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lundi, 19 mars 2012

LE QUOTIDIEN LE MONDE INCENDIE LE PROCUREUR DE LA CPI: «OCAMPO EST SOUMIS AUX OCCIDENTAUX»

 

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Dans un article au vitriol, la correspondante du quotidien parisien du soir, «déshabille» le magistrat argentin, dénonce sa servilité vis-à-vis des puissances occidentales et dévoile ses méthodes absolument douteuses. Ces critiques sont émises depuis plusieurs mois déjà... par votre quotidien préféré. La charge est violente. Et surprenante de la part du quotidien Le Monde, soutien inconditionnel de la «gouvernance mondiale» et des aventures guerrières occidentales en Côte d'Ivoire, en Libye et en Syrie. Dans son édition datée d'aujourd'hui, Le Monde revient, sous la plume de Stéphane Maupas, sur le premier jugement rendu par la Cour pénale internationale en dix ans d'existence. Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga a en effet été reconnu coupable de «crimes de guerre» avant-hier. Ce jugement sera sans doute le seul rendu par le procureur Louis Moreno-Ocampo, qui plie ses bagages en juin prochain. La question de son bilan et de ses méthodes plus que discutables est donc à l'ordre du jour. Et Le Monde ne passe pas par quatre chemins pour le tacler sévèrement. «Dans ses communiqués, M. Moreno-Ocampo revendique une impartialité qui est démentie par les faits. Poignée de main chaleureuse avec l'Ougandais Yoweri Museveni, admiration déclarée pour le Rwandais Paul Kagamé, dont les pratiques sont pourtant dénoncées par l'ONU et les ONG», écrit Le Monde. Qui aurait également pu noter la rencontre discrète d'Ocampo et de Ouattara à son domicile privé parisien, et la «poignée de main chaleureuse» avec Guillaume Soro, pourtant soupçonné des pires crimes contre l'humanité. A Yoweri Museveni et Paul Kagame, qui ont historiquement prêté leurs pays comme bases arrières aux rébellions congolaises et qui ont été les alliés indispensables des multinationales qui pillent la RDC, Le Monde aurait pu adjoindre Blaise Compaoré, revolver françafricain tendu sur l'Afrique de l'Ouest, complice de Charles Taylor au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire mais jamais inquiété, tellement dans le secret des dieux qu'il a pu «prophétiser» dès 2003 sur l'extradition du président Laurent Gbagbo à la CPI. Museveni, Kagame et Compaoré sont les alliés des Occidentaux et des «nouveaux prédateurs» en Afrique et, sous Ocampo, cela vaut impunité.

Le Monde poursuit dans sa lancée. «C'est par le jeu des preuves que la justice internationale peut être manipulée. En enquêtant par des intermédiaires, par procuration, le procureur multiplie les risques. Sa victoire dans l'affaire Lubanga semble être une goutte d'eau dans la lutte contre l'impunité au Congo. En obéissant à la même stratégie au Darfour, en Libye ou en Côte d'Ivoire, M. Moreno-Ocampo reste soumis au bon vouloir des puissances régionales et occidentales», écrit Stéphanie Maupas. En évoquant les «intermédiaires» dont se sert l'actuel procureur, la journaliste du Monde met les pieds dans le plat et permet de comprendre la pertinence de la démarche de l'avocat principal du président Gbagbo à la CPI, Maître Emmanuel Altit, qui entrave la stratégie d'Ocampo, qui veut «expurger» (faire disparaître des dossiers) de manière systématique et sans s'expliquer les noms de ses «victimes» mais également de tous les membres de son bureau, de tous ses enquêteurs et de tous ses traducteurs. Parce que, selon toute évidence, il a travaillé main dans la main avec des officines du RDR, et ne voudrait pas que la Défense enquête sur ses enquêteurs et leur crédibilité. La référence aux «intermédiaires» fait également penser à l'utilisation excessive de Human Rights Watch, ONG financée en grande partie par le milliardaire Georges Soros, qui est réputé avoir financé la campagne d'Alassane Ouattara.

Couper ses accusations de la racine du conflit

La technique d'Ocampo, qui consiste à «séquencer» les crises et les crimes liés à ces crises afin d'accabler les personnes qu'il vise, sans avoir à s'en prendre aux protégés des grandes puissances, est également dénoncée par la correspondante du Monde à La Haye. «Jean-Pierre Bemba, principal opposant au président congolais, Joseph Kabila, est à La Haye depuis novembre 2010. Il est un acteur majeur des guerres de l'est du Congo. Mais pourtant, devant la CPI, il ne répond que des crimes commis en République centrafricaine. Un peu comme si le tribunal pour l'ex-Yougoslavie avait inculpé l'ancien président Slobodan Milosevic pour la seule guerre du Kosovo, faisant l'impasse sur son rôle en Bosnie-Herzégovine. Les accusations du procureur sont circonscrites à quelques faits. Elles ne donnent pas une vision claire des responsabilités dans la guerre féroce que se sont livrés par milices interposées l'Ouganda, le Rwanda et le Congo. Seuls deux autres chefs de milices, Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga, sont poursuivis pour crimes contre l'humanité en raison du massacre de 230 personnes à Bogoro, village d'Ituri, le 24 janvier 2003. Une seule journée dans une guerre de dix ans pour laquelle il n'existe pas de bilan précis, mais qui, selon l'ONU et les ONG, a fait plusieurs centaines de milliers de morts. En coupant ses accusations de la racine du conflit, le procureur a posé un acte politique. Ni le pouvoir ougandais ni le régime rwandais ni les responsables de Kinshasa n'ont été inquiétés ; aucun responsable clé n'a été cité, ne serait-ce que comme témoin», écrit-elle. La volonté d'Ocampo de n'enquêter, au départ, que sur la guerre post-électorale ivoirienne ne relève-t-elle pas des mêmes techniques de saucissonnage opportuniste ? Sur le dossier ivoirien, la question de «la racine du conflit» est un tabou réel. Le malaise du bureau d'Ocampo à l'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter sur le dossier ivoirien au début de la rébellion en 2002 est ainsi apparu dans les propos de Pascal Turlan, conseiller français du magistrat argentin. «On va regarder ce qui s'est passé depuis 2002 mais on n'a pas d'obligation d'enquêter sur ces crimes-là, on a maintenant la compétence pour le faire si on le souhaite et si on l'estime pertinent».

«Il voulait conduire une affaire rapide et facile»

Le pli politicien de Luis Moreno-Ocampo, plus soucieux des effets de manche que de la soif de justice des victimes, transparaît également de l'article du quotidien français. Pour gagner du temps, et se donner de la contenance avant son départ, le procureur qui n'avait jusque-là bouclé aucun de ses nombreux dossiers, a envoyé valdinguer toutes les charges relevant des violences sexuelles et des massacres au sujet de l'affaire Lubanga. «Le procureur nous avait demandé d'oublier les massacres, il voulait conduire une affaire rapide et facile», affirmait en 2009 un enquêteur qui avait claqué avec amertume la porte de la Cour», révèle Stéphanie Maupas. Au final, l'article du Monde reprend quasiment tous les griefs que les analystes ivoiriens critiquant la méthode Ocampo ont développés ces derniers mois. Le Nouveau Courrier n'est pas peu fier d'avoir été à la pointe du combat contre les impostures du procureur argentin sur une affaire Gbagbo qu'il laissera comme une patate chaude à son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, qui sera déjà à la barre lors de l'audience de confirmation des charges le 18 juin prochain. Bien entendu, rien ne prouve qu'elle sera plus soucieuse du droit et moins politicienne que son prédécesseur. Comme lui, elle a été, au fond, cooptée par les puissances occidentales qui utilisent tant la CPI comme un jouet que son crédit ne cesse de s'éroder. Dangereusement.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 08 mars 2012

HOMMAGE A TOUTES LES FEMMES RESISTANTES DE COTE D'IVOIRE!

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Bonne fête et joyeuse journée à toutes les femmes de Côte d'Ivoire et du monde, en ce jeudi 8 mars 2012!

Ce bouquet de roses en forme de coeur pour vous dire tout notre amour, notre estime et notre gratitude, vous les plus belles et les plus merveilleuses des créatures de DIEU. Merci pour tout ce que vous faites et pour tout ce que vous êtes pour nous!

Un hommage spécial à toutes les femmes résistantes de Côte d'Ivoire et une pensée spéciale à la plus illustre d'entre elles: Simone Ehivet GBAGBO!
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Que DIEU vous bénisse richement!


DINDE Fernand AGBO

mercredi, 07 mars 2012

LIBYE - LE CNT INCAPABLE DE GERER LA LIBYE, LES LIBYENS PLEURENT KADHAFI


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Kadhafi, l'Africain

Comme un seul homme, les médias "mainstream" reprennent les informations de l'AFP sans plus analyser quelque chose. Ainsi, c'est par cette introduction lapidaire qu'ils annoncent la fin de la Libye: "Des chefs de tribus et de milices de l'Est libyen ont déclaré mardi l'autonomie de cette région pétrolière, où est née la révolte qui a fait chuter Mouammar Kadhafi, faisant craindre une partition du pays, où les nouvelles autorités peinent à exercer leur autorité".

Souvenez-vous, j'avais fait le serment de dire tout ce que je sais, savais, sur la Libye, en juin dernier dans un billet après mon passage sur Télésud (vidéo en dessous), dont voici l'extrait:

" Même sous la torture, tant pis pour le prix à payer, quelque soit ce que ça me coûtera, je dirai toujours la vérité sur le dossier libyen qui est une vaste fumisterie. Quant à nos amis du CNT, ils ne pourront jamais avoir la main mise sur la Libye. Jamais ".

Finalement, toutes nos prévisions sont entrain de se révéler vraies. Le CNT ne peut pas gouverner la Libye. L'OTAN a installé des faibles, pour mieux piller le pays. Sachant que les Libyens ne peuvent accepter de revenir à un Royaume, le clan Sénoussi qui a piloté la révolte de l'Est libyen, est aux avant-poste, aussi, pour réclamer son autonomie. Le Conseil intérimaire de Cyrénaïque comme il s'est baptisé a été établi sous la direction de Cheikh Ahmed Zoubaïr al-Sénoussi, cousin du roi Idriss déposé en 1969 par Kadhafi sans effusion de sang.

La presse française vient enfin de diffuser ce dont nous parlions ici le 02 mars dernier, avec la profanation des tombes des soldats et du Commonwealth tués en Afrique du Nord lors de la seconde guerre mondiale par les renégats de Benghazi. C'est L'Express qui en parle, sans toutefois préciser qu'il y avait aussi des tombes juives. Ah, les ingrats ! Aidés par David Cameron pour assassiner le frère guide Mouammar Kadhafi, le résultat est vraiment très amusant. Comment Mouammar Kadhafi l'homme traité de tous les noms d'oiseaux dont d'antisémitisme a pu laisser en place ces tombes durant 42 ans ?

Ce que la presse dominante refuse de reconnaître, c'est que cette fameuse Cyrénaïque n'a connu son développement que sous l'impulsion de Kadhafi. Faut-il vous faire un dessein ? Regardez la vidéo n°1. Contrairement aux affirmations mensongères de la presse, Le CNT de plus en plus faible est incapable de gérer la Libye et par conséquent, ses dirigeants presque tous issus de l'Est libyen veulent créer un petit Émirat et laisser tomber la Tripolitaine (ouest, zone de Tripoli) et le Fezzan (sud libyen), moins riche. Seul Kadhafi ne voulait pas la partition de la Libye et redistribuait équitablement les richesses de son pays...

Nous étions en juin 2011, bien avant l'assassinat que l'ONU a commandité avec les mains américaines, françaises, anglaises et....africaines. Pas de doute possible, la malédiction Kadhafi se payera un jour. On ne peut surfer éternellement sur cette injustice faite au peuple libyen.


Source: Le blog d'Allain Jules

mardi, 06 mars 2012

SYRIE - HOMS LIBEREE: NOUVELLES REVELATIONS SUR LE TERRAIN A BABA AMR


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Ça y est. L'armée syrienne a pénétré Baba Amr et en a chassé les groupes armés. Une occasion qui a permis aux caméras de presse de révéler toute la vérité sur ce qui s'est déroulé pendant les trois dernières semaines dans ce quartier de Homs.

A première vue, les images diffusées montrent une région fantomatique complètement dévastée. Plus rien n'y bouge. Des immeubles et unités résidentielles ont été transformés en ruine, laissant constater la dureté des combats auxquels se sont livrées les forces syriennes contre des groupes, sans aucun doute, armés jusqu'aux dents.

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Près de 700 hommes armés, arabes et étrangers à la fois, ont mis bas les armes à Baba Amr, le bombardement des tunnels leur en ont coupé tout approvisionnement. Les gangs et leurs munitions se trouvent actuellement aux mains des forces sécuritaires syriennes, et personne ne peut dorénavant démentir les vérités suivantes suite aux aveux des insurgés qui viennent de capituler:

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- Les hommes armés arrêtés par les forces syriennes sont originaires des pays du Golfe, de l'Irak, et du Liban. Des membres de renseignements qataris, des combattants afghans, turcs, et des Européens, notamment des Français, ont eu aussi « l'honneur » de combattre côte à côte l'armée nationale syrienne. C'est ce qu'a révélé l'expert syrien des affaires stratégiques, Salim Harba, dans une interview au site d'information d'alManar.

- Des armes israéliennes, européennes et américaines ont été confisquées à Baba Amr. Ces armes sont tellement sophistiquées qu'elles n'ont pas encore été testées dans les pays producteurs, ajoute l'expert, qui promet la révélation prochaine par les autorités syriennes de nombreuses informations à ce sujet, tenues secrètes jusque-là.

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Armes confisquées à Baba Amr - Des obus israéliens, des jumelles nocturnes, des roquettes, des systèmes de vision nocturne, des systèmes de télécommunications très sophistiqués ont été également saisis par l'armée syrienne.

- Des stations de communications ont été mises en place sur le territoire libanais afin de superviser les opérations militaires à Baba Amr, et d'assurer le contact entre les commandants sur le terrain et un bureau de coordination dirigé par des membres de renseignements dans la capitale qatarie, Doha.

- Ces stations de communications ont été commandées à partir du Liban par des personnalités libanaises, dont des députés du Courant du Futur, révèle aussi l'expert syrien dans son interview. «C'est ainsi que la région de Wadi Khaled a constitué la profondeur stratégique de Baba Amr pendant les combats», a-t-il affirmé.

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Le Mossad et Black Water supervisent depuis le Qatar les opérations à Homs

De même source, on confirme qu'un bureau de coordination a été mis en place au Qatar, sous le parrainage des Etats-Unis et des pays du Golfe. Ce bureau regroupe des agents de renseignements américains, français, qataris et saoudiens, ainsi que des membres de l'agence de renseignement américaine, la CIA, du Mossad israélien, de la compagnie Black Water, et certes des figures éminentes du « conseil transitoire syrien».

Le Qatar a, en effet, finalisé une transaction avec des compagnies d'armement israélo-américaines pour armer les gangs armés, et les pays du Golfe ont financé l'accord.

Et Harba d'ajouter que les autorités syriennes possèdent des documents et des aveux qui bouleverseront la situation contre tous les pays ayant participé à ce complot. « Même les pays voisins connaitront un changement sécuritaire et politique après ces révélations », a-t-il dit.

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Les journalistes européens exfiltrés au Liban via des tunnels

Arrivés à leurs pays après neuf jours passés à Homs, les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, n'ont pas oublié de rendre hommage aux rebelles qui les ont exfiltrés. Il suffit de lire leur compte rendu publié dans Le Figaro de samedi pour faire taire toutes les allégations sur l'absence de tunnels de contrebande entre le Liban et la Syrie.

«Une première tentative à travers un tunnel a échoué sous les bombardements syriens, dans la nuit du 26 au 27 février, seuls Paul Conroy et Javier Espinosa sont parvenus à être exfiltrés par l'ASL (armée syrienne libre) et à gagner le Liban... L'ASL a alors décidé de sortir les deux journalistes par un véhicule, le long d'un itinéraire secret. Edith Bouvier et William Daniels sont allés de cachette en cachette... Leur itinéraire était ouvert par des éclaireurs qui connaissent les routes et les chemins détournés.

En changeant plusieurs fois de véhicule (pick-up, camion), sur des chemins de montagne, les deux journalistes ont atteint la frontière libanaise jeudi soir, avant d'être rapatriés par avion, vendredi, en France», racontent les deux journalistes.

Preuve à l'appui, l'ASL usait bel et bien de tunnels qui liaient Baba Amr au territoire libanais, des tunnels servant à l'acheminement d'armes et de combattants, et non comme le prétendait le Telegraph sur la présence de tunnels pour abriter les civils.


Source: INFOS D'ALMANAR

dimanche, 04 mars 2012

LES ETATS-UNIS ET AL-QAEDA DANS LE MEME BATEAU AU MOYEN-ORIENT



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Après avoir saoulé le monde entier par le prétendu complot islamiste de Ben Laden contre les Etats-Unis dont les attentats sur les tours jumelles de Wall Street à Manhattan, le 11 septembre 2001, ont fait plus de 3.000 morts, voici aujourd'hui le pays de l'Oncle Sam allié à Al Qaida (qui l'eut cru, il y a 10 ans?) pour établir la démocratie (?) en Syrie, en appuyant sans vergogne des mouvements terroristes étrangers contre Bachar Al-Assad. Vous y comprenez quelque chose, vous, à la politique américaine? Pourquoi les Etats-Unis ont-ils alors écumé le monde pour combattre Al Qaida et ont-ils détruit l'Irak et l'Afghanistan, s'ils ont les mêmes valeurs et les mêmes idéaux? Obama souille la mémoire des 3.000 américains qui ont péri dans ces attentats, avec la caution de toute l'Amérique. Nous sommes en plein rêve debout! Il se trouvera après des individus pour soutenir qu'il n'existe pas de conspiration lié au 11 septembre 2001! Foutaises que tout ceci! Fernand Dindé.

 

« Croit-on sérieusement que si le régime change de face en Syrie, un régime démocratique va le remplacer? » s'est demandé M. Evgueni Primakov, ancien Premier ministre russe, dans une interview accordée à la chaîne de TV Russia Today, soulignant que les Etats-Unis et al-Qaëda sont maintenant « dans le même bateau ».

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Il a fait noter que Ayman al-Zawahiri (actuel numéro 1 d'Al Qaëda) avait annoncé un appui historique à "l'opposition" en Syrie en allusion aux terroristes eux-mêmes.

Mais que diable fait la France dans cette galère?


Source: DECAP' ACTU

mardi, 21 février 2012

LES MENSONGES «DEMOCRATIQUES»

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Comme au bon vieux temps des conquêtes coloniales, les Arabes et assimilés, les monarques en tête, bachaghas et caïds des temps modernes, en bons supplétifs, tambours battants, ouvrent la voie aux maîtres. Ils s'en vont démocratiser les irréductibles d'entre eux, qui leur sont désignés, qui refusent de s'aligner ou de les suivre dans leur équipée. Ils ont volé au secours des «révolutionnaires» libyens, ils sont en train de le faire pour la Syrie. Ils n'ont rien à craindre à le faire, ils sont les légions avancées de l'ordre mondial. De plus, il vaut mieux faire du zèle que de fâcher les maîtres qui, en matière de démocratie, ont plus d'un reproche à leur faire. Le problème est que, cette fois-ci, cela ne se passe pas exactement comme prévu. Les maîtres s'interdisent d'aller démocratiser eux-mêmes. Ils ont décidé, aux dernières nouvelles, de garder leurs avions, leurs pilotes et leurs bombes bien au chaud. Tout cela parce que les Russes et les Chinois se sont dit qu'il n'était pas question de se faire blouser une seconde fois. Ce qui a changé, fondamentalement, les données.

Ce sera, donc, en toute probabilité, aux Arabes et eux seuls d'aller au casse-pipe. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont envisagé une opération a minima. Ils veulent faire accepter au pouvoir syrien d'intervenir en tant que «force d'interposition». Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a expliqué que ce n'était pas si simple, dans une phrase simple : «Pour déployer une force de maintien de la paix, il faut l'autorisation de la partie qui la reçoit, tout d'abord. Deuxièmement, pour envoyer une mission de maintien de la paix, comme on l'appelle dans le jargon de l'ONU, il faut qu'il y ait une paix à maintenir». Le Russe a remis les choses à plat et a utilisé des formules désintoxiquées. «Il faut qu'il y ait une paix à maintenir», c'est fort de sens et une très judicieuse remarque. En clair, il veut dire qu'il ne suffit pas de mettre en branle l'armada médiatique et un CNT pour asseoir la vérité. Si tant est que le «droit d'ingérence» est accepté, il faudrait, pour le moins, qu'il y ait des raisons sérieusement établies. Ce qui est loin d'être le cas. L'exemple Irakien a démontré que des centaines de milliers d'êtres humains sont morts sur la base de mensonges, dont l'ONU a servi à la validation. Il suffit pour la Syrie d'en référer à la dernière tentative en date.

L'ambassadeur étatsunien en Syrie et le département d'Etat ont mis en ligne sur internet des photos prises par satellite, comme autant de preuves que l'armée syrienne conduit des opérations «d'envergure» contre les civils, notamment dans la ville de Homs. Un internaute algérien, Hafid, s'exclame : «La position (34° 42' 24'' N / 36° 41' 00'' E)  est particulièrement   intéressante : l'ambassadeur US parle de cratère (suite au pilonnage) !!! Je me suis posé sur cette position (grâce à Google Earth) et j'ai effectivement vu des cratères !!!  Le hic c'est que les images Google Earth datent du 29 juin 2010 et à cette date les «cratères»  existaient déjà !!!!  On est en plein Retour vers le futur. L'ambassadeur ne s'est pas douté un instant que des petits curieux s'amuseraient à visiter ses coordonnées. Autre débilité de l'ambassadeur, sur sa photo en bas à gauche : on peut lire: «Source : © 2011 Digital Globe» !! Oui, Oui, Copyright 2011 !! Digital Globe est un fournisseur privé d'images satellite !! Le mensonge éventé fait le tour de la toile. On comprend la phrase du Russe.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

lundi, 20 février 2012

CES MONSTRES QUI DIRIGENT NOTRE MONDE

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Sous des prétextes totalement fallacieux (démocratie et protection des civils) et des intrigues qui nous ont laissés sans voix, ces derniers mois, le Nouvel Ordre Mondial et les maîtres du monde ont installé leur "frère de lumière" à la tête de la Côte d'Ivoire, désarticulé et détruit la paisible Libye et fomenté de prétendues révolutions dans le monde arabe pour reconfigurer la géopolitique internationale.

Comme le dit John Laughland, administrateur du British Helsinki Human Rights Group, dans son remarquable article "Face cachée: la technique du coup d'état coloré": "Le mythe de la révolution populaire spontanée perd de sa prégnance en raison de l'ample littérature sur les coups d'État et les principales tactiques utilisées pour les provoquer. C'est bien entendu Lénine qui a développé la structure organisationnelle vouée au renversement d'un régime que nous connaissons maintenant sous le nom de parti politique. Il différait de Marx en ce qu'il ne pensait pas que le changement historique était le résultat de forces anonymes inéluctables. Il pensait qu'il fallait le provoquer".

Après avoir fait croire aux Tunisiens, aux Egyptiens, aux Libyens, aux Yéménites et aux Bareïnites que les quelques agitations populaires qui ont bouleversé leurs pays sont leurs propres oeuvres et l'expression de leur volonté de s'approprier leurs destinées, ils ont installé à la tête de certains de ces états, des rénégats incontrôlables et des islamistes avec lesquels on a une lecture plus que floue de l'avenir. C'est avec la même réthorique qu'ils ont détruit l'Irak et l'Afghanistan, et sont en train d'en sortir la queue entre les jambes.

Ces hommes sans morale ont, aujourd'hui, jeté leur dévolu sur la Syrie, qui pourrait bientôt passer à la trappe, avant que le cap soit mis sur l'Algérie et l'Iran, avec une menace très explicite de guerre nucléaire mondialisée, depuis la (re)bipolarisation de notre planète, cristallisée par le double veto sino-russe au Conseil de sécurité contre une résolution à l'encontre la Syrie de Bachar Al-Assad.

Les médias "meanstream" sont mis à rude contribution qui nous débitent, à longueur de journée, incongruités et énormités, et des mensonges odieux du genre de celui qu'il nous a été donné d'entendre, ce samedi 18 février, sur France 24: "Syrie: des funérailles finissent dans un bain de sang. L'armée de Bachar Al-Assad tire sur des milliers de manifestants, le bilan SERAIT de 1 mort et 4 blessés". Entre nous soit dit: si une armée comme celle de Bachar Al-Assad avait ouvert le feu sur une foule de plusieurs milliers de personnes comme on nous l'a montré, ne serait-ce que par la débandade générale due aux tirs, on aurait enregistré au moins une centaine de morts. De qui se moque-t-on?

Cette presse indigne se délecte journellement, depuis de longs mois, de ce décompte macabre, comme une agence de croque-morts, pour justifier une action militaire contre la Syrie, heureusement bloquée par le veto sino-russe, mais qu'ils s'emploient à contourner. Quelles diableries!

Qui nous délivrera de cette race impie et de cette engeance qui dirige nos pays, avec à leur tête Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron?


Que DIEU ait pitié de notre monde!


DINDE Fernand AGBO

dimanche, 19 février 2012

L'EUROPE RECLAME UN DELAI A L'IRAN AVANT L'ARRET DE SES EXPORTATIONS DE PETROLE


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Le 5 février 2012, le député et membre du Comité sur l'énergie iranien, Nasser Soudani, a déclaré à l'agence de presse iranienne Fars qu'« un certain nombre d'ambassadeurs de pays européens dont la France, la Grèce, l'Italie et l'Allemagne, sont venus désespérément demander au Parlement et au ministère des Affaires étrangères de ne pas ratifier le projet d'arrêt [immédiat, ndlr] des exportations pétrolières vers l'Europe ». M. Soudani ajoute : « les ambassadeurs ont appelé à un moratoire afin que les Européens aient la possibilité de reconsidérer la décision d'arrêter l'importation du pétrole iranien », avant de souligner que ce sont les Européens qui sont à l'origine des tensions !

Plus récemment, jeudi 16 février, lors d'un point presse à Moscou, l'ambassadeur iranien en Russie Seyyed Mahmoud Reza Sajjadi a déclaré : « L'Europe a commis une erreur en politisant la question énergétique. Si les consommateurs de pétrole peuvent décréter un embargo, les fournisseurs sont eux aussi en mesure de le faire ». Les importateurs d'énergie sortent perdants de ce jeu politique.

Les médias avaient annoncé mercredi 15 février une riposte iranienne aux sanctions de l'Europe, et la suspension des livraisons de pétrole vers six pays européens : la France, l'Italie, l'Espagne, la Grèce, le Portugal et les Pays-Bas. L'information a provoqué une flambée des cours du pétrole, mais elle a été aussitôt démentie par l'Iran : « Téhéran n'interrompra pas pour l'instant ses exportations de pétrole vers l'Europe, pour des raisons humanitaires et à cause du froid ».

Le 23 janvier 2012, l'Union européenne avait imposé un embargo pétrolier sur l'Iran ainsi que le gel des avoirs de la Banque centrale iranienne [...].


Source: PAS

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L'IRAN STOPPE SES VENTES DE PETROLE AUX COMPAGNIES FRANÇAISES ET BRITANNIQUES

 

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Puits de pétrole dans un champ pétrolifère Ron/SUPERSTOCK/SIPA


L'Iran a cessé de vendre son pétrole brut aux compagnies pétrolières françaises et britanniques, a annoncé dimanche le ministère iranien du Pétrole. «Les exportations de brut à destination de compagnies britanniques et françaises ont été stoppées. Nous vendrons notre pétrole à de nouveaux clients», a précisé Alireza Nikzad, porte-parole du ministère.

La semaine dernière, l'Iran avait déjà menacé de mettre un terme à ses exportations vers six pays européens - dont la France. Une affirmation qui était rapidement devenue une simple menace, mais qui avait eu le temps de faire flamber le pétrole en quelques minutes. Le brent était alors passé de 118 dollars à 120 dollars.

Téhéran n'envoyait qu'un «avertissement» en représailles à l'embargo décidé le 23 janvier par l'Union européenne (UE). Mais il avait annoncé qu'il n'appliquerait pas cette menace «pour l'instant pour des raisons humanitaires et à cause du froid», avait expliqué la chaîne iranienne Al-Alam. La décision a manifestement changé.

L'embargo du 23 janvier, un embargo pétrolier «graduel» avait été décidé par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne pour sanctionner l'Iran, soupçonné de développer un programme nucléaire militaire. L'Iran nie et affirme ne viser que les usages civils du nucléaire.

 

Charlotte Pudlowski avec Reuters


Source: 20 MINUTES.FR

jeudi, 16 février 2012

UN DOCUMENTAIRE DE FRANCE 5 REVIENT SUR LES MASSACRES DES FORCES PRO-OUATTRA ET L'INDIFFERENCE COUPABLE DE L'ONUCI

 

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Regardez et téléchargez cette deuxième partie d'un passionnant documentaire (il l'est du début à la fin) diffusé par France 5 intitulé "Menace sur les droits de l'homme". Un documentaire assez peu vulgarisé et dont des télévisions africaines devraient songer à acheter les droits, comme la RTI de l'époque avait acheté les droits de "La Françafrique" de Patrick Benquet. A partir de 1'37", il parle longuement de la Côte d'Ivoire, et de la lâcheté complice de l'ONU à Duékoué. Les enquêteurs d'Amnesty International parlent sans langue de bois. Mais ces messieurs et dames d'une Cour pénale internationale financée quasi-exclusivement par les pays occidentaux auront-ils le courage de dire leur fait à leurs "bienfaiteurs" ?

 

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 14 février 2012

SYRIE - NADIA KHOST: LE TERRORISME AU NOM DE LA «DEMOCRATIE»


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Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.


Nadia Khost dénonce le cynisme de l'Occident


L'intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l'auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s'emploient aujourd'hui à détruire son pays et son indépendance.- Silvia Cattori

Se préparant à envahir l'Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd'hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N'est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n'est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d'avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l'ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la «  démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l'État Syrien qu'il veut fabriquer : 1) Il n'a pas exigé des élections qui révéleraient l'État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu'ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu'à l'ouverture des urnes. 2) Il ne s'est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l'ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c'est la réponse des Syriens au projet de l'Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d'Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d'artistes et d'intellectuels et la délégation des opposants syriens de l'intérieur, à l'entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l'ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l'ONU, les partisans de ce Conseil d'Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s'y trouvait.

Quelle belle expression de «  démocratie » !

D'où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n'a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l'intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l'économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l'économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l'Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l'intérieur, avions également rappelé l'œuvre de Khaled ALAZEM, l'économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d'un système public puissant, avec l'aide de l'Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l'expropriation des maisons privées.


Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l'eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu'aujourd'hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu'ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l'explosif à Idleb. Ou le sort de l'ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N'importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu'ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n'a jamais connu un tel mépris de l'être humain ! Et l'Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d'une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani - Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas - Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d'armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n'avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas - Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s'opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n'ont-ils pas été tués parce qu'ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l'Occident.

Voici par exemple le cas d'un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d'armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d'ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une «  armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d'électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d'Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu'une armée arabe patriotique puisse être équipée d'armes fabriquées par l'État d'Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d'une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?


Radwan Zyiadé (photo) , membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l'article 7 [de la Charte des Nations Unies -Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l'ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d'un million d'Irakiens, et qui garantissent l'impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : «  Ce que vit le monde Arabe actuellement n'est pas un printemps, c'est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d'horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l'information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s'affrontant. Nous avons su nous mettre d'accord sur la loi qui garantit le droit à l'information, l'interdiction d'emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l'interdiction d'autorisation à n'importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d'accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l'information, mais d'un « Conseil national de l'information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l'objectif de protéger la liberté d'expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l'ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu'ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d'une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l'ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d'une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J'y ai participé en tant qu'écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d'ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d'éducation nationale et d'aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d'indépendance nationale et patriotique... en feignant aussi d'ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire!


N'importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd'hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu'a connu l'Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l'épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s'applique aussi aux autres partis.

Et c'est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l'ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J'ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l'ingérence étrangère a instrumentalisée. J'ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J'ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l'ancien gouverneur de Homs, et la mise à l'écart du président de l'Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J'ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l'expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d'un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l'infiltration sioniste par des prix attribués à l'élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C'est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi - et pas seulement le parti Baath - mettent en avant la loyauté au parti.


Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.

Qu'amène aujourd'hui le projet « démocratique » de l'Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n'écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l'ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L'opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, d'être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus «  démocrates » des Syriens qui refusent l'ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l'occupant occidental, avec l'argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n'arrive presque pas à croire qu'un intellectuel comme le chef du Conseil national d'Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu'il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l'embargo contre l'Irak, mais n'a pas libéré le Liban, et n'a pas utilisé l'article 7 pour empêcher l'État d'Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu'il ne sache pas que les «  négociations » n'ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n'aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus «  démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n'est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d'un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s'il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s'il est obtenu par la voix des urnes.

L'attaque contre les ambassades syriennes n'est pas une action politique ; c'est l'œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j'ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l'être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n'est pas l'amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l'occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n'est qu'un papier d'emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.


La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari (photo), de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l'occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l'infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l'une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu'une élite d'intellectuels et d'hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l'indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l'insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l'occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n'y a pas de Syriens de la génération de l'Indépendance qui n'aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l'orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m'a raconté qu'avec deux de ses amis, il s'est engagé pour lutter contre l'occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n'est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu'il nouerait des contacts avec l'État d'Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d'Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d'images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu'Israël... est une base militaire d'occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l'ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l'expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C'est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu'on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l'âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n'est pas seulement l'enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d'amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : «  la poésie est lâche si elle n'est pas portée par la colère ». Sa colère s'adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C'est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l'ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n'avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l'homme de l'indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l'ont porté jusqu'à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l'ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu'au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l'âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu'il a cité ces deux vers du poème de Nizar : «  ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l'arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu'en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l'ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n'ont pas bougé pour la terre volée et l'honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».


Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l'argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d'imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d'histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d'intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L'utilisation de l'ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n'est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l'ont brandi n'ont pas remarqué que c'est le drapeau de la résistance contre l'occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l'Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l'Etat d'Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l'ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l'argent du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, n'ayant touché aucun pot de vin occidental, n'ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d'Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu'à la destruction du pays.

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu'un homme corrompu, comme l'ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d'un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l'ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c'est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l'opposition de l'intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d'Istanbul serait présent ». C'est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu'il fasse en Syrie ce qu'il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n'est pas qu'une question politique, c'est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c'est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d'être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d'occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l'Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd'hui que l'armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l'on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d'États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la «  démocratie occidentale » : SARKOZY n'a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d'OBAMA n'a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n'ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l'Occident colonialiste qu'il n'avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.



Dr Nadia KHOST


6 février 2012.

Traduit de l'arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l'opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.



samedi, 11 février 2012

HAITI, MEMBRE DE L'UNION AFRICAINE?

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La nouvelle est quasiment passée inaperçue. Jusque-là simple « observateur », Haïti, la première République noire de l'Histoire, est devenu, début février à Addis-Abeba, « membre associé à part entière » de l'Union Africaine (UA).

Inédit dans l'histoire de l'Organisation panafricaine! Cette décision, la première de ce type concernant un pays de la Diaspora, sera officialisée lors du prochain sommet de l'UA prévu en juin/juillet à Lilongwe, capitale du Malawi. Sans doute en présence du président Haïtien, Michel Martelly, dont on annonce, cette année, le premier périple africain. (Par Francis Kpatindé).

Mais sans attendre, les chefs d'Etat réunis à Addis-Abeba ont chaleureusement salué, et on les comprend, le retour d'Haïti au sein de la grande famille africaine, rappelant les efforts diplomatiques consentis à partir de 1945 par ce pays pour l'avènement d'Etats africains libres, ses dénonciations de l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie mussolinienne, ses prises de position progressistes contre la guerre d'Algérie, le soutien à l'indépendance de la Libye et l'assistance au Rassemblement démocratique africain, cette grande formation politique panafricaine qui accompagna nombre de pays du continent vers la souveraineté internationale.

Haïti s'intéresse à l'Afrique ? C'est dans l'ordre des choses. Tous ceux qui, comme moi, ont vécu dans ce beau pays n'en sont pas surpris. Ce tiers d'île en apnée depuis plus de deux siècles est, après tout, le plus « africain » des Etats d'Amérique du Sud et des Caraïbes. Haïti, comme nombre d'Etats africains, est, de façon récurrente, en proie à l'instabilité et à la violence, alors que l'écrasante majorité de ses enfants croupit dans une misère sans nom. Indépendant le 1er janvier 1804, peu après les Etats-Unis d'Amérique (1776), mais bien avant la Colombie (1810, l'Argentine (1816), le Brésil (1822) et le Canada (1867), Haïti est à la traîne de tout, sauf de la littérature, de la poésie, de la peinture, de la musique, autrement dit, ce qui fait « l'âme » d'un peuple.


Lu sur TSIMOKI GASIKARA


Source: IRIB WORLD SERVICE

LA SYRIE ET LES GERMES D'UNE GUERRE MONDIALE


SYRIE - MENACES DE GUERRE.jpg

Le veto sino-russe à la résolution de l'ONU ouvrant la voie à une intervention en Syrie a provoqué une réaction furieuse des États-Unis et de leurs alliés impérialistes.

Susan Rice, ambassadrice américaine auprès des Nations Unies et représentante influente des va-t-en-guerre des « droits de l'homme » qui exigent l'acceptation universelle des manigances de l'impérialisme américain, a qualifié la décision des émissaires du veto de « honteuse et écoeurante » et dit d'un ton menaçant que c'était « une décision qu'ils [la Russie et la Chine] viendront à regretter ».

La secrétaire d'État, Hillary Clinton, a qualifié le vote de « farce » qui a « castré » l'ONU.

La France, ne voulant pas être en reste dans la poursuite d'objectifs impérialistes dans un pays sur lequel elle a exercé une tutelle coloniale pendant un quart de siècle, a réagi avec la même attitude belligérante. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré que le double veto était une « sorte de tache morale » sur les Nations unies et le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a décrit la Russie et la Chine comme des pays qui « méritent des coups de pied au cul. »

On n'avait entendu aucune inquiétude de ce genre sur une « neutralisation » de l'ONU ou des « taches morales » lorsque la délégation américaine avait à maintes reprises émis des vetos aux résolutions dénonçant l'agression par son principal allié dans la région, Israël, au moment où celui-ci menait des guerres contre des populations sans défense au Liban, à Gaza et en Cisjordanie, coûtant la vie à des milliers de civils.

La moralité et les droits de l'homme n'ont rien à voir avec cela. L'indignation émanant de Washington et des capitales de l'Europe de l'Ouest porte sur le fait que Moscou et Beijing refusent de s'aligner derrière la stratégie de l'impérialisme américain visant à réorganiser le monde selon ses propres intérêts et ceux de l'élite financière.

Les soi-disant « principes » sous-jacents à l'initiative américaine - à savoir que les principales puissances impérialistes ont le droit d'intervenir et de renverser les gouvernements des anciens pays coloniaux qu'ils jugent coupables de violer les droits de l'homme - sont en contradiction totale avec le droit international. Comme pour tout le reste, l'aristocratie financière américaine établit les règles du jeu au fur et à mesure qu'elle avance.

Le raisonnement des gouvernements russe et chinois est assez clair. Ils voient les États-Unis se présenter une fois de plus en champions de la démocratie et des droits de l'homme alors qu'ils mènent une campagne d'agression incessante visant à transformer l'Iran et la Syrie, tous deux des partenaires commerciaux et stratégiques clé de Moscou et de Beijing, en États coloniaux fantoches de l'impérialisme américain.

L'enjeu pour la Russie est la perte de l'unique allié qui lui reste dans le monde arabe, ainsi que des contrats d'armement s'élevant à plusieurs milliards de dollars, l'accès de sa marine à son unique port sur la Méditerranée et des dizaines d'autres milliards de dollars en investissement. La Chine a des intérêts similaires, bien que moindres, en Syrie. Les deux pays reconnaissent toutefois que la Syrie a été ciblée pour un changement de régime dans le cadre d'une campagne plus large visant à renverser le gouvernement d'Iran, fournisseur clé d'énergie de la Chine, et à placer sous hégémonie américaine la totalité de la région riche en pétrole et stratégiquement cruciale qui s'étend du golfe Persique à la mer Caspienne.

Le modus operandi de la poursuite de ces objectifs impérialistes n'est désormais que par trop familier. Un régime ciblé est dénoncé à l'aide d'allégations hypocrites de violation des droits de l'homme, puis les États-Unis et leurs alliés promeuvent la guerre civile dans le pays pour ensuite utiliser l'inévitable répression comme prétexte à une intervention.

Ce fut la recette utilisée avec succès en Libye, soi-disant pour protéger la population civile, après l'abstention de la Russie et de la Chine qui n'avaient pas exercé leur droit de veto à une résolution autorisant la mise en place d'une « zone d'exclusion aérienne ». Cette résolution avait ensuite servi de caution pseudo-juridique à une guerre d'agression coloniale des États-Unis et de l'OTAN, impliquant le bombardement incessant de la Libye. Des forces spéciales et des agents secrets avaient mené les prétendus rebelles au renversement et finalement à l'assassinat de Mouammar Kadhafi.

Les sentiments de défense des « droits de l'homme » exprimés par Obama, Clinton, Rice et les autres ont la même sincérité que la réaction d'indignation d'Adolf Hitler face aux prétendus crimes commis par la Tchécoslovaquie à l'égard des Allemands des Sudètes.

Et pourtant, ces sentiments assument une fonction politique cruciale. La croisade en faveur des droits de l'homme est le moyen par lequel toute une couche sociale de membres jadis de gauche et libéraux des sections les plus aisées de la classe moyenne, une base clé du Parti démocrate, a abandonné l'attitude anti-guerre qu'elle avait adoptée sous le gouvernement Bush et s'est largement intégrée dans la course à la guerre impérialiste sous Obama.

L'animatrice du magazine d'information de la chaîne MSNBC, Rachel Maddow, est caractéristique de cette couche. On l'a vue mardi matin dans l'émission de télévision « Today » diffusée sur NBC où elle a déclaré que « le monde entier » s'est rangé contre l'Iran et que « tout le monde s'attend à ce qu'Israël prenne l'initiative » de l'attaque contre le programme nucléaire du pays.

Le « monde entier » est, pour Maddow et ses pairs, représenté par les gouvernements capitalistes des États-Unis et de l'Europe occidentale et exclut sans doute la Russie, la Chine et l'Inde, qui englobent près de la moitié de la population de la planète, sans mentionner les centaines de millions de travailleurs de par le monde qui sont opposés à une nouvelle guerre encore plus meurtrière au Moyen-Orient.

De plus en plus, tant le langage que la pratique de la politique internationale, employés par les États-Unis et leurs alliés, reprennent les méthodes qui ont caractérisé les périodes précédant 1914 et 1939. Dans la situation d'une crise capitaliste mondiale qui dure, l'humanité une fois de plus est confrontée à la menace d'une guerre mondiale.

 

Bill Van Auken


Articles de Bill Van Auken publiés par Mondialisation.ca


Article original, WSWS, paru le 8 février 2012.


Source: MONDIALISATION.CA

vendredi, 10 février 2012

INTERVIEW AVEC AHMED MANAÏ, OBSERVATEUR DE LA LIGUE ARABE EN SYRIE


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Etant l'un des 166 observateurs envoyés par la Ligue arabe en Syrie, on a interviewé Ahmed Manaï, ancien expert international auprès de l'ONU, militant en faveur d'une démocratisation de la Tunisie et auteur de «Supplice Tunisien - Le jardin secret du général Ben Ali».


Nawaat: Quelle était votre réaction, en tant que membre tunisien des observateurs envoyés par la Ligue arabe, face au véto sino-russe au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie ?

A.M: Une immense satisfaction pour le peuple syrien et la Syrie, leur présent et leur avenir. Le véto sino-russe a sauvé un pays, berceau de la civilisation humaine et arabe, de la destruction totale à laquelle le destinaient d'autres arabes et que les puissances de la guerre s'apprêtaient à lui faire subir. Avec ce véto la Syrie ne connaîtra pas, je l'espère, le sort de l'Irak si proche avec son million de morts, ses 3 millions d'orphelins, ses deux millions de veuves, ses quatre millions de réfugiés et sa société déstructurée. Il ne connaîtra pas non plus le sort incertain de la Libye déstructurée et désarticulée.

Nawaat: Vous avez écrit sur votre page facebook que la décision du "renvoi de l'ambassadeur syrien" de la Tunisie émane non pas du Président Marzouki mais de Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha et du Qatar, d'où est-ce que vous détenez cette information ?

A.M: Je rappelle d'abord qu'il n'y a pas d'ambassadeur de Syrie à Tunis depuis plus d'un an, mais juste un vice chargé d'affaires. On n'a pas besoin de puiser ce genre d'information à une autre source que celle de M.Ghannouchi lui-même. Il suffit de revenir à ses déclarations et rappeler, par exemple, celle qu'il a faite en novembre 2011, je crois, dans laquelle il a « décidé « que la Tunisie allait renvoyer l'ambassadeur syrien.. Il avait déclaré plus tard, « qu'il allait remettre les ambassades du Yémen et de la Syrie aux opposants des deux pays » ignorant sans doute la convention de Genève qui régit les relations diplomatiques et consulaires.

Il n'était alors que le chef d'un parti politique ayant gagné les élections.

Heureusement que le gouvernement de l'époque avait tempéré son zèle. Maintenant il est tout et décide de tout, toujours sans autre qualité que celle de président d'un parti chef de file de la majorité à l'assemblée nationale constituante. Pourquoi le Qatar ? Parce que ce pays, sous-traitant des basses besognes, qui pilote « l'initiative arabe » avait enjoint à tous les pays sous sa tutelle, d'accompagner la réunion du Conseil de sécurité du 04/ 02, par une action concertée de rupture avec la Syrie. Ils ont tout prévu sauf le double véto. Il a donné aussi des consignes à certains médias pour chauffer un peu plus l'ambiance. Le CNT syrien pour sa part a recommandé aux siens de procéder à l'occupation des ambassades syriennes partout dans le monde et à ses militants et ses groupes armés de se distinguer par des actions d'envergure. Cependant je ne vous cache que j'ai des amis à la ligue qui m'ont confirmé certaines choses, entre autres l'alignement inconditionnel de la délégation tunisienne à la ligue arabe sur le Qatar.

D'autre part, tout cela est en droite ligne de la stratégie concertée entre les « frères » et leurs alliés arabes, turcs et occidentaux.

Nawaat: Que pensez-vous, de la décision même de "renvoi d'un ambassadeur" ?

A.M: Je rappelle que la Tunisie a envoyé une délégation officielle qui a participé à la rédaction du rapport de la mission arabe en Syrie. Si les décideurs tunisiens avaient consulté les membres de cette délégation sur la situation en Syrie, ils leur auraient conseillé sûrement autre chose. Je ne sais pas d'ailleurs si ces décideurs avaient connaissance de cette mission qui comprend des ambassadeurs, de hauts fonctionnaires et des officiers supérieurs. Alors qu'est ce que j'en pense ? C'est une décision irréfléchie, prise par des amateurs de la diplomatie et des relations internationales, inconscients du tort qu'ils font aux intérêts et à l'image d'un pays qui s'est longtemps distingué par sa diplomatie sage et équilibrée, ou alors, une décision dictée par plus forts qu'eux !

Curieusement aucune des puissances qui s'apprêtaient il y a quelques semaines à lancer leur aviation sur la Syrie, n'a eu recours à la rupture des leurs relations avec la Syrie.

Nawaat : Quels sont les différents agents (On a parlé de l'Iran, de Hezb Allah, Irakiens ...) impliqués aux événements qui se déroulent en Syrie depuis mars 2011 ? Pouvez-vous nous éclaircir plus les acteurs svp ?

A.M: L'Iran et le Hezbollah sont des alliés stratégiques des syriens. Les irakiens par contre, étaient en mauvais termes avec eux, quoique actuellement on assiste à leur rapprochement. Seraient-ils impliqués dans les évènements en Syrie ? Je ne crois pas que les syriens auraient besoin de l'aide de quiconque pour gérer la situation intérieure de leur pays. De nombreux médias ont parlé de combattants du Hezbollah et des Pasdaran iraniens qui seraient engagés dans la répression des manifestants. C'est tout simplement de la propagande. Mais il est certain qu'ils coopèrent à plein au niveau du renseignement, par exemple. Il y a d'autres pays impliqués à fond dans la crise syrienne : ce sont les pays du golfe avec à leur tête le Qatar, puis la Turquie et l'ensemble des pays de l'OTAN. Certains d'entre eux accueillent les groupes armés sur leur sol, d'autres les financent, d'autres encore les entraînent et certains autres leur assurent la couverture médiatique.

Il y a d'autres acteurs de taille, tels que les Russes et les Chinois, mais comme on l'a vu lors du dernier vote du Conseil de Sécurité, leur rôle est surtout de soutien.

Mais il y a aussi, en plus de ces Etats, des mouvances politiques très influentes, telle que les frères musulmans et les Salafistes.

Nawaat: Que pensez-vous de la couverture médiatique en Syrie? Qu'en est-il de la censure?

A.M: Il y a une couverture médiatique étrangère sur la Syrie et une autre en Syrie.

L'une des questions inscrite dans le protocole et à laquelle devrait répondre la mission des observateurs concerne les médias et leurs conditions de travail. Le rapport final y a répondu ainsi :

« Vérification des agréments accordés par le gouvernement syrien aux médias arabes et internationaux, et enquête sur les possibilités offertes à ces médias de se déplacer librement dans toutes les régions de la Syrie..

41 - Le gouvernement syrien, par la voix de son ministre de l'information, a confirmé avoir accordé l'agrément à 147 divers médias arabes et étrangers depuis le début de décembre 2011 et jusqu'au 15/01/2012. 112 divers médias étrangers nouveaux ont visité le territoire syrien en plus des 90 médias déjà présents sur le territoire syrien qui disposent de correspondants permanents.

42 - La Mission a suivi cette question et a observé la présence de 36 médias arabes et étrangers et un certain nombre de journalistes dans un certain nombre de villes syriennes. Elle a reçu quelques plaintes qui indiquent que le gouvernement syrien a accordé des autorisations pour certains médias d'opérer en Syrie pour une durée n'excédant pas 4 jours considérés comme durée insuffisante de leur point de vue, en plus de ne pas permettre leur déplacement à l'intérieur du pays à moins d'indiquer au préalable leur destination et de demander une autre certification pour se rendre à certaines zones sensibles. Le gouvernement syrien se dit prêt à accorder aux médias des mandats de 10 jours renouvelables.

43 - Des rapports et des déclarations de certains secteurs de la Mission montrent l'existence de restrictions gouvernementales sur le déplacement des médias dans les secteurs de l'opposition, incitant ces journalistes à se déplacer, dans de nombreux cas, derrière le déplacement de la mission, pour exercer leurs fonctions.

44 - La ville de Homs a été le témoin de l'assassinat d'un journaliste français travaillant pour France 2, et de la blessure d'un journaliste de nationalité belge. Sur ces deux cas, le gouvernement et l'opposition ont échangé les accusations sur la responsabilité de chacun dans ces incidents et ils ont publié, chacun, des déclarations condamnant la partie adverse. Le gouvernement syrien a constitué une commission gouvernementale d'enquête sur l'incident pour déterminer ses causes. Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l'opposition.

Quant au rôle des médias internationaux, il suffit pour y répondre, qu'il y a une soixantaine de chaînes télévisées, dans tous les pays, qui débitent en permanence et dans toutes les langues, un flot de mensonges et de propagande éhontée sur la situation en Syrie.

Nawaat: Revenons au "véto": Il y a de cela un an, La Russie et la Chine, avec l'Allemagne, le Brésil, et Inde se sont abstenus vis-à-vis de la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre le régime de Kadhafi en Libye. Comment expliquez-vous l'usage de ce véto cette fois-ci pour le cas de la Syrie ?

A.M: La résolution 1973 sur la Libye, votée en principe pour assurer la protection des populations civiles a été détournée par les pays de l'OTAN. Le résultat de la guerre de l'OTAN contre la Libye, encore très peu connu du grand public, a été catastrophique. La Russie et la Chine, n'avaient pas fait usage de leur droit de Véto, estimant sans doute que la résolution serait exécutée à la lettre. Il y aussi que la Libye, même avec sa production pétrolière de près de 4% de la production mondiale, n'a pas le même poids stratégique que la Syrie dont la production pétrolière est presque négligeable. Le double Veto sino-russe, a empêché que le verrou syrien ne se brise, et que ces deux pays ne deviennent les prochaines cibles de l'occident. Il est donc avant tout l'affirmation de la fin d'un monde dominée par les USA et du retour à un monde binaire. Il y a une autre raison qu'a expliqué le chef de la diplomatie russe, c'est qu'il y avait une clause secrète dans cette résolution qui autorise le recours à l'intervention armée.

Nawaat: Les Russes et la Chine ont intérêt à maintenir Bashar Al Assad à la tête du régime syrien, notamment pour des raisons purement économiques qui serait entravées en cas d'embargo sur les armes: Selon le think tank russe Cast, la Syrie a acheté 700 millions de dollars d'armes à la Russie en 2010, soit 7% des ventes russes du secteur... Pourquoi la communauté internationale ainsi que les médias internationaux semblent offusqués par le véto sino-russe déjà annoncé par l'ambassadeur de Russie à l'Onu, Vitali Tchourkine le 4 octobre 2011 puis ce jeudi 2 février 2012 ?

A.M: Les Etats n'ont pas de sentiments mais des intérêts. Certes les Russes et les Chinois ont de nombreux intérêts économiques, commerciaux et stratégiques avec la Syrie. Les ventes d'armes n'en constituent qu'une partie infime.

Nawaat: Le massacre à Homs, tuant plus de 200 vies, le plus meurtrier depuis le début des événements vous semble-il suspect ? Ce massacre est signé et ses auteurs se moquent de notre intelligence. Est-il possible de croire un instant, qu'un gouvernement, quel qu'il soit, puisse commettre un tel massacre le jour même où son affaire est portée devant Conseil de sécurité ?

A.M: En fait, il s'agit d'un coup monté dans le cadre d'une stratégie globale et concertée où sont intervenus les « militants syriens » à l'étranger pour occuper les ambassades et les consulats syriens», l'appel au renvoi des ambassadeurs syriens dans les pays arabes et bien sûr ce massacre de Homs.

Alors ce massacre : tous ceux qui ont suivi les télévisions ce jour là ont vu des photos de très nombreuses victimes. La plupart de ces victimes avaient les mains liées derrière le dos et certaines avaient le visage au sol. Les metteurs en scène nous ont expliqué que c'étaient les victimes des bombardements des bâtiments et des habitations par les blindés et même par l'aviation syrienne. Curieusement ces victimes ne portaient pas de blessures ni même aucune trace de l'effondrement de leurs maisons et habitations. Chacun peut en tirer les conclusions qu'il veut. En tout cas tout au long de la journée du 4 février, de citoyens syriens ont témoigné qu'ils avaient reconnu parmi ces victimes, des proches et des voisins enlevés depuis une semaine et même des mois.

Chacun peut en tirer les conclusions qu'il veut.

Nawaat: En réaction à ce véto et suite au massacre à Homs qui a eu beaucoup d'échos sur la scène internationale, Susan Rice, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, a déclaré que les dirigeants russes et chinois auront sur les mains toute effusion de sang supplémentaire. Que pensez-vous de cette recrudescence de tension et les jeux d'intérêts entre la Chine et la Russie d'un côté face aux USA, à la France et au Royaume Uni de l'autre côté, tous membres permanents du conseil de sécurité ?

A.M: La meilleure réponse faite à Susan Rice, est venue de l'ambassadeur syrien aux Nations unies, qui lui a rappelé les 60 Vétos des USA pour faire avorter les résolutions condamnant Israël. Mais il y a dans la déclaration de Rice une menace à peine voilée, parce que le sang risque de couler en Syrie. La coalition anti-Syrienne va continuer dans son entreprise de déstabilisation de la Syrie et envisage de recourir prochainement à l'assemblée des Nations Unies pour s'offrir un droit d'intervenir militairement.

Globalement nous vivons un retour de la guerre froide avec cette fois-ci une Russie et une Chine plus puissantes, assurées du soutien d'un certain nombre de pays émergents, avec en face un occident en crise et même en déclin.

Nawaat: Le 8 janvier dernier, des navires de guerre russes ont accosté à la base navale russe située au port de Tartous en Syrie, chose déjà prévue depuis août 2010... Avec ce véto, serions-nous dans une phase catastrophe de préparation à une guerre dont les alliés semblent de plus en plus définis ?

A.M: Après la guerre d'occupation de l'Irak, puis le retrait honteux des troupes américaines, il est difficile de croire que les américains puissent s'engager de nouveau dans une guerre impliquant une présence de leurs troupes au sol. C'est ainsi qu'ils ont choisi, dans le cas libyen, de faire intervenir l'aviation de l'OTAN et de leur apporter un soutien au final. Ce scénario n'est pas valable dans le cas Syrien parce que la Syrie est une puissance relativement importante et qu'elle a des alliés très puissants. C'est pourquoi, la coalition anti syrienne a choisi de faire imploser le pays de l'intérieur en créant, finançant, entraînant et armant des foyers de rébellion.

Sommes-nous à la veille d'une guerre ? S'il y a une guerre, elle ne sera pas confinée aux frontières du Moyen-Orient, tout le monde en est convaincu même les plus fous et tous ceux qui en dressent les plans!

Nawaat: En continuant à collaborer et avec le régime syrien et avec l'opposition syrienne divisée, la ligue arabe semble croire à une possible 'solution politique' à la crise syrienne, afin le Président Bashar Al-Assad délègue ses prérogatives au Vice-président pour former, dans les deux mois, un gouvernement d'union nationale qui conduirait le pays vers des élections libres. Le véto sino-russe bloque cette résolution, quel genre de pression se préparerait à votre avis pour mettre à genoux Bashar Al Assad ?

A.M: La Ligue arabe est entièrement discréditée en enterrant le rapport de sa propre mission d'observateurs et par son recours au Conseil de sécurité. Elle a laissé échapper l'occasion unique de participer au règlement de l'affaire syrienne. Tout ce qu'elle peut proposer dans l'avenir sera sans valeur.

Maintenant c'est le tour de la Russie de jouer le rôle principal mais aussi à la direction syrienne appelée à accélérer et à concrétiser les réformes.

Nawaat: A votre avis, quel serait le véritable poids du CNS (pro intervention militaire) et du Comité national de coordination pour le changement démocratique (contre une intervention et dont on entend rarement parler dans les médias internationaux) ?

A.M: Le CNS n'a pas une bonne réputation en Syrie justement parce qu'il appelle à l'intervention armée. Les syriens ont une vieille tradition de patriotisme et une haute histoire de résistance à la domination étrangère. Par contre, à l'étranger, il est le chouchou des médias et le partenaire favori des hommes politiques, qui le soutiennent et le financent.

D'ailleurs le CNS n'a pas de représentants à l'intérieur du pays et une de ses composantes, les kurdes, vient de le quitter.

C'est différent dans le cas du Comité de Coordination, parce que ses représentants sont presque tous des militants de l'intérieur du pays, et n'ont qu'un porte parole à l'étranger, Haytham Manna. Il est tout à fait normal qu'on ne parle pas de ce Comité dans les médias de la propagande et de la désinformation qui soutiennent l'intervention.

Nawaat: Comment estimez-vous les actions entreprises par les déserteurs de l'armée régulière syrienne ? Disposez-vous de preuves qui prouvent que l'armée syrienne libre (ASL) commet des actes de barbarie ?

A.M: Le rapport de la mission des observateurs arabes signale l'existence de l'ASL et d'autres groupes armés qui attaquent les forces gouvernementales, procèdent aux enlèvements de civils qui ne sont libérés que contre paiement de rançon, de meurtres, de sabotage des installations pétrolières, de bâtiments civils, des trains et voies ferrées....

Nawaat: Dernière question : peut-on être pour ou contre le régime de Bashar Al Assad et du Président syrien en lui-même ?

A.M: Ceux qui croient que le départ d'un président résoudrait tous les problèmes du pays, sont tout simplement des idiots. Nous n'avons pas réussi à tirer les leçons des exemples tunisien, égyptien et yéménite et convenir que les lendemains de dictature sont souvent plus difficiles à gérer que la dictature elle-même, parce que les oppositions n'ont pas encore appris à gouverner !

 

Lu sur ABDALLAH KALLEL.COM

 

Source: NAWAAT.ORG

jeudi, 09 février 2012

LES EPREUVES DE FORCE ENTRE LES ETATS-UNIS ET LA RUSSIE SERONT PLUS ACHARNEES SUR LE PROBLEME SYRIEN



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Le fait que la Russie et la Chine ont mis le 4 février leur veto à un projet de résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la situation syrienne constitue un revers sévère pour la stratégie américaine sur le Moyen-Orient, et entrave en même temps des dispositions stratégiques américaines sur l'Iran. Sur ce projet de résolution, la Russie persiste toujours dans sa position dure, créant ainsi une situation de contrainte mutuelle au Conseil de Sécurité.

Le contenu du projet de résolution du Conseil de Sécurité a été avancé au nom des pays arabes, mais en réalité, il a été élaboré et conduit par les Etats-Unis. Donc, la lutte diplomatique acharnée apparue au sein du Conseil de Sécurité est, en effet, un duel entre les Etats-Unis et la Russie. Dans ce processus, les Etats-Unis ont attiré 13 pays membres du Conseil de Sécurité, tandis que la Russie n'a obtenu que le soutien chinois. Mais, la Russie a réussi à recourir à la force de dissuasion de son veto, de manière à occuper toujours une forte position.

Tout d'abord, la Russie a forcé, avant le vote officiel, les Etats-Unis à faire de grandes concession pour qu'ils acceptent d'annuler, dans le texte, deux contenus clés à savoir la demande du départ du président syrien Bachar el-Assad et la mise en oeuvre de l'embargo sur des armes contre la Syrie. Ensuite, à la dernière minute avant le vote, la Russie a demandé soudainement à modifier davantage le contenu du projet de résolution. Elle a demandé à effacer les mots selon lesquels les soldats de l'armée gouvernementale syrienne doivent se retirer de tous les villes et bourgs pour retourner dans leurs casernes. Surpris par cela, les Etats-Unis ne voulaient plus faire de concessions. Résultat : les Etats-Unis sont tombés dans le piège tendu par la Russie et celle-ci a profité de cette occasion pour mettre le veto.

Ce duel diplomatique au sein du Conseil de Sécurité s'est terminé par la victoire russe, mais, cette situation est temporaire. Les Etats-Unis ne s'avouent pas vaincus, il y aura encore des épreuves de force plus acharnées entre les Etats-Unis et la Russie. Elles se manifesteront principalement dans ces domaines :

Premièrement, l'opposition du veto par la Russie au projet de résolution de l'Occident signifique que la Russie a pris l'initiative de prendre la responsabilité de résoudre le problème syrien. En d'autres termes, la Russie doit assurer que le pouvoir de Bachar el-Assad ne sera pas renversé, et aider la Syrie à en finir avec la guerre civile et à rétablir la paix. Mais, les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ne sont pas contents de la réussite facile de la Russie, et ils entreprendraient de plus grandes perturbations y compris l'armement de l'opposition syrienne et le renforcement du blocus économique et de l'isolement diplomatique contre la Syrie.

Deuxièmement, le gouvernement de Bachar el-Assad pourrait-il continuer longtemps? ça reste pour le moment une grande question. Même que si les troubles internes sont apaisés et que le régime est maintenu, les pays occidentaux n'abandonneront pas leur objectif de le pousser à quitter le pouvoir. Cela fera porter à la Russie pour longtemps le fardeau de la protection de Bachar el-Assad. Cependant, protéger ce dernier signifie évidemment que la Russie continue à s'opposer aux pays occidentaux.

Troisièmement, les élections présidentielles russes auront lieu et les pays occidentaux estiment qu'elles leur donneront prise. A part qu'ils noirciront et isoleront la Russie, les Etats-Unis inciteront et utiliseront la force de l'opposition russe pour troubler la situation politique des élections présidentielles russes en vue de plonger la Russie dans des troubles. On peut prévoir que la Rusie serait attaquée par l'Occident sur le problème syrien et sur ses propres affaires intérieures.


Source: CRI ONLINE

lundi, 06 février 2012

L’IMPACT DE LA PERTE DU TRIPLE A DE LA FRANCE SUR LES PAYS DE LA ZONE FRANC


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Le 13 janvier 2012, la France a vu son triple A voler en éclat. Qualifiée d’électrochoc par certains et de catastrophique par les autres, la perte du triple A suscite des commentaires en Afrique et principalement dans les pays africain de la zone franc (PAZF). Le présent article se propose de revenir sur cette perte du triple A de la France sous le regard africain.

1.    Une présentation sommaire des agences de notation


Une agence de notation désigne généralement une agence de notation financière et ne doit pas être confondue avec une  agence de notation sociale et environnementale. Une agence de notation désigne  une entreprise ou une institution chargée de la  notation financière des collectivités (Etats etc.) ou des entreprises selon certains critères définis par une réglementation ou par les acteurs du marché. La notation apparaît aux  Etats-Unis où se développe le marché financier aux  19e siècles. La  panique bancaire de 1837 fait ressentir le besoin d'évaluer la solvabilité des entreprises. En 1841,  à New-York naît The mercantile Agency, première société d'analyse financière de crédit.

Le développement des chemins de fer américain développe ce secteur : les importants investissements des compagnies ferroviaires nécessitent l'appel au  marché obligataire  auprès du grand public et des investisseurs institutionnels. John Moody crée en 1909 la Moody’s  qui vend ses études statistiques sur l'activité des compagnies ferroviaires.

Dans la foulée sont créées The Poor's Publishing Company (1916), The Standard Statistic Company (1922),  Fitch(1924, spécialisée dans la notation du secteur bancaire et communal), Duff & Phelps Corporation (1932, spécialisée dans la notation du secteur des compagnies d’électricité). La  grande dépression a conduit, dans les années  1970  à revisiter le métier des agences qui notent plus sévèrement et n'analysent plus simplement les créances à long terme (obligations) mais aussi à court terme (billet de trésorerie). Avec la mondialisation,  les deux principales agences américaines  Standard & Poor’s et Moody’s développent leurs services sur le marché international. Parallèlement se créent des agences nationales (la première en France en 1986 est l'ADEF, Agence d'évaluation financière) qui ne travaillent qu'à l'échelon local.

Les crises financières et bancaires à répétition ont fini par donner à ces agences, des pouvoirs absolus même si parfois leur diagnostic est mauvais.

Retenons simplement que ces agences de notation financière sont spécialisées dans ce que l'on nomme en anglais le « rating ». Elles se chargent d'évaluer le risque de solvabilité des emprunteurs. Les emprunteurs, dans ce cas précis, peuvent être des entreprises privées ou publiques, des Etats, des collectivités locales comme les départements ou les régions, des communes.

Le rôle des agences de rating est de mesurer précisément le risque de non remboursement des dettes que présente l'emprunteur, on parle aussi de la « qualité de la signature ».

Quels sont donc les systèmes de notation de ces agences ?

Chaque agence de notation financière possède son propre système de notation. Schématiquement, les notes s'établissent de A à D avec des échelons intermédiaires. Ainsi, la meilleure note est AAA, c'est notamment celle des pays industrialisés (Etats-Unis, Allemagne, France etc.). Ensuite on trouve AA puis A chez Standard and Poor's, ou Aa, A, etc. chez Moody's.

On trouve également des notations intermédiaires : en effet, les notes peuvent être affublées d'un "+" ou "-" ou encore d'un "1" ou "2", etc. Ainsi on retrouvera des notations du type AA+, A-, Aa2, etc. Cela permet des classifications plus fines des différents emprunteurs.

Ces différentes notations peuvent être scindées en deux grandes familles : la catégorie "Investissement" ou "High Grade" contenant les notes comprises de AAA à BBB, la catégorie dite "spéculative" pour les notes inférieures.

Il faut également souligner que la notation est assortie d'une orientation à moyen terme permettant de situer un peu mieux la tendance à venir pour la qualité de l'émetteur. Dans certaines situations, on parle de "mise sous surveillance". En effet, les étapes les plus importantes de la vie des sociétés (acquisitions, fusions, investissements très importants...) sont susceptibles de modifier fortement leur physionomie.

2.    Les conséquences de la perte du triple A pour la France


Pour aborder la question portant sur les conséquences de la perte du triple A en France, il semble nécessaire de présenter avant l’impact de la notation des agences de notation.

Pour une entreprise  qui cherche à se financer, la notation obtenue sera déterminante pour les conditions de l'opération. Que ce soit par financement bancaire ou par émission d'obligations sur le marché, plus la note sera élevée et plus l'entreprise trouvera des fonds bon marché à des taux d'intérêt faibles.

A l'inverse, une mauvaise note signifiera un taux d'intérêt plus élevé et des difficultés pour mettre sur pied un financement. La différence de niveaux entre les taux d'intérêt constituera la prime de risque.

Le problème devient notamment important pour les Etats ou les sociétés situées dans la catégorie "spéculative". Les investisseurs institutionnels, principaux pourvoyeurs de fonds du marché, ne prennent pas de risques et n'investissent pas sur ce type de valeurs. Boucler une émission obligataire pour une telle société devient dès lors difficile.

La note n'est pas figée et évolue tout au long de la vie des obligations par exemple. Une révision de la note à la baisse peut faire baisser le cours du titre visé. De même, un changement d'évaluation à la hausse peut faire monter le cours. Les investisseurs sont très attentifs aux modifications de notes ou aux mises sous surveillance des titres.

Enfin, il est important de souligner que les notations attribuées ne sont en aucun lieu des recommandations d'achat ou de vente de titres, il s'agit uniquement de l'estimation du risque de solvabilité à un instant donné et mesuré de manière statistique.

Concernant la France, la perte du triple A  a deux  types de conséquences pour le pays : les conséquences politiques et les conséquences économiques et financières.

Sur le plan politique, l’annonce du vendredi 13 janvier, sonne comme une gifle pour Nicolas Sarkozy. En effet, le président Sarkozy a tellement fait du maintien du triple A français un marqueur politique, que sa perte lui revient comme un boomerang.  Depuis trois ans, le chef de l'Etat fondait son action économique sur le maintien du triple A. Il en avait fait une affaire personnelle, un test de son volontarisme. Une réforme des retraites, deux plans de rigueurs en l'espace de quelques semaines, des hausses d'impôts ciblées puis généralisées, tous ces sacrifices étaient justifiés au nom du maintien du triple A, accordé à la France depuis qu'elle est notée (en 1975) et qu'elle n'a jamais perdu depuis.  Dans le combat de rivalité qu’il a engagé entre la France et l’Allemagne, le coup est d'autant plus dur que l'Allemagne conserve la note maximum, consacrant ainsi le décrochage de la France par rapport à son principal partenaire. Le président Sarkozy est tout simplement « KAO débout ».

Le président et candidat du MoDem, François Bayrou, a ainsi estimé que cette dégradation signait l'échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy - en substance, "avec moi on garde le triple A avec les autres on le perd."

Pour François Hollande «  Ce n’est pas la France qui est dégradée mais la politique de Nicolas Sarkozy ».
Il est fréquent d’entendre que le président Sarkozy a commis une triple erreur.

Premièrement, une erreur de méthode. La méthode qui consiste à multiplier les annonces pour occuper le terrain de la réforme et du «courage»  a perdu le président Sarkozy. Car celles-ci peuvent donner, au contraire, l’image de «l’agitation» que Nicolas Sarkozy fustige par ailleurs; accréditer l’idée d’une parole forte suivie d’une action faible; et surtout s’annuler.

Deuxièmement, une autre erreur  a consisté à encourager Claude Guéant dans sa chasse aux voix lepénistes, au motif que, là, seraient les vraies questions posées par les vrais gens. Or, c’est quasiment une ligne directe d’approvisionnements du vote Le Pen qui a été construite; et l’offensive de Nadine Morano contre Marine Le Pen vient bien tard.

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vendredi, 03 février 2012

L'ADMINISTRATION US MANŒUVRE A L'ONU POUR IMPOSER UN MANDAT INTERNATIONAL ILLEGITIME A LA SYRIE



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Une analyse d'Amin Hoteit, expert en stratégie militaire.

Que peut attendre l'administration US du Conseil de Sécurité alors qu'elle en connaît toutes les ficelles ?

31 janvier 2012

La question se pose parce que toutes les données disponibles indiquent sans équivoques que le Conseil de sécurité ne déléguera pas les États-Unis pour mener la guerre contre la Syrie comme il l'a fait pour l'Afghanistan et, en aucune manière, ne déléguera qui que ce soit pour y intervenir militairement, ou y imposer des zones d'exclusion aérienne à l'instar de ce qui s'est passé pour l'Irak et la Libye, ou encore y établir des zones tampons et des couloirs humanitaires...

Ceci parce que la Russie, soutenue par la Chine, a déclaré clairement que son veto sera opposé à toute résolution internationale qui rééditerait les expériences du passé ; telle celle vécue récemment par la Libye, qui a conduit ce pays à sa destruction et vers l'inconnu, après assassinat de plus de 130.000 personnes par l'OTAN, directement ou indirectement. Cela à la faveur d'une intervention censée installer une zone d'exclusion aérienne, mais qui a fini par outrepasser le mandat du Conseil de sécurité pour aboutir à une attaque aérienne écrasante suivie de l'éradication du régime en place.

L'administration US sait parfaitement que les déclarations des Russes ne sont pas de simples manœuvres et que, du point de vue de ces derniers, la question syrienne ne saurait souffrir d'aucun faux semblant, parce qu'elle est directement liée aux intérêts mêmes de la Russie et se trouve en relation organique avec sa sécurité nationale. Autrement dit, la Russie ne peut se permettre de négocier ou de se plier à des logiques d'échange et de transactions. Malgré cela, les États-Unis insistent et continuent de frapper à la porte du Conseil de sécurité en utilisant des partenaires arabes et occidentaux, avec l'espoir d'obtenir quelque chose contre la Syrie.

En sciences stratégiques, il est un principe accepté par tous : « C'est à celui qui possède le pouvoir ou l'opportunité, de ne cesser de les mettre à profit pour atteindre son objectif ». En pratique, ceux qui possèdent cet atout établissent leurs plans avec l'idée que, si jamais un plan échoue, un autre plan le remplacera, aussi longtemps qu'ils n'ont pas perdu leurs capacités.

Ce qui nous amène au comportement des États-Unis et aux résultats observés suite aux interventions occidentales en Syrie. Or celle-ci résiste depuis près d'une année et a fait capoter tous les plans successifs conçus pour la conduire à sa perte. Des plans qui sont passés des soi-disant « manifestations pacifiques », aux tentatives de «  division de l'armée », et aux manœuvres de découpage de son territoire par des zones échappant à l'autorité de l'État dans le but de propager une terreur à grande échelle, pour finalement être obligé de reconnaître l'existence d'une opposition militaire organisée, armée et financée par l'étranger !

Par sa résistance déterminée, la Syrie a déjoué ces plans, l'un après l'autre, mais les forces d'agression n'ont pas perdu toutes leurs capacités de nuisance. Elles possèdent toujours l'appui des médias, l'argent, les moyens de pression économique, la possibilité de recruter et d'armer des mercenaires et des terroristes, et elles jettent le tout dans leur bataille animée par la vengeance.

Face à tout cela la Syrie résiste, forte de l'intime conviction que son peuple, son armée et son gouvernement sont suffisamment armés et immunisés contre la défaite. Elle a décidé de rétablir la sécurité des zones déstabilisées par les terroristes et a commencé à le faire, maintenant qu'une occasion historique lui a été donnée par le rapport des observateurs arabes qui ont été témoins du terrorisme et des crimes perpétrés contre l'État et les citoyens. Des observateurs qui ont certifié que des médias ennemis, diffusant à partir de certains satellites, sont fondamentalement responsables d'attiser l'agression et la subversion en Syrie.

Aujourd'hui, l'administration US réalise qu'elle a perdu sur le terrain syrien et qu'elle n'a plus de cartes pour en modifier les réalités militaires ou politiques. En même temps, elle sait que capituler devant la défaite est impossible en cette année électorale critique pour son chef qui se prépare à la course présidentielle pour renouveler son mandat. En effet, la capitulation de l'administration US serait catastrophique pour les bénéfices acquis suite à son déploiement tant en Tunisie qu'en Egypte et en Libye ; elle aurait des conséquences stratégiques désastreuses sur la scène internationale car elle rétablirait la Russie qui, avec ses alliés, serait un adversaire puissant du système occidental sous leadership des USA.

Oui, l'administration US est aujourd'hui face à un dilemme. Elle ne peut pas s'en sortir par une victoire en Syrie et, en même temps, elle ne peut pas déclarer son échec. C'est pour toutes ces raisons qu'elle rechercherait actuellement une solution honorable qui ne compterait pas pour une défaite. Elle consisterait à reporter le dossier à un moment plus propice pour rebattre les cartes et faire pencher la balance à son avantage. D'où, apparemment, ses tentatives pour renouveler l'expérience libanaise consécutive à la résolution 1559 [1] ; résolution qui a mis le Liban sous tutelle internationale et surveillance d'un proviseur, dossier indéfiniment ouvert sur la table du Conseil de sécurité, autorisant son ingérence quotidienne sous couvert du mensonge de la légitimité internationale ...

L'administration US veut donc pour la Syrie une résolution semblable à la résolution 1559 afin de lui imposer un mandat international, confisquer son droit d'élire son président, confisquer son droit aux relations internationales, en plus de confisquer son droit de posséder une puissance défensive. Elle espère réussir dans cette entreprise qu'elle pourra promouvoir comme une opération réussie de soustraction de la Syrie à l'axe de la résistance et du refus, comme en 2005, lorsqu'elle a soustrait le Liban à son environnement et à ses relations avec la Syrie pour en faire un pays hostile.

En 2004, les USA avaient réussi à faire adopter la résolution 1559 à la majorité de 9 voix [minimum requis pour l'adoption d'une résolution au Conseil de sécurité] dans un environnement stratégique international qui leur était favorable. À l'époque les USA affichaient leur fierté pour avoir occupé l'Irak, se vantaient d'être en route pour contrôler complètement l'Afghanistan, et avaient étendu leur pouvoir sur les pays du Golfe. Aucun des États membres ne pouvait leur faire face et les contredire pour n'importe quelles considérations subjectives ou internationales. Aujourd'hui tout a changé, et le Conseil de sécurité est soumis à un nouvel équilibre qui empêche les USA de le contrôler, ce qui signifie qu'adopter une résolution à minima est désormais presque impossible.

De plus, malgré l'adoption de la résolution 1559, les USA n'ont pas pu réussir à en faire grand chose d'un point de vue effectif au Liban. Le général Émile Lahoud est resté à la présidence jusqu'à la dernière minute de son mandat. La résistance visée par la résolution 1559 est toujours armée, et continue à nourrir sa force qui a vaincu Israël en 2006 ; elle n'accorde aucune importance aux initiateurs de la résolution et se moque des comptes-rendus de son proviseur. Quant au retrait de l'armée syrienne du Liban, il n'a pas eu lieu en application du 3ème décret de la résolution ; mais a été le résultat d'une décision stratégique majeure prise par la direction syrienne elle-même, dans l'intérêt de la sécurité nationale de la Syrie, suite aux nouvelles donnes sécuritaires surgies sur la scène libanaise.

Tout ce qui précède montre que l'administration US a échoué malgré ses pratiques meurtrières et terroristes et qu'elle sera, cette fois, impuissante au Conseil de sécurité malgré son instrumentalisation creuse de la Ligue, de ceux qui se prétendent arabes et qui se sont empressés de suspendre la mission de leurs observateurs en Syrie, pour empêcher la divulgation de leurs témoignages prouvant le caractère éminemment terroriste de la soi-disant « opposition syrienne », et aussi pour faire pression sur la Russie. Les circonstances ont changé et le monde entre dans une nouvelle ère de relations internationales où les USA n'ont plus l'exclusivité du leadership et du pouvoir. Par ailleurs, la Russie sait parfaitement qu'elle est visée à travers la Syrie et qu'elle se doit de se défendre.

Ce qui signifie que la Syrie ne subira pas une nouvelle résolution 1559 et qu'elle ne sera pas acculée à la soumission comme cela a été le cas au Liban, car le nouvel équilibre des forces peut la protéger d'un tel malheur. Il n'en demeure pas moins qu'elle doit s'attaquer au fléau terroriste pour l'éradiquer, ce qu'elle semble en train de réaliser. Dès lors, l'administration US ne pourra que se plier devant l'évidence ; et ses [alliés] Arabes et leur Ligue ne pourront plus nuire, maintenant qu'ils ont utilisé leur dernière cartouche en ramenant le dossier syrien devant un Conseil de sécurité qui ne répondra pas à leurs attentes.

Amin Hoteit


thawra.alwehda.gov.sy, 30 janvier 2012

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Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.
Article proposé et traduit de l'arabe par Mouna Alno-Nakhal (Biologiste) pour silviacattori.net

Texte original en arabe :

http://thawra.alwehda.gov.sy/_View_news2.asp ?FileName=65779514320120130010248


Source: SILVIA CATTORI.NET

vendredi, 20 janvier 2012

LA FRANCE, VOUS CONNAISSEZ?

Visionnez-moi cette vidéo: une critique et un regard sans concession d'un universitaire et écrivain chinois sur une France en déclin. Du moins si la traduction a été fidèlement faite. A ne pas rater!

Bien à tous!


DINDE Fernand AGBO

UN NOIR VENDREDI 13: LA FRANCE ET NICOLAS SARKOZY «DEGRADES»


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Le vendredi 13 janvier 2012 est venu en rajouter à toutes les superstitions fantaisistes sur cette date « singulière ». Un authentique vendredi noir qui a vu la dégradation en cascade de plus de la moitié des pays européens membres de la zone euro (9 sur 17), victimes d'une gouvernance européenne non concluante qui plonge une bonne partie de l'Europe dans l'incertitude et les lendemains improbables. Oui, le couperet, après plusieurs mois de tergiversations et de circonlocutions, est tombé, dru : La France a perdu son triple A, avec une perspective négative, et bien d'autres pays ont été dégradés. Mais pas l'Allemagne qui conserve une perspective stable. « Une double claque pour le gouvernement français », comme dit le journal français Le Figaro.

L'agence de notation américaine Standard & Poor's (S&P) qui a infligé cette sanction à l'Europe portait ainsi un regard des plus sévères sur les institutions et les dirigeants européens qui, au terme de multiples sommets de dernière chance, ne sont finalement pas parvenus à apporter des solutions suffisantes à la crise de la dette qui frappe de plein fouet la zone euro.


Le plus grand grief de l'agence de notation contre les européens, c'est le fait de fonder leurs réformes et mesures de sortie de crise financière sur la seule et unique austérité budgétaire, contre productive et non compétitive. L'Europe, en ne donnant pas ainsi de garantie de croissance et de compétitivité aux marchés financiers, devient peu sûre et tombe tout logiquement sous le coup d'une décision implacable qui dégrade sa compétitivité.


Elle épingle, en outre, l'insuffisance des ressources constituant les fonds de secours de la zone euro, et - pour bien faire les choses -, dégrade aussi d'un cran le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), véritable fonds de soutien - si ce n'est de salut - européen, trois jours seulement après avoir dégradé les pays européens (le lundi 16 janvier 2012) et après que l'Allemagne ait marqué sa volonté de ne pas le renflouer, rendant inévitable la nouvelle sanction de Standard & Poor's.


Cette notation de l'agence américaine est un véritable camouflet, un revers cinglant, pour Nicolas Sarkozy qui avait toujours présenté ce triple A comme un « trésor national » et qui confiait en coulisse : « Si on perd le triple A, je suis mort », « il faut qu'on garde, coûte que coûte, le triple A ». François Fillon, le Premier ministre français, était même péremptoire : « La perte du triple A, c'est la ruine de la France ». Eh bien, c'est fait ! Le socialiste François Hollande ne fait pas la fine bouche : « C'est une politique qui a été dégradée, pas la France ». Pour Dominique de Villepin, c'est « l'échec d'un quinquennat, l'échec d'un choix, le choix d'ouvrir les vannes de la dépense ». Le parti de Nicolas Sarkozy, l'UMP, relativise l'information qu'elle affirme ne pas être une catastrophe et rebondit sur le maintien du triple A de la France par les agences de notation Moody's et Fitch Ratings qui constituent avec S&P (la plus ancienne et la plus influente sur les marchés financiers de la planète), une oligopole devenue incontournable, depuis une vingtaine d'années, pour les investisseurs du monde entier. Moody's et Fitch maintiennent, certes, le triple A de la France mais, à la vérité, elles la tiennent (la France) à l'œil pour les prochains mois et il ne faut pas se faire d'illusions, elles dégraderont bel et bien la dette souveraine française, tout comme S&P. C'est juste une question de temps. Tout simplement parce que la France ne dispose d'aucun mécanisme pour rebondir avant plusieurs années. Elle n'offre aucune garantie de croissance, en ce moment. Sa seule matière première : l'austérité, la rigueur, la cure d'amaigrissement drastique. Pas précisément faites pour relancer l'économie. Vous parlez d'un cercle vicieux !


En réalité, la France et singulièrement Nicolas Sarkozy, sont victimes d'une longue tradition de gouvernance nationale chaotique et de gestion internationale apocalyptique. D'une part, depuis 32 ans, tous les budgets de la France sont en déficit. Le dernier en équilibre se trouvait être sous Valéry Giscard d'Estaing. En clair, cela remonte à une petite éternité. D'autre part, l'on se souvient encore des récentes croisées de ce pays, en Afrique, qui ont fait des milliers de morts en Côte d'Ivoire et en Libye, ainsi que des destructions immenses, innommables qui, au final, n'ont fait tomber aucune véritable dividende dans l'escarcelle d'un Hexagone en faillite, qui s'agrippe avec le désespoir d'un damné pour ne pas descendre dans les profondeurs abyssales, quitte à déglinguer au passage des Etats tranquilles, souverains et qui ne demandent qu'à décider, sans intrusion ni ingérence, de leur propre histoire. Elle fait, actuellement, la cour à la Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, avec la visite remarquée du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Il faut d'ores et déjà craindre pour la Birmanie, dans les mois à venir. Car la « communauté internationale » a choisi son candidat.

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La France doit redevenir humble, réaliste et conséquente envers elle-même : on ne mène pas grand train de vie quand on est paumé. Pour parler trivialement. C'est le bon sens même ! Nous le disons une fois de plus : la France doit revoir ses prétentions à la baisse, seule voie de sortie. Et de salut. Et transformer son modèle économique, non compétitif, ainsi que son modèle de société, trop coûteux, en socle de stabilité et de croissance.  Pourquoi un Etat qui est loin d'avoir les performances d'une Allemagne bonne élève, première puissance économique d'Europe, possédant une armée modeste, sans base militaire à l'extérieur et résolument au travail, prétendrait-il entretenir plus de 10 bases militaires en dehors de son territoire et se payer le rythme de vie qui est le sien, en ce moment ? Avec quelles ressources les ferait-il fonctionner et avec quoi maintiendrait-il son modèle de société actuel quand l'économie nationale part en vrille ?

La France ne peut continuer à vivre au-dessus de ses moyens au point d'arrimer le simple fonctionnement de l'Etat à un endettement excessif. Point des comptes : 1700 milliards d'euro de dette à la fin du troisième trimestre 2011. Plus de 85% du PIB. Phénoménal. Déprimant. Pour autant, elle dispose encore de trois voies possibles pour éponger cette lourde créance : une forte inflation (spoliation des épargnants ; ce qui n'est pas souhaitable), une forte croissance, ou une hausse significative des recettes publiques. La France ne peut envisager aucune d'elle. A tout le moins, pour l'heure. Elle n'en a pas les moyens.

Pour ne pas avoir voulu se soumettre à cette règle élémentaire d'économie, le pays de Nicolas Sarkozy s'est offert, avec sa bénédiction, « poings et pieds liés aux marchés financiers », comme le dit si bien Monsieur Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche. Cette dégradation d'un cran de la dette souveraine française, avec perspective négative, n'est en réalité que le premier maillon d'une chaîne déclinante qui verra la descente aux enfers de la deuxième économie d'Europe. Une déchéance bien amorcée pour la décennie. Pour la simple et bonne raison que Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs ont pris toutes les décisions et instauré toutes les réformes sauf la seule qui vaille : cesser de vivre de l'économie de prédation et des guerres démocratico-humanitaires - qui ne sont rien d'autre en réalité qu'impérialistes et ne représentent pas la vraie richesse du pays - et se mettre résolument au travail comme l'Allemagne. Mais pour y arriver, il faut une bonne dose d'humilité que n'a pas la France.

L'Allemagne pour rappel, dans l'optique d'atteindre une industrialisation et une force de production suffisantes pour booster son économie, ainsi que son développement, et se mettre au large, avait adopté une réforme baptisée en allemand « Feuille de patate » : c'est-à-dire serrer la ceinture, vivre selon ses moyens, quitte à manger de la patate et des feuilles de patates. Or, Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat français chargé du Commerce extérieur, sur le plateau de l'émission « Mots Croisés » de France 2, ce lundi 16 janvier 2012, l'a dit sans détours, bien qu'étant membre du gouvernement d'un pays au bord du précipice : « La France n'ira tout de même pas jusqu'à manger des feuilles de patates ! ». Très révélateur de l'état d'esprit d'un peuple imbu et suffisant (tous les français ne le sont pas, heureusement), peu disposé au sacrifice. Surtout quand ce sont les plus faibles qui doivent payer, pendant que le CAC 40 distribue des milliards d'euro de dividendes, profits dont le montant s'élève à 12 fois ses charges fiscales réelles payées à l'Etat français, selon Monsieur Jérôme Cahuzac, Président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, Chargé du pôle budget et fiscalité dans l'équipe de campagne de François Hollande.

Espérons que « la grande France » trouve les solutions idoines à son mal, un mal profond qui risque de l'emporter, irrémédiablement. « ADO Solutions », qui a juré la main sur le cœur avoir une réponse à chacun de nos problèmes, pourrait même lui prêter main forte s'il parvient à se sortir des sables mouvants ivoiriens dans lesquels il est lui-même empêtré, depuis bientôt dix mois, nous donnant le net sentiment de naviguer à vue et de conduire le navire Ivoire dans les rochers, à l'image du commandant Francesco Schettino du bateau de croisière Costa Concordia, échoué vendredi dernier (13 janvier !), aux larges de l'île de Giglio (Ouest de l'Italie).

Compétitivité et mise en ordre des finances publiques - et nous ajouterions volontiers « mise à plat de l'ego surdimensionné de la France » - paraissent être les seules issues objectives qui s'offrent à un Nicolas Sarkozy, groggy, qui ne peut pas plus mal commencer sa campagne présidentielle 2012. Au-delà des euphémismes de rigueur pour ne pas perdre son aplomb. En attendant, les Ivoiriens pleurent, dans la plus grande indifférence du gouvernement ivoirien, le décès du ministre d'Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, le père du « budget sécurisé » et du « budget de sauvegarde » qui nous ont donné de grandes fiertés, nous épargnant de nous inscrire dans la mendicité internationale, option résolument affichée du nouveau régime d'Abidjan. Le jour se lève toujours.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 420 du jeudi 19 janvier 2012.

jeudi, 19 janvier 2012

ENQUETE - PROSTITUTION EN LIGNE: QUAND L'INDUSTRIE DU SEXE SEVIT SUR INTERNET


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Une prostituée de rue

L’une des découvertes les plus fascinantes du millénaire reste, l’Internet, à partir duquel le monde n’est plus qu’un village planétaire. Pourtant, ce qui a suscité autrefois autant d’espoir à sa création, est en passe de devenir un couteau à double tranchant dans son utilisation. Via Internet, on gruge, on arnaque, on vole et on se «vend». 

Présentation

Moyen de communication par excellence, l’Internet sert aussi à se faire des amis (es). Ainsi, des sites ont été conçus dans ce sens pour faciliter les rencontres entre individus. A cet effet, des sites de tout genre existent pour les célibataires, les gays, les lesbiennes, etc…Si certains sont gratuits d’autres cependant, sont payants. Entre autres sites, nous pouvons citer, ‘’Easyflirt’’ qui est un site de rencontre avec chat et webcam. ‘’Easyflirt’’ revendique 27 millions de célibataires qui lui font confiance pour rencontrer le grand amour. ‘’Meetic’’, est le site de rencontre classé n°1 en Europe avec le plus de célibataires inscrits, où il y a plus de chances de faire une belle rencontre’’, lit-on sur le site. C’est un site de rencontres 100% gratuit. ‘’Badoo.com’’, ‘’123love.com’’ et ‘’Babel.com’’ qui sont aussi des sites de rencontres, permettent de dialoguer avec des célibataires près de chez vous. C'est gratuit et sans abonnement. Il existe plusieurs sites de rencontres cependant sur Internet, pour le bonheur de leurs adeptes. 

Manifestations

« J’ai besoin d’argent, aidez-moi », « recherche homme pour relation sérieuse », « toi, homme de 40-50 ans, je te fais la totale à trente mille francs CFA. Je fais tout, sans discussion », « bonsoir, je me nomme coup de coeur, j’ai des amies femmes d’affaires qui payent de cinquante à cent mille francs et plus après rapports protégés et discrets. Veuillez me contacter pour une réservation au numéro suivant (…) », « vous me donnez cinq mille et on fait ça chez moi à domicile ». Ce sont les phrases qu’on lit sur les profils des abonnés ou visiteurs des sites de rencontres sur le net. Les motivations d’un site de rencontres à un autre sont diversifiées. Certains y vont pour des opportunités d’affaires, d’autres pour se faire des amis (es), mais la grande majorité y va pour assouvir un quelconque désir sexuel ou pour satisfaire sa libido. Les femmes et les hommes sont tous logés à la même enseigne. Vous vous inscrivez sur un site de rencontres avec un pseudo ou votre propre nom- c’est selon- puis ensuite, vous avez la possibilité d’échanger avec des milliers d’individus. Pour la plupart du temps, il n’y a aucun sujet tabou. Au bout de quelques minutes, vous vous en sortez avec des numéros de vos correspondants virtuels. Si vous poussez l’accès un peu plus loin, vous avez la possibilité le même soir, de coucher cette dernière dans votre lit. Parce que quand certaines feignent de faire les saintes nitouches, d’autres par contre ouvrent de prime à bord, les hostilités. Plus besoin de se faire prier, car l’adage le dit, « les oiseaux de même plumage volent ensemble». 

Tout le monde s’y adonne…

Après la destruction de certains sites reconnus pour être des nids de promotion de la prostitution ou des lupanars dans le district d’Abidjan, les jeunes filles déscolarisées ou non ont recours à la toile. De la prostitution de quartier, elles sont passées à une autre forme de prostitution de luxe : la prostitution sur Internet. Elles n’hésitent plus à mettre le grappin sur des hommes férus de sensation forte et adeptes de lubricité. Il est souvent loisible de voir des femmes de plus de 40 ans se connecter pour rechercher une partenaire plus ou moins jeune pour des rapports sexuels à trois ou quatre. Sur les différents sites de rencontres, les relations contre nature se répandent comme des champignons au grand dam de la morale. Normal, sur Internet, on affectionne la démesure et sans restriction. Des homosexuels ou lesbiennes ou encore des bisexuels font de ces espaces-rencontres sur Internet leurs choux gras. Sur Internet, il n’y a pas d’âge et tout le monde est à la recherche d’émotions et de plaisir. La plupart des filles qui s’adonnent à cette activité viennent de Yopougon, Riviera Palmeraie, Marcory, Koumassi, Zone 4 et Port-Bouët.


Réalisée par Patrick Krou, in le quotidien ivoirien "L'Intelligent d'Abidjan".


Source: ABIDJAN DIRECT.NET

LES MORTS DE COTE D'IVOIRE ET DE LIBYE CREENT LE NOUVEL ORDRE MONDIAL


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Par Jean-Paul pougala (*)


En 1945 L'Organisation des Nations-Unies s'est créée après le choc de la deuxième Guerre Mondiale. Aujourd'hui, le nouvel ordre mondial est en train de se mettre en place après le lourd sacrifice de l'Afrique,  après le choc des milliers de morts de côte d'Ivoire dont les 1200 villageois de Duékoué et des dizaines de milliers de morts Libyens, même si l'Otan a décidé d'insulter notre intelligence en parlant de zero mort et ce, après 26.323 sorties, 9.658 raids de bombardement, 7.700 bombes et missiles tirés par l'OTAN sur la Libye, avec la complicité des Nation-Unies qui étaient censées les protéger. L'ONG britannique Stop the War Coalition a certifié l'utilisation par l'OTAN des armes de destruction massive en Libye à travers les bombes et missiles contenant le fameux DU (depleted uranium), c'est de l'uranium appauvri, pour tuer le plus de personnes possibles. Daniele Cardetta dans le journal italien Articolo3, avance le chiffre de 60.000 morts. C'est le journal italien Nibiru2012 qui conclut que 60.000 morts sur une population libyenne de 6 millions sont 1% de la population décimée par l'Otan en Libye et que cela équivaudrait en proportion à 3 millions d'américains que des puissances étrangères viendraient décimer avec des bombes non conventionnelles. Et au lieu de mener la moindre enquête, l'Onu a tourné la tête ailleurs, vers Abidjan pour le méchant désigné le Président Gbagbo. C'est contre tout cela que la Chine a décidé de prendre les devants et de mettre sur pied un nouvel ordre mondial. Voici comment :

1- LE YUAN CHINOIS REMPLACE LE DOLLAR

La Chine ne peut pas prétendre diriger un nouvel ordre mondial crédible sans être la première puissance du monde. Il y a des spécialistes qui disent qu'il y a longtemps que la Chine est devenue première puissance mondiale. C'est vrai, mais ce qu'ils ne savent pas c'est que le seul fait que les Etats-Unis d'Amérique peuvent imprimer leur monnaie le Dollar pour servir toute la planète qui n'attend que cela pour payer leurs échanges, offre de facto un avantage financier inouï aux USA sur tout potentiel concurrent à son trône. Et au delà de son vrai poids économique, le positionnement stratégique de sa monnaie place ce pays au trône inconditionnel de la première puissance mondiale. La perversité potentielle du levier financier était sous-estimée par beaucoup depuis des années.

Mais un élément est venu bouleverser la donne et ce sont les deux crises Ivoirienne et Libyenne alors quand les USA et leurs Alliés Européens ont joué sur le levier monétaire pour plier leurs ennemis du moment. En violant toutes les règles du droit international, ils ont unilatéralement gelé les avoirs bancaires de la Côte d'Ivoire d'abord et de la Libye ensuite que ces deux pays détenaient en Occident, allant jusqu'à fermer les succursales des banques privées européennes en Côte d'Ivoire, contre l'avis même du gouvernement en place. C'est cette technique de guerre inaugurée par les Occidentaux et testée deux fois en Afrique qui a alarmé la Chine qui a dès lors compris qu'elle ne pouvait plus attendre longtemps pour créer et guider le nouvel ordre mondial et que pour y parvenir, il fallait tout simplement signer la fin du Dollar américain comme monnaie de référence au niveau mondial. C'est en pleine guerre de l'Occident contre la Libye qu'elle réussit en Juin 2011 à convaincre la Russie de se passer du dollar et d'utiliser désormais la monnaie chinoise pour leurs échanges. Ce sera la même chose avec les pays africains où pour la plupart, après l'assassinat du Guide Libyen et le retardement de la monnaie commune africaine initialement prévue pour 2016, le Yuan chinois qui reste inconvertible, est en train de devenir la monnaie de change avec la Chine qui est depuis 2010, le premier partenaire économique du continent africain.

En Amérique Latine, l'initiative chinoise est accueillie avec euphorie pour des pays qui n'en pouvaient plus de l'arrogance de leur puissant voisin du nord. Au Venezuela, c'est le président Hugo Chavez qui ira plus loin en vidant tout simplement les coffres des pays occidentaux de la réserve d'or que son pays y détenaient depuis la gouvernance de ses prédécesseurs. Mais  le plus difficile restait à venir : convaincre un pays encore sous occupation militaire américaine depuis plus de 60 ans de rejoindre le nouvel ordre mondial que la Chine a décidé de créer. C'est finalement le jour de Noël, le 25/12/2011 durant la visite du Premier Ministre Japonais à Pékin qu'un accord est trouvé pour se passer du Dollar, c'est-à-dire que la deuxième et la troisième puissance économique du monde la Chine et le Japon vont désormais utiliser la monnaie chinoise pour leurs échanges. Le revirement de Tokyo s'explique par la faiblesse militaire de l'Occident mise à nu par la cacophonie et les difficultés surtout financières rencontrées lors de sa tentative pour faire plier Kadhafi pendant 7 longs mois. Ce qui a fait comprendre au Japon qu'en cas de conflit armé avec la Chine, les USA ne sont tout simplement pas en mesure de les aider, autant faire la paix tout de suite et se mettre sous l'ombrelle de Pékin. La Corée du Sud et l'Inde vont très bientôt rejoindre le Brésil pour faire partie de ce nouveau directoire. Après le vote de l'Afrique du Sud et du Nigeria en faveur d'une résolution des Nations Unies pour aller faire la guerre à un pays africain, ces deux pays sont-ils suffisamment crédibles pour faire partie de ce directoire mondial qui se forme sous le guide de la Chine ?

2- L'ALLIANCE STRATEGIQUE AVEC LA RUSSIE

On ne peut pas conduire le monde sans une alliance militaire forte. Il y a plusieurs années que les spécialistes parlaient d'une nouvelle gouvernance mondiale portée par les USA et la Chine dénommée G2. Pour l'Occident, c'était une solution de compromis qui aurait signifié qu'il n'avait pas perdu le train des bouleversements du 21ème siècle, puisque représenté dans ce G2 par l'un des leurs, les USA.

Et patatras. A cause d'une guerre des plus maladroites contre la Libye tout cela est terminé. Cette guerre a permis la création du G2 oui, mais un nouveau G2 que personne n'avait prévu, un G2 militaire en construction entre la Chine et la Russie. Ces deux pays ont en effet, à cause de ce qu'ils appellent une agression injustifiée contre la Libye, décidé de renforcer leur collaboration dans toute une série de secteurs dits stratégiques avec l'objectif affiché de stopper l'Occident belliqueux ;

La célébration des 10 ans d'amitié nouvelle entre les deux pays à Moscou du 16 au 18 juin 2011 dernier s'est transformée en Conseil de guerre pour le lancement du nouveau G2. L'Occident qui espérait s'emparer des ressources énergétiques africaines à commencer par celles libyennes pour tenter un diktat sur la politique économique chinoise devra revoir ses plans, puisque le nouveau G2 y a déjà trouvé une parade. Ainsi la Russie deviendra le premier fournisseur des produits énergétiques à la Chine, ceci permettant à cette dernière de relativiser le risque et le poids de l'Afrique dans ses approvisionnements et pour la Russie de pouvoir se passer de son plus gros client, l'Europe sans laquelle elle était incapable de disposer de ressources financières suffisantes pour son développement. Ainsi, la guerre contre la Libye est devenue pour l'Europe un vrai boomerang reçu à la figure : elle pensait utiliser des manœuvres souterraines inavouées pour contrôler à terme le pétrole et le gaz africain, elle se trouve au contraire sous le coup d'un chantage russe pour ses approvisionnements avec un robinet qui risque d'être fermé à tout début d'hiver par Moscou si elle n'est pas suffisamment docile. Les nouveaux accords avec la Chine permettent à Moscou de tenir ce robinet fermé pendant des mois sans que sa caisse en pâtisse outre mesure. Comme les autorités le répètent à volonté à Moscou, « avec les Chinois nous aurons le nécessaire pour nous émanciper de l'Europe » Par ailleurs après le nouvel accord signé par le président Chinois lors de cette visite, le premier consommateur des produits énergétiques des prochains 20-30 ans devient un concurrent incommode pour l'Europe qui désormais ne pourra plus négocier ses prix avec la Russe comme auparavant, elle doit donc se préparer à payer plus cher son gaz. Et après les accords récemment stipulés entre la Russie et l'Algérie, pour former un cartel du gaz, on peut s'attendre à un doublement des prix du gaz russe pompé vers l'Europe occidentale. On était parti pour voler le pétrole Libyen, on se retrouve à perdre le gaz russe, 100 fois plus important que la mise libyenne. Ils sont de vrais génies ces dirigeants européens ! Si nos éclaireurs européens ont fourni le même type de conseils aux dirigeants africains, on peut dès lors se demander pourquoi s'étonner qu'après 50 ans d'indépendance nourris de tels conseils, on ait fait du surplace en Afrique ou qu'on soit allé à reculons.

L'histoire démarre le 18 Novembre 2009 lorsque l'agence de Presse russe Novotni écrit triomphalement ces quelques mots de titre : NIET, NIET, NIET ! pour décrire le « Non » chinois à la proposition Américaine formulée par monsieur Obama lors de sa première visite dans l'empire du Milieu de former avec la Chine ce fameux G2 pour répondre ensemble aux défis de la gouvernance des problèmes du 21ème siècle. Déjà alors, la Chine avait fait remarquer que sa vision du monde était diamétralement opposée à celle des Etats-Unis d'Amérique et qu'elle ne voyait aucune convergence de vue entre ces 2 pays sur plusieurs dossiers brûlants, de la crise avec l'Iran au problème avec la Corée du Nord. Pour les Américains, les bombes étaient les meilleurs remèdes aux problèmes de la planète alors que pour les Chinois, les bombes étaient la démonstration de la faillite de l'intelligence humaine à résoudre ses problèmes aussi compliqués qu'ils soient. La guerre en Libye nous a ainsi donné l'épilogue de cette réorganisation du monde pour le nouvel ordre mondial qui tarde à venir. La Chine et la Russie ont ainsi décidé de se concerter régulièrement et avoir une position commune sur tous les sujets importants de l'actualité mondiale privilégiant toujours et toujours le dialogue, encore le dialogue et toujours le dialogue. La guerre de l'Occident contre la Libye a définitivement tourné la page du 20ème siècle, le siècle des guerres cycliques de l'occident, le siècle des guerres coloniales en Afrique et en Asie et impérialistes en Amérique du Sud. Le double veto de la Chine et de la Russie aux Nations-Unies sur la crise Syrienne témoigne du sérieux de ce nouveau G2 à devenir un vrai contrepoids aux ambitions souvent suicidaires de l'Occident. Et le monde ne peut que s'en féliciter.

3- LA GUERRE EN LIBYE A POUSSE AU REARMEMENT DE LA RUSSIE

4 jours seulement après le déclenchement des bombardements contre la Libye, c'est par la voix du premier Ministre Russe Vladimir Poutine, que l'Occident a été informé le 23 Mars 2011 de la fin des accords du désarmement stratégiques à peine conclus entre les Etats-Unis et la Russie. Ce dernier s'indignait de ce qu'il avait décrit comme une « agression de type médiévale » en concluant que cela était en train de devenir une tendance de la politique extérieure de Washington : les bombes tirées par centaines en une seule nuit sur l'ennemi désigné du moment. Le pire vient toujours de la bouche du premier Ministre russe qui nous informe que les Américains ont utilisé des avions d'attaque nucléaire (même si avec des armes non-nucléaires) comme les bombardiers furtifs Stealth B-2 Spirit qui ont frappé des objectifs civils en Libye, un pays ami qui avait pourtant signé tous les accords internationaux voulus par Washington pour abandonner tout programme nucléaire, civil ou militaire ; une véritable lâcheté : on s'assure que tu sois sans défense avant de venir t'assommer ; et M. Poutine de conclure : « Cela confirme que la Russie fait bien de renforcer ses capacités de défense ». Le lendemain, c'est le Ministre de la défense russe qui nous annonçait lui aussi la mort des accords de désarmement à peine signés un an auparavant avec Washington.

Ainsi, pour la période 2011-2020 la Russie dope son armement d'un budget de 665 milliards de dollars pour construire : 5 véhicules spatiaux, 21 systèmes de défense missilistiques, 35 bombardiers, 109 hélicoptères de combat, 3 sous-marins nucléaires pouvant lancer des missiles nucléaires à 10.000 km de distance. Ainsi, dès 2012, l'armée russe sera équipée de nouveaux missiles intercontinentaux et bénéficiera d'un investissement de 2,6 milliards de dollars pour en développer de nouveaux types plus sophistiqués d'ici 2013. Et comme nous confirme le journaliste Italien Manlio Dinucci, avec la première bombe lancée sur Tripoli l'après midi du 19 mars 2011, l'Occident a mis le stop à la nouvelle ère de l'entente cordiale entre la Russie et les Etats Unis d'Amérique symbolisée le 8 Avril 2010 à Prague par la signature de ce fameux accord du désarment d'armes stratégiques et offensives dites START. Pourquoi ceci est une vraie mauvaise nouvelle pour l'Occident , parce qu'elle n'a plus d'argent. Le moindre dollar dépensé par Washington pour s'armer lui coûte en vérité le double puisqu'il doit l'emprunter sur les marchés et comme rien n'est prévu pour rembourser le capital, les seuls intérêts au bout de quelques années feront que ce 1 dollar coûtera en vérité 4 ou 5 alors que les 665 milliards de dollars de la Russie sont de l'argent frais de sa vente du gaz ou du pétrole.

4- UNE EUROPE ENCORE PLUS HORS JEU

La décision la plus déraisonnée des leaders politiques de l'Union Européenne de ces 5 dernières années a été celle de tourner le dos à la Russie et de pousser cette dernière dans la nouvelle alliance avec la Chine. La Russie a clairement exprimé son opposition à la guerre contre la Libye, elle a dénoncé le projet d'assassinat du Guide Libyen, mais l'Europe l'a ignorée et a mis en sourdine ses préoccupations et les solutions qu'elle proposait pour la résolution de la crise libyenne, préférant l'alliance de fortune avec son ancien allier d'hier, mais son vrai ennemi aujourd'hui notamment sur les questions financières et monétaires. A partir du moment où pour apporter la paix en Europe, la Russie avait dissout le Pacte de Varsovie et n'avait opposé aucun véto pour l'entrée dans l'Union Européens de certains de ses anciens pays satellites, la sagesse aurait dû guider les actions des dirigeants Européens en les amenant à exiger et obtenir des Américains la dissolution de l'OTAN, pour passer à la mise sur pied d'une vraie armée européenne inclusive de la Russie. Au lieu de cela, ils se sont contentés d'humilier la Russie et la contraindre à chercher plus à l'est de nouveaux partenariats où elle y a trouvé la Chine. La nouvelle alliance de ces deux géants fragilise encore un peu plus l'Europe qui est déjà un nain politique. La maladresse de la guerre en Libye a fait le reste. Ce ne sera pas la maigre consolation fêtée sur tous les médias européennes d'une poignée de manifestants à Moscou qui changera le cours de l'histoire qui est en train de s'écrire sans l'Europe. L'autre consolation de séquestrer un président africain en exercice, Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire et l'exposer à l'humiliation populaire dans un cirque européen dénommé Cour Pénale Internationale, n'offrira en rien à l'Europe le sérieux nécessaire pour faire partie du directoire du nouveau monde parce qu'elle est fortement restée prisonnière d'une conception vétuste et dépassée d'un monde qui a déjà son barycentre déplacé vers l'Asie. Ce n'est pas pour rien que la Russie est en train de mettre une importance stratégique renouvelée à sa ville plus à l'est : Vladivostok.

CONCLUSION

L'Afrique doit-elle se réjouir de cette réorganisation du monde ? Lorsqu'on est couché par terre, on ne peut plus avoir peur de tomber. Dans le système résultant de l'organisation du monde de la fin de la seconde guerre mondiale, l'Afrique alors sous occupation européenne n'a cessé de l'être malgré les opérations de maquillage ici et là portant le nom tout aussi provocateur et mensonger : indépendance. L'Afrique n'a rien à perdre dans cette nouvelle configuration du monde. Il faut espérer que le plus grand financeur des différents projets de l'Union Africaine, l'Algérie rejoigne très bientôt ce nouveau cercle afin que l'un de nous puisse véritablement porter la voie de plus d'1 milliard d'africains pour exiger et faire finalement respecter la souveraineté de notre continent.  Selon les croyances ancestrales africaines, les morts ne sont pas morts. Ils deviennent tous des divinités. Nos morts de Abidjan, de Bouake, de Duékoué, de Sirtes, de Tripoli de Bani Walid, de Zliten etc. sont des dieux qui veillent sur nous. Leur sacrifice est en train d'offrir au monde entier un nouveau visage, une nouvelle gouvernance. La route est encore longue, mais le pas est déjà emboitée. Tant de douleur et de pleurs ont suivi et accompagné nos morts en 2011 vers leur place actuelle de divinité. Ce qui nous a donné la lucidité pour nous poser les bonnes questions sur nos partenariats et en déduire qui sont nos vrais amis qui sont fort heureusement ceux qui réorganisent le monde. Saurons-nous être suffisamment unis pour compter dans ce nouveau départ ?  La jeunesse africaine est-elle suffisamment formée et avertie pour s'insérer demain la tête haute dans cette nouvelle donne qui se renforce toujours plus? 2011 qui se termine a été une année tragique pour l'Afrique, mais les événements, aussi détestables soient-ils ont eu le mérite de réveiller beaucoup d'Africains qui ronflaient encore de leur long sommeil dogmatique, tellement les mensonges de l'Occident étaient gros comme un éléphant.


29 décembre 2011


(*) Jean-Paul Pougala est un Camerounais, Directeur de l'Institut d'Etudes Géostratégiques de Genève en Suisse.


www.pougala.org, pougala@gmail.com