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vendredi, 26 octobre 2012

REFUS DE CEDER AUX CAPRICES DE LA FRANÇAFRIQUE, LA SORCELLERIE CONTRE LE PRESIDENT GHANEEN A COMMENCE

 

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Selon le site internet ghanaweb.com, la banque mondiale et le FMI accusent l'actuel président du Ghana John Mahama Dramani et son épouse Mme Mahama Lordina d’avoir détourné la somme 170 millions de dollars de prêts et de subventions donnés au Ghana depuis 2010. Ces sommes auraient été déposées dans des comptes bancaires en Suisse. Selon ce site, le défunt président John Atta Mills aurait lui-même de son vivant écris à ces institutions pour se plaindre de l’attitude de son vice président. 

Donc le président découvre que son vice détourne de l’argent et il ne le convoque pas devant le sénat mais il s’en plaint auprès de la Banque Mondiale et du FMI. Mieux, il le choisit comme son colistier pour les élections présidentielles de décembre prochain.

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La communauté internationale vient de déclencher sa machine infernal contre ce pays pour certainement son assistance aux réfugiés ivoiriens.
 
Prions pour le Ghana!
 

Pris sur la page Facebook de Steve Beko
 
 
Source: GHANA WEB

jeudi, 25 octobre 2012

ALBERT BOURGI - MALI: LES RISQUES D'UNE INTERVENTION MILITAIRE EXTERIEURE

 

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La gravité de la situation dans le Nord du Mali justifie, sans aucun doute, la tenue, le 26 septembre 2012, en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une Conférence internationale consacrée exclusivement à la menace que font peser sur toute la région sahélo-saharienne, et même au-delà, les activités des mouvements terroristes. L’urgence d’un tel sommet à New York s’impose d’autant plus que l’avancée et la violence des groupes armés qui, désormais, occupent plus de 800 000 Km2 des 1 240 000 Km2 que couvre le territoire malien, se sont accompagnés d’exactions multiples à l’encontre des populations civiles.

Un tel chaos est, de toute évidence, exacerbé par le vide politique et institutionnel qui prévaut au Mali depuis le coup d’État du 22 mars 2012 qui a renversé le Président Amadou Toumani Touré. Si, dans un premier temps, les Maliens ont cru voir dans les militaires qui ont pris le pouvoir, sous la conduite du capitaine Sanogo, un moyen de laver l’humiliation subie par leur armée lors de l’invasion des trois régions du Nord (le 24 janvier 2012, dans la localité d’Aguelhok, une centaine de militaires a été purement et simplement exécutée), ils ont très vite déchanté.

Elément déclencheur, voire amplificateur du coup d’État du 22 mars 2012, l’irruption brutale et criminelle des groupes armés dans le Nord, a mis à nu l’état de délitement des structures étatiques du pays, dont a témoigné, entre autres, la déroute de l’armée malienne face aux rebelles. Cette évanescence de l’Etat malien n’était que le corollaire des limites d’une expérience politique longtemps érigée en modèle, sur le Continent. En réalité, et c’est certainement là l’une des causes de l’effondrement du mythe malien, la prétendue démocratie consensuelle voulue par le Président déchu a eu pour effet de discréditer la classe politique, et de casser ainsi les ressorts du pluralisme qui aurait pu faire obstacle à la rupture de l’ordre constitutionnel par la junte militaire.

C’est précisément ce vide politique provoqué par le mode d’exercice du pouvoir  qui a facilité le coup d’État militaire, et entretenu la confusion dans laquelle s’est inscrit le schéma institutionnel dit de la transition qui répond davantage à des compromis politiques échafaudés par un médiateur autoproclamé, le  Président burkinabé Blaise Compaoré, qu’à une volonté de restauration de la légalité constitutionnelle. Les combinaisons politiciennes qui ont sous-tendu, depuis maintenant six mois, la mise en place des structures de la transition au Mali, sous l’égide officielle de la CEDEAO qui s’était auparavant faite remarquer par des oukases de rétorsion économique et financière, ont discrédité aux yeux des Maliens l’organisation ouest africaine.

Ainsi, en dépit du bons sens, l’attelage institutionnel de la transition, d’ailleurs bien éloigné de ce que prévoit la Constitution malienne de 1992 en cas de vacance du pouvoir se caractérise par l’existence de trois pôles de pouvoirs qui se neutralisent et se combattent. Le Président « intérimaire » durant les quarante jours prévus par la Constitution, devenu par la suite un Président de transition par la seule volonté des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, mais qui a finalement conservé le titre de Président intérimaire, brille aujourd’hui par son effacement au profit du Premier ministre. Ce dernier détient désormais les pleins pouvoirs, et sous l’apparence d’un homme résolu à remettre son pays sur les rails de la normalisation institutionnelle, il semble surtout vouloir remettre en selle les partisans de l’ancien Président Moussa Traoré, renversé par la révolte populaire du 26 mars 1991 et réunir les conditions politiques de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Quant à la junte militaire elle est bel et bien là, et continue de peser de manière décisive sur le cours des événements.

Cet imbroglio institutionnel, inapte à sortir le pays de la crise, sert surtout les intérêts politiques du médiateur, Blaise Compaoré,  en quête permanente de leadership dans la région, dans le but de masquer la défiance dont il est l’objet dans son propre pays. Tout cela conduit à craindre que les Maliens, faute de consensus national sur le cadre de la transition, ne se retrouvent pas dans  l’actuelle architecture du pouvoir pour relever le double défi de la reconquête du Nord et de la reconstruction de l’État. Ces mêmes craintes pourraient surgir au cas où certaines modalités de l’intervention militaire  extérieure seraient perçues comme une ingérence manifeste dans les affaires intérieures du Mali. Ce type de réaction est d’autant plus possible que le peuple malien est très sensible à tout ce qui touche à sa souveraineté nationale. 

Il est pourtant plus qu’urgent de mettre fin à la terreur instaurée par les mouvements terroristes dans le Nord du pays, et d’extirper une présence  terroriste qui constitue une menace non seulement pour l’unité nationale du Mali mais pour la paix dans tout le Sahel. Mais une fois cet objectif fixé, il reste à en déterminer les conditions de mise en œuvre qui doivent obéir à de multiples paramètres géostratégiques et militaires, rendus  très complexes par les différences d’approche des pays de la région. A cela s’ajoutent les doutes qui subsistent dans l’opinion africaine en général sur les capacités d’action de la CEDEAO depuis les fâcheux précédents du Liberia et de la Sierra Leone. Dans ces deux pays, l’ECOMOG, la force ouest africaine, presqu’exclusivement composée de contingents nigérians, s’était livrée à des violences et à un pillage en règle des pays où elle était censée rétablir la paix. 

                                    

Albert BOURGI                               

Professeur émérite de droit public à l’Université de Reims

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 23 octobre 2012

FRANÇAFRIQUE, CETTE ASSOCIATION DE MALFAITEURS QUI A PARALYSE L'AFRIQUE!

 

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Ces jours-ci, il est de bon temps de parler d’un vent de renouveau dans les relations France-Afrique.  L’«honneur» des Africains est lavé, semble dire à l’unisson certains milieux politiciens des deux côtés de la méditerranée. Le nouveau président de la gauche française, François Hollande est venu soigner les «bobos» que son prédécesseur de la droite française, Nicolas Sarkozy, a commis envers les «élites» africaines.

Contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait dans la même ville, Dakar, commis l’impair en pensant avoir identifié le « drame de l’Afrique » en disant que «l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire», François Hollande préfère « encenser » le continent « berceau de l’humanité », en valorisant ses atouts et en axant sur son avenir, sans s’attarder sur le lourd passé des relations franco-africaines, dont il veut apparemment se distancer. Désormais, déclare-t-il dans son premier discours en terre d’Afrique: « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité. »[1] En fait, l’exposé est truffé de belles phrases, des promesses d’amitié, de sincérité, bref, un beau discours avec des énoncés tout à fait judicieux pour susciter l’adhésion des Africains en ces temps d’incertitudes et de crise globalisée, dont ils sont encore une fois les otages.

Mais pour beaucoup d’Africains, le seul fait nouveau dans ce discours, c’est son orateur, le président François Hollande, le nouveau visage des intérêts de la France en Afrique. Le reste n’est que rengaine. Les mémoires sont pleines des promesses et autres engagements des gouvernements successifs de la France, qu’on s’empresse d’enterrer sitôt éteints les projecteurs. Qui ne se souvient du fameux discours prononcé à La Baule le 20 juin 1990 par un autre président français, également de gauche, François Mitterrand. Son contenu a marqué les esprits par le vent de changement qu’il prônait, autant en terme de relations entre la France et l’Afrique, qu’en terme de liberté, de développement et d’ouverture démocratique. D’autant que le contexte politique international de l’époque s’y prêtait particulièrement dans la foulée de l’effondrement de l’union soviétique et la chute du mur de Berlin. N’est-ce pas qu’il faut avoir la mémoire courte pour croire encore aux discours des présidents français sur l’Afrique? Aucun d’eux n’a jamais mis en péril le système néocolonialiste mis en place par le général de Gaule et son homme de main Jacques Foccart pour garder ses ex. colonies sous domination française. La machine monstrueuse qu’est la Françafrique est toujours active, même si les discours et les filières sont renouvelés à chaque changement de gouvernement français.

Alors, morte la Françafrique comme le proclame le président Hollande? Pas sûr. Chacun de ses prédécesseurs avait, dans des termes plus ou moins similaires, proclamé publiquement l’acte de décès de cette association de malfaiteurs, dont l’ampleur des crimes contre l’humanité occuperait la cour pénale internationale pour des années, à tout le moins. Mais aucun des présidents, de droite comme de gauche, n’a vraiment dévié de la ligne tracée par Jacques Foccart, laquelle comme chacun sait, ne fait aucune place aux droits des peuples des ex. colonies.

Gauche et droite, nourries au sein de la Françafrique

Si les Africains ne s’attendaient pas à des gestes révolutionnaires de la droite française, supposément pas très regardante sur la question des droits de l’homme dans la conduite de ses affaires en Afrique, l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avait soulevé de grands espoirs. D’autant que François Mitterrand avait nommé au poste de ministre délégué à la « coopération » Jean-Pierre Cot, un homme tout acquis au changement dans les relations France-Afrique, comme l’écrivait Christian Fauvet dans l’Express : « La tête pleine d’idées généreuses (…), il s’emploie à faire souffler le vent du changement. Après tout, il est là pour ça. Dans son esprit, le changement consiste à abandonner la politique du secret, que symbolisait Foccart, (…) À promouvoir une autre politique du développement, fondée sur une certaine morale. »[2] Jean-Pierre Cot, explique pour sa part au réalisateur du remarquable documentaire Francafrique[3], Patrick Benquet : « qu’il représentait “l’image” à laquelle tenait le président Mitterrand”, l’ouverture sur le tiers-monde, le discours généreux du développement, les nations unies, les droits de l’homme… » Tout cela ne fut qu’une brève parenthèse.

Les Africains découvrent rapidement que ce n’est qu’une image derrière laquelle le président Mitterrand est devenu lui-même la nouvelle matrice de la Françafrique et encaisse dans les pures traditions de celle-ci, les dividendes engendrés par le pillage, les détournements, et autres crimes infligés aux peuples du continent. Ils ne sont pas les seuls à être déçus par la gauche française. Le ministre de la coopération l’est tout autant de voir son président reproduire dans les coulisses ce qu’il condamnait publiquement. Jean-Pierre Cot démissionne et devient ainsi une victime de l’argent sale, qui alimente les caisses noires de l’Élysée et les comptes bancaires des dictateurs alliés. Sauté l’obstacle Jean-Pierre Cot, la Françafrique repart sous la houlette de François Mitterrand, qui du même coup enterre le discours d’ouverture de la Baule qui faisait la part belle à la démocratie, au développement et les droits de l’homme dans les ex. colonies. Pendant un court instant de l’histoire, les peuples africains s’étaient mis à rêver si fort qu’ils en oubliaient que l’orateur et son assistance, un parterre de dictateurs sanguinaires et corrompus, étaient les pourvoyeurs exclusifs de leurs souffrances. Mitterrand a tout bonnement enterré le projet de rupture avec la Françafrique et mis celle-ci au service de ses propres ambitions.

On efface et on recommence

Plus de 15 ans plus tard, après d’autres guerres[4], d’autres massacres, et d’autres coups d’état qui ont confiné le continent dans la misère et la violence, le candidat président de la droite, Nicolas Sarkozy se présente aux Africains avec le même projet de rupture avec la Francafrique. Il parle d’instaurer une : « relation transparente. Il nous la faut, déclare-t-il, débarrassée des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés »[5] Son secrétaire d’état chargé de la coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel va connaître le même sort que celui de Mitterrand, Jean-Pierre Cot. Dans un discours fort critique des relations France-Afrique, il déclare devant la presse : « Je veux signer l’acte de décès de la “Françafrique”[6]. Je veux tourner la page de pratiques d’un autre temps, d’un mode de relations ambigu et complaisant, dont certains, ici comme là-bas, tirent avantage, au détriment de l’intérêt général et du développement. » Il n’en fallait pas plus pour réveiller les monstres de la Françafrique. Et au lieu de rupture, c’est plutôt le secrétaire d’état qui est démis de ses fonctions dans la « patrie » des droits de l’homme. Cependant, contrairement à Jean-Pierre Cot qui a refusé de monnayer ses principes en déclinant l’offre de son gouvernement, cet ancien colonel accepta d’occuper le poste de ministre aux anciens combattants. 

50 ans après les indépendances, la mort de la Françafrique devrait être une affaire exclusivement africaine 

Tous ces épisodes de la Françafrique, qui renait à chaque fois de ses cendres, prouvent aux Africains que la balle de leur émancipation est désormais dans leur camp. Il leur faudra regarder bien en face, et surtout évaluer les incidences des instruments de leur dépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, la Françafrique, bien sûr, mais aussi la Francophonie et la Franc-maçonnerie[7], qui sont autant de ghettos qui neutralisent le développement des ex. colonies. Si la mondialisation n’est pas l’idéal pour l’humanité, il n’empêche qu’elle a permis l’ouverture du continent africain à d’autres possibilités de développement. Quand les Africains entendent les politiques et médias français s’indigner que la Chine fasse des affaires avec des régimes qui violent les droits humains, ça prête à sourire, tant le sarcasme est énorme. Il faut être bien arrogant et surtout méprisant pour reprocher aux Chinois, un crime qu’eux-mêmes commettent systématiquement et sans état d’âme depuis 50 ans sur le continent noir, au vu et au su de toute l’Europe, dont ils sont le fer de lance dans cette partie du monde. Tout comme les Britanniques et les États-Unis le sont dans d’autres endroits de la planète.

C’est parfait de vouloir tourner la page, mais alors, que la France cesse séance tenante son soutien aux dictateurs, qu’elle publie tous leurs biens et leurs avoirs[8] sur son territoire et qu’elle les restitue aux peuples pillés[9], qu’elle libère les archives de ses ex. colonies, qu’elle mette fin aux accords militaires secrets, et qu’elle procède au démantèlement de ses bases militaires. Peut-on y croire? Après 50 ans de pratiques inégales et de mensonges, les préjugés instillés par les réseaux de la Françafrique finissent comme une seconde nature qu’on peine à éliminer. Et on aurait tendance à penser que rien de cela ne sera fait. Force est de constater, encore une fois dans le cas du Mali, ce va-t-en guerre, dont la France use si facilement sur le continent et qui trahit la nature des relations néocolonialistes encore diffuses dans les esprits de l’Élysée. Ce n’est sûrement pas les peules du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Rwanda, du Tchad et beaucoup d’autres, comme aujourd’hui, les Maliens qui diraient merci à la France d’avoir intervenu militairement dans leur pays. Finalement, ce qui est présenté comme une rupture dans les relations avec l’Afrique peut se révéler n’être qu’une mutation et tous les atermoiements ne justifieraient ultimement qu’une chose : les intérêts économiques de l’Occident en Afrique, menacés par les économies émergentes, en particulier la Chine, de plus en plus présente sur le continent. Et sûrement à moindre coût (humain et matériel) pour des Africains en quête de liberté, de dignité et de développement.


Zehira Houfani, écrivaine.

 

Notes


[1]Le discours de François Hollande, le Point.fr, 12 octobre 2012,

[2] L’écart de Jean-Pierre Cot, Christian Fauvet, l’Express, 10 décembre 1982

[3] Françafrique, Patrick Benquet, Infrarouge, France 2, 13 octobre 2010

[5] Discours prononcé au Bénin le 19 mai 2006

[6] Les voeux à la hussarde de Jean-Marie Bockel, Vincent Hugeux, L’EXPRESS, 15 janvier 2008

[7] Franc-maçons: les maîtres de l’Afrique, Théophile Kouamouo, Jeune Afrique, 11 avril 2011

Voir aussi l’excellent documentaire « Françafrique » de Patrick Benquet cité plus haut, qui montre une scène surréaliste et surtout affligeante de ces maîtres de l’Afrique dans leur accoutrementde franc-maçon

[8] Voir le site de l’ONG française Survie et l’important travail de son président, François-Xavier Verschave , une véritable bibliothèque sur les crimes de la Françafrique: www.survie.org

jeudi, 18 octobre 2012

JEUNE AFRIQUE: RACISME, CHANTAGES, ESCROQUERIES, MERCENARIAT, RACKETS... - PERQUISITIONS D'UNE MAISON CLOSE

 

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Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique.

 

Un bel article de 2011 à visiter et à revisiter pour comprendre le rôle nuisible et les intrigues de cet organe françafricain nommé "Jeune Afrique". Il est certes un peu long, mais donnez-vous de la peine, lisez-le. Vous en apprendrez des choses!


Depuis presque un demi siècle, des générations entières d’Africains subissent la tyrannie, le mépris de M. Béchir Ben Yahmed  et de son groupe de presse, et ce n’est pas fini, car ses rejetons sont là à l’œuvre et travaillent à pérenniser l’œuvre de colonisation de nos esprits et de dépouillement de nos deniers publics. Qu’a-t-il apporté ce groupe de presse aux Africains ? La question mérite d’être posée, tellement cette famille s’est enrichie plus que de raison sur le dos des Africains. Bras armé de la françafrique, la ligne éditoriale du « sac à merde » comme l’a qualifié un homme politique malien, s’est toujours alignée sur les positions néocolonialistes françaises. Les violons s’accordaient régulièrement entre BBY et Jacques Foccart qui révéla dans ses mémoires qu’il avait un rituel d’un dîner par mois avec le propriétaire de J.A. La complicité entre les deux hommes était telle qu’à sa mort, Jacques Foccart désigna BBY comme son légataire testamentaire universel. Que peuvent attendre les Africains du légataire de Foccart ? Que peut-il leur offrir ? A part, les maintenir autant et aussi longtemps que possible dans les liens du  pacte colonial ?

« BBY devenait le gardien et, en fait, l’agent de commercialisation des mémoires de l’homme ayant, outre des opérations telles que le débarquement des mercenaires en 1977 au Bénin, perpétué la présence néocoloniale de la France dans ses ex colonies et ainsi permis à la France de partir pour mieux rester » releva  Antoine Glaser. Le groupe JA faisait bel et bien partie du réseau Foccart.

BBY a-t-il  convaincu  de son indépendance ?

Ou bien a-t-il tout simplement réussi à convaincre qu’il était un sous fifre de la Françafrique, informé, managé et exécutant toutes les missions qui pouvaient aller de la terreur médiatique à la mise à mort,  programmées dans les sous-sols de la Foccardie, puis de ses successeurs ; l’empire  JA  puise ici sa source et le fondement de sa puissance ; une puissance dont l’expression première est sa capacité de nuisance, sa détermination à salir, à insulter les dirigeants et Chefs d’Etat de la seule Afrique Noire.  Car de mémoire d’homme, on n’a jamais vu BBY traiter ou qualifier un Chef d’Etat arabe, de dictateur, de tueur, et pourtant certains ont instauré de monstrueuses tyrannies qui, pour le moins, n’ont rien à envier à toutes les « dictatures » africaines qu’il n’a cesse de dénoncer et de brocarder en des termes orduriers et racistes.

« Aboul le fric » est la devise du groupe, les Chefs d’Etat Africains doivent payer pour qu’on les épargne, s’ils refusent, ils se font descendre, et  leur entourage de souligner le tirage de J.A. à X...Exemplaires, de  prévenir  que leur avidité non satisfaite se transformerait en haine et en  poursuite infernale contre eux ; alors de grâce, payez pour avoir la paix, payez pour qu’il vous lèche les bottes, plutôt que de le voir vous déverser sa bile. C’est le discours qu’on entend régulièrement dans les couloirs des présidences africaines.

Ainsi donc, à cette opération de chantage bien menée, s’ajoute une escroquerie qui consiste en ce que chaque semaine, le journal est vendu deux fois ; une première fois à l’annonceur - Chef d’Etat ou homme politique - puis une seconde fois au pauvre lecteur que nous sommes qui, perdons notre temps à acheter et à enrichir depuis plus de 60 ans une famille qui n’a aucune considération pour nous si ce n’est que de s’appliquer à vider les  poches  de nos responsables sans aucun scrupule.

Quoi de plus convaincant que des exemples concrets, entrons donc dans les égouts du journal et faisons la lumière sur ses pratiques douteuses. Du Cameroun au Gabon, en passant par la Côte d’Ivoire, le Sénégal, tout le monde est logé à la même enseigne ; seule la  rapide docilité de certains à allonger le blé aux  journalistes commerciaux de J.A, explique la différence de traitement.

C’est ainsi qu’aux dossiers incendiaires dont le but est de maintenir la pression plutôt que d’informer, succéderont des reportages qui sont, en fait, des publi-reportages de même que l’enquête journalistique est en fait une quête publicitaire. Aujourd’hui, JA fait face  dans l’arène médiatique à une presse privée africaine qui devient très audacieuse et dynamique, vous comprendrez pourquoi la vénalité de cette famille la pousse au chantage, aux menaces dans leur course de rattrapage. Véritable outil de propagande, l’hebdomadaire n’accepte ni la concurrence ni le refus d’adhérer à ses idées mercantiles. Exemples :

Le Cameroun

Un contrat portant sur la somme de 650 millions de FCFA à verser chaque année permet au régime de Paul Biya de bénéficier d’un traitement de faveur.  Le Gouvernement paya sans râler pendant 4 ans, puis en a eu marre, surtout que l’impact positif des articles de JA n’a jamais été prouvé,  de même que  les retombées en termes d’image sont une belle arnaque et personne n’y croit. Aussi, malgré plusieurs relances, on fit la sourde oreille à Yaoundé. Pendant ce temps, à Paris, la famille BY affute ses couteaux, et pond un dossier sur les 50 personnalités qui comptent en Afrique et, bien entendu, Paul BIYA est  zappé et sérieusement critiqué sur tous les angles.

Le Gabon

Véritable vache à lait, le Gabon a toujours les plus lourdes factures au groupe JA. Selon les anciens du journal, Bongo assurait les fins de mois de l’hebdomadaire à lui tout seul. Il serait fastidieux de lister 40 ans de collaboration fructueuse ; aussi citons les scandales encore fumants comme celui souligné par la Lettre du Continent : Le groupe Jeune Afrique a édité, via sa régie publicitaire Difcom dirigée par Danièle Ben Ahmed, un bon de commande à l’attention de la présidence de la République gabonaise pour la réalisation d’un guide “Ecofinance” sur le « +Gabon ». Mais, selon la même Lettre confidentielle, depuis cette date, il n’y a aucun retour du côté gabonais. Le directeur exécutif de la rédaction, Marwane Ben Yahmed, fils de BBY, a donc enfilé sa casquette de VRP. Il est monté au créneau pour rappeler  à la ministre gabonaise de la communication, Laure Olga Gondjout, la “longue collaboration” entre Jeune Afrique et l’ancien président Omar Bongo Ondimba… Des menaces à peine voilées.

Le Sénégal

La presse sénégalaise s’offusque régulièrement des sommes astronomiques dépensées pour fermer la bouche au journal J.A. qui n’a pas bonne presse malgré le fait que de nombreux sénégalais aient travaillé dans la maison. De vives tensions avaient opposé le régime de Diouf à BBY au sujet de la couverture de la crise qui a opposé le Sénégal à la Mauritanie en 1989. Les premiers papiers de JA étaient une véritable lapidation médiatique du régime de Diouf. L’élite sénégalaise avait bien compris le message, BBY avait choisi le camp de ses frères arabes. Le régime de Diouf paniqua et envoya une délégation pour négocier à coups de millions, non pas le respect de la Vérité ou une certaine éthique professionnelle dont le journal n’en a que faire, mais plutôt un équilibre dans la présentation des évènements. Le Sénégal avait  parfaitement à l’esprit le racisme du propriétaire de  l’hebdomadaire mais aussi la connaissance de l’octroi de licences de pêche à certains responsables du groupe par le régime de Ould TAYA.

Le Tchad

On peut dire que le cas du Tchad peut se résumer à la personne du président Habré, à son combat contre Khadafi et à la position de BBY. La façon dont BBY, un vieillard de 83 ans s’occupe personnellement, avec une haine féroce, à démolir l’image de Hissein Habré (HH), a poussé  ses propres collaborateurs à s’interroger sur cette attitude. 

Au début, était le contrat qui le liait à Kadhafi, conclu pour accompagner et maquiller la politique expansionniste de la Libye au Tchad et dans la sous-région. Toutefois, les milliards encaissés par la famille BY n’expliquaient pas toute cette folie en continu depuis plus de 30 ans. Le 14 juillet 1988, le président HH fut l’invité d’honneur de la fête nationale française, durant sa visite à Paris dans le cadre de ces festivités BBY adressa une invitation  au Président HH au siège de J.A. Ce dernier déclina l’invitation. Le Roi Béchir le prit très mal, lui qui se considérait comme l’égal de ces Excellences, selon les confidences d’anciens de la maison. Un coin du voile fut levé grâce à une grande dame de la politique sénégalaise, ancienne ministre, elle donna une clé pour comprendre la haine qu’il éprouvait pour HH

BBY 
avait été profondément traumatisé par les évènements Tchado-libyens. Elle expliqua que «  lors de la  chute de Ouadi-Doum, elle était en train de dîner avec le couple Ben Yahmed dans leur domicile ; les télévisions françaises étaient déchaînées sur l’actualité brulante de l’heure à savoir, la totale déconfiture de la puissante armée libyenne ; des milliers de soldats libyens venaient d’être faits prisonniers par l’armée nationale tchadienne, tout l’état major libyen avait été fait prisonnier et quelques instants plus tard, les images de soldats libyens menottés, certains assis, d’autres à genoux, défilèrent sur les écrans … Silence lourd et pesant, BBY blême, accuse le coup, au bord des larmes, il contient difficilement son émotion, sa rage plutôt; il se sent humilié jusqu’au plus profond de son être. D’une voix éteinte, oubliant qu’il n’était pas seul, il balbutie : « Jamais, jamais des Noirs n’ont mis à genoux des Arabes. Comment ont-ils osé ? Je consacrerai ma vie à le leur faire regretter amèrement …. » Et c’est ainsi que le Président Hissein Habré paie depuis plus de 30 ans,  pour le courage qu’il a eu  d’affronter Khadafi, d’avoir mobilisé son peuple, son armée pour mettre fin à une barbarie sans nom. Des troupes  libyennes ont semé la terreur, envahi le pays, commis des crimes horribles, il est vrai avec la complicité active d’hommes politiques tchadiens. Malgré cette horrible réalité  vécue par le peuple tchadien, l’esprit enfiévré et raciste de BBY n’a enregistré que la dernière séquence pour monter son propre film  pour nourrir et alimenter sa haine et son désir de vengeance qu’il lèguera à ses fils déjà positionnés pour pomper à leur tour l’argent des Africains.

A cette vanité raciste, il faut ajouter qu’il lui revient de brasser du vent pour la françafrique à laquelle il appartient ; d’où  son engagement inlassable dans l’affaire HH qui lui permet, par ailleurs, d’en imposer au désormais sur-liquide Deby qui arrose abondamment les différents envoyés spéciaux de J.A. A fonds perdus, vue sa désastreuse image tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le pauvre ! Avec les catastrophiques résultats du Tchad, dernier du peloton dans plusieurs domaines, avec l’échec du Projet Pétrole, les rapaces de J.A. auraient de quoi écrire pendant 30 ans.

La Mauritanie

C’est François Soudan qui a le dossier Mauritanie, lui qui dit : On aurait des racines dans ce pays. L’équipe de J.A. a joué à fonds la carte Ould Taya en dressant un portrait très flatteur : « A 62 ans, Ould TAYA est plus habile, plus déterminé que jamais… » et invitant les lecteurs à ne jamais le sous estimer…. Puis c’est le coup d’Etat de Mohammed El Vall , le nouveau Président après avoir fait refouler François Soudan, temporise et sort son chéquier, du coup virage à 90° pour nos experts pour qui selon le bon mot du journaliste Hugueux  «l’analyse du contenu de J.A. atteste une souplesse d’échine que ne renierait pas le plus talentueux des contorsionnistes. Quand l’appel de titre devient appel de fonds. » (Nous vous invitons à lire l’ouvrage du journaliste). Le coup d’Etat en Mauritanie est donc une divine surprise pour J.A. (500.000 euros encaissés selon la presse). Quant au pauvre Ould TAYA, il est perçu désormais comme « timide, distant, cassant, enfermé dans une logique sécuritaire et fonçant dans le mur … ».

Le Rwanda

Pendant longtemps, le régime de Juvenal Habiarimana a signé les contrats publicitaires les plus importants, J.A. a fait des affaires en or avec les auteurs du génocide. Désormais, on fait la cour à Kagamé, signature d’un contrat de 350 000 dollars, Francois Soudan exalte Paul  Kagamé,  désormais décrit comme ayant fait de son pays un paradis sécuritaire etc.

Ainsi dans le royaume de J.A, la boussole qui guide la ligne éditoriale a pour balancier l’appétit de l’argent. Lequel explique que la somme des sujets tenus à distance est égale à celle des non sujets matraqués en permanence. C’est la parfaite illustration de la coïncidence entre les intérêts des dictatures avec ceux de l’information comme l’ont souligné avec pertinence des journalistes camerounais. Les journalistes de J.A. bombent le torse, arrogants, ils ont le droit de se croire puissants et de travailler à la légende dorée de leur indépendance… Personne n’est dupe.

Quelques esprits pourraient néanmoins ne pas croire au racisme de BBY, pour se faire une idée, écoutons les journalistes africains noirs qui ont travaillé avec lui pendant parfois de longues années et qu’il a foutu à la porte ou poussé à la démission ou bien qui ont préféré partir (comme Marie Roger BILOA ou Blaise Pascal TALLA).

Le journaliste Jean Baptiste PLACCA a eu un clash avec BBY au sujet de Nelson Mandela, plus précisément, lors de la libération de Mandela  et de la couverture de l’évènement du siècle. BBY refuse d’envoyer un reporter couvrir ce qui est pour lui un non évènement. On peut le faire depuis Paris maintient-il. Son collaborateur est choqué,  le Roi Béchir est nu, sa face hideuse explose  au grand jour, M. Placca quitte le groupe JA.

Francis KPATINDE, journaliste depuis 19 ans à  J.A. assiste, ce jour de novembre 2004, à une conférence de rédaction à laquelle prend part  l'ancien journaliste français Henri Marque (RTL), ami de Ben Yahmed et invité par ce dernier à assister aux débats de son équipe.  M. Marque déclare  sans sourciller que la «paresse est congénitale chez les Africains.»

Outré, Kpatindé juge ces propos inadmissibles et dénonce  le racisme du vieil ami de son patron, lequel ami menace de quitter les lieux si l'impertinent Noir ne présente pas ses excuses. «Jamais de la vie !», répond Kpatindé face à l'insistance de son «boss» qui tient à ses relations avec Henri Marque. BBY prend la chicotte et les coups pleuvent sur Kpatindé ; réprimandes, harcèlements, retraits de rubriques, et voilà que le journaliste béninois présente sa lettre de démission à BBY. En voici un extrait :

« …  Votre ire s'est accrue, en novembre dernier, après ma réaction, en conférence de rédaction, contre les propos racistes - à l'égard des Africains - de l'un de vos collaborateurs. Au lieu de m'apporter votre soutien,  vous avez semblé prendre le parti de l'intéressé. Il est évident que je ne puis accepter cette façon de faire et le harcèlement continu dont je fais l'objet depuis plusieurs mois. Je me réserve donc le droit de donner une suite à ces comportements pour le moins inadmissibles au sein d'une entreprise qui tire profit, plus que de raison, de l'Afrique. »

Que dire du journaliste SENNEN qui, ravagé par un cancer de l’intestin en phase terminale, recevait de BBY, sur son lit de mort à l’hôpital, des lettres de mises à pied pour causes d’absences prolongées… !

Ou encore du journaliste Sénégalais Elimane Fall, jeté, repris, rejeté, cent fois humilié. La machine à broyer de BBY tourne à plein régime et pour lui, les Noirs ne connaissent que la chicotte. Cela s’applique dans le cadre professionnel avec ses employés africains qui lui doivent obéissance, soumission et doivent s’exécuter et surtout la fermer et garder  yeux et tête baissés.

C’est la conception coloniale du « BOYE » noir, homme à tout faire, que dis-je, bête de somme. Illustration : Vous êtes journaliste, diplômé, connaissant votre travail et le faites sérieusement. Mais, BBY exige que vous vous transformiez en agent collecteur de bons de commande auprès d’entreprises africaines, auprès d’hommes politiques dans le pays où vous êtes en mission. Au besoin, une ridicule petite commission est concédée pour justifier cette substantielle et unilatérale modification de votre contrat de travail. Mais vous estimez ne pas être intéressé par cette commission n’ayant pas une formation de commercial ; Comme s’exprimait ainsi Francis Kpatindé dans sa lettre précitée : «….Laissez-moi, vous rappeler une de vos correspondances dans laquelle vous me proposiez 5% de commission si, au cours de mes voyages, je vous ramenais des contrats commerciaux et des actionnaires. Je peux également citer ces étranges correspondances, auxquelles je n'ai jamais donné suite, d'une responsable de l'entreprise me demandant de lui faire parvenir des listes de prospects pour l'actionnariat et l'abonnement patrimoine. J'ai, bien entendu, les moyens de prouver ce que j'avance. »

L’extraordinaire imagination de BBY ferait des jaloux.

Des articles payés rubis sur ongle font suite à des insertions publicitaires d’entreprises, mais aussi des abonnements à tarifs spéciaux, sans compter des achats d’actions du groupe. Constatons  que presque tous les Chefs d’Etat  africains, beaucoup d’hommes politiques opposants ou non, des chefs d’entreprise ont été démarchés pour acheter des actions, et bien sûr l’arnaque consiste à ne pas être considéré comme un actionnaire normal à qui les résultats de la société  sont communiqués et qui peut légitimement s’attendre à toucher des dividendes de l’empire BBY. Mais, il ne faut pas rêver !

Selon, le Canard Enchaîné, le bouchon a été même poussé plus loin quand un chef d’entreprise tunisien ayant acquis, sur injonction de la présidence de son pays, des actions du groupe, exprima par écrit, le souhait de les revendre après 10 ans, BBY refuse et lui répond : « Comme vous le savez l’achat des 263 actions l’ont été dans le cadre d’un achat fait par 41 sociétés tunisiennes à la demande de la présidence tunisienne (Ben Ali). Cet achat a été coordonné et centralisé par les deux directeurs de cabinet respectifs. Donc pour la revente, vous devez suivre la même procédure à rebours. » Incroyable, non seulement les dictatures africaines amies de BBY obligent leurs sociétés à acheter des actions du groupe J.A. pour renflouer leur caisse, opération financière en pure perte puisqu’aucun dividende ne vous est jamais versé, mais en plus impossible de revendre les foutues actions, même à vil prix ! Y a-t-il une posture plus  déshonorante que celle-ci ?

Le groupe a pourtant une situation florissante, une affaire extrêmement rentable, qui ne peut être que rentable vu ses méthodes managériales sui generis. La preuve c’est qu’aucun des fils de BBY n’a essayé de faire ses preuves dans une autre activité, pourquoi aller vers l’inconnu quand on a une mine d’or entre les mains, et qu’il suffit d’en faire une affaire familiale pour en garder tous les bénéfices.

Imaginez une seconde, la razzia que fait ce journal sur les comptes de nos pauvres Etats : La grande interview-propagande politique d’un Président tourne autour de 800.000 euros selon les finances du pays, 940.000 euros pour la Guinée Equatoriale, plus la collecte d’insertions publicitaires à 10.000 euros la page ; toutes les entreprises du pays  y passent et l’envoyé spécial de J.A. y veille avec le Cabinet présidentiel ; et, en plus l’abonnement spécial obligatoire pour les entreprises, et encore l’achat d’actions qui ne produiront aucun versement de dividendes.

Sans compter ce qui pourrait figurer dans le livre Guinness des idées les plus diaboliques, à savoir : l’abonnement à vie à Jeune Afrique avec la touche spéciale c'est-à-dire que l’abonnement est transmissible avec votre héritage à vos enfants. Il fallait y penser. N’oublions pas les fameux Atlas, revues touristiques qui coûtent au bas mot 100.000 euros tirés à un nombre important d’exemplaires, faites le calcul !

Ce n’est pas fini, il arrive que les experts de J.A. vous tiennent la main pour écrire, comme par exemple, le président Obiang Nguéma de Guinée Equatoriale pour son livre « My life for my People » !

Constatez la saignée à blanc de nos Etats par des donneurs de leçons sans égal. Que pensent les institutions internationales préoccupées par la bonne gouvernance de ces dépenses inappropriées ? Tout cet argent dépensé à engraisser des maîtres chanteurs, aurait pu être plus judicieusement utilisé ! Il est vrai que le groupe est un démembrement de la Françafrique, entre copains, c’est toujours le renvoi d’ascenseur.

De plus, la fragilité des pouvoirs en Afrique dope les actions de communication, c’est en quelque sorte leur terreau fertile.

Les rares visites de BBY sur le continent Noir sont à relever, cela participe de la distance nécessaire qu’il met pour contenir, loin de lui, les responsables africains qu’il méprise et avec qui, il ne souhaite  partager aucune familiarité, ne parlons pas d’amitié.

Dans cette logique, il refuse leurs médailles mais accepte leurs chèques. Il n’est pas question pour S Y Béchir de se rabaisser au niveau d’un roitelet nègre. Quelques petites exceptions, il lui est arrivé d’aller quémander le président Houphouet à domicile ainsi que le président Bongo quand les temps étaient cailloux pour lui. Récemment, il était prêt à abandonner son actionnaire Ouattara pour se rendre à Abidjan sceller une réconciliation avec Gbagbo et faire main basse sur un pactole, mais les conditions fixées par Gbagbo furent jugées trop draconiennes. Au Sénégal, il avait obtenu un crédit bancaire pour renflouer les caisses de J.A. avec l’aval du président Diouf, la presse sénégalaise rappelle souvent au propriétaire de J.A. qu’il n’a pas remboursé le prêt consenti.

C’est ainsi que la terreur médiatique qu’il inspire, son appartenance d’abord au Réseau Foccart, puis à la Françafrique lui a permis, malgré les insultes régulières, les diffamations multiples et ce pendant plus de 60 ans, excusez du peu, de n’avoir eu aucune plainte dirigée contre lui et jugée. Absolument renversant. La seule exception est la plainte introduite par les avocats du président Hissein Habré pour un faux grossier à savoir, une pseudo interview que leur aurait accordée l’ancien président Tchadien.

BBY a estimé que cette initiative relevait de l’audace et qu’il ne devait pas permettre à d’autres de suivre cet exemple. D’où les multiples gesticulations de ses avocats pour demander aux réseaux françafricains de ne pas oublier de lui renvoyer l’ascenseur, à lui membre de la confrérie au nom des bons et loyaux services rendus pour servir les intérêts de la France. La décision de justice rendue mérite le détour : le juge français a déclaré que « le président Hissein Habré n’apportait pas la preuve qu’il n’a pas accordé d’interview à J.A. et BBY aussi, n’a pas pu apporter la preuve que HH leur a accordé une interview…!». Tout le monde a compris, car, la charge de la preuve incombait bien à J.A. qui a prétendu que Hissein Habré leur avait donné une interview ; et, tous les journalistes le savent, dans un cas pareil, on a des courriers, des échanges, des supports audio même pour une interview dans un journal. Or, JA et Ben Yahmed n’avaient rien. Pour les sortir du pétrin, le renvoi d’ascenseur avait fonctionné avec des grincements bruyants. Partie remise ?

BBY est un habitué des sollicitations pour le tirer d’un pétrin, selon la presse française, les arriérés de son groupe à l’URSSAF étaient astronomiques, il demanda une faveur au PM d’alors, français Balladur qui la lui accorda. Il en sera ainsi avec les prud’hommes dans le cas des conflits avec ses employés. On peut relever que la presse française ne s’intéresse pas beaucoup à lui, mais ne l’épargne guère à l’occasion. Toutefois, l’arrogant BBY la joue balle à terre et adopte un profil très bas et évite la confrontation avec les journalistes français, comme on dit chez nous « les grenouilles ne sautillent pas dans l’eau chaude. »

Le mépris, le manque de considération de J.A. se constate quand Deby se fait interviewer en casquant plus 300 millions de F CFA et insulte copieusement les rebelles tchadiens en les traitant de mercenaires.

Le représentant des rebelles et porte parole M. Acheikh Ibn Oumar écrit un droit de réponse qui, selon les règles professionnelles, devait être publié dans le journal. Niet catégorique de J.A, on balance le droit de réponse sur le site du journal, le temps d’une rose et basta. Aucune indignation de la part de l’intéresse qui ne dénonce pas ce mauvais traitement, s’en accommode même. C’est normal que BBY tienne toujours sa chicotte à la main, si chacun (et tout le monde) baisse yeux et tête.

Toujours sur le Tchad, et le refus de publier les droits de réponse à lui envoyés par les avocats de Habré; ceux-ci dénoncèrent cette attitude  et firent  publier dans d’autres médias les droits de réponse en question, provoquant la fureur de BBY et quelques insultes avec les responsables des journaux ayant publié les droits de réponse. Des méthodes de mafiosi en fin de compte.  Selon BBY, à ses  insultes, il ne faut ni opposer une plainte, ni exercer un droit de réponse et pire, il ne faut pas non plus tenter de réagir par d’autres voies !  Est-ce le comportement de quelqu’un qui respecte les gens ou est-ce le comportement d’un maître vis-à-vis de ses valets ?

Le racisme de BBY a explosé, aussi, en ce qui concerne la Tunisie de Ben Ali.  BBY est tunisien, cela lui suffisait à lui et ses enfants pour dire « Touche pas  à mon pays ». Ainsi, parlait Zyad Liman, fils de la femme de BBY, lors d’une émission sur TV5 à propos de la modification constitutionnelle faite par Ben Ali pour s’assurer une présidence à vie : « D’abord, le régime de Ben Ali réunit autour de lui la majorité des Tunisiens qui ne sont pas intéressés par d’autres questions, le régime leur offre une vie bien meilleure à celle d’autres pays. De plus, je m’interdis de dire du mal d’un pays qui est le mien et dont je détiens le passeport même si ma mère est savoyarde. » Dans ces quelques mots, tout a été dit. Le fils de Ben Yahmed a une conception bien curieuse du journalisme indépendant ! Il n’a pas démérité de son père adoptif. Mais ne nous laissons pas divertir par ce camouflage. Des solides liens d’argent unissaient BBY et Ben Ali.

Ainsi, dans un article du 17 février, le journal « Le Monde » monte au créneau et accuse BBY et son équipe « d’avoir abondamment contribué à empêcher de connaître le vrai régime de Ben Ali. Ils n’ont jamais consacré des dossiers comme ils le faisaient sur Mobutu et Kabila fils. » N’est ce pas édifiant?

Et la presse française de poursuivre, « BBY était subjugué par Leila Ben Ali qu’il a dépeint en 2009 comme une femme politique énergique, déterminée et fonceuse, elle est la générosité discrète, percutante d’esprit, d’humour et d’humanisme ». En fait constate, le Canard Enchaîné, JA a habilement oscillé entre flagornerie et critique mouchetée de courtisan. Par rapport à la situation économique tunisienne en 2009, JA écrivait : « Le pays jouit d’une paix sociale. On l’a dit et répété depuis plus de 20 ans, la liste des progrès réalisés ne cesse de s’allonger ».

La saga de BBY a permis de prendre conscience qu’un groupe de presse, c’est capital pour décrocher des commandes de toutes sortes. C’est malheureusement ce que beaucoup de personnes ont retenu et le créneau suscite aujourd’hui beaucoup d’intérêt auprès d’hommes d’affaires, chanteurs, avocats, etc… qui espèrent  ainsi imiter l’équipe de JA et s’enrichir les doigts de pieds en éventail. BBY mérite t-il d’être copié ? Lui qui, répondant à une remarque sur l’absence d’une ligne éditoriale dans son journal, a rétorqué « les cimetières sont pleins de journaux qui en avaient ! ». En 2010, il revendiquait 60.000 exemplaires distribués en France et à l’étranger (combien d’invendus ?), autrement dit une dégringolade, une perte d’audience et de crédibilité constantes, le torchon ne fait plus recette. Il était temps !

Certains anciens de l’hebdomadaire surnomment BBY, le Gourou, l’assimilent à un roi ayant sa cour, ses bouffons et ses esclaves ; toujours est-il que le personnage à la peau fripée et submergée de millions de rides porte sur lui les affres du temps et de toutes ses forfaitures, compromissions, trahisons, inscrites comme des scarifications indélébiles.

Ayons le courage de dire STOP, de ne plus dépenser notre CFA dévaluée à enrichir une famille qui a bâti une fortune colossale en nous exploitant sans honte tout en affichant son souverain mépris. A la jeunesse africaine  de s’interroger sur ce que  peut bien  apporter la plume d’un homme qui, du haut de toute son expérience  politique, a assumé haut et fort que la libération de Nelson Mandela ne représentait pas un évènement assez important pour qu’il daigne envoyer un  seul reporter.

La meilleure réponse à cette attitude raciste, c’est d’arrêter de l’enrichir, de prendre conscience  que son appétit de notre argent, lui a apporté  puissance et arrogance mais que notre soumission  nous  a, en même temps, et  par ricochet, avili.

Le groupe de BBY, selon les mots de Lapham « apprend à réagir avec la souplesse accommodante d’un majordome anglais qui apporte des toasts beurrés au Prince de Galles ». C’est nous, les princes ! Alors, les majordomes, on peut les virer ou en changer, n’est ce pas?

 
 
Source: ZOOM TCHAD

mardi, 16 octobre 2012

UN RAPPORT DU MINISTERE FRANÇAIS DE LA DEFENSE FAIT FROID DANS LE DOS


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Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos - Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l'Occident!


Et si les rapports des experts en questions stratégiques, dans toute leur aridité, étaient plus à même de nous éclairer sur les vrais enjeux de notre monde que le storytelling des médias occidentaux dominants dégoulinants de «bons sentiments» manipulatoires ? En tout cas, le dernier rapport édité par le ministère français de la Défense, et qui est plus que jamais «à la mode» alors que le sommet de la Francophonie de Kinshasa se prépare fiévreusement [cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2012, ndlr], gagne à être lu et analysé. Le rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» décrit les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme. Ce qui signifie qu’il est, peu ou prou, endossé par les deux principaux partis de gouvernement qui dirigent alternativement la France – et qui se prémunissent avec une solidarité exemplaire contre toute menace qui viendrait troubler leur confortable jeu de ping-pong.

Bertrand Badie, un des plus éminents spécialistes des relations internationales de l’Hexagone, qui dirige L’Etat du monde, encyclopédie géopolitique de référence et enseigne à Sciences-Po Paris, ne s’y est pas trompé. «Hollande est dans la continuité de Sarkozy. Pas tellement sur le verbe et la forme, car les deux hommes n'ont pas le même tempérament, mais sur le plan thématique, sur la ligne politique, François Hollande n'a pas montré de volonté forte de rupture. La politique étrangère a été la grande absente de la campagne électorale, aucun thème n'a été soumis au débat public, il n'est donc pas étonnant que Hollande n'ait annoncé ni proposition nouvelle, ni initiative spectaculaire, ni virage politique. (…) Depuis le début de la Vè république, la gauche n'a jamais fait l'effort de définir ce qu'est une politique étrangère de gauche. François Mitterrand qui avait vilipendé la politique étrangère du général de Gaulle s'est finalement aligné lorsqu'il a accédé à l'Elysée en 1981. Et ses successeurs ne se sont pas beaucoup intéressés à la politique étrangère. Il y a là un manque. Le travail de critique et de réflexion en profondeur n'est pas mené. D'ailleurs, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy a été très peu critiquée par la gauche. Il n'y a pas eu de débat sur l'intervention en Libye. Celui sur la réintégration de la France dans l'Otan a été extraordinairement discret», a-t-il expliqué le 27 septembre dernier dans Le Journal du dimanche.
Le style change, mais le fond demeure, donc. Du coup, le document stratégique du ministère de la Défense, visiblement finalisé fin avril dernier – avant donc la débâcle de Nicolas Sarkozy – reste d’actualité. Que dit ce document sur le monde, la France et l’Afrique ?
 
Le déclin de l’Occident anticipé… et redouté
 
Le texte indique que parmi les «lignes de force» des décennies qui viennent, il y a «la fin de la domination occidentale». Nous nous dirigeons manifestement vers «un monde post-américain». Il existe «un risque de déclassement de l’Europe», et «l’affirmation de nouvelles grandes puissances, aux trajectoires toutefois incertaines» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), devrait se poursuivre. «L’accélération de la mondialisation» est également une ligne de force dans un contexte de «transition géopolitique marquée par une instabilité et une volatilité croissantes». Tout cela, on s’en doutait un peu…
Qu’anticipe donc le document stratégique français en ce qui concerne l’Afrique subsaharienne ? «Vingt ans après la fin de la guerre froide, le continent devrait continuer à voir son importance géopolitique s’accroître sous l’effet de la concurrence économique entre puissances émergentes «du Sud» (Chine, Inde, Brésil) et puissances en déclin relatif (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Néanmoins, les sous-régions d’Afrique pourraient évoluer distinctement en fonction de leur environnement extérieur (systèmes Corne/péninsule arabique), Sahel/Maghreb/Europe, Afrique de l’Est/sous-continent indien». Est-ce à dire que, de par la proximité géographique, l’Europe a un «rôle à jouer» bien plus important en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord qu’ailleurs ? Sans doute. La question qui se pose est la suivante : par quels moyens, dans ces zones spécifiques, les Occidentaux déclinants mèneront-ils la «guerre économique» contre leurs nouveaux concurrents émergents ? L’actualité nous fournit quelques débuts de réponse à cette interrogation, et ils peuvent paraître effrayants.
 
Des «printemps arabes» en Afrique ? Non merci
 
Pourquoi la presse française se passionne-t-elle pour les processus de changements de régime dans le Moyen-Orient, tout en s'indignant si peu des dénis démocratiques dans les pays d’Afrique francophone, où Paris a pourtant les moyens de faire avancer les choses dans le bon sens, à coups d’amicales pressions, loin de la «démocratie des bombes» à laquelle la Côte d’Ivoire, par exemple, a payé un lourd tribut ? Pourquoi, en plein printemps arabe, Ségolène Royal débarque-t-elle à Ouagadougou pour apporter un soutien sans équivoque à un Blaise Compaoré qui veut modifier la Constitution et fait face à la colère de son peuple ? Peut-être parce que les «policy-makers» français ne croient pas en l’avènement d’une émancipation démocratique au sud du Sahara. La pauvreté et le tribalisme seraient des facteurs bloquants. «Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable. Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation d’une partie de l’armée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : l’absence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de l’État, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de l’histoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée…)», indique le document. L’analyse n’est pas tout à fait dénuée de fondement, mais les références obsessionnellement ethnographiques de la France officielle quand il s’agit de l’Afrique, par exemple, indiquent d’une certaine manière qu’elle n’est pas pressée que la situation change. Les pouvoirs qu’elle soutient n’encouragent pas, généralement, une plus forte institutionnalisation de l’Etat. N’accompagne-t-elle pas avec enthousiasme un régime Ouattara qui a substitué des milices tribales à une armée nationale et n’a-t-elle pas longtemps soutenu une rébellion ivoirienne qui détruisait l’Etat pour le remplacer par des baronnies féodales dont les «Com'zones» sont des figures emblématiques ?
 
Sécessions et migrations
 
«La remise en cause des frontières actuelles pourrait aboutir à la création de nouveaux États ou à des redécoupages plus ou moins violents (Sud-Soudan, Somalie…). La rupture du tabou de l’intangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur l’ensemble du continent, voire au-delà», anticipe le rapport. L’on se souvient forcément qu’à Paris, la perspective d’une sécession du Nord-Mali, tant qu’elle ne disait pas son nom et qu’elle était incarnée par le MNLA, était une option sérieuse. Le soutien à des irrédentismes ou à des séparatismes sera-t-il demain, plus que jamais, un moyen de peser sur des situations géopolitiques ou de «semer l’effroi» parmi des nations africaines désireuses de s’affranchir ou de tester certaines formes d’indocilité? «Des catastrophes écologiques majeures liées aux premiers effets du changement climatique, notamment dans les zones les plus fragiles, pourraient déboucher sur de vastes mouvements de populations, intra et intercontinentaux, sources de déstabilisation majeure», écrit l’étude. Ce qui se passe dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, militairement conquis par des hommes faisant face chez eux à l’avancée du désert, est-il une préfiguration de ce type de «catastrophes» ? Les grandes villes de la côte ouest-africaine, épuisées par l’exode rural et de «l’abandon» d’une partie du Sahel, pourraient-elles vraiment, en partie, être noyées dans les flots de l’érosion côtière ? Ces questions interpellent les pouvoirs et l’intelligentsia du continent.
 
Le nationalisme africain… menace pour l’Occident !
 
Ce qui est inédit dans ce rapport produit par les experts du ministère français de la Défense, c’est qu’il classe désormais les souverainistes africains comme des ennemis potentiels. «Des crises dites «identitaires», fruit de l’instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l’absence de perspective d’intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux». Vous avez bien lu ! Ceux qui pensent une Afrique forte, indépendante, libre de ses choix, y compris en matière économique, sont des menaces pour l’Occident ! Et cela est dit de manière «décomplexée», dans un pays où le discours ambiant, certes souvent en contradiction avec les actes et les pratiques, tient, de Charles de Gaulle à Dominique de Villepin, l’indépendance des nations pour une sorte d’absolu ! Comme si cela n’était pas assez clair, le journaliste Adrien Hart, dans un article publié par Slate Afrique, précise la pensée des rédacteurs du rapport : «Tout le monde garde à l’esprit les violents appels anti-français de leaders politiques pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. L’avenir africain verra-t-il la multiplication de clones de leaders populistes comme Charles Blé Goudé ou de Julius Malema ? On ne le souhaite pas.» Et si ce background structurel était une clé permettant de comprendre la structure intellectuelle de ceux qui ont «pensé» l’assimilation grotesque du groupe islamiste Ançar Dine et de l’opposition ivoirienne en exil ? N’était-il pas question, au final, d’assimiler deux types d’acteurs qui représentent les menaces absolues ? Et si, au fond, la France officielle «préférait» d’une certaine manière les salafistes, dont la dangerosité est facile à «vendre», aux nationalistes africains, contre qui les opinions européennes comprendraient moins que l’on aille en guerre ? Ce débat n’est pas superficiel. Dès lors que l’on se convainc de ce que la principale menace identifiée par les stratèges officiels de l’Hexagone est le réveil de ce que nous appelons volontiers «l’Afrique digne», il devient évident que l’alliance avec des forces représentant la féodalité tribale voire le fanatisme religieux peut être envisagée contre les souverainistes africains. Les guerres civiles et les sécessions deviennent dans ce contexte des «problèmes» certes. Mais des «problèmes» qui légitiment une présence militaire, donc stratégique, accrue et vertueusement présentée. Puisqu’il s’agit de sauver l’Afrique contre elle-même en «empêchant les massacres».
 
La France veut continuer d’occuper militairement l’Afrique
 
Il y a une quinzaine d’années, la mode était aux concepts mettant en avant le retrait progressif de l’armée française du continent au profit de forces africaines de maintien de la paix. Ce n’est plus le cas. Ainsi, le rapport «Horizons stratégiques» met en valeur deux tendances lourdes attendues : un affaiblissement économique de l’Europe et un maintien plus que jamais d’actualité de la présence militaire française. L’amoindrissement de la part relative de l’Europe en tant que principal fournisseur d’aide publique au développement est susceptible d’affecter le tropisme européen des pays d’Afrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures», peut-on ainsi lire. «Résultant de l’incapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication et l’extension des « zones grises », concentrant groupes criminels organisés (trafiquants, terroristes) et groupes rebelles, pourraient nécessiter des interventions occidentales auxquelles des pays européens, et la France en particulier, pourraient être amenés à participer», indique le rapport. La France a l’intention, dans les prochaines décennies, d’investir plus que jamais l’Afrique, qui «restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone d’intérêt stratégique prioritaire pour la France». Le rapport trace les contours d’un mode d’intervention qui n’entend pas changer en Afrique, y compris au cœur des grandes villes. «Le renouvellement des accords de défense avec plusieurs partenaires africains confère à la France des responsabilités particulières en matière d’assistance, appelées à s’inscrire dans la durée. La présence de nombreux ressortissants français dans les villes, dans un contexte de forte insécurité, devrait renforcer la nécessité de disposer de capacités d’évacuation adaptées. Celles-ci devront de plus en plus être coordonnées au niveau international et avec les acteurs locaux, notamment privés», écrivent les rapporteurs. Qui préfèrent nourrir la perplexité quant aux capacités de l’Union africaine qu’il est plus que jamais question de contourner, voire de délégitimer. Au profit, sans doute, d’institutions vassales (comme la CEDEAO) ou d’institutions en partie contrôlées par Paris : Union européenne, ONU, etc… «La France continuera d’accompagner les organisations continentales et sous-régionales africaines dans le développement des instruments de sécurité collective, en privilégiant les cadres multilatéraux (UE, Onu, etc.). L’insuffisance probablement persistante des instruments de sécurité collectifs placés sous l’égide de l’Union africaine, quels qu’en soient les progrès en termes capacitaires, renforcera le besoin de politiques globales alliant sécurité, développement et gouvernance selon des axes bilatéraux et multilatéraux ad hoc et la mise en place de partenariats régionaux efficaces», écrivent les rapports. Voilà qui est clair. Il revient désormais au leadership africain «non aligné» d’en tirer toutes les conséquences. Froidement.
 


Théophile Kouamouo


dimanche, 14 octobre 2012

PATERNALISME INSUPPORTABLE ET INSULTANT!

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L'actualité africano-française de ces derniers jours ne m'a pas laissé indemne. Elle m'a fait bouillir les veines. Un coup de gueule était de rigueur et s'imposait.

Dites-moi, pourquoi les présidents français se croient-ils obligés de venir faire de "beaux discours", creux et ennuyeux, en Afrique et en commençant par Dakar au Sénégal, quand dans les faits, ils ne bougent pas du doigt la Françafrique, franchement?

Plusieurs fois dans son discours de Dakar, François Hollande insiste: "LA FRANCE VOUS Y AIDERA". C'est justement cela notre problème, Monsieur Hollande, nous ne voulons plus de votre tutelle écrasante et infantilisante et de votre paternalisme insultant. "Lâchez-nous les baskets", comme on dit, nous voulons notre indépendance et revendiquons notre souveraineté et notre liberté de choisir les partenaires internationaux que nous voulons. VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN COMPRIS A L'AFRIQUE!!!

"Le temps de la Françafrique est révolu"? Ok, commencez par démanteler vos bases militaires dans nos pays pour faire faire quelques économies à votre pays, la France, en faillite et nous rendre notre souveraineté.

"Les émissaires, les intermédiaires, les officines trouvent désormais porte close à l'Elysée". Ah bon? Charmant, ce discours! Mais nous vous attendons sur les actes. En attendant, devons-nous vous faire remarquer, cher Monsieur, que dès votre accession au pouvoir, c'était le ballet des chefs d'Etats africains parmi les moins recommandables, reçus à l'Elysée, notamment les sieurs Ouattara et Compaoré, actuels piliers de la françafrique triomphante. Mauvais signal envoyé aux Africains!

Comme le dit Thierry MBEPGUE, Combattant de la liberté, sur sa page Facebook, parlant de vous, "CET HOMME N'A RIEN COMPRIS DE NOS REVENDICATIONS!". Avant d'ajouter: "De passage à Dakar où il va rejoindre par la suite Kinshasa, François Hollande, a déclaré sans détour: "La volonté de la France est d’être toujours à vos cotés". Voilà que lui aussi n'a rien compris de ce que veut l'Afrique actuellement, il n'a rien compris du sens du mot LIBERTE, il fait semblant de ne pas comprendre que l'Afrique ne veut plus être considérée comme son élève ou son enfant. La seule véritable chose que nous attendons de la France, c'est notre indépendance POLITIQUE et ECONOMIQUE. La fin de l'ASSISTANAT". C'est très clair! 

Et quand François Hollande décoche, au XIVème Sommet de la francophonie, à des nègres obséquieux, dans une salle acquise à sa cause, ce samedi 13 octobre 2012 à Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC), "la francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'homme, le pluralisme et le respect de la liberté d'expression", nous ne pouvons manquer l'occasion de l'inviter à venir jeter un oeil en Côte d'Ivoire, au pays de son obligé Alassane Ouattara. Aucune de ces valeurs démocratiques n'y a cours, en ce moment. L'a-t-on entendu à ce sujet, depuis 6 mois qu'il a été élu à la tête de la France et qu'il la proclame amie de l'Afrique?

Il n'est pas sans savoir que le chef de l'Etat ivoirien y écrase son opposition, jette en prison ses leaders, musèle sa presse, enlève et torture ses militants et condamne les anciens partisans et soutiens de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, dans des procès portés par une justice des vainqueurs. En outre, il cautionne le massacre de populations innocentes comme les réfugiés du camp de Nahibly, à Duékoué, dont les auteurs ne font l'objet d'aucune espèce d'enquête judiciaire. Une prime absolue au crime et à l'impunité. Hier encore, 3 charniers de cet affreux carnage qui avait fait plus de 230 morts viennent d'être découverts. La justice ivoirienne s'oppose à leur exploration pour que la vérité sur ces plus de deux centaines de morts (seulement 12, selon le gouvernement Ouattara) éclate au grand jour. Nous n'avons pas encore eu droit à un pépillement de sa part sur ces questions brûlantes d'actualité!

Et même qu'un citoyen français, Monsieur Michel Gbagbo, croupit dans les geôles de Ouattara, plus exactement dans ses goulags du Nord, pour délit de patronyme. A-t-il même daigné faire allusion au dossier, ne serait qu'un jour en passant? Facile de dire aux Salafistes du Nord Mali et à AQMI: "Nous ferons notre devoir: libérer nos compatriotes et ne rien céder au terrorisme". Ah bon? Qu'en est-il alors du français Michel Gbagbo? Y aurait-il deux catégories de français? D'un côté, ceux pour qui on écume le monde et de l'autre, ceux qui ne valent pas la balle pour les abattre?

Cher Monsieur François Hollande, ne nous prenez pas pour des imbéciles!!!

Il fallait que je le dise.


Salut à tous et que DIEU bénisse l'Afrique et la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

Résolument anti-impérialiste

FRANCOPHONIE A KINSHASA: LA FRANCE DANS SA BASSE-COUR!

 

 

Alors que des problèmes sérieux se posent à l’Afrique, les dirigeants des pays (anciennes) colonies françaises de ce contient n’en finissent pas de s’acoquiner avec les autorités de Paris, à la recherche d’un nouveau souffle pour l’asservissement à une France incapable de renoncer aux pratiques les plus avilissantes du colonialisme. Et ce n’est pas parce que le président français joue sur les mots en disant qu’à Kinshasa, lors du sommet de la Francophonie « il y aura la France et l’Afrique, et qu’il ne sera pas question d’associer la France et l’Afrique » qu’il faudrait croire que la Francafrique, ce système de relations de dupes entre la France et ses (anciennes) colonies aura vécu. Pour faire bien, on tente parfois de donner à la francophonie les allures du Commonwealth. Et pourtant, l’histoire a montré depuis toujours que les conceptions des relations avec les colonies n’ont jamais été les mêmes selon qu’il s’agisse de la France ou de l’Angleterre. Même si dans les deux cas on recherche le profit, les Français ont toujours eu un comportement qui tend à nier aux Africains toute personnalité, toute dignité ! Aujourd’hui, malgré les indépendances, le regard des Français sur l’Afrique n’a pas varié d’un pouce.

L’Afrique francophone : la basse-cour de la France !

L’image de la basse-cour, c’est ce qui convient le mieux, lorsqu’on veut parler des relations de la France avec les pays francophones d’Afrique. Aujourd’hui encore, les pratiques dégradantes de la francafrique font de ceux qui sont à la tête des Etats africains des responsables régionaux, de sortes de préfets de seconde zone, et leurs peuples subissent le dédain raciste, pendant qu’on parle de partenariat. Tout le monde sait que, non contente d’être un marché captif à maints égards pour la France, l’Afrique francophone va jusqu’à loger ses devises dans le Trésor de la France ; cela fait que l’Etat français a un contrôle exclusif absolu sur les économies des Etats de cet espace africain. Le Franc cfa, cette monnaie coloniale, est aujourd’hui la plus grossière arnaque qui puisse exister en matière de relations internationales. Le plus dramatique, c’est qu’on s’échine à faire croire que les Etats africains trouvent leur compte dans cette grotesque duperie. C’est un paternalisme avilissant que subit l’Afrique par la cupidité de dirigeants sans envergure, qui ne doivent souvent leur place qu’aux coups bas de la France des réseaux qui est en Afrique cette Francafrique ! Et ce n’est pas parce qu’un certain Abdou Diouf, après avoir dirigé le Sénégal, n’a pas pu se faire à l’idée d’une retraite méritée, et s’est retrouvé avec ce strapontin peu flatteur de Secrétaire Général de ce machin néocolonial, qu’il faudrait y voir une institution de coopération entre Etats. La francophonie est aujourd’hui le pilier visible le plus actif de l’action colonialiste de la France en Afrique. Pour la petite histoire, Monsieur Bernard B. Dadié, homme de lettres ivoirien bien connu, s’est vu refuser le visa par la France, en 2010, alors qu’il devait prendre part, en tant que membre à part entière, à une réunion important de la francophonie à Paris. La raison : ses prises de positions dans le complot électoral franco onusien en Côte d’Ivoire déplaisaient aux autorités de la France. D’ailleurs on a vu après, sans surprise, Abdou Diouf, le Secrétaire Général de cette institution, voler au secours de la France, dans sa guerre en Côte d’Ivoire, par des prises de positions indignes de l’ex chef d’Etat qu’il est !...

A quand donc « l’âge d’or » pour l’Afrique?

Nous entendons par « âge d’or », le temps où les Africains auront acquis le respect des autres. Le temps où sera abandonnée cette vision réductrice qui présente les Africains comme les dindons d’une farce grotesque. Le fait est que pendant que dans les Etat africains non francophones, on peut sentir comme un vent de dignité, dans la partie francophone, c’est l’aplatissement total, avec des comportements à faire honte même à l’idiot du village.

Il y peu, Tabo Mbeki, l’ex chef d’Etat sud africain, donc d’un pays anglophone, fustigeait la caducité des textes de l’ONU, et tançait durement l’Ua et les Africains pour leur tiédeur (le mot est faible) quand il s’agit de prendre position pour défendre un Etat africain. Cette semaine, c’est Paul Kagamé, un ex francophone qui a tourné vers la langue de Shakespeare, qui déclare que « l’Afrique n’a de leçon à recevoir de personne ! » A côté de cela on a vu, il n’y a pas longtemps, les chefs d’Etats francophones d’Afrique, Laurent Gbagbo (alors chef d’Etat) excepté, s’aligner pour aller faire la fête nationale en France. Et il y a quelques jours, ce sont les ministres des finances de  ces mêmes Etats francophones qui sont allés à Paris, avec au premier rang, Alassane Ouattara, le « préfet de seconde zone » que la France a placé au pouvoir en Côte d’Ivoire, après avoir chassé Laurent Gbagbo avec des bombes. Ils sont allés fêter l’esclavage financier que subissent leurs pays, avec le franc cfa.

Ces exemples pour dire que pendant que dans les pays anglophones, des voix s’élèvent pour parler de dignité de l’Afrique, dans les pays francophones, c’est toujours le statu quo colonial. On continue de s’aplatir devant la France, et on n’a pas honte de se ridiculiser avec des attitudes et parfois des propos aussi niais que lâches. Comme cette réponse de l’Ivoirien Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) : à l’occasion de la fête des 40 ans du cfa, fête de l’esclavage financier, dernièrement à Paris, un journaliste s’est hasardé à demander à l’ancien gouverneur de la BCEAO si et quand les Etats africains envisageaient de créer leur propre monnaie. Monsieur Banny, à la manière de « Toto » qui voudrait faire de l’esprit, a demandé au journaliste de quoi il parlait. Puis il a poursuivi, à peu près en ces termes : «  nous avons une monnaie à nous,  qui est le franc cfa ! Et si c’est une affaire de mot, on peut, pour vous faire plaisir, remplacer cfa pour autre chose ; mais nous, nous n’avons pas du tout le sentiment de ne pas avoir une monnaie à nous… » Voilà, sans commentaire, le propos d’un ex haut fonctionnaire de l’esclavage financier que la France exerce sur l’Afrique francophone. Avec çà, on a de quoi être sceptique devant les campagnes pour la francophonie, et se demander avec insistance : à quand « l’âge d’or » ?

Que Dieu nous protège !


Nda Adjoua Suzanne, Enseignante

samedi, 13 octobre 2012

POURQUOI LES MALIENS ONT RAISON D'AVOIR PEUR

 

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 Ville de Gao, nord du Mali, le 10 septembre 2012. REUTERS


Une intervention militaire dans le nord du Mali pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour ce pays.

 

Le «Malian bashing» est à la mode dans le petit cercle des commentateurs de l’actualité africaine. Si on n’écoutait que certains d’entre eux, on se convaincrait assez rapidement que le seul et unique problème du Mali est sa classe politique irresponsable, bien décidée à se battre jusqu’à la dernière goutte de sang pour des lambeaux de pouvoir. Ou alors que la malédiction de ce pays est son armée, qui refuse de verser son sang pour Tombouctou ou pour Kidal, mais qui s’arc-boute sur son orgueil outragé quand les âmes vertueuses de la communauté internationale veulent venir mettre de l’ordre là où il y a le chaos.

Cette façon de voir les choses a «l’avantage» d’éluder une question fondamentale: le scepticisme profond d’une grande partie de l’opinion publique malienne quant à la capacité et à la volonté des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de la France et plus globalement la communauté internationale, d’aider sincèrement le pays sinistré de Soundjata à se tenir de nouveau sur ses deux jambes. De nombreux Maliens se méfient, et ils ont des raisons de se méfier.

Raison numéro un: la sécession du Nord-Mali a d’abord été une perspective acceptable pour la France

Souvenons-nous. Tant que c’était le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, estampillé laïc) qui faisait la conquête du Nord du pays et y installait sa loi, tout ce que Paris compte d’officiels, d’analystes et de brillants rhéteurs considérait qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise malienne.

Qu’il fallait entendre le message des Touaregs, dont le lamento identitaire était reçu avec compassion et commisération. Il a fallu que le MNLA se fasse rouler dans la farine par ses alliés circonstanciels islamistes pour que les points de vue changent du tout au tout et que la diplomatie hexagonale se démène pour débarrasser son pré carré d’un impérialisme concurrent du sien sur ce terrain particulier: celui du salafisme international. Mais, vu de Bamako, la question fondamentale était l’intégrité territoriale, et rien ne ressemble plus à un barbu d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique) qu’un imberbe azawadien dont le visage buriné est camouflé par le burnous bleu.

Raison numéro deux: la CEDEAO a été maladroite voire sadique avec le Mali

Très clairement, pour les chefs d’Etat de la région – en tout cas pour certains d’entre eux –, l’avancée des rebelles était moins importante que l’urgence d’imposer un «nouvel ordre politique», à la fois sans Amadou Toumani Touré (l’ex-président renversé en mars 2011) dont ils ont regretté le règne avec de trop apparentes larmes de crocodile et sans la junte dirigée par Amadou Sanogo, qu’il fallait marginaliser afin de placer les petits et les grands copains réunis dans le cadre d’un gouvernement de transition. Afin de gouverner le Mali par procuration. Afin, ont dit certains intellectuels mauvais coucheurs, de «recoloniser» le Mali pour le compte de grandes puissances en embuscade.

Pour arriver à ses fins, le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara est même allé jusqu’à fermer d’autorité la frontière avec le Mali pendant quelques jours. Ce qui revenait à asphyxier, dans tous les sens du terme, le pays qu’il prétendait sauver. Il est vrai que Ouattara peut considérer que cette méthode sadique lui a réussi dans sa guerre de quatre mois contre son prédécesseur, Laurent Gbagbo. Mais tout de même! Difficile de faire du chantage à vos voisins, même si c’est pour leur bien à vos yeux, sans vous aliéner définitivement un grand nombre d’entre eux.

Raison numéro trois: les forces d’interposition règlent fort mal les crises

Fort peu solidaires pour une majorité d’entre eux de Laurent Gbagbo quand il subissait sa rébellion à lui, les Maliens se sont tout de même rendu compte que la MICECI (on parle aujourd’hui de MICEMA (Mission de la Cedeao au Mali), ancêtre de l’ONUCI, n’a rien réglé mais a coupé la Côte d’Ivoire en deux pendant près de dix ans, laissant macérer les racines de la haine et d’une confrontation finale (?) qui a été bien plus violente que celle du 19 septembre 2002.

Et si les «forces impartiales», étaient, comme on dit à Treichville (quartier d’Abidjan), des «aggravaffaires»? En plus, quand elles viennent, elles ne partent plus. L’ONU et ses fonctionnaires surpayés sont toujours là au Liberia, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Soudan… Conflit internationalisé un jour, conflit internationalisé toujours?

Raison numéro quatre: la France et les islamistes ont les mêmes «meilleurs amis»

Si la Côte d’Ivoire a été l’obsession des exécutifs Chirac et Sarkozy (au pouvoir jusqu’en mai 2012), la «reconquête» du Sahel malien semble être la priorité des priorités de l’administration Hollande. Il n’empêche qu’il est difficile de ne pas tiquer lorsque l’on sonde la profondeur des alliances des uns et des autres. C’est un secret de polichinelle : la France réac et la France baba cool se retrouvent unies dans une fascination pour les «hommes bleus» des dunes dont le MNLA est la figure emblématique.

Mais alors que Paris hausse le ton contre les islamistes liés à la nébuleuse Al Qaida qui coupent les mains et manient le fouet plus que de raison, comment oublier tout à fait que, selon de nombreux spécialistes du renseignement, une partie de l’approvisionnement des salafistes provient de réseaux qataris? Ce n’est pas un détail, puisque le Qatar d’aujourd’hui est dans le monde arabe, pour Paris, ce qu’était la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny dans les années 1960 et 1970 en Afrique: un allié sûr, un pivot stratégique, un partenaire central.

Le Qatar est même plus que cela, puisqu’il met la main à la poche pour financer le Paris-Saint-Germain (club de foot de la capitale française) ou pallier aux défaillances de l’Etat français dans les banlieues.

Mais pourquoi, au lieu de financer une invasion militaire du pays qui pourrait le transformer en une sorte de lieu de cristallisation de longue durée des forces en présence dans le cadre d’une guerre froide qui ne dit pas son nom, François Hollande – qui n’a pas un sou en poche, dit-on – ne prend-il pas son téléphone pour appeler ses amis les émirs? Pourquoi les Etats-Unis ne sont pas «chauds» pour une intervention? Iront-ils jusqu’à la saboter si elle a lieu?

Pourquoi les salafistes sont-ils les alliés, voire la force virile de l’Occident en Syrie, comme hier en Libye, quand il s’agit de chasser de vieux régimes «laïcs», et deviennent en Afrique subsaharienne la menace absolue?

Les Maliens ont l’impression d’être les victimes d’un grand jeu qui les dépasse. Ils n’ont pas sollicité la guerre de Libye menée par l’OTAN sans aucun souci de l’après-Kadhafi, mais ils sont obligés d’en subir les conséquences, dans un contexte où ils sont divisés, mal préparés militairement, et persuadés d’avoir fort peu d’amis dans la grande épreuve qui les étreint. C’est pour cette raison qu’ils se méfient. Et ils ont bien raison.


Théophile Kouamouo

 

Source: SLATE AFRIQUE

mercredi, 10 octobre 2012

LE CFA POUR «GARANTIR LA GARANTIE» DE LA FRANCE AU MECANISME EUROPEEN DE STABILITE

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L’Europe vient de se munir de son propre fonds monétaire, le Mécanisme européen de stabilité, présenté par les économistes européens comme l’équivalent du Fonds monétaire international ; un mécanisme financier censé gérer les crises financières au sein de la zone euro. Pourquoi donc, l’Europe, qui depuis la création du FMI en assume la présidence, éprouve-t-elle soudain le besoin de se doter de son propre fonds monétaire ? Tout simplement parce que le Fonds monétaire international, géré de mains de père sévère par l’Europe, n’est qu’un mécanisme de contrôle des économies du Tiers Monde, et plus précisément des économies africaines.

Le tout nouveau Mécanisme européen de stabilité sera financé à 700 milliards, dont 190 milliards venant de l’Allemagne et 143 milliards de la France. En réalité, de sa contribution de 143 milliards, la France, éprouvée par la crise financière,  ne versera que 16 petits milliards, le gros de la somme, c’est-à-dire les 127 milliards restants, seront en garanties.

De quelle garantie est-il donc question ? C’est ici que le dernier voyage d’Alassane Dramane Ouattara à Paris trouve son explication. Seul chef d’état sommé par la France d’être à Paris à l’occasion de l’énigmatique célébration des 40 ans de la zone CFA, Ouattara est allé se faire expliquer la décision de Paris, qui entend utiliser les recettes des pays de la zone CFA déposées au Trésor français pour garantir sa contribution au Mécanisme européen de stabilité.

En effet, en vertu de « l’accord » entre la France et les pays de la zone CFA, 85% des recettes de ces pays sont permanemment déposées dans des comptes d’opérations contrôlés par le Trésor français, qui en dispose comme il l’entend, sans qu’aucun rapport comptable ne soit fourni aux pays de la BEAC et la BCEAO concernant l’utilisation qui en est faite ni les intérêts qui en sont générés De leurs recettes déposées au Trésor français, les pays de la BEAC et de la BCEAO ne peuvent théoriquement retirer que 20% ; théoriquement puisque toute demande de retrait est soumise à l’approbation d’un club restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français qui, historiquement, ont rarement accepté de prêter aux pays africains plus de 15% de leur propre argent.

Afin de garantir la garantie de la France au tout nouveau Mécanisme européen de stabilité, les pays membres de la BEAC et de la BCEAO devraient gérer leurs besoins de sorte à ne pas soumettre de demande de retrait au-dessus de 10% de leurs recettes déposées au Trésor français. Ils devraient se serrer la ceinture afin que la France desserre la sienne et mange à sa faim. Alassane Dramane Ouattara est à Paris pour recevoir cette consigne, qu’il s’attellera ensuite à relayer à ses pairs.

 

Source: Le blog de Martial Frindéthié

mardi, 09 octobre 2012

MALI: CHRONIQUE D'UN DESASTRE ANNONCE


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De la déliquescence de l’État à la régression nationale

Jamais un pays n’aura connu pareille décélération, où, en moins d’un semestre, du début des dernières hostilités séparatistes, le Mali s’est vu projeter dans une vertigineuse phase de fragmentation accélérée par la déliquescence de l’État et la régression morale de la société.

Depuis le 6 avril 2012 et suite au coup-d’État du 22 mars, le Mali, jadis cité en exemple de stabilité, a été amputé des 2/3 nord de sa superficie, soumis désormais à une loi divine dans la pure tradition talibane de Kaboul, étrangère aux mœurs africaines.

Havre de tolérance et de coexistence, le septentrion fait ainsi l’apprentissage de la loi d’airain de la religiosité obscurantiste avec fermeture des écoles publiques et leur remplacement par des "écoles coraniques", fermeture des échoppes de tabac, le tout agrémenté par une cascade d’interdictions: interdiction des jeux du hasard (loteries), interdiction aux femmes de sortir sans accompagnement, interdiction des chants, danses et des rites de transmissions séculaires, dont les premières victimes sont la jeunesse et la gent féminine, supposées être la relève de la nation et la matrice de la culture africaine, mais vivant confinées dans ces quartiers faute d’écoles, de loisirs, d’espaces de transmissions y compris dans les familles.

Tous les grands secteurs de l’État sont en panne : l’économie est en chute libre avec une perte de l’ordre de dix milliards de F CFA par mois rien que pour les recettes douanières.

Une chute imputable tout autant aux destructions et aux pillages infligées aux infrastructures de l’administration par des soldats mutins qu’au refus des compagnies d’assurances de garantir les transferts financiers des opérateurs économiques maliens, en raison du climat d’insécurité.

L’administration douanière a dû d’ailleurs entreprendre, en toute urgence, la remise en état de son réseau informatique dont les serveurs et les câbles de liaison avaient tous été volés ou détruits lors des pillages qui ont suivi le coup-d’État.

Le secteur du BTP pâtit aussi de l’insécurité et de l’incertitude ambiantes : les chantiers de modernisation de l’aéroport international de Bamako-Sénou, tout comme le "Millenium Challenge Account"(MCA), un programme d’investissement spécial des Etats-Unis, ont été suspendus dans l’attente de la restauration de la démocratie.

A cela s’ajoute une crise alimentaire du fait de la sécheresse prolongée dans le nord du pays, se superposant au marasme économique consécutif d’une crise alimentaire générée par le refus des banques de financer les importations des produits alimentaires de première nécessité (sucre, riz et autres produits de grande consommation).

Cependant, nul ne devrait plaider la surprise !

Nul ne saurait être surpris, tant la chronique de ce désastre était annoncée, même pour l’observateur le moins avisé.

En cinquante ans d’indépendance, le Mali n’aura connu qu’un seul mandat de bonne gouvernance, celui du premier président du Mali indépendant, Modibo Kéïta (1960-1968).

Au cours de cette gouvernance, toutes les grandes institutions formatrices de la conscience nationale se sont déployées avec l’aide des pays de l’Est, notamment l’École Normale Supérieure, don du parti communiste de l’URSS (PCUS) au parti socialiste malien (US-RDA) et l’École Nationale d’Administration, ainsi que les grandes coopératives de production mises sur pied avec l’aide de la Chine, de la Yougoslavie, de l’URSS, de Cuba, entre autres : conserveries, coopératives de distribution des produits alimentaires, usine d’égrenage du coton, huilerie, usine textile, centre d’odontostomatologie, etc.

Le renversement de Modibo Kéïta par un coup-d’État d’un lieutenant fantasque - Moussa Traoré, va inaugurer une ère de plus de quarante années de mensonges et de corruption, dont le Mali ne connaitra l’épilogue tragique qu’avec le régime calamiteux de Amadou Toumani Touré (ATT) et le coup-d’État pathétique du capitaine Ahmadou Haya Sanogo.

Plus de quarante années de mensonges et de corruption à la cadence militaire et en tenue para, camouflée en civile sur la dernière décennie, aussitôt après un intermède "franchement civil"sous Alpha Oumar Konaré (AOK) de 1992 à 2002.

Puis, la sanction inévitable de tant de dérives !

Les non-dits et la fuite en avant

Tout Bamako, de même que tous les Maliens conscients, savaient que les élections présidentielles du 29 avril 2012 n’auraient pas lieu. Pourtant, tous, ou du moins la plupart, faisaient semblant d’y croire toujours.

Tous, ou les principaux acteurs, savaient que le Pouvoir était déconnecté des réalités du pays, que l’armée était démotivée par le népotisme et le formidable étalage de sa cupidité, que la classe politique, enfiévrée devant les privilèges du pouvoir, n’était intéressée que par l’avidité, tandis que la population demeurait plongée dans la désespérance.

Mais tout ce monde était taiseux avec le secret espoir d’y parvenir à son tour et de jouir au sommet des bienfaits du vœu d’or.

Avec la prévision démoniaque, une fois leur forfait accompli, de se prémunir d’un sauf conduit vers l’exil et le pardon, loin du peuple et ses lamentations.

Le dictateur (1968-1991) Moussa Traoré, parricide du symbole de l’indépendance malienne, deux fois condamnés à mort, puis gracié, vit aujourd’hui une retraite pieuse mais très confortable aux frais de l’État, à Bamako, narguant de sa présence aux cérémonies les proches de ses victimes, sans s’encombrer de leurs fantômes ou de remords.

Son Excellence Alpha Oumar Konaré (AOK): 2 mandats successifs de 5 ans. Le professeur – enseignant de son État, démolisseur attitré de l’éducation nationale et des mœurs, qui, après avoir transformé son parti politique en groupement d’intérêt économique (GIE) et modifié tous les seuils de concession (de gré à gré) des marchés publics, concéda à la corruption ses lettres de noblesses en élevant le clanisme, la perversion et la trahison à un tel degré de raffinement qu’un chroniqueur politique national titra à son sujet «Pourquoi, l’Histoire ne retiendra pas Alpha Oumar Konaré» (Quotidien Sud-Info N° 59 du 24 avril 1998)

Pour sa propre succession, AOK finit par nier au parti qui l’a porté au pouvoir la qualité et les capacités de promouvoir et soutenir une candidature à l’élection présidentielle, préférant s’en remettre à un "non-partisan" – le général ATT.

Et, du 17 janvier à ce jour, nul n’a encore entendu AOK placer un seul mot sur l’actualité si brûlante du Mali, de laquelle il est tout de même directement et personnellement comptable au moins pour 10 ans!

Qu’en sera-t-il du colonel Gamou, en charge de la base de Kidal jusqu’à sa chute en février 2012, actuellement réfugié au Niger avec cinq-cents soldats prêts pour le combat à ce qu’il paraît? Pour quel bord entend-il combattre?

Quid du colonel Maydoun, qui assumait, dans les mêmes circonstances, des prérogatives similaires à Gao?

Ces officiers supérieurs sont-ils toujours dans "le repli tactique ou stratégique"recommandé à l’époque ou recèlent-ils des caractéristiques de l’irrédentisme, sans le courage et l’honnêteté de l’affirmer?

Enfin, dernier et non le moindre, le mytique général stratège ATT, principal responsable de ce chaos absolu, en retraite tranquille à Dakar.

La mafia politico-militaro-administrative à l’œuvre

Un procès aurait sans doute démontré l’incurie administrative et l’impéritie politico-militaire :

Que le dispositif militaire déployé dans le Nord du Mali était factice avec des chars désarmés. De crainte d’un coup-d’État contre le pouvoir à Bamako?

Que l’armée constituait le principal ascenseur social et le principal prédateur du pays, avec une poignée d’officiers généraux affectés à des postes diplomatiques sensibles dans les pays du BRIC disposant d’un droit de véto (Russie, Chine) et la ceinture névralgique de la périphérie du Mali (Burkina Faso, Côte d’Ivoire). D’autres, en faction dans chaque ministère, ombre portée du ministre, en tant que contrôleur occulte pour le compte de l’institution militaire.

Que d’anciens diplomates en poste dans le Golfe, par endoctrinement ou lubrification par les pétromonarchies (?), s’étaient transformés en chefs rebelles, tels Abder Rahman Galla, ancien diplomate du Mali en Arabie saoudite, et Iyad Aghaly, ancien Consul général à Djeddah, chef actuel du mouvement "Ansar Eddine", interpelé en Arabie saoudite pour trafic de drogue, puis relâché en raison de son immunité diplomatique, sans qu’il ait été établi si les stupéfiants étaient destinés à son usage personnel ou au financement de son futur mouvement.

Que le MLNA, le vecteur d’une certaine revendication touarègue dans le Nord du Mali, ne fait pas le poids face à la mobilité des partisans expérimentés de l’AQMI. Que ses tentatives, soutenues par des chaînes de télévision et radios étrangères, d’offrir une image moderniste de tolérance à son combat se heurteront à la rigidité dogmatique du MUJAO - une branche sahélienne d’Al-Qaida.

Les larmes des victimes toisent les armes des rebelles

L’accord de paix de 1992 prévoyait l’intégration des rebelles Touaregs dans les rangs de l’armée en signe de réconciliation nationale entre la province dissidente et le pouvoir central. Il a donné lieu à la plus formidable opération de recyclage d’une classe politique dévoyée dans l’affairisme, au sein des deux seules institutions nourricières (l’administration publique et l’armée), pour lesquelles la paie était régulièrement versée à la fin de chaque mois. Sans le moindre souci de pacification des esprits.

L’accord d’Alger de 2006, décrié en son temps par la jeunesse malienne comme un accord de haute trahison, a suscité des manifestations de contestation dans les rues de Bamako, de Paris et d’ailleurs, au motif que l’État malien s’était "totalement aplati" en signant pour se désengager militairement des régions du nord au profit des seuls militaires Touaregs.

Ainsi, comme on pouvait s’y attendre, les prébendes et les sinécures ont mission de calmer les appétits, mais jamais vocation à forger une conscience nationale!

Ah, quel extraordinaire sens de l’État qu’un aspirant bachelier soit propulsé, sans la moindre protestation, à la tête des douanes avec le titre de Major (commandant)!

Quel remarquable sens de l’État que cette flopée de combattants Touaregs directement intégrés dans l’armée au rang de Major! D’autres, déserteurs en Libye, récupérés sans le moindre questionnement, mais plutôt avec tous les égards: galons, vivres, indemnités en sus!

Que l’on ne s’étonne pas ensuite que des groupes de jeunes officiers maliens formés jusqu’à ce jour dans les académies militaires étrangères (France, Allemagne, États-Unis, Russie, Chine) aient décliné l’offre du nouveau chef militaire du Mali de rejoindre actuellement les rangs!

Quelle vigoureuse et vertueuse jeunesse que celle-ci, née dans les milieux de magouille d’État et nourrie au seul lait avarié des spéculations foncières, des détournements de deniers publics et des trafics d’influence!

Bruyante jeunesse, lisse et incolore, à l’apparence courageuse et combative, déployée selon les besoins comme chargé de mission (dans un tel ou tel département ministériel) ou responsable du club de soutien d’un candidat recommandé suivant l’épaisseur de son portefeuille ou le clinquant de ses extravagances!

La vénération de la divine corruption

Les Évêques du Mali, dans un message circonstancié, questionnaient déjà en 2002 : «Peuple du Mali, dis-moi qui est ton Dieu!» (Pâques 2002, Message des Évêques du Mali à l’occasion des élections générales 2002).

À l’évidence, le Dieu des travailleurs maliens, honnêtes et entreprenants, n’est pas un Dieu de corruptions, de vols ou de mensonges, ni de surfacturations et encore moins d’escroqueries et de guerres. Ce Dieu, est-il le même que celui qui est adoré par ceux qui ont dirigé ou prétendent guider le Mali vers le bonheur?

Osons l’affirmation sans fausse honte: la corruption gangrène toutes les strates de la société. «Le virus est déjà implanté dans le fœtus à peine constitué dans le ventre de sa mère», selon le constat désabusé le plus fréquent dans nombre de conversations privées au Mali. Terrible constat, couvrant un lourd aveu de culpabilité!

Viennent ensuite se rajouter les dommages collatéraux de la déstabilisation de la Libye par l’alliance atlantique.

Le Mali est, là aussi, victime des turpitudes de sa propre classe politico-militaire, qui aura été, dans une belle inconscience, le meilleur terreau au prosélytisme dogmatique de la branche la plus obscurantiste de l’islam pétro monarchique - le meilleur propagateur, par ricochet, de l’islamophobie à travers le monde.

Dans ces conditions, quoi de moins étonnant que de jeunes soldats malmenés et désappointés, mal conseillés et très souvent manipulés, déferlent dans les rues, avec la molle prétention de s’arroger le droit de se servir de ce gâteau de la République (le pouvoir et ses privilèges), dont ils ne percevaient, jusques ici, que la couleur tout en ignorant aussi bien la consistance que la saveur?

Quoi de plus prévisible que, dans la foulée, de vieux charognards bataillant de jeunes hyènes haussent ensemble le hurlement et montrent leurs serres et crocs, au détriment du peuple et sa quiétude? Que, ce faisant, ils s’entourent des mêmes caméléons et pique-assiettes, puis s’entredéchirent au sujet d’une légitimité politique qui, de toutes les façons, n’échoira aux uns à l’exclusion absolue des autres?

Que des "religieux" en manque de spiritualité et d’inspiration s’imaginent que ce pourvoir reste à ramasser, puisque mis à terre et ne semblant plus appartenir à personne, et concluent en se pourléchant que "l’affaire est dans le sac"?

Osons espérer que ces faiblesses de la chair et ces crises cumulées aboutissent, cette fois, à la consécration de la véritable Nation du futur au Mali par la formation d’une conscience nationale.

Une conscience nationale toujours laïque et authentiquement démocratique, à l’abri des intégristes de tout bord, des corrompus de tout poil et de leurs insatiables appétits.

Ce ne sera certes pas la chose la plus aisée à réaliser par les temps qui courent, mais c’est sans doute la seule qui vaille d’être retenue pour cible!


P/FNC

La Coordination


Source: Le blog de Afrohistorama 

lundi, 08 octobre 2012

LA FRANCE, ARTIFICIELLEMENT RICHE PAR L'ESCLAVAGE MONETAIRE DE L'AFRIQUE

 

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Le Franc CFA a été créé le 25 décembre 1945 par la France selon l'article 3 du décret n° 45-0136 et publié au Journal Officiel français du 26 décembre 1945. Un bien curieux cadeau de Noël aux Africains.

Jean Boissonnat, membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France (1994-1997) disait ceci en parlant du Franc CFA:

«Pratiquement toutes les décisions étaient prises à Paris. La zone franc a permis à la France de se fournir en certaines matières premières (plomb, zinc, manganèse, nickel, bois, phosphate, oléagineux, uranium...) sans débourser des devises. On a calculé qu'elle représentait (pour la France) 250 millions de dollars par an d'économies de devises. La métropole a acheté, en 1954, pour 365 milliards de marchandises (principalement des produits). On a estimé que 500.000 Français de la métropole tiraient leur moyens d'existence de l'ensemble économique de la zone franc». "La Zone Franc: Survivance du Passé ou Promesse d'Avenir" dans La Croix, 17 février 1960.

Quelques décennies plus tard, strictement rien n'a changé et les Africains continuent d'approvisionner l'économie française gratuitement comme les Français, sous occupation, le faisaient jadis en direction de l'Allemagne nazie.

«L’institution et le fonctionnement du soi-disant accord de compensation valurent à l’Allemagne des avantages considérables. Grâce à lui, elle put acheter gratuitement et sans limitation toutes les ressources françaises nécessaires à la poursuite de la guerre et à la subsistance de sa population». Pierre Arnoult (Inspecteur général des Finances), "Les finances de la France et l’occupation allemande (1940-1944)", p.192 (1951).

C'est en 1963 que les Accords de Yaoundé I marque le début de la coopération entre l'Europe et 18 États africains dont ceux de la zone CFA. Au fil du temps, ces accords vont connaitre nombreuses mutations, mises à jour, et une adhésion progressive d'autres États au concept:
 
-Accords de Yaoundé II en 1969;
-Accords de Lomé I en 1975;
-Accords de Lomé II en 1979;
-Accords de Lomé III en 1984;
-Accords de Lomé IV en 1989;
-Accords de Cotonou en 2000;
-Et aujourd'hui les fameux APE (accords de partenariats économiques).

Le mot "coopération" fait partie de la quincaillerie des mots mielleux qui caractérisent le discours philanthropique de l'Occident pour placer un écran de fumée sur la logique de prédation dans laquelle cet Occident entraine toute l'Afrique. 

Jean Foyer, ministre de la coopération française (1961-1962) et ancien garde des Sceaux du général de Gaulle et connu pour être l'un des artisans de la Constitution française de 1958, déclara: «On a passé avec eux (les pays africains de la zone CFA) des accords (dits de coopération) sur les matières premières stratégiques. Ces accords sur les matières premières stratégiques les obligeaient tout simplement à nous proposer à nous en premier lieu de nous accorder des concessions mais en ne les obligeant d'ailleurs pas à le faire». "Cameroun: Autopsie d'une indépendance", film réalisé par Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (2009).

Le dénominateur commun de ses accords est, pour le cas de la France étudié ici, l'exportation des matières premières vers la France sans tarifs douaniers et l'importation en Afrique, sans barrière douanière, des produits finis qui ont été manufacturés en France. 

L'achat, si on peut l'appeler ainsi, par la France de ses matières premières se fait en créditant les comptes d'opérations des pays africains de la zone CFA (ces comptes sont en France) sans pour autant les payer concrètement. En clair, cette approvisionnement en matière première est gratuite pour la France. C'est ainsi que les pays africains de la zone CFA sont pris en otage par la France dans la mesure où leur argent est supposé être dans ses nébuleux comptes d'opérations dont seul la France connaît le secret.

«En 1966... le gain total de 1.220,3 millions de franc français résulte d'un apport de 221 millions de la France, d'un apport de 1.218,6 millions des États africains et malgache et d'un apport de 193,3 millions des autres pays de la zone franc (Mali excepté), soit 1 632,3 millions de francs». Journal officiel de France du 15 avril 1970 page 209.

Donc, l'apport concret des pays africains est 6 fois plus élevé que celui de la France.

Qui développe qui? Qui aide qui?

La France utilise les capitaux des pays africains de la zone Franc CFA pour couvrir ses déficits budgétaires et rembourser ses dettes publiques.

«L’avantage que représente pour le Trésor français l’existence de soldes créditeurs aux comptes d’opérations est réel, car ils sont l’une des ressources qu’utilise le Trésor français pour financer la charge qui résulte pour lui des découverts d’exécution des lois de finances et de l'amortissement de la dette publique». Xavier de La Fournière, "La zone Franc", Presses Universitaires de France. Collection «Que sais-je?» n° 868, 1971.

«Nous sommes dans la zone franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent? la France». Omar Bongo dans Libération, 18 septembre 1996, p.6.

Jacques Chirac d'avouer ce qui suit: «On oublie une chose... C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. Pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique! Alors il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité, mais de bon sens, de justice pour rendre aux Africains, … Je dirai... ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire si l’on veut éviter les pires convulsions ou les difficultés avec les conséquences politiques que ça comporte dans le proche avenir». Dans le documentaire "10 mai Africaphonie", 2008.

C'est ainsi que le professeur Nicolas Agbohou dit avec raison que: «LE FRANC CFA EST L'ÉPINE DORSALE DE LA FRANÇAFRIQUE».

Bref, tous ceux qui parlent de mettre fin à la Françafrique, aux relations sulfureuses avec la France, sans tuer le Franc CFA, sont simplement des mystificateurs, des marchands d'illusions.
 
 
 
Source: La page Facebook de Uhem Mesut

dimanche, 07 octobre 2012

LES RAISONS FRANÇAISES DE LA DESTABILISATION DU MALI


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Déjà lu, relu et toujours d'actualité. Bonne (re)lecture! 


La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques: les intérêts « français » et « individuels ».

 

Des intérêts français, la découverte du pétrole au Mali en est le déclencheur des hostilités. Bamako, 12 mai 2002, aussitôt élu président de la République avec 64,35% des voix au deuxième tour, Amadou Toumani Touré (ATT pour les intimes) fait un rêve, celui de faire du Mali un pays producteur du pétrole. Mais le rêve ne dit pas que l’or noir est un or du diable, qui insère son producteur au rang de la malédiction où d’autres anciennes colonies françaises comme le Congo Brazzaville, le Gabon... sont depuis, tenus en laisse par Paris. Le Mali peut toujours jouer le jeu de la démocratie en organisant des élections crédibles et en assurant des alternances dans la paix tant qu’une goutte de pétrole ne coule pas encore du bassin de Taoudéni dans le nord du pays. Taoudéni ? C’est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 m d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 km², soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale, qui s’étend hors du Mali au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Algérie. Cette précision est d’une importante capitale à noter pour la suite de l’analyse.

Il est de bon augure pour ATT de créer, dès 2004, l’Autorité pour la promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP). Des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur cinq bassins sédimentaires sont signées entre le gouvernement malien (9 blocs) et les sociétés de recherche pétrolière pour les 20 autres blocs. Parmi ces sociétés, il y a la compagnie italienne d’hydrocarbure ENI (50%), l’australienne Baraka Petroleum (25%) et l’Algérienne SIPEX (25%), dont les opérations de sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 sont assurées par l’Entreprise Nationale Algérienne de Géophysique (ENAGEO), une filiale de SONATRACH qui est la première des douze sociétés pétrolières d’Afrique. Sans oublier l’apport de 46 milliards de FCFA par PetroPlus Angola, destinés à la promotion de la recherche pétrolière, à l’exploitation, au transport, au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeux, et à la formation du personnel technique malien.

Très bien tout cela ! Sauf que dans l’Eden du pétrole d’un pays tenu en laisse par la France, citer ou ne pas citer le nom de Total/Elf est synonyme de consommation d’un fruit qui rend ivre et provoque de grands changements aux consommateurs. Car, présent ou non auprès d’eux, Total/Elf est un serpent toujours présent dans l’Eden du pétrole et dont on ne peut qu’être pénétré de son influence. L’ivraie s’introduit parmi le bon grain ; d’où le péché originel qui expose d’ores et déjà, pour de nombreuses décennies, des générations maliennes entières à en payer le prix.

Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale.

Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.

Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.

Comme en Côte d’Ivoire ou en Libye, le principe de « diviser pour mieux régner » est parfaitement sous orbite au Mali. Objectif : commencer par diviser le Mali en zones nord et sud avec, au milieu des deux zones, des armées étrangères d’interposition (genre Licorne, Casques blancs, Casques bleus…) qui, au nom de la réunification du pays, les occuperont progressivement pour s’y implanter quasi-définitivement, le temps que la France installe durablement ses larbins et s’assure de la mainmise de l’or noir annoncé afin de procéder au pillage avec autant de cruauté que d’avidité. Ficelle de la scission tirée dans la clandestinité depuis Paris et bien d’autres capitales occidentales, les rebelles se sont déjà constitués dans le nord du Mali en un mouvement tribal appelé Azawad. Équipés par les maîtres occidentaux d’une quantité impressionnante d’armes, de munitions et autres matériels de guerre en provenance d’Europe et de la Libye, ils ont lancé les attaques contre les garnisons militaires de la région et occupe actuellement toute la partie nord du pays. Pour affiner la stratégie de la déstabilisation du Mali, le Quai d’Orsay peut sans gêne recevoir à visage ouvert les membres voilés de cette rébellion d’autant que toute forme d’aide qui leur est due ne peut que relever du bon sens, le prétexte étant tout trouvé : le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, le laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger de faire appel à l’éternel sauveur, la France.

Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.

En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.

 

Calixte BANIAFOUNA


Source: MEDIAPART

LE MALI, NOUVELLE VICTIME DESIGNEE D'ACTIVES INGERENCES NEOCOLONIALES FRANÇAISES

 

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François Hollande, au nom de la France, prit la parole lors de la 67ème session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU le jour de son ouverture, le mardi 25 septembre 2012, demandant entre autres choses un mandat international pour une intervention militaire étrangère au Mali, dont le nord du pays est occupé par des rebelles. Il qualifia d’”insupportable, inadmissible, inacceptable” l’occupation du vaste territoire du nord malien “par des groupes terroristes” en annonçant que la France soutiendra toutes les initiatives qui seront prises par les Africains. (1)

Pour rappel, la France de M.Chirac et de M.Sarkozy ne trouvait pas insupportable, inadmissible ni inacceptable l’occupation du nord ivoirien par des rebelles sanguinaires, putschistes ratés, depuis septembre 2002 et cela jusqu’à avril 2011, car ces rebelles soutenaient l’homme adoubé par Paris, l’ancien fonctionnaire du FMI Alassane Dramane Ouattara (ADO), aujourd’hui hissé au pouvoir en Côte d’Ivoire. Et droites et gauches françaises se donnaient la main durant cette période dans une union sacrée assurant cette collusion où J. Chirac et N. Sarkozy assuraient un soutien militaire français aux rebelles pour agresser l’Etat ivoirien. Ici la France soutient des rebelles, là-bas elle fait la guerre pour les combattre. Allez comprendre ! Les rebelles semblent bons s’ils sont en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, à un moment donné et contre l’ennemi désigné des intérêts occidentaux (réel ou supposé). La géométrie variable est bien  visible. La ficelle est grossière.

La France s’immisce à présent de façon aiguë et accélérée au Mali. Le néocolonialisme décomplexé se manifeste une fois de plus. L’ingérence politique et « diplomatique » devient ouvertement militaire. La crise interne, politique et militaire, au Mali veut être résolue militairement par la seule France et ses alliés africains, ses anciennes colonies ouest africaines. Dans un élan désintéressé ?

Les origines d’une crise sans précédents : Touaregs et islamistes contre le Mali, plus affaibli que jamais.

Cette crise au Mali est due aux rébellions, (2) sécessionnistes et/ou fondamentalistes, touarègues ou islamistes, qui réussirent à attaquer, occuper et contrôler le nord du pays avec ses villes principales, Gao, Kidal, Tessalit et la légendaire Tombouctou, depuis janvier 2012. Ceci provoqua un putsch fin mars 2012 pour déposer du pouvoir le général Amadou Toumani Touré, dit « ATT », impuissant et visiblement incompétent, président élu, lors de son  élection contestée fin avril 2007 (comme lors de sa première élection, en mai 2002), et en fin de mandat car une élection présidentielle était prévue pour le 29 avril 2012. Le coup d’Etat fut populaire, et eut un fort soutien politique et citoyen exprimé publiquement. (3) Une description fine, avec une tentative d’analyse pertinente, ultérieure, devrait aborder le richissime sujet d’actions et réactions au Mali face au ‘pronunciamiento’ militaire, des partis, mouvements politiques, syndicats, associations, communautés, musulmans non-intégristes, soutiens et opposants des jeunes officiers révoltés, et des consensus et clivages.

Faut rappeler que la déstabilisation du Sahel, de toute la bande sahélo saharienne, donc du nord du Mali à présent occupé par des rebelles, est l’une des conséquences directes de la guerre de l’OTAN contre la Libye, dont la France de N. Sarkozy fut l’initiatrice. Ce conflit provoqua la prolifération et le renforcement de bandes armées djihadistes et, à la chute du régime libyen et après l’exécution de Mouammar Kadhafi, la débandade de l’armée libyenne et la dissémination accélérée d’armes de tout genre et d’hommes armés dans le Sahel. Parmi les Touaregs rebelles et les islamistes au Mali il y a des vétérans de la guerre en Libye de 2011.

Après les offensives rebelles de janvier 2012 et la chute de tout le nord du pays suite au retrait de l’armée malienne au mois d’avril dernier, à présent les mouvances islamistes chercheraient, avec les crimes commis au nom de la charia et une lente poussé vers le sud-ouest, l’affrontement afin de galvaniser et d’unifier les groupes djihadistes probablement pour internationaliser le conflit dans le but d’« afghaniser » la région. Le MLNA touareg  ayant été à l’heure actuelle largement submergé par les groupes islamistes. L’arroseur arrosé ? Qui tire les ficelles occultes de ces mouvances ? L’offensive du MLNA permettait à ses parrains un scénario d’eaux troubles où l’ingérence politique et militaire étrangère était autant cause que conséquence. Certains avancent les thèses bien plausibles, et démontrables, de l’implication française -sarkozyste- ainsi que des burkinabés (Blaise Comparé ayant facilité son pays comme base arrière) avec le MNLA, qui a pignon sur rue à Paris avec un siège qui agit ouvertement sans entrave. D’autres spéculent  sur l’implication et accointances du Qatar -voire de quelques services algériens- avec des islamistes. Le « médiateur » Compaoré veut inclure le Qatar dans la table des négociations ! Les pompiers pyromanes n’ont pas des scrupules. Les hommes de paille et agents doubles semblent être partout. Et l’intoxication, la désinformation, reste une efficace arme de guerre. (4)

Une junte militaire prit le pouvoir le 22 mars 2012 à Bamako. Des jeunes militaires ayant formé un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat » (CNRDRE) avec le capitaine Amadou Haya Sanogo (formé aux Etats-Unis entre 2004 et 2010) à sa tête. Sous pression de la France, par l’entremise de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) représentée par le burkinabé Blaise Compaoré, le CNRDRE céda le pouvoir le 12 avril 2012 à Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale qui nomma le 17 avril Cheick Modibo Diarra au poste de premier ministre intérimaire. Tout cela eut lieu après que l’Etat malien soit frappé d’un embargo total et que des sanctions politiques et économiques lourdes soient décidées par la CEDEAO, la France, l’Union Africaine  et l’Union Européenne. Des élections présidentielles auraient dû avoir lieu pour que M. Traoré, président intérimaire, transfère le pouvoir à un président élu lors d’un scrutin régulier après la période de transition allant de trois semaines à quarante jours tel que le prévoyait la constitution malienne. (5) Mais le mandat intérimaire de quarante jours de D. Traoré fut prolongé pour une période d’un an de plus par Ouagadougou et entériné par la CEDEAO.

Rappelons qu’« ATT » fut déposé par les jeunes officiers d’une armée malienne qui lui reprochait son incompétence, son incurie et le manque des moyens pour lutter contre les rebelles touaregs et islamistes au nord du pays. Suite au coup d’Etat, l’embargo organisé par le couple France-CEDEAO empêcha l’armée malienne d’avoir des nouvelles armes, matériel militaire et munitions importées, pour lutter contre les rebelles  sécessionnistes. Et la conquête rebelle de territoires du nord put ainsi s’élargir et se consolider au mois d’avril dernier. La junte céda le pouvoir rapidement mais l’embargo continue encore aujourd’hui. A Bamako les Maliens ont déjà vivement manifesté leur mécontentement et impatience, comme le 21 mai dernier lorsque ils manifestèrent contre Dioncounda Traoré. Ce dernier fut alors blessé. (6)

Le rôle néfaste de la CEDEAO, efficace instrument français.

La CEDEAO, avec la France, organise activement l’impuissance de l’armée malienne pour mieux justifier l’envoi d’un corps expéditionnaire formé surtout d’un noyau ivoiro-burkinabé. Dans le port de Conakry, en Guinée, le matériel militaire destiné à l’armée malienne reste bloqué encore aujourd’hui et cela depuis des mois. (7)

L’ingérence française dans le conflit interne malien se concrétise avec le « consentement » de la victime, à savoir le propre Mali, car le président intérimaire malien a demandé le lundi 24 septembre au secrétaire général de l’ONU une intervention militaire étrangère. Étonnamment c’est le ministre français L. Fabius qui annonce cela à New York, à savoir que M. Traoré a demandé à Ban Ki-moon, une résolution du Conseil de sécurité autorisant “l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées”‘ en rajoutant que le “Mali souhaite la présence immédiate de cette force». (8) Mais ce n’est peut-être pas exactement si consenti que ça. Faut se demander si ce « consentement »  est totalement libre et complètement éclairé. Pour preuve, le journal Le Monde dit dans son article sur le sujet daté du mardi 25 septembre « Dimanche [24 septembre], le Mali a finalement cédé à la pression de la Cédéao qui, depuis des mois, soutient le principe d’une intervention militaire au nord du Mali . ». (9)

Faut se demander aussi si ceux qui ont demandé cette intervention sont légitimes et mandatés pour cela. Au Mali, Cheick Modibo Diarra (ayant une double nationalité, malienne et états-unienne) est le premier ministre d’un régime non issu des urnes. Et Dioncounda Traoré est un président intérimaire imposé aux Maliens par Ouagadougou. Il fut imposé par une France interventionniste ayant mandaté pour cela le peu démocrate militaire burkinabé Blaise Compaoré, ancien putschiste, au pouvoir dans son pays depuis vingt-cinq ans.

Dans le meilleur des cas D. Traoré et C. M. Diarra sont, soit des mannequins ventriloques forcés, portant la parole de Paris, soit victimes d’une naïveté sidérante.  Dans le pire de cas ils sont complices et activement partisans profrançais, Françafricains, bradant la souveraineté malienne, si petite soit-elle, manquant ainsi à leur devoir de défense de la souveraineté de l’Etat et du peuple maliens. C’est une affaire dans l’affaire. Un coup de force, un coup d’Etat en douce, à retardement, opéré, gagné pour l’instant sur le tapis vert d’une table lointaine, entre Ouagadougou, Paris et New York.

Ce n’est pas un jeu de pions ? Ce n’est pas un jeu de dupes ? Il est notoire que Paris -le président F. Hollande et le ministre des affaires étrangères L. Fabius-  a pressé Bamako -Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra- pour qu’il demande ouvertement une intervention militaire étrangère sur le sol malien. Et Paris se presse pour dire que ce n’est pas l’armée française qu’y interviendra mais un corps expéditionnaire africain de la CEDEAO. La France assurant bien sûr les moyens financiers, le renseignement, les armes et la logistique.

Comme l’OEA -Organisation des Etats Américains- qui fut des décennies durant le masque interventionniste des Etats-Unis en Amérique Latine, la CEDEAO est l’un de pseudonymes  de la France en Afrique. Elle est l’instrument de blanchiment et de légitimation, des décisions politiques, économiques et militaires françaises destinées à l’ensemble de la région, de l’Afrique de l’Ouest, et à l’égard de chaque pays qu’y se trouve, exception faite du Ghana et du Nigeria, de la sphère anglophone où les Britanniques « ont la main ». C’est une chambre d’enregistrement des desseins et impératifs de la métropole néocoloniale française concernant ses anciennes colonies ouest africaines. La banque centrale de l’union monétaire de la CEDEAO, l’UEMOA, à savoir la BCEAO, est contrôlée par. la Banque de France ! Et la monnaie, le franc CFA, signifiait franc des « Colonies françaises d’Afrique », terme devenu « Communauté financière africaine », plus politiquement correct.

Le cas « édifiant » de la Côte d’Ivoire et sa guerre de neuf ans. Chirac et Sarkozy réinventent « la coloniale »

Dans l’incroyable guerre -souterraine puis ouverte- déclarée contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo par la France depuis le 18 septembre 2002, lors d’une tentative ratée de putsch suivie de l’occupation du nord ivoirien par des rebelles partisans de A. Ouattara, choyés et sanctuarisés par l’armée française, la CEDEAO joua dès le début le rôle de relais de la France pour tenter de mettre à bas le président élu, L. Gbagbo, et in fine asseoir sur le fauteuil présidentiel A. Ouattara, l’homme du FMI. Ils réussirent cela seulement neuf longues années après, moyennant d’énormes souffrances du peuple ivoirien et suite à quatre mois et demi de guerre intense, décembre 2010-avril 2011, avec à la fin de cette période encore plus des souffrances, massacres généralisés, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces rebelles déferlant vers le sud du pays qui était resté sous contrôle de l’Etat ivoirien. Le président Gbagbo se faisant arrêter par des soldats français dans la résidence présidentielle d’Abidjan le 11 avril 2011. Séquestré puis emprisonné illégalement pendant des longs mois dans le nord de son propre pays par ADO, L. Gbagbo est aujourd’hui consigné, en prison, à la Cour Pénale Internationale à La Haye où son statut de prisonnier politique devrait lui  être reconnu un jour.

Pour couvrir ses agissements contre la Côte d’Ivoire de L. Gbagbo depuis le 18 septembre 2002, la France mobilisa la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’ONU. Elle fit signer de force les plus hauts responsables de l’Etat ivoirien à Paris des pseudos accords politiques en janvier 2003 (Linas Marcoussis / Kléber) où la rébellion pro Ouattara pas seulement était blanchie mais même récompensée. J. Chirac et Dominique de Villepin nommaient les ministres ivoiriens à l’Elysée et au quai d’Orsay ! La France fit voter plusieurs mandats onusiens par le Conseil de sécurité pour couvrir ses agissements militaires, dont l’envoi d’un corps expéditionnaire, l’opération « Licorne » d’octobre 2002 devenue ensuite « Force Licorne », élargissant amplement sa présence militaire sur le sol ivoirien au-delà de sa base militaire d’Abidjan./Port-Bouët, le 43ème BIMA. Elle fit aussi créer une mission militaire onusienne spéciale, l’ONUCI, déployée en avril 2004, composée  de casques bleus et d’autres policiers et fonctionnaires civils. (10) Le tout visant à grignoter et à anéantir ce qui restait de la souveraineté de l’Etat ivoirien. Visant aussi à acculer le gouvernement légal dans le sud du pays, en sanctuarisant tout le nord ivoirien occupé par les rebelles pro-ADO qu’y régnaient et sévissaient en toute impunité. La mise sous tutelle d’un Etat souverain, avec intervention militaire étrangère directe, sous mandat onusien obtenu par l’ancienne puissance coloniale, pour obtenir in fine un changement de régime, voilà ce que fut le plan accompli de la France depuis septembre 2002 en Côte d’Ivoire. L’objectif était de mettre au pouvoir celui qui était l’adoubé de Paris, M.Ouattara, un riche homme d’affaires et ex-fonctionnaire du FMI, ami et relais françafricain de J. Chirac, de N. Sarkozy et de milliardaires français.

Le rappel et le parallèle que nous faisons avec le drame ivoirien des dix dernières années, qui est loin d’être fini avec la sanglante accession au pouvoir de Ouattara en avril 2011, nous semble pertinent dans la mesure où existe et se reproduit un schéma de mise sous tutelle, une recolonisation masquée, d’Etats indépendants mais affaiblis du Sud, surtout en Afrique, commise par les anciennes puissances coloniales, les Etats-Unis et ses alliés, avec la compromission d’organisations régionales interétatiques vassalisées et du Conseil de sécurité de l’ONU. Le cas de la Côte d’Ivoire se rajoute au cas d’Haïti où en février 2004 un véritable coup d’Etat militaire franco-étatsunien fut commis pour déposer du pouvoir et envoyer à l’exil le président élu Jean-Bertrand Aristide.

Le Mali d’aujourd’hui est la nouvelle victime désignée des ingérences néocoloniales de la France. Droites et gauches françaises se relayent le témoin dans cette politique transversale, d’ingérences et d’immixtions grossières ou subtiles, qui s’opère notamment contre  les anciennes possessions coloniales françaises d’Afrique. Le principal pion de la FrançAfrique en Côte d’Ivoire à présent, A. Ouattara, est l’un des personnages le  plus agité de la sous région pour envoyer ses troupes au Mali. Blaise Compaoré, militaire, président du Burkina Faso depuis octobre 1987 à la suite d’un putsch et de l’assassinat du président Thomas Sankara, est le « médiateur » imposé par la CEDEAO, donc par la France, pour « gérer »  la crise malienne. Cela ne s’invente pas. Il est aussi pressé que Ouattara pour envoyer des troupes burkinabés.

La France fait la guerre ou paye. Or, qui paye commande.

M. Ouattara fut reçu à l’Elysée le 26 juillet 2012. A la fin de l’entretien M. Hollande annonça que la France accordait à la Côte d’Ivoire l’effacement de sa dette publique envers l’Etat français, à savoir un montant de plus de trois milliards d’euros ! (11) Le richissime homme d’affaires Ouattara obtint pour son régime ce cadeau au titre de la procédure dite PPTE, pour « pays pauvre très endetté ». (12) Son régime n’a pas les moyens pour payer la dette souveraine ivoirienne envers la France mais à une ambition inébranlable pour envoyer des milliers de ses  militaires, ses anciens rebelles, au Mali. Sous prétexte de lutter contre une rébellion et réunifier le Mali. De qui se moque-t-on ?

Du contribuable français. Car c’est lui qui devra payer les générosités de M. Hollande et les aventures militaires de la FrançAfrique. Et il payera double. Trois milliards d’euros donnés en cadeau par F. Hollande à M. Ouattara, à la tête d’un régime tyrannique et archi corrompu, où les droits de l’homme sont piétinés tous les jours. L’aventure guerrière en perspective de M. Ouattara et de M. Compaoré, cotitulaires de la CEDEAO, sur le territoire du Mali, avec leurs soldatesques surtout avides de toucher des soldes exceptionnelles et des primes, sera payée par Paris.

Au moment où le gouvernement français annonce un projet de budget 2013 avec une hausse d’impôts et de taxes de dix milliards d’euros pour les ménages et autant pour les entreprises, qui se rajoutent à d’autres dix milliards d’euros de baisse du budget des ministères (13), en somme trente milliards d’euros « d’effort budgétaire », Hollande décide du renoncement aux créances de l’Etat français et s’engage au financement d’une expédition militaire ivoiro-burkinabée. L’aventure sera payée par le contribuable français, aucun doute.

Dans ce tableau grotesque le peuple malien est, et sera encore, la première et la plus grande victime, car le théâtre d’affrontements militaires est, et sera, le Mali, les morts seront des Maliens. Il est prévu que les soldats maliens servent de chair à canon pendant que les étrangers occupent Bamako .  Mais les peuples burkinabé et ivoirien sont aussi des victimes, victimes de leurs propres régimes, corrompus et tyranniques, de Compaoré depuis 1987 sans interruption  et de Ouattara,  depuis 2002 avec sa rébellion et depuis avril 2011 suite à son accession au pouvoir grâce l’armée française et à l’ONUCI. Le peuple français est aussi victime car les moyens financiers et les armes pour la guerre seront donnés et payées respectivement par leurs contribuables, et tout cela sera fait en son nom, sans qu’il n’en soit nullement consulté.

En 2010 et 2011 la France commit des ingérences flagrantes devenues guerres ouvertes contre la Côte d’Ivoire et la Libye. La finalité étant de provoquer le changement de régime dans ces pays, en installant dans le deux cas des rébellions soutenues sournoisement voire ouvertement par Paris et ses fondés de pouvoir africains. Dans les deux cas la France obtint un  mandat onusien pour faire la guerre. Contre la Libye l’instrument fut l’OTAN, qui bombarda le pays du 19 mars au 20 octobre 2011. Pendant sept mois ! En Côte d’Ivoire la mission onusienne, ONUCI, fit directement la guerre contre l’Etat ivoirien à côté des rebelles et de l’armée française ! En Syrie à présent la France essaye aussi de mettre à bas le régime d’un Etat indépendant, en installant au pouvoir une rébellion armée sanglante, d’orientation islamiste, avec l’Union Européenne,  l’OTAN et ses relais régionaux tels la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie, qui financent et/ou servent de base arrière aux rebelles.

Les obstacles, les défis et les luttes incontournables du peuple malien.

Les Maliens devraient se douter qu’une conjoncture politique et militaire tellement complexe et grave, ne peut se résoudre aisément. Mais les compromissions et les renoncements militaires et politiques n’aboutiront certainement qu’à plus  de drames et des pertes des vies humaines et de souveraineté, le peu qui reste à un pays dépendant, pauvre, avec un Etat faible. Et aux souffrances du peuple malien qui subira, qui subit déjà, ce sanglant conflit interne s’ajoutera la guerre intense et les exactions, autant des rebelles que celles, prévisibles, des « libérateurs » de la CEDEAO. Rappelons-nous du parcours édifiant, des exactions, de l’ECOMOG au Libéria et en Sierra Léone !

L’acceptation sur le sol malien d’une force militaire étrangère, avec des soldats venant des pays frontaliers non exempts d’ambitions vénales et sous l’égide de l’ancienne puissance coloniale, n’est qu’un suicide national par chapitres annoncé. Annonciateur d’une nouvelle mise sous tutelle et même d’une  vassalisation par ses voisins immédiats. Le remède proposé sera pire que la maladie. Rappelons le néfaste rôle de Blaise Compaoré dans la sous-région pour déstabiliser des pays entiers comme la Sierra Léone, le Libéria et tout récemment la Côte d’Ivoire où il imposa au pouvoir son protégé et compatriote Alassane Ouattara. Rappelons qu’existe aussi à présent l’ambition de Ouattara d’avoir un rôle régional, et il est pressé à ses 70 ans, alors même qu’il n’est pas maître du pays qu’il a conquis en 2011 grâce à la France. En Côte d’Ivoire aujourd’hui l’Etat n’existe guère et l’arbitraire, les exactions et les crimes de sang et massacres pour motifs politiques et ethniques sont commis toujours en toute impunité. ADO garde toujours le pouvoir grâce à l’armée française, toujours très présente sur le sol ivoirien.

Le Mali risque ainsi d’échanger la rébellion du nord par une vassalisation au profit du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, devenant le hinterland asservi de ces deux pays. Devenant concomitamment un territoire néocolonial chronique, avec des régimes fantoches, encore plus fantoches, à Bamako, aliénés plus que jamais à la France.  Où celle-ci sera (l’est déjà) concurrencée par les USA et la Chine pour le contrôle des territoires et des matières premières. Contrôler le Mali c’est contrôler en partie le Sahel, mais aussi l’ouest africain et le Maghreb. L’Algérie, le grand voisin au nord du Mali, reste discrète ce qui ne signifie pas qu’elle n’agit pas ou fait agir des tiers.

Justement à propos de la concurrence géopolitique pour le contrôle des pays et des matières premières en Afrique, la vitesse/précipitation de la France et de ses obligés ouest africains concernant la crise au Mali crée des réticences internationales et les rivalités inter impérialistes apparaissent au grand jour. Le mercredi 26 septembre à l’ONU, lors de la réunion de haut niveau sur le Sahel en marge de l’Assemblée générale, Mme. H. Clinton fait une étonnante déclaration. (14) Elle dit que le Mali est une “poudrière” et que seul “un gouvernement démocratiquement élu aurait la légitimité de négocier un accord politique au nord du Mali, de mettre fin à la rébellion et de restaurer l’Etat de droit”. Ah les postures ! L’art de l’hypocrisie n’a pas des limites. On l’aurait dit porte-parole légitimiste des pays non-alignés par exemple. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Ceci dit, les Maliens se font voler des analyses et des alternatives pouvant être pertinentes et les concernant.

Le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain, ainsi que les principes de sauvegarde de la souveraineté, de la paix et la recherche impérative des solutions pacifiques aux conflits entre Etats, sont ouvertement piétinés. Par la France, mais pas seulement. Par ses pions tels le Burkina Faso de B. Compaoré, la Côte d’Ivoire d’A. Ouattara et la CEDEAO. Prenant l’exécrable exemple des Etats-Unis et de ses alliés de l’OTAN, qui s’amusent à parler au nom de toute la planète en portant la casquette « communauté internationale » (autoproclamée).

Quelques exemples dramatiques et encore sans solution définitive, étant des plaies ouvertes, sont là pour nous le rappeler. Haïti depuis 2004 est encore sous tutelle de l’ONU avec la MINUSTHA. La RDC, ayant les deux dernières décennies la série de conflits internes les plus meurtriers en Afrique, avec plus de quatre millions de victimes et des pans entiers de son territoire national occupés et pillés par des rébellions soit autochtones soit venues et/ou soutenues par les pays voisins de son nord-est, sous les bavures et le regard impuissant ou rendu volontairement impuissant de la mission de l’ONU, la MONUC/MONUSCO avec actuellement dix-sept mille casques bleus y déployés. La Côte d’Ivoire et la Libye, victimes toutes les deux en 2011 de guerres ouvertes visant le changement forcé de régimes sous le leadership de la France, de N. Sarkozy. La Syrie aujourd’hui où l’Occident, la France en tête encore, arme, finance et justifie une rébellion sanglante contre un Etat indépendant visant à mettre à bas son régime, militarisant jusqu’à la folie meurtrière les affrontements d’une complexe dialectique politique. La « démocratie » à coup des bombes et des rebellions ? L’Irak, l’Afghanistan, la Libye. etc. sont des cas « exemplaires ».

Le Mali s’inscrit à présent dans ce schéma déjà bien rodé d’ouvertes ingérences politiques et militaires de l’ancienne puissance coloniale et de l’Occident et d’abandon « volontaire » de souveraineté. Le Mali est la nouvelle victime désignée et titularisée des ingérences néocoloniales de la France et de ses propres voisins avides, ivoiriens et burkinabés, pions de la FrançAfrique.

Au Mali, l’alibi français avancé pour justifier l’ingérence politique et militaire actuelle, directe et par pions interposés, est l’urgence (15) de chasser des rebelles sanguinaires, islamistes, tout en empêchant l’armée malienne par exemple de le faire elle-même et en méprisant le peuple malien, privé de  décider et d’assumer ses droits -et ses devoirs- souverains. La défense de la souveraineté populaire malienne d’abord, ainsi que la souveraineté de l’Etat autant que l’intégrité territoriale, n’est pas, ne devrait pas, être négociable.

 

Luis Basurto

Paris, 27 septembre 2012

 

(1) «Le discours très balisé de François Hollande devant les Nations unies» in LE MONDE,  26.09.2012

(2) Des Touaregs avec le «Mouvement national de libération de l’Azawad» (MNLA) ; la nébuleuse islamiste Ançar Dine («protecteurs de la religion»); le « Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest» (MUJAO); la nébuleuse islamiste nigériane Boko Haram a aussi été signalée; Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), sous ce nom depuis 2007. Les sécessionnistes touaregs ont été largement débordés par les islamistes, plus expérimentés, sanguinaires et ragaillardis par les armes libyennes, les rançons et les trafics de tout genre. Voir :

http://www.algerie360.com/algerie/aqmiansar-edinemujao-et-boko-haram-font-le-forcing-pour-lobtenirles-ingredients-dune-intervention-etrangere-dans-le-sahel/

(3) Voir : «Le Mali: chronique d’une recolonisation programmée». Déclaration politique à Bamako du 04.04.2012 

http://www.foram-forum-mali.org/index.php/non-classe/le-mali-chronique-dune-recolonisation-programmee/.

Voir aussi : «Déclaration du pari SADI suite au changement de Régime intervenu au Mali le 22 Mars 2012» 26.03.2012

http://www.partisadi.net/2012/03/declaration-du-parti-sadi-suite-au-changement-de-regime-intervenu-au-mali-le-22-mars-2012/;

«Marche de soutien au CNRDRE et aux Forces Armées et de sécurité» 11.04.2012

http://www.partisadi.net/2012/04/marche-de-soutien-au-cnrdre-et-aux-forces-armees-et-de-securite/

(4) Voir: 

http://www.nord-mali.com/index.php/nord-du-mali/1404-nord-du-mali–mnla-ancar-eddine-al-qaida–du-pareil-au-meme- 

Voir : «Le Temps d’Algérie entre à Kidal (nord du Mali) Quatre jours en compagnie d’Ançar Eddine» 29-07-2012. Voir : 

http://www.letempsdz.com/content/view/77676/1/ 

Voir : «Les défis du Sahel : focus sur la crise malienne par Laurent BIGOT»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Rn67xaLPCBM

(5) Voir : 

http://afrique.blog.lemonde.fr/2012/04/07/laccord-de-bamako-texte-suite-details-interrogations/

(6) Voir :  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-le-president-interimaire-dioncounda-traore-frappe-par-des-manifestants_1117043.html?xtmc=dioncounda_traoré&xtcr=10

(7) «Crise politico-sécuritaire: La COPAM exige la libération des armes bloquées à Conakry et l’organisation de la concertation Nationale souveraine» in LE FLAMBEAU 26.09.2012 Voir :

http://www.maliweb.net/news/politique/2012/09/26/article,94312.html

(8) Voir : 

http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/25/le-mali-en-appelle-a-l-onu-pour-reconquerir-le-nord_1765265_3212.html

(9) Ibid.

(10) Voir: http://www.onuci.org/spip.php?rubrique18

(11) Voir: 

http://www.liberation.fr/monde/2012/07/26/echange-d-amabilites-entre-ouattara-et-hollande-a-l-elysee_835734

(12) Voir: http://fr.allafrica.com/stories/200904030179.html

(13) «Budget: l’Etat va devoir amputer ses dépenses de 10 milliards» in LE MONDE, 28.09.2012

(14) «Le volontarisme de Paris sur le Mali se heurte à des réticences à l’ONU» in LE MONDE, 27.09.2012

(15) «Il n’y a pas de temps à perdre» dit F. Hollande à l’ONU le 25.09.2012 in LE MONDE, 26.09.2012

 

Source: MONDIALISATION.CA

samedi, 06 octobre 2012

LE CFA, HISTOIRE D'UNE MONNAIE FRANÇAISE

 FRANC CFA - SENEGALAISE PRESENTANT DES BILLETS DE 10.000.jpg

A Dakar au Sénégal, une femme présente des billets de 10.000 francs CFA, environ 15 euros. Crédits photo : ISSOUF SANOGO/AFP
 
 

Le franc CFA a fêté ses quarante ans vendredi. Retour sur une invention qui a évolué avec la fin de la colonisation mais reste arrimée à l'euro.

 

C'était bien avant l'euro, avant même que l'Europe n'ose y penser. L'Afrique de l'Ouest se dotait d'une monnaie unique: le franc CFA. C'était en 1939. Plus de soixante-dix ans plus tard, ces billets existent toujours, passant entre des millions de mains chaque jour. Le CFA, après quelques changements, reste la monnaie de 14 États, offrant à ses utilisateurs quelques avantages et un réservoir de polémiques intarissable.

FRANC CFA - PAYS MEMBRES DE LA ZONE.jpg

La réalité de la création du CFA remonte à 1945, dans la foulée des accords de Bretton Woods. Elle est aussi le fruit d'une histoire plus française. Paris est alors convaincu de son utilité après que l'Afrique a été la seule véritable zone franc lors de l'occupation de la métropole par les armées allemandes. Depuis lors, malgré les indépendances des années 1960, peu de choses ont changé.

Dernier accord en 1972

Certes, la Guinée du nationaliste Sékou Touré a choisi de quitter la communauté pour créer son propre franc. La Mauritanie et Madagascar suivront le même chemin en 1973. Mais les autres nouvelles nations, autour de la Côte d'Ivoire de Houphouët-Boigny et du Sénégal de Senghor, soucieux de ne pas secouer un système financier fragile et la Françafrique triomphante, conserveront ce franc sans plus de débats. On inaugure juste deux banques centrales, l'une pour l'Afrique de l'Ouest et l'autre pour l'Afrique centrale. Les monnaies sœurs gagneront même de nouveaux membres: le Togo en 1963, puis plus tard la Guinée-Bissau et la Guinée Équatoriale, ex-colonies portugaise et espagnole.

Vendredi, à Paris, s'est déroulé un grand forum pour célébrer cette réussite, l'anniversaire du CFA pour ses… 40 ans. Pourquoi fêter les 40 années d'un quasi septuagénaire? Il s'agit en fait, explique-t-on à Bercy, de mettre l'accent sur l'accord de 1972, le dernier en date, sur lequel se fondent toujours les relations entre la zone CFA et la France. Le système, extrêmement complexe, repose sur deux piliers. Le CFA dispose de la garantie de la Banque de France et d'une parité fixe avec le franc français (aujourd'hui l'euro). En échange, la France a un droit de regard et même de veto au sein des deux banques centrales. «Choisir de fêter un quarantième anniversaire est une tentative de gommer le passé colonial des billets», affirme l'historien Alain Foka. Le glissement sémantique de l'acronyme CFA est le symbole de cette volonté. Au départ bêtement franc des Colonies Françaises d'Afrique, il est devenu, en 1960, celui de la Communauté française d'Afrique, puis de la Commission financière d'Afrique.

Changements cosmétiques et polémiques

Mais ces changements cosmétiques, à l'heure où le mot «Françafrique» est quasiment devenu tabou et où les Pères des nations ont tous été enterrés avec les honneurs, ne peuvent faire taire les polémiques. Pas plus que des avantages réels: le CFA apporte une stabilité, une maîtrise de l'inflation unique sur le continent et limite le prix des importations, notamment de pétrole.

Reste que les nationalistes le chargent d'un «anachronisme insupportable», parfois sans grande mesure, comme l'économiste ivoirien Nicolas Agbohou, qui parle de «nazisme monétaire». Les critiques sont aussi plus précises. Des financiers reprochent au CFA de juguler l'inflation au détriment de la croissance et de l'emploi dont l'Afrique a besoin. Ils pointent aussi l'impact sur les coûts de la main-d'œuvre et des exportations. «Les décisions autour du CFA sont prises aujourd'hui à Francfort sans aucune véritable considération pour les besoins réels des économies africaines. Et la crise de l'euro n'améliore pas les choses», résume un diplomate français.


Tanguy Berthemet


Source: LE FIGARO

mercredi, 03 octobre 2012

COMPAORE, LE PARRAIN DE TOUTES LES REBELLIONS

 

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Le 19 septembre 2002, date de l’éclatement de la maudite rébellion en Côte d’Ivoire et la réception le 19 septembre 2012 en France du Président burkinabè Blaise Compaoré, amènent à s’interroger sur les actions obscures et surtout criminelles de cet homme d’état. Pourquoi cette malheureuse coïncidence de date en ce 10ème anniversaire des massacres perpétrés par les scélérats rebelles de Compaoré et de Ouattara ? 

Voici un Chef d’Etat qui, pour parvenir au pouvoir a dû assassiner son ami et Président du Burkina Faso (BF), Thomas Sankara le nationaliste, l’autonomiste, le panafricaniste, le digne fils d’Afrique. Il s’est soumis au diktat de la France qui trouvait en ce patriote un ennemi de ses intérêts. Depuis lors, ce monsieur est devenu un des pions avancés de la France en Afrique et le parrain de toutes les rébellions suscitées et entretenues par l’ex-colonisateur. 

Au Libéria, la France, pour amener Charles Taylor au pouvoir, a utilisé Houphouët et Compaoré pour approvisionner en armes et munitions la rébellion libérienne. Ainsi, plusieurs convois d’armes de guerre ont-ils été livrés à ces rebelles soutenus par Compaoré et la France, avec le regard bienveillant du Président Houphouët qui se disait homme de paix et qui laissait ces produits de guerre transiter par la Côte d’Ivoire. C’est donc, au Burkina Faso de Blaise Compaoré qu’ont été déchargées armes et munitions destinées à la rébellion de Taylor via le territoire ivoirien. 

En Sierra Leone, le même Président burkinabè a soutenu la rébellion du RUF en pourvoyant celle-ci en armes et munitions par les territoires ivoirien et libérien. 

Il s’agissait, dans les deux cas, d’installer des hommes-liges à la solde de l’impérialisme français et occidental pour faciliter le pillage des richesses de ces deux pays riches en matières premières agricoles et surtout minières. 
 
S’il y a donc quelqu’un à condamner dans le cadre de ces rébellions, c’est bien Blaise Compaoré, le Chef de l’Etat burkinabè, la source de ravitaillement des ces rebelles, qui a passé près de 30 ans au pouvoir sans que cela n’émeuve la Communauté Internationale, en fait le Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux(CSVIO), prompte à vilipender le Président Gbagbo pour ces quelques dix années de pouvoir dont huit longues années de lutte contre la rébellion enracinée au Nord ivoirien grâce aux soutiens de tous genres du Burkina Faso et de la France. 

C’est ce même Président du pays dit des hommes intègres qui a hébergé, formé les rebelles ivoiriens sur son territoire à la demande de la France de Chirac. Il est vrai que, selon les dires mêmes des rebelles, ils recevaient, pendant leur séjour burkinabè des moyens financiers d’Alassane Ouattara, montrant ainsi la complicité entre le voltaïque devenu burkinabè et le voltaïque devenu ivoirien. 

Il apparait de plus en plus clairement que la rébellion ivoirienne était une guerre, de la France et du Burkina Faso contre le paisible peuple de Côte d’Ivoire, menée par quelques ivoiriens égarés et un très grand nombre de résidents étrangers en Côte d’Ivoire dont une large majorité de guinéens, de burkinabè et de maliens lesquels récoltent, à n’en point douter, les « bons fruits» semés en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi Blaise Compaoré n’a pas hésité à donner gîtes et couverts à ces marmitons et autres soldats de première classe de l’armée ivoirienne. C’est ce Président, traitre à l’Afrique et à son frère Sankara qui a fait assassiner Balla Kéïta qui se trouvait en son temps au BF comme représentant du Général Guéi pour préparer avec les rebelles le coup d’état contre Gbagbo. Son assassinat fut sans doute le résultat de son refus de marcher selon les desseins macabres des rebelles criminels de Ouattara et Compaoré. 

Après avoir éliminé l’obstacle Balla Kéïta, ces rebelles venus du BF de Compaoré et d’Alassane Ouattara, à la solde de la France vont donc dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 s’attaquer, au pouvoir de Gbagbo à Korhogo, à Bouaké et à Abidjan. Cette attaque sur plusieurs fronts fait suite à plusieurs tentatives de coups d’état de ces rebelles qui se sont soldées par des échecs cuisants. Elle marque le désir, sans cesse, affirmé de ces exécutants des basses œuvres françaises d’en finir avec le régime Gbagbo. 

C’est pourquoi, cette attaque a été conçue par Compaoré «himself» dans l’optique de se transformer, en cas d’échec, en une rébellion armée et une sécession du territoire ivoirien pour fragiliser le pouvoir de Gbagbo en pillant les richesses ivoiriennes pour son propre compte, pour les intérêts du BF et pour avoir, selon le bon vouloir de la France, le Président ivoirien, à l’usure. 

Cette rébellion de Compaoré a conduit ses hommes sans foi ni loi à massacrer et sacrifier de nombreux ivoiriens. Ainsi, des milliers de sympathisants et militants du FPI, de même que des originaires de l’Ouest et du Centre-Ouest ivoiriens ont-ils été horriblement assassinés dans ces régions Nord, Centre et Ouest occupées par ces rebelles aujourd’hui appelés sauveurs. Quelle ignominie !!! 

Il a été donné de constater que des caisses de munitions retrouvées sur le territoire ivoirien portaient toutes la mention «Ambassade de France au Burkina Faso» attestant ainsi éloquemment que cette rébellion a été montée de toutes pièces par Compaoré au BF pour le compte de la France, son mandant. De plus, l’occupation des forêts, des plantations, des maisons et même de certains villages montre bien le désir de conquête de l’Ouest ivoirien par Compaoré. 

D’ailleurs, ce pays est la plaque tournante des rebelles où ils ont investi et bradé leurs nombreux butins de guerre. Aujourd’hui, tous les chefs de la rébellion ivoirienne n’ont-ils pas une résidence de luxe au pays de Blaise Compaoré? Ce pays a su tirer un profit énorme de cette rébellion. C’est là-bas que se vendaient et se vendent encore les biens pillés en Côte d’Ivoire: automobiles, bois, café, cacao,… Et cela, avec la participation active des responsables burkinabè qui encouragent ainsi ces vols de richesses des ivoiriens, au bénéfice de populations se disant du pays des hommes intègres. Pouaah !!! 

C’est pourquoi les grandes villes du BF pendant cette rébellion sont devenues de véritables ports secs pour les produits en provenance de Côte d’Ivoire (CI) qui seront ensuite exportés vers les ports de Lomé et Cotonou. C’est ainsi que ce pays sahélien est devenu exportateur de produits de la zone forestière: café, cacao, bois… Ces trafics en tous genres se sont toujours effectués avec l’accord des hommes politiques du pays dit des hommes intègres. Quelle intégrité!!! 

Compaoré et son pays ont su aussi tirer profit des casses des agences de la BCEAO de Korhogo, Bouaké, Man (villes occupées par sa rébellion) que le gouverneur de la BCEAO d’alors Konan Banny n’a pas daigné sécuriser; c’est pourquoi ces casses ont permis aux rebelles et à leurs parrains africains et français d’engranger plusieurs dizaines de milliards de FCFA que la BCEAO voudrait imputer au contribuable ivoirien. Quelle sorcellerie !!! Ce sont ces casseurs qui, aujourd’hui, lancent un mandat d’arrêt farfelu contre le digne et honnête collaborateur de Gbagbo, Koné Katina qui n’a fait que payer les fonctionnaires et agents de l’Etat en réponse à l’acte criminel de fermeture des banques décrété par le bourreau Sarkozy. 

Sachant bien que Compaoré était le pion de la France dans sa guerre contre la CI, et afin de lui donner des chances de se racheter, le Président Gbagbo décida d’utiliser ce parrain des rebelles comme médiateur; ainsi naquirent les accords de Ouagadougou qui devaient conduire au désarmement avant l’élection présidentielle de 2010. Compaoré et ses rebelles refusèrent le désarmement en même temps que la France et les autres membres du CSVIO vitupéraient Gbagbo sur tous les médias déjà acquis à leurs causes funestes, arguant que ce dernier refusait les élections. 

La suite donnera raison à ce digne fils d’Afrique. Ainsi, à la place d’une élection, les zones Centre, Nord et Ouest (CNO) occupées par les rebelles venus du BF vont mener une guerre électorale pour chasser et tuer les représentants dans les bureaux de vote, les militants et sympathisants, du candidat Gbagbo; les populations de ces zones seront contraintes de voter le candidat Ouattara sous peine de mort et les rebelles de Ouattara et Compaoré se chargeront de bourrer les urnes avec le concours des soldats de l’ONUCI et de la Licorne. 

Pour permettre à ces concitoyens d’être utilisés comme bétail électoral, Compaoré, supposé médiateur, a dû imposer à la CEI le report de la présidentielle ivoirienne, le temps d’offrir à son compatriote une victoire forcée dans les zones occupées par sa rébellion. Malgré tout, Gbagbo a gagné cette élection; c’est alors que la France, les autres membres du CSVIO et Compaoré vont réactiver la rébellion, en augmentant considérablement les armes et les effectifs par le recrutement de mercenaires de la sous région pour livrer une guerre contre le régime de Gbagbo et réussir, grâce aux soldats de France et de l’ONU ainsi que le concours non négligeable des USA, à chasser du pouvoir le candidat proclamé vainqueur de la présidentielle par le Conseil Constitutionnel ivoirien que Ouattara vient enfin de reconnaître comme seule institution habilitée à cet effet. 

Ce sont des milliers d’ivoiriens qui seront massacrés par ce conglomérat de forces hétéroclites composées de rebelles ivoiriens et burkinabè, de mercenaires maliens, nigérians, burkinabè, libériens, des soldats de la force française Licorne et ceux de l’ONUCI censés être des soldats de la paix de l’ONU. 

Voilà l’homme politique Compaoré, Chef de l’Etat d’un des pays les plus pauvres du monde, parrain de toutes les rébellions Ouest-africaines (Libéria, Sierra-Leone, Côte d’Ivoire, Mali …) et même africaines (exemple : son soutien au rebelle angolais Savimbi) qui ne fait qu’agir pour ses mandants français; il y a de quoi souiller la mémoire du digne patriote Sankara dont Compaoré, aujourd’hui vendu, était le plus proche collaborateur. 

Heureusement que le chef rebelle du Libéria, Taylor, est confronté aujourd’hui a la CPI; cependant, l’homme-orchestre de toutes ces rebellions, de tous ces massacres des innocentes populations du Libéria, de Sierra Leone , de Côte d’Ivoire et du Mali, reste à ce jour impuni. Evidemment, ce bras armé de la France en Afrique est protégé, pour le moment, par ces parrains des réseaux politiques, financiers, spirites et même mafieux du CSVIO qui, ne travaillant que pour les intérêts exclusifs de leurs grands groupes financiers, le lâcheront un jour. 

Ce sera alors, à celui qui disait que Gbagbo méritait d’être traduit devant la CPI, de rendre compte devant les juridictions internationales ou nationales des nombreux crimes de ses rebelles perpétrés en Côte d’Ivoire et dans les autres pays d’Afrique Occidentale. Il pourra par conséquent passer le reste de ces jours en prison afin que prennent fin les rébellions en Afrique. Vivement que ce jour vienne le plus tôt possible!!! 


NANWOULET G. Simone 


Source: AFRIK53.COM

mercredi, 19 septembre 2012

BLAISE COMPAORE REÇU A L'ELYSEE: LE BAL DES DESPOTES


BLAISE COMPAORE 3.jpg


La visite ce mardi (hier, 18 septembre 2012, Ndlr) à l’Élysée du président burkinabé indigne les associations de défense des droits humains et la veuve de Thomas Sankara. La raison d’État et l’urgence de la crise malienne l’ont emporté.


Blaise Compaoré, président du Burkina Faso depuis 1991, sera reçu mardi 18 septembre en fin d’après-midi en « visite d’amitié » à l’Élysée. Deux mois après la réception d’Ali Bongo, le Président gabonais, les opposants à la « Françafrique » ne cessent de dénoncer la bienveillance de François Hollande avec les dirigeants africains les plus critiqués.

Impliqué dans le meurtre de son prédécesseur Thomas Sankara, lors du coup d’État qu’il fomente contre lui en octobre 1987, Blaise Compaoré a été réélu à la tête du Burkina Faso en 1998, 2005 et en novembre 2010 avec 80 % des voix, mais seulement 1,5 millions de votant (10% de la population). Il est accusé de mener une gouvernance corrompue [1] et d’exercer sur l’Afrique de l’Ouest une influence néfaste et déstabilisatrice. Blaise Compaoré « est sans conteste le pilier de la Françafrique dans la sous-région, qu’il a souvent contribué à déstabiliser », tranchait lundi 17 septembre, l’association Survie sur son site.

Enjeux cruciaux au Mali

Mais cette visite à Paris doit permettre aux deux parties d’évoquer la crise malienne. Une intervention militaire des pays d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans le nord du pays est en discussion et Blaise Compaoré,désigné comme médiateur par la Cedeao, tient un rôle diplomatique de premier plan dans cette crise. De son côté, la France tente d’obtenir la libération de 6 otages détenus par Aqmi depuis deux ans au Sahel. Elle surveille surtout avec grande attention l’évolution de cette crise, qui contribue à l’enracinement des mouvements djihadistes au Sahel, qui ont notamment récupéré des armes de Libye.

BLAISE COMPAORE 6 - MANIFESTATIONS CONTRE SA VENUE A PARIS.jpg

 Les opposants à la venue de Blaise Compaoré manifestent, lundi 17 septembre à Paris.

Mais en France, des voix discordantes viennent contester le bien-fondé des interventions diplomatiques du Président burkinabé dans la sous-région. « Compaoré est complice des narcotrafiquants et des criminels de la MNLA (rébellion touarègue au nord du Mali). Fin juin, il a reçu, soigné et hébergé le leader du MNLA qui est en train de commettre des atrocités au nord du Mali, il doit être dessaisi de sa médiation », s’emporte Bakary Traoré, du Collectif des Maliens de France pour la paix (CMFPaix).

Pour les opposants à la « Françafrique », la bienveillance de François Hollande est une triste démonstration de la raison d’État qui continue de présider l’attitude française en Afrique. En jeu, notamment, les ressources naturelles ouest-africaines et l’accès à l’uranium du Niger voisin, dont l’industrie nucléaire française est très gourmande.

«On est obligatoirement dans la realpolitik, analyse pour sa part Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS en charge de l’Afrique. Blaise Compaoré est incontournable dans la crise au Mali, c’est un homme qu’aucun pouvoir dans le monde ne peut ignorer. La France ne peut pas se désintéresser de cette zone, pour le sort de ses otages et parce qu’elle y a des intérêts. Il faut aussi savoir que le jeu politique malien est infiniment complexe et qu’il concerne directement plusieurs pays voisins. Il est urgent de reconstruire un pouvoir véritablement légitime et une armée capable de contrôler l’ensemble du territoire.»

Pour ces associations, la visite de Blaise Compaoré reste néanmoins un très mauvais signal et une occasion pour le président burkinabé d’asseoir sa légitimité grâce à François Hollande. « Il est arrivé au pouvoir dans le sang et règne dans le sang [2], résume Mathieu Lopes de l’association Survie, fermement opposé à cette visite à l’Élysée. Nous demandons la fin des coopérations militaires avec des régimes qui répriment leur peuple ».

Justice pour Thomas Sankara

Vingt-cinq ans après l’assassinat de Thomas Sankara, qui a été à la tête de l’État de 1983 à 1987, et est devenu un symbole du panafricanisme et de l’anti-impérialisme, ses proches et les militants pour la justice se font aussi entendre. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies dénonçait en avril 2006 le gouvernement burkinabé pour entrave à l’enquête et déni de justice après la mort du président Sankara (lire la décision), mais les associations demandent toujours la réouverture de l’enquête et la création en France d’une commission parlementaire.


Jeudi 13 septembre, la veuve du leader défunt a pris la plume « au nom des orphelins, des veuves et des familles éplorées », pour tenter de dissuader François Hollande de recevoir le Président burkinabé : «Le pouvoir criminel de Blaise Compaoré a été marqué par les atrocités de toutes sortes. De nombreuses personnes ont été brûlées vives, d’autres ont été exécutées et enterrées sans doute dans des fosses communes», dénonce Mariam Sankara, installée en France après la mort de son mari. Aujourd’hui, ajoute-t-elle, Blaise Compaoré a payé les familles de victimes pour qu’elles renoncent à déposer plainte.

«Compaoré n’a jamais été convoqué par la Cour pénale internationale, alors qu’il a été plusieurs fois cité (en particulier lors du procès de Charles Taylor, pour son implication dans le conflit Sierra Leoné et au Libéria). Il bénéficie du soutien des puissances occidentales », estime Bruno Jaffrey, de l’association Survie et « Justice pour Thomas Sankara ».

Débat à suivre
 

Ni Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères en déplacement au Caire, ni Pascal Canfin, en charge du Développement retenu à Nantes pour les journées parlementaires d’Europe Écologie - Les Verts, ne recevront le président burkinabé. Ils s’évitent ainsi les éclaboussures... Pour le moment. Car le débat sur les relations avec les chefs d’État africains devrait resurgir avec l’hypothèse de la venue à Paris d’Idriss Déby, président tchadien et le déplacement prévu du chef de l’État français à Kinshasa pour le sommet de la francophonie , mi-octobre, deux régimes  parmi les plus vivement critiqués. 

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Manifestation à Ouagadougou sur le coût de la vie et contre le regime de Compaoré, Ouagadougou, le 30 avril 2011.

 

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[1] Transparency international le classait 100ème sur 182 pays, pour l’indice de perception de la corruption en 2001.

[2] Des manifestations antigouvernementales se sont levées après le décès, en février 2011, de Justin Zongo, d’un étudiant décédé sous les coups des forces de l’ordre. Comme lors d’incidents déjà constatés en 2010, la police a ouvert le feu sur les manifestants, entraînant la mort de 5 personnes, dont un policier.

 

Source: POLITIS.FR

FILM ANTI-ISLAM: LE COUP D'ETAT DE ROMNEY CONTRE OBAMA?

 

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Le film blasphématoire  «Innocence of Islam» dont la projection a embrasé à raison le monde de l’Islam va au-delà d’un simple acte islamophobe. Il y a là du complot bien mijoté, du dessin bien prémédité et tout porte à croire que les républicains y sont pour quelque chose. 11 ans après le 11 septembre, le monde assiste à un nouveau coup républicain qui survient, étrange hasard, au lendemain de l’anniversaire des attentats contre les tours jumelles.

Le scénario est écrit en plusieurs actes.

Acte I: Obama et la guerre contre l’Iran

Il n’est certes pas question de rendre hommage au président Obama dont la politique de quatre n’a été qu’une suite de promesses non tenue, de violences maintenue, de guerre et de crimes de guerre. Obama est le président qui a durci les sanctions contre l’Iran, a refusé tout compromis avec ce pays sous l’auspice turco-brésilienne, a intensifié les  raids aux drones US en Asie, en Afrique. Mais Obama n’a pas accepté d’entrer en guerre contre la RII, une guerre à tous point de vue imprévisible et dont l’issue est plus qu’incertaine. Si L’actuel locataire de la Maison Blanche a refusé de céder à l’appel des sirènes bellicistes; à sortir armes et munition contre l’Iran, c’est parce qu’il sait que ses chances de succès dans une entreprise aussi périlleuse que la guerre contre l’Iran sont infinitésimales. Obama est un rationaliste.

Mais dans le camp d’en face, Mitt Romney, le mormon républicain a prouvé à plus d’une reprise que la politique à ses yeux ne relève que de la passion. Aucun rationalisme ne frôle ce millionnaire aventuriste dont l’argent «sale» a servi depuis le début de la campagne électorale à séduire l’Amérique conservatrice raciste et xénophobe. N’oublions pas que le premier déplacement de Romney l’a conduit en Israël, et  en Amérique c’est cela qui fait la différence. Les liens entre Netanyahu et Obama n’ont jamais été cordiaux. Sur l’Iran les dissensions sont dorénavant si profondes que le président US refuse de rencontrer le premier ministre d’Israël. Et que dire de l’AIPAC qui appelle désormais très clairement les Américains à voter Romney.

Acte II: un coup d’état hollywoodien

La convention démocrate n’a pas seulement consacré la candidature du président sortant à sa propre succession mais a aussi servi à  booster Obama dans les sondages qui lui donnent à présent quatre points d’avance sur son rival républicain. Il fallait donc qu’une riposte républicaine se mette sur place et de toute urgence: la riposte devait être spectaculaire comme les attentats du 11 septembre pour pouvoir miner l’avancée d’Obama d’une part et de le fragiliser de l’autre.

Cinq millions de dollars auront suffi pour peaufiner la riposte: un film dont la première est projeté dans une salle vide. Les dialogues des acteurs sont doublés en arabe et le réalisateur et ses collègues savent bien où mettre quoi pour susciter la colère des musulmans.  Ce réalisateur est pour le reste occulté du regard du public et personne ne sait rien ni de son parcours ni de sa biographie.

Acte III: Libye, Etat inexistant

Aucun pays ne saurait mieux que la Libye servir de décor à ce scénario satanique. Un pays carrément ruiné, inexistant, où personne ne gouverne et où l’Etat n’est plus que l’ombre de lui-même. Pour Romney et son équipe, il n’était pas très difficile de trouver des relais locaux en Libye et de d’acheter des gardiens du consulat US à Benghazi, foyer de la «révolution anti-Kadhafi» et qui accueillent en ce moment des centaines d’occidentaux. Les témoignages venant de la Libye confirment d’ailleurs cette version des faits: les Libyens disent ne pas avoir eu l’intention de pénétrer le bâtiment, de tuer l’ambassadeur et ses collègues. Ils ne cherchaient, comme en Egypte, qu'à prendre d’assaut le drapeau et à le brûler. «Ce sont les Américains qui nous ont tiré dessus en premier», aurait dit l’un des manifestants. Le prophète n’a pas besoin que les innocents meurent pour protéger sa sacralité.

Que ce soit les salafistes extrémistes ou les agents républicains, l’assassin de Chris Stevens a grandement rendu service à Romney

Acte IV: Coup d’état républicain

Dans les premières heures suivants la mort de l’ambassadeur Stevens, un premier mort de ce genre depuis trente ans, Obama et sa secrétaire d’état n’ont pu souffler tant fut grand le choc subi. Ils ont affirmé de concert vouloir arrêter les criminels et dit ne pas approuver l’offense contre la religion musulmane.

Réaction immédiate de Romney: «Obama n’a pas à s’excuser puisqu’un américain vient d’être tué». Le discours qui plait fort à l’Américain lambda, qui a à l’esprit les images des attentats du 11 septembre, d’ailleurs récemment célébré en toute sobriété.  A ceci s’ajoute ces centaines de milliers d’autres images qui montrent  les drapeaux américains brûlés, les «musulmans en furie», criant «mort à l’Amérique», et le corps profané de Chris Stevens qui est sorti on ne sait comment du consulat US,  et passé entre les mains de ses présumés assassins.

La presse occidentale parle déjà de la victoire de Romney: «le coup ressemble à celui de la prise d’otages en Iran, affaire qui a couté à Carter son fauteuil présidentiel», titre La Republica.

Acte V: PNAC (Project for a New American Century)

Si Romney arrive au pouvoir, «le projet pour l’Amérique du siècle nouveau» pourra se concrétiser. La guerre avec l’Iran aura lieu, tout comme celle qui a ruiné l’Irak et l’Afghanistan. Israël lui, mènera ses frappes contre les sites nucléaires iraniens sans avoir à se heurter à la résistance et les réserves de Washington….. D’ores et déjà, deux navires de guerre US sont en route pour la Libye et la force spéciale américaine y débarque pour, dit-elle, protéger les diplomates américains…… et Romney rit dans son coin !!!


Davoud Abbasi

 

SourceABIDJAN DIRECT.NET

jeudi, 16 août 2012

MALI: LE MINISTRE MALIEN DE LA DEFENSE RECADRE LA CEDEAO ET SES CHEFS D'ETAT

  

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L’intervention du ministre malien de la défense Yamoussa Camara (ici avec le colonel major de l’école de maintien de la paix, Alioune Blondé), devant les chefs d’état-major de la Cedeao, a tout d’un discours à inscrire dans les annales du patriotisme Malien! Aux chefs d’état-major représentant l’organisation sous régionale et leurs chefs d’état respectifs, il a tenu un langage de vérité sur un style et un ton à faire baisser la tête de honte à bien de dirigeants de l’organisation!

Sur la question des dérives «impérialistes», il n’a pas manqué, évoquant le problème de la force en attente de la Cedeao, de l’offre d’aide des voisins,  de remarques  allusives bien emmenées: «Nous l’acceptons de bon coeur tout en vous demandant de ne pas chercher à vous substituer, ni aux forces de défense et de sécurité du Mali, ni au peuple malien dont vous mesurez la sensibilité… Il s’agit de problèmes existentiels de la nation malienne! Tout ce que vous poserez comme actes, au Mali, sera retenu par l’histoire, en bien et en mal, comme jurisprudence à travers l’espace de la Cedeao!»

Voilà qui,  de manière générale, remet en lumière les nombreuses critiques portant sur la tendance des chefs d’états de la Cedeao à agir avec le Mali comme on le ferait d’un incapable, ou d’un territoire sous tutelle. Le colonel Camara a  parlé comme les ex-éléments de la junte l’ont toujours fait. Son propos emprunte aux accents de celui du président intérimaire à son retour de Paris. «Je fais entièrement confiance aux services de sécurité maliens, ils sont plus que compétents pour assurer la sécurité du Président de la république et celle des institutions de la République».

Le message ici est sans équivoque, et si le ministre de la défense se voit contraint de s’exprimer de la sorte, avec un ton incriminateur, c’est justement en raison du manque de modestie, d’humilité, de tact, de nombre d’intervenants étrangers dans la crise, qui ont pris l’habitude de se comporter en terre malienne comme en pays conquis! Ne venez pas au Mali pour faire aux maliens ce que vous n’aimeriez pas que l’on fasse à vos pays et ressortissants respectifs! C’est, en substance, ce conseil qui a été donné, sur un air moralisateur, par le ministre en ces termes: «Agissez, je ne puis résister à la tentation de le dire, comme vous aimeriez que l’on vous traite dans des circonstances similaires».

A l’écoute de ce discours de consensus, pour ainsi dire, sans rentrer dans ses petits souliers, la Cedeao devrait au moins se racheter une autre conduite, une attitude plus digne envers le Mali et les maliens.

Elle devrait parler moins doctement au sujet de ce pays fier, abandonner son  ton comminatoire, ses ultimatums qui ressemblent toujours plus à de vulgaires punitions et qui ont le don d’irriter même les non maliens. Cette fixation insensée,  sur la necessité de venir sécuriser les institutions au sud, doit être remisée, rangée au placard pour de bon.

Il convient de laisser de côté l’appellation de la mission de la cedeao au Mali, «Micema», et de lui en préférer une autre qui intègre le nécessaire élargissement à l’Union africaine, aux Nations unies.

De cette force d’intervention au Mali. La facilitation de Blaise Compaoré doit être également revue et quelque peu corrigée. Placée sous mandat des Nations unies et ramenée, à l’appui a un dialogue inter-malien pour préparer les conditions d’une meilleure relance démocratique au sortir de la guerre de libération. Et…, cela semble pourtant une évidence, cette facilitation doit être également basée à Bamako même.

Quoiqu’il en soit, cette déclaration choc du colonel sera-t-elle entendu à sa juste tonalité? Certains en doutent qui jugent,  au regard des bruits qui courent autour d’un coup de force de la Cedeao au Mali,  que les patrons de l’organisation, prenant la mouche, optent  pour la correction! D’autres estiment plus sagement, et il faut les y encourager, que la voix du Mali doit être entendue et que les chefs de la Cedeao, ne pouvant pas aimer plus le Mali que les maliens eux-mêmes, doivent éviter d’en rajouter à la crise en rentrant à leur tour dans une crise avec le Mali.

Alors croisons les doigts en souhaitant une pluie de raison sur nos décideurs.

 

Victory Toussaint


Source: SAN FINNA

15:03 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Mali, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, mali, mali le ministre malien de la défense recadre la cedeao et ses c, micema, ua, cedeao, onu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 05 août 2012

CRISE ALIMENTAIRE AU BURKINA FASO: «DES PAYSANS SE NOURRISSENT EXCLUSIVEMENT DE FEUILLES D’ARBRES»

 

 

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Une femme ramasse des feuilles pour nourrir sa famille dans la région de Kaya (Burkina Faso). Photo : Neal Mann qui a lancé #hiddencrisis et poste régulièrement des photos sur son compte Twitter @fieldproducer sur la famine au Mali. 

 

 

Après s’être taillé une fortune colossale tirée de trafics de toutes sortes (notamment de diamant sierra-leonais, de cacao ivoirien et d’armes), de coups d’Etat et de guerres sous-régionales, Blaise Compaoré, le chef de l'Etat burkinabé, laisse son peuple mourir de faim, incapable de lui faire bénéficier du fruit de sa rapine. Pas étonnant que les ressortissants burkinabé envahissent et colonisent l’Ouest de la Côte d’Ivoire, kalashnikov au poing.

A la fin de la lecture de ce reportage des observateurs de France 24, vous aurez compris pourquoi, pour un régime de banane coupé dans le champ d’un burkinabé à Sanégourifla, dans le département de Sinfra en Côte d’Ivoire, des burkinabé, chasseurs traditionnels Dozos, ont tué à bout portant 3 personnes. Une dizaine d’autochtones luttent contre la mort dans les hôpitaux de Sinfra et de Yamoussoukro. Que DIEU garde les survivants de cette nouvelle tragédie sous le régime Ouattara ! Bonne lecture !


Comme une grande partie de la région sahélienne, le nord du Burkina Faso doit faire face depuis plusieurs mois à une importante crise alimentaire, conséquence de la mauvaise récolte de cette année. Une situation qui pousse les familles paysannes sur les routes, et en oblige certaines à se nourrir exclusivement de feuilles d’arbres. 

Selon les autorités burkinabè, le bilan céréalier national brut de 2011/2012 est déficitaire de plus de 150.000 tonnes. Cent soixante-dix communes rurales, essentiellement dans le nord du pays, ont été déclarées zones à risque d’insécurité alimentaire, soit six fois plus que l’année précédente.

Au Sahel, où les céréales comme le mil, le maïs ou le riz sont la base de l’alimentation, les mauvaises récoltes de l’automne 2011, dues notamment à la sécheresse, affectent plus de 16 millions de personnes. Et plus d’un million d’enfants de moins de 5 ans se trouvent actuellement en situation de malnutrition "sévère" dans la région.  

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Un arbre dont les feuilles ont été quasiment toutes arrachées dans le village de Kambaogo.  Photo :@Rosiechilds de l'organisation Save the Children actuellement en mission dans le région de Kaya au nord de Ouagadougou. 

 

CONTRIBUTEURS

Barnabé ouéder

"Les paysans qui ont la chance d’avoir un peu de bétail sont en train de vendre leurs bêtes pour quelques kilos de riz"


Barnabé Ouédraogo vit à Kaya, capitale de la région centre-nord. Il est enseignant et travaille dans une association d’aide aux enfants déscolarisés. 

 

En tant que fils de cultivateur, je me souviens d’années très difficiles, mais cela faisait longtemps que nous n’avions pas connu une situation aussi critique. Avec la disette, le prix du sac de maïs est passé de 12.500 francs CFA [19 euros] à 22.500 francs CFA [34 euros] en quelques mois. Les villageois viennent de plus en plus nombreux à Kaya pour essayer de trouver de la nourriture. Récemment, une grande vente à prix réduit a été organisée dans la ville par les autorités municipales. Les paysans ont commencé à faire la queue en pleine nuit et sont restés, pour certains, toute la journée suivante, sous un soleil de plomb, pour repartir avec un unique sac de riz. Il n’y en avait même pas pour tout le monde. Ces initiatives ont eu lieu dans plusieurs communes, mais l’impact est quasiment insignifiant au vu de l’ampleur de la crise.

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Des femmes font la queue devant un centre de santé. Photo : Neal Mann postées sur son compte Twitter @fieldproducer.


"Il arrive que certains se trompent ou, poussés par la faim, mangent des feuilles non comestibles"

Les paysans qui ont la chance d’avoir un peu de bétail sont contraints de vendre leurs bêtes contre quelques kilos de riz. Les autres font avec ce qu’ils trouvent et notamment les arbres, dont ils récoltent les feuilles. S’il leur reste un peu de riz, ils mettent les feuilles dedans et en font une bouillie. Ça permet d’augmenter la quantité de nourriture tout en économisant un peu de céréales. Certaines feuilles font déjà partie de l'alimentation des Burkinabés, mais  en ce moment certains en sont réduits à se nourrir uniquement de  ça, ce qui provoque inévitablement des maladies, notamment diarrhéiques. Il arrive aussi qu’ils se trompent ou, poussés par la faim, mangent des feuilles non comestibles.

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Photo : Neal Mann postées sur son compte Twitter @fieldproducer.


Moi, j’ai la chance d’avoir des revenus qui me permettent de subvenir aux besoins de ma famille. Et j’essaie d’aider ceux qui m’entourent, mais vous savez personne n’est à l’abri. On fait tout notre possible mais comme on dit ici, aider neuf personnes et vous devenez le dixième pauvre.

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Photo : @Rosiechilds de l'organisation Save the Children actuellement en mission dans le région de Kaya au nord de Ouagadougou.

 

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Une femme pile des grains de sorgho. Photo : Neal Mann postées sur son compte Twitter@fieldproducer.

 

 

Source: LES OBSERVATEURS DE FRANCE 24

lundi, 16 juillet 2012

UA: L'AFRIQUE DIGNE TRIOMPHE A ADDIS-ABEBA


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La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), le dimanche 15 juillet au soir, à Addis-Abeba, lors du 19e sommet de l’institution. Quatre tours ont été nécessaires aux chefs d’Etats réunis en huis clos pour départager le Gabonais, Jean Ping, président sortant, et sa concurrente.

Au premier tour, Dlamini-Zuma a emporté 27 voix contre 24 pour Ping. L’écart n’a ensuite cessé de s’élargir. Au deuxième tour, la ministre sud-africaine des Affaires intérieures a gagné deux partisans supplémentaires (29 voix contre 22), avant d’en totaliser 33 contre 18 au troisième tour.

C’est alors que Jean Ping s’est désisté[1]. Il restait à son opposante à gagner le vote de confiance. En janvier dernier, la configuration était diamétralement opposée et Ping n’était pas parvenu à emporter la majorité des deux-tiers des voix nécessaire à l’élection du président, malgré le désistement de la Sud-Africaine.

EXPLOSION DE JOIE

Cette fois-ci, cette dernière a su s’imposer haut la main avec 37 voix. Dès que les résultats ont été rendus publics, les partisans de la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) ont explosé de joie dans les couloirs du siège de l’UA où se tiennent les travaux du sommet.

La bataille entre Ping et Dlamini-Zuma, qui a duré plus de 6 mois, se termine donc au premier soir du sommet, avec la victoire de la candidate du pays d’Afrique subsaharienne le plus puissant. C’est la première fois qu’un anglophone dirigera la Commission de l’UA.

QUI EST LA NOUVELLE PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L’UA ?

Si la nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine et ministre sud africaine de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, a été mariée avec le président Jacob Zuma, elle ne lui doit pas sa position. Cette figure du parti au pouvoir siégeait au gouvernement depuis 1994.

Certes, c’est une « Zuma ». Oui, elle est ministre d’un gouvernement présidé par son ex-mari. Comme lui, elle est zouloue. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Nkosazana Dlamini-Zuma, élue ce dimanche à la tête de la Commission de l’Union africaine, ne doit rien – ou si peu – à Jacob Zuma.

Ministre sans interruption depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994, c’est un poids lourd du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud). Lors de la conférence de Polokwane, en 2007, son nom a même circulé pour succéder à Thabo Mbeki à la présidence. À 62 ans, elle gère un portefeuille important, celui de l’Intérieur. La compétence de cette travailleuse discrète, qui est parvenue à redresser un ministère autrefois synonyme d’inefficacité et de corruption, est unanimement reconnue.

Militante anti-apartheid depuis l’adolescence, elle s’exile dans les années 1970. Elle étudie la médecine en Angleterre avant de revenir sur le continent, au Swaziland. C’est là qu’elle rencontre Jacob Zuma, qu’elle épouse au début des années 1980 (la date exacte de leur mariage est incertaine). Après la chute de l’apartheid, Nelson Mandela la nomme ministre de la Santé. Son baptême du feu politique est rude : elle croise le fer avec les groupes pharmaceutiques sur la question des brevets et se retrouve accusée de mal gérer le budget de la prévention contre le sida. Nkosazana Zuma (comme on l’appelle encore à l’époque) était pourtant l’une des premières à alerter sur la gravité de l’épidémie, à une époque où le déni dominait chez ses pairs. Les critiques la touchent. C’est alors qu’« elle se retire dans une coquille défensive », note William Gumede, auteur d’un ouvrage de référence sur Thabo Mbeki, dont elle est très proche.

BUCHEUSE

En 1998, elle divorce de Jacob Zuma. « Je crois qu’elle ne supportait plus ses autres femmes, indique Jeremy Gordin, biographe de l’actuel président sud-africain. Mais ils ont gardé un profond respect l’un pour l’autre. »

L’année suivante, Thabo Mbeki confie à cette militante de la renaissance africaine le portefeuille des Affaires étrangères. À ce poste, qu’elle occupera pendant dix ans, Nkosazana Dlamini-Zuma se taille à l’Union africaine une réputation de bûcheuse coriace. Pour perfectionner son français, elle n’hésite pas à passer trois semaines en immersion dans l’Hexagone. Après dix-sept années au sommet dans son pays, une haute responsabilité à l’échelle du continent - avec son lot de crises - l’attend désormais. 


In Jeune Afrique

 


  

[1] Onna Gbagbolite: "Afin d’atténuer les effets de la défaite éclatante de Jean Ping, Jeune Afrique raconte qu’il s’est retiré au 3ème tour. C’est complètement FAUX!!! Jean Ping encouragé par Ouattara, le Niger et le Kenya, s’est bel et bien présenté au 4ème tour, car il voulait obtenir un blocage. Mal lui en a pris, il s’est fait massacrer par Mme Zuma, perdant par rapport au 3ème tour 4 autres soutiens…"