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mercredi, 28 mars 2012

DIFFICILE ASCENSION DU SOMMET DE LA CEDEAO A ABIDJAN


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Je viens de lire les discours d'introduction et de conclusion de Ouattara, Président non élu de la Côte d' Ivoire, plébiscité au rang de Président de la CEDEAO ! « Qui peut le plus, peut le moins » !

Suite et fin donc, de cette rencontre inutile, relayée en détails par la presse aux ordres, et qui donne à Ouattara des paroles pour la Communauté Internationale, des paroles « fortes », mais qui en dehors de cet évènement déjà boudé par les chefs d'état invités - 6 présents sur les 15 convoqués - va rester dans les annales comme le sommet-« coup d'épée dans l'eau » ! En effet, comment un Ouattara incapable de faire advenir en Côte d'Ivoire le calme, l'apaisement et la réconciliation, peut-il donner au Mali l'impulsion bénéfique nécessaire, d'autant plus que prôner un retour à la démocratie et l'application des règles constitutionnelles, ferait sourire, si la situation en Côte d'Ivoire n'était pas aussi tragique, dramatiquement absurde ! Alors que tout à été bafoué là-bas, Ouattara nous parle depuis Abidjan, et appelle de ses vœux la démocratie et le retour au dialogue de toutes les factions, au Mali ! C'est exactement le contraire qu'il applique en Côte d'ivoire !

Mais voilà, Ouattara ne fait que lire un texte que les conseillers en communication blancs lui ont soumis, et alors peu importe que maintenant noir devienne blanc, ou l'inverse ! L'essentiel est que Ouattara joue bien son rôle de potiche dans la CEDEAO, comme il le fait en Côte d'Ivoire et que les intérêts blancs soient protégés !

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« Des millions d'Africains et le monde entier nous regardent et fondent en nous l'espoir d'une sortie de crise décisive et porteuse d'espérance » Là encore, c'est la mégalomanie du manipulateur de la potiche, ou de la marionnette qui parle ! En fait, ce dernier est dévoilé ! Même si les français ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe en Afrique, - et on les a dissuadés de s'y intéresser -, ils réalisent bien que le véritable homme fort de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique se trouve à La Haye et qu'il va nous servir le 18 juin prochain, un discours  moins lénifiant que celui du Jocond, l'homme à l'éternel sourire « Cheese » « Tout va bien mais je ne parle qu'en présence de l'hélico-protecteur au dessus de ma tête, et de mon escorte mobile blindée ! »

« Nous ne pouvons nous permettre d'hésiter au risque de laisser ce pays, qui s'est doté d'instruments démocratiques précieux depuis plus de deux décennies, sortir de l'histoire à reculons », dit encore le clone de l'Elysée, reprenant  le thème de l'Africain qui n'est pas encore entré dans l'histoire, en 2007, à Dakar, lorsque Sarkozy l'africain se déguisait en gentil loup pour mieux entrer dans la bergerie ! Maintenant cinq ans ont passé, l'Afrique est rentrée dans l'histoire de la recolonisation forcée, « La stabilité est le gage du développement de nos pays qui n'ont que trop souffert de situations anachroniques et anti-démocratiques. » Entendez : il nous faut pour le Mali un carcan préfectoral calqué sur celui de la Côte d'Ivoire, afin que la France puisse l'immobiliser, et telle une sangsue la sucer, la vider, jusqu'à l'agonie ! Si Atta Mills président du Ghana, ne semble pas d'accord avec la résolution prise par la CEDEAO, puisqu'il est rentré chez lui sans avoir signé l'acte de la conférence,  les autres présidents-fantoches, Compaoré en tête, suivi de Yayi, Sirleaf, Mahamane, et GoodLuck, eux, ont répondu « présent » à l'appel du Kapo Ouattara, à croire que le vampire France les a déjà entièrement et définitivement vidés de leur sang. Tout ce beau monde est en effet persuadé de jouer un rôle important dans l'histoire africaine, alors qu'ils ne sont que de simples figurants, pour préparer l'entrée en scène de la Bête immonde occidentale, qui au nom de ses valeurs humanitaires perverties, ne sème que la division, le chaos et la mort sur son passage.


Shlomit Abel


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE

LA DELINQUANCE EN TREILLIS, EPIDEMIE OUEST-AFRICAINE


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La vitrine est en mille morceaux. Dix ans après sa première élection présidentielle pluraliste, qui a permis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Oumar Konaré, le Mali retourne à la case départ. C'est-à-dire à la case coup d'Etat. Et ce pénible recommencement décontenance une opinion publique continentale qui avait érigé ce pays sahélien finalement fort peu couvert par les médias internationaux en «modèle» démocratique. Et si une des premières leçons du putsch militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré est qu'il faut plus que jamais se méfier, dans nos analyses, des «vitrines», des «modèles» et des «laboratoires» ? Nous devons bien nous convaincre de ce qu'une alternance ne fait pas la démocratie. Un regard plus exigeant sur l'expérience politique de ces deux dernières décennies au Mali pourrait en effet appeler à plus de circonspection. Ce qui s'est passé se résume finalement assez rapidement : auteur d'un putsch surfant sur un soulèvement populaire, Amadou Toumani Touré a laissé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré qui s'est débrouillé pour le lui rendre à travers de redoutables manœuvres.

Si un des signes de la démocratie est l'existence d'une majorité contredite par une opposition parlementaire forte, l'on ne peut pas vraiment dire que le Mali d'Amadou Toumani Touré se caractérisait par un tel équilibre. Président sans parti, «ami de tous et ennemi de personne», arbitre des élégances au sein d'une grande tontine politique à laquelle tous participaient et à travers laquelle tous se tenaient, ATT, le militaire à la retraite, n'a pas non plus bénéficié du soutien d'une armée qu'il aura contribué à convertir durablement aux vertus républicaines. Il quitte le pouvoir alors que l'intégrité territoriale de son pays n'a jamais été aussi menacée. Il laisse une troupe déboussolée et des officiers discrédités par de persistantes accusations de corruption. Là est peut-être son plus grand échec historique, au regard de son parcours d'officier et d'homme d'Etat.

L'on peut analyser les derniers développements maliens à travers plusieurs grilles de lecture. Impossible, par exemple, de ne pas noter que le récent coup d'Etat est un effet collatéral des rébellions du Nord, qui sont elles-mêmes la conséquence de la déstabilisation de la Libye par une coalition occidentale qui n'éprouve étrangement ni remords ni sentiment de responsabilité. Difficile de ne pas noter que cet harmattan kaki qui souffle sur le Mali, après être passé par ses voisins ivoirien, guinéen, nigérien et mauritanien, interroge la culture politique des pays francophones de l'Afrique de l'Ouest. Nous devons nous poser une question : pourquoi n'y a-t-il donc ni de coup d'Etat, ni de rébellion dans les pays d'Afrique australe, à l'exception de Madagascar, qui est une nation francophone ? Ce n'est pas, bien entendu, parce que ce sont des pays sans histoires. Le Zimbabwe est là pour en témoigner. Il semble qu'il y a pour nous quelque chose à regarder, à apprendre, à comprendre, en tournant nos regards vers le sud.

Ces derniers jours, Bamako a été le théâtre de pillages urbains, fruit de ce que nous pouvons appeler une préoccupante délinquance en treillis. Au nom de quoi des militaires en colère peuvent-ils revendiquer, s'exprimer, prendre le pouvoir, en s'attaquant aux biens privés de leurs compatriotes ? Mystère. Ces pillages observés au Mali font en tout cas suite à ceux auxquels on a assisté en avril dernier à Ouagadougou, à l'occasion d'une mutinerie qui n'est pas allée jusqu'à prendre le pouvoir, et à Abidjan, à la faveur de la conquête de la capitale économique ivoirienne par des forces pro-Ouattara appuyées par l'armée française et les Casques bleus de l'ONU. La délinquance ordinaire en treillis est bel et bien, aujourd'hui, une épidémie ouest-africaine. Nos pays ressemblent de plus en plus à des cours de récréation où ce sont les mêmes garnements qui jouent à la fois au gendarme et au voleur. Le phénomène est très préoccupant. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour renverser Laurent Gbagbo, l'opposition ivoirienne, certains pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la France ont cautionné un incroyable renversement des valeurs. De 2002 à 2011, la marque de fabrique des hommes de la nébuleuse qui a fini par porter Alassane Ouattara au pouvoir a été d'ouvrir les prisons et de se servir des personnes convaincues de vol à main armée voire de crimes de sang comme troupe improvisée et sans scrupules. Nous continuons à payer le prix de l'ouverture de la MACA et du recrutement de prisonniers de droit commun au sein des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Il y a quelques années, les rebelles des Forces nouvelles ont pillé intégralement plusieurs agences de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) sans que le gouverneur Charles Konan Banny ou que le président en exercice de l'Union économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (UEMOA) n'engagent des poursuites sérieuses. Ils ont organisé de sordides trafics - carburant, marchandises de consommation courante, cacao, diamants, bois, véhicules volés...- en transitant par les pays voisins. Que pensent donc les sommités inconséquentes qui dirigent les pays d'Afrique de l'Ouest ? Que leurs soldats ne voyaient pas et n'enviaient pas les «modèles de réussite» que sont nos «comzones», qui paradaient dans les rues de leurs capitales au volant de leurs grosses cylindrées rutilantes et jouissaient de l'honneur de se faire recevoir par leurs chefs d'Etat ? Que croyions-nous donc ? Que la glorification du racket et de la prédation kaki ne laisseraient pas des traces durables dans l'imaginaire des «corps habillés» des contrées environnantes ?

L'on nous apprend que demain, la CEDEAO se réunira à Abidjan pour évoquer le cas malien. Alors que son entourage militaire s'organise autour de personnes comme Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara dit «Wattao», dont les CV contiennent à la fois les mentions «putschiste» et «rebelle», et que son numéro deux s'appelle Guillaume Soro, quelle peut bien être la crédibilité d'un Alassane Dramane Ouattara s'adressant à Amadou Hawa Sanogo, chef de la junte qui règne à Bamako, ou aux figures de proue du MNLA qui occupent les villes du nord de leur pays ? L'Afrique de l'Ouest connaît une crise politique et sécuritaire préoccupante. Mais elle est également fragilisée par une crise inédite du sens et des valeurs. Et la brise rafraîchissante qui nous vient de Dakar ne peut chasser les lourds nuages qui s'amoncellent au-dessus de nos têtes.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 27 mars 2012

COUP D'ETAT AU MALI: LA FRANCE A LA RECHERCHE D'UN PANTIN A L'IMAGE DE OUATTARA



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A ceux qui le vilipendaient d'avoir réalisé le premier coup d'état ivoirien, le général Guéi répondait qu'en Afrique francophone, aucun coup d'état n'avait de chance de réussir sans l'accréditation et le support logistique de la France. En Côte d'Ivoire, le coup d'état du général Guéi, que la France s'était empressée de condamner, n'était qu'une circonlocution pour l'installation d'Alassane Dramane Ouattara. Bien que le scénario de Paris fût perturbé par les appétences imprévues de Guei puis par l'opiniâtreté exceptionnelle du président Gbagbo, Ouattara fut finalement imposé aux Ivoiriens après dix longues années émaillées de moult complots locaux et internationaux.

Aujourd'hui, la France possède son pantin de prédilection en Côte d'Ivoire et à la CEDEAO. La France peut donc procéder à la reconquête totale de l'Afrique de l'Ouest ainsi qu'au prolongement de son influence en Afrique Anglophone - en séparant le Nigéria de la persuasion américaine et Sud-Africaine - et dans l'Océan indien - en ramenant Kagamé dans le giron hexagonal. Mais avant de procéder à l'installation d'une Françafrique anglophone (par le biais du Nigéria) et océanindienne (par la porte stratégique du Rwanda), il fallait que l'Afrique de l'Ouest fût débarrassée des empêcheurs de tourner en rond de la Françafrique version nouvelle et parfumée au citron de Sarkozy.

L'un de ces empêcheurs de tourner en rond est le président Amadou Toumani Touré (ATT). A Toumani Touré, la France reproche sa propension à faire trop ami-ami avec les Américains, au point de se croire permis de contrarier certains plans de l'Elysée. Pour Sarkozy, les 170 millions de dollars d'aide que l'Amérique accorde annuellement à ATT ainsi que l'armement militaire qu'il reçoit du pays du président Obama pour la lutte contre le terrorisme d'obédience AQMI ont fait du président malien un inapprivoisable. Les vexations faites à l'Hexagone par le président malien, Sarkozy peut les égrener comme un chapelet: Elles sont, entre autres, le refus d'ATT de permettre à la France d'installer un centre d'écoute dans le Nord du Mali, le refus d'ATT de permettre l'installation d'une base militaire à Sévaré, le refus d'ATT de signer l'accord de réadmission des expulsés maliens en France, l'autorisation de manifestations au Mali condamnant la guerre de la France en Libye, l'hésitation d'ATT, qui a des millions de ses ressortissants en Côte d'Ivoire, à supporter la guerre de la France en Côte d'Ivoire. Les tentatives pour affaiblir le président malien se sont traduites d'abord en cabales journalistiques, qui, au cours de la crise ivoirienne l'accusaient, soit de supporter militairement le président Gbagbo, soit de payer les fonctionnaires du président Gbagbo, soit les deux à la fois. La mayonnaise n'ayant pas pris et les échéances électorales maliennes s'annonçant d'autant moins favorables à la France qu'aucun des candidats en lice pour la présidence malienne n'entendait remettre en cause ces grandes décisions du président ATT, qui d'ailleurs avaient l'approbation de la grande majorité des Maliens, la France, après la chute du plus grand support africain d'ATT, le colonel Kadhafi, ressuscita la rébellion de l'AZAWAD, dont elle équipe secrètement les combattants et loge et nourrit présentement les dirigeants en France et au Burkina Faso.

Les condamnations du coup d'état malien par Paris, l'UA, la CEDEAO, l'ONU n'auront d'effets que théâtraux. Le but de Sarkozy est atteint. Il s'agit de jeter un pavé dans la mare électorale malienne, d'arrêter le processus de démocratisation en cours, de battre les cartes à nouveau, en prenant soin d'y introduire son joker de la « résolution des crises » de la « transition », du « gouvernements d'union nationale » de l'immobilisme, pour, après de longs mois, voire de longues années, de négociations, installer au Mali une marionnette à l'image de Dramane Ouattara, qui fera ses mille génuflexions à Paris et qui permettra le transport vers l'Hexagone de l'uranium, de l'or, et du probable pétrole maliens. Que le Mali reste uni ou divisé après ce coup d'état, c'est toujours la France qui demeurera gagnante. De de Gaulle à Sarkozy, plus ça change, plus ça reste le même. En vérité!


Source: FRINDETHIE

OUATTARA, LA CEDEAO ET LES MANOEUVRES FRANÇAISES AU MALI


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Avec Ouattara, la Françafrique connaît un nouveau printemps sur le continent. Tous les coups tordus de la France contre les Etats africains seront désormais officiellement permis. A tout le moins, pendant la durée de son mandat à la tête de la CEDEAO. Vive la régression politique et institutionnelle en Afrique! Fernand Dindé.



A défaut d'avoir d'une base française au Mali, nous risquons - avec ou sans l'aile protectrice de la force Licorne - d'avoir les troupes d'Alassane Ouattara, «l'élu
» ivoirien de Sarkozy, à nos frontières Sud. Car, voyez-vous, la CEDEAO réunie en urgence a décidé d'agir pour ramener le Mali dans l'ordre démocratique. Bien sûr et comme par hasard la CEDEAO, à l'image de la France, ne demande pas le retour d'ATT au pouvoir, mais des élections le plus vite possible. ATT est selon le calendrier français, un homme politiquement mort après avoir refusé de faciliter une présence militaire française sur le sol de son pays.

A tous les naïfs qui se demandaient pourquoi avoir précipité son départ par un coup d'Etat aléatoire, alors qu'il devait quitter le pouvoir dans quelques semaines seulement et pourquoi la France a fourni tant d'efforts pour paraître aussi distante de ce coup d'Etat qu'elle a inspiré, il y a lieu de rappeler qu'ATT représentait des forces politiques et sociales qui ont pesé de leur poids et dans son refus d'une base française et dans son évolution à l'endroit de l'Algérie et de la démarche globale pour la solution des problèmes à l'origine de l'instabilité du Nord Mali. Il apparaît aujourd'hui clairement - et à la lumière des déclarations officielles françaises - qu'il faut vite passer à l'après-ATT. Et donc, que ce coup d'Etat devait éloigner des centres de décision ces forces (que représente ATT, NDLR), les neutraliser et les empêcher ainsi qu'ATT lui-même de peser sur les prochaines élections et par là, de faire élire un ATT bis.

Que reproche fondamentalement la France à ATT ? De s'éloigner des conclusions de la conférence antiterroriste du G8 qui s'est tenue les 13 et 14 octobre 2010 à Bamako à l'instigation de la France, en l'absence de l'Algérie et en présence du Maroc. Chacun peut comprendre que les dirigeants maliens aient été séduits, en octobre 2010, par la force de frappe financière, économique et militaire du G8. La conférence a promis beaucoup d'aide au Mali, l'a décidé à accepter des instructeurs étrangers tout à fait capables d'influencer les officiers «réceptifs», l'a persuadé d'accepter la tutelle politique de la CEDEAO en contrepartie de promesses de développement.

Bref, c'est la victoire totale de la France qui isole l'Algérie, introduit son allié marocain, s'assure une influence militaire et accrue dans un pays qui lui échappait totalement en 1960. En moins d'une année les dirigeants maliens avec ATT en tête s'aperçoivent que les promesses du G8 n'étaient que du vent et se rapprochent de nouveau de l'Algérie car l'unité du Mali était en danger sous le poids des problèmes socio-économiques qui alimentaient les conflits au Nord Mali jusqu'au risque de sécession.

Pour la France, Il fallait stopper cette correction au plus vite et empêcher ATT et ses soutiens de lui imposer une continuité en influant sur le choix électoral. Ce coup d'Etat avait ce seul but. En demandant des élections au plus vite, la France récupère pour elle un pays politiquement vacant entre un putsch et des élections. Comment s'en assurer ? Rien de plus qu'en utilisant la CEDEAO dirigée par l'obligé de la France, le supplétif Ouattara et non moins élu de la MINURSO et de la force Licorne. Avec la précipitation de Ouattara à jouer le Matamore, la France rafle la mise, mais a-t-elle à ce point sous estimé l'intelligence et la détermination des forces patriotiques maliennes ?


Alger, le 26 mars 2012.


Mohamed Bouhamidi

Publié le 27 mars 2012 in "Le Jeune Indépendant".

lundi, 27 février 2012

LUTTE CONTRE LA CYBERCRIMINALITE: DES EXPERTS RECOMMANDENT DE NOUVELLES STRATEGIES




Lutte contre la cybercriminalité : Des experts recommandent de nouvelles stratégies pour contrer ce fléau qui met à mal la fiabilité de nos états...

La cybercriminalité a gagné du terrain en Afrique, notamment en Afrique de l'ouest. Les clignotants sont inquiétants en Côte d'Ivoire qui est devenu en espace d'une décennie une véritable plaque tournante du crime en ligne. Les experts entendent impulser une nouvelle dynamique de lutte contre ce qu'ils qualifient de fléau.

Le ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication (MPTIC) a organisé un atelier sur l'harmonisation des cybers législations dans les pays de l'Afrique de l'Ouest, du 20 au 22 février à Abidjan. En partenariat avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de l'union africaine et de la Commission économique des Nation Unies pour l'Afrique (CEANU), cet atelier a été l'occasion pour les experts de faire des recommandations aux Etats membres de la CEDEAO. Ils s'agira pour ceux-ci, d'appliquer les actes additionnels en matière de transactions électroniques et de protection des données à caractère personnel et de transposer la directive sur la lutte contre la cybercriminalité, au niveau national. Par ailleurs, les animateurs dudit atelier ont exhorté les auditeurs à développer des programmes de renforcement des capacités sur la cybercriminalité et la sensibilisation sur les thématiques de l'avant-projet de convention.

Aussi, devront-ils en faire de même pour la suite des consultations nécessaires en vue de proposer des alternatives en matière de support juridique harmonisé. Au terme de ces deux jours d'échanges et de réflexions, les participants ont été conviés à faire des recommandations sur l'avant projet de convention sur le cyber sécurité en l'occurrence sur les transactions électroniques, les données à caractère personnel et la lutte contre la cybercriminalité. Ils les feront ensuite parvenir au plus tard le 07 mars 2012, à la CEDEAO, à l'Union Africaine et à la Ceanu en vue d'une amélioration. « Les travaux de réflexions sur l'harmonisation des cyber-législations dans nos pays ne doivent pas s'arrêter à cet atelier. Ils doivent se poursuivre jusqu'au délai fixé», a conclu le directeur de cabinet du ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication.


Wognin D.

Source : Le blog de Dada Suprem

mercredi, 22 février 2012

CRISE AU NORD MALI: LA RANÇON DE LA CRISE LIBYENNE


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L'Afrique et ses dirigeants ont vécu la crise libyenne comme un spectacle et dont les conséquences sont loin de se limiter de nos jours, à ce que nous vivons au Mali. Les dirigeants africains et leur organisation, l'Union africaine ont assisté passivement à la liquidation du régime du colonel Mouammar Kadhafi. Pour le colonel Mouammar Kadhafi, la page s'est définitivement refermée le 20 octobre dernier.

Tué ce jour-là, il en finissait définitivement avec les contradictions et les soucis de son existence de révolutionnaire ; mais pour bien d'autres États africains dont le Mali et les autres pays de l'espace Uémoa, les difficultés n'ont commencé que ce jour-là.

Il en est ainsi de la rébellion touarègue à laquelle nous assistons. Des experts en tout genre cherchent à trouver les raisons qui ravivent ce conflit que l'on croyait éteint suite à la signature du Pacte national. Mais le combat que les Touaregs mènent actuellement contre notre armée n'a rien d'identitaire. Il est existentiel. Il s'agit d'hommes et de femmes qui, estimant ne pas pouvoir trouver de quoi vivre chez eux-mêmes, avaient décidé d'aller voir ailleurs.

Le hasard les conduit alors en Libye où ils trouvent de quoi mener une existence à l'abri de l'indigence. Mais un beau jour, leur quotidien devait subitement être bouleversé. Plus parce que sa tête ne plaisait plus à certains que parce qu'il gérait mal son pays, le colonel voyait se lever contre lui une armée mondiale. L'issue fut tragique. Et pour les touaregs accusés à tort ou à raison de s'être rangés du côté du perdant, c'est la chasse aux sorcières, c'est le vandalisme, c'est le pillage des biens et c'est le retour forcé.

Retour d'émigrés démunis, pleins d'amertume mais puissamment armés. L'Etat ayant, à travers les autorités militaires ayant failli à leur devoir de désarmer les revenants, la crise était inévitable. Aujourd'hui, c'est la nation malienne qui est menacée dans son unité et son intégrité territoriale et le processus électoral jadis prometteur, est plus que compromis. On n'entend aucune des puissances impérialistes qui étaient intervenues en Libye, reconnaître leur part de responsabilité dans la crise actuelle que traverse le Mali et par ricochet, les pays comme le Niger, le Burkina Faso puisque ces pays accueillent de nombreux Maliens réfugiés.

L'Onu qui avait donné quitus à l'intervention, à travers sa fameuse résolution 1973 est muette de nos jours. Au Mali et à tous les autres pays sur lesquels se déversent actuellement les conséquences de cette crise libyenne de les gérer. Les autres avaient pour mission de tuer Kadhafi. Celle-ci accomplie, ils se sont retirés et tant pis pour le reste. Pauvre Afrique !

Et c'est là que se manifeste la responsabilité des dirigeants africains. Eux qui avaient laissé faire, ils avaient naïvement pensé que cela se limiterait à Kadhafi seulement. Eh bien, ils se sont dangereusement trompés. Parce qu'en réalité, la crise malienne ne sera certainement pas la seule conséquence fâcheuse que l'Afrique aura à déplorer, suite à son incapacité à se faire respecter par le monde entier.

Déjà, le fiasco enregistré lors de l'élection du président de la commission de l'Union africaine, est également à mettre au compte de ces conséquences malheureuses et regrettables. Car la gestion calamiteuse de l'interventionnisme occidental dans les crises ivoirienne et libyenne par Jean Ping est l'élément fondamental de l'inimitié absolue que l'Afrique du sud éprouve à son encontre.

Le 40e sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui s'ouvre aujourd'hui dans la capitale nigériane Abuja saura -t-il tirer une belle leçon de ce vécu ? Les sommets étant souvent de grandes rencontres au cours desquels des discours mielleux sont prononcés sans que des actes concrets ne s'en suivent.


Denis Koné, in IRIB WORLD SERVICE


Source: TSIMOKI GASIKARA

mardi, 21 février 2012

DECLARATION D'INTELLECTUELS, HOMMES ET FEMMES DE CULTURE SUR LA REBELLION AU NORD DU MALI



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ETAT DES LIEUX

Comment comprendre la rébellion armée qui, aujourd'hui, endeuille le Mali et condamne des dizaines de milliers d'innocentes et d'innocents à l'insécurité et au déplacement forcé, lorsqu'on ne veut pas s'en tenir au schéma réducteur du conflit ethnique? La rébellion qui a débuté le 17 janvier 2012 crée dans notre pays une situation de guerre civile.

L'heure est grave : l'intégrité du territoire national et la cohésion sociale sont aujourd'hui menacées.

L'honnêteté intellectuelle et la rigueur qu'exige la gravité de la situation actuelle du Mali imposent de lire cette rébellion à la lumière du système mondial et de ses crises.

Les réformes structurelles mises en œuvre à partir de la décennie 80 en vue de corriger les dysfonctionnements du modèle néolibéral, n'ont pas atteint les objectifs visés en terme d'amélioration des conditions de vie des populations, notamment l'accès à l'alimentation, l'eau, l'éducation, la santé et l'énergie domestique. Ce constat, qui est valable pour l'ensemble du pays, revêt des conséquences particulières au Nord.

ENJEUX

Le Nord Mali se caractérise par l'extrême complexité des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques, sans la compréhension desquels aucune paix durable n'y est envisageable.

Le septentrion malien a souvent été le théâtre de soulèvements d'une partie de la population qui revendique son autonomie par la voie des armes. Tous les régimes, coloniaux et postcoloniaux ont été confrontés à cette situation. De l'indépendance à ce jour, les réponses de l'Etat, qui ont été à la fois militaires, politiques et socio-économiques, n'ont pas pu y instaurer la paix sur une base durable.

La mauvaise gestion, le clientélisme et la corruption que l'on relève  dans la gestion des affaires publiques, exacerbent les frustrations et le sentiment d'exclusion à l'échelle du pays sans pour autant justifier la violence armée dans les autres régions.

Par ailleurs, la manière de gérer la libération des otages occidentaux a conforté AQMI dans la création au Mali d'un sanctuaire en liaison avec le terrorisme international.

Nous sommes dans un processus programmé de désintégration de l'Etat et de cristallisation des identités ethniques et régionales. De ce point de vue, nous questionnons même la genèse de l'appellation  « régions du Nord ».

N'y a-t-il pas une volonté d'affaiblir des Etats de la CEDEAO et l'Organisation elle-même ?

N'allons-nous pas vers une résurgence du vieux projet de l'Organisation des Etats Riverains du Sahara (OERS) ?

Après le découpage du Soudan, nous sommes en droit de nous interroger sur l'intention des pays de l'OTAN de procéder à une nouvelle balkanisation de l'Afrique. Ne sommes-nous pas de fait en présence d'un processus de dépossession des ressources  agricoles et  minières africaines, qui constituent aujourd'hui une partie importante des réserves mondiales pour la relance de la croissance économique globale ?

De l'approche globale que nous privilégions, il ressort que l'issue à cette guerre fratricide récurrente n'est ni militaire ni financière mais politique, économique, sociale, culturelle et diplomatique.

Face à cette situation :

Nous, intellectuels, hommes et femmes de culture du Mali, signataires de ce document déclarons que :

- L'intégrité du territoire, l'unité nationale et la cohésion sociale du Mali sont des acquis sacrés.

- Le septentrion n'est pas une planète à part, mais bel et bien une région du Mali, particulièrement vulnérable, qui n'en a pas moins subi les politiques néolibérales qui ont aggravé les inégalités, les injustices, la corruption et l'impunité. De Kayes à Kidal, les Maliens paient cher pour le dépérissement de l'Etat que nous voulons plus responsable, comptable et souverain ;

- La Paix véritable et durable dans le Nord de notre pays et sur l'ensemble du territoire, est au prix d'une nouvelle compréhension de la situation du Mali et de la bande Sahélienne qui intègre les enjeux sous-régionaux et mondiaux;

- Nous réfutons le discours réducteur de la guerre ethnique ;

- Nous déplorons le déficit de communication et de dialogue sur  les causes internes et externes des questions majeures qui engagent le destin de la nation ;

- Nous condamnons le recours à la violence armée comme mode de revendication dans un contexte démocratique et déplorons les pertes en vies humaines ;

- Nous condamnons avec énergie les agressions physiques, la destruction des biens et la stigmatisation de nos compatriotes Kel-Tamasheq et de peau blanche, nos frères et sœurs, alliés et voisins de quartier, de ville qui aiment et se reconnaissent dans le Mali, leur patrie, notre patrie commune à tous ;

- Nous soutenons résolument nos forces armées et de sécurité dans leur mission sacrée de défense du territoire national ;

- Nous sommes Un Seul et Même Peuple, uni par une longue histoire multiséculaire de rencontres, de brassages et de résistances à l'adversité ;

- La paix s'impose d'autant plus que les femmes et les enfants sont pris dans l'étau dans un conflit qui n'est pas le leur ;

- Les élections de 2012 sont donc une occasion historique de renouveler la réflexion sur un projet de société adapté à nos réalités, davantage fondé sur la culture de l'être et des relations humaines à même de garantir la prospérité, la paix, la stabilité et la sécurité pour tous.

- Nous signataires de la présente Déclaration, présentons nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes et à toute la nation malienne. Nous exprimons notre solidarité à toutes les familles déplacées victimes de violences.

Bamako, le 07 février 2012.


Signataires


-    Aminata Dramane TRAORE, Essayiste
-    Abdoulaye NIANG, Socio-Economiste
-    Adama SAMASSEKOU, Linguiste
-    Filifing SAKO, Anthropologue
-    Hamidou MAGASSA, Socio-Economiste
-    Ismaïl DIABATE, Artiste-Peintre
-    Jean-Bosco KONARE, Historien
-    Mohamédoun DICKO, Historien
-    Mariam KANAKOMO,  Communicatrice
-    Ousmane TRAORE, Administrateur civil, Juriste
-    Doulbi FAKOLY, Ecrivain
-    Kaourou DOUCOURE, Universitaire
-    Abderhaman SOTBAR, Professeur
-    Cheick PLEAH, Professeur
-    Mohamed COULIBALY, Ingénieur
-    Abdoul MADJIDOU HASSAN, Gestionnaire
-    Mahamadou H. DIALLO, Imam
-    Boubacar COULIBALY, Gestionnaire
-    Mme SiSSOKO Safi SY, CAHBA
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-    Mme Awa MEITE VAN TIL, Designer
-    Dr Daba COULIBALY, Enseignant-Chercheur

lundi, 20 février 2012

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE

 

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Alors que la CAN (2012, au Gabon et en Guinée Equatoriale, Ndlr) était présentée comme une occasion de réconciliation entre les Ivoiriens, c'est au lendemain de la brillante participation des "Eléphants" que la Côte d'Ivoire est traversée par un vent de violences contre les populations, d'est en ouest, notamment à Arrah impliquant des éléments des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) et à Kouibly avec l'attaque d'un village ivoirien par des ressortissants Burkinabé en représailles, croit-on, à une action de coupeurs de route. Ces violences ont, comme à l'accoutumée macabre, fait de nombreuses et innocentes victimes.

L'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s'incline avec respect devant la mémoire des victimes de tous bords et présente ses condoléances aux familles à nouveau éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. L'AIRD note, qu'à l'exception de Vavoua où des violences, ayant opposé des FRCI à des populations nordistes ont fait l'objet de condamnation ferme de la part du régime avec annonce de mesures, les autres violences et exactions qui interviennent si régulièrement entre les FRCI et les populations non nordistes semblent faire l'objet d'une autre gestion.


Le silence du pouvoir ou les justifications tantôt partisanes, tantôt complaisantes de certains membres du gouvernement sont malheureusement interprétés par les auteurs de ces violences et exactions comme une caution. Or, ces violences prétendument présentées comme des actions de représailles, ou de vengeance par rapport à un passé plus ou moins lointain, ou même de soutien ethnique au régime ne sont que des prétextes aux pillages et aux vols, portant ainsi un coup à l'économie nationale, à la réconciliation nationale et à la paix. Notre pays rentre sournoisement dans un système de braquages à ciel ouvert: braquages politiques, braquages économiques, braquages culturels et intellectuels, etc.


Certes le contexte est particulier et inédit, mais dans un climat politique à plusieurs centres de décisions, où le chantage le dispute à la peur, seuls le courage et le sens des responsabilités nationales et collectives conduisent au succès. Le pouvoir ivoirien ne peut en faire l'économie, au risque de s'auto désintégrer. Ce n'est ni par l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ceux qui osent s'exprimer sur la grave situation du pays, ni par le soutien des puissances étrangères, ni par le canal des organisations sous-régionales dont la direction n'a jamais été convoitée par le président Félix Houphouët-Boigny (FHB) que la réconciliation interviendra en Côte d'Ivoire, même si l'AIRD félicite le Chef de l'Etat pour ses nouvelles responsabilités au sein de la CEDEAO.


L'AIRD, dont de nombreux militants sont originaires du Nord, s'inquiète de la dangereuse dérive ethnique qui ne profite qu'à une minorité mais dont l'écrasante majorité des Nordistes qui la désapprouve en silence pourrait faire les frais. En effet, il est dangereux de constater que la politique politicienne semble de plus en plus faire percevoir une région et une religion comme les ennemis de toutes les autres régions et religions du pays, alors que le régime était attendu sur la mise en œuvre du "vivre ensemble".


D'ores et déjà, l'AIRD, membre fondateur du CNRD, invite les Ivoiriens au discernement, au dépassement, à la tolérance, au pardon, à l'amour vigilant et à l'unité nationale devant l'accumulation grandissante des ingrédients d'une guerre civile.

L'AIRD remercie et félicite tous les responsables politiques qui, y compris au sein du RHDP, élèvent avec courage et sincérité la voix pour désamorcer l'orage qui se profile à l'horizon.

Enfin, l'AIRD réitère son invitation au chef de l'état et au gouvernement à la prise des mesures urgentes et idoines en vue de l'apaisement, à commencer par la condamnation sans équivoque de la violence de leurs partisans et par un dialogue républicain inclusif auquel n'ont de cesse de les inviter la communauté nationale et internationale, entendu qu'un choix politique ou un vote en faveur du président Laurent Gbagbo ne sauraient être des fautes à expier toute la vie.


Fait à Abidjan, le 18 Février 2012 - La Direction de l'AIRD.

mardi, 24 janvier 2012

UNE INTERPELLATION POIGNANTE, UN APPEL A LA RETENUE ET A LA REFLEXION, A L'ADRESSE DES MILITANTS ET PARTISANS DU RHDP



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Lu sur Abidjan.net (publié par Jean Kouadio, sur sa page Facebook).


Michaël Bah - Meilleur commentateur


Quand je lis les commentaires des militants ou sympathisants RDR et PDCI, je ne suis pas étonné de la forme de votre prise de position mais je suis par contre surpris, effrayé et dégoûté du fond de vos pensées; il est aisé de comprendre que vous adopterez toujours la position de ceux qui croient accomplir une vengeance que les autres « auraient » mérité. Avec tout ce que vous dites, on pourrait penser que ce qui s'est passé, hier (samedi 21 janvier 2012) à Yopougon, est normal et se répétera chaque fois que le FPI organisera un meeting.

Certains parmi vous ont un niveau académique suffisamment bon pour éviter des commentaires qui mettront encore plus d'huile sur le feu, mais puisque vous êtes RDR et PDCI, vous vous bornez à ne pas voir les menaces qu'un tel comportement fait peser sur les citoyens et résidents de ce pays. Il y en a parmi vous qui écrivent: « C'est montage », d'autres disent : « On vous a loupé », d'autres écrivent: « Un meeting où on lance des provocations, des injures en sachant bien que le quartier Wassakara n'est pas bien loin, où l'on sait bien que la majorité des personnes là-bas sont RHDP », certaines femmes disent : « Ils vous ont raté »; un autre, content de sa nouvelle force de Dieu-géant-surhumain-invincible, dit fièrement : « C'est du civil contre civil, nous on ne vous ratera pas », ou encore « Ce sont des rats ».

Apparemment, c'est toujours vous qu'on provoque, c'est toujours vous qui êtes frustrés, c'est toujours vous qui cherchez la paix, c'est toujours vous qui êtes victimes de la xénophobie, c'est toujours vous que les autres jalousent... Aujourd'hui, quelques ivoiriens mais aussi des burkinabés (surtout), des maliens, des sénégalais, des guinéens, prennent des armes et agressent impunément des ivoiriens. Tout ce que je vous souhaite donc est que ce pouvoir dure, dure, dure, dure et dure; qu'Alassane Ouatttara ne perde jamais son poste, que les FRCI demeurent toujours un rassemblement de familles nordistes, que l'ONUCI soit toujours à vos petits soins, que la Licorne protège éternellement votre mentor, que votre sadisme soit indéfiniment masqué par les médias internationaux et qu'une rébellion 100% Ivoirienne ne survienne pas. Priez votre Dieu (apparemment, on n'a pas le même Dieu car vous dites aussi que c'est vous les croyants, et les autres sont les infidèles) pour que la situation ne s'inverse pas car, à ce moment, j'espère que vous aurez suffisamment de courage pour faire face à ceux qui se dresseront contre vous. Hier, vous vous plaigniez, souvent à tort souvent à raison, d'une certaine répression (souvent à tort souvent à raison) que vous subissiez de la part des militaires ivoiriens (et pas des civils). Aujourd'hui vous vous sentez tout-puissants et vous n'avez même pas un mot d'indignation pour ces actes d'insurrection commis par des « civils armés » envers d'autres civils.

VOUS PENSEZ QUE SI LES IVOIRIENS MILITANTS ET SYMPATHISANTS LMP DECIDENT DE PRENDRE DES ARMES ET DE REPONDRE VIOLEMMENT A VOS ACTES, VOUS POURREZ CONTINUER DE VIVRE EN COTE D'IVOIRE? VOUS QUI VIVEZ A ABIDJAN, POUVEZ-VOUS TENIR SI ABIDJAN (MAJORITAIREMENT PRO-GBAGBO) VEUT VOUS FAIRE LA PEAU?

Vous oubliez que vous n'êtes pas les plus nombreux, vous n'êtes pas les plus musclés, vous n'êtes pas les plus vaillants, vous vivez dans un pays où il y a 61 ethnies et vous n'êtes issus que de l'une d'entre elles (car majoritairement Dioula pour les nationaux) et ressortissants de la CEDEAO.

Si les militants LMP s'arment aussi de machettes et de gourdins pour aller à des meetings et que vous les attaquez, vous imaginez bien le résultat ! Continuez comme ça, faites grandir cette colère de jour en jour, continuez à magnifier la haine, ça vous va si bien, continuez ainsi; c'est bien. Sachez juste que ne pas vouloir se battre ne signifie pas qu'on est pas fort, fuir ne signifie pas qu'on a peur, pleurer ne signifie pas qu'on est faible.

Continuez à poussez les Ivoiriens à la violence (vous le faites bien d'ailleurs, vous êtes sur la bonne voie), vous serez des victimes d'un système que vous aurez vous-mêmes créé, vous connaîtrez le mot EFFROI !


Michaël Bah, sur Abidjan.net.

dimanche, 04 décembre 2011

CHARLES ONANA (JOURNALISTE-ECRIVAIN): «LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE GBAGBO SONT FAUSSES»


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Journaliste, auteur de plusieurs ouvrages à succès, notamment les « Tirailleurs sénégalais », « Les secrets du génocide rwandais », Charles Onana, de nationalité camerounaise, s'intéresse à tout ce qui se passe en Afrique. A la faveur de la sortie, le 4 novembre 2011 de son livre « Côte d'Ivoire : Le coup d'Etat », il a bien voulu se prêter aux questions de Le Temps. Entretien.

 

Vous venez de publier « Côte d'Ivoire : Le Coup d'Etat »... Quels sont les éléments concrets auxquels s'applique une telle image ? Et à quelle question vouliez-vous répondre ?

Ce titre correspond à une réalité politique qu'ont eu à affronter le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et tous les Ivoiriens qui l'ont élu. Depuis son arrivée au pouvoir en Côte d'Ivoire, il a échappé à au moins trois coups d'Etat. Le premier en 2001, le second en 2002 et le troisième en 2004. Il s'agit, dans les trois cas, d'initiatives militaires tantôt conduites par les "rebelles ivoiriens" avec le soutien implicite ou explicite du Burkina Faso et d'Alassane Ouattara, tantôt sous l'impulsion de la France pendant la présidence de Jacques Chirac. Je fais allusion dans ce dernier cas aux événements de 2004 où l'aviation ivoirienne a été détruite par l'armée française sous prétexte que le président Gbagbo aurait commandité l'assassinat de 9 soldats français à Bouaké. Je démontre dans mon livre, sur la base de témoignages et de documents émanant des juges français et même des militaires français que les accusations portées contre le président Gbagbo sont fausses. Mieux, que le travail de la justice française est fortement entravé par le pouvoir politique en France. Je publie les deux lettres des juges françaises chargées d'enquêter sur les évènements de Bouaké qui affirment clairement n'avoir rencontré que des obstacles et aucune coopération des autorités françaises dans ce dossier. Pourquoi empêcher la justice française de faire son travail si c'est le président Gbagbo qui est responsable de la mort des 9 soldats français? Ce que je peux dire, c'est que dans le dossier de la justice française que j'ai consulté, presque tous les officiers de l'opération Licorne mettent le président Gbagbo hors de cause dans la mort de leurs soldats. Même l'avocat des victimes françaises m'a dit qu'au départ, il croyait ce que disaient les médias sur le rôle du président Gbagbo mais que désormais, de ce qu'il a vu dans le dossier, il ne veut plus entendre parler de l'implication du président Gbagbo dans la mort des soldats français à Bouaké. Comprenez qu'il est difficile de trouver plus crédible que lui! Le dernier point qui permet de parler de coup d'Etat est l'attaque du palais présidentiel en avril dernier. Il a été dit que le président Gbagbo aurait perdu les élections présidentielles et que pour cette raison, le vainqueur désigné par la "communauté internationale", c'est-à-dire monsieur Alassane Ouattara, devait être placé au pouvoir conformément au résultat électoral. Mon enquête montre qu'il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une décision politique prise par le président burkinabé Blaise Compaoré et par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans le but de renverser le président Gbagbo et de mettre à sa place monsieur Ouattara. J'ai retrouvé des correspondances très confidentielles échangées entre les deux hommes à ce sujet. Je les publie également. En résumé, le titre du livre reflète le combat acharné mené pendant 10 ans de 2001 à 2011 contre un homme et un régime qui ne correspondaient pas à l'idée que certains se faisaient ou se font encore d'un chef d'Etat en Afrique. Laurent Gbagbo est un dirigeant atypique et insoumis. Voilà le profil que Paris et Washington ne voudraient pas voir à la tête de la Côte d'Ivoire ni en Afrique francophone.

C'est tout de même bouleversant comme information quand on sait que la communauté internationale et l'Onu ont parlé de « confiscation du pouvoir de la part de Laurent Gbagbo » et « d'actions pour rétablir la démocratie ».

C'est une plaisanterie. Comment le président Gbagbo pouvait-il confisquer le pouvoir en acceptant la tenue d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé en partie au Nord par les rebelles sous le regard bienveillant de l'ONUCI et des forces françaises ? Qui peut regarder les Ivoiriens droit dans les yeux et soutenir sérieusement ce discours ? La réalité est la suivante : lorsque le président Gbagbo demandait le désarmement des rebelles avant d'aller aux élections, ce qui était d'ailleurs conforme aux accords de Ouagadougou et d'Accra, les grandes puissances disaient qu'il refusait d'organiser les élections parce qu'il voulait rester au pouvoir. Lorsqu'il les a organisées, on a dit encore qu'il ne voulait pas quitter le pouvoir. Pendant les élections, lorsqu'il constate - la mission des observateurs de l'Union Africaine également - qu'il y a des fraudes massives dans cette même région du nord, personne ne veut en tenir compte. Il demande même une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la réalité électorale dans le Nord et tout le monde hausse les épaules. En fait, ceux qui accusent le président de tous les maux et qui n'ont pas voulu recompter les voix, même sous les caméras de télévision du monde entier, avaient besoin des élections dans un pays illégalement occupé pour réussir le coup d'Etat. Ils savaient que la fraude et la brutalité des forces rebelles étaient indispensables pour parvenir à leurs fins. Certaines sources à l'ONUCI m'ont confirmé qu'il était hors de question de ne pas suivre les objectifs de Paris et de Washington qui voulaient installer monsieur Ouattara au pouvoir, au besoin par la force. C'est finalement ce qui a été fait.

Dans votre livre, vous expliquez que ce sont Sarkozy et Blaise Compaoré qui ont renversé Laurent Gbagbo. Mais, comment est-ce possible quand on sait que le président Blaise Compaoré se trouve être le facilitateur de l'Accord de Ouaga ?

Monsieur Blaise Compaoré a joué au moins sur trois tableaux. Premièrement, il a toujours soutenu Alassane Ouattara tout en orchestrant, pour des raisons de politique intérieure burkinabé, l'instabilité en Côte d'Ivoire. Souvenez-vous que les autorités burkinabés avaient fait publier un communiqué en 2000, au moment où la polémique battait son plein à Abidjan sur la nationalité d'Alassane Ouattara, affirmant haut et fort que monsieur Ouattara n'était pas burkinabé. Ce qui est faux. Il a toujours été burkinabé comme le prouvent tous les témoignages et les documents que j'ai retrouvés aux Etats-Unis. Il me semble bien que les autorités burkinabé, à défaut de dire la vérité sur l'identité de leur ancien étudiant boursier aux Etats-Unis (Alassane Ouattara), devraient tout moins s'abstenir d'interférer dans un débat de politique intérieure propre à la Côte d'Ivoire. Jamais la Côte d'Ivoire ne s'est mêlée de la vie politique intérieure du Burkina faso sous Blaise Compaoré.

Deuxièmement, il a été désigné par des puissances étrangères comme médiateur dans un conflit dont il était un des parrains. C'est très cynique de sa part mais cela correspondait à une réalité et à sa propre stratégie du moment. En même temps qu'il participait à la médiation, il abritait les camps d'entraînement des rebelles sur son territoire, et soutenait militairement les mêmes rebelles. Il souriait publiquement au président Gbagbo mais préparait sa chute. Il s'agissait d'un véritable jeu de dupes.

Troisièmement, lorsque je tombe sur la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, je comprends qu'il n'a jamais renoncé à renverser le chef de l'Etat ivoirien. Les déclarations de monsieur Compaoré dans la presse française souhaitant la chute du régime ivoirien sont explicites. Il a endormi certains de ses interlocuteurs pour mieux réaliser son coup. Ceci coïncidait bien avec l'agenda des puissances étrangères et du président Sarkozy contre Gbagbo. Monsieur Compaoré a légitimé, au sein de la CEDEAO, le coup d'Etat contre Gbagbo. En plus d'avoir renversé son prédécesseur et ami Thomas Sankara, il a voulu et obtenu la chute du président Gbagbo. Reste à savoir si la CEDEAO prendra un jour à Ouagadougou les mêmes initiatives lorsque les opposants burkinabés dénonceront, encore plus fort qu'ils ne le font depuis plus de 20 ans, la fraude électorale et les dérives bien connues du régime burkinabé.

Vous nous dites donc que le monde entier a été trompé sur la réalité de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

C'est évident! Le président Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne, le chef de la mission des observateurs de l'Union africaine Joseph Kokou Kofigoh, le disent aussi. Sauf à croire qu'ils sont tous naïfs et de mauvaise foi. Ce que personne ne peut croire ou démontrer objectivement. Les faits sont sous nos yeux pour ceux qui veulent les voir.

Partagez-vous l'opinion selon laquelle on aurait fait l'économie d'une guerre si le président Laurent Gbagbo s'était refusé d'organiser l'élection présidentielle dans les conditions qu'on savait, avec une rébellion armée qui contrôlait encore toute la moitié nord du pays ?

Non, je ne partage pas cette vision des choses, mais je la comprends. Vous savez, l'analyse du dossier ivoirien n'est pas simple et pour mieux comprendre la réaction du président Gbagbo, il faut tenir compte de plusieurs paramètres internes et externes. Il a engagé une action militaire à travers l'opération « César » ou « Dignité » pour reprendre le contrôle du nord et organiser des élections dans un contexte politique d'unité territoriale. Au moment où cette action était sur le point d'aboutir, l'Elysée a orchestré une action de manipulation à Bouaké avec des complicités internes en Côte d'Ivoire. 9 soldats français ont été tués dans des circonstances encore non élucidées et l'on a accusé immédiatement le président Gbagbo d'en être le responsable. Ceci a été le prétexte pour détruire l'aviation ivoirienne le 6 novembre 2004. Pis, ce même événement a entraîné les tueries de l'Hôtel Ivoire et de nombreuses victimes ivoiriennes. C'est dire qu'une action militaire forte était prévue contre le régime Gbagbo quelque soit le cas de figure (élections ou pas élections). Par la suite, la communauté internationale a intensifié les pressions avec l'embargo sur les armes et une campagne médiatique sans équivalent contre le régime du président Gbagbo. En plus des ingérences africaines, en l'occurrence celle du Burkina Faso, le président Gbagbo devait lutter contre l'isolement de son pays et les pressions de toutes sortes sur le plan international. Il a choisi la paix et la négociation. C'est ce qui a permis aux Ivoiriens d'obtenir un répit jusqu'aux élections. Ceux qui pensent qu'il était possible d'éviter la guerre en refusant d'organiser les élections se trompent. Savent-ils quel était l'agenda des déstabilisateurs de la Côte d'Ivoire ? La seule chose qui pouvait éviter la guerre c'était de faire cadeau du pouvoir à monsieur Ouattara comme l'exigeaient, sous différentes formes, le Burkina et "la communauté internationale". Ce qui signifie qu'il ne fallait pas suivre les règles constitutionnelles et les procédures démocratiques. L'attitude décrite sur la reconnaissance précipitée d'Alassane Ouattara après les élections et le soutien massif des grandes puissances en est la démonstration. La constitution ivoirienne, le choix des Ivoiriens, les procédures démocratiques n'intéressaient pas les parrains de l'instabilité en Côte d'Ivoire.

Certains observateurs politiques traduisent la crise ivoirienne et la capture de Laurent Gbagbo comme répondant à des enjeux géostratégiques et économiques de la France. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas de cet avis. La capture de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de son régime reposent essentiellement sur la volonté personnelle de Nicolas Sarkozy et de certains lobbies financiers qui voulaient changer de régime en Côte d'Ivoire. Parler globalement de la France n'est pas exact car la décision de renverser Laurent Gbagbo n'a pas été prise après un débat parlementaire ni après une consultation nationale. Le chef de l'Etat français a utilisé abusivement son pouvoir de représentant de l'Etat français pour réaliser le coup d'Etat au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et du débat démocratique en France. D'ailleurs, différents députés de gauche comme de droite ont exprimé leur désapprobation sur l'intervention française. Certains ont aussi demandé une commission d'enquête au Parlement, demande qui a visiblement été étouffée.

8 mois après l'avènement du régime Ouattara, peut-on considérer qu'aujourd'hui une démocratisation du pays est en marche, avec un Etat de droit, une liberté de la presse ? Autrement dit, après 20 ans de crise, Ouattara est-il l'homme de la réconciliation de la Côte d'Ivoire ?

Il me semble, d'après certaines organisations des droits de l'Homme que l'on ne peut soupçonner d'être favorables à l'opposition, que la situation des libertés publiques est très préoccupante en Côte d'Ivoire. Reporters Sans frontières écrit par exemple ceci : " Depuis le mois d'avril et l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, les autorités ivoiriennes n'ont pas démontré leur respect de la liberté de la presse ". Même le consulat de France donne des consignes de très grande prudence aux touristes qui se risqueraient à voyager à Abidjan. A croire que la fanfare sur l'avènement démocratique en Côte d'Ivoire ne tient toujours pas ses promesses.

Que pensez-vous des prochaines législatives en Côte d'Ivoire ? Vont-elles conduire à une normalisation de la vie sociopolitique, comme le pense le pouvoir en place ?

Il ne peut y avoir de compétition politique normale dans un climat de peur, de racket et de pillages des populations civiles. Le nouveau pouvoir n'a pas réussi à garantir la sécurité des Ivoiriens ni même celle des étrangers. Les Ivoiriens ne peuvent pas croire à la sincérité des élections lorsque les résultats des élections de novembre 2010 n'ont pas été clarifiés et que la décision du Conseil constitutionnel n'a pas été respectée.

Le pouvoir a libéré 20 prisonniers politiques, il y a peu. Seulement, le Fpi ne participera pas à ces législatives. Il a posé comme condition à sa participation, entre autres, la libération de Laurent Gbagbo... Quelle lecture en faites-vous ?

C'est toujours bien de libérer des innocents ou des prisonniers politiques. Le FPI est logiquement fondé à réclamer la libération de ses militants et de tous les prisonniers politiques. La détention du président Gbagbo à Korhogo est totalement arbitraire et repose uniquement sur des motivations politiques. Pour l'instant, les avocats et de nombreux observateurs constatent que les accusations portées contre le président Gbagbo ne sont pas étayées. Pour le FPI, participer à des élections dans ces conditions reviendrait à entériner la reconnaissance internationale du nouveau régime au niveau national. C'est-à-dire, à accepter que Monsieur Ouattara a été le vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, ce qui, à ce jour, n'est pas prouvé.

Les chefs d'Etats se succèdent en France sans qu'il y ait rupture dans les méthodes dites « françafricaines ». Un rééquilibrage des relations France-Afrique vous semble-t-il possible ? Et dans quelles conditions ?

Le changement des rapports entre la France et l'Afrique francophone ne dépend pas et ne doit pas dépendre des dirigeants français, mais plutôt des dirigeants et des élites du continent africain. Ils doivent faire valoir leurs priorités, leurs intérêts et leurs politiques. Pour l'instant, c'est la France qui a toujours conduit les débats et les Africains ont presque toujours suivi. Le président Gbagbo a été parmi les rares dirigeants africains à vouloir faire valoir les intérêts de son pays et de ses populations, on lui a préféré un allié du FMI et de la finance internationale. Au lieu de passer beaucoup de temps à critiquer la politique française (ce qui est fait régulièrement depuis les indépendances), les Africains doivent aujourd'hui passer aux actes. Le président Gbagbo a passé moins de temps à critiquer la France mais a essayé de montrer qu'il y avait une autre façon de faire ou de travailler avec la France. La CEDEAO a préféré le menacer plutôt que de défendre les intérêts vitaux d'un pays phare de la sous-région. Ce qui est déplorable.

Comprenez-vous mieux aujourd'hui René Dumont lorsqu'il déclarait au début des années 60 que « l'Afrique noire est mal partie » ?

Non, l'Afrique noire n'est pas mal partie ! Ce sont les dirigeants africains qui ne savent pas toujours où ils vont. Ils sont censés diriger leur pays en défendant à la fois la souveraineté de leurs Etats et le bien-être de leur population ; ils semblent plutôt qu'ils écoutent davantage ce que leur suggèrent les puissances extérieures et les forces qui empêchent le développement du continent africain. On leur a dit que les plans d'ajustement structurel étaient bons, ils les ont appliqués. On leur a dit que la dévaluation du franc CFA était une bonne chose pour leurs économies, ils l'ont acceptée. On leur a dit de signer des accords avec l'Union Européenne ou les Etats-Unis parfois au détriment de leurs propres avantages, ils l'ont fait, avant de se rendre compte que les termes de ces accords leur étaient défavorables. Il faudra bien un jour qu'ils sachent négocier, qu'ils sachent résister, qu'ils refusent la facilité et qu'ils n'aient pas toujours peur d'être renversés s'ils n'obéissent pas à ceux qui tirent les ficelles.

Avec le recul, pensez-vous que cette crise ivoirienne était liée à un déficit de démocratie?

Ça dépend encore de ce qu'on entend par démocratie. Les uns ont pensé que la démocratie en Côte d'Ivoire, c'était le fait que la communauté internationale impose le dirigeant de son choix à la tête du pays, peu importe qu'il y soit mis par des moyens illégaux, non conformes aux lois et à la constitution ivoiriennes. D'autres au contraire pensent que la démocratie, c'est le respect scrupuleux de ces lois et de cette constitution mises en place après un référendum populaire. Je ne crois pas qu'il y a eu déficit de démocratie mais plutôt une conception antagoniste des règles de base du fonctionnement d'un Etat démocratique. Certains étaient prêts à prendre le pouvoir par tous les moyens alors que d'autres voulaient respecter scrupuleusement la loi et la constitution de Côte d'Ivoire.

Les crises ivoiriennes et libyennes ne sont-elles pas symptomatiques du caractère inopérant de l'ingérence du droit humanitaire ? Et finalement l'Onu et la communauté dite internationale ne portent-elles pas toute la responsabilité de ces crises africaines ?

Je ne crois pas qu'il faille attribuer toute la responsabilité des crises africaines à l'ONU et à ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale". Les Africains ne sont pas de grands enfants qui subissent et qui par fatalité ou déterminisme doivent toujours subir. La CEDEAO a été la première à menacer le président Gbagbo d'intervention militaire. Ce fut déplorable, irresponsable et lamentable. L'Union Africaine s'est illustrée par une complaisance sans équivalent lorsque la prétendue "communauté internationale" a reconnu monsieur Ouattara. De nombreux dirigeants sachant qu'ils côtoient beaucoup la fraude électorale et qu'ils règnent sans opposition démocratique dans leur pays ont entériné la décision de la France et des Etats-Unis. Les mêmes Africains ont applaudi la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton qui leur ordonnait presque d'expulser les ambassadeurs libyens accrédités dans leurs pays respectifs. En cela, leur comportement ne fut guère exemplaire non pas pour le colonel Khadafi mais pour la dignité et la respectabilité des dirigeants africains. La première responsabilité est donc la leur.

Vous dénoncez « les secrets de la justice internationale » dans l'un de vos ouvrages. Quelles sont les solutions que vous proposez pour que l'Afrique se réapproprie son développement et son avenir?

Ce serait prétentieux de ma part que de prétendre détenir des solutions sur le devenir de l'Afrique. La justice internationale ou ce qu'on qualifie comme telle n'en est pas une. Celle qui traite par exemple du Rwanda est un scandale. Dans un conflit qui a opposé des rebelles aux forces gouvernementales, seuls les membres du gouvernement rwandais sont incarcérés et condamnés. C'est comme si en Côte d'Ivoire, on décidait de traduire en justice tous les ministres pro-gbagbo et que tous les rebelles qui ont commis des actes répréhensibles depuis 2001 n'étaient aucunement concernés par la justice. C'est cela le Tribunal pénal International pour le Rwanda. La communauté internationale a décidé que seuls les Hutu étaient les méchants et les rebelles tutsi, eux, les bons et les gentils. Malgré tous les crimes que ces derniers ont commis au Rwanda et au Congo, la justice ne s'intéressera jamais à eux. C'est probablement ce scénario qui est envisagé en Côte d'Ivoire. On parle de traduire le président Gbagbo devant la CPI, sur quel fondement juridique? Quelle est la légitimité de la CPI dans les élections et les actes qui entourent ces élections en Côte d'Ivoire ? J'ai eu le privilège de recevoir au cours de mon enquête le mémorandum du 9 mars 2011 rédigé par les avocats français de monsieur Alassane Ouattara qu'ils ont adressé à la Cour Pénale Internationale. Ce document préparé avant le coup d'Etat d'avril 2011 avait été concocté pour neutraliser le président Laurent Gbagbo et non pas pour analyser la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire comme ses auteurs le prétendent. Ils accusent "le président Gbagbo et son clan" de multiplier les violations des droits de l'Homme depuis "l'élection" de monsieur Ouattara le 28 novembre 2010. Pourquoi ce texte très politique commence à accuser le président Gbagbo seulement à partir du 28 novembre ? Il eut été préférable et plus cohérent, dans cette logique, de commencer dès son arrivée au pouvoir en 2000 ou dès 2001. On pourrait ainsi enquêter sur ceux qui ont fait la tentative des coups d'Etat de 2001, 2002, 2004, ainsi que leurs commanditaires et finir par le coup réussi de 2011. Y a-t-il eu violations des droits humains à toutes ces périodes ou pas ? Les Premiers ministres successifs peuvent-ils être concernés par des enquêtes judiciaires ou pas ? Vous voyez que lorsqu'il faut aller au fond des choses, ça peut devenir très embarrassant et peut-être aussi très intéressant. Je pense pour l'instant qu'il faut libérer celui qui a permis à monsieur Ouattara de se présenter aux élections alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international de monsieur Bédié pour faux et usage de faux. Je note simplement que Monsieur Gbagbo n'a jamais mis monsieur Ouattara en prison alors qu'il était fondé de le faire après deux tentatives de coup d'Etat en 2001 et 2002. Cependant, monsieur Ouattara a déjà mis arbitrairement Laurent Gbagbo en prison à deux reprises (1992 et 2011) simplement parce qu'il n'a jamais toléré de voir ce dernier gravir les hautes marches vers le pouvoir suprême. En regardant simplement les faits, on est obligé de constater que sa conception de la démocratie est vague et très aléatoire.


Réalisée par Nikitta Kadjoumé

knikitta@yahoo.fr


Source: IVORIAN.NET

dimanche, 20 mars 2011

IMPACTS DE LA GUERRE SUR L'ECONOMIE IVOIRIENNE: LES AVEUX ET REVELATIONS DE CERTAINS PATRONS FRANÇAIS



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Plus la guerre s'installe dans la durée en Côte d'Ivoire, plus les langues se délient. Dernier fait en date, les aveux et révélations de certains patrons français au cours d'une réunion secrète à l'Elysée. «Quand la Côte d'Ivoire tousse, c'est toute la sous-région qui s'enrhume », dit-on.


Depuis plus de quatre mois, la Côte d'Ivoire vit la première guerre ouverte de son histoire depuis 50 ans. Les effets néfastes de l'interdiction d'exporter le cacao d'origine Côte d'Ivoire, ordonnée par l'Ue et voulue par Ouattara Alassane candidat malheureux à la dernière présidentielle de 2010, et l'embargo de l'Ue sur les ports d'Abidjan et de San Pedro, se traduisent par une baisse drastique des activités à l'import et à l'export au niveau des deux ports. Par ricochet, disons que c'est un véritable temps de vache maigre pour les transitaires et tous les acteurs du secteur maritime ivoirien. Mais aussi et surtout les douanes ivoiriennes dont quelques-unes des missions sont de non seulement collecter l'impôt sur les cordons douaniers pour l'Etat, mais aussi assurer la protection de l'industrie locale contre l'invasion des marchandises prohibées qui viendraient concurrencer les produits «Made in Côte d'Ivoire» sur le marché ivoirien.

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Si les pertes sont énormes pour l'économie ivoirienne (pas de données chiffrées pour l'instant), il n'en est pas moins pour les entreprises françaises qui opèrent aussi bien dans le secteur maritime que de la banque. C'est très conscients des effets néfastes de la guerre montée de toutes pièces par Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire pour aider son poulain Ouattara, que des chefs d'entreprise français ont pris part à une réunion secrète qui s'est tenue récemment à l'Elysée sur la situation en Côte d'Ivoire. Au menu de cette réunion, à laquelle a assisté un aréopage hétéroclite de personnalités françaises, la question économique en priorité.

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Au cours de cette rencontre, « Bouygues, les responsables de Bnp Paribas et la Société Générale de banque, d'un commun accord, sont allés voir Sarkozy et se plaindre de ce que cette crise postélectorale qui s'est installée dans la durée alors qu'elle avait été programmée pour durer 48 heures, avait des conséquences graves sur les affaires en Côte d'Ivoire en particulier, mais aussi dans toute la zone africaine. Par conséquent, il fallait faire quelque chose d'urgence pour endiguer les pertes financières énormes qui prenaient, à tout point de vue, l'allure d'une catastrophe irréversible. Pis, les dirigeants des banques fermées, par leur seule volonté, voudraient venir à Abidjan pour prendre attache avec le pouvoir en place. Ce qui aurait été ressenti par Sarkozy et son gouvernement comme un camouflet ».

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Par ailleurs, au niveau de l'espace Uemoa, les effets de la guerre en Côte d'Ivoire sont également ressentis aussi bien au Burkina Faso, au Mali qu'au Niger. Si au Burkina Faso, ça grogne sous le manteau contre le régime de Blaise Compaoré, la Mauritanie dont les nationaux contrôlent jalousement et gèrent officiellement 30.000 boutiques de détaillants en Côte d'Ivoire n'est pas épargnée. Il est à préciser que bon nombre de ces boutiques sont fermées du fait de la persistance de la guerre à peine larvée en Côte d'Ivoire.


Elisée Koffi

 

Source : GBAGBO.CI


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Intervention de l'Ecomog en Côte d'Ivoire : La Cour de justice de la Cedeao dit non

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Les 15 Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont reçu l'ordre de la Cour de justice régionale de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire vendredi. Le tribunal, qui avait été saisi d'une requête déposée au nom du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, « ordonne aux Etats membres et aux institutions de la Communauté de se conformer strictement à l'article 23 du règlement de la Chambre », a indiqué la présidente de la Cour, Awa Daboya Nana. « Cet article, a-t-elle précisé, prévoit que, quand un conflit vient devant la Chambre, les Etats membres doivent s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver le conflit ». L'affaire sera jugée sur le fond, le 9 mai.

Laurent Gbagbo avait saisi, en février, la Cour de justice de la Cedeao pour contester la décision de la Communauté économique d'exiger son départ de la présidence de Côte d'Ivoire. Le 7 décembre, un sommet de la Cedeao avait exigé le retrait du pouvoir du chef de l'Etat sortant ivoirien, reconnu son rival Alassane Ouattara vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre et suspendu la Côte d'Ivoire de l'organisation régionale.

La Cedeao avait également menacé de déloger M. Gbagbo par la force, s'il refusait. L'avocat de Laurent Gbagbo, Mohamed Faye, s'est félicité de cette décision, soulignant qu'« aucune institution de la Cedeao ne devrait prendre quelque initiative que ce soit, susceptible d'aggraver la situation, tant que le tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond ». « La Cedeao est une communauté économique qui a décidé de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un Etat membre, ce qui est hors de sa juridiction », avait argumenté en février un porte-parole de Monsieur Gbagbo, Ahoua Don Mello.

La décision de la Cour de justice n'aura cependant pas d'implication immédiate, la Cedeao semblant avoir écarté un éventuel usage de la force en Côte d'Ivoire. Le Nigeria, pays dont le président, Goodluck Jonathan, est le président en exercice de la Cedeao, a souligné le 24 février que toute action militaire pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir devait être placée « sous l'égide de l'Onu ».


Source : AFP

lundi, 07 mars 2011

BON A SAVOIR - CRISE EN COTE D'IVOIRE: UN AGENT SECRET FRANÇAIS PARLE

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Alassane Ouattara est le malheur des ivoiriens

Bon nombre d'Ivoiriens, qui admettent que la crise ivoirienne est fomentée par la France, continuent de s'interroger sur l'intérêt « subit » éprouvé par les Etats-Unis d'Amérique de s'associer à la France pour accomplir le coup d'Etat en Côte d'Ivoire. Un ancien agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) affirme que les Ivoiriens se trompent. L'homme au fait des micmacs des services secrets américains ne supporte plus de voir son pays, la France, et ses dirigeants jouer aux « boys » des Américains en Côte d'Ivoire. Par des canaux complexes, il nous a permis de prendre son témoignage.

«Plus que les Français, les Américains, à travers la CIA, ont décidé de s'emparer de la Côte d'Ivoire à partir d'un plan machiavélique conçu avant les années 1988. C'est (de nos jours) ce plan qui a été réactivé. La construction de la grande ambassade des Etats-Unis en Côte d'Ivoire fait partie de ce plan tout comme l'installation d'un burkinabé, en la personne d'Alassane Ouattara, à la tête du pays. L'objectif est la naturalisation des quatre millions de Burkinabés vivant en Côte d'Ivoire afin de garantir la production du cacao et du café dans ce pays. C'est une affaire de survie pour les puissants chocolatiers américains. L'ambassade a été construite pour coordonner ces opérations en Côte d'Ivoire et pour d'autres objectifs en Afrique. Pour tout cela, il faut une mainmise sur le pouvoir ivoirien pour le compte du lobi des chocolatiers Américains.

Donc, les Américains veulent garantir la production du cacao. Le seul moyen, c'est de pouvoir compter sur la communauté burkinabé en Côte d'ivoire dont dépend (selon eux) une grande partie de la production du pays. Les Américains entendent fidéliser cette communauté par la naturalisation des quatre millions de burkinabés dont la plupart travaillent dans les plantations (ce que font croire les Américains) «dans une situation de précarité qui n'est pas à leur convenance». Il faut donc réussir à faire prendre le pouvoir pour Alassane Ouattara. Et, depuis octobre 2000, la CIA utilise une arme fatale : la fragilisation du régime Gbagbo pour arriver à le faire vomir par tout le peuple ivoirien afin de l'écarter facilement du pouvoir. Souvenez vous, plusieurs opérations ont été menées par la CIA en Côte d'Ivoire ou exploitées à cet effet, mais avec des succès mitigés : le charnier de Yopougon, l'assassinat de Jean Hélène, l'enlèvement de Guy André Kieffer, le déversement de déchets toxiques à Abidjan, l'empêchement du Président du FPI de se rendre aux USA ; la CIA a aussi fabriqué des mensonges graves tels que : «la Côte d'Ivoire exploite les enfants dans les plantations de cacao». Elle a manipulé l'information avec son sous-agent, l'Alassaniste Hamed Bakayoko, à Abidjan : «Les refondateurs offrent des voitures Rav 4 aux jeunes filles ; Madame Gbagbo engage des frais de séjour inconsidérés aux USA», etc.

Toutes ces actions qui font partie d'un vaste complot ont un seul but, discréditer le régime de M. Laurent Gbagbo et favoriser l'élection d'Alassane Ouattara. Ces actions néfastes contre M.Gbagbo ont pris des allures de crimes commis par la CIA, mais dont personne ne veut parler : c'est le cas de la mort jusque-là non élucidée, dans une clinique française, de Madame Sarata Ottro Zirignon, ancien directeur adjoint de cabinet du président Gbagbo, qui gênait les chocolatiers américains par sa diplomatie agressive à travers des réseaux qu'elle maitrisait parfaitement aux Etats-Unis. Ces actions néfastes sont passées inaperçues aux yeux des Ivoiriens pour la simple raison que les Américains ont toujours agi en se cachant derrière les Français, eux-mêmes manipulés à souhait et croyant régler leur propre problème avec ce Laurent Gbagbo qui ne veut pas se faire "domestiquer".

Nicolas Sarkozy, un président manipulé

Oui, je vous le dis : Nicolas Sarkozy, agent français de la CIA, participe volontairement de cette manipulation des Américains. Ce sont ces derniers qui l'ont fait président de la France. Souvenez-vous de l'affaire Clearstream montée par les Américains pour lui permettre de devancer son adversaire du même camp : Dominique De Villepin. Devenu président, Sarkozy applique à la lettre les consignes de la CIA, y compris laver un vieil affront que le Général De Gaulle leur a infligé : Sarkozy a fait adhérer à nouveau la France à l'OTAN. Pour la Côte d'Ivoire, «le coup de pousse» à Alassane Ouattara est un plan conçu par la CIA américaine et inspiré par le lobby des chocolatiers américains avec son réseau mondial. La raison : les Ivoiriens se détournent du cacao pour l'hévéa. Il leur faut une population acquise pour produire essentiellement le cacao. Pour mieux vous le faire comprendre, revisitons l'histoire et ses faits.

Nous sommes en 1988. Face à la baisse des prix sur le marché mondial, le Président Houphouët-Boigny refuse de vendre le cacao. Il fait brûler la production pour montrer son ras-le-bol. Le stock de sécurité américain prend un coup. Le lobby des chocolatiers américains prend cela comme une trahison de la Côte d'Ivoire et un grand risque à ne plus revivre. « Après avoir aidé ce pays à devenir premier producteur de cacao, voilà qu'il nous paie en monnaie de singe ! ». Mais ces puissants chocolatiers américains ont éprouvé de la pudeur à attaquer Houphouët-Boigny qui, en son temps, avait proposé la double nationalité sur recommandation des chocolatiers américains. Cependant, les Américains ont conçu un plan pour précipiter sa mort comme ils l'ont fait plus tard avec Eyadéma, Bongo, etc.

En 1989, la CIA organise l'asphyxie de la Côte d'Ivoire à travers le FMI et présente Alassane Ouattara comme le sauveur. Houphouët se voit obligé de l'accepter. Ouattara est bombardé Premier ministre d'Houphouët. Ce poste n'avait jamais existé en Côte d'Ivoire. La présidence n'est plus loin pour le burkinabé. Dans la foulée, la CIA organise le mariage de ses deux agents désormais réunis en Côte d'Ivoire : Monsieur Ouattara épouse Dominique Nouvian à Neuilly chez le maire Nicolas Sarkozy, un autre agent de la CIA en France. Houphouët-Boigny «peut» désormais mourir. Les Américains se débarrassent de lui en 1993. En ce moment-là, ils pensent avoir réussi leur coup quand surgit Henri Konan Bédié, avec l'appui des Français, grâce à l'article 11 de la Constitution. Sur ce point, Houphouët les a doublés, Ouattara et ses maîtres chocolatiers, au chapitre de la succession. Ouattara s'agite pour rien. Il n'aura pas le pouvoir. Pendant la petite guerre de succession ouverte par Ouattara à la mort d'Houphouët, M. Gbagbo déclare qu'il n'aime pas la transmission monarchique du pouvoir, mais il démontre qu'il est légaliste et opte pour l'installation de Bédié au pouvoir.

Bédié vaincu, place à l'opération «Tout sauf Gbagbo»

Les Américains échouent, mais ne renoncent pas. Ils reprennent leur agent au FMI pour avoir le temps d'organiser son retour. Bédié est poussé à la faute dans la gestion des affaires publiques avec les innombrables détournements et affaires sales notamment les DENOS (Dépenses engagées non ordonnancées). Il prononce un mot dont les Américains ont horreur, l'Ivoirité. Parce qu'il faut savoir que, pour les Américains, la garantie de la production du cacao va avec la naturalisation massive des Burkinabé. Une main-d'œuvre moins chère et formée pour la production du cacao. Parler d'ivoirité, c'est empêcher cette main-d'œuvre bon marché de se déverser en toute sécurité en Côte d'Ivoire. L'occasion était bonne pour faire un coup d'état. Car, il faut savoir que nos autorités (françaises) n'ont jamais envisagé un coup d'Etat contre Bédié qui est considéré comme leur homme, en tant que digne successeur d'Houphouët-Boigny. Là encore, le plan des Américains d'installer leur homme échoue avec le général Robert Guéi qui organise une élection qui donne le pouvoir à M. Laurent Gbagbo, un socialiste de surcroît. Cela met les chocolatiers américains en colère. C'est pourquoi, une fois encore, sans même attendre de voir agir le nouveau président pour le juger sur pièces, la CIA met en marche, par une succession de coups d'Etat qui échouent les uns à la suite des autres, durant toute l'année 2001, un autre plan. De guerre lasse, elle monte une rébellion financée par le lobby américain et d'autres entreprises financières à raison de plus de 25 millions par mois pendant plus de deux années. La mission des militaires français ayant montré ses limites en Côte d'Ivoire, les Américains réussissent à «suggérer» l'envoi des Casques bleus de l'ONU. Le décor est planté pour le départ de M. Laurent Gbagbo...

Gbagbo comme Houphouët en 1993 !

La résolution de la crise ivoirienne passe par des accords qui stipulent la nécessité d'organiser des élections «ouvertes à tous». Alassane Ouattara est autorisé par exception à poser sa candidature. M. Laurent Gbagbo croit pouvoir obtenir, en retour, le désarmement prescrit dans tous les accords. Votre président s'est leurré. Au contraire, c'est lui qui a été plutôt acculé à faire les élections. Tout le monde s'est gardé de désarmer les rebelles. Le désarmement a été malicieusement élevé au rang de tabou. M. Laurent Gbagbo a été ainsi piégé, soucieux de ne plus s'entendre dire qu'il refuse d'organiser des élections parce qu'il est sûr de les perdre. Enfin il a donné l'impression qu'il s'est laissé piéger !

Oui, M. Laurent Gbagbo a été piégé mais il n'était pas fini. Il a même quelque chose d'Houphouët-Boigny qu'il a pourtant combattu tout le temps. Très futé et sachant la supercherie, le président ivoirien a piégé à son tour, et là pour de vrai, les chocolatiers américains et leur poulain, Alassane Ouattara. Il l'a fait avec l'arme fatale que la Constitution ivoirienne lui offre, à savoir le Conseil constitutionnel. Suite aux tricheries inélégantes au nord, dans son fief, Alassane Ouattara a été sanctionné en dernier ressort et sans appel par l'institution judiciaire suprême. Les chocolatiers américains n'avaient pas bien prévu ce scénario. Ils se débattent à présent et veulent absolument réussir leur coup à travers deux de leurs agents en Afrique : Blaise Compaoré qui a été utilisé pour supprimer Thomas Sankara, et Abdoulaye Wade qu'ils ont aidé à gagner au Sénégal. Cela explique les agitations de ces deux présidents au sein de la CEDEAO.

Ce que je souhaite que le peuple ivoirien retienne est simple : c'est une unité et sa détermination qui feront sa force. Il faut dénoncer haut et fort les actes criminels des américains sur le sol ivoirien. Les américains sont prêts à tout pour assurer leur approvisionnement en cacao. Ils voient la Côte d'Ivoire comme un champ de cacao entretenu par des esclaves. Ils se moquent de la volonté du peuple de Côte d'Ivoire.

L'achat d'une usine aux Etats Unis était un crime de lèse-majesté pour le régime Gbagbo. Ce sont eux qui ont suscité tous les scandales fondés ou non contre les gestionnaires de la filière café-cacao.

Entre autre scandales, le journaliste franco-canadien Guy André Kieffer s'apprêtait à révéler le complot des chocolatiers, voila pourquoi la CIA l'a fait disparaître.

Pour des raisons diverses, certains hommes d'affaire français et des agents de la DGDE à leur solde veulent la tête de M. Gbagbo. Mais il faut savoir avant tout, que la Côte d'Ivoire doit ses malheurs à la CIA américaine et au lobby des chocolatiers américains. Nicolas Sarkozy n'est qu'un valet dans cette affaire. Il est aussi temps de le savoir.


Source: BLOGUEURS UNIS

mardi, 01 février 2011

LEÇONS D'ADDIS-ABEBA ET DU GOLF HOTEL

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Alassane Dramane Ouattara et les autres insurgés du Golf Hôtel ont beau claironner leur satisfaction, le 16ème sommet de l'Union Africaine est une défaite diplomatique pour eux et tous leurs alliés qui préconisaient l'usage de la force militaire pour déloger le président Laurent Gbagbo. S'il y a quelque chose à retenir de la réunion au sommet de l'UA, c'est bien la renonciation à toute violence - endossée par l'instance africaine - pour résoudre la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Comme il est également certain que le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ne donnera pas son feu vert à une action militaire en Côte d'Ivoire, ce que Guillaume Soro appelle la « force légitime » ne peut dorénavant s'exercer que si elle prend des libertés avec les chartes de l'UA et de l'ONU. Il n'y a désormais aucune légitimité encore moins le début d'une quelconque base légale à une aventure militaire en Cote d'Ivoire.

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Sur le front économique, la confiance des insurgés du Golf Hôtel est si érodée qu'ils se lancent dans la surenchère de « mesures » censées « étouffer » l'économie ivoirienne et priver l'État des recettes fiscales nécessaires à son fonctionnement. La dernière trouvaille de Ouattara a été de demander aux contribuables de « suspendre le paiement des taxes et impôts » mais « de continuer de déposer leurs déclarations en vue de respecter leurs obligations déclaratives en vertu des textes en vigueur ». Comme à son habitude, Ouattara en appelle à l'incivisme fiscal, à la rébellion, sans prendre un quelconque risque pour sa propre personne. Ce n'est pas quand même sur la base d'un communiqué de presse qu'un contribuable doté de raison se risquerait à se mettre à dos l'administration fiscale ! S'il veut que les contribuables le suivent qu'il prenne un décret. En réalité, Ouattara sait très bien que c'est la ligne jaune à ne pas franchir, car en l'occurrence, sa responsabilité personnelle sera engagée. Il y a quand même quelque de chose de pathétique à voir quelqu'un qu'on nous présente comme un brillant économiste, espérer que l'économie d'un pays aussi grand et peuplé que la Côte d'Ivoire puisse s'effondrer en quelques semaines, à la suite de mesures bureaucratiques. Si les choses étaient si simples, tous les plans de relance économique marcheraient.

Pour en revenir au 16ème sommet de l'UA, il convient de nous féliciter de la création du panel de chefs d'État qui est chargé de faire le constat que la Côte d'Ivoire est un État souverain avec des institutions républicaines qui fonctionnent. Certains d'entre eux ne manqueront pas de constater que la légitimité et la légalité sont incarnées par le président Laurent Gbagbo.


Source : CHRONIQUES SENEGALAISES

mercredi, 12 janvier 2011

48H APRES LE DEPART D'OBASANJO: LE GRAND DILEMME DE OUATTARA


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In Le Nouveau Courrier N°176 du 12 Janvier 2011 par Emmanuel Akani


Alassane Ouattara qui accepte de collaborer avec Laurent Gbagbo. Du nouveau, même si la décision est assortie de conditions. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur le séjour de l'ancien président nigérian sur les bords de la lagune Ebrié.


48 h après le départ de l'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, qui a séjourné à Abidjan les 9 et 10 janvier, Alassane Ouattara se retrouve dans une situation embarrassante. Jusqu'au week-end dernier, l'homme était partagé entre deux sentiments : continuer de prôner l'intervention des forces militaires de l'Ecomog contre la Côte d'Ivoire pour l'imposer aux Ivoiriens ou écouter les médiateurs mandatés par l'Union africaine (Ua) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui l'invitent à la table de négociation. Depuis hier lundi, après le départ de l'ancien chef d'État nigérian qui effectuait une visite privée à Abidjan, avec la caution de Goodluck Jonathan et ses pairs de la Cedeao, le président du Rdr semble avoir décidé de saisir la main tendue de Laurent Gbagbo, pour une sortie de crise apaisée. C'est pourquoi il a annoncé, juste quelques heures après qu'Obasanjo s'est envolé pour Abuja, son désir de travailler avec le président Gbagbo dans le cadre de la mise en place d'un gouvernement d'union. A condition, selon lui, que le président de la République reconnaisse «sa victoire». Une réserve pour se donner de la contenance face à ses partisans et donner l'impression qu'il maîtrise la situation.

D'ailleurs, tout en donnant son accord aux médiateurs pour des négociations entre Gbagbo et lui, Alassane Ouattara brandit toujours l'épouvantail de l'attaque armée pour renverser Laurent Gbagbo. Quand lui-même parle de commando armé pour enlever le président de la République, ses lieutenants appellent la communauté internationale, France et États Unis en tête, à lâcher des bombes sur la Côte d'Ivoire. L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à l'ONU, Youssoufou Bamba ( ?), a ainsi déclaré hier, à New York, que «nous sommes dans la dynamique de l'usage de la force qui constitue un ultime recours quand les autres mesures ont été inopérantes».

Une cacophonie qui, ajoutée aux menaces que le camp Ouattara fait peser tant sur les fonctionnaires et agents de l'État que sur les opérateurs économiques, permet de comprendre que la cause est entendue pour le protégé de Nicolas Sarkozy. Et cela, Ouattara le sait!

Les dessous de la visite d'Obasanjo

Les tentatives de récupération de la visite d'Olusegun Obasanjo par l'Élysée ont fait long feu. Et les médias et agences de presse français qui parlaient d'une ultime chance donnée à Gbagbo pour quitter le pouvoir ont très vite déchanté. Selon une diplomate nigériane au cœur des échanges entre Obasanjo et les deux protagonistes de la crise, il n'a nullement été question d'ultimatum. La mission de bons offices de l'ancien chef d'État visait surtout à tenter de rapprocher les deux positions et faire entendre raison particulièrement au locataire du Golf hôtel. «Obasanjo est venu demander à Ouattara, à la demande des chefs d'Etat de la Cedeao, d'accepter de collaborer avec Laurent Gbagbo. Il l'a rassuré qu'un poste sera taillé sur mesure pour lui et lui a surtout expliqué que la Cedeao n'est pas en mesure d'envoyer une force de l'Ecomog en Côte d'Ivoire ; pour plusieurs raisons. D'une part, parce que la sous région a plus intérêt à écouter les deux parties et régler le problème de façon pacifique. Par la négociation et non par la force militaire qui pourrait créer des violences susceptibles de s'étendre dans les pays limitrophes et au-delà. D'autre part, le Nigeria, grand pourvoyeur de soldats, ne peut s'engager dans une telle opération, vu la situation actuelle du pays. Les élections prévues en avril approchent à grands pas et sont déterminantes. C'est pourquoi le président Obasanjo a multiplié les têtes-à-têtes avec le premier ministre Alassane Ouattara qu'il a rencontré à trois reprises au cours de son séjour. Je peux vous dire qu'il est reparti sur une bonne note», a rassuré la diplomate nigériane. Le président Obasanjo, qui a une parfaite connaissance du dossier ivoirien, «est venu en ami en Côte d'Ivoire, pour qu'on recherche ensemble la solution», soulignait lundi le ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé. Il aura réussi un beau coup, sans bruit, si Alassane Ouattara décidait de respecter la parole donnée. Pourvu que ses maîtres, Sarkozy et Obama, lui laissent la latitude de savoir ce qui est bon pour lui.



Source : LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 18 décembre 2010

DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE : L'ARMEE FRANÇAISE S'APPRETE A ENTRER EN SCENE DEPUIS LE BURKINA



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In Le Nouveau Courrier N° 158 du 18 Décembre 2010 par Gilles Naismon

Profitant des relations «sournoises» qui le lient à Blaise Compaoré, le président Nicolas Sarkozy s'apprête à entrer en scène dans quelques heures pour obtenir le départ de Laurent Gbagbo par la force.


Selon une source aéroportuaire au Burkina Faso, trois cargos militaires français ont atterri dans la soirée du jeudi 16 décembre sur le tarmac à Ouagadougou. Le «package de Sarkozy», composé de soldats français et de logistiques militaires, poursuit notre source, sera acheminé vers la Côte d'Ivoire par sa frontière nord. Les Forces françaises auraient été reçues par le général Emmanuel Beth, ancien patron de la Force licorne, nommé récemment ambassadeur de France au Burkina Faso.

Avant même la prise officielle de service de l'ambassadeur de France au pays des Hommes intègres, sa nomination avait fait des gorges chaudes sur les bords de la lagune Ebrié. Les supputations allaient déjà bon train du côté de la Côte d'Ivoire, pays où ce dernier a commandé de 2002 à 2003 la force française d'interposition, la Licorne.

Le général Beth à l'œuvre

Les analystes des enjeux politico-diplomatiques avaient vu dans cette nomination une crainte de la métropole d'une déflagration en Côte d'Ivoire au cas où le scrutin présidentiel ne se tiendrait pas comme elle le souhaitait. Emmanuel Beth, non loin de là, pouvait bien coordonner une éventuelle intervention militaire. Les prévisions des autorités françaises anti-Gbagbo semblent se confirmer, au point de vouloir convoyer du renfort en zone rebelle. Ce renfort à la rébellion, révèle notre source, en marge à l'ultimatum de Sarkozy à son homologue ivoirien, à qui il « demande de céder le pouvoir dans les 72h» confirme une volonté de la France d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire. Ainsi, après que son filleul ait enregistré un échec patent dans la prise de la Rti et la Primature, jeudi et vendredi, mais surtout l'avènement de la guerre civile qu'il appelait de tous ses vœux en Côte d'Ivoire, Nicolas Sarkozy a décidé lui-même d'entrer en scène pour imposer un individu qu'il contrôle aux Ivoiriens.

Les cargos français, nous a-t-on confié, ont été mis en route dans la nuit d'hier en direction de la zone nord de la Côte d'Ivoire. Et ses hommes appuieront la rébellion ivoirienne au cas où l'armée régulière engageait une offensive de libération des territoires occupés par les hommes d'Alassane Ouattara. On se rappelle que sur ordre du prédécesseur de Nicolas Sarkozy, une partie de la flotte militaire ivoirienne avait été anéantie, le 6 novembre 2004. La France avait là un prétexte tout trouvé pour freiner l'offensive de «l'opération Dignité». Les avions bombardiers ivoiriens « Sukhoï 25 » sont détruits. Mais une réaction entraînant une autre, les patriotes sont descendus dans la rue dénonçant «l'occupation de leur pays et la tentative de renverser le président Laurent Gbagbo, orchestrée par la France». C'est par millier qu'ils avaient convergé vers l'aéroport d'Abidjan pour «le libérer». Cette fois, ce sera certainement un autre match.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LES PREUVES DE LA COLLUSION ONU-FORCES REBELLES POUR UN COUP D'ETAT EN COTE D'IVOIRE

 

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L'ONU, sa représentation locale l'ONUCI, les Etats-Unis d'Amérique, la France, l'Union Européenne, la CEDEAO, le Burkina-Faso, le Sénégal, et le Nigéria, pays dits démocratiques, états frères africains et organisations de la paix préparent en coalition contre la Côte d'Ivoire, un coup d'état militaire, au mépris de toute réserve diplomatique, au mépris de notre souveraineté, de nos instituttions et de la volonté du peuple ivoirien qui a porté le Président Laurent GBAGBO au pouvoir. Avec tout le risque que cela comporte de faire basculer la Côte d'Ivoire et toute la sous-région ouest-africaine dans une rwandadisation plus grave et plus étendue que celle déjà enregistrée dans l'histoire récente et malheureuse de notre continent. Voici, en photo, les preuves de la conspiration internationale contre un pays africain souverain déterminé à ne se soumettre à aucun diktat, d'où qu'il vienne, et à vivre dans la paix, ainsi que dans la liberté de décider pour lui-même de sa destinée.

Le jeudi 16 décembre 2010, ces forces et états coalisés ont aidé les rebelles ivoiriens (en brassards bleus onusiens, appuyés de casques bleus onusiens) et des assaillants fondus dans la masse des marcheurs, armés d'armes de guerre, à mener leur assaut insurrectionnel contre la Côte d'Ivoire. La presse acquise à leur cause a même parlé d'assaut final. Cela n'a été rien d'autre, au final, qu'un coup d'épée dans l'eau. Par la grâce de DIEU et par la maîtrise de soi  et le professionnalisme dont ont fait montre nos Forces de Défense et Sécurité (FDS). Nous avons déploré avec une grande amertume la mort de 20 frères Ivoiriens (10 agresseurs et 10 éléments des FDS), arrachés à l'amour de leurs familles par la bêtise humaine au service de causes perdues et d'ambitions politiques surdimensionnées. Pendant ce temps, un certain Nicolas SARKOZY, ne comptabilisant que la mort des 10 agresseurs armés, se fend en menaces contre Monsieur et Madame GBAGBO, dans des déclarations à l'emporte-pièces, à Bruxelles. L'occasion était trop belle. Comme en Guinée. Ces charognards n'ont besoin que de notre sang versé, dont ils se repaissent, pour alimenter leurs diatribes racistes et leurs arguties haineuses.

Afrique, tu en es témoin! Terre, tu en es témoin! Nous ne voulons plus de médecins après la mort qui viennent s'apitoyer sur notre continent. Si vous avez encore de la dignité et un peu de considération pour la vie, pour les droits humains et la liberté des peuples de se choisir les dirigeants qu'ils veulent, vous êtes interpellés, peuples africains et peuples du monde!


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

vendredi, 17 décembre 2010

LES IMAGES DES MEDIAS INTERNATIONAUX TEMOIGNENT : SUR LE TERRAIN, L'ONUCI SE CONFOND AVEC LES REBELLES


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In Le Nouveau Courrier N°157 du 17 Décembre 2010 par Benjamin Silué

La collusion Onuci-RHDP-rébellion était un secret de polichinelle. Les médias français en ont été témoins hier.

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Troublant reportage hier soir sur la chaîne de télévision française Canal +, qui montrait les combats de l'hôtel du Golf, opposant Forces de défense et de sécurité ivoiriennes et rebelles des Forces nouvelles, du côté des seconds, dont la base est l'hôtel du Golf. Pour le voir sur le web, tapez l'adresse suivante :

http://bit.ly/fpe6oi

Premièrement, les images nous montrent que les rebelles disposent d'armes lourdes stockées à l'hôtel du Golf. Sachant qu'historiquement, cet hôtel abritait des membres du gouvernement placés sous la protection des Casques bleus, et non un régiment armé d'une force cantonnée dans le Centre, le Nord et l'Ouest, l'on se pose une question : comment ces armes et ces munitions de guerre sont-elles arrivées à l'hôtel du Golf ? L'ONUCI escortant en permanence les locataires politiques de cet hôtel, elle devra forcément s'expliquer sur la manière dont ces armes de guerre sont arrivées dans cet endroit que les « soldats de la paix» avaient vocation à «sanctuariser». L'ONUCI aurait voulu installer la guerre civile à Abidjan qu'elle ne s'y serait pas prise autrement.

Objectivement, elle a créé une base avancée de la rébellion dans la capitale économique. L'Histoire - car on écrit toujours l'Histoire, souvent désastreuse, des opérations de l'ONU - le retiendra.

De plus, l'on voit des images de combats où les soldats de la rébellion de Guillaume Soro se confondent avec les Casques bleus. Les deux groupes d'hommes en arme portent des brassards bleus. Les deux groupes d'hommes portent des armes de guerre et sont en posture de guerre. La collusion est manifeste ! Et l'on se demande ce qui se serait passé si, en visant un rebelle des Forces nouvelles, l'armée ivoirienne avait tué un soldat onusien...

La situation créée par Choi et ses hommes, qui poussent les Casques bleus à venir en appui logistique à une force belligérante, est en contradiction avec les attributions des soldats de la paix de l'ONU. Les Casques bleus ne peuvent intervenir que pour surveiller l'application d'un cessez-le-feu, désarmer et démobiliser les combattants, protéger les populations civiles, faire du maintien de l'ordre, former une police locale, et déminer. Le mandat spécifique de l'ONUCI, qui reste dans les limites des résolutions sur la Côte d'Ivoire, ne l'autorise pas non plus à jouer aux supplétifs d'une force combattante. ONUCI-FM, qui s'est transformée en appendice du RHDP, viole de la même manière ses attributions, consistant «à faire comprendre le processus de paix» aux Ivoiriens, mais aussi à «encourager le dialogue inter-ivoirien, l'échange et la tolérance». Le moins que l'on puisse dire est que l'on en est bien loin.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LE RHDP ORGANISE UNE MARCHE PACIFIQUE AVEC DES ARMES DE GUERRE

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Des rebelles au service d'Alassane Dramane Ouattara dans la cour de l'Hotel du Golf, en partance pour la RTI. Remarquez qu'ils portent des brassards bleus de soldats de l'ONUCI. Vous avez dit complot ?


Récit déprimant et spectacle désolant que ce qu'il nous a été donné de voir et d'entendre, hier, sur les antennes de la télévision ivoirienne : la marche « pacifique » du RHDP pour installer BROU Aka Pascal à la tête de la RTI s'est soldé par un bilan fort dramatique de 20 morts dont 10 parmi les agresseurs voire assaillants (c'est le lieu de le dire) et 10 parmi les forces de l'ordre. Comment une marche sensée être pacifique ou annoncée pour l'être peut-elle au final faire des morts par balles, tirées avec des armes de guerre, parmi les forces de défense et de sécurité ? C'est le tour de force qu'aura réussi le RHDP qui se prévaut pourtant de la philosophie pacifiste du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY avec qui ils n'ont visiblement aucun lien ! Il ne fallait donc pas être étonné de la réaction vigoureuse (mais malgré tout contenue) de nos agents de l'ordre. Au demeurant, un mort de plus dans ce pays est un mort de trop, quel que soit son camp ou ses opinions.

Malheureusement, la coalition des conspirateurs prévoit une autre marche, ce jour, vendredi 17 décembre 2010 pour, disent-ils, installer dans ses bureaux de nouveau Premier Ministre d'ADO, à la Primature au Plateau, SORO Guillaume, le chef rebelle par procuration qui a enfin remis son pouvoir au véritable patron et parrain de la rébellion en Côte d'Ivoire : Alassane Dramane OUATTARA, qui s'était toujours caché au monde et qui est aujourd'hui clairement découvert. Ce débat est désormais clos, DIEU soit loué ! La « Radio ONUCI FM Mille Collines » du Sébroko Frantel, en pleine intox, pousse l'incongruité jusqu'à remercier les FDS de ne pas être sortis (elles qui circulaient par milliers dans les rues d'Abidjan et de l'intérieur du pays), d'avoir désavoué le pouvoir en place, et se targue de savoir quelle armée est dehors. En effet, ONUCI FM affirme, pince sans rire, doctoralement, que celle qui est dehors est anglophone. En vertu des droits qui nous sont conférés, en notre qualité d'observateur de la vie politique ivoirienne, nous lui décernons le prix Nobel de la désinformation. On ne peut pas faire pire !

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Pour en revenir à cette marche en armes de guerre, voici donc, comment le RHDP nous donne une fois de plus la preuve de sa culture de la violence et du crime. L'ONU, l'ONUCI, l'UE, la France, les Etats-Unis et la CEDEAO sont personnellement responsables de cette vingtaine de décès, eux qui se font les défenseurs des droits de l'homme et qui restent aphones aujourd'hui devant les morts par balle parmi les FDS. Comment se l'expliquent-ils, eux qui ont annoncé à la face du monde la marche « pacifique »  de leurs poulains ? Naturellement, leur presse aux ordres fait la fine bouche sur le drame et se contente d'une condamnation hémiplégique du régime ivoirien, agitant au besoin le chiffon rouge du TPI. Ce monstre en carton, ce tribunal des perdants, ne nous effraie guère dans la mesure où ceux qui doivent le craindre, ne sont pas du côté que l'on croit mais plutôt de celui de ceux qui ne manqueront pas d'y être traduits à la fin de la crise ivoirienne et dont le seul salut se trouve dans la prise du pouvoir, fût-il dans un fleuve de sang. DIEU qui est le juste juge et qui a été le témoin privilégié de toutes les atrocités commises dans notre pays depuis la nuit du 19 septembre 2002 par les filleuls d'ADO, et particulièrement dans les zones CNO, saura trancher avec l'équité qui lui est universellement reconnue et qui est sa nature même.

Pour rappel, il est clair dans l'esprit de tous ceux qui sont encore habités par l'honnêteté que le scrutin présidentiel ivoirien a été marqué, au second tour, par de graves irrégularités qui ont fait invalider les résultats d'au moins cinq départements du Nord, fief d'Alassane OUATTARA, leader du RDR. Une fraude massive y a été dévoilée, y compris par les observateurs internationaux. Pour preuve, sur les 20.078 procès-verbaux d'élection en provenance des bureaux de vote, 2.200 ont été rejetés par les ordinateurs de SILS Technologie, la société partenaire de la CEI pour le traitement des résultats de l'élection présidentielle. Pour la simple et bonne raison que sur ces procès-verbaux, dans une intention manifeste de tricher, les présidents de ces 2.200 bureaux de vote ont enregistré un nombre de voix pour Alassane OUATTARA qui est supérieur au nombre même des inscrits. Ce qui représentait, en définitive, un report inexplicable et inexpliqué de plus de 630.000 voix sur le score du candidat du RDR. Franchement hallucinant ! Cela ne peux être accepté ni aux Etats-Unis ni en France. Car tous les ordinateurs du monde pourvus d'un tableur EXCEL fonctionnent strictement de la même façon. A la limite, c'est une arithmétique si simple et une logique tellement triviale qu'un enfant du primaire ne s'y ferait pas prendre. Et c'est ce résultat honteusement extorqué, bassement volé, qu'ADO veut nous faire avaler, avec l'aide des donneurs de leçons universels, racistes et méprisants que sont les pays occidentaux. Il espère ainsi nous contraindre à accepter l'escroquerie morale selon laquelle il serait le vainqueur du scrutin présidentiel du dimanche 28 novembre 2010 et revendique à cor et à cri le fauteuil occupé par Laurent GBAGBO, le véritable élu du peuple digne de Côte d'Ivoire. Il devrait en avoir honte, lui qui est adoubé républicain et démocrate par une certaine « communauté internationale » en plein délire.

Sur la question, les Saintes Ecritures sont on ne peut plus clair et c'est même une trivialité universelle : « L'athlète n'est pas couronné, s'il n'a pas combattu suivant les règles » 2 Timothée 2 : 5. Simple bon sens. D'où vient-il donc que les Etats-Unis et la France veulent-ils faire de lui roi en Côte d'Ivoire. Cette conspiration ne passera pas. Comme d'ailleurs toutes les autres savamment et constamment orchestrées contre notre pays depuis septembre 2002. Le combat de David (la Côte d'Ivoire) contre Goliath (la coalition Etats-Unis, France, ONU, UE et CEDEAO) a commencé et tous ceux qui on un peu de culture savent comment ce pugilat biblique s'est achevé. Il n'arrivera pas autre chose en Côte d'Ivoire, soyez-en certain !

Terre, terre, tu es prise à témoin !


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


Dernière heure: Nicolas SARKOZY donne un ultimatum au Président Laurent GBAGBO pour quitter le pouvoir avant la fin de ce week-end du 17 au 19 décembre 2010, selon les médias français. Pour qui se prend-il?

lundi, 31 mai 2010

FRANC CFA: LE GOLIATH QUI DEFIE NOTRE DEVELOPPEMENT

 

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« On ne détruit pas un système en abattant seulement les murs » : disait le professeur Pierre KIPRE lors de la cérémonie d’ouverture du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire. Cette déclaration est belle car elle met à nue l’échec des africains dans le combat pour le développement. Longtemps, on a cru qu’il fallait dire « NON » aux impérialistes pour se vanter d’être indépendant. Bien sûr que non, cela ne suffit pas : il faut briser toutes les chaînes qui fondent cette domination.

Dans le cas des pays africains de la zone franc(PAZF), une des batailles qu’il faut impérativement gagner pour sortir victorieux de la guerre contre le sous-développement, c’est celle du franc CFA.

En effet, s’il est un sujet dont tout le monde veut se saisir actuellement, c’est celui du franc CFA. Le sujet est apparu d’autant plus brûlant que le chef de l’Etat sénégalais, maître Abdoulaye WADE n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur cette monnaie qui retarde notre développement.

Depuis la création de cette monnaie, une certaine élite, la plus courageuse et digne, n’a eu de cesse de tenter de débouter cette soumission monétaire, qui aliène structurellement nos économies. Et c’est dans cette optique que s’inscrit notre présent article. Il ambitionne encore une fois, de lever les équivoques, d’infirmer certaines affirmations simplistes, d’éclairer les populations de la zone franc, sur l’épineuse question du franc CFA.

Une telle œuvre mérite, pour une bonne compréhension, une démarche méthodique et claire.

Dans un premier temps, nous montrerons que le franc CFA est une camisole de force que les pays africains acceptent de la France. Les africains continuent d’accepter cette monnaie parce qu’on leur a fait savoir qu’ils étaient incapables d’avoir une « bonne monnaie » sans la garantie de la France. C’est pourquoi dans un deuxième temps, nous nous attarderons sur ce qui détermine la valeur d’une monnaie.

Une fois qu’on aura démontré que la valeur du franc CFA ne dépend pas de la France, il faudra également dire à ceux qui rêvent d’une indépendance politique que celle-ci reste impossible si les chaînes monétaires ne sont pas rompues. Ce sera donc l’objet de notre discussion dans un troisième temps.

Faisant immédiatement suite à cette démonstration, nous aborderons dans un quatrième temps,  la sempiternelle question de structure des économies africaines. Là encore, nous verrons comment le franc CFA pérennise l’économie de traite au détriment d’une économie de production.

Au bout de cet article, un choix s’impose : abandonner le franc CFA. C’est de cela qu’il s’agira dans un cinquième temps.

LE FRANC CFA EST UNE CAMISOLE DE FORCE POUR LES AFRICAINS

C’est pour contrôler nos économies que la France magouille pour que la monnaie esclavagiste, le franc CFA, demeure la monnaie des pays de la zone franc. Cette monnaie qui, dans sa gestion, dépouille les africains de tous les leviers qui permettent un développement autocentré. On oblige les africains à compromettre leur développement par le respect scrupuleux de certaines règles orthodoxes. Et pourtant, les pays réunis au sommet du G20 de Londres du 2 avril 2009 ont décidé de mettre entre parenthèses les règles orthodoxes de l’équilibre budgétaire, afin d’atténuer les effets de la crise financière, économique et sociale.  La baisse de l’activité, les difficultés des entreprises et des ménages ont fait fondre les recettes fiscales sans oublier les coûts des plans de relance qui ont creusé un trou de 5000 milliards d’euros dans les budgets 2009 et 2010 des vingt principaux pays de la planète. Ces pays ne se sont pas encombrés de règles inutiles alors que leurs économies tanguaient.

Puisque la France fait partie intégrante de la zone franc, en termes d’optimalité de la zone, il faut que les profils d’inflation soient similaires. En clair, les niveaux de vie doivent être très proches or la France et les pays de la zone franc n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes moyens de le résoudre. La gestion du franc CFA impose aux pays africains une orthodoxie monétaire qui les oblige à ne pas tolérer un taux d’inflation supérieur à 3%. Il y a une certaine contradiction entre les besoins des pays africains de la zone franc et ceux de l’économie française, ou à tout le moins une absence de convergence (des européens, si l’on considère l’euro).

Au Botswana, par exemple, la fourchette est de 3% à 6%, ce qui leur laisse une marge dans la lutte contre la pauvreté. D’ailleurs, Il nous semble que, pour leur développement, les pays africains doivent tolérer un taux d’inflation qui avoisine les 10%. Pendant les trente années de prospérité économique qui ont succédé à la seconde guerre mondiale, que  l'économiste Jean Fourastié (1907-1990, auteur de : Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible, 1979), a appelé les trente glorieuses, les taux d’inflation étaient élevés et avoisinaient les 10%. Ce n’est pas en contraignant son économie que sa monnaie prend de la valeur.

LA VALEUR DU FRANC CFA NE DEPEND PAS DE LA FRANCE

Il est communément admis dans l’esprit des populations africaines que le noir est congénitalement incapable de créer et de gérer sa propre monnaie. S’il arrive à le faire, cette monnaie n’aura aucune valeur, c’est la raison pour laquelle, il faut que son colonisateur d’hier garantisse sa monnaie pour qu’elle soit acceptée. Il est donc utile, dans un souci de clarification d’apporter des éclaircissements sur la valeur d’une monnaie.

Dans une première approximation, pour faire simple, nous dirons que la valeur d’une monnaie se détermine à partir de sa fonction d’échange, par sa capacité à s’échanger contre tous les biens et services disponibles au sein d’une économie. La valeur d’une unité monétaire provient donc de son pouvoir d’achat au regard du panier de consommation moyen parmi la population, soit l’inverse des prix à la consommation.

Cette définition purement technique n’est pas révolutionnaire car occulte la dimension sociale de la monnaie. Il y a une autre dimension de la monnaie, la confiance dans son acceptation unanime, à la fois dans le présent et dans le futur. Une belle illustration est donnée par P. Samuelson lorsqu’il écrit : « si, pour une raison quelconque, une substance donnée (bétail, alcool, coquillage) commence à être utilisée en tant que monnaie, le public, y compris les végétariens ou les abstinents ou ceux qui mettent en doute son utilité intrinsèque, commence à lui attribuer une valeur. Aussi longtemps que des biens peuvent être achetés ou vendus contre cette substance, le public consentira à s’en servir pour ses achats et ses ventes. Que ce soit paradoxal ou non, la monnaie est acceptée parce qu’elle est acceptée » (P. Samuelson, L’Economique, édition de 1982, tome 1, p. 384).

Pour qu’une économie monétaire de production fonctionne parfaitement, il faut un pari global sur l’avenir concernant l’acceptabilité infinie de la monnaie  de génération en génération. En effet, la monnaie possède un pouvoir libératoire universel à la fois au sein d’une population à un moment donnée, mais aussi au sein de générations différentes sur plusieurs périodes  successives. Pour autant, cette unanimité est spéciale car elle porte sur la validité qualitative et non sur une valeur quantitative de la monnaie car le pouvoir d’achat d’une unité monétaire ne peut pas demeurer constant dans le temps. Cette confiance dont nous parlons met en scène trois logiques étroitement articulées : la confiance hiérarchique, la confiance méthodologique et la confiance éthique. (Aglietta et Orléan, La monnaie souveraine, 1998, p.24).

Entendons par confiance hiérarchique, celle qui repose sur un rapport accepté de subordination qui permet de surmonter les aléas du quotidien. Pour ce faire, une instance supérieure (le seigneur, l’Etat, la banque centrale) va énoncer les règles d’usage de la monnaie, garantir les moyens de paiement, protéger les créanciers et également représenter une voie de recours en cas de non-respect des règles monétaires.

En ce qui concerne la confiance méthodologique, elle opère sur la sécurité des relations de paiements au quotidien, tant entre agents économiques de « base » (entreprises, ménages) qu’entre agents financiers. Par exemple, lors d’une transaction entre agents économiques, le vendeur recourt le plus souvent à une procédure permettant de conjecturer la sécurité du paiement proposé. En fait il n’acceptera une pièce qu’après l’avoir mordue et pesée, un billet, qu’après l’avoir passé au détecteur de faux, un cheque qu’après avoir demandé auprès de la banque si le compte est approvisionné.

Enfin, la confiance éthique renvoie au lien qui existe entre la permanence des valeurs sociales et la confiance en la monnaie. Dans les faits, le point de vue éthique varie selon les sociétés : respect des traditions ancestrales, respect de la loi de Dieu, respect des castes ou des ordres ou, dans la majorité des sociétés occidentales actuelles, respect des droits de la personne humaine.

Dans tout ce qui vient d’être dit et démontré, il apparait qu’un pays tiers ne peut garantir la monnaie d’un autre. Cette supposée garantie accordée par la France au franc CFA qui fait croire aux africains qu’ils sont incapables d’avoir leur propre monnaie n’est qu’illusoire et factice.

La peur des africains est basée en fait sur rien du tout car la valeur d’une monnaie ne dépend pas d’une quelconque garantie qu’un pays tiers doit fournir si tant est que cela soit possible. La valeur d’une monnaie dépend du dynamisme de l’économie. Si les pays de la sous-région comptent économiquement dans l’économie mondiale, leur monnaie sera demandée et contribuera ainsi à sa hausse. Ce qu’il faut c’est la chaîne de création de valeur à l’échelle régionale, pour soutenir notre monnaie, pas le soutien de la France.

La monnaie revêt d’autres dimensions plus importantes : Elle repose sur le principe de souveraineté.

LA MONNAIE ET LA POLITIQUE SONT LIEES

Il serait bien réducteur comme l’a fait Aristote, de vouloir limiter le pouvoir de la monnaie aux seules fonctions d’unité de compte, de moyen de transaction et de réserve de valeur. La monnaie va au-delà, même très loin.  La monnaie est un puissant instrument et son fonctionnement peut être un outil de domination. On sait aujourd’hui par exemple, que la société romaine, face aux nations « barbares », dangereuses pour sa souveraineté exaltait son unité et sa cohésion. Et le pouvoir et les symboles qui lui sont attachés donnent à la communauté civique romaine, les moyens d’exprimer, sur la monnaie en particulier, mais aussi sur tous les autres supports du discours figuratif, sa puissance, sa personnalité. Les contenus des messages monétaires, frappés à des milliers d'exemplaires, s'imposent  peu à peu à l'esprit des populations parmi lesquelles ces monnaies circulent. Le  discours monétaire laisse transparaître comment la conquête de I’ Orient détermine l'universalité de l'Empire romain et fonde la supériorité de Rome.

Aujourd’hui encore, ces dimensions religieuses, politiques et anthropologiques de la monnaie ne sont pas usées. On sait encore que l’évolution du billet vert, c’est-à-dire le dollar en 2009, a ramené le thème de la trop grande dépendance du monde à la devise américaine sur le devant de la scène. Les chinois ont donc lancé l’idée de faire émerger une « monnaie de réserve supra-souveraine » qui  serait « déconnectée  des nations individuelles » et de leurs enjeux intérieurs, suggérant que les droits de tirage spéciaux (DTS), l’unité de compte du Fonds monétaire international (FMI), pouvaient jouer ce rôle. Les chinois ont été rejoints par Dmitri Madvedev, le président russe, qui a tenté de mener une fronde antidollar avec ses homologues brésilien, indien et chinois. De leur coté, les américains critiquent la sous-évaluation de la monnaie chinoise, le yuan, face au dollar et à l’euro, ce qui développe leurs exportations.

Pendant que les monnaies dessinent les structures de l’économie mondiale, le franc CFA déstructure les économies des PAZF.

LE FRANC CFA ET LA PERENNISATION DE L’ECONOMIE COMMERCIALE

Le franc CFA devrait, selon certains économistes, en tout cas, grâce à la garantie accordée par le Trésor français, donner aux pays de la zone franc une position  privilégiée en matière d’investissement international. De la sorte, cela pallierait la faiblesse de leurs ressources financières internes. La convertibilité externe du franc CFA était supposée favoriser la mobilité des capitaux au profit de la zone franc. Les populations africaines sont bien placées pour reconnaitre que la zone franc n’a pas connu ce boom des investissements étrangers. En lieu et place, c’est bien la pérennisation de l’économie de traite qu’on observe sans oublier la fuite massive des capitaux. L’activité économique repose essentiellement sur des productions de produits primaires agricoles, forestiers ou miniers. Les structures de production sont insuffisamment diversifiées et, en tout état de cause, manquent d’élasticité : elles ne peuvent pas bien répondre à une croissance rapide de la demande provoquée par le développement du crédit.  Tandis que les autres pays : Brésil, Russie, Inde et Chine, tentent de construire un système économique de production, les pays de la zone franc consolide le système économique commercial, que favorise le franc CFA. Dans le creuset de la crise, on a vu que  certains pays s’en tiraient mieux que d’autres. Les puissances émergentes : Chine, Brésil, Inde, pour ne citer que les plus importants se sont tirées d’affaire. Ces pays sont maintenant dotés de classes moyennes dont la consommation a servi de relais à des exportations minées par la crise en occident. La chine, en dépit de sa monnaie sous-évaluée a engagé un plan de relance de 4000 milliards de yuans (400 milliards d’euros) sur deux années, ce que les pays de la zone franc sont incapables de réaliser. Les pays d’Afrique subsaharienne sont très  vulnérables et fragiles avec une dette qui absorbe plus de 40% de leur  revenu national en moyenne. Dans les pays en développement, et c’est le cas des pays africains de la zone franc, ces relations avec l’extérieur sont très importantes, en partie du fait que leur appareil de production n’assure pas la satisfaction de l’ensemble des besoins des économies et notamment en biens d’équipement. Cela a des conséquences directes sur la distribution de crédit et l’évolution des avoirs extérieurs. En effet, une distribution abondante du crédit entraîne une augmentation des exportations, donc une consommation des réserves. En revanche, une baisse ou une augmentation modérée des crédits attenue les tensions exercées sur les avoirs extérieurs. Vu que la monnaie est un instrument d’échange, le développement des activités requiert une immobilisation des moyens monétaires. Pour autant, la distribution du crédit ne profite pas à des investissements à moyen et long terme, mais au développement des activités commerciales (import-export, en général).

Le franc CFA est devenue une monnaie bourgeoise qui profite à une bourgeoisie compradore, c’est-à-dire, ces africains qui acceptent de lier leur sort au capitalisme mondial en profitant de ce système pour s’enrichir illicitement. Si le franc CFA pouvait permettre le développement, comment comprendre qu’un pays comme la Côte d’ivoire, soit classé 163e sur 182, selon l’indice de développement humain en 2009 alors que le Maroc qui frappe sa monnaie, se classe au 9e rang des économies arabes et en 61e position sur le plan mondial ? La monnaie CFA est créatrice d’inégalité très fortes : en Côte d’ivoire, les 10% des ivoiriens les plus riches détiennent 32,8% du revenu total contre 30,4% pour les 60% les plus pauvres.

La question se pose pour les africains de savoir si le franc CFA « joue » contre son développement. Mais la réponse ne fait pas de doute : le franc CFA déforme et tue les économies des PAZF au profit des européens.

IL FAUT EN FINIR AVEC LE FRANC CFA

On entend souvent dire que ceux qui luttent pour la décolonisation du franc CFA oublient que les questions monétaires se résument à un problème de bonne gouvernance monétaire. Certains experts, comme on les appelle en Afrique, parfois travaillant à BAD ou à la Banque mondiale, voir même au FMI, pensent que le franc CFA ne dérange pas le processus de développement des pays de la zone franc. Le comble c’est que nos gouvernants écoutent ce genre d’hérésie liée un manque d’effort de réflexion. Ces partisans du moindre effort ont une vision exclusivement économique de la monnaie. Or si les apports d’autres  sciences  sociales, telles que l’anthropologie, la psychologie, la sociologie et l’histoire sont d’un intérêt  certain pour la Science économique en général, cela est sans doute plus vrai pour l’analyse monétaire.

L’indépendance n’est plus une question de statut mais une question de maitrise de sa pensée dont l’un des fruits est la monnaie. Les occidentaux nous ont volé les feuilles, les branches et mêmes les tiges de l’arbre, il est temps que les africains se battent pour garder les racines, c’est-à-dire, conquérir la souveraineté monétaire.

La  décolonisation du franc CFA signifie simplement que les pays qui constituent aujourd’hui la zone franc, resteront dans leurs unions monétaires respectives, par souci de solidarité mais briseront le lien vertical entre elles et la France, dans la gestion de leur monnaie. Il s’agit tout simplement de ne plus déposer une partie de leurs réserves de change auprès du Trésor Français. Ce n’est pas le fait de centraliser les réserves de change qui gène, mais son dépôt dans un compte courant dénommé : compte d’opérations. La centralisation des devises permet par exemple, d’éviter le relèvement des taux d’intérêt dans le pays frappé par un choc exogène.

Jusqu’en 1973, il fallait verser toutes nos réserves sur ce compte afin que la France les utilise à nouveau pour faire des prêts à ces mêmes pays qui ont créé cette richesse. Après la convention monétaire de 1973, qui voulait assouplir  cette contrainte, les pays de la zone franc étaient tenus de verser désormais au moins 65% de leurs réserves de change auprès du Trésor Français. Depuis le 26 septembre 2005, pressé par une vigoureuse et digne élite africaine, ce taux est passé de 65% à 50%, pour ce qui concerne les pays de l’UEMOA.

 

Il est temps que les gouvernants africains ou du moins ceux de la zone franc décident de sortir de la tutelle française dans la gestion de leur monnaie. Il est moralement et intellectuellement inacceptable que cinquante années après leur accession à la souveraineté nationale et internationale, le cri de colère des « anti-CFA » ne soit pas intégré comme si on pourrait en rester au débat entre les pro-CFA et ceux comme nous qui pensons que notre développement ne se fera pas dans le giron français

 

Dieu nous aide dans cette lutte !


Dr Séraphin PRAO

Enseignant-chercheur à l’UFR Sciences économiques et développement de l’université de Bouaké (Côte d’Ivoire)

Président du Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN)

Président de l’Association des Théoriciens Africains de la Monnaie (ATAM)

 

www.mlan.fr

www.atamsouv.e-monsite.com

 

Tél : 0022501118760

jeudi, 04 mars 2010

NIGER: LES GAGNANTS DU COUP D'ETAT

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Par D. Anza

(LE TEMOIN du 24 au 28 février 2010)

 

 

Sarkozy prévoyait de dépêcher à Niamey soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja par rapport à sa politique minière. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène…

 

Le putsch du 18 février dernier qui a raccourci l’espérance de vie de Tazartche à moins de 60 jours fait l’affaire de plusieurs groupes d’intérêts, les uns plusieurs fois plus importants que les autres.

 

Le premier intérêt gagnant est sans aucun doute la France, la patrie d’Areva. Comme tous les Nigériens le savent, le puissant groupe nucléaire français n’a jamais pardonné à l’ancien Président de la République sa politique minière courageuse. Une politique qui mettait en cause tous les accords contraires aux intérêts du Niger signés entre l’ancêtre d’Areva et les anciens régimes non nationalistes qu’avait connus notre pays. Et comme la fille aînée de l’Eglise est veinarde, chaque fois que ses intérêts sont menacés dans ses anciennes colonies, la source de cette menace se trouve, comme par hasard, éradiquée. En 1974, le Président Diori Hamani avait clairement manifesté son intention de revoir en faveur du Niger les accords miniers qui nous liaient à la France. Il voulait arracher un prix juste à la COGEMA pour faire face à la crise alimentaire et économique qui menaçait notre pays. Il refusait d’accepter que les Nigériens ne puissent pas jouir du don que le Dieu leur a fait. C’était là une offense contre la toute puissance France. La suite on l’a connaît. Trente trois ans plus tard, en 2007, le Président Tandja a fait sienne la doctrine de Diori. Le secteur minier fut diversifié au profit du Niger. Plusieurs opérateurs de divers pays obtinrent de permis de recherche de minerais et d’hydrocarbures.

 

Pour la première fois de son histoire, le Niger procéda à sa première vente directe de l’or jaune, après que Tandja eût courageusement imposé à Areva la révision des accords alors même que le contrat n’était pas arrivé à terme. Tous les Nigériens s’étaient sentis fiers. Mais la France était en colère ; très en colère. Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France Et comme tout cela ne suffisait pas, et face au regain d’intérêt que suscite l’uranium, le Président Tandja tenta d’aller encore plus loin en fin 2009.

 

D’abord il fait savoir à Areva que les prochaines négociations prévues à Paris en 2010 doivent consacrer la hausse de la quotte part que le Niger peut vendre sur le marché international. Surtout que le premier acheteur de la vente directe par le Niger de son uranium, à savoir les Etats Unis, avaient, par leur voix la plus autorisée, celle de Barack Obama, déclaré qu’ils construiront trente quatre nouvelles centrales nucléaires. Ce qui devrait être une bonne aubaine pour le Niger, mais un manque à gagner pour Areva. Ensuite, le Président Tandja avait demandé à Areva de mettre à l’écart son projet de la mise en place de la «plateforme», une supra structure qui coifferait la SOMAIR, la COMINAK et IMOURAMEN. La « plateforme », une appellation à connotation mafieuse, vise essentiellement à remettre en cause le niveau de contrôle des cadres nigériens. Cette plateforme qui sera dirigée par des Français, centralisera à son niveau toutes les informations nécessaires à un contrôle (comptabilité, achat, exploitation, etc.). Le Niger ne verrait que du rouge. Tandja a dit non. Et ces sont ses deux décisions majeures que le Premier Gamatie devrait défendre à Paris s’il n’y avait pas eu l’intervention de l’Armée. En plus, il faut ajouter que la France n’avait pas du tout aimé la volonté de rapprochement entre le Niger et l’Iran. D’ailleurs, Sarkozy prévoyait de dépêcher, en mars prochain, soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène. Comme on peut le constater, à tout point de vue, Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France dont la production énergétique dépend à plus de 70% de l’uranium nigérien.

 

D’ailleurs, en 2007, beaucoup d’hommes politiques nigériens avaient prédit que Tandja ne finirait pas son deuxième mandat tant qu’il continuerait sa politique à la Chavez. Ainsi, même si la France a publié un communiqué condamnant le putsch, il faut tout simplement voir en cela des larmes de crocodiles. Anne LOVERGEON a dû certainement sauté un champagne en compagnie de quelques proches de Sarkozy. L’Occident ne veut pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium.

 

Après la France, la mise à l’écart de Tandja profite aux leaders des principaux partis de l’Opposition à savoir le PNDS, la CDS et le Lumana. Eux qui avaient vu leurs rêves de lui succéder se transformer en cauchemar. Leurs intérêts coïncidant avec ceux de la France, ils ont conduit celle-ci à faire pression sur la CEDEAO pour faire de Tandja un hors la loi devant la communauté internationale. Une communauté internationale composée uniquement des voix des grandes puissances et dont les intérêts ne peuvent jamais coïncider avec ceux des pays pauvres mais toujours avec ceux des quelques hommes de mains au sommet des Etats.

 

Et si les patrons politiques de la CFDR ont abandonné le combat de la légitimité pour celle de la légalité, c’est parce qu’ils savaient qu’ils auraient des oreilles attentives en Occident qui ne voulait pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium. L’ennemi de ton ennemi étant ton ami…

 

Enfin, le troisième gagnant est la CEDEAO. Cette organisation sous régionale, animée pour l’essentiel par des non et des mal élus, a voulu se donner une nouvelle image, suite au discours d’Obama à Accra, en acceptant plus un autre «mauvais démocrate» de plus. Ainsi, sans se fatiguer, la CEDEAO voit son problème résolu. Du reste, tous ses gagnants ne le sont que manière virtuelle pour l’instant. A écouter les responsables de la junte, tout laisse croire qu’ils sont pleinement conscients de là où se trouve les intérêts du Niger. Et, ils ne semblent pas être des personnes qui vont succomber aux chants des sirènes venus d’ailleurs. Leur jeunesse et par conséquence leur manque d’expériences des combines politiques et mafieuses sont des gages d’une Transition qui se ferait dans la sauvegarde des intérêts du Niger. Nous attendons d’eux d’être intransigeants par rapport à tout ce qui peut remettre en cause les actes patriotiques posés par leur frère d’arme Tandja Mamadou et notamment lors des prochaines négociations avec Areva. Il ne faudrait pas que la France, profite de leur manque de légitimité et de légalité pour leur imposer retour à la situation d’avant 2007.