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vendredi, 17 décembre 2010

LE RHDP ORGANISE UNE MARCHE PACIFIQUE AVEC DES ARMES DE GUERRE

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Des rebelles au service d'Alassane Dramane Ouattara dans la cour de l'Hotel du Golf, en partance pour la RTI. Remarquez qu'ils portent des brassards bleus de soldats de l'ONUCI. Vous avez dit complot ?


Récit déprimant et spectacle désolant que ce qu'il nous a été donné de voir et d'entendre, hier, sur les antennes de la télévision ivoirienne : la marche « pacifique » du RHDP pour installer BROU Aka Pascal à la tête de la RTI s'est soldé par un bilan fort dramatique de 20 morts dont 10 parmi les agresseurs voire assaillants (c'est le lieu de le dire) et 10 parmi les forces de l'ordre. Comment une marche sensée être pacifique ou annoncée pour l'être peut-elle au final faire des morts par balles, tirées avec des armes de guerre, parmi les forces de défense et de sécurité ? C'est le tour de force qu'aura réussi le RHDP qui se prévaut pourtant de la philosophie pacifiste du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY avec qui ils n'ont visiblement aucun lien ! Il ne fallait donc pas être étonné de la réaction vigoureuse (mais malgré tout contenue) de nos agents de l'ordre. Au demeurant, un mort de plus dans ce pays est un mort de trop, quel que soit son camp ou ses opinions.

Malheureusement, la coalition des conspirateurs prévoit une autre marche, ce jour, vendredi 17 décembre 2010 pour, disent-ils, installer dans ses bureaux de nouveau Premier Ministre d'ADO, à la Primature au Plateau, SORO Guillaume, le chef rebelle par procuration qui a enfin remis son pouvoir au véritable patron et parrain de la rébellion en Côte d'Ivoire : Alassane Dramane OUATTARA, qui s'était toujours caché au monde et qui est aujourd'hui clairement découvert. Ce débat est désormais clos, DIEU soit loué ! La « Radio ONUCI FM Mille Collines » du Sébroko Frantel, en pleine intox, pousse l'incongruité jusqu'à remercier les FDS de ne pas être sortis (elles qui circulaient par milliers dans les rues d'Abidjan et de l'intérieur du pays), d'avoir désavoué le pouvoir en place, et se targue de savoir quelle armée est dehors. En effet, ONUCI FM affirme, pince sans rire, doctoralement, que celle qui est dehors est anglophone. En vertu des droits qui nous sont conférés, en notre qualité d'observateur de la vie politique ivoirienne, nous lui décernons le prix Nobel de la désinformation. On ne peut pas faire pire !

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Pour en revenir à cette marche en armes de guerre, voici donc, comment le RHDP nous donne une fois de plus la preuve de sa culture de la violence et du crime. L'ONU, l'ONUCI, l'UE, la France, les Etats-Unis et la CEDEAO sont personnellement responsables de cette vingtaine de décès, eux qui se font les défenseurs des droits de l'homme et qui restent aphones aujourd'hui devant les morts par balle parmi les FDS. Comment se l'expliquent-ils, eux qui ont annoncé à la face du monde la marche « pacifique »  de leurs poulains ? Naturellement, leur presse aux ordres fait la fine bouche sur le drame et se contente d'une condamnation hémiplégique du régime ivoirien, agitant au besoin le chiffon rouge du TPI. Ce monstre en carton, ce tribunal des perdants, ne nous effraie guère dans la mesure où ceux qui doivent le craindre, ne sont pas du côté que l'on croit mais plutôt de celui de ceux qui ne manqueront pas d'y être traduits à la fin de la crise ivoirienne et dont le seul salut se trouve dans la prise du pouvoir, fût-il dans un fleuve de sang. DIEU qui est le juste juge et qui a été le témoin privilégié de toutes les atrocités commises dans notre pays depuis la nuit du 19 septembre 2002 par les filleuls d'ADO, et particulièrement dans les zones CNO, saura trancher avec l'équité qui lui est universellement reconnue et qui est sa nature même.

Pour rappel, il est clair dans l'esprit de tous ceux qui sont encore habités par l'honnêteté que le scrutin présidentiel ivoirien a été marqué, au second tour, par de graves irrégularités qui ont fait invalider les résultats d'au moins cinq départements du Nord, fief d'Alassane OUATTARA, leader du RDR. Une fraude massive y a été dévoilée, y compris par les observateurs internationaux. Pour preuve, sur les 20.078 procès-verbaux d'élection en provenance des bureaux de vote, 2.200 ont été rejetés par les ordinateurs de SILS Technologie, la société partenaire de la CEI pour le traitement des résultats de l'élection présidentielle. Pour la simple et bonne raison que sur ces procès-verbaux, dans une intention manifeste de tricher, les présidents de ces 2.200 bureaux de vote ont enregistré un nombre de voix pour Alassane OUATTARA qui est supérieur au nombre même des inscrits. Ce qui représentait, en définitive, un report inexplicable et inexpliqué de plus de 630.000 voix sur le score du candidat du RDR. Franchement hallucinant ! Cela ne peux être accepté ni aux Etats-Unis ni en France. Car tous les ordinateurs du monde pourvus d'un tableur EXCEL fonctionnent strictement de la même façon. A la limite, c'est une arithmétique si simple et une logique tellement triviale qu'un enfant du primaire ne s'y ferait pas prendre. Et c'est ce résultat honteusement extorqué, bassement volé, qu'ADO veut nous faire avaler, avec l'aide des donneurs de leçons universels, racistes et méprisants que sont les pays occidentaux. Il espère ainsi nous contraindre à accepter l'escroquerie morale selon laquelle il serait le vainqueur du scrutin présidentiel du dimanche 28 novembre 2010 et revendique à cor et à cri le fauteuil occupé par Laurent GBAGBO, le véritable élu du peuple digne de Côte d'Ivoire. Il devrait en avoir honte, lui qui est adoubé républicain et démocrate par une certaine « communauté internationale » en plein délire.

Sur la question, les Saintes Ecritures sont on ne peut plus clair et c'est même une trivialité universelle : « L'athlète n'est pas couronné, s'il n'a pas combattu suivant les règles » 2 Timothée 2 : 5. Simple bon sens. D'où vient-il donc que les Etats-Unis et la France veulent-ils faire de lui roi en Côte d'Ivoire. Cette conspiration ne passera pas. Comme d'ailleurs toutes les autres savamment et constamment orchestrées contre notre pays depuis septembre 2002. Le combat de David (la Côte d'Ivoire) contre Goliath (la coalition Etats-Unis, France, ONU, UE et CEDEAO) a commencé et tous ceux qui on un peu de culture savent comment ce pugilat biblique s'est achevé. Il n'arrivera pas autre chose en Côte d'Ivoire, soyez-en certain !

Terre, terre, tu es prise à témoin !


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


Dernière heure: Nicolas SARKOZY donne un ultimatum au Président Laurent GBAGBO pour quitter le pouvoir avant la fin de ce week-end du 17 au 19 décembre 2010, selon les médias français. Pour qui se prend-il?

vendredi, 03 décembre 2010

LE COUP D'ETAT ELECTORAL DE LA FRANCE

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Assurément, le scrutin présidentiel ivoirien est en train de planter son décor de la fin. En effet, c'est avec la plus grande stupéfaction, hier, aux environs de 17 heures GMT, qu'il nous est donné de voir sur les antennes de France 24, la proclamation d'Alassane OUATTARA comme le vainqueur de l'élection présidentielle, avec 54,1% des voix contre 45,9% des voix pour le candidat LMP, Laurent GBAGBO, par la voix de la journaliste Vanessa BURGGRAF (encore elle, comme dans tous les coups fourrés contre la Côte d'Ivoire). Il faut se souvenir que pour des raisons de blocage de la CEI pour absence de consensus, le Conseil Constitutionnel avait pris la main et donc dessaisie la CEI quant à la continuité de ses attributions. Elle n'était donc plus habilitée à proclamer quelques résultats que ce soit. Ce qui venait de se passer n'était, en réalité, qu'un coup d'état électoral de la France. Trois aspects de ce coup de force vont nous intéresser dans ce post : Youssouf BAKAYOKO a-t-il trahi la République de son plein gré ? Les scores annoncés par France 24 sont-ils réalistes, vraisemblables, possibles ? A quel scénario faut-il s'attendre pour la suite des évènements ?

Primo, BAKAYOKO aurait-il bradé son pays au profit d'intérêts personnels ? Certainement pas. Tout au moins, au regard des informations qui courent sur la place abidjanaise, recoupées avec celle diffusées tôt ce matin, en ondes courtes, sur BBC : Invité à l'Hôtel du Golf pour échanger sur la situation de blocage avec le Premier Ministre, Youssouf BAKAYOKO aurait trouvé sur place les leaders du RHDP qui l'ont contraint à donner de faux résultats. Il y aurait opposé une fin de non-recevoir depuis 12 heures, puisque se considérant comme constitutionnellement dessaisi du dossier électoral. Mais sous la menace et la pression de la France, de l'ONUCI et de la CEDEAO, aux environs de 17 heures, le Président de la commission électorale ivoirienne cède. Ce résultat a donc été extorqué et proclamé, au mépris de notre constitution et de la Loi électorale, par la France sur l'une de ses chaînes de télévision ; proclamé également au mépris du règlement intérieur de la CEI, en dehors du siège de la CEI, dans un hôtel, qui n'est autre que le quartier-général du candidat du RDR, en l'absence des vice-présidents et des commissaires et sans le croisement avec les résultats électroniques de la société SILS Technologie. Le monde entier doit le savoir.

Secundo, les scores annoncés par France 24 sont-ils possibles ? Notre collège électoral s'évalue à 5.784.490 électeurs. Au premier tour, le taux de participation était de 83,73%, correspondant à 4.843.445 votants. ADO était alors venu en deuxième position avec 1.480.610 voix, soit 32,08% des suffrages exprimés. Au second tour, il aurait obtenu 2.480.000 voix, soit 54,1% des suffrages exprimés, si l'on en croit la chaîne d'informations française. Ce qui correspond à une croissance sèche de +1.000.000 de voix, équivalant à 86% des 1.165.219 voix acquises au candidat BEDIE, au premier tour. Or il faut avoir à l'esprit que ce second tour s'est déroulé avec un taux de participation de 65 à 70%, soit un taux d'abstention de 30 à 35%, essentiellement imputable à l'électoral du président du PDCI, candidat malheureux, dont le suffrage devait être reporté au candidat du RDR, Alassane OUATTARA.

Partant de ce postulat, et en retenant le taux d'abstention au minima de 30% du collège électoral, qui est le meilleur cas de figure pour le RHDP, nous obtenons comme nombre global d'électeurs qui se sont abstenus de voter le 28 novembre 2010, le nombre 1.735.347. Ce nombre est du même ordre mais plus élevé que celui des voix du candidat du PDCI (1.165.219) à reporter au candidat du RDR. Si nous considérons que, de façon basique, les deux candidats du second tour ont conservé leur électorat traditionnel du tour précédent et donc ne sont pas significativement concernés par l'abstention, une simple soustraction (1.735.347 - 1.165.219) nous indique que seuls à peu près 570.128 électeurs PDCI ont pu effectivement voter. Supposons maintenant qu'aucun de ces 570.128 électeurs n'a voté pour le candidat GBAGBO (ce qui est impensable) et que toutes ces 570.128 voix acquises au candidat BEDIE, et qui ne se sont pas abstenues au second tour, aient été ENTIEREMENT reportées au candidat OUATTARA. Cela lui donnerait en réalité un score de 2.050.738 voix, soit 44,73% des voix et non plus 2.480.000 voix représentant les 54,1% de suffrages exprimés proclamés par France 24. Les voix restantes revenant naturellement au candidat Laurent GBAGBO, soit 55,27%. En tout cas, si on s'en tient aux chiffres annoncés par la chaîne française. En conséquence de ce qui précède, ADO a perdu l'élection présidentielle, et cela sans aucune annulation de voix au Nord. Cette publication de France 24 n'est donc qu'un effet d'annonce, une sensation médiatique. Sans plus.

Tertio, à quel scénario faut-il s'attendre pour la suite des évènements ? La France, en faisant proclamer sous la contrainte et de façon anticonstitutionnelle la victoire du candidat OUATTARA et en lui donnant les antennes de sa chaîne France 24 pour lui permettre de faire son premier discours de « président », plante en Côte d'Ivoire le décor d'une déflagration sociale générale. Car en réalité, le vrai vainqueur de cette élection est le candidat GBAGBO. D'un moment à l'autre, le Conseil Constitutionnel le déclarera. Les militants du RDR qui ont fait la noce, hier, à l'annonce de la victoire de leur mentor, saisis de colère et de dépit, pourraient s'en prendre à ceux de La Majorité Présidentielle qui ne manqueront pas de se défendre. La situation pourrait ainsi devenir très vite incontrôlable. Le monde entier est, ici, pris à témoin.


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

samedi, 25 avril 2009

SONS DISCORDANTS DANS LA GALAXIE PATRIOTIQUE

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Germain Séhoué (Pdt de la CJR-CI ) : “L’ONU veut-elle positionner Blé Goudé pour l'après Gbagbo ?” (version actualisée)

Des experts des Nations Unies (ONU), viennent d'avoir la pensée analytique ivoirienne. Et comment ?


1- Les faits

Le 5 mars 2009, un groupe d'experts onusien sur la Côte d'Ivoire, dirigé par Lipika M. Roy Chouhury, a adressé un courrier au DG de Fraternité Matin : "Blé Goudé doit être astreint, dans le cadre des sanctions, à des revenus de subsistance. Il lui est interdit d'avoir d'autres revenus y compris des droits d'auteur. Frat-Mat est en infraction. Il vous faut écrire au Conseil de sécurité pour avoir des informations complémentaires". Ce courrier a provoqué et continue de le faire, l'émoi collectif des Ivoiriens, en faveur du leader de la jeunesse patriotique ivoirienne. Pour certains, l'acte de l'Onu vise Laurent Gbagbo. Pour d'autres, l'Organisation de Ban-Ki Moon veut saboter le processus de paix. Mais selon Hamadoun Touré, le porte-parole de l'Opération des Nations Unies en Côte d' Ivoire (ONUCI), "Je ne pense pas que cela menace le processus de paix parce que le comité a rencontré les personnes sous sanction et leur a expliqué ce qu'il fallait faire pour la levée de ces sanctions." Pour ma part, c'est là où se trouve la clé de voûte de cette énigme. Et une preuve n’est pas que matérielle. Elle procède également d’un raisonnement logique. Raisonnement qui a donc pour vocation de faire jaillir la lumière. Raisonnons !

2- La réalité qui perturbe la démarche intellectuelle

Pourquoi attaquer aujourd'hui Charles Blé Goudé, alors qu'il constitue, qu'on le veuille ou non, un symbole dans les efforts pour le retour à la paix ? Tôt, il a parlé avec les rebelles, fait de Wattao, un ami et multiplié des actions pour la paix avec la rébellion, au point même où il s'est attiré des inimitiés parmi les radicaux, au sein de la galaxie patriotique. En plus, son livre édité par Frat-Mat, n'est pas une exhortation à la haine, mais présente une vision de la reconstruction de la paix. Pourquoi donc l'ONU peut-elle l'attaquer en ce moment précis ?

L'ONU sait que la production littéraire n'est pas la source de financement des activités de Blé Goudé. Que valent, aujourd'hui, ses droits d’auteur, dans le pouvoir financier du président du Cojep ? Rien. En demandant aux Ivoiriens de sortir dans la rue, la nuit du 6 novembre 2004, pour défendre la République contre l'occupation française, il n'a pas eu recours à des droits d'auteur ou au support d'un livre. Ils sont sortis pourtant. Il a commencé à financer les projets de jeunes (Sentinelles du COJEP de Marcory…), bien avant l'édition de son livre et la création de la structure de Communication, Leader's Team, dont il est le patron. Les moyens mis en œuvre pour ses gigantesques tournées en faveur de la paix et pour Laurent Gbagbo, ne peuvent sortir des revenus sur un livre. L'Onu sait donc que Charles Blé Goudé a de puissantes sources de financement, des robinets bien juteux, en dehors des gains de sa plume, qu'elle n'a pas la possibilité de fermer. Elle est consciente que sa provocation à l'égard de Blé Goudé, viserait Laurent Gbagbo, si et seulement si, elle pouvait induire, à travers la réaction de l'intéressé, le délitement de l'Etat. Chose que l'Onu même sait improbable, persuadée qu'il est des inconditionnels de l'actuel Président de la République. De même, pour la défense de ses droits d'auteur, le leader de l'Alliance de la jeunesse patriotique, ne devrait se permettre (même pour le plaisir personnel de se sentir soutenu), de perturber la sortie crise, en appelant ou laissant descendre à la rue, ses partisans, sachant que toute manifestation du genre, en ce moment si sensible, peut être infiltrée et récupérée par les bras séculiers des abonnées aux coups d’Etat.
Si donc, elle est convaincue que son attaque contre Blé Goudé ne gênerait pas Gbagbo, que d'ailleurs son nouveau Secrétaire Général Ban Ki-Moon et son représentant à Abidjan, Y.J. Choi, comprennent bien, si elle apprécie les efforts de paix du jeune leader, pourquoi alors, cette attitude de l'Onu contre Blé ?

3- L'agacement au CNRD

En 2008, on a constaté que la galaxie patriotique est traversée par des courants contradictoires. Au sein des jeunesses, l'unanimité n'est pas observée. Il y a beaucoup des guerres de positionnement et on ne parvient pas à parler d'une seule voix, comme une entité. Le CNRD, soucieux de l'union des forces dans la mouvance présidentielle, a mis en place une commission dirigée par l'honorable Ben Soumahoro, pour entendre les différents responsables des mouvements de jeunes. Tous ont parlé et exprimé leurs griefs, à l'exception de Charles Blé Goudé, qui ne s'est pas montré disponible. Dès lors, " des doyens " du CNRD, qui avaient de l'estime pour lui, ont pris un coup de froid et commencé à réviser leur regard vis-à-vis de lui. Ils ont pris conscience que le président du COJEP se sent déjà dans la peau d'un futur chef d'Etat. Même des gens avec lesquels Blé avait des meilleurs contacts, ont cessé de l'appeler. Ils estiment que c'en était trop et que Blé les a ridiculisés, eux, ses aînés. Bien d'observateurs ont remarqué que, généralement, Blé Goudé ne se rend pas à une cérémonie où il n'est pas la vedette. Ce coup à la commission d'arbitrage de Ben Soumahoro et l'adversité au sein même de la galaxie patriotique, avaient sensiblement grignoté sa popularité. Et il avait l'impression de vivre sur la vitesse acquise. En plus de ses tournées et autres actions médiatisées, il avait besoin d'être à la Une des journaux et davantage dans l'estime de l'opinion.

4- L'admiration de l'ONU pour Blé Goudé

Or, depuis longtemps, un groupe de lobby onusien est tombé sous le charme du leader de la jeunesse patriotique de Côte d'Ivoire et a décidé de le positionner pour l'après Gbagbo. Blé Goudé a toujours clamé qu'il n'est pas militant du Front populaire ivoirien (FPI), mais partisan de Gbagbo. Il a sa structure para-politique, Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP). Une structure qu'il ne cesse d'équiper et d'implanter à travers le pays. Qui, certainement comme le RPP de Laurent Dona Fologo, prendra son envol, le moment venu. Laurent Gbagbo ne sera pas éternellement le Président de la Côte d'Ivoire. Et la guerre de l'après Gbagbo que se livrent furtivement Affi N'Guessan (président du Fpi) et Mamadou Koulibaly (président de l'Assemblée Nationale et 3e vice-président du parti), donc tous du FPI, n'intéresse pas ces experts de l'Onu. On se souvient que pendant les manifestations violentes des Jeunes Patriotes contre la décision du GTI (Groupe de Travail International), relative à la dissolution de l'Assemblée Nationale, début janvier 2006, Charles Blé Goudé n'était pas sur le terrain de la violence. Couché devant l'ambassade de France, il observait une grève de la faim. Mais l'ONU avait tout fait pour le repêcher, et le mettre sur la liste des sanctionnés, c'est-à-dire des gens qui ont été violents : il était devenu, dès lors, un martyr.

L'Onu a tiré leçon de sa fronde contre Gbagbo : Si des attaques de front lancées contre Laurent Gbagbo l'ont rendu plus fort, des attaques de front lancées aujourd'hui, contre Blé Goudé le rendront plus fort pour l'après Gbagbo. C'est une façon de l'aider à faire ses armes, vu ses qualités (tribun, non-violent, mobilisateur et perfectible) démontrées pendant la crise. Charles Blé Goudé a avoué au cours de l’émission télévisée diffusée sur la 1è Chaîne de RTI, le 15 avril 2009, que les sanctions onusiennes ne lui « disent rien ». En d’autre termes, elles n’ont aucun effet négatif sur sa vie, son action et le processus de paix, puisque lui-même se bat pour ce processus. Dès lors, si l’ONU (dont les experts ne sont pas naïfs) continue malgré cette réalité, de multiplier les sanctions contre lui, c’est que ces sanctions ne sont pas des sanctions dans le sens de châtiment ou de punition, comme l’entendent les Ivoiriens. Elles ont quand même des effets, mais des effets positifs ; ce qui fait d’elles plutôt des outils d’endurance et de développement de sa personnalité et des arguments de sa promotion. C’est-à-dire des armes dont a nécessairement besoin une personne à qui l’on réserve une mission des plus importantes.

Habituellement, lorsqu’un prisonnier estime être injustement incarcéré, il accepte d’abord son élargissement, même sans que, forcément, son geôlier ne lui ait dit les motifs de son arrestation. C’est ensuite, une fois en liberté, qu’il se constitue partie civile contre celui ou ceux qui l’ont jeté en prison, pour dossier vide : il demande réparation. Ou alors pendant qu’il y est, son avocat, dépose une plainte, comme l’a fait Me Narcisse Aka, le 15 janvier 2009, contre l`Etat ivoirien auprès de la Cour de justice de la CEDEAO à Abuja, pour "violation du principe de la présomption d`innocence", "violation des règles de la détention préventive" et "atteinte au droit à un procès équitable" pour ses 4 clients, responsables de la filière cacao, dont Henri Amouzou, président du Fonds de développement pour les producteurs du café-cacao (FDPCC), et Angeline Kili, présidente du Conseil d'Administration du Fonds de Régulation du Cacao (FRC).

Blé Goudé, son COJEP et l’Alliance des Jeunes Patriotes pouvaient saisir la Cour Pénale Internationale, compétente en la matière, Cour qui « peut être saisie soit par le conseil de sécurité, soit par un Etat partie, soit par le Procureur ex-officio, agissant sur la base de renseignements reçus notamment des victimes, d’organisations non gouvernementales ou d’autres sources qu’il juge appropriées.» Il ne fait rien de tout cela. Mais face à la Nation, le 15 avril 2009, Blé Goudé a clamé qu’il ne veut pas recouvrer sa liberté tant que l’Onu ne lui a pas expliqué les causes de ses sanctions et ne promet pas non plus de porter plainte contre cette Organisation. Il se contente de dénoncer son action.

Dès lors, il n’est pas risqué de penser que Blé Goudé se plaît dans sa « prison » et y trouve son compte, en harmonie avec son geôlier. Parce que cette parodie de sanctions lui sert de fonds de commerce politique et sociologique, au détriment de nos nerfs partisans.

La création de scandales artificiels est une vieille méthode utilisée par certains hommes publics pour faire remonter leur cote de popularité en berne. Et là, je crains fort qu'il n'y ait un deal entre le groupe d'experts de l'ONU, auteur du courrier envoyé à Frat-Mat, et notre compatriote Charles Blé Goudé. Les experts de l’ONU ne peuvent ignorer que lorsqu’une censure frappe un livre, cela décuple la curiosité, donc permet un succès fou de cet ouvrage. Onu n’ayant aucun moyen de coercition pour amener Frat-Mat à respecter son mot d’ordre, cet éditeur peut alors, non seulement publier son courrier administratif, mais également éditer crânement ledit ouvrage. Si nonobstant tout cela, l’Onu, pour rien, censure ce livre et adresse un courrier à Frat-Mat, l’éditeur, c’est-à-dire qui a intérêt à ce que le livre se vende comme des petits pains, cela voudrait dire que l’ONU veut aider Blé Goudé à vendre mieux son prochain ouvrage. Et ce courrier publié, sans commentaire, a déjà atteint son objectif : l'émoi général. Voyez la levée de boucliers depuis la révélation de ce courrier. Les éditoriaux élogieux sont relancés pour la " victime " de l'ONU ; les articles au vitriol, rappelant les hauts faits de Blé, sont écrits contre les Nations unies ; les Sms de soutien distribués ; les parlements et agoras sont en ébullition ; des plateaux télé offerts à Blé pour amplifier l’affaire et vendre « à guichets fermés » le livre à paraître. L'ONU a donc ouvert une fausse polémique, rien que pour se jouer de nos intelligences et faire la promotion d'un des nôtres. Et nos analyses de semi intellectuels se sont littéralement fourvoyées face à une parodie de sanctions.

Blé Goudé a le droit d'être ambitieux. C'est humain. Restant sur son signal d'indépendant, après l'élection ou non de Gbagbo, il va engager dans des batailles départementales, ses forces qu'il est en train d'accumuler. Et là, il peut jeter des jeunes dans les compétitions, même contre le camp présidentiel. Mais que les hommes de Blé Goudé prennent des sièges au parlement, parmi les conseils généraux et les maires, ne nuirait pas à la politique de Gbagbo, dont il reste un proche. Mais si l'ONU ne reproche rien à Blé Goudé (c’est le cas) et veut même le positionner pour l'après Gbagbo, qu'elle le fasse honnêtement, sans nous tourner en bourrique, et vriller nos nerfs. Son aveu ferait partie de la réconciliation générale.

Germain Séhoué

Président de la Coalition des Journalistes Résistants de Côte d'Ivoire (CJR-CI)
gs05895444@yahoo.fr

22:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blé goudé, cjr-ci, germain séhoué, onu, cnrd, rpp, cojep, l'après gbagbo, frat-mat, onuci | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |