topblog Ivoire blogs

mardi, 08 mai 2012

COTE D'IVOIRE - FRANCE: OUATTARA DEMANDE UNE DERNIERE FAVEUR A SARKOZY

côte d'ivoire,france,alassane ouattara,nicolas sarkozy,ouattara demande une dernière faveur à sarkozy,cedeao,force licorne,sécurité présidentielle de ouattara


Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui a quitté la Côte d'Ivoire depuis le 29 avril dernier, a été reçu ce lundi par son ami Nicolas Sarkozy au palais de l'Elysée en fin de matinée au lendemain de la défaite de ce dernier à l’élection présidentielle en France. La rédaction de KOACI.COM à Paris apprend d'un proche d'Henri Gaino, conseiller spécial du bientôt ex président français, rencontré ce lundi après midi non loin du quartier de la rue du Faubourg St Honoré, que le numéro 1 ivoirien serait venu entre autre pour demander une dernière faveur à son témoin de mariage Neuillyois. Cette dernière serait de s'assurer que l'ex croche patte de Jacques Chirac en 2002 glisse un mot sur les accords de défense à François Hollande lors de la passation de charge prévue pour se dérouler le 16 mai prochain. Notre source nous assurera avec conviction l'inquiétude du président ivoirien sur la sécurité de son régime assuré sur le sol ivoirien, faute d'armée et de forces de l'ordre opérationnelles, par l'armée française sous couvert d'un accord unilatéral et non débattu à l'assemblée nationale française, conclu avec Nicolas Sarkozy au lendemain de l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir à Abidjan.

Nous tenterons de savoir si notre interlocuteur aurait des informations sur la question qui taraude l'opinion ivoirienne, la santé d'Alassane Ouattara. Ce dernier, au fait des affaires franco ivoiriennes, ne souhaitera s'exprimer sur le sujet en marquant néanmoins un léger sourire à l'abord du sujet qui nous laissera pas indifférent.

Rappelons qu'à ce jour, officiellement, comme le rappelait l'équipe de KOACI à Abidjan ce lundi (voir article), hormis lors du sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO à Dakar le 3 mai dernier, aucune information officielle n'a été transmise par le service de presse de la présidence au sujet de cette absence "privée" du président ivoirien hors du territoire du pays qu'il préside.



Mahoudi Innocent

 

Source: KOACI.COM

samedi, 05 mai 2012

VENU EN FRANCE POUR DES RAISONS DE SANTE - VOICI L'HOPITAL OU A SEJOURNE OUATTARA

 

côte d'ivoire,france,venu en france pour des raisons de santé,voici l’hôpital où a séjourné ouattara,élections présidentielles françaises,second tour élection france,nicolas sarkozy,alassane ouattara malade,problèmes cardiaques de ouattara


Alassane Ouattara, actuel numéro un ivoirien, est-il brutalement allé en France alors que les cérémonies de la fête du Travail devaient se tenir parce qu’il voulait fuir les travailleurs ? Ou alors parce qu’il voulait apporter son soutien à son «ami de vingt ans» Nicolas Sarkozy en mauvaise posture face à son rival François Hollande ? Peut-être. Mais une chose est sûre : s’il s’est rendu en France il y a quelques jours, c’est essentiellement pour des raisons de santé. Selon nos sources, Alassane Ouattara est venu en France contre l’avis de ses amis de l’équipe de Nicolas Sarkozy.

Visiblement, ils ne souhaitaient pas qu’un soutien trop voyant puisse susciter interprétations et commentaires, alors même que les révélations du journal en ligne Mediapart sur le financement de la campagne de 2007 du président sortant par le Guide libyen Muammar Kadhafi produisent un buzz ravageur. Malgré ce feu «orange» de ses parrains français, Ouattara est venu parce qu’il lui fallait absolument rencontrer ses médecins. De nombreux indices indiquent ainsi qu’il a séjourné à l’hôtel américain de Neuilly pour des soins cardiaques. 

En tout cas, sur la place parisienne, le tabou médiatique sur l’état de santé d’Alassane Ouattara et sur les conséquences politiques de sa «fragilité» pourrait bientôt être déverrouillé. Déjà, sur les réseaux sociaux, des journalistes de la presse française commencent à évoquer la question de la façon la plus directe. Alassane Ouattara est-il malade ? De quoi souffre-t-il ? Ce dont il souffre a-t-il des conséquences sur son exercice du pouvoir et sur les stratégies de positionnement de ses héritiers putatifs ? Ce débat ne saurait être longtemps évité.

 
Benjamin Silué


mercredi, 02 mai 2012

SARKOZY-KADHAFI: LA PREUVE DU FINANCEMENT

LYBIE - COURRIER OFFICIEL.jpg

Sarkozy rattrapé par sa voyousie internationale


Selon un document officiel libyen, le régime de Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le chef des services libyens d'alors y évoque des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l'intermédiaire Ziad Takieddine. « Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat », confirme ce dernier.


Pour voir tous les articles sur le sujet, cliquer sur:

Sarkozy-Kadhafi: dix mois d’investigations (6/19)

 

Source: MEDIAPART

jeudi, 26 avril 2012

PRESIDENTIELLE FRANÇAISE: SARKOZY DIVISE LA CLASSE POLITIQUE IVOIRIENNE

 

côte d'ivoire,france,présidentielle française,sarkozy divise la classe politique ivoirienne

 

L'élection présidentielle en France ne laisse pas indifférents les Ivoiriens, particulièrement la classe politique divisée entre pro et anti Nicolas Sarkozy, le président sortant, arrivé deuxième dimanche derrière François Hollande à l'issue du premier tour.

 

Ancienne colonie française, la Côte d'Ivoire a maintenu des relations privilégies avec son ex-métropole qui demeure un de ses principaux fournisseurs et clients.

Mais, c'est surtout l'intervention décisive de l'armée française pour permettre l'arrestation de Laurent Gbagbo et installer Alassane Ouattara au pouvoir après les meurtriers affrontements post-électoraux de novembre 2010 qui façonne le regard des Ivoiriens sur l'élection présidentielle en France.

Ce regard est bien évidemment différent selon que l'on est proche du camp Ouattara ou que l'on est militant du Front populaire ivoirien (FPI) ou sympathisant du président déchu Laurent Gbagbo.

Pour ou contre Sarkozy?
                                                                                     
Le Rassemblement des Républicains (RDR) et ses alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), partisans d'Alassane Ouattara, sont sans réserve pour la réélection de Nicolas Sarkozy. Le RDR, parti d'Alassane Ouattara, a signé le 14 avril à Paris avec l'UMP de Nicolas Sarkozy un "accord de coopération et d'amitié". Les deux présidents se targuent d'être des amis intimes de longue date et le pouvoir à Abidjan voit d'un mauvais œil une défaite de M. Sarkozy qui signifierait la perte d'un soutien de taille à l'Elysée.

"Si Sarkozy tombe, nous n'aurons plus les mêmes relations avec les nouvelles autorités françaises. Nous n'aurons plus droit à un certain nombre de privilèges que nous avons avec Sarkozy en terme d'appui auprès des institutions internationales, des entreprises françaises, au plan de la sécurité", fait savoir un militant du parti de M. Ouattara. En face, les partisans de Laurent Gbagbo ne jurent que par la défaite de M. Sarkozy considéré comme leur "principal ennemi". "Nous souhaitons que Sarkozy perde les élections parce qu'il s'est présenté comme notre principal ennemi", soutient un responsable du FPI, Raymond Abouo N'Dori.

"Moi, je ne comprends pas pourquoi les partisans de Gbagbo voient en François Hollande un sauveur", s'interroge un enseignant qui relève que le Parti socialiste français avait demandé, au plus fort de la crise post-électorale, l'exclusion du FPI de l'Internationale socialiste et ne s'était point opposé aux bombardements qui ont entraîné la chute de Gbagbo.

"Nous n'avons pas de raisons objectives de pavoiser sur l'arrivée des socialistes au pouvoir puisqu'ils ne nous ont jamais soutenu mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. Hollande représente le moindre mal pour nous", tranche Abouo N'dori. Pour de nombreux Ivoiriens, la réélection ou non de Sarkozy ne changera rien à la politique africaine de la France. 

Hollande et Sakozy? Blanc bonnet et bonnet blanc
                                                 
"La politique reste la politique, je ne vois pas ce que Hollande fera de spécial au niveau des accords de coopération entre la France et ses colonies d'Afrique", se demande Habib, un couturier. "Sarkozy ou Hollande, la politique de la France vis-à-vis de la Côte d'Ivoire ne changera pas d'un iota, la France n'a pas d'amis en Afrique mais plutôt des intérêts", estime Joël Bouabré, fonctionnaire de son Etat.

Pour le politologue Maurice Fahé, les Ivoiriens ont des raisons de ne pas être indifférents à ce qui se joue en France même s'il pense qu'un changement de président ne bouleverserait pas les rapports entre la France et la Côte d'Ivoire.

"La pratique a montré que, que ce soit un gouvernement de gauche ou un gouvernement de droite, la politique africaine de la France restait toujours la même", affirme-t-il. Le politique indique toutefois qu'il peut se produire des "changements à la marge" liés à la personnalité du chef de l'exécutif français ou à son appartenance idéologique. "Si François Hollande venait à être élu président de la France, cela ne changerait pas grand-chose, sauf la proximité avec le président ivoirien et peut-être certains engagements personnels de M. Sarkozy en Côte d'Ivoire", explique-t-il.

"Après tout, la Côte d'Ivoire, comme l'Afrique, n'est qu'un sous-thème dans la présidentielle française, son sort étant depuis longtemps réglé par les accords de coopération, les traités monétaires et la pratique économique, politique et diplomatique", conclut le politologue.

 

Source: CAMEROON VOICE

lundi, 23 avril 2012

QUAND IL PLEUT A PARIS, ABIDJAN EST MOUILLE - SARKO MENACE, OUATTARA TREMBLE

 

SARKADO.jpg

Ce n’est pas encore la grosse peur, mais un vent de panique souffle sur le clan Ouattara et ses divers alliés. Le premier tour de la présidentielle française vient de livrer ses résultats, et il paraît évident que Nicolas Sarkozy est en ballottage défavorable dans la perspective de la «lutte finale». La gauche est à son plus haut niveau depuis longtemps, et selon les sondages le président sortant bénéficiera d’un report de voix globalement assez médiocre de la part des électeurs du Front national (extrême-droite) et du MODEM (centre). La perspective la plus probable est donc la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, même si les jeux ne sont pas faits. 

Ces dernières semaines, les observateurs de la vie politique ivoirienne ont tous pris acte de la nervosité qui s’est emparée des dignitaires du Rassemblement des républicains (RDR) et du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ne se sentant pas satisfaits de l’étrange accord de partenariat signé avec l’UMP, ils ont demandé solennellement à leurs sympathisants ayant la nationalité française de voter pour Nicolas Sarkozy. Un Sarkozy qui devait se demander pourquoi il n’y avait pas de réaction en France à l’activisme des Africain-Français hostiles à sa double épopée ivoirienne et libyenne. Certes, le RDR et l’UMP sont des formations politiques de droite, avec tout ce que cela comporte. Mais l’on ne sent pas la même fièvre dans les autres pays du «pré carré» dirigés par des alliés objectifs de l’UMP. De quoi a donc peur le régime Ouattara ?
 
Un système de gouvernance autoritaire qui repose sur des complaisances parisiennes

Une chose est à noter : si Nicolas Sarkozy perd le pouvoir, ce sera la première fois, depuis l’éclatement de la crise ivoirienne, que les alliés traditionnels du PDCI et du RDR quitteront les lambris dorés de l’Elysée et des cabinets ministériels pour s’installer sur les sièges réservés à l’opposition parlementaire. Ce sera donc un grand saut dans le vide. Déjà, avant la crise, les liens entre la nomenklatura ivoirienne et la droite française étaient patents. Malgré une prévenance de tous les instants des socialistes, Félix Houphouët¬-Boigny soupçonnait François Mitterrand d’instrumentaliser son opposition pour l’affaiblir. Quand Jacques Chirac a été élu en 1995 en battant Lionel Jospin, les journaux progouvernementaux d’alors ont exulté. Pendant longtemps, l’affrontement entre bédiéistes et ouattaristes se déroulait selon la grille chiraquiens contre balladuriens. C’est pour cette raison que l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir sera un sujet de grande joie pour Ouattara, heureux d’avoir «noyé» les réseaux parisiens de Bédié, et de faire savoir à Gbagbo qu’il était le seul opposant d’Afrique subsaharienne à avoir été reçu à plusieurs reprises à l’Elysée dans un contexte de guerre froide franco-ivoirienne où Gbagbo n’avait «droit» qu’à des échanges non formalisés avec des seconds couteaux ou à une photo à la volée à New York, à l’occasion d’une Assemblée générale des Nations Unies. Dans une logique similaire, la victoire électorale de Jacques Chirac en mai 2002 devait sonner l’heure de la reconquête dans l’arrière-cour ivoirienne, où la «normalisation» et la «prise de distance» voulues par le gouvernement de Lionel Jospin avaient permis aux rapports de force internes de s’accomplir à travers l’élection de Laurent Gbagbo en octobre 2000. Le coup d’Etat du 19 septembre 2002, s’il avait abouti à la capitulation d’un Laurent Gbagbo acceptant un exil doré en France, aurait parachevé la «reprise en main» des lobbies droitiers français pour qui la Côte d’Ivoire doit être la continuité géostratégique de la France…
 
C’est bel et bien Nicolas Sarkozy qui a instrumentalisé l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine pour faire prévaloir le récit médiatique douteux accréditant la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Il a même appelé à onze reprises en une seule journée un chef d’Etat ouest-africain pour le rallier à la guerre de Ouattara. Contre un grand nombre d’officiers supérieurs de son pays, il a engagé l’armée française dans la bataille d’Abidjan, ordonné l’omerta sur les crimes commis par les supplétifs FRCI qui avançaient grâce aux missiles de la force Licorne, fermé les yeux sur l’assassinat du Français Philippe Rémond à Yamoussoukro et sur le martyre de son compatriote Michel Gbagbo, vidé les fonds de caisse de l’Agence française de développement (AFD) pour payer les salaires du régime Ouattara, intrigué pour envoyer Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, applaudi la justice des vainqueurs et les dérives tribales du régime ivoirien…
 
Un départ de Sarkozy viendrait au pire moment pour Ouattara…

Nicolas Sarkozy est allé tellement loin avec Alassane Ouattara que ce dernier sait pertinemment  qu’un changement de pouvoir à l’Elysée baissera forcément le niveau des complicités crapuleuses dont il bénéficie à Paris. Il a pourtant construit tout son système autoritaire de gouvernance sur le «droit d’humilier» dont il dispose et sur la muraille d’impunité qui est bâtie autour de lui par la France et au-delà de la France – à l’ONU, dans les institutions de Bretton Woods. Alassane Ouattara est allé tellement loin dans les démonstrations d’amitié avec Sarkozy qu’il pourrait à juste titre craindre un «retour de bâton» des futurs maîtres de la France, qu’il a toujours cajolés grâce à ses relations au Parti socialiste. Des relations – son avocat Jean-Pierre Mignard par exemple – désormais en porte-à-faux avec leur famille politique, «grâce» à la stratégie caricaturale du «tout-Sarkozy» adoptée par l’homme fort d’Abidjan. S’il est élu, François Hollande devra normaliser la relation franco-ivoirienne, désormais regardée même en France comme un signe du renouveau de la Françafrique. Et cette normalisation, Alassane Ouattara, qui supplie la France de maintenir ses bases militaires et de truffer son Palais de coopérants de tous genres, n’en veut absolument pas. Comment gouverner sans béquille ? Là est la question.

Un éventuel départ de l’Elysée de Nicolas Sarkozy interviendrait au pire moment pour Ouattara. Après un an de «grâce internationale» et plus de dix ans d’accompagnement médiatique complaisant, la «bulle explicative internationale», notamment représentée par les différentes ONG financées par les Etats et les grandes entreprises occidentales et qui «notent» la gouvernance des pays africains, commence à se montrer plus exigeante. Tandis que les analystes de la presse parisienne considèrent désormais qu’une dérive autoritaire guette le régime d’Abidjan.

C’est pour anticiper les nouvelles exigences de l’étranger qu’Alassane Ouattara, qui répugne à négocier avec les corps intermédiaires comme les syndicats ou avec son opposition, communique sur le thème d’une main tendue à son opposition qui n’a aucune consistance puisque la logique des inculpations à caractère politique et de la «justice des vainqueurs» se poursuit, voire se renforce avec les dérives de la Direction de la surveillance du territoire (DST). D’une certaine manière, cet ersatz de dialogue inter-ivoirien pourrait même viser à donner de la consistance à Nicolas Sarkozy qui veut visiblement «capitaliser» sur sa prétendue «crédibilité internationale», se fondant notamment sur ses sanglantes épopées libyenne et ivoirienne, «vendues» comme des «victoires de la démocratie» là où elles ont semé la mort et la désolation. Des informations sur un processus de «réconciliation» en Côte d’Ivoire avant le second tour seraient une aubaine pour lui. C’est pour cette raison que l’opposition ivoirienne ferait une belle passe à l’adversaire en se soumettait à l’agenda et au «storytelling» de Ouattarakozy.
 
 
Théophile Kouamouo


dimanche, 22 avril 2012

LE MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO: «IL FAIT NUIT ACTUELLEMENT SUR LA COTE D'IVOIRE»

DOSSO CHARLES RODEL.gif

Une interview du Ministre Charles Rodel Dosso, depuis son exil.


1- Que devenez-vous depuis votre exil ?

Acceptez que je dise simplement que tout va bien. Il a plu à Dieu que je sois là où je devrais être en ce moment pour améliorer ma connaissance de la vie et des hommes. L’humiliation, le mépris, l’arrogance à nous imposés par le "pouvoir" Ouattara nous créent certes d’énormes difficultés mais qu’il convient  de mettre rapidement sur le compte de la formation. Mieux, c’est un moment de pénitence qui nous rapproche davantage de Dieu en vue de nous préparer à rentrer dans la nouvelle Jérusalem, la terre promise, la Côte d’Ivoire nouvelle. Dans notre justice, nous sommes frappés, bafoués, humiliés. La souffrance succède à la souffrance. Le méchant semble réussir dans ses voies. Cependant, mon cœur demeure dans la joie. Dieu ne dit-il pas que le malheur frappe souvent le juste mais qu’Il l’en délivre toujours ? Mieux, ne dit-il pas encore : "Ne t’irrite pas contre les méchants, n’envie pas ceux qui font le mal. Car, ils sont fauchés aussi vite que l’herbe et ils flétrissent comme le gazon vert"? Pendant que le désespoir humain devient grand et la souffrance de plus en plus atroce, c’est que la main divine n’est plus loin. Nous nous rapprochons inexorablement vers le terme de la crise ivoirienne. A ce terme, le juste sera justifié et le mal rendu à celui qui l’a semé. Nous sommes donc zen en gardant les yeux rivés vers la nouvelle Côte d’Ivoire qui pointe déjà à l’horizon. Certainement comme toute naissance, elle sera pénible voire horrible mais la joie sera au bout. Les pleurs de douleur du juste seront transformés en pleurs de bonheur. En ce moment, il n’aura plus d’exilés et le peuple ivoirien sera libre, en harmonie avec lui-même. Le Premier citoyen aura du respect pour le dernier, le nord aura de l’amour pour le sud et l’Est pour l’Ouest et vice-versa. 

2- Parlons du 11 avril 2011, où étiez vous ce jour là? Comment avez-vous vécu la chute de Laurent Gbagbo?

J’étais à mon poste. Après, l’arrestation du Président Laurent Gbagbo par les forces françaises, je me suis mis à l’abri dans une église dans la banlieue abidjanaise. Au premier instant, j’étais choqué, scandalisé de savoir que des ivoiriens puissent se liguer avec l’extérieur pour désacraliser l’Etat de Côte d’Ivoire, tuer des milliers d’ivoiriens pour avoir droit à un fauteuil présidentiel par procuration.  Car, ce n’est un secret pour personne, la Côte d’Ivoire est gérée aujourd’hui depuis l’Élysée.

J’ai eu mal de savoir que l’élection qui devrait ramener la paix après 9 ans de crise armée se termine par une autre guerre à l’initiative des mêmes personnes qui ont déclenché celle de 2002. C’est-à-dire M. Ouattara et ses compagnons, tous des sbires de la France. Une guerre post-électorale dont on aurait pu faire l’économie en recomptant simplement les voix, à l’image des grandes démocraties, comme souhaité par le Président Laurent Gbagbo. 

Mais, quand j’ai vu Laurent Gbagbo sorti vivant des décombres de sa résidence totalement détruite par les bombes françaises, je me suis rappelé la Parole de Dieu à Satan, parlant de Job : "Voici, je te le livre ; seulement, épargne sa vie". Quant on sait que JOB fut victorieux après l’épreuve, je compris dès lors que nous venions de perdre un combat mais que la bataille était encore très ouverte. Mieux, qu’à son terme, nous gagnerons car les ténèbres n’auront jamais raison de la lumière.        

3- Personnellement, comment êtes-vous sorti du pays? Avez-vous été exfiltrés par les Frci?

Si exfiltration y a eu, je crois qu’elle fut menée par la main de Dieu et non par les hommes habités par la rage de croquer toutes personnes ayant servi l’Etat auprès du Président Laurent Gbagbo.  Ma sortie du pays fut véritablement une grâce de Dieu.  L’homme de Dieu chez qui j’avais trouvé refuge est venu à moi, le soir du 15 Avril, et  m’a dit que Dieu lui demandait de m’envoyer hors du pays, le lendemain. Le 16 Avril 2011, à  bord de son véhicule, nous avons quitté l’endroit de refuge  pour la première ville ghanéenne, par la voie principale, sans être arrêté une seule fois. C’est le lieu de bénir l’Eternel et lui  rendre toute la gloire pour son serviteur. 

4- Souhaitez-vous rentrer au pays? Si oui, à quelles conditions?

Je souhaite rentrer au pays. Il est toujours difficile de vivre éloigné des siens. Toutefois, j’attends le temps de Dieu, le temps de la restauration, le temps de la délivrance. Ce temps ne semble plus loin. Moi, mortel, je n’ai donc aucune condition pour rentrer au pays. Seulement, l’Eternel nous rappelle ceci en 2 corinthiens 6-14 :"Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres?".

Comme des macrophages, M. Ouattara, sa suite et leurs soutiens extérieurs ont mis à mort la nation ivoirienne et jouissent avec une joie funeste de sa dépouille. Je veux ne pas souiller ma main en prenant part à un tel festin. Je préfère travailler à la résurrection de la mère patrie. Une résurrection du reste irrévocable.

Il fait nuit actuellement sur la Côte d’Ivoire, bientôt, il fera jour. Il appartiendra à chacun de courir vers sa nation libre, digne et fière.


5- Un an après, quel regard jetez-vous sur l'avenir du Fpi mais aussi sur les actions du président Alassane Ouattara?                                                                                                                                    

J’aurais voulu ne pas dire un seul mot sur la gestion des affaires de l’Etat et des hommes par M. Ouattara. J’ai répondu invariablement que je n’attends rien de bon de lui encore moins un assouplissement de la souffrance qu’il impose au Président Laurent Gbagbo et ses collaborateurs. Le faire, serait refuser que l’histoire de la Côte d’Ivoire soit scellée par le sceau divin. De Ouattara, la Bible dit ceci, en Daniel 8 à partir du verset 23 : "…il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force, il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuples des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement et il s’élèvera contre le chef des chefs, il sera brisé sans l’effort d’aucune main ". 

 Ainsi, que M. Ouattara veuille humilier son "opposition", qu’il mette des feux d’artifices à coût de plusieurs centaines de millions au Plateau, se paye un avion à des milliards pour ses balades pendant que les universités sont fermées et que l’ivoirien n’a pas le minimum vital, que les FRCI martyrisent la population et terrorisent les hommes de Dieu, que Soro exige de lui et obtient la Présidence de l'Assemblée nationale avant de partir de la Primature pour la guerre menée pour lui, que la France obtienne tous les marchés pour le bombardement de la résidence de Gbagbo et sa présence militaire dissuasive au coté de Ouattara, qu’il soit président de la CEDEAO par un forcing de la France… n’est que l’accomplissement de la Parole de Dieu. Elle ne revient jamais à l’Eternel sans avoir été accomplie. Elle s’accomplira totalement dans sa vie et la vie de la nation ivoirienne. Que ceux qui veulent pour l’heure éprouver la Parole l’éprouvent. Mais le temps vient où ils rendront témoignage de la puissance de Dieu.

Concernant le FPI, je voudrais féliciter la direction et les militants restés au pays. Car, grâce à leur effort, progressivement mais sûrement, nous sortons la tête de l’eau. La lutte n’est certes pas facile dans les conditions délétères imposées par "le pouvoir" mais nous n’avons pas le choix. Faire front ou mourir. Le choix de la lutte a été vite fait par la direction. J’ai foi que dans la fournaise de l’adversité, le FPI a des arguments pour vaincre. Le Front Populaire Ivoirien est un parti de combat. Dieu qui, dans sa fidélité, ne permet pas que l’on soit éprouvé au-delà de ses forces, nous donnera les ressources nécessaires pour tenir bon face à cette animosité politique à nous imposée par le RDR et ses alliés. Je ne doute pas un seul instant du triomphe du FPI.


Charles Rodel Dosso


Secrétaire d'Etat chargé des victimes de guerre

dans le Gouvernement Aké Ngbo

mardi, 17 avril 2012

COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT?

 

JEAN-FRANÇOIS COPE.jpg

L'UMP, parti de Nicolas Sarkozy, actuellement dirigé par Jean-François Copé a signé samedi 14 avril à Paris un accord de partenariat avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Cette signature est intervenue dans le cadre d'une manifestation intitulée "La France avec les printemps africains", en présence de divers représentants et personnalités, comme Mahmoud Saleh, représentant le nouveau président sénégalais Macky Sall, les anciens Premiers ministres guinéens Cellou Dallein Diallo, Sydia Touré et Lansana Kouyaté ...

De quels printemps africains est-il question ici? Du coup d'État, certes printanier, réalisé en Côte d'Ivoire par la France afin d'y installer le futur président de la Cédéao Ouattara le 11 avril 2011 ? Des réélections dans des fauteuils (parfois presque roulants) de toutes les vieilles barbes de la Françafrique à part Wade (Déby, Compaoré, Sassou)? Du récent coup d'État au Mali ? De celui, encore plus récent, en Guinée Bissau?

Les printemps africains, c'est-quoi-c'est-où-c'est-quand-c'est comment (comment)?

Comment le président Guinéen Alpha Condé (tenu pour un chanteur de reggae par Alexandre Adler) doit-il interpréter l'invitation faite à son principal opposant Dallein Diallo?

france,jean-françois copé,ump,adama soumahoro,wade,déby,compaoré,sassou,alpha condé,dallein diallo,laurent gbagbo,alassane ouattara,claudy siar

Jean-François Copé, l'homme qui ignorait le sens de l'expression "conflit d'intérêts", a paraphé cet accord "de coopération et d'amitié" avec son homologue ivoirien, Amadou Soumahoro et déclaré "Les putschs militaires n'ont plus d'avenir" Au lendemain de la Guinée Bissau et quelques mois seulement après la tentative par balles sur le palais du même Alpha Condé à Conakry, la formule n'était-elle pas superfétatoire ? Au regard du rôle, une fois encore, pénible attribué à la France dans la crise malienne, était-il judicieux d'assurer : "L'échec très rapide du putsch lamentable au Mali ne fait que renforcer ma conviction. Ce type d'opération est condamné par avance" ? Pour JFC, "la nouvelle politique africaine de la France, c'est Nicolas Sarkozy qui la conduit" alors que "la Françafrique, celle de 'Papa m'a dit', c'est celle du PS et de son candidat", François Hollande. Amen.

Il est un point sur lequel aucun journaliste présent n'a manifestement songé à questionner l'ami Copé, ce sont les propos, les menaces même, proférées régulièrement, et encore il y a quelques jours par M.Soumahoro à l'encontre du parti de Laurent Gbagbo : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du Fpi. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. »

Lorsque la polémique éclatera, Soumahoro reculera en prétextant avoir en fait voulu parler de "cimetière politique". Avant de se lancer dans une nouvelle furieuse diatribe contre les journalistes cette fois... À une semaine du premier tour de la présidentielle française, quoi de plus rassurant : le Secrétaire général de l'UMP signe un partenariat avec un homme qui menace de mort les opposants politiques et se moque du tiers comme du quart de la liberté de la presse ! 

Photo - dr   Texte - J.O.


PS : On murmure aussi ici et là que cette manifestation n'aurait en fait eu pour fonction que de contrer médiatiquement le Congrès du Mouvement des Africains de France, initié par Calixthe Beyala le même jour... cela expliquerait peut-être l'étonnante présence au milieu des Ouattaristes d'un ancien très bien vu sous Gbagbo, l'actuel Délégué interministériel à l'égalité des chances pour les Français de l'Outre-mer, Claudy Siar...


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

ADIEU A SARKOZY ET A SA POLITIQUE BLING-BLING EN ZIGZAG

 

DAO-SARKO-PovCon2.jpg

Mort de fatigue à quelques encablures de la date fatidique

 

La France de notre enfance était un grand pays. C’était un grand pays de culture feutrée, mais c’était également un pays de grands hommes et d’hommes grands (un coup d’œil dans le rétroviseur de De Gaulle à Mitterrand pour s’en convaincre). D’aucuns diront que la France était grande parce qu’elle avait un empire colonial, et que depuis l’accession à l’indépendance de nombre de ses colonies d’Afrique et d’Asie, elle est restée réduite à la portion congrue. Certainement, cela peut être vraie, mais elle aurait pu garder tout de même, sa force économique d’antan, encore faut-il que ses dirigeants actuels reflètent cette élégance idéelle !

Le quinquennat de son dernier président, M. Nicolas Sarkozy a donné l’estocade sur tous les plans à la grandeur perdue de la France. Pour excuser ses dérives et ses déboires, l’on a qualifié cette descente aux enfers, de politique bling-bling. En Côte d’Ivoire l’on dirait de cette politique qu’elle est celle du parler « gbêh » où ignorance et insolence se disputent la part du lion. En quoi consiste-t-elle ?

Dans sa réalité, cette manière de s’exprimer consiste à dire brutalement tout haut, sans porter de gant, certaines choses que tout le monde pense tout bas. C’est le propos de l’homme qui va droit au but. En début de campagne à Argenteuil, une des banlieues Nord de Paris dans le département du Val d’Oise (95), cet homme a insulté les enfants issus de l’immigration en les traitant de « racaille ». Et comme si cela ne suffisait pas, il a promis la manière forte pour les débarrasser de la cité en les faisant passer au carsher. Il a du coup oublié que la société française, a sa part de responsabilité dans l’échec des jeunes qui se tournent vers la drogue et autres fléaux sociaux. Lui-même issu de l’immigration, aurait pu donner l’espoir à ces jeunes, en leur disant qu’eux aussi peuvent y arriver s’ils s’en donnent la peine… A un moment donné, cet homme a suggéré l’idée de supprimer l’aide aux familles dont les enfants ont échoué. En l’espèce, il s’agissait de sanctionner les familles en coupant l’allocation familiale qui leur permettait de faire face aux nombreuses dépenses, car ces enfants en échec scolaire, proviennent de milieu défavorisé (Famille nombreuse, enfants abandonnés à eux-mêmes, parents au travail de 06h à 22h passées le plus souvent, Etc.).

Quand l’homme est arrivé au pouvoir, ses méthodes de plouc parachuté au sommet de l’Etat (petites tapes dans le dos, accolades peu catholiques à ses collègues présidents, absence de diplomatie dans la manière d’être), ont fini par agacer ceux qui soutenaient sa promesse du changement. Il se faufilait entre les problèmes aux plans national et international ; alors ses détracteurs ont parlé de politique de zigzag (Dixit F. Hollande), mais aussi de comportement d’un agité.

Certes les crises internationales de la finance et de la dette, ont complètement enseveli toutes les promesses du candidat Sarkozy, mais surtout la défense de la démocratie « spécieuse» (soutenue par sa clique onusienne et lui), a fait naître le slogan « Sarkozy dégage ». La coupe était trop pleine : trois fronts de guerre à la fois en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et en Libye etc. ne lui suffisaient pas, il cherchait maintenant une guerre civile en opposant les Français. Dans un tel cas, il est normal que par reflexe, les Français s’accordent à lui rendre son bras d’honneur de plouc en le chassant du palais de l’Elysée.

Si dimanche prochain, la France vote pour la fin des privilèges, par ricochet, ceux d’Afrique par Françafrique interposée, verront le glas sonner pour eux. Nous dirons préventivement adieu à la promesse des pluies des milliards de francs CFA ; suivez mon regard !

 

Louis-Freddy Aguisso


Source: JUSQU'AU BOUT.FR

lundi, 16 avril 2012

LE CADEAU EMPOISSONNE DE SARKOZY A HOLLANDE: UN COUP D'ETAT FINANCIER EN FRANCE A PARTIR DU 16 AVRIL

 

france,le cadeau empoisonné de sarkozy à hollande,une arme fatale contre la dette française,françois hollande,matif le marché à terme des instruments financiers,eurex,emprunts d'état français,axa,bnp paribas,société générale,crédit agricole,plume citoyenne,grèce,espagne,crd commission de règlement différé,srd service du règlement différé

Un véritable coup d'Etat financier va se jouer en France à partir du 16 avril. En effet, le président Nicolas Sarkozy via l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) va permettre d'ouvrir sur l'Eurex, le marché des dérivés, un contrat à terme sur les emprunts d'Etat français, l'autorisation des ventes à découverts. 

Ce mécanisme purement spéculatif appelé en anglais «short selling» ou «shorting» consiste à vendre un titre dont on anticipe la baisse. Le vendeur s'engage à fournir à un certain prix à une certaine date, en faisant le pari que le titre va baisser entre temps … Et oui mes amis, l'AMF a mis fin à l'interdiction des ventes à découvert sur les titres émis par 10 grandes banques et sociétés d'assurance côtés sur le marché parisien (AXA, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole…). Qu'est-ce que cela veut-il bien dire? 

Cette pratique est parfaitement légale mais peu encadrée et risquée. En effet, les actions les plus fragiles deviennent particulièrement vulnérables ainsi que les places financières. En plus simple: les spéculateurs du monde entier pourront vendre simplement de la dette française et ce, à coût bas avec un effet de levier de 20 pour les bons du trésor. Oui, avec 50 000 euros investit en cash, il sera possible de vendre à découvert 1 million d'euros d'emprunts d'Etat français en bons du trésor… Depuis la disparition du MATIF (Marché à terme des Instruments Financiers), il y a 13 ans, il n'était plus aussi facile de spéculer contre la France.

Ce n'est pas tout, mes amis… La vente à découvert peut être également un emprunt. En effet, l'acheteur emprunte un titre uniquement en échange de la promesse de le rendre un peu plus tard au moment de la liquidation. L'acheteur va pouvoir le vendre, avec pour objectif que le cours baisse et qu'il puisse alors le racheter moins cher avant de le rendre à son prêteur. Lorsque la vente a découvert est gagée sur un emprunt de titre, elle peut, en outre, être reportée.

La vente à découvert peut également s'effectuer "à nu". C'est à dire que l'acheteur n'emprunte rien et qu'il se contente de vendre à terme des titres qu'il ne possède pas. Il parie sur la baisse du cours de ce titre afin d'acheter à moins cher que ce qu'il a promis de vendre. Pratiquée massivement, cette technique provoque la baisse des cours que souhaitent les vendeurs.

Comble du cynisme calculateur, des ordinateurs peuvent en « trading automatique » jouer sur des écarts très courts dans le temps et ce à large échelle. Un programme informatique spécifique pour pratiquer la vente et le rachat très rapide de titres dès qu'il s'oriente à la baisse. A grande échelle, cela présente le risque d'amplifier les baisses en déformant les cours.

france,le cadeau empoisonné de sarkozy à hollande,une arme fatale contre la dette française,françois hollande,matif le marché à terme des instruments financiers,eurex,emprunts d'état français,axa,bnp paribas,société générale,crédit agricole,plume citoyenne,grèce,espagne,crd commission de règlement différé,srd service du règlement différé

Ce mécanisme est très dangereux pour les Etats, les entreprises et les investisseurs. Le vendeur n'est pas obligé d'avoir l'argent pour ce qu'il compte vendre. Tout cela est rendu possible contre le paiement d'une CRD (Commission de Règlement Différé). Cela permettra de ne payer que 5 à 20 jours plus tard, à condition que les titres soient éligibles au SRD (Service du Règlement Différé), ce qui est le cas des grandes capitalisations boursières. Bien entendu, cela n'est pas réservé à Mr et Mme Tout-le-monde qui n'ont pas un centime de côté. Ils ont déjà bien du mal à ce que leur banque leur accorde un découvert autorisé ou se font refuser des chèques pour 20 euros...

Les vendeurs à découverts sont accusés depuis de nombreuses années d'être à l'origine des crises financières majeures. L'Agence Reuters, Bear Sterns, Lehman Brothers ont accusé de nombreux entrepreneurs « manipulateurs » de répandre de fausses rumeurs après avoir vendu à découvert les actions de leurs entreprises avant que ces dernières ne fassent faillite ou ne soient reprise par un concurrent. Un tel parallèle peut également tout à fait se faire au niveau des Etats et plus particulièrement ici, au niveau de la France, avec tout ce qui va de son lot de rumeurs et de manipulations d'un niveau bien plus considérable que celui des entrepreneurs indélicats. Cela ne sera possible en fait qu'avec la complicité complémentaire de nombreux politiques, médias, analystes et grands comptes ...

Monsieur le président des français, Monsieur Nicolas Sarkozy, mais que faites-vous à la France-là? Qu'est-ce que c'est que ces basses manœuvres financières qui livrent tous les français, oui du dernier-né au vieillard qui se meurt, à la vindicte financière? C'est cela votre amour de la France?

Autoriser cela à 6 jours du premier tour de l'élection présidentielle revient à organiser un attentat financier sur la France. C'est vraiment indigne d'un président et son gouvernement.

Honte à vous et ceux qui comptent profiter de cela pour mieux asservir le peuple français. Médias, faites votre travail.

A la vue de ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en France et partout ailleurs dans le monde, il se pose la question de la nécessité absolue de la création d'un Tribunal International des Crimes et Génocides Financiers et Economiques. Oui, il faut pouvoir réprimer toutes ces exactions comptables et financières qui sont réalisées en toute impunité en un simple clic et un éventuel coup de téléphone par les traders et autres larbins technologiques de nos politiques et banskters. Leurs implications ont directement des répercussions sur la vie de tous les jours de millions de personnes. La mascarade de la crise doit être mise à jour.

Diffusez cette information mes amis car le 16 avril 2012, c'est presque demain. L'AMF peut interdire cela. Le temps presse mes amis…

Non, la finance ne gagnera pas, nous n'y sommes pas asservis. Français de droite, de gauche, tous ensemble contre ce pillage, cette "chronique d'une mort annoncée"...

AAA, on vous rigole au nez, vous ne nous faites plus peur, nous nous informons et nous organisons…

Révolution Citoyenne, mes amis, afin de mettre l'Humain d'abord.

RESISTANCE !!!

 

Plume Citoyenne

UNE ARME FATALE CONTRE LA DETTE FRANÇAISE

HOLLANDE - FINANCE.jpg

“Quel hasard ! Quelle coïncidence. 13 ans après la disparition du MATIF, le Marché à Terme des Instruments Financiers, une semaine avant les élections françaises, tous les spéculateurs du monde entier pourront facilement vendre à découvert de la dette française. Facilement. A coûts bas. Et avec un effet de levier maximum. Non, bien sûr, la “Finance” ne se prépare pas à la guerre contre François 2.

A partir du 16 avril, tout le monde pourra spéculer contre la dette française

C’est une annonce qui est passée relativement inaperçue. Le 16 avril, soit, quelle coïncidence, une semaine avant le premier tour des élections françaises, le marché des dérivés, l’Eurex, va ouvrir un contrat à terme sur les emprunts d’Etat français. Qu’est-ce que cela veut dire ? Très simplement. Jusqu’à présent, si vous vouliez spéculer contre la dette française, vous n’aviez que deux moyens : acheter des CDS, ces fameux contrats d’assurance contre la faillite, ou vendre à découvert des emprunts d’état français, deux moyens destinés aux grandes institutions financières et aux gros fonds spéculatifs et qui nécessitaient de gros moyens.

Avec l’ouverture de ce contrat, ce sera plus facile

Tout le monde ou presque pourra acheter ou vendre à découvert des emprunts d’Etat français. Facilement. Et en plus avec un effet de levier de 20. C’est-à-dire qu’avec 50,000 euros seulement vous pourrez vendre à découvert 1 million d’euros d’emprunts d’Etat français. C’est l’arme idéale pour attaquer la France. Cela fait plus de 13 ans qu’avec la disparition du MATIF, le Marché à Terme des Instruments Financiers, on ne pouvait plus spéculer contre la France aussi facilement.

On va dire que c’est une simple coïncidence. Que c’est un hasard si quelques jours avant les élections françaises, les spéculateurs du monde entier se dotent d’une arme fatale, bon marché, et à fort effet de levier pour s’attaquer à la dette française. Il n’y a pas de complot. Rassurez-vous. Dormez tranquilles. Il ne se passera rien….”

 

Marc Fiorentino, éditorial du 23 mars 2012.


Source: Olivier Demeulenaere – Regards sur l'économie

L'actualité économique et financière analysée sans concession ni langue de bois.

vendredi, 13 avril 2012

CHEZ EUX CE SONT DES «RESISTANTS», CHEZ NOUS CE SONT DES «PARTISANS DE GBAGBO»

RAYMOND AUBRAC 2.jpg

L'hommage des médias français - presse écrite, radios et chaînes de télé confondues - à Raymond Aubrac, résistant français pendant l'occupation nazie, m'a fait vraiment sourire et, mieux, réfléchir. Ces figures de proue de la résistance française ont donc droit à tous les honneurs et éloges? Et pourtant, en Afrique, nous n'y avons pas droit. Les nationalistes et tous ceux qui résistent et luttent contre l'impérialisme occidental sur notre continent sont, au mieux, diabolisés, renversés et déportés, sinon purement et simplement assassinés. Ils n'ont droit qu'au «mépris le plus cinglant» pour parler comme quelqu'un (Nicolas Sarkozy). Ainsi Laurent Gbagbo a été combattu - par cette même France qui célèbre ses résistants et en dénie le droit aux autres peuples -, capturé et déporté loin de la terre de ses pères, et tous ses partisans, emprisonnés, traqués et tués jusqu'en dehors de la Côte d'Ivoire. Ce sont les «partisans et miliciens de Gbagbo». Supposés ou réels. Leur vie n'a aucune espèce d'importance ni de valeur. Un africain ne peut être un résistant. C'est une valeur trop élevée pour lui. Il n'est bon qu'à être assujetti, qu'à servir de lèche-botte et de marche-pied aux autres et a intérêt à s'y tenir. Peuple d'Afrique, quand ouvriras-tu les yeux?

RAYMOND AUBRAC.jpg

Héros de la Résistance, Raymond Aubrac est mort à l'âge de 97 ans.


Grande figure de la Résistance, Raymond Aubrac est mort mardi soir à l'âge de 97 ans à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Son épouse, Lucie Aubrac, qui avait également œuvré contre l'occupation nazie, est décédée en 2007 à l'âge de 92 ans.

 
AFP - Le grand résistant Raymond Aubrac, l'une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin, est mort mardi soir à l'hôpital militaire du Val de Grâce à l'âge de 97 ans, a annoncé mercredi sa famille à l'AFP.

Cofondateur du mouvement "Libération Sud", M. Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire (Rhône) avec le chef du Conseil national de la Résistance (CNR).

En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant René Hardy (décédé en 1987), accusé d'avoir livré Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute.

Sa femme Lucie Aubrac, qu'il avait épousée en 1939, elle aussi héroïne de la Résistance, est morte en 2007 à l'âge de 92 ans. Ils avaient trois enfants et dix petits-enfants.

De son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac, ingénieur des travaux publics de formation, était resté un citoyen très actif, se rendant pendant des années en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance dans les collèges et les lycées, dont un nombre croissant portait leur nom.

Engagé à gauche, il avait été ovationné en février 2008 après un discours défendant la laïcité, lors du meeting de campagne de Bertrand Delanoë pour les municipales.

Il avait appelé à voter pour François Hollande au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Il avait fait partie d'une association d'anciens résistants qui avaient dénoncé comme un "coup électoral" la possible visite, cette année comme tous les ans, de Nicolas Sarkozy au plateau des Glières, haut-lieu de la Résistance dans les Alpes.

Grand officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 39-45, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac faisait partie des Compagnons de la Libération, dont moins d'une trentaine sont encore en vie. Il avait publié en 1996 son autobiographie, "Où la mémoire s'attarde".

Né le 31 juillet 1914 à Vesoul (Haute-Saône) dans une famille juive, il était ingénieur civil des Ponts et Chaussées, licencié en droit et titulaire d'un Master of Science de l'université d'Harvard (Etats-Unis).

Dès 1940, il s'est engagé dans la Résistance avec Lucie, et est devenu attaché à l'état-major de l'Armée secrète.

Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, emprisonné à Montluc, Raymond Aubrac et quatorze résistants sont libérés grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie, qui entrera dans la légende de la Résistance.

Cet épisode est au centre du film de Claude Berri, "Lucie Aubrac", sorti en 1997, avec Carole Bouquet dans le rôle de l'héroïne.

Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres, puis Raymond a gagné Alger, où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative, en juin 1944. A la Libération, il est devenu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction.

En 1948, alors compagnon de route du PCF, il a renoncé à une carrière de haut fonctionnaire pour fonder le Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne (BERIM), spécialisé dans le commerce avec les pays communistes, qu'il a dirigé pendant dix ans.

Il est ensuite devenu directeur à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), de 1964 à 1975.

 

Source: FRANCE 24

SARKOZY N'AIME PAS LA FRANCE ET IL L'AVOUE!

SARKOZY FACHE.jpg

C’est une des révélations de l’excellent livre d’Eric Branca et Arnaud Folch, «Le mystère Villiers», qui vient de paraître aux éditions du Rocher.

Et elle va faire du bruit: Nicolas Sarkozy n’aime pas la France, et il le dit lui-même!

La confidence en a été faite à Philippe de Villiers, et voici comment Branca et Folch racontent la scène:

«Les deux hommes, qui se tutoient, n’ont jamais été intimes. Leur dernier déjeuner commun remonte à 1999, peu après les européennes où la liste Pasqua-Villiers avait devancé celle du duo Sarkozy-Madelin. Alors en pleine traversée du désert, le député-maire de Neuilly avait eu cette phrase, à l’adresse du Vendéen – qui n’est pas prêt de l’oublier: «Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir…»

Et le 12 octobre 2006, à Périgueux, devant 4.000 personnes, Nicolas Sarkozy s’est écrié: «La France ne veut pas de ceux qui ne l’aiment pas».

On ne le lui fait pas dire!


Source: ALTERMEDIA FRANCE

En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

jeudi, 12 avril 2012

NUCLEAIRE, PETROLE, EUROPE, GUERRES COLONIALES : REFLEXION SUR UNE LOGIQUE POLITIQUE



SOLDAT BRITANIQUE - IRAK.jpg

Alors que les débats font rage autour de l'élection du Président de la République Française, certains sujets parmi les plus importants sont évités, ou traités d'une telle manière (par leur dispersion entre plusieurs domaines) qu'ils sont artificiellement relégués en arrière-plan, voire oubliés.

Je voudrais au contraire éclairer les liens entre différents sujets pour expliquer une prise de position cohérente face à ces enjeux majeurs.

Je partirai de la base du problème, technique, pour remonter au plus haut, sur le type de société à développer et des moyens d'assurer sa défense. En bref, il s'agit de l'examen global des programmes des candidats.

I- La sécurité nucléaire

Elle fait l'objet d'un grand débat. Ou plutôt d'une grande peur, surtout après Fukushima. La sécurité nucléaire est fondée sur plusieurs principes, et en particulier :

- Les enceintes de confinements, pour le réacteur et les piscines de stockage

- Les sytèmes de contrôle et de refroidissement, pour le réacteur et les piscines

- La formation, l'instruction, les statuts et la responsabilité des personnels, à tous les niveaux. Ceci nécessite donc :

- L'instruction générale de la population, qui permette de fournir les personnels compétents et à chacun de comprendre les problèmes.

- La volonté politique et les moyens nécessaires à cette sécurité.

Concernant les enceintes, nos centrales en comptent 3 :
- Le barreau du combustible

- La cuve du réacteur et la tuyauterie du circuit primaire du caloporteur (eau)

- Le bâtiment du réacteur. Remarquons :

- Les réacteurs à sels fondus prônés par certains, réacteurs qui utilisent un sel du combustible comme caloporteur, manquent par définition de première enceinte

- Les réacteurs dont le refroidissement de la cuve est assuré, même partiellement, par l'air de l'atmosphère, nécessitent l'absence (projet Rubbia) ou la réduction drastique (systèmes AP1000 en construction de Westinghouse) de la troisième enceinte. Dans ce dernier exemple, un dôme en acier de 5cm d'épaisseur et de 40 mètres de diamètre remplace les dômes en béton armé de 2 mètres d'épaisseur des réacteurs modernes.

- Les réacteurs de Tchernobyl et de Fukushima manquaient de cette troisième enceinte : les bâtiments avaient un toit plat.

- En revanche, celui de Three Miles Island avait un dôme de béton qui a contenu les gaz radioactifs. Le coeur a aussi fondu dans les 2 autres accidents, mais il n'y eu pas de rejets, et ceci grâce à la 3ème enceinte. Les piscines de refroidissement sont aussi contenues dans un bâtiment en béton dans les réacteurs modernes (les PWR en France).

Des calculs relativement simples permettent de comprendre les enjeux, en évaluant les coûts respectifs d'un surplus éventuel de sécurité et de décisions de fermeture.

Le coût de l'indispensable troisième enceinte peut être estimée en fonction du volume de béton nécessaire : Prenons un bâtiment de 40 mètres de diamètre (2R), et de 60 mètres de haut (h+r), sa surface de mur de béton est de l'ordre de : 2∏r2+ 2∏rh+∏r2 (coupole, cylindre inférieur, base) soit ∏(3r2+2rh) = environ 9000 mètres carrés. 2 mètre d'épaisseur nécessitent 18000 m³ de béton armé en tout, dont environ 16000 pour les murs verticaux (cylindre et coupole). Une enceinte pour la piscine nécessite 4000 m³ environ. Le doublement de cette enceinte de confinement, si on exige cette nouvelle mesure représente encore 20000 mètres cubes de béton armé.

En comptant 10000 euro par mètre cube de béton (de luxe) ..., la dépense s'élèverait à 200 millions d'euros par réacteur.

Il faut aussi noter que le premier réacteur de grande puissance (400 MégaWatts électrique) installé en France (Chooz) le fut sous une colline, et qu'il fut démantelé, décontaminé, à tel point que sa caverne sert aujourd'hui de site expérimental pour des détecteurs bas bruits de neutrinos.

Les réparations ont un coût, également, évaluable ainsi : Les enceintes primaires sont essentiellement constituées par la cuve et le générateur de vapeur, chacune correspondant à 330 tonnes d'acier. Le changement d'un générateur de vapeur, élément le plus sensible, selon le même calcul, coûte au maximum 100 millions par générateur (30 000 euros la tonne, comme une voiture haut de gamme ?), indispensable seulement en cas de détection de problème.

Les éléments de contrôle et de refroidissement représentent des sommes inférieures, (diesel d'appoint sécurisé, doublement des circuits) mais qui permettent un surplus de sécurité.

Notons qu'à Tchernobyl, les systèmes d'alimentation électrique de secours (diesel) avaient délibérément été mis hors circuit pour faire une « expérience » de démarrage du coeur sans source électrique de secours !!

Notons qu'à Fukushima, Tepco avait refusé de construire la centrale à la hauteur suffisante pour être à l'abri du Tsunami historique. On avait de plus arasé la colline, pour éviter le surcoût des pompes d'eau de mer, et refusé de placer les diesels de secours à une hauteur suffisante. On avait aussi refusé d'acheter les robots nécessaires aux opérations en zones irradiées. Mais Tepco d'avant Fukushima, propriété d'actionnaires privés et non japonais en grande partie, avait une rentabilité de près de 2 chiffres, loin de l'ancienne EDF nationalisée qui avait moins de 3% de rentabilité.

Maintenant, mettons face à face les coûts (inférieurs à un milliards d'euros au maximum) de la consolidation ou de la construction d'une centrale avec ceux de la fermeture du réacteur (Fessenheim). Un réacteur de 1 Gigawatts produit chaque année environ 8 milliards de Kilowattheures. A 10 centimes le Kwh, c'est environ 0,8 milliards d'euros de perdus pour EDF, donc l'Etat, donc la nation. Donc, 1,6 milliards pour cette centrale à deux réacteurs.

Refuser ou arréter la construction d'un réacteur de 1500 Gigawatts (EPR), c'est donc 1,2 milliards d'euros à compenser par réacteur. Même si l'investissement est grand (6 milliards d'euros), il est compensé en 5 ans. C'est la raison pour laquelle les grandes multinationales et oligarques veulent la privatisation de l'électricité.

Par quoi sera remplacée cette éventuelle source d'énergie ? Par des importations de gaz, de pétrole, ou d'électricité, cette dernière produite en grande partie par le charbon allemand. Les éoliennes ne fonctionnent qu'un quart du temps, et il faut stocker l'électricité. Il en faut des milliers, si elles fonctionnent, pour compenser les 2 réacteurs. L'essentiel pour la France sera en pétrole et en gaz : la quantité importée sera de 0.125 kg pour chaque kwh thermique produit par pétrole, ou son équivalent en gaz, et donc de 0.375 kg d'équivalent pétrole pour chaque kwh électrique produit.

Soit pour un réacteur de 1 gigawat, 3 milliards de kg, 3 millions de tonnes de pétrole, et 6 millions de tonnes de pétrole (ou équivalent gaz) importé en plus pour la centrale. A 100 dollars le barril , environ 500 euros la tonne, cela fait 3 milliards d'importation supplémentaires, de dettes, avec le chômage et les déficits sociaux associés.

En un an, les investissements de sur-sécurité seraient de toute façon largement compensés, si la population l'exige. Ils ne devraient pas peser sur la balance des paiements (sauf si on s'amuse à faire construire à l'étranger des pièces maitresses comme les générateurs de vapeur)

En revanche, nous pouvons aussi comptabiliser les dangers du pétrole et du gaz même s'ils sont plus « dilués » dans le temps. Les catastrophes écologiques (pollution de l'air, effet de serre, destruction des paysages, marées noires, raffineries en feu, explosions type AZF) se succèdent, mais ne concernent à chaque fois qu'une aire réduite (et encore...).

Que dire de l'embrasement des coûts de la conquête des zones pétrolières ou gazières... Les guerres pour le pétrole sont couvertes par des motifs « nobles » : luttes contre les dictatures, contre la non-prolifération, etc, et reçoivent l'appui d'organisation se prétendant écologistes, pacifistes, tiers-mondistes, voire communistes !!! Ces guerres entrainent des dégâts considérables, dans l'environnement, dans les populations, dans les sociétés qu'elles renvoient au moyen-âge !!! Celle de Libye afait au moins 50000 morts, déstabilisé toute la région, lancé des milliers de personnes sur les routes de l'exode, détruit toute notre politique arabe et africaine. Sans compter que les armes modernes répandent aussi de la radioactivité (U238) et des produits toxiques sur des régions étendues.

Le coût relativement bas du pétrole est assuré par le maintien de l'aliénation religieuse et de dictatures féroces dans la plus grande partie du monde musulman ; Des crimes gravissimes sont commis en regard du droit français et international : par exemple l ' « intervention » du capitaine Barril en novembre 1979 en Arabie Saoudite qui « gaza des milliers de civils, la plupart innocents » dans les sous-sols du sanctuaire de la Mecque (selon l'émission de LCP du 8 janvier 2011).

Les deux catastrophes nucléaires majeures des 30 dernières années, Tchernobyl et Fukushima, sont dues simultanément à des défauts de conceptions, des erreurs majeures des opérateurs, et dans Fukushima des « économies de bouts de chandelles », dues à la rapacité des actionnaires et à la non résistance, la non acceptation de la critique, dans la société japonaise.

J'ai entendu des « experts », lors de la conférence « Global 2001 », nous expliquer pourquoi l'assurance des centrales nucléaires était un marché des plus juteux. En prenant un accident de type Tchernobyl (ou Fukushima aujourd'hui) tous les 30 ans, en divisant par le nombre de réacteurs et d'années, et en en prenant son prix maximal, on obtient une somme tout à fait « raisonnable », et dégageant donc un profit énorme. Par exemple Fukushima : si un million d'habitants ont perdu 1 million d'euros chacun (biens santé, chômage), chiffre largement surévalué, on obtient 1000 milliards d'euro, et sur 400 réacteurs en 25 ans (pour simplifier) cela ferait 10000 années de fonctionnement, soit 100 millions par an, ce qui représente 12,5 % du coût de l'électricité vendue...

En réalité, les chiffres sont 4 à 10 fois plus faibles. Dans une certaine mesure, pour ces assureurs, Fukushima « maintient l'existence du marché » (sic) De la même manière, le secrétaire aux transports de Reagan proclamait qu'il n'était point nécessaire de faire une agence de sécurité civile pour l'aviation puisque les compagnies dont les avions tomberont feront faillite et disparaitront « naturellement », en oubliant justement la perversion de l'assurance. C'est le contraire de ce genre de raisonnement qui doit être appliqué : déceler les problèmes éventuels, et les résoudre, même si cela coûte cher. Dans l'optique d'économie civique, (ne pas dépenser plus que nécessaire et que possible, c'est une contrainte) certes, mais pas dans celle du privé (maximalisation du profit, c'est un objectif)

II- Pourquoi maintenir notre système de production d'électricité nucléaire ?

Commençons par souligner les objectifs et les conséquences d'un système fondé sur le pétrole :

1) Le pétrole permet avions, voitures, camions. Il détruit donc le rail et le fluvial. Ces deux moyens de transports, pour les passagers et les marchandises, permettent leur diffusion à l'intérieur de villes concentrées, au contraire de l'avion qui nécessite des installations loin du centre. Le camion, le bus et la voiture permettent de répartir la population sur le territoire sans aucune concentration, évitant l'existence d'un centre (agora, forum) qui mélange les « communautés » et les classes sociales.

2) La dépendance au pétrole permet de s'assurer de la fidélité d'un peuple à la « communauté internationale » représentée aujourd'hui et chez nous par l'UE, l'OTAN, l'OCDE, le FMI, l'OMC, essentiellement. Le pays qui ne se soumet pas aux injonctions voit rapidement son économie étranglée, son système social, d'éducation, de défense, menacé. Le pétrole est le « sang » de la société capitaliste. Il suffit de le restreindre ou de le couper pour mettre une nation par terre. C'est selon le rapport Kissinger 1974, toute une « pollution causée par le gaspillage de la société de consommation pour assouvir son addiction au pétrole ».

Cette addiction est d'ailleurs, selon la même source, dans les deux sens, celui de la consommation, et celui de la production : ainsi des pays producteurs, dont les ressources en devises sont uniquement dues aux hydrocarbures, sont aussi totalement dépendants de leurs importations pour nombre de biens et services indispensables : URSS hier, Iran aujourd'hui, pays arabes depuis la seconde guerre mondiale. L'addiction au pétrole est maintenue, si besoin est, par des coalitions impérialistes dont l'Otan est le squelette. Cette addiction fait accepter cette mise en danger de la sécurité par ces guerres d'agression qui se retourneront un jour contre leurs auteurs. Il faut donc sortir au maximum de cette addiction.

3) Enfin, cette politique pétrolière engendre un déséquilibre des rouages d'une société jusqu'à permettre et imposer de faire l'économie de la formation massive de la population, formation scientifique, technique, juridique, géographique . Cette instruction massive de la population est un danger mortel pour le capitalisme et l'impérialisme, car elle nécessite l'esprit critique, elle propage le scepticisme et favorise l'organisation des travailleurs et des citoyens dans des institutions syndicales , politiques, associatives, qui sont des outils de résistance, de frein à l'exploitation et aux aventures guerrières.

III- Quels sont les points dangereux ou incohérents dans les programmes de la campagne actuelle ?

- En premier lieu, proposer des « référendums sur le nucléaire », alors que l'on refuse des référendums sur les traités européens, et que l'on fait tout pour détruire les bases de l'instruction publique, est une charlatannerie démagogique. Essayez d'interroger les gens dans la rue sur la définition de la puissance, de l'énergie, du becquerel, du sievert, etc...

Il faut au moins demander par référendum le retour des services publics, et en première priorité EDF, dans le secteur uniquement public. Il est normal qu'il y ait une « contrainte » budgétaire, mais il est criminel qu'il y ait un « objectif » de profit. Or l'installation de la « concurrence non faussée » et de la « liberté de circulation des capitaux » a pour conséquence de rendre les gros actionnaires, et eux seuls libres d'imposer leurs volontés aux autres acteurs de l'économie (car salariés et petits consommateurs ou épargnants n'ont en réalité aucun choix de faire jouer réellement la concurrence).

- Il faut redéfinir la politique étrangère et de défense, sortir de l'OTAN, en particulier de sa structure militaire intégrée, sortir de l'Europe, particulièrement dans les points précis (services publics, concurrence, Europe de la défense...) qui mettent en péril notre sécurité, énergétique et militaire.

Il faut sortir de la logique coloniale. L'armée doit redevenir nationale par ses missions (défendre le territoire et les intérêts du pays) et non servir les USA, l'OTAN et les oligarchies européennes.

Il faut revenir à une armée de conscription : service militaire court (3 mois) et pour tous (la technologie moderne impliquant de nombreuses tâches très variées), suivies de périodes courtes (1 à 2 semaines) durant 10 à 20 ans, permettant l'existence d'une grande réserve. Il faut passer des accords d'approvisionnement à long terme, et avec les états, donc renationaliser l'industrie pétrolière et gazière.

Aucune guerre ne doit pas pouvoir être déclenchée sans déclaration explicite, sans accord du parlement dans un très court laps de temps (3 jours), et le contingent doit y participer sans exemption, pour que ceux qui votent la guerre soit sûrs du soutien populaire et qu'ils sachent que leurs propres enfants devront aussi y aller.

Il faut aussi alerter nos concitoyens : deux groupes de nations, regroupées dans deux grandes coalitions militaires et politiques, se disputent les ressources de la terre : OTAN + Nations capitalistes asiatiques et OSC, Organisation de coopération de Shangai. Autour, les puissances émergentes (Inde, Pakistan, Brésil Afrique du Sud, ...) n'ont pas fait leur choix.

Les ressources convoitées sont en Arctique, en Asie, en Afrique, en Amérique, partout. La tension monte en permanence, si on écoute attentivement les uns et les autres, si on regarde les « petites guerres » et les grandes manoeuvres, économiques, politiques et militaires.

La France peut rester et doit neutre, c'est son intérêt et elle en a les moyens, agricoles, militaires, stratégiques. Il est clair qu'on essaye de nous entrainer dans une politique qui n'est pas notre intérêt, politique consistant à briser et démanteler à terme la Russie et la Chine.

Aujourd'hui par guerres et agitations à la périphérie, demain sans doute plus brutalement. C'est la conséquence de la décadence tout azimut, intellectuelle, industrielle, politique, de ces nations qui s'intitulent « occidentales » et se prétendent la « communauté internationale », excluant les autres en réalité (BRICS, OCS...)

La politique traditionnelle de la France, même si elle acceptait cette « solidarité occidentale », refusait que cette solidarité entraine une « complicité » dans les crimes et prédations. Du moins elle se présentait ainsi, comme indépendante. Cette politique est abandonnée au profit d'une politique de complicité, voire d'avant-garde dans le crime (Syrie, Libye). Elle nous entrainera, si elle est poursuivie, dans les pires catastrophes. La politique actuelle (sous les auspices ou non de l'union européenne, et qui risque fort d'être poursuivie voire amplifiée après nos élections) pousse au crime les nations occidentales (et par ricochet les autres) au lieu de chercher à pacifier le monde en essayant de réduire le risque, réel et croissant, de conflit mondial.

En l'occurrence, nous devons tout faire pour être le plus indépendant possible de ces produits stratégiques dont l'embargo, la maitrise par l'une des grandes puissances a conduit à tant de conflits. Et les deux principaux postes de dépendance sont l'alimentation et l'énergie. Cette autre France que l'officielle d'aujourd'hui peut contribuer à désarmorcer, à démanteler, la bombe à retardement qui se construit.

- Il faut reconstruire relancer les capacités industrielles, énergétiques, culturelles, et intellectuelles, scientifiques et techniques, dans notre pays. Et en particulier dans le nucléaire et l'espace.

Les réformes et économies faites au niveau de l'enseignement sont extrêmement dangereuses. Elles s'appuient sur des traités (Vatican, Lisbonne) qu'il faudra suspendre, car ils impliquent privatisation et démantèlement de notre système éducatif.

En conclusion je dirai que l'expérience française, c'est que la partie non révolutionnaire (les girondins, les saint simoniens...), non marxiste (socialistes, radicaux, pacifistes, écologistes) de la gauche en France a laissé des souvenirs catastrophiques, et particulièrement en politique extérieure :

- guerres coloniales (au cours des XIX et XX èmes siècles)

- guerres extérieures mal préparées, mal enclenchées, mal conduites

- exploitation des peuples soumis (vote en faveur de l'esclavage par les girondins, travail forcé dans les colonies, refus de la citoyenneté aux habitants des colonies, rejet de la proposition de loi Blum Violette...)

- suivisme des puissances dominantes anglo-saxonnes dans leur politique impériale depuis 100 ans, en les dépassant souvent : combats anti URSS après la première guerre mondiale, lâchage de la République espagnole, guerre de Suez en 1956, suivisme en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan, en Lybie. Mise à genoux économiquement des nations africaines sous Mitterrand par application du consensus de Washington et des directives du FMI et de la banque Mondiale. Poursuite de cette politique en Amérique centrale et en Europe de l'Est, et aujourd'hui du Sud.

Ces politiques sont masquées, de nos jours, sous les termes « politique d'ingérence humanitaire », « politique écologique de la décroissance », »soutien aux nouvelles démocraties », etc Malheureusement c'est cette seule gauche, face à une droite fanatique ou cynique, qui semble exister dans notre pays. Même le PC ne semble garder de communiste que le nom tant il se rosit et se bruxellise.

Le choix, c'est donc Charybde ou Sylla. C'est sans doute la conséquence que les élections aujourd'hui ne sont que le reflet des passions, des égos, des intérêts privés, car derrière elles ne se meuvent que les forces de l'argent. Celui des oligarchies (lisez la République des mallettes et suivez le feuilleton Bettencourt), des églises (que donne l'Eglise en compensation des accords du Vatican, ou plus simplement, du vote unanime à Paris pour leur donner le site des bernardins ?), des multinationales (regardez le financement de Terra Nova), des états étrangers (que donne le Qatar à ceux qui le visitent ?)

Les militants, en dehors même de ceux qui attendent un poste, un logement ou un contrat, (confert l'article du Monde Diplomatique sur le sujet) ne sont là que pour rendre le spectacle crédible (lire Propaganda de Bernays).


*Jacques Maillard est l'un des responsables du Comité Valmy


Jacques Maillard, Mars 2012

Mis en ligne 5 avril 2012


Source: COMITE VALMY

00:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, nucléaire, pétrole, europe, guerres coloniales, réflexion sur une logique politique, jacques maillard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 07 avril 2012

REVELATION SUR LA CRISE MALIENNE: LE DEAL FRANCE-MNLA


MALI-AZAWAD.jpg

Le nouveau Mali de Nicolas Sarkozy

 

Un véritable complot est tramé entre la France et le MNLA contre le Gouvernement du Mali. En effet, d'une part mécontent du soi-disant laxisme d'ATT face aux enlèvements de ses ressortissants par l'Aqmi, et d'autre part voyant l'intention du gouvernement du Mali à écarter les sociétés françaises dans l'attribution du marché d'exploitation de son futur pétrole au nord, la France a délibérément cherché à faire un deal avec la rébellion touareg en vue de déstabiliser le régime d'ATT et d'inciter les Targui à réclamer l'indépendance sinon l'autonomie de leur zone (Azawad). Le deal convient que la France s'engage à soutenir financièrement, diplomatiquement et stratégiquement les séparatistes jusqu'au bout (c'est-à-dire jusqu'à l'atteinte de leur objectif). En contrepartie, les séparatistes devront s'engager à éradiquer l'Aqmi du nord du Mali et aussi à confier aux sociétés françaises l'exploitation du pétrole du nord.

Le scénario tracé est le suivant :


Les rebelles devront se soulever et attaquer les camps militaires du grand Nord (Aguelock et Kidal) en vue de libérer le septentrion malien. La France pourra alors les ravitailler en armements, carburants et autres via l'aéroport de Tessalit. Ils devront continuer la progression vers l'Est en annexant GAO et Tombouctou. Une fois Tombouctou tombé, l'objectif serait en parti atteint. La France de son côté garantira la légitimité et la protection des rebelles en empêchant la CEDEAO d'intervenir militairement. Pour ce faire elle devra anticiper en convoquant une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'ONU (ce qui masquera son soutien aux séparatistes) pour demander un arrêt d'hostilité aux belligérants et afin que soit privilégié le dialogue. Dans le plan, il est prévu que le MNLA proclame la fin des opérations militaires dans les heures qui suivront la déclaration de l'ONU. Alors, la CEDEAO qui ne peut agir sans l'aide et l'aval de l'ONU sera contrainte de renoncer aux interventions militaires contre les rebelles. Aussi de par leur déclaration anticiper de cesser le feu, les rebelles parviendront à gagner la confiance de la communauté internationale. Ainsi, ils réclameront leur autonomie territoriale afin de finaliser le deal conclu. Dans le deal, il a été recommandé au porte-parle du MNLA Moussa Ag ATTAHER (logé, escorté et protégé par la France), que pour qu'on ne soupçonne pas la France de jouer un double jeu, il ne devra citer la France qu'en dernier ressort dans son appel envers les communautés Internationales. C'est pourquoi, il citera chaque fois, les Nations Unis, les USA et ensuite la France. Voyez cette recette facile ! Qui aurait cru qu'une telle attitude, qu'un tel complot proviendrait de la France ? C'est regrettable, c'est pitoyable et c'est indigne de la part d'une soi-disant Puissance ! Ces moyens ignobles et indécents déshonorent la France. C'est une violation grave du traité colonial qui lie le Mali à la France. Est-ce que les citoyens maliens ont besoin de répondre à une erreur de laxisme de leur premier dirigeant ? Dans tous les cas c'est un signal fort à l'endroit de tous les autres pays colonisés par la France, pour qu'ils sachent que la France n'a pas d'amis mais des intérêts et qu'elle est prête à vendre son honneur pour sauvegarder ses intérêts.


Nous pensions que la France pouvait avoir des moyens plus légaux pour contraindre un gouvernement laxiste que de déclencher une guerre de division territoriale et de conflit ethnique. Elle sera comptable de tout ce qui adviendra. Elle devra savoir qu'elle est passible de poursuite pénale, de crime de guerre en ayant provoqué l'invasion du territoire malien par les rebelles venant de Libye avec des armements lourds.


L'objectif de la présente pétition est de faire éclater au grand jour le complot tramé par la France et le MNLA contre le gouvernement du Mali.


Il est urgent que le Gouvernement du Mali saisisse la Cour pénale internationale pour demander réparation à la France pour complot contre son intégrité territoriale et aussi à l'OTAN pour sa responsabilité dans la crise en aval de la guerre de Libye. Nous avons dénoncé le fait, il reste aux autorités institutionnelles de notre Etat à poursuivre le combat en saisissant qui de droit.

Maliens, maliennes ! Demeurons unis, n'offensons pas les ressortissants français vivant chez nous car ils ne sont pas comptables des erreurs de leur pays. Mais haïssons la France et sabotons toutes ses coopérations. Haïssons Nicolas Sarkozy et son gouvernement fantoche. Levons-nous pour réclamer le droit de réparation. Demandons l'aide des USA, de la chine et de la Russie. Tout sauf la France et tout contre la France et ses alliées.

Envoyer ce message à tous les maliens et à tous les africains pour qu'il sache le dessous et le non-dit de la guerre au Mali


Ce message est écrit ce jour, Mercredi 21 Mars 2012, par la Coalition Malienne pour l'Unité Territoriale (CMUT) :


Suivez le déroulement des choses et vous donnerez raison à ceux qui l'ont écrit.

D'autres révélations plus intrigantes sont en cours.

« L'union sacrée pour la libération du Nord est la thérapie qui, avec l'ensemble de toutes les forces vives, sans distinction d'âge, de race et d'appartenance politique, permettra de relever le défi qui se pose à toute la nation malienne ».


Dr ASSADEK aboubacrine

Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.

Tel (00) 223 2022 32 44
Fax (00) 223 2023 81 68

B.P. E3206 Bamako-Mali

Cel1 (00) 223 7643 49 64
Cel2 (00) 223 6653 83 44

MALI: CHRONIQUE D'UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE


MOSSA AG ATTAHER LE TOUAREG.jpg

Le touareg Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA

 

« Que les chèvres se battent entre elles dans l'enclos est préférable à l'intermédiation de l'hyène ». Proverbe bamanan.

 

1. Le Mali dans l'ordre cynique du monde

Mis en lumière par l'amputation des deux tiers de son territoire, le coup d'Etat du 22 mars 2012 et l'embargo total de la CEDEAO, l'extrême vulnérabilité du Mali tient d'abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l'intervention directe de l'OTAN en moins.

L'impérialisme collectif avait besoin d'exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d'une partie de la population qui a le sentiment d'être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l'affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) vient d'être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».
L'os malien étant bien moins dur à briser que l'os libyen, il suffisait de mettre à profit l'état de déliquescence de l'armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d'armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s'est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n'ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l'honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l'inviolabilité de l'intégrité territoriale du Mali. Or, c'est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu'ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d'Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n'ont pas vu venir et que certains d'entre eux refusent toujours d'admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l'Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n'a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l'émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l'opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l'idée d'être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l'embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

C'est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte d'Ivoire) que l'organisation sous-régionale a pris la décision d'envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l'ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d'Etat comme une délivrance. C'est à l'aéroport d'Abidjan que les Chefs d'Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s'exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu'à l'issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d'une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l'ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n'était pas suffisante pour certains des Chefs d'Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s'agit se traduisent en autres par :


- la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,


- le rappel des ambassadeurs de l'organisation pour consultation,


- la fermeture des frontières,


- le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,


- la suspension des programmes d'aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité... " Plus importants que l'aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d'Etat s'aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l'occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d'une fois, des comptes. La dégradation de la situation s'est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l'ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l'origine du soulèvement d'Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d'Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s'est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l'occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d'Etat qu'elle juge d'autant plus inacceptable qu'il survient dans l'un des « pays phare de la démocratie » à la veille d'une élection présidentielle à laquelle ATT n'était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu'ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l'ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d'ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n'en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d'une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d'Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l'élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :


- Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d'idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s'est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d'habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l'aide au développement » et des opportunités d'affaires que le système néolibéral offre.


- Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s'apprêtaient à se disputer la place d'ATT en achetant tout ce qui peut l'être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.


- « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l'illusion de l'exemplarité démocratique.


- Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l'indignation des jeunes déshérités qui n'ont droit ni à une école de qualité ni à l'emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.


- Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd'hui d'une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l'exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.


- La société civile, dont le rôle est d'éduquer, de contrôler et d'interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C'est en évitant les sujets qui fâchent, qu'elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).


- La liberté d'expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l'existence d'un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l'unique chaine de télévision nationale, l'ORTM, elle est « la voix de son maître ».


- Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d'investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n'y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n'est pas en danger du fait d'un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n'ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l'expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l'Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l'actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :


- mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l'avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l'ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;


- repenser l'indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s'imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d'autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;


- privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l'occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l'achat d'armement ou de faire appel à la force d'interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;


- gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d'abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu'ils planétarisent : pendant que le Mali s'enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l'or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d'être perspicaces dans l'analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;


- faire du Mali un cas d'école pour la CEDEAO, dont les chefs d'Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d'être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l'ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;


- rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d'assujettissement et de pillage qui sont à l'origine de l'émigration « clandestine », l'intégrisme religieux et les attentats qu'ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu'il n'appartient pas aux Chefs d'Etat de la CEDEAO d'être juges et partie en statuant sur l'état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.


La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu'à leurs électeurs.


Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l'embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l'initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.


Fait à Bamako, le 04 Avril 2012.

 

Forum pour un Autre Mali (FORAM)


SIGNATAIRES


AMINATA D. TRAORE (ANIMATRICE DU FORAM, ESSAYISTE) ; SEYDOU BADIAN KOUYATE (ECRIVAIN) ; ASSETOU FOUNE SAMAKE (ENSEIGNANTE) ; KARAMOKO BAMBA (MOUVEMENT NKO) ; ISMAEL DIABATE (ARTISTE PEINTRE) ; DOUMBI FAKOLY (ECRIVAIN) ; JEAN BOSCO KONARE (HISTORIEN) ; MANDE ALPHA DIARRA (ECRIVAIN) ; MADANI KOUMARE ( ECONOMISTE) ; BORIS BOUBACAR DIOP (ECRIVAIN) ; ABDOULAYE NIANG (ECONOMISTE) ; BOUBACAR COULIBALY (EXPERT COMPTABLE) ; NDO CISSE (UNIVERSITE DES LETTRES) ; NATHALIE MDELA MOUNIER (ECRIVAIN) ; AISSATA CISSE (COMMUNICATRICE) ; MARIAM KANAKOMO (COMMUNICATRICE) ; SAFI SY (EDUCATRICE) ; SYLVIE SANOGO (EDUCATRICE) ; HAOUA KEITA ; ABDOULAYE SANGARE (AVOCAT)


Source: AFRIK.COM

jeudi, 29 mars 2012

AU MALI, LA FRANCE VEUT EXPERIMENTER LE SEMI COUP D'ETAT


SARKOZY ET ATT 4.jpg

La France ne recule devant rien pour garder la mainmise sur ses ex-colonies en Afrique où l'instabilité chronique est savamment planifiée en réalité dans les bureaux de l'Elysée et du Quai d'Orsay. Ainsi après l'étape de la Côte d'Ivoire où il a réussi à chasser le président Gbagbo du pouvoir à coups de bombes et de canons, voilà Nicolas Sarkozy qui expérimente au Mali où le président Amadou Toumani Touré (ATT), a été évincé la semaine par l'armée, une théorie nouvelle : le semi-coup d'Etat.

Si Paris condamne officiellement le coup de force, clamant par la voix de son ambassadeur au Mali que «le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu, et qu'il fallait s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin», la sortie du ministre français délégué à la Coopération, Henri de Raincourt, montre que Paris ne voit pas d'un bon oeil un éventuel retour d'ATT au pouvoir pour la suite de son mandat.  Invité de l'émission Internationales (RFI, TV5 Monde, Le Monde), le collaborateur de Nicolas Sarkozy a déclaré qu' «il n'y a aucun problème pour organiser des élections» et que «la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel».


Henri de Raincourt: Le maintien des élections au... par internationales

Ce schéma sorti des tiroirs de Sarkozy, assez discret sur la question en raison des élections en France, l'Elysée prépare déjà son esprit à son application. Tout le long de son intervention, le ministre français a vainement tenté de faire croire que Paris n'avait rien à avoir avec le coup d'Etat et que les divergences avec ATT au sujet de la lutte contre Al Qeada au Maghreb n'étaient que des malentendus sans réelle incidence sur les relations entre les deux pays.

Mais cette sortie vise à préparer les esprits à la mise à l'écart du président Amadou Toumani Touré, qui pourrait être maintenu en otage par la junte militaire et remplacé à la tête du pays par le président de l'Assemblée nationale. C'est le deal que prépare Paris qui veut coûte que coûte installer dans cet autre pays d'Afrique un homme à sa solde. Comme c'est le cas à Abidjan et ailleurs dans la sphère francophone sur le continent.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 28 mars 2012

DU MALI ET DE L'INDECENCE FRANÇAISE

SARKOZY ET ATT.jpg

Depuis quelques jours, à la suite du coup d'Etat opéré au Mali, à quelques semaines des élections présidentielles maliennes mais aussi françaises, des ministres du gouvernement français appellent au «rétablissement de l'ordre constitutionnel», ainsi du ministre des Affaires étrangères et du ministre à la Coopération qui affirme que « le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu ».

Mais de quel ordre constitutionnel s'agit-il ? Le Président malien depuis son élection, en mars 1991, n'a pas su instaurer un pouvoir exécutif digne de ce nom, fort et assorti de contrepouvoirs. Ainsi, si ce coup d'Etat est jugé « insensé » par beaucoup, il n'a surpris personne, « tant le problème sécuritaire du pays semble dépasser le président Touré », ainsi que l'a précisé Aminata Dramane Traoré à RFI.

Depuis quelque mois, l'armée malienne fait face et «sans moyens» à une rébellion armée qui a réussi à faire tomber quelques villes du nord Mali, sous le contrôle du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) composé essentiellement de combattants touaregs. Ce mouvement a pu acquérir des armes en provenance de Libye, en circulation libre à la frontière de ces deux pays, conséquence prévisible de l'intervention de l'OTAN favorisée et revendiquée essentiellement par la France.

Cette intervention a  ouvert la boite de pandore des arsenaux libyens dans une région extrêmement pauvre, mais à très fort potentiel, et livrée à elle-même. Aucun développement économique, aucun minimum de prise en charge sociale des populations locales n'est assuré. Le blocage est amplifié par les programmes économiques imposés par  les institutions financières internationales. A cela s'ajoutent les ajustements structurels, l'orientation vers une production agricole tournée vers l'exportation, l'ouverture systématique de l'économie malienne au marché mondial imposés à un Etat incapable de résister et contraint d'accepter le libéralisme qui exclut la liberté de circulation pour les populations.

En plus des Etats-tampons du Maghreb, chargés d'empêcher le transit des migrants, les Etats de départ sont tenus de jouer le rôle de geôlier de leurs propres populations. Ainsi, l'Europe délègue son incapacité à apporter une réponse construite à la migration en externalisant sa politique de répression et de contention du flux des migrants ; la France, quant à elle et quoi qu'elle en dise, continue ses relations françafricaines dans l'opacité et les connivences coupables entre élites françaises et africaines, au nom desquelles, les terres maliennes sont pillées. Les intérêts des anciens colons français ont été préservés et les intérêts étrangers sont plus dominants que jamais.

Sur le plan socio-économique, la gestion est un désastre continu et sur le plan stratégique, les accords de défense ont permis l'installation de bases permanentes et dans les aéroports, les contrôles policiers sont sous supervision étrangère, française notamment.

Le Mali n'échappe pas à ce bilan sans appel : le peuple malien n'a toujours pas été libéré de l'oppression qui l'aliène, de la misère, de l'injustice et de l'abandon dont il pâtissait sous le joug colonial.

Pourtant, le Mali, de par son histoire et sa configuration géographique aurait pu barrer la route aux ingérences occidentales et à celles de ses alliés et face à un monde arabe en ébullition, une Europe en crise systémique. Il aurait pu constituer un facteur de stabilisation positive dans une région convoitée et cible du nouvel ordre ultralibéral de misère et de violence. Le Mali aurait pu jouer le rôle d'antidote à la balkanisation de l'Afrique de l'Ouest.

Mais il n'en sera pas ainsi, la voie ouverte par les indépendances a été piégée par des découpages territoriaux et par le legs empoisonné des séparations ethniques du colonialisme.

La liberté pour laquelle des peuples se sont soulevés est toujours confisquée par des pouvoirs soutenus par l'ancien colonisateur. La domination a seulement changé d'apparence, l'émancipation des peuples, hier colonisés, reste à venir. Les maîtres d'hier continuent à imposer leur loi.

Le Mali en est l'exemple actuel. Ainsi, ces mêmes ministres français s'autorisent à appeler avec force et autorité le maintien « des élections (...) programmées pour avril (...) » et qui doivent avoir « lieu le plus vite possible" car il faut « s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin », allant même jusqu'à affirmer qu'« il n'y a aucun problème pour organiser des élections puisque la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président, le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel ».

Comment les Occidentaux ont-ils le cynisme d'obliger les peuples anciennement colonisés à adopter leur modèle démocratique alors que leurs propres pays sont confrontés au délitement de ce même modèle  qui sécrète xénophobie et racisme débridé, injustice et misère ? 

La domination coloniale, avec quelques variations et adaptations, s'est renouvelée et s'effectue en toute bonne conscience néocoloniale. Elle est rendue possible grâce à l'instrumentalisation de la guerre « éternelle » et généralisée contre le terrorisme qui autorise, sur le terrain, la présence de forces militaires extracontinentales afin de veiller à la sauvegarde des intérêts des multinationales. Interviendront-elles au Mali -au nom de l'illégale « responsabilité de protéger»- pour contrôler à leur profit la bande sahélienne au potentiel minier inexploité ?

Force est de constater que la période néocoloniale s'achève sur une recolonisation, sous des formes nouvelles, mais qui ont été rendues possibles par les bombes à retardement léguées par les puissances coloniales. Hier le Sud-Soudan, aujourd'hui le Nord-Mali et demain ? La partition de certains Etats d'Afrique semble clairement inscrite dans le projet néocolonial en cours. 

Alors que le monde vacille sous les coups de la crise économico-financière au nom de l'instauration d'un nouvel ordre mondial unilatéral, ce sont les peuples qui sont les victimes directes de ce libéralisme débridé, inhumain et violent. Au nom d'une globalisation injuste et illégale, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes pour mieux priver les peuples du droit à disposer de leurs ressources naturelles est remis en cause. La recolonisation du monde est un des moyens trouvés par les dominants pour assurer leur hégémonie.

La solidarité avec le peuple Malien et ses forces politiques réelles pour une résolution nationale et autonome des conflits internes est l'unique voie pour la justice et la paix.

 

26 mars 2012


Mireille Fanon-Mendes-France

Tél.: + 33 686783920


Experte du groupe de travail sur les Afro Descendants au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU


FRANTZ FANON FOUNDATION - FONDATION FRANTZ FANON

Président d'Honneur: Aimé Césaire

Fondationffanon@hotmail.com

www.frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com


Collaboratrice parlementaire

Bureau de Patrick Braouezec

Assemblée nationale

126, rue de l'Université, Paris 75007

pbraouezec@assemblee-nationale.fr

Tél.: +33 140634968

Fax: +33 140634938

mardi, 27 mars 2012

SANS COMMENTAIRE! UNE IMAGE QUI PARLE D'ELLE-MEME

 

pays-autoritaires-selon-ONU.PNG

 

Cette image (d'hier, lundi 26 mars 2012, sur France 2) parle d'elle-même. La Côte d'Ivoire (de Ouattara) figure parmi les pays où il y a une absence totale de démocratie, selon l'Onu. Et pourtant c'est bien elle qui a encouragé et installé de force ce régime autoritaire...

La vérité est bien lente, mais elle finit toujours par se faire voir.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

lundi, 26 mars 2012

SARKOZY ET L'AFFAIRE TERRORISTE DE TOULOUSE ET MONTAUBAN: COMME PAR HASARD


MONTAUBAN - POLICE.jpg


Tribune libre de Jérôme Ancel

On croit rêver : voilà un président de la peau duquel, hier encore, personne ne donnait bien cher - électoralement parlant bien sûr, encore que... -; un président en chute libre, enseveli sous une avalanche d'affaires toutes plus nauséabondes les unes que les autres; voilà donc un président "fini", sans avenir, propulsé du jour au lendemain sur la scène hollywoodienne des grand héros de sagas à l'ancienne, chevalier blanc des justes causes, sauveur des opprimés, justicier au grand cœur, arborant soudain la cape chatoyante des grands hommes providentiels. Du jour au lendemain, voilà Sarkozy redevenu l'homme de la situation, candidat idéal à sa propre succession à la tête d'une France menacée par l'hydre du fanatisme sanguinaire.

Le simple exposé des termes de ce paradoxal retournement médiatique devrait suffire à susciter quelques questions dont on espère qu'une fois dissipée la passion émotive, tout le monde en France va se les poser. D'abord, celle de la rapidité de l'enquête. La police française, généralement connue pour la lenteur des investigations aboutissant à ses rares succès, vient en l'occurrence de rivaliser en promptitude avec Superman. A la vitesse de l'éclair, on a :

- identifié et répertorié les projectiles - inaugurant au passage une nouveauté : celle de "l'expertise balistique en temps réel" -;

- identifié et repéré le scooter, puis son conducteur;

- localisé l'assassin présumé et lancé l'assaut pour sa capture.

- fait coïncider cette dernière avec l'arrivée sur les lieux du Président urgentiste.

Quel timing !

Un tel déploiement de prouesses policières, une telle débauche de performances hors du commun laissent évidemment songeur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que de A à Z, cette affaire de vague d'attentats ressemble fort à un mécanisme d'horlogerie minutieusement réglé.

Autre question, celle du vocabulaire : le mot "tuerie" a-t-il été employé par les médias à propos de l'assassinat de seize Afghans par un marine américain il y a une dizaine de jours ? Ou à propos de l'élimination de la famille du fils de Mouammar Kadhafi, et des massacres sans nombre et sans nom qui ont émaillé cette guerre du fric contre l'un des derniers bastions africains de la résistance aux démons de l'Occident ?

Monsieur Sarkozy se souvient-il encore de son rôle de traiteur en chef dans cette boucherie de 100 000 morts aux portes de l'Europe? Et la communauté juive de France a-t-elle gardé la mémoire de la complicité effroyablement lucide et cyniquement volontaire de l'un de ses représentants les plus illustres et, dit-on, les plus intelligents, dans la perpétration de cette monstruosité ? Je veux parler de Monsieur Bernard Henri Lévy, probablement moins digne de porter le nom de Juif que ne l'aurait été l'ennemi désigné - Mouammar Kadhafi, supplicié, abattu, incinéré, privé de sépulture, "effacé" comme les victimes juives de la barbarie nazie...

Autre question : lorsque les autorités françaises, il y a un an, ont pris l'initiative de superviser et d'encadrer sur le terrain le déferlement de violence qui a ensanglanté la Côte d'Ivoire, en approuvant l'ouverture des portes des prisons ivoiriennes et burkinabées, et la mise en liberté de 12 000 détenus de droit commun qui à ce jour continuent à faire la loi, pensaient-elles vraiment que leur crime resterait impuni ? Sans parler de Douékoué, Bloléquin, Toulepleu, combien de bourgades en Côte-d'Ivoire n'ont-elles pas été le cadre de tueries durant l'année écoulée ? Et combien se passe-il de jours, en Côte d'Ivoire et en Libye, sans que l'on ait à déplorer la mort de nouvelles victimes, au fil de massacres voués à l'anonymat par l'indifférence des médias sous tutelle sarkozienne ?

Toutes ces questions, Nicolas Sarkozy est le premier à se les poser. Si nous voulons l'aider à y répondre, encore faut-il ne pas perdre de vue cette évidence : Nicolas Sarkozy est un homme aux abois; hanté par le spectre de ses innombrables victimes; épouvanté par le nombre et la nature de ses innombrables mensonges; terrifié à l'idée de se retrouver, au lendemain des élections, dans l'incapacité de se soustraire aux non moins innombrables accusations dont la liste, sous forme de plaintes en bonne et due forme, l'attend à la Haye, au siège de cette cour pénale dont tous les juristes ne sont pas corrompus, et où le Président légitimement élu Laurent Gbagbo lui-même lui aura chauffé la place.

Alors, pour conjurer cette menace, tous les coups sont permis. Renonçant à la méthode douce, celle des sourires enjôleurs - discours des Cévennes à l'intention des Protestants, parrainage de la libération de Gilad Shalit à l'intention des Juifs, tournée arménienne -, méthode restée désespérément inefficace, le candidat Sarkozy tire aujourd'hui ses dernières cartouches : celles du mythe de la France assiégée, de nos libertés en péril, de la barbarie terroriste. Le comble, pour le chef d'un gouvernement qui aura terrorisé en un an plus d'innocents que ne l'ont fait ceux de ses prédécesseurs en vingt. Le délinquant, c'est lui, le fanatique, c'est lui; la terreur, c'est celle qu'au nom de la France, lui-même impose à la Côte d'Ivoire, à la Libye, à la Syrie: délinquance, fanatisme et terrorisme de ces sphères de la haute finance dont il a toujours été le servile domestique, intérêt oblige.

Une expression résume le coup de théâtre de ce spectaculaire - et espérons-le éphémère - sauvetage du prédateur Sarkozy : "comme par hasard". On y pensait déjà lors de la libération de Gilad Shalit. Aujourd'hui, l'évidence s'impose. La ficelle est trop grosse. Et cela d'autant plus que l'on sait les inestimables services que le personnage vient de rendre à la mouvance islamique radicale, en livrant au chaos la Libye, et dans son sillage le Mali - grâce au largage intempestif de dizaines de tonnes d'armes sophistiquées -, ainsi qu'en s'employant à appliquer le même traitement à la Syrie. Nicolas Sarkozy a vitalement besoin d'un sursis présidentiel, non seulement pour gérer, depuis l'Élysée, les conséquences incalculables autant qu'imprévisibles de son aventurisme forcené; mais aussi pour consolider et engranger les dividendes, pour l'heure encore mouvants, de sa cupidité. Le temps qu'il faut en somme au malfaiteur pour effacer ses traces, et peaufiner le déguisement qui lui permettra de se mêler à la foule en passant inaperçu.

Reste le plus inquiétant : à supposer que le stratagème sécuritaire de Toulouse et Montauban ne produise pas l'effet escompté sur la courbe des sondages, le souverain déchu pourrait, en désespoir de cause, chercher à obtenir ce sursis par d'autres moyens. Car il lui reste toujours deux jokers :

- Celui de l'état d'urgence, et du report sine die des élections. Mais cela supposerait la réalisation d'un scénario de déstabilisation simulée vraisemblablement trop coûteux pour figurer parmi les accessoires de sa mégalomanie.

- Celui du déclenchement d'une nouvelle guerre, une vraie, qui, cette fois, souderait la France autour de son chef. On pense à l'Iran, évoqué durant l'enquête comme un commanditaire potentiel des derniers attentats. On appréciera à cet égard l'indécente obséquiosité du premier ministre israélien Netanyahou envers un homme auquel - en dépit des circonstances, aussi douloureuses soient-elles -, il ne doit rien. A moins que ce qui les lie relève d'un accord dont les tenants et aboutissants nous échappent, mais dont la réélection de Sarkozy serait l'un des enjeux.

Une dernière question : ne serait-il pas plus que jamais temps pour le peuple de France de se réveiller, en se débarrassant au plus vite de celui qui pourrait, en cas de réélection - ce qu'à Dieu ne plaise -, condamner le pays à l'enfer - un enfer cette fois non électoralement contrôlé -, lorsqu'il s'agira pour nous tous, tôt ou tard, de régler la facture des violences inouïes perpétrées par nos autorités contre des peuples souverains, pour l'heure humiliés et asservis, mais, soyons-en certains, bientôt libérés.


Jérôme Ancel


Source: Le blog d'Allain Jules

POURQUOI LA FRANCE EN VOULAIT A AMADOU TOUMANI TOURE


SARKOZY ET ATT 2.jpg

Officiellement, Paris dénonce avec la plus vive énergie le coup d'Etat qui vient d'avoir lieu au Mali. Mais en diplomatie, la vérité est dans les nuances. Alors que les Etats-Unis et un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU appellent très clairement au rétablissement du président Amadou Toumani Touré dans ses prérogatives, la France se contente d'exiger des élections au plus vite et de suspendre sa coopération avec le Mali, comme le veut une coutume qui n'a été remise en cause ces dernières années que pour les putschistes du CNT libyen. La France avait de nombreuses raisons d'en vouloir à Amadou Toumani Touré, même si l'on peut supposer qu'elle comptait davantage sur des élections que sur un coup d'Etat pour s'en débarrasser.

La pomme de discorde du «pacte migratoire»

Paris en voulait à ATT pour des raisons bilatérales en premier lieu. Le président malien avait refusé de signer un «pacte migratoire» avec Paris. Un pacte destiné à limiter l'immigration régulière, à lutter contre l'immigration clandestine, et qui devait subordonner toute aide au développement à l'adhésion du Mali aux objectifs français en termes de contrôle des flux de population. «Malgré les pressions exercées par le Ministère de l'intérieur ou le gouvernement français sur l'État malien, ce dernier a refusé d'apposer sa signature. Pour le Mali, le très faible taux de régularisation des ses ressortissants présents en France (et qui risquent donc l'expulsion) est une question sensible : pour cause, le montant des transferts de fonds effectués par les Maliens vivant en France est estimé à 295 millions d'euros par an, soit 11 % du PIB malien», révèle une note du Comité catholique contre la faim pour le développement (CCFD).

La question de la gestion de la crise en Libye et du problème du Nord

L'opinion publique malienne a pris fait et cause pour l'ex-«Guide» libyen Muammar Kadhafi durant son duel avec les rebelles du CNT, à tel point que des marches de soutien ont été organisées à Bamako. ATT était sur la même ligne et s'est clairement inquiété des conséquences de l'équipée de l'OTAN en Libye pour la stabilité de son pays et a reproché aux Occidentaux de n'avoir rien fait pour désarmer la Légion islamique de Kadhafi - composée en grande partie de Touaregs aujourd'hui liés à l'insurrection.

La France s'est par ailleurs montrée agacée par le refus d'ATT de la laisser intervenir directement sur son sol dans le cadre de la lutte contre AQMI (Al Qaida au Maghreb islamique) et est allée jusqu'à accuser mezza voce son entourage de profiter du business des rançons payées en échange des otages occidentaux. La Première Dame malienne n'avait pas payé des biens de consommation avec des billets de banque ayant transité par les mains des preneurs d'otage ?

Paris complice du MNLA ? La grosse suspicion qui a tout gâté

Une bonne partie de l'opinion malienne et des officiels du régime ATT dénonçaient, ouvertement ou pas, la complaisance de la France pour les rebelles du MNLA, malgré leurs crimes odieux. Alors qu'ATT insistait sur le respect de l'intégrité territoriale du Mali, l'ancien colonisateur était en tout cas - comme en 2002 en Côte d'Ivoire - favorable à un cessez-le-feu et des négociations avec les rebelles touareg sans aucun préalable en termes de désarmement. «C'est peu dire que l'éviction d'ATT a été suivie de près à Paris, qui voit partir sans regret un partenaire jugé insuffisant face aux grands défis du Sahel - instabilité, développement, immigration et terrorisme. Certes, mardi, Alain Juppé a condamné le coup d'État, appelé au respect de l'ordre constitutionnel et à la tenue «le plus vite possible» des élections prévues le 29 avril. La France a aussi annoncé la suspension de sa coopération avec le Mali, hormis l'aide humanitaire et la lutte antiterroriste. Mais des sources diplomatiques n'hésitent pas à jeter une lumière plus crue sur un président malien «fatigué» et un pouvoir «en manque de confiance» par rapport à la population. D'autres parlent d'un président «dans le déni» de la gravité de la situation militaire au nord du pays, dans le déni aussi du dialogue avec les rebelles touaregs, que Paris juge nécessaire», résume ainsi Le Figaro.

Par deux fois, Christian Rouyer, ambassadeur de France au Mali, s'était déjà signalé par des sorties peu diplomatiques (voir encadré). «J'ai entendu que l'Etat n'a pas joué son rôle. En fait, la classe politique n'a pas joué son rôle ! Combien de débats à l'Assemblée nationale sur le Nord-Mali ? Combien même de questions orales ? (...) La classe politique a démissionné au nom d'un consensus de façade qui lui a fait perdre tout esprit critique», disait-il ainsi, appelant quasi-ouvertement les députés à contester les options d'ATT.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

00:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Libye, Mali, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : côte d'ivoire, france, amadou toumani touré, nicolas sarkozy, aqmi, att, otan, mouammar kadhafi, ccfd, onu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |