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lundi, 20 août 2012

CONFERENCE DE PRESSE DU MINISTRE AMANI NGUESSAN MICHEL SUITE A L'ATTAQUE DU SIEGE DU FPI

 

ATTAQUE DU SIEGE DU FPI.jpg

Attaque du quartier général du FPI

 


 

Source de la vidéo: INFO D'ABIDJAN.NET

 

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Le siège du FPI «attaqué par le RDR»


Après le passage des agresseurs [du Rdr selon le FPI] au siège provisoire du Front Populaire Ivoirien, situé à Cocody-Atoban, quelques détails nous sont parvenus. Les agresseurs seraient arrivés à bord d’un Gbaka [mini-bus], armés de gourdins mais aussi d’armes à feu, dont des fusils kalachnikovs. Ce siège provisoire, une bâtisse appartenant à Nadi Bamba, fut utilisé comme siège de campagne durant la présidentielle 2010. Cette villa cossue est depuis quelques mois utilisée par le FPI, suite à la fin de location du siège du CNRD qui servait de bureaux, après la destruction du siège officiel du parti en zone 4 durant la crise postélectorale .

Quelques dégâts:

- Deux camarades gravement blessés;
- Trois camarades, dont Koua Justin, intérimaire de Konaté Navigué au poste de SG de la Jeunesse du FPI auraient été enlevés;
- Le véhicule du chargé des élections incendié;
- D’autres véhicules trouvés sur les lieux saccagés.


Hervé Coulibaly

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Côte d’Ivoire: le siège du FPI saccagé par des inconnus en armes


(AfriSCOOP ) — Le siège du Front populaire ivoirien (FPI, parti de l’ex-président Laurent Gbagbo), situé dans le quartier chic de Cocody (nord d’Abidjan), a été attaqué et saccagé samedi par des inconnus, qui ont fait deux blessés, au moment où des membres de la jeunesse de ce parti tenaient une réunion.

« Nous étions en réunion, nous étions au nombre de dix. Venues à bord d’un mini-car, des personnes non identifiées, armées de gourdins, de machettes et de fusils de chasse, ont fait irruption dans les locaux », a déclaré un membre de la section jeunesse du FPI, Jean-Luc Ouallo, cité par l’AFP.

Les agresseurs qui « parlent tous dioula » (langue de ressortissants du Nord ivoirien, très largement parlée dans le pays), ont incendié une voiture devant l’entrée du siège avant de saccager l’intérieur. Les vitres de toilettes brisées, et des documents traînaient par terre. Deux personnes sur place ont été légèrement blessées, l’une à la tête et l’autre à la joue, par les assaillants, selon l’AFP.

Toussaint Alain, ancien conseiller de Laurent Gbagbo, a affirmé sur son compte twitter que l’attaque a été perpétrée « par des militants du RDR (Rassemblement des républicains, parti du président Alassane Ouattara, ndlr), appuyés par des soldats des Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) »

L'attaque du siège du FPI survient après deux semaines au cours desquelles plusieurs postes de contrôle et des camps militaires des Forces de sécurité ivoiriennes à Abidjan et à l’intérieur du pays ont été attaqués par des groupes armés non identifiés faisant au moins 11 mort au sein des Frci et trois personnes tuées dans la population civile.

A plusieurs reprises, les autorités ont accusé «des miliciens pro-Gbagbo» et des militaires «nostalgiques du régime Gbagbo», s’attirant de vigoureux démentis du FPI.

«Nous avons choisi la voie de la transition pacifique», a indiqué vendredi le président intérimaire du FPI Oureto Miaka, exhortant les autorités à «chercher avec sérénité et responsabilité les causes profondes du malaise».

Dans un message télévisé adressé vendredi à la population ivoirienne, le Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou a appelé les auteurs de ces attaques à déposer les armes et à venir sur la table des négociations pour « un dialogue franc, sincère et sans exclusive ».


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Le siège du parti de Gbagbo attaqué à Abidjan, trois blessés (AFP)

 

Le siège du parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), a été attaqué samedi à Abidjan par des inconnus, qui ont fait trois blessés légers et provoquant un nouvel accès de tension alors que l’armée est depuis deux semaines la cible de commandos.

Des inconnus ont attaqué le siège du parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), samedi à Abidjan, faisant trois blessés légers et provoquant un nouvel accès de tension alors que l’armée est depuis deux semaines la cible de commandos.

« Nous étions en réunion, nous étions au nombre de dix. Venues à bord d’un mini-car, des personnes non identifiées, armées de gourdins, de machettes et de fusils de chasse, ont fait irruption dans les locaux » peu avant 12H00 (locales et GMT), a déclaré à l’AFP un responsable de la section jeunesse du FPI, Jean-Luc Ouallo.

Une voiture a été entièrement incendiée et brûlait devant l’entrée du siège, situé dans le quartier chic de Cocody (nord), a constaté l’AFP. A l’intérieur, une porte a été cassée, du matériel informatique dérobé et des documents jetés par terre. Selon un témoin, l’expédition a duré « un peu plus de dix minutes ». Dans les locaux, deux hommes ont été légèrement blessés, l’un à la tête et l’autre à la joue.

Un autre jeune homme, venu discuter avec les vigiles gardant la bâtiment, a été aussi blessé par le groupe armé. « Ils m’ont frappé », a-t-il dit, lèvre inférieure légèrement ouverte et traces de coups visibles sur le visage.

Les agresseurs « menaçaient de nous tirer dessus ou de nous brûler vifs », a raconté Claude Désiré Dassé, un autre responsable de la jeunesse FPI. Les jeunes se sont alors réfugiés dans les toilettes. « Dieu merci, ils n’ont pas pu ouvrir la porte », a-t-il dit. Les vitres des toilettes ont été brisées. Les agresseurs « ont emporté deux de nos camarades » et parlaient « dioula » (langue de ressortissants du Nord ivoirien, très largement parlée dans le pays), a affirmé Jean-Luc Ouallo.

Appel à déposer les armes

Plusieurs policiers et gendarmes et des éléments de la force onusienne Onuci se sont rendus sur place après l’attaque. Ces événements surviennent en plein regain de tension dans le pays, après deux semaines au cours desquelles les Forces républicaines (FRCI), l’armée ivoirienne, ont essuyé des assauts en série à Abidjan, dans ses environs et dans l’Ouest, y perdant dix hommes.

Jeudi à Dabou, à environ 50 km à l’ouest d’Abidjan, les assaillants ont visé le camp FRCI, les bases de la police et de la gendarmerie, tué trois civils et ouvert la prison d’où se sont évadés des dizaines de détenus.

Le Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou a appelé vendredi soir les auteurs de ces attaques à déposer les armes pour ne pas empêcher le « renouveau » ivoirien, plus d’un an après la fin d’une crise postélectorale (décembre 2010-avril 2011) aux quelques 3.000 morts.

Appel au dialogue

Il a appelé au dialogue et annoncé la prochaine organisation de « missions d’écoute et de sensibilisation » dans le pays. L’Onuci a lancé vendredi « un appel urgent au calme » et jugé que les violences montrent « la nécessité pour le pays de poursuivre le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des anciens combattants et anciens miliciens » ayant combattu durant la crise de 2010-2011.

Selon l’Onuci, environ 70 personnes au moins sont retenues depuis quelques jours par les forces de sécurité ivoiriennes pour présumée « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat » ou implication supposée dans les attaques. La mission a souligné n’avoir pu accéder encore à certains détenus à Abidjan. (...).

 

AFP


Source: CONNECTION IVOIRIENNE.NET

jeudi, 24 mai 2012

DECLARATION DU FPI A L'OCCASION DE SA RENCONTRE AVEC LA DELEGATION DU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU

 

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Déclaration du Front Populaire Ivoirien à l’occasion de sa rencontre avec la délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU

(Abidjan 21 Mai 2012)

 

 

Le présent document est destiné à donner au Conseil de Sécurité de l’ONU la position du Front Populaire Ivoirien sur la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire à la date ci-dessus. Il comprend trois parties consacrées l’une au constat de la discrimination que l’ONU établit entre les nations, l’autre à la dénonciation du parti pris onusien contre Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien, et la dernière à la dictature instaurée dans notre pays depuis le 11 avril 2011. En guise de conclusion nous présentons nos conditions de sortie de crise.

1- De la discrimination des nations par l’ONU

Née au lendemain de la seconde guerre mondiale, sur les cendres de la Société des Nations (SDN), l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans le préambule de sa charte datée du 26 juin 1945, affirme avec fermeté ce qui suit :

"Nous peuples de Nations Unies, sommes résolus, à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations grandes et petites".

La Côte d’Ivoire est une petite nation africaine, ancienne colonie française devenue indépendante en 1960, qui exprime son attachement aux valeurs démocratiques reconnues à tous peuples libres notamment : le respect et la protection des libertés fondamentales tant individuelles que collectives.

Mais pendant trois décennies (1960-1990) ces libertés ont été confisquées au nom d’un parti unique imposé au peuple ivoirien avec le soutien bienveillant de la France ex tutelle coloniale. Il en sera quasiment de même pendant une autre décennie (1990-2000) même avec l’avènement proclamé du retour au multipartisme.

Il est à noter qu’au cours de ces quatre longues décennies de privations de libertés et de violations permanentes des droits de l’homme, que le peuple ivoirien a endurées, avec des exécutions sommaires dans de faux complots (1963-1964), les arrestations et détentions massives, arbitraires, ni la France, ni l’Onu n’a émis la moindre protestation et encore produit la moindre résolution pour protéger le peuple de Côte d’Ivoire et exiger que la démocratie soit instituée dans ce pays.

La France et l’Onu ont bien au contraire adoubé le régime ultralibéral liberticide mis en place sous la férule de Félix Houphouët Boigny.

L’Onu ne traite donc pas les grandes et petites nations dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, et fonctionne donc avec un parti pris.

Pendant tout ce temps qu’il était sans soutien, et livré au règne sans partage du parti unique, le peuple ivoirien ne s’est pas résigné à son sort. Laurent Gbagbo historien, déjà dans le collimateur des dirigeants du parti unique, décide de fonder en 1982 le Front Populaire Ivoirien, un parti politique non libéral, mais socialiste et souverainiste, pour défendre les droits et libertés en vue d’une transition pacifique à la démocratie en Côte d’ivoire. Au terme de trois décennies de luttes parsemées d’embûches, arrestations, et tentatives d’assassinat des démocrates, la Côte d’Ivoire se dote d’une autre Constitution et proclame la seconde République le 1er Août 2000.

Laurent Gbagbo est élu au suffrage universel, Président de République de Côte d’Ivoire le 26 Octobre 2000.

2- Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien indésirables au pouvoir par le système onusien

Laurent Gbagbo dès après sa prestation de serment, s’emploie à mettre en œuvre son projet de société en prenant des décisions destinées à donner le pouvoir au peuple ivoirien (la décentralisation, la réforme de la filière café-cacao) à promouvoir les libertés d’expression (la loi sur la dépénalisation de la presse) libertés d’association (loi sur le financement des partis politiques), etc.

Autant de décisions qui traduisent dans les faits, son attachement et celui du Front Populaire Ivoirien aux valeurs démocratiques reconnues à tous les peuples libres conformément au préambule de la Constitution du 1er Août 2000.

Le régime de Laurent Gbagbo ne fonctionnera véritablement que pendant seulement vingt deux mois. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, il a été attaqué violemment à l’arme lourde par des mouvements rebelles qui visaient à renverser le régime. Bilan, trois cents gendarmes tués. Le coup d’Etat échoue et se transforme en rébellion qui s’installe dans la zone centre nord ouest du pays (CNO). Que font dès lors la France et l’ONU ?

La France qui a signé des accords militaires de défense avec la Côte d’Ivoire, refuse de les appliquer pour défendre l’intégrité territoriale du pays, sous le prétexte qu’il s’agit d’une guerre entre ivoiriens. Comment le savait-elle déjà le jour même de l’agression quand le Président de la République Laurent Gbagbo a interpellé le président de la République française Jacques Chirac sur ses engagements ?

La réponse ne se fera pas attendre. La France sous le second prétexte d’évacuer ses ressortissants à Bouaké où se sont refugiés les rebelles en déroute, fait barrage pour qu’ils ne soient pas totalement défaits. Ce après quoi, les rebelles très lourdement armés, ont massacré les forces loyalistes pour prendre possession des casernes et occuper totalement avec l’appui de la France, les zones Centre Nord et Ouest du pays consacrant ainsi la partition de la Côte d’Ivoire.

Mais la France de la droite libérale ne s’arrête pas là. Après avoir sécurisé les rebelles sur le terrain, elle active la CEDEAO pour qu’elle demande au sommet d’accra du 29 septembre 2002 de déployer une force de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, préparant ainsi l’entrée en scène de l’ONU.

Quatrièmement, cela parce que l’ONU lui reconnait, le droit de faire des projets de résolutions sur la situation dans ses ex-colonies, pourtant indépendantes et souveraines en principe, la droite française convoque à Linas Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003 la table ronde des forces politiques ivoiriennes.

Réunissant ainsi autour de la même table les partis politiques y compris le FPI en même temps que les mouvements rebelles, la France les légitimaient du même coup, sans avoir jamais condamné ni cette rébellion, ni l’usage des armes pour la prise du pouvoir dans un Etat démocratique en violation de la Constitution ivoirienne.

Cet accord entériné par d’abord la conférence des chefs d’Etat sur la Côte d’Ivoire qui s’est tenue à Paris , les 25 et 26 janvier 2003, sera adopté in fine par le sommet de la CEDEAO à Dakar le 31 janvier 2003, et l’Union Africaine le 03 février 2003.

Tous ces organes aux ordres, permettront ainsi au Conseil de sécurité de l’ONU d’entrer en scène par sa première déclaration sur la crise ivoirienne, la résolution 1464 adoptée à sa 4700ème séance le 04 janvier 2003.

Une résolution prise six mois après le début du conflit et qui ne condamne en son point 7 que "les graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire intervenues en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002" sans nommer encore moins condamner les mouvements rebelles qui sont l’auteur de ces graves violations.

Tout va se passer par la suite comme si la France et l’ONU découvraient subitement en Côte d’Ivoire les graves violations des droits de l’homme, dont elles se sont pourtant faites complices en les couvrant pendant 40 ans dans ce pays (1960-2000).

A partir de cette date l’ONU et ses forces armées agissant en Côte d’Ivoire (France et CEDEAO) s’étaient déjà disqualifiées par leur flagrante prise de position en faveur de la rébellion au détriment de Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien indésirables au pouvoir par le système Onusien.

Nous disions système onusien, parce que l’ONU et ses démembrements sont des instruments au service du nouvel ordre mondial. Fondé sur le système libéral capitaliste et ne visant que la recherche d’énormes profits au détriment des peuples des petites nations, ce nouvel ordre mondial, qui fait fi des Etats et de leurs Constitutions, est fondamentalement anti souverainiste et anti démocratique.

Au total 43 résolutions seront prises par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour installer méthodiquement, donc avec préméditation, l’ultra libéral Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire.

De sa première résolution 1464 du 04 février 2003 prise dans sa prétendue volonté de la crise, à sa quarante et unième, la résolution 1980 du 28 avril 2011, où il se félicité de ce que le président de la Côte d’Ivoire qu’il a installé sous un déluge de bombes, le Conseil de Sécurité de l’ONU est resté dans la même posture. Ne s’inquiétant nullement de ce que pensait le peuple de Côte d’Ivoire agressé dans ses droits pour avoir élu un président indésirable par l’ONU et encore moins de ce qu’il est devenu après son éviction du pouvoir.

Et comme pour se dire, sa mission est accomplie en Côte d’Ivoire, installer un ultra libéral, en lieu et place du souverainiste Laurent Gbagbo, depuis le 28 avril 2011, seulement deux résolutions ont été produites sur la situation en Côte d’Ivoire, il s’agit de celle N° 1981 du 13 mai 2011 et la résolution 2000 du 27 juillet 2011.

Depuis ces deux dernières résolutions où il encourage le nouveau président à consolider son régime avec l’appui des forces onusiennes, de la licorne et des FRCI, l’ONU a décrété le black out sur la descente aux enfers de tous ceux qui ont œuvré pour l’avènement de la démocratie dans notre pays ; montrant ainsi par là même que la stigmatisation de Laurent Gbagbo comme dictateur, infréquentable, mauvais perdant, n’étaient que des prétextes pour l’évincer du pouvoir.

Le Front Populaire Ivoirien accuse le Conseil de Sécurité de l’ONU :

1° d’avoir pris des résolutions sur la base d’informations non fondées et donc fausses ;

2° d’avoir fait de multiples pressions pour contraindre le président Laurent Gbagbo à organiser des élections dans une Côte d’Ivoire non réunifiée avec le désarmement des rebelles non effectué par l’ONUCI qui avait cette mission en charge ;

3° d’avoir bombardé la résidence du Chef de l’Etat pour le contraindre à quitter le pouvoir, sur la base d’on ne sait quelle résolution ;

4° d’avoir créé par la suite une situation propice à l’assassinat par le nouveau régime, des démocrates ;

5° d’être à l’origine de la mise en place en Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 d’un Etat de non droit.

3- Depuis le 11 avril 2011 la dictature a été instaurée en Côte d’Ivoire

Trois volets suffiront ici à en donner la preuve. La justice des vainqueurs – l’insécurité galopante et rapprochée – le jeu démocratique dévoyé.

3-1 La justice des vainqueurs

3. 1. 1 A commencer par le président Laurent Gbagbo, de nombreux cadres et dirigeants du FPI ont été d’abord arbitrairement arrêtés et détenus, avant que la justice aux ordres d’Alassane Ouattara ne cherche les preuves, à ce jour introuvables de leurs  inculpation.

3. 1. 2 La chasse aux sorcières instantanée dans une terreur sans nom a contraint de milliers de cadres du FPI et autres citoyens à protéger leurs vies en prenant le chemin de l’exil. Et le pouvoir Ouattara continue de les poursuivre par des mandats d’arrêts internationaux.

3. 1 3 Les avoirs de nombreux citoyens et cadres du FPI gelés sans un commencement de preuves, ont conduit à la mort de nombre d’entre eux faute de moyens/ressources pour se soigner (Bohoun Bouabré, Diagou Gomont, Gnan Raymond, tous d’anciens ministres et maires, etc.)

3. 1. 4 Les Dozos qui écument les campements, villages et villes, procèdent à des expropriations de terres pour exploiter les plantations à leur profit, et sur la base de jugements expéditifs, les propriétaires sont exécutés sommairement.

3-2 L’insécurité galopante et rapprochée

3. 2. 1 Les FRCI forces armées de Ouattara, tous issues de sa région, illettrées et s’exprimant exclusivement en Malinké leur langue maternelle, procèdent au quotidien à de nombreuses rafles de citoyens, parqués dans des camps de concentrations (Yopougon, Abobo, Koumassi), où ils sont torturés, marqués au fer comme du bétail, dans le silence assourdissant des tenants du nouveau régime.

3. 2. 2 Ces mêmes FRCI occupent de nombreux sites publics, espaces et domiciles privés dont ils se sont appropriés en toute impunité. A titre d’exemple le site des manifestations du FPI à Yopougon, est occupé depuis plusieurs mois par les FRCI qui en ont fait une caserne. Dans le même temps les forces armées nationales (gendarmes, policiers, militaires) souffrent l’humiliation, et le martyr, parce qu’exerçant sans armes leur mission régalienne.

3. 2. 3 La terreur instaurée et la répression systématique dans le sang (avec de nombreux blessés et morts d’hommes) de toutes les manifestations pacifiques organisées par le FPI (Koumassi, Bonoua, Port-Bouët, Yopougon) au mépris du respect des libertés d’associations et de manifestations.

3-3 Le jeu démocratique dévoyé

Parvenu au pouvoir par les armes et donc de façon anticonstitutionnelle, illégitime et illégal le pouvoir Ouattara est confronté depuis son avènement à un grave déficit de légitimité. Ses parrains l’ONU, la France notamment ont souhaité, pour lui donner un vernis démocratique de procéder à des élections législatives ouvertes et inclusives.

Mais tournant le dos à la résolution du 27 juillet 2011, il a organisé ces élections de façon exclusive sur la base d’un découpage électoral très favorable à son parti le RDR auquel il a réservé d’avance une soixantaine de sièges.

Résultats, un parlement monocolore anti démocratique sans opposition nous ramenant au système du parti unique.

De surcroit ces élections se sont révélées, non représentatives avec une abstention de 85% de l’électorat. Un vrai désert électoral qui signifie que la Côte d’Ivoire a besoin de se doter d’un parlement représentatif de toutes ses composantes politiques et non cette assemblée de surcroit quasiment mono-ethnique avec 60% de Malinké, ethnie de Ouattara.

3-4 La reconstruction de la paix : mesures générales

Le Front Populaire Ivoirien prenant acte de la situation qui fait de M. Alassane Ouattara président de la République de Côte d’Ivoire demande :

1- Que soit prise dans l’immédiat une mesure d’amnistie générale ;

2- La prise d’une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU exigeant la libération du Président Laurent Gbagbo, acteur incontournable du processus de réconciliation en Côte d’Ivoire ;

3- La libération de tous les prisonniers, le retour des exilés et le dégel de tous les avoirs ;

4- La réinitialisation de tout le processus c’est-à-dire du jeu démocratique à commencer par les élections présidentielles puis les législatives, les régionales et communales sur la base de dispositions consensuelles ;

5- Le désarmement préalable des ex rebelles ;

6- Le départ de la Côte d’Ivoire des forces onusiennes qui se sont révélées pendant la crise et qui continuent de se comporter comme des forces belligérantes ;

7- La levée de toutes les sanctions onusiennes ;

8- Un dialogue direct avec le pouvoir ;

Dans ce cadre le FPI fait des propositions dans deux documents dont copies ci-jointes.

 

Conclusion

De toute évidence la démocratie qui a servi de prétexte au changement brutal de régime s’est muée en dictature sous le régime de Ouattara au grand dam de ses parrains qui se doivent d’en tirer courageusement les leçons.

Telles sont les conditions minimales de sortie de crise du Front Populaire adressées au Conseil de Sécurité de l’ONU, qui permettent à cette institution de contribuer à la réinstauration de la démocratie, de l’Etat de droit et de la paix en Côte d’Ivoire.

 

Délégation du FPI :

1- NGUESSAN Amani Michel, Secrétaire Général Adjoint : 01 48 88 41

2- GNAOULE Oupoh Bruno, Secrétaire National : 06 38 42 42

 

P.J :

1- Document du dialogue politique entre le pouvoir et le Front Populaire Ivoirien suite à la crise postélectorale.

2- Appel de la Convention à la communauté internationale.

lundi, 14 mai 2012

LIBERTES CITOYENNES ET DEMOCRATIE EN COTE D'IVOIRE: IL Y A PROBLEME!

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Table Ronde du Front Populaire Ivoirien (FPI) - Thème : "Libertés citoyennes et Démocratie"

Exposé liminaire de SERY Gbouagnon, Secrétaire National aux libertés et à la Justice

"L'état actuel des libertés citoyennes et de la Démocratie en Côte d'Ivoire"

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La Constituante française de 1946 a consacré le principe de la dévolution du pouvoir par le multipartisme et l’expression plurielle des libertés dans les colonies françaises en Afrique. Cette constituante garantissait l’alternance dans l’exercice du pouvoir, et induisait l’expression de libertés des minorités, les débats d’idées, la liberté d’association. Sur cette base des partis politiques se sont constitués selon les courants d’idée existant en métropole, les syndicats et les mouvements associatifs ont vu le jour.

Le débat s’est vite instauré entre les partisans de la collaboration avec les colons et ceux qui en son temps avaient opté pour la lutte pour la conquête des libertés des indigènes ou autochtones. L’opposition représentée par le PDCI-RDA a gagné les élections en 1959.

Du fait de sa position dominante le PDCI-RDA a imposé, en violation de l’article 7 de la constitution et au motif de la préservation de l’unité nationale dans un Etat en gestation, la mise entre parenthèse du Multipartisme, et par conséquent de l’alternance démocratique du pouvoir. A cet effet, il a fait fondre en son sein tous les partis et groupements sociaux, mettant ainsi en place un parti unique en laissant la constitution en l’Etat.

Dès lors les droits et libertés étaient de fait confisqués.

 I – La confiscation de droits et libertés de 1959 à 2000

La Constitution de la première République de Côte d’Ivoire de 1960 révisée en 1963, 1975, 1980, 1985, 1994, et 1998, comme vient de le rappeler fort opportunément madame Amon Agoh Marthe, proclame son attachement au système démocratique.

En effet, comme l’a analysé Mme Amon l’article 2 de cette constitution dispose : «La République de Côte d’Ivoire est… démocratique et sociale. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Les textes qui suivent (articles 3 et 4) énoncent que : « La souveraineté appartient au peuple » « le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants et par la voie du référendum. Le suffrage est universel, égal et secret ».

Il s’agit donc d’une démocratie représentative mais qui se veut aussi directe par moment ; on la qualifie généralement de semi-directe.

Lorsqu’on parcourt toutes les dispositions de cette Constitution, l’on note également la séparation des pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Mais la démocratie ne se contente pas de l’existence d’institutions démocratiques. Elle s’accompagne nécessairement de droits et libertés pour  les citoyens afin d’assurer l’exercice effectif du pouvoir.

A ce niveau, la Constitution de 1960 est très avare. Elle se contente de formules générales et vagues telles que : « Le peuple de Côte d’Ivoire proclame son attachement aux droits de l’Homme, tels qu’ils ont été définis par la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789, par la Déclaration Universelle de 1948, et tels qu’ils sont garantis par la présente Constitution ».

Or, dans ladite Constitution, il y a seulement un article (art. 6) qui énonce que « La République assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine… » On peut ajouter l’article 7 qui permet de former librement des partis et groupements politiques ainsi que d’exercer des activités politiques.

Enfin, l’article 61 (révisé en 1988) énonce que: « Nul ne peut être arbitrairement détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense… ».

J’ai cité largement a dessein ces repères sur les droits et libertés inscrits dans la constitution de 1960 pour l’exercice de la démocratie et que Mme Amon a mis en exergue, pour montrer par quelques faits révélateurs que les Présidents qui se sont succédé tout au long de la première République, de Félix Houphouët Boigny à Henry Konan Bédié en passant par Robert GUEÏ, ont tous fonctionné de 1960 à 2000 aux antipodes des principes démocratiques énoncés dans la Constitution.

D’abord l’application de l’article 7 de la Constitution qui permet de former librement des partis et groupements politiques ainsi que d’exercer des activités politiques, n’a jamais été effective pendant 30 ans, de 1960 à 1990 sous le règne de Félix Houphouët Boigny.

De ce fait tous les droits et libertés qui lui sont subséquentes ont été confisqués par le parti unique, et les citoyens qui ont tenté de les exercer, ont été réprimés au moyen de complots fictifs destinés à faire de l’épuration idéologique : 1959 complot du chat noir, 1963, 1964, 1965, 1971, 1972, arrestations et détention arbitraires de citoyens, d’élèves, étudiants, et de militaires pour museler la liberté d’expression, et/ou assassinat, le cas du Guébié avec Gnagbé Kragbé qui a voulu fonder un parti autre que le PDCI RDA. Le spectre de la terreur a été étendu à toutes les franges de la société pour assurer le musellement. Le pouvoir ne voulait pas voir se fissurer le mur de la confiscation.

Tous les dirigeants qu’ils soient de l’exécutif, du pouvoir législatif ou judiciaire sont cooptés au sein du Parti qui est l’unique centre de décision. Ainsi, l’Assemblée Nationale a été mise en place avec des "missionnaires" du parti choisis sur une liste et nommés par le Président Houphouët. Ils avaient pour mission de légiférer selon la volonté du souverain leur commanditaire au nom d’un peuple qui n’est pas celui qui lui a donné mandat. La situation pour le peuple n’a guère changé par la suite, même s’il s’est avéré plus élégant d’organiser des élections qui ressemblaient plus à une cérémonie de cooptation au sein du parti, avec la complicité bienveillante du peuple à qui il était enjoint d’entériner le choix du Président et du Parti. L’exemple de la mise en place de l’Assemblée Nationale a essaimé dans tous les secteurs de la vie sociale. Ainsi chaque fois qu’il était nécessaire de voir s’exprimer dans la forme le désir d’association, pour représenter un groupe on puisait à la même source du parti.

Les syndicats qui portaient les revendications des travailleurs, des producteurs ont tous été fondus au sein de l’UGTCI, centrale syndicale qui avait pour mission de collaborer avec l’exécutif. Il avait surtout pour rôle  de faire célébrer par les travailleurs leur propre bâillonnement pour voir le Secrétaire Général être élevé au rang de dignitaire du Parti.

Les étudiants à la suite de quelques turbulences dues au fait qu’ils font partie de la frange éclairée de la population, ont dû être violemment ramenés à l’ordre par arrestation arbitraire et l’encasernement de URSEECCI, la fermeture des universités Ivoirienne la suppression des brosses aux dirigeants et militant d’UEECI après la création de MEECI. Ils ont été contraints au même mode de fonctionnement dans le cadre du MEECI, section du PDCI.

En clair, tout groupement ou toute association pour avoir droit de cité, doit procéder du PDCI. Les femmes ont vu leurs énergies canaliser dans l’AFI.

En d’autres termes, toutes les organisations étaient caporalisées et étaient où des sections du PDCI ou des porte-voix de celui-ci.

Même avec la proclamation du retour au multipartisme en 1990 et l’avènement de Henry Konan Bédié au pouvoir, les citoyens s’apercevront très vite que le multipartisme ne signifiait aucunement instauration de la démocratie. Les réflexes du parti unique vont refaire surface et perdurer comme en témoigne, le complot contre les démocrates et la démocratie le 18 février 1992, et l’organisation solitaire, arbitraire et dictatoriale des élections présidentielles et législatives de 1995 par Henry Konan Bédié avec l’appui d’un ministre de l’intérieur entièrement à sa solde après son refus de mettre en place une commission électorale indépendante.

 II – L’avènement au Pouvoir du FPI 2000 - 2011

La constitution de 2000 adoptée par référendum consacre les libertés fondamentales, l’équilibre et la séparation des pouvoirs. Elle garantit l’expression desdites libertés par voie législative et réglementaire.

En application de la constitution, il a été fait droit à la mise en place des conditions équitables d’organisation des élections. Contrairement au passé, il a été créé une commission électorale indépendante, admis l’utilisation du bulletin unique, des urnes semi transparentes dans le processus d’organisation des élections.

L’issue des élections a donné naissance à la 2ème République avec le Président Laurent GBAGBO qui a entrepris des efforts de protection de l’exercice des libertés dont notamment :

L’adoption de la loi instituant la dépénalisation des délits de presse est une avancée incontestable. En effet, le fait que les animateurs de la presse aient été soustraits aux peines privatives de liberté a favorisé l’expansion de la presse privée.

Cette loi administre la preuve de la liberté d’expression, d’opinion d’une part et permet de rendre compte des activités des groupements et partis politiques, des syndicats et groupements sociaux sans ostracisme.

Les marches et les meetings ne sont plus interdits ni réprimés. Les syndicats usent des moyens légaux à leur disposition pour défendre les intérêts  des travailleurs y compris la grève sans que le ciel ne leur tombe sur la tête.

Mieux, les journaux, les journalistes et les citoyens critiquent l’action du gouvernement sans modération. Lé délit d’offense au chef de l’Etat n’existe plus et on assiste aux attaques des plus insensées du Chef de l’Etat, sans que les auteurs de ces manquements ne soient inquiétés. L’expression de la liberté garantie par la constitution est effective du fait de la retenue du Chef de l’Etat et de son gouvernement. Ils ont refusé de se renier et ont plutôt mis une pointe d’honneur à assumer avec grandeur un pouvoir souverain adossé à la constitution ivoirienne porteuse des droits, des libertés, des devoirs d’égalité des citoyens dans un Etat laïc. La liberté philosophique, la liberté de penser, de pratique religieuse, d’opinion est une réalité reconnue à tous  et à chacun.

Mais l’avènement de la 2ème République a été freiné dans la mise en place de sa structuration, de ses institutions par les "vents contraires" qu’il a fallu assumer.

En fait, il est à remarquer que la constitution de 2000, a permis la mise en place d’un état moderne aux antipodes du pouvoir de l’état dirigiste du passé. Les ivoiriens sortis de l’encasernement, n’ont pas boudé leur plaisir d’être libres et l’ont exprimé diversement et cela n’a pas été heureux. La liberté de certains les a conduits à réclamer l’encasernement, la mise sous tutelle et le refus de l’intérêt commun. Cela a abouti à la partition du pays par une rébellion encouragée de l’extérieur.

La conséquence immédiate a été de contrarier les libertés collectives et les libertés individuelles d’aller et de venir sur l’ensemble du territoire.

Malgré toutes ces intrusions, le Président Gbagbo s’est accroché à la souveraineté, à la constitution pour résister, pour tenter de ramener la Côte d’Ivoire dans la sphère d’un état démocratique et espérer  consolider la démocratie par la persuasion et le dialogue.

Mais les pressions de l’extérieur ont fini par dévoyer les valeurs qui contrariaient les intérêts des maîtres du monde.

Ils ont refusé de reconnaitre exclusivement aux citoyens Ivoiriens la gestion de leurs biens communs. La résistance par la légalité a contrarie les assauts des légions étrangères pendant un long moment, mais la Côte d’Ivoire a fini par être mise sous occupation militaire active. L’ordre public a été régulé par les forces étrangères françaises et Onusiennes, en vue de procéder a :

  • L’enrôlement  des populations pour créer un corps électoral nouveau en introduisant sur les listes électorales des personnes qui ne répondaient pas aux critères de nationalité.
  • Des modifications au code de nationalité et au code électoral. Mieux, lorsque la résistance légale allait à l’encontre de la volonté des occupant et de leurs affidés, la communauté internationale prenait des résolutions destinées à amener la Côte d’Ivoire à l’échafaud.

Les organes nationaux ayant en charge le processus électoral et le jugement des élections ont déclaré le Président Laurent GBAGBO vainqueur des élections dans le strict respect de toutes les prescriptions constitutionnelles. Il la été investi par le conseil constitutionnel et a prêté surement. En contravention des procédures et des lois, son adversaire s’adossant à des résultats qui auraient dû être considérés comme provisoires en tout Etat de cause, s’est proclamé vainqueur avec l’appui de la communauté internationale incarnée par la France, les USA. La CEDEAO à embouché la même trompette et l’UA a endossé la position de la CEDEAO. A partir de ce moment le Président de l’extérieur a appelé à la guerre, au meurtre pour qu’il accède au palais.

Le coup d’Etat orchestré par l’armée française le 11 avril 2011 et qui a entrainé la chute du régime de la refondation dirigé par le Président Laurent Gbagbo, consacrait dans le même temps la mise sous boisseau et donc la confiscation à nouveau des droits et libertés des citoyens dans notre pays.

III – L’état actuel des libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire du 11 Avril à ce jour

 Est-il possible de parler de démocratie lorsque les règles de gestion de la cité transcendent le cadre de la cité ? Lorsque les forces étrangères régulent l’ordre public et mettent sous coupe réglée la liberté d’expression, d’aller et de venir. Est-ce possible de parler de démocratie lorsqu’on est départi du pouvoir d’assurer sa propre sécurité ? Cela n’est pas évident. La Côte d’Ivoire, à son indépendance a confié sa sécurité à la France. Cela a façonné le type de régime qu’il a connu avec la confiscation des libertés jusqu’en 1990.

Lorsque dans une situation de détresse, les armées étrangères s’imposent à vous comme solution pour faire cesser la belligérance. Elles vous imposent aussi ses solutions de gouvernances. Alors, votre liberté est hypothéquée et vous ne pouvez aspirer à une vie souveraine.

Enfin, lorsque l’extérieur dicte les conditions d’organisation du choix de vos dirigeants, il ne faut pas s’étonner qu’elles exercent des pressions pour diriger le choix. C’est ce qui nous est arrivé en novembre 2010. Une fois de plus, le peuple a été exclu du choix de ses dirigeants, tout a été mis en œuvre pour que ceux qui se sont investis pour organiser les élections arrivent à leur fin.

Pour ma part, il n’y a pas d’élection démocratique possible avec l’arme sous la tempe de celui qui met le bulletin dans l’urne. Les artifices démocratiques dans un espace non pacifié n’ont pour but que de justifier la fin.

Aujourd’hui, à l’examen des actes du pouvoir qui piétinent constamment la constitution et les sorties médiatiques qui montrent les tenants du pouvoir qui entonnent le refrain selon lequel, nous vivons dans une aire de démocratie est assez éloquent. En effet, la démocratie a pour objet de crédibiliser le pouvoir. Or les nouvelles autorités sont aujourd’hui très loin d’être crédibles.

Doté d’un pouvoir exécutif issu d’un coup d’Etat et par conséquent anticonstitutionnel, illégitime et illégal, le président Alassane Ouattara a cru devoir combler ce triple déficit en organisant dans la précipitation des élections législatives pour doter la Côte d’Ivoire d’un parlement. Mais il s’est davantage enfoncé dans le déficit et donc tombé de charybde en scilla, parce que cette assemblée de laquelle a été quasiment exclu le Front Populaire Ivoirien premier parti politique du pays est aussi frappé de plusieurs tares congénitales. D’abord, elle a été mise en place par seulement 15% de l’électorat ivoirien qui sont très loin d’être la majorité du peuple ivoirien, qu’elle ne peut donc représenter.

A ce manque de représentativité s’ajoute son double caractère monocolore et ethnique. Monocolore parce qu’elle ne renferme que des députés issus d’un seul mouvement politique le RHDP de tendance libérale donc de droite, et est sans parti d’opposition. Ethnique parce qu’elle est très majoritairement composée (+60%) de députés issus d’un seul groupe ethnique Malinké/Dioula, dans un pays qui en compte une soixantaine, et ne peut donc légiférer en tenant compte de toutes les particularités et sensibilités culturelles de notre pays. Quatrième tare enfin et non des moindres, il s’agit d’une Assemblée taillée sur mesure pour servir les seuls intérêts du RDR le parti du président Ouattara parce que les élections se sont déroulées sur la base d’un découpage électoral, très favorable à cette formation politique. L’Assemblée mise en place n’est donc pas Nationale. Quel crédit peut-on alors accorder à des lois issues d’un tel parlement ? Au total donc un pouvoir exécutif et un pouvoir législatif en panne de légitimité. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tout le monde est à la merci d’un régime excessivement répressif et diffus.

En effet comme, les FRCI n’obéissent pas à un commandement unifié, les centres de décision sont nombreux avec comme conséquence une répression tout azimut. Elles sèment la mort partout et la vie humaine n’a plus aucun prix. Il y a aussi la désastreuse question de Dozos. Leur irruption dans la vie et le jeu politique ivoirien constitue une entorse grave aux lois de la République et une atteinte à la cohésion nationale. En dépit de ce constat, le pouvoir actuel en a fait un bras séculier ethnocentrique qui intimide et traumatisent les autres peuples du pays. En effet, pour les besoins de l’option militaire dans la résolution de la crise postélectorale, ces chasseurs traditionnels, dont des légions entières importées de la sous-région, ont été essaimés sur toute l’étendue du territoire. Auteurs de sévices corporels au quotidien sur les populations, d’extorsions diverses de biens, d’expropriations avec violence se soldant parfois par des pertes en vies humaines, les Dozos sont une véritable gangrène sociale jouant sans merci leur partition dans le schéma d’insécurité orchestrée et la politique de terreur planifiée. Une telle situation ne peut continuer de prospérer plus longtemps sans faire courir à la Côte d’Ivoire le risque potentiel d’une guerre civile.

Les institutions chargées d’assurer la sécurité des hommes et des biens sont  déstructurées.

La Police et la Gendarmerie ont été désarmées et soumises aux FRCI. Dans un Etat moderne, dans une République, l’administration de la sécurité publique incombe aux forces institutionnelles et républicaines ayant et la formation et les moyens de la mission. Les policiers et gendarmes sont en l’occurrence ces forces institutionnelles. Désarmés pour la plupart après le 11 avril 2011 et subissant au quotidien des situations d’humiliation de la part des FRCI bien équipés, eux, les professionnels de la sécurité des personnes et des biens et de l’ordre public sont devenus aujourd’hui des corps handicapés victimes eux-mêmes de l’insécurité orchestrée. Leurs camps et leurs casernes furent occupés par les rebelles et leurs supplétifs, leurs outils de travail détruits. Ces camps et ces casernes furent bombardés par les forces françaises et onusiennes. C’est une situation intolérable et inadmissible, contraire à un Etat de droit et à l’exercice de la démocratie.

Par ailleurs le titre premier de la Constitution de 2000, relatif aux libertés et droits des citoyens stipule en son article 5 que le domicile est inviolable et en son article 6 que la famille constitue la cellule de base de la société. L’Etat assure sa protection. Or depuis le 11 avril, des hommes et des femmes, des familles entières qui ont la grâce d’avoir la vie sauve, vivent ainsi des drames intérieurs d’exilés ayant perdu le fruit de tout une vie de dur labeur, leurs domiciles et biens confisqués. Paupérisation, précarité, vulnérabilité et humiliation sont leurs compagnes au quotidien. Là non plus, la situation ne peut et ne doit prospérer plus longtemps : elle est proprement incompatible avec la revendication assénée d’un Etat de droit que serait devenue la Côte d’Ivoire depuis le 11 avril.

Corolaire de ce qui suit, la paix et la sécurité des personnes et des biens ne peuvent être possibles que si le citoyen se sent protéger et en sécurité dans son intégrité physique, mais aussi dans la protection de ses acquis, fruits de plusieurs années de sacrifice et de labeur.  L’Etat a l’obligation régalienne de garantir de façon effective et exécutoire la paix et la sécurité des citoyens en vertu des dispositions légales, juridiques et administratives qui fondent son autorité en la matière.

L’on fera également observer aussi que le nouveau régime établi n’accorde aucun respect à la liberté d’association, de manifestation et d’expression.

En effet, il est important de relever que l’énoncé de pétition du caractère démocratique d’un état ne s’affranchit de la démagogie que dans le fonctionnement effectif de tous les leviers de la démocratie. La liberté d’association, de manifestation et d’expression en fait partie qui plus est, la liberté du citoyen est consacrée par la constitution, notamment en ses articles 9, 10, 12. Or, les agressions exercées sur les militants du FPI lors des meetings organisés par  le parti (Port-Bouët, Bonoua, Koumassi, Yopougon, etc.) d’une part, les sanctions lourdes, répétées et ciblées du CNP contre les journaux proches du FPI d’autre part, témoignent que ce levier démocratique est en peine dans notre pays.

La justice et ses animateurs ont perdu tous les repères de l’application du droit qui faisaient leur grandeur et leur honneur. Les juges agissent sur injonction.

Cette justice ainsi instrumentalisée a endossée les décisions des plus ignobles.

A la demande du pouvoir Laurent GBAGBO qui croupissait déjà sans Chef d’accusation dans les geôles du Nord a été transféré à la Haye à l’issue d’une parodie de justice. Les Magistrats Ivoiriens au risque d’être déjugés ont rendu un arrêt qui ne résiste pas dans la forme et dans le fonds à la critique pour le bonheur du souverain. Son épouse Simone GBAGBO au mépris de son statut d’Elu de la Nation et des Hautes Personnalités de l’Etat dont le Premier Ministre Aké N’GBO des Elus, le Premier Ministre AFFI N’Guessan et des Ministres croupissent dans les prisons du Nord. Cela en violation de l’article 22 de la Constitution de 2000 qui analyse que "nul ne peut être détenu arbitrairement".

En tout Etat de cause les personnes sont arrêtées et incarcérées sans chefs d’accusation. Celles qui sont considérées comme proches où ayant servi le régime de Laurent GBAGBO sont privées, lors qu’elles ne sont pas encore rattrapées pour être emprisonnées, des droits d’exister, de faire vivre leur famille avec les mesures iniques et extrajudiciaires de gel des comptes Bancaires.

Devant les tueries à grande échelle et la chasse à l’homme organisée par les armées coalisées franco-onusiennes et ouest-africaines contre les patriotes ivoiriens, le reflexes de survie a guidé certains de ces patriotes à quitter précipitamment le pays, à la recherche d’une terre d’asile. Ainsi beaucoup de nos compatriotes sont partis se refugier, pour certains d’entre eux plus près du pays, pour d’autres dans des pays frères plus lointains.

Cela contrairement aux dispositions de la Constitution qui stipule en son article 12 : "Qu’aucun Ivoirien ne doit être contraint ou forcé à l’exil …"

Enfin alors que l’article 34 de la Constitution indique clairement que « le Président de la République incarne l’unité nationale », Alassane Ouattara s’est engagée dans une politique ségrégationniste dite de rattrapage.

Néologisme ethniciste et réactionnaire qui vient consacrer la nature anti-nationale, sectaire et finalement dangereux de ce régime qui ne connait pas l’histoire, la sociologie et les ressorts politiques de ce pays, ‘’la politique du rattrapage ethnique’’ annoncée et pratiquée par Alassane Ouattara est une aberration qui se définit comme une politique en faveur d’une discrimination hyper-positive en faveur des ressortissants du nord. Ce rattrapage ethnique est aussi entendu, me semble-t-il, au sens d’un rééquilibrage des efforts d’investissements de l’Etat et des réalisations de programmes de développement au bénéfice des seuls peuples du Nord. La suppression du vaste programme de communalisation, sans raison valable, participe de cette politique dangereuse qui va dans le sens de la théorisation d’un nouveau paradigme dans l’expression de la volonté de déplanification de l’Etat et du pays par ce régime.

Les organisations internationales qui ont jusqu’à lors soutenu le régime au motif de l’instauration de la démocratie en Côte d’Ivoire ont commencé à se gêner devant sa gouvernance, l’Etat de droit et la sécurité. Ainsi à l’examen des actes du pouvoir qui piétines constamment l’Etat de droit et la constitution est il permit de penser que nous vivons en démocratie ?

CONCLUSION

La réponse assurément est non car la démocratie ne s’accommode pas de répression, de violences, elle est plutôt génératrice d’un pouvoir qui ne contraint pas, qui emporte l’adhésion du peuple et se crédibilise par sa légitimité et la légitimité de toutes institutions qui l’incarnent. En tout et état de cause, un pouvoir qui inspire la peur qui distille la tristesse et la désolation ne peut être garant des valeurs nobles de démocratie de liberté, et encore moins d’expression de liberté. Un pouvoir qui refuse la discussion qui est près à montrer ses muscles avec une armée désarticulée ne peut être consubstantiel de l’égalité des hommes et des citoyens.

Le pouvoir qui s’acquiert par la violence ne peut exister avec quiétude, aussi est-il inquiet, soupçonneux et maladroit.

Comme le 18 février 1992, le 11 avril 2011 soumet à la même épreuve la démocratie et les démocrates Ivoiriens avec des moyens plus abjects. Mais la démocratie renaitra en Côte d’Ivoire comme le phénix de ses cendres pour la gloire de l’humanité.



SERY Gbouagnon, Secrétaire National aux libertés et à la Justice.

MAMADOU KOULIBALY AVOUE: «J'AI ETE LACHE PAR TOUS MES AMIS AVEC QUI J'AI CREE LIDER»

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Le Professeur Mamadou Koulibaly se retrouve quasiment seul dans son aventure de LIDER. Le président de Liberté et Démocratie pour la République a avoué, le mardi 1er mai, jour de la fête du travail, qu’il a perdu presque tous ses camarades du Front populaire ivoirien (FPI) ainsi que tous ses amis avec lesquels il a créé LIDER, le 11 juillet 2011.

«Depuis que j’ai été chassé du FPI, je n’ai plus reçu le moindre coup de fil ni de SMS de ceux avec qui j’ai partagé plus de 20 ans de militantisme politique. Pourtant on s’appelait camarades, or cela ne tenait à rien du tout», a révélé Mamadou Koulibaly à la clôture du séminaire organisé par son parti à l’hôtel Ivoire d’ Abidjan, pour faire le bilan de la première année de la gouvernance du président de la République Alassane Ouattara.

«J’ai été lâché par tous mes amis avec qui j’ai créé LIDER. Quand vous regardez dans la salle, vous ne verrez quasiment pas de visages connus avec qui j’ai créé LIDER. Tous ceux qui sont présents aujourd’hui sont pour la plupart des personnes qui sont venus nous rejoindre par la suite», a expliqué l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Mamadou Koulibaly a estimé que la classe politique ivoirienne est remplie d’opportunistes. «Il y a beaucoup d’opportunisme dans la classe politique ivoirienne. Les choses ne se font pas avec foi et par conviction», a regretté le président de LIDER.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien "L’Inter".


Source: EBURNIE NEWS

jeudi, 26 avril 2012

PRESIDENTIELLE FRANÇAISE: SARKOZY DIVISE LA CLASSE POLITIQUE IVOIRIENNE

 

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L'élection présidentielle en France ne laisse pas indifférents les Ivoiriens, particulièrement la classe politique divisée entre pro et anti Nicolas Sarkozy, le président sortant, arrivé deuxième dimanche derrière François Hollande à l'issue du premier tour.

 

Ancienne colonie française, la Côte d'Ivoire a maintenu des relations privilégies avec son ex-métropole qui demeure un de ses principaux fournisseurs et clients.

Mais, c'est surtout l'intervention décisive de l'armée française pour permettre l'arrestation de Laurent Gbagbo et installer Alassane Ouattara au pouvoir après les meurtriers affrontements post-électoraux de novembre 2010 qui façonne le regard des Ivoiriens sur l'élection présidentielle en France.

Ce regard est bien évidemment différent selon que l'on est proche du camp Ouattara ou que l'on est militant du Front populaire ivoirien (FPI) ou sympathisant du président déchu Laurent Gbagbo.

Pour ou contre Sarkozy?
                                                                                     
Le Rassemblement des Républicains (RDR) et ses alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), partisans d'Alassane Ouattara, sont sans réserve pour la réélection de Nicolas Sarkozy. Le RDR, parti d'Alassane Ouattara, a signé le 14 avril à Paris avec l'UMP de Nicolas Sarkozy un "accord de coopération et d'amitié". Les deux présidents se targuent d'être des amis intimes de longue date et le pouvoir à Abidjan voit d'un mauvais œil une défaite de M. Sarkozy qui signifierait la perte d'un soutien de taille à l'Elysée.

"Si Sarkozy tombe, nous n'aurons plus les mêmes relations avec les nouvelles autorités françaises. Nous n'aurons plus droit à un certain nombre de privilèges que nous avons avec Sarkozy en terme d'appui auprès des institutions internationales, des entreprises françaises, au plan de la sécurité", fait savoir un militant du parti de M. Ouattara. En face, les partisans de Laurent Gbagbo ne jurent que par la défaite de M. Sarkozy considéré comme leur "principal ennemi". "Nous souhaitons que Sarkozy perde les élections parce qu'il s'est présenté comme notre principal ennemi", soutient un responsable du FPI, Raymond Abouo N'Dori.

"Moi, je ne comprends pas pourquoi les partisans de Gbagbo voient en François Hollande un sauveur", s'interroge un enseignant qui relève que le Parti socialiste français avait demandé, au plus fort de la crise post-électorale, l'exclusion du FPI de l'Internationale socialiste et ne s'était point opposé aux bombardements qui ont entraîné la chute de Gbagbo.

"Nous n'avons pas de raisons objectives de pavoiser sur l'arrivée des socialistes au pouvoir puisqu'ils ne nous ont jamais soutenu mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. Hollande représente le moindre mal pour nous", tranche Abouo N'dori. Pour de nombreux Ivoiriens, la réélection ou non de Sarkozy ne changera rien à la politique africaine de la France. 

Hollande et Sakozy? Blanc bonnet et bonnet blanc
                                                 
"La politique reste la politique, je ne vois pas ce que Hollande fera de spécial au niveau des accords de coopération entre la France et ses colonies d'Afrique", se demande Habib, un couturier. "Sarkozy ou Hollande, la politique de la France vis-à-vis de la Côte d'Ivoire ne changera pas d'un iota, la France n'a pas d'amis en Afrique mais plutôt des intérêts", estime Joël Bouabré, fonctionnaire de son Etat.

Pour le politologue Maurice Fahé, les Ivoiriens ont des raisons de ne pas être indifférents à ce qui se joue en France même s'il pense qu'un changement de président ne bouleverserait pas les rapports entre la France et la Côte d'Ivoire.

"La pratique a montré que, que ce soit un gouvernement de gauche ou un gouvernement de droite, la politique africaine de la France restait toujours la même", affirme-t-il. Le politique indique toutefois qu'il peut se produire des "changements à la marge" liés à la personnalité du chef de l'exécutif français ou à son appartenance idéologique. "Si François Hollande venait à être élu président de la France, cela ne changerait pas grand-chose, sauf la proximité avec le président ivoirien et peut-être certains engagements personnels de M. Sarkozy en Côte d'Ivoire", explique-t-il.

"Après tout, la Côte d'Ivoire, comme l'Afrique, n'est qu'un sous-thème dans la présidentielle française, son sort étant depuis longtemps réglé par les accords de coopération, les traités monétaires et la pratique économique, politique et diplomatique", conclut le politologue.

 

Source: CAMEROON VOICE

dimanche, 22 avril 2012

LE MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO: «IL FAIT NUIT ACTUELLEMENT SUR LA COTE D'IVOIRE»

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Une interview du Ministre Charles Rodel Dosso, depuis son exil.


1- Que devenez-vous depuis votre exil ?

Acceptez que je dise simplement que tout va bien. Il a plu à Dieu que je sois là où je devrais être en ce moment pour améliorer ma connaissance de la vie et des hommes. L’humiliation, le mépris, l’arrogance à nous imposés par le "pouvoir" Ouattara nous créent certes d’énormes difficultés mais qu’il convient  de mettre rapidement sur le compte de la formation. Mieux, c’est un moment de pénitence qui nous rapproche davantage de Dieu en vue de nous préparer à rentrer dans la nouvelle Jérusalem, la terre promise, la Côte d’Ivoire nouvelle. Dans notre justice, nous sommes frappés, bafoués, humiliés. La souffrance succède à la souffrance. Le méchant semble réussir dans ses voies. Cependant, mon cœur demeure dans la joie. Dieu ne dit-il pas que le malheur frappe souvent le juste mais qu’Il l’en délivre toujours ? Mieux, ne dit-il pas encore : "Ne t’irrite pas contre les méchants, n’envie pas ceux qui font le mal. Car, ils sont fauchés aussi vite que l’herbe et ils flétrissent comme le gazon vert"? Pendant que le désespoir humain devient grand et la souffrance de plus en plus atroce, c’est que la main divine n’est plus loin. Nous nous rapprochons inexorablement vers le terme de la crise ivoirienne. A ce terme, le juste sera justifié et le mal rendu à celui qui l’a semé. Nous sommes donc zen en gardant les yeux rivés vers la nouvelle Côte d’Ivoire qui pointe déjà à l’horizon. Certainement comme toute naissance, elle sera pénible voire horrible mais la joie sera au bout. Les pleurs de douleur du juste seront transformés en pleurs de bonheur. En ce moment, il n’aura plus d’exilés et le peuple ivoirien sera libre, en harmonie avec lui-même. Le Premier citoyen aura du respect pour le dernier, le nord aura de l’amour pour le sud et l’Est pour l’Ouest et vice-versa. 

2- Parlons du 11 avril 2011, où étiez vous ce jour là? Comment avez-vous vécu la chute de Laurent Gbagbo?

J’étais à mon poste. Après, l’arrestation du Président Laurent Gbagbo par les forces françaises, je me suis mis à l’abri dans une église dans la banlieue abidjanaise. Au premier instant, j’étais choqué, scandalisé de savoir que des ivoiriens puissent se liguer avec l’extérieur pour désacraliser l’Etat de Côte d’Ivoire, tuer des milliers d’ivoiriens pour avoir droit à un fauteuil présidentiel par procuration.  Car, ce n’est un secret pour personne, la Côte d’Ivoire est gérée aujourd’hui depuis l’Élysée.

J’ai eu mal de savoir que l’élection qui devrait ramener la paix après 9 ans de crise armée se termine par une autre guerre à l’initiative des mêmes personnes qui ont déclenché celle de 2002. C’est-à-dire M. Ouattara et ses compagnons, tous des sbires de la France. Une guerre post-électorale dont on aurait pu faire l’économie en recomptant simplement les voix, à l’image des grandes démocraties, comme souhaité par le Président Laurent Gbagbo. 

Mais, quand j’ai vu Laurent Gbagbo sorti vivant des décombres de sa résidence totalement détruite par les bombes françaises, je me suis rappelé la Parole de Dieu à Satan, parlant de Job : "Voici, je te le livre ; seulement, épargne sa vie". Quant on sait que JOB fut victorieux après l’épreuve, je compris dès lors que nous venions de perdre un combat mais que la bataille était encore très ouverte. Mieux, qu’à son terme, nous gagnerons car les ténèbres n’auront jamais raison de la lumière.        

3- Personnellement, comment êtes-vous sorti du pays? Avez-vous été exfiltrés par les Frci?

Si exfiltration y a eu, je crois qu’elle fut menée par la main de Dieu et non par les hommes habités par la rage de croquer toutes personnes ayant servi l’Etat auprès du Président Laurent Gbagbo.  Ma sortie du pays fut véritablement une grâce de Dieu.  L’homme de Dieu chez qui j’avais trouvé refuge est venu à moi, le soir du 15 Avril, et  m’a dit que Dieu lui demandait de m’envoyer hors du pays, le lendemain. Le 16 Avril 2011, à  bord de son véhicule, nous avons quitté l’endroit de refuge  pour la première ville ghanéenne, par la voie principale, sans être arrêté une seule fois. C’est le lieu de bénir l’Eternel et lui  rendre toute la gloire pour son serviteur. 

4- Souhaitez-vous rentrer au pays? Si oui, à quelles conditions?

Je souhaite rentrer au pays. Il est toujours difficile de vivre éloigné des siens. Toutefois, j’attends le temps de Dieu, le temps de la restauration, le temps de la délivrance. Ce temps ne semble plus loin. Moi, mortel, je n’ai donc aucune condition pour rentrer au pays. Seulement, l’Eternel nous rappelle ceci en 2 corinthiens 6-14 :"Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres?".

Comme des macrophages, M. Ouattara, sa suite et leurs soutiens extérieurs ont mis à mort la nation ivoirienne et jouissent avec une joie funeste de sa dépouille. Je veux ne pas souiller ma main en prenant part à un tel festin. Je préfère travailler à la résurrection de la mère patrie. Une résurrection du reste irrévocable.

Il fait nuit actuellement sur la Côte d’Ivoire, bientôt, il fera jour. Il appartiendra à chacun de courir vers sa nation libre, digne et fière.


5- Un an après, quel regard jetez-vous sur l'avenir du Fpi mais aussi sur les actions du président Alassane Ouattara?                                                                                                                                    

J’aurais voulu ne pas dire un seul mot sur la gestion des affaires de l’Etat et des hommes par M. Ouattara. J’ai répondu invariablement que je n’attends rien de bon de lui encore moins un assouplissement de la souffrance qu’il impose au Président Laurent Gbagbo et ses collaborateurs. Le faire, serait refuser que l’histoire de la Côte d’Ivoire soit scellée par le sceau divin. De Ouattara, la Bible dit ceci, en Daniel 8 à partir du verset 23 : "…il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force, il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuples des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement et il s’élèvera contre le chef des chefs, il sera brisé sans l’effort d’aucune main ". 

 Ainsi, que M. Ouattara veuille humilier son "opposition", qu’il mette des feux d’artifices à coût de plusieurs centaines de millions au Plateau, se paye un avion à des milliards pour ses balades pendant que les universités sont fermées et que l’ivoirien n’a pas le minimum vital, que les FRCI martyrisent la population et terrorisent les hommes de Dieu, que Soro exige de lui et obtient la Présidence de l'Assemblée nationale avant de partir de la Primature pour la guerre menée pour lui, que la France obtienne tous les marchés pour le bombardement de la résidence de Gbagbo et sa présence militaire dissuasive au coté de Ouattara, qu’il soit président de la CEDEAO par un forcing de la France… n’est que l’accomplissement de la Parole de Dieu. Elle ne revient jamais à l’Eternel sans avoir été accomplie. Elle s’accomplira totalement dans sa vie et la vie de la nation ivoirienne. Que ceux qui veulent pour l’heure éprouver la Parole l’éprouvent. Mais le temps vient où ils rendront témoignage de la puissance de Dieu.

Concernant le FPI, je voudrais féliciter la direction et les militants restés au pays. Car, grâce à leur effort, progressivement mais sûrement, nous sortons la tête de l’eau. La lutte n’est certes pas facile dans les conditions délétères imposées par "le pouvoir" mais nous n’avons pas le choix. Faire front ou mourir. Le choix de la lutte a été vite fait par la direction. J’ai foi que dans la fournaise de l’adversité, le FPI a des arguments pour vaincre. Le Front Populaire Ivoirien est un parti de combat. Dieu qui, dans sa fidélité, ne permet pas que l’on soit éprouvé au-delà de ses forces, nous donnera les ressources nécessaires pour tenir bon face à cette animosité politique à nous imposée par le RDR et ses alliés. Je ne doute pas un seul instant du triomphe du FPI.


Charles Rodel Dosso


Secrétaire d'Etat chargé des victimes de guerre

dans le Gouvernement Aké Ngbo

mercredi, 18 avril 2012

TOUSSAINT ALAIN: «LA POLITIQUE, CE N'EST PAS LA GUERRE»

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Entretien avec l’un des soutiens de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo

 

Toussaint Alain est l’un des indéfectibles soutiens de Laurent Gbagbo. L’ancien président ivoirien est détenu à La Haye. Il est inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Un an après l’arrestation de l’ancien chef d’Etat et à quelques jours de l’ouverture du "dialogue républicain" entre le pouvoir et l’opposition, notamment le Front populaire ivoirien (FPI) et La Majorité présidentielle (LMP) de Laurent Gbagbo, Toussaint Alain revient sur la situation politique en Côte d’Ivoire qu’il qualifie de « dictature ». S’il n’est pas tendre avec le régime d’Alassane Ouattara, il salue néanmoins l’avènement de ce dialogue inter-ivoirien.

Toussaint Alain a été le conseiller de Laurent Gbagbo d’août 2001 à fin 2011. Il est actuellement le président de "Côte d’Ivoire Coalition", un groupe de pression de droit américain qui milite «pour une Afrique indépendante et débarrassée de l’impérialisme».


Afrik.com : Comment se porte Laurent Gbagbo ?

Toussaint Alain : D’après les informations fournies par sa famille, le Président Gbagbo se porte bien. Il est serein et attend le 18 juin, date à laquelle se tiendra l’audience de confirmation des charges devant la Cour pénale internationale (CPI).

Afrik.com : Laurent Gbagbo est-il revenu récemment sur ses conditions de détention aussi bien à La Haye qu’à Korhogo, sur les évènements qui ont conduit à sa chute ?

Toussaint Alain : Le 5 décembre dernier, lors de sa première comparution, il avait déjà tout dit sur ses conditions de détention à Korhogo. Par ailleurs, la teneur de ses conversations avec ses visiteurs est confidentielle.

Afrik.com : Le gouvernement d’Alassane Ouattara a maintes fois appelé le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo à la réconciliation nationale. Le FPI envisage-t-il de répondre à cette main tendue ?

Toussaint Alain : Je ne peux pas m’exprimer au nom du FPI. Je sais seulement que le gouvernement a entamé des discussions avec l’opposition dans son ensemble, pas seulement avec le FPI et La Majorité présidentielle (LMP) qui inclut notamment le CNRD (Le Congrès national de la résistance pour la démocratie), dont l’ancien président du Conseil économique et social Laurent Dona Fologo est le vice-président. Ce dialogue inter-ivoirien devrait débuter à partir du 27 avril prochain à Grand-Bassam (située à l’est de la capitale Abidjan, ndlr). Outre le FPI, des formations politiques comme Agir pour la paix et la nation (APN), Liberté et démocratie pour la République (Lider) de Mamadou Koulibaly et le Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire (RPCI) de Bamba Moriféré sont conviées. Le dialogue n’est donc pas exclusivement réservé aux seuls pro-Gbagbo. Pour ce qui est du processus de réconciliation nationale, il revient aux partis politiques d’en parler. C’est plutôt la manière dont la Côte d’Ivoire est gérée aujourd’hui qui m’interpelle.

Afrik.com : Qu’est-ce qui vous interpelle exactement ?

Toussaint Alain : Depuis un an, nous assistons à l’émergence d’un régime autocratique et tyrannique. M. Alassane Ouattara est arrivé au pouvoir dans des conditions calamiteuses. Sa prise de pouvoir s’est faite à l’issue d’une guerre de plusieurs semaines menée par les forces de M. Ouattara et l’armée française contre Laurent Gbagbo. Depuis, la situation n’a cessé d’empirer aussi bien en matière de sécurité, de respect des droits de l’Homme que sur les plans politique et économique.

Afrik.com : Que reprochez-vous au régime d’Alassane Ouattara en ce qui concerne la sécurité et les droits de l’Homme ?

Toussaint Alain : Nous assistons à la désintégration de l’armée nationale. Elle s’est transformée en une milice de type ethnique composée essentiellement par les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, armée constituée par Alassane Ouattara lors de la crise post-électorale et composée en majorité des hommes de l’ex-rébellion des Forces nouvelles, ndlr). Cette garde prétorienne d’Alassane Ouattara se livre à des exécutions extra-judiciaires, à une chasse à l’homme permanente, dont les partisans de Laurent Gbagbo sont les principales victimes. Les hommes qui sont aujourd’hui les soldats de l’armée ivoirienne n’ont reçu aucune formation. Ce sont de simples combattants recrutés ça et là dans les villes et villages du nord de la Côte d’Ivoire, voire dans les pays voisins comme le Burkina Faso, le Mali, le Liberia et la Guinée. En outre, la dislocation de l’Etat s’est accélérée, notamment dans le Nord où l’Etat était déjà déliquescent depuis la partition du pays en septembre 2002. En ce qui concerne les droits de l’Homme, plusieurs dizaines de cadres du parti de Laurent Ggabgo ainsi que ses proches sont détenus dans le nord de la Côte d’Ivoire qui est devenu le goulag d’Alassane Ouattara. L’épouse de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, son fils Michel Gbagbo, qui n’a commis aucun crime sauf ceux imaginés par l’actuel pouvoir, le Premier ministre Aké N’Gbo, le président du FPI, Affi Nguessan sont quelques-unes des personnalités arbitrairement emprisonnées. Au nom de la paix, toutes ces personnes doivent être remises en liberté. Par ailleurs, plusieurs centaines de jeunes combattants, qui avaient répondu à l’appel de l’armée nationale et recrutés au début de l’année 2011, sont portés disparus. Leurs familles sont inquiètes. J’ai rencontré récemment, à Londres, le père de l’un de ces jeunes combattants qui m’a de nouveau interpellé. Nous avons pris attache avec des organisations de défense des droits de l’Homme et une campagne internationale sera lancée prochainement afin que la lumière soit faite sur le sort de ces disparus. La presse internationale en a d’ailleurs fait déjà écho car plusieurs dizaines d’entre eux ont été photographiés alors qu’ils avaient été arrêtés par les FRCI, puis parqués par eux dans une station Texaco du quartier des Deux-Plateaux, à Abidjan. Que sont devenus ces jeunes gens ? Ont-ils été déférés dans le Nord pour être détenus dans des prisons de fortune ou alors ont-ils été exécutés ? La dernière hypothèse ne m’étonnerait guère parce que les exécutions extra-judiciaires ont été érigées en règle par le pouvoir ivoirien. Enfin, au nom du « rattrapage ethnique » - c’est l’expression de M. Ouattara -, les autorités de mon pays se livrent à une chasse aux sorcières au sein de l’administration, où la promotion se fait exclusivement sur des critères ethniques. Cette pratique n’est pas républicaine. Nous parlons de sécurité, de droits de l’Homme. Mais l’économie n’est pas en reste…

Afrik.com : Les compétences économiques du nouveau président ivoirien sont pourtant celles qui font le moins débat ?

Toussaint Alain : : « ADO Solutions » était le slogan de sa campagne. Mais depuis un an, le miracle attendu s’est transformé en mirage. On assiste à des licenciements massifs aussi bien dans la fonction publique que dans le privé ...

Afrik.com : On ne peut pas directement imputer les licenciements dans le privé à Alassane Ouattara, compte tenu de la situation de crise qui est celle de la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie ?

Toussaint Alain : M. Ouattara est aujourd’hui incapable d’apporter des réponses aux préoccupations des ménages ivoiriens dont le pouvoir d’achat s’est réduit comme peau de chagrin. Les syndicats n’ont plus voix au chapitre. Les droits élémentaires des travailleurs sont bafoués. Plus d’un millier d’employés de la Sotra (Société des transports abidjanais, une société d’économie mixte, ndlr) on été abusivement licenciés, de même que des salariés de la RTI, l’audiovisuel public ivoirien, et du Port d’Abidjan. Dans le même temps, ces entreprises embauchent des personnes originaires du Nord. C’est également ainsi que M. Alassane Ouattara procède pour les recrutements dans l’armée, la police et la gendarmerie. Officiellement, les concours d’entrée sont suspendus mais on intègre des éléments des FRCI. Il y a une liquidation des règles républicaines qui est inquiétante. En lieu et place de la démocratie et de l’Etat de droit, c’est une dictature qui s’est installée en Côte d’Ivoire. Nous assistons à un net recul de la liberté de la presse. Ousmane Sy Savané, le directeur général du groupe Cyclone, éditeur du journal Le Temps pro-Laurent Gbagbo, est détenu par les services secrets d’Alassane Ouattara, la DST, sans qu’on sache pourquoi. Des journaux sont suspendus quand les articles ne sont pas du goût du pouvoir et leurs responsables jetés en prison. L’avocat de Simone Gbagbo, Me Rodrigue Dadjé, a été également appréhendé, il y a deux semaines, par les services secrets ivoiriens et on ne connaît toujours par les motifs de cette arrestation. Des journalistes français, comme Antoine Glaser, reconnaissent aujourd’hui que la Côte d’Ivoire « court vers un régime totalitaire ». Nous avons de profondes inquiétudes sur la gestion du pays.

Afrik.com : Vous avez de nombreux griefs contre le pouvoir ivoirien, mais vous saluez l’avènement de ce que l’on appelle désormais le "dialogue républicain". Pourquoi ?

Toussaint Alain : Nous dénonçons, à raison, M. Ouattara mais ce n’est pas pour autant qu’il faut fermer la porte du dialogue. Le dialogue peut être une arme puissante pour vaincre la tyrannie et la dictature. Le régime d’Alassane Ouattara est en train de tuer à petit feu l’opposition et d’asphyxier le contre-pouvoir qu’il représente. Depuis plusieurs mois, nous appelons à ce dialogue. Un an après, le pouvoir se résout enfin à discuter. Il faut s’en réjouir car c’est ensemble que les Ivoiriennes et les Ivoiriens éviteront à la réconciliation nationale de n'être qu'une vue de l’esprit. Quand bien même, l’on sait que le régime de M. Ouattara est un habitué des passages en force. Il a imposé Guillaume Soro à la présidence de l’Assemblée nationale alors qu’il n’avait pas les 40 requis pour être à la tête du parlement ivoirien. Il avait déjà fait fi des règles républicaines en nommant Francis Wodié à la tête du Conseil constitutionnel, en remplacement de Paul Yao N’Dré. M. Ouattara ne s’est pas non plus soumis aux résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, après la présidentielle de novembre 2010, qui donnaient victorieux Laurent Gbagbo. Cependant, il est urgent de repartir sur de nouvelles bases. Discuter avec ce pouvoir illégitime, c’est surtout penser aux populations et aux souffrances quotidiennes qu’elles endurent. Pour autant, la finalité du dialogue ne doit pas être la participation à un gouvernement. Cela peut être une option mais pas le but ultime. « Le pouvoir gouverne, l’opposition s’oppose. L’un et l’autre dans le strict respect des règles républicaines et de la loi », affirmait Laurent Gbagbo. Le dialogue doit conduire à une décrispation de la vie politique, à la confiance et à l’apaisement partout dans le pays, à un consensus national débouchant, à très court terme, sur le retour des exilés politiques et des réfugiés en Côte d’Ivoire. […] M. Ouattara a une peur bleue de la démocratie. Les libertés publiques sont bafouées et les journaux sont menacés de fermeture. Le dialogue est l’occasion de remettre tout cela à plat, d’obtenir les réponses à nos interrogations et de renouer avec un esprit de fraternité. La politique, ce n’est pas la guerre. Nous aspirons à une vraie démocratie en Côte d’Ivoire.

 
Source: AFRIK.COM

jeudi, 12 avril 2012

EN CONTACT DIRECT AVEC LA RESIDENCE BOMBARDEE – GUY LABERTIT RACONTE SON 11 AVRIL

 

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Un an après le «grand choc», Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et ami de longue date du président Laurent Gbagbo, raconte comment il a vécu les heures douloureuses qui ont conduit à la victoire militaire sanglante d'un Alassane Ouattara et de ses troupes soutenues à la fois par les bombes et les chars de l'armée française. Et il évalue le chemin parcouru en un an, sans oublier d'éventrer le mythe indécent du «retour à la démocratie» en Côte d'Ivoire.

 

Le 11 avril 2011 est une journée que vous avez vécue bien évidemment très douloureusement, et en prise directe avec les événements. Vous avez progressivement senti venir l'inéluctable...

J'étais en contact avec des amis très proches qui se trouvaient à la Résidence et qui m'appelaient, notamment pour me faire entendre les bombardements qui avaient commencé sur Abidjan durant la nuit du 4 au 5 avril. Plus les jours passaient, et plus l'étau se resserrait sur la Résidence du président. J'ai eu quelques contacts avec le directeur du protocole d'Etat, Koné Boubacar, le 5 avril, et avec un ami très proche, que j'ai plusieurs fois eu au téléphone, notamment le 11 au matin. Il était sept heures à Abidjan. Selon ce que je savais qui s'était passé dans la nuit, et après les bombardements que j'avais ressenti à travers le téléphone, je lui dis : «Je pense que la Résidence est en partie détruite.» Il me répond : «Ce n'est pas en partie, elle est totalement détruite. Cela brûle même. Moi-même, je n'ai plus d'habit. Je suis en treillis.» Cela a été mon dernier contact avec la Résidence le 11 avril au matin. Peu avant 15 heures en France, les médias ont annoncé l'arrestation du président Gbagbo, de son épouse Simone et de la plupart des gens qui étaient à la Résidence. Je dois dire que j'ai eu un moment d'incrédulité. Je redoutais terriblement - ce qui allait être le cas - l'humiliation dont a été en particulier victime Simone Gbagbo. Ce qui montrait bien que ceux qu'on appelait les chantres de la démocratie ont eu un comportement quasi-animal ce jour-là. En humiliant de cette façon la présidente du groupe parlementaire du FPI. Et en la présentant comme un trophée.

Très rapidement, la nouvelle s'est confirmée. J'ai eu beaucoup de contacts avec les médias qui me téléphonaient, sachant ma relation très ancienne avec le président Gbagbo.  J'ai fait beaucoup d'interviews au téléphone (I-Télé, BFM, Africa 24, TV5, France Info...) Le soir, j'ai été sur un plateau d'I-Télé.

Est-ce qu'on peut dire que le 11 avril, les médias français vous ont ouvert des portes qui vous étaient fermées dans la mesure où tout était terminé et que tout ce que vous auriez pu dire ne pouvait pas changer l'ordre des choses ?

Je dois reconnaître que pendant les jours qui ont précédé, les radios comme RTL, Europe 1, France Inter et France Info m'ont interviewé. Mais je dois dire qu'il y avait des personnes interviewées qui passaient en boucle. Nous, on passait une fois, et puis c'était terminé.

Certains médias comme RFI et France 24 m'ont interviewé à plusieurs reprises et décommandé au dernier moment. Le 10 avril, je devais être l'invité du journal de 13 heures et on m'a annoncé à 11 heures que c'était annulé. Je pense qu'il devait y avoir des pressions, des formes d'autocensure de ces médias à diffuser des points de vue marquant une condamnation de la politique de la France. C'était ça aussi l'enjeu. Et à gauche, nous étions quand même très peu nombreux à condamner cette politique. Il y avait quelques parlementaires comme Henri Emmanuelli et François Loncle. Il y avait aussi des dirigeants du Parti communiste, et moi-même longtemps responsable du Parti socialiste. Et on ne peut pas dire que nos points de vue ont été ignorés, mais c'était une sorte de léger contrepoint au tsunami médiatique diabolisant Laurent Gbagbo et laissant apparaître Alassane Ouattara et Guillaume Soro comme les chantres de la démocratie.

D'ailleurs, pendant toute l'année qui a suivi, le gouvernement et le président français n'ont cessé de dire que la démocratie avait été restaurée en Côte d'Ivoire. Je crois que pour ceux qui analysent la situation aujourd'hui, on se rend compte que l'opposition est terriblement muselée, que la plupart de ses leaders sont soit en prison soit en exil. D'ailleurs, l'opposition n'a pas participé aux élections législatives. Il y a une forme de retour au parti unique ! Mais on parle très peu de cette situation en France, en Europe, puisqu'on veut rester attacher à cette image fausse de la démocratie instaurée en Côte d'Ivoire avec le départ de Laurent Gbagbo.

Ce n'est pas le moindre paradoxe, puisque c'est précisément Laurent Gbagbo qui a été l'acteur-symbole de l'avènement du pluralisme politique en Côte d'Ivoire et qui a réellement essayé jusqu'au bout de maintenir ce processus. Je me souviens d'ailleurs qu'entre les deux tours, les médias avaient des mots bien doux pour ce fameux débat qui a opposé Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara et qui était une sorte de première en Afrique.

Vous avez, quelques jours avant le 11 avril, dit que Laurent Gbagbo n'en sortirait pas vivant. Des propos qui ont inquiété à la fois ses adversaires et ses partisans. Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous teniez ces propos ?

Je dois dire aujourd'hui que des très proches de Laurent Gbagbo m'ont dit alors qu'ils partaient à la Résidence soutenir ce qui allait être un siège : «On ne peut pas faire moins qu'Allende» [le président socialiste du Chili qui a trouvé la mort le 11 septembre 1973 dans sa résidence assiégée par les troupes de Augusto Pinochet, soutenu par les Occidentaux, et qui allait se révéler comme un impitoyable tyran, ndlr]. Je peux dire aujourd'hui que c'est certainement cela qui m'a fait dire qu'il se pourrait que Laurent Gbagbo ne sorte pas vivant de la Résidence. Quand j'ai tenu ces propos, j'ai eu des coups de fil de gens qui n'ont pas compris, et ont dit que je racontais n'importe quoi. D'autres ont pris peur et ont dit : «Il ne faut pas faire de Laurent Gbagbo un martyr.» A partir de ce moment-là, à un très haut niveau politique en France, on a commencé à entendre un discours selon lequel il fallait absolument sauvegarder la vie de Laurent Gbagbo. Lui-même dans ses dernières interviews a dit qu'il aimait la vie, et qu'il ne tenait pas à mourir martyr. Je me souviens que quand j'ai connu Laurent Gbagbo lors de son exil, il m'avait dit : «Guy, tu sais, en Europe, on aime bien la gauche martyre.» Il faisait allusion au Chili. «Moi, je n'ai pas cette vision de la gauche. Je veux moi une gauche qui prend le pouvoir, qui transforme, qui vit».

Mes propos ont été diversement interprétés, mais au fond, ils ont fait prendre conscience que par rapport à l'histoire de la Côte d'Ivoire, faire de Gbagbo un martyr desservirait complètement les puissances occidentales qui avaient voulu le diaboliser.

Le temps est passé. De longs mois sans contact avec un Laurent Gbagbo coupé du monde à Korhogo. Quand vous le revoyez pour la première fois à son procès puis dans sa prison, est-ce que vous vous dites «on a évité le pire, il est tout de même vivant». Qu'est-ce qu'on peut ressentir quand on rencontre son ami qu'on n'imaginait plus revoir en vie ?

Votre question est très forte. J'ai parlé pour la première fois à Laurent Gbagbo le 31 mars 2011. Et je lui ai reparlé le 19 janvier de l'année suivante. Je dois dire que je craignais terriblement l'humiliation. Et c'est cette humiliation qu'on lui fait vivre en le conduisant devant cette Cour pénale internationale (CPI) dont j'ai dit qu'elle ne disait pas le droit puisqu'un an après, on voit bien que lui seul est jugé devant cette juridiction. Lui-même m'a dit en janvier : «Mon épouse et mon fils sont des otages. Celui qu'on veut détruire, c'est moi.» Je crois que cette analyse est très juste puisqu'on voit bien que le procureur Louis Moreno-Ocampo et son adjointe Fatou Bensouda se heurtent visiblement à certaines résistances des autorités ivoiriennes pour d'autres transferts.

Aujourd'hui, Laurent Gbagbo est vivant. Il a dit, devant la CPI le 5 décembre, «nous irons jusqu'au bout». L'enjeu des futures audiences, ce n'est pas seulement le sort de Laurent Gbagbo, c'est la crédibilité de l'institution. Je voudrais faire une remarque : je ne peux pas prendre au sérieux une Cour pénale internationale dont l'autorité n'est même pas reconnue par la première puissance du monde, les Etats-Unis. D'ailleurs, la Côte d'Ivoire n'avait pas ratifié le traité de Rome instituant cette institution.

Avec le recul d'un an, la mouvance politique que Laurent Gbagbo représente a-t-elle remonté la colline ou est-elle descendue dans les profondeurs ?

Pour répondre à cette question, il faut intégrer une perspective historique. Elu en 2000, Laurent Gbagbo n'a en fait gouverné que pendant dix-huit mois. Il portait un projet social-démocrate, et il s'est attaqué à trois dimensions : l'éducation en la rendant libre et gratuite dans le primaire pour ce qui est des écoles publiques, la santé en faisant voter la loi sur l'assurance maladie universelle, qui n'a malheureusement pas pu être appliquée mais qui a été votée, et la modernisation de l'Etat, avec des élections départementales réussies en juillet 2002.

Il avait donc fait beaucoup de choses en dix-huit mois et je dois dire que le coup d'Etat qui va échouer en septembre 2002 et qui va entraîner une partition du pays et cette crise dont on n'est toujours pas sorti est réalisé alors même que Laurent Gbagbo a mis en place un gouvernement où siègent toutes les forces politiques représentatives, notamment le RDR d'Alassane Ouattara. Contrairement à ce que l'on dit, Laurent Gbagbo chef d'Etat se veut rassembleur, alors qu'on l'a présenté comme un homme qui excluait. Aujourd'hui, un an après, celui qu'on présentait comme un exclu, est en train d'exclure. Il a tenu lui-même des propos assez extravagants sur le «rattrapage». Même s'il nie aujourd'hui ces propos, le constat est évident au regard des nominations et même de la représentation de l'Etat à son plus haut niveau - le président, le président de l'Assemblée nationale, la première vice-présidente de l'Assemblée nationale sont tous du Nord. Plus que jamais, on a une déconstruction de la Nation. Ce qui a été très grave dans la politique de la France, c'est que n'admettant pas que Laurent Gbagbo gouverne avec son projet, elle a tout fait pour l'exclure du champ politique alors même que lui tentait de bâtir une Nation autour d'un Etat moderne.

Les interventions extérieures ont brisé cet élan et fait revenir la Côte d'Ivoire en arrière.

Aujourd'hui, c'est la «justice des vainqueurs» et un peu «la revanche du Nord» qui sont à l'œuvre en Côte d'Ivoire. Avec ce qui se passe au Mali en ce moment, on voit que les Nations en construction sont aujourd'hui mises en danger par les politiques conduites par les puissances occidentales. Ce qui se passe aujourd'hui au Mali est la conséquence de la politique de l'OTAN, de la France, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis en Libye. En Libye même, l'Etat est déliquescent. Il y a de nouveau l'émergence très forte au plan politique de ce qu'on appelle les «tribus». Et l'une des conséquences va être de déstabiliser le Sahel avec des remises en cause du processus de construction des Nations. Je crois que c'est ce qu'on vit en Côte d'Ivoire aujourd'hui. Il faudra un peu plus de recul historique pour s'en apercevoir.

Assez piteusement, les nouvelles autorités ivoiriennes cassent cette politique de réforme de Laurent Gbagbo. La communalisation a été remise en cause. L'assurance maladie universelle est remplacée par des ersatz de politique sociale. On voit que ce que l'on a présenté comme une restauration de la démocratie en Côte d'Ivoire est totalement faux. Mais le Front populaire ivoirien (FPI) incarne une véritable opposition, notamment à travers son dernier meeting de Yopougon qui a été très sévèrement réprimé. On sent qu'il incarne encore non seulement une forme de résistance, bien que la quasi-totalité de ses leaders sont soit en prison soit en exil mais aussi que se dessinera peu à peu la reconquête du pouvoir. D'autant que le sort de Laurent Gbagbo n'est pas encore réglé. Et l'on sent que malgré toute son ardeur à appliquer la volonté de la France et des puissances occidentales, le procureur de la CPI s'est mis dans un mauvais pas, au point de risquer aujourd'hui de remettre en cause la crédibilité de son institution.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 03 avril 2012

ALASSANE OUATTARA A LA RTI: DECRYPTAGE D'UN DISCOURS DEMAGOGIQUE


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Le samedi 30 mars 2012, le chef de l'état ivoirien, Alassane Ouattara, a accordé au palais présidentiel, un entretien à deux journalistes ivoiriens de la télévision nationale et du quotidien gouvernemental Fraternité-Matin. L'entretien a duré de 20h35 à 22h06, soit 90 minutes, le temps d'un match de football.

Cet entretien intervient dans un contexte qui n'est guère innocent. Il fait suite à diverses sorties de journalistes et acteurs politiques proches du RDR qui s'inquiètent de la dégringolade de l'image de leur mentor dans l'opinion. Dans la sous-région ouest africaine naguère acquise à l'idée de sa compétence, l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir par la "démocratie à l'arme lourde", dans des conditions plus qu'humiliantes pour l'Afrique, n'a laissé personne indifférent. Il était alors attendu sur le terrain des résultats et de la mise en œuvre du "vivre ensemble".

Hélas, les situations sécuritaire et économique en Côte d'Ivoire sont catastrophiques et la justice des vainqueurs a discrédité le régime face aux valeurs traditionnelles qui caractérisent les Africains. Contraints à l'exil par centaines de milliers, notamment dans la sous-région, les exilés ivoiriens ont inconsciemment contribué à faire connaître la vérité sur l'éviction de Laurent Gbagbo du pouvoir, à montrer le vrai visage du nouveau régime ivoirien et donc à faire connaître l'écart entre la propagande de conquête du pouvoir du RDR d'Alassane Ouattara et le sombre tableau d'une année de pouvoir. Une année d'exactions de toutes sortes sur les populations, de crimes impunis, de "rattrapage" ethnique, de brimades de l'Opposition, la haute direction du RDR allant jusqu'à promettre officiellement le cimetière à toute adversité politique.

Ceux des partisans du pouvoir qui ont encore un peu de lucidité en appelaient donc à cette sortie. Il en est ainsi de l'écrivain Isaïe Biton Coulibaly, qui proposait dans une contribution récente, que le chef de l'Etat suscite un entretien télévisé avec des citoyens ordinaires. Alassane Ouattara et ses communicateurs ont opté pour un entretien avec la presse publique. A-t-il enfin compris, lui qui ne vit et règne que par le soutien des capitales occidentales, que "hors de l'eau, le capitaine n'est rien" (Félix Houphouët-Boigny)? Est-il enfin conscient des limites de ses ambitions régionales avec un peuple qui ne se reconnaît pas en lui? La réponse se trouve dans le constat du chef de l'Etat lui-même: "si entre nous-mêmes, nous ne parvenons pas à nous réconcilier, comment voulez-vous que nous soyons crédibles dans nos relations avec les autres"?

Accuser le prédécesseur de tous les péchés d'Israël

Sur le "plateau" de l'entretien, Alassane Ouattara, physiquement peu frais, a joué à fond la carte de la familiarité, appelant les journalistes par leur prénom. Cela rappelle son débat télévisé avec le président Laurent Gbagbo qu'il a presque contraint au tutoiement fraternel avant de lancer la guerre que l'on a vue et de l'envoyer à la CPI.

Ouattara a utilisé une seule fois l'expression "mon pays", parlé à 5 reprises de la Constitution dont 3 fois relativement au Mali. Il n'a prononcé à aucun moment le mot "rebelles". Il a cité 3 fois les Etats-Unis sans jamais nommer la France. Il a pris soin de ne pas nommer Laurent Gbagbo, l'honorant toutefois du titre d'ancien président à 2 reprises, ce qui est une évolution notable même si c'est toujours pour le noircir.

Ces statistiques sur lesquelles nous reviendrons plus largement, parlent d'elles mêmes en attendant que les psychologues les fassent parler, notamment s'agissant du rabâché "mon pays" qui a été abandonné.

Selon Alassane Ouattara lui-même, l'objectif de cet entretien était "de parler avec ses compatriotes. Et de leur dire un peu comment il a trouvé la Côte d'Ivoire, ce qu'il a pu faire depuis un an. Et surtout où est ce que nous allons et comment nous allons y arriver". L'objectif ainsi défini, la forme de communication arrêtée, il ne restait au téléspectateur qu'à découvrir le chemin le plus court adopté pour y parvenir : la démagogie. Et bien entendu, le choix systématique d'accuser de tous les péchés d'Israël le prédécesseur, cet adversaire qui ne baisse pas l'échine malgré sa défaite militaire.

Détail important de l'opération, il nous faut consommer un "Ouattara nouveau". Tel le "Beaujolais nouveau", il devait se draper de son nouveau manteau de rassembleur des Ivoiriens, même si les faits ne résistent pas à l'ambition. Le "Ouattara nouveau" c'est aussi la conquête du cœur des FDS de la Police et de la Gendarmerie qui ploient sous l'humiliation des FRCI sans toutefois condamner les exactions de ses redoutables FRCI. Il veut "rassurer les policiers. C'est important qu'ils aient un minimum de confort. Ces gens font un travail difficile".

Cerise sur le gâteau, les Généraux FDS ne sont plus les Généraux de Gbagbo mais "des hommes bien, pour la plupart, d'entre eux", ayant agi sous la "menace de voir violer leurs enfants ou des choses comme ça". Bien sûr, c'est avec émotion qu'il a écouté leurs confessions avant de les nommer Ambassadeurs.

Il lui en a vraiment fallu du temps pour comprendre que s'ils ont "servi un autre Président, c'était leur devoir". "Recevoir tous les matins des rapports de la gendarmerie" lui a certainement permis de commencer à connaître le pays. Car le vrai problème du chef de l'Etat c'est sa faible de connaissance du pays.

Le "Ouattara nouveau" c'est surtout cette confession à faire pleurer quand il assure : "Je pense qu'il y a eu de l'impatience pour ma part, de la part de certains qui m'ont accompagné. Il y a eu des sentiments de graves injustices qui ont provoqué des colères, qui ont conduit à des manifestations qui ont débouché sur des morts. Ce n'est pas comme ça que je vois la Côte d'Ivoire, que je voyais mon combat. ... Je considère qu'en tant qu'homme politique, j'ai commis des torts à mes concitoyens, et je demande pardon". Quel aveu historique et émouvant sur sa responsabilité dans les tueries assorti d'une demande de pardon! De quoi suggérer à tous les exilés de rentrer au bercail si le pouvoir Ouattara ne nous avait habitués à de la démagogie sans lendemain !

Parler des conséquences, se taire sur les causes

Qu'elle eût été noble, cettedémarche, si son entretien n'était en même temps l'égrenage une longue litanie des conséquences d'une situation sans en toucher un seul mot des causes! Pour lui, le pays a été mal dirigé et parfois pas du tout dirigé pendant les 10, voire 11 précédentes années. Exit de son alliance avec la rébellion qui a coupé le pays en deux et administré la moitié du pays pendant 8 ans. Exit des blocages de son RHDP, accroché à la jouissance exclusive des accords de Marcoussis. Alors que Laurent Gbagbo n'avait pas le droit de se séparer d'un seul de ses ministres sans entraîner les blocages qui se terminaient par la réintégration dudit ministre via un sommet de la Cedeao, Ouattara est prêt à se séparer de tout ministre qui ne serait pas à la hauteur.

Même lorsque les questions portent sur les augmentations du coût de la vie, intervenues bien après sa prise de pouvoir, il accuse son prédécesseur. Même déporté à la CPI, Gbagbo serait-il un spéculateur? Ouattara dit avoir "des recettes qui tardent à produire des résultats".

Ouattara aura même le culot de parler de "rackets d'un point à l'autre qui ont été tolérés pendant des années" et qui sont à la base de l'augmentation du prix de la viande. De la part de l'allié des Forces Nouvelles, cela peut produire un vrai dégoût intellectuel. Sur l'insécurité, il pointe la crise et les autres mais peut-on avoir fait ouvrir des prisons et armé les prisonniers et s'étonner de l'insécurité attribuée à des "faux Frci qui sont d'anciens prisonniers"? Le ministre de la défense qu'il est, dit ne pas être capable de distinguer un faux Frci d'un vrai. En effet, protégés de tout temps par Ouattara, les Frci ne deviennent faux que quand ils commettent des exactions et des crimes.

Tout au long de l'entretien, Ouattara fait la fine bouche sur le PPTE dont le point de décision a été atteint par Laurent Gbagbo dans des conditions d'extrêmes adversités, mais est trahi à chaque fois quand il doit justifier les ressources pour le financement de ces promesses dont des centres de santé dans toutes les localités de plus de 2000 habitants. A l'écoute de certaines réponses, on croirait Alassane Ouattara encore et toujours en campagne.

Agnès Kraidy, journaliste professionnelle, a dominé le débat

Concernant l'Ouest, Ouattara reconnaît enfin les "massacres" même s'il continue de dénier à ces populations le droit de leur choix politique puisque pour lui, "ils ont été pris dans un traquenard, manipulés et utilisés par certains politiciens". Spécialiste de l'autosatisfaction, Alassane Ouattara s'est fait contredire, le même jour, sur le bilan de ses travaux à l'ouest, à la fois par son Premier Ministre et son ministre du Plan, en tournée dans la région, et à qui les populations font le constat du contraire. Selon le compte rendu de Fraternité-Matin, "dans toutes ces localités, les populations ont évoqué l'insécurité, l'électrification des villages, l'entretien des pistes rurales, l'affectation des professeurs et des instituteurs dans la région, sans oublier les problèmes de tables-bancs". Ouattara n'a-t-il pas juré (dans cet entretien) avoir réglé toutes les questions de tables-bancs en Côte d'Ivoire? Face aux populations désemparées, Mabri Toikeusse justifie que le plan national de développement vient d'être adopté et se lance dans des promesses.

A la question de savoir s'il est optimiste sur la réalisation de ses projets dans les délais, il répond "ce n'est pas moi; ce sont les ministres; si ces projets ne sont pas réalisés dans les délais, les ministres ne seront plus en fonction". Au juste, qui a été élu par les Ivoiriens, via la communauté internationale ? Ces mêmes ministres sont désormais comptables du "rattrapage" qu'Alassane Ouattara refuse d'assumer. Or en Côte d'Ivoire, aucun ministre, ni même le premier d'entre eux ne signe de décret. Aucune nomination dans les hautes fonctions de l'Etat n'échappe donc à Ouattara qui en est bien l'auteur.

Trois mois après ses propos scandaleux qui lui ont valu une levée de boucliers, Alassane Ouattara insinue que le journaliste de l'Express a travesti ses propos tenus à la veille de sa visite officielle en France. Il ajoute ne pas connaître ses questions d'ethnie lui qui, pour les élections de 1995, criait pourtant que Bédié ne voulait pas de sa candidature "parce qu'il est du Nord et musulman".

Ouattara ne propose à l'Opposition que le subtil chantage. Chantage utilisant Simone Gbagbo et Blé Goudé. Il révèle des mandats émis contre eux. Tandis que lui préfère les juger en Côte d'Ivoire, ils pourraient "choisir d'aller à La Haye, en se disant que la justice y est plus équitable". Autrement dit, pour qui a écouté Soro Guillaume sur le cas Laurent Gbagbo, si le FPI s'entête à ne pas s'inscrire dans la vision que Ouattara a de l'opposition politique, Simone Gbagbo et Blé Goudé seront transférés. Le 2ème chantage est de faire miroiter (à deux reprises) le boom économique, car pour lui "les opposants ont intérêt à venir maintenant parce que les choses vont aller très vite au plan économique". Ouattara connaît-il réellement les Ivoiriens et leur aspiration à la démocratie et à la justice? Ou bien, croit-il que l'opposition démocratique est à l'image de ses partisans qui ont profité de la volonté de paix de Laurent Gbagbo pour s'enrichir et manger des deux mains?

En journaliste professionnelle qui a su donner du volume au débat, Agnès Kraidy conclura à juste titre par cette question-réponse, "Votre programme, Monsieur le Président, était porté par un slogan: «Ado solutions». Vous venez d'avouer les difficultés que vous éprouvez à caser les étudiants ivoiriens. Vous reconnaissez le non succès du projet «soins gratuits», les problèmes d'insécurité qui sont encore, malgré quelques avancées, présents. Finalement, à l'épreuve du pouvoir, n'avez-vous pas plus de problèmes que de solutions?"

On pourrait ajouter que même en cas de succès sur les conséquences, un tel succès ne serait qu'éphémère si l'on ne s'attaque pas aux causes que le pouvoir Ouattara veut escamoter. Parmi celles-ci figurent en bonne place la prise du pouvoir par les armes et la rébellion, condamnées au Mali mais adoubées en Côte d'Ivoire par le même Ouattara qui promettait de frapper le régime de Bédié (ce qui fut fait) et de rendre le pays ingouvernable sous Gbagbo (ce qui fut aussi fait).


Fat Téré Koula


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 26 mars 2012

DEFAITE DE WADE A LA PRESIDENTIELLE - LAURENT AKOUN, SG DU FPI: «WADE FINIT DANS LA POUBELLE DE L'HISTOIRE»



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Macky Sall, le nouveau président sénégalais

 

« Ce serait trop facile de dire que M. Abdoulaye Wade est un démocrate, après avoir tripatouillé la constitution sénégalaise. C’est simplement parce que les Sénégalais sont conséquents et cohérents qu’ils n’ont pas laissé l’imposture prospérer.

M. Wade pour toutes ses turpitudes, n’avait pas besoin de ça. Il n’est pas du tout un démocrate.

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Abdoulaye Wade

Ce qu’il faut surtout saluer, c’est la maturité du peuple sénégalais et espérer que cette alternance au forceps permette d’envisager des lendemains moins mauvais pour les populations sénégalaises et les populations amies du Sénégal. Il ne faut nullement y voir une sagesse de M. Wade. Et ce n’est pas après coups et remous qu’on peut parler de sagesse chez ce monsieur. Chacun devrait analyser, la sous-région voudrais-je dire, ces données-là pour montrer que dans le faux et l’imposture, des gens se sont maintenus au pouvoir.

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Le nouveau couple présidentiel sénégalais

Mais, il faut surtout saluer la maturité du peuple sénégalais et lui rendre hommage. Pour n’avoir pas permis aux imposteurs et à tous ceux qui se disent aujourd’hui des faiseurs de ci ou de çà, de continuer de nous manipuler à distance. C’est la victoire du peuple sénégalais et c’est le plus important. M. Wade a choisi de finir ainsi dans la poubelle de l’histoire ».


Propos recueillis par Frank Toti.

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 476 du lundi 26 mars 2012.

jeudi, 15 mars 2012

GBAGBO, L’EXTRATERRESTRE

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Curieux non comme titre d’article, vous ne pensez pas ? Eh bien, nous n’avons pas trouvé mieux pour espérer qualifier, de la façon la plus exacte et qui la campe le mieux, cette situation rocambolesque que vit, en ce moment, la Côte d’Ivoire.

Nous avons tous entendu l’incroyable communiqué du gouvernement ivoirien du mercredi 7 mars 2012 annonçant la suppression de 1.126 communes créées par le président Laurent Gbagbo, de 2001 à 2010. En clair, toutes les communes nées sous la gouvernance de Gbagbo, pendant ses 10 années de pouvoir. Argument avancé pour prendre une décision aussi impensable : « Ces communes ont été créées sur des bases politiques ». Ah bon ? Et le gouvernement actuel, sous quels auspices prend-il ses décisions, depuis son avènement violent au pouvoir, le 11 avril 2011 ? : le nouveau découpage administratif de la Côte d’Ivoire, tout comme le nouveau découpage électoral qui fait la part belle aux départements du Nord, la composition même de la Commission électorale indépendante (CEI) acquise à 100% au RHDP, la justice des vainqueurs en vigueur en Côte d’ivoire qui pourchasse un seul camp, l’emprisonnement des journalistes, le musellement de la presse pro-Gbagbo par le Conseil national de la presse (CNP) à travers des sanctions intempestives et ciblées, le gel des avoirs des opposants, les arrestations arbitraires, les mandats d’arrêts internationaux contre les cadres LMP, le maintien en exil des autorités ivoiriennes de l’ancien régime, les tentatives de mise à mort du FPI et de La Majorité Présidentielle, le maintien des supplétifs de la guerre d’avril dans les rangs des FRCI, la tolérance coupable des milices « Dozos » par la République bien que reconnues pour leurs nombreux crimes et exactions contre les populations ivoiriennes, la liquidation des banques nationales, le rattrapage ethnique cher à Ouattara qui promeut les ressortissants du Nord au détriment de tous les autres ivoiriens, etc.


Si on devait reprocher à un camp de la crise ivoirienne de prendre des décisions qui ne se justifient pas, sur la seule base politicienne, il y a fort à parier que le régime Ouattara soit inscrit sur le pire des tableaux. Il est donc très mal inspiré pour clouer quiconque au pilori. Après la dissolution en cours des Conseils généraux (décision complètement inopportune), le coup d’arrêt brutal porté à la communalisation générale de la Côte d’Ivoire consacre définitivement la volonté du régime RHDP de tirer notre pays vers le bas, au nom d’une incroyable propension vengeresse et négationniste visant à effacer toute trace du président Laurent Gbagbo. S’il le pouvait, Ouattara effacerait même les augmentations substantielles opérées par le réprouvé de Scheveningen sur les salaires des fonctionnaires. Mais mal lui en prendrait ! Il peut toujours essayer.


A notre sens, l’argument politique avancé par le gouvernement est totalement léger et, à la limite, fallacieux. Le souci premier dans la communalisation, c’est de rapprocher le centre de décision des populations et de favoriser leur participation à un développement local plus rapproché. Etant entendu qu’elles y contribuent à travers des instruments remarquables comme les FRAR/FIAU (Fonds d’Investissement et d’Aménagement Urbain) qui ne demandent qu’à être redynamisés et boostés. Une commune née créé sa propre dynamique de développement à travers ses populations et ses cadres. Cela est déjà une chose hautement appréciable pour la vie rurale. Il ne reste plus qu’à l’Etat de venir en appui de ce regain d’activité local par une subvention qui ne devrait logiquement plus faire défaut, compte tenu du retour présumée à la paix, en Côte d’Ivoire. C’est de là que part la viabilité d’une commune ; elle ne tombe pas du ciel comme le laisse supposer les propos du gouvernement Ouattara. En clair, la viabilité, il faut la créer et non l’attendre pieusement.


La vérité de cette affaire, c’est que Ouattara n’a pas de solutions pour nos populations rurales, pas plus qu’il n’a les moyens de les subventionner. La principale raison de ces suppressions et dissolutions est financière. Elles sont liées à la sécheresse désespérée des caisses de l’Etat, curieusement, depuis que Ouattara est arrivé au pouvoir.

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De ce point de vue, Gbagbo apparaît comme un extraterrestre ! Comment s’est-il pris pour financer la sortie de crise et les élections les plus chères du monde, augmenter les salaires des fonctionnaires, des corps militaires et paramilitaires, du corps préfectoral, du corps médical, des députés, des juges, et tout à la fois financer les Conseils généraux et subventionner les Communes ? Il ne se passe pas d’émission télé sur la Fonction Publique sans entendre le ministre Gnamien Konan geindre piteusement sur la masse salariale. Comment Gbagbo faisait-il pour payer ces salaires et même prévoir une augmentation de quasi 50% qui devait être effective en Juillet 2011 et dont les fonctionnaires bénéficient déjà de la première tranche, depuis le deuxième semestre 2010 ?

Etait-il un magicien, un surhomme, un prestidigitateur, un alien ? Pourquoi ceux qui nous ont annoncé des pluies de milliards se retrouvent-ils ainsi à grommeler sur les salaires des agents de l’Etat et à réendetter gravement notre pays, eux les « éminents économistes » reconnus par la Communauté internationale ? Comment, avec un pays coupé en deux et en guerre, sous divers embargos et le boycott de bien de bailleurs de fonds, Gbagbo a-t-il réussi, en pleine crise, là où ADO « La Solution » annoncée, en temps de paix, perd pied et peine à nous convaincre, passant le plus clair de son temps à gémir avec ses ministres de la sécheresse des caisses ? Comment se fait-il qu’il n’y ait subitement plus d’argent en Côte d’Ivoire ? Que fait Ouattara de notre argent ? Ne le mettrait-il pas, par hasard, en « mode béquille » pour secourir une France sarkozienne en faillite ? La question mérite d’être posée, tant la situation semble suspecte. Finalement, avec le recul, qui est la véritable « Solution », dans notre pays ? Les Ivoiriens devraient répondre à cette question et en tirer toutes les conséquences politiques.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 465 du mardi 13 mars 2012.

dimanche, 11 mars 2012

24 HEURES APRES SON INTERPELLATION PAR LA DST - LAURENT AKOUN DETERMINE: «COMMENT NOUS ALLONS DEGAGER OUATTARA»

 

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Monsieur le Secrétaire général, vous avez été interpellé par la DST, jeudi dans l'après-midi et libéré tard dans la nuit. Qu'est-ce qu'on vous reprochait exactement ?

Jusqu'à ce jour, je reste toujours sur ma faim quant au pourquoi de mon interpellation. Je n'en sais toujours rien. Toutefois, j'ai été interpellé et gardé dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (Dst) de 16h 20 à 22h 40 minutes. Je ne suis sorti qu'à 22 h 45 mn. Et c'est à cette heure-là que, sans être accompagné, j'ai pu avoir accès à un taxi qui m'a déposé à mon domicile, avec tout ce que cela comporte comme dérives dans un contexte comme celui que nous connaissons. Je suis donc arrivé à mon domicile vers 23h 10 mn. Alors qu'est-ce qu'on me reproche ? Je n'en sais rien. Retenez que j'ai été fouillé de fond en comble, comme ce n'est pas permis. Mes bagages, puisque je revenais de voyage, ont été passés au peigne fin. Alors qu'est-ce qu'on a retrouvé sur moi ? Absolument rien. Ce qu'ils se sont contentés de faire, c'est de confisquer mes deux téléphones portables et mon ordinateur portable. Je les ai même aidés en leur donnant les codes d'accès à mon ordinateur. Mais en retour, lorsque je suis allé récupérer mes effets aujourd'hui aux environs de 15 heures (hier, ndlr), tous les paramètres d'accès de mon ordinateur ont été modifiés.

Avez-vous subi un interrogatoire ?

Oui, j'ai subi un interrogatoire de 19h à 23h. Et les principaux points de cet interrogatoire étaient qu'est-ce que je suis allé faire au Ghana, qui j'ai rencontré là bas... Je leur ai expliqué en résumé que je suis allé voir mes camarades qui sont non seulement des cadres, mais des membres de la direction du Fpi et du comité central. C'est vrai qu'ils ne sont pas ici avec nous, mais pour tout ce que nous devrons faire, nous écoutons, prenons leurs avis, analyses et leurs réflexions critiques. Et cela nous permet bien sûr d'aller dans le sens de trouver les chemins qui vont nous permettre de reconquérir le pouvoir d'Etat, en relevant les défis principaux que sont la libération de nos camarades qui sont emprisonnés, le retour de tous ceux qui sont exilés. C'est bien sûr en relevant ces deux défis principaux là, il y en a d'autres, que nous allons dégager M. Ouattara du pouvoir par les moyens légaux. C'est-à-dire les moyens démocratiques, notamment par les meetings, les marches, les sit-in, conférences de presse publiques, mais aussi par la voie diplomatique, avec les échanges que nous avons avec ceux et celles qui représentent les intérêts de leurs pays en Côte d'Ivoire. Si tout cela peut permettre non seulement de montrer notre position, notre bonne foi, mais aussi de faire les pressions nécessaires pour que M. Ouattara quitte le pouvoir, pour que nous puissions l'exercer. Mais toujours par les voies démocratiques.

Ce n'est pas la première fois que vous effectuez des voyages hors du pays, notamment au Ghana. Pourquoi cette interpellation d'hier?

Je n'en sais rien, puisqu'ils ne m'ont rien dit. C'est à eux de vous le dire. Ce qui m'a fait sourire, c'est qu'ils m'ont dit qu'ils cherchent quelque chose. Je leur ai posé la question de savoir ce qu'ils cherchaient. Ils ne savaient pas eux-mêmes ce qu'ils cherchaient, sinon ils m'auraient demandé. Je ne sais vraiment pas ce qu'ils cherchaient. Ils ont confisqué mon matériel, voilà.

Il ne s'agissait pas pour eux de retrouver des traces d'exilés politiques ?

Mais c'est facile ça. Ils sont tous à Accra. Ils y sont tous et ils sont connus des fichiers des autorités ghanéennes. Ils ne sont pas cachés.

Votre interpellation apparait comme une énième dérive et violation des libertés par le régime Ouattara.

Je crois que la direction du Fpi que j'ai officiellement informé ce matin, se propose de faire connaitre sa position sur l'ensemble de ces graves atteintes aux libertés individuelles et collectives. Mais qui sont devenues une des caractéristiques du pouvoir de M. Ouattara. Le label que le pouvoir a inventé en matière d'exercice des lois et libertés, ce sont ces atteintes.

Ce harcèlement des cadres de l'opposition a-t-il un impact sur votre détermination à poursuivre le combat ?

Nous, nous essayerons de continuer notre travail tel que défini par la Constitution, c'est-à-dire un contre-pouvoir institutionnel qui dit son accord quand il l'est et son désaccord quand il n'est pas d'accord avec ceux qui aujourd'hui sont au pouvoir. Il faut surtout que M. Ouattara comprenne que ce n'est pas une question d'amour. C'est ça les règles de la démocratie et qui exigent le droit à la différence. Etre différent ne veut pas dire qu'on est inutile ou supérieur, non. Chacun fait ce qu'il peut et c'est pour cela qu'on se concerte et qu'on parle du dialogue politique. Nous sommes aujourd'hui pour la transition pas pacifique à la démocratie, mais nous sommes pour la transition pacifique à l'alternance démocratique. Parce que nous avons déjà conquis le pouvoir d'Etat. On est tous d'accord que le pouvoir se conquiert par les urnes, même s'ils savent comment ils sont arrivés là.

Un mot à l'endroit des militants du Fpi et de tous les démocrates ivoiriens émus par votre interpellation ?

Qu'ils demeurent vigilants, mobilisés et qu'ils sachent que le combat pour la refondation de la Côte d'Ivoire continue. Vous savez, il y a des méandres dans l'histoire et c'est une des phases de l'histoire que nous vivons en ce moment et que je peux assimiler à des méandres dans un cours d'eau. Mais dans le cours d'eau, il a un amont et un aval. Ça ne coule jamais de l'aval vers l'amont, c'est toujours dans le même sens. Peu importe les méandres, le cours d'eau coule toujours de l'amont vers l'aval. Le sens de notre lutte demeure, c'est-à-dire une société plus juste, plus démocratique, une société plus solidaire. Ce but là, on ne peut pas le perdre de vue et le combat continue !


Réalisée par Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 08 mars 2012

FORMATION D'UN NOUVEAU GOUVERNEMENT: LE FPI N'EST PAS INTERESSE

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C'est une réponse qui coupe court au débat. Le ministre Michel Amani N'Guessan que nous avons joint hier au téléphone pour avoir des précisions sur la position  du FPI relative à une probable entrée dans le tout prochain gouvernement, s'est dit surpris par cette information.

Qualifiant de manipulation la nouvelle de l'entrée de son parti dans un gouvernement sous le régime de Ouattara. « Non seulement le FPI n'a jamais été contacté pour faire partie d'un quelconque gouvernement, mais il  n'est pas demandeur. D'ailleurs, qui vous dit que notre parti est intéressé par cette histoire de gouvernement ? », s'est-il interrogé avant de relever que le problème du FPI se trouve ailleurs.

Le souci majeur du FPI en ce moment est la condition à laquelle le FPI  affirme lui tenir principalement à cœur est la libération sans condition de Laurent Gbagbo et de tous ceux qui sont actuellement détenus dans les geôles du Nord pour leur accointance avec  Laurent Gbagbo. Pour rappel, le FPI avait  condamné l'attitude du gouvernement qui, malgré la pertinence des questions qu'il avait soulevées lors des premières discussions entre les deux parties, avait refusé d'entendre raison. « Il ne faut pas fuir le dialogue républicain qui, à notre sens, permettra d'examiner entre autres, les difficultés du pays relatives à la sécurité  à la réconciliation dont l'une des conditions reste la libération de Laurent Gbagbo et de tous ses proches illégalement détenus».

Pour Laurent Akoun, la position du FPI n'a pas bougé d'un iota parce que le pouvoir n'a pas apporté un début de solution aux problèmes qu'il avait  posée au Chef de l'Etat. « Nous prendrons part aux activités gouvernementales si les difficultés évoquées à l'intention du pouvoir sont un tant soit peu résolues. Tant que les conditions d'une sécurité auxquelles nous joignons d'ailleurs d'autres conditions indispensables à la reconstruction post-crise, ne sont pas réunies, il n'est pas question de faire légitimer ce régime ». Et Laurent Akoun de conclure que son parti a engagé des négociations avec le pouvoir. « Nous avons engagé des négociations avec le gouvernement et notre décision dépendra de l'issue de ces nouvelles discussions républicaines ».



Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 164 du jeudi 8 mars 2012.

mercredi, 29 février 2012

RDR ET ONUCI: JEU DE CACHE-CACHE AUTOUR DES MORTS DE BONON

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Trois jour après les tueries de Bonon, le mystère continue de planer sur les auteurs du massacre car ni l'Onuci, sur qui planent de lourds soupçons, ni le RDR qui dénonce la perte de ses militants, n'ont le courage de situer clairement les responsabilités dans cette affaire qui fait désordre au sein de la grande coalition anti Gbagbo.

Depuis le début de la semaine, les graves évènements survenus au soir du scrutin législatif partiel, à Bonon, occupent la UNE des principaux tabloïds de la place. Les uns pour s'interroger sur les auteurs des cinq morts enregistrés dans cette petite localité du centre-ouest, les autres pour indexer les soldats de l'Onuci qui selon plusieurs témoignages concordants, ont fait le massacre en ripostant aux coups de feu d'inconnus armés. Pour éclairer la lanterne de tous, les premiers responsables de l'Onuci, civils comme militaires ont effectué le déplacement sur Bonon. Leurs enquêtes se poursuivent encore et nul ne sait pour l'heure, le jour de la publication des conclusions des limiers onusiens.

Quant au RDR, s'il a tout de suite reconnu les victimes comme étant ses militants, il continue cependant de s'interroger sur l'origine des balles assassines qui ont fauché les siens. Une attitude bien curieuse de la part d'un parti politique habituellement prompte à crier au loup et à jouer à fond la carte de la victimisation. Alors que les informations largement relayées par les radios onusienne et française (RFI), indexent clairement les forces de l'Onuci, les partisans du chef de l'Etat se gardent toujours de briser la glace. Certainement qu'ils ne veulent pas indisposer un allié qui leur a été d'un soutien précieux dans la guerre menée en son temps contre le président Laurent Gbagbo.

C'est sûr que pareille dénonciation viendra remettre au goût du jour toutes ces victimes ivoiriennes tombées sous les balles assassines des soldats de l'Onuci et que dénonçait justement le camp Gbagbo. Et comme si elle se gardait de trahir un secret de confrérie, la force onusienne refuse visiblement de dire plus qu'elle n'en sait ; pour ne pas reconnaitre officiellement que les partisans de Ouattara et les inconnus armés en question, ne font en réalité qu'un. Une révélation qui pourrait bien brouiller la communication gouvernementale sur le « caractère pacifique » des militants du RDR tout en donnant accréditant la thèse des adversaires du FPI.

En somme, un jeu de cache-cache autour des morts de Bonon, sacrifiées sur l'autel des ambitions politiques de personnes qui n'ont visiblement pour seul argument, que les muscles. L'ordre, la discipline, et l'autorité, ils n'ont qu'en faire. La preuve, le sous-préfet de la ville vit aujourd'hui caché et sa résidence saccagée par les partisans du candidat malheureux du RDR qui lui impute la reprise du scrutin à Bonon alors qu'il avait triomphé avec de nombreuses irrégularités.

On se demande bien ce qu'en dira Hamed Bakayoko, le ministre de l'intérieur et donc patron du corps préfectoral, devant pareille situation où ceux qui sont chargés de prolonger l'autorité du chef de l'Etat à l'intérieur du pays ne représentant plus rien aux yeux de leurs administrés.

Mais çà, c'est aussi la conséquence de plus de dix ans d'incivisme, de défiance à l'autorité de l'Etat inculqués aux militants du RDR par les gouvernants actuels. Il ne faudra pas être étonnés que dans les prochains jours, un préfet ou un sous-préfet soit battu, traîné dans la poussière et jeté hors de sa sphère de commandement pour la seule raison que sa tronche ne plaise pas à certains de ses administrés assurés que rien de grave ne peut leur arriver en agissant de la sorte. Ainsi va la Côte d'Ivoire, après dix mois de gouvernance sous Ouattara.

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 157 du mercredi 29 février 2012.

COTE D'IVOIRE: LE PDCI RATTRAPE PAR LA VIOLENCE DU RDR QU'IL FEIGNAIT DE NE PAS VOIR


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Le RDR inaugure une série d'agressions sur ceux qui l'ont aidé à prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire. L'UDPCI de Mabri Toikeusse s'en mord déjà les doigts puisque tout est fait pour l'empêcher d'avoir un groupe parlementaire. Quant au PDCI, c'est le président de sa jeunesse qui vient d'être lynché par une cohorte d'hommes armés de gourdins à Bonon et qui pour KKB sont membres du RDR.

Au royaume du RHDP, les alliés ne comptent plus. Alors que le pouvoir ne lésine plus sur aucun moyen pour faire mordre la poussière à l'UDPCI en veillant à ce qu'il n'obtienne pas un groupe parlementaire dans la prochaine assemblée nationale, le PDCI a eu vendredi dernier la frayeur de sa vie. Aussi bien son délégué départemental  Yves N'dia que le président de la jeunesse du parti Bertin Kouadio Konan ont été tabassés par des individus armés de gourdins qui ont forcé l'entrée de la mairie de Bonon.

« Ils criaient tuez-le ! » a raconté le président de la JPDCI qui n'en sait pas plus, à part que c'est un message clair qui lui est adressé. Bertin Konan Kouadio n'est pas à son premier effroi. Il s'était déjà fait malmener par des individus non identifiés au cours d'une marche de prise de la télévision ivoirienne trop pro-Gbagbo selon le PDCI et ses alliés.

Mais KKB sait aussi se servir de la violence. C'est lui qui avait organisé la bastonnade de l'Ambassadeur Gnamien Yao qui s'était rendu au siège de Cocody pour répondre à une convocation de la direction. Le président de la jeunesse du PDCI avait notamment revendiqué son action et montré la nécessité d'obliger le diplomate à avoir plus de considération pour le président du PDCI, Henri Konan Bédié, à qui KKB veut désormais arracher l'organisation d'un congrès.

La violence fait partie l'environnement du président des jeunes du PDCI, soit parce qu'il l'instrumentalise, soit parce qu'il en est la victime. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire lui-même ne s'en était jamais autant repu que pendant ces dernières années, lorsqu'elle visait les étudiants qu'on prend grosso modo pour les gbagboïstes.  La maison du parti, situé à quelques encablures de la résidence présidentielle où vivait Laurent Gbagbo a même servi, pendant la crise postélectorale de pièce à déstabilisation. Le PDCI dont les dirigeants s'étaient repliés au Golfe hôtel y avait installé des rebelles armés pour attaquer la résidence universitaire située dans les environs avant, sans doute de mettre le cap sur la résidence de Gbagbo.

Lorsque la police, en désespoir de cause finit par les déloger, le PDCI se plaignit qu'on ait attaqué son siège. Mais depuis qu'Alassane Ouattara a pris le pouvoir en Côte d'Ivoire, les militants se sentent de plus en plus agressés. A commencer par ceux qui espéraient tirer quelques prébendes de la nomination d'un premier ministre PDCI. Cette désillusion faillit d'ailleurs emporter le RHDP dont la cohésion est toujours menacée de toutes parts par les promesses tous azimuts faites par Alassane Ouattara. Pour sa part, Henri Konan Bédié continue de rêver aux 230 postes  de nomination qu'il pourrait s'offrir pour mieux tenir en laisse des militants de plus en plus impatients et dont certains lui réclament sans circonlocutions aucunes un bilan lors d'un congrès du parti.

La réalité, elle, est plutôt autre chose. Le PDCI fait surtout face à une agressivité surprenante de son allié du RDR qui s'est permis de faire élire des députés, grâce à la fraude notamment, dans les circonscriptions qu'il voulait. Ainsi, la ville d'Abidjan a été entièrement raflée par la liste de la case, se permettant même le luxe d'y voler l'allié du PDCI qui est sur ses terres lorsque le FPI n'est pas de la partie. C'est justement pour ne plus servir d'échelle au RDR que le président de la jeunesse du PDCI attaque Bédié, falot depuis sa retentissante défaite au premier tour de la présidentielle et se contentant de têtes-à-têtes avec Alassane Ouattara qui lui a même grillé la politesse en ne respectant pas sa promesse de campagne.

Le parti d'Houphouet-Boigny recule sur le terrain parce que son président se complait dans les rodomontades anti-Gbagbo contre lequel il n'a jamais une haine de trop et dont il espère tirer des dividendes de la  déportation à la CPI, analysent ceux qui savent lire dans le marc de café à lui. La direction du PDCI a condamné ces violences contre Bertin Kouadio Konan et même le journal « Nouveau Réveil » qui a montré des aptitudes, ces derniers temps, à servir d'abord les intérêts de la ouattarandie avant ceux du PDCI dont il est proche a musclé sa Une pour dénoncer l'agression du président du PDCI.

Mais cette violence n'est-elle pas celle que le parti feignait de ne pas voir, ni dans l'escalade meurtrière contre les policiers ou militaires ivoiriens égorgés chez eux pendant la crise postélectorale ni pendant les attaques du commando dit "invisible"? N'est-ce pas la même, mis à part que les tueurs pour cette fois étaient de la force Licorne, qui a déferlé sur les patriotes aux mains nues devant l'hôtel Ivoire ?


Jeanne Tétiahonon, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 155 du lundi 27 février 2012.

mardi, 28 février 2012

COTE D'IVOIRE: LA SOCIETE DE MEFIANCE

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Après Gbagbo, qui ? L'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter donnée au procureur Louis Moreno-Ocampo par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) a dominé l'actualité de la semaine qui vient de s'écouler et a objectivement créé un vent de panique au sein d'une partie de la classe politique ivoirienne, et parmi les chefs de guerre qui ont fait rois les hommes qui nous gouvernent. Persuadés jusqu'à il y a peu que la CPI était un bagne réservé à Laurent Gbagbo et à ses «semblables», un certain nombre de personnalités et d'hommes de main du régime Ouattara ont progressivement commencé à s'inquiéter.

Le premier signal est venu des «fuites» orchestrées autour de la visite à Abidjan de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, dont certains médias ont assuré qu'elle a demandé le départ de Guillaume Soro de la Primature et sa comparution devant la CPI, au moins «à titre de témoin». Désormais, les «parties ivoiriennes» semblent résolues à admettre que «la grande faucheuse» de La Haye s'abattra sur tous les camps, même si l'on continue de supputer sur le niveau auquel ceux qui vont frapper frapperont, s'agissant des actuels hommes forts du pays.

Désormais, les haines inter-ivoiriennes se cristallisent sur les supputations autour des futurs compagnons de bagne du président Laurent Gbagbo. Les pro-Ouattara veulent penser que l'élargissement aggravera le cas de ses opposants, mais peuvent difficilement ignorer que la perspective de transfèrements crée l'inquiétude et aggrave les dissensions sourdes en leur sein. Les pro-Gbagbo ne sont pas persuadés que le fameux élargissement, encadré idéologiquement par une juridiction et un procureur dont le caractère partisan n'échappent plus à personne, arrange leurs affaires. Mais ils ont pleuré, et essuieront un peu leurs larmes si le mal qui les a frappés s'abat également sur les différents actionnaires de l'ex-rébellion. Les militants du PDCI, parti dont l'influence ne cesse de diminuer, espèrent en un «grand nettoyage» qui affaiblira à la fois les «drôles d'alliés» du RDR - Forces nouvelles et les ennemis jurés du FPI.

Au-delà des considérations politiques immédiates, il est important de noter que la problématique de la justice internationale appliquée à la Côte d'Ivoire vient renforcer la logique de la «société de méfiance» qui a cours depuis bientôt vingt ans. Tout le monde soupçonne tout le monde de vouloir l'envoyer à la CPI, de vouloir instrumentaliser la communauté internationale contre lui, de préparer un «coup» pour éviter l'inéluctabilité d'un transfèrement ou d'un «grand déballage» consécutif à un transfèrement. Dans ce contexte, l'idée selon laquelle «la lutte contre l'impunité» pourrait participer à réconcilier les Ivoiriens et à exorciser les démons de la guerre apparaît comme une dangereuse illusion. Une illusion de plus.

Une lourde bombe de non-dits fait tic-tac-tic-tac

Pourquoi donc ? Pourquoi les gouvernements de réconciliation, les forums de réconciliation, les commissions de réconciliation et désormais les juridictions internationales ne parviennent-elles pas à normaliser les relations politiques et sociales au pays des Eléphants depuis tant d'années ? Il semble clair qu'au-delà de tout, les Ivoiriens ne sauraient faire la paix des cœurs sans se réconcilier sur leur récit national commun. Quelles sont les causes profondes de la longue guerre à bas bruit qui ne cesse de recommencer ? Problèmes identitaires insolubles ? Mauvaise foi des politiques ? Volonté forcenée de parvenir au pouvoir en dépit des règles républicaines ? Difficulté à admettre la diversité des opinions politiques et à les faire cohabiter au sein des institutions ?

Quelle est la réalité du rôle des uns et des autres dans la guerre et la déstabilisation du pays ? Qui a fait quoi ? Pourquoi ? Y a-t-il quelque chose à regretter dans ce mode d'accession au pouvoir ? Si la réponse est négative, quel impératif moral pourrait-on opposer aujourd'hui à ceux qui, voyant la prime accordée hier à la rébellion, rêvent de rééditer l'exploit du duo RDR-FN ? L'absence de réponses sérieuses à ces questions rend toute réconciliation sincère impossible.

C'est notamment parce que l'histoire secrète de la rébellion est secrète que l'alliance Soro-Ouattara est tant malmenée par le spectre de la CPI. Si à l'étranger, l'on peut considérer le lâchage annoncé par Ouattara de son Premier ministre comme une sorte de «mise à égalité» des deux camps pouvant atténuer le sentiment d'injustice des pro-Gbagbo, l'on a conscience, en Côte d'Ivoire, que toute inculpation ou transfèrement de Soro ou d'un de ses principaux chefs de guerre aurait un goût amer de sacrifice destiné à garantir une fois de plus l'impunité et l'irresponsabilité de «l'âme invisible» de la rébellion, qui a vampirisé toute une génération et mené à la mort des milliers de jeunes sans prendre de risques. Pour satisfaire ses ambitions en gardant l'image du «technocrate policé» qui ne saurait être parasitée par un profil de chef de guerre à la Jonas Savimbi. Une lourde bombe de non-dits fait «tic-tac-tic-tac-tic-tac».

Et si l'on admettait une fois de plus que les interférences diplomatiques, les diktats, les interventions armées, les interprétations intéressées du récit national par ce qu'il est convenu d'appeler «la communauté internationale» contribuent plus à crisper le débat national qu'à l'ouvrir et à le dynamiser ? Le bouclier que la France accorde aujourd'hui de manière grossière à Alassane Ouattara renforce l'arrogance de son camp et le conforte dans son refus de tout compromis à même de rassembler les fils de la Côte d'Ivoire autour d'une espérance démocratique saine. Posons la question qui fâche : la «société de méfiance» à l'ivoirienne n'est-elle pas une aubaine pour l'ONUCI désormais installée dans le pays de manière structurelle et pour l'ancienne puissance coloniale et les autres nations occidentales, qui tirent profit de manière générale de «l'ingouvernabilité» africaine pour mettre en œuvre leurs stratégies impériales ?

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 19 février 2012

KKB: «ADO AURAIT PU SE METTRE AU-DESSUS DU TRIBALISME»


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Le président de la jeunesse du Pdci-RDA, Kouadio Konan Bertin dit KKB a animé, hier jeudi 16 février, une conférence de presse à la maison du Pdci à Cocody. Il s'est prononcé sur l'actualité sociopolitique mais a surtout réagi aux attaques dont il est l'objet au sein de son parti. KKB, pur produit du Pdci et allié du Rdr n'est pas d'accord avec la manière de gérer le pays d'Alassane Ouattara. «Si j'avais la possibilité d'être un conseiller du président ou même la chance de le croiser, je le lui aurais dit. Le mal de la Côte d'Ivoire est profond. Lui qui a vécu aux Etats Unis et qui a même eu la chance d'épouser une Européenne aurait pu se mettre au dessus du tribalisme et sauver la Côte d'Ivoire». Selon KKB, l'heure n'est pas aux règlements de compte comme croit si bien le faire le régime Ouattara qui fait de la traque aux pro-Gbagbo la priorité de son programme de gouvernement. Aux dires du président de la Jpdci, il est nécessaire de faire la réconciliation dans notre pays mais celle-ci impose «des sacrifices de la part du régime en place». Par ailleurs, il estime que pour que cette réconciliation soit effective, un rapprochement entre Ivoiriens du Fpi et ceux du Rhdp s'impose. Auquel cas, cette réconciliation ne sera qu'un leurre.

Après ce constat, il a abordé l'actualité au sein de son parti où il affirme qu'on «veut sa peau» en l'opposant à son leader, le président Henri Konan Bédié. Sur la question, KKB a nommément cité Denis Kah Zion, fondateurs du quotidien «Le Nouveau Réveil» par ailleurs membre du secrétariat du Pdci, de lui en vouloir. «Kah Zion sait dans quel rôle il se trouve en ce moment. Il tente par tous les moyens de m'opposer au président Bédié. Il a fait de nombreuses victimes au sein du parti mais moi je reste sa dernière cible parce qu'il ne parviendra pas à ses fins. Moi, ma chair est amère», a-t-il assené. Puis il poursuit pour crier son indignation car il estime «qu'être propriétaire d'un journal ne signifie pas qu'il faut chercher à mettre les bâtons dans les roues des autres. Je suis victime d'une cabale». C'est un KKB très en colère qui a tenu à rappeler à Denis Kah Zion le combat qu'il a mené, selon lui, pour que son quotidien qui était persona grata dans certaines localités du pays puisse être vendu. «Kah Zion est un grand frère mais je ne sais pas ce qui l'anime. Mais dans cette bataille qu'il a ouverte, chacun de nous va se défendre. Lui est propriétaire d'un journal mais qu'il sache que la Jpdci va se défendre à sa façon avec les armes dont elle dispose. Il n'a d'ailleurs pas intérêt à continuer», a menacé KKB.

Après quoi, il a rappelé qu'il vouait un respect au président Bédié dont le parcours l'a toujours inspiré. Et que par conséquent, il ne serait jamais dans une logique de défiance envers celui pour qui il s'est toujours battu. «Mon combat pour Bédié ne date pas d'aujourd'hui. Depuis 1993 que je suis président de la jeunesse, j'ai toujours soutenu le président Bédié. Je ne suis pas de ceux qui soutiennent Bédié lorsqu'il pose de bons actes. En réclamant un congrès ou encore en demandant de faire le bilan du parti après tous les échecs qu'on a enregistrés après la présidentielle et les législatives, où est la défiance ?» s'est-il interrogé.

Dans la foulée il a annoncé pour le 17 mars prochain la rentrée politique de la Jpdci. A cet événement, KKB a indiqué que ce sera le rendez-vous du débat et que les personnes allergiques au débat en «auront pour leur compte». Ce sera selon KKB le lieu pour faire le bilan de la situation sociopolitique mais aussi des échecs enregistrés par le parti lors des dernières élections.

 

Hermann Djea


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 18 février 2012

EN MISSION EN EUROPE, MIAKA OURETO NE SE RECONNAIT PAS DANS LES PROPOS RAPPORTES PAR LA PRESSE



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Sylvain Miaka Ouretto en mission en Europe ne reconnaît pas avoir tenu les propos qui ont été rapportés par la presse nationale hier. Des propos d'une gravité extrême qui ont suscité une forte émotion parmi les militants du Fpi particulièrement en France où se trouve en ce moment le président par intérim du Fpi, Sylvain Miaka Ouretto. «J'ai une rencontre avec les Ivoiriens ce soir, je vais faire une mise au point », a-t-il affirmé hier, dans l'après-midi, au téléphone. «On voit les ennemis qui cherchent à distraire le peuple», a ajouté M. Miaka.

Selon le quotidien L'Intelligent d'Abidjan, dans sa parution d'hier, Sylvain Miaka aurait déclaré que le Président Gbagbo n'a pas nommé l'ex-ministre Koné Katinan comme porte-parole. Miaka aurait également mis en cause la gestion des finances du Fpi qui se retrouverait aujourd'hui sans un sou après la crise post-électorale. Certains y ont vu des règlements de comptes du président intérimaire du Fpi.

Mais, selon les informations, dès la parution du journal, Sylvain Miaka aurait joint au téléphone Koné Katinan Justin pour lui expliquer qu'il n'avait pas tenu de tels propos.


Memel Lafoi


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 09 février 2012

POLEMIQUES SUR LES PROPOS DE FOLOGO SUR ONUCI-FM


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ERIC KAHE, PRESIDENT DE L'AIRD ET PORTE-PAROLE EN EXIL DU CNRD: «NOUS SOMMES AFFAIBLIS MAIS PAS FAIBLES»

 

‟ Il est de bonne guerre que la presse soit tentée de s'intéresser en priorité au train qui arrive en retard qu'à ceux qui sont à l'heure. Gardons-nous donc de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Pour les organisations politiques membres du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD), leurs militants, cadres et leaders, la dynamique unitaire est une priorité. A tel point que certains dérapages ont pu passer sous silence autour de la période des élections législatives.

Le président FOLOGO n'a jamais fait mystère du rôle primordial du FPI aussi bien au sein du CNRD qu'au plan national, en indiquant publiquement, au sortir l'AG du CNRD et de ses dernières réunions, que le FPI demeure l'épine dorsale du CNRD, autour de laquelle nous devons travailler. Il a aussi instruit tous les cadres et partis membres du CNRD de ne jamais oublier le président Laurent Gbagbo. Je comprends que, les débats étant internes, beaucoup aient aussi l'excuse d'ignorer que le président FOLOGO a pesé de tout son poids pour que le FPI occupe le Secrétariat Général du CNRD, retardant même la mise en place du nouvel organigramme, alors que d'autres pistes étaient envisagées.

Et c'est sans doute le poids incontestable du FPI qui a fait dire au président FOLOGO que le FPI est "affaibli", parlant en réalité de l'ensemble du CNRD que lui-même préside, d'autant plus qu'il précise que «ceux qui ont accompagné le combat de Laurent Gbagbo sont affaiblis».

Peut-on d'ailleurs, nous CNRD, faire de notre affaiblissement circonstanciel un complexe? Quelle organisation politique ne serait pas affaiblie après ce que nous avons connu et qui appelait à notre disparition: leader charismatique injustement détenu à la CPI, président du parti épine dorsale (FPI) en prison, importants dirigeants en détention au Nord du pays, centaines de cadres en exil dont certains sous sanctions occidentales avec gel de leurs avoirs, jeunesse disloquée avec de nombreux disparus, centaines de milliers de militants et électeurs déplacés internes ou en exil, victimes de pillages systématiques, etc? Là où des Ivoiriens ont même failli perdre la foi, notre existence et notre mobilisation relèvent d'une prouesse à saluer.

Nous sommes certes "affaiblis" mais pas devenus faibles et sans capitulation politique face à notre idéal démocratique, pour l'amour de notre pays. Une équipe de football réduite à 10 ou 9 joueurs, ne quitte pas le stade mais procède à une réorganisation et à un coaching, pour limiter les dégâts et gagner le match. Ses supporters sont plus motivés et ses joueurs plus solidaires. C'est ce coaching que le président FOLOGO accepte et nous lui en sommes gré, tandis que nous devons être solidaires. Nous ne le jugerons qu'aux résultats sans l'obliger à exposer sa tactique qui pourrait comporter une saine et confiante répartition des rôles, dans une compréhension exclusivement démocratique et pacifique de cette répartition. Il nous paraît risqué de se focaliser sur une expression sortie d'un entretien radiophonique pour oublier d'autres analyses dans la presse écrite. Faisons aussi attention à faire le distinguo entre des considérations générales exposées par lui et des accusations ou des jugements contre le FPI. Ce sont de grands principes que j'ai cru lire dans les interventions du président FOLOGO qui n'a guère renoncé au CNRD là où certains nous ont lâchés. N'accompagnons pas ceux que le réveil du CNRD inquiète dans leur dessein de nous affaiblir par des oppositions factices.

Enfin, face à une main tendue soupçonnée par certains de n'être que communicationnelle, la démarche du président FOLOGO pourrait situer la communauté nationale et internationale et jauger de la constante bonne foi du CNRD.


Eric KAHE,


Président de l'AIRD
(Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie)

jeudi, 02 février 2012

NON A UNE POLITIQUE IMPERIALISTE MORTIFERE!


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RETRAIT DE LA FORCE LICORNE DE COTE D'IVOIRE! ARRET DES FINANCEMENTS MILITAIRES ILLEGITIMES!

 

Fondation Frantz Fanon, Plate-forme Panafricaine

 

Les associations soussignées s'indignent de la signature d'un nouvel accord de coopération militaire, entre la France et la Côte d'Ivoire, à l'occasion de la venue d'Alassane Ouattara à Paris. Cela alors que l'université ivoirienne est fermée pour un an, cette mesure arbitraire mettant en jeu l'avenir de toute une promotion et qu'une manifestation légale à l'initiative du FPI, parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, a été récemment réprimée dans le sang. La répression des manifestants ivoiriens et panafricains à Paris à l'occasion de cette visite est également inadmissible. Est-ce là la politique démocratique et de réconciliation nationale revendiquée par les dirigeants à Paris et à Abidjan ?

Nous soutenons les demandes de création d'une commission d'enquête parlementaire qui fasse le bilan des responsabilités  de la force Licorne dans la guerre civile qui a endeuillé la Côte d'Ivoire depuis 2002 et demande son retrait du pays. Soutenons également la collecte d'informations menée par Survie à destination de la CPI pour que toute la lumière soit faite et les sanctions prises concernant le drame de 2004, dans lequel l'armée française serait impliquée. 

Dans le cadre de la campagne présidentielle, il s'avère indispensable que les relations franco-ivoiriennes et au-delà entre pays d'Afrique francophone et France soient l'objet d'un débat. En effet, cette politique criminelle participe d'une offensive impérialiste généralisée, menée à l'encontre des souverainetés des pays du Sud, cela par la violation du droit international et pour le compte du lobby militaro-industriel  et des  grandes entreprises franco-occidentales. Dans le cadre de l'audit sur la dette publique, la part des budgets militaires illégitimes doit être établie pour l'assainissement des finances, tant en France que dans les pays du Sud. Inverser cette tendance mortifère passe aussi par la mise en place de démarches authentiques de coopération entre les sociétés civiles et entre les peuples, pour la restauration à terme de la paix civile et de relations internationales plus équitables.


Fondation Frantz Fanon, Plate-forme Panafricaine.



CPI / Côte d'Ivoire : pour un examen de l'action de l'opération française Licorne (communiqué de Survie, 24 janvier 2012)
http://survie.org/francafrique/cote-d-ivoire/article/cpi-cote-d-ivoire-pour-un-examen

Enseignement supérieur en Côte d'Ivoire : pas d'université fermée ! (communiqué du SNESUP, 25 janvier 2012)
http://www.snesup.fr/Le-Snesup/L-actualite-du-SUP?cid=1250