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mardi, 11 juin 2013

APPEL A TOUS LES DEMOCRATES CONTRE LA REPRESSION DU REGIME DE OUATTARA

ALASSANE OUATTARA. UNESCO.jpg


COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS - COMMUNIQUE

Appel à tous les démocrates

Manifestons massivement notre soutien au peuple ivoirien victime de la répression du régime de Ouattara


Cette semaine, en Côte d'Ivoire, une nouvelle arrestation de responsable politique a frappé. Cette fois-ci c'est la jeunesse militante qui est criminalisée.

M. Koua Justin, Secrétaire National par intérim de la JFPI (Jeunesse du Front Populaire Ivoirien), a été arrêté le vendredi 7 juin 2013, en début de soirée. Il se trouvait en réunion au siège provisoire du FPI dont nous rappellerons au passage que les locaux furent pillés et brûlés en août 2012 par les milices ouattaristes.

Selon plusieurs sources, des FRCI («l’armée» créée par Alassane Ouattara) ont envahi les lieux en brandissant des armes, et l’ont emmené de force sans mandat d'arrêt ni motif officiel. Peu de temps auparavant, Koua Justin avait révélé sur Facebook et lors d’une conférence de presse, la traque dont il était victime de la part de l’appareil militaire et policier du régime.

Selon les dernières informations, il se trouverait actuellement aux mains de la DST ivoirienne, enfermé dans un conteneur exposé à la chaleur et à la déshydratation.

A la détention politique, s’ajoute donc une grave mise en danger de son intégrité physique.

Connaissant les méthodes de torture utilisées de manière généralisée par le régime de Ouattara, nous avons toutes les raisons d'être inquiets pour sa vie.


Cet événement intervient :


- Après que la CPI se soit  déclarée dans l’incapacité de confirmer les charges présentées par le Procureur à l’encontre du Président Laurent Gbagbo; ce cinglant désaveu pour le pouvoir d'Abidjan semble accentuer une répression ininterrompue depuis plus de deux ans.

- Au moment où la JFPI, avec Koua Justin, prépare une grande campagne de mobilisation, à travers des tournées "éveil des consciences" dans tout le pays, et où un meeting était prévu dans les jours à venir.

Par ailleurs, Charles Blé Goudé, ex-Ministre de la Jeunesse, détenu lui aussi, a entamé depuis huit jours une grève de la faim pour dénoncer ses conditions inhumaines de détention.

Depuis le 15 mai, une trentaine de personnes proches de l'opposition ou supposées l'être ont été incarcérées à la MACA.

On estime actuellement le nombre des prisonniers politiques à plus de 700 sur le sol ivoirien.

 

CELA NE PEUT PLUS DURER !


Le gouvernement français (pour mémoire le Président François Hollande s'est vu remettre à l'UNESCO le prix Houphouët-Boigny pour la paix) doit sur le champ:


- CONDAMNER publiquement le régime de Ouattara et son mode de gouvernance par la terreur.

- EXIGER LA LIBERATION immédiate de tous les prisonniers politiques, en vertu du caractère universel de l’application des droits de l’homme et des Conventions de Genève.

- OBTENIR PAR LA VOIE DIPLOMATIQUE la libération et le rapatriement sanitaire du franco-ivoirien Michel Gbagbo, détenu depuis le 11 Avril 2011 pour délit de patronyme.


Nous appelons tous les démocrates à intervenir auprès du gouvernement pour qu'il agisse au plus vite et à alerter massivement les organisations des droits de l'homme en leur transmettant le présent communiqué.


COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

(contact: prisonnierspolitiques.rci@gmail.com)


 LE DIMANCHE 9 JUIN 2013


Pour écrire au Président de la république:

http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/

Pour écrire à Amnesty International France:

http://www.amnesty.fr/Contact/AI-France

lundi, 10 juin 2013

BRUNO NESTOR AZEROT: «CE N'EST PAS LE DROIT QUI REFUSE AUX HOMOSEXUELS D'AVOIR UN ENFANT, C'EST LA NATURE»

 

BRUNO NESTOR AZEROT.jpg

 
Extrait du beau discours prononcé le mercredi 29 Janvier 2013 par Bruno Nestor AZEROT Député (de gauche) de la Martinique:
 
 
"Moi, homme issu d’un peuple opprimé, réduit en esclavage, où le système social était un système qui refusait à un homme et à une femme de pouvoir avoir un enfant et de se marier légitimement, où le mariage était interdit et fut une conquête de la liberté, j’affirme le droit à l’égalité dans la différence et non dans le même, le semblable, l’unique ! Car enfin, au nom de l’égalité, du refus des discriminations, peut-on établir une équivalence entre tous les couples?
 
Je crois au contraire que l’on ne peut mettre fondamentalement sur le même plan hétérosexualité et homosexualité. Un homme et une femme, ce n’est pas pareil que deux hommes ou deux femmes ensemble. Etablir une équivalence, une nouvelle égalité, une nouvelle norme, c’est nier la réalité; c’est rétablir une oppression en confondant genre, sexe, et pratique. C’est un diktat de la pensée contre l’humanité vitale… et les Droits de l’Homme,… et de la femme. Refuser cette différence naturelle, c’est refuser la différence sexuée. C’est déjà revenir sur l’oppression de la femme et de ses droits émancipés. C’est instaurer une nouvelle contrainte! Oui, car il sera interdit de faire la différence désormais entre un homme et une femme, au risque d’être discriminatoire….
 
Et l’enfant! puisque deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer, que va t-on faire?
 
Car pour procréer, il faut bien un homme et une femme. Donc, inéluctablement, il y aura recours à la procréation médicale assistée car ce désir d’enfants est légitime. Mais ce n’est pas le Droit qui refuse aux homosexuels d’avoir un enfant: c’est la Nature. Alors, pour pallier ce problème de stérilité et d’incompatibilité, on aura recours à la PMA… Où est donc le progrès social? Où est la liberté nouvelle? Comment voulez-vous qu’un homme dont les ancêtres ont été vendus et « chosifiés » ne soit pas inquiété par cela? La Gauche a le pouvoir dans cette assemblée. Je suis un homme de Gauche. Mais parce que je suis de Gauche, je préfère l’humain et l’humanisme à ce que sous-tend ce texte.... A mon grand regret, mais avec ma conviction d’homme engagé et libre de Gauche, je ne voterai pas ce projet qui est attentatoire aux libertés et ne répond pas aux aspirations profondes du peuple. En particulier Outre-mer…
 
Je vous remercie."
 
 
Bruno Nestor AZEROT, Député.
 

QUI POSSEDE LES MEDIAS?

MEUTE. QUI POSSEDE LES MEDIAS.jpg

1. Droit à l’information

L’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 indique : « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

De plus, Victor Hugo, cité par Médiapart [1], a dit : « Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une, c’est attenter à l’autre ».

On reconnaît un régime totalitaire par le fait que les médias sont contrôlés par le pouvoir politique. Les révoltes sociales et populaires comme celle d’Oaxaca au Mexique en 2006 passent systématiquement par la prise de contrôle d’un média audio-visuel. Cela illustre à quel point la maîtrise de l’information est fondamentale pour asseoir son pouvoir, a fortiori à l’encontre ou l’insu de la population, ou pour lutter contre une éventuelle tentative de désinformation. Ne dit-on pas également que le premier perdant d’une guerre est la vérité ? Les médias sont donc essentiels à la démocratie, peut-être plus encore que les autres pouvoirs. Ils en sont également le baromètre. Et les dirigeants de grands médias sont les personnes parmi les plus puissantes qui soient.

2. Qui possède les médias ?

Les médias sont très nombreux. Bouquets de chaînes de télévision, magazines spécialisés sur tous les thèmes, stations de radio… sans oublier le labyrinthe d’Internet que nous ne développerons pas, car n’ayant pas atteint encore la puissance et la visibilité des autres supports. Le réflexe naturel serait d’imaginer derrière cette multitude de marques, de chaînes, une diversité et une pluralité souhaitables. Mais l’effet est trompeur. Derrière ce nombre pléthorique, paradoxalement il y a peu de personnes, et même de moins en moins.

Arnaud Lagardère, ami intime de l’actuel chef d’état, qualifié de « mon frère » par ce dernier, possède* les éditions Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de Poche, Larousse, Armand Colin, Dalloz et Dunod ; les magasins Relay, et Virgin ; les titres de presse Paris-Match, Elle magazine, le Journal du Dimanche, La Provence, Nice-Matin ; les stations radio Europe1, Europe 2, RFM ; les chaînes de télévision Canal J, MCM, Mezzo, Tiji, Match TV, la chaîne météo, CanalSatellite, Planète, Planète Future, Planète Thalassa, Canal Jimmy, Season, CinéCinéma, AlloCinéInfo et EuroChannel ; entre autres.
Groupe de l’industrie aéronautique, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 8,2 milliards d’€.

Martin Bouygues (ami intime de l’actuel chef d’état, parrain d’un de ses fils) et sa famille possèdent* les chaînes de télévision TF1, LCI, Odyssée, Eurosport, Histoire, UshuaïaTV, S Star, Cinétoile, Cinéstar, Télétoon, Infosport, Série Club, TF6, TV Breizh ; les sociétés de production de films : Téléma, Film Par Film, TF1 Film Production, les sociétés de distribution de films : TFM, la société d’édition vidéo : TF1 Vidéo, les magazines Tfou Mag, Star Academy, et pour la presse écrite quotidienne gratuite : Métro.
Groupe de bâtiment et travaux publics, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 32,7 milliards d’€.

Serge Dassault, proche de l’actuel chef d’état, et sa famille possèdent* Le Figaro, L’Express, le Figaro Magazine et Valeurs Actuelles.
Sénateur, avionneur et marchand d’armes, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires groupe en 2007 : 21 milliards d’€ (selon wikipédia, à vérifier).

Avec ces 3 personnes nous avons listé notamment le 1er éditeur de France, le 2ème libraire de France, le 1er quotidien de France, la 1ère chaîne de télévision de France si ce n’est d’Europe. Dans ce pays, la plus grande partie des médias est donc détenue par cinq empires financiers : Bouygues, Dassault, Lagardère, Bertelsmann (groupe RTL, M6), Vivendi-Universal (canal+, SFR).

Ajoutons encore Bernard Arnault l’homme le plus riche de France, qui fut témoin de mariage de l’actuel chef de l’état et qui possède Les échos. Vincent Bolloré, proche de l’actuel chef de l’état au point de lui prêter son yacht pour les vacances, possède la chaîne de télévision Direct8, les journaux gratuits Direct Soir et Matin Plus, en plus du groupe publicitaire Havas contenant RSCG de Jacques Séguéla.

En voulant parler de concentration, on s’aperçoit que cette concentration est de surcroît, autour de l’actuel chef de l’état !

Rarement autant de pouvoir n’a été concentré entre les mains d’agents économiques aussi restreints. Car le biais du capitalisme est qu’après la phase de concurrence, vient le temps du monopole de celui qui a gagné la bataille de la concurrence, et qui rachète ses anciens adversaires, sinon s’allie avec eux, cherchant par la même occasion à interdire l’accès au marché à d’éventuels concurrents. C’est le paradoxe d’un modèle qui, sans garde-fous, tend vers la suprématie, donc l’abus, puisque l’équilibre pluriel de départ est rompu. Depuis les années 90, ce contrôle capitaliste des médias se double d’une dynamique de concentration.

Que reste-t-il ? Le service public. Sa part de marchés reste inférieure [2]. Du point de vue déontologique, ce secteur doit s’efforcer d’être neutre. Donc il va s’interdire les méthodes très commerciales de ses concurrents cités plus haut, ou au pire les emprunter dans une certaine mesure, ce qui ne lui fera pas rattraper son écart d’audience. De plus une nouvelle organisation l’a mis sous la coupe directe du chef de l’état en gage de la suppression de la publicité.

Sondages

Si par définition, le média est le moyen de communication et de diffusion d’informations, alors sans aucun doute le sondage est devenu un média. Pourquoi les sondages sont-ils si importants ? Parce qu’ils servent d’auxiliaires très puissants à l’homme politique. Et soyons clair, derrière les circonvolutions du discours bienfaisant et rassembleur, le fond du propos de l’homme politique est beaucoup plus net et agressif : si vous contestez la mesure, nous avons la preuve – que vous ne pouvez vérifier – que vous êtes minoritaires.

Qui possède les instituts ?

 CSA est possédé par Vincent Bolloré, cité plus haut.

 IFOP est dirigé par Laurence Parisot, par-ailleurs présidente du Medef, organisation dont le frère de NS** fut vice-président jusqu’à fin août 2006, et invitée à la petite fête de la victoire de mai 2007 au Fouquet’s.

 IPSOS a pour administrateur notamment Nicolas Bazire, conseiller personnel de Nicolas Sarkozy et témoin de son dernier mariage. Pierre Giacometti, directeur général d’Ipsos France, lui aussi invité du Fouquet’s.

 Opinionway, a été fondé par Hugues de Cazenave. Voir cet article de politique.net [3] pour la mise en évidence de proximité politique.

Ne manquons pas d’impartialité en étant partiels, existent aussi la SOFRES qui a pour actionnaire les fonds d’investissement américain Fidelity ; LH2 (ex-Louis Harris) qui a été vendu par TNS à deux de ses dirigeants et BVA qui a pour actionnaires les fonds d’investissement Rothschild.

Sans préjuger d’une orientation politique systématique, on peut bien imaginer que, même s’il s’agit d’une minorité de sujets, les plus sensibles seront traités d’une certaine façon … ou pas du tout. Quant aux questions qui orientent les réponses c’est tellement évident, que certaines études sont tout simplement honteuses. Et les journalistes des médias de masse n’apporteront pas la précision sur les propriétaires des instituts et leurs autres activités. Ce manque de professionnalisme confine à la désinformation.

L’information libre étant consubstantielle (i.e. inséparable) à la démocratie, il est incroyable qu’une telle force, les médias, soit autorisée légalement à une telle consanguinité avec les pouvoirs économiques et politiques. Une démocratie qui laisse cela se mettre en place ne fonctionne pas correctement dans le sens constitutionnel d’un gouvernement par tou(te)s pour tou(te)s.

3. Problème de la concentration (réunion de toute l’autorité dans les mains d’un seul)

Il ne s’agit pas de stigmatiser telle ou telle entreprise qui n’a sans doute pas prospéré sans talent. Mais plutôt de montrer en quoi la situation ne convient pas.

Aucun des établissements financiers qui possèdent les médias n’a ce métier comme activité unique. Et à l’exception de Bertelsmann, le journalisme n’est pas le but premier de ces sociétés. Il s’agit même de groupes qui ont comme particularité d’avoir pour client l’état : le bâtiment, les travaux publics et les activités d’armement. Pour le dire de façon peu diplomatique, ils doivent leur pouvoir et richesses aux commandes que leur passent les politiciens avec l’argent public. Cela pose des problèmes politiques sérieux.

Ces groupes qui contrôlent la télévision ont la capacité d’utiliser le pouvoir conféré par cet outil puissant au bénéfice de leurs autres activités. Cela ne se fait pas forcément ouvertement. Mais par exemple on ne sera pas informé sur les activités en Afrique des grands groupes français, Bolloré notamment.

De plus on constate une dépendance du pouvoir politique vis-à-vis du pouvoir médiatique. Si le groupe a besoin de l’état, il a les moyens pour lui apporter tout le soutien nécessaire. Par renvoi d’ascenseur, il pourra être servi par des commandes, qui à ces échelles sont très importantes.

Malheureusement on a l’impression de répondre à la question : pourquoi ces entreprises championnes du capitalisme ont investi dans le secteur chroniquement déficitaire de la presse à l’aube du XXIème siècle ?

De surcroît ce secteur se voit maintenant financé par l’état (et donc par les citoyens) via un plan de 600 millions d’euros distribués sur 3 ans [4] à l’initiative de NS. Ne s’agit-il pas avant tout d’un cadeau à ceux qui l’ont « fait » ? Ou le genre d’opération séduction / siphonnage qu’il maîtrise ? S’il existe bien des journaux dits d’opposition tels le Nouvel Observateur ou Libération, avec sa technique d’ouverture, NS est capable de les dompter par cette aide. Qui ne serait pas séduit et donc… influencé dans son travail ? C.f. ce très bon article de Médiapart [1]. NS a bien compris l’importance de ce IVème pouvoir et continue à y étendre son emprise déjà quasi-hégémonique. Hégémonie ou consanguinité dont il tente de faire croire à l’inexistence en toute occasion.

À titre personnel je suis frappé de constater que nombre de personnes pensent que le chef de l’état est légitime dès lors qu’il est élu. Mais si, avant l’élection, celui-ci possède les chaînes de télévisions comme en Italie ou a pour amis proches les propriétaires de celles-ci comme en France (amitié expliquée ou doublée d’une convergence d’intérêts), comment peut-on croire sérieusement que cela ne pèse pas sur l’issue du scrutin, et ce de manière illégitime, hors de l’esprit démocratique ? On peut sans conteste dire que NS a été « fait » par et pour les possesseurs de groupes de diffusion.

Comment les médias servent la politique

Le principe est de ne pas faire réfléchir les gens, de les éloigner de ce qui les concerne. On est en plein dans l’application de ce propos de Paul Valéry « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. ».

D’où l’information mièvre, vidée de sa substance, l’écran de fumée de l’actualité mondaine, l’opinion saturée avec du bruit médiatique sur des sujets mineurs. Sans oublier le maniement de l’épouvantail de la peur avec les affaires de droit commun qui semblent sorties de la presse de caniveau. « Attention, danger ! Les pédophiles sont partout, à côté de chez vous. » Ce qui est recherché, c’est le consentement au système économique en vigueur : le libéralisme mondialisé. Les multinationales, qui ont le pouvoir réel, contrôlent les médias qui œuvrent à créer les « illusions nécessaires » préalables à ce consentement. In fine le travail des médias consiste à borner le champ de réflexion politique.

Quant à la presse gratuite, la partialité est invisible derrière des dépêches aseptisées. Et le lecteur ne va pas se plaindre d’un journal qu’il n’a pas payé – directement pour le moins. Lire par exemple cet article sur ce sujet particulier. [5]

Le plus grave ce n’est pas ce fait, logique, que nos grands médias deviennent de plus en plus acteurs de la société du spectacle. Mais c’est qu’en tant qu’outils politiques fondamentaux, ils soient en train de renoncer à leur tâche d’élaboration d’un espace public de discussion et de réflexion, pour ne plus exercer qu’une fonction de propagande.

Conclusion

Bien sûr il y a des personnes qui remettent en cause l’information reçue, qui savent à quoi s’en tenir, qui ne sont pas consommatrices passives de prêt-à-penser très orienté. Mais ces personnes-là sont en nombre réduit face à l’énorme part de la population qui se préoccupe moins de ces sujets.

La question des médias est donc une question très sérieuse, qui concerne tous ceux qui refusent que les marchés pensent à leur place. Ne nous taisons pas face à la “majorité silencieuse” et tonitruante des “télés-réalités”, sachons voir que souvent le « diverti se ment ». L’information est un bien commun. Communiquer librement, un droit. Les groupes multimédias enterrent ce droit. Aujourd’hui, en France, on peut dire que le pluralisme politique dans les médias est gravement mis en cause, que les issues d’élections sont biaisées et sans doute pire encore, la réflexion personnelle qui permet l’engagement citoyen combattue.

Au vu de cela, on comprendra que le pouvoir politique actuel soit gêné par l’Internet libre. Les campagnes de dénigrement de ce nouveau média ainsi que les lois visant à contenir son impact sont en cela très inquiétantes. Et la suppression de vidéos mettant en cause la caste au pouvoir se pratique déjà. Les vidéos sur Jean S. et l’ EPAD ont été supprimées de Youtube soi-disant pour propriété intellectuelle. La prise de participation de l’état dans le portail vidéo Dailymotion [6], en toute discrétion, va faciliter encore ce contrôle. Et c’est là que la déjà forte concentration se poursuit, en commençant par le contrôle d’un générateur de « buzz ».


Auteur : Mychkine

Pour : Sentinelles de la République


* Précision : au moins en tant qu’actionnaire majoritaire.


** Initiales de l’actuel chef de l’état dont le nom se voit suffisamment souvent.

[1]http://www.mediapart.fr/club/edition/etats-generaux-de-la-presse-le/article/131008/presse-notre-lettre-ouverte-aux-etats-gen

[2]http://www.mediametrie.fr/communiques.php

[3]http://www.politique.net/2008011202-opinion-way-institut-de-sondages.htm

[4]http://parlement-ue2008.fr/rap/a09-104-6-2/a09-104-6-22.html

[5]http://www.article11.info/spip/spip.php?article470

[6]http://www.numerama.com/magazine/14302-l-etat-investit-dans-dailymotion-apres-y-avoir-place-des-hommes.html

http://www.acrimed.org/

http://www.observatoire-medias.info/

http://209.85.229.132/search?q=cache:j6L8g4F4DxgJ:www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/bourdieu.doc+bourdieu+sur+la+t%C3%A9l%C3%A9vision&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&client=firefox-a

http://www.passerellesud.org/spip.php?article291

http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/enjeux/media-democratie/medias-contribuent-ils-au-debat-democratique.html


Source: AGORAVOX

20:24 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, france, qui possède les médias?, auteur mychkine, sentinelles de la république | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 08 juin 2013

DISCUSSION - REPONDRE UTILEMENT A MONSIEUR ROBERT LACAILLE


ROBERT LACAILLE. PROFIL FACEBOOK.jpg

Couverture du profil Facebook de Robert Lacaille. Révélateur des traits psychologiques de l'individu?

 

La réplique hallucinante d'un français, Robert Lacaille, à notre frère Léandre Sahiri, Docteur ès Lettres, au cours d'une discussion relative aux relations entre la France et l'Afrique, et la réponse pleine de pertinence du togolais François Fabrégat du CVU Diaspora. Appréciez!

 

Léandre Sahiri: Lisez ci-dessous la lettre reçue, ce mercredi 5/6/13, de Monsieur Robert Lacaille: 

"Cher Léandre ... je n'ai jamais eu la prétention d'être un ange ...et faire honte à mes parents est le cadet de mes soucis, je suis un européen,je ne suis pas chrétien, ne l'oublie pas .Quant à tes conseils d'Africain tu devrais savoir ce que j'en pense ...De la considération pour vous les Africains , vous qui vivez encore à nos crochets ...tu plaisantes j'espère ... Combien la France a donné l'année dernière à la Côte d'ivoire, l'intervention de l'armée française pour y rétablir la démocratie et virer ton petit roi de Bagdo ...le coût de l'intervention au Mali , plus d'un million d'euro pour éviter que ce pays tombe sous la charia ...Tout ce que doit faire la France alors que vous avez l'indépendance depuis 50 ans ...On commence en avoir marre de gaspiller de l'argent pour vous tous ... et je ne parle pas de vos bons à rien qui vivent de l'aide sociale ou se retrouvent en prison pour trafic de drogue ...Vous n'avez même pas la reconnaissance du ventre . Que serait l'Afrique s'il n'y avait jamais eu les blancs ? Nous ne sommes pas sur le même pied d'estale Léandre ... et n'oublie pas que je ne suis pas chrétien ... Bonne continuation, salut."

 

Robert Lacaille (Page Facebook)

La réponse de François Fabrégat


"Bonjour,

Pour répondre utilement à Monsieur Lacaille (membre du parti UMP dont le Président Sarkozy traitait en son temps les jeunes de racaille), consacrons quelques instants à la compréhension des phénomènes qui sont la cause de nos maux africains contemporains. Et parmi ceux-ci le regard d'une partie de certains peuples d'Europe à l'égard de l'Afrique.

Malheureusement ce Monsieur exprime tout haut les idées d'une frange importante des populations européennes qui confrontées à la crise sévère qui frappe ces pays, ont perdu leurs repères politiques traditionnels. Notamment en raison de leur impossibilité aujourd'hui, de distinguer des perspectives cohérentes de choix politiques. Ceci, dans la mesure ou les partis de gouvernement (en France de droite UMP ou de gauche PS) qui se succèdent au pouvoir au gré des alternances politiques électorales, pratiquent à quelques nuances et avec parfois des habillages différents, exactement les mêmes politiques néolibérales.

Ainsi, situer notre réflexion sur le panafricanisme en ignorant la montée des extrémismes de toutes obédiences dans le monde qui nous entoure serait une erreur fondamentale.

Le point de vue des idées exprimées par M. Lacaille est directement issu des fondements idéologiques véhiculés actuellement par les droites traditionnelles en France et partout en Europe. Aujourd'hui, le discours et la réflexion politique de ces droites traditionnelles se confond - quand il ne l'épouse pas carrément - avec celui des extrêmes-droites européennes, dont certaines sont déjà au pouvoir dans certains pays membres de l'Union européenne.

Pour vous en convaincre je vous adresse Le manifeste Antifasciste européen qui vient de naitre ainsi qu'un article de fond sur cette question écrit par Yorgos Mitralias.

Et ceci se passe au sein d'une Union Européenne totalement silencieuse devant de telles dérives politiques qui sont contraires à l'essence même du Traité de Rome.

Il y a une raison fondamentale à cela.

L'Union Européenne (ex CEE) s'est bâtie sur les décombres de la seconde guerre mondiale et cette Union Européenne s'est toujours construite sur un malentendu. Celui de la libération des économies au détriment de la question centrale de la construction  politique par le moyen de la démocratie et surtout de l'harmonisation sociale par le haut.

La construction politique de l'Europe est un leurre dans la mesure où 55 ans après les débuts de la construction du conglomérat européen aucune de ses institutions ne fonctionne démocratiquement et le lobbying économique et politique y est roi. Ainsi, la toute puissante « Commission Européenne » n'est toujours pas une instance démocratiquement élue,  quant au Parlement Européen il ne dispose - à part celui d’émettre des avis -,  pratiquement d'aucun pouvoir, même pas celui de voter en dernier ressort le Budget de l'Union Européenne ou l'aide au développement.

Ainsi du « Traité CECA » du 18 avril 1951, au « Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne » du 25 mars 1957 entré en vigueur le 1er janvier 1958 qui institue le « Marché Commun européen », puis à l' « Acte unique européen » (AUE) du 28 février 1986 entré en vigueur le 1er juillet 1987 qui consacre le processus d'intégration européenne, la question économique a primé sur toutes les autres. Cet édifice  institutionnel a été  couronné par le « Traité établissant une Constitution pour l'Europe » de 2005, récusé par référendum par les peuples de cinq pays européens (dont les Français qui ont dit non à hauteur de 54,68%) mais auxquels on  l'a imposé quand même, sous la forme du traité de Lisbonne du 13 décembre 2007, directement voté par les parlements et non plus approuvé par référendum populaire. (En France ce traité a été approuvé par le parlement réuni en congrès à Versailles le 4 février 2008 : UMP et PS ont voté de conserve ce traité : 560 voix pour, 181 contre, 152 abstentions.)

Comment dès lors s'étonner que cette Union Européenne - tout entière dévouée à la satisfaction des intérêts privés au détriment de l'intérêt public et de celui des peuples -, dont la plupart des pays  sont perclus de dettes, laisse monter et s'installer les extrémismes dans le champ politique sans rien dire ni  surtout faire.

Le pire peut-être, est que cela ne semble aujourd’hui choquer personne que le "gouvernement" de la première puissance économique du monde souffre d’un déficit démocratique d’une profondeur abyssale! Si cela ne semble choquer personne, c’est que les puissances économiques et financières qui constituent les oligarchies régnantes y trouvent leurs avantages.

Mais les peuples eux n’y trouvent pas leur compte et c’est pour cela qu’ici et là on voit des réactions brutales à ce mode de gestion antidémocratique des affaires publiques. Malheureusement les réactions des Peuples ne sont pas encore à la hauteur des enjeux.

Comment dès lors s'étonner de l'émergence de réactions assumées telles celle de ce Monsieur Lacaille qui n'honore pas le débat d'idées et la réflexion politique.

 En espérant avoir contribué à notre réflexion collective,

Cordiales salutations militantes."

 

François FABREGAT

6 juin 2013

jeudi, 06 juin 2013

STRATEGIE DE COM' FRANÇAISE SUR L'UTILISATION D'ARMES CHIMIQUES PAR LE REGIME ASSAD - UNE PALE COPIE DE LA STRATEGIE RUSSE?


 

GAZ SARIN.jpg


On parle beaucoup, en France, des "échantillons" supposés de gaz sarin ramenés de Syrie par deux envoyés spéciaux du Monde, le journaliste Jean-Philippe Rémy et le photographe Laurent Van der Stockt. Des "échantillons" qui ont permis à Laurent Fabius de lancer une énième charge contre le régime de Bachar El Assad, suite aux résultats d'analyse fournis par un laboratoire français, et aussitôt transmis à l'ONU.

Mais les médias majoritaires parlent peu de la journaliste russe Anastasia Popova et de sa démarche, qui a précédé celle des envoyés spéciaux du Monde. On peut même penser que leur campagne est une sorte de contre-feu à celle que leur consoeur a lancée. Fin avril, elle a envoyé au secrétariat général de l'ONU des "preuves" de l'utilisation d'armes chimiques par les rebelles syriens. Des éléments recueillis lors d'un reportage sur le terrain. Les Nations unies ont refusé, après un certain nombre d'atermoiements, de prendre en compte les éléments... en prenant prétexte de problèmes techniques supposés, comme l'on peut le voir dans cette vidéo du site d'investigation spécialisé dans la couverture de la Maison de Verre Inner City Press.


C'est à la suite de ce feuilleton Popova que les journalistes du Monde ont surgi sur la scène diplomatique internationale. Il est en tout cas assez frappant de s'apercevoir que, désormais, c'est la presse qui est chargée d'administrer la preuve de l'utilisation d'armes non conventionnelles face à un ennemi que l'on tente de poser en adversaire de la paix et de la sécurité internationales pour mieux l'abattre. Il est vrai qu'après l'énorme manipulation de Colin Powell, qui avait brandi à la face du monde un "échantillon" (ah ! les échantillons !) de ce qui était censé être de l'anthrax utilisé par Saddam Hussein comme arme de guerre, plus personne ne croit les boniments de la propagande officielle. Mais en quoi des proclamations de journalistes, de toute façon "attestées" par des laboratoires dépendant de l'Etat, et dont se sert la diplomatie de leur pays dans le cadre d'une chorégraphie médiatique quasi-parfaite, diffèrent-elles fondamentalement de déclarations faites directement par des officiels ?

Une chose est sûre : s'il est normal, pour un journaliste, de se montrer circonspect voire carrément sceptique face à des informations provenant d'officiels, il est difficile de chipoter plus que de raison sur des "révélations exclusives" d'autres journalistes, sans courir le risque de l'accusation d'anti-confraternité.


Théophile Kouamouo


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 02 juin 2013

SOUVENONS-NOUS DE CE QUE JEAN-LUC MELENCHON DISAIT SUR LA COTE D'IVOIRE LE 17 AVRIL 2011

 

JEAN-LUC MELENCHON 2.jpg

 

Ces propos sont une analyse juste de l'incroyable lâcheté d'un Parti socialiste pour qui ne comptent, en Afrique, que les "réseaux" et la realpolitik".


"Le parti de Laurent Gbagbo était membre de l’internationale socialiste. Quelle contribution a pris l’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucun. Quels ont été les membres de cette illustre organisation qui se sont interposés dans le drame ? Aucun. Pourtant le PS français assure la vice présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de l’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à faire des visites sur place ? Rien. Combien d’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, du moins, a-t-il assumé loyalement jusqu’au bout. Mais les autres ? Et euro RSCG, l’agence de communication de Dominique Strauss-Kahn, organisatrice de la campagne électorale de Laurent Gbagbo. Vont-ils rendre l’argent au nouveau pouvoir pur et sincère de monsieur Ouattara ? Non bien sur ! Sinon il faudrait rendre celui d’Eyadema, celui de Bongo et celui de combien d’autres ? Admettons. Admettons que chacun ait, en cours de route, découvert qu’ils ont soutenu par erreur un odieux tyran. Dans ce cas pourquoi ne demandent-ils pas à l’internationale socialiste une réunion pour prendre la mesure du nombre de ses membres qui viennent de perdre le pouvoir dans la violence ? Pourquoi n’ont-ils jamais demandé leur exclusion avant ? Pourquoi ont-ils gardé toutes leurs responsabilités dans cette organisation ?

Ces débats sur la nature et l’orientation de cette organisation m’ont été mille fois refusé, l’air excédé, par un François Hollande, du temps qu’il dirigeait le PS. Il n’y a pas eu une minute de débat quand leur ami De Larua fit tirer sur la foule argentine par ses policiers, ni quand leur ami président du Venezuela social démocrate fit tirer sur celle de Caracas, ni sur leur cher Alan Garcia élu président du Pérou avec l’aide de la droite qui fit massacrer paysans et prisonniers de droit commun. Aucune de mes mises en garde concernant cette organisation, faites de vive voix ou par écrit dans mes livres et articles, n’a jamais reçu un mot de réponse ni soulevé une minute de débat. Ils s’en moquent, ils ne savent pas où c’est, ils ne savent pas de qui il s’agit…. On connait la musique. Ils soutiennent n’importe qui, n’importe comment, du moment que l’intéressé a un tampon de l’Internationale Socialiste et paye le voyage. « Nous ne permettons pas aux autres de nous dire ce que nous devons faire, de quel droit irions-nous leur dire ce qu’ils doivent faire eux » m’avait lancé François Hollande. Après quoi ils sont prêts à abandonner leurs amis d’un jour à la mare aux caïmans, quand ça tourne mal.

Mais le cas de Laurent Gbagbo ne ressemble à aucun autre. Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. J’ai rencontré Simone Gbagbo du temps où elle était dans l’opposition. Je n’ai jamais été invité sous sa présidence. Je n’ai jamais participé à une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je n’ai pas eu de tache d’écriture rémunérée par euro RSCG. Gbagbo ne m’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. J’étais, pour lui aussi, ce que j’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas :

Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie sociale démocratie en Afrique. Qu’il ait échoué, dérivé ou ce que l’on voudra, mérite mieux que le lâche abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les ivoiriens méritaient au moins une tentative d’interposition politique. Aujourd’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne le feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et qu’on ne leur demande aucun compte.

Je crois bien que les images de « l’arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaire aux yeux rouges » des assaillants, l’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, l’évidente main mise de notre armée sur l’opération, rien ne ressemblait moins à une opération de protection de la population sous mandat de l’ONU. Mais, depuis le début, Laurent Gbagbo est l’homme à abattre pour les concessionnaires français qu’il a menacé dans leurs intérêts un temps même s’il les a bien cajolé ensuite. Cela n’excuse rien, mais cela explique tout. Et d’abord la réécriture de la personnalité d’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par l’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui l’avait empêché en son temps d’être candidat à l’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi disant « rebelle du nord », vrai seigneur de la guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus en place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. L’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps qu’il pouvait y avoir une perspective d’accord sur ce point entre les parties. Mais il n’y en avait pas.

Ne restaient donc en présence qu’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs d’urnes d’Alassane Ouattara revenait à prendre partie dans une guerre civile. Elle dure depuis 2003. La raconter obligerait à un récit qui prendrait trop de place. Aucune page n’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate. Car si l’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo n’a pas obéi aux injonctions de l’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara n’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires n’avaient pas désarmé pendant l’élection, contrairement à la demande de l’ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute les votes à 90 % en faveur de sa candidature dans les zones qu’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On l’avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin il faut se souvenir que le mandat de l’ONU était de "protéger les civils" et d’"empêcher l’utilisation d’armes lourdes" contre eux, pas d’aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel.

Mais qui s’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans le début d’une discussion et ou d’un vote de l’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec l’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus s’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices d’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires n’aient jamais leur mot à dire sur les expéditions militaires du pays. On n’a voté à l’Assemblée et au Sénat ni sur l’Afghanistan, ni sur la Libye, ni sur la Côte d’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, c’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quel genre de démocratie est donc la nôtre entre l’Europe qui nous dicte des lois et des astreintes jamais délibérées et un régime présidentiel qui déclenche des guerres à sa guise et sans mandat ni contrôle du parlement ? Il me semble qu’une commission d’enquête parlementaire sur cette intervention est seule capable de faire la lumière sur l’enchainement qui a conduit jusqu’à cette intervention militaire française dans la guerre civile ivoirienne."

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 01 juin 2013

NICOLE BRICQ ET L'ECONOMIE DE BROC

CHERIF RAHMANI ET NICOLE BRICQ.jpg


Il y a déjà quelques années le code algérien de l’investissement était considéré à juste titre d’ailleurs, comme l’un des plus attractifs au monde. Experts nationaux et étrangers et même des institutions économiques internationales ont régulièrement loué les facilitations que l’Algérie accorde aux investisseurs étrangers.
 
C’est une réalité bien établie et dans les textes. Il se trouve qu’on reparle encore du code de l’investissement qu’on doit réviser pour le mettre à niveau des disiderata sans cesse boulimiques de nos partenaires notamment les français. Pourquoi donc changer un code qui reçoit autant de bonnes notes?
 
A moins de vouloir donner le pays sur un plateau aux entreprises du CAC 40, rien ne justifie l’agitation de certains milieux en panne d’idées à revoir un texte qui se décline comme une invitation à l’eldorado pétrolier algérien.
 
Les voyages successifs de la ministre française du commerce extérieurs Nicole Bricq sont pour le moins suspects.
 
On remarquera qu’elle est chargée de développer le commerce et non pas l’économie. Et quand on sait que l’Algérie ne vend strictement rien sinon ses ressources vitales (le pétrole et le gaz), il est aisé de deviner la mission de Mme Bricq dans une économie de… bric et de broc.
 
L’Algérie un marché pour le CAC 40
 
A chacune de ses interventions devant nos responsables et les chefs d’entreprises, cette Dame d’affaires, donne la nette impression que son pays s’impatiente de prendre une grosse part du gâteau Algérie.
 
«L’Algérie n’est pas un marché, en tout cas, elle ne peut pas être que cela», disait-elle l’autre jour devant les chefs d’entreprises algériens à l’occasion d’une rencontre sur le partenariat bilatéral.
 
C’est tellement facile à le dire par commodité de langage pour titiller l’ego de nos responsables. Mais en y voyant de prés, on ne décèle aucune volonté de la France d’aider l’Algérie à construire une économie par un transfert de technologie mis à part les belles formules discursives de Mme Bricq et ses collègues.
 
La réalité est que les pétrodollars algériens font saliver d’envie la France qui n’est pas encore sortie de sa décrue économique. Il est alors de bon ton d’élever par la magie du discours, l’Algérie au rang de «partenaire». A moins de considérer la réalisation ou la gestion du métro d’Alger, des tramway, de l’aéroport Houari Boumediene, de l’eau dans les plus grandes villes comme un partenariat…
 
La France veut tout prendre
 
On l’aura compris, dans la bouche de Nicole Bricq et même de Raffarin, le partenariat avec l’Algérie est synonyme de bonnes affaires pour les entreprises françaises qui peinent à se placer ailleurs.
 
Il fallait donc rattraper le temps perdu durant les années Sarkozy quitte à sacrifier les formes…Et Nicole Bricq ne s’encombre même pas de formules pour mettre les pieds dans le plat :
 
«Il me paraissait invraisemblable que la France et ses entreprises ne soient pas mobilisées. Quatre entreprises françaises sont présélectionnées dans les appels d’offres en cours», a-t-elle lâché.
 
Cerise sur le gâteau : Le ministre de l’industrie, Chérif Rahmani a défendu publiquement la révision du code des investissement. Son objectif ? «Mettre à plat tout le système et de le rendre cohérent».
 
Il est à espérer qu’il ne s’agira pas de mettre à plat notre économie déjà à genoux…
 
 
Rafik Benasseur, le 29 mai 2013.

Source: ALGERIE1.COM

vendredi, 31 mai 2013

DECRYPTAGE OPERATION ARMES CHIMIQUES DU JOURNAL "LE MONDE" PAR UN MEDECIN SPECIALISTE

 

BOMBARDEMENTS HOMS.jpg

A Homs, en Syrie. Les chefs de la diplomatie française et britannique s'inquiètent de voir le président Bachar al Assad recourir à des armes chimiques dans le conflit syrien, dans une lettre adressée à la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Photo prise le 16 mars 2013/REUTERS/Yazen Homsy (c) Reuters.


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Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.

Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille ‘rétractée’, signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.

Le récit, espéré digeste grâce à la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.

Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours.

Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.

Quatrième anomalie. La consultation de n’importe encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie. 

Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.

Les escarmouches autour du plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris sous celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

 

Badia Benjelloun

28 mai 2013

 

Source: PALESTINE SOLIDARITE.ORG

L'EUROPE ET LES FACTEURS FRANCO-ANGLAIS DE DIVISION

FABIUS ET HAGUE.jpg

 
Les ministres européens des affaires étrangères ont décidé la levée de l’embargo sur les armes au profit de l’insurrection syrienne. Constatons au passage que pour Fabius cette décision doit permettre de rétablir un rapport de forces susceptible de contraindre à la négociation le président syrien, El Assad, celui qui « ne mérite pas de vivre » et dont la chute est imminente depuis deux ans. Pourquoi choisir la voie des armes et se défier de la voie politique offerte par Genève II qui doit, selon lui, aboutir au même résultat? Son collègue anglais Hague confirme de son côté que les anglais sauront trouver les voies appropriées pour faire parvenir les armes aux insurgés avant cette espèce d’absurdité de date butoir du 1erAoût. Au cas où Fabius serait mal compris le porte parole de son ministère souligne que cette date du 1er août n’oblige pas la France. Ashton perd toute autorité devant le traitement fait par ces deux ministres à sa déclaration que les armes ne peuvent être fournies avant le 1er août pour, selon les « sources proches », laisser une chance à Genève de se tenir. Retenons quand même sa justification de l’envoi des armes par leur but : « défendre les civils ». C’était le but aussi en Libye. Entre Ashton qui veut défendre les civils et Fabius qui veut changer le rapport des forces et Hague qui les ajoute aux arguments de choc qui doivent obliger El Assad à partir, l’unité européenne risque de prendre des coups sérieux.

Le lendemain de ces déclarations qui semblent vouloir forcer le destin, la Belgique annonce  son intention de rester en retrait, l’Allemagne confirme son opposition à l’envoi des armes et l’Autriche rassure sur le maintien de ses soldats au sein des forces de l’ONU chargées de superviser le cessez-le-feu sur le Golan.

Car, précise le ministre autrichien, l’embargo est levé pour après le 1eraoût. Il n’y a aucune raison de croire que ce dernier ment et donc il existe plus que des désaccords entre pays européens. Il existe des divisions.

Nous constatons qu’à l’entente franco-allemande qui a donné tonus et chair à une construction européenne enracinée dans les crédos économiques, il s’est réellement substituée une connivence franco-britannique implantée dans les choix politiques et idéologiques d’un alignement sur les USA. Cette connivence a été officialisée dans un accord signé par les deux pays et préparé par Sarkozy pressé de donner des gages aux USA sur son alignement complet. Cet accord militaire présageait d’un déplacement de la France du centre de gravité franco-allemand au cœur de l’Europe, vers un axe aux frontières de l’Europe voire à sa tangente.

Sarkozy avait préparé et négocié ce déplacement par conviction : l’hyper puissance US était à ses yeux la source de tout pouvoir et de toute orientation. Ceux qui ont de la mémoire se souviendront du forcing pour séduire Bush juste après son élection. Ils peuvent aussi se souvenir de ces campagnes de basse propagande qui glorifiaient les USA et fustigeaient l’anti-américanisme « primaire », campagnes animées par les figures les plus marquantes et les plus marquées de la gauche « humanitaire » alliées, pour la circonstance, aux figures de la droite autour de la «défense des valeurs de démocratie et de liberté». Les français comprendront un jour qu’elles désignaient les « vertus du capitalisme » débridé. 

Cette même « gauche » du PS continue dans ce domaine comme dans d’autres, dans la lancée de cet alignement pro-US qu’on a tort de confondre avec l’atlantisme car il préfigure la prochaine étape de destruction de l’Europe par le grand accord de Libre Echange entre l’UE et les USA. Les socialistes français continuent cette politique d’alignement qui est de fait une politique pour se désaxer de l’ancienne conception d’une Europe Unie. C’est la course au titre de meilleur élève néocon.

Le gouvernement français a joué à fond cette carte de l’alignement dont on peut dire sans exagérer qu’elle précédait les ordres. Le zèle a poussé si loin la France que ni Hollande ni Fabius ne peuvent reconnaître leur échec en Syrie sans le transformer en défaite. En forçant la main à l’Europe, les français et les anglais renforcent un axe ouest-européen aligné sur les USA ouvertement hostile à un axe est-européen pour qui la Russie est un partenaire vital. Il faut y rajouter les fractures économiques et sociales Nord/Sud de l’Europe, aggravées et dévoilées au grand jour par la crise.

La guerre à la Syrie ne risque pas d'embrasser le seul Liban. Elle peut aussi ajouter aux fissures européennes. On sent arriver le moment que choisiront quelques pays européens pour dire à l’état français que l’Empire colonial est derrière eux.   
 

Mohamed Bouhamidi


In Reporters-Alger, le 30 mai 2013. 

DECERNER LE PRIX FELIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX A FRANÇOIS HOLLANDE: UNE ERREUR DE CASTING OU UNE PREUVE DE CYNISME?

 

 

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François Hollande doit renoncer à ce prix!

 

Le 21 février dernier, François Hollande s’est vu nommé pour recevoir le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[1], décerné chaque année par l’UNESCO. Il le recevra le 5 juin prochain de l’UNESCO.

 Il y a de quoi s’étonner à plus d'un titre.

  • Comment François Hollande peut-il recevoir ce prix alors qu’il a porté et porte toujours la guerre au Mali, qu’il est à la pointe du combat pour livrer des armes aux opposants au régime syrien et que la Force Licorne est toujours active en Côte d’Ivoire alors qu’Amnesty International[2], dès 2011 a signalé que « les forces internationales (à la fois les soldats français de la Force Licorne et les forces de maintien de la paix de l’ONUCI) ont joué un rôle clé en Côte d’Ivoire depuis leur intervention dans cette crise.» Ajoutant que «la légitimité de la présence de ces forces de maintien de la paix a été remise en cause (…) en novembre 2004 et en janvier 2006 » et que par ailleurs ces « forces internationales ont fait usage de la force létale aussi bien en novembre 2004 qu’en janvier 2006 »?  
  • Comment l’UNESCO, qui ne peut ignorer ces éléments, a-t-il pu avaliser la suggestion du jury?

Cette nomination risque d’avoir de sérieuses conséquences sur l’image de l’UNESCO et particulièrement sur la Commission internationale pour la recherche de la paix[3] mais elle porte aussi un nouveau coup à la Charte des Nations Unies et à l’ONU qui n’en ont pas besoin alors qu’elles sont niées, instrumentalisées, bafouées par nombre de membres de la communauté internationale qui, au détriment des peuples, décident de réécrire de nouvelles règles pour les relations internationales au profit de la finance et des multinationales et des nouvelles aspirations impérialistes au prétexte de combattre le terrorisme. 

Elle oblige à constater la rupture qu’il y a, d’un côté, entre le Peuple des Nations et de l’autre, les gouvernants et les institutions internationales.

Depuis 1989, le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[4] honore par ce titre -composé d’une médaille en or, d’un diplôme de la paix et d’une somme de 150 000 dollars[5]-, « des personnes, institutions ou organisations ayant contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix, dans le respect de la Charte des Nations Unies et de l'Acte constitutif de l'UNESCO ».

Il est fait référence à deux outils ; l’un est la Charte des nations Unies, acte constitutif et fondamental de ce qui constitue et le Peuple des Nations et la communauté internationale[6], l’autre concerne l’acte constitutif de l’Unesco pensé par les gouvernements des Etats parce que «les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix[7]».

Ce prix a-t-il été décerné à François Hollande au vu de son action au Mali qui garantirait la paix dans le respect de la Charte des Nations unies? «Préserve-t-il les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances »?

Cette action permet-elle de « proclamer à nouveau notre foi dans (…) l'égalité de droits (…) entre les nations, grandes et petites »?  Crée-t-elle «les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, (…)  et à ces fins à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage et à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales[8]»?

Est-ce-que l’intervention armée de la France au Mali mais aussi le maintien de la Force Licorne en Côte d’Ivoire «contribue -selon les critères de l’UNESCO- au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, (…) que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples »? 

Quelle autre action pacifique a menée le Président de la République française depuis son élection ? A-t-il, ainsi qu’il l’avait promis lors de sa campagne, «rompu avec la Françafrique, en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité[9]»?

Non, il n’a pas été mis fin à la présence de la Force Licorne en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, il ne cesse de répéter qu’au Mali, « nous sommes en train de gagner cette bataille[10] »;  certains de ses ministres vont même jusqu’à affirmer que la France est en guerre.

Guerre contre qui? Sur quelles bases légales au regard du droit international?

Depuis son non engagement contre l'Irak, la France n’a de cesse d’endosser le statut de va-t-en-guerre. Elle l’a fait en Libye, hors du cadre onusien mais au nom du droit d'ingérence et de la responsabilité de protéger les populations civiles[11]. Elle cherche à prouver à ses alliés favoris qu’elle continue à tenir son rang et qu’elle est à leurs côtés en allant défendre leurs intérêts et les maigres privilèges qui lui restent, même si cela est fait alors qu’elle sait que l'usage de la force ou même la menace de l'usage de la force est interdit par l'article 2 §4 de la Charte des Nations Unies.

Cet article interdit de manière absolue l’usage de la force et de la menace de l’utilisation de la force. Cette interdiction- une des plus grandes conquêtes de l’humanité depuis la deuxième guerre mondiale- est une garantie normative visant la paix et la sécurité internationales pour tous les Etats et les peuples.

Le droit international ne prévoit, en effet, que deux cas de recours licite à la force armée, soit lorsque les mesures de coercition armées sont décidées par le Conseil de sécurité sur la base de l’article 42 de la Charte des Nations Unies en cas de menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d’un acte d’agression (chapitre VII de la charte), soit parce qu’il s’agit de légitime défense sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, qui reconnaît, à tous les Etats, le droit inhérent d’utiliser la force armée dans le cas où ils seraient l'objet d'une agression armée.

La France se trouvait-elle dans l’une ou l’autre de ces situations?

L’interdiction absolue -et répétons-le une fois encore, sauf en cas de légitime défense et de l’autorisation du Conseil de sécurité- fait partie, sans aucun doute, des normes impératives du droit international.

En déclenchant une guerre au Mali, les autorités françaises -agissant en tant qu’organes de l’Etat- ont ordonné l’exécution d’opérations militaires qui, de toute évidence, enfreignent les dispositions de la Charte des Nations Unies. Ainsi, les autorités françaises –il est vrai que ce ne sont pas les seules- sont en train de violer l’une des normes les plus fondamentales du droit international, mettant directement en danger la paix et la sécurité internationales dont les conséquences néfastes vont se faire sentir bien au-delà du départ, encore très incertain, des troupes françaises.

Certes, en l'état actuel du dispositif impérialiste, il est somme toute normal que la France, membre du Conseil de Sécurité, ne se soit pas portée garante de cette norme impérative du droit international et ait préféré surfer sur des idées comme le droit de protéger ses otages retenus à l’intérieur de territoires souverains et sur la responsabilité de protéger les populations du Nord Mali et stopper à la fois l’avancée sur le sud du Mali et la destruction de biens culturels d’importance. Elle continue à  ouvrir la porte à ce nouvel ordre mondial de violence et de misère basé sur la loi du plus fort et la déstructuration de l'ensemble des normes impératives du droit international.

Préférer la violence et la guerre à la recherche de moyens pour maintenir la paix et la sécurité internationales pour l'ensemble des peuples, c'est permettre que tout le système multilatéral onusien soit remis en cause alors qu'il aurait fallu trouver d’autres moyens pour mettre fin à ce début de partition du Mali et permettre aux Maliens et aux Maliennes de construire des solutions pour mettre fin aux nombreuses exactions portant atteintes à l’ensemble des droits fondamentaux.

En passant outre certaines des Résolutions[12] adoptées sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, la France ne fait que démontrer que le système onusien a perdu toute sa crédibilité et dès lors qu'il est aisé de le bafouer, de le contourner, de le manipuler, voire de l’ignorer. Cela a été le cas pour la Libye, l’Irak où la culture du mensonge a été portée à un niveau de cynisme qui a coûté et coûte encore la vie à de très nombreux enfants, femmes et hommes.

Le Président de la France, dès lors, mérite-t-il d’être récompensé? Certainement pas!

C’est pourtant bien ce qu’a fait le jury présidé par l'ancien Président du Mozambique, Joaquim Chissano, qui a «condamné la violation de l'intégrité territoriale du Mali, les violations des droits de l'homme, l'enlèvement d'otages et la destruction du patrimoine culturel de l'humanité à Tombouctou » en reconnaissant « la contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique » et « la solidarité manifestée par la France à l'égard des peuples africains ». Si nous sommes tous et toutes d’accord pour condamner, aux côtés des Maliens et des Maliennes, la violation de l’intégrité territoriale, l’enlèvement d’otages et la destruction d’un patrimoine culturel inestimable, il reste une question de taille.

Certes, le peuple malien, grâce aux moyens militaires importants de la France, a été « débarrassé » des groupes semant la violence au Nord Mali ; il aspirait, fort légitimement, à la fin de la terreur ; mais quel prix va-t-il maintenant payer d’une part, à « ses sauveurs » et d’autre part, aux groupes qui vont certainement continuer à semer la terreur une fois les troupes françaises parties? Cela autorisait-il la France à commettre les exactions commises lors de la reprise de Kidal? Comment expliquer que la France a noué  des relations particulières avec le MNLA dans la même ville?

Les questions posées par certains de ces groupes sont-elles résolues? Sera-t-il enfin mis fin au passage de la drogue qui alimente l’Europe dans ces régions? La question touareg trouvera-t-elle une solution? Cette intervention extérieure permettra-t-elle la reconstruction des institutions maliennes de manière durable et avec des moyens suffisants pour assurer une totale souveraineté à un gouvernement qui n’a cessé d’être sous la coupe de ses anciens colonisateurs et des institutions financières internationales? Les pays occidentaux arrêteront-ils de faire croire à l’ensemble des peuples qui se sont libérés de dictature ou qui sont encore sous l’emprise de leurs « suzerains » que le seul modèle démocratique est le leur?

Autant de questions qui restent en suspens et pour lesquelles l’intervention française ne peut apporter de solution tant ces réponses doivent être construites par le peuple malien dans son ensemble en raison de son droit inaliénable à disposer de lui-même et de jouir pleinement de sa souveraineté, sans ingérence extérieure imposée. 

Au regard de tout cela, il y aurait une certaine indécence à remettre le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à François Hollande. 

La Commission internationale pour la recherche de la paix doit revoir son casting et attribuer ce prix à des hommes et des femmes qui se battent au quotidien pour maintenir la paix alors que ce sont les logiques de guerre qui prévalent et envahissent de plus en plus l’espace social mondial.

Face à ces logiques mortifères, le « Peuple des Nations » doit cesser de courber l’échine et doit faire entendre ses voix diverses, son attachement fondamental au droit à disposer de lui-même il doit  aussi faire entendre son refus de la menace d'une guerre permanente et de cet ordre qui les exploite et les exclut du partage du pouvoir et des richesses.

Dans ce contexte, il serait indécent que le Président de la République, François Hollande, soit récompensé pour ses entreprises « guerrières » et reçoive le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

 

Fondation Frantz Fanon

http:// frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com

 



[1] Ce prix a été décerné à de nombreuses personnalités dont Nelson Mandela et Frederik W. De Klerk, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, Jimmy Carter, Abdoulaye Wade, Martti Ahtisaari, ainsi que Luiz Inácio Lula da Silva.

[2] Rapport -AFR 31/002/2011, Amnesty International, mai 2011.

[3] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/international-commission-for-peace-research/

[4] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/

[5] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/presentation/general-conditions-of-the-prize/#c246171

[6] Représentée par « nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants » qui sont dans la majorité des Etats élus par les membres de la société civile, Préambule de la Charte des Nations Unies.

[7] http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=15244&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[8] Préambule de la Charte des Nations Unies.

[9] Proposition 58, Le changement c’est maintenant ; Mes 60 engagements pour la France ; 

http://www.parti-socialiste.fr/dossier/le-projet-de-francois-hollande

 [10] ww.lepoint.fr/monde/mali-nous-sommes-en-train-de-gagner-cette-bataille-selon-hollande-28-01-2013-1621132_24.php

[11] Enfin, la porte est grande ouverte, Mireille Fanon-Mendès-France, 31 mars 2011,

http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/?p=723 

[12] Résolutions 20562071 : votée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de Sécurité et 2085.

mercredi, 29 mai 2013

HOLLANDE PERORE A ADDIS-ABEBA DEVANT UNE SALLE VIDE! (VIDEO)

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Hollande n'était pas au sommet d'Addis-Abeba au moment où tous les chefs d'Etats africains y étaient. Son discours était attendu pour 19h, il a été fait à 20h40 devant une salle vide, après que tous les participants au meeting du Cinquantenaire de l'Union Africaine (UA) fussent rentrés chez eux.

Chapeau bas au service de communication de l'Elysée! Vraiment trop fort!

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
 


Source: CANAL PLUS.FR

jeudi, 23 mai 2013

QUI GOUVERNE REELLEMENT LA FRANCE ET L'EUROPE?

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Qui gouverne réellement la France et l’Europe, une conférence de François ASSELINEAU, président de l’Union Populaire Républicaine (UPR) version entièrement réenregistrée et remontée présentée le 27 avril 2012 à Saint Amour.

Comment la France a transféré la majeure partie de ses pouvoirs aux responsables européens et aux lobbies? Comment une poignée de groupes contrôle les médias?


Vidéos à voir absolument, à partager et à conserver ! ! !

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Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 1/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 2/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 3/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 4/4

 

Source: UNION POPULAIRE REPUBLICAINE (UPR)

jeudi, 16 mai 2013

COTE D'IVOIRE: OUATTARA AUSSI POPULAIRE ET EFFICACE QUE FRANÇOIS HOLLANDE EN FRANCE

 

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Les présidents Ivoiriens et Français ont énormément de points en communs. En particulier ceux de ne plus représenter grand monde et d’avoir lassé leurs populations par leurs mensonges et les violences qui se poursuivent dans leurs pays. Les récentes élections en Côte d’Ivoire confirment la division du pays et l’isolement de son dirigeant, illustrant le manque de confiance pour ce président imposé, après le putsch de l’Armée Française. Le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo a appelé à boycotter les élections régionales et municipales, les qualifiant de farce électorale. Et au vu du très faible taux de participation, moins de 30%, l’appel semble avoir été largement suivi. Ce vote a en outre été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n’ont pas tardé à dégénérer en incidents violents partout dans le pays.

Malgré l’aveu de ses échecs, nonobstant la manne du FMI, de son impuissance et les dissensions au sein de son propre camp, le Président Ouattara briguera un second mandat. Cependant, l'insécurité persiste et aucune avancée notable n’a été faite pour une véritable réconciliation nationale. Au contraire, on note une mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui réclament sa libération à la Cour pénale internationale.



Plus inquiétant, le pays semble livré à une nouvelle oligarchie spoliatrice. En effet, des experts des Nations unies ont décrit un système de prédation des ressources naturelles, au profit d’un “réseau militaro-économique” mis en place par les anciens chefs des Forces nouvelles, alliés de l’actuel président, Alassane Ouattara, lui même ancien cadre du FMI. Environ 10% de la récolte de cacao pour la période 2011-2012 aurait été ainsi détournée, soit la bagatelle de 153.000 tonnes. Même chose pour la noix de cajou, dont plus de 30% de la production est allée dans d’autres poches. Mais c’est également le cas pour le coton, le bois, l’or ou encore les diamants.

Les sommes détournées sont loin d’être anecdotiques. Rien que pour le cacao, il est question de 400 millions de dollars (soit 1,6% du PIB ivoirien en 2012) de pertes pour l’économie locale et de 76 millions de dollars de rentrées fiscales en moins. Comme d’habitude, ce sont les mêmes méthodes qui sont à l’œuvre sur tous les continents. Pour contenter certains, on sacrifie un pays et sa population en les plongeant dans une anarchie durable mais profitable aux trafics en tout genre. Alors, comment réagirait la France, et plus largement l’Union Européenne, si du fond de son cachot de la Haye, l’ex-Président Laurent Gbagbo, remportait les élections présidentielles de 2015? Les ivoiriens seraient bien capables de faire ce joli pied de nez aux donneurs de leçons occidentaux.

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Source: PRORUSSIA.TV

mercredi, 15 mai 2013

LA FRANCE ENTRE EN RECESSION

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Avec un nouveau recul du Produit Intérieur Brut au 1er trimestre 2013, la France est officiellement entrée en récession, a annoncé l'Insee mercredi 15 mai.

Le PIB a baissé de 0,2% après s'être déjà contracté de 0,2% au 4e trimestre 2012. Deux chiffres négatifs qui signifient l'entrée en récession de la France.

L'Insee a également confirmé son estimation d'une croissance nulle pour l'ensemble de l'année 2012.

Autre mauvais indicateur : le pouvoir d'achat des ménages qui effectue une chute record en 2012, avec un recul de 0,9% ! La consommation recule aussi fortement avec une baisse de 0,4%

Juste après la publication de ces chiffres, le gouvernement a maintenu sa prévision de croissance de 0,1% sur l'année 2013.

 

Source: MSN.FR

mardi, 14 mai 2013

AMINATA TRAORE INTERDITE EN FRANCE ALORS QUE LA TRIERWEILER EST AU MALI!


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Valérie Trierweiler, la même pas première dame française, en mars dernier en RDC


Le titre de l'article de lechorepublicain.fr prête à confusion : Valérie Trierweiler au Mali à l'invitation de Mme Traoré. Superbe, me dis-je, in petto : Aminata Traoré la roublarde intellectuelle et figure politique malienne, se voyant interdire d'entrer dans l'espace Schengen il y a quelques semaines, nous a concocté un magistral coup médiatico-politique ! Je me dis, elle doit avoir une ou deux amies de la gauche bobo à Paris, Ami, capables d'entrer secrètement en contact avec la compagne de François Hollande. Celle-ci, on le sait, est plutôt du genre indépendante (on se rappelle sa hâte à soutenir par textos l'adversaire de Ségolène Royal lors d'élections locales). Elle a été touchée par ce qui arrive, entre autres à cause de son mari, au Mali et à Aminata la refoulée. Elle a pas du mettre longtemps non plus, me dis-je, à accepter la perfide et malicieuse proposition d'Aminata : "Puisque ton mari ne veut pas de moi, tu n'as qu'à toi venir à moi ! Tu imagines bien que tu n'auras pas toi de problème pour entrer au Mali... Tu m'interviewes pour Paris Match et le tour est joué !"

C'est évidemment plus simple et plus triste que ça. Suffit de lire l'article, inspiré d'une dépêche AFP. Invitée par la femme de l'illégitime et transitoire président malien, Dioconda Traoré, la compagne de François Hollande est au Mali pour 48h. Étonnant voyage pour celle qui ne sort habituellement pas de France sans Hollande. Annoncé à la dernière seconde, lundi soir. "Lors de cette visite au Mali, il sera question de soutien aux enfants, aux femmes mais aussi aux "populations déplacées" du fait de la guerre. (...) Le président François Hollande sera de son côté à Bruxelles pour une conférence des donateurs pour le développement du Mali, à laquelle doit aussi participer Dioncounda Traoré. (...) Le président malien doit également s'entretenir avec François Hollande vendredi à l'Elysée, d'après l'agenda du président français."

En résumé, Aminata Traoré ne peut pas venir en France dire aux Français ce qu'elle pense de leur intervention militaire dans son pays, mais Valérie Trierweiler a le droit, elle, d'aller au Mali, d'y représenter la France sans même être l'épouse du président français, pour aller pleurnicher sur le sort de femmes et d'enfants victimes de djihadistes armés par les alliés de la France venue les combattre.

Photo - dr    Texte - J.O. (feat G.P.)


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

samedi, 11 mai 2013

LE PACTE DE DISCIPLINE BUDGETAIRE - L'ALLEMAGNE EST-ELLE RESPONSABLE DE L'AUSTERITE EN EUROPE?

 

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Un projet de texte sur l'Europe du Parti socialiste décrit Angela Merkel comme la "chancelière de l'austérité" à "l'intransigeance égoïste". REUTERS/Fabrizio Bensch

 

Les socialistes français ont virulemment critiqué ce week-end la politique d'austérité budgétaire "imposée" par l'Allemagne. Une instrumentalisation démagogique qui cache une réalité politique plus complexe. Explications.

 

L'Allemagne impose un "diktat" de l'austérité en Europe. C'est ce qu'affirme la gauche française. Dans un projet de texte sur l'Europe publié la semaine dernière, l'aile gauche du PS accuse Angela Merkel d'être la "chancelière de l'austérité" à "l'intransigeance égoïste". Le texte a finalement été expurgé ce week-end des références mettant en cause la dirigeante allemande, sous la pression du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Face au tollé provoqué dans la classe politique française, l'exécutif tente aujourd'hui de rassurer sur l'état du couple franco-allemand, tandis que Berlin fait mine d'ignorer ces critiques. Aussi pathétique et démagogique soit-elle dans ses relents antigermaniques, cette polémique n'en est pas moins révélatrice du constat d'échec de la politique d'austérité défendue par l'Allemagne.

Partout en Europe, aux Etats-Unis, et même dans les plus hautes sphères du FMI, des voix s'élèvent pour exiger de Berlin davantage de souplesse budgétaire et des mesures en faveur de la croissance, alors que le sud de la zone euro s'enfonce dans la récession.

>> EN IMAGES: Qui sont les porte-voix de l'anti-austérité?

Mais faire porter le chapeau à la seule Allemagne est un peu trop facile. "Prétendre que c'est l'Allemagne qui dicte l'austérité en Europe est faux et démagogique!", s'énerve l'eurodéputée centriste Sylvie Goulard. S'il est aujourd'hui impératif d'assainir les finances publiques, c'est parce que les précédents gouvernements ont laissé filé les déficits sans faire les réformes structurelles nécessaires".

Tous les pays européens acceptent l'austérité

"Cette stratégie de réduction des déficits sous le seuil des 3% du PIB est définie par la Commission européenne et acceptée à l'unanimité par tous les Etats membres, rappelle Christophe Blot, économiste à l'OFCE. L'Allemagne défend cette stratégie, mais elle ne l'impose pas. C'est le gouvernement français qui a voté le pacte de discipline budgétaire européen et c'est le même qui a adopté un budget 2013 de rigueur."

L'économiste souligne qu'à l'exception des Pays-Bas, qui ont renoncé mi-avril à mettre en oeuvre un nouveau plan d'austérité pour 2014, et par là même à tenir leur engagement vis-à-vis de Bruxelles de ramener le déficit à 3%, les autres pays européens en difficultés économiques se contentent de repousser le calendrier mais ne réduisent pas pour autant l'effort de consolidation budgétaire, qui varie de 1 à 3 points de PIB par an.

Dans ce contexte, la poursuite de la récession est inévitable. Le retour de la croissance en zone euro n'est pas à attendre avant 2014, voire 2015. "Ralentir la consolidation budgétaire est une nécessité", estime Christophe Blot. L'Allemagne, qui est déjà à l'équilibre des finances publiques et cessera dans les deux prochaines années de faire des efforts de consolidation, n'est pas sourde à ces arguments.

"Les Allemands ont le même souci sur la croissance en Europe, explique Sylvain Broyer, économiste de Natixis. Ils ne s'opposent pas aux rallonges accordées par Bruxelles en termes de calendrier pour ramener les déficits sous 3% du PIB. Ce qui leur tient à coeur, ce sont les réformes structurelles et l'importance de garder le cap de la consolidation budgétaire."

L'Allemagne joue l'immobilisme en période électorale

L'Allemagne est le pays qui contribue le plus au sauvetage de la zone euro, via les plans d'aide à la Grèce, à l'Irlande, au Portugal, aux banques espagnoles et récemment à Chypre. Si les élus allemands, de gauche et de droite, ont toujours soutenu ces plans d'aide, l'opinion publique, elle, y est majoritairement hostile.

D'où le discours de fermeté budgétaire défendu par Angela Merkel. Il ne faut donc pas s'attendre à voir Berlin donner son feu vert à une politique de relance de la croissance en Europe, du moins jusqu'aux élections législatives qui auront lieu le 22 septembre prochain. "L'Allemagne ne fait pas de blocage, elle fait de l'immobilisme dans un contexte électoral", explique Sylvain Broyer.

Si les conservateurs d'Angela Merkel (CDU et CSU) remportent les élections et forment une nouvelle coalition avec les libéraux (FDP), le "nein" allemand à la relance ne risque pas de s'infléchir. Si, en revanche, les sociaux-démocrates (SPD) entrent dans une grande coalition gouvernementale, ce sont "les Allemands eux-mêmes qui pourraient proposer dès l'automne un vaste plan d'investissements et de croissance en Europe", prédit Sylvain Broyer.

 

Par Emilie Lévêque, publié le 29/04/2013.

 

Source: L'EXPANSION.COM

CE RAPPORT ALLEMAND QUI ETRILLE L'ECONOMIE FRANÇAISE

 

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Un rapport interne du ministère allemand de l'Economie, dirigé par le libéral Philipp Rösler (à gauche sur la photo), analyse en termes peu flatteurs la situation économique de la France. REUTERS/Fabrizio Bensch

 

Perte de compétitivité, délocalisations, coût élevé du travail, manque d'investissements... Un rapport non officiel du ministère allemand de l'Economie dresse un bilan au vitriol de l'économie française.

 

Voilà un rapport qui devrait mettre de l'huile sur le feu dans dans les relations du couple franco-allemand, déjà bien échaudé par la polémique suscité en France par le PS. Dans un projet de texte sur l'Europe publié la semaine dernière, les socialistes français accusent Angela Merkel d'être la "chancelière de l'austérité" à "l'intransigeance égoïste".

Réponse - non officielle - de l'Allemagne: la France menace de devenir "l'homme malade de l'Europe". C'est en tout cas ce qui serait écrit noir sur blanc dans un rapport au virtriol sur l'économie française qui circulerait dans les couloirs du ministère allemand de l'Economie, révèle le Handelsblatt. Le quotidien allemand de référence du monde des affaires en publie des extraits en Une de son édition de mardi 30 avril.

"L'industrie française perd de plus en plus en compétitivité, la délocalisation à l'étranger des entreprises se poursuit, la marge des entreprises est faible", est-il écrit dans ce rapport compilé par les fonctionnaires du ministère du libéral Philipp Rösler (FDP), selon le journal. Le document en question est "une note à usage exclusivement interne, pas destinée à être publiée", compilée par un service "qui analyse régulièrement la compétitivité des pays de la zone euro", a précisé plus tard à l'AFP le ministère, confirmant donc indirectement l'existence de ce rapport.

Le document fait état des "coûts du travail en forte hausse" en France, "du temps de travail le plus faible d'Europe", de "pression fiscale la plus élevée de la zone euro" ou encore d'un manque d'investissement dans la recherche et le développement, écrit le Handelsblatt, en général bien renseigné sur tout ce qui provient des services de Philipp Rösler. Le journal conclut sur deux pages d'analyse sur la France en notant que "le fier voisin" français "menace de devenir l'homme malade de l'Europe".

Berlin inquiet du rythme poussif des réformes en France

La publication de ce rapport intervient dans un contexte tendu des relations franco-allemandes, après les attaques frontales du Parti socialiste français contre la politique de la chancelière Angela Merkel, accusée d'étouffer la croissance en Europe pour des motifs "égoïstes". Berlin a tenté de minimiser la portée de ces critiques, et s'abstient de manière générale de montrer la France du doigt ces derniers temps.

Mais la presse allemande et nombre d'observateurs ont vu dans les attaques du PS une tentative de détourner l'attention du rythme poussif de mise en oeuvre de réformes en France. Dans le quotidien régional Kölner Stadtanzeiger mardi, le commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günther Oettinger, appelle Paris à passer à la vitesse supérieure. "Ma position est: nous sommes prêts à accepter le (déficit public) de 2013 seulement si des réformes structurelles sont mises en oeuvre. Des réformes du marché du travail, un temps de travail allongé, un plafonnement de la croissance des retraites, des suppressions de postes dans le secteur public", a dit le conservateur.

Paris ne respectera pas cette année le plafond de déficit public imposé par les règles européennes, et espère la clémence de ses partenaires en promettant des réformes et un respect du pacte de stabilité l'an prochain. Le gouvernement allemand a plusieurs fois signalé à demi-mot qu'il était prêt à faire ce geste vis-à-vis de son plus important partenaire.

 

L'Expansion.com avec AFP, publié le 30/04/2013.

 

Source: L'EXPANSION.COM

jeudi, 09 mai 2013

PETITION: LES MILITANTS MALIENS OPPOSES A L’INTERVENTION FRANÇAISE DOIVENT POUVOIR VENIR EN FRANCE S’EXPRIMER!

 

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Aminata Traoré (ancienne ministre démissionnaire de la culture du Mali, initiatrice de l’appel des Femmes du Mali contre la guerre), a été invitée à Paris pour exposer ses prises de position contre l’intervention française au Mali, lors d’une réunion publique prévue le 22 avril à l’AGECA  et intitulée «Non à la guerre au Mali ! Retrait des troupes!».

Lors du Forum Social Mondial de Tunis, elle déclarait en effet: «La guerre qui a été imposée aujourd'hui au Mali n'est pas une guerre de libération du peuple malien, mais une guerre de pillage des ressources. Je regrette que nombre de militants se trompent de défi en soutenant une guerre qui est une guerre de positionnement pour une ancienne puissance coloniale».

Aminata Traoré, qui s’est vue accorder un visa pour se rendre à Berlin du 17 au 19 avril, a été informée par l'ambassade d'Allemagne que la France a empêché l’obtention d’un visa pour tous les pays Schengen.

Comment ne pas faire le lien entre les convictions politiques d’Aminata Traoré et le fait qu’elle soit persona non grata en France?

Cette censure d’une militante antiguerre malienne est scandaleuse. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’Etat français procède de la sorte, puisque Oumar Mariko, Secrétaire Général de SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance), a été renvoyé au Mali au printemps 2012 alors qu'il était en transit à Roissy pour se rendre aux USA. Il n'a toujours pas la liberté de circuler à l’heure actuelle.

Nous exigeons du Quai d’Orsay de ne pas faire obstruction à la venue en France de ces militant(e)s, aujourd’hui comme à l’avenir.

 

Premiers Signataires : Alternative Libertaire (AL), Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA), Collectif des Associations et des Amis des Comores (CAAC), Coup pour Coup 31, Gauche anticapitaliste (GA), CEDETIM/IPAM, Emergence, Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), OCML Voie Prolétarienne, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti des Indigènes de la République (PIR), Sortir du Colonialisme, Survie, Parti Communiste Français...

 

Contact (pour soutien): anticolonial@googlegroups.com


Source: SORTIR DU COLONIALISME

mercredi, 08 mai 2013

SARKOZY DEMANDE L'ASILE AU CANADA

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L’information a été confirmée ce mardi à Paris après que trois perquisitions visant l’ex-président aient été menées par des policiers de la Brigade financière dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy n’a pas assisté aux perquisitions puisqu’il était parti la veille «en famille au Canada», a indiqué son avocat, Thierry Herzog, dans un communiqué. 

Il semble que Sarkozy a de nouveau été aidé par ses amis richissimes pour l’aider au cours d’une situation de crise personnelle. Selon le Daily Mail, ils auraient trouvé refuge à Montréal, auprès d’un milliardaire canadien Paul Desmarais, âgé de 86 ans. 

«Son richissime ami Paul Desmarais lui prête un chalet niché à une heure de Montréal, au coeur de la forêt de Morin Heights, dans les joliment nommés Pays-d’en-Haut», annonçait récemment l’hebdomadaire Le Point. 

Desmarais, est le chef de la direction des médias et des services financiers de l’entreprise géante “Power Corporation” au Canada, et pèserait plus de 25 milliards d’€. 

Sarkozy a souvent parlé de Desmarais comme son mentor, en disant en 2008: «Si je suis président aujourd’hui, c’est en partie grâce à Paul Desmarais». En Février 2008, Nicolas Sarkozy l’avait d’ailleurs largement remercié en lui décernant la Légion d’honneur. 

Parallèlement, une des filles de Desmarais, Sophie, a été mariée à Eric Le Moyne de Serigny, un ancien conseiller proche de Sarkozy, qui a également été impliqué dans l’affaire Bettencourt. Au cours de sa présidence, Nicolas Sarkozy a souvent été accusé d’avoir été uniquement  intéressé par les super-riches. 

Le juge Jean-Michel Gentil estime que Mme Bettencourt a peut-être contribué illégalement à deux paiements distincts de 500000€ lors de la campagne de M. Sarkozy pour l’élection de 2007. Tous deux ont été attribués à des comptes en Suisse, et un aurait été reçu par Sarkozy en personne à Paris. 

L’ex président est également confronté à des allégations selon lesquelles il a profité de ventes illégales d’armes au Pakistan, et qu’il a accepté 50 millions d’euros de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

Sarkozy nie toutes les accusations. 


Al Manar via Le journal du siècle 

 

Source: ALTERINFO.NET

13:38 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Canada, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : france, canada, sarkozy demande l'asile au canada, nicolas sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 02 mai 2013

REPONSE AU JOURNAL FRANÇAIS «LA CROIX»: VOTRE CROIX EST ROUGE DE SANG

 

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«Sortir du conteste, des bribes de phrases, les agencer à dessein de produire l’effet sémantique contraire, n’induit pas à s’interroger sur la vérité des propos avancés, mais plutôt sur le degré de leur contrefaçon». Par Aurélien Z. SERY (Politologue-Juriste).

 

Dans sa livraison du 23 avril 2013, le journal français la Croix titre: «Profil bas pour les proches de GBAGBO au Ghana ». L’article recueille, sous la plume d’Olivier MONIER, son correspondant à Abidjan, des propos de personnalités proches du Président GBAGBO, puis en fait une analyse qui réduit leur exil au dénuement, la peur et à la nostalgie. Cette mise au point, en se fondant sur l’histoire et l’expérience française veut montrer aux ivoiriens l’autre aspect de l’exile, pour atténuer  le poids de  la Croix de désinformation  de plus en plus lourde à supporter, et toujours plus rouge de leur sang.

L’exil n’est pas une fatalité. Qui plus que Charles de Gaulle le saurait. En exil à Londres, Il lança un appel à la résistance française le 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC. Si on ne peut affirmer que l’appel d’un Général en fuite a fait gagner la guerre aux alliés en 1945, on peut dire sans se tromper qu’il en a créé les dispositions aussi bien psychologiques que matérielles en France.

L’exil est un repli intelligent qui exprime d’abord un refus de la guerre, tel celui du Dallai Lama Tibétain, et ne saurait s’analyser en terme de peur. La sereine retenue des autorités ivoiriennes en exil répond au devoir de réserve de l’exilé politique.

Le Général De Gaulle, s’il avait l’amitié de Winston CHURCHILL, qui lui permit dès 1940 d’utiliser la radio nationale anglaise pour lancer son appel, il s’est heurté fréquemment à l’incompréhension de F. D. ROOSEVELT, le président Américain qui lui reprochait un nationalisme fougueux peu stratégique. Imaginez avec moi la solitude d’un général, privé de ses armées en terre étrangère, dont les scrupules n’arrivaient pas à convaincre le géant américain à ouvrir un front à l’ouest, malgré les médiations de CHRCHILL et les insistances de STALINE. Qu’est ce que ce De GAULLE, descendu de son piédestal comme nous,  répondrait à une question sur l’état de son combat ? Peut être dirait-il: « Le combat continue grâce aux bonnes volontés Anglaises ». A une question similaire posée par votre journaliste, nous avons donné une réponse voisine de celle que nous prêtons à De GAULLE par bon sens.  

Mais hélas, sortir du conteste des bribes de phrases, les agencer à dessein de produire l’effet sémantique contraire, n’induit pas à s’interroger sur la vérité des propos avancés, mais plutôt sur le degré de contrefaçon. Ceux qui sont sans avenir comme le prétend votre expert, ne sont pas les exilés politiques d’Accra. Mais bien plutôt le journalisme patriotique, parce que depuis toujours aveuglé par son militantisme, il ne peut voir dans notre effort pour rompre les chaînes qui nous rivent à la domination française, une œuvre collective de l’humanité. Et pour cela, il crée de toute pièce par le mensonge et la zizanie, des rivalités inconciliables d’intérêts, dites ethniques. Après deux ans de vie seulement à Abidjan, lui aussi est expert sur la Côte d’Ivoire, pour écrire à contre courant, un article de soutient hors contexte, au milieu d’une actualité mondiale  désillusionnée par les dérives totalitaires de OUATTARA.          

C’est un De GAULLE conciliant, rabaissé (du moins devant le président ROOSEVELT) et aidé par la conjoncture politico-militaire, qui reçoit enfin l’opération OVERLORD en juin 1944 en la forme d’un débarquement en Normandie, opération militairement inconcevable pour HITLER.

En parlant des personnalités ivoiriennes en exil, il faut parler avec l’humilité qui sied à notre condition humaine. De GAULLE pouvait-il prévoir que ses demandes formulées plutôt pouvaient avoir une réponse favorable quatre ans après ? Qui êtes vous pour connaître infailliblement le future des peuples ? Vous êtes peut être réalistes.

Mais l’appel lancé par De  GAULLE, dont vous êtes aujourd’hui les lointains bénéficiaires ne l’était pas. Si peu qu’il fut digne de crédit, cet appel lancé très tôt dans la guerre, au mépris du mythe de l’invincibilité allemande,  bouillait d’un nationalisme contagieux ; qui exaltait la supériorité des liens imprescriptibles unissant les français à eux-mêmes, au dessus de la technique, des panzers (chars), la blitzkrieg (la guerre éclair), et tout ce qui les soumettait à la domination étrangère. Qu’est ce qui motive donc votre pessimisme pour les exilés ivoiriens ?

Heureusement que l’histoire ne vous exauce pas toujours. F. MITTERAND, alors Ministre de l’intérieur français en 1954 assenait: « aucun pouce de l’Algérie ne sera cédé, l’Algérie reste française, L’Algérie, c’est la France ». Mais nous savons aujourd’hui, que l’Algérie, c’est l’Algérie. 

Laisser penser, qu’un ancien ministre, parce qu’il choisit délibérément la marche comme moyen de locomotion, est le signe d’une faillite, c’est tristement méconnaître les recommandations thérapeutiques modernes, mais surtout ignorer l’histoire française en Indochine.

L’armée de HO CHI MIN, sous le commandement du Général GIAP, qui défit la grande France dans la cuvette de DIEN BIEN PHU en 1954, avait parcouru plus de 100 Km à pied pour transporter à dos d’hommes tout le dispositif militaire pour l’assaut final. Marcher n’est donc pas une malédiction, particulièrement quand c’est le résultat d’un choix délibéré.   

Enfin, trouver une faiblesse même dans la nostalgie qu’éprouvent les exilés, c'est-à-dire, dans leur besoin naturel de retrouver leur patrie, est symptomatique d’une pathologie dont ne doit souffrir aucun journaliste. C’est peut être par simple  nostalgie que DE GAULLE a  lancé son appel à la résistance.

Comme par coïncidence, votre nom évoque le christianisme, tout en insinuant plutôt la croix gammée NAZZI, sachez que Moise, chassé d’Egypte, a connu l’exil; David aussi, à cause de son fils ABSALONE, Jésus nous a précédé en exil an Egypte parce que Hérode était fort; le peuple juif a connu l’exil; et de nombreux français, à cause de la deuxième guerre mondiale. Mais la belle leçon de l’exil, c’est que nul ne reste en exil. Une note d’espoir pour les Palestiniens, les Tibétains et bien sur, les Ivoiriens.


Par Aurélien Z. SERY (Politologue-Juriste exilé).