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lundi, 29 avril 2013

AMINATA TRAORE: «QUELLE AFRIQUE VOULONS-NOUS?»

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Un petit retour sur les positions de la brave Aminata Traoré, au moment où elle est dans le viseur du pouvoir français et subit ses rétorsions (refus de visa) pour avoir dénoncé l'invasion et l'occupation du Mali par l'armée française. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

L’intervention militaire conjointe de l’Onuci et de la force française Licorne relève 
de l’ingérence, affirme l’essayiste et militante altermondialiste. L’ancienne ministre de la Culture 
du Mali plaide pour une démocratie africaine par et pour les peuples, propre 
à émanciper 
le continent du pillage néocolonial.


Vous avez longtemps vécu et travaillé en Côte d’Ivoire. Que ressentez-vous à la vue du chaos dans lequel est aujourd’hui plongé ce pays ?

Aminata Dramane Traoré. Je suis horrifiée. Nous devons cette nouvelle humiliation à notre immaturité politique qui consiste à réduire la démocratie aux élections en perdant de vue le jeu des intérêts dominants et l’asymétrie des rapports de forces.

L’attaque de la résidence du président Laurent Gbagbo et son arrestation ne sont ni plus ni moins qu’une illustration de ce que cheikh Hamidou Khan appelle l’art de vaincre sans avoir raison, qui est le propre de l’Occident.

Je suggère dans ma Lettre au président des français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général une inversion des priorités de manière à privilégier le projet de société, à faire de l’élection le choix de gouvernants capables de réaliser ce projet dans le respect des aspirations des peuples. Riches de leurs expériences individuelles, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne (Laurent Gbagbo, ­Alassane Dramane Ouattara et ­Konan Bédié) auraient pu, dans une telle perspective, diagnostiquer les politiques économiques mises en œuvre et proposer des alternatives au système capitaliste qui a fait de la Côte d’Ivoire un réservoir de matières premières avec les conséquences sociales, politiques et écologiques que l’on sait.

L’absence de débats de fond sur les conséquences catastrophiques du système néolibéral sur l’emploi, l’agriculture et les sociétés ­paysannes, le revenu, l’éducation, 
la santé, la cohésion sociale, la ­relation au pouvoir et à l’argent nuit considérablement à la construction d’une démocratie conforme à la demande des Africains.

Je ne vois pas comment ni pourquoi la démocratie qui est en crise en ­Occident pourrait faire des miracles en Afrique au point de justifier une expédition punitive. Mais, à propos des ­dominés, les dominants ne se posent pas ce genre de questions.

 Comment jugez-vous la participation des militaires français de la force Licorne à l’offensive militaire qui a délogé Laurent Gbagbo de la résidence présidentielle, le 11 avril dernier ?

Aminata Dramane Traoré. À ce sujet, on en entend des vertes et des pas mûres de la part des officiels français et des prétendus spécialistes de l’Afrique. Leur thèse peut être ainsi résumée : l’Afrique se mondialise et décide librement de faire du commerce avec les partenaires de son choix, la Chine étant l’un des plus importants. La France et les autres puissances occidentales ne voient pas, semble-t-il, de mal à cette situation. Elles seraient tout simplement soucieuses de nous mettre sur le droit chemin de l’État de droit, qui passe par des élections régulières, transparentes et propres.

Les Ivoiriens n’y seraient pas parvenus tout seuls par la faute de Laurent Gbagbo qui, après avoir été battu, semble-t-il, au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 par Alassane Ouattara, se serait accroché au pouvoir.

Les tenants de ce discours le classent aussitôt parmi les dictateurs à qui la France se doit de donner un « avertissement », comme l’a exprimé le premier ministre français, François Fillon, à l’Assemblée nationale. On est stupéfaits par une telle arrogance quand on se réfère à l’opinion que les Français se font de leur démocratie et à la cote de popularité du président Sarkozy, qui est au plus bas.

À mon avis, la France de Nicolas Sarkozy est intervenue militairement, avec les Nations unies en cheval de Troie, pour ce que je considère comme une action de dressage démocratique de l’homme africain. Une bonne partie des populations civiles à défendre ont non seulement présent à l’esprit le discours de Dakar, mais sont parfaitement conscientes des humiliations de l’immigration « choisie » dont le président français est le père. Son nouveau ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, en remet une couche en s’attaquant à l’immigration légale. Si nous comprenons bien, le soutien aux « révolutions » et à la « démocratisation » a des limites. La France nous aime libres et en démocratie. Mais entre nous et chez nous.

 Peut-on résumer la crise ivoirienne à une crise postélectorale, à un contentieux entre un « président reconnu par la communauté internationale » et un perdant accroché au pouvoir ?

Aminata Dramane Traoré. Le contentieux électoral est le prétexte qui, lorsque les enjeux économiques et géostratégiques l’exigent, peut servir de justification à toute sorte d’agression. Mis à part cette instrumentalisation, je ne vois aucune raison de mettre un pays souverain à feu et à sang. Point n’est besoin de rappeler que ce type de contentieux se règle souvent sans qu’aucune goutte de sang ne coule. Nous connaissons bon nombre de cas où les redresseurs de torts ont fermé les yeux sur les fraudes et sont même allés parfois jusqu’à inverser les résultats électoraux.

En somme, loin d´être un problème ivoiro-ivoirien, cette crise est l’une des expressions tragiques de la marche chaotique et macabre du monde depuis la chute du mur de Berlin.

 Laurent Gbagbo ne porte-t-il pas une lourde responsabilité dans cette longue crise ?

Aminata Dramane Traoré. Pas plus que la France et les Nations unies qui, depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, ont joué sans en avoir l’air la carte du « tout sauf Laurent Gbagbo ». Il suffit de se référer à l’édifiant documentaire de Patrick Benquet, la Françafrique, pour comprendre l’ingérence permanente dans nos affaires.

Le passé et le profil de Laurent Gbagbo ne répondent pas aux critères des maîtres du monde dans leur casting des dirigeants des pays dominés. Il fallait qu’il parte. Tous les leviers possibles et imaginables ont été actionnés pour atteindre cet objectif. La mauvaise volonté dans le désarmement de la rébellion, l’asphyxie, ces derniers mois, de l’économie ivoirienne, sans crainte aucune de la souffrance humaine induite par les privations et les pénuries, ainsi que le lynchage médiatique sont autant d’armes au service de l’ingérence et de la déstabilisation.

Je rends personnellement hommage à un homme de courage et de dignité qui a été le premier à défier l’un des hommes politiques les plus puissants du continent africain et à avoir fait de la prison avec sa femme au nom du multipartisme et de la démocratie.

 Qu’y a-t-il de commun entre les interventions en Côte d’Ivoire 
et en Libye ? La « protection des civils » est invoquée dans un cas comme dans l’autre. Que pensez-vous de cette invocation, qui est un autre nom du droit d’ingérence humanitaire ?

Aminata Dramane Traoré. Il y a lieu d’étudier de manière approfondie les similitudes et les différences entre ces deux situations. L’une de ces similitudes est l’instrumentalisation des populations civiles qui, dans le cas de la Côte d’Ivoire, sont d’abord victimes de la dérégulation et de la déprotection dans le cadre du libéralisme économique. Contentieux électoral ou pas, les Ivoiriens étaient déjà confrontés aux difficultés croissantes d’accès à l’emploi, à l’alimentation, aux soins de santé.

Ce sort qu’ils partagent avec l’immense majorité des Africains soumis aux diktats du FMI et de la Banque mondiale n’est pas de nature à perturber les dirigeants occidentaux qui, subitement, prétendent voler au secours de la veuve et de l’orphelin à coups de missiles « humanitaires ».

L’argument invoqué est le même dans le cas des deux pays en vue de susciter le maximum d’indignation à l’égard des dirigeants que l’Occident a décidé d’évincer.

La différence de taille entre la Libye et la Côte d’Ivoire, c’est que le lâchage de Muammar Kadhafi, qui était devenu un partenaire privilégié, se situe dans la droite ligne de celui de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Égypte.

 Comment jugez-vous le rôle joué 
par les Nations unies tout au long du processus électoral, puis lors 
de l’offensive contre Laurent Gbagbo ?

Aminata Dramane Traoré. Le rôle joué par l’ONU en Afrique est le même depuis la fin des années cinquante. Conçue par les grandes puissances, cette organisation sert leurs intérêts. L’ONU n’a jamais été un instrument de paix en Afrique. En 1960, à propos de la mort de Patrice Lumumba, Franz Fanon écrivait : « Il ne fallait pas faire appel à l’ONU. L’ONU n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, et chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. » (1) C’est dire jusqu’à quel point il est urgent de repenser le cadre normatif des relations entre les nations.

 Comment le continent africain peut-il, dans un tel contexte, reprendre en main son avenir ?

Aminata Dramane Traoré. L’intervention militaire conjointe de l’Onuci et de la force française Licorne en Côte d’Ivoire constitue, de mon point de vue, l’un de ces grands moments de dévoilement de la nature injuste et cynique du monde actuel. L’assujettissement des classes dirigeantes africaines fait partie de l’agenda de l’Occident. Il leur faut aller à l’assaut de l’Afrique pour s’assurer le contrôle des matières premières, des ressources naturelles indispensables à leurs politiques de croissance et de compétitivité face à la Chine.

Nous sommes rattrapés, en Afrique, par des questions de fond qui n’ont pas été examinées avec rigueur. Nous nous devons de les mettre à plat. La première question qui me semble essentielle est : quelle Afrique voulons-nous à la lumière de l’état du monde globalisé, fragmenté et de plus en plus violent ?

Si nous parvenons à nous saisir de cette question au niveau de chaque pays, des différentes sous-régions et du continent en outillant les populations de telle sorte qu’elles puissent s’impliquer à fond dans l’analyse de l’état des lieux, la formulation, la mise en œuvre et le suivi des solutions pourront jeter les bases d’une démocratie africaine par et pour les peuples.

C’est un chantier gigantesque, mais exaltant, qui n’a rien d’impossible si les élites acceptent enfin de se réconcilier avec le continent.

 

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Bibliographie

Mille Tisserands en quête de futur. Bamako : Edim, 1999, 
l’Étau, Actes Sud, 1999.

Le Viol de l’imaginaire, 
Fayard, 2002.

Lettre au président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général, 
Fayard, 2005.

L’Afrique humiliée, 
Fayard, 2008.

(1) « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? », Afrique Action, n° 19, 20 février 1960. Repris dans Pour la Révolution africaine. Écrits politiques, 
François Maspero, 1964, réédité 
en 2001 par La Découverte.


Source: HUMANITE.FR

dimanche, 21 avril 2013

ELECTIONS LOCALES EN COTE D'IVOIRE: LA PARTICIPATION AU PLUS BAS

 

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Dans la commune d'Abobo, à Abidjan, les responsables du bureau de vote attendent les électeurs. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO


La boucle des élections en Côte d'Ivoire est bouclée. Le monde entier sait désormais de quel côté se trouve la majorité. S'il ne le savait pas encore! Fernand Dindé.


La Côte d’Ivoire votait ce dimanche 21 avril pour des élections régionales et municipales, les premières depuis la crise post-électorale d'il y a deux ans. Au-delà des résultats, la question principale était celle de la participation. A la fermeture des bureaux de vote, celle-ci est très faible, notamment à cause de l’appel au boycott du FPI.

 

Dans l’un des six bureaux de vote du centre du groupe scolaire Les Aquarelles du nouveau quartier de Yopougon, à une demi-heure de la fermeture du scrutin, il y avait seulement 52 votants pour 368 inscrits, soit environ 15% de participation.

Une participation à l’image de ce qui s’est passé ailleurs. Dans une dizaine de centres de vote visités à Abidjan, seuls 30% des électeurs se seraient déplacés. Quelques bureaux de vote, comme à Treichville, approchent les 40% de participation. Les autres électeurs n’ont pas manifestement pas entendu l’appel du président ivoirien.

Elections dans le calme

Peu avant midi, Alassane Ouattara avait exhorté ses compatriotes à aller voter. Mais à Yopougon, fief du FPI, c’était sans compter sur l’appel au boycott lancé par la direction du parti de l’ex-président Laurent Gbagbo. Des militants expliquaient que ces élections ne les concernaient pas.

Pour l’instant, aucun incident grave n’a été signalé. Seuls quelques problèmes de logistique ont provoqué des retards ce dimanche matin à l’ouverture du scrutin : absence d’encre indélébile, manque d’urnes, bulletins de vote mal aiguillés... Le temps perdu au début a souvent été récupéré à la fin de la journée. Les bureaux de vote ont en général fermé à 17h30, voire 18h, au lieu de 17h.

La sécurité de ces élections a été assurée par la police. Les FRCI et les gendarmes ne devaient intervenir qu’en cas d’incident grave, ce qui n’a pas été le cas. Les résultats complets de ces élections devraient être publiés d’ici le milieu de la semaine.


Source: RFI

ELECTIONS MUNICIPALES ET REGIONALES: FAIBLE PARTICIPATION EN COTE D'IVOIRE

 

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Peu d’Ivoiriens se sont déplacés dans les bureaux de vote, dimanche, lors des élections municipales et régionales.

 

Ce sont les premiers scrutins locaux depuis 10 ans.

Les élections ont été marquées par le boycottage du parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, symbole d'une réconciliation en panne.

Malgré quelques retards dans l’organisation dans l’ouverture des bureaux, le scrutin s’est déroulé dans le calme.

Aux commandes depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 qui avait fait quelque 3.000 morts, le président Alassane Ouattara avait souhaité un vote "dans la paix".

Ces élections sont "importantes pour la gestion décentralisée du pays", a-t-il déclaré en votant à Abidjan.

Quelques 5,7 millions d'inscrits étaient appelés aux urnes en Côte d'ivoire, première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone.

Le dépouillement des bulletins de votes devait débuter en fin de journée.

La commission électorale estime pouvoir annoncer les résultats complets d'ici le milieu de la semaine prochaine.


Source: BBC AFRIQUE

samedi, 06 avril 2013

LE MALI, UNE PROVINCE FRANÇAISE COMME LES AUTRES

HOLLANDE AU MALI.jpg


Lors de son grand oral sur France 2, François Hollande a émis deux signaux contradictoires à propos de la crise malienne et, plus largement de l’approche de la France vis-à-vis de l’Afrique. 

D’un côté, le président français a voulu se démarquer de la Françafrique, en niant l’implication de son pays dans le choix du futur président du Mali. De l’autre, le même François Hollande se dit ”intraitable” en ce qui concerne le respect du chronogramme électoral qui doit, selon lui, impérativement déboucher sur la tenue d'une élection présidentielle, d’ici à la fin du mois de juillet 2013. 

C’est à n’y rien comprendre. Car on peut bien se demander où est passée la souveraineté du Mali, quand c’est le président français qui annonce que ceci ou cela doit obligatoirement se faire dans le pays ! Cette approche infantilise les institutions et le peuple maliens. Leur sort est décidé à Paris et annoncé sur France 2. A l’évidence, la différence avec un certain passé regrettable est mince. Le fait que la France veuille retirer ses soldats est à la limite compréhensible. Mais cela ne veut pas dire que ce soit une bonne idée car, de toute évidence, le pays est loin d’avoir été pacifié... Contrairement à ce qu’en pense François Hollande, selon lequel "tous les objectifs sont atteints”. 

Mais on comprend qu’englué dans une spirale de baisse de sa popularité le numéro un français veuille jouer sur toutes les cordes pour essayer de remonter cette pente particulièrement raide. Par ailleurs, si l’Afrique elle-même veut continuer à se percevoir comme souveraine, il faut qu’elle arrête d’implorer l’aide des autres, même quand il s’agit de défendre l’intégrité territoriale de ses propres Etats. Mais ce qui est totalement inadmissible, c’est bien le fait que François Hollande estime que l’intervention de ses troupes dans la crise malienne lui donne le droit de traiter le Mali comme s’il s’agissait d’une province française. 

Or, c’est bien ce que le président français a fait hier lors de son intervention télévisée. Il ne s’est pas contenté de donner son avis sur la tenue de la présidentielle. Il a aussi déclaré que cette dernière devait impérativement se tenir au mois de juillet ! Que le Mali et le peuple malien soient prêts ou non, là n’est pas, pour lui, la question. Peu importe les conséquences. Il veut les élections d’ici à la fin juillet, et c’est tout ce qui importe pour lui. 

En s’exprimant ainsi, il ne parle pas en tant que président d’un pays ami. Il prend plutôt la place de Dioncounda Traoré [président du Mali par intérim], de toute l’élite politique et de la société civile. Aussi, qu’il ne se fatigue pas à nier le choix que la France fera sur l’un des candidats. Parce que, quand on est capable d’imposer au peuple d’un pays – a priori – souverain sa propre volonté, on ne s’empêche pas, en principe, de choisir celui qui occupera le fauteuil présidentiel. 

Fouler au sol la dignité de tout un peuple est autrement plus grave que de s’immiscer dans un processus électoral qui, quoi qu’il arrive, est toujours sujet à une certaine manipulation. Or le point de vue de François Hollande n’est pas du tout isolé. Il s’agit d’une approche murie, dans la mesure où précédemment le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait donné des injonctions semblables. Les adieux à la Françafrique ressemblent à des vœux pieux. 


Boubacar Sanso Barry 
 
 
 
Source: AFRIK53.COM 

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Mali, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : afrique, le mali, une province française comme les autres, françois hollande | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 30 mars 2013

MALI: HOLLANDE SE DIT «INTRAITABLE» POUR DES ELECTIONS EN JUILLET

 

FRANçOIS HOLLANDE.jpg


Le néo-colonialisme relayé par le socialiste François Hollande. Qui avait dit qu'il y avait une différence entre Hollande et Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère de la France en Afrique? Pourquoi les Africains sont toujours à la recherche d'un tuteur néo-colonial? La première caractéristique des politiques Africains est l'inaptitude à s'élever par eux-mêmes. C'est le maître qui fixe la date des élections depuis Paris. Que disent les intellectuels africains de gauche? Le prix Houphouët-Boigny lui sera bientôt décerné, c'est à dire le prix du créateur de la Françafrique. Hollande est dans la françafrique ou à côté de la françafrique? Liadé G.


Incroyable mais vrai! C'est uniquement en Afrique qu'on peut voir de telles énormités et de telles absurdités. Afrique, où est donc ta dignité, où est ton honneur? Jusqu'à quand, toi un continent, serviras-tu de marchepied et de plate-bande à la France, un simple pays, fût-il une puissance moyenne? Africains, il est plus que temps que nous nous levions! Fernand Dindé.

 La France veut des élections au Mali "à la fin du mois de juillet" et sera "intraitable" sur le sujet, a déclaré jeudi soir le président français François Hollande.

"Nous voulons qu'il y ait des élections au Mali à la fin du mois de juillet. Et ça, nous serons intraitables là-dessus. Deuxièmement, il faut qu'il y ait ce dialogue avec toutes les composantes de la société malienne", a-t-il ajouté lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision publique France 2.

François Hollande a démenti que la France cherchait des candidats pour la prochaine élection présidentielle malienne. "Le temps où la France désignait des chefs d'Etat en Afrique est révolu", a-t-il assuré.

L'avenir politique du Mali, dirigé par un pouvoir de transition depuis près d'un an, reste incertain malgré la promesse d'élections en juillet, un objectif qui semble difficile à atteindre, le nord du pays occupé en 2012 par des islamistes restant encore en partie à sécuriser.

Le président par intérim Dioncounda Traoré et son Premier ministre Diango Cissoko, sous la pression de leurs partenaires internationaux, expriment désormais à l'envi leur intention d'organiser des élections présidentielle et législatives en juillet.

Les députés maliens ont voté fin janvier une "feuille de route" pour l'après-guerre qui, en plus d'appeler à des élections rapides, prône une discussion avec certains groupes armés du Nord dans le cadre de la "réconciliation nationale".

Par ailleurs, le président a annoncé qu'en juillet, il n'y aurait "plus que 2.000 soldats français au Mali", contre 4.000 actuellement, réaffirmant que le retrait commencerait à la fin d'avril.

Précisant le calendrier, il a indiqué qu'"à la fin du mois d'avril, nous nous retirerons. Nous sommes un peu plus de 4.000, et au mois de juillet il n'y aura plus que 2.000 soldats français au Mali, dans le cadre sans doute d'une opération de maintien de la paix de l'ONU. Et puis à la fin de l'année, un millier de Français seulement sera présent, tout cela en bonne intelligence avec le gouvernement malien". M. Hollande a prévenu que la France aurait "toujours des forces prépositionnées pour intervenir si c'était nécessaire".
 
 
AFP

Source: Le Monde

14:42 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Mali | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, mali, hollande se dit "intraitable" pour des élections en juillet, liadé g. | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 29 mars 2013

PETITION POUR LA FERMETURE DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE

 

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Voici une institution dite « internationale » qui se charge de mettre au pas ou de ramener dans les rangs tous les dirigeants africains qui veulent servir de façon loyale leur pays, c’est-à-dire défendre leur population et la protéger de toutes les convoitises et des agressions extérieures.

C’est le cas de la Côte d’Ivoire avec le transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Haye au mépris des procédures que la C.P.I s’est elle-même données, puisque le pays n’avait  pas ratifié la convention de Rome au moment de son arrestation et de son transfèrement. C’est une fois à la Haye que le parlement ivoirien va ratifier après coup cette convention pour légaliser une situation de forfaiture et comme on dit  «le ridicule ne tue pas », ils ne se sont pas rendu compte qu’en matière pénale les principes de la non rétroactivité et de l’individualisation de la peine sont  les règles, article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ce qui signifie que d’une part,  la procureure doit prouver que c’est le Président Laurent Gbagbo qui a lui-même commis les crimes qu’on lui reproche et d’autre part,  la ratification au forceps du parlement ivoirien ne change en rien la procédure illégale en cours actuellement à la C.P.I dans le cas qui concerne le Président Laurent Gbagbo. La C.P.I aurait été une juridiction d’équité et de droit que la procédure dirigée contre le Président Laurent Gbagbo aurait été annulée pour vice de forme et manque de preuves  dès la première comparution sans attendre la tragicomédie d’une audience de confirmation où d’infirmation de charges pendant une semaine.

Jean Pierre Bemba est jugé à huit clos alors que son procès doit être public, les charges retenues contre lui sont sans fondement parce que la cour elle-même les a requalifiées en reportant la séance à deux mois pour mieux peaufiner un habillage juridique.

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La cour pénale internationale est une juridiction qui n'est pas équitable et qui ne respecte pas ses propres procédures. Par conséquent il convient de signer cette pétition pour dissoudre la CPI afin de créer une vraie justice internationale qui prenne en compte tous les crimes et génocides commis sur les cinq continents.

 

Thibeaud OBOU
Président d'AFRICAINS DU MONDE

www.africainsdumonde.com


Pour signer la pétition, cliquer sur: PETITION24.NET

jeudi, 28 mars 2013

SCANDALE AU TOGO - UNE IVOIRIENNE REFUGIEE MEURT SUITE A LA NON-ASSISTANCE DE L'ATBEF!

 

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Nous venons de perdre notre mère, soeur et amie Pauline (Dame TIEHOU Macoura Pauline), ce matin (Mardi 26 mars 2013, Ndlr), à 10 heures.

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Elle était atteinte d'une anémie sévère et manquait de nourriture et donc elle ne pouvait prendre les médicaments pour son traitement. Mr PANA, DAF de l'ATBEF a donné l'ordre, avec la complicité de Mme Justine, assistante sociale à l'ATBEF, de ne pas donner de subvention ponctuelle à cette femme bien qu'étant enregistrée au HCR comme ''personne vulnérable'' car elle participait à la grève des femmes réfugiées ivoiriennes au camp d'Avépozo. Et qu'aucun autre vulnérable ne recevra son aide ponctuelle tant que les femmes continueront leur manifestation.

Nous ne comprenons pas pourquoi le HCR-Togo nous laisse mourir au lieu de chercher à trouver des solutions à nos revendications. Nous prenons la communauté internationale à témoin sur le traitement que le HCR-Togo nous fait subir.

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Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 25 mars 2013

COMMENT LA FRANCE A LACHE BOZIZE

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Centrafrique: Hollande confirme le départ du président Bozizé

François Hollande "a pris acte du départ du président François Bozize" de Centrafrique et "appelle toutes les parties au calme et au dialogue autour du gouvernement" d'union nationale, selon un communiqué de l'Élysée publié dimanche. Ce gouvernement est "issu de l'accord de Libreville conclu le 11 janvier dernier", rappelle le président français, qui appelle aussi "les groupes armés à respecter les populations".

La sécurité des Français renforcée

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a également confirmé le départ du président centrafricain François Bozizé de Bangui, la capitale tombée aux mains des rebelles. "Alors que se confirme le départ de Bangui du président Bozizé, j'appelle toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue". Il a également renouvelé les "consignes de prudence" aux ressortissants français présents dans la capitale centrafricaine, les invitant à "rester chez eux". 

Outre la protection des ressortissants français et étrangers, les soldats français "sécurisent" aussi l'aéroport de Bangui, selon une source diplomatique. Les quelque 1 200 ressortissants français "ne sont ni menacés, ni ciblés, ni visés, la France n'étant pas jugée partie prenante dans cette affaire, favorisant tel ou tel camp", a précisé cette source."Il n'y a donc pas d'évacuation envisagée à ce stade", a-t-elle insisté.

Les rebelles contrôlent Bangui

Bangui, la capitale centrafricaine, est sous le contrôle de la coalition rebelle Séléka, ont affirmé dimanche à l'AFP une source militaire centrafricaine et une source au sein de la force multinationale d'Afrique centrale (Fomac). "Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont pris la ville", a déclaré un haut responsable militaire centrafricain, sous le couvert de l'anonymat, refusant par ailleurs de commenter la situation. "Les rebelles contrôlent la ville, même s'il y a encore quelques tirs à gauche et à droite", a estimé par ailleurs une source au sein de la Fomac déployée en Centrafrique. "Nous avons pris le palais présidentiel. Bozizé n'y était pas. Maintenant, nous allons nous rendre à la radio (nationale) pour que le président du Séléka (Michel Djotodia) prenne la parole", a déclaré un des chefs militaires des insurgés, le colonel Djouma Narkoyo. "Nous savions que Bozizé n'était pas là", a-t-il assuré. Le président au pouvoir depuis dix ans n'est plus apparu en public depuis une brève visite vendredi à son allié sud-africain Jacob Zuma, à Pretoria. 

Le Congo nie héberger Bozizé

Paris confirme le départ de Bangui du président Bozizé, alors que d'autres sources avaient déjà indiqué son départ, probablement vers la République du Congo. Toutefois, les autorités congolaises nient sa présence. "Le président Bozizé n'a pas demandé à venir en RDC, il n'y est pas arrivé, il n'est pas signalé", a affirmé à l'AFP M. Lambert Mendé, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Le responsable a précisé qu'il s'était entretenu avec le maire de Zongo. Le Congo-Brazzaville a aussi réfuté sa présence sur le territoire. "Ni moi ni le président de la République n'avons été informés de son arrivée sur le sol congolais", a affirmé en fin de matinée M. Ikouebe.

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Pillages de magasins

À Bangui, les rebelles sont "en train de (se) déployer dans l'ensemble de la capitale pour lancer les opérations de sécurisation et éviter les pillages", a affirmé un des porte-parole du Séléka, Éric Massi depuis Paris. Selon plusieurs témoins, de nombreux pillages de magasins, de restaurants, mais aussi de maisons de particuliers et de voitures se produisaient dans la matinée.

Dimanche matin, le colonel Narkoyo avait averti : "La journée d'aujourd'hui sera décisive. Nos hommes sont dans Bangui, on prend nos emplacements". L'assaut de la rébellion a commencé vers 7 h 30 (6 h 30 GMT). "Nos éléments ont lancé l'offensive en début de matinée passant le bouchon du PK10 (point kilométrique 10, à une dizaine de kilomètres du centre et du palais présidentiel) près de la base sud-africaine pour aller vers le centre-ville", a expliqué Éric Massi.

Les échanges de tirs ont été très intenses vers 8 heures (7 heures GMT), mais sont devenus plus sporadiques, a constaté un journaliste de l'AFP proche de la zone des affrontements dans le centre. Les rebelles avaient commencé à entrer dans la capitale samedi en fin d'après-midi après avoir repris les armes la veille.

Première offensive des rebelles en décembre 2012

La rébellion avait lancé une première offensive le 10 décembre dans le nord du pays et avait enchaîné victoire sur victoire face aux forces gouvernementales désorganisées avant d'arrêter sa progression sous la pression internationale à 75 kilomètres au nord de Bangui.

Gouvernement d'union nationale

Des accords de paix signés à Libreville le 11 janvier avaient débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale composé du camp Bozizé, de l'opposition et de la rébellion.
Mais arguant du non-respect des accords par le clan Bozizé, les rebelles ont déclenché une nouvelle fois les hostilités vendredi et déclaré vouloir mettre en place un gouvernement de transition s'ils prenaient Bangui.

"Tirs partout dans la ville"

Une femme qui s'était rendue dimanche à la messe de la cathédrale, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, a raconté : "On a entendu des tirs partout dans le centre-ville, et c'était la débandade. Tout le monde s'est mis à courir dans tous les sens. Je me suis cachée pas loin", a-t-elle dit. "On vient d'abattre quelqu'un. Je ne sais pas si c'était un militaire ou un civil, mais il essayait de fuir sur sa moto quand il a été tué", a poursuivi la témoin.

Dans la nuit, les rebelles avaient envoyé un communiqué dans lequel ils expriment leur "attachement à une dynamique inclusive pouvant présider à la conduite de la transition", excluant "toute entreprise de vengeance et d'exclusion".

Le président Bozizé réélu en 2011 après un scrutin très critiqué

Arrivé au pouvoir par les armes en 2003, le président Bozizé avait été élu président en 2005 et réélu en 2011 au terme d'un scrutin très critiqué par l'opposition qui avait crié à la "mascarade". "La Centrafrique vient d'ouvrir une nouvelle page de son histoire", concluaient les rebelles avant même la chute du palais présidentiel.

Guy-Simplice Kodégué, porte-parole d'une plate-forme politique rassemblant des partis d'opposition et des associations de la société civile à Paris, a estimé dimanche que "le plus dur commençait". "Nous avons un grand travail de reconstruction nationale à faire. Nous ne voulons pas de chasse aux sorcières. On a besoin de tout le monde".

Au début de l'année, lors de la prise de contrôle de la majorité de la Centrafrique par les rebelles, le président français François Hollande avait refusé son soutien au régime Bozizé. La France, ancienne puissance coloniale, a envoyé 250 hommes à Bangui pour sécuriser l'aéroport et assurer la sécurité des 1 250 Français de Centrafrique

AFP 

Autre Presse


Source: ABIDJANTV.NET

CENTRAFRIQUE - COUP D'ETAT: ENCORE LA FRANCE, CET ETAT GUERRIER!

 

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Centrafrique : le récit d’un ami qui me parle de son pays

 

« Salut Steve ! Tu sais que je suis un officiel centrafricain mais je préfère garder l’anonymat. Je sais que vous vous dites que Bozizé mérite certainement ce qui lui arrive et cela est vrai. Mais, ce ne sont pas les rebelles de la Seleka qui ont renversé le pouvoir. Ce sont plutôt les combattants tchadiens venus dans le cadre des accords signés à Libreville. Ils sont rentrés dans la capitale à 8h et Bozizé aurait été atteint lors des combats. L’ambassadeur de France a été le premier à arriver à l’hôtel Idjer Bangui (Hotel Ledjer Plaza Bangui, Ndlr) qui est la base du nouveau pouvoir. La France a offert notre pays à Idriss Deby (le président Tchadien) en contrepartie de son engagement au Mali. Celui qui doit prendre le pouvoir s’appelle Djotidja (Michel Djotodia, Ndlr) et était vice premier ministre chargé de la défense dans le gouvernement d’union suite aux accords de Libreville en janvier. Toutes les maisons et sociétés ont été pillées sauf celles des français. La déclaration de prise de pouvoir sera faite à 20h (j’ai reçu le sms hier à 17h Utc).

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Le premier ministre sortant devrait être reconduit. L’enjeu, c’est le partage du pétrole du bloc A découvert à la frontière avec le Tchad, convoité par les français et les tchadiens mais promis aux chinois par Bozizé. Les rebelles sont venus par la même route du nord que Bozizé il y a 10 ans aidé par la France et le Tchad. Les populations sont désabusées en regardant ces gens jouer avec leur avenir. La connexion internet est mauvaise mais je t’envoie 10 photos exclusives par mail (malheureusement, je n’en recevrai que 4 en définitive) ».

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Soldats français, en intelligence avec les putschistes

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Les rebelles au siège du nouveau pouvoir, à l'hotel Ledger Plaza Bangui

 

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Source: La page Facebook de Steve Beko

vendredi, 22 mars 2013

LES PROBLEMES POSES A L’AFRIQUE ET L’HUMANITE PAR LA CARNAVALISATION DE GBAGBO VIA LA PLOUTOCRATIE TOTALITAIRE OCCIDENTALE (PTO)


 

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Excellent article, engagé (c’est peu dire) et éveilleur de conscience, de l’illustre intellectuel camerounais Batouri Ngoffi. C’est exactement ce que nous attendons des intellectuels africains: être de vrais chevaliers de la liberté pour l’Afrique et non les piètres sous-fiffres de l’Occident travestis en panafricanistes qui s’offrent piteusement à nos regards médusés. Il faut absolument prendre le temps de le lire! Fernand Dindé.

 

Le Jeudi 28 février 2013 s’est clos, à La Haye aux Pays Bas, l’audience d’infirmation ou de confirmation de charges contre le Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO. Petite précision importante: quand je parle de la République de Côte d’Ivoire, il s’agit de cette Nation humaine, Insoumise et fière de défendre sa Liberté, sa Dignité et son Humanité bafouées, humiliées et violées par la Ploutocratie Totalitaire Occidentale (PTO) depuis le 19 septembre 2002.

J’ai suivi avec un très grand intérêt cette mise en scène anthropophagique où l’Inquisition représentée par la terminologie « le procureur » a montré l’imposture éthique et morale de l’organisation dont il est un valet. L’organisation en question n’est pas la CPI. Cette dernière, depuis le « procès » de Nuremberg, s’est révélée être, dans les faits et la réalité, un instrument de domination comme une arme à feu est l’instrument dont se sert toute crapule pour délester sa victime de tous ses biens. L’objectif de la violence envers autrui est le vol. Cette mise en scène pose des questionnements de type philosophique et politique qui ne peuvent manquer d’interpeller l’Intelligence et la Conscience universelle. Mon propos va donc porter sur une brève analyse de ceux-ci.

Mais avant de présenter ces questions philosophiques que je me propose d’analyser, permettez-moi de revenir sur la notion d’Inquisition utilisée pour qualifier la CPI.

Qu’est-ce que l’Inquisition? Existe-il une filiation entre l’inquisiteur et le « procureur » de la CPI?

La Cour de Prédation et d’Injustice que la propagande totalitaire vend comme une organisation au service du droit est en réalité une organisation criminogène. Elle est congénitalement incapable de dire et de garantir le droit et la justice internationaux, de même que l’Onu dont elle en est une émanation, n’a jamais milité pour et ne peut garantir (ce droit et cette justice internationaux, Ndlr). Qu’il soit clair: il n’existe pas à ce jour, une Institution de forge impérialiste qui défende et promeuve la Justice et le respect du Droit dans le monde. Tant que l’impérialisme existera, il ne peut y avoir droit et justice. L’ONU et tout ce qui est appelé institution internationale sont des promoteurs et défenseurs de l’ordre désordonné impérialiste. Il ne peut en être autrement car derrière toute création existe un objectif politique: dans le cas de l’ONU et de la CPI, l’objectif est de garantir un ordre injuste qui assurerait l’hégémonie politique, économique, culturelle, philosophique et sociale de la ploutocratie totalitaire occidentale sur les peuples.

Créée à partir de 1191, l’Inquisition, cette institution prescripteur de la « Vérité », a, connu plusieurs formes qui ont eu toutes en commun pour ambition de détruire physiquement toute source de production du sens qui avait le courage et la puissance mentale de démystifier le dogme. Dogme s’entend au sens de toute expression qui a le courage d’aller dans le sens contraire des intérêts des faibles du moment. Est faible, toute organisation, structure, entité ou État qui postule que son être au monde n’est possible qu’avec la souffrance des autres. Ses seules armes sont: mensonges, violence, agression et utilisation des armes de destruction massive (médias, cinéma, littérature, science, armes létales et non létales) pour imposer la misère et l’obscurantisme à ses nationaux et aux autres nations. On est donc dans l’erreur quand on utilise des superlatifs forts, puissants pour les qualifier.

Existe-t-il une filiation entre le procureur de la CPI et l’inquisiteur de l’Inquisition? Personne ne peut contester que la cabale inquisitoriale contre Laurent GBAGBO, Homme devenu Vérité et Dignité, n’est autre chose que la lutte entre Obscurantisme et la Vérité. Toute la procédure, jusqu’aux « débats » obéit point par point, aux différentes étapes de la procédure inquisitoriale. Avec la carnavalisation de GBAGBO, le monde entier s’est très vite rendu compte que la justice ploutocratique totalitaire occidentale est dans la diffamation, des supputations et non dans la présentation des faits. L’expression « affaire procureur contre Laurent GBAGBO » est en réalité le procès de la PTO représentée par la France colonialiste contre GBAGBO.

Quelle est la mission géostratégique de la CPI dans le monde? Quel est son rôle dans la carnavalisation orchestrée du président de la république de Côte d’Ivoire Laurent GBAGBO?

Je ne vais pas revenir sur une analyse détaillée de la mission géostratégique de cette organisation qui n’est que le bras armé de la PTO. La PTO veut faire croire aux crédules de bonne foi que c’est le président GBAGBO qui serait responsable des massacres que l’armée française et l’ONU commettent en Côte d’Ivoire depuis le 24 décembre 1999. Ce faisant, ces entités cannibalistes  veulent réécrire l’Histoire en cachant leurs crimes. Ici, on est dans l’inversion des valeurs. La victime devient le bourreau et le bourreau, la victime.

Ces petites précisions étant évacuées, passons à l’objet de notre réflexion.

Quels problèmes philosophiques, éthiques et politiques la carnavalisation de GBAGBO par la PTO met-elle en lumière? Cette carnavalisation pose le problème philosophique et éthique de la distorsion inversion des valeurs, de l’érection du vice en vertu.  Le problème philosophique du droit, du droit international et celui de la justice en tant qu’instrument d’humanisation. C’est aussi le problème philosophique du Mal et du Mensonge. Il met aussi en lumière la question de la liberté (lisible à travers la misère intellectuelle et psychologique des politiques et lettrés africains formatés par l’idéologie ploutocratique totalitaire). C’est, d’un point de vue philosophique,  pour le mouvement de libération de l’Afrique et pour tous ceux qui croient en l’humanité, le problème du procès de la morale immorale qui structure le libéralisme économique occidental.

Au point de vue politique, c’est la question du rôle social des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples et du rôle politique des médias autoproclamés africains qui se revendiquent de la Résistance à l’ordre totalitaire ploutocratique. C’est la question du rôle et de la mission politiques et philosophiques des lettrés africains. Se pose aussi la question de l’autodéfense intellectuelle que nous allons étudier à travers le langage que les médias et les Résistances africains utilisent dans la lutte contre le totalitarisme du marché. Pour finir, je présenterai les conclusions que l’Afrique doit tirer si elle veut sortir de l’exclusion où la PTO la maintient depuis plus de six siècles. 

A- Les occidentaux n’aiment pas le droit international

Dans une interview accordée au B.I. Infos n° 185 de mars 2013, le journaliste Jean-Loup Izambert, revenant sur le contenu de son dernier livre publié aux éditions 20 Cœurs, Crimes sans châtiment. «Les noires complicités de la France», où il cite le grand intellectuel camerounais Pougala, et qui dit des ploutocrates totalitaires occidentaux:

«Qu’ils déclenchent des conflits en bafouant la souveraineté des peuples, en piétinant la Charte des Nations unies, ses résolutions comme les conventions internationales. [Que] les guerres ouvertes contre la Libye puis contre la République arabe syrienne font suite à celles déjà enclenchées dans des conditions similaires contre l’Afghanistan, l’Irak, la République fédérative de Yougoslavie et plusieurs pays d’Afrique dont la Côte-d’Ivoire ou le Mali.

[Que] Elles (les guerres en question) témoignent de la volonté des dirigeants des mêmes pays occidentaux – USA, Angleterre et France en principal – de passer outre le droit international pour piller les richesses des peuples, contrôler les grands axes de communication qu’ils jalonnent et y installer des régimes militaro-financiers. [Qu’]Ils bénéficient dans ces nouvelles guerres coloniales du soutien peu flatteur des dictatures pétro-religieuses du golfe Persique et de l’intervention du Fonds monétaire international.

[Que] L’embargo contre la République islamique d’Iran afin d’empêcher son développement et d’y provoquer des troubles en est un autre exemple. [Que] Ces crimes sont prémédités, planifiés, discutés entre princes et sont le fait des mêmes États, tous membres de l’OTAN.»

Le slogan «les droits de l’homme» n’est en réalité qu’une imposture dont se servent les nazis occidentaux pour voler, piller et massacrer les peuples qui refusent de se laisser spolier. C’est qui a été observé depuis décembre 1993 en Côte d’Ivoire.

B- La CPI peut-elle être une instance de justice?

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Pour répondre à cette question, j’invite les uns et les autres à se poser la question de savoir pourquoi les plus grands criminels (Bush père et fils, Obama, Blair, Sarkozy, Hollande, Ban Ki moon, Netanyaou, Pinochet, Chirac, Cameron, Ocampo, Koffi Annan) n’ont jamais été inquiétés depuis la création de ce monstre. Moreno Ocampo (je recommande de lire le livre-enquête que lui a consacré Charles Onana), ex inquisiteur, n’a-t-il pas reconnu implicitement, lors d’une interview à la chaîne impérialiste qatarie «Al jazeera» que la Cpi était une organisation chargée de garantir l’hégémonie de la PTO?

Pour être plus précis, de quel problème philosophique et politique la Cpi serait-elle la solution? Il s’agirait, selon la propagande totalitaire, d’un dispositif chargé de défendre le droit international et de garantir la paix. Sauf que, le totalitarisme a une conception très curieuse du droit international qui se réduit à une licence d’exterminer donnée aux banques, assurances et autres cartels financiers et mafieux de s’accaparer ce que bon lui semble où il le veut et quand il le veut. Lorsqu’on regarde l’historiographie de cet instrument du maintien de l’ordre injuste, on est frappé de constater qu’il a toujours été le fait des faibles. Est faible toute organisation qui utilise tous les moyens pour empêcher son «adversaire» de se préparer pour lui faire face.   

Comme l’a dit le président GBAGBO, dans sa magistrale leçon sur la Vérité, la démocratie et le droit du 28 février devant la cour, «en suivant les débats», tous ceux qui ont une science de l’historiographie de l’occupation de la Côte d’Ivoire par la France se sont «trouvé tellement éloignés de la Côte d’ivoire». 

En écoutant l’égrainage du DCC (Document de Confirmation de Charges), on se pose la question de savoir de quoi doit se nourrir la Justice?

Tel est le sens de la question que GBAGBO posa à la conscience des «juges». Si on veut dire la Justice comme le prétend la Cpi, pourquoi, pas une seule fois, les faits n’ont été convoqués par la « procureure »pour assoir son narratif?

Pourquoi, ne serait-ce que «pour fluidifier son raisonnement», ni la «procureure», ni la «représentante légale des victimes», ni les «juges» n’ont posé de question  au président GBAGBO afin d’obtenir «des informations» qu’ils auraient pu vérifier par la suite? Par ce non respect du b a bas de toute procédure judiciaire, la Cpi a convaincu ceux qui croyaient encore naïvement à la propagande qu’elle n’est nullement une cour de justice; mais bien un instrument au service du Mal. Autrement dit, comment expliquer que pas qu’une seule fois, dans le DCC, il n’est été question de la seule question qui vaille et que le président GBAGBO a rappelé aux «juges»: qui a gagné les élections présidentielles de 2010 en République de Côte d’Ivoire? Comment la «justice moderne» peut-elle vouloir juger des conséquences sans se préoccuper des causes de celles-ci? Seule la recherche de la réponse à cette question aurait suffit à situer les responsabilités.

Non, on ne peut juger de quelque chose sans en connaître les causes. C’est comme si on demandait à un médecin de soigner une maladie en ignorant les causes de celle-ci. Juger signifie évaluer, émettre un jugement de valeur sur quelque chose. 

Sur la question de la légitimité du jugement, Me ALTIT a répondu clairement qu’un jugement n’est légitime que si on prend le réel dans son ensemble. Porter des jugements sur des parties inexistantes d’un puzzle, n’est nullement parler du puzzle ni même le juger. La partie inexistante ne peut rendre compte d’un ensemble ayant réellement existé. C’est à cette castration intellectuelle, à cette imposture éthique et psychologique que la PTO veut soumettre le monde. Comme on le voit, on est dans l’érection de l’Injustice en justice. C’est la raison pour laquelle je l’appelle Cour ploutocratique de l’Injustice.

Dans sa lutte contre la Résistance [dont GBAGBO, est une figure de proue] la PTO, à travers son instrument la CPI, promeut l’Injustice en luttant de toute sa violence et sa férocité contre la Justice.

C- La CPI ou la caution morale du totalitarisme?

Que donne à voir l’expression «affaire procureur contre Laurent GBAGBO»? En suivant au jour le jour l’audience qui a commencé depuis le 19 février 2013, on se rend compte qu’au-delà de la question de la Justice, se pose la question philosophique du Mal.

Le monde entier a pu constater que l’acte d’accusation était un tissu de mensonges que la défense a pulvérisé dans les règles de l’art. Mentir est intentionnel. Quand on ment, déforme les faits, raconte une histoire qui n’a rien à voir avec le réel ou les faits, on ne fait pas autre chose que banaliser le Mal.

N’en déplaise aux afrocollabos (individus qui, en se revendiquant de l’Afrique, travaillent pour son aliénation par le PTO), en Côte d’Ivoire, il y a, d’un côté le camp du Bien qui est le peuple de Côte d’ivoire que représente GBAGBO et le Mal qui est la France (et le cercle des cannibales), l’Onu et ses démembrements que représente le Burkinabé Dramane.

Dans une précédente réflexion, j’avais qualifié ce figurant de Pétain. En vérité, n’étant pas ivoirien, on ne peut que se risquer de le qualifier d’Alberto Fijumori (Japonais que la PTO plaça à la tête du Pérou et qui lorsqu’il commit des massacres et fut poursuivit par la justice péruvienne, il alla se réfugier chez lui au Japon).

Cette scène de cannibalisme qui se joue depuis novembre 2011 pose la question de la légitimité philosophique et politique du colonialisme que la propagande appelle «droit d’ingérence». 

Au nom de quel principe, de quelle valeur, des entités qui massacrent, mutilent, violent, font des domicides ou génocides depuis des siècles se donnent-elles la liberté d’aller massacrer dans un pays souverain comme la Côte d’ivoire, la Libye, l’Iraq, la Syrie, le Mali?

Le «droit d’ingérence humanitaire» n’est pas autre chose que le totalitarisme. Le totalitarisme n’est pas ce qu’on a voulu faire dire à la philosophe Hannah Arendt. C’est une organisation de la vie humaine reposant sur la pensée unique et un système d’aliénation et d’embrigadement des peuples et des consciences. La pensée unique ici est la thèse selon «tu dois suivre une seule voie qui est la mienne et à condition que ce soit toujours moi qui te domine». Voilà ce que je nomme la pensée unique. Le totalitarisme se veut intemporel, ahistorique et trans-humain.

C’est parce que GBAGBO est nationaliste et fondamentalement humain que la PTO veut le briser. En réalité, c’est la lutte Etat-nation contre ce que le philosophe Herbert Marcuse appelait le «capitalisme des monopoles», du pillage et des massacres qui se joue dans la déportation du président ivoirien. On comprend, au regard de tout ce qui précède que la Cpi n’est que la caution morale du totalitarisme.   

D- le mensonge est-il consubstantiel au totalitarisme à la CPI?

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Le président GBAGBO posait aux juges la question de savoir «pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés?» Et il renchérissait en demandant à ses bourreaux de ne pas lui attribuer des parents qu’il n’a pas. Cette remarque fut la preuve qu’il est conscient que c’est l’inconscient africanophobe des euro-américains composants la «cour» qui structure ce cannibalisme dont il est le «trophée» provisoire.

L’observation la plus importante qu’il fit était le constat que si la «cour» avait voulu vraiment dire le droit et la justice, elle aurait, ne serait-ce que «pour fluidifier le raisonnement», fait appel à lui pour avoir des «informations» qu’elle pourrait vérifier par la suite.

La prestidigitation de l’inquisiteur et de l’Inquisition a confirmé tout ce que l’Afrique pense de cette organisation. D’ailleurs, mise à mal, la potiche Bensouda a fui en rase campagne.

Ainsi, le raisonnement est simple. Au-delà de la carnavalisation du président GBAGBO par la PTO, la vraie question philosophique que soulève l’existence de la Cpi ou des autres  «tribunaux internationaux» qui l’ont précédée est celle de sa légitimité. Qui crée ces structurent et les finance? Toute organisation est au service exclusif de son créateur-financeur. L’être même de la Cpi est mensonge et imposture. Crime et justice sont incompatibles.  Le mensonge ne peut se nourrir que du mensonge. La Cpi étant mensonge, ce dernier ne peut que lui être consubstantiel.

E- Le larbin vit-il? 

Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire par la France colonialiste, j’ai découvert comment et pourquoi des individus étaient des individus et non des hommes. 

J’ai vu et lu des individus qui chantaient et se présentaient comme des militants anticolonialistes et qui postulaient à qui voulait les entendre qu’en toute circonstance, il faut se référer à la raison. Je les ai vus proclamer qu’il faut enterrer la françafrique, ils ont vilipendé et honni de bouche l’impérialisme. Mais ils ont accouru pour soutenir le colonialisme en Côte d’Ivoire. Ce faisant, ils ont nié leur profession de foi publique. Des contempteurs occidentaux des gouvernants africains se sont retrouvés alliés à eux quand il fallait justifier les positions sociale et économique qu’ils occupent. Ils ont renoncé à penser pour aller dans le sens du vent de l’impérialisme, ont renié leurs parents pour satisfaire les dessous de la ceinture. Ils ont appelé et justifié les massacres d’hommes et de femmes pour un verre de bière.

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Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire, la France livre à la vindicte populaire africaine tous ses agents africains. Elle a permis aux jeunes générations africaines de voir quel est le rôle exact des lettrés africains qui travaillent pour elle et contre l’Afrique. Au Cameroun, nous avons vu à quoi servent Achille Mbembè, Shanda Tomnè (Ce dernier essaie de faire oublier qu’il a participé au «coup d’état» contre GBAGBO et à l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire) et autres organes de presse tels que Voxafrica et son larbin de service Jules Ndomché, au Bénin, on a vu a quoi sert Hountondji, au Congo Brazza, on eu Mabanckou, de l’autre côté de Kinshasa, on a vu Elykia Mbokolo, au Sénégal, on a vu Boubakar Boris Diop et tous les autres que je ne vais pas citer ici. J’ai voulu savoir ce que tout ce monde avait en commun. Toute leur propagande est faite par la France. Autrement dit, ils doivent tout à la France.   

F- La morale immorale du totalitarisme ploutocratique

La morale peut-elle être immorale? Voilà la question que m’a posée ma fille quand elle m’a entendu utiliser le concept de morale immorale. De quoi s’agit-il en réalité? Comment une morale peut-elle être immorale? La PTO a-t-elle une morale? Quelle est sa nature?

La morale est un ensemble de règles, de façons de faire et d’être dans une société et qui a pour but ultime de permettre à l’individu de s’humaniser; c’est-à-dire de devenir Homme. On ne naît pas Homme; on le devient.

Une morale peut-elle être immorale? Une morale immorale, c’est exactement toute la manière d’être au monde de la ploutocratie totalitaire occidentale. Une morale immorale est ce qu’on peut appeler une imposture. C’est-à-dire le fait de professer en public quelque chose et de faire son opposé dans la vie avec les autres. C’est désigner les opprimés par le terme de terroristes alors que  soi-même on pratique le terrorisme. Oui, la ploutocratie totalitaire a une morale qui est immorale.

G- Rôle politique et mission sociale des médias

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Quels sont le rôle politique et la mission sociale des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples?

La fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, écrit par les grands intellectuels Noam Chomsky et Edward Herman en 1988 situe sur le rôle et la mission sociale des médias dans une société où il n’est plus facile d’utiliser la violence physique pour se faire obéir: fabriquer le consentement.

Il ressort de cette étude qu’il y a ce que dénonce Pougala: contrôle et rétention des informations qui, si elles étaient connues du grand public, les choses ne passeraient pas comme cela se passe actuellement. Pour réussir son coup d’État et l’occupation de la Côte d’Ivoire, les médias français, tous détenus par les hommes qui s’enrichissent avec l’argent public français avaient engagé contre la Côte d’Ivoire et le président GBAGBO, une campagne de dénigrement et de délégitimation afin de donner comme une sorte de caution morale à une action nazie et de la pire immoralité: massacrer des Ivoiriens pour voler et continuer le pillage du pays.

Quel est le rôle politique des médias nationalistes dans la lutte contre l’impérialisme? Voilà la petite question que j’ai posée aux hommes et femmes des médias qui se revendiquent de l’Afrique? Je continue de poser la même question: en tant qu’Africain qui dit travailler pour l’Afrique et les Africains et non contre l’Afrique et les Africains, quels est son rôle politique et sa mission dans la lutte contre le système qui ensanglante le continent depuis plus de six siècles? Qu’est-ce que lutter contre l’impérialisme? Peut-on lutter contre un système complexe en utilisant sans critique toutes les catégories terminologiques utilisé par le système pour assoire sa domination culturelle?

En clair, peut-on utiliser le vocabulaire de l’obscurantisme pour le combattre? La guerre idéologique et linguistique précède la guerre militaire. Tant que les médias africains ne prendront pas ce problème à bras le corps, leur combat est vain. Aujourd’hui, quand on parcourt les médias africains qui se réclament de  la Résistance, on est stupéfait du manque de distance de ceux-ci, par rapport au vocabulaire idéologique de la France. Aucun travail n’est effectué sur les concepts qui sont repris de façon naïve.

H- Les lettrés africains et l’Afrique

Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés sous domination coloniale? Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés prétendues «libres et ouvertes» comme les chiens de garde occidentaux aiment désigner la société dans laquelle ils vivent?

Est-il légitime de parler de morale quand on défend les crimes monstrueux que son gouvernement commet sur d’autres peuples?

La responsabilité d'un lettré est  de s'efforcer de révéler la vérité sur des sujets humainement significatifs à un public capable de s'en saisir.

Sur la première question, je vous renvoie à un précédent article que j’avais commis sur le sujet.

La quasi-totalité des lettrés africains sont des larbins. Qu’est-ce qu’un larbin? C’est un individu malade psychologique et qui prend systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Cette pathologie diminue ses capacités d’analyse et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.  Le larbin africain prend systématiquement la défense des impérialistes contre l’Afrique. Quand il parle de l’Afrique, c’est pour la dénigrer et appeler à sa colonisation. Quand vous entrez chez lui, il parle la langue héritée de ses parents avec sa femme et parle une des langues occidentales à ses enfants.

Quelles conclusions pour l’afrique?

Tant que nous n’étudierons pas les moyens et les outils utilisés pour nous asservir, la PTO s’en donnera à cœur joie.

La jeunesse africaine doit faire terriblement attention à tous ces lettrés africains encensés par les Occidentaux.

Tant que les journalistes se revendiquant de l’Afrique ne prendront pas à bras le corps la question des mots idéologiques de l’impérialisme qu’ils reprennent à leur compte, ils perdureront l’asservissement de l’Afrique.

La jeunesse africaine restée sur le continent doit se méfier des Africains partis étudier en Occident. Ils sont très souvent des agents d’influence de la domination occidentale sur le continent. Il ne faut développer aucun complexe vis-à-vis d’eux. Ce sont des larbins qui s’ignorent parfois. Les études en Occident ont pour but géostratégique de fabriquer des larbins et laquais qui devront continuer à perpétuer la domination de la ploutocratie totalitaire occidentale sur l’Afrique. Plus de 90% d’auteurs occidentaux sont des agents au service d’un ordre injuste et tous ceux qui les lisent devront douter de façon systématique de tous ce qu’ils lisent et entendent. Cette méfiance devra être aussi de rigueur avec les afrocollabos qui sont très nombreux.

 

Le 16 mars 2013, Batouri Ngoffi

Ancien vendeur d’arachide au marché New Déido à Douala

Bangoffi05@gmail.com

 

Source: CAMEROON VOICE

samedi, 02 mars 2013

8EME ET DERNIER JOUR DE L'AUDIENCE - LAURENT GBAGBO: «MADAME LA JUGE, JE SUIS ICI PARCE QUE J'AI RESPECTE LA CONSTITUTION DE MON PAYS»



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Session 1 : Le procureur s’embrouille et bâcle son oral final. 

« Les charges qui sont alléguées ici ne sont pas portées contre le peuple de Côte d’ivoire, ni un groupe religieux ou ethnique, elles sont portées essentiellement contre un seul individu, M. Laurent Gbagbo…La Chambre a déjà le document contenant les charges et leur commentaire durant cette audience. Il lui appartient de décider si oui ou non elle peut renvoyer M. Gbagbo au procès » a introduit le substitut de Bensouda, Mac Donald avant de répondre à la défense sur quelques détails invoqués. Pour le procureur la vidéo de la défense montrant Soro Guillaume donner des instructions aux FRCI à la veille de la marche sur la RTI , n’est pas complète. Le procureur présentera le début de la vidéo où le journaliste de la RTI dans son reportage parle d’une collusion entre les forces Onusiennes et les forces pro-Ouattara.

 
«RTI envoie des messages de haines afin que les jeunes patriotes s’en prennent aux forces onusiennes», soutient le procureur avant de montrer une autre vidéo dans laquelle des jeunes patriotes revendiquent le départ des forces étrangères et se disent prêts à mourir pour protéger leur patrie. «Voilà l’esprit dans lequel les jeunes patriotes étaient avant la crise», tente de prouver le procureur, alors qu’il s’agit bien de la défense de la nation face à des envahisseurs. Quoi de plus normal. 

Le procureur dira que l’auteur du livre « La guerre d’Abobo : le commando invisible raconte la bataille d’Abobo » est un pro-Gbagbo parce que journaliste au quotidien « Le temps ». 
 
« L’accusation ne nie pas l’existence du commando invisible et ses tueries, néanmoins, l’accusation soutient que les forces pro-Gbagbo ont aussi massacré à Abobo » soutient toujours le procureur. Avant de reconnaître que certains de ses propres témoins en l’occurrence les témoins « P.9/11/46 » pour avoir fait allégeance à M. Gbagbo à un moment donné, craignent pour leur vie d’où leurs déclarations contradictoires. 

A sa suit vint Galmetzer du bureau du procureur qui répondra à la défense sur le mode de responsabilité pénale individuelle du président Gbagbo. Pour le procureur, l’existence d’un plan commun existe parce que convaincu que le président Gbagbo a acheté des armes. Aussi pour répondre à la juge Christine van Wyngaert qui demandait au procureur le 22 février dernier de lui fournir l’organigramme du plan, le procureur montrera une diapo dans laquelle les deux têtes d’affiches étaient Gbagbo et Simone. Le deuxième palier est occupé par le seul Blé Goudé et le troisième palier du bas par certainement les jeunes patriotes, miliciens et mercenaires. 

Dans la chaîne de commandement des FDS, on retrouvera encore le même Blé Goudé. Et depuis le début de leur présentation, les substituts de Bensouda qui ont affiché un air serein, vont s’embrouiller au moment de conclure : 
 
« …Que Gbagbo ait gagné les élections ou pas, il faut retenir que les officiers supérieurs et les forces pro-Gbagbo continuaient à lui obéir au titre de la loi ivoirienne » a affirmé le procureur avant de demander à la Chambre de confirmer toutes les charges en vertu de l’article 25.3 (a) et (d), mais également en vertu de l’article 28. 

Session 2: L’avocate des victimes se transforme en l’avocate du procureur 

A la deuxième session de cette fin d’audience de confirmation des charges, c’est avec regret que le monde entier apprendra que l’avocate des victimes donc de toutes les victimes sans distinction de camp (pro-Gbagbo et pro-Ouattra), s’est fourvoyée en attaquant que les preuves à décharges de la défense. Durant ses 30 mn de discours de clôture, l’avocate des victimes n’a cessé d’interpeller la défense si elle ne reprend pas en soutien la thèse de l’accusation. « On a entendu que les FDS étaient courtoises et ont toujours protégé la population..Les victimes que je représente demandent à la chambre de ne pas les rabaisser » a-t-elle fait remarquer avant de conclure : « Les éléments de preuves présentés par l’accusation montrent qu’il y a des motifs substantiels de croire que M.Gbagbo était le responsable des crimes qui lui sont reprochés.. 

La description des 4 évènements faite par les victimes corrobore avec les éléments de preuves brandis par l’accusation ». Autant d’allégations supplémentaires qui feront douter la défense de la sincérité du bureau des représentants des victimes : « Pourquoi l’avocate des victimes se comporte en procureur bis ? » Et à Me Altit de revenir une fois encore sur les allégations du procureur. Pour lui, les piliers de la thèse du procureur sont fragiles, car soutient-il, le procureur en ignorant l’existence de troubles en Côte d’ivoire avant les élections de novembre 2010 et en affirmant que le président Gbagbo n’allait pas accepter les résultats de ces élections et enfin en alléguant que le président Gbagbo et ses partisans ont mis en place un plan commun, relève d’une manipulation des faits. 

« N’est-ce pas Ouattara qui voulait à tout prix se saisir du pouvoir au vue des troubles qui ont eu lieu dans le Nord lors des élections présidentielles ? Troubles dénoncées par tous les observateurs internationaux ? N’est-ce les forces étrangères, soutiens de Ouattara qui l’ont aidé à se saisir du pouvoir » a interrogé l’avocat français de Gbagbo avant de conclure : « Pourquoi lui qui a été à la base du multipartisme, et donc de la démocratie en Côte d’Ivoire devrait subitement changer d’attitude ? N’est-ce pas lui qui a organisé les élections bien que les rebelles n’aient pas déposé les armes ? N’est-ce pas lui qui a nommé Soro comme premier ministre ? Pourquoi l’a-t-il fait s’il voulait se maintenir au pouvoir ? » 

Session 3: Gbagbo: «Je suis là parce que j’ai respecté la Constitution de mon pays» 

A terme des 30 heures de cette audience de confirmation des charges, une seule chose à retenir : Le plaidoyer du président Laurent Gbagbo et son message aux états africains pour ne pas dire à ses pairs chefs d’état africain. « J’ai suivi ces débats, j’ai entendu certaines choses. Certaines fois je me suis retrouvé en Côte d’ivoire, mais d’autres fois je m’en suis éloigné. Je me suis dit pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés. Quand j’entends que j’ai signé un décret en temps de guerre, si le bureau du procureur ou le bureau des représentants des victimes m’avaient demandé, j’aurais pu vous aider à comprendre certaines choses. Le décret dont vous parlez a été promulgué depuis 1961 qui dit qu’en temps de guerre, le président de la république peut signer un décret pour que l’armée aide les forces de l’ordre, mais cela c’est encore au bon vouloir du Chef d’état major…Voici des petites choses que j’aurai pu vous expliquer que d’alourdir l’atmosphère comme cela s’est passé durant toute cette audience… 

Aussi, Kadet Bertin n’est pas mon neveu… Mais je crois que la chute du Mur de Berlin nous a aidés à gagner la démocratie » a-t-il introduit avant de répondre à Bensouda : « J’ai été choqué lorsque madame la procureure a dit qu’on était pas là pour savoir qui a gagné les élections…Mais je crois que c’est celui qui a perdu les élections qui veut semer le trouble ? C’est bien cela le fond du problème… » a-t-il poursuivi avant de conclure : « Je suis un homme de droit. J’ai écris beaucoup de livres sur la démocratie. J’ai tout fait. On a tout fait pour que la discussion avance. C’est à Prétoria en 2005 que j’ai demandé à Thabo Mbeki de tout faire pour qu’on trouve une solution. C’était bien Ouattara qui faisait la traduction entre moi et Mbéki. C’est encore moi qui ai pris l’article 48 de la Constitution pour faire de Ouattara et Bédié des candidats…Madame, la Démocratie nous aide. Mais la démocratie n’est pas seulement le vote, c’est qui dit le vote, les résultats des votes…. 

Madame, je suis ici parce que j’ai respecté la constitution de mon pays…A tous les africains qui se mobilisent pour moi à travers le monde, je leur dit, le salut des états africains passe par le respect des constitutions que nous nous sommes données et des lois qui en découlent » a parlé le président Laurent Gbagbo. 

Rappelons qu’avant lui, Me Barouan est quant à elle revenu sur ce qu’elle aurait vécu en Côte d’ivoire au moment de la crise : «J’habite le quartier entre Samaké et le zoo. Vous devez savoir de quoi je parle. J’ai vécu, j’ai vu la guerre. J’ai pas eu besoin de vidéo pour décrire les atrocités commises par les forces rebelles sur la population civile en Côte d’Ivoire..Alors, madame l’avocate des victimes, il ne faut pas faire de la question des victimes un match de coup devis encore moins un championnat de Ping Pong». 
 
Notons enfin, que le bureau des représentants des victimes et du procureur ont jusqu’au 14 mars 2013 pour rendre leurs observations écrites sur cette audience. La défense ne rendra sa copie que le 28 mars 2013. Et c’est à partir de cette dernière date que la chambre préliminaire rendra son verdict 60 jours à compter du 28 mars 2013. 


De Philippe Kouhon et Tidiane Houla/Envoyés spéciaux à la Haye (Eventnews Tv)
 
 
Source: AFRIK53.COM

jeudi, 28 février 2013

DISCOURS INTEGRAL DE GBAGBO A LA CPI: «QUI A GAGNE LES ELECTIONS?»


LAURENT GBAGBO.jpg

Un grand homme d'Etat, un grand et digne fils d'Afrique a parlé. Un véritable cours magistral de démocratie à l'innommable Alassane Dramane Ouattara, à l'Afrique et au monde, surtout à la communauté internationale qui ne voulait voir en ce démocrate de haut vol qu'un vulgaire dictateur sans référence et sans grade. Laurent Gbagbo leur a prouvé le contraire et a volé au-dessus de la mêlée grouillante des complots internationaux et de la bassesse humaine. Appréciez! Si c'est le droit qui est dit à la CPI, Laurent Gbagbo sera bientôt de retour sur les bords de la Lagune Ebrié. Courage, digne fils d'Eburnie, on ira jusqu'au bout! Fernand Dindé.


Madame la Présidente,

Madame et Messieurs les Juges ;

 

J’ai suivi ces débats. J’ai entendu beaucoup de choses. Certaines fois, je me suis retrouvé en Côte d’Ivoire, mais d’autres fois, je m’en suis trouvé tellement éloigné, tellement les questions qu’on posait étaient loin de ce que nous avons vécu.  Et je me suis dit, pourquoi dans la justice moderne, y a-t-il des camps retranchés? Parce que sur beaucoup de questions, aussi bien l’accusation que la représentante des victimes que vous-mêmes, vous auriez pu m’appeler. J’aurais pu donner des informations, ne serait-ce que des informations que vous auriez pu vérifier après. Mais pour fluidifier le raisonnement. J’aurais pu dire beaucoup de chose, sur des petites questions. Par exemple, quand on dit "il a signé un papier pour déployer l’armée". JAMAIS!

J’ai signé un Décret pour que toutes les FDS (Forces de Défense et de Sécurité, ndr) soient mobilisées. Mais c’est une pratique qui date de 1961, qui date de l’époque où l’armée a été créée. Le Chef de l’Etat peut, en cas de troubles, signe un Décret. Parce que la Police, c’est la Police, ensuite il y a la gendarmerie, mais si ces deux forces sont totalement submergées, elles peuvent appeler l’armée en renfort. Et donc, pour ça, le Président de la République signe un décret qu’il donne aux différents chefs. C’est à eux d’utiliser l’armée ou de ne pas l’utiliser. Et ça dépend de ce qu’ils pensent de la situation. Donc, c’est des choses pratiques et petites, qu’on aurait pu expliquer.

Quand le Chef des FDS est venu me dire "Ah la situation à Abobo, il y a les soldats d’IB, je pense que c’est eux les commandos invisibles. Donc, on ne sait pas comment ça va aller".

Je dis : "Qu’est-ce qu’on fait ?"

Il dit : "Signez toujours un décret et puis on va garder ça. Et si on n’en a pas besoin, on n’en a pas besoin ! Mais si on en a besoin…".Donc, il y a plein de chose comme ça.

Et puis, il ne faut pas me donner des parents que je n’ai pas. Je crois qu’on veut faire comme souvent en Afrique. Et En Europe, vous dites, les africains, c’est comme ça ils gouvernent. Je ne gouverne pas avec ma famille. Moi, je suis un Chef de l’Etat, Président de la République. Ma femme, elle est députée et Kadet n’est pas mon neveu. Le mot neveu est un mot français. J’ai des neveux ici qui sont dans cette salle. Mais Kadet n’est pas mon neveu. Il a été Ministre de la défense, Ministre délégué à la défense. Il était mon conseiller. Je ne gouverne pas avec ma famille. Peut-être que ça se fait comme ça en Afrique. Mais pas en Côte d’Ivoire, au temps de Gbagbo. C’est-à-dire, il y a des petites choses comme ça qu’on aurait pu éviter. Ça a alourdi pour rien l’atmosphère. Et ça nous empêche d’aller immédiatement au fond du problème.

Madame la Présidente, toute ma vie, et ça, ça se sait non seulement en Côte d’Ivoire, mais dans toute l’Afrique et dans toute la France politique. J’ai lutté pour la démocratie. J’ai demandé à mes avocats la semaine dernière, je leur ai dit que je veux vous envoyer tous mes livres que j’ai écrits sur mon parcours. Ils ont dit, c’est trop tard pour introduire ces livres-là. Mais, quand on aura fini, quelque soit le résultat, quelque soit ce que vous décidez, j’enverrai un lot des livres de Gbagbo au bureau du procureur et je vous enverrai un lot des livres de Gbagbo. Parce qu’en fait, c’est ça l’homme. Il marche, il marche. Mais il laisse des traces sur le chemin qu’il parcourt. Comme ça on peut le retrouver.

J’ai lutté pour la démocratie. Et c’était au moment où nous ne savions même pas si le mûr de Berlin allait s’écrouler. Nous ne savions pas ça. Donc on luttait avec un courage. Mais on était convaincu que nous mêmes, on n’allait pas voir la démocratie triompher. Mais le mûr de Berlin c’est écroulé et nous a aidés à gagner la victoire du multipartisme et de la démocratie.

C’est pourquoi, je voudrais simplement dire et je ne vais pas aller plus loin. Je voudrais simplement dire que madame la Procureure, puisse que ça existe maintenant en français, on met un "e" à la fin. (Rire)! Madame la procureure a dit une phrase qui m’a un peu choqué. En disant que : "nous ne sommes pas là pour voir qui a gagné les élections et qui ne les a pas gagnées". Mais on ne peut pas débattre de la crise postélectorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées. Qui a gagné les élections ? Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé des troubles. Je crois que c’est ça la logique. Donc la question est là. Qui a gagné les élections ? Et donc quand je demandais qu’on recompte les voix. Ce n’était pas une phrase en l’air. Vous avez vu vous-mêmes les documents dont dispose l’accusation et sur lesquels les voix des électeurs sont répertoriées. On a vu que dans la seule ville de Bouaké, on a ajouté 100.000 voix à mon adversaire. Donc Madame, c’est ça le fond de la question. C’est ça le fond de la question.

On nous a attaqués en 2002, j’ai fait mon travail. C’est-à-dire que je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre. Je n’ai jamais cru ça. J’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion. Même si je sais qu’ils ont tord. Mais, pour s’en sortir, j’ai toujours cru en la discussion. Alors, j’ai parcouru toute l’Afrique. On a fait les négociations de Lomé. Ils ont fait les négociations de Marcoussis et de Kléber. Mais ça, je laisse ça de côté. Nous avons fait les négociations d’Accra I, Accra II, Accra III, sous la Présidence de John Koufor. Nous avons fait les négociations, à partir de juin 2005, de Prétoria I et de Prétoria II sous la Présidence de Tabo Mbéki. Nous avons tout fait. Nous avons tout fait pour que la discussion avance. C’est à Prétoria, C’est à Prétoria que j’ai demandé à Tabo Mbéki de m’aider à trouver une solution légale pour qu’Allassane soit candidat. Parce que ça empoisonne la situation. C’est à Prétoria, en 2005. Nous nous sommes retrouvés. Tabo Mbéki, Konan Bédié, Ouattara et moi-même. J’ai demandé à Ouattara de faire la traduction entre Tabo Mbéki et moi.  C’est là que je leur ai dit que ça ne me gênait pas que Ouattara soit candidat. Mais comme mon électorat aussi est là, il faut que Tabo MBéki nous écrivent à nous tous à Abidjan pour qu’après je puisse prendre une décision. Je n’aime pas l’article 48 de la constitution. C’est comme l’article 16 de la constitution française. Ça donne énormément de pouvoir. Mais ce jour-là, j’ai pris l’article 48 de la constitution et j’ai permis à Ouattara et à Konan Bédié d’être candidats. Donc madame, voilà ce que je voulais vous dire.

Nos pays, nos Etats, et ce sera mon dernier point, sont fragiles. Et chaque fois qu’un chef d’Etat européen ou occidental me disait faites la démocratie en Afrique, je lui disais, nous avons besoin de la démocratie, non pas parce que vous, vous le dites, mais parce que nous-mêmes nous en avons effectivement besoin pour construire nos Etats.

Madame, regardez la Côte d’Ivoire ! Si nous l’employons pas la démocratie, nous allons choisir comment le chef de l’Etat. Il y à l’Est, adossé à la frontière ghanéenne, le Akans qui ont un mode à eux pour choisir leur chef de village ou de canton ou leur roi. Nous avons à l’ouest, un pouvoir éparpillé. Nous avons, au nord, les malinkés islamisés qui se regroupent autour des mosquées. Et à côté d’eux les Senoufos qui se retrouvent dans les bois sacrés. Quel mode électoral allons-nous prendre? Donc la démocratie nous aide, parce qu’elle fait taboula rasa sur tout ça et elle donne à chaque individu considéré comme citoyen, une voix. C’est pourquoi, je me suis engagé dans la lutte pour la démocratie. Et puis nous, qui venons de famille très modeste, s’il n’y a pas la démocratie, jamais on aurait de poste élevé. Moi, les gens avec qui j’ai été à l’école, quand j’ai été élu Président, ils n’étaient pas étonnés parce qu’ils savaient mon engagement. Mais ils sont venus me saluer et saluer mon courage. Parce que je n’étais pas le plus aidé, je n’étais pas le plus intelligent, je n’étais pas le plus riche. Donc, nous avons besoin de la démocratie, Madame.  Mais la démocratie, ce n’est pas seulement le vote. C’est qui dit le vote. Qui dit le résultat de vote, c’est ça aussi la démocratie. Quand on s’en va prendre une nuit le Président du groupement électoral, qu’on l’amène dans le QG électoral d’un candidat, qu’on invite une télévision étrangère pour lui dire de parler et on le filme et on diffuse ça dès le lendemain matin, ce n’est pas très démocratique ça. Ce n’est pas la démocratie. La démocratie, c’est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit qui est la constitution. Qui ne respecte pas la constitution, n’est pas démocrate. Madame, c’est parce que j’ai respecté ma constitution qu’on veut m’amener ici. Alors, bon. Je suis là, mais, je compte sur vous. Je compte sur vous, parce que je souhaite que tous les africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici, devant la Cour, devant la prison, dans leur pays entrain de manifester entrain de marcher. Tous ces africains, qu’ils comprennent que le salut pour les Etats africains, c’est le respect des constitutions que nous nous donnons, et des lois qui en découlent.

Je vous remercie, Madame.

 

Une transcription d'Alain Doh Bi


Vidéo intégrale de l'intervention du Président Laurent Gbagbo



Source: Le blog d'Alain Doh Bi

mercredi, 27 février 2013

LETTRE D'HUGO CHAVEZ A L'AFRIQUE

 

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Caracas, 22 février 2013.


Lettre du Président Hugo Chavez aux participants du IIIème Sommet Afrique-Amérique latine et Caraïbes (Guinée Équatoriale, février 2013)


Frères et sœurs,

 Recevez mon plus fervent salut bolivarien, unitaire et solidaire, avec toute ma joie et de toute mon espérance dans le déroulement de ce III° Sommet si attendu des Chefs d’État et de Gouvernement d’Amérique du Sud et d’Afrique.

 Je regrette vraiment, du plus profond de mon être de ne pouvoir être présent physiquement parmi vous pour vous réitérer, par une sincère accolade, mon irrévocable engagement en faveur de l’unité de nos Peuples. Je suis présent, cependant, dans la personne du Chancelier de la République Bolivarienne du Venezuela, le camarade Elias Jaua Milano, à qui j’ai demandé de vous transmettre la plus vive expression de mon amour pour ces continents qui sont plus que frères, unis par de solides liens historiques et destinés à avancer ensemble vers leur rédemption pleine et absolue.

 Je le dis du plus profond de ma conscience : l’Amérique du Sud et l’Afrique sont un même peuple. On réussit seulement à comprendre la profondeur de la réalité sociale et politique de notre continent dans les entrailles de l’immense territoire africain où, j’en suis sûr, l’humanité a pris naissance. De lui proviennent les codes et les éléments qui composent le syncrétisme culturel, musical et religieux de notre Amérique, créant une unité non seulement raciale entre nos peuples mais aussi spirituelle.

 De la même manière, les empires du passé, coupables de l’enfermement et de l’assassinat de millions de filles et de fils de l’Afrique mère dans le but d’alimenter un système d’exploitation esclavagiste dans leurs colonies semèrent dans Notre Amérique le sang africain guerrier et combatif qui brûlait du feu que produit le désir de liberté. Cette semence a germé et notre terre a enfanté des hommes aussi grands que Toussaint Louverture, Alexandre Pétion, José Léonardo Chirino, Pedro Camejo parmi beaucoup d’autres, avec pour résultat, il y a plus de 200 ans, le début d’un processus indépendantiste, unioniste, anti-impérialiste et reconstructeur en Amérique Latine et caribéenne.

 Ensuite, au XX° siècle, vinrent les luttes de l’Afrique pour la liberté, ses indépendances, contre ses nouvelles menaces néo-coloniales, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral pour n’en citer que quelques-uns. Ceux qui, dans le passé nous ont conquis, aveuglés par leur soif de pouvoir, ne comprirent pas que le colonialisme barbare qu’ils nous imposaient deviendraient l’élément fondateur de nos premières indépendances. Ainsi, l’Amérique Latine et les Caraïbes partagent avec l’ Afrique un passé d’oppression et d’esclavage. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes fils de nos libérateurs et de leurs hauts faits , nous pouvons dire, nous devons dire avec force et conviction, que nous unit aussi un présent de lutte indispensables pour la liberté et l’indépendance définitive de nos nations.

 Je ne me lasserai pas de le redire, nous sommes un même peuple, nous avons l’obligation de nous rencontrer au-delà des discours formels dans une même volonté d’unité et ainsi unis, donner vie à l’équation qui devra s’appliquer dans la construction des conditions qui nous permettront de faire sortir nos peuples du labyrinthe dans lequel le colonialisme les a jetés et, par la suite, le capitalisme néo-libéral du XX° siècle.

 Pour cela, je veux évoquer la mémoire de deux grands combattants pour la coopération sud-sud comme l’ont été les deux ex présidents du Brésil et de la Tanzanie, Luis Ignacio « Lula » da Silva et Julius Nyerere dont les apports et les efforts ont permis, en leur temps, la mise en place de magnifique forum pour une coopération solidaire et complémentaire comme l’est l’ASA (1).

 Cependant, les temps que nous vivons nous obligent à consacrer nos plus profondes et urgentes réflexions à l’effort nécessaire pour transformer l’ASA en un véritable instrument générateur de souveraineté et de développement social, économique, politique et environnemental.

 C’est sur nos continents que l’on trouve les ressources naturelles, politiques et historiques suffisantes, nécessaires, pour sauver la planète du chaos où elle a été conduite. Faisons que le sacrifice indépendantiste de nos ancêtres qui nous offre le jour d’aujourd’hui serve à unifier nos capacités pour transformer nos nations en un authentique pôle de pouvoir qui, pour le dire avec le père Libérateur Simon Bolivar, soit plus grand par sa liberté et sa gloire que par son extension et ses richesses.

Les paroles de cet immense général uruguayen José Gervasio Artigas résonnent toujours dans mon âme et dans ma conscience : « Nous ne pouvons rien attendre si ce n’est de nous-même ». Cette pensée si profonde renferme une grande vérité que nous devons assumer, j’en suis absolument convaincu.

 Notre coopération sud-sud doit être un lien de travail authentique et permanent qui doit tourner toutes ses stratégies et ses plans de développement soutenable vers le sud, vers nos peuples.

 Quoiqu’en aucune manière nous ne nions nos relations souveraines avec les puissances occidentales, nous devons nous rappeler que ce ne sont pas elles qui sont la source de la solution totale et définitive pour l’ensemble des problèmes de nos pays. Loin de l’être, quelques-unes d’entre elles appliquent une politique néo-coloniale qui menace la stabilité que nous avons commencé à renforcer sur nos continents.

 Frères et sœurs, je voudrais rappeler pour ce III° Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’ASA, l’esprit de fraternité, d’unionisme et de volonté qui a dirigé le déroulement de ce II° merveilleux Sommet dans l’île de Margarita, au Venezuela, qui nous permit d’adopter unanimement les engagements de la Déclaration de Nueva Esparta. Je souhaite avec beaucoup de foi et d’espérance que nous puissions récupérer à Malabo l’impulsion et l’effort de ce moment extraordinaire pour notre processus d’unité, le Sommet de 2009, qui a montré autant par sa fréquentation massive que par la quantité et le contenu des accords atteints.

 Depuis le Venezuela, renouvelons aujourd’hui notre plus ferme engagement dans le renforcement du Secrétariat Permanent de la Table Présidentielle Stratégique de l’ASA avec ses principales tâches et fonctions pour accélérer le rythme dans la consolidation de nos institutions et obtenir ainsi une plus grande efficacité dans notre travail conjoint.

 Je regrette avec beaucoup de douleur et de peine que tout notre travail commencé formellement depuis 2006 ait été interrompu par les forces impérialistes qui prétendent encore dominer le monde. Ce n’est pas un hasard, je le dis et je l’assume pleinement, que depuis le Sommet de Margarita, le continent africain ait été victime des multiples interventions et des multiples attaques de la part des puissances occidentales.

 Les nombreux bombardements et invasions impériaux empêchant toute possibilité de solution politique et pacifique aux conflits internes qui ont commencé dans diverses nations d’Afrique, ils ont eu comme objectif principaux de freiner le processus de consolidation de l’unité des peuples africains et, en conséquence, de miner les progrès de l’union de ces états avec les peuples latino-américains et caribéens.

 La stratégie néo-coloniale a été, depuis le début du XIX°, de diviser les nations les plus vulnérables du monde pour les soumettre à des rapports de dépendance esclavagiste. C’est pour cela que le Venezuela s’est opposé, radicalement et depuis le début, à l’intervention militaire étrangère en Libye et c’est pour le même motif que le Venezuela réitère aujourd’hui son rejet le plus absolu de toute activité d’ingérence de l’OTAN.

 Face à la menace extra-régionale pour empêcher l’avance et l’approfondissement de notre coopération sud-sud, je le dis avec Bolivar dans sa Lettre de Jamaïque de 1815 : « Union, union, union, cela doit être notre plus importante consigne. » Notre Gouvernement renouvelle, en ce III° Sommet de l’ ASA dans cette république sœur de Guinée Equatoriale, son absolue disposition à avancer dans le travail nécessaire pour consolider notre coopération dans les secteurs que j’ai personnellement proposées à notre dernier sommet, dans la belle île de Margarita. Energie, Education, Agriculture, Finances et Communication continuent d’être nos priorités et pour celles-ci, nous réitérons notre engagement pour avancer dans des initiatives concrètes comme Petrosur, l’Université des Peuples du Sud ou la Banque du Sud, pour ne citer que quelques exemples. Dans le secteur de la communication, nous proposons, depuis le Venezuela, que cet effort que nous avons réussi à mettre en place ensemble dans différents pays de l’Amérique du Sud, TeleSur, s’articule avec l’Afrique afin qu’il puisse accomplir depuis ces latitudes sa principale fonction : relier les peuples du monde entre eux et leur apporter la vérité et la réalité de nos pays.

 Enfin, je veux renouveler à tous mon désir que les résultats projetés lors de ce III° Sommet ASA nous permette de transformer ce forum en un outil utile pour conquérir notre définitive indépendance en nous plaçant à la hauteur de l’exigence de l’époque et comme le dirait le Libérateur, le plus de bonheur possible pour nos peuples. Je suis un convaincu, simple et obstiné, nous réussirons à mener à bien cette cause que nos libérateurs et martyres nous ont transmise depuis des siècles. Nos millions de femmes et d’hommes présentés en sacrifice pour leur pleine et absolue liberté. Avec le père infini, notre Libérateur Simon Bolivar, je dis une fois de plus : « Nous devons attendre beaucoup du temps, son ventre immense contient plus d’espérance que de faits passés et les prodiges futurs doivent être supérieurs aux anciens ».

 Marchons donc vers notre union et notre indépendance définitive. En paraphrasant Bolivar, je dis maintenant : « Formons une patrie,un continent, un seul peuple, à tout prix et tout le reste sera supportable. »


Source: CAMEROON VOICE

mardi, 26 février 2013

5EME JOUR DE L'AUDIENCE: MAITRE NATACHA FAUVEAU IVANOVIC HUMILIE LE PROCUREUR

 

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Session 1 : L’avocate Jennifer Naouri fait le grand déballage : « le procureur a ignoré les forces nouvelles, l’une des parties au conflit »

Dès l’entame de son speech, ce lundi 25 février 2013, Me Jennifer Naouri a poursuivi sa démonstration sur le manque de volonté du bureau du procureur à assumer l’histoire de la Côte d’ivoire. « Gbagbo est un homme de consensus et de paix. C’est encore lui qui a proposé le recomptage des voix après les élections. Ce que son adversaire refusait» a-t-elle dit. Avant d’ajouter : « Cela s’est passé aux USA en 2000, en Haïti en 2010 et en France avec l’UMP ». Pour l’avocate, le procureur en faisant croire que seules les forces pro-Gbagbo ont commis les crimes allégués, est une falsification des faits et de l’histoire de la Côte d’ivoire. Car le procureur lui-même parle de la descente des Forces Nouvelles sur Abidjan le 31 mars 2011. Il dira aussi que ces forces ont été rebaptisées FRCI par la suite. Et à l’avocate de demander au procureur, qui étaient donc ces forces nouvelles et quelles étaient leurs missions une fois à Abidjan ? Elle reviendra sur les massacres des Forces nouvelles et leurs supplétifs Dozo lors de leur descente sur Abidjan. Elle décrira comment ces rebelles fidèles à Ouattara et à Soro ont massacré plus de 1000 civils à Duekoué avant de se joindre au commando invisible qui sévissait déjà à Abobo, Anyama…

« C’est l’Onuci qui nous a armé » témoigne « P.44 », le même témoin du procureur. Une fois à Abidjan, ces mêmes forces additionnées au contingent nigérien, s’adonneront à d’autres exactions. Des vidéos des humiliations des civils à Alepé, les mutilations, meurtres au carrefour de Duekoué en mars 2011 ont été diffusées. Elle montrera comment la ville d’Abidjan a été partagée entre les ex com-zone :

- Plateau pour Chérif Ousmane
- Le sud d’Abidjan pour Wattao
- Yopougon pour ben Laden
- Abobo pour le commando invisible.

Avant de conclure, elle informera les juges que si l’on veut parler d’un groupe armé qui a planifié un plan commun pour prendre le pouvoir, c’est bien les forces pro-Ouattara. Qui ont été lourdement armées par la France, qui occupaient un territoire et qui ont ensuite lancé une offensive sur Abidjan pour la prise du pouvoir.

« Nous étions dans un conflit armé, où deux forces se combattaient. Le procureur aurait pu s’intéresser aux forces nouvelles. Ne pas le faire, c’est dénaturé son propre récit ».

Session 2 : Me Natacha Fauveau Ivanovic

« Le procureur nous a-t-il fourni le brouillon du document contenant les charges, car flou, imprécis et contraire à ses argumentations ? »

A la reprise à 15h55, la parole est revenue à la Yougoslave Ivanovitc de démontrer la faiblesse du document de preuves fourni par le procureur. D’abord, le cadre temporel. Le procureur parle de la période antérieure à l’élection et qui finit par la chute du président Gbagbo. « Cette période antérieure peut être 2005, 2006, …aucune précision » a remarqué la défense. Elle analysera par la suite évènement par évènement, la faiblesse des preuves fournies par le procureur, la crédibilité des témoins et la fiabilité des sources. Par exemple, la vidéo montrant le massacre de Yopougon alors que cette vidéo était tournée au Kenya (Vidéo 00200058). Elle dira aussi que les preuves du procureur ne sont basées que sur les coupures de presses. Elle dira aussi que les témoignages des organisations humanitaires ne peuvent constituer de preuves tangibles pour être prises en compte dans un tel jugement devant la Cour pénale internationale.

Aussi, Me Ivanovitch dira à propos du DCC: « la défense voudrait savoir si le document des charges était un brouillon ou pas ? ». Ce qui provoquera une vive réaction du bureau du procureur dans la salle.
Pour la défense, le procureur n’a pas mené d’enquête. Il s’est juste contenté des témoignages eux-mêmes non crédibles. Elle s’offusquera du fait que le procureur n’ait produit aucun document officiel étayant ses allégations. Et pourquoi alors que la France et l’Onuci sont présents en Côte d’ivoire depuis 2003, aucun rapport officiel émanant d’eux n’a pu être produit et fourni à la défense dans le cadre des 4 évènements incriminés. Pour elle, le procureur refuse d’accepter la présence d’un commando invisible en parlant « de prétendu commando invisible ».

Au vu de tout ce qui précède,( imprécision du DCC, la non crédibilité des témoins, le manque de preuves suffisantes…) la défense note qu’il n’existe pas d’éléments constitutifs du crime contre l’humanité.

Session 3 : Me Ivanovic : « Si le président Gbagbo n’a mené aucune enquête pour sanctionner les auteurs des crimes, pourquoi, le procureur qui devait éclairer la Cour ne l’a pas fait ? »

A la troisième session, Me Ivanovic démontera évènement par évènement les allégations du procureur.

1) La marche du 16 décembre sur la RTI.

Alors que le procureur affirme que cette marche était pacifique, la défense diffusera une vidéo dans laquelle, Soro donnait des instructions aux FRCI depuis l’Hôtel du golf, la veille du 16 décembre afin que ceux-ci se tiennent prêts car, lui soro ira installer Brou Aka Pascal comme le nouveau directeur de la RTI le lendemain, jeudi 16. Un témoin du procureur dira que des militaires venus de l’Hôtel du golf ont attaqué les FDS positionnés autour de la RTI.

« Au contraire, c’est bien parce que les FDS étaient informés de cette insurrection qu’une réunion s’est tenue, dont parle le procureur, pour prévenir tout débordement. Au contraire, ce sont les FDS qui ont été tués ce 16 décembre 2010. » a soutenu la défense.

Parlant des femmes violées suite à ces évènements du 16 décembre, la défense note que le procureur a failli à sa mission car, rien n’indique où, quand, par qui, ces femmes auraient été violées ? A-t-il interrogé le directeur de la police, des policiers ? Sait-il dans quelles pièces ces viols collectifs ont eu lieu ? Le procureur n’a rien fait. Ce que nous retenons, c’est que pour inculper le président Gbagbo, il a repris mot par mot des rapports d’Amnesty International et des reportages télé. En agissant ainsi, le procureur a non seulement mis en doute son indépendance et son impartialité, mais il a mis la justice au service de la politique ».

2) Marche des femmes d’Abobo (3 mars 2011)

Elle situera l’environnement qui prévalait à Abobo avant les élections de novembre 2010. Un argumentaire dans lequel le commando invisible est nommément mis en cause. Fin de l’audience du jour.

En coulisses :

Voici la liste des « P---témoins » non crédibles : ----P.48/107/164/72/184

--Les « P » non identifiés (flous) : P.49 et 239.
--Le président Gbagbo a encore félicité ses avocats.
--Le président Gbagbo a promis assister à toutes ses audiences.
--Une petite délégation de patriotes venus d’Allemagne, Hollande et Paris était à cette audience.

Elle a beaucoup --communié avec le président Gbagbo qui visiblement retrouve la grande forme au fur des audiences.


De P.Kouhon/Envoyé spécial à la Haye (Eventnews Tv)


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 25 février 2013

AFRIQUE: 8 QUESTIONS A FRANÇOIS HOLLANDE

 FRANçOIS HOLLANDE - AFFICHE DE CAMPAGNE.jpg


Depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, beaucoup d’africains sont tentés par l’espoir d’un changement dans les relations de leurs pays avec la France. L’avalanche de publications, surtout dans la presse, le confirme. En gros, M. Hollande est propulsé nouveau sauveur, du moins quelques chances lui sont reconnues pour influer sur la terrible situation de l’Afrique, comme ce fut le cas en 1981 pour François Mittérand.

 
 
Le centre de gravité de cette effervescence tient à la promesse faite par M. Hollande de bousculer la françafrique. M. Hollande entend ainsi inscrire la relation franco-africaine dans sa promesse de normalité reposant sur la béquille « Justice et Vérité ». Vu la relation toujours « idyllique » entre la France et l’Afrique, franchement, cette béquille ne parle pas à notre continent, tout au moins à la zone considérée comme le pré-carré français, bastion de la françafrique.
 
En tant que système, la françafrique trouve ses origines à la conférence de Brazzaville en 1944. Depuis
lors, rien, absolument rien n’a changé sur les bases relationnelles entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique. Pour le moment à part le slogan « Le changement maintenant », et le virage à 180° vis-à-vis de la méthode Sarkozy[1] aucun signe tangible ne montre de différences fondamentales d’avec le passé françafricain. Il ne s’agit donc que d’une promesse d’un chef d’Etat français comme tous ses prédécesseurs de la 5ème république. Nul n’est donc tenu d’y accorder quelconque crédit. 

M. Hollande ne peut pas intéresser les africains (je parle de l’Afrique qui croit en elle-même), puisque, épluchant ses déclarations, il est facile de constater qu’il s’adresse aux français, parle de leurs problèmes, s’exprime sur leur crainte face à la crise, etc. De l’Afrique ? Pas un mot, à part l’engagement d’en finir avec la françafrique. C’est justement là qu’il ne faut pas le croire, car Hollande ne s’engage qu’à mettre fin au cercle de relations mafieuses qui lient les élites politiques françaises et africaines. Dans ce sens, il s’engage à ne pas bénéficier des financements occultes dont les chefs d’Etat africains arrosent le cœur politique français[2]. Il y a quelque mois, il a eu cette déclaration:

«Avec l'Afrique, je veux établir une nouvelle donne. La France maintiendra ses engagements vis-à-vis de ce continent plein de promesses. Toutes les puissances du monde y sont, essayent de développer leur influence et les Africains eux-mêmes ne souhaitent pas que la France se désengage. Mais notre politique doit être différente du passé. Elle doit être fondée sur la transparence dans nos relations commerciales et économiques. Elle doit être fondée sur la vigilance dans l'application des règles démocratiques et le respect aussi des choix souverains. Notre vision de l'Afrique doit refléter ce qu'elle est aujourd'hui, c'est-à-dire un continent en forte croissance et qui le sait et qui ne supporte plus le discours larmoyant à son endroit. Un continent où la démocratie progresse, où l'environnement et l'énergie sont autant de sujets majeurs. Un continent avec lequel nous avons une proximité historique, culturelle, linguistique exceptionnelle. En 2050, 80% des francophones seront Africains, 700 millions de femmes et d'hommes, chacun comprend ici l'enjeu.»[3] 

En clair, M. Hollande pense le plus naturellement du monde que l’Afrique est une vaste zone de commerce et en cela, son discours parle à la France et non pas à l’Afrique. Plus encore, ce discours reste dans la ligne naturelle de la françafrique qui est d’abord et avant tout un système souterrain qui siphonne le continent noir et sur lequel aucun chef d’Etat français (gauche et droite confondues) n’a osé donner un réel coup de griffes. Et pour cause? L’essentiel de l’économie extérieure française se développe en Afrique et ce grâce à la françafrique aidée par le très charmant club de la francophonie. Tenez, La francophonie est plus une réalité économique que seulement politique: L’espace francophone c’est[4] :

- 890 millions de personnes (de consommateurs, s’entend)
- 19% du commerce mondial
- 2 pays membres du G7 (France et Canada) et 4 de l’OCDE (France, Canada, Belgique, Suisse)
- 21,19% des terres habitables de la planète
- 22% des ressources d’eau potable renouvelables mondiales.

Et si on ajoutait ces propos de Mitterrand de 1988, «Un (1) franc investi rapporte 8 frs», la coupe est pleine. Alors, face à ce potentiel à disposition, pour quelle raison un chef d’Etat français, de gauche soit-il refuserait-il de s’aligner à la doctrine gaulliste «la France n’a pas d’amis mais des intérêts»?

M. Hollande n’a d’ailleurs pas d’autre choix que de s’y aligner sinon, il se mettrait à dos tout le milieu d’affaire français, car la relation entre la françafrique et les intérêts économiques français sont trop importants. Il fait donc tout pour ne pas fondamentalement mettre en cause cette pieuvre de françafrique. C’est pourquoi sa stratégie consiste à gommer les aspérités qui dérangent (les relations mafieuses) et à laisser en l’Etat la partie la plus intéressante pour la France, le siphonage des ressources naturelles africaines. Sa stratégie a d’ailleurs l’intelligence de ne déranger personne : les africains pourraient croire à un coup de pied dans la fourmilière, et les milieux d’affaires, malgré la transparence dont se prévaut M. Hollande, continueraient à prospérer dans les mêmes conditions qu’auparavant. François Mitterrand s’est d’ailleurs essayé au démantèlement de la françafrique et s’est lamentablement fourvoyé pour des raisons qui peuvent aujourd’hui forcer Hollande à reculer : la très forte dépendance de la France à la françafrique.

Hollande n’est donc pas forcément dans une meilleure position que Mitterrand pour réussir le démantèlement de la françafrique, encore qu’il ait la ferme volonté d’agir. Il n’y a donc aucune raison de compter sur quelconque de ses engagements et voilà ci-après Huit (8) bouchons qu’il devra sauter ou se résoudre à renoncer à sa « Normalité », tout au moins sur le dossier françafricain.
 
Contrainte n°1 : Renoncer au parrainage du FCFA?

Au delà de tout l’aspect caricatural, le principal intérêt qui motive jusque là les chefs d’Etat français à s’accommoder de la françafrique tient entre autre au contrôle des réserves de changes extérieures de 16 pays africains[5] de la zone CFA qui sont déposé dans le compte d’opération crée et géré par le trésor français. Ce dernier est lié aux propriétaires de ces réserves, la B.E.A.C.[6], la B.C.E.A.O.[7] et la B.C.C.[8] par des accords économiques qui stipulent cette transaction. Par exemple, l’article 51 du Statut de la (B.E.A.C.) précise de façon claire qu’au moins 20% des ressources financières que les pays de la zone tirent de leur commerce extérieur, ne peuvent pas être utilisés par eux. Ils doivent être laissés au Trésor français, donc à la France, qui les utilise à son gré (aucun Etat africain ne peut contrôler l’usage qu’elle en fait)[9].

Pour donner un ordre de grandeur à la question, l’économiste ivoirien N. AGBOHOU auteur de « l’Euro et le FCFA contre l’Afrique », (un livre de révolte) avait mentionné dans une interview[10], que « le solde du compte d’opération en 2007 est de 12'000 milliards de Cfa soit l’équivalent de 18 milliards d’euro ». Ne serait-ce qu’à appliquer ce montant à 2012, Hollande dispose de la moitié (52%) de son déficit budgétaire de 2012 (35 milliards d’€) payable cash par les pays CFA. Je n’étonnerais personne à estimer que le solde du compte d’opération cette année devrait tout simplement exploser vu les milliards de pétrodollars engrangés entretemps chaque année par les pays de la BEAC et la Cote d’Ivoire. Ajoutez-y l’exploitation des autres ressources et vous pouvez imaginer l’ampleur du siphonage dont nous africains sommes victimes et qui nous manquent cruellement pour financer la lutte contre notre pauvreté et ceci avec la bénédiction de nos dirigeants et élites politiques.

M. Hollande pourra-t-il nous affirmer par soucis de « justice et vérité » vis-à-vis de l’Afrique que son administration renonce à user de l’article 51 pour éponger tout ou partie du déficit budgétaire héritées de l’administration Sarkozy soit 35 milliards à combler ? S’il hésite à se servir, il doit alors nous expliquer pourquoi il ne s’attaque pas ouvertement aux accords économiques avec les pays CFA. Par contre s’il continue le manège comme ses prédécesseurs il laisse tomber le masque et adieu la normalité. D’ailleurs, on devra par ce biais comprendre la difficulté de Mitterrand qui a fait des promesses du reste moins ambitieuses que Hollande sur la françafrique. Donc, pourquoi sérieusement Hollande se priverait-il d’une telle ressource quand la crise en Europe exerce la pression que l’on connait sur les économies de la zone Euro, et surtout que la note de la France n’est toujours pas à l’abri d’une seconde dégradation par les agences de notation ? Pour la petite histoire même la puissante économie de l’Allemagne vient d’être menacée à son tour.
 
Contrainte n°2 : Fermer les bases françaises et perdre l’avantage d’une présence militaire

La présence militaire française dans le territoire qui est devenu le Tchad remonte à la fin du 19ème siècle. Plus de 100 ans de présence continue donc. Cela a un coût et si cette présence perdure, c’est que la contrepartie est forcement intéressante pour la France, d’où la nécessité des bases militaires[11]. Depuis, celles-ci ont intégré le dispositif françafricain en devenant le bras armé, au sens propre du terme. Elles ont été impliquées dans toutes les opérations de coup d’Etat et barbouzeries commandées par les différents pouvoirs français chaque fois que les intérêts de la France en Afrique ont été menacés. Hollande parle tout au plus de réaménagement comme l’avait à l’époque annoncé Juppé[12] sous Sarkozy: «Nous ne souhaitons pas rester forcément dans le format actuel, nous sommes prêts à évoluer vers quelque chose qui évolue davantage vers la coopération entre le dispositif Epervier et l’armée tchadienne ». On voit bien ici qu’il reste cohérent avec ce qu’il ne dit pas de la françafrique, puisque les bases font partie intégrantes du dispositif. Les réaménager ne bouscule donc le problème que dans la forme. Sur le fond, le pillage continu et les bases en assurent la sécurité. D’autre part, le président Idris Déby a demandé en 2010 une location de la base aérienne de Ndjamena[13]. Donc la France utilise gratuitement le territoire tchadien depuis 1960.

Pas un Kopek n’a été payé. Curieusement depuis cette annonce, l’évolution du dossier semble s’éloigner progressivement de la question du payement et Monsieur le Président du Tchad n’en parle plus. Monsieur Hollande, ni un membre de son gouvernement non plus. Aucune partie n’a rendu publique quelconque proposition. Pourquoi? M. Hollande me semble plus intéressé par l’option proposée par Juppé, c'est-à-dire procéder au réaménagement, auquel cas il aurait dû en prendre le contrepied. On voit bien l’avantage qu’il en tire pour son intervention au Mali. En cela il est donc un digne continuateur de la politique développée par ses prédécesseurs. Réaménager c’est renforcer la françafrique. Le silence de Hollande sur la question se comprend bien. Vive donc la françafrique.

Enfin pour pimenter la question je fais une digression pour insérer l’opinion d’un français sur la question et qui montre bien l’état d’esprit des citoyens français.
 
«Je ne suis pas sûr que ce soit au contribuable français de protéger le Tchad qui comme certains l’ont remarqué a préféré les pétroliers d’outre-atlantique (EXXON ndlr) aux français. La France-Afrique à la papa, c’est terminé, le Tchad n’est plus une colonie, alors qu’il apprenne à se défendre seul ou qu’il paye en échange». Par Requin on jan 12, 2011[14]
 
On, voit bien que l’élite politique française se débarrasse de l’opinion publique en laissant se développer ce genre d’ignorance manifeste pour se donner libre cours aux relations mafieuses françafricaines. Hollande ne montre pas qu’il regarde dans une autre direction. 
 
Contrainte n°3 : La plupart des entreprises du CAC 40[15] font leur bénéfice en l’Afrique

Avec la tournure que prend la mondialisation, l’économie mondiale est contrôlée par ceux que l’économiste camerounais François NDENGUE appelle les « Géants Compétitifs ». Les multinationales répondent désormais à deux objectifs : celui des profits dictés par les actionnaires, et celui de renforcer la position géostratégique de leur pays d’origine que leur demande leur gouvernement. C’est ce qu’à fait Elf à l’époque ou encore AREVA aujourd’hui. Or justement ces mêmes entreprises réclament en contrepartie le soutien politique de leur gouvernement. En cela, la françafrique a largement été utilisée pour ouvrir des champs d’exploitation aux géants français et garantir à la France une zone exclusive dans laquelle prospèrent ses multinationales : Bolloré, AREVA, Air-France, Bouygues, TOTAL, etc. Ce dernier par exemple, produit plus de 40% de ses bénéfices en Afrique grâce à ses implantations dans le golfe de Guinée. En 2005, TOTAL a annoncé 12 milliards d’euros de bénéfices net, soit 4,8 milliards provenant de l’Afrique. TOTAL doit ce résultat à la mafieuse françafrique grâce à laquelle il a obtenu des positions dominantes et contrats juteux.

Quel diable pousserait-il Hollande à bloquer de tels retours sur investissements? Il a quand même été élu par les français et sur la promesse de leur offrir de l’emploi et c’est ce que font ces entreprises là!
 
Contrainte n°4 : Renoncer à une balance des échanges positive avec l’Afrique

Dans la profession de foi pour sa réélection en 1988, Mitterrand avait publiquement dit: «Chaque franc investi au sud rapport 8 au nord. Il faut se rendre à l’évidence, ce sont les pauvres qui financent les riches ». Le McKinsey Global Institut (MGI) estime que les dépenses générales en consommation à travers le continent africain dépasserait la barre du trillion (1000 milliards) de dollars en 2012. L’institut cite 5 secteurs lucratifs susceptibles d’attirer les investisseurs: l’agriculture, le tourisme, les mines, les infrastructures et les biens de grandes consommations. Les annonces de la Banque mondiale confirment ceux de MGI : « Même si le continent reste confronté à d'importants problèmes de développement, le taux du retour sur investissement en Afrique est tout de même le plus élevé au monde »[16]. N’y a-t-il donc aucune entreprise française pour lorgner sur ce pactole pour que Hollande y crache? Allons !!!! : Bouygues, Bolloré, Total, Sucre et denrées, AREVA, Air-France. Le gratin je dirai, du CAC40. M. Hollande reste muet sur tout cela. Soit, mais au fond, tous depuis De Gaule, sont dans la même logique: personne n’est disposé à priver la France de sa vache laitière, l’Afrique. Normal! Pourquoi seraient-ils les premiers à scier la branche sur laquelle est assis leur pays ? Aucun chef d’Etat français n’a depuis 1961[17] procédé autrement. De Gaule = Pompidou = Giscard = Mitterrand = Chirac = Sarkozy = Hollande. Et vive donc la continuité.
 
Contrainte n°5 : La hantise de décrédibiliser le statut international de la France

La cohorte d’Etat africains francophones représente un vivier de voix fidèles à la France lors des votes au conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui donne du crédit au statut de la France comme puissance mais également comme membre permanent Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour quelles raisons Hollande serait-il emmener à se priver d’un tel recours, sachant que la question de la constitution du conseil de sécurité de l’ONU est maintenant contesté par les puissances montantes et que de ce fait, un des critères de représentation pourrait être le poids économique et militaire? La France est une puissance moyenne. C’est sa véritable inquiétude. Serval est là pour le démontrer: l’armée française n’a même pas assez d’avions pour projeter ses troupes. Un minimum pour être une puissance.
 
Contrainte n°6 : Vaincre la tentation de l’arrogance

Tous les chefs d’Etat français (4ème et 5ème république particulièrement) ont marqué leur mandat par des propos offensant vis-à-vis de l’Afrique. Citons deux d’entre eux: Chirac: «l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie»; Sarkozy: «le drame de l’homme africain, c’est qu’il n’est pas encore assez entré dans l’histoire». De Hollande, encore rien de pareille. Mais, question quand même: comment cautionner le pillage de tout un bloc de continent et en avoir une pensée positive? Absence de preuves n’est pas inexistence de preuves.
 
Contrainte n°7 : La hantise de la colonisation à rebours

Les chefs d’Etat africains aussi disposent d’une capacité de nuisance avec laquelle composer. La françafrique n’est plus désormais ce système de contrôle de l’Afrique par l’élite politique et affairiste de la France. Elle s’est aussi depuis longtemps muée en un système symétrique et mafieux à cause des relations politico-affairistes entre Chefs d’Etat français et africains (de la zone CFA). Ainsi ces derniers ont aussi développé des leviers de contrôle sur leurs homologues français (de gauche comme de droite) en les arrosant de millions d’euros des financements occultes. Le dernier en date est Sarkozy lui même, soupçonné d’avoir reçu pour sa campagne électorale de 2007, 50 millions d’€ de la part de Kadhafi. Le parti socialiste ne s’est pas privé de se servir à l’époque de Mitterrand. Ce faisant, africains et français trainent tous les mêmes casseroles et ainsi, chacun tient l’autre en respect. C’est ce que les sociologues appellent «les eunuques» parce que par un jeu de mot on conçoit qu’ils sont tenus par les bourses (suivez le regard). Le documentaire de Patrick BENQUET[18] sur le sujet montre bien le pouvoir de manipulation dont disposait par exemple Omar Bongo sur la droite et la gauche française le long de ses 42 ans de pouvoir. Durant cette période, Hollande fut SG du parti socialiste. Ce qui fait dire à Robert BOURGI[19] que ce sont les africains qui colonisent maintenant la France. Que pourra faire Hollande face à cela, si de plus l’Afrique prête une oreille attentive à la Chine qui n’hésite pas à bousculer la France jusque dans son pré-carré?
 
Contrainte n°8 : Dernière contrainte et non des moindres

M. Hollande a fort à faire avec les priorités de son propre pays où les difficultés s’accumulent : le déficit budgétaire de l’Etat français, la crise financière, l’augmentation du nombre des chômeurs, le risque que fait courir la faillite grecque, espagnole et italienne sur l’économie européenne, etc. Ces dossiers là sont les priorités des français, et c’est sur eux qu’ils jugeront M. Hollande. Rien que pour ça, il serait étonnant que la françafrique soit une priorité pour le nouveau président français, même s’il le prétend. D’ailleurs, comme pour tout démentir, il a déjà reçu dans les six premiers mois de son quinquennat, les principaux piliers de la françafrique, le président gabonais Ali BONGO ONDIMBA, le Burkinabé COMPAORE, le tchadien Deby, le Camerounais Biya, l’ivoirien Ouattara, etc. Vive le changement. Mais c’est apparemment dans la continuité.
 
Leçon tirée:

On peut s’en tenir à ces 8 bouchons et on ne voit pas par quel tour de magie M. Hollande trouverait-il le tire-bouchon adéquat. Alors, son discours ressemble à s’y méprendre à de la poudre aux yeux, car vouloir s’affranchir des relations affairistes ne représente que la face apparente du problème, la face cachée étant malgré tout, l’immense potentiel de pillage de l’Afrique dont continuera à disposer la France même si son chef de l’Etat et la nouvelle élite au pouvoir prétend ne pas en profiter personnellement. Là est la seule différence avec Sarkozy, qu’aura revendiqué tôt ou tard M. Hollande : l’absence de collusion. Encore faut-il qu’il tienne son engagement électoral sur le sujet (ce dont je doute fortement). Le président français peut fort bien être propre, la France doit son niveau de vie en partie au pillage qui appauvri l’Afrique. Jacques Chirac l’a d’ailleurs publiquement avoué[20] «Une grande partie de l’argent dans nos poche vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors il faut avoir du bon sens et de justice pour rendre aux africains ce qu’on leur a pris, d’autant que c’est nécessaire si on veut éviter les pires convulsions ou des difficultés dans un proche avenir». Alors, posons l’ultime question à M. Hollande: quelle fierté tire-t-on de gouverner proprement un pays si une partie non négligeable de la richesse dont il jouit, tient des relations mafieuses?

Si le changement version Hollande est un vrai, alors vis-à-vis de l’Afrique, le potentiel de pillage représente le principal défi de ce changement, et non pas la relation personnelle avec le syndicat mafieux des chefs d’Etat africains.
 
Mais dans tout ce débat, le problème n’est ni Hollande, ni la France. Ce sont les africains eux-mêmes qui, en continuant à confier leur destin à d’autres peuples, se laissent dépouiller de leurs ressources et accepte en contrepartie de vivre une effroyable misère. AGBOHOU a d’ailleurs précisé que toutes les anciennes colonies françaises qui ont développé leurs propres monnaies, ne se portent pas aujourd’hui moins bien économiquement et politiquement que les pays de la zone CFA. On y trouve entre autres l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Vietnam. Pourtant l’Euro vaut par exemple aujourd’hui 655,957 Fcfa alors qu’il vaut 28’079.13 VND[21]. Le Fcfa vaut donc 42 fois la monnaie vietnamienne et le tchadiens ou sénégalais, pour ne citer que ces deux nationalités, connaissent annuellement un déficit céréalier sans le riz vietnamien. Et Sankara a raison de dire que «l’esclave qui ne fait rien pour s’affranchir de son maître, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort». Voilà un grand homme d’Etat de la trempe dont a besoin aujourd’hui l’Afrique. Faites le tour : qui parmi nos gouvernants relève encore d’une telle hauteur? Qui même parmi l’élite croit aux chances et mérites de l’Afrique? Pourtant l’Afrique détient 2/3 des réserves de matières premières de la planète, des terres suffisantes pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains de 2050 composée de 2/5ème d’africains dont 50% de jeunes, etc. L’avenir du monde est en Afrique et l’élite africaine regarde ailleurs. Désolant quand même. Les africains des 16 pays de la zone Cfa liés à la France, pourraient-ils une fois comprendre que leur sauveteur n’est pas français et que leur pauvreté est liée au train de vie d’une bonne partie de l’élite politique qui vit dans cette même France? Mais la difficulté est compréhensible, c’est plus une question d’idéologie que de simple choix de levier de changement.

Notes

[1] N. Sarkozy, extrait discours prononcé à Dakar en 2007 devant un parterre médusé de l’élite sénégalaise : “Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

[2] Cf Procès Verschave Vs Sassou, Obiang et Déby

[3] Discours lors de la conférence des ambassadeurs de France réuni à Paris, Source :

[4][4]Notes du Pr Zhan Su lors du RIFE 2012 – Source : http://www.afriqueexpansion.com/la-...

[5]Sénégal, Guinée, Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Burkina-Faso, Benin, Togo, Niger, Tchad, Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville, Gabon, RCA, Comores et Djibouti.

[6]Banque des Etats d’Afrique Centrale

[7]Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

[8]Banque Centrale des Comores

[9]Extrait de l’article « la zone monétaire africaine, passé présent futur » paru dans www.Africamaat.com 

[10] Source : Intervention télévisée du Professeur Nicolas AGBOHOUN, économiste, sur la chaîne 3ATELESUD.

[11] Celles du Tchad sont implantées depuis la fin des années 60.

[12] Conférence de presse tenue à Ndjamena lors des festivités du cinquantenaire du Tchad en janvier 2010–source : http://www.opex360.com/2011/01/12/la-france-va-revoir-son-dispositif-militaire-au-tchad/

[15] La bourse française

[16]Sources : AFP, OMC, ICTSD, Sommet Europe-Afrique, Reuters, Xinhua, lettre hebdo N°330

[17]Les accords économiques entre la France et les pays CFA ont été signés en 1961 sous De Gaule et révisé en 1973 sous Giscard.

[18] « Françafrique, 50 ans sous le sceau du secret » en vente sur www.pharers-balises.fr

[19] Source : idem

[20] Cf La françafrique se porte bien - documentaire de l’Association Survie publié en 2009.

[21]Monnaie vietnamienne : la DONG.

dimanche, 24 février 2013

L'AFRIQUE A LA LOUPE DE LA DEPENDANCE

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Comme le montre bien l'article qui suit, les pays africains sont largement dépendants de l'étranger du point de vue commercial. Leur route pour la souveraineté économique est donc encore longue. Elle est aussi pleine d'embûches, ainsi que nous le rappellent les interventions occidentales en Côte d'Ivoire, en Libye et au Mali... (IGA)

 

Sur les 48 États de l’Afrique subsaharienne, 33 sont dans le rouge. Balance commerciale négative. Ils importent plus que ce qu’ils exportent. C’est ce qui ressort de l’atlas publié par le magazine Africa24 qui, pays par pays, dresse un tableau de l’Afrique 2012. On a là un bon indicateur de l’état de dépendance de bon nombre de pays africains.

La République démocratique du Congo, par exemple, "champion" toute catégorie : elle importe neuf fois plus qu’elle n’exporte, et l’ardoise (le déficit commercial) se chiffre à plus de 76 milliards d’euros. Seize autres États, dont le Sénégal, la Gambie, l’Éthiopie, le Kenya, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda sont dans le cas d’une balance commerciale où les importations pèsent plus du double des exportations. Cela laisse peu de marge de manœuvre pour les capacités "d’appropriation" nationales et autres crécelles dont on affuble aujourd’hui l’idéal d’autodétermination, principe fondateur du concert des nations.

Prise en bloc, l’Afrique subsaharienne affiche un déficit commercial de quelque dix milliards d’euros (à comparer avec les quelque 33 milliards d’euros versés en 2010 au titre "d’aides" au développement : près d’un tiers pour se payer des marchandises importées des pays "donateurs" ?). L’Afrique du Nord, printemps arabe ou non, ce n’est guère mieux : déficit commercial de près de 9 milliards d’euros avec, comme "champions" ici, l’Egypte (déficit de 20 milliards d’euros) et le Maroc (moins 15 milliards). Place Tahir, il reste du boulot...

«Guide économique 2013 du continent», Africa 24, n°8, novembre 2012/janvier 2013, 197 pages, 6,2 euros.

 

Erik Rydberg

 

In Gresea

 

Source: MICHEL COLLON.COM

lundi, 11 février 2013

LE MYTHE DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE: CINQ GUERRES, TROIS CONTINENTS... ET LES MEMES MENSONGES

 

 

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«Je ne comprends pas les réticences en ce qui concerne l’utilisation de gaz. Nous avons définitivement adopté à la Conférence de paix la position de retenir le gaz comme méthode permanente de guerre... Je suis fortement en faveur de l’usage de gaz toxiques contre des tribus qui ne sont pas civilisées» (Winston Churchill, War Office Minute, 12 mai 1919).

 

Alors que les roulements de tambour contre la Syrie deviennent de plus en plus forts, les allégations de plus en plus folles, et le double jeu de fomenter, comploter et financer les terroristes (pardon, aider l’opposition légitime) de plus en plus évident, il est intéressant de jeter un coup d’oeil aux justifications présentées par les gouvernants US pour leurs incursions meurtrières de l’histoire récente. 

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Panama

Ce mois de décembre 2012 est le 23e anniversaire de l’invasion de Panama le 20 décembre 1989, au moment où les Panaméens préparaient leurs fêtes de Noël. Un bref rappel nous remet en mémoire Philip Agee évoquant le président George H. W. Bush lorsqu’il disait au peuple américain que la menace de Panama (3.571.185 habitants en 2011) était telle qu’elle « compromettait notre mode de vie ». La référence figure dans la conférence bien nommée d’Agee, “Produire la crise appropriée” (1). Aussi éloquente aujourd’hui qu’hier. Rien n’a changé.

Le but de l’invasion était de s’emparer du leader du pays, le général Manuel Noriega, et bien entendu “d’établir un gouvernement démocratique”. Un changement de régime. Avec la proximité de la remise au Panama du contrôle du canal (prévue à l’origine pour le 1er janvier 1990) après un siècle de gestion coloniale US, l’Amérique voulait s’assurer que ce contrôle reste dans les mains d’alliés malléables. 

Noriega, un pion de la CIA depuis 1967 (2), qui était passé par la célèbre Ecole des Amériques à Fort Benning (Georgie), était arrivé au pouvoir avec l’aide des Etats-Unis, mais apparemment son soutien US avait faibli. En un mot, les USA le kidnappèrent et le condamnèrent à 40 ans de prison.

Les plans d’invasion avaient été baptisés “Opération livre de prières”. “Par la suite, on les renomma “Opération juste cause”. Le général Colin Powell approuva ce nouveau nom en disant “Même nos critiques les plus sévères seront obligés de parler de ‘juste cause’ quand ils nous dénonceront” (Colin Powell et Joseph E. Persico, My American Journey, 1995). 

27.000 hommes, soutenus par des hélicoptères Apache, ravagèrent la plus grande partie du petit pays qui était défendu par 3.000 hommes. George Bush senior déclara qu’il détrônait un dictateur malfaisant qui brutalisait son peuple (ça vous dit quelque chose ?) et que son action était rendue nécessaire pour “la protection de vies américaines”. Il alléguait aussi la “défense de la démocratie et des droits de l’homme au Panama” et le besoin de “protéger le canal” (Surprise, non ?).

Manuel Noriega a été libéré de son emprisonnement US en 2007, et extradé en France où il avait été décoré de la légion d’honneur en 1987. Il y est resté incarcéré jusqu’en décembre 2011, puis il a été renvoyé à Panama où il est tojurs en prison. 

Au cours de la destruction de Panama, aujourd’hui oubliée (si vous n’êtes pas Panaméen), le secteur pauvre et fortement peuplé d’El Chorillo fut à ce point ravagé par les flammes qu’il a reçu le nom de “petit Hiroshima”. Une femme a déclaré : “Les Américains du Nord ont commencé à incendier El Chorillo à 6 h 30 du matin. Ils lançaient un petit objet dans la maison et la maison prenait feu. Après, ils passaient à une autre, mettant le feu dans une rue après l’autre, en coordonnant les incendies avec des walkie-talkies.” Un soldat US a été enregistré déclarant : “Nous vous demandons de vous rendre. Si vous ne le faites pas, nous raserons toutes les maisons” D’après un habitant de la ville : “ils tiraient sur tout ce qui bougeait.”

Les morts étaient jetés dans des fosses communes. Des témoins ont vu les troupes US brûlant les victimes au lance-flammes et ont décrit comment les cadavres se recroquevillaient sous le feu. D’autres corps étaient empilés en tas par des bulldozers. (3) 

Des essais US d’armes chimiques

Il y a pire. Alors que pleuvent les allégations actuelles moralisantes de Washington et de Whitehall sur la présence sans preuve d’armes chimiques en Syrie, on dispose de faits prouvés en ce qui concerne les Etats-Unis.

Des années 1940 à 1990, les Etats-Unis se sont servis de diverses régions de Panama comme terrains d’essais d’armes chimiques, comprenant le gaz moutarde, le VX, le Sarin, le cyanure d’hydrogène et d’autres agents neurotoxiques, placés dans des mines, des roquettes ou des obus, peut-être des dizaines de milliers de munitions chimiques.” (William Blum, “Rogue State”, 2002). De plus, en quittant Panama en fin 1999, ils ont laissé “de nombreux sites contenant des armes chimiques”. Ils ont aussi “effectué au Panama des essais secrets de l’Agent Orange.” “Au cours de l’invasion, le village de Pacora, près de Panama City, a été bombardé de produits chimiques par hélicoptères et avions de l’US Southern Command, avec des substances qui brûlaient la peau et causaient des diarrhées et d’intenses souffrances.” 

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L’Irak (1er chapitre) 

Beaucoup d’analystes considèrent que Panama fut le terrain d’essai pour l’Irak. Neuf mois après la contamination de Panama, l’étranglement de l’Irak par l’embargo dirigé par les USA a été imposé par l’ONU, après que l’ambassadeur américain April Glaspie ait donné le feu vert à Saddam Hussein pour son invasion du Koweit, suite aux importantes provocations de ce dernier et à sa déstabilisation financière et géographique .(4)

Le fracas autour des armes chimiques et autres s’est amplifié, amenant Saddam Hussein à dire : “J’ai l’impression qu’un jour vous allez me dire : vous fabriquez de la poudre à canon à partir du blé”. Treize mois après Panama, l’Amérique a pris la tête d’une coalition de 31 pays visant à “ramener l’Irak à un âge pré-industriel”. Les seuls produits chimiques trouvés en Irak ont été le mélange toxique émanant des usines bombardées de pharmacie, d’engrais ou de construction automobile, et des autres établissements de la base industrielle du pays, y compris les entrepôts de substances chimiques et biologiques (à usage médical) vendues à l’Irak par les USA, l’Allemagne et d’autres pendant des décennies (ventes qui se sont poursuivies ironiquement même pendant l’agression).(5) 

Par contre, des substances hautement toxiques et radioactives ont été introduites en Irak sous la forme de 750 tonnes de munitions à l’uranium appauvri (UA) qui ont une “demi-vie” toxique de 4 à 5 milliards d’années. Les petites tombes du nombre de bébés morts-nés, avortés, déformés ou venant au monde avec des cancers sont le témoignage muet de ces armes de destruction massive d’une exceptionnelle cruauté. L’Irak a été bombardé pendant 42 jours et nuits. Les fameuses armes chimiques soi-disant fabriquées par Bagdad n’ont bien sûr jamais été trouvées.

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La Yougoslavie 

Le 24 mars 1999, l’OTAN a commencé a “libérer” le Kosovo de la Serbie (Opération Noble enclume). Le Kosovo avait une quantité “inépuisable” de minerais d’une valeur estimée à dix trillions de dollars dans les mines de Trebca. La “libération” a consisté en 78 jours de bombardement intense, comprenant l’emploi d’armes à l’uranium appauvri. 20.000 tonnes de bombes ont été lâchées, détruisant systématiquement les centres de communication, les dépôts de carburant, les aéroports, le réseau routier, les trains, les marchés, et même l’ambassade de Chine (la Chine était opposée à l’agression, et l’OTAN a boiteusement allégué qu’elle avait une mauvaise carte de Belgrade), et évidemment le centre de presse. Assassiner les journalistes est devenu aujourd’hui une routine, un impardonnable crime de guerre.

Avant l’agression, le Pentagone avait affirmé que l’armée yougoslave disposait d’au moins deux sortes de gaz toxiques, avec les moyens de les produire. Le département US de la Défense avait averti Slobodan Milosevic et l’état-major de l’armée yougoslave : “Si Belgrade utilise les toxiques sarin et gaz moutarde contre l’OTAN, la riposte sera dévastatrice”. 

Curieusement, une fois commencées les frappes aériennes, l’OTAN n’a pas dit un mot sur le fait que l’attaque pouvait être motivée par la conviction américaine que la Serbie était en mesure de produire des armes chimiques. (Zagreb Globus, 16 avril 1999, pp. 18-19.)

La destruction à grande échelle de l’industrie a cependant épargné les mines de Trebca. 

Le 14 août 2000, 900 hommes lourdement armés – anglais, français, italiens, pakistanais et membres de la KFOR – ont été amenés par hélicoptères sur le site. Les managers et ouvriers qui ont essayé de les combattre ont été maîtrisés par gaz lacrymogènes et balles en plastique. Le personnel qui avait résisté a été arrêté. Les journaux de l’OTAN ont décrit l’action comme le “commencement de la démocratisation du Kosovo”. En fait l’attaque a ouvert la voie à la vente des mines – contenant les “inépuisables” réserves de 77.302.000 tonnes de charbon, cuivre, zinc, plomb, nickel, or, argent, marbre, manganèse, fer, amiante et calcaire, pour ne citer que quelques ressources – à des groupes privés étrangers. L’ “Armée de libération du Kosovo” (UCK) avait été entraînée et financée par des millions de dollars et de marks allemands de la CIA et du BND (services de renseignements de Berlin), pendant des années, pour cette guerre, faussement baptisée “guerre civile” (6) par les gouvernements de l’OTAN et leurs porte-paroles. Les meurtriers effets toxiques et radioactifs de l’UA ont été provoqués dans toute l’ex-Yougoslavie.

En 2001, les médecins de l’hôpital serbe de Kosovska Mitrovica ont constaté que le nombre de patients souffrant de cancers avait augmenté de 200 % par rapport à l’enquête de 1998. Une étude de 2003 de l’UN Environmental Program (UNEP) a fait état de prélèvements contaminés d’air et d’eau potable en Bosnie-Herzégovine. Bien sûr, “il n’y avait pas lieu de s’alarmer”. Pekka Haavisto, ex-ministre finlandaise de l’Environnement à la tête de l’UNEP, a réclamé une enquête vaste et approfondie pour établir l’étendue et l’intensité de la contamination. Les Etats-Unis – cités comme étant le seul pays à avoir utilisé des armes à l’UA dans le conflit – ont bloqué la requête. (7) Cependant, l’inquiétude s’est répandue en Europe quand on a vu que des Casques bleus italiens, portugais, belges ou français étaient atteints de cancers, et étaient morts en quelques mois. Les Casques bleus norvégiens ont refusé d’être déployés sur place. (8) 

Moins d’un mois après la fin de la guerre en Yougoslavie en 1999, le British National Radiological Protection Board a averti les citoyens britanniques du danger de résider au Kosovo “en raison de la contamination de ses territoires par des armes à l’UA.”

Les Casques bleus, évidemment, n’étaient là que pour quelques semaines ou quelques mois. Les gens de la région y vivent. Ils ont vu la dégradation de leur santé et de celle de leurs générations à venir ignorées et oubliées par leurs “libérateurs”. Ces derniers avaient d’autres “tyrans” à renverser, d’autres populations à “libérer” de leurs conditions d’existence, de leurs membres et de leurs vies. 

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L’Irak (2e chapitre) 

L’Irak avait de nouveau été bombardé par les USA et le Royaume Uni pendant la période de noel 1998, quatre mois avant l’agression de la Yougoslavie, et était de nouveau sur l’agenda d’invasion. Les mensonges étaient familiers, et incessants. Un exemple, parmi des milliers d’autres, le 2 septembre 2002. “Selon les experts, l’Irak possède des tonnes d’armes chimiques. Alors que des membres de l’administration Bush réclament une frappe préventive contre l’Irak, ils font état de preuves de plus en plus nombreuses que Saddam Hussein a amassé de vastes stocks d’armes chimiques et biologiques qu’il cache d’une éventuelle attaque militaire US. La préoccupation de Washington est que l’Irak pourrait remettre ces armes à des groupes terroristes. Si nous attendons que le danger se matérialise, ce sera peut-être trop tard” a dit le sénateur Joseph Biden, président du Foreign Relations Committee. Biden étant aujourd’hui vice-président, il est impossible de ne pas se demander s’il n’inspire pas l’actuelle propagande anti-syrienne, truffée de formules si extraordinairement similaires.

Jon Wolfsthal, un analyste du Carnegie Endownment for International Peace, a affirmé que l’inventaire irakien est significatif : “l’Irak continue à posséder plusieurs tonnes d’armes chimiques, assez pour tuer des milliers et des milliers de civils et de soldats.” (9) 

Des experts de l’ONU en matière d’armement ont prétendu que l’Irak avait stocké plus de 600 tonnes d’agents chimiques, comprenant gaz moutarde, VX et sarin. Selon eux, quelques 25.000 roquettes et 15.000 obus d’artillerie pourvus de produits chimiques n’étaient pas officiellement répertoriés.

“Le souci est qu’ils (les Irakiens) disposent – ou peuvent disposer rapidement – des moyens de fabriquer de vastes quantités d’anthrax ou d’autres matériels”, a ajouté Wolfsthal. Selon le secrétaire d’Etat à la Défense Donald Rumsfeld : “l’Irak a des laboratoires mobiles d’armes biologiques qu’il est pratiquement impossible pour les forces US de cibler”. Il affirmait que les vies de milliers de gens étaient en jeu. En fait, c’est le nombre de victimes irakiennes de troupes américaines et anglaises, de leurs milices et de leur gouvernement de marionnettes imposé, qui peut se comparer à un véritable holocauste. 

Jonathan Schwartz a revu le paquet de mensonges débité sur l’Irak à l’ONU par le général Colin Powell, le 5 février 2003. Il le cite : “Mes chers collègues. Toutes les déclarations que je fais aujourd’hui sont prouvées par des sources, des sources solides. Ce ne sont pas de simples affirmations. Ce sont des faits et des conclusions basées sur des renseignements solides.”

Aujourd’hui, Powell exprime des regrets. Schwartz n’en est pas touché pour autant. Au cinquième anniversaire des absurdités trompeuses du général, il a commenté : “Quelle que soit l’abondance de critiques dont Powell a été l’objet – il dit qu’elles ont été douloureuses et feront toujours partie de sa vie – elles ne sont rien à côté de ce qu’il aurait mérité. Il a été beaucoup plus qu’horriblement abusé. Il est prouvé qu’il a fabriqué des documents et ignoré les avertissements répétés que ce qu’il racontait était faux.” 

L’invasion totalement illégale de l’Irak, basée sur ce paquet transatlantique de mensonges, a commencé 45 jours après. Opération Iraq Liberation : OIL.

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La Libye 

Les mensonges sur la Libye, promue par le colonel Kadhafi au premier rang de l’Index de développement humain de l’Afrique, sont de récente mémoire. Quelques rappels tout de même.

La CIA a payé des Quislings pendant des décennies dans toutes ses invasions. Pour Kadhafi, il y a eu le général Abdul Fatah Younis, son ministre de l’Intérieur, qui est passé à l’opposition – on peut se demander quel a été son prix – pour devenir le chef d’état major des insurgés. Il a réclamé aux alliés de l’OTAN des armes lourdes pour les rebelles, comprenant des hélicoptères et des missiles anti-chars pour défendre la ville assiégée de Misurata. Il prédisait que “le dictateur était prêt à se servir d’armes chimiques dans son combat ultime contre les rebelles et la population civile”. (affirmations qu’on croirait sorties de la bouche de l’opposition actuelle en Syrie). “Kadhafi est acculé. Malheureusement, il a encore environ 25 % de son armement chimique qu’il pourrait utiliser s’il est dans une situation désespérée. (...) On sait qu’il lui reste environ dix tonnes de gaz moutarde sur les quantités qu’il avait détruites sous le contrôle de l’agence de l’ONU, l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.” (10) 

Pour situer le contexte, rappelons qu’en 2002, Neil Mackay, le chef plusieurs fois récompensé des enquêtes du Sunday Herald, avait dénoncé : “Poussé par la rapacité et un profond manque de moralité, le gouvernement britannique a violé la Convention sur les armes chimiques en vendant des produits toxiques pouvant être convertis en armes de guerre. Les pays bénéficiant de ces ventes comprenaient la Libye, le Yemen, Israël, l’Arabie Saoudite, Chypre, l’Inde, le Kenya, le Kuwait, la Malaisie, le Nigeria, l’Oman, le Pakistan, Singapour, la Slovénie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, le Sri Lanka, la Tanzanie, la Turquie et l’Ouganda, une accusation ‘clairement admise’ par le département du Commerce et de l’Industrie.”

Après l’accolade donnée par Tony Blair au colonel Kadhafi en mars 2004, le gouvernement britannique a fait état de plans d’envois en Libye d’experts pour détruire les armes chimiques qu’il lui avait vendues, prétendant que le colonel Kadhafi avait trompé Blair sur leur existence. Que Londres avait les reçus de livraison en Libye lui a sûrement échappé. Une duplicité identique à celle du Royaume Uni en Irak. 

Entre le début de la destruction de la Libye le 19 mars 2011 et la prise en main des opérations par l’OTAN le 31 mars, les USA et la GB ont lancé 110 missiles Cruise sur un pays de moins de 6.500.000 habitants. Quand l’OTAN a assumé le commandement de l’”intervention humanitaire”, ils ont agressé cette faible population à travers 26.500 sorties de bombardement. Aucune larme présidentielle n’a été versée sur les enfants libyens tués, dont la mort a été précédée d’une terreur inimaginable, au cours d’attaques portant les noms idiots d’Operation Odyssey Dawn et d’Opération Unified Protector (sans commentaire).

Kadhafi a perdu trois petits-enfants et trois fils. En 1986, au cours d’un premier bombardement, il avait perdu une fille adoptive en bas âge. 

Quelques instants après avoir appris sa terrible mort aux mains d’un gang enragé de “protégés” de l’OTAN, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton est apparue secouée de rire à la télévision, en s’exclamant : “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.” Combien de temps est passé depuis qu’elle a dit : “Je pense vraiment qu’il faut un village pour élever un enfant.” Aujourd’hui il semble que son credo soit d’éliminer le village, ses enfants et leurs parents, et de lyncher les anciens du cru pour avoir l’occasion de rigoler à la télévision.

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La Syrie 

Le 4 décembre 2012, elle a annoncé que le président syrien Bachar al Assad était peut-être en train de déplacer – devinez quoi – un “stock d’armes chimiques”. 

“Nous avons parfaitement clarifié notre position, a-t-elle dit au cours d’une conférence de presse à Prague. C’est une ligne rouge pour les Etats-Unis. Je ne vais pas détailler ce que nous ferons dans le cas crédible où le régime d’Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple ; il suffit de dire que nous faisons à coup sûr des plans pour passer à l’action si cette éventualité se produisait.”

Selon une autorité US, “les armes peuvent être trafiquées pour contenir du gaz sarin”. Un autre a ajouté : “Nous nous inquiétons de tout mouvement qui pourrait indiquer qu’ils sont prêts à utiliser des armes chimiques contre leur propre peuple.” (11) 

Du “déjà vu” à répétition, comme on dit.

La Syrie a répondu le 6 décembre. “la Syrie souligne une fois de plus, pour la dixième, pour la centième fois, que si elle avait ce genre d’armes, elles ne seraient pas utilisées contre son propre peuple, a dit à la télévision libanaise Al Manar le ministre adjoint des Affaires étrangères Faisal al Maqdad. Nous n’avons pas l’intention de nous suicider. (...) Nous craignons un complot consistant à fournir le prétexte d’une intervention des pays qui font pression sur la Syrie. Ce ne serait pas la première fois.” 

Fin octobre, des troupes US sont arrivées en Jordanie pour d’importants exercices conjoints près de la frontière syrienne sous le nom toujours aussi stupide d’Opération Eager Lion (Opération lion enthousiaste. En arabe, al assad veut dire le lion).

La première allusion aux armes chimiques de la Syrie semble être venue de John R. Bolton, que le député Henry Waxman accuse d’avoir persuadé George W. Bush d’inclure dans son discours de 2003 sur l’Etat de l’union le conte de fées de l’achat irakien d’uranium au Nigeria. 

L’accusation n’est pas prouvée car les documents sont encore classifiés.

Bolton est impliqué dans une mouvance d’organisations loin d’être libérales comme le Project for The New American Century, le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et la National Rifle Association. 

En ce qui concerne la Syrie, il faut rappeler que le pays est étranglé par des sanctions depuis 2004.

L’ancien chef-inspecteur de l’Armement en Irak, Scott Ritter, a écrit que “les armes chimiques ont une durée de conservation de cinq ans. Les armes biologiques de trois.” Il en émane aussi un “éther”, disent les experts, qui peut être décelé par une surveillance de satellite dont la Syrie est certainement l’objet, comme l’Irak avant elle. 

Que Dieu nous préserve de Washington, Whitehall et Tel Aviv qui crient une fois de plus “au loup !”. Et que Dieu vienne en aide à ceux qui les croient ! 

 

Felicity Arbuthnot

 

Arbuthnot est une critique bien informée et lucide de l’empire. C’est la raison pour laquelle vous ne la verrez pas dans le New York Times, pas plus que John Pilger, Amira Hass ou Noam Chomsky.

 

Notes 

(1) http://www.serendipity.li/cia/agee_...

(2) http://revcom.us/a/017/us-invasion-...

(3) http://www.addictedtowar.com/docs/p...

(4)http://www.globalresearch.ca/the-wa...

(5) http://www.commondreams.org/headlin...

(6) http://www.currentconcerns.ch/index...

(7) http://www.iacenter.org/depleted/un...

(8) http://www.frontlineonnet.com/fl180...

(9) http://articles.cnn.com/2002-09-02/...

(10) http://www.telegraph.co.uk/news/wor...

(11) http://news.yahoo.com/clinton-assad...

 

 

Sur Global Research, traduit par B.I.

 

Source: MICHEL COLLON.INFO

dimanche, 10 février 2013

AU MALI, UNE LUTTE ANTI-TERRORISTE EN TROMPE-L'OEIL

 

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Le soutien à l’opération militaire française déclenchée le 11 janvier 2013 au Mali a fait l’objet d’un certain consensus, tant à l’échelle internationale qu’au sein de l’Hexagone. L’argument de la menace terroriste, ressassé par le président Hollande et repris à l’envi par les principaux médias pour justifier cette implication directe offre pourtant une grille de lecture trop simple du conflit, qui risque d’en occulter les réels enjeux.

  

Revenue au goût du jour avec les attentats du 11 septembre 2001, la « métaphore de la bombe à retardement » décrit une situation d’extrême-tension dans laquelle la nécessité impérieuse de prévenir une menace imminente permet de justifier le recours à des mesures contestables. Cet argument fut notoirement mobilisé par les officiels de l’administration Bush pour légitimer les actes de torture dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », l’urgence s’avérant un prétexte implacable pour ne pas questionner les aspects légaux, moraux ou éthiques de ces moyens d’exceptions.

Toutes proportions gardées, les motifs invoqués pour justifier l’opération Serval présentent certaines similitudes avec ce procédé. L’imminence supposée d’une offensive éclair des groupes islamistes sur Bamako et l’urgence d’agir au plus vite pour empêcher le basculement de l’entièreté du Mali sous domination de groupes terroristes ont en effet servi d’argument imparable pour légitimer cette implication directe de l’armée française dans ce conflit. Belle opportunité pour les autorités hexagonales, ainsi dispensées de fournir un surcroît d’explications sur une intervention qui soulève pourtant de nombreuses interrogations. 

Une situation de crise opportune.

A la faveur de troubles politiques internes au Mali – avec notamment le renversement le 22 mars du président Amadou Toumani Touré, et l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire aussitôt boycottée par les Etats occidentaux et africains – et de la désorganisation patente de l’armée régulière, une coalition hétéroclite rassemblant salafistes et indépendantistes touareg était parvenue début 2012 à prendre le contrôle du Nord du pays. S’appuyant sur les ressentiments des populations arabo-berbères (parmi lesquels les Touaregs sont minoritaires) du Nord envers le Sud (qui regroupe 90% de la population, et concentre l’essentiel de l’appareil productif et des centres de décisions politiques et économiques), ces derniers avaient du même coup proclamé l’indépendance du berceau historique des Touaregs, l’Azawad, amputant le Mali de 60% de son territoire. 

Les Touaregs laïcs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) avaient ensuite été rapidement chassés par les fondamentalistes radicaux d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI, largement composé de non-Maliens), du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO, scission d’AQMI, qui lui reprochait d’être trop focalisé sur l’Afrique du Nord) et d’Ançar Dine, composé de Touaregs locaux qui aspirent à transformer l’ensemble du Mali en un Etat islamique1. Si ces trois groupes salafistes (qui ont respectivement pris le contrôle de Tombouctou, Gao et Kidal, les principales agglomérations du Nord) n’ont pas lésiné sur les moyens pour imposer leur joug aux populations locales – majoritairement adeptes d’un islam modéré (le « soufisme ») et donc peu réceptifs à une application rigoriste de la charia – Ançar Dine a dans un premier temps joué la carte de la tempérance au niveau diplomatique, en se montrant ouvert aux négociations avec Bamako pilotées par la  Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest(CEDEAO).

Il est vrai que la prise par Ançar Dine le 10 janvier 2013 de la ville de Konna (Mali du Sud, près de la frontière avec la région sécessionniste), considérée comme un verrou stratégique vers la capitale malienne constituait un réel motif d’inquiétude et témoignait du peu de crédit à apporter au groupe salafiste, qui s’étaient engagés trois semaines plus tôt à cesser les hostilités. En revanche, on peut raisonnablement douter de la capacité des djihadistes (estimés à quelques milliers) de s’assurer du contrôle de la partie sud du pays, où la population leur est largement hostile2. La rapidité d’intervention des troupes françaises et les importants moyens des services de renseignements français et américains3 dans le pays laissent également planer le doute sur le caractère inattendu de l’attaque. L’argument de l’urgence semble d’autant plus contestable qu’aussitôt les premières frappes effectuées et les objectifs à court terme atteints, les troupes françaises s’orientaient vers une extension des opérations au Mali du Nord. En présentant les événements comme une situation de crise, les officiels français conservent prudemment l’ambiguïté quant à la nature, à la durée et aux objectifs politiques de cette guerre4 

Une intervention légale ?  

Zone d’ombre parmi d’autres, la légalité de cette intervention fait débat. Les autorités françaises ont ainsi usé de différents registres de légitimation, parfois sans grande cohérence. Dans son allocution du 11 janvier, le président François Hollande a pris soin d’inscrire l’intervention française dans un cadre légal, insistant d’une part sur le consentement de l’Etat malien, d’autre part sur l’adéquation de l’opération Serval avec les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il est vrai qu’à la différence des interventions de 2001 en Afghanistan et de 2011 en Libye, la France agit ici à la demande du gouvernement malien. Si, comme le relève la chercheur au GRIP Bérangère Rouppert5, la légitimité de l’impopulaire président Dioucounda Traoré – imposé par la CEDEAO à la junte militaire et en poste depuis avril 2012, alors que la constitution malienne proscrit le maintien d’un gouvernement intérimaire au-delà de 40 jours – pose question, celui-ci n’en demeure pas moins le dépositaire de la souveraineté nationale, et l’appel à la France serait donc légal d’un point de vue strictement juridique.

On peut par contre s’interroger sur la conformité de cette intervention avec la souveraineté populaire des Maliens6. « Alors qu’elle permettait jadis d’intervenir militairement à la demande du gouvernement en exercice, la doctrine7 en droit international a évolué, et considère désormais que même avec l’accord de l’Etat souverain, l’implication d’un pays tiers dans un conflit interne est contraire à l’indépendance nationale », souligne le juriste Olivier Corten. Une évolution non dénuée de fondement, quand on sait la longue liste des opérations militaires occidentales intervenues à la demande de gouvernements fantoches, qui n’hésitaient pas à brader les ressources nationales contre les intérêts de leur population pour se maintenir au pouvoir². Ainsi, même s’il s’agit de soutenir le gouvernement de fait, intervenir dans un conflit interne peut être considéré comme contraire au droit des peuples à s’autodéterminer sans ingérence extérieure.  

Conscients de cet aspect, les gouvernements français et maliens ont pris soin de présenter le conflit comme un acte de légitime défense contre une agression, insistant sur le caractère international de la rébellion8. Un argument pour le moins contestable : si les Touaregs du MNLA ont apporté leur soutien aux frappes françaises, les groupes islamistes sont constitués en grande partie de combattants maliens, ce qui rapproche davantage la situation d’un conflit interne que d’une agression extérieure. En outre, l’article 51 de la charte de l’ONU qui prévoit la légitime défense concerne les cas d’agression de la part d’un autre Etat, ce qui ne correspond pas à la situation malienne (sauf à considérer l’Azawad comme un Etat, ce que personne n’a pour l’heure accepté).

La prétention française à inscrire l’opération Serval dans le cadre des normes onusiennes porte, elle aussi, à controverse. Principal document sur lequel se fonde l’intervention, la résolution 2085 du Conseil de Sécurité adoptée à l’unanimité le 22 décembre 2012 prévoyait le déploiement d’une Mission Internationale de Soutien au Mali sous commandement Africain (MISMA) sous la conduite de la CEDEAO, et appelait les Etats à faciliter le déploiement de cette dernière, qui devait être complémentaire à un dialogue politique portant sur le statut de l’Azawad9. La France outrepasse nettement la lettre, voire l’esprit de la résolution, puisqu’en choisissant d’agir dans un cadre bilatéral avec les autorités maliennes, elle court-circuite la MISMA, et contribue à amalgamer la question du terrorisme à celle de l’indépendance du territoire du Nord10. Comme le note Bérangère Rouppert11, le déploiement précipité de la force internationale africaine dans les jours qui ont suivi témoigne davantage d’un souci de légitimation a posteriori, visant à ne pas laisser l’ancienne puissance coloniale en première ligne12. 

Une mosaïque d’intérêts occultés. 

Si la rupture du cessez-le-feu et la reprise des hostilités par Ançar Dine, qui accusait l’armée malienne de recruter subrepticement des mercenaires en vue d’une reconquête militaire de l’Azawad13, laissait peu de chance à une solution politique, il faut noter que la France privilégiait l’option militaire de longue date. Elle s’opposait notamment à l’Algérie qui, dans le même esprit que les médiateurs nigérian et burkinabé de la CEDEAO, entendait profiter de la période précédant le déploiement de la MISMA (initialement prévu fin septembre 2013) pour relancer les négociations, notamment en encourageant les composantes touarègues de la rébellion (MNLA et surtout Ançar Dine) à rompre avec les djihadistes internationaux d’AQMI et du MUJAO14. Pointant les risques humanitaires, le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon s’était, jusqu’à l’offensive d’Ançar Dine sur Konna, lui aussi montré critique sur l’éventualité d’une intervention précipitée15. L’engouement français pour une posture martiale s’explique en réalité par les intérêts économiques dans la région, qui contrairement à ce que martèle Paris, sont colossaux.

Avec un cadre économique libéral imposé par les institutions financières internationales dans les années 1990, le Mali constitue un terrain favorable pour les sociétés transnationales. Le nombre d’entreprises françaises présentes est cependant relativement modeste – une cinquantaine, dont le géant Bouygue16 – et, bien que le Mali soit le troisième producteur d’or en Afrique, les prospections pour exploiter les sites de gaz, de pétrole, de phosphates et de cuivre se sont avérées décevantes. Plutôt que ses richesses intérieures, c’est davantage l’emplacement géographique du Mali qui fait de son contrôle un atout stratégique majeur : le pays occupe en effet une position centrale dans le Sahel, un espace semi-désertique grand comme l’Europe dont le contrôle constitue un défi depuis le tracé artificiel des frontières africaines lors de la décolonisation. Cette région a vu son potentiel déstabilisateur accru ces dernières années par l’apparition de différents groupes armés, l’essor de trafics en tout genre et la non-résolution de la question touarègue (v. Infra), qui, après la chute du régime du Colonel Kadhafi, a pris une tournure nouvelle avec le retour en masse de combattants nomades armés et entrainés par le guide libyen, pour qui ils servaient de mercenaires17. 

Ainsi, si les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas menacés par la déstabilisation du Mali en tant que telle, son basculement sous la domination de forces politiques qui lui seraient hostiles pourrait faire tache d’huile, et gagner des pays aux enjeux autrement plus essentiels pour un grand nombre d’entreprises multinationales. « Les sous-sols de la région sont riches en bassin miniers, gazifières et pétrolifères transfrontaliers », explique Raf Custers, chercheur au Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative (Gresea) spécialisé dans l’industrie extractive. En particulier, le Niger voisin, également aux prises avec une rébellion touarègue, fournit 50% de l’uranium utilisé dans l’hexagone18. Afin de sécuriser l’approvisionnement du précieux minerai dont le contrôle relève de la plus haute importance, les forces spéciales françaises se sont de façon surprenante déployées le 23 janvier sur les sites miniers de son principal exploitant au Niger, Areva, où trois travailleurs français avaient été enlevés par AQMI en 201019. La compagnie y réalise de plantureux bénéfices, au prix d’une exploitation sans merci des travailleurs locaux, et d’un faible retour pour l’Etat Nigérien (à qui elle achète l’Uranium à 80 € le kilo, le tiers de son cours mondial) qui contribue à maintenir celui-ci dans la liste des pays les plus pauvres de la planète20.

L’étroite imbrication des intérêts étrangers dans cette région explique l’accueil globalement favorable réservé à l’intervention française par la plupart des Etats, qui partagent le même souci de stabilisation du Sahel. L’important soutien américain apporté à la France en termes logistiques et de renseignements doit être compris à la lumière de ses impératifs stratégiques régionaux. Le commandement unifié des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom), créé en 2007 et entré en fonction en 2008, vise notamment à sécuriser les approvisionnements énergétiques et à contrer l’influence croissante de la Chine sur le continent noir21. Le soutien mesuré apporté à l’opération par la Russie et la Chine s’explique également par leurs intérêts dans la région : à travers sa compagnie Gazprom, la première a obtenu en 2011 l’accord du Niger pour la recherche et l’exploitation d’uranium. La seconde, quant à elle, dispose d’entreprises dans tous les pays du Sahel22 

Dans ce contexte, que reste-t-il du discours de François Hollande prononcé en octobre 2012 à Dakar  ? Le chef de l’Etat y avait en effet appelé à mettre fin à la « Françafrique » : ce mécanisme hérité de la décolonisation qui consistait à maintenir des relations commerciales et politiques préférentielles en échange d’un soutien militaire et économique à des régimes souvent peu démocratiques. Le déroulement de l’opération Serval évoque pourtant à s’y méprendre les vieilles pratiques tant décriées : les premières frappes ont été effectuées par des avions de chasse déployés au Tchad dans le cadre du dispositif français « épervier »23, en activité depuis 1986 et accusé de contribuer à maintenir le régime controversé du président Idriss Déby, en poste depuis 1991 et particulièrement critiqué par les associations de défense des droits de l’homme. « Les déclarations du président à Dakar ne visaient en réalité que les réseaux d’influence para-légaux entre élites françaises et élites africaines, l’aspect le plus visible de la françafrique », analyse Eric Remacle, professeur d’histoire des relations internationales à l’ULB. « Il ne s’agissait en aucun cas de remettre en cause le partenariat privilégié entre la France et les chefs d’Etat africains. »

Pour des raisons tant internes que diplomatiques, l’exécutif français semble s’être accordé pour éluder soigneusement la question des motivations stratégiques et économiques de cette guerre. Et le « désintéressement » de compléter l’« urgence » et la « légitimité » dans le trio de tête du vocabulaire choisi pour justifier l’intervention. Ces maîtres-mots de la communication officielle sont par ailleurs très mollement questionnés par les principaux médias français, peu disposés à écorner outre mesure le storrytelling si fédérateur de la « guerre juste » contre le terrorisme, et qui semblent avoir du mal à prendre la distance nécessaire pour poser les vraies questions24. Entre autre manifestation de cette omerta, on notera la cocasse passe d’arme entre le ministre français Bernard Cazeneuve et Gunther Krichbaum, président de la Commission des Affaires européennes au parlement allemand sur France Inter : visiblement peu familier de la lecture du conflit qui domine outre-rhin, ce dernier affirma comprendre la détermination française à sécuriser son approvisionnement d’Uranium au Niger, suscitant la gêne du journaliste et du ministre. « Nous sommes intervenus au Mali pour combattre la menace terroriste, et nous n’avons aucun intérêt économique », corrigea promptement M. Cazeneuve, embarrassé par cette déconstruction si soudaine du discours officiel25. 

La lutte anti-terroriste élude la question touarègue. 

Par ailleurs, la lecture quasiment exclusive de ce conflit à travers le prisme du terrorisme risque d’occulter la question de l’indépendance de l’Azawad comme manifestation des revendications des Touaregs (et plus globalement des habitants du Nord) à l’auto-détermination, pourtant au cœur du problème. Réfractaire aux diverses tentatives de soumission et de contrôle de la part de l’Etat central, ce peuple commerçant et nomade qui s’est toujours joué des frontières fut largement marginalisé par l’administration coloniale française, qui appuyait son pouvoir sur les élites urbaines du Sud. Après l’indépendance, la relative indifférence se transforma en hostilité croissante : les tentatives de contrôle administratif et les politiques de sédentarisation forcée furent très mal vécues par les populations nomades, qui refusaient de devenir des citoyens de seconde zone. Les terribles sècheresses des années ‘70 et ‘80, la déstructuration des modes de vie traditionnels (résultant notamment du déclin du commerce caravanier) et la sévère répression du soulèvement de 1962 accentuèrent le mécontentement. Si l’idée d’un Etat touareg au Mali du Nord date de 1958, les revendications de sa population et des mouvements armés n’ont, jusqu'au soulèvement de 2012, jamais considéré l’indépendance comme une fin en soi : au gré des révoltes et des rebellions, il s’agissait principalement de réclamer une meilleure prise en considération de la part du Sud. 

A l’issue d’une nouvelle phase de guérilla, un accord fut signé en 1991 entre le pouvoir et la rébellion touarègue. Cet accord, par lequel Bamako s’engageait à allouer des moyens supplémentaires pour le développement de l’Azawad et à une meilleure inclusion de sa population ne fut que partiellement respecté, contribuant ainsi à l’affirmation de la revendication nationale et à la reprise des hostilités à partir de 200626. Les transferts vers le Nord furent par ailleurs mal acceptés par la population du Sud, elle-même victime de graves problèmes de pauvreté. Dans ce contexte, la perpétuation de la déliquescence sociale au Nord s’avéra un terrain fertile pour les groupes salafistes, qui, avec une certaine complaisance de Bamako, assumèrent de plus en plus les fonctions délaissées par l’Etat. La place croissante de ces derniers ne devrait cependant pas être sur-interprétée, leur enracinement progressif ces dernières années constituant davantage le fait de phénomènes opportunistes – générés en partie par les importants moyens financiers dont ils disposent, en provenance notamment du Qatar27 – que d’une tendance lourde à la radicalisation religieuse des populations du Nord28. La déclaration d’indépendance de l’Azawad et l’essor du fondamentalisme musulman ne doivent dès lors être interprétés que comme des conséquences du sous-développement chronique de cette région et de ses implications pour sa population.  

L’association incorrecte entre terroristes, islamistes et Touaregs a déjà commencé à montrer ses effets dévastateurs : depuis la libération par les troupes françaises de villes occupées par Ançar Dine, les témoignages de massacre d’habitants du Nord indûment accusés d’avoir soutenu les salafistes se multiplient29. Le risque d’un tournant ethnique à cette guerre n’est donc pas à exclure, avec des conséquences dramatiques pour les populations arabo-berbères, qui font l’objet d’un fort ressentiment de la part de l’armée malienne. En outre, cet amalgame contribue à délégitimer les revendications d’inclusions sociales, politiques et économiques des habitants du territoire septentrional. 

Vers un dialogue entre Paris et les islamistes ?

Dans ce contexte trouble, quelle sera l’attitude adoptée à long terme par Paris ? Si son objectif prioritaire reste d’assurer la stabilité régionale, les moyens mis en œuvre pour y parvenir dépendront des évolutions sur le terrain, difficiles à prévoir à l’heure actuelle. Bien qu’il s’agisse dans un premier temps d’affaiblir au maximum les combattants rebelles, il n’est pas certain qu’elle se lancera, comme le souhaite Bamako, dans une stratégie contre-insurrectionnelle de longue haleine qui permettrait à cette dernière de recouvrer durablement son intégrité territoriale. La France a en effet peu intérêt à déployer d’énormes moyens pour contrôler ce territoire vaste et déshérité. Les risques d’enlisement sont par ailleurs réels si, avec le temps, l’opération était de plus en plus perçue comme d’inspiration néocoloniale30. Des négociations avec certains acteurs du Nord portant sur un statut particulier de l’Azawad semblent donc inévitables. 

Paradoxalement, Paris pourrait privilégier un dialogue avec les groupes qui menacent le plus leurs intérêts, à savoir les salafistes. Bien que ceux-ci soient peu représentatifs des populations du Mali du Nord, ce sont eux et non les mouvements de revendications nationales qui sont les plus à même d’assurer un contrôle effectif du terrain et qui représentent le plus grand danger. « Lors des négociations de paix, ce sont souvent les groupes au plus haut potentiel de nuisance qui sont considérés comme les interlocuteurs prioritaires », explique Eric Remacle. La consigne31 donnée par l’Elysée de proscrire le terme « islamistes » pour désigner les combattants ennemis (dès lors systématiquement qualifiés de « terroristes »), pourrait ainsi témoigner du souci de ne pas rompre totalement les ponts avec d’éventuels partenaires de négociations. Les intérêts français pourraient donc s’accommoder de l’établissement d’un état semi-autonome dirigé par des islamistes non liés au terrorisme international, qui renonceraient en échange à instaurer la charia sur l’entièreté du Mali. Cette solution laisserait cependant largement de côté la question du sous-développement de l’Azawad, qui resterait dès lors un terreau favorable au recrutement de djihadistes hostiles à la France.

L’avenir dépendra également de la capacité du MNLA à se réinsérer sur la scène. Marginalisé depuis son échec à s’imposer face aux islamistes sur le terrain après la proclamation d’indépendance, ce dernier tente, en jouant la carte du rempart laïque contre l’islamisme, de redevenir un acteur avec lequel il faut compter32. Le mouvement a ainsi apporté un soutien critique à l’armée française dès le début de l’opération Serval, accordant donc la priorité au refoulement des groupes salafistes. Il a également donné des signes d’ouverture en renonçant aux revendications indépendantistes au profit de l’auto-détermination dans le cadre du maintien de la souveraineté de l’Etat malien33. Bien que les observateurs doutent de ses capacités militaires, le MNLA pourrait, s’il parvenait à s’imposer comme un acteur légitime – ce qui est loin d’être acquis dans la mesure où il est honni au Sud, où il est largement jugé responsable de la crise actuelle – apporter aux français une caution utile en cas d’un prolongement des opérations. Le retour du mouvement (qui bien que constitué de touarègues, refuse une lecture ethnique ou religieuse du conflit et se veut le représentant de tous les habitants de l’Azawad34) à la table des négociations aurait par ailleurs le mérite de mettre à l’agenda la question du développement et de l’inclusion du Nord comme alternative à la sécession. 

Il semble toutefois illusoire de penser que la stabilisation durable du Mali soit possible sans prendre en compte la situation socio-économique dans l’ensemble de la région. De fait, l’endiguement du fondamentalisme ne pourra être couronné de succès sur le long terme si l’on ne s’attaque pas à sa source : la misère sociale. Cela implique de relégitimer l’Etat dans les domaines où celui-ci ne réponds plus aux besoins de ses citoyens. Cet objectif ne peut être atteint sans une démocratisation des structures sociales, économiques et politiques de ces pays, parmi les plus pauvres et inégalitaires au monde. Cela passe par une meilleur répartition interne des richesses, mais également par une redéfinition du rôle des multinationales (majoritairement occidentales) présentes sur place, dont la faible contribution financière au regard des bénéfices réalisés génère des implications dramatiques sur le sous-développement économique et social35. Toute solution qui viendrait tarir dans la durée le flux de djihadistes passe donc par une révision sur une base plus égalitaire du partenariat entre les Etats périphériques et les acteurs qui occupent une position centrale dans l’économie mondiale. A la vue de la myriade d’intérêts économiques que viendrait contrarier cette dynamique, il est néanmoins peu probable que ces derniers y souscriront.  

 

Gregory Mauzé

 

*Les citations non-référencées sont tirées d’entretiens avec leurs auteurs. 

 

Notes

 

1- Wallerstein, Immanuel, "Le Mali : le prochain Afghanistan ?", 28 novembre 2012, medelu.org.

2- Leymarie, Philippe, "La guerre du « Sahelistan » aura-t-elle lieu ?", Le Monde diplomatique, janvier 2013.

3-"Les services du renseignement américain aident la France au Mali ", 22 janvier 2013, maliactu.net.

4-"La France de plus en plus ambitieuse au Mali", 21 janvier 2013, arcinfo.ch.

5- Rouppert, Bérangère, "L’étonnant consensus autour de l’intervention française au Mali", Note d’Analyse du GRIP, 15 janvier 2013, Bruxelles.

6- La souveraineté nationale consiste pour une Nation à ne pas subir d’ingérences extérieures. La souveraineté populaire renvoie quant à elle au droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement et leurs dirigeants.

7- En droit international, la doctrine consiste en l’interprétation de la coutume, qui est définie comme une pratique répétée de règles non-écrites par des Etats, qui devient de fait une importante source de droit.

8- Collin, Jean-Marie, "Questions sur le Mali à Bérangère Rouppert, chercheur au GRIP", 16 janvier 2013, alternatives-economiques.fr.

9- Conseil de sécurité de l'ONU, "Le Conseil de sécurité autorise le déploiement d'une force internationale au Mali", CS/10870, 20 décembre 2012, un.org.

10- Leymarie, Philippe, "Mali : questions sur une intervention", 14 janvier 2013, blog.mondediplo.net.

11- Rouppert, Bérangère, loc.cit.

12- Hofnung, Thomas, "Les pays d’Afrique de l’Ouest sur le pied de guerre mais sans moyens", 20 janvier 2013, liberation.fr.

13- Olivier Matthieu, "Nord-Mali : Ansar Eddine renonce à cesser les hostilités et fustige "le mépris" de Bamako", 3 janvier 2013, jeuneafrique.com.

14- Benchiba, Lakhdar, "Ce qu’en pense Alger", Le Monde diplomatique, janvier 2013.

15-"Ban Ki-moon réservé sur un soutien de l'ONU à l'opération militaire au Mali", 23 janvier 2013, rfi.fr.

16- Berkouk, Safia, "Financement, intérêts, lutte d’influence : les enjeux économiques de la guerre au Mali", El Watan, 21 janvier 2013.

17- Leymarie, Philippe, "Comment le Sahel est devenu une poudrière", Le Monde diplomatique, avril 2012.

18- Ribadeau Dumas, Laurent, "Philippe Leymarie sur les causes de la guerre au Mali", 18 janvier 2013, geopolis.francetvinfo.fr.

19- Guisnel, Jean, "Niger : les forces spéciales protégeront les mines d'uranium d'Areva", 23 janvier 2013, lepoint.fr

20-"L’uranium du Niger, toujours bon à piller", 28 août 2007, gresea.be.

21- Henningsen, Patrick, "Mali : US Africa Command (AFRICOM) Prepares for Another “Humanitarian” Military Intervention ?", 12 octobre 2012, globalresearch.org.

22-Ribadeau Dumas, Laurent, loc.cit.

23-"Hollande : « La France n’a pas vocation à rester au Mali »", 15 janvier 2013, liberation.fr.

24- Armati, Lucas, Dassonville, Aude, Senejoux, Richard et Tesquet, Olivier, "Guerre au Mali : comment s'en tirent les médias français ?", 24 janvier 2013, telerama.fr.

25- Schneidermann, Daniel, "Berlin-Bamako : les bons mots font les bons amis", 22 janvier 2013, rue89.com. Emission disponible sur http://www.franceinter.fr/player/re....

26- De Santis, Gaël, "Pierre Boilley : « Il faut distinguer les terroristes des indépendantistes touaregs » ", L'humanité, 15 janvier 2013.

27-"'Notre ami du Qatar' finance les islamistes du Mali", Le Canard enchaîné, 6 juin 2012.

28- De Santis, Gaël, loc.cit.

29- Remy, Jean-Philippe, "Dans Gao libérée, désolation et règlements de comptes", Le Monde, 30 janvier 2013

30- Rouppert, Bérangère, loc.cit.

31-"L'Elysée a ordonné de ne pas parler d'islamistes", 18 janvier 2013, arretsurimages.net

32- Berthemet, Tanguy et Oberlé, Thierry, "Le MNLA tente de revenir dans le jeu malien", 22 janvier 2013, lefigaro.fr

33-"Mali : de la sécession à l'autodétermination, la nouvelle stratégie du MNLA", 10 octobre 2012, rfi.fr.

34- Bouzeghrane, Nadjia, "Situation au sahel : le MNLA met en garde contre un embrasement régional incluant le Niger", El Watan, 27 janvier 2013.

35- Selon le Tax Justice Network, les différents mécanismes d’évasion fiscale mis en place par ces dernières génère en Afrique subsaharienne un manque à gagner de 30% du PIB. Tax Justice Network for Africa, "Pillage de l’Afrique : faits et chiffres", in Alternatives Sud Vol. 14, "Evasion fiscale et pauvreté, points de vue du sud", Centre tricontinentale et Syllepse, 2007, Paris.

 

Publié sur ACJJ.BE

 

Source: INVESTIG'ACTION

mercredi, 06 février 2013

MALI: «NOUS AURIONS DU HAUSSER LA VOIX DES LE JOUR OU DES CHARS DE COMBAT FRANÇAIS ONT FORCE LES GRILLES DU PALAIS DE GBAGBO»



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Boubacar Boris Diop sur le Mali, la France et l'Afrique : "Nous aurions dû hausser la voix dès le jour où des chars de combat français ont forcé les grilles du palais de Gbagbo (...) Les Maliens ont perdu leur Etat et leur honneur"


Dans une interview accordée au journal sénégalais Le Pays au Quotidien, reprise par son collègue djiboutien Abdourrahmane Waberi sur son blog hébergé par Slate Afrique, l'écrivain Boubacar Boris Diop analyse les différentes implications de la guerre au Mali... et refuse d'applaudir à tout rompre la France officielle... qu'il qualifie de "pompier pyromane".

 

"Le danger, à mon humble avis, c’est d’analyser cette guerre comme un fait isolé. Tout le monde la relie à l’agression contre la Libye, mais pas avec autant d’insistance qu’il faudrait. Il ne suffit pas de dire que l’agression contre la Libye est en train de déstabiliser la bande sahélienne et toute l’Afrique de l’Ouest. Il faut la placer, de même que le « printemps arabe », au cœur de la réflexion sur le Nord-Mali. Nous devons peut-être même aller plus loin et nous demander si nous n’aurions pas dû hausser la voix dès le jour où des chars de combat français ont forcé les grilles du palais de Gbagbo. Il était possible, sans forcément soutenir Laurent Gbagbo, de bien faire savoir à Paris qu’une ligne rouge venait d’être franchie. Mais nous avons trop bien appris notre leçon sur la démocratie, on a inventé exprès pour nous des termes comme « bonne gouvernance » – qui donc a jamais entendu parler de la « bonne gouvernance » en Belgique ? – et nous en sommes venus à perdre tout sens des nuances et surtout la capacité d’inscrire des évènements politiques particuliers dans une logique globale.

(...) Il suffit de remonter le fil des évènements. Après avoir assassiné Kadhafi dans les conditions scandaleuses que l’on sait, L’Etat français a cru le moment venu de confier la sous-traitance de la guerre contre Aqmi et le Mujao à la rébellion touarègue. Comme vient de le rappeler Ibrahima Sène dans une réponse à Samir Amin, Paris et Washington décident alors d’aider les Touareg présents en Libye à rentrer lourdement armés au Mali mais, détail important, pas au Niger où on ne veut prendre aucun risque à cause d’Areva. Les Touareg sont ravis de pouvoir concrétiser enfin leur vieux rêve d’indépendance à travers un nouvel Etat de l’Azawad, allié de l’Occident.

Certains médias français se sont alors chargés de « vendre » le projet de ces « hommes bleus du désert » qui se préparent pourtant tout simplement à entrer en guerre contre le Mali. Il suffit de faire un tour dans les archives de France 24 et de RFI pour voir que le MNLA en particulier a été créé de toutes pièces par les services de Sarkozy. Ces stratèges savaient très bien que cela allait se traduire par l’effondrement de l’Etat malien et la partition de son territoire. Ça ne les a pourtant pas fait hésiter une seconde. Juppé s’est ainsi permis de minimiser l’égorgement collectif par les Touareg d’une centaine de soldats et officiers maliens le 24 janvier 2012 à Aguelhok et suggéré la possibilité d’un Azawad souverain au nord. Mais au bout du compte, le MNLA qui n’a pas été à la hauteur des attentes de ses commanditaires face aux jihadistes, s’est pratiquement sabordé, ce qui est d’ailleurs sans doute une première dans l’histoire des mouvements de libération. Dans cette affaire, la France est clairement dans le rôle du pompier pyromane. Tout laisse croire qu’elle va défaire les jihadistes, mais sa victoire coûtera aux Maliens leur Etat et leur honneur.

Je veux juste dire que c’en est fini pour longtemps de l’indépendance du Mali et de sa relative homogénéité territoriale. Il faudrait être bien naïf pour s’imaginer qu’après s’être donné tant de mal pour libérer le Nord, la France va remettre les clefs du pays à Dioncounda Traoré et Maliens et se contenter de grandes effusions d’adieu. Non, le monde ne marche pas ainsi. La France s’est mise en bonne position dans la course aux prodigieuses richesses naturelles du Sahara et on la voit mal laisser tomber la rébellion touarègue qui reste entre ses mains une carte précieuse. Un épisode de cette guerre est passé inaperçu, qui mérite pourtant réflexion : la prise de Kidal. On en a d’abord concédé la « prise » à un MNLA qui n’a plus aucune existence militaire et quelques jours plus tard, le 29 janvier, les soldats français sont entrés seuls dans la ville, n’autorisant pas les forces maliennes à les y accompagner. Iyad Ag Ghali, patron d’Ansar Dine, discrédité par ses accointances avec AQMI et le MUJAO, est presque déjà hors jeu et son rival « modéré » Alghabasse Ag Intalla, chef du MIA, est dans les meilleures dispositions pour trouver un terrain d’entente avec Paris. En somme, les indépendantistes Touareg vont avoir après leur débâcle militaire un contrôle politique sur le nord qu’ils n’ont jamais eu. C’est un formidable paradoxe, mais l’intérêt de l’Occident, c’est un Etat central malien sans prise sur la partie septentrionale du pays. Les pressions ont commencé pour obliger Dioncounda Traoré à négocier avec des Touareg modérés sortis de la manche de Paris et on ne voit pas un président aussi affaibli que Dioncounda Traoré résister à Hollande. Que cela nous plaise ou non, le « printemps arabe » est en train de détacher définitivement l’Afrique du Nord du reste du continent et la « nouvelle frontière » c’est en quelque sorte le Nord-Mali. Cela correspond à un projet stratégique très clair, très cohérent, de l’Occident et il est en train de le mettre en œuvre."

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 05 février 2013

LA CHRONIQUE DE ATHANASE ZOKOU: FRANÇOIS HOLLANDE REND VISITE A SES SUJETS MALIENS

 

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Beaucoup d'africains ont l'art d'oublier facilement les choses les plus graves qui se sont déroulées dans leur histoire alors qu'ils conservent précieusement, en mémoire, plusieurs faits futiles de leur existence.Cela fait  trois cents ans, quatre cents ans, cinq cents ans et même plus que la France a déposé ses valises de prédateur sur un si vaste territoire qui est le continent africain.

Le masochisme, cette pathologie des damnés à qui les diseurs de boniments français vendent le cirque de l'aide à la chasse aux islamistes et aux gargantuas du Sahara est devenu une pandémie au pays de Soundiatta kéita.

Les Maliens ont en effet touché le fond.  Nos frères et soeurs de Bamako, de Sikasso et de Tombouctou sont en plein dans du délire; pas parce qu'ils sont assiégés par des islamistes dont nous savons à peu-près tout du parcours, mais parce qu'ils viennent de profaner la grandeur de leur cité aux 333 saints. Tombouctou aurait un autre saint du nom de François Hollande, selon les Maliens. François le françafricain, Hollande le ténor du mitterrandisme serait donc le numéro 334 sur la liste des saints de la ville de Tombouctou.

Au passage, je rappelle à mes compatriotes Maliens que René Caillé a bien eu du mal à pénétrer cette cité. Jadis, ville interdite aux occidentaux et aux  hommes non-circoncis, elle ne peut, sous le coup d'un agrégat d'émotion, perdre de sa superbe et de son authenticité. Non, François Hollande n'est pas un saint. C'est un être humain qui n'a pas reçu l'onction de canonisation. Il est ce qu'il est, c'est-à-dire un citoyen français. Président de la république de son pays, il poursuit un premier but qui est la quête des matières premières qui feront la richesse de son pays puis positionneront ensuite l'industrie française sur le devant de la scène. En l'espèce, s'il doit être mille fois chef de guerre, faire tuer des personnes innocentes sur son chemin, il ne va pas hésiter un seul instant. Surtout si les morts éventuels, par milliers, se trouvent être des Maliens, ce sera considéré par la rue comme étant le prix à payer pour chasser les islamistes qui, faudrait-il le souligner, ont le dos très large!

Et le sauveur de la nation malienne, selon le terme puéril employé par les autorités de Bamako, n'aura sauvé que lui-même, puis par ricochet, son fauteuil présidentiel pour le prochain quinquennat gaulois. De Saint François de Tombouctou, il deviendra dès lors, très vite, le saint patron qui donnera le tempo politico-économique, par procuration dans les mines d'or de Taoudéni, ville du grand nord malien. Tandis que les autochtones, au même titre que leurs voisins du Niger, seront les dindons de la farce instituée par Areva un jour en Libye et  qui s'est propagée au Mali.


Source: IVOIRE-POLITIQUE