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jeudi, 22 décembre 2011

DECLARATION D'UNE BRANCHE DISSIDENTE DE LA JEUNESSE DU PDCI-RDA

 

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En léger décalé mais très révélateur de la dissidence qui couve au PDCI-RDA. Des militants lucides et patriotes crient leur indignation et ne réchignent plus à en découdre. Espérons qu'ils soient entendus et soutenus pour un grand et salutaire renouveau au PDCI-RDA!

 

A la mort du père fondateur, mission a été donnée au Président Henri KONAN BEDIE, conformément à la Constitution ivoirienne, de gérer le pouvoir d’Etat. Aussi les militants du PDCI-RDA dans leur grande majorité lui ont confié leur avenir. Malheureusement à la suite du coup d’Etat de décembre 1999, le Président Henri KONAN BEDIE perd le pouvoir d’Etat.

Le plus grand parti de Côte d’Ivoire venait ainsi de basculer dans l’opposition. Malgré ce premier échec, le parti fait fi de toutes velléités internes de candidature pour confier encore au Président Henri KONAN BEDIE la mission ultime de récupération du pouvoir d’Etat, par la voie des urnes.

Les militants du PDCI-RDA et les jeunes en particulier ont mis beaucoup d’espoir en cette mission que le président BEDIE lui-même a qualifié de dernier combat, censé ramener notre parti au pouvoir et remettre la Côte d’Ivoire sur le chemin du développement. Mais grande a été notre déception de constater que notre parti le PDCI-RDA venait en troisième position lors de la proclamation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. BEDIE venait ainsi de perdre son dernier combat. La noble et dernière mission à lui confier par le parti lors du dernier congrès, venait de connaitre encore un échec cuisant.


L’appel du Président Bédié à voter pour le candidat Alassane Dramane Ouattara a divisé les militants du PDCI-RDA et la population ivoirienne. Le refus du RHDP d’accepter les résultats du second tour proclamés par le Conseil constitutionnel, seule institution qualifiée en la matière et l’installation par la force de monsieur Alassane Dramane Ouattara au pouvoir ont considérablement dégradé l’unité nationale chère aux ivoiriens. Depuis le 11avril 2011 le Président GBAGBO Laurent et plusieurs de ses proches kidnappés sont détenus dans des conditions inhumaines dans les prisons du nord du pays.


Au moment ou monsieur Charles Konan Banny , Président de la commission dialogue vérité et réconciliation se bat pour que les filles et fils de Côte d’Ivoire se parlent et se donnent la mains pour ensemble construire une nation forte et prospère, au moment ou le pouvoir Ouattara appelle les ivoiriens à aller voter le 11décembre 2011 pour élire un nouveau parlement dans l’optique de mettre en place le deuxième piler de la république (l’assemblée nationale) c’est là que le 29 novembre 2011, soit deux semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté de façon clandestine à la Cour Pénale Internationale (CPI).


Face à cette situation très grave, même si la liberté d’expression a perdu la langue sous l’ère Ouattara, la jeunesse du PDCI-RDA, parti de paix, parti bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne ne peut évidemment rester sans mot dire.
Selon l’acte d’accusation: Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité à raison de meurtres, de viols et d’autres violences sexuelles, d’actes de persécution et d’autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post électorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.Le même acte indique que les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l’ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010 ,prenant pour cible des civils qu’elles pensaient être des partisans du candidat de l’opposition, Alassane Ouattara.

Ivoiriens, ivoiriennes, peuple de Côte d’Ivoire l’on veut encore travestir notre histoire sous nos yeux. Ceux qui ont commis les crimes et les pires atrocités en Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat de 1999, la rébellion armée et pendant la crise postélectorale sont connus de tous. Ils ont été épinglés par les organisations de défense des droits de l’homme. En revanche les preuves abondent concernant les tueries, les pillages économiques et exactions perpétrées par la rébellion depuis 2002 et par les FRCI créées par Alassane Ouattara depuis le 17 mars 2010 (cf rapports d’Amnesty international, Human Right Watch, la Croix rouge internationale, de l’ONU et de l’ONUCI).


Les vrais crimes économiques ont été perpétrés par Ouattara, ses rebelles et l’Union Européenne lors de l’embargo sur le port d’Abidjan ayant privé de nombreux malades de médicaments et de la fermeture sans préavis des banques pendant la période de la crise postélectorale. Qui ne se souvient pas du génocide Wè à Duékoué , du massacre des jeunes non armés à la résidence du Président Laurent Gbagbo et à Yopougon , des pillages, tueries massives, persécutions et chasse aux sorcières, insécurité chronique pour la majorité des ivoiriens organisés par le pouvoir ethnique et génocidaire de M. Ouattara et son armée ? En vérité le Président Laurent Gbagbo est victime d’un complot international orchestré par la France au profit d’Alassane Ouattara. Sa place n’est pas en prison parce que c’est le bâtisseur de la démocratie ivoirienne, sa place n’est pas en prison parce que c’est lui le vrai vainqueur de l’élection de novembre 2010, sa place n’est pas en prison parce que ce n’est pas un criminel.


En outre, le nouveau découpage électoral a été fait par Ouattara de façon unilatérale. L’objectif recherché, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la multiplication des élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l’opposition et enfin en affaiblissant notre parti le PDCI-RDA dans son bastion du centre du pays. Dans sa curieuse conception de la démocratie M. Ouattara veut un parlement monocolore avec un PDCI à peine visible pour faire passer en force la vente aux enchères publiques de notre citoyenneté, de nos terres et de notre économie.


Jeunes du PDCI, l’heure est grave, pour cela tu dois :


• dire non à l’organisation de la marginalisation de notre grand parti, le PDCI-RDA;

• demander la démission systématique de M. Charles Konan Banny, haut cadre du PDCI de la présidence de la commission dialogue vérité et réconciliation qui n’accouche déjà que d’une souris car malgré tout, le PDCI-RDA devra garder sa notoriété de parti de paix et de sagesse

• t’adresser à tous les militants, à tous les ivoiriens, et leur dire de ne participer à aucune élection tant que M. Ouattara continuera d’occuper de façon illégale et illégitime le pouvoir d’Etat dans notre cher pays.

• lancer un appel vibrant à tous les démocrates d’Afrique et du monde entier à se joindre au peuple de Côte d’Ivoire pour exiger la libération sans condition du Président Laurent Gbagbo

• réitérer ton appel pour une discussion sincère, incluant le Président Gbagbo, en vue d’une solution politique susceptible de ramener la paix et la réconciliation vraie en Côte d’Ivoire.

• lancer un appelle à la CEDEAO, à l’Union Africaine, à l’ONU et à la communauté internationale, pour arrêter les dérives du pourvoir Ouattara, qui pourraient conduire à une explosion sociale et politique irrémédiable en Côte d’Ivoire.

Jeunes du PDCI-RDA, le président Félix Houphouët Boigny nous a légué un grand parti, nous n’avons aucunement le droit de le laisser mourir. Levons-nous et agissons maintenant car demain nous appartient.

Que DIEU garde la Côte d’Ivoire !


Vive le PDCI-RDA !


Fait à Abidjan, le lundi 05 décembre 2011.


Pour la jeunesse du PDCI-RDA,


Le Président YAO KOUAME Patrick
dealer1er@yahoo.fr
Cell. (225) 02 00 28 37.

dimanche, 04 décembre 2011

CHARLES ONANA (JOURNALISTE-ECRIVAIN): «LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE GBAGBO SONT FAUSSES»


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Journaliste, auteur de plusieurs ouvrages à succès, notamment les « Tirailleurs sénégalais », « Les secrets du génocide rwandais », Charles Onana, de nationalité camerounaise, s'intéresse à tout ce qui se passe en Afrique. A la faveur de la sortie, le 4 novembre 2011 de son livre « Côte d'Ivoire : Le coup d'Etat », il a bien voulu se prêter aux questions de Le Temps. Entretien.

 

Vous venez de publier « Côte d'Ivoire : Le Coup d'Etat »... Quels sont les éléments concrets auxquels s'applique une telle image ? Et à quelle question vouliez-vous répondre ?

Ce titre correspond à une réalité politique qu'ont eu à affronter le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et tous les Ivoiriens qui l'ont élu. Depuis son arrivée au pouvoir en Côte d'Ivoire, il a échappé à au moins trois coups d'Etat. Le premier en 2001, le second en 2002 et le troisième en 2004. Il s'agit, dans les trois cas, d'initiatives militaires tantôt conduites par les "rebelles ivoiriens" avec le soutien implicite ou explicite du Burkina Faso et d'Alassane Ouattara, tantôt sous l'impulsion de la France pendant la présidence de Jacques Chirac. Je fais allusion dans ce dernier cas aux événements de 2004 où l'aviation ivoirienne a été détruite par l'armée française sous prétexte que le président Gbagbo aurait commandité l'assassinat de 9 soldats français à Bouaké. Je démontre dans mon livre, sur la base de témoignages et de documents émanant des juges français et même des militaires français que les accusations portées contre le président Gbagbo sont fausses. Mieux, que le travail de la justice française est fortement entravé par le pouvoir politique en France. Je publie les deux lettres des juges françaises chargées d'enquêter sur les évènements de Bouaké qui affirment clairement n'avoir rencontré que des obstacles et aucune coopération des autorités françaises dans ce dossier. Pourquoi empêcher la justice française de faire son travail si c'est le président Gbagbo qui est responsable de la mort des 9 soldats français? Ce que je peux dire, c'est que dans le dossier de la justice française que j'ai consulté, presque tous les officiers de l'opération Licorne mettent le président Gbagbo hors de cause dans la mort de leurs soldats. Même l'avocat des victimes françaises m'a dit qu'au départ, il croyait ce que disaient les médias sur le rôle du président Gbagbo mais que désormais, de ce qu'il a vu dans le dossier, il ne veut plus entendre parler de l'implication du président Gbagbo dans la mort des soldats français à Bouaké. Comprenez qu'il est difficile de trouver plus crédible que lui! Le dernier point qui permet de parler de coup d'Etat est l'attaque du palais présidentiel en avril dernier. Il a été dit que le président Gbagbo aurait perdu les élections présidentielles et que pour cette raison, le vainqueur désigné par la "communauté internationale", c'est-à-dire monsieur Alassane Ouattara, devait être placé au pouvoir conformément au résultat électoral. Mon enquête montre qu'il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une décision politique prise par le président burkinabé Blaise Compaoré et par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans le but de renverser le président Gbagbo et de mettre à sa place monsieur Ouattara. J'ai retrouvé des correspondances très confidentielles échangées entre les deux hommes à ce sujet. Je les publie également. En résumé, le titre du livre reflète le combat acharné mené pendant 10 ans de 2001 à 2011 contre un homme et un régime qui ne correspondaient pas à l'idée que certains se faisaient ou se font encore d'un chef d'Etat en Afrique. Laurent Gbagbo est un dirigeant atypique et insoumis. Voilà le profil que Paris et Washington ne voudraient pas voir à la tête de la Côte d'Ivoire ni en Afrique francophone.

C'est tout de même bouleversant comme information quand on sait que la communauté internationale et l'Onu ont parlé de « confiscation du pouvoir de la part de Laurent Gbagbo » et « d'actions pour rétablir la démocratie ».

C'est une plaisanterie. Comment le président Gbagbo pouvait-il confisquer le pouvoir en acceptant la tenue d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé en partie au Nord par les rebelles sous le regard bienveillant de l'ONUCI et des forces françaises ? Qui peut regarder les Ivoiriens droit dans les yeux et soutenir sérieusement ce discours ? La réalité est la suivante : lorsque le président Gbagbo demandait le désarmement des rebelles avant d'aller aux élections, ce qui était d'ailleurs conforme aux accords de Ouagadougou et d'Accra, les grandes puissances disaient qu'il refusait d'organiser les élections parce qu'il voulait rester au pouvoir. Lorsqu'il les a organisées, on a dit encore qu'il ne voulait pas quitter le pouvoir. Pendant les élections, lorsqu'il constate - la mission des observateurs de l'Union Africaine également - qu'il y a des fraudes massives dans cette même région du nord, personne ne veut en tenir compte. Il demande même une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la réalité électorale dans le Nord et tout le monde hausse les épaules. En fait, ceux qui accusent le président de tous les maux et qui n'ont pas voulu recompter les voix, même sous les caméras de télévision du monde entier, avaient besoin des élections dans un pays illégalement occupé pour réussir le coup d'Etat. Ils savaient que la fraude et la brutalité des forces rebelles étaient indispensables pour parvenir à leurs fins. Certaines sources à l'ONUCI m'ont confirmé qu'il était hors de question de ne pas suivre les objectifs de Paris et de Washington qui voulaient installer monsieur Ouattara au pouvoir, au besoin par la force. C'est finalement ce qui a été fait.

Dans votre livre, vous expliquez que ce sont Sarkozy et Blaise Compaoré qui ont renversé Laurent Gbagbo. Mais, comment est-ce possible quand on sait que le président Blaise Compaoré se trouve être le facilitateur de l'Accord de Ouaga ?

Monsieur Blaise Compaoré a joué au moins sur trois tableaux. Premièrement, il a toujours soutenu Alassane Ouattara tout en orchestrant, pour des raisons de politique intérieure burkinabé, l'instabilité en Côte d'Ivoire. Souvenez-vous que les autorités burkinabés avaient fait publier un communiqué en 2000, au moment où la polémique battait son plein à Abidjan sur la nationalité d'Alassane Ouattara, affirmant haut et fort que monsieur Ouattara n'était pas burkinabé. Ce qui est faux. Il a toujours été burkinabé comme le prouvent tous les témoignages et les documents que j'ai retrouvés aux Etats-Unis. Il me semble bien que les autorités burkinabé, à défaut de dire la vérité sur l'identité de leur ancien étudiant boursier aux Etats-Unis (Alassane Ouattara), devraient tout moins s'abstenir d'interférer dans un débat de politique intérieure propre à la Côte d'Ivoire. Jamais la Côte d'Ivoire ne s'est mêlée de la vie politique intérieure du Burkina faso sous Blaise Compaoré.

Deuxièmement, il a été désigné par des puissances étrangères comme médiateur dans un conflit dont il était un des parrains. C'est très cynique de sa part mais cela correspondait à une réalité et à sa propre stratégie du moment. En même temps qu'il participait à la médiation, il abritait les camps d'entraînement des rebelles sur son territoire, et soutenait militairement les mêmes rebelles. Il souriait publiquement au président Gbagbo mais préparait sa chute. Il s'agissait d'un véritable jeu de dupes.

Troisièmement, lorsque je tombe sur la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, je comprends qu'il n'a jamais renoncé à renverser le chef de l'Etat ivoirien. Les déclarations de monsieur Compaoré dans la presse française souhaitant la chute du régime ivoirien sont explicites. Il a endormi certains de ses interlocuteurs pour mieux réaliser son coup. Ceci coïncidait bien avec l'agenda des puissances étrangères et du président Sarkozy contre Gbagbo. Monsieur Compaoré a légitimé, au sein de la CEDEAO, le coup d'Etat contre Gbagbo. En plus d'avoir renversé son prédécesseur et ami Thomas Sankara, il a voulu et obtenu la chute du président Gbagbo. Reste à savoir si la CEDEAO prendra un jour à Ouagadougou les mêmes initiatives lorsque les opposants burkinabés dénonceront, encore plus fort qu'ils ne le font depuis plus de 20 ans, la fraude électorale et les dérives bien connues du régime burkinabé.

Vous nous dites donc que le monde entier a été trompé sur la réalité de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

C'est évident! Le président Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne, le chef de la mission des observateurs de l'Union africaine Joseph Kokou Kofigoh, le disent aussi. Sauf à croire qu'ils sont tous naïfs et de mauvaise foi. Ce que personne ne peut croire ou démontrer objectivement. Les faits sont sous nos yeux pour ceux qui veulent les voir.

Partagez-vous l'opinion selon laquelle on aurait fait l'économie d'une guerre si le président Laurent Gbagbo s'était refusé d'organiser l'élection présidentielle dans les conditions qu'on savait, avec une rébellion armée qui contrôlait encore toute la moitié nord du pays ?

Non, je ne partage pas cette vision des choses, mais je la comprends. Vous savez, l'analyse du dossier ivoirien n'est pas simple et pour mieux comprendre la réaction du président Gbagbo, il faut tenir compte de plusieurs paramètres internes et externes. Il a engagé une action militaire à travers l'opération « César » ou « Dignité » pour reprendre le contrôle du nord et organiser des élections dans un contexte politique d'unité territoriale. Au moment où cette action était sur le point d'aboutir, l'Elysée a orchestré une action de manipulation à Bouaké avec des complicités internes en Côte d'Ivoire. 9 soldats français ont été tués dans des circonstances encore non élucidées et l'on a accusé immédiatement le président Gbagbo d'en être le responsable. Ceci a été le prétexte pour détruire l'aviation ivoirienne le 6 novembre 2004. Pis, ce même événement a entraîné les tueries de l'Hôtel Ivoire et de nombreuses victimes ivoiriennes. C'est dire qu'une action militaire forte était prévue contre le régime Gbagbo quelque soit le cas de figure (élections ou pas élections). Par la suite, la communauté internationale a intensifié les pressions avec l'embargo sur les armes et une campagne médiatique sans équivalent contre le régime du président Gbagbo. En plus des ingérences africaines, en l'occurrence celle du Burkina Faso, le président Gbagbo devait lutter contre l'isolement de son pays et les pressions de toutes sortes sur le plan international. Il a choisi la paix et la négociation. C'est ce qui a permis aux Ivoiriens d'obtenir un répit jusqu'aux élections. Ceux qui pensent qu'il était possible d'éviter la guerre en refusant d'organiser les élections se trompent. Savent-ils quel était l'agenda des déstabilisateurs de la Côte d'Ivoire ? La seule chose qui pouvait éviter la guerre c'était de faire cadeau du pouvoir à monsieur Ouattara comme l'exigeaient, sous différentes formes, le Burkina et "la communauté internationale". Ce qui signifie qu'il ne fallait pas suivre les règles constitutionnelles et les procédures démocratiques. L'attitude décrite sur la reconnaissance précipitée d'Alassane Ouattara après les élections et le soutien massif des grandes puissances en est la démonstration. La constitution ivoirienne, le choix des Ivoiriens, les procédures démocratiques n'intéressaient pas les parrains de l'instabilité en Côte d'Ivoire.

Certains observateurs politiques traduisent la crise ivoirienne et la capture de Laurent Gbagbo comme répondant à des enjeux géostratégiques et économiques de la France. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas de cet avis. La capture de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de son régime reposent essentiellement sur la volonté personnelle de Nicolas Sarkozy et de certains lobbies financiers qui voulaient changer de régime en Côte d'Ivoire. Parler globalement de la France n'est pas exact car la décision de renverser Laurent Gbagbo n'a pas été prise après un débat parlementaire ni après une consultation nationale. Le chef de l'Etat français a utilisé abusivement son pouvoir de représentant de l'Etat français pour réaliser le coup d'Etat au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et du débat démocratique en France. D'ailleurs, différents députés de gauche comme de droite ont exprimé leur désapprobation sur l'intervention française. Certains ont aussi demandé une commission d'enquête au Parlement, demande qui a visiblement été étouffée.

8 mois après l'avènement du régime Ouattara, peut-on considérer qu'aujourd'hui une démocratisation du pays est en marche, avec un Etat de droit, une liberté de la presse ? Autrement dit, après 20 ans de crise, Ouattara est-il l'homme de la réconciliation de la Côte d'Ivoire ?

Il me semble, d'après certaines organisations des droits de l'Homme que l'on ne peut soupçonner d'être favorables à l'opposition, que la situation des libertés publiques est très préoccupante en Côte d'Ivoire. Reporters Sans frontières écrit par exemple ceci : " Depuis le mois d'avril et l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, les autorités ivoiriennes n'ont pas démontré leur respect de la liberté de la presse ". Même le consulat de France donne des consignes de très grande prudence aux touristes qui se risqueraient à voyager à Abidjan. A croire que la fanfare sur l'avènement démocratique en Côte d'Ivoire ne tient toujours pas ses promesses.

Que pensez-vous des prochaines législatives en Côte d'Ivoire ? Vont-elles conduire à une normalisation de la vie sociopolitique, comme le pense le pouvoir en place ?

Il ne peut y avoir de compétition politique normale dans un climat de peur, de racket et de pillages des populations civiles. Le nouveau pouvoir n'a pas réussi à garantir la sécurité des Ivoiriens ni même celle des étrangers. Les Ivoiriens ne peuvent pas croire à la sincérité des élections lorsque les résultats des élections de novembre 2010 n'ont pas été clarifiés et que la décision du Conseil constitutionnel n'a pas été respectée.

Le pouvoir a libéré 20 prisonniers politiques, il y a peu. Seulement, le Fpi ne participera pas à ces législatives. Il a posé comme condition à sa participation, entre autres, la libération de Laurent Gbagbo... Quelle lecture en faites-vous ?

C'est toujours bien de libérer des innocents ou des prisonniers politiques. Le FPI est logiquement fondé à réclamer la libération de ses militants et de tous les prisonniers politiques. La détention du président Gbagbo à Korhogo est totalement arbitraire et repose uniquement sur des motivations politiques. Pour l'instant, les avocats et de nombreux observateurs constatent que les accusations portées contre le président Gbagbo ne sont pas étayées. Pour le FPI, participer à des élections dans ces conditions reviendrait à entériner la reconnaissance internationale du nouveau régime au niveau national. C'est-à-dire, à accepter que Monsieur Ouattara a été le vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, ce qui, à ce jour, n'est pas prouvé.

Les chefs d'Etats se succèdent en France sans qu'il y ait rupture dans les méthodes dites « françafricaines ». Un rééquilibrage des relations France-Afrique vous semble-t-il possible ? Et dans quelles conditions ?

Le changement des rapports entre la France et l'Afrique francophone ne dépend pas et ne doit pas dépendre des dirigeants français, mais plutôt des dirigeants et des élites du continent africain. Ils doivent faire valoir leurs priorités, leurs intérêts et leurs politiques. Pour l'instant, c'est la France qui a toujours conduit les débats et les Africains ont presque toujours suivi. Le président Gbagbo a été parmi les rares dirigeants africains à vouloir faire valoir les intérêts de son pays et de ses populations, on lui a préféré un allié du FMI et de la finance internationale. Au lieu de passer beaucoup de temps à critiquer la politique française (ce qui est fait régulièrement depuis les indépendances), les Africains doivent aujourd'hui passer aux actes. Le président Gbagbo a passé moins de temps à critiquer la France mais a essayé de montrer qu'il y avait une autre façon de faire ou de travailler avec la France. La CEDEAO a préféré le menacer plutôt que de défendre les intérêts vitaux d'un pays phare de la sous-région. Ce qui est déplorable.

Comprenez-vous mieux aujourd'hui René Dumont lorsqu'il déclarait au début des années 60 que « l'Afrique noire est mal partie » ?

Non, l'Afrique noire n'est pas mal partie ! Ce sont les dirigeants africains qui ne savent pas toujours où ils vont. Ils sont censés diriger leur pays en défendant à la fois la souveraineté de leurs Etats et le bien-être de leur population ; ils semblent plutôt qu'ils écoutent davantage ce que leur suggèrent les puissances extérieures et les forces qui empêchent le développement du continent africain. On leur a dit que les plans d'ajustement structurel étaient bons, ils les ont appliqués. On leur a dit que la dévaluation du franc CFA était une bonne chose pour leurs économies, ils l'ont acceptée. On leur a dit de signer des accords avec l'Union Européenne ou les Etats-Unis parfois au détriment de leurs propres avantages, ils l'ont fait, avant de se rendre compte que les termes de ces accords leur étaient défavorables. Il faudra bien un jour qu'ils sachent négocier, qu'ils sachent résister, qu'ils refusent la facilité et qu'ils n'aient pas toujours peur d'être renversés s'ils n'obéissent pas à ceux qui tirent les ficelles.

Avec le recul, pensez-vous que cette crise ivoirienne était liée à un déficit de démocratie?

Ça dépend encore de ce qu'on entend par démocratie. Les uns ont pensé que la démocratie en Côte d'Ivoire, c'était le fait que la communauté internationale impose le dirigeant de son choix à la tête du pays, peu importe qu'il y soit mis par des moyens illégaux, non conformes aux lois et à la constitution ivoiriennes. D'autres au contraire pensent que la démocratie, c'est le respect scrupuleux de ces lois et de cette constitution mises en place après un référendum populaire. Je ne crois pas qu'il y a eu déficit de démocratie mais plutôt une conception antagoniste des règles de base du fonctionnement d'un Etat démocratique. Certains étaient prêts à prendre le pouvoir par tous les moyens alors que d'autres voulaient respecter scrupuleusement la loi et la constitution de Côte d'Ivoire.

Les crises ivoiriennes et libyennes ne sont-elles pas symptomatiques du caractère inopérant de l'ingérence du droit humanitaire ? Et finalement l'Onu et la communauté dite internationale ne portent-elles pas toute la responsabilité de ces crises africaines ?

Je ne crois pas qu'il faille attribuer toute la responsabilité des crises africaines à l'ONU et à ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale". Les Africains ne sont pas de grands enfants qui subissent et qui par fatalité ou déterminisme doivent toujours subir. La CEDEAO a été la première à menacer le président Gbagbo d'intervention militaire. Ce fut déplorable, irresponsable et lamentable. L'Union Africaine s'est illustrée par une complaisance sans équivalent lorsque la prétendue "communauté internationale" a reconnu monsieur Ouattara. De nombreux dirigeants sachant qu'ils côtoient beaucoup la fraude électorale et qu'ils règnent sans opposition démocratique dans leur pays ont entériné la décision de la France et des Etats-Unis. Les mêmes Africains ont applaudi la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton qui leur ordonnait presque d'expulser les ambassadeurs libyens accrédités dans leurs pays respectifs. En cela, leur comportement ne fut guère exemplaire non pas pour le colonel Khadafi mais pour la dignité et la respectabilité des dirigeants africains. La première responsabilité est donc la leur.

Vous dénoncez « les secrets de la justice internationale » dans l'un de vos ouvrages. Quelles sont les solutions que vous proposez pour que l'Afrique se réapproprie son développement et son avenir?

Ce serait prétentieux de ma part que de prétendre détenir des solutions sur le devenir de l'Afrique. La justice internationale ou ce qu'on qualifie comme telle n'en est pas une. Celle qui traite par exemple du Rwanda est un scandale. Dans un conflit qui a opposé des rebelles aux forces gouvernementales, seuls les membres du gouvernement rwandais sont incarcérés et condamnés. C'est comme si en Côte d'Ivoire, on décidait de traduire en justice tous les ministres pro-gbagbo et que tous les rebelles qui ont commis des actes répréhensibles depuis 2001 n'étaient aucunement concernés par la justice. C'est cela le Tribunal pénal International pour le Rwanda. La communauté internationale a décidé que seuls les Hutu étaient les méchants et les rebelles tutsi, eux, les bons et les gentils. Malgré tous les crimes que ces derniers ont commis au Rwanda et au Congo, la justice ne s'intéressera jamais à eux. C'est probablement ce scénario qui est envisagé en Côte d'Ivoire. On parle de traduire le président Gbagbo devant la CPI, sur quel fondement juridique? Quelle est la légitimité de la CPI dans les élections et les actes qui entourent ces élections en Côte d'Ivoire ? J'ai eu le privilège de recevoir au cours de mon enquête le mémorandum du 9 mars 2011 rédigé par les avocats français de monsieur Alassane Ouattara qu'ils ont adressé à la Cour Pénale Internationale. Ce document préparé avant le coup d'Etat d'avril 2011 avait été concocté pour neutraliser le président Laurent Gbagbo et non pas pour analyser la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire comme ses auteurs le prétendent. Ils accusent "le président Gbagbo et son clan" de multiplier les violations des droits de l'Homme depuis "l'élection" de monsieur Ouattara le 28 novembre 2010. Pourquoi ce texte très politique commence à accuser le président Gbagbo seulement à partir du 28 novembre ? Il eut été préférable et plus cohérent, dans cette logique, de commencer dès son arrivée au pouvoir en 2000 ou dès 2001. On pourrait ainsi enquêter sur ceux qui ont fait la tentative des coups d'Etat de 2001, 2002, 2004, ainsi que leurs commanditaires et finir par le coup réussi de 2011. Y a-t-il eu violations des droits humains à toutes ces périodes ou pas ? Les Premiers ministres successifs peuvent-ils être concernés par des enquêtes judiciaires ou pas ? Vous voyez que lorsqu'il faut aller au fond des choses, ça peut devenir très embarrassant et peut-être aussi très intéressant. Je pense pour l'instant qu'il faut libérer celui qui a permis à monsieur Ouattara de se présenter aux élections alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international de monsieur Bédié pour faux et usage de faux. Je note simplement que Monsieur Gbagbo n'a jamais mis monsieur Ouattara en prison alors qu'il était fondé de le faire après deux tentatives de coup d'Etat en 2001 et 2002. Cependant, monsieur Ouattara a déjà mis arbitrairement Laurent Gbagbo en prison à deux reprises (1992 et 2011) simplement parce qu'il n'a jamais toléré de voir ce dernier gravir les hautes marches vers le pouvoir suprême. En regardant simplement les faits, on est obligé de constater que sa conception de la démocratie est vague et très aléatoire.


Réalisée par Nikitta Kadjoumé

knikitta@yahoo.fr


Source: IVORIAN.NET

dimanche, 16 octobre 2011

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA CDVR ONT DEJA ECHOUE (Réédition)

 


CHARLES KONAN BANNY.gif

Le meeting pacifique de la JFPI à la place CP1 combattu, diabolisé et finalement reporté sous la pression des nouvelles autorités ivoiriennes, de jeunes patriotes partis au meeting (en dépit de l'annulation de fait) tabassés par les FRCI, un d'entre eux blessé par balle et transporté dans un hôpital de la place, pendant que le RHDP tenait tranquillement un meeting à la place Ficgayo (à seulement 1 Km de là), bien encadré par les FRCI qu'on disait ne pas pouvoir encadrer le leur; le commandant Séka Yapo Anselme, militaire ivoirien en exil à Accra, mis aux arrêts lors d'une escale technique de son vol en provenance du Ghana et en partance pour la Guinée. Continuité de la chasse à l'homme. Que d'impairs du gouvernement Ouattara! Je l'avais dit, la semaine dernière: Banny et la CDVR ont échoué, avant même d'avoir commencé. Nous en avons la preuve, chaque jour. Requiem pour la démocratie en Côte d'Ivoire et pour la réconciliation nationale. Bonne (re)lecture!


Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

samedi, 08 octobre 2011

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION ONT DEJA ECHOUE

 

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Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

mardi, 04 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA, LE NOUVEAU BEN ALI DE LA FRANCE?


ALASSANE OUATTARA SUR TF1.png

C’était le 13 septembre dernier. Laurence Ferrari recevait, sur le plateau de TF1, Alassane Ouattara, le nouveau chef de l’Etat ivoirien. Durant cet entretien, la présentatrice de la chaîne parvenait à faire l’impasse sur les sujets les plus dérangeants pour son interlocuteur. Pas un mot sur la grande insécurité qui règne dans le pays, entretenue par les éléments les plus criminalisés de la nouvelle armée, dominée par les ex-rebelles qui ont combattu Laurent Gbagbo durant neuf ans. Aucune question sur les promotions dont ont bénéficié les chefs de guerre accusés, dans des rapports de  l’ONU et des organisations de défense de droits de l’Homme, d’exécutions sommaires ou de recrutement d’enfants-soldats.

Quelques mois plus tôt, une présentatrice de CNN, interviewant Alassane Ouattara, insistait sur le sort d’Hermann Aboa, journaliste de la RTI arrêté pour des faits relevant de l’exercice normal de sa profession, et dont Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes, et même certains quotidiens pro-Ouattara, ont demandé la libération. Cette question n’était visiblement pas prioritaire pour la journaliste française, qui a préféré donner l’occasion à Ouattara de parler du phénoménal taux de croissance que la Côte d’Ivoire devrait avoir en 2012, et des grands travaux d’infrastructure engagés par son exécutif. Les mauvaises langues diront que ce tropisme n’est pas étonnant, dans la mesure où Martin Bouygues, actionnaire principal de TF1 et  ami proche d’Alassane Ouattara depuis une vingtaine d’années, à qui la construction du troisième pont d’Abidjan a d’ores et déjà été confiée, est un professionnel du béton…

Aucune enquête sur la fortune de Dominique Ouattara et ses liens avec les «biens mal acquis»

Au-delà de l’anecdote, de nombreux observateurs africains sont frappés par l’incroyable protection dont bénéficie Alassane Ouattara en France, où tout est mis en œuvre dans les cercles politiques et médiatiques les plus influents, pour sculpter sa légende. Opposant, il passait pour la victime immaculée de l’ivoirité, un concept tellement flou qu’il a servi à diaboliser successivement Henri Konan Bédié, Robert Guei et Laurent Gbagbo. Ses propos incendiaires attisant, dès 1999, le «dolorisme» nordique et la fameuse «charte du Nord» rédigée dès le début des années 1990 par ses partisans n’ont quant à eux presque jamais été relevés dans les médias français. Ses relations troubles avec la rébellion qui a éclaté le 19 septembre 2002 alors que son parti avait des représentants au sein du gouvernement de réconciliation mis en place par Laurent Gbagbo n’ont jamais été véritablement interrogés, y compris après que des enquêtes d’ONG comme Global Witness aient mis en lumière la forte implication de cadres de premier plan de sa formation politique dans l’économie de contrebande en zone «occupée» et le trafic du «cacao de la guerre». La fortune de son épouse, dont l’agence immobilière a géré le patrimoine de chefs d’Etat comme Omar Bongo Ondimba, symbole de toute la lutte contre les «biens mal acquis» des  présidents africains en Occident, n’a jamais fait l’objet d’enquêtes sérieuses dans la presse parisienne.

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Durant l’épreuve de force qui a suivi l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, toute la classe politique française s’est alignée derrière Ouattara, au nom de la validation onusienne de son élection, sur laquelle de nombreuses zones d’ombre persisteront toujours. En effet, pour la première fois dans l’histoire mondiale, un organisme chargé de proclamer les résultats d’un scrutin donnait un taux de participation officiel (70%), puis se ravisait plusieurs jours plus tard, et augmentait de 11% ce taux, en validant des centaines de procès-verbaux où le nombre d’électeurs dépassait largement le nombre d’inscrits… Ce détail plutôt comique n’est que l’une des nombreuses données troublantes qui, mises à la disposition de l’opinion, auraient soutenu la demande du camp Gbagbo, qui sollicitait alors un recomptage des voix, comme cela a été fait dans le même type de circonstances à Haïti. Mais, une fois de plus, l’omerta pro-Ouattara a prévalu.

Un establishment politico-médiatique parisien déterminé à soutenir Ouattara

Aujourd’hui, Alassane Ouattara est au pouvoir. Amnesty International a accusé ses troupes d’avoir perpétré le plus grave massacre de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire dans le quartier Carrefour à Duékoué. Un massacre aux motivations purement ethniques, comme le prouvent les cartes d’identité collectées et jetées à proximité des charniers. Amadé Ouérémi, le chef de milice burkinabé accusé d’avoir dirigé ce massacre, n’a été ni inculpé ni même désarmé. Il continue de semer la terreur dans la région. Imaginons un seul instant qu’il s’agissait d’un mercenaire à la solde de Laurent Gbagbo durant sa présidence. Qu’aurait écrit la presse hexagonale ?

La détermination de l’establishment politico-médiatique parisien à soutenir Alassane Ouattara est telle que même la mort de Philippe Rémond, un professeur d’Université français, tué selon ses amis par les forces soutenant Alassane Ouattara lors de leur entrée à Yamoussoukro en mars dernier, a été fort peu médiatisée. L’enquête n’a pas avancé d’un pas, aucune inculpation n’a été enregistrée, l’enterrement s’est déroulé dans la plus grande indifférence… Ressortissant français, le fils aîné de Laurent Gbagbo, qui n’a jamais été un activiste de premier plan, est incarcéré depuis plus de cinq mois à Bouna, petite ville du nord du pays. Motif officiel : «il était avec son père», nous apprend le ministre de la Justice de Ouattara.

Sur le terrain du dialogue politique, les choses ne s’améliorent pas en Côte d’Ivoire. Le FPI, parti de Laurent Gbagbo, a suspendu sa participation aux travaux de la Commission électorale indépendante (CEI), pour une raison qui mérite que l’on s’y attarde. La CEI est contrôlée à 95% par des membres de la coalition au pouvoir. En clair, ce sont les partisans de Ouattara qui doivent organiser de bout en bout un scrutin au cours duquel ils seront arbitre et partie. Quand l’on sait qu’en 2003, à la faveur des accords de Linas-Marcoussis, la France faisait pression pour que cette Commission soit plus «équilibrée», alors qu’elle était nettement moins favorable au pouvoir de l’époque, l’on mesure le degré d’amertume qui peut être celui de l’opposition d’aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Les Français, qui aiment à croire que leur exécutif est l’héroïque accompagnateur des révolutions arabes, avec les promesses de démocratisation qu’elles charrient, doivent se souvenir d’une chose. C’est le soutien œcuménique de la classe politique française, gauche et droite confondues, et l’aveuglement de la presse de leur pays face aux dérives progressives de Zine-el-Abidine Ben Ali, qui ont contribué à forger et à renforcer sa dictature «développementaliste». Petit signe qui vaut son pesant de signification. Ouattara et Ben Ali ont un point commun. Ils ont l’un et l’autre signé des contrats globaux de communication avec Anne Méaux, la patronne d’Image 7, une société chargée de dompter les médias hexagonaux à leur profit.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER.INFO

mercredi, 28 septembre 2011

UNE QUESTION DE LEGITIMITE MORALE

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Un sujet d'actualité a captivé l'opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s'écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l'ONU de l'admettre comme Etat-membre au même titre qu'Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan... On a eu l'occasion d'observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu'il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d'une des deux parties qu'ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d'arbitre qu'ils veulent se donner. Et ce n'est pas un hasard si, à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs...

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n'est qu'un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d'être secouée par des révélations mettant à jour l'incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l'image de leur pays au service d'intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d'argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l'occasion des grands contrats d'armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d'espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d'Etat qui a peu de chances d'être élu, et qui n'a cessé de dire depuis longtemps qu'il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d'aujourd'hui, qui «importe» de l'argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l'homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu'on se la pose dans les médias parisiens, où l'on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l'arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d'Ivoire...

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Devinette... Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s'est illustré par un zèle répressif inédit dans l'histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd'hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d'opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d'argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l'opinion ivoirienne de sa volonté d'assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu'il n'a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n'est pas crédible. Il n'est pas crédible parce qu'hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n'a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd'hui. Il est d'autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d'opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l'association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d'autant plus contestable que cela fait longtemps qu'il n'est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait - à notre grande surprise - en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu'il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d'Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu'il était fort avec les faibles et faible avec les forts s'en trouvent confortés. Dans ces conditions, l'issue de l'action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu'il laisse dans l'Histoire, est malheureusement connue d'avance. Il échouera, et l'on s'en souviendra comme d'un juge partisan. Comme tant d'autres...

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» du 26 septembre 2011.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 20 avril 2011

QUAND LA NOTION DE POPULATION CIVILE «CHANGE» SELON LE BON VOULOIR DE LA FRANCE ET DE LA COMMUNAUTE DITE INTERNATIONALE

 

 

Un char français de l'opération Licorne à Abidjan en Côte d'ivoire.

 

En Côte d'Ivoire comme en Libye, la France a justifié son intervention en disant vouloir protéger la population civile. Pour cela elle a usé de son réseau d'influence à l'« ONU » pour que cette organisation ponde des résolutions lui permettant d'attaquer ces pays. Cette raison tient-elle ou que se passe-t-il réellement sur le terrain ?


En Côte d'Ivoire, le président Gbagbo a fait face à une guérilla urbaine dans la commune d'Abobo qui se faisait appeler «Commando invisible». Ces rebelles d'un autre temps, venus du nord, attaquaient les « FDS » qu'ils égorgeaient et tuaient. Quand l'armée a commencé à se défendre, les chaines françaises, outils de propagande de la « françafrique » et de la « communauté dite internationale », ont crié sur tous les toits que le président Gbagbo s'attaquait aux « populations civiles ». Cela a suffi pour que le Secrétaire général de l'« ONU » ordonne de bombarder toutes les poudrières de notre armée afin d'éviter l'utilisation d'armes lourdes contre les civils.

En Libye, Kadhafi faisait aussi face à une rébellion lourdement armée et montée de toute pièce par les occidentaux utilisant des armes lourdes et des avions de chasse. Lorsqu'il a décidé de se défendre, il a été aussi accusé d'utiliser des armes lourdes contre les civils. Par le même schéma, une « résolution onusienne » a autorisé la France et les pays de l'« OTAN » à s'attaquer à ce pays souverain.

Aujourd'hui (mercredi 20 avril 2011 et même depuis hier mardi, ndlr), à Yopougon, pour déloger les « patriotes armés » qui refusent de se soumettre au pouvoir Ouattara, la « Licorne » et l'« ONUCI » bombardent la commune et les résidences à l'aide d'armes lourdes et d'hélicoptères (Nouveau Quartier, Toits-Rouges, Millionnaire, Selmer, Wassakara, Mossikro, Bel-air, pilonnés sans discernement, ndlr). Plusieurs maisons ont été détruites, des morts et des blessés sont signalés. Toute cette boucherie orchestrée par la France n'émeut personne. De même en Libye, les bombes de l'« OTAN » font plus de victimes parmi les populations civiles que parmi les forces de Kadhafi.

Quand Gbagbo utilisait les « FDS » pour mettre de l'ordre à Abidjan, cela voulait dire selon la « communauté dite internationale », qu'il s'en prenait aux « populations civiles », mais lorsque les « FRCI », l'« ONUCI » et la « Licorne » mettent de l'ordre à Yopougon avec des armes lourdes, cela veut dire, de la même « communauté dite internationale », qu'ils ne s'en prennent pas aux « populations civiles » (mais aux "miliciens de Gbagbo", ndlr). C'est à croire que la notion de « population civile » change selon le bon vouloir de la France car en Côte d'Ivoire comme en Libye, les bombardements de la France ont fait plus de victimes civiles que militaires.

 

Source: NERRATI.NET

mardi, 01 février 2011

LEÇONS D'ADDIS-ABEBA ET DU GOLF HOTEL

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Alassane Dramane Ouattara et les autres insurgés du Golf Hôtel ont beau claironner leur satisfaction, le 16ème sommet de l'Union Africaine est une défaite diplomatique pour eux et tous leurs alliés qui préconisaient l'usage de la force militaire pour déloger le président Laurent Gbagbo. S'il y a quelque chose à retenir de la réunion au sommet de l'UA, c'est bien la renonciation à toute violence - endossée par l'instance africaine - pour résoudre la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Comme il est également certain que le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ne donnera pas son feu vert à une action militaire en Côte d'Ivoire, ce que Guillaume Soro appelle la « force légitime » ne peut dorénavant s'exercer que si elle prend des libertés avec les chartes de l'UA et de l'ONU. Il n'y a désormais aucune légitimité encore moins le début d'une quelconque base légale à une aventure militaire en Cote d'Ivoire.

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Sur le front économique, la confiance des insurgés du Golf Hôtel est si érodée qu'ils se lancent dans la surenchère de « mesures » censées « étouffer » l'économie ivoirienne et priver l'État des recettes fiscales nécessaires à son fonctionnement. La dernière trouvaille de Ouattara a été de demander aux contribuables de « suspendre le paiement des taxes et impôts » mais « de continuer de déposer leurs déclarations en vue de respecter leurs obligations déclaratives en vertu des textes en vigueur ». Comme à son habitude, Ouattara en appelle à l'incivisme fiscal, à la rébellion, sans prendre un quelconque risque pour sa propre personne. Ce n'est pas quand même sur la base d'un communiqué de presse qu'un contribuable doté de raison se risquerait à se mettre à dos l'administration fiscale ! S'il veut que les contribuables le suivent qu'il prenne un décret. En réalité, Ouattara sait très bien que c'est la ligne jaune à ne pas franchir, car en l'occurrence, sa responsabilité personnelle sera engagée. Il y a quand même quelque de chose de pathétique à voir quelqu'un qu'on nous présente comme un brillant économiste, espérer que l'économie d'un pays aussi grand et peuplé que la Côte d'Ivoire puisse s'effondrer en quelques semaines, à la suite de mesures bureaucratiques. Si les choses étaient si simples, tous les plans de relance économique marcheraient.

Pour en revenir au 16ème sommet de l'UA, il convient de nous féliciter de la création du panel de chefs d'État qui est chargé de faire le constat que la Côte d'Ivoire est un État souverain avec des institutions républicaines qui fonctionnent. Certains d'entre eux ne manqueront pas de constater que la légitimité et la légalité sont incarnées par le président Laurent Gbagbo.


Source : CHRONIQUES SENEGALAISES

lundi, 24 janvier 2011

Pr GORGUI DIENG - COTE D'IVOIRE: VERS L'ECLATEMENT DE LA CEDEAO ET DE L'UA ?

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Chaque jour qui passe ajoute de l'huile au feu qui brûle en CI. Et les pays occidentaux et l'Onu qui tiennent à leur 'président' comme à la prunelle de leurs yeux, l'attisent par des sanctions qui vont crescendo contre Gbagbo et ses proches. Les rebelles, - alliés de l'ONUCI ? -, attaquent et tuent des soldats de l'Armée régulière ivoirienne. Ces derniers ripostent et reçoivent de l'Onu des menaces de poursuites pour crimes contre l'humanité. Le message de l'Onu aux forces restées fidèles à Gbagbo est donc clair : laissez-vous canarder par les rebelles sans réagir, sinon c'est la CPI ! Dans quel monde sommes-nous ? Pourquoi l'Onu ne tempère-t-elle pas l'ardeur des adversaires de Gbagbo qui cherchent à marcher sur les institutions de la république ? Comme Gbagbo n'est pas légitime, il n'a aucun droit, même pas celle de se défendre. Pourtant il a indiqué des cas de fraude dans le Nord avec chiffres à l'appui et demandé à la 'Communauté internationale le recomptage des voix. Mais pour toute réaction, cette dernière lui demande de céder sans délai le pouvoir à Ouattara. Pourtant, il est établi - et personne ne peut le nier - que dans plusieurs bureaux de vote du Nord le Président élu par la CEI et par l'Onu a engrangé des suffrages deux fois supérieurs au nombre des inscrits. Les Experts Electoraux Africains présents lors du scrutin ont relevé de graves irrégularités dans une bonne partie du Nord. Mais comme ce sont des Africains, leur voix ne compte pas ! On ne doit écouter que Bakayoko de la CEI et Choi de l'Onu!

Ce qui est causasse dans l'imbroglio ivoirien, c'est que le président reconnu par l'Occident, après s'être rendu compte que le peuple qui l'a 'élu' reste de marbre devant ses multiples appels à la grève générale et à la désobéissance civile, il se rabat sur l'extérieur pour retrouver son fauteuil usurpé par l'autre! Quel paradoxe ! Le problème de la Côte d'Ivoire, il faut avoir le courage de le dire, pourrait bien être Ouattara ! On a l'impression qu'Il cherche à diriger les Ivoiriens quoique cela puisse coûter au pays. Certainement pour laver l'affront de Bédié - son ennemi d'hier et 'allié' d'aujourd'hui - qui l'a sans nul doute traumatisé en lui niant son 'ivoirité' au lendemain de la mort de Houphouët. Il s'est servi hier des rebelles, sans succès. Aujourd'hui, il implore l'Onu, la France et les Etats Unis d'ordonner à la CEDEAO d'aller au charbon. A la place du peuple ivoirien qui visiblement ne compte plus. Mais les braises risquent d'être bien ardentes...

La leçon tunisienne est encore fraîche dans nos mémoires... Qui a fait partir le redouté Ben Ali ? La Ligue Arabe ? L'Onu ? C'est bien le peuple tunisien. Et franchement, nous applaudirions des deux mains si le peuple de Côte d'Ivoire sortait comme un seul homme et balayait Gbagbo. Pour nous ce dernier ne compte pas face au peuple ivoirien qui doit se choisir son président et demeurer maître de son destin. Mais l'échec des journées 'pays mort' initiées par Ouattara montre à ceux qui veulent voir le soleil si brûlant au-dessus de nos têtes, que Gbagbo n'est pas si vomi par son peuple que certains le prétendent. Et c'est ce président que la CEDEAO veut aller déloger comme un malpropre ? Comme si eux, les autres chefs d'Etat de la sous-région, incarnaient l'idéal démocratique en Afrique de l'Ouest ! Faut-il en rire ou en pleurer ?

Nous devons nous poser les questions suivantes : La CEDEAO aime-t-elle plus la CI que les Ivoiriens eux-mêmes ? Qu'est-ce qui la motive ? Est-elle libre de ses mouvements ? Va-t-elle exécuter des ordres, la tête baissée ? Nos dirigeants ne savent-ils pas qu'on n'envahit pas un pays comme cela, fût-il le plus faible du monde ? Le repli identitaire au niveau national et international risque de surprendre et de porter la guerre bien au-delà des frontières de la CI. Le Sud du pays peut resserrer les rangs contre le Nord. Et les pays africains dirigés par des partis de Gauche comme le MPLA, le FRELIMO, l'ANC, le PAIGC et la SWAPO, entre autres, peuvent bien se coaliser pour faire face aux pays aux ordres de l'Occident.

Nous insistons sur le fait que le conflit en CI est plus identitaire que purement politique, parce que foncièrement culturel, ethnique et religieux. Cela Choi de l'Onu le comprend-il ? La CI n'est pas un pays homogène. Il est très fortement clivé : un Nord essentiellement Sahélien, 'Burkinabè-malien', malinké et musulman et un Sud plutôt Forestier, 'autochtone', Baoulé-Bété et chrétien. C'est cela le véritable casse-tête ivoirien que la forte personnalité de Houphouët avait réussi à juguler le temps d'un règne. Mais que l'alliance contre nature entre Ouattara et Bédié peine à cacher. C'est d'ailleurs cette réalité ethnique et culturelle explosive qui explique le soutien dont bénéficie Ouattara de la part de certains dirigeants de la CEDEAO et de l'UEMOA, même si tout le monde semble éluder le débat. Le Burkina Faso de Blaise Compaoré (pays du père de Ouattara), le Mali de Amadou Toumani Touré, le Sierra Leone de Ernest Bai Kroma, la Guinée-Conakry de Alpha Condé, la Guinée-Bissau, sont des pays Malinkés qui voient en Ouattara un des leurs. Même le Sénégal est concerné malgré les apparences qui en font un pays wolof.

Si la CEDEAO perd la raison et attaque la CI, cela pourrait conduire à une situation totalement inattendue : des pays de la Communauté comme le Cap Vert, la Gambie, le Ghana qui ont exprimé haut et fort leur opposition à toute intervention militaire en CI pourraient se sentir humiliés et se ranger machinalement derrière Gbagbo contre les 'agresseurs'. Ils pourraient aussi envisager leur retrait de la CEDEAO qui serait perçue comme un instrument au service de la France, des EU, de la GB et de l'Onu. La frustration pourrait gagner d'autres pays au-delà de la CEDEAO et avoir des répercussions dévastatrices sur l'Union Africaine elle-même. L'Angola, un vétéran de la guerre de libération nationale contre le Portugal des dictatures, a, par la voix autorisée de son président, fait une déclaration qui a le ton d'un avertissement pour qui sait lire entre les phrases. Dos Santos a dit sans détour que vu le contexte dans lequel elles ont été organisées dans un pays divisé et contrôlé dans sa partie Nord par la rébellion, les élections sont nulles et de nul effet. Cependant, pour lui, Gbagbo doit rester au pouvoir pour éviter à la CI un vide institutionnel. Si la CEDEAO fait fi de cette voix discordante, elle court de gros risques. L'Angola, qui a maintenant le soutien de la Guinée Equatoriale, a bien les moyens financiers et militaires de venir en aide au 'camarade' Gbagbo, que beaucoup de nationalistes africains commencent à percevoir comme un martyr car son cas rappelle bien celui d'un certain Patrice Lumumba. Et avec le président sud-africain Zuma qui commence à parler le même langage que ses 'camarades' angolais en invitant la Communauté internationale à tenir compte de la requête de Gbagbo (recomptage des voix par une commission internationale) la situation semble bien se compliquer pour la CEDEAO. D'autant plus qu'elle ne peut se baser sur aucun texte juridique pour justifier une action militaire contre Gbagbo élu par le Conseil constitutionnel de son pays. Elle a plutôt l'obligation de respecter les institutions des différents pays membres.

Nous estimons donc que si on n'y prend garde, la crise postélectorale en CI risque de déboucher sur une autre crise à l'échelle du Continent et conduire à l'éclatement de la CEDEAO et de l'UA. Nous avons la certitude que l'Angola et l'Afrique du Sud ne resteront pas les bras croisés si la CEDEAO franchit le Rubicon. Et à qui va profiter une telle situation lourde de dangers ? A ceux qui incitent les Africains à s'entretuer pour freiner la marche de l'Afrique vers son unité organique sans laquelle il n'y ni développement durable ni indépendance véritable.


Pr. Gorgui Dieng


Laboratoire d'Etudes Africaines et Postcoloniales
Département d'Anglais
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, Sénégal.


Source: SUD ONLINE.SN

dimanche, 23 janvier 2011

LA PRESSE FRANÇAISE ENFIN SUR LA VOIE DE LA VERITE

ALASSANE DRAMANE OUATTARA 2.jpg

Dans sa parution du mardi 19 janvier 2011, sous le titre « Sept semaines de solitude », le journal d'information en ligne « Le Monde.fr » a jeté un regard peu habituel sur la situation postélectorale en Côte d'Ivoire. Dans un lyrisme chargé d'ironie, le confrère français fait une peinture de l'univers restreint et lassant du « Président Ouattara du Golf Hôtel ». Doit-on croire qu'enfin, la vérité est en train de se mettre en place ?


Cloîtré à l'Hôtel du Golf depuis son élection, le président ivoirien officiellement reconnu, Alassane Ouattara, voit la situation lui échapper peu à peu.Les ordures se consument, comme un fumier géant, embrasant l'air. L'odeur piquante relègue au second plan les effluves douceâtres de la lagune d'Abidjan. Les embouteillages vont leur train habituel, entre les barrages de police et les arrêts en triple file de véhicules fatigués. Au palais présidentiel, les photographes parés de gilets orange fluo attendent, lundi 17 janvier, l'arrivée du médiateur de l'Union africaine, le premier ministre kenyan, RailaOdinga. Ses entretiens avec Laurent Gbagbo, le président qui se considère comme réélu, seront "très utiles" et ses conversations avec Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale, "très fructueuses.

Mais plus le temps passe et plus la situation apparaît ubuesque. Comme si le président cloîtré en son Hôtel du Golf depuis l'élection du 28 novembre 2010 avec un gouvernement fantôme perdait peu à peu toute réalité. M. Ouattara reste invisible - un sourire qui s'efface, sur des affiches électorales dépassées. Les rumeurs les plus folles circulent, comme souvent en Afrique : est-il bien toujours à l'Hôtel du Golf ? Les diplomates en sont assurés, puisqu'ils le rencontrent, mais qui s'en soucie ? Sa stratégie semble de plus en plus illisible, même à ses partisans. Ils n'osent guère s'exprimer à découvert, car la situation reste tendue

Lundi, alors que l'ONU doit voter un contingent supplémentaire de 2 000 hommes pour l'Onuci, qui portera leur nombre à 11 500, des échauffourées ont éclaté en plein centre-ville, près de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Pour disperser un groupe de jeunes qui avait encerclé des blindés légers de la force d'interposition, celle-ci a tiré en l'air. Deux personnes ont été blessées. Ces heurts sporadiques, dont la nouvelle se répand à toute allure par les téléphones portables, ne sont cependant pas quotidiens.

Et de là à réussir une "opération pays mort", comme M. Ouattara y a appelé, mardi 18 janvier, il y a un grand pas. Le président favori de la communauté internationale risque d'y user un peu plus son crédit en cas, probable, d'échec. De même que ses appels à déloger M. Gbagbo par la force, sans lever le petit doigt, finissent par apparaître comme des rodomontades. Cela s'ajoute aux anecdotes qu'on ne manque pas de raconter à toute personne arrivant à Abidjan. Comment, vous ne connaissez pas l'histoire des langoustes ? Une cargaison de ces crustacés de luxe destinée aux reclus de l'Hôtel du Golf a été interceptée. Sitôt l'histoire livrée, avec forces détails, on vous précise que les Ouattara - que Nicolas Sarkozy a mariés naguère à la mairie de Neuilly - vivent "comme des milliardaires".

Sans incarnation, le débat politique devient un jeu de massacre médiatique. En Côte d'Ivoire, les quotidiens fleurissent. De bon matin, ils provoquent des attroupements devant les kiosques, jusqu'à bloquer la voie. Les Ivoiriens se qualifient eux-mêmes de "titrologues", car ils ne lisent souvent que les manchettes. Ou bien ils "louent" le journal pour 0,50 franc CFA, malgré un prix de vente assez bas, 200 francs CFA (30 centimes d'euros) en moyenne. Les deux présidents disposent chacun de six ou sept titres, qui ne font pas dans la nuance. Lundi, Le Nouveau Courrier, favorable à M. Gbagbo, faisait état d'un "assaut sur Abidjan", préparé à Bouaké par les forces de l'Onuci qui "s'apprête à transporter (...) mercenaires et combattants rebelles" pour soutenir M. Ouattara.

Du bord opposé, Le Patriote donnait le même jour "la liste des 85 ennemis de la paix", personnalités sanctionnées par l'Union européenne depuis vendredi, dont les avoirs sont gelés et les déplacements réduits - avec les dates de naissance et les numéros de passeport. S'y ajoutait un bref commentaire pour chacun, tel celui-ci pour Laurent Gbagbo : "Prétendument président de la République. Obstruction au processus de paix et de réconciliation, refus du résultat de l'élection présidentielle."

Pourtant nul ne nie que chaque jour contribue à l'affaiblissement de M. Ouattara, voire au renforcement de son adversaire. M. Gbagbo l'a très bien compris, qui joue la montre. Les ultimatums qui font flop - comme celui lancé par le président français à M. Gbagbo pour quitter le pouvoir et dont la date a expiré depuis belle lurette - sont aussi contre-productifs. Un Français influent, mais qui tient à garder l'anonymat dans cette période tendue, soupire : "Quand Sarkozy dit "Gbagbo partira à telle date", on voit bien qu'il n'est jamais venu en Côte d'Ivoire."

La communauté française, estime-t-il, (environ 700 PME-PMI et 15 300 personnes dont 60 % de binationaux), considère d'un oeil sceptique les décisions prises à Paris. Ainsi la décision de reconnaître l'ambassadeur de M. Ouattara apparaît-elle comme un brin décalée dans le contexte ivoirien. "Gbagbo a conquis son pays sur le terrain, dans la rue. Il le connaît parfaitement, il a fait trente ans d'opposition. Pour enlever M. Gbagbo, il faudra aller sur la route", dit-il, alors que M. Ouattara a été formaté par les occidentaux. De plus, par tempérament, le président reconnu "n'est pas un chef, pas un combattant, pas un gagneur. Il attend qu'on le mette au pouvoir et c'est bien le problème".

Comme nombre des Français du secteur économique, ce chef d'entreprise qui réside depuis trente ans en Côte d'Ivoire a d'autres craintes : il est évident à ses yeux que si la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), veut déloger M. Gbagbo par la force, c'est le Nigeria, plus gros contributeur, qui viendra. Non seulement ce n'est pas une démocratie exemplaire, mais il est assuré qu'il mettra ainsi la main sur tout le pétrole du golfe de Guinée. "Ils ne partiront plus d'ici, c'en sera terminé de la Côte d'Ivoire", dit-il.

Le couvre-feu par intermittences, les troubles, les barrages, la baisse de l'activité économique, autant de raisons qui rendent le temps long... "Une présence prolongée, confinés dans un hôtel, alors que notre adversaire occupe le fauteuil de la République, c'est vrai que cela pose problème", reconnaît Patrick Achi, le porte-parole de M. Ouattara. Mais il a toute une batterie d'arguments. Le pouvoir n'est pas un lieu physique, affirme-t-il, à l'heure du village global et planétaire. Qu'importe d'être assis dans un palais quand l'ensemble de la communauté internationale, ou à peu près, vous a adoubé...

Et puis M. Gbagbo n'a plus les leviers financiers, assure-t-il : "Il n'est plus reconnu par la Banque centrale. C'est comme si la Banque de France ignorait M. Sarkozy." Enfin, le spectre d'une guerre civile retient le bras du président élu, du moins aux yeux de la moitié d'un pays, toujours coupé en deux. "C'est vrai que cela dure et que la population ne comprend pas bien, admet M. Achi. Mais nous, on a gagné, pourquoi diantre se précipiter ?" A ceux qui suggèrent que M. Ouattara pourrait aller s'installer à Bouaké, dans le Nord qui lui est favorable, son conseiller répond : "Gbagbo est assis au palais. Nous, on est assis à l'hôtel et le pays est paralysé. A Bouaké, cela ne changerait rien." Tous ces arguments méconnaissent une dimension du conflit qui enfle au détriment de M. Ouattara : chaque jour, l'insistance de la communauté internationale à vouloir régler les problèmes des Ivoiriens à leur place agace davantage.



Béatrice Gurrey


Article paru dans l'édition du 19.01.2011 in Le Monde.fr


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

POURQUOI BAN-KI-MOON TENTE D’ACHEVER LE COUP D’ETAT DE 2002

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Le destin de deux personnalités, dès la fin de cette année 2011 se joue dans le dénouement de la crise ivoirienne née, depuis septembre 2002. Celui de Nicolas Sarkozy Nagy Bosca, chef d'Etat français et du coréen, Ban Ki Moon, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. Ils sont alors décidés à parachever le coup d'Etat déclenché par une rébellion venue de la frontière nord de la Côte d'Ivoire. Intrigues d'une collusion.


L'administration de l'Organisation des Nations Unies sous le contrôle du coréen Ban Ki Moon est engagée dans une course contre la montre dans la déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Un fait devant s'achever par l'évincement du pouvoir, du Président Laurent Gbagbo démocratiquement élu. Même si les choses ne semblent pas toujours aller comme elle l'aurait souhaité, le projet s'exécute avec autant de détermination de part et d'autre des centres d'intérêts au mépris des principes fondamentaux de celle qui se positionne aujourd'hui comme la toute puissante machine au monde. Et les arguments ne manquent pas chez les deux acteurs clés de la nouvelle guerre contre la Côte d'Ivoire que sont Ban Ki Moon et Nicolas Sarkozy. Il ne se passe plus de jours que ces deux acteurs majeurs de la crise ne se manifestent. Selon plusieurs sources, les raisons multiples que singulières se rejoignent.

L'année 2012 reste une année déterminante pour les deux dirigeants mondiaux. Ils luttent tous pour le renouvellement de leurs mandats respectifs. L'un pour son maintien à la tête de la France et l'autre au secrétariat général de l'Onu. Mais, ils ont besoin de l'appui de l'un et l'autre. L'ennemi commun est président Laurent Gbagbo. Pour ce faire, le chef de l'organisation mondiale a dépêché un déstabilisateur en terre ivoirienne : Young Jin Choi

Sentant la fin de son mandat, le 31 décembre prochain, à la tête de la plus haute Administration mondiale, Ban Ki Moon s'est vu selon des sources de l'Opération des nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), faire les offres d'un soutien en la personne du président français, dont le mandat constitutionnel s'achève en 2012. « Tu me soutiens en Côte d'Ivoire, je te soutiens à l'ONU », le deal est ainsi passé. Sans états d'âmes, les deux personnalités se mettent à la tâche en soutenant l'insoutenable : le terrorisme en Côte d'Ivoire. Ils décident de couvrir les crimes et assassinats pour le compte d'un individu, le candidat malheureux de la présidentielle soutenu par la France, Alassane Dramane Ouattara.

Car il faudra à Nicolas Sarkozy un soutien pour le financement occulte de sa campagne de 2012 en France. Il s'agit donc pour la France, pays disposant du droit de véto au Conseil de sécurité de l'Onu, d'installer à la tête de la première puissance économique de l'Union économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, un faire-valoir en vue de constituer sa caisse noire de campagne. « Et cela Sarkozy est prêt à aller jusqu'au bout », soutiennent plusieurs confidences de l'Onuci. « C'est alors que sachant le rôle que peut jouer Sarkozy pour sa réélection, le secrétaire général de l'ONU s'est fait le chef de file de la déstabilisation du régime de Laurent Gbagbo, là où il doit jouer le rôle de stabilisateur et acteur du retour de la paix.

Pourtant, en 2008, il a été fait Grand Officier de l'Ordre national de Côte d'Ivoire, par le président Laurent Gbagbo », regrettent ces sources. Aussi, par une intervention dénuée de tout fondement, Ban Ki Moon estime imposer la paix par les armes avec l'envoi de troupes supplémentaires pour une intervention rapide en Côte d'Ivoire. Faisant passer de 9000 à 11000 les casques bleus, aujourd'hui transformés en force d'occupation. Ceci en flagrante violation de la souveraineté de l'Etat ivoirien

Pour parvenir à ses fins, des promesses seront faites à son bras séculier en Côte d'Ivoire, Young Jin Choi. Celui-ci, alors représentant permanent auprès de l'ONU pour le compte de la Corée du Sud, a œuvré à son élection à l'Onu. « En cas d'une deuxième victoire, promesse lui a été faite par son compatriote de le désigner comme représentant spécial du Secrétaire général en Birmanie ». Pays de l'opposante et prix Nobel de la paix (1991), Aung San Suu Kyi. Ce qui représente pour Choi un défi plus grand que celui de la Côte d'Ivoire, selon les fonctionnaires de l'Onuci

Toujours à la recherche de renommée, Choi entend peut-être un jour prétendre au poste de Secrétaire général de l'ONU avec la caution de la France, pour son action en Côte d'Ivoire. « Ce qui ne serait pas mauvais en soit ». Mais la désinvolture avec laquelle le représentant spécial de Ban Ki Moon a traité le dossier électoral, conduit, aujourd'hui le kenyan Raila Odinga à traiter avec une arrogance inqualifiable, les dernières décisions du gouvernement de la République de Côte d'Ivoire qui ne le reconnaissant plus comme médiateur de l'Union Africaine

Alors que l'ONU s'est donné pour mission de garantir la coexistence pacifique et la résolution des conflits par la négociation dans le monde mais aussi le respect du droit des peuples à l'autodétermination, en Côte d'Ivoire, l'opinion assiste de façon abrupte à une pression contre un régime constitutionnel. Une ingérence inacceptable. Toutes ces données montrent clairement que Ban Ki Moon a décidé de parachever le coup d'Etat de Alassane Dramane Ouattara commencé depuis septembre 2002

Pourtant, l'on a encore en mémoire le rôle joué par Ban Ki Moon dans la signature de l'accord historique de paix (1992 et 1995) et de stabilité dans la péninsule coréenne (son pays), sur la question du nucléaire. C'est, cette personnalité au nom de ses intérêts personnels, qui entreprend toutes les tentatives d'isolement de la Côte d'Ivoire au plan international. Un poste administratif, fut-il celui du Secrétariat général des Nations unies, peut-il faire perdre de vue à ce haut fonctionnaire, le principe de liberté dont jouit chaque peuple sur cette terre ? Il joue donc gros avec Sarkozy en Côte d'Ivoire où l'échec des comploteurs est programmé.


Hervé Makré


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

jeudi, 20 janvier 2011

CORRUPTION DE L'ONU - MME ILEANA ROS-LEHTINEN: «IL FAUT REFORMER CE MONSTRE»



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L'Organisation des Nations unies (Onu) est au centre d'un sérieux débat qui risque de le réformer dans les semaines à venir, au Congrès américain. Au regard des intrigues politiques et du comportement de cette organisation mondiale dans le monde (et particulièrement en Côte d'Ivoire). Un membre du Congrès américain a critiqué ouvertement l'Onu sans mâcher les mots.

De fait, Mme Ileana Ros-Lehtinen la nouvelle majorité républicaine à la Chambre des Représentants des Etats-Unis d'Amérique a décidé d'utiliser le poids de son pays, pour forcer des réformes nécessaires à l'Organisation des Nations unies (Onu). Avec des mots très forts, la nouvelle « patronne » du Comité américain des Affaires étrangères a confié au journal Washington Times ses plans pour soigner l'image ternie de l'Onu. Selon Mme Ileana Ros-Lehtinen, «la majorité de leurs membres dans la Chambre des Représentants sont favorables à une réforme de l'Onu qui est corrompue et mal gérée...».

La Républicaine de l'Etat de la Floride continue en insistant pour dire que «réduire le budget alloué à l'Onu par les Etats-Unis, n'est pas une solution suffisante. Parce qu'il faut réformer le monstre qu'est l'Onu. Et si nous n'aboutissons pas à une réforme fondamentale, c'est que nous continuons de récompenser une Organisation corrompue et mal gérée». Pour enrichir le débat, une réunion importante sur le sujet est prévue pour le 25 janvier 2011, par le Comité des Affaires étrangères dirigé par Mme Ros-Lehtinen.


Source: GBAGBO.CI

dimanche, 16 janvier 2011

ONU: MOSCOU ET PEKIN BLOQUENT UN TEXTE CONTRE LA COTE D'IVOIRE

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Moscou et Pékin contraignent l'ONU à ajourner un texte contre la Côte d'Ivoire


ONU (NEW YORK), CORRESPONDANCE. Au moment même où les Etats-Unis et l'Union européenne renforcent leurs sanctions contre le camp de Laurent Gbagbo, qui refuse de céder le pouvoir en Côte d'Ivoire, les Nations unies, dont le personnel est pris pour cible sur le terrain, peinent à s'entendre sur l'envoi de renforts et sur l'éventualité de nouvelles sanctions.

Devant les réticences de la Russie et de la Chine, le Conseil de sécurité a été contraint, vendredi 14 janvier, de reporter de quatre jours le vote d'une résolution approuvant le déploiement de 2 000 casques bleus supplémentaires et de trois hélicoptères d'attaque, pourtant réclamé par le Secrétaire général de l'Organisation, lui-même. Le texte, parrainé par la France et les Etats-Unis, aurait été jugé "trop politique" par les Russes et les Chinois. Autrement dit, trop critique à l'encontre du président ivoirien sortant.


Ne pas voir l'ONU s'«ingérer» dans les affaires intérieures

Depuis le début de la crise postélectorale ivoirienne, Moscou refuse catégoriquement, et Pékin plus discrètement, de voir l'ONU s'«ingérer» dans les affaires intérieures ivoiriennes. Ici, en l'occurrence, la résolution faisait référence à la détérioration de la situation sécuritaire pour justifier le besoin de renforts, qui pourraient venir du Libéria, du Pakistan, du Bangladesh et de Mongolie, selon des diplomates.

A l'heure actuelle, la mission onusienne sur place (Onuci) compte 9 000 hommes en uniforme, dont 1 250 policiers. Mais plus du tiers de ces effectifs sont déployés à Abidjan, dont les 800 militaires et policiers qui assurent la protection de l'hôtel du Golf, où est assiégé le président élu (selon l'Onu, ndlr) Alassane Ouattara. "La Mission se trouve ainsi dans l'impossibilité de faire face rapidement à toute détérioration de la situation en matière de sécurité dans d'autres régions, en particulier dans l'ouest ", explique Ban Ki-moon dans sa lettre aux 15 pays membres. À l'ouest, se trouve la frontière avec le Libéria, traversée chaque jour par plus de 600 Ivoiriens.


« L'ONU ne se laissera pas intimider »

Lors d'une conférence de presse, alors que le Conseil tenait ses consultations, le Secrétaire général s'est déclaré " profondément préoccupé par (...) le nombre croissant d'incidents violents visant des civils et la mission des Nations Unies ". Il a souligné que l'ONU disposait d' «informations concrètes» sur le fait que Laurent Gbagbo incite ses partisans à recourir à la violence contre les casques bleus et contre leurs concitoyens.

Le dernier bilan fait état de 247 morts et 49 disparus depuis l'élection du 28 novembre. Sur place, fin décembre, le chef des opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, aurait passé la consigne aux casques bleus de faire preuve de plus de fermeté, tout en évitant la confrontation. " L'ONU ne se laissera pas intimider " a fait savoir Ban Ki-moon. Mais de là à voter de nouvelles sanctions visant, à l'instar de celles imposées par Washington, nommément Laurent Gbagbo, son épouse et trois de ses proches collaborateurs... Les Russes ont prévenu, ils s'y opposeront.

Le Conseil de sécurité pourrait être contraint de se contenter de sanctions contre une bande de " seconds couteaux ", reconnait un diplomate.

 

Alexandra Geneste


Source: LE MONDE.FR

samedi, 18 décembre 2010

ONUCI ET FORCE FRANÇAISE LICORNE EN COTE D'IVOIRE: FIN DE MANDAT

 

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Le gouvernement ivoirien vient de le décider: le mandat de l'ONUCI et de la force française Licorne en Côte d'Ivoire est terminé. Au regard des derniers développement de l'actualité ivoirienne post-électorale, cette décision courageuse vient à point nommé. A quoi bon continuer à se mentir quand des forces belligérantes affublées de l'épithète "impartiales" vous poignardent dans le dos et se coalisent avec une rébellion armée pour renverser un régime démocratiquement élu?

Merci, Monsieur le Président, de réaffirmer ainsi la dignité des peuples africains et la souveraineté non-négociable de leurs pays.


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

 

 

La dépêche de l'AFP : Gbagbo demande le départ de l'Onuci et de la force française


Laurent Gbagbo, l'un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, a demandé samedi le départ "immédiat" de la mission de l'ONU dans le pays, l'Onuci, et de la force militaire française Licorne, selon un communiqué de son gouvernement lu à la télévision d'Etat.

"Le président de la République de Côte d'Ivoire vient de demander le départ immédiat du territoire ivoirien de l'Onuci et des forces françaises qui la soutiennent", indique ce texte lu par la porte-parole du gouvernement Gbagbo, Jacqueline Lohouès Oble.

"Cela implique que le gouvernement ivoirien s'oppose d'ores et déjà au renouvellement de cette opération qui expire le (lundi) 20 décembre 2010", a-t-elle ajouté.

Selon ce communiqué, "le gouvernement ivoirien considère que l'Onuci a largement failli à sa mission en posant des actes qui ne sont pas conformes à son mandat" d'impartialité, l'accusant d'avoir soutenu les forces ex-rebelles alliées au rival de M. Gbagbo, Alassane Ouattara.

L'opération onusienne compte quelque 10.000 Casques bleus et la force Licorne de l'ex-puissance coloniale française environ 900 hommes.


Source : AFP

DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE : L'ARMEE FRANÇAISE S'APPRETE A ENTRER EN SCENE DEPUIS LE BURKINA



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In Le Nouveau Courrier N° 158 du 18 Décembre 2010 par Gilles Naismon

Profitant des relations «sournoises» qui le lient à Blaise Compaoré, le président Nicolas Sarkozy s'apprête à entrer en scène dans quelques heures pour obtenir le départ de Laurent Gbagbo par la force.


Selon une source aéroportuaire au Burkina Faso, trois cargos militaires français ont atterri dans la soirée du jeudi 16 décembre sur le tarmac à Ouagadougou. Le «package de Sarkozy», composé de soldats français et de logistiques militaires, poursuit notre source, sera acheminé vers la Côte d'Ivoire par sa frontière nord. Les Forces françaises auraient été reçues par le général Emmanuel Beth, ancien patron de la Force licorne, nommé récemment ambassadeur de France au Burkina Faso.

Avant même la prise officielle de service de l'ambassadeur de France au pays des Hommes intègres, sa nomination avait fait des gorges chaudes sur les bords de la lagune Ebrié. Les supputations allaient déjà bon train du côté de la Côte d'Ivoire, pays où ce dernier a commandé de 2002 à 2003 la force française d'interposition, la Licorne.

Le général Beth à l'œuvre

Les analystes des enjeux politico-diplomatiques avaient vu dans cette nomination une crainte de la métropole d'une déflagration en Côte d'Ivoire au cas où le scrutin présidentiel ne se tiendrait pas comme elle le souhaitait. Emmanuel Beth, non loin de là, pouvait bien coordonner une éventuelle intervention militaire. Les prévisions des autorités françaises anti-Gbagbo semblent se confirmer, au point de vouloir convoyer du renfort en zone rebelle. Ce renfort à la rébellion, révèle notre source, en marge à l'ultimatum de Sarkozy à son homologue ivoirien, à qui il « demande de céder le pouvoir dans les 72h» confirme une volonté de la France d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire. Ainsi, après que son filleul ait enregistré un échec patent dans la prise de la Rti et la Primature, jeudi et vendredi, mais surtout l'avènement de la guerre civile qu'il appelait de tous ses vœux en Côte d'Ivoire, Nicolas Sarkozy a décidé lui-même d'entrer en scène pour imposer un individu qu'il contrôle aux Ivoiriens.

Les cargos français, nous a-t-on confié, ont été mis en route dans la nuit d'hier en direction de la zone nord de la Côte d'Ivoire. Et ses hommes appuieront la rébellion ivoirienne au cas où l'armée régulière engageait une offensive de libération des territoires occupés par les hommes d'Alassane Ouattara. On se rappelle que sur ordre du prédécesseur de Nicolas Sarkozy, une partie de la flotte militaire ivoirienne avait été anéantie, le 6 novembre 2004. La France avait là un prétexte tout trouvé pour freiner l'offensive de «l'opération Dignité». Les avions bombardiers ivoiriens « Sukhoï 25 » sont détruits. Mais une réaction entraînant une autre, les patriotes sont descendus dans la rue dénonçant «l'occupation de leur pays et la tentative de renverser le président Laurent Gbagbo, orchestrée par la France». C'est par millier qu'ils avaient convergé vers l'aéroport d'Abidjan pour «le libérer». Cette fois, ce sera certainement un autre match.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

YOUNG JIN CHOI VALIDE UNE OPERATION D'EMBRASEMENT GENERAL DES FRONTS MILITAIRES ET UNE OFFENSIVE MEURTRIERE SUR ABIDJAN




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Déstabilisation du régime: La nouvelle stratégie d'attaque de la rébellion

In Le Nouveau Courrier N° 158 du 18 Décembre 2010 par Emmanuel Akani

Après l'échec de l'opération «Rti et Primature», la nébuleuse qui veut chasser le président Gbagbo du pouvoir s'apprête à mener des actions subversives plus sanglantes mais ciblées contre les institutions de la République. Décryptage.


Un calme plat a régné sur Abidjan et la plupart des villes de l'intérieur du pays, au deuxième jour de la tentative de coup d'État en cours, déguisée en ''marches pacifiques''. Mais tout n'est pas fini pour autant. Les principaux leaders de la rébellion, Alassane Ouattara et Soro Guillaume, préparent des tueries massives de personnalités et d'attaque des institutions de la République. Sous le sceau de l'anonymat, des agents de l'Onuci choqués par les prises de position de Young Jin Choi ont fait des révélations sur la nouvelle stratégie de la rébellion pour arracher le pouvoir à Gbagbo. Des caisses d'armes et de munitions sont entreposées depuis hier vendredi 17 décembre 2010 - avec le précieux concours de l'Onuci - dans les résidences des cadres du Rdr et du Pdci situées non loin des institutions de la République. Mais aussi des résidences des hautes personnalités administratives, politiques et militaires du pays. Sous le prétexte de sa mission de protection des populations, en l'occurrence des leaders de l'opposition politico-armée, la mission onusienne assure cette tâche avec une grande célérité, soulignent nos sources. Sur instruction de Choi, désormais acteur politique national, les résidences des fonctionnaires et des agents de l'Onuci actuellement en Côte d'Ivoire ou non, situées dans les périmètres visés, sont mises à contribution.

La stratégie consiste à lancer des attaques simultanées contre différentes institutions de la République, des personnalités qui les incarnent et leurs familles. Ainsi, comme ce fut le cas en 2002 où Boga Doudou a perdu la vie lors de l'attaque de son domicile, Paul Yao N'Dré, président du Conseil constitutionnel, Mamadou Koulibaly (Assemblée nationale), Laurent Dona Fologo (Conseil économique et social) et autres présidents d'institutions sont dans le viseur de Ouattara et ses hommes. Tout comme les pontes du Front populaire ivoirien : Affi N'Guessan, Aboudramane Sangaré, etc.

Dans le plan d'attaque des FN validé par le représentant de Ban Ki-Moon en Côte d'Ivoire, l'embrasement des différents fronts militaires est prévu parallèlement à l'offensive à Abidjan qui sera menée par les éléments lourdement armés actuellement au Golf hôtel. Déjà au centre et à l'ouest, les signes de la reprise des hostilités sont perceptibles. Jeudi dernier, les rebelles ont en effet été mis en déroute à Tiébissou par les éléments des forces de défense et de sécurité après des combats intenses à l'arme lourde. Au grand dam de la France dont les journaux comme Le Figaro annonçaient avec empressement l'avancée des rebelles vers Yamoussoukro. Sur le front ouest, les hommes de Ouattara ont pris le contrôle de la ville de Bangolo, sous l'autorité du centre de commandement intégré depuis la suppression de la zone de confiance en 2007, après la signature de l'accord de Ouaga.

Conséquence : Duekoué bruit déjà de rumeurs incessantes d'attaques rebelles. Si les Français se gardent jusque là d'intervenir militairement à Abidjan, cela n'est pas le cas à l'intérieur du pays.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LES PREUVES DE LA COLLUSION ONU-FORCES REBELLES POUR UN COUP D'ETAT EN COTE D'IVOIRE

 

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L'ONU, sa représentation locale l'ONUCI, les Etats-Unis d'Amérique, la France, l'Union Européenne, la CEDEAO, le Burkina-Faso, le Sénégal, et le Nigéria, pays dits démocratiques, états frères africains et organisations de la paix préparent en coalition contre la Côte d'Ivoire, un coup d'état militaire, au mépris de toute réserve diplomatique, au mépris de notre souveraineté, de nos instituttions et de la volonté du peuple ivoirien qui a porté le Président Laurent GBAGBO au pouvoir. Avec tout le risque que cela comporte de faire basculer la Côte d'Ivoire et toute la sous-région ouest-africaine dans une rwandadisation plus grave et plus étendue que celle déjà enregistrée dans l'histoire récente et malheureuse de notre continent. Voici, en photo, les preuves de la conspiration internationale contre un pays africain souverain déterminé à ne se soumettre à aucun diktat, d'où qu'il vienne, et à vivre dans la paix, ainsi que dans la liberté de décider pour lui-même de sa destinée.

Le jeudi 16 décembre 2010, ces forces et états coalisés ont aidé les rebelles ivoiriens (en brassards bleus onusiens, appuyés de casques bleus onusiens) et des assaillants fondus dans la masse des marcheurs, armés d'armes de guerre, à mener leur assaut insurrectionnel contre la Côte d'Ivoire. La presse acquise à leur cause a même parlé d'assaut final. Cela n'a été rien d'autre, au final, qu'un coup d'épée dans l'eau. Par la grâce de DIEU et par la maîtrise de soi  et le professionnalisme dont ont fait montre nos Forces de Défense et Sécurité (FDS). Nous avons déploré avec une grande amertume la mort de 20 frères Ivoiriens (10 agresseurs et 10 éléments des FDS), arrachés à l'amour de leurs familles par la bêtise humaine au service de causes perdues et d'ambitions politiques surdimensionnées. Pendant ce temps, un certain Nicolas SARKOZY, ne comptabilisant que la mort des 10 agresseurs armés, se fend en menaces contre Monsieur et Madame GBAGBO, dans des déclarations à l'emporte-pièces, à Bruxelles. L'occasion était trop belle. Comme en Guinée. Ces charognards n'ont besoin que de notre sang versé, dont ils se repaissent, pour alimenter leurs diatribes racistes et leurs arguties haineuses.

Afrique, tu en es témoin! Terre, tu en es témoin! Nous ne voulons plus de médecins après la mort qui viennent s'apitoyer sur notre continent. Si vous avez encore de la dignité et un peu de considération pour la vie, pour les droits humains et la liberté des peuples de se choisir les dirigeants qu'ils veulent, vous êtes interpellés, peuples africains et peuples du monde!


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

mercredi, 15 décembre 2010

VOUS AVEZ DIT: "ACQUIS A SA CAUSE"?


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La communication de Ouattara et de ses soutiens est axée sur un pivot unique : décrédibiliser le conseil constitutionnel, ce qui justifierait que Choi et l'ONU et à leur suite la communauté internationale s'accrochent aux résultats "proclamés" par Bakayoko au nom de la CEI.

Ce pivot est exprimé dans leur discours et dans celui des agences de presse par cette phrase «  Gbagbo a été déclaré vainqueur par un conseil constitutionnel acquis à sa cause » dont les trois derniers mots sont systématiquement repris dans toutes les dépêches de l'AFP.

Je crois urgent de revoir notre propre communication, qui est un peu désordonnée et va dans tous les sens pour la recentrer sur quatre axes :

un premier axe, simple et fort : Ouattara a été proclamé vainqueur par un Bakayoko partisan, tout comme l'ensemble de la CEI, presque exclusivement composée de membres du RHDP allié de la rébellion et soutenant Ouattara :

Dans le présidium de la CEI, le président Bakayoko et trois autres vice-présidents sont du RHDP et de la rébellion, soutiens de Ouattara ; 1 seul vice-président est de LMP;

Dans la commission centrale de la CEI, le RHDP et les mouvements rebelles soutenant Ouattara détiennent plus des ¾ des sièges

Toutes les 19 CEI régionales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara;

380 des 415 CEI locales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara

Deuxième axe de communication simple : la proclamation de résultats par Bakayoko est un non-évènement juridique car nulle dans la forme et le fond :

La CEI n'ayant pu proclamer de résultat dans le délai impératif de 3 jours, était forclose et dessaisie d'office au profit du conseil constitutionnel lorsque Bakayoko s'est exprimé ;

Bakayoko n'étant pas, in personae, une institution, en l'occurrence la CEI, il n'a pu dès lors se prononcer qu'à titre personnel et sous sa seule responsabilité, les propos tenus n'émanant ni n'engageant la CEI.

Seuls des résultats provisoires, donnés par le président de la CEI agissant en cette capacité et dans les délais (3jrs) et formes imposées par la loi auraient été susceptibles d'engager la CEI, savoir :

o Au siège de l'institution : en l'espèce, le fait pour le président de la CEI de s'exprimer solitairement au siège même du RHDP est gravissime et révélateur d'une collusion manifeste rendue évidente par l'appartenance du candidat ADO et de Bakayoko au même RHDP ; ce fait n'est rien d'autre qu'une action solitaire et personnelle ;

o Entouré des vice-présidents, des commissaires centraux et des représentants des candidats, lesquels étaient absents

Les « résultats » donnés par Bakayoko sont des résultats personnels, n'engageant pas la CEI, car non validés selon le mode opératoire adopté ; il faut donc conclure que la CEI n'a jamais donné de résultats provisoires.

Troisièmement : les résultats de la CEI, même lorsqu'ils sont légalement proclamés, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, ne sont que des résultats PROVISOIRES par nature donc INACHEVES et comme tels, ils sont dépourvus de toute valeur légale :

La CEI, qui est un simple organe administratif, ne proclame que des résultats retraçant une compilation des votes, lesquels sont par nature provisoires puisque soumis au contrôle a posteriori aussi bien des candidats que du Conseil constitutionnel. En effet, dès la clôture du scrutin s'ouvre automatiquement et nécessairement la période du contentieux électoral qui est du ressort exclusif du conseil constitutionnel, laquelle période ne s'achève que par  la publication des résultats définitifs dans la forme d'une décision juridictionnelle ayant force de chose jugée irrévocable. Cette période du contentieux électoral comporte deux délais impératifs sanctionnés par la forclusion :

Le premier, s'ouvrant à la clôture du scrutin, est de 3 jours et doit permettre aux candidats de déposer leurs éventuels recours auprès du conseil constitutionnel : c'est d'ailleurs pour cela que la CEI doit impérativement avoir achevé la publication de ses résultats dans le même délai, faute de quoi elle mettrait les candidats dans l'impossibilité d'exercer leurs recours à temps ;

Le deuxième, d'une durée de 7 jours, court à compter de l'expiration du premier délai et est celui dans lequel  le Conseil constitutionnel automatiquement saisi, doit remplir sa mission juridictionnelle de contrôle du processus électoral; d'office ou sur plainte de candidats malheureux, il peut prendre toute décision pouvant affecter les résultats provisoires proclamés par la CEI, y compris leur annulation totale ou partielle ;

Enfin, la position actuelle adoptée par l'ONU est une grave atteinte à la souveraineté nationale de la Côte d'Ivoire et à la charte des nations unies, car:

Portant atteinte au processus électoral en « certifiant » une élection inachevée, au stade des résultats provisoires, alors que le processus électoral commence par l'établissement des listes électorales et s'achève par la proclamation définitive des résultats par le conseil constitutionnel ;

Portant atteinte à la constitution ivoirienne en prétendant ignorer la proclamation définitive de résultats de l'élection présidentielle par la plus haute juridiction de cet Etat souverain ;

Portant atteinte à la déclaration du conseil de sécurité qui, à la suite de la proclamation (illégale et hors délai) des résultats provisoires par M. Bakayoko, avait expressément appelé les candidats à porter leurs éventuelles réclamations devant le conseil constitutionnel selon les voies légales auxquelles ils se sont engagés à recourir ;

Constituant un grave précédent juridique, une jurisprudence qui, si elle était maintenue, pourrait désormais être imposée à tout Etat membre et à tout gouvernement de par le monde !

N'oublions pas : on a tous un Ouattara chez soi! A bon entendeur..., salut !

 

Source: PIAN! IVOIRE-BLOG.COM

vendredi, 19 mars 2010

DESARMEMENT ET REUNIFICATION DU PAYS AVANT LES ELECTIONS

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Un conseil de sécurité sur la situation en Côte d’Ivoire s’est tenu ce mercredi 17 Mars 2010 au siège de l’organisation mondiale à New York de 10h à 11h. Dirigé par le diplomate Gabonais S.E.M. Emanuel NGONDET dont le pays en assure la présidence tournante ce mois de Mars, ce conseil a entendu deux exposés importants :

D’abord celui du représentant du secrétaire général en Côte D’ivoire puis celui de S.E.M Alcide DJEDJE le représentant ivoirien auprès de l’illustre institution.

Dans sa déclaration, Mr CHOI JIN que le conseil avait chargé de lui faire un point de l’évolution du processus électoral après sa dernière réunion de Janvier 2010, a exprimé devant ses paires sa déception et ses regrets quant à l’impasse politique qu’a connue le pays ces derniers jours du fait de la fraude dont s’est rendue coupable l’ex Président de la commission électorale Indépendante alors que tout semblait sur une bonne voie.

Lorsque le Représentant ivoirien lui, prend la parole, c’est pour d’abord présenter la situation qui a occasionné la double dissolution du gouvernement et de la CEI avant d’insister sur le fait que, « le temps est venu de désarmer et de réunifier la Côte d’Ivoire ». Pour ce faire, S.E.M Alcide Djédjé plaidera pour que l’ONU apporte un appui au facilitateur M. Blaise COMPAORE afin de lever ces derniers obstacles, ce qui qui contribuera fortement à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, une étape incontournable dans l’organisation des élections libres et transparentes.

Aussi le diplomate a-t-il rappelé à ses collègues que, « l’ONU qui consacre dans sa charte le concept de la souveraineté, ne peut pas faire la promotion d’une souveraineté morcelée au gré de tel ou tel intérêt » car, a-t-il insisté, « les Nations Unies ne peuvent pas valider un scrutin dit national sur un territoire coupé en deux avec interdiction d’accès aux partisans d’un des candidats sur une partie du même territoire et avec une télévision privée qui fait la propagande d’un des 14 candidats déclarés ».


Aussitôt cette réunion terminée que les 15 membres permanents se sont retrouvés en consultations à huit clos ; une rencontre d’où sortira un communiqué lu à la Presse et dans lequel « Les membres du Conseil ont exprimé leur profonde préoccupation devant l’absence de progrès du processus électoral depuis janvier 2010. Ils ont appelé instamment les parties prenantes ivoiriennes à relancer ce processus sans délai et à rester dans le cadre de l’accord politique de Ouagadougou et des accords de paix antérieurs que le Conseil de sécurité a approuvés. Ils ont salué et soutenu le rôle joué par le Facilitateur, le Président Blaise COMPAORE du Burkina Faso, et l’ont encouragé à poursuivre ses efforts pour soutenir le processus de paix en Côte d’Ivoire.

Les membres du Conseil ont en particulier appelé instamment les parties prenantes ivoiriennes à apporter leur plein soutien à la commission électorale indépendante afin d’aboutir à la liste électorale définitive dans les prochaines semaines. Ils ont souligné que la liste électorale provisoire de 5.3 millions d’électeurs a été approuvée par les membres du Cadre permanent de concertation, certifiée par le Représentant spécial du Secrétaire général et saluée par le Conseil de sécurité. Ils ont aussi souligné que toute tentative destinée à remettre en cause les acquis du processus électoral ou à ajouter des conditions préalables pour retarder la finalisation de la liste électorale définitive serait incompatible avec les engagements pris par les parties.

Les membres du Conseil ont appelé tous les Ivoiriens à ne pas recourir à la violence et à respecter pleinement les droits de leurs compatriotes, y compris durant le processus électoral. Les membres suivront de près la situation, y compris les conditions de sécurité sur le terrain et les progrès du processus électoral »

Mathieu BOUABRE
Service de communication
Mission CI/ONU

Source: ABIDJAN.NET

 

20:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : onu, conseil de sécurité, alcide djédjé, choi jin, mathieu bouabré, mission ci-onu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 24 décembre 2009

L’ACTIVISME NAUSEABOND DE LA FRANCE CONTRE LA GUINEE

 

DADIS CAMARA.jpg

Quelle célérité de la part de ceux qui s'arrogent le droit d'être appelés la « Communauté Internationale » pour traduire les autorités guinéennes devant le Tribunal Pénale International ! : La France, appuyée en cela par les Etats-Unis !

En effet, après deux rapports au pas de course de Human Rights Watch et de la commission d'enquête ad hoc de l'ONU pour les tueries du stade de Conakry, avant même que l'ensemble des membres du Conseil de Sécurité n'en reçoive copie et que le document ne soit traduit et remis à tous les ambassadeurs près l'ONU, la France demande voire exige, depuis hier (mercredi 23 décembre 2009) que les autorités guinéennes soient traduites, « très rapidement (sic !) » devant les instances judiciaires internationales. Pour cela, elle réclame la saisine immédiate du TPI (le tribunal des perdants, des pauvres et des faibles).

En vue d'empêcher, dit-elle, le Capitaine Moussa Dadis Camara (atteint par balle à la tête par son aide de camp Toumba Diakité, au cours d'une tentative d'assassinat manquée et hospitalisé au Maroc), de revenir prendre les rênes de la Guinée. Elle compte ainsi parvenir à circonscrire le risque d'éclatement d'une guerre civile au pays de Sékou Touré (vraiment ?).

Diantre, dans quel monde sommes-nous ? Un pays planificateur de tueries et de coups d'Etat à la pelle, en Afrique, est-il fondé à donner des leçons au monde et à exiger quoi que ce soit ?

On se souvient encore de l'implication clairement démontrée de la France dans le génocide Rwandais (même si elle s'obstine à tout nier en bloc et à se refuser à toute repentance ou excuse) et dans les crises à répétition sur le continent noir avec leur cortège de morts, notamment en Côte d'Ivoire, au Niger, à Madagascar, au Togo, au Tchad, au Gabon, en Centrafrique, au Congo Brazzaville et même au Ghana (coup d'Etat manqué contre John Kufuor). Et la liste n'est pas exhaustive, loin s'en faut !

Les 6, 7, 8 et 9 novembre 2004, en Côte d'Ivoire, la France, à travers sa Force Licorne a tiré avec du gros plomb contre des Ivoiriens aux mains nues qui manifestaient contre un coup d'Etat en cours et la prise en otage de leur pays.

87 femmes, hommes et jeunes (dont un enfant de 11 ans, à Port-Bouët, devant le 43 ème BIMA) ont ainsi trouvé la mort, dans des conditions particulièrement atroces, sans compter les milliers de blessés dont certains portent des séquelles et des handicaps à vie.

A-t-on entendu un pépiement de la part de qui que ce soit dans le monde ou ne serait-ce qu'une parole de compassion pour le pauvre peuple de Côte d'Ivoire meurtri et bafoué sur sa propre terre ? Non !

A-t-on même entendu les africains ? Non ! Ils s'étaient tous terrés dans une incompréhensible couardise, dans l'inconséquence générale et un manque criant de solidarité ! Ils ont même voté la mise sous embargo de la Côte d'Ivoire par l'ONU, assortie de sanctions individuelles qui demeurent jusqu'à ce jour, dans l'illogisme le plus complet et l'incongruité la plus totale. Grâce à la France.

Et bien que des preuves à profusion existent contre la France dans cette tuerie innommable, la Côte d'Ivoire n'a jamais vu passer, par ici, même l'ombre de Human Rights Watch (les Ivoiriens ne sont peut-être pas des humains, sait-on jamais !) et d'une quelconque commission d'enquête ad hoc de l'ONU.

Voici révélée toute la laideur de notre monde et des prétendus organisations et pays de liberté et des Droits de l'Homme. Et il y a bien pire ! Je vous en fais l'économie.

Alors, qu'aujourd'hui, cette France-là demande justice et réclame le TPI pour les autres, là où une bibliothèque n'arriverait pas à contenir le récit de tous ses crimes en Afrique et dans le monde, c'est véritablement le monde à l'envers !

Même si la junte au pouvoir en Guinée est indéfendable, cet activisme nauséabond de la France choque fortement ma morale et suscite, chez moi, étonnement et interrogations.

Je crois qu'il faut plutôt voir derrière ce zèle surréaliste, non pas de l'amour pour le peuple guinéen, de la solidarité ou un quelconque désir de justice, mais la volonté d'une nation impérialiste de se positionner durablement dans un pays qui s'est affranchi de sa tutelle, aux temps des indépendances, qui lui a toujours échappé et à qui elle l'a durement fait  payer.

Les africains devrait, eux-mêmes, prendre en main le dossier guinéen et aider ce digne peuple frère à se relever de cinquante années de misère profonde. Parce que je continue à croire en l'Afrique et à penser que le peuple noir n'est pas frappé de l'atavisme de la médiocrité morale et de la misère intellectuelle.

Africains, ne croyons surtout pas que la France, par toutes ces gesticulations, ait l'intention de nous donner les preuves de son amour. Elle n'a que des intérêts et n'est mue que par eux. Et si nous consentons à lui donner le coup de pouce complice pour dépecer la junte (malheureusement) au pouvoir en Guinée et embrigader ce pays frère, alors il faudra désespérer de l'Afrique. De fait, que chacun s'attende à connaître son tour et à ne bénéficier d'aucune solidarité.

Des militaires et des civils ont pris le pouvoir, en Afrique, par des coups d'Etat, avec la bénédiction de la « Communauté Internationale ». Pour ne citer que deux exemples, on se souvient encore du voyage du Général François Bozizé, en France en 2003, et de son retour en Centrafrique suivi du renversement du régime en place, celui du civil Ange-Félix Patassé, démocratiquement élu de surcroît.

Il y a le cas plus récent du séjour d'une semaine d'Ange Rajoelina, un DJ insurrectionniste notoire d'Antananarivo, à l'ambassade de France à Madagascar, officiellement pour raison de sécurité. Dès qu'il en sort, coup d'Etat retentissant contre Marc Ravalomanana, Président de la République malgache.

Dans les deux cas, les tergiversations de la « Communauté Internationale » pour condamner ces dérives ont été hallucinantes. Au final, elle s'est contentée d'en prendre simplement acte.

D'où vient-il donc qu'en Guinée, on veuille nous faire croire au Père Noël (même si nous sommes en Décembre. Tout de même) ?

Dans le dossier guinéen, il n'est question que d'intérêts et de profits ; rien d'autres. Qu'on ne vienne donc pas nous dire des contes de fées.

Je tiens à l'affirmer tout net pour éviter toute équivoque : Ce n'est pas de la sauvegarde ou de la préservation du pouvoir de Dadis Camara dont je me préoccupe autant mais plutôt du peuple guinéen frère, de sa paix, de son intérêt supérieur et de son bonheur souverain. Une crise guinéenne gérée maladroitement et dans la précipitation en coûtera plus à ces frères qu'un recours judicieux à la sagesse et à la mesure.

La solution qui, pour moi, s'impose en Guinée, à la suite de toutes les observations que j'ai faites de la situation, c'est de permettre aux Africains et au peuple guinéen de résoudre, eux-mêmes, cette crise. Il faut multiplier les initiatives et les médiations entre les parties en présence, en Guinée. De la concertation persévérante et obstinée et des professions de bonne foi des guinéens sortiront des solutions et des dispositions salutaires pour ce peuple frère. Pour une fois, prouvons que nous sommes intelligents, en Afrique (après, bien sûr, la leçon du dialogue direct ivoirien).

C'est bien le passage en force auquel la France est en train de nous conditionner et nous conduire qui, plutôt, provoquera le chaos redouté. Car, il ne faudrait jamais l'oublier, ce sont des militaires aguerris qui sont au pouvoir. Ils ne seront certainement pas prêts à se laisser tondre la laine sur le dos et ça, il faudra le comprendre. Aucun recours à la force et aux intrigues mafieuses impérialistes ne peut aboutir. Ne provoquons pas chez les putschistes un raidissement irréversible, un basculement dans le totalitarisme et la décision de se maintenir au pouvoir, vaille que vaille, pour se mettre à l'abri des poursuites judiciaires. Au meilleur des cas, ce à quoi de tels procédés conduiront, c'est à la recolonisation de la Guinée, par l'arrivée aux commandes du pays de personnalités que celle qui s'agite, aujourd'hui, s'arrangera (comme toujours) à imposer. Il faudra alors craindre le bradage des immenses ressources minières de la Guinée aux entreprises impérialistes françaises qui rechignent à la concurrence et qui affectionnent les prébendes et les contrats léonins (Areva au Niger, Total au Gabon, au Tchad et au Congo Brazzaville, Bolloré en Côte d'Ivoire et au Sénégal, etc.).

Je recommande donc à mes frères africains la prudence, la patience et la compréhension pour conduire le dossier guinéen à bon port. De sorte que nous en sortions tous gagnants. Nous n'avons pas besoin d'un embrasement général de la sous-région ouest africaine. En tout cas, pas la Côte d'Ivoire !

 

Que DIEU bénisse l'Afrique !

 

DINDE Fernand AGBO

17:44 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Guinée, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, guinée, dadis camara, tribunal pénal international, onu, human rights wath, activisme nauséabond | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |