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lundi, 16 décembre 2013

INTERVENTIONS FRANÇAISES EN AFRIQUE: DES QUESTIONS A FRANÇOIS HOLLANDE

 

HOLLANDE EN CENTRAFRIQUE.jpg

 

Merci pour votre intervention en Centrafrique pour désarmer des individus armés qui massacrent des civils. En moins d’une semaine 400 civils ont été tués par des groupes armés de l’ex rébellion dans une guerre que vous avez qualifié de religieuse. L’envoyé de « Dieu » que vous allez installer au pouvoir à l’issue des « élections » vous le rendra au centuple.


QUESTION N°1

Des groupes armés que votre prédécesseur Sarkozy a armés en Libye, massacrent des civils depuis 2 (deux) ans. L’on dénombre aujourd’hui des milliers de morts.

Pourquoi vous n’aviez pas commencé par la Libye ? Les Libyens morts sont-ils des hommes de seconde zone?

QUESTION N°2

Des groupes armés que vos prédécesseurs (CHIRAC, SARKOZY) ont armé en Côte d’Ivoire, massacrent des civils depuis 10 (dix ans), des milliers et des milliers de civils ont perdu la vie et continuent de perdre la vie, le dernier rapport de l’ONU fait état de 223 morts récemment sans oublier les 800 morts à Duékoué à l’ouest de la Côte d’Ivoire en une seule journée en 2011 et les massacres dans le camp des réfugiés de Nahibly encore dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.

Pour votre gouverne, le coup d’Etat manqué de 2002, soit deux ans après l’élection démocratique de Laurent GBAGBO, a été l’œuvre d’une bande armée par vos prédécesseurs. Après l’échec du coup d’Etat, vos prédécesseurs les ont aidé à occuper la moitié nord du pays et ont organisé une rencontre en France qui a abouti aux accords de Linas-Marcoussis. Dans cet accord qui a fait l’objet d’une résolution de l’ONU et l’envoi des forces françaises licorne en Côte d’Ivoire pour sa mise en œuvre, une seule chose était exigée aux rebelles contre une vingtaine à Laurent GBAGBO : le désarmement. Pendant 8 ans l’armée française n’a procédé à aucun désarmement. Au contraire elle a surarmée la rébellion et pris les commandes d’un second coup d’Etat réussi le 11 Avril 2011 et cette bande armée composée de chasseurs traditionnels  appelés DOZOS et autres mercenaires ont envahi la Cote d’Ivoire semant terreur, massacres et exil.

Pourquoi vous n’aviez pas commencé le désarmement par la Côte d’Ivoire? Oui  ces rebelles rebaptisés FRCI sont toujours armés et ce sont les forces régulières de défense et de sécurité police et gendarmerie, marins qui sont aujourd’hui dépossédés de leurs armes . Les ivoiriens massacrés sont-ils des hommes de seconde zone?

QUESTION N°3

Dites-nous la vérité pourquoi, les civils qui sont morts et qui continuent de mourir en Libye et en Côte d’Ivoire ne suscitent en vous aucune émotion et ceux de Centrafrique suscitent en vous une si forte émotion ?

REPONSE

Monsieur HOLLANDE permettez-moi de vous aider dans votre réponse pour vous éviter de vous perdre dans la rhétorique des droits de l’homme et autres engagements humanitaires qui ne pourront convaincre que vous-même.

En Libye comme en Côte d’Ivoire, les intérêts des prédateurs de pétrole, de cacao, de marchés publics de travaux, sont assurés par les groupes armés qui massacrent les civils et les présidents installés gèrent le pays pour le compte de ces prédateurs. La loi de l’omerta entre prédateurs et leurs États vous obligent à fermer les yeux sur le drame des Libyens et des Ivoiriens qui meurent chaque jour. Leurs cris vous dérangent, leurs cadavres rependent des odeurs insupportables, leur souffrance dans des camps de réfugiés inondés de serpents vous importent peu, leur condition dans  les prisons insalubres et les camps de torture abominables vous préoccupent moins. Par conséquent, vous préférez ne pas entendre cela sur France 24, TV5, ou RFI, loi de l’omerta oblige.

Un conseil : au lieu d’envoyer des Français à la recherche d’emploi se faire tuer pour des prédateurs qui ont leur coffre-fort non en France mais dans les paradis fiscaux, en espérant réduire le chômage par l’élimination des chômeurs, je vous suggère de rétrocéder les bases militaires françaises en Afrique, les moyens matériels et financiers aux forces africaines d'intervention rapide, elles feront le travail. Elles l’ont déjà fait pour la France pendant la première et la deuxième guerre mondiale, elles seront capables de le faire pour leur propre continent. Il suffit simplement que vous leur remettiez les moyens que les prédateurs de vos pays ont pillés. Oui, stoppez s'il vous plaît les prédateurs et rétrocédez la richesse pillée à son vrai propriétaire : l’Afrique à travers son organisation communautaire l’Union Africaine.

Gageons que votre intervention humanitaire en Centrafrique ne se transforme en permis de d'exploitation d'uranium et de diamant.

 

Dr Cheick DIABATE

Enseignant Chercheur, Université du Collorado

(USA)

dimanche, 15 décembre 2013

NATHALIE YAMB: LA JUSTICE N’EST PAS LA UNIQUEMENT POUR REGLER LES PROBLEMES POLITIQUES


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Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président de LIDER, a été interrogée par le quotidien Nord-Sud sur la capacité de la justice ivoirienne à juger les pro-Gbagbo.

 

Nathalie Yamb : Ce qui nous préoccupe à LIDER, ce n’est pas forcément la capacité de la justice ivoirienne à juger les pro ceci ou les pro cela. Ce qui nous préoccupe profondément, c’est sa capacité à dire le Droit et non à être un instrument de vengeance à la solde des pouvoirs qui se succèdent au Palais du Plateau. Les trois partis politiques traditionnels ivoiriens, une fois installés dans le fauteuil présidentiel, ont montré, au fil des années, le même désintérêt profond pour une justice transparente et indépendante. Ils ont ainsi contribué à l’instauration de l’impunité et des vagues d’arrestations et de libérations farfelues, dont Ouattara fait un usage outrancier depuis son accession au pouvoir. Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la continuation d’un processus entamé il y a belle lurette et toléré par tous. Il faut une réforme profonde de la justice ivoirienne, et nous l’avons proposée à LIDER, car, dans une démocratie qui fonctionne, le pouvoir judiciaire dispose d’une indépendance absolue par rapport à l’exécutif et au législatif, qui est nécessaire à son bon fonctionnement. La justice n’est pas là uniquement pour régler les problèmes politiques. Elle sert aussi à régler les contentieux civils, économiques ou sociaux. Sa prise en otage par les personnels politiques la discrédite totalement aux yeux des familles, des milieux d’affaires et de la société civile, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Source: LIDER-CI.ORG

AFFAIRE «OUATTARA DIT QU'IL A CONSTRUIT LA BASILIQUE AVEC HOUPHOUËT-BOIGNY»

 

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J'ai essayé de me renseigner, et ce que j'ai trouvé ne plaide pas en faveur de Ouattara qui dit à qui veut l'entendre qu'il a construit avec Houphouët-Boigny la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro. Lisez donc avec moi ce qui suit.

La basilique a été réalisée par 24 entreprises nationales et internationales entre 1986 et 1989. C'est la société Eiffel Constructions métalliques qui a réalisé le plus grand dôme jamais construit. Le pape Jean-Paul II a consacré la basilique le 10 septembre 1990. Source Wikipédia.

A propos de Ouattara. Le 18 avril 1990, il est appelé pour résoudre la crise financière provoquée par la chute des cours des matières premières et par le poids de la dette extérieure, en tant que président du Comité interministériel de la coordination du programme de stabilisation et de relance économique. Il est ensuite nommé Premier ministre, fonction créée à la suite d'une modification de la Constitution, le 7 novembre 1990. Toujours Source Wikipédia.

Vous avez vu vous-mêmes que quand Ouattara a été nommé , la Basilique était déjà construite. C'est ce qui est écrit. On n'attendait plus que son inauguration qui est intervenue seulement cinq mois après sa nomination comme président du Comité interministériel, et deux mois avant sa nomination comme premier ministre.

A quel moment donc a-t-il pu construire la Basilique avec Houphouët-Boigny?

Si tu es arrivé en 1990, comment fais-tu pour être de ceux qui ont construit une Basilique dont la construction est terminée en 1989.

D'ailleurs, Houphouët-Boigny lui-même ne disait-il pas qu'il a construit cette Basilique sur sa cassette personnelle?


Alexis Gnagno

samedi, 14 décembre 2013

DROITS DE L’HOMME EN COTE D’IVOIRE: FAMINE DANS LES ZONES CNO, 3 ANS APRES L’ACCESSION DE OUATTARA AU POUVOIR


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Après le passage d’Alassane Dramane Ouattara à Man, Korhogo et Bouaké pour saupoudrer les populations de donations diverses et faire sa campagne électorale au frais de l’Etat, la réalité nous rattrape. Les zones CNO, suite aux pillages qui y ont été perpétrés de 2003 à 2013, sont dans une grave situation de vulnérabilité alimentaire. Pendant 10 ans de privations pour ces régions, qui perdurent jusqu’à ce jour, les réserves des paysans ont été pillées par les Fafn, devenues Frci et vendues pour constituer le trésor de guerre des dirigeants des troupes qui occupaient ces zones. Les populations ont été harcelées et pressurées au point que celles qui ne se sont pas exilées dans le reste du pays ou à l’étranger ont été incapables d’entretenir convenablement des plantations ou d’en faire de nouvelles. Les moyens de productions agricoles et industrielles formelles des zones Cno ont été détruits autant que les systèmes sanitaire et éducatif, et remplacés par les trafics en tous genres : cacao, diamant, or, anacarde, forêts, coton, hommes, femmes, enfants et… armes. Aucune de ces activités n’a vraiment cessé depuis l’accession de Ouattara au pouvoir. Le résultat de ces années d’occupation est là: deux habitants sur dix sont en insécurité alimentaire dans le Nord et l’Ouest de la Côte d’Ivoire, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu à Abidjan.

« Un peu plus d’un demi-million de personnes vivent en insécurité alimentaire dans les régions Ouest et Nord de la Côte d’Ivoire », révèle le Bureau onusien qui cite un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et le Programme alimentaire mondial (Pam). Selon les données récoltées en octobre, la zone la plus affectée est celle de l’ouest du pays avec « plus de 387.000 personnes vivant en insécurité alimentaire » et le nord en compte « 193.000 personnes ». Plus de 220.000 personnes, dont 123.000 dans les « zones à risque » de Toulepleu, Bloléquin et Taï (ouest) et 99.000 autour de Korhogo (nord) ont « un besoin immédiat d’assistance », précise le rapport. « Les causes de l’insécurité alimentaire dans ces zones relèvent de problèmes structurels mais aussi de circonstances« , explique le document qui cite, entre autres, « le rapatriement et/ou le retour tardifs des ménages agricoles qui étaient en exil, l’insécurité et le mouvement des populations, le retard et/ou l’arrêt précoce des pluies et la perte de récoltes due à l’inondation« .

L’étude recommande au gouvernement ivoirien et à ses partenaires de poursuivre l’assistance alimentaire, à travers la distribution des kits agricoles, notamment des semences, du petit matériel de travail et des engrais, la réhabilitation des cantines scolaires sans oublier la distribution de vivres et d’argent aux ménages pour améliorer leur accès à la nourriture.

Les famines ne sont jamais exclusivement des calamités naturelles mais sont surtout les conséquences de mauvaises politiques économiques et sociales. Dans le nord et dans l’ouest de notre pays, des milliers de nos compatriotes sont au bord de la famine, pendant que le gouvernent, lui, nous affiche un taux de croissance à deux chiffres et que le président fait son 91ème voyage à l’étranger aux frais de ces mêmes personnes qui n’ont rien à manger.

LIDER s’interroge sur la moralité des politiques menées en Côte d’Ivoire. Imposer la famine à des populations peut-il ou non être considéré comme un crime contre l’humanité? Est-ce d’ailleurs criminel de le faire dans notre pays sous le régime Ouattara?

Aujourd’hui, à l’observation du personnel politique ivoirien, on se demande pourquoi les gens font la politique. La politique, dans son principe, sert à combiner de manière optimale des ressources humaines et matérielles d’un pays pour rendre les populations capables d’améliorer elles-mêmes leurs conditions de vie individuellement et collectivement. Selon ce principe, des moyens sont mis à la disposition de la politique par les populations du pays. Il en est ainsi du budget, de la monnaie, l’armée ou les forces militaires, de même que la justice et autres attributs de l’Etat comme la police, l’administration du territoire et l’Etat lui-même avec toutes ces institutions. Ces moyens servent une seule fin, qui est l’atteinte du bonheur, de la liberté, de la prospérité et du progrès social des populations, individuellement et collectivement. Les moyens ne sont là que pour cette finalité.

Or que constatons nous ici ? Que les politiciens ivoiriens font passer les moyens avant les fins. Par quelle logique ou bien au nom de quelle morale procède-t-on ainsi ? Pourquoi, dans notre pays, ceux qui font la politique se donnent la liberté de nuire aux populations en vue de sauver les moyens au sein de la machine de l’Etat? Au nom de quoi tiennent-ils ce droit d’écraser les bénéficiaires de leurs politiques? Comment peut-on protéger les moyens que sont l’armée, le budget ou la monnaie pour violer les fins que sont le bonheur des populations, leur prospérité, leur tranquillité, leurs libertés et leurs propriétés ? Comment admettre cette inversion de la logique des choses en politique? Au lieu d’avoir «la fin qui justifie les moyens», nous avons opté pour l’inverse, les moyens qui justifient la fin. Ce que la politique désigne comme moyen est considéré par les personnels politiques ivoiriens comme leurs objectifs de pouvoir et de puissance et les populations ne sont rien d’autre que leurs moyens à eux. A LIDER, nous travaillons à l’inversion des non valeurs actuelles. Pour nous, la politique se fait pour les hommes d’abord, et ceux-ci ne sont pas là pour subir les caprices et autres fantasmes inavouables de politiciens sans scrupules.

Alors que sera célébrée le 10 décembre la journée internationale des droits de l’Homme, il est important de souligner que seuls les mendiants attendent leur bonheur de la bienfaisance d’autrui. Pour nous à LIDER, les peuples ne doivent pas être des mendiants de droits auprès du gouvernement ou de l’Etat. Et nous nous appliquons à informer et à éduquer les populations sur la connaissance de leurs droits, pour qu’ils puissent les exercer.

Ensemble nous réussirons.


Source: LIDER-CI.ORG

00:21 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, droits de l'homme, famine, lider | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

COMMUNIQUE DE LIDER SUR L'ENDETTEMENT DE LA COTE D'IVOIRE


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Face aux critiques de l’opinion sur la reprise du surendettement de l’Etat de Côte d’Ivoire par le président Ouattara, un récent conseil des ministres, par la voix de son porte-parole, a répondu à ses détracteurs. Trois éléments ont été donnés par le gouvernement pour montrer la bonne santé financière de l’Etat et de son endettement :

1) Le ratio de la dette sur le  produit intérieur brut (pib) est bon. De 73% avant le point d’achèvement de l’initiative pour aider les pays pauvres très endettés (ppte), nous sommes tombés à 35% en 2012, pour remonter aujourd’hui à 49%.

2) Notre endettement est de qualité, puisque nous avons mis en place un comité qui veille à ce que notre dette soit une dette «utile».

3) Nous avons bien maintenu un ratio du crédit sur le produit intérieur brut à 19,5%, en dessous de la moyenne de l’Uemoa qui est de 20%, et nous sommes meilleurs en la matière que le Maroc qui est à 67%, l’Afrique du Sud qui est à 145% et même que la France qui est à 108%.

Sauf à vouloir être ironique, cette réponse du gouvernement démontre exactement le contraire de ce que conseil des ministres voulait dire et prouver. Regardons pourquoi.

Dans une publication parue il y a une semaine, intitulée «Ouattara n’a pas de solutions pour l’économie ivoirienne», le Dr. Prao Yao Séraphin, Délégué national LIDER au Système monétaire et financier, a mis en lumière quelques éléments de la politique économique du régime Ouattara en se basant sur des données publiquement connues. De fait, le Dr Prao et le gouvernement travaillent, à quelques différences négligeables près, sur les mêmes chiffres, mais ils n’en font pas les mêmes interprétations. Pendant que le Dr Prao raisonne sur le stock de dettes, le gouvernement lui, parle du ratio de la dette sur produit intérieur brut.

En analysant les chiffres communiqués par le gouvernement, on se rend compte qu’en trois ans, Alassane Dramane Ouattara aura quasiment retrouvé le stock ancien de la dette avant le ppte. Regardons ensemble.

Si avant le ppte, la dette représentait 70% du pib et que le pib nominal donné par le gouvernement était estimé en 2011 à 11.360 milliards de fcfa, alors la dette serait de 7.952 milliards de fcfa environ. Après le ppte, le ratio en 2012 est tombé, selon le gouvernement,  à 35%, comme effet automatique du ppte donc sans effort de sa part. Ainsi pour un pib estimé à 12.600 milliards de fcfa, cela donne un montant de dette de 4.410 milliards de fcfa. Puis en 2013, le ratio repart à 49%, pour un pib estimé à 14.126 milliards de fcfa, toujours selon le gouvernement. Ce qui donne un stock de dette de 6.921 milliards de fcfa environ.

Si l’on considère que leurs chiffres sont crédibles et que leurs estimations et projections le sont aussi, alors en 2014, le pib sera de 15.760 milliards de fcfa avec 49% de dettes, soit 7.722 milliards de francs cfa. En 2015, le pib sera de 17.330 milliards de fcfa avec un ratio constant de 49%, soit un stock de dette qui se chiffrerait à 8.491 milliards de francs cfa. On aura donc dépassé, sous le mandat de Ouattara, le niveau de stock de la dette avant ppte. Le ppte aura donc servi à quoi  pour Ouattara, sinon à surendetter de nouveau son pays?

Par ailleurs, si l’on se réfère aux données présentées en conseil des ministres relatives à la programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2014-2016, en 2016 le produit intérieur brut projeté est de 19.104 milliards de fcfa. En faisant l’hypothèse héroïque que le ratio dette sur produit intérieur brut restera constant à 49%, alors le stock de dette sera de 9.360 milliards de fcfa.

Le gouvernement pouvait sûrement être plus précis quand il s’agit de nous dire comment le comité mis en place va travailler de sorte que la qualité de la dette soit « utile » et comment il fera pour que, année après années l’encours de la dette publique totale sur le pib nominal soit de 34% en 2012, pour descendre progressivement à 31%, puis à 26%, puis à 23% pour arriver à 16% en 2016, ce qui donnerait cette année-là, pour le pib projeté, une dette totale de 3.056 milliards environ. Là où le bât blesse sérieusement dans leur programmation pluriannuelle, c’est que d’après leurs propres chiffres et communiqués, ils sont, en 2013, à 49% au lieu des 31% projetés. Ils nous disent qu’ils sont capables de maitriser l’endettement et font des dépassements dès le départ.

Le gouvernement, dans la seconde partie de son communiqué, fait l’amalgame avec le crédit octroyé par le système bancaire à l’économie, qui est structurellement faible en zone Uemoa et qui mériterait au contraire d’être élevé comme au Maroc ou en France. Un crédit élevé est le signe que les banques font confiance et financent l’investissement et l’économie. Or la faiblesse de nos taux comparés à ceux du Maroc, de l’Afrique du Sud et de la France prouve que le gouvernement profite de la liquidité des banques pour se financer, mais que les banques ne prennent pas le risque de financer l’économie. Tous les rapports de la Bceao déplorent cette faiblesse, qui est tout sauf le signe d’une bonne santé économique. Pour ceux que la thématique intéresserait, nous recommandons la lecture de la page 54 du rapport 2012 en annexe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les 19,5 % prouvent, contrairement à ce que le gouvernement voulait faire croire, que les milieux d’affaires n’investissent pas encore. Le crédit à l’économie est différent de la dette publique. C’est une incompétence notoire ou de la malhonnêteté que de vouloir faire l’amalgame des deux.

L’exercice de communication du gouvernement au sujet de l’endettement ressemble donc à un véritable stratagème tendant à tromper une opinion publique qu’il considère comme peu avertie et donne l’impression que les tenants du régime Ouattara ne savent pas quoi dire aux populations après un conseil des ministres.


LIDER - Liberté et Démocratie pour la République

Pour lire le rapport de la Bceao:

http://www.bceao.int/IMG/pdf/pers._econ._2012_intranet_pdf.pdf

 

Source: LIDER-CI.ORG

vendredi, 13 décembre 2013

L'ARCHEVEQUE MARCELLIN KOUADIO ASSOMME LES PSEUDOS HOUPHOUETISTES BEDIE ET OUTTARA


HOMELIE. COTE D'IVOIRE.jpg



Venus en fanfare à la célébration du 20ème anniversaire de la mort d'Houphouët le 07 décembre dernier à Yamoussoukro, ils sont retournés tristes après un bon moment cloués à leurs sièges à la suite d'une homélie désarçonnante. Voici pour vous l'intégralité de cette homélie, il y avait de quoi l'être vraiment! (source ACC-CI).


Excellence Monsieur Alassane Ouattara président de la république de Côte d'Ivoire,
 
Monsieur le Président Henri Konan BEDIE,
 
Excellence Mgr Paul Siméon Ahouanan, archevêque métropolitain de Bouaké,
 
Mesdames et messieurs les autorités en vos titres, qualités et grades,
 
Veuve maman Thérèse Houphouët-Boigny,
 
Révérends pères, révérendes soeurs, Chers fidèles laïcs,
 
Aujourd'hui, l'église universelle fait mémoire de Saint Ambroise, un homme au parcours exceptionnel. Romain d’origine, alors qu’il était préfet de police à Milan (Italie), il fut désigné par l'enthousiasme populaire évêque de la même ville. Ambroise n'avait pourtant pas encore reçu le baptême.
 
Baptisé, ordonné prêtre et sacré évêque en 374, il défendit les droits de l'église contre les ingérences du pouvoir impérial. Comme laïc, Ambroise a servi son pays avec dévouement et comme clerc, il a aimé et servi l’église avec fidélité. Et dans sa double relation au monde et à l’église, Ambroise apparaît comme un citoyen exemplaire et un chrétien modèle. L’humanité, de tout temps, et de tous pays, a besoin de guides éclairés. Saint Ambroise est donc pour nous une référence; dans l'évangile, Jésus, en voyant les foules, en eut pitié, parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Par analogie, notre mère Afrique ne serait elle pas comparable à ces foules désenchantées, harassées qui n'ont pas de vrais guides, de bons bergers, pour conduire aux bons pâturages? J'en veux pour preuves les situations de misère dont nombre de pays d'Afrique sont le théâtre et qui ont pour nom:

- Souffrances provoquées et entretenues

- Guerres et rébellions planifiées

- Instabilité politique chronique

- Démocratie armée

- Famine et maladies chroniques

- Pillage systématique des ressources naturelles -Mondialisation au profit des seuls pays nantis

- Corruption généralisée et injustices

- Fuite des cerveaux

- Situation d'endettement chronique

- Violation massive des droits de l'homme.

Dans cette vallée de larmes, quelle est la situation de notre mère patrie, la Côte d'Ivoire? Malheureusement, notre pays ne connaît pas un sort autre que celui des autres pays africains, au moins depuis la disparition du Père-fondateur de notre nation.

Oui, depuis la mort du Président Houphouët-Boigny, la côte d'Ivoire a du mal à se retrouver. Nous sommes rassemblés pour commémorer le 20ème anniversaire du décès du Père-fondateur de la Côte d'Ivoire moderne. C'est le lieu pour moi et ce, au nom de l'église, famille de Dieu, qui est à Yamoussoukro, d'exprimer ma proximité aux membres de la grande famille BOIGNY et d'une façon singulière à la veuve Maman Thérèse Houphouët-Boigny.

Merci pour cette messe que vous offrez au Seigneur afin qu'il repose en paix, nonobstant les problèmes que connaît le pays qu'il nous a laissé en héritage. Saint Ambroise que nous célébrons aujourd'hui a aimé son pays et servi l'église; Feu le Président Houphouët a, lui aussi, aimé son pays et servi l'église. Il a cultivé la paix, l'entente et l'amour; il a bâti plusieurs édifices religieux à la gloire de Dieu. Le sacrifice de la messe, pour nous chrétiens, remplace tous les autres sacrifices de la RTA. Alors, en ce jour où nous rappelons la mémoire de Feu le Président Félix Houphouët-Boigny, permettez qu'à partir d'une méditation inculturée, je m'adresse à lui au nom des sans voix. Car en Afrique, les morts ne sont pas morts.

En outre, les familles de la terre communiquent avec celles de l'au-delà, d'où la vénération des ancêtres. Et cette foi des Africains ne contredit pas la foi chrétienne qui intègre la communion des saints, la résurrection de la chair et la vie éternelle. Oui, depuis quelques années, ils sont nombreux ceux et celles qui regrettent Houphouët. Oui, Nanan, tu nous l'avais dit et je cite: «Le vrai bonheur, on ne l'apprécie que lorsqu'on l'a perdu».

Oui, depuis le 07 décembre 1993, jour où tu nous a quittés, ton peuple a perdu le vrai bonheur. Et depuis lors, la Côte d'Ivoire, notre mère patrie, s'est asservie aux mensonges, à la violence et aux crimes. La belle Côte d'Ivoire jadis enviée parce que prospère, est aujourd'hui défigurée et meurtrie par multiples crises militaro-politiques dont les raisons profondes restent encore à élucider. La dernière en date a fait officiellement, semble-t-il, 3.000 morts. La rébellion de 2002 a fait une foule innombrable de victimes.

Curieusement, Nanan, ceux qui mentent et tuent croient servir ainsi la Côte d'Ivoire. Les innocents dont les droits sont bafoués sont déclarés coupables d'où le nouveau concept de la culpabilité collective doublé de la culture de l'impunité où les médiocres sont célébrés, certains de nos jeunes revendiquent fièrement le statut d'ex-combattants afin d'être récompensés. Et dans cette situation trouble, les ressources de notre pays sont livrées en pâture aux prédateurs. Notre mère-patrie, humiliée et meurtrie, est traitée comme une fille de joie oui, la Côte d'Ivoire est traitée, contre sa volonté, comme une péripatéticienne. Le temps, pour ainsi dire, vient de te donner raison: «La paix, ce n'est pas un vain mot mais un comportement».

Malheureusement bon nombre de tes enfants qui prennent ton nom mais n’ont pas ton esprit préfèrent la guerre à la paix, la vie, le mensonge à la vérité, l'aumône au travail, etc. Nanan, aujourd'hui, jouissant de ta double nationalité de citoyen du monde d'ici bas et de l'au-delà, aide nous à renouer avec la paix. De là où tu es, prie pour nous. Quant à vous, chers frères et soeurs, hommes et femmes de bonne volonté, demandons au Seigneur Jésus, le Roi des rois, d'accorder à notre pays la grâce de la paix par la réconciliation vraie; qu'il touche le coeur des bourreaux et prennent en pitié les victimes de ces multiples crises. Les Ivoiriens parlent de paix et de réconciliation. Mais combien sont-ils qui désirent vraiment la paix ? Jésus dit: «Heureux les artisans de paix: ils seront appelés fils de Dieu» (Matthieu 5: 9).

Pour que la Côte d’Ivoire renoue avec la paix, je verrais humblement, pour ma part, les Présidents OUATTARA et GBAGBO pour faire la paix au sommet ; et une fois réconciliés qu'ils demandent pardon à leurs militants et aux Ivoiriens qui, à leur tour, feront la paix. En Dieu, cela est encore possible pour le bonheur de tous. Puisse Jésus, le Prince de la Paix, par l'intercession de Notre dame de la Paix, les aider et nous aider à faire la paix maintenant et pour toujours. Amen!
 

Mgr Marcellin KOUADIO
 
Evêque de Yamoussoukro

samedi, 30 novembre 2013

COTE D'IVOIRE «OPACITE»: LA BM ET LE FMI VEULENT LA FIN DU PPU, PROGRAMME PRESIDENTIEL D'URGENCE

 

OUATTARA TENE BIRAHIMA.jpg

Ouattara Téné Birahima



Dans son essence, le Programme présidentiel d’urgence (PPU) est une belle opportunité offerte aux populations pour bénéficier d’investissements rapides dans cinq secteurs considérés comme prioritaires. A savoir, l’eau potable, la santé, l’éducation, l’électricité et la salubrité urbaine. Tiré du Fonds présidentiel spécial d’un montant initial de 45 milliards FCFA, il a permis de réaliser quelques investissements ciblés. Là s’arrête son « bon côté ».

Le revers de la médaille est que la gestion du PPU est décriée depuis sa mise en place parce que enveloppée d’une opacité insupportable. Il y a d’une part, une gestion des fonds centralisée à travers le Fonds spécial présidentiel dont le frère cadet du chef de l’Etat, Birahima Téné Ouattara, est le seul gestionnaire. C’est lui qui détient la bourse et qui décide de l’affectation des fonds. Il ne rend compte qu’au chef de l’Etat seul. Des sources soutiennent qu’il ne produit pas de justificatifs aux dépenses effectuées. D’autre part, en raison du caractère urgent des interventions, la majorité des marchés, s’il y en a, sont passés en gré à gré. Dans le contexte des collectivités décentralisées, ce sont les pots de vin qui déterminent les choix. De 45 milliards FCFA à plus de 200 milliards FCFA, le budget du PPU a connu un bond formidable. Géré de la mauvaise manière. Trop c’est trop, semblent dire le Fmi et la Banque mondiale, pourtant soutiens principaux de Ouattara. Ces deux institutions estiment que la barre du tolérable a été franchie. Selon la dernière édition de La Lettre du Continent, elles «exercent d’amicales pressions auprès d’Alassane Ouattara pour obtenir la dissolution du Programme présidentiel d’urgence » pour «gestion jugée trop opaque». Que va faire Alassane Ouattara ?

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" et "La Lettre du Continent".

jeudi, 28 novembre 2013

COMMENT DEVENIR IVOIRIEN EN SOIXANTE HEURES!

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"Le tout nouveau ministre délégué au Budget d'Alassane Dictateur Ouattara, est Sénégalais!" Cette nouvelle a fait le tour de la Côte d'Ivoire et de toute la diaspora. En 1990 déjà, Sydia Touré, un Guinéen pur jus, avait officié plus de trois ans comme Directeur de Cabinet d'un certain Alassane Dramane Ouattara, Premier Ministre burkinabé d'un président ivoirien Félix Houphouet Boigny, en Côte d'Ivoire ! Aujourd'hui, Sydia Touré est rentré dans sa Guinée natale, il a pris goût à la politique, et se trouve dans l'opposition.

Rebelote ce jour : ce n'est pas un jeune Ivoirien de 32 ans que Ouattara a nommé « porte drapeau de l'excellence ivoirienne et ambassadeur de la jeunesse Ivoirienne »! Ayant fait ses armes chez Goldman Sachs, une banque qui a causé la ruine de beaucoup d'entreprises et qui est à l'origine de la spéculation boursière sur les denrées alimentaires, spéculation ayant provoqué des famines à grande échelle, on peut se poser des questions sur le dévouement corps et âme de ce jeune loup de la finance, qui a quitté un emploi en or pour se précipiter à l'appel du génie en économie, le Dr Ouattara afin de sauver la Côte d'Ivoire ruinée par l'incurie d'une économie sécurisée d'un Bohoun Bouabré et dix ans de gestion calamiteuse d'un président Gbagbo contraint à la cohabitation avec des serpents et des scorpions. Comment un Sénégalais, ministre du Budget ivoirien, venant d'une institution bancaire internationale qui a semé plus de larmes que de rires, viendra-t-il en aide à Alassane Dictateur Ouattara, si ce n'est en aggravant encore davantage la situation, enfonçant notre pays dans la dette, en prétendant le contraire!

côte d'ivoire,comment devenir ivoirien en soixante heures!,"le tout nouveau ministre délégué au budget,d'alassane dictateur ouattara,est sénégalais!"

Mais revenons aux origines du conflit sur la nationalité du nouveau ministre, le jeune et fringant A.Cissé, 32 ans. L’Annuaire de recherche de l’Ecole Polytechnique de Paris vient de modifier sur son site internet la nationalité de son ancien élève étranger, Abdourahmane Cissé. Le 19 novembre 2013, à côté de son nom figurait encore le drapeau sénégalais et l’année de sa promotion :2001. Mais comme par magie, alors que sur les réseaux sociaux on apprenait la supercherie, le 22 novembre 2013, le drapeau a été modifié pour faire apparaître... celui de la Côte d’Ivoire. Nous attendons que cette prestigieuse école française qui forme les élites, nous explique comment en quelques soixante heures, la nationalité du polytechnicien concerné a pu être modifiée, sans que le quidam se soit déplacé en France, au siège de l'Ecole, avec ses nouveaux papiers d'identité afin de rectifier une hypothétique erreur du service informatique.

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PHOTO 1: CAPTURE D'ÉCRAN DU SITE DE POLYTECHNIQUE PRISE HIER (21 NOVEMBRE 2013). CISSE ABDOURAHMANE: SENEGAL

 

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PHOTO 2: ABDOURAHMANE CISSE DEVIENT IVOIRIEN DEPUIS CE MATIN (22 NOVEMBRE 2013)


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PHOTO 3: DANS L'ANNUAIRE DES ANCIENS ÉTUDIANTS, NOTRE CHER ABDOURAHMANE CISSÉ EST SÉNÉGALAIS. LE WEBMASTER DE POLYTECHNIQUE AYANT OUBLIÉ DE FAIRE DES CORRECTIONS SUR TOUT LE SITE. UN CRIME N'EST JAMAIS PARFAIT.


Pourquoi maquiller en catimini ces données, simplement parce que des internautes sur la toile ont découvert le pot aux roses, en pianotant sur le site de l'école ? Comment, devant la menace, oh combien risible de quelques « cyber-activistes excités », une institution aussi prestigieuse a-t-elle pu sans autre forme de procès, et sans consultation de son Conseil d'administration, se permettre de falsifier les données de son propre fichier ? N'est-ce pas là, la preuve que cette nomination n'est pas fortuite, qu'il faut cacher à tout prix que cet homme n'est pas Ivoirien. S'il s'était simplement agit de rajouter qu'entre temps ce Mr Cissé avait fait des démarches, au bout desquelles, vivant en Côte d'Ivoire, il aurait obtenu sa naturalisation, il pourrait arborer maintenant deux nationalités : sénégalaise et ivoirienne. Mais là visiblement on veut dissimuler la nomination frauduleuse d'un non Ivoirien. Si cette correction à distance, plus proche d'une fraude que d'un rectificatif, est avérée dans le dossier de son ancien élève originaire du Sénégal, alors l'affaire est grave : Parce que cette intervention à distance n'est pas celle d'un marabout sénégalais, ni même celle du bras long de Ouattara pour sauver son régime à l'agonie, ni celle de ses amis Campaoré ou Wade appelés à la rescousse, mais plutôt celle d'un coup de fil donné depuis le Quai d'Orsay ou encore de l'Elysée à l'Ecole Polytechnique, afin de modifier rapidement le profil d'un ancien élève.

Une fois encore la France vole au secours du vieux tocard burkinabé et de son jeune Poulain sénégalais, pour masquer les agissements d'un gouvernement putschiste en mal de crédibilité, et étouffer le coup d'état de trop perpétré en Côte d'Ivoire en avril 2011. Si vraiment il y avait besoin d'épauler la gestion calamiteuse de la Côte d'Ivoire aux arrêts, en nommant ce polytechnicien, il faut comprendre qu'il n'y avait plus beaucoup de choix dans le catalogue des rattrapés. Aucun candidat ivoirien rattrapé ou en rattrapage qui aurait pu faire l'affaire, aucun économiste de Lider ou proche de l'ex majorité présidentielle qui ait accepté de se salir, de se suicider politiquement en se mettant au service du despote économiste pseud'éclairé . Ce Golden Boy sénégalais que l'on nous impose depuis la France, vient probablement encore pour accélérer la liquidation de notre économie, mais il sortira des explications plus alambiquées que celles du Père Dramane de Kong parlant aux frères Cissé « l'argent travaille sans circuler », ou celles de dame Dominique initiant les femmes du Nord au micro crédit à 12 pour cent l'an. Ca c'est du basique, de l'économie pour les nuls. Lui, le Polytechnicien nous expliquera en termes savants que l'accent mis sur les importations presque exclusives, en Côte d'Ivoire, au prix fort, au détriment des exportations presque gratuites des matières premières, et de la dégradation de la filière café-cacao dont les prix chutent de plus en plus, c'est la nouvelle économie « gagnant-gagnant », le tout avec des schémas en trois dimensions et des statistiques qui nous laisserons rêveurs : bientôt l'économie ivoirienne volera au secours de la Chine ! Alors qu'en vérité, le seul oxygène qui se respirera encore en Côte d'Ivoire, ce sera celui de l'endettement, sous le masque de la survie promise à ce pays phare, la Dramanie. Le mensonge n'existera plus, il sera dorénavant intégré au code génétique de cette nouvelle race d'onagres, champions à tout faire au service de leur éleveur français.

 

Shlomit Abel, 24 novembre 2013.

EN TOURNEE DANS LES REGIONS DE BOUAKE ET YAMOUSSOUKRO: OUATTARA, OU SONT LES MILLIARDS PROMIS?


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Au moment où Alassane Ouattara entame une tournée dans les régions de Bouaké et de Yamoussoukro, il est bon de se souvenir de la pluie de milliards qu’il avait annoncée pour ces régions.

Une propagande qui n’a rien à envier aux régimes les plus autocratiques. Depuis quelques semaines, tous les médias à la solde du régime sont mis à contribution pour préparer les esprits. Certains n’ont pas craint de blasphémer en annonçant l’arrivée du « messie » à Bouaké et à Yamoussoukro. Les préfets et sous-préfets, les maires, les présidents de conseils régionaux, les cadres…c’est à qui aura tenu les propos les plus élogieux. On rebat les oreilles des populations avec des travaux de renforcement de l’électrification, de bitumage et tutti quanti. Ainsi, selon les propagandistes du pouvoir, Ouattara aurait réalisé en un mois, à Tiébissou, Bouaké, Béoumi, Sakassou, Yamoussoukro et autres, ce que ni Houphouët n’a pas pu faire en 33 ans de règne. Quelle injure à la mémoire collective !

Et tous les superlatifs tentent malheureusement de camoufler les promesses mirobolantes faites par Alassane Dramane Ouattara durant sa campagne pour la présidentielle. En effet, en parcourant la Côte d’Ivoire dans le cadre de la campagne présidentielle de 2010, Ouattara avait été extrêmement généreux. Il avait annoncé des pluies de milliards pour chaque localité ivoirienne. Les régions où il séjourne depuis hier n’avaient pas été oubliées. C’est au minimum 1518 milliards qu’il avait promis d’investir dans ces deux régions.

Selon Le Patriote, organe du Rdr, Alassane Ouattara a promis la bagatelle somme de 310 milliards de francs à Bouaké au cours de sa tournée du 4 au 7 juin 2009.

Somme à consacrer à l’agriculture, l’eau, l’éducation, l’électrification, la santé et aux infrastructures routières.

Les autres départements de la région ont eu leur part de promesses. Il s’agit des départements de Béoumi et Sakassou. Pour Béoumi, Ouattara a annoncé 77 milliards et un pont qui doit relier Kounahiri à Béoumi. Le coût de ce pont est estimé à 4 milliards francs. Quant au département de Sakassou, c’est la somme de 37 milliards qui a été promise.

A Yamoussoukro où il avait promis de s’installer dès sa prise du pouvoir, Ouattara avait annoncé1000 milliards de francs.

Trois ans après son avènement au pouvoir, les populations attendent encore et toujours la concrétisation de ces promesses. Il est clair qu’elles ne pourront pas se satisfaire de quelques couches de peinture et de bitume réalisées à la va-vite et qui ne brilleront que le temps de la visite du Prince. Comme d’ailleurs les couches de bitume posées comme des sparadraps sur certaines voies à Abidjan en 2011 et 2012 et qui n’ont nullement résisté à la première pluie. La commune de Yopougon étant la parfaite illustration de ce qu’on peut appeler le «blaguer tuer».

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 25 novembre 2013

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR: LES ETUDIANTS LANCENT UN ULTIMATUM AU GOUVERNEMENT


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Le ministre Cissé Bacongo de l'enseignement supérieur


« Nous demandons au gouvernement de tout faire d’ici un mois pour régler définitivement tous les problèmes auxquels sont confrontés les élèves et les étudiants des universités publiques. Nous lui demandons de créer les conditions pour qu’ils travaillent dans un environnement propice aux études. Nous n’avons pas de priorités. Toutes nos revendications sont prioritaires. Si le gouvernement refuse de nous écouter, les étudiants et les élèves de Côte d’Ivoire prendront leurs responsabilités. Nous avons les hommes pour mener la grève. Notre combat est celui de tous les élèves et étudiants sans exclusive. Nous avons des alliés pour mener ce combat ».

Ces propos qui annoncent « un tsunami » dans les universités publiques et écoles de Côte d’Ivoire sont d’Etienne Assa, le secrétaire général de la Ligue ivoirienne des groupements estudiantins (Liges) qui a animé samedi dernier une conférence de presse à l’université de Cocody. Etienne Assa a expliqué à la presse pourquoi les étudiants et élèves de Côte d’Ivoire doivent aller à la grève si au plus tard dans un mois, le gouvernement continue de mentir aux étudiants et élèves. Il a évoqué plusieurs motifs de mécontentement qui pourraient sonner la révolte estudiantine et scolaire. Le bâillonnement de la liberté syndicale dans les lycées et collèges. Dans les universités publiques, il cite l’échec du système Lmd, la fermeture des cités universitaires, les frais d’inscription exorbitants imposés aux futurs étudiants de Master 2 après un test de sélection, le non-respect de la rentrée unique dans les universités publiques… 

« En janvier 2014, nous irons récupérer nos cités universitaires au Crou-A. Le restaurant de l’université de Cocody offre seulement 2000 plats pour 64000 étudiants. Alors que le régime construit parallèlement à ça, des restaurants privés pour des plats à 1000 Fcfa au lieu d’accroitre la capacité d’accueil du restaurant du Crou-A et offrir plus de plats à 200 Fcfa. Les moyens d’accompagnement du système Lmd font cruellement défaut. Les frais d’inscription dans les lycées et collèges, c’est une véritable escroquerie. Le manque d’infrastructure est criant dans les universités. Notamment à l’université de Korhogo où il n’y a que deux amphithéâtres pour 8 départements. Deux bus de 22 places pour plus de 60.000 étudiants, est-ce normal ! C’est de la foutaise ! », fait remarquer le secrétaire général de la Liges.

Présent à cette conférence de presse, Samba David, le président de la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire, venu soutenir le combat des étudiants et des élèves de Côte d’Ivoire.


Charles Bédé


Source: Le quotidien ivoirien "Notre Voie" du lundi 25 novembre 2013.

mardi, 19 novembre 2013

OPERATION «UNE FERME AVICOLE POUR AWA EHOURA»: FAISONS PARLER NOS COEURS!

 

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Chers soeurs, frères et amis,

 

Voici bientôt deux années que nous apportons notre secours à notre soeur et amie AWA EHOURA, à travers l'opération de secours que nous avons initiée en début d'année 2012 et dont la deuxième année tire à sa fin.

Nous avons ensemble vécu cette belle aventure d'amour, avec des fortunes diverses. Nous avons connu des moments d'abondantes collectes et d'autres de moins bonnes. Toujours est-il que nous avons toujours assuré à notre bien-aimée soeur le minimum vital pour ses soins et ses besoins domestiques.

Le moment est venu où nous devons, comme promis, aider AWA à subvenir elle-même à ses besoins, en l'installant dans une activité génératrice de revenus de son choix.

Après plusieurs mois d'échange avec nous et de réflexion, AWA a définitivement retenu le projet de la création d'une ferme avicole (élevage de poulets). Cette activité lui permettra de s'occuper un tant soit peu (ce qui fera beaucoup de bien à son organisme) et de se prendre elle-même en charge. Un généreux donateur met à notre disposition un terrain en périphérie d'ABIDJAN pour accueillir le projet. Il ne nous reste plus qu'à mobiliser les fonds nécessaires à la mise en route du projet.

La possibilité d'une ferme clé en main, en partenariat avec une entreprise avicole et d'alimentation de volaille de Côte d'Ivoire, existe mais elle nous coûterait une dizaine de millions de francs pour sa réalisation. AWA dit ne pas pouvoir se résoudre à demander autant d'argent aux braves donateurs que vous êtes, à moins qu'une grâce spéciale venant de la part de DIEU lui soit faite.

Elle souhaiterait donc commencer modestement son activité avec un budget de 3 à 5 millions de Francs CFA (4.600 à 7.600 EURO).

Dans tous les cas, elle fera avec ce qu'elle aura. Mais notre prière instante est qu'un grand nombre de donateurs répondent à son appel et qu'ils laissent vraiment parler leur coeur avec une grande générosité.

Nous lançons donc, ce jour, un vibrant appel aux dons à toute personne susceptible de nous aider à apporter cette ultime aide à AWA EHOURA. Nous prions, en outre, toute personne qui lira ce texte de bien vouloir le relayer autant que possible à d'autres personnes, amis et connaissances, sur Facebook, Twitter, par mailing lists et par d'autres moyens de son choix (presse écrite, blogs, sites internet, autres réseaux sociaux). Aidez-nous à faire circuler autant que possible cet appel à l'aide!

Les dons peuvent être déposés directement à AWA EHOURA, main à main ou par transfert sur son numéro ORANGE MONEY, après l'avoir jointe, (225) 57 81 82 81 ou aux coordonnateurs de l'opération, Messieurs:

 

- DINDE Fernand, dindefernand2@yahoo.fr, Cellulaire ORANGE MONEY (225) 07 04 71 11.

- AHOGNY Raphaël, (225) 07 97 28 11 et (225) 05 46 02 84, Riviera 3 Cap Nord.

- KONAN Isidore, (225) 08 08 01 11, Plateau.


Les dons seront recueillis jusqu'en fin d'année 2013 et un point régulier sera fait aux donateurs par toutes les voies habituelles (mails privés, SMS, appels). Pour se faire, bien vouloir décliner vos noms, contacts et adresses électroniques pour tout don à effectuer.

 

Que DIEU vous bénisse richement!

 

DINDE Fernand AGBO

INCAPABLE DE PROUVER SES ACCUSATIONS CONTRE GBAGBO, BENSOUDA «PLEURNICHE» AUPRES DU POUVOIR FRANÇAIS

 

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En dépit de plus de trois ans d’enquête et d’accusations péremptoires, l’Accusation n’a rien trouvé contre le président Laurent Gbagbo. En désespoir de cause, elle se tourne vers l’Etat qui a, sous un précédent exécutif, tout fait pour tuer Gbagbo, sinon physiquement, du moins politiquement : la France. C’est en tout cas ce que révèle La Lettre du Continent. « Priée, en juin, de revoir sa copie à la demande des juges de la Cour pénale internationale (CPI) à l’issue de la première audience de confirmation des charges pesant sur Laurent Gbagbo, la procureure Fatou Bensouda aurait – entre autres – approché le ministère français de la défense pour muscler son dossier. L’ex-ministre originaire de Gambie souhaite notamment entrer en possession de la liste établie par la force française Licorne détaillant par le menu l’arsenal d’armes lourdes qui aurait été découvert dans les sous-sols de la présidence ivoirienne au lendemain de la crise postélectorale de 2011 », écrit le périodique édité à Paris.

La démarche est curieuse. En effet, des informations de première main nous permettent d’affirmer que les services de l’Etat à leur plus haut niveau, sous Nicolas Sarkozy, ont activement participé à l’opération « ferrer Gbagbo ». Si Sarkozy et la force Licorne n’ont pas apporté des informations décisives sur une éventuelle implication du chef de l’Etat ivoirien en exercice d’alors dans la commission de crimes contre l’humanité alors que « le fer était chaud », que peut bien faire Hollande aujourd’hui, avec autant de… retard ? De plus, si des armes lourdes ont été découvertes dans le sous-sol de la présidence ivoirienne, c’est bien parce qu’elles n’ont pas été utilisées pour commettre des crimes. Et posséder des armes dans un contexte de guerre civile et de guerre sournoise menée par des pays tiers, ne signifie pas qu’on a l’intention de commettre des crimes contre l’humanité ! Cette logique conduirait à traduire devant la justice internationale à peu près tous les chefs d’Etat du monde ! Il est tout de même important de noter, audelà de l’anecdote, qu’il était a priori facile de « coincer » Gbagbo, si les crimes qu’on lui attribue sans pouvoir les prouver avaient vraiment été planifiés par lui.

En effet, la guerre postélectorale ivoirienne était une guerre « avec observateurs ». L’armée française était là, et avait les moyens humains, logistiques et scientifiques de recueillir un nombre important de preuves – surtout que le pouvoir politique de l’époque avait déjà clairement exprimé son intention de conduire Gbagbo à La Haye ; celui de Chirac aussi, et ce depuis 2003. Les capacités françaises en matière d’espionnage et d’écoutes téléphoniques sont grandes, surtout dans son pré carré, littéralement quadrillé par les câbles de fibre optique d’Alcatel Lucent – dont une ministre française a révélé récemment qu’elle était une entreprise stratégique pour des raisons relevant du renseignement – et par les installations des filiales de France Télécom, société d’Etat. L’ONUCI était là, et avait elle aussi à sa disposition des experts aux compétences avérées. Les organisations de défense des droits de l’Homme étaient présentes. Pourtant, aucune étude balistique sérieuse, aucune autopsie, aucun témoignage de première main étayé par des données matérielles, n’ont pu être fournies jusqu’à présent par le bureau du procureur auprès de la CPI. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre !


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

lundi, 18 novembre 2013

APRES AVOIR REUSSI SA MISSION DE DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE, ANTHONY WARD SE DEBARRASSE D'ARMAJARO

 

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Anthony Ward le co-fondateur du fonds spéculatif (hedge fund) britannique Armajaro a cédé ses activités de trading de cacao, café et sucre au négociant helvétique, Ecom Agroindustrial. L’histoire d’Armajaro est strictement liée à la tragédie que connait la Côte d’Ivoire depuis 1999. Le groupe Armajaro nait en effet en mai 1998, en décembre de l’année suivante, plus précisément le 24/12/1999,   la Côte d’Ivoire connait le  premier coup d’État de son histoire. Le général Robert Guei renverse Henri Konan Bédié. Les événements futurs nous apprendront que le général Guei avait en réalité  exécuté le coup d’État pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara. Ce même Alassane Dramane Ouattara dont le beau fils LOIC FOLLOROUX, fils de son épouse Dominique Folloroux Ouattara est le directeur  Afrique… d’Armajaro.

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Loïc Folloroux, fils de Mme Ouattara et directeur Afrique d’Armajaro

Quoiqu’il en soit, les choses n’iront pas exactement comme Anthony Ward et ses partenaires en affaires les Ouattara avaient prevu. En effet, le général Guei qui ne devait servir que de passerelle refuse d’abandonner le pouvoir au profit d’Alassane Dramane Ouattara le cerveau du coup d’État. Pire encore, il exclue des élections présidentielles d’octobre 2000 celui là même qui lui avait offert sur un plat d’argent le pouvoir. Les Ouattara et leurs sponsors se souviendront de cet affront lorsque le moment de régler les comptes arrivera. Robert Guei sera assassiné dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.

Avant cela, en Octobre 2000, Laurent Gbagbo est élu président  de la république et décide de favoriser les producteurs locaux de cacao, au détriment des multinationales étrangères qui auraient voulu prendre le contrôle de toute la filière. C’en est trop pour Anthony Ward et Armajaro qui décident de relancer leur joker Ouattara en l’installant par les armes au pouvoir. Mais cette fois ci, Armajaro et Anthony Ward décident d’être prudents.   Le pied de nez du général Robert Guei en 2000 leur a servi de leçon.  Tout en préparant minutieusement la déstabilisation de la Côte d’ivoire, Anthony Ward et ses complices décident d’ouvrir un front financier en se lançant dans la spéculation boursière. Cette nouvelle activité leur permettra en cas d’échec du coup de force qu’ils préparent, de récupérer au moins les énormes sommes d’argent investies dans la déstabilisation du pays de Laurent Gbagbo.  Entre fin 2001 et Aout 2002, Ward spécule sur le cacao achetant jusqu’à 203.000 tonnes de fèves. La rébellion commence un mois après.  Le 19 septembre 2002 , la Côte d’ivoire qui représente 40% du marché mondial de Cacao se retrouve coupée en deux, rendant difficile l’acheminement du Cacao vers l’étranger. Le prix de la tonne de cacao augmente de 60% et Anthony Ward et ses partenaires malgré l’échec temporaire de la rébellion ivoirienne empochent €62 millions de bénéfices. Pas mal pour un échec.

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Alassane Dramane Ouattara et madame

Le 25 novembre 2002, dans un long article écrit sous un nom d’emprunt, le journaliste franco-canadien Guy André kiffer dénoncera le rôle joué par Anthony Ward, plusieurs multinationales et des personnalités soit ivoiriennes qu’étrangères dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Cet article lui coutera cher. Le 16 avril 2004, Guy André Kiffer disparait. Jusqu’à ce jour, il n’a plus jamais été retrouvé. Le crime de Guy André Kiffer avait sans doute été de dénoncer trop tôt un procédé qu’Anthony Ward et ses complices avaient l’intention de renouveler.

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Le journaliste franco-canadien Guy André Kiffer

En juillet 2010 en effet, en prévision de la reprise de la guerre en Côte d’Ivoire, Armajaro récidive en achetant 240.100 tonnes de fèves, Soit 7% de la production mondiale de cacao, ou 15% des stocks mondiaux et 25% des stocks européens estimés. Quelques mois plus tard en décembre 2010, éclate la crise post-électorale en Côte d’ivoire. Alassane Ouattara le candidat d’Armajaro et de la France demande de faire pression sur le président élu Laurent Gbagbo en imposant un embargo à la Côte d’Ivoire. La requête qui est appuyée aux nations unies par la France est acceptée et c’est ainsi que   40% de la production mondiale de Cacao se retrouve sous embargo, Armajaro peut donc  vendre à prix d’or ses stocks, pendant que la France et les nations-unies appuyées par les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara  renversent le 11 avril 2011, après d’intenses combats contre l’armée régulière ivoirienne, le président élu Laurent Gbagbo. Pour l’opération d’achat de fèves de juillet 2010, Armajaro bénéficia de l’apport financier de la banque française BNP Paribas qui l’aidera à acheter 102.450 tonnes de cacao. L’on comprend mieux pourquoi cette même banque à travers sa filiale ivoirienne la BICICI fut  la première banque à fermer ses guichets à partir de février 2011,  dans le but d’affaiblir financièrement le régime du président Gbagbo et précipiter ainsi son départ.

Au moment où il cède ses activités à Ecom Agroindustrial Anthony Ward alias «Chocolate Finger» est considéré le plus célèbre spéculateur dans le secteur du cacao. Cette célébrité dérive essentiellement des opérations réalisées en 2002 et en 2010, mais comme nous l’avons constaté plus haut, Anthony Ward n’est qu’un criminel à col blanc. Les délits commis par Anthony Ward, son groupe Armajaro et tous ses complices en 2002 et en 2010 sont connus dans le monde boursier sous le nom de délit d’initié. Ce qu’Anthony Ward et ses complices firent, fut simplement de financer une rébellion dans un pays qui représente 40% du marché mondial de cacao, programmer les attaques de cette rébellion, et par conséquent des périodes durant lesquelles le cacao ivoirien aurait fait défaut sur le marché mondial. Ensuite,  en fonction de ces dates, acheter de façon anticipée de grandes quantités de cacao et attendre.  Des spéculations  cyniques et criminelles  faites au prix de milliers de vies innocentes.

La prise du pouvoir par les armes par Alassane Dramane Ouattara le 11 avril 2011 eut comme conséquence directe de mettre la Côte d’Ivoire à l’abri des complots ourdis par Armajaro. Ce nouveau statut  comporta pour Anthony Ward et son entreprise une baisse des profits. La Côte d’Ivoire ne devant plus être déstabilisée,  plus de spéculation possible. Fallait donc se débarrasser de ce colis encombrant qu’était devenu Armajaro, d’où sa cession au groupe suisse Ecom Agroindustrial.

 

ACC- Côte d’Ivoire

dimanche, 17 novembre 2013

PRET DE SASSOU A OUATTARA, COLERE AU CONGO-BRAZZAVILLE: «SASSOU S'AMUSE A L'ECONOMIE D'ENDETTEMENT»

 

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"Au Congo-Brazzaville, il y a un profond malaise recouvert d’un immense embarras. Des révélations par le FMI d’un crédit du Congo-Brazzaville à la Côte d’Ivoire, il en ressort une angoissante impression d’indignation doublée d’incompréhension. Le manque de sens des priorités de l’administration Sassou est sidérant. Le Congo-Brazzaville a prêté 100 milliards de FCFA (environ 152 millions d'euros) à la Côte d'Ivoire. 

L'accord négocié secrètement à Oyo lors de la visite officielle du président ivoirien Alassane Ouattara en juillet 2013 a reçu le feu vert du FMI.

Complice

Le blanc-seing et le manque de réserves du FMI, le gendarme financier international sont troublants. L’institution financière internationale qui a élu le Congo-Brazzaville au statut de pays pauvre très endetté (PPTE) a donné son quitus à l’opération financière. Une opération financière qui s’apparente au fait du prince. Début octobre 2013, Michel Lazare, le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) et son collègue Louis Dicks-Mireaux, spécialiste de la dette, ont accepté que l'État congolais débourse le financement de 100 milliards de F CFA (152 millions d'euros) accordé à la Côte d'Ivoire. Le président Alassane Ouattara avait obtenu ce prêt durant sa visite officielle à Brazzaville, en juin 2013. Il doit servir à soulager les finances publiques et à rembourser les arriérés de paiement liés à la dette intérieure. Mais l'opération minutieusement suivie depuis Brazzaville par Gilbert Ondongo, le ministre de l'Économie du Congo-Brazzaville, et son homologue ivoirienne Kaba Nialé restait suspendue à l'accord du FMI, qui surveille la stratégie de réendettement d'Abidjan comme le lait sur le feu. Cet accord semble avoir été accordé durant la visite d'une mission du FMI, conduite par Michel Lazare, à Abidjan du 17 septembre au 1er octobre 2013 (Jeune Afrique, 6 Novembre 2013). Le Congo-Brazzaville, pays pauvre très endetté (PPTE), est-il devenu le créancier de pays africains en quête de cash ? Les marchés financiers vont-ils être le cœur du métier du Congo-Brazzaville ?

Economie d’endettement

L'économie d'endettement est un système financier où prédomine la finance indirecte, sous la forme d'un financement par le crédit. 

Celui-ci suppose l'intervention d'un processus d'intermédiation financière et l'établissement de relations bilatérales individualisées entre les banques et leurs clients. Les banques prennent un risque de crédit après l'avoir évalué et financent les opérations dont elles anticipent favorablement le résultat. Le crédit constitue ainsi le principal mode de financement de l'activité productive. Même lorsque les entreprises ont par leur dimension un accès au marché des valeurs mobilières, la faiblesse du taux d'autofinancement implique le recours complémentaire au crédit.

L'économie d'endettement ne doit pas être confondue avec l'économie endettée. Il n'est pas incompatible qu'une économie de marchés financiers réalise son équilibre par l'endettement extérieur. La différence majeure entre une économie d'endettement et une économie de marché financier est que, dans la première, la Banque Centrale est un prêteur en dernier ressort contraint d'assurer le bouclage du financement de l'économie alors que, dans la seconde, l'intervention du prêteur en dernier ressort reste discrétionnaire.

En régime de finance directe, les offreurs et les demandeurs de fonds prêtables se rencontrent sur les marchés. Les banques interviennent en vendant et en achetant des titres sans assumer le risque lié aux crédits accordés à des clients identifiés. En revanche, elles assument le risque d’effondrement des marchés, ce qui les oblige à détenir de grandes quantités de titres "sûrs" (valeurs du Trésor). Ce système s’accompagne d’un fort taux d’autofinancement des entreprises. Le taux d’intérêt arbitre entre l’offre et la demande.

Expérimentations hasardeuses

Même si le crédit de Sassou Nguesso à Alassane Ouattara a reçu l’aval du FMI, il n’obéit néanmoins à aucune loi. Les crédits distribués par le Congo-Brazzaville, au bon vouloir de Sassou Nguesso, n’intègrent ni les règles, les techniques et les mécanismes de l’économie d’endettement ni ceux des marchés financiers. Le montage et le bouclage de ces opérations financières échappent aux directeurs de la Banque centrale, du Trésor public et aux commissions des finances du parlement. Ce sont des opérations financières non identifiées (ofni). Et, pourtant, curieusement, ces opérations financières non identifiées (ofni) décrétées au gré des humeurs de Sassou Nguesso reçoivent le feu vert du FMI. Si, le réendettement de la Côte d’Ivoire est assorti de conditionnalités, en revanche, la stratégie de crédit tous azimuts du Congo-Brazzaville ne bénéficie d’aucun encadrement de la part des institutions financières internationales censées le contrôler, le conseiller et l’orienter.

Le Congo-Brazzaville n’est pas, avec la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, à sa première expérience en matière d’octroi de crédits. Il a déjà prêté 50 milliards de francs CFA à la BDEAC, 50 milliards de francs CFA au Niger, 50 milliards de francs CFA à la Guinée et plus récemment 25 milliards de francs CFA à la République centrafricaine. Dans toutes les chancelleries africaines le sujet est au centre des conversations et tout le monde se met à rêver d’obtenir un prêt de la République de Sassou Nguesso. « Qui cherche des milliards, se rend à Oyo ». C’est la blague du moment dans les capitales africaines. Le Congo-Brazzaville a-t-il tellement de liquidités qu’il ne sait quoi en faire ? Remarquons que ce petit pays pétrolier qui dispose de plus de 3000 milliards de réserves à la BEAC compte parmi les moins lotis en infrastructures routières, universitaires, hospitalières, scolaires, hydroélectrique, portuaires, hydrauliques, aéroportuaires…

Un étudiant, Norbert Mboungou, a perdu une main pour avoir revendiqué le paiement de la bourse. Pendant que Sassou Nguesso joue à « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf», les enseignants attendent la modification de la valeur indiciaire, les ménages l’augmentation du pouvoir d’achat et les populations du Congo-Brazzaville le financement des programmes sociaux.

Les populations du Congo-Brazzaville ont le droit d’être traitées pour ce qu’elles sont : des adultes moins ignorants de la complexité des mécanismes et des rouages monétaires et financiers que ne semblent trop souvent le croire Sassou Nguesso, Gilbert Ondongo, Isidore Mvouba, Rigobert Maboundou, le PCT et les épigones du « chemin d’avenir ». 

Depuis 1997, les populations du Congo-Brazzaville attendent de Sassou Nguesso un discours de vérité et une vision d’avenir. Evidemment, bien sûr, l’un et l’autre font cruellement défaut à Sassou Nguesso, au PCT et aux épigones du « chemin d’avenir » animés par la kleptomanie, le clientélisme, la corruption et l’enrichissement personnel."


Benjamin BILOMBOT BITADYS

Article publié le 10 novembre 2013 au Congo-Brazzaville.

samedi, 16 novembre 2013

LES CIRCONSTANCES DE L’ASSASSINAT DU JOURNALISTE DESIRE OUE CONNUES


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Désiré Oué, journaliste, animateur des parlements et agoras abattu à son domicile: Le Rdr tente de faire passer le journaliste assassiné pour un milicien.


Contrairement à ce que rapporte la presse RDR, le rédacteur en chef du magazine Tomorrow n’a pas ouvert le feu sur des FRCI venus l’arrêter à son domicile. Selon des membres de sa famille que nous avons pu contacter c’est le jeudi 14 novembre 2013 aux environs de 19h que des individus armés ont fait irruption à son domicile. Ils ont réussi à y entrer en maîtrisant sa fille qui était allé vider les poubelles. En l’absence du journaliste originaire de l’ouest du pays, plus précisément de Bangolo, toute la maisonnée a été maîtrisée en l’attendant.

C’est peu avant 20h que celui-ci, comme à son habitude rentre à son domicile. Comme convenu avec son épouse depuis la fin de la crise postélectorale et l’insécurité qu’elle a entraîné, il frappe à la fenêtre en lieu et place de la porte d’entrée. La fenêtre en vitre permet en effet à la personne à l’intérieur de voir celui qui se trouve à l’extérieur. Dès que les quidams du régime Ouattara l’aperçoivent, ils ouvrent automatiquement le feu, l’atteignant grièvement et s’en allant de la maison le laissant baignant dans son sang et sans rien emporter.
 
Les voisins alertés par les coups de feu, vont essayer de le sauver en l’envoyant d’urgence à la polyclinique des Deux Plateaux ou il a rendu l’âme vers 21h.

C’est donc totalement faux de faire passer ce jeune patriote ivoirien pour un milicien qui aurait opposé une résistance lors de son arrestation, se servant d’une arme à feu. C’est aussi faux de prétendre qu’il a tiré sur les FRCI commis à son arrestation. Sinon pourquoi abandonner le corps une personne encore en vie alors que l’on est venu la mettre aux arrêts ? C’est encore plus grave de prétendre que Désiré Oué vivait caché, fuyant les forces de l’ordre car ce journaliste est connu dans le milieu de la presse à Abidjan. Il couvre même régulièrement les activités gouvernementales. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il était présent aux assises de la jeunesse ivoirienne organisées par Touré Mamadou, Conseiller de Dramane Ouattara. Nous sommes simplement en face d’un crime crapuleux qui rentre dans le cadre de l’exécution sommaire des jeunes ayant soutenus le président Gbagbo.


Source: Facebook Steve Beko

Dernière heure: un journaliste pro-Gbagbo assassiné à son domicile!


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Rédacteur en chef du journal chrétien « Tomorrow », qui connait une grande audience dans le milieu chrétien, Désiré Woué, jeune Wê originaire du département de Bangolo vient d’être abattu, selon les témoignages de ses voisins de quartier à Cocody-Angré, par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), l’armée de Ouattara.

Le crime de lèse-majesté du jeune journaliste ivoirien, c’est d’être proche des idéaux du président Laurent Gbagbo chassé du pouvoir à la suite d’un affrontement militaire post-électoral. Il a en outre participé à sa campagne électorale en 2010. A cet effet, Désiré Woué, ne cessait, en plus de sa fonction de journaliste, de s’investir dans d’autres tribunes de sensibilisation des populations en faveur de la cause du président Laurent Gbagbo déporté à La Haye.

Il s’est donc prêté volontairement à l’animation des tribunes de « Parlements et Agoras » de Côte d’Ivoire. A Angré où il habite, il en est d’ailleurs le secrétaire général de la section. Dans leur investigation en vue de le dénicher, des éléments en treillis, armés de kalachnikovs, ont réussi à identifier son lieu d’habitation où ils ont fait irruption. Dans les minutes qui ont suivi, les voisins disent avoir entendu des coups de rafales, et quelques temps après un pick-up quitter les lieux en trombe avec à son bord des éléments Frci. Sur le lieu du crime, aucun effet personnel de la victime n’a été emporté. Son portefeuille et son téléphone portable, selon les témoins, sont restés auprès de son corps dégoulinant de sang.

Tôdégnon


Source: ABIDJAN TV.INFO

mercredi, 13 novembre 2013

OUATTARA, LA FIN D'UN MYTHE CONSTRUIT SUR DU MENSONGE

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Prendre les rênes du pays n’est pas chose difficile, mais c’est gérer le pouvoir qui est chose difficile. Ouattara, depuis toujours, depuis son apparition sur la scène politique ivoirienne, n’a pas caché son intention de gouverner la Côte d’Ivoire en dépit des injonctions de feu Houphouët-Boigny. Et cela, peu importe la manière d’arriver au pouvoir.


Aidé par la France impérialiste et par les Etats-Unis, les gendarmes du monde, Ouattara accède au pouvoir par la manière la plus fracassante. Il enjambe 3000 corps et s’installe dans le fauteuil présidentiel après avoir chassé Laurent Gbagbo démocratiquement élu.

L’on croyait que le mythique économiste, celui dont le métier est de chercher l’argent, allait opérer le miracle tant attendu. D’abord, résoudre le problème de la France confrontée à la crise financière mondiale en lui apportant suffisamment d’argent et ensuite le problème des ivoiriens qui voyait en ce président atypique l’homme qui allait les sauver du naufrage. Mais que non ! Chaque partie n’a que les yeux pour pleurer. C’est la désillusion totale. La situation est plus catastrophique qu’avant. On serait même tenté de dire comme l’autre : ‘’ le vrai bonheur on ne l’apprécie que lorsqu’on l’a perdu’’. La France de Nicolas Sarkozy a fait plus de tort que de bien en propulsant son poulain Ouattara au pouvoir. Depuis son arrivée aux affaires, rien ne bouge concrètement. Les problèmes des ivoiriens ne font qu’accroître. Il n’y a que ceux qui ne respirent et ne mangent que par lui qui sont heureux. Sinon toute autre élégance n’est que du bluff.

N’importe qui à la place de Ouattara aurait fait mieux que lui. Avoir l’entièreté du territoire et avoir le soutien de la communauté internationale pour donner ce résultat médiocre, c’est faire preuve d’incompétence notoire. Laurent Gbagbo, n’étant pas sous-préfet de qui que ce soit aurait fait mieux. C’est pour l’empêcher de travailler qu’on lui a flanqué une rébellion depuis 2002. Comment peut- on frapper un enfant et l’empêcher de pleurer en même temps. C’est ce que Ouattara et ses soutiens internationaux ont fait à Laurent Gbagbo. A l’instar d’un prophète venu accomplir une mission, Laurent Gbagbo porte fièrement sa croix. Le temps, l’ennemi de l’homme est en train de faire ses effets. Il n’y a que les aveugles et des gens de mauvaise foi comme Tirburce  Koffi qui peuvent comparer l’incomparable en disant qu’en deux ans Ouattara a fait mieux que Gbagbo en dix ans.  C’est mesquin et insidieux de sa part. J’invite donc Tirburce Koffi qui dit avoir un esprit dynamique à être objectif dans ses analyses. Il rendrait service à son nouveau mentor même s’il est en quête de poste juteux. Bref, c’était une parenthèse.

La réalité est têtue mais c’est la réalité. Tout le monde s’accorde y compris les différentes chancelleries en Côte-d’Ivoire à dire que rien ne va dans le pays. La réconciliation est au point mort, l’insécurité est grandissante. Mais Ouattara refuse de voir les choses de cette façon. Il va d’opération de charme en opération de charme pour tenter de redorer son image plus que jamais ternie. L’homme fort d’Abidjan manipule les chiffres pour dire que la Côte-d’Ivoire connaît une croissance économique. En réalité, ce sont des chiffres virtuels pour séduire les personnes qui se laissent facilement manipuler. La Côte-d’Ivoire en chantier n’est qu’un slogan. Le pays travaille pour vous n’est que de la tautologie pour se faire accepter par un peule qui vous renie. Tout cela est du bluff. Les Ivoiriens dans leur ensemble ne sont pas naïfs.

A la vérité, le quotidien des ivoiriens n’a pas changé d’un iota. Le chômage est galopant, le pouvoir d’achat s’est réduit considérablement comme une peau de chagrin, le rattrapage ethnique et l’impunité du côté du pouvoir sont érigés en programme de gouvernement. Monsieur Ouattara est un dictateur hors du commun. La peur du jeu démocratique le hante au point où il continue de traquer ses opposants pour les jeter en prison. Tous ceux qui peuvent critiquer sa gestion scandaleuse sont contraints en exil.

Malgré cette dictature rampante, le pouvoir ethnocentriste D’Abidjan est incapable de transformer la Côte-d’Ivoire en un eldorado. Les FRCI, version Ouattara, font la loi partout. Certains se sont érigés en coupeur de route pendant que d’autres pillent les richesses du pays au vu et au su de tous.

La Côte-d’Ivoire allait tout droit dans le mur. Aucun investisseur sérieux n’était prêt à venir jeter son argent dans un pays sans tête ni queue. Fort heureusement, certains pays amis, soucieux et au fait des vraies réalités, ont crié leur holà en faisant des rapports objectifs, en dénonçant la dictature de Ouattara qui poussait ce pays dans un gouffre. Aujourd’hui sa supercherie est découverte. Ces soutiens extérieurs sont fatigués de le soutenir et de toujours faire du faux au détriment des ivoiriens.

La preuve, leur pression a eu raison de lui. Les responsables politiques du FPI ont été libérés. Le dialogue pouvoir-FPI qui était une vue de l’esprit est aujourd’hui une réalité. Sentant le danger venir, chacun des hommes forts du régime Ouattara  cherche une porte de sortie. C’est ainsi que Ouattara multiplie ses voyages à l’extérieur du pays à la recherche d’un hypothétique soutien. Quant à Soro Guillaume, l’homme qui a entraîné la chienlit dans ce pays, il joue maintenant au bon samaritain en se rendant à Gagnoa, le fief de Laurent Gbagbo. Le tout  puissant ministre de l’intérieur, Ahmed Bakayoko semble sonner ces derniers temps. Ces discours de mépris et de condescendance ont pris du plomb dans l’aile. En un mot, ce pouvoir installé par la violence est en disgrâce.

A dire vrai, il fallait que Ouattara gouvernât un peu pour que tout le monde se rendît compte qui il est en réalité afin que le pays connaisse la paix une bonne fois pour toute. Avec cette gestion négative du pouvoir, personne n’est prêt à sacrifier sa vie pour lui. Les ivoiriens y compris ses propres sympathisants et la communauté internationale sont rassasiés de cette gestion scandaleuse. Voici le chercheur d’argent  qui est dans les cordes, en train de négocier encore pour qu’on efface des dettes après avoir obtenu le PPTE.

La vérité finit toujours par triompher du mensonge. Ouattara ne peut plus  cacher le soleil avec sa main. A l’épreuve de la gestion du pouvoir, il a étalé ses carences et montrer ses limites. Oui, c’est la fin de celui qui se ventait d’être le meilleur président, qui se prenait pour un dinosaure incontournable de la vie politique ivoirienne. Ouattara, comme un château de carte est en train de s’écrouler. C’est la fin d’un mythe construit sur du mensonge. Ces apparitions aux côtés de François Hollande, lors des jeux de la francophonie n’est que le signe d’une personne qui se noie et qui s’accroche à une bouée de sauvetage. C’est la fin d’un cycle. Démocrates de tout bord, le moment est venu de faire tomber le grand Timonier, le grand dictateur de tous les temps. La liberté est à nos portes.

G. OURA Kouakou

ourandrin@yahoo.fr


Source: CAMEROONVOICE

mardi, 12 novembre 2013

MAINTIEN EN DETENTION DE LAURENT GBAGBO - Me NORBERT TRICAUD (AVOCAT A LA CPI): «C’EST UNE DECISION POUR PREPARER SA LIBERATION»


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Contrairement aux apparences, les conclusions de la Chambre Préliminaire I de la CPI ce 11 novembre 2013 dans l’affaire Gbagbo, ouvrent une vraie brèche à la prochaine libération de Laurent Gbagbo. Joint au téléphone juste à l’énoncé de la décision, c’est ce qu’explique Maître Norbert Tricaud, spécialiste des arcanes de la CPI et membre de la défense du sénateur Congolais Jean Pierre Bemba… LA LIBÉRATION SE POINTE A l’HORIZON!


Selon l’avocat Français, la libération provisoire de Laurent Gbagbo serait presqu’acquise. Tout n’est plus qu’une question de forme. Etant entendu que sur le fond, Fatou Bensouda a échoué à produire des preuves supplémentaires contre Gbagbo. « Cette décision est une préparation psychologique pour aller à la libération de Laurent Gbagbo. La chambre laisse du temps au bureau du procureur pour mener des négociations afin de trouver un pays signataire du Statut de Rome afin que Laurent Gbagbo y soit transféré. Il faut donc comprendre que l’arrêté de la CPI de ce jour est une décision intermédiaire pour préparer la libération de Gbagbo…», fera savoir Norbert Tricaud, l’avocat international.

Pour le défenseur du congolais Jean Pierre Bemba, la vraie question qui se pose aujourd’hui est de trouver un pays signataire du statut de Rome pour y transférer Laurent Gbagbo étant entendu que la CPI ne voit plus d’un bon œil les pays Africains qui se sont manifestés pour accueillir l’ex-président Ivoirien. Pour le bureau du procureur, ces nations seraient sous influence de la récente grogne de l’union Africaine contre les pratiques de la CPI, mais surtout presque « contaminés » par la décision du Kenya de se retirer du Statut de Rome. En clair, la CPI a peur de perdre son colis Laurent Gbagbo en cour de route. D’ici au 02 décembre donc, ça va négocier fort et serré c’est sans doute pourquoi les juges de la CPI veulent reculés pour mieux sauter.


Augustin Djédjé

Envoyé spécial d’EventNewsTv à la Haye.

lundi, 11 novembre 2013

WATTAO, UNE INSULTE A L’INTELLIGENCE

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Le 6 novembre dernier, sur France Culture, le journaliste Emmanuel Leclère a dressé un portrait surréaliste d’Issiaka Ouattara, dit « Wattao », l’un des personnages centraux de la crise ivoirienne depuis la rébellion issue du Coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire.

Quand j’ai écouté la première fois ce billet « culturel » ( ?!), j’ai d’abord fait le rapprochement avec le récent reportage de Christophe Hondelatte où ce même Wattao joue la « vedette américaine » en exposant sans vergogne sa « belle gueule » et son « bling-bling » comme le répète Emmanuel Leclère.

Puis je me suis posé la question : pourquoi une telle médiatisation d’un personnage falot qui ne doit sa « réussite » qu’à ses rapines de soudard éclaboussé du sang de ses compatriotes ?

En effet Wattao n’est ni un « ancien chef de guerre », ni un « ex-chef rebelle efficace », ni un « bon commerçant dioula » (pour les connaisseurs, c’est un pléonasme)….Non Wattao est un prédateur nourri de mutineries, de désertions et de rébellions, bras armé des vrais profiteurs de la longue agonie de la démocratie en Côte d’Ivoire, qui n’aurait jamais atteint le sommet du Pouvoir sans l’intervention militaire française en 2011, comme le reconnaît benoîtement Monsieur Leclère.

Wattao est au niveau des autres chiens de guerre qui ont sévit et continuent de sévir un peu partout en Afrique, le plus souvent « commandités » par des mains « obscures » mais expertes à manipuler des pauvres bougres vite enivrés par un pouvoir « inespéré » et qui finit, toujours, par les dévorer.

J’ai connu Wattao petit kakaba du Coup d’Etat contre Bédié en 1999. Il errait dans les couloirs de la Primature (où le Général Guei avait pris ses quartiers au début de la Transition). Il réapparait au cours du Coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, après avoir fui au Burkina à la suite de l’échec d’une mutinerie anti-Guei en 2000. Il fait rapidement partie des Commandants de Zones (les « Com’Zones ») mis en place par la rébellion qui s’installe dans le Nord du pays après l’échec du Coup lui-même. Il dirige la « compagnie »Anaconda (sans doute dénommée ainsi d’après son surnom personnel : Saha Bélé Bélé-le gros serpent en dioula).Maître de la zone de Seguela, il organise tous les trafics possibles (or, diamant, braquages des agences de la BCEAO…) et n’hésite pas à étendre son territoire en « annexant »  la zone de son complice et néanmoins adversaire « en affaires », Koné Zacharia, lors de la disgrâce de celui-ci prononcée par Guillaume Soro, après une énième exaction mal venue dans le contexte du rapprochement « tactique » entamée par le leader des rebelles qui, on le sait aujourd’hui, n’était que le début de la machination qui devait conduire au renversement du président Gbagbo par tous les moyens.

Ainsi, lors de la cérémonie pour la Fête Nationale le 7 aout 2007, le « Commandant » Wattao exhibe son bel uniforme d’officier et s’affiche, dans le sillage du président Gbagbo, entre le Général Mangou, Chef d’Etat Major des Armées et le Général Clément-Bollée, patron de la Force Licorne (celui-là même que Ouattara vient d’appeler pour « tenter » de recréer une armée nationale digne de ce nom…).

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Wattao et ses coreligionnaires sont de retour dans la République. Mais, dès le début de la crise postélectorale, lui et les autres retournent à leur destin : mercenaires sans foi ni loi, à la tête d’une horde hétéroclite chargée de prendre Abidjan après avoir semé terreur et désolation dans tout le pays. Malgré l’apport logistique et l’ordonnancement tactique mis au point par les « donneurs d’ordre » occidentaux, ils seront mis en déroute les 31 mars et 1er avril 2011, contraints de se retirer de la majeure partie de la ville. Et si la Force Licorne n’avait pas, comme le dit Emmanuel Leclère, « fait le ménage », Wattao ne serait jamais arrivé à la Résidence le 11 avril (où, d’ailleurs, ni lui, ni personne, n’a « passé » les menottes au président Gbagbo).

Il fallait rappeler tout cela pour faire comprendre la réalité de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui. Plus de 30 mois se sont écoulés depuis que François Fillon, Premier Ministre à l’époque, a déclaré devant l’Assemblée Nationale française qu’il « était fier que l’armée française ait participé au rétablissement de la démocratie en Côte d’Ivoire ». Quelle démocratie ? Celle qui érige en maitres du jeu des chefs de bandes qui n’obéissent qu’à leurs propres lois, celle qui piétine les libertés fondamentales au gré de ses humeurs, celle qui laisse mourir en prison les uns et contraint à l’exil les autres, celle qui pille l’économie nationale et étale insolemment le fruit de ses méfaits face à une population exsangue et meurtrie ?

Pour quelques observateurs des médias internationaux, des « sujets » comme Wattao sont, peut-être, une « source d’inspiration » pour des reportages « chocs », mais pour l’immense majorité des ivoiriennes et des ivoiriens, ainsi que pour tous ceux qui sont attachés au respect du Droit et des Libertés, où qu’ils soient, c’est une forme d’ « insulte à l’intelligence ».

En effet, alors que le Procureur à la Cour Pénale Internationale (CPI) n’en finit plus d’essayer de se justifier dans sa tentative désespérée de trouver des charges contre le président Gbagbo, la Côte d’Ivoire s’enfonce, jour après jour, dans une spirale infernale. Aujourd’hui le pays du président Houphouët, père du « miracle ivoirien », le pays du président Gbagbo, qui avait réussi à atteindre, dans un climat de guerre larvée et de partition du pays, le Point de Décision de l’initiative PPTE (que Ouattara s’est « adjugé », comme beaucoup d’autres réalisations entamées sous le président Gbagbo), ce pays-phare de l’Afrique, vient tendre piteusement la main, ici et là, pour faire « ses fins de mois »…. !

Il est temps que la « communauté internationale », ou du moins ceux qui s’en prévalent, comprennent enfin qu’une Nation ne peut pas être l’otage de « héros » de mauvais films confortés par la lâcheté d’une petite partie de la classe politique prête à toutes les compromissions pour assouvir une soif effrénée d’argent et de pouvoir. La Côte d’Ivoire est une grande nation qui ne se reconnaît pas dans des quelconques Wattao et qui aspire à se développer dans l’harmonie et la concorde, dans le respect des convictions des uns et des autres, dans le cadre d’un débat démocratique libre et pacifique. L’immense espoir qui commence à naître, dans le sillage des actions menées à travers le pays par les dirigeants du FPI, dans l’attente de l’élargissement, indispensable désormais du président Gbagbo, préfigure cette Côte d’Ivoire de demain où personne, quelques que soient ses choix politiques ou religieux, ne sera exclu de la communauté nationale.

Non Wattao n’est pas le « Sheriff » d’Abidjan mais, plutôt, son Dalton.


Le 11 novembre 2013,

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

dimanche, 10 novembre 2013

INTERVIEW DU JOURNALISTE PERSECUTE POUR AVOIR DENONCE LES CRIMES DE LA FRANCE EN AFRIQUE

 

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Silvestro Montanaro

Silvestro Montanaro, journaliste italien, depuis de nombreuses années racontait les injustices dont sont victimes les classes les plus défavorisées à travers le monde. C’est cette mission qu’il honora lorsqu’il decida de raconter la crise ivoirienne, et la vie de Thomas Sankara. Apparemment cet excès de zèle pour la défense des plus faibles n’était pas du gout de la RAI (télévision publique italienne) son entreprise, qui cédant aux nombreuses pressions a décidé de suspendre son émission C’ERA UNA VOLTA.

Dans cette interview exclusive réalisée et traduite de l’Italien au français pas ACC- Côte d’Ivoire, avec la collaboration de Gahié Kuidé Bosow, Silvestro Montanaro nous parle de son travail passionnant et  de son combat pour la liberté d’expression.

Les ivoiriens découvrirent vous et votre émission C'ERA UNA VOLTA (il était une fois) grâce au documentaire LA FRANCIA IN NERO (La France en Noir). Nous imaginons tout de même que vous n’avez pas commencé à militer pour les droits des plus faibles en 2012 date de sortie de ce documentaire. Qui est Silvestro Montanaro? Pourquoi avoir choisi de lutter pour les Sans voix?

 Silvestro Montanaro est un homme ordinaire comme tant d’autres. Et c’est c’est un journaliste, c’est à dire une personne qui est payée pour raconter honnêtement la vérité. Toute la vérité. Son éditrice est ce personnage qui de plus en plus dérange et est renié. La vérité. Avec la vérité, son patron ce sont les lecteurs ou les téléspectateurs qui regardent ses reportages. Relevant du même ordre d’importance que la vérité et les téléspectateurs, ceux qui lui confient leur propre histoire et leurs souffrances. Et puis, un journaliste mieux que quiconque, est en mesure de ressentir l’injustice commise aux dépens des autres. Surtout lorsqu’elle est commise aux dépens de personnes sans défense. Comme si c’est lui qui l’avait subie. Un journaliste est naturellement la voix de ceux qui n’ont pas de voix. S’il déroge à ce devoir… il n’est qu’un vulgaire escroc.

En dehors de LA FRANCIA IN NERO quelles ont été vos réalisations les plus importantes? Avez vous jamais reçu un prix au niveau professionnel?

 J’ai eu la chance de faire le tour du monde et de vivre certaines pages parmi les plus dramatiques de l’histoire du monde. J’ai réalisé environs soixante (60) reportages d’une durée d’une heure et des dizaines d’émissions concernant les violations des droits de l’Homme, le trafic des femmes et des enfants, les méfaits et les crimes de plusieurs multinationales. J’ai eu à parler de plusieurs guerres, surtout celle en Afrique, qui sont si souvent honteusement et faussement présentées aux occidentaux comme étant de simples guerres ethniques ou tribales. J’ai raconté et fait voir que derrière plusieurs crises sanglantes en Afrique, se cachent les appétits gloutons néocoloniaux de grandes puissances et leur désir de continuer à voler les ressources de ce continent, grâce aussi à l’aide de leurs marionnettes installées au pouvoir en Afrique. Je l’ai toujours fait en citant les acteurs principaux et en apportant des preuves.

Plusieurs de mes réalisations me sont chères. Une que je chérie particulièrement, c’est celle qui parle de Thomas Sankara, le grand président du Burkina-Faso. Elle expose ses idées extraordinaires, et sa façon de vivre tout aussi extraordinaire. Et j’ai apporté dans cette émission les preuves qui inculpent les criminels qui l’assassinèrent avec l’apport de certains gouvernements occidentaux et de présidents-gansgsters des pays limitrophes.

Je crois avoir remporté toutes sortes de prix au niveau italien et international. J’ai aussi été sélectionné pour l’Oscar du documentaire. Mais le prix le plus beau a toujours été pour moi l’estime dont je jouis auprès des personnes dont j’ai racontées l’histoire, le sobriquet par exemple qui m’a été affublé en Afrique est LE GRIOT BLANC. Un vrai honneur.

 

 Et ce jour ils assassinèrent la Félicité (documentaire de Silvestro Montanaro sur Thomas Sankara)

Comment êtes vous venu à connaissance de la situation en Côte d’Ivoire? Après votre enquête et votre émission, quelle idée vous vous êtes fait de la guerre en Côte d’Ivoire?

 Je suis régulièrement ce qui se passe en Afrique. C’est sur vos terres qu’on a expérimentés et qu’on expérimente une grande partie des mécanismes diaboliques qui aujourd’hui affligent le monde. Un exemple parmi tant d’autres? L’utilisation de la dette comme méthode d’étranglement de pays entiers, et le nouvel esclavage, celui financier. Votre extraordinaire pays a vécu une dizaine d’années d’horreurs. Aucun des protagonistes sur le terrain ne peut se vanter de n’avoir pas sali ses mains de sang. Cependant, ce que même un aveugle, s’il est honnête pourrait remarquer, c’est qu’une grande main blanche très souvent, s’est interféré entre les protagonistes, et parfois même a orienté votre tragédie. La France a de fait combattu un président démocratiquement élu et elle l’a combattu parce que ce dernier était opposé à ses diktats et aux intérêts de la France. La France a voulu éliminer une expérience qui, bien qu’ayant ses limites était tout de même une expérience d’émancipation et de souveraineté nationale.

Nous savons qu’après votre émission sur la Côte d’Ivoire, vous avez subi beaucoup de pressions tant de la part des autorités ivoiriennes que de la RAI votre entreprise. Pouvez vous nous raconter tout ce que vous avez subi depuis ce jour où la RAI a transmis LA FRANCIA IN NERO?

 Les pressions sont arrivées de votre gouvernement actuel. Je peux raconter un épisode dont j’ai été protagoniste. Votre ambassade en Italie demanda une rencontre avec les responsables de la RAI, rencontre à laquelle j’ai participé. Les diplomates de votre pays bien évidemment très en colère, essayèrent de donner leur point de vue, menaçant de répercussions économiques les entreprises italiennes présentes en Côte d’Ivoire. Selon eux, mon enquête était le fruit d’un complot. Je leur expliquai que leurs menaces me laissaient indifférent. J’essayai de leur faire comprendre que j’avais tout simplement fait mon métier, racontant une vérité plus qu’évidente. Je crains qu’ils n’aient pas compris. Pour eux, il est inconcevable qu’un journaliste raconte librement la vérité.

 

 LA FRANCE EN NOIR (documentaire de Silvestro Montanaro sur la crise ivoirienne.)

L’actualité c’est la suspension de votre émission par les responsables de la RAI. Pourquoi selon vous la RAI a choisi de suspendre une émission qui d’après ce que nous savons, rapportait beaucoup d’argent à l’entreprise?

 Les motivations réelles de la RAI ne peuvent être analysées que dans un champ d’hypothèses. Essayons de ne parler que de faits. Première évidence, C’ERA UNA VOLTA était désormais depuis des années une émission gênante car trop libre et incisive. Elle avait raconté les méfaits de trop de puissants, et plusieurs parmi eux avaient exprimé leur gêne. Deuxième évidence. Au fur et à mesure que cette gêne s’exprimait, les ressources mises à la disposition de l’émission, (qui au début était acclamée comme émission de l’année) ont dramatiquement diminué rendant toujours plus difficile sa réalisation.

 Ne trouvez vous pas étrange que pour des événements qui apparemment n’ont rien à voir avec les problèmes italiens, vous ayez subi toute cette adversité? Comment l’expliquez vous?

Je vous répondrai en citant textuellement l’analyse faite par un grand syndicat colombien qui a exprimé publiquement sa solidarité vis à vis de C’ERA UNA VOLTA.

 “ les grands pouvoirs qui gouvernent le monde ont toujours tenté et tentent de contrôler l’opinion publique à travers la censure, les mensonges et le contrôle des moyens de communication dans tous les coins et recoins du monde. Étant patrons d’une grande partie des télévisions, des radios, des productions cinématographiques et des grands journaux, les grandes entreprises multinationales influencent de façon importante notre vision de la réalité”

 Bref, le monde est de plus en plus interconnecté, et les intérêts qui le régentent n’admettent pas des voix dissidentes ou critiques. Pire encore si vous vous permettez de raconter qu’en Côte d’ivoire, au prix de milliers de vies et d’années de souffrances pour un peuple tout entier, il a été écrit un nouveau chapitre de la recolonisation de l’Afrique, de la modification de ses frontières et du contrôle despotique de ses ressources au profit de l’occident.

 Une pétition en Ligne déjà signée par Stefano Rodotà (candidat classé deuxième à la récente élection présidentielle en Italie), Gino Strada ( fondateur d’EMERGENCY), don luigi Ciotti (président et fondateur du groupe EBELE E LIBERA) Cicilia Strada (Présidente d’EMERGENCY), Fiorella Mannoia (star de la musique italienne) a été lancée par certains de vos amis et soutiens. Qu’est ce que vous espérez de cette pétition?

 L’objectif minimum est que la RAI, qui existe grâce surtout à la redevance audiovisuelle payée par tous les italiens afin qu’elle assume le rôle de service public, respecte la volonté de tous ceux qui sont entrain de signer cette pétition en ligne, et revienne sur sa décision en remettant dans sa programmation C’ERA UNA VOLTA.

 L’objectif plus ambitieux est celui de faire croitre la prise de conscience selon laquelle sans vraie et bonne information sur ce qui se passe réellement dans notre monde, l’on ne peut pas se définir démocratique. Pour qu’il y’ ait démocratie, il faut un contrôle populaire. Pour exercer ce contrôle, nous devons être informés. Si nous ne le sommes pas, nous serons contrôlés par cette même minorité qui n’est intéressée que par ses sales intérêts.

 Et s’il y’ a une bonne information, les peuples pourront découvrir leur similitudes, découvrir qu’ils ont mêmes intérêts et pourront ainsi collaborer afin de lutter ensemble. Croyez vous que le peuple français serait heureux de savoir qu’il est gouverné par des personnes qui ont les mains pleines de votre sang et de l’argent qu’ils vous ont volé?… C’est pour cela que les puissants craignent la bonne information.

 Comme vous l’avez dit plus haut, vous et votre émission êtes la preuve que le monde est désormais entre les mains de puissances qui transcendent les frontières géographiques. Pensez vous qu’il existe l’espoir qu’un jour la justice puisse prévaloir? Est il utile continuer à se battre pour les droits des plus faibles?

 Chacun de nous représente les jambes du rêve d’un monde meilleur. Sans ce rêve que nous devons rendre concret, réaliser au plus tôt, notre vie à tous n’aurait pas de sens, mon travail serait inutile. Et à travers le monde, même en Afrique, je vois plusieurs jambes qui sont en marche. Des expériences de gouvernement extraordinaires en Amérique latine, le rôle toujours plus important des femmes, les mouvements qui critiquent le pouvoir absolu du monde de la finance. Ainsi, même s’il est vrai que dans l’histoire de l’humanité jamais comme aujourd’hui autant de pouvoir n’a été concentré entre les mains d’une minorité, il est aussi vrai que l’espoir est en marche, il court presque. Ils ne pourront pas, personne ne pourra plus l’arrêter.

 Un dernier mot pour tous ceux qui vous liront surement nombreux?

  La liberté, la justice, le bonheur ne sont pas un don du ciel ou un cadeau “généreux” offert par tel ou tel autre puissant. Ce sont les femmes et les hommes, qui habitent dans ce grain de sable de l’univers appelé Terre, qui pourront les rendre possible. Comment? En s’engageant la tête haute, en luttant, de façon non violente, afin que la vie de tous, et pas seulement celle d’une minorité d’élus, soit une vie digne d’être vécue, et non une triste survie et l’esclavage.

Pour signer la pétition en ligne Cliquez ICI


Source: COTE D'IVOIRE INFO

samedi, 09 novembre 2013

GEORGES TAI BENSON: «GBAGBO EST MON FRERE ET JE NE LE RENIERAI JAMAIS MEME SI JE DOIS MANGER DU SABLE»


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En accordant une interview à l’homme de media Georges Taï Benson, Le Nouveau Réveil proche du PDCI s’attendait surement à le voir renier le président Gbagbo compte tenu de la galère qu’il traverse aujourd’hui. Mais l’homme est resté digne et sur ses positions. Dans cette interview, il donne une leçon de reconnaissance à tous ceux qui après avoir bénéficié des largesses du président Gbagbo le vouent aux gémonies. Simplement émouvant.

 

Monsieur  Georges  Taï  Benson, comment  vous  vous  sentez aujourd’hui ?

Je me sens mal, très très mal. Et je ne sais pas pourquoi. Je voudrais d’abord me présenter aux lecteurs. Je suis Taï Benson,  puisque  Georges  ne  figure pas  sur  mes  papiers  officiels,  parce que  je  suis  un  chrétien  de  dernière heure.  Taï,  c’est  mon  prénom  contrairement  à  ce  que  pensent  les  gens de l’Ouest, je ne suis pas de chez eux (rires). Je  suis  d’origine  ghanéenne, puisque  c’est  le  point  commun  des akan.  Mon  père  était  bijoutier  et  ma mère,  ménagère.  Je  suis  né  d’une fratrie  de  près  de  26  enfants.  Je  sais que mon père a eu 4 à 5 femmes dans sa  carrière  d’homme.  J’ai  grandi  à Grand-lahou auprès de ma grand-mère où j’ai fait le Cp1 au Cm2 de 1952 à 1958. Au collège, je n’ai fait que deux ans et je n’ai jamais mis mes pieds en classe de 5eme. Je vais mal parce que la  politique,  que  je  n’ai  jamais  faite, est  venue  détruire  ma  vie. Socialement,  je  me  porte  mal,  mais moralement, très bien. Je suis très fort.

L’histoire  de  la  Télévision  ivoirienne  se  confond  avec  le  nom  de Georges  Taï  Benson.  Quels  sont vos  rapports  avec  votre  ancienne maison?

Ecoutez, je souhaiterais être clair. Car si  c’est  pour  vous  parler  d’aujourd’hui, alors ça va être difficile, parce que je suis un Gbagbo môgô ; c’est-àdire des gens qu’on évite. Mais, mes rapports  avec  la  Télévision,  avec  la Rti ont très été  affectifs. Je suis entré à la Télévision le samedi 06 juin 1964, comme  on  le  dit  vulgairement,  je  ne connaissais pas encore. J’avais à peine 18 ans. Et j’en suis sorti très tard, la cinquantaine  passée.  Cela  veut  dire que  j’ai  passé  à  la  Télévision,  la majeure  partie  de  ma  vie  où  j’ai  eu tous les honneurs, mais aussi tous les tracas.  Figurez-vous  que  je  suis  d’un niveau  5ème.  C’est-à-dire,  quand  on parle  de  diplôme,  je  ne  peux  qu’exhiber  le  Cepe.  Mais  moi,  je  vous  ai toujours  dit,  jetez-moi  les  fleurs  de mon  vivant.  J’aime  les  fleurs  à  titre costume  qu’à  titre  posthume.  Pour cela, je me jette les fleurs moi-même, quand  on  ne  me  les  jette  pas.

Aujourd’hui, bien qu’étant de niveau 5ème,  je  peux  discuter  d’égal  à  égal avec beaucoup de personnes qui sont de  niveau  très  supérieur  que  moi. Mais, on ne m’a jamais payé que par rapport à ce diplôme.

Voulez-vous  dire  que  la  Rti  ne vous  a  pas  récompensé  par  rapport à ce que vous aviez fait ?

Non,  la  Rti  ne  peut  pas  me  récompenser outre mesure, parce que la Rti n’est  qu’une  branche  de  la  fonction publique, malheureusement pour moi.

C’est maintenant qu’il y a des Epn ou je ne sais trop quoi d’autres. Je dis que la  Rti  est  aveugle,  voire  sourde.  Elle ne voit que ce qu’elle a imprimé dans ses règlements. A la Rti, je n’ai jamais touché 350.000fcfa tout le temps que j’y  ai  passé,  sauf  lorsque  je  suis devenu conseiller du directeur général à  l’époque,  avec  une  indemnité  de 75.000fcfa. Je ne veux pas trop parler de cela, parce que j’aurais dû tempêter en son temps avec la grand aura que j’avais. Mais, ce n’était pas important pour  moi  jusqu’au  jour  où  je  devais payer  l’école  de  mon  enfant.  Puis, contrairement  à  ce  que  beaucoup pensent,  aucun  de  mes  enfants  n’a fréquenté  une  école  publique.

Egalement  aucun  de  mes  enfants  n’a eu  aucune  bourse,  aucune  prise  en charge  pour  l’extérieur  ou  quoi.  J’ai toujours  tenté  de  payer  pour  mes enfants,  les  écoles,  les  meilleures.  Je n’ai  jamais  pleurniché  pour  ça.  Et mon épouse s’est toujours battue pour nos enfants.

Mais, il y a tout de même eu vos moments  de  gloire  à  la  Rti  sous Houphouët et on devine aisément que vous aviez eu beaucoup d’argent à l’époque ?

(Rires)  c’est  vrai  qu’il  y  a  eu  une membre de la famille qui est venue se marier  à  moi.  Mais,  en  tant  qu’akan, ce n’est pas moi qui vais aller demander  quoi  que  ce  soit.  Je  ne  veux  pas trop m’étaler là-dessus. J’ai bénéficié du soutien du président. Quand je me suis marié, il nous a offert une maison.

Ecoutez-moi bien, quand j’emmenais les  artistes  à  Yamoussoukro  à l’époque,  (les  gens  que  je  vais  citer vivent encore) le président Houphouët m’appelait  des  fois  à  4  heures  du matin,  pour  me  dire  par  exemple "Benson,  prépare  le  spectacle  avec François  Lougah,  Allah  Thérèse, Aïcha Koné et bien d’autres". Quand je reçois les consignes, je pars immédiatement  informer  mon  patron,  Ben Soumahoro. Cela me dérangeait souvent qu’il m’appelle au-lieu d’appeler mon  patron,  bref.  Sur  les  lieux,  je présente  le  spectacle  et  Abdoulaye Diallo se tenait à la descente du podium.  Quand  chaque  artiste  finit,  il reçoit un million de sa main. Et quand vient  mon  tour,  il  me  dit  :  "Tiens, Benson,  toi,  c’est  la  famille".  C’est Monsieur  Zaher,  un  Libanais  qui  me donnait  10.000fcfa  pour  retourner  à Abidjan. Allez-y  comprendre et c’était presque comme ça tout le temps. Pendant  qu’on  loge  les  petites  secrétaires  qui  accompagnent  les  gens,  à l’hôtel  président,  on  nous  logeait  au Cafop. On dit beaucoup de choses sur Benson. C’est vrai, c’est une vedette, c’est normal. Mais, vous savez que les rumeurs  ont  ceci  de  tenace  et  je  suis en  train  de  boucler  mon  livre  là-dessus. Je ne suis pas de ceux qui ont eu  des  milliards  avec  Houphouët.  Le président  Houphouët  m’admirait beaucoup et je pense qu’il en a donné à  des  gens  et  cela  ne  m’est  pas  parvenu,  je  ne  sais  pas.  Non  plus,  je  ne suis pas de ceux qui vont pleurnicher pour  demander  telle  chose  ou  telle autre au président, jamais.

Etes-vous aujourd’hui un homme frustré ?

Non, je suis plutôt comblé par la réussite  que  j’ai  eue  dans  ma  profession. Je suis un peu étonné par le comportement  de  certaines  personnes  à  mon égard.  Frustré,  je  ne  connais  pas exactement  la  signification  du  mot, mais  je  me  pose  des  questions.  Et  je me  dis  aussi  que  j’aurai  pu  recevoir autre  chose  comme  récompense,  que ce que je reçois de la part de certaines personnes  qui  racontent  n’importe quoi sur moi. La rumeur est difficile à effacer,  à  éteindre.  C’est  pourquoi, nous devons faire très attention quand on parle. Il y a des choses qu’on peut rattraper, mais l’eau qui est versée, on ne  peut  plus  ramasser.  La  parole  est comme  cela,  ne  fois  qu’elle  est prononcée. Je ne suis pas frustré, mais je ne suis pas content. Je me dis qu’on aurait dit autre chose de moi et je me serais  peut-être  conduit  autrement. Vous  savez,  j’étais  trop  célèbre  et  je pense que je le suis encore.

Oui  mais  n’est-ce  pas  votre  attitude qui vous a mis dans cette situation.  D’aucun  diraient  même que  vous  viviez  au-dessus  de  vos moyens?

Vous  ne  me  connaissez  pas  je  pense bien. En tout cas, vous ne me connaissez pas. Je n’ai jamais habité une maison avec jardin. Je n’ai jamais eu une  4×4 rutilante, tout le monde me connait  à  Abidjan  ici.  Je  roule  toujours dans  les  petits  véhicules  d’occasion. Je  n’entretiens  pas  des  maîtresses  à outrance, je ne connais pas le goût du champagne, je ne fume pas. Je ne suis pas un bon vivant, encore moins vivre au-dessus  de  mes  moyens.  Je  vise plutôt au-dessus de mes moyens, mais pour assurer l’avenir de mes enfants. J’ai même tenté de les envoyer à l’extérieur à mes propres moyens cela n’a pas  abouti,  parce  que  je  n’ai  pas  eu l’argent nécessaire. Quand je vous dis que je n’ai jamais touché 350.000fcfa, croyez-moi, c’est la vérité. Je ne roule pas  carrosse,  donc  je  ne  vis  pas  au dessus de mes moyens.

Combien d’enfants avez-vous?

J’en ai six au total. Quatre d’un premier lit et deux d’un deuxième lit. Ce sont  mes  enfants  et  je  n’en  ai  pas honte. J’ai fauté vis-à vis de la loi ou je ne sais pas quoi ? Mais vis-à-vis de mon  cœur,  j’ai  six  enfants.  Georges Taï  Benson  a  côtoyé  tous  les  présidents, ça doit être beaucoup d’argent.

Mais, je m’en vais vous dire que je ne travaille pas avec les présidents pour de  l’argent.  Demandez  au  président Bédié, il vit encore. Combien de fois il m’a donné de l’argent ou même je suis allé à son bureau. Le président Bédié m’a aidé et terriblement  bien. Un jour où  je  devais  faire  venir  des  Sud Africains ici pour une manifestation et pour  un  problème  que  j’ai  eu,  je  ne devrais  plus  les  faire  venir.  C’est  là que  quelqu’un  m’a  conseillé  d’aller voir le président Bédié. Sincèrement, ce n’est pas quelqu’un que je fréquentais tous les matins. J’ai dû forcer pour y arriver. Il m’a reçu. Au final, il m’a donné  les  moyens  pour  aller  les chercher. Ils ont fait leur travail et sont retournés.  Je  n’oublierai  jamais  cela. J’ai  toujours  remercié  le  président Bédié  pour  cela.  Demandez  aux Abdoulaye Diallo, combien de fois ils m’ont  remis  de  l’argent  de  la  part d’Houphouët. Et pourtant, il y en a qui ont  des  compagnies  de  bateaux,  des sociétés  immobilières,  qui  sont  Pdg etc. j’ai été directeur à la télé, moi ?

Pourtant, tout le monde s’accordait à dire que j’étais le meilleur. Etant parent  d’Houphouët,  j’aurais  pu  être directeur de la télévision. Pour  moi,  quand  Ouégnin  m’appelle au  lendemain  d’un  journal  télévisé pour  me  transmettre  les  félicitations du  président,  ça  me  suffisait,  parce que j’étais fier de moi. Mais, il y a des confrères qui vont faire des interviews chez  Houphouët  et  profitent  pour  lui dire, Président, je suis mal logé. Pareil chez  Gbagbo  et  on  leur  donne  une maison, on leur donne 50 millions. Ils sont  là  et  se  reconnaitront  dans  mes propos.  Trop  de  choses  se  racontent sur moi, mais hélas, ça me glisse sur le dos.  On  m’accuse  d’avoir  fait  des bêtises.

Pensez-vous qu’on vous accuse à tort pour rien?

Des bêtises ! J’en ai fait plein, puisque j’ai trompé ma femme. Et puis, je ne suis  pas  un  saint,  sauf  que  je  ne  l’ai pas fait au niveau de mon service. Je n’ai  fait  que  de  grands  trucs,  de grandes  manifestations  qui,  parfois, m’ont rapporté du sou, comme il y en a qui m’ont coûté. J’ai même construit un  hôtel  par  les  soins  d’un  ami  ministre qui m’avait mis en contact avec un  operateur  expatrié.  Tout  de  suite, les  gens  ont  pensé  que  c’était Houphouët.

Que gardez-vous de votre collaboration  avec  le  président Houphouët durant tout ce temps ?

De  quoi  voulez-vous  parler  encore, d’argent ?  Si  oui,  c’est  que  Joseph Diomandé a dû gagner plein. Puisqu’il a  fait  mieux  que  moi  auprès d’Houphouët.  Et  pourtant,  c’est  moi qui  le  dépannais  des  fois  quand  il tombe  en  panne  sèche.  Pendant  ce temps,  il  s’achemine  vers  l’aéroport pour  couvrir  l’arrivée  d’Houphouët d’un voyage. Cher petit frère, je te dis toute la vérité. Nous n’étions que des employés et n’avions que nos salaires.

C’est au nom de la Rti que je suis toujours parti à Yamoussoukro et non parent  d’Houphouët.  D’ailleurs,  je  n’ai fait  que  marier  sa  petite  fille  et  non moi-même son parent. Quand il remet 20 millions à Aïcha Koné pour ses 20 ans  de  musique,  pensez-vous  qu’il m’en donne aussi ? 

Je  voudrais  qu’on  revienne  sur votre  collaboration  avec  les  différents  présidents.  Après Houphouët,  aviez-vous  pratiqué le  président  Bédié ?  Le  connaissez-vous personnellement ?

Je ne le connais pas personnellement sauf  pendant  qu’il  était  ministre  de l’Economie et des finances et non en tant que président de la république. Ila été notre premier invité à l’émission fauteuil  blanc  que  je  réalisais  et  que Ben Soumahoro produisait et présentait.

Ben Soumahoro m’a demandé d’aller chez monsieur Bédié pour le coacher un  peu  en  audiovisuel,  lui  donner quelques  astuces  de  la  télévision. Dans ce cadre, j’ai été deux fois chez lui.  Nous  nous  sommes  vus  une  fois chez monsieur Henri Kouassi à table où  il  m’a  taquiné  un  soir.  Ce  que  je retiens de lui, c’est que très tôt, il s’est mis à la vie publique. Et je me plais toujours à dire que la Côte d’ivoire a certes  été  inspirée  par  le  président Félix Houphouët-Boigny mais la main qui  a  fabriqué  la  Côte  d’Ivoire,  c’est Henri  Konan  Bédié.  C’est  Henri Konan  Bédié  qui  a  su  choisir  ses hommes  en  les  envoyant  en  Europe, aux  Etats-Unis  se  former.  Qui  a  su imaginer  les  grandes  choses.  Oui,  le président Houphouët avait une grande équipe  et  le  président  Bédié  était  le chef  d’orchestre.  Mais  devenu  président, je ne peux pas le juger, ça non. Autrement, je ferai de la politique or j’ai dit que je n’ai aucunement la conviction politique. Et ça, je m’interdis bien  qu’aujourd’hui,  je  souffre  de cette  politique.  Mais  sur  le  plan  professionnel,  ministériel,  vraiment,  les choses que j’ai vues sous le président Bédié  :  les  Agripac,  les  Distripac  et Sodé,  c’était  formidable. Malheureusement,  il  a  été  trahi  par ceux qu’il a choisis à la tête des Sodé et je lui dirai quand j’en aurai l’occasion  un  jour.  Ils  se  sont  servis  plutôt que  de  servir  le  pays.  Le  président Bédié  était  un  visionnaire  comme Houphouët,  son  mentor.  Le  miracle ivoirien dont on parle tant, Bédié y est pour beaucoup et j’en parle dans tous les cercles.

Après  les  présidents  Houphouët, et Bédié, arrive Robert Guéï  C’est  de  triste  mémoire  (Ndlr  :  un soupire).  Mes  malheurs  ont  commencé  avec  le  coup  d’Etat.  C’est dommage, il ne vit plus parce que je n’aime  pas  parler  des  gens  en  disant leur  nom.  J’avais  mon  agence  Régie 12  qui,  à  un  moment,  était  mieux équipée  que  Tv2.  Comme  nul  n’est prophète  chez  soi.  Parfois,  l’on n’aimait  pas  ma  tête  dans  cette  maison. Je travaillais plus pour l’extérieur que  pour  mon  pays  quand  j’étais  à Régie 12. Je faisais des reportages à la frontière  du  Liberia  pour  Tv5  et  des télévisions  américaines  etc. Arrive  le coup  d’Etat.  L’on  m’appelle  un  jour pour  me  dire  que  le  président  Guéi veut me voir à l’Indenié chez lui. J’y vais. Il est très à l’heure, il descend. Il me demande ça va, petit frère ? Je dis, grand  frère,  ça  va.  Il  faut  que  tu regagnes l’équipe comme tu faisais les grandes  choses  pour  le  papa  afin qu’on  fasse  de  grands  trucs  comme Joseph Diomandé, Issa Sangaré. Moi, j’ai  peur  de  l’uniforme,  j’ai  peur  des coups  d’Etat  militaires,  j’ai  peur  des armes. Je lui ai dit sans penser à ma famille,  cela  me  gêne  un  peu,  vous êtes  des  militaires,  moi,  je  suis  un artiste.  Aujourd’hui,  en  culotte, demain en smoking, après demain en pantalon jean. Vous, vous n’aimez pas ça. Vous, c’est la rectitude militaire, je ne pourrai pas faire la discipline militaire. Je ne veux pas laver non plus les toilettes  au  camp  militaire.  Excusez moi grand frère ! Et il dit c’est dommage et m’a saluer. Je crois que c’était un mercredi. Le vendredi qui a suivi, je  n’étais  plus  rien.  Mon  agence  se situait derrière la Télé dans un immeuble qu’on appelait Jbg. Les gens disaient  que  c’était  mes  initiales  Jeune Benson  Georges.  J’arrive  le  matin  je vois plein de monde. Des militaires et tout. Je me suis dit que les gens-là sont là  encore.  Parce  que  c’est  par  là  ils passaient pour aller à la télé faire leurs exactions.  Mais  lorsque  je  suis approché,  je  me  suis  rendu  compte que  c’était  chez  nous.  J’arrive,  mon assistante,  mes  collaborateurs,  on  les bouscule jusqu’en voiture. J’arrive, on dit le voilà. Je n’avais pas encore garé ma  voiture,  le  temps  d’ouvrir  ma voiture, les coups de cross tombaient sur moi. Ils ont tout pris. J’avais une Chrysler  à  l’époque  pour  faire  mes reportages. J’avais deux millions pour payer le personnel et un petit matériel. "C’est Bédié qui lui a donné ça. C’est Bédié qui lui a donné ça. Prenez". Ils ont  tous  embarqué  dans  ma  voiture Chrysler au volant de laquelle se trouvait  un  militaire  qui  ne  sait  pas  conduire ma voiture. Ils ont molesté mon assistante et mon collaborateur. Déjà, à  cette  époque,  j’ai  commencé  mes malheurs  .Et  je  marchais  de  Cocody au  Plateau  pour  chercher  du  travail

Moi Benson Georges, quand je m’assoies devant quelqu’un pour dire que je cherche du travail, l’on ne me croit pas.

Et pourquoi?

Même aujourd’hui, demander du travail, je ne veux pas être directeur ou sous directeur. J’ai des idées de communication à vendre. Mais l’on ne te croit  pas  parce  que  tu  es    "gbagbo mogo". Mais à l’époque, quand tu dis que  tu  cherches  du  boulot,  on  dit  toi aussi. C’est comme cela que les gens font et puis les gens meurent de faim dans  une  cuisine.  C’est  comme  cela que je marchais de Cocody au Plateau ayant  tout  perdu.  Il  parait  que  c’est une femme blanche qui m’a récupéré pour  m’amener  à  la  pharmacie  des Arts pour me donner du magnésium

Avec Laurent  Gbagbo,  vos  malheurs  ont  cessé  puisse  que  vous atterrissez à la présidence

C’est  dans  cette  atmosphère  sans emploi,  sans  ressource,  le  courant coupé  à  la  maison.  Un  jour,  j’étais dans la voiture d’une amie puis mon téléphone  sonne,  on  m’avance l’épisode  d’un  événement  dans  ma famille. Je n’avais pas d’argent. Là où je  pensais  qu’on  en  trouvait  comme vous  dites  que  je  suis  avec  tous  les présidents, j’ai pris plein d’argent. Je vais  essayer  de  trouver  de  l’argent pour  cet  événement,  mariage.  J’entre au  Pdci-Rda,  je  ressors  avec  62  000 Fcfa parce  que  j’ai  l’habitude  de  ces gens-là  pour  qui  j’ai  travaillé,  je  me dis qu’ils vont se rappeler ce que j’ai bien  pu  faire.  J’entre  dans  le  Pdci  je ressors avec 62000 Fcfa que me donne M.  Tiapani.  Mais  pourquoi  il  me donne  ça.  Parce  que  j’avais  travaillé pour  lui  à  une  époque  pas  pour  lui mais pour son ministère. Il me devait de  l’argent.  Je  suis  sorti  avec  62000 Fcfa.  Et  j’ai  porté  ma  croix.  Ils  ont renvoyé  ma  fille  de  l’école  Mermoz parce que je ne pouvais pas payer l’école.

J’étais dans une voiture et mon téléphone  sonne.  C’était  le  président Gbagbo qui me demande pourquoi je fais  ça.  Je  dis  que  nous  sommes  des amis  d’enfance.  Même  quand  je m’opposais à ton propre grand père, tu n’as jamais de propos déplacés à mon encontre. Il me dit « viens me voir ». Je brûle tous les feux rouges possibles et  j’arrive  chez  lui  à  domicile.  Et  il propose un poste de chargé de mission

Et vous ne refusez pas le poste que vous propose l’adversaire de votre "père" ?

Ah, petit frère, dans la situation ou j’étais, un président de la République te dit  "viens  travailler  avec  moi"  je  ne vois  pas  un  seul  Ivoirien,  à  part  les militants extrémistes d’un parti, qui va refuser sur le champ. Je saute sur l’occasion  parce  que  sur  le  champ,  il appelle sa secrétaire pour qu’on réinscrive  ma  fille  à  ma  Mermoz.  Sur  le champ,  il  me  propose  un  poste  de chargé de mission mais sur le champ aussi,  je  lui  dis  "Atto"  je  n’animerai jamais  un  meeting  du  Fpi  et  je  ne ferais  jamais  partie  du  Fpi.  Il  dit  en présence  de  Monsieur  Amédée Couassi Blé que "je ne t’ai pas appelé pour ça. Je t’ai appelé pour te donner un salaire parce que les gens m’ont dit que  tu marches de Cocody au Plateau. On  m’a  dit  que  tu  mendies  et  je  ne veux  pas  que  les  hommes  célèbres tendent la main. C’est pour cela que je t’ai appelé pour te donner un bureau et un salaire. Je ne veux pas te demander de devenir Fpi ou d’animer un meeting. Le jour où j’apprends que tu es en train  de  remplir  un  document  pour devenir  Fpi  on  se  sépare".  Très  clair en présence de M. Amédé Couassi.

Et je  suis  le  seul  certainement  peut-être qu’il  en  a  eu  avant  moi  pour  qui  ce monsieur s’est déplacé pour venir voir mon  bureau.  Et  il  dit  "j’ai  dit  de  lui donner un grand bureau" J’ai dit non que c’est  moi  qui  choisi  ce  bureau.  Pour ceux  qui  sont  venus  me  voir  à  cette époque au palais, j’avais le plus petit bureau au bâtiment des conseillers au 3e  étage  sans  ascenseur.  Un  petit bureau  peut-être  même  de  douze mètres  carrés.  Pendant  tout  le  temps où je suis resté dans cette fonction, je n’ai  travaillé  que  deux  fois  pour  le président. Quand le secrétaire général des  Nations  unies  est  arrivé,  j’ai  travaillé pour lui et son épouse. Le président  recevait  le  secrétaire  général donc  j’ai  fait  l’animation.  Madame recevait  l’épouse  de  Ban  Ki  Moon,

j’ai  pris  les  artistes  de l’Ina  (Ndrl  : Institut  national  des  arts)  nous  avons joué  des  musiques  coréennes,  elles étaient  très  contentes.  J’ai  travaillé une  troisième  fois  pour  madame  à l’occasion  d’un  concours  artistique sur  la  réconciliation  où  j’ai  fait  faire des  monuments…  ce  sont  les  seules fois  où  j’ai  travaillé  pour  eux.  Mais nous avons été très clairs au départ. Il m’a engagé pour me relever du point de vue de mon honorabilité et  me donner un salaire. Je lui ai dit que je n’animerais  pas  un  meeting  du  Fpi.

De mémoire d’homme politique, il y a un ou deux meetings que j’ai animés et il y a un seul où j’ai été très actif. Ce n’était  pas  pour  animer.  On  m’avait invité,  j’étais  assis  et  un  jour  je  me suis  plaint  sur  l’embargo  sur  les médicaments. Je suis allé à l’hôpital et j’ai vu la détresse des gens. Et je suis venu crier cette détresse pour dire que je  n’étais  venu  ni  pour  Ouattara  ni pour  Gbagbo  mais  j’étais  là  pour  la Côte d’Ivoire. Et j’ai dit que c’était le moment et je risquais de porter plainte contre  celui  qui  a  pris  cette  décision parce que dans toutes les vraies guerres, il y a des couloirs de Croix rouge, des couloirs humanitaires. Mais vous savez, quand on veut noyer son chien on l’accuse de rage. On oublie ce qu’il a fait de bien. La personne dit que je ne  suis  ni  pour  Gbagbo  ni  pour Ouattara ou bien on dit  il a assisté au meeting de Blé Goudé…

C’est  ce  que  l’on  dit,  que  vous avez  assisté  au  meeting  de  Blé Goudé, que vous le coachez et que Gbagbo est votre ami au-delà du conseiller simple que vous étiez ?

(Ndlr :  il  hausse  le  ton)  Ah  non, Gbagbo n’est pas mon ami, il est mon frère. Ah non, je ne renierai pas et je ne renierai jamais Monsieur Gbagbo, il n’est pas mon ami, c’est un frère. Je te prie d’écrire cela en lettres majuscules.

Qu’est-ce qui vous a marqué chez ce Monsieur ?

Chez qui ?

Chez Gbagbo.

Sa fidélité à l’amitié, à la fraternité

Vous  qui  sortez  du  Pdci  vous n’avez  pas  connu  ces  qualités chez un membre de ce parti?

Ah, je ne suis pas Pdci. Je ne sors pas du  Pdci.  J’ai  servi  le  Pdci  en  tant qu’employé. Le Pdci me l’a fait bien comprendre  parce  qu’on  ne  m’a jamais  mis  dans  un  organe  du  Pdci. Nous avons eu en stage la formation de certaines personnes qui ont été très vite  coachées.  Bureau  politique, comité directeur, des jeunes à la radio, à  la  télé.  Je  ne  veux  pas  citer  des noms. Mais moi Benson, l’on ne m’a jamais coaché.

Est-ce  que  vous  avez  cherché  à comprendre ?

Mais pourquoi je vais chercher à comprendre ?  Cela  ne  m’intéresse  pas.  Ce qui m’aurait intéressé, c’est qu’on me nomme directeur général de la Rti ou directeur  de  la  Télévision.  Mais  cela n’a jamais été fait. Je ne suis pas un quémandeur.  Aujourd’hui,  je  suis obligé  de  mendier,  de  quémander. Mais je n’ai jamais été quelqu’un qui demande les postes. Il y a des jeunes qui  ont  été  directeurs  généraux, directeurs…

Et  aujourd’hui,  comment  vous vivez, vous quémandez, où vivez-vous,  comment  vous  passez  vos journées ?

Tu  me  trouves  dans  un  espace  de bureau et tu vois la pile de papiers. Je crée.  Je  continue  de  créer  mes  émissions le temps que quelqu’un se dise qu’il a besoin de Benson. Aujourd’hui je vis misérablement à Yopougon.

Est-ce  que  vous  avez  cherché  à rencontrer  le  président  Ouattara ?

Pourquoi ?  Moi,  on  m’a  toujours appelé. Je n’ai jamais demandé. Et je suis désolé, on m’a toujours appelé. Je n’ai  jamais demandé à rencontrer  les  présidents Houphouët, Bedié, Guéi ; Gbagbo et je ne demanderai jamais à rencontrer quelqu’un. Jamais ! J’ai écrit des lettres où je me suis humilié à cette époque (sous Ouattara). Quand  j’ai  eu  mon  accident  en  mission, j’ai eu un problème de bras, j’ai écrit qu’on me dédommage, qu’on me soigne comme l’avait promis le président Gbagbo. Je me suis humilié dans ces courriers-là. Humilié, je vous dis petit  frère.  J’ai  regretté  après  parce que je pensais rencontrer de l’humanisme,  de  la  compréhension.  J’ai  rencontré  certaines  personnes  qui  m’ont écouté  et  puis  rien.  J’en  ai  rencontré une  qui  a  été  sincère  avec  moi  et  je remercie cette personne que je considère toujours comme un frère. Mais il m’a mis des choses dans mes oreilles, il m’a traité de collabo et de traitre. Tu es un collabo, tu es un traitre "tu sais ce qu’ils ont fait aux femmes qui ont eu  des  relations  sexuelles  avec  les Allemands pendant la guerre. On les a rasées et on les a mises nues. Et on les a  promenées  dans  le  village.  Les hommes, on leur a mis une balle dans la  tête.  Je  te  regarde,  je  ne  sais  pas quoi te faire " Il m’a traité de collabo dans  son  bureau,  il  m’a  insulté.  "Toi Benson, tu es une icône, le président t’aime beaucoup. Mais tu as refusé de venir au Golf. Tu  es resté avec l’adversaire. Tant que nous serons là, toi Benson, tu n’auras rien. Nous sommes là pour longtemps".  Je cherche un pays où aller pour finir ma vie parce que je sais que je n’aurai rien dans mon pays. Je suis né le vendredi  25  janvier  1946  à  Treichville.

Les seules fois où je suis sorti de mon pays,  c’était  pour  aller  apprendre  le métier ou aller en reportage. Mes parents sont originaires du Ghana. Je ne m’en cache pas. Je ne connais pas le Ghana. J’y suis allé pour jouer au volley-ball. Je ne connais que la Côte d’ Ivoire.

Vous  n’êtes  pas  Pdci,  vous  êtes peut-être Fpi ?

Je  suis  Georges  Benson,  réalisateur producteur  de  télévision.  Je  n’ai jamais payé une carte d’un parti politique  et  je  n’en  prendrai  jamais.  J’ai travaillé pour le Pdci en tant que technicien de l’animation de la télévision.

Quant à Joseph Diomandé, je ne pense pas  qu’il  ait  pris  une  carte  du  Pdci. Quand arrive le congrès du Pdci, nous nous  mettons  tout  naturellement  à  la disposition  du  parti  et  avec  l’Etat parce que c’était le parti unique. L’on coupait  nos  cotisations  à  la  source sans  notre  avis.  Voici  pourquoi  nous étions  Pdci.  Quand  vous  nous  voyez animer les meetings du Pdci, c’était au titre  de  la  Fonction  publique.  Je  suis allé  à  la  Présidence  pas  au  nom  du Fpi.

Est-ce  que  vous  regrettez  de n’avoir pas été au Golf ?

Non. Je ne regrette pas. Je vais vous expliquer.  Je  n’ai  pas  de  conviction politique. J’ai servi les présidents qui étaient sur le trône. Parti unique, nous sommes  obligés.  Ton  directeur  te  dit que tu vas au congrés du Pdci à la fin du congrès, tu seras l’animateur de la soirée.  Tu  vas  dire  quoi ?  Les  gens font  la  confusion.  Comme  ce  monsieur  qui  m’a  agressé  au  maquis Aboussousan après le dernier congrès. Comme  d’habitude,  je  déjeunais  à l’Aboussouan comme tous les samedis et ils sont venus, ils ont dit : voilà les traitres.  Je  l’ai  bien  lavé  et  je  lui  ai expliqué  qui  j’étais.  Vous  pouvez demander à Fologo si j’ai été coopté comme ils l’on le fait pour les jeunes du Bureau  politique,  Grand  conseil  etc.

Ma  fille  aînée  dit  un  jour,  même Grand conseil où il y a 2 millions de personnes,  tu  n’es  pas  dedans  aussi. Une fois, j’ai appelé Fologo pour dire que  voici  ce  qui  m’arrive.  Il  m’a  dit qu’il y a une liste additive, il faut voir Ehui Bernard. Et j’ai appelé Ehui pour dire, vous aussi, vous allez me mettre sur  une  liste  additive.  Donc  voici  le malentendu.  Vive  le  Pdci,  vive Houphouët ! C’était  au  titre  de  la Fonction publique. Je n’ai jamais participé  à  une  section  de  quartier.  J’ai fait plus pour le Pdci que ceux qui se disent  vrais  militants.  J’ai  fait  beaucoup surtout pour les candidats Pdci.

Comment  jugez-vous  l’environnement  politique  aujourd’hui  en Côte d’Ivoire?

Quels  conseils  je  vais  donner  à  des gens  qui  sont  Agrégés,  Phd ?

Lorsqu’on  parle  de  réconciliation,  il faut  qu’on  se  présente  en  réconciliateur.  Qu’on  crée  l’environnement  de la réconciliation. Parce que les propos que  j’ai  entendus  de  ce  monsieur, "tant qu’on sera là, tu n’es pas venu au Golf" ne sont pas des propos de réconciliation. Mais je dis merci à ce monsieur parce que je sais ce à quoi je dois m’attendre. Désarmons nos cœurs. La vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain.  Beaucoup  d’Ivoiriens  n’ont pas la culture des armes. Nous avons eu  peur  des  armes  parce  que  nous n’avons pas cette culture. Faisons en sorte  que  plus  personne  n’ait  accès aux armes. Acceptons même les pires "ennemis".  Faisons  honte  à  l’adversaire en le recevant. Prions que ceux qui sont croyants disent que si l’on te gifle il faut tendre l’autre joue. Il faut pardonner.  L’on  sait  que  c’est  toi  le vainqueur et si tu appelles l’autre, cela te  grandit.  L’environnement  est  très difficile.  Les  gens  vivent  difficilement. Les gens, souvent dans les taxis ils se  plaignent.  Surtout  faites  attention ils sont plein d’espions, ne parlez pas trop. Des gens sont venus trouver un  trou.  Laissez-les  mettre  le  trou  à niveau.  Prenons  le  temps.  Parfois  je suis très critique avec le régime parce que je suis dans ce pays mais au total pardonnons-nous.  La  femme  qui voulait  m’engager  pour  faire  l’anniversaire  du  Pdci,  je  lui  ai  dit,  on vous dit de ne pas travailler avec moi. Elle a dit oui car les gens lui ont dit que  j’ai  travaillé  avec  Gbagbo.  Mais c’est quel crime. Je dis la vérité dans "Le  Nouveau  Réveil",  c’est  quel crime de travailler avec Gbagbo ? Vu m’avez-vous  avec  un  fusil,  avec  un tank, avec une orgue de Staline ? Vous m’avez vu dans un meeting ? Mais si nous  devons  dire  des  choses  nous devons  crever  l’abcès.  Gbagbo  est mon  frère  et  je  ne  le  renierai  jamais même  si  je  dois  manger  du  sable. 

Mais en même temps au Fpi, au Pdci, au Rdr, j’ai des amis mais on ne m’a jamais  accepté  vraiment.  Au  palais, quelqu’un était venu et les gens l’ont pris pour un traitre qui a mangé avec ceux  qui  les  ont  frappés  avant.  Et Gbagbo n’a pas apprécié et il dit qu’il ne voulait plus entendre cela. Dans un chapitre de mon livre, j’ai mis GTB, une erreur nationale.

N’y  a-t-il  pas  un  sort  qui  vous suit?

Peut être que je n’ai pas fait les gestes qu’il  fallait  pendant  un  moment. C’est-à-dire  tendre  la  main. Aujourd’hui, je suis obligé de le faire pour  assurer  le  quotidien,  je  suis obligé. Moi, je suis un battant.

Est-ce qu’aujourd’hui, vous avez un  compte.  Combien  avez-vous dans le compte si ce n’est pas un secret ?

Je n’ai pas de compte. Et je n’ai rien. J’avais un à la Cnce mais il est vide.


Interview réalisée par Patrice Yao et Dieusmonde Tadé.

Collaboration: Coulibaly Foumséké.

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Réveil" du 7 Novembre 2013.


Source: Le blog de Steve Beko