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samedi, 26 mars 2011

AFRIQUE - FRANCE: CALIXTHE BEYALA ECRIT A JEAN PING, PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L'UNION AFRICAINE


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A Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l'union Africaine: rupture des relations diplomatiques des pays membres de l'U.A avec la France


A Monsieur Jean Ping

Président de la Commission de l'union Africaine


Objet : Demande d'une rupture des relations diplomatiques des pays membres de l'U.A avec la France

Pantin, le 20 mars 2011


Monsieur le Président,

Nous venons par ces mots vous demander qu'il soit mis immédiatement fin aux relations diplomatiques qu'entretiennent les pays membres de l'Union Africaine que vous présidez avec la France.

En effet, depuis deux jours les Africains sont victimes des massacres des populations civiles perpétrés en Libye par la France, pour des raisons fallacieuses et ce, malgré la désapprobation de l'Organisation que vous présidez.

Il est inadmissible, impensable qu'un pays comme la France bombarde, tue les populations Libyennes alors même que le mandat soit disant donné par l'ONU ne comportait pas cette clause.

Il s'agit là pour le peuple Africain, d'une humiliation sans nom, d'une blessure profonde qui n'est pas sans rappeler les agissements de ce pays lorsqu'il s'agissait pour lui de mettre l'Afrique sous sa domination.

L'Afrique est aujourd'hui un continent indépendant. La souveraineté des Etats doit être respectée ; l'on ne saurait rester impassible face à une telle sauvagerie.

D'ores et déjà des soulèvements populaires sont prévus dans toute l'Afrique si jamais l'Union se refusait de prendre ses responsabilités face à cette horrible agression. Une grève de la faim de nos élites est également à prévoir.

Nous comptons sur l'Organisation que vous présidez afin que soit mis fin, dans les plus brefs délais, à ces assassinats de femmes et d'enfants innocents, à ce génocide moderne où les pays dits civilisés s'octroient le droit de tuer en toute impunité sous la couverture d'une ingérence humanitaire.

Dans l'espoir que vous mettrez tout en œuvre pour que cessent ces horribles événements, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments respectueux.


Calixthe Beyala, Ecrivain

© Le Républicain (ml) : Calixthe Beyala


Source: CAMER.BE

ADAME BA KONARE: «NOUS SOMMES DANS UNE LOGIQUE DE RECOLONISATION DU CONTINENT»


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L'historienne et ex-Première dame du Mali, Adame Ba Konaré, a qualifié de « carnaval macabre » l'opération militaire menée en Libye par la coalition internationale. Elle appelle les Africains à se mobiliser pour défendre leur « continent meurtri et bafoué ». Elle répond aux questions de RFI.


RFI : Dans une lettre ouverte, intitulée « Cris aux Africains », vous faites part de votre inquiétude. Vous dénoncez le « carnaval macabre des Occidentaux » en Libye. Qu'est-ce qui vous choque le plus, dans cette opération militaire ?

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Adame Ba Konare : C'est le principe même de l'intervention des puissances étrangères sur le sol africain. On a l'impression que nous avons en face de nous des pays et des chefs d'Etat vertueux, alors que ne sont-ils intervenus en Tunisie, en Egypte, où le peuple était effectivement dans la rue, sans armes ? Et pourquoi n'interviennent-ils pas en Palestine, où le peuple est dans la rue ? Sans oublier que toutes ces puissances coalisées ont un lourd passif colonial.

Vous savez, c'est avec de tels discours que l'aventure coloniale a commencé. Ne l'oublions pas. Les « vertueuses et généreuses nations » avaient pour mission de voler au secours des pauvres Africains, pour les débarrasser de leurs méchants dirigeants. Tout ça, ça sent un peu l'invasion coloniale.

RFI : Ce que disent les Occidentaux, mais aussi un certain nombre d'hommes politiques africains, c'est que sans les frappes aériennes de samedi dernier, la ville de Benghazi aurait été reconquise par l'armée libyenne et il y aurait eu un bain de sang.

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A.B.K : Oui, mais il ne faut être suffisamment naïf pour faire croire qu'une intervention des armées étrangères ne fera pas de dégâts non plus parmi la population civile. Et puis, moi je crois qu'il n'y a pas de transparence dans cette affaire-là. Qui dirige la mission ? Qui ordonne ? Qui contrôle ? Il y a un dépassement des mandats. Il va falloir que quelqu'un réponde de ces actes.

Et puis je dis qu'à ce rythme-là, partout il y aura des contestations, partout où il y aura des mouvements, on verra « toutes ces nations généreuses » voler au secours des populations africaines. Il ne faut pas confondre le peuple avec des mouvements de contestation. Et à ce rythme-là, moi je dis : nous assisterons au dépècement progressif de l'Afrique, à sa balkanisation, donc à sa fragilisation. Nous sommes dans une dynamique de recolonisation du continent, à mon avis.

RFI : Dans plusieurs discours, la semaine dernière Mouammar Kadhafi a lancé des menaces très claires aux insurgés de Benghazi : « Nous irons vous chercher dans chaque maison, dans chaque pièce, dans chaque placard ! ». Concrètement, Adame Ba Konare, qu'est-ce qu'il fallait faire pour épargner aux habitants de Benghazi le glaive vengeur de Mouammar Kadhafi ?

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A.B.K : Honnêtement, je ne partage pas du tout, évidemment, ces propos tenus qui sont effectivement insupportables, il faut le reconnaître. Mais moi je dis qu'il faut recentrer le débat. Je ne suis pas du tout sûr que l'intervention menée par cette puissance occidentale soit beaucoup moins mortelle que les bombardements de Kadhafi. Je pense qu'il y a beaucoup de fanfaronnades dans les déclarations de Mouammar Kadhafi. Je ne suis pas sur le terrain, mais ces forces coalisées, comment voulez-vous qu'elles puissent bombarder avec discernement ? Ce sont des histoires !

RFI : Alors vous parlez des « fanfaronnades » du colonel Kadhafi, mais n'y a-t-il pas eu les attentats de Lockerbie et du DC10, et puis la répression d'une mutinerie en 1996, qui a fait plus de 1 200 morts ?

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A.B.K : Oui... Je ne dédouane pas du tout le colonel Kadhafi pour ses actes dans le passé, et puis même pour une certaine violence qu'on a notée récemment. Mais je dis que cette intervention, elle se fait uniquement dans le but de servir les intérêts, à la fois économiques, et de politique intérieure, de ces chefs de guerre. Je pense qu'il y a évidemment le pétrole et le gaz libyen, qui sont forts, mais il y a aussi des besoins de politique intérieure.

Tous ces chefs de file sont en situation pré-électorale. N'oublions pas le président français, qui est en baisse dans les sondages. Donc, ce n'est pas aux Africains qu'on va faire croire qu'on est là pour libérer des peuples. On n'a qu'à aller libérer d'autres. On a qu'à aller libérer les Palestiniens par exemple.

RFI : Si l'opération avait été lancée par des Africains, est-ce que vous l'approuveriez ?

A.B.K : Vous savez, ce que je reproche à l'Afrique et aux chefs, notamment aux chefs africains, c'est leur pusillanimité. L'Afrique est timorée. On est encore engoncé dans ces peurs coloniales et nous n'arrivons pas à les dépasser. C'est sûr qu'il y a une faillite des nos élites politiques, notamment au niveau du leadership, et même une incapacité de l'Union africaine à anticiper. Le silence des continents a été lourdement préjudiciable dans cette affaire.

Je crois que s'ils s'étaient exprimés très tôt, ces chefs-là, ils auraient pu anticiper sur le cours des événements. Et puis désamorcer même la bombe des Nations unies. Les Africains doivent exiger l'arrêt immédiat des bombardements, exiger tout de suite qu'on ouvre les négociations.

RFI : Cheikh Tidiane Gadio, l'ancien ministre sénégalais, a dit cette phrase : « Il n'est pas normal que la responsabilité de protéger les populations civiles soit l'apanage des pays occidentaux ».

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A.B.K : Oui, mais c'est clair ! On ne voit pas du tout ce que les pays occidentaux viennent faire dans cette affaire. Il y a une institution continentale. Pourquoi on ne leur demanderait pas d'intervenir dans ce conflit ? Il faut une mobilisation continentale pour dire « ça suffit ! ». Moi, j'ai donné, sans prétention, le tempo, et j'aimerais vraiment que tout le continent se mette debout pour s'occuper des problèmes qui le concernent.

RFI : Vous souhaitez une solution politique en Libye, mais les insurgés de Benghazi ne croient pas une seconde dans la bonne foi du colonel Kadhafi. Qu'est-ce qu'il faut faire ?

A.B.K : Moi, je respecte la légitimité des opposants de Benghazi. Je reconnais la légitimité de leurs droits, plus de liberté d'expression... Mais avec cette intervention « des Croisés », je me demande même s'ils ont la victoire, quel va être le goût de cette victoire pour eux. Est-ce que ce sera honorable pour les opposants libyens, de voir le drapeau français flotter sur le fronton de leurs édifices, et d'entendre le nom de Sarkozy scandé dans les rues de Benghazi ? Donc il y a là, des interrogations.


In Le Républicain


Source: TELEDIASPORA.NET

mardi, 22 mars 2011

LES RACINES DE LA REVOLTE ARABE ET LES CELEBRATIONS PREMATUREES

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Un texte de James Petras, professeur (à la retraite) de sociologie à l'université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux  USA, et assistant professeur à l'Université  Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse  au Canada. Il écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l'Amérique latine et du Moyen Orient .


Les racines de la révolte arabe et les célébrations prématurées

La plupart des informations  sur les  révoltes  arabes  d'Egypte, Tunisie, Libye, Maroc, Yémen, Jordanie, Bahreïn, Irak et d'ailleurs se sont focalisées sur les causes les plus  immédiates : dictature politique, chômage, répression, blessure  et meurtre de manifestants. La plupart  se sont consacrées à la « classe moyenne »  aux jeunes   militants éduqués,  à  leurs communications sur internet et, dans le cas d'Israël et de ses théoriciens  sionistes du complot  à la  « main cachée » des  extrémistes islamistes.

Est ici absent  tout effort visant à fournir un cadre pour la révolte, qui fournirait une explication de l'étendue de   la  structure socio-économique à moyen et long  terme ainsi que du détonateur immédiat de  l'action politique. L'étendue  et la profondeur des soulèvements populaires et la diversité des forces politiques et sociales, qui sont entrés  dans le  conflit, excluent toute explication, qui ne  voit qu'une seule dimension des  combats.

L'essence des économies arabes

À l'exception de  la Jordanie, la  plupart  des   économies arabes, où  se déroulent les révoltes,   sont  fondées    sur les  « rentes » du pétrole, du  gaz, des ressources minérales  et du  tourisme, d'où proviennent  la plupart des recettes d' exportations et des revenus  de l'Etat.

Ces branches  sont en réalité  des enclaves  exportatrices,  employant une infime partie de la population active et délimitant une  économie hautement spécialisée.  Ces branches n'ont pas aussi d'articulation  avec   une  économie productive  domestique   diversifiée : le  pétrole est exporté et tous les produits finis , ainsi que les services financiers  et les services  de  technologie de pointe, sont importés et  contrôlés  par les entreprises multinationales étrangères  et  par les  expatriés liés à  la classe dirigeante Le  tourisme renforce le « loyer » en quelque sorte de branches   qui fournit  des devises étrangères et des recettes fiscales  au  clan familial de classe  de l'État. Pour les revenus fiscaux, l'Etat compte  sur  l'investissement  des capitaux étrangers subventionnés  par l'Etat et des investisseurs locaux  politiquement connectés,  dans l'immobilier et  sur  les travailleurs de la construction importés de l'étranger. Les  revenus  basés sur les concessions  peuvent  créer  une  grande richesse d' autant que les prix de l'énergie s'envolent, mais ces fonds  vont à la classe des « rentiers », qui ne sont pas en mesure d'approfondir et d'élargir le processus de développement économique et l'innovation ou bien  n'y inclinent pas. Les  rentiers se spécialisent dans la spéculation financière, l' investissement outre mer  à travers les  sociétés détenues par des capitaux privés,   la  consommation de gaspillage et la consommation de produits de luxe et les milliards de dollars et d'euros  placés sur  les comptes privés secrets dans les banques d' outre-mer. L' économie rentière n'offre,  en matière d'activité  productive moderne,   que  peu d'emplois ;  son extrémité supérieure  est  contrôlée  et élargie par les membres des clans familiaux et par  les sociétés financières étrangères  à travers des experts   dans  émigration ; les travaux techniques et le travail  qui  comble  l'emploi  de l'extrémité inférieure  de l'axe social  imaginaire  sont  pris par la main-d'œuvre contractuelle  étrangère, avec des niveaux de  salaires  et des conditions de travail pires, que ceux que  les travailleurs qualifiés locaux  sont  prêts à accepter. L'économie rentière fermée   débouche sur une  classe dirigeante fondée  sur des clans, qui introduit la confusion   des biens publics et privés ; en fait en haut, il y a  les  monarques absolus,  leurs  familles    et leurs clients,  les chefs de  tribus, l'entourage  politique  et  les technocrates au milieu. Ce sont des classes régnantes fermées. L'entrée est limitée à certains membres du clan ou  à  des dynasties familiales  et un petit nombre d'individus-entrepreneurs, qui peuvent accumuler les   richesses en servant la classe régnante. Ce cercle étroit  vit   des   rentes  des locations, s'offre un revenu du partenariat dans la   possession des terres, où une expertise n'est pas requise, mais  seulement une autorisation officielle, de la  cession de terres, des   licences d'exportation et  de l'exonération fiscale.

En plus du pillage des caisses de l'Etat,  la classe dirigeante pratique la liberté du commerce -, c'est-à-dire. l'importation de produits finis  bon marché c'est-à-dire la destruction de toute mise en exploitation d'origine domestique dans la transformation productive, le secteur agricole et technique..Le résultat est qu'il n'existe pas de capitaliste national-entrepreneur ou  de  classe moyenne. Sont, la plupart du temps,  considérés classe  moyenne les employés du secteur public (enseignants, professions   médicales, fonctionnaires, pompiers, policiers, officiers de l'armée), qui  dépendent  de leurs salaires,  lesquels  à  leur  tour dépendent  de la subordination de ces salariés au  pouvoir absolu. Ils n'ont pas la moindre  chance d'accéder aux  couches supérieures,  ni de voir  leurs enfants instruits  s'ouvrir des perspectives  économiques.

La concentration du pouvoir économique, social et politique dans un  clan de classe  fermé, qui contrôle le système, conduit à une énorme concentration de la richesse. Résultat de  la différence sociale entre  dirigeants et dirigés cette   richesse    fruit  des prix élevés des produits de base produit une image fortement déformée de la « richesse »par habitant ;En comptant    les milliardaires et les  millionnaires au sommet dune  masse de jeunes  à faible revenu et mal employée, on  donne un revenu moyen  élevé trompeur.

Le gouvernement des rentiers: par les  armes et les aumônes

Pour contrebalancer  ces grandes inégalités dans la société et  protéger sa  position de classe dirigeante rentière parasitaire  celle-ci choisit des alliances  avec des  entreprises d'armement  à coups  de  milliards de dollars et la  protection  militaire  de la   puissance  impériale dominante (USA). Les dirigeants s'engagent à  offrir la  « néocolonisation  sur  invitation » les sites  pour les bases militaires  ainsi que  les aéroports et les  ports maritimes  pour les  opérations militaires,  des accords secrets  pour le financement  de mercenaires  contre  ceux qui s'opposent à  l'impérialisme et la  soumission à  la domination sioniste dans la région (hormis   la  petite  critique  occasionnelle vide de sens.).

Sur  le  moyen terme  le  gouvernement par la force est complété par l'allocation autoritariste paternaliste dispensée  à la pauvreté rurale et  aux  groupes tribaux ; les livraisons de vivres à la pauvreté urbaine ; la voie sans issue des travaux d'urgence pour les chômeurs instruits. L'achat d'armements couteux  et les  allocations paternalistes  autoritaires  reflètent  l'incapacité de lancer   tout investissement productif. Plutôt que de donner  les  milliards à la relance de l'économie on les donne à   la course aux armements .Des centaines de millions sont donnés aux allocations autoritaires exceptionnelles et paternalistes plutôt que  dans des investissements à long terme créateurs d'emplois productifs. La « colle » qui maintient le système ensemble, est une combinaison  de  pillage moderne  des richesses publiques et des sources d'énergie naturelles et d'utilisation de mercenaires et de  recrues néocoloniales  pour contrôler et opprimer la population. Des systèmes d'armes américains modernes sont au service de  monarchies et de  dictatures anachroniques et absolutistes, fondées sur les principes du règne dynastique du  18ème siècle L'émergence et la propagation des  systèmes de communication les plus récents et  de  centres commerciaux à l'architecture ultramoderne pour la satisfaction des consommateurs de l'élite,  et qui forment un contraste aigu vis-à- vis de l'écrasante majorité des jeunes instruits au chômage, en haut  exclus et en bas repoussés par   les travailleurs  contractuels d' outre-mer  sous- rémunérés.

La déstabilisation  néolibérale

Les clans  de classe rentiers sont poussés par  les institutions financières internationales et les banquiers locaux  à « réformer »  leurs économies: à  « l'ouverture » du marché intérieur et des entreprises publiques pour les investisseurs étrangers  à  réduire les déficits, résultant de la crise mondiale et  à mettre en œuvre  des réformes néolibérales. Le résultat des « réformes économiques »  a été  de réduire ou de cesser la fourniture d'aliments pour les pauvres et la réduction de l'emploi dans le secteur d'Etat, ce  qui a bloqué une des rares possibilités d'emploi  pour les jeunes instruits. On augmente les  impôts  pour les   consommateurs  et  les travailleurs salariés et   les titulaires de   revenus fixes  tandis que les commerçants de l'immobilier,  les spéculateurs financiers immobilier  et  les importateurs sont  exonérés d'impôts . La déréglementation a renouvelé  la  corruption massive, non seulement  au sein de  la classe rentière  dirigeante, mais aussi dans son  environnement commercial  immédiat. Le  « cordon » paternaliste autoritaire qui  liait  la   classe moyenne à la classe régnante, a été  perturbé par les réformes néo libérales  suscitées  par les   pays étrangers Des réformes  qui combinent l'exploitation étrangère moderne avec les formes traditionnelles déjà existantes de l'exploitation   privée domestique. Les régimes claniques de classe ne peuvent plus compter sur des mouvements syndicaux, estudiantins, de petits entrepreneurs et d'un secteur d'Etat sous-payé, isolés les uns des autres pour tenir   les  fidèles des  clans, des  tribus, cléricaux et clientélistes.

La rue contre le palais

Les causes immédiates de la révolte arabe sont concentrées dans les contradictions  démographiques de  classe d'une  économie rentière sous direction clanique de classe. L'oligarchie au pouvoir règne sur la masse des chômeurs et  des  jeunes travailleurs peu employés  qui constituent dans la tranche des  moins de 25 ans, 50 à 60 % de la population.  L'économie rentière  « moderne » dynamique   n'accepte pas  d'employer  des jeunes fraîchement formés. Elle les chasse vers   l'économie de la rue, du jour le  jour,   non protégée et sous payée comme marchands  ambulants,  contractuels dans  les transports et  dans les services aux  personnes.

Les  secteurs ultramodernes  tels que le pétrole, l'immobilier,  le  tourisme et les centres commerciaux dépendent de l'appui politique et militaire  des chefs traditionnels retardataires  cléricaux, des tribus et des  clans qui  sont  entretenus  mais jamais  intégrés  dans la  sphère de la production moderne. La  classe ouvrière industrielle urbaine moderne avec des  petits syndicats  indépendants  est interdite  Les  associations  citoyennes  de la classe moyenne sont soit sous le contrôle de l' État,  soit  se limitent  juste  à se plaindre  à l' État absolutiste.

Le développement insuffisant des organisations sociales  liées  aux classes sociales impliquées  dans des activités de production modernes, signifie que l'axe de l'action sociale et politique est  la  rue .Les jeunes chômeurs  e les jeunes  partiellement occupés dans le secteur du jour le jour, se rencontrent sur  les places, dans les kiosques, les cafés  dans des cercles   aux  coins des rues et sur les marchés, ils  tournent autour et à l'écart  des  centres du  pouvoir administratif absolutiste. Les  masses urbaines n'occupent pas  de positions stratégiques dans  le système économique. mais ils sont  à portée de mains pour  des mouvements de foule, capables  de paralyser les rues et les places, par lesquelles sont acheminés les biens et services  et réalisés les bénéfices. De même qu'est important le fait  que les mouvements de masses mis en action par la jeunesse au chômage  fournissent l' occasion pour les syndicalistes et pour  les travailleurs opprimés dans le secteur public, pour les petits entrepreneurs  et  les travailleurs indépendants, de participer à des actions de  protestations  sans  être  victimes de représailles dans  leur  lieu de travail- détournant ainsi le  « facteur de peur » de la perte d'emploi.

La confrontation politique et sociale  tourne  autour des pôles opposés : l'oligarchie clientéliste  et les masses  exclues  (la rue arabe). Les premiers dépendent directement de l'Etat  (l'appareil militaire et policier) et les seconds  d'organisations non structurées, locales, informelles, ouvertes, improvistes. L'exception est la minorité étudiante  universitaire, qui  agit par le biais  d'Internet. Les syndicats industriels organisés  sont entrés dans   la mêlée récemment et  mettent  surtout  l'accent sur les revendications économiques de branche, avec quelques exceptions-en particulier dans les entreprises publiques, contrôlées  par les copains- oligarques, où les travailleurs  exigent  des changements dans la direction.  La résultante  des caractéristiques sociales des États rentiers , c'est que les  soulèvements  ne prennent  pas les formes de lutte des classes entre la force de travail salariée  et les capitalistes-industriels .En  émergent comme des révoltes politiques de masse   contre l'État oligarchique .Les  mouvements  sociaux basés sur la rue  démontrent  leur capacité de déclarer l' autorité étatique illégale, de paralyser l'économie et peuvent   conduire  à l'expulsion   des gouvernants  autocrates .

Mais la spécificité  naturelle  de ces  mouvements  de masse de  rue c'est de remplir  relativement facilement les places, mais aussi de  se disperser lorsque  sont évincés  les symboles de l'oppression Les mouvements basés sur la rue  manquent d'organisation et d'un   leadership  qui  proposerait et  encore moins  instaurerait  un nouvel ordre politique ou social. Leur force réside dans leur  capacité à développer des pressions sur les élites  et les institutions existantes, pas à  remplacer l'État et l'économie. D'où,  la surprenante légèreté   avec laquelle l'armée égyptienne a pu avec l'aide des États-Unis, d Israël et de  l'Union européenne  s'emparer du pouvoir et  protéger l'ensemble de l'Etat  rentier  et la structure économique et en même temps  maintenir  les liens avec  son  conseiller impérial.

Les conditions rapprochées  et l'«effet de démonstration»

La propagation des révoltes arabes  à travers l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et les États du Golfe est en premier lieu le   produit de conditions historiques et sociales similaires : Les Etats rentiers   dirigés  par les clans familiaux des oligarques, dépendant  des  « rentes » tirées de l'exportation forte du  pétrole  et de l'énergie, ce  qui réduit la grande majorité des jeunes aux  activités économiques courantes  basées sur la rue.« La force  de l'exemple » et «l'effet de démonstration » ne  peuvent être qu'en reconnaissant les mêmes conditions socio-économiques-politiques dans chaque pays. La force de la rue - les  mouvements urbains de  rue - supposent  la rue comme  scène économique des principaux acteurs et  prendre la place comme le lieu  de  l'exercice du pouvoir politique et  de la présentation  des  revendications s sociales.

Sans aucun doute les  succès partiels  en Egypte et en Tunisie ont conduit à l'explosion du mouvement ailleurs. Mais ils n'ont pu le faire  que dans   les pays ayant le même  héritage historique, les  mêmes  polarités sociales  entre le clan des  dirigeants-rentiers  et la force de travail marginale de la rue  et surtout, là  où  les gouvernants  ont été fortement  impliqués  et subordonnés aux groupes d'intérêts impériaux économiques et  militaires. . .


Conclusion

Les dirigeants-rentiers régentent à travers  leurs  liens avec les institutions militaires et financières des États-Unis et de l'Union européenne.Ils  modernisent leurs enclaves aisées et marginalisent   la jeunesse  qui  vient de  terminer sa formation la  confinant   dans les  emplois faiblement rémunérés, principalement dans le  secteur informel, concentrés dans les rues des grandes villes. La privatisation néolibérale, la réduction des prestations publiques (prestations de chômage, nourriture, huile comestible,  gaz,  transports,  la santé et  l' éducation), ont détruit  les liens paternalistes  grâce auxquels les gouvernants   contenaient  le mécontentement de la jeunesse et la  pauvreté ainsi que celui des élites cléricales et des chefs tribaux. L'agrégat de  classes et de  masses, modernes et traditionnelles, était un résultat direct du processus de neolibéralisation  par le haut et d'exclusion par le bas.

La promesse des «  réformateurs »  néo-libéraux  que le marché allait apporter des emplois biens payés  à la place  des subventions paternalistes, était un faux. La politique néolibérale  a  raffermi  la concentration de la richesse, mais a affaibli le contrôle de l'État sur les masses.

La crise économique capitaliste mondiale a entraîné les Etats-Unis à l'Europe à durcir  les  contrôles de l'immigration et ont éliminé l'une des soupapes de sureté des régimes-les départs massifs  de jeunes chômeurs  instruits, demandeurs d'emploi à l'étranger. L'émigration n'est plus une alternative à choisir. Le choix s'est rétréci à  lutte ou souffre. Des  études  montrent que ceux qui ont émigré,  ont tendance à être plus ambitieux,  mieux  instruits (dans le cadre  de leur  catégorie) et qui prennent le plus de risques. Maintenant,  attirés vers leur   leur mère patrie, avec   de  petites  illusions seulement  sur les possibilités outre-mer, ils sont contraints de se battre pour la mobilité individuelle chez eux par l'action collective politique et sociale.

De même qu'est important  le fait qu'au sein de la   jeunesse politique, les USA garants en quelque sorte des régimes rentiers sont vus comme une puissance impériale  déclinante  : sur le plan économique, ils  sont menacés par la Chine sur les marchés mondiaux Ils font face à  une défaite, comme  gouvernants coloniaux en Irak et en Afghanistan ; ils sont méprisés comme  le servant flagorneur et menteur d'un Israël de plus en plus discrédité Israël  malgré ses agents sionistes dans le régime d'Obama et dans  le Congrès. Tous ces éléments de déclin et de la honte de l'empire   ajoutent du courage  aux  mouvements  pour la démocratie, pour aller de l'avant contre les satellites américains et atténue sa crainte que la puissance de l'armée américaine  va  frapper et dresser  un  troisième front militaire.

Les mouvements de masse considèrent   leurs  oligarques comme des régimes de « troisième  ordre »: des Etats  rentiers  sous la domination des États-Unis, lesquels,   par contre,  sont sous le contrôle israélien-sioniste. 131 pays dans l'Assemblée générale des NATIONS Unies et l'ensemble du Conseil de sécurité, sauf les États-Unis condamnent l'expansionnisme colonial israélien ; avec le Liban, l'Egypte, Tunisie et  la montée   prochaine  de nouveaux régimes au Yémen et  à Bahreïn,  promettant   une  politique étrangère démocratique, les mouvements de masse découvrent que tous les  680 000 soldats  Israéliens avec leur  armement  moderne  ne lui  sont d'aucune utilité  en raison de son isolement diplomatique total, de la  perte de ses  clients rentiers  locaux  et  du  discrédit  total de  ses dirigeants militaristes boursouflés et de leurs agents sionistes dans le corps diplomatique des Etats-Unis.

Les structures socio-économiques et les conditions politiques elles mêmes  qui  ont  déclenché les mouvements de masse pro-démocratiques, les jeunes sans emploi et sous-employés, organisés dans la rue, représentent à présent  le plus gros problème :  Cette masse non structurée et non organisée peut elle devenir une force politique et sociale organisée qui s'empare du pouvoir d'Etat, démocratise le régime et en même temps crée une économie nouvelle, productive qui offre des emplois stables bien rémunérés  , l' économie qui manque jusqu'à présent dans l'économie rentière ? La conclusion politique actuelle n'est pas claire : les démocrates et les socialistes  rivalisent  avec  les forces néolibérales, cléricales et monarchistes   financées par les États-Unis.

Il est un peu trop tôt pour célébrer la révolution démocratique du peuple.


James Petras

James Petras est  professeur (à la retraite) de sociologie à l'université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux USA, et assistant  professeur à l' Université Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse au Canada. Il écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l'Amérique latine et du Moyen Orient.

PAYS ARABES: SAVOIR VERS QUOI «CHANGER»

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Ça bouge drôlement ces jours-ci, en Algérie, dans pas mal d'endroits. Je ne parle pas des marcheurs  qui animent la matinée du samedi, mais de ceux qui ne sont pas contents du changement qu'a subi le pays depuis 1988 et qui ne marchent pas. On ne les trouve pas sur Facebook, ils ne parlent pas de «démocratie» et ignorent tout de ce qui agite les partis politiques et les associations qui les accompagnent. Ils sont les étudiants qui n'aiment pas du tout les «réformes» qui ont affecté les performances de l'université, dont personne ne reconnaît le bien- fondé, sauf leurs concepteurs. Ils sont les chômeurs qui ne comprennent pas pourquoi il n'y a pas d'investissements, donc de création d'emplois, alors que le pays a de l'argent. Ils sont ceux que l'Etat a abandonnés, depuis qu'il a accepté que ce soit au marché de s'occuper du développement national. Ils sont ceux que le marché a laissés-pour-compte pour ne s'occuper que de ceux qui savent tirer leur épingle du jeu. Sans parler de changement, ils le proposent concrètement. Certains ne doivent pas les aimer en disant d'eux qu'ils sont des «tubes digestifs», mais des «opérateurs» du marché ont bien saisi le message et commencé à réfléchir aux réponses économiques qu'il faut donner.

Le seul problème est que le paysage politique n'exprime pas clairement «qui est pour quoi». On n'a droit qu'à des appels au «changement» sans que l'on nous précise ou que l'on sache vers où on déménage. Ce serait le minimum de voir vers où on veut nous emmener, car toutes les destinations ne sont pas verdoyantes pour tout le monde. Car le «changement» est bizarrement scandé par les puissants de ce monde. On le constate, en Libye, où les acteurs du «changement» ont trouvé grâce auprès des pires ennemis des peuples et ont opéré une jonction militaire avec eux. Ce n'est certainement pas pour les recettes du pétrole et du gaz de ce pays qui sont utilisées pour le bien-être du peuple dans son ensemble. Le peuple, lui, peut le savoir, mais personne ne lui a demandé son avis.

Comme il a toujours suivi les promesses, il s'est divisé entre fidèles de Kadhafi et pro-insurgés, alliés de l'Otan et parrainés par Sarkozy. Les deux pans sont à des lieux de distinguer le bout du chemin, tracé en dehors d'eux, sur lequel ils se sont engagés. Probablement celui de la destruction de l'Etat national symbole de résistance, au seul profit de la mondialisation libérale, sous les coups des F16 et des Rafale. En Tunisie et en Egypte, les peuples perçoivent déjà le sens du «changement Facebooké», ils n'en veulent pas et le disent tous les jours. Alors que ceux qui ont eu le «changement» escompté sont revenus à leurs affaires et s'indignent que le peuple continue de ne pas voir que le «changement» est réalisé.

En Tunisie, Hillary Clinton a dû sentir le vent de la contestation à son encontre. Les manifestants contre sa visite avaient envie de lui dire en face, ce qu'elle va lire dans la presse : «Nous avons fait la révolution tous seuls, sans que personne ne nous aide. Les Américains ont pendant longtemps soutenu le dictateur (Ben Ali) et ils veulent maintenant récolter les fruits de notre révolution». Un parler vrai sur ce qu'elle est venue faire. Un jour enverra-t-elle, peut-être, ses bombardiers à la place de sa souriante frimousse. Elle peut compter sur la «Ligue arabe», qui a tenu à réitérer  «son soutien à une zone d'exclusion aérienne en Libye», comme si la décision de l'ONU en avait encore besoin.


Par Badis Guettaf


Source : LE JOURNAL D'ALGERIE

lundi, 21 mars 2011

CINQ REMARQUES SUR L'INTERVENTION CONTRE LA LIBYE

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Par Michel Collon, le 20 mars 2011.

1. Humanitaire, mon œil ! 2. Qui a le droit de «changer un régime» ? 3. Les buts cachés. 4. La «communauté internationale» existe-t-elle ? 5. Apprendre des précédents médiamensonges.


1. Humanitaire, mon œil !

Vous croyez aux raisons humanitaires ? Obama, Cameron et Sarko sauveurs des Libyens alors qu'ils envoient des troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahreïn ? L'Occident soucieux de démocratie alors qu'il protège la répression du dictateur au Yémen ?

Vous croyez que Bernard-Henri Lévy se soucie vraiment de « sauver des Arabes », lui qui applaudissait aux bombardements sur les civils de Gaza ? « Le plus remarquable dans l'affaire, le vrai sujet d'étonnement, ce n'est pas la « brutalité » d'Israël. C'est, à la lettre, sa longue retenue » avait-il affirmé.

2. Qui a le droit de « changer de régime » ?

Le peuple libyen mérite certainement un meilleur leader qu'un dictateur qui a rempli les comptes suisses de toute sa famille. Kadhafi a aussi soutenu quelques dictateurs africains détestés.

D'un autre côté, il a fermement soutenu les Palestiniens et nationalisé le pétrole pour assurer des services sociaux à sa population. Le contraire de Moubarak et Ben Ali. Et c'est pour ça que l'Empire voudrait le remplacer par une parfaite marionnette.

Si demain, les Libyens étaient dirigés par un Chavez ou un Evo Morales, pour une véritable démocratie avec une justice sociale, qui n'applaudirait pas ? Mais si c'est pour le remplacer par des agents US comme Karzaï ou Al-Maliki et plonger ce pays dans le chaos pour des décennies comme l'Irak et l'Afghanistan... Comment appeler ça un progrès ?


Chaque peuple a le droit de se débarrasser de dirigeants qui ne lui conviennent pas, mais ce droit n'appartient pas aux grandes puissances impériales : USA, France et Grande-Bretagne. Celles-ci ne poursuivent que leurs intérêts propres. En fait, les intérêts de leurs multinationales.


3. Les buts cachés.


S'il n'y avait pas de pétrole en Libye, jamais l'Occident ne serait intervenu. Il faut quand même rappeler que la plupart des dictateurs africains ont été mis en place et sont protégés par les Etats-Unis ou la France, ou les deux ensemble.


Le véritable but de cette guerre, comme en Irak, c'est de conserver le contrôle du pétrole. A la fois source de profits énormes et instrument de chantage pour contrôler toutes les économies. En fait, les USA n'utilisent pas eux-mêmes le pétrole du Moyen-Orient, mais veulent contrôler l'or noir dans le monde entier. Comme instrument d'hégémonie.


Pour garder ce contrôle, il leur faut absolument sauver Israël. Et pour ça, lui assurer un cordon protecteur de régimes arabes corrompus mais présentant trois qualités :

  • Dociles envers Washington
  • Conciliants avec Tel-Aviv
  • Refusant d'appliquer la volonté de leurs peuples de faire respecter les droits des Palestiniens.

4. La « communauté internationale » existe-t-elle ?

Manipulé par l'argent et les chantages des USA, l'ONU n'est pas démocratique et ne représente pas les peuples. Les grandes puissances (néo)coloniales - USA, France et Grande-Bretagne - prétendent parler au nom de la « communauté internationale ».

Mais leur agression n'est soutenue ni par l'Allemagne, ni par la Russie, ni par la Chine. De plus, le Conseil de l'Europe avait exigé que l'Union africaine donne son accord, pour une intervention en Libye ; or, celle-ci a rejeté l'intervention.

Et toute l'Amérique latine a soutenu l'idée d'une médiation lancée par Hugo Chavez. Pourquoi les Occidentaux ont-ils refusé ? Parce que ce qui les intéressait n'était pas de sauver des gens, mais de s'emparer du pétrole.


En fait, les agresseurs sont une minorité. Comme par hasard, il s'agit des puissances les plus riches et les plus coloniales, et le terme « communauté internationale » est juste un terme de marketing. Car la politique des multinationales (vol des matières premières, surexploitation de la main d'œuvre, destruction de l'agriculture locale et des ressources naturelles, maintien de dictatures, provocation de guerres civiles) maintient dans la pauvreté une grande partie de l'humanité. Les intérêts sont donc entièrement opposés. Parler de « communauté internationale » est donc une imposture politique. Quand les médias reprennent cette expression, ils se rendent complices.


Si un peuple est uni et déterminé contre un dictateur, il trouvera la force de le renverser. Mais s'il s'agit d'une guerre civile (et personne ne nie que Kadhafi a également des soutiens importants), la solution de ce conflit n'est pas dans l'agression par les grandes puissances. Partout où elles sont intervenues (Irak, Afghanistan, Yougoslavie), la situation s'est aggravée. Elles ne poursuivent que leurs intérêts indignes, et s'ils l'emportent, le peuple libyen sera appauvri et plus exploité.


Dans le tiers monde, on comprend tout ceci beaucoup plus facilement. Mais dans les pays riches, non. Pourquoi ?


5. Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge.

Même dans la gauche européenne, on constate une certaine confusion : intervenir ou pas ? L'argument - massue « Kadhafi bombarde les civils » a pourtant été démenti par des sources occidentales et des sources de l'opposition libyenne. Mais répété des centaines de fois, il finit par s'imposer.


Etes-vous certains de savoir ce qui se passe vraiment en Libye ? Quand l'Empire décide une guerre, l'info qui provient de ses médias est-elle neutre ? N'est-il pas utile de se rappeler que chaque grande guerre a été précédée d'un grand médiamensonge pour faire basculer l'opinion ? Quand les USA ont attaqué le Vietnam, ils ont prétendu que celui-ci avait attaqué deux navires US. Faux, ont-ils reconnu des années plus tard. Quand ils ont attaqué l'Irak, ils ont invoqué le vol des couveuses, la présence d'Al-Qaïda, les armes de destruction massive. Tout faux. Quand ils ont bombardé la Yougoslavie, ils ont parlé d'un génocide. Faux également. Quand ils ont envahi l'Afghanistan, ce fut en prétendant qu'il était responsable des attentats du 11 septembre. Bidon aussi.


S'informer est la clé


Il est temps d'apprendre des grands médiamensonges qui ont rendu possibles les guerres précédentes.

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Source : MICHEL COLLON.INFO

dimanche, 20 mars 2011

LIBYE: UNE GUERRE EN PREPARATION DEPUIS NOVEMBRE 2010?


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Par Gilles Munier, le samedi 19 mars 2011

Sarkozy voulait sa guerre, il l'a - au forceps - grâce à Bernard-Henri Lévy, Alain Juppé, et au gouvernement conservateur anglais. Un exercice militaire de grande ampleur franco-britannique, planifié en trois mois - au lieu de six habituellement - va lui faciliter la tâche. Il est prêt pour attaquer« Southland »... entre le 21 et le 25 mars, un pays affublé d'un « régime dictatorial » au sud de la Méditerranée (1). Nom de code de l'opération « Southern Mistral », et celui de la première frappe : « Desert Storm » ! Elle est aujourd'hui programmée pour de vrai, quel que soit le nom qui va lui être attribué pour donner le change. Pour attaquer la Libye, donc, il ne manquait que l'habillage diplomatique de l'intervention occidentale, c'est-à-dire la caution du Conseil de sécurité de l'ONU et la constitution d'une coalition comprenant « nos bons vieux amis arabes ». C'est fait, en urgence.

On s'en souvient : « Desert Storm - Tempête du désert » était le nom choisi en janvier 1991 par le Pentagone, de l'attaque de l'Irak ordonnée par George Bush (père). L'opération avait été précédée par un exercice quasi identique à « Southland », dirigé quelques mois plus tôt au Koweït, par le général Norman Schwarzkopf. Le régime de Saddam Hussein était déjà clairement désigné comme l'ennemi.

Bye-Bye Kadhafi ?

On ne peut que s'interroger sur l'origine des informations alarmistes publiées dans les médias depuis le soulèvement de plusieurs tribus libyennes soutenues - pour des motifs en partie différents - par le courant islamique djihadiste. Le colonel Kadhafi n'est pas un ange, mais on a l'impression d'assister à un copier-coller de la campagne de diabolisation du Président Saddam Hussein : le Guide libyen « bombarde son propre peuple » - des diplomates et des ministres font défection - des massacres de civils sont dénoncés- les Berbères du djebel Nefousa sont menacés de génocide ; le tout repris en boucle sur la chaîne qatari Al-Jazeera.

A quand un tribunal spécial pour la Libye ? Il ne manque que les armes de destruction massive. Pas de chance : Kadhafi s'en est débarrassé, en 2004, sur les conseils de son « ami », Sir Mark Allen, chef du service Moyen-Orient du MI6, ex Intelligence Service. Un autre de ses « amis », le Premier ministre britannique Tony Blair, a pu ainsi lui décerner, en 2007, le titre de « solide partenaire de l'Occident » ! Comme dit Saïf-al-islam : « c'est vrai que quand tu es fort, tout le monde est tout gentil. Par contre, quand tu es sur le point de t'effondrer, c'est bye-bye... » (2).


(1) Site de « Southern Mistral » : http://www.southern-mistral.cdaoa.fr/

(2) Interview de Saïf-al-islam par Paris Match (9/3/11).


Source: OUMMA.COM

samedi, 19 mars 2011

LIBYE, UNILATERALISME ET NATIONS UNIES

 

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Par Alain Gresh, le dimanche 13 mars 2011

Alors que les rebelles perdent du terrain en Libye, une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire le 12 mars a décidé de demander aux Nations unies d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de ce pays (« Arab states seek Libya no-fly zone », Al Jazeera English, 12 mars). L'Algérie et la Syrie ont exprimé leurs réserves. La Ligue arabe a aussi confirmé que le gouvernement de M. Mouammar Kadhafi avait perdu sa légitimité et qu'elle ouvrait un dialogue avec l'opposition. Cette position est sans précédent dans l'histoire de la Ligue arabe : suspendre la participation d'un gouvernement à la suite de sa politique « intérieure » et entamer des contacts avec l'opposition. Par ailleurs, la Ligue s'est opposée aussi à toute intervention militaire en Libye, alors que de nombreuses inquiétudes s'expriment dans le Sud face à toute décision unilatérale occidentale.

Un sommet de l'IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) s'est tenu le 8 mars à New Delhi. Cette organisation, dont les activités sont peu couvertes par les médias occidentaux, symbolise pourtant la naissance de nouveaux acteurs sur la scène internationale (dans le cadre de sa série sur « les alliances insolites », Le Monde diplomatique de mars y consacre une double page). Déjà, on s'en souvient, le Brésil et la Turquie avaient tenté, sans succès, de contribuer à résoudre le dossier du nucléaire iranien (lire « Iran, vers une "communauté internationale" post-occidentale ? »).

Cette fois-ci, les trois puissances émergentes se sont penchées sur le Proche-Orient et la crise libyenne. Elles ont affirmé que toute mesure supplémentaire par rapport à la résolution 1970 du Conseil de sécurité (qui avait décidé de sanctions contre le régime de Kadhafi) ne pouvait être décidée que dans le cadre de la charte des Nations unies (lire Ranjit Devraj, « IBSA Together in Resisting No-fly Zone », IPS, 9 mars).

Le ministre brésilien des affaires étrangères a expliqué que la déclaration reflétait ce que pensait le monde non occidental : « Il est problématique d'intervenir militairement dans des troubles internes. Toute décision d'intervention militaire doit être considérée dans le cadre des Nations unies et en coopération étroite avec l'Union africaine et la Ligue arabe. » Une zone d'exclusion aérienne risque, a-t-il ajouté, de nourrir des sentiments anti-américains et anti-occidentaux qui ne sont pas présents pour l'instant (lire M K Bhadrakumar, « Arab revolt reworks the world order », Asia Times, 10 mars).

D'autre part, les trois pays ont souligné que la question palestinienne était au cœur des problèmes du Proche-Orient et qu'il fallait aller vers la création d'un Etat palestinien « souverain, indépendant, uni et viable, coexistant pacifiquement avec Israël, avec des frontières sûres sur les lignes de juin 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale ».Enfin, les trois pays ont confirmé leur volonté de coopération. L'Inde et le Brésil ont décidé de porter leur commerce de 7,8 milliards de dollars à 10 milliards et identifié des secteurs de complémentarité : l'énergie, le pétrole, le tourisme, l'industrie pharmaceutiques, les mines et l'agro-alimentaire. Les deux pays ont aussi signé un accord pour lever les restrictions sur leur compagnie aérienne respective.


Source: BLOG MONDE DIPLOMATIQUE.NET

LES INSUCCES S'ACCUMULENT EN ATTENDANT LES ECHECS PATENTS: LA PERTE AMERICAINE DE L'INITIATIVE HISTORIQUE



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Par Mohamed Bouhamidi, le 17 mars 2011.

Les révoltes populaires arabes nous auront laissé sur de grandes interrogations sur nous-mêmes et sur le(s) nouveau(x) sens du mot « révolution ». Interrogation plus pesante après la belle contradiction qui pousse la Ligue arabe à  lier les mains de Kadhafi pour alléger le travail de l'insurrection armée en Libye et autorise les pays du Golfe à intervenir contre les manifestants à Bahreïn.

Des plans et des réalités

Le poids de l'interrogation pèse encore plus quand on se souvient que l'Arabie saoudite, qui aide les insurgés en Libye et le pouvoir à Bahreïn, avait ouvertement et fermement manifesté son soutien à Ben Ali et surtout à Moubarak pour lequel elle a pris le risque de se fâcher avec les Etats-Unis.  Cette même ligue, muette pendant les semaines décisives de l'agression israélienne contre le Liban et Ghaza, fait l'événement en offrant à la France et à l'Angleterre la caution arabe à leur impérialisme humanitaire. Sarkozy pouvait désormais envoyer ses avions bombarder les bases et aérodromes militaires libyens en nous disant : «J'agis à la demande des Arabes.» Il faut avouer que c'est le must pour le néo-colonisateur : il revient à la demande du peuple concerné ! Ce n'est plus la seule demande du Conseil national de transition (CNT) qui appelle à l'aide mais celle de tous les Arabes - moins la Syrie et l'Algérie traitées d'avocats du diable par sa presse interventionniste  -. Ça fleure bon le paternalisme et le patriarcat.  Si des gens doutent de la représentativité du CNT, la Ligue arabe vient de lui donner la caution ethnique. La zone d'exclusion verra-t-elle le jour ? Sera-t-elle utile pour les insurgés dans  l'actuel rapport de forces ? Ou un développement ultérieur - très grave pour sa proximité avec nos frontières - précipiterait la Libye dans un scénario à la yougoslave ou à la serbe ? Chacun peut rechercher sur Internet des informations sur les scandaleuses richesses minières qui dorment dans le sous-sol des pays du Sahel. Chacun peut rechercher les stratégies à long terme appliquées par les Etats-Unis pour s'assurer la maîtrise de ces richesses et dont la clé est la remise en cause des frontières laissées par les colonisateurs et la création d'ethno-Etats et d'Etats confessionnels pour se débarrasser définitivement de l'idée, si intimement liée aux indépendances et à la  lutte anticoloniale, de souveraineté sur les richesses et ressources locales. La lutte pour l'indépendance, partout dans le monde, s'est fondée essentiellement sur le mot d'ordre de réappropriation de ses richesses.

Les Algériens ont même prolongé leur guerre de seize  mois pour ne pas perdre un centimètre du Sahara. La scission du Sud-Soudan va bientôt produire son plein effet psychologique et rendre «normale» l'hypothèse que les crises africaines du Sahel trouveraient peut-être leurs solutions dans de nouvelles frontières plus proches des réalités ethniques, culturelles, voire historiques, puisque l'occupation coloniale est venue partout contrarier et annuler des dynamiques de création de royaumes et d'empires africains.  Le tout est que ces nouvelles frontières abritent des Etats qui ne reposent plus sur l'idée de nation et  acceptent plutôt l'idée d'appartenance à une zone. Il suffit pour les lecteurs algériens que l'essentiel des efforts américains et de leurs promesses d'aide au commerce et aux échanges avance toujours la nécessité pour l'Algérie d'adhérer à la zone MENA et de promouvoir la Maghreb comme zone de réflexion et de projection économiques. L'approche est d'autant plus séduisante qu'elle reflète aussi une nécessité pratique pour les pays en voie de développement : celle de favoriser leurs échanges, d'aller vers des commerces Sud-Sud qui n'auront jamais lieu car ces zones ne changeront rien à la réalité des structures économiques si des gouvernements n'engagent pas des politiques économiques  nationales autonomes. Rien ne dit que ces projets de reconfiguration du Sahel aboutiront. Ni les forces politiques nationales de la région  ni les peuples n'ont dit leur dernier mot. Le cas libyen est symptomatique des difficultés que rencontrent les Etats-Unis et les pays d'Europe à mettre leurs visées en pratique. La crise économique a réduit leur marge de manœuvre. Les Etats-Unis en sont réduit à faire d'intolérables pressions sur les autres pays pour leur transférer le poids de leur endettement interne et à l'international.

Les contrariétés impérialistes

Les Etats-Unis, comme les pays européens, sont grandement conscients qu'ils auront à affronter des révoltes et des mécontentements populaires sur leur propre sol. Par ironie du sort, au lieu de mener les changements du Grand Moyen Orient devant leur assurer maîtrise politique et géostratégique pour le contrôle de l'accès aux hydrocarbures, les peuples arabes leur imposent une autre configuration politique qui annihile leurs tentatives de contenir les peuples  dans les limites souhaitées par les grandes puissances. Les défilés ministériels au Caire ne visent pas autre chose que de s'assurer d'un positionnement pro-occidental des autorités et de leur capacité à reproduire le système mis en place en donnant l'impression des grands bouleversements. Et le défilé des ministres à Tunis n'a pas, non plus, d'autres buts. Ce qui frappe, c'est le côté dérisoire des aides proposées, quelques millions d'euros, un chiffre infinitésimal face aux besoins réels et comparé aux superprofits que ces grandes puissances ont retiré de l'alignement des tyrans arabes sur les orientations et les modèles de l'Occident.

Pourquoi la génération des jeunes Arabes qui n'ont pas connu les indépendances et encore moins les luttes de libération se soulève-t-elle contre les dirigeants actuels ? Les raisons sont nombreuses et les analyses sérieuses ne manqueront pas d'émerger du plombage idéologique binaire que les médias dominants se renvoient comme des échos s'épaulant l'un l'autre pour donner à une propagande - savante et sophistiquée certes mais une propagande quand même - les apparences d'une vérité universelle. Mais surtout la redoutable efficacité d'un dogme religieux qui renvoie dans la géhenne du soutien aux dictatures tous ceux qui discutent les intentions réelles des puissances en mal d'ingérence. Bref, qui discutent cet «impérialisme humanitaire» comme l'a si bien nommé Jean Bricmont. Jamais nous n'avions connu un tel poids du «taisez-vous». Nous devrions nous rendre aux logiques «démocratiques» sans les interroger. Le premier facteur de cet impérialisme, c'est la terreur morale que nous devons absolument rejeter, la stigmatisation, la fermeture vers une seule alternative : c'est «soit l'Occident, soit la dictature». Et une fois de plus, pour se tirer des griffes des dictatures, il faut tomber dans celles qui les ont fabriquées ? Pour nous Algériens, la question reste cruciale. Comme les autres pays arabes, la génération des jeunes ne se souvient pas de la guerre de libération, ni de la misère des gourbis, ni de la misère des jours sans pain. Et personne au pouvoir ne leur donne à lire les souffrances indicibles que nous retrouvons dans les romans de Dib, de Feraoun, de Mammeri, de Kateb Yacine. Pas même la vérité romanesque d'Omar ramassant les poussières de charbon pour les ramener à Aïni ou de Fouroulou passant l'hiver glacial des montagnes kabyles. Ce n'est évidemment pas un accident. Comment appeler la condition coloniale, comment rappeler quelques raisons profondes de notre guerre de libération et nous faire les louanges de l'économie de marché et du libéralisme dont la condition coloniale n'est qu'un segment ? Notre jeunesse ne veut plus entendre parler d'un patriotisme devenu discours paternaliste et culpabilisant à l'endroit de jeunes supposés moins méritants que leurs aînés.

Le diable et son avocat

C'est en direction de la jeunesse, ce «carburant» du changement, que se fait le maximum de l'autre  l'effort de culpabilisation.  Nous nous retrouvons non plus dans l'analyse politique, dans la réalité  mais dans d'invraisemblables abstractions. D'un côté, des tyrans surexposés dans les médias avec profusion de leurs portraits grâce à toutes les techniques possibles. Voilà le diable. Et de l'autre côté, des manifestants  dont on ne sait pas grand-chose à part quelques figures qui doivent devenir des symboles, c'est à dire encore des abstractions. Des individus transformés en destin. Des images de l'histoire sorties d'un néant de l'histoire. En parallèle de la dictature morale chemine l'ensevelissement de l'histoire. Kadhafi a fait réellement  autant de morts que Saddam Hussein et, pourtant, aujourd'hui dans le bilan des morts, des tortures, des prisons, des atteintes aux droits de l'Homme, de la destruction de toutes les infrastructures de l'Irak et dans le bilan de la corruption que pèsent les crimes de Saddam Hussein devant ceux de Bush prolongés par Barak Obama ?  Car le prix Nobel de la paix est un authentique tueur et il le prouvera de plus en plus clairement que les Etats-Unis s'enfonceront dans la crise. Ils iront plus vite dans cette direction avec le séisme du Japon qui obligera ce pays à ne plus acheter la dette américaine pour essayer de s'en sortir. Le monde civilisé et les nations démocratiques ont affaibli à petit feu l'Irak avant de lui donner l'estocade. A l'époque, un grand débat a fait illusion dans les milieux de la gauche européenne comme dans les cercles des anti-impérialistes  repentis et convertis à la modernité ; ce courant était contre le dictateur Saddam Hussein et ne pouvait le soutenir contre une agression de la coalition internationale.

Le débat s'est joué à peu de choses près. Premièrement, ne pas soutenir un dictateur est revenu à se taire devant une agression impérialiste qui devait enlever un dictateur selon les buts claironnés mais qui a, en réalité, détruit un pays, un Etat et les forces productives lentement et difficilement accumulées. Le silence à une agression dirigée contre un pays et pas contre un homme.  C'est la même chose aujourd'hui pour la zone d'exclusion aérienne de Sarkozy et Cameron. Deuxièmement, cela s'est joué à la dénomination des choses. En refusant de nommer l'agresseur par son nom : l'impérialisme, c'est-à-dire tout le système de domination du monde qui règle tous les détails de la gestion de la planète, les «juste-milieu» ont dérouté complètement la volonté des peuples de résister car ils ne savaient plus où frapper. Ces peuples pouvaient s'indigner de l'agression américaine en Irak,  ce sont  les «valeurs démocratiques» de l'agression qui gagnaient du terrain.

Troisièmement, cela s'est joué à l'«irréalité». On demande aux peuples de devenir conformes au bon modèle occidental de la démocratie représentative comme si chacun de ces peuples ne vivaient pas dans des conditions économiques, sociales, culturelles extrêmement différentes et lourdement marquées par le choc colonial. À la suite du rouleau compresseur du FMI qui nous met tous à la même médication économique passe le rouleau compresseur de l'idéologie impérialiste qui nous impose à tous la même potion démocratique. Les Etats-Unis n'interviendront pas en Libye. Comme Bouteflika, ils ne veulent pas d'une zone d'exclusion aérienne. La presse algérienne va-t-elle les traiter d'avocats du diable ou de soutien aux dictatures comme elle l'a fait pour Bouteflika ? Les Etats-Unis sont contre l'exclusion car ils n'en ont pas les moyens. Ils ont suffisamment à faire aujourd'hui avec les dangers internes. Si une protestation comme celle du Wisconsin se reproduit, ils n'auront pas assez de leur Garde nationale. Et pour ceux qui l'ont oublié, les Etats-Unis ont souvent tiré sur leur peuple notamment pendant les protestations contre la guerre du Vietnam.  Ils s'en priveront d'autant moins s'il s'agit  de défendre Wall Street. Que pèsent les appels à l'intervention humanitaire devant les froides réalités financières et militaires ? Sarkozy se moque des Libyens. Il a soutenu le CNT dans l'intérêt d'Israël pas de la démocratie. Vous connaissez  un Arabe qui soit remarquable pour Bernard Henri Lévy sans que ce dernier manifeste son allégeance pleine et entière à Israël ? Il manquait à la France cette avanie : Sarkozy le lui a infligé en compagnie de Cameron dont Israël est le premier pays. Sarkozy, dans sa frénésie, a voulu aussi devancer l'histoire. Il n'avait pas compris que pour l'Allemagne et pour les Etats-Unis, même les intérêts d'Israël peuvent ne pas être prioritaires même s'ils sont rentables pour sa réélection en 2012.La grande leçon est que les Etats-Unis et l'Allemagne ont des intérêts nationaux à défendre en refusant l'aventure française.

L'Algérie a-t-elle des intérêts nationaux et les Algériens ont-ils intérêt à avoir les troupes et les armes de l'Otan à leurs frontières ?


Source : LA TRIBUNE ONLINE

mardi, 15 mars 2011

LIBYE: SARKOZY, KOUCHNER & CO

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Il y a quelques années, Bernard Kouchner, alors ministre français de la Santé et de l'Action humanitaire, voulait constituer une force européenne pour intervenir en Algérie, pour des «raisons humanitaires». Sa voix a ricoché sur l'indifférence que l'on accorde, en général, au  manque de sérieux, fut-il celui d'un homme politique. Un peu plus tard, il n'y a pas longtemps, il a rêvé tout haut : «La génération de l'Indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple». Oubliant que l'Histoire d'un peuple ne s'arrête pas avec le départ d'une génération.

Aujourd'hui, il se précipite derrière Nicolas Sarkozy, qui l'avait viré, et Bernard-Henri Lévy, dont il jalouse la fracassante irruption dans la crise libyenne. Il trouve l'occasion de pousser sa rengaine va-t-en-guerre contre la Libye en usant de la brosse à reluire vis-à-vis de son ancien patron. Il le juge  «courageux», insinuant la lâcheté des autres qui hésitent à frapper. Il pense certainement aux Etats-Unis qui n'excluent pas que Kadhafi pourrait bien reprendre les choses en main. Cette puissance, à l'inverse de son satellite qui s'excite le plus, sait ce que cela peut coûter de mettre les doigts dans un engrenage guerrier, pour être embourbée dans deux pays. Elle sait, aussi, que personne ne bougera sans qu'elle l'ait décidé. Ce ne sera pas en vain que la flotte étatsunienne fut la première sur les lieux. Les autres Européens sont encore plus prudents.

 

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Kouchner, lui, s'entête à embellir l'aventure : «Il faut d'ailleurs souligner que les acteurs de ce printemps arabe n'ont jamais dit du mal d'Israël, n'ont jamais appelé Al Qaïda et ont parlé de démocratie et d'Etat de droit». Allez savoir ce qu'Israël vient faire ici, si vous vous en tenez à ce qui est visible. Mais, il fallait que cela lui sorte des tripes. Bernard-Henri Lévy, lui, avait reconnu qu'il y avait des slogans antisionistes à Benghazi et les avait justifiés par le fait qu'ils étaient des «résidus du règne de Kadhafi». Une façon d'excuser ceux qu'il veut présenter comme des alliés pour convaincre la «communauté internationale» de déclencher son déluge de feu salvateur.

«Laurent Gbagbo doit être parti samedi», avait dit Sarkozy, on ne sait plus quand, et Laurent Gbagbo n'est toujours pas parti. Il vient de récidiver : «Kadhafi et sa clique doivent partir», et Kadhafi semble plus que jamais décidé à rester. Et plus encore, Sarkozy sera déjà parti que le «guide» sera peut-être toujours là, étant donné les derniers développements de la situation en France, autour des incivilités du premier et en Libye devant les reculs de la rébellion. Avec, en prime, une menace à l'horizon, qui se précise contre le truculent président français, qui serait la mise au jour d'affaires de gros sous, dont la presse tend de plus en plus à s'emparer pour y trouver les raisons de son impatience à en découdre par les armes. Voudrait-il couvrir par le vacarme des bombes, les révélations compromettantes, promises par Kadhafi, sur «un grave secret qui va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale». Beaucoup n'hésitent plus à en parler et à faire de troublants rapprochements entre la longue «amitié» des deux hommes et les indices de corruption qui suintent de partout. Si ça se gâte pour son maître, Kouchner se terrera, sûrement, le temps que soit oubliée son obséquiosité.


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

19:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : europe, france, afrique, libye, crise libyenne, bernard-henri lévy, mouammar kadhafi, laurent gbagbo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

SARKOZY FINALEMENT GRILLE PAR KADHAFI

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Le jeu du chat et de la souris entre ex-balladuriens devenus sarkozystes et chiraquiens bon teint a duré bien longtemps, je vous ai dit. Chirac étant un vrai tueur en politique, il fallait bien une fin à cette rivalité. Il semble que nous n'en soyons plus très loin. On pensait que l'histoire des rétro-commissions versées par les pakistanais serait l'histoire qui plomberait définitivement Nicolas Sarkozy. On vient de découvrir que ç'en est une autre. Les chiraquiens ont eu avec Kadhafi une prudence que n'aura pas eue Nicolas Sarkozy, qui a foncé tête baissée dans le piège tendu. Attiré par les sommes mirobolantes versées pour la vente de matériels au dictateur libyen, rêvant de toucher le jackpot, l'homme s'est compromis avec lui, c'est sûr, au point aujourd'hui de réclamer la tête de celui qui l'a aussi berné, en tentant de monter une opération à la Reagan pour éliminer physiquement Kadhafi, ou le forcer à quitter le pays. Sa réaction incompréhensible pour son propre nouveau ministre des affaires étrangères (un chiraquien !) ne peut s'expliquer que par ce que vient d'annoncer le dictateur roué : le pot aux roses des rétro-commissions n'a pas concerné que le Pakistan, et ce sont bien les mêmes qui en ont bénéficié. Après le Karachigate, voici venir le Tripoligate.

Nous revenons alors en 2003, l'année ou Chirac a repris définitivement les rênes, à savoir a bloqué toute ressource financière aux balladuriens. L'un des protagonistes des "affaires" va en prime subitement disparaître. Cest le fameux Sheikh, qui "va en fait décéder en 2004 à Genève dans des conditions assez floues, ce Saoudien d'origine yéménite, paré du titre de « grand chambellan », était l'homme des « missions difficiles » du roi Fahd d'Arabie saoudite" nous rappelle tout à coup Paris-Match qui découvre ainsi (enfin) l'affaire ! Encore un disparu de plus ! Mais ce n'est pas encore terminé pour autant. On retrouvera le même Ziad Takkiedine, envoyé sarkozyste, mêlé à bien d'autres contrats, toujours en train de ferailler avec son adversaire de toujours, le sulfureux Alexandre Djouhri (représentant de Chirac), mêlé lui à d'autres événements fort peu reluisants, dont celui de la rixe au George V, dont j'ai évoqué la piste ici-même également. Une affaire où l'on retrouvait également, quel curieux hasard, Roussin et Proglio. "Alexandre Djourhi, un milliardaire franco algérien, proche de la famille Delon" avais-je alors écrit, en poursuivant : "Curieux personnage que ce Djourhi. Un homme qui dispose "d'une suite à l'année à l'Hôtel Crillon" (et habite à Genêve !). Fort curieux, même. Mais les "affaires" et les "entretiens" entre nos deux lascars ne vont pas se passer comme d'habitude en ce milieu. Dans leurs "discussions", c'est nouveau pour conclure des contrats, les deux hommes avaient fini par en venir aux mains (au au George-V, devenu ring de catch !). Etonnement : Ajroudi, il faut le dire, n'est pas n'importe qui : c'est le représentant dans le monde du prince Al-Waleed (le neveu du roi d'Arabie Saoudite). On conçoit mieux la taille de l'enjeu (mais on imagine toujours pas un pugilat !). Personne ne se doutait que cela se terminerait ainsi. On en reste tout étonné... Comme en regardant l'organigramme de Veolia Environnement. En troisième position figure "M. Daniel Bouton  : 55 ans, nationalité française". Le PDG de la SOCGEN, pas encore dans la tourmente. Et ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé. Ce que le monde est petit."

On comprend que ces gens-là ont d'autres chats à fouetter que le commun des mortels. Et Chirac de vouloir à tout prix coincer financièrement son rival. Ce à quoi il va s'employer, effectivement avec une certaine maîtrise, à vrai dire. Sarkozy sera promptement évincé du contrat Miksa initié au départ par son vieux mentor Charles Pasqua (qu'il a trahi) ! Entretemps, Henri Proglio, au départ chiraquien, a viré sa cutie et est devenu supporter de Sarkozy, séduit par le baratin de... l'enjôleuse Rachida, qui n'a que son nom aux lêvres. On le retrouvera, lui, l'ancien du GUD (avec son jumeau) le soir de l'intronisation du Fouquet's, toujours aux côtés de Rachida la météore. Trop petit, ce monde, je vous disais naguère.

A peine réélu, Chirac a décidé de sévir, disais-je, comme nous le rappelle Gattegno : "Le 12 décembre 2003, Chirac exige l'annulation du voyage de son ministre de l'Intérieur et décide de placer le contrat Miksa sous la surveillance directe de l'Élysée. Il désigne pour cela Maurice Gourdault-Montagne, ancien directeur du cabinet d'Alain Juppé, devenu conseiller diplomatique du Président et homme des missions délicates. Jamais la suspicion au cour du pouvoir exécutif n'avait suscité une telle violence ni entraîné un chef de l'État aussi loin ainsi, l'Élysée s'est assuré, dans un ordonnancement inédit, la haute main sur le plus gros marché de matériels sensibles jamais négocié par l'industrie française ; chiraquiens et sarkozistes se renvoient ouvertement l'accusation de vouloir profiter du contrat saoudien pour remplir d'hypothétiques caisses occultes. Malgré la vigilance de Gourdault-Montagne, dont la réputation d'intégrité est sans tache, intermédiaires officiels et officieux s'affrontent en coulisse avec la même avidité. Des émissaires de Rafic Hariri, le Premier ministre et homme d'affaires libanais, très en cour à l'Élysée, se rapprochent des négociateurs saoudiens. Un avocat bien introduit au Moyen-Orient et en Afrique, ancien des réseaux Foccart, invoque sa proximité avec Dominique de Villepin pour être associé aux pourparlers..." et le contrat mirobolant échappera à Nicolas Sarkozy, quatre ans à peine avant de préparer son accession au pouvoir. Et Chirac placera ses jalons auprès d'Hariri pour s'installer après son départ de l'Elysée dans son luxueux appartement. Gratuitement, bien entendu (voir notre épisode précédent).

C'est pourtant Rafic Hariri en personne qui va arranger tous les bidons , comme on pourra le lire dans une note signée Frédéric Bauer, le responsable d'une société de sécurité, racontée par le "Journal du dimanche" du 5 décembre 2010. "Cette note révèle également, selon le JDD, une intervention, « inconnue jusqu'à présent », de l'ancien premier ministre libanais tué en 2005 dans un attentat, « dont la banque aurait débloqué, dans le plus grand secret, 300 millions de francs de l'époque ». Ziad Takieddine affirme ainsi avoir rencontré Rafic Hariri à Paris. « Il m'a dit qu'il allait déjeuner le jour même avec Jacques Chirac, puis qu'il me verrait dans l'après-midi. Ce qu'il a fait. Les choses se sont alors arrangées », raconte-t-il au journal."Un accord avec la Sofresa est scellé en présence de leurs avocats respectifs et de l'avocat personnel du premier ministre libanais à l'hôtel Hilton de Genève.Par cet accord, il renonce aux termes initiaux du contrat Sawari II, en échange d'une commission pour lui et ses « contacts saoudiens », précise M. Takieddine au JDD. En mars 1997, il reçoit de la Banque de la Méditerranée, de Rafic Hariri, la somme de 300 millions de francs (45 millions d'euros) en quatre versements". Malgré ça, quelques années plus tard, Takieddine s'en prendra violemment à Jacques Chirac, l'accusant de l'avoir mêlé à l'affaire pakistanaise !


Source : AGORAVOX

02:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monde, europe, france, libye, sarkozy grillé par kadhafi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 11 mars 2011

FIDEL CASTRO : «LE PLAN DE L'OTAN EST D'OCCUPER LA LIBYE»


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L'ancien président cubain Fidel Castro, le leader de la révolution cubaine.


Le pétrole est devenu la principale richesse aux mains des grandes transnationales yankees ; cette source de richesse leur a permis de disposer d'un instrument qui a accru considérablement leur pouvoir politique dans le monde.


Quand elles avaient décidé de liquider la Révolution cubaine qui venait de promulguer les premières lois justes et souveraines dans notre patrie, elles avaient recouru à une arme qu'elles jugeaient imparable : nous priver de pétrole.

C'est sur cette source d'énergie que s'est développée la civilisation actuelle. Sur notre continent, le Venezuela a été le pays qui l'a payé le plus cher dans la mesure où les « USA » s'étaient emparés des gisements énormes dont la Nature a doté ce pays frère.

À la fin de la dernière guerre mondiale, des quantités toujours plus élevées de pétrole ont été extraites des gisements d'Iran, ainsi que ceux d'Arabie saoudite, d'Iraq et des pays arabes situés autour qui en devinrent les principaux fournisseurs.

La « consommation mondiale » n'a cessé de s'élever pour atteindre le chiffre fabuleux d'environ quatre-vingts millions de barils par jour, y compris ceux qui sont extraits des États-Unis, à quoi sont venus s'ajouter le gaz, l'énergie hydraulique et l'énergie nucléaire. Le charbon avait été jusqu'au début du XXe siècle la source d'énergie fondamentale qui permit le développement industriel, avant la production de milliards de véhicule automobiles et de moteurs consommant le carburant liquide.

Le gaspillage du pétrole et du gaz est associé à l'une des plus grandes tragédies, absolument pas solutionnées, que souffre l'humanité : les changements climatiques.

Quand notre « Révolution » a vu le jour, l'Algérie, la Libye et l'Égypte n'étaient pas encore productrices de pétrole, et une bonne partie des grosses réserves de l'Arabie saoudite, de l'Iraq, de l'Iran et des Émirats arabes unis restaient encore à découvrir.

La Libye est devenue en décembre 1951 le premier pays africain à atteindre son indépendance après la « Deuxième Guerre mondiale » au cours de laquelle son territoire fut le théâtre de combats importants entre les troupes allemandes et celles du Royaume-Uni qui rendirent célèbres les généraux Erwin Rommel et Bernard L. Montgomery.

Le territoire de la Libye est désertique à 95%. La technologie a permis de découvrir d'importants gisements d'excellent pétrole léger - qui produisent aujourd'hui 1,8 million de barils par jour - et des gisements abondants de gaz naturel. Cette richesse a permis au pays d'avoir une espérance de vie de presque soixante-quinze ans et le revenu par habitant le plus élevé d'Afrique. Son rude désert est situé sur un énorme lac d'eau fossile, qui fait le triple de la surface de Cuba, ce qui lui a permis de construire un vaste réseau de conduits d'eau potable à travers tout le pays.

La Libye, qui comptait un million d'habitants à son indépendance, en a aujourd'hui un peu plus de six.

La « Révolution libyenne » a eu lieu en septembre 1969. Son principal dirigeant était Mouammar Kadhafi, un militaire d'origine bédouine, qui s'inspira dès sa première jeunesse des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Nombre de ses décisions furent sans doute associées aux changements qui se produisirent quand, tout comme en Égypte, une monarchie faible et corrompue y fut renversée.

Les habitants de ce pays ont des traditions guerrières millénaires. On dit que les anciens Libyens firent partie de l'armée d'Annibal quand celui-ci faillit liquider l'ancienne Rome en traversant les Alpes.

On peut être d'accord ou non avec Mouammar Kadhafi. Le monde est actuellement bombardé de nouvelles de toutes sortes, surtout produites par les médias. Il faudra attendre le temps nécessaire pour connaître vraiment ce qu'il y a de vrai et de mensonges ou de semi-vérités dans ce qu'on nous dit de la situation chaotique en Libye. Ce qui est absolument évident à mes yeux, c'est que l'administration étasunienne se fiche bien de la paix en Libye et qu'elle n'hésitera pas à donner l'ordre à l'« OTAN » d'envahir ce riche pays, peut-être même dans quelques heures ou quelques jours.

Ceux qui, motivés par de perfides desseins, ont inventé, hier dimanche 20 février 2011 dans l'après-midi, le mensonge selon lequel Mouammar Kadhafi se dirigeait au Venezuela, ont eu droit aujourd'hui à la digne réponse du ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, qui a affirmé « souhaiter que le peuple libyen trouve, dans l'exercice de sa souveraineté, un règlement pacifique à ses difficultés, de façon à préserver son intégrité et celle de sa nation, sans ingérence de l'impérialisme ... ».

Je n'imagine pas, quant à moi, que le dirigeant libyen puisse abandonner le pays et fuir les responsabilités qu'on lui impute, qu'elles soient fausses ou non en tout ou partie.

Toute personne honnête sera toujours opposée à n'importe quelle injustice commise contre n'importe quel peuple du monde. La pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l'« OTAN » s'apprête à commettre contre le peuple libyen.

Pour les chefs de cette organisation belliciste, il y a urgence. Il faut le dénoncer !


Source: NERRATI.NET

01:29 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monde, amérique latine, cuba, libye, fidel castro soupçonne l'otan, mouammar kadhafi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 20 janvier 2011

KADHAFI PREND POSITION: «CE N'EST PAS A LA FRANCE ET AUX USA D'IMPOSER UN PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE»



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Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent Gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

 

Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mouammar Kadhafi qui a présidé cette rencontre, n'y est pas allé du dos de la cuillère. "Ce n'est pas à la France et aux États-Unis d'imposer un président à la Côte d'Ivoire. Le peuple ivoirien est mature. C'est en toute souveraineté qu'il se choisit un président. Il faut que les Occidentaux respectent la souveraineté des États africains. Ils n'ont pas à s'ingérer dans les affaires internes d'un État africain", a t'il martelé. A également pris part à cette importante rencontre, une forte délégation du forum des rois, sultans, princes, cheicks et chefs coutumiers africains.


Source: IVOIREVOX.COM