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jeudi, 01 décembre 2011

GBAGBO A LA HAYE: LES PREUVES D'UN COMPLOT INTERNATIONALE S'ACCUMULENT


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Les éléments discréditant la démarche empressée de Louis Moreno-Ocampo, de toute façon sur le départ, foisonnent. Et jettent un peu plus le discrédit sur un homme au service des grandes puissances et non de la justice. Les grandes puissances, France en tête, et leur «correspondant local» en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ont-ils vraiment l’intention d’ôter à la Cour pénale internationale (CPI) le maigre crédit qui lui restait ? A voir la désinvolture avec laquelle la question du transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye a été gérée, on a de nombreuses raisons de répondre par l’affirmative. Au lendemain de l’arrivée du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) à La Haye, revue des différents éléments qui attestent indubitablement du caractère profondément politique, donc extra-juridique, de l’opération.

L’ONUCI  a été totalement écartée de la procédure


Dimanche dernier, dans l’après-midi. Alors que des informations persistantes présentent comme imminent le transfèrement à La Haye du président Gbagbo, un de ses proches prend attache avec un responsable de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, à un niveau assez élevé. Qui refuse de prendre au sérieux les «rumeurs» au sujet du projet que nourrit le régime Ouattara et ses relais internationaux. Et multiplie les arguments pour expliquer qu’un transfert à La Haye est «impossible» en l’état actuel des choses. Comédie ? Pas du tout. L’ONUCI, dont la Division des droits de l’homme est incontournable au point de vue logistique pour toute instance internationale qui veut enquêter sérieusement sur les graves violations des droits de l’Homme qui ont eu lieu sur le territoire ivoirien, a été totalement mise de côté pour des raisons mystérieuses par un Louis Moreno-Ocampo qui tenait à sa démarche solitaire et biaisée. Bert Koenders, patron de l’ONUCI, n’a d’ailleurs pas caché cette information troublante. «L’ONUCI n’est pas impliquée dans cette décision», a-t-il affirmé hier, disant sobrement qu’il «prend note du transfèrement». Vous avez dit bizarre…

L’enquête invisible… la plus rapide de l’histoire des enquêtes de ce type

Le procureur Louis Moreno-Ocampo est-il un surdoué ? En tout cas, sans le concours de l’ONUCI, sans que la majorité des victimes s’étant constituées auprès de la  CPI n’aient vu le moindre magistrat ou auxiliaire de justice officiel, il  a réussi à boucler une enquête par nature extrêmement complexe – puisqu’il s’agit d’établir des faits et d’avoir des preuves sur les chaînes de responsabilités – en moins de…  deux mois, et entre deux rendez-vous avec Alassane Ouattara – le premier à Abidjan, le second dans l’appartement parisien de l’ancien directeur général adjoint du FMI.

Ce sont ces étrangetés qui ont fait tiquer Christian Chartier, directeur du centre d'observation de la justice internationale et transitoire de l'université de Limoges, et ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), donc bon connaisseur de ce type d’environnement. Lors d’une interview accordée à la radio France Inter, il a tancé Ocampo : «Il aurait voulu faire en sorte que l’on  comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée à des fins politiques qu’il n’aurait pas pu mieux faire». Rappelant que le procureur de la CPI a commencé son travail sur le dossier ivoirien seulement le 3 octobre, il a affirmé que «cette enquête est d’une rapidité suspecte», et que le mandat d’arrêt qui en est sorti «est quand même d’un vague extrêmement inquiétant». Si les chefs d’accusation sont faciles à formuler, «encore faudrait-il les étayer», avertit-il. «Dans le mandat d’arrêt, on parle de violences contre des communautés ethniques et religieuses spécifiques sans pour autant les désigner. Il y a quand même des choses troublantes dans cette affaire et que je trouve extrêmement inquiétantes pour la CPI», a-t-il poursuivi. Laquelle CPI «existe depuis dix ans et n’a pas rendu à ce jour un seul jugement ne serait-ce qu’en première instance». Rappelons-le : ce n’est pas là «un extrémiste proche de Gbagbo» qui parle, mais bel et bien un universitaire français renommé, ancien porte-parole du TPIY !

Des méthodes d’investigation incroyablement douteuses !


Ocampo n’a donc eu recours ni à la Division des droits de l’homme de l’ONUCI ni à des magistrats convoyés par la CPI. Mais a collaboré avec des ONG dont la plus douteuse est la Coalition pour la CPI, une structure locale dirigée par Ali Ouattara, un bras séculier du RDR. «Nos parents sont morts pour rien», affirment d’ores et déjà certains déplacés de Duékoué. Qui ont parlé aux envoyés de la fameuse association inconnue avant la guerre postélectorale, malgré les intimidations de ceux qui affirmaient que ceux qui viendraient dénoncer Ouattara et les FRCI seraient tués. Bien entendu, aucune protection particulière n’a été accordée aux survivants. Les «enquêteurs» d’Ali Ouattara sont repartis après une virée de quarante-huit heures à Duékoué, et certains déplacés les accusent déjà d’avoir utilisé les images des victimes et des maisons des autochtones détruites. Comment des amateurs de l’investigation judiciaire, affiliés à un parti politique, non assermentés, peuvent-ils donc avoir la haute main sur un travail de cette importance ? Ocampo, qui se prépare à laisser un dossier «pourri» à son successeur après avoir rempli sa mission – livrer Gbagbo – devrait s’expliquer sur ses méthodes de travail, plus que douteuses.

Un mandat d’arrêt aux allures grotesques

Bien entendu, nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre le président Laurent Gbagbo. Il est en effet assez ridicule par endroits. Par exemple quand il lui attribue un patronyme imaginaire : Laurent Koudou Gbagbo. Faut-il rappeler que le nom à l’état-civil de Laurent Gbagbo est… Gbagbo Laurent, tout simplement ? La CPI prétend en plus que le président ivoirien renversé est né à Mama, alors qu’il est né à Babré. Et puis, que vient faire l’ethnie de Laurent Gbagbo dans un mandat d’arrêt ? C’est anecdotique, mais ce sont ces détails qui trahissent les légèretés. De plus, la CPI affabule quand elle affirme «au vu des éléments de preuve, la Chambre conclut qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'au lendemain des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles ont pris pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans d'Alassane Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques». La guerre postélectorale n’a en effet pas commencé de manière automatique le 28 novembre, et c’est bien le camp Ouattara qui l’a préparée et lancée, comme le laissent penser les déclarations affirmant que le commando invisible s’est structuré bien avant le premier tour du scrutin présidentiel et les images où l’on voit les combattants des FRCI encadrés par Guillaume Soro sur ordre de Ouattara, aller armés à l’assaut de la RTI sous le couvert d’une «marche pacifique».

Mais le plus important n’est pas là. C’est en justifiant le transfèrement de Gbagbo à La Haye que la CPI finit de se couvrir de ridicule. «Enfin, la Chambre est convaincue que l'arrestation de Laurent Gbagbo est  nécessaire pour : i) garantir qu'il comparaîtra devant la Cour ; ii) garantir  qu'il n'usera pas de son pouvoir politique ou de ses moyens financiers pour  faire obstacle à l'enquête ou en compromettre le déroulement; et  iii) empêcher la commission d'autres crimes». Comment un homme en prison à Korhogo, sans aucune communication téléphonique, sans visites de ses proches, pouvait-il avoir le pouvoir de nuisance justifiant qu’il soit déplacé dans une prison où il pourra recevoir plus de visites, téléphoner et surfer sur Internet ? En réalité, ceux qui peuvent aujourd’hui user de leur pouvoir pour faire obstacle aux enquêtes, ceux qui peuvent commettre d’autres crimes aujourd’hui sont bien les tenants du pouvoir Ouattara et leurs tueurs, qui continuent d’être en liberté dans des zones meurtries comme l’Ouest de la Côte d’Ivoire ? Mais, bien entendu, il n’y a aucune urgence à les mettre hors d’état de menacer les survivants… Jusqu’où ira l’hypocrisie internationale ?


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

mardi, 29 novembre 2011

UN AN APRES LE SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE, RETOUR SUR L’INDUSTRIE DE LA FRAUDE DU RDR



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Etape par étape, rétrospective des différentes manœuvres par lesquelles le parti d'Alassane Ouattara, s'appuyant sur les responsables locaux et départementaux de la CEI, à sa solde, a contourné toutes les dispositions électorales garantissant la transparence du scrutin présidentiel. Afin de mettre en place les techniques traditionnelles de fraude électorale pratiquées par les dictatures africaines. Comment un scrutin présidentiel longtemps attendu, censé ramener la paix de façon durable dans un pays déchiré, parrainé par la communauté internationale, et dont les détails de l'organisation ont été négociés pied à pied par les différents protagonistes, a-t-il pu conduire à une guerre de nature internationale pudiquement baptisée «crise postélectorale» ? Le catéchisme des grandes puissances et des médias «internationaux» voudrait nous convaincre d'une chose : le «troisième tour sanglant» en Côte d'Ivoire est le résultat quasi-naturel du «refus de Laurent Gbagbo d'accepter le verdict des urnes déclarant son adversaire Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle». L'énoncé est faux, dans la mesure où Laurent Gbagbo n'a fait qu'invoquer des fraudes et recourir, comme le prévoit la loi, au contentieux devant l'institution compétente, le Conseil constitutionnel en l'occurrence, qui a arbitré en sa faveur ? Les recours contentieux sont une banalité électorale, et sont observés dans la quasi-totalité des scrutins, y compris dans les «démocraties avancées». Dans ce contexte, la seule question qui vaut la peine d'être posée est la suivante : les fraudes massives dont Laurent Gbagbo s'est plaint étaient-elles réelles ou pas ? Justifiaient-elles, oui ou non, une saisine du Conseil constitutionnel ? Le Nouveau Courrier rouvre ce dossier, un an après le second tour de la présidentielle ivoirienne, met en perspective l'enchaînement des faits et apporte des éléments et des témoignages inédits.

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Technologie électorale

«En Afrique, on n'organise pas les élections pour les perdre». Ce dicton éprouvé par de nombreuses décennies de «technologie électorale» sur le continent est au cœur de ce qui apparaît comme la stratégie du Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara et de ses alliés internationaux. Et il suffit de suivre l'enchaînement au bout duquel il a réussi à détricoter tout le dispositif de contrôle mis en place par un camp Gbagbo ultra-minoritaire au sein de la CEI pour mettre en lumière son «industrie de la fraude». Un «détricotage» imposé par les moyens de la violence et du fait accompli, mais qui n'a pas réussi à opérer le crime parfait. C'est en le suivant, étape par étape, que l'on parvient à mettre en lumière une gigantesque entreprise de fraude. Une fraude dont les traces sont demeurées, en raison du caractère imparfait du sabotage des moyens de surveillance du camp adverse. C'est la présence foisonnante de preuves relatives à cette fraude qui explique l'hystérie inédite qui s'est emparée à la fois du camp Ouattara et de la «communauté internationale» quand le président Laurent Gbagbo a évoqué la piste du «recomptage des voix» pour purger le contentieux électoral.

Au commencement, était la polémique sur le comptage électronique

Dix jours avant le premier tour de la présidentielle, prévu pour le 30 octobre 2010, une sourde polémique s'empare de la Commission électorale indépendante (CEI), où l'opposition est majoritaire, fait inédit en Afrique. Et pour cause. Les commissaires proches du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) s'opposent de manière virulente à ce qu'on appelle «le comptage électronique». En réalité, il s'agit de l'acheminement par voie numérique des procès-verbaux issus des dépouillements dans les différents bureaux de vote vers le siège national de la Commission électorale indépendante. Officiellement, le RHDP ne fait pas confiance à la Société informatique de localisation et de sécurité (Sils Technology), filiale du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD), entreprise publique dont le patron est Ahoua Don Mello, un proche du président Gbagbo. Les commissaires RHDP proposent d'abandonner l'envoi des résultats par une liaison spécialisée - par Internet, dira-t-on, par facilité -, et de les convoyer uniquement par la route. Ce que les commissaires de la majorité présidentielle (LMP) ne souhaitent pas. La quasi-totalité des patrons des Commissions électorales locales et départementales, chargés du transport des procès-verbaux, étant issus de l'opposition, ils pourraient, comme cela se fait souvent au cours des élections en Afrique, «corriger» les procès-verbaux électoraux en cours de route.  La fronde du RHDP est surprenante. En effet, ses commissaires feignent de découvrir le contrat entre Sils Technology et la CEI alors qu'il a été signé librement trois ans plus tôt, par Robert Mambé Beugré, issu du PDCI, membre du RHDP. Il a été à nouveau signé et complété par Youssouf Bakayoko, issu lui aussi du PDCI. C'est grâce à SILS Technology que les Ivoiriens ont pu vérifier que leur nom figurait sur la liste électorale par SMS ou par Internet. Ce sont les techniciens de SILS Technology qui ont informatisé la CEI. Tout le monde les connaissait ! Et ce n'est qu'à une semaine du premier tour que leur présence est devenue problématique. Comme si l'on s'est rendu compte, en mettant en œuvre un «plan d'action», qu'ils pourraient être gênants... Au final, un compromis est trouvé, sous l'égide du Premier ministre Guillaume Soro. Il y aura un double comptage, à la fois manuel et électronique. Donc un double acheminement - par des moyens numériques et par la route. SILS Technology sera surveillée par un collège d'experts chapeauté par la société suisse Crypto AG. A priori, tout le monde est rassuré. Les mêmes procès-verbaux seront acheminés par la route par les responsables locaux et départementaux de la CEI, presque tous RHDP, et par voie électronique, par SILS Technology, soupçonnée de rouler pour le camp Gbagbo. Et les interventions illégitimes sur ces procès-verbaux seront démasquées. Tout le monde est rassuré... à condition que tout le monde soit de bonne foi.

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Le siège de SILS-Technology cambriolé !

Quelques jours après la fin de la polémique sur le comptage, un événement étrange se produit. Au milieu de la nuit, alors que tout le personnel est rentré à la maison, des drôles de cambrioleurs interviennent au siège de SILS-Technology. Tous les ordinateurs, tous les équipements sont férocement détruits. Malheureusement pour les commanditaires de ce sinistre coup, tout le système mis en place prévoyait des sauvegardes des données hors du siège. SILS a juste besoin de racheter du matériel pour être à nouveau opérationnel. Et peut travailler sans problème lors du premier tour...

Quand le camp Ouattara s'attaque aux observateurs étrangers

Entre les deux tours, l'atmosphère se tend de manière phénoménale. Les soutiens du candidat Alassane Ouattara à la CEI deviennent violents. Y compris à l'endroit des observateurs dépêchés par la communauté internationale. Dès le dépouillement des résultats du premier tour, l'atmosphère se dégrade particulièrement avec la Mission d'observation de l'Union européenne. Cristian Preda, chef de la mission, affirme que ses observateurs ont été empêchés d'accéder aux centres de traitement des bulletins de vote. Dans une interview qu'il accorde à l'auteur de ces lignes, le samedi 27 octobre, il précise ses accusations. Entre le premier et le second tour, «en ce qui concerne notre observation, il y a [...] un changement», dit-il. «Nos observateurs se sont vu refuser l'accès aux stages de formation des membres des bureaux de vote. Nous n'avons pas eu de garantie quant à la publication de procès-verbaux de dépouillement dans chaque bureau de vote. Il n'y a pas une procédure bien établie qui est mise en place et cela nous préoccupe. Par ailleurs, nous avons malheureusement enregistré un incident très regrettable dans la région très stratégique de Yamoussoukro. Nos observateurs ont reçu des menaces de mort, ce qui nous a poussés à les extraire de là-bas.»  Au final, le mode opératoire, qui prévoit l'affichage des résultats devant chaque bureau de vote sera violé. Conséquence : l'électeur lambda ne pourra pas vérifier que le chiffre donné à l'issue du dépouillement dans son quartier ou son village est le même que celui annoncé par la CEI centrale. A la fin de notre entretien, où il n'a de cesse de fustiger «l'opacité» et les «obstructions» de la CEI, Cristian Preda évoque un des scénarios qu'il dit «redouter» : une double proclamation de résultats contradictoires - l'une par la CEI, l'autre par le Conseil constitutionnel. L'attaque contre les observateurs de l'Union européenne dans la région de Yamoussoukro, fief du RHDP, ne sera pas la seule. Accusé de «trafic d'armes» par l'Union européenne au cours de la guerre postélectorale, Frédéric Lafont, patron de la compagnie aérienne Sophia Airlines, a présenté au quotidien France-Soir des factures et des manifestes passagers prouvant qu'il avait exfiltré du Nord 17 observateurs de l'Union européenne menacés par les pro-Ouattara. Deux observateurs lui auraient expliqué que «c'était très chaud pour leur sécurité et qu'ils ont constaté des fraudes au Nord», affirme-t-il. Ses propos n'ont jamais été démentis par l'Union européenne, qui a retiré très vite son nom de sa liste de «sanctionnés». De son côté, Joseph Kokou Koffigoh, patron de la Mission d'observation de l'Union africaine, révèlera que deux de ses observateurs ont été séquestrés dans le Nord, et «sauvés» par l'ONUCI. Qui ne démentira jamais. Une constante demeure, y compris dans les violences contre les observateurs étrangers : la CEI, contrôlée par le RHDP, ne veut elle-même être contrôlée par personne.

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La veille du second tour, Sils empêchée de se déployer

Le samedi 27 novembre 2010, alors que les opérateurs de Sils Technology viennent s'installer sur les différents sites prévus à l'intérieur du pays, conformément au mode opératoire consensuel, un grand nombre de présidents des Commissions électorales locales, qui suivent visiblement des consignes, les empêchent physiquement de mettre en place leurs équipements. Après un courrier officiel de Sils à Youssouf Bakayoko, tout se remet provisoirement dans l'ordre. Mais pas pour longtemps. Après les opérations de vote, de nombreux présidents des CEI locales refusent de remettre les procès-verbaux aux représentants Sils. Y compris dans certaines communes d'Abidjan. Dans le nord, de nombreux représentants Sils sont purement et simplement chassés. Le Nouveau Courrier est en mesure d'affirmer que nombre d'entre eux ont trouvé refuge au siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), ce qui écarte très clairement l'hypothèse que l'institution n'ait pas été tenue au courant de ces violences-là.

Pourquoi Sils gênait tant

Si l'on en croit Ahoua Don Mello, ex-patron du BNETD, maison-mère de SILS Technology, avec qui Le Nouveau Courrier s'est entretenu, c'est moins la personnalité des dirigeants de SILS que les possibilités du logiciel mis en place qui gênaient fondamentalement les «ingénieurs de la fraude». «Le processus d'affichage était automatisé : un écran chez le Premier ministre, un écran à la CEI et un écran chez SILS Technology. Il n'y avait pas de possibilité de tricher d'une manière ou d'une autre. Tous les procès-verbaux frauduleux étaient systématiquement exclus du système de calcul. Parce que le logiciel avait la capacité de les détecter. Les différents champs affichés sur les procès-verbaux étaient comparés à la base de données des bureaux de vote qui était pré-enregistrée. Le système rejetait donc naturellement les bureaux de vote fantômes. Si le procès-verbal n'avait pas de sticker, signe de son authenticité, il existait un système de reconnaissance automatique qui le détectait. Si le nombre de votants était supérieur au nombre d'inscrits sur un procès-verbal, le système rejetait ce procès-verbal. En gros, le logiciel était conçu pour identifier les fraudes les plus courantes en matière de vote.» Laisser les opérateurs de Sils Technology acheminer électroniquement les résultats dès le 28 novembre 2010 aurait permis à l'entreprise de repérer très vite les fraudes les plus grossières, et aux candidats de préparer des recours détaillés et d'écarter les procès-verbaux non recevables durant la période de «consolidation» consensuelle des résultats entre les différents commissaires de la CEI centrale, à Abidjan. La mise à l'écart du comptage électronique, et le temps incroyablement long mis pour acheminer les résultats du Nord et de l'Extrême-Ouest par la route, ont ainsi planté le décor d'un cafouillage monstre. Et d'une course contre la montre, favorable au camp ayant misé sur le fait accompli.

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Les preuves de la fraude existent toujours !

Les adversaires de Sils Technology avaient visiblement raison de se méfier de son logiciel. En dépit des obstructions diverses, la société affirme avoir réussi à identifier plus de 2000 procès-verbaux «litigieux» sur seulement 60% de l'ensemble, dans une lettre adressée à Youssouf Bakayoko, président de la CEI. Mais l'heure est déjà à l'épreuve de force. Le rouleau compresseur des médias cornaqués par la diplomatie hexagonale est mis en œuvre. Personne n'écoute les récriminations argumentées de Sils Technology, qu'Ahoua Don Mello a détaillées pour Le Nouveau Courrier. «On a très vite remarqué des procès-verbaux fictifs, que l'on ne pouvait pas rattacher à un bureau de vote. Par exemple, certains de ces procès-verbaux prétendaient donner les résultats du troisième bureau de vote d'un lieu où il n'en existait que deux. Ils avaient naturellement été fabriqués et introduits dans le système. On a également vu un grand nombre de procès-verbaux sans sticker. Des faux PV donc, qui ont été substitués aux vrais. Il y a eu aussi un très grand nombre de vrais bureaux de vote dont les résultats ne sont jamais arrivés à la CEI à Abidjan. Cela s'est notamment passé dans la région de Divo», affirme Ahoua Don Mello. Qui enfonce le clou : «Les preuves qui ont disparu, ce sont les bulletins de vote. Mais les procès-verbaux n'ont pas disparu. Aujourd'hui, on peut s'asseoir face à face et mettre sur la table les procès-verbaux un à un et vérifier leur authenticité pour procéder à un recomptage. Les procès-verbaux sont en sécurité».

Au final, le RHDP a monopolisé tout le processus validé par la «communauté internationale»

Jamais le débat technique sur les procès-verbaux «à problèmes» n'a finalement eu lieu à la CEI. Dans les faits, Sils Technology a donc été écartée du dispositif final, alors qu'elle possédait les outils nécessaires à la manifestation scientifique de la vérité. De nombreux observateurs internationaux sur le terrain ont été écartés par la violence, comme détaillé plus haut dans cet article. Une bonne partie des commissaires de la CEI ont été écartés de l'étrange proclamation des résultats provisoires mais imposés comme définitifs par la «communauté internationale», dans la mesure où Youssouf Bakayoko a tenu sa conférence de presse en l'absence de la quasi-totalité des commissaires, et en l'absence de tout consensus, ce qui représente une violation du Code électoral. Le Conseil constitutionnel, instance suprême de proclamation des résultats définitifs, a lui aussi été mis à l'écart, puisque son arrêt a été déchiré par la «communauté internationale». Au final, un seul camp, juge et partie, a organisé les élections, violé impunément les dispositions consensuelles qui le gênaient, piétiné la Loi fondamentale, proclamé de manière unilatérale des résultats douteux avec et grâce à la complicité des grandes puissances occidentales. Si tous ces outrages ont eu lieu alors que «le parti de la communauté internationale» était dans l'opposition, qui peut prétendre sérieusement qu'ils ne se reproduiront pas lors des législatives alors qu'il tient tous les leviers du pouvoir ? Cette interrogation constitue le nœud du blocage politique profond qui continue d'hypothéquer la paix et la réconciliation dans la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui.


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

samedi, 29 octobre 2011

VOICI LE RAPPORT DE L'ONU QUI ACCABLE LE REGIME OUATTARA


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Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a produit un rapport alarmant sur la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire. Un document de dix-sept pages qui donne une nette idée de l'ampleur des violations des droits de l'homme commises par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) d'Alassane Ouattara.

Le dernier rapport de la Haut commissaire aux droits de l'homme, Madame Navanethem Pillay, sur la Côte d'Ivoire, en date du 21 septembre 2011,    fait état de «violations graves des droits de l'homme par les Frci», de «vagues d'atteintes systématiques (...) à l'intégrité physique, à la liberté et la sécurité des personnes» et «d'un haut degré d'impunité dont jouissent les Frci». Lors de l'examen du rapport diffusé exclusivement en version anglaise, le 28 septembre 2011 dernier, en marge de l'assemblée générale annuelle des Nations unies, Mme Kyung-Wha Kang, Haut commissaire adjoint aux droits de l'homme, a indiqué que «les forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) se rendent coupables d'exécutions extrajudiciaires et sommaires, de torture, de traitements inhumains et dégradants, de violences sexuelles ou d'arrestations arbitraires».

Les rapporteurs accusent principalement les responsables des Frci, en l'occurrence des com'zone qui ont le contrôle de l'ensemble du territoire national, d'usurper des prérogatives législatives et judiciaires qui doivent être assumées par les autorités civiles. Les atteintes aux droits de l'homme répertoriées, décrites avec précision, sont classifiées en plusieurs rubriques.  Notamment les exécutions sommaires et extrajudiciaires, les cas de torture et de traitements dégradants et inhumains ; les violences sexuelles basées sur le genre ; les arrestations et détention arbitraires,  et les actes d'extorsion de fonds ; les violences intercommunautaires et les attaques perpétrées par des groupes armés, arrestation, etc.

Torture, traitements inhumains et extorsion de fonds

Dans la rubrique traitant des cas de torture et traitements inhumains, l'Onuci a pu constater que des «personnes accusées d'avoir commis des crimes ont été arrêtés par des soldats FRCI et agressés physiquement par les FRCI qui les ont contraint à admettre leur implication dans des crimes». Dans la plupart des cas, mentionne le rapport, des citoyens innocents sont arrêtés par des Frci  qui les soumettent à des sévices et exigent de fortes sommes d'argent à leurs parents pour leur épargner la vie et les libérer. «Le 16 juin, les éléments de la FRCI auraient fait irruption dans les villages et les Goulikaho Doukouya (respectivement 135 km et 120 km au sud de Yamoussoukro) et agressé physiquement des partisans du FPI. Au moins 27 personnes, dont 15 femmes perçus comme militants du FPI ont été sévèrement battus, arrêtés et détenus. A la suite de l'incident, deux des femmes, qui étaient enceintes, ont fait des fausses couches», relate le département des droits de l'homme de l'Onuci. Le document cite également des cas de torture. C'est ainsi que le rapport  fait cas d'un événement qui s'est produit le 5 Juillet à Bouaké, où des éléments des FRCI ont tailladé à la lame de rasoir un agriculteur, dans le but de lui arracher des aveux sur sa  prétendue implication dans un vol de vache.

La situation à l'Ouest

Dans d'autres circonstances, notamment le 22 août à Sibably (35 km au nord-est de Duékoué), c'est de l'eau chaude que des Frci ont versé sur les corps de deux jeunes gens. «Les deux suspects ont été pris au poste de police des FRCI, ils ont été sévèrement battus et abandonnés sans aucune assistance médicale. Des éléments Frci se sont rendus à leur domiciles où ils ont menacé de mort leurs familles, emportant une moto et une somme de 200 000 FCFA». La situation dans l'ouest du pays ne manque pas d'inquiéter le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Mme Kyung-Wha Kang.  Dans cette région, elle déplore «la présence continue de mercenaires et les tensions communautaires qui  continuent d'être un problème du point de vue de sécurité des biens et des personnes». «La situation des déplacés de l'intérieur est aussi un sujet de préoccupation et mérite une attention urgente, car de nombreux camps de réfugiés restent vulnérables et sont victimes d'attaques de mercenaires et des forces républicaines, toujours dans l'ouest du pays», interpelle le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

Une situation qui devrait, hélas, empirer, vu la décision des nouvelles autorités de démanteler manu militari les camps de déplacés abandonnés à eux-mêmes et sans espoir.


Emmanuel Akani


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

dimanche, 16 octobre 2011

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA CDVR ONT DEJA ECHOUE (Réédition)

 


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Le meeting pacifique de la JFPI à la place CP1 combattu, diabolisé et finalement reporté sous la pression des nouvelles autorités ivoiriennes, de jeunes patriotes partis au meeting (en dépit de l'annulation de fait) tabassés par les FRCI, un d'entre eux blessé par balle et transporté dans un hôpital de la place, pendant que le RHDP tenait tranquillement un meeting à la place Ficgayo (à seulement 1 Km de là), bien encadré par les FRCI qu'on disait ne pas pouvoir encadrer le leur; le commandant Séka Yapo Anselme, militaire ivoirien en exil à Accra, mis aux arrêts lors d'une escale technique de son vol en provenance du Ghana et en partance pour la Guinée. Continuité de la chasse à l'homme. Que d'impairs du gouvernement Ouattara! Je l'avais dit, la semaine dernière: Banny et la CDVR ont échoué, avant même d'avoir commencé. Nous en avons la preuve, chaque jour. Requiem pour la démocratie en Côte d'Ivoire et pour la réconciliation nationale. Bonne (re)lecture!


Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

samedi, 08 octobre 2011

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION ONT DEJA ECHOUE

 

CHARLES KONAN BANNY 2.jpg

Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

jeudi, 12 mai 2011

ALAIN TOUSSAINT, CONSEILLER DE GBAGBO, A BAN KI MOON

 

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« Vous portez l'entière responsabilité des massacres et crimes économiques commis par les bandes armées de M. Ouattara, la Licorne et l'ONUCI, deux forces d'occupation ! ».


Monsieur le Secrétaire Général,


Il y a un mois, les forces spéciales françaises enlevaient, avec la complicité des soldats de l'Opération des

Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), le Président de la République, Monsieur Laurent Gbagbo, pour le livrer aux forces rebelles de Monsieur Alassane Ouattara. Depuis le 11 avril 2011, le Président Gbagbo est l'otage de M. Ouattara au terme d'un putsch militaro-électoral orchestré par la France, les États-Unis et l'ONU.

Le 13 avril 2011, vos Casques bleus ont déporté le Chef de l'État à Korhogo (au Nord), où il a été remis au chef de guerre Fofié Kouakou, pourtant sous sanctions de l'ONU depuis 2006 pour de graves atteintes aux droits humains. Par la force des armes et la volonté franco-américaine, M. Alassane Ouattara contrôle désormais mon pays. Rien ne peut justifier le maintien illégal en "résidence surveillée" du Président Gbagbo, de son épouse, de son fils et d'environ deux cents (200) personnalités civiles et militaires. Je demande votre intervention auprès des autorités de fait pour la libération immédiate de tous ces prisonniers politiques. Je vous informe que pour échapper à une épuration de type politique, ethnique et religieux opérée par le régime tyrannique de M. Ouattara, plusieurs dizaines de milliers de mes compatriotes vivent actuellement en exil dans les pays voisins.

Des centaines de milliers d'autres sont contraints à la clandestinité. Munis du "mandat de l'ONU", les combattants de M. Ouattara tuent, pillent, volent et violent en toute impunité. Je condamne la lâcheté de l'ONUCI, en particuliers Division des droits de l'Homme, et son "deux poids deux mesures". D'un côté, elle dénonce les exactions imputées à des présumées forces pro-Gbagbo, de l'autre, elle tait celles commises par les troupes rebelles, la Licorne et l'ONUCI.

A Duékoué, plus d'un millier de civils ont été massacrés fin mars 2011 par les milices de M. Ouattara. Exécutions extrajudiciaires, enlèvements, tortures et disparitions sont aussi le lot quotidien des populations d'Abidjan, Daloa, Gagnoa, Soubré, San Pedro, Sassandra, Divo, Lakota, Tiassalé, etc. Pis, il n'y a aucun début d'investigation pour rechercher et punir les auteurs de ces crimes barbares. Les droits fondamentaux de dizaines de milliers de citoyens sont violés. Des familles entières ont été délestées de leurs biens mobiliers et immobiliers sans que cela émeuve les bien-pensants. A Yopougon, suite à votre "ordre de détruire les armes lourdes", d'autres ont vu leurs maisons entièrement ou partiellement détruites par les bombardements des hélicoptères de combat de l'ONUCI et Licorne.

Les maisons de milliers de compatriotes ont été pillées et saccagées par les forces de M. Ouattara. Et, à l'intérieur du pays, des dizaines de villages, dont celui du célèbre footballeur Didier Drogba, incendiés, rayés de la carte ; les villageois ont trouvé refuge dans la forêt. La raison : leur appartenance politique ou ethnique. Des dizaines d'exploitations agricoles ont été pillées puis occupées par les forces de M. Ouattara, le bétail décimé ou emporté, les récoltes brûlées ou vendues. Je plaide en faveur d'une indemnisation des victimes et/ou parents de victimes de votre étrange croisade pour la "démocratie" doublée d'une guerre de peuplement.

Je vous accuse d'avoir dévoyé la mission de l'ONU en faisant prévaloir un droit d'ingérence à géométrie variable. Vous portez l'entière responsabilité des massacres et crimes économiques commis par les bandes armées de M. Ouattara, la Licorne et l'ONUCI, deux forces d'occupation. Ces dernières affirmant agir sous le couvert de la résolution n°1975 du Conseil de sécurité. En sacrifiant sa Charte de l'ONU sur l'autel des intérêts géostratégiques franco-américains, vous avez gravement nui aux Nations unies dont les principes fondateurs prônent un règlement pacifique des conflits. Vous avez préféré le pétrole, le cacao et les immenses richesses du sous-sol de mon pays à la "protection" de ses 22 millions d'habitants. Vous êtes définitivement le déshonneur des Nations Unies. Je vous accuse d'avoir pris le parti de M. Alassane Ouattara, le père d'une rébellion sanguinaire depuis septembre 2002, contre le Président Laurent Gbagbo, le père de notre jeune démocratie, outrancièrement diabolisé par une communication infâme consécutive aux rapports tronqués de vos représentants successifs en Côte d'Ivoire. L'ONU s'est muée en agent de déstabilisation. Dans mon pays, vous avez ôté à la paix sa valeur suprême en banalisant le recours à la guerre. A cause de votre duplicité et votre soumission aveugle aux grandes puissances - France, États-Unis - et à la ligue anti-Gbagbo (médias et lobbyistes), la Côte d'Ivoire traverse de nouvelles perturbations.

Pour espérer panser durablement les blessures et réparer les torts faits à mes compatriotes et à mon pays, vous devez exiger de M. Alassane Ouattara qu'il rétablisse, sans délai, l'État de droit et les libertés avant de s'aventurer dans un quelconque processus de "réconciliation nationale".

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l'expression de mes salutations les meilleures.



Monsieur Toussaint Alain,

Conseiller du Président Laurent Gbagbo

Paris (France)

E-mail : fnsp.abidjan@gmail.com


Monsieur Ban Ki-moon

Secrétaire Général de l'Organisation des Nations unies (ONU)

New York, NY (USA)


Paris, le 11 mai 2011


 

Source: RESISTANCE CI-ISRAEL

mardi, 22 mars 2011

ABIDJAN BRULE-T-IL ? - OUATTARA LECTEUR DE MALAPARTE

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Par Michel Galy, politologue

Qui dirige la guerre civile contre le régime de Laurent Gbagbo ? Peut être faudrait il dire « Guillaume Soro », tant l'option militaire lui reste assignée, dans un jeu de rôle peut être réglé avec son mentor et « président », Alassane Dramane Ouattara, si ce n'est le nouveau « général » Ibrahim Coulibaly, selon la dernière rumeur (ex-garde du corps d'ADO et éphémère leader de la rébellion) ? Ou bien faut il mettre aussi en ligne ONUCI et surtout « Force licorne » ? Tant certaines techniques de guérilla urbaine se trouvent alliées visiblement à cette vieille tradition de la « guerre révolutionnaire » , tout ce savoir pratique sur les émeutes- et comment les réprimer, le contrôle des communautés villageoises- et le perpétuel renseignement, lié - via l'Infanterie de Marine, à la tradition coloniale la plus classique ; considérons donc « Ouattara » comme un emblème, le Signifiant d'un « intellectuel collectif » et voyons comment il applique la théorie à la chose militaire.

 

Alassane Ouattara et la conquête du pouvoir

La phase actuelle de tentative de contrôle d'Abidjan peut être mise en perspective par la longue durée de la conquête du pouvoir par Alassane Ouattara, depuis sa nomination « sous influence »par Félix Houphouët Boigny, en 1990, comme Premier ministre (et gouvernant de fait, les derniers temps, par substitution à un vieux président très affaibli).

Au delà des controverses sur sa nationalité d'origine, il faut bien reconnaître son extériorité culturelle et personnelle au monde politique ivoirien (et à la connaissance en profondeur de ses modes de vie) jusqu'à la fondation du RDR.

A cause du poids minoritaire du « bloc ethnico régional » qui le soutient (« dyoula », ce nouvel ethnonyme contemporain, regroupe les originaires du Nord de la Cote d'Ivoire, principalement Malinkés et Senoufo- mais aussi, et c'est bien le problème fondamental de la nation ivoirienne, les quelques 27% d'étrangers migrants, issus surtout du monde sahélien mandingue), M. Ouattara se trouve devant une alternative constante: soit passer des alliances, soit trouver une voie parallèle d'accéder au pouvoir.

Il adoptera en fait les deux : d'un côté son alliance implicite avec la communauté « dyoula » non ivoirienne (comme les très nombreux ressortissants du Mali et du Burkina : 3 à 4 millions dans le Sud ivoirien) en fait le candidat naturel d'une minorité migrante qui même à la troisième génération ne peut obtenir la nationalité ivoirienne : un changement législatif ou réglementaire les concernant lui donnerait (aux Nordistes en général) une majorité automatique à l'avenir.

En attendant que ces règles de nationalité soient revues (les étrangers ne votant évidemment pas) une alliance interne Ouattara-Bédié (et au-delà électorat dyoula-akan) a été rendue possible par une exclusion progressive du pouvoir et des prébendes du vieux parti , le PDCI RDA. Ce qui peut paraître une erreur stratégique majeure de la part de M. Gbagbo et de son parti, le FPI, était basé sur une analyse classiciste de la société ivoirienne. Analyse juste dans la capitale (où la population nordiste, toutes nationalités confondues, représente au moins 50 % de la population et le bloc akan- dont les baoulé, environ 20%), erronée dans les campagnes (où les akan et les dyoula ont voté sur des bases très ethnicistes) d'après les résultats des dernières élections de décembre 2010. Si on considère en effet que chacun des trois grands « blocs ethnico- régionaux » contrôle environ 1/3 de la population (et de l'électorat), seule une alliance bloc krou-bloc akan(en somme les « sudistes ») pouvait empêcher l'hégémonie d'ADO et du bloc « dyoula » - alors que en septembre 2002, devant l'invasion rebelle, l'union sacrée des sudistes ralliait bété et baoulé, FPI et PDCI autour des institutions républicaines - et implicitement contre Ouattara et son parti, le RDR.

Le pari risqué du Fpi et les alliances du Rdr

Le FPI, malgré les analyses politiques de terrain, a fait pour les dernières élections (malgré les avertissements des sociologues connaisseurs du « pays réel ») le pari risqué  d'une nouvelle Côte d'ivoire débarrassée du « joug ethnique » qui serait remplacé autour de Laurent Gbagbo, à la fois par un pouvoir charismatique amplifié par les médias d'Etat et à ses côtés par une alliance interclassiciste et « progressiste ».

La tactique classique des « technologies électorales à l'ivoirienne »  du parti présidentiel, a aussi échoué : malgré les traditions bien houphouétistes des cadeaux préélectoraux, de la conquête des populations par le ralliement (souvent intéressé !) des leaders. Le « réflexe légitimiste » autour du président en place n'a pas non plus fonctionné, tandis que l'analyse politologique appliquée en termes de néopatrimonialisme, voire de caciquisme local (chaque notable drainant sa « clientèle » , qui n'est pas qu' électorale) a échoué pour l'électorat baoulé et dyoula : la conquête à la marge de l'électorat Pdci (et singulièrement baoulé) s'est traduite par des cooptations individuelles, des rachats de notables , des mesures de développement ponctuelles (du genre des sous préfectures multipliées sans nécessité administrative), des tentatives de casser l'unité du parti d'Henri Konan Bédié, des mesures symboliques fortes - comme le maintien artificiel de Yamoussoukro comme capitale politique - tout cela en vain !

La politique d'Alassanne Ouattara, de son coté, a été bel et bien inverse : ralliement de M. Konan Bédié et du PDCI, alliance depuis 2002 avec la diplomatie française (et plus généralement appui sur ses réseaux internationaux personnels, notamment ceux du FMI) et la presse internationale (en particulier la « presse Rothschild », systématiquement favorable: cf l'étonnante et intrigante filiation Stephen Smith -Hoffnung - Cessou de Libération), qui en fait effectivement le candidat de l'étranger (et non « étranger » - comme s'en est ancrée pourtant la croyance au Sud).

Objectivement, l'étonnant formatage des médias occidentaux et la mise en condition des opinions publiques est le meilleur appui du leader du RDR à l'étranger, et si l'on suit les analyses gramsciennes, le préalable idéologique aux appuis politiques, puis militaires - ce qu'a longtemps sous-estimé le régime de Laurent Gbagbo, faisant à l'inverse le choix d'un repli sur la scène nationale.

Les solidarités ethniques et les « technologies électorales » ont fait le reste : en décembre, l'électorat baoulé et plus généralement akan a voté Konan Bédié comme un seul homme, puis - et c'est là le plus étonnant, s'est reporté massivement sur ADO : la persistance de ce que Mémel Foté nommait « destinée manifeste » pour les akan à gouverner[1] avait fait minimiser leur amertume d'être exclus du pouvoir et de ses prébendes. La « gouvernance par la violence »[2] au Nord rendant impossible toute opposition et élection démocratique a été illustrée jusqu'à la caricature par des scores « à la soviétique » portant M. Ouattara à plus de 95% dans certaines localités, éliminant le FPI (ce qui est possible) et même l'électorat PDCI (ce qui est une preuve de fraude, si l'on considère les élections précédentes ) ; par ailleurs les chiffres des électeurs dépassant souvent ceux des habitants, seule la nationalité accordée dans les zones rebelles à des Sahéliens et/ou des fraudes massives peuvent expliquer d'étonnants et univoques résultats.

Un conflit en trois temps

En 2000, la décision pour le moins paradoxale d'ADO de faire voter ses partisans en faveur de la Constitution -prévue pour l'exclure, n'avait qu'un but : empêcher le pays- et les observateurs extérieurs, de réaliser les 30% environ des votes qu'il aurait enregistrés s'il avait été le seul à préconiser le « non ».

Des lors de 2000 jusqu'à aujourd'hui M. Ouattara a développé une stratégie en permanence double : d'extraversion et d'alliances ouvertes à l'intérieur, d'instrumentalisation de l'ethnicité et de conquête militaire de l'autre.

Le premier temps est bien évidemment, en 2002, celui de la conquête du Nord -faute on le sait de conquérir l'ensemble du territoire, objectif initialement prévu.
Pour un observateur sur la longue durée, sa proximité avec les acteurs du coup d'Etat est suffisamment probante pour le lui attribuer avec une forte probabilité, même si les commanditaires extérieurs- à l'exception de M. Compaoré (qui a fourni la « base arrière » du Burkina, des instructeurs, du matériel militaire et peut être des soldats), et les financiers restent mal connus.

Une phase parallèle serait la série des « négociations internationales » où le pouvoir de Laurent Gbagbo a tout cédé, sans contreparties : notamment la composition déséquilibrée de la CEI, la candidature et la nationalité même de M. Ouattara, la composition du corps électoral et l'organisation des élections, la mise sous tutelle rampante du pays loyaliste par les deux corps expéditionnaires: force Licorne et ONUCI. L'extraversion du combat politique a fonctionné à l'avantage d'ADO, avec l'aide de la diplomatie française.

La deuxième phase est elle d'un processus électoral conçu comme la « continuation de la guerre par d'autres moyens », notamment dans la partie Nord occupée par un régime rebelle qui n'est autre que racket, violence arbitraire et élimination de toute opposition.

Or, «  une élection n'a de sens que si elle est approuvée comme mode de régulation politique par tous ceux qui y participent. Autrement dit : pas d'élection sans démocratie instituée, pas de démocratie possible sans Etat installé, et pas d'Etat concevable sans nation construite autour d'un contrat social. On voit bien, par exemple dans le cas ivoirien, que le vrai défi d'une élection est de faire en sorte que la minorité battue tienne son échec pour légitime », affirme le spécialiste Bertrand Badie de l'Institut d'Etudes politiques de Paris, dans un entretien qui pourrait constituer la base d'une analyse théorique de la situation politologique ivoirienne.

Il conclue significativement sur l'échec récent, en réinterprétant pour l'occasion la « formule canonique » de Clausewitz: « En Côte d'Ivoire, l'élection n'apparaissait que comme le prolongement de la guerre intestine amorcée en 2002 en mobilisant d'autres moyens ; on ne s'étonnera pas que les résultats électoraux soient eux aussi le prolongement de la guerre civile par d'autres moyens ».

La cause profonde n'est pas que l'adoption d'une tactique volontariste et militariste, mais d'un échec structurel, toujours d'après Badie du « système de gouvernance mondiale » : d'un interventionnisme sans précédent des Nations Unies qui ont en quelque sorte « pris le pouvoir par le haut » dans la dernière décennie - comme auparavant les institutions de Bretton Woods(dont se réclame M. Ouattara) l'avaient fait dans les « deux décennies perdues du développement », pour toute l'Afrique sub-saharienne, y compris la Cote d'Ivoire.

Allant plus loin, Bertrand Badie pointe l' impossibilité d'organiser des élections libres et représentatives sous contrôle et occupation internationale, si certaines conditions n'ont pas été remplies ;au Mozambique, au Liberia, en Sierra Leone, « au-delà du travail déjà souligné de démilitarisation, un vrai effort de réintégration nationale a été accompli, de renouvellement des administrations rendues plus civiles et davantage plurales, de mise à l'écart des seigneurs de la guerre, souvent, comme en Sierra Leone ou au Liberia, grâce aux tribunaux spéciaux, d'un réel effort de conviction pour que les adversaires d'hier deviennent des partenaires politiques aujourd'hui. Bref, on a à un moment su faire l'effort d'aller vers les sociétés en crise et de leur redonner un minimum de vie et d'intégration. Aujourd'hui, il ne semble rester que des obsessions de puissance ou de micropuissance, une survalorisation du politique et du militaire, c'est-à-dire tout ce qu'il faut pour aboutir à l'échec ».

Erreurs qui discréditent définitivement l'ONU en Cote d'Ivoire, notamment le représentant spécial du secrétaire général, M. Choï : pour le politologue parisien en effet, « il faut bien admettre que les Nations unies se sont placées dans une impasse qui, en l'occurrence, a de multiples facettes. D'abord, l'ONU s'est piégée par excès de confiance : une authentification de résultats électoraux obtenue dans un contexte si tendu aurait dû mobiliser davantage de moyens, plus de temps, et plus de garanties qui auraient ainsi désarmé par avance d'éventuelles contestations. En allant trop vite dans cette œuvre périlleuse de substitution à un souverain national, elle s'oblige maintenant à ne pas se dédire et se place objectivement dans une situation conflictuelle. Les Nations unies perdent une bonne partie de leur légitimité, comme tout médiateur, dès lors qu'elles ne sont pas reconnues comme acteur impartial par les deux partenaires ».[3]

La bataille d'Abidjan

La troisième phase est en effet celle de la « conquête du Sud » et de la « bataille d'Abidjan » qui n'en est qu'un épisode. Les buts et les méthodes de la guérilla urbaine, replacée dans le recommencement d'une guerre civile à outrance sont plus complexes qu'il n'y parait.

Dans le contexte politico-militaire déjà analysé, la « bataille d'Abidjan »s'appuie à la fois sur le Nord et les troupes rebelles, sur le noyau de combattants regroupés à l'hôtel du Golf, mais aussi, indirectement ou directement, sur la force Licorne et l'Onuci (et peut être , mais cela reste à prouver, sur un « commando ECOMOG » formé de militaires de pays CEDEAO, comme le Burkina ou Nigeria, et encore Libéria); et enfin le « milieu » sociétal de la guérilla urbaine semble bien les quartiers « dyoula », nordistes ivoiriens et étrangers mêlés, à savoir Abobo et Anyama, Adjamé et les quartiers mixtes comme Koumassi ou Marcory.

Il s'agit moins d'ailleurs de conquêtes territoriales que de ségrégation et purification ethnique, pour aboutir à des quartiers homogènes, sur le « modèle de Brazzaville », par référence à la guerre au Congo (1997-1999[4]). Elargir la base sociale de la rébellion à partir d'un groupe restreint de combattants : telle parait être la tactique, qui a si bien réussi au Nord, et qui est tentée dans les quartiers « dyoula » d'Abobo et Anyama - puis étendue à d'autres quartiers de la capitale, en s'appuyant notamment, comme en 2002, sur les micro quartiers précaires e t les bidonvilles.

Enfin, et ce but n'est nullement incompatible avec le premier, il s'agit aussi de rendre la capitale littéralement ingouvernable, à la fois pour démontrer l'incapacité du camp Gbagbo à gouverner, faire tomber les couches moyennes et les Akan côté ouattariste, et à terme de provoquer une intervention internationale dans la capitale.

Sur le plan militaire, le « centre de commandement de la République du Golf » coordonne les actions dans la capitale, avec les troupes rebelles du Nord - tout en restant en liaison permanente avec les chancelleries occidentales et les corps expéditionnaires

Le premier assaut frontal contre les sièges des media (RTI) et du pouvoir (Présidence, Primature) ayant échoué dans le sang le 16 décembre, d'autres cibles moins classiques des coups d'Etat sont visées, avec des succès inégaux ; la double stratégie déjà analysée se reproduit : extraversion diplomatique d'un côté, subversion localisée en « tache d'huile » et descente du Nord de l'autre.

Curzio Malaparte conseille en effet dans son célèbre ouvrage sur la «  Technique du coup d'Etat »[5] un mode d'intervention innovant: «  La clé de l'Etat, ce n'est pas l'organisation bureaucratique et politique, mais l'organisation technique, c'est-à-dire les centrales électriques, les chemins de fer, les téléphones, le port, etc. »

On remarquera en effet que le relais de la RTI, opportunément situé à Abobo a été touché dans les combats récents autour de ce quartier rebaptisé « Bagdad », privant le pouvoir de M. Gbagbo de son arme médiatique la plus efficace. Mais depuis l'hôtel du Golf et son contre-gouvernement s'est mis en place une tactique d'étouffement économique qui au-delà de l'infrastructure physique de la Ville, vise à paralyser tous les secteurs, appareils techniques, organisations d'Etat, parfois réels, parfois virtuels - et qui n'est objectivement possible qu'avec l'alliance et la complicité des puissances africaines et occidentales alliées à M. Ouattara.

Effectivement, l'étau se resserre pour les couches urbaines moyennes qui voient arriver leur propre destruction : fin des comptes en banque, des transferts d'argent de la diaspora et de la monnaie, télévision et radios subverties ou supprimées, pénuries multiples (alimentation, essence, gaz, bus, etc)...

C'est que les buts visés sont la paralysie du système bancaire (mise au ban de la Cote d'Ivoire hors de la BCEAO par la CEDEAO ; décision rapide de la BNP et Société générale de fermer leurs filiales ivoiriennes, vraisemblablement sur ordre), du système d'exportations du café cacao (injonction du gouvernement américain à des multinationales comme Cargill), du réseau diplomatique (reconnaissance d'ambassadeurs parallèles et retrait de l'agrément aux anciens).

Le danger sociétal de la destruction de la Ville elle-même en tant qu'infrastructure : eau, électricité, habitat, transports, est aussi d'abattre tout ce qui fait le quotidien possible - et les conséquences à terme touchent la nature du pouvoir lui-même. On peut se souvenir qu'en Amérique Latine, les pronunciamentos et les dictatures ont provoqué cette même érosion, voire la destruction des classes intermédiaires, et la solution par une dictature militaire à l'ivoirienne et un pouvoir très coercitif n'est pas exclu.

Mais en fait apparaît aussi dans le camp Ouattara une « stratégie nihiliste » (voire terroriste : c'est ainsi qu'une désinformation médiatique classique met en avant la violence effective de la répression, quand la déstabilisation de la capitale est le fait des attaquants) qui à terme est incompatible avec les voies diplomatiques et militaires, même si tactiquement elle semble hâter la victoire. C'est celle de la « terre brûlée » ou au mieux ce que ses adversaires nomment ironiquement « dyoulaisation » du pays, en référence à la destruction de l'Etat et de ses appareils techniques (notamment des infrastructures urbaines), et de la formidable régression structurale de la partie Nord, sous contrôle rebelle.

Cette démarche « destructrice - régressive » correspond à la formule peut être apocryphe que prêtent ses adversaires à M. Ouattara : « La Cote d'Ivoire peut brûler si je ne suis pas président ... »

Extension du domaine de la lutte

La suite de cette troisième étape du conflit, qui dans sa phase élargie, pourrait mener le Sud au bord du génocide, serait celui de l' instrumentalisation des identités ethniques en brousse, et en ville, qui pourrait amener une ethnicisation totale des quartiers et des affrontements à l'arme lourde, suivis de transferts de populations, ce que nous avions d'ailleurs prévu depuis décembre 2010.

Comme au Nord en 2002, la Conquête du Sud prend les civils pour cibles, ou plutôt, en dehors d'Abidjan, comme masse de manœuvre. Le but est moins de tuer que de terroriser. L'armée rebelle, ou « Forces nouvelles » selon l'acronyme de Marcoussis qui tient autant de l' « agit- prop » (comme « forces impartiales » ou  « zone de confiance »...), chasse devant elle les autochtones guéré, la guerre se greffant en partie sur les conflits fonciers qui les opposent aux migrants dyoula- provoquant déjà 50.000 réfugiés au Liberia.

Les forces en présence tiennent compte en effet des populations migrantes, qui comme à Abidjan, servent de « réserve civile », d'asile et d'appui à la progression rebelle, ainsi qu'à sa gouvernance.

Certes électoralement Laurent Gbagbo maîtrise à 54% la capitale, et dans les campagnes du Sud l'autochtonie krou est d'une grande force symbolique. Mais démographiquement les nordistes dyoula représentant environ la moitié de la population de la population d'Abidjan, et autant dans les grandes villes de l'Ouest comme Daloa ou Gagnoa : ce sont sans doute les prochaines cibles pour faire « exploser » la paix civile au Sud- tandis que les attaques entre Duékoué et Toulepleu visent dans l'immédiat une « libérianisation de la guerre » (dans ses formes et dans ses alliances avec les nomades guerriers de ce pays, en attendant Sierra Leone, Guinée, etc.. dans un cycle connu). Et par ailleurs, dans une visée géopolitique constante, la prise du Port de San Pedro, sans lequel le « Ouattaraland » du Nord, enclavé, n'aurait d'autre ressource à terme, pourrait n'avoir pour objectif qu'une réunification avec le Burkina Faso.

Cependant l'offensive rebelle, et son long cortège de violences dans la capitale ou en brousse, a peut être un but plus perver s: provoquer l'intervention internationale que l'état major ouattariste demande de manière récurrente.

Dans cette perspective, des « violences extrêmes » (le modèle rwandais semble inadapté, malgré les massacres envisageables, quand la moitié d'une population est opposée à une autre...), une décision de l'UA, cautionnée par l'ONU, justifierait les positions interventionnistes de la CEDEAO. Sous influence nigériane, une nouvelle ECOMOG deviendrait une nouvelle « faction combattante » comme au Liberia ou en Sierra Leone et viendrait, dans cette hypothèse, de Bouaké.

Feraient-ils la jonction, comme le souhaite le camp Ouattara, avec les forces Licorne et ONUCI ? Ceux ci sont on le sait, dans la capitale, alors que leur mandat est la protection des civils: seraient-ils attirés par exemple dans les combats de l'Ouest, ou assureraient-ils, comme dans la paradoxale alliance autour de la « République du Golf », la coordination d'une force armée multiforme : ECOMOG, Licorne, ONUCI et... Forces rebelles?

Une escalade meurtrière pourrait s'ensuivre, cauchemar des stratèges étrangers : si les partisans civils de Laurent Gbagbo, les corps francs de l'Ouest et les alliés extérieurs comme l'Angola ou l'Afrique du Sud entraient en lice, la Cote d'Ivoire serait finalement à feu et à sang et deviendrait dès lors ingouvernable pour longtemps ! Bien que le modèle rwandais ne soit pas pertinent, celui des violences extrêmes n'est pas exclu : se sentant le « dos à la mer » devant l'offensive dyoula, les sudistes et les partisans de M. Gbagbo dans la capitale pourraient se transformer en contre guérilla ; les partisans occidentaux de M. Ouattara le voient-ils vraiment gouverner sur des monceaux de cadavres, répétant la fameuse formule russe à Varsovie : « l'ordre règne »  dans la capitale ?

Appliquer les règles de Curzio Malaparte semble facile au « commando » pro-Ouattara d'Abobo ; devenir le Bonaparte ivoirien et administrer des ruines serait autrement plus complexe, dans le résistible avènement d'Alassane Ouattara ...

Reste à comprendre la stratégie militaire et politique de Laurent Gbagbo et de ses alliés : ce qui n'est pas « une autre histoire », mais bien, dans une interaction permanente, l'autre versant, l'autre version de la même Histoire.




[1] : MEMEL-FOTE, H., «Un mythe politique des Akan en Côte d'Ivoire : le sens de l'Etat», in : Mondes Akan. Identité et pouvoir en Afrique occidentale, P. VALSECCHI et F. VITI (sous la direction), Paris, L'Harmattan

[2] Cf. Michel Galy, « Politologie d'une rébellion. Une « gouvernance par la violence » au Nord de la Côte d'Ivoire ? », Cultures & Conflits, 65, printemps 2007.

[3] Bertrand Badie, 20 janv. 2011, entretien publié sur Le Monde.fr -

[4] Voir : Patrice Yengo, Dans La Guerre civile du Congo-Brazzaville - 1993-2002 - Chacun aura sa part, Paris, Karthala, 2006.

[5]Curzio Malaparte, Technique du coup d'Etat, Paris, Grasset, 2008.


Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

mardi, 08 mars 2011

OUATTARA ET CHOÏ FONT DE L'EPURATION ETHNIQUE

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Avec la complicité de l'Onu, les rebelles de Ouattara procèdent à une véritable épuration ethnique dans la commune d'Abobo.

«Nous sommes tombés à un barrage tenu par des rebelles vers N'Dotré. Visiblement, ceux qui le tenaient n'étaient pas des Ivoiriens. Ils n'avaient pas un accent ivoirien. Ils nous ont tous réunis. Mais après, ils ont mis les Ivoiriens d'un côté, et les étrangers d'un autre côté. A la fin, les étrangers ont été libérés. Parmi nous les Ivoiriens, ceux qui ont les noms à consonance Malinké ont été libérés. On nous a demandé de partir. Ceux qui sont restés, je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. J'avais un ami parmi eux. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Puisque je n'ai pas de ses nouvelles ». Un témoignage qui donne froid dans le dos. Et pourtant, c'est la réalité du drame que vivent les populations qui n'applaudissent pas Ouattara à Abobo. Depuis, le jeune Z.T., serrurier dans la commune d'Adjamé, vit un traumatisme profond. Parce qu'il a vu des gens assassinés dans cette cité, au vu et au su des forces onusiennes. « Je les ai vus arriver une nuit avec leurs chars. Ils déchargeaient des hommes aux allures très bizarres. On était là. Mais on ne pouvait rien dire. J'ai même un ami très proche des dirigeants du Rdr qui m'a dit qu'ils sont venus faire le travail du Brave-tchè. Ce jour-là, j'ai compris ce qui se passait». Ajoute encore Z.T., aujourd'hui, déplacé à Yopougon où il mène difficilement sa vie. Après avoir tout perdu. Jusque-là, il continue de maudire les commanditaires de cette guerre. Et Z.T. n'est pas le seul à avoir vécu ce drame.

Dans les quartiers malfamés d'Abobo où les hommes de Ouattrara sèment la terreur avec la complicité de l'Onu, il n'est plus bon d'être un Ivoirien et ne pas soutenir le président du Rdr. On passe vite de vie à trépas à cause de la folie meurtrière des bandes armées que Choï y a déversées pour tuer. Des secteurs entiers d'Abobo, loin des regards des Fds, sont aux mains des mercenaires lourdement armés. On les trouve le plus vers Abobo derrière rail, et du côté de N'Dotré, des quartiers difficilement accessibles d'ailleurs. Sur place, des jeunes qui se réclament de Ouattara ont été mêlés à la salle besogne. Ceux qui n'ont pas eu la chance de se voir doter d'une kalach, ont été approvisionnés en machettes. Bien sûr, pour faire le sale boulot, à la gloire de Ouattara, Choï et Sarkozy.

En plein cœur d'Abobo, des Ivoiriens subissent une véritable boucherie humaine. Leur seul tort, c'est de ne pas épouser les idées absolument sanguinaires de Ouattara. Et jusque-là, toutes les prétendues organisations de défense de Droit de l'Homme, qui vivent des crises africaines, ferment les yeux sur cette tragédie qui se passe sous leurs yeux. C'est comme si les Human Rights Watch ou Amnesty international... n'avaient plus de représentants en Côte d'Ivoire. Ou alors ils veulent voir les crimes là où ils veulent. C'est-à-dire dans l'entourage du président Gbagbo. Pourtant à Abobo, ce sont plusieurs dizaines d'Ivoiriens qui sont pris et massacrés pour leurs opinions. Les témoignages des rescapés en disent long sur ce crime contre l'humanité qui se passe sous nos yeux et juste à côté de nous.

« Ce qui se passe à Abobo dépasse l'entendement. Cachée, j'ai vu des gens en rang qu'on emmenait je ne sais où. Ils étaient conduits par une bande de rebelles lourdement armés. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. La scène s'est passée vers le dépôt Sotra d'Abobo». Confirme, en larmes, une institutrice qui a fui la commune. Elle a été obligée de retourner à Cocody chez son oncle chez qui elle vivait avant de se prendre une maison à Abobo. Et ce qui s'est passé dans la nuit du dimanche à lundi dans le village Anonkoa Kouté est un exemple patent. Les rebelles déposés par un hélicoptère de l'Onuci ont tué comme ils le voulaient. Le ministère de l'Intérieur a fait l'état des morts. Mais le bilan est lourd. Puisque selon des témoins, le village a été violement attaqué à l'arme lourde. Des maisons ont été brulées. Une vieille dame a même été brûlée vive. Des jeunes ont été égorgés. Nous sommes sortis du village dans la débandade. Pour le moment, je ne peux pas vous donner un chiffre exact. » Explique, un rescapé qui se retrouve aujourd'hui, à Adjamé. En tout cas, à Abobo, le ver est dans le fruit. Ouattara et Choï y ont installé une chienlit meurtrière. L'Etat a toutes les raisons de réagir très rapidement car l'Onuci continue de déverser des rebelles dans les autres communes d'Abidjan. Les Ivoiriens ne sauraient être massacrés dans leur propre pays. C'est une question de vie ou de mort.



K. Sonia

Source: LE TEMPS du 08 mars 2011

jeudi, 17 février 2011

COMPLICITES DANS LA CRISE IVOIRIENNE - MAMADOU BEN SOUMAHORO: «J'ACCUSE GERARD LATORTUE, LA FRANCOPHONIE ET L'ONU»

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO.jpg


La crise postélectorale qui secoue la Côte d'Ivoire, depuis le 28 novembre 2010, n'a pas fini de livrer ses secrets, son lot de comploteurs et leurs alibis pour faire main basse sur les richesses de notre pays. A chaque révélation, l'on apprend un peu plus sur toutes les sales propositions rejetées par Laurent Gbagbo et qui lui valent la ronde de tant de chacals politiques tapis au sein de la Communauté internationale. Dans le texte qui suit, le député Mamadou Ben Soumahoro dévoile la partition de l'ancien Premier ministre haïtien, Gérard Latortue, qui a conduit la délégation des observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie en Côte d'Ivoire. Il établit ses connexions à Paris et à l'ONU.

Personne n'y a véritablement prêté attention. Et pourtant, cela s'est passé. A la fin de la mission d'observation de l'élection présidentielle qu'il a conduite, en Côte d'Ivoire, pour le compte de l'Organisation internationale de Francophonie (OIF), M. Gérard Latortue a dressé son rapport au pied de M. Young Jin Choi, dans les locaux du siège de l'ONUCI à l'Hôtel Sebroko. Aussitôt fait, il a repris l'avion le même soir pour Paris, laissant au Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire, le soin d'enfoncer le clou et de gérer la crise qu'ils avaient préparée ensemble contre les Ivoiriens. M. Gérard Latortue venait ainsi de nous indiquer, clairement, que Young Jin Choi est son binôme local dans la fabrication de la crise postélectorale dans laquelle est plongé notre pays depuis le 28 novembre 2010. Latortue et Choi ont agi pour espérer imposer Alassane Ouattara au peuple ivoirien. C'est un des pans de ce complot aux multiples tentacules enclenché pour faire main basse sur la Côte d'Ivoire. Mais ses prémices datent de longtemps. De quelques années plus tôt.


L'indécente proposition
au candidat Gbagbo

Nous sommes en 2008. L'ancien Premier ministre de la République d'Haïti, Gérard Latortue, une vieille connaissance personnelle, sollicite par mon intermédiaire un rendez- vous avec le chef de l'Etat de Côte d'ivoire. Il l'obtient d'autant plus facilement qu'il prétendait vouloir porter à la connaissance du Président Laurent Gbagbo «l'expérience» qu'il venait de réussir dans son propre pays au moment où le nôtre s'apprêtait à aller à son tour à des élections présidentielles importantes annoncées, à cette époque, pour novembre 2009. C'est ainsi que profitant de l'occasion qui lui était offerte, Gérard Latortue s'est permis de proposer à Laurent Gbagbo de se mettre sous «la protection de George W. Bush et des Etats-Unis d'Amérique». Pour la mise en œuvre de ce projet, l'homme a fait valoir au Président Laurent Gbagbo ses relations intimes et privilégiées avec le frère du Président des Etats-Unis, Le gouverneur de l'Etat de Floride. C'est du reste grâce à l'intervention de ce dernier que le Président Bush a désigné Gérard Latortue pour diriger, à titre intérimaire, le gouvernement d'Haïti. Gérard Latortue devait y organiser les élections de sortie de crise après l'expulsion du Président Jean Bertrand Aristide déposé auparavant par les forces onusiennes, toujours sous la férule de Gérard Latortue, leur mandataire. Les Etats-Unis voulaient René Préval comme président d'Haïti, les Etats-Unis et Gérard Latortue ont "donné" René Préval à Haïti. Après cette élection truquée avec succès, Gérard Latortue a voulu monnayer son expérience auprès de Laurent Gbagbo. Un livre blanc a été édité par ses soins. Il l'a proposé au Président ivoirien au cours de l'audience qui lui a été accordée. Ce livre blanc lui a d'ailleurs servi de viatique pour proposer ses services à toutes les capitales africaines qui préparaient des élections dans cette période troublée.

A la deuxième visite faite à Laurent Gbagbo à son domicile officiel de Cocody, Gérard Latortue, plus concret, a proposé à son hôte une véritable stratégie de hold-up électoral avec son aide personnelle et celle des Nations unies à New York. Il annonçait qu'il allait se faire mettre en mission comme observateur international de nos élections à venir, au nom de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie) et de son Président Abdou Diouf. En prévision de cette «mission», il demandait au Président Laurent Gbagbo de faire nommer immédiatement, à un poste technique au siège des Nations unies à New York pour le compte de la Côte d'Ivoire, son compagnon de voyage, un certain Marc Maxi, notoirement connu pour être un honorable agent de la CIA. Cet autre Haïtien, qui avait dirigé auparavant l'organisation humanitaire CARE pour l'Afrique de l'Ouest, devait mettre en place le mécanisme qui devait impliquer le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon lui-même, pour appuyer tout ce qui allait se faire sur le terrain en Côte d'Ivoire afin d'assurer la victoire du Président Laurent Gbagbo «sans bavure». Selon les plans de Latortue, à l'issue du scrutin, peu importe le score, que ce soit au premier ou au deuxième tour, l'ex- Premier ministre d'Haïti représentant l'OIF devait tout simplement "crédibiliser" les résultats en faveur de Gbagbo en s'exprimant au nom de tous les observateurs de l'Union européenne et au nom de l'OIF. L'ONU devait ensuite reconnaître la sincérité du scrutin et, selon ce plan, les autres candidats n'auraient eu que leurs yeux pour pleurer. C'est exactement le même schéma qu'il avait proposé en Guinée-Conakry avant la mort du Président Lassana Conté. Le coup d'Etat du capitaine Dadis Camara a mis fin à ses espoirs et annihilé son plan pour les élections en Guinée.

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La belle affaire pour Ouattara et connexions

A la fin de sa visite à Laurent Gbagbo, le Président ivoirien qui avait prêté une oreille plutôt agacée au discours corrompu de Gérard Latortue, lui a fait remettre par mes soins une somme d'argent frais, quelques dizaines de millions de francs CFA, pour faciliter son séjour et celui de son compagnon d'agent de la CIA, Marc Maxi. Le chef de l'Etat n'a pas donné suite à la démarche indécente de l'ex-Premier ministre d'Haïti Gérard Latortue. Ses incessants appels téléphoniques n'ont pas trouvé non plus d'échos auprès du président Laurent Gbagbo pendant de nombreux mois. Son projet est resté lettre morte parce qu'il est tombé sur un véritable démocrate et un intellectuel honnête qui a toujours bâti sa vie sur la vérité de l'onction populaire. Gérard Latortue n'a pas cessé de me harceler, moi qui l'ai introduit auprès du Président Laurent Gbagbo. Là aussi, sans aucune suite. A l'évidence, le Président de la Côte d'Ivoire s'était senti profondément vexé par la proposition malhonnête de Gérard Latortue qu'il a donc définitivement éconduit en ne répondant plus à ses pressants appels téléphoniques.

Bien entendu, toute cette entreprise avait un prix dans l'esprit du représentant de commerce de l'OIF et des Nations unies. Le refus de Laurent Gbagbo constituait pour lui et pour ses commanditaires un énorme manque à gagner qu'il fallait combler d'une manière ou d'une autre. C'est ainsi que Gérard Latortue et Marc Maxi ont proposé leur service diabolique à Alassane Ouattara et à son épouse Dominique Folloroux. Connaissant son entregent, la femme du plus grand imposteur devant l'Eternel, Alassane Ouattara, a dû consolider le projet scélérat de Gérard Latortue par l'adhésion empressée de leurs amis français, américains et ivoiriens de nationalité américaine vivant aux Etats-Unis. Ce qui n'était qu'un plan devant consolider l'avantage du candidat le mieux placé, dans l'esprit de Gérard Latortue et ses comparses accourus pour empocher quelques millions de dollar, est devenu, par la force des choses, un des éléments fondateurs du complot international qui continue de secouer la Côte d'Ivoire, mon beau pays. Ce complot devait donner gagnant celui que personne n'attendait, c'est-à-dire Alassane Ouattara. Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce vaste complot qui s'est étendu à quelques valets de M. Sarkozy en Afrique, notamment le Burkinabé Blaise Compaoré et le Sénégalais Abdoulaye Wade, il importe de savoir que l'acteur principal, le mici-dominici de l'ombre, Gérard Latortue, a servi comme représentant permanant du PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement) à Cotonou dans les années 70 et, à ce même titre, en Côte d'Ivoire pendant cinq ans sous l'autorité de l'Algérien Abderamane Kane qui dirigeait l'organisation à partir de Vienne, en Autriche.

Vous avez dit Nations unies ? Que reste-t-il pour accomplir le complot ? Evidement les élections ! Les fameuses élections ! Le prétexte tout trouvé ! Or, dans ce domaine, les données sont connues : Depuis 2002, ''la Communauté internationale '' voulait la tête de Laurent Gbagbo. C'est tout ! Seulement voilà, toutes les tentatives ont lamentablement échoué. Il manquait un homme de main "crédible", loin de l'Afrique, discret et efficace pour accomplir l'opération «enlever Gbagbo». Le premier bénéficiaire, Alassane Ouattara, pour une fois, n'est pas allé le chercher puisqu'il ignorait son existence. Cet homme prétendument providentiel est arrivé de lui-même : après son échec au pied de Laurent Gbagbo, Gérard Latortue est allé proposer la forfaiture de l'OIF à Ouattara. Abdou Diouf, l'ancien Président de la République du Sénégal était candidat à sa propre succession à la tête de l'organisation francophone. Le coup de pouce de Latortue lui a sûrement fait du bien. Au renouvellement du mandat d'Abdou Diouf en Suisse, Nicolas Sarkozy en a décidé tout seul, à la place de tous les chefs d'Etat africains présents, en piétinant leur dignité. La Côte d'Ivoire vaut bien une messe et tout le monde a dit Amen !

«Donne-moi la tête de
Gbagbo, et tu auras l'ONU»

Ainsi donc, on a échangé l'honneur et la sécurité de 20 millions d'Ivoiriens contre le confort du poste d'un homme qui fut pourtant chef d'un Etat africain et non des moindres. Gérard Latortue est l'un des artisans zélés et intéressés de cette mascarade qui a échoué, dans sa version OIF, en Côte d'Ivoire. Lamentablement ! Quoiqu'il en soit, par quelque bout qu'on le prenne, le complot qui essaie de déstabiliser notre pays trouve son épicentre aux Nations unies, son exécuteur testamentaire étant M. Ban Ki-moon qui, malgré son incompétence avérée, veut un deuxième mandat. Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca, qui détient un veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, lui a donné l'assurance de bloquer toutes les initiatives des pays émergeants pour lui ouvrir la voix du succès aux prochaines élections de Secrétaire général des Nations unies. Cela peut expliquer en grande partie l'acharnement de M. Ban Ki-moon et de son «frère» sud-coréen Young Jin Choi qui le représente en Côte d'Ivoire et qui l'épaule pour mériter le futur «service» attendu de Sarkozy. Ce n'était pas un hasard si M. Gérard Latortue, responsable des observateurs de l'OIF dans la présidentielle ivoirienne du 28 novembre, a rédigé son rapport au pied de M. Choi, dans les locaux du siège de l'ONUCI à l'Hôtel Sebroko, juste avant de reprendre l'avion le même soir pour Paris, laissant à son binôme Choi le soin d'enfoncer le clou et de gérer la crise qu'ils avaient préparée ensemble contre les Ivoiriens.

Ces révélations ne sont ni une fiction ni un roman. Pour tous ceux qui en douteraient, j'exige que M. Gérard Latortue vienne s'expliquer devant le peuple de Côte d'Ivoire pour réfuter, s'il le peut encore, toutes ces accusations gravissime que je porte contre lui en tant qu'Ivoirien qui croyait pouvoir compter sur son amitié. Je crie ici ma déception et ma colère contre son comportement cupide, mercantiliste et bassement intéressé.

M. Gérard Latortue, vous m'avez sans doute reconnu à travers cet article dénonciateur de votre indignité vis-à-vis de la Côte d'Ivoire, mon pays. Je vous attends pour vous porter personnellement la contradiction si vous osez accepter un face à face, ici même à Abidjan, devant tout le monde.

Enfin, je comprends maintenant pourquoi vous n'avez pas donné de suite au coup de fil du Président de la Commission électorale indépendante (CEI) qui voulait me donner la possibilité de vous serrer la main à l'Hôtel Pullman d'Abidjan au Plateau où je n'ai jamais pu vous trouver. M. Bakayoko Youssouf devait ignorer que je ne comptais plus parmi vos amis à Abidjan et que lui-même, Bakayoko Youssouf, avait été déjà instrumentalisé par vous, Gérard Latortue, ainsi que par Ban Ki-moon pour le compte d'Alassane Ouattara.



Abidjan, le 12 février 2011

Mamadou Ben Soumahoro

Député indépendant à
l'Assemblée nationale

samedi, 12 février 2011

CRISE ELECTORALE IVOIRIENNE: LA SOLUTION PAR LE JUGEMENT DE SALOMON

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INTRODUCTION

Selon la Bible, « ce qui a été c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil » (cf. Ecclésiaste 1 :9 et 3 :15). Cette parole du Sage, trouve une belle illustration dans l'étape actuelle de la crise armée en Côte d'Ivoire. Celle-ci, rappelons-le, est marquée par une remise en cause irrégulière de la décision du Conseil Constitutionnel ayant proclamé définitivement le Président Laurent GBAGBO vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Cette situation a été provoquée à la fois par le Président de la CEI et par le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies, Certificateur du processus électoral en Côte d'Ivoire.

Le premier a, de façon illégale, annoncé le résultat provisoire du scrutin, alors qu'il était hors délai, dans un hôtel servant de quartier général au candidat OUATTARA, en l'absence du représentant du candidat GBAGBO et des membres de la commission centrale de la CEI, lesquels n'ont pas pu valider les résultats qui leur avaient été transmis par les commissions électorales locales, comme l'exige le mode opératoire en vigueur.

Quant au second, il a outrepassé sa mission de Certificateur pour se substituer aux institutions nationales compétentes en proclamant les résultats définitifs de l'élection. Pour y parvenir, il a refusé de dire si les résultats provisoires, tels que proclamés par le Président de la CEI, l'ont été conformément aux normes en vigueur ou pas. Il a gardé le même silence sur la régularité, par rapports aux normes en vigueur, du procédé que le Conseil Constitutionnel a utilisé pour donner le résultat définitif.

Le Président de la CEI  et le Certificateur l'ayant désigné vainqueur du scrutin, M. OUATTARA se considère comme tel, même s'il est resté retranché à son Hôtel-Q.G. d'où il lance des mots d'ordre directement ou par personne interposée. Pendant ce temps, le Président Laurent GBAGBO, régulièrement proclamé vainqueur par la juridiction compétente, est au travail avec le Gouvernement formé par le Premier Ministre qu'il a désigné, conformément à la loi. Cela a suffi pour que la crise armée, déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, se poursuive à ce jour et de plus belle. Malgré la décision de la haute juridiction électorale, on est encore à se demander qui, des deux candidats au second tour, est le  véritable vainqueur de l'élection présidentielle ?

Dans la recherche de solution à cette crise, chacun y va de son inspiration, en attendant celle qui va s'imposer en définitive. En priant et en y réfléchissant personnellement, Dieu, le révélateur de ce qui est profond et caché (cf. Daniel 2 :22), s'est manifesté en moi. A partir des paroles des deux principaux protagonistes de cette crise, Dieu m'a fait la grâce de me révéler lequel des deux est le Président élu par le peuple de Côte d'Ivoire. Pour le faire, le Seigneur s'est servi du jugement de Salomon, eu égard à la similitude des propos tenus par nos « deux Présidents», avec ceux tenus par les deux parties à ce jugement historique : deux femmes revendiquant la maternité d'un seul enfant.

La jurisprudence du Roi Salomon vient donc éclairer nos pensées, afin de nous faire découvrir la  solution à la crise ivoirienne, dans sa nouvelle dimension : crise due au résultat du second tour de l'élection présidentielle. Pour faire connaître la solution à cette crise à partir du jugement de Salomon, je voudrais d'abord présenter ce jugement (1). Par la suite, j'appliquerai le principal enseignement tiré de ce jugement, à la crise électorale en cours (2).

1. PRESENTATION DU JUGEMENT DE SALOMON

Le Roi Salomon a prononcé ce jugement historique au début de son règne. Sa nouvelle s'est répandue comme une traînée de poussière au sein de son peuple. L'autorité du Roi et sa réputation se sont accrues. L'on a été marqué par sa sagesse reconnue comme venant de Dieu. A cette étape de ma réflexion, je voudrais d'abord rappeler le contenu de ce jugement (1.1), avant d'en faire une analyse qui met en exergue le principal enseignement qu'on peut en tirer (1.2).

1.1. Rappel du contenu du jugement de Salomon

L'histoire du jugement du Roi est rapportée par la Bible dans le premier livre des Rois, aux versets 16 à 28 du chapitre 3. Selon le texte biblique, deux prostituées se sont présentées devant le jeune Roi (cf. le verset 7 du même chapitre), pour lui demander de les départager. La question soumise au Roi ne manquait pas de complexité. Les deux femmes qui cohabitaient seules avaient accouché à trois jours d'intervalle. L'une, après avoir tué par mégarde son enfant, a profité du sommeil de l'autre pour lui voler son bébé vivant et pour abandonner, aux côtés de cette dernière, le bébé qui était mort.

Lorsque la vraie mère du bébé vivant s'est réveillée, elle a constaté qu'en lieu et place de son enfant, il y avait un autre qui était mort, et qui n'était autre que le fils de sa voisine. Mais cette dernière prétendait le contraire. Le seul bébé vivant se retrouvait ainsi avec « deux mères ». Du jamais vu ! On peut penser qu'un enfant ait deux pères, mais pas deux mères.

Les deux prétendantes recoururent à l'arbitrage du Roi Salomon pour les départager. Chacune a plaidé sa cause pour revendiquer la maternité du bébé. Le Roi qui était animé par l'Esprit de Dieu avec qui il avait communié la veille, n'a pas eu besoin d'une expertise extérieure, pour avoir des éléments de preuve afin de trancher entre les deux dames. Il a ordonné qu'on lui apporte une épée. Lorsque cela a été fait, il a donné cet autre ordre : « Coupez en deux l'enfant qui vit, et  donnez-en  la moitié à l'une et la moitié à l'autre. »

L'annonce de cet ordre a suffi pour faire éclater la vérité. La Bible indique à cet effet : « La femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s'émouvoir pour son fils, et elle dit au Roi : Pardon, mon seigneur, donnez-lui l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit : Il ne sera ni à moi ni à toi ; coupez-le. » Après avoir écouté les déclarations des deux prétendantes, le Roi a prononcé son jugement, en ces termes : « Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. C'est elle qui est sa mère. »

Tel est le contenu du jugement historique du Roi Salomon, un jugement qui l'a rendu célèbre et influent, avant la richesse matérielle.

1.2. Analyse du contenu du jugement de Salomon

Le jugement du Roi Salomon peut susciter beaucoup de commentaires et analyses dans plusieurs disciplines dont le droit. Sous cet angle, il constitue une source d'inspiration dans la recherche des preuves d'une prétention ou d'une allégation, notamment dans le règlement d'un conflit. Nous savons qu'en la matière, les fausses déclarations des parties sont légions. Les témoins ne s'y soustraient pas souvent, malgré le serment qu'ils prêtent « de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. » C'est alors que le Juge se retrouve dans l'embarras pour trancher le litige qui lui est soumis, dans le bon sens, le sens de la vérité.

On a souvent brandi le jugement de Salomon aux parties en conflit, pour tester leur bonne foi. Dans ce sens, on invite une partie au conflit à renoncer à ses prétentions afin de sauver la situation que le conflit risque de ruiner.  On lui demande de faire comme la vraie mère qui aurait renoncé à sa réclamation. Mais à y voir de plus près, ce n'est pas ce qui s'est passé.

Il faut remarquer que la vraie mère n'a pas renoncé à sa prétention. Ce n'est d'ailleurs pas ce que demandait le Roi Salomon. Elle a plutôt refusé que son fils soit coupé en deux, de peur qu'il ne meure et qu'elle ne le perde irrémédiablement. Parlant de son fils, elle a même dit de façon explicite : « Ne le faites point mourir ! » Tandis que la fausse mère était favorable à la mort de l'enfant, de sorte qu'il ne soit ni à l'une ni à l'autre. Elle s'est même écriée : « Coupez-le ! »

Le Roi qui était à la recherche de la vraie mère de l'enfant a alors compris que la vérité était du côté de celle qui a dit : « Ne le faites point mourir ! » Il a même repris cette injonction, dans sa décision, en ordonnant qu'on remette l'enfant à son auteur, sa vraie mère. Le Roi a compris qu'à travers cette injonction, elle a donné la preuve qu'elle est la vraie mère de l'enfant.

Pour parvenir à sa sage décision, le Roi Salomon a simplement dit ce qu'il voulait qu'on fasse de l'enfant : le couper en deux. Il n'a rien conseillé aux prétendantes et ne leur a fait aucune recommandation. Cela ne les a pas empêché de réagir comme il fallait, selon que l'enfant est à l'une et n'est pas à l'autre. Le Roi a alors tiré la vérité de leur réaction face au malheur dont il avait décidé de frapper l'enfant. La vraie mère a refusé que l'enfant soit frappé du malheur suprême qu'est la mort. Par contre la fausse mère a accepté que l'enfant en soit frappé de sorte à ce que les deux se retrouvent dans la même condition : être sans enfant.

Tel est le principal sens du jugement de Salomon que Dieu, le Sage et Juge Suprême m'a rappelé, pour me révéler sa solution à la crise électorale en cours, une solution qu'il a déjà arrêtée et qu'il se donne le temps et les moyens d'appliquer, malgré les apparences du moment. Mais ne l'oublions pas, si l'homme regarde à l'apparence, Dieu regarde bien au-delà, du fond du cœur (cf. 1Samuel 16 :7). Car, « il connaît ce qui est dans les ténèbres et la lumière demeure en lui » (cf. Daniel 2 :22 et Psaume 139).

Pour nous rassurer quant à notre victoire finale, dans la crise actuelle, il a plu à Dieu de me révéler que sa solution est dans le jugement qu'il a inspiré au Roi Salomon, ainsi qu'il convient de l'expliciter dans les lignes qui suivent.

2. APPLICATION DU JUGEMENT DE SALOMON

Dans le jugement de Salomon que nous venons d'examiner, j'ai relevé qu'il constitue une source d'inspiration en matière de preuve d'allégations ou de prétentions des parties à un conflit. Ces preuves sont souvent données par les parties sans qu'elles s'en rendent compte. Par conséquent, elles ne peuvent ni mentir, ni tromper. La méthode du Roi nous permet de savoir qui du candidat GBAGBO et du candidat OUATTARA a été élu Président de la République de Côte d'Ivoire par la majorité des votants.

Pour appliquer cette méthode dans la résolution de la crise actuelle, nous allons partir de la décision de recourir à la force armée. Elle a été officiellement retenue par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Le recours à la force des armes entraînera d'énormes dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines en Côte d'Ivoire. Une telle solution  ressemble, à quelques variables près, à la mise à mort  de l'enfant dans le jugement de Salomon.

En me référant à la jurisprudence du Roi Salomon, j'examinerai d'abord la réaction des deux prétendants au poste de  Président de la République de Côte d'Ivoire, face à la perspective de l'usage de la force armée (2.1). J'en déduirai par la suite, auquel des deux revient ce poste, pour avoir été majoritairement choisi par les Ivoiriens (2.2).

2.1. La réaction de chaque prétendant face à l'usage de la force armée

A l'instar des « deux mères » du litige tranché par le Roi Salomon, nos « deux Présidents » ont réagi différemment à la décision de recourir à la force armée. Cette force, je le répète, vient en réalité, non pas pour autre chose, mais pour semer la mort en Côte d'Ivoire et accroître ainsi la souffrance des populations.

Le premier qui a réagi à cette perspective meurtrière est le Président en exercice, SEM. Laurent GBAGBO. Il a exprimé sa réaction alors que la perspective était en gestation et que ses auteurs ne l'avaient pas encore rendue explicite. Comme un visionnaire, il a vu la chose venir et il a réagi à la manière de la vraie mère de l'enfant qu'on devait couper en deux.

A deux reprises solennelles, lors de son investiture en date du 04 décembre dernier et dans son adresse à la Nation le 21 de ce même mois, le Président GBAGBO a lancé un appel à l'apaisement et au dialogue, dans la légalité républicaine. En optant pour la force du dialogue afin d'éviter la force des armes, le Président GBAGBO s'est engagé à préserver la vie des populations. Il défend ainsi le droit à la vie consacré par l'article 2 de notre Constitution qui en fait un droit inaliénable, la personne humaine étant sacrée. Tel est le sens de sa main tendue.

En particulier dans son message à la Nation, le Président de la République a expressément dit : « Je ne veux pas que le sang d'un seul Ivoirien soit versé. » Ce passage du discours du Président de la République constitue une autre traduction de l'injonction de la vraie mère de l'enfant qui devrait être coupé en deux. « Ne faites point mourir l'enfant », avait dit cette mère.

En réagissant en second lieu, comme la seconde femme du jugement de Salomon, le Président OUATTARA s'est inscrit dans la même optique que celle-là. Il a opté pour l'usage de la force armée, sachant bien qu'elle va semer la mort en Côte d'Ivoire,  pour accroître la souffrance des populations. Il a donc choisi la mort des Ivoiriens ! N'est-ce pas là le sens des opérations « villes mortes » et « pays mort » qu'il a successivement lancées ? Il veut qu'on sème la mort en Côte d'Ivoire. C'est exactement ce que réclamait la seconde femme, celle qui n'était pas la  vraie mère de l'enfant litigieux. Elle avait dit sans ambages : « L'enfant ne sera ni à moi, ni à toi ; coupez-le ! »

Pour celui qui suit l'actualité en Côte d'Ivoire, le discours violant et guerrier du Président du R.D.R. n'est pas nouveau. « Je frapperai ce pouvoir moribond et il tombera », avait-il prédit avant de renverser le Président Henri KONAN BEDIE. Le 24 décembre 1999, il passa de la parole à l'acte et inaugura ainsi les séries de coups d'Etat en Côte d'Ivoire. En mai 2002, il avait annoncé qu'il allait mélanger ce pays pour le rendre ingouvernable, de sorte que la gouvernance de ce pays ne fût ni à lui, ni à quelqu'un d'autre. En septembre 2002, il passa de la parole à l'acte, à travers la tentative de coup d'Etat qui s'est transformée en rébellion. Depuis lors, on ne compte plus les morts voulus par lui.

Les réactions des deux prétendants au poste de Président de la République de Côte d'Ivoire à l'instar des deux prétendantes à la maternité de l'enfant litigieux dans le jugement de Salomon, aident à dénouer la crise actuelle : elles permettent de savoir à qui revient le fauteuil présidentiel dans notre pays. Nous pouvons ainsi dire lequel des deux est le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire.

2.2. Le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire

La méthode du Roi Salomon a été inspirée par Dieu lui-même. Elle est de portée universelle et peut être utilisée comme telle, en toute objectivité. Elle a sa place dans cette crise électorale où nous cherchons le vrai titulaire  du fauteuil présidentiel, siège du pouvoir, car les deux prétendants reconnaissent que c'est Dieu qui donne le pouvoir. Le Président Laurent GBAGBO l'a solennellement dit, lors de sa première prestation de serment en octobre 2000. Le Président Allassane OUATTARA nous a rafraîchi la mémoire en le disant pour conclure le débat télévisé qu'il a eu en novembre dernier avec le Président Laurent GBAGBO.

En recourant à cette méthode, nous constatons, dans le jugement de Salomon, qu'il y a une femme qui ne voulait pas la mort de l'enfant et il y a une qui voulait sa mort. Dans la crise électorale actuelle, nous constatons qu'il y a un prétendant qui ne veut pas la mort d'un seul Ivoirien et il y a un qui veut la mort de plus d'un Ivoirien, même s'il prétend ne pas souhaiter la mort de beaucoup d'Ivoiriens, comme si un minimum de morts n'a pas de valeur à ses yeux.

En toute objectivité et partialité, le Roi Salomon a tranché : « Ne faites point mourir l'enfant, il a pour mère celle qui ne veut pas sa mort ». En d'autres termes, celle qui veut sa mort n'en est pas la vraie mère. Elle est une fausse mère qui veut prendre l'enfant par fraude et par ruse. Elle est disqualifiée !

Le lecteur comprend aisément que rapportée au règlement de la crise actuelle qui oppose le Président GBAGBO au Président du R.D.R., le fauteuil présidentiel revient au premier. Il ne veut pas qu'un seul Ivoirien meure pour ce fauteuil, pour le pouvoir. Alors, il tend la main à son adversaire, puis l'invite au dialogue et à la discussion, autour des lois que nous nous sommes librement données et qui nous régissent. Il accepte même que les bulletins de vote soient recomptés par des experts internationaux. Malgré la décision irrévocable du Conseil Constitutionnel ! Il est donc le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire. Un poste qui fait de lui le protecteur des citoyens ivoiriens, selon la formule du serment qu'il a prêté le 4 décembre dernier. On comprend dès lors pourquoi il ne peut pas accepter que le sang d'un seul Ivoirien soit versé.

Il en va différemment de M. OUATTARA. N'étant pas le vrai titulaire du fauteuil présidentiel, il veut s'y installer par la fraude et la violence. A défaut d'y parvenir par ces moyens archaïques, il accepte  que l'on sème la mort au sein peuple ivoirien, partout où il se trouve. Il ne le cache pas et il est même soutenu dans cette perspective. Il nous fournit ainsi, chaque jour, les preuves de sa volonté d'usurper ce qui n'est pas à lui, ce que le peuple a refusé de lui donner. La fraude et la violence ayant échoué, il pense réussir en semant la mort à travers les opérations « villes mortes » et « pays mort ».

Nul doute que si le Roi Salomon avait été saisi du litige qui oppose nos deux prétendants au fauteuil présidentiel, c'est sans peine qu'il aurait débouté M. OUATTARA de toutes ses prétentions, pour proclamer le Président Laurent GBAGBO comme en étant le vrai titulaire. Il aurait ainsi confirmé la décision du Conseil Constitutionnel ivoirien, même si cette décision s'impose déjà à tous et à toutes, selon l'article 98 de notre Constitution. Néanmoins, on peut voir dans la juridiction électorale suprême, un autre Salomon. Elle a comme ce dernier condamné la fraude et dit le droit avec vérité, en proclamant définitivement le Président GBAGBO vainqueur et en recevant solennellement son serment.

Toutefois, étant donné que cette crise demeure,  et que nous la vivons encore, je voudrais conclure par dire  comment elle sera dénouée.


CONCLUSION

La réflexion qui précède est en fait le fruit d'une révélation que Dieu m'a faite lorsque j'observais la une d'un organe de la presse écrite. L'organe a présenté côte à côte l'appel au dialogue du Président Laurent GBAGBO et l'appel à la force armée d'un représentant du Président du R.D.R. En réfléchissant sur ces deux appels, Dieu m'a dit : « Tu vois, M. OUATTARA est tombé sous le coup du jugement de Salomon. Il en sera de son sort comme il en a été de celui de la fausse mère de l'enfant qui devait être découpé. De même qu'elle a perdu son procès, de même M. OUATTARA perdra le procès en cours en Côte d'Ivoire.»

Le Seigneur faisait ainsi comprendre au Juge que je suis que le Président GBAGBO et M. OUATTARA sont en fait en procès. Mais devant quelle juridiction, lorsqu'on sait que la seule juridiction compétente a déjà vidé sa saisine ? Celle de la communauté internationale ? Le Seigneur m'a rappelé que la communauté internationale n'a pas d'existence juridique, elle ne saurait être une juridiction. Est-ce la juridiction de ces hommes et autres structures internationales qui se penchent en ce moment sur le dossier ivoirien ? Le Seigneur a encore répondu par la négative, ces hommes et ces structures n'étant que des acteurs accessoires du processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Il a ajouté que le dossier ivoirien est désormais entre ses mains, lui le Juge Suprême, acteur principal de ce  processus.

Le Seigneur a précisé qu'il va appliquer la solution qu'il a jadis inspirée au Roi Salomon.

Il va d'abord permettre au Président GBAGBO de continuer à agir comme la vraie mère de l'enfant. Pendant ce temps, il va davantage pousser M. OUATTARA dans la logique de la fausse mère de l'enfant. Avec le temps dont il est le seul maître, l'on découvrira, à l'œil nu, auquel  des deux il a donné le pouvoir de présider aux destinées de la Côte d'Ivoire, à travers les suffrages régulièrement exprimés, le 28 novembre dernier. Après que le monde entier aura clairement découvert le vrai Président et le faux Président, Dieu permettra que le vrai s'impose et que le faux disparaisse. Le premier débarrassé du second, par la grâce de Dieu, pourra tranquillement gouverner la Côte d'Ivoire, dans le temps qui lui est limitativement imparti.

Nous n'y arriverons pas sans adversité. Car, comme dans le jugement de Salomon, aussi longtemps que Dieu n'aura pas exécuté sa décision, le faux Président poursuivra ses manœuvres. C'est ce que faisait la fausse mère. Elle a continué à réclamer tantôt la maternité de l'enfant, tantôt la mort de ce dernier. De même qu'elle faisait pression sur la vraie mère, de même nous subirons la pression du faux Président qui bénéficie de grands soutiens ici et ailleurs.

Cependant, en comptant sur Dieu, nous pouvons résister à cette pression, jusqu'au temps de notre délivrance (cf. 1Pierre 5 : 8-10). Etant donné que ce temps peut être long, nous pouvons demander à Dieu de l'abréger (cf. Matthieu 24 :22). Nous devons en outre rester à l'écoute de Dieu. Il a souvent des instructions à nous donner pour nous encourager et nous fortifier, afin que nous puissions tenir et agir comme il faut, comme il veut, dans l'attente de notre délivrance et de notre victoire finale.

Récemment, au cours d'un moment de prière et de méditation de la Parole de Dieu, j'ai  clairement reçu de lui qu'en réponse à nos prières, il va changer la situation en notre faveur, par la puissance du Saint-Esprit. Par conséquent, il nous demande de ne pas nous laisser effrayer par nos adversaires. Selon le Seigneur, ils feront tout ce qu'ils veulent et tout ce qu'ils peuvent, pour saper notre morale et pour nous angoisser, dans l'intervalle de temps qui précède notre délivrance. Nous n'avons pas à craindre car, tout ce qu'ils feront est la preuve qu'ils ont échoué.

Dieu met toujours une faille dans leur système pour nous donner une lueur d'espoir, en attendant la victoire finale. Il suffit d'observer l'actualité depuis la fin du scrutin du second tour, jusqu'à maintenant, pour s'en convaincre. Avec le temps qui s'écoule, Dieu fait tomber les masques, il met à nu tout ce qui était caché, il fait éclater la vérité, il suscite de grands soutiens pour nous. En Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde entier, notre voix porte de plus en plus et on commence par nous écouter.

Nous devons donc garder espoir. Ceux qui contestent notre leadership à la tête de notre pays sont sous le coup du jugement de Salomon. Lorsque Dieu va appliquer cette jurisprudence dans la résolution de la crise actuelle, ce sera pour confirmer et consolider ce leadership. Croyons en cette perspective et avançons, dans la prière et dans l'action, selon que Dieu nous disposera.


QUE DIEU BENISSE LA COTE D'IVOIRE,

AINSI QUE TOUS SES HABITANTS

JE VOUS REMERCIE.


VOTRE SERVITEUR

Sébastien ZAHIRI ZIKI

07 567 961 zahiriziki@yahoo.fr

CRISE ELECTORALE IVOIRIENNE: PLAIDOYER POUR LA SOLUTION JURIDIQUE

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INTRODUCTION

La Côte d'Ivoire est encore en crise, malgré la tenue de l'élection présidentielle censée nous sortir définitivement de cette crise armée déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.  Une autre crise armée ? Y répondre par l'affirmative serait comme si on considérait que la première avait cessé. Ce qui n'est pas le cas, dès lors que nos frères rebelles ont toujours refusé de désarmer, avant l'organisation des élections générales. Ainsi, la crise armée initiale demeure, aussi longtemps que ces auteurs n'auront pas déposées les armes prises. On peut donc dire que c'est cette crise armée qui se poursuit, aujourd'hui.

Elle prend seulement une nouvelle tournure, avec une ampleur tout aussi nouvelle. Ceux qui l'avaient commanditée et qui la soutenaient dans l'ombre, œuvrent désormais à visage découvert, aux côtés de leurs poulains. Nous pouvons nous rendre compte que depuis le 19 septembre 2002, rien n'a véritablement changé, si ce n'est la tactique. Celle-ci est le fruit d'une stratégie ficelée avec ingéniosité, par ceux qui nous font la guerre.

Cependant, lorsque nous nous rappelons que derrière tout ce qui nous arrive, il y a toujours la main de notre Dieu, le Tout-puissant, nous pouvons voir les choses autrement. C'est Dieu qui est en train de faire tomber les masques que portaient ceux qui faussement, nous faisaient croire, pour les uns, qu'ils n'étaient rien dans la survenance de cette crise et, pour les autres, qu'ils étaient simplement ici, pour nous accompagner dans sa résolution.

Avec les masques qui tombent, c'est la vérité qui éclate de jour en jour, là où le mensonge s'installait pour toujours !

Avec les masquent qui tombent, c'est le temps de notre délivrance qui s'annonce à l'horizon, pour que sonne le glas de la rébellion !

Le prétexte des manœuvres en cours, mobile de la nouvelle tournure de la crise armée en Côte d'Ivoire, n'est autre que le résultat définitif de l'élection présidentielle proclamé par le Conseil Constitutionnel. La haute juridiction compétente a proclamé vainqueur, le candidat sortant, SEM. Laurent GBAGBO. C'était après avoir examiné les seules réclamations présentées par lui. A sa suite et contre toute attente, le Certificateur a annoncé qu'il ne reconnaît pas ce résultat mais le résultat provisoire que la CEI aurait donné en faveur du candidat OUATTARA. Pourtant, la CEI n'a jamais proclamé de résultat provisoire. C'est plutôt le Président de cette structure qui a proclamé ce qui lui semblait être le résultat provisoire, mais dans des conditions manifestement illégales : hors délai - dans un hôtel servant de quartier général au candidat OUATTARA - en l'absence du représentant du candidat Laurent GBAGBO et des membres de la commission centrale - sans avoir été validé par ces derniers, conformément au mode opératoire en vigueur.

En certifiant le résultat donné dans de telles conditions, le Certificateur du processus électoral s'est manifestement détourné de sa mission. Celle-ci consistait pour lui, à authentifier ce processus en disant si chacune de ses deux dernières étapes (proclamation des résultats provisoires par la CEI et proclamation du résultat définitif par le Conseil Constitutionnel) s'est déroulée comme prévue par la législation en vigueur. Le Certificateur n'étant autre que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies, sa position est partagée et soutenue par ses mandants, au mépris des principes et règles en vigueur. Ils brandissent même leurs armes lourdes contre la solution juridique défendue par les autorités ivoiriennes. Ils poursuivent ainsi la crise armée en cours dans notre pays. C'est pourquoi je parle à la fois de crise armée (usage ou menaces d'usage des armes à feu) et de crise électorale (née des résultats du scrutin électoral).

Dans une précédente contribution au débat, j'ai présenté et examiné le droit applicable en la matière. Je considère que la meilleure voie pour sortir de cette crise est le recours au droit en vigueur. Je sais néanmoins que des solutions contraires au droit sont annoncées ou proposées par des voix qui ne sont pas des moindres. Le débat étant encore ouvert, aucune solution n'ayant été imposée définitivement, je voudrais poursuivre ma contribution à la solution de cette crise, à travers ce plaidoyer en faveur de la solution juridique, c'est-à-dire la solution qui est conforme au droit, à la loi.

Pour le succès de ce plaidoyer, je m'emploierai à examiner, d'une part, les mérites de la solution juridique (1) et, d'autre part, les limites des solutions non juridiques (2).

1. LES MERITES DE LA SOLUTION JURIDIQUE

Malgré la célèbre formule latine, ubi societas, ibi jus, l'on a considéré que les sociétés africaines actuelles étaient peu soucieuses du droit parce que leurs ancêtres, les sociétés africaines précoloniales auraient fonctionné sans droit. Certes d'éminents historiens ont démenti cette thèse aux mobiles racistes. Cependant, nos ex-colons et leurs descendants continuent de croire que le droit est un luxe pour nous. Ainsi, lorsqu'un problème, d'une ampleur comme la crise ivoirienne, se pose, la tendance est de trouver des arrangements politiques, au mépris des règles de droit déjà prévues pour régler ce genre de problème. On se détourne ainsi de la solution juridique qui n'est pourtant pas sans intérêt. Elle a des mérites dont je voudrais ici, examiner les trois principaux. Ce sont :

-          La consolidation de la démocratie par la force du droit (1.1),

-          La construction de l'unité nationale sur le socle du droit (1.2),

-          Le retour définitif à une paix durable en Côte d'Ivoire (1.3).

1.1. La consolidation de la démocratie par la force du droit

Il est généralement admis que force reste au droit, comme pour soutenir que le droit a en lui ou à sa disposition la force qui lui permettra d'inspirer respect et de s'imposer. Cette force du droit peut être mise à la disposition de la démocratie, afin de la consolider et de la promouvoir.

La démocratie est définie étymologiquement comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Toutefois, le peuple ne pouvant pas directement exercer le pouvoir, dans son ensemble, il le fait par le biais de ses représentants, choisis en son sein. Le choix de ceux-ci obéit à des règles de droit préalablement déterminés. Il en va de même de l'exercice du pouvoir par le peuple et au sein du peuple, notamment des rapports entre gouvernants et gouvernés. Par exemple, dans un régime démocratique, les citoyens (gouvernés) possèdent à l'égard du pouvoir (gouvernant) un droit de participation (vote) et un droit de contestation (liberté d'opposition). L'exercice de ces droits contribue à l'expression de la démocratie.

Pour nos pays qui ont vécu sous le régime du parti unique, plusieurs décennies durant, l'ouverture au multipartisme a été  un pas important dans la voie de la démocratie. Mais le multipartisme en lui seul ne suffisant pas, d'autres mécanismes interviennent dans la réalisation et la consolidation de cette démocratie. Il s'agit en l'occurrence de l'élaboration et de l'observation de règles de droit au sein de l'Etat, par toutes ses composantes publiques comme privées.

Le droit est défini au sens large, comme l'ensemble des règles qui régissent la vie en société. Dans les sociétés modernes, il s'agit de règles élaborées suivant un processus qui emporte l'adhésion de la majorité des citoyens, en préservant les droits de la minorité. La promotion de l'Etat de droit ou du droit dans l'Etat est un moyen efficace pour l'émergence de sociétés démocratiques. Pour certains, le droit peut paraître répugnant parce que contraignant. Toutefois, cela ne saurait être un obstacle à y recourir, dans nos rapports les uns avec les autres y compris dans nos rapports avec l'Etat et ses représentants. On évitera ainsi de tomber dans l'anarchie ou l'arbitraire ; ce qui favoriserait la dictature d'un seul individu ou d'un groupe d'individus sur la société toute entière.

Le droit n'est pas immuable. Il peut changer au gré des intérêts du peuple qui l'a élaboré. Au gré de l'intérêt général. Mais, tant qu'il n'a pas encore changé, il s'impose et chaque citoyen doit y obéir. Lorsqu'on doit le changer, on doit y aller en se soumettant à la volonté du peuple, de la majorité du peuple. Celle-ci s'exprime suivant les règles de procédure prévues à cet effet. Il en est ainsi de l'ordonnancement juridique en Côte d'Ivoire. Nos règles ont l'avantage de ne pas déroger à ce qui se passe ailleurs, notamment en droit français dont nous nous sommes inspirés.

Il résulte de ce qui précède que dans la résolution de la crise ivoirienne, à ses débuts comme à l'étape actuelle, la priorité devrait être donnée au droit en vigueur.  Ce droit a prévu tous les mécanismes de règlement d'un tel conflit. Le fonctionnement normal de nos institutions et de la société ivoirienne, en général, repose sur des règles de droit préétablies, car nous sommes dans un Etat de droit. Lorsque survient une crise au sein de notre société, on devrait donc interroger le droit en vigueur et s'y conformer, sans arrière pensée.

Pour la présente étape de la crise ivoirienne, le droit nous donne une voie de sortie à travers l'article 98 de la Constitution ivoirienne qui dispose : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux Pouvoirs Publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale. » En s'y conformant, on respecte la volonté du peuple qui y est clairement exprimée, en même temps qu'on contribue à l'expression et à la consolidation de la démocratie par le droit. On devrait donc s'y conformer pour ne pas affaiblir le droit, au risque d'affaiblir la société et de la rendre instable.

On peut avoir des opinions différentes sur tel ou tel aspect des règles de droit en vigueur. Cela est tout à fait normal, chaque être humain étant doté d'un libre arbitre. Ce libre arbitre est le fondement de la liberté d'expression, laquelle constitue un droit inaliénable pour chaque individu. Cependant, la vie en société a ses exigences et contraintes qui freinent notre liberté là où commence celle des autres. Le tout est régi par le droit, en vue d'harmoniser la vie en société, en préservant à la fois l'intérêt général et les intérêts particuliers. C'est pourquoi, force doit rester au droit. Cette force du droit contribuera ainsi à la consolidation de la démocratie au sein de la société.

1.2. La construction de l'unité nationale sur le socle du droit

Si la société ivoirienne a besoin de démocratie pour se moderniser, elle a aussi besoin d'unité pour former une grande nation, une nation développée. L'adage ne dit-il pas que l'union fait la force ? La force pour propulser le développement ! Le besoin d'unité nationale est d'autant plus pressant et prioritaire que nous venons de tribus ou ethnies aux pratiques parfois divergentes. Les luttes anticoloniales n'ont pas permis l'émergence d'une véritable nation. Nous avons donc hérité de la colonisation un Etat plutôt qu'une nation. La nation restant à construire, l'Etat constituait le creuset de base pour sa construction.

Les pères des indépendances ont  perçu très tôt la nécessité de la construction de l'unité nationale. Ils ont travaillé à cela en utilisant divers autres moyens au nombre desquels le monopartisme ou le parti unique. En Côte d'Ivoire, sans que le parti unique ait été expressément prévu par la Constitution, il a fonctionné comme un Parti-Etat, tant sa confusion avec l'Etat était manifeste dans la pratique et dans la vie de notre jeune nation. On a alors parlé de parti unique de fait, car la Constitution prévoyait bien le multipartisme. Le fait ayant pris le dessus sur le droit, pour construire l'unité nationale, les pères fondateurs ont imposé le parti unique, refusant tout recours au multipartisme. On a prétexté d'un consensus favorable à cette situation.

A l'heure du bilan, peut-on dire que cette option a été satisfaisante ? La primauté du fait sur le droit a-t-elle permis de  réaliser le résultat escompté ? Au regard de ce qu'il nous a été donné de voir depuis la rupture du consensus le 30 avril 1990, on peut répondre par la négative. Il y a d'abord eu la Charte du Nord qui a commencé à circuler du vivant du garant de l'unité nationale, le Président HOUPHOUET-BOIGNY. Il y a ensuite eu la rébellion armée qui a entraîné la partition du pays en deux, sans toutefois franchir la ligne rouge de la sécession.

Même si la construction de l'unité nationale est une œuvre de longue haleine, l'option de la construire en privilégiant le fait par rapport au droit a montré ses limites. Il faut donc poursuivre cette œuvre en inversant l'ordre des choses : privilégier le droit sur le fait. Le bon fonctionnement d'une société reposant d'abord sur des règles de droit, il faut donner la primauté au droit, dans la construction de l'unité nationale. Il en va d'autant plus ainsi que la nation n'est pas seulement un concept sociologique, mais aussi un concept juridique.

Le droit peut valablement contribuer à la construction de l'unité nationale. L'élaboration du droit est certes l'œuvre de sources formelles, mais il y a d'abord les sources matérielles. Il s'agit de l'ensemble des circonstances et de situations factuelles. Lorsqu'on  les codifie, elles deviennent des règles de droit régissant la vie en société. Leur codification est le fruit d'un tri, d'une sélection parmi tant d'autres. Le mode de codification met en jeu des acteurs de diverses opinions et conditions sociales. Le peuple dans son ensemble y participe à travers le vote, pour faire valoir l'intérêt général. La règle de droit, fruit de cette œuvre collégiale, contribue ainsi  à la construction de l'unité nationale. De la sorte, le droit devient la référence ou la boussole pour toutes les composantes de la société,  de même que le socle de leur unité,  dans la diversité.

1.3. Le retour définitif à une paix durable en Côte d'Ivoire

Le troisième mérite de la solution juridique est de ramener définitivement et durablement la paix en Côte d'Ivoire. On définit généralement la paix comme l'absence de querelle ou de conflit entre des individus, au sein d'un Etat ou entre plusieurs Etats. La paix est ainsi définie par rapport au conflit. Lorsqu'il y a la paix, c'est qu'il n'y a pas de conflit et vice versa. Pour maintenir la paix ou pour la rétablir, on veille à éviter le conflit ou à y mettre fin, en le réglant.

Dans la situation de conflit armé que vit la Côte d'Ivoire depuis l'échec de la tentative de coup d'Etat transformé en rébellion, le retour de la paix passait donc par la fin de la rébellion. Si tout le monde en était d'accord, la question restait de savoir comment y parvenir ? La réponse qui a été apportée à cette question a été de discuter avec les rebelles. Les discussions ont pris toutes les formes possibles, dans le temps et dans l'espace, ici et ailleurs. Mais, à l'heure du bilan, le résultat est que tous les efforts et sacrifices consentis se sont avérés vains. Plutôt que de sortir de la crise, nous nous y sommes enfoncés, comme dans un gouffre. Nous nous sommes ainsi éloignés de la paix tant attendue et qui pointait à l'horizon. Tel est le sentiment qui anime plus d'un, au regard de la crise actuelle née du résultat définitif de l'élection présidentielle. Quelle que soit le dénouement de cette crise, on peut dire que les méthodes utilisées par les hommes n'ont pas conduit le pays à la paix, comme ils le voulaient.

Parlant de la paix selon Dieu, le Révérend Pasteur John MACARTHUR soutient : « La paix est beaucoup plus que l'absence de quelque chose. C'est la présence de la justice qui produit des relations justes. La paix, ce n'est pas simplement la fin de la guerre ; c'est l'établissement de la justice. » (cf. Les Béatitudes, secret du bonheur, Editions La Maison de la Bible, 2002, Collection Disciple, p. 165).

La justice est définie comme la vertu par laquelle on rend à chacun ce qui lui est dû. En cela, on peut aussi la définir comme étant le pouvoir de faire droit à quelqu'un. Dans cette optique, on parle du pouvoir judiciaire, c'est-à-dire le pouvoir de rendre la justice. Dans un Etat organisé sur le droit et autour du droit, ce pouvoir est exercé par des institutions habilitées. Ces institutions exercent la justice sur la base de règles de droit bien déterminées.

Il apparaît dans ces conditions que si la vraie paix consiste à établir la justice entre individus et au sein de la société, non seulement que cette justice est rendue par des institutions établies à cet effet, mais aussi elle est rendue en application du droit en vigueur. Le droit, par le biais de la justice, contribue ainsi au maintien et au rétablissement de la paix.

Avec le droit, point n'est besoin de rechercher indéfiniment le consensus entre les parties en conflit. Point n'est non plus besoin de chercher à les réconcilier de force, contre leur gré. Point n'est encore besoin de poursuivre sans cesse le dialogue. Ce dialogue se transformerait très rapidement en dialogue de sourds, pour se solder en un marché de dupes ! N'est-ce pas ce à quoi nous avons assisté dans le processus de règlement de la crise armée en Côte d'Ivoire ? Même l'APO, fruit du dialogue direct inter ivoiriens, objet de tous nos espoirs de sortie de crise par la voie pacifique, s'est avéré être un marché de dupes, un dialogue de sourds. Alors que nous avions conclu pour le désarmement des rebelles avant les élections, ils voyaient les choses autrement. Ils n'ont pas raté l'occasion que leur offrait l'élection présidentielle pour démontrer pourquoi ils voyaient le désarmement autrement que ce qu'en disait l'APO, reniant ainsi leur signature.

Fort heureusement, dans la crise post électorale actuelle, le droit se dresse encore pour montrer le chemin du retour définitif à une paix durable : la haute juridiction électorale ayant dit le droit, il faut s'en tenir à sa décision, pour sortir d'une décennie de crise armée. Nul n'est compétent pour remettre en cause cette décision. Tous doivent donc s'y plier, comme l'exige le droit en vigueur, la Constitution ivoirienne. Cette exigence constitutionnelle est la voie d'une paix définitive et durable.

La meilleure illustration de ce qui précède, c'est la situation que nous vivons depuis un mois dans le pays.  Les jours où nos adversaires  appellent les populations à se soulever contre la  décision de la juridiction électorale, la paix est troublée et les familles sont endeuillées, même si leur appel n'est pas suivi comme ils le souhaitaient. Par contre, les jours où leurs appels cessent de se faire entendre, les populations se remettent tous au travail en toute quiétude. Les embouteillages reprennent à Abidjan ! La moralité qu'on en tire, c'est que le respect du droit est une grande source de paix. Il faut donc respecter le droit en vigueur en Côte d'Ivoire, pour faire régner la paix dans ce pays.

En conséquence de tout ce qui précède, je peux dire qu'en faisant prévaloir la solution juridique, dans le règlement du conflit en cours, on fera d'une pierre plusieurs coups : en même temps qu'on règle définitivement la crise armée en Côte d'Ivoire, on contribue aussi à la consolidation de la démocratie, à la construction de l'unité nationale et au retour d'une paix durable dans ce pays. Ce sont là les grands mérites de la solution juridique, c'est-à-dire la solution qui est conforme au droit en vigueur. Il en va autrement lorsqu'on minimise cette solution et qu'on l'écarte, au profit de solutions non juridiques.

2. LES LIMITES DES SOLUTIONS NON JURIDIQUES

Comme leur nom l'indique, les solutions non juridiques sont les solutions qui ne privilégient pas le droit en vigueur. On y recourt ou on conseille d'y recourir, comme si le droit n'avait pas prévu de mécanisme de règlement des conflits. Pour la crise ivoirienne, en général, comme dans sa phase actuelle, en particulier, la loi a prévu toutes les voies de règlement. On devrait donc recourir au droit pour s'en sortir. Malheureusement, au lieu de cela, diverses solutions non juridiques sont proposées aux protagonistes de cette crise comme dans l'opinion publique. Au nombre de ces solutions, trois ont retenu mon attention. Il s'agit de :

-          L'installation amiable ou forcé de M. OUATTARA à la tête de notre pays.

-          Le partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA.

-          La reprise du second tour de l'élection présidentielle.

Je voudrais examiner ces propositions en mettant en exergue leurs limites.

2.1. L'installation amiable ou forcée de M. OUATTARA à la tête du pays

L'installation de M. OUATTARA en qualité de Président de la République est la solution la plus en vue dans les propositions qui sont faites. Elle est soutenue par les institutions internationales et par plusieurs Chefs d'Etats en Afrique et hors d'Afrique. Ce soutien n'est pas seulement moral ou affectif. Il est aussi diplomatique, logistique, matériel, financier et même militaire. Leurs auteurs sont prêts à recourir à la force des armes pour faire de M. OUATTARA le Président de la République de Côte d'Ivoire. Ils avaient privilégié l'option militaire, avant de se raviser, au rythme de leurs rencontres avec le Président en exercice, SEM. Laurent GBAGBO.  Sans clairement abandonner cette voie guerrière et meurtrière, ils ont changé l'ordre de priorité, en mettant en avant la voie diplomatique qui est celle du dialogue et de la négociation.

Les soutiens de M. OUATTARA s'appuient exclusivement sur le rapport du Certificateur du processus électoral, M. CHOI, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies en Côte d'Ivoire. M. CHOI y déclare avoir certifié comme étant exacts et conformes aux faits, « les résultats provisoires proclamés par la CEI. » Il a expliqué qu'il a utilisé des méthodes scientifiques pour arriver à la conclusion que c'est M. OUATTARA qui a remporté le second tour de l'élection présidentielle dans notre pays.

Les partisans  et autres soutiens de M. OUATTARA déduisent du rapport de M. CHOI que le peuple de Côte d'Ivoire a porté son choix sur lui. Ils estiment donc qu'ils luttent pour le respect de la volonté du peuple ivoirien. Toutefois, l'examen du rapport de M. CHOI confronté à la réalité des faits permet de soutenir qu'il  ne traduit pas la volonté du peuple exprimé au cours du scrutin litigieux. J'en ai pour preuves les nombreuses failles de la certification. Ces failles portent sur un certain nombre de points parmi lesquels je retiendrai trois.

Le premier point c'est que M. CHOI parle de résultats provisoires qu'aurait donné la CEI. Pourtant, il sait bien que la CEI n'a pas pu donner les résultats provisoires. Cette structure avait trois jours à compter de la fin du scrutin pour le faire. Mais elle n'a pas pu le faire pour des raisons inavouées. Certes un jour avant l'expiration du délai de proclamation des résultats provisoires, il y a eu des incidents entre les commissaires centraux de la CEI. Cependant, au lendemain de cet incident et à une heure de l'expiration du délai, le Président de la CEI est apparu au petit écran pour annoncer que tout était rentré dans l'ordre au sein de la commission centrale. Il a ajouté que les commissaires centraux étaient à pied d'œuvre pour permettre à leur structure de proclamer les résultats provisoires dans le délai qui leur est imparti par le code électoral (article 59 nouveau).

C'est plus tard que le Président de la CEI a donné ce qu'il prétend être les résultats provisoires, dans les conditions irrégulières qu'on ne cessera pas de dénoncer :

-          Hors délai (trois jours ou 72 heures à compter de la fin du scrutin)

-          Dans un hôtel servant de quartier général de campagne au candidat OUATTARA

-          En l'absence des membres de la commission centrale

-          En l'absence du représentant du candidat GBAGBO

-          Sans que les résultats aient été validés par les commissaires centraux.

Le deuxième point c'est que dans son rapport, M. CHOI soutient que même en tenant compte de toutes les réclamations du Président GBAGBO, M. OUATTARA sort vainqueur du scrutin, sans en rapporter la preuve. Il s'est contenté d'annoncer le taux des suffrages recueillis par chaque candidat. Il n'a donné ni le nombre de voix obtenues par chacun, ni le nombre de voix écartées en vertu des réclamations du Président GBAGBO. Or sur ce point, le Conseil Constitutionnel a proclamé la victoire du Président GBAGBO en ne prenant en compte qu'une partie de ses réclamations. M. CHOI, le Certificateur, devrait donc étayer sa méthode par des preuves irréfutables, sans se contenter de simples déclarations. Même au cours de sa longue conférence de presse, il n'a osé donner le moindre chiffre. Comment peut-on croire à de telles allégations, lorsque le Certificateur occulte la substance des faits ? Le Conseil Constitutionnel ayant donné des chiffres, pour le contrarier valablement, M. CHOI aurait dû donner les chiffres sur lesquels il s'est basé pour faire son rapport.

Le troisième point qui découle du précédent c'est que M. OUATTARA et ses partisans  reprochent au Conseil Constitutionnel d'avoir invalidé les résultats de certains départements, alors que le Certificateur prétend que malgré cela M. OUATTARA sort vainqueur du scrutin. Est-ce pour eux une façon de remettre en cause cet aspect de la certification ? Si tel est le cas, que reste-t-il de la certification, lorsqu'on sait que, contrairement aux prétentions de M. CHOI, la CEI n'a pas donné de résultats provisoires ? On peut aisément déduire de toutes ces contradictions que le vainqueur du scrutin n'est pas celui qu'a désigné M. CHOI, mais le Président Laurent GBAGBO désigné par le Conseil Constitutionnel. On comprend dès lors pourquoi le Certificateur a occulté les chiffres sur la base desquels il a obtenu les taux des suffrages annoncés. On comprend également pourquoi M. OUATTARA refuse la proposition pertinente du Président GBAGBO de faire éclater la vérité, en recomptant les voix, à partir des bulletins de vote. Il s'oppose ainsi à la manifestation de la vérité.

C'est donc à juste titre que le Christ JESUS a déclaré : « Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. » (cf. Jean 3 :20-21). Si cette déclaration traduit l'expérience personnelle de son auteur, elle n'illustre pas moins la situation que vit la Côte d'Ivoire à travers le Président GBAGBO et M. OUATTARA.

Le premier agit selon la vérité et veut que la lumière soit faite sur le résultat du scrutin. Par contre, le second s'obstine à refuser que la vérité soit dite, préférant les ténèbres à la lumière, de peur que ces manœuvres frauduleuses ne soient dévoilées. Or le Christ a indiqué que celui qui est dans cette dernière situation tombe sous le coup du jugement divin (cf. Jean 3 :19). Ce jugement n'est autre qu'un jugement de condamnation sans recours, dès lors qu'il vient du Juge Suprême.

On peut dès lors se demander si tous ceux qui soutiennent encore M. OUATTARA peuvent accepter de l'imposer à la Côte d'Ivoire, sur la base du faux et du mensonge, en dehors de la vérité ? S'ils acceptent de le faire malgré tout bon sens, peuvent-ils réussir ? Je ne peux y croire car, le temps travaille à l'éclatement de la vérité. Plus le temps passe, plus le monde entier  découvre que la vérité n'est pas avec M. OUATTARA. Ainsi, en plus d'avoir le droit contre lui, on découvre que la vérité est contre lui. Il ne lutte plus contre le Président GBAGBO seul, mais aussi contre le droit et la vérité. Contre Dieu qui est droit et vérité ! Ceux qui continueront de l'aider dans une telle voie sans issue, tomberont aussi sous le coup du même jugement divin.

C'est pourquoi, ni à l'amiable, ni par la force, M. OUATTARA ne parviendra à occuper le fauteuil présidentiel. Il ne sera pas Président de la République de Côte d'Ivoire. Ce point de vue qui est loin d'être une vue de l'esprit est  confortée par la Parole de Dieu qui dit : « L'homme ne triomphera point par la force. » (cf. 1Samuel 2 :9). Or, il ne le cache plus, il compte sur la force des armes pour triompher, pour s'imposer à la Côte d'Ivoire. Oubliant que cette méthode a déjà  échoué, il ignore qu'elle échouera toujours, par la grâce de Dieu. Nous n'avons donc pas à craindre les menaces des armes à feu, quelque sophistiquées soient-elles et d'où qu'elles viennent.

2.2. Le partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA

La solution tenant au partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA n'a pas encore été sérieusement avancée. Elle est simplement envisagée par certains observateurs, à l'instar de ce qui a été retenu dans certains pays d'Afrique où des crises ont éclaté, à l'issue d'élections présidentielles. Deux principaux schémas sont proposés : la création d'un poste de Vice-Président de la République pour  l'un des antagonistes ou  la nomination de l'un d'eux au poste de Premier Ministre.

Dans les deux cas de figure, un obstacle majeur apparaît : il s'agit de savoir lequel des deux occupera le poste subalterne de Vice-Président ou de Premier Ministre ? Cet obstacle à lui seul suffit pour rejeter ladite solution. Ceux qui ont envisagé cette solution en sont conscients. Cependant, quelques-uns parmi eux soutiennent qu'étant donné que nous sommes en politique où tout est possible, une telle solution n'est pas à écarter du revers de la main.

Quand bien même cet obstacle était franchi, des obstacles spécifiques se dressent contre l'admission de chacun de ces deux postes, comme solution possible.

S'agissant du poste de Vice-Président, il se heurte contre la Constitution en vigueur.  Celle-ci ne prévoit pas de poste de Vice-Président. La création de ce poste nécessite une modification de la Constitution. Or les exigences en la matière sont si majeures que le recours à l'article 48 de la Constitution est inopérant. C'est pourquoi cette solution n'est pas sérieusement envisagée et ne saurait l'être, dans les conditions actuelles.

Pour ce qui est du Poste de Premier Ministre, il a l'avantage d'avoir été prévu par la Constitution. Cependant, l'expérience récente des huit dernières années n'autorise pas à y recourir, si on veut vraiment faire avancer le pays vers des lendemains meilleurs, pour le bien-être des populations. Avec cette solution, on n'échappera pas à des crises d'autorité au sommet de l'Etat. Ce qui exposera le pays à de grands risques de blocages institutionnels. Il en sera ainsi même si c'est pour une période de transition limitée que cette solution sera mise en œuvre.

Il faut ajouter par ailleurs, qu'au cours des dix dernières années, l'expérience des Gouvernements d'union a montré ses limites. Les Ivoiriens qui ont le sens de l'humour y ont vu des Gouvernements de crabes, de scorpions et de reptiles. C'est une raison supplémentaire pour que la solution du partage formel du pouvoir, entre les deux antagonistes, ne puisse pas prospérer.

2.3. La reprise du second tour de l'élection présidentielle

Certains observateurs ont proposé la reprise du second tour de la présidentielle. Sans que cette solution ne constitue véritablement une solution juridique, elle est défendue, en grande partie, par des arguments juridiques.

Les auteurs de cette solution se réfèrent à l'article 64 nouveau du code électoral qui dispose en son premier alinéa : « Dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection. » Selon eux, lorsque le Conseil Constitutionnel est saisi pour prononcer le résultat définitif de l'élection, il a le choix entre seulement deux solutions : entériner les résultats provisoires proclamés par la CEI (article 63 nouveau) ou annuler tout le scrutin (article 64 nouveau).

Leur proposition serait dès lors un arrangement politique pour rectifier « l'erreur d'interprétation » qu'aurait commise la haute juridiction électorale. Cette proposition viserait en outre à rétablir la paix. Cette proposition appelle, de ma part, quelques observations.

D'abord elle tend à limiter les pouvoirs de l'organe de contrôle qu'est le Conseil Constitutionnel, au profit de l'organe contrôlé qu'est la CEI. On refuse ainsi au premier le pouvoir d'invalider des résultats sans remettre en cause l'ensemble du scrutin, alors que ce pouvoir est reconnu au second. On fait dire au texte ce qu'il ne dit pas.

Or à bien lire le texte, il parle d'une situation de troubles généralisés sur toute l'étendue du territoire national. C'est pourquoi le texte précise que les irrégularités constatées doivent être « de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble. » Il en va autrement lorsque les fraudes ou irrégularités dénoncées au Conseil Constitutionnel qui en a fait le constat sont ciblées ou isolées.

Par ailleurs, on peut reconnaître que, comme c'est souvent le cas des textes de lois, le texte litigieux peut faire l'objet d'interprétations divergentes et donner lieu à des controverses doctrinales. Or nous savons qu'en la matière, la doctrine n'est pas source de droit et ne fait pas autorité. Dans ces conditions, la seule interprétation à laquelle l'on doit s'en tenir, c'est celle de la juridiction suprême compétente en la matière : le Conseil Constitutionnel. Seule sa décision fait autorité et s'impose comme telle.

En respectant la décision du Conseil Constitutionnel, c'est la volonté souveraine du peuple de Côte d'Ivoire qu'on a respecté. Car c'est ce peuple qui, à travers la Constitution, a investi le Conseil Constitutionnel de l'autorité de dire le droit, en pareille situation. Aucune autre personne physique ou morale n'a été investie d'un tel pouvoir. Le peuple souverain de Côte d'Ivoire ayant parlé à travers le Conseil Constitutionnel, aucune personne n'est habilitée à remettre en cause sa décision, d'une manière ou d'une autre. Tel est le sens de l'article 98 de la Constitution qui dispose clairement : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux Pouvoirs Publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale. »

On ne peut donc pas proposer la reprise de l'élection présidentielle sans frustrer le peuple dont la volonté a été exprimée par l'institution qu'elle a investie à cet effet, le Conseil Constitutionnel.  C'est cette volonté qui fait de SEM. Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire. La volonté du peuple exprimée directement par le vote, a été traduite par la décision du Conseil Constitutionnel, conformément aux normes en vigueur. Si cette institution a trahi sa mission, le peuple de Côte d'Ivoire est suffisamment mûr pour se faire entendre. Il en a fait la preuve, à maintes reprises, ces dix dernières années, en se soulevant contre les impostures dont elle a été victime. L'histoire est récente et connue de tous !  Point n'est besoin de rappeler les évènements d'octobre 2000,  de janvier 2003, de novembre 2004, de janvier 2006, etc.

On ne peut pas non plus proposer la reprise de la présidentielle au nom de la paix lorsqu'on sait qu'il suffit de s'incliner face à la volonté du peuple exprimée par le Conseil Constitutionnel pour que la paix règne dans notre pays. La vraie paix c'est celle qui se construit sur le droit, par la justice et dans la vérité. On ne peut donc pas s'attendre à la paix lorsqu'on foule au pied le droit, lorsqu'on prône l'injustice et lorsqu'on refuse que la vérité éclate.


CONCLUSION

Au regard de tout ce qui précède, force est de reconnaître que la vraie solution à cette crise est dans le droit, le droit en vigueur en Côte d'Ivoire appelé aussi droit positif. Nous avons ainsi à notre disposition les moyens pour régler nos conflits. Ce sont la Constitution et le code électorale que nous avons plébiscités lors du référendum de juillet 2000.  Peut-être qu'ils changeront un jour, puisqu'aucune règle de droit n'est immuable de nos jours. Nous ne sommes plus au temps des Lois des Mèdes et des Perses réputées irrévocables dans la Bible (cf. Daniel 6 :9).

Il faut donc accepter et s'approprier  la solution juridique, celle dite par la plus haute juridiction compétente en matière électorale. Nous devons le faire, eu égard à ses mérites dont j'ai relevé les principaux. Nous devons aussi le faire, compte tenu des limites des solutions non conformes au droit en vigueur. La survenance de la présente crise qui consacre l'échec de la prédominance des solutions non conformes au droit applicable, dans le processus de règlement de la crise armée initiale, illustre l'inefficacité de telles solutions. Autant elles s'écartent du droit en vigueur, autant elles éloignent la paix de notre pays.

Il faut recourir avec courage et sans faux-fuyant à la solution juridique. Elle seule épargnera à notre pays de nouveaux dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines. Elle seule neutralisera les menaces de toutes sortes qu'on fait planer sur notre pays et ses dirigeants légitimes.

Il faut alors se battre pour la prédominance de la solution juridique au cours des négociations qui ont lieu en ce moment. Il ne s'agit pas d'une bataille avec des armes physiques et par des actes de violences. Dieu les a en horreur ! Il s'agit d'abord de la bataille spirituelle qu'on livre auprès de Dieu, avec les armes spirituelles dont la prière en première ligne (cf. 1Timothée 2 :1-3). Elle est plus puissante et plus efficace qu'une arme quelconque qui peut se nommer sur terre. Il s'agit ensuite de la bataille psychologique de communication, pour sensibiliser l'opinion publique nationale et internationale sur les vertus de la solution juridique. Cette solution étant connue à travers la décision du Conseil Constitutionnel, il s'agira aussi de communiquer sur le sens de cette solution.

La cause défendue étant juste, son succès est garanti. Nous avons des raisons d'espérer que la solution juridique finira par s'imposer. Si les hommes refusent de s'y soumettre, Dieu veille au grain pour la leur imposer. Car, hier comme aujourd'hui, nous dit la Bible, c'est Dieu le  Très Haut « qui domine sur le règne des hommes et qui le donne à qui il lui plaît. » (cf. Daniel 4 :17). Les deux principaux protagonistes le savent. Et, au regard de ce qui précède, le choix de Dieu est connu. C'est ce choix qu'il va bientôt imposer, à travers le droit, après nous avoir suffisamment fait voir tout ce qui se tramait dans les ténèbres, depuis au moins dix ans.


« Que votre cœur ne se trouble point, croyez en Dieu et croyez en moi »,

Nous dit notre Seigneur Jésus-Christ, selon Jean 14 :1.


Et à moi d'ajouter :

QUE DIEU VOUS BENISSE,

QU'IL BENISSE LA COTE D'IVOIRE,

AINSI QUE TOUS SES HABITANTS

JE VOUS REMERCIE.


 

VOTRE SERVITEUR

Sébastien ZAHIRI ZIKI

07 567 961 zahiriziki@yahoo.fr

jeudi, 10 février 2011

CRISE EN COTE D'IVOIRE: LE RAPPORT QUE CACHE LE COREEN YOUNG JIN CHOI

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L'information émane d'une source proche de l'ONUCI. Un rapport produit par les observateurs dépêchés par l'ONUCI dans le nord de la Côte d'Ivoire lors du second tour de l'élection présidentielle tenu le dimanche 28 novembre 2010 n'a pas été porté à la connaissance de la communauté nationale et internationale par Young J. Choi dans son bilan de certification du scrutin. Et pour cause, ce rapport est accablant, a-t-on appris, pour Alassane Dramane Ouattara et la rébellion armée agissant pour lui. Bourrage des urnes, violence sur les électeurs soupçonnés de supporter Laurent Gbagbo, viol de femmes, violence sur les observateurs nationaux et internationaux dont ceux de l'ONUCI, de l'Union européenne (UE) et de l'Union africaine (UA), graves irrégularités, etc., ce rapport serait un véritable brûlot contre les exactions et autres actes anti-démocratiques survenus en zones CNO (centre, nord et ouest) occupées par la rébellion armée.

Ce rapport, qui fait clairement mention du «tonnerre de violence» que les rebelles ont fait abattre sur les représentants du candidat Laurent Gbagbo dans les bureaux de vote (certains ont dû fuir pour sauver leur vie), n'épargne pas les observateurs internationaux. Dont il révèle les déboires dans les localités de Bouaké, Korhogo, etc. Au dire de nos sources, ce rapport qui existe bel et bien n'a jamais été rendu public par Young J. Choi, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire. Choi a visiblement caché ce rapport accablant pour rédiger un compte-rendu personnel sur le second tour de l'élection présidentielle. Dans ce compte-rendu qu'il a remis à l'ONU, Choi ne mentionne pas les violences dans les zones sous occupation des rebelles. Il qualifie les actes de violence de minime.

Toujours selon les sources proches de l'ONUCI, Abou Moussa, adjoint de Young J. Choi, n'aurait pas apprécié que le rapport sur la réalité du scrutin du 28 novembre ait été totalement ignoré dans le compte-rendu de l'ONUCI à l'ONU. Sur cette question, des divergences l'opposeraient à Choi.


Source: IVOIREVOX.COM

vendredi, 14 janvier 2011

EXASPERES, LES JEUNES DE LA RIVIERA II INCENDIENT UN VEHICULE DE L'ONUCI

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Décidément, les Ivoiriens en ont marre de la présence des forces onusiennes en Côte d'ivoire (ONUCI). Hier, ne pouvant plus accepter les torts causés à l'ivoirien, des jeunes de la Riviera II, Abidjan Cocody, sont rentrés en action en refusant l'accès ou la traversée de leur quartier par l'ONUCI. Aux environs de midi, un véhicule marqué du sceau UN a été pris à partie par des jeunes qui n'ont pas manqué de le mettre à feu au carrefour de la Riviera II. Un autre a pu s'échapper non sans laisser ses vitres cassées. Mais un peu plutôt le matin, un convoi de l'ONUCI, composé de cinq véhicules dont un char, a été bloqué net par des éléments FDS-CI en patrouille au même carrefour. Il ressort des informations recueillies sur place que les policiers FDS-CI ont jugé « léger l'argument avancé par les soldats onusiens selon lequel, ils sont à la recherche d'une station-essence pour s'approvisionner en carburant. Les FDS leur ont intimé l'ordre de faire demi-tour, mais les soldats onusiens ont voulu user de leurs armes. Quand en face d'eux, les policiers ivoiriens ont brandi la menace de répliquer. Le pire a été donc évité de justesse avec le retour à la base des soldats onusiens.

Peu de temps après, les hommes de Choï sont revenus à la charge fortement armés. Comme s'ils voulaient absolument en découdre avec les populations. Mais ils ont trouvé sur place, les mêmes éléments des FDS bien en place. Position qui les a dissuadés et ils ont fait demi tour vers la Riviera III, où se trouve leur base. C'est vraisemblablement cette situation qui a irrité les jeunes de la Riviera II faisant des soldats onusiens des personnes « indésirables » dans leur périmètre. On se rappelle que la force onusienne en Côte d'Ivoire, est depuis le déclenchement de la crise post-électorale, soupçonnée d'être de connivence avec les rebelles. A qui, elle fournit équipements et divers autres matériels militaires pour combattre les FDS-CI et la mère-patrie. « Nous allons empêcher les forces onusiennes de se rendre à l'Hôtel du Golf en passant par notre quartier. Ce sont elles qui alimentent la crise en Côte d'Ivoire », ont fait savoir ces jeunes très remontés contre l'ONUCI qui n'ont pas hésité à incendier un de leurs véhicules.



Toussaint N'Gotta


Source: LE TEMPS

vendredi, 07 janvier 2011

CRISE IVOIRIENNE - GROS MALAISE A L'ONUCI : LES MILITAIRES GROGNENT CONTRE CHOÏ



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Ça ne va plus à l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Les fonctionnaires, notamment les militaires qui y travaillent sous la responsabilité du Sud-Coréen Choï, ne se sentent plus du tout à l'aise. Ils dénoncent l'entêtement de leur patron et ses choix multiples qui créent un certain désarroi en leur sein. Sur le plan militaire, les collaborateurs de Choï qui ne cachent plus leur colère, ont le net sentiment de n'être plus dans le mandat qui les a envoyés en Côte d'Ivoire pour instaurer et accompagner la paix. Depuis la fin des opérations de vote et la posture qu'a prise leur premier responsable « en faisant de l'ONUCI, qui est venue faire la paix, un allié d'une opposition qui n'a pas de vision claire. Plus grave, les Forces nouvelles utilisent aujourd'hui tous les symboles de l'ONU pour combattre leurs frères d'armes. C'est unique au monde et nous ne comprenons pas cela », clame, dépité, un jeune soldat de l'ONUCI. « Mais, s'empresse-t-il d'ajouter, tout le monde n'est pas Choï et tout le monde ne pense pas comme Choï. Nous sommes des humains. Nous avons fait les bancs et nous réfléchissons. Tous les jours, nous sommes interpellés (en tout cas certains d'entre nous) par des amis, des parents lointains qui habitent ici et qui pensent que nous voulons les tuer».

Selon le militaire onusien, la réponse qu'ils donnent à tous ceux qui les interpellent, c'est d'écrire à leurs pays respectifs pour dénoncer ce qu'ils voient et attirer ainsi l'attention de leurs présidents de la République. A l'ONUCI, la déchirure est si profonde aujourd'hui que tous ceux qui estiment qu'il faut revenir au plus vite à la mission initiale de l'ONUCI, qu'ils soient administratifs ou militaires, sont automatiquement écartés. Il en est ainsi de ceux qui ont voulu parler du rapport des observateurs de l'Union Africaine dont des membres ont été séquestrés à Korhogo, libérés et exfiltrés de la ville par les militaires de l'ONUCI présents le jour du vote dans la ville. « Choï ne voulait pas en entendre parler. Il a banalisé le rapport et l'a jeté loin de lui. Pour lui, ce sont des conneries », raconte amer, un fonctionnaire.

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Un autre militaire raconte aussi qu'on les envoie à la rencontre de certaines communautés ivoiriennes pour leur dire : « Soulevez-vous, soulevez-vous ! ». Seulement, quand ils y vont, ils trouvent sur place des gens paisibles qui vaquent à leurs occupations. De sorte qu'il leur est difficile voire impossible d'accomplir la tâche. Evidemment, certains le font, mais pas tous. Aujourd'hui, il n'y a plus de doute dans l'esprit des collaborateurs de Choï qu'il fait du départ de Laurent Gbagbo du pouvoir son affaire personnelle. Au point où, s'insurge un fonctionnaire de l'ONUCI, les rumeurs de charnier que l'on entend ici et là sont mal gérées par leur patron. C'est d'ailleurs cette affaire de charnier qui a fait déborder le vase. C'est que les orientations que leur donne la hiérarchie vont dans un seul sens, alors que ces rumeurs proviennent de tous les camps. « Décidément, notre patron veut faire de la Côte d'Ivoire un Irak ou un Afghanistan où tout est sens dessus-dessous », râle le fonctionnaire.

Un militaire avec qui nous avons parlé au téléphone va plus loin dans la dénonciation de l'attitude du patron de l'ONUCI. « En faisant utiliser les symboles des Nations Unies aux militaires des Forces nouvelles, nous oublions qu'en Côte d'Ivoire, ils se connaissent. En plus, ils ont appris à se connaître davantage dans le CCI. Donc, les hommes du général Mangou savent si ce sont les FN que nous avons habillés en uniforme onusien ». Il prend un autre exemple : « Regardez la position dans laquelle nous sommes, aujourd'hui. C'est toujours les mêmes que nous sommes obligés de garder. Nous sommes face à face depuis quelque temps avec les FDS avec lesquelles nous avons travaillé en parfaite harmonie pendant longtemps. Et on n'a jamais été si proche de la paix. A cause des pressions qui s'exercent sur notre patron, nous avons pris un virage à 180°. Les gens nous voient tous les jours assis dans les camions, face-à-face, en train de patrouiller, mais on ne voit pas les choses de la même manière ».

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Sur le plan de l'administration, les choses se passent aussi de la même manière. Depuis que les tensions sont devenues quelque peu vives, la discrimination qui fonde la philosophie du Sud-Coréen s'est accentuée. Seuls les expatriés bénéficient de faveurs. Les Africains et, surtout, les Ivoiriens sont mis à l'écart. Pour être bien vu, il faut afficher farouchement son anti-gbagboïsme. C'est, selon une source bien introduite, ce qui explique la posture de « radio mille collines » adoptée par ONUCI-FM, la radio des Nations Unies en Côte d'Ivoire qui lance journellement des messages de haine, de division, d'affrontements entre les Ivoiriens. Plus grave, sur instruction de Choï, la radio lance des appels à l'insurrection au sein de la population. Elle relaie même des propos irrévérencieux, des injures à l'endroit des autorités de ce pays. A l'ONUCI, il ne fait pas bon de parler de respect des lois ou du mandat qui l'a créée en Côte d'Ivoire. Il ne faut surtout pas se faire passer pour un défenseur de la légalité. Si vous faites l'erreur, au cours d'une réunion, pour dire que l'ONUCI n'a pas mandat de dire que tel ou tel a gagné l'élection présidentielle, vous êtes banni ou même excommunié du centre des opérations.

D'ailleurs, Choï ne reçoit plus ses instructions de l'ONU, mais bien de l'ambassadeur de France. Il a écarté plusieurs responsables pour ne gérer la crise qu'il a créée qu'avec la Licorne. La position de Choï dans la crise ivoirienne gêne beaucoup nombre de ses collaborateurs qu'il a obligés à se terrer parce qu'ils ont eu le malheur de demander la stricte application des termes du mandat qui fonde l'ONUCI. La grogne contre ses méthodes a commencé. Elle continuera certainement puisqu'on annonce même des démissions dans les jours et semaines à venir.

 

Source : www.camer.be

mercredi, 29 décembre 2010

ATTAQUE MANQUEE D’AZITO ET TENTATIVE D’INFILTRATION DU GOLF - L’ONUCI VOULAIT EMBRASER ABIDJAN, HIER



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Au moment où trois chefs d'Etat de la CEDEAO arrivaient à Abidjan pour rencontrer le Président Gbagbo et comprendre l'ampleur de la fraude du RDR ainsi que les atteintes aux Droits de l'Homme commises par les militants du parti centriste, l'ONUCI avait un plan secret derrière la tête.


Croyant à un relâchement du dispositif de sécurité dans le Distinct d'Abidjan, les spadassins de Ban Ki-moon et Sarkozy ont tenté d'envahir la centrale thermique d'Azito à Yopougon Niangon. Dans le même temps, les fameux Casques bleus ont essayé de pénétrer au Golf Hôtel avec un fort contingent d'hommes et de matériel militaire certainement destinés à ravitailler la coalition rebelle. Retour sur une journée au cours de laquelle Choï et ses sofas ont failli enflammer Abidjan. Il est 10 h passées de quelques minutes lorsque du côté du domicile du ministre Mel Théodore, les soldats des Fds commis à la sécurisation interceptent un impressionnant convoi de l'ONUCI qui tentait de forcer leur dispositif de sécurité. Les Fds s'interposent et interrogent le responsable de l'équipage de l'ONUCI sur l'itinéraire des fameux Casques bleus. Ils s'entendent dire que l'équipage se rendait au Golf Hôtel pour disent-ils effectuer une relève. A cet argument fallacieux, les Fds rétorquent que le chef de l'Etat a déjà ordonné, pour ne pas dire demander aux occupants du Golf Hôtel de rejoindre leurs domiciles respectifs. Il n'est donc plus question de faire perdurer la tempête du verre d'eau au Golf.

Mais, ce qui a intrigué les Fds, c'est le nombre de véhicules composant le cortège. Il s'agissait environ d'une vingtaine de véhicules, 17 précisément. Sur ces 17 véhicules, l'on comptait 2 véhicules de transport de troupes. Et ce sont 52 soldats bangladais, puissamment armés qui voulaient renforcer leurs compères retranchés avec la rébellion au Golf Hôtel. Devant la fermeté des soldats ivoiriens, les curieux Casques bleus font mine de rebrousser chemin et reviennent sur leurs pas, empêchant l'armée ivoirienne de bien contrôler les véhicules qui arrivaient dans le dispositif. Au vu de la tournure des évènements, le Groupe d'escadron blindé de la gendarmerie nationale (Geb) est alerté. Sans perdre une seconde, les hommes du commandant Abéhi Jean Noël se déportent sur les lieux avec une force de frappe à même de parer à toute éventualité.

Arrivés sur place, les gendarmes commandos et les militaires d'Akouédo en faction ne s'encombrent pas de fioritures pour indiquer à l'ONUCI que leur tentative d'infiltration du Golf Hôtel a échoué et qu'ils doivent immédiatement quitter les lieux pour éviter un accrochage. C'est la queue entre les jambes que les fameux Casques bleus prennent la poudre d'escampette dans la mesure où leur présence avait commencé à attirer des curieux qui devenaient de plus en plus nombreux et menaçants. Ce cortège refoulé, un autre véhicule 4x4 avec à son bord 5 personnes (encore des fameux Casques bleus) est revenu peu de temps après à la charge. ''Gentiment et poliment'', les soldats leur ont demandé de rebrousser chemin en attendant de recevoir des instructions de leur hiérarchie. Aux environs de 12h, la situation du côté de Cocody-Riviera était calme et est redevenue normale.


Source : Quotidien LE TEMPS

samedi, 18 décembre 2010

ONUCI ET FORCE FRANÇAISE LICORNE EN COTE D'IVOIRE: FIN DE MANDAT

 

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Le gouvernement ivoirien vient de le décider: le mandat de l'ONUCI et de la force française Licorne en Côte d'Ivoire est terminé. Au regard des derniers développement de l'actualité ivoirienne post-électorale, cette décision courageuse vient à point nommé. A quoi bon continuer à se mentir quand des forces belligérantes affublées de l'épithète "impartiales" vous poignardent dans le dos et se coalisent avec une rébellion armée pour renverser un régime démocratiquement élu?

Merci, Monsieur le Président, de réaffirmer ainsi la dignité des peuples africains et la souveraineté non-négociable de leurs pays.


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

 

 

La dépêche de l'AFP : Gbagbo demande le départ de l'Onuci et de la force française


Laurent Gbagbo, l'un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, a demandé samedi le départ "immédiat" de la mission de l'ONU dans le pays, l'Onuci, et de la force militaire française Licorne, selon un communiqué de son gouvernement lu à la télévision d'Etat.

"Le président de la République de Côte d'Ivoire vient de demander le départ immédiat du territoire ivoirien de l'Onuci et des forces françaises qui la soutiennent", indique ce texte lu par la porte-parole du gouvernement Gbagbo, Jacqueline Lohouès Oble.

"Cela implique que le gouvernement ivoirien s'oppose d'ores et déjà au renouvellement de cette opération qui expire le (lundi) 20 décembre 2010", a-t-elle ajouté.

Selon ce communiqué, "le gouvernement ivoirien considère que l'Onuci a largement failli à sa mission en posant des actes qui ne sont pas conformes à son mandat" d'impartialité, l'accusant d'avoir soutenu les forces ex-rebelles alliées au rival de M. Gbagbo, Alassane Ouattara.

L'opération onusienne compte quelque 10.000 Casques bleus et la force Licorne de l'ex-puissance coloniale française environ 900 hommes.


Source : AFP

DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE : L'ARMEE FRANÇAISE S'APPRETE A ENTRER EN SCENE DEPUIS LE BURKINA



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In Le Nouveau Courrier N° 158 du 18 Décembre 2010 par Gilles Naismon

Profitant des relations «sournoises» qui le lient à Blaise Compaoré, le président Nicolas Sarkozy s'apprête à entrer en scène dans quelques heures pour obtenir le départ de Laurent Gbagbo par la force.


Selon une source aéroportuaire au Burkina Faso, trois cargos militaires français ont atterri dans la soirée du jeudi 16 décembre sur le tarmac à Ouagadougou. Le «package de Sarkozy», composé de soldats français et de logistiques militaires, poursuit notre source, sera acheminé vers la Côte d'Ivoire par sa frontière nord. Les Forces françaises auraient été reçues par le général Emmanuel Beth, ancien patron de la Force licorne, nommé récemment ambassadeur de France au Burkina Faso.

Avant même la prise officielle de service de l'ambassadeur de France au pays des Hommes intègres, sa nomination avait fait des gorges chaudes sur les bords de la lagune Ebrié. Les supputations allaient déjà bon train du côté de la Côte d'Ivoire, pays où ce dernier a commandé de 2002 à 2003 la force française d'interposition, la Licorne.

Le général Beth à l'œuvre

Les analystes des enjeux politico-diplomatiques avaient vu dans cette nomination une crainte de la métropole d'une déflagration en Côte d'Ivoire au cas où le scrutin présidentiel ne se tiendrait pas comme elle le souhaitait. Emmanuel Beth, non loin de là, pouvait bien coordonner une éventuelle intervention militaire. Les prévisions des autorités françaises anti-Gbagbo semblent se confirmer, au point de vouloir convoyer du renfort en zone rebelle. Ce renfort à la rébellion, révèle notre source, en marge à l'ultimatum de Sarkozy à son homologue ivoirien, à qui il « demande de céder le pouvoir dans les 72h» confirme une volonté de la France d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire. Ainsi, après que son filleul ait enregistré un échec patent dans la prise de la Rti et la Primature, jeudi et vendredi, mais surtout l'avènement de la guerre civile qu'il appelait de tous ses vœux en Côte d'Ivoire, Nicolas Sarkozy a décidé lui-même d'entrer en scène pour imposer un individu qu'il contrôle aux Ivoiriens.

Les cargos français, nous a-t-on confié, ont été mis en route dans la nuit d'hier en direction de la zone nord de la Côte d'Ivoire. Et ses hommes appuieront la rébellion ivoirienne au cas où l'armée régulière engageait une offensive de libération des territoires occupés par les hommes d'Alassane Ouattara. On se rappelle que sur ordre du prédécesseur de Nicolas Sarkozy, une partie de la flotte militaire ivoirienne avait été anéantie, le 6 novembre 2004. La France avait là un prétexte tout trouvé pour freiner l'offensive de «l'opération Dignité». Les avions bombardiers ivoiriens « Sukhoï 25 » sont détruits. Mais une réaction entraînant une autre, les patriotes sont descendus dans la rue dénonçant «l'occupation de leur pays et la tentative de renverser le président Laurent Gbagbo, orchestrée par la France». C'est par millier qu'ils avaient convergé vers l'aéroport d'Abidjan pour «le libérer». Cette fois, ce sera certainement un autre match.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

YOUNG JIN CHOI VALIDE UNE OPERATION D'EMBRASEMENT GENERAL DES FRONTS MILITAIRES ET UNE OFFENSIVE MEURTRIERE SUR ABIDJAN




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Déstabilisation du régime: La nouvelle stratégie d'attaque de la rébellion

In Le Nouveau Courrier N° 158 du 18 Décembre 2010 par Emmanuel Akani

Après l'échec de l'opération «Rti et Primature», la nébuleuse qui veut chasser le président Gbagbo du pouvoir s'apprête à mener des actions subversives plus sanglantes mais ciblées contre les institutions de la République. Décryptage.


Un calme plat a régné sur Abidjan et la plupart des villes de l'intérieur du pays, au deuxième jour de la tentative de coup d'État en cours, déguisée en ''marches pacifiques''. Mais tout n'est pas fini pour autant. Les principaux leaders de la rébellion, Alassane Ouattara et Soro Guillaume, préparent des tueries massives de personnalités et d'attaque des institutions de la République. Sous le sceau de l'anonymat, des agents de l'Onuci choqués par les prises de position de Young Jin Choi ont fait des révélations sur la nouvelle stratégie de la rébellion pour arracher le pouvoir à Gbagbo. Des caisses d'armes et de munitions sont entreposées depuis hier vendredi 17 décembre 2010 - avec le précieux concours de l'Onuci - dans les résidences des cadres du Rdr et du Pdci situées non loin des institutions de la République. Mais aussi des résidences des hautes personnalités administratives, politiques et militaires du pays. Sous le prétexte de sa mission de protection des populations, en l'occurrence des leaders de l'opposition politico-armée, la mission onusienne assure cette tâche avec une grande célérité, soulignent nos sources. Sur instruction de Choi, désormais acteur politique national, les résidences des fonctionnaires et des agents de l'Onuci actuellement en Côte d'Ivoire ou non, situées dans les périmètres visés, sont mises à contribution.

La stratégie consiste à lancer des attaques simultanées contre différentes institutions de la République, des personnalités qui les incarnent et leurs familles. Ainsi, comme ce fut le cas en 2002 où Boga Doudou a perdu la vie lors de l'attaque de son domicile, Paul Yao N'Dré, président du Conseil constitutionnel, Mamadou Koulibaly (Assemblée nationale), Laurent Dona Fologo (Conseil économique et social) et autres présidents d'institutions sont dans le viseur de Ouattara et ses hommes. Tout comme les pontes du Front populaire ivoirien : Affi N'Guessan, Aboudramane Sangaré, etc.

Dans le plan d'attaque des FN validé par le représentant de Ban Ki-Moon en Côte d'Ivoire, l'embrasement des différents fronts militaires est prévu parallèlement à l'offensive à Abidjan qui sera menée par les éléments lourdement armés actuellement au Golf hôtel. Déjà au centre et à l'ouest, les signes de la reprise des hostilités sont perceptibles. Jeudi dernier, les rebelles ont en effet été mis en déroute à Tiébissou par les éléments des forces de défense et de sécurité après des combats intenses à l'arme lourde. Au grand dam de la France dont les journaux comme Le Figaro annonçaient avec empressement l'avancée des rebelles vers Yamoussoukro. Sur le front ouest, les hommes de Ouattara ont pris le contrôle de la ville de Bangolo, sous l'autorité du centre de commandement intégré depuis la suppression de la zone de confiance en 2007, après la signature de l'accord de Ouaga.

Conséquence : Duekoué bruit déjà de rumeurs incessantes d'attaques rebelles. Si les Français se gardent jusque là d'intervenir militairement à Abidjan, cela n'est pas le cas à l'intérieur du pays.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LES PREUVES DE LA COLLUSION ONU-FORCES REBELLES POUR UN COUP D'ETAT EN COTE D'IVOIRE

 

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L'ONU, sa représentation locale l'ONUCI, les Etats-Unis d'Amérique, la France, l'Union Européenne, la CEDEAO, le Burkina-Faso, le Sénégal, et le Nigéria, pays dits démocratiques, états frères africains et organisations de la paix préparent en coalition contre la Côte d'Ivoire, un coup d'état militaire, au mépris de toute réserve diplomatique, au mépris de notre souveraineté, de nos instituttions et de la volonté du peuple ivoirien qui a porté le Président Laurent GBAGBO au pouvoir. Avec tout le risque que cela comporte de faire basculer la Côte d'Ivoire et toute la sous-région ouest-africaine dans une rwandadisation plus grave et plus étendue que celle déjà enregistrée dans l'histoire récente et malheureuse de notre continent. Voici, en photo, les preuves de la conspiration internationale contre un pays africain souverain déterminé à ne se soumettre à aucun diktat, d'où qu'il vienne, et à vivre dans la paix, ainsi que dans la liberté de décider pour lui-même de sa destinée.

Le jeudi 16 décembre 2010, ces forces et états coalisés ont aidé les rebelles ivoiriens (en brassards bleus onusiens, appuyés de casques bleus onusiens) et des assaillants fondus dans la masse des marcheurs, armés d'armes de guerre, à mener leur assaut insurrectionnel contre la Côte d'Ivoire. La presse acquise à leur cause a même parlé d'assaut final. Cela n'a été rien d'autre, au final, qu'un coup d'épée dans l'eau. Par la grâce de DIEU et par la maîtrise de soi  et le professionnalisme dont ont fait montre nos Forces de Défense et Sécurité (FDS). Nous avons déploré avec une grande amertume la mort de 20 frères Ivoiriens (10 agresseurs et 10 éléments des FDS), arrachés à l'amour de leurs familles par la bêtise humaine au service de causes perdues et d'ambitions politiques surdimensionnées. Pendant ce temps, un certain Nicolas SARKOZY, ne comptabilisant que la mort des 10 agresseurs armés, se fend en menaces contre Monsieur et Madame GBAGBO, dans des déclarations à l'emporte-pièces, à Bruxelles. L'occasion était trop belle. Comme en Guinée. Ces charognards n'ont besoin que de notre sang versé, dont ils se repaissent, pour alimenter leurs diatribes racistes et leurs arguties haineuses.

Afrique, tu en es témoin! Terre, tu en es témoin! Nous ne voulons plus de médecins après la mort qui viennent s'apitoyer sur notre continent. Si vous avez encore de la dignité et un peu de considération pour la vie, pour les droits humains et la liberté des peuples de se choisir les dirigeants qu'ils veulent, vous êtes interpellés, peuples africains et peuples du monde!


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

vendredi, 17 décembre 2010

LES IMAGES DES MEDIAS INTERNATIONAUX TEMOIGNENT : SUR LE TERRAIN, L'ONUCI SE CONFOND AVEC LES REBELLES


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In Le Nouveau Courrier N°157 du 17 Décembre 2010 par Benjamin Silué

La collusion Onuci-RHDP-rébellion était un secret de polichinelle. Les médias français en ont été témoins hier.

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Troublant reportage hier soir sur la chaîne de télévision française Canal +, qui montrait les combats de l'hôtel du Golf, opposant Forces de défense et de sécurité ivoiriennes et rebelles des Forces nouvelles, du côté des seconds, dont la base est l'hôtel du Golf. Pour le voir sur le web, tapez l'adresse suivante :

http://bit.ly/fpe6oi

Premièrement, les images nous montrent que les rebelles disposent d'armes lourdes stockées à l'hôtel du Golf. Sachant qu'historiquement, cet hôtel abritait des membres du gouvernement placés sous la protection des Casques bleus, et non un régiment armé d'une force cantonnée dans le Centre, le Nord et l'Ouest, l'on se pose une question : comment ces armes et ces munitions de guerre sont-elles arrivées à l'hôtel du Golf ? L'ONUCI escortant en permanence les locataires politiques de cet hôtel, elle devra forcément s'expliquer sur la manière dont ces armes de guerre sont arrivées dans cet endroit que les « soldats de la paix» avaient vocation à «sanctuariser». L'ONUCI aurait voulu installer la guerre civile à Abidjan qu'elle ne s'y serait pas prise autrement.

Objectivement, elle a créé une base avancée de la rébellion dans la capitale économique. L'Histoire - car on écrit toujours l'Histoire, souvent désastreuse, des opérations de l'ONU - le retiendra.

De plus, l'on voit des images de combats où les soldats de la rébellion de Guillaume Soro se confondent avec les Casques bleus. Les deux groupes d'hommes en arme portent des brassards bleus. Les deux groupes d'hommes portent des armes de guerre et sont en posture de guerre. La collusion est manifeste ! Et l'on se demande ce qui se serait passé si, en visant un rebelle des Forces nouvelles, l'armée ivoirienne avait tué un soldat onusien...

La situation créée par Choi et ses hommes, qui poussent les Casques bleus à venir en appui logistique à une force belligérante, est en contradiction avec les attributions des soldats de la paix de l'ONU. Les Casques bleus ne peuvent intervenir que pour surveiller l'application d'un cessez-le-feu, désarmer et démobiliser les combattants, protéger les populations civiles, faire du maintien de l'ordre, former une police locale, et déminer. Le mandat spécifique de l'ONUCI, qui reste dans les limites des résolutions sur la Côte d'Ivoire, ne l'autorise pas non plus à jouer aux supplétifs d'une force combattante. ONUCI-FM, qui s'est transformée en appendice du RHDP, viole de la même manière ses attributions, consistant «à faire comprendre le processus de paix» aux Ivoiriens, mais aussi à «encourager le dialogue inter-ivoirien, l'échange et la tolérance». Le moins que l'on puisse dire est que l'on en est bien loin.


Source: LE NOUVEAU COURRIER