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jeudi, 24 septembre 2009

KADHAFI: UN "WOODY" A PARLE A L'ONU

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A la faveur de la 64ème Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, le Colonel Muhammar Kadhafi a fait une entrée on ne peut plus tonitruante. Même si je n'ai pas toujours porté cet homme dans ma plus haute estime, hier, j'ai été vraiment heureux d'écouter son laïus kilométrique (durée totale: 1h 20mn, là où il ne devait parler que 15mn). Pour une fois. Certes, il a tiré de façon un peu décousue, dans tous les sens et sur tout le monde, mais il a dit haut et succintement ce que toutes les populations des pays pauvres et du Tiers-Monde ont toujours pensé bas de l'Occident et de l'ONU, une organisation qualifiée - à juste titre! - depuis longtemps de "machin" par le Général De Gaulle.

Un "machin" qui ne sert que la cause des plus forts et qui laisse impunis les pires criminels de l'histoire des hommes. Un "machin" à réformer au plus tôt! Comme pris dans les transes d'une catharsis médiumnique, Kadhafi s'est longuement exprimé au nom de tous les peuples brimés, exploités et écrasés par les plus puissants, jetant même à la face du monde la Charte de l'ONU. Se faisant, du coup, le champion des plus faibles et rédorant d'une certaine façon, l'image de président voyou et terroriste que lui a toujours collé l'Occident, sans jamais se remettre lui-même (l'Occident) en cause.

Un homme a parlé. Avec toutes les maladresses et imperfections d'une diatribe longtemps contenue, certes. Mais un homme a quand même parlé! Au nom de l'Afrique! Au nom des pauvres! Au nom du Tiers-Monde! Salut, le "woody" (l'authentique garçon, en Bété, ethnie ivoirienne)!

Dans la même veine, le journaliste ivoirien Kévin Doumy a fait une brève analyse du speech historique, qui rencontre notre total assentiment et que je vous propose de lire, ci-dessous. Un speech épicé qui a valu à Kadhafi d'être traité de tous les noms d'oiseaux par les journalistes de tous les pays impérialistes. Le contraire m'aurait stupéfait. Que DIEU bénisse l'Afrique!

DINDE Fernand AGBO

 

Kévin Boumy: "Historique entrée de classe pour le guide libyen, après une quarantaine d'années purgées dans l'isolement. Historique dans le fond même si ce discours se heurte aux intérêts et privilèges toujours croissants des Nations dites puissantes. Sur le pupitre onusien, le "roi des rois traditionnels d"Afrique" a simplement dit ce que tous les chefs d'Etat africains pensent et penseront peut-être toujours bas. le Colonel a touché la question du dédommagement de l'Afrique; ce continent qui des siècles durant a subi et subit encore des aventurismes de toutes sortes. Il a exigé une compensation financière, n'en déplaise aux bourreaux toujours orgueilleux. Avec force, le guide a reclamé un siège pour l'Afrique au très fermé conseil de sécurité. Cette intervention historique nous invite à ne plus fourrer la langue dans le ventre, car dans ce monde qui met au centre de ses priorités la question sécuritaire, l'Afrique ne doit pas toujours se soumettre aux décisions "prêtes à porter" des grandes puissances.
Avant de prendre le temps de procéder au décrytage complet de ce discours immense, voici exposée la saveur de nos prochains retour sur le sujet".

Source: Le Blog de Kévin Boumy

17:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : kadhafi, onu, conseil de sécurité, impérialisme, 64ème assemblée générale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 12 août 2009

JESSE JACKSON VIENT "BEATIFIER" BLE GOUDE


obama-jackson533.jpgLu sur le blog de Richman Mvouama. Assez intéressant!

C’est un très grand coup que vient de réussir celui que les jeunes patriotes appellent Général Blé Goudé. Lui que l’ONU traite comme un ennemi de la paix, obtient, à une de ses manifestations, la présence d’un afro-américain de renom, un des soutiens du président Obama des USA. Les USA sont, cependant, 1er contributeur de l’ONU. Même s’il prétend n’avoir aucun parti pris en Cote d’Ivoire, il est au moins sûr que sa présence va béatifier Blé Goudé et remettre en question certains jugements sur sa personne.

Stratégiquement, on devrait élever au maximum le potentiel de Jesse Jackson et en faire un lien avec le président Gbagbo, pour alimenter le mythe. Qui est fou ! En tout cas, on a beau le critiquer, mais dans cette affaire, je tire mon chapeau à Blé Goudé!

17:12 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Monde, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jesse jackson, blé goudé, cojep, onu, usa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 31 juillet 2009

DE QUOI JE ME MELE?

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Photo: SEM Jean-Marc SIMON, Ambassadeur de la République de France en Côte d'Ivoire. Par Prisca, Abidjan.net.

L'attitude provocatrice de la France, ces derniers jours, vis-à-vis de la Côte d'Ivoire est suspecte: Elle n'en finit pas de se cristalliser sur le report des élections du 29 novembre 2009. Pour l'heure, il n'en est absolument pas question, en Côte d'Ivoire. Aurait-elle le projet d'occasionner un report pour demander, ensuite, la tête des acteurs politiques ivoiriens et singulièrement, celle du Président GBAGBO? L'avenir proche nous le dira. Au demeurant, il n'appartient pas à la France, fût-elle la puissance colonisatrice de décider à la place des ivoiriens, ce qu'ils veulent pour leur pays. S'ils veulent un report, ils le décideront eux-mêmes et s'ils n'en veulent pas, c'est à eux seuls d'en juger. De quoi donc je me mêle?

 

Le Conseil de sécurité a prorogé hier, jusqu`au 31 janvier 2010 le mandat de l`Opération des Nations Unies en Côte d`Ivoire. La France en a profité pour mettre en garde contre tout report des élections.


La France a encore brandi le bâton face aux risques de report de l`élection présidentielle en Côte d`Ivoire. Cette fois, c`est la tribune du Conseil de sécurité, réuni hier, sur la situation ivoirienne que l`ancienne puissance coloniale a choisie pour exprimer son peu de confiance en la volonté des dirigeants ivoiriens de tenir effectivement les joutes présidentielles au 29 novembre. Intervenant après l`adoption de la résolution du Conseil portant prolongation du mandat de la mission onusienne à Abidjan, le représentant permanent de la France, M. Jean Maurice Ripert, a prévenu que toute tentative de reporter les élections sera inacceptable. Selon lui, le Conseil de sécurité ne se laissera pas abuser «par des faux-semblants techniques». «Si les élections du 29 novembre devaient être reportées, les responsabilités des uns et des autres seraient clairement établies et le Conseil de sécurité en tirerait les conséquences», a-t-il chargé. «Qu`ils sachent, a-t-il ajouté en parlant des acteurs politiques ivoiriens, qu`ils sont pris au mot par le Conseil de sécurité et qu`ils seront jugés sur leurs actes et que c`est dans cet esprit que le Conseil suivra de près dans les semaines à venir, notamment la publication de la liste électorale provisoire, puis de la liste électorale définitive, avec l`appui de la facilitation et du représentant du secrétaire général». Quant au Conseil de sécurité il affirme pour sa part que tout report de l`élection présidentielle serait incompatible avec «un processus crédible» et avec l`Accord politique de Ouagadougou. Les 15 membres du Conseil ont exigé certains résultats précis à court terme. «Il (Ndlr : le Conseil) rappelle que la publication de la liste électorale est une étape cruciale du processus électoral, attend avec intérêt la publication de la liste électorale provisoire d`ici la fin du mois d`août 2009 et demande instamment aux acteurs politiques ivoiriens de tenir leurs engagements pleinement et sans délai», indique le communiqué qui a sanctionné la réunion. L`organe principal de l`ONU a encouragé le facilitateur (le président Blaise Compaoré) et le représentant spécial du secrétaire général (M. Choi) «à l`informer sans délai de toute difficulté qui pourrait mettre en péril le calendrier électoral». Il a également «réaffirmé son plein appui à (M. Choi) dans son rôle de certification. Il souligne qu`il fondera son évaluation du processus électoral sur la certification qui sera préparée par (lui)».

Djama Stanislas (Quotidien Nord-Sud)

Source: Abidjan.net

14:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans France, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : onu, france, report élections ivoiriennes, alcide djédjé | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 25 avril 2009

SONS DISCORDANTS DANS LA GALAXIE PATRIOTIQUE

BLE GOUDE.jpg
Germain Séhoué (Pdt de la CJR-CI ) : “L’ONU veut-elle positionner Blé Goudé pour l'après Gbagbo ?” (version actualisée)

Des experts des Nations Unies (ONU), viennent d'avoir la pensée analytique ivoirienne. Et comment ?


1- Les faits

Le 5 mars 2009, un groupe d'experts onusien sur la Côte d'Ivoire, dirigé par Lipika M. Roy Chouhury, a adressé un courrier au DG de Fraternité Matin : "Blé Goudé doit être astreint, dans le cadre des sanctions, à des revenus de subsistance. Il lui est interdit d'avoir d'autres revenus y compris des droits d'auteur. Frat-Mat est en infraction. Il vous faut écrire au Conseil de sécurité pour avoir des informations complémentaires". Ce courrier a provoqué et continue de le faire, l'émoi collectif des Ivoiriens, en faveur du leader de la jeunesse patriotique ivoirienne. Pour certains, l'acte de l'Onu vise Laurent Gbagbo. Pour d'autres, l'Organisation de Ban-Ki Moon veut saboter le processus de paix. Mais selon Hamadoun Touré, le porte-parole de l'Opération des Nations Unies en Côte d' Ivoire (ONUCI), "Je ne pense pas que cela menace le processus de paix parce que le comité a rencontré les personnes sous sanction et leur a expliqué ce qu'il fallait faire pour la levée de ces sanctions." Pour ma part, c'est là où se trouve la clé de voûte de cette énigme. Et une preuve n’est pas que matérielle. Elle procède également d’un raisonnement logique. Raisonnement qui a donc pour vocation de faire jaillir la lumière. Raisonnons !

2- La réalité qui perturbe la démarche intellectuelle

Pourquoi attaquer aujourd'hui Charles Blé Goudé, alors qu'il constitue, qu'on le veuille ou non, un symbole dans les efforts pour le retour à la paix ? Tôt, il a parlé avec les rebelles, fait de Wattao, un ami et multiplié des actions pour la paix avec la rébellion, au point même où il s'est attiré des inimitiés parmi les radicaux, au sein de la galaxie patriotique. En plus, son livre édité par Frat-Mat, n'est pas une exhortation à la haine, mais présente une vision de la reconstruction de la paix. Pourquoi donc l'ONU peut-elle l'attaquer en ce moment précis ?

L'ONU sait que la production littéraire n'est pas la source de financement des activités de Blé Goudé. Que valent, aujourd'hui, ses droits d’auteur, dans le pouvoir financier du président du Cojep ? Rien. En demandant aux Ivoiriens de sortir dans la rue, la nuit du 6 novembre 2004, pour défendre la République contre l'occupation française, il n'a pas eu recours à des droits d'auteur ou au support d'un livre. Ils sont sortis pourtant. Il a commencé à financer les projets de jeunes (Sentinelles du COJEP de Marcory…), bien avant l'édition de son livre et la création de la structure de Communication, Leader's Team, dont il est le patron. Les moyens mis en œuvre pour ses gigantesques tournées en faveur de la paix et pour Laurent Gbagbo, ne peuvent sortir des revenus sur un livre. L'Onu sait donc que Charles Blé Goudé a de puissantes sources de financement, des robinets bien juteux, en dehors des gains de sa plume, qu'elle n'a pas la possibilité de fermer. Elle est consciente que sa provocation à l'égard de Blé Goudé, viserait Laurent Gbagbo, si et seulement si, elle pouvait induire, à travers la réaction de l'intéressé, le délitement de l'Etat. Chose que l'Onu même sait improbable, persuadée qu'il est des inconditionnels de l'actuel Président de la République. De même, pour la défense de ses droits d'auteur, le leader de l'Alliance de la jeunesse patriotique, ne devrait se permettre (même pour le plaisir personnel de se sentir soutenu), de perturber la sortie crise, en appelant ou laissant descendre à la rue, ses partisans, sachant que toute manifestation du genre, en ce moment si sensible, peut être infiltrée et récupérée par les bras séculiers des abonnées aux coups d’Etat.
Si donc, elle est convaincue que son attaque contre Blé Goudé ne gênerait pas Gbagbo, que d'ailleurs son nouveau Secrétaire Général Ban Ki-Moon et son représentant à Abidjan, Y.J. Choi, comprennent bien, si elle apprécie les efforts de paix du jeune leader, pourquoi alors, cette attitude de l'Onu contre Blé ?

3- L'agacement au CNRD

En 2008, on a constaté que la galaxie patriotique est traversée par des courants contradictoires. Au sein des jeunesses, l'unanimité n'est pas observée. Il y a beaucoup des guerres de positionnement et on ne parvient pas à parler d'une seule voix, comme une entité. Le CNRD, soucieux de l'union des forces dans la mouvance présidentielle, a mis en place une commission dirigée par l'honorable Ben Soumahoro, pour entendre les différents responsables des mouvements de jeunes. Tous ont parlé et exprimé leurs griefs, à l'exception de Charles Blé Goudé, qui ne s'est pas montré disponible. Dès lors, " des doyens " du CNRD, qui avaient de l'estime pour lui, ont pris un coup de froid et commencé à réviser leur regard vis-à-vis de lui. Ils ont pris conscience que le président du COJEP se sent déjà dans la peau d'un futur chef d'Etat. Même des gens avec lesquels Blé avait des meilleurs contacts, ont cessé de l'appeler. Ils estiment que c'en était trop et que Blé les a ridiculisés, eux, ses aînés. Bien d'observateurs ont remarqué que, généralement, Blé Goudé ne se rend pas à une cérémonie où il n'est pas la vedette. Ce coup à la commission d'arbitrage de Ben Soumahoro et l'adversité au sein même de la galaxie patriotique, avaient sensiblement grignoté sa popularité. Et il avait l'impression de vivre sur la vitesse acquise. En plus de ses tournées et autres actions médiatisées, il avait besoin d'être à la Une des journaux et davantage dans l'estime de l'opinion.

4- L'admiration de l'ONU pour Blé Goudé

Or, depuis longtemps, un groupe de lobby onusien est tombé sous le charme du leader de la jeunesse patriotique de Côte d'Ivoire et a décidé de le positionner pour l'après Gbagbo. Blé Goudé a toujours clamé qu'il n'est pas militant du Front populaire ivoirien (FPI), mais partisan de Gbagbo. Il a sa structure para-politique, Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP). Une structure qu'il ne cesse d'équiper et d'implanter à travers le pays. Qui, certainement comme le RPP de Laurent Dona Fologo, prendra son envol, le moment venu. Laurent Gbagbo ne sera pas éternellement le Président de la Côte d'Ivoire. Et la guerre de l'après Gbagbo que se livrent furtivement Affi N'Guessan (président du Fpi) et Mamadou Koulibaly (président de l'Assemblée Nationale et 3e vice-président du parti), donc tous du FPI, n'intéresse pas ces experts de l'Onu. On se souvient que pendant les manifestations violentes des Jeunes Patriotes contre la décision du GTI (Groupe de Travail International), relative à la dissolution de l'Assemblée Nationale, début janvier 2006, Charles Blé Goudé n'était pas sur le terrain de la violence. Couché devant l'ambassade de France, il observait une grève de la faim. Mais l'ONU avait tout fait pour le repêcher, et le mettre sur la liste des sanctionnés, c'est-à-dire des gens qui ont été violents : il était devenu, dès lors, un martyr.

L'Onu a tiré leçon de sa fronde contre Gbagbo : Si des attaques de front lancées contre Laurent Gbagbo l'ont rendu plus fort, des attaques de front lancées aujourd'hui, contre Blé Goudé le rendront plus fort pour l'après Gbagbo. C'est une façon de l'aider à faire ses armes, vu ses qualités (tribun, non-violent, mobilisateur et perfectible) démontrées pendant la crise. Charles Blé Goudé a avoué au cours de l’émission télévisée diffusée sur la 1è Chaîne de RTI, le 15 avril 2009, que les sanctions onusiennes ne lui « disent rien ». En d’autre termes, elles n’ont aucun effet négatif sur sa vie, son action et le processus de paix, puisque lui-même se bat pour ce processus. Dès lors, si l’ONU (dont les experts ne sont pas naïfs) continue malgré cette réalité, de multiplier les sanctions contre lui, c’est que ces sanctions ne sont pas des sanctions dans le sens de châtiment ou de punition, comme l’entendent les Ivoiriens. Elles ont quand même des effets, mais des effets positifs ; ce qui fait d’elles plutôt des outils d’endurance et de développement de sa personnalité et des arguments de sa promotion. C’est-à-dire des armes dont a nécessairement besoin une personne à qui l’on réserve une mission des plus importantes.

Habituellement, lorsqu’un prisonnier estime être injustement incarcéré, il accepte d’abord son élargissement, même sans que, forcément, son geôlier ne lui ait dit les motifs de son arrestation. C’est ensuite, une fois en liberté, qu’il se constitue partie civile contre celui ou ceux qui l’ont jeté en prison, pour dossier vide : il demande réparation. Ou alors pendant qu’il y est, son avocat, dépose une plainte, comme l’a fait Me Narcisse Aka, le 15 janvier 2009, contre l`Etat ivoirien auprès de la Cour de justice de la CEDEAO à Abuja, pour "violation du principe de la présomption d`innocence", "violation des règles de la détention préventive" et "atteinte au droit à un procès équitable" pour ses 4 clients, responsables de la filière cacao, dont Henri Amouzou, président du Fonds de développement pour les producteurs du café-cacao (FDPCC), et Angeline Kili, présidente du Conseil d'Administration du Fonds de Régulation du Cacao (FRC).

Blé Goudé, son COJEP et l’Alliance des Jeunes Patriotes pouvaient saisir la Cour Pénale Internationale, compétente en la matière, Cour qui « peut être saisie soit par le conseil de sécurité, soit par un Etat partie, soit par le Procureur ex-officio, agissant sur la base de renseignements reçus notamment des victimes, d’organisations non gouvernementales ou d’autres sources qu’il juge appropriées.» Il ne fait rien de tout cela. Mais face à la Nation, le 15 avril 2009, Blé Goudé a clamé qu’il ne veut pas recouvrer sa liberté tant que l’Onu ne lui a pas expliqué les causes de ses sanctions et ne promet pas non plus de porter plainte contre cette Organisation. Il se contente de dénoncer son action.

Dès lors, il n’est pas risqué de penser que Blé Goudé se plaît dans sa « prison » et y trouve son compte, en harmonie avec son geôlier. Parce que cette parodie de sanctions lui sert de fonds de commerce politique et sociologique, au détriment de nos nerfs partisans.

La création de scandales artificiels est une vieille méthode utilisée par certains hommes publics pour faire remonter leur cote de popularité en berne. Et là, je crains fort qu'il n'y ait un deal entre le groupe d'experts de l'ONU, auteur du courrier envoyé à Frat-Mat, et notre compatriote Charles Blé Goudé. Les experts de l’ONU ne peuvent ignorer que lorsqu’une censure frappe un livre, cela décuple la curiosité, donc permet un succès fou de cet ouvrage. Onu n’ayant aucun moyen de coercition pour amener Frat-Mat à respecter son mot d’ordre, cet éditeur peut alors, non seulement publier son courrier administratif, mais également éditer crânement ledit ouvrage. Si nonobstant tout cela, l’Onu, pour rien, censure ce livre et adresse un courrier à Frat-Mat, l’éditeur, c’est-à-dire qui a intérêt à ce que le livre se vende comme des petits pains, cela voudrait dire que l’ONU veut aider Blé Goudé à vendre mieux son prochain ouvrage. Et ce courrier publié, sans commentaire, a déjà atteint son objectif : l'émoi général. Voyez la levée de boucliers depuis la révélation de ce courrier. Les éditoriaux élogieux sont relancés pour la " victime " de l'ONU ; les articles au vitriol, rappelant les hauts faits de Blé, sont écrits contre les Nations unies ; les Sms de soutien distribués ; les parlements et agoras sont en ébullition ; des plateaux télé offerts à Blé pour amplifier l’affaire et vendre « à guichets fermés » le livre à paraître. L'ONU a donc ouvert une fausse polémique, rien que pour se jouer de nos intelligences et faire la promotion d'un des nôtres. Et nos analyses de semi intellectuels se sont littéralement fourvoyées face à une parodie de sanctions.

Blé Goudé a le droit d'être ambitieux. C'est humain. Restant sur son signal d'indépendant, après l'élection ou non de Gbagbo, il va engager dans des batailles départementales, ses forces qu'il est en train d'accumuler. Et là, il peut jeter des jeunes dans les compétitions, même contre le camp présidentiel. Mais que les hommes de Blé Goudé prennent des sièges au parlement, parmi les conseils généraux et les maires, ne nuirait pas à la politique de Gbagbo, dont il reste un proche. Mais si l'ONU ne reproche rien à Blé Goudé (c’est le cas) et veut même le positionner pour l'après Gbagbo, qu'elle le fasse honnêtement, sans nous tourner en bourrique, et vriller nos nerfs. Son aveu ferait partie de la réconciliation générale.

Germain Séhoué

Président de la Coalition des Journalistes Résistants de Côte d'Ivoire (CJR-CI)
gs05895444@yahoo.fr

22:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blé goudé, cjr-ci, germain séhoué, onu, cnrd, rpp, cojep, l'après gbagbo, frat-mat, onuci | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |