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jeudi, 10 avril 2014

POURQUOI MICHEL DJOTODIA NE SERA PAS INQUIETE PAR LA JUSTICE INTERNATIONALE

 

MICHEL DJOTODIA.jpg

 

Créée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013, suivant la Résolution 2127, la Commission internationale chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme en République centrafricaine, présidée par le camerounais Bernard Acho Muna, a démarré ses enquêtes pour une durée de 2 semaines.

 

Avec un mandat pour enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et d’atteintes aux droits de l’homme qui auraient été perpétrées en RCA depuis le 1er janvier 2013, elle a une tâche impossible pour réussir en un si court délai. 

Par ailleurs, juridiquement parlant, elle sera bloquée contrairement aux attentes des populations, pour pouvoir recueillir des éléments à charge contre l’ancien président de la transition déchu Michel Djotodia.

L’INCOMPETENCE POLITIQUE N’EST PAS UN DELIT 

Le fait que Michel Djotodia soit responsable en premier de la grave crise sanglante dont ses Séléka ont plongé la RCA une année durant, n’en fait pas, au niveau du Droit pénal international un possible inculpé pour la Cour pénale Internationale (CPI), pour autant que l’on ait pu démontrer qu’il fut un donneur d’ordres pour des massacres de civils.

Le procès Bemba qui s’enlise depuis 5 ans à La Haye fait cas d’école, tout comme celui de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

La procureure gambienne du CPI, Fatou Bensouda, peine toujours à étayer ses accusations.
Entre témoignages incertains confinant souvent à des délations gratuites, et des témoins sous menace, le procès fait du sur place dans une impasse.

Dans le cas de Djotodia, tout ce qui peut lui être imputé est une incompétence notoire à tenir ses hommes et à les réguler. Etant entendu qu’il est avéré que la nébuleuse Séléka faite de factions hétéroclites, n’obéissait qu’à leurs propres chefs de guerre, et non directement au chef politique suprême.

Conséquence, à contrario, tous les chefs de guerre de la Séléka peuvent être poursuivis pour crimes de guerre, et non, paradoxe, le grand chef.

Cet état de fait, Michel Djotodia le savait, très bien conseillé qu”il fut par ses conseillers français qui surent le préserver d’une implication directe dans le moindre crime des Séléka.

D’ou son discours maintes fois répétés : “Des allégations disent que je ne contrôle pas mes hommes…Mais je ne connais que ceux qui sont avec moi.”

Ainsi s’absolvait-il de toute implication.

LE LEVIATHAN 

Inculper en outre Djotodia, le monstre du chaos primitif, obligeRait à ouvrir des dossiers politiques puant que personne dans la sous-région n’a envie de voir dévoilés en public, de la France au Gabon en passant le Tchad et le Congo-Brazza, surtout au Tchad.

Car des sommes de complots et de manipulations, si mis à jour, mettraient en difficulté politique tous les acteurs agissant dans la crise centrafricaine.

Idriss Deby serait contraint de s’expliquer sur le financement des Séléka (secret de polichinelle), sur l’implication de ses soldats à Bangui, qui bien que faisant partie des forces africaines de paix, la FOMAC de l’époque, ouvraient pourtant la route de Bangui aux envahisseurs Séléka, à la désormais célèbre “ligne rouge de Damara”.

Paris serait également mis sur la sellette afin de s’expliquer sur ce qui fut son intrusion dans la gestion d’un pays libre et auto déterminé. Car c’est la France qui a ‘démissionné’ Michel Djotodia sous l’habillage CEEAC à N’Djamena.

Quant au Congo-Brazza, il serait contraint de s’expliquer sur l’instrumentalisation du CNT (le Conseil National de Transition) à Bangui, lors du vote truqué de l’élection de Catherine Samba-Panza.

Pour un conseiller à Bangui : ‘Inculper Djotodia, ça foutrait le bordel, car il y’aurait un gros déballage de linge sale. Ce serait un véritable “DJOTODIAGATE”.”

Ainsi, pour solde de tous comptes, et surtout pour se taire et se faire oublier, Michel Djotodia en quittant N’Djamena le jour de son éviction ne partit pas au Bénin les mains vides.

En conclusion, seuls des lampistes de la Séléka seront poursuivis sans risque, et non les vrais meneurs des massacres.

 

SANDRA MARTIN-WHITE. LNC.jpg

Par Sandra Martin-White 
Analyste politique et juridique, LNC.

 

Source: LA NOUVELLE CENTRAFRIQUE

vendredi, 28 mars 2014

INTERVENTION DE CHARLES BLE GOUDE A LA CPI: EXTRAITS

 

CHARLES BLE GOUDE 4. CPI.jpg

 
Quelques extraits du discours de Charles Blé GOUDE lors de sa première comparution devant la CPI du 27/04/2014

 
« Pour le respect que j’ai pour les victimes, toutes les victimes de la crise qui a secoué mon pays, je suis content d’être là dans l’affaire qui m’oppose au procureur pour que la vérité soit sue afin que cessent les murmures. Madame la Juge, je ne veux pas être libre de mes mouvements physiques tandis que ma conscience innocente accusée à tort d’être la base de tous les torts est au-dedans de moi. Madame la Juge, à une certaine opinion qui estime à tort ou à raison que le voyage à la CPI est un voyage de non retour, je pense qu’un citoyen qui est suspecté par la CPI peut venir ici, faire l’objet d’un procès et s’il est innocent peut repartir chez lui. Et je sais que je repartirai chez moi. »

CHARLES BLE GOUDE 5. LE COMBAT AUX MAINS NUES.jpg

"Si je suis reconnu coupable, que la loi s’applique à moi dans toute sa rigueur, mais si je suis jugé pour ce que j’ai fait et non pour ce que je suis, que je sois reconnu innocent et que je rentre chez moi; et je sais que je vais retourner chez moi. Quand dans mon pays, on me traque, on traque ma famille, on fait un chantage à ma famille biologique et politique, mon médecin est en prison, tous mes collaborateurs emprisonnés pas pour ce que j’ai fait mais pour ce que je suis. Parce que si on devait me poursuivre en Côte d’Ivoire pour ce que j’ai fait, il y a beaucoup de personnalités pro-Ouattara qui ne pourraient même pas me regarder en face."
 
« Je suis venu ici et je me considère en mission pour la manifestation de la vérité. Je suis pro-Gbagbo et je suis fier de l’être. Je l’étais hier, je le suis encore aujourd’hui. Madame, j’ai appris avec Gbagbo le dialogue, j’ai appris avec Gbagbo la réconciliation, j’ai appris avec Gbagbo qu’il faut convaincre l’adversaire et non le vaincre et pour cela, je suis pour la manifestation de la vérité. "

« Je suis venu à la Haye, c’est ici que j’ai appris qu’un individu peut avoir des droits qui lui sont reconnus et je voudrais vous remercier pour ça d’ailleurs. Je suis bien traité ici et je suis animé d’un double sentiment parce que quand on m’emmenait à La Haye ici, beaucoup ont pleuré et pourtant en Côte d’Ivoire, je vivais le calvaire. Chaque jour, je vivais dans l’angoisse, chaque minute était un combat. J’étais comme un objet dont on disposait quand on voulait et comme on voulait…J’ai été logé, je ne peux pas demander qu’on me loge dans un hôtel à quatre étoiles. Un prisonnier est un prisonnier dans tous les cas et je suis préparé à cela, je suis prêt. »


Lien vers la vidéo:

https://www.youtube.com/watch?v=DySaH0Bcuuc#t=53

 

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CHARLES BLE GOUDE DEVANT LA CPI: «J’AI APPRIS AVEC GBAGBO QU’IL FAUT CONVAINCRE UN ADVERSAIRE ET NON LE VAINCRE!»

 
 

LAURENT GBAGBO ET CHARLES BLE GOUDE.jpg

 
A la juge Fernandez de Gurmendi qui s’étonne qu’il parle et comprenne parfaitement le français, voilà ce que Charles Blé GOUDE a répondu ce jeudi 27 mars 2014 lors de sa première comparution à LA HAYE : "je suis d’un pays qui a été colonisé par la France, donc je parle français"… Le ton est donné ! 
 
La déportation de Charles Blé GOUDE à La Haye le samedi 22 mars 2014 après celle de Laurent GBAGBO est en effet un signal  fort de perpétuation du néocolonialisme, à travers la Cour Pénale Internationale, le bras judiciaire de l’Organisation des « Nantis » Unis qui dirige le monde. Notons d’ailleurs que l’exécution du mandat de cette Cour « Politique » Internationale contre  Charles Blé GOUDE - figure emblématique de la Résistance aux mains nues- s’est déroulée dans l’irrespect total des procédures judiciaires les plus élémentaires, accompagnée de violences dignes de l’état de non droit qu’est devenue la Côte d’Ivoire sous le régime aussi illégitime que liberticide de OUATTARA installé et maintenu par Communauté internationale, France en tête[1].
 
Par leur combat, par leur courage, par leur dévouement au service de l’émancipation de leur pays et au-delà du continent, Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE s’inscrivent dans la lignée des dignes fils de l’Afrique qui ont consacré leur vie à lutter contre les régimes vassaux que les dirigeants occidentaux imposent au peuples africains pour continuer de piller leurs ressources en déguisant des guerres économiques en guerres humanitaires[2].
 
Car de quoi s’agit-il en effet ? Blé GOUDE est poursuivi pour 4 chefs d’accusation concernant des crimes prétendument commis sous son autorité pendant la crise postélectorale ivoirienne, à l’instar de Laurent GBAGBO d’ailleurs. Sur quels éléments de preuve peut bien s’appuyer la CPI pour justifier une telle mesure privative de liberté alors qu’elle n’a toujours pas produit la moindre preuve pour confirmer les mêmes charges notifiées contre Laurent GBAGBO ?
 
Nous nous étonnons que la plupart des médias occidentaux relaient la nouvelle du transfèrement de Blé GOUDE avec des éléments de langage similaires à ceux qui circulaient lorsqu’il s’agissait de Laurent GBAGBO en novembre 2011 sans même prendre la peine de parler de  l’enlisement de la procédure concernant ce dernier faute de preuves[3] ou encore d’interroger les violences criminelles qui continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire, sans oublier les arrestations, détentions et tortures de centaines de prisonniers politiques[4].
 
A tous ceux qui continuent de croire que la Cour Pénale Internationale est l’institution au service de la lutte contre l’impunité qu’elle avait vocation à être lors de sa conception, nous avons le devoir d’apporter le démenti le plus catégorique en démontrant son inféodation aux intérêts hexagonaux, eux-mêmes tributaires de l’ordre inégalitaire mondial imposé par l’Occident. Ainsi :
 
1.   Le traité de Rome instituant la CPI supposée poursuivre et sanctionner tous les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité a certes été signé par 139 pays et 122 l’ont ratifié acceptant de ce fait de se soumettre à la compétence de la CPI[5]. Cependant la CPI  reste toujours incompétente pour poursuivre une grandes partie de ces crimes dès lors que de nombreuses grandes puissances mondiales n’ont pas adhéré et/ou ratifié le Traité de ROME, à commencer par les EU, la CHINE, la RUSSIE et l’INDE qui refusent de se soumettre à cette juridiction, tout en l’imposant aux autres, au moins en ce qui concerne les premiers autoproclamés maîtres du monde depuis la chute du mur de BERLIN et encore plus depuis le 11 septembre 2001. A noter que même ceux qui l’ont ratifié comme la FRANCE et la GRANDE-BRETAGNE pour ne parler que d’elles, font tout pour y transférer les dirigeants africains qui refusent de les servir docilement, tout en s’arrangeant pour y échapper ou y faire échapper leurs amis dictateurs[6]. L’exemplarité étant une des plus grandes vertus pédagogiques si ce n’est la plus grande, la CPI gagnerait en crédibilité, ou plutôt retrouverait un peu de crédibilité si elle commençait par juger les grandes puissances au regard de leurs responsabilités largement documentées dans les plus grands massacres de la planète, y compris ceux des dernières décennies. Comme la reconnaissance de la CPI suppose la signature du Traité de Rome et qu’elle ne saurait avoir d’effet rétroactif, les Etats membres sont assurés que les crimes commis par eux ou ceux dont ils ont été complices avant leur adhésion échappent à sa compétence. En revanche, tous les auteurs de crimes contre l’Humanité commis depuis sont susceptibles d’être traduits devant la CPI. Pour ce qui est de la France par exemple, elle a adhéré et ratifié le traité dès sa création en 2002. On s’étonne donc que la fusillade de l’Hôtel Ivoire début novembre 2004 qui a coûté la vie à près d’une centaine de Patriotes aux mains nues et fait des milliers de blessés n’ait toujours pas abouti à la moindre inculpation de responsables civiles et militaires français alors que des preuves surabondantes existent de la responsabilité totale de la force Licorne dans cette tragédie[7] et que de nombreux rapports et demandes de commissions d’enquête en témoignent[8].
 
2.   Quant aux dirigeants africains qui se retrouvent les seuls dans les faits à se voir traduits devant cette juridiction, ils ont bien cherché à s’en affranchir, menaçant de se retirer collectivement de la CPI si elle persiste à ne poursuivre que des dirigeants du Berceau de l’Humanité qui plus est en exercice[9]. Le seul résultat concret de cette offensive des chefs d’Etats africains contre la CPI qu’ils jugent à raison partiale et au service de l’Occident est de s’être garanti pour eux-mêmes une sorte d’immunité judiciaire tant qu’ils seront au pouvoir [10], renforçant ainsi l’intérêt que la plupart de ces autocrates peuvent avoir à s’y maintenir par la force ou par la fraude. Quant au devoir de justice et de vérité qui était supposé permettre à la CPI de dissuader toute commission ou récidive de crimes contre l’Humanité, il n’en a pas vraiment été question ! Le cas Kényan a beaucoup pesé sur cette fronde des Etats Africains. Nonobstant les gesticulations de l’ONU pour ne pas donner l’impression de se dédire, la procureur BENSOUDA a fini par obtenir en catimini l’ajournement d’un an des poursuites engagées contre le Président KENYATTA pour cause officielle d’ « érosion » de preuve après le retrait invoqué de deux témoins à charge[11], mais dans la réalité pour constituer une bande de sécurité pro-occidentale au sud de la zone soudano-sahélienne très poreuse, un rempart contre Al Qaida en quelque sorte.
 
3.   Comme on le voit bien dans l’exemple Kenyan, les poursuites engagées par la CPI contre certains dirigeants africains obéissent bien moins à un quelconque désir de combattre l’impunité des pires crimes contre l’Humanité qu’à punir les dirigeants africains indociles coupables de vouloir réformer les accords de coopération dans un sens plus favorable aux Etats souverains qu’ils dirigent. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les manquements aux lois fondamentales du pays comme au Traité de Rome sont tels que l’on ne sait même plus par où commencer ! Comble du cynisme, voire même de la perversité, Laurent GBAGBO se retrouve à la CPI sur le fondement de sa propre déclaration de reconnaissance de la compétence de la CPI signée le 18 avril 2003. Cette déclaration dit que : «Conformément à l’article 12 paragraphe 3 du statut de la Cour Pénale Internationale, le Gouvernement ivoirien reconnaît la compétence la Cour aux fins d’identifier, de poursuivre, de juger les auteurs et complices des actes commis sur le territoire ivoirien depuis les évènements du 19 septembre 2002 ». Dans le souci permanent d’organiser leur impunité, les autorités ivoiriennes imposées par la force en 2011 ainsi que les institutions qui les protègent refusent toujours d’enquêter sur les crimes commis avant la crise postélectorale de 2010, nonobstant la décision de la Chambre préliminaire de faire remonter les enquêtes à 2002[12]… Bel exemple de juridiction prétendue impartiale érigée en rempart contre l’impunité des pires crimes du monde qui ne veut surtout pas enquêter sur ces derniers = ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre…
 
4.   Sur la motivation du transfert des caciques de l’ancien régime de Laurent GBAGBO, force est de constater qu’elle est pour le moins sujette à interrogation. Alors que le gouvernement ivoirien prétextait son incapacité à organiser le jugement de Laurent GBAGBO au pays pour justifier son transfert-déportation à LA HAYE, il a mis plus de 2 ans à accepter de donner suite au mandat délivré par la CPI contre Blé GOUDE et refuse toujours d’exécuter celui contre Simone GBAGBO. Sans compter que le fait de ne poursuivre que les partisans de l’ancien régime en n’inquiétant pas les auteurs de crimes contre l’humanité de l’autre camp pourtant clairement mis en cause dans des massacres à grande échelle (BOUAKE, DUEKOUE, BANGOLO, ANONKOUA-KOUTE, NAHIBLY, ABOBO,…) n’est pas sans interpeler sur la nature réelle du nouveau pouvoir installé par la Communauté internationale[13]. Cette lecture partisane et à géométrie variable de leurs engagements nationaux et internationaux est emblématique du peu de respect des nouvelles autorités ivoiriennes pour les victimes et les lois fondamentales que le pays s’est données[14].
 
5.   Pour justifier son existence et asseoir sa légitimité, la CPI s’est forgé une carapace de respectabilité et d’intégrité apparentes, en créant une instance à sa totale dévotion : la Coalition Internationale pour la CPI qui regroupe plus de 2500 ONG au plan international[15] et se décline en autant de « milices » institutionnelles au plan national, telle la « Coalition Française pour la CPI » qui fédère désormais 45 associations[16]. Est-ce pour autant qu’il faille crier au loup et invalider tout ce qui émane de ces ONG que d’aucuns considèrent encore comme réellement au service des causes qu’elles prétendent défendre ? Sans doute que non, car de nombreux bénévoles ne comptent ni leur temps, ni leurs efforts au service de ces ONG et méritent considération&respect. Mais lorsque l’on voit les partis pris, les omissions, les errements parfois de ses institutions dans lesquelles on pouvait légitimement croire comme contrepouvoirs à nos « vieilles » démocraties enclines à la toute-puissance, on est en droit de s’interroger. Nous invitons toutes les personnes qui le peuvent à mettre en exergue le parti pris de la plupart de ces grandes ONG en apparence au-dessus de tout soupçon qui font sans doute un travail remarquable au niveau de la collecte et de la gestion des tâches qui leurs sont confiées en s’appuyant sur des réseaux de militants sincères et désintéressés, mais dont les dirigeants cautionnent souvent la justice inique de la CPI.  
 
- Human Rights Watch qui selon des sources concordantes émargent aux fonds du milliardaire spéculateur Georges SOROS est un bel exemple d’ONG au service de l’ONU. Pour ce qui est de la CÔTE D’IVOIRE, on connaît sa partialité et son rôle majeur dans la diabolisation du régime légitime de Laurent GBAGBO. On lui doit notamment de nombreux rapports mensongers depuis 2000 sur les pseudo-dérives identitaires du régime. La décision de déporter Laurent GBAGBO à LA HAYE en 2011 s'appuie principalement sur son rapport de juin 2011 "Ils ont tués comme si ne rien n'était" qui travestit totalement les faits et impute la plupart des crimes et l'embrasement de la CÔTE D'IVOIRE au camp GBAGBO en épinglant à la marge le camp OUATTARA pour donner l'illusion d'une certaine "objectivité".  HRW fait ainsi partie  de la nébuleuse susmentionnées d'ONG chiennes de garde du système onusien détourné de ses nobles finalités premières ayant pour bras judiciaire la CPI si peu pénale et toujours très politique "juridiction" qui était supposée garantir les peuples contre l'impunité. La plupart des ONG présentées comme impartiales, indépendantes, au service de la vérité et des populations civiles des pays en crise, s'avèrent être majoritairement financées par des fonds publics et totalement inféodées à l'ordre inégalitaire mondial dont elles assurent la perpétuation. Bref, relayer aujourd’hui les rapports de HRW par exemple sur la SYRIE ou sur la CÔTE D’IVOIRE même lorsqu’ils vont un peu plus dans le sens de la vérité et de la dénonciation des crimes de OUATTARA (pour parler de ce que l’on connaît) revient à valider les rapports mensongers antérieurs de ces mêmes ONG, HRW en tête, surtout si l’on ne prend pas le temps de préciser les choses.
 
- Et si les rapports de ces ONG apportaient réellement la preuve des exactions prétendument commises par le camp GBAGBO, comment expliquer que les mandats de la CPI lancés contre  Laurent GBAGBO comme Blé GOUDE ne portent que sur des crimes commis pendant la période postélectorale ? Comment expliquer par exemple que les autorités françaises ne souhaitent plus savoir qui a tué les 9 soldats français le 6 novembre 2004 à BOUAKE alors que Maître BALAN l’avocat des familles de ces victimes militaires décorés à titre posthume accuse aujourd’hui le Gouvernement français de l’époque tandis que la plainte déposée contre Michèle ALLIOT MARIE pour faux témoignage a été classée sans suite début 2013[17] ?
 
- La difficulté majeure, c'est que ces ONG distillent le poison du médiamensonge pendant des années, calmement, proprement, mais savent aussi administrer des doses homéopathiques d'"antidote" aux principales victimes le moment opportun, faisant croire à ces dernières qu'elles ne sont finalement pas si partiales que cela. Pire, après des rapports mensongers et calomnieux, indignes sur le fond comme sur la forme (contextes historiques révisionnistes, méthodologies inconsistantes, inversions des victimes et des bourreaux,...), certaines de ses ONG vont jusqu'à se constituer parties civiles des victimes de tous les camps en arguant d’une neutralité et d’une objectivité qu’elles sont loin d’avoir, voire en garantissant une protection qu'elles ne sont même pas capables d'assurer, tant il est vrai que les intérêts politico-financiers qu'elles couvrent -sciemment parfois, de bonne foi peut-être dans d'autres cas- finissent par l'emporter. Nous en voulons pour preuve l’assassinat d’Alex Saint-Joël GNONSIAN dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, alors qu’il était l’un des principaux témoins des tueries de NAHIBLY qui ont fait plusieurs centaines de morts et de disparus depuis le 20 juillet 2012, massacres en masse qui visent à faire disparaître ou dissuader les victimes de cette tragédie de témoigner (trois autres disparitions de victimes de NAHIBLY sont également à déplorer le même jour) [18]. Alex Saint-Joël GNONSIAN était donc supposé bénéficier de la protection de l’ONUCI et du soutien de la FIDH qui s’est constituée partie civile dans ce dossier alors même que son responsable Afrique Florent GEEL continue de nier l’ampleur des massacres de DUEKOUE de 2011 tout en cautionnant activement la politique d’Alassane OUATTARA. Ce n’est pas la récente mise en scène des petits déboires à la frontière de ce Monsieur Afrique de la FIDH, ni les petits bémols mis dans le soutien de cette dernière à l’endroit d’Alassane OUATTARA qui nous empêcheront de dénoncer sa complicité passive dans les crimes subis par le  peuple ivoirien depuis 2002. Vous trouverez ci-dessous référencés quelques liens sur la légitime méfiance que nous sommes en droit d’éprouver à l’endroit de la FIDH eût égard à son parti pris surabondant pour les autorités de fait qui sévissent aujourd’hui en CÔTE D’IVOIRE[19].  Méfiance qui se mue en légitime colère devant le cynisme de la même FIDH incapable de protéger ses témoins/victimes qui se fend néanmoins d’un communiqué commun avec la LIDHO et le MIDH en date du 21 mars 2014 pour saluer la décision de transférer Blé GOUDE à la CPI y voyant là un espoir de « faire reculer l’impunité en CÔTE D’IVOIRE [20].». Les victimes de la rébellion sanguinaire qui sévi depuis 2002 apprécieront le « négationnisme » de ces ONG prétendues neutres et bienveillantes qui n’est pas sans rappeler celui qu’elles mêmes dénoncent en parlant du génocide rwandais même si heureusement le bilan en pertes humaines n’est pas encore aussi dramatique. A nier ainsi la souffrance du peuple ivoirien comme celui aujourd’hui des HUTU en RDC, elles risquent bien de décrédibiliser le combat apparemment sincère dans lequel elles sont engagées auprès d’autres victimes du même mal systémique africain : la prédation occidentale !

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mardi, 25 mars 2014

TRANSFEREMENT DE BLE GOUDE A LA CPI: ET SI L'AFRIQUE ETAIT LE CONTINENT DE LA HONTE?

 

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Image d'archives: Blé Goudé dans sa cellule de prison à la DST, en Côte d'Ivoire

 

C'était en 1845 que le premier  africain, âgé de 10 ans, a été offert à la société royale d'Anvers... "Le négrillon" comme ils l'ont dénommé était cloîtré dans l'enceinte du zoo où il était exhibé et n'était pas autorisé à quitter le périmètre qui lui a été offert".

Encore au 21ème siècle, un jeune Ivoirien, âgé de 42 ans est déporté dans un zoo moderne "baptisé la CPI" c'est-à-dire dans "la prison des blancs" comme le disait la mère de Blé Goudé. Cette prison ultra moderne a été créée dans le seul but de continuer la déshumanisation de la race noire et de son maintien dans l'esclavage. Comment voulez-vous que ce continent puisse se développer si nos intellectuels sont assassinés ou emprisonnés par la seule volonté de l'homme blanc?

Par exemple, Gbagbo Laurent et Blé Goudé ont été livrés à la CPI par d'autres africains. Par contre d'autres ont été assassinés sur instruction des occidentaux mais toujours avec la complicité de certains noirs, à savoir: Tagro Désiré, Bohoun Bouabré, Gomon, Mahan Gahé, Dagrou Loula, Boga Doudou, Lumumba, Thomas sankara, Olympio, Kouamé N'kruma, etc.... Sans compter des centaines d'intellectuels militaires et civiles qui croupissent dans les geôles du nord de la Côte d'Ivoire  et dans les sous-sols de la DST d'Abidjan.

Ce système a été savamment étudié et mis en place par les puissances occidentales afin de maintenir le continent noir dans le sous-développement et dans l'obscurantisme. Pour les Occidentaux, la démocratie ne signifie rien en Afrique tant que les matières premières n'atterrissent pas chez eux. "La démocratie est un luxe pour les africains, comme le disait Jacques Chirac".

Chirac a raison parce que toutes les démocraties s'épanouissent sur des bases régaliennes, c'est-à-dire disposer d'une armée forte, capable de défendre vos frontières et votre civilisation, battre sa propre monnaie et avoir la maîtrise de sa politique étrangère.

Le continent africain n'a pas encore acquis le minimum de ces droits régaliens. C'est pourquoi il sera difficile de parler d'élections libres, transparentes et démocratiques en Afrique tant que le travail de la conscientisation n'est pas fait.

Blé Goudé et Gbagbo sont à la CPI pour avoir heurté aux intérêts des occidentaux et en particulier à ceux des Français et non pour avoir commis des crimes contre l'humanité.

Ce que je trouve pathétique dans le transfèrement de Blé Goudé et de Gbagbo, c'est le mutisme de tout un peuple ou d'un continent de plus d'un milliard d'individus où aucun intellectuel n'a été capable de lever le petit doigt et de condamner l'inacceptable et l'injustice de ce monde. C'est finalement le continent de "chacun pour soi". Même la pauvre mère de Blé Goudé a eu la force et l'intelligence de qualifier le transfèrement de son fils à la CPI  "de déportation dans le pays des bancs". Cette vieille mère n'a jamais mis pied à l'école. Donc à quoi sert de former des intellectuels en Afrique si ces derniers ne sont pas capables de dire non aux injustices faites au continent noir?

La victoire de l'impérialisme en Afrique, c'est d'avoir corrompu les Africains eux-mêmes. Je peux comparer Gbagbo et Blé Goudé à Frantz Fanon qui disait ceci: "J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses, mon âme pleine du désir d'être à l'origine du monde, et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres".

Je conseille aux africains de sortir de la dépendance intellectuelle. Tant que les intellectuels africains ne seront pas lus et écoutés dans leurs pays respectifs, et que nos élites politiques seront de plus en plus soupçonnées de collusion avec l'ancienne puissance coloniale, l'Afrique ne sortira pas de l'ornière.

 

Liadé Gnazégbo

 

Source: CIVOX.NET

LE PRESIDENT JOHN JERRY RAWLINGS DENONCE L'UTILISATION ABUSIVE DE L'ONU PAR LA FRANCE

 

JERRY RAWLINGS.jpg

 

Le président John Jerry Rawlings accuse et dénonce l'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu.

 

Dans un entretien au quotidien ghanéen Daily Graphics, l’ancien président Jerry J. Rawling n'a pas été tendre à l’égard de la politique de l'Occident en Afrique et dans le monde. Le leader ghanéen condamne fermement ce qu'il appelle "double standards" occidentaux. «Les pays occidentaux gardent leur système de valeurs intact chez eux et les appliquent différemment chez nous. Ceci affaiblit de plus en plus les pays sous-développés» affirme-t-il. Il critique le vernis infrastructurel souvent brandi comme preuve de bonne santé de certaines économies pro-occidentales. «Bien-sûr vous verrez des infrastructures dans certains pays d'Afrique, mais ces infrastructures ne sont pas le reflet de la justice socio-économique du pays. Tout au contraire, c'est le reflet d'une classe politique très corrompue qui tente de gouverner un peuple mécontent et désemparé» a-t-il accusé, avant d'ajouter que les Occidentaux exploitent justement ces failles pour mieux affaiblir plusieurs autres pays du Continent.

Selon Jerry J. Rawlings, les Occidentaux ont suffisamment déstabilisé des pays dont certains sont aujourd’hui en faillite. Ainsi, suite à l'effondrement de la guerre froide et du communisme, explique l’homme d’État, le tiers-monde avait espéré un visage plus humain du capitalisme. Mais «hélas, nous nous sommes retrouvés dans ce que le Pape Jean-Paul II avait appelé "la sauvagerie du capitalisme"».

Pour M. Rawlings, «La manière dont la guerre en Irak a été entreprise a fait le pire des dommages à la moralité humaine en ce sens que la force du droit a été remplacée par le droit de la force. Cette façon de faire a envoyé un mauvais message aux pays développés et un peu trop de gouvernements (notamment en Afrique) en ont profité. La corruption et l'impunité sont à l'ordre du jour» a t-il déploré.

L'ex-président ghanéen n'a pas été tendre envers la France en particulier. «Nous avons vu en Libye la manière dont ils ont évincé Kadhafi avant de l'abattre comme un chien». En cause, «L'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu avant de l'emprisonner à La Haye».

L’homme d'Etat ghanéen affirme que la manière arbitraire avec laquelle certaines superpuissances exercent leur autorité unilatérale ne peut plus perdurer parce que cela est préjudiciable à la stabilité mondiale. D’après lui, «La Russie et la Chine ont de bonnes chances de rééquilibrer les forces, ce qui ne plaît pas aux États-Unis qui voudraient tout faire pour conserver leur leadership». «Le monde aurait accepté volontiers le leadership unipolaire de l'Amérique si cette dernière n'était pas moralement défaillante» conclut M. Rawlings.

 

Sévérine Toche

jeudi, 30 janvier 2014

TRIPOLIGATE: FR3 RELANCE LE DOSSIER ET EVOQUE «LA VOIX ACCUSATRICE DE KADHAFI»!

 

TRIPOLIGATE.JPG

 

« Mon cher ami Sarkozy a un désordre mental... C'est moi qui l'ai fait arriver au pouvoir. Nous lui avons donné le financement nécessaire pour qu'il puisse gagner l'élection [...], Il est venu me voir, dans cette tente. Il nous a demandé un montant, on lui a donné le montant »

- Moammar Kadhafi.

Voilà le « Tripoligate » - que j’ai été le premier à dénommer comme cela pour faire le lien avec le « Karachigate » et le « Qatarigate », les trois dossiers parallèles - relancé !

Le magazine de la TV française FR3 «Pièces à conviction» s'apprête à diffuser un enregistrement audio de 2011, dans lequel le dirigeant libyen assure : « C'est nous qui avons fourni les fonds » à l'ancien président.

Intitulé « Kadhafi-Sarkozy : liaisons dangereuses » et basé sur une enquête du journaliste Pascal Henry, le reportage évoque les « liens politiques entre la France et la Libye de 2003 jusqu’au déclenchement de la guerre, le 19 mars 2011 ». Où la France bombarde l’armée libyenne. 2003 c’est le début de la « coexistence pacifique » entre la Jamahiriya et les Occidentaux. Et singulièrement le rapprochement de Tripoli avec Paris.

LES CASSEROLES DE SARKOZY

Impliqué dans le « Karachigate » (des rétrocommissions au Pakistan et à Taiwan) et le « Tripoligate » (le financement des campagnes de Sarkozy en 200-2007 par Kadhafi) – expression que j’ai été le premier à créer et à utiliser dès mars 2011 -, Sarkozy apparaît aussi dans un troisième dossier : le « Qatarigate », lié à la conquête financière de la France par la pétrodictature qatarie.

On se souvient des déclarations de SaIf Al-Islam Kadhafi en Mars 2011 dénonçant l’argent sale de Sarkozy venant de Libye. J’évoquais alors un futur « Tripoligate », s’inscrivant dans le dossier du fameux « Karachigate » … Nous y sommes arrivé rapidement. Et Tripoli apparaît précisément dans les procédures judiciaires concernant le premier de ces dossiers, ce « Karachigate » qui implique Balladur, ex premier ministre, et évidemment Sarkozy !

"LIBE" TITRE «FINANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE SARKOZY: LA VOIX ACCUSATRICE DE KADHAFI»…

France 3 diffuse demain mercredi soir 29 janvier 2014 dans son magazine « Pièces à conviction » un enregistrement audio d’une interview, en mars 2011, de Mouammar Kadhafi qui évoque un financement politique occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy.

A la question de savoir s’il se sent trahi, Kadhafi, qui avait été reçu en grande pompe à Paris en décembre 2007, répond par l’affirmative. Puis, selon une traduction réalisée par l’AFP, il poursuit : « Sarkozy a une déficience mentale… c’est grâce à moi qu’il est arrivé à la présidence », « C’est nous qui lui avons fourni les fonds qui lui ont permis de gagner », « Il est venu me voir alors qu’il était ministre de l’intérieur. Il m’a demandé un soutien financier.»

Pourquoi aurait-il financé Sarkozy ?

Fort logiquement, « Pour nous, en tant que Libyens, si le président de la République française gagne les élections grâce à nos fonds, c’est vraiment un gain », répond Kadhafi qui ne donne pas de montant ni de détail sur les modalités de versement.

Le juge Serge Tournaire enquête sur ces accusations de financement de la campagne présidentielle de 2007, allégations que Nicolas Sarkozy réfute.

Elles avaient été formulées par Saïf al-Islam, le fils aîné du Colonel, dans un entretien à Euronews, le 16 mars 2011 : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale.» Peu auparavant, l’agence officielle JANA avait promis de rendre public « un grave secret » sur la campagne de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs dignitaires ont évoqué un tel financement : l’ancien Premier ministre Baghdadi al Mahmoudi, lors d’une audience d’extradition à Tunis, ou encore l’interprète de Kadhafi, Moftah Missouri. Rencontrée la semaine dernière à Paris, Anoud al-Senoussi, fille de l’ancien chef des renseignements Abdallah al-Senoussi, a affirmé à l’AFP que son père, actuellement détenu en Libye, avait « disposé de preuves de ce financement ».

L’ORIGINE DE CET ENTRETIEN.

POURQUOI IL SORT MAINTENANT?

Le guide libyen avait accordé à l’époque pour le Figaro, l’entretien, que la journaliste Delphine Minoui avait ultérieurement retranscrit dans son ouvrage Tripoliwood – un livre violemment anti-Kadhafi plein de rumeurs et de médiamensonges sur la Jamahiriya (Grasset, 2011) -, et qui s'est déroulé le 16 mars 2011 (quatre jours seulement avant l'intervention militaire occidentale de mars 2011).

Les forces de Kadhafi avaient alors repris l’avantage militaire un mois après le début de l’insurrection transformée en guerre d’agression par l’OTAN et ses supplétifs du CNT. Paris avait officiellement reconnu quelques jours plus tôt l’opposition fantoche pro-occidentale.

La publication de cet interview de Kadhafi n’est évidemment pas neutre. Et l’émission de France 3 bénéficie d’une vaste couverture médiatique. Au moment où Sarkozy laisse entrevoir son retour en politique pour la prochaine présidentielle et sera un adversaire coriace pour le régime social-démocrate de Hollande en pleine tourmente et impopulaire, la relance du ‘Tripoligate’ tombe à pic. Et aussi bien Hollande que le ministre de l’intérieur Valls, candidats potentiels, ont tout intérêt à cette relance.

 

Luc MICHEL

___________________

# Sur ces dossiers sales de Sarkozy, lire :

Luc MICHEL, PCN-SPO / APRES LE « KARACHIGATE » ET LE « TRIPOLIGATE » : VOICI LE « QATARIGATE » DE SARKOZY !???

http://www.elac-committees.org/2012/05/22/pcn-spo-apres-le-%c2%ab-karachigate-%c2%bb-et-le-%c2%ab-tripoligate-%c2%bb-voici-le-%c2%ab-qatarigate-%c2%bb-de-sarkozy/

 

LUC MICHEL, FOCUS / TRIPOLIGATE : NOUVEAU TEMOIGNAGE D’UN PROCHE DE KADHAFI SUR LE FINANCEMENT DES CAMPAGNES DE SARKOZY PAR LA JAMAHIRIYA

http://www.elac-committees.org/2013/07/31/luc-michel-focus-tripoligate-nouveau-temoignage-dun-proche-de-kadhafi-sur-le-financement-des-campagnes-de-sarkozy-par-la-jamahiriya-2/

 

PCN-SPO, L’ARGENT SALE DE LA SARKOZYE : VOILA TRIPOLI QUI APPARAIT DANS LE « KARACHIGATE » !

http://www.elac-committees.org/2011/10/05/pcn-spo-l%e2%80%99argent-sale-de-la-sarkozye-voila-tripoli-qui-apparait-dans-le-%c2%ab-karachigate-%c2%bb/

 

et Luc MICHEL, PCN-SPO / GEOPOLITIQUE / QATARIGATE : LA GANGRENE QUI RONGE LA FRANCE !

http://www.elac-committees.org/2013/02/01/pcn-spo-geopolitique-qatarigate-la-gangrene-qui-ronge-la-france/

lundi, 27 janvier 2014

OBAMA ATTEND LES AFRICAINS A LA MAISON BLANCHE

 

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Qui aurait cru ? Barack Hussein Obama - cet homme hybride, président des Etats-Unis, dont les deux mandats resteront dans l’histoire africaine, le pire cauchemar que les Africains aient connu après le siècle de l’esclavage et la balkanisation de l’Afrique - vient de tendre la main aux chefs d’Etat africain pour un sommet qu’il compte encadrer à la Maison Blanche à l’honneur de « l’Afrique » en août 2014.

Cette annonce a fait l’effet d’un boom dans les présidences africaines mais elle a pris au dépourvu les présidences européennes qui croiaient avoir leur pleine souveraineté en Afrique et dans ces « contrées ».

Ce qui est très surprenant, c’est le fait que les présidences africaines sembleraient avoir gagné le pari sur l’Europe et que leur directoire de communication serait en harmonie avec la Maison Blanche. Elles ont accueilli favorablement l’annonce et seraient en train de se préparer pour cette rencontre ô combien historique pour chacun des présidents africains qui recevront l’invitation des mains des ambassadeurs américains auprès de leur pays respectifs pour se rendre à la Maison Blanche, poser auprès d’Obama.

À ce jour, aucun chef d’état africain ne s’est prononcé, encore moins l’Union africaine, pur objet de décor de l’Afrique depuis 2011, sur sa participation « éventuelle » ou « pas éventuelle ». Tous ont gobé l’annonce et dans leurs antichambres ils seraient en train de s’en enorgueillir…

Il apparaît que ce soit un rêve pour certains leaders africains qui n’avaient jusqu’ici eu le privilège que de poser auprès d’un Sarkozy (parti) ou d’un Hollande (partant) ou de Hu Jintao l’ex-président chinois. Cette fois, ce serait le comble pour ceux-là, d’avoir été à Pékin, Paris, et Washington et pourquoi ? Pour représenter leurs villages et contrées et non les « pays » africains du point de vue du Congrès de Berlin.

REVENONS AU PROBLEME DE FOND !

Dans le mode opératoire du prédateur qu’il est, le président des USA a appâté les dirigeants africains en faisant semblant de respecter la politique de l’UA (dont les décisions ont permis d’exclure la Guinée Bissau et l’Egypte… tout comme les sanctions de l’UA sur Madagascar ne sont pas encore levées malgré les élections qui viennent de s’achever). Il a aussi évité de fâcher Londres – son allié de tous temps - en refusant d’inviter Mugabe, l’homme africain qui a mis à nu les pratiques du Commonwealth et les désirs coloniaux britanniques d’obscurcir le Zimbabwe et les états-africains qui furent sous l’influence de la Grande Reine britannique.  

Au lieu que l’UA s’insurge sur une telle annonce qui crée des différences entre Africains, elle est restée muette comme elle en a l’habitude de le faire lorsque l’Afrique est malmenée par les fauves en quête de leur pitance en Afrique et ne s’agite que lorsque les conséquences sont ténébreuses pour les Africains.

Aucun Africain digne et respectueux de l’éthique africaine, n’accepterait une telle humiliation surtout lorsqu’il s’agit des leaders qui, en notre temps, sont les leaders de l’Afrique indépendante… je souligne ici la figure de Robert Mugabe. Qu’il ne soit pas sur la liste des invités, les autres chefs d’Etat africains devaient se poser des questions sur l’intention du prédateur noir de la Maison Blanche.

Pire encore, c’est le prédateur noir, l’homme qui, pour une première fois dans l’histoire de l’Afrique, a déversé plus de 8000 bombes à uranium appauvri et/ou enrichi sur le sol africain, c’est cet homme là, qui vient inviter les Africains pour soi-disant « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique ». L’homme noir que les grands fauves de l’Amérique ont utilisé pour assassiner plus de 200.000  Libyens et tuer l’homme le plus aimé de l’Afrique, le Colonel Kadhafi. Que les Africains acceptent de se rendre à la Maison Blanche, ils y vont pour leur village et contrée mais pas pour représenter l’Afrique.

QUEL ENSEIGNEMENT CES LEADERS AFRICAINS VEULENT LAISSER A LA POSTERITE ?

Ils ont perdu le sens de l’Honneur et le reste du monde en profite pour les traiter en moutons d’abattoir. Ils sont pitoyables dans leur être lorsque tous les ans ils se rendent en longue file indienne dans les capitales étrangères pour faire la salle de classe devant un professeur dont le nom est à tour de rôle : France, Chine, Inde, et aujourd’hui, USA.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ?

Est-ce que ces dirigeants africains ne peuvent pas abandonner leur souveraineté à l’UA africaine pour se rendre en duo, UA-USA, UA-CHINE, UA-FRANCE, UA-INDE, UA-ETC… pour résoudre les problèmes de l’Afrique. Quel est ce malheur qui frappe sur le front des Africains, qui, chaque fois doivent être la risée des autres nations ? J’ai du mal à être dans la peau de ces chefs d’état sans gloire ni honneur. 

ET LE PREDATEUR ?

Ce que les Africains n’ont pas compris, là où les Latino-Américains ont déjà pris leurs distances, c’est que ces leaders noirs ne connaissent pas les enjeux mondiaux de l’heure ou bien, ils le savent mais créent les conditions pour pourrir l’Afrique après eux.

Les USA n’ont jamais été un partenaire fiable. Ils ont toujours dupé, fait croire au paradis aux peuples du monde, mais ce paradis s’est toujours transformé en enfer de l’enfer. Les pays Latino-Américains en sont bien avertis, l’Iraq, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye, la Syrie actuelle en sont des illustrations éloquentes.

Au lieu que nos leaders s’en prennent à leur soif d’invitation du Noir de la Maison Blanche, qu’ils remuent leurs méninges et renvoient l’ascenseur à l’UA, en déclinant l’offre et en laissant à l’UA, le soin d’aller à la Maison Blanche parler d’une seule voix pour l’Afrique, si l’opportunité d’y être en vaut vraiment la peine suivant l’agenda africain de l’heure.

Aucune sécurité extérieure ne sera bénéfique pour l’Afrique sauf si ce sont les Africains eux-mêmes qui en conjuguent les efforts. La sécurité des USA pour l’Afrique c’est l’insécurité totale…

Il est clair que mon analyse ne changera jamais l’avis de ces chefs d’Etat avides de notoriété. Ils sont prêts à payer le prix du diamant pour se payer le luxe en se ruant à Washington poser auprès du noir-blanc africain de la Maison Blanche, qui est détesté lui-même aujourd’hui par les Noirs américains pour ses basses œuvres dans le monde et aux Etats-Unis même.

DE MEMOIRE: OBAMA, L’HAMEÇON DES PREDATEURS DE LA MAISON BLANCHE POUR LES AFRICAINS…            

Lorsque cet homme arrive au pouvoir lors de son premier mandat, il montre immédiatement un désintérêt pour l’Afrique. Lors de sa première visite africaine qu’il effectue au Ghana en juillet 2009, il tance les chefs d’Etat africain et les traite de despotes, des infréquentables… puis lors de son discours à Accra il sermonne nos « despotes » africains tel et si bien que l’on n’aurait pu imaginer que ce serait encore lui, cinq ans après, qui les convoquera à la Maison Blanche.

Bref, il revient aux leaders africains de soigner leurs images écornées en refusant de jouer le jeu des impérialistes. Ces gens viennent toujours avec des idées sincères… vous croyez que vous êtes en train de consommer un bon poisson mais à la grande surprise, vous trouvez une vipère vivante – somnolant dans votre plat prete à vous mordre l’œsophage.

Et pour paraphraser Louis Farrakhan, « Ne pensez pas qu'ils n’ont pas l'intention de vous voler ce qui se trouve sous votre pied ! Leurs actions ne sont pas à votre avantage, mais à leur avantage (...).  Leur jeu est toujours le même. Ils n'ont jamais changé, et ils ne changeront pas maintenant. Le serpent peut se débarrasser de la « vieille peau », mais la "nouvelle peau" qu’il revêt reste la même: il apparaît juste «frais» et «neuf». »

 

Gilbert NKAMTO (*)

 

Gilbert NKAMTO pour le CEREDD / Centre Européen de Recherches et d’Etudes sur la Démocratie Directe / 25 janvier2014

 

http://www.lucmichel.net/2014/01/25/ceredd-obama-attend-les-africains-a-la-maison-blanche/

 

MANIFESTATION CONTRE OBAMA EN AFRIQUE DU SUD.jpg

Photo : Manifestation contre Obama à Pretoria, Afrique du Sud, le 28 juin 2013.

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(*) www.gilbertrocheteau.blogspot.com

Correspondant du CEREDD à Tripoli, puis Yaoundé.

Secrétaire général du Conseil Panafricain du MDPR /

Mouvement démocratique panafricain pour la renaissance

www.mdpr.populus.ch 

Administrateur d’EODE Zone Afrique

www.eode.org

https://www.facebook.com/EODE.africa

dimanche, 19 janvier 2014

BURKINA FASO: POURQUOI OUATTARA ET SORO S'AGITENT-ILS? PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

SORO ET COMPAORE.gif

 

Le sentez-vous, ce vent de panique ? Depuis l’annonce, il y a une dizaine de jours, de la démission collective de plusieurs membres éminents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti du numéro un burkinabé Blaise Compaoré, les principales figures du régime Ouattara donnent l’impression que la seule idée de voir celui qui règne sur Ouagadougou depuis bientôt 27 ans à la retraite leur fait perdre tout sang-froid et les pousse à douter de leur propre avenir politique. Contre tout bon sens, Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara dit « Photocopie », ont accouru à Ouaga pour apporter, aux frais du contribuable ivoirien, un soutien dégoulinant de flagornerie au tombeur de Thomas Sankara dans ce qui relève pour le moins d’un conflit interne à une association privée (le CDP).

Quel est leur problème ? Pourquoi s’agitent-ils tant ?

D’une certaine manière, en accompagnant avec force mercenaires et kalachnikovs, la prise de pouvoir sanglante d’Alassane Ouattara, Blaise Compaoré signait son « arrêt de mort ». Ne s’en est-il  pas rendu compte ? Dès lors qu’à Abidjan, cœur battant de l’influence hexagonale en Afrique de l’Ouest, avait été « reconquis » et qu’un homme conforme aux vœux de Paris avait été installé au Palais présidentiel du Plateau, son « utilité systémique » diminuait singulièrement. Certes, le « beau Blaise » peut toujours servir dans le cadre de l’action difficilement déchiffrable de la France au Mali et dans le Sahel. Mais il est moins central dans le « dispositif » qu’à l’époque où le « grand méchant Gbagbo » était au pouvoir et qu’il fallait tout faire pour s’en débarrasser, avec l’aide irremplaçable du Burkina Faso…

Ouattara est au pouvoir à Abidjan, Soro est le numéro deux de l’Etat ivoirien, Gbagbo est à La Haye. Au fond, et très cyniquement, les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire ont-ils toujours besoin que le plus grand commun déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest soit aux affaires à Ouaga au point de remuer ciel et terre pour faire « entendre raison » à ses adversaires internes ? A première vue, cet excès de zèle est curieux. Plusieurs hypothèses sont toutefois à étudier.

- Et si Ouattara soutenait Compaoré comme la corde soutient le pendu ? C’est bien connu : « cohabiter » avec des personnes dont on se sent « redevable », surtout quand on a soif de « s’affirmer » peut s’avérer difficile. Le natif de Ziniaré « out », il semble évident que l’ancien élève du lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire prendrait, dans le « système françafricain », une importance plus grande. Cela dit, Ouattara peut aussi considérer qu’il continue de dépendre de Compaoré, notamment en ce qui concerne la livraison de matériel militaire hors embargo et/ou de mercenaires affectés – en tout cas jusqu’à un passé récent – à sa garde rapprochée.

- Et si c’était finalement Guillaume Soro qui avait le plus à gagner dans le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré, qu’il présente volontiers comme son « mentor » ? Il est probable que l’équilibre des relations pas toujours très claires entre Ouattara et son « dauphin constitutionnel » ait besoin de l’entregent du maître de Ouaga pour ne pas sombre dans la franche adversité. Il ne faut pas oublier que, même quand Ouattara semblait convaincu que Soro le « trahissait » avec Gbagbo, notamment à la faveur du « dialogue direct », Compaoré continuait de le « couver ». Soro espère aussi, sans doute, prendre le pouvoir dans un avenir proche avec l’aide du « mentor »…

- Et si, au-delà de ce type de calculs d’ordre politicien, c’était la perspective d’un grand déballage du misérable tas de secrets liés à la rébellion ivoirienne et aux nombreux crimes économiques qui l’ont émaillée qui angoissait les tenants du pouvoir à Abidjan ? Un fin observateur de la scène politique et diplomatique ouest-africaine, le militant de gauche Guillaume Tene Sop, note ainsi que Salif Diallo, ancienne âme damnée du régime désormais passé à la dissidence, avait dans sa gibecière de souvenirs de quoi faire trembler à la fois Ouaga et Abidjan. « Pourquoi Soro court-il à Ouaga et parle de « médiation » dès que Salif Diallo démissionne du CDP ? De quoi a-t-il peur ? Pour la petite histoire, la ‘Mercedes noire’ c’est Salif Diallo. Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, c’est Salif Diallo, le MPCI, c’est Salif Diallo, la prise de Bouaké c’est Salif Diallo, les armes du MPCI c’est Salif Diallo… Et si Salif Diallo se mettait à table ? Il faut protéger le citoyen Salif… Il est en danger », s’interrogeait-il récemment. Lessiveuse d’argent sale, abri de mercenaires et de comploteurs de tout poil, relais de la contrebande du cacao ivoirien, la capitale burkinabè a été témoin de maints épisodes cachés de l’histoire récente. En cas de divorce au CDP, les « docs » se retrouveront-ils sur la place publique ?

L’attitude de la France de François Hollande face au « cas Compaoré » sera en tout cas très intéressante à observer. Jouera-t-elle la carte d’un « Macky Sall » local, et du changement dans la continuité, en soutenant un homme du sérail pour mieux contrer la vraie opposition, notamment sankariste ? Affectera-t-elle la « non-ingérence » tout en appuyant discrètement un Compaoré qui sait se montrer utile ? Soutiendra-t-elle sans arrières-pensées le mouvement démocratique ? Qui vivra verra.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 04 janvier 2014

THIERRY MBEPGUE: «MEME PENDANT 10 ANS LA CPI NE TROUVERA AUCUNE PREUVE CONTRE GBAGBO LAURENT»

 

afrique,côte d'ivoire,cameroun,thierry mbepgue,«même pendant 10 ans,la cpi ne trouvera aucune preuve contre gbagbo laurent»,interview du président du malcon,thierry mbepgue,le quotidien ivoirien «le temps»,le 31 décembre 2013

Thierry Tafam Mbepgue ou l’audace de croire en une Afrique libre et digne!

 

Interview du président du Malcon, Thierry Mbepgue parut dans le quotidien ivoirien «Le Temps», le 31 décembre 2013.

Comment vous appréhendez la suite du procès de Gbagbo?

Ce qui se passe à la CPI est tout sauf un procès. L’arrestation et la déportation du président GBAGBO était la réalisation d’un scenario écrit par Nicolas Sarkozy qui a pris un coup dur dans son financement après sa chute en France. Voila pourquoi ce film dont l’acteur principal est celui que vous connaissez n’a pas pu sortir, pire actuellement aucun acteur ne veut figurer dans ce film. Donc sachez que pour nous combattants de la liberté, il y a plus procès à la CPI. La suite de ce cinéma que vous appelez procès sera marquée par la Libération du président GBAGBO Laurent car Il n’est pas admissible qu’on maintienne une personne en détention pendant trois années sous prétexte de trouver les preuves l’accablant. Par ailleurs que pourra apporter comme preuves crédibles un procureur qui est accusé d’avoir soudoyé les témoins pour que ceux-ci témoignent contre la défense dans l'affaire Jean Pierre Bemba ? Si elle a été capable de le faire pourquoi ne le reproduira t-elle pas dans l’affaire GBAGBO ?

Et pourtant, la Cpi vient d’accorder une autre rallonge à Bensouda.

Je vous avais dis que la cpi même pendant 10 années ne trouvera aucune preuve contre GBAGBO Laurent, elle pourra en fabriquer mais pas dire qu’il y a une preuve contre ce dernier. Ce que tu n’as pas pu trouver en 3 ans, ce n’est pas en 2 mois que tu pourras le trouver, soyons sérieux. La période accordée à Bensouda n’est rien d’autre qu’un moyen de donner un temps supplémentaire et une chance d’aboutissement aux négociations en cour actuellement à la Haye. Si même par extraordinaire on nous présentait aujourd’hui des soient distantes preuves contre GBAGBO, je ne douterai même pas un instant que celles-ci sont sorties d’un de ces laboratoires de chimie mensongère établi à travers le monde car on ne cherche pas pendant trois ans ce qui est sensé pas être caché. Mes parents me disaient toujours qu’on ne peut jamais cacher la lumière du soleil.

Selon vous, qu’est ce qui peut empêcher aujourd’hui la libération de Gbagbo.

Que ce soit sur le plan national ou international, je ne vois aucune objection à sa libération future. C’est d’ailleurs pour l’intérêt de tous qu’il faut qu’il soit libérer car on ne peut pas objectivement parler de réconciliation sans lui. Même en Afrique du sud, il a fallut que Mandela soit libre pour que l’étape de la réconciliation soit amorcer. Ceux qui œuvrent pour empêcher sa libération sont ceux là même qui ont beaucoup à se reprocher. C’est quand tu sais que tu as fais du tord à quelqu’un que tu as peur des représailles. Même Ouattara ne peut pas empêcher sa libération, mais plutôt faire en sorte qu’elle soit anticipée et je l’appelle au nom de la réconciliation de le faire.

Vous dites que Gbagbo incarne à la fois Lumumba et N’Nkrumah, alors que l’un des vôtres vient de réaliser un film documentaire dans lequel il traite Gbagbo de dictateur. Quel est votre point de vue?

(Rires). Aujourd’hui tout énergumène en manque de popularité n’a pour seule façon de faire parler de lui qu’en indexant le président GBAGBO Laurent, malheureusement les pro-gbagbo n’ont pas toujours compris cela et passe leur temps à relayer ces bêtises. Je n’ai pas été surpris d’apprendre que ce soit un camerounais qui se prête à ce genre de jeux car dans mon pays comme dans plusieurs autres d’ailleurs, il y a des brebis perdues qu’il faut rapidement retrouver et ramener dans l’enclos. Il existe aussi au Cameroun des traitres et des nègres de service qui sont toujours prêt à livrer, au moindre dollar proposé, leur propre frère. GBAGBO incarne Lumumba et N’Nkrumah et ce réalisateur incarne Mobutu SESE SEKO et tout ceux qui ont trahi nos vaillants leaders. Le Camerounais dont vous parlez s’appelle Saïd Mbombo Penda ex-journaliste à BBC. Comme lui, plusieurs affamés de nationalité Camerounaise ont été envoyés en mission pour saboter les différents acquis de la résistance anti-coloniale. Et la stratégie idéale ne pouvant être que s'attaquer au chef de file de cette lutte, ils ont trouvé bon de salir l'image de GBAGBO Laurent, le père de la résistance en Afrique. Après la sortie du pseudo film documentaire qui aurai été réalisé à plus de 108 millions, certains personnes ont tout simplement compris jusqu’à quel point le nègre peut aller pour vendre sa dignité. Qu’il soit au service du régime Ouattara ou au service de l’impérialisme occidentale, je voulais simplement qu’il sache que ce ne sont pas des campagnes de communications médiatiques bien rafistolées, ce ne sont pas les réalisations des films mensonges à hauteur de centaines de millions de FCFA par des journalistons égarés qui peuvent sauver un régime qui a du mal à convaincre un peuple. La seule chose qui peut sauver un tel régime c'est: « écouter le peuple » J’appelle sincèrement le gouvernement ivoirien à écouter le peuple.

Il affirme même que Gbagbo a trompé les camerounais.

Tu vois jusqu’où va sa mauvaise foi et sa malhonnêteté ! Le fait d’insinuer qu’une simple tête à pu tromper plus de 15 millions de têtes au Cameroun n’est-il pas une preuve que ce dernier ne sais même ce qu’il affirme ? Croyez vous que le peuple Camerounais soit aussi idiot jusqu’à ce point là ? En tout cas Il connait la vérité. Il sait que si on les a payés pour vendre leur dignité, c’est parce que l’esprit GBAGBO Laurent plane sur tout l’étendu du territoire Camerounais et la majorité des Camerounais ne rêvent que de lui ressembler.

Comment ces déclarations ont été accueillies dans l’ensemble au Cameroun?

Le vaillant peuple du Cameroun n’est pas dupe, nous savons tous comme on le dit chez nous au Cameroun: «qu’il se cherche». Il ne joue que le rôle pour lequel on l’a payé. Une fois ses millions encaissés il dira le contraire vous verrez plus tard. Par ailleurs sachez que tous ces Camerounais qui draguent les hommes politiques Ivoiriens sont répertoriés comme étant des Anti-BIYA qui rêvent d’importer les méthodes violentes au Cameroun. On les voit venir, nous les attendons de pied ferme.

Quel est aujourd’hui l’image du Président Gbagbo dans l’opinion camerounaise?

Il reste le leader incontestable que les Camerounais ont toujours rêvé, nous connaissons la vérité et ce n’est pas un documentaire dont nous connaissons la source de financement qui peut changer nos idées.

Connaissez-vous personnellement Mr Penda, l’auteur de ce film?

Demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent cet homme, 2 ne le connaitront pas mais demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent Charles ONANA, 9 te diront qu’ils le connaissent. Donc à toi de tirer ta conclusion.

Il dit qu’il n’a pas besoin de l’argent de Mr Ouattara…

(Rires). Il est trop riche et adore beaucoup Ouattara. Lorsque MOBUTU trahissait LUMUMBA a-t-il dit qu’il avait besoin de l’argent du roi belge ou le faisait pour les belges ?


Interview realisé par GUEHI Brence.

In le quotidien ivoirien "Le Temps" du mardi 31 décembre 2014.

mardi, 31 décembre 2013

AVIS AUX CHOMEURS FRANÇAIS: 400.000 EUROS PAR JOUR, COUT DE LA GUERRE AU MALI!

 

ARMEE FRANçAISE. CENTRAFRIQUE.jpg

 

Quel sera le coût de l'intervention au Mali ? Si l'on reprend ceux de l'agression libyenne présentés dans un rapport parlementaire français, en octobre 2012, l'utilisation de munitions a coûté 400 000 euros par jour à la seule France sarkozyste. Un missile AASM tiré d'un Rafale sur un objectif au sol revient par exemple à 4 000 euros.

Le surcoût d'entretien des matériels et avions a été estimé, lui, à 570 000 euros. La consommation de carburant a atteint, elle, 200 000 euros, et les indemnités journalières des militaires engagés dans l'opération 270 000 euros. Des chiffres qui devraient cependant être largement inférieurs au Mali, en raison de moyens nettement moins importants.

Concernant le coût des appareils engagés au Mali, l'heure de vol d'un Rafale était estimée à 27 000 euros en 2010 selon le rapport budgétaire du député PS Jean Launay d'octobre 2012. Le coût horaire d'un Mirage 2000 est « moins élevé » : 11 700 euros. Quant aux hélicoptères Gazelle utilisés par l'armée de terre, leur coût d'utilisation est de l'ordre de 2 600 euros.

Au final, selon un expert budgétaire consulté par BFM Business.com, l'intervention militaire française devrait coûter environ 400 000 euros par jour. A condition qu'elle ne se prolonge pas trop…

Pour la guerre impérialiste, la France, comme tous les pays de l’OTAN, trouve toujours les moyens. Pour le bien être social, par contre …

LM

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Luc MICHEL

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19:16 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Mali | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : afrique, france, mali, avis aux chômeurs français, 400.000 euros par jour, coût de la guerre au mali! | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 30 décembre 2013

«AUGMENTER NOTRE PRESENCE EN AFRIQUE»: LA LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE FRANÇAISE


FRANçAFRIQUE. PRIX HOUPHOUET-BOIGNY.jpg

 

Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

Le texte de la loi de programmation militaire présenté cet été par le ministre de la Défense vient d’être adopté par le Sénat et sera voté à l’Assemblée nationale début décembre. L’ingérence militaire reste au cœur du projet.

 
La nouvelle loi de programmation militaire, pour la période 2014-2019, doit traduire budgétairement les priorités mentionnées par le dernier Livre blanc sur la défense. Au nombre de ces dernières, l’engagement prévu de nos forces dans des « zones prioritaires pour la défense et la sécurité », notamment « le Sahel, de la Mauritanie à la Corne de l’Afrique, ainsi qu’une partie de l’Afrique subsaharienne ».
 
Préparer les prochaines interventions
 
Dans un contexte de restrictions budgétaires et de suppressions de postes, la capacité à rééditer une opération du même type que l’opération Serval au Mali est une préoccupation qui a d’ailleurs été exprimée à plusieurs reprises dans les débats préparant le vote de la loi. Et ce, alors même que les sénateurs reconnaissent (au vu des opérations menées en Irak, en Afghanistan, en Libye, et même au Mali « où l’instabilité s’est transportée comme dans un vase communiquant sur d’autres pays ») que «  le bilan des interventions depuis une quinzaine d’année n’est à l’évidence pas totalement positif  »…
 
Le budget de la défense est en fait un des rares à être « préservé en valeur en dépit de la conjoncture », selon les mots du ministre. La diminution des effectifs initiée précédemment est accentuée, mais les moyens ainsi dégagés sont utilisés pour «  donner la priorité à l’équipement  » et combler en partie les lacunes matérielles déplorées par les militaires au moment des précédentes interventions. Les opérations en Libye et au Mali n’auraient en effet pu être menées aussi rapidement sans l’aide américaine en matière de renseignements (drones), de ravitaillement en vol ou de transport logistique.
 
« Diminuer nos effectifs en augmentant notre présence »
 
Concernant les forces prépositionnées (en Afrique ou sur les territoires non décolonisés), une déflation d’un peu plus de mille hommes est annoncée. La base de Djibouti devrait par exemple être réduite à 600 hommes permanents contre 1400 aujourd’hui. Le reste de la répartition n’a pas été communiquée. Si cette évolution s’inscrit dans une histoire longue de la diminution du nombre de militaires français présents (officiellement) de manière permanente sur le sol africain depuis les indépendances, au vu des priorités réaffirmées par le dernier Livre blanc il est peu probable que le nombre de soldats présents diminue énormément, si l’on considère tous les dispositifs (coopération, opérations extérieures, forces spéciales ou clandestines), et pas seulement les forces prépositionnées officielles. Le ministre de la Défense a lui-même prévenu tout contresens qui interpréterait cette évolution comme un désengagement : « Il n’est pas question de renoncer à nos implantations en Afrique mais de les organiser différemment. Je n’ai pas tranché sur le périmètre, mais sur un chiffre global. »
 
Le même expliquait :
« Une réorganisation intelligente consiste à diminuer nos effectifs en augmentant notre présence ».
Cet apparent paradoxe renvoie sans doute aux modèles de réorganisation proposés par le dernier rapport des sénateurs Chevènement et Larcher, consacré aux enseignements de l’opération Serval. Ceux-ci, reprenant sans doute les suggestions des officiers auditionnés, plaidaient pour le maintien de deux « bases opérationnelles » (à Abidjan et Djibouti), de deux « pôles opérationnels de coopération » plus réduits (Dakar et Libreville) et pour le développement, à l’image de la stratégie américaine de quadrillage militaire, d’échelons plus légers, d’un « réseau de "nénuphars" autour de la zone de crise que constitue aujourd’hui la bande sahélosaharienne (reposant sur les dispositifs Épervier, Sabre et Serval) ».

Toujours plus de forces spéciales
 
Lors de l’examen du projet de loi, les sénateurs se sont par ailleurs étonnés de la baisse de la dotation prévisionnelle pour les opérations extérieures (450 millions contre 630 l’année passée) dans un contexte où les surcoûts finalement constatés n’ont cessé d’augmenter pour dépasser le milliard d’euros ces dernières années. En 2013, le surcoût dû aux Opex sera par exemple de 1.3 milliard d’euros, dont la moitié pour l’opération Serval. Ils se demandent notamment si cela ne correspond pas à la volonté de transformer « certaines opérations qui n’ont plus rien de temporaire » (Licorne en Côte d’Ivoire, Epervier au Tchad) en forces prépositionnées, ce qui, dans le cas de la Côte d’Ivoire constituerait un retour en arrière, la base de PortBouët ayant été fermée sous la présidence de Laurent Gbagbo.
 
Un autre scénario est également possible, compatible avec la stratégie des « nénuphars » : c’est celui du renforcement de la présence des forces spéciales. Celles-ci sont en effet les seules qui « verront leurs effectifs et leurs moyens de commandement renforcés, de même que leur capacité à se coordonner avec les services de renseignement. » Or les hommes du Commandement des Opérations Spéciales (COS), déjà massivement présents de manière non-officielle en Mauritanie, au Burkina, au Niger ou au Mali ne sont comptabilisés ni dans les troupes prépositionnées, ni dans les opérations extérieures…
 
Décidons d’abord, expliquons ensuite
 
L’opération Serval a décomplexé les militaires et les politiques, qui retrouvent soudainement toutes les vertus aux interventions unilatérales à l’ancienne. Sur le fond, cela s’est traduit dans le Livre blanc puis dans la loi de programmation militaire, par l’affirmation d’un impérialisme militaire en Afrique (pardon, du devoir de « défendre nos intérêts stratégiques » et « d’exercer nos responsabilités internationales ») parfaitement assumé.
 
La forme est également révélatrice de la nature des relations qui perdurent entre l’exécutif français et certains chefs d’états des anciennes colonies africaines. Ainsi, selon le journaliste Jean-Marc Tanguy, « jusqu’à maintenant, la communication sur les restructurations [des forces prépositionnées] a soigneusement évité d’évoquer les sites à l’étranger, du fait des implications diplomatiques. »
 
La présence des forces françaises en Afrique nous est pourtant toujours vendue comme le fruit d’une politique concertée avec les gouvernements africains, les bases militaires n’existant qu’à la demande et au service de ces derniers. Voilà pourtant comment Le Drian, auditionné par les sénateurs, présente la réorganisation des bases militaires en Afrique :
« j’en parlerai prochainement au président de la République. Ces décisions seront ensuite expliquées aux chefs d’États africains concernés. Le sommet France-Afrique relatif aux questions de sécurité qui se tiendra à la fin de l’année en sera l’épilogue. »
 
Une variation sur le thème « je décide, ils exécutent », comme disait l’autre. Étrangement, ce passage a disparu lors de la reproduction de l’audition de Le Drian dans le rapport des Sénateurs [1]…
 
 
[1] Ndr : on en trouve trace sur le site de l’ASAF (Association de Soutien à l’Armée Française) et sur ce document publié sur le site du ministère de la Défense


Raphaël Granvaud
 
 
Titre original: Loi de programmation militaire : quel avenir pour la présence militaire française en Afrique?

L'AFRIQUE PERD MANDELA MAIS GARDE DEBY, BIYA, SASSOU ET L'ARMEE FRANÇAISE


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Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

L’association Survie a déjà largement dénoncé la tenue à l’Élysée d’un Sommet pour la paix et la sécurité en Afrique organisé par une ex-puissance coloniale qui n’a jamais cessé son ingérence sur le continent, et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix.

 
Rien ne pouvait cependant laisser présager la tonalité de la cérémonie d’ouverture, marquée par l’annonce du décès de Nelson Mandela. L’hommage rendu à cette icône des résistances africaines par le Président français et des chefs d’Etat qui méprisent leur peuple laisse un goût particulièrement amer lorsque l’on s’intéresse aux autres symboles véhiculés par ce Sommet.

Alors que les émissions de télévision repassent en boucle des images de la libération du héros de la résistance contre l’apartheid, en 1990, il est intéressant de faire le compte du nombre de chefs d’États invités à l’Élysée par François Hollande qui étaient déjà au pouvoir à cette époque. C’est le cas de Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo. C’est en cette même année 1990 que le président tchadien a accédé au pouvoir par un coup d’État soutenu par la France. La comparaison entre ce qu’est devenue l’Afrique du Sud et la situation économique et humanitaire de ces pays du « pré-carré », malgré le « soutien  » supposé apporté par la France, paraît bien cruelle. Et sur le plan politique, combien de militants inspirés par le combat de Nelson Mandela sont passés eux-aussi par les prisons de ces dictatures ?

C’est pourtant avec le régime tchadien, notoirement violent et corrompu, mais aussi avec les régimes camerounais, gabonais et congolais que la France intervient aujourd’hui en Centrafrique pour contribuer à éteindre un feu qu’elle a largement contribué à alimenter.

Il est ainsi paradoxal de constater l’absence à ce sommet de Jacob Zuma, Président sud-africain, alors que l’événement a justement pour objet de plaider pour la constitution d’une force inter-africaine, qu’à ce jour seuls les sud-africains seraient susceptibles de conduire.

Jacob Zuma aurait décidé de ne pas se rendre à Paris pour dénoncer le rôle de gendarme de l’Afrique que s’est octroyé la France dans des conflits récents (Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique). Nelson Mandela n’avait pas participé non plus au Sommet France-Afrique du Louvre, en 1998, organisé sur le même thème de « la paix et de la sécurité », avec les résultats (ou plutôt l’absence de résultats) que l’on connaît.

Outre les 50 années d’ingérence militaire et de soutien à des dictatures, peut être que ces deux présidents ont gardé en mémoire les longues années de coopération économique et militaire de la France avec le régime de l’apartheid, quand malgré les sanctions internationales, les gouvernements français successifs, y compris sous la présidence socialiste de François Mitterrand, fournissaient en armes l’État qui maintenait Nelson Mandela dans ses geôles, en utilisant les ports gabonais ou comoriens. Le 29 mars 1988, c’est même avec la complicité supposée des services secrets français que la représentante de l’ANC Dulcie September était assassinée à Paris alors qu’elle enquêtait sur les ventes d’armes entre la France et l’Afrique du Sud.

Les Français et les Africains qui défendent la justice et la fraternité entre les peuples garderont longtemps en eux le souvenir de Nelson Mandela et de nombreux héros sacrifiés, souvent remplacés par des tyrans, en espérant pouvoir tourner rapidement la page sombre de la Françafrique et du néocolonialisme.


 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: LA FRANCE EN QUETE D'INFLUENCE


CENTRAFRIQUE. SOLDAT FRANçAIS ET ENFANTS.jpg

 

Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

La première semaine de décembre, le gouvernement français a lancé l’opération Sangaris, un renforcement de sa présence militaire en République centrafricaine. Officiellement, il est question de sauver la population menacée par un conflit interne. Divers événements qui ont eu lieu cette même semaine semblent cependant indiquer que les motivations de la France sont plus intéressées.

 
Après la Côte d’Ivoire en 2010, la Libye en 2011 et le Mali en 2012, c’est donc au tour de la Centrafrique d’être le théâtre d’une intervention militaire française sur le continent africain. Le président François Hollande a qualifié l’opération d’ « humanitaire », et a ajouté que « les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts ». Quoique…
  
Le mercredi 4 décembre, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères et collaborateur proche de Mitterrand entre 1981 et 1995, rend public un rapport commandé par le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, ayant comme titre Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Védrine note : « Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%. » 
  
Jeudi 5 décembre, la France obtient un consensus au Conseil de Sécurité de l’ONU autour de la résolution 2172 pour une nouvelle intervention dans la République centrafricaine (RCA). Cette résolution est un compromis assez compliqué. La France aurait voulu, comme au Mali, une mission de l’ONU qu’elle viendrait appuyer. Mais, vu la résistance de l’Union africaine, cette option d’envoi d’une mission des Nations unies sera rediscutée dans trois mois. Entretemps, l’Union africaine déploiera une mission de 6000 hommes (Misca) qui remplacera les Forces africaines de la Communauté d’Afrique centrale (Fomac), actuellement présentes avec 1400 soldats. La France, de son côté, a reçu l’aval du Conseil de sécurité pour lancer une opération parallèle au Misca. À cette fin, elle ajoutera 800 troupes aux 400 soldats français déjà présents actuellement dans le pays.
 
Courtiser les dirigeants

Vendredi 6 décembre, le Président Hollande annonce le début de l’opération Sangaris, et des renforts de l’armée française entrent en RCA. Cette décision du gouvernement socialiste reçoit l’appui de toute l’opposition de droite, Front National national. Le Parti de Gauche de Mélenchon appuie l’intervention, et le Parti communiste français est le seul à s’y opposer. Son député André Chassaigne déclarera à l’Assemblée nationale que « les interventions militaires françaises vont à contre-courant de l’histoire ». 
  
Le même vendredi 6 décembre, Hollande préside un sommet à l’Elysée où sont invités 53 gouvernements africains. 40 chefs d’États africains sont présents, et de nombreux autres pays envoient des représentants. Sont aussi présents Ban-Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et Herman Van Rompuy, président du Conseil européen. Lors de ce sommet, Hollande lance la proposition d’entraîner 20 000 soldats par an pour une force de l’Union africaine. Il expliquera plus tard dans une interview à RFI que, puisque « l’Union africaine est trop divisée », il faudrait entraîner ces troupes pour des forces d’interventions régionales. Il mentionne l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. 
  
La France veut ainsi affaiblir l’Union africaine et renforcer des structures régionales plus contrôlables. Ces événements cadrent donc bien avec une stratégie visant à retrouver une hégémonie économique dans la région, aujourd’hui menacée par la montée de l’influence de pays émergents comme la Chine et l’Inde . Pas exactement une « intervention sans intérêts », donc…

L’armée belge aide l’intervention militaire française en Afrique

Le gouvernement belge assiste la France dans son intervention militaire en République centrafricaine. Pourtant, cette intervention s’inscrit dans une longue histoire d’ingérence.Deux avions de transport vont aider les troupes françaises dans l’opération Sangaris.

Personne ne niera que nous devons tout faire pour sauver des vies et faire cesser l’anarchie et la violence en République centrafricaine. Mais pourquoi la France particulièrement doit-elle mener une deuxième opération militaire à côté de celle de l’Union africaine ? Et pourquoi la Belgique doit-elle y appuyer la France ?
 
La France est l’ancienne puissance coloniale qui, depuis l’indépendance, en 1959, contrôle la situation politique et militaire en République centrafricaine, et il y a des troupes stationnées en permanence. Si, aujourd’hui, la République centrafricaine est complètement K.O. et que l’anarchie y règne, c’est en grande partie la France qui en est responsable.
 
Le premier président nationaliste de la République centrafricaine, Barthélemy Boganda, est décédé dans des circonstances suspectes lors d’un accident d’avion, au début 1959, trois mois après son investiture. Depuis, la plupartdes présidents centrafricains sont venus au pouvoir grâce à des coups d’État. Tous s’appuyaient étroitement sur la France : David Dacko (1959-1965), Bokassa (1965-1979), David Dacko bis (1979-1981), Kolingba (1981-1993),Patassé (1993-2003) et Bozizé (2003-2013). Seul Patassé a été élu en 1993 mais, durant sa présidence, la France a lancé pas moins de quatre opérations militaires.
 
Sur le plan économique aussi, le pays n’a jamais cessé de dépendre de la France. Ainsi, la société d’énergie française Areva décidait en 2010 de reporter l’exploitation de la mine d’uranium de Bakouma jusqu’au moment où le prix de l’uranium allait augmenter. De même, la politique monétaire du pays est définie à Paris par la Banque de France, la banque nationale française, par le système du franc CFA, l’unité monétaire commune des pays de l’Afrique occidentale francophone.


Tony Busselen

 

01:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Centrafrique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, france, centrafrique, république centrafricaine, la france en quête d’influence | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 29 décembre 2013

PAIX ET SECURITE EN AFRIQUE: LA FRANCE FAIT PARTIE DU PROBLEME, PAS DE LA SOLUTION



Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

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Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

Paris, le 5 Décembre 2013 – Réunis à l’occasion d’une conférence, les associations Survie et Sortir du Colonialisme, et des militants malien et tchadien ont dénoncé l’organisation par la France du Sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique à Paris les 6-7 décembre, au moment même du déclenchement d’une opération militaire en Centrafrique.

 
 
Il s’agit du premier Sommet France-Afrique organisé sous la présidence de François Hollande, qui a convoqué lui-même ce sommet, choisi son thème et décidé de l’organiser à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée. Difficile de voir les signes d’une quelconque rupture dans la politique africaine de la France, alors que dans la tradition des Sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents, y compris les plus infréquentables : le tchadien Idriss Déby (au pouvoir depuis 1990), Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville, depuis 1979) ou encore Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987).

A l’occasion de cette conférence de presse, Fabrice Tarrit, président de Survie a déclaré :
« En 1998, lors d’un précédent sommet France-Afrique sur la sécurité, la France avait annoncé vouloir changer de pratiques en matière de coopération militaire. 15 ans plus tard, son armée est toujours bien positionnée en Afrique et la plupart des dictateurs de l’époque sont toujours en place. La France poursuit ses interventions militaires sans avoir dressé aucun bilan de ces opérations ni de leur impact réel sur la paix et la démocratie dans les pays concernés. Ce bilan serait, il est vrai, accablant »

Le porte-parole de Sortir du Colonialisme, Patrick Farbiaz, a rappelé que ce sommet intervient pendant la négociation d’une loi de programmation militaire qui, dans le prolongement du Livre Blanc sur la Défense, prévoit le renforcement de la capacité d’intervention des forces françaises sur le continent. « On assiste à une relégitimation de l’ingérence militaire française qui s’appuie sur une propagande autour d’opérations prétendument menées au nom des droits de l’Homme, mais qui servent en vérité les intérêts français », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le positionnement en première ligne de la France dans le conflit en Centrafrique, le Président de Survie a rappelé que la France avait une responsabilité historique dans l’état de déliquescence de la Centrafrique. « Elle a installé ou destitué tous les chefs d’Etat que ce pays a compté. Elle a accueilli le dictateur Bozizé à l’Elysée en 2007 puis envoyé des troupes combattre à ses côtés à Birao en 2007 et 2008, au prix de nombreuses exactions. En 2010, malgré la déshérence de ce pays, de ses institutions et de son armée, elle a adopté un partenariat de Défense avec la Centrafrique. On ne peut pas prétendre être la solution quand on fait à ce point partie du problème. » Le représentant de Survie a également pointé les zones d’ombre entourant le « mandat » onusien de la France en Centrafrique. «  Il est regrettable de voir la France écrire elle-même une résolution à l‘ONU l’autorisant à intervenir militairement sous son propre uniforme et son propre commandement et déployer des troupes, sans attendre le vote de cette résolution, en utilisant des pays voisins comme le Cameroun comme base arrière. Les troupes africaines que la France est censée appuyer dans le cadre de la MISCA ont par ailleurs toutes en commun d’être issues d’une autre dictature du pré-carré (Congo-B ; Tchad, Gabon, Cameroun). »

Le positionnement du Tchad d’Idriss Déby dans le conflit en Centrafrique a été souligné par le bloggeur tchadien Makaila Nguebla. « Il a amené au pouvoir en 2003 le président François Bozizé et l’a destitué en 2013 en montant la rébellion de la Séléka. Des soldats tchadiens participent la force africaine en Centrafrique. Une mascarade que Hollande est en train de cautionner ».

Le cas du Mali illustre également cette nécessité d’aborder avec la plus grande méfiance les interventions militaires de la France. Selon le Pr Issa N’Diaye du Forum Civique Mali, « l’intervention militaire au Mali, initialement applaudie par la majorité des maliens, est de plus en plus remise en cause. Le rôle de la France et de la communauté internationale qui soustraient la ville de Kidal au territoire malien et imposent au Mali le MNLA comme interlocuteur unique dans les négociations sur le Nord Mali au détriment d’un processus incluant l’ensemble des communautés de la région, ainsi que le maintien d’une situation d’insécurité, sont en train de faire changer d’avis la population malienne. »

Par ailleurs, pour Issa N’Diaye «  Le processus électoral imposé par la France sans consultation des Maliens eux-mêmes est à ce jour loin d’avoir apporté des solutions satisfaisantes en matière de renouvellement de la classe politique. »

Les associations ont également relevé les enjeux géostratégiques et économiques du Sommet France-Afrique, qui a été précédé par un événement organisé à Bercy par le Ministère des Finances et le MEDEF, ayant rassemblé 600 chefs d’entreprise. Des responsables politiques français y ont clairement exprimé le souhait de voir la France conquérir de nouveaux marchés en Afrique.

Malgré les promesses de changement, ce sommet, qui met en première ligne l’Elysée, l’Etat-Major et les entreprises, consolide ainsi clairement les piliers politique, militaire et économique de la Françafrique.


 
 

DU COURAGE POUR L'EMERGENCE A L'HORIZON 2020!

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La Côte d’Ivoire, 3ème pays le plus dangereux au monde après le Honduras et le Salvador


L’information a été livrée hie, par la radio française, RFI. La Côte d’Ivoire est classée 3ème des pays les plus violents et dangereux au monde après le Honduras et le Salvador. Ce classement émane des journaux vénézuéliens et de RFI. Le Venezuela est, quant à lui, au cinquième rang mondial des pays les plus dangereux «juste derrière le Honduras, le Salvador, la Côte d’Ivoire et la Jamaïque». Pour l’Institute for Economics and Peace (Institut pour l’économie et la paix [Iep]), cette position de la Côte d’Ivoire en 2013 n’est pas tout à fait fausse. Selon le classement rendu public en juin dernier, la Côte d’Ivoire occupe le 151ème rang sur 162 pays. Il faut comprendre que le classement de l’Iep part du pays le plus paisible au pays le moins paisible au monde. Ainsi, à côté de la Côte d’Ivoire, il y a le Yémen (152ème), la Centrafrique (153ème) et l’Afghanistan (162ème) qui occupe la dernière place. Le peloton de tête, c’est-à-dire les pays les plus paisibles, est dominé par l’Island (1er ), le Danemark (2ème), la Nouvelle Zélande (3ème), l’Autriche (4ème) et la Suisse (5ème).

La Côte d’Ivoire, un pays dangereux ? On peut répondre par l’affirmative. Et cela au moment où les ministres de l’Intérieur et de la Défense d’Alassane Dramane Ouattara crient partout que la criminalité a été complètement réduite. Ce que démentent RFI et le classement d’Iep.

L’Iep est une organisation de recherche internationale qui se donne pour mission de faire en sorte que l’opinion publique mondiale conçoive la paix comme une mesure positive, accessible et concrète du bien-être humain et du progrès. Elle évalue, de ce fait, les conflits internationaux et nationaux actuels, les niveaux de sûreté et de sécurité dans la société, ainsi que la militarisation, au sein de 162 pays, en tenant compte de 22 indicateurs distincts. C’est, par exemple, le taux d’homicide, le niveau de militarisation, la population carcérale d’un pays donné.

 

Coulibaly Zié Oumar, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: LE CRI D'ABIDJAN.NET

mercredi, 25 décembre 2013

PAUVRE PENDA! (1ère et 2ème PARTIES)

SAÏD PENDA 2.jpg

 

PREMIERE PARTIE

Said Penda. C’est le nom du réalisateur du triste film-documentaire, pompeusement titré: «Laurent Gbagbo: despote ou anticolonialiste… le verbe et le sang».  C’est un journaliste de nationalité camerounaise, comme le sont aussi Théophile Kouamouo (Fondateur du quotidien bleu, « Le Nouveau Courrier ») ou encore Charles Onana (auteur de l’œuvre : « Côte d’Ivoire le coup d’Etat »).

Encore un camerounais qui vient se jeter à corps perdu dans la mare de la crise socio-politique en Côte d’Ivoire, nous nous sommes dit. Sauf que, contrairement à ses concitoyens, il entend prendre le contre-pied du complot occidental contre la Côte d’Ivoire et Laurent Gbagbo. Sa réalisation, comme l’indique le périodique français « La Lettre du Continent », dans sa parution N° 670 du 13 novembre 2013, est un véritable «documentaire à charge» contre Laurent Gbagbo, actuellement incarcéré à la CPI. Said Penda vient donc s’ajouter – pour ainsi dire - à la longue liste des ennemis de Laurent Gbagbo et sur laquelle figurent déjà Alassane Ouattara et ses partisans, la France néocolonialiste et ses alliés, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda… Bref, tous ceux qui, tant bien que mal, manœuvrent pour que Laurent Gbagbo passe le restant de ses jours, derrière les barreaux.

Peut-être s’agit-il pour ce réalisateur, de donner son point de vue sur l’homme, Laurent Gbagbo. C’est son droit et nous respectons ce droit. A la question : qu’est ce qui l’a poussé à s’intéresser à la vie de Laurent Gbagbo ? Said Penda répond invariablement : c’est parce que très peu de personnes connaissent en réalité Laurent Gbagbo ». Lui-même, avoue le connaitre « plus ou moins bien ». Mais dit avoir donné la parole – comme on peut le voir dans la bande annonce du film - à des personnes qui ont côtoyées ce dernier. D’ailleurs pourquoi Said Penda ne tenterait-il pas de surfer sur la popularité de Laurent Gbagbo, histoire de sortir quelque peu de l’anonymat et de se faire, au passage, un peu de sous ? C’est en tout cas - à première vue - plausible.

Jusqu’ici, rien de sérieux. Mais là où, nous nous sommes sentis interpellés, c’est quand le nommé Said Penda présente son œuvre comme « une vérité irréfutable » ; et lorsque, dans la même foulée, il s’autoproclame « crédible », sous prétexte d’avoir « travaillé presque deux décennies » à la BBC, une chaine de radio qu’il présente comme « crédible » pour s’être toujours - selon ses dires - « basée sur les faits ». Ce qui nous a poussés à nous intéresser de près à cet obscur réalisateur qui prétend détenir « la vérité » sur Laurent Gbagbo et qui, pour des besoins publicitaires, arpente en ce moment, plateaux de télé et de radios.

D’abord, sur la radio BBC et la chaine de télé Africa 24, Said Penda utilise un ton mesuré. Il se veut dans le rôle du journaliste impartial et objectif. Lorsque le journaliste Jean-Célestin Edjangué de Africa 24 lui demande son avis sur la question soulevée par le titre de son documentaire, à savoir si pour lui, Gbagbo est  un panafricaniste ou un despote, il déclare: « (…) Ce n’est pas mon rôle à moi, en tant que journaliste-investigateur de répondre à cette question. Mais cette question a été répondue par des personnes qui l’ont très bien connues (…)». Mais ensuite, une fois, sur le plateau de la radio Africa N°1, au cours de l’émission « Le grand débat » présentée par un certain Francis Laloupo, dont l’hostilité à l’égard Laurent Gbagbo, n’est plus à démontrer, Said Penda, en compagnie du journaliste-barbouze français Jean-Pau Ney, laisse tomber son masque : « Je pense que Laurent Gbagbo, c’était en réalité, un illusionniste, et un prestidigitateur. Honnêtement. Tout ce qu’on avait l’impression de voir était faux ». Puis, après avoir dépeint Laurent Gbagbo comme un faux anticolonialiste, il poursuit : « Ce que j’aimerais dire à tous les compatriotes africains, c’est qu’il faut sortir de l’anticolonialisme dogmatique». Vous avez bien lu. Il reprend ici à son compte, ce qu’il appelle l’«anticolonialisme dogmatique», ce concept boiteux, qui n’est autre que celui prôné par un certain Franklin Nyamsi. Lui aussi camerounais, idéologue et rédacteur connu des discours de l’ex-chef de la rébellion Soro Guillaume, mais aussi  et surtout défenseur indéfectible du régime d’Alassane Ouattara. Enfin, plus rien n’arrête Said Penda. Il se déchaîne. Allant jusqu’à comparer Gbagbo à Hitler, le chef nazi. Arguant que bien que ce dernier ait été très populaire, il «était quelqu’un de mauvais et de monstrueux ». Transporté, il distille son venin: « Laurent Gbagbo nous a entrainé dans son piège. (…) Tous les partisans de Laurent Gbagbo me font pitié. En réalité, les partisans de Laurent Gbagbo comptent parmi ses premières victimes. Parce que c’est à eux qu’il a menti. C’est eux qu’il a trompé».

Que penser vis-à-vis de tels propos qui, visiblement transpirent la haine contre Laurent Gbagbo ? Que dire face à ce qui s’avère être, sans conteste, une grave insulte à l’intelligence de tous ceux qui ont soutenu et  qui continuent de soutenir Laurent Gbagbo ? Mais aussi et surtout un refus d’admettre qu’entre l’époque d’Hitler et ce 21ème siècle, l’humanité a réalisé des progrès significatifs en matière de changements de mentalités et des Droits de l’Homme? Quel est finalement, le véritable mobile de cet individu, Said Penda ?

SECONDE PARTIE

Said Penda, auteur du film-documentaire, sorti en octobre dernier : « Laurent Gbagbo, despote ou anticolonialiste… le verbe et le sang », aurait pu simplement intituler son film-documentaire : « Laurent Gbagbo, le despote sanguinaire » (car c’est en réalité, ce qu’il n’a pas eu le courage de faire), que cela n’aurait étonné personne. Mais qu’en piètre réalisateur, il puisse se cacher derrière des paravents franchement contestables, pour finalement laisser tomber le masque, est tout à fait pitoyable.

Certes, nous n’allons pas le suivre dans ses agitations. Mais sans hystérie aucune, interrogeons-nous: Said Penda n’aurait-il pu pas aller jusqu’au bout de ce qu’il avance comme « faits » ou « vérité irréfutable » ? Pourquoi s’est-il volontairement et visiblement imposé des limites à ne pas franchir sur  le cas Laurent Gbagbo ?

D’entrée de jeu, Said Penda lui-même reconnait : «Laurent Gbagbo est très populaire au Cameroun (…) Pour nous journalistes africains qui avions suivis le parcours de Laurent Gbagbo dans l’opposition, il était une sorte de modèle (…) Laurent Gbagbo était pour  nous à l’époque, le genre de président que nous rêvions pour chacun de nos pays  (…) s’était pour nous un espoir énorme de voir Laurent Gbagbo arriver au pouvoir ». Alors, à quel moment Laurent Gbagbo serait-il devenu le « despote sanguinaire » que tente de nous démontrer Penda ? Allons au-delà de ses allégations. Il faut que Laurent Gbagbo soit replacé dans son véritable contexte.

L’an 2000. Laurent Gbagbo arrive au pouvoir avec un ambitieux programme de société qui dérangeait certainement certains. En 2002, en à peine deux ans d’exercice du pouvoir, il est victime d’un coup d’Etat manqué. Par pour le reste de sa présence au pouvoir, soit en 8 ans, il sera confronté à une rébellion armée qui occupe de fait et régente toute la partie nord de la Côte d’Ivoire. Volonté de l’empêcher de mettre en œuvre son ambitieux programme de société pour la Côte d’Ivoire ? Désir de mettre fin à une supposée  exclusion dont seraient victimes les ressortissants du nord? Toujours est-il qu’il fit face à une rébellion armée, dans une Côte d’Ivoire qui continue de susciter des convoitises de la part des puissances occidentales. Il affiche clairement son intransigeance à céder sans discernement à ce qui s’avère être le système « françafrique ». Un général français, Renaud de Malaussene, adjoint du général Poncet, à l’époque à la tête de la force Licorne, revèle au sujet de l’intervention française en Côte d’Ivoire en 2004, qu’il s’agissait « d’un projet politique qui visait à mettre Ouattara en place et dégommer Gbagbo », puis il ajoute: « La mouvance Gbagbo est tombée dans un piège ». 

On se demande : comment et pourquoi Gbagbo dérangeait-il, à ce qui semble, les intérêts français au point d’être dans le viseur de l’armée française ? Qui est en réalité le soutien et le véritable financier de la rébellion armée survenue en 2002 ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que la Côte d’Ivoire, n’est pas un cas isolé. Elle fait partie des victimes d’un vaste programme entrepris par les puissances occidentales dans le but de remodeler le monde en fonction de la nouvelle guerre économique mondiale, comme nous le revèle, une fois de plus les médias russes. Il consiste, pour les puissances occidentales telles que la France, de s’assurer le contrôle des ressources naturelles des pays faibles, et s’il le faut, pour ce faire, déstabiliser les régimes jugés trop récalcitrants et dont les chefs d’Etat n’ont d’autre choix que d’obtempérer au risque de se voir exposer à des rebellions. Des rebellions qui trouvent « miraculeusement » les financements nécessaires. Laurent Gbagbo, tout comme ses paires que sont Patrice Lumumba ou encore Thomas Sankara, s’est malheureusement retrouvé au centre de cette guerre à l’issue de laquelle, il a été défait militairement. Au cours de son mandat, il s’est longtemps battu contre toutes sortes de tentatives de déstabilisation de son régime et de son pays. Est-ce pour avoir lutté contre tout cela qu’il est aujourd’hui mis au banc des accusés et traité par des individus comme Said Penda, de despote ? Sans doute.

Ce qu’il ne faut surtout pas enfin négliger, c’est rôle et la puissance des médias. Les médias habilement manipulés, sont capables, en l’espace d’un instant, d’avilir l’image d’une personnalité ou d’en faire un héros. Les médias servent aujourd’hui d’armes de destruction massives aux mains de ceux qui ont les moyens les mettre en œuvre et de les manipuler à leur guise. C’est ce que certains observateurs ont appelés la « médiacratie ». C’est un pouvoir où les médias nous imposent ce qu’ils veulent et qui  ne vont pas jusqu’au bout de qu’ils nous montrent ou nous disent. La BBC, radio sous la couverture de laquelle se cache aujourd’hui Said Penda, échappe-t-elle à cette règle ? Pas du tout.

Cela, Said Penda le sait pertinemment. Et, c’est de cette arme qu’il use à travers son film documentaire à charge contre Laurent Gbagbo, au point de prendre, tous ceux qui soutiennent ce dernier, pour des idiots.

De ce qui précède, l’on comprend et l’on saisit enfin et mieux les motivations du sieur Penda. Pas besoin alors de perdre son temps à vouloir regarder ce ramassis de montages soigneusement ficelés, appelé film-documentaire, dans le seul but d’enfoncer d’avantage Laurent Gbagbo, vue sa trame viscéralement haineuse et propagandiste à souhait. Même pour Dame Fatou Bensouda, désespérément à la recherche de preuves contre  Laurent Gbagbo, il ne servirait absolument à rien. Encore moins pour la Côte d’Ivoire, en quête d’unité et de réconciliation.

Pauvre Penda, qui s’est donné tant de peine (12 mois de tournage et 108 millions) pour finalement parvenir au résultat contraire : Laurent Gbagbo demeure et demeurera le héros contemporain de la lutte contre l’asservissement de l’Afrique.


Marc Micael

FILM-DOCUMENTAIRE DU CAMEROUNAIS SAÏD PENDA: 108 MILLIONS POUR MENTIR SUR GBAGBO


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Que ne ferait-on pas pour avoir la tête de Laurent Gbagbo? Un journaliste camerounais s’est prêté au jeu de la manipulation avec film mensonger pour gagner de l’argent.


Face aux journalistes ivoiriens, samedi dernier, à la Maison de la presse d’Abidjan-Plateau, Saïd MBombo Penda, ex-journaliste à la radio britannique, BBC, et à l’agence de presse américaine, Associated Press, a révélé que son film-documentaire sur Laurent Gbagbo a coûté 108 millions de Fcfa pour sa réalisation. Cet élément de 2 x 52 minutes intitulé « Laurent Gbagbo: despote ou anticolonialiste: le verbe et le sang», a été produit par une obscure structure dénommée Sentinelles productions.

Qui est derrière cette structure? Où Saïd Penda a-t-il trouvé ces 108 millions? Pourquoi une si forte somme pour produire un film-documentaire, qui de l’avis de tous les journalistes sérieux qui l’ont visionné, relève plus d’un condensé de rumeurs que d’une enquête crédible?

Saïd Penda, lui- même, dévoile les vraies raisons de son pamphlet filmé sur Laurent Gbagbo. Il l’a dit dans une interview accordée, au quotidien Le Patriote, proche d’Alassane Dramane Ouattara: «Je ne comprends pas moi aussi pourquoi la Cpi aurait du mal à trouver des preuves concrètes de la responsabilité de Laurent Gbagbo dans ce que qui s’est passé, alors qu’un travail d’investigation d’un journaliste comme le mien a  pu trouver, preuves à l’appui, que Laurent Gbagbo a donné des ordres qui donnent froid dans le dos à des hommes pour qu’ils matent toute tentative d’opposition à son pouvoir».

L’aveu est ainsi clair. Le sieur Saïd Penda a été financé par des individus, qui pour des raisons qui leur sont propres, ne veulent pas que le Président Gbagbo soit libéré de la Cpi même si de toute évidence, il est innocent, et qu’il n’y a aucune preuve accablante contre lui.

Ce film-documentaire est donc une tentative maladroite pour influencer les juges de la Cpi afin d’obtenir la condamnation à tout prix de Laurent Gbagbo. Il vise également à ternir l’image du président Gbagbo au moment où, en Afrique comme en Europe, les Africains battent le pavé et occupent les médias pour exiger sa libération. Le journaliste camerounais Saïd MBombo Penda est donc le sofa  engagé pour le sale boulot. Pour tenter de donner du crédit à cette manipulation de l’opinion. Son statut d’ancien journaliste de la presse internationale est brandi ainsi que sa nationalité camerounaise. Nul n’ignore que le vaillant peuple camerounais figure en bonne place parmi les Africains qui soutiennent Laurent Gbagbo dans cette injustice qu’il subit.

Le pamphlet de Saïd Penda vise également à saboter l’image de Laurent Gbagbo au sein de la société camerounaise qui le soutient. Puisque pour les millions de camerounais, Gbagbo est une victime de l’impérialisme occidentale comme le fut le nationaliste camerounais Ruben Um Nyobe.

Saïd Penda a donc bénéficié de 108 millions de Fcfa pour pondre des contre-vérités sur Laurent Gbagbo. Une mission vouée à l’échec comme celle de l’obscur sociologue belge Benoît Scheuer à travers le film-documentaire «Côte d’Ivoire: poudrière identitaire», sorti en 2001. Un ramassis de faux clichés qui visait, a-t-on découvert plus tard, à justifier la rébellion armée pro-Ouattara de septembre 2002.


Didier Depry, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 24 Décembre 2013.

QUAND LES PYROMANES JOUENT AUX POMPIERS - LIBYE: LE CONSEIL DE SECURITE SE PENCHE SUR LE DEPLOIEMENT D'UNE UNITE SPECIALE DE L'ONU

 

 

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Le Conseil de sécurité de l’ONU, tous membres confondus pour une fois, porte une lourde responsabilité dans la destruction de la Jamahiriya et dans le chaos qui s’est installé de ce fait en Libye. Tous membres confondus, car la Russie de Medvedev et la Chine, ainsi que les non-alignés et les brics (membres non permanents), pour s’être abstenus, ont permis et légitimé l’agression des USA et de l’OTAN contre la Libye de Kadhafi.

Presque trois ans après cette agression, voilà le Conseil de sécurité de l'ONU en train d'évaluer la possibilité du déploiement d'une unité spéciale de 235 gardes chargés de protéger la mission de l'ONU à Tripoli, la capitale libyenne, selon un communiqué de la Mission d'appui de l'ONU en Libye (MANUL) obtenu ce mercredi 18 déc. 2013 par Xinhua. Lors d'une conférence de presse tenue mardi à Tripoli, Tarek Mitri, le représentant spécial de l'ONU en Libye et chef de la MANUL, a annoncé que le type d'unité et le nombre d'hommes déployés dans l'unité étaient actuellement en cours d'évaluation. Il a également expliqué que « la mesure était en train d'être prise pour apaiser les craintes exprimées par certains groupes en Libye » (sic).

Lors de la conférence de presse, Mitri a également « salué les institutions libyennes pour leur dévouement envers le développement démocratique du pays » (resic). Il a indiqué « qu'un certain nombre de membres du Conseil de sécurité estimaient qu'en transformant la crise politique actuelle et l'instabilité en une opportunité permettrait à la Libye d'avancer dans sa transition démocratique » (resic). Précisant qu’il s’agissait de : « construction de l'Etat, établissement de l'Etat de droit, stabilisation de la situation sécuritaire, promotion des droits de l'homme et amélioration de la qualité de vie ...

Un mensonge grossier quand on se souvient de la prospère et sûre Libye de Kadhafi, de son haut niveau de vie (le premier en Afrique), de son enseignement modèle, de son système social et de son expérience de Démocratie directe. C’est l’agression occidentale qui a détruit tout cela, avec la complicité directe de l’ONU !

Mitri a encore ajouté que « d'autres membres avaient relevé les risques associés à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, ainsi que l'impact de la prolifération des armes en Libye, et ont donc appelé à des actions concrètes et urgentes pour y répondre ». « Plus de deux ans après la fin du soulèvement de 2011, les autorités libyennes peinent toujours à établir un Etat de droit et à imposer leurs forces de sécurité face aux milices armées formées pendant les affrontements de 2011 » conclut Xinhua.

DES LES PREMIERS JOURS DU COUP D’ETAT DE FEVRIER 2011, L'ONU SE POSAIT EN PARTENAIRE DE LA « TRANSITION LIBYENNE » AUX COTÉS DE LA JUNTE EXTRÉMISTE DE BENGHAZI

Confirmant l’engagement de l’ONU dès les premiers jours du coup d’état de février 2011 aux côtés de la Junte islamo-monarchiste de Benghazi, lors d’une visite à Tripoli le 3 novembre 2011, le secrétaire général de l'ONU déclarait que "La Libye nouvelle aspire à être une nation libérée de la peur, libérée de l'injustice et de l'oppression du passé. Les Nations unies seront votre partenaire dans la transformation de ces espoirs en réalité". Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était rendu en Libye pour « assurer les nouveaux dirigeants du pays du soutien de la communauté internationale durant la période de transition ».

Ecoutons ses paroles cyniques et fallacieuses et confrontons les à ce qu’est devenue la pauvre Libye, pillée, somalisée …

"Nous sommes ici pour vous soutenir dans la lutte pour la démocratie et la liberté" (sic), déclarait Ban, qui disait être venu "à un moment historique pour saluer le peuple courageux de Libye (...) qui a payé le prix fort pour la liberté" et "inspiré le monde en renversant la tyrannie" (resic). "L'ONU se tient prête à soutenir le peuple libyen dans tous les domaines dont nous avons discuté [avec les responsables du pays] : les élections, une nouvelle Constitution, les droits humains, la sécurité publique et le contrôle des armes", avait encore déclaré le chef de l'ONU, accompagné dans sa visite par le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Nassir Abdulaziz Al-Nasser.

"La Libye nouvelle aspire à être une nation libérée de la peur, libérée de l'injustice et de l'oppression du passé. Les Nations unies seront votre partenaire dans la transformation de ces espoirs en réalité" (resic), avait-il ajouté au cours d'une conférence de presse. Il avait qualifié de "très productifs" ses entretiens avec le chef du Conseil national libyen de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil, les membres du CNT et le nouveau premier ministre libyen, notamment pour avoir une idée sur "la façon dont l'ONU peut aider le peuple libyen après la libération" (resic). "Ils [les dirigeants libyens] ont tous exprimé un engagement clair pour la construction d'une Libye démocratique, fondée sur le respect des droits de l'homme et la dignité" (resic), avait-il encore dit.

Le secrétaire général de l'ONU avait reconnu toutefois que "le chemin vers la démocratie n'est pas facile. Construire un Etat avec des institutions efficaces et responsables prend du temps", a-t-il dit. "Il est crucial que le peuple trouve un consensus sur les questions principales et reste uni. Cela va nécessiter beaucoup de pragmatisme, de compromis, particulièrement pendant cette phase très importante", a souligné M. Ban.

Il avait ajouté s'être entretenu longuement avec les dirigeants libyens au sujet de la sécurité et de la « nécessité de sécuriser les arsenaux de l'ancien régime ». Mais pas ceux offerts par l’OTAN et en particulier la France de Sarkozy aux milices islamistes de Misratta, Zintan, Tripoli et Derna … Le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté quelques jours avant ce voyage une résolution appelant la Libye et les pays voisins à mettre un terme à la prolifération, dans la région, « des armes amassées par Mouammar Kadhafi, en particulier les missiles sol-air de courte portée ».

Deux ans après cette visite de Ban Ki-moon, le chaos libyen répond tragiquement aux belles paroles cyniques de l’ONU.

Il y a quelques jours, La Voix de la Russie dressait le bilan de cette « libération » de la Libye tant vantée par Ban, ses comparses et ses maîtres occidentaux : « Plus de deux années se sont écoulées après l’assassinat barbare et sauvage du colonel Mouammar Kadhafi en Libye. Depuis la chute de la Jamahiriya libyenne, on est très loin des promesses faites par certains grands amateurs des interventions « humanitaires » armées quant à l’avenir de ce pays. La « nouvelle » Libye sombre de jour en jour dans le chaos et visiblement est en train de devenir un non-Etat failli, hors-la-loi, raciste, intégriste, ainsi que le théâtre de scénarios d’afghanisation et de somalisation. Un pays qui était pourtant encore récemment l’un des plus prospères d’Afrique. Cet avenir sombre n’est plus une perspective pessimiste, tout cela est devenu une triste réalité » ...

 

Luc MICHEL

 

http://www.lucmichel.net/2013/12/22/elac-alac-website-quand-les-pyromanes-jouent-aux-pompiers-libye-le-conseil-de-securite-se-penche-sur-le-deploiement-dune-unite-speciale-de-lonu/

___________________

 

Luc MICHEL pour ELAC & ALAC Website / avec PCN-SPO – Xinhua – La Voix de la Russie / 2013 12 23.

http://www.elac-committees.org/

https://www.facebook.com/elac.committees

 

Photos : Ban avec Abdeljalil, alors leader du CNT, aujourd’hui en fuite en Tunisie pour son implication dans le meurtre sous la torture du général félon Younes, chef des katibas du CNT, en juillet 2011.

Ban avec Zeidan, agent de la CIA, défecteur libyen en 1980 devenu citoyen US, et présentement premier ministre fantoche de la Libye occupée.

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vendredi, 20 décembre 2013

SOMMET DE BRUXELLES - MERKEL BLOQUE LES FONDS DE L'UNION EUROPEENNE POUR LES MISSIONS AFRICAINES DE LA FRANCE

 

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Et vlan ! ! ! Voici ce qui arrive quand on veut faire financer ses errements et ses turpitudes par les autres et en tirer seul les dividendes. Vous avez liquéfié la Centrafrique en lui imposant un chef rebelle, assumez aujourd'hui les dérives qui s'y déroulent. Bien fait pour vous! Chaque mort en Centrafrique est de la responsabilité directe de la France. Qu'elle assume! Et seule. Bonne lecture. Fernand Dindé.



L'UE ne mettra pas de fonds à disposition pour soutenir les opérations de l'armée française en Afrique. Selon la chancelière Angela Merkel, un financement n'est possible que lorsque les partenaires européens sont également impliqués dans la prise de décision de la mission.

La France ne recevra aucune aide financière des autres pays de l'UE pour ses opérations militaires en Afrique. Le plan du président français François Hollande a échoué principalement à cause de la résistance de la chancelière allemande Angela Merkel.

«Nous ne pouvons pas financer de mission militaire dans laquelle nous ne sommes pas impliqués dans le processus de décision», a déclaré Mme Merkel dans la nuit de vendredi pendant le sommet de l'UE à Bruxelles. Cependant, elle a expliqué qu’il y a «des raisons de croire qu'une intervention en Centrafrique était nécessaire.»

La chancelière a indiqué clairement qu'elle et les autres pays de l'UE attendaient à l’avenir un comportement différent de la France. Il ne suffit pas d'obtenir une décision du Conseil de sécurité de l'ONU pour une mission militaire. Celui qui aspire à une coresponsabilité européenne doit, dans le même temps, s’accorder avec ses partenaires européens et s'efforcer d’obtenir une décision de l’Union européenne.

(Source: Spiegel/AFP)


Traduction: Nathalie Yamb

 

Source: SPIEGEL.DE

lundi, 16 décembre 2013

CENTRAFRIQUE: LES RAISONS CACHEES DE L'INTERVENTION FRANÇAISE

 

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François Hollande à Bangui: «La France vient défendre la dignité humaine»


MICHEL COLLON : La France enfin en guerre "humanitaire" ? Ce n'est pas encore pour cette fois ! Mais la propagande tourne à plein régime. Décryptage par un nouveau jeune journaliste d'Investig'Action, que je suis fier de vous présenter : Olivier Ndenkop, basé au Cameroun.

Contrairement à l’«impératif humanitaire» agité par le président François Hollande, l’«Opération Sanguiris» menée par 1.200 soldats français vise à contrer l’arrivée des Chinois et surtout à contrôler les réserves d’or, de diamant et d’uranium présentes dans le sous sol de la Centrafrique. Un pays plus grand que la France et la Belgique réunies et où Areva, Total, Bolloré, France Télécom… dictent déjà la loi, malgré les atrocités.


Après la Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, la Libye de Kadhafi et le Mali en Afrique de l’Ouest (Opération Serval), la France a décidé le 3 décembre dernier d’intervenir militairement en République centrafricaine (RCA), un pays situé justement au centre de l’Afrique. François Hollande et ses officiers ont attribué le nom d’un papillon aux ailes rouge sang à cette opération militaire : le « Sanguiris ». Cette « Opération Sanguiris » est entrée dans sa phase opérationnelle le 8 décembre, date à laquelle 800 soldats sortis des casernes hexagonales 72 heures avant, ont rejoint leurs collègues à Bangui, capitale de la RCA. Ce ralliement porte à 1 600 le nombre de militaires français dans ce pays étendu sur 622 980 km2 et peuplé de cinq millions d’âmes damnées par un demi-siècle de guerre et de misère tous azimuts. Avant l’ « Opération Sanguiris », l’armée française disposait déjà des troupes suréquipées en Centrafrique. Elles sont stationnées à l’aéroport de Bangui-Mpoko

Officiellement, l’ « Opération Sanguiris » est la réponse à une « situation catastrophique ». Une réaction « humanitaire », pour sauver « un peuple qui souffre et nous appelle », a déclaré François Hollande le 6 décembre lors du Sommet Afrique-France qui se tenait à l’Elysée. « Les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts », a ajouté le « socialiste  » Hollande. Le même jour et au même endroit, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), s’était joint au président français au grand cœur pour saluer la décision ainsi prise par le successeur de Nicolas Sarkozy. Ban Ki Moon avait personnellement fait le déplacement de Paris pour participer à la grand’messe françafricaine organisée et présidée par M. Hollande avec pour thème officiel : « Paix et sécurité en Afrique ». Avant Ban Ki Moon, d’autres fonctionnaires de l’ONU comme Navi Pillay et Jan Eliasson avaient, à tour de rôle, agité le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » qui « paralyse la Centrafrique  ». Finalement, l’ONU a voté la résolution 2127 qui autorise une intervention militaire africaine avec l’appui des forces françaises. Quelle suite logique !
 
 La France n’a pas d’intérêts en République centrafricaine : Vrai ou faux ?
 
Ce serait un non sens que la France qui n’a pas une longue tradition de philanthropie intervienne en Centrafrique tout simplement pour « sauver un peuple qui souffre et nous appelle  ». D’autant plus que les souffrances des Centrafricains ne datent pas de 2013 ! Ce peuple souffre depuis 1960 des turpitudes de ses six présidents successifs : David Dacko, Bokassa Ier, André Kolingba, Ange F. Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia. Tous sont arrivés au pouvoir après un coup d’Etat. Et la main de la France, puissance colonisatrice a toujours été perçue ou annoncée derrière ces différents putschs.

La France a des intérêts en Centrafrique. Aujourd’hui, elle contrôle l’économie centrafricaine ou ce qui en tient lieu. Bolloré y a la main mise sur la logistique et le transport fluvial. Castel règne en maître dans le marché de la boisson et du sucre. CFAO y contrôle le commerce des voitures. Depuis 2007, France Telecom est entrée dans la danse. AREVA est présente en RCA même si, officiellement, le géant du nucléaire n’est encore qu’à la phase de l’exploration. Total y renforce son hégémonie dans le stockage et la commercialisation du pétrole, mais doit composer avec Tradex, une société camerounaise spécialisée dans le trading des produits pétroliers. Depuis l’arrivée de Michel Djotodia au pouvoir en mars 2013, un ballet d’hommes d’affaires et de lobbyistes français s’observe à Bangui. Jean-Christophe Mitterrand, Richard Attias, Claude Guéant, Laurent Foucher… s’illustrent par un activisme affairiste en Centrafrique, révèle régulièrement la presse. Et ce n’est pas nouveau.

Lorsque la France installe un nouveau chef à la tête de la Centrafrique, de nouveaux liens d’affaires naissent et se consolident en violation des lois et parfois de l’éthique. Au tournant de la décennie 70 par exemple, une scabreuse affaire, révélée par un journal français, Le Canard enchaîné a présenté aux yeux du monde le type de relations qui existe entre certains présidents français et ces nouveaux dictateurs qu’ils placent à la tête des néo-colonies.

En effet, lâché par la France à qui il avait abandonné l’exploitation de son pays sans se soucier des intérêts de la population, Bokassa Ier (il s’est fait introniser comme empereur pendant son mandat) avait révélé les plaquettes de diamant qu’il offrait en cadeau à son homologue français. Le 10 octobre 1979, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné porta cette « Affaire » sur la place publique. La classe politique s’en était saisie. L’affaire porta un sérieux coup à la carrière politique du président. Eclaboussé, Giscard d'Estaing fut battu aux élections de 1981 par le « socialiste » François Mitterrand…Autant dire que ce n’est pas en Centrafrique que la France ira faire des leçons de morale !
 
A la recherche du paradis perdu
 
Derrière ses multiples « Opérations » guerrières, la France tente bon an mal an de reprendre ses positions économiques en Afrique. Le 4 décembre, alors que les troupes françaises prenaient la direction de Bangui, Pierre Moscovici présidait un forum économique franco-africain à Bercy. Le ministère français de l’Economie avait réuni 560 entrepreneurs français et africains, des ministres et des chefs d’Etat pour tenter de sauver la place de la France en Afrique. Séance tenante, Hubert Védrine, ancien ministre français des relations extérieures, a donné une sorte de bouée de sauvetage au ministre Moscovici à la recherche des quatre points cardinaux ! Il s’agit d’un rapport intitulé : Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Dès le premier point, le Rapport Védrine propose de réviser « la politique française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ». Ce qui est déjà une véritable révolution. Jusqu’ici, les entrepreneurs africains qui sollicitaient un visa pour la France étaient soumis aux mêmes conditions draconiennes qu’un adolescent désireux d’aller poursuivre ses études en Hexagone. Comme si un Africain capitaine d’industries prospères dans son pays représentait un risque migratoire pour l’Europe ! Les temps ont changé. Et pour « renforcer l’influence de la France en Afrique » (15ème proposition du Rapport Védrine), les autorités françaises font donc des concessions. Comment pouvait-il en être autrement ? « En dix ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique subsaharienne », a reconnu Pierre Moscovici.
 
Face aux 26 chefs d’Etat qui ont pris part au Sommet de l’Elysée, le président français a multiplié les opérations de charme. Il a annoncé la mise en place d’un fonds d’investissement de 20 milliards. L’hôte des présidents africains a aussi pris l’engagement d’affecter un milliard d’euros à l’Agence française de développement (AFD) pour le soutien du Green business, de l’innovation et des nouvelles technologies en faveur de l’Afrique. En s’inscrivant dans la logique de son ministre des Finances qui a enfin avoué que « l’Afrique est une chance pour la France », M. Hollande veut ainsi reconquérir le cœur des Africains aujourd’hui plus attentifs vis-à-vis de Pékin et de New Delhi. Last but not least, le président français a annoncé la création d’une fondation franco-africaine au sein de laquelle les investisseurs privés français et africains joindront leurs ressources pour plus de valeur ajoutée. Il a fallu trois siècles pour que la France y songe !
 
La Chine, vraie menace pour l’Elysée
 
L’Empire du Milieu est inévitablement cité dans le Rapport Védrine comme le principal responsable du recul de la France dans les échanges avec l’Afrique. Ce qui est vrai. En République centrafricaine, la Chine a fait une entrée fracassante dans le secteur du pétrole. Au grand dam de Paris et de son relais néocolonialiste dans la sous région : Idriss Deby.

En effet, arrivé au pouvoir par coup d’Etat en 2003 avec l’aide manifeste de Paris et de N’Djamena, François Bozizé qui a eu le temps de se faire élire en 2005 n’a pas résisté aux propositions de la Chine qui multiplie les aides, accroît ses investissements sur le continent avec moins de conditionnalités. Ce qui tranche avec l’arrogance et le paternalisme des « partenaires traditionnels » de l’Afrique.
 
« J’ai été renversé à cause du pétrole »

Les résultats de ce rapprochement avec l’Empire du Milieu ne se sont pas fait attendre. En 2008, la Chine a accordé à la RCA des aides et un prêt pour un montant global de 3,25 milliards de francs CFA soit 4,4 millions d’euros. L’enveloppe a permis de construire des écoles et hôpitaux dans cet océan de précarité qu’est la Centrafrique. Quelques mois après, le président Bozizé s’est rendu en Asie où il a été reçu le 10 septembre 2009 au Palais du peuple par Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine. Ce qui ne saurait rassurer ni Paris, ni N’Djamena. D’autant plus que tout ne s’est pas limité à la poignée de main entre le président centrafricain et son homologue chinois.

Dans les faits, le rapprochement entre Bozizé et Hu Jintao a permis à la Compagnie chinoise CNPC de reprendre le permis de recherche, développement et exploitation du pétrole de Boromata, dans le Nord-est de la Centrafrique. Il n’est pas inutile de rappeler que pour ce gisement, Ange Félix Patassé, le prédécesseur de Bozizé, avait accordé un permis similaire au pétrolier étasunien Grynberg RSM. L’industriel de Denver, invoquant l’insécurité, n’a pas pu conduire les recherches et le permis a expiré en 2004. La cession du sésame aux Chinois pouvait-elle plaire à ceux qui ont permis à François Bozizé d’accéder au pouvoir ? Fraichement déchu de ses fonctions en mars 2013, le désormais ex-président Bozizé a affirmé sur les ondes de Radio France International (RFI) que « j’ai été renversé à cause du pétrole ». Sans plus de détails. Trois (27 décembre 2012) mois avant, le président François Bozizé avait prononcé un discours dans lequel il affirmait clairement que ce qui se cachait derrière la crise qui secouait alors son pays n’était rien d’autre que l’opposition française émise plus tôt contre l’octroi des contrats d’exploration de pétrole aux Chinois. « J’ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème », martelait Bozizé, acculé par les rebelles.

Les manœuvres de Washington

Le fait que le président Bozizé ait pris l’habitude de s’afficher avec les dirigeants chinois a aussi provoqué la colère de Washington. Et les câbles diplomatiques à ce sujet le démontrent à suffisance.

Le 17 juin 2009, l’ambassadeur étasunien Frederick Cook en RCA avait envoyé un câble à Washington dans lequel il affirmait que les «  relations France-RCA sérieusement sous tension. […] Bozizé semble croire avoir réussi à être le moindre mal dans le paysage politique de la RCA. Il s’imagine donc être indispensable pour ses voisins et les Français, une supposition que l’ambassade américaine (« AmEmbassy ») à Bangui croit être une erreur grossière », écrivait alors le diplomate étasunien.

Une autre dépêche envoyée cinq mois plus tard avait valeur d’alerte : «  L’influence chinoise grandissante en RCA est évidente ». Le câble précisait dans quelle mesure tant les intérêts américains que français étaient en train de céder du terrain à Beijing qui ne cessait d’« accroître sa coopération militaire, sa diplomatie publique et ses efforts de développement ». L’ambassadeur soulignait pour s’en inquiéter que contrairement au quatre agents diplomatiques résidant à l’ambassade américaine de Bangui, l’ambassade chinoise comptait une quarantaine d’employés. Frederick Cook ajoutait qu’environ 40 officiers de l’armée de la RCA étaient formés tous les ans en Chine, contre les deux ou trois officiers qui allaient aux Etats-Unis et les 10 à 15 en France. Et pour ne pas arranger les choses, Bozizé a confié la réserve pétrolière de Boromata aux Chinois, au détriment de la France et de son allié, les USA. Etant donné que ces deux puissances ont érigé le pétrole au rang des divinités, Bozizé se savait désormais sur un fauteuil éjectable. On l’a effectivement éjecté le 24 mars 2013.

La France fait semblant de combattre pour renforcer son influence en RCA

Rappelez-vous. Le jeudi 21 novembre 2013 lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits au docteur congolais Denis Mukwege et à Femmes Africa Solidarité François Hollande avait indiqué qu’ « Il se produit en Centrafrique des actes abominables. Un chaos, des exactions extraordinairement graves ». Face à l’urgence et aux 400 000 personnes déplacées en Centrafrique, « nous devons agir », a ajouté le président français. Le même jour, cette fois là sur France 2, son ministre des Affaires étrangères a ajouté : « Le pays est au bord du génocide ». 48 heures avant, devant une commission du Congrès, le directeur du bureau Afrique du département d’État, Robert Jackson, avait évoqué « une situation pré-génocidaire  » en Centrafrique. On le voit, le scénario est le même. Le président Français annonce la crise. Un membre de son gouvernement saute aux antennes pour décrire la catastrophe à venir. Une voix « extérieure », de préférence étasunienne ou onusienne vient accréditer la thèse alarmiste en insistant sur la violation des droits de l’homme. L’opinion internationale soumise à un matraquage médiatique et donc psychologique intense salue l’envoi des troupes sur le terrain. Car, une résolution a bel et bien été prise par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013 pour autoriser les troupes françaises à agir en appui aux forces africaines de la Misca.
 
Ce dont la Séléka est le nom
 
En Centrafrique, les populations sont victimes, en partie des exactions des éléments de la Séléka (coalition en sango, langue nationale). Mais qui compose cette fameuse Séléka ? La Séléka est une coalition de factions rebelles dissidentes issues de plusieurs mouvements politico-militaires. On y retrouve la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). Au plus fort de la contestation du pouvoir de M. Bozizé, deux autres groupes armés ont vu le jour ou ont dévoilé leur visage au grand jour et ont rejoint la Séléka. Il s’agit de la Convention patriotique du salut du kodro (kodro signifie pays, en sango), et de l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Sans oubliés les hordes venues du Tchad et du Soudan.

Tous ces groupes composites ont donc fait une « alliance » de circonstance pour atteindre un objectif précis : renverser le président Bozizé. Mission accomplie en mars 2013. Or, il n’y avait qu’un seul fauteuil présidentiel à prendre et à pourvoir. Il a finalement été occupé par Michel Djotodia. L’ancien fonctionnaire du ministère du Plan qui a goûté à la prison sous Bozizé détenait le gros des troupes. Les hordes tchado-soudanaises obéissaient à son commandement. N’a-t-il pas été présenté par la presse sans démenti comme le meilleur interlocuteur de la France et du Tchad qui voulaient en découdre avec Bozizé l’ « insoumis » ? Aussitôt installé au Palais de Bangui, Michel Djotodia a pris un décret pour dissoudre la Séléka et annoncer le « recasement et le cantonnement ».

Ne se reconnaissant pas tous en lui, plusieurs éléments issus des autres groupes armés n’ont pas respecté les ordres d’un chef qui, dans tous les cas n’est pas le leur. Dans la Seléka, le « contingent » de loubards tchadiens et soudanais s’est lui aussi trouvé face à un dilemme. Ils ont été utilisés pour installer Djotodia au pouvoir. Celui-ci annonce le « recasement et cantonnement » et l’intégration dans les Forces armées centrafricaines (FACA). Or, n’étant pas Centrafricains, que vont-ils devenir ? Le nouveau président ne semble pas avoir pleinement satisfait ses alliés d’hier sur cette question. 

Les incompréhensions entre les différents groupes rebelles d’une part, et entre certains chefs et leurs éléments d’autre part, débouchent sur des atrocités généralisées dans le pays. Pillage, viol et assassinats en série deviennent l’activité quotidienne de ces hommes à qui on a enseigné la brutalité et la tuerie ! La chaîne de commandement étant brisée et plusieurs promesses mirobolantes n’ayant pas été tenues, personne ne contrôle plus rien. Le pays se retrouve dans la même situation d’ « ingouvernabilité » que la Libye envahie par les djihadistes, après l’assassinat du Guide Mouammar Kadhafi par les troupes de l’OTAN avec la France de Sarkozy et de Bernard Henri Levy en tête. La situation centrafricaine rappelle étrangement celle qui a prévalu à Abidjan après le renversement de Laurent Gbagbo par les rebelles pro-Ouattara soutenus par la France. En effet, après la chute de l’ancien chef d’Etat de Côte-d’Ivoire, les éléments des « Forces nouvelles » (rébellion dirigée alors par Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblé nationale) ont été floués. L’argent et les autres avantages qui leur avaient été promis pendant le combat contre le régime de Gbagbo n’ont pas été livrés. Ouattara est devenu président de la République. En représailles, ces « Forces nouvelles » ont pillé la capitale ivoirienne. Non sans tuer et torturer certains commerçants innocents.

En Centrafrique, à la violence des éléments de la Séléka (essentiellement musulmans), les « Anti balaka » répondent aussi par la violence. Le deuxième groupe est constitué d’éléments essentiellement chrétiens et sont présentés comme les pro-Bozizé. Ce dernier était leader d’une église chrétienne. La presse occidentale s’appuie sur ce fait qui pour agiter mensongèrement le spectre d’un « conflit interreligieux » voire d’un « génocide » en Centrafrique.

Face à cette situation chaotique, l’agitation n’est-elle pas toujours fonction des intérêts à protéger ou à conquérir ? Toujours est-il qu’en Centrafrique, la France a très vite pris les devants dès que la situation sur le terrain est devenue incontrôlable. Alors que la Mission militaire africaine Misca, commandée par le général camerounais Tumenta avait déjà déployé 2500 soldats, la France a jugé nécessaire de convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution qui lui permet d’y envoyer ses troupes tricolores. En vérité, les troupes françaises ont précédé la Résolution 2127. Celle-ci a été adoptée le 5 décembre. Pourtant, les troupes avaient déjà quitté la France et étaient stationnées à Douala au Cameroun, voisin de la RCA.

Mais avait-on besoin de tant de militaires hyper équipés pour vaincre quelques loubards armés de machettes et d’armes résiduelles ? Les Forces armées centrafricaines ou ce qui en reste et la Misca sont-elles incapables de vaincre ces affamés ? Bien plus, nous sommes là dans une guerre asymétrique, avec un ennemi qui n’a pas d’uniforme identifiable à priori. Ne connaissant pas le terrain, ni la composition sociologique du pays (certains arrivent en Afrique pour la première fois d’après leurs déclarations à RFI), contre qui vont se battre les soldats tricolores ? La quinzième proposition du Rapport Védrine évoqué plus haut peut permettre de répondre à ces interrogations. Il est question de « Renforcer l’influence de la France en Afrique », y a conseillé l’ancien ministre des relations extérieures de François Mitterrand.
 
« L’Afrique est une chance pour la France », reconnaît le ministre des Finances français
 
Comme la plupart des pays occidentaux, la France est encore ravagée par les contrecoups de la crise qui a secoué l’économie mondiale à partir de 2007. Arrivée au pouvoir à cette période agitée, surpris par la percée des nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, et le Brésil, Nicolas Sarkozy a renfilé le manteau colonial. Et au lieu de la « Rupture » annoncée par le candidat Nicolas, l’Afrique a eu droit à une « Continuité » accélérée par le président Sarkozy, ami zélé des hommes d’affaires de la trempe de Charles Pasqua, Vincent Bolloré... Le libéral Sarkozy a bombardé la Côte-d’Ivoire et la Libye. Mais rien n’y a fait. La France, au bout de ses cinq ans de mandat, n’a pas pu reprendre sa place de premier partenaire économique en Afrique francophone, malgré le sang versé !

Le « socialiste » François Hollande qui n’avait pas fait de l’Afrique une priorité pour son mandat semble avoir oublié toutes les autres parties du monde - la France comprise - pour se tourner vers l’Afrique. Comme le commandant d’un bateau atteint par les eaux, il multiplie ses visites en Afrique. Après les obsèques de Nelson Mandela auxquelles il prenait part le mardi 10 décembre, François Hollande s’est rendu sur le théâtre de guerre en Centrafrique pour galvaniser « ses » soldats qui ont déjà perdu deux frères d’arme après seulement une semaine d’action !


Olivier NDENKOP


Source: INVESTIG'ACTION