions, clans et tribus.

Aujourd’hui, les pays sous-développés sont à la merci de leurs dirigeants appuyés dans leurs œuvre par des masses salivantes et applaudissant maintenues dans la misère avec la bénédiction de multinationales et autres lobbies de la corruption internationale.

Les intellectuels des pays africains sont soient bridés, exilés ou, pour ceux qui n’ont pas pu garder un semblant de dignité, réfugiés dans le giron du pouvoir. Un pouvoir qui les achète, les manipule et détruit tout espoir de progrès intellectuel.

Une frange de ces intellectuels s’est fourvoyée dans le snobisme et l’allégeance aux modèles occidentaux à telle enseigne qu’elle vendrait son pays pour un visa pour l’occident. Une forme d’ de l’esprit que perpétuent les médias occidentaux et que renforce l’image d’un occident de la consommation et de l’opulence. Cette fuite des intellectuels par monts et vaux, sinon leur corruption,  fait  que les pays sous-développés perdent la sève de leur espoir de développement : leurs ressources humaines.

Qu’on se le dise, donc, il est temps de mettre fin à cette notion trompeuse  de pays « en voie de développement » et de le dire haut-et-fort, il n’y a que des pays sous-développés vivant sur des ressources naturelles (épuisables), avec une intelligentsia en débandade, gouvernés par des gouffres financiers, sans technologie, sans savoir-faire, sans industries de pointe, sans chercheurs ni laboratoires (si n’est l’extension de groupes étrangers) , sans universités de prestige, sans enseignement de valeur, sans tissu industriel viable , sans influence sur la politique et la finance internationales, sans contre l’exploitation abusive de leur richesses et la destruction de leur environnement, dopés par des chiffres de croissance erronées, assistés sans le vouloir, surarmés pour se détruire, colonisés en le sachant.

L’avenir des pays sous-développés africains est une simple image : lorsque les ressources naturelles seront épuisées, leurs peuples miséreux ( sans infrastructures sociales viables, sans ressources humaines capables de créer, d’inventer et d’innover, sans institutions économiques et financières solides ni tissu industriel appuyé sur une recherche scientifique et technique de pointe et des politiques publiques réfléchies), verront leurs dirigeants (comme les rats du bateau qui coule) s’enfuir et leurs institutions et territoires se disloquer. Et à la domination politique et socio-économique, jusque-là latente, qu’ils subissaient, se substituera une tutelle non pas sur des Etats mais sur des territoires arides qui,  au mieux, serviront à l’enfouissement des résidus industriels des pays développés. Ce qui a déjà commencé.

Les populations, quant à elles, se disperseront et pour le grand nombre ce sera la migration (encore) vers les pays occidentaux, qui auront déjà érigé des murs littoraux explosifs, creusé des ravins infranchissables et miné les frontières océaniques contre les boat people.

Scénario apocalyptique n’est-ce pas ? Mais le sous-développement est une voie vers l’apocalypse.

 

Pr ELY Mustapha

 


 

[1] http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/overview

[2] http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/31/le-fmi-predit-a-l-afrique-sub-saharienne-une-croissance-soutenue_3505774_3234.html

http://haut-et-fort.blogspot.fr/2014/10/pays-sous-developpes-dafrique-vous-le.html

 

Source: TSIMOKI GASIKARA

samedi, 20 décembre 2014

CONGO-BRAZZAVILLE: LA FRANCE PERSISTE DANS SON SOUTIEN A LA DICTATURE

 

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Un mois après la chute de Ben Ali, début 2011, la diplomatie de Nicolas Sarkozy avait remis la Légion d'honneur française au contre-amiral Jean-Dominique Okemba, secrétaire général du puissant Conseil National de Sécurité du Congo [1]. Trois ans plus tard, et un mois après la chute de Blaise Compaoré, l'ambassadeur de France à Brazzaville vient, au nom de François Hollande, de remettre les insignes de la Légion d'honneur à un autre pilier du régime sécuritaire du dictateur Sassou Nguesso: le général de division Guy Blanchard Okoï. Tout un symbole, à l'heure où l'exécutif défend à nouveau la démocratie par le verbe.

 

Communiqué de presse Survie - 19 décembre 2014

 

Le discours de François Hollande au Sommet de la Francophonie à Dakar, le 29 novembre dernier, mettait en effet en garde les présidents africains souhaitant se maintenir au pouvoir en violant leur Constitution, un commentaire bien mal perçu au palais présidentiel de Brazzaville. Le même François Hollande défendait pourtant également « la nécessité d'une solidarité sur le terrain sécuritaire ». Au Congo, où le clan de Sassou Nguesso s'est engagé depuis des mois dans la perspective d'un tripatouillage constitutionnel permettant au général-président de rester au pouvoir [2], c'est cette « solidarité » que l'ambassadeur de France a exprimée lors de la cérémonie de remise de la prestigieuse décoration, en vantant « la consolidation des liens très étroites qui unissent le Congo et la France dans le domaine de la coopération de défense » [3]. Quelques jours plus tard, interrogé sur la perception du discours de Hollande par les présidents congolais et tchadien, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian expliquera qu'« il faut trouver un équilibre entre l'objectif démocratique et la nécessité sécuritaire dans le cadre d'un dialogue parfois tonique, mais nécessaire. Même si la priorité est aujourd'hui sécuritaire ». De fait, la coopération sécuritaire se poursuit pleinement avec le Congo, dans le cadre de programmes de formation des cadres des forces armées qui interviennent désormais aux côtés de la France en Centrafrique et du Service de Sécurité Intérieure français, qui intervient notamment « dans le domaine du conseil technique auprès des autorités de police en matière de sécurité publique, de police judiciaire » [4].

Au Congo, le principal enjeu « sécuritaire » est justement lié à l'élection présidentielle de 2016, et à la modification préalable de la Constitution pour que Sassou Nguesso puisse s'arroger un nouveau mandat. Suite au renversement de Blaise Compaoré alors que celui-ci avait un projet similaire, la tension est encore monté d'un cran à Brazzaville. Début novembre, la police est ainsi intervenue au domicile d'un leader de l'opposition, Clément Mierassa, pour empêcher une réunion du « Mouvement citoyen pour le respect de l'ordre constitutionnel » créé en mai dernier, et a interpellé une trentaine de militants [5]. Dans ce régime sécuritaire aux abois, le général Okoï, qui vient de recevoir les honneurs français, n'est pas n'importe qui : chef d’État-major des forces armées congolaises, ce pilier du clan présidentiel [6] est l'ancien commandant du Groupement des paras commandos, resté fidèle à Sassou Nguesso lorsque celui-ci avait été chassé du pouvoir par les élections de 1992, avant de le reprendre par les armes cinq ans plus tard, grâce au soutien de la France. Selon la Lettre du Continent (30/08/2001), il « s'était fait remarquer par sa férocité lors de la guerre civile de 1997 » et avait été « promu en décembre 1997 commandant de la zone militaire "sensible" de la Likouala » puis « rappelé fin 1998 à Brazzaville pour mater la rébellion, menée par les miliciens Ninjas de l'ancien Premier ministre Bernard Kolelas, dans la région du Pool ». Son parcours est par ailleurs emblématique de la coopération militaire française avec les armées des régimes françafricains: diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, il a également « suivi un cours d’application d’officier à Angers et une formation d’état-major de Compiègne en 1993 », et est déjà détenteur de la Croix de la valeur militaire française [3].

François Hollande, dont la décision d'attribuer cette Légion d'honneur daterait de juillet dernier selon la presse congolaise, mais qui n'est pas revenu sur ce choix suite au message envoyé par les Burkinabè fin octobre, marche ainsi pleinement dans les pas de son prédécesseur Nicolas Sarkozy : un mois après le renversement populaire d'un despote, il décore et honore un pilier du régime dictatorial congolais.

L'association Survie rappelle que les discours officiels français en faveur de la démocratie ne servent à rien s'ils ne sont pas suivis d'actes, et exhorte une fois de plus les autorités à cesser toute coopération sécuritaire avec les régimes dictatoriaux.

 

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[1] « A contre-temps de l'histoire, la France adoube le dauphin du président Sassou Nguesso », communiqué de Survie et de la Fédération des Congolais de la Diaspora, 18 février 2011, http://survie.org/francafrique/congo-brazzaville/article/a-contretemps-de-l-histoire-la

[2] « Ne touchez pas à Sassou, vous êtes avertis », Billets d'Afrique n°238, septembre 2014, http://survie.org/billets-d-afrique/2014/238-septembre-2014/article/congo-brazzaville-ne-touchez-pas-a-4800 .

[3] selon le site http://www.congo-site.com/Le-general-Guy-Blanchard-Okoi-eleve-a-la-distinction-d-officier-de-la-Legion-d-honneur_a18261.html . Aucune déclaration n'est en revanche disponible sur le site de l'ambassade de France au Congo, dont la page « actualités » n'évoque pas l'événement.

[3] « Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche" », Jeuneafrique.com, 16 décembre 2014.

[4] Site internet de l'ambassade de France au Congo, http://www.ambafrance-cg.org/Presentation-du-Service-de , page mise à jour le 6/11/2014

[5] « Burkina Faso: un exemple pour l’Afrique centrale? », RFI.fr, 5 novembre 2014 ;
 http://www.rfi.fr/afrique/20141104-burkina-faso-exemple-afrique-centrale-gabon-tchad-congo/
 [6] D'ethnie mbochi comme Denis Sassou Nguesso, qui a érigé l'ethnisme en mode de gouvernement et d'administration de son armée, le général Guy Blanchar Okoï est le frère d'Alain Okoï, ancien directeur financier de la Congolaise de raffinage (Coraf) devenu en 2012 le patron d'une filiale de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), partenaire en affaires du groupe Total (La Lettre du Continent, 11/12/13).

 

Communiqué de presse Survie visionnable en ligne ICI

19 décembre 2014

lundi, 10 novembre 2014

BURKINA FASO: «UN PEUPLE EN ETAT DE REVOLUTION EST INVINCIBLE!»

 

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Célébration populaire suite au départ de l’ancien président (Burkina Faso, 31/10/14, AFP / Issouf Sanog)

 

Le mot, si juste et de grande vérité, est de Maximin Isnard, député girondin et régicide, génie violent, orageux, incompressible (Charles Nodier) et l’un des plus grands tribuns, sous la Révolution française.

 J’étais à Dakar, le 23 juin 2011, témoin oculaire, lorsque, dans une immense clameur de protestation, refusant le projet de modification de la Constitution, le peuple sénégalais s’emparait de la rue et incendiait les bâtiments publics. J’étais avec mon ami Jean-Pierre Pierre-Bloch, grand soutien du mouvement « Y’en a marre », m’avoua-t-il. Le président de la République, Abdoulaye Wade, avocat de métier mais oublieux du droit fondamental, fut ainsi contraint d’abolir son projet d’éternité au pouvoir. Moins d’un an plus tard, le 25 mars 2012, il perdait les élections présidentielles. Comme Jean-Pierre Pierre-Bloch me l’avait prédit.

Les gouvernements, dit Hegel, ne tirent jamais les leçons de l’histoire. En effet, à quelques nuances près, c’est le schéma sénégalais du 23 juin 2011 qui vient d’avoir lieu au Burkina Faso, avec la fuite précipitée de Blaise Compaoré, inébranlable disait-on, au pouvoir depuis 27 ans et quasi déterminé à s’éterniser en modifiant l’article 37 de la Constitution.

Le temps, selon Saint Augustin, est une distorsion de l’âme au sens où le passé est déterminé par la mémoire, le présent par l’attention et le futur par l’attente. Certes. Mais la volonté d’étirer le temps contre toute raison, c’est-à-dire indéfiniment, est une forte maladie de l’âme, une fièvre brûlante de l’esprit. À cet égard, il est insupportable et tout à fait incompréhensible qu’un nombre significatif de présidents africains n’envisagent le pouvoir que comme éternité. Étrange conception du temps et ridicule « conatus » ! Bien évidemment, il ne s’agit que de fausse éternité. Car tout Présidence absolue est une « vanité », qui finit toujours comme un « fétu de paille » emporté par les vents.

Nous ne cessons de le dire, les crises africaines tiennent, en grande partie, au système présidentiel hérité de la colonisation. Le remède à ce mal, c’est le régime parlementaire. C’est ce qui prévaut au Cap Vert, où les prérogatives essentielles sont entre les mains du Premier ministre qui tire sa légitimité du Parlement et sa force du suffrage législatif. En Afrique, le régime parlementaire est un des facteurs déterminants de la bonne gouvernance et source du développement. L’Afrique ne s’en sortira que si y prédomine le système parlementaire.

En attendant cela, demandons-nous comment finissent les pouvoirs « éternels ». Toujours subitement, l’espace d’un ouragan urbain et/ou d’un éclair rural. Un hurlement de colère populaire longtemps contenu, et tout leur pouvoir s’effondre. La fuite est alors le salut. Celle de Zine el Abidine Ben Ali, ex-président de la Tunisie, le 14 janvier 2011, est un modèle du genre dans tout ce qu’une fuite a de burlesque : une échappée aérienne tournant au périple. Celle d’Amadou Toumani Touré, ex-président du Mali, le 22 mars 2012, est hilarante : une fuite à dos d’homme. Qui ne se souvient de la fuite de Mobutu Sese Seko, quittant Kinshasa avec un long convoi de véhicules roulant à vive allure, le 16 mai 1997, pour se rendre à Gbadolite et, de là, au Togo puis au Maroc où il décèdera. Cette fuite contraste singulièrement avec sa prise de pouvoir le 24 novembre 1965.

Patrice Lumumba a su mourir, fier et digne. Amilcar Cabral n’a pas tremblé, à l’instant de son assassinat. Thomas Sankara préméditait sa mort et taquinait son épouse en l’appelant « ma veuve ». Les héros ne fuient pas l’ultime échéance. Pour eux, comme l’enseigne les Stoïciens, la mort est un croquemitaine. Savoir mourir, c’est que ne savent pas les despotes. La crainte qu’ils inspirent a pour corollaire la fuite, dès lors que les vents tournent. Mais pour « tomber » telle une « douille vide », il faut que le dictat du président-éternel ait déjà perdu toute sa substance, à savoir la crainte qu’il suscite (la crainte est, selon Montesquieu, le principe du despotisme) et qu’il se soit vidé de son sens, c’est-à-dire la croissance (économique) et l’unité (nationale), motifs pour lesquels leur despotisme était toléré.

Dans son 18 Brumaire, Marx a admirablement décrit la dialectique des événements qui, en France, a conduit au fameux coup d’état de Louis Napoléon. L’ouvrage, de facture hégélienne, saisit sur le vif l’enchevêtrement des faits de l’actualité et est un modèle d’analyse. S’agissant du Burkina Faso, la chute de Blaise Compaoré apparaît comme le résultat d’une dialectique entre six facteurs principaux qui se classent en deux types de causes, externes et internes. Dans le registre des causes internes, il y a trois facteurs. Le premier est le péché originel du régime Compaoré : le coup d’état du 15 octobre 1987 qui verra l’assassinat du charismatique Thomas Sankara, assassinat aggravé par une suite d’atroces guerres civiles (Sierra Léone, Libéria, etc.), de coups d’État, de déstabilisations et de meurtres, dont celui du journaliste d’investigation Norbert Zongo (13 décembre 1998) à propos duquel François Compaoré, le frère du Président, est soupçonné être le commanditaire. Ces grands assassinats, qui scandent la vie politique du Burkina Faso (post-sankariste), ont hanté les consciences au-delà même du Burkina Faso. Je me souviens encore du récit détaillé que me fit João-Bernardino Vieira, ancien président de la République de Guinée-Bissau, de l’accueil fort hostile que les Présidents africains réservèrent à Blaise Compaoré lors de sa première participation à une rencontre de chefs d’États. C’est João-Bernardino Vieira qui, pour décrisper l’atmosphère pesante, prit Blaise Compaoré par la main, et calmant ses pairs, l’amena leur dire bonjour. Et, profitant de la bonne volonté de João-Bernardino Vieira, Blaise Compaoré formula sa demande d’effectuer sa première visite officielle en Guinée-Bissau, et ce pour amorcer la reconnaissance de son régime. João-Bernardino Vieira estima qu’il ne fut pas payé de gratitude, lorsqu’il découvrit, me dit-il, que Blaise Compaoré était impliqué dans le coup d’État qui le renversera en 1998.

En tous les cas, nul ne comprend le vieux ressentiment à l’encontre de Blaise Compaoré, un sentiment encore très vif aujourd’hui, sans le rappel de tels faits et situations. Ce péché originel (assassinat de Th. Sankara) et son implication (supposée ou réelle) dans certains drames en Afrique de l’ouest, le suivront jusqu’à son renversement. Le deuxième facteur, classique celui-là, relève de l’usure normale du pouvoir, par le double effet de la longue durée au pouvoir et la concentration de l’autorité publique entre les mains de Blaise Compaoré. C’est ce qu’exprime la tranche d’âge des 15 – 30 ans, cœur de la jeunesse burkinabé, lorsqu’elle clame n’avoir connu d’autre Président que lui, exprimant, en creux, l’exigence démocratique d’alternance. Le troisième facteur concerne la gestion de la chose publique, telle que profondément détériorée par le népotisme, la corruption, la mauvaise gouvernance, la gabegie, la non-redistribution des richesses du PIB dont la croissance annuelle à 7% ne profitait qu’à quelques familles. Cette croissance-là n’a aucun sens.

Au fil des ans, ces trois facteurs (assassinats politiques et déstabilisations des voisins, usure du pouvoir et mauvaise gouvernance) sont devenus d’autant moins acceptables que Blaise Compaoré avait perdu de son aura à l’étranger (retrait de Jacques Chirac de la vie politique) et son influence géopolitique avait quasiment disparue. En effet, avec l’entrée en guerre directe de la France au Mali contre la menace djihadiste (Opération Serval, 11 janvier 2013), avec la fin du régime du Guide libyen, avec la reprise en main par Alger des pourparlers entre l’État malien et les autonomistes du nord Mali, avec l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré, affaibli en matière de politique étrangère, n’offrait plus d’utilité historique. Car, le réchauffement des liens entre la France et l’Algérie, après la victoire de François Hollande aux présidentielles de mai 2012, les deux pays se sont répartis les grands rôles en Afrique de l’ouest : pour la France, les épreuves de guerre, pour l’Algérie, les tâches diplomatiques, notamment dans la grave crise malienne. Ainsi les « Accords de Ouagadougou », devenues obsolètes et caduques, ont-ils été relégués et supplantés, de facto, par les « pourparlers d’Alger ». Dans cette division du travail militaro-diplomatique, il ne faut pas oublier que les initiatives économiques ont été dévolues au Maroc. C’est parce qu’il n’a pas saisi cette division du travail que Blaise Compaoré n’a pas compris la subtilité de l’avertissement épistolaire que lui avait adressée François Hollande le 7 octobre dernier . La « porte de sortie » que le Président français lui proposait, en relation à la crise malienne, cela signifie qu’il devait impérativement quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat, sinon…

Bref, c’est la conjugaison de ces trois causes internes et de ces trois causes externes mentionnées, et dont le peule et l’opposition burkinabés avaient une claire conscience, qui a fait « tomber » si facilement, trop rapidement Blaise Compaoré. L’Histoire, ne l’oublions pas, est un tribunal implacable. Le destin, dit Hegel, c’est la conscience de soi comme étant son propre adversaire. En n’écoutant que lui-même, Blaise Compaoré s’est fait l’auteur de son propre destin : la fuite.

Mais ce destin était prévisible. Il n’était point besoin d’être grand clerc pour l’apercevoir. Ainsi, le 30 septembre dernier, échangeant quelques considérations politiques sur la situation de son pays avec un jeune Burkinabé, dont les termes sont en partie rapportés ci-dessous :
-    L. : « Il [Blaise] reprend ainsi l’initiative et inhibe un soulèvement.
-    PFT : Oui. Mais je ne crois pas que l’opposition se fasse enfarinée.
-    L. : La révision des constitutions est à l’ordre du jour.
-    PFT : Oui, je suis un peu cela. Mais à mon avis les choses vont se compliquer pour les révisions. C’est la rue qui décidera, en dernier ressort. »

Les pays africains, dussions-nous le répéter, s’ils veulent se développer et créer de véritables nations n’ont d’autre choix que le système parlementaire. L’Armée n’est pas une issue, y compris au Burkina Faso. Telle est la grande leçon que nous devons tirer de la chute de Blaise Compaoré, si tant est qu’on puisse tirer des leçons de l’histoire. Tout le pouvoir au Parlement.

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Maximin Isnard (D.R)

Car un vieux souvenir français habite le Burkina Faso : « un peuple en état de révolution est invincible  ».

 

Par , le Lundi 10 novembre 2014

 
Source: PFTAVARES.FR

dimanche, 09 novembre 2014

COMPROMISE PAR SON SOUTIEN A COMPAORE, LA FRANCE DOIT TIRER LES LEÇONS DE LA REVOLTE BURKINABE

 

BURKINA FASO. CHUTE DE BLAISE COMPAORE.jpg

 

Une semaine après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, des zones d’ombre commencent à se dissiper sur le rôle de protection du régime joué jusqu’au bout par la diplomatie française, fidèle à sa tradition françafricaine et une nouvelle fois à contre-pied de l’Histoire. Ce soutien est allé jusqu’à l’exfiltration de Blaise Compaoré, le soustrayant de fait à la justice de son pays.

Après avoir longtemps qualifié les relations franco-bukinabè d’"excellentes" (à l’instar de Laurent Fabius, en visite à Ouagadougou le 27 juillet 2012), la France n’a pris que très tard la mesure du mouvement de fond à l’œuvre depuis des mois au sein de la société civile burkinabè.

Dans une lettre à Compaoré datée du 7 octobre 2014, François Hollande se contentait de proposer comme solution de sortie un poste dans une organisation internationale (probablement l’Organisation Internationale de la Francophonie) à un président burkinabè toujours considéré comme "fréquentable" quelques jours avant sa sortie précipitée. Le parallèle avec la chute du tunisien Ben Ali, en janvier 2011, montre combien la France n’a pas su tirer les leçons de ses erreurs et continue à s’enfermer dans le soutien à des régimes dictatoriaux au nom de la "stabilité".

L’embarras et les compromissions de la diplomatie française ont été manifestes dans les jours précédant et suivant la chute du despote avec les postures embarrassées d’un ministre des Affaires étrangères français se contentant dans un premier temps d’un pusillanime appel au calme et à la protection des ressortissants, et de personnalités politiques telles que le député socialiste François Loncle, défendant en pleine crise le bilan du dictateur burkinabè face aux médias.

Auparavant, l’ambassadeur de France au Burkina, militaire de carrière comme son prédécesseur, s’était invité dans plusieurs réunions auprès des différents protagonistes du soulèvement, alimentant l’idée qu’il y défendait le plan de transition de Compaoré, selon lequel le dictateur devait se maintenir au pouvoir le temps de passer la main, quand la foule et l’opposition exigeaient un départ immédiat. Une ingérence scandaleuse de la part de la diplomatie du pays qui a le plus soutenu Compaoré au cours des 27 ans de son régime.

Ce qui est désormais avéré, c’est le rôle actif de la France dans la fuite de Blaise Compaoré.

Après avoir louvoyé en expliquant que la France avait joué un rôle dans son exfiltration, mais « sans y participer » [1], François Hollande a fini par reconnaître son mensonge en confirmant les informations de Jeune Afrique selon lesquelles le dictateur burkinabè a bien été emmené en Côte d’Ivoire par un hélicoptère puis un avion des forces françaises. Plus inquiétant, les propos de François Hollande sur les conditions de l’exfiltration de Compaoré, « il y a eu des attaques, il y a eu des réponses » sous-entendent la possibilité d’un engagement armé des militaires français. Si le président français assure avoir agi pour une évacuation « sans drame », en confiant Compaoré à un régime ivoirien "ami" peu enclin à l’extrader, il lui a surtout permis de se soustraire à d’éventuelles poursuites judiciaires au Burkina Faso, notamment pour son rôle dans des assassinats politiques comme ceux de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo ou dans la mort de manifestants burkinabè lors du soulèvement de ces derniers jours. Indispensable, la tenue d’un procès du despote burkinabè permettrait d’en savoir davantage sur les soutiens multiformes dont il a bénéficié de la part de la France depuis sa prise de pouvoir dans le sang en 1987.

Entièrement consacrée au repositionnement de l’armée française dans le Sahel (opération Serval, Barkhane), dont le Burkina est aujourd’hui un point stratégique, la France a négligé une nouvelle fois les aspirations démocratiques des populations des États qui soutiennent cette entreprise militaire. Le scénario surprise burkinabè pourrait, aujourd’hui ou demain, se reproduire au Tchad, au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, au Togo et dans de nombreux autres pays, et prendre à nouveau de cours des autorités françaises qui ne manquent pourtant pas d’informations sur la nature de ces régimes et l’exaspération de ceux qui les subissent.

L’association Survie :

  • Demande aux autorités françaises, de cesser toute forme de soutien aux dictateurs et aux familles qui s’accrochent au pouvoir : Idriss Déby au Tchad, Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville, Paul Biya au Cameroun, Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé au Togo, Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale, etc.
  • Soutient le rassemblement organisé le samedi 8 novembre à 15h devant l’Ambassade du Burkina Faso à Paris
  • Soutient la demande de commission d’enquête parlementaire sur le rôle des autorités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara formulée par la campagne Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique et déposée sans suite favorable en 2011 et 2013 par les députés du Front de Gauche et d’E.E.L.V.
  • Dénonce la protection contre des poursuites judiciaires dont bénéficie de facto Compaoré en Côte d’Ivoire et rappelle l’exigence de justice pour toutes les victimes des guerres régionales, des assassinats et des crimes économiques de Blaise Compaoré et de la Françafrique
  • Demande la démission de François Loncle de la présidence du groupe parlementaire d’amitié franco-burkinabé, pour avoir défendu jusqu’au bout Blaise Compaoré, son image, son bilan, et l’idée qu’il devrait encore se maintenir au pouvoir dans le cadre d’une transition.

[1] Déclarations de François Hollande en marge de son déplacement au Canada le 04/11/2014

 

Source: SURVIE.ORG

COMPAORE EN LIBERTE GRACE AUX FRANÇAIS

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L'Organisation Non Gouvernementale française SURVIE confirme l'information donnée par le camarade Souleymane Senn. Information selon laquelle, L'armée française, pour empêcher l'arrestation de Blaise Compaoré et sa comparution devant les tribunaux pour les nombreux crimes qu'il a commis, a combattu l'armée régulière et patriotique burkinabè.

Le président Français François Hollande confirme lui-même l'engagement armé des militaires français en affirmant «il y a eu des attaques, il y a eu des réponses».

Selon d'autres sources communiquées par le camarade, des proches sources proches de l'armée burkinabè cette bataille aurait fait une quinzaine de personnes tuées au cours de cette bataille. Il s'agit de 7 militaires burkinabè, 5 éléments du RSP et 3 des forces spéciales françaises.

Anicet Djehoury via Survie

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 09 octobre 2014

BLE GOUDE A LA CPI: LA JURISPRUDENCE DE L'IGNOMINIE, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

BLE GOUDE A LA CPI.jpg

 

Les charges contre le ministre de la Jeunesse du gouvernement Aké N'Gbo seront-elles confirmées ? Si l'on s'en tenait à la logique juridique normale, la réponse à cette question serait évidemment négative. Mais voilà : la CPI n'est pas un tribunal normal. Procès après procès, forfaiture après forfaiture, il est en train de mettre en place une jurisprudence de l'ignominie, digne des « procès de Moscou » et des pires Républiques bananières.

Durant les quatre journées qui viennent de s'écouler, l'Accusation n'a cessé de plaider pour des «standards de preuve» les plus bas possibles. Elle n'est pas venue dire à la Cour qu'elle avait un dossier solide, mais a affirmé sans honte qu'en dépit de la légèreté de sa démonstration, il fallait aller au procès parce que le statut de Rome et la jurisprudence de la CPI le permettent. Les observateurs ont parfois eu la désagréable impression que l'objectif suprême du bureau du procureur n'est pas de gagner son procès, mais d'aller à un procès pour « coffrer » Blé Goudé, figure politique de la génération qui vient, le plus longtemps possible. Lamentable.

Dénaturation des référents juridiques

Hier encore, l'Accusation a continué à dérouler son interprétation extra large de la culpabilité selon le statut de Rome. Face à l'incongruité de la position consistant à accuser le fondateur du COJEP de faits attribués (de manière fallacieuse, sommes-nous persuadés) à des éléments des FDS en patrouille ou en caserne, comme l'affaire des « sept mortes d'Abobo » ou du « bombardement du marché d'Abobo », elle a sorti de son chapeau la théorie de « l'attribution mutuelle » et du « contrôle commun », qui s'éloigne singulièrement de la notion de responsabilité individuelle telle que le droit contemporain la définit. Puisque Gbagbo et Blé Goudé étaient d'accord pour mettre en œuvre le « plan commun », eh bien tout ce qui a pu se passer par la suite, même si l'un d'entre eux n'était pas au courant ou ne pouvait absolument pas influencer les choses, doit et peut leur être imputé. Dans cette entreprise de torsion voire de dénaturation de nos référents juridiques, le procureur sait pouvoir compter sur les précédents créés par ces affaires où, alors qu'il n'avait pas fait son travail, les Chambres préliminaires ont ouvert la voie à des procès singulièrement mal engagés.

On remarquera au passage que la théorie de « l'attribution mutuelle » n'empêche pas l'Accusation de « sélectionner » parmi les personnes impliquées dans le plan commun « imaginaire » trois individus : Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé. Et les autres ? Durant les jours qui viennent de se dérouler, Fatou Bensouda et ses comparses nous ont laissé entendre que lors des fameuses réunions où s'organisait le fameux « plan commun », Blé Goudé côtoyait des dignitaires de l'armée comme P9 et P10, que beaucoup d'Ivoiriens ont reconnu. Pourquoi ne sont-ils pas eux aussi mis en accusation au nom du fameux principe de « l'attribution mutuelle » ? Pourquoi sont-ils recyclés en témoins à charge là où ils devraient eux-mêmes répondre de leur participation à ce plan commun ? Mystère et boule de gomme.

Prend-on les dirigeants africains pour des demeurés ?

Dans leur verve, les collaborateurs d'une Fatou Bensouda tout aussi absente durant l'audience de Blé Goudé qu'elle l'était lors de celle de Gbagbo ont expliqué qu'il n'était guère besoin que Blé Goudé ait connu ou ait commandité des crimes spécifiques pour qu'il soit tenu pour responsable. Il fallait juste qu'il soit conscient que « le plan commun » entraînerait des crimes dans le « cours normal des événements ». Un « plan commun » qui consisterait à mettre tout en œuvre, y compris des crimes relevant de la CPI, pour « se maintenir au pouvoir ». Sauf à prendre les dirigeants africains pour des demeurés, peut-on vraiment soutenir la thèse selon laquelle, alors qu'il a été prévenu, alors qu'il a des forces internationales présentes sur son sol, alors qu'il sait que ce sont les crimes contre l'humanité qui mettent en mouvement la fameuse « responsabilité de protéger » et l'article 7 de la Charte des Nations unies autorisant le recours à la force, Gbagbo a justement fait ce qu'il ne fallait pas faire, c'est-à-dire engager un projet génocidaire ? Oublier ses adversaires et s'en prendre à des civils alors que ce sont bien des rebelles armés qui menacent son pouvoir, ce n'est pas une manière de « conserver le pouvoir », mais le meilleur moyen de le perdre. Gbagbo et Blé Goudé, qui ne sont pas des psychopathes, le savaient. Comme Alassane Ouattara et la France savaient aussi que « vendre » un « récit », aussi mensonger qu'il soit, sur le « spectre du Rwanda » étaient le moyen le plus sûr d'engager des forces internationales contre celui qu'ils voulaient renverser. Voilà un « plan commun » bien plus plausible !

Si on suit cette logique...

L'Accusation s'est accrochée comme à un rocher à des propos de Blé Goudé admettant que dans un conflit, il y a des dégâts collatéraux. Parce qu'il en avait conscience, parce qu'il savait que des crimes interviendraient « dans le cours normal des choses » et qu'il n'a pas abdiqué face à la volonté de pouvoir de Ouattara, il est responsable de crimes contre l'Humanité ! Si l'on suit cette logique, tous les présidents de tous les pays ayant une fois ou une autre été engagés dans une guerre, devraient se trouver à La Haye. La guerre, ça tue ! Tout le monde le sait. De là à criminaliser le principe même de résistance nationale, il n'y a qu'un pas...

La CPI semble désormais vouloir institutionnaliser un principe : on abaisse au maximum le standard de preuves visant à conduire à un procès, on traîne en longueur et on accuse tout le monde et personne de saboter nos enquêtes dès lors qu'on a obtenu la confirmation des charges donc un séjour très long « au gnouf » pour les adversaires de la « communauté internationale ». Et puis, après, on verra...

A ce stade de travestissement des règles du droit, il semble évident que jamais un dirigeant occidental ne sera jugé par la CPI. Fatou Bensouda et son staff sont conscients que le jour où leur « imposture judiciarisée » touchera quelqu'un qui est assez influent pour pousser les observateurs les plus en vue à faire preuve de sens critique vis-à-vis de leurs procédés, leur édifice conçu et pensé pour les plus faibles des vaincus s'écroulera comme un château de cartes.

Les charges contre Blé Goudé seront-elles confirmées ? L'unanimité qui s'est emparée du collège des juges, du bureau du procureur et de « l'avocate des victimes » quand il s'est agi de tenter d'éviter que la Défense dépose des écritures, qui devraient pourtant permettre une lecture approfondie du « cas » par la Cour, n'est en tout cas pas le meilleur des signes.

 

Théophile Kouamouo [Paru dans Le Nouveau Courrier du 3 octobre 2014]

 

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

Transcription de la prise de parole de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (CPI), le 2 Octobre 2014.

 


"Madame la présidente, Mesdames les juges,

-Pour le respect de la mémoire des victimes décédées ; 

-Pour panser les meurtrissures physiques et morales des victimes blessées, mais aussi, pour apaiser la douleur de leurs familles, il aurait été salutaire que soit située la responsabilité de tous les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition. Hélas !"

"Après avoir écouté la procureure, elle qui estime que j’ai utilisé mon art oratoire pour imputer la responsabilité des crimes au camp Ouattara, je ne me fais plus d’illusion : elle ne les poursuivra pas puisqu’elle les considère comme des victimes."

"Tout le temps que je suis resté assis ici pendant des jours, à écouter le réquisitoire de la procureure, qui s’est résumé à un assemblage de bouts de vidéos, des fragments de discours hors contexte savamment sélectionnés et de commentaires tendancieux, dans une vaine tentative d’accréditer une accusation aussi boiteuse que ridicule ; je suis hélas, resté sur ma faim !"

"S’il y a une seule chose que la procureure a réussie, c’est d’avoir achevé de me convaincre que mon arrivée à la CPI, résulte d’une loterie judiciaire ; manque de chance, la procureure a parié sur le mauvais cheval, sinon ceux qui devraient être ici, dans le box des suspects sont encore en liberté en CI. Et cela est injuste. C’est pourquoi, je voudrais m’interroger avec vous, madame la présidente: QUEL MONDE VOULONS-NOUS BÂTIR ?"

Un monde sans valeurs morales, un monde sans repère où il nous faut seulement apprendre à gagner sans avoir raison, comme le disait Check Amidou Kane, dans son célèbre roman ‘’l’aventure ambiguë ’’? Sommes-nous dans un monde ambigu ? Or, ce qui fait la grandeur d’un peuple, c’est de défendre les valeurs qui le fondent. J’y ai cru hier et ma foi en ces valeurs n’a pas encore faibli. "

"La procureure devrait porter haut ces valeurs et œuvrer à ce que les justiciables ne désespèrent pas de la justice, surtout pas de la justice internationale, en ce qu’elle porte la lourde responsabilité de défendre les plus faibles, de protéger ceux qui sont sans défense, afin que ceux-ci ne soient impunément la proie des plus forts."

"Si j’ai bien entendu, la procureure a dit dans son discours d’ouverture « à travers cette audience nous voulons envoyer un message fort à tous ceux qui veulent parvenir et se maintenir au pouvoir par la force. » vu sous cet angle, c’est donc à tort que la procureure me poursuit puisque pendant plus de dix ans, je n’ai cessé de dire à ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"Madame la présidente, Mesdames les juges

Je ne suis ni le criminel, ni le génocidaire que l’on tente vainement de vous dépeindre par des simulacres de déclarations peu crédibles, appelées témoignages, qui pourtant ont été recueillis auprès de mes adversaires politiques dont la hantise est de se débarrasser d’un futur adversaire avec qui ils craignent de faire une compétition politique. 

Avoir des ambitions est certes légitime, mais vouloir les réaliser sur les cendres de la vie des autres est malsain."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Par ma voix, des millions d’Africains comptent sur vous pour que la CPI ne serve pas d’instrument pour la réalisation d’ambitions qui pourraient entacher l’image de cette prestigieuse institution. Des militants de partis politiques adversaires triés sur le volet, m’accusent d’avoir recruté des mercenaires. Comme ce prétendu témoin qui déclare : « j’ai vu Blé Goudé brandissant une kalachnikov à la télé, mais il était de dos donc je ne l’ai pas bien reconnu… » "

"Au stade Jessy Jackson de Yopougon, à Abidjan, au sein de notre club de football (SOMACY), entre copains, nous utilisions un slogan sportif, ‘’ya rien en face, c’est maïs’’, pour taquiner l’équipe adverse quand on marquait un but (comme la vidéo l’illustre). J’ai utilisé ce même slogan pour agrémenter l’ambiance de la campagne électorale, comme pour dire que l’élection aussi est un jeu."

"La procureure et le pouvoir d’Abidjan instrumentalisent des soit disant témoins pour travestir ce slogan en l’interprétant comme une volonté pour moi de dire qu’excepté mon candidat Gbagbo, il n’existerait pas d’autres candidats ; Ce qui, pour eux signifierait que nous avions prémédité de ne jamais reconnaître une défaite et que ‘’maïs’’ signifierait que nous allions tuer et manger les partisans de Ouattara. Cette interprétation erronée et étriquée, fruit d’une gymnastique judiciaire me semble partielle, parcellaire, donc partiale."

"A y voir de près, la seule difficulté dans cette affaire, est que la procureure cherche à fabriquer des miliciens ; Disons plutôt qu’elle cherche forcement à faire de moi ce qu’elle aurait souhaité que je sois. Mais pour quoi ? Pourquoi veut-elle forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Pourquoi ? Pourquoi refuse-telle de réclamer les dents de la panthère à celui qui a consommé la tête ?"

"Les marches, les meetings, les sit-in, la grève de la faim, le matelas et les conférences ne sont pas des moyens par lesquels s’exprime un milicien ? Ces moyens pacifiques, symboles de la non-violence, inspirés de Ghandi et de Martin Luther King, (ces personnalités qui ont marqué notre siècle), sont les seuls et uniques moyens par lesquels je me suis toujours exprimé. Alors, je demande encore : Pourquoi cherche-t-on, par des voies peu orthodoxes, à me tailler une sculpture et à m’attribuer une casquette qui est aux antipodes de la philosophie qui a fondé mon entrée en politique ?"

"Du 02 Octobre 2002 au 26 septembre 2011, peut-on me citer une seule de nos manifestations au cours de laquelle il y aurait eu un seul mort ? Peut-on me confondre avec une vidéo, un seul support sonore où je demande à une catégorie de la population d’exterminer une autre ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

L’histoire de mon pays est trop récente. Tenter de la falsifier en lui tordant le coup serait se livrer à un exercice au succès peu probable. Comme je refuse d’être jeté dans la poubelle de l’histoire, Il m’apparaît comme un devoir citoyen d’apporter un peu de fraîcheur à la mémoire collective que tentent d’effacer les contrebandiers des faits qui ont fait régresser mon pays au plan de la démocratie et des droits de l’homme, pourtant acquis de haute lutte. Face à leurs contrevérités, ma bouche restera toujours sans tremblement. Et je voudrais que l’on m’écoute avec toute l’attention qu’il sied."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

La crise ivoirienne, a opposé deux philosophies diamétralement opposées, incarnées par deux camps :

1- le camp de ceux qui ont pris les armes pour déstabiliser les institutions de la République pour des raisons que vous expliqueront certainement « ces intouchables », le jour où il plaira à la procureure de les convoquer devant cette cour;

2- et le camp des forces armées nationales loyales à la République et à ses institutions.

Indépendamment de ces deux parties belligérantes, La population civile, à travers la résistance aux mains nues, a fait le choix de s’opposer à l’utilisation des armes comme moyen de revendication et d’accession au pouvoir : c’est de cette troisième voie que je me réclame."

"Ce choix de la non violence, je l’ai librement fait, non par stratégie, ni par faiblesse, mais par principe et par culture politique; Parce que je reste convaincu que la guerre et les armes sont les ennemies de la démocratie et de la paix dans le monde. Je considère la rébellion armée comme la pire des expressions. C’est pourquoi, fidèle à ma philosophie politique pacifiste connue des ivoiriens, je n’ai jamais possédé d’armes, ni à titre individuel, ni à titre collectif. Par quelle alchimie, pourrais-je alors réussir à distribuer ce que je ne possède pas ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Jamais je n’ai armé des citoyens contre d’autres citoyens: jamais je ne le ferai.

À ceux qui souventefois m’ont traité de faiblard qui a peur de la guerre, j’ai toujours rétorqué que je n’aime pas la guerre et que je n’ai pas honte de dire que je ne sais pas faire la guerre, que je préfère être faible parmi des êtres vivants que d’être fort parmi des corps sans vie. Convaincre et non vaincre: tel est mon credo. Chrétien ou musulman, qu’on l’appelle Allah, Dieu, Jehova, Gnamien Kpli, Klôtchôlô ou Lagô, Pour moi, nous prions tous le même Dieu."

"Ouvert et tolérant de par ma culture, j’ai toujours tenu à saluer au même titre, les imams et les prêtres des localités visitées, Au cours de toutes mes tournées politiques. J’ai même souvent aidé à réhabiliter certaines mosquées tout comme j’y ai fait plusieurs dons. (Je verse la vidéo au dossier). Je trouve donc choquant voire outrageant et peu sérieux que l’on m’accuse d’être celui qui aurait appelé à tuer des musulmans et à incendier leurs lieux de culte."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Pour la paix dans mon pays, j’ai pris beaucoup de coups. Chaque fois que le processus de paix a pris du plomb dans l’aile, j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai toujours fais le pas vers l’adversaire afin qu’ensemble nous puissions sauver ce que j’ai cru que nous avions en commun : La Côte-d’Ivoire. J’ai sacrifié ma jeunesse et ma vie de famille.

"Contrairement aux gamins de leur âge, mes enfants n’ont pas pleinement bénéficié de la chaleur que leur père aurait souhaitée leur donner. Mais je sais qu’ils me comprendront un jour, (je veux leur léguer des valeurs). C’est pour eux et tous les autres enfants de leur âge que je me bats afin qu’ils puissent vivre demain dans un monde meilleur, un monde où l’on ne cherche pas à noyer la vérité dans l’obscurité du silence."

"Mes proches, les personnes que j’aime et pour qui je compte continuent de souffrir des conséquences de mon engagement et de mon absence prolongée. peut- on mener une lutte d’une telle envergure et prétendre à une vie calme comme une eau douce ? La réponse est non!’’

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Pendant que je parcourais hameaux, villages et villes, sur les chemins rocailleux pour convaincre les ivoiriens à se pardonner les uns les autres et à donner dos à la confrontation, je ne m’étais pas attendu à l’inattendu. En effet, ceux avec qui je croyais parler de paix et qui sont aujourd’hui au pouvoir préparaient la guerre et avaient érigé l’usage de la violence en programme politique."

"Madame la présidente, 

Je n’ai jamais souscrit à un seul des actes criminels allégués dans l’acte d’accusation. La procureure doit correctement orienter ses poursuites. Pendant que les ivoiriens souffraient, ceux qu’on peut aujourd’hui appeler, les nouvelles autorités ivoiriennes, étaient plutôt préoccupés à se partager la Côte-d’Ivoire comme un butin de guerre comme ils continuent d’ailleurs de le faire !

"Prisonniers de leur passion pour le pouvoir, les nouvelles autorités ivoiriennes étaient restés sourds à mes cris et à mes appels en faveur de la paix : ils ne mesuraient pas à cette époque l’importance de la paix. Heureusement qu’à la pratique de l’exercice du pouvoir, ils semblent se rendre compte que, dans un pays, la paix et la stabilité, ne dépendent pas seulement du régime au pouvoir mais qu’elles dépendent aussi de la culture démocratique, de la culture de tolérance et de la générosité politique de l’opposition.

".....Et pourtant, ces opposants d’hier, accusaient de traîtres ceux des leurs qui parlaient de paix et de réconciliation avec moi. Pendant la crise post-électorale, à la proposition de recomptage des bulletins comme solution au contentieux électoral, nos adversaires avaient préféré la comptabilité nécrologique et la force."

"Ironie du sort, c’est moi, concepteur de ‘’la victoire par la résistance aux mains nues’’, qui me retrouve ici, devant vous pour répondre de crimes contre l’humanité pendant que ceux qui ne voulaient pas entendre parler de paix parce qu’ils voulaient le pouvoir à tout prix, se trouvent en liberté et continuent de narguer leur victimes dans une indifférence coupable qui s’apparente à une complicité. Autant dire que c’est l’hôpital qui se moque de la charité."

"C’est pourquoi je demande encore : pourquoi veut-on forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Transformer le tort en raison, est-ce cela que nous voulons léguer aux générations futures ? Ne serait-il pas préférable de soigner la fièvre au lieu de chercher à casser le thermomètre ?"

"Je ne cherche pas seulement à être libre tout comme je ne cherche pas à avoir raison. Il y a une et unique chose que je cherche : LA MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ. Seule la vérité aidera la cour à situer définitivement ma responsabilité ; et j’y tiens !"

"Seule la vérité pourra m’ouvrir les portes de sortie de la prison. Ce n’est ainsi que je me sentirai véritablement libre, que je pourrai regarder, la tête haute, les victimes et leurs familles qui ont été trompées par leurs vrais bourreaux qui se font malicieusement passer pour leurs bienfaiteurs, alors qu’ils sont pris en flagrant délit de falsification de l’histoire, dans la seule optique de diaboliser et se débarrasser d’adversaires politiques avec qui ils craignent de faire une compétition politique sérieuse."

"Ils me jettent La pierre ; elle me servira certainement pour ériger mon piédestal en faisant éclater la vérité à travers ce procès."

"Oui, des crimes atroces ont été commis en CI contre des populations innocentes qui étaient sans défense; les auteurs de ces crimes sont bel et bien connus. Hélas ! Ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale ; les violations graves des droits de l’homme dont ils se sont rendus coupables au vu et au su des organisations chargées de les dénoncer ou de les punir, ont été noyées dans l’obscurité du silence."

"Ne pouvant les (ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale) poursuivre, la procureure cherche vainement, par une alchimie judiciaire, à fabriquer d’autres criminels à la place des vrais auteurs ; Ce qui lui rend la tache herculéenne. Or, je le répète une fois encore : « on ne peut réclamer les dents de la panthère qu’à celui qui a consommé la tête. »

"Svp, madame la présidente, mesdames les juges,

Les victimes du commando invisible et des FRCI, à Anokoa Kouté et à Duékoué tout comme les victimes de Yopougon, de Bouaké, de petit Guitrozon, réclament toujours justice.

Leurs larmes continueront-elles de couler sur le parapluie de l’indifférence de la procureure et de la représentante des victimes ?"

".....Ensuite le plan commun :

Mesdames les juges,

Je dois avouer que c’est ici à la Haye que j’ai appris ce nouveau vocabulaire. S’il a existé un plan commun au cours de la crise en Côte-d’Ivoire, je n’en connais ni les concepteurs, ni les exécutants, tout comme j’en ignore les objectifs, contrairement aux allégations de la procureure." "Je suis plutôt allé à la rencontre des victimes de la guerre ; j’ai écouté et entendu leurs souffrances. J’ai dû braver le sarcasme et les critiques les plus acerbes pour faire le pas vers l’adversaire afin de rapprocher et réconcilier les voisins d’hier, que le conflit avait divisés."

"Existe-t-il des victimes qui n’ont pas droit à la justice ? Je parle de ces populations sans défense qui avaient fui la mort, mais que hélas, la mort a rattrapées dans des églises et des camps où ces populations avaient espéré trouver refuge ; en fait, toutes les victimes sans distinction ; car, je reste convaincu, que la vie humaine est sacrée et qu’un mort n’a ni appartenance politique, ethnique ou religieuse."

"J’ai mis en place le 98121, numéro de la paix sur lequel les ivoiriens se sont envoyés des messages en faveur de la paix. Je les ai encouragés à accepter que « la valeur du pardon réside dans la gravité de la faute pardonnée. »"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Voici exposé mon plan pour la paix que j’avais en commun avec les ivoiriens épris de paix et dont j’ai connaissance. Évidemment, la procureure ne pouvait pas évoquer ce plan pour la paix puisqu’il lui fallait absolument dépeindre le Blé Goudé assassin, génocidaire."

"Mais moi, j’attends ici à la cour, la confrontation avec les témoins de la procureure pour que je parle avec eux, de la Côte-d’Ivoire et du conflit qui l’a inutilement retardée. Je ne parle pas de la Côte d’ivoire vernie à coup de propagande sur internet, mais de la Côte d’ivoire telle que la vivent mes concitoyens."

"Mesdames les juges, 

Au terme de mes précisions, vous comprendrez aisément que les charges alléguées contre moi, résistent peu à la rigueur du droit. Par conséquent, je trouve injuste que l’on veuille faire supporter à mes frêles épaules, la lourde responsabilité de la crise qui a endeuillé mon pays. Car dans mon combat légitime de non-violence, je garde les mains pures et aucune goutte de sang ne crie et ne plaide contre moi."

"Mon crime, s’il devrait en exister un, serait d’avoir crié pendant dix ans qu’il est immoral de vouloir accéder au pouvoir par la voie des armes. C’est pourquoi, il vous plaira, madame la présidente, de demander à l’accusation d’orienter ses enquêtes ailleurs et d’inscrire mon nom sur la liste des victimes de la crise. Oui, je suis une victime, quoi qu’en puissent dire mes détracteurs !"

"Je suis un homme convaincu de la force motrice de la mobilisation des masses populaires et des vertus de la non-violence. Pour moi, celui qui accorde le pardon se libère du poids encombrant de la haine. Cette philosophie est le fondement de ma vision et de mon action politique. Et quelles qu’aient été les humiliations et les tortures que mes adversaires m’aient fait subir, quelles que soient les injustices et les épreuves que me réserve le futur, Je ne compte pas y déroger."

"Toutes mes actions ont toujours été guidées par un principe : que mon nom ne s’écrive jamais du mauvais coté de l’histoire afin que je ne puisse pas léguer en héritage, à ma progéniture un patronyme ensanglanté du sang innocent de mes concitoyens. En d’autres termes, CE QUI DOIT GÂTER MON NOM DOIT AVOIR UN NOM."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Au nom de cette balance, symbole de justice, qui pend là, au-dessus de vous, je vous serai reconnaissant de me laisser rentrer chez moi, auprès des ivoiriens, pour construire et bâtir ensemble avec eux la paix et la réconciliation comme je l’avais déjà commencé et que je puisse continuer de dire à ceux qui ne l’ont pas encore compris qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"La prison, c’est certes dur, ça peut même durer mais, ça ne saurait durer éternellement." "Abraham Lincoln n’a donc pas eu tort d’affirmer que pour une cause noble, on ne perd jamais son temps en prenant tout son temps. Il enseigne ainsi aux partisans de la vitesse que la vie ne se résume pas aux aiguilles d’une montre mais à la qualité de nos actes pendant notre bref séjour passager sur terre. Pour dire que mes adversaires ont la montre, moi j’ai le temps."

"Et, comme Je refuse d’être la honte de ma génération et que je ne veux pas être jeté dans la poubelle de l’histoire, Je porterai ma croix avec dignité et honneur. Si je dois souffrir, je souffrirai débout, car, le poltron meurt mille fois avant de mourir."

"Même s’il m’arrivait par extraordinaire, d’être condamné aujourd’hui, je ne doute pas qu’un jour l’histoire m’acquittera."

"Mon défunt père Blé Gnépo Marcel que je n’ai pas eu la chance d’accompagner à sa dernière demeure à Kpogrobré dans la sous-préfecture de Guibéroua, me disait : « Mon fils, un fruit bien mûr ne pourrit jamais en l’air ; il finit toujours par tomber. »"

"Non, je ne suis pas anti français!

Non, je ne suis pas un chef de milices! 

Non, je ne suis pas le présumé assassin des ressortissants du nord et des musulmans de mon pays!

Non, je n’ai jamais distribué d’armes!

Non, je ne suis pas un partisan de la violence!

Non, je ne suis pas un génocidaire!"

"Que le droit nous départage ! 

Que Dieu bénisse l’Afrique, et apporte la paix en Côte-d’Ivoire et partout dans le monde ! je fais confiance à la justice internationale

Un jour il fera jour et je rentrerai chez moi !"

 

(Retranscription Michel Galy)

 

Source: Résistance Côte d'Ivoire Israël

vendredi, 03 octobre 2014

FRANC CFA: LE DEBAT INTERDIT

FRANC CFA - EURO.jpg

Pendant qu’en Europe, l’avenir de l’euro est discuté à tous les niveaux de la société, les dirigeants africains de la zone franc continuent de considérer tout débat autour de la pertinence ou non du franc cfa comme tabou, alors que ce dernier est arrimé à la monnaie européenne.

 

Le vendredi 28 mars 2014, M. Alassane Dramane Ouattara, alors président sortant de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a soutenu, à Yamoussoukro que cette organisation avait amorcé «une marche irréversible vers la monnaie unique» à l’horizon 2020, qu’il fixe aussi pour l’émergence de son pays au rang de la Corée du Sud, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et dans une moindre mesure, du Brésil ou de l’Afrique du Sud. Cette perspective serait d’autant plus justifiée, selon lui, que ces dernières années, sous ses deux mandats à la tête de la Cedeao, les travaux préparatifs de la monnaie auraient fortement avancés. Pour rappel : M. Ouattara est ancien gouverneur de la Bceao et c’est pendant son mandat qu’après moult tergiversations, le franc cfa a été dévalué en 1994. Ouattara aurait-il fini d’adorer le franc CFA ? Il est permis d’en douter.

Lorsqu’un ministre ivoirien fait remarquer qu’au sein de la Cedeao, les entreprises exportatrices des pays qui ont en commun le franc cfa souffrent d’un manque de compétitivité lié à cette monnaie, les autorités monétaires de la zone cfa et celles de la Côte d’Ivoire semblent vouloir le désavouer, au motif que tout va bien dans le meilleur des mondes pour le franc cfa.

De deux choses l’une. Soit le franc cfa qui va très bien sera étendu au reste de la Cedeao et même de l’Union africaine à l’horizon 2020, conformément au contenu du rapport Védrine-Hollande, ou bien le franc cfa n’est pas si bénéfique que cela et alors il doit laisser la place à une nouvelle monnaie ouest-africaine, ce que les autorités de la zone cfa semble contester. Une chose semble claire. Le contenu du rapport Védrine est connu, mais le projet de la monnaie unique de la Cedeao n’est connu, semble-t-il, que de quelques initiés, alors que nous sommes à six ans de l’échéance annoncée pour 2020. Aucun débat n’a donc lieu au sujet de ce serpent de mer, pour savoir s’il y aura un référendum dans les pays concernés pour son adoption ou bien si les experts d’Abuja et les chefs d’Etat vont l’imposer aux populations sans consultations populaires.

Les gouvernants des pays membres du franc cfa font une entière confiance à leur monnaie, en parité fixe avec l’euro, qu’ils prennent pour une monnaie de référence. Ils n’ont peut-être pas tort, sauf que la connexion fcfa-euro passe par le Trésor public français, qui ne laisse même pas au cfa le soin d’avoir le statut de monnaie au sens propre du terme. Le franc cfa est une affaire interne aux finances publiques françaises et ne relève pas de la finance internationale. Telle était la position de la France au moment de la conception du traité de Maastricht au début des années 1990. C’est donc la solution des «comptes d’opérations» ouverts auprès du Trésor public français que les autres pays de la Cedeao devraient accepter et se laisser imposer, selon le rapport Védrine. Jacques Delors pour le traité sur l’Union européenne et Hubert Védrine pour le traité de la Cedeao avec les référendums en moins ?

Ce que le ministre J.-L. Billon dit pour les entreprises ivoiriennes est vrai pour toutes les entreprises de la zone cfa, de l’ouest comme du centre, qui sont exportatrices de produits manufacturés ou de produits agricoles améliorés. Elles ne peuvent être compétitives du fait de la valeur de l’euro –monnaie forte, disent les Africains–, des politiques économiques adoptées par le Trésor public de France et surtout à cause des politiques hasardeuses de la Banque centrale européenne (Bce) qui mettent en difficulté les négociations à Bruxelles entre les pays européens déficitaires et l’Allemagne, qui a ses propres problèmes à gérer.

Les inquiétudes de M. Billon sont d’autant plus justifiées que, depuis 2008 au moins, la situation de l’euro est compliquée, les problèmes ne sont pas traités convenablement et la situation reste préoccupante aussi bien pour les Etats et que pour les entreprises.

La Bce, qui gère l’euro, est accusée par des économistes et financiers européens ainsi que par certains observateurs qui suivent de près les manœuvres des autorités monétaires européennes, d’être en train de devenir une «mauvaise banque centrale» qui rachèterait toutes les créances douteuses figurant au bilan des banques européennes.

En Allemagne même, des événements sont en cours en ce moment qui méritent quelque attention de la part des Africains, notamment des dirigeants. Il y a d’une part la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe (Bundesgerichtshof) qui doit juger dans quelques semaines la question de la conformité du plan de rachat des dettes européennes par la Bce avec la Constitution allemande. La décision des juges constitutionnels allemands pour qui, même en temps de crise, la Constitution reste valable, alors que pour les Africains, même en temps de paix, les Constitutions sont inappliquées, est attendue, car elle pourrait interdire à la banque centrale allemande, la Bundesbank, de participer aux opérations de rachat de dettes publiques que la BCce devrait initier. Qu’adviendra-t-il de l’euro dans ces conditions, alors que cette monnaie doit par ailleurs affronter d’autres épreuves face au dollar américain, au yen japonais et au yuan chinois?

En outre, un parti politique pour les eurosceptiques créé en février 2013 par Bernd Lucke, (51 ans, anciennement militant de la CDU et professeur d’économie à l’université de Hambourg), dont l’axe central du programme est de refuser toute collectivisation de la dette publique européenne et tout transfert de richesses de l’Allemagne vers les autres pays, est en train de monter en puissance. «Alternative fur Deutschland» ou AfD, parti ne disposant d’aucun élu lorsqu’il a été créé par le proche collaborateur du Pr. Hans-Olaf Henkel (ex patron de la confédération des industriels allemands), est aujourd’hui représenté avec 12% des voix au Parlement de Brandebourg et 10 % à celui de Thuringe, après être entré au parlement de Saxe (10% des voix) en août dernier, et avoir placé sept élus au Parlement de Strasbourg à la suite des Européennes de mai, prouvant ainsi que les petits partis peuvent grandir vite quand ils sont porteurs de programmes alternatifs et que les élections se déroulent dans des conditions transparentes et démocratiques.

Dans le même temps, les agences des statistiques économiques publient des chiffres décevants de l’activité manufacturière en Europe et surtout en Allemagne, première économie de la zone euro. Les taux d’intérêt à moyen terme sur les obligations allemandes sont négatifs, comme si les anticipations des investisseurs s’attendaient à la réapparition du deutsche Mark (Dm) et à sa réévaluation au moment où l’euro rencontre des difficultés. Alors que les Européens doutent, les Africains restent vautrés dans leurs certitudes rassurantes et complaisantes.

Dans les autres pays de la zone euro, soit les gouvernements n’arrivent pas à concevoir des programmes de réformes, comme cela est le cas pour la France par exemple, où le mot réforme tétanise la classe politique et révulse les syndicats, soit, lorsque ces programmes sont conçus, ils ne peuvent être appliqués, comme c’est le cas de l’Italie du Premier ministre Matteo Renzi. En Espagne, la crise politique que l’on observe à travers la volonté séparatiste de la Catalogne est en réalité le résultat de déséquilibres économiques créés par les effets pervers de l’euro sur les politiques budgétaires et fiscales espagnoles.

La finance internationale elle-même semble douter de la force de l’euro, dont le cours de change ne cesse de baisser par rapport au dollar américain et au yen japonais. Les cambistes et des investisseurs attendent les nouvelles mesures de politique monétaire de la Bce que devrait annoncer son président Mario Draghi. Les marchés financiers de la zone euro, dans laquelle les financiers vendent des positions, présentent de moins bonnes performances que les autres marchés mondiaux sur lesquels les financiers achètent plutôt des positions. Mais comment évaluer l’importance de ces évolutions dans la zone cfa où il n’y a pas de marché financier, donc ni positions de vendeurs, ni positions d’acheteurs d’actifs financiers?

En Europe, les économistes qui font ces analyses craignent que l’euro ne conduise les pays membres au chaos. Pendant ce temps, les pays africains alliés de l’euro par le biais des francs cfa gérés par le Trésor public français préfèrent attendre bras ballants ce désastre, à condition que les réseaux de l’aide publique au développement, et des eurobonds restent accessibles et continuent de financer les déficits budgétaires. En Afrique du cfa, réformer relève du tabou économique. Tout va bien.

Le débat sur la pertinence de l’euro, sur son avenir, sur ses effets sont du domaine public en Europe et dans le monde. Les banquiers centraux européens en parlent en permanence, les chefs d’Etat comme Angela Merkel, François  Hollande et autres en parlent plusieurs fois par mois. Les premiers ministres et chefs de gouvernement européens en discutent avec les journalistes au quotidien. Les partis politiques au pouvoir ou dans l’opposition l’inscrivent dans leurs préoccupations et dans leurs programmes de gouvernement. Les intellectuels économistes, philosophes, sociologues, artistes, financiers, juristes, démographes et étudiants en font des sujets de controverses entre eux. La question n’a rien de tabou ou de magique.

En Afrique, la question du franc cfa relève de la magie, du tabou, de l’interdit. La pensée doit s’arrêter à la porte du franc cfa, surtout quand on est au gouvernement. En parler fait frissonner les hommes politiques, vibrer les gouvernements, trembler les chefs d’Etat, s’énerver les partis au pouvoir. Les banquiers centraux considèrent qu’il n’y a rien à dire là-dessus. Les opposants se demandent pourquoi en parler puisque la question peut leur fermer la route de l’accession au pouvoir d’Etat, qui se trouve être la seule raison de leur existence. Et quand bien même tout ce monde décide d’en parler, la discussion tourne à l’injure, à la médiocrité, à l’incompétence, à l’anathème et au hors sujet.

Mais un jour ou l’autre, tous ces murs, comme celui de Berlin que l’on croyait avoir bâti pour l’éternité, tomberont et les peuples africains retrouveront, comme ceux d’ailleurs, leurs libertés en dehors de franc cfa et de tous les autres instruments de la servitude. D’ici là, il serait bien que l’on nous dise quelle est la nature de la monnaie unique de la Cedeao que certains attendent pour l’horizon 2020 ?

 

Source: LIDER-CI.ORG

dimanche, 21 septembre 2014

EBOLA: LE MENSONGE GENERALISÉ

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Alors que le journal Le Monde parle quotidiennement de « ravages » et de « catastrophe », la réalité est que l’épidémie de virus Ebola reste d’ampleur très modeste.

La presse parle de 1229 morts entre mars et août 2014 sur l’ensemble de l’Afrique, et encore ce chiffre n’est-il pas exact.

Si vous vous rendez sur la page du site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) traitant du sujet, vous vous rendez compte qu’il y a en fait 788 décès formellement identifiés comme causés par le virus Ebola. Les autres sont des cas « suspects » ou « probables ». [1]

Ce sont bien sûr 788 morts de trop, mais il faut comparer aux 1,2 MILLION de morts causés annuellement par le paludisme [2], ou aux 2000 morts causés annuellement en France par la grippe saisonnière. [3]

Très peu de contagion

Les images de soignants portant des masques et des combinaisons intégrales pour s’approcher des malades suspectés sont insensées et dignes d’un mauvais film de science-fiction.

Car le virus Ebola ne se transmet absolument pas si facilement :

« Il faut un contact direct avec un liquide biologique comme le sang, les selles, les vomissures. Il n’y a aucune transmission par voie aérienne. C’est-à-dire que, lorsqu’une personne parle ou tousse, elle ne répand pas le virus Ebola dans l’air ambiant. » explique le Pr Bruno Marchou, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Purpan, à Toulouse. [4]

Autrement dit, le virus Ebola est comparable au SIDA pour son mode de propagation. Il faut vraiment être au contact du sang ou du liquide biologique du malade pour risquer soi-même d’être contaminé.

Cela veut dire, toujours selon le Pr Bruno Marchou, que le virus Ebola :

« n’atteindra pas le stade pandémique. À Conakry (capitale de la république de Guinée), ils avaient initialement plusieurs dizaines de cas parmi le personnel hospitalier. Ils ont réussi, en appliquant des mesures d’hygiène standard simples, à endiguer la propagation du virus parmi leur personnel. »

Ces mesures d’hygiène n’ont rien de sorcier : « Quand on s’occupe d’un patient, on se couvre les mains avec des gants. Si le patient vomit, il faut aussi se couvrir le visage. C’est le b.a-ba. On fait ça tous les jours. » continue-t-il.

«La mort dans 20 à 90 % des cas »

Sandrine Cabu, de Médecins Sans Frontières, interrogée par Le Monde, explique que le virus Ebola entraîne « la mort dans 20 à 90 % des cas ».

Pourquoi une fourchette aussi absurdement large ?

Parce que le virus Ebola est surtout dangereux quand il est mal soigné. Les personnes meurent de déshydratation ou d’hémorragies mais le traitement consiste alors simplement à hydrater ou à transfuser le patient, pas à lui donner un vaccin ni un hypothétique médicament. Il ne faut pas croire ce que prétend l’industrie pharmaceutique qui aimerait pouvoir vendre aux gouvernements une poudre de perlimpinpin comme elle l’avait fait pour le Tamiflu.

« Les nouveaux médicaments ne sont pas la solution contre Ebola », selon un expert en maladies infectieuses

La solution contre l’épidémie consiste à respecter des mesures simples et de bon sens : hygiène, bonne nutrition, vitamine D, vitamine C.

Selon Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des Etats-Unis, l’outil le plus efficace contre Ebola est de prodiguer les soins de base aux malades.

« La véritable priorité devrait être de créer des infrastructures médicales dans les pays touchés pour fournir aux malades le soutien médical de base comme l’hydratation et la transfusion sanguine. Cela aura un beaucoup plus gros effet sur la santé que la distribution au hasard de quelques médicaments expérimentaux. » [5]

Selon Thomas E. Levy, auteur d’un article récent sur les remèdes potentiels contre le virus Ebola [6] :

« Jusqu’à présent, il n’y a pas un seul virus testé qui n’ait pas été inactivé par une certaine dose de vitamine C. Un des moyens prioritaires pour détruire le virus, ou programmer sa destruction par le système immunitaire, est d’activer la “réaction de Fenton”. En un mot, cette réaction peut se produire à l’intérieur du virus, dans les cellules où les virus se répliquent et à la surface des virus eux-mêmes. »

Il n’y a donc aucune raison de suspecter le virus Ebola de se transformer brutalement en une pandémie à l’échelle de l’Afrique, et encore moins dans le reste du monde.

Mais il n’y aucun doute que cette psychose peut servir les intérêts financiers de quelques-uns.

Semer la panique : un business très lucratif

La panique autour du virus Ebola rappelle évidemment la grippe aviaire de 2005 et la grippe porcine (H1N1) de 2009.

Ces deux « pandémies imminentes » ont été l’occasion de manipuler grossièrement les opinions publiques pour justifier la vaccination en masse des populations, qui s’est révélée entraîner de terribles effets secondaires, dont la narcolepsie, un très grave trouble du sommeil. [7]

En 2009, l’Organisation Mondiale de la Santé a prédit qu’un tiers de la population mondiale pourrait être touchée par la grippe H1N1, avec des effets incalculables. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot n’avait alors pas hésité à commander 94 millions de vaccins ! Les Français n’ayant été que 6 millions à se faire vacciner, Mme Bachelot avait, dès le mois de janvier 2010, annulé auprès des laboratoires pharmaceutiques la livraison de 50 millions de doses et fait verser par l’Etat en dédommagement près de 48 millions d’euros aux laboratoires. [8]

Quant au fameux médicament antiviral « miracle », le Tamiflu, son effet réel n’est que de réduire la durée des symptômes de moins d’une journée, sans limiter d’aucune façon les hospitalisations. Une étude britannique a conclu que la distribution de Tamiflu contre la grippe H1N1 a eu pour seul effet de… gaspiller 500 millions de Livres sterling.

En effet, la saison de grippe 2009 se révéla finalement moins grave que d’habitude, malgré la présence de la souche H1N1. De plus, de nombreux prétendus cas de grippe H1N1 se révélèrent ne même pas être des grippes mais de simples rhumes, ce qui n’est pas sans rappeler ce cas de virus Ebola à Berlin qui s’est finalement révélé être… une gastro. [9]

Jouer avec le feu

Toutefois, les titres excessifs martelés par la presse sont à mon avis très dangereux :

« Une épidémie absolument pas sous contrôle, sans précédent », Médecins Sans Frontières, le 30 juillet 2014. [10] [11]

« Le virus Ebola continue de dévaster l’Afrique de l’Ouest », Le Monde, 15 août 2014. [12]

« L’OMS décrète une urgence de santé publique de niveau mondial », France 24, le 20 août 2014. [13]

Cette psychose est en train de semer la pagaille en Afrique, où des gouvernements sont ni plus ni moins en train de fermer les frontières, mobiliser les armées pour réprimer les populations, et même isoler sans raison des dizaines de milliers de malheureux, hommes, femmes, vieillards et enfants mis en quarantaine dans un bidonville du Libéria, sans nourriture ni eau. [14]

« Pour espérer contenir l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui fait rage au Liberia (…) le gouvernement prend des mesures draconiennes. Deux quartiers de la capitale, Monrovia, ont été placés en quarantaine et sous surveillance sécuritaire, alors que dans le reste du pays, un couvre-feu a été instauré. », Le Monde du 22 août 2014.

« Tirer à vue »

Dimanche 24 août, on apprenait que, au Sierra Leone :

« Le parlement a adopté un projet de loi qui interdit d’héberger des malades. Les contrevenants sont passibles de deux ans de prison. [15] »

Lundi 25 août, pire encore : le gouvernement du Libéria ordonne à ses soldats de « tirer à vue » sur les personnes qui chercheraient à passer la frontière, soit disant pour empêcher l’épidémie de se progager ! [16]

Ces réactions totalement excessives risquent de provoquer une vraie catastrophe humanitaire, bien plus grave que le virus Ebola lui-même.

Des mesures commencent également à être prises contre les Africains au niveau international :

« Au niveau international, les citoyens de ces pays font l’objet d’une quarantaine de plus en plus stricte avec la fermeture des frontières, la suspension des vols de la plupart des compagnies aériennes qui les desservaient, le rapatriement des membres des familles du personnel diplomatique dans ces pays, l’annulation de conférences internationales, la délocalisation d’événements sportifs, etc. » note Rue 89. [17]

En Corée, de véritables réactions racistes éclatent contre les Africains, interdits d’entrer dans certains magasins. [18]

Le mythe du passager infecté dans l’avion

À écouter les autorités et nos journalistes, on croirait qu’une épidémie de virus Ebola peut se déclencher à tout instant en Europe : il suffirait que débarque un Africain touché par la maladie arrivé par avion.

Cette hypothèse est parfaitement irréaliste. Elle ne traduit qu’une ignorance complète de ce qu’est réellement le virus Ebola.

Ne succombons ni à la psychose, ni à une forme de racisme qui ne dit pas son nom.

L’épidémie de virus Ebola ne sera correctement endiguée en Afrique que si toute violence et toute mesure répressive cesse. Qu’on laisse chaque patient être pris tranquillement en charge par un personnel ayant une formation médicale de base, et prenant les mesures d’hygiène évidentes.

N’envoyons ni cargaisons de vaccins en Afrique, ni médicaments. Cela ne servirait qu’à enrichir les laboratoires pharmaceutiques et à provoquer des dégâts bien plus graves par les effets secondaires de ces médicaments.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

Source: SANTE NATURE INNOVATION

01:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Guinée, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monde, afrique, santé publique, oms, santé, ébola, épidémie ébola, fièvre hémorragique à virus ébola | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 30 mai 2014

LE REGIME IVOIRIEN MENACE LA CHAINE INTERNATIONALE DE TELEVISION BASEE AU BENIN

 

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Alassane Dramane Ouattara a peur de la vérité sur la Côte d’Ivoire

 

Emission "Devoir de Vérité" sur Canal3 Monde: Le régime ivoirien menace la chaine Internationale de Télévision basée au Bénin.

 

Le régime d’Alassane Ouattara est décidément allergique à la diversité d’opinion. Après avoir échoué à corrompre la chaîne satellitaire camerounaise, Afrique média, c’est désormais la chaîne béninoise Canal 3 monde qui est dans son viseur. En cause, la diffusion sur cette chaîne de deux programmes dénommés : «Devoir de vérité et Devoir de Vérité Actu » depuis le 23 février dernier. Des émissions qui visent à restituer la vérité sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire durant la gouvernance du président Laurent Gbagbo y compris pendant la crise post-électorale. et le gouvernement ivoirien n’y va pas de main morte pour obtenir gain de cause.

Pressions politiques, diplomatiques, menaces de procès etc. tout y passe. Selon des informations de sources crédibles, le régime Ouattara a envoyé dans ce mois de mai, deux missions en vue d’obtenir la suppression desdites émissions. La première, du 12 au 14 mai, conduite par un membre du ministère de la communication a tenté en vain d’obtenir du gouvernement béninois, la suppression de ces programmes au motif qu’il s’agit d’une « manœuvre de déstabilisation du régime Ouattara ». Les autorités béninoises qui l’ont reçu lui ont plutôt indiqué la voie du droit de réponse. En réalité, les autorités béninoises ne voient pas vraiment en quoi, une émission qui privilégie les faits, rien que les faits, pourrait déstabiliser un Etat. En plus, l’envoyé du régime Ouattara n’a apporté aucun argument solide au soutien de sa demande. Une autre mission a suivi. Elle était conduite par un conseiller technique au ministère ivoirien de la communication. D’origine béninoise, il paraissait plus apte à réussir. même démarche, même réponse: niet. Alors, l’envoyé du régime ivoirien a cherché à savoir qui est derrière cette production. Comme si la signature du la chaîne Canal 3 monde ne suffisait pas.Mais le régime ouattara ne veut pas rester sur ces échecs. il veut obtenir gain de cause, coûte que coûte.

Le dernier émissaire a pris contact avec un avocat béninois en vue d’intenter un procès diffamation contre la chaîne Canal 3 monde. Mais en attendant, c’est maintenant le ministre des Affaires Etrangères de la Côte d’ivoire qui se rend au bénin avec pour motif officiel la signature d’accords de coopération avec le Bénin.

Mais les observateurs voient derrière ce déplacement une astuce pour mettre davantage de pression sur les autorités béninoises afin qu’elles ordonnent l’arrêt de la diffusion des programmes visés. Parallèlement, le gouvernement ivoirien invite le patron de la chaîne en Côte d’ivoire. Alors qu’il y a peu, un haut responsable ivoirien du monde des médias avait refusé de recevoir cet homme qui voulait lui présenter les ambitions de sa chaîne. Est-il subitement devenu fréquentable ? Apparemment les émissions «Devoir de Vérité et Devoir de Vérité Actu» ont opéré un grand miracle. il n’est cependant pas certain que les responsables de la chaîne Canal 3 monde cèdent au chant de sirènes. Puisque, de bonnes sources, les programmes qui sont dans le viseur de régime ivoirien ont réussi, en quelques semaines, à augmenter de façon significative l’audience de la chaine.

 

Augustin Kuyo

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 30 Mai 2014, page 4.

INDIGNONS-NOUS CAR ILS SAVENT CE QU’ILS FONT!

 

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Les chiens de garde de la démocrature françafricaine n’ont pas fini de faire parler d’eux. Alors que les électorats français et européens n’arrêtent pas de s’enfoncer dans les dérives fascistes, que les déçus de Ouattara s’immolent par le feu et que les militants de la souveraineté africaine intensifient leurs actions notamment à travers la campagne BrinBackOurGbagbo, les préposés à la chasse françafricaine sont à l’œuvre. Après le financement par l’Union Européenne de pseudo-« forums de la gouvernance identitaire » à la solde de la réélection de OUATTARA derrière lesquels se cache le propagandiste révisionniste Benoît SCHEUER (CONTREPOIDS : Benoît Scheuer le propagandiste de Ouattara est toujours à l'oeuvre), le détachement de Patrick RAMAEL par le Ministère de la Justice française à la Présidence ivoirienne affecté à la réforme de la justice en tant que conseiller du valet local OUATTARA (GRI GRI INTERNATIONAL : Ramaël a trouvé l'assassin de Guy André Kieffer)  - vaste entreprise pour enterrer tous les dossiers Noirs de la Francivoire- nous apprenons que Jean-Pierre MIGNARD lance un « appel à une République nouvelle » via Médiapart (MEDIAPART : Jean-Pierre Mignard appelle à une république nouvelle). Rappelons que Jean-Pierre MIGNARD n’est autres que l’avocat de François HOLLANDE, de OUATTARA et même de MEDIAPART… Ceci expliquant peut-être cela et notamment qu’Edwy PLENEL, Bruno GACCIO, Pierre LARROUTUROU autoproclamés contrepouvoirs démocratiques défenseurs des libertés républicainesn’aient pas répondu à nos sollicitations militantes et ne relaient jamais nos appels à la défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Leur indignation est décidément à géométrie variable.

Stéphane HESSEL a bien fait de mourir avant de voir à quelles sauces indignes ses « amis » associent aujourd’hui son nom maintenant qu’il n’est plus là pour approuver ou non leurs actions prétendues citoyennes à l’aune de son illustre et méritée réputation de « Juste ». Au « Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » très démobilisateur et qui remet le combat pour la vérité entre les mains d’une justice immanente différée et/ou incertaine, préférons un «Indignons-nous car ils savent pertinemment ce qu’ils font » plus adapté à l’idée que chacun est aussi acteur de sa vie et coauteur de son avenir.

Christine COLIN-TIBALA

 

Vous pouvez retrouvez cette contribution sur le lien suivant : CONTREPOIDS : Indignons-nous car ils savent ce qu'ils font !

 

Quelques liens pour poursuivre la réflexion sur ce thème  :

CONTREPOIDS : Charles Blé Goudé devant la CPI

BLOG DE CHRISTINE TIBALA SUR MEDIAPART : Les chiens de garde de la Francivoire

LE JOURNAL DE L'AFRIQUE AVEC INVESTIG'ACTION : Mali, Centrafrique… Comprendre les guerres de recolonisation de l’Afrique par la France de Hollande

CAFE UMOJA : Réoccupation militaire totale de l'Afrique ce samedi 31 mai 2014

BLOG DE CHRISTINE TIBALA SUR MEDIAPART : Non à ces médailles qui déshonorent la France

CONTREPOIDS : 19 septembre 2002-19 septembre 2013 : Les larmes de la Francivoire

CONTREPOIDS : Charles Blé Goudé devant la CPI

Quelques liens vers des sites/Blog qui donnent une véritable information alternative sur l’ordre inégalitaire international, plus particulièrement sur les guerres économiques déguisées en guerres humanitaires de la France ainsi que sur le combat des peuples du sud pour que l’on respecte leur droit à disposer d’eux-mêmes :

Abidjandirect

Abidjanpasnet

Afrohistorama

Cameroonvoice

Civox

Côte d'Ivoire La Vraie

Eventnewstv

Fraternafrique

Gbagbo.ci

Indignez-vous haut et fort

IREA-institut

Ivoirebusiness

Ivoire-politique

Kamayiti

La dépêche d'Abidjan

La Juda

La Voie de l'Afrique

La Voix du Peuple

La VRA (Voix de la Résistance Africaine)

L'Afrique Puissance Mondiale 2050

Le Blog de Christine TIBALA

Le Blog de Claudus

Le Blog de René Kimbassa

Le Blog de Sam La Touch

Le Blog de Shlomit Abel

Le Blog de Théophile Kouamouo

Le Blog de Fernand Dindé

Le Gri Gri International

Le Nouveau Courrier

Michel COLLON et son nouveau Journal de l'Afrique

Ligue Panafricaine UMOJA

Lynxtogo

Mondialisation

Notre Afrique

Notre Voie 

Panafricain

Soutien et Liberté

Steve Beko

Survie

Compte tenu de la marge d'avance des médiamenteurs de tous poils, j'en profite pour rappeler deux actions importantes visant à rétablir la vérité historique sur la crise ivoirienne :

  •     D'abord le LANCEMENT OFFICIEL DE L’ASSOCIATION DES AMIS DE LAURENT GBAGBO

"Paris, le 21 mai 2014

Le samedi 31 mai nous avons le plaisir de vous convier au lancement officiel de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO. Cette association a pour but de regrouper tous ceux qui veulent agir en faveur de la libération et de la réhabilitation de Laurent Gbagbo.

Date : Samedi 31 mai 2014, de 14h à 18h

Lieu : AGECA, 177 rue de Charonne, Paris 11ème

A cette occasion, la parole sera donnée à des personnalités qui connaissent depuis longtemps Laurent Gbagbo et qui feront partager leur vision personnelle de l’homme, l’intellectuel, le dirigeant politique, le panafricaniste.

Raphaël DAGBO, Président de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO
Contact : asso.amisdelaurentgbagbo@gmail.com"

Plus d'infos sur : CONTREPOIDS : lancement public à Paris de l'Association des Amis de Laurent Gbagbo ce samedi 31 mai

 

  • Ensuite la campagne #BringbackourGbagbo à laquelle s’associe pleinement l’Association des Amis de Laurent Gbagbo en ces termes :

« Chers amis,

La campagne «Bring back our Gbagbo », initiée par plusieurs cyberactivistes et responsables de mouvements animés par la volonté d'obtenir maintenant la libération de Laurent Gbagbo prend de l'ampleur, et nous en sommes heureux. Le mot d'ordre est simple et s'adresse à tous : afficher ces mêmes mots, « Bring back our Gbagbo », parfois avec quelques variantes, sur des panneaux que l'on fera circuler sur Internet ou que l'on brandira haut lors des rassemblements.

L'Association des Amis de Laurent Gbagbo se reconnaît pleinement dans cette initiative et invite ses adhérents et sympathisants à la soutenir et à s'en faire l'écho.

Bring back our Gbagbo !

Pour le Bureau de l'Association,

Raphaël Dagbo »

 

Plus d'infos sur

CONTREPOIDS : Campagne Bring back our Gbagbo