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jeudi, 01 novembre 2012

AL-QAIDA AU MAGHREB (AQMI) APPARTIENT AUX SERVICES SECRETS FRANÇAIS

 

AQMI.jpg


Un article du site ALTER INFO paru l'année dernière (2011), absolument édifiant et d'une actualité toujours aussi criante!


Al-Qaïda au Maghreb, c’est le nouveau nom du GSPC, qui était lui-même le nouveau nom du GIA. Il y a des preuves comme quoi ce groupe, originellement localisé en Algérie, est manipulé par les services secrets français. Tout ce que fait Al-Qaïda au Maghreb est par conséquent commandité par l’État français!
 
Lire les articles suivants : 

GIA - 1995 - le Gouvernement français et la DST savaient où les bombes allaient être posées: 

http://mai68.org/ag/926.htm 

12 avril 2007 - ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES - Les attentats en Algérie peuvent-ils favoriser Sarko? 

http://mai68.org/ag/1132.htm 

11 avril 2007 - ATTENTATS D’ALGER - Les journalistes ont trouvé le coupable en une demi-heure! 

http://mai68.org/ag/1131.htm 

Les dessous de l’affaire des moines de Tibéhirine: 

http://mai68.org/spip/spip.php?article335 

Sachez aussi une chose essentielle pour bien comprendre: l’Algérie, c’est encore et toujours la France!: 
 
Une visite de ce site (MAOL) vous en convaincra: 

http://www.anp.org 
PROPAGANDE ET MANIPULATIONS - FRANCE.png
Il est très important de parcourir en détail le site du MAOL, le site du "Mouvement Algérien des Officiers Libres", qui dénonce à peu près toutes les manipulations du terrorisme en Algérie: 

http://www.anp.org/frenindex/frentree.html 
 
Lire en particulier cette page qui dénonce que les généraux qui gouvernent actuellement l’Algérie sont d’«anciens» harkis au service de la France: 

http://www.anp.org/etatdediscorde/cancerdz.htm 
 
OU bien lire ce texte beaucoup plus court et très explicite: Le serment des membres du MAOL (Mouvement Algérien des Officiers Libres): 

http://www.anp.org/frenindex/altragedyfr1.htm 
 
Extrait: 

«L’Armée Nationale Populaire a de tout temps été le symbole de l’honneur et du sacrifice, mais l’avènement d’officiers supérieures (ex-officiers de l’armée française ou relatifs) à ses commandes, nous a reconduit plus de quarante ans en arrière. Les pendules sont à l’heure de l’occupation.« Pour toutes ces raisons et pour suivre l’exemple de nos frères officiers et sous-officiers lâchement exécutés dès les premières heures de la guerre civile par d’autres membres de l’Armée Nationale Populaire sous les commandes de Mariane, nous combattrons ces nouveaux harkis et leurs alliés jusqu’à la dernière goutte de notre sang.» 
 
Maintenant, regardez les vidéos suivantes: 
 
 
 
Cliquer sur l’image pour voir cette vidéo de 2 minutes. 
Extrait d’un 19-20 de France 3 en février 2007 

  
 
Cliquer sur l’image pour voir cette vidéo de 13 minutes. 
Extrait d’une émission de Canal + en mars 2007 
 

 http://mai68.org/spip/spip.php?article1372 


Source: ALTER INFO.NET

mercredi, 31 octobre 2012

A LA SUITE D'AMNESTY INTERNATIONAL: MELENCHON DENONCE LES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME SOUS OUATTARA EN COTE D'IVOIRE

 

 

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Le leader du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a une fois encore dénoncé la politique française en Afrique, au cours de son entretien sur la radio France Inter. Selon lui, les autorités françaises ont tout fait sauf de la politique en Afrique, préférant maintenir des relations infantilisantes aux conséquences désastreuses.

 

Mélenchon a surtout insisté sur le rôle néfaste des dirigeants français de l’époque dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. «En Afrique, il faut faire de la politique. Chaque fois que nous avons fait autre chose, nous sommes allés à un désastre. Regardez ce que nous avons fait en Côte d’Ivoire», interpelle le leader du Front de Gauche.

Avec comme conséquence, les violations continuelles des droits de l’homme sous Ouattara, une justice partisane et partiale, le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye. «Vous étiez tous à faire des sauts périlleux arrière, à la démocratie, les droits de l’homme… C’était Gbagbo l’abominable homme des neiges.

D’accord ! Il est là bas maintenant, au tribunal international. Des centaines de gens sont en prison, qui ne sont ni jugés et qui ne donnent lieu à aucune espèce de travail judiciaire. Le fils de Gbagbo a pour unique motif d’inculpation d’être le fils de Gbagbo - ce type (Michel Gbagbo, ndlr) n’a jamais eu aucune espèce d’activité politique. Il a été détenu des mois et des mois dans une fosse et personne ne l’a défendu parce qu’il s’appelle Gbagbo», s’est indigné Jean-Luc Mélenchon. Qui fustige une fois encore les incessantes violations des droits de l’homme sous Ouattara.

Avec des détenus politiques maintenus depuis plus d’un an dans les cachots du régime sans procédures judicaires ni assistance juridique. Et parfois survivent dans des conditions quasi-inhumaines. L’invité de La Radio France Inter n’a pas manqué l’occasion de dénoncer une fois encore les agissements de la France en Côte d’Ivoire.

Une attitude qui a contribué à instaurer dans le pays un climat d’insécurité et de terreur. «Qu’avons-nous fait en Côte d’Ivoire? Qu’est-ce que nous avons rétabli? Qu’est ce nous avons fait de si beau pour que ça vaille la peine qu’on s’en vante aujourd’hui?», s’est interrogé l’ex-candidat à la présidentielle de 2012.

Selon lui, la France n’a rien fait d’agréable en Côte d’Ivoire pour s’en vanter aujourd’hui. «Eh bien, maintenant ça suffit ! La politique à l’égard de l’Afrique doit aider à ce que l’on se parle, à ce qu’il y ait de la démocratie et à ce qu’on vote», a fait savoir Mélenchon.

Qui s’est par ailleurs prononcé sur divers sujets de l’actualité française et internationale. Jean-Luc Mélenchon n’est pas à son premier coup de gueule contre la politique française en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, et surtout contre le régime Ouattara, qui pour lui est loin d’être un régime démocratique.



Source: La page Facebook de André Tameghe

mardi, 23 octobre 2012

FRANÇAFRIQUE, CETTE ASSOCIATION DE MALFAITEURS QUI A PARALYSE L'AFRIQUE!

 

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Ces jours-ci, il est de bon temps de parler d’un vent de renouveau dans les relations France-Afrique.  L’«honneur» des Africains est lavé, semble dire à l’unisson certains milieux politiciens des deux côtés de la méditerranée. Le nouveau président de la gauche française, François Hollande est venu soigner les «bobos» que son prédécesseur de la droite française, Nicolas Sarkozy, a commis envers les «élites» africaines.

Contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait dans la même ville, Dakar, commis l’impair en pensant avoir identifié le « drame de l’Afrique » en disant que «l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire», François Hollande préfère « encenser » le continent « berceau de l’humanité », en valorisant ses atouts et en axant sur son avenir, sans s’attarder sur le lourd passé des relations franco-africaines, dont il veut apparemment se distancer. Désormais, déclare-t-il dans son premier discours en terre d’Afrique: « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité. »[1] En fait, l’exposé est truffé de belles phrases, des promesses d’amitié, de sincérité, bref, un beau discours avec des énoncés tout à fait judicieux pour susciter l’adhésion des Africains en ces temps d’incertitudes et de crise globalisée, dont ils sont encore une fois les otages.

Mais pour beaucoup d’Africains, le seul fait nouveau dans ce discours, c’est son orateur, le président François Hollande, le nouveau visage des intérêts de la France en Afrique. Le reste n’est que rengaine. Les mémoires sont pleines des promesses et autres engagements des gouvernements successifs de la France, qu’on s’empresse d’enterrer sitôt éteints les projecteurs. Qui ne se souvient du fameux discours prononcé à La Baule le 20 juin 1990 par un autre président français, également de gauche, François Mitterrand. Son contenu a marqué les esprits par le vent de changement qu’il prônait, autant en terme de relations entre la France et l’Afrique, qu’en terme de liberté, de développement et d’ouverture démocratique. D’autant que le contexte politique international de l’époque s’y prêtait particulièrement dans la foulée de l’effondrement de l’union soviétique et la chute du mur de Berlin. N’est-ce pas qu’il faut avoir la mémoire courte pour croire encore aux discours des présidents français sur l’Afrique? Aucun d’eux n’a jamais mis en péril le système néocolonialiste mis en place par le général de Gaule et son homme de main Jacques Foccart pour garder ses ex. colonies sous domination française. La machine monstrueuse qu’est la Françafrique est toujours active, même si les discours et les filières sont renouvelés à chaque changement de gouvernement français.

Alors, morte la Françafrique comme le proclame le président Hollande? Pas sûr. Chacun de ses prédécesseurs avait, dans des termes plus ou moins similaires, proclamé publiquement l’acte de décès de cette association de malfaiteurs, dont l’ampleur des crimes contre l’humanité occuperait la cour pénale internationale pour des années, à tout le moins. Mais aucun des présidents, de droite comme de gauche, n’a vraiment dévié de la ligne tracée par Jacques Foccart, laquelle comme chacun sait, ne fait aucune place aux droits des peuples des ex. colonies.

Gauche et droite, nourries au sein de la Françafrique

Si les Africains ne s’attendaient pas à des gestes révolutionnaires de la droite française, supposément pas très regardante sur la question des droits de l’homme dans la conduite de ses affaires en Afrique, l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avait soulevé de grands espoirs. D’autant que François Mitterrand avait nommé au poste de ministre délégué à la « coopération » Jean-Pierre Cot, un homme tout acquis au changement dans les relations France-Afrique, comme l’écrivait Christian Fauvet dans l’Express : « La tête pleine d’idées généreuses (…), il s’emploie à faire souffler le vent du changement. Après tout, il est là pour ça. Dans son esprit, le changement consiste à abandonner la politique du secret, que symbolisait Foccart, (…) À promouvoir une autre politique du développement, fondée sur une certaine morale. »[2] Jean-Pierre Cot, explique pour sa part au réalisateur du remarquable documentaire Francafrique[3], Patrick Benquet : « qu’il représentait “l’image” à laquelle tenait le président Mitterrand”, l’ouverture sur le tiers-monde, le discours généreux du développement, les nations unies, les droits de l’homme… » Tout cela ne fut qu’une brève parenthèse.

Les Africains découvrent rapidement que ce n’est qu’une image derrière laquelle le président Mitterrand est devenu lui-même la nouvelle matrice de la Françafrique et encaisse dans les pures traditions de celle-ci, les dividendes engendrés par le pillage, les détournements, et autres crimes infligés aux peuples du continent. Ils ne sont pas les seuls à être déçus par la gauche française. Le ministre de la coopération l’est tout autant de voir son président reproduire dans les coulisses ce qu’il condamnait publiquement. Jean-Pierre Cot démissionne et devient ainsi une victime de l’argent sale, qui alimente les caisses noires de l’Élysée et les comptes bancaires des dictateurs alliés. Sauté l’obstacle Jean-Pierre Cot, la Françafrique repart sous la houlette de François Mitterrand, qui du même coup enterre le discours d’ouverture de la Baule qui faisait la part belle à la démocratie, au développement et les droits de l’homme dans les ex. colonies. Pendant un court instant de l’histoire, les peuples africains s’étaient mis à rêver si fort qu’ils en oubliaient que l’orateur et son assistance, un parterre de dictateurs sanguinaires et corrompus, étaient les pourvoyeurs exclusifs de leurs souffrances. Mitterrand a tout bonnement enterré le projet de rupture avec la Françafrique et mis celle-ci au service de ses propres ambitions.

On efface et on recommence

Plus de 15 ans plus tard, après d’autres guerres[4], d’autres massacres, et d’autres coups d’état qui ont confiné le continent dans la misère et la violence, le candidat président de la droite, Nicolas Sarkozy se présente aux Africains avec le même projet de rupture avec la Francafrique. Il parle d’instaurer une : « relation transparente. Il nous la faut, déclare-t-il, débarrassée des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés »[5] Son secrétaire d’état chargé de la coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel va connaître le même sort que celui de Mitterrand, Jean-Pierre Cot. Dans un discours fort critique des relations France-Afrique, il déclare devant la presse : « Je veux signer l’acte de décès de la “Françafrique”[6]. Je veux tourner la page de pratiques d’un autre temps, d’un mode de relations ambigu et complaisant, dont certains, ici comme là-bas, tirent avantage, au détriment de l’intérêt général et du développement. » Il n’en fallait pas plus pour réveiller les monstres de la Françafrique. Et au lieu de rupture, c’est plutôt le secrétaire d’état qui est démis de ses fonctions dans la « patrie » des droits de l’homme. Cependant, contrairement à Jean-Pierre Cot qui a refusé de monnayer ses principes en déclinant l’offre de son gouvernement, cet ancien colonel accepta d’occuper le poste de ministre aux anciens combattants. 

50 ans après les indépendances, la mort de la Françafrique devrait être une affaire exclusivement africaine 

Tous ces épisodes de la Françafrique, qui renait à chaque fois de ses cendres, prouvent aux Africains que la balle de leur émancipation est désormais dans leur camp. Il leur faudra regarder bien en face, et surtout évaluer les incidences des instruments de leur dépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, la Françafrique, bien sûr, mais aussi la Francophonie et la Franc-maçonnerie[7], qui sont autant de ghettos qui neutralisent le développement des ex. colonies. Si la mondialisation n’est pas l’idéal pour l’humanité, il n’empêche qu’elle a permis l’ouverture du continent africain à d’autres possibilités de développement. Quand les Africains entendent les politiques et médias français s’indigner que la Chine fasse des affaires avec des régimes qui violent les droits humains, ça prête à sourire, tant le sarcasme est énorme. Il faut être bien arrogant et surtout méprisant pour reprocher aux Chinois, un crime qu’eux-mêmes commettent systématiquement et sans état d’âme depuis 50 ans sur le continent noir, au vu et au su de toute l’Europe, dont ils sont le fer de lance dans cette partie du monde. Tout comme les Britanniques et les États-Unis le sont dans d’autres endroits de la planète.

C’est parfait de vouloir tourner la page, mais alors, que la France cesse séance tenante son soutien aux dictateurs, qu’elle publie tous leurs biens et leurs avoirs[8] sur son territoire et qu’elle les restitue aux peuples pillés[9], qu’elle libère les archives de ses ex. colonies, qu’elle mette fin aux accords militaires secrets, et qu’elle procède au démantèlement de ses bases militaires. Peut-on y croire? Après 50 ans de pratiques inégales et de mensonges, les préjugés instillés par les réseaux de la Françafrique finissent comme une seconde nature qu’on peine à éliminer. Et on aurait tendance à penser que rien de cela ne sera fait. Force est de constater, encore une fois dans le cas du Mali, ce va-t-en guerre, dont la France use si facilement sur le continent et qui trahit la nature des relations néocolonialistes encore diffuses dans les esprits de l’Élysée. Ce n’est sûrement pas les peules du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Rwanda, du Tchad et beaucoup d’autres, comme aujourd’hui, les Maliens qui diraient merci à la France d’avoir intervenu militairement dans leur pays. Finalement, ce qui est présenté comme une rupture dans les relations avec l’Afrique peut se révéler n’être qu’une mutation et tous les atermoiements ne justifieraient ultimement qu’une chose : les intérêts économiques de l’Occident en Afrique, menacés par les économies émergentes, en particulier la Chine, de plus en plus présente sur le continent. Et sûrement à moindre coût (humain et matériel) pour des Africains en quête de liberté, de dignité et de développement.


Zehira Houfani, écrivaine.

 

Notes


[1]Le discours de François Hollande, le Point.fr, 12 octobre 2012,

[2] L’écart de Jean-Pierre Cot, Christian Fauvet, l’Express, 10 décembre 1982

[3] Françafrique, Patrick Benquet, Infrarouge, France 2, 13 octobre 2010

[5] Discours prononcé au Bénin le 19 mai 2006

[6] Les voeux à la hussarde de Jean-Marie Bockel, Vincent Hugeux, L’EXPRESS, 15 janvier 2008

[7] Franc-maçons: les maîtres de l’Afrique, Théophile Kouamouo, Jeune Afrique, 11 avril 2011

Voir aussi l’excellent documentaire « Françafrique » de Patrick Benquet cité plus haut, qui montre une scène surréaliste et surtout affligeante de ces maîtres de l’Afrique dans leur accoutrementde franc-maçon

[8] Voir le site de l’ONG française Survie et l’important travail de son président, François-Xavier Verschave , une véritable bibliothèque sur les crimes de la Françafrique: www.survie.org

dimanche, 07 octobre 2012

LE MALI, NOUVELLE VICTIME DESIGNEE D'ACTIVES INGERENCES NEOCOLONIALES FRANÇAISES

 

MALI - CARTE.jpg

 

François Hollande, au nom de la France, prit la parole lors de la 67ème session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU le jour de son ouverture, le mardi 25 septembre 2012, demandant entre autres choses un mandat international pour une intervention militaire étrangère au Mali, dont le nord du pays est occupé par des rebelles. Il qualifia d’”insupportable, inadmissible, inacceptable” l’occupation du vaste territoire du nord malien “par des groupes terroristes” en annonçant que la France soutiendra toutes les initiatives qui seront prises par les Africains. (1)

Pour rappel, la France de M.Chirac et de M.Sarkozy ne trouvait pas insupportable, inadmissible ni inacceptable l’occupation du nord ivoirien par des rebelles sanguinaires, putschistes ratés, depuis septembre 2002 et cela jusqu’à avril 2011, car ces rebelles soutenaient l’homme adoubé par Paris, l’ancien fonctionnaire du FMI Alassane Dramane Ouattara (ADO), aujourd’hui hissé au pouvoir en Côte d’Ivoire. Et droites et gauches françaises se donnaient la main durant cette période dans une union sacrée assurant cette collusion où J. Chirac et N. Sarkozy assuraient un soutien militaire français aux rebelles pour agresser l’Etat ivoirien. Ici la France soutient des rebelles, là-bas elle fait la guerre pour les combattre. Allez comprendre ! Les rebelles semblent bons s’ils sont en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, à un moment donné et contre l’ennemi désigné des intérêts occidentaux (réel ou supposé). La géométrie variable est bien  visible. La ficelle est grossière.

La France s’immisce à présent de façon aiguë et accélérée au Mali. Le néocolonialisme décomplexé se manifeste une fois de plus. L’ingérence politique et « diplomatique » devient ouvertement militaire. La crise interne, politique et militaire, au Mali veut être résolue militairement par la seule France et ses alliés africains, ses anciennes colonies ouest africaines. Dans un élan désintéressé ?

Les origines d’une crise sans précédents : Touaregs et islamistes contre le Mali, plus affaibli que jamais.

Cette crise au Mali est due aux rébellions, (2) sécessionnistes et/ou fondamentalistes, touarègues ou islamistes, qui réussirent à attaquer, occuper et contrôler le nord du pays avec ses villes principales, Gao, Kidal, Tessalit et la légendaire Tombouctou, depuis janvier 2012. Ceci provoqua un putsch fin mars 2012 pour déposer du pouvoir le général Amadou Toumani Touré, dit « ATT », impuissant et visiblement incompétent, président élu, lors de son  élection contestée fin avril 2007 (comme lors de sa première élection, en mai 2002), et en fin de mandat car une élection présidentielle était prévue pour le 29 avril 2012. Le coup d’Etat fut populaire, et eut un fort soutien politique et citoyen exprimé publiquement. (3) Une description fine, avec une tentative d’analyse pertinente, ultérieure, devrait aborder le richissime sujet d’actions et réactions au Mali face au ‘pronunciamiento’ militaire, des partis, mouvements politiques, syndicats, associations, communautés, musulmans non-intégristes, soutiens et opposants des jeunes officiers révoltés, et des consensus et clivages.

Faut rappeler que la déstabilisation du Sahel, de toute la bande sahélo saharienne, donc du nord du Mali à présent occupé par des rebelles, est l’une des conséquences directes de la guerre de l’OTAN contre la Libye, dont la France de N. Sarkozy fut l’initiatrice. Ce conflit provoqua la prolifération et le renforcement de bandes armées djihadistes et, à la chute du régime libyen et après l’exécution de Mouammar Kadhafi, la débandade de l’armée libyenne et la dissémination accélérée d’armes de tout genre et d’hommes armés dans le Sahel. Parmi les Touaregs rebelles et les islamistes au Mali il y a des vétérans de la guerre en Libye de 2011.

Après les offensives rebelles de janvier 2012 et la chute de tout le nord du pays suite au retrait de l’armée malienne au mois d’avril dernier, à présent les mouvances islamistes chercheraient, avec les crimes commis au nom de la charia et une lente poussé vers le sud-ouest, l’affrontement afin de galvaniser et d’unifier les groupes djihadistes probablement pour internationaliser le conflit dans le but d’« afghaniser » la région. Le MLNA touareg  ayant été à l’heure actuelle largement submergé par les groupes islamistes. L’arroseur arrosé ? Qui tire les ficelles occultes de ces mouvances ? L’offensive du MLNA permettait à ses parrains un scénario d’eaux troubles où l’ingérence politique et militaire étrangère était autant cause que conséquence. Certains avancent les thèses bien plausibles, et démontrables, de l’implication française -sarkozyste- ainsi que des burkinabés (Blaise Comparé ayant facilité son pays comme base arrière) avec le MNLA, qui a pignon sur rue à Paris avec un siège qui agit ouvertement sans entrave. D’autres spéculent  sur l’implication et accointances du Qatar -voire de quelques services algériens- avec des islamistes. Le « médiateur » Compaoré veut inclure le Qatar dans la table des négociations ! Les pompiers pyromanes n’ont pas des scrupules. Les hommes de paille et agents doubles semblent être partout. Et l’intoxication, la désinformation, reste une efficace arme de guerre. (4)

Une junte militaire prit le pouvoir le 22 mars 2012 à Bamako. Des jeunes militaires ayant formé un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat » (CNRDRE) avec le capitaine Amadou Haya Sanogo (formé aux Etats-Unis entre 2004 et 2010) à sa tête. Sous pression de la France, par l’entremise de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) représentée par le burkinabé Blaise Compaoré, le CNRDRE céda le pouvoir le 12 avril 2012 à Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale qui nomma le 17 avril Cheick Modibo Diarra au poste de premier ministre intérimaire. Tout cela eut lieu après que l’Etat malien soit frappé d’un embargo total et que des sanctions politiques et économiques lourdes soient décidées par la CEDEAO, la France, l’Union Africaine  et l’Union Européenne. Des élections présidentielles auraient dû avoir lieu pour que M. Traoré, président intérimaire, transfère le pouvoir à un président élu lors d’un scrutin régulier après la période de transition allant de trois semaines à quarante jours tel que le prévoyait la constitution malienne. (5) Mais le mandat intérimaire de quarante jours de D. Traoré fut prolongé pour une période d’un an de plus par Ouagadougou et entériné par la CEDEAO.

Rappelons qu’« ATT » fut déposé par les jeunes officiers d’une armée malienne qui lui reprochait son incompétence, son incurie et le manque des moyens pour lutter contre les rebelles touaregs et islamistes au nord du pays. Suite au coup d’Etat, l’embargo organisé par le couple France-CEDEAO empêcha l’armée malienne d’avoir des nouvelles armes, matériel militaire et munitions importées, pour lutter contre les rebelles  sécessionnistes. Et la conquête rebelle de territoires du nord put ainsi s’élargir et se consolider au mois d’avril dernier. La junte céda le pouvoir rapidement mais l’embargo continue encore aujourd’hui. A Bamako les Maliens ont déjà vivement manifesté leur mécontentement et impatience, comme le 21 mai dernier lorsque ils manifestèrent contre Dioncounda Traoré. Ce dernier fut alors blessé. (6)

Le rôle néfaste de la CEDEAO, efficace instrument français.

La CEDEAO, avec la France, organise activement l’impuissance de l’armée malienne pour mieux justifier l’envoi d’un corps expéditionnaire formé surtout d’un noyau ivoiro-burkinabé. Dans le port de Conakry, en Guinée, le matériel militaire destiné à l’armée malienne reste bloqué encore aujourd’hui et cela depuis des mois. (7)

L’ingérence française dans le conflit interne malien se concrétise avec le « consentement » de la victime, à savoir le propre Mali, car le président intérimaire malien a demandé le lundi 24 septembre au secrétaire général de l’ONU une intervention militaire étrangère. Étonnamment c’est le ministre français L. Fabius qui annonce cela à New York, à savoir que M. Traoré a demandé à Ban Ki-moon, une résolution du Conseil de sécurité autorisant “l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées”‘ en rajoutant que le “Mali souhaite la présence immédiate de cette force». (8) Mais ce n’est peut-être pas exactement si consenti que ça. Faut se demander si ce « consentement »  est totalement libre et complètement éclairé. Pour preuve, le journal Le Monde dit dans son article sur le sujet daté du mardi 25 septembre « Dimanche [24 septembre], le Mali a finalement cédé à la pression de la Cédéao qui, depuis des mois, soutient le principe d’une intervention militaire au nord du Mali . ». (9)

Faut se demander aussi si ceux qui ont demandé cette intervention sont légitimes et mandatés pour cela. Au Mali, Cheick Modibo Diarra (ayant une double nationalité, malienne et états-unienne) est le premier ministre d’un régime non issu des urnes. Et Dioncounda Traoré est un président intérimaire imposé aux Maliens par Ouagadougou. Il fut imposé par une France interventionniste ayant mandaté pour cela le peu démocrate militaire burkinabé Blaise Compaoré, ancien putschiste, au pouvoir dans son pays depuis vingt-cinq ans.

Dans le meilleur des cas D. Traoré et C. M. Diarra sont, soit des mannequins ventriloques forcés, portant la parole de Paris, soit victimes d’une naïveté sidérante.  Dans le pire de cas ils sont complices et activement partisans profrançais, Françafricains, bradant la souveraineté malienne, si petite soit-elle, manquant ainsi à leur devoir de défense de la souveraineté de l’Etat et du peuple maliens. C’est une affaire dans l’affaire. Un coup de force, un coup d’Etat en douce, à retardement, opéré, gagné pour l’instant sur le tapis vert d’une table lointaine, entre Ouagadougou, Paris et New York.

Ce n’est pas un jeu de pions ? Ce n’est pas un jeu de dupes ? Il est notoire que Paris -le président F. Hollande et le ministre des affaires étrangères L. Fabius-  a pressé Bamako -Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra- pour qu’il demande ouvertement une intervention militaire étrangère sur le sol malien. Et Paris se presse pour dire que ce n’est pas l’armée française qu’y interviendra mais un corps expéditionnaire africain de la CEDEAO. La France assurant bien sûr les moyens financiers, le renseignement, les armes et la logistique.

Comme l’OEA -Organisation des Etats Américains- qui fut des décennies durant le masque interventionniste des Etats-Unis en Amérique Latine, la CEDEAO est l’un de pseudonymes  de la France en Afrique. Elle est l’instrument de blanchiment et de légitimation, des décisions politiques, économiques et militaires françaises destinées à l’ensemble de la région, de l’Afrique de l’Ouest, et à l’égard de chaque pays qu’y se trouve, exception faite du Ghana et du Nigeria, de la sphère anglophone où les Britanniques « ont la main ». C’est une chambre d’enregistrement des desseins et impératifs de la métropole néocoloniale française concernant ses anciennes colonies ouest africaines. La banque centrale de l’union monétaire de la CEDEAO, l’UEMOA, à savoir la BCEAO, est contrôlée par. la Banque de France ! Et la monnaie, le franc CFA, signifiait franc des « Colonies françaises d’Afrique », terme devenu « Communauté financière africaine », plus politiquement correct.

Le cas « édifiant » de la Côte d’Ivoire et sa guerre de neuf ans. Chirac et Sarkozy réinventent « la coloniale »

Dans l’incroyable guerre -souterraine puis ouverte- déclarée contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo par la France depuis le 18 septembre 2002, lors d’une tentative ratée de putsch suivie de l’occupation du nord ivoirien par des rebelles partisans de A. Ouattara, choyés et sanctuarisés par l’armée française, la CEDEAO joua dès le début le rôle de relais de la France pour tenter de mettre à bas le président élu, L. Gbagbo, et in fine asseoir sur le fauteuil présidentiel A. Ouattara, l’homme du FMI. Ils réussirent cela seulement neuf longues années après, moyennant d’énormes souffrances du peuple ivoirien et suite à quatre mois et demi de guerre intense, décembre 2010-avril 2011, avec à la fin de cette période encore plus des souffrances, massacres généralisés, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces rebelles déferlant vers le sud du pays qui était resté sous contrôle de l’Etat ivoirien. Le président Gbagbo se faisant arrêter par des soldats français dans la résidence présidentielle d’Abidjan le 11 avril 2011. Séquestré puis emprisonné illégalement pendant des longs mois dans le nord de son propre pays par ADO, L. Gbagbo est aujourd’hui consigné, en prison, à la Cour Pénale Internationale à La Haye où son statut de prisonnier politique devrait lui  être reconnu un jour.

Pour couvrir ses agissements contre la Côte d’Ivoire de L. Gbagbo depuis le 18 septembre 2002, la France mobilisa la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’ONU. Elle fit signer de force les plus hauts responsables de l’Etat ivoirien à Paris des pseudos accords politiques en janvier 2003 (Linas Marcoussis / Kléber) où la rébellion pro Ouattara pas seulement était blanchie mais même récompensée. J. Chirac et Dominique de Villepin nommaient les ministres ivoiriens à l’Elysée et au quai d’Orsay ! La France fit voter plusieurs mandats onusiens par le Conseil de sécurité pour couvrir ses agissements militaires, dont l’envoi d’un corps expéditionnaire, l’opération « Licorne » d’octobre 2002 devenue ensuite « Force Licorne », élargissant amplement sa présence militaire sur le sol ivoirien au-delà de sa base militaire d’Abidjan./Port-Bouët, le 43ème BIMA. Elle fit aussi créer une mission militaire onusienne spéciale, l’ONUCI, déployée en avril 2004, composée  de casques bleus et d’autres policiers et fonctionnaires civils. (10) Le tout visant à grignoter et à anéantir ce qui restait de la souveraineté de l’Etat ivoirien. Visant aussi à acculer le gouvernement légal dans le sud du pays, en sanctuarisant tout le nord ivoirien occupé par les rebelles pro-ADO qu’y régnaient et sévissaient en toute impunité. La mise sous tutelle d’un Etat souverain, avec intervention militaire étrangère directe, sous mandat onusien obtenu par l’ancienne puissance coloniale, pour obtenir in fine un changement de régime, voilà ce que fut le plan accompli de la France depuis septembre 2002 en Côte d’Ivoire. L’objectif était de mettre au pouvoir celui qui était l’adoubé de Paris, M.Ouattara, un riche homme d’affaires et ex-fonctionnaire du FMI, ami et relais françafricain de J. Chirac, de N. Sarkozy et de milliardaires français.

Le rappel et le parallèle que nous faisons avec le drame ivoirien des dix dernières années, qui est loin d’être fini avec la sanglante accession au pouvoir de Ouattara en avril 2011, nous semble pertinent dans la mesure où existe et se reproduit un schéma de mise sous tutelle, une recolonisation masquée, d’Etats indépendants mais affaiblis du Sud, surtout en Afrique, commise par les anciennes puissances coloniales, les Etats-Unis et ses alliés, avec la compromission d’organisations régionales interétatiques vassalisées et du Conseil de sécurité de l’ONU. Le cas de la Côte d’Ivoire se rajoute au cas d’Haïti où en février 2004 un véritable coup d’Etat militaire franco-étatsunien fut commis pour déposer du pouvoir et envoyer à l’exil le président élu Jean-Bertrand Aristide.

Le Mali d’aujourd’hui est la nouvelle victime désignée des ingérences néocoloniales de la France. Droites et gauches françaises se relayent le témoin dans cette politique transversale, d’ingérences et d’immixtions grossières ou subtiles, qui s’opère notamment contre  les anciennes possessions coloniales françaises d’Afrique. Le principal pion de la FrançAfrique en Côte d’Ivoire à présent, A. Ouattara, est l’un des personnages le  plus agité de la sous région pour envoyer ses troupes au Mali. Blaise Compaoré, militaire, président du Burkina Faso depuis octobre 1987 à la suite d’un putsch et de l’assassinat du président Thomas Sankara, est le « médiateur » imposé par la CEDEAO, donc par la France, pour « gérer »  la crise malienne. Cela ne s’invente pas. Il est aussi pressé que Ouattara pour envoyer des troupes burkinabés.

La France fait la guerre ou paye. Or, qui paye commande.

M. Ouattara fut reçu à l’Elysée le 26 juillet 2012. A la fin de l’entretien M. Hollande annonça que la France accordait à la Côte d’Ivoire l’effacement de sa dette publique envers l’Etat français, à savoir un montant de plus de trois milliards d’euros ! (11) Le richissime homme d’affaires Ouattara obtint pour son régime ce cadeau au titre de la procédure dite PPTE, pour « pays pauvre très endetté ». (12) Son régime n’a pas les moyens pour payer la dette souveraine ivoirienne envers la France mais à une ambition inébranlable pour envoyer des milliers de ses  militaires, ses anciens rebelles, au Mali. Sous prétexte de lutter contre une rébellion et réunifier le Mali. De qui se moque-t-on ?

Du contribuable français. Car c’est lui qui devra payer les générosités de M. Hollande et les aventures militaires de la FrançAfrique. Et il payera double. Trois milliards d’euros donnés en cadeau par F. Hollande à M. Ouattara, à la tête d’un régime tyrannique et archi corrompu, où les droits de l’homme sont piétinés tous les jours. L’aventure guerrière en perspective de M. Ouattara et de M. Compaoré, cotitulaires de la CEDEAO, sur le territoire du Mali, avec leurs soldatesques surtout avides de toucher des soldes exceptionnelles et des primes, sera payée par Paris.

Au moment où le gouvernement français annonce un projet de budget 2013 avec une hausse d’impôts et de taxes de dix milliards d’euros pour les ménages et autant pour les entreprises, qui se rajoutent à d’autres dix milliards d’euros de baisse du budget des ministères (13), en somme trente milliards d’euros « d’effort budgétaire », Hollande décide du renoncement aux créances de l’Etat français et s’engage au financement d’une expédition militaire ivoiro-burkinabée. L’aventure sera payée par le contribuable français, aucun doute.

Dans ce tableau grotesque le peuple malien est, et sera encore, la première et la plus grande victime, car le théâtre d’affrontements militaires est, et sera, le Mali, les morts seront des Maliens. Il est prévu que les soldats maliens servent de chair à canon pendant que les étrangers occupent Bamako .  Mais les peuples burkinabé et ivoirien sont aussi des victimes, victimes de leurs propres régimes, corrompus et tyranniques, de Compaoré depuis 1987 sans interruption  et de Ouattara,  depuis 2002 avec sa rébellion et depuis avril 2011 suite à son accession au pouvoir grâce l’armée française et à l’ONUCI. Le peuple français est aussi victime car les moyens financiers et les armes pour la guerre seront donnés et payées respectivement par leurs contribuables, et tout cela sera fait en son nom, sans qu’il n’en soit nullement consulté.

En 2010 et 2011 la France commit des ingérences flagrantes devenues guerres ouvertes contre la Côte d’Ivoire et la Libye. La finalité étant de provoquer le changement de régime dans ces pays, en installant dans le deux cas des rébellions soutenues sournoisement voire ouvertement par Paris et ses fondés de pouvoir africains. Dans les deux cas la France obtint un  mandat onusien pour faire la guerre. Contre la Libye l’instrument fut l’OTAN, qui bombarda le pays du 19 mars au 20 octobre 2011. Pendant sept mois ! En Côte d’Ivoire la mission onusienne, ONUCI, fit directement la guerre contre l’Etat ivoirien à côté des rebelles et de l’armée française ! En Syrie à présent la France essaye aussi de mettre à bas le régime d’un Etat indépendant, en installant au pouvoir une rébellion armée sanglante, d’orientation islamiste, avec l’Union Européenne,  l’OTAN et ses relais régionaux tels la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie, qui financent et/ou servent de base arrière aux rebelles.

Les obstacles, les défis et les luttes incontournables du peuple malien.

Les Maliens devraient se douter qu’une conjoncture politique et militaire tellement complexe et grave, ne peut se résoudre aisément. Mais les compromissions et les renoncements militaires et politiques n’aboutiront certainement qu’à plus  de drames et des pertes des vies humaines et de souveraineté, le peu qui reste à un pays dépendant, pauvre, avec un Etat faible. Et aux souffrances du peuple malien qui subira, qui subit déjà, ce sanglant conflit interne s’ajoutera la guerre intense et les exactions, autant des rebelles que celles, prévisibles, des « libérateurs » de la CEDEAO. Rappelons-nous du parcours édifiant, des exactions, de l’ECOMOG au Libéria et en Sierra Léone !

L’acceptation sur le sol malien d’une force militaire étrangère, avec des soldats venant des pays frontaliers non exempts d’ambitions vénales et sous l’égide de l’ancienne puissance coloniale, n’est qu’un suicide national par chapitres annoncé. Annonciateur d’une nouvelle mise sous tutelle et même d’une  vassalisation par ses voisins immédiats. Le remède proposé sera pire que la maladie. Rappelons le néfaste rôle de Blaise Compaoré dans la sous-région pour déstabiliser des pays entiers comme la Sierra Léone, le Libéria et tout récemment la Côte d’Ivoire où il imposa au pouvoir son protégé et compatriote Alassane Ouattara. Rappelons qu’existe aussi à présent l’ambition de Ouattara d’avoir un rôle régional, et il est pressé à ses 70 ans, alors même qu’il n’est pas maître du pays qu’il a conquis en 2011 grâce à la France. En Côte d’Ivoire aujourd’hui l’Etat n’existe guère et l’arbitraire, les exactions et les crimes de sang et massacres pour motifs politiques et ethniques sont commis toujours en toute impunité. ADO garde toujours le pouvoir grâce à l’armée française, toujours très présente sur le sol ivoirien.

Le Mali risque ainsi d’échanger la rébellion du nord par une vassalisation au profit du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, devenant le hinterland asservi de ces deux pays. Devenant concomitamment un territoire néocolonial chronique, avec des régimes fantoches, encore plus fantoches, à Bamako, aliénés plus que jamais à la France.  Où celle-ci sera (l’est déjà) concurrencée par les USA et la Chine pour le contrôle des territoires et des matières premières. Contrôler le Mali c’est contrôler en partie le Sahel, mais aussi l’ouest africain et le Maghreb. L’Algérie, le grand voisin au nord du Mali, reste discrète ce qui ne signifie pas qu’elle n’agit pas ou fait agir des tiers.

Justement à propos de la concurrence géopolitique pour le contrôle des pays et des matières premières en Afrique, la vitesse/précipitation de la France et de ses obligés ouest africains concernant la crise au Mali crée des réticences internationales et les rivalités inter impérialistes apparaissent au grand jour. Le mercredi 26 septembre à l’ONU, lors de la réunion de haut niveau sur le Sahel en marge de l’Assemblée générale, Mme. H. Clinton fait une étonnante déclaration. (14) Elle dit que le Mali est une “poudrière” et que seul “un gouvernement démocratiquement élu aurait la légitimité de négocier un accord politique au nord du Mali, de mettre fin à la rébellion et de restaurer l’Etat de droit”. Ah les postures ! L’art de l’hypocrisie n’a pas des limites. On l’aurait dit porte-parole légitimiste des pays non-alignés par exemple. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Ceci dit, les Maliens se font voler des analyses et des alternatives pouvant être pertinentes et les concernant.

Le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain, ainsi que les principes de sauvegarde de la souveraineté, de la paix et la recherche impérative des solutions pacifiques aux conflits entre Etats, sont ouvertement piétinés. Par la France, mais pas seulement. Par ses pions tels le Burkina Faso de B. Compaoré, la Côte d’Ivoire d’A. Ouattara et la CEDEAO. Prenant l’exécrable exemple des Etats-Unis et de ses alliés de l’OTAN, qui s’amusent à parler au nom de toute la planète en portant la casquette « communauté internationale » (autoproclamée).

Quelques exemples dramatiques et encore sans solution définitive, étant des plaies ouvertes, sont là pour nous le rappeler. Haïti depuis 2004 est encore sous tutelle de l’ONU avec la MINUSTHA. La RDC, ayant les deux dernières décennies la série de conflits internes les plus meurtriers en Afrique, avec plus de quatre millions de victimes et des pans entiers de son territoire national occupés et pillés par des rébellions soit autochtones soit venues et/ou soutenues par les pays voisins de son nord-est, sous les bavures et le regard impuissant ou rendu volontairement impuissant de la mission de l’ONU, la MONUC/MONUSCO avec actuellement dix-sept mille casques bleus y déployés. La Côte d’Ivoire et la Libye, victimes toutes les deux en 2011 de guerres ouvertes visant le changement forcé de régimes sous le leadership de la France, de N. Sarkozy. La Syrie aujourd’hui où l’Occident, la France en tête encore, arme, finance et justifie une rébellion sanglante contre un Etat indépendant visant à mettre à bas son régime, militarisant jusqu’à la folie meurtrière les affrontements d’une complexe dialectique politique. La « démocratie » à coup des bombes et des rebellions ? L’Irak, l’Afghanistan, la Libye. etc. sont des cas « exemplaires ».

Le Mali s’inscrit à présent dans ce schéma déjà bien rodé d’ouvertes ingérences politiques et militaires de l’ancienne puissance coloniale et de l’Occident et d’abandon « volontaire » de souveraineté. Le Mali est la nouvelle victime désignée et titularisée des ingérences néocoloniales de la France et de ses propres voisins avides, ivoiriens et burkinabés, pions de la FrançAfrique.

Au Mali, l’alibi français avancé pour justifier l’ingérence politique et militaire actuelle, directe et par pions interposés, est l’urgence (15) de chasser des rebelles sanguinaires, islamistes, tout en empêchant l’armée malienne par exemple de le faire elle-même et en méprisant le peuple malien, privé de  décider et d’assumer ses droits -et ses devoirs- souverains. La défense de la souveraineté populaire malienne d’abord, ainsi que la souveraineté de l’Etat autant que l’intégrité territoriale, n’est pas, ne devrait pas, être négociable.

 

Luis Basurto

Paris, 27 septembre 2012

 

(1) «Le discours très balisé de François Hollande devant les Nations unies» in LE MONDE,  26.09.2012

(2) Des Touaregs avec le «Mouvement national de libération de l’Azawad» (MNLA) ; la nébuleuse islamiste Ançar Dine («protecteurs de la religion»); le « Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest» (MUJAO); la nébuleuse islamiste nigériane Boko Haram a aussi été signalée; Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), sous ce nom depuis 2007. Les sécessionnistes touaregs ont été largement débordés par les islamistes, plus expérimentés, sanguinaires et ragaillardis par les armes libyennes, les rançons et les trafics de tout genre. Voir :

http://www.algerie360.com/algerie/aqmiansar-edinemujao-et-boko-haram-font-le-forcing-pour-lobtenirles-ingredients-dune-intervention-etrangere-dans-le-sahel/

(3) Voir : «Le Mali: chronique d’une recolonisation programmée». Déclaration politique à Bamako du 04.04.2012 

http://www.foram-forum-mali.org/index.php/non-classe/le-mali-chronique-dune-recolonisation-programmee/.

Voir aussi : «Déclaration du pari SADI suite au changement de Régime intervenu au Mali le 22 Mars 2012» 26.03.2012

http://www.partisadi.net/2012/03/declaration-du-parti-sadi-suite-au-changement-de-regime-intervenu-au-mali-le-22-mars-2012/;

«Marche de soutien au CNRDRE et aux Forces Armées et de sécurité» 11.04.2012

http://www.partisadi.net/2012/04/marche-de-soutien-au-cnrdre-et-aux-forces-armees-et-de-securite/

(4) Voir: 

http://www.nord-mali.com/index.php/nord-du-mali/1404-nord-du-mali–mnla-ancar-eddine-al-qaida–du-pareil-au-meme- 

Voir : «Le Temps d’Algérie entre à Kidal (nord du Mali) Quatre jours en compagnie d’Ançar Eddine» 29-07-2012. Voir : 

http://www.letempsdz.com/content/view/77676/1/ 

Voir : «Les défis du Sahel : focus sur la crise malienne par Laurent BIGOT»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Rn67xaLPCBM

(5) Voir : 

http://afrique.blog.lemonde.fr/2012/04/07/laccord-de-bamako-texte-suite-details-interrogations/

(6) Voir :  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-le-president-interimaire-dioncounda-traore-frappe-par-des-manifestants_1117043.html?xtmc=dioncounda_traoré&xtcr=10

(7) «Crise politico-sécuritaire: La COPAM exige la libération des armes bloquées à Conakry et l’organisation de la concertation Nationale souveraine» in LE FLAMBEAU 26.09.2012 Voir :

http://www.maliweb.net/news/politique/2012/09/26/article,94312.html

(8) Voir : 

http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/25/le-mali-en-appelle-a-l-onu-pour-reconquerir-le-nord_1765265_3212.html

(9) Ibid.

(10) Voir: http://www.onuci.org/spip.php?rubrique18

(11) Voir: 

http://www.liberation.fr/monde/2012/07/26/echange-d-amabilites-entre-ouattara-et-hollande-a-l-elysee_835734

(12) Voir: http://fr.allafrica.com/stories/200904030179.html

(13) «Budget: l’Etat va devoir amputer ses dépenses de 10 milliards» in LE MONDE, 28.09.2012

(14) «Le volontarisme de Paris sur le Mali se heurte à des réticences à l’ONU» in LE MONDE, 27.09.2012

(15) «Il n’y a pas de temps à perdre» dit F. Hollande à l’ONU le 25.09.2012 in LE MONDE, 26.09.2012

 

Source: MONDIALISATION.CA

samedi, 06 octobre 2012

LE CFA, HISTOIRE D'UNE MONNAIE FRANÇAISE

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A Dakar au Sénégal, une femme présente des billets de 10.000 francs CFA, environ 15 euros. Crédits photo : ISSOUF SANOGO/AFP
 
 

Le franc CFA a fêté ses quarante ans vendredi. Retour sur une invention qui a évolué avec la fin de la colonisation mais reste arrimée à l'euro.

 

C'était bien avant l'euro, avant même que l'Europe n'ose y penser. L'Afrique de l'Ouest se dotait d'une monnaie unique: le franc CFA. C'était en 1939. Plus de soixante-dix ans plus tard, ces billets existent toujours, passant entre des millions de mains chaque jour. Le CFA, après quelques changements, reste la monnaie de 14 États, offrant à ses utilisateurs quelques avantages et un réservoir de polémiques intarissable.

FRANC CFA - PAYS MEMBRES DE LA ZONE.jpg

La réalité de la création du CFA remonte à 1945, dans la foulée des accords de Bretton Woods. Elle est aussi le fruit d'une histoire plus française. Paris est alors convaincu de son utilité après que l'Afrique a été la seule véritable zone franc lors de l'occupation de la métropole par les armées allemandes. Depuis lors, malgré les indépendances des années 1960, peu de choses ont changé.

Dernier accord en 1972

Certes, la Guinée du nationaliste Sékou Touré a choisi de quitter la communauté pour créer son propre franc. La Mauritanie et Madagascar suivront le même chemin en 1973. Mais les autres nouvelles nations, autour de la Côte d'Ivoire de Houphouët-Boigny et du Sénégal de Senghor, soucieux de ne pas secouer un système financier fragile et la Françafrique triomphante, conserveront ce franc sans plus de débats. On inaugure juste deux banques centrales, l'une pour l'Afrique de l'Ouest et l'autre pour l'Afrique centrale. Les monnaies sœurs gagneront même de nouveaux membres: le Togo en 1963, puis plus tard la Guinée-Bissau et la Guinée Équatoriale, ex-colonies portugaise et espagnole.

Vendredi, à Paris, s'est déroulé un grand forum pour célébrer cette réussite, l'anniversaire du CFA pour ses… 40 ans. Pourquoi fêter les 40 années d'un quasi septuagénaire? Il s'agit en fait, explique-t-on à Bercy, de mettre l'accent sur l'accord de 1972, le dernier en date, sur lequel se fondent toujours les relations entre la zone CFA et la France. Le système, extrêmement complexe, repose sur deux piliers. Le CFA dispose de la garantie de la Banque de France et d'une parité fixe avec le franc français (aujourd'hui l'euro). En échange, la France a un droit de regard et même de veto au sein des deux banques centrales. «Choisir de fêter un quarantième anniversaire est une tentative de gommer le passé colonial des billets», affirme l'historien Alain Foka. Le glissement sémantique de l'acronyme CFA est le symbole de cette volonté. Au départ bêtement franc des Colonies Françaises d'Afrique, il est devenu, en 1960, celui de la Communauté française d'Afrique, puis de la Commission financière d'Afrique.

Changements cosmétiques et polémiques

Mais ces changements cosmétiques, à l'heure où le mot «Françafrique» est quasiment devenu tabou et où les Pères des nations ont tous été enterrés avec les honneurs, ne peuvent faire taire les polémiques. Pas plus que des avantages réels: le CFA apporte une stabilité, une maîtrise de l'inflation unique sur le continent et limite le prix des importations, notamment de pétrole.

Reste que les nationalistes le chargent d'un «anachronisme insupportable», parfois sans grande mesure, comme l'économiste ivoirien Nicolas Agbohou, qui parle de «nazisme monétaire». Les critiques sont aussi plus précises. Des financiers reprochent au CFA de juguler l'inflation au détriment de la croissance et de l'emploi dont l'Afrique a besoin. Ils pointent aussi l'impact sur les coûts de la main-d'œuvre et des exportations. «Les décisions autour du CFA sont prises aujourd'hui à Francfort sans aucune véritable considération pour les besoins réels des économies africaines. Et la crise de l'euro n'améliore pas les choses», résume un diplomate français.


Tanguy Berthemet


Source: LE FIGARO

vendredi, 05 octobre 2012

CAPTURE ET MORT DE KADHAFI: DES OFFICIELS LYBIENS SOUPÇONNENT LES SERVICES SECRETS FRANÇAIS


france,libye,Capture et mort de Kadhafi, des officiels libyens soupçonnent les services français,slate.fr

Mouammar Kadhafi. REUTERS/Vasily Fedosenko

 

Que s’est-il vraiment passé le 20 octobre 2011, lors de la capture du colonel Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen déchu? Alors qu’officiellement, ce sont les rebelles des brigades révolutionnaires qui ont arrêté —et tué d’une balle dans la tête dans des circonstances qui demeurent floues— l’ancien chef d’Etat en fuite près de la ville de Syrte, le quotidien italien le Corriere della Serra donne crédit à la théorie selon laquelle les services secrets français seraient responsables de sa mort.

Il y a quelques jours, Mahmoud Jibril, ancien Premier ministre du gouvernement de transition et président du Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT), a affirmé sur la chaîne égyptienne Dream TV «que beaucoup de parties avaient intérêt à ce que Kadhafi se taise à jamais, car il avait plusieurs secrets et avait noué d’étroites relations avec de nombreux régimes occidentaux et arabes.»

Sous couvert d’anonymat, un agent diplomatique européen en poste à Tripoli poursuit dans le Corriere:

«Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel le plus rapidement possible».

Alors que son convoi était bombardé par l'OTAN, Kadhafi avait tenté avec quelques gardes du corps de se réfugier dans une canalisation en béton. Selon l’ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères du CNT, les communications par téléphone satellite entre Kadhafi et le régime syrien auraient permis à l’OTAN de le localiser très facilement.

En mars 2011, peu après que la France ait reconnu le conseil national de transition libyen, l’agence du régime encore en place avait déclaré avoir «appris qu'un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale». L’entourage du colonel menaçait alors de dévoiler ce «secret».

En avril dernier, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, le site Médiapart révélait une «preuve» de la participation de Kadhafi au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy pour un montant de 50 millions d’euros. Des affirmations jugées à l’époque «grotesques» par le candidat.

 
 
Source: SLATE.FR

jeudi, 04 octobre 2012

QUI ORCHESTRE LES ATTAQUES D'HOMMES ARMES EN COTE D'IVOIRE? LE SITE FRANÇAIS MEDIAPART EVOQUE LA PISTE SORO


 

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Les hommes de Guillaume Soro sont lourdement soupçonnés dans les récentes attaques.



Les attaques armées contre des cibles militaires en Côte d’Ivoire n’ont pas encore livré tous leurs secrets, hormis la version officielle des tenants du régime Ouattara qui voient des pro-Gbagbo dans leurs rêves. Un site internet français généralement bien informé, explore la piste Guillaume Soro.
 
 

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En Côte d'Ivoire, les attaques se multiplient, les auteurs restent introuvables

 

Qui cherche à déstabiliser le pouvoir du président ivoirien Alassane Ouattara ? Depuis début août, la Côte d’Ivoire est le théâtre de curieuses attaques : des positions militaires sont mitraillées et vidées de leurs stocks d’armes par des hommes mal identifiés, suscitant craintes et interrogations. Le tout dans un contexte politique resté très tendu depuis le grave conflit qui a opposé M. Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo entre décembre 2010 et avril 2011, au lendemain d’une élection présidentielle très disputée.

De fait, le règlement politique et judiciaire de cette crise n'est qu'à peine commencé. Cette semaine s'est ainsi ouvert à Abidjan le premier grand procès lié à la crise ivoirienne de 2010-2011. Sur le banc des prévenus : le général Brunot Dogbo Blé, pilier de l'appareil sécuritaire de l'ex-régime de Laurent Gbagbo, et quatre autres militaires, inculpés d'assassinat, d'enlèvement ou de complicité d'assassinat du colonel-major à la retraite Adama Dosso en mars 2011. La première audience, mardi, n'a duré qu'une heure et a donné lieu à de vifs échanges, signe que la tension dans le pays est loin d'être retombée.

Elle s'est même exacerbée depuis début août : des individus lourdement armés ont pris d’assaut le camp d’Akouédo, l’une des plus grandes casernes militaires du pays, située à Abidjan. Pendant plusieurs heures, ils ont occupé les lieux, tuant une dizaine de soldats, dévalisant l’armurerie, avant de disparaître dans la nature. Des épisodes similaires se sont produits dans d’autres quartiers d’Abidjan et plusieurs autres localités : à Abengourou (est), Agboville (sud), Dabou (sud). Le dernier s’est déroulé le 22 septembre à l’est, à la frontière avec le Ghana. Il a fait officiellement cinq morts.

En tête des suspects possibles : les fidèles de l'ancien président Laurent Gbagbo – en détention depuis bientôt un an à La Haye, soupçonné par la Cour pénale internationale (CPI) d’être «coauteur de crimes contre l’humanité» commis pendant la crise postélectorale. Ce n’est un secret pour personne : beaucoup des militaires qui ont servi sous M. Gbagbo et vivent en exil dans les pays voisins, où ils sont plus d’un millier, ont des envies de revanche depuis l’installation au pouvoir par la force d'Alassane Ouattara, appuyé par l’armée française et l’ONU, en avril 2011. Les autorités les ont d’ailleurs très vite incriminés. Au lendemain de la dernière attaque, M. Ouattara a même décidé de fermer la frontière avec le Ghana, suspecté d’être leur base arrière. Le Front populaire ivoirien (FPI), parti de M. Gbagbo, est aussi dans le collimateur, accusé d’être de mèche avec ces militaires, bien qu’il ait nié toute implication. «Ils veulent créer la psychose, déclencher une insurrection», soutient Joël N’Guessan, porte-parole du parti au pouvoir, le Rassemblement des républicains (RDR).

Mais dans l’hypothèse où des partisans de M. Gbagbo seraient à la manœuvre, ce ne sont pas eux qui profitent pour le moment de ces opérations armées : après chaque attaque, les forces de sécurité multiplient les interpellations qui visent essentiellement les groupes ethniques présumés favorables à M. Gbagbo et les membres de son parti. Pour le seul mois d’août, l’ONU a compté près de 400 arrestations, dont beaucoup se sont déroulées hors du cadre légal. Mi-septembre, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a ainsi dénoncé des «détentions illégales et des traitements inhumains, cruels et dégradants» dans le fief de M. Gbagbo, la région de Gagnoa (ouest). En tout, 327 militants et cadres du FPI sont aujourd’hui en prison, selon Justin Koua, responsable de la jeunesse du parti. Parmi eux, il y a son numéro deux, Laurent Akoun, arrêté fin août et condamné à six mois de prison ferme pour «trouble à l’ordre public», après des déclarations publiques critiquant le pouvoir.

Pour Mamadou Koulibaly, président de LIDER, un parti d’opposition, il faut ouvrir le champ des investigations : les «assaillants», dont la presse ivoirienne parle désormais quotidiennement, pourraient aussi être issus du camp présidentiel. «Les gens qui en veulent à M. Ouattara sont nombreux», souligne M. Koulibaly. Parmi eux, il y a les combattants qui ont contribué à installer le président au pouvoir en avril 2011, mais n’ont pas été intégrés dans l’armée par la suite. Ces hommes sont plusieurs milliers et s’estiment pour la plupart mal récompensés. Ils ont toujours leurs armes. La création, en août, d’une «Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion» va relancer le processus de désarmement, en panne depuis un an, promet M. N’Guessan.

En attendant, ces ex-combattants ont tiré profit des attaques : au lendemain des premiers incidents, les autorités ont rappelé un certain nombre d’entre eux pour assurer des opérations de contrôle dans les rues d’Abidjan. Pour se payer, ils ont institué un système de racket très particulier :«Ils procèdent à des arrestations de jeunes aux barrages de contrôle, puis amènent ces derniers dans les camps militaires où on les torture. Ils les libèrent contre 100 000 FCFA (150 euros) ou 200 000 FCFA (300 euros)», raconte Pierre Kouamé Adjoumani, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho).

Les anciens éléments du fameux «Commando invisible» pro-Ouattara, qui avait mené une guérilla urbaine à Abidjan pendant la crise postélectorale, figurent également parmi les mécontents du nouveau régime. Leur chef, Ibrahim Coulibaly, dit « IB », ancien garde du corps de la famille de M. Ouattara et ex-responsable de la rébellion des Forces Nouvelles qui a tenu le nord du pays entre 2002 et 2011, a été tué le 19 avril 2011. Ce sont ses anciens camarades des Forces Nouvelles qui l’ont éliminé, huit jours après l’arrestation de M. Gbagbo. Depuis, plusieurs hommes d’IB ont été supprimés ou emprisonnés, et la plupart ont été mis à l’écart. Policiers et gendarmes ont des raisons d’être eux aussi insatisfaits : soupçonnés d’être restés fidèles à M. Gbagbo, ils sont peu ou pas armés. À l’intérieur du pays, ils ont même été remplacés de fait par les Dozos. Ces chasseurs traditionnels, reconnaissables à leur tenue marron, leurs gris-gris et leurs fusils de chasse, sont à l’origine présents dans le nord du pays et les États voisins. Lors du conflit postélectoral, ils ont joué le rôle de forces supplétives pour l’armée créée en mars 2011 par M. Ouattara. Depuis, de plus en plus nombreux, venant entre autres du Mali et du Burkina Faso, ils se sont progressivement installés sur l’ensemble du territoire, où ils interviennent dans le domaine de la sécurité mais aussi de la justice, avec l’appui des autorités.

Outre les pistes de coupables possibles menant au camp de M. Gbagbo et à celui de M. Ouattara, il en existe une troisième, évoquée notamment dans les milieux diplomatiques : celle conduisant à Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale et ex-chef des Forces Nouvelles. Premier ministre dans le gouvernement d’union nationale sous M. Gbagbo entre 2007 et 2010, puis premier ministre et ministre de la défense pendant les premiers mois de la présidence de M. Ouattara, ce quadra est réputé ambitieux. Il a gardé des liens étroits avec des anciens chefs de guerre des Forces Nouvelles, qui commandent aujourd’hui des unités de l’armée régulière.

Mais son nom, comme celui d’autres ex-rebelles, est depuis plusieurs mois associé à la CPI : cette dernière enquête sur les crimes commis pendant le conflit postélectoral. Or les troupes placées par M. Ouattara sous la responsabilité de M. Soro sont soupçonnées d’avoir perpétré des tueries, en particulier à Duékoué (ouest) où des centaines de civils avaient été massacrés en mars 2011. Selon une source de l'ONU, la CPI «fait pression sur M. Ouattara pour qu’il lâche certains des ex-chefs de guerre ainsi que M. Soro». Ce dernier a t-il choisi avec ses alliés la voie des armes pour faire à son tour pression sur le président et rendre impossible un tel scénario?

Le FPI a suggéré cette hypothèse lorsqu’il s’est défendu d’être lui-même mêlé aux attaques : «Qui a intérêt à avoir la mainmise sur le système de défense, dont il avait été écarté, alors que la CPI envisage sérieusement son transfert, de lui et ses hommes, à La Haye ? Qui a intérêt à mettre en difficulté le régime pour empêcher son transfèrement ?» s'est interrogé Miaka Oureto, le président du FPI, dans une déclaration, fin août. Faut-il voir un lien avec tous ces événements : le 26 septembre, M. Ouattara a nommé préfets trois ex-chefs rebelles, dont Ousmane Coulibaly, dit «Ben Laden», soupçonné par Human Rights Watch d’être impliqué dans de graves exactions.

Et si l’explication se trouvait au croisement de ces trois pistes ? C’est l’idée avancée par un diplomate occidental qui évoque derrière les attaques un «mélange d’acteurs» de tous bords…

 

Fanny Pigeaud, in Médiapart, le 03 octobre 2012.


Source: Le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 622 du jeudi 04 octobre 2012.

samedi, 18 août 2012

LE CHANGEMENT, EST-CE VRAIMENT MAINTENANT?

 

LAURENT FABIUS 2.jpg


«Le régime de Bachar Al-Assad doit être ABATTU (sic!), et rapidement», dixit le Ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, il y a de cela quelques jours. Quelle impertinence! «Le changement, c’est maintenant!», «Le changement, c’est maintenant»! Où est-il, ce fameux changement?

La France ne changera jamais, croyez-moi. Digne fille de la franc-maçonnerie la plus ténébreuse, elle est et restera toujours impérialiste, criminelle et sanguinaire comme la dépeint d’ailleurs son hymne national, «La Marseillaise», authentique chant de guerre, digne des Croisées et des pires heures de l’Inquisition romaine.


Ainsi va notre monde!

20:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France, Monde, Monde arabe, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, monde, le changement, est-ce vraiment maintenant, laurent fabius, syrie, bachar al-assad | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 28 juillet 2012

FRANCE, ANGLETERRE… OUATTARA PRIS EN CHASSE PAR LA DIASPORA AFRICAINE

 

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 Une vue des patriotes de Londres, sortis massivement devant l'hôtel "Chatham House" où Ouattara donnait une conférence de presse. La mobilisation était si forte que Ouattara a dû quitter les lieux par une porte dérobée.


Sitôt sa visite en France achevée, le chef de l’Etat ivoirien a mis le cap sur la Grande-Bretagne où il est arrivé hier. Précédé par la diaspora africaine qui hante désormais ses nuits et ses voyages.

Sans que l’hallali n’ait véritablement sonné pour Alassane Ouattara, la diaspora africaine le suit à la trace dans ses pérégrinations européennes. A l’Elysée où il était jeudi, la police française a eu du mal à se débarrasser de ses adversaires qui se sont constitués en une véritable meute et qui hurlaient des slogans hostiles à sa venue en France. Finalement, elle n’a trouvé de répit qu’en la garde à vue de la totalité de la tête du mouvement pendant plusieurs heures. Mais moins de vingt-quatre heures plus tard, voilà encore le chef de l’Etat ivoirien assailli par un autre groupe qui lui reproche sa dictature, l’emprisonnement de la plupart des cadres du FPI et les massacres de Duékoué sur lesquels ONUCI et gouvernement ivoirien se rejettent la responsabilité de l’incurie.

Selon des sources à la Chatham house, le chef de l’Etat ivoirien a quitté la Chatham house, où il animait une conférence, par une porte dérobée pour éviter de faire face à ses adversaires qui faisaient face à un groupe de pro-Ouattara. Les services de sécurité anglais ont jugé, selon plusieurs sources relayées abondamment par des réseaux sociaux, qu’il était inopportun de laisser le conférencier abondamment chahuté, quitter les lieux par l’entrée principale, occupée par les manifestants anti-Ouattara. L’un des organisateurs de la manifestation a indiqué sur un ton ironique que le « champion de la communauté internationale qui est par ailleurs capable de larguer des bombes, a eu peur de passer devant nous. C’est une victoire pour les patriotes qu’en lieu et place d’un tapis rouge triomphal, Ouattara passe par une porte de service cachée. O honte!! ».

Mais comme à ses habitudes, le régime de Ouattara a lancé depuis quelques jours la contre-offensive médiatique en accusant le front populaire ivoirien d’être le principal artisan de ces massacres. Un peu comme si le FPI lui avait fait un pont d’or puisque le gouvernement rechigne toujours à voir se réinstaller le camp de Nahibly dont les rescapés n’ont pas encore obtenu la moindre compassion. Alors que le gouvernement parlait de six morts, l’ONU est venue à son secours hier dans un communiqué qui souligne la mort de six personnes dans le camp de Nahibly, assiégé selon le rapport d’un de ses soldats, tôt le matin de l’horreur par trois cent personnes dont des FRCI et des dozos armés jusqu’aux dents pour venger la mort de cinq ressortissants malinké dans le quartier Kôkôma.

La fronde au niveau de la Grande-Bretagne est dirigée par le Cpad, l’association qui prend en charge l’organisation des voyages à La Haye des pro-Gbagbo. Cette association regroupe aussi des panafricains dont les Camerounais restent aujourd’hui encore les plus enthousiastes avec les Congolais. Leur présence est symbolique puisque cela ne devrait pas changer ni l’ordre protocolaire ni l’agenda personnel de Ouattara qui est attendu, selon ses thuriféraires sur place, par les plus hautes autorités du pays. Cela dit, du point de vue de l’image, Ouattara enregistre ses plus grands revers postélectoraux. Jusque-là, le chef de l’Etat ivoirien avait réussi à se donner, surtout auprès des pays occidentaux, une image d’homme qui n’aime pas les extrêmes. En partie parce que ses adversaires sur place sont peu enclins à ce genre de coups déloyaux en parfaite combine avec les médias internationaux mais parce que croyaient-ils, seul le jugement des Ivoiriens feraient le reste.

Alassane Ouattara devrait aussi se rendre au Japon où il espère glaner les lauriers promis depuis avant l’élection présidentielle. Les derniers voyages en Chine puis en France n’ont pas tenu la promesse de la fleur, notamment à Pékin où le chef de l’Etat a réussi à se faire recevoir avant le sommet Chine-Afrique. M. Ouattara s’est contenté d’appeler les investisseurs chinois à venir à Abidjan où la présence des FRCI terrorise toujours les étrangers. Quant à la France, elle s’est contentée de parapher des accords annulant une partie de la dette ivoirienne consentie dans le cadre du ppte. Pour le reste, le pays est toujours exsangue, plus d’un an après l’arrivée de Ouattara au pouvoir. L’année universitaire annoncée depuis septembre est compromise, surtout après que ses autorités aient publié les nouveaux frais d’écolage à l’Université d’Abidjan qui a repeint ses vieilles tuiles mais à qui il faut beaucoup de milliards pour faire face aux pillages des dernières heures de l’offensive anti-Gbagbo à Abidjan.


Joseph Titi, in le quotidien "Aujourd’hui" du 28 juillet 2012.

vendredi, 27 juillet 2012

OUATTARA SOMME DE NEGOCIER LA PAIX AVEC SES OPPOSANTS

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Le président français a descendu quelques marches pour accueillir hier son homologue ivoirien à l’Elysée où les apparences ont été pour le moment préservées. Mais Ouattara sait désormais qu’il n’a plus tout à fait son destin entre les mains puisqu’il est sommé de négocier la paix avec ses opposants.


Un chef de l’Etat sur écoute, humilié la veille à l’aéroport parisien où François Hollande n’a daigné envoyer ne serait-ce que  le moins gradé de ses conseillers. Hier, l’opération était plus à soigner les apparences qu’à autre chose. Ainsi, le président français qui a ostensiblement boudé son homologue ivoirien durant de longues semaines, y compris sur des questions dont celui-ci avait directement la gestion comme celle du Mali, a tenté de jouer à l’acteur parfait devant un parterre de photographes qui n’ont sans doute pas oublié que des mois plus tôt, Ouattara était encore dans les mêmes murs, pour soutenir une dernière fois, l’ami Sarkozy sorti perdant de l’élection présidentielle. Signe des temps, les ministres des finances des deux pays ont signé le document annulant officiellement l’essentiel de la dette ivoirienne due à la France. Une opération-colifichet en fait pour laquelle Ouattara a usé de sa tendance chronique à la mystification. « Monsieur le président, je voulais vous remercier parce que nous avons signé avec le ministre des Finances avant hier (mardi) une annulation de la dette de la Côte-d’Ivoire à l'égard de la France de 99,5%, c’est-à-dire plus de trois milliards d’euros. Cela va nous permettre de renforcer les investissements dans les secteurs sociaux et je voudrais vous dire un grand merci ». Pourtant, rien de nouveau sous le soleil. La Côte d’Ivoire qui vient d’obtenir le point d’achèvement de l’initiative PPTE a déjà fêté cette décision qui devenait automatique. Ainsi tant qu’à rechercher les symboles, surtout de relations cordiales, le chef de l’Etat ivoirien n’a pas son pareil. Mais loin des yeux, les amabilités ont fait face à des visages plus graves. Car selon le journal français Libération, Ouattara a été sommé de négocier la paix avec ses opposants en relançant le processus de réconciliation nationale en panne depuis de longs mois. Il doit aussi former un gouvernement d’union nationale et collaborer avec la justice internationale en permettant le transfèrement des criminels de son camp. Une décision de la CPI rendue le 15 novembre 2011 par la chambre préliminaire III présidée à l’époque par la juge Silvia Fernandez De Gurmendi met en effet gravement en cause la responsabilité personnelle de Guillaume Soro dans la commission de crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Côte d’Ivoire, notamment sur les événements de Duékoué. Coopérer avec la CPI signifierait procéder au transfèrement de l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Ce n’est pas vraiment une surprise. Ouattara est accusé par les officiels français de se désintéresser de la réconciliation nationale et d’attiser les foyers de tension dans son pays. C’est ce qu’avait déjà dit Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La présidence française a d’ailleurs tenu à préciser que la coopération entre les deux pays se fera désormais à l’aune de ces questions. «la question de la réconciliation nécessaire entre les Ivoiriens, passe par le dialogue, la lutte contre l’impunité et la justice. A cet égard, le renforcement de l’Etat de droit et du système judiciaire en Côte-d’Ivoire fera aussi partie des priorités de la coopération bilatérale», a assuré la présidence française.

Pas d’autre façon de tordre le bras à quelqu’un qui avait jusque-là profité de la bienveillance de l’Elysée, y compris pour triompher du président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara a toujours freiné sur ces questions et notamment sur la libération des cadres du FPI qu’il continue de maintenir en prison et contre qui la justice ivoirienne invente chaque jour des délits. Par exemple,  Simone Gbagbo a été d’abord poursuivie pour vol en réunion avant que le Procureur de la République ne décide de lui coller le délit de crime contre l’humanité. D’ailleurs sur les plateaux de France 24, Alassane Ouattara a affirmé que s’il ne poursuit pas les criminels de son camp, c’est parce qu’eux n’ont pas été pris en flagrant délit de commission des actes criminels qui leur sont reprochés ; ce qui ne serait pas le cas des cadres du FPI qui ont généralement BAC + 10.

Comment Ouattara peut-il donc négocier la paix s’il développe une telle peur et une telle inhumanité et que la commission dialogue vérité et réconciliation n’a toujours pas reçu le moindre kopeck pour financer ses activités ? Interrogé d’ailleurs sur cette réalité avant-hier, le chef de l’Etat, comme à ses habitudes, a préféré verser dans la démagogie facile et accuser le FPI de ne pas vouloir qu’advienne la paix. Pendant ce temps, son parti le RDR continue de faire de la provocation en accusant journalistes proches de l’opposition et le FPI d’être les auteurs des massacres de Duékoué. Le gouvernement n’a d’ailleurs toujours pas esquissé le moindre acte de compassion à l’égard des rescapés que le régime lui-même  ne veut plus voir retourner sur le site de l’ancien camp. Leur déguerpissement était, pour ainsi dire, planifié. Comme l’est aussi sûrement le délitement de l’école publique dans notre pays puisque Ouattara y a augmenté les frais d’écolage, notamment à l’Université d’Abidjan où les inscriptions passent de 6000 f à 100.000 f pour le premier cycle, 200.000 f pour le second cycle et 300.000 f pour les troisièmes cycle. De quoi rendre perplexe tous ceux qui espèraient la fin de l’instabilité.  

                                                                                                                                                                 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" du 27 juillet 2012. 

lundi, 23 juillet 2012

LETTRE DE PROTESTATION CONTRE LA RECEPTION A L'ELYSEE D'ALASSANE DRAMANE OUATTARA

 

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Balié Topla
2020 Pennsylvania Ave
N.W., Suite 162
Washington, DC 20006
Phone: 202 299 4892
 
 
Washington DC, le 20 juillet 2012
 

Monsieur François Hollande
 
Président de la République Palais de l'Elysée 55, rue du faubourg Saint-honoré 75008 Paris

France
 


Objet: Lettre de protestation contre la réception à l’Elysée d’Alassane Dramane Ouattara
 


Monsieur le Président,
 

Je viens très respectueusement vous signifier mon mécontentement de ce que vous recevrez bientôt Alassane Dramane Ouattara qui fait office de président de la république de Côte d’Ivoire. Vous avez reçu récemment Monsieur Bongo du Gabon. Des informations glanées çà et là, nous font comprendre que l’Elysée ne serait pas tout à fait étranger à la réception de Guillaume Soro par Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale française. Je suis surpris par la qualité des personnes que vous venez de recevoir ou que vous allez recevoir. Je suis d’autant plus surpris que j’ai écouté ces derniers jours l’interview que vous aviez accordée à Jean Michel Aphatie le 22 décembre 2010 sur RTL :

(http://www.youtube.com/watch?v=Kk5Yg1Ylwyg&feature=player_embedded).
 
Au cours de cette interview, Monsieur le Président, vous vous êtes déclaré « intraitable et implacable depuis 2004 quand vous avez vu ce dont il (Monsieur Laurent Gbagbo) était capable ». A la question du journaliste vous rappelant qu’en 2004, vous aviez déjà dit que Monsieur Gbagbo était infréquentable, vous n’avez pas démenti. Vous aviez déclaré aussi qu’il « fallait être d’une clarté parfaite et totale, sans compromission avec ceux qui utilisent la violence ». En faisant allusion à Monsieur Gbagbo, vous aviez aussi fustigé « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir depuis dix ans ».
 
Vous aviez parlé aussi de dictature et d’escadron de la mort. En vous écoutant, Monsieur le Président, on se rend bien compte de votre haine viscérale pour Monsieur Gbagbo mais aussi de votre parfaite méconnaissance des réalités ivoiriennes et africaines. Sinon, comment comprendre que vous prétendiez vous éloigner de la Françafrique alors que votre premier visiteur est Monsieur Ali Bongo, celui-là même qui a hérité du père. Aujourd’hui les diplomates anciens et nouveaux en poste au Gabon, les services de renseignements français ainsi que certains médias, sont tous unanimes pour dire que les résultats des dernières élections présidentielles gabonaises ont été tout simplement inversés pour permettre à Ali Bongo, ami de la France, de succéder à son défunt père, lui aussi grand ami de la France :

(http://www.dailymotion.com/video/xfo101_francafrique-extrait-1_news#).

Cette vidéo sur la Françafrique corrobore cette thèse.
 
Monsieur le Président, vous refusez d’aller en Ukraine car un premier ministre est injustement emprisonné. En Côte d'ivoire, ce sont deux premiers ministres qui sont en prison, Affi Nguessan et Aké Ngbo. Vous voulez chasser le Président Hassad du pouvoir en Syrie parce qu’il tue son peuple ; en Côte d’Ivoire, on tue, on viole et ceux qui sont au pouvoir actuellement n'ont fait que ça avant, pendant et après les élections. Refuser de recevoir des dictateurs et accueillir Alassane Dramane Ouattara qui emprisonne son opposition, cela est difficile à comprendre. Monsieur le Président, le changement a été le thème central de votre campagne présidentielle. Ce changement, il requiert beaucoup de courage et beaucoup d’humilité. Ce changement, il se fait d’abord sur soi-même, en changeant le prisme par lequel vous voyez les autres et la réalité non pas tels qu’ils sont mais tels que vous voudriez qu’ils soient. Ensuite seulement, Monsieur le Président, vous pourrez prétendre changer la France et le reste du monde.
 
Je vous le concède, Monsieur le Président, que le premier secrétaire du parti socialiste n’avait peut-être pas le même niveau d’information que le Président de la République que vous êtes aujourd’hui. A ce stade de mon propos, permettez-moi de faire trois remarques : la première est qu’il me semble, qu’à vos yeux, la vie d’un Noir ne vaut rien, seule la vie d’un Blanc a de la valeur. Sinon, comment comprendre que depuis 2002, les Ivoiriens meurent par milliers sous les balles de ceux qui sont en passe de devenir vos nouveaux amis et que vous, vous n’avez jamais élevé une quelconque protestation. Mais il a fallu la mort de neufs soldats français pour que vous vous indigniez tout à coup.
 
Monsieur le Président, vous avez une indignation sélective.
 
Deuxième remarque, des informations qui nous parviennent de l’instruction de cette malheureuse affaire de mort de neuf soldats français, il s’avère aujourd’hui que Monsieur Gbagbo soit complètement étranger à cette méprise inqualifiable ayant entrainé mort d’hommes. Troisième remarque, vous vous dites intraitable et implacable en parlant du Président Gbagbo comme s’il était tout simplement votre obligé. Devons-nous comprendre que, dans les relations entre la France et l’Afrique, même le premier secrétaire du parti socialiste est toujours supérieur à un chef d’état africain?
 
Monsieur le Président, vous fustigiez ceux qui utilisent la violence alors que vous recevez Guillaume Soro, chef rebelle et chef de guerre, qui est susceptible de poursuites devant le Tribunal Pénal International. Vous fustigiez la violence alors que vous vous apprêteriez à recevoir Alassane Dramane Ouattara, père et seul bénéficiaire des coups d’état et rébellion qui ont eu cours en Côte d’Ivoire depuis 1999.
 
Monsieur le Président, vous fustigiez aussi « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir », allusion claire à Monsieur Gbagbo. Ce jugement définitif est aussi une autre preuve de votre méconnaissance profonde du dossier ivoirien. Au cas où cela vous aurait échappé, la Côte d’Ivoire est un pays souverain, dont la vie politique est rythmée, en principe, par les textes dont le peuple ivoirien s’est librement doté. Une des dispositions de la loi fondamentale ivoirienne stipule qu’aucune élection ne peut se tenir dans le pays si tout ou partie du territoire national est occupé. Et le Président Gbagbo a fait suffisamment de concessions pour que les rebelles déposent les armes mais c’était sans compter avec leur agenda secret et l’hypocrisie de la Communauté Internationale qui exigeait au Président Gbagbo d’organiser des élections sans jamais demander aux rebelles de désarmer.
 
Monsieur le Président, comment pouvez-vous déclarer Monsieur Gbagbo infréquentable, alors même que vous déroulez le tapis rouge aux pires crapules de la région ; faire recevoir Monsieur Soro Guillaume par le président de l’Assemblée Nationale française. Vous a-t-il fait parvenir par le canal de Monsieur Bartolone un exemplaire de son livre intitulé « pourquoi je suis devenu rebelle » ? Cela vous aurait certainement permis de mieux connaitre le personnage. Ayant à peine fini sa deuxième année d’université, Soro Guillaume est le chef de la rébellion qui ensanglante la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002.
 
Monsieur le Président, au moment où la justice française lance un mandat d’arrêt international contre Teodoro Nguema Obiang pour biens mal acquis, vous recevez à l’Elysée Monsieur Bongo du Gabon. Il ne vous aura pas échappé non plus que le système Françafrique des valises d’argent vers l’Hexagone, c’est le Gabon. Pourquoi y a-t-il ceux que vous déclarez infréquentables à vie et ceux que vous tolérez?
 
Monsieur le Président, celui que vous ne devriez pas fréquenter, c’est celui-là même à qui vous vous apprêteriez à ouvrir vos portes ce 26 juillet selon l’information dont nous disposons. J’espère seulement pour vous, Monsieur le Président, qu’une fois votre entretien terminé, vous prendrez bien soin de publier un communiqué de presse de sorte à annoncer clairement ce qui aura été dit et ce qui ne l’aura pas été pour éviter toute affabulation d’après visite car votre prochain invité est menteur, manipulateur et tricheur.
 
Pour vous présenter Alassane Dramane Ouattara, je vais recourir à un premier document que je vous joindrai en annexe de mon courrier (document 1). C’est le discours prononcé par l’ancien Président Bédié pour justifier le mandat d’arrêt qu’il avait lancé contre Alassane Dramane Ouattara, son allié d’aujourd’hui, pour nationalité douteuse. Ceci expliquant cela, Alassane Dramane Ouattara s’est résolu à recourir aux coups de force pour arriver à ses fins : la Côte d’Ivoire connait son premier coup d’état en 1999, s’ensuivent trois tentatives et le coup d’état du 19 septembre 2002 qui se transforme en une rébellion sanglante. Nous tenons de Koné Zakaria, chef de guerre et commandant de la zone de Bouaké la révélation qu’Alassane Ouattara est bien le père de la rébellion en Côte d’Ivoire.
 
(http://www.youtube.com/watch?v=ZxZ6CURaqs4&feature=player_embedded#!).

Dans cette vidéo réalisée lors d’un meeting qu’il tenait dans le nord du pays sous contrôle de la rébellion, Koné Zakaria demande aux populations de soutenir le MPCI non pas pour sa personne à lui, ni pour la personne de IB, mais bien pour Alassane Dramane Ouattara.qui leur a acheté les armes et qui, durant leur préparation au Burkina Faso, leur a fourni sacs de riz et 25 millions de francs par mois. Dans cette même vidéo, Koné Zakaria confesse aussi qu’il était chargé de recruter les gendarmes pour le compte de la rébellion. Cette débauche d’énergie lui vaut aujourd’hui d’être nommé directeur de la police militaire, bien qu’illettré. On comprend dès lors pourquoi la violence et l’insécurité ne baissent pas en Côte d’Ivoire, car ceux qui sont censés les combattre et protéger les personnes ne s’accommodent que très peu de subtilités en matière de droits de l’homme et des libertés publiques, parce qu’ils n’ont reçu aucune formation adéquate. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant de notre compatriote, Monsieur Dominique Paillé, dont les bras du fils d’un proche ont été coupés.
 
(http://www.wat.tv/video/dominique-paille-fils-mes-3lfhr_2hpbt_.html).

Dans son témoignage, Monsieur Paillé cite nommément les FRCI d’Alassane Dramane Ouattara et se pose à haute voix la question de savoir si la France avait fait le bon Choix en soutenant Alassane Dramane Ouattara. Tout cela se passe de commentaires.
 
1/ En effet, Alassane Dramane Ouattara n’a pas gagné les élections en Côte d’Ivoire, c’est le soutien de la France qui lui vaut d’occuper le fauteuil présidentiel ivoirien. Grace à l’intervention personnelle de Monsieur Sarkozy, les ambassadeurs de France et des Etats-Unis conduisent Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Commission Electorale Indépendante au quartier général du candidat Alassane Dramane Ouattara pour y annoncer des résultats de l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire devant la presse internationale, alors que, depuis minuit la veille, cette Commission Electorale Indépendante que dirigeait Monsieur Youssouf Bakayoko était forclose pour n’avoir pas été capable de donner les résultats dans le délai de trois jours qui lui était imparti, voire vidéo témoignage de France 24 .
 
(http://www.youtube.com/watch?v=w3SJ0O-0EsQ&feature=relmfu).
 
2/ Les manipulations d’Alassane Dramane Ouattara qui ont conduit à l’intervention militaire de la communauté internationale. Alassane Dramane Ouattara est un tricheur et un menteur. La seule chose qu’il a trouvée à faire a été de créer l’émotion populaire qui oblige la Communauté Internationale, au nom de la protection des civils, à intervenir militairement en Côte d’Ivoire. La première étape de son plan diabolique se déroule via son journal de propagande « le Patriote » qui barrait sa Une avec l’image d’un homme en feu. La légende qui accompagnait cette scène affreuse disait que c’est Laurent Gbagbo qui brûlait ses opposants (Document3 page 1). Quelques semaines plus tard cette même photo était brandie sur France 24 (Document3 page 2), l’indignation populaire était immédiate. On apprendra plus tard que la scène de l’homme en feu a effectivement eu lieu, mais en Afrique du Sud avec l’intervention de policiers blancs pour sauver la victime (Document3 pages 3-6). Le deuxième élément de cette mise en scène macabre, c’est le cas des femmes tuées d’Abobo, qui auraient été victimes des armes lourdes du Président Gbagbo. Le livre-enquête de Leslie Varenne tend aujourd’hui à prouver le contraire (document 2). Toujours est-il que les mensonges d’Alassane Dramane Ouattara ont suscité l’entrée en guerre de la Communauté Internationale en Côte d’Ivoire pour, selon elle, détruire les armes lourdes du Président Gbagbo, alors même que cette même Communauté Internationale continuait à armer, entrainer et à transporter les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara. Témoignage d’Odile Tobner, présidente de l’association Survie :
 
(http://www.youtube.com/watch?v=hB0_ZXe9bbw).

Bien sûr, tous ces montages réalisés par les officines d’Alassane Dramane Ouattara ont été diffusés largement par les médias européens, ce qui a tout naturellement faussé la perception de la crise ivoirienne au sein de la société française.
 
3/Politique de discrimination et de «rattrapage». Depuis qu’Alassane Dramane Ouattara fait office de président en Côte d’Ivoire, il n’a cessé de discriminer les Ivoiriens. Interrogé à Paris par la presse, il expliquera lui-même cette politique de discrimination qu’il appelle d’ailleurs « politique de rattrapage ».
 
Au nom de ce rattrapage, tout le monde est licencié de l’Hôtel Ivoire, de la Sotra (Société des Transports Abidjanais) ou même de la Télévision Ivoirienne et j’en passe, et tout cela serait pour des raisons économiques. Mais après ces vagues de renvois, ces mêmes entreprises enregistrent immédiatement de nouveaux entrants. Au nom de cette politique de rattrapage, toutes les hautes fonctions dans l’administration sont occupées par des hommes et des femmes aux patronymes du Nord du pays (voire document 4)
 
4/ Une politique de terreur. Alassane Dramane Ouattara gouverne par la peur et la terreur. Il a lâché ses dozos et autres repris de justice à travers tout le pays. Que ceux qui veulent plaider la thèse de bandes incontrôlées comprennent que les rôles sont astucieusement partagés. Aux bandes armées de tétaniser et de maintenir les populations dans la peur et à Alassane Dramane Ouattara de parcourir le monde pour cultiver sa respectabilité. Et puis comment feraient-elles autrement ces bandes armées ?
 
Ces bons petits soldats qu’Alassane Dramane Ouattara n’a jamais payés, et qui ont gardé leurs kalachnikovs dont ils se servent cambrioler et tuer. La nuit venue, certains d’entre ces soldats s’érigent en chefs de gangs. Mais ils tuent surtout les populations qu’ils pensent être favorables au Président Gbagbo.
 
L’arrestation du personnel de la présidence, des dignitaires du régime du Président Gbagbo, la justice-vengeance en quelque sorte (document 3 pages 7-15)
 
Pourquoi les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara se gêneraient-ils, ils ont les soldats français avec eux. Ces soldats, au lieu de protéger les victimes, ils sympathisaient plutôt avec les bourreaux (document 3 page16)
 
Que sont-ils devenus tous ces jeunes arrêtés par les milices d’Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 17-42)
 
Le rodéo meurtrier, la terreur dans la ville, des véhicules passant sur des êtres vivants, grand spectacle en plein jour (document 3 pages 43-49)
 
Tortures et exécutions sommaires sont monnaie courante sous Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 50-54)
 
Scènes de désolation au quotidien (document 3 page 55)
 
Tout cela ne se fait pas au hasard, on prend quand même soin de vérifier les pièces d’identité pour voir qui est-ce qu’on arrête. Ailleurs, on appelle cela «épuration ethnique» (document 3 pages 56-57), mais en Côte d’Ivoire, qui s’en préoccupe ; les Ivoiriens sont bien livrés à leur propre sort. Les biens pensants de ce monde sélectionnent les sujets pour lesquels ils veulent bien s’indigner.

5/Les soldats Burkinabés ayant combattu pour Alassane Dramane Ouattara occupent aujourd’hui les terres de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ayant chassé les propriétaires Wê de leurs villages, les miliciens d’Alassane Dramane Ouattara exploitent leurs plantations, kalachnikovs en bandoulière (document 3 pages 58-61). Cette partie de la Côte d’Ivoire est devenue une colonie de peuplement pour les civils Burkinabés qui viennent occuper non seulement les plantations mais aussi les forêts classées, voir documentaire de TV5 Afrique :

(http://www.youtube.com/watch?v=7jKK0Mnv4Gw).

Par ailleurs, règne sur cette partie du pays, Amadé Ouremi, un chef de guerre d’origine Burkinabé contre qui existent hélas une multitude de rapports de l’ONU, mais ce dernier continue de bénéficier de la protection d’Alassane Dramane Ouattara et de ses soutiens internationaux. Tous ces seigneurs de guerre bénéficient d’une impunité totale. Saviez-vous, Monsieur le Président, que les détenus de Korhogo, dans le nord du pays, sont tous aux mains du chef rebelle Fofié Kouakou, lui-même sous sanctions des Nations Unies ? Telle est la démocratie selon Alassane Dramane Ouattara. Saviez-vous que les chefs de guerre qui détiennent les pro-Gbagbo à Katiola ne sont même pas répertoriés dans l’armée d’Alassane Dramane Ouattara ?
 
Monsieur le Président, au lieu d’accabler Monsieur Gbagbo, et si organiser des élections présidentielles en Cote d’Ivoire était aussi vital pour votre propre survie, pourquoi n’avez-vous pas aidé à libérer le pays et alors le terrain aurait été plus propice à des élections sécurisées et transparentes. Se montrer intraitable, implacable, comme vous le dites, devant une victime déjà éprouvée par une rébellion injuste, c’est se donner bonne conscience à moindre frais. Le courage aurait voulu, Monsieur le Président, que vous affrontiez plutôt ceux qui sont indûment en armes et qui empêchent un retour à une vie politique normale. Monsieur Gbagbo n’a jamais refusé d’aller à des élections. La démocratie et le multipartisme se confondent en Côte d’Ivoire avec la personne de Monsieur Gbagbo et son parti, le Front Populaire Ivoirien. Vous ne le saviez peut être pas, mais les Ivoiriens lui en savent gré de son combat pour les libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire. Il se définit souvent lui même comme un enfant des élections. En effet, le Président Gbagbo a passé 30 années de sa vie comme opposant politique. Il a connu plusieurs fois la prison et l’exil sous Houphouët Boigny. Laurent Gbagbo a échappé à un attentat le 18 février 1992 avant de connaitre à nouveau la prison, cette fois avec son épouse et son fils quand Alassane Dramane Ouattara était Premier Ministre Malgré toutes ces brimades qui ont jalonné la politique de Monsieur Gbagbo, il n’a jamais prôné la violence comme mode d’accession au pouvoir d’Etat. Il a au contraire rédigé un programme de gouvernement, et sollicité le suffrage de ses concitoyens. Quand Laurent Gbagbo est élu pour la première fois en 2000, à l’issue d’une élection qu’il n’a pas organisée, son premier geste a été de nommer un cadre du PDCI comme directeur de cabinet.
 
Ensuite, il a convoqué un forum national de réconciliation avant de mettre en place un gouvernement de large union.
 
Monsieur le Président, Laurent Gbagbo est tout sauf un dictateur. Quand il accède au pouvoir, Monsieur Bédié était déjà en exil en France suite au coup d’état qui a emporté son régime en décembre 1999.
 
Quant à Alassane Dramane Ouattara contre qui courait un mandat d’arrêt international lancé contre lui par Monsieur Bédié pour nationalité douteuse, il était aussi en exil en France. Monsieur Laurent Gbagbo a pris sur lui d’abroger ce mandat d’arrêt contre Alassane Dramane Ouattara et de le faire revenir au pays. Ensuite Monsieur Bédié et Alassane Dramane Ouattara ont été rétablis dans leur traitement d’ancien Président de la République et d’ancien Premier Ministre.
 
Président, Monsieur Laurent Gbagbo a institué les conseils généraux non seulement pour partager la richesse nationale entre l’Etat et les collectivités locales mais aussi et surtout pour rapprocher l’administration des administrés. Sous la présidence de Laurent Gbagbo, le parlement a voté une loi de financement des partis politiques sur fonds publics. Il convient de signaler ici que même le parti d’Alassane Dramane Ouattara qui n’était pas représenté au parlement a pu bénéficier de ce financement. Par ailleurs, sous le Président Laurent Gbagbo, aucun journaliste n’a été mis en prison pour délit de presse. Non seulement, le Président Gbagbo a abrogé le délit de presse, mais il a aussi et surtout doté le Fonds de Soutien à la Presse de moyens conséquents : 1.6 milliards en 2009 et 1.9 en 2010. Mais les deux mesures phares de la présidence de Monsieur Gbagbo auront été l’instauration de l’école gratuite et l’assurance maladie universelle.
 
Monsieur Gbagbo infréquentable, quelle méprise, quelle mauvaise foi ! En Côte d’Ivoire, c’est Monsieur Ouattara, alors Premier Ministre qui a institué la carte de séjour pour les étrangers. En Côte d’Ivoire, c’est le PDCI de Monsieur Bédié qui a inventé le concept d’ivoirité, concept très éloigné de la tradition humaniste de Monsieur Gbagbo. C’est d’ailleurs Monsieur Gbagbo qui, en 2010, a abrogé la carte de séjour imposée aux étrangers.
 
Monsieur le Président, Monsieur Gbagbo n’a pas tué les militaires français de Bouaké, du moins ce sont les rumeurs qui nous parviennent du côté de l’instruction de ce dossier à Paris. Le Président Gbagbo n’est pas non plus à l’origine de la disparition de Monsieur Kieffer. Sinon, Comment expliquez-vous, Monsieur le Président, qu’une année après le départ de Monsieur Gbagbo du pouvoir, cette affaire ne soit toujours pas élucidée, comme si soudain plus personne n’y avait intérêt. Selon nos informations, il existerait des indices sérieux et concordants qui mèneraient vers le camp d’Alassane Dramane Ouattara dans la disparition de Monsieur Kieffer. Par ailleurs, les mots charniers et escadrons de la mort ne sont pas des réalités ivoiriennes, ce sont des inventions d’Alassane Dramane Ouattara, ce ne sont pas des concepts connus en Côte d’Ivoires avant qu’il ne les popularise. Il a toujours une longueur d’avance en matière de manipulation de l’opinion.
 
C’est pourquoi, Monsieur le Président, mon indignation est grande quant à la visite officielle d’Alassane Dramane Ouattara en France. Pendant votre campagne présidentielle, vous aviez dit que vous ne porteriez pas un chef d’état africain à bout de bras. De quoi allez-vous donc parler avec quelqu’un dont les Ivoiriens ne veulent même pas ? Sa dernière élection législative n’a rassemblé que 13% de la population? Voulez-vous parler de coopération militaire ? Voulez-vous donner quelques armes et munitions à ces bandes armées qui n’en font pas toujours bon usage.
 
Le changement, est-il toujours maintenant?
 
 
Je vous remercie.
 
 
Balié TOPLA, DBA
 
Executive Director
Cote d’Ivoire Coalition, Inc.
Washington DC



A télécharger:


Les annexes

PROCHAINE VISITE DE OUATTARA EN FRANCE - LE PARTI DE MELENCHON MONTE AU CRENEAU

 

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Dans un texte au vitriol, Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon, rappelle à François Hollande les problèmes de fond d’une Côte d’Ivoire où la démocratie est piétinée et où la vie chère écrase le bas peuple. Alors que l’actuel maître d’Abidjan se prépare à faire une visite (tardive) sur les bords de Seine. Il a diffusé son texte avant que le dernier massacre perpétré au sein du camp des déplacés de Nahibly (Duékoué) ne jette une lumière crue sur la nature du régime qui domine actuellement sur les Ivoiriens.

"La situation en Côte d’Ivoire se caractérise actuellement par l’absence de respect des règles démocratiques en particulier par l’empêchement de toute expression véritable de l’opposition, mais aussi  par une insécurité générant la peur dans la population. S’ajoutent à cela la vie chère, le manque de monnaie métallique en circulation, des banques prédatrices, une question foncière qui s’aggrave avec l’arrivée de nouveaux occupants, des salaires impayés.  Nicolas Sarkozy avait accueilli  avec un faste déplacé son ami Alassane Ouattara à Paris pour célébrer la «réconciliation» des deux pays. En fait, pour sauver les liens néo-coloniaux : perpétuation de la présence militaire française à Abidjan, contrats importants pour les entreprises françaises, soutien diplomatique réciproque. François Hollande s’apprête à recevoir Alassane Ouattara prochainement et le Parti de Gauche souhaite rappeler à cette occasion au gouvernement français les vraies priorités qui devraient être les siennes vis-à-vis du peuple ivoirien :  cesser son interventionnisme militaire, donner une suite favorable à la demande de  commission d’enquête parlementaire sur les interventions militaires françaises dans la crise ivoirienne, se préoccuper de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, aider au retour des personnes déplacées ou exilées et garantir leur sécurité, engager la Cour Pénale Internationale à juger équitablement les deux camps. C’est à la réconciliation entre les Ivoiriens que doit chercher à contribuer le gouvernement français,  en demandant la libération des prisonniers politiques emprisonnés sans jugement,  en demandant la formation d’un gouvernement plus équilibré sur les plans politique et ethnique et la réintégration des fonctionnaires et forces de l’ordre mis à l’écart pour des raisons politiques. Mais l’exigence première doit être celle du respect des libertés publiques et politiques, de la liberté d’expression, du soutien aux  efforts de la société civile ivoirienne pour occuper la place qui lui revient, de façon à ce que soient créées les conditions d’un vrai dialogue entre l’ensemble des protagonistes".
 


Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon


jeudi, 28 juin 2012

CHRONIQUE DE HASSANE MAGUED - COTE D'IVOIRE: HOLLANDE PREPARE LA DERNIERE BATAILLE D'ABIDJAN


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Deux navires de guerre français mouillent dans les eaux territoriales ivoiriennes depuis quelques jours. Un communiqué officiel, rapporté par le quotidien Soir-Info dans sa parution de ce jeudi 28 juin 2012, nous informe que ces navires participeront à une série d’opérations de “formation” des FRCI de Dramane Ouattara et de maintien du savoir-faire opérationnel de la Force Licorne.

Mais Hollande se fout de notre gueule. Deux navires de guerre pour former les FRCI de Dramane Ouattara, des individus qui exécutent chaque jour, au moins un civil décrété pro-GBAGBO?

Non. Je sais que François Hollande n’est pas si normalement anormal que ça! Il ne ferait pas former des bandits en tenues militaires avec armes de guerre au poing pour renforcer leurs capacités génocidaires. Non. Hollande a accepté de maintenir ces navires de guerre mis en mission pour la Côte d’Ivoire par Nicolas Sarkozy depuis mars 2012, parce qu’il prépare à sa façon, la dernière bataille française en Côte d’Ivoire.

Que cela se sache. Jamais la France n’acceptera de lâcher de bon gré, la Côte d’Ivoire tenue dans les liens de l’esclavage à la fois diplomatique et économique qui fait bien vivre des multinationales françaises.

Donc, “la France est prête  pour la Côte d’Ivoire”. C’est ce message que François Hollande nous envoie. Il dit qu’il n’est pas le Président des Conseils d’Administration, comme son prédécesseur; mais il nous démontre qu’il ne laissera pas non plus ces Conseils d’Administration orphelins après les nombreux marchés acquis de gré à gré avec à la clé, des exonérations et des exemptions d’impôts complètement appauvrissantes pour l’Etat ivoirien en déconstruction.

Mais quoi de plus normal! Un service, ça se rend. Le troc bombes françaises contre marchés de gré à gré, tirs de chars français rémunérés avec les secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne bradés à 1 franc symbolique, la protection des criminels de guerre et la couverture des crimes à relent génocidaire contre richesses minières et pétrolières ainsi que le pouvoir d’Etat; c’est tout de même une bonne affaire qui nécessite la présence de deux navires de guerre avec probablement des missiles équipés de têtes nucléaires!

Alors, les Ivoiriens sont avertis. Les prophéties n’ont pas menti. La France, peu importe qu’elle soit dirigée par François Hollande ou Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, a une dernière bataille à livrer contre le peuple souverainiste de Côte d’Ivoire.

Mais cette guerre sera la dernière contre le peuple souverain de Côte d’Ivoire car la France fera pour la première fois, l’amère expérience de la Gloire de Dieu!

Ecoutez-les rires. Et attendez qu’ils cessent subitement de rire. Puis après coup, passez en bordure de la Lagune Ebrié pour voir les corbeaux se régaler.

Je sais que nous nous comprenons. 

 

A Très bientôt.

 

Hassane Magued

La Révolution Permanente N°00315/06/12


Source: INFODABIDJAN.NET

dimanche, 24 juin 2012

LE PRESIDENT GBAGBO PORTE PLAINTE CONTRE NICOLAS SARKOZY ET LA FORCE LICORNE

 

 

Selon l’agence France Presse (AFP), l’armée française va devoir s’expliquer devant la justice française sur les actes de guerre commis contre le gouvernement du Président LaurentGbagbo durant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

En effet, le Président Gbagbo a instruit ses avocats français de porter plainte contre l’armée française devant les juridictions françaises. C’est la raison pour laquelle, Me Jacques Verges, Roland Dumas et Marcel Ceccaldi, ont porté plainte devant le Tribunal aux armées de Paris contre l’armée française et son ex-Président Nicolas Sarkozy, pour tentative d’assassinat du Président Laurent Gbagbo, de son épouse Simone Ehivet, de son fils Michel Gbagbo, et de tous ses proches présents avec lui à la résidence présidentielle, durant les bombardements de cette dernière par la Force Licorne.

Cette plainte a été déposée auprès du tribunal des armées de paris le 05 juin dernier, et un juge d’instruction a été nommé à cette fin, pour suivre le dossier qui s’annonce des plus volumineux.

L’ex-Président français Nicolas Sarkozy sera entendu sur le rôle joué par lui-même et la France durant cette douloureuse période de l’histoire de la Côte d’Ivoire, où le monde entier éberlué a vu des hélicoptères de guerre français bombarder la résidence d’un chef d’état africain, sans aucune résolution d’ ONU, et au mépris de l’indépendance et de la souveraineté de la Côte d’Ivoire.


Cathérine Balineau


SourceIVOIRIAN.NET

lundi, 14 mai 2012

COMMENT L’«HYPER-PRESIDENT» SARKOZY, MALGRE TOUTES SES MANŒUVRES, A MORDU LA POUSSIERE FACE A FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Comme Wade, il a tout tenté pour reconquérir le cœur de ses compatriotes entre les deux tours de l’élection présidentielle, mais apparemment les Français lui avaient définitivement tourné le dos. Comme Wade menaçant les Sénégalais de ne plus pouvoir percevoir leurs salaires deux ou trois mois après son éventuelle perte du pouvoir,  ou de ne pas terminer les chantiers du Fouta si les habitants de cette contrée ne votaient pas pour lui pour le second tour, le président français sortant a joué sur les peurs de ses compatriotes. Il a agité les épouvantails de la Grèce, pays européen en faillite, mais aussi de l’Espagne et du Portugal, qui ne se portent guère mieux économiquement et dont les gouvernements ont mis en place des plans d’austérité drastiques marqués par une augmentation sans précédent du chômage, le démantèlement des services publics, la réduction des prestations sociales, la chute du pouvoir public. Il a brandi le spectre de l’invasion de l’Europe, notamment la France, et de sa civilisation judéo-chrétienne par des hordes de barbares venus du Tiers monde pour profiter des prestations sociales de l’Etat-providence français, ses partisans ont évoqué ces « 700 mosquées » de France qui auraient lancé des appels de vote en faveur de son adversaire, parlé de l’introduction de la viande « halal » dans les cantines scolaires, de l’instauration par son adversaire, s’il était élu,  d’horaires différenciés dans les piscines (et donc de la fin de la mixité) pour complaire aux musulmans… rien n’y a fait. Bien qu’il ait choisi de droitiser à l’excès ses discours pour séduire l’électorat de l’extrême droite — dont la candidate, Mme Marine Le Pen avait obtenu quelque 18 % des suffrages lors du premier tour disputé le   22   avril dernier —, Nicolas Sarkozy, le président français sortant, n’a pu se faire réélire dimanche dernier. Il a été battu par le candidat socialiste François Hollande qui s’est refusé de verser dans les outrances verbales, dans l’anti-islamisme primaire ou dans la xénophobie.

Bien qu’il y ait cru jusqu’au bout, qu’il ait payé de sa personne, se multipliant par quatre, parcourant la France de long en large, multipliant les déclarations télévisées et les interviews radiophoniques, bien qu’il ait cherché à se faire plus humble aussi en jouant le peuple contre les élites, contre le système politico-médiatique, contre l’establishment voire contre les riches, il n’a pas réussi à faire oublier la soirée au « Fouquet’s », luxueux restaurant parisien où il avait fêté sa victoire en 2007 avec ses amis du Cac 40 — les quarante principales valeurs de la Bourse de Paris — ni son escapade à Chypre, le lendemain, sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré, ou encore sa balade en Egypte en compagnie de son épouse Carla Bruni à bord d’un avion prêté par le même. Il n’a pas non plus réussi à effacer son image de président « bling-bling » avec sa grosse montre Rolex au poignet, ses lunettes Ray ban sur le nez etc. Sans compter sa « peopolisation » de la fonction présidentielle française avec son divorce avec éclat d’avec son ex-épouse Cécilia, son mariage avec Carla, l’accouchement de celle-là…

D’une manière générale,  Nicolas Sarkozy était perçu par de larges secteurs de l’opinion française comme le « président des riches » qui n’avait que peu de considération pour cette « racaille » qu’il fallait nettoyer au « karcher ». Surtout, il a été victime de la crise économique internationale, notamment celle de la dette souveraine européenne, qui a entraîné la faillite — ou en tout cas les défauts de paiement — de beaucoup de pays comme l’Irlande, la Grèce, l’Espagne, le Portugal. Et même la France a vu dégrader sa fameuse note « 3 A » par les agences de notation. Or, cette note, le président Sarkozy en avait fait pendant longtemps une sorte de ligne Maginot, son symbole de la résistance à la loi des marchés. Hélas, la situation économique de la France, marquée par de nombreux déficits, était telle que les agences ont fini par abaisser le fameux triple A de la France. Lourdement endettée, avec des déficits au-delà des critères de convergence de l’Union européenne — qui les fixe à 3 % du PIB —, la France, sous la pression des autorités économiques et monétaires européennes, mais en réalité de l’Allemagne, était obligée d’appliquer une politique d’austérité et de signer la règle d’or consistant à inscrire dans la Constitution l’engagement de ne pas dépasser un certain seuil de déficit sous peine d’être sanctionné financièrement.

Un engagement qui interdit à la France d’accroître son déficit budgétaire et, donc, la contraint à un certain nombre d’économies budgétaires. Or,  les divers gouvernements du pays ont pris l’habitude de laisser filer les déficits budgétaires qui se sont ainsi accumulés depuis une vingtaine d’années. Le seul moyen de les réduire, c’est d’appliquer une politique d’austérité, c’est-à-dire de réduction des dépenses et d’accroissement de l’offre. C’est justement là que se situe la principale divergence avec M. François Hollande qui, lui, se fait fort d’obtenir la renégociation du pacte de stabilité européen dans un sens favorisant la croissance. Pour le candidat socialiste, qui promet de taxer plus lourdement les plus hauts revenus, mais aussi de créer 60.000 postes d’enseignants en cinq ans et aussi de recruter d’autres catégories de fonctionnaires, sans croissance, pas de salut. Or, les marchés européens ne  veulent pas entendre parler d’accroissement des dépenses !

On dira que ce débat est très technique, il l’est effectivement et c’est pourquoi 70 % environ des électeurs français ont estimé que les candidats à l’élection présidentielle n’ont pas pris en compte leurs préoccupations. Lesquelles tournent autour de l’emploi, du pouvoir d’achat, du logement, de la sécurité ou, plutôt, de l’insécurité (que bon nombre d’entre eux lient à l’immigration) et de l’environnement. Néanmoins, le président Nicolas Sarkozy, en plus de ses mesures fiscales en faveur des catégories les plus riches — notamment le fameux « bouclier fiscal » — et de ses réformes impopulaires comme celle des retraites (portant l’âge de cessation du travail de 60 à 62 ans), de la carte judiciaire, avait réussi le tour de force de se rendre très impopulaire si bien que depuis décembre 2008 sa cote de popularité n’est jamais remontée. Il a essayé, comme en 2007, de droitiser son discours, en couvrant tous les dérapages de son ministre de l’Intérieur — notamment sur les prières des musulmans dans les rues de France — mais rien n’y a fait. S’étant sentie cocufiée, l’extrême droite s’est détachée de lui. Surtout que son vieux leader a pris sa retraite et a été remplacé par sa fille, Marine, plus moderne et donc le discours plus policé a contribué à rendre fréquentable le Front national. Il y a surtout que les Français avaient soif de changement et que cela faisait très longtemps que les socialistes n’étaient plus revenus au pouvoir, depuis la fin du deuxième mandat du président François Mitterrand, si l’on excepte la parenthèse représentée par la cohabitation entre le président Jacques Chirac et le Premier ministre socialiste Lionel Jospin, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale effectuée par le chef de l’Ump qui voulait se donner une majorité franche à l’Assemblée nationale. La crise économique — « la pire depuis 50 ans » ou même depuis la grande crise de 1929, disent les partisans du président sortant, histoire de faire ressortir la stature d’homme d’Etat de leur champion — a fait le reste.

Si on ajoute à cela le fait qu’il n’a bénéficié du report des voix d’aucun des huit autres candidats à la présidentielle lors du premier tour, et les sondages qui persistaient à le donner battu, même si l’écart avec son adversaire s’est resserré un moment —, on conviendra que M. Nicolas Sarkozy n’avait aucune chance de l’emporter dimanche dernier. Ses principaux collaborateurs le laissaient d’ailleurs entendre à demi-mot. Et ce même si lui-même y a cru jusqu’au bout, s’accrochant au mince espoir d’un « sursaut » des Français en sa faveur. Un sursaut qui ne s’est jamais produit. En fait, tout le monde avait compris, lorsque Mme Marine Le Pen, arrivée troisième il y a 15 jours, avait refusé d’appeler à voter pour lui en préconisant le bulletin blanc, que les carottes étaient cuites pour lui. Mais lorsque M. François Bayrou, classé cinquième avec 9 % des voix, a annoncé dans un communiqué assassin qu’il allait voter « à titre personnel » pour le candidat de la gauche, alors là, le calice était bu jusqu’à la lie.

M. François Bayrou, un des principaux leaders du centre-droit, venait ainsi d’opérer un spectaculaire changement d’alliances au détriment du porte-drapeau de son propre camp. Avec ce coup de poignard assassin dans le dos, M. Nicolas Sarkozy pouvait dire adieu à son rêve de se succéder à lui-même. Il rejoignait M. Valéry Giscard d’Estaing dans le lot des présidents de la Vème République n’ayant pas réussi à se faire réélire. Comme les Sénégalais avant eux, les Français venaient de sortir le président sortant. Et M. François Hollande pouvait devenir le septième président de cette même cinquième République française…

                                         

Mamadou Oumar NDIAYE, envoyé spécial à Paris.

 

In Le Témoin n°1082 - Hebdomadaire sénégalais – mai 2012 

mercredi, 09 mai 2012

UNE AUTRE AFRIQUE EST POSSIBLE!

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Et maintenant ? Passée l'illusion lyrique du soir de la victoire, il devient urgent de réévaluer l'impact de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement de gauche à Paris sur les relations internationales, particulièrement africaines. Même si l’Afrique, et singulièrement la Cote d'ivoire, n'a pas été citée durant la campagne et durant les débats entre les deux principaux candidats.

Trois écueils me semblent à éviter: celui d'une évaluation de la situation franco-africaine en soi - alors que la politique étrangère est toute d’interdépendance. Celui d'un optimisme excessif - quand l'histoire d'une persistance de la Françafrique à travers les régimes pourrait désespérer les adeptes de l'incantation du changement, maintenant et partout ! Mais aussi celui d'un afropessimisme exagéré, car rien ne sera pire que la présidence précédente, et que de nouveaux acteurs peuvent forcer le destin de l'Afrique.

UNE NOUVELLE POLITIQUE ETRANGERE FRANÇAISE ...

Moins atlantiste, plus progressiste ? Plus européenne, moins africaine ? Plus démocrate, moins françafricaine ? Sans doute, mais encore ?

Un premier constat : celui d'un désengagement progressif, lent et chaotique de l'Afrique - au profit des intérêts européens, d'autant qu'un François Hollande, contrairement à Ségolène Royal n'a pas de passé ni de tropisme africain - non plus que de passif ou de volonté interventionniste, comme son prédécesseur. Et ce désengagement peut être une chance.

En effet, le désengagement en question s'inscrit en principe dans une opposition au courant « néoconservateur » et interventionniste, tant américain que français, qui prétend imposer « la démocratie par les bombes », si ce n'est procéder à des « guerres humanitaires » - en Irak, en Libye, en Côte d'Ivoire, et peut être bientôt en Iran.

Mais que ce soit sur le plan militaire, économique (par exemple la suppression du franc CFA), la diplomatie d'un pays européen se réoriente lentement : le retrait d'Afghanistan, le renouveau d'une relation équilibrée entre Israël et le monde arabe, la redéfinition d'une politique envers les pays du Sud prennent du temps, des années sans doute.

De la retenue, de la neutralité, voire du retrait: voilà ce qu'on peut raisonnablement espérer, sans trop d'illusion, d'un pouvoir socialiste à Paris. Ce que Jospin avait maladroitement baptisé « ni ingérence, ni indifférence », et qui lui avait permis, à la chute de Bédié, de s'opposer à Jacques Chirac – alors que ce dernier aurait voulu - déjà !, faire intervenir pour le pire le 43ème BIMA. Ce qui n'est pas rien. Qui ne voit ce qu'un retrait ou une neutralisation de la Force Licorne permettrait comme évolution à Abidjan ?

... OU UNE FRANÇAFRIQUE REPEINTE EN ROSE ?

Pour autant, l’expérience mitterandienne rappelle, hélas, qu'attendre des socialistes un bouleversement dans les rapports avec l'Afrique participe plus des promesses électorales que des réalités. En 1984, trois ans après la prise de pouvoir de la gauche, l'africaniste Bayard dénonçait « la politique africaine de François Mitterrand » : pour le « noyau dur » francophone africain, les réseaux « à la Foccard » et les liens de sujétion s’étaient maintenus.

Les affaires continuent, certes - et sous Laurent Gbagbo les intérêts des grands groupes français comme Bouygues et Bolloré ont été maintenus, et les structures de dépendance persistent, ou au mieux évoluent lentement. C'est aussi qu'ils sont portés par des hommes : des liaisons sulfureuses existent autour de Hollande;ainsi l'avocat Jean Pierre Mignard et ses fructueux contacts africains ; ou Maître Jean-Paul Benoît, défenseur de Ouattara. La « commission Afrique » du PS est tenue par la droite du Parti, notamment un certain Melonio, employé de son état à l' « Agence française de développement », grande institution progressiste comme on le sait... L'ancien premier ministre Laurent Fabius (ami personnel d'ADO autant que Strauss Kahn) s'il était nommé aux Affaires étrangères terminerait de dresser un tableau très sombre des dérives potentielles des socialistes à venir.

Car nous ne nous y trompons pas : au delà des anecdotes et des individus, c'est une dérive constante, à certains moments de notre histoire, des socialistes les plus droitiers vers le néocolonialisme, voire la répression armée. Le nom de Guy Mollet est attaché à cette politique paradoxale, qui peut tenir un discours progressiste, voire marxisant, et mener une répression féroce comme ce dernier l'a fait en Algérie.

Déjà Laurent Fabius n'a t-il pas fait un voyage exploratoire au Gabon ? Est ce par hasard - et je parle d’expérience, jusqu’à en prendre congé ! - que la « commission Afrique » du PS se refuse à nommer dictature une dictature et à faire une analyse politique des régimes francophones africains ?

DES ALLIANCES TRANSNATIONALES POUR LE CHANGEMENT

Alors, que faire ? Quoi d’autre que de combattre ces forces de l'ombre et de passer des alliances, définition même du politique. Partant des recherches novatrices de Marc Augé, anthropologue des alladian ivoiriens, j'ai proposé une « politologie des mondes contemporains » qui replace les enjeux nationaux ou de relations internationales dans un aller et retour constant entre l'ici et le là bas, entre l'Afrique et l’Europe, la Côte d'Ivoire et la France pour l'exemple.

Oui, il y a des internationalistes et des démocrates français opposés aux réseaux Foccard et à un retour impérial dans la terreur et les massacres, au Sud du Sahara, - comme en avril 2011 à Abidjan, mais aussi dans les 47 interventions armées françaises depuis 1960, sous des prétextes divers et variés !

Non, François Hollande ne sera pas seul à décider : lui aussi, dans la perspective des législatives, doit passer des alliances et prendre des engagements : avec la gauche du PS comme Benoît Hamon. Avec le Front de gauche et Jean-Luc Melenchon, qui ont soutenu la résistance ivoirienne, appelé à la libération des déportés politiques des geôles nordistes et à la dissolution des milices tribales FRCI, condamné l'intervention de la Licorne et de l'ONUCI et l'arrestation par les Forces spéciales françaises du président Laurent Gbagbo.

Et tout cela, après un an, va sortir dans les grands médias français, et devant l'opinion publique africaine : cette vérité politique que l'on nous a trop caché va être révélée - maintenant que les dossiers vont être découverts par le nouveau pouvoir et que l'ancien président ne sera plus là pour travestir les réalités de la guerre franco-ivoirienne.

Quant au pouvoir ivoirien, ce n'est pas par hasard si son éminent représentant nomadise entre hôpital et résidence, entre Mougins et Paris, entre XVIème arrondissement et Élysée. Cette fébrilité n'indique pas seulement une panique certaine devant l’alternance à Paris, ne signifie pas seulement que sa sécurité est plus assurée dans la capitale française que parmi ses compatriotes abidjannais, ni que ses affinités sont plus occidentales qu’africaines.

Car on peut caractériser la relation sarko-outtariste comme un pouvoir hybride, transcontinental, un pouvoir double. Non pas « en double », comme aiment le dire les africains se référant à la sorcellerie (quoique à décrypter les massacres d'avril, on se demande de quel exorcisme relèvent leurs auteurs - faute de justice), mais duel, caractérisé par « l'assimilation réciproque des élites », pour repolitiser une formule politologique à succès.

C'est une des premières choses que la gauche doit faire cesser : un général français à la présidence ivoirienne, un Serey Eiffel grand maître de la coopération, une force Licorne en pleine régression coloniale. Tout cela est aussi dangereux qu'anachronique et devra s’arrêter au plus vite.

Au delà, les démocrates africains et occidentaux demanderont des comptes au pouvoir socialiste pour que soient retirés au plus vite les corps expéditionnaires franco-onusiens, que soient jugés les crimes de guerre de quelque bord ou nationalité qu'en soient leurs auteurs.

Que les élections ne soient plus sous tutelle et la « continuation de la guerre par d'autres moyens » - et que des négociations s'engagent sérieusement avec l'opposition, le retour de Laurent Gbagbo et des formes d'union nationale que les intéressés définiront eux mêmes. Que les fauteurs de guerre, comme l'actuel responsable du Burkina, soient arrêtés dans leur déstabilisation de l'Afrique de l'Ouest - si son propre peuple ne se charge pas de l'alternance à Ouagadougou.

En Mai 1981, nous nous souvenons que François Mitterrand n'avait qu'un mot à dire pour encourager les oppositions démocratiques et que tombent les partis uniques et les dictatures africaines : il ne l'a pas dit, et tout a continué.

En Mai 2012, François Hollande n'a qu'un mot à dire, et il n'est pas sûr qu'il le dise. Et ce n'est pas grave : c'est nous tous qui le dirons, au nom des révolutions africaines encore à venir.

 

Michel Galy

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: Le blog de Delugio

mardi, 08 mai 2012

LE SCANDALE DE LA DERNIERE VISITE DE OUATTARA A SON PARRAIN LIVRE SES SECRETS


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Il faut bien le savoir, au cours de la campagne présidentielle française, les recettes mensuelles du Trésor ivoirien ont atterri en totalité à la Présidence ivoirienne. Tandis que les caisses étaient vidées en Côte d'Ivoire, Dramane et sa « photocopie » ont partagé cette cagnotte en trois parties. Une pour le Clan Ouattara comme d’habitude, une pour Sarkozy et une pour les socialistes. C’est pour éviter toute fuite que la gestion très opaque des fonds a été confié à son petit-frère BIRAHIMA Téné Ouattara alias « photocopie ».

Autant le clan Sarkozy a accepté l’argent sale de Ouattara, autant le camp Hollande a catégoriquement rejeté et les émissaires de Dramane et leurs propositions alléchantes de financement occulte. Les socialistes ont opposé une fin de non-recevoir, refusant toute compromission avec le pouvoir d’Abidjan. A deux reprises, ils ont dit niet à Ouattara et à ses envoyés.

Les larmes de Dramane Ouattara, qui était accueilli sur le perron de l’Elysée par un "has been" et un pouvoir moribond, s’expliquent à partir de là par deux raisons essentielles. Face à la tentative avortée de corruption du nouveau pouvoir français Dramane a demandé à son parrain, qui faisait ses valises pour la prison, de lui assurer au moins deux choses auprès des socialistes :

1- le maintien de la force Licorne pour assurer sa garde rapprochée,

2- le succès du PPTE sur lequel Sarko n’avait pu réussir aucune anticipation.

Sarko a promis de faire au mieux et d’en tenir compte dans la transmission des dossiers dits sensibles, sans rien garantir en retour. 

Il a, en revanche, sommé son filleul de relâcher toutes les formes de pression autour de l’opposition en Côte d’Ivoire et, très clairement, autour des proches de Laurent GBAGBO car cette exigence du parti socialiste au pouvoir ne serait pas négociable. Sarko a également avoué son impuissance à protéger les chefs de guerre, notamment Soro et Chérif Ousmane, qui ne pourront désormais plus éviter la CPI.

 

Mélanie Debrest

 

Source: COTE D’IVOIRE LA VRAIE

COTE D'IVOIRE - FRANCE: OUATTARA DEMANDE UNE DERNIERE FAVEUR A SARKOZY

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Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui a quitté la Côte d'Ivoire depuis le 29 avril dernier, a été reçu ce lundi par son ami Nicolas Sarkozy au palais de l'Elysée en fin de matinée au lendemain de la défaite de ce dernier à l’élection présidentielle en France. La rédaction de KOACI.COM à Paris apprend d'un proche d'Henri Gaino, conseiller spécial du bientôt ex président français, rencontré ce lundi après midi non loin du quartier de la rue du Faubourg St Honoré, que le numéro 1 ivoirien serait venu entre autre pour demander une dernière faveur à son témoin de mariage Neuillyois. Cette dernière serait de s'assurer que l'ex croche patte de Jacques Chirac en 2002 glisse un mot sur les accords de défense à François Hollande lors de la passation de charge prévue pour se dérouler le 16 mai prochain. Notre source nous assurera avec conviction l'inquiétude du président ivoirien sur la sécurité de son régime assuré sur le sol ivoirien, faute d'armée et de forces de l'ordre opérationnelles, par l'armée française sous couvert d'un accord unilatéral et non débattu à l'assemblée nationale française, conclu avec Nicolas Sarkozy au lendemain de l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir à Abidjan.

Nous tenterons de savoir si notre interlocuteur aurait des informations sur la question qui taraude l'opinion ivoirienne, la santé d'Alassane Ouattara. Ce dernier, au fait des affaires franco ivoiriennes, ne souhaitera s'exprimer sur le sujet en marquant néanmoins un léger sourire à l'abord du sujet qui nous laissera pas indifférent.

Rappelons qu'à ce jour, officiellement, comme le rappelait l'équipe de KOACI à Abidjan ce lundi (voir article), hormis lors du sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO à Dakar le 3 mai dernier, aucune information officielle n'a été transmise par le service de presse de la présidence au sujet de cette absence "privée" du président ivoirien hors du territoire du pays qu'il préside.



Mahoudi Innocent

 

Source: KOACI.COM

samedi, 05 mai 2012

VENU EN FRANCE POUR DES RAISONS DE SANTE - VOICI L'HOPITAL OU A SEJOURNE OUATTARA

 

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Alassane Ouattara, actuel numéro un ivoirien, est-il brutalement allé en France alors que les cérémonies de la fête du Travail devaient se tenir parce qu’il voulait fuir les travailleurs ? Ou alors parce qu’il voulait apporter son soutien à son «ami de vingt ans» Nicolas Sarkozy en mauvaise posture face à son rival François Hollande ? Peut-être. Mais une chose est sûre : s’il s’est rendu en France il y a quelques jours, c’est essentiellement pour des raisons de santé. Selon nos sources, Alassane Ouattara est venu en France contre l’avis de ses amis de l’équipe de Nicolas Sarkozy.

Visiblement, ils ne souhaitaient pas qu’un soutien trop voyant puisse susciter interprétations et commentaires, alors même que les révélations du journal en ligne Mediapart sur le financement de la campagne de 2007 du président sortant par le Guide libyen Muammar Kadhafi produisent un buzz ravageur. Malgré ce feu «orange» de ses parrains français, Ouattara est venu parce qu’il lui fallait absolument rencontrer ses médecins. De nombreux indices indiquent ainsi qu’il a séjourné à l’hôtel américain de Neuilly pour des soins cardiaques. 

En tout cas, sur la place parisienne, le tabou médiatique sur l’état de santé d’Alassane Ouattara et sur les conséquences politiques de sa «fragilité» pourrait bientôt être déverrouillé. Déjà, sur les réseaux sociaux, des journalistes de la presse française commencent à évoquer la question de la façon la plus directe. Alassane Ouattara est-il malade ? De quoi souffre-t-il ? Ce dont il souffre a-t-il des conséquences sur son exercice du pouvoir et sur les stratégies de positionnement de ses héritiers putatifs ? Ce débat ne saurait être longtemps évité.

 
Benjamin Silué


mercredi, 02 mai 2012

SARKOZY-KADHAFI: LA PREUVE DU FINANCEMENT

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Sarkozy rattrapé par sa voyousie internationale


Selon un document officiel libyen, le régime de Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le chef des services libyens d'alors y évoque des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l'intermédiaire Ziad Takieddine. « Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat », confirme ce dernier.


Pour voir tous les articles sur le sujet, cliquer sur:

Sarkozy-Kadhafi: dix mois d’investigations (6/19)

 

Source: MEDIAPART