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lundi, 03 octobre 2011

COMMENT ONT-ILS FAIT POUR ARRIVER JUSQUE-LA?

 

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COMMENT ONT-ILS FAIT POUR

ARRIVER JUSQUE-LA?

 

ETONNANT NON ?!!!


Sans commentaires.

dimanche, 25 septembre 2011

LE KARACHIGATE: LE «PLUS GRAND SCANDALE DE CORRUPTION DEPUIS LA SECONDE GUERRE MONDIALE» EST ARRIVE



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L'attentat de Karachi a tué, voici bientôt 10 ans, onze Français, un jour de mai 2002. Après des années d'enquêtes, de fausses pistes, de blocages politiques, l'instruction est en passe de faire basculer la Présidence Sarkozy. Pour sa 228ème semaine à l'Elysée, Nicolas Sarkozy craint le pire et il a raison. La violence de sa réaction aux récents développements est à la mesure de la gravité de la situation: attentat, corruption, manipulation, obstruction, l'affaire est grave.


A Lyon, des chercheurs de l'Institut de physique nucléaire de Lyon auraient démonté la fameuse théorie de la relativité d'Albert Einstein: ils ont envoyé de Lyon à Milan des neutrinos «superluminiques», des particules très légères, plus rapidement que la lumière.

En Sarkofrance, c'est la République irréprochable qui a été relativisée.

Fillon, la gaffe préméditée

François Fillon a fait une gaffe. Une belle, une grosse. Jeudi, il a annoncé... une nouvelle réforme des retraites ! On croyait que la précédente, qui a été votée il n'y a pas un an, devait résoudre tous nos problèmes. Pire, Fillon s'est abrité derrière l'exigence de faire converger notre fiscalité et nos régimes sociaux avec ceux de nos voisins allemands.

Outre-Rhin, la retraite nous est annoncée à 67 ans... Dans ces raccourcis oratoires, le premier ministre oubliait de préciser l'essentiel: les Allemands n'ont besoin que de 35 annuités de cotisations pour bénéficier d'une retraite complète. La France, avec 41 annuités et demi, affiche déjà l'un des régimes les plus durs d'Europe. Vendredi matin, rétropédalage. Le secrétaire d'Etat Pierre Lellouche confie à France2 que Fillon voulait bien sûr parler de l'âge légal pour une retraite à taux plein...

Cette polémique volontaire a rapidement échoué. L'attention générale était ailleurs.

Agitation diplomatique

Nicolas Sarkozy avait préféré consacrer l'essentiel de sa semaine à s'agiter sur la scène des Nations Unies, à New-York. Avant de partir, il avait une fois rencontré son grand ami dictateur du Kazahstan, autoproclamé « père de la nation ». Le pays que dirige Noursoultan Nazarbaïev d'une main de fer a du pétrole, du gaz et de l'argent. Un client idéal. Quatre jours à peine après de grandes leçons de démocratie et d'odes au printemps arabe sur une tribune à Benghazi, le même Nicolas Sarkozy accueillait avec tous les honneurs, et une interminable déclaration commune, cet autocrate régulièrement épinglé par les associations de défense des droits de l'homme. On doit sans doute commercer avec tout le monde, on n'est pas obligé de ridiculiser l'exigence démocratique par de telles courbettes.

A New-York, Nicolas Sarkozy amusait la galerie. Son agenda était en fait très allégé. Il cherchait juste la bonne image à envoyer aux journaux télévisés français, lui sur une tribune onusienne, lui avec Barack Obama, lui avec Mahmoud Abbas. Effectivement, il a bien eu ses moments de petite gloire: un discours d'une vingtaine de minutes à l'Assemblée générale... comme 192 autres chefs d'État ou de gouvernement. Il eut aussi ses rencontres diplomatiques, mais peu nombreuses et très brèves. Et jeudi, troisième et dernière journée de son périple, il s'était consacré à un hommage à la ... Statue de la Liberté pour son 150ème anniversaire. Honnêtement, on s'en fichait un peu. Pendant quelques heures, les communicants élyséens ont même failli nous faire croire que Nicolas Sarkozy avait trouvé la solution miracle, le compromis idéal pour concilier Palestiniens et Israéliens. Quel Grand Homme ! En fait, il avait proposé un statut d'État observateur à la Palestine, une formule ... prévue dans les statuts de l'ONU. Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne, ne s'est pas démonté. Vingt-quatre heures plus tard, il demandait officiellement la reconnaissance de la Palestine dans ses frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capital. Le moment était historique, mais Nicolas Sarkozy l'a raté. Sarkozy était déjà reparti.

Jeudi soir, il fallait bien rentrer à Paris. Il y avait le feu. A distance, Nicolas Sarkozy paniquait.

Panique politique

Mardi, l'Elysée avait été informée qu'un proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, était placé en garde à vue. C'était illégal, mais bon, nous avions l'habitude. Gaubert, un « intime » a juste eu le temps de prévenir Brice Hortefeux, qui travaille désormais à l'Elysée. Le juge Renaud van Ruymbeke, en charge de l'instruction sur le volet financier de l'affaire de Karachi, a pu passer à la vitesse supérieure après les révélations de deux femmes, les semaines précédentes. L'épouse de Ziad Takieddine, divorcée le 14 septembre, et Hélène Gaubert, également séparée mais depuis 5 ans. De leurs témoignages respectifs, le juge apprend que Ziad Takieddine, un homme d'affaires proche de Nicolas Sarkozy depuis des lustres dont le site Mediapart a révélé les liens et l'entregent, et Thierry Gaubert aimaient aller en Suisse déposer ou retirer des espèces en grande quantité. Lors de son audition, Gaubert reconnait l'existence de comptes en Suisse mais nie tout retrait significatif.

Le lendemain, Gaubert est mis en examen. Un autre ami, Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur et témoin de mariage de Sarkozy en février 2008, est placé en garde à vue, son domicile et son bureau perquisitionné. Jeudi matin, Bazire est à son tour mis en examen. Les charges sont lourdes, abus de biens sociaux. Toute la presse, ou presque, fait sa une sur ce Karachigate devenu Sarkogate. Même TF1, le soir, diffusera un reportage sur les comptes de campagne truqués d'Edouard Balladur en 1995.

Nicolas Sarkozy est en rage. Cette affaire l'a toujours fait sortir de ses gonds. Le compte Twitter de l'Elysée s'affole dans l'après-midi de démentis en contre-arguments. Un communiqué de la Présidence est lâché. Le ton sent la panique, le texte est court et se termine par « tout le reste n'est que calomnie et manipulation politicienne. » Toute la journée, les ténors de Sarkofrance se succèdent pour dénoncer la « calomnie » et la « diversion », réclamer le respect de la présomption d'innocence. Nadine Morano, très en pointe, oublie qu'elle est ministre de la République et devient porte-parole du candidat Sarkozy sur les ondes radio-télévisées. Elle dénonce l'amalgame, Sarkozy n'était que porte-parole du candidat Sarkozy... Mais on s'en fiche: c'est son intervention comme ministre du budget en 1994/1995 qui nous intéresse; ou ses ventes d'équipements à la Libye ou en Arabie Saoudite, par Takieddine interposé, quand il était ministre de l'intérieur après 2002. Eric Besson explique « ce n'est pas le chef de l'Etat qui est visé, ça n'est pas lui qui est mis en examen.»

On sourit.

Accélération judiciaire

Mais le soir même, catastrophe. L'avocat des familles de victimes de l'attentat accuse Hortefeux de conversations téléphoniques avec Thierry Gaubert avant et pendant sa garde à vue. Le détail des échanges est quasi-intégralement publié le lendemain. Le scandale est d'Etat. Un ancien ministre, proche collaborateur de l'actuel président Sarkozy, s'est donc procuré le dossier de l'instruction (première faute), a prévenu un futur prévenu des charges qui allaient être retenues contre lui (seconde faute).

La procédure s'accélère. Une enquête préliminaire est ouverte sur le cas Hortefeux. Ce dernier se défend: «Thierry Gaubert a travaillé avec moi en 1994-1995, c'est resté un ami, j'étais préoccupé pour lui, j'ai entendu des rumeurs donc je l'ai appelé pour lui en faire part, savoir si c'était fondé ou pas. Point barre, c'est tout.» Jean-François Copé, qui réclamait qu'on impose un serment d'allégeance aux armes aux Français, est aussi visé. Takieddine l'a grassement invité entre 2003 et 2005. La Commission consultative du secret de la défense nationale émet trois avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents réclamés par les juges Trévidic, van Ruymbeke et Le Loir dans cette affaire. Reste aux ministères concernés de suivre, ou pas, ces recommandations. Au domicile de Thierry Gaubert, la police trouve vendredi la preuve d'un transfert de 10 millions de francs de l'un de ses comptes suisse, soit exactement la somme douteuse retrouvée dans les comptes de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

C'est la panique la plus complète. En quelques jours, quelques confessions et quelques aveux, des mois d'efforts en présidentialisation accélérée de notre Monarque ont été ruiné. Sarkozy perd tout le bénéfice de ses postures humanitaires en Libye ou protecteur en France.

Le Karachigate existe. Nous l'avons enfin rencontré. A Londres, le Guardian qualifie le Karachigate de « plus grand scandale de corruption depuis la Seconde Guerre Mondiale. »

Ami sarkozyste, où es-tu ?


In sarkofrance.blogspot.com


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 15 septembre 2011

LA POLOGNE ENVISAGE LA GUERRE EN EUROPE

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Une vue du Parlement européen.


Reuters/Vincent Kessler.

Le ministre des Finances polonais Jan Vincent-Rostowski s'alarme du "danger" qui pèse sur l'Europe, avec la crise de la Grèce. Il va jusqu'à évoquer le risque de conflit armé devant le Parlement de Strabourg.


La Pologne, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, s'alarme de la situation de l'Europe. Le ministre des Finances Jan Vincent-Rostowski va même jusqu'à envisager la possibilité d'un retour de la guerre sur le vieux continent. "L'Europe est en danger", a-t-il déclaré ce mercredi dans un discours aux accents dramatiques, devant le Parlement européen à Strasbourg. Des propos qui interviennent au moment où les responsables de l'UE ne cessent de mettre en garde contre le risque d'echec du projet européen tout entier face à la crise de la dette.

"Si la zone euro se fissure, l'Union européenne ne sera pas capable de survivre, avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer", a ajouté le ministre polonais. Il a ensuite raconté s'être récemment entretenu avec un ami banquier qui lui a fait part de sa crainte d'une "guerre au cours des dix prochaines années". "Une guerre! Mesdames, messieurs ce sont les termes qu'il a employés", s'est exclamé M. Vincent-Rostowski, ajoutant que son interlocuteur s'était dit "inquiet" et avait "bien l'intention de demander la carte verte pour ses enfants pour les Etats-Unis".

Interrogé sur ces propos lors d'une conférence de presse peu après, le ministre a indiqué avoir "seulement voulu souligner le caractère sérieux de la situation", afin que les responsables "prennent conscience de l'ampleur de la crise de la zone euro", laquelle pourrait conduire à des "situations inimaginables" et à un "très grand danger".

"Le défi le plus grave de cette génération"

Le projet européen a été lancé dans les années 1950 en grande partie pour éviter une nouvelle guerre entre la France et l'Allemagne et éviter une troisième guerre mondiale. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est montré lui aussi préoccupé. "Nous sommes confrontés au défi le plus grave de cette génération, c'est une lutte pour l'avenir politique de l'Europe, pour l'intégration européenne en tant que telle", a-t-il dit devant le Parlement. A terme, la zone euro doit accélérer son intégration économique, selon M. Barroso. "Une intégration approfondie fait partie de la solution" mais "elle ne se fera pas du jour au lendemain", a ajouté le chef de l'exécutif européen.

Son commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, a, lui, mis en garde contre un défaut de paiement ou une sortie de la zone euro de la Grèce, estimant que cela aurait des "coûts dramatiques" pour le pays, l'Europe et le monde entier.

Bientôt une étude sur les euro-obligations ?

La Commission a réaffirmé vouloir prochainement présenter une étude sur les options possibles en vue de créer des euro-obligations, ce mécanisme de mutualisation des dettes entre pays de la zone euro, présenté par ses promoteurs comme le seul moyen de régler durablement la crise. " Certaines pourront être mises en oeuvre dans le cadre du traité (européen) actuel, d'autres nécessiteront un changement de traité", a-t-il précisé. Les euro-obligations sont refusées par le gouvernement allemand, qui y voit un encouragement au laxisme budgétaire. La France n'y est pas opposée sur le principe, mais l'exclut dans l'immédiat.

Sur le fond, M. Barroso a critiqué la tendance actuelle des grands Etats - France et Allemagne en tête - à vouloir régler la crise de la dette et réformer la gouvernance de la zone euro entre eux, en gardant les leviers de décision et en impliquant le moins possible la Commission et le Parlement européens. "Renationaliser les décisions de la zone euro n'est pas la bonne méthode", a-t-il jugé. Seule la méthode "communautaire", européenne, permettra de résoudre les problèmes à ses yeux.

 

Sur le même sujet:


Source : L'EXPANSION.COM

lundi, 12 septembre 2011

BOURGI: «J'AI VU CHIRAC ET VILLEPIN COMPTER LES BILLETS»


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L'avocat Robert Bourgi, successeur de Jacques Foccart, révèle vingt-cinq ans de pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d'Afrique.



L'ex-numéro deux du régime du président déchu Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire a affirmé dimanche que quelque trois millions d'euros avaient été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne électorale du président français Jacques Chirac en 2002. Ces déclarations de Mamadou Koulibaly, actuel président de l'Assemblée nationale, vont dans le sens des accusations de l'avocat français Robert Bourgi, conseiller officieux pour l'Afrique du président français Nicolas Sarkozy.


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Robert Bourgi a parfaitement raison, il y a eu un transfert d'argent entre Laurent Gbagbo (2000-2011) et Jacques Chirac, en 2002" a déclaré M. Koulibaly, faisant état "d'environ deux milliards de FCFA (environ trois millions d'euros) transportés d'Abidjan vers Paris par valise". "J'ai dit au président [Laurent Gbagbo] que nous étions un pays pauvre et que nous n'avions pas d'argent à financer des élections d'hommes politiques de pays riches", a-t-il expliqué. Mamadou Koulibaly a ajouté avoir "rencontré Robert Bourgi à la table de Gbagbo en 2002, venu solliciter de l'aide en vue d'un financement de la campagne présidentielle en France".

"Quand on veut faire de la politique, on est généreux"


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Monsieur, vous êtes jeune, quand on veut faire de la politique, on est généreux", lui aurait répondu Robert Bourgi devant son opposition. Robert Bourgi a affirmé au Journal du dimanche qu'il avait "participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac" et qu'il avait également remis des fonds occultes à Dominique de Villepin, ex-Premier ministre français.

Lire ci dessous l'interview intégrale de Robert Bourgi:

Pourquoi prendre la parole aujourd'hui?

Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu'un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j'observe, je lis et j'entends les commentaires de ce dernier sur l'enquête de Pierre Péan. Trop, c'est trop. À 66 ans, j'en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale... J'ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n'ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu...

J'ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d'un ami, de quelqu'un que l'on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m'a chassé. Oui, il m'a déçu. N'est pas de Gaulle qui veut. L'entendre donner des leçons, lui que je connais de l'intérieur, m'exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?

En mars 1997, le jour de l'enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m'appelle et me dit qu'il m'attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l'Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin... Et souhaite que je l'initie à ce que nous faisions avec le "Doyen", comme j'appelais Foccart.

C'est-à-dire?

Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d'État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j'ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

Directement?

Oui, bien sûr. C'était toujours le soir. "Il y a du lourd?" demandait Chirac quand j'entrais dans le bureau. Il m'installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n'aime pas la bière, je m'y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n'y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu'à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L'argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C'était en 1995. Il m'avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le "Doyen" m'avait dit que cela s'était passé "en présence de Villepinte", c'est comme cela qu'il appelait Villepin. Foccart ne l'a jamais apprécié... Et c'était réciproque.

Pourquoi?

En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l'Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le "Doyen" en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d'argent de Foccart venant d'Afrique?

Incalculable! À ma connaissance, il n'y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d'avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela...

Je sais ce que je dis. Je sais ce que j'ai fait.

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?

Je l'ai présenté aux chefs d'État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la "moralisation"... Je leur ai dit que c'était une décision du "Grand", autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s'y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire... Il m'appelait "camarade" et s'est mis à m'offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?

Elles n'ont jamais cessé. À l'approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m'a carrément demandé "la marche à suivre". Il s'est même inquiété. C'est sa nature d'être méfiant. Je devais me présenter à l'Élysée sous le nom de "M. Chambertin", une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d'État africains - Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) - ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l'affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d'État africains...

C'est l'exacte vérité. Un exemple qui ne s'invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j'étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l'idée, "connaissant Villepin comme un homme de l'art", a-t-il dit, de cacher l'argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu'à l'Élysée. C'est la seule fois où j'ai pu me garer dans la cour d'honneur! C'était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l'Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction... Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : "Blaise déconne, c'est encore des petites coupures!"

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n'a jamais eu vent de ces espèces...

Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C'est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002...

Oui. Il m'avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j'avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m'a dit : "On donnera pareil alors." Il est venu à Paris avec l'argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J'ai eu l'idée de les emballer dans une affiche publicitaire d'Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l'Élysée, en compagnie d'Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l'affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir...

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d'espèces?

Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l'Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j'étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j'étais en retard. Bongo, qui m'appelait "fiston" et que j'appelais "papa", m'avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m'a fait passer par les sous-sols de l'Élysée. J'avais un gros sac de sport contenant l'argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l'Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu'il contenait. Ce jour-là, j'ai pensé au Général, et j'ai eu honte.

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l'Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?

Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d'Orsay, à l'Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau "donateur", le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J'ai organisé un déjeuner au ministère de l'Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d'euros. Parfois, Dominique sortait directement l'argent devant nous, même si je venais accompagné d'un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l'anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu'il l'ouvre en lui donnant le code de la serrure... Une autre fois, lorsqu'il était à Matignon, Villepin s'impatientait parce que l'ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d'euros. "C'est lourd", disait-il... en frôlant l'infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de "moralisation de la vie publique"...

Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu'un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. "On va bourrer le nabot", disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l'affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu'il eut quitté l'Élysée, j'estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des "cadeaux"...

Quel genre?

Je me souviens d'un bâton du maréchal d'Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon... Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d'une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France...

Comment savez-vous cela?

J'avais accès au gestionnaire du compte parisien d'Omar Bongo, et il m'est arrivé d'aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec "papa", nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin "Mamadou", parce qu'autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : "Papa, 'Mamadou' a besoin de quelque chose." Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

Vous disiez que les remises d'espèces ont continué quand Villepin était à Matignon...

Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : "Dominique, entends-toi avec Nicolas." Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : "J'irai à Matignon, puis à l'Élysée." Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d'un jour, au Quai d'Orsay, où sa secrétaire m'appelle en urgence. "Camarade, un double whisky aujourd'hui, la ration John Wayne", me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : "Aujourd'hui, j'ai atteint l'âge du général de Gaulle le jour de l'appel du 18 juin, j'ai 49 ans, Robert! Je serai l'homme du recours!" Il a prononcé plusieurs fois cette phrase - "Je serai l'homme du recours" - en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j'ai dit à ma femme qu'il y avait peut-être un problème...

Comment cela s'est-il arrêté et pourquoi?

Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m'appelle selon le code : "Nous allons acheter des fleurs." Cela voulait dire que l'on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m'amener à Matignon. Ce jour-là, elle m'a fait entrer par l'arrière et m'a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m'a fait attendre une demi-heure. J'ai tout de suite eu l'intuition qu'il y avait un problème.

Que s'est-il passé?

Il est arrivé et a lancé un drôle de "Alors, camarade, ça va?", avant de m'expliquer : "L'argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C'est fini", a-t-il poursuivi... Je me souviens de sa phrase : "Si un juge d'instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir." Il parle exactement comme cela. Je l'ai bien regardé. Je lui ai dit qu'il m'emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m'a couru après en disant "camarade, camarade!", m'a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J'avais décidé que ce n'était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?

Nicolas Sarkozy m'a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd'hui. Même lui, il m'a paru étonné. Je l'entends encore me demander : "Mais qu'est-ce qu'ils ont fait de tout cet argent, Robert ?" Il m'a dit aussi : "Ils t'ont humilié comme ils m'ont humilié, mais ne t'inquiète pas, on les aura." Je l'ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m'a dit : "Robert, là où je suis, tu es chez toi", et m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par "valises".

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire... D'autant que Sarkozy, à peine élu, s'est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise...

Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d'État africain, par mon intermédiaire, n'a remis d'argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n'avez pas été invité à l'intronisation d'Alassane Ouattara...

Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m'a raccroché au nez la dernière fois que je l'ai appelé. J'étais dans le bureau de Claude Guéant et c'était dans les derniers jours avant sa destitution... Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone . Il ne voulait rien entendre et m'a dit : "C'est la dernière fois que je te parle." Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m'a fait enlever de la liste des invités pour l'intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé...

Lui aussi me fait sourire quand je l'entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s'est installé dans de superbes locaux de l'avenue Montaigne. C'est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l'époque. D'ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L'argent d'Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années... Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l'ignorer. Je sais qu'aujourd'hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.



Laurent Valdiguié


Source: LE JOURNAL DU DIMANCHE du 11 septembre 2011.

PRESIDENTIELLE 2012 EN FRANCE: L'ARGENT DE L'AFRIQUE S'INVITE DANS LE DEBAT POLITIQUE


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Robert Bourgi, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, affirme que des chefs d'Etat africains ont fourni des mallettes de billets à Jacques Chirac et Dominique de Villepin. L'ex numéro deux de Gbagbo semble confirmer. Chirac, lui, porte plainte pour diffamation. Un nouvel épisode de la guerre des clans à droite?


Jacques Chirac et Dominique de Villepin sont accusés, par un des piliers de la "Françafrique", Robert Bourgi, d'avoir reçu, par mallettes entières, des fonds occultes de dirigeants africains, ce que l'ex-Premier ministre qualifie de "fariboles".

Dans le Journal du Dimanche, l'avocat d'origine libanaise Robert Bourgi, 66 ans, décrit avec luxe de détails des remises de fonds d'Afrique - "plusieurs dizaines de millions de Francs", "incalculable !", dit-il - qu'il aurait opérées auprès de l'ex-président et l'ex-Premier ministre français entre 1997 et 2005.

Jacques Chirac a décidé de déposer plainte pour diffamation, ont annoncé ce dimanche soir ses avocats.

La confession de Robert Bourgi coïncide avec la sortie d'un livre-brûlot du journaliste-enquêteur Pierre Péan,"La République des mallettes", écrivant un tourbillon de commissions et rétrocommissions autour d'Alexandre Djouhri, ami de M. de Villepin.

La noria de "valises" africaines aurait commencé pour M. Bourgi, selon lui, en mars 1997, "le jour de l'enterrement de mon maître Jacques Foccart".

Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d'influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d'Afrique noire.

Les livraisons auraient pris fin en 2005 quand M. de Villepin lança abruptement, selon M. Bourgi: "l'argent de tous les Africains sent le soufre".

"Par mon intermédiaire", "cinq chefs d'état africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002", prétend l'avocat.

L'actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n'est pas épargné. "L'argent d'Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années" de son club 89, accuse M. Bourgi.

Tambours africains et rendez-vous secrets

Rendez-vous devant une boutique de fleurs, tambours africains, surnoms fleuris ("Villepinte", "Chambertin") émaillent ce récit.

Pourquoi cet homme de l'ombre rompt-il son long silence ? "J'en ai assez des donneurs de leçons et des donneurs de morale". Dans des documents diplomatiques ayant fuité via Wikileaks, M. Bourgi est décrit comme "un mercenaire uniquement préoccupé par son bien-être".

Souvent qualifié de conseiller officieux de Nicolas Sarkozy - à l'Elysée, on se contente de relever qu'il n'est dans aucun organigramme - M. Bourgi exonère le président qui "m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par 'valises'".

Au contraire, Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de Chirac, a assuré à Péan que Bourgi avait, avant 2007, déposé une mallette "aux pieds du ministre de l'Intérieur" Sarkozy. Accusation que l'Elysée a refusé de commenter.

Comme il avait qualifié le livre de Péan de "fantasmes", M. de Villepin parle à propos de Bourgi de "fariboles" et d'"écran de fumée". "On voit ce lapin sortir du chapeau à un moment très particulier", pendant le procès Chirac et avant la décision d'appel sur Clearstream, analyse-t-il. "Volonté de salir la présidence Chirac", voire de ligoter ses propres ambitions présidentielles, a-t-il glissé.


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Un ex-proche de Gbagbo confirme

L'ex-numéro 2 du régime du président déchu Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, Mamadou Koulibaly, confirme en partie les accusations de Robert Bourgi. Actuel président de l'Assemblée nationale, il a affirmé dimanche à l'AFP que quelque trois millions d'euros avaient été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne électorale de Jacques Chirac en 2002. "J'ai dit au président (Laurent Gbagbo) que nous étions un pays pauvre et que nous n'avions pas d'argent à financer des élections d'hommes politiques de pays riches", a-t-il expliqué, ajoutant avoir "rencontré Robert Bourgi à la table de Gbagbo en 2002, venu solliciter de l'aide en vue d'un financement de la campagne présidentielle en France". "Monsieur, vous êtes jeune, quand on veut faire de la politique on est généreux", lui aurait répondu Robert Bourgi devant son opposition.


Hollande veut que la justice soit saisie

François Hollande, candidat à la primaire socialiste, a demandé au Garde des sceaux l'ouverture "d'une procédure judiciaire" après les accusations de l'avocat Robert Bourgi. Interrogé sur Canal Plus, il a affirmé:"On it savoir ce qui s'est passé pendant toutes ces années, parce que ce sont des graves infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales et peut-être même davantage".


Source: L'EXPRESS.FR

jeudi, 08 septembre 2011

«NICOLAS SARKOZY EST DANS UNE SITUATION PIRE QUE CELLE DE VALERY GISCARD D'ESTAING EN 1980»

 

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2012. Brice Teinturier pointe les trois handicaps de Sarkozy. Et ses quelques atouts.

 

Une impopularité historique

C'est la difficulté la plus grande pour Nicolas Sarkozy. Avec 35 % de jugements favorables, la cote du président reste encalminée dans les basses eaux : elle n'a pas dépassé ce seuil de 35 % depuis quinze mois, avec un niveau d'hostilité particulièrement élevé : 61 % de jugements défavorables, dont 30 % de "très défavorables" - alors qu'à l'inverse les "très favorables" ne sont que 4 %. Nicolas Sarkozy ne dispose pas dans l'opposition du matelas d'indulgence traditionnellement accordé au président en exercice par une fraction de citoyens ne se réclamant pas de sa famille politique : seuls 18 % des sympathisants de gauche émettent ainsi un jugement favorable et, par exemple, 27 % seulement des catégories populaires. Enfin, les indicateurs de vote, même relatifs à huit mois du scrutin, ne sont guère brillants : au premier tour, Nicolas Sarkozy oscille entre 20 et 24 % et, au second tour, il est systématiquement donné perdant dans des proportions certes peu réalistes par leur ampleur (près de 58 %), mais révélatrices du rejet. Cette crise de confiance est avant tout une crise du résultat, tant l'espérance suscitée par la campagne de 2006-2007 a été grande. Elle s'est ensuite doublée d'une crispation à l'égard de la personne et de son exercice de la fonction présidentielle.

Une concurrence intense à droite

Au-delà de l'impopularité, Nicolas Sarkozy se trouve aussi confronté à une extrême droite qu'il avait réussi à réduire en 2007 à moins de 11 % et à laquelle Marine Le Pen a su redonner des couleurs. Au centre droit également, l'hypothèse d'une candidature Borloo ajoute à la difficulté, même si, pour l'instant, ce dernier reste au-dessous de la barre des 10 %. Non seulement ces candidats pompent une partie de l'électorat UMP, mais ils compliquent la ligne stratégique du candidat Sarkozy.

Une crise sans précédent

Elle lamine le bilan, fragmente la cohérence du projet initial en obligeant à des retournements fondamentaux et accroît le scepticisme et la défiance des Français. Elle constitue la troisième grande difficulté pour Nicolas Sarkozy. Certes, le président aura aussi prouvé à cette occasion qu'il sait "tenir la barre", comme le disent ses supporters. Mais, pour un sortant et quoi qu'on en dise, une crise économique apporte davantage d'inconvénients que d'avantages.

Enfin, Nicolas Sarkozy doit faire face à une opposition qui progressivement se structure et qui est en passe, s'agissant du PS, de se doter d'un leader après avoir accouché d'une plate-forme programmatique.

Le bonus de l'expérience

Pour autant, on aurait tort d'imaginer que le scrutin est joué, et le président conserve des atouts. À ce jour tout d'abord, la primaire constitue une inconnue : elle peut être une formidable rampe de lancement pour le PS... ou produire des déchirements internes délétères. La crise, enfin, a certes des inconvénients majeurs, mais elle concentre le débat sur les deux principaux partis de gouvernement et rend inaudibles, au moins provisoirement, les autres. Ajoutée au massacre perpétré en Norvège, elle peut pénaliser le FN. Le bilan du président, même s'il est contesté, comporte par ailleurs suffisamment d'éléments et d'aspérités pour lui permettre de s'affirmer comme un président véritablement réformateur. Le socle UMP, même affaibli, existe et solidifie le premier tour. Enfin, tous les candidats qui se présentent en 2012 le font pour la première fois... à l'exception de deux d'entre eux - sauf si Ségolène Royal était investie -, François Bayrou et Nicolas Sarkozy ! Or c'est là un capital d'expérience sans doute considérable.

Sur le papier, donc, Nicolas Sarkozy est dans une situation pire que celle de Valéry Giscard d'Estaing en 1980. Mais nous ne saurons qu'en avril si cette élection s'est jouée bien en amont et dès les premiers mois du quinquennat ou si la campagne sera son moment de vérité, avec tout ce que cela comporte comme inconnues et possibilités de rebond.

 

Par Brice Teinturier

Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France. Pour "Le Point", il livre son diagnostic sur les chances de Sarkozy en 2012.

 

Source : LE POINT.FR

samedi, 03 septembre 2011

LIBYE - PETROLE: L'ACCORD SECRET ENTRE LE CNT ET LA FRANCE DEVOILE


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La morale politique n'a rien à faire avec les affaires. C'est, en substance, ce que répète le gouvernement français depuis le 19 mars, jour du lancement de l'opération militaire contre les troupes du colonel Kadhafi. Paris n'a qu'un seul objectif : «Venir en aide à un peuple en danger de mort [...] au nom de la conscience universelle qui ne peut tolérer de tels crimes, déclare Nicolas Sarkozy lors d'un discours à l'Elysée, le 19 mars. Nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d'un régime qui, en assassinant son propre peuple, a perdu toute légitimité.» n'empêche, les entreprises pétrolières françaises pourraient largement profiter de cette campagne militaire. C'est en tout cas ce qui est écrit noir sur blanc dans un document que « Libération » s'est procuré.

 

Texte signé par le conseil national de transition (Cnt), autorité de transition créée par les rebelles libyens. Certes, il était de notoriété publique que les pays les plus engagés auprès des insurgés seraient les mieux considérés par le Cnt le jour venu, notamment en nombre de contrats pétroliers sonnants et trébuchants. Mais ce document montre clairement que des engagements chiffrés ont été donnés il y a déjà plusieurs mois.

«Soutien total»

Nous sommes le 3 avril. Dix-sept jours se sont écoulés depuis l'adoption de la résolution 1973 au conseil de sécurité de l'Onu, où la France a joué un rôle déterminant pour venir en aide aux insurgés. ce 3 avril, le Cnt signe donc une lettre (reproduite ci-dessus) dans laquelle il est précisé : «[...]S'agissant de l'accord sur le pétrole passé avec la France en échange de la reconnaissance de notre Conseil, lors du sommet de Londres, comme représentant légitime de la Libye, nous avons délégué le frère Mahmoud [Shammam, ministre en charge des médias au Cnt, ndlr] pour signer cet accord attribuant 35% du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre Conseil.» A qui s'adresse cette missive ? Au cabinet de l'émir du Qatar. Et pour cause, ce pays sert depuis le début du soulèvement d'intermédiaire entre la France et le Cnt. Avec copie au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

«Rétribution»

Cette lettre aurait-elle de quoi accréditer la thèse des islamistes, qui n'ont eu de cesse de répéter que cette guerre n'avait d'autre but que de faire main basse sur les ressources pétrolières du pays, dont les réserves frôlent les 44 milliards de barils, les premières du continent africain ? «Absolument pas, s'emporte Mathieu Guidère, professeur des universités et spécialiste du monde arabe. C'est ignorer la culture libyenne. Ce peuple n'est pas pauvre, il ne tend pas la main, car il a conscience de sa richesse. Pour les membres du Cnt, cet accord n'est que la juste rétribution, au sens culturel du terme, du soutien offert par la France et confirmé par le large vote des parlementaires français.» contacté, le Quai d'Orsay a expliqué qu'il n'avait «pas connaissance d'un tel document». Une chose semble évidente: l'application de cet accord dépendra du nouveau bureau du Cnt, élu le 8 août dernier.


In Liberation.fr

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE


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LE CNT ET LA FRANCE NIENT LE CONTRAT QU'ILS ONT GOUPILLE


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La raffinerie de Zawiya, à l'ouest de Tripoli, en Libye.

 

Pétrole : les rebelles libyens ne feront pas de «favoritisme»


Le CNT aurait promis d'accorder 35% des nouveaux contrats pétroliers à la France, selon une lettre citée par Libération. Mais les rebelles libyens démentent, affirmant que ces contrats seront signés «sur la base du mérite».


La France pourrait tirer profit de son engagement en Libye. Alors que «la conférence des amis de la Libye», qui doit sonner la fin des opérations militaires dans le pays, a débuté ce jeudi matin à Paris, un document dévoilé par Libération indique qu'un accord secret sur le pétrole aurait été passé entre la France et les nouvelles autorités libyennes. Ce que le CNT dément.

Libération s'appuyait sur une lettre datée du 3 avril, soit 17 jours après l'adoption par l'ONU de la résolution sur une aide aux insurgés, les rebelles libyens auraient promis d'accorder 35% du pétrole brut produit par le pays aux Français «en échange d'un soutien total et permanent» au Conseil National de Transition (CNT), l'autorité créée par les rebelles libyens.

Or, les ressources pétrolières du pays sont particulièrement importantes. Les réserves pétrolières de la Libye sont estimées à 44 milliards de barils, souvent considérées comme sous-exploitées. Jusqu'au début de cette année, la Libye produisait environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, ce qui la classait au 17e rang mondial. En 2010, la France était le deuxième acheteur de pétrole libyen, derrière l'Italie, avec plus de 15% de son or noir importé de Tripoli.

Les contrats conclus «de manière transparente»

Si l'accord en tant que tel n'était pas connu, le CNT n'a toutefois pas caché que la priorité pour la reconstruction et l'attribution des contrats pétroliers serait donnée aux pays qui ont soutenu le mouvement de révolte. Mais les futurs contrats sur l'exploitation du pétrole libyen seront accordés «sur la base du mérite et non par favoritisme politique, a affirmé jeudi le représentant en Grande-Bretagne du Conseil national de transition (CNT), Guma al-Gamaty. Les contrats seront conclus de manière transparente».

Du côté des compagnies pétrolières, on nie l'existence de cet accord révélé par Libération. En marge de l'Université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), le patron de Total, Christophe de Margerie a déclaré que la production des champs offshore exploités par Total en Libye pourrait redémarrer prochainement et que le groupe n'avait pas discuté des contrats pétroliers avec le pays. Le PDG du pétrolier français a également fait savoir que Total n'expédiait actuellement pas le moindre baril depuis la Syrie, alors que la répression de l'opposition par les forces du président Bachar al Assad se poursuit.

De son côté, BP, qui a dû suspendre ses projets dans le pays en début d'année, a dit vouloir reprendre ses explorations. Quant au groupe italien Eni devrait lui aussi continuer à être très présent sur le terrain. Le principal producteur étranger de pétrole en Libye sous le régime Kadhafi a déjà débloqué une aide de 350 millions d'euros pour la reconstruction libyenne. L'italien, dont les contrats de production pétrolière ont été conclus jusqu'en 2042, a en outre annoncé fin août la reprise de ses activités en Libye et le retour de ses employés.

Le CNT risque par ailleurs de se montrer méfiant à l'égard des compagnies de Russie, Chine ou Brésil, car les gouvernements de ces pays étaient opposés à la guerre contre le régime de Kadhafi.

Alain Juppé dit ne pas avoir eu connaissance de cette lettre

Un peu plus tôt dans la journée, Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a également indiqué au micro de RTL ne pas avoir «connaissance de cette lettre et ignorer l'existence d'un accord formel» avant d'ajouter ce que je sais c'est que le conseil de transition a dit très officiellement que, dans la reconstruction de la Libye, il s'adresserait de manière préférentielle à ceux qui l'ont soutenu. Ça me parait assez logique et assez juste.» Le numéro un du Conseil national de transition, Moustapha Abdeljalil a recémment indiqué que les États seraient récompensés «en fonction du soutien» apporté aux insurgés.

Dans la bataille économique qui s'annonce, les deux grands gagnants devraient être la France et le Royaume-Uni. Les deux pays sont en effet à l'initiative de la résolution 1973 de l'ONU qui a permis le recours à la force contre les forces de Kadhafi.

 

Source : LE FIGARO.FR

lundi, 29 août 2011

LE COLONEL CHARAUX LIVRE SA VERSION DES FAITS ET DENONCE LES ABUS DES FRCI

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Interview d'un des trois Français victimes d'arrestation arbitraire en Côte d'Ivoire, le samedi 20 août. Pour France-Soir, le colonel de gendarmerie Jean-Grégoire Charaux livre sa version des faits et dénonce les abus de pouvoir commis par certains FRCI.


France-Soir. Le ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, a déclaré dans une interview à France-Soir que vous n'avez pas été arrêté mais que vous avez été "entendu" par la police et la gendarmerie, le samedi 20 août. Est-ce votre version des faits ?

Jean-Grégoire Charaux. Je n'ai pas été « entendu » ni « arrêté ». J'ai été enlevé. Je suis officier de gendarmerie à la retraite et je connais les procédures légales pour les avoir pratiquées durant toute ma carrière. J'ai enseigné la police judiciaire en Côte d'Ivoire et ailleurs. Quand on est entendu, on signe un procès verbal, on a droit à un avocat, on peut prévenir un proche. Là, non, aucun de ces droits ne m'ont été garantis. Tout m'a été retiré. J'ai été enlevé sur dénonciation.

F.-S. Qui vous a enlevé et vous a donc « entendu »?

J.-G. C. Je sais faire la différence entre un policier, un gendarme et un militaire. Ces gens là étaient dans une tenue panachée, mi-civile, mi-militaire...

F.-S. Comment les choses se sont-elles passées ?

J.-G. C. Je suis arrivé par avion de Lomé (Capitale du Togo, Ndlr) à 1′aéroport d'Abidjan à 15H10. J'étais entre 16H15 et 16H30 en train de faire visiter un domicile à un couple de Français expatriés.  A ce moment là, ces hommes que je vous décris sont arrivés. Ils étaient armés de kalachnikov et d'armes de poing. Ils nous ont demandé de sortir. Nous avons obtempéré. Ils ont libéré le couple et des trois qui restaient ils m'ont nommément désigné pour monter dans un véhicule noir sans plaque d'immatriculation en me menaçant de leurs armes. J'ai bien voulu demander qui ils étaient et ce qu'ils me voulaient mais ils ont répondu en m'intimidant avec leurs armes. Ils m'ont intimé l'ordre de monter et à mes compagnons de les suivre, encore une fois, sous la menace. Mes bagages ont été montés dans leur véhicule. Ils nous emmenés dans une caserne entre le boulevard de Marseille et le boulevard Valéry Giscard d'Estaing. Cette caserne abrite apparemment les Forces républicaines de Côte d'Ivoire. Ce n'est pas un poste de police ! Il était 17H30. Dehors, ils ont directement sorti mon sac, m'ont demandé la clé de mon bagage. En ouvrant ils ont « découvert » 41.000 $ en espèces que je venais de récupérer à la compagnie aérienne de mon employeur, à sa demande, pour régler le carburant des avions. Dans l'aviation en Côte d'Ivoire, et ailleurs en Afrique, tout se paye en dollars. Ils savaient que je venais de retirer cette somme. J'ai été victime d'une dénonciation et la victime d'une embuscade. Comment voulez-vous qu'ils me désignent autrement aussi facilement ? Ils sont venus nous cueillir et ils savaient où se trouvaient l'argent. Je m'y connais en embuscade, je suis un ancien capitaine d'infanterie, ce n'est ni plus ni moins que du banditisme. C'est du banditisme sous le sceau d'une autorité militaire d'Etat.

F.-S. Que s'est-il passé une fois qu'ils vous ont retiré l'argent ?

J.-G. C. Ils m'ont séparé du reste du groupe et isolé dans un bureau dans le corps central de la caserne. Mes deux ravisseurs, sans grades, avaient toujours leurs armes pointées sur moi et franchement ils ne m'inspiraient pas confiance. Ils n'avaient rien de militaires officiels, réguliers. L'un avait une tête de barbu et l'autre portait avec son treillis une casquette de baseball. J'ai connu les événements de 2004 et là, honnêtement j'ai cru que je voyais les mêmes hommes. J'ai eu peur que l'on me retrouve dans une forêt avec une balle dans la tête. Je me suis aussi souvenu de l'affaire Kieffer. Etre enlevé, séquestré, humilié par ces gens-là m'a vraiment inquiété sur le moment. Je ne savais pas ce qu'il pouvait se passer. Là, un type arrive que l'on me présente prétendument comme un capitaine de police, sans en avoir l'air, me pose un tas de questions sur mon patron, m'accuse d'être un salopard, un trafiquant ! Evidemment aucun procès verbal, aucune déposition, aucune procédure légale... Je nie tout ce dont on m'accuse et répond que la somme est celle de mon patron, qu'il me l'a confiée parce que je suis un homme de confiance et que celle-ci sert à l'approvisionnement en essence des avions de sa compagnie. Vers 19H45, le commandant Wattao (« Com-zone » en charge des FRCI sur le secteur et nommé commandant en second de la Garde républicaine par Alassane Ouattara, Ndlr), appelle pour savoir si j'ai été brutalisé. Il m'a demandé de faire un écrit spécifiant que je n'avais pas été victime de violences et que l'on m'avait rendu mes effets personnels. J'ai signé bien évidemment, mais en sachant qu'à côté de moi mes ravisseurs étaient toujours armés. Que se serait-il passé si je n'avais pas signé ? J'ai signé, oui. Et quand on m'a rendu mes « effets personnels », on ne m'a pas rendu l'argent qui s'y trouvait au moment de mon enlèvement.

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F.-S. Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, déclare dans l'interview donné à France-Soir ne pas savoir où l'argent est gardé. Qu'en pensez-vous ?

J.-G. C. J'ai du respect pour Hamed Bakayoko qui m'a appelé pour avoir ma version des faits. Mais c'est un politique. Il est embarrassé par les hommes de Wattao qui ne sont ni des gendarmes ni des policiers... L'action de ces hommes là paralysent son objectif de rétablir la sécurité publique. Les gens à qui j'ai eu à faire sont en réalité plus des voyous que des militaires. Après, que Hamed Bakayoko défende le commandant Wattao, je peux le comprendre, c'est de la politique. Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif et qui appartient à une société privée.

F.-S. Vous avez porté plainte pour quels motifs le lendemain ?

J.-G. C. J'ai porté plainte auprès de la gendarmerie pour arrestation arbitraire, séquestration et vol. C'est bien de cela dont il s'agit. Après avoir fait enregistrer cette première plainte, un officier de police judiciaire de la Sûreté de l'Etat s'est présenté pour que je présente une deuxième déposition. Ce que j'ai fait. Il y a donc deux plaintes et deux enquêtes. Les deux sont identiques et je suis formel dans celle-ci comme ici : ce qui s'est passé samedi 20 août est une bavure de la part des FRCI.

F.-S. Vous n'avez donc pas en tout cas été « brutalisés » par les FRCI ?

J.-G. C. Nous n'avons pas été brutalisés mais nous avons été intimidés par des hommes armés qui refusent de s'identifier et de vous dire pourquoi vous êtes embarqué et séquestré ! Ce n'est déjà pas mal non ? Franchement quand vous vous retrouvez face à ces hommes là vous ne savez vraiment pas comment vous allez sortir de là... Ils nous ont traités comme de la viande, comme des voleurs.

F.-S. L'ambassade de France est-elle bien intervenue dans votre libération ?

J.-G. C. Oui, c'est vrai et je remercie l'ambassade et le Premier conseiller ainsi que la Force Licorne. Ils suivent l'affaire avec attention depuis le début.

F.-S. Est-ce que vous pensez que le commandant Wattao a commandité votre enlèvement ?

J.-G. C. Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que c'est son second qui a fait le coup. Je n'envisage pas qu'il n'ait pas été informé par lui. Je n'accuse pas le commandant Wattao de corruption mais ce sont ses hommes qui m'ont pris l'argent dans la zone qu'il est sensé contrôler. Il y a une expression parfaite pour cela : « responsable mais pas coupable ».

F.-S. Cette affaire semble embarrasser le gouvernement ivoirien. Ne croyez-vous pas que votre « affaire » tombe au mauvais moment pour lui ?

J.-G. C. Au contraire ! Avec cette affaire on rend service au gouvernement Ouattara pour qui j'ai le plus grand respect. Il faut qu'Abidjan soit débarrassée de la prédation et que gendarmerie et police retrouvent leurs prérogatives. Je n'ai rien contre le nouveau pouvoir au contraire. Je n'accepte pas l'injustice parce que je suis un soldat de la loi. Par mon action je veux laver mon honneur et que ces actions de ce genre cessent ! Il faut le savoir, tous les jours les Français sont pillés, volés, vandalisés taxés, rackettés par ces voyous qui ont mis Abidjan sous leur coupe. Ces voyous, il faut les encaserner ou leur trouver un travail ! Mon affaire permet de lever le voile sur cette vérité là. Je veux rendre service. C'est un test fort pour le pouvoir qui suit l'affaire de près. Il n'est pas le seul... Les investisseurs internationaux regardent aussi cette affaire avec un grand intérêt. Si le gouvernement refuse de rendre justice et montre que l'Etat de droit n'est pas de retour en Côte d'Ivoire, ces investisseurs là se détourneront et ne feront pas confiance au pays. En attendant, j'ai confiance en la Justice ivoirienne.

F.-S. Vous parlez de « voyous » au sujet de certains FRCI. Vous n'y allez pas un peu fort?

J.-G. C. Je n'ai pas peur de dire ce que je pense même si ces jours-ci je ne sors pas de mon hôtel de craintes de représailles. Ils sont les mêmes que les voyous d'avant. La seule chose qui a changé ? Leur ethnie. Sinon les mœurs restent les mêmes, la seule chose qui les motive c'est l'argent. Aujourd'hui ces gens-là squattent des domiciles privés, volent des voitures... La Côte d'Ivoire mérite bien mieux. Je ne fais pas de politique mais j'aime ce pays. C'est mon deuxième pays. J'y ai de la famille, j'y ai travaillé pendant des années, j'ai protégé des familles chrétiennes, j'ai protégé des familles musulmanes à Yamoussoukro où j'étais en poste, j'ai formé des gendarmes qui sont aujourd'hui responsables, officiers... Je sais que la Côte d'Ivoire peut réussir à retrouver la paix. Les Ivoiriens ont le droit à la démocratie. J'ai confiance en ce pays et je veux y vivre.

F.-S. Que demandez-vous à la justice ivoirienne ?

J.-G. C. C'est simple. Je veux récupérer l'argent de mon patron. Je veux laver mon honneur. Je veux recevoir des excuses de ces hommes-là. Il faut que cette histoire serve d'exemple. Ces méthodes doivent cesser.

 

Source: FRANCE-SOIR

mercredi, 17 août 2011

L'ELYSEE A RAISON D'ETRE INQUIET APRES LE 15 AOUT 2011


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Le président Nicolas Sarkozy a-t-il interrompu ses vacances d'été uniquement pour assister à un rebond technique des bourses européennes ? La réalité est que le problème de la dette française constitue maintenant un problème immédiat pour les marchés internationaux, bien plus grave que l'abaissement de la note de la dette américaine. Le dollar n'a pas été affecté par cette décision de Standard and Poor's, mais l'euro, c'est une autre affaire ! Car la dégradation de la note de la dette française impacterait dramatiquement l'euro. Quand les bourses américaines ont plongé, en début de semaine dernière, de nombreux investisseurs ont afflué vers le Trésor américain, signe que le pessimisme n'était pas au plus bas pour les Etats-Unis. Par contre, les problèmes de liquidités concernant les dettes européennes sont si conséquents maintenant, que l'idée fait son chemin selon laquelle l'Allemagne et la France ne disposent pas de liquidités suffisantes pour renflouer tout le monde au sein de la zone euro.A chaque grande réunion européenne, on assure que tous les problèmes sont résolus et que le navire Europe va pouvoir voguer en pleine mer dans la sérénité. Puis une nouvelle dégradation survient et la houle redevient dangereuse.

Madrid et Rome auront besoin de plus de 700 milliards d'euros pour financer leurs déficits courants et payer la dette venant à échéance en 2012. Les « forces de marchés » reconnaissent ce fait et ont imposé des coûts d'emprunt plus lourd pour les deux pays. En conséquence, les banques espagnoles et italiennes vendent massivement des obligations, rachetées par la BCE. Ces actions de la BCE sont sans issue et ont des conséquences sur les liquidités du marché interbancaire. En outre, la France arrive à un endettement très proche désormais des 90% du PIB, que Carmen Reinhart, de l'Institut Peterson, et Kenneth Rogoff, de Harvard, jugent « dangereux ». « Un niveau qui constitue un sérieux frein à la croissance économique ». D'ailleurs, cette analyse se trouve renforcée par l'annonce d'une croissance anémique pour la France. Finalement, selon la presse américaine, la France est quasiment KO et seule l'Allemagne se trouve présente sur le pont pour essuyer la tempête. Mais voilà le problème : combien même l'Allemagne aurait toute la bonne volonté possible pour éponger les autres pays défaillants de l'Union européenne, elle n'en a pas les moyens. C'est bien pour cette raison que ses représentants ont annoncé que l'Allemagne ne verserait pas un euro supplémentaire dans le FESF. Voilà pourquoi on peut sérieusement douter d'un rebond durable des marchés, car la France est déjà dans la lunette de tir des forces de marché avec lesquelles notre cher président a été si complaisant depuis plusieurs trimestres.

 

Source : L.I.E.S.I (Lettre d'Informations Economiques Stratégiques Internationales).

16:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, l'élysée a raison d'être inquiet après le 15 août 2011 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 16 août 2011

JEAN ZIEGLER: «LAURENT GBAGBO REVIENDRA CERTAINEMENT AU POUVOIR»


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Jean Ziegler vice-président du Comité Consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, ancien rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation au sein de la même institution connaît bien l'ONU. Il est par ailleurs l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels: Main basse sur l'Afrique (1978) L'empire de la honte (2005) La haine de l'Occident (2008) qui dénotent d'une maîtrise des rapports complexes entre les occidentaux et les africains. Il était hier dimanche l'invité de Christian Musampa dans le cadre de l'émission "Sans détours" sur la radio camerounaise Cameroonvoice et pour lui le retour de Gbagbo au pouvoir ne se discute pas.


Savoir lire les événements quand le commun des mortels pense que tout est fini ! En tout cas, Jean Ziegler offre une grille de lecture nouvelle de la situation politique en Côte d'Ivoire et pour lui, c'est bien Gbagbo qui sortira grandi de toute cette tourmente politico-juridique qui montre aussi à quel point les nouveaux gouvernants ne sont pas rassurants. D'abord parce que pour lui les ivoiriens ne se laisseront pas faire. « La communauté internationale s'est trompée sur les orientations et les solutions apportées au problème ivoirien. Sur la base de toutes les défaillances qui ont entaché le système électoral en Côte d'Ivoire, l'unique solution était le recomptage des voix. Par conséquent, l'attaque du domicile de Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, en violation de l'esprit des résolutions de l'Onu, pour installer un larbin comme Ouattara est un acte purement impérialiste », estime Jean Ziegler. Ensuite, parce qu'il estime bien connaître Laurent Gbagbo, il ajoute « Je connais bien Laurent Gbagbo. Je l'ai rencontré pendant son exil ici en France et dans l'international socialiste, c'est quelqu'un qui va certainement revenir au pouvoir(...) il est le seul véritable homme d'Etat de toute la sous-région Ouest Africaine ». L'universitaire préfère d'ailleurs se focaliser sur les capacités de grand lutteur du président Gbagbo qui l'a fait triompher maintes fois alors que la situation semblait compromise. Enfin, parce que la vie nationale continue d'être bloquée et dans ce cas, il faudra bien discuter avec Gbagbo. Laurent Gbagbo lui-même ne le sait que trop. « Il est souvent bon de rire des choses tragiques. D'abord parce que les pleurs ne changeront pas leur cours mais, mieux, leur avènement est porteur de plusieurs enseignements. Pour certains c'est gagné et pour d'autres c'est perdu. Et pourtant... ». Volontairement énigmatique lors de cette première interview accordée à un internaute, Laurent Gbagbo montrait déjà qu'il fallait compter sur lui. Il a d'ailleurs tenu à le redire au fil des interventions de son porte-parole Koné Katinan. Le président Gbagbo y affirme qu'on ne peut pas passer par pertes et profits les relations franco-africaines pour sacrifier les intérêts du peuple de Côte d'Ivoire. Les français doivent gagner, les ivoiriens aussi.

Les autorités françaises ne semblent pour l'instant pas prêtes de l'accepter mais pour combien de temps ? L'histoire de Mandela a pris la même trajectoire il ya aujourd'hui de nombreuses années. Les afrikaneers l'avaient aussi jeté en prison parce qu'il était considéré comme un terroriste. Ce qui n'était pas tout à fait faux parce que la lutte pour l'égalité des races en Afrique du Sud a pris toutes sortes de contours et l'ANC a été un adepte de la lutte armée. Une fois Mandela mis sous les verrous, les blancs ont cru que l'affaire était réglée. Que nenni ! La situation politique fut bloquée pendant de nombreuses années. Au point où le seul moyen de garantir la paix aux populations blanches fut d'aller négocier avec Nelson Mandela qui sortit de prison avant de devenir le premier président noir d'Afrique du Sud. Mandela est aujourd'hui respecté par le monde entier, y compris par les blancs qui ne juraient que sa perte.

La première partie de l'intervention de Jean Ziegler a essentiellement consisté à analyser la situation de la famine dans la Corne de l'Afrique. Sur la question, M. Ziegler a dénoncé la duplicité et la cupidité des organisations internationales méthodiquement soutenues par les Institutions de Bretton Woods qui organisent et imposent à cette partie de l'Afrique une famine non conjoncturelle mais structurelle parce que liée à la spéculation des marchés boursiers sur les coûts des produits alimentaires. Pour lui, il y a à dénoncer un véritable crime contre l'humanité en Somalie où, à cause de la déstructuration de l'Etat, les aides humanitaires sont détournées. Lesquelles aides s'amenuisent à la faveur de la crise financière mondiale qui oblige la réduction du budget de la Fao de 50%. Il est passé de 6000 milliards à 2800 milliards.

Dans la deuxième partie outre la situation en Côte d'Ivoire, Monsieur Ziegler s'est aussi intéressé à l'élection présidentielle au Cameroun, à la guerre en Libye. A propos des élections au Cameroun, il pense qu'elles manqueront une fois encore de transparence à l'instar des autres élections dans certaines contrées d'Afrique comme le Burkina, le Togo, Le Gabon, le Tchad etc.  Et que le peuple Camerounais qui n'a pas encore vécu de véritables élections mérite mieux qu'un dirigeant comme Paul Biya : « Le peuple camerounais ne mérite pas ce genre de dirigeant d'un autre âge [...] qui passe son temps à l'hôtel intercontinental et se balade au bord du lac Leman ». Sur la guerre en Libye, le polémiste suisse a salué l'intervention de l'Otan face à ce qu'il a appelé le projet ou l'intention de Kadhafi d'exterminer tous les habitants de Benghazi.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 40 du mardi 16 août 2011.

dimanche, 14 août 2011

SENEGAL: LETTRE OUVERTE A NICOLAS SARKOZY


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Monsieur le Président Sarkozy : Que vient faire votre gouvernement au Sénégal ?


Monsieur le Président, vous venez d'envoyer au Sénégal le Général Saint Quentin, « présumé génocidaire au Rwanda », que la France refuse de présenter devant le « Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR) » qui l'a convoqué à plusieurs reprises pour l'entendre sur les faits graves qui lui sont reprochés dans le « Rapport » de l'« ONU » sur le Rwanda.

Le Général Saint Quentin vient, dans notre pays, pour prendre le Commandement de ce qui reste, au Sénégal, des troupes françaises, rebaptisées « Eléments Français au Sénégal (EFS) ».

Vous comprenez dès lors, Monsieur le Président, qu'il soit légitime de vous interroger sur les raisons d'un tel choix, dans un contexte pré électoral au Sénégal, marqué par la « stratégie de chaos » de Wade, qui veut à tout prix imposer sa candidature inconstitutionnelle pour un 3ème mandat, en vue de mettre en œuvre son plan de dévolution monarchique du pouvoir à son fils. Du reste, il se dit que vous avez, jusqu'à récemment, soutenu ce projet et même tenté de le « vendre » à Obama, de la manière que l'on sait ...

Toujours est-il, que l' envoi de ce Général « présumé génocidaire », à Dakar, fait suite à la demande de votre Ambassadeur à Dakar, qu'il a adressée à l'opposition, de « permettre à Wade de briguer un 3 ème mandat », en violation flagrante de notre « Constitution », et de la déclaration fracassante de votre Ministre, chargé de la Coopération, soutenant que « c'est au peuple Sénégalais de résoudre cette question de candidature » !

Cette attitude de votre Gouvernement sur la question du 3ème mandat de Wade, disqualifie d'office le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal, qui vient pourtant d'achever une mission de concertation avec son homologue français à Paris.

L'on devrait donc s'attendre, en suivant votre logique, à ce que le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal se « déclare incompétent », pour permettre au peuple sénégalais de trancher la question !

Or, notre Peuple ne la trancherait que dans la « Rue », précisément parce qu'il serait ridicule d'organiser un référendum sur la question, à sept mois des élections présidentielles auxquelles Wade veut se présenter.

Encore une fois, ce qui précède autorise à se demander si le Gouvernement français a déjà pris faits et cause pour la « stratégie de chaos » de Wade de conservation du pouvoir, même si vous semblez, personnellement, ne plus soutenir son projet de succession monarchique au profit de son fils biologique.

C'est donc à cette confrontation majeure avec le peuple, à laquelle Wade se prépare, même s'il déclarait récemment, par pure démagogie, qu'il se conformerait aux décisions du « Conseil Constitutionnel » que les Autorités Françaises attendent qu'il se déclare « incompétent ».

Cependant, tout en demandant, par pur esprit de propagande, à l'opposition, de s'en remettre au « Conseil Constitutionnel », Abdoulaye Wade peaufine en même temps sa « stratégie de chaos » et mobilise publiquement des nervis pour se préparer à imposer sa candidature dans la «Rue», le cas échéant.

En envoyant un Général « présumé génocidaire » à Dakar, dans un tel contexte, vous émettez un signal fort et sans équivoque de votre soutien à cette stratégie de Wade !

Ainsi, les conditions vont donc être réunies, pour rééditer au Sénégal, la tragédie du peuple de Côte d'Ivoire.

En effet, nous ne pouvons jamais oublier que la crise en Côte d'Ivoire a eu pour origine la question de « l'inconstitutionnalité de la candidature de Ouattara » que Bédié, appuyé par la France sous Chirac, avait fait adopter par référendum à son peuple.

Le caractère ouvertement « ethniciste » et réactionnaire de cette « Constitution », n'avait pas empêché la France, sans hésitation aucune, d'appuyer Bédié pour lui permettre d'écarter Ouattara, plongeant ainsi ce peuple dans une décennie de tragédie innommable.

Aujourd'hui, et vous le savez bien, l'inconstitutionnalité de la candidature de Wade à un 3ème mandat résulte de considérations fondamentalement démocratiques, inscrites dans la « Constitution » de notre pays, en phase avec l'évolution du monde moderne vers le progrès du genre humain.

Paradoxalement, la France dont le Gouvernement mène une guerre contre la Lybie au nom de la « Démocratie », de la « Liberté » et de l'« Etat de Droit », soutient Wade dans son refus de se conformer à cette « Constitution », et semble s'inscrire, ouvertement, dans sa stratégie pour imposer sa candidature au peuple dans la « Rue » !

Ainsi, les risques d' « Ivoirisation » du Sénégal sont énormes, et ne peuvent, par conséquent, être conjurés que par une puissante campagne d'information sur ce drame qui se trame contre notre peuple.

Nous sommes décidés de faire porter cette campagne, dans le pays et dans la Diaspora, par un vaste rassemblement de toutes les « Forces Vives » de notre « Nation » qui sont prêtes à faire face à la forfaiture que prépare Wade.

C'est d'ailleurs de cette manière que l'on a pu obliger votre Gouvernement, le 23 Juin 2011, à prendre acte de la volonté du peuple Sénégalais qui, ce jour là, dans la « Rue », avait rejeté, sans ambigüité, le projet de Wade de transmission monarchique du pouvoir à son fils biologique.

C'est dans cette perspective que nous exigeons le départ immédiat du Sénégal, de ce Général « présumé génocidaire », et la fin de toutes vos immixtions dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

Car, ce n'est pas à la France de décider du choix de qui va gouverner demain le Sénégal, mais bien notre peuple dans le respect strict des dispositions de la « Constitution » qu'il s'est donnée.

Cinquante ans après les Indépendances africaines, les Patriotes, Démocrates et Républicains sénégalais ne sauraient plus tolérer de voir leur pays réduit en succursale ou filiale des Entreprises Françaises du « CAC 40 ». Pas plus qu'ils ne peuvent plus accepter que les dirigeants de leur Etat soient choisis par des officines au service du Gouvernement Français.

Plus vite vous et votre Gouvernement comprendrez ce tournant historique dans les relations entre nos Etats, davantage sera mutuellement bénéfique et fraternelle la coopération entre nos deux pays et nos deux peuples.

C'est dans la paix et la stabilité qu'une telle coopération se construit, et non dans le chaos et dans la tragédie, comme en atteste éloquemment la Côte d'Ivoire, après plus d'une décennie de guerre civile dans laquelle, la France était partie prenante du début jusqu'à son épilogue tragique récent.

Dans le même temps, nous attirons l'attention du « Conseil de Sécurité » de l'« ONU », des Autorités de l'« Union Européenne », et de l'« Union Africaine », sur la responsabilité pleine et entière de votre Gouvernement, dans la tragédie que Wade est en train de planifier contre le peuple Sénégalais, et que vous et vos services, êtes activement et publiquement en train d'appuyer.

Du fait de leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité des peuples dans le monde, ces Institutions sont interpelées, pour éviter que le Sénégal ne plonge dans l'horreur, avant qu'elles ne soient contraintes à agir en «sapeurs pompiers» pour mettre notre peuple sous tutelle, sous prétexte de sauver des vies.

Elles doivent peser de tout leur poids, dès maintenant, pour empêcher le Gouvernement de la France de parrainer une nouvelle tragédie au Sénégal, après celles de la Côte d'Ivoire et de la Lybie.

C'est cela aussi que nous attendons des authentiques amis français du Sénégal, qui sont soucieux des récents développements de votre politique envers notre pays, et qui tiennent à bâtir avec nous, de solides relations de coopération entre nos peuples, dans le cadre de nos valeurs partagées d'« indépendance nationale », de « liberté », d'« égalité », de « démocratie » et de « fraternité ».

Le Sénégal ne saurait être ni la Côte d'Ivoire, encore moins la Lybie.

Votre Gouvernement ne devrait jamais l'oublier et devrait, dès maintenant, en tirer toutes les conséquences avant qu'il ne soit trop tard.


«PARTI DE L'INDEPENDANCE ET DU TRAVAIL (PIT-SENEGAL)»

Le Secrétariat du «Comité Central»


Ibra Yali


Fait à Dakar le 9 Août 2011.

vendredi, 12 août 2011

LE PORTE-AVIONS FRANÇAIS CHARLES DE GAULLE: UN RETOUR SANS GLOIRE!

 

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Le «Grand Charles» est fatigué des libyens

 

L'actualité est riche en émotions. A commencer par le retour à la maison du porte-avions Charles de Gaulle, le navire amiral. Le «Grand Charles» comme on l'appelle. En souvenir de l'illustre personnage qui portait ce nom. Le «Grand Charles» rentre à Toulon où il va être accueilli en grande pompe, par le gotha de la classe politique de son pays. Il a bien mérité cet honneur pour avoir servi jusqu'à n'en plus pouvoir. Toute arme redoutable qu'il soit, il est sujet à la fatigue. Il rentre donc pour se refaire une santé. Le combat a été rude, des mois durant, quand on n'avait prévu que quelques jours, quelques semaines au plus. C'était plus qu'il n'en fallait, mais l'engin a tenu bon. Il fallait faire décoller des avions et les faire atterrir, des milliers de fois. Coup de chance personne ne pouvait lui tirer dessus et il n'a pas subi la moindre alerte, pas même pour l'exercice, c'était inutile. Il revient sans une éraflure.

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Les avions qu'il porte, eux-mêmes, n'avaient pas d'autres problèmes que de prendre l'air, de bien viser et de se délester de leurs missiles dans la bonne direction, droit sur la cible. Ils avaient aussi tous les instruments pour ne pas trop se fatiguer.

A Toulon ce sera quand même la fête et les guirlandes du triomphe et de la gloire et pour la coque et pour son équipage. Ce serait bien de voir, Hillary Clinton, dans le comité d'accueil. Elle sait y faire, elle. Avec son air altier, son hilarité permanente, expression de cette jouissance de vainqueur, qu'elle étrenne sur toutes les tribunes, sur tous les plateaux, là où elle peut exhiber sa satisfaction d'être celle parmi ceux qui accomplissent la dangereuse et courageuse mission de mater les «méchants» désignés par la «communauté internationale».

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Tant pis s'ils n'ont pas les moyens de se défendre et qu'ils ne font que recevoir des bombes sur la tête, qu'ils soient armés ou qu'ils soient des civils, du mauvais camp. La présence de la dame aurait rehaussé l'aréopage chargé d'être là lorsque le «Grand Charles» exténué rentrera dans son port d'attache. Le 12 août sera un grand jour pour l'héroïque bateau.  Il le sera aussi pour les hommes qui servaient d'équipage. Parce qu'on dit que les familles sont très inquiètes. Elles ne vont plus l'être. Les autres familles, celles que les avions du porte-avions écrasaient sous leurs bombes, on ne nous dit pas si elles sont inquiètes. On n'en parle même pas.

De toutes les façons, elles resteront à attendre les bombes qui viendront d'avions qui changeront simplement de piste. De plus, savent-elles seulement d'où viennent les bombardiers et le savoir les intéresse-t-elles ?  Quelques semaines avant d'aller servir de support à la destruction de la Libye et aux massacres des Libyens, notre fier bateau s'est promené durant quelques mois du côté du Pakistan. Il était donc déjà assez fatigué.

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Ce qui fait qu'il va être immobilisé pour un bon bout de temps, pour lui refaire une santé. On dit que cela pourrait durer 6 mois. Et il paraît que cela aurait pu être pire, si le navire avait été maintenu plus que ça en mer. Il ne serait pas sorti en 2012. Ils sont vraiment coriaces ces Libyens, d'avoir obligé (les français) à malmener un tel bijou !


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

jeudi, 11 août 2011

PETROLE CONTRE NOURRITURE: LE QUAI D'ORSAY AU TRIBUNAL

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Total et Charles Pasqua ne sont pas les seuls à être jugés pour avoir bénéficié des largesses du régime de Saddam Hussein. D’anciens diplomates de très haut rang seront aussi au tribunal. Une nouvelle illustration des errements de la fameuse politique arabe de la France.

 

Le groupe Total, son PDG, Christophe de Margerie, et l’ex-ministre Charles Pasqua se retrouveront l’année prochaine devant le tribunal correctionnel de Paris. Le 28 juillet, le juge d’instruction Serge Tournaire a décidé d’envoyer en correctionnelle 19 personnes physiques et une personne morale (Total) pour des malversations présumées dans le cadre du programme de l’ONU «Pétrole contre nourriture». Total est poursuivi pour «corruption active, complicité et recel de trafic d’influence» et Charles Pasqua pour «trafic d’influence et corruption passive».

Si Total et Charles Pasqua seront les accusés «vedettes» d’un procès qui s’annonce spectaculaire, les autres personnes renvoyées devant le tribunal méritent également qu’on s’intéresse à elles. C’est notamment le cas de deux diplomates de très haut rang: Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l’ONU de 1991 à 1995 et Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay. S’ils étaient jugés coupables, cela serait sans précédent pour des diplomates sous la Ve République. Et c’est aussi la fameuse politique arabe de la France et ses dérives qui se retrouveront au tribunal après avoir été déjà bien discréditées par les révolutions et les révoltes populaires des derniers mois. Le Quai d’Orsay avait bien tenté, y compris par une pétition, de faire porter la responsabilité de son aveuglement sur le seul chef de l’État, mais les compromissions avec les régimes douteux sont une tradition qui remonte à plusieurs décennies.

Ainsi, parmi les multiples «amis» de la France au Moyen Orient, il y aura eu, entre autres, Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi, Ben Ali, Bachar el Assad, Rafic Hariri, Hassan II et… Saddam Hussein.

Pétrole contre nourriture

Le programme pétrole contre nourriture avait été mis en place entre 1996 et 2003 par l’ONU pour permettre à la population irakienne de moins souffrir de l’embargo imposé au régime de Saddam Hussein après la première guerre du Golfe. Il autorisait l’Irak à vendre tous les six mois pour deux milliards de dollars de pétrole. L’exportation des barils, l’utilisation des revenus et la distribution des vivres et des médicaments à la population irakienne étaient placées sous la supervision de l’ONU. Toutes les opérations financières passaient par un compte bancaire ouvert par les Nations unies à la BNP à New York. En fait, le système a été totalement détourné via des commissions occultes et des surcharges et a servi à Saddam à détourner du pétrole et de l’argent et s’acheter ainsi des amitiés et des soutiens, en Russie, à l’ONU et en France. Selon une enquête du Congrès américain et en ajoutant le pétrole de contrebande, plus de 10 milliards de dollars auraient été ainsi détournés par Bagdad.

Illustration: en juin 1995, Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l’ONU, annonçait être très satisfait des progrès que l’Irak avait fait en matière de désarmement et voulait que les sanctions économiques contre Saddam soient levées immédiatement. Il n’a pas obtenu satisfaction mais s’est vu gratifier quelque temps plus tard d’une somme correspondant à 2 millions de barils de pétrole… par le même Saddam.

Prises de positions pro-irakiennes

Selon un rapport de la police judiciaire:

«La plupart des personnes physiques qui ont perçu ces allocations ont eu à véhiculer une image positive du régime irakien avec prise de position pro-irakienne en contrepartie d’allocations pétrolières accordées par les autorités gouvernementales irakiennes de l’époque.»

Serge Boidevaix est soupçonné lui de s’être fait attribuer, via la Suisse, l’équivalent de 32,6 millions de barils de pétrole irakien entre 1998 et 2002. Ce fonctionnaire a été au cœur de la diplomatie gaulliste à partir des années 1970 et presque toujours aux côtés de Jacques Chirac. Il a été directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Michel Jobert (1973-1974) puis conseiller pour les affaires internationales au cabinet de Jacques Chirac à Matignon entre 1974 et 1976. Il fut directement impliqué dans la politique irakienne de la France, notamment sur la coopération nucléaire, la livraison de la centrale d’Osirak et les ventes d’armes menées par Jacques Chirac.

Il a été directeur de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay (1980-1982) et secrétaire général adjoint du ministère (1985-1986). En 1992, il est nommé secrétaire général du Quai d’Orsay, par Jacques Chirac, le plus haut poste de l’administration des Affaires étrangères. Il sera récompensé encore une dernière fois en 2002, juste après la réélection de Chirac, en étant nommé à la présidence de la chambre de commerce franco-arabe.

Enquête américaine

C’est après que les choses se sont gâtées. L’ONU, sous la pression américaine, notamment du Government Accountability Office (GAO), l’organe d’enquête du Congrès, est contrainte d’ouvrir en 2004 une enquête sur les détournements de l’opération pétrole contre nourriture. Elle est confiée à Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale américaine, et ira jusqu’à mettre en cause Kojo Annan, le fils du Secrétaire général de l’ONU d’alors, Kofi Annan.

Le mécanisme fonctionnait dans les deux sens. Il permettait via l’attribution de droits à des barils de récompenser des amis du régime et permettait à ce même régime de détourner de l’argent. Des intermédiaires et des groupes pétroliers payaient en échange de la fourniture de barils des commissions anormales et des pots-de-vin aux entreprises et aux banques contrôlées par le régime de Saddam Hussein. L’Irak de Saddam possédait des milliers de comptes bancaires secrets un peu partout dans le monde.

Même si l’affaire remonte maintenant à plus de dix ans, le déballage l’an prochain devant le Tribunal correctionnel de Paris s’annonce douloureux pour les institutions de la République. On comprend pourquoi le parquet avait requis un non-lieu dans cette affaire.


Eric Leser, in Le Nouvel Observateur du 10 août 2011.

 

Source: IVORIAN.NET

samedi, 23 juillet 2011

POUR UN AUTRE PARADIGME DES RELATIONS FRANCE-AFRIQUE, OU LA FIN DU MODELE FRANÇAFRICAIN


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Les années et les responsables politiques français passent. La mise en coupe réglée et les relations paternalistes, quasi mafieuses, liant la France et le continent africain, demeurent.

Nicolas Sarkozy, dans une de ses déclarations emplie de démagogie, où il fit une nouvelle fois l'illustration de sa piètre connaissance de l'Afrique et de l'histoire, avait affirmé que la France n'avait pas besoin de l'Afrique (1).

Voilà en une phrase résumé le paradigme (modèle) des relations France-Afrique. Au-delà de la saillie blessante et injurieuse pour ses hôtes maliens, elle mettait en évidence le cadre flou, teinté de paternalisme et de condescendance, dans lequel s'est inscrite la politique initiée par le Général de Gaulle au lendemain de la libération.

Les effets de cette « vision », le nègre d'Afrique francophone n'a cessé depuis lors de les observer et de les subir. Le nègre de Côte d'Ivoire les observe et les subit aujourd'hui même, dans les rues d'une Abidjan dévastée et livrée à des chefs de guerre.

Plaçant la question de la relation entre la France et ses ex-dépendances dans le cadre étroit et unilatéral de ses besoins supposés et évidents, le propos escamotait la véritable nature du lien vassalique et spoliateur unissant l'État français et ses ex-colonies.

Ceci est compréhensible, car comment expliquer aux français que la devise de leur pays en Afrique n'est pas Liberté-Égalité-Fraternité mais bien Pillage-Violence-Mensonge ?

Une exception culturelle bien française.

Pour ceux des commentateurs politiques français  qui se complaisent dans l'usage immodéré de la symbolique et qui substituent à une véritable analyse une catégorisation simpliste et erronée de l'action du politique, Nicolas Sarkozy n'est pas un gaulliste. Si la politique de classe, favorable aux milieux aisés et fortunés, qu'il a imposée aux français depuis son accession au pouvoir en 2007 renforce cette lecture, sa politique africaine, cristallisée par la guerre coloniale qu'il a menée en  Côte d'Ivoire, le place comme héritier de ce que nous appellerons, le Gaullisme africain et qui n'est autre que l'institutionnalisation du vol, de la corruption et de la violence la plus abjecte sur le continent noir.

Que ces pratiques aient été mises en place au lendemain de la libération  pour permettre à une France exsangue et marquée du sceau de l'infamie, du fait de son rapprochement avec le Reich, de retrouver son rang de puissance planétaire, importent peu aux citoyens français honnêtes ou aux africains qui en sont les victimes.
La fin ne justifie pas toujours les moyens, notamment lorsque l'équation intègre dans ses paramètres  la vie et la liberté d'hommes et de femmes qui n'eurent pour seul tort que de naître sur un continent immensément riche, balkanisé en 1884 à la Conférence de Berlin de sinistre mémoire ...

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Le concepteur et le maître d'oeuvre de la Françafrique

Le double langage de l'hypocrite et criminel personnel politique français  a, depuis MM. De Gaulle et Foccart, empêché le peuple français de s'approprier et d'appréhender correctement la question de la relation de son pays avec  l'Afrique. La duplicité qui a été instituée depuis lors dans l'exposé des politiques à destination du continent noir brouille toute compréhension ou analyses correctes.

Et heureusement! Il ne fait aucun doute que le peuple français ne tolèrerait pas les pratiques empruntées à la criminalité organisée, qui régissent là-bas les comportements des officiels français.

On nous objectera avec naïveté ou mauvaise foi que rien n'est tout blanc ou tout noir, que la France n'a point d'amis, seulement des intérêts. Ecartons-nous pourtant de ces évidences de Lapalisse, car lorsque le paradigme dans lequel se développent les relations entre la France et ses ex-colonies se définit par l'absence absolue de moralité, fille d'un cynisme sans frein, par la corruption du cœur et de l'esprit de ses agents et une opacité totale, il ne faut point espérer qu'il en ressorte quelque bien, même symbolique.

Le droit de désinformer.

A cela, ajoutons l'incompétence et la mauvaise foi caractérisée des grands médias et de la majorité des intellectuels, en charge d'éclairer les français sur la complexité du monde africain.
Prenons pour exemple édifiant M. Pascal Boniface, géopolitologue, qui se plu lors d'une émission télévisée à évoquer l'hypothèse d'un troisième homme susceptible de ramener la paix et favoriser une transition politique dans le calme en Côte d'Ivoire (2).

Au regard de la situation prévalant entre MM. Gbagbo et Ouattara, le nom de l'homme providentiel souhaité par M. Boniface, le footballeur Didier Drogba, s'il peut prêter à sourire, démontre la légèreté avec laquelle sont traitées les questions africaines dans les médias, lorsque ce n'est pas une propagande éhontée et fallacieuse qui abrutit et aveugle le citoyen français.                                                                                                                                                    
BFM TV, qui est à la déontologie journalistique ce qu'Eric Besson est à la fidélité en politique, ou l'excité Robert Ménard, ignorant tout des sujets dont il parle selon lui «Sans interdit», en furent les meilleurs exemples, lors de la guerre coloniale menée par la France contre la Côte d'Ivoire. Ils se plaçaient ainsi dans la perpétuation de la tradition de  cécité du journaliste, voire de sa malhonnêteté face aux réalités des méfaits de la politique africaine de la France, instaurée par André Blanchet journaliste au Monde lors de la «pacification » du Cameroun (1955-1962).
Alors que les troupes françaises secondées par des supplétifs africains à la solde du sanguinaire et pro-français Ahmadou Ahidjo massacraient populations et maquisards upécistes, cette figure du journalisme d'alors n'y voyait qu'œuvre bienfaitrice, n'hésitant pas à escamoter une vérité sanglante, désinformant sciemment ses lecteurs, qui n'avaient d'autres sources d'informations (3).

Tout a donc été mis en œuvre pour que le citoyen, floué par les politiques, désinformé par les médias lorsqu'il n'est pas intoxiqué par leurs mensonges, ne puisse se forger une opinion sur ce que le gouvernement français peut accomplir en son nom sur le continent africain.

Un jeu de dupes.

Par ailleurs, le ressentiment légitime qui peut lui être signifié par les africains et les afro-français en réponse à cette politique criminelle, il ne peut le comprendre. Lui qui a été bercé depuis des temps immémoriaux par des comptines à dormir debout, idéalisant la bonté de la France à l'endroit de ces pauvres nègres qui se massacrent par tradition, ou meurent de faim  par inclinaison, ne peut saisir que l'on puisse mettre en doute la politique « humaniste » de son pays. Il est en fait, et dans une moindre mesure, une victime de cette politique du mensonge qui en moins de vingt ans a permis à notre pays d'être complice de génocide au Rwanda et (potentiellement ?) de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Côte d'Ivoire.

En France on n'a pas de pétrole, mais on a des groupes pétroliers.
En France on n'a pas d'uranium, mais on fabrique des centrales nucléaires.
En France on n'a pas de cacao, mais on produit du chocolat.
Ce qui est à toi est à moi, ce qui est à moi n'est plus à toi ...
Le citoyen français  est  en droit de savoir quel prix paie l'homme africain pour qu'il puisse se gargariser d'être le ressortissant d'une grande puissance. Pourtant tout est fait pour qu'il ne se questionne pas.

Le décryptage des véritables ressorts de la politique africaine de la France est laissé aux militants associatifs, à quelques politiques renégats ou calculateurs, et à une intelligentsia noire qui, tous ensemble, ont perdu le pari de la vulgarisation de cette thématique, essentielle à une prise de conscience par la société française des enjeux s'y rapportant.

Un Front National

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Ensemble et en route pour la CPI?

L'omerta demeure la règle, et la vision fortement teintée de darwinisme qui imprègne la classe politique française quant à sa lecture des relations France-Afrique, n'aide pas à la popularisation de ce débat nécessaire. En France, on s'émouvra de la situation dans le monde arabe, d'une simple phrase naîtra un déchaînement des passions politiques et journalistiques (la proposition maladroite de notre regrettée Michelle Alliot-Marie devant la Représentation Nationale). Mais en France, on restera coi devant l'agression coloniale du gouvernement Sarkozy, mise en musique par le spécialiste de l'Afrique et des africains, le droit dans ses bottes Alain Juppé qui semble préférer l'africain, non pas droit dans ses sandales, mais raide et allongé dans sa tombe ...

Le Parti Socialiste, lui, ne s'est pas trompé en soutenant la guerre coloniale de Sarkozy-Lyautey, il a renoué en cela avec son glorieux passé, celui de la gauche coloniale qui au nom des Lumières importât les ténèbres en Afrique. La boucle est ainsi bouclée ...                                                        
Après avoir démontré le peu de cas, hormis bien sûr en  période électorale, qu'il peut faire des problématiques auxquelles font face les afro-français (son nègre de service Ali Soumaré en est un exemple saisissant), le Parti Hypocrite affiche sans honte son peu de soucis des répercussions des politiques françaises  en Afrique.

Il apparaît clairement que cette question, pourtant centrale, ne préoccupe ni les politiques dans leur majorité, pour raison de complicité avec le système mafieux hérité du gaullisme, ni les médias ignorants de l'Afrique ou des africains ou tout simplement aux ordres, et encore moins la société civile, désinformée et lobotomisée par une pensée dominante aux relents paternalistes.

Pornographie et démocratie.

Le bouleversement de ces pratiques ne viendra que de la partie de la population française qui est sensible à ces problématiques, parce qu'elle est originaire d'Afrique et que bien souvent elle y maintient des attaches. Il n'y a pas grand-chose à attendre ni des politiques, ni des médias. Ils ne peuvent initier une réflexion qui peut faire ressortir leurs insuffisances ou leurs mensonges. D'autant plus que le débat débouchera, sans nul doute possible, sur la mise en lumière de leur trahison des principes républicains et humanistes (principes plus souvent observables dans les propos que dans les actes des responsables en charge de mener les politiques en direction de l'Afrique).

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Vérité d'hier, d'aujourd'hui et de demain?

Et pourtant, le  changement du  modèle qui définit les rapports France-Afrique, ce que nous appelons le paradigme gaullien françafricain, est un impératif. La France et les français ne peuvent plus maintenir leurs avantages et leur rang en usant du triptyque, Pillage-Mensonge-Violence mis en place par Foccart à la demande de De Gaulle et perpétué par tous les présidents de la Vème République. Triptyque auquel Nicolas Sarkozy a rajouté une touche de vulgarité et d'obscénité. La pornographie de la politique que nous pouvions déceler dans les propos qu'il avait tenus à Bamako, il l'a revendiquée dans son discours tenu à Dakar, annonciateur de son interventionnisme colonial.  Il l'a magnifiée en se rendant à Yamoussoukro pour l'investiture du nouveau David Dacko, Alassane Ouattara, dernier préfet-sident en date installé au pouvoir par l'armée française.

Dans un discours qui n'a véritablement été commenté par aucun média français, qui n'a été condamné par aucun responsable politique, il a affirmé que l'armée française restera toujours en Côte d'Ivoire.
Quand nous expliquera-t-il que la Force Licorne coûte 500 millions d'euros par an, lui qui se veut le champion de la diminution des dépenses publiques ?
Expliquera-t-il à ses concitoyens pourquoi l'état français, qui n'a nul besoin de l'Afrique, y va gaillardement bombarder des civils et se salir les mains en soutenant des criminels de guerre ?
Expliquera-t-il que c'est simplement parce que la France pille l'Afrique ?
Rendra-t-il intelligible que les immigrés qu'il poursuit de sa vindicte et qu'il veut à tout prix renvoyer chez eux ne sont en France que parce que cette dernière leur ôte, pour bonne part, le pain de la bouche ?  Que la France soutient et arme les dictateurs qui briment ces mêmes africains ?
Qu'elle soutient et arme les rebelles qui vont chasser du pouvoir ces dictateurs qu'elle hier a soutenus et qui aujourd'hui ne lui plaisent plus ? Va-t-il expliquer aux français que ce sont ses amis qui bénéficient de façon éhontée de cette politique de rapine, de violence et de dissimulation ?
Que c'est ainsi depuis De Gaulle, et que c'est le prix de la « grandeur » de la France ?
Nous en doutons fortement...

Comme une évidence...

Pourtant la fin du paradigme gaullien françafricain doit, et sera évoqué lors de la campagne présidentielle et par tous les candidats, ce n'est pas une question de forme mais de fond. La France aujourd'hui est différente, elle ne peut donc plus, au nom de principes nobles mais dévoyés par des hommes sans moralité, continuer de se bâtir sur des monceaux de cadavres et au prix du retard de tout un continent. La fin du paradigme gaullien  françafricain ne découlera pas d'une volonté politique, mais bien d'une volonté populaire. La demande d'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur l'intervention de la force Licorne est une des étapes de la volonté citoyenne tendant à cet objectif (4).                                                                                                                
En parallèle seront prises initiatives similaires visant à faire figurer cette problématique en bonne place lors du débat politique qui s'annonce.

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Cette Afrique qui nous fait vomir...

Nul modèle n'est immuable, comme tout cadre intellectuel, il peut être amené à évoluer, voire disparaître. Tout porte à croire que le paradigme gaullien françafricain vit ses derniers moments. Nous devons et allons nous mobiliser pour l'accompagner dans la tombe, mais au préalable doit être défini le cadre dans lequel évolueront les relations futures de la France et de l'Afrique. Un cadre diamétralement opposé à cette vision gaullienne faisant la part belle à une hégémonie et à un lien vassalique à l'avantage exclusif de la France.

Pour ce faire, les États et Peuples d'Afrique, secondés en cela par leurs diasporas, doivent œuvrer de concert pour abattre ce que nous nommons les murs de la honte et de la soumission.
Ils sont au nombre de trois :


- Les accords de défense, nés des indépendances de principe octroyées par la France, conçus pour maîtriser les populations autochtones et garantir la sécurité de despotes nègres, laquais de l'ancienne métropole.


- L'abandon de cette monnaie de singe que constitue le franc CFA. La France n'a pas vocation à être  la tutrice des économies africaines ! La mauvaise tenue de ses comptes publics devrait amener les décideurs africains à se désolidariser de ce bateau ivre ...


- La cession sans réelle contrepartie des richesses du sol et sous-sol des États d'Afrique noire doit impérativement être revue. Nationalisation est un gros mot uniquement pour le spoliateur, c'est au contraire une déclaration d'amour impérative que doit faire à son peuple tout responsable politique africain qui se respecte.


Il est plus qu'évident que ce système qui maintient depuis des décennies tant de femmes et d'hommes dans l'étau et obère toute possibilité de développement et d'épanouissement n'a d'autre vocation que d'être fondamentalement combattu, repensé et bien évidemment remplacé. Cet objectif est aujourd'hui, au regard de la dramatique résolution de la crise ivoirienne, la priorité de tout africain, et par extension, des hommes et des femmes expatriés ou déracinés qui portent en eux l'amour de ce noble continent, berceau de notre humanité et laissé depuis trop longtemps en pâture aux chiens ...


Ahouansou Séyivé


(1) Lors d'un voyage à Bamako en 2006, le candidat Sarkozy avait gratifié ses hôtes maliens de cette déclaration d'une rare élégance et d'une grande diplomatie ...

(2) En décembre dernier, sur le plateau de l'émission C dans l'air de M. Yves Calvi (Talk-show politique de la 5), M. Boniface se permit de proposer Didier Drogba comme troisième homme susceptible d'unifier la Côte d'Ivoire. Zidane réglant la contestation née de la réforme du régime des retraites est une idée ne pouvant germer que dans l'esprit d'un fou ou incompétent, à plus forte raison celle d'un homme ne faisant pas l'unanimité dans un vestiaire d'équipe de football, mis à la tête d'un état au bord de la guerre civile ... Le souvenir des mines effarées des trois autres intervenants (M.  Keumayou Directeur de l'information de la chaîne Télésud, M. Dogui homme d'affaire ivoirien et M. Glaser fondateur de la Lettre du Continent), ne lasse pas de nous faire sourire...

(3) Se référer,  pour plus de détails, à l'excellente monographie de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tsatsitsa, Kamerun, paru aux éditions La Découverte en novembre 2010. A ce jour, ouvrage le plus abouti portant sur l'histoire de la décolonisation de l'Afrique noire en général et de la guerre d'indépendance du Cameroun en particulier ...

(4) Pétition et courriers adressés aux responsables politiques français consultables sur internet à cette adresse: Cliquer ICI

 

Source: ALTERNATIVES ET COHERENCE

jeudi, 21 juillet 2011

PRISONNIERS POLITIQUES DE OUATTARA: NICOLE BORVO COHEN-SEAT, SENATRICE FRANÇAISE, ECRIT A ALAIN JUPPE



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Situation désastreuse des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire: La sénatrice de Paris écrit à Alain Juppé.


Madame Nicole Borvo-Seat, Sénatrice de Paris, Vice-présidente de la Commission des lois, a adressé le 20 juillet 2011 une lettre à Monsieur Alain JUPPE, Ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et Européennes de Sarkozy. Je la partage avec vous. Toussaint ALAIN.

 

Monsieur Alain JUPPE
Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
37, Quai d'Orsay
75007 Paris


Paris, le 20 juillet 2011

Monsieur le Ministre,

 

Je me permets d'attirer votre attention sur des situations constatées en Côte d'Ivoire par des organismes de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International.

Selon ces associations au moins 50 personnes ont été placées en détention sans avoir été inculpées par les autorités ivoiriennes à la suite de l'arrestation de Laurent Gbagbo il y a trois mois.

Parmi eux figurent des hommes politiques connus, des députés, des syndicalistes, des anciens ministres, l'ancien directeur de la BCEAO et des ressortissants français.

Nombre d'entre eux sont détenus dans différents endroits du nord de la Côte d'Ivoire. Ni le CICR ni aucune autre organisation non-gouvernementale n'ont pu leur rendre visite. Par contre le directeur de la division des droits de l'homme de l'ONUCI a pu se rendre sur le site de Bouna. Il y a constaté que les personnes détenues faisaient l'objet de mauvais traitements et que l'incarcération se faisait dans des conditions humaines dégradantes. D'ailleurs certains de ces traitements contrevenant à l'article 1 de la Convention des Nations Unis contre la torture ont été filmés et mis en ligne sur Internet. On y voit certains de ces détenus - dont un ancien premier Ministre, un ressortissant français et des personnes souffrant de graves problèmes de santé - humiliés et contraints de faire des pompes par des membres des forces armées des actuelles autorités ivoiriennes. A Korhogo 23 détenus survivraient entassés dans un container.

Par ailleurs des associations de droits de l'homme ont exprimé l'exigence que tous ces détenus bénéficient de l'attention médicale et des soins dont ils ont besoin. L'état de santé de certains d'entre eux comme Mahan Gahé, président du syndicat « Dignité » membre de la CSI, et Maurice Louhourignon, directeur de l'aménagement du territoire, actuellement détenus à Boundiali, s'est brutalement dégradé.

Ces mêmes associations considèrent également que le maintien de personnes en détention sans inculpation relative à une infraction précise prévue par la loi serait une violation directe des normes internationales en matière de droits humains et ferait de celles-ci des prisonniers d'opinion qu'il faudrait libérer immédiatement.

Elles ont par ailleurs relevé que les soldats de la Licorne et de l'ONUCI étaient présents lors de l'arrestation de nombre de ces personnes mais qu'ils ne sont pas intervenus pour empêcher les mauvais traitements.

Je vous serais reconnaissante, Monsieur le Ministre, de me faire savoir la position du gouvernement français concernant l'ensemble des points soulevés et les initiatives qu'il compte prendre.

Pourriez-vous également m'indiquer, Monsieur le Ministre, les démarches entreprises en vue d'éclaircir les circonstances de la mort par balle le 31 mars dernier à Yamoussoukro de Philippe Rémond, ressortissant français exerçant le métier d'enseignant en Côte d'Ivoire ? Ce dernier  déclarait le 17 janvier dernier avoir fait l'objet de menaces liées à ses opinions politiques.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations les plus distinguées.

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Nicole BORVO COHEN-SEAT



mardi, 19 juillet 2011

FILLON ET LE 14 JUILLET: JEUNE FRANÇOIS ET VIEUX FRANÇAIS


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La prise de position d'Eva Joly relative au 14 Juillet a suscité maintes réactions et commentaires, en particulier celle fort désobligeante de François Fillon.

Notre article s'efforce, à l'aide de quelques pointes, de révoquer en doute les critiques contre Eva Joly même si nous ne partageons pas l'intégralité de son approche.


Sacré Fillon ! Il avait fini par donner de lui-même une image lisse, celle d’une personne de mesure, d’un jeune homme fort bien éduqué, qui soigne son langage et pratique la pondération, chose peu habituelle en politique française, tant l’attitude et le langage ont baissé de niveau. On s’en souvient, Fillon avait même courageusement défendu les Roms, l’été dernier, contre l’ignoble et anachronique politique publique dont ces Européens « de seconde zone » faisaient l’objet. À côté de Nicolas Sarkozy, il donnait l’image d’une digue républicaine, une sorte de garantie démocratique, une assurance institutionnelle. Mais, comme dit Arlequin : il n’y a rien de plus trompeur que la mine de gens[1]. Car la digue vient de céder, « la mine » a subitement rompu. L’immonde refait surface, avec son apparat d’idées infectes. Comment ne pas être surpris par ses flèches empoisonnées sorties de son carquois et décochées contre Eva Joly ?

La nature des propos de Fillon choque, non parce qu’ils sont plutôt considérés d’extrême-droite (ce qui n’est pas une ‘’vérité vraie’’), mais bien parce qu’ils sont formulés par un « modéré ». Réécoutons-les : « Je réagis, déclare-t-il, avec tristesse, euh, je pense, euh, que cette dame [Eva Joly], euh, euh, n’a pas, euh, une culture très ancienne, euh, des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française… »[2].

Ces propos étonnent et choquent, à plus d’un titre et pour au moins trois raisons. En premier, parce qu’ils sont très hésitants. En effet, le Premier ministre tâtonne et cherche visiblement ses mots pour exprimer sa pensée. Et il les formule, en avouant préalablement une « tristesse ». Car il pressent qu’il va commettre un véritable impair politique. Comment et pourquoi ? Pour saisir sa gêne et ses hésitations, il convient de rappeler et préciser le contexte particulier dans lequel ils ont été prononcés. C’était au sortir d’un entretien avec le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui a lui-même longtemps été considéré comme « pas suffisamment ivoirien », pour prétendre être président de la Côte d’Ivoire. Fillon ne l’ignorait pas. Ainsi, en formulant ses attaques contre Eva Joly, François Fillon exhumait un argumentaire dont son hôte fut la victime et qui fut l’une des causes de la guerre civile en Côte d’Ivoire. En lançant contre Eva Joly une inquisition en francité, il rappelait le procès en « ivoirité » dont fut victime son hôte. C’est pourquoi les paroles de Fillon sont d’abord un grave manquement au protocole d’état ivoirien et à la politesse française, bien avant d’être une insulte à Eva Joly. Qu’en pense Alassane Ouattara ? Il serait instructif de l’entendre. En second lieu, les paroles de Fillon sont choquantes, parce que désobligeantes et relèvent d’une impolitesse caractérisée. En effet, parlant d’Eva Joly, il dit « cette dame » et évite d’énoncer son prénom et son nom. Ses paroles sont donc hautaines et accompagnées d’un zeste de mépris voire de condescendance. En réalité, cette recette est ancienne. Qui ne se rappelle que, lors des présidentielles françaises de 1995, pour affaiblir Édouard Balladur, ses adversaires gaullistes du RPR avaient créé un slogan efficace : « la France profonde » opposée à une France de surface. Fillon semble s’en remémorer. En troisième lieu, la suspicion en francité peut s’étendre à d’autres candidats, tels Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Valls, fils d’immigrés espagnols. À cette « liste de mauvais tours », la moitié des candidats déclarés aux prochaines présidentielles pourraient être suspectés de n’être pas assez Français. Et « pardi », comment oublier qu’en 2007, certaines officines de droite mirent en exergue les origines hongroises de Nicolas Sarkozy ? Mais, par-dessus tout, les arguments de Fillon indiquent bien qu’il ne connaît pas assez bien l’histoire de France, contrairement à ce qu’il allègue avec belle assurance et grande autorité. Quelques exemples suffisent à ruiner ses propos. Bonaparte ne deviendra « français » qu’en 1797, lorsqu’il se convaincra qu’il n’avait plus de destin corse. Alors, il ne signera plus Buonaparte mais, francisant son patronyme, il écrira désormais Bonaparte. Au reste, et si l’on en croit l’excellent linguiste Louis Hagège, la prononciation de Bonaparte n’était pas du tout parisienne et ses constructions de phrases fautives étaient multiples. Cela ne l’a pas empêché d’être Empereur des Français. Sous ce rapport, Eva Joly ne doit pas avoir de complexes. Dans le même registre, combien de rois et de reines françaises furent d’origine étrangère directe ?

Bien cher Fillon, lorsque l’on veut donner de grandes leçons en francité, il faut connaître ses classiques ou du moins ne pas les oublier en cours de route ou à l’occasion d’une polémique. Dans L’identité de la France, Fernand Braudel est plus précis que vous sur l’apport des « étrangers ». Et il a le courage de rappeler que nous sommes tous des fils d’immigrés : « Tant ‘’ d’immigrés ‘’, depuis si longtemps, depuis notre Préhistoire jusqu’à l’histoire très récente, ont réussi à faire naufrage sans trop de bruit dans la masse française que l’on pourrait dire, en s’amusant, que tous les Français, si le regard se reporte aux siècles et aux millénaires qui ont précédé notre temps, sont fils d’immigrés[3].

Eva Joly, blessée, vous a rétorqué avec la vivacité de Marianne : « Moi, je ne descends pas de mon drakkar. Ça fait cinquante ans que je suis en France et donc je suis Française ». En évoquant le « drakkar » (navire des Vikings) et son enracinement ancien, Eva Joly vous fait une belle leçon d’histoire. Elle invoque une ascendance Viking, de ces peuples du Nord qui deviendront nos fameux Normands de Normandie ou de Northmannie[4]. Eva Joly vous rappelle les liens entre la France, la Norvège et le Danemark, comme le « maître » que vous servez, Nicolas Sarkozy, dut en sont temps rappeler son ascendance hongroise qui n’est pas sans invoquer Clovis qui lors de son baptême signa ses origines hongroises, c’est-à-dire sycambriennes.

En tous les cas, Eva Joly préfère sans doute La Marseillaise de la Paix (de Lamartine) au Chant de l’Armée du Rhin (Rouget de Lisle), notre célèbre Marseillaise. C’est son droit. Et nul n’est moins Français qu’un autre, parce qu’il aura formulé l’idée de voir le « 14 Juillet » (re)devenir une fête populaire qui n’aurait rien de militaire. Car, d’où nous vient le « 14 Juillet » ? De 1790, de la Révolution, lorsque, un an après la prise de la Bastille (14 juillet 1789), les Fédérés décidèrent de célébrer l’unité nationale, avec tambours et drapeaux. Et ce n’est que depuis 1880 que le « 14 Juillet » est devenu notre Fête Nationale. À l’origine, le « 14 Juillet » n’était pas une fête militaire, mais une cérémonie populaire et festive où la parade des armes n’était pas l’essentiel. Ce qu’Eva Joly réclame, il est vrai quelque peu maladroitement, c’est que la France retrouve l’esprit populaire du « 14 Juillet » initial : une journée de Liberté et non pas de Défense. Est-ce vraiment trop demander ? Car, ce n’est pas l’armée qui fait la France. Encore que la France ait besoin de son armée et même d’une armée forte et dissuasive. Pour départager les protagonistes, pourquoi ne pas alterner fête populaire et fête militaire la même journée ou une année sur l’autre ?

 

François Fillon vous êtes bien Jeune, en matière d’histoire française. Par conséquent, ne jouez pas au vieux Français. Tout simplement parce qu’il n’existe pas de vieux Français, mais une France qui, comme le dit Braudel, se renouvelle et se rajeunit sans cesse dans l’identique.


Pierre Franklin Tavares



 

[1] Marivaux, La Double Inconstance, La Bibliothèque, Édition Garnier, Paris, 2010, p. 142.

[2] Ce sont les paroles exactes du Premier ministre qui sont ici citées.

[3] Braudel, Les hommes et les choses, L’identité de la France, t. 1, Champs histoire, Flammarion, Paris, 2004, p. 214 – 215. Auparavant, il précisait : Mais, finalement, quels que soient leur nature, leurs motifs, leurs itinéraires, les migrations rééquilibrent la diversité française, elles lui permettent de durer, in Espace et histoire, in Op. Cit., p. 65.

[4] En effet, de 816 à 886, les Vikings ravagèrent la France. En 890, ils firent le siège de l’embouchure de la Seine et obtinrent, en 911, la création du Duché de Normandie par le Traité de Sait-Clair-sur-Epte. Ainsi devinrent-ils Français.


Source: AGORA VOX

12:18 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, françois fillon, le premier ministre français, prise de position d'éva joly | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 04 juillet 2011

LIBYE-ONU: LE MENSONGE MEDIATICO-SARKOZYSTE


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Commençons cet article par une boutade de Patrick Cohen, sur Facebook : « Ma réponse à Allain Jules: ’’Avec une lecture biaisée et une interprétation à géométrie variable de la résolution onusienne sur la Libye’’ ? Wow ! enfin, il se réveille, l’évangéliste de la prétendue démocratie et des gendarmes du monde… Ce qui se passe en Libye n’est pas mieux que ce que vous avez défendu en Côte d’Ivoire. Je dirais même qu’en Côte d’Ivoire, c’était mieux avec des « élections transparentes » et une demande de recomptage de voix refusée par le camp que vous supportiez … En Libye, il n’y a pas d’élection même s’il y a les mêmes mensonges, truquages et falsifications médiatiques avec, bien sûr, votre touche personnelle ! Qu’est-ce que vous avez bouffé pour changer aussi radicalement du mensonge à la vérité, Mr Allain Jules ? »


Avec une lecture biaisée et une interprétation à géométrie variable de la résolution onusienne sur la Libye, nos médias pratiquent sans vergogne une désinformation abyssale. Aujourd’hui, le président français Nicolas Sarkozy, rencontre certains dirigeants du monde, notamment ceux de la Ligue arabe et de l’Union africaine (UA), pour que ces derniers l’accompagnent dans sa guerre contre la Libye détournée en guerre contre Kadhafi. Or, le guide libyen Mouammar Kadhafi a eu jeudi dernier, bien avant la résolution 1973 de l’ONU, un entretien téléphonique avec le président de la Guinée équatoriale, Théodore Obiang Nguema, président en exercice de l’Union africaine (UA).

L’Afrique pour le règlement du conflit

Il y a une décennie déjà, les Etats-Unis, sous un prétexte fallacieux relatif aux évènements du 11 septembre, avaient décidé d’attaquer  l’Afghanistan. Mal lui en a pris, George Bush Jr., deux années après, président su gendarme du monde récidivait, en s’en prenant à l’Irak. Problèmes irrésolus jusqu’à ce jour. Or,  Kadhafi et Obiang Nguema ont, dans leur entretien parlé de la mise en œuvre de la résolution du Conseil de paix et de la sécurité africaine (CPS) relative à la création d’un panel d’enquête de cinq chefs d’Etat. Ce dernier devrait négocier un accord de paix entre le gouvernement libyen et les insurgés et a exigé une enquête sur les accusations faisant état de l’implication de milliers de mercenaires étrangers dans les activités criminelles en Libye.

On constate en passant que seuls les pays arabes du Golfe sont partie prenante de la guerre contre la Libye. Aucun pays africains ne donnant son aval à cette re-colonisation détournée. On peut détester ou aimer Mouammar Kadhafi mais ne pas rester silencieux face à l’injustice dont il est victime. Les cris d’orfraie ici et là ne sont qu’hypocrisie, mensonge et mépris pour l’Afrique. Dans quel pays au monde peut-on accepter qu’une insurrection armée s’impose ? Imaginons un seul instant, des rebelles prenant Lyon et marchant sur Paris. Que fera l’Elysée ? C’est de cela qu’il s’agit et la création de la dialectique selon laquelle cette opération militaire est à but humanitaire laisse pantois. Par mimétisme des révolutions tunisienne et égyptienne, pacifiques, certains Libyens ont pris des armes. Par ouï-dire donc, après le passage d’un écrivain décati aux yeux de lynx qui aurait vu des morts par milliers et des charniers, pire, décidant pour 66 millions de Français sans en référer au Parlement, il faut attaquer la Libye sans apporter la moindre preuve des « exactions ». Étonnant, non ? La presse française n’en parle pas…

Que veulent BHL, Sarkozy et les autres ?

Sans doute renverser le leader de la Jamahiriya arabe libyenne Mouammar Kadhafi, à défaut de mettre sur pied la partition de la Libye en restaurant la Cyrénaïque (515 av. J.-C) actuel Benghazi en la transformant en État indépendant. Probablement aussi, faire de cette partie de la Libye, une entité autonome à l’image du Kurdistan irakien, pour mieux pomper le pétrole libyen. Cette déstabilisation libyenne a donc une forte odeur de pétrole. Finalement, avoir du pétrole et être vindicatif comme l’est Mouammar Kadhafi est une malédiction. On comprend aisément la servilité des régimes du Golfe qui font des fellations aux Occidentaux. Pourquoi, alors que les révoltes pacifiques sont réprimées dans le sang au Yemen ou à Bahreïn ne voient-on pas de résolution de l’ONU ? Cherchez l’erreur !

A propos de ces régimes arabes du Golfe, il est assez étonnant de ne jamais les voir appuyer les résolutions de l’ONU lorsque l’Institution internationale épingle Israël. Faut-il vous faire un dessein en ce qui concerne l’opération « plomb durci » d’Israël contre Gaza vue par le juge sud-africain juif Richard J. Goldstone comme étant un crime contre l’humanité/ des crimes de guerre ? Passons. Faudrait vraiment avoir la science infuse pour convaincre les pays africains de se lancer dans cette aventure belliqueuse. Mouammar Kadhafi est le principal financier de l’Union africaine (UA) et contribue au développement de l’Afrique. Les dirigeants africains qui s’engageront dans cette forfaiture bhélévienne auront des comptes à rendre à leur peuple, face aux salmigondis sarkoziens…

Mais que dit la résolution de l’ONU ?

Le mensonge médiatico-sarkozyste risque de se retourner contre le président français Nicolas Sarkozy. En effet, tout le monde, même des ministres ont cru bon d’annoncer que les bombardements allaient commencer dès l’adoption de la résolution de l’ONU. Balivernes.  La résolution onusienne demande instamment aux autorités libyennes de protéger les civils, met en place une zone d’exclusion aérienne, le respect de l’embargo sur les armes, le gel des avoirs de l’Etat libyen dans leur ensemble, et la mise sur pied d’un panel d’experts ( La consulter en intégralité). Ceci, pour amener à la paix et rien d’autre. Nicolas Sarkozy, BHL, François Baroin, Cameron et autres Alain Juppé n’ont pas dû lire cette dernière.  Le message appelle en somme, à la fin « immédiate » de « toutes les attaques » contre la population libyenne, sous peine d’une intervention, conformément à la résolution.

Et par conséquent, par la voix de son ministre  des Affaires étrangères Moussa Koussa, après la résolution onusienne,la Libye a cessé toute attaque contre les rebelles. Ces derniers qui ont par ailleurs tué froidement des noirs soupçonnés d’être des mercenaires, entre autres, à Benghazi et non Kadhafi, il n’y a plus rien à faire en principe. Mais, coup de théâtre après l’annonce des autorités libyennes, les rebelles ont recommencé à attaquer. La riposte des soldats loyalistes n’a pas tardé. Surprise: ignorant les crimes des rebelles, Paris, Londres et Washington ont appelé à la fin « immédiate » de « toutes les attaques » contre la population libyenne, sous peine d’une intervention, conformément à la résolution de l’Onu.

Conclusion

Craignant de se retrouver seul, Sarkozy se trouve obligé de faire le pied de grue devant les régimes arabes et l’Union africaine (UA). Un appel du pied qui montre l’amateurisme élyséen. C’est ainsi que deux aventuriers français, BHL et Sarkozy, risquent de se retrouver humiliés et, le pire c’est qu’ils ridiculisent par la même la France.  On a appris par ailleurs que, malgré l’unanimité des politiques de tous bords, en France, il y aura un débat au Parlement qu’ils ont failli fouler aux pieds. Ceci, après que les deux quidams aient craché sur la Constitution ou le Quai d’Orsay. Une pantalonnade en perspective. Le blogueur Alert2neg a bien raison de parler de petit gesticulateur, que dis-je, d’éjaculateur précoce, qui joue les Bush Jr., son mentor.


Source : Le blog d’Allain Jules

samedi, 02 juillet 2011

NAFISSATOU DIALLO EST-ELLE UNE «BANDIT GUINEE»?


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La crédibilité de la jeune femme de chambre guinéenne qui accuse de viol l'ex-patron du FMI s'effondre. Mais ses écarts avec la vérité et la légalité sont banals.


Rebondissement dans l'affaire DSK: l'accusation menace de s'effondrer, en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo. La jeune femme aurait menti à plusieurs reprises, selon des enquêteurs cités par le New York Times. Une audience surprise est attendue ce vendredi 1er juillet à New York, à 17h30 heures de Paris.

Le procureur de New York, Cyrus Vance, aurait perdu confiance en Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne du Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, le 14 mai, dans la suite qu'il occupait. Les collaborateurs du procureur, d'abord sûrs de tenir des preuves à charge contre DSK, affirment aujourd'hui avoir des «problèmes avec le dossier», selon le New York Times. Des preuves récoltées par la médecine légale montrent qu'il y a bien eu un rapport sexuel entre les deux protagonistes de l'affaire. Mais l'accusation pourrait s'effondrer en raison des mensonges répétés qu'aurait fait Nafissatou Diallo.

Décrite par ses proches et connaissances comme une femme tranquille et sans histoire, Nafissatou Diallo serait-elle en fait une «bandit Guinée»? C'est le surnom qu'on donne à Conakry aux jeunes filles prêtes à tout avec les hommes, pour se faire payer un verre, une nouvelle paire de chaussures, ou récolter quelques billets de francs guinéens.

Des mouvements d'argent troublants

Ses mensonges portent notamment sur les conditions dans lesquelles la jeune femme a demandé l'asile politique aux Etats-Unis et ses liens avec des criminels impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. Dans la journée qui a suivi les faits, alors qu'elle était sur écoute, Nafissatou Diallo a passé un coup de téléphone à un détenu pour discuter de l'éventuel parti financier à tirer d'une plainte contre DSK. Cette homme avait été arrêté pour détention d'une grosse quantité de cannabis. Il fait partie des différentes personnes à avoir versé d'importantes sommes en liquide, totalisant 100.000 dollars (67.000 euros) au cours des deux dernières années, sur le compte bancaire de la jeune femme. Des transferts d'argent effectués depuis l'Arizona, la Géorgie, New York et la Pennsylvannie. Nafissatou Diallo aurait par ailleurs versé des centaines de dollars par mois à cinq sociétés différentes de télécommunications. Elle affirme n'avoir qu'un seul téléphone et ne rien savoir de ces paiements, faits par des hommes qu'elle décrit comme son fiancé et ses amis.

D'autre part, elle aurait affirmé aux enquêteurs de la police avoir déjà été victime d'un viol, qu'elle aurait mentionné lors de sa demande d'asile politique aux Etats-Unis. Seul problème: son dossier aux services de l'immigration n'en porte pas la trace. Elle aurait aussi raconté avoir subi une excision, mais son récit aux enquêteurs ne correspond pas non plus à celui qu'elle a fait à l'immigration.

«C'est une pagaille, une pagaille des deux côtés», a affirmé un officiel du bureau du procureur au grand quotidien new-yorkais. Les magistrats pourraient lever dans la journée du 1er juillet l'assignation à résidence imposée à Dominique Strauss-Kahn, 62 ans.

Qui n'a jamais menti?

Le fait que Nafissatou Diallo, immigrée guinéenne, se soit empêtrée dans les versions de son parcours prend une importance cardinale dans le dossier en cours, mais paraît relativement banal dans les démarches tentées par les immigrés africains en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup, pour décrocher le permis de séjour, sont prêts à enjoliver leurs récits et à insister sur des faits qui relèvent parfois de la pure fiction. La députée néerlandaise d'origine somalienne, Ayan Hirsi Ali, avait été temporairement déchue de sa nationalité néerlandaise, après diffusion, en mai 2006, d'une enquête fouillée par la télévision néerlandaise sur son passé. Les Pays-Bas avaient ainsi appris qu'elle avait menti sur son nom (en réalité Ayaan Megan), son itinéraire (elle a vécu au Kenya pendant dix ans en tant que réfugiée et n'a pas subi les horreurs de la guerre civile en Somalie, d'où elle a prétendu venir directement) et un mariage forcé (ses propres parents ont affirmé qu'elle était consentante). En chemin pour le Canada, où résidait son mari somalien, elle s'est arrêtée en Allemagne puis aux Pays-Bas, où sa demande d'asile a été accordée sur la base de plusieurs mensonges. Cette femme partie en croisade contre l'islam et l'excision n'avait retrouvé son passeport néerlandais qu'après un vote des députés au Parlement pour la soutenir, peu avant de démissionner de son siège de députée et de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis.

Quand aux femmes africaines qui laissent leur compte en banque servir à des amis ou connaissances, quitte à se faire dévaliser par leur propre mari, frère ou cousin, la pratique ne paraît pas, là encore, si exceptionnelle. A Paris, une Sénégalaise peule ayant ouvert l'un des premiers restaurants africains de la capitale, en 1968, s'est ainsi vue dépouiller de toutes ses économies par des hommes de sa propre famille. Des individus dont elle ne savait rien des activités, à qui elle faisait confiance, et qui prétendaient vouloir l'aider.

 

Sabine Cessou


Source: SLATE AFRIQUE

 

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STRAUSS-KAHN RESTE UN VIOLEUR PRESUME


Par Claude Ribbe

Selon le New York Times, la crédibilité de l'accusatrice aurait été entamée par des faits relevés par deux enquêteurs dont l'identité n'a pas été révélée. Quels sont ces faits ? Après son agression, et donc après avoir déposé plainte, Nafissatou Diallo aurait eu une conversation avec un détenu accusé d'avoir été en possession de 200 kg de marijuana. Cet homme, avec des amis, aurait fait des dépôts sur des comptes ouverts au nom de Nafissatou Diallo, pour un montant de 100 000 dollars au cours des deux dernières années. Dans la conversation, enregistrée par la police, Nafissatou Diallo aurait évoqué les indemnités qu'elle pourrait obtenir à la suite de sa plainte.

Qu'en conclure ? Si ces faits sont avérés (ce qui reste à démontrer) dans le pire des cas, Nafissatou aurait parmi ses amis un trafiquant de marijuana qui aurait déposé, en deux ans, 100 000 dollars sur des comptes à son nom. Nafissatou aurait gardé des relations avec cet ami, son « fiancé » peut-être, malgré son arrestation. Elle l'aurait appelé pour lui dire qu'elle avait été violée, ce qui n'est sans doute pas une révélation facile à faire. Elle lui aurait dit que le seul aspect positif de cette histoire, c'est qu'elle aurait peut-être droit à des dommages-intérêts. Si Nafissatou a parlé au téléphone sans penser qu'elle était écoutée, cela révèle de sa part une certaine naïveté qui plaide plutôt en sa faveur. A-t-elle profité de ces 100 000 dollars déposés sur des comptes à son nom ? Etait-elle informée des dépôts ? A-t-elle rendu service à son ami en connaissance de cause ? Autant de questions auxquelles elle pourra certainement apporter des réponses. Au pire que son petit ami, un petit trafiquant de shit peut-être, aurait pu être mieux choisi, qu'il l'a mise dans le pétrin en se servant d'elle pour blanchir de l'argent. Choisit-on toujours bien ceux qu'on aime ? Une question qu'il faudrait poser à Anne Sinclair, à supposer qu'elle agisse par amour.

Du blanchiment d'argent : pas des millions de dollars. Cent mille dollars en deux ans ! Quelques journées d'argent de poche pour Dominique Strauss-Kahn. Si les comptes étaient à son nom, étrange que Nafissatou n'ait jamais été inquiétée pour complicité de blanchiment, alors que son petit ami, lui, est en prison. Etrange qu'une conversation téléphonique enregistrée par la police voici cinq semaines ne soit révélée que maintenant au procureur. Quant à avoir évoqué les possibles réparations pour le crime qu'elle affirme avoir subi, même avec un petit trafiquant incarcéré, où est le problème ? Comme Anne Sinclair, elle espérait peut-être avoir assez d'argent pour le faire sortir de prison. Avec cette différence qu'elle est noire, pauvre, et musulmane. De quoi Strauss Kahn, qui, lui, a demandé que la teneur de ses conversations téléphoniques précédant son arrestation, ne soient pas communiquées, peut-il bien parler, sinon de sexe, d'argent et de pouvoir ? Strauss-Kahn n'a certainement que des amis en règle. Aucun voyou, c'est sûr, dans ses relations. Et, bien entendu, il n'a jamais déposé d'argent liquide sur aucun de ses comptes. Le fait que son lieutenant François Pupponi règle ses frais de bouche avec la carte bleue de la SEM chaleur de Sarcelles n'est évidemment pas de nature à affaiblir ses dires.

Un trafiquant de shit ! Peut-être noir, en plus ! C'est bien pire qu'un violeur présumé de négresses. Un tiers des Français entre 18 et 64 ans (soit plus de 13 millions) admettent pourtant - selon une enquête publiée la semaine dernière - avoir fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie, 4 % au cours du dernier mois : Il faut bien que ce cannabis vienne de quelque part. Eh oui : il y a des trafiquants. Des gros et des petits. C'est sans doute très vilain, mais pour le moment, la marijuana n'a encore tué personne. On n'en dira pas autant de l'alcool. Voire du Viagra dont certains obsédés sexuels font une consommation peut raisonnable et qui pourrait expliquer bien des débordements. Continuons la liste des turpitudes de Nafissatou invoquées par les enquêteurs anonymes. Elle aurait affirmé aux policiers avoir mentionné un viol et une excision dans sa demande d'asile aux USA et, vérification faite, on ne trouve pas trace de ces éléments dans son dossier. Damned ! Quelle affaire ! Cela voudrait dire qu'elle n'aurait jamais été violée ni excisée ?

Qu'y a-t-il dans tout cela qui exonère Strauss Kahn des graves accusations portées contre lui ? Rien ! Un Strauss-Kahn aurait le droit de violer impunément une femme parce qu'elle serait la copine d'un dealer de shit et qu'elle se serait embrouillée dans ses déclarations pour obtenir le droit d'asile ? Faut-il être une sainte (comme Anne Sinclair) pour être crue sur parole quand on affirme avoir été violée ? Intéressant pour un homme qui se dit de gauche.

La révélation de ces broutilles, compte tenu du système de procédure pénale américain, a permis à Strauss-Kahn, quasi-mécaniquement, d'obtenir illico une libération sur parole et de récupérer la caution versée par sa femme. On s'en réjouit pour elle. On s'en réjouit pour lui. Sa vie sexuelle va s'en trouver plus épanouie. En espérant qu'il n'y aura pas de nouvelles plaintes. Cependant, les accusations sont bien maintenues par le procureur. Strauss-Kahn n'a pas récupéré son passeport et se trouve toujours inculpé de crimes très graves. Il est libre d'être sur le territoire américain, le FBI aux fesses. La réhabilitation tant espérée par les amis zélés du violeur présumé, son élection à la présidence de la République en 2012, restent pour l'instant assez hypothétiques. Quel dommage ! On aurait tant aimé voir Strauss-Kahn débarquer, plus triomphant encore qu'un otage libéré, et, fort de sa supériorité naturelle, annoncer sa candidature à la primaire socialiste, malgré ce « troussage de domestique» d'autant moins important qu'il ne s'agissait que d'une négresse. Et tout le monde sait que "les négresses sont plus chaudes que les blanches" (Flaubert, Dictionnaire des idées reçues). En somme l'exercice anodin, j'oserais presque dire à la sarcelloise, d'un droit de cuissage sur une indigène qu'Anne Sinclair- ah la sainte femme ! - aurait, une fois de plus, pardonné.


Source: Le Blog de Claude Ribbe

mardi, 21 juin 2011

POUR UNE COMMISSION D'ENQUETE PARLEMENTAIRE SUR L'INTERVENTION DE LA FORCE LICORNE



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Chers lectrices et lecteurs, voici déjà quelques semaines nous vous avions annoncé, à la suite de l'article "Pour mémoire", la mise en place d'une action citoyenne visant à l'établissement de la vérité concernant l'action de notre armée en Côte d'Ivoire. La voici enfin matérialisée. 


Veuillez trouver ci-après la lettre ouverte adressée à Mr Nicolas Sarkozy et le courrier adressé à l'ensemble de la Représentation Nationale (Aux députés et sénateurs, aux Présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux Présidents des différents groupes parlementaires ainsi que des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires étrangères).

Nous publierons ultérieurement les courriers envoyés aux responsables des partis d'opposition. Voici le lien de la pétition sécurisée qu'A&C a mis en place:

http://alternativesetcoherence-actions.com/ .

Nous vous communiquons la liste des médias contactés: Le Monde, Marianne, le Parisien, Libération, l'Humanité, le Figaro, le Canard Enchaîné, la Croix, le Nouvel Observateur, l'Express, la Dépêche du Midi, Charlie Hebdo, Sud-Ouest, La Provence, Les Inrockuptibles, Canal+, France Télevision, TF1, BFM TV, ITélé, France 24, Télésud, The International Herald Tribune, El Pais, la Tribune de Genève, El Watan, The Guardian, le Frankfurter Allgemeine Zeitung. 


N'hésitez pas à vous adresser par mail ou courrier à votre député en lui adressant le lien de la pétition ou en l'interpellant sur ces actions de l'armée française et de notre gouvernement qui nous interpellent. Nous comptons sur votre soutien, unis et massivement mobilisés, nous sommes en mesure d'influer sur les politiques et décisions de nos dirigeants, ne nous en privons pas. 


Pour Alternatives et Cohérence, Ahouansou Séyivé

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Lettre ouverte à M. Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy


Paris, le 21 Mai 2011


M. Le Président de la République,


C'est conscient des enjeux dramatiques et capitaux que revêtent pour nombre de vos administrés, les récents évènements survenus en Côte d'Ivoire et l'implication de nos forces armées dans une guerre civile que notre gouvernement a, de par son action, plus favorisée que tempérée que nous prenons la plume.

Nous sommes républicains et profondément attachés aux valeurs intemporelles et universelles qui sont les fondements de notre État. Nous tenons également à préciser notre neutralité quant aux enjeux internes ivoiriens. Respectueux des souverainetés, notre propos ne porte que sur les agissements de notre gouvernement et de nos forces armées présentes en Côte d'Ivoire. Ne pouvant accepter qu'une puissance étrangère ne s'immisce dans le déroulement de nos affaires internes, nous ne pouvons accepter le rôle joué par notre propre pays sur une terre étrangère. Nous rappellant notre histoire parfois douloureuse, nous ne pouvons accepter la nature ambigüe de notre présence militaire.

De l'instant où, le conseil constitutionnel ivoirien, autorité légitime, a proclamé les résultats de l'élection présidentielle, au dénouement de la crise politique qui s'en est suivie, les réactions et actions de notre gouvernement nous ont laissé dubitatifs, inquiets, et aujourd'hui scandalisés.
Dubitatifs, car nous nous demandons encore quel pouvait être l'intérêt de la France d'attiser les braises de ce qui ne pouvait qu'immanquablement finir en brasier? Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu'il est apparu que le soutien militaire français non voilé aux milices de M. Ouattara deviendrait par le fait des choses le blanc-seing d'exactions frappant la population ivoirienne. Ces civils innocents ayant, comme tout être humain, droit au respect des règles les plus élémentaires du droit à la vie, cela en accord avec nos préceptes moraux. Scandalisés, nous le fûmes, à la vue des bombardements opérés par notre armée, sur le palais présidentiel d'un chef d'État, qui, quel que fut le souhait du gouvernement ou le nôtre, avait été élu conformément aux normes en vigueur dans l'ordre juridique ivoirien. Nous ajouterons que face à cette élection, le gouvernement français n'avait ni titre ni légitimité à faire valoir ou à défendre.

Scandalisés enfin, nous l'avons été par la propagande, le terme est fort mais exact, à laquelle se sont livrés les représentants de l'État français et la majorité de nos médias, à la suite du déclenchement des actions militaires visant les forces armées ivoiriennes et frappant sans discernement la population. Nous notons que ces actions ont été engagées dans un premier temps en toute illégalité (les premiers engagements militaires ont eu lieu en dehors de tout mandat de l'ONU), et par la suite dans une légalité contestable, puisque nos soldats ne devaient user de la force uniquement pour protéger les populations contre l'utilisation d'armes lourdes du fait de l'armée ivoirienne (fait qui à ce jour reste peu étayé). Nous relevons également la surdité de notre gouvernement aux appels de la Russie et de la CEDEAO à la cessation de cet usage disproportionné de la force armée.

Ayant comme tout un chacun des préférences, nous n'avons pas de parti pris, seul le respect du droit et des valeurs qui sont les nôtres nous anime, partant, comment tolérer que notre pays, alors qu'il était mandaté par l'ONU pour protéger les populations civiles se soit potentiellement rendu coupable de complicité de meurtres de masse, voire d'épuration ethnique à Blolequin ou à Duékoué en étant l'allié objectif et parfois agissant, des forces de M. Ouattara, dites aujourd'hui républicaines? Comment tolérer qu'en vertu de ce mandat onusien, la protection de ces populations qu'il était du devoir et de l'honneur de notre pays de garantir, n'ait pas été assurée? Comment tolérer que nos forces présentes à l'hôtel du golf aient laissé le siège du gouvernement ivoirien "reconnu par la communauté internationale", se muer en lieu de torture et d'assassinats, cela au vu et au su de tous les médias et de la communauté internationale"? Comment pouvons-nous tolérer que pour faire plier M. Gbagbo nos forces armées aient causé par leurs bombardements la mort de civils innocents se trouvant dans l'enceinte de la résidence présidentielle? Comment tolérer que nos représentants gouvernementaux, au mépris de leurs engagements pris devant le peuple français, aient aidé à la capture de M. Gbagbo? Comment tolérer que nos forces armées aient permis cette indigne exhibition de M. Gbagbo et de son épouse, non seulement humiliante pour les ivoiriens qui avaient voté pour lui, mais également choquantes pour les français issus des ex-colonies qui voyant ces images d'une rare violence, ont revécu le traumatisme de la brutalité de l'interventionnisme de la France coloniale? Images tout aussi inacceptables pour tout français connaissant le sens et la symbolique des termes droits de l'homme et dignité humaine. Comment tolérer que nos forces présentes en Côte d'Ivoire se soient alliées à des mercenaires violents, à des chefs de guerre assassins, ayant démontré toute leur "expertise" dans la maltraitance des populations dans nord de la Côte d'Ivoire, et ce depuis la partition de 2002. Comment tolérer que notre gouvernement ait armé certains de ces hommes? Comment accepter que ces mêmes hommes aient pu se livrer à des actes de représailles contre les proches de M. Gbagbo et la population civile sans que notre gouvernement ne les dénonce, sans que notre armée ne les en empêche?


M. le Président, face à tant d'accrocs aux principes et valeurs qui sont les nôtres, et que nous supposons également être les vôtres, nous vous posons solennellement cette question: Quels peuvent être les intérêts de notre pays en Côte d'Ivoire pour qu'il faille souiller l'image de notre république, brader l'honneur de nos troupes, tromper et mentir au peuple de France pour les défendre et les garantir? Républicains et respectueux des idéaux de notre république nous sommes. Ayant réaffirmé cette évidence nous ne pouvons rester sans réaction face à ce qui est pour nous une atteinte grave à l'idée que nous nous faisons de notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux face à ce qui est pour nous une atteinte claire à l'idée que nous nous faisons de l'exercice du pouvoir. Nous ne pouvons rester sans dénonciation face à ce qui semble pour nous une atteinte inacceptable aux principes de transparence et de sincérité de l'action gouvernementale. Nous ne pouvons rester sans proposition face à ce qui est pour nous une atteinte intolérable à notre honneur de citoyen français. Nous ne pouvons en rester au stade du constat.

Comme beaucoup de français nous demandons et exigeons des réponses aux trop nombreuses questions qui sont nées de l'action de la France en Côte d'Ivoire. Comme beaucoup de français, que nous espérons de plus en plus nombreux à mesure que les éléments permettant de braquer la lumière de la justice sur ces évènements apparaitront au grand jour, nous en appelons aux institutions de notre république. Les faits gravissimes qui nous interpellent ne peuvent devenir histoire sans avoir été révélés, sans avoir été éclaircis dans toute leur vérité, conditions sine qua non de la restauration de l'image de notre pays, et de la tranquillité de vos concitoyens.

Il est de votre devoir, M. le Président, d'y concourir avec la plus grande diligence et latitude qui peuvent être les vôtres. Nous nous adresserons également à Messieurs Bernard Accoyer et Gérard Larcher, présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, Messieurs Poniatowsky et Tessier, aux présidents des groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale et du Sénat, à l'ensemble des députés et sénateurs, pour que soit mise en place sans délai une commission d'enquête parlementaire chargée de lever toutes les zones d'ombres entourant notre intervention en Côte d'Ivoire. Nous devons savoir pourquoi et comment la force Licorne est intervenue. Nous devons savoir avec précision quel a été son rôle dans l'avancée des "forces républicaines" vers Abidjan. Nous devons savoir pour quels motifs elle n'a pas protégé les populations civiles dans le nord de la Côte Ivoire. Nous devons savoir si des éléments des troupes françaises étaient à proximité de Duékoué. Nous devons savoir quel est le nombre de victimes imputables à nos troupes lors des bombardements visant à protéger les civils ivoiriens. Nous devons connaître leur statut, civil ou militaire. Nous devons savoir avec précision et sincérité quel a été le rôle de nos forces dans la capture de M. Gbagbo et de son épouse. Nous devons savoir pourquoi le gouvernement nous a menti sur ce fait précis. Nous devons savoir où étaient nos troupes lors des exactions commises par les forces républicaines à Abidjan après la capture de M. Gbagbo. Nous devons savoir pourquoi elles ne sont intervenues, ni dans les rues d'Abidjan, ni à l'hôtel du golf. Nous devons savoir pourquoi le Parlement n'a pas été consulté préalablement à tout engagement de nos armées.

Ces nombreuses questions, M. le Président, en trouvant réponse, permettront de lever tout doute quant à l'action de nos soldats en Côte d'Ivoire et de nous redonner confiance en nos institutions. Cette demande, nous l'adressons aux leaders des partis d'opposition, la rendons publique car elle intéresse tous nos concitoyens et nous l'assortissons d'une pétition de soutien. La France étant une démocratie, vous nous lirez. Si la France, notre pays, est encore le porte-étendard des idéaux humanistes et universalistes des Lumières, vous nous comprendrez. Si la France, notre pays, est encore une terre de liberté et de droit, vous accèderez à nos doléances. Si vous êtes, M. Nicolas Sarkozy, président de tous les Français, vous pèserez de tout votre poids pour que lumière soit faite et que justice soit rendue. Il ne peut et ne doit en être autrement.

Respectueusement, pour Alternatives et Cohérences, M.  Ahouansou Séyivé


Accéder à la pétition et signer.

 

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Lettre à l'attention des Députés et Sénateurs.

Paris, le 21 Mai 2011


Mesdames, Messieurs les députés, Mesdames, Messieurs les sénateurs, émanation du peuple souverain.


Comme nombre de nos concitoyens, nous éprouvons un malaise devant les manifestations dramatiques de l'action de notre gouvernement en Côte d'Ivoire. Tributaires de l'information diffusée par les médias généralistes,  nous ne doutons pas que la majorité d'entre vous ait contemplé cette énième "aventure africaine" sans mesurer les conséquences de ce qui peut être qualifié aujourd'hui d'action néo-coloniale de la France. Nous notons avec étonnement que la représentation nationale n'a pas été consultée, conformément aux dispositions constitutionnelles applicables en pareil cas.

Partant, notre initiative ne vise qu'une chose: mettre en conformité la lettre de l'action politique française avec l'esprit des valeurs que nous chérissons et que vous êtes, de par le mandat que nous vous avons confié, les défenseurs. De trop nombreuses questions restent sans réponse, de trop nombreux agissements restent inexpliqués, voire inexplicables.

Il ne peut être question de nous satisfaire des demi-réponses qui ont été apportées à nos interrogations par une communication gouvernementale qui s'apparente plus à de la propagande qu'à l'information légitime due aux citoyens dans une démocratie qui se respecte.
Nous vous demandons par conséquent de favoriser la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire chargée d'enquêter et de mettre en lumière certains points précis de l'action de la force Licorne et du gouvernement français dans cette guerre civile qui n'a pas dit son nom. Ces points sont détaillés dans la lettre ouverte adressée à Mr le Président de le République que vous trouverez en annexe. Cette démarche sera présentée concomitamment aux présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, Messieurs Accoyer et Larcher, à Messieurs Tessier et Poniatowsky présidents des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires Etrangères, aux représentants des partis d'opposition. Une pétition est mise en ligne
http://alternativesetcoherence-actions.com/ , cette initiative intéressant tous les français.

Nous comptons sur votre compréhension et appui afin que cette démarche soit couronnée de succès. Pour finir nous demandons à la représentation nationale de nous éclairer sur les dispositions législatives futures, visant à encadrer la présence ou organiser le départ définitif de forces militaires dont les prérogatives s'apparentent à celles d'une armée d'occupation, notamment dans les rues d'Abidjan. En ces temps de crise, un dispositif coûtant au contribuable plus de 500 millions d'euros à l'année, pour des gains et bénéfices que nous ne nous expliquons pas, n'a qu'une vocation, être levé.

Nous nous tenons à votre entière disposition pour tout contact.


Respectueusement, pour Alternatives et Cohérence, M. Ahouansou Séyivé.


Accéder à la pétition et signer.

 

Source: ALTERNATIVES ET COHERENCES

RETOUR DE LA GUERRE DE LA FRANCE EN COTE D'IVOIRE: COMMENT SARKO A APPUYE L'OFFENSIVE CONTRE GBAGBO

 

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Le président français Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy.

 

Un «document exceptionnel» qui met en lumière le travail du metteur en scène Sarkozy qui distribue les rôles avec comme acteur principal le candidat du «RHDP». Vous verrez surtout comment la hiérarchie militaire française a organisé les forces pro-Ouattara avec des conseils, des armes neuves et... En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire  oublier les exploits de certains chefs de guerre. Par Jean-François Julliard (Le Canard enchaîné). 


Le canard enchaîné (6/4)

L'entrée en guerre de la France contre les «forces» de Gbagbo, le 04 avril 2011, a sonné comme une revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l'«ONU», Paris n'a laissé à personne d'autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne ainsi qu'un camp militaire qui abritait aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en «Conseil des ministres» comme en privé, le chef de l'Etat ne décolérait pas contre Gbagbo, «le dictateur sanglant de Côte d'Ivoire». Au point de s'avouer, le 05 avril 2011, «être à bout de patience».

Outre les nombreuses et violentes exactions de ses partisans, Gbagbo avait aussi ridiculisé Sarko. En décembre 2010, après la victoire, proclamée par l'«ONU», de son ami Ouattara, le président français, impérial, avait donné «quarante-huit heures» au vaincu pour quitter le pouvoir. Un oukase superbement ignoré pendant plus de trois mois ...

Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent. N'était-il pas accusé de perpétuer la «Françafrique», ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que «Bouygues», «Bolloré», «Veolia» ? Mais, après l'échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l'ancienne puissance coloniale n'était pas la mieux placée» pour intervenir. En janvier 2011, devant l'«Union africaine», il ose même affirmer : «La France ne veut donner de leçons à personne». Il faut dire que les événements de Tunisie, d'Egypte ou de Syrie n'ont guère fait briller la diplomatie tricolore.

La campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit d'ouvrir le feu le premier, a réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages d'officiers supérieurs au «Canard», la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L'un d'eux, proche de l'«Elysée», se félicite de «notre efficacité dans l'organisation de la descente sur Abidjan». Il est vrai qu'en moins de quatre jours les «Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI)» ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : «On a fourni des conseils tactiques aux FRCI», mais aussi «des munitions et des Famas (fusils d'assaut)».


Barbouzes aux premières loges

De son côté, le contingent militaire français est porté, le 04 avril 2011, à 1 700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent «Licorne» ont été notamment renforcés par des «Rambo» de la Direction des opérations (ex-Service action) de la «DGSE» et des «Forces spéciales».

Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l'entourage de Ouattara. A 19 h 30, quatre hélicos «Puma», soutenus par des «MI 24» de l'«Onuci», commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le «CHU» et un supermarché du quartier de Cocody. Pour la seconde fois en sept ans, «l'ancienne puissance coloniale» bombardait des soldats et des populations ivoiriennes.


Armement à prix d'or

Cet héroïque canardage, qui, selon l'«Elysée», laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan. D'abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches. L'armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l'étonnement des Ivoiriens. Si l'aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d'autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par «Le Canard», des proches de Ouattara ont monnayé en 2009 et en 2010 d'importantes quantités d'or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l'«ONU». Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées. A l'état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15 000 euros le kilo.

L'image du camp Ouattara - présenté par certains comme 1'«axe du bien» - restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duékoué, par exemple plusieurs centaines de morts seraient, selon l'«ONU» et diverses organisations internationales, surtout imputables aux «FRCI», les «forces» de Gbagbo se voyant aussi accusées d'atrocités.

En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire de la démocratie.

 

Source: NERRATI.NET