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dimanche, 19 février 2012

KKB: «ADO AURAIT PU SE METTRE AU-DESSUS DU TRIBALISME»


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Le président de la jeunesse du Pdci-RDA, Kouadio Konan Bertin dit KKB a animé, hier jeudi 16 février, une conférence de presse à la maison du Pdci à Cocody. Il s'est prononcé sur l'actualité sociopolitique mais a surtout réagi aux attaques dont il est l'objet au sein de son parti. KKB, pur produit du Pdci et allié du Rdr n'est pas d'accord avec la manière de gérer le pays d'Alassane Ouattara. «Si j'avais la possibilité d'être un conseiller du président ou même la chance de le croiser, je le lui aurais dit. Le mal de la Côte d'Ivoire est profond. Lui qui a vécu aux Etats Unis et qui a même eu la chance d'épouser une Européenne aurait pu se mettre au dessus du tribalisme et sauver la Côte d'Ivoire». Selon KKB, l'heure n'est pas aux règlements de compte comme croit si bien le faire le régime Ouattara qui fait de la traque aux pro-Gbagbo la priorité de son programme de gouvernement. Aux dires du président de la Jpdci, il est nécessaire de faire la réconciliation dans notre pays mais celle-ci impose «des sacrifices de la part du régime en place». Par ailleurs, il estime que pour que cette réconciliation soit effective, un rapprochement entre Ivoiriens du Fpi et ceux du Rhdp s'impose. Auquel cas, cette réconciliation ne sera qu'un leurre.

Après ce constat, il a abordé l'actualité au sein de son parti où il affirme qu'on «veut sa peau» en l'opposant à son leader, le président Henri Konan Bédié. Sur la question, KKB a nommément cité Denis Kah Zion, fondateurs du quotidien «Le Nouveau Réveil» par ailleurs membre du secrétariat du Pdci, de lui en vouloir. «Kah Zion sait dans quel rôle il se trouve en ce moment. Il tente par tous les moyens de m'opposer au président Bédié. Il a fait de nombreuses victimes au sein du parti mais moi je reste sa dernière cible parce qu'il ne parviendra pas à ses fins. Moi, ma chair est amère», a-t-il assené. Puis il poursuit pour crier son indignation car il estime «qu'être propriétaire d'un journal ne signifie pas qu'il faut chercher à mettre les bâtons dans les roues des autres. Je suis victime d'une cabale». C'est un KKB très en colère qui a tenu à rappeler à Denis Kah Zion le combat qu'il a mené, selon lui, pour que son quotidien qui était persona grata dans certaines localités du pays puisse être vendu. «Kah Zion est un grand frère mais je ne sais pas ce qui l'anime. Mais dans cette bataille qu'il a ouverte, chacun de nous va se défendre. Lui est propriétaire d'un journal mais qu'il sache que la Jpdci va se défendre à sa façon avec les armes dont elle dispose. Il n'a d'ailleurs pas intérêt à continuer», a menacé KKB.

Après quoi, il a rappelé qu'il vouait un respect au président Bédié dont le parcours l'a toujours inspiré. Et que par conséquent, il ne serait jamais dans une logique de défiance envers celui pour qui il s'est toujours battu. «Mon combat pour Bédié ne date pas d'aujourd'hui. Depuis 1993 que je suis président de la jeunesse, j'ai toujours soutenu le président Bédié. Je ne suis pas de ceux qui soutiennent Bédié lorsqu'il pose de bons actes. En réclamant un congrès ou encore en demandant de faire le bilan du parti après tous les échecs qu'on a enregistrés après la présidentielle et les législatives, où est la défiance ?» s'est-il interrogé.

Dans la foulée il a annoncé pour le 17 mars prochain la rentrée politique de la Jpdci. A cet événement, KKB a indiqué que ce sera le rendez-vous du débat et que les personnes allergiques au débat en «auront pour leur compte». Ce sera selon KKB le lieu pour faire le bilan de la situation sociopolitique mais aussi des échecs enregistrés par le parti lors des dernières élections.

 

Hermann Djea


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 31 janvier 2012

COLERE DE KKB CONTRE BEDIE ET LE PDCI: LES NON-DITS D'UNE SORTIE


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Dans ses nouveaux habits de député, Kouadio Konan Bertin dit KKB a sans doute pris la résolution de ne plus avoir la langue dans la poche. L'honorable parlementaire qu'il est devenu n'a plus la même vision du Pdci, son parti que celle qu'il avait en tant que président de la jeunesse de ce parti.

Dans l'esprit de KKB, les temps ont changé, les hommes et le parti ( le Pdci) auquel il appartient doivent eux aussi changer où se remettre en cause, à tout le moins. C'est que désormais, le député, élu à Port-Bouët, a voix au chapitre au Pdci et son statut de député lui en donne le droit. Un droit dont il veut bien user au moment où s'ouvre une nouvelle page de sa jeune carrière politique. Et sa récente sortie, qui étonne certains et braque d'autres, semble s'inscrire dans cette dynamique.


En effet, sans mâcher ses mots, le président de la jeunesse du Pdci a jeté un pavé dans la mare de son parti, le 28 janvier 2012, à la maison du Pdci, à Cocody. « Je ne suis pas plus sortant qu'Alphonse Djédjé Mady, le secrétaire général du parti. Je ne suis pas plus sortant que Henri Konan Bédié, le président du parti, tous sont au terme de leur mandat (...) Un jeune doit aimer les débats d'idées. On ne peut pas dire qu'un congrès est inopportun. Le Pdci est le seul parti au monde qui ne tire pas les conséquences de ce qui lui arrive. On a perdu le pouvoir par les armes. Aucune leçon. On a perdu les présidentielles. Aucune leçon. On est encore minoritaire à l'Assemblée nationale. Aucune leçon. Et on va aller aux municipales pour obtenir quoi ? (...) C'est quoi ce parti ! Il y a un groupe de militants qui va au charbon, dont l'intelligence est juste bonne pour servir d'ascenseur à une minorité qui est là et qui jouit de l'orgasme du pouvoir ! (...) le Pdci doit lui-même s'approprier la réconciliation en son sein. C'est dans cette optique que j'ouvre les bras à tous ceux qui sont allés ailleurs de revenir au Pdci », a déclaré KKB, en regardant droit dans les yeux du secrétaire général du Pdci, le Pr Alphonse Djédjé Mady.[...]


On n'hésite pas à penser que le leader de la jeunesse du Pdci se fait ainsi le porte-parole de jeunes cadres aux dents longues qui ambitionnent de « récupérer » la plus vieille formation politique de Côte d'Ivoire des mains des caciques et conservateurs de ce mouvement fondé par Houphouët-Boigny. Dans tous les cas, élu député, KKB a assuré ses arrières. De qui aurait-il peur au Pdci pour ne pas cracher ses vérités quand il en sentira le besoin ?



A. Bouabré


Source : Le quotidien ivoirien « Soir Info »  N° 5210 du mardi 31 janvier 2012.

mardi, 24 janvier 2012

UNE INTERPELLATION POIGNANTE, UN APPEL A LA RETENUE ET A LA REFLEXION, A L'ADRESSE DES MILITANTS ET PARTISANS DU RHDP



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Lu sur Abidjan.net (publié par Jean Kouadio, sur sa page Facebook).


Michaël Bah - Meilleur commentateur


Quand je lis les commentaires des militants ou sympathisants RDR et PDCI, je ne suis pas étonné de la forme de votre prise de position mais je suis par contre surpris, effrayé et dégoûté du fond de vos pensées; il est aisé de comprendre que vous adopterez toujours la position de ceux qui croient accomplir une vengeance que les autres « auraient » mérité. Avec tout ce que vous dites, on pourrait penser que ce qui s'est passé, hier (samedi 21 janvier 2012) à Yopougon, est normal et se répétera chaque fois que le FPI organisera un meeting.

Certains parmi vous ont un niveau académique suffisamment bon pour éviter des commentaires qui mettront encore plus d'huile sur le feu, mais puisque vous êtes RDR et PDCI, vous vous bornez à ne pas voir les menaces qu'un tel comportement fait peser sur les citoyens et résidents de ce pays. Il y en a parmi vous qui écrivent: « C'est montage », d'autres disent : « On vous a loupé », d'autres écrivent: « Un meeting où on lance des provocations, des injures en sachant bien que le quartier Wassakara n'est pas bien loin, où l'on sait bien que la majorité des personnes là-bas sont RHDP », certaines femmes disent : « Ils vous ont raté »; un autre, content de sa nouvelle force de Dieu-géant-surhumain-invincible, dit fièrement : « C'est du civil contre civil, nous on ne vous ratera pas », ou encore « Ce sont des rats ».

Apparemment, c'est toujours vous qu'on provoque, c'est toujours vous qui êtes frustrés, c'est toujours vous qui cherchez la paix, c'est toujours vous qui êtes victimes de la xénophobie, c'est toujours vous que les autres jalousent... Aujourd'hui, quelques ivoiriens mais aussi des burkinabés (surtout), des maliens, des sénégalais, des guinéens, prennent des armes et agressent impunément des ivoiriens. Tout ce que je vous souhaite donc est que ce pouvoir dure, dure, dure, dure et dure; qu'Alassane Ouatttara ne perde jamais son poste, que les FRCI demeurent toujours un rassemblement de familles nordistes, que l'ONUCI soit toujours à vos petits soins, que la Licorne protège éternellement votre mentor, que votre sadisme soit indéfiniment masqué par les médias internationaux et qu'une rébellion 100% Ivoirienne ne survienne pas. Priez votre Dieu (apparemment, on n'a pas le même Dieu car vous dites aussi que c'est vous les croyants, et les autres sont les infidèles) pour que la situation ne s'inverse pas car, à ce moment, j'espère que vous aurez suffisamment de courage pour faire face à ceux qui se dresseront contre vous. Hier, vous vous plaigniez, souvent à tort souvent à raison, d'une certaine répression (souvent à tort souvent à raison) que vous subissiez de la part des militaires ivoiriens (et pas des civils). Aujourd'hui vous vous sentez tout-puissants et vous n'avez même pas un mot d'indignation pour ces actes d'insurrection commis par des « civils armés » envers d'autres civils.

VOUS PENSEZ QUE SI LES IVOIRIENS MILITANTS ET SYMPATHISANTS LMP DECIDENT DE PRENDRE DES ARMES ET DE REPONDRE VIOLEMMENT A VOS ACTES, VOUS POURREZ CONTINUER DE VIVRE EN COTE D'IVOIRE? VOUS QUI VIVEZ A ABIDJAN, POUVEZ-VOUS TENIR SI ABIDJAN (MAJORITAIREMENT PRO-GBAGBO) VEUT VOUS FAIRE LA PEAU?

Vous oubliez que vous n'êtes pas les plus nombreux, vous n'êtes pas les plus musclés, vous n'êtes pas les plus vaillants, vous vivez dans un pays où il y a 61 ethnies et vous n'êtes issus que de l'une d'entre elles (car majoritairement Dioula pour les nationaux) et ressortissants de la CEDEAO.

Si les militants LMP s'arment aussi de machettes et de gourdins pour aller à des meetings et que vous les attaquez, vous imaginez bien le résultat ! Continuez comme ça, faites grandir cette colère de jour en jour, continuez à magnifier la haine, ça vous va si bien, continuez ainsi; c'est bien. Sachez juste que ne pas vouloir se battre ne signifie pas qu'on est pas fort, fuir ne signifie pas qu'on a peur, pleurer ne signifie pas qu'on est faible.

Continuez à poussez les Ivoiriens à la violence (vous le faites bien d'ailleurs, vous êtes sur la bonne voie), vous serez des victimes d'un système que vous aurez vous-mêmes créé, vous connaîtrez le mot EFFROI !


Michaël Bah, sur Abidjan.net.

dimanche, 25 décembre 2011

COTE D'IVOIRE: COUP D'ETAT CONTRE LAURENT GBAGBO?


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Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale (CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.

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Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.

Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».

Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.

Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce de ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.

Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».

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LE CACAO, ARMAJARO, L’ARGENT ET LES OUATTARA

L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (...) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (...)

Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bictogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioulasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bictogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bictogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au-delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »

Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.

Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€


Jeudi 22 Décembre 2011


Alain Léauthier - In le journal français "Marianne".



Source :
CAUSES.COM


samedi, 17 décembre 2011

TAUX DE PARTICIPATION DE 36,56% AUX LEGISLATIVES: LA GROSSE ARNAQUE DE LA CEI


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Le taux de participation aux législatives livré officiellement par la Cei reflète-t-il la réalité du scrutin ? 36,56% des 5,7 millions d’électeurs ivoiriens inscrits sur les listes électorales se sont-ils effectivement déplacés dans les urnes, dimanche dernier? Les réponses à ces questions à l’aune d’éléments liés au déroulement du scrutin et aux témoignages recueillis sur le terrain inclinent à croire, à l’analyse, que le taux donné par la Cei est loin d’être celui des législatives du 11 décembre dernier largement boycotté par les Ivoiriens.

Le président de la Commission électorale indépendante (?), Youssouf Bakayoko, a annoncé officiellement, jeudi nuit, les résultats provisoires des législatives du 11 décembre dernier et le taux de participation du scrutin. Le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara, comme il fallait s’y attendre, grâce au découpage électoral biaisé par le pouvoir, s’est taillé la part du lion avec 127 sièges. Devançant largement son «allié», le Pdci-Rda de Bédié, qui totalise 77 sièges. De nombreux candidats du Pdci dont Konan Konan Denis à Bouaké crient à la fraude orchestrée par le Rdr. Quant au taux de participation, Youssouf Bakayoko le situe à 36,56%. Au grand dam des millions d’électeurs ivoiriens qui ont boycotté le vote législatif et des observateurs électoraux qui ont tous reconnu, dans leurs différents rapports, que le taux de participation était très faible. Certains observateurs qu’une équipe de Notre Voie a surpris à l’hôtel Novotel-Plateau faisant le point du vote, lundi 12 décembre dernier, ont même situé ce taux entre 20 et 25%. A la surprise générale, la Cei brandit un taux de 36,56%.

Les bureaux de vote étaient déserts

Tout le monde est unanime sur cette question y compris les observateurs électoraux et même le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara. Les Ivoiriens ne se sont pas bousculés dans les bureaux de vote, dimanche dernier. Les élections législatives ont donc pâti par leur manque criant d’affluence. Après avoir accompli son devoir civique, dimanche dernier, à 12h, au lycée Sainte-Marie d’Abidjan-Cocody, M. Ouattara a reconnu qu’il n’y avait pas d’affluence. Il s’est alors senti obligé de lancer un appel aux Ivoiriens pour qu’ils aillent voter. Cet appel a-t-il été entendu ? Visiblement, non. Puisqu’à moins de 2h de la fermeture des bureaux de vote fixée à 17h, ce 11 décembre 2011, les électeurs se faisaient toujours rares dans les dix communes d’Abidjan. A l’EPP Sicogi-Est de Koumassi, sur les 13 bureaux de vote, moins de cent électeurs avaient accompli leur devoir. Adjamé, Cocody, Abobo, Treichville, Marcory etc., c’était l’indifférence totale des Ivoiriens. «Les gens ne sont pas chauds pour voter. Je suis venu et je n’ai trouvé personne. J’ai voté et je m’en vais sans laisser personne», a confié un électeur que l’équipe de Notre Voie a rencontré dans un centre de vote à Yopougon Niangon-nord. Zié Daouda, un des candidats qui représentent le PDCI à Yopougon, et qui contestent les résultats donnés par la CEI Yopougon, parle d’un taux officiel d’un peu plus de 19%. Au groupe scolaire d’Anono de l’inspection de l’enseignement primaire de Cocody, tous les responsables rencontrés ont déploré le manque d’engouement des électeurs pour le scrutin. Quand on sait qu’Abidjan, la capitale économique, totalise la plus forte concentration d’électeurs au plan national au niveau des villes avec 30,11 % des électeurs soit 1.944.482 personnes inscrites, on comprend aisément que «le désert électoral» (l’expression est de la télévision France 24) constaté, dimanche dernier, dans la mégalopole, a eu indubitablement des conséquences dramatiques sur le taux de participation national. En tournée sur le terrain à Aboisso dans le Sud-Comoé, région qui a un très faible taux de concentration d’électeurs, le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a souligné, la mort dans l’âme, que «les chiffres que nous avons sont en baisse par rapport aux chiffres que nous avions à la même période (la mi-journée du dimanche 11 décembre dernier, ndlr) pour l’élection présidentielle».

Les observateurs indexent le manque d’engouement

Dans le nord du pays, favorable à Ouattara et à son parti politique, le Rdr, le vote a été globalement mitigé, a-t-on appris. Il était timide dans certaines localités et intensif dans d’autres. Cependant, au plan des statistiques valables depuis les présidentielles 2010 et validées par la Cei, les régions du nord figurent parmi les régions disposant d’un faible taux de concentration d’électeurs. A titre d’exemples : le Denguélé totalise 1,36% du corps électoral national ; le Bafing = 0,68% ; le Worodougou = 1,99% etc. Si le vote dans le nord du pays a mobilisé largement plus de 50% des électeurs inscrits dans la zone, il ne saurait influer sur le taux de participation national étant donné que la zone nord totalise à peine 13% de l’électorat. Il faut préciser que la région des savanes qui totalise 6,55% de l’électorat a un pied dans le nord et un autre dans le sud. Les cinq régions ayant une forte concentration d’électeurs sont toutes dans la zone sud du pays. Ce sont la région des lagunes (33,96%), le Haut-Sassandra (5,1%), les Montagnes (5,39%), la vallée du Bandama (6,48%) et la région des savanes (6,55%). Or, les populations ont boudé à plus de 80% les législatives dans la zone sud du pays. C’est au su de tout cela que le Fpi, ex-parti au pouvoir, dont l’appel au boycott des législatives a été largement suivi par les Ivoiriens, suivant le rapport de ses structures internes, a officiellement parlé d’un taux de participation qui tourne autour de 14,33%. Une évaluation qui n’est fondamentalement pas loin du constat fait par des observateurs électoraux nationaux et internationaux. Le mardi 13 décembre dernier, face à la presse à l’hôtel Pullman-Plateau, les observateurs de l’Union africaine (Ua) conduits par l’ex-Premier ministre nigérien, Seini Ouamarou, ont indexé le manque d’affluence aux législatives et souligné que «l’appel au boycott par l’ancien parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien, a certainement eu des répercussions sur les élections législatives du 11 décembre dernier». Même son de cloche pour les observateurs du Cpi-Uemoa dont le porte-parole, Abdouramane Sow, a souligné «la participation plutôt faible des citoyens électeurs aux législatives».

Comme pour la présidentielle 2010…

Comment expliquez que la Cei affecte un taux de participation confortable de 36,56% à un scrutin législatif pour lequel tout le monde est unanime à reconnaître qu’il a été un flop ? En 2001, le taux de participation était de 33,1%, donc faible, alors que la fracture socio-politique était aussi profonde qu’elle l’est aujourd’hui. Aujourd’hui où des millions d’Ivoiriens sont réfugiés internes et externes, des Ivoiriens sont contraints à l’exil, l’insécurité orchestrée par les forces pro-Ouattara est inquiétante et frappe toutes les couches sociales, Laurent Gbagbo et certains de ses partisans sont détenus illégalement, le processus de réconciliation nationale est plombé, la colère et la rancœur sont dans tous les cœurs, les Ivoiriens en veulent à leurs leaders politiques… c’est curieusement à ce moment-là que la Cei voit un taux de participation de 36,56% à une élection. Peut-on être surpris de ce «miracle» de la Cei version Youssouf Bakayoko ? Assurément, non. Puisqu’en novembre 2010, cette Commission avait fait passer curieusement le taux de participation au second tour de la présidentielle de 70 à 81%. M. Gérard Latortue, le chef de la délégation des observateurs de la Francophonie, affirmait le 29 novembre 2010, selon le site www.africa-times-news.com, que «même si le taux de participation au second tour était inférieur à celui du premier, il pourrait avoisiner les 70%». Cette information est confirmée, le même jour, par France 24 sur son site. Deux jours plus tard, Youssouf Bakayoko s’est rendu au QG de campagne de Ouattara au Golf hôtel pour y annoncer un taux de participation de 81%. Ces chiffres contradictoires ont jeté le discrédit sur la Cei et les résultats provisoires de la présidentielle donnés par Bakayoko. La suite, on la connait. Le schéma actuel des législatives est quasiment calqué sur celui des présidentielles. Et Youssouf Bakayoko est toujours à la manette.


Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4011 du samedi 17 décembre 2011.


Source: IVORIAN.NET

vendredi, 16 décembre 2011

FRAUDES AUX LEGISLATIVES, KKB HAUSSE LE TON FACE AU RDR: «CE N’EST PAS PARCE QU’ON EST EN ALLIANCE QU’ON DOIT SE LAISSER VOLER!»

 


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Le président de la Jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), allié du parti ouattariste dans le cadre du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, Kouadio Konan Bertin dit «KKB», n’a pas mâché ses mots dans une interview donnée hier à l’agence Alerte Info. «La crédibilité de la Commission électorale indépendante (CEI) est en jeu», a-t-il martelé face aux nombreuses accusations de fraude et de partialité. Poussant le bouton plus loin, il est allé jusqu’à suggérer que les recours du président Gbagbo devant le Conseil constitutionnel, qui lui ont valu d’être bombardé par l’armée française et de se trouver aujourd’hui devant la Cour pénale internationale (CPI), étaient peut-être fondés. S’adressant à l’institution dirigée par Youssouf Bakayoko,  il l’a appelé à ne pas donner «raison à Gbagbo qui, hier, a posé ce problème» d’impartialité de la CEI.

Répondant à une question sur le caractère un peu étrange des règlements de compte et sourtout des accusations de fraude entre des alliés au sein du RHDP, KKB a été catégorique. «Ce n’est pas parce qu’on est en alliance qu’on doit se laisser voler ses résultats», a-t-il dit, réclamant haut et fort «justice et transparence». Que fera désormais le régime Ouattara pour maintenir l’alliance entre «houphouétistes» ? Ira-t-il jusqu’à actionner le Conseil constitutionnel pour restituer au PDCI certaines circonscriptions sur lesquelles il y a conflit ? Les prochains jours nous situeront.


Benjamin Silué


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

mardi, 06 décembre 2011

LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: DON MELLO MET A NU LA MASCARADE DE OUATTARA


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Le 11 décembre 2011, le pouvoir Ouattara organisera les élections législatives en Côte d'Ivoire pour élire un nouveau parlement dans l'optique de mettre en place le deuxième pilier de la république: l'Assemblée nationale. Le 29 novembre 2011, soit deux (2) semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté à la Cour pénale internationale (Cpi) et selon l'acte d'accusation :

«Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que co-auteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité à raison de meurtres, de viols et d'autres violences sexuelles, d'actes de persécution et d'autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011». Le même acte indique :

«Les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010, prenant pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans du candidat de l'opposition, Alassane Ouattara».

Pour rappel, le président Laurent Gbagbo, lors de l'élection présidentielle de 2010, a eu le soutien sans faille de la région d'Abidjan et de l'Ouest. Dans le district d'Abidjan, Laurent Gbagbo a obtenu au premier tour 46.88% contre 31.37% pour M. Ouattara. En termes simples, sur trois (3) civils dans la rue, deux (2) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement un partisan de M. Ouattara. De même, dans l'Ouest du pays c'est-à-dire, dans les 18 montagnes et le moyen Cavally, le Président Laurent Gbagbo a eu respectivement 40.15% et 53.26% contre respectivement 15% et 17.35% pour M. Ouattara c'est-à-dire, pour quatre (4) civils dans la rue, trois (3) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement partisan de M. Ouattara. Au vu de ces chiffres, comment peut-on admettre que le Président Gbagbo puisse concevoir un «plan» pour commettre des «meurtres», des «viols», des actes de «persécutions» et des «actes inhumains» sur ses propres électeurs ?

Le fait que Laurent Gbagbo ait été embarqué à Korhogo sans M. Fofié Kouakou Martin, qui était présent sur le lieu d'embarquement et est sanctionné par le conseil de sécurité de l'Onu depuis 2006 pour la mise à mort de 99 personnes, sans M. Ouattara, dont les hommes ont commis le génocide Wê par son ordonnance du 17 mars 2010 faisant de lui, le chef hiérarchique des rebelles qui ont exterminé 800 personnes de même ethnie et sans M. Soro, chef de la rébellion dont les faits et méfaits peuplent tous les rapports de l'Onu depuis 2002, montre le niveau de sérieux qu'il faut accorder à la Cpi et aux raisons avancées pour justifier la déportation du Président Laurent Gbagbo. Peut-être qu'un article caché du statut de Rome instituant la Cpi connu par les initiés de cette cour stipule:

«Tout auteur, co-auteur de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, viols et actes inhumains, parrainé par l'occident jouit d'une immunité internationale». Seul l'enjeu des élections législatives peut justifier cette précipitation.

En effet, le caractère illégal et non démocratique de la conquête du pouvoir exécutif par M. Ouattara constitue la grande faiblesse du régime actuel. Suite à la victoire du président Gbagbo proclamée par le Conseil Constitutionnel de la Côte d'Ivoire à l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle, M. Ouattara refuse de reconnaître cette victoire. La France, au mépris de la Constitution ivoirienne et croyant encore la Côte d'Ivoire sous le code de l'indigénat de l'époque coloniale qui donnaît droit au Président français de choisir les gouverneurs de ses colonies, a organisé un coup d'Etat pour installer à la tête du pays son candidat vaincu par le vote des Ivoiriens.

Ces élections législatives visent donc à transformer la défaite du candidat Ouattara à l'élection présidentielle en une victoire dans les urnes via le Parlement pour donner un visage démocratique à ce pouvoir ethnique et génocidaire mis en place depuis le 11 avril 2011 qui extermine peu à peu les Ivoiriens par des exécutions sommaires (26 exécutions en un mois selon l'Onu).

Le découpage électoral qui en est l'un des instruments, est l'objet de notre analyse.

Contrairement au consensus recherché autour des questions électorales depuis le coup d'Etat de 1999, le nouveau découpage électoral a été fait par M. Ouattara d'une manière unilatérale. L'objectif stratégique recherché, en violant sans inquiétude le consensus pour un régime qui prétend réconcilier les Ivoiriens, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la fabrication d'un surnombre d'élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l'opposition remplacée par des indépendants sans électeurs (car la plupart des électeurs sont des déplacés internes ou des réfugiés externes et les autres restés sur place ne participeront pas au vote compte tenu des conditions de sécurité et de détention de leurs leaders) et enfin, en affaiblissant le Pdci, dans son bastion du centre du pays.

Fabriquer un surnombre d'élus dans les zones favorables au Rdr

La carte électorale des élections du premier tour donnant les zones d'influence des différents poids lourds à l'élection présidentielle de 2010 indique clairement que le candidat du Rdr venait en tête du classement dans cinq (5) régions dont quatre (4) du nord et un (1) du centre: la région des savanes, le Worodougou, le Bafing, le Denguélé et la vallée du Bandama. Les cinq (5) régions, zones d'influence du candidat Ouattara sont passées à onze (11) régions dont dix (10) du nord dans le nouveau découpage régional correspondant aux zones de règne des différents chefs de guerre de la rébellion. Sur treize (13) nouvelles régions créées, six (6) se trouvent donc au nord.

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara sont passées de 53 sièges dans l'ancien découpage à 74 sièges dans les onze (11) régions favorables à M. Ouattara selon le nouveau découpage soit une augmentation de vingt et un (21) sièges. M. Ouattara commence les élections avec une avance nette de 74 sièges, soit 30% des sièges pour 17% de la population électorale.

Dans le Bafing, l'une des régions d'influence de M. Ouattara, pour une population électorale de 38 766, il est prévu 5 sièges de députés, soit 1 député pour 7 000 électeurs, contre 1 député pour 26 000 électeurs dans la région du fromager et 1 député pour 55 000 électeurs à Abidjan, pour une moyenne nationale de 1 député pour 22 453 électeurs. En terme simple, 1 électeur du Bafing vaut presque 4 électeurs de la région du Fromager et presque 8 électeurs à Abidjan. Le principe démocratique (1 homme une voix) devient : 4 hommes une voix dans l'ouest et 8 hommes une voix dans le Sud. Le département de Korhogo (10 sièges) a presque 2 fois plus de sièges que les départements suivants de même importance ou souvent plus grands: Yopougon (6 sièges), San-Pedro (5 sièges), Gagnoa (5 sièges), Daloa (6 sièges), Man (4 sièges).

Le département d'Odienné (5 sièges) a plus de sièges que des départements plus importants comme Abengourou (3 sièges), Adzopé (3 sièges), Sassandra (2 sièges), Yamoussoukro (3 sièges).

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara selon l'ancien découpage totalisent une population électorale de 976 409 électeurs soit 17% du collège électoral national. Avec le nouveau découpage électoral, ces régions auront 74 sièges de députés, soit 30% des sièges du Parlement. Abidjan qui totalise 30% de l'électorat a 12% des sièges. En terme simple, pour deux fois plus de population électorale à Abidjan par rapport aux régions favorables à M. Ouattara, il y a deux fois moins d'élus. Le Rdr commence, ainsi, la course avec une avance nette de 74 députés. La combinaison des critères de superficie et de population ne justifie pas cette inflation des élus dans les zones d'influence de M. Ouattara.

Ecarter le président Gbagbo pour écarter l'opposition

Le candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Le Président Laurent Gbagbo, était en tête au premier tour des élections dans dix (10) régions qui sont : Agnebi, Lagunes, Marahoué, Sud-Comoé, Moyen-Comoé, Fromager, Zanzan, 18 montagnes, le Haut Sassandra, Sud-Bandama. Ces dix régions représentent 3 766 534 électeurs (4 fois plus d'électeurs que dans les zones pro-Ouattara) soit 66% du collège électoral national correspondant approximativement à 2/3 de la population électorale nationale. Ces régions totalisent 147 sièges soit 57% des sièges. Les 2/3 de la population électorale favorable au Président Gbagbo ont un peu plus de la moitié des sièges. Cela montre que M. Ouattara a intérêt à écarter les candidats Lmp aux législatives s'il veut contrôler le parlement. Au deuxième tour de l'élection présidentielle, si nous prenons uniquement en compte les 14 régions dont les résultats ont fait l'objet de consensus au niveau de la commission électorale indépendante (Cei) sur les 19 régions que comptait la Côte d'Ivoire, le résultat global du deuxième tour de l'élection présidentielle pour les 14 régions est de 53.87% pour Laurent Gbagbo et 46.13% pour M. Ouattara soutenu par M. Bédié. Ces résultats consolidés ont confirmé le soutien inconditionnel des dix (10) régions du premier tour au candidat Gbagbo sur le candidat Ouattara.

Ces chiffres démontrent avec éloquence que si le découpage était équitable et consensuel et si les conditions de sécurité étaient garanties et que la neutralité de la commission électorale indépendante (Cei) était avérée, les chances du pouvoir Ouattara de se donner une légitimité démocratique par le biais du Parlement seraient très minces et sa prétendue victoire à l'élection présidentielle suspecte. Priver les 2/3 de l'électorat de leur citoyenneté par l'emprisonnement, l'exil de ses candidats potentiels et de ses électeurs; fermer la porte à tout consensus sur le découpage électoral, la composition de la Cei, les conditions de sécurité, sont l'unique chance pour le pouvoir de justifier sa victoire à l'élection présidentielle et s'offrir une majorité pour se donner une façade démocratique.

Ecarter l'opposition d'une manière ou d'une autre, permettra donc de fabriquer des vainqueurs et des vaincus à souhait comme ce fut le cas dans la région nord du pays occupée par les rebelles lors de l'élection présidentielle. C'est donc au prix de l'exclusion de l'opposition, que le pouvoir Ouattara pourra remporter les circonscriptions des zones favorables à cette opposition ; l'Onuci, la Licorne et les Frci veillant au grain pour sécuriser les fraudes et déporter les inattendus, ou pire bombarder ceux qui revendiqueraient un quelconque recomptage ; l'Onuci se tenant prête pour certifier la mascarade selon son nouveau chef.

Affaiblir le Pdci dans son bastion

Principale force politique concurrente du Rdr au sein du Rhdp, M. Ouattara a promis le poste de Premier ministre au Pdci-Rda. En politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient selon une personnalité de la droite française; les rapports de force, les intérêts et les convictions profondes décident en dernier ressort. Les exigences sécuritaires ayant justifié le maintien de M. Soro Guillaume au poste de Premier ministre n'ayant pas changé, il est fort probable que la promesse faite au Pdci n'engage que ceux qui y ont cru. Pour avoir les mains libres de décider, M. Ouattara a intérêt à réduire le Pdci à une minorité invisible à l'Assemblée nationale, lui enlevant ainsi toute prétention à un chantage ou une pression politique.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat du Pdci, M. Aimé Henri Konan Bédié est arrivé en tête des élections dans trois (3) régions : la région du lac, le Nzi-Comoé, le Bas-Sassandra. Dans le V Baoulé qui est sans conteste la zone d'influence du Président Bédié, sur 378 312 électeurs, il est prévu 19 sièges de député soit 1 député pour 16 000 électeurs contre 1 député pour 7000 électeurs dans le Bafing, bastion de M. Ouattara.

Pour les 3 régions favorables au Président Bédié, le collège électoral est de 806 014 électeurs soit 14% de l'électorat avec seulement 34 sièges soit 13% des sièges. La zone d'influence du Président Bédié possède deux fois moins de sièges que la zone d'influence de M. Ouattara pour à peu près la même population électorale. Pour faire passer cette pilule amère, une concession de taille a été faite au Président Bédié. En effet une région spéciale a été créée sur mesure pour le Président Bédié : la région d'Iffou avec comme capitale Daoukro dont le département bénéficie de 3 sièges devançant ainsi de grands départements comme Bongouanou (2 sièges), Agnibilékro (2 sièges), Sassandra (2 sièges), et un nombre de sièges identiques avec d'autres grands départements comme Adzopé (3 sièges), Aboisso (3 sièges), Bouaflé (3 sièges), Yamoussoukro (3 sièges), Abengourou (3 sièges).

Conclusion

Selon la carte politique de la Côte d'Ivoire telle qu'elle se présente aux yeux de l'observateur au vu des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 et des résultats consensuels du second tour, le poids politique du Président Gbagbo et son assise nationale ne souffrent d'aucun doute : dix (10) régions sur 19 concentrant 66% des électeurs lui sont acquises. Il est véritablement le premier de la classe politique ivoirienne. Vouloir faire des élections démocratiques en écartant un tel leader, ses partisans contraints à l'exil interne et externe, c'est refuser la voie de la démocratie et emprunter la voie de l'usurpation politique pour installer une chambre d'enregistrement de la politique de recolonisation du pays. Le risque de compromettre la réconciliation et éloigner la Côte d'Ivoire de la démocratie et de l'Etat de droit est élevé.

Hier, M. Dramane Ouattara, animé d'une conception très sarkozienne de la démocratie (le pouvoir des bombes par les bombes et pour les bombes) faisait bombarder des Ivoiriens à Abidjan par l'armée française pour installer la «démocratie» pendant que ses hommes exterminaient près de 800 citoyens de l'ethnie wê, brûlaient des villages et tuaient d'autres dans une église à San-Pedro pour s'ériger en Chef de l'Etat.

Aujourd'hui, depuis son accession au pouvoir, il se réjouit de l'occupation illégale par ses combattants des domiciles et des plantations, de la déportation, de l'exil et de l'exécution au quotidien des Ivoiriens qu'il est censé protéger et pour qui il cherchait le pouvoir.

Dans sa conception très exceptionnelle de la démocratie, il est en train de se fabriquer une majorité à l'Assemblée nationale pour priver l'Assemblée nationale de tout débat démocratique et passer à l'offensive sociale contre les étudiants, les travailleurs et les propriétaires coutumiers de terre agricole.

L'organisation de la marginalisation du Pdci et le triomphe sans gloire du Rdr dans le Parlement à venir avant même le déroulement des élections par la manipulation du découpage électoral, finit par convaincre tout observateur attentif du peu d'intérêt de M. Ouattara pour la démocratie et sa peur bleue de toute compétition politique ouverte en Côte d'Ivoire. Ce sont les militants du Pdci et des autres partis du Rhdp qui apprendront que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.


Dr. Don Mello Ahoua

Ministre et porte-parole du Gouvernement Aké N'Gbo


Source: LE TEMPS

dimanche, 04 décembre 2011

LEGISLATIVES: LE CAMP GBAGBO BOYCOTTE, LE RHDP SE DECHIRE


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Le pouvoir Ouattara a maintenu «ses» élections législatives. Contre vents et marées. Malgré les interpellations de la «communauté internationale» qui a souhaité sans succès un scrutin «transparent et inclusif». Et des protestations de l’opposition politique conduite par le FPI. Le contexte sociopolitique reste marqué, neuf mois après l’accession au pouvoir de Ouattara, le climat sociopolitique s’est nettement dégradé avec les exactions et actes d’intimidation des Frci contre les partisans du président Gbagbo, dont le transfèrement à la Haye continue de choquer profondément les Ivoiriens toutes convictions politiques confondues.

Un acte attentatoire à la cohésion que les dirigeants du pays, surpris de la réaction des Ivoiriens, tentent vainement de justifier. Au moment où s’ouvre la campagne électorale pour les législatives du week-end prochain, dans un climat délétère, on peut dire que l’on s’achemine vers un scrutin qui consacrera le partage du gâteau entre les seuls «vainqueurs de la bataille d’Abidjan», les conditions de son déroulement ne permettant pas du tout la participation des partis de l’opposition conduite par le Fpi. En clair, il s’agit d’élections mono-partisanes, ouvertes aux seuls «vainqueurs», traduction de la justice des vainqueurs obséquieuse actuellement dans notre pays. Le pouvoir est d’autant plus isolé sur ce terrain des législatives que les quelques partis membres du Cnrd et autres candidats indépendants proches de cette organisation viennent de se retirer de la course au parlement, rejoignant ainsi dans sa position le FPI qui avait, dès le début, décider de ne pas y prendre dans un environnement sécuritaire aussi chaotique et catastrophique que celui que nous connaissons.

Le MNC de Kabran Appiah, le CAP-UDD de Gervais Coulibaly, l’UDCY de Mel Eg Théodore, l’URD de Boni Claverie, etc. ainsi que des candidats indépendants se sont ainsi retirés du scrutin avant même l’ouverture de la campagne électorale. En guise de protestation contre le transfèrement du président Gbagbo à la Haye mardi dernier. Mais même seul sur le terrain, l’attelage hétéroclite RHDP vole déjà en éclats avant même l’ouverture de la campagne, alors que les partis membres – qui n’ont en commun en réalité que leur haine pour Laurent Gbagbo – disent défendre le même idéal.

Le panier de crabes

Les divergences sont profondes et béantes entre les alliés et ne peuvent être sabotées sans coup férir. En témoignent les derniers développements de l’actualité.

En effet, les uns et les autres ne se sont pas fait prier pour voler dans les plumes et jeter de grosses pierres dans le jardin de leurs alliés. Ainsi, en réponse à la sortie du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko fustigeant récemment les candidatures en rangs dispersés, alors qu’il était convenu de présenter une liste RHDP dans la commune de Cocody, la jeune candidate du PDCI, Yasmina Ouégnin, s’est montrée très incisive. A la limite du tolérable pour le tout puissant patron du ministère de l’Intérieur s’il s’était agi d’un partisan de Laurent Gbagbo. La fille de l’ancien directeur du protocole d’Etat sous Houphouët Boigny n’a ménagé aucunement le «fils de Ouattara», affirmant que ses propos témoignent de «dérives dictatoriales». Réponse du berger à la bergère. «Nous sommes choqués par ces propos de madame Guessend née Yasmina Ouégnin. Ses propos ne sont pas de nature à honorer le PDCI qu’elle prétend représenter. Le ministre d’Etat n’a cité aucun nom en particulier lorsqu’il avait fustigé «ce qui se passe dans cette commune », répliquent jeudi les partisans d’Hamed Bakayoko. La polémique enfle sur cette guéguerre entre alliés qui cachent à peine leur haine les uns pour les autres. Il y a peu, c’est le ministre de l’Artisanat, Sidiki Konaté, candidat RDR à Man, qui se distinguait par des propos haineux et tribalistes à l’endroit de l’UDPCI de Mabri Toikeusse, dans sa course folle et sans merci pour contrôler le siège de député de cette circonscription.

Les exemples sont légions. Au niveau même de la haute direction du RHDP, la situation n’est pas moins complexe. «Il y a problème au Rhdp !», reconnaissait la semaine dernière le président du Mfa, Anaky Kobena, fustigeant ses alliés accusés d’être voraces et vouloir étouffer sa formation politique. Le secrétaire général du PDCI, également président du directoire du RHDP, lui-même, n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le secrétaire général du RDR d’Alassane Ouattara qui répète à qui veut l’entendre que son partir gagnera ces élections législatives vaille que vaille. Selon toute vraisemblance il y a de l’eau dans le gaz. Une vraie crise de confiance au RHDP. «Quand on part à une élection. On ne dit pas on gagne à tous les coups. Mais tous les coups ne sont pas permis en démocratie. Il y a des règles du jeu qu’il faut respecter et il faut être prêt à faire face à la défaite», s’est indigné Djédjé Mady, craignant certainement de voir son parti broyé par la machine électorale du RDR.

Parlement des vainqueurs ou célébration de la haine

Cette guéguerre traduit la volonté de chaque camp, notamment le PDCI et le RDR, de contrôler le parlement. En s’adjugeant le poste de président de l’Assemblée nationale, le PDCI veut se donner un moyen de pression pour peser sur la prise de décision au sommet de l’Etat. Cela permettrait en tout cas au PDCI de Konan Bédié de s’offrir une meilleure part du gâteau confisqué presque entièrement par ses alliés du Rdr et des forces nouvelles de Soro Guillaume qui s’accroche à la Primature. Avec la bénédiction de Ouattara. Avec ces élections, l’«alliance de dupes» qu’est en réalité le Rhdp est à l’épreuve. Et il est à craindre que les animosités qui dominent leurs relations hypocrites de «je t’aime moi non plus » se transportent au sein du futur parlement. Dans tous les cas, le parlement des « vainqueurs » qui naîtra de ces élections ne pourra prétendre être représentative des populations ivoiriennes dont la grande majorité vit aujourd’hui dans la peur, dans l’incertitude, à la merci des Frci et du parquet dont la mission principale est de traquer et emprisonner tous les partisans du président Laurent Gbagbo. Dans un tel parlement, il est clair que les querelles intestines entre alliés occulteront les préoccupations essentielles des Ivoiriens.


samedi, 26 novembre 2011

PDCI-RDA: CE QUI ATTEND BEDIE APRES LES LEGISLATIVES


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Le sort d'Henri Konan Bédié à la tête du Pdci Rda est plus que jamais lié aux résultats des législatives de décembre 2011. Président du plus vieux parti de la scène politique ivoirienne depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, en 1993, le sphinx de Daoukro joue son maintien à travers les législatives à venir.

Si au départ, l'ancien président de la République, jouissant du respect dû à son rang, pouvait imposer ses visions aux militants, aujourd'hui, les choses semblent évoluer autrement. On l'a vu pendant le choix des candidats à la candidature aux prochaines législatives. Quand, en tant que premier responsable du parti, Bédié a voulu, de façon moutonnière, s'aligner sur les décisions d'Alassane Ouattara qui consistent à privilégier les cadres du Rdr dans les circonscriptions où ils ont fait les meilleurs scores au second tour de la présidentielle de novembre 2010, les barons du Pdci se sont dressés pour dire non ! On se rappelle qu'après une réunion tenue à la maison du parti à Cocody sur ce sujet, barons, militants et simples sympathisants s'étaient déportés au domicile de Bédié pour lui dire de retirer sa caution à cette volonté du chef de l'Etat de précipiter la mort du Pdci. Ce qui avait fait reculer N'zueba dont le discours plein d'hésitations, n'avait pas manqué de surprendre ses alliés du Rhdp.

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Bien avant cela, unis comme un seul homme, ils ont fait ombrage à l'idée de transformer le Rdr et le Pdci en un seul parti politique. Des cadres, comme Edjampan Tiémélé, Gaston Ouassenan Koné et bien d'autres barons avaient fait entendre leurs voix pour refuser ce qu'ils ont eux-mêmes qualifié de fusion-absorption. Toutes ces démarches révolutionnaires constituaient déjà un avertissement à Henri Konan Bédié quant à ses options sur la gestion globale du parti.

Selon certaines indiscrétions, aujourd'hui, les bases grognent parce qu'elles ne sont pas contentes de la trahison dont le Pdci est victime de la part d'Alassane Ouattara qui n'a respecté et qui ne veut respecter aucun de ses engagements vis-à-vis du parti. Pour rappel, notons que pendant la campagne présidentielle, l'ex-mentor du Rdr avait promis la primature au Pdci. Il avait également promis de nommer le chef du protocole de Bédié comme chef du protocole d'Etat. Mais le Président Ouattara en a été dissuadé par certains de ses sbires qui voyaient en cette nomination une grosse erreur à ne pas commettre. Parce que le bénéficiaire de ce poste stratégique serait l'œil et l'oreille de Bédié au cœur du pouvoir.

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S'il a accepté la nomination du Colonel Gervais Kouassi à la tête de la gendarmerie nationale, sur proposition du président du Pdci, selon des informations de sources dignes de foi, le chef de l'Etat semble ne pas lui faire entièrement confiance. Certains barons de son régime le soupçonnant d'être l'œil et le bras séculier d'un Henri Konan Bédié qui rêve, malgré son âge très avancé, 76 ans officiellement, de revenir au pouvoir.

Ce sont ces faits, au dire d'un haut cadre du Pdci, qui fondent la colère des militants qui attendent la fin des législatives et surtout les résultats qui en découleront pour demander des comptes au successeur d'Houphouët Boigny. Lesquels résultats détermineront son sort à la présidence du Pdci. Dans ce débat, dit-on au niveau du parti sexagénaire, les chances d'Henri Konan Bédié sont minces à cause de son âge très avancé qui joue contre lui. Les militants et les barons qui grognent actuellement auront-ils les coudées nécessaires pour exiger un congrès après les législatives ? Attendons de voir.


Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 102 du mercredi 23 novembre 2011.

vendredi, 18 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011: NE PAS SERVIR DE FAIRE-VALOIR

 

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Il y a des moments de la vie où il est capital de rester logique envers soi-même pour ne pas finir ridicule. Tel est la situation actuelle de La Majorité Présidentielle (LMP). Et peut-être aussi celle d'une partie des acteurs politiques du camp Gbagbo dont certains sont, aujourd'hui, fondateurs d'un nouveau parti politique et d'autres ont tourné casaque pour faire allégeance à leurs bourreaux voire épouser leurs lignes idéologiques.

Devant l'Histoire, il y a bien souvent des responsabilités à prendre et à assumer. Quand on n'est pas d'accord, on dit non. Et cela, le FPI-CNRD l'a compris et nous le saluons. Tous se targuent aujourd'hui de vouloir une « nouvelle Côte d'Ivoire ». A la bonne heure ! Mais la bâtit-on alors en laissant prospérer le mensonge et l'hypocrisie, en portant des œillères et en laissant fouler au pied le droit et la réglementation ? Au nom de quoi ? Pour quel intérêt ? Nous voulons bien comprendre ceux, anciennement opposés à Ouattara, qui se précipitent aux législatives ivoiriennes du 11 décembre, en ayant toujours la menace à la bouche et en foulant au pied leurs propres principes.

Le professeur Mamadou Koulibaly, président récemment élu de LIDER au premier congrès dudit parti à la Bourse du Travail à Treichville, le samedi 12 novembre dernier, homme que nous avions hissé haut dans notre estime et que nous continuons de respecter pour sa ligne de pensée et sa grande indépendance malgré ses sorties équivoques de ces derniers mois, devra nous y éclairer. Lui qui dénonce une suite de « violations » de la loi fondamentale et cloue au pilori Alassane Ouattara, en ces termes : « Il nomme tout seul et de façon illégale les membres du Conseil constitutionnel...Il réorganise tout seul et de façon illégale la Commission électorale indépendante...Il dissout de façon illégale l'Assemblée nationale et suspend les activités et salaires des députés et du personnel...Cette longue suite de violations de son serment dans le silence complet de la Communauté internationale nous amène à penser que celle-ci est peut-être là, plus pour soutenir un homme, que pour soutenir les principes de l'état de droit et de la démocratie en Côte d'Ivoire ».

Lui qui a, en outre, fait savoir que nonobstant le fait que LIDER ait proposé des candidats aux législatives, « si les conditions sécuritaires ne sont pas réunies, s'il y a des actes d'intimidation sur nos militants et nos candidats, LIDER n'ira pas aux élections ». Après avoir entendu de tels propos, qui ne souffrent d'aucune obscurité, nous sommes en droit de lui demander : « Président Koulibaly, diantre, que faites-vous dans ces législatives ? ».

Oui, que fait ce brillant monsieur dans cette comédie éhontée, ce simulacre de démocratie, cette mascarade électorale, dont le but, il est clair, est de légitimer un pouvoir - qui en manque désespérément - installé à coup de « bombes humanitaires et démocratiques » par la communauté internationale, à l'image de ce que nous avons vu faire en Libye dans le mutisme le plus mortifiant des intellectuels et des chefs d'Etat africains. Le dire n'est pas de la délation. Ce sont des faits récents de notre tout aussi récente histoire que nul n'a le droit de travestir.

Parlant de la Commission électorale indépendante (CEI), régie par des textes clairs comme cela est de rigueur dans toute République respectable, il est à noter qu'elle est frappée d'un déséquilibre scandaleux qui ne devrait autoriser aucun démocrate digne de ce nom à prendre part à ces législatives. Elle a une coloration à 100% RHDP. 31 postes représentatifs, tous acquis à Ouattara. Ou presque. Là où l'on devait enregistrer 15 postes pour l'opposition, 15 autres pour l'alliance politique au pouvoir et 1 représentant du chef de l'Etat. De tout ceci, rien du tout, dans la CEI version Ouattara. A moins qu'une participation à l'élection législative soit considérée comme une fin en soi par certains, nous ne comprenons pas la fièvre qui est la leur, en ce moment, devant une entorse aussi odieuse au minima de confiance exigible pour des élections transparentes, équitables, justes et ouvertes à tous.

Quant à la sécurité, peut-elle être garantie par des FRCI appuyés de supplétifs « Dozo » qui sèment jusqu'à ce jour, la terreur dans nos villes, villages et campements, tandis qu'aucun des ex-FDS - abusivement accusés d'être des pro-Gbagbo parce qu'ayant eu pour devise de défendre les institutions de la République - n'est autorisé à porter des armes ? La question sécuritaire en Côte d'Ivoire n'est pas une vue de l'esprit. Plusieurs chancelleries occidentales en Côte d'Ivoire en ont récemment pris ombrage et rencontré, à cet effet, le chef de l'Etat qui ne s'en est d'ailleurs pas caché, quelque peu impuissant devant une situation qu'il a lui-même contribué à pourrir, par sa prise de pouvoir violente.

Si LIDER n'a certainement rien à craindre - son mentor Mamadou Koulibaly n'ayant jamais été inquiété dans cette crise et bénéficiant d'un capital confiance auprès de Ouattara - ce n'est sûrement pas le cas des leaders et des militants de La Majorité Présidentielle, combattus sans ménagement et traqués par le pouvoir RHDP, depuis avril 2011. Quelques élargissements sélectifs de prisonniers politiques n'y changeront rien, fondamentalement. Bien malin alors qui pourrait parier sur leur sécurité dans cette élection législative, dans les hameaux les plus reculés, notamment dans les poudrières de l'Ouest et du Nord, quand on se remémore la présidentielle de 2010 et ses graves dérives. Le président Mamadou Koulibaly ne se défend-il pas d'être un protagoniste de la crise postélectorale ivoirienne ? N'a-t-il pas, en conférence de presse, expliqué qu'il se sentait « à l'aise » pour afficher certaines positions et asséner certaines vérités ? « Je ne me sens pas belligérant parce qu'aussi bien avant la crise que pendant la crise, j'ai parlé aux belligérants. Je leur ai dit que la voie qu'ils empruntaient était suicidaire et que s'ils y allaient par la force, ils auraient à assumer les conséquences profondes, durables et générales. Je n'ai pas été entendu par les deux camps », a-t-il affirmé. Mamadou Koulibaly peut donc aller aux législatives, serein. Il n'a rien à craindre pour sa vie et pour celle des membres de son tout nouveau parti. Il n'est pas responsable de la crise ivoirienne. Ce lourd manteau n'est pas le sien. Soit ! Mais a-t-il au moins, par humanisme, pensé à ses ex-camarades militants du FPI-CNRD ? La solidarité ne peut être de mise. Bifurcation idéologique et politique oblige. A la guerre comme à la guerre !

Dernier fait à relever : La Majorité Présidentielle compte encore de nombreux prisonniers dans les goulags du Nord et bien de responsables en exil, qui auraient dû être des candidats à cette législative de décembre, censée être ouverte à tous. Poker menteur ! La démocratie version Ouattara ne peut s'en accommoder. On les préfère là où ils sont : dans les liens de la captivité et hors du pays. Au moins jusqu'à la fin de législatives floues et biaisées d'avance pour contribuer au formatage et à la reconfiguration de la Côte d'Ivoire et de son corpus juridique et constitutionnel. Ce projet, le pouvoir RHDP devra l'assumer seul. Sans coup de pouce de la part des pro-Gbagbo et de tous les Ivoiriens lucides qui comprennent le véritable enjeu de cette course au parlement.

D'ailleurs, le RDR affiche déjà clairement ses ambitions en constituant avec les ex-Forces nouvelles un bloc contre le PDCI, qui n'a pas manqué de pousser des cris orfraies et de donner l'alerte, par presse interposée. En vain. « Les élections législatives qui arrivent à grands pas auront eu raison de toutes les professions de foi quant à la solidité à toute épreuve du RHDP. A l'heure du choix des candidats, le consensus tant chanté par les hérauts de l'alliance des Houphouétistes, s'est effrité comme château de cartes. Ainsi, dans presque toutes les circonscriptions électorales de la Côte d'Ivoire, les deux poids lourds du RHDP s'affrontent », rapporte, amer, le quotidien du PDCI-RDA, Le Nouveau Réveil, dans son édition du vendredi 11 Novembre 2011. Le RDR veut cet hémicycle pour lui. Majoritairement. Absent qu'il y a été pendant près de deux décennies. Quitte à faire des crocs-en-jambes à des alliés. Bien des partis de ce groupement houphouétiste vont y laisser des plumes. En grand nombre. Nous espérons qu'ils nous épargnerons de leurs vociférations quand ils auront été floués par la technologie électorale ouattaradienne.

En ce qui concerne le FPI-CNRD, il a encore la possibilité de participer activement et significativement à la vie politique ivoirienne, tout en étant absent aux législatives. Précisons notre pensée : nous sommes en démocratie (ou censés l'être). Et en la matière, l'abstention est une expression citoyenne. Tous les Ivoiriens qui ont donné 52% de voix au Président Gbagbo, selon le Conseil Constitutionnel - avant qu'il ne se dédise honteusement - devraient s'abstenir de voter. Pour qui que ce soit, fut-il candidat indépendant FPI-CNRD. Ce serait leur protestation contre le maintien en prison de la figure de proue de la politique ivoirienne qu'est Laurent Gbagbo et de tous les autres captifs du pouvoir RHDP. Logiquement, ils devraient s'en tirer avec au moins 52% de taux d'abstention, démontrant ainsi leur majorité, si le scénario rocambolesque de l'Hôtel du Golfe n'était pas reproduit. On était passé, on s'en souvient, de 70% de taux de participation (dixit Amadou Soumahoro, actuel secrétaire général par intérim du RDR, alors vice-président de la CEI, sur le plateau de 20h de la RTI, à la clôture du scrutin du 28 novembre 2010) à 81%, quatre jours plus tard, à la proclamation de Youssouf Bakayoko, président de la CEI, devant les micros des chaînes étrangères.

D'ici là, que la sérénité soit le partage de tous les cœurs. La démocratie est un jeu. Il faut savoir gagner, il faut aussi savoir être bon perdant. Et surtout, savoir s'arrêter quand les responsabilités de l'Histoire l'exigent. On ne devra jamais dire que les proches du socialiste Laurent Gbagbo ont vendu la Côte d'Ivoire quand il croupissait sous les chaînes de Ouattara.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 368 du jeudi 17 novembre 2011.

mercredi, 16 novembre 2011

DES CANDIDATS RHDP DENONCENT UNE INJUSTICE A LA CEI

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Dembélé Tounka et Adjoumani Innocent, respectivement candidat titulaire du Rassemblement des républicains (Rdr) et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) pour les législatives à Port-Bouët, ne sont pas du tout contents. Ils dénoncent une injustice dont ils ont été victimes et dans laquelle aurait tramé la commission électorale indépendante (Cei).

C'est que M. Dembélé et M. Adjoumani, ainsi que leurs suppléants sont vu leurs dossiers de candidatures, pourtant validés par leur parti, retirés de la course, à la dernière minute, et «avec la caution de la Cei», au profit de Kouadio Konan Bertin (KKB) et Yéo Fozié. Face à la presse le samedi 12 novembre dernier à Port-Bouët, les deux candidats malheureux ont dit leur indignation, accusant Mme Hortense Aka Anghui d'orchestrer cette injustice.

«Nous attendions tous la publication de la liste provisoire, lorsque de façon maladroite, Mme Aka Anghui, s'entend avec les deux autres titulaires (KKB et Yéo Fozié) pour légaliser et introduire leurs dossiers, hors délai, et nous éjecter de la liste», a expliqué, amer, M. Dembelé, disant avoir tous les détails sur cette affaire qui implique selon lui, la délégué communale du Pdci à Port-Bouët, et la Cei. «Nos dossiers ne figurent ni parmi les rejetés, ni parmi les retenus. Nous avons rencontré M. Gomis, vice-président de la Cei, et superviseur de la zone sud, pour trouver unesolution de rechange et aller enindépendant. Mais on nous a dit que ce n'était plus possible». Pour Dembélé Tounka, il faut éviter les frustrations, au moment où la Côte d'Ivoire se relève d'une douloureuse crise. «Nous nous sommes battu pour combattre l'injustice, mais nous avons découvert que la corruption, les malversations continuent à la Cei.

La crise que nous avons traversée devrait nous amener à plus de responsabilité. Mais grande a été notre surprise ce vendredi11 novembre de voir que l'institution chargée d'organiser les élections donne dans le favoritisme», a martelé le conférencier, non sans rappeler que ce rejet de leurs candidatures est mal perçu parleurs militants à Port-Bouët. Bien que frustrés, Dembelé et Adjoumani ont toutefois pris l'engagement d'apaiser les militants et de ne rien faire qui compromette la réconciliation.

Aussi interpellent-ils les autorités du pays, afin de veiller à la rigueur dans le travail effectué parla Cei. «Si la Cei était sérieuse, cela n'aurait jamais été possible», a-t-il conclu.


H. Ziao, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4036 du lundi 14 et mardi 15 novembre 2011.

KONATE SIDIKI, UN TRIBALISTE PRIMAIRE

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Lisez ce qui suit et vous aurez une idée de la « nouvelle Côte d'Ivoire », version Ouattara. Que DIEU garde notre chère patrie de ceux qui disent l'aimer et qui sont, en réalité, son pire cauchemar !


LES VERITES DE KONATE SIDIKI AU RHDP


Pour sa première sortie officielle en qualité de candidat du Rassemblement des républicains (RDR) aux législatives prochaines dans la commune de Man, le ministre Konaté Sidiki n'a pas eu la langue dans la poche. Au cours d'une rencontre qu'il a tenue, le samedi 12 novembre au siège du RDR, le candidat de Ouattara a tenu un discours peu rassembleur, frustrant du coup les responsables de son parti et même ceux du RHDP. Pour le ministre de l'Artisanat, les partis alliés au RHDP doivent effectivement soutenir le RDR aux législatives dans la commune de Man parce que ce parti y a eu le plus de voix au scrutin présidentiel denovembre2010. «Le PDCI et l'UDPCI ne devraient pas présenter de candidat à Man car nous RDR avons fait un grand score ici. Nous devons faire le même scénario comme aux présidentielles où le RHDP a soutenu le RDR qui était devant», a-t-il déclaré, avant d'ajouter que le chef de l'Etat ivoirien ne reconnaitra que les députés issus du RDR.

Pour ce membre du gouvernement, le refus surtout de l'UDPCI de ne pas soutenir le RDR aux législatives à Man pourrait lui créer des préjudices. «Il faut que les gens de l'UDPCI se mettent en tête que nous, les Malinké, nous sommes déjà maîtres du territoire manois. Nous allons prendre la députation et aussi la mairie et d'ailleurs, tous les adjoints au maire seront ''Dioula''», a averti le candidat du RDR à Man. «On ne peut prétendre aimer Ouattara et se présenter à l'élection présidentielle contre lui. On ne peut pas dire aimer le président de la République et présenter des candidats contre ses candidats aux élections législatives. Il faut dire que tous ceux qui guettent le fauteuil du chef de l'Etat ne sont pas seulement des gens de Gbagbo. Cela voulait dire que nos ennemis sont proches de nous. Mais nous les mettons engarde, demandez à tous ceux qui m'ont connu à Man, je faisais partie des groupes de palabre dans ma jeunesse. S'ils veulent du bien, nous allons faire cette élection tranquillement. Mais s'ils veulent gâter, on va se mélanger à Man», a-t-il martelé.

Ce langage châtié n'a pas été du goût d'une partie du public, dans la mesure où certains sages du RDR à Man ont commencé à quitter les lieux avant même la fin de la rencontre.


K. A.

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CARTON ROUGE A KONATE SIDIKI!


S'ils sont avérés, ces propos tenus par Konaté Sidiki, ministre de la République, tels qu'ils sont rapportés, donnent à désespérer de ce futur député avant qu'il ne soit élu pour l'hémicycle.

Quelle démocratie M. Sidiki, ex-porte-parole des Forces nouvelles (mouvement armé), prétend-il instaurer en Côte d'Ivoire en encensant le tribalisme, le clanisme et même le vandalisme ? A l'heure où la vie en Côte d'Ivoire rythme avec le triptyque Réconciliation, Restauration de la cohésion sociale et Reconstruction selon les vœux chers au président de la République, Alassane Ouattara, carton rouge à Konaté Sidiki, qui devra rectifier ses propos devant le même public et présenter des excuses à ceux qu'il aura offensés.

C'est cela aussi l'humilité. Ce comportement qui devra habiter les futurs députés que les Ivoiriens attendent au Parlement pour bâtir la Côte d'Ivoire nouvelle.


F. D. Bony


In le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4036 du lundi 14 et mardi 15 novembre 2011.

vendredi, 04 novembre 2011

ELECTIONS LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: ALASSANE OUATTARA ET LA CEI N'ONT PAS JOUE FRANC JEU



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Nous avions espéré que la « République des vainqueurs » tiennent enfin compte des récriminations amplement justifiées du CNRD (Congrès national de la Résistance et pour la Démocratie) pour - à défaut d'y accéder entièrement - leur donner une suite acceptable, de sorte à permettre à tout le microcosme politique ivoirien de se retrouver au complet sur la scène des législatives pour un pugilat loyal et fraternel. Notre attente aura été plus que déçue. Dans la mesure où ni Alassane Ouattara ni la CEI n'a joué franc jeu, pour nous permettre d'y parvenir. Réduisant, finalement, la participation au forceps du parti du président Mamadou Koulibaly, LIDER, à un rôle de faire-valoir pathétique qui n'aurait jamais dû être. De quoi s'agit-il ?

Le mercredi 26 octobre dernier, date butoir initial de dépôt des dossiers de candidatures pour les législatives, la CEI, par la voix de son porte-parole Bamba Yacouba, sur une prétendue requête du gouvernement, de candidats et de partis politiques - tous, du reste, entièrement RHDP - a concédé une prorogation de cinq jours supplémentaires pour permettre aux futurs parlementaires 2011 de déposer leurs candidatures. A la vérité, c'était « une passe » au RDR et au PDCI dont aucun des candidats n'avaient, il faut le souligner, déposé de candidatures à la date indiquée.

On peut donc donner suite aux revendications d'un parti ou d'une alliance sans que le ciel ne nous tombe dessus ? Pourquoi donc a-t-on fait la sourde oreille quant à celles du FPI-CNRD ? L'on se souvient encore que la direction du Front populaire ivoirien (FPI) avait affiché sa ferme volonté de prendre part à l'élection législative de décembre mais avait insisté sur le fait que ce ne serait pas à n'importe quel prix ni à n'importe quelles conditions.

Ainsi, son comité central, réuni en session extraordinaire, le 3 septembre 2011 avait décliné un certain nombre de préoccupations majeures du parti à négocier avec les nouvelles autorités ivoiriennes, en vue d'une participation effective du FPI-CNRD aux législatives. Elles se présentaient comme suit : La libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les autres détenus civils et militaires ; le retour de tous les exilés et les déplacés ; l'arrêt de toutes les procédures judiciaires ; le dégel des avoirs des personnalités du FPI-CNRD ; la sécurité des personnes et des biens et, surtout, la sécurité du processus électoral ; la composition de la CEI ; la révision de la liste électorale ; le découpage des circonscriptions électorales et la détermination des sièges...

Dans ce cadre, un mémorandum contenant toutes ces revendications avait été remis à Alassane Ouattara, le 29 septembre 2011, au cours d'une audience accordée au FPI-CNRD.

Le gouvernement s'était alors engagé à y donner suite. Rassurée de l'amorce des discussions, la direction du FPI avait, le 21 octobre dernier, dans un communiqué de son secrétaire général et porte-parole Laurent Akoun, demandé à ses élus, à ses cadres et aux candidats potentiels du parti de « demeurer sereins en se gardant de poser des actes de nature à perturber les militants et les électeurs ».

A la date de clôture du dépôt des candidatures pour les législatives, le pouvoir RHDP était encore à tergiverser. Aucune avancée n'avait été enregistrée ni n'était en vue. Jouant certainement sur les leçons tirées par le FPI du boycott actif du Front républicain, en 2000, et de la défection du RDR, en 2005, d'où les deux partis étaient sortis largement perdants, le pouvoir Ouattara se livrait à un chassé-croisé et à une véritable course sous haute pression chrono (date butoir du 31 octobre oblige), à l'issue desquels le FPI devait capituler et aller s'afficher en « Reine Elisabeth » à des élections déséquilibrées d'avance, organisées dans des conditions sécuritaires exécrables, identiques à celle de la Présidentielle de 2010, si ce n'est pire. L'heure butoir de dépôt était même passée, sous la férule de la Commission centrale de la CEI, de 17 heures à minuit, pour parachever le travail d'écartèlement d'une opposition difficile à manœuvrer dont la participation était attendue des observateurs internationaux de la vie politique ivoirienne, des bailleurs de fonds et des investisseurs, et sur laquelle Alassane Ouattara jouait sa propre crédibilité.

Car il ne faut pas se voiler la face, le pouvoir Ouattara avait plus besoin de ce précieux sésame qu'est la participation du FPI-CNRD aux législatives que cette alliance politique elle-même, pour apparaître comme démocrate aux yeux du monde, surtout après la remontée de bretelles des Etats-Unis sur une véritable représentativité du nouveau parlement ivoirien et après les consignes fermes de l'Elysée à son poulain lors de sa dernière visite (avec les voyages devenus quasi mensuels du chef de l'Etat ivoirien) dans l'Hexagone, chez Sarkozy, qui ne veut pas se faire accuser d'avoir instauré une dictature en Côte d'Ivoire et contribué au retour, après 20 années de démocratie, du parti unique sur la terre ivoirienne. Une telle image, doublée de celle du « génocide humanitaire et démocratique » en Libye, serait désastreuse pour la période de campagne présidentielle qui s'annonce, bientôt, en France.

Dans le même temps, Ouattara était soucieux de ne pas faire piètre figure devant le parti de Laurent Gbagbo, en se « défroquant » sous ses exigences et en dévoilant sa dépendance vis-à-vis de lui, ne serait-ce que pour son image internationale. Il ne fallait donc pas trop lâcher de leste ni trop verrouiller l'issue du dialogue, en se montrant inaccessible.

La participation de LIDER, le parti du président Mamadou Koulibaly, n'est en réalité qu'un trompe-l'œil. Même si elle vaut son pesant d'or démocratique pour le camp Ouattara et pour ce nouveau parti d'opposition - qui est tout à fait dans son droit -, au regard de la composition de la CEI et des conditions de sécurité sur toute l'étendue du territoire national, elle ne pourra que servir de nantissement à l'émergence d'un dialogue politique à sens unique, en Côte d'Ivoire. LIDER ne pourra s'en tirer qu'avec la part congrue des postes électifs. Peut-être est-ce là sa seule ambition, pour l'heure. Suffisant, en tout cas, pour Ouattara pour s'autoproclamer démocrate. Ce qui est loin de la réalité.

C'est dans cette quête de légitimité et de crédibilité qu'Alassane Ouattara et le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, se sont inscrits quand ils encourageaient, le lundi 31 octobre (le jour de la clôture du dépôt des dossiers de candidatures), à Abidjan, le FPI à participer aux élections législatives du 11 décembre 2011 : « Nous sommes convenus qu'il serait bon que le FPI participe à cette compétition, car c'est la démocratie, et un parlement où les grands partis seraient représentés serait une bonne chose », ont-ils déclaré à l'issue d'un entretien qui avait pour objet la situation politique du pays et, notamment, les prochaines élections des députés à l'Assemblée nationale. « Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont demandé à l'opposition politique réunie au sein du CNRD de participer au scrutin législatif fixé au 11 décembre prochain », selon l'AIP (Agence ivoirienne de presse), le 1er novembre dernier.

« Alassane Ouattara a dit ses regrets, ce dimanche (30 octobre 2011, ndlr), de la non participation plus que probable du Front populaire ivoirien, le parti de l'ancien chef de l'Etat (Laurent Gbagbo), aux élections législatives du 11 décembre prochain, mais assure ''ne pas désespérer de voir cette formation revoir sa position en dernière minute''. ''Je ne peux que le regretter. Nous avons fait tous les efforts, essayé de répondre à certaines des préoccupations du FPI. Je pense que le délai (de dépôt des candidatures), c'est demain (lundi) soir. Je ne désespère pas. Peut-être que nous aurons de bonnes surprises'', a déclaré Monsieur Ouattara, lors d'une conférence de presse, à l'aéroport d'Abidjan, peu après son retour de Paris », nous rapportait déjà l'AIP, le 31 octobre.

De tout ceci, nous faisons une seule lecture : Que le pouvoir RHDP n'ait pas honte de le reconnaître : il a besoin de son opposition significative pour être crédible. Que les législatives soient donc purement et simplement reportées pour permettre à toute la Côte d'Ivoire de se retrouver véritablement - au lieu de ruser, car en réalité, aucune des préoccupations du FPI n'a été prise en compte - ou alors que Ouattara assume sa dictature et le retour en force du parti unique, en Côte d'Ivoire. Sans faux-fuyant. Le gouvernement est déjà à coloration unique. Qu'il ne s'embarrasse donc pas de scrupules pour mettre sur le gâteau la cerise : un parlement à coloration unique. Il aura, au moins, le mérite d'être logique envers lui-même.

Le parti de Laurent Gbagbo, en ce qui le concerne, l'est déjà quand il martèle qu'il ne participera pas à des élections législatives sans son fondateur et dans les conditions actuelles, dénoncées dans le mémorandum remis au chef de l'Etat, le 29 septembre 2011. 5 années de cure d'humilité, de recentrage idéologique, de remise en cause et de repositionnement, ce n'est pas fait pour nuire à la force politique du FPI, qui en sortira plus grandi et mieux outillé pour les joutes futures. Que personne donc ne s'abatte de l'absence (temporaire) de La Majorité Présidentielle (LMP) à l'hémicycle. Il y a des moments de la vie où il faut savoir s'arrêter pour faire son bilan, retrouver du poil de la bête et repartir résolument. Chacun devra faire abstraction de ses ambitions politiques personnelles et s'inscrire dans la vision d'ensemble du groupe. C'est à ce prix que tous deviendront plus forts pour une véritable révolution politique.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 358 du jeudi 3 novembre 2011.

jeudi, 03 novembre 2011

HAMED BAKAYOKO AVOUE QUE LE SORT DE GBAGBO DEPEND PLUS DE L'INTERNATIONAL QUE D'EUX-MEMES



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Le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko qui recevait, lundi dernier, une délégation de la majorité présidentielle à son cabinet, a avoué que le gouvernement ne peut pas décider du cas Gbagbo et encore moins autoriser sa libération.

Plusieurs journaux proches du Rassemblement des houphouëtistes pour la recherche de la paix (RHDP) ont répandu depuis quelques jours le vent de la libération des prisonniers des goulags nordiques d'Alassane Ouattara. Se voulant plus précis, Soir Info a proposé hier à ses lecteurs une liste des personnalités devant être libérées cette semaine. Le chef de l'Etat lui-même avait donné le ton en affirmant, lors d'une allocution publique, qu'il y a avait quelques surprises en l'air, sans dire dans quel sens elles iraient.

Selon nos sources, l'ensemble des prisonniers des goulags sont concernés par un tel « élargissement » sauf une bonne dizaine dont le Président Laurent Gbagbo. Son cas fait l'objet d'une cristallisation de part et d'autre des négociateurs. D'ores et déjà, le FPI avec qui le régime continue de négocier une participation aux législatives, le 11 décembre prochain, a affirmé qu'il boycotterait purement et simplement ces élections tant que le Président Gbagbo serait retenu en prison à Korhogo. Lundi dernier, le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko a regimbé en avouant qu'il ne pouvait rien faire sur le cas Gbagbo parce que l'ex-président ivoirien « est un prisonnier international ». Selon lui, il y a trop d'intervenants sur le cas Gbagbo qui font que ni lui, ni Alassane Ouattara lui-même ne peuvent pas autoriser la libération de l'ancien président.

Très au fait des enjeux qu'embrasse cette assignation à résidence à Korhogo, Jacques Vergès l'un des avocats internationaux du président Gbagbo avait affirmé très tôt que l'ex-N°1 ivoirien est un prisonnier de Nicolas Sarkozy, démontrant au passage que tout ce qui lui était reproché, dont une scabreuse inculpation pour crimes économiques, n'était qu'une mise en scène destinée à masquer la réalité d'une vengeance personnelle du président français qui n'a pas encore digéré qu'un président africain puisse mettre à mal son autorité.

« C'est quel international qui gère le cas Gbagbo ? La France ? Si c'est oui, c'est choquant et je suis frustré et humilié que notre pays en soit là ! Que les dirigeants qui sont aujourd'hui au pouvoir dans notre pays soient à ce point incapables de prendre leurs responsabilités est déshonorant. Car un Etat souverain prend ses responsabilités, en toute souveraineté », a commenté hier l'ancien ministre Michel Amani N'guessan, ancien ministre de la Défense.

Comble de paradoxe, le Président Gbagbo a pourtant été inculpé par le Procureur ivoirien qui a guerroyé au mot pour démontrer qu'il avait la compétence de poursuivre et inculper un ancien chef d'Etat en dépit d'un statut en la matière très protecteur. Une fois passée cette mise en scène, toute la machine judiciaire s'est arrêtée, puisque toute la procédure est au poids mort. Le pouvoir n'a aucune preuve de détournement de deniers publics, encore moins de preuves de crimes économiques et, dans le désarroi, a fini par jeter son dévolu sur la Cour pénale internationale pour faire coïncider l'intérêt national avec les vœux d'un Nicolas Sarkozy qui ne décolère toujours pas. « Même le choix de la CPI ne les met pas à l'abri d'un procès en responsabilité. Car la saisine de la CPI est de la responsabilité de l'Etat », s'est encore inquiété Michel Amani qui dénonce des gouvernants par procuration. « Pendant que nous, par respect pour notre pays, considérons que nous discutons avec un gouvernement responsable, eux-mêmes affirment le contraire. Dans ces conditions, il est bien inutile de légitimer un tel pouvoir en allant à de telles élections » sans la libération de Gbagbo. Seulement voilà, dans la majorité présidentielle, le CNRD n'a pas encore un avis aussi clair que celui du Front populaire ivoirien.

 

Joseph titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 89 du jeudi 3 novembre 2011.


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QUAND BEDIE DIT NON, C'EST QUE C'EST OUI

 

La morgue habituelle d'Henri Konan Bédié va-t-il suffire ? Cette fois-ci, c'est son autorité qui s'en trouve particulièrement sapée. Car une chose est de dire dans les médias, de manière un tantinet péremptoire, que le PDCI a un accord avec le RDR pour montrer que le premier cité doit hériter du poste de Premier ministre à l'issue des prochaines législatives, une autre est de prouver aux militants que le sphinx de Daoukro co-gère effectivement la présidence de Ouattara comme celui-ci l'avait laissé croire par stratégie. Car sur le chapitre des législatives, le parti démocratique de Côte d'Ivoire accuse une fois de plus le coup. Henri Konan Bédié a été en effet incapable de maintenir le cap des candidatures autonomes. Avant de se rendre en France, Bédié n'avait pourtant pas manqué d'afficher une certaine fermeté à l'égard de Ouattara qui n'arrive toujours pas à se décomplexer de son attitude de leader dominant. On croyait alors que le jeu politique  s'animerait, d'autant plus que le PDCI avait une revanche à prendre sur sa défaite inattendue au premier tour de la présidentielle de 2011. Le candidat du PDCI d'abord puis, dans la foulée, la machine du parti avaient accusé Laurent Gbagbo et son régime d'avoir fraudé sur ses suffrages étouffant par là même un début de polémique sur des fraudes imputées au candidat du RDR dans certaines contrées qui lui sont réputées favorables. Enfin depuis avant-hier, le PDCI a renoncé au combat, acceptant d'être à la remorque du parti du chef de l'Etat qui, lui,  ne se prive pas de lui infliger quelques humiliations comme celles contenues dans le critère de désignation des candidats du RHDP. Selon « Le Nouveau réveil » qui ne décolère pas contre ledit critère, les scores du deuxième tour de la présidentielle font foi lorsque le consensus n'est pas possible entre alliés. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire n'ayant pas été au second tour ne pouvait, à priori, qu'espérer le consensus ; mais à ce jeu et vu les appétits, Bédié n'a pu ramener sur terre les cadres RDR dont les yeux sont désormais rivés sur leurs nouvelles carrières politiques à protéger et sur la nécessité d'incarner un nouveau leadership national. Le boycott du FPI qui vient quelque peu rendre dérisoire la machine de la triche est de ce point de vue une aubaine.

Le RDR veut gagner pour éviter que le PDCI ne le tienne en laisse et surtout, qui sait, pour ne pas céder le poste de Premier ministre comme le réclame toujours le parti démocratique de Côte d'Ivoire. Alassane Ouattara semble même avoir trouvé la muselière qu'il faut pour maintenir le leader de 77 ans loin de ses emprises habituelles.

Le sphinx paraît d'autant plus usé qu'il n'a pas les moyens de conserver ses propres acquis. Il devait aussi être naïf de croire qu'il partagerait réellement le pouvoir avec Ouattara en tirant les marrons du feu. Il a rêvé, y compris ses militants dont les plus meurtris selon le confrère appellent publiquement les autres à maintenir leurs candidatures comme celles de cadres indépendants. Leur entêtement à ne plus faire confiance à Bédié est certainement la seule leçon à retenir de ce marché de dupes où Bédié semblent avoir vendu toutes les illusions du PDCI qui n'a plus qu'à se fondre dans le RDR. Mais à cela, le sphinx dira non, avant de dire oui.

 

Séverine Blé, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 89 du jeudi 3 novembre 2011.

LEGISLATIVES 2011: RHDP, LA LUNE DE MIEL TOURNE AU FIEL


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Trahison, frustration, abus de confiance.., les militants et avec eux, la presse proche du Pdci-Rda n'avaient pas assez de mots pour exprimer hier, leur déception, leur révolte devant la gestion ''scandaleuse'' du dossier de candidature des cadres RHDP aux élections législatives à venir. Ils estiment avoir été lésés dans la répartition des cartes. Tenez, à Abidjan, par exemple, sur 27 postes de députés que la coalition des houphouétistes s'engage à briguer, seulement 8 cadres du parti sexagénaire sont en piste contre 19 pour le Rdr. Une arithmétique squelettique qui rappelle celle toute aussi dérisoire du partage des portefeuilles ministériels de la fin avril dernier et qui avait déjà suscité la même réaction dans les rangs des ''pédécéistes''.  Sur les 36 postes à pourvoir, le PDCI s'était contenté de 8 strapontins contre une vingtaine pour le principal allié, le Rdr.

A l'époque, le président Aimé Henri Konan Bédié, avait dû se reprendre à plusieurs fois, déployant au passage, un trésor de diplomatie et des promesses de rachat pour calmer la grogne des siens. C'est donc à juste titre que les cadors du vieux parti, attendaient le  temps des  législatives pour couronner leurs ambitions personnelles contenues ou refoulées depuis plus d'une décennie pour la plupart, pour exister de nouveau, politiquement s'entend. C'est pourquoi,  ils fondaient beaucoup d'espoirs en la foi de leur patron, le ''sphinx'' de Daoukro, consacré entre temps, inspirateur théorique de la présidence de M. Alassane Dramane Ouattara. Un titre que Bédié lui-même étrenne fièrement et ne manque aucune occasion de le faire savoir à tous ceux qu'il a l'amabilité de recevoir chez lui, entre deux petits verres.

Ils pensaient logiquement donc, que passé le coup tordu de la formation du gouvernement, les choses rentreraient dans l'ordre avec notamment un Rdr moins arrogant et moins boulimique. Mais à l'arrivée, rien de tout cela. La part congrue du gâteau a été une fois de plus réservée aux ''vert et blanc'' pendant que la vague orange des ''ouattaristes'' se déploie et tourne même à l'humiliation pour l'allié Pdci. Et rien n'indique que la tendance pourrait s'améliorer dans les jours à venir ou à l'occasion des futures joutes électorales,  pour  cette dernière formation politique. On se demande bien comment ''N'zuéba'', s'y prendra cette fois, pour refroidir la rage des mécontents.

Hier une rencontre houleuse sur le sujet a eu lieu à la maison du Pdci, à Cocody. De bonnes sources, les proches collaborateurs de Bédié qui dirigeaient les débats, ont eu du mal à contenir les éclats de voix qui fusaient de partout. Ce n'est pas tout, puisque l'autre question à résoudre par les pontes du Rhdp est celle des candidats indépendants qui se recrutent parmi les recalés des listes communes présentées par la coalition au pouvoir. Un dossier, qui, s'il n'est pas géré avec beaucoup de tact pourrait contrarier bien des calculs. Au vu de ce qui précède, c'est peu d'affirmer que le bel unanimisme affiché depuis le second tour de la dernière présidentielle ivoirienne par les houphouétistes est en train de voler en éclats, si ce n'est déjà fait. Car il ne se passe pratiquement plus de jour sans qu'un des farouches défenseurs d'hier, de cet accord, ne porte de violents coups de canif à celui-ci. La dernière sortie en date est celle de Jean Blé Guirao de l'Udpci qui, en des mots bien choisis, a exprimé son blues face aux nombreuses promesses non tenues par M. Dramane Ouattara  à l'endroit des formations politiques alliées du Rdr.

Pour mémoire, cet ancien Secrétaire général de la puissante fédération estudiantine de Côte d'Ivoire (Fesci) avait déjà pesté contre le régime actuel, dans un passé récent, pour le  poste de directeur général (DG) de l'Agefop qui à l'en croire, lui tendait les bras et qui, en définitive a été attribué à un proche du chef de l'Etat. Au total, c'est à une belle ambiance de déchirement, une météo exécrable que l'on assiste actuellement au Rhdp, où visiblement, la lune de miel a pris un sacré goût de fiel.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 89 du jeudi 3 novembre 2011.

lundi, 24 octobre 2011

ELECTIONS LEGISLATIVES: LE RHDP AU BORD DE L'IMPLOSION


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Pdci-Rdr, y a palabre! « Les mercredi, jeudi et vendredi derniers, nous nous sommes réunis à la maison du parti (Pdci), et nous avons décidé de quitter le Rhdp, si le Rdr continue de ne pas venir aux réunions ». C'est sur un ton coléreux qu'un haut cadre du parti démocratique de Côte d'Ivoire, qui a souhaité garder l'anonymat, nous a joint hier dimanche 23 octobre 2011. Des propos qui traduisaient vraisemblablement un ras-le-bol. A l'entendre, le rassemblement des houphouétistes serait en ce moment grippé par une mésentente entre les deux ténors de cette coalition politique, à savoir le Pdci et le Rdr, sur la question des élections législatives de décembre 2011. Le parti d'Alassane Ouattara ne jouerait pas franc jeu avec celui de son aîné Henri Konan Bédié, sur la façon d'aborder ce scrutin, afin d'assurer une victoire à la coalition au pouvoir. Selon notre interlocuteur d'hier, le Rhdp avait convenu de faire des réunions périodiques pour définir les différents angles d'attaque des élections législatives, notamment en ce qui concerne le choix des personnalités devant défendre les couleurs des partis du Rhdp.

Le président du directoire de cette coalition, le professeur Alphonse Djédjé Mady, a lancé à cet effet, depuis le mois de mai 2011, une invitation à tous les partis politiques du Rassemblement des houphouétistes pour ces réunions périodiques. Tous ont répondu présent, souligne notre informateur, sauf le Rdr, qui a brillé par son absence jusqu'au 15 septembre 2011, où ce parti a participé à sa première réunion, avant de s'éclipser à nouveau. A l'approche des législatives, et ne voyant pas leur allié le plus sûr à la table de discussion, Djédjé Mady a donné un coup de fil au ministre Amadou Soumahoro, le secrétaire général par intérim du Rdr, l'invitant à prendre part aux réunions. «Je n'ai pas le temps», aurait répondu le successeur de Henriette Diabaté au poste de SG du parti à la case. Une réponse qui a fait monter d'un cran la colère chez les barons du vieux parti. Qui perçoivent dans l'attitude de leur allié au pouvoir, une volonté de les rouler dans la farine.

La réponse d'Amadou Soumahoro traduit-elle un boycott ou une réelle difficulté d'harmoniser les positions avec les alliés du Rhdp ? Il faut toutefois souligner que pour ces législatives 2011, selon le président Bédié qui en est le grand patron, «le Rhdp ira en rangs dispersés, mais pas opposés». Dans la stratégie, il s'agit de privilégier les partis dela coalition en fonction de leur zone d'influence et de partager les postes dans les zones jugées neutres. Ces principes de base devraient cependant faire l'objet de réunions pour définir le nombre de candidats à mettre dans la course au parlement, qui compte désormais 255 sièges.

Pendant plus de trois mois, le Rdr a boycotté ces réunions, créant ainsi la suspicion au sein du Rhdp. Amadou Soumahoro, qui devrait prendre part à ces consultations, serait en ce moment, selon de bonnes sources, coincé par le choix des candidats du Rdr. Il doit gérer plus de 900 demandes de candidature, presque le double de la répartition qui aurait été convenue avec le Pdci (environ 400).

Ce qui crée des difficultés de choix. Avec quels arguments allait-il alors se présenter à la maison du Pdci pour décider des postes de députés ? Par ailleurs, le secrétaire général par intérim du Rdr devrait tenir compte des consignes du président Alassane Ouattara, à savoir qu'il faut privilégier les candidatures des secrétaires départementaux au détriment de certains gourous du Rdr. Or justement, de nombreux barons du parti des républicains font face à une fronde parce qu'ils sont opposés à des secrétaires départementaux. Autant d'épines que Amadou Soumahoro doit retirer de son pied pour aller à la réunion du Rhdp. L'affaire grippe donc la machine houphouétiste à un mois des législatives.

Le haut cadre du Pdci qui nous a parlé hier pense qu'avec l'attitude du Rdr, «le projet de parti unifié et de gouvernement commun du Rhdp n'est qu'une vue de l'esprit». Pour lui, le Rdr veut purement et simplement doubler le Pdci. Les deux têtes fortes de cette coalition devraient prendre le taureau par les cornes afin d'éviter l'implosion.


Mamadou Ziao, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4020 du lundi 24 octobre 2011.

samedi, 12 février 2011

ET SI LE PDCI AVAIT TRAHI LE RDA?

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« Les grandes trahisons sont toujours effacées par l'histoire », telle est la  pensée d'Alexandre Sanguinetti. Il semble que cette affirmation se fonde sur l'altération des faits par le temps mais notre intime conviction est que le temps ne fait que parsemer le doute dans notre conscience sans diluer totalement des faits. Si on s'accorde sur ce fait alors il est possible d'affirmer que le Parti Démocratique de Côte d'ivoire (PDCI) a trahi le Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

N'est-ce pas là, une affirmation gratuite ? Bien sûr que non, si l'on donne une définition acceptable de ce qu'est la « trahison ».

En effet, la trahison est l'action de trahir, c'est-à-dire de dénaturer, d'altérer quelque chose ou la pensée première.

Le RDA a été un vaste et puissant mouvement africain dont la portée historique échappe parfois à ceux qui en sont les promoteurs. Le PDCI-RDA en était une section. Mais le PDCI, c'est le cas de le dire, a agi avec perfidie vis-à-vis du RDA. En tout cas, tel est notre sentiment et nous entendons la justifier à travers cette contribution.

L'argumentation dans cette contribution s'articule autour de trois points logiques.

Le premier point reviendra sur la philosophie première du RDA et de sa section ivoirienne le PDCI.

Le deuxième point mettra en lumière la trahison historique  du PDCI à l'égard des idéaux du RDA.

Le troisième point  proposera au PDCI-RDA de  revenir à ses premières amours, en ayant une attitude digne.

  1. LA NAISSANCE DU RDA ET DU PDCI-RDA

Il est connu de tous que l'occident nous dépouille sans contrepartie. Mais cela ne date pas d'aujourd'hui. Avant les indépendances des années 60, ce constat a été fait par les pères des indépendances, d'où la nécessité d'une lutte sans merci pour le rétablissement de notre dignité. C'est ce qui a motivé la création du RDA.  Enfanté au milieu de l'indifférence générale, accueilli avec un grand scepticisme ou une souriante ironie, la date de naissance du RDA remonte à Bamako, en 1946. Le congrès constitutif du RDA s'ouvre le 18 octobre 1946 à Bamako où plus de 800 délégués venus par tous les moyens de Guinée, de la Côte d'ivoire, du Sénégal, du Dahomey (actuel Benin), du Niger, du Soudan (actuel Mali), du Cameroun, du Tchad, se trouvèrent réunis.  Le congrès dura trois jours pour donner naissance à ce « gros bébé noir ». Pour la première fois, des hommes politiques d'Afrique occidentale et d'Afrique équatoriale française se rassemblent pour reconquérir leurs droits. Le 21 octobre, le RDA voit le jour sous la direction de Houphouët-Boigny. Dans presque tous les territoires, il devient la principale force politique. Le RDA est un grand mouvement anticolonialiste d'Afrique noire, avec des sections inter-territoriales (UPC au Cameroun, PDCI en Côte d'Ivoire, PDG en Guinée, l'Union Soudanaise au Mali). Qu'il nous soit permis de rappeler quelques phrases du manifeste du RDA : « le fédéralisme du Mouvement républicain populaire (MRP) ne peut tromper, aujourd'hui, aucun africain. Il n'est en effet,  que le masque d'un régime d'autorité, comme l'assimilation, que nous rejetons formellement, n'est qu'une chape de plomb jetée sur l'originalité africaine ».

Le RDA était donc un mouvement qui luttait contre l'impérialisme tout court. Pour s'en convaincre, il suffit d'être attentif au propos de Félix Houphouët Boigny : « s'appuyant sur toutes les couches sociales d'Afrique, notre mouvement puise sa confiance dans l'avenir, dans celle que la masse africaine a placée en lui comme dans la lutte héroïque des forces démocratiques du monde entier, sûres de leur victoire contre les forces impérialistes ».   Mais l'apparentement du RDA au Parti communiste lui attire les foudres de Paris dès le début des années 1950, sans  pour autant l'abattre complètement : ses sections restent à l'avant-garde de la marche vers l'émancipation.

  1. LA TRAHISON DU PDCI-RDA

Homme politique de « premier plan », pour reprendre à notre compte les mots du Général De Gaulle, Félix Houphouët Boigny (FHB) est véritablement un militant engagé pour la dignité de l'africain.

En 1944, FHB crée le syndicat agricole africain (SAA) pour la défense des intérêts paysans. Houphouët est alors, à la fois président et secrétaire général. La première décision prise est de lutter pour la revalorisation du salaire journalier des travailleurs des plantations : 6 F par jour aux travailleurs des plantations, contre 3,50 F offerts par les colons. Une plainte fut portée contre le président du SAA pour cette décision. Il fut même l'objet d'enquêtes depuis Paris (le ministère des Colonies envoya un inspecteur), pour comportement anti-français.

On l'a dit plus haut que le RDA a vu le jour sous la direction de Houphouët-Boigny et que ce mouvement luttait pour la dignité et l'émancipation de l'africain.  Le PDCI-RDA en est une section de ce mouvement d'émancipation des peuples d'Afrique noire. Tous les observateurs de la scène politique en Côte d' Ivoire sont unanimes pour dire que le PDCI est un parti de paix, de tolérance, de développement et d'unité. Pourtant ils sont en nombre limité, ceux qui savent que le PDCI est un parti de combat.  A ces derniers, il convient de rappeler que le fondement de ces idéaux se trouve dans la prise de conscience d'un homme, Félix HOUPHOUET-BOIGNY, dans son cri d'indignation comme il le dit lui-même : « On parle de la naissance de notre mouvement, le PDCI-RDA. En fait, tout est parti du Syndicat Agricole Africain. En 1932, je vous l'ai dit, j'étais jeune médecin à Abengourou. Et devant la détresse des cultivateurs de l'Indénié, je me suis permis, avec l'accord du Gouverneur d'alors, Bourgine, d'inviter mes compatriotes à faire la grève de la vente du cacao. J'ai écrit un article de presse intitulé, ON NOUS A TROP VOLÉ.»

Ainsi que dans le préambule des statuts adoptés au 5ème Congrès :

«Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire dit PDCI, né du Syndicat Agricole Africain de Côte d'Ivoire, fidèle reflet des aspirations profondes de nos masses a pour mission, dans le cadre du Rassemblement Démocratique Africain d'affirmer au niveau de la Côte d'Ivoire la personnalité africaine. Il s'assigne en conséquence pour but de promouvoir une politique de bien-être, de paix, de neutralité absolue et de coopération internationale dans l'égalité, la tolérance, la solidarité et la dignité».

Le PDCI  a été un grand parti de combat. Pour ceux qui ne le savent pas, le 6 février 1949, au cours d'un meeting, des incidents éclatent entre partisans et adversaires du RDA. Le bilan de cette journée est de 2 morts et plusieurs blessés. Mais  en réalité, c'était une provocation montée de toute pièce selon les militants. La plupart des dirigeants du PDCI furent arrêtés et emprisonnés à Grand-Bassam par l'autorité coloniale, en l'occurrence le gouverneur Péchoux.  On pouvait noter l'arrestation de huit militants du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) (Dadié, Ekra Mathieu, Sery Koré, Ladji Sidibé, Jacob William, Paraiso, Allo Jérôme, philippe Vierra, Lama Kamara, Jean Baptiste Mockey).

Le 24 décembre 1949, en Côte d'Ivoire, environ 4000 femmes se rassemblent aux alentours de la prison de Grand-Bassam pour protester contre l'incarcération arbitraire de leurs maris, de leurs fils et de leurs frères membres du RDA.  Marie Séry Koré, présidente du comité féminin du PDCI à Treichville est à la tête de cette révolte. Il parait que cette femme digne, aurait administré une magistrale paire de gifles à un des colons zélé et excité, qui empêchait les femmes d'avancer vers le palais de justice et la prison civile. Trois mois plus tard, les prisonniers du PDCI passaient en jugement et furent condamnés à des peines atténuées.

Si avoir de la dignité, c'est avoir un comportement qui mérite l'estime ou avoir le respect de soi-même, on peut dire qu'aujourd'hui, le PDCI-RDA a trahi le RDA.  Comment comprendre l'atténuation du zèle brulant du PDCI pour le respect de la dignité du peuple ivoirien ? Le comportement des dirigeants actuels du vieux parti intrigue, c'est le cas de le dire. On se souvient de la déclaration d'un porte-parole du PDCI-RDA, appelant les nations unies à mettre sous tutelle un pays que ce même parti, à aider à conquérir une indépendance nominale en 1960.  Alors qu'on recherchait les voies de sortie de crise, monsieur Claude Emolo préconise à cet effet, de "mettre en place un nouveau cadre institutionnel sous l'égide de l'ONU dont le mandat prendra fin dès la prestation de serment du nouveau président". Il clarifie même ses propos en ces termes : "Cette institution onusienne aura, entre autres, les pouvoirs suivants : administration générale des affaires courantes de la nation, conduite du processus électoral dans tous ses aspects jusqu'à la prestation de serment du nouveau président élu".

On peut également citer la création du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le 18 mai 2005 à Paris, sur l'initiative du président Henri Konan Bédié soutenu par le Dr Alassane Dramane Ouattara.

Les appels incessants du RHDP à la désobéissance civile, à ne pas travailler, à ne pas payer les taxes et impôts, jettent un discrédit sérieux sur le PDCI-RDA, le noyau dur de ce mouvement. Le RHDP « tue » l'économie ivoirienne, casse des maisons, manifeste violemment, agresse, avec la bénédiction du vieux parti.  Le PDCI appelle aujourd'hui comme d'ailleurs ses alliés du RHDP à la destruction de la Côte d'Ivoire par les soldats de l'Ecomog. Quelle honte pour un parti qui prétend lutter pour le bien-être des ivoiriens. Pourquoi le vieux parti tourne le dos à la négociation alors même  que le dialogue a toujours été une « religion » au PDCI.  Il n'y a pas de commentaires additionnels à faire à propos de ce nouveau visage du PDCI-RDA : le parti a trahi le combat du RDA. Ces errements sont contraires aux idéaux  du parti du « bélier de Yamoussoukro ».

Le PDCI-RDA a tout simplement trahi le puissant mouvement d'émancipation des africains qu'est le RDA.

  1. UNE BRETELLE DE SORTIE POUR LE PARTI DU « BELIER DE YAMOUSOUKRO »

Nous avons vu que le parti de feu Félix, Houphouët Boigny (FHB),  a trahi les idées pionnières du RDA. Ce qui est consternant, c'est  que Félix Houphouët Boigny et Henri Konan Bédié ont une légitimité historique. Que signifie donc ce terme ?

Pour le professeur Pierre Kipré, avoir la légitimité historique, c'est réussir à travers le temps, à poser des actes significatifs dans ta communauté, à mener un combat en faveur de l'évolution politique et démocratique de la communauté.

Dans ce cas, nul ne peut contester à FHB, la légitimité historique de premier plan dans notre pays, cependant l'accord est moins large sur les autres politiciens ivoiriens du vieux parti. Le PDCI d'aujourd'hui s'est affaissé au point qu'il est composé de politiciens aux ordres.  La vacuité politique du PDCI désole de nombreux d'ivoiriens, qui se demandent quelle piqûre injecter à ce parti pour lui redonner ses lettres de noblesse.

Bédié a été en France alors qu'il était étudiant, un militant endurci de la Fédération des Etudiants d'Afrique Noire Française (FEANF), à l'époque avant l'indépendance. Etre militant de la FEANF en France, ça supposait  être fondamentalement anti-colonialiste.  La Fédération fut créée à Bordeaux dans la nuit du 31 décembre 1949 au 1er janvier 1950 et luttait  pour la libération et l'indépendance de l'Afrique.  Elle  prônait l'indépendance nationale, l'unité africaine et la démocratie garante du développement économique. On se souvient des manifestations à Paris, au quartier latin, des étudiants africains après l'assassinat du Congolais Patrice Lumumba en 1961.

Ainsi, la FEANF reposait sa force sur la lutte qu'elle menait contre un seul  ennemi, la France, c'est-à-dire son gouvernement. Aujourd'hui,  cette même  France a pris de l'âge  avec des tentacules un peu partout se  métamorphosant en des réseaux maffieux  qui se nomme françafrique, dont les effets sont désastreux pour le développement des pays africains.

Pourquoi donc le PDCI-RDA d'Henri Konan Bédié (aujourd'hui) peut se comporter comme un suppôt de la France ?

Il existe encore une bretelle de sortie pour le vieux parti, qui, disons-le, a construit la Côte d'Ivoire.

Le PDCI-RDA doit se réconcilier avec les idées du RDA en abandonnant les voies  qui assujettissent le peuple ivoirien.

Si le PDCI-RDA avait encore un peu de dignité, il serait bon qu'il se désolidarise de ceux qui complotent pour détruire le pays, pour lequel, Félix Houphouët Boigny, a lutté toute sa vie.

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Dr Prao Yao Séraphin

 

Economiste et Analyste politique

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

praoseraph@yahoo.fr

lundi, 15 novembre 2010

COTE D'IVOIRE : LE DEUXIEME SURSAUT NATIONAL EST EN MARCHE !



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Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, une horde d'affreux attaque la Côte d'Ivoire dans une tentative de coup d'état qui se mue en rébellion armée. Notre beau pays est alors coupé en deux. Dans un sursaut mémorable, les patriotes ivoiriens font écran à la sinistre entreprise pour indiquer aux nageurs en eaux troubles qui ont porté le glaive dans le sein de la mère-patrie que leur projet ne peut prospérer. A travers des marches, des manifestations monstres qui ont battu tous les records de mobilisation et des levées de fonds, les dignes fils de la Côte d'Ivoire ont donné la preuve de leurs nouvelles dispositions d'esprit : un peuple épris de liberté, de paix, prêt au sacrifice pour son pays et qui n'entend pas laisser prospérer ceux qui clament leur amour pour la Côte d'Ivoire mais qui ne manquent aucune occasion de faire couler le sang de ses fils. Drôle d'amour que celui-ci ! A la vérité, ces hideux n'ont jamais aimé ce pays ou du moins ne l'aiment que pour le fauteuil présidentiel qu'ils convoitent.

Ce sursaut digne des plus grandes révolutions de l'histoire du monde a eu l'adhésion de quelques nations sœurs, telle que l'Angola à laquelle nous devons une fière chandelle, et des jeunesses de la quasi entièreté de l'Afrique noire venues affirmer leur opposition aux prétentions néocoloniales d'états impérialistes qui ne doivent leur développement qu'à la prédation impitoyable qu'ils exercent sur des états plus faibles, y entretenant (comme en Côte d'Ivoire) une instabilité politique permanente qui leur sert de terreau fertile aux chantages les plus démoniaques et les plus éhontés.

Tout le monde le savait, en Côte d'Ivoire. Mais il a fallu attendre novembre 2004, deux années après le début de cette crise qui nous aura traînés de capitale africaine en capitale africaine en passant par le centre de rugby de Linas-Marcoussis en France à la recherche de la paix, pour que les vrais parrains et les véritables commanditaires de notre mise à mort tombent le masque : Jacques CHIRAC et l'exécutif français ! Nous avons ainsi pu voir la France (se prévalant d'un droit de réplique suite au prétendu bombardement d'un camp français à Bouaké, le 6 novembre, par des aéronefs ivoiriens) clouer au sol à coup de missiles et d'obus la faible aviation ivoirienne qui s'était aventurée dans une opération de libération baptisée « Dignité », dernier sursaut d'honneur pour s'affranchir d'une rébellion qui n'avait que trop duré et dont les tergiversations étaient devenues plus qu'insupportables. Une opération, menée du 4 au 6 novembre 2004, pour laquelle elle avait pourtant donné quitus aux autorités ivoiriennes !

Effectuant un repli général sur Abidjan dans un objectif inavoué de représailles, le commandement des opérations spéciales françaises en Côte d'Ivoire et ses troupes, dirigés alors par le Général Poncet, sous le prétexte fallacieux de s'être égarés, se retrouvent comme par hasard, à l'Hôtel Ivoire, à 150 mètres de la résidence du Président Laurent GBAGBO. Parfait scénario de coup d'état. Mais c'était compter sans le peuple ivoirien : une marée humaine sans nulle autre pareille dans l'histoire de notre pays s'est déversée dans les rues d'Abidjan; et la commune de Cocody, devenue un véritable théâtre des opérations, s'est retrouvée bouclée par des patriotes déterminés et intrépides qui voulaient en découdre. Prise dans sa propre peur-panique devant ce sursaut national, l'armée française ouvre le feu sur une foule aux mains nues, le 9 novembre 2004, devant l'Hôtel Ivoire et à plusieurs points chauds d'Abidjan (les jours précédents: Pont Général de Gaulle, 43ème BIMA, Aéroport Félix Houphouët-Boigny). Bilan: des dizines de morts et des milliers de blessés. Oui, les 6, 7, 8 et 9 novembre 2004 sont à jamais gravés dans les annales ivoiriennes comme des jours de feu et de sang pour la liberté de notre peuple.

La France, surprise de la victoire des ivoiriens sur le plan de la communication tous azimuts et notamment sur Internet, va s'enliser dans les sables mouvants de la dénégation impudente, allant de mensonges grossiers en raccommodages frénétiques qui ne convainquent personne, pour en arriver, aujourd'hui, à traîner cette affaire comme un boulet au pied que les Ivoiriens ne lâchent pas. Un véritable passif entre les deux nations à solder au plus vite et à tout prix, pour une coopération et des relations plus saines.

Cette mobilisation mémorable aura marqué tous les esprits, en Côte d'Ivoire et en Afrique voire dans le monde. Mais à la faveur du 2nd tour de l'élection présidentielle, devant la configuration que prend cette dernière ligne droite, nous ne pourrons faire l'économie d'un deuxième sursaut national. En effet, Henri Konan BEDIE, candidat malheureux au 1er tour du scrutin présidentiel, dans une alliance contre nature avec celui qui a effroyablement ensanglanté notre beau pays et qui l'avait lui-même antérieurement éconduit du pouvoir, appelle le PDCI-RDA à voter Alassane Dramane OUATTARA et prend la tête de la présidence de campagne du candidat du RDR, sous la bannière du RHDP. Des milliers de ses partisans et militants ne le lui pardonnent pas. C'est, en ce moment, une véritable ruée vers la cause de La Majorité Présidentielle : sauver la Côte d'Ivoire de l'imposture étrangère et de la conspiration néocolonialiste.

C'est ainsi que nous observons (avec bonheur), à la télé, de nombreux désaveux à l'appel d'Henri Konan BEDIE par ses propres militants. Oui, le peuple ivoirien a mûri. On ne peut plus le tromper. Au rythme où vont les défections dans ses rangs, le 28 novembre 2010, le RHDP sera totalement coupé de sa base.

Mais le candidat LMP n'en reste pas là. Il ratisse large : il a fait appel, il y a quelques jours, aux candidats sortis de la course à la présidence. Notamment à Mme Jacqueline Lohouès OBLE, au Révérend TAGOUA Pascal, à DOLO Adama, TOHOU Henri, ENOH N'Douba et KOUADIO Siméon. L'adhésion de la présidente intérimaire du PIT, Mme Angèle GNONSOA, lui est également acquise, après la démission énigmatique de l'ex-candidat Francis WODIE de la tête du parti qu'il a fondé. Querelle interne ? L'avenir éclairera notre lanterne. Mieux, Angèle GNONSOA a lancé un appel télévisé au sursaut national à l'adresse de tous les Ivoiriens de tous les bords pour sauver notre pays du péril extérieur qui le menace ainsi que de ceux qui ont brûlé l'Ouest de la Côte d'Ivoire et qui veulent se faire passer, aujourd'hui, pour Blanche-Neige.

A cette liste, il faut ajouter Nanan Amon N'Douffou V, le roi du Sanwi (Aboisso), la jeunesse patriotique du PDCI-RDA à travers le « Mouvement Nationaliste du PDCI » d'Isidore Gauze, Daniel Félix Usher Assouan, fils de feu Arsène Usher Assouan, ancien maire de Cocody, grand baron et haut dignitaire du PDCI-RDA, qui a ouvertement désavoué « N'Zuéba », l'Association des artistes du « V » baoulé (dont les plus célèbres : Allah Thérèse, Sidonie la Tigresse, Amani Johnny, Tonton Etiennot), le député PDCI-RDA de la circonscription de Bouna (Région du Zanzan) et Président du Conseil Général de la même localité, Palé Dimaté, également Haute Autorité pour le développement du Zanzan, qui a déjà tranché en faveur du candidat LMP : « Soutenir ADO est une injure à la mémoire et à la conscience nationale ». Le groupe parlementaire Loyauté ne manque pas à l'appel avec les députés Djibo Aya Martine (PURCI), Oulé Tia (RPP), Siki Blon Blaise (UDPCI-Vgr), Dosso Vally, Sékongo Yaya, Gué Pascal et Yéo Adama, ainsi que le ministre d'Houphouët-Boigny, Emile Constant Bombet qui a lancé depuis son blog personnel un appel, à l'adresse de tous les militants du PDCI-RDA, « à se rassembler et à se mobiliser autour de Laurent GBAGBO, le candidat de la liberté politique » parce que « la Côte d'Ivoire a besoin de volonté et d'unité pour sortir des griffes des forces du mal » .

L'ami Saint-Ralph le disait sur le blog Aller de l'Avant : « Je ne suis pas convaincu que les Ivoiriens dans leur grande majorité votent pour un programme. Absolument pas ! Cette élection a une importance symbolique parce qu'elle contient l'idée de liberté et de dignité. C'est pour la dignité de la Côte d'ivoire que les ivoiriens doivent se prononcer. Nous réglons des comptes que nous aimerions définitifs. Il appartiendra surtout au vaincu de reconnaître que les Ivoiriens ne veulent pas du type de pays qu'il propose. C'est un message très fort qui va au-delà d'un simple programme de gouvernement ». Oui, les Ivoiriens iront voter, le dimanche 28 novembre 2010, non pas pour un projet de société ou un programme de gouvernement mais pour leur dignité, pour leur liberté, pour la souveraineté de la Côte d'Ivoire et pour l'espérance.

En avant pour le sursaut national, digne peuple d'Eburnie ! Haut-les-cœurs, patriotes ivoiriens de tous bords !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

LEANDRE SAHIRI: APPEL A TOUS LES IVOIRIENS ET IVOIRIENNES

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A l'occasion de ce 2ème tour de notre élection présidentielle, nous avons un défi à relever par rapport aux deux candidats en lice.

L'un clame, à tous venants, avoir les « solutions » à la crise que nous subissons depuis plus de 7 ans. Et quelles solutions ?  Déverser des milliards sur nous. Il s'agit, disons-le tout net, d'une promesse qui condamnera notre pays à la servitude volontaire. C'est de l'argent pour nous soumettre aux diktats des pouvoirs d'argent. C'est de l'argent pour nous livrer, pieds et poings liés, aux tenants et adeptes de l'esclavage permanent des Africains ; l'esclavage humiliant imposé par la force, institutionnalisé et réglementé par le « Code noir ». Promulgué en 1685 par Louis 14, roi de France,  le « Code noir », faut-il le rappeler, comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles, transmissibles et négociables » (Article 44).  C'est ce principe-là du « Code Noir » qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui, aujourd'hui, sous-tend l'immigration, la Françafrique, l'Eurafrique.

Face à cette situation, force est de prendre notre courage à deux mains pour rejeter une telle promesse  et refuser de donner notre suffrage à un suppôt de l'Occident néolibéral, investi et patenté pour ressusciter, à nos dépens, la traite négrière, environ trois siècles après son abolition. Il nous en a suffisamment donné, déjà, les indices et les signaux.

Face à la situation actuelle, libérons-nous du poids de nos traditions, de nos attaches régionales, ethniques et religieuses. Mettons-nous au-dessus des contingences immédiates. Comportons-nous en êtres pensants et intelligents. Evitons de nous conduire comme des bêtes à visages humains. Refusons d'être manipulés, d'être utilisés comme des militants écervelés exécutant, stupidement et moutonnièrement, des mots d'ordre, contre et envers nous-mêmes. Ne privilégions pas nos intérêts individuels et partisans. N'offrons pas, naïvement, la corde pourpendre. nous

Même si nous avons été déçus par certains compatriotes mal inspirés ;  même si nous avons des appréhensions ; même si nous sommes en proie au doute et à l'incertitude, agissons, avec tous les compatriotes qui ne veulent pas de l'asservissement, pour gagner cette dernière étape de la lutte contre la recolonisation de notre pays. Soyons tous et toutes, ce jour-là du 2ème tour du scrutin, et présent(e)s, et prêt(e)s, pour remporter la victoire, pour consacrer notre rejet de l'esclavage moderne et pour proclamer, aux yeux du monde entier, notre grandeur et notre humanité. Faisons de ce jour du 2ème tour du scrutin, une date glorieuse que nous garderons ineffaçablement gravée dans nos cœurs et dans nos mémoires, une date illustre dont nous enseignerons, avec fierté, la signification à nos enfants, pour que ceux-ci, à leur tour, fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire de notre lutte ardente pour notre liberté. Pour notre souveraineté. Pour notre dignité.

Ivoiriens et Ivoiriennes, pour des raisons qui s'appellent le bon sens, l'honneur, l'intérêt supérieur de notre patrie, pour ne pas avoir à nous reprocher demain d'avoir bradé notre terroir à nous légué par nos aïeuls, pour ne pas avoir à regretter demain d'avoir agi sans réfléchir, réunissons-nous, comme les doigts d'une seule main, donnons nos voix au candidat Gbagbo Laurent. Au-delà de tout ce qu'on peut lui reprocher, Gbagbo Laurent a les acquis véritables et les aptitudes requises pour sauver et sauvegarder notre souveraineté. Gbagbo Laurent a le mérite d'œuvrer pour la dignité des Ivoiriens, des Africains, face aux néo-esclavagistes.

Certes, ce que nous demandons, ce à quoi nous aspirons, en tant qu'êtres humains et citoyens de notre pays, c'est : vivre décemment, en sécurité, en paix, en toute dignité en Côte d'Ivoire. Cette aspiration est légitime, comme le sont nos rancœurs et notre révolte face à nos conditions actuelles de vie... En effet, nous sommes révolté(e)s. Nous avons des griefs contre Gbagbo Laurent et son entourage. Mais, aujourd'hui, dans ce 2ème tour de notre élection présidentielle, il ne s'agit plus de Gbagbo Laurent, ni du FPI, ni du RHDP... Il s'agit de sauver la Côte d'Ivoire. Il s'agit de préserver le peu de liberté et de vie qui nous reste. Notre choix sera capital.

Voilà pourquoi, au 2ème tour du scrutin, je vous convie à voter Gbagbo Laurent.

Par nos suffrages à Gbagbo Laurent, sauvons notre pays qui est en péril de mort et prenons parti pour le sursaut national.


Vive la Côte d'Ivoire !  Vive l'Afrique !


Léandre Sahiri

Londres, 6 novembre 2010.

vendredi, 12 novembre 2010

SORTIR DEFINITIVEMENT DU VOTE ETHNIQUE ET RELIGIEUX

 

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Assurément, les Ivoiriens écriront une nouvelle page de la belle histoire de la Côte d'Ivoire, au soir du dimanche 28 novembre 2010. Tant ce défi s'impose comme un passage obligé pour l'éclosion de la « Nation Ivoire ». Nous les en savons absolument capables.

Il n'y a pas si longtemps de cela, dans notre jeune histoire, Alassane Dramane OUATTARA disait : « On ne veut pas que je sois candidat parce que je suis du nord et musulman ». Le décor était ainsi planté pour toutes les dérives ethniques et religieuses en Côte d'Ivoire. Cette phrase assassine s'est durablement incrustée dans le subconscient et l'inconscient profond de nos braves frères nordistes et musulmans qui, comme il fallait s'y attendre, ont fait un dangereux repli identitaire sur eux-mêmes et autour de ces deux véritables bombes sociologiques. Au point où, encore aujourd'hui, nous en voyons les effets induits et les conséquences confligènes.

Nous en voulons simplement pour preuve les scores fleuves d'ADO dans le nord de notre pays, à la faveur du premier tour de l'élection présidentielle ivoirienne : une moyenne de 85% dans les régions du Bafing, du Denguélé, des Savanes et du Worodougou. Dans cette partie du pays où les rebelles sont encore en armes, la pression sur les populations a été forte : Intimidation militaire et consignes de vote dans les mosquées. Voici à quoi on arrive quand on instrumentalise l'ethnie et la religion. Ce conditionnement mental et religieux s'est doublé d'une fraude massive sur les listes électorales des régions du nord au point de générer des scores surréalistes de plus de 150% de votes comparativement à leurs populations actuelles.

En ce qui concerne le candidat BEDIE, il ne l'a emporté que dans les villes du « V » baoulé (Centre) et dans la région du Bas-Sassandra (à Guéyo, Sassandra et Soubré soit 3 départements sur 5, dans le Sud-ouest), une circonscription qui compte une forte population allochtone baoulé. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer sur cette lancée, au risque de faire de notre pays une bombe identitaire, ethnique et religieuse.

Seul le candidat GBAGBO, dans cette grisaille, a donné la preuve qu'il a une étoffe véritablement nationale en engrangeant dans sa cagnotte des villes et des départements de toute part en Côte d'Ivoire, sauf naturellement au nord où les dés étaient déjà pipés avec des listes électorales totalement fantaisistes. Il s'est même payé le luxe de remporter des bastions du PDCI-RDA dans l'Est, comme la région du Moyen-Comoé (Abengourou).

Ce faisant, le 2ème tour de l'élection présidentielle doit marquer la fin de cette tendance que nous assimilons à un cauchemar dont nous devons très vite sortir, exorciser cet esprit sectaire dangereux qui tient captives des régions entières de notre pays. Et pour y parvenir, une seule option : voter massivement pour le candidat GBAGBO pour faire barrage aux quidams qui sont prêts à instrumentaliser l'ethnie et la religion pour parvenir à leurs fins. Il faut mettre de tels individus hors d'état de nuire. La nouvelle Côte d'Ivoire que nous voulons bâtir ne peut prendre le risque de revêtir ces oripeaux de tribalisme enragé et de régionalisme exacerbé.

Pensant à tort que son électorat le suivra comme le feraient des moutons de panurge, convaincu qu'il est de leur esprit étroit et de leur tribalisme (ce qui est une grave erreur car il s'agit désormais de la Côte d'Ivoire et non plus de sa petite personne), Henri Konan BEDIE, à la plus grande honte de ces militants que nous côtoyons tous les jours (et qui sont restés sans voix devant l'immensité de la bêtise) se fait investir par ADO comme son Président de campagne. Il pousse même l'outrance de sa naïveté à croire le champion des républicains quand il l'assure de « diriger la Côte d' Ivoire sous son autorité ». Peut-on être plus crédule et plus niais ? Impossible !

Assurément, pour accepter ce poste, BEDIE a dû être proprement « travaillé au corps », envoûté par l'un des gourous et des grands marabouts du « Brave tchè ». N'oublions pas qu'il a fait un tour au Sénégal et au Burkina Faso. Sinon, il est impensable que « N'Zuéba » puisse commettre une bévue de cette taille. LMP ne peut que s'en réjouir ! Cela fait tellement son affaire. Dans la mesure où cette décision incongrue de BEDIE démultiplie le nombre de ses militants mécontents, encore habités par un peu de fierté et de dignité (ce que N'Zuéba n'a plus)  qui sont désormais prêts et déterminés à voter le candidat GBAGBO. BEDIE, ayo ka ka ka !!!

Les levées de boucliers contre cette décision de BEDIE ne font que commencer et s'amplifieront inexorablement jusqu'à l'approche du 28 novembre. Un coup de pouce inespéré dont va bénéficier La Majorité Présidentielle. DIEU soit loué!


DINDE Fernand AGBO