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mercredi, 25 janvier 2012

LEANDRE SAHIRI: DICTATURE OU TYRANNIE ? ACTUALISER NOTRE LEXIQUE ET ADAPTER NOTRE LANGAGE



ALASSANE OUATTARA 20.jpg


Actualiser notre lexique et adapter notre langage

M. Michel Amani Nguessan, le secrétaire national du FPI, chargé de la sécurité, président du comité d'organisation du meeting du samedi 21 janvier 2012, à la place Ficgayo de Yopougon, a, dans sa conférence de presse du dimanche 22 janvier 2012, au siège du CNRD à Cocody, dénoncé l'attaque contre les militants du FPI. A cette occasion, il a déclaré : « Les parrains de M. Ouattara l'accompagnent dans une dictature. Il faut mettre fin à cela sinon il sera tard » (in L'Inter du 23/01/2012).

Pour ma part, j'estime que, eu égard à la situation qui prévaut actuellement dans notre pays, situation que nous sommes des millions et des millions à subir et à souffrir, il nous faut actualiser notre lexique et adapter notre langage, d'appeler chat un chat. Ainsi, en lieu et place du terme « dictature », parlons dorénavant de : TYRANNIE. Alassane Ouattara est un TYRAN. N'en déplaise à ses « suiveurs », griots et sbires.

Le terme tyrannie vient du grec ancien : τύραννος / týrannos = tyran qui veut dire littéralement : le maître ou le dominateur qui a usurpé (s'est attribué indûment, par la violence) le pouvoir et qui en abuse, avec un entourage plus ou moins restreint qui lui est entièrement dévoué.

Ainsi donc, on appelle tyran tout homme qui, dans une cité ou dans un pays, use de toutes sortes de stratégies ou de stratagèmes, y compris illégalement, pour s'emparer du pouvoir et le conserver par la force, au mépris de la Constitution et des lois. C'est un gouvernant qui, comme dit Voltaire, « ne connaît de lois que son caprice ».

Généralement, dès lors qu'il arrive au pouvoir, le tyran écarte ou élimine les opposants, les élites et les représentants des classes sociales ou des ethnies prétendues hostiles ..., soit en les privant de leurs emplois et de leurs avoirs, soit en s'en débarrassant : ce peut être par l'exil (spontané ou provoqué, volontaire ou involontaire), par la mise en résidence surveillée ou en prison, par la mise à mort (refus de prise en charge médicale, gel des avoirs,  assassinats, attaques diverses...).

Habituellement, les tyrans gouvernent de manière absolue et s'appuient toujours sur une garde personnelle relativement renforcée et instamment renouvelée. Mais, tenez-vous bien ! Cela ne rend pas les tyrans immortels. A preuve, un grand nombre d'entre eux n'ont pas duré au pouvoir et ont péri de mort violente. Si bien que, comme dit Thalès de Millet, « Rien n'est plus rare qu'un tyran qui vieillit ». Pour la petite anecdote, François Villon raconte, dans l'un de ses contes, que la chèvre tant gratta le sol qu'elle déterra un jour un couteau avec lequel on l'égorgea. Dans le même sens, un proverbe portugais dit : « C'est le trop de cire qui met le feu à l'église ».

Selon Aristote, les tyrans ont 5 caractéristiques essentielles :

1°) Le tyran cherche son propre profit et non celui des populations ; ce profit peut être, soit la matérialisation d'une vengeance quelconque en rapport avec quelques frustrations ou humiliations subies, soit la réalisation d'un rêve d'enfance ou d'une ambition personnelle. C'est dans ce sens que l'on peut dire que la plupart des tyrans sont des paranoïaques, c'est-à-dire, selon le psychologue Kraepelin, « des individus qui se signalent par leur orgueil démesuré, leur pensée paralogique, leur déficience mentale et intellectuelle... », (Rien à voir avec les diplômes).

2°) Le tyran use de la « soumission librement consentie »  ou de la « servitude volontaire »  (La Boétie) qui consiste à manipuler les gens, en s'appuyant sur leur consentement ou assentiment ou acceptation, pour les contraindre à faire des choses dont ils n'ont ni l'envie, ni le besoin : on donne aux individus concernés l'impression qu'ils sont les auteurs de certaines décisions ; on conduit les gens à prendre plus rapidement et plus facilement une décision qui peut ou non leur être bénéfique, mais qui est surtout favorable à celui qui use de cette méthode. La soumission est indispensable au tyran, autrement dit, s'il n'y avait pas de soumission, il n'y aurait pas de tyrannie : « Pour pouvoir parler de tyrannie, il faut que quelqu'un désire dominer et... qu'un autre accepte de servir ! » (La Boétie).

3°) Pour le tyran, seules comptent ses passions et ses ambitions, très souvent démesurées et déraisonnées... Peu lui importe de conduire les populations en vil troupeau de bétail ou en moutons de panurge.

4°) Le tyran utilise la violence pour pouvoir se conserver ou se perpétuer au pouvoir et gouverne au détriment et contre la volonté des populations, selon ses caprices.

5°) Le tyran viole les lois, la justice, les droits et les libertés des individus : « Où finissent les lois, la tyrannie commence».  
Au total, les tyrans demeurent, des usurpateurs de la puissance souveraine. Leur pouvoir, finit toujours par être insupportable, à force d'être quasiment illimité, à force d'être exercé arbitrairement, sans contrôle, sans limite, avec injustice et sans aucun respect pour les lois (humaines et divines), très souvent de manière absolue et oppressive...

Au regard des définitions et des caractéristiques ci-dessus, soyons tous et toutes d'avis avec M. Michel Amani Nguessan que, dans l'état actuel des choses, et pour notre salut, « il faut mettre fin à cela... ». Force nous est de combattre le gouvernement tyrannique actuel, de mettre fin à la perversité, aux oppressions, aux violences, aux crimes et à toutes autres formes d'exactions.


Léandre Sahiri,
Professeur, écrivain, Directeur de publication du journal Le Filament. (www.lefilament.info).

mardi, 24 janvier 2012

UNE INTERPELLATION POIGNANTE, UN APPEL A LA RETENUE ET A LA REFLEXION, A L'ADRESSE DES MILITANTS ET PARTISANS DU RHDP



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Lu sur Abidjan.net (publié par Jean Kouadio, sur sa page Facebook).


Michaël Bah - Meilleur commentateur


Quand je lis les commentaires des militants ou sympathisants RDR et PDCI, je ne suis pas étonné de la forme de votre prise de position mais je suis par contre surpris, effrayé et dégoûté du fond de vos pensées; il est aisé de comprendre que vous adopterez toujours la position de ceux qui croient accomplir une vengeance que les autres « auraient » mérité. Avec tout ce que vous dites, on pourrait penser que ce qui s'est passé, hier (samedi 21 janvier 2012) à Yopougon, est normal et se répétera chaque fois que le FPI organisera un meeting.

Certains parmi vous ont un niveau académique suffisamment bon pour éviter des commentaires qui mettront encore plus d'huile sur le feu, mais puisque vous êtes RDR et PDCI, vous vous bornez à ne pas voir les menaces qu'un tel comportement fait peser sur les citoyens et résidents de ce pays. Il y en a parmi vous qui écrivent: « C'est montage », d'autres disent : « On vous a loupé », d'autres écrivent: « Un meeting où on lance des provocations, des injures en sachant bien que le quartier Wassakara n'est pas bien loin, où l'on sait bien que la majorité des personnes là-bas sont RHDP », certaines femmes disent : « Ils vous ont raté »; un autre, content de sa nouvelle force de Dieu-géant-surhumain-invincible, dit fièrement : « C'est du civil contre civil, nous on ne vous ratera pas », ou encore « Ce sont des rats ».

Apparemment, c'est toujours vous qu'on provoque, c'est toujours vous qui êtes frustrés, c'est toujours vous qui cherchez la paix, c'est toujours vous qui êtes victimes de la xénophobie, c'est toujours vous que les autres jalousent... Aujourd'hui, quelques ivoiriens mais aussi des burkinabés (surtout), des maliens, des sénégalais, des guinéens, prennent des armes et agressent impunément des ivoiriens. Tout ce que je vous souhaite donc est que ce pouvoir dure, dure, dure, dure et dure; qu'Alassane Ouatttara ne perde jamais son poste, que les FRCI demeurent toujours un rassemblement de familles nordistes, que l'ONUCI soit toujours à vos petits soins, que la Licorne protège éternellement votre mentor, que votre sadisme soit indéfiniment masqué par les médias internationaux et qu'une rébellion 100% Ivoirienne ne survienne pas. Priez votre Dieu (apparemment, on n'a pas le même Dieu car vous dites aussi que c'est vous les croyants, et les autres sont les infidèles) pour que la situation ne s'inverse pas car, à ce moment, j'espère que vous aurez suffisamment de courage pour faire face à ceux qui se dresseront contre vous. Hier, vous vous plaigniez, souvent à tort souvent à raison, d'une certaine répression (souvent à tort souvent à raison) que vous subissiez de la part des militaires ivoiriens (et pas des civils). Aujourd'hui vous vous sentez tout-puissants et vous n'avez même pas un mot d'indignation pour ces actes d'insurrection commis par des « civils armés » envers d'autres civils.

VOUS PENSEZ QUE SI LES IVOIRIENS MILITANTS ET SYMPATHISANTS LMP DECIDENT DE PRENDRE DES ARMES ET DE REPONDRE VIOLEMMENT A VOS ACTES, VOUS POURREZ CONTINUER DE VIVRE EN COTE D'IVOIRE? VOUS QUI VIVEZ A ABIDJAN, POUVEZ-VOUS TENIR SI ABIDJAN (MAJORITAIREMENT PRO-GBAGBO) VEUT VOUS FAIRE LA PEAU?

Vous oubliez que vous n'êtes pas les plus nombreux, vous n'êtes pas les plus musclés, vous n'êtes pas les plus vaillants, vous vivez dans un pays où il y a 61 ethnies et vous n'êtes issus que de l'une d'entre elles (car majoritairement Dioula pour les nationaux) et ressortissants de la CEDEAO.

Si les militants LMP s'arment aussi de machettes et de gourdins pour aller à des meetings et que vous les attaquez, vous imaginez bien le résultat ! Continuez comme ça, faites grandir cette colère de jour en jour, continuez à magnifier la haine, ça vous va si bien, continuez ainsi; c'est bien. Sachez juste que ne pas vouloir se battre ne signifie pas qu'on est pas fort, fuir ne signifie pas qu'on a peur, pleurer ne signifie pas qu'on est faible.

Continuez à poussez les Ivoiriens à la violence (vous le faites bien d'ailleurs, vous êtes sur la bonne voie), vous serez des victimes d'un système que vous aurez vous-mêmes créé, vous connaîtrez le mot EFFROI !


Michaël Bah, sur Abidjan.net.

mardi, 10 janvier 2012

LA CPI VERS UN CONSTAT: GBAGBO N'EST PAS UN CHEF DE GUERRE

 

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Laurent Gbagbo n’est pas un chef de guerre qui se serait enrichi de façon immense et illégale ; c’est ce qu’on peut retenir de la décision de la Cpi de le déclarer «indigent» et de payer ses avocats. Paradoxe des paradoxes. Qui traduit la vérité des vérités. Alors que le pouvoir Ouattara, pour se débarrasser d’un adversaire de poigne, Laurent Gbagbo, l’accuse de crimes économiques et ses partisans du Rhdp, d’avoir pillé son pays pendant dix ans, la Cour pénale internationale (Cpi) vient d’apporter une sorte de démenti planétaire. En reconnaissant, après cinq semaines d’enquête à travers le monde, l’ancien Président ivoirien, renversé le 11 avril 2011, comme «indigent», au point de s`engager à prendre à sa charge ses frais judiciaires, la Cpi inflige un désaveu au couple Sarkozy-Ouattara.

La décision rendue par le greffier Esteban Peralta Losilla le 28 décembre 2011 est claire : Gbagbo ne «dispose pas de ressources suffisantes pour prendre en charge tout ou partie des coûts de sa représentation légale devant la cour». Il s’agit de «la rémunération d`un avocat, d`un assistant juridique et d`un gestionnaire de dossier ainsi que le remboursement des frais engagés par la défense de Laurent Gbagbo à hauteur de 76.000 euros». Laurent Gbagbo, intègre, rigoureux avec lui-même, a toujours clamé qu’il n’a ni comptes bancaires dans les paradis fiscaux ou ailleurs, ni biens immobiliers à l’étranger. La Cpi en qui Ouattara et son clan ont placé leur entière confiance pour corriger cet adversaire, vient de confirmer qu’elle n’a effectivement rien découvert qui appartienne à Gbagbo.

Et cette réalité devrait faire dire ou écrire ses détracteurs et leurs porte-voix «Or, Gbagbo n’avait donc rien volé !» au lieu de se demander «où il a caché ses milliards». Gbagbo n’est pas un chef de guerre. Qui se serait enrichi illégalement comme Guillaume Soro qui, pendant dix ans, exploite au moyen son ex-rébellion, les ressources de la moitié Nord de la Côte d’Ivoire sans avoir à rendre compte. Gbagbo n’a pas d’argent. C’est la Cpi qui le dit. Il n’en a pas au point de se trouver incapable de payer les frais de ses avocats. C’est la Cpi qui fait le constat. En prenant le pouvoir en 2000, le Président Laurent Gbagbo a voulu établir une République moderne, avec les réflexions de la bonne gouvernance. C’est ce que ne veulent pas les acteurs et les parrains de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (pêcheurs en eau trouble) qui, en 2002, après seulement deux ans de gouvernance de la Refondation, a rendu le pays ingouvernable.

De janvier 2003 au 28 novembre 2011, les gouvernements sous lui étaient dominés par ses adversaires, les membres de l’ex-rébellion et ses alliés du G7(coalition d’ex-rebelles opposée à la République depuis la table ronde de Linas-Marcoucis) et plus tard, Rhdp. Qui pillaient avec frénésie leurs départements, parce que bénéficiant d’un parapluie atomique : l’Accord de Linas-Marcourcis. Cet Accord imposé par la France chiraquienne, était un permis de pillage systématique de l’économie ivoirienne par ces ministres, sans être inquiétés. Le Président de la République n’avait pas la latitude de démettre définitivement un membre du gouvernement coupable de fait répréhensible.

Mais malgré ce laisser-aller autorisé par la communauté internationale, Laurent Gbagbo est demeuré dans sa ligne d’intégrité. Il n’a pas multiplié comptes bancaires et réalisations dans les pays de la sous-région ou en Occident. La preuve supplémentaire de cette orthodoxie vient d’être apportée par la Cour pénale internationale. Contrairement à ses adversaires, chefs de guerre, Laurent Gbagbo n’a pas accumulé de richesses illégales. Il est même «indigent». Un bon début de démontage méthodique des chefs d’accusation bidon qui le frappent. Car un homme qui propose un recomptage des voix là où d’autres exigent et obtiennent la guerre, les bombardements pour régler un conflit postélectoral, ne peut être un chef de guerre.


Germain Séhoué


Source: LE TEMPS

samedi, 17 décembre 2011

CPI: LES MANOEUVRES CONTRE LA DEFENSE DE GBAGBO ONT COMMENCE


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Ocampo, très en verve tant qu'il s'agissait de déverser des généralités accusatrices sur le président Gbagbo, traîne des pieds pour transmettre les prétendues preuves dont il dispose à ses avocats, qui ne disposent pour l'instant pas des moyens généralement donnés par la CPI pour permettre aux accusés d'organiser leur défense.

La prévisible danse de sorciers autour de la procédure opposant, devant la Cour pénale internationale (CPI), le président Laurent Gbagbo à l'accusation représentée par Louis Moreno-Ocampo, a déjà commencé. L'avocat du plus célèbre prisonnier de La Haye a levé, hier, un coin du voile sur ces manoeuvres, lors d'une audience de «mise en état». En filigrane, l'on comprend que des obstacles logistiques mais surtout juridiques et judiciaires sont posés sur le chemin de la défense du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI). «Nous n'avons pas encore pu commencer nos enquêtes en raison de l'absence d'aide judiciaire», a expliqué Maître Altit. «En ce moment, nous n'avons pas de bureau, pas d'ordinateur, pas accès au système informatique de la Cour, pas de moyens», a-t-il précisé.

Le porte-parole de la CPI, Fadi el-Abdallah, questionné par l'AFP, a affirmé que le greffe n'avait pas encore rendu de décision «quant à l'éventuelle indigence de M. Gbagbo». Très clairement, le greffe de la CPI se demande encore si un homme dont les biens, réels et supposés, ont été officiellement gelés en Côte d'Ivoire et à l'étranger, et dont les soutiens ont été persécutés et pourchassés à la fois par le régime Ouattara et par l'Union européenne, a les moyens financiers de se battre contre une machine politico- judiciaire constituée par la CPI ellemême, le régime Ouattara, et des grandes puissances comme la France et les Etats-Unis.

Au-delà de la question financière, qui peut être réglée par la mobilisation des patriotes ivoiriens et africains, qui attendent le top départ officiel pour mettre la main à la poche, ces lenteurs orchestrées et ces tracasseries administratives - il est en effet élémentaire que les avocats de Gbagbo aient accès au système informatique de la CPI, par exemple - témoignent une fois de plus d'une volonté de prendre de court l'adversaire, de l'empêcher de s'organiser à temps.

Les prétendues preuves d'Ocampo invisibles

Plus fondamentalement, Louis Moreno Ocampo traîne les pieds pour remettre à la défense du président Gbagbo des pièces clés, qui devraient notamment édifier tout le monde sur la solidité du dossier qu'il a ficelé pour obtenir le transfèrement du «prisonnier de la communauté internationale» à La Haye. «Nous n'avons pas reçu la requête du procureur aux fins de la délivrance de mandat d'arrêt. Nous n'avons pas reçu non plus les éléments de preuve qui appuient cette demande», explique Maître Altit. Qui ajoute quelque chose de fondamental : «ces éléments nous permettront de contester la légalité de la détention du président Gbagbo». Et appelle l'accusation à communiquer «au plus vite» à la défense les éléments de preuve dont elle dispose.

Dans une interview exclusive publiée par Le Nouveau Courrier du 6 décembre dernier, Maître Altit annonçait les couleurs. «Le procureur a obligation légale de nous transmettre tous les éléments en sa possession le plus vite possible». Le bureau d'Ocampo, pour faire diversion, affirme avoir déjà communiqué 36 documents au président Gbagbo. Des documents de toute évidence secondaires, et qui excluent la fameuse requête aux fins de la délivrance de mandat d'arrêt, visiblement goupillée à la hâte. Cette bataille judiciaire est d'une importance capitale. En effet, il est plus que vraisemblable qu'Ocampo et ses alliés français et américains, pour satisfaire à l'agenda de Ouattara, ont goupillé à la hâte un dossier quasiment vide contre le président Gbagbo.

Un dossier qu'ils comptent «remplir» au fur et à mesure d'ici le 18 juin prochain. Il faut donc perdre du temps pour empêcher la défense de tailler en pièces les éléments fragiles - voire fabriqués - présentés à la juge Silvia Fernandez de Gurmendi. Cette méthode de la prise par surprise a été, rappelons-le, utilisée pour empêcher les avocats de Gbagbo de contester, alors qu'il se trouvait encore à Korhogo, son transfèrement express maquillé sous de fausses procédures ivoiriennes.

Aujourd'hui, une audience à huis clos, durant laquelle la défense et le greffe discuteront des modalités de l'organisation de la défense du président Gbagbo, aura lieu. A la suite d'un ordre de la juge Fernandez de Gurmendi. Plus que jamais, la vigilance est de mise.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 392 du jeudi 15 décembre 2011.

mardi, 13 décembre 2011

LE FPI ANNONCE ENVIRON 14,33% DE TAUX DE PARTICIPATION - LAURENT AKOUN (SG): «NOUS ALLONS CONTESTER TOUS LES CHIFFRES»

 

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Le Front populaire ivoirien (FPI) a dit sa part de vérité hier lundi 12 décembre 2011, lors d'une conférence de presse au siège du Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD), sur la polémique autour du taux de participation des électeurs aux législatives. Le secrétaire général par intérim du FPI, Laurent Akoun, a annoncé un taux de participation de 14,33 %. « Lorsqu'un nouveau président est oint par le peuple, les législatives le confirment par un fort taux de participation. Les élections qui viennent de se tenir ne sont donc pas banales. C'est le second clignotant significatif d'une Côte d'Ivoire réconciliée avec elle-même. Le taux de participation et la légitimité du président de la République étaient en jeu », a-t-il expliqué, qualifiant ce scrutin « d'escroquerie politique ». Pour lui, ce « très faible taux de participation » indique que les Ivoiriens ont « respecté avec rigueur » le mot d'ordre de l'opposition.

M. Akoun a donné des chiffres relatifs aux élections présidentielles, législatives et départementales de 2000 à 2011. A l'entendre, en 2000, la présidentielle avait enregistré 37,4 %, les législatives 33,1 %. En 2002, pour les départementales, l'on avait 28,01 %. Mais en 2010, le taux pour la présidentielle était de 81,1 % et 14,33 % pour les législatives. « Ce qu'ils veulent refuser, c'est ce que le peuple de Côte d'Ivoire leur dit : ce parlement est illégitime. Il faut reprendre les élections. On tarde à donner les résultats parce qu'on veut nommer des députés », a-t-il martelé. Avant de demander entre autres, la libération de tous les cadres de LMP en prison, l'abandon de toutes les procédures judiciaires engagées contre les partisans de Laurent Gbagbo. Selon lui, les mécontents dans les rangs d'Alassane Ouattara se sont exprimés en boycottant le scrutin ; enfin, que le peuple ivoirien « rejette sa gouvernance ». M. Akoun a affirmé que le FPI attend que le pouvoir reprenne langue avec lui parce que selon lui, « le dialogue, on l'a volontairement interrompu pour les interpeller. Ils ont poussé le bouchon un peu trop loin », a-t-il assené.


Hervé Kpodion


Source: L'INTER

lundi, 12 décembre 2011

LEGISLATIVES 2011: LE PDCI CRIE DEJA A LA FRAUDE!


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En dépit du faible taux de participation des électeurs au scrutin du 11 décembre, le Rassemblement des républicains (RDR) caracole en tête avec le plus grand nombre de députés selon les premiers résultats provisoires. Son allié, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), crie déjà à la fraude.

Le Rassemblement des républicains (RDR) est en passe de diriger l'hémicycle avec le nombre de sièges de députés remportés à l'issue du scrutin du 11 décembre. Tout le monde savait que la partie devait se jouer entre cette formation politique et le PDCI. Pour l'heure, le parti de Ouattara est loin devant celui de Henri Konan Bédié, deux alliés au sein du RHDP.

En attendant la proclamation définitive des résultats par la CEI, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire, crie à la fraude et accuse par ailleurs le RDR d'être responsable de nombreuses irrégularités dans certains bureaux de votes. «Nous nous sommes faits avoir par le RDR. A Abobo, malgré l'alliance qui nous lie, ce parti n'a pas hésité à faire des bourrages d'urnes dans certains quartiers. C'est le cas à Sagbé (derrière rails) où des bureaux de vote ont fermé à 20 heures au lieu de 17 heures 30, comme annoncé par la CEI», a déclaré un militant du PDCI rencontré ce dimanche tard dans la nuit à la CEI. D'autres informations en notre possession font état de ce que le RDR n'a pas fraudé seulement à Abobo.

Les militants du PDCI contestent également les résultats provisoires de Koumassi, Port-Bouet, Treichville, etc. qui donnent l'avantage au RDR. Des cas de fraudes et de bourrages d'urnes ont été décelés à l'intérieur du pays par les militants du PDCI qui ont joint koaci par téléphone ce lundi matin. «Les résultats sont truqués. Le RDR nous a roulé dans la farine. Il y a eu des fraudes massives dans certains quartiers de la ville de Bouaké, notamment à Sokoura, à Belleville et à Odiénékourani. Nous ne savons pas pourquoi, les responsables du PDCI peuvent continuer de collaborer avec un tel parti qui ne respecte pas ces engagements, » a indiqué un militant PDCI très en colère, avouant que des fraudes massives ont été enregistrées dans la plupart des bureaux de votes de la partie septentrionale de la Côte d'Ivoire, selon les informations qui lui parviennent de cette partie du pays.

En dépit de la défaite assurée du PDCI, ce parti a fait une percée notable dans le pays Attié, certainement à cause de la non participation du Front populaire ivoirien (FPI) aux législatives. Une percée qui s'est concrétisée dans des bureaux de votes quasiment vides selon nos investigations. Il convient de souligner, par ailleurs, que la nuit électorale organisée par la CEI a été un véritable échec.

La presse dans son entièreté a boycotté cette rencontre qui finalement n'a rien apporté à la poignée de journalistes qui fait le déplacement du siège de cette institution sis aux Deux-plateaux, notamment les agents de la RTI.



Wassimagnon, KOACI.COM ABIDJAN.

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

mardi, 06 décembre 2011

LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: DON MELLO MET A NU LA MASCARADE DE OUATTARA


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Le 11 décembre 2011, le pouvoir Ouattara organisera les élections législatives en Côte d'Ivoire pour élire un nouveau parlement dans l'optique de mettre en place le deuxième pilier de la république: l'Assemblée nationale. Le 29 novembre 2011, soit deux (2) semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté à la Cour pénale internationale (Cpi) et selon l'acte d'accusation :

«Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que co-auteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité à raison de meurtres, de viols et d'autres violences sexuelles, d'actes de persécution et d'autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011». Le même acte indique :

«Les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010, prenant pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans du candidat de l'opposition, Alassane Ouattara».

Pour rappel, le président Laurent Gbagbo, lors de l'élection présidentielle de 2010, a eu le soutien sans faille de la région d'Abidjan et de l'Ouest. Dans le district d'Abidjan, Laurent Gbagbo a obtenu au premier tour 46.88% contre 31.37% pour M. Ouattara. En termes simples, sur trois (3) civils dans la rue, deux (2) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement un partisan de M. Ouattara. De même, dans l'Ouest du pays c'est-à-dire, dans les 18 montagnes et le moyen Cavally, le Président Laurent Gbagbo a eu respectivement 40.15% et 53.26% contre respectivement 15% et 17.35% pour M. Ouattara c'est-à-dire, pour quatre (4) civils dans la rue, trois (3) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement partisan de M. Ouattara. Au vu de ces chiffres, comment peut-on admettre que le Président Gbagbo puisse concevoir un «plan» pour commettre des «meurtres», des «viols», des actes de «persécutions» et des «actes inhumains» sur ses propres électeurs ?

Le fait que Laurent Gbagbo ait été embarqué à Korhogo sans M. Fofié Kouakou Martin, qui était présent sur le lieu d'embarquement et est sanctionné par le conseil de sécurité de l'Onu depuis 2006 pour la mise à mort de 99 personnes, sans M. Ouattara, dont les hommes ont commis le génocide Wê par son ordonnance du 17 mars 2010 faisant de lui, le chef hiérarchique des rebelles qui ont exterminé 800 personnes de même ethnie et sans M. Soro, chef de la rébellion dont les faits et méfaits peuplent tous les rapports de l'Onu depuis 2002, montre le niveau de sérieux qu'il faut accorder à la Cpi et aux raisons avancées pour justifier la déportation du Président Laurent Gbagbo. Peut-être qu'un article caché du statut de Rome instituant la Cpi connu par les initiés de cette cour stipule:

«Tout auteur, co-auteur de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, viols et actes inhumains, parrainé par l'occident jouit d'une immunité internationale». Seul l'enjeu des élections législatives peut justifier cette précipitation.

En effet, le caractère illégal et non démocratique de la conquête du pouvoir exécutif par M. Ouattara constitue la grande faiblesse du régime actuel. Suite à la victoire du président Gbagbo proclamée par le Conseil Constitutionnel de la Côte d'Ivoire à l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle, M. Ouattara refuse de reconnaître cette victoire. La France, au mépris de la Constitution ivoirienne et croyant encore la Côte d'Ivoire sous le code de l'indigénat de l'époque coloniale qui donnaît droit au Président français de choisir les gouverneurs de ses colonies, a organisé un coup d'Etat pour installer à la tête du pays son candidat vaincu par le vote des Ivoiriens.

Ces élections législatives visent donc à transformer la défaite du candidat Ouattara à l'élection présidentielle en une victoire dans les urnes via le Parlement pour donner un visage démocratique à ce pouvoir ethnique et génocidaire mis en place depuis le 11 avril 2011 qui extermine peu à peu les Ivoiriens par des exécutions sommaires (26 exécutions en un mois selon l'Onu).

Le découpage électoral qui en est l'un des instruments, est l'objet de notre analyse.

Contrairement au consensus recherché autour des questions électorales depuis le coup d'Etat de 1999, le nouveau découpage électoral a été fait par M. Ouattara d'une manière unilatérale. L'objectif stratégique recherché, en violant sans inquiétude le consensus pour un régime qui prétend réconcilier les Ivoiriens, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la fabrication d'un surnombre d'élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l'opposition remplacée par des indépendants sans électeurs (car la plupart des électeurs sont des déplacés internes ou des réfugiés externes et les autres restés sur place ne participeront pas au vote compte tenu des conditions de sécurité et de détention de leurs leaders) et enfin, en affaiblissant le Pdci, dans son bastion du centre du pays.

Fabriquer un surnombre d'élus dans les zones favorables au Rdr

La carte électorale des élections du premier tour donnant les zones d'influence des différents poids lourds à l'élection présidentielle de 2010 indique clairement que le candidat du Rdr venait en tête du classement dans cinq (5) régions dont quatre (4) du nord et un (1) du centre: la région des savanes, le Worodougou, le Bafing, le Denguélé et la vallée du Bandama. Les cinq (5) régions, zones d'influence du candidat Ouattara sont passées à onze (11) régions dont dix (10) du nord dans le nouveau découpage régional correspondant aux zones de règne des différents chefs de guerre de la rébellion. Sur treize (13) nouvelles régions créées, six (6) se trouvent donc au nord.

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara sont passées de 53 sièges dans l'ancien découpage à 74 sièges dans les onze (11) régions favorables à M. Ouattara selon le nouveau découpage soit une augmentation de vingt et un (21) sièges. M. Ouattara commence les élections avec une avance nette de 74 sièges, soit 30% des sièges pour 17% de la population électorale.

Dans le Bafing, l'une des régions d'influence de M. Ouattara, pour une population électorale de 38 766, il est prévu 5 sièges de députés, soit 1 député pour 7 000 électeurs, contre 1 député pour 26 000 électeurs dans la région du fromager et 1 député pour 55 000 électeurs à Abidjan, pour une moyenne nationale de 1 député pour 22 453 électeurs. En terme simple, 1 électeur du Bafing vaut presque 4 électeurs de la région du Fromager et presque 8 électeurs à Abidjan. Le principe démocratique (1 homme une voix) devient : 4 hommes une voix dans l'ouest et 8 hommes une voix dans le Sud. Le département de Korhogo (10 sièges) a presque 2 fois plus de sièges que les départements suivants de même importance ou souvent plus grands: Yopougon (6 sièges), San-Pedro (5 sièges), Gagnoa (5 sièges), Daloa (6 sièges), Man (4 sièges).

Le département d'Odienné (5 sièges) a plus de sièges que des départements plus importants comme Abengourou (3 sièges), Adzopé (3 sièges), Sassandra (2 sièges), Yamoussoukro (3 sièges).

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara selon l'ancien découpage totalisent une population électorale de 976 409 électeurs soit 17% du collège électoral national. Avec le nouveau découpage électoral, ces régions auront 74 sièges de députés, soit 30% des sièges du Parlement. Abidjan qui totalise 30% de l'électorat a 12% des sièges. En terme simple, pour deux fois plus de population électorale à Abidjan par rapport aux régions favorables à M. Ouattara, il y a deux fois moins d'élus. Le Rdr commence, ainsi, la course avec une avance nette de 74 députés. La combinaison des critères de superficie et de population ne justifie pas cette inflation des élus dans les zones d'influence de M. Ouattara.

Ecarter le président Gbagbo pour écarter l'opposition

Le candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Le Président Laurent Gbagbo, était en tête au premier tour des élections dans dix (10) régions qui sont : Agnebi, Lagunes, Marahoué, Sud-Comoé, Moyen-Comoé, Fromager, Zanzan, 18 montagnes, le Haut Sassandra, Sud-Bandama. Ces dix régions représentent 3 766 534 électeurs (4 fois plus d'électeurs que dans les zones pro-Ouattara) soit 66% du collège électoral national correspondant approximativement à 2/3 de la population électorale nationale. Ces régions totalisent 147 sièges soit 57% des sièges. Les 2/3 de la population électorale favorable au Président Gbagbo ont un peu plus de la moitié des sièges. Cela montre que M. Ouattara a intérêt à écarter les candidats Lmp aux législatives s'il veut contrôler le parlement. Au deuxième tour de l'élection présidentielle, si nous prenons uniquement en compte les 14 régions dont les résultats ont fait l'objet de consensus au niveau de la commission électorale indépendante (Cei) sur les 19 régions que comptait la Côte d'Ivoire, le résultat global du deuxième tour de l'élection présidentielle pour les 14 régions est de 53.87% pour Laurent Gbagbo et 46.13% pour M. Ouattara soutenu par M. Bédié. Ces résultats consolidés ont confirmé le soutien inconditionnel des dix (10) régions du premier tour au candidat Gbagbo sur le candidat Ouattara.

Ces chiffres démontrent avec éloquence que si le découpage était équitable et consensuel et si les conditions de sécurité étaient garanties et que la neutralité de la commission électorale indépendante (Cei) était avérée, les chances du pouvoir Ouattara de se donner une légitimité démocratique par le biais du Parlement seraient très minces et sa prétendue victoire à l'élection présidentielle suspecte. Priver les 2/3 de l'électorat de leur citoyenneté par l'emprisonnement, l'exil de ses candidats potentiels et de ses électeurs; fermer la porte à tout consensus sur le découpage électoral, la composition de la Cei, les conditions de sécurité, sont l'unique chance pour le pouvoir de justifier sa victoire à l'élection présidentielle et s'offrir une majorité pour se donner une façade démocratique.

Ecarter l'opposition d'une manière ou d'une autre, permettra donc de fabriquer des vainqueurs et des vaincus à souhait comme ce fut le cas dans la région nord du pays occupée par les rebelles lors de l'élection présidentielle. C'est donc au prix de l'exclusion de l'opposition, que le pouvoir Ouattara pourra remporter les circonscriptions des zones favorables à cette opposition ; l'Onuci, la Licorne et les Frci veillant au grain pour sécuriser les fraudes et déporter les inattendus, ou pire bombarder ceux qui revendiqueraient un quelconque recomptage ; l'Onuci se tenant prête pour certifier la mascarade selon son nouveau chef.

Affaiblir le Pdci dans son bastion

Principale force politique concurrente du Rdr au sein du Rhdp, M. Ouattara a promis le poste de Premier ministre au Pdci-Rda. En politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient selon une personnalité de la droite française; les rapports de force, les intérêts et les convictions profondes décident en dernier ressort. Les exigences sécuritaires ayant justifié le maintien de M. Soro Guillaume au poste de Premier ministre n'ayant pas changé, il est fort probable que la promesse faite au Pdci n'engage que ceux qui y ont cru. Pour avoir les mains libres de décider, M. Ouattara a intérêt à réduire le Pdci à une minorité invisible à l'Assemblée nationale, lui enlevant ainsi toute prétention à un chantage ou une pression politique.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat du Pdci, M. Aimé Henri Konan Bédié est arrivé en tête des élections dans trois (3) régions : la région du lac, le Nzi-Comoé, le Bas-Sassandra. Dans le V Baoulé qui est sans conteste la zone d'influence du Président Bédié, sur 378 312 électeurs, il est prévu 19 sièges de député soit 1 député pour 16 000 électeurs contre 1 député pour 7000 électeurs dans le Bafing, bastion de M. Ouattara.

Pour les 3 régions favorables au Président Bédié, le collège électoral est de 806 014 électeurs soit 14% de l'électorat avec seulement 34 sièges soit 13% des sièges. La zone d'influence du Président Bédié possède deux fois moins de sièges que la zone d'influence de M. Ouattara pour à peu près la même population électorale. Pour faire passer cette pilule amère, une concession de taille a été faite au Président Bédié. En effet une région spéciale a été créée sur mesure pour le Président Bédié : la région d'Iffou avec comme capitale Daoukro dont le département bénéficie de 3 sièges devançant ainsi de grands départements comme Bongouanou (2 sièges), Agnibilékro (2 sièges), Sassandra (2 sièges), et un nombre de sièges identiques avec d'autres grands départements comme Adzopé (3 sièges), Aboisso (3 sièges), Bouaflé (3 sièges), Yamoussoukro (3 sièges), Abengourou (3 sièges).

Conclusion

Selon la carte politique de la Côte d'Ivoire telle qu'elle se présente aux yeux de l'observateur au vu des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 et des résultats consensuels du second tour, le poids politique du Président Gbagbo et son assise nationale ne souffrent d'aucun doute : dix (10) régions sur 19 concentrant 66% des électeurs lui sont acquises. Il est véritablement le premier de la classe politique ivoirienne. Vouloir faire des élections démocratiques en écartant un tel leader, ses partisans contraints à l'exil interne et externe, c'est refuser la voie de la démocratie et emprunter la voie de l'usurpation politique pour installer une chambre d'enregistrement de la politique de recolonisation du pays. Le risque de compromettre la réconciliation et éloigner la Côte d'Ivoire de la démocratie et de l'Etat de droit est élevé.

Hier, M. Dramane Ouattara, animé d'une conception très sarkozienne de la démocratie (le pouvoir des bombes par les bombes et pour les bombes) faisait bombarder des Ivoiriens à Abidjan par l'armée française pour installer la «démocratie» pendant que ses hommes exterminaient près de 800 citoyens de l'ethnie wê, brûlaient des villages et tuaient d'autres dans une église à San-Pedro pour s'ériger en Chef de l'Etat.

Aujourd'hui, depuis son accession au pouvoir, il se réjouit de l'occupation illégale par ses combattants des domiciles et des plantations, de la déportation, de l'exil et de l'exécution au quotidien des Ivoiriens qu'il est censé protéger et pour qui il cherchait le pouvoir.

Dans sa conception très exceptionnelle de la démocratie, il est en train de se fabriquer une majorité à l'Assemblée nationale pour priver l'Assemblée nationale de tout débat démocratique et passer à l'offensive sociale contre les étudiants, les travailleurs et les propriétaires coutumiers de terre agricole.

L'organisation de la marginalisation du Pdci et le triomphe sans gloire du Rdr dans le Parlement à venir avant même le déroulement des élections par la manipulation du découpage électoral, finit par convaincre tout observateur attentif du peu d'intérêt de M. Ouattara pour la démocratie et sa peur bleue de toute compétition politique ouverte en Côte d'Ivoire. Ce sont les militants du Pdci et des autres partis du Rhdp qui apprendront que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.


Dr. Don Mello Ahoua

Ministre et porte-parole du Gouvernement Aké N'Gbo


Source: LE TEMPS

dimanche, 04 décembre 2011

LEGISLATIVES: LE CAMP GBAGBO BOYCOTTE, LE RHDP SE DECHIRE


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Le pouvoir Ouattara a maintenu «ses» élections législatives. Contre vents et marées. Malgré les interpellations de la «communauté internationale» qui a souhaité sans succès un scrutin «transparent et inclusif». Et des protestations de l’opposition politique conduite par le FPI. Le contexte sociopolitique reste marqué, neuf mois après l’accession au pouvoir de Ouattara, le climat sociopolitique s’est nettement dégradé avec les exactions et actes d’intimidation des Frci contre les partisans du président Gbagbo, dont le transfèrement à la Haye continue de choquer profondément les Ivoiriens toutes convictions politiques confondues.

Un acte attentatoire à la cohésion que les dirigeants du pays, surpris de la réaction des Ivoiriens, tentent vainement de justifier. Au moment où s’ouvre la campagne électorale pour les législatives du week-end prochain, dans un climat délétère, on peut dire que l’on s’achemine vers un scrutin qui consacrera le partage du gâteau entre les seuls «vainqueurs de la bataille d’Abidjan», les conditions de son déroulement ne permettant pas du tout la participation des partis de l’opposition conduite par le Fpi. En clair, il s’agit d’élections mono-partisanes, ouvertes aux seuls «vainqueurs», traduction de la justice des vainqueurs obséquieuse actuellement dans notre pays. Le pouvoir est d’autant plus isolé sur ce terrain des législatives que les quelques partis membres du Cnrd et autres candidats indépendants proches de cette organisation viennent de se retirer de la course au parlement, rejoignant ainsi dans sa position le FPI qui avait, dès le début, décider de ne pas y prendre dans un environnement sécuritaire aussi chaotique et catastrophique que celui que nous connaissons.

Le MNC de Kabran Appiah, le CAP-UDD de Gervais Coulibaly, l’UDCY de Mel Eg Théodore, l’URD de Boni Claverie, etc. ainsi que des candidats indépendants se sont ainsi retirés du scrutin avant même l’ouverture de la campagne électorale. En guise de protestation contre le transfèrement du président Gbagbo à la Haye mardi dernier. Mais même seul sur le terrain, l’attelage hétéroclite RHDP vole déjà en éclats avant même l’ouverture de la campagne, alors que les partis membres – qui n’ont en commun en réalité que leur haine pour Laurent Gbagbo – disent défendre le même idéal.

Le panier de crabes

Les divergences sont profondes et béantes entre les alliés et ne peuvent être sabotées sans coup férir. En témoignent les derniers développements de l’actualité.

En effet, les uns et les autres ne se sont pas fait prier pour voler dans les plumes et jeter de grosses pierres dans le jardin de leurs alliés. Ainsi, en réponse à la sortie du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko fustigeant récemment les candidatures en rangs dispersés, alors qu’il était convenu de présenter une liste RHDP dans la commune de Cocody, la jeune candidate du PDCI, Yasmina Ouégnin, s’est montrée très incisive. A la limite du tolérable pour le tout puissant patron du ministère de l’Intérieur s’il s’était agi d’un partisan de Laurent Gbagbo. La fille de l’ancien directeur du protocole d’Etat sous Houphouët Boigny n’a ménagé aucunement le «fils de Ouattara», affirmant que ses propos témoignent de «dérives dictatoriales». Réponse du berger à la bergère. «Nous sommes choqués par ces propos de madame Guessend née Yasmina Ouégnin. Ses propos ne sont pas de nature à honorer le PDCI qu’elle prétend représenter. Le ministre d’Etat n’a cité aucun nom en particulier lorsqu’il avait fustigé «ce qui se passe dans cette commune », répliquent jeudi les partisans d’Hamed Bakayoko. La polémique enfle sur cette guéguerre entre alliés qui cachent à peine leur haine les uns pour les autres. Il y a peu, c’est le ministre de l’Artisanat, Sidiki Konaté, candidat RDR à Man, qui se distinguait par des propos haineux et tribalistes à l’endroit de l’UDPCI de Mabri Toikeusse, dans sa course folle et sans merci pour contrôler le siège de député de cette circonscription.

Les exemples sont légions. Au niveau même de la haute direction du RHDP, la situation n’est pas moins complexe. «Il y a problème au Rhdp !», reconnaissait la semaine dernière le président du Mfa, Anaky Kobena, fustigeant ses alliés accusés d’être voraces et vouloir étouffer sa formation politique. Le secrétaire général du PDCI, également président du directoire du RHDP, lui-même, n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le secrétaire général du RDR d’Alassane Ouattara qui répète à qui veut l’entendre que son partir gagnera ces élections législatives vaille que vaille. Selon toute vraisemblance il y a de l’eau dans le gaz. Une vraie crise de confiance au RHDP. «Quand on part à une élection. On ne dit pas on gagne à tous les coups. Mais tous les coups ne sont pas permis en démocratie. Il y a des règles du jeu qu’il faut respecter et il faut être prêt à faire face à la défaite», s’est indigné Djédjé Mady, craignant certainement de voir son parti broyé par la machine électorale du RDR.

Parlement des vainqueurs ou célébration de la haine

Cette guéguerre traduit la volonté de chaque camp, notamment le PDCI et le RDR, de contrôler le parlement. En s’adjugeant le poste de président de l’Assemblée nationale, le PDCI veut se donner un moyen de pression pour peser sur la prise de décision au sommet de l’Etat. Cela permettrait en tout cas au PDCI de Konan Bédié de s’offrir une meilleure part du gâteau confisqué presque entièrement par ses alliés du Rdr et des forces nouvelles de Soro Guillaume qui s’accroche à la Primature. Avec la bénédiction de Ouattara. Avec ces élections, l’«alliance de dupes» qu’est en réalité le Rhdp est à l’épreuve. Et il est à craindre que les animosités qui dominent leurs relations hypocrites de «je t’aime moi non plus » se transportent au sein du futur parlement. Dans tous les cas, le parlement des « vainqueurs » qui naîtra de ces élections ne pourra prétendre être représentative des populations ivoiriennes dont la grande majorité vit aujourd’hui dans la peur, dans l’incertitude, à la merci des Frci et du parquet dont la mission principale est de traquer et emprisonner tous les partisans du président Laurent Gbagbo. Dans un tel parlement, il est clair que les querelles intestines entre alliés occulteront les préoccupations essentielles des Ivoiriens.


vendredi, 02 décembre 2011

COTE D'IVOIRE: SILENCE, ON ASSASSINE L'INTELLIGENCE!


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Tout ce que le pays a, patiemment, rassemblé pour la formation de sa jeunesse, a été pillé, volé ou saccagé, avec une violence et une haine indescriptibles. Il est vrai que les laboratoires étaient sous-équipés, mais ils fonctionnaient. Les ordinateurs contenaient des données sans prix. Mais la horde de pillards dans le sillage de Ouattara avait pour mission de tout voler et de tout détruire, méthodiquement, car tout cela était programmé. La preuve, c'est que ces actes  n'ont jamais été condamnés par les nouvelles Autorités.

Ainsi, le pillage du Centre National de Floristique sonne le glas du plus important herbier d'Afrique, constitué pendant plus de cinquante années de Recherche par le Professeur AKE Assi, et qui représente un trésor inestimable, dont la valeur est reconnue  par  toutes les universités du monde entier, puisque y figurent plus de 3000 plantes de notre Pays, dont de nombreuses espèces ont maintenant totalement disparu. Plus qu'un patrimoine national,  c'était un patrimoine mondial.

Par ailleurs, des travaux de Recherches dont beaucoup étaient sur le point d'être publiés ou soutenus, ont été victimes de la furia barbaresque ouattariste. Pourra-ton jamais les reconstituer un jour? Combien de temps cela prendra t-il? Mesure-t-on la détresse des Chercheurs?

Et pourtant, non seulement la carrière des enseignants, mais aussi et surtout la formation des cadres ainsi que le développement du pays en dépendaient. Et on se permet d'annoncer avec le sourire que l'Université est fermée... Pour combien d'années? C'est proprement désolant et ... révoltant!

Tout universitaire, de toutes les universités du monde,  comprend  et  mesure, immédiatement, la catastrophe qui, sur le plan scientifique et intellectuel, s'abat sur notre Pays.

Voilà comment Ouattara, sur ordre de Sarkozy, assassine l'intelligence en Côte d'Ivoire! Même Houphouët-Boigny dont les principaux opposants étaient des universitaires, n'a pas assassiné l'intelligence, source de réels progrès, dans  son pays.

Casser des bâtiments ou des monuments, ce n'est rien! Mais, gommer l'élite intellectuelle d'un  pays et programmer son non-renouvellement sont des crimes sans nom.  La Côte d'Ivoire sera, ainsi, le seul pays du monde où il n'y a  aucune université, parce que cela arrange un régime qui veut en profiter pour mieux asseoir sa dictature, pour la plus grande gloire de  la France qui voudrait que les Africains soient des éternels assistés aussi bien sur le plan scientifique que technologique.

Silence de l'UNESCO et de toutes les ONG d'ordinaire si fébriles lorsqu'il s'agissait de Gbagbo, leur cible favorite! Et pourtant, sous Gbagbo,  aucun universitaire n'a fait l'objet de brimades pour ses idées, aucun journaliste n'a jamais été arrêté pour ses écrits, encore moins emprisonné, alors que, profitant de cette liberté, certains se permettaient même de traiter Gbagbo de Hitler noir. Gbagbo n'a jamais déporté ses opposants. Gbagbo n'a jamais arrêté ni bloqué les comptes d'un seul homme

politique opposant ou non, et Ouattara en profitait pour lancer à travers le pays des propos séditieux, sans jamais avoir été inquiété. Mieux, sa pension d'ancien Premier ministre, lui était régulièrement versée, ainsi qu'une dotation de 800 millions  de francs CFA par an, pour le RDR, le parti de Ouattara (la même somme qui est allouée au FPI, le parti de Gbagbo). Sous Gbagbo, il n'y avait aucun réfugié politique. Voila maintenant le bourreau Ouattara qui traîne la victime Gbagbo devant le CPI avec la complicité active de la France. Mais s'il y a une justice, c'est Ouattara et sa horde d'assassins Soro y compris, qui vont se retrouver à la CPI, sans cela elle perd toute crédibilité et toute légitimité. Maintenant que la Côte d'Ivoire est soumise à une des dictatures les plus féroces de la planète, ces ONG sont devenues, subitement, muettes, tétanisées, probablement honteuses de découvrir avec horreur le monstre qu'elles ont contribué à créer. Un peu de courage, Messieurs et Mesdames les humanitaires de tous les pays! Ressaisissez-vous, l'erreur serait de persévérer dans le faux. L'histoire qui finit toujours par découvrir la vérité, eh oui, pourrait ne jamais vous le pardonner.


Professeur N'GUESSAN Yao Thomas

Ministre Délégué à l'Enseignement Supérieur du Gouvernement Aké N'GBO


Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

jeudi, 01 décembre 2011

GBAGBO A LA HAYE: LES PREUVES D'UN COMPLOT INTERNATIONALE S'ACCUMULENT


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Les éléments discréditant la démarche empressée de Louis Moreno-Ocampo, de toute façon sur le départ, foisonnent. Et jettent un peu plus le discrédit sur un homme au service des grandes puissances et non de la justice. Les grandes puissances, France en tête, et leur «correspondant local» en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ont-ils vraiment l’intention d’ôter à la Cour pénale internationale (CPI) le maigre crédit qui lui restait ? A voir la désinvolture avec laquelle la question du transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye a été gérée, on a de nombreuses raisons de répondre par l’affirmative. Au lendemain de l’arrivée du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) à La Haye, revue des différents éléments qui attestent indubitablement du caractère profondément politique, donc extra-juridique, de l’opération.

L’ONUCI  a été totalement écartée de la procédure


Dimanche dernier, dans l’après-midi. Alors que des informations persistantes présentent comme imminent le transfèrement à La Haye du président Gbagbo, un de ses proches prend attache avec un responsable de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, à un niveau assez élevé. Qui refuse de prendre au sérieux les «rumeurs» au sujet du projet que nourrit le régime Ouattara et ses relais internationaux. Et multiplie les arguments pour expliquer qu’un transfert à La Haye est «impossible» en l’état actuel des choses. Comédie ? Pas du tout. L’ONUCI, dont la Division des droits de l’homme est incontournable au point de vue logistique pour toute instance internationale qui veut enquêter sérieusement sur les graves violations des droits de l’Homme qui ont eu lieu sur le territoire ivoirien, a été totalement mise de côté pour des raisons mystérieuses par un Louis Moreno-Ocampo qui tenait à sa démarche solitaire et biaisée. Bert Koenders, patron de l’ONUCI, n’a d’ailleurs pas caché cette information troublante. «L’ONUCI n’est pas impliquée dans cette décision», a-t-il affirmé hier, disant sobrement qu’il «prend note du transfèrement». Vous avez dit bizarre…

L’enquête invisible… la plus rapide de l’histoire des enquêtes de ce type

Le procureur Louis Moreno-Ocampo est-il un surdoué ? En tout cas, sans le concours de l’ONUCI, sans que la majorité des victimes s’étant constituées auprès de la  CPI n’aient vu le moindre magistrat ou auxiliaire de justice officiel, il  a réussi à boucler une enquête par nature extrêmement complexe – puisqu’il s’agit d’établir des faits et d’avoir des preuves sur les chaînes de responsabilités – en moins de…  deux mois, et entre deux rendez-vous avec Alassane Ouattara – le premier à Abidjan, le second dans l’appartement parisien de l’ancien directeur général adjoint du FMI.

Ce sont ces étrangetés qui ont fait tiquer Christian Chartier, directeur du centre d'observation de la justice internationale et transitoire de l'université de Limoges, et ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), donc bon connaisseur de ce type d’environnement. Lors d’une interview accordée à la radio France Inter, il a tancé Ocampo : «Il aurait voulu faire en sorte que l’on  comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée à des fins politiques qu’il n’aurait pas pu mieux faire». Rappelant que le procureur de la CPI a commencé son travail sur le dossier ivoirien seulement le 3 octobre, il a affirmé que «cette enquête est d’une rapidité suspecte», et que le mandat d’arrêt qui en est sorti «est quand même d’un vague extrêmement inquiétant». Si les chefs d’accusation sont faciles à formuler, «encore faudrait-il les étayer», avertit-il. «Dans le mandat d’arrêt, on parle de violences contre des communautés ethniques et religieuses spécifiques sans pour autant les désigner. Il y a quand même des choses troublantes dans cette affaire et que je trouve extrêmement inquiétantes pour la CPI», a-t-il poursuivi. Laquelle CPI «existe depuis dix ans et n’a pas rendu à ce jour un seul jugement ne serait-ce qu’en première instance». Rappelons-le : ce n’est pas là «un extrémiste proche de Gbagbo» qui parle, mais bel et bien un universitaire français renommé, ancien porte-parole du TPIY !

Des méthodes d’investigation incroyablement douteuses !


Ocampo n’a donc eu recours ni à la Division des droits de l’homme de l’ONUCI ni à des magistrats convoyés par la CPI. Mais a collaboré avec des ONG dont la plus douteuse est la Coalition pour la CPI, une structure locale dirigée par Ali Ouattara, un bras séculier du RDR. «Nos parents sont morts pour rien», affirment d’ores et déjà certains déplacés de Duékoué. Qui ont parlé aux envoyés de la fameuse association inconnue avant la guerre postélectorale, malgré les intimidations de ceux qui affirmaient que ceux qui viendraient dénoncer Ouattara et les FRCI seraient tués. Bien entendu, aucune protection particulière n’a été accordée aux survivants. Les «enquêteurs» d’Ali Ouattara sont repartis après une virée de quarante-huit heures à Duékoué, et certains déplacés les accusent déjà d’avoir utilisé les images des victimes et des maisons des autochtones détruites. Comment des amateurs de l’investigation judiciaire, affiliés à un parti politique, non assermentés, peuvent-ils donc avoir la haute main sur un travail de cette importance ? Ocampo, qui se prépare à laisser un dossier «pourri» à son successeur après avoir rempli sa mission – livrer Gbagbo – devrait s’expliquer sur ses méthodes de travail, plus que douteuses.

Un mandat d’arrêt aux allures grotesques

Bien entendu, nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre le président Laurent Gbagbo. Il est en effet assez ridicule par endroits. Par exemple quand il lui attribue un patronyme imaginaire : Laurent Koudou Gbagbo. Faut-il rappeler que le nom à l’état-civil de Laurent Gbagbo est… Gbagbo Laurent, tout simplement ? La CPI prétend en plus que le président ivoirien renversé est né à Mama, alors qu’il est né à Babré. Et puis, que vient faire l’ethnie de Laurent Gbagbo dans un mandat d’arrêt ? C’est anecdotique, mais ce sont ces détails qui trahissent les légèretés. De plus, la CPI affabule quand elle affirme «au vu des éléments de preuve, la Chambre conclut qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'au lendemain des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles ont pris pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans d'Alassane Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques». La guerre postélectorale n’a en effet pas commencé de manière automatique le 28 novembre, et c’est bien le camp Ouattara qui l’a préparée et lancée, comme le laissent penser les déclarations affirmant que le commando invisible s’est structuré bien avant le premier tour du scrutin présidentiel et les images où l’on voit les combattants des FRCI encadrés par Guillaume Soro sur ordre de Ouattara, aller armés à l’assaut de la RTI sous le couvert d’une «marche pacifique».

Mais le plus important n’est pas là. C’est en justifiant le transfèrement de Gbagbo à La Haye que la CPI finit de se couvrir de ridicule. «Enfin, la Chambre est convaincue que l'arrestation de Laurent Gbagbo est  nécessaire pour : i) garantir qu'il comparaîtra devant la Cour ; ii) garantir  qu'il n'usera pas de son pouvoir politique ou de ses moyens financiers pour  faire obstacle à l'enquête ou en compromettre le déroulement; et  iii) empêcher la commission d'autres crimes». Comment un homme en prison à Korhogo, sans aucune communication téléphonique, sans visites de ses proches, pouvait-il avoir le pouvoir de nuisance justifiant qu’il soit déplacé dans une prison où il pourra recevoir plus de visites, téléphoner et surfer sur Internet ? En réalité, ceux qui peuvent aujourd’hui user de leur pouvoir pour faire obstacle aux enquêtes, ceux qui peuvent commettre d’autres crimes aujourd’hui sont bien les tenants du pouvoir Ouattara et leurs tueurs, qui continuent d’être en liberté dans des zones meurtries comme l’Ouest de la Côte d’Ivoire ? Mais, bien entendu, il n’y a aucune urgence à les mettre hors d’état de menacer les survivants… Jusqu’où ira l’hypocrisie internationale ?


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

vendredi, 25 novembre 2011

CELPAID, UN SCANDALE AU CŒUR DE LA REPUBLIQUE

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« La Direction informe les parents d'élèves que dans le cadre d'une bonne gestion du processus des examens 2011-2012 et de l'actualisation de tous les élèves de Côte d'Ivoire par le Ministère de l'Education Nationale, il est demandé à chaque parent d'élève de procéder à l'inscription de son enfant au CELPAID avec la somme de 6.000 F (six mille francs), accompagné de la photocopie de l'extrait de naissance, la photocopie du dernier bulletin de l'année précédente et du relevé des notes du concours de l'entrée en 6ème pour les élèves de 6ème. Les documents ci-mentionnés et la somme indiquée sont à déposer auprès des éducateurs. Délai de rigueur, le vendredi 25 novembre 2011 à 13 heures. »

Tel est l'avis ramené de l'école, il y a quelques jours, par Emmanuel Virgile à son père, Arthur Gadji. Cette petite note, presque tous les élèves du secondaire public et privé de Côte d'Ivoire l'ont reçue et ont été priés de l'acheminer à leurs géniteurs qui ne s'y attendaient nullement, pas plus qu'ils n'y comprennent grand-chose. C'est la surprise du grand chef en cette rentrée scolaire 2011-2012 en Côte d'Ivoire. Les nouveaux gouvernants, à leur arrivée au pouvoir, le 11 avril dernier, avaient promis tout changer, tout révolutionner dans la conduite des affaires de l'Etat pour faire oublier au plus vite le passage de l'ex locataire du palais à la tête du pays. L'école étant un domaine hautement stratégique, il fallait donc donner un signal fort de cette volonté politique nettement exprimée et à nous bassinée à l'excès. La trouvaille, dans le milieu Education et Formation, se nomme « inscription en ligne » obligatoire pour tous les élèves de l'enseignement secondaire public, dans un premier temps avant d'être élargie par la suite au privé.

A l'origine, cette innovation technologique est une idée de Nicolas Effimbra, alors Directeur régional de l'Education Nationale Abidjan 1 (DREN Abidjan 1). Féru de monétique et au fait de bien d'expériences similaires sur le continent africain, ce dernier s'ouvre à MTN, le géant Sud-Africain de la téléphonie mobile à Abidjan. Il propose au groupe, un projet d'inscription en ligne pour les élèves du secondaire de la DREN Abidjan 1. Le projet est en phase pilote et est prévu pour s'étendre progressivement aux autres DREN du pays. L'affaire est juteuse pour l'opérateur de téléphonie mobile, qui n'hésite pas à s'engager aux côtés de la DREN 1. Pour être à la hauteur de la tâche, MTN décaisse pour assurer de nouveaux travaux techniques.

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L'opération pilote se déroule jusque-là à merveille. Mais dans les allées du ministère de l'Education nationale, l'on fait des gorges chaudes et le dossier finit par atterrir sur le bureau de Mme Kandia Camara qui en saisit toute l'ampleur et toutes les implications possibles. Vu les gains financiers en jeu, la ministre décide de s'impliquer. Il en découlera deux décisions majeures. La première, l'inscription en ligne est désormais étendue à tous les établissements secondaires du pays, et la seconde, c'est désormais CELPAID, le petit poucet des maisons de transfert d'argent de la place, qui pilote l'inscription en ligne. Quant à Nicolas Effimbra, en guise de récompense, il est promu Directeur de l'extra-scolaire et des activités coopératives (DESAC). Dans le milieu des opérateurs de téléphonie mobile, l'affaire prend rapidement des allures de scandale vu qu'il n'y a eu aucun appel d'offres pour un marché aussi gigantesque.

Partant de la base de données de 2 millions d'élèves concernés par l'opération (à raison de 6.000 F par élève), les spécialistes soutiennent qu'il s'agit au bas mot de la somme de 12 (douze) milliards de Fcfa qui va circuler entre les différentes parties concernées par ce deal. Notons que selon les textes de l'Union monétaire ouest-africaine (UEMOA), pour tout marché de plus de 30.000.000 (trente millions) de Fcfa, il est requis de procéder par un appel d'offres, le gré à gré intervenant pour des marchés en dessous de cette barre. Les grognons ont donc saisi l'Agence de télécommunication de Côte d'Ivoire (ATCI) qui régule le secteur de la téléphonie mobile. Bien que partageant les observations des plaignants, l'ATCI affiche son impuissance devant les ramifications politiques du dossier. Visiblement, le patron des lieux ne veut pas se mettre à dos le grand manitou de CELPAID qui n'est autre que Mamadou Sanogo, ministre de la construction, de l'assainissement et de l'urbanisme et par ailleurs homme de confiance du chef de l'Etat. Les mauvaises langues soutiennent que le marché lui a été offert pour alimenter les caisses du RDR, le parti au pouvoir au moment où Alassane Ouattara asphyxie les autres partis politiques avec la mesure de suspension du financement des formations politiques sur fonds publics.

Récemment le Front populaire ivoirien (FPI) a ouvertement dénoncé cette « duplicité » des gouvernants. Et dans les différents états majors politiques, la polémique enfle. Malgré cela, ni la ministre Kandia Camara, ni le chef du gouvernement n'ont consenti jusque-là, à s'expliquer sur le sujet pour éclairer les Ivoiriens et mettre ainsi fin à toutes les supputations qui continuent de courir sur le scandale CELPAID. Surtout que dans la foulée, l'on annonce de nouveaux contrats juteux pour cette entreprise qui entend faire désormais de l'ombre à ses illustres devancières.


Par Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 103 du jeudi 24 novembre 2011.


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C'EST INDECENT!

Est-ce que c'est à eux que nous nous adressons ? Nous commençons à croire réellement qu'il n'y a rien en face ! Parce que depuis que nous dénonçons cette pratique  qui consiste à dire une chose et faire son contraire, les autorités ivoiriennes se sentent justifiées. Elles ne réagissent pas ou si elles réagissent, elles persistent dans le réprouvable. Et pourtant l'équation est simple. C'est même une préoccupation d'ordre moral. Alassane Ouattara n'est pas obligé de faire l'école gratuite. Dans ce pays, seul Laurent Gbagbo a porté ce projet de l'école gratuite et s'en est donné les moyens. Il a même été jusqu' à rendre facultatives les tenues scolaires pour soulager les parents d'élèves et favoriser une forte scolarisation dans les zones économiquement défavorisées. C'était une ambition humaniste portée par un humaniste. Malgré tous les obstacles liés à la gestion d'une rébellion sauvage, il était parvenu à atteindre son but. Aujourd'hui, dans les écoles, les livres qu'on distribue pour faire croire que l'école est  gratuite, proviennent des stocks des éditions de Laurent Gbagbo.

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Il faut le répéter ! Alassane Ouattara n'est pas obligé de faire comme Laurent Gbagbo parce qu'il n'est pas Laurent Gbagbo. Même si pour des raisons électoralistes, il avait crié qu'il pouvait faire l'école gratuite, maintenant qu'il est au pouvoir, il n'est pas obligé de s' y accrocher. Nous savons  qu'il est de culture capitaliste, ce n'est pas son fort de donner dans la gratuité. On a encore en mémoire la perte de toutes les prérogatives scolaires et estudiantines dès qu'il a mis pied en Côte d'ivoire au début des années 90. Alors nous recommandons au gouvernement Ouattara de faire preuve d'honnêteté envers le peuple ivoirien parce que tout ce que Kandia Camara fait avec Celpaid dans le cadre de l'école, est loin de servir le slogan de la gratuité. C'est même indécent, parce que s'accompagnant de menaces voilées aux parents d'élèves, en violation des règles élémentaires de la bonne gouvernance.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 103 du jeudi 24 novembre 2011.

jeudi, 24 novembre 2011

ARRETE DEPUIS UNE SEMAINE, KATA KEKE LIBERE - SON AVOCAT: «LE DOSSIER A ETE CLASSE SANS SUITE»



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Le Professeur Kata Kéké peut à nouveau humer l'air frais de la liberté. Le ministre de la Recherche Scientifique dans le gouvernement Aké N'Gbo, le dernier formé par l'ex-président Laurent Gbagbo, a été libéré hier mardi 22 novembre 2011.

Interpellé le mercredi 16 novembre dernier à son domicile par des éléments de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Kata Kéké a été conduit nuitamment et manu militari dans les locaux de la DST, avant d'être transféré à la Police Criminelle. Il a passé une semaine dans une cellule de l'ex-Police judiciaire (PJ), au Plateau, avant d'être relaxé. Joint hier après-midi au téléphone, l'un des avocats du Professeur Kata Kéké a expliqué les différentes démarches menées pour obtenir sa libération. «Le ministre Kata Kéké a été libéré hier, vers 12H35. Pendant près d'une semaine, il a été détenu à la Police Criminelle. Dès son arrestation mercredi dernier (16 novembre), nous avons rencontré le Procureur de la République pour sa libération. Cela devait se faire le lendemain jeudi (17 novembre), mais ça n'a pas été possible», a fait savoir le conseil juridique du ministre.

« Hier soir (lundi 21 novembre), nous avons rencontré le directeur de la Police Criminelle (Ndlr : le Commissaire Gnagne), et nous lui avons signifié que tous les délais légaux de garde à vue avaient expiré et qu'ils ne pouvaient pas continuer de le garder. Le directeur nous a répondu qu'il attendait les instructions de sa hiérarchie. Ce matin (hier mardi), le procureur de la République a donné des instructions pour sa mise en liberté », a ajouté l'avocat.

Sur les motifs de l'arrestation du ministre, son conseil juridique a fait observer qu'il a été reproché à Kata Kéké d'avoir porté atteinte à la justice, et ses propos tenus à sa sortie de prison ont été jugés séditieux. L'avocat a aussi fait quelques commentaires sur l'issue de cette interpellation vivement dénoncée par le FPI. «Je constate que la procédure s'est arrêtée au niveau de l'enquête policière. Le dossier n'a pas été transféré au Parquet. Je peux donc dire que le dossier a été classé sans suite », a indiqué l'avocat.

Détenu à la prison civile de Boundiali, l'ex-ministre de la Recherche Scientifique et 19 autres cadres de l'ex-Majorité présidentielle (LMP) incarcérés au nord de la Côte d'Ivoire, avaient bénéficié d'une mise en liberté provisoire, le jeudi 09 novembre dernier.

Anassé Anassé

 

Source : L'INTER

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ARRESTATION ARBITRAIRE DU PROFESSEUR KATA KEKE: HAMED BAKAYOKO AU CENTRE DU COMPLOT


Le professeur Kata Kéké, ex-ministre du gouvernement Gbagbo et prisonnier politique du régime Ouattara, élargi le week-end dernier, a passé hier sa deuxième nuit au violon de la Police criminelle (Pc) d'Abidjan. Où il a été conduit, mercredi dernier, aux environs de 23h par des agents de la Police criminelle (Pc, anciennement Police judiciaire) et des Frci (forces armées pro-Ouattara). De son arrestation chez lui, à 18h, jusqu'à sa mise en garde à vue, il a été suivi et assisté par ses avocats et par l'ex-ministre de la Défense, Michel Amani N'Guessan, Secrétaire général adjoint du Fpi chargé des questions sécuritaires.

Sur les raisons de son arrestation, les informations sont des plus ridicules. D'abord, Kata Kéké a été arrêté chez lui par des agents de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire). Apparemment, on lui reprochait un délit « d'atteinte à la sûreté de l'Etat ». Mais transféré à la DST en compagnie de ses avocats, Kata Kéké a vu ce service décliner sa responsabilité dans son arrestation. Aux environs de 23h, mercredi dernier, il a été transféré à la Police criminelle. Là, au bout de 30 minutes d'interrogatoire et de ballets téléphoniques, ses avocats apprennent que leur client a été arrêté sur ordre du procureur de la République près le Tribunal d'Abidjan-Plateau, Simplice Koffi Kouadio, au motif qu'il aurait porté « atteinte à l'autorité de la Justice ». Mais en faisant quoi ?

Le professeur Kata Kéké a été le porte-parole des prisonniers politiques bénéficiant de la liberté provisoire depuis jeudi dernier. Le samedi 12 novembre, au siège du Cnrd à Cocody, lors de la réception organisée par le Fpi en l'honneur des 20 prisonniers politiques de Ouattara libérés, c'est lui qui a pris naturellement la parole. Dans le compte rendu qu'il a fait de cette manifestation, le quotidien du Pdci-Rda, Le Nouveau Réveil, a rapporté des propos selon lesquels le Professeur Kata Kéké aurait déclaré : « Y-a-t-il encore une justice dans ce pays ? ». Au nombre des journalistes présents à cette manifestation, celui du Nouveau Réveil a été, curieusement, le seul à avoir entendu et rapporté de tels propos. Mais en Côte d'Ivoire, ce bidonnage journalistique serait à la base de l'arrestation et de la mise en garde à vue du professeur Kata Kéké. Ce dernier, selon les informations, a déclaré sur procès- verbal à la Police criminelle qu'il n'a jamais tenu de tels propos.

Hier, toujours selon les informations, les avocats de Kata Kéké auraient appris auprès du cabinet du procureur de la République que le vrai ordonnateur de l'arrestation de Kata Kéké, c'est le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Ces sources bienveillantes du cabinet du procureur, visiblement exaspérées, ont demandé aux dirigeants du FPI de « mener des actions politiques » s'ils veulent voir libérer leur camarade dont la détention à la Police criminelle est purement politique et ordonnée par Hamed Bakayoko. En attendant, Kata Kété pourrait être déféré aujourd'hui à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Le Nouveau Réveil n'a-t-il pas raison d'avoir inventé ces propos ? Comment peut-on, raisonnablement, qualifier un Etat dans lequel l'honnête citoyen peut être arrêté de la sorte?


Didier Depri, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du vendredi 18 novembre 2011.


didierdepri@yahoo.fr


Source:
INFO D'ABIDJAN

vendredi, 18 novembre 2011

CHEZ NOUS, LES MAIRES, ON LES NOMME

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A Mankono, département situé dans le centre-nord de la Côte d'Ivoire, le maire de cette localité, Mme Enise Kanaté, a été destituée par un arrêté du ministre de l'Intérieur, M. Hamed Bakayoko, daté du 1er octobre 2011. Mme Enise Kanaté a été remplacée par Mme Dosso Kossara, son 4ème adjoint, comme cela s'est fait, depuis le changement de régime en Côte d'Ivoire, dans plusieurs autres communes, notamment à Gagnoa, à Divo, à Guiglo, à... L'installation officielle de Mme Dosso Kossara a eu lieu le mardi 11 octobre, sous les auspices du préfet du département.

Jointe au téléphone, quelques instants après la cérémonie d'installation officielle de sa remplaçante, Mme Enise Kanaté a déclaré :

« Ce qui se passe là sous nos yeux, je le perçois comme un affront et un abus d'autorité du ministre de tutelle et je refuse de m'y soumettre. J'accuse le ministre Hamed Bakayoko de piétiner le droit, pour faire plaisir à des partisans. Je persiste et je signe : je suis le maire de Mankono, je demeure le maire de Mankono. C'est un abus d'autorité. Le droit doit être dit. Je ne me reconnais pas dans son arrêté qui nomme un intérimaire, sans me démettre. Je n'étais pas à mon poste à Mankono, certes, parce que ma sécurité était menacée. J'ai été malade. J'étais à Abidjan pour des raisons sécuritaires et j'ai écrit à mon premier adjoint pour qu'il assure mon intérim. De plus, au moment où le ministre Hamed Bakayoko prenait l'arrêté, j'étais à Mankono, depuis près de 40 jours. J'étais donc à mon poste et je demeure à mon poste... Si le ministère de l'Intérieur n'annule pas l'intérim qu'il a créé, il y aura désormais deux maires à Mankono. Si Hamed Bakayoko veut mettre le feu à Mankono, il y aura le feu... ».

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Rappelons que Mme Enise Kanaté est une ancienne élue du RDR, qui a fait défection pour créer son propre parti le « Congrès démocratique de Côte d'Ivoire » (CODEMCI) et s'est alliée à Laurent Gbagbo qu'elle considère comme un symbole de liberté pour l'Afrique, mais aussi de dignité pour les Ivoiriens. A l'époque, Mme Enise Kanaté avait animé une conférence de presse, sur le thème « Pourquoi je quitte le RDR pour le FPI », pour dire les raisons de son départ de sa famille politique initiale.

Militante de première heure au RDR, son premier parti politique depuis 1994, Mme Kanaté a fait d'énormes progrès dans ce parti pour se retrouver membre du bureau politique, mais surtout commissaire politique de sa localité d'origine. Mais, elle s'est trouvée fort dépitée des positions du RDR depuis la rébellion du 19 septembre 2002. Pour elle, qui s'est « engagée dans la politique pour le bien-être des populations, et en particulier pour le développement dans sa région », il est impensable que certains acteurs de la crise ivoirienne, notamment ceux du RDR, applaudissent la rébellion.


N'étant pas en phase avec cette position, Mme Kanaté a d'abord opté pour une année sabbatique de réflexion, avant de se décider, finalement, à quitter le RDR. Mais, plutôt que de se retirer définitivement de la vie politique, elle a choisi de déposer ses valises au Front populaire ivoirien (FPI) dont les dirigeants, dit-on, n'ont pas hésité à lui ouvrir les portes.

Ceci, dit-on, pourrait expliquer cela. Mais, si tel était le cas, alors, sommes-nous dans un état de droits, du moins dans un régime démocratique ?

Jean-René Bi Vannier

Paru dans
Le Filament N°15


Source: LE FILAMENT MAGAZINE

jeudi, 10 novembre 2011

8 PROCHES DE GBAGBO LIBERES HIER

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L'audience à huis-clos, hier au Palais de justice d'Abidjan, a pris des allures d'un accouchement difficile. Une délivrance dans la douleur qui aura finalement rencontré la déception des avocats ayant introduit une demande de liberté provisoire en faveur des personnalités enfermées jusque-là dans les prisons du régime. Et pour cause, sur les 65 requêtes introduites, seules 9 ont été examinées par la chambre d'accusation. Sur la brèche depuis plusieurs jours, les défenseurs des proches du président Laurent Gbagbo ont passé toute la journée d'hier, en compagnie des journalistes, des parents et amis des détenus, à attendre la décision finale des autorités judiciaires. Celle-ci est tombée aux environs de 18 heures. Sous la forme d'une remise en liberté de huit personnalités de l'ex-majorité présidentielle.

Ce sont, Mmes Adèle Dédi, Simone Hué Lou, Danielle Boni Clavérie, Chantal Léba, Mrs Ettien Amoikon, Kata Kéké, Georges Aman Ouégnin, et Germain Guézé, caméraman à la RTI. Le seul cas qui n'a pas recueilli un avis favorable du juge est celui de Martin Sokouri Bohui, le « monsieur élections » du Front populaire ivoirien (FPI). Du côté de la défense, même si on note une petite pointe de déception pour  le seul recalé du groupe, on garde toujours espoir quant à l'examen des 56 autres dossiers, puis l'élargissement, dans les jours à venir, d'autres personnalités.

Au FPI, si l'on salue le retour à la maison des heureux élus d'hier, personne ne s'extasie devant le geste de décrispation du pouvoir. Car dans les allées de l'administration ''bleu et blanc'', on attend beaucoup plus de Ouattara. A savoir la mise en liberté définitive, des cadors du parti tels que la famille Gbagbo,  Affi N'guessan, Aboudramane Sangaré, Généviève Bro Grébé, Aké N'Gbo, le gouverneur Dacoury Tabley et autres  Désiré Dallo, pour ne citer que les plus connus.

Pour rappel, dans le cadre du dialogue républicain qu'il a instauré depuis quelques jours avec le FPI, le pouvoir avait promis faire un geste de décrispation à l'effet de permettre aux partisans du président Laurent Gbagbo d'entrer en piste pour les élections législatives annoncées pour le 11 décembre prochain. Et cela sous la pression de la communauté internationale qui redoute un scrutin bancale et peu fiable en l'absence des « frontistes » ivoiriens. La Côte d'Ivoire qui garde encore  les séquelles de la crise post-électorale retient son souffle en attendant la décision finale du FPI quant à une participation ou non aux législatives. La mesure d'hier se veut un gage de la bonne foi du locataire du palais présidentiel. La direction du FPI avisera.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 94 du jeudi 10 novembre 2011.

 

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LIBERATION SUITE


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Le ministre Dogo Raphaël (handicapé moteur) a été libéré.

 

Selon Me Gouaméné Hervé, douze (12) autres personnes détenues par le régime de M. Ouattara viennent d'être mises en liberté provisoire. Il s'agit de : Diabaté Bêh, Niamien Yao, Boguhé Serge Michel, Dogo Raphaël, Koudou Simon, Boli Bi Toto Jérôme, Sinsin Guy-Roland, Koudou Constant, Koné Boubacar, Bohui Armand, Dassé Jean Martin, Guézé Kanon Germain. Ce qui porte à 20 le total des personnes libérées, hier.

 

Source: Facebook Alain Toussaint

dimanche, 06 novembre 2011

COTE D'IVOIRE: PRESIDENT CHERCHE LEGITIMITE


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« C'est la démocratie. Si tous les trois grands  partis y participent tout comme les autres, ce serait une bonne chose. » Ces propos, le chef de  l'Etat les a tenus, lundi dernier, au terme de l'entretien qu'il a eu ce jour-là avec Aimé Henri Konan Bédié, le grand manitou du Pdci-rda et par ailleurs, président de la conférence du RHDP. Cet appel du pied, fait en direction des partisans du président Laurent Gbagbo, à l'effet de convaincre ses derniers pour tenir effectivement leurs places à la course aux législatives, n'est pas le premier du genre.

D'ailleurs aucune tribune n'est de trop pour le chef de l'Etat pour aborder le sujet. La semaine dernière alors qu'il séjournait à Paris, l'homme est revenu sur la question. Il est même allé plus loin en proposant d'offrir un poste de vice-président, à la commission centrale de  la CEI, au FPI.

Dimanche dernier, depuis l'aéroport FHB de Port-Bouët, le  champion du Rhdp au second tour de la présidentielle a encore fait part de la grande tristesse ( ?) qui l'étreint rien qu'à l'idée de penser à une non participation des camarades du président Laurent Gbagbo aux législatives de la mi-décembre 2011. Et lundi dernier, pendant que Ouattara s'ouvrait à son aîné Bédié, le ministre Hamed Bakayoko, l'un des securocrates du régime, reprenait langue avec une délégation de l'ex majorité présidentielle (FPI et CNRD), dans le cadre du « dialogue républicain. » En sept mois de gouvernance, bientôt, c'est la première fois que le locataire du palais présidentiel se montre aussi soucieux de la vie et même de la marche des socialistes ivoiriens, allant jusqu'à leur conseiller de ne pas commettre la même erreur que le Rdr en 2000.

En somme, un intérêt de dernière  minute qui suscite bien d'interrogations. Dans  les allées de la maison Fpi, cette subite sympathie est vue comme un piège tendu par le pouvoir pour l'accompagner et donner ainsi du crédit à la prochaine course à l'hémicycle. Cet avis est partagé par nombre d'observateurs de la scène politique nationale, qui y voient une recherche de légitimité pour Ouattara. Même son de cloche chez ''le pays'', le quotidien pro gouvernemental burkinabé, qui note que ce serait un mauvais coup de canif porté à la légitimité du chef de l'Etat ivoirien, que d'aller à ces élections sans le Fpi. Un parti, qui à la lumière des résultats controversés de Youssouf Bakayoko, pèse au moins 46% des suffrages exprimés.

Pour mémoire, le front populaire ivoirien réclame avant toute participation à une quelconque élection, la libération de ses cadres emprisonnés, à commencer par le président Laurent Gbagbo, le rééquilibrage de la CEI, une correction du nouveau découpage électoral, la garantie de la sécurité à ses militants et le retrait des FRCI des villages, pour ne citer que les principales revendications. Sur le sujet, des sources gouvernementales indiquent  que le régime se prépare à faire un geste allant dans le sens de la décrispation politique, à savoir, l'élargissement de certains prisonniers en dehors du couple Gbagbo, annoncé pour cette fin de semaine. Une mesurette aux yeux des partisans de l'ex chef de l'Etat.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 90 du vendredi 4 octobre 2011.

lundi, 31 octobre 2011

A PROPOS DES ELECTIONS LEGISLATIVES, LE FPI REPOND A ALASSANE OUATTARA


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C’est apparemment un dialogue de sourds entre la Front populaire ivoirien et le pouvoir à propos des élections législatives prévues pour le 11 décembre. Interrogé par les journalistes en France, le chef de l’Etat Alassane Dramane Ouattara a déclaré qui a pris « un décret pour accroître le nombre de vice-présidents de la commission électorale indépendante (CEI) afin que le Fpi puisse y siéger ». Selon lui, cet acte devrait rassurer le parti de Laurent Gbagbo qu’il invite à mettre à profit la prorogation de la date de dépôt des candidatures pour s’engager dans le processus électoral.

Mais pour le Fpi, Alassane Ouattara est totalement à côté de la plaque. « Nous ne négocions pas notre droit », réagit M. Tapé Kipré qui soutient que dans le fonctionnement de la CEI, le pouvoir et l’opposition ont droit chacun à deux vice-présidences. Pour lui donc, il ne s’agit nullement pour le Fpi se satisfaire d’une vice-présidence à laquelle il a droit. M. Tapé indique que l’idée de base qui a présidé à la mise en place de la CEI, « c’est l’équilibre qui crée la confiance». Il rappelle que la première fois que cet équilibre a été rompu, c’est quand l’UDCY, la parti de Mel Théodore a rejoint le camp de Laurent Gbagbo. A cette époque l’opposition d’alors représentée par le RDR, le PDCI et leurs allés, avait crié fort et avait obtenu un rééquilibrage de la représentation des parties. « La CEI est un acquis démocratique de la Côte d’Ivoire, elle ne fait pas partie des victoires militaires », rappelle Tapé Kipré qui appelle le pouvoir et l’opposition à s’asseoir pour déterminer comment rétablir l’équilibre qui toujours prévalu. Il s’étonne d’ailleurs que M. Ouattara ne retienne qu’une affaire de vice-présidence de la foule de revendications déposées par le Fpi et ses alliés.

Augustin Kouyo


Source: NOTRE VOIE

vendredi, 07 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA DEMANDE A ACCRA D'ARRETER DES IVOIRIENS REFUGIES AU GHANA


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200.000 Ivoiriens ont fui la Côte d'Ivoire meurtrière et justicière d'Alassane Ouattara pour avoir un repit et retrouver un peu de paix. Il faut encore que Ouattara aille au Ghana les tourmenter avec des mandats d'arrêt et des menaces à peine voilée. Quel coeur a-t-il donc? Quel sens a-t-il de l'hospitalité? "Rentrez, le pays est désormais en paix. La Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit". Quelle paix et quel Etat de droit, entre nous soit dit? Une paix et un Etat de droit faits de crimes, d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances? Pauvre de toi, ma Côte d'Ivoire bien-aimée! Tu es morte, le jour où cet homme a pris le pouvoir. Requiem pour une nation en déliquescence.


Le président ivoirien Alassane Ouattara a demandé jeudi à Accra d'arrêter des Ivoiriens réfugiés au Ghana, terre d'exil de nombreux proches du chef d'Etat déchu Laurent Gbagbo, dont certains coulent des jours paisibles malgré des mandats lancés par Abidjan.

Arrivé dans la capitale ghanéenne dans la matinée, M. Ouattara s'est entretenu avec son homologue John Atta Mills et a rencontré la communauté ivoirienne du Ghana avant de repartir en début de soirée, ont constaté des journalistes de l'AFP.


Selon une déclaration conjointe des deux présidents, M. Ouattara "a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise postélectorale ivoirienne".


Le Ghana a accepté d'étudier cette requête, ajoute le texte, et une réunion entre responsables de la sécurité des deux pays devrait bientôt se tenir à Abidjan.


Il s'agissait du premier voyage officiel de M. Ouattara chez son voisin de l'est, près de six mois après la fin de la crise née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts selon l'ONU.


Des milliers d'Ivoiriens se sont réfugiés au Ghana, parmi lesquels de nombreux partisans du président déchu Laurent Gbagbo.


Un accord tripartite prévoyant le rapatriement des exilés a été signé jeudi par le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, lors d'une cérémonie en présence de MM. Atta Mills et Ouattara.


S'adressant à quelque 1.500 compatriotes rassemblés dans un centre de conférence d'Accra, Alassane Ouattara a lancé un appel pour qu'ils "rentrent au pays" désormais "en paix".


"Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon (...) N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit", a-t-il lancé.


"Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive", a-t-il assuré.


Une délégation de personnalités pro-Gbagbo réfugiées au Ghana devait participer à la rencontre, mais elle est repartie peu après son arrivée au centre de conférence, semble-t-il après avoir constaté qu'elle n'aurait pas d'entretien particulier avec le président, contrairement à ce qu'elle prévoyait.


Alors que des dizaines de figures du régime déchu, dont Laurent Gbagbo lui-même, sont détenues en Côte d'Ivoire, des cadres politiques et d'anciens militaires de son bord se sont installés à Accra.


Une "Coordination du Front populaire ivoirien (FPI, parti de M. Gbagbo) en exil" a ainsi été montée, sous la direction d'Assoa Adou, un ancien ministre.


Le porte-parole de l'ex-chef d'Etat, Justin Koné Katinan, qui fut son ministre du Budget en pleine crise, signe ses communiqués virulents depuis la capitale ghanéenne.


Dans la matinée, M. Katinan avait estimé auprès de l'AFP que la rencontre avec M. Ouattara serait "une occasion pour exposer nos souffrances et ce que nous attendons des nouvelles autorités ivoiriennes".


L'activisme à ciel ouvert du camp Gbagbo à Accra agace le nouveau régime ivoirien, avaient indiqué des sources concordantes avant la visite.


"Ce qui irrite le pouvoir, c'est surtout le fait que des pro-Gbagbo se baladent à Accra alors que des mandats d'arrêt ont été émis par la justice ivoirienne à l'encontre de certains d'entre eux", avait expliqué à l'AFP une source diplomatique occidentale.


"Ouattara vient mettre la pression sur Atta-Mills", avait-elle estimé avant la visite.


A Abidjan, on en veut particulièrement au toujours influent Jerry Rawlings, ex-président ghanéen et proche de Laurent Gbagbo, soupçonné de jouer un jeu ambigu depuis la crise et de protéger les pro-Gbagbo.


Lu sur ABIDJAN.NET


Source : AFP

mercredi, 06 octobre 2010

POUR UNE APPROCHE INTELLECTUELLE DES SORTIES DE MAMADOU KOULIBALY

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Bien qu'étant l'un des dirigeants les plus charismatiques du FPI, il n'en est pas un membre fondateur ; il a rejoint le bateau socialiste de Laurent Gbagbo sur le tard. Mais, sans se ménager, avec un engagement sans calcul, il s'est jeté dans le combat pour l'avènement d'une nouvelle Côte d'Ivoire. Partisan de la réflexion et de la production intellectuelle, il a offert à son parti sa vision du développement, ses connaissances en matières économiques, ses idées de la politique. Au début de la guerre ivoirienne, Koulibaly a été le premier à prophétiser sur la durée de la crise et à présenter la France comme l'hydre contre lequel nous nous battons, préparant ainsi les esprits à la résistance et à l'endurance. Lors des accords de Marcoussis, face à la sorcellerie du coq gaulois incarnée par le juge Mazeaud, il a superbement claqué la porte pour marquer son désaccord avec le néo-colonisateur. En novembre 2004, lorsque les sbires de la France Chiraquienne, ont décidé d'assommer l'ordre constitutionnel, il a, sous l'emprise d'une inspiration céleste, courageusement réuni Mathias Doué, Cema de l'armée ivoirienne  et le General Poncet, Cema de la licorne et leur a fait déclarer sur les antennes nationales qu'ils n'étaient pas dans une logique de coup d'état. Cette rencontre épique a participé à décrisper l'atmosphère d'affrontement sanglant qui planait sur le pays. Parallèlement, l'intellectuel qu'il est a produit des ouvrages pour proposer ses réflexions sur la crise en vue d'éclairer la masse. Ces repères précités visent simplement à montrer la sincérité et le degré d'engagement du professeur Mamadou Koulibaly en faveur de son pays.

Toutefois l'imminent économiste est plus qu'un David armé d'une fronde destinée à abattre l'ennemi. Mamadou Koulibaly mène de surcroit un combat introverti, interne, le plus difficile, le plus embarrassant. C'est le guetteur, le veilleur qui flétrit les dérives internes au parti, qui débusque les pratiques honteuses des camarades, qui dénonce les filouteries des abonnés aux indélicatesses, heurtant les susceptibilités, bousculant les intouchables. Dans une contribution étincelante publiée par Fraternité-matin « les blues de la république », il avait, dans une logique d'autocritique, stigmatisé les déviations de la ligne socialiste auxquelles s'adonnent certains barons de son parti. Il avait par le biais du néologisme «la « rebfondation », dénoncé l'état hybride dans lequel se trouvait le pays, cause de tous les maux. Prenant souvent à contrepied la ligne officielle du parti, Koulibaly  a été vu ou même présenté comme un agent double, un rebelle infiltré dans la refondation ou du moins un militant indiscipliné. Lors de la crise dénommée « l'affaire Tagro » dont il a été l'instigateur, incompris, il a subi le courroux de ses camarades et même de ses admirateurs. Des articles ont même été pondus pour le salir et le tuer politiquement. Malgré cette contre-offensive, le professeur est resté égal à lui-même : simple, honnête, véridique. De nombreux ivoiriens le présentent comme « un vrai socialiste ».

La question que nous nous posons est la suivante : Mamadou Koulibaly est-il véritablement compris ? A l'instar de « l'albatros » de Baudelaire, ne parait-il pas « veule et maladroit » dans l'arène politique à cause justement de « ses ailes de géant » ? Au lieu de tancer « l'enfant terrible d'Azaguié » n'est-il pas légitime de réfléchir sereinement sur ses intentions et ses motivations ?

Dans les œuvres dramatiques anciennes européennes inspirées des intrigues des cours royales, il y a un personnage appelé « Le Fou » dont le rôle est de dénoncer en toute impunité (parce qu'il est considéré comme un malade mental) les dérives de la cour. Si le professeur jouit de toutes ses facultés mentales et intellectuelles, son rôle n'est pas loin de celui de ce personnage de théâtre. Mamadou Koulibaly n'est pas un naïf : il sait où il va ; il sait ce qu'il recherche. Homme politique de conviction, il est attaché à des valeurs et à des principes. N'écrit-il pas dans son livre Les Servitudes du Pacte Colonial que nous avons plus besoin « des hommes de conviction que des hommes d'ambition » si nous voulons sortir notre pays de la gadoue de l'indignité ? Pour lui, il faut  que la politique reste saine et surtout que les animateurs ou militants de son parti restent attachés aux idéaux fondateurs du parti auxquels ils se sont nourris et promis de mettre en œuvre. La soif de Koulibaly c'est la justice, c'est la transparence, c'est la rigueur, bref c'est la bonne gouvernance. Avec la crise, nous avons assisté à un pourrissement du socle moral de la république. Conjugué avec la pression de la France carnassière, des refondateurs « bon teint » ont cru à un moment donné, surtout à partir de novembre 2004, que Laurent Gbagbo allait tomber. Conséquence inéluctable : la majorité s'est mise à se mettre plein la poche dans l'intention d'assurer leurs arrières au cas où le pire se produisait.

Devant ces dérives fallait-il se taire au nom de la discipline du parti ? Le président de la république, occupé à chercher des voies heureuses de sortie de crise, le bateau était exposé à toutes les gourmandises. Dans ces conditions, seule une voix charismatique, intrépide pouvait sauver le bateau. Le silence, l'abdication ou le suivisme, à ce moment-là, auraient pu nous conduire inéluctablement dans un mur. Il suffisait que tous les militants décident de faire comme tout le monde pour que notre pays suive le chemin irréversible de la décrépitude. Mamadou Koulibaly a joué le rôle qui urgeait tout au long de la crise. Un rôle ingrat, harassant qui pouvait aboutir à la marginalisation, au rejet, au mépris, mais ce rôle, il fallait que quelqu'un le joue. Mamadou Koulibaly a « porté la cognée dans ce bois mort, allumé l'incendie dans la brousse stérile » ( in Ethiopiques, Chaka, L. Sédar Senghor, éditions Point). Afin que tous ne succombent pas à toutes les tentations qu'offre la guerre, afin que les valeurs socialistes soient préservées. Nous avons besoin que le cocorico qui nous réveille vienne de notre basse-cour. Nous avons besoin qu'un des nôtres fasse retentir la trompette, frappe sur la table pour que nous nous n'endormions pas. Pour nous rappeler nos idéaux et ce que nous avons promis pour la CI. Le parti de Laurent Gbagbo étant un front, tous les militants ne peuvent pas avoir la même vision de la politique. La pensée unique et l'unanimisme sont aux antipodes des valeurs sacrées du FPI.

Si Mamadou Koulibaly a subi de nombreuses attaques, c'est parce que sous les tropiques, on pense que la politique est un terrain où doivent régner comme des règles célestes la langue de bois, le double langage, l'hypocrisie, la mauvaise foi etc. Quand la politique devient le lieu de la confrontation des idées et des mots, de la transparence et de la liberté d'opinion, elle devient intéressante et favorise l'élévation à tous les niveaux. Il faut que nous acceptions le débat interne car il permet de surmonter les contradictions et d'avancer. Lorsqu'un militant met en cause la gestion d'un autre militant, son intention n'est point de le salir ou de fragiliser le parti. Bien au contraire, le parti gagne en vitalité. En outre, l'autocritique désarme l'adversaire car elle lui enlève tous les points sur lesquels il avait préparé ses attaques.

Mamadou Koulibaly est le rayon de soleil qui nous permet de voir nos salissures ; c'est l'œil tapis dans l'ombre qui nous regarde et nous rappelle que malgré la pénombre, ce que nous faisons sera révélé au grand jour. Le professeur est le genre de militant dont a besoin un parti qui veut grandir. Après le choc, les sauts d'humeur et les crises d'émotion, nous devons maintenant nous interroger si notre parti n'avait pas besoin de ce traitement de choc pour sa propre survie. Au moment où les clameurs se sont tues, nous proposons une approche intellectuelle et sympathique des sorties de Mamadou Koulibaly. Ses méthodes ne plaisent pas et ne peuvent pas plaire à tous, mais elles ont l'avantage de réveiller toutes les valeurs nobles auxquelles nous nous sommes nourris. Son intention n'est pas différente de celle du Roi Christophe quand il s'écrie : « J'ai voulu leur donner la faim de faire et le besoin d'une perfection » (in La Tragédie du Roi Christophe, A. Césaire, Présence Africaine, P. 138). Peut-on reprocher au prophète Nathan d'avoir joué son rôle auprès du roi David ? Après avoir médité cette question, mettons nous ensemble, surmontons les susceptibilités pour la victoire de Laurent Gbagbo au nom de la Côte d'Ivoire.


Source : Le Blog d'Etty Macaire

00:56 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : côte d'ivoire, mamadou koulibaly, fpi, refondation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 août 2010

COTE D'IVOIRE: FPI, TRAGEDIE D'UN PARTI QUI INCARNAIT L'ESPOIR

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On a parfois besoin de vivre les faits pour y croire. Ou encore, la vie quotidienne, comme qui dirait, se révèle souvent la meilleure des écoles, voire le meilleur apprentissage. Sans cette expérience, on croit bien souvent que ce que certains disent ou racontent autour de nous n'est que du pur idéalisme ou simple utopie ou encore des fantasmes. Descendons sur terre et disons les choses plus simplement pour nous faire mieux comprendre ; n'est‐ce pas là l'une de nos nombreuses missions à travers « Le Filament » ?

Ce qui se passe aujourd'hui en Côte d'Ivoire et tout précisément au sein du parti du Président Laurent Gbagbo, nous oblige à parler, sans tabou, du futur du FPI et de la Côte d'Ivoire après l'ère Gbagbo et surtout à revenir quelques années en arrière pour réviser les leçons de philosophie pure, de philosophie politique, de science politique et même de droit que nous buvions, avec volupté, et sans penser que, un jour, nous serions des témoins et acteurs de ce que nos différents maîtres ( que, au passage, nous saluons de nous avoir ouvert les yeux et les oreilles) tentaient, contre vents et marrées, de nous faire comprendre.

Il est très important de rappeler que le Front Populaire Ivoirien (FPI) est né d'une révolte contre les pratiques politiciennes du temps du parti unique ; des pratiques socialement et économiquement dégradantes et inhumaines de l'ancien régime, le PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire) dirigé alors par le « bélier » de Yamoussoukro, M Félix Houphouët‐Boigny. Le FPI est né aussi de la volonté et dans le but de « gouverner autrement la Côte d'Ivoire » (Lire à ce sujet « Propositions pour gouverner la Côte d'Ivoire» de Laurent Gbagbo). Et donc « gouverner autrement la Côte d'Ivoire », tel est le slogan qui, comme le « Yes we can » de Barack Obama, a conduit le peuple ivoirien à prendre le risque de porter M. Laurent Gbagbo au pouvoir, en acceptant ou en faisant les sacrifices exigés, allant de la perte du gagne‐pain jusqu'à la perte de la vie (Kpéa Domain, par exemple). Tout le monde le sait, des foyers ont été disloqués ; des légions remplies d'espérance ont été brisées, des ressortissants de certaines régions du pays ont été frappés d'ostracisme, purement et durement, de la part des dirigeants du PDCI ; et ce, parce qu'ils avaient épousé les idéaux véhiculés ouvertement par le discours nouveau ou inédit de Laurent Gbagbo et ses camarades.

En effet, Monsieur Laurent Gbagbo promettait de changer, radicalement et positivement, la condition de vie des Ivoiriens et des Africains. A ce propos, il disait : « J'ai les hommes et les femmes pour gouverner la Côte d'Ivoire autrement » ou encore « Je mets les pieds là où je connais », autrement dit, je viens en homme d'expérience, j'ai un programme pour gouverner, contrairement à mes prédécesseurs, etc. Nous ne croyons pas qu'il ait une seule fois dit qu'il venait au pouvoir pour empirer la situation des Ivoiriens. C'est pourquoi au vu de la situation exécrable, déliquescente et nauséabonde qui prévaut aujourd'hui au sein du FPI, et partant en Côte d'Ivoire, nous ne pensons pas que M. Laurent Gbagbo devrait être, n'en déplaisent à certains, épargné de nos critiques. Il est le chef du village, il est donc entièrement responsable, comme l'étaient hier M. Houphouët‐Boigny et M. Konan Bédié, de l'ivresse et de la folie devenues quotidiennetés de la part de ces hommes et de ces femmes en qui il a placé sa confiance. N'est‐ce pas lui qui répétait que, pour guérir une plaie, il faut percer l'abcès ? Alors pourquoi s'émouvoir lorsque son nom apparaît dans une quelconque analyse ou une critique ? Simplement, arrêtons de donner raison à Senghor qui avait du mal à supporter la couleur de sa peau et qui, sans conscience, disait : « La raison est hellène et l'émotion est nègre ». Dépassons le culte de la personne, battons‐nous pour la dignité du Noir, et de l'Africain en particulier. Que les « Gbagboïstes » voient plus loin que le bout de leur nez et qu'ils placent la Côte d'Ivoire au centre ou au‐devant de leur vision politique.

Aujourd'hui, lorsque nous jetons un regard froid sur la situation qui prévaut au sein du FPI et sur celle de toute la nation ivoirienne, nous sommes obligés de conclure, sans ambages, que le train des rêves sur lequel des millions d'Ivoiriens ont embarqué, s'est transformé en un minuscule wagon de cauchemars, voire en un coma politique et socio‐économique. Au FPI, de l'idéalisme socialiste prometteur, l'on est tombé dans un « matérialisme » vagabondant, nauséabond , du moins dans une aristocratie éhontée qui écrase l'Ivoirien, qui conforte la pauvreté et la misère, au point de contraindre les autres Ivoiriens à vivoter ou à se prostituer dans les écoles, sur les lieux de travail, voire dans les toilettes des immeubles aux murs verdâtres et lézardés d'Abidjan et d'ailleurs.

C'est vrai que la France fasciste continue de livrer une guerre farouche d'intérêts à la Côte d'Ivoire, depuis que Laurent Gbagbo a décidé de « gouverner autrement ». Mais, nous disons : assez ! « La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire », pour parler comme le Président de l'Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, ne doit pas cacher la gangrène dans laquelle la nation ivoirienne est plongée, purement et simplement par les agissements des hommes et des femmes du FPI. Leur attitude renvoie à l'idée, du moins porte à convaincre qu'ils sont venus au pouvoir pour voler, pour piller, pour détourner les deniers publics, pour se bâtir des châteaux, pour faire de leurs enfants les seuls méritants du pays et les seuls aptes à faire de bonnes études, et ce, dans les écoles et institutions les plus prestigieuses et non moins coûteuses dans les pays occidentaux.

Pour conclure cette première partie, nous disons que la Côte d'Ivoire est très riche et que sa modeste superficie ne constitue pas un obstacle pour son développement, ni pour le bien‐être des Ivoiriens. Le seul problème ou l'un des obstacles est la course effrénée et illégale vers l'enrichissement rapide qui fait fi de toute loi morale et de toute logique, qui nous éloigne des promesses d'hier, qui nous pousse au désespoir, plutôt qu'à l'espoir. (A suivre)


Sylvain de Bogou,

Directeur de la Rédaction, Le Filament.

sylvaindebogou@yahoo.com

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


Prochainement :

Le FPI, un parti gangréné et aux lendemains incertains.


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15:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, fpi, le filament, sylvain de bogou, léandre sahiri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 10 juin 2010

DU BERGER A LA BERGERE: REPONSE DE MAMADOU KOULIBALY A AFFI NGUESSAN

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Non président Affi ! Tu n'as pas lu le texte de ma conférence. Ou bien, si tu l'as lu, tu ne l'as pas compris. Je suis vice-président du FPI en charge des questions gouvernementales et je suis comme tu le dis, président de l'Assemblée nationale donc député, donc chargé entre autre, du contrôle de l'activité de l'Exécutif. J'ai le sentiment d'avoir fait mon devoir de veilleur. Non Affi ! Tu ne peux pas dire ce que tu as dit sur le fond et sur la forme de mon discours, compte tenu des valeurs que prône le FPI, du projet de société du FPI et du programme de gouvernement qui ont fait que les Ivoiriens nous ont portés au pouvoir. J'espère que nous n'avons pas oublié. Je remercie le parti pour toutes ces nominations à des postes de responsabilité dont j'ai bénéficié malgré mon arrivée tardive au FPI comme le dit ton ami Tagro ; mais ne vous mettez pas en idée de me demander de ne pas les assumer. Par ailleurs, tu dis que j'aime les ONE MAN SHOW ? Suis-je le seul dans ce cas au FPI ? Regarde un peu autour de toi. Si le parti était un peu mieux géré il n'y aurait pas eu de si nombreux cas dans toutes nos fédérations. Le plus curieux c'est que tu ne sois pas descendu dans l'arène pour te défendre toi-même, lorsqu'à Dabou, ton autorité a été bafouée par Serges Agnero. Tu n'es pas non plus descendu dans l'arène lorsqu'à Soubré l'autorité du Secrétaire général du FPI a été défiée par Gogui Théophile. Tu n'es pas descendu dans l'arène lorsque l'autorité du Ministre d'Etat Bohou Bouabré a été contestée par le ministre Tagro à Issia / Saïoua. Et là, te voilà dans l'arène pour défendre Tagro contre Koulibaly. Est-ce cela être un homme d'Etat, et premier responsable d'un grand parti comme le FPI ? Je me demande bien quelle est la logique de cette réaction de soutien au ministre Désiré Tagro, Secrétaire national qui aurait un comportement d'homme d'Etat face à moi le mauvais vice-président de ton parti.

Quel dommage !

Je t'invite autant que toute la direction et tous les militants du FPI à lire ou à relire le texte de ma conférence. J'invite tout le parti à redevenir ce que nous n'aurions jamais dû cesser d'être : un parti politique responsable qui aspire à gouverner autrement la Côte d'Ivoire. Il ne s'agit pas de savoir où j'étais le 19 septembre 2002 au moment où Désiré Tagro défendait la République ou si depuis mon adhésion au FPI j'ai contribué à quoi que ce soit de bien pour ce parti. Car à cette allure, bientôt Désiré Tagro et ses amis se demanderont si je suis Ivoirien pour me permettre d'intervenir dans le débat national. Non ! N'allons pas dans les poubelles de la falsification de l'histoire et du révisionnisme. Et si on oubliait Mamadou Koulibaly pour revenir aux questions que les Ivoiriens et les Africains se posent ? A quand la fin de la crise pour qu'enfin nous attaquions les vrais problèmes des populations ? Ne personnalisons pas le débat. Je parle de la Côte d'Ivoire et toi tu me reproches de parler aux Ivoiriens et de leurs problèmes ? N'est-ce pas eux les souverains qui nous ont donné le pouvoir ? Peut-on oublier Mamadou Koulibaly et penser la Côte d'Ivoire ? Parlons de responsabilité morale. Parlons de responsabilité politique. Et sur ce terrain nous sommes attendus par nos concitoyens. Je ne retire rien à mes propos et je ne regrette pas de les avoir tenus. Si c'était à redire, je le redirais avec encore plus de véhémence. Les Ivoiriens ne nous ont pas élus en 2000 pour les commander mais pour les servir. Notre engagement n'était pas de gérer leur vie quotidienne mais de gouverner l'Etat. Notre loyauté ne doit pas se mesurer à l'aune de notre attachement à un chef, mais aux principes et aux valeurs qui fondent notre projet de société. Ne comptez ni sur une démission ni sur une concession de ma part.

Source: Quotidien Le Patriote du 10 Juin 2010


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Sortie de crise / Mamadou Koulibaly charge : « L'accord de Ouaga a échoué », « Tagro doit démissionner »

 

Le Pr Mamadou Koulibaly intervenait au cours d'un colloque national sur la démocratie en Côte d'Ivoire. Il a fait observer que l'accord de Ouaga qui devait mettre fin à la crise en 10 mois est aujourd'hui dans l'impasse, trois ans après sa signature.

« Inscrit initialement dans un chronogramme de 10 mois et présenté comme la clé du dénouement de la crise ivoirienne, l'APO, après 3 années de tractation, est hélas une succession d'impasses habitées par l'amertume, le doute et l'inertie », a-t-il déclaré. Tout en dénonçant l'échec de l'accord de Ouaga, le président de l'Assemblée nationale a estimé que le ministre Désiré Tagro qu'il présente comme l'artisan principal de la conception et de la finalisation de cet accord, doit démissionner. « L'APO s'est embourbé dans ses contradictions congénitales. La responsabilité du ministre Désiré Tagro est engagée, car c'est lui qui a négocié, discuté, approuvé et conseillé l'APO. L'échec patent de cet accord devrait amener le ministre Tagro à en tirer les conséquences et à démissionner. Un homme politique responsable démissionnerait. Le Président de la République devrait désigner une nouvelle équipe pour engager un véritable processus de sortie de crise », a souligné le Pr Mamadou Koulibaly dans son intervention sur le thème « Responsabilité de la classe politique devant l'opinion publique ». Faut-il le préciser, le colloque qui s'achève demain est organisé par la Convention de la société civile ivoirienne, en partenariat avec le National Democratic Institute (NDI) et FRIEDRICH EBERT STIFTUNG (FES), et a pour thème « Bilan, enjeux et perspectives de la démocratie en Côte d'Ivoire après vingt ans de multipartisme ». Selon le président du comité scientifique, le Pr Assalé, il s'agit de faire coïncider les 50 ans d'indépendance de la Côte d'Ivoire avec le véritable départ de la démocratie. Le représentant de FRIEDRICH EBERT, M. Hermann, a souhaité que ces travaux permettent une analyse approfondie et objective en vue de rendre plus performant l'exercice du multipartisme en Côte d'Ivoire. Quant au coordonnateur national de la Convention de la société civile ivoirienne, le Dr Patrick N'Gouan, il a dénoncé une « démocratie unijambiste, déséquilibrée, inefficace » ponctuée par une « mauvaise gouvernance ». D'où la forte implication de la société civile qui œuvre à renforcer « l'autre jambe » pour une « démocratie équilibrée et participative » en Côte d'Ivoire.

H. Oulaï

Source: Quotidien L'Inter du 03 Juin 2010

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23:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : côte d'ivoire, quotidien le patriote, mamadou koulibaly, affi nguessan, fpi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |