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dimanche, 29 décembre 2013

PAIX ET SECURITE EN AFRIQUE: LA FRANCE FAIT PARTIE DU PROBLEME, PAS DE LA SOLUTION



Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

Paris, le 5 Décembre 2013 – Réunis à l’occasion d’une conférence, les associations Survie et Sortir du Colonialisme, et des militants malien et tchadien ont dénoncé l’organisation par la France du Sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique à Paris les 6-7 décembre, au moment même du déclenchement d’une opération militaire en Centrafrique.

 
 
Il s’agit du premier Sommet France-Afrique organisé sous la présidence de François Hollande, qui a convoqué lui-même ce sommet, choisi son thème et décidé de l’organiser à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée. Difficile de voir les signes d’une quelconque rupture dans la politique africaine de la France, alors que dans la tradition des Sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents, y compris les plus infréquentables : le tchadien Idriss Déby (au pouvoir depuis 1990), Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville, depuis 1979) ou encore Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987).

A l’occasion de cette conférence de presse, Fabrice Tarrit, président de Survie a déclaré :
« En 1998, lors d’un précédent sommet France-Afrique sur la sécurité, la France avait annoncé vouloir changer de pratiques en matière de coopération militaire. 15 ans plus tard, son armée est toujours bien positionnée en Afrique et la plupart des dictateurs de l’époque sont toujours en place. La France poursuit ses interventions militaires sans avoir dressé aucun bilan de ces opérations ni de leur impact réel sur la paix et la démocratie dans les pays concernés. Ce bilan serait, il est vrai, accablant »

Le porte-parole de Sortir du Colonialisme, Patrick Farbiaz, a rappelé que ce sommet intervient pendant la négociation d’une loi de programmation militaire qui, dans le prolongement du Livre Blanc sur la Défense, prévoit le renforcement de la capacité d’intervention des forces françaises sur le continent. « On assiste à une relégitimation de l’ingérence militaire française qui s’appuie sur une propagande autour d’opérations prétendument menées au nom des droits de l’Homme, mais qui servent en vérité les intérêts français », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le positionnement en première ligne de la France dans le conflit en Centrafrique, le Président de Survie a rappelé que la France avait une responsabilité historique dans l’état de déliquescence de la Centrafrique. « Elle a installé ou destitué tous les chefs d’Etat que ce pays a compté. Elle a accueilli le dictateur Bozizé à l’Elysée en 2007 puis envoyé des troupes combattre à ses côtés à Birao en 2007 et 2008, au prix de nombreuses exactions. En 2010, malgré la déshérence de ce pays, de ses institutions et de son armée, elle a adopté un partenariat de Défense avec la Centrafrique. On ne peut pas prétendre être la solution quand on fait à ce point partie du problème. » Le représentant de Survie a également pointé les zones d’ombre entourant le « mandat » onusien de la France en Centrafrique. «  Il est regrettable de voir la France écrire elle-même une résolution à l‘ONU l’autorisant à intervenir militairement sous son propre uniforme et son propre commandement et déployer des troupes, sans attendre le vote de cette résolution, en utilisant des pays voisins comme le Cameroun comme base arrière. Les troupes africaines que la France est censée appuyer dans le cadre de la MISCA ont par ailleurs toutes en commun d’être issues d’une autre dictature du pré-carré (Congo-B ; Tchad, Gabon, Cameroun). »

Le positionnement du Tchad d’Idriss Déby dans le conflit en Centrafrique a été souligné par le bloggeur tchadien Makaila Nguebla. « Il a amené au pouvoir en 2003 le président François Bozizé et l’a destitué en 2013 en montant la rébellion de la Séléka. Des soldats tchadiens participent la force africaine en Centrafrique. Une mascarade que Hollande est en train de cautionner ».

Le cas du Mali illustre également cette nécessité d’aborder avec la plus grande méfiance les interventions militaires de la France. Selon le Pr Issa N’Diaye du Forum Civique Mali, « l’intervention militaire au Mali, initialement applaudie par la majorité des maliens, est de plus en plus remise en cause. Le rôle de la France et de la communauté internationale qui soustraient la ville de Kidal au territoire malien et imposent au Mali le MNLA comme interlocuteur unique dans les négociations sur le Nord Mali au détriment d’un processus incluant l’ensemble des communautés de la région, ainsi que le maintien d’une situation d’insécurité, sont en train de faire changer d’avis la population malienne. »

Par ailleurs, pour Issa N’Diaye «  Le processus électoral imposé par la France sans consultation des Maliens eux-mêmes est à ce jour loin d’avoir apporté des solutions satisfaisantes en matière de renouvellement de la classe politique. »

Les associations ont également relevé les enjeux géostratégiques et économiques du Sommet France-Afrique, qui a été précédé par un événement organisé à Bercy par le Ministère des Finances et le MEDEF, ayant rassemblé 600 chefs d’entreprise. Des responsables politiques français y ont clairement exprimé le souhait de voir la France conquérir de nouveaux marchés en Afrique.

Malgré les promesses de changement, ce sommet, qui met en première ligne l’Elysée, l’Etat-Major et les entreprises, consolide ainsi clairement les piliers politique, militaire et économique de la Françafrique.


 
 

DU COURAGE POUR L'EMERGENCE A L'HORIZON 2020!

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La Côte d’Ivoire, 3ème pays le plus dangereux au monde après le Honduras et le Salvador


L’information a été livrée hie, par la radio française, RFI. La Côte d’Ivoire est classée 3ème des pays les plus violents et dangereux au monde après le Honduras et le Salvador. Ce classement émane des journaux vénézuéliens et de RFI. Le Venezuela est, quant à lui, au cinquième rang mondial des pays les plus dangereux «juste derrière le Honduras, le Salvador, la Côte d’Ivoire et la Jamaïque». Pour l’Institute for Economics and Peace (Institut pour l’économie et la paix [Iep]), cette position de la Côte d’Ivoire en 2013 n’est pas tout à fait fausse. Selon le classement rendu public en juin dernier, la Côte d’Ivoire occupe le 151ème rang sur 162 pays. Il faut comprendre que le classement de l’Iep part du pays le plus paisible au pays le moins paisible au monde. Ainsi, à côté de la Côte d’Ivoire, il y a le Yémen (152ème), la Centrafrique (153ème) et l’Afghanistan (162ème) qui occupe la dernière place. Le peloton de tête, c’est-à-dire les pays les plus paisibles, est dominé par l’Island (1er ), le Danemark (2ème), la Nouvelle Zélande (3ème), l’Autriche (4ème) et la Suisse (5ème).

La Côte d’Ivoire, un pays dangereux ? On peut répondre par l’affirmative. Et cela au moment où les ministres de l’Intérieur et de la Défense d’Alassane Dramane Ouattara crient partout que la criminalité a été complètement réduite. Ce que démentent RFI et le classement d’Iep.

L’Iep est une organisation de recherche internationale qui se donne pour mission de faire en sorte que l’opinion publique mondiale conçoive la paix comme une mesure positive, accessible et concrète du bien-être humain et du progrès. Elle évalue, de ce fait, les conflits internationaux et nationaux actuels, les niveaux de sûreté et de sécurité dans la société, ainsi que la militarisation, au sein de 162 pays, en tenant compte de 22 indicateurs distincts. C’est, par exemple, le taux d’homicide, le niveau de militarisation, la population carcérale d’un pays donné.

 

Coulibaly Zié Oumar, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: LE CRI D'ABIDJAN.NET

mercredi, 25 décembre 2013

PAUVRE PENDA! (1ère et 2ème PARTIES)

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PREMIERE PARTIE

Said Penda. C’est le nom du réalisateur du triste film-documentaire, pompeusement titré: «Laurent Gbagbo: despote ou anticolonialiste… le verbe et le sang».  C’est un journaliste de nationalité camerounaise, comme le sont aussi Théophile Kouamouo (Fondateur du quotidien bleu, « Le Nouveau Courrier ») ou encore Charles Onana (auteur de l’œuvre : « Côte d’Ivoire le coup d’Etat »).

Encore un camerounais qui vient se jeter à corps perdu dans la mare de la crise socio-politique en Côte d’Ivoire, nous nous sommes dit. Sauf que, contrairement à ses concitoyens, il entend prendre le contre-pied du complot occidental contre la Côte d’Ivoire et Laurent Gbagbo. Sa réalisation, comme l’indique le périodique français « La Lettre du Continent », dans sa parution N° 670 du 13 novembre 2013, est un véritable «documentaire à charge» contre Laurent Gbagbo, actuellement incarcéré à la CPI. Said Penda vient donc s’ajouter – pour ainsi dire - à la longue liste des ennemis de Laurent Gbagbo et sur laquelle figurent déjà Alassane Ouattara et ses partisans, la France néocolonialiste et ses alliés, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda… Bref, tous ceux qui, tant bien que mal, manœuvrent pour que Laurent Gbagbo passe le restant de ses jours, derrière les barreaux.

Peut-être s’agit-il pour ce réalisateur, de donner son point de vue sur l’homme, Laurent Gbagbo. C’est son droit et nous respectons ce droit. A la question : qu’est ce qui l’a poussé à s’intéresser à la vie de Laurent Gbagbo ? Said Penda répond invariablement : c’est parce que très peu de personnes connaissent en réalité Laurent Gbagbo ». Lui-même, avoue le connaitre « plus ou moins bien ». Mais dit avoir donné la parole – comme on peut le voir dans la bande annonce du film - à des personnes qui ont côtoyées ce dernier. D’ailleurs pourquoi Said Penda ne tenterait-il pas de surfer sur la popularité de Laurent Gbagbo, histoire de sortir quelque peu de l’anonymat et de se faire, au passage, un peu de sous ? C’est en tout cas - à première vue - plausible.

Jusqu’ici, rien de sérieux. Mais là où, nous nous sommes sentis interpellés, c’est quand le nommé Said Penda présente son œuvre comme « une vérité irréfutable » ; et lorsque, dans la même foulée, il s’autoproclame « crédible », sous prétexte d’avoir « travaillé presque deux décennies » à la BBC, une chaine de radio qu’il présente comme « crédible » pour s’être toujours - selon ses dires - « basée sur les faits ». Ce qui nous a poussés à nous intéresser de près à cet obscur réalisateur qui prétend détenir « la vérité » sur Laurent Gbagbo et qui, pour des besoins publicitaires, arpente en ce moment, plateaux de télé et de radios.

D’abord, sur la radio BBC et la chaine de télé Africa 24, Said Penda utilise un ton mesuré. Il se veut dans le rôle du journaliste impartial et objectif. Lorsque le journaliste Jean-Célestin Edjangué de Africa 24 lui demande son avis sur la question soulevée par le titre de son documentaire, à savoir si pour lui, Gbagbo est  un panafricaniste ou un despote, il déclare: « (…) Ce n’est pas mon rôle à moi, en tant que journaliste-investigateur de répondre à cette question. Mais cette question a été répondue par des personnes qui l’ont très bien connues (…)». Mais ensuite, une fois, sur le plateau de la radio Africa N°1, au cours de l’émission « Le grand débat » présentée par un certain Francis Laloupo, dont l’hostilité à l’égard Laurent Gbagbo, n’est plus à démontrer, Said Penda, en compagnie du journaliste-barbouze français Jean-Pau Ney, laisse tomber son masque : « Je pense que Laurent Gbagbo, c’était en réalité, un illusionniste, et un prestidigitateur. Honnêtement. Tout ce qu’on avait l’impression de voir était faux ». Puis, après avoir dépeint Laurent Gbagbo comme un faux anticolonialiste, il poursuit : « Ce que j’aimerais dire à tous les compatriotes africains, c’est qu’il faut sortir de l’anticolonialisme dogmatique». Vous avez bien lu. Il reprend ici à son compte, ce qu’il appelle l’«anticolonialisme dogmatique», ce concept boiteux, qui n’est autre que celui prôné par un certain Franklin Nyamsi. Lui aussi camerounais, idéologue et rédacteur connu des discours de l’ex-chef de la rébellion Soro Guillaume, mais aussi  et surtout défenseur indéfectible du régime d’Alassane Ouattara. Enfin, plus rien n’arrête Said Penda. Il se déchaîne. Allant jusqu’à comparer Gbagbo à Hitler, le chef nazi. Arguant que bien que ce dernier ait été très populaire, il «était quelqu’un de mauvais et de monstrueux ». Transporté, il distille son venin: « Laurent Gbagbo nous a entrainé dans son piège. (…) Tous les partisans de Laurent Gbagbo me font pitié. En réalité, les partisans de Laurent Gbagbo comptent parmi ses premières victimes. Parce que c’est à eux qu’il a menti. C’est eux qu’il a trompé».

Que penser vis-à-vis de tels propos qui, visiblement transpirent la haine contre Laurent Gbagbo ? Que dire face à ce qui s’avère être, sans conteste, une grave insulte à l’intelligence de tous ceux qui ont soutenu et  qui continuent de soutenir Laurent Gbagbo ? Mais aussi et surtout un refus d’admettre qu’entre l’époque d’Hitler et ce 21ème siècle, l’humanité a réalisé des progrès significatifs en matière de changements de mentalités et des Droits de l’Homme? Quel est finalement, le véritable mobile de cet individu, Said Penda ?

SECONDE PARTIE

Said Penda, auteur du film-documentaire, sorti en octobre dernier : « Laurent Gbagbo, despote ou anticolonialiste… le verbe et le sang », aurait pu simplement intituler son film-documentaire : « Laurent Gbagbo, le despote sanguinaire » (car c’est en réalité, ce qu’il n’a pas eu le courage de faire), que cela n’aurait étonné personne. Mais qu’en piètre réalisateur, il puisse se cacher derrière des paravents franchement contestables, pour finalement laisser tomber le masque, est tout à fait pitoyable.

Certes, nous n’allons pas le suivre dans ses agitations. Mais sans hystérie aucune, interrogeons-nous: Said Penda n’aurait-il pu pas aller jusqu’au bout de ce qu’il avance comme « faits » ou « vérité irréfutable » ? Pourquoi s’est-il volontairement et visiblement imposé des limites à ne pas franchir sur  le cas Laurent Gbagbo ?

D’entrée de jeu, Said Penda lui-même reconnait : «Laurent Gbagbo est très populaire au Cameroun (…) Pour nous journalistes africains qui avions suivis le parcours de Laurent Gbagbo dans l’opposition, il était une sorte de modèle (…) Laurent Gbagbo était pour  nous à l’époque, le genre de président que nous rêvions pour chacun de nos pays  (…) s’était pour nous un espoir énorme de voir Laurent Gbagbo arriver au pouvoir ». Alors, à quel moment Laurent Gbagbo serait-il devenu le « despote sanguinaire » que tente de nous démontrer Penda ? Allons au-delà de ses allégations. Il faut que Laurent Gbagbo soit replacé dans son véritable contexte.

L’an 2000. Laurent Gbagbo arrive au pouvoir avec un ambitieux programme de société qui dérangeait certainement certains. En 2002, en à peine deux ans d’exercice du pouvoir, il est victime d’un coup d’Etat manqué. Par pour le reste de sa présence au pouvoir, soit en 8 ans, il sera confronté à une rébellion armée qui occupe de fait et régente toute la partie nord de la Côte d’Ivoire. Volonté de l’empêcher de mettre en œuvre son ambitieux programme de société pour la Côte d’Ivoire ? Désir de mettre fin à une supposée  exclusion dont seraient victimes les ressortissants du nord? Toujours est-il qu’il fit face à une rébellion armée, dans une Côte d’Ivoire qui continue de susciter des convoitises de la part des puissances occidentales. Il affiche clairement son intransigeance à céder sans discernement à ce qui s’avère être le système « françafrique ». Un général français, Renaud de Malaussene, adjoint du général Poncet, à l’époque à la tête de la force Licorne, revèle au sujet de l’intervention française en Côte d’Ivoire en 2004, qu’il s’agissait « d’un projet politique qui visait à mettre Ouattara en place et dégommer Gbagbo », puis il ajoute: « La mouvance Gbagbo est tombée dans un piège ». 

On se demande : comment et pourquoi Gbagbo dérangeait-il, à ce qui semble, les intérêts français au point d’être dans le viseur de l’armée française ? Qui est en réalité le soutien et le véritable financier de la rébellion armée survenue en 2002 ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que la Côte d’Ivoire, n’est pas un cas isolé. Elle fait partie des victimes d’un vaste programme entrepris par les puissances occidentales dans le but de remodeler le monde en fonction de la nouvelle guerre économique mondiale, comme nous le revèle, une fois de plus les médias russes. Il consiste, pour les puissances occidentales telles que la France, de s’assurer le contrôle des ressources naturelles des pays faibles, et s’il le faut, pour ce faire, déstabiliser les régimes jugés trop récalcitrants et dont les chefs d’Etat n’ont d’autre choix que d’obtempérer au risque de se voir exposer à des rebellions. Des rebellions qui trouvent « miraculeusement » les financements nécessaires. Laurent Gbagbo, tout comme ses paires que sont Patrice Lumumba ou encore Thomas Sankara, s’est malheureusement retrouvé au centre de cette guerre à l’issue de laquelle, il a été défait militairement. Au cours de son mandat, il s’est longtemps battu contre toutes sortes de tentatives de déstabilisation de son régime et de son pays. Est-ce pour avoir lutté contre tout cela qu’il est aujourd’hui mis au banc des accusés et traité par des individus comme Said Penda, de despote ? Sans doute.

Ce qu’il ne faut surtout pas enfin négliger, c’est rôle et la puissance des médias. Les médias habilement manipulés, sont capables, en l’espace d’un instant, d’avilir l’image d’une personnalité ou d’en faire un héros. Les médias servent aujourd’hui d’armes de destruction massives aux mains de ceux qui ont les moyens les mettre en œuvre et de les manipuler à leur guise. C’est ce que certains observateurs ont appelés la « médiacratie ». C’est un pouvoir où les médias nous imposent ce qu’ils veulent et qui  ne vont pas jusqu’au bout de qu’ils nous montrent ou nous disent. La BBC, radio sous la couverture de laquelle se cache aujourd’hui Said Penda, échappe-t-elle à cette règle ? Pas du tout.

Cela, Said Penda le sait pertinemment. Et, c’est de cette arme qu’il use à travers son film documentaire à charge contre Laurent Gbagbo, au point de prendre, tous ceux qui soutiennent ce dernier, pour des idiots.

De ce qui précède, l’on comprend et l’on saisit enfin et mieux les motivations du sieur Penda. Pas besoin alors de perdre son temps à vouloir regarder ce ramassis de montages soigneusement ficelés, appelé film-documentaire, dans le seul but d’enfoncer d’avantage Laurent Gbagbo, vue sa trame viscéralement haineuse et propagandiste à souhait. Même pour Dame Fatou Bensouda, désespérément à la recherche de preuves contre  Laurent Gbagbo, il ne servirait absolument à rien. Encore moins pour la Côte d’Ivoire, en quête d’unité et de réconciliation.

Pauvre Penda, qui s’est donné tant de peine (12 mois de tournage et 108 millions) pour finalement parvenir au résultat contraire : Laurent Gbagbo demeure et demeurera le héros contemporain de la lutte contre l’asservissement de l’Afrique.


Marc Micael

FILM-DOCUMENTAIRE DU CAMEROUNAIS SAÏD PENDA: 108 MILLIONS POUR MENTIR SUR GBAGBO


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Que ne ferait-on pas pour avoir la tête de Laurent Gbagbo? Un journaliste camerounais s’est prêté au jeu de la manipulation avec film mensonger pour gagner de l’argent.


Face aux journalistes ivoiriens, samedi dernier, à la Maison de la presse d’Abidjan-Plateau, Saïd MBombo Penda, ex-journaliste à la radio britannique, BBC, et à l’agence de presse américaine, Associated Press, a révélé que son film-documentaire sur Laurent Gbagbo a coûté 108 millions de Fcfa pour sa réalisation. Cet élément de 2 x 52 minutes intitulé « Laurent Gbagbo: despote ou anticolonialiste: le verbe et le sang», a été produit par une obscure structure dénommée Sentinelles productions.

Qui est derrière cette structure? Où Saïd Penda a-t-il trouvé ces 108 millions? Pourquoi une si forte somme pour produire un film-documentaire, qui de l’avis de tous les journalistes sérieux qui l’ont visionné, relève plus d’un condensé de rumeurs que d’une enquête crédible?

Saïd Penda, lui- même, dévoile les vraies raisons de son pamphlet filmé sur Laurent Gbagbo. Il l’a dit dans une interview accordée, au quotidien Le Patriote, proche d’Alassane Dramane Ouattara: «Je ne comprends pas moi aussi pourquoi la Cpi aurait du mal à trouver des preuves concrètes de la responsabilité de Laurent Gbagbo dans ce que qui s’est passé, alors qu’un travail d’investigation d’un journaliste comme le mien a  pu trouver, preuves à l’appui, que Laurent Gbagbo a donné des ordres qui donnent froid dans le dos à des hommes pour qu’ils matent toute tentative d’opposition à son pouvoir».

L’aveu est ainsi clair. Le sieur Saïd Penda a été financé par des individus, qui pour des raisons qui leur sont propres, ne veulent pas que le Président Gbagbo soit libéré de la Cpi même si de toute évidence, il est innocent, et qu’il n’y a aucune preuve accablante contre lui.

Ce film-documentaire est donc une tentative maladroite pour influencer les juges de la Cpi afin d’obtenir la condamnation à tout prix de Laurent Gbagbo. Il vise également à ternir l’image du président Gbagbo au moment où, en Afrique comme en Europe, les Africains battent le pavé et occupent les médias pour exiger sa libération. Le journaliste camerounais Saïd MBombo Penda est donc le sofa  engagé pour le sale boulot. Pour tenter de donner du crédit à cette manipulation de l’opinion. Son statut d’ancien journaliste de la presse internationale est brandi ainsi que sa nationalité camerounaise. Nul n’ignore que le vaillant peuple camerounais figure en bonne place parmi les Africains qui soutiennent Laurent Gbagbo dans cette injustice qu’il subit.

Le pamphlet de Saïd Penda vise également à saboter l’image de Laurent Gbagbo au sein de la société camerounaise qui le soutient. Puisque pour les millions de camerounais, Gbagbo est une victime de l’impérialisme occidentale comme le fut le nationaliste camerounais Ruben Um Nyobe.

Saïd Penda a donc bénéficié de 108 millions de Fcfa pour pondre des contre-vérités sur Laurent Gbagbo. Une mission vouée à l’échec comme celle de l’obscur sociologue belge Benoît Scheuer à travers le film-documentaire «Côte d’Ivoire: poudrière identitaire», sorti en 2001. Un ramassis de faux clichés qui visait, a-t-on découvert plus tard, à justifier la rébellion armée pro-Ouattara de septembre 2002.


Didier Depry, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 24 Décembre 2013.

QUAND LES PYROMANES JOUENT AUX POMPIERS - LIBYE: LE CONSEIL DE SECURITE SE PENCHE SUR LE DEPLOIEMENT D'UNE UNITE SPECIALE DE L'ONU

 

 

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Le Conseil de sécurité de l’ONU, tous membres confondus pour une fois, porte une lourde responsabilité dans la destruction de la Jamahiriya et dans le chaos qui s’est installé de ce fait en Libye. Tous membres confondus, car la Russie de Medvedev et la Chine, ainsi que les non-alignés et les brics (membres non permanents), pour s’être abstenus, ont permis et légitimé l’agression des USA et de l’OTAN contre la Libye de Kadhafi.

Presque trois ans après cette agression, voilà le Conseil de sécurité de l'ONU en train d'évaluer la possibilité du déploiement d'une unité spéciale de 235 gardes chargés de protéger la mission de l'ONU à Tripoli, la capitale libyenne, selon un communiqué de la Mission d'appui de l'ONU en Libye (MANUL) obtenu ce mercredi 18 déc. 2013 par Xinhua. Lors d'une conférence de presse tenue mardi à Tripoli, Tarek Mitri, le représentant spécial de l'ONU en Libye et chef de la MANUL, a annoncé que le type d'unité et le nombre d'hommes déployés dans l'unité étaient actuellement en cours d'évaluation. Il a également expliqué que « la mesure était en train d'être prise pour apaiser les craintes exprimées par certains groupes en Libye » (sic).

Lors de la conférence de presse, Mitri a également « salué les institutions libyennes pour leur dévouement envers le développement démocratique du pays » (resic). Il a indiqué « qu'un certain nombre de membres du Conseil de sécurité estimaient qu'en transformant la crise politique actuelle et l'instabilité en une opportunité permettrait à la Libye d'avancer dans sa transition démocratique » (resic). Précisant qu’il s’agissait de : « construction de l'Etat, établissement de l'Etat de droit, stabilisation de la situation sécuritaire, promotion des droits de l'homme et amélioration de la qualité de vie ...

Un mensonge grossier quand on se souvient de la prospère et sûre Libye de Kadhafi, de son haut niveau de vie (le premier en Afrique), de son enseignement modèle, de son système social et de son expérience de Démocratie directe. C’est l’agression occidentale qui a détruit tout cela, avec la complicité directe de l’ONU !

Mitri a encore ajouté que « d'autres membres avaient relevé les risques associés à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, ainsi que l'impact de la prolifération des armes en Libye, et ont donc appelé à des actions concrètes et urgentes pour y répondre ». « Plus de deux ans après la fin du soulèvement de 2011, les autorités libyennes peinent toujours à établir un Etat de droit et à imposer leurs forces de sécurité face aux milices armées formées pendant les affrontements de 2011 » conclut Xinhua.

DES LES PREMIERS JOURS DU COUP D’ETAT DE FEVRIER 2011, L'ONU SE POSAIT EN PARTENAIRE DE LA « TRANSITION LIBYENNE » AUX COTÉS DE LA JUNTE EXTRÉMISTE DE BENGHAZI

Confirmant l’engagement de l’ONU dès les premiers jours du coup d’état de février 2011 aux côtés de la Junte islamo-monarchiste de Benghazi, lors d’une visite à Tripoli le 3 novembre 2011, le secrétaire général de l'ONU déclarait que "La Libye nouvelle aspire à être une nation libérée de la peur, libérée de l'injustice et de l'oppression du passé. Les Nations unies seront votre partenaire dans la transformation de ces espoirs en réalité". Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était rendu en Libye pour « assurer les nouveaux dirigeants du pays du soutien de la communauté internationale durant la période de transition ».

Ecoutons ses paroles cyniques et fallacieuses et confrontons les à ce qu’est devenue la pauvre Libye, pillée, somalisée …

"Nous sommes ici pour vous soutenir dans la lutte pour la démocratie et la liberté" (sic), déclarait Ban, qui disait être venu "à un moment historique pour saluer le peuple courageux de Libye (...) qui a payé le prix fort pour la liberté" et "inspiré le monde en renversant la tyrannie" (resic). "L'ONU se tient prête à soutenir le peuple libyen dans tous les domaines dont nous avons discuté [avec les responsables du pays] : les élections, une nouvelle Constitution, les droits humains, la sécurité publique et le contrôle des armes", avait encore déclaré le chef de l'ONU, accompagné dans sa visite par le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Nassir Abdulaziz Al-Nasser.

"La Libye nouvelle aspire à être une nation libérée de la peur, libérée de l'injustice et de l'oppression du passé. Les Nations unies seront votre partenaire dans la transformation de ces espoirs en réalité" (resic), avait-il ajouté au cours d'une conférence de presse. Il avait qualifié de "très productifs" ses entretiens avec le chef du Conseil national libyen de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil, les membres du CNT et le nouveau premier ministre libyen, notamment pour avoir une idée sur "la façon dont l'ONU peut aider le peuple libyen après la libération" (resic). "Ils [les dirigeants libyens] ont tous exprimé un engagement clair pour la construction d'une Libye démocratique, fondée sur le respect des droits de l'homme et la dignité" (resic), avait-il encore dit.

Le secrétaire général de l'ONU avait reconnu toutefois que "le chemin vers la démocratie n'est pas facile. Construire un Etat avec des institutions efficaces et responsables prend du temps", a-t-il dit. "Il est crucial que le peuple trouve un consensus sur les questions principales et reste uni. Cela va nécessiter beaucoup de pragmatisme, de compromis, particulièrement pendant cette phase très importante", a souligné M. Ban.

Il avait ajouté s'être entretenu longuement avec les dirigeants libyens au sujet de la sécurité et de la « nécessité de sécuriser les arsenaux de l'ancien régime ». Mais pas ceux offerts par l’OTAN et en particulier la France de Sarkozy aux milices islamistes de Misratta, Zintan, Tripoli et Derna … Le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté quelques jours avant ce voyage une résolution appelant la Libye et les pays voisins à mettre un terme à la prolifération, dans la région, « des armes amassées par Mouammar Kadhafi, en particulier les missiles sol-air de courte portée ».

Deux ans après cette visite de Ban Ki-moon, le chaos libyen répond tragiquement aux belles paroles cyniques de l’ONU.

Il y a quelques jours, La Voix de la Russie dressait le bilan de cette « libération » de la Libye tant vantée par Ban, ses comparses et ses maîtres occidentaux : « Plus de deux années se sont écoulées après l’assassinat barbare et sauvage du colonel Mouammar Kadhafi en Libye. Depuis la chute de la Jamahiriya libyenne, on est très loin des promesses faites par certains grands amateurs des interventions « humanitaires » armées quant à l’avenir de ce pays. La « nouvelle » Libye sombre de jour en jour dans le chaos et visiblement est en train de devenir un non-Etat failli, hors-la-loi, raciste, intégriste, ainsi que le théâtre de scénarios d’afghanisation et de somalisation. Un pays qui était pourtant encore récemment l’un des plus prospères d’Afrique. Cet avenir sombre n’est plus une perspective pessimiste, tout cela est devenu une triste réalité » ...

 

Luc MICHEL

 

http://www.lucmichel.net/2013/12/22/elac-alac-website-quand-les-pyromanes-jouent-aux-pompiers-libye-le-conseil-de-securite-se-penche-sur-le-deploiement-dune-unite-speciale-de-lonu/

___________________

 

Luc MICHEL pour ELAC & ALAC Website / avec PCN-SPO – Xinhua – La Voix de la Russie / 2013 12 23.

http://www.elac-committees.org/

https://www.facebook.com/elac.committees

 

Photos : Ban avec Abdeljalil, alors leader du CNT, aujourd’hui en fuite en Tunisie pour son implication dans le meurtre sous la torture du général félon Younes, chef des katibas du CNT, en juillet 2011.

Ban avec Zeidan, agent de la CIA, défecteur libyen en 1980 devenu citoyen US, et présentement premier ministre fantoche de la Libye occupée.

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vendredi, 20 décembre 2013

SOMMET DE BRUXELLES - MERKEL BLOQUE LES FONDS DE L'UNION EUROPEENNE POUR LES MISSIONS AFRICAINES DE LA FRANCE

 

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Et vlan ! ! ! Voici ce qui arrive quand on veut faire financer ses errements et ses turpitudes par les autres et en tirer seul les dividendes. Vous avez liquéfié la Centrafrique en lui imposant un chef rebelle, assumez aujourd'hui les dérives qui s'y déroulent. Bien fait pour vous! Chaque mort en Centrafrique est de la responsabilité directe de la France. Qu'elle assume! Et seule. Bonne lecture. Fernand Dindé.



L'UE ne mettra pas de fonds à disposition pour soutenir les opérations de l'armée française en Afrique. Selon la chancelière Angela Merkel, un financement n'est possible que lorsque les partenaires européens sont également impliqués dans la prise de décision de la mission.

La France ne recevra aucune aide financière des autres pays de l'UE pour ses opérations militaires en Afrique. Le plan du président français François Hollande a échoué principalement à cause de la résistance de la chancelière allemande Angela Merkel.

«Nous ne pouvons pas financer de mission militaire dans laquelle nous ne sommes pas impliqués dans le processus de décision», a déclaré Mme Merkel dans la nuit de vendredi pendant le sommet de l'UE à Bruxelles. Cependant, elle a expliqué qu’il y a «des raisons de croire qu'une intervention en Centrafrique était nécessaire.»

La chancelière a indiqué clairement qu'elle et les autres pays de l'UE attendaient à l’avenir un comportement différent de la France. Il ne suffit pas d'obtenir une décision du Conseil de sécurité de l'ONU pour une mission militaire. Celui qui aspire à une coresponsabilité européenne doit, dans le même temps, s’accorder avec ses partenaires européens et s'efforcer d’obtenir une décision de l’Union européenne.

(Source: Spiegel/AFP)


Traduction: Nathalie Yamb

 

Source: SPIEGEL.DE

lundi, 16 décembre 2013

CENTRAFRIQUE: LES RAISONS CACHEES DE L'INTERVENTION FRANÇAISE

 

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François Hollande à Bangui: «La France vient défendre la dignité humaine»


MICHEL COLLON : La France enfin en guerre "humanitaire" ? Ce n'est pas encore pour cette fois ! Mais la propagande tourne à plein régime. Décryptage par un nouveau jeune journaliste d'Investig'Action, que je suis fier de vous présenter : Olivier Ndenkop, basé au Cameroun.

Contrairement à l’«impératif humanitaire» agité par le président François Hollande, l’«Opération Sanguiris» menée par 1.200 soldats français vise à contrer l’arrivée des Chinois et surtout à contrôler les réserves d’or, de diamant et d’uranium présentes dans le sous sol de la Centrafrique. Un pays plus grand que la France et la Belgique réunies et où Areva, Total, Bolloré, France Télécom… dictent déjà la loi, malgré les atrocités.


Après la Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, la Libye de Kadhafi et le Mali en Afrique de l’Ouest (Opération Serval), la France a décidé le 3 décembre dernier d’intervenir militairement en République centrafricaine (RCA), un pays situé justement au centre de l’Afrique. François Hollande et ses officiers ont attribué le nom d’un papillon aux ailes rouge sang à cette opération militaire : le « Sanguiris ». Cette « Opération Sanguiris » est entrée dans sa phase opérationnelle le 8 décembre, date à laquelle 800 soldats sortis des casernes hexagonales 72 heures avant, ont rejoint leurs collègues à Bangui, capitale de la RCA. Ce ralliement porte à 1 600 le nombre de militaires français dans ce pays étendu sur 622 980 km2 et peuplé de cinq millions d’âmes damnées par un demi-siècle de guerre et de misère tous azimuts. Avant l’ « Opération Sanguiris », l’armée française disposait déjà des troupes suréquipées en Centrafrique. Elles sont stationnées à l’aéroport de Bangui-Mpoko

Officiellement, l’ « Opération Sanguiris » est la réponse à une « situation catastrophique ». Une réaction « humanitaire », pour sauver « un peuple qui souffre et nous appelle », a déclaré François Hollande le 6 décembre lors du Sommet Afrique-France qui se tenait à l’Elysée. « Les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts », a ajouté le « socialiste  » Hollande. Le même jour et au même endroit, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), s’était joint au président français au grand cœur pour saluer la décision ainsi prise par le successeur de Nicolas Sarkozy. Ban Ki Moon avait personnellement fait le déplacement de Paris pour participer à la grand’messe françafricaine organisée et présidée par M. Hollande avec pour thème officiel : « Paix et sécurité en Afrique ». Avant Ban Ki Moon, d’autres fonctionnaires de l’ONU comme Navi Pillay et Jan Eliasson avaient, à tour de rôle, agité le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » qui « paralyse la Centrafrique  ». Finalement, l’ONU a voté la résolution 2127 qui autorise une intervention militaire africaine avec l’appui des forces françaises. Quelle suite logique !
 
 La France n’a pas d’intérêts en République centrafricaine : Vrai ou faux ?
 
Ce serait un non sens que la France qui n’a pas une longue tradition de philanthropie intervienne en Centrafrique tout simplement pour « sauver un peuple qui souffre et nous appelle  ». D’autant plus que les souffrances des Centrafricains ne datent pas de 2013 ! Ce peuple souffre depuis 1960 des turpitudes de ses six présidents successifs : David Dacko, Bokassa Ier, André Kolingba, Ange F. Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia. Tous sont arrivés au pouvoir après un coup d’Etat. Et la main de la France, puissance colonisatrice a toujours été perçue ou annoncée derrière ces différents putschs.

La France a des intérêts en Centrafrique. Aujourd’hui, elle contrôle l’économie centrafricaine ou ce qui en tient lieu. Bolloré y a la main mise sur la logistique et le transport fluvial. Castel règne en maître dans le marché de la boisson et du sucre. CFAO y contrôle le commerce des voitures. Depuis 2007, France Telecom est entrée dans la danse. AREVA est présente en RCA même si, officiellement, le géant du nucléaire n’est encore qu’à la phase de l’exploration. Total y renforce son hégémonie dans le stockage et la commercialisation du pétrole, mais doit composer avec Tradex, une société camerounaise spécialisée dans le trading des produits pétroliers. Depuis l’arrivée de Michel Djotodia au pouvoir en mars 2013, un ballet d’hommes d’affaires et de lobbyistes français s’observe à Bangui. Jean-Christophe Mitterrand, Richard Attias, Claude Guéant, Laurent Foucher… s’illustrent par un activisme affairiste en Centrafrique, révèle régulièrement la presse. Et ce n’est pas nouveau.

Lorsque la France installe un nouveau chef à la tête de la Centrafrique, de nouveaux liens d’affaires naissent et se consolident en violation des lois et parfois de l’éthique. Au tournant de la décennie 70 par exemple, une scabreuse affaire, révélée par un journal français, Le Canard enchaîné a présenté aux yeux du monde le type de relations qui existe entre certains présidents français et ces nouveaux dictateurs qu’ils placent à la tête des néo-colonies.

En effet, lâché par la France à qui il avait abandonné l’exploitation de son pays sans se soucier des intérêts de la population, Bokassa Ier (il s’est fait introniser comme empereur pendant son mandat) avait révélé les plaquettes de diamant qu’il offrait en cadeau à son homologue français. Le 10 octobre 1979, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné porta cette « Affaire » sur la place publique. La classe politique s’en était saisie. L’affaire porta un sérieux coup à la carrière politique du président. Eclaboussé, Giscard d'Estaing fut battu aux élections de 1981 par le « socialiste » François Mitterrand…Autant dire que ce n’est pas en Centrafrique que la France ira faire des leçons de morale !
 
A la recherche du paradis perdu
 
Derrière ses multiples « Opérations » guerrières, la France tente bon an mal an de reprendre ses positions économiques en Afrique. Le 4 décembre, alors que les troupes françaises prenaient la direction de Bangui, Pierre Moscovici présidait un forum économique franco-africain à Bercy. Le ministère français de l’Economie avait réuni 560 entrepreneurs français et africains, des ministres et des chefs d’Etat pour tenter de sauver la place de la France en Afrique. Séance tenante, Hubert Védrine, ancien ministre français des relations extérieures, a donné une sorte de bouée de sauvetage au ministre Moscovici à la recherche des quatre points cardinaux ! Il s’agit d’un rapport intitulé : Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Dès le premier point, le Rapport Védrine propose de réviser « la politique française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ». Ce qui est déjà une véritable révolution. Jusqu’ici, les entrepreneurs africains qui sollicitaient un visa pour la France étaient soumis aux mêmes conditions draconiennes qu’un adolescent désireux d’aller poursuivre ses études en Hexagone. Comme si un Africain capitaine d’industries prospères dans son pays représentait un risque migratoire pour l’Europe ! Les temps ont changé. Et pour « renforcer l’influence de la France en Afrique » (15ème proposition du Rapport Védrine), les autorités françaises font donc des concessions. Comment pouvait-il en être autrement ? « En dix ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique subsaharienne », a reconnu Pierre Moscovici.
 
Face aux 26 chefs d’Etat qui ont pris part au Sommet de l’Elysée, le président français a multiplié les opérations de charme. Il a annoncé la mise en place d’un fonds d’investissement de 20 milliards. L’hôte des présidents africains a aussi pris l’engagement d’affecter un milliard d’euros à l’Agence française de développement (AFD) pour le soutien du Green business, de l’innovation et des nouvelles technologies en faveur de l’Afrique. En s’inscrivant dans la logique de son ministre des Finances qui a enfin avoué que « l’Afrique est une chance pour la France », M. Hollande veut ainsi reconquérir le cœur des Africains aujourd’hui plus attentifs vis-à-vis de Pékin et de New Delhi. Last but not least, le président français a annoncé la création d’une fondation franco-africaine au sein de laquelle les investisseurs privés français et africains joindront leurs ressources pour plus de valeur ajoutée. Il a fallu trois siècles pour que la France y songe !
 
La Chine, vraie menace pour l’Elysée
 
L’Empire du Milieu est inévitablement cité dans le Rapport Védrine comme le principal responsable du recul de la France dans les échanges avec l’Afrique. Ce qui est vrai. En République centrafricaine, la Chine a fait une entrée fracassante dans le secteur du pétrole. Au grand dam de Paris et de son relais néocolonialiste dans la sous région : Idriss Deby.

En effet, arrivé au pouvoir par coup d’Etat en 2003 avec l’aide manifeste de Paris et de N’Djamena, François Bozizé qui a eu le temps de se faire élire en 2005 n’a pas résisté aux propositions de la Chine qui multiplie les aides, accroît ses investissements sur le continent avec moins de conditionnalités. Ce qui tranche avec l’arrogance et le paternalisme des « partenaires traditionnels » de l’Afrique.
 
« J’ai été renversé à cause du pétrole »

Les résultats de ce rapprochement avec l’Empire du Milieu ne se sont pas fait attendre. En 2008, la Chine a accordé à la RCA des aides et un prêt pour un montant global de 3,25 milliards de francs CFA soit 4,4 millions d’euros. L’enveloppe a permis de construire des écoles et hôpitaux dans cet océan de précarité qu’est la Centrafrique. Quelques mois après, le président Bozizé s’est rendu en Asie où il a été reçu le 10 septembre 2009 au Palais du peuple par Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine. Ce qui ne saurait rassurer ni Paris, ni N’Djamena. D’autant plus que tout ne s’est pas limité à la poignée de main entre le président centrafricain et son homologue chinois.

Dans les faits, le rapprochement entre Bozizé et Hu Jintao a permis à la Compagnie chinoise CNPC de reprendre le permis de recherche, développement et exploitation du pétrole de Boromata, dans le Nord-est de la Centrafrique. Il n’est pas inutile de rappeler que pour ce gisement, Ange Félix Patassé, le prédécesseur de Bozizé, avait accordé un permis similaire au pétrolier étasunien Grynberg RSM. L’industriel de Denver, invoquant l’insécurité, n’a pas pu conduire les recherches et le permis a expiré en 2004. La cession du sésame aux Chinois pouvait-elle plaire à ceux qui ont permis à François Bozizé d’accéder au pouvoir ? Fraichement déchu de ses fonctions en mars 2013, le désormais ex-président Bozizé a affirmé sur les ondes de Radio France International (RFI) que « j’ai été renversé à cause du pétrole ». Sans plus de détails. Trois (27 décembre 2012) mois avant, le président François Bozizé avait prononcé un discours dans lequel il affirmait clairement que ce qui se cachait derrière la crise qui secouait alors son pays n’était rien d’autre que l’opposition française émise plus tôt contre l’octroi des contrats d’exploration de pétrole aux Chinois. « J’ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème », martelait Bozizé, acculé par les rebelles.

Les manœuvres de Washington

Le fait que le président Bozizé ait pris l’habitude de s’afficher avec les dirigeants chinois a aussi provoqué la colère de Washington. Et les câbles diplomatiques à ce sujet le démontrent à suffisance.

Le 17 juin 2009, l’ambassadeur étasunien Frederick Cook en RCA avait envoyé un câble à Washington dans lequel il affirmait que les «  relations France-RCA sérieusement sous tension. […] Bozizé semble croire avoir réussi à être le moindre mal dans le paysage politique de la RCA. Il s’imagine donc être indispensable pour ses voisins et les Français, une supposition que l’ambassade américaine (« AmEmbassy ») à Bangui croit être une erreur grossière », écrivait alors le diplomate étasunien.

Une autre dépêche envoyée cinq mois plus tard avait valeur d’alerte : «  L’influence chinoise grandissante en RCA est évidente ». Le câble précisait dans quelle mesure tant les intérêts américains que français étaient en train de céder du terrain à Beijing qui ne cessait d’« accroître sa coopération militaire, sa diplomatie publique et ses efforts de développement ». L’ambassadeur soulignait pour s’en inquiéter que contrairement au quatre agents diplomatiques résidant à l’ambassade américaine de Bangui, l’ambassade chinoise comptait une quarantaine d’employés. Frederick Cook ajoutait qu’environ 40 officiers de l’armée de la RCA étaient formés tous les ans en Chine, contre les deux ou trois officiers qui allaient aux Etats-Unis et les 10 à 15 en France. Et pour ne pas arranger les choses, Bozizé a confié la réserve pétrolière de Boromata aux Chinois, au détriment de la France et de son allié, les USA. Etant donné que ces deux puissances ont érigé le pétrole au rang des divinités, Bozizé se savait désormais sur un fauteuil éjectable. On l’a effectivement éjecté le 24 mars 2013.

La France fait semblant de combattre pour renforcer son influence en RCA

Rappelez-vous. Le jeudi 21 novembre 2013 lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits au docteur congolais Denis Mukwege et à Femmes Africa Solidarité François Hollande avait indiqué qu’ « Il se produit en Centrafrique des actes abominables. Un chaos, des exactions extraordinairement graves ». Face à l’urgence et aux 400 000 personnes déplacées en Centrafrique, « nous devons agir », a ajouté le président français. Le même jour, cette fois là sur France 2, son ministre des Affaires étrangères a ajouté : « Le pays est au bord du génocide ». 48 heures avant, devant une commission du Congrès, le directeur du bureau Afrique du département d’État, Robert Jackson, avait évoqué « une situation pré-génocidaire  » en Centrafrique. On le voit, le scénario est le même. Le président Français annonce la crise. Un membre de son gouvernement saute aux antennes pour décrire la catastrophe à venir. Une voix « extérieure », de préférence étasunienne ou onusienne vient accréditer la thèse alarmiste en insistant sur la violation des droits de l’homme. L’opinion internationale soumise à un matraquage médiatique et donc psychologique intense salue l’envoi des troupes sur le terrain. Car, une résolution a bel et bien été prise par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013 pour autoriser les troupes françaises à agir en appui aux forces africaines de la Misca.
 
Ce dont la Séléka est le nom
 
En Centrafrique, les populations sont victimes, en partie des exactions des éléments de la Séléka (coalition en sango, langue nationale). Mais qui compose cette fameuse Séléka ? La Séléka est une coalition de factions rebelles dissidentes issues de plusieurs mouvements politico-militaires. On y retrouve la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). Au plus fort de la contestation du pouvoir de M. Bozizé, deux autres groupes armés ont vu le jour ou ont dévoilé leur visage au grand jour et ont rejoint la Séléka. Il s’agit de la Convention patriotique du salut du kodro (kodro signifie pays, en sango), et de l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Sans oubliés les hordes venues du Tchad et du Soudan.

Tous ces groupes composites ont donc fait une « alliance » de circonstance pour atteindre un objectif précis : renverser le président Bozizé. Mission accomplie en mars 2013. Or, il n’y avait qu’un seul fauteuil présidentiel à prendre et à pourvoir. Il a finalement été occupé par Michel Djotodia. L’ancien fonctionnaire du ministère du Plan qui a goûté à la prison sous Bozizé détenait le gros des troupes. Les hordes tchado-soudanaises obéissaient à son commandement. N’a-t-il pas été présenté par la presse sans démenti comme le meilleur interlocuteur de la France et du Tchad qui voulaient en découdre avec Bozizé l’ « insoumis » ? Aussitôt installé au Palais de Bangui, Michel Djotodia a pris un décret pour dissoudre la Séléka et annoncer le « recasement et le cantonnement ».

Ne se reconnaissant pas tous en lui, plusieurs éléments issus des autres groupes armés n’ont pas respecté les ordres d’un chef qui, dans tous les cas n’est pas le leur. Dans la Seléka, le « contingent » de loubards tchadiens et soudanais s’est lui aussi trouvé face à un dilemme. Ils ont été utilisés pour installer Djotodia au pouvoir. Celui-ci annonce le « recasement et cantonnement » et l’intégration dans les Forces armées centrafricaines (FACA). Or, n’étant pas Centrafricains, que vont-ils devenir ? Le nouveau président ne semble pas avoir pleinement satisfait ses alliés d’hier sur cette question. 

Les incompréhensions entre les différents groupes rebelles d’une part, et entre certains chefs et leurs éléments d’autre part, débouchent sur des atrocités généralisées dans le pays. Pillage, viol et assassinats en série deviennent l’activité quotidienne de ces hommes à qui on a enseigné la brutalité et la tuerie ! La chaîne de commandement étant brisée et plusieurs promesses mirobolantes n’ayant pas été tenues, personne ne contrôle plus rien. Le pays se retrouve dans la même situation d’ « ingouvernabilité » que la Libye envahie par les djihadistes, après l’assassinat du Guide Mouammar Kadhafi par les troupes de l’OTAN avec la France de Sarkozy et de Bernard Henri Levy en tête. La situation centrafricaine rappelle étrangement celle qui a prévalu à Abidjan après le renversement de Laurent Gbagbo par les rebelles pro-Ouattara soutenus par la France. En effet, après la chute de l’ancien chef d’Etat de Côte-d’Ivoire, les éléments des « Forces nouvelles » (rébellion dirigée alors par Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblé nationale) ont été floués. L’argent et les autres avantages qui leur avaient été promis pendant le combat contre le régime de Gbagbo n’ont pas été livrés. Ouattara est devenu président de la République. En représailles, ces « Forces nouvelles » ont pillé la capitale ivoirienne. Non sans tuer et torturer certains commerçants innocents.

En Centrafrique, à la violence des éléments de la Séléka (essentiellement musulmans), les « Anti balaka » répondent aussi par la violence. Le deuxième groupe est constitué d’éléments essentiellement chrétiens et sont présentés comme les pro-Bozizé. Ce dernier était leader d’une église chrétienne. La presse occidentale s’appuie sur ce fait qui pour agiter mensongèrement le spectre d’un « conflit interreligieux » voire d’un « génocide » en Centrafrique.

Face à cette situation chaotique, l’agitation n’est-elle pas toujours fonction des intérêts à protéger ou à conquérir ? Toujours est-il qu’en Centrafrique, la France a très vite pris les devants dès que la situation sur le terrain est devenue incontrôlable. Alors que la Mission militaire africaine Misca, commandée par le général camerounais Tumenta avait déjà déployé 2500 soldats, la France a jugé nécessaire de convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution qui lui permet d’y envoyer ses troupes tricolores. En vérité, les troupes françaises ont précédé la Résolution 2127. Celle-ci a été adoptée le 5 décembre. Pourtant, les troupes avaient déjà quitté la France et étaient stationnées à Douala au Cameroun, voisin de la RCA.

Mais avait-on besoin de tant de militaires hyper équipés pour vaincre quelques loubards armés de machettes et d’armes résiduelles ? Les Forces armées centrafricaines ou ce qui en reste et la Misca sont-elles incapables de vaincre ces affamés ? Bien plus, nous sommes là dans une guerre asymétrique, avec un ennemi qui n’a pas d’uniforme identifiable à priori. Ne connaissant pas le terrain, ni la composition sociologique du pays (certains arrivent en Afrique pour la première fois d’après leurs déclarations à RFI), contre qui vont se battre les soldats tricolores ? La quinzième proposition du Rapport Védrine évoqué plus haut peut permettre de répondre à ces interrogations. Il est question de « Renforcer l’influence de la France en Afrique », y a conseillé l’ancien ministre des relations extérieures de François Mitterrand.
 
« L’Afrique est une chance pour la France », reconnaît le ministre des Finances français
 
Comme la plupart des pays occidentaux, la France est encore ravagée par les contrecoups de la crise qui a secoué l’économie mondiale à partir de 2007. Arrivée au pouvoir à cette période agitée, surpris par la percée des nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, et le Brésil, Nicolas Sarkozy a renfilé le manteau colonial. Et au lieu de la « Rupture » annoncée par le candidat Nicolas, l’Afrique a eu droit à une « Continuité » accélérée par le président Sarkozy, ami zélé des hommes d’affaires de la trempe de Charles Pasqua, Vincent Bolloré... Le libéral Sarkozy a bombardé la Côte-d’Ivoire et la Libye. Mais rien n’y a fait. La France, au bout de ses cinq ans de mandat, n’a pas pu reprendre sa place de premier partenaire économique en Afrique francophone, malgré le sang versé !

Le « socialiste » François Hollande qui n’avait pas fait de l’Afrique une priorité pour son mandat semble avoir oublié toutes les autres parties du monde - la France comprise - pour se tourner vers l’Afrique. Comme le commandant d’un bateau atteint par les eaux, il multiplie ses visites en Afrique. Après les obsèques de Nelson Mandela auxquelles il prenait part le mardi 10 décembre, François Hollande s’est rendu sur le théâtre de guerre en Centrafrique pour galvaniser « ses » soldats qui ont déjà perdu deux frères d’arme après seulement une semaine d’action !


Olivier NDENKOP


Source: INVESTIG'ACTION

UNE TELEVISION RUSSE DEMONTE L'OPERATION FRANÇAISE EN CENTRAFRIQUE

 

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Vidéo exclusive. Une télévision russe démonte l'opération française en Centrafrique. La chaîne de télévision Russe, proRussia TV nous apporte un éclairage alternatif sur l'intervention française en Centrafrique. L'intégralité de leur analyse:
 
 
Le trouble jeu de la France en Centre-Afrique: n'est-elle plus qu'une simple compagnie de CRS de l'Oncle Sam?
 
Comme nous le craignions dans nos précédentes éditions, le scénario à l’ivoirienne semble dramatiquement se répéter en République Centrafricaine. Une fois de plus la France intervient militairement avec le blanc-seing de l’ONU, pour officiellement mettre fin à des massacres de civils et « sauver des vies humaines », selon son super-président François Hollande et le Ministre des Affaires Étrangères, le philanthrope Laurent Fabius.
 
Charitables déclarations et louables intentions  qui masquent difficilement la responsabilité et surtout l’implication de Paris, dans la déstabilisation de ce pays, majoritairement chrétien, livré à une rébellion musulmane venue du Nord. Pourquoi en effet avoir tant tardé pour intervenir, alors que la France maintient sur place une force militaire et ne peut ignorer les affrontements meurtriers opposant depuis de nombreux mois des groupes d’autodéfense de villageois, surnommés « anti-balaka » (ou anti-machettes) à l’ex-rébellion Séléka. Une alliance de groupes hétéroclites arrivée justement au pouvoir en chassant l’ancien président Bozizé en mars 2012… avec la bénédiction tacite de Paris ! Alors volonté politique ou impuissance diplomatique ?
 
Les enjeux de cette nouvelle opération militaire française, baptisée Sangaris, semblent multiples. Bien que classé parmi les pays les plus pauvres de la planète, en raison de son instabilité, la Centre-Afrique dispose de riches ressources en bois, or, diamants et uranium. Les nouvelles forces armées centrafricaines qui ne sont en réalité qu’un ramassis de milices incontrôlées n’obéissant qu’à des seigneurs de la guerre locaux, mettent le pays sous leur coupe réglée. Sous couvert d’intervention humanitaire et de sécurisation d‘une région, que la France a pourtant sacrément contribué à perturber depuis 2011, notamment en Libye et en Côte-d’Ivoire, Paris cherche surtout à s’assurer du contrôle des ressources. Quitte pour cela à conforter un pouvoir minoritaire et illégitime, en désarmant des milices chrétiennes qui chercheraient à se venger sur des populations musulmanes, notamment d’origine Peules, des multiples exactions, violences et pillages à répétition dont elles sont victimes. Rien de mieux en tout cas pour attiser un conflit ethnico-confessionnel que de croire qu’un gouvernement d’obédience musulmane puisse diriger un pays comportant 80 % de chrétiens. À ce stade, ce n’est plus de l’incompétence mais une réelle politique de tension permanente et les masques tombent enfin, malgré les grandes déclarations de principe prononcées lors du sommet sur la sécurité et la coopération qui se tient actuellement.
 
Paris semble avoir lâché l’Afrique. Ou en tout cas s’être mis en retrait au profit du bloc atlantiste, États-Unis en tête, qui entendent diriger les opérations et superviser progressivement l’ancien pré-carré français. La Françafrique semble avoir cédé le pas à l’Américafrique comme le déclare Patrick Mbemko, auteur de plusieurs ouvrages de géopolitique.
 
Le projet est dorénavant connu : remodeler le monde en fonction de la nouvelle guerre économique mondiale qui a débuté, et dont l’Afrique sera l’un des champs de bataille, au propre comme au figuré. Aucun pays ne pourra rester neutre et les chefs d’état africains n’ont guère le choix. Soit ils alignent leurs pays sur les visées atlantistes et ils se maintiennent au pouvoir. Soit ils passent outre et ils se retrouvent dans le camp des parias, mis à l’index des nations « éclairées » et s’exposant à des rébellions qui trouveront toujours, miraculeusement, les fonds nécessaires pour armer et entretenir une troupe de plusieurs milliers d’hommes, capables de mettre en échec les armées nationales.
 
Le but est clair : verrouiller au plus vite le continent africain face à l’avancée commerciale des pays émergents comme la Chine, la Russie ou le Brésil. Pour cela il faut s’approprier rapidement les terres agricoles, les ressources énergétiques ou l’exploitation des richesses minérales. Mais il faut aussi contrôler les corridors d’évacuation comme la « route transversale » qui traverse l’Afrique D’est en Ouest, de l’Océan indien au Pacifique et passe… par la république centrafricaine. Étrangement aucun expert médiatique français n’aborde ces questions. On se contente seulement d’appuyer la version officielle d’une urgence humanitaire. Certains allant même jusqu’à dénier toute légitimité à la moindre réserve ou critique prononcée. Le syndrome rwandais oblige, la culpabilisation artificielle de la France joue parfaitement son rôle de censure psychologique et politique.
 
Toutes ces guerres humanitaires dissimulent en réalité des opérations néocoloniales qui n’en portent pas le nom. « L’intervention française sera rapide, elle n’a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès », c’est la dernière déclaration d’Hollande-le-va-t-en guerre. Souhaitons-le en tout cas. Car comme personne ne semble se bousculer pour financer cette opération, ni l’ONU, ni l’Union Européenne, ni les sociétés privées qui pourtant tirent d’énormes bénéfices de leur situation sur place, il faut souhaiter effectivement que cette probable victoire tactique, ne se transforme en une défaite stratégique, faute de financements. À moins que comme, certains le supputent, Paris ne consente à supporter toute la charge financière.
 
La Hollandie en est réduite à rendre de martiaux services en échange d’une partie de sa dette, de son déficit ou de délais supplémentaires à titre de remerciements dans le cadre des relations économiques et politiques avec l'Afrique, espérant ainsi redorer l’image ternie de M. Bricolage.Les militaires français coûtent moins cher que les intérêts de la dette. On comprendrait dès lors plus aisément le retournement stratégique français général et son alignement sur des intérêts contraires aux siens. Comme l’écrivait François de La Rochefoucauld : « Quand on croit servir les autres, on ne fait que se servir à travers eux ». fin de citation. Tout homme a son prix et il est indéniable en tout cas, que même en temps de crise financière, l’argent demeurera toujours le nerf de la guerre.
 
 
Lundi 9 décembre 2013

lundi, 28 octobre 2013

LIBYE: DE KHADAFI A AL-QAIDA. EN REMERCIANT LA CIA

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Les États-Unis sont-ils sérieusement en guerre contre le terrorisme en Afrique ou le suscitent-ils au contraire pour servir leurs intérêts ? Enquête de Marc Vandepitte.

 

État défaillant

Le 11 octobre, le Premier ministre libyen a été brutalement enlevé avant d’être libéré quelques heures plus tard. Ce kidnapping est symptomatique de la situation dans le pays. Le 12 octobre, une voiture piégée a explosé près des ambassades de Suède et de Finlande. Une semaine auparavant, l’ambassade russe fut évacuée après avoir été envahie par des hommes armés. Il y a un an, la même chose s’était produite à l’ambassade américaine. L’ambassadeur et trois collaborateurs y avaient trouvé la mort. D’autres ambassades avaient été par le passé également prises pour cibles.

L’intervention occidentale en Libye, comme en Irak et en Afghanistan, a instauré un État défaillant. Depuis l’éviction et le meurtre de Kadhafi, la situation sécuritaire du pays est hors de contrôle. Attentats sur politiciens, activistes, juges et services de sécurité sont monnaie courante. Le gouvernement central exerce à peine le contrôle sur le pays. Des milices rivales imposent leur loi. En février, le gouvernement de transition a été forcé de se réunir sous des tentes après avoir été expulsés du parlement par des rebelles en colère. Le bateau qui a coulé près de Lampedusa, noyant 300 réfugiés, provenait de Libye. Etc.

La Libye détient les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique. Mais suite au chaos qui règne dans le pays, l’extraction du pétrole est quasiment à l’arrêt. Désormais, le pays doit importer du pétrole pour assurer ses besoins en électricité. Début septembre, l’approvisionnement en eau vers Tripoli a été saboté, menaçant la capitale de pénurie.

Bases pour terroristes islamistes

Mais le plus inquiétant est la jihadisation du pays. Les islamistes contrôlent des territoires entiers et placent des hommes armés aux checkpoints des villes de Benghazi et Derna. Le personnage de Belhadj en est une parfaite illustration. Cet ancien (pour ainsi dire) membre éminent d’Al-Qaïda était impliqué dans les attentats de Madrid en 2004. Après la chute de Kadhafi, il devint gouverneur de Tripoli et envoya des centaines de jihadistes libyens en Syrie pour combattre Assad. Il travaille désormais à l’instauration d’un parti conservateur islamiste.

L’influence de la jihadisation s’étend bien au-delà des frontières du pays. Le Ministre tunisien de l’Intérieur décrit la Libye comme « un refuge pour les membres nord-africains d’Al-Qaïda. » Suite à l’effondrement du pouvoir central libyen, des armes lourdes sont tombées dans les mains de toutes sortes de milices. L’une d’entre elles, le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), dont Belhadj était le dirigeant, a conclu une alliance avec les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers sont parvenus, avec les Touaregs, à s’emparer du Nord du Mali pendant quelques mois. La prise d’otage de grande ampleur sur un site gazier algérien en janvier a été réalisée au départ de la Libye. Aujourd’hui, la rébellion syrienne est contrôlée depuis la Libye et la tâche d’huile jiadhiste s’étend vers le Niger et la Mauritanie.

En remerciant la CIA

À première vue, les États-Unis et l’Occident semblent se faire du souci à propos de cette recrudescence d’activité jihadiste en Afrique du Nord. Ajoutons-y aussi le Nigéria, la Somalie et plus récemment, le Kenya. Mais à y regarder de plus près, la situation est plus compliquée. La chute de Kadhafi fut rendue possible par une alliance entre d’une part des forces spéciales françaises, britanniques, jordaniennes et qataries, et d’autre part des groupes rebelles libyens. Le plus important de ceux-ci était bel et bien le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), qui figurait sur la liste des organisations terroristes interdites. Son leader, le susmentionné Belhadj, avait deux à trois milles hommes sous ses ordres. Sa milice eut droit à des entraînements américains juste avant que ne commence la rébellion en Libye.

Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière. Dans les années 80, ils s’occupèrent de la formation et de l’encadrement des combattants islamistes extrémistes en Afghanistan. Dans les années 90 ils remirent le couvert en Bosnie et dix ans plus tard au Kosovo. Il n’est pas à exclure que les services de renseignements occidentaux soient directement ou indirectement impliqués dans les activités terroristes des Tchétchènes en Russie et des Ouïgours en Chine.

Les États-Unis et le France ont feint la surprise lorsque les Touaregs et les islamistes ont occupé le Nord du Mali. Mais ce n’était qu’une façade. L’on peut même se demander s’ils ne l’ont pas provoquée, comme ce fut le cas en 1990 avec l’Irak vis-à-vis du Koweït. Vu l’activité d’Al-Qaïda dans la région, n’importe quel spécialiste en géostratégie savait que l’élimination de Kadhafi provoquerait une recrudescence de la menace terroriste au Maghreb et au Sahel. Comme la chute de Kadhafi a été provoquée en grande partie par les milices jihadistes, que les États-Unis ont formées et encadrées, l’on peut commencer à se poser de sérieuses questions. Pour plus de détails à ce propos je vous renvoie vers un article précédent.

Agenda géopolitique

Quoi qu’il en soit, la menace terroriste islamiste dans la région et ailleurs sur le continent arrange bien les États-Unis. Cela constitue l’excuse parfaite pour être présent militairement et intervenir sur le continent africain. Il n’a pas échappé à Washington que la Chine et d’autres pays émergents sont de plus en plus actifs sur le continent et constituent de ce fait une menace envers leur hégémonie. La Chine est aujourd’hui le plus important partenaire commercial de l’Afrique. D’après le Financial Times, « la militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps puisque elle est considérée dans la région comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle sur les matières premières et de contrecarrer le rôle commercial exponentiel de la Chine. »

En novembre 2006, la Chine a organisé un sommet extraordinaire sur la coopération économique où étaient présents au moins 45 chefs d’État africains. Précisément un mois plus tard, Bush approuvait la mise sur pied d’Africom. Africom est le contingent militaire américain (avions, navires, troupes, etc.) consacré au continent africain. Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et au Mali. Africom est désormais en activité dans 49 des 54 pays africains et les États-Unis ont dans au moins dix pays des bases ou installations militaires permanentes. La militarisation des États-Unis sur le continent ne fait que s’étendre. Ci-dessous vous trouverez une carte de leur présence sur le continent ces deux dernières années. Elle est assez éloquente.

CARTE

Sur le terrain économique, les pays du Nord perdent du terrain face aux pays émergents du Sud, et c’est certainement aussi le cas en Afrique, un continent riche en matières premières. Il semble de plus en plus évident que les pays du Nord combattront ce rééquilibrage par des moyens militaires. Ça promet pour le continent noir.

 

In Investig'Action

Traduit du néerlandais par Thomas Halter pour Investig'Action


Source: MICHEL COLLON.INFO

dimanche, 27 octobre 2013

SOMALISATION DE LA LIBYE: LA CYRENAÏQUE SE DOTE DE SON PROPRE GOUVERNEMENT!

 

 
 
 
Ce 25 octobre 2013, la Cyrénaïque s’est dotée de son propre gouvernement et de son drapeau. Noir avec croissant et étoile blanche, d’une inspiration islamiste nette (les drapeaux d’al-Qaida ou des salafistes sont du même type) …
 
La région libyenne de Cyrénaïque riche en pétrole a annoncé la formation de son propre gouvernement. Un cabinet composé de 24 ministres a été présenté à el-Adabiya, ancienne capitale d'un Etat autrefois indépendant.
 
Sous la Jamahiriya de Kadhafi, les trois provinces du colonialisme – Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan – avaient été remplacées par 34 ‘méga’ municipalités autonomes, bases régionales de la Démocratie Directe jamahiriyenne, imitées de la Commune de Paris de 1792-93 (Kadhafi étant un grand adminrateur de la révolution jacobine), les ‘Chabiattes‘. Dans la Libye made in NATO d’après 2011, les trois provinces  ont été rétablies.
 
La soi-disant « révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi » - en fait un coup d’état insurrectionnel organisé par les USA et l’OTAN avec des complicités dans l’aile islamo-libérale apparue en Jamahiriya dès 2003 - avait commencé précisément en Cyrénaïque par la mise en place d'un Conseil national de transition à Benghazi. L’Est de la Cyrénaique (Benghazi, Derah) était depuis les Années 80 une zone rebelle où les islamistes organisaient une subversion alimentée spécialement par les services secrets britanniques MI6 et MI5 depuis Londres, capitale du « Londonistan » islamiste. En 1996 avait éclaté une grande insurrection armée difficilement écrasée.
 
Après la prise de Tripoli et le martyr  de Syrte – le ‘Guernica’ libyen – par l’OTAN et ses supplétifs djihadistes du CNT, la Cyrénaïque avait proclamé son autonomie qui n'a pas été reconnue par les autorités de Tripoli. Derrière cette autonomie, les monarchistes libyens, chassés par Kadhafi et sa révolution du 1er septembre 1969, directement tenus en main par les britanniques du MI6.
 
Et avec les monarchistes, les fameuses « confréries Senoussi » (proche des confréries religieuses islamistes turques qui forment la base de l’AKP), le roi fantoche Idriss cassé en 1969 était un Senoussi. Et le leader de la nouvelle « Cyrénaique autonome » de 2013 est encore un Senoussi, cousin du roi.
 
Quand au leader du CNT, Mustapha Abdeljalil (aujourd’hui en fuite en Tunisie car inculpé pour le meurtre en juillet 2011 du général félon Younès, chef des katibas du CNT), c’était un islamiste radical, imprudemment placé au gouvernement comme ministre de la Justice de la Jamahiriya par sail al-Islam, et … l’un des chefs de ces Confréries Senoussi, interdites sous Kadhafi. La Jamahiriya a été trahie de l’intérieur par son aile islamo-libérale bien avant que l’OTAN porte le coup de grâce …
 
Aujourd’hui, le prix de cette trahison c’est la Somalisation de la Libye !
 
 
Luc MICHEL
 
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PAGE OFFICIELLE Facebook  https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel
 

lundi, 14 octobre 2013

POUVOIR EN ALGERIE: ENTRE L'IVRESSE, LA CUPIDITE ET LE PATRIOTISME

ALGERIE. FANION.png

 

Plusieurs sites que l’on peut classer d’anti-Algérie ont été créés précisément pour attenter à l’Algérie et à ses institutions.  Ils sont tous administrés par d’ex-dirigeants ou pontes qui ont gouté aux bienfaits du pouvoir et à ses abus. Ils se définissent, une fois évincés pour diverses raisons, comme « opposition algérienne à l’étranger ». Ils ont des réseaux jusqu'en Algérie, des sites, des TV pour diffuser leur propagande et des forces qui les soutiennent politiquement et financièrement. Leur objectif est de prendre le pouvoir par la force et le désordre s’il le faut.

Certains se sont spécialisés dans le dénigrement de  l’armée algérienne en s’attaquant à son puissant service de sécurité qui a mis en échec tous les complots depuis 1962, ourdis par les milieux « nostalgiques » et les pays dont le ‘système algérien’ est antinomique au leur.  Nos cocos, pour la plupart sans gloires, sont en fait de vulgaires hypocrites ou félons dont le parcours est connu. Leurs tactiques qui paraissent défendre les « droits » et la « liberté » des Algériens ne sont que mensonges et manipulations. Ils n’avaient rien fait de ce qu’ils fustigent maintenant lorsqu’ils tenaient les règnes du pouvoir. Dévoilés par leurs manigances et leur vanité lorsqu’ils gouvernaient sans partage, puis évincés pour changement de pouvoir, gabegie ou incompétence, les revoilà convoiter à nouveau le pouvoir pour eux-mêmes ou leurs proches, à l’occasion de la maladie du président, en espérant revenir à leurs affaires douteuses et disposer des énormes réserves reconstituées, mais mises en sécurité, après avoir vidé les caisses de l’État à la faveur de la décennie de trouble. Ils usent dès lors de toutes leurs influences extérieures, surtout françaises et arabo-monarchiques, pour fragiliser les institutions et pour agiter le peuple. Par leurs méthodes et les moyens dont ils usent, on décèle aisément leur condition de « bougnoules » de services et leur prédisposition à la servilité pourvu qu’ils confisquent le pouvoir!

En observant bien leurs tactiques, leurs propagandes, leurs thèmes, on apprend qu’ils ne nous expliquent rien ; qu’ils font dans le dénigrement, le mensonge, le clabaudage, la diffamation et les stupidités pour satisfaire un égo entaché de frustration et de cupidité.  Des énergumènes souvent grossiers qui incitent à une « révolution », par procuration, en poussant nos enfants à la faire en lieu et place de leurs rejetons qu’ils tiennent en réserve pour diriger ou gouverner. C’est du « prête-moi ton fils mourir à la place du mien ». 

Parmi tous les meneurs, propagandistes, manipulateurs, financiers qui «dirigent » ces « révolutions arabes », qui occupent tous ces sites et télés étrangères de propagande, aucun n’a envoyé son fils sur le terrain des combats. Oui aucun de tous les pays arabes!! C’est toujours le pauvre ignorant qui se fait avoir et qui s’engage pour se faire tuer à leur place ! Après les avoir rendus pauvres et ignorants, on veut maintenant leur sang !

Le monde sait que l’Algérie est un pays prospère et que les « décideurs » algériens (expression utilisée pour montrer que le pays s’appuie sur des personnes et non les institutions) ne sont pas bien sûr tous ‘intègres’ et ‘honnêtes’, comme partout dans le monde, mais faire de ceux-là  un « système » de gouvernance propre à l’Algérie est une tromperie. Arriver à accuser les cadres supérieurs de l’armée d’être aux services de forces extérieures,  en particulier du sionisme, n’est ni réaliste, ni logique, ni mériter réponse, car ce matraquage contre les « généraux » et par ricochet l’armée algérienne on nous le rabâche depuis 1962 (avant, c’était contre les colonels). De plus, le « Général » qui est âgé actuellement de 70 ans avait 18 ans à l’indépendance ; il est donc loin des querelles de pouvoir issues d’avant l’indépendance. 

Les officiers les plus âgés qui avaient participé à la révolution contre le colonialisme, auxquels l’on prête ces querelles, sont soit en retraite soit décédés. On ne peut donc reprocher ni aux uns ni aux autres une quelconque trahison surtout avec l’ex-ennemi.  Certains ex-officiers post indépendance, en effet, le sont devenus mais après avoir été radiés pour malversations, mais ils sont négligeables. Les autres retrouvent la « bonne parole », depuis l’étranger, mais une fois écartés du pouvoir après avoir ‘baigné’ dans les « sept péchés capitaux » pour certains. Parions qu’au vu de leurs prestations sur les plateaux télés étrangères, ils seront les premiers à soutenir une expédition contre l'Algérie comme en Libye ou en Syrie. Ils répèteront les mêmes propagandes, les mêmes idioties et se comporteront, comme les félons libyens et syriens. Ils diront qu’ils défendent « les intérêts du peuple », en criant aussi bien «vive l’Algérie » et « Allah akbar », tout en le voyant se faire tuer.  Ils dénigreront toutes les personnalités qui ne sont pas de leur bord ou qui bloquent leur projet funeste, même les plus patriotes, comme ils le font actuellement, entre autres, contre le président alors qu'ils savent qu’il était ministre des AE à l’âge de 27 ans à l’indépendance, au moment au l’Algérie ne disposait de rien, après avoir été commandant de l’Armée de Libération Nationale et ami de Boumediene. Les diplomates et chefs d’État du monde reconnaissent ses capacités et ses compétences.

C’est lui aussi qui a arrêté l’effusion de sang de la décennie dite « noire » - qui arrangeait certains intérêts - par des mesures politiques, sociales et juridiques. Il est jugé comme le plus habile président que l'Algérie ait connu après Boumediene. Il n’est pas juste de dire qu’il n’a rien fait de bon ou n’a pas fait mieux. On ne peut pas, en quelques lignes, faire le bilan de sa gouvernance. Des spécialistes le feront. Autre stupidité ; on demande à l’armée, avec un relent d’esprit de parti unique, de destituer le président, car, selon eux, il s’emploierait à la déstabiliser par la « déstructuration » des services de sécurité. Alors qu’hier, on vouait le DRS (Département du renseignement et de la sécurité) aux gémonies, voilà aujourd’hui nos hypocrites le défendre en voulant faire croire, par tromperie, à une volonté de déstabilisation de l’armée, après sa restructuration (sur proposition de l’armée) pour plus d’efficacité suite aux événements d’In Amenas et aux menaces dans le voisinage. Curieusement ce sont ceux qui vantent la période Chadli avec ses troubles, qui sont les plus offensifs et les plus virulents critiques de la période Bouteflika!
 
Il y a bien sûr des insuffisances, mais elles sont beaucoup moins pénibles et insurmontables que celles que l’on subissait lorsqu’ils gouvernaient. Ils étaient bien la cause de la décennie dite « noire » et ses conséquences jusqu’à nos jours ! En ces temps-là, ils étaient sourds et aveugles, car préoccupés par les privilèges et leur maintien au pouvoir, mais aussi bien protégés (ici ou à l’étranger), pendant que les simples citoyens subissaient les frayeurs du terrorisme!

Beaucoup de 'lobotomisés' qui les écoutent, sans discernement, ne peuvent pas voir et comprendre à cause des œillères qu’ils ont ou du fait de leur ignorance des enjeux et de la chose politique. L’un d’eux pousse son  délire jusqu’à qualifier le président de « " demi-dieu " qui veut parachever à tous prix ses noirs desseins ».

Nos citoyens doivent savoir qu’il s’agit de querelles pour des intérêts, pour des privilèges, pour le pouvoir. Pour ces raisons, ils doivent être vigilants, ne pas se laisser entrainer dans des conflits qui nuisent au pays ; en se gardant d’écouter les discours catastrophiques ou le chant séduisant des sirènes !


NASSER

23:21 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Algérie, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, algérie, pouvoir en algérie: entre l'ivresse, la cupidité et le patriotisme, nasser | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 06 octobre 2013

BAIN DE SANG KENYAN: LA RECOLTE DES «BENEFICES» DE LA COLLABORATION AVEC LE COMMANDEMENT US AFRICOM (LAND DESTROYER)

 

KENYA. BAIN DE SANG.jpg

 

La marée de terreur de l’OTAN en Afrique du Nord balaie de manière prévisible le Kenya

D’emblée et de la façon dont les médias occidentaux tentent de le décrire, le siège de la galerie marchande Westgate dans la capitale kenyane de Nairobi, semble être une nouvelle attaque insensée de “fanatiques religieux” de la franchise somalienne d’Al Qaïda, Al Shabab. Déjà, les politiciens kenyans et occidentaux, ainsi que les éditoriaux de presse à travers les médias occidentaux, essaient d’utiliser cette attaque comme un prétexte pour lancer une nouvelle campagne militaire contre le voisin somalien, tout en alimentant le sentiment anti-musulman à travers les audiences essentielleemnt ignorantes de l’occident.

Un édito de circonstance du quotidien USA Today titrait : “Nairobi mall attack strikes against all of us : Column” et dans son sous-titre que : comme pour le 11 Septembre, des terroristes ont déclaré la guerre à notre style de vie moderne et démocratique, aujourd’hui, nous sommes tous Kenyans.

L’édito continue en disant : tout aussi important, le combat n’est pas juste kenyan, ou africain. La Somalie pourrait bien être le nouvel Afghanistan. Une Somalie hors-la loi et fondamentaliste pourrait bien incuber un Ben Laden somalien et de nouvelles attaques sur les Etats-Unis, tout comme l’Afghanistan avait protégé Ben Laden et Al Qaïda.

Et :

Après l’attaque de Nairobi, le message devrait être : “Nous sommes tous Kenyans”. Pas seulement notre sympathie, mais aussi y aller plein pot pour prévenir une autre attaque terroriste. Laisser la Somalie à Al Shabab n’est pas une option.

Le Kenya : Une procuration pour l’agression américaine en Afrique

Ce que cet édito de USA Today oublie de mentionner, alors même qu’il fait allusion a une intervention militaire en Somalie, c’est que le Kenya a déjà participé à des opérations militaires contre son voisin du nord, et ce incluant une invasion militaire complète avec le soutien franco-américain en 2011. Dans le quotidien britannique The Independant cet article d’Octobre 2011 : “Somali invasion backed by West, says Kenya,” nous dit que :

Le Kenya a confirmé que des alliés occidentaux l’ont rejoint dans sa guerre contre les militants islamistes d’Al Shabab, malgré que la France et les Etats-Unis aient nié être impliqués dans des combats en Somalie. Des forces militaires étrangères ont effectué des raids aériens et un bombardement naval près du camp retranché des militants de Kismayo, a dit un porte-parole de l’armée kenyane hier.

“Il y a certainement d’autres acteurs dans ce théâtre d’opérations perpétrant d’autres attaques”, a dit le commandant kenyan Emmanuel Chirchir. L’invasion kényane a déjà causé une dispute majeure avec le premier ministre somalien par intérim et président, qui a condamné hier la présence de troupes étrangères dans son pays. Bien que les Etats-Unis essayaient de nier leur rôle dans l’invasion, ils ont admis avoir effectué des frappes aériennes sporadiques et des attaques de drones en Somalie comme cela le fut aussi rapporté en 2012 par la BBC dans son article : “Somalia air strike ‘kills foreign al-Shabab militants’ :”

L’armée américaine, qui a une base dans le pays voisin de Djibouti, a effectué des frappes par drone auparavant en Somalie. Ils ont également lancé des raids aériens contre les militants d’Al Qaïda dans le pays.”

Avant d’utiliser le Kenya comme proxy pour ses agressions en Afrique et au gré de deux décennies d’opérations unilatérales secrètes, les USA ont soutenu deux invasions éthiopienne de la Somalie. La première fut sous le prédident Bush en 2006. Comme le rapportait USA Today dans un article de 2007 : “U.S. support key to Ethiopia’s invasion,” :

Les Etats-Unis ont livré des armes et des conseillers militaires en catimini en Ethiopie, dont l’invasion récente de la Somalie a ouvert un nouveau front pour le gouvernement Bush dans sa guerre contre le terrorisme.

La seconde invasion éthiopienne soutenue par les Etats-Unis fut sous le président Obama en 2011, coordonnée avec l’attaque combinée du Kenya et de la France/Etats-Unis. Dans un article de décembre 2011 : “UN-backed invasion of Somalia spirals into chaos,” le quotidien britannique The Independant rapportait que :

“L’invasion kenyane de la Somalie, approuvée et encouragée par l’occident et le CS de l’ONU a été programmé pour délivrer un KO aux militants d’Al Shabab. Au lieu de cela, le rival régional de la Somalie, l’Ethiopie, est revenu dans le pays, a remonté les seigneurs de la guerre et renforcé le soutien populaire aux fondamentalistes islamistes qui pourtant manifestent plus de volonté à laisser mourir de faim la population que d’accepter une aide extérieure, ce qui les a laissé haïs du peuple.

Ce fut en fait cette dernière invasion soutenue par les Etats-Unis qui a servie de motivation pour l’attaque de la galerie marchande de Nairobi cette semaine.

Les mêmes terroristes que les Etats-Unis arment en Syrie tuent des civils au Kenya

Dès 2011, des analystes en géopolitiqe avaient prévenus que l’intervention des Etats-Unis, de la GB et de la France en Libye créerait un émirat de la terreur qui lâcherait une lame de fond de militants pour la déstabilisation de l’Afrique du Nord et au-delà. Du Mali au Kenya, et aussi loin à l’Est que la Syrie, la violence directement liée aux militants islamistes et à l’aide qu’ils reçoivent en armement de l’occident en Libye, se font maintenant sentir.

Peu de temps après l’intervention militaire en Libye, ce fut AQMI, listé comme groupe terroriste par le ministère des AE US, qui joua un rôle central dans l’invasion du nord-Mali, ce qui donna un prétexte pour une intervention militaire et occupation française. AQMI fut bien sûr fusionné avec le groupe combattant islamique armé lybien (GCIAL)lié à Al Qaïda, le groupe qui fut utilisé par l’OTAN pour opérer un changement de régime en Libye en 2011, dans des rapports de défense, AQMI et le GCIAL sont mentionnés comme travaillant la main dans la main. Un des rapports admettant même :

Il y a des Libyens qui ont voyagés vers l’Algérie pour s’entrainer avec AQMI, bien que ces rapports ne soient pas confirmés. AQMI a cherché à capitaliser sur la situation en Libye.

Le géopoloticien Pepe Escobar élaborait dans un article publié sur Asia Times : “How al-Qaeda got to rule in Tripoli” que : “Crucialement,en 2007, le #2 d’alors d’AQ Al-Zawahiri annonçait officiellement la fusion entre le groupe islamiste libyen et AQ en AQMI. Donc, pour des raisons pratiques, depuis lors AQMI et le GCIAL ont été un et un seul et Belhaj était son ‘émir’ “.

“Belhaj” se référant à Hakim Abdul Belhaj, leaders du groupe libyen, qui mena au renversement de Kadhafi avec l’aide, le soutien financier, militaire, logistique et le soutien par la reconnaissance diplomatique de L’OTAN et qui a maintenant plongé cette nation dans une guerre civile raciste génocidaire. Cette intervention a aussi vu l’épicentre de la rebellion, la ville de Benghazi, se détacher de Tripoli pour devenir un “émirat de la terreur” semi-autonome. La dernière campagne de Belhaj l’a mené en Syrie où il fut vu sur la frontière turco-syrienne, abreuvant la soi-disant “Armée Syrienne Libre” (ASL) d’argent, d’armes, de munitions et de combattants, toujours sous les auspices bienfaiteurs de l’OTAN.

Le torrent de militants et d’armes en provenance de Libye vers la Syrie pour soutenir un changement de régime voulu par l’occident et ses alliés régionaux a été très bien documenté ces deux dernières années.

En Novembre 2011, le Telegraph dans leur article “Leading Libyan Islamist met Free Syrian Army opposition group,” rapportait :

Hakim Belhaj, chef du conseil militaire de Tripoli et ancien leader du groupe islamique combattant libyen “a rencontré des leaders de l’ASL à Istanboul et à la frontière de la turco-syrienne”, a dit un officiel militaire qui travaille avec Mr Belhaj. “Moustapha Abdoul Jalil (le président libyen par intérim) l’a envoyé là-bas.”

Un autre article du Telegraph, “Libya’s new rulers offer weapons to Syrian rebels,” admettait :

Les rebelles syriens ont tenu des pourparlers secrets avec les nouvelles autorités libyennes ce vendredi, visant à sécuriser des armes et de l’argent pour leur insurrection contre le régime du président Bachar Al-Assad”, a appris le Daily Telegraph.

A la réunion qui se tint à Istanboul et à laquelle participaient des officiels turcs, les Syriens ont requis une “assistance” des représentants libyens qui leur offrirent des armes et potentiellement des volontaires pour le combat. “Il y a un plan pour envoyer des armes et des combattants en Syrie”, a dit une source libyenne parlant sous conditions d’anonymat. “Il y a une intervention en cours de préparation dans un intervalle de quelques semaines vous verrez.”

Plus tard ce mois là, quelques 600 terroristes libyens furent rapportés avoir pénétré en Syrie pour commencer des opérations de combat et aussi récemment que le mois dernier, CNN, dont Ivan Watson accompagna les terroristes au delà de la frontière turco-syrienne jusquà Alep, révéla que des combattants étrangers se trouvaient bien parmi les militants, particulièrement des Libyens. De plus des résidents du village où les faucons syriens avaient établi leur QG ont dit que des combattants de plusieurs pays nord-africains se trouvaient parmi la brigade.

Un volontaire combattant libyen a aussi expliqué à CNN qu’il avait l’intention de voyager de la turquie vers la Syrie dans les jours à venir afin d’ajouter une section de combattants libyens au mouvement armé. CNN a aussi ajouté :

Nous avons rencontré un combattant libyen qui avait franchi la frontière pour se rendre en Syrie avec 4 autres Libyens. Il portait un treillis camouflé et portait une Kalashnikov. Il a dit que plus de combattants libyens étaient en route.

Certains combattants étrangers sont vraiment attirés car ils voient cela comme un djihad. Ce conflit est un aimant pour djihadistes qui voient cela comme un combat pour l’islam sunnite.

Les rapports de CNN donnent des admissions sans fin en 2011 de grand nombre de terroristes libyens pompés d’argent et d’armes de l’OTAN, se rendant en Syrie avec les chefs du GICAL s’occupant de la logistique.

Al Shabab, la franchise somalienne d’AQ est aussi directement lié avec AQMI et la myriade d’autres subsides extrémistes d’AQ, incluant le groupe libyen et plus récemment le groupe Al Nosra de Syrie. Dans son rapport de 2012 titré “Africa’s Islamist militants ‘co-ordinate efforts’, la BBC disait :

Trois des plus gros groupes militants d’AQ en Afrique essaient de coordonner leurs efforts, a prévenu le chef de l’US AFRICOM. Le général Carter Ham a dit en particulier qu’AQMI partagerait probablement des explosifs et de l’argent avec le groupe nigérian Boko Haram. Parlant depuis Washington, il a dit que le mouvement séparatiste du nord-Mali a donné un havre de paix à AQMI. Le groupe somalien Al Shabab est l’autre “groupe le plus dangereux” a t’il dit.

Cette coopération entre AQMI, Boko Haram et Al Shabab a été manifestement favorisée par le flot accru d’argent et d’armes en provenance de l’OTAN et des armes d’abord entrant en Libye pour renverser Kadhafi, puis envoyées en Syrie pour renverser le gouvernement local. L’assistance systématique de l’OTAN à développer la capacité opérationnelle d’AQ en Afrique du Nord (AQMI) ne peut qu’aider les terroristes comme ceux qui sont derrière l’attaque de la galerie marchande kenyane. Ceci permet des opérations par delà les frontières.

Malgré les tentatives occidentales d’expliquer autrement comment AQ reçoit son financement, sa force humaine et son arsenal pour parfaire et perpétrer ses campagnes de terrorisme mondial,il est très clair que ceci est le résultat d’un soutien étatique, d’états comme les Etats-Unis, la GB, la France, l’Arabie Saoudite, Israël, le Qatar, la Turquie, la Jordanie et d’autres.

L’attaque d’Al Shabab au Kenya est une horreur et du terrorisme injustifiable, mais ce que les Kenyans et le monde en général doivent se rappeler est qui les a armé, qui les soutient continuellement, leur donne des nations entières (Libye) comme havre de paix et augmente leurs rangs et leurs arsenaux avec des milliards de dollars en cash et des milliers de tonnes d’armes et de munition dans des zones de guerre comme la Syrie.

L’existence continuelle d’un groupe comme Al Shabab, ainsi que ses contre-parties d’AQMI en Afrique du Nord, le groupe de combat islamiste armé libyen, Boko Haram au Nigéria et Al Nosra en syrie, n’est dûe entièrement qu’au financement et au soutien militaire ouvert et secret de l’occident. Le sang de personnes innocentes est sur les mains de ceux au sein du gouvernement kenyan qui servent de manière volontaire les intérêts par procuration de l’agression américaine à travers toute l’Afrique et ceux en occident qui utilisent AQ comme un outil géopolitique pour parvenir à leurs objectifs globaux.

Al Qaeda : Le prétexte parfait pour envahir, l’armée mercenaire secrète parfaite pour les guerres

Pour l’occident, AQ est l’outil géopolitique ultime. Il peut être utilisé comme prétexte pour envahir et est aussi une source quasi inépuisable de mercenaires capables de perpétrer les campagnes terroristes les plus odieuses et sans pitié et même maintenant des guerres ouvertes comme en Libye et maintenant en Syrie, afin d’atteindre les objectifs de l’occident. De plus l’omni-présence de la nébuleuse AQ sert de justification pour toujours plus de politique liberticide dans les pays occidentaux, perpétuant ainsi un climat de peur au sein duquel les graines des guerres très profitables pour certains peuvent être semées et continuellement moissonnées.

Quel profit ? Un article de recherche de la Harvard Kennedy School titré : “The Financial Legacy of Iraq and Afghanistan,” place les dépenses pour les seules guerres d’Afghanistan et d’Irak entre 4 et 6000 milliards de dollars. Ceci ne sont pas 4-6000 milliards de dollars disparus dans un trou noir. Ce fric est allé directement dans les poches des entreprises du Fortune 500 qui fabriquent et vendent ces conflits au public américain en premier lieu.

Le Washington Post dans un article récent intitulé : “Americans are tweeting about ‘Syria’ almost as much as ‘twerking’ – sometimes more,” a célébré l’ignorance générale du public en ce qui concerne la géopolitique.

C’est ce “manque d’éducation” que le comité éditorial du Washington Post et les intérêts spéciaux qu’il sert, pensent être ok, cela permet à ces intérêts spéciaux de continuer à utiliser Al Qaïda a la fois comme le super méchant et aussi pour gonfler sans fin les rangs de ses “combattants de la liberté”

L’édito sus-mentionné de USA Today cherchant à exploiter cette dernière tragédie au Kenya a aussi averti :

L’attaque de la galerie marchande de Nairobi brise le cœur. Cette histoire pourrait si bien être une histoire américaine.

Pour les véritables intérêts pilotant et bénéficiant exclusivement de la campagne d’AQ de terreur globale, s’ils devaient décider que ces histoires devaient également devenir américaines, alors elles le seront, à moins que nous ne rectifions ce “manque d’éducation” que ces intérêts très spéciaux ont particulièrement peaufiné tout en nous disant que cela était “OK”…


Tony Cartalucci


http://www.globalresearch.ca/kenyan-bloodbath-reaping-the-benefits-of-…

Traduction : Résistance 71 http://resistance71.wordpress.com/

 

Source: TSIMOKI GASIKARA

dimanche, 29 septembre 2013

LE CIRQUE MALIEN: LES AFRICAINS ONT-ILS UN PROBLEME AVEC LA LIBERTE?


JEAN-PAUL POUGALA.jpg


Lorsque hier 19/09/2013, j’ai vu à la télévision la cérémonie de la prestation de serment du nouveau président malien (IBK) à Bamako, j’ai eu un pincement au cœur. Nous avons tous vu le président français menacer la Syrie dans son discours de Bamako. Et lorsqu’en plus la chaine de télévision française TF1 titre son journal télévisé avec ces quelques mots: «Mali: sept mois après, Hollande de retour pour «investir» le nouveau président». Elle confirme de fait que Monsieur Kéita n’est qu’un sous-préfet. Et je me suis posé certaines questions: A quoi cela sert-il au peuple français un tel cirque? Pour convaincre qui sur cette planète? Combien d'emplois seront créés en France à partir des millions d’Euros que ce pays a dépensés pour inviter le monde entier à applaudir au cirque malien de ce 19/9/2013? Après 21 ans de la démocratie, le Mali nous prouve qu'en Afrique, ce n’est point la démocratie qui va précéder l’économie, bien peut-être l’inverse. Le cirque malien est la preuve qu’aucun pays au monde n’a jamais résolu ses problèmes grâce à la prétendue «démocratie» et d'alternance politique au pouvoir. Si 20 ans de démocratie malienne finit à la mise sous-tutelle du pays par un chef d'Etat français en mal de popularité dans son pays, c'est que nous avons vraiment touché le fond. Alors qu’est ce qui ne va pas? Est-ce qu’on verrait le même président français dans les anciennes colonies françaises d’Asie pavoiser de la même manière?

 

Pour une fois, plutôt que de voir tous les problèmes dans la méchante France, je m’interroge sérieusement si les Africains n’ont pas un problème avec la liberté. Est-ce que 500 ans d’humiliation et de soumission n’ont pas transformé l’Africain en un animal en cage ? en un animal que même laissé libre de s’échapper, refuse obstinément de partir, de s’envoler à la découverte de la splendeur du ciel bleu ?

Pour le comprendre, je vous invite à analyser le comportement d’autres peuples hors d’Afrique, colonisés par la même France, pour voir si ces pays ont le même comportement que les pays africains. Nous allons choisir deux secteurs dans notre analyse : la Langue et la Monnaie.

1- Le Cambodge

Le Cambodge est une colonie française depuis 1863, jusqu’à la proclamation de son indépendance le 9 novembre 1953, c’est-à-dire après 90 ans d’occupation coloniale française. Indépendance suivie d’une longue guerre civile. Mais peut-on imaginer les dirigeants cambodgiens se comporter avec la même soumission etallégeance vis-à-vis de la France ?

a) La langue : A l’indépendance, les intellectuels sont unanimes sur une chose : Si le français reste la langue officielle du pays, l’indépendance à peine obtenue ne sera jamais effective. Voilà pourquoi le Khmer devient l’unique langue officielle avec son système d'écriture alpha-syllabique de 33 consonnes et 24 voyelles. La langue française comme l’anglais, le chinois ou le russe est relayé au rang de langues étrangères. 

b) La monnaie : Leur BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) et leur BECEAO (Banque des Etats de l’Afrique de l’Ouest) locale s’appelait : La Banque de l’Indochine créée à Paris le 21 janvier 1875 par deux banques françaises, le CEP (Comptoir d'escompte de Paris) et le CIC (Crédit industriel et commercial) pour servir localement de banque d'émission des colonies d’Asie. Leur « Franc CFA »local émis par cette banque portait deux noms en fonction des pays : Le Franc Pacifique et la Piastre. Par exemple, elle ouvre ses portes aussi dans les comptoirs français de Chine dès 1889, et c’est Mao qui va mettre fin à cette occupation coloniale avec sa monnaie dès 1955. Au Cambodge, à l’indépendance du pays en 1953, la monnaie coloniale française, la PIASTRE sera remplacée par le RIEL qui a pour code international : KHR ;

2- La Syrie

Comparez-vous même 2 pays ex-colonies françaises : Le Mali et la Syrie et répondez à vous même si les dirigeants africains et le peuple africain n'ont pas un sérieux problème d'assumer et de vivre en liberté.

La Syrie et le Liban (en 1920), de même que le Cameroun et le Togo, ont été donnés par la Société des Nations en administration à la France. Alors que dès 1944, la Syrie arrache sa liberté en proclamant de façon unilatérale son indépendance de la France, qui mettra 2 ans pour l'accepter, les autres pays africains vont attendre les années 60 pour recevoir en cadeau l'indépendance de la généreuse et magnanime France.

Après la création de Israël en 1948, les politiciens palestiniens commettent l’erreur stratégique de faire partir une bonne partie de la population. Les Etats-Unis et la France tentent alors de convaincre les dirigeants syriens d’offrir à 500.000 réfugiés palestiniens présents en Syrie, la nationalité syrienne. La somme de 400 millions de dollars est offerte aux dirigeants syriens pour cette opération et ce sont tous les partis politiques qui sont choqués par cette proposition qui signifie tout simplement qu’il n’y aura plus jamais un Etat Palestinien, dès lors que ses citoyens auront été convertis à d’autres nationalités. La tête de file de la protestation, c’est le parti Baas, c’est-à-dire celui dirigé en 2013, par un certain Assad. 

Combien de dirigeants africains auraient refusé une telle somme ? 400 millions de dollars sont environ 263 milliards de Francs CFA. Mais lorsqu’on regarde de plus près, on trouve d’autres petits détails qui démontrent du vrai patriotisme des dirigeants syriens, lorsqu’en Afrique c’est plutôt l’opposé :

a) La monnaie : à l’indépendance, la monnaie coloniale française est remplacée dès 1946 par la Livre Syrienne.

b) La langue : Tout est fait pour marginaliser le français afin de créer une véritable rupture de colonialisme mental et culturel. Ainsi, aujourd’hui en 2013, la langue officielle est l’Arabe. Après c’est l’Anglais qui est la langue étrangère la plus parlée. Mais le plus surprenant c’est le Russe et le Chinois qui arrivent immédiatement après, surtout parce que ces 2 langues sont enseignées dans les Universités syriennes. Le français n’est parlé que par environ 4.000 personnes sur les 22 millions d’habitants, surtout certaines minorités chrétiennes, au moment où en Afrique ce sont les intellectuels qui écrivent des livres que personne ne peut lire tellement c’est compliqué, puisque les auteurs africains pour la plupart veulent démontrer aux français combien ils sont civilisés. Et mêmes les chefs d’Etat s’y mettent en faisant passer la présidence de la Francophonie, même plus importante que celle d’une République Africaine.

3- Le Laos

Le Laos subit une agression française avec le blocus de ses côtes dès 1893, pour la contraindre à accepter l’occupation coloniale française et intégrée à l’Indochine française en 1899. Elle proclamera son indépendance le 19 juillet 1949.

a) La langue : Les dirigeants politiques vont alors, vite changer la langue nationale coloniale du Français au Lao. Aujourd’hui en 2013, sur 6,5 millions d’habitants, seuls 3.000 étudiants et quelques fonctionnaires à la retraite parlent encore le français. Et même si ce pays fait partie de l’organisation de la Francophonie, c’est le chinois qui est la deuxième langue, derrière le Lao. Le français est une simple langue vivante 2, comme l’Allemand (parlé par plus de 3.400 personnes) et le Russe.

b) La monnaie : la monnaie coloniale, la Piastre est remplacée par le KIP (LAK) à peine 5 ans après l’indépendance, en 1954, et rendue immédiatement inconvertible.

4- Le Vietnam

Lorsqu’au milieu du 19ème siècle, le Vietnam refuse toute influence occidentale, en interdisant par exemple, le christianisme, la France lui livre la guerre qui va finir en 1858 par l’annexion d’une partie du pays, officialisant de fait le début de l’occupation coloniale française du pays dans ce que cette dernière va appeler la « colonie de Cochinchine ». Le 2 septembre 1945 les nationalistes proclament l’indépendance du pays. La France ne l’entend pas de cette oreille et va déclencher dès 1946, la célèbre guerre dite d’Indochine, combattue surtout avec la chair à canon, appelée TIRAILLEURS SENEGALAIS.

Mais grâce au soutien militaire de la Chine de Mao, la France connait une défaite cuisante dans la célèbre bataille de Diên Biên Phu. Elle est alors contrainte de reconnaitre l’indépendance du Vietnam en 1954 (traité de Genève). 10 ans plus tard, les américains chercheront à venger la honte de la défaite française à travers ce qu’on a appelé la « guerre du Vietnam », là aussi avec la défaite qu’on connait et qui continue de traumatiser encore aujourd’hui, les vétérans américains de cette guerre, avec des fusillades dans tous les USA.

a) La monnaie : A l’indépendance, contrairement aux pays africains, la monnaie coloniale française le Piastre est remplacée par le DONG (VND) rendue immédiatement inconvertible.

b) La langue : La langue française est immédiatement remplacée par le Vietnamien. Aujourd’hui en 2013, sur les presque 90 millions de Vietnamiens, seuls 1% d’entre eux, c’est-à-dire 90.000 personnes parlent français, notamment les personnes âgées, surtout les anciens fonctionnaires à la retraite.

5- CONCLUSION

Je ne peux pas conclure ce texte sans revenir au Mali.

Le 8 juin 1992 Alpha Oumar Konaré est élu président de la République du Mali. Il sera réélu en 1997 dès le premier tour avec plus de 95% de voix. Lorsqu’il atteint ses limites de 2 mandats maximum en 2002, dès l’année suivante, il est élu lors du Sommet de Maputo, comme le Président de la Commission Africaine. Durant son mandat à ce poste il a beaucoup œuvré pour l’application de la langue commune africaine, le Swahili, que je préfère appeler : l’AFRICAIN.

Une fois fini son mandat à l’Union Africaine, le grand Alpha Oumar Konaré est aujourd’hui membre du Haut Conseil de la Francophonie. Il rejoint à cet organisme 2 autres ex-présidents africains, notamment, Monsieur Cassam Uteem, ancien président de la République de l’Ile Maurice, Abdou Diouf, ex président de la République du Sénégal et actuel secrétaire général de l’Organisation de la francophonie et président de ce Haut Conseil de la Francophonie. Et de nombreux ex-ministres africains, notamment: Jean-Baptiste Tati Loutard, ancien ministre de la Culture du Congo-Brazzaville, Adama Samassékou, ancien ministre de l’Éducation Nationale du Mali, Paulin Hountondji, ancien ministre de la Culture du Benin, Bernard Dadié, ancien ministre de la Culture de Côte d'Ivoire. Mais c’est quoi le Haut Conseil de la Francophonie ?

Le Haut Conseil de la Francophonie a été créé en 1984, comme un organisme au service du Président de la République française pour le conseiller dans 3 axes différents liés à la langue française. Mais ce qui nous intéresse, c’est le tout premier cité dans la charte : « Un rôle d'observation des évolutions linguistiques au sein des États, des gouvernements et des organisations internationales ».

En d’autres termes, les anciens présidents de la République en Afrique, lorsqu’ils ont fini d’être présidents, sont au service du président de la République française. Les Ministres de même.

Alors où est le patriotisme du pays qu’ils ont servi ? Où est la dignité personnelle de ces intellectuels ? Les Africains ont-ils un problème avec la liberté ? Sont-ils juste le fruit de l’infantilisation du continent qui dure depuis trop de temps ? Ou bien ont-ils été Présidents de la République, Ministres, juste comme une des deux choses que le penseur Allemand Günter Anders indique comme le piège idéal pour adoucir et acheter l’intellectuel subversif : l’argent et le pouvoir ? La présence de Hollande à Bamako hier 19/09/2013 répond-elle cette logique ?

C’est autant de questions auxquelles je ne trouve pas de réponse et je laisse à chacun de vous le soin d’y réponse selon votre propre perception des faits etévènements, au regard de l’attitude asiatique. C’est bien de citer souvent les asiatiques en exemple de la croissance économique et industrielle. Mais on parle peu de leur niveau culturel, de leur degré d’autonomie mentale et surtout de leurs capacités à inventer un modèle propre à eux et qui les rend fiers d’eux-mêmes. Le Laos est-il plus riche que la République Démocratique du Congo ou que la Côte d’Ivoire ? Mais elle a une richesse que ces 2 pays n’ont pas : la liberté. Les dirigeants ont compris que cette liberté se construit à la sueur du travail et de l’engagement. Pour faire vivre, une langue, une écriture il faut un très grand sérieux et une rectitude intellectuelle très forte.

La Syrie, ex-colonie française vient d’infliger une humiliation cuisante à la France en obtenant son exclusion des accords du 14 septembre 2013 à Genève sur son armement chimique, entre la Russie et les Etats-Unis d’Amérique. Tous les généraux de l’armée syrienne, formées en France ont déserté à la première heure du conflit. Mais contrairement à l’Afrique où tout se construit uniquement autour de la France, la Syrie avait cherché sa vraie alliance stratégique ailleurs, en Russie. Le plus ahurissant de tout ça a été de constater les prises de position de certains ministres africains s’alliant systématiquement derrière l’isolement français que mêmeFrançois Fillon est allé critiquer à Moscou toujours hier.

L'ex-Premier ministre le même jour, jeudi 19/09/2013 dans un discours à Moscou au "club Valdai", en compagnie de Vladimir Poutine a fustigé l'amateurisme deFrançois Hollande dans la crise syrienne avant de conclure :

« Nous avons, vous et nous, Russes et Européens, une influence déterminante sur les deux camps qui s'opposent en Syrie. Je souhaite à cet égard que la France retrouve cette indépendance et cette liberté de jugement et d'action qui, seules, lui confèrent une autorité dans cette crise ».

En d'autres termes, et dits plus prosaïquement, "Hollande est le caniche de Obama et ne pige rien dans cette crise". Et voilà qu'il utilise une tribune au Mali pour lancer des menaces inutiles contre un pays qui a su arracher son indépendance, la Syrie. Et avoir changé l’Ambassadeur Syrien à Paris par quelqu’un choisi par Paris est un boumerang que le président français est en train de recevoir à la figure, parce qu’il s’est trompé de pays et de continent. Ce qui avait marché pour la Côte d’Ivoire ne marche pas forcément pour des peuples plus conscients et plus intelligents. Oui, j’ai bien dit, plus intelligents. L’épilogue de la crise ivoirienne etlibyenne, comparée à celle syrienne me font douter même de l’intelligence des africains, ou tout au moins de ceux qui les dirigent.

Au moment où on affronte la crise syrienne avec des informations contradictoires d’un côté et de l’autre, avec la manipulation de l’information pour des intérêts qui nous échappent et en plein milieu du cirque malien, il me plait de conclure ce texte avec un penseur allemand. On peut être d’accord avec lui ou détester ses pensées, mais il a le mérite de la franchise avec des mots volontairement crus qui nous incitent à une profonde réflexion. Il s’appelle Günter Anders (Voir encadré ci dessous).
__________

Note : Je n’ai pas parlé de la religion, mais comment compléter une comparaison entre l’allégeance des dirigeants africains au système et la fierté identitaire des dirigeants asiatiques sans parler de la spiritualité ? Lorsque dans les années 90, on a vu déferler sur l’Afrique et l’Asie une vague des sectes chrétiennes venues tout droit des USA, alors qu’en Afrique les dirigeants politiques sont tombés dans le piège de la propagande dénommée la « liberté religieuse » et abandonné leur propres populations les plus fragiles psychologiquement entre les mains des escrocs d’un nouveau genre, au Cambodge par exemple, c’est l’inverse qui s’est produit : en 1989, afin de garantir la spécificité de la culture cambodgienne et lutter contre l’invasion de ces sectes chrétiennes et musulmanes, il a été décidé d’instaurer une religion d’Etat, le « bouddhisme theravāda », pratiqué aujourd’hui par 95% de la population.

Au même moment en Afrique, c’est la course à la Conférence islamique. On a vu des présidents de la République changer de prénom pour passer par exemple au Gabon de Albert Bongo à Omar Bongo dans l’espoir d’avoir un peu de miettes des monarchies pétrolières et musulmanes du golfe arabo-persique. Comme le ridicule de l’aliénation ne tue jamais, on a aussi vu en Afrique des politiciens, que dis-je ? Des Ministres et des présidents de la République qui sont Pasteurs chrétiens, comme l’ancien président de la République Centrafricaine Bozize.

Les africains ont-ils un problème avec la liberté ? Pourquoi ce qui semble évident pour un dirigeant Laotien, un cambodgien pour protéger les intérêts de son pays doit encore faire l’objet de débat pour un ministre africain ?

Nous avons vu la liste des ex-ministres et ex-présidents africains membres du Haut Conseil de la Francophonie. Ce que je n’ai pas dit est que cette liste est limitée par la France. Combien de ministres et de présidents de la république sont-ils en attente en Afrique d’être béni par la providence afin que le président français lescopte à ces postes ? Avec les africains nés durant la période d’occupation coloniale, le chemin vers la liberté est sans doute très long. Ils ont refusé la liberté qu’ils avaient à portée de main.

Est-ce que la jeunesse africaine qui s’apprête à arriver au pouvoir dans les prochains 10-20 ans aura le même problème de la phobie de la liberté ?
 

Douala, le 20 Septembre 2013

Jean-Paul Pougala
 

vendredi, 27 septembre 2013

LA COUR PENALE INTERNATIONALE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE


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Le Parlement Kenyan vient de voter le retrait du pays, du protocole de Rome, à l’origine de la Cour Pénale internationale (CPI). Bien que ne prenant effet que dans 12 mois, ce retrait est une mauvaise publicité pour la CPI. Les raisons de son fiasco résident dans l’impression qu’elle donne de n’être qu’une émanation des puissances occidentales dominatrices, quand elle s’en prend la plupart du temps, qu’aux vaincus de ses grandes. En effet, elle est incapable de lancer la moindre enquête sur les centaines de morts survenues en Égypte, en Lybie ou en Côte d’Ivoire. Certains criminels de guerre ou contre l’humanité avérés, sont ressortis blancs comme neige, malgré les preuves accablantes des dossiers d’instructions. Quand ces derniers n’ont pas disparus tout bonnement. Ce précédent historique pourrait servir d’exemple, pour de nombreux autres États africains. Les récentes déclarations du président somalien de l’O.U.A, lors du dernier congrès à Alger, illustraient le malaise de ces pays africains, qui après plus d’un demi-siècle d’indépendance, ont le sentiment de s’être faits dépossédés, par les puissances colonisatrices de naguère, de leurs libertés ou de l’organisation des conditions de justice de leurs propres concitoyens.
 
Avec l’invasion et l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan par les Etats-Unis des Bush père et fils, qui se sont soldées respectivement par près de 2 millions et un million de morts, à quoi avons-nous eu droit de la part de la CPI ? A aucune poursuite, car Washington qui encourage la CPI à traquer les criminels de guerre à travers le monde, quitte à les lui livrer, protège ses propres ressortissants. Comment l’expliquer ? Très simplement. La Cour Pénale Internationale est une juridiction permanente, chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre. En 1998, 121 États sur les 193 États membres de l’ONU, ont ratifié le Statut de Rome et accepté l’autorité de la CPI. Trente-deux États supplémentaires, dont la Russie et les États-Unis d’Amérique, Israël, l’Irak, la Libye, le Qatar et le Yémen, ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié.
 
Prenons le cas des USA qui ont signé également avec 180 pays, l’ABI : l’Accord Bilatéral d’Immunité. Grâce à ces accords bilatéraux, les États-Unis obtenaient l’exclusion de la compétence de la CPI, à l’égard des ressortissants et des militaires nord américains, interdisant ainsi leur transfert devant le tribunal de la Haye. Les pays signataires de cet accord bénéficient en contrepartie, d’une aide financière et militaire des Etats Unis. C’est la raison pour laquelle la CPI ne peux intervenir en Israël, en Irak, en Libye, au Qatar ou au Yémen pour ne citer que ceux-la. Et l’article 98(2) du statut de Rome le dit clairement.

Ce qui veut dire, que si un citoyen américain est arrêté, dans l’un des pays signataire de l’accord ABI, pour que ce citoyen, auteur de crime contre l’humanité, soit remis a la CPI, il faut que l’Etat concerné  consente dans un premier temps a transférer le criminel et dans un deuxième temps, que cela soit compatible avec les accords bilatéraux internationaux.

En conséquence, on ne peut poursuivre les dirigeants Américains ou les alliés des Etats-Unis pour crime de guerre. Qu’importe le nombre de morts, les voilà absous par avance.
 
Cette puissance impériale se permet de porter le fer et le feu sur la planète en toute impunité. Voilà pourquoi les responsables des massacres ethniques, consécutifs à la destitution du président ivoirien Laurent Gbagbo, ne seront jamais jugés. Comme ceux de Sago en 2011 lorsque les hommes de la FRCI d’Alassane Ouattara, accusèrent les populations civiles d’avoir contribué à la fuite des dernières troupes loyalistes vers le Libéria mais aussi de cacher des armes en vue de venger le président Laurent Gbagbo. Fuyant dans la forêt, les moins heureux ont été rattrapés, fusillés et/ou égorgés et parfois brulés vifs. Les soldats d’Alassane Ouattara, avec l’aide de populations civiles étrangères au pays, massacrèrent ainsi, tout ceux de l’ethnie Godié qu’ils croisèrent sur leur chemin et cela pendant plusieurs jours. Des journalistes occidentaux, alertés par des cyber-activistes, viendront constater les massacres, mais minimiseront la portée de ceux-ci. Cela ne collant certainement pas avec la version officielle, commandée par leurs rédactions. Il est en effet difficile d’accepter la vérité, lorsque les mensonges sont exactement ce que l’on veut entendre. Comme en Bosnie, au Kossovo, en Lybie ou en Syrie de nos jours, en quelque sorte.
 
Ni le gouvernement Ouattara, ni la cour pénale internationale n’ont jusqu’à ce jour ouvert d’enquêtes, afin de déterminer qui furent les responsables de ces atrocités. Et les victimes attendent encore que justice leur soit rendue, comme pour tant d’autres crimes, commis sous couvert de la toute puissance occidentale, qui se sert du droit et de la morale pour effacer ses propres assassinats. Mais si la vérité est plus lente que le mensonge, elle finit toujours par arriver.


Source: PRORUSSIA.TV

lundi, 23 septembre 2013

LA RENTE ET SES MEFAITS

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Pour maintenir la paix sociale, certains États ayant des ressources minières surtout pétrolières distribuent des «rentes» à des catégories de populations. Cette attitude est caractéristique des pays en déficit démocratique dont les gouvernants n’ont pas besoin de convaincre quant à la destination des impôts du contribuable pour gagner leur voix et leur confiance. Ces genres de politiques ont engendré, avec le temps, des comportements, des attitudes, des actions et réactions, des mentalités qui neutralisent tout esprit d’initiative en encourageant l’incompétence, les conduites absurdes qui produisent les injustices.

L’incompétence neutralise toute bonne volonté en rendant inopérant toute action, initiative, plans, aussi «intelligents» qu’ils soient. L’esprit rentier a toujours été réfractaire à l’esprit d’initiative.
 
Tous les problèmes viennent bien de cette funeste rente, issue des ressources minières, dont la gestion est problématique. La rente est un revenu sans contrepartie assuré sans risque et sans effort. Elle est contraire aux règles du marché et de la concurrence et s’oppose à l'acte production. La rente induit des besoins en faisant augmenter la demande ce qui fait d’elle une des causes de l’inflation et de l’augmentation des importations qui font le bonheur des partisans de «l’import-import» qui doivent souhaiter que le pays ne construise surtout pas d’usines de ‘substitution des importations’ !
 
Toutes les carences, corruptions, négligences, impunités, abus viennent de cette manne pétrolière «bienfaitrice» et «corruptrice», qui annihile l’effort, pervertit les consciences en encourageant les convoitises, la collusion, la paresse et l’incompétence ; génère des idées et comportements abusifs et prédateurs. D’où cette course folle et insolente pour profiter à qui mieux mieux de cette ‘ manne providentielle ‘: qui pour ses projets improductifs , qui pour des prêts souvent sans remboursement, qui pour des salaires mirifiques, qui pour des avantages dont fiscaux, qui pour des aménagements, réaménagements, ré-ameublements couteux pour se distinguer, qui dans le cadre de lignes de crédits, qui pour des prises en charge, missions ou soins à l’étranger , qui pour des dérogations afin d'échapper aux taxations, qui pour des associations «satellites», qui pour des terrains à bâtir ou des logements ‘sociaux’ pour la revente, qui et qui…! 
 
L’esprit rentier détruit les valeurs humaines qui font le pacte social. Il engendre l’immobilisme, provoque la discrimination et l’injustice, encourage l’informel. Un État où l’économie informelle domine est un État informel et non de droit.
 
On se souvient d’une intervention de l’ex PM. Ouyahia à l’APN lorsqu’il avait fait observer que l’Algérie n’avait pas « besoin prioritairement de capitaux étrangers », mais qu’elle était « cruellement en manque de savoir-faire, de technologie, de management moderne et de partenaires à même d’ouvrir demain d’autres marchés à des productions en association ». Qui peut les assurer sinon les compétences toujours en «jachère». C'est la raison pour laquelle nos entreprises et institutions restent instables en donnant l'impression qu’elles n’ont pas d'expérience, même si elles existent depuis des dizaines d’années ! Ces situations n’existeraient pas, du moins dans cette ampleur, si la rente pétrolière ne constituait pas 95% des revenus de l’Etat.
 
Il y a une réalité. Tant que la rente supplante le travail, la compétence et l’intelligence ; tant que le système rentier dirige les consciences, dicte les actions ; tant que les responsables sentent qu’ils le sont par favoritisme ; tant que la duplicité et l’esprit prédateur prédominent ; tant que des dirigeants restent négligents et préoccupés par la rente et son partage ; tant que l’élite compétente rechigne à prendre des responsabilités, car se sentant un faire-valoir, les pays qui y dépendent ne sortiront pas de leurs contradictions et de leurs problèmes. Ils continueront à subir les révoltes récurrentes, la fuite éperdue des cadres et des jeunes, les appréhensions vis-à-vis de la chose publique, les abus de biens publics, le manque de civisme et d’insécurité, la méprise de l’autorité, la restriction des droits civiques, etc.
 
La valeur d’un homme se reconnait dans sa science et sa vertu et non dans sa richesse ou ses pouvoirs d’influences souvent éphémères. La force ou la puissance d’un pouvoir se mesure à l’aune du soutien que lui octroi son peuple, dont ses élites compétentes, et non par la protection volatile dont il peut bénéficier de certaines forces ou du semblant de sécurité que peut procurer la rente.
 

DJERRAD Amar

02:57 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Algérie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, algérie, djerrad amar, la rente et ses méfaits | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 11 septembre 2013

MALI: LE CREPUSCULE DES «VAMPIRES» DE LA DEMOCRATIE

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«La valeur d’un État à la longue, c’est la valeur des individus qui le composent. Un État qui rapetisse les hommes pour en faire des instruments dociles entre ses mains, un tel État s’apercevra qu’avec des petits hommes rien de grand ne saurait s’accomplir»  - John Stuart Mill.
 
 
L’homme et l’héritage
 
L’héritage de IBK ressemble à un véritable champ de ruines. Il sera plus lourd à porter sans aucun doute, plus lourd que celui de l’UDPM en 1991. Deux décennies de ‘démocratie’ à la malienne ont fait faner bien de promesses et balayé bien d’espérances. Le plus difficile à reconstruire, ce ne sera pas les ruines matérielles mais plus sûrement la débâcle humaine. La longue dérive de l’homme malien depuis le coup d’État de 1968 a atteint sous l’ère "démocratique", le stade de la putréfaction.
 
Au début des années soixante, le Malien était pétri des valeurs du Soudanais, opprimé certes pendant la période coloniale, mais reconnu et respecté pour son sérieux, son intégrité morale, son goût du travail bien fait, son ardeur à la tâche, enfin et surtout pour son patriotisme.
 
Qu’est-il devenu?
Triste bilan, triste spectacle, triste comportement surtout au niveau des cadres et des élites politiques et sociales.
Comment a-t-il pu tomber si bas ?
Et que faire pour reconstruire ce Malien ?
Un véritable défi pour le Président nouvellement élu !
Par où commencer sur un terrain miné où tout peut exploser à tout moment ?
 
Il faudra du courage voire du culot mais aussi et surtout une lucidité extrême pour affronter une situation aussi complexe. On peut résumer sa tâche à deux défis majeurs et concomitants : changer à la fois le système et les hommes dont il a hérité. Il n’ya pas d’autre alternative.
Mais avant d’analyser les pistes de solutions éventuelles, examinons le contexte politique du moment.
 
Les caméléons d’un tour à l’autre de l’élection présidentielle
 
L’annonce des résultats partiels lors du premier tour des dernières présidentielles par le Ministère de l’Administration territoriale avait fait souffler un vent de panique au sein des forces politiques coalisées au sein du FDR. Leur défaite électorale avait l’air d’une véritable raclée au regard des moyens financiers colossaux mobilisés et des certitudes acquises (habitudes et méthodes utilisées pour gagner les élections par le passé). La réclamation tonitruante de la démission du Ministre et de la mise en place d’une commission internationale de dépouillement des bulletins de vote traduisaient l’inquiétude de ceux qui, deux décennies durant, avaient conduit le Mali au désastre. Criant à la fraude dont ils étaient les champions au cours des élections passées, ils avaient de la peine à comprendre que le glas avait sonné pour eux, inquiets d’avoir à rendre des comptes, après leur débâcle prévisible au second tour. L’impressionnant butin de guerre soustrait des biens publics n’y fit rien. D’où l’agressivité et la violence des propos tenus. Ce fut un coup de tonnerre dans leur ciel qu’il croyait serein depuis la mise sous tutelle du pays par la CEDEAO et l’intervention française. Sûrs du soutien des occidentaux, ils croyaient pouvoir l’emporter facilement.
 
La mobilisation populaire fut la première grande surprise des présentes élections, 51,5% au premier tour, selon les estimations officielles. Elle ne joua pas du tout en leur faveur, bien au contraire. Le raz de marée du second tour avec près de 78% de l’électorat en faveur de IBK les tétanisa. Incrédules, ils continuèrent à crier à la fraude, au bourrage des urnes, en accusant pêle-mêle l’appareil administratif, les militaires, les religieux et même les partenaires occidentaux dont ils se proclamaient pourtant être les disciples fort appréciés. Il a fallu de leur part de fortes pressions et de sévères mises en garde pour qu’ils se plient à la reconnaissance du bout de lèvres d’une défaite aussi cuisante. Mauvais perdants, ils continuèrent par voie de presse à parler de fraudes massives pour soulager leur amertume. Une telle attitude de leur part n’est pas surprenante.
 
Pour tout observateur averti de la scène politique malienne, un tel dénouement était prévisible, en raison du rejet généralisé de la classe politique discréditée en grande partie auprès des populations. Les faibles taux de participation ne dépassant guère les 30% aux élections organisées ces vingt dernières années en sont une indication.
 
Le FDR avait malheureusement réussi, à travers sa dénonciation tonitruante du coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 et la diabolisation outrancière du Capitaine Sanogo, à masquer la situation tragique qui était celle de la démocratie malienne tant vantée à l’extérieur et partant sa responsabilité écrasante dans le désastre survenu. Aujourd’hui les élections passées mettent à nu le champ de ruines qu’ils ont laissé.
 
Se relèvera-t-il de la gifle électorale administrée par l’écrasante majorité des Maliennes et des Maliens ?
 
La farce et les dindons
 
La conséquence immédiate de la défaite du FDR fut son implosion dès le premier tour. Le signe distinctif fut l’appel à voter IBK du candidat de l’ADEMA. Comment ce parti créé dans des conditions historiques exceptionnellement favorables, a-t-il pu dilapider tout le capital d’espoir placé en lui en un laps de temps si court ?
 
Il faudra certainement remonter aux années Alpha Oumar Konaré pour comprendre une telle déchéance. L’entrée massive en politique d’opportunistes, le mélange détonnant entre affairisme et politique injecté à fortes doses par le clan dit CMDT, ont radicalement changé la donne politique.
Depuis cette période, on entre en politique comme en affaires.

L’argent a pollué les convictions politiques. De nouveaux responsables politiques sans passé militant surgirent du néant comme une génération spontanée. Leur succès fit école et façonna durablement le monde politique malien. Les coups bas et les trahisons devinrent la règle au sein de la nouvelle maffia politique. IBK lui-même en fut une des illustres victimes lors de son éjection de l’ADEMA. Bien des militants de la première heure, écœurés, désertèrent les rangs. Il faudra revenir, un jour, sur l’histoire politique de la démocratie malienne et ses conséquences sur bon nombre de militants poussés par désespoir à se réfugier dans l’alcool ou dans des drogues spirituelles encore plus néfastes. Le triomphe momentané du jihadisme armé n’est-il pas à rechercher là aussi ?
 
Trahi principalement par les siens, le candidat de l’ADEMA, préféra rompre le contrat de dupes qui le liait au FDR, refusant ainsi d’être fagocité dans un avenir proche par une URD qui avait réussi à avoir des alliés sûrs au niveau des cercles dirigeants de l’ADEMA par clan CMDT interposé, portant un coup rude au schéma de recomposition politique projeté.
 
Un autre dindon de la farce fut le FARE de Modibo Sidibé. Son inexpérience politique, sa filiation à ATT auquel il doit avant tout sa fulgurante ascension politique le desservit. Il ne fit aucun effort pour se démarquer de son mentor devenu largement impopulaire. Pouvait-il faire autrement ? Il commit l’erreur de s’affilier au FDR au lieu de chercher à construire son autonomie politique plus porteuse d’avenir. La défaite sévère qui doucha ses espoirs risque de sceller son destin politique. Sa formation politique n’a aucune assise populaire. Elle est surtout composée de cadres, souvent opportunistes qui l’abandonneront probablement pour aller s’abriter dans les cercles du pouvoir comme à l’accoutumée.
 
Quant à l’URD, sa défaite est principalement celle de son chef largement inexpérimenté en politique et sans passé militant. Son ascension politique fulgurante, il la doit avant tout à Alpha Oumar KONARE et aussi à son appartenance au fameux clan CMDT qui infiltra largement l’ADEMA. Sa position comme ministre des finances durant de longues années, la stratégie d’infiltration de l’appareil d’État et surtout des secteurs juteux de l’économie nationale lui donna des ambitions politiques qu’on était loin de soupçonner. Son manque de charisme, sa liaison intime avec les milieux d’affaires voire affairistes, son mépris du peuple qui n’est à ses yeux que du bétail électoral qu’on peut s’offrir en faisant claquer des billets de banque, l’absence de leadership conséquent au niveau de sa formation politique, les maladresses accumulées lors de sa campagne finirent par le faire paraître comme l’héritier principal du système responsable du désastre infligé au pays.
Le monde qui a été le sien, est loin du pays réel qu’il ne connaissait point. Il plane sur un nuage, celui d’un monde de parvenus devenu le sien. La chute fut brutale parce que jamais imaginée. D’où la hargne à faire porter le chapeau au ministre chargé des élections, aux fraudes imaginaires que son clan fabriqua sans aucun début de preuves, aux accusations diverses, ce qui aggrava son impopularité. Que lui réserve l’avenir ? Il lui sera difficile de porter le manteau de l’opposition, n’y étant pas préparé, habitué comme tant de gens entrés accidentellement en politique d’être du ‘bon côté’, celui du pouvoir. Sa renaissance politique parait bien compromise.
 
Quant à la COPAM, elle est restée une coalition hétéroclite et circonstancielle, sans visage idéologique précis et sans capacité à offrir une alternative politique crédible. Elle était pourtant porteuse au départ de tant d’espérances. Son activisme débordant, son manque criant de sens de l’organisation, les nombreuses fautes tactiques commises, son immaturité idéologique, la suprématie des ego sur l’action collective, le dogmatisme théorique de certains de ses dirigeants, sa direction politique confiée à un opportuniste notoire qui a traversé tous les régimes, finirent par dérouter l’enthousiasme populaire qui lui donnait quelque consistance au départ. Son soutien excessif et maladroit de la junte, sans aucun esprit critique, son refus de se centrer dans une dynamique réelle de construction d’un véritable pôle alternatif des forces de gauche, brisa son élan de départ et finit par éloigner ses nombreux sympathisants du départ. Le matraquage forcené de la presse nationale et étrangère, la diabolisation de certains de ses leaders firent le reste. Mais son échec relève avant tout de sa propre responsabilité et de son manque de clairvoyance politique.
 
Kéïta, certes! Le fédérateur saura-t-il être libérateur comme Soundiata?
 
En ce qui concerne l’émergence politique de IBK et sa victoire écrasante aux élections présidentielles, elles viennent essentiellement du fait que s’est cristallisé autour de lui le rejet du système ATT dont il a su intelligemment se démarquer lors du dernier mandat de ce dernier, tout en participant à son gouvernement. Il sut à certains moments marquer opportunément sa différence. A sa chute, il sut éviter de faire chorus avec le FDR. Nouant des relations tactiques occasionnelles avec la COPAM, il ne s’est pas enfermé dans un clan quelconque. Ses prises de position marquées sur la question du Nord, son affirmation de la souveraineté nationale, le firent apparaitre comme le point focal des espérances populaires. Les nombreux appels à voter pour lui au second tour et son score sans appel ont consacré le triomphe d’un discours politique structuré et d’une tactique intelligente qui le place à un carrefour historique.
 
Il doit opérer une rupture avec un système politique honni des Maliens et bâtir un nouveau leadership capable de leur redonner confiance.
 
Cependant sa marge reste étroite.
 
D’abord en raison de la lourde présence des forces étrangères et de leur tutelle pesante, à commencer par celle de la France.
 
Quel va être son espace d’autonomie face à tant de pesanteurs et surtout d’intérêts en jeu ?
 
La réponse à cette question parait essentielle. Elle commande son avenir politique voire son destin. Sa seule chance réside dans la construction et la consolidation d’un appui populaire consistant et constant.
Pour ce faire, la convocation dans les premières semaines de son mandat d’Assises nationales, populaires et souveraines s’avère être une nécessité incontournable. Ces assises doivent rompre avec le schéma classique des conférences nationales où les acteurs politiques et sociaux se cooptent entre eux au niveau de la capitale. Il faut instaurer de vrais débats sur toutes les questions d’intérêt national, y compris la question du Nord, depuis les villages et les hameaux, des débats locaux impliquant toutes les communautés à la base, les faire remonter au niveau des communes rurales et urbaines, au niveau des cercles et régions jusqu’au niveau national où se fera la synthèse. A l’occasion, de nouveaux leaderships remonteront de le la base au sommet et permettront de faire émerger de nouveaux acteurs politiques et sociaux plus représentatifs des populations.
 
Les défis qui attendent le pays seront abordés et traités et cela tracera ainsi la nouvelle feuille de route de son mandat avec l’approbation populaire. Les questions de la reconstruction de l’État, de la refonte des institutions, de la relecture de tous les textes fondamentaux (Constitution, Charte des partis, Code électoral, etc.) permettront de redéfinir un nouveau cadre et de nouvelles conditions à l’exercice démocratique conformément à la volonté populaire. Il ne sert à rien de se précipiter à organiser des élections législatives et communales sans tenir au préalable ces assises nationales. Elles seules renforceront la légitimité du nouveau président et lui donneront la caution nationale indispensable pour opérer les changements attendus et entamer la résolution des graves problèmes que le pays affronte aujourd’hui. Sans soutien populaire, ce sera un échec cuisant et on ne peut pas se le permettre. Le 26 mars 1991 et le 22 mars 2012 furent des occasions ratées. Un nouvel échec plongera le pays dans une spirale infernale.
 
Quelle part pour l’Homme, Dieu et le Diable?
 
Il ne faut pas se faire d’illusions. Il n’y aura pas de miracle. IBK n’est pas un nouveau messie, ni un magicien. Seul, il n’y arrivera jamais. L’accompagnement militant des patriotes lui est indispensable. C’est à lui de le solliciter et de le garder comme un précieux atout. Il ne s’agira point de tout régler en un seul mandat. Cela est impossible. Il lui faudra tracer avec détermination et sans faiblesse les sillons du Mali nouveau. Pour cela, premier signal fort, il lui faudra constituer une équipe de patriotes intègres, sérieux et compétents, reconnus comme tels par l’écrasante majorité des populations.
 
La solution des problèmes cruciaux du pays passe nécessairement par l’assainissement et la reconstruction de l’État et des différentes institutions et cela dès le départ. Pour vaincre un système aussi pourri, il faut l’attaquer aussitôt. Hésiter ou patienter lui donnera le temps de s’adapter et de devenir encore plus vicieux.
 
Il faut mettre un terme à la gabegie de la multiplication des institutions. Une démocratie incapable de s’autofinancer et obligée de recourir à des subventions étrangères pour financer ne serait-ce que les élections n’est pas une démocratie viable. La multiplicité des institutions n’est nullement signe de vitalité démocratique. Il ne sert à rien de singer l’Occident. Privilégions les modèles et solutions endogènes en interrogeant avec un esprit critique l’histoire de nos civilisations et le génie de nos peuples. Une bonne Cour Suprême pourrait valablement faire le travail de l’actuelle Cour Constitutionnelle et à moindre coût. Des assemblées régionales fortes élisant les Gouverneurs de régions pourraient englober les actuels Haut Conseil des Collectivités et Conseil Économique et Social avec un mandat plus large et effectif. Le renforcement du pouvoir législatif et l’élection du Président de la République par l’Assemblée Nationale aboliront bien de dérives. La réduction des services de contrôle à uniquement deux systèmes de vérification, l’un interne et l’autre externe et leur érection en institutions autonomes avec un pouvoir étendu permettraient une lutte plus efficace contre la corruption.
 
La réforme de l’administration d’État, le recrutement des directeurs de services centraux et nationaux par appels à candidature sur la base d’un mandat détaillé, des objectifs précis à atteindre et une obligation de résultats dans un chronogramme déterminé permettront de responsabiliser les cadres et de les évaluer correctement en mettant fin au clientélisme, à la complaisance et à l’impunité.
 
La question de la restructuration de l’ensemble des forces armées et de sécurité est aussi une question urgente. A cet effet, il faut ramener tous les porteurs d’uniformes de l’État dans leurs corps d’origine. Il faut les assainir, les redimensionner, les professionnaliser et encadrer strictement les conditions d’accès au champ des responsabilités civiles et politiques.
 
Quant à l’Éducation, son état de décomposition est si avancé qu’il est impossible de la gérer dans le cadre du système actuel. Il faut obligatoirement la réformer. Il faut créer un nouveau corps enseignant constitué par les meilleurs agents de l’État. L’enseignement doit se construire sur un corps d’élite à qui l’État doit accorder les meilleures conditions de vie et de travail. N’importe qui ne doit pas être enseignant. Il faut y attirer les cadres les plus compétents et les plus performants avec une exigence de résultats. A cet effet des habilitations à enseigner pour une durée déterminée leur seraient délivrées. Leur renouvellement serait soumis à des critères de performance. Ils doivent aussi souscrire à un code de déontologie obligatoire. Un code éthique sera aussi établi pour les apprenants, élèves et étudiants. Leur violation devra entrainer des sanctions exemplaires.
 
Les mains qui ont voté sont-elles si différentes de celles qui ont volé?  
 
Le redressement de l’appareil judiciaire passe par son assainissement et sa réorganisation. Le prétexte de l’indépendance de la justice a souvent donné lieu à bien de dérives. La seule façon effective de démocratiser la justice résidera certainement dans la multiplication du système des jurés en impliquant les citoyens dans la prise des décisions de justice. Là aussi, il serait tout à fait indiqué d’interroger nos systèmes traditionnels de justice.
La question foncière, celles des terres agricoles, des domaines de l’habitat, des concessions minières et autres ont fait l’objet de bien de spéculations, tant au niveau de l’Etat que de ses démembrements, qui ont largement spolié les populations. Elle a donné naissance à des scandales d’enrichissements illicites jusque dans les communes urbaines et rurales. Il faut y mettre vigoureusement un terme. Un audit est nécessaire pour remettre les populations spoliées dans leurs droits.
 
Repenser la politique économique du pays est une nécessité stratégique en raison de l’échec des politiques d’ajustement et de privatisation imposées par les bailleurs de fonds et des politiques d’aide au développement. Cela passe par la prise en main par l’État, désormais stratège de la politique économique du pays, des instruments de souveraineté nationale indispensables à cet effet. L’extension phénoménale de l’économie informelle, la transformation des rues de nos villes en marchés, des façades de domiciles privés en boutiques, la généralisation de l’import-export n’ont abouti à aucun développement significatif. Bien au contraire. Elles ont largement contribué au renchérissement du coût de la vie du fait de la multiplication des intermédiaires improductifs entre les producteurs et les consommateurs, favorisé la spéculation et la corruption au niveau de l’attribution des marchés publics à des opérateurs économiques fictifs.
 
Il faut réorienter l’économie nationale vers la transformation des ressources nationales par des politiques volontaristes favorisant l’émergence d’une nouvelle génération de capitaines d’industrie. À cet effet il faudrait revoir l’ensemble des codes d’investissement. Il faut également assainir le système administratif et financier de l’État et y faire observer le principe de la mobilité du personnel afin d’éviter la patrimonialisation par certains cadres des circuits de l’appareil d’État.
Pour donner le ton, un signal clair doit être donné à travers la dénonciation des marchés, concessions et autres actes abusifs de cession des biens de l’État par les autorités de la Transition. De même pour les nominations outrancières faites pour caser des proches.
Un audit de l’État est indispensable. Il doit remonter aussi loin que possible et exiger des comptes. À cet effet, il convient de revoir la question de l’immunité de nos dirigeants. Elle doit se limiter exclusivement à l’exercice strict du mandat détenu et du champ de compétence de l’élu. Tout acte posé en dehors de la loi doit donner lieu automatiquement à sa levée.
La généralisation du principe de la limitation de tous les mandats, y compris au niveau des partis politiques, des syndicats et des associations, contribuera à valoriser l’alternance indispensable en démocratie.
 
De nombreuses réformes sont possibles pour revitaliser la pratique démocratique dans notre pays. Il convient à cet effet de créer une capacité nationale autonome de réflexions stratégiques multidisciplinaires en dehors des paradigmes actuels. Valoriser les cadres nationaux les plus compétents, mettre à contribution la diaspora malienne à travers le monde, l’intelligentsia africaine voire celles d’autres pays du Sud voire du Nord, en capitalisant les expériences positives tentées ailleurs, contribuera à booster la recherche scientifique indispensable à l’éclosion d’alternatives créatrices. Tous les centres nationaux de recherche pourraient être restructurés et ramenés à un organisme unique qui conduira la politique nationale en matière de recherche. Cela qualifiera davantage notre système éducatif et partant l’économie nationale. Tous les centres de formation éparpillés dans les différents ministères doivent aussi être ramenés à un seul niveau pour un contrôle de qualité et d’efficience.
Le souffle purificateur du changement doit passer partout où cela est nécessaire voire indispensable. Cela est possible dès lors que la volonté politique existe. La mobilisation populaire en sera le soutien ferme dès lors que sera instauré fermement le principe de vérité, de justice et d’équité pour tous.
 
Cinq ans ! Et après ?
 
Il est illusoire de croire que cinq années y suffiront. Tout n’est pas possible en même temps. Il faut dire la vérité aux populations sans démagogie aucune. Il faut dégager des priorités et tracer les limites du possible à chaque étape. Il faut respecter les engagements pris en toute responsabilité. Le renforcement du contrôle populaire pourra y contribuer efficacement.
Tous les espoirs sont permis si nous nous réunissions autour de l’essentiel, du « Mali d’abord » comme le disait un des slogans principaux du candidat IBK. Certes la situation est extrêmement difficile mais l’espoir reste permis. Il nous faut un leadership ferme, intransigeant sur les questions d’intérêt national dans la solidarité et la transparence.
 
Pour relever les défis actuels, il nous faut faire preuve à la fois de lucidité et d’esprit créatif. Il n’existe pas de solutions toute faites. Pas de fatalité non plus. Il nous revient de forger notre propre destin. Pour cela, soyons responsables et exigeants face à nous-mêmes. Ceux qui présideront à nos destinées auront certainement des comptes à nous rendre. Mais ne restons pas les bras croisés. Rien ne se passera si IBK reste seul. Nous devons rester vigilants et par notre critique constructive l’aider à baliser l’avenir. Son échec sera grave de conséquences pour nous tous.
 
Sur les cendres encore fumantes du présent, faisons germer le Mali nouveau, celui de nos espérances !
 
Pour rebondir, il nous faudra enfin et surtout renouer avec les valeurs culturelles saines de notre histoire. Il nous faut interroger nos racines et y trouver les sources d’inspiration nécessaires au renouveau du Mali. Nous pouvons être une école pour l’Afrique et au-delà si nous osons déployer de manière critique le génie créateur de nos peuples. Nous devons pour ce faire mettre l’Éthique et l’Humain au cœur de notre vision stratégique.
 
Le sage africain Ki Zerbo aimait dire : « il ne faut pas dormir sur la natte des autres car c’est comme dormir par terre. »
 
 
Pr Issa N’DIAYE

Août 2013

Bamako, Mali.
 
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Les sous-titres sont du FNC !


Source: FNC DU MALI

jeudi, 05 septembre 2013

KONE KATINAN HAPPE PAR LES MEDIAS GHANEENS

KONE KATINAN.jpg


A peine sorti, d'une longue bataille judiciaire, engagée contre lui au Ghana par le régime Ouattara et qui a duré plus d'une année, le ministre  Justin Koné Katinan, Porte Parole du président Gbagbo, est très sollicité au pays de Kwame N'Kruma. Alors qu'il n'avait sur son agenda qu'une seule rencontre avec un organe de presse écrite, le ministre Katinan a été assailli par la presse Ghanéenne  ce mardi 3 septembre 2013.


C'est à 11 h 30 mn que la première équipe de presse est arrivée au lieu de rendez-vous. Quelques minutes plus tard, cette équipe du journal  Daily Graphic a été succédée par la Radio  Joyfm et les équipes de  la 3eme chaine de télévisionTV3 et  de la Télé ETV.

Les medias voulaient  tous  connaitre son état d’esprit après  avoir remporté son  procès. Bien sur Koné katinan  a exprimé sa joie qui ne  pourra selon lui être complète que si Laurent Gbagbo dont il porte la parole sera libéré .La CPI estime que les charges portées contre lui son insuffisantes .Koné Katinan ne comprend donc  pas pourquoi il est maintenu dans les liens de la détention. Les journalistes ont ensuite invité Katinan à commenter le discision de la cours suprême Ghanéenne confirmant l’élection du président John Mahama. Je vais vous surprendre a dit katinan.  « Avant même de féliciter Le president Mahama, je voudrais saluer la grande sagesse Ghanéenne et le comportement du candidat perdant Nana Akoufo Addo  qui a reconnu sa défaite Si les choses s’était  passées ainsi en cote d’ivoire, nous n’aurions  pas connu autant de désastre. Dans nos pays nous  devons  respecter la constitution, les institutions et les lois.

A la question de savoir si le Porte Parole du président Gbagbo a l'intention de retourner en Cote d'Ivoire dans un avenir proche après avoir gagné son procès, le ministre a été très clair: " Mes amis et moi sommes disposés à retourner en Cote d'Ivoire si les conditions de sécurité sont réunies par le pouvoir d'Abidjan". Il a continué pour préciser que "  M.Ouattara n'a pas gagné les élections présidentielles  de  2010  mais il est le chef d'Etat. C’est d’abord lui  qui a tout intérêt à ce qu'il y ait la paix, la sécurité et la stabilité en Cote d'Ivoire pour gouverner. Or, précise Mr Katinan, les mandats d'arrêts contre les pro-Gbagbo n'ont toujours pas été annulés, les arrestations continuent, les prisonniers pro-Gbagbo , plus de 700 ,sont à travers toute la Cote d'Ivoire .Ce qui fait que les exilés ne se sentent toujours pas en sécurité pour envisager un éventuel retour. Mais surtout conclu le ministre Katinan, "le président Gbagbo, la clé de la réconciliation est toujours à La Haye".

Le Porte Parole du President Gbagbo a profité de l'occasion pour remercier le Président John  Dramani Mahama, son gouvernement et tout le peuple Ghanéen pour l'hospitalité accordée aux ivoiriens contraints à l’exil et qui sont près de 22 000. Il a exprimé sa gratitude à l’ancien président Jerry John  Rawlings qui lui a fait le grand honneur de lui rendre visite en prison.  Il n'a pas manqué de lancer un appel au président Mahama pour qu'il œuvre inlassablement auprès du pouvoir d’Abidjan pour l’avènement de  la réconciliation en Cote d'Ivoire et de  l’intégration Ouest africaine.

 

Correspondance particulière de Anasthasie Ehoulan.

jeudi, 15 août 2013

L'EGYPTE AU-DELA DES PERILS

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AP. Photo/Khalil Hamra. Les violences ont fait 525 morts et 3717 blessés, mais ces chiffres risquent d'être revus à la hausse.

 
L’Egypte occupera encore le devant de la scène et pas seulement pour les défis politiques immédiats qu’affrontent les forces en présence. Elle l’occupe aussi pour mettre au défi les concepts utilisés soit pour habiller la réalité soit pour la traduire. La destitution de Morsi, son retour ou non dépendent beaucoup de facteurs externes à l’Egypte. De toutes les façons, ces facteurs externes pèsent directement sur ce pays depuis son détachement lointain et soft de la Sublime Porte. Soft, mais reposant sur un rapport de forces qui ne laissait aucune illusion au pouvoir central ottoman. Facteurs économiques, militaires, politiques ont contrarié depuis cette époque le libre choix des Egyptiens de leur destin. L’agression anglo-franco-israélienne de 1956 reste le souvenir le plus spectaculaire de cette suite d’ingérences.

Mais d’autres, invisibles pour le grand public, mais tout aussi maléfiques, ont contrecarré tous les projets d’indépendance économique ou simplement d’autonomie.  Bien sûr, des forces internes ont trouvé dans ces pressions extérieures le soutien le plus efficace pour imposer leur dictature de minorité économique et sociale, de secte politico-culturelle, à l’écrasante majorité du peuple égyptien, dans toutes ses composantes et à travers tous les courants qui le traversaient. Au demeurant, connaissez-vous aujourd’hui un seul pays qui ne subirait pas directement et lourdement la pression de facteurs externes qui déterminent sa vie politique, économique et sociale ? De Cuba, pourtant totalement indépendante, mais puissamment étouffée par le blocus US illégal et immoral, aux pays européens encadrés dans le moindre aspect de leurs réglementations financières, en passant par le Grèce ou le Zimbabwe, ou tous ces pays passés par les fourches caudines du FMI. Ajoutez à cela les menées des ONG dont les membres usurpent - de quel droit divin ? - la représentation des organisations sociales et politiques pour imposer à tout le monde les normes édictées par les puissances dominantes. L’action de ces facteurs externes s’est aggravée ces dernières années dans le monde arabe, mais l’Egypte reste, avec le Liban, le pays le plus affecté par ces facteurs externes démultipliés par Camp David. Finissons par rappeler que le mouvement des Frères musulmans naissait sous le signe d’une alliance avec les Anglais, puis avec les USA, et que depuis, leur agenda est supra national, du rêve du khalifat à l’intention d’envoyer des guerriers en Syrie.

En un mot comme en cent, le monde arabe ne s’appartient pas, et dans cet espace, l’Egypte encore moins. Dans ces conditions, il est difficile de parler de démocratie. Quand l’essentiel des décisions de souveraineté vous échappe, que vaut la souveraineté du peuple, postulat primordial de l’exercice de la démocratie qui traduirait en actes et en réalité cette souveraineté ? Parler d’un président démocratiquement élu, comme si les élections pouvaient résumer et fonder la démocratie, est une grande erreur ou un leurre. C’est bien en refusant que les élections soient le seul critère de l’exercice démocratique que les USA et l’Europe ont récusé le gouvernement du Hamas en Palestine occupée et que leurs gouvernements, largement appuyés par les médias dominants, ont traité de dictateur Chavez, l’homme le mieux élu du monde, avec référendum confirmatif, système électronique de vote doublé d’un témoignage par bulletin, en la présence de médias d’opposition à la fois plus nombreux et plus puissants et sous le contrôle international, en présence de l’organisation de Jimmy Carter. Bien sûr, ceux qui font appel à cette notion de démocratie, de vote et de légalité savent très bien que la démocratie est un système dont les élections périodiques ne sont que le calendrier de confirmation de l’ensemble des droits et des libertés de toutes les minorités et dans le respect de toutes les diversités.  

Toute l’action de Morsi a consisté à aggraver le rôle des facteurs externes et des pressions étrangères pour imposer les agendas des puissances étrangères, dont le djihad en Syrie. Négation des droits des minorités et de la diversité religieuse, concentration de pouvoirs pharaoniques, intelligence avec des puissances étrangères sur le sort du canal de Suez et du Sinaï, silence face au lynchage de chefs religieux chiites, incendies d’églises coptes, déclaration d’amitié et de fidélité à Shimon Pérès constituent quelques repères clés.  

Et quelques critères pour juger si le gouvernement des Frères a renforcé ou attaqué ces droits et ces libertés, ou si les élections ont été une méthode de prise du pouvoir pour imposer le règne de l’uniformité frériste.  En réalité, et pour une des rares fois où il le fait, le seul acteur non lié aux facteurs externes ni aux puissances étrangères, le peuple égyptien est entré en scène et a tracé la ligne rouge qu’aucune combinaison politique ne doit transgresser : celle de la démolition de l’Etat national et de l’identité nationale égyptienne, fut-ce au profit d’une nouvelle orthodoxie islamique bien en peine de lui ravir sa foi et son histoire.

Il ne reste face au défi théorique que de rejeter la croyance magique d’une révolution par génération spontanée et reprendre la méthode historique pour comprendre en quoi ce présent égyptien est une des formes développées de son passé et que c’est bien et seulement là que nous pouvons retrouver la logique de ce présent.


Mohamed Bouhamidi

Alger, le 15 août 2013.


Source: REPORTERS.DZ

19:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Egypte, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : égypte, monde, afrique, l’egypte au-delà des périls, mohamed bouhamidi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 12 août 2013

PRISM ET LES VERTUS RETROUVEES DU MACCARTHYSME

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L’amnésie généralisée et méthodiquement reproduite par les grandes puissances impériales leur permet d’annuler tout passage de témoin d’une génération à une autre, toute accumulation d’expériences des luttes et de leur direction. Une mémoire correctement communiquée et partagée aurait permis aux générations Internet et Twitter de comparer l’extraordinaire campagne de démolition de la République Démocratique Allemande (RDA) à partir des activités de la Stasi. La Stasi, service de renseignements généraux de la RDA, fichait les opposants au gouvernement est-allemand par tous les moyens disponibles à l’époque : mouchards, indics, volontaires de la délation, etc. Rien de plus remarquable que les activités des Renseignements généraux français, par exemple, ou de la Commission des activités antiaméricaines, connue sous le nom de maccarthysme. Tous ces services ou commission utilisaient les mêmes voies et les mêmes méthodes : surveillance, filatures, provocations, exploitations des besoins et des faiblesses des concernés ou de leurs proches, mais exploitaient avant tout, bien sûr, la vocation des mouchards, des militants de « l’ordre » et des délateurs. Le système était mondial et les services de la RDA, de ce point de vue, ne devaient pas réaliser des records. La plus longue expérience des services occidentaux et leur maîtrise des rouages de la vie politique leur permettaient de mieux circonscrire les cibles. Leur maîtrise des médias et de la communication leur permettait de mieux justifier leur fichage des militants par le but vertueux de protection de la société. Avez-vous connu plus vertueux que le maccarthysme ?

Que reprochaient alors, à la Stasi, les médias et les politiciens de la droite et de la social-démocratie ? De ficher les opposants ou les personnes « potentiellement » hostiles ou dangereuses, ce que font tous les services occidentaux au nom de cette supposée vertu qu’ils se prêtent.

L’écrasante majorité des dirigeants occidentaux actuels et l’écrasante majorité des chroniqueurs et responsables des médias vivaient à cette époque. Ils ont participé à la campagne de diabolisation du gouvernement de la RDA via la diabolisation de la Stasi. Ils proclamèrent haut et fort que le fichage menaçait la Liberté, avec un grand « L », et promirent aux Allemands de l’Est l’aventure excitante du Coca Cola et du MacDonald à la place de la monotone politique de plein emploi, du droit au logement, de crèches gratuites, de stades et de piscines gratis et de la Traban si ordinairement prolétaire.

Cette équation de la Liberté antinomique du fichage ne fut pas proposée qu’aux Allemands de l’Est ou aux autres peuples du Camp socialiste. Elle servit aussi - et surtout - à flatter les peuples occidentaux travaillés au corps pour leur faire sentir leur incommensurable privilège de vivre leur « Liberté sans surveillance » comme des ados autorisés à vivre leur première surprise-party et les préparer à leur future vocation du « devoir d’ingérence ». Elle servit aussi à captiver et à gagner à cette Liberté du Macdonald des élites du Tiers-Monde accablées du « complexe du colonisé », haineuses à l’endroit de leurs peuples rebelles aux standards et aux normes de la « civilisation démocratique » et suffisamment enrichies et intégrées au commerce des multinationales pour se porter candidates à la mondialisation américaine.

La plupart des dirigeants actuels du monde occidental vivaient à l’époque et ont pris part à la construction de cette équation, Et en tout cas vous pouvez affirmer sans aucune crainte d’erreur que Hollande et Fabius vivaient et ont salué avec leurs amis « nouveaux philosophes » la mort de la Stasi, du fichage et le règne enfin advenu de la Liberté sans contrôle secret de vos amours, de vos lettres, de vos messages, de vos soucis, de vos médicaments non remboursés, de vos découverts bancaires et surtout de vos protestations politiques.

Il faut rappeler que Hollande et Fabius pour leur vilénie à l’endroit de Moralès, Merkel, pour porter en soi les « stigmates » de la Stasi, mais tous les autres dirigeants européens ne pouvaient condamner le fichage artisanal de la Stasi hier pour soutenir honteusement, en le minimisant et en le banalisant, le fichage industriel de la NSA. Il y a une distance abyssale entre ficher les Allemands de l’Est « potentiellement dangereux » et ficher la planète entière, Hollande et Merkel compris. Il ne s’agit pas de leur donner mauvaise conscience. Ils sont dans la peau des serviteurs des USA, d’Israël et des banques et n’attendent de gratification que de ce côté-là, mais de rappeler aux nouvelles générations l’immensité de la mauvaise foi et de l’aplomb du système de propagande des pouvoirs occidentaux. Traquer Snowden, trouver des vertus au programme Prism, comme ils ont trouvé des vertus aux fiches des Renseignements généraux, prendre en otage un chef d’Etat, voilà leur réalité : le mensonge délibéré et permanent. De la Yougoslavie à la Serbie, de l’Irak à la Libye, de la Côte d’Ivoire au Mali, de la Syrie au Hezbollah.


Mohamed Bouhamidi

Alger, le Jeudi, 25 Juillet 2013
 
 
Source: REPORTERS.DZ

dimanche, 11 août 2013

LA RUE ARABE DE L'EMOTION A LA REVOLUTION

 

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Contenir l’entrée en scène des peuples  arabes, contenir cette fameuse « rue arabe »  que révélaient, déjà, les émeutes du pain du  Caire en 1977, celles de Casablanca en juin  1981, puis celles de Tunis fin décembre 1983/  début janvier 1984 : voilà ce qui fait courir  Europe et USA. Cette rue arabe sismique et  incendiaire, émotive et amnésique, en peine  de transformer ses émeutes en révoltes, à  défaut de les traduire en révolutions, à cause  des diff érenciations sociales inachevées en  leur sein et de leur attachement romantique  à l’extraordinaire utopie de fraternité qui leur  permit de s’unir dans la lutte anticoloniale.  Epouvantail commode et masse de  manoeuvre facile pour les provocations  dans le style des caricatures racistes et  islamophobes, elle a longtemps épuisé son  énergie dans ses impuissances historiques.  Il faut bien constater qu’en Tunisie et en  Egypte, depuis ces émeutes du pain, cette  rue s’est structurée et a su transformer  ses émeutes en révolution. Nous sommes  déjà au-delà de la révolte et les débats  politiques mobilisent non les seules élites,  mais les peuples égyptien et tunisien tout  entiers.

Du côté populaire, les masses, à  Tunis comme au Caire, démontrent par  leur impressionnante mobilisation qu’elles  ne veulent plus être gouvernées comme  avant. Du côté des gouvernants, UE et USA  font tout pour faire croire qu’ils peuvent  encore gouverner en multipliant les conseils  publics de « bonne conduite » dans cette  phase de crise, mais ni l’hyperpuissance  américaine ni sa vassale européenne  n’arrivent à encadrer les choix politiques  comme avant. Les émeutes égyptiennes  du pain de 1977 constituèrent la première  grande révolte populaire contre les mesures  de libéralisation qui suivirent Camp David et  connues sous le nom d’Infi tah ou ouverture.  Depuis lors, les régimes égyptiens de  Sadate comme de Moubarak devinrent  des interfaces -empruntons l’image à  l’électronique - entre le système impérialiste  et le peuple égyptien, dont il fallait maîtriser  les révoltes et les utopies nassériennes.  Les services de renseignements - et non  l’armée égyptienne - et la police étaient  en charge des révoltes, les Frères étaient  en charge des utopies.

Mais tout le reste  des décisions vitales appartenait, depuis  Camp David, au système impérialiste à  travers le FMI et les autres institutions. Le  plan d’ajustement structurel, en 1991, en  orientant, entre autres, la production agricole  vers l’exportation, a réduit la production de  blé, ruiné la sécurité alimentaire et livré le  pain des Egyptiens aux exportateurs de blé  américains. Réellement, le peuple égyptien  fait face à une gouvernance mondialisée  euro-israélo-US de son économie, de son  territoire, notamment le Sinaï, de sa sécurité.  Les véritables gouvernants de l’Egypte - les  puissances extérieures - ne peuvent donc  plus gérer comme avant. La solution US  résidait dans des arrangements entre les Frères et les Moukhabarates représentées  par le Général Omar Souleimane, mort  opportunément.  Nous sommes alors dans une crise de type  révolutionnaire qui aboutira ou échouera  selon l’intelligence de ses acteurs, la  réunion des conditions nécessaires et  la mobilisation des forces populaires. La puissante mobilisation du peuple égyptien  avait à l’époque fait capoter la combinaison  Frères-Moukhabarates, dont Tantaoui  semblait être une couverture. L’intrusion de  l’armée, en tant qu’armée, avec les premières  manifestations de ralliement d’offi ciers et  de soldats à la révolte n’était souhaitée par  aucune puissance étrangère. L’urgence américaine était de bloquer le développement inattendu et indésirable  de la révolte des couches moyennes  mondialisée et face-bookées vers les  couches proprement populaires et vers  le mouvement ouvrier égyptien aguerri  par près de quarante ans de luttes contre  l’eff royable misère sociale engendrée par la  soumission de l’Egypte aux compradores et  ses interfaces avec le système impérialiste  mondial.

L’alliance du peuple et de « son  armée », celle qui porte dans la tête de ses  milliers et milliers d’offi ciers et dizaines de milliers de sous-officiers et soldats l’héritage contrarié de ses luttes antisionistes et antiimpérialistes,  est évidemment l’alternative  insupportable à la vieille combinaison des  Frères et des Moukhabarates.  L’impératif pour les puissances impérialistes  est de calmer la rue en acceptant des  solutions d’attente et de sauver les Frères  musulmans du naufrage, puis de les recadrer  avant de les remettre à la besogne.  C’est la tâche de C. Ashton, de Hagel, de  Kerry, de Hague et de l’inénarrable Fabius.  L’urgence est de discréditer l’esquisse  de cette alliance « peuple-armée dans sa  composante populaire » et de la bloquer, en  coupant la séquence historique actuelle de  sa chaîne de déterminations et de causalités,  et en traitant la déposition de Morsi de coup  d’Etat. La « rue arabe » sortie du mythe pour  fabriquer l’histoire réelle saura-t-elle dégager  sa route de ces traquenards impérialistes?

 

Mohamed Bouhamidi

 

Source: REPORTERS.DZ