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mardi, 28 janvier 2014

ALERTE: QUI VEUT FAIRE DISPARAITRE LES FOSSES COMMUNES DE DUEKOUE ET DE TOUT L’OUEST?

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg
 

Depuis hier après-midi (Lundi 27 Janv.’14) des habitants du quartier Carrefour à Duékoué nous ont donné l’information suivante : ce lundi 27 Janvier 2014, des gendarmes (au nombre de trois) ont rendu visite au chef du quartier redevenu village Carrefour. Ils ont informé le chef de l’objet de leur mission : recenser les fosses communes de Duékoué et de tout l’ouest, pour, d’après eux, ‘’ superviser très prochainement, en présence de médecins et autres spécialistes, l’enlèvement des ossements des victimes de Mars 2011 par leurs parents pour une autre sépulture à leur convenance, en un autre lieu de choix, afin de libérer les terrains des tiers que ces fosses occupent’’.

‘’Sacrilège ! Plutôt qu’il en soit ainsi, ils devront encore nous tuer davantage car nous n’accepterons jamais que quiconque vienne remuer le couteau dans la plaie ! Nous les avons compris, ils ont décidé d’aller seuls à leur réconciliation, sans nous’’ ! Ont crié en masse ou à l’unisson tous ceux des résidents de Carrefour qui ont appris cette nouvelle. Nouvelle confirmée par un notable du chef de village qui a conduit les gendarmes au domicile du chef, ainsi que par quatre villageois qui ont suivi cette rencontre, pour le moins curieuse.

Indignées et très remontées, les populations de Carrefour ne perdent pas autant leur sérénité, encore moins la raison et le sens du discernement. En attestent les observations ou interrogations qui fusent de partout au sein de ces populations, depuis le passage suspect des officiers de la gendarmerie nationale:

-1° : ‘’ après trois (03) longues années et après que la Croix-rouge et l’O.N.U.C.I. aient pulvérisé les corps des victimes avant de les ensevelir, comment un parent de victime puisse reconnaître de par seulement des os, son père, sa mère, son frère ou son fils, vu et su que les cadavres, putréfiés dès le 29 Mars 2011 dont beaucoup d’autres avant cette date, ont d’abord été carbonisés par la Croix – rouge et l’O.N.U.C.I. avant d’être enterrés’’ ? S’interrogent des parents de victimes, étonnés de cette démarche.

-2° : ‘’ que veut cacher l’initiateur d’une démarche aussi suspecte ? Les morts contenus dans l’ensemble des fosses de Duékoué, surtout à Carrefour, proviennent en particulier du grand ouest et de toute la Côte d’Ivoire en général, sans oublier tous ces étrangers à la recherche d’un mieux-être qui, pris pour des Wê, ont été abattus par des rebelles bourrés d’alcool et de drogues en tous genres. De ce fait, à partir de quel calcul ou repère scientifique infaillible, les victimes d’origine lointaine pourront retourner près de leurs parents quand déjà en amont, il est sûr et certain que les identifier par le squelette ou les ossements seulement, est un véritable casse-tête insoluble. La justice longtemps annoncée et promise a-t-elle déjà ouvert et mené les enquêtes tant attendues pour que l’on veuille déterrer les nombreux ossements des nôtres ? N’est-ce pas là une volonté de dispersion des preuves qu’on nous cache, dans la réalité’’ ? A observé un adolescent d’une vingtaine d’années dont sept au moins des parents gisent dans la fosse au centre même du quartier Carrefour.

-3° : ‘’ qui est ou qui sont donc ces propriétaires de terrain qui se seraient plaints à ces gendarmes et voudraient voir libérés leurs terrains occupés par des fosses communes ? Les rives et alentours de la rivière Guémon de Duékoué où gisent de nombreux parents à nous, sont-ils des terrains privés, à qui appartiennent-ils pour être libérés ? Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale, venus sur le terrain il y a à peine deux ans et qui ont promis revenir pour des enquêtes plus approfondies, selon eux, sont-ils déjà revenus et ont-ils fait ce qu’ils avaient à faire ? A quoi donc serviront toutes ces exhumations massives, pour le compte de la vérité ou pour le compte de la dissimulation, c’est-à-dire du mensonge’’ ? S’est inquiété un autre jeune, rescapé du camp de Nahibly.

En conclusion des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus avec eux, les habitants du village-quartier Carrefour demandent aux autorités et au gouvernement ivoirien de laisser leurs parents reposer en paix, là où ils sont. Toute démarche contraire à leur volonté, qui ne s’apparentera pas à des enquêtes officielles pour l’éclatement de la vérité et de la justice, sera pour ces populations une provocation et une injustice de trop. C’est pour cela, tout en criant leur indignation face à une absence criarde de justice à leur endroit, les victimes de Carrefour et de Duékoué crient aux ‘’voix des sans voix’’ que sont tous ceux qui, ici et depuis l’Occident, se battent pour que justice soit rendue aux vraies victimes du complot international de la France contre notre pays, que plus que jamais, l’heure a sonné pour que la vérité voit le jour : entrons dès maintenant dans le cadre d’une enquête internationale sérieuse et l’on se rendra vite compte qu’à partir de Duékoué seulement, le chiffre de trois mille (3 000) morts dans toute la Côte d’Ivoire, après les élections, annoncé par la diplomatie française puis largement répandu par ses médias est faux car largement sous-estimé. La seule condition valable pour de vraies enquêtes et pour la confirmation des propos que nous avançons est et reste toujours la même : le désarmement des bandits qui nous ont envahis et continuent, en passe-droits, d’exproprier, de terroriser et d’assassiner en toute impunité nos compatriotes. Tout le reste, beaux discours, renforcement de capacités financement de projets-pilotes, n’est que pure diversion !

N.B.: Au moins sept (07) fosses communes sont à ce jour recensées au seul quartier Carrefour. Un partisan déçu de OUATTARA nous a appris, il y a quelques jours, qu’à l’entrée Est de la ville de Duékoué, juste après la rivière Guémon, là où se tiennent les vendeurs de moutons et leurs bêtes, sous le son de riz, existerait aussi un charnier, depuis Mars 2011. Vrai ou faux, nous saurons la vérité un jour.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 28 Janvier 2014.

dimanche, 26 janvier 2014

BENSOUDA, LA MAGICIENNE DE LA CPI

FATOU BENSOUDA 7.jpg

 

Quand Maitre Altit qualifiait de brouillon le Document de Notification de Charges (DNC) de Bensouda. Il ne croyait pas si bien dire. Bensouda vient de révéler, à la lecture du DNC qu’elle vient de déposer à la CPI, son talent de magicienne capable, à partir d’un brouillon, de transformer des bienfaits en actes criminelles et déguiser des rebelles en armes, en civils non armés. Pour ceux qui connaissent la réalité ivoirienne de 2000 à 2011, en parcourant ce DNC, il induira en eux  deux réactions opposées: Rire et pleurer. Voici un extrait :

« Dès son accession à la Présidence en 2000, GBAGBO a eu pour objectif de se maintenir au pouvoir, y compris en réprimant ou en attaquant violemment ceux qui constituaient une menace pour son régime. Sachant l’élection présidentielle inévitable, GBAGBO a, conjointement avec son entourage immédiat, conçu et mis en œuvre un Plan commun afin de se maintenir à la Présidence par tous les moyens nécessaires. Le Plan commun a évolué jusqu’à inclure, au plus tard le 27 novembre 2010, une politique d’État ou organisationnelle qui avait pour but une attaque généralisée et systématique contre les civils considérés comme des partisans de OUATTARA (« Politique »).”

Pour BENSOUDA,

Concevoir et mettre en œuvre un programme de gouvernement, c’est concevoir et mettre en œuvre un plan commun en vue de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Prendre les opposants dans son gouvernement à partir de l’an 2000 comme Laurent GBAGBO l’avait fait pendant tout son mandat présidentiel, c’est les réprimer et les attaquer ;

Financer les partis d’opposition à près de 850 millions de FCFA par an, c’est les réprimer et les attaquer ;

Payer à Ouattara et à Bédié respectivement 12 millions de FCFA et 15 millions de FCFA par mois, après avoir mis fin à leur exil, c’est les réprimer et les attaquer ;

Négocier plusieurs accords de paix et prendre les rebelles dans son gouvernement en donnant salaires et budgets de souveraineté, c’est les réprimer et les attaquer ;

Demander le respect du cessez-le-feu, le recomptage des voix et la nomination d’un médiateur pour gérer la crise née des élections au lieu d’un affrontement armé, c’est concevoir une politique d’Etat ou organisationnelle afin de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Se défendre d’une attaque généralisée des rebelles et du commando invisible en violation du cessez-le-feu de l’ONU, c’est attaquer des civils considérés comme des partisans de Ouattara.

Le FPI serait bien content de subir de telles répressions et attaques de la part du pouvoir Ouattara.

Sacrée BENSOUDA!

 

 Par DON MELO AHOUA,

Docteur ingénieur des Ponts et chaussées.

samedi, 25 janvier 2014

FONCTIONNAIRES DE COTE D’IVOIRE, CE QUI EST DIT, EST DIT!

 

ALASSANE OUATTARA. DRAMARECHAL.png


Gens du peuple de Côte d’Ivoire, tout au long de notre quête, de notre lutte commune, pour la préservation de notre dignité, la dignité humaine s’entend, nous vous accompagnerons. Nous serons toujours à vos côtés. Pour fustiger, dénoncer, sans relâche, les œuvres perfides de ceux qui ont choisi la voie de l’autocratie, de la dictature, au détriment de votre liberté ; au détriment de votre bien-être.
 
Gens du peuple, nous vous exhortions - dans notre précédente chronique - à vous méfier des personnes qui tentent, par des discours mielleux, de vous séduire, afin de vous asservir et ainsi, assouvir leurs désirs égoïstes. Nous vous conseillions par-dessus tout et avec insistance, à refuser de vous laisser endormir par leurs propagandes chimériques.
 
Aujourd’hui encore, gens du peuple, nous vous réitérons cet appel. De façon solennelle. Mieux, nous vous invitons à redoubler de vigilance. Car le loup est déjà dans la bergerie.
 
Une fois de plus, les voilà pris la main dans le sac. Ceux qui prétendent nous gouverner, ont préféré nous berner. Ils nous croient atteints de cécité et même de surdité !
 
C’était à l’occasion du discours de nouvel an, d’Alassane Ouattara, l’homme fort du régime en place. Un discours annoncé par ses nombreux « griots », comme la « bonne nouvelle » qui transporterait de joie, les ivoiriens.
 
Il a d’abord reconnu dans son intervention: « Oui, la vie est chère. Nombreux sont nos compatriotes, qui éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts ». Avant de poursuivre : « (…) les salaires des fonctionnaires étaient bloqués depuis 1988. (…) Le gouvernement a donc décidé de la revalorisation des salaires et du déblocage des avancements des fonctionnaires dès janvier 2014. Avec étalement des effets financiers sur 5 ans ». Puis il conclut: «Ainsi, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’avec ces mesures, chaque fonctionnaire verra son salaire augmenter régulièrement, améliorant ainsi, son pouvoir d’achat ».
 
Quelques semaines après, ce qui était pourtant clair comme l’eau de roche, va livrer tous ses secrets. Seulement 38.000 fonctionnaires sont concernés par la mesure de déblocage des avancements, sur 153.000 fonctionnaires. Soit 80% de fonctionnaires exclus, nous révèle Gnamien Konan, le ministre de la fonction publique. Il venait ainsi de doucher la joie de ceux qui, trop tôt s’étaient laissé convaincre par les paroles d’un homme passé maître dans l’art de vendre des illusions et de la gouvernance tape-à-l’œil plutôt que la gouvernance concrète.
 
En effet, lorsque l’on dit aux gens du peuple qu’il y aura : « déblocage des avancements des fonctionnaires », il n’y pas mille manières de comprendre cette phrase. Surtout que celui qui a tenu de tels propos n’a fait aucune discrimination en parlant de cette mesure, au moment où il le faisait. D’où vient donc qu’on nous parle de « ceux qui sont cernés » et de « ceux qui ne sont pas concernés » ? Y’a-t-il mille manières de définir le terme : « déblocage des avancements » ou le mot « fonctionnaire» ?
 
Certes, les thuriféraires d’Alassane Ouattara, ont tenté, par des explications, les unes aussi saugrenue qu’obscures, de justifier l’injustifiable. Ils affirment : « Loin d’être une exclusion, le Gouvernement a estimé que des engagements actés, relatifs au profil de carrière ont été pris avec des différents corps de métiers depuis 2007 dont 50% des effets financiers de ce profil de carrière ont été payés sous l’ancien régime. Etant entendu que l’Etat est une continuité, et le gouvernement Ouattara pour éviter l’embrasement du front social, a payé 25 des 50 % restants à fin mars 2013 avec rappel des mois de janvier et février 2013. Les 25 % restants seront payés sur le budget 2014 fin janvier 2014. Portant ainsi le taux de réalisation de ces engagements actés à 100 %. Selon des indiscrétions, le Gouvernement estime qu’il y a déjà eu une amorce de revalorisation des salaires de ces différents corps susmentionnés. (…) Et si le Gouvernement appliquait encore une revalorisation de 12 % sur les salaires, selon des sources, cela pèserait davantage sur le budget actuel ». Seraient-ils en train de nous expliquer que les « performances économiques » dont se targue leur mentor Alassane Ouattara, ne sont en fait qu’un slogan creux et que l’effet d’annonce n’avait - en fait - pour but que des visées électoralistes ? Sans doute.
 
Quand quelqu’un – et de surcroit un chef d’Etat – affirme devant les médias que les avancements des fonctionnaires seront débloqués et qu’ainsi : « chaque fonctionnaire verra son salaire augmenter régulièrement », il n’y pas mille façons, pour les gens du peuple, de comprendre cela. Les textes de l’administration sont clairs en la matière. Tout fonctionnaire doit bénéficier d’un avancement tout au long de sa carrière. Si les avancements ont été bloqués pour tous les fonctionnaires depuis 1988, et qu’ils ils doivent être débloqués cette année, ils doivent l’être pour tous, sans exclusive. Revaloriser, ce n’est pas débloquer. Le déblocage est un droit dévolu à tout fonctionnaire, contrairement à la revalorisation qui peut se négocier. Voilà ce que comprend l’homme du peuple. Toute autre explication n’est que pure machination et tentative éhontée pour distraire l’opinion publique.
 
A moins que nous ne soyons effectivement en face d’un mensonge savamment orchestré ; d’un «trompe l’œil» aux desseins inavoués, de la part de ceux qui nous gouvernent. Car comment expliquer que sur le même sujet, Alassane Ouattara dise une chose et que son ministre en dise une autre ? Nous voilà interpellés.
 
En effet, ce n’est pas du tout responsable de la part d’un gouvernement. C’est se moquer des souffrances des ivoiriens, notamment des fonctionnaires de Côte d’Ivoire, qui font leur part de sacrifice pour le développement du pays ; c’est instituer la discrimination au sein de cette corporation. Personne n’a mis un fusil sur la tempe de monsieur Ouattara, pour l’obliger à débloquer les salaires des fonctionnaires. S’il veut le faire, qu’il le fasse en toute équité. Cette fois, l’imposture ne passera pas. Ce qui est dit est dit.
 
 
Source: Facebook Marc Micael

vendredi, 24 janvier 2014

DETTE INTERIEURE: LA PRESIDENCE IVOIRIENNE REFUSE DE PAYER LES SOMMES DUES AUX PROPRIETAIRES DE VEHICULES DE LOCATION

 

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Abidjan, le 22 Janvier 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE

Préliminaire

Mesdames et Messieurs les journalistes,  au nom du Collectif des Propriétaires  des Véhicules de Location (CPVL), je voudrais vous saluer et vous remercier  d’avoir répondu à notre appel. Au cours de ce point de presse, il ne sera question que du différend qui nous oppose depuis bientôt quatre (4) ans avec la Présidence de la Republique. Il s’agit du non-paiement des arriérés de nos factures qui ne sont toujours pas traités malgré le changement de régime, en dépit de nos nombreuses démarches officielles.

Aussi, allons-nous procéder à un rappel de l’historique de la location de véhicules par la Présidence de la République avant d’arriver aux raisons de ce litige inexplicable et aux conclusions de cette réunion.

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Historique de la location de véhicules.

Depuis l’existence de l’institution Présidence de la République, le devoir de location de véhicule s’est toujours manifesté. C’est ainsi que des sociétés de location ont vu le jour au sein des fournisseurs de cette institution. Vu les difficultés rencontrées pour le paiement des prestations fournies par nos sociétés, les responsables desdites sociétés ont décidé de mettre en place un collectif pour être leur représentant légal. Par conséquent, depuis le 24 novembre 2011, suite à nos démarches, l’administration ivoirienne a officiellement reconnu comme interlocuteur privilégié, notre Collectif de location comme tel.

Le Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location regroupe en son sein environ quatre-vingt (80) entreprises de locations et la Présidence  de la République est l’un de ses principaux clients. Du reste, nous notons avec satisfaction comme un signe de confiance méritée, qu’à chaque changement de régime depuis le Président Félix Houphouët-Boigny, que la Présidence a toujours recouru, sans discontinuer, aux   services des locataires de véhicules en payant, après vérification, les créances qui leur sont dues, quelles que soient le montant des arriérés des  créances contractées par l’administration précédente.

Mesdames et Messieurs les journalistes, telle est la praxis en vigueur avant l’avènement du régime actuel. Pour mémoire, nous vous rappelons que certains de nos interlocuteurs de la Présidence d’alors, continuent de travailler encore à leur poste, signe qu’ils avaient bien travaillé.

Développement

Après ce bref rappel de l’historique de la location de véhicule à la Présidence de la République, il nous paraît essentiel de vous entretenir de nos difficultés depuis 2011. Nous précisons par ailleurs, que le Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location est absolument apolitique et que nos membres se reconnaissent dans toutes les sensibilités politiques nationales.

A la prise du pouvoir par les nouvelles autorités, suite aux élections politiques de fin 2010, les responsables de notre association (encore non constituée en collectif), se sont dépêchés auprès d’elles pour solliciter une audience afin d’échanger sur les arriérés dus par l’ancien régime et aussi présenter officiellement les membres dirigeants de notre association afin de leur conférer une légitimité d’interlocution.

Nous avons adressé, chronologiquement, les courriers suivants à :

  • 30/06/2011 à  Monsieur le Directeur Financier de la Présidence de la République.
  • 08/07/2011 à  Monsieur le Directeur Financier de la Présidence de la République.
  • 31/08/2011 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 27/09/2011 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 02/11/2011 à Monsieur le Grand Médiateur de la République.
  • 07/06/2012 à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement.
  • 09/10/2012 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence.
  • 18/02/2013 à  Monsieur le Ministre chargé des Affaires Présidentielles.
  • 19/02/2013 à Monsieur le Grand Médiateur de la République.

De toutes ces correspondances, quelques réponses nous sont parvenues en date du : 

  • 24/11/2011 un courrier d’accusé de réception de la Médiature nous informant que le dossier de l’affaire a été confié à Monsieur Henri GOBA, Conseiller  Spécial au Cabinet de Monsieur le Grand Médiateur.
  • 29/11/2011, une demande d’avis envoyée à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement, relative à notre saisine de la Grande Médiature, face aux démarches restées infructueuses.
  • 07/12/2011 une lettre de la Médiature de la République nous informant de la transmission à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement de notre dossier de requête.
  • 7/09/2012, une demande d’avis adressée à Monsieur le Secrétaire Général  de la Présidence de la République pour constater les démarches infructueuses effectuées par le CPVL  qui a décidé, en conséquence, de saisir les bons offices de la Grande Médiature de la République.
  • 10/09/2012, une lettre d’information de la Grande Médiature adressée à Monsieur le Président du Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location sur sa demande d’avis formulée à l’attention de Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 30/10/2012, par lettre d’information, Son Excellence Monsieur le Grand Médiateur, nous transmet copie d’une lettre du  Ministère  chargé  des  Affaires  Présidentielles dans laquelle.

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Monsieur  le Ministre chargé des Affaires Présidentielles prenait acte de la requête  de la Grande Médiature et annonce que nos doléances sont en cours de traitement avec le Ministère de l’Economie et des Finances et reconnait que notre créance fait partie des dettes contractées par l’Etat de Côte d’Ivoire.

Enfin, en date du 02/11/2012, nous avons adressé une supplique à Son Excellence, Monsieur le Président de la République intitulée : ARRIERÉS DE FACTURES DE LOCATION DE VEHICULES A LA PRESIDENCE A FIN 12/2010. Dans cette lettre, nous avons fait le récapitulatif de toutes nos démarches infructueuses pour le recouvrement de nos créances  certifiées par audit par les services de l’Etat dès la prise de pouvoir par les nouvelles autorités.

Cette ultime démarche est restée sans réponse.

C’est dans ce contexte que nous avons appris que l’Etat va procéder à l’apurement de ses dettes contractées avec les opérateurs nationaux, sans discrimination. Le CPLV s’est réjoui à l’annonce d’une telle nouvelle étant assurée que ses factures ayant été auditées et certifiées, que finalement les locataires de véhicules à la Présidence qui sont pour la plupart de petits entrepreneurs voire des entreprises familiales, allaient pouvoir entrer en possession de leurs avoirs après tant d’années de souffrance.

Or, à  la publication des listes des ayant-droits, nous avons constaté que nous avons été écartés pour des raisons que nous ignorons. Récemment, nous avons appris que le Trésor public va procéder à une seconde vague de paiement des dettes dues envers les opérateurs privés. Cette nouvelle nous réjouit mais ne nous rassure pas, compte tenu des précédents dont nous avons fait acte.

La tenue de ce point de presse se veut dans un tel contexte d’incertitude, un cri d’alarme adressé à nos autorités afin que la situation des loueurs de véhicules soit examinée avec justice et équité.

Certes les règles de location de véhicule à la Présidence de la République ont changé avec le choix d’autres opérateurs, mais la location de véhicule en tant qu’activité qui crée des emplois et contribue à l’enrichissement des familles demeure.  Le CPVL ne comprend pas, dès lors, que ses membres soient traités comme des quémandeurs de subsides ou comme des exemples de mauvaise gouvernance.

En tout état de cause, nos créances dont le montant est environ 5 milliards de FCFA (5 000 000 000) sont le fruit de services rendus, de travail fourni. Ceux d’entre nous qui ne disposaient de tous les types de véhicules lors des commandes de l’Etat, ont dû les louer en payant au comptant les loueurs avant de mettre ces véhicules à la disposition de l’Etat.

Il paraît donc inconcevable que des gens qui ont servi leur pays à travers leurs activités, soient abandonnés sans tenir compte des drames qu’ils vivent dans leurs familles. Car nombreux sont ceux qui, à force d’attendre, sont morts dans la misère, malades privés de soin faute d’argent et, ceux qui ont été chassés de leurs habitations faute de pouvoir honorer le loyer mensuel.

Face à une telle situation désastreuse, nous demandons, avec respect, à nos autorités de procéder sans tarder au paiement des sommes qui nous sont dues avant que d’autres drames se produisent parmi nos membres qui n’en peuvent plus.

Ce point de presse est une action pacifique destiné à attirer l’attention de tous ceux et de toutes celles qui détiennent entre leurs mains les dossiers nous concernant. Nous ne comprenons pas qu’à l’heure où les plus hautes autorités prêchent la réconciliation, le retour des réfugiés, la réintégration des fonctionnaires fugitifs et le déblocage de leurs salaires, que nous soyons la seule catégorie exclue du processus de pacification et que nos dettes légalement contractées soient bloquées malgré la continuité de l’Etat. L’audit qui a certifié l’état de nos avoirs en supprimant arbitrairement ce qui lui a semblé injustifié, aurait-il fait un mauvais travail ? A-t-il été désavoué ? Sinon, les loueurs de véhicules qui ont servi l’Etat sans regarder la couleur politique du régime en vigueur, ne comprennent pas qu’ils soient l’objet d’ostracisme et condamnés à mourir alors qu’ils détiennent des créances envers l’Etat. Il faut que cela cesse le plus tôt possible afin que les membres du Collectif retrouvent leur dignité dans la société. Le Collectif ne peut accepter la politique de deux poids, deux mesures en matière de bonne gouvernance.

Malgré notre pacifisme et notre respect scrupuleux des lois républicaines, nous ne pouvons pas nous porter garants de ce qui pourrait advenir chez certains de nos membres poussés à la ruine. Sans la satisfaction de nos revendications légitimes et justifiées, nous nous verrons contraints d’entreprendre d’autres actions afin de nous faire comprendre et entendre.

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Conclusion

Mesdames et Messieurs les journalistes nationaux et internationaux, au nom du CPVL, je vous remercie d’avoir répondu présents à notre appel, qui est en fait un cri de désespoir. Tout le long de notre exposé, nous nous sommes fait l’obligation de nous en tenir qu’au fait, à savoir le non-paiement de nos arriérés de créances envers l’Etat. Il vous appartiendra, si vous le désirez, de mener une enquête parmi les membres de notre Collectif pour vous rendre compte de la réelle dimension du drame que nous vivons. En tant qu’opérateurs privés ivoiriens qui ont servi des prestations à la demande des autorités compétentes d’alors, nous pensons que l’apurement de la dette de l’Etat envers tous ses partenaires privés, nous concerne tous. C’est le but de cette réunion et rien d’autre. Nous aussi voulons contribuer à la construction d’une Côte d’Ivoire pays émergent à l’horizon 2020.

Merci à tous d’être venus. Bonne et heureuse année 2014 à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

 

Fait à Abidjan, le 22 Janvier 2014

Pour le CPVL, le Président

BLEOU DANGUI

 

COLLECTIF DES PROPRIETAIRES DE VEHICULES DE LOCATION (CPVL)

Récépissé de déclaration d’association n° 540 / MEMI / DGAT / DAG / SDVA du 24/11/11

01 BP 3405 ABIDJAN 01, E-mail bleoudangui@yahoo.fr

07 05 83 99 / 07 98 97 37 / 07 64 45 06 / 20 33 98 35

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Bléou Dangui, président du Collectif des loueurs de véhicules à la Présidence de la République: «Que nos autorités entendent nos pleurs…»

 

En rupture de paiement de factures relativement à leurs prestations de service, les loueurs de véhicules administratifs à la Présidence de la République ne savent plus à quel saint se vouer. Après plusieurs démarches infructueuses en vue du recouvrement d’une partie de leurs créances, estimées à 5 milliards FCFA, le président du Collectif de cette activité livre dans cette interview, les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

 

Président, vous venez de donner un point de presse, quel en est le message fort ?  

Le message fort que je voulais faire passer, c’est d’informer la Côte d’Ivoire entière que nous avons des factures qui sont à la Présidence de la République, et que ces factures là n’ont pas encore fait l’objet de paiement. Donc, nous décrions le non paiement de nos factures par la Présidence. Ces factures concernent les prestations que nous avons fournies dans le cadre des locations de véhicules au niveau de la Présidence de la République.

Après audit, certaines des factures des fournisseurs de l’Etat ont fait l’objet de rejet. N’êtes-vous pas concernés par cette catégorie?

Nos factures ont fait l’objet d’audit. Et dès l’instant où l’Etat ivoirien, pour ne pas dire les nouvelles autorités, ont placé leur confiance en une structure, demander à cette structure, d’auditer nos factures, je ne peux qu’être heureux. D’ailleurs, cette structure qui est venue a pris soin de rejeter un certain nombre de nos factures. La remarque qu’on nous a faite, c’est que ces factures n’ont pas été certifiées. C'est-à-dire des factures qui n’ont pas eu des visas des anciennes autorités. A ce niveau, nous avons demandé à nos membres de se calmer, parce qu’au jour d’aujourd’hui, le besoin que nous avons, c’est le paiement des factures reconnues en tant que telles par l’administration. Si ces factures sont payées, nous allons entrer en contact avec l’administration pour chercher à savoir quelles sont les conditions à remplir pour que les autres factures qui n’ont pas été reconnues puissent l’être. Parce que nous reconnaissons que ce sont des prestations que nous avons fournies effectivement à l’administration de la Côte d’Ivoire.

Vous êtes en train de dire qu’il y a deux factures. Une catégorie certifiée, donc reconnue, et une deuxième qui n’a pas été reconnue parce que dit-on non certifiée. Mais, pourquoi les factures reconnues n’ont jusque-là pas fait l’objet de paiement ?

C’est parce que nous ignorons les raisons pour lesquelles l’administration en place a retardé le paiement de nos factures que nous réagissons. Enfin, retardé c’est comme si nous savons la date à laquelle l’Etat allait payer nos factures. Mais, à ce jour, aucune autorité la  Présidence n’a accepté de nous recevoir pour nous dire les raisons pour lesquelles nos factures n’ont pas fait l’objet de paiement.

Quel est le montant des factures certifiées ?

Il est difficile de dire aujourd’hui à combien nous chiffrons les factures certifiées. Mais, ce que nous savons, c’est qu’avant 2010, nous avons approché les autorités d’alors, et avec elles, nous avons eu une séance de travail qui a abouti à un montant d’environ 5 milliards FCFA de factures que l’administration reconnaissait devoir aux loueurs de véhicules. Mais, la difficulté dans laquelle je me trouve en tant que président, c’est que nous n’avons pas pu rentrer en contact avec l’administration actuelle, pour harmoniser nos points de vue. Partant de ce fait, il est difficile de dire pourquoi une partie de nos factures a été acceptée. Ce que je sais, c’est qu’avant 2010, nous tournions autour de 5 milliards FCFA de dettes.

L’administration étant une continuité, qu’est-ce qui pourrait justifier le fait qu’on ne vous reçoive pas pour que vous expliquiez votre souci ?

Nous avons effectué beaucoup de démarches. Si nous sommes partis jusqu’à la grande Médiature pour demander à cette institution indépendante de nous servir ses bons offices, c’est parce que nous avons épuisé toutes les voies légales. Sinon, si nous voulons entrer en contact avec une administration, la moindre des choses, c’est de lui envoyer une demande d’audience. Et si cette demande d’audience n’a pas fait l’objet de réponse nous demandant de venir une date donnée, est-ce que nous pouvons forcer la porte de nos autorités pour qu’elles nous reçoivent ? Je ne le pense pas. C’est pour cela que nous avons usé de votre canal, pour porter notre message. Le message, c’est de nous recevoir, et en secundo, de mettre en paiement nos arriérés. Aujourd’hui, il y a beaucoup de loueurs de véhicules qui en souffrent.

Nous sommes en 2014, le contentieux date de 2010. Durant ces quatre années, l’Etat bénéficie-t-elle toujours de vos prestations ?

L’activité de location de véhicules n’a pas cessée au niveau de la Présidence de la République. C’est un besoin pour cette administration de prendre en location un certain nombre de véhicules pour remplir sa mission régalienne. A ce titre, l’activité de location de véhicules n’a pas disparue. Mais, le problème que nous avons, c’est que pendant ces quatre ans, aucun loueur de véhicules n’a été soldé. Je vous ai bien dit que ce sont des petites entreprises, pour ne pas dire des entreprises de familles, donc les moyens que nous avons, ce sont les paiements de nos factures qui servent également de fonds de roulement. Si malheureusement nous restons pendant trois ans sans qu’on nous paie, ne serait-ce qu’une partie de ces factures, il va sans dire que l’entretien de nos voitures va prendre un coup. Si tel est le cas, cela voudra dire aussi que notre activité est en train de mourir. Effectivement, notre activité est morte dans nos propres mains. Aujourd’hui, nous ne pouvons dire que nous pouvons mettre un de nos véhicules à la disposition de la présidence, parce que ces véhicules ont manqué d’entretien.

Le problème est éminemment social, je voudrais donc savoir si vous avez directement ou indirectement touché les services de la Présidence de la République?

Nous ne pouvons pas affirmer que nous avons une relation particulière avec le Président de la République pour le toucher personnellement. La seule manière de le toucher, c’est de lui adresser un courrier. Dans ce sens, nous avons fait une supplique que nous avons adressée à la Présidence. Malheureusement, ce document est resté sans suite. Est-ce que nous avons dans ce cas, mieux que la presse pour transmettre nos difficultés à la population, voir au Président de la République ?

Vous revendiquez combien d’entreprises au sein de votre collectif ?

Nous tournons autour de quatre vingt (80) entreprises au sein de notre collectif. De ces quatre vingt entreprises qui ont pu terminer l’année 2010, c’est le 1/3 qui peut participer aujourd’hui à nos réunions. Dès l’instant où mes membres n’ont plus de chiffre d’affaires, il est très difficile pour eux de venir honorer les paiements des cotisations.

Devant cette longue attente, pourquoi ne demandez-vous pas une audience directement au Président de la République pour étaler devant lui, vos difficultés, vos souffrances ?

C’est une voie que vous nous proposez, mais aujourd’hui, nous avons voulu travailler avec les proches collaborateurs du chef de l’Etat, quand nous avons adressé un courrier que nous avons surnommé une supplique, nous y avons bien précisé que nous demandons l’avis du Président de la République pour qu’il donne des instructions à ses collaborateurs, afin qu’ils puissent nous recevoir. Aujourd’hui, nous n’avons plus que nos larmes pour pleurer. Sinon nous pensons avoir mené à notre niveau, toutes les actions nécessaires pour pouvoir être entendus.

Y a-t-il d’autres collectifs de loueurs de véhicules en dehors du vôtre ?

Au niveau de la présidence, je n’en connais pas, pour la simple raison que c’est nous qui avons initié ce regroupement. Et les difficultés de payer nos factures ne datent pas d’aujourd’hui. Ce qui a fait que même à un certain moment, j’avais voulu arrêté de fournir nos prestations. Mais ce sacrifice est dû au fait que nous, en tant qu’opérateurs économiques, nous devons tendre la main à notre administration, nous avons eu cette force de demander à nos membres de continuer de servir toujours les véhicules à la Présidence.

Quelle est la valeur de votre parc-auto ?

Moi-même j’avais au moins cinq (5) véhicules. Mais, aujourd’hui, je me retrouve avec seulement un seul, parce que j’ai été obligé de vendre une partie pour pouvoir survivre. Je ne devais pas parler de moi-même, parce que je représente un collectif, donc je suis obligé de dire que si nous faisons une analyse, vous vous rendrez compte que la majeure partie de mes membres ne disposent plus de parc-auto pour la simple raison qu’ils n’arrivent plus à les entretenir. Même s’ils pouvaient le faire, ils n’ont plus les marchés qu’ils avaient dans le temps.  

On va se laisser…

Je supplie les nouvelles autorités qui ont la gestion de notre pays, de faire tout leur possible, pour regarder derrière eux, la queue de mes membres dont le vice-président qui est mal en point. Mais, pour l’amour de notre organisation, il fait tout son possible pour assister à nos rencontres. Tout comme lui, il y a d’autres qui ont été contraints de fuirent leur quartier pour le village, parce qu’ils n’ont plus la dignité dans le quartier où ils vivaient parce que les propriétaires ont plus ou moins vidé leurs bagages des maisons qu’ils habitaient. Donc, je demande à nos autorités d’avoir une oreille attentive à nos revendications que nous jugeons d’ailleurs légitimes. Je supplie le Président de la République, qui est un homme  sensible, de prendre en main personnellement ce dossier.

 

Réalisée par Daniel Kouadio.

 

Source: Le quotidien "Le Républicain"

mercredi, 22 janvier 2014

TROISIEME PONT HENRI KONAN BEDIE - PEAGE: 750 FCFA PAR PASSAGE ARRETE PAR SOCOPRIM

 

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" Troisième pont Henri Konan #Bédié / Péage: 750 FCFA par passage arrêté par #Socoprim… " au lieu des 700 FCFA que le du RDR avait annoncé 'faire' réduire à moins de 200 FCFA. La vérité est que ce pont est une nouvelle propriété privé de la France en Côte d'Ivoire, et c'est elle qui fixe les règles du jeu. Montant global pour le financement du projet annoncé: 165,100 Milliards FCFA . " La contribution ivoirienne s’élève à 50 milliards Fcfa, tandis que les bailleurs de fonds soutiendront le projet à hauteur de 105,100 milliards Fcfa." Mais ce n'est pas lorsque Ouattara emprunte 100 Milliards de CFA au Congo que la Côte d'Ivoire peut payer ces 50 milliards. "Selon Olivier Bonnin, Pdg de la Socoprim, la société concessionnaire, cette infrastructure routière sera à péage et coûtera 750 FCFA par passage aux automobilistes. Il sera exploité sur 30 ans (OUI... 30 ANS) avant de devenir entièrement la propriété de l’État de Côte d’Ivoire."

Et pendant ce temps Ouattara raconte qu'il est en train de construire un pont pour aider les Ivoiriens: NON... il a juste offert une opportunité juteuse à ses 'copains' pour faire 'saigner' nos compatriotes. - Certains disent: " Mais personne n'est obligé d’emprunter ce pont ". Oui... mais observez ! Une fois ce pont terminé, ils trouveront un truc pour obliger les automobilistes à passer sur ce pont comme on passe dans une trappe à souris: révision ou je ne sais quoi de l'un des deux autres ponts - vous verrez bien un truc. 750FCFA par passage pour un poste de péage AU BEAU MILIEU DU CENTRE VILLE ? Et pourtant avant L’ÉCONOMISTE Ouattara, l'historien Gbagbo avait trouvé le moyens de faire construire ce pont avec des fonds de l’État et la gratuité du passage. Pour cela aussi il fallait lui jeter des bombes Françaises et l’emprisonner. [...] Ce n'est pas pas de la simple incompétence mais de la pure méchanceté.

Les arguments de Socoprim: Péage

Le pont Henri-Konan Bédié est un pont à péage. Le montant des péages sert en priorité à entretenir l’ouvrage, et ensuite à rémunérer les emprunts et financements privés qui ont servi à le construire. Il a été calculé pour que le choix de prendre le pont reste économiquement attractif, compte tenu des économies de carburant que le pont permet. Le péage sera différent suivant les catégories de véhicules. Des abonnements à tarif réduit seront à la disposition des usagers fréquents ; ces abonnements permettront une perception électronique sans contact accélérant le passage des abonnés.

 

Source: Le Blog de Claudus

dimanche, 19 janvier 2014

BURKINA FASO: POURQUOI OUATTARA ET SORO S'AGITENT-ILS? PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

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Le sentez-vous, ce vent de panique ? Depuis l’annonce, il y a une dizaine de jours, de la démission collective de plusieurs membres éminents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti du numéro un burkinabé Blaise Compaoré, les principales figures du régime Ouattara donnent l’impression que la seule idée de voir celui qui règne sur Ouagadougou depuis bientôt 27 ans à la retraite leur fait perdre tout sang-froid et les pousse à douter de leur propre avenir politique. Contre tout bon sens, Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara dit « Photocopie », ont accouru à Ouaga pour apporter, aux frais du contribuable ivoirien, un soutien dégoulinant de flagornerie au tombeur de Thomas Sankara dans ce qui relève pour le moins d’un conflit interne à une association privée (le CDP).

Quel est leur problème ? Pourquoi s’agitent-ils tant ?

D’une certaine manière, en accompagnant avec force mercenaires et kalachnikovs, la prise de pouvoir sanglante d’Alassane Ouattara, Blaise Compaoré signait son « arrêt de mort ». Ne s’en est-il  pas rendu compte ? Dès lors qu’à Abidjan, cœur battant de l’influence hexagonale en Afrique de l’Ouest, avait été « reconquis » et qu’un homme conforme aux vœux de Paris avait été installé au Palais présidentiel du Plateau, son « utilité systémique » diminuait singulièrement. Certes, le « beau Blaise » peut toujours servir dans le cadre de l’action difficilement déchiffrable de la France au Mali et dans le Sahel. Mais il est moins central dans le « dispositif » qu’à l’époque où le « grand méchant Gbagbo » était au pouvoir et qu’il fallait tout faire pour s’en débarrasser, avec l’aide irremplaçable du Burkina Faso…

Ouattara est au pouvoir à Abidjan, Soro est le numéro deux de l’Etat ivoirien, Gbagbo est à La Haye. Au fond, et très cyniquement, les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire ont-ils toujours besoin que le plus grand commun déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest soit aux affaires à Ouaga au point de remuer ciel et terre pour faire « entendre raison » à ses adversaires internes ? A première vue, cet excès de zèle est curieux. Plusieurs hypothèses sont toutefois à étudier.

- Et si Ouattara soutenait Compaoré comme la corde soutient le pendu ? C’est bien connu : « cohabiter » avec des personnes dont on se sent « redevable », surtout quand on a soif de « s’affirmer » peut s’avérer difficile. Le natif de Ziniaré « out », il semble évident que l’ancien élève du lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire prendrait, dans le « système françafricain », une importance plus grande. Cela dit, Ouattara peut aussi considérer qu’il continue de dépendre de Compaoré, notamment en ce qui concerne la livraison de matériel militaire hors embargo et/ou de mercenaires affectés – en tout cas jusqu’à un passé récent – à sa garde rapprochée.

- Et si c’était finalement Guillaume Soro qui avait le plus à gagner dans le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré, qu’il présente volontiers comme son « mentor » ? Il est probable que l’équilibre des relations pas toujours très claires entre Ouattara et son « dauphin constitutionnel » ait besoin de l’entregent du maître de Ouaga pour ne pas sombre dans la franche adversité. Il ne faut pas oublier que, même quand Ouattara semblait convaincu que Soro le « trahissait » avec Gbagbo, notamment à la faveur du « dialogue direct », Compaoré continuait de le « couver ». Soro espère aussi, sans doute, prendre le pouvoir dans un avenir proche avec l’aide du « mentor »…

- Et si, au-delà de ce type de calculs d’ordre politicien, c’était la perspective d’un grand déballage du misérable tas de secrets liés à la rébellion ivoirienne et aux nombreux crimes économiques qui l’ont émaillée qui angoissait les tenants du pouvoir à Abidjan ? Un fin observateur de la scène politique et diplomatique ouest-africaine, le militant de gauche Guillaume Tene Sop, note ainsi que Salif Diallo, ancienne âme damnée du régime désormais passé à la dissidence, avait dans sa gibecière de souvenirs de quoi faire trembler à la fois Ouaga et Abidjan. « Pourquoi Soro court-il à Ouaga et parle de « médiation » dès que Salif Diallo démissionne du CDP ? De quoi a-t-il peur ? Pour la petite histoire, la ‘Mercedes noire’ c’est Salif Diallo. Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, c’est Salif Diallo, le MPCI, c’est Salif Diallo, la prise de Bouaké c’est Salif Diallo, les armes du MPCI c’est Salif Diallo… Et si Salif Diallo se mettait à table ? Il faut protéger le citoyen Salif… Il est en danger », s’interrogeait-il récemment. Lessiveuse d’argent sale, abri de mercenaires et de comploteurs de tout poil, relais de la contrebande du cacao ivoirien, la capitale burkinabè a été témoin de maints épisodes cachés de l’histoire récente. En cas de divorce au CDP, les « docs » se retrouveront-ils sur la place publique ?

L’attitude de la France de François Hollande face au « cas Compaoré » sera en tout cas très intéressante à observer. Jouera-t-elle la carte d’un « Macky Sall » local, et du changement dans la continuité, en soutenant un homme du sérail pour mieux contrer la vraie opposition, notamment sankariste ? Affectera-t-elle la « non-ingérence » tout en appuyant discrètement un Compaoré qui sait se montrer utile ? Soutiendra-t-elle sans arrières-pensées le mouvement démocratique ? Qui vivra verra.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 15 janvier 2014

UN PROFESSEUR BURKINABE RECADRE GUILLAUME SORO

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Burkina Faso - Professeur Etienne Traoré: «Quand le pouvoir ivoirien vote pour Blaise Compaoré sans en avoir le droit!»

 

J’ai lu avec un grand intérêt l’interview de Monsieur Guillaume Soro, envoyé du Président Alassane Ouattara dans Lefaso.net ce 10 Janvier.

Je pense qu’en dépit de la formule d’usage (" Je respecte scrupuleusement le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États étrangers"), il s’est bien agi d’une flagrante immixtion dans nos affaires intérieures.

En effet, son interview dans le fond dit à nos compatriotes qu’ils ont un Président exceptionnel, indispensable à notre pays, à la sous-région et même à l’Afrique. Vous avez la chance d’avoir un tel Président, alors laissez- le continuer. C’est exactement ce que nous disent tous les jours les supporters nationaux du régime Compaoré plus proches de leurs intérêts personnels, souvent illicites, que des intérêts de notre peuple.

Au nom du Pouvoir ivoirien, Guillaume Soro appelle en fait à soutenir Blaise Compaoré pour le Référendum qu’il veut s’acheter à coups de milliards afin de se maintenir au pouvoir. Cela est ainsi résumé dans ses mots où Soro appelle : " Tous nos Frères Burkinabé à poursuivre la belle aventure de paix, de progrès et de démocratie jusqu’ici conduite sous la houlette du Président Compaoré qui, comme vous le savez, est précieux à son propre pays, à notre sous-région comme à notre continent, par l’exceptionnel rayonnement diplomatique qu’il a donné à la parole du Burkina Faso". Ce clair soutien au référendum pour Blaise Compaoré a été bien souligné par tous les observateurs indépendants de par le monde.

Monsieur Soro, quand on se veut médiateur, on ne prend pas aussi ouvertement position en faveur de l’un des protagonistes. En cela, vous n’avez pas bien écouté les leçons de Blaise Compaoré qui, comme vous le dites, " m’est absolument précieux". Lui, dans toutes ses médiations, a toujours évité d’afficher ses positions qui ont généralement été celles des puissances occidentales, notamment de la France.

N’oubliez pas qu’après Houphouet Boigny et avec son appui, c’est Blaise Compaoré qui a été adopté pour poursuivre la politique de la Françafrique dans la sous-région. Ce choix à été fait même sous la Révolution mais personne ne l’a su. Cette politique françafricaine consistait et consiste toujours à piétiner la souveraineté des États pour promouvoir par TOUS LES MOYENS LES INTÉRÊTS FRANÇAIS MÊME ET SURTOUT LES PLUS MAFIEUX.

Fort de ce soutien, Blaise Compaoré s’est immiscé (sans référendum) dans presque tous les conflits politiques armés ou non de notre sous-région avant de s’en faire le médiateur. Ses intrusions avec leurs atrocités valent aujourd’hui à nos compatriotes établis dans certains pays d’être traités en pestiférés. En un moment donné et dans certains pays, il n’était pas sécurisant de se dire burkinabè. Et ça continue dans d´autres pays encore.

Sachez qu’aujourd’hui ce leadership a été retiré à Blaise par ces mêmes puissances qui ne supportent plus les tripatouillages des Constitutions, encore moins les pouvoirs autocratiques et patrimoniaux. Lors du dernier sommet Afrique-France à Paris, cela a été rappelé au reste des dinosaures politiques (plus de 20 ans au pouvoir) dans l’espace francophone.

Monsieur Soro, votre prise de position qui n’a rien de diplomatique, n’est qu’un soutien mal camouflé à Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, en difficulté finale et fatale car voulant s’éterniser au pouvoir. Dès lors, je ne vous considère plus comme un médiateur, encore moins comme un homme de paix car la seule cause de toutes ces menaces contre la paix, la sécurité et la stabilité politique aujourd’hui, c’est Monsieur Blaise Compaoré qui, après 28 ans de pouvoir ne veut plus le quitter et veut, comme Mamadou Tandja, s’acheter un référendum par une corruption électorale sans précédent et des promesses fort démagogiques.

Il suffit alors à Blaise Compaoré de renoncer à cet exercice dangereux et périlleux pour que tous les risques de pathologie politique et sociale disparaissent. Si vous tenez vraiment à la paix, c’est ce que vous devriez amicalement conseiller à celui qui vous est " absolument précieux" comme vous le dites.

C’est vrai que vous devez beaucoup à Blaise Compaoré qui : a hébergé et formé (sans référendum ) votre rébellion armée alors dirigée par IB dans le sud de notre territoire national. Et vous en étiez le porte-parole ; vous a militairement soutenu (sans référendum ) dans votre crise post- électorale et vous soutient politiquement aujourd’hui.

Mais de grâce, ne pensez qu’à vous seulement et maintenant en sacrifiant EVENTUELLEMENT DEMAIN. Car en vous lisant, si Blaise Compaoré est si indispensable, que ferez- vous si un autre Burkinabé le remplace ? Or c’est ce qui est programmé et va se réaliser quels que soient les moyens et les soutiens utilisés. Je vous souhaite de bien vous comporter en homme d’Etat privilégiant absolument les intérêts de son pays par rapport aux intérêts de sa personne ou de son régime.

Et puis, auriez-vous la même réaction dans votre propre pays si Alassane Ouattara voulait modifier votre Constitution pour effectuer seulement un troisième mandat ? Assurément non ! Alors, pourquoi voulez- vous que les Burkinabé acceptent ce que vous refuserez avec force ou par la force chez vous ? Au Pouvoir ivoirien, si vous voulez sincèrement la paix pour nous tous, ayez le courage de dire à votre Grand Ami de renoncer au tripatouillage de la Constitution dans son pays. Il pourrait vous écouter et le peuple Burkinabé vous en serait reconnaissant. Toutes autres attitudes amicalistes ou partisanes renforceraient la crise ici en sacrifiant les intérêts de nos peuples sur l’autel des intérêts individuels et partisans, tous passagers, alors que ceux de nos peuples sont permanents. Je rappelle enfin que dans bon nombre de conflits politiques, armés ou non, en Afrique, ce sont les immixtions des pays voisins, parfois relais d’intérêts étrangers, qui les allument ou les entretiennent. Évitons cela à notre sous-région désormais. Tout le monde y gagne.

À l’occasion, j’interpelle nos gouvernants pour qu’ils respectent et fassent respecter notre Souveraineté Nationale. Il n’est pas normal que sous le couvert d’une médiation, on vienne s’immiscer dans nos débats politiques internes. Qu’ils respectent également la souveraineté des autres États, entre autres, en cessant de soutenir les rebelles indépendantistes armés du MNLA qui se servent de notre territoire pour se la couler douce tout en tenant des propos incendiaires et subversifs, mettant en cause l’intégrité territoriale d’un pays frère et ami de par l’histoire et la géographie : la République du Mali. Nous ne voulons pas de rébellions indépendantistes armées chez nous.

Alors, évitons de les soutenir ailleurs pour ne pas aussi risquer un jour, d’engager notre peuple déjà si pauvre dans un conflit armé pour une cause injuste, anti-patriotique afin de satisfaire l’insensée volonté hégémonique d’un homme. Peut-être diaboliquement prêt à cela pour se maintenir au pouvoir chez nous !

 

10 Janvier 2014

Etienne Traore, Université de Ouagadougou

 

Source: LE FASO.NET

samedi, 11 janvier 2014

LE PROBLEME D’ELIGIBILITE, UN BOULET AU PIED D’ALASSANE OUATTARA

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Par Océane Yacé, Politologue

 

C’est vraiment incroyable ce qui se passe en Côte D’Ivoire depuis 2002. Des bandes criminelles organisées et armées par Alassane Dramane Ouattara sont descendues du Burkina Faso pour attaquer notre pays, s’emparer du pouvoir d’état par la terreur et dans le sang, semer la désolation dans nos villes et dans nos villages, détruire le tissu économique et social de notre pays, diviser et opposer nos populations, briser l’élan démocratique de notre nation, mettre en place une dictature ubuesque qui continue d’hypothéquer dangereusement le destin de plusieurs générations.

Si aujourd’hui les Ivoiriens dans leur immense majorité sont convaincus que la fin de ce régime du crime, du mensonge et de l’imposture ne saurait tarder, beaucoup se demandent cependant comment cela se produira. Ils sont en effet très peu, ceux qui savent déjà ce qui attend ce régime liberticide et antidémocratique. Quant à notre niveau, divers schémas sont envisageables, de l’hypothèse de la mort subite avant le scrutin présidentiel de 2015 (n’oublions pas que Dramane est très gravement malade et constamment sous la menace d’un arrêt cardiaque), à la probabilité d’une mort violente (Dramane peut en effet mourir à tout moment comme il a vécu: lâchement et surtout violemment).

Cependant, l’adversaire la plus implacable devant laquelle, très bientôt, le dictateur mossi pourrait être totalement désarmé et impuissant, est sans conteste la Loi fondamentale de la Côte D’Ivoire, la Constitution. Il est vrai que régulièrement le régime a froissé tout ce qui ne l’arrange pas. Mais cette fois tout porte à croire qu’avec le nouveau contexte national et international qui s’est mis en place, il ne peut plus continuer à jouer à ce jeu aujourd’hui.

Alassane Dramane Ouattara a en effet un gros problème de papier et de nationalité qui reste toujours posé. La grave crise ivoirienne qui perdure tire ses racines de ce débat qui n’a jamais été véritablement vidé pendant que des problèmes de tous ordres s’accumulent chaque jour et que le pays sombre.

La transition militaire qui, après le renversement de Henri Konan Bédié a duré de 1999 à 2000 sous le régime du Général Robert Guéï a certainement eu ses tares, mais elle a aussi eu le mérite d'avoir été une période d’une très grande densité politique avec la rédaction d’une nouvelle Constitution par la Commission Consultative Constitutionnelle et Électorale (CCCE) qui avait pour objectif de promouvoir une modernisation réelle de la vie politique ivoirienne et le respect des principes démocratiques.

En remplacement de la Constitution du 03 novembre 1960, cette nouvelle Constitution, votée à 83% le 23 juillet 2000, est entrée en vigueur le 1er août de la même année, marquant ainsi l’avènement de la Deuxième République. On se rappelle que lors des élections présidentielles d’octobre 2000 et sur la base de cette Constitution, la candidature d’Alassane Dramane Ouattara avait été invalidée par la Cour suprême pour cause de "nationalité douteuse, faux et usage de faux sur la filiation”.

L’on se rappelle aussi que c’est sur insistance du Médiateur, le président sud-africain Thabo MBéki que le président Laurent Gbagbo, vainqueur du scrutin présidentiel de 2000, a signé l’Accord de Prétoria qui autorisait Dramane Ouattara à se présenter à titre exceptionnel à l’élection présidentielle initialement prévue en 2005 puis reportée en 2010 pour cause d’instabilité.

Dans le discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005, pour expliquer sa décision d’activer l’article 48 de la Constitution afin d’autoriser de manière exceptionnelle la candidature d’Alassane Dramane Ouattara à l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo avait dit ceci: < Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005 conformément à la lettre du Médiateur sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2005>.

Cette importante mesure exceptionnelle qui ne concernait exclusivement que le scrutin présidentiel de 2005, finalement organisé en 2010, avait été prise par le président Laurent Gbagbo pour ramener la paix et la stabilité en Côte D’Ivoire. D’où vient-il donc que le régime RDR la prenne maintenant comme une reconnaissance définitive de la nationalité ivoirienne à Dramane Ouattara? D’où vient-il que Dramane Ouattara se proclame-il déjà candidat pour 2015 alors qu’il est forclos au regard de la Constitution qui est toujours en vigueur?

Comme on le voit donc, malgré son hold up électoral et malgré les massacres qui ont marqué son arrivée au pouvoir en avril 2011, Alassane Dramane Ouattara continue de traîner au pied le gros boulet de l’article 35 qui, dans l’état actuel des choses, ne lui permet toujours pas de se présenter à un scrutin présidentiel en Côte D’Ivoire. Le RDR tente pour l’instant de fuir ce débat pertinent alors que ce parti a appelé en 2000 à voter cette Constitution. Nous comprenons alors pourquoi le régime Ouattara est entré en transe face aux propos sincères du président Pascal Affi N'Guessan qui demande l'organisation des États Généraux de la République (EGR).

Nous comprenons surtout pourquoi les EGR s’imposent aujourd'hui pour éviter le pire à notre pays.La France, les Usa et la Communauté internationale semblent désormais très favorables à la tenue de ce Forum que réclame le FPI.Dramane Ouattara et le RDR peuvent donc traîner les pieds et retarder les choses, mais il est absolument sûr et certain que cette année 2014 marquera le début de la fin de cette vaste forfaiture.

 

Océane Yacé, Politologue, Monaco

oyace84@yaoo.fr

vendredi, 10 janvier 2014

INELIGIBILITE D’ALASSANE OUATTARA POUR 2015 - L’EMBROUILLAMINI DU POUVOIR OUATTARA


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Koné Nabagné Bruno

LAURENT GBAGBO

(Extrait du Message à la nation , 25 Avril 2005)

« …C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:

Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.

Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI (Présentation des Vœux, 7 Janvier 2014)

«J’ai entendu dire dans un de ses discours (Ouattara, ndlr) que lui il préfère les actes et que les états généraux, c’est du bavardage. Mais quand il cherchait à être candidat, là il était d’accord pour les bavardages. Il a été partout, à Pretoria, à Accra, à Ouagadougou. Ce n’était pas pour bavarder ? Maintenant il n’aime pas bavardage ? Mais il ne sait pas qu’il y a bavardage devant parce que lui- même il n’est pas éligible. En 2010, c’est Laurent Gbagbo qui l’a fait candidat. Mais Laurent Gbagbo n’est plus là. Et c’est la constitution qui va s’appliquer. Or la constitution actuelle, c’est son totem».


Bruno Koné, Porte parole du Gouvernement: (8 Janvier 2014 à la sortie du Conseil des ministres)

« Monsieur Affi est responsable de ce qu’il dit. Nous lui laissons la responsabilité de ce qu’il a dit. Cela dit, les Ivoiriens savent, toutes les crises que notre pays a vécues sont venues. Et les Ivoiriens sauront le moment venu faire le tri entre ceux qui veulent réellement un avenir radieux, positif pour ce pays et ceux qui ont d’autres desseins ».

Joël N’Guessan, Porte-parole principal du RDR (8 Janvier 2014)

« …Le Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Monsieur Pascal Affi N’Guessan a, lors de la présentation des vœux de leur parti, montré une fois de plus son arrogance pour les nombreuses victimes de la crise postélectorale. Les thèmes forts de son message ainsi que le ton employé pour le dire démontrent à souhait le désir du FPI de Affi N’Guessan de replonger la Côte d’Ivoire dans le cycle de violences que nous avons connues sous le règne désastreux des refondateurs…«Monsieur Affi N’Guessan tente maladroitement de convaincre ses militants que la Président Alassane Ouattara n’est pas éligible pour l’élection présidentielle de 2015. Le disant, il veut faire ressurgir un vieux débat qui a empoisonné la vie politique ivoirienne de 1994 à 2010. Nous disons à Monsieur Affi N’Guessan que le rêve lui est permis. Les militants du RDR se demandent comment Monsieur Affi N’Guessan et ses camarades de parti vont opérer pour empêcher la candidature du Président Alassane Ouattara. Pour le RDR, ce vieux débat est clos et ne saurait prospérer. Le Président Alassane Ouattara est candidat un point un trait»,

Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (RFI - Edition du 9 Janvier 2014 à 18H30)

«… Cette déclaration d’Affi N’Guessan n’a aucun intérêt car M. Ouattara avait promis de modifier tous les articles confligènes de la constitution, dont l’article 35 qui fixe les conditions d’éligibilité… Alassane Ouattara est un homme qui tient tous ses engagements. Je n’ai aucun doute que l’article en question sera modifié pour permettre à Alassane Ouattara d’être candidat étant donné que le RDR dispose d’une majorité confortable à l’assemblée nationale. Mais en plus, nous avons une alliance avec le Pdci-Rda, ce qui nous donne une majorité écrasante au parlement alors que le Fpi n’y est pas représenté …»

AUGUSTIN KUYO (Notre Voie du 10 Janvier 2014)

«… Amadou Soumahoro a apporté hier de l’eau au moulin d’Affi N’Guessan au sujet de l’élection présidentielle de 2015. Interrogé par Radio France internationale (Rfi), le secrétaire général du Rassemblement des républicains (Rdr) a déclaré qu’Alassane Dramane Ouattara sera bel et bien candidat à l’élection présidentielle de 2015 puisqu’il va modifier l’article 35 de la constitution qui le rend inéligible. Laissant clairement sous-entendre que si la constitution n’est pas modifiée, M. Ouattara ne pourra pas être candidat. »

CONCLUSION DU DEBAT

Affi N’guessan a donc raison. Au regard de la constitution ivoirienne en vigueur, Alassane Ouattara n’est pas éligible à l’élection présidentielle de 2015… Allons donc aux Etats généraux de la République pour en parler.


Une contribution particulière

jeudi, 09 janvier 2014

LAURENT GBAGBO: «POURQUOI J'AI FAIT DE OUATTARA ET DE BEDIE DES CANDIDATS EXCEPTIONNELS»


LAURENT GBAGBO 4.jpg


Au moment où le débat sur l'éligibilité de Ouattara  refait surface, au moment où  le RDR veut noyer le débat dans la marre de l'ivoirité, voici pour mémoire le discours du Président Laurent Gbagbo, le 28 AVRIL 2005, à l 'époque des faits, sur le sujet.



Pour la paix, Laurent Gbagbo s’est obligé à faire des sacrifices incroyables. Cela parfois, en violation de la Constitution du pays. Alors que Bédié et Alassane Ouattara étaient forclos pour la présidentielle 2010 conformément à loi fondamentale, Gbagbo a accepté de faire des deux personnalités des candidats exceptionnels. Dans ce discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005 après la signature des accords de Pretoria, il donne les raisons de sa décision.

___________

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Mes chers compatriotes.

Chers amis de la Côte d’Ivoire


Le 19 septembre 2002, notre pays, la Côte d’Ivoire a été agressée. Les assaillants, une fois repoussés hors d’Abidjan, se sont installés à Bouaké et dans plusieurs villes du pays, au Nord et à l’Ouest. Ils ont ainsi transformé un coup d’Etat manqué en une rébellion armée qui a plongé le pays dans la plus grave crise de son histoire.

Depuis le début de cette crise, je vous ai régulièrement rendu compte de l’évolution de la situation, des obstacles rencontrés sur le chemin de la restauration de la paix et des multiples malentendus qui ont surgi autour des voies et moyens pour parvenir à la normalisation. Je vous ai également écouté avant de prendre les décisions qui engagent l’avenir de notre pays.

Malgré les déceptions que nous avons connues, je n’ai, pour ma part, jamais douté de l’issue de ce conflit auquel notre Nation a déjà payé un trop lourd tribut. Dès mon retour d’Italie, le 22 septembre 2002, j’ai clairement opté pour la voie de la négociation.

J’ai accepté, au nom de la Côte d’Ivoire, de négocier non seulement avec ceux qui ont pris les armes contre la mère-patrie mais aussi de placer, dès le départ, ces négociations sous l’égide de la communauté internationale.
D’abord sous les auspices de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra puis à Lomé. Ce faisant, j’ai montré que les responsabilités historiques que nous impose la position de notre pays en Afrique de l’Ouest nous commandent de régler au plus vite cette crise. A Lomé, nous avons cru comprendre que le problème était la réinsertion des mutins dans l’armée. Nous avons fait droit à cette exigence. Mais, malgré Lomé, le pays s’est installé dans la guerre. Nous avons donc accepté d’aller ailleurs, à la rue Kléber à Paris. J’ai noté que l’Accord de Marcoussis était un mauvais Accord. Mais j’ai accepté de l’appliquer, parce que, dans cet accord, il y avait deux choses essentielles:

1 – Le désarmement des rebelles, dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale.

2 – Le principe que toute modification constitutionnelle devrait se faire par les voies indiquées par la Constitution.
Concernant précisément l’article 35 de la Constitution, on pouvait penser que, pour des raisons d’ordre idéologique, la communauté internationale voulait savoir si, dans un pays de brassage comme la Côte d’Ivoire, la loi fondamentale garantit suffisamment la participation de tous à la vie démocratique.

C’est pourquoi, malgré, les réticences et les réserves des uns et des autres, j’ai déposé au Parlement le projet de modification rédigé à Marcoussis, en vue de le soumettre au référendum, la seule voie prescrite par la Constitution. Mais le désarmement n’a pas eu lieu et, aujourd’hui, ceux qui avaient demandé la modification de l’article 35 ne le réclament plus. C’est donc avec l’Accord d’Accra III d’abord mais surtout avec l’Accord de Pretoria et la lettre du Médiateur, que nous commençons à comprendre. C’est pourquoi, en votre nom à tous, je voudrais rendre ce soir un hommage solennel au Président Thabo Mbéki.

Il a écouté tout le monde, pour comprendre et pour nous aider à comprendre. Je salue le bon esprit qui a présidé aux négociations de Pretoria. Vos différentes interventions, au cours des rencontres que j’ai initiées au palais de la présidence de la République, à la suite de l’accord de Pretoria et de la diffusion de la lettre du Médiateur, ont montré que le peuple de Côte d’Ivoire a également compris quel est le vrai problème. Le problème n’est ni la réinsertion des mutins, ni l’article 35 de la Constitution mais la candidature d’un homme à la présidence de la République de Côte d’Ivoire; la candidature de Monsieur Alassane Dramane Ouattara. C’est la substance de l’Accord de Pretoria et de la lettre du Médiateur. Dans vos différentes interventions, vous m’avez dit une seule et même chose. Vous m’avez dit que l’accord de Pretoria et la lettre du Médiateur peuvent et doivent nous aider à mettre fin à la guerre et ramener la paix en Côte d’Ivoire, dans le respect de notre Constitution.

Je vous ai compris. C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:
 
Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.
 
Deuxièmement.

A compter de maintenant, et vue l’urgence, étant donnée l’absolue nécessité d’organiser les élections aux dates fixées par la Constitution, je donne mandat à l’Institut National de Statistiques, et à lui seul, d’établir, dans les meilleurs délais, les listes électorales pour les élections générales de 2005.
 
Troisièmement.

J’ordonne par la même occasion, à l’Institut National des Statistiques d’établir, dans les meilleurs délais, les cartes d’électeurs avec au moins deux mentions spécifiques:
la photo d’identité et l’empreinte digitale du titulaire.
 
Quatrièmement.

Afin d’éviter toute contestation éventuelle, j’ordonne à la Commission chargée d’organiser, les élections, de prendre toutes les dispositions utiles pour que chaque partie intéressée par les élections puisse faire à temps les vérifications nécessaires sur les listes électorales.
 
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.
Bien des problèmes, soulevés par nos compatriotes, n’ont pas trouvé de solutions dans ce discours.
Je ne les ai pas oubliés.
Je ne les ai pas occultés.
Le moment venu, ils seront résolus.
A compter de ce jour, et jusqu’à la fin de la crise, je prendrai, en vertu des pouvoirs que me confère l’article 48 de notre Constitution, toutes les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

LAURENT GBAGBO

Président de la République de Côte d’Ivoire

samedi, 04 janvier 2014

THIERRY MBEPGUE: «MEME PENDANT 10 ANS LA CPI NE TROUVERA AUCUNE PREUVE CONTRE GBAGBO LAURENT»

 

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Thierry Tafam Mbepgue ou l’audace de croire en une Afrique libre et digne!

 

Interview du président du Malcon, Thierry Mbepgue parut dans le quotidien ivoirien «Le Temps», le 31 décembre 2013.

Comment vous appréhendez la suite du procès de Gbagbo?

Ce qui se passe à la CPI est tout sauf un procès. L’arrestation et la déportation du président GBAGBO était la réalisation d’un scenario écrit par Nicolas Sarkozy qui a pris un coup dur dans son financement après sa chute en France. Voila pourquoi ce film dont l’acteur principal est celui que vous connaissez n’a pas pu sortir, pire actuellement aucun acteur ne veut figurer dans ce film. Donc sachez que pour nous combattants de la liberté, il y a plus procès à la CPI. La suite de ce cinéma que vous appelez procès sera marquée par la Libération du président GBAGBO Laurent car Il n’est pas admissible qu’on maintienne une personne en détention pendant trois années sous prétexte de trouver les preuves l’accablant. Par ailleurs que pourra apporter comme preuves crédibles un procureur qui est accusé d’avoir soudoyé les témoins pour que ceux-ci témoignent contre la défense dans l'affaire Jean Pierre Bemba ? Si elle a été capable de le faire pourquoi ne le reproduira t-elle pas dans l’affaire GBAGBO ?

Et pourtant, la Cpi vient d’accorder une autre rallonge à Bensouda.

Je vous avais dis que la cpi même pendant 10 années ne trouvera aucune preuve contre GBAGBO Laurent, elle pourra en fabriquer mais pas dire qu’il y a une preuve contre ce dernier. Ce que tu n’as pas pu trouver en 3 ans, ce n’est pas en 2 mois que tu pourras le trouver, soyons sérieux. La période accordée à Bensouda n’est rien d’autre qu’un moyen de donner un temps supplémentaire et une chance d’aboutissement aux négociations en cour actuellement à la Haye. Si même par extraordinaire on nous présentait aujourd’hui des soient distantes preuves contre GBAGBO, je ne douterai même pas un instant que celles-ci sont sorties d’un de ces laboratoires de chimie mensongère établi à travers le monde car on ne cherche pas pendant trois ans ce qui est sensé pas être caché. Mes parents me disaient toujours qu’on ne peut jamais cacher la lumière du soleil.

Selon vous, qu’est ce qui peut empêcher aujourd’hui la libération de Gbagbo.

Que ce soit sur le plan national ou international, je ne vois aucune objection à sa libération future. C’est d’ailleurs pour l’intérêt de tous qu’il faut qu’il soit libérer car on ne peut pas objectivement parler de réconciliation sans lui. Même en Afrique du sud, il a fallut que Mandela soit libre pour que l’étape de la réconciliation soit amorcer. Ceux qui œuvrent pour empêcher sa libération sont ceux là même qui ont beaucoup à se reprocher. C’est quand tu sais que tu as fais du tord à quelqu’un que tu as peur des représailles. Même Ouattara ne peut pas empêcher sa libération, mais plutôt faire en sorte qu’elle soit anticipée et je l’appelle au nom de la réconciliation de le faire.

Vous dites que Gbagbo incarne à la fois Lumumba et N’Nkrumah, alors que l’un des vôtres vient de réaliser un film documentaire dans lequel il traite Gbagbo de dictateur. Quel est votre point de vue?

(Rires). Aujourd’hui tout énergumène en manque de popularité n’a pour seule façon de faire parler de lui qu’en indexant le président GBAGBO Laurent, malheureusement les pro-gbagbo n’ont pas toujours compris cela et passe leur temps à relayer ces bêtises. Je n’ai pas été surpris d’apprendre que ce soit un camerounais qui se prête à ce genre de jeux car dans mon pays comme dans plusieurs autres d’ailleurs, il y a des brebis perdues qu’il faut rapidement retrouver et ramener dans l’enclos. Il existe aussi au Cameroun des traitres et des nègres de service qui sont toujours prêt à livrer, au moindre dollar proposé, leur propre frère. GBAGBO incarne Lumumba et N’Nkrumah et ce réalisateur incarne Mobutu SESE SEKO et tout ceux qui ont trahi nos vaillants leaders. Le Camerounais dont vous parlez s’appelle Saïd Mbombo Penda ex-journaliste à BBC. Comme lui, plusieurs affamés de nationalité Camerounaise ont été envoyés en mission pour saboter les différents acquis de la résistance anti-coloniale. Et la stratégie idéale ne pouvant être que s'attaquer au chef de file de cette lutte, ils ont trouvé bon de salir l'image de GBAGBO Laurent, le père de la résistance en Afrique. Après la sortie du pseudo film documentaire qui aurai été réalisé à plus de 108 millions, certains personnes ont tout simplement compris jusqu’à quel point le nègre peut aller pour vendre sa dignité. Qu’il soit au service du régime Ouattara ou au service de l’impérialisme occidentale, je voulais simplement qu’il sache que ce ne sont pas des campagnes de communications médiatiques bien rafistolées, ce ne sont pas les réalisations des films mensonges à hauteur de centaines de millions de FCFA par des journalistons égarés qui peuvent sauver un régime qui a du mal à convaincre un peuple. La seule chose qui peut sauver un tel régime c'est: « écouter le peuple » J’appelle sincèrement le gouvernement ivoirien à écouter le peuple.

Il affirme même que Gbagbo a trompé les camerounais.

Tu vois jusqu’où va sa mauvaise foi et sa malhonnêteté ! Le fait d’insinuer qu’une simple tête à pu tromper plus de 15 millions de têtes au Cameroun n’est-il pas une preuve que ce dernier ne sais même ce qu’il affirme ? Croyez vous que le peuple Camerounais soit aussi idiot jusqu’à ce point là ? En tout cas Il connait la vérité. Il sait que si on les a payés pour vendre leur dignité, c’est parce que l’esprit GBAGBO Laurent plane sur tout l’étendu du territoire Camerounais et la majorité des Camerounais ne rêvent que de lui ressembler.

Comment ces déclarations ont été accueillies dans l’ensemble au Cameroun?

Le vaillant peuple du Cameroun n’est pas dupe, nous savons tous comme on le dit chez nous au Cameroun: «qu’il se cherche». Il ne joue que le rôle pour lequel on l’a payé. Une fois ses millions encaissés il dira le contraire vous verrez plus tard. Par ailleurs sachez que tous ces Camerounais qui draguent les hommes politiques Ivoiriens sont répertoriés comme étant des Anti-BIYA qui rêvent d’importer les méthodes violentes au Cameroun. On les voit venir, nous les attendons de pied ferme.

Quel est aujourd’hui l’image du Président Gbagbo dans l’opinion camerounaise?

Il reste le leader incontestable que les Camerounais ont toujours rêvé, nous connaissons la vérité et ce n’est pas un documentaire dont nous connaissons la source de financement qui peut changer nos idées.

Connaissez-vous personnellement Mr Penda, l’auteur de ce film?

Demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent cet homme, 2 ne le connaitront pas mais demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent Charles ONANA, 9 te diront qu’ils le connaissent. Donc à toi de tirer ta conclusion.

Il dit qu’il n’a pas besoin de l’argent de Mr Ouattara…

(Rires). Il est trop riche et adore beaucoup Ouattara. Lorsque MOBUTU trahissait LUMUMBA a-t-il dit qu’il avait besoin de l’argent du roi belge ou le faisait pour les belges ?


Interview realisé par GUEHI Brence.

In le quotidien ivoirien "Le Temps" du mardi 31 décembre 2014.

vendredi, 03 janvier 2014

ALASSANE OUATTARA, UN INCOMPETENT AU POUVOIR A ABIDJAN - PAR THEOPHILE KOUAMOUO


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Un boucantier aux affaires!


Une des forces de la propagande massive est qu’elle finit par s’instiller subrepticement dans les esprits de ceux qui la contestent a priori. Pendant longtemps en Côte d’Ivoire, voire en Afrique, le présupposé de la compétence de l’actuel chef de l’Etat ivoirien semblait aller de soi. Le fondement de cette idée répandue était pourtant fondamentalement discutable : Alassane Ouattara était compétent parce qu’il était sorti de la cuisse de Jupiter-FMI ; point final. Les thuriféraires des institutions de Bretton Woods comme ceux qui portent (à raison) un regard critique sur l’idéologie qu’elles portent et leur fonctionnement interne ont tous validé cette étrange hypothèse.

La gouvernance concrète du «bon petit» de Michel Camdessus vient comme une sorte de «révélation» et de «désenvoûtement» forcé. Les faits sont têtus : Alassane Ouattara est un dirigeant incompétent et hâbleur, qui s’intéresse plus à l’écume des choses et à son ego surdimensionné qu’au fond des problèmes du pays qu’il dirige. Nous sommes fiers d’avoir écrit, en janvier 2013, que l’année en cours serait celle de la fin du mythe du super-économiste. «Le nouveau miracle ivoirien devra attendre après-demain», admettait, en mai dernier, le principal quotidien économique français, Les Echos. «Après avoir soutenu sans réserve le nouveau pouvoir ivoirien, les partenaires d’Abidjan ne cachent plus leurs inquiétudes face à la persistance de la corruption et de la mauvaise gouvernance», écrivait pour sa part en août dernier l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont le zèle pro-Ouattara est ancien et connu de tous.

Alassane Ouattara est-il le capitaine de bonne volonté d’un bateau rendu ivre par les lacunes de ses subalternes ou le principal responsable d’une embarcation qu’il conduit droit vers un énorme iceberg, à l’image du Titanic ? Au Nouveau Courrier, nous pensons qu’il est notoirement incompétent, et que ses actes quotidiens témoignent de ce qu’il ne met pas en pratique le bon sens économique le plus élémentaire. Un bon sens qui est pourtant accessible à des hommes dotés de bon sens qui n’ont jamais mis un doigt de pied à l’université. Il est grand temps que ses soutiens extérieurs s’en rendent compte. Les quelques exemples qui suivent permettront en tout cas d’alimenter le débat.

Décentralisation : les errements scandaleux de Ouattara

Même pour un politicien moyen, l’organisation structurelle de l’Etat est une question fondamentale, qui relève d’un choix mûrement réfléchi, et de la stratégie de développement à long terme qu’il entend défendre. La légèreté phénoménale avec laquelle Ouattara change de doctrine à ce sujet est, du coup, particulièrement inquiétante. Candidat à la présidentielle de 2010, il promettait dans son programme : «Nous supprimerons les Districts. Abidjan et Yamoussoukro, à l’image des autres villes à créer, seront dirigées par des conseillers municipaux élus». Cinq mois après sa prise de pouvoir, il change subitement de braquet. Il décide de maintenir les deux districts d’Abidjan et d’en créer douze nouveaux. Il supprime les Conseils généraux, qui recoupent les départements, fait exploser le nombre de régions (elles passent de 19 à 30, alors que Gbagbo voulait les réduire au nombre de 10). Une réforme budgétivore et tout à fait inattendue, donc. En mai 2013, il promet qu’il nommera incessamment ses gouverneurs de district, «avec rang de ministres». Quatre mois plus tard, virage à 360 degrés. Lors d’une rencontre avec les préfets,  il fait un incroyable aveu : «Si nous tardons à mettre en place ces districts, a concédé le président Ouattara, c’est parce que je ne suis pas convaincu que ce soit un échelon essentiel, dans l’administration du territoire (…) Je reprends ce dossier pour l’examiner en toute objectivité. Et voir où nous devons mettre en place le district ou pas». Que veut cet homme ? A-t-il le moindre début de commencement de vision politique ? Est-il seulement un peu sérieux ? Pour notre part, la réponse est claire : c’est non, sans hésitation.

Santé publique : des promesses irréalistes à la désertion

Démagogue sans scrupules, Alassane Ouattara avait promis tout et n’importe quoi dans son programme. Alors que Laurent Gbagbo prévoyait un système d’assurance maladie universelle basée sur des cotisations en fonction des revenus des différents bénéficiaires, il préconisait l’instauration d’une couverture médicale universelle accessible à tous «avec 1 000 FCFA par mois». Bien entendu, il s’agissait d’une promesse sans lendemain. Dès son arrivée au pouvoir, il mettait en place un mécanisme (non financé, ce qui est une aberration même pour un étudiant de première année à l’Ecole nationale d’administration) de gratuité de soins dans les établissements sanitaires publics. Neuf mois plus tard, il abandonnait cette politique improvisée et qui ne fonctionnait de toute façon pas sur le terrain, et parlait d’une gratuité des soins «ciblée», concernant tous les actes liés aux accouchements. Aujourd’hui, sur le terrain, c’est un échec total, à en croire les professionnels de santé. Les médicaments gratuits promis n’existent tout simplement pas. Le projet a été mal conçu et mal exécuté, mal pensé. Si ce n’est pas de l’incompétence, cela y ressemble terriblement.

Un banquier-boucantier qui fait déraper les finances publiques

«Je suis un banquier. Mon travail, c’est de trouver de l’argent», fanfaronnait le candidat Alassane Ouattara. Qui a déjà eu un banquier sait que, pour cette profession, la disciplinaire budgétaire est un principe sacro-saint. Depuis qu’il préside aux destinées de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara se caractérise pourtant par sa propension à dépenser n’importe comment l’argent qu’il ne possède pas. Comment peut-il justifier que, chef de l’Etat d’un pays sortant de dix années de guerre, il considère comme prioritaire d’acheter plusieurs nouveaux avions présidentiels – alors que Joyce Banda, la présidente du Malawi, choisit de vendre le seul qu’elle a pour endiguer la pénurie alimentaire dans son pays ? Combien ses voyages, et les voyages de ses ministres, auxquels prennent toujours part une cohorte de dizaines et de dizaines de parasites, coûtent-ils donc au contribuable ? Quelle explication peut-il donner au fait que le déficit budgétaire se soit creusé en 2012 en dépit de l’afflux inédit d’aide publique au développement ? Désargenté après avoir été «cadeauté» de centaines de milliards, l’Etat ivoirien en est aujourd’hui réduit à utiliser des techniques grossières de harcèlement fiscal et à faire la manche d’autre part – en ce mois de septembre, nous dit La Lettre du Continent, la France vient au secours de Ouattara pour une rallonge budgétaire… ce qui est une honte pour un pays qui n’en était plus là même au cours des années de guerre !

Les sujets qui mettent en lumière l’absence totale de vision d’Alassane Ouattara sont légion. Par exemple, qu’avait-il à détruire, via sa ministre Anne Oulotto, les commerces informels s’il entendait par la suite laisser le désordre s’installer à nouveau ? Quel intérêt a-t-il à faire la promotion du gré à gré alors que son administration est déjà notoirement corrompue ? Qui se souvient que la marche du RHDP du 25 mars 2004 visait à protester contre l’octroi à Bolloré du marché du terminal à containers du port d’Abidjan, dans un contexte où l’industriel français avait pour lui d’être le candidat unique dans une période de fortes incertitudes ?

Alassane Ouattara est incompétent. Et chaque jour, les Ivoiriens s’en rendent compte un peu plus.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

UNE ENVOYEE DE DIEU CHEZ LE PASTEUR JEAN-BAPTISTE NIELBIEN AVEC UN MESSAGE POUR LA COTE D'IVOIRE

 

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Exclusif - Le pasteur Jean-Baptiste Nielbien (Président de la Feeci) aurait refusé de recevoir une envoyée de Dieu porteuse d’un message pour la nation et pour Laurent Gbagbo. Récit.



Il y a de cela 2 semaines (le 16 décembre 2013, Ndlr) quelque chose d’étrange s’est produit au quartier Cité des Arts de Cocody (Abidjan) où sont logés les bureaux du Dr Jean-Baptiste NIELBIEN, Docteur ès Sociologie, ès Théologie et président de la Fédération des Eglises Evangéliques de Côte d’Ivoire (FEECI) et pasteur principal à l’église des Assemblées de Dieu. De quoi s’agit-il ?

Dame A. D. arrive, ce lundi matin, au bureau du pasteur NIELBIEN. «Je voudrais voir l’homme de Dieu, c’est confidentiel», s’exprima t-elle face à la secrétaire. «Le pasteur n’est pas là», répondit cette dernière apparemment mécontente du fait que la visiteuse ne lui dise pas l’essentiel de sa visite. «Qu’à cela ne tienne, j’attends le pasteur!», ajouta la visiteuse. Minutes et heures s’égrainent mais la dame n’est nullement ébranlée par la fatigue de la longue attente. Quant au pasteur, il campe sur sa position. Pis, pensant à une mendiante, l’homme de Dieu (certainement en manque d’inspiration), remet de l’argent à un de ses collaborateurs pour dame A.D. «Dites lui que je n’ai pas besoin de son argent», rétorque l’envoyée de Dieu. La réponse de la dame met le serviteur de Dieu dans tous ses états et durcit sa position de ne plus recevoir la femme. L’après midi la trouve à cet endroit. Elle décide donc de rentrer non sans dire le message divin qui se résume en ceci :

1- Dieu me charge de dire au président des chrétiens évangéliques que Lui, le Tout-Puissant DIEU, a bouclé le programme de la Côte d’Ivoire qui va s’accomplir certainement. Le changement spirituel aura lieu.

2- Que tous ceux qui ont soutenu la rébellion se repentent de leur péché.

3- Que tous ceux qui ont soutenu l’actuel homme fort d’Abidjan et son pouvoir demande pardon à Dieu car un grand vent va souffler.

4- Laurent GBAGBO sortira de prison et exercera le pouvoir d’Etat pour un mandat.

Le message fut rapporté fidèlement au pasteur NIELBIEN par ses lieutenants.

Mystère!

Dame A. D. décida de s’en aller avec le sentiment d’avoir joué sa partition. En sortant des bureaux du pasteur, un des collaborateurs accompagnant la dame qui se rendait à la cité Mermoz arrêta un taxi communal et remit 200 F au conducteur. Mais une fois au feu du carrefour de l’Institut de la communication (ISTC), le conducteur constate à sa grande surprise que la femme qui était pourtant bien assise à l’arrière du véhicule a disparu. Le taximan marque un arrêt pour bien voir, point de femme! Paniqué, le taximan retourne au Centre de Publication Evangélique (CPE) d’où il avait pris la dame. Une fois là, il rembourse les 200 F à lui remettre par le monsieur en disant: «Voici vos 200 F, quelle femme avez-vous mis dans véhicule, que votre malheur soit sur vous seuls!»

Médusés, les hommes du pasteur n’ont pu rien dire. Ils se rendirent à l’évidence «qu'assurément cette femme était envoyée par le Seigneur».

On raconte que le pasteur NIELBIEN fit 2 semaines sans mettre pied au bureau.


Faya Yéo, Le Tigre du Nord.

jeudi, 02 janvier 2014

DRAMARECHAL, NOUS VOILA!

ALASSANE OUATTARA. DRAMARECHAL.png


Ce discours, tout le monde l'attendait, en raison de sa promesse d'une “bonne nouvelle” qui serait révélée en fin d'année..., mais voilà, la bonne nouvelle s'est muée en « bonne année », et la montagne Sylvestre a accouché d'une souris...

Alassane Dramane Ouattara, en cette fin d'année 2013, aurait dû prononcer son discours avec un casque de sécurité vissé sur la tête, parce que ce n'est pas en Président de tous les Ivoiriens qu'il a parlé, mais en technocrate des ponts et chaussées, en employé de Bouygues, préposé aux futurs autoroutes payantes et ponts à péage; en vassal dévoué, il a tenté d'envoyer des ondes positives à ses patrons, tout en essayant de plaider sa cause devant ses derniers investisseurs potentiels, les quelques têtes brûlées qui seraient assez inconscientes pour s'engager encore à ses côtés.

« la vie est chère » : l’aurait-il enfin réalisé ? Hier il officiait au FMI et prônait le gel des salaires, aujourd'hui, il enfile son costume de syndicaliste de la françafrique et plaide pour leur déblocage. Nous ne sommes plus à une incohérence près : très fier, il annonce la revalorisation des salaires de la fonction publique, bloqués depuis plus de vingt ans ! Je crois pourtant me souvenir que le président Gbagbo était déjà intervenu en ce sens en rajoutant des primes à certaines catégories de fonctionnaires et assimilés. Mais ces heureux fonctionnaires et militaires ne sont plus là pour en témoigner : ils ont été remerciés, limogés, et dans le meilleur des cas leur rallonge vitale a été supprimée.

Tout va bien en Ouattarandie: notre chef avoue avoir le cœur plus léger qu'il y a un an. Après la règle des 4C du diamant que j'ai appris en Israël, voici celle des 3C du vivrier que je ne connaissais pas : Café, Cacao, Coton : tout va bien, l'agriculture continuera d'être l'Eldorado du pauvre ivoirien, il y aura beaucoup de travail dans les terres concédées aux lobbies des semences OGM et de l'agroalimentaire, dans les terres rizicoles concédées à la veuve Louis Dreyfuss. Le Smig est instauré; selon l'avis de beaucoup de Français, il n'a jamais rien apporté de bon, mais en Côte d'Ivoire il fera des miracles, le brevet est donc exportable en Afrique. Tout ira bien, l'avenir est rose, bien qu'en friche. Et quid des chômeurs rattrapés, des retraités, des jeunes diplômés? Quid des prisonniers et des exilés qui ne se pressent pas à la porte (C'est seulement sous la pression de la nouvelle guerre française en Centre-Afrique, qu'une centaine d’exilés ivoiriens sont rentrés au pays, dans un avion affrété par le gouvernement).

Concernant la Couverture maladie universelle courant 2014, il ne pouvait pas faire moins, elle était déjà dans les promesses de 2013...

« Notre pays change, progresse.(...) Priorité à l'emploi avec un rythme de création d'emplois soutenu. (...) L'objectif d'un million d'emplois est toujours à notre portée » : J'abonde dans son sens, puisque ce qui me frappe toujours ce sont les annonces nécrologiques; beaucoup de personnes jeunes décèdent alors que ce n'est certainement pas leur heure. A défaut de véritables créations d’emplois, c’est par un simple jeu d'écriture que les postes vacants pour cause de mort assassine seront occupés par les rescapés reconnaissants. Et l'économiste bardé de diplômes en économie de marché de nous resservir une fois de plus le micro-crédit des pauvres, au probable taux exceptionnel d'un pour cent par mois, déja appliqué par son épouse. Atteindre l'émergence nécessitera plus d'un coup de pouce, carrément la falsification des registres et des statistiques !

Par sa voix, nous apprenons également que la Côte d'Ivoire renoue avec le « retour à la sécurité » ! Alors qu’un classement rendu publique il y a quelques jours place la Côte d'Ivoire au troisième rang des pays les plus dangereux au monde, après deux pays d’Amérique latine ! En fait, la Côte d'Ivoire est le pays le plus dangereux d'Afrique, mais qu’importe, face à la parole d’un président qui ne ment jamais : son nez ne s'est pas allongé, pas plus que celui de son épouse, encore plus digne de foi puisque le sien a été remodelé, retouché à la baisse. Il fallait bien envoyer un message subliminal à la communauté internationale, parler de la sécurité retrouvée, de la lutte intensifiée contre la corruption et le racket, fléau bien sûr hérité des seuls refondateurs. Grâce au bon travail des forces de sécurité que nous appelons par leurs petits noms, Frères Cissé et Dozos, les coupeurs de route ne sont plus que des piétons inconscients qui traversent la chaussée sans regarder, et provoquent tous ces accidents mortels qu'on ne cesse d'évoquer ces dernières semaines.

L'héritier d'Houphouët est partisan de la “préservation d'un climat de paix”. Notre disciple d'Houphouët, qui a préféré créer son propre parti plutôt que d’intégrer celui du maître, ce digne fils du Père de la nation, le vrai, doté du label authentique, peut maintenant retirer son casque BTP, glisser dans sa poche l’unique fascicule ayant suffi à lui valoir un doctorat d'économie, pour sourire dorénavant, un brin d'olivier entre les dents, comme la colombe de Noé annonçant la fin du déluge.

Il nous redit combien il tient à poursuivre le dialogue avec l'opposition : la justice, qu'il ne cesse de houspiller pour sa lenteur, doit permettre -incessamment, sous peu- des mises en liberté provisoire, petites piécettes concédées à la réconciliation, provisoire elle aussi. Mais qui sont les heureux élus ? Un incident technique providentiel intervenu à ce moment de son discours, et bien géré par l'équipe technique de la RCI, aurait amputé le film de ce passage si attendu, à moins que l'émotion partagée avec tous les Ivoiriens qui guettaient cette bonne nouvelle à eux promise, ait empêché Ouattara de citer les noms des chers frères et sœurs des partis d'opposition. Comprenez qu'il s'est beaucoup exercé à sourire, à enjôler son public pour tenter de renouer avec la première bonne impression, celle d'un homme généreux, compétent, qui arpente parfois la Côte d'Ivoire de long en large pour répondre aux besoins de ses citoyens, et régulièrement, sillonne au rythme d’un abonné de train de banlieue les couloirs aériens qui surplombent tous les pays émergés, n’atterrissant que pour recevoir les ordres de ses patrons, sous couvert d’importantes conférences, de colloques à décrocher la lune pour la Côte d'Ivoire. Oui notre Homme est prêt pour l'émergence dans les années à venir, bien accroché à son fauteuil jusqu'à la fin de ce mandat et du prochain, grâce aux élections électroniques garanties sans fraudes, non seulement bien sûr dans les régions non encore raccordées au réseau électrique, mais aussi dans toutes celles où grâce à un accord passé avec Délestron le jour J, les scores seront encore meilleurs qu'en 2010, cela va sans dire.

Opposition, saisissez la chance qui vous est donnée de vous joindre au sage Ouattara, fermez les yeux, fermez la bouche, le spécialiste est aux commandes, pour un atterrissage dans la réalité virtuelle de l'un « des dix pays à la plus forte croissance au monde ». Et je n'invente rien puisque c'est lui encore qui l'a dit au début de son bilan... de compétences.

« Je forme le vœu d’une paix consolidée en Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde ». Ici, ce n'est plus l'homme au casque BTP et au rameau d'olivier qui parle, mais le Messie ou le dernier Mahdi. Et là, on écoute religieusement, avant d'éteindre la télévision et de passer aux choses sérieuses : quand le peuple va-t-il prendre enfin son destin en mains, sachant que le secours ne viendra ni de l'occident, ni de Ouattara et consort, et que chaque jour passé à attendre est un jour de prison en plus, un jour de malheur, un jour de cendres et de ténèbres en plus ? Soufflons sur les braises qui restent, préparons nous à sauter dans le brasier sans peur, pour alimenter sa combustion et déclencher l'incendie, celui que les Pompiers-Pyromanes n'auront pas allumé et ne sauront plus éteindre, et que la peur change définitivement de camp. C'est au travers du feu que vous serez éprouvés, que l'or, l'argent et les autre trésors que vous êtes, aux yeux du D.ieu qui vous a créés libres, égaux et partenaires avec lui dans sa création seront affinés. Cet argent, cet or là va circuler, laisser des traces, ces traces si chères à Laurent Gbagbo. C'est au travers du feu que l'occident et ses lobbies de paille, vrombissant et rugissant comme de vieux lions édentés, recevront leur récompense, en brûlant et en se consumant. Avec pour bilan, aux yeux au monde entier, si peu de scories intéressantes, hormis leur forfaiture enfin dévoilée, et votre couronne d'hommes libres au lieu de vos entraves d'asservis.

Quand j'étais enfant, ma mère m'expliquait à sa manière la différence entre l'espoir, concept laïc et l'espérance, concept pétri des promesses divines.
Alors que l'espoir s'enracine en l'homme, l'espérance s'enracine en D.ieu. Comme Caïphe, notre homme a prophétisé sans le savoir, citant l'hymne national, « j’ai foi en l’avenir radieux de notre chère Cote d’Ivoire qui mérite plus que jamais son nom de terre d’espérance ». Oui, la Côte d'Ivoire peut redevenir cette terre d'espérance, pas celle de l'espoir au nom duquel prospèrent tous ces magiciens qui créent la lumière à Abidjan en la coupant ailleurs, mais cette terre où on attend et prépare le chemin de Celui en qui tellement d'hommes et de femmes espèrent, celui qui comptabilise toute les gouttes de sang tombées à terre,qui recueille toutes les larmes dans son outre, Celui qui dans sa grande patience s'est encore retenu, quand la fondatrice de “Children of Africa” a demandé « qu’en cette nuit de Noël pas un enfant ne souffre en Côte d’Ivoire», pour ne pas la secouer comme on secouerait un karité afin que les fruits tombent, et soient mis à la disposition du plus grand nombre, signe avant-coureur des futures semailles, des futures récoltes, des retrouvailles et des rires enfin libérés sur une terre qui aura englouti tous ses artisans de malheur, reconnu et accueilli les vrais artisans de sa paix et de sa reconstruction.

Enfin, en relisant le discours de Ouattara après l'avoir écouté, les accents de la fin me rappellent ces vieilles bandes-son où l'on entend le maréchal Pétain « faire don de sa personne » à la France... occupée. Là où il ne s’agissait, retranché derrière les fameuses valeurs “travail, famille patrie”, que d’offrir au vainqueur teuton une France à genoux, soumise à l'avance à toutes les lois iniques promulguées par un régime à la botte.

« La nouvelle Côte d'Ivoire, l'Ivoirien nouveau» : Ouattara nous brosse les contours d’une entité statique, privée de vie, de rêves, d’ambitions et de projets; les contours d’une Côte d'Ivoire démantelée, démembrée, patrie d’un Ivoirien esclave sur sa propre terre. Et de rajouter «L'ivoirien doit prendre conscience de son rôle dans notre société ». Non monsieur, ce n'est pas là le discours des Ivoiriens, vous ne faites que prêter votre voix aux ennemis de la Côte d'ivoire. L'Ivoirien, le vrai, -et celui qui le rejoint en acceptant d'unir son destin au sien-, vomit votre société globalisée et son modèle paternaliste et colonial, puant la naphtaline; il va s'intégrer dans la société qu'il a choisie, désirée, son Eburnie, une Côte d'Ivoire fraternelle, fondée sur des valeurs immémoriales. Il va suivre les traces de celui qui les a si fortement imprimées dans le pays, et dont la déportation à la Haye n'a pas estompé le souvenir : les références à l'Ivoirien véritable sont les siennes, et certainement pas celles d'un homme qui aura fait de la Côte d'Ivoire un pays à genoux, un immense chantier à ciel ouvert pour débusqueurs de poules aux œufs d'or – celles qui, par miracle auraient encore échappé aux prédateurs et aux soldeurs, à l’œuvre sans relâche depuis si longtemps-. Le modèle idéal, ce n'est certainement pas le modèle occidental ! Il vous suffit d’ouvrir les yeux pour constater ce qu'il a apporté dans la durée : quelques villes et une capitale ultra-moderne, vitrines de la “civilisation” pour une poignée d’étrangers et d’élus rattrapés, alors que la majorité du peuple vit dans des zones de “non-droit”, sans eau courante, sans électricité, comme c'est toujours le cas dans le nord où les ex-rebelles et nouveaux mauvais maîtres font la loi, délaissant totalement les populations, et ne se rappelant à leur –violent- souvenir qu’à l’approche des échéances électorales...

Pauvre Côte d'ivoire, livrée à la violence, la pauvreté, qui vivote sans espérance et sans avenir, éternelle analphabète, jamais entrée dans l'histoire, as-tu vraiment besoin d'être encadrée par ces européens et supporter leur présence toujours apaisante et réconfortante pour « prévenir et éviter les bains de sang », aux côtés de l'ivoirien nouveau, version Ouattara, le collabo « qui te veut du bien » ? Va-tu continuer de courber l'échine et te faire tondre la laine sur le dos ? Et si tu décidais maintenant que 2014 ne ressemblera en rien à 2013 ?


Shlomit Abel, 2 janvier 2014


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mercredi, 01 janvier 2014

LES VOEUX DU NOUVEL AN 2014 DE MADAME ET MONSIEUR DINDE: BONNE ET HEUREUSE ANNEE!

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Bonjour, 2014 ! ! !


Gloire à DIEU qui nous fait la GRACE et le BONHEUR de voir cette nouvelle année !

A tous nos lecteurs et tous ceux qui nous sont chers, ici et ailleurs, nous souhaitons une année pleine et entière de PAIX parfaite, de bonne SANTE, la réalisation complète de tous leurs PROJETS et OBJECTIFS et un parfait SALUT en JESUS-CHRIST, l’Agneau de DIEU qui ôte le péché du monde.

PAIX sur l’Afrique et affranchissement pour la Côte d’Ivoire du joug ainsi que des chaînes de l’impérialisme rampant et de l'asservissement colonial !

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Que DIEU vous bénisse et vous accorde une BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2014 ! ! !

 

Madame et Monsieur DINDE Fernand AGBO

dimanche, 29 décembre 2013

NATHALIE YAMB: LE BILAN DE OUATTARA? BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN


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Participant au Grand débat du quotidien Nord-Sud, Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président de LIDER, donne le point de vue de son parti sur le bilan de gouvernance Ouattara.

 

Nathalie Yamb: Les trois ans de M. Ouattara à la tête de l’Etat sont à l’image de ce à quoi l’on pouvait s’attendre au vu de sa gestion du pays dans les années 90 : corruption, répression, tensions sociales, malaise des populations. Ayant refusé de déclarer son patrimoine dès son accession au pouvoir comme le requiert pourtant la Constitution , M. Ouattara a lui-même donné le coup d’envoi au regain de corruption qui a causé la dégringolade de 6 places de la Côte d’Ivoire dans le classement mondial de référence en la matière. La passation de marchés de gré à gré à la famille et aux amis du Dr Ouattara et des caciques du régime a atteint des sommets jamais vus auparavant dans le pays. La Rti , pour laquelle nous payons tous une redevance, demeure plus que jamais prise en otage par le président de la République et son clan. Le coût de la vie a explosé, les populations sont devenues encore plus pauvres. L’impunité est célébrée, les bourreaux encouragés. Les enquêtes se suivent et n’aboutissent nulle part. La commission nationale d’enquête a rendu ses conclusions indexant les 2 camps dans les violences postélectorales. Résultat : rien. La surfacturation de plus de 130 milliards de fcfa des travaux de réfection des universités ? Rien. La bousculade mortelle du 1er janvier 2013, dont les responsabilités remontaient jusqu’au sommet de l’Etat ? Rien. Le massacre de Nahibly commis par les Dozos et des jeunes pro-Ouattara ? Rien.

Nous avons rarement observé un régime aussi réfractaire à la démocratie. Les opposants, sans statut légal, sont spoliés, brimés, jetés en prison, libérés sans procès selon les desideratas du prince, entérinant ainsi le constat d’une justice aux ordres, instrument de vengeance et de revanche. Nous terminons l’année 2013 avec des dizaines de milliers de personnes maintenues en exil dans des camps à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières, preuve désolante de l’échec de la réconciliation dont M. Ouattara sait si bien parler quand les caméras de télévision sont braquées vers lui, mais sans jamais avoir réellement envisagé de poser les actes nécessaires à sa réalisation.

Le président focalise tout son mandat autour de la réalisation de quelques infrastructures, prévues de longue date et mises en veilleuse du fait de la rébellion qui l’a porté au pouvoir au bout d’une décennie de crise. C’est bien, mais à quoi sert-il de construire des ponts et des routes à péage, si l’on n’améliore pas l’environnement des affaires pour permettre aux usagers de payer les frais liés à l’utilisation desdites infrastructures ?

En 1599, William Shakespeare a écrit une pièce intitulée : «Much Ado about nothing», ce qui signifie littéralement «Beaucoup de bruit pour rien». Je trouve que cela est très représentatif du bilan d’Alassane Dramane Ouattara.

 

Source: LIDER-CI.ORG

DU COURAGE POUR L'EMERGENCE A L'HORIZON 2020!

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La Côte d’Ivoire, 3ème pays le plus dangereux au monde après le Honduras et le Salvador


L’information a été livrée hie, par la radio française, RFI. La Côte d’Ivoire est classée 3ème des pays les plus violents et dangereux au monde après le Honduras et le Salvador. Ce classement émane des journaux vénézuéliens et de RFI. Le Venezuela est, quant à lui, au cinquième rang mondial des pays les plus dangereux «juste derrière le Honduras, le Salvador, la Côte d’Ivoire et la Jamaïque». Pour l’Institute for Economics and Peace (Institut pour l’économie et la paix [Iep]), cette position de la Côte d’Ivoire en 2013 n’est pas tout à fait fausse. Selon le classement rendu public en juin dernier, la Côte d’Ivoire occupe le 151ème rang sur 162 pays. Il faut comprendre que le classement de l’Iep part du pays le plus paisible au pays le moins paisible au monde. Ainsi, à côté de la Côte d’Ivoire, il y a le Yémen (152ème), la Centrafrique (153ème) et l’Afghanistan (162ème) qui occupe la dernière place. Le peloton de tête, c’est-à-dire les pays les plus paisibles, est dominé par l’Island (1er ), le Danemark (2ème), la Nouvelle Zélande (3ème), l’Autriche (4ème) et la Suisse (5ème).

La Côte d’Ivoire, un pays dangereux ? On peut répondre par l’affirmative. Et cela au moment où les ministres de l’Intérieur et de la Défense d’Alassane Dramane Ouattara crient partout que la criminalité a été complètement réduite. Ce que démentent RFI et le classement d’Iep.

L’Iep est une organisation de recherche internationale qui se donne pour mission de faire en sorte que l’opinion publique mondiale conçoive la paix comme une mesure positive, accessible et concrète du bien-être humain et du progrès. Elle évalue, de ce fait, les conflits internationaux et nationaux actuels, les niveaux de sûreté et de sécurité dans la société, ainsi que la militarisation, au sein de 162 pays, en tenant compte de 22 indicateurs distincts. C’est, par exemple, le taux d’homicide, le niveau de militarisation, la population carcérale d’un pays donné.

 

Coulibaly Zié Oumar, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: LE CRI D'ABIDJAN.NET

mercredi, 25 décembre 2013

PAUVRE PENDA! (1ère et 2ème PARTIES)

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PREMIERE PARTIE

Said Penda. C’est le nom du réalisateur du triste film-documentaire, pompeusement titré: «Laurent Gbagbo: despote ou anticolonialiste… le verbe et le sang».  C’est un journaliste de nationalité camerounaise, comme le sont aussi Théophile Kouamouo (Fondateur du quotidien bleu, « Le Nouveau Courrier ») ou encore Charles Onana (auteur de l’œuvre : « Côte d’Ivoire le coup d’Etat »).

Encore un camerounais qui vient se jeter à corps perdu dans la mare de la crise socio-politique en Côte d’Ivoire, nous nous sommes dit. Sauf que, contrairement à ses concitoyens, il entend prendre le contre-pied du complot occidental contre la Côte d’Ivoire et Laurent Gbagbo. Sa réalisation, comme l’indique le périodique français « La Lettre du Continent », dans sa parution N° 670 du 13 novembre 2013, est un véritable «documentaire à charge» contre Laurent Gbagbo, actuellement incarcéré à la CPI. Said Penda vient donc s’ajouter – pour ainsi dire - à la longue liste des ennemis de Laurent Gbagbo et sur laquelle figurent déjà Alassane Ouattara et ses partisans, la France néocolonialiste et ses alliés, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda… Bref, tous ceux qui, tant bien que mal, manœuvrent pour que Laurent Gbagbo passe le restant de ses jours, derrière les barreaux.

Peut-être s’agit-il pour ce réalisateur, de donner son point de vue sur l’homme, Laurent Gbagbo. C’est son droit et nous respectons ce droit. A la question : qu’est ce qui l’a poussé à s’intéresser à la vie de Laurent Gbagbo ? Said Penda répond invariablement : c’est parce que très peu de personnes connaissent en réalité Laurent Gbagbo ». Lui-même, avoue le connaitre « plus ou moins bien ». Mais dit avoir donné la parole – comme on peut le voir dans la bande annonce du film - à des personnes qui ont côtoyées ce dernier. D’ailleurs pourquoi Said Penda ne tenterait-il pas de surfer sur la popularité de Laurent Gbagbo, histoire de sortir quelque peu de l’anonymat et de se faire, au passage, un peu de sous ? C’est en tout cas - à première vue - plausible.

Jusqu’ici, rien de sérieux. Mais là où, nous nous sommes sentis interpellés, c’est quand le nommé Said Penda présente son œuvre comme « une vérité irréfutable » ; et lorsque, dans la même foulée, il s’autoproclame « crédible », sous prétexte d’avoir « travaillé presque deux décennies » à la BBC, une chaine de radio qu’il présente comme « crédible » pour s’être toujours - selon ses dires - « basée sur les faits ». Ce qui nous a poussés à nous intéresser de près à cet obscur réalisateur qui prétend détenir « la vérité » sur Laurent Gbagbo et qui, pour des besoins publicitaires, arpente en ce moment, plateaux de télé et de radios.

D’abord, sur la radio BBC et la chaine de télé Africa 24, Said Penda utilise un ton mesuré. Il se veut dans le rôle du journaliste impartial et objectif. Lorsque le journaliste Jean-Célestin Edjangué de Africa 24 lui demande son avis sur la question soulevée par le titre de son documentaire, à savoir si pour lui, Gbagbo est  un panafricaniste ou un despote, il déclare: « (…) Ce n’est pas mon rôle à moi, en tant que journaliste-investigateur de répondre à cette question. Mais cette question a été répondue par des personnes qui l’ont très bien connues (…)». Mais ensuite, une fois, sur le plateau de la radio Africa N°1, au cours de l’émission « Le grand débat » présentée par un certain Francis Laloupo, dont l’hostilité à l’égard Laurent Gbagbo, n’est plus à démontrer, Said Penda, en compagnie du journaliste-barbouze français Jean-Pau Ney, laisse tomber son masque : « Je pense que Laurent Gbagbo, c’était en réalité, un illusionniste, et un prestidigitateur. Honnêtement. Tout ce qu’on avait l’impression de voir était faux ». Puis, après avoir dépeint Laurent Gbagbo comme un faux anticolonialiste, il poursuit : « Ce que j’aimerais dire à tous les compatriotes africains, c’est qu’il faut sortir de l’anticolonialisme dogmatique». Vous avez bien lu. Il reprend ici à son compte, ce qu’il appelle l’«anticolonialisme dogmatique», ce concept boiteux, qui n’est autre que celui prôné par un certain Franklin Nyamsi. Lui aussi camerounais, idéologue et rédacteur connu des discours de l’ex-chef de la rébellion Soro Guillaume, mais aussi  et surtout défenseur indéfectible du régime d’Alassane Ouattara. Enfin, plus rien n’arrête Said Penda. Il se déchaîne. Allant jusqu’à comparer Gbagbo à Hitler, le chef nazi. Arguant que bien que ce dernier ait été très populaire, il «était quelqu’un de mauvais et de monstrueux ». Transporté, il distille son venin: « Laurent Gbagbo nous a entrainé dans son piège. (…) Tous les partisans de Laurent Gbagbo me font pitié. En réalité, les partisans de Laurent Gbagbo comptent parmi ses premières victimes. Parce que c’est à eux qu’il a menti. C’est eux qu’il a trompé».

Que penser vis-à-vis de tels propos qui, visiblement transpirent la haine contre Laurent Gbagbo ? Que dire face à ce qui s’avère être, sans conteste, une grave insulte à l’intelligence de tous ceux qui ont soutenu et  qui continuent de soutenir Laurent Gbagbo ? Mais aussi et surtout un refus d’admettre qu’entre l’époque d’Hitler et ce 21ème siècle, l’humanité a réalisé des progrès significatifs en matière de changements de mentalités et des Droits de l’Homme? Quel est finalement, le véritable mobile de cet individu, Said Penda ?

SECONDE PARTIE

Said Penda, auteur du film-documentaire, sorti en octobre dernier : « Laurent Gbagbo, despote ou anticolonialiste… le verbe et le sang », aurait pu simplement intituler son film-documentaire : « Laurent Gbagbo, le despote sanguinaire » (car c’est en réalité, ce qu’il n’a pas eu le courage de faire), que cela n’aurait étonné personne. Mais qu’en piètre réalisateur, il puisse se cacher derrière des paravents franchement contestables, pour finalement laisser tomber le masque, est tout à fait pitoyable.

Certes, nous n’allons pas le suivre dans ses agitations. Mais sans hystérie aucune, interrogeons-nous: Said Penda n’aurait-il pu pas aller jusqu’au bout de ce qu’il avance comme « faits » ou « vérité irréfutable » ? Pourquoi s’est-il volontairement et visiblement imposé des limites à ne pas franchir sur  le cas Laurent Gbagbo ?

D’entrée de jeu, Said Penda lui-même reconnait : «Laurent Gbagbo est très populaire au Cameroun (…) Pour nous journalistes africains qui avions suivis le parcours de Laurent Gbagbo dans l’opposition, il était une sorte de modèle (…) Laurent Gbagbo était pour  nous à l’époque, le genre de président que nous rêvions pour chacun de nos pays  (…) s’était pour nous un espoir énorme de voir Laurent Gbagbo arriver au pouvoir ». Alors, à quel moment Laurent Gbagbo serait-il devenu le « despote sanguinaire » que tente de nous démontrer Penda ? Allons au-delà de ses allégations. Il faut que Laurent Gbagbo soit replacé dans son véritable contexte.

L’an 2000. Laurent Gbagbo arrive au pouvoir avec un ambitieux programme de société qui dérangeait certainement certains. En 2002, en à peine deux ans d’exercice du pouvoir, il est victime d’un coup d’Etat manqué. Par pour le reste de sa présence au pouvoir, soit en 8 ans, il sera confronté à une rébellion armée qui occupe de fait et régente toute la partie nord de la Côte d’Ivoire. Volonté de l’empêcher de mettre en œuvre son ambitieux programme de société pour la Côte d’Ivoire ? Désir de mettre fin à une supposée  exclusion dont seraient victimes les ressortissants du nord? Toujours est-il qu’il fit face à une rébellion armée, dans une Côte d’Ivoire qui continue de susciter des convoitises de la part des puissances occidentales. Il affiche clairement son intransigeance à céder sans discernement à ce qui s’avère être le système « françafrique ». Un général français, Renaud de Malaussene, adjoint du général Poncet, à l’époque à la tête de la force Licorne, revèle au sujet de l’intervention française en Côte d’Ivoire en 2004, qu’il s’agissait « d’un projet politique qui visait à mettre Ouattara en place et dégommer Gbagbo », puis il ajoute: « La mouvance Gbagbo est tombée dans un piège ». 

On se demande : comment et pourquoi Gbagbo dérangeait-il, à ce qui semble, les intérêts français au point d’être dans le viseur de l’armée française ? Qui est en réalité le soutien et le véritable financier de la rébellion armée survenue en 2002 ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que la Côte d’Ivoire, n’est pas un cas isolé. Elle fait partie des victimes d’un vaste programme entrepris par les puissances occidentales dans le but de remodeler le monde en fonction de la nouvelle guerre économique mondiale, comme nous le revèle, une fois de plus les médias russes. Il consiste, pour les puissances occidentales telles que la France, de s’assurer le contrôle des ressources naturelles des pays faibles, et s’il le faut, pour ce faire, déstabiliser les régimes jugés trop récalcitrants et dont les chefs d’Etat n’ont d’autre choix que d’obtempérer au risque de se voir exposer à des rebellions. Des rebellions qui trouvent « miraculeusement » les financements nécessaires. Laurent Gbagbo, tout comme ses paires que sont Patrice Lumumba ou encore Thomas Sankara, s’est malheureusement retrouvé au centre de cette guerre à l’issue de laquelle, il a été défait militairement. Au cours de son mandat, il s’est longtemps battu contre toutes sortes de tentatives de déstabilisation de son régime et de son pays. Est-ce pour avoir lutté contre tout cela qu’il est aujourd’hui mis au banc des accusés et traité par des individus comme Said Penda, de despote ? Sans doute.

Ce qu’il ne faut surtout pas enfin négliger, c’est rôle et la puissance des médias. Les médias habilement manipulés, sont capables, en l’espace d’un instant, d’avilir l’image d’une personnalité ou d’en faire un héros. Les médias servent aujourd’hui d’armes de destruction massives aux mains de ceux qui ont les moyens les mettre en œuvre et de les manipuler à leur guise. C’est ce que certains observateurs ont appelés la « médiacratie ». C’est un pouvoir où les médias nous imposent ce qu’ils veulent et qui  ne vont pas jusqu’au bout de qu’ils nous montrent ou nous disent. La BBC, radio sous la couverture de laquelle se cache aujourd’hui Said Penda, échappe-t-elle à cette règle ? Pas du tout.

Cela, Said Penda le sait pertinemment. Et, c’est de cette arme qu’il use à travers son film documentaire à charge contre Laurent Gbagbo, au point de prendre, tous ceux qui soutiennent ce dernier, pour des idiots.

De ce qui précède, l’on comprend et l’on saisit enfin et mieux les motivations du sieur Penda. Pas besoin alors de perdre son temps à vouloir regarder ce ramassis de montages soigneusement ficelés, appelé film-documentaire, dans le seul but d’enfoncer d’avantage Laurent Gbagbo, vue sa trame viscéralement haineuse et propagandiste à souhait. Même pour Dame Fatou Bensouda, désespérément à la recherche de preuves contre  Laurent Gbagbo, il ne servirait absolument à rien. Encore moins pour la Côte d’Ivoire, en quête d’unité et de réconciliation.

Pauvre Penda, qui s’est donné tant de peine (12 mois de tournage et 108 millions) pour finalement parvenir au résultat contraire : Laurent Gbagbo demeure et demeurera le héros contemporain de la lutte contre l’asservissement de l’Afrique.


Marc Micael

FILM-DOCUMENTAIRE DU CAMEROUNAIS SAÏD PENDA: 108 MILLIONS POUR MENTIR SUR GBAGBO


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Que ne ferait-on pas pour avoir la tête de Laurent Gbagbo? Un journaliste camerounais s’est prêté au jeu de la manipulation avec film mensonger pour gagner de l’argent.


Face aux journalistes ivoiriens, samedi dernier, à la Maison de la presse d’Abidjan-Plateau, Saïd MBombo Penda, ex-journaliste à la radio britannique, BBC, et à l’agence de presse américaine, Associated Press, a révélé que son film-documentaire sur Laurent Gbagbo a coûté 108 millions de Fcfa pour sa réalisation. Cet élément de 2 x 52 minutes intitulé « Laurent Gbagbo: despote ou anticolonialiste: le verbe et le sang», a été produit par une obscure structure dénommée Sentinelles productions.

Qui est derrière cette structure? Où Saïd Penda a-t-il trouvé ces 108 millions? Pourquoi une si forte somme pour produire un film-documentaire, qui de l’avis de tous les journalistes sérieux qui l’ont visionné, relève plus d’un condensé de rumeurs que d’une enquête crédible?

Saïd Penda, lui- même, dévoile les vraies raisons de son pamphlet filmé sur Laurent Gbagbo. Il l’a dit dans une interview accordée, au quotidien Le Patriote, proche d’Alassane Dramane Ouattara: «Je ne comprends pas moi aussi pourquoi la Cpi aurait du mal à trouver des preuves concrètes de la responsabilité de Laurent Gbagbo dans ce que qui s’est passé, alors qu’un travail d’investigation d’un journaliste comme le mien a  pu trouver, preuves à l’appui, que Laurent Gbagbo a donné des ordres qui donnent froid dans le dos à des hommes pour qu’ils matent toute tentative d’opposition à son pouvoir».

L’aveu est ainsi clair. Le sieur Saïd Penda a été financé par des individus, qui pour des raisons qui leur sont propres, ne veulent pas que le Président Gbagbo soit libéré de la Cpi même si de toute évidence, il est innocent, et qu’il n’y a aucune preuve accablante contre lui.

Ce film-documentaire est donc une tentative maladroite pour influencer les juges de la Cpi afin d’obtenir la condamnation à tout prix de Laurent Gbagbo. Il vise également à ternir l’image du président Gbagbo au moment où, en Afrique comme en Europe, les Africains battent le pavé et occupent les médias pour exiger sa libération. Le journaliste camerounais Saïd MBombo Penda est donc le sofa  engagé pour le sale boulot. Pour tenter de donner du crédit à cette manipulation de l’opinion. Son statut d’ancien journaliste de la presse internationale est brandi ainsi que sa nationalité camerounaise. Nul n’ignore que le vaillant peuple camerounais figure en bonne place parmi les Africains qui soutiennent Laurent Gbagbo dans cette injustice qu’il subit.

Le pamphlet de Saïd Penda vise également à saboter l’image de Laurent Gbagbo au sein de la société camerounaise qui le soutient. Puisque pour les millions de camerounais, Gbagbo est une victime de l’impérialisme occidentale comme le fut le nationaliste camerounais Ruben Um Nyobe.

Saïd Penda a donc bénéficié de 108 millions de Fcfa pour pondre des contre-vérités sur Laurent Gbagbo. Une mission vouée à l’échec comme celle de l’obscur sociologue belge Benoît Scheuer à travers le film-documentaire «Côte d’Ivoire: poudrière identitaire», sorti en 2001. Un ramassis de faux clichés qui visait, a-t-on découvert plus tard, à justifier la rébellion armée pro-Ouattara de septembre 2002.


Didier Depry, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 24 Décembre 2013.

dimanche, 22 décembre 2013

POURQUOI LES EXILES NE PEUVENT RENTRER

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Réfugiés ivoiriens au Togo. Camp d'Avépozo. Grève des femmes et des enfants


Depuis quelques temps, Alassane Ouattara multiplie les offensives visant à convaincre les exilés politiques et les réfugiés à rentrer en Côte d’ivoire. Que cache cette frénésie du régime ?

La crise postélectorale qui a vu la France et l’Onu, aidés de certains états africains, avec la complicité des autres grandes puissances occidentales, faire la guerre au peuple de Côte d’Ivoire pour installer à le tête de ce pays Alassane Ouattara le 11avril 2011 aura fait bien plus que les 3000 morts brandis par les observateurs. Des charniers continuent d’être fréquemment découverts à travers le territoire national, prouvant ainsi que ce chiffre avancé par certains observateurs est bien en deçà de la réalité. Un véritable massacre a été perpétré en Côte d’Ivoire. Et c’est ce qui a occasionné, la fuite vers des cieux plus cléments, de milliers d’Ivoiriens. Si la majeure partie de ces exilés se retrouve au Liberia et au Ghana, il en existe un grand nombre disséminés à travers le continent: Togo, Bénin, Niger, Afrique du Sud, Maroc, Algérie pour les principales autres destinations. L’occident accueille aussi un nombre assez important de cadres qui ont fui la « justice » du régime extrêmement agressif d’Abidjan. Bien sûr, il fallait s’attendre à une telle férocité de ceux qui hier encore étaient rebelles armés face au pouvoir de Laurent Gbagbo démocratiquement élu en 2000. Au grand dam d’un système impérialiste mondial qui n’a pas hésité à entretenir cette rébellion parce qu’il voyait d’un mauvais œil l’avènement à la magistrature suprême d’un Laurent Gbagbo connu pour ses prises de position nationalistes. Même s’il n’envisageait pas de façon ostentatoire couper le cordon ombilical qui liait son pays à l’ex-métropole et ses alliés, il n’en envisageait pas moins progressivement remettre en cause certains acquis traditionnels impérialistes qui paraissaient comme autant de pesanteurs au développement véritable de son pays. Du moins fallait-il, en était-il convaincu, mettre sur la table, le débat.

Des milliers de réfugiés

Résultat des courses, des milliers d’Ivoiriens partis grossir les cimetières, le nombre de prisonniers et la diaspora. Plus particulièrement à partir de l’ouest du pays, durement éprouvé par une répression dont la bestialité s’expliquait aisément, du fait de la richesse agricole de la région. Le cœur de la production de café, de cacao, de bois, d’hévéa et autres cultures d’exportations était ainsi frappé de plein fouet, provoquant un exode massif de populations. Rien qu’au Liberia, même si l’on en dénombre au Ghana et au Togo, l’on décompte officiellement plus de 58 mille réfugiés issus de cette région. Ce qu’on ne dit pas à l’opinion, c’est que dans l’autre sens, il a été organisé par les agresseurs, de longs convois d’occupation à partir du Burkina Faso et du Mali, des terres cultivables et aurifères de cette population. Des centaines de réfugiés ayant ainsi échappé au massacre de Nahibly, ont ainsi été accueillis au camp d’Egiyekrom à Elmina au Ghana. Au Ghana, ce sont trois grands camps de réfugiés qui accueillent les exilés : Ampain qui compte officiellement près de 4000 (3673) personnes, Egiyekrom 1700 et Faetenta 1545. Qui accueillent en majorité des populations de l’ouest de la Côte d’Ivoire. On le voit, ces chiffres ne prennent guère en compte les réfugiés urbains. C'est-à-dire, ceux qui ne sont pas dans des camps et qui se sont eux-mêmes pris en charge dans différentes villes du pays que l’on évalue à environ à 9000 (neuf mille) âmes. Du moins, pour ceux qui ont bien voulu sortir de l’anonymat pour se faire identifier par le bureau des réfugiés du Ghana (The Ghana refugie board). En réalité, les récentes déclarations de Ouattara ressemblent plus à des déclarations politiques qu’à autre chose. Il a besoin de s’octroyer un peu de sérénité et de canaliser l’énergie d’une opposition à qui il n’arrive plus à faire peur en lui proposant de rentrer au gouvernement. Il a besoin de se rassurer lui-même en faisant en sorte que les exilés rentrent parce qu’il est convaincu qu’ils représentent pour son régime une quelconque menace. Il n’a en vérité, aucune intention de prôner la démocratie et la paix. Il a besoin de se rassurer et de rassurer ses mandants à l’extérieur. D’ailleurs, pendant que lui demande aux exilés de rentrer, son ministre Ahoussou Kouadio Jeannot, lui, conditionne ce retour à l’entrée au gouvernement du Fpi. Un hiatus au sommet qui démontre bien du peu de sincérité de ces gens qui ont toujours pris des libertés avec la vérité.

Pourquoi demeurent-ils en exil, malgré les appel au retour?

Au plan général

Depuis bientôt 3 ans, aucune mission officielle du gouvernement ivoirien n’a rencontré les ivoiriens en exil organisés en coordination et en association pour parler de la question du retour. Cela veut dire qu’au delà du discours actuel de campagne de Ouattara et de celui convenu avec ses mandants internationaux, Ouattara n’est pas disposé à voir les ivoiriens en exil de retour. Les seules actions qui ont été menées, l’ont été auprès des autorités des pays d’accueil pour leur demander d’extrader un certain nombre d’entre eux, sur qui ont été émis des mandats d’arrêt.

Les populations de l’Ouest

Dans les camps de réfugiés, le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) organise périodiquement des départs volontaires et se charge de rapatrier les exilés désirant retourner au pays. Cette opération, il faut le dire, a très peu de succès. On l’a vu, il y a quelques mois au Libéria, Alassane Ouattara était lui-même allé demander aux réfugiés de rentrer. Les échos lui en ont été très défavorables. Les camps de réfugiés, il faut le dire, comptent à plus de 80%, des originaires de cette région géographique de la Côte d’Ivoire. Ce n’est guère par mimétisme ou par calcul politicien que tous ces gens se sont retrouvés dans ces camps. Il existe un sérieux problème à l’Ouest. Les autochtones ont été privés de leurs terres par des envahisseurs armés venus du Burkina Faso et du Mali, qui n’ont pas hésité à les massacrer pour s’en approprier. Le problème demeure. Les forêts sont toujours sous occupation et rien n’est fait pour que cette population privée de ses terres ne rentre en possession de ses biens. Comment rentrer dans ces conditions ? Pour faire quoi et vivre de quoi ? Le pouvoir Ouattara a-t-il mis fin à cette politique immonde de peuplement par les ressortissants burkinabé et maliens pour la plupart ?

Les réfugiés urbains

Si l’on assiste à quelques rares velléités de retour, d’ailleurs hyper-médiatisées par le régime Ouattara, la majeure partie des exilés se sentent peu rassurés par les propos de l’homme fort d’Abidjan. Il est bien évident que le maître mot de la trame du retour est la sécurité. Quelles sont les garanties formelles que le pouvoir offre aux exilés pour leur retour au pays ? Les assassinats suite à des dénonciations sont encore monnaie courante dans les quartiers. Il est dès lors clair que dans une telle perspective, une simple déclaration politicienne ne saurait être rassurante. Ce n’est guère sur une déclaration ou un appel de Ouattara que les exilés ont quitté leur pays, c’est suite à des actions clairement identifiées qui sont : meurtres, emprisonnements, persécutions, viols, brimades, asphyxie financière, et j’en passe. Ce n’est donc guère par une quelconque déclaration une hypothétique profession de foi de Ouattara que les exilés rentreront. Ils rentreront à partir d’actes concrets qui leur feront dire que ce pouvoir est décidé à aller à la normalité. C’est simple, de quoi ont bénéficié ceux d’entre les exilés qui se sont résolus à rentrer ? Pratiquement tous continuent de voir leurs avoirs bancaires gelés. Ils n’ont guère recommencé à exercer leur profession et sont contraints à une quasi clandestinité. C’est vrai, il y a une sorte de détermination du parti de Laurent Gbagbo à remuer le cocotier en bravant toutes les pesanteurs, mais la réalité n’en demeure pas moins palpable. Tous les cadres de l’ex-parti au pouvoir sont privés de leurs avoirs. Leurs domiciles ont été pillés et occupés et ils ne bénéficient d’aucun appui de l’Etat. Ils vivotent, malgré les apparences. Comment renouer avec la normalité dans ces conditions ? Quotidiennement, ce sont des actes de perquisitions à n’en plus finir chez des citoyens anonymes, des enlèvements ou des meurtres impunis, comme celui de ce jeune journaliste, Desiré Oué assassiné à son domicile devant son épouse et ses enfants, juste parce qu’il aurait été taxé de pro-Gbagbo. Il est accusé, selon le refrain, d’être un milicien à cause de son activisme pendant la campagne electorale dans le quartier d’Angré pour le compte de Gbagbo. A ce jour, aucune enquête n’a eté ouverte pour cet assassinat crapuleux. Comment peut-on demander aux journalistes de rentrer dans ces conditions ? Le journaliste Pol dokui , à l’humour caustique a lancé ceci à la délégation de l’Unjci : « …Vous me demandez de rentrer …mais quel est l’avis de Koné Zakaria le chef des dozos ? »

Mais, supposons un seul instant que les réfugiés décident de rentrer. Quid des milliers de jeunes ex-combattants rebelles et des Chasseurs traditionnels (Dozos )en armes qui pullulent dans nos cités et qui sont autant d’éléments incontrôlables qui donnent du fil à retordre aux services officiels qui les regardent agir, impuissants ? Pour l’exemple, il y a Yobouet Sebime Lewis ce jeune réfugié qui a décidé de rentrer, qui est arrivé au pays et qui s’est retiré dans son village Lopou dans la région de Dabou. Le lendemain, il a reçu la visite d’hommes en armes qui l’ont exécuté et qui ont disparu dans la nature. Mais encore, il y a le problème des mandats d’arrêt lancés à l’encontre de nombre de personnes qui sont toujours en vigueur. Tous n’ayant même pas été rendus public.De sorte qu’une véritable épée de Damoclès pend sur la tête de tous. Quel acte a-t-il été posés pour lever officiellement ces mandats d’ arrêt pour envisager le retour sécurisé des exilés ?

Les ex-FDS en exil

A ce jour, près de 750 prisonniers politiques sont maintenus dans les prisons et à la DST, torturés et pour la plupart, n’ont jamais vu un seul juge d’instruction. Pour la plupart, des militaires taxés d’être pro-Gbagbo. Comment peut-on demander aux militaires de rentrer alors qu’ils comptent encore beaucoup des leurs en prison ? Pourquoi ne pas commencer par libérer ceux qui sont embastillés pour donner des gages de bonne foi ? Au contraire la répression aveugle se fait plus persistante. Il y a quelques jours, après l’attaque du commissariat du 16e arrondissement de Yopougon, une expédition punitive s’est abattue sur les habitants de cette commune. La presse nationale rapporte des cas d’enlèvements et de tortures à la suite de cet évènement. Et c’est la population, comme toujours qui en fait les frais. Des actes de cette nature sont quotidiens en Côte d’Ivoire. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les rapports des organisations internationales des Droits de l’Homme qui ont enfin décidé d’arrêter la politique de l’autruche et de mettre les pieds dans le plat. La Côte d’Ivoire occupe un rang peu honorable (c’est une litote) dans le classement des pays où l’on peu parler de Droits de l’Homme. Le régime d’Abidjan, selon un rapport des nations unies, n’hésite même pas à tenter d’éliminer des opposants en exil.

Quelle sorte de garantie peut donc offrir un tel régime à sa population ? Pour les réfugiés et exilés de toute nature, les choses sont claires : “Un refugié n’ a pas vocation à demeurer éternellement en exil mais nous attendons de Ouattara des actions concrètes, pas des déclarations. Ses actes nous ont fait partir du pays, il doit nous en faire revenir par des actes“.

En définitive et pour faire court, la libération des prisonniers avec a leur tête Laurent Gbagbo, la rétrocession des terres des populations de l’ouest, l’annulation formelle des mandats d’arrêts, le dégel des avoirs, la libération des logements pillés et encore occupés illégalement, paraissent les gestes élémentaires qui peuvent rassurer les exilés pour envisager un retour quelque peu sécurisé. Les déclarations politiciennes seules ou les déclarations de bonne intention sont loin de convaincre.


19 décembre 2013


ISIDORE S. ALLAH

Journaliste en exil
Ex-membre du service de communication du président Gbagbo