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mercredi, 18 avril 2012

RATTRAPAGE ETHNIQUE DE OUATTARA: UNE IVOIRIENNE DU NORD TIRE LA SONNETTE D'ALARME

 

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Se rendent-ils compte des conséquences?

 

C'est vrai que l'Ivoirien moyen a, en ce moment, d'autres sujets de préoccupation (ne serait-ce que le coût très élevé de la vie) que ce que j'ai à dire, mais je ne pouvais pas rester «la bouche fermée» face à ce que je vois. Depuis le temps où j'observe l'actualité ivoirienne, mes inquiétudes ne font qu'augmenter, à tel point que j'en suis arrivée à la conclusion que l'aventure «dramanienne» risque de très mal se terminer.

J'aime vraiment la Côte d'Ivoire, sans doute de façon exagérée même, raison pour laquelle mon cœur saigne de la voir ainsi malmenée. Chaque jour qui passe ajoute à ma tristesse au travers d´informations glanées ici et là, soit sur le Net soit auprès de ma famille ou encore de mes amis. Ma plus grande peur est causée par le danger d'une explosion de la situation, d´un conflit entre ressortissants du Nord et du Sud. Je suis l'une de ceux qui sont convaincus que la situation qui prévaut en ce moment en Côte d'Ivoire ne durera pas éternellement, tellement elle hérisse une partie de la population, pas toujours membre du camp LMP comme on voudrait le faire croire. Je ne suis pas seulement triste, mais je suis inquiète et même très inquiète du traitement que l'on fait subir à certains groupes ethniques de Côte d'Ivoire sans que personne ne s'en émeuve ou n'élève la voix (du moins officiellement): agressés, battus, leurs villages détruits ou pillés, des femmes violées, leurs terres occupées contre leur gré etc...etc...Tout cela, sans compter les nombreux morts qu'il y a déjà eu.

L'exclusion des populations du Nord, au nom de laquelle les anciens rebelles devenus Forces Nouvelles et enfin FRCI et leurs chefs ont pris les armes, est plus que jamais d'actualité sous leur «règne». Sans doute se sont-ils accaparés tous les «bons» postes qu'ils croient leur revenir, mais savent-ils ce qui se passe dans le cœur des autres habitants de ce pays? De tous ceux-là qu'ils maltraitent ou exproprient selon leur bon plaisir? Pensent-ils, ces hommes ou femmes «du Nord» (et leurs complices des autres régions) qui nous dirigent, que le reste de la population ivoirienne se tait simplement parce qu'il approuve ce qu'ils font? Je souffre, je suis attristée et j'ai peur, car contrairement à eux qui pourront fuir (voyez les cadres LMP en exil), le moment venu, la population nordiste restera en grande partie sur place, exposée à la vindicte des anciens oppressés. Je ne parle pas de ceux qui sont coupables d'exactions et autres crimes à l'endroit de la population civile. Mais j'ai surtout peur pour tous ces innocents embarqués dans une aventure dont ils ignorent les tenants et les aboutissants. Tous ces innocents qui ont étés abreuvés de propagande jusqu'à perdre de vue la vérité, même quand elle se présente à eux de manière têtue, et qui sont convaincus qu'ils ont étés très mal traités depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire (ce qui est faux, Ndlr). C'est maintenant que leur exclusion a véritablement lieu par la faute de leurs soi-disant «défenseurs».

Deux anecdotes racontées par un parent illustrent bien, à mon avis, la situation actuelle en Côte d'Ivoire. Elle m'ont, pour l'une, mise en colère et pour l'autre, très attristée: la première qui depuis a reçu le nom de «rattrapage», date de l'année 2011. Étant du nord (tout comme moi d'ailleurs), mon parent a une femme ressortissante du Centre; ce qui n´est pas étonnant, vu le brassage des populations en Côte d'Ivoire. Cette dernière travaillait dans une boîte (une entreprise, Ndlr), dont le chef a été remplacé - ou rattrapé, selon le cas - après le changement de l'équipe dirigeante du pays; chose à laquelle je ne trouve pas vraiment à redire, chacun «plaçant» en général ses hommes (ou ses femmes). Là où le bât blesse, c'est que non content de remplacer le personnel qualifié, on est allé même jusqu'à remplacer le petit personnel par des personnes ayant des noms à consonance... nordiste ! Au grand dam de ma «belle-soeur».

La seconde s'est passée au moment des affrontements entre les FRCI et une partie de la population à Arrah, à la mi-février. J'appelle encore une fois ce même parent qui habite la région pour lui demander s'il se porte bien, tout en espérant qu'il n'ait aucun problème. Dieu merci, c'était le cas. Mais comme je lui racontais que j'étais assez choquée que la population «civile» du nord se soit associée aux FRCI pour attaquer d'autres civils, il me sort l'autre anecdote: sa ville n'étant pas loin d'Arrah, un de ses amis, qui lui n'est pas du nord, est venu lui confier des biens de grande valeur (de un à deux millions de francs CFA), par crainte qu'ils ne tombent aux mains des FRCI. C'est le message caché dans cette démarche (le fait qu'il lui confie ces affaires) qui est en fait le plus inquiétant: craignant que les FRCI ne déferlent aussi sur ce lieu, il met tout simplement ses biens à l'abri chez... un nordiste qui lui, ne sera certainement pas inquiété en cas d'attaque des FRCI... Mon parent me dit: «Imagine que l'histoire se soit passée dans l'autre sens...». Sans commentaires!

Le drame dans tout cela, c'est que les barrières sont plus que jamais déterminées par l'appartenance régionale. Le vote pluriethnique connu sous Gbagbo ne semble plus être qu'un vieux souvenir. Car ce qu'il faut savoir, c'est que ce parent, tout comme moi, ne sommes nullement sympathisants du RDR ou encore moins de l'ancienne rébellion qui dirige actuellement la Côte d'Ivoire. Ce fait qui est pourtant connu de cet ami ne l'a pas empêché de mettre ses biens « à l'abri » chez lui. On semble donc en être arrivé à une équation aussi réductrice que dangereuse en Côte d'Ivoire: Rébellion + RDR + FRCI = Ivoirien du Nord. Est-ce cela la «solution»? Merci «ADO solutions»!

Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire!

 

N. COULIBALY

jeudi, 12 avril 2012

EN CONTACT DIRECT AVEC LA RESIDENCE BOMBARDEE – GUY LABERTIT RACONTE SON 11 AVRIL

 

GUY LABERTIT - RESIDENCE PRESIDENTIELLE BOMBARDEE.gif

Un an après le «grand choc», Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et ami de longue date du président Laurent Gbagbo, raconte comment il a vécu les heures douloureuses qui ont conduit à la victoire militaire sanglante d'un Alassane Ouattara et de ses troupes soutenues à la fois par les bombes et les chars de l'armée française. Et il évalue le chemin parcouru en un an, sans oublier d'éventrer le mythe indécent du «retour à la démocratie» en Côte d'Ivoire.

 

Le 11 avril 2011 est une journée que vous avez vécue bien évidemment très douloureusement, et en prise directe avec les événements. Vous avez progressivement senti venir l'inéluctable...

J'étais en contact avec des amis très proches qui se trouvaient à la Résidence et qui m'appelaient, notamment pour me faire entendre les bombardements qui avaient commencé sur Abidjan durant la nuit du 4 au 5 avril. Plus les jours passaient, et plus l'étau se resserrait sur la Résidence du président. J'ai eu quelques contacts avec le directeur du protocole d'Etat, Koné Boubacar, le 5 avril, et avec un ami très proche, que j'ai plusieurs fois eu au téléphone, notamment le 11 au matin. Il était sept heures à Abidjan. Selon ce que je savais qui s'était passé dans la nuit, et après les bombardements que j'avais ressenti à travers le téléphone, je lui dis : «Je pense que la Résidence est en partie détruite.» Il me répond : «Ce n'est pas en partie, elle est totalement détruite. Cela brûle même. Moi-même, je n'ai plus d'habit. Je suis en treillis.» Cela a été mon dernier contact avec la Résidence le 11 avril au matin. Peu avant 15 heures en France, les médias ont annoncé l'arrestation du président Gbagbo, de son épouse Simone et de la plupart des gens qui étaient à la Résidence. Je dois dire que j'ai eu un moment d'incrédulité. Je redoutais terriblement - ce qui allait être le cas - l'humiliation dont a été en particulier victime Simone Gbagbo. Ce qui montrait bien que ceux qu'on appelait les chantres de la démocratie ont eu un comportement quasi-animal ce jour-là. En humiliant de cette façon la présidente du groupe parlementaire du FPI. Et en la présentant comme un trophée.

Très rapidement, la nouvelle s'est confirmée. J'ai eu beaucoup de contacts avec les médias qui me téléphonaient, sachant ma relation très ancienne avec le président Gbagbo.  J'ai fait beaucoup d'interviews au téléphone (I-Télé, BFM, Africa 24, TV5, France Info...) Le soir, j'ai été sur un plateau d'I-Télé.

Est-ce qu'on peut dire que le 11 avril, les médias français vous ont ouvert des portes qui vous étaient fermées dans la mesure où tout était terminé et que tout ce que vous auriez pu dire ne pouvait pas changer l'ordre des choses ?

Je dois reconnaître que pendant les jours qui ont précédé, les radios comme RTL, Europe 1, France Inter et France Info m'ont interviewé. Mais je dois dire qu'il y avait des personnes interviewées qui passaient en boucle. Nous, on passait une fois, et puis c'était terminé.

Certains médias comme RFI et France 24 m'ont interviewé à plusieurs reprises et décommandé au dernier moment. Le 10 avril, je devais être l'invité du journal de 13 heures et on m'a annoncé à 11 heures que c'était annulé. Je pense qu'il devait y avoir des pressions, des formes d'autocensure de ces médias à diffuser des points de vue marquant une condamnation de la politique de la France. C'était ça aussi l'enjeu. Et à gauche, nous étions quand même très peu nombreux à condamner cette politique. Il y avait quelques parlementaires comme Henri Emmanuelli et François Loncle. Il y avait aussi des dirigeants du Parti communiste, et moi-même longtemps responsable du Parti socialiste. Et on ne peut pas dire que nos points de vue ont été ignorés, mais c'était une sorte de léger contrepoint au tsunami médiatique diabolisant Laurent Gbagbo et laissant apparaître Alassane Ouattara et Guillaume Soro comme les chantres de la démocratie.

D'ailleurs, pendant toute l'année qui a suivi, le gouvernement et le président français n'ont cessé de dire que la démocratie avait été restaurée en Côte d'Ivoire. Je crois que pour ceux qui analysent la situation aujourd'hui, on se rend compte que l'opposition est terriblement muselée, que la plupart de ses leaders sont soit en prison soit en exil. D'ailleurs, l'opposition n'a pas participé aux élections législatives. Il y a une forme de retour au parti unique ! Mais on parle très peu de cette situation en France, en Europe, puisqu'on veut rester attacher à cette image fausse de la démocratie instaurée en Côte d'Ivoire avec le départ de Laurent Gbagbo.

Ce n'est pas le moindre paradoxe, puisque c'est précisément Laurent Gbagbo qui a été l'acteur-symbole de l'avènement du pluralisme politique en Côte d'Ivoire et qui a réellement essayé jusqu'au bout de maintenir ce processus. Je me souviens d'ailleurs qu'entre les deux tours, les médias avaient des mots bien doux pour ce fameux débat qui a opposé Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara et qui était une sorte de première en Afrique.

Vous avez, quelques jours avant le 11 avril, dit que Laurent Gbagbo n'en sortirait pas vivant. Des propos qui ont inquiété à la fois ses adversaires et ses partisans. Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous teniez ces propos ?

Je dois dire aujourd'hui que des très proches de Laurent Gbagbo m'ont dit alors qu'ils partaient à la Résidence soutenir ce qui allait être un siège : «On ne peut pas faire moins qu'Allende» [le président socialiste du Chili qui a trouvé la mort le 11 septembre 1973 dans sa résidence assiégée par les troupes de Augusto Pinochet, soutenu par les Occidentaux, et qui allait se révéler comme un impitoyable tyran, ndlr]. Je peux dire aujourd'hui que c'est certainement cela qui m'a fait dire qu'il se pourrait que Laurent Gbagbo ne sorte pas vivant de la Résidence. Quand j'ai tenu ces propos, j'ai eu des coups de fil de gens qui n'ont pas compris, et ont dit que je racontais n'importe quoi. D'autres ont pris peur et ont dit : «Il ne faut pas faire de Laurent Gbagbo un martyr.» A partir de ce moment-là, à un très haut niveau politique en France, on a commencé à entendre un discours selon lequel il fallait absolument sauvegarder la vie de Laurent Gbagbo. Lui-même dans ses dernières interviews a dit qu'il aimait la vie, et qu'il ne tenait pas à mourir martyr. Je me souviens que quand j'ai connu Laurent Gbagbo lors de son exil, il m'avait dit : «Guy, tu sais, en Europe, on aime bien la gauche martyre.» Il faisait allusion au Chili. «Moi, je n'ai pas cette vision de la gauche. Je veux moi une gauche qui prend le pouvoir, qui transforme, qui vit».

Mes propos ont été diversement interprétés, mais au fond, ils ont fait prendre conscience que par rapport à l'histoire de la Côte d'Ivoire, faire de Gbagbo un martyr desservirait complètement les puissances occidentales qui avaient voulu le diaboliser.

Le temps est passé. De longs mois sans contact avec un Laurent Gbagbo coupé du monde à Korhogo. Quand vous le revoyez pour la première fois à son procès puis dans sa prison, est-ce que vous vous dites «on a évité le pire, il est tout de même vivant». Qu'est-ce qu'on peut ressentir quand on rencontre son ami qu'on n'imaginait plus revoir en vie ?

Votre question est très forte. J'ai parlé pour la première fois à Laurent Gbagbo le 31 mars 2011. Et je lui ai reparlé le 19 janvier de l'année suivante. Je dois dire que je craignais terriblement l'humiliation. Et c'est cette humiliation qu'on lui fait vivre en le conduisant devant cette Cour pénale internationale (CPI) dont j'ai dit qu'elle ne disait pas le droit puisqu'un an après, on voit bien que lui seul est jugé devant cette juridiction. Lui-même m'a dit en janvier : «Mon épouse et mon fils sont des otages. Celui qu'on veut détruire, c'est moi.» Je crois que cette analyse est très juste puisqu'on voit bien que le procureur Louis Moreno-Ocampo et son adjointe Fatou Bensouda se heurtent visiblement à certaines résistances des autorités ivoiriennes pour d'autres transferts.

Aujourd'hui, Laurent Gbagbo est vivant. Il a dit, devant la CPI le 5 décembre, «nous irons jusqu'au bout». L'enjeu des futures audiences, ce n'est pas seulement le sort de Laurent Gbagbo, c'est la crédibilité de l'institution. Je voudrais faire une remarque : je ne peux pas prendre au sérieux une Cour pénale internationale dont l'autorité n'est même pas reconnue par la première puissance du monde, les Etats-Unis. D'ailleurs, la Côte d'Ivoire n'avait pas ratifié le traité de Rome instituant cette institution.

Avec le recul d'un an, la mouvance politique que Laurent Gbagbo représente a-t-elle remonté la colline ou est-elle descendue dans les profondeurs ?

Pour répondre à cette question, il faut intégrer une perspective historique. Elu en 2000, Laurent Gbagbo n'a en fait gouverné que pendant dix-huit mois. Il portait un projet social-démocrate, et il s'est attaqué à trois dimensions : l'éducation en la rendant libre et gratuite dans le primaire pour ce qui est des écoles publiques, la santé en faisant voter la loi sur l'assurance maladie universelle, qui n'a malheureusement pas pu être appliquée mais qui a été votée, et la modernisation de l'Etat, avec des élections départementales réussies en juillet 2002.

Il avait donc fait beaucoup de choses en dix-huit mois et je dois dire que le coup d'Etat qui va échouer en septembre 2002 et qui va entraîner une partition du pays et cette crise dont on n'est toujours pas sorti est réalisé alors même que Laurent Gbagbo a mis en place un gouvernement où siègent toutes les forces politiques représentatives, notamment le RDR d'Alassane Ouattara. Contrairement à ce que l'on dit, Laurent Gbagbo chef d'Etat se veut rassembleur, alors qu'on l'a présenté comme un homme qui excluait. Aujourd'hui, un an après, celui qu'on présentait comme un exclu, est en train d'exclure. Il a tenu lui-même des propos assez extravagants sur le «rattrapage». Même s'il nie aujourd'hui ces propos, le constat est évident au regard des nominations et même de la représentation de l'Etat à son plus haut niveau - le président, le président de l'Assemblée nationale, la première vice-présidente de l'Assemblée nationale sont tous du Nord. Plus que jamais, on a une déconstruction de la Nation. Ce qui a été très grave dans la politique de la France, c'est que n'admettant pas que Laurent Gbagbo gouverne avec son projet, elle a tout fait pour l'exclure du champ politique alors même que lui tentait de bâtir une Nation autour d'un Etat moderne.

Les interventions extérieures ont brisé cet élan et fait revenir la Côte d'Ivoire en arrière.

Aujourd'hui, c'est la «justice des vainqueurs» et un peu «la revanche du Nord» qui sont à l'œuvre en Côte d'Ivoire. Avec ce qui se passe au Mali en ce moment, on voit que les Nations en construction sont aujourd'hui mises en danger par les politiques conduites par les puissances occidentales. Ce qui se passe aujourd'hui au Mali est la conséquence de la politique de l'OTAN, de la France, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis en Libye. En Libye même, l'Etat est déliquescent. Il y a de nouveau l'émergence très forte au plan politique de ce qu'on appelle les «tribus». Et l'une des conséquences va être de déstabiliser le Sahel avec des remises en cause du processus de construction des Nations. Je crois que c'est ce qu'on vit en Côte d'Ivoire aujourd'hui. Il faudra un peu plus de recul historique pour s'en apercevoir.

Assez piteusement, les nouvelles autorités ivoiriennes cassent cette politique de réforme de Laurent Gbagbo. La communalisation a été remise en cause. L'assurance maladie universelle est remplacée par des ersatz de politique sociale. On voit que ce que l'on a présenté comme une restauration de la démocratie en Côte d'Ivoire est totalement faux. Mais le Front populaire ivoirien (FPI) incarne une véritable opposition, notamment à travers son dernier meeting de Yopougon qui a été très sévèrement réprimé. On sent qu'il incarne encore non seulement une forme de résistance, bien que la quasi-totalité de ses leaders sont soit en prison soit en exil mais aussi que se dessinera peu à peu la reconquête du pouvoir. D'autant que le sort de Laurent Gbagbo n'est pas encore réglé. Et l'on sent que malgré toute son ardeur à appliquer la volonté de la France et des puissances occidentales, le procureur de la CPI s'est mis dans un mauvais pas, au point de risquer aujourd'hui de remettre en cause la crédibilité de son institution.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 23 mars 2012

AMADOU SOUMAHORO: DE L'IRRESPONSABILITE D'UN GARDIEN DU TEMPLE


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Si nous partons de l'idée que tout pouvoir émane de Dieu, il nous sera aisé de déduire que seul Dieu assure la protection du pouvoir. Mais l'immatérialité de Dieu fait du pouvoir militaire et du peuple, les délégataires du pouvoir de protection.

De façon pratique, l'armée s'investit dans la protection des frontières du pays afin d'éviter la déstabilisation de celui-ci par des forces étrangères. La police quant a elle, assure la sécurité intérieure et appuie l'armée en cas de coup de force. Il peut se trouver que, pour des raisons diverses, l'armée ne puisse pas venir à bout des assaillants, ou que ceux-ci occupent frauduleusement une partie du territoire. Dans l'un de ces cas, l'attitude du peuple, finit par révéler son rôle de gardien du temple. En effet, le peuple sent le besoin de faire bloc autour du chef, afin de lui assurer sa fidélité. Cette fidélité affirme nettement la légitimité du pouvoir.

La période de pénétration coloniale a démontré, à suffisance, le rôle de gardien du temple assigné au peuple. En effet, la conquête française n'a pas été facile, dans bien de régions, les guerriers, les chefs traditionnels, les populations ont résisté aux colons français. Ceux-ci, malgré leurs canons ont eu du mal a occupé les terres des autochtones. La même opération, à quelques différences près, a été constatée dans notre actualité récente.

En effet, au soir de l'attaque terroriste contre la Côte d'Ivoire le 19 Septembre 2002, les forces militaires, les populations ont fait front pour éviter que la Côte d'Ivoire échoue entre les mains des assaillants. L'armée, bien qu'ayant enregistré de maigres défaillances, a affirmé son allégeance au Président Laurent GBAGBO, jusqu'à ce que le 11 Avril 2011, la France réussisse son coup d'Etat et installe OUATTARA au pouvoir dans des fourgons bleu blanc rouge.

L'action de l'armée française a démontré deux choses diamétralement opposées. La première est que le Président Laurent GBAGBO bénéficiait d'une légitimité débordante. La seconde est que Dramane OUATTARA, jouissait d'une illégitimité qui crève l'œil au point où il a fallu une armée étrangère et des mercenaires pour lui confier le temple.

Le temple à lui confié a nécessairement besoin d'être protégé. Mais ici, contrairement à la logique des choses, ce sont les forces étrangères (Onuci et Licorne), quelques bidasses ivoiriens, des mercenaires burkinabés, certains guides éclairés qui jouent le rôle de gardiens. Concernant l'armée, ses déplacements sont vaillamment suivis par les cargos de l'ONUCI, affichant ici, le peu de confiance que le pouvoir place en l'armée. Alors si le pouvoir n'a pas totalement confiance en l'armée, fait-il confiance au peuple? En d'autres termes, existe-il une complicité entre le peuple et OUATTARA? A l'évidence non car, en Côte d'Ivoire ce n'est pas le peuple, d'ailleurs ignoré, qui défend bec et oncle OUATTARA, mais c'est la minorité concentrée au Rassemblement Des Républicains (RDR) aidée par des ressortissants de la CEDEAO. Cette minorité illuminée parle par le canal de son chef, Amadou SOUMAHORO. Le pouvoir a donc transféré cette confiance dans la personne d'Amadou SOUMAHORO, Secrétaire Général par intérim du (RDR), parti dont OUATTARA assure la présidence.

M. Amadou SOUMAHORO, l'autre Amadou GON Coulibaly, grand insulteur devant l'éternel, inaugure une nouvelle ère d'irresponsabilité de son parti. Rien qu'à l'entendre, les ivoiriens ont froid dans le dos. Ces propos volent de violence en violence, d'irresponsabilité en irresponsabilité montrant, par là même, le nécessaire besoin de recadrer l'homme. Nous avons la nette impression qu'il ne parvient pas à faire le départ entre les charges de Secrétaire Général de son parti et les pulsions d'un  militant de base d'Adjamé coupé des bienfaits de l'école. En sa qualité de Secrétaire Général par intérim, il a le devoir d'éduquer, de former et d'orienter dans le bon sens les militants de son parti. Le financement des partis politiques répond à cette exigence républicaine. L'exigence est d'autant plus forte que les fonds publics alloués au RDR proviennent de la poche des pauvres contribuables ivoiriens, qui en ont marre d'entendre les insanités débitées à tout bout de champ. Amadou SOUMAHORO a ouvert la voix à la répression des meetings du Front Populaire Ivoirien (FPI) en affirmant haut et fort : « Toute manifestation arrogante sera matée... ». Aussitôt dit, aussitôt fait. En Effet, Le FPI a reçu lors de ses différentes manifestations pacifiques, des déluges de haine et de feu. Des nervis chauffés à blanc par les propos d'Amadou SOUMAHORO ont démontré leur vampirisme sans bornes. En invitant ses militants à casser le FPI, Amadou SOUMAHORO, créait une infraction dont les contours ne manquent pas d'être flous. Que recouvre le terme « manifestation arrogante »? La tâche est laissée aux érudits du RDR, de donner un contenu à cette infraction. Et Dieu seul sait avec quel zèle ils le font bien!

Après avoir passagèrement cédé la parole à Alphonse Soro, qui pense à tord que ses menaces rangeront le FPI au placard, Amadou SOUMAHORO a encore repris la verge dont il se sert pour mâter les pro-GBAGBO. Comme un gamin il argue : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mâter tous les militants du FPI qui s'attaqueront au Président Alassane... S'ils nous attaquent, nous allons répliquer du tic au tac... Tous ceux qui s'attaquent à OUATTARA vont au cimetière... ». De tels propos traduisent la nature du régime au pouvoir à Abidjan.

Le régime en place en Côte d'Ivoire, est un régime autocratique, fermé aux critiques qui ne peut supporter l'expression plurielle. Son pouvoir repose sur les pratiques qui nous rappellent bien la dictature mussolinienne. Il ne reste qu'à interdire les partis d'opposition, principalement le FPI et le tour est joué.

En outre, le fait de faire tacitement, de Amadou SOUMAHORO, le gardien du temple, le pouvoir confirme tout le bien que les ivoiriens pensaient de lui. C'est un pouvoir qui n'a aucune assise populaire et qui ne peut, en conséquence, compter sur le peuple pour sa protection et sa défense. Le pouvoir s'adosse piteusement à son ghetto électoral, le nord pris en otage. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à consulter la cartographie électorale issue des élections présidentielles d'Octobre et Novembre 2010 et même des législatives 2011.

Dans un Etat civilisé lorsque l'on atteint  ce degré d'irresponsabilité c'est que l'on est dans une République bananière. Le pouvoir agit comme si la Côte d'Ivoire faisait partie du patrimoine du RDR qu'il faut par tous les moyens protéger contre des prétendus gangsters. Nous pouvons admettre que l'on critique le niveau de culture des élèves et étudiants ivoiriens. Mais nous accepterons difficilement que l'on soutienne que des leaders d'opinion ont une culture citoyenne et politique en deçà de la norme. Nous pensons sincèrement qu'Amadou SOUMAHORO est au dessus de la norme. C'est pourquoi, la justice impartiale et indépendante de OUATTARA, devrait pouvoir se pencher sur le cas de son gardien qui ne cesse d'appeler au meurtre. Aussi, prions-nous M. BANNY à ôter ses genoux du sol afin de tenir les pieds de SOUMAHORO. Qu'il l'invite à rendre humain ses propos car, être gardien du temple de OUATTARA, ne signifie pas « loubardiser » la politique ivoirienne. De plus, jouir abondamment de la qualité de gardien du temple, ne dépouille pas le pouvoir de son caractère temporel.

Que Dieu nous garde.


Alain BOUIKALO

Juriste consultant

bouikhalaud@deboutciv.com

vendredi, 16 mars 2012

DERRIERE LE LEURRE DE LA PRIMATURE «DONNEE» AU PDCI - OUATTARA ET LE RDR PRENNENT TOUS LES POUVOIRS



BEDIE-OUATTARA-MADY.jpg

Après plusieurs jours sans gouvernement, la Côte d'Ivoire a enfin des ministres. Rien de nouveau sous le soleil, ou presque : le Pdci-Rda a été floué avec une primature vide. Ouattara et les siens ayant déjà pris soin de tout «délocalisé» à la présidence. Décryptage. Comment monopoliser tous les pouvoirs tout en donnant l'impression d'être partageur, et de respecter - après tout de même près d'un an - ses engagements avec l'allié PDCI ? C'est  cette question que les stratèges du RDR ont visiblement eu à l'esprit dans l'orchestration du mouvement de chaises musicales que représentent la mise en place de l'Assemblée nationale et d'un nouveau gouvernement. Certes, Jeannot Ahoussou Kouadio est désormais le locataire de la «Maison Blanche». Mais il est d'ores et déjà sérieusement circonvenu à la fois par Alassane Ouattara, par les «historiques» et les «durs» du RDR qui affûtent leurs longs couteaux - à titre préventif - dans les bureaux feutrés de la Présidence et par une Assemblée nationale majoritairement contrôlée par les ouattaristes. Selon toute évidence, «la Case» se prépare à phagocyter Ahoussou et les prétentions du PDCI - ou à les combattre sans la moindre complaisance.

Les signes de cet état d'esprit sont évidents. La prise en main directe de la Défense, donc de la gestion au quotidien des FRCI et de la réforme de l'armée par Ouattara, empêchera Ahoussou de seulement oser mettre son nez dans la tambouille sécuritaire du pays, dans la délicate gestion des comzones, des dozos et de tout l'appareil répressif de l'Etat-RDR. De plus, le ministère de l'Intérieur reste entre les mains d'Hamed Bakayoko, fils spirituel du couple Ouattara. Tout ce qui est «corps habillés» restera donc étranger à Ahoussou.

La montée en puissance de l'administration de la Présidence, avec la nomination comme ministres de grognards historiques du RDR comme Amadou Gon Coulibaly - ministre d'Etat - et Marcel Amon Tanoh, ainsi que de Téné Birahima Ouattara, frère cadet du chef de l'Etat chargé de gérer la «cagnotte», indique très bien que plus que jamais, le Palais est le principal centre de décision. Le rôle du gouvernement deviendra de plus en plus décoratif, et c'est peut-être pour cela que revoir le casting n'était pas la priorité. La Présidence se renforce donc. Notamment pour donner une vraie marge de manœuvre institutionnelle aux nombreux conseillers français qui la hantent, dont le symbole est Philippe Serey-Eiffel, et qui n'auront plus à subir les humeurs ombrageuses d'un Guillaume Soro tenu à l'écart.

La guerre de l'ombre contre les FRCI va-t-elle commencer ?

Les Français du Palais, comme les analystes de la «bulle explicative mondiale» (Human Rights Watch, International Crisis Group, etc.) et les diplomaties occidentales plaident depuis longtemps pour la mise hors d'état de nuire des anciennes figures de la rébellion, pudiquement appelée «Forces armées des forces nouvelles». Désormais qu'ils seront «traités» à partir de la présidence, peut-on imaginer que le général Claude Réglat et le colonel Marc Paitier, tous anciens de la Direction du renseignement militaire (DRM) française, vont renforcer leur guerre secrète destinée à faire diminuer l'influence des figures de proue des FRCI ? Le pari est risqué pour un Ouattara qui apparaîtrait en première ligne contre ceux qui l'ont fait roi. Plus sûrement, on peut penser qu'il mettra à profit les mois qui viennent pour prendre le contrôle direct de la troupe, sans passer par le truchement de Soro. Une configuration périlleuse pour lui : en tant que ministre de la Défense, il est directement responsable des exactions de ses nervis, qui ne s'arrêteront pas automatiquement parce qu'il se sera octroyé un maroquin.

Un cadeau piégé pour le PDCI

Le vieux parti s'est battu et a crié pour que la promesse de la Primature soit honorée par Ouattara. Mais d'ores et déjà, ce poste se présente comme un cadeau piégé pour le PDCI. Parce que Jeannot Ahoussou Kouadio s'installe à la Primature dans un climat de «guerre civile» entre deux camps : le camp «collaborationniste» qui assume une dilution dans la «maison Ouattara», et le camp «autonomiste» qui veut assumer sa singularité et aller seul aux municipales demain et à la présidentielle de 2015 après-demain. Ahoussou est la tête de file des «collaborationnistes» quand Kouadio Konan Bertin dit KKB incarne celui des «autonomistes». En renforçant Ahoussou, Ouattara sert ses intérêts puisqu'il permet à ses partisans au sein du PDCI d'avoir les moyens d'une machine clientéliste dans le cadre d'une bataille interne qui s'annonce rude. Mais il irrite encore plus un grand nombre de cadres du PDCI qui rongent leur frein. Surtout, la personnalité d'Ahoussou, peu charismatique, ne représente un danger ni pour Bédié (qui veut garder le parti alors qu'il ne sera selon toute évidence pas candidat en 2015) ni pour Ouattara. Contrairement à un Patrick Achi par exemple, il n'a pas d'emblée un profil de présidentiable à court terme. Mais il va mener la bataille contre le camp adverse. Et c'est toujours ça de pris pour le RDR.

 

Philippe Brou

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 01 mars 2012

LA REPUBLIQUE DANS UNE ZONE DE TURBULENCES


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Le Nouveau Réveil se "réveille"-t-il, enfin? Le PDCI-RDA est-il parcouru par un instant de lucidité avec les sorties remarquables du désormais "patriote" KKB? Osons l'espérer avant qu'ils ne deviennent tous comptables du plus grand chaos, en approche, de l'histoire de la Côte d'Ivoire, et peut-être de l'Afrique! Merci, Akwaba Saint-Clair, même si je ne partage pas tous les passages de cet article, notamment les suspicions contre le camp Gbagbo car à cette allure, vous allez (le RHDP) faire encore plus de victimes innocentes, sur la base du simple soupçon et Ouattara finira par lancer un mandat d'arrêt international contre sa propre ombre, à force de se faire peur à lui-même. Et si pour mettre un terme à tout ceci, il envisageait, enfin, une VRAIE réconciliation entre les Ivoiriens? Fernand Dindé.


En dépit des efforts considérables et des moyens colossaux consentis par les autorités ivoiriennes pour remettre la Côte d'Ivoire sur les rails de la normalité, l'horizon politique national demeure encore brumeux, le grand chantier de la réconciliation nationale reste toujours un gros point d'interrogation. Et pendant ce temps-là, les clivages politiques s'accentuent, les tensions sociales s'éveillent, la vie est chère et l'école tarde à retrouver ses marques.

L'Etat a-t-il attrapé un gros rhume ?

L'atmosphère est lourde et cela est bien perceptible à divers égards.

Au plan politique d'abord. Tout se passe comme si le pays est dans l'attente d'une renaissance, comme si nous vivions une trêve, une sorte de transition politique qui doit déboucher sur la mise en place d'un nouveau gouvernement et de la nouvelle Assemblée nationale. Et cette attente impulse un ralentissement général à toutes les activités, à toutes les initiatives. La République semble quelque peu crispée, à commencer par les membres du gouvernement, ceux-là mêmes qui devraient être les catalyseurs et donner du rythme à la marche du pays vers l'avant sont si préoccupés par leur avenir politique personnel que cela crée à leur niveau une espèce de sclérose. Leur attitude semble guidée par une calculette, il faut tout faire pour ne pas se faire virer du gouvernement. Et aussi longtemps que cette situation perdurera, le pays ne retrouvera pas sa vitesse de croisière.

Dans cet imbroglio politique, il y a la situation du Premier ministre Soro qui devra être clarifiée, au plus vite. L'incertitude sur le point de chute de celui qui est annoncé comme partant de la Primature est devenue une source de vive préoccupation depuis que la Cpi a décidé d'ouvrir les yeux sur les évènements antérieurs à la crise post-électorale. Du moins pour le commun des Ivoiriens qui souhaiterait être rassuré.

Par ailleurs, depuis quelque temps, les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo ne cachent pas leurs intentions subversives vis-à-vis du pouvoir en place. A l'instar de Bernard Doza (in Le Quotidien d'Abidjan du lundi 27 février), ils ébruitent des scénarios visant à renverser les institutions de la République. Et effectivement, ils ne dorment pas. Puisque les plus hautes autorités militaires du pays viennent de révéler, par la voix du Cdt Koné Zakaria, qu'un coup d'État, en voie de préparation à Bonoua, aurait été déjoué il y quelques semaines. De manière périodique, des heurts entre les Frci et la population viennent nous rappeler que les partisans de l'ex-président ont plus d'un tour dans leur sac et que peut-être que les autorités commettent une erreur de les minimiser.

En outre, au sein même du pouvoir, il faut admettre que l'épreuve des élections locales a révélé les plaies cachées du Rhdp. Or, jusqu'à ce jour, aucune initiative appropriée n'a été envisagée ni même étudiée pour essayer de panser ces blessures qui tendent au contraire à s'aggraver.

Tout cela a, bien entendu, des répercussions sur l'économie du pays. Car les opérateurs économiques composent avec la météo politique, c'est connu. Tant qu'on restera dans cette espèce de transition, il sera difficile d'envisager des solutions durables contre la cherté de la vie qui étrangle les ménages et qui en rajoute aux tensions sociales.

De fait, les échéances sont connues. Le gouvernement (le nouveau) ne sera mis en place que lorsque l'Assemblée nationale sera installée début avril.

Pour autant, le pays ne peut sombrer dans cette sorte de somnolence. Il revient donc au chef de l'Etat de libérer les énergies, de donner du rythme à la vie publique, d'insuffler le dynamisme nécessaire, de mettre ses ministres en confiance. Il faut rassurer, remettre le pays au travail.


Akwaba Saint-Clair


Source: LE NOUVEAU REVEIL

KONAN BEDIE, LE CHEF DEVENU UN CHIFFON

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Lors de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, mon parti, le PDCI-RDA avait pour slogan : « Notre expérience au service de la Côte d'Ivoire ». Le PDCI-RDA, parti bâtisseur de la Côte d'Ivoire moderne, avec toutes ces années passées à diriger le pays d'abord sous le président Félix Houphouët Boigny et ensuite sous  le Président Henri Konan Bédié était pour nous le parti le mieux indiqué pour sortir la Côte d'Ivoire notre chère patrie des moments difficiles qu'elle traverse depuis le funeste coup d'état de décembre 1999.

Pour nous jeunes du PDCI-RDA, il était plus que nécessaire de remettre l'enfant qui pleure à sa mère car elle seule sait comment le faire taire. Depuis que le PDCI-RDA a été injustement chassé du pouvoir par la force des armes, notre pays a rompu avec les mots PAIX et STABILITE, pour nous c'était l'élection de l'espoir, il fallait remettre notre pays sur les rails pour sortir de cette honteuse crise qui n'avait déjà que trop duré. En tout cas au niveau de la jeunesse, DIEU est au courant, malgré nos maigres moyens, nous avons vendu le produit 'Bédié', nous avons mouillé le maillot mais malheureusement notre candidat est tombé au premier tour. Nous avons beaucoup  pleuré et ce n'est pas Kouadio Konan Bertin qui nous dira le contraire. C'était difficile pour nous. Pour la première fois de son histoire, le PDCI-RDA venait de perdre à l'élection du Président de la République. On venait ainsi de rater l'occasion de mettre notre expérience au service de la Côte d'Ivoire, le rêve de mettre notre expérience au service de la jeunesse, venait ainsi de se briser.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, installé au pouvoir par la force des hélicoptères de guerre de l'armée française sur ordre de Nicolas Sarkozy après avoir massacré des milliers d'ivoiriens, dit qu'il gouverne la Côte d'Ivoire sous l'autorité de Bédié. Ivoiriennes, ivoiriens, démocrates, militantes et militants du PDCI-RDA, voilà maintenant plus de dix mois que Monsieur Alassane Ouattara gouverne notre pays sous l'autorité de Bédié. Ensemble faisons le point.

Depuis l'avènement d'ADO Solutions (?), l'insécurité s'est accrue de façon exponentielle, la Côte d'Ivoire est bien classée parmi les pays les plus dangereux du monde, la preuve : des ambassades délocalisent et la destination Côte d'Ivoire est déconseillée. On assiste à plusieurs braquages et même les églises ne sont pas épargnées. Les universités sont fermées, les étudiants qui constituent l'élite de demain ne vont plus à l'école, pourtant le Président Bédié voulait mettre son expérience au service de l'école. A la place des emplois promis, on nous sert des licenciements massifs dans toute l'administration, le chômage augmente à grand échelle. Nos parents paysans sont spoliés de leur plantation et de leur terre. Le tribalisme a pris de l'ampleur, les admissions dans les concours et les nominations se font sur des bases ethniques. Les FRCI, la milice ethno-religieuse du RDR, continue de tuer les populations ivoiriennes. Les commandants de zone font la loi partout dans le pays. La liberté d'expression a vraiment perdu la langue et la démocratie a foutu le camp.

Tout ceci favorise la division entre les différents peuples de Côte d'Ivoire. Vigilance, vigilance, vigilance ! Ivoiriennes, ivoiriens, militantes, militants et sympathisants du PDCI-RDA, ouvrons les yeux sur ce qui se passe en Côte d'Ivoire. On tue sous l'autorité de Bédié, on viole sous l'autorité de Bédié, on pille sous l'autorité du président du PDCI-RDA. Pour la Côte d'Ivoire, nous invitons le Président Bédié à refuser la gouvernance de Monsieur Alassane Dramane Ouattara sous son autorité parce qu'à cette allure, nous risquons de détruire tout l'héritage du père fondateur.

Au PDCI-RDA, nous parlons de politique intérieure unificatrice dont le substratum est LA PAIX PAR LE DIALOGUE tandis qu'au RDR, ils sont adeptes de la paix par le massacre des opposants. A l'antipode des valeurs fondatrices du PDCI. Il est donc difficile de faire chemin  ensemble.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, ayant échoué au sommet de l'état, veut maintenant nous imposer une guerre civile. Les peuples de Côte d'Ivoire ne laisseront pas « le rattrapage » aller à son terme. PDCI-RDA, notre accointance avec le RDR nous perdra (preuve, voir résultats des élections législatives). Chers aînés,  Houphouët-Boigny vous a laissé un PDCI-RDA très fort et au pouvoir ; pourquoi donc vous voulez à tout prix nous laisser un parti vomi de tous, à votre tour ? Jeunes du PDCI-RDA, voilà pourquoi nous devons demeurer toujours vigilants et mobilisés en prenant nos responsabilités. L'histoire nous regarde.

Les dix mois de Monsieur Alassane Dramane Ouattara nous démontrent que la rébellion qui a endeuillé notre pays est aux commandes aujourd'hui !  Donc le masque du vrai chef de la rébellion est maintenant tombé.

Pour s'en apercevoir, faisons une petite étude comparative entre la Côte d'Ivoire actuelle et les zones sous contrôle des rebelles. Vous verrez, par exemple, les groupes de Wattao, les groupes de Zackaria Koné, les groupes de Chérif Ousmane, ainsi de suite. Chaque secteur a un commandant. L'école n'est ni une nécessité, ni une priorité pour eux, ils sont arrivés au sommet de la société sans la fréquenter, la preuve : l'université est fermée et ils sont d'accord avec ça. On assiste aux phénomènes de braquage des banques, les intimidations, les viols, les tueries partout dans le pays. Une dictature rampante s'est installée. Des leaders politiques et des chefs militaires sont emprisonnés. Nos parents meurent en exil, ils ont leurs comptes bloqués, ils meurent de faim, incapables de se soigner.

Et c'est dans cette atmosphère qu'un certain Charles Konan Banny devra réconcilier les ivoiriens. Voici encore un cadre du PDCI-RDA à qui on confie une mission impossible. Pourquoi le PDCI et non le RDR ? Attention ! Ce Monsieur a une volonté farouche d'en finir avec notre parti.  Monsieur Charles Konan Banny, Alassane Dramane Ouattara, sachant que vous êtes un de ses concurrents, veut vous conduire à l'échec pour que les ivoiriens vous rejettent; il s'en fout de votre Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Ecoutez, Alassane Dramane Ouattara ne fait rien avec la réconciliation entre les ivoiriens car ayant opté pour  le « rattrapage »; donc comprenez enfin que vous n'avez pas les mêmes objectifs.

A la limite, il ne vous accorde aucun respect parce que nous vous savons travailleur, nous savons aussi que vous avez la volonté de faire de grandes choses mais malheureusement vos efforts sont noyés par le sang des ivoiriens qui continue de couler par la volonté du RDR et sa milice ethno-religieuse alias FRCI. Lorsque vous arrangez, eux ils s'évertuent à gâter. Monsieur Charles Konan Banny, de nombreux ivoiriens espèrent encore en vous. Vous êtes encore utiles pour le PDCI-RDA et la Côte d'Ivoire. Notre pays est à un tournant assez décisif de son histoire alors c'est le moment où nous devons prendre des décisions courageuses. Cher aîné, le monde entier vous regarde. Mais la seule chose dont vous devez être sûr, c'est que jamais vous ne pourrez réconcilier les ivoiriens à l'ère du « rattrapage » et vous serez définitivement écarté de la scène politique ivoirienne.

Ne serait-il pas bon pour nous d'analyser la vraie nature du nouveau pouvoir d'Abidjan avant d'aller encore plus loin ? Continuerons-nous de confondre dialogue et tueries ? Paix et guerre ? Houphouétisme et anti-Houphouétisme ?

Agissons maintenant car demain peut s'avérer très tard.

L'histoire est têtue.

Dieu  aime la Côte d'Ivoire et les ivoiriens.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.

Vive le PDCI-RDA!


Pour la jeunesse du PDCI-RDA,

Yao Kouamé Patrick

Président de la jeunesse du PDCI-RDA en exil.

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

mercredi, 29 février 2012

COTE D'IVOIRE: LE PDCI RATTRAPE PAR LA VIOLENCE DU RDR QU'IL FEIGNAIT DE NE PAS VOIR


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Le RDR inaugure une série d'agressions sur ceux qui l'ont aidé à prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire. L'UDPCI de Mabri Toikeusse s'en mord déjà les doigts puisque tout est fait pour l'empêcher d'avoir un groupe parlementaire. Quant au PDCI, c'est le président de sa jeunesse qui vient d'être lynché par une cohorte d'hommes armés de gourdins à Bonon et qui pour KKB sont membres du RDR.

Au royaume du RHDP, les alliés ne comptent plus. Alors que le pouvoir ne lésine plus sur aucun moyen pour faire mordre la poussière à l'UDPCI en veillant à ce qu'il n'obtienne pas un groupe parlementaire dans la prochaine assemblée nationale, le PDCI a eu vendredi dernier la frayeur de sa vie. Aussi bien son délégué départemental  Yves N'dia que le président de la jeunesse du parti Bertin Kouadio Konan ont été tabassés par des individus armés de gourdins qui ont forcé l'entrée de la mairie de Bonon.

« Ils criaient tuez-le ! » a raconté le président de la JPDCI qui n'en sait pas plus, à part que c'est un message clair qui lui est adressé. Bertin Konan Kouadio n'est pas à son premier effroi. Il s'était déjà fait malmener par des individus non identifiés au cours d'une marche de prise de la télévision ivoirienne trop pro-Gbagbo selon le PDCI et ses alliés.

Mais KKB sait aussi se servir de la violence. C'est lui qui avait organisé la bastonnade de l'Ambassadeur Gnamien Yao qui s'était rendu au siège de Cocody pour répondre à une convocation de la direction. Le président de la jeunesse du PDCI avait notamment revendiqué son action et montré la nécessité d'obliger le diplomate à avoir plus de considération pour le président du PDCI, Henri Konan Bédié, à qui KKB veut désormais arracher l'organisation d'un congrès.

La violence fait partie l'environnement du président des jeunes du PDCI, soit parce qu'il l'instrumentalise, soit parce qu'il en est la victime. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire lui-même ne s'en était jamais autant repu que pendant ces dernières années, lorsqu'elle visait les étudiants qu'on prend grosso modo pour les gbagboïstes.  La maison du parti, situé à quelques encablures de la résidence présidentielle où vivait Laurent Gbagbo a même servi, pendant la crise postélectorale de pièce à déstabilisation. Le PDCI dont les dirigeants s'étaient repliés au Golfe hôtel y avait installé des rebelles armés pour attaquer la résidence universitaire située dans les environs avant, sans doute de mettre le cap sur la résidence de Gbagbo.

Lorsque la police, en désespoir de cause finit par les déloger, le PDCI se plaignit qu'on ait attaqué son siège. Mais depuis qu'Alassane Ouattara a pris le pouvoir en Côte d'Ivoire, les militants se sentent de plus en plus agressés. A commencer par ceux qui espéraient tirer quelques prébendes de la nomination d'un premier ministre PDCI. Cette désillusion faillit d'ailleurs emporter le RHDP dont la cohésion est toujours menacée de toutes parts par les promesses tous azimuts faites par Alassane Ouattara. Pour sa part, Henri Konan Bédié continue de rêver aux 230 postes  de nomination qu'il pourrait s'offrir pour mieux tenir en laisse des militants de plus en plus impatients et dont certains lui réclament sans circonlocutions aucunes un bilan lors d'un congrès du parti.

La réalité, elle, est plutôt autre chose. Le PDCI fait surtout face à une agressivité surprenante de son allié du RDR qui s'est permis de faire élire des députés, grâce à la fraude notamment, dans les circonscriptions qu'il voulait. Ainsi, la ville d'Abidjan a été entièrement raflée par la liste de la case, se permettant même le luxe d'y voler l'allié du PDCI qui est sur ses terres lorsque le FPI n'est pas de la partie. C'est justement pour ne plus servir d'échelle au RDR que le président de la jeunesse du PDCI attaque Bédié, falot depuis sa retentissante défaite au premier tour de la présidentielle et se contentant de têtes-à-têtes avec Alassane Ouattara qui lui a même grillé la politesse en ne respectant pas sa promesse de campagne.

Le parti d'Houphouet-Boigny recule sur le terrain parce que son président se complait dans les rodomontades anti-Gbagbo contre lequel il n'a jamais une haine de trop et dont il espère tirer des dividendes de la  déportation à la CPI, analysent ceux qui savent lire dans le marc de café à lui. La direction du PDCI a condamné ces violences contre Bertin Kouadio Konan et même le journal « Nouveau Réveil » qui a montré des aptitudes, ces derniers temps, à servir d'abord les intérêts de la ouattarandie avant ceux du PDCI dont il est proche a musclé sa Une pour dénoncer l'agression du président du PDCI.

Mais cette violence n'est-elle pas celle que le parti feignait de ne pas voir, ni dans l'escalade meurtrière contre les policiers ou militaires ivoiriens égorgés chez eux pendant la crise postélectorale ni pendant les attaques du commando dit "invisible"? N'est-ce pas la même, mis à part que les tueurs pour cette fois étaient de la force Licorne, qui a déferlé sur les patriotes aux mains nues devant l'hôtel Ivoire ?


Jeanne Tétiahonon, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 155 du lundi 27 février 2012.

mardi, 28 février 2012

COTE D'IVOIRE: LA SOCIETE DE MEFIANCE

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Après Gbagbo, qui ? L'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter donnée au procureur Louis Moreno-Ocampo par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) a dominé l'actualité de la semaine qui vient de s'écouler et a objectivement créé un vent de panique au sein d'une partie de la classe politique ivoirienne, et parmi les chefs de guerre qui ont fait rois les hommes qui nous gouvernent. Persuadés jusqu'à il y a peu que la CPI était un bagne réservé à Laurent Gbagbo et à ses «semblables», un certain nombre de personnalités et d'hommes de main du régime Ouattara ont progressivement commencé à s'inquiéter.

Le premier signal est venu des «fuites» orchestrées autour de la visite à Abidjan de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, dont certains médias ont assuré qu'elle a demandé le départ de Guillaume Soro de la Primature et sa comparution devant la CPI, au moins «à titre de témoin». Désormais, les «parties ivoiriennes» semblent résolues à admettre que «la grande faucheuse» de La Haye s'abattra sur tous les camps, même si l'on continue de supputer sur le niveau auquel ceux qui vont frapper frapperont, s'agissant des actuels hommes forts du pays.

Désormais, les haines inter-ivoiriennes se cristallisent sur les supputations autour des futurs compagnons de bagne du président Laurent Gbagbo. Les pro-Ouattara veulent penser que l'élargissement aggravera le cas de ses opposants, mais peuvent difficilement ignorer que la perspective de transfèrements crée l'inquiétude et aggrave les dissensions sourdes en leur sein. Les pro-Gbagbo ne sont pas persuadés que le fameux élargissement, encadré idéologiquement par une juridiction et un procureur dont le caractère partisan n'échappent plus à personne, arrange leurs affaires. Mais ils ont pleuré, et essuieront un peu leurs larmes si le mal qui les a frappés s'abat également sur les différents actionnaires de l'ex-rébellion. Les militants du PDCI, parti dont l'influence ne cesse de diminuer, espèrent en un «grand nettoyage» qui affaiblira à la fois les «drôles d'alliés» du RDR - Forces nouvelles et les ennemis jurés du FPI.

Au-delà des considérations politiques immédiates, il est important de noter que la problématique de la justice internationale appliquée à la Côte d'Ivoire vient renforcer la logique de la «société de méfiance» qui a cours depuis bientôt vingt ans. Tout le monde soupçonne tout le monde de vouloir l'envoyer à la CPI, de vouloir instrumentaliser la communauté internationale contre lui, de préparer un «coup» pour éviter l'inéluctabilité d'un transfèrement ou d'un «grand déballage» consécutif à un transfèrement. Dans ce contexte, l'idée selon laquelle «la lutte contre l'impunité» pourrait participer à réconcilier les Ivoiriens et à exorciser les démons de la guerre apparaît comme une dangereuse illusion. Une illusion de plus.

Une lourde bombe de non-dits fait tic-tac-tic-tac

Pourquoi donc ? Pourquoi les gouvernements de réconciliation, les forums de réconciliation, les commissions de réconciliation et désormais les juridictions internationales ne parviennent-elles pas à normaliser les relations politiques et sociales au pays des Eléphants depuis tant d'années ? Il semble clair qu'au-delà de tout, les Ivoiriens ne sauraient faire la paix des cœurs sans se réconcilier sur leur récit national commun. Quelles sont les causes profondes de la longue guerre à bas bruit qui ne cesse de recommencer ? Problèmes identitaires insolubles ? Mauvaise foi des politiques ? Volonté forcenée de parvenir au pouvoir en dépit des règles républicaines ? Difficulté à admettre la diversité des opinions politiques et à les faire cohabiter au sein des institutions ?

Quelle est la réalité du rôle des uns et des autres dans la guerre et la déstabilisation du pays ? Qui a fait quoi ? Pourquoi ? Y a-t-il quelque chose à regretter dans ce mode d'accession au pouvoir ? Si la réponse est négative, quel impératif moral pourrait-on opposer aujourd'hui à ceux qui, voyant la prime accordée hier à la rébellion, rêvent de rééditer l'exploit du duo RDR-FN ? L'absence de réponses sérieuses à ces questions rend toute réconciliation sincère impossible.

C'est notamment parce que l'histoire secrète de la rébellion est secrète que l'alliance Soro-Ouattara est tant malmenée par le spectre de la CPI. Si à l'étranger, l'on peut considérer le lâchage annoncé par Ouattara de son Premier ministre comme une sorte de «mise à égalité» des deux camps pouvant atténuer le sentiment d'injustice des pro-Gbagbo, l'on a conscience, en Côte d'Ivoire, que toute inculpation ou transfèrement de Soro ou d'un de ses principaux chefs de guerre aurait un goût amer de sacrifice destiné à garantir une fois de plus l'impunité et l'irresponsabilité de «l'âme invisible» de la rébellion, qui a vampirisé toute une génération et mené à la mort des milliers de jeunes sans prendre de risques. Pour satisfaire ses ambitions en gardant l'image du «technocrate policé» qui ne saurait être parasitée par un profil de chef de guerre à la Jonas Savimbi. Une lourde bombe de non-dits fait «tic-tac-tic-tac-tic-tac».

Et si l'on admettait une fois de plus que les interférences diplomatiques, les diktats, les interventions armées, les interprétations intéressées du récit national par ce qu'il est convenu d'appeler «la communauté internationale» contribuent plus à crisper le débat national qu'à l'ouvrir et à le dynamiser ? Le bouclier que la France accorde aujourd'hui de manière grossière à Alassane Ouattara renforce l'arrogance de son camp et le conforte dans son refus de tout compromis à même de rassembler les fils de la Côte d'Ivoire autour d'une espérance démocratique saine. Posons la question qui fâche : la «société de méfiance» à l'ivoirienne n'est-elle pas une aubaine pour l'ONUCI désormais installée dans le pays de manière structurelle et pour l'ancienne puissance coloniale et les autres nations occidentales, qui tirent profit de manière générale de «l'ingouvernabilité» africaine pour mettre en œuvre leurs stratégies impériales ?

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 19 février 2012

KKB: «ADO AURAIT PU SE METTRE AU-DESSUS DU TRIBALISME»


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Le président de la jeunesse du Pdci-RDA, Kouadio Konan Bertin dit KKB a animé, hier jeudi 16 février, une conférence de presse à la maison du Pdci à Cocody. Il s'est prononcé sur l'actualité sociopolitique mais a surtout réagi aux attaques dont il est l'objet au sein de son parti. KKB, pur produit du Pdci et allié du Rdr n'est pas d'accord avec la manière de gérer le pays d'Alassane Ouattara. «Si j'avais la possibilité d'être un conseiller du président ou même la chance de le croiser, je le lui aurais dit. Le mal de la Côte d'Ivoire est profond. Lui qui a vécu aux Etats Unis et qui a même eu la chance d'épouser une Européenne aurait pu se mettre au dessus du tribalisme et sauver la Côte d'Ivoire». Selon KKB, l'heure n'est pas aux règlements de compte comme croit si bien le faire le régime Ouattara qui fait de la traque aux pro-Gbagbo la priorité de son programme de gouvernement. Aux dires du président de la Jpdci, il est nécessaire de faire la réconciliation dans notre pays mais celle-ci impose «des sacrifices de la part du régime en place». Par ailleurs, il estime que pour que cette réconciliation soit effective, un rapprochement entre Ivoiriens du Fpi et ceux du Rhdp s'impose. Auquel cas, cette réconciliation ne sera qu'un leurre.

Après ce constat, il a abordé l'actualité au sein de son parti où il affirme qu'on «veut sa peau» en l'opposant à son leader, le président Henri Konan Bédié. Sur la question, KKB a nommément cité Denis Kah Zion, fondateurs du quotidien «Le Nouveau Réveil» par ailleurs membre du secrétariat du Pdci, de lui en vouloir. «Kah Zion sait dans quel rôle il se trouve en ce moment. Il tente par tous les moyens de m'opposer au président Bédié. Il a fait de nombreuses victimes au sein du parti mais moi je reste sa dernière cible parce qu'il ne parviendra pas à ses fins. Moi, ma chair est amère», a-t-il assené. Puis il poursuit pour crier son indignation car il estime «qu'être propriétaire d'un journal ne signifie pas qu'il faut chercher à mettre les bâtons dans les roues des autres. Je suis victime d'une cabale». C'est un KKB très en colère qui a tenu à rappeler à Denis Kah Zion le combat qu'il a mené, selon lui, pour que son quotidien qui était persona grata dans certaines localités du pays puisse être vendu. «Kah Zion est un grand frère mais je ne sais pas ce qui l'anime. Mais dans cette bataille qu'il a ouverte, chacun de nous va se défendre. Lui est propriétaire d'un journal mais qu'il sache que la Jpdci va se défendre à sa façon avec les armes dont elle dispose. Il n'a d'ailleurs pas intérêt à continuer», a menacé KKB.

Après quoi, il a rappelé qu'il vouait un respect au président Bédié dont le parcours l'a toujours inspiré. Et que par conséquent, il ne serait jamais dans une logique de défiance envers celui pour qui il s'est toujours battu. «Mon combat pour Bédié ne date pas d'aujourd'hui. Depuis 1993 que je suis président de la jeunesse, j'ai toujours soutenu le président Bédié. Je ne suis pas de ceux qui soutiennent Bédié lorsqu'il pose de bons actes. En réclamant un congrès ou encore en demandant de faire le bilan du parti après tous les échecs qu'on a enregistrés après la présidentielle et les législatives, où est la défiance ?» s'est-il interrogé.

Dans la foulée il a annoncé pour le 17 mars prochain la rentrée politique de la Jpdci. A cet événement, KKB a indiqué que ce sera le rendez-vous du débat et que les personnes allergiques au débat en «auront pour leur compte». Ce sera selon KKB le lieu pour faire le bilan de la situation sociopolitique mais aussi des échecs enregistrés par le parti lors des dernières élections.

 

Hermann Djea


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 02 février 2012

ANNE OULOTO ATTRIBUE UN MARCHE DE 60 MILLIARDS A SATAREM, UNE SOCIETE FRANÇAISE EN FAILLITE

 

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Anne-Désirée Ouloto sera sans doute emportée par le scandale des ordures. Un marché de 60 milliards de francs CFA vient d'être attribué par elle à la société française SATAREM-GREENSOL, filiale du groupe français SATAREM en liquation.


1- Cette Société est en effet clôturée par décision de justice en France depuis le 18-11-2010 pour insuffisance d'actifs.

2- Derrière cette société fantôme se cachent un certain nombre de dirigeants RDR dont Hamed Bakayoko, Salif Bictogo et le footballeur Basile Boli très proche de Nicolas Sarkozy.

3- SATAREM n'a pas produit la caution de 2 milliards exigée.

4- SATAREM va profiter de l'avance de l'Etat pour s'équiper en turquie.


Documentation: SATAREM, une société en faillite.

mardi, 24 janvier 2012

UNE INTERPELLATION POIGNANTE, UN APPEL A LA RETENUE ET A LA REFLEXION, A L'ADRESSE DES MILITANTS ET PARTISANS DU RHDP



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Lu sur Abidjan.net (publié par Jean Kouadio, sur sa page Facebook).


Michaël Bah - Meilleur commentateur


Quand je lis les commentaires des militants ou sympathisants RDR et PDCI, je ne suis pas étonné de la forme de votre prise de position mais je suis par contre surpris, effrayé et dégoûté du fond de vos pensées; il est aisé de comprendre que vous adopterez toujours la position de ceux qui croient accomplir une vengeance que les autres « auraient » mérité. Avec tout ce que vous dites, on pourrait penser que ce qui s'est passé, hier (samedi 21 janvier 2012) à Yopougon, est normal et se répétera chaque fois que le FPI organisera un meeting.

Certains parmi vous ont un niveau académique suffisamment bon pour éviter des commentaires qui mettront encore plus d'huile sur le feu, mais puisque vous êtes RDR et PDCI, vous vous bornez à ne pas voir les menaces qu'un tel comportement fait peser sur les citoyens et résidents de ce pays. Il y en a parmi vous qui écrivent: « C'est montage », d'autres disent : « On vous a loupé », d'autres écrivent: « Un meeting où on lance des provocations, des injures en sachant bien que le quartier Wassakara n'est pas bien loin, où l'on sait bien que la majorité des personnes là-bas sont RHDP », certaines femmes disent : « Ils vous ont raté »; un autre, content de sa nouvelle force de Dieu-géant-surhumain-invincible, dit fièrement : « C'est du civil contre civil, nous on ne vous ratera pas », ou encore « Ce sont des rats ».

Apparemment, c'est toujours vous qu'on provoque, c'est toujours vous qui êtes frustrés, c'est toujours vous qui cherchez la paix, c'est toujours vous qui êtes victimes de la xénophobie, c'est toujours vous que les autres jalousent... Aujourd'hui, quelques ivoiriens mais aussi des burkinabés (surtout), des maliens, des sénégalais, des guinéens, prennent des armes et agressent impunément des ivoiriens. Tout ce que je vous souhaite donc est que ce pouvoir dure, dure, dure, dure et dure; qu'Alassane Ouatttara ne perde jamais son poste, que les FRCI demeurent toujours un rassemblement de familles nordistes, que l'ONUCI soit toujours à vos petits soins, que la Licorne protège éternellement votre mentor, que votre sadisme soit indéfiniment masqué par les médias internationaux et qu'une rébellion 100% Ivoirienne ne survienne pas. Priez votre Dieu (apparemment, on n'a pas le même Dieu car vous dites aussi que c'est vous les croyants, et les autres sont les infidèles) pour que la situation ne s'inverse pas car, à ce moment, j'espère que vous aurez suffisamment de courage pour faire face à ceux qui se dresseront contre vous. Hier, vous vous plaigniez, souvent à tort souvent à raison, d'une certaine répression (souvent à tort souvent à raison) que vous subissiez de la part des militaires ivoiriens (et pas des civils). Aujourd'hui vous vous sentez tout-puissants et vous n'avez même pas un mot d'indignation pour ces actes d'insurrection commis par des « civils armés » envers d'autres civils.

VOUS PENSEZ QUE SI LES IVOIRIENS MILITANTS ET SYMPATHISANTS LMP DECIDENT DE PRENDRE DES ARMES ET DE REPONDRE VIOLEMMENT A VOS ACTES, VOUS POURREZ CONTINUER DE VIVRE EN COTE D'IVOIRE? VOUS QUI VIVEZ A ABIDJAN, POUVEZ-VOUS TENIR SI ABIDJAN (MAJORITAIREMENT PRO-GBAGBO) VEUT VOUS FAIRE LA PEAU?

Vous oubliez que vous n'êtes pas les plus nombreux, vous n'êtes pas les plus musclés, vous n'êtes pas les plus vaillants, vous vivez dans un pays où il y a 61 ethnies et vous n'êtes issus que de l'une d'entre elles (car majoritairement Dioula pour les nationaux) et ressortissants de la CEDEAO.

Si les militants LMP s'arment aussi de machettes et de gourdins pour aller à des meetings et que vous les attaquez, vous imaginez bien le résultat ! Continuez comme ça, faites grandir cette colère de jour en jour, continuez à magnifier la haine, ça vous va si bien, continuez ainsi; c'est bien. Sachez juste que ne pas vouloir se battre ne signifie pas qu'on est pas fort, fuir ne signifie pas qu'on a peur, pleurer ne signifie pas qu'on est faible.

Continuez à poussez les Ivoiriens à la violence (vous le faites bien d'ailleurs, vous êtes sur la bonne voie), vous serez des victimes d'un système que vous aurez vous-mêmes créé, vous connaîtrez le mot EFFROI !


Michaël Bah, sur Abidjan.net.

lundi, 19 décembre 2011

INCROYABLE MAIS VRAI: UN COMMANDANT DES FRCI NON-DEMOBILISE SE FAIT ELIRE A ATTECOUBE



COMMANDANT JAGUAR ET LE MAIRE DANHO PAULIN.jpg

Une preuve de plus que cette élection législative n'était qu'une mascarade, une élection qui a été tout sauf démocratique, libre, équitable et transparente. Pour être en alliance avec le RDR, actuellement, il faut avoir renié ses principes. Wodié l'apprendra à ses dépends. La Côte d'Ivoire le regarde.

 

C'est la « révélation » des législatives. Le commandant Jaguar, commandant des FRCI d'Attécoubé a réussi la prouesse électorale de se faire élire député d'Attécoubé, sous les couleurs du RDR, sans avoir troqué le treillis, sans avoir été démobilisé des FRCI, sans avoir démissionné ni obtenu d'autorisation du ministère de la Défense et sans que les électeurs ne s'en aperçoivent.

Son élection a pris de court la population qui le vomissait déjà du fait de ses exactions, parce qu'il s'est présenté sous sa véritable identité : Coulibaly Ibrahim. Et en battant campagne en veste, il a réussi à tromper la vigilance de la population. C'est trois de ses proches qui ont mis la puce à l'oreille du staff des autres candidats, après la proclamation des résultats par la CEI.

Commandant Jaguar (ici en treillis,
côté gauche, à côté du maire Paulin Claude Danho,  lors de la campagne pour la présidentielle) ou Coulibaly Ibrahim fait l'objet de plusieurs plaintes à Attécoubé dont celle d'une famille établie à Abobodoumé, qui le poursuit, lui et certains éléments sous son contrôle, pour « vol en réunion » et « séquestration ».

Par ailleurs, plusieurs requêtes en annulation ont été déposées au Conseil constitutionnel par les autres candidats « malheureux » contre l'élection, manifestement frauduleuse, du commandant Jaguar. Dans cette commune, il a été établi que des morts ont voté. La balle est dans le camp de Francis Wodié.



Clair Amondoua


Source: LE BANCO.NET

samedi, 17 décembre 2011

TAUX DE PARTICIPATION DE 36,56% AUX LEGISLATIVES: LA GROSSE ARNAQUE DE LA CEI


YOUSSOUF BAKAYOKO 3.gif

Le taux de participation aux législatives livré officiellement par la Cei reflète-t-il la réalité du scrutin ? 36,56% des 5,7 millions d’électeurs ivoiriens inscrits sur les listes électorales se sont-ils effectivement déplacés dans les urnes, dimanche dernier? Les réponses à ces questions à l’aune d’éléments liés au déroulement du scrutin et aux témoignages recueillis sur le terrain inclinent à croire, à l’analyse, que le taux donné par la Cei est loin d’être celui des législatives du 11 décembre dernier largement boycotté par les Ivoiriens.

Le président de la Commission électorale indépendante (?), Youssouf Bakayoko, a annoncé officiellement, jeudi nuit, les résultats provisoires des législatives du 11 décembre dernier et le taux de participation du scrutin. Le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara, comme il fallait s’y attendre, grâce au découpage électoral biaisé par le pouvoir, s’est taillé la part du lion avec 127 sièges. Devançant largement son «allié», le Pdci-Rda de Bédié, qui totalise 77 sièges. De nombreux candidats du Pdci dont Konan Konan Denis à Bouaké crient à la fraude orchestrée par le Rdr. Quant au taux de participation, Youssouf Bakayoko le situe à 36,56%. Au grand dam des millions d’électeurs ivoiriens qui ont boycotté le vote législatif et des observateurs électoraux qui ont tous reconnu, dans leurs différents rapports, que le taux de participation était très faible. Certains observateurs qu’une équipe de Notre Voie a surpris à l’hôtel Novotel-Plateau faisant le point du vote, lundi 12 décembre dernier, ont même situé ce taux entre 20 et 25%. A la surprise générale, la Cei brandit un taux de 36,56%.

Les bureaux de vote étaient déserts

Tout le monde est unanime sur cette question y compris les observateurs électoraux et même le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara. Les Ivoiriens ne se sont pas bousculés dans les bureaux de vote, dimanche dernier. Les élections législatives ont donc pâti par leur manque criant d’affluence. Après avoir accompli son devoir civique, dimanche dernier, à 12h, au lycée Sainte-Marie d’Abidjan-Cocody, M. Ouattara a reconnu qu’il n’y avait pas d’affluence. Il s’est alors senti obligé de lancer un appel aux Ivoiriens pour qu’ils aillent voter. Cet appel a-t-il été entendu ? Visiblement, non. Puisqu’à moins de 2h de la fermeture des bureaux de vote fixée à 17h, ce 11 décembre 2011, les électeurs se faisaient toujours rares dans les dix communes d’Abidjan. A l’EPP Sicogi-Est de Koumassi, sur les 13 bureaux de vote, moins de cent électeurs avaient accompli leur devoir. Adjamé, Cocody, Abobo, Treichville, Marcory etc., c’était l’indifférence totale des Ivoiriens. «Les gens ne sont pas chauds pour voter. Je suis venu et je n’ai trouvé personne. J’ai voté et je m’en vais sans laisser personne», a confié un électeur que l’équipe de Notre Voie a rencontré dans un centre de vote à Yopougon Niangon-nord. Zié Daouda, un des candidats qui représentent le PDCI à Yopougon, et qui contestent les résultats donnés par la CEI Yopougon, parle d’un taux officiel d’un peu plus de 19%. Au groupe scolaire d’Anono de l’inspection de l’enseignement primaire de Cocody, tous les responsables rencontrés ont déploré le manque d’engouement des électeurs pour le scrutin. Quand on sait qu’Abidjan, la capitale économique, totalise la plus forte concentration d’électeurs au plan national au niveau des villes avec 30,11 % des électeurs soit 1.944.482 personnes inscrites, on comprend aisément que «le désert électoral» (l’expression est de la télévision France 24) constaté, dimanche dernier, dans la mégalopole, a eu indubitablement des conséquences dramatiques sur le taux de participation national. En tournée sur le terrain à Aboisso dans le Sud-Comoé, région qui a un très faible taux de concentration d’électeurs, le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a souligné, la mort dans l’âme, que «les chiffres que nous avons sont en baisse par rapport aux chiffres que nous avions à la même période (la mi-journée du dimanche 11 décembre dernier, ndlr) pour l’élection présidentielle».

Les observateurs indexent le manque d’engouement

Dans le nord du pays, favorable à Ouattara et à son parti politique, le Rdr, le vote a été globalement mitigé, a-t-on appris. Il était timide dans certaines localités et intensif dans d’autres. Cependant, au plan des statistiques valables depuis les présidentielles 2010 et validées par la Cei, les régions du nord figurent parmi les régions disposant d’un faible taux de concentration d’électeurs. A titre d’exemples : le Denguélé totalise 1,36% du corps électoral national ; le Bafing = 0,68% ; le Worodougou = 1,99% etc. Si le vote dans le nord du pays a mobilisé largement plus de 50% des électeurs inscrits dans la zone, il ne saurait influer sur le taux de participation national étant donné que la zone nord totalise à peine 13% de l’électorat. Il faut préciser que la région des savanes qui totalise 6,55% de l’électorat a un pied dans le nord et un autre dans le sud. Les cinq régions ayant une forte concentration d’électeurs sont toutes dans la zone sud du pays. Ce sont la région des lagunes (33,96%), le Haut-Sassandra (5,1%), les Montagnes (5,39%), la vallée du Bandama (6,48%) et la région des savanes (6,55%). Or, les populations ont boudé à plus de 80% les législatives dans la zone sud du pays. C’est au su de tout cela que le Fpi, ex-parti au pouvoir, dont l’appel au boycott des législatives a été largement suivi par les Ivoiriens, suivant le rapport de ses structures internes, a officiellement parlé d’un taux de participation qui tourne autour de 14,33%. Une évaluation qui n’est fondamentalement pas loin du constat fait par des observateurs électoraux nationaux et internationaux. Le mardi 13 décembre dernier, face à la presse à l’hôtel Pullman-Plateau, les observateurs de l’Union africaine (Ua) conduits par l’ex-Premier ministre nigérien, Seini Ouamarou, ont indexé le manque d’affluence aux législatives et souligné que «l’appel au boycott par l’ancien parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien, a certainement eu des répercussions sur les élections législatives du 11 décembre dernier». Même son de cloche pour les observateurs du Cpi-Uemoa dont le porte-parole, Abdouramane Sow, a souligné «la participation plutôt faible des citoyens électeurs aux législatives».

Comme pour la présidentielle 2010…

Comment expliquez que la Cei affecte un taux de participation confortable de 36,56% à un scrutin législatif pour lequel tout le monde est unanime à reconnaître qu’il a été un flop ? En 2001, le taux de participation était de 33,1%, donc faible, alors que la fracture socio-politique était aussi profonde qu’elle l’est aujourd’hui. Aujourd’hui où des millions d’Ivoiriens sont réfugiés internes et externes, des Ivoiriens sont contraints à l’exil, l’insécurité orchestrée par les forces pro-Ouattara est inquiétante et frappe toutes les couches sociales, Laurent Gbagbo et certains de ses partisans sont détenus illégalement, le processus de réconciliation nationale est plombé, la colère et la rancœur sont dans tous les cœurs, les Ivoiriens en veulent à leurs leaders politiques… c’est curieusement à ce moment-là que la Cei voit un taux de participation de 36,56% à une élection. Peut-on être surpris de ce «miracle» de la Cei version Youssouf Bakayoko ? Assurément, non. Puisqu’en novembre 2010, cette Commission avait fait passer curieusement le taux de participation au second tour de la présidentielle de 70 à 81%. M. Gérard Latortue, le chef de la délégation des observateurs de la Francophonie, affirmait le 29 novembre 2010, selon le site www.africa-times-news.com, que «même si le taux de participation au second tour était inférieur à celui du premier, il pourrait avoisiner les 70%». Cette information est confirmée, le même jour, par France 24 sur son site. Deux jours plus tard, Youssouf Bakayoko s’est rendu au QG de campagne de Ouattara au Golf hôtel pour y annoncer un taux de participation de 81%. Ces chiffres contradictoires ont jeté le discrédit sur la Cei et les résultats provisoires de la présidentielle donnés par Bakayoko. La suite, on la connait. Le schéma actuel des législatives est quasiment calqué sur celui des présidentielles. Et Youssouf Bakayoko est toujours à la manette.


Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4011 du samedi 17 décembre 2011.


Source: IVORIAN.NET

vendredi, 16 décembre 2011

DE LA LEGITIMITE EN QUESTION

HAMED BAKAYOKO 2.jpg

Les législatives ivoiriennes viennent de s'achever avec une abstention record qui ne devrait pas se situer en dessous des 80% (à moins de falsification de chiffres), aux dires de biens des observateurs du scrutin électoral, en mission dans diverses zones de la Côte d'Ivoire, sous le regard médusé de tous les soutiens d'Alassane Ouattara qui pariaient sur la popularité du chef de l'Etat ivoirien. Ce qui avait, un moment, justifié la guerre faite à Laurent Gbagbo, accusé de s'accrocher au pouvoir et de ne pas reconnaître sa défaite électorale. Aujourd'hui prisonnier international élevé au rang d'icône africaine et même plus, Laurent Gbagbo, le grand absent se trouve être, malgré lui, l'indiscutable vainqueur de l'élection législative du 11 décembre 2011.

D'autres ont parlé, à juste titre, de « désert électoral », y compris France 24, qui ne peut être précisément soupçonnée de soutenir l'ex-président ivoirien, tant les bureaux de vote ont été évités et les urnes, éludées. Le mot d'ordre du FPI-CNRD est passé par là. Et les Ivoiriens qui se reconnaissent dans le combat du Président Laurent Gbagbo pour la démocratie, la souveraineté et l'indépendance véritable de la Côte d'Ivoire, ont massivement répondu à l'appel. Y a-t-il démonstration de force plus éclatante ?

Comment pouvait-il d'ailleurs en être autrement ? Avec le Président Laurent Gbagbo bombardé, renversé par la France et déporté en prison loin de son pays, des milliers de nos compatriotes en exil, des autorités, cadres et militaires ivoiriens injustement détenus dans les goulags du Nord par Alassane Ouattara, une CEI entièrement de coloration RHDP, un découpage électoral proprement scandaleux (un exemple hautement révélateur : seulement 5 sièges de députés pour Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, la deuxième circonscription la plus peuplée du pays après Abobo, et 10 sièges injustifiables pour Korhogo qui vaut à peine la moitié du poids électoral de Yopougon), une insécurité consternante, avec des FRCI - régulièrement coupables d'exactions et de crimes - dans tous nos villages et villes, et une tolérance zéro du point de vue politique à l'égard des partis issus de La Majorité Présidentielle et particulièrement du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, dont les meetings sont persécutés et dispersés par les FRCI et les militants du RDR, avec à la solde des blessés par balles et par armes blanches.

Quand donc la presse RHDP titre : « Le FPI absent, la violence aussi », à la fin des législatives, elle se trouve être très mal inspirée et peu objective. Elle oublie, par mauvaise foi, de relever que la campagne électorale de ces législatives a enregistré 5 morts et des blessés graves, ainsi que des scènes ubuesques de bastonnades entre alliés. Nous en aurions ri, s'il ne s'agissait pas de frères Ivoiriens dont la vie a été ainsi mise en danger.

Ainsi, à Grand-Lahou, une grenade offensive lancée par des hommes armés dans une réunion de campagne du PDCI, au domicile d'un militant, a fait plusieurs morts. Le domicile du colistier du candidat Mabri Touakeusse, à Man, à été mis à sac par des militants du RDR. Sans oublier, dans la même ville, les propos d'un tribalisme primaire d'un certain ministre de Ouattara. A Koumassi, la presse nous a rapporté que le ministre candidat du RDR, Cissé Bacongo, a pointé, menaçant, un pistolet contre un élément du cortège de son adversaire du PDCI-RDA, N'dohi Raymond, si ce n'est contre l'adversaire lui-même, selon certaines versions. On a frôlé le pire entre les deux camps. Tant l'animosité la plus basse a été de rigueur entre les deux « alliés » jusqu'à la dernière minute de la campagne. Des menaces et intimidations graves ont été dénoncées à Bouna par le MFA d'Anaky Kobena contre le Commandant Wattao. Le MFA, le RDR et les FN y étaient à couteaux tirés. A Yamoussoukro, des militants PDCI battant campagne se sont faits copieusement rosser par leurs alliés du RDR, avec de nombreux blessés. Le PDCI avait même promis porter plainte. Des dissensions de toutes sortes, des tensions et des attaques rangées ont été ainsi relevées, un peu partout dans le pays.

Le Premier ministre Soro Guillaume avait, à ce propos, tapé sur la table en exigeant que les violences de la campagne cessent. Les violences de qui ? Les rédactions arrimées au RHDP l'ont même rapporté dans leurs différents organes. Y compris la promesse du ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, de faire mettre aux arrêts les FRCI coupables de violences électorales, et rappelant à l'ordre tous ses soldats. Alors, objectivement, de quelle violence du FPI parle-t-on ? A qui la violence colle-t-elle indécrottablement à la peau ? La réponse ne souffre d'aucune espèce d'ambiguïté : le RHDP, et particulièrement, le RDR.

En revanche, nous pouvons avancer sans risque de nous tromper, que c'est même l'absence du FPI-CNRD qui a sauvé les statistiques sanitaires et hospitalières de ce scrutin. Car c'est sur cette famille politique que se sont toujours exercées les violences du RDR, de la rébellion ivoirienne et des FRCI, depuis le 19 septembre 2002. Son poids politique impressionnant (dont il vient encore de donner la preuve et de faire usage) leur fait justement perdre toute sérénité, justifiant les dérives inacceptables commises contre ses membres et ses leaders. Sur la question, on ne peut tromper les Ivoiriens et faire du révisionnisme.

La participation à ce scrutin - le monde entier a pu le constater - est un flop retentissant. Et ceux qui clament leur majorité à tout bout de champ n'ont pas même réussi à faire sortir leurs propres militants - si propres militants il y a vraiment, dans les proportions dont ils se targuent depuis au moins une dizaine d'années ! Etayons notre pensée. Le collège électoral ivoirien compte 5,7 millions d'inscrits, avec 4,7 millions de votants à la présidentielle. Selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko, Alassane Ouattara, candidat du RHDP, a été élu avec 54,10% des voix, en tenant compte des abstentions et des bulletins nuls. Ce qui lui donne un bénéfice d'environ 2,5 millions de voix sur 4,6 millions de votants ayant effectivement exprimé leurs suffrages. Comment comprendre que malgré l'appel pressant lancé par lui sur les antennes de la RTI, depuis son lieu de vote de Cocody Lycée Sainte-Marie, « personne » ne soit sorti et qu'on ait enregistré la participation de moins de la moitié de ses propres électeurs - tous les partis du RHDP compris - à ce scrutin ?

Au moins, ses 54,10% d'électeurs effectifs devaient avoir voté pour son groupement politique le 11 décembre, si on considère que l'abstention de la présidentielle est partagée entre tous les partis politiques alors engagés dans la course au fauteuil présidentiel, chacun ayant ses abstenus, et que, ce faisant, celle des législatives ne peut pas en être si radicalement différente. Un écart même de 10 points du score du RHDP aux présidentielles, soit 44,10% de taux de participation, aurait pu être encore compréhensible même s'il est déjà énorme. Mais moins de 20% ? C'est une énigme, une curiosité à étudier. Relativement aux inscrits, notamment. Le message est, en réalité, très simple et on ne peut plus clair : c'est un désaveu cinglant des Ivoiriens. Qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir en place et ne cautionnent pas ses actions contre la réconciliation nationale à travers le transfèrement du président Gbagbo à La Haye.

Pour en venir à la légitimité, le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko en a une définition bien singulière, lui qui a déclaré sur les antennes de France 24 : « Il n'y avait aucune agressivité, les gens ont voté librement, sans violence, c'est ça la légitimité ! ». Sacrément bien curieuse sémantique donnée à ce mot, Monsieur le Ministre ! En démocratie, la légitimité s'acquiert par l'aval du peuple et cette caution se traduit par le vote. Quel aval le peuple vous a-t-il donné dans cette élection, Monsieur le Ministre ? Aucun ! Plus de 80% d'Ivoiriens vous l'ont refusé. Cela s'appelle de l'illégitimité. Ces élections doivent donc être reprises. Le parlement à venir n'est pas représentatif des Ivoiriens et est donc dépouillé de toute légitimité. Mieux, avec ce score, le RHDP peut-il objectivement et mathématiquement avoir remporté les présidentielles de 2010 ? Nous laissons le soin à la sagacité de chacun d'y répondre.

Nous comprenons mieux pourquoi les ambassadeurs des Etats-Unis, Philip Carter 3, et de la France, Jean-Marc Simon, ont tant tenu à la participation de l'alliance FPI-CNRD ou de La Majorité Présidentielle (LMP). S'agissait-il pour eux de donner à la famille politique de Laurent Gbagbo un rôle d'accompagnateur pour parachever leurs cabales contre notre pays, depuis 2010 ? Le FPI-CNRD a eu la lucidité de ne pas mordre à l'appât. L'actualité brûlante lui donne raison. Il reste, indiscutablement, la première force politique de notre pays.

En outre, mon Dieu !, que de contorsions et de circonlocutions pour justifier la débâcle ! On aura tout entendu : « Il n'y avait plus d'enjeu », « les électeurs ne connaissaient pas le rôle d'un député », « les Ivoiriens ont été traumatisés par la crise postélectorale », « le vote leur a fait peur à cause de la présidentielle » et tutti quanti. Ce qui est vrai, c'est que ce score représente le véritable poids électoral de l'alliance Bédié-Ouattara. L'enjeu, il existait bel et bien : celui, pour Ouattara, de prouver qu'il a été porté à la présidence par la majorité des Ivoiriens et de se constituer une assemblée nationale représentative du peuple de Côte d'Ivoire. Il l'a lui-même dit : « Cette élection est essentielle » pour notre pays. Y a-t-il enjeu plus grand ?

Quant à l'argument de la connaissance du rôle des députés, c'est de la diversion. On vote les députés en Côte d'Ivoire depuis 1960. Les Ivoiriens savent bien de quoi il s'agit. A défaut, ils votent leur parti politique ou leur mentor, plus du tout le candidat. Et puis, tout compte fait, à quoi ont servi les pré-campagnes et la campagne électorale. Qu'ont-ils raconté aux populations pendant une semaine, ces candidats ? Au reste, à quoi sert l'éducation citoyenne financée par la CEI et les organisations internationales ? Les deux derniers arguments sont tout aussi fallacieux que les deux premiers. Le régime Ouattara ne clame-t-il pas à l'envi que la Côte d'Ivoire est « rassemblée » et que la réconciliation est « en marche » ? Qu'est-ce qui traumatise encore à ce point les électeurs du RHDP - abstraction naturellement faite de ceux de La Majorité Présidentielle ayant volontairement opté pour le boycott pur et simple d'un scrutin dans lequel ils ne se reconnaissent pas ?

On peut ainsi voir la vacuité de l'argumentaire brandi par le régime Ouattara pour justifier sa banqueroute électorale. L'Histoire le retiendra : les Ivoiriens ne se reconnaissent pas dans les actions du nouveau pouvoir ivoirien et ont refusé de lui donner un blanc-seing lui permettant de continuer à s'enorgueillir, les brimer - avec en prime l'arrogance - et prospérer dans la justice des « vainqueurs ». Tous les acteurs politiques ivoiriens devraient en tirer toutes les conséquences.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 392 du jeudi 15 décembre 2011.

jeudi, 15 décembre 2011

BOUAKE: KONAN DENIS (PDCI) BRANDIT LES PREUVES DE LA FRAUDE DU RDR

ELECTION COTE D'IVOIRE.jpg

Alors que la publication des résultats de l’élection législative se fait au compte-gouttes, le mouvement de protestation du PDCI contre la machine à fraude du RDR tend à se généraliser. Ainsi, seulement quelques heures après la sortie du candidat Pdci de Yopougon, Zié Coulibaly, au baron bar, c’est le doyen Konan Konan Denis qui, à Bouaké, dans le centre du pays, accuse le RDR d’Alassane Ouattara de fraudes massives.

Au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue, hier, en fin d’après-midi, au siège du PDCI à Bouaké, il a dénoncé ce qu’il appelle la mascarade électorale organisée par le RDR, en complicité avec la commission électorale indépendante (CEI).

Brandissant des procès verbaux qui manifestement ont été truqués, et sur la base desquels la liste RDR a été déclarée gagnante par la CEI départementale, l’ancien maire de Bouaké a revendiqué la victoire à l’issue du scrutin, au nom de son parti. En dépit des pratiques mafieuses constatées dans certains bureaux de vote. Notamment le bourrage d’urnes, l’intimidation à l’encontre des militants et sympathisants du PDCI, etc.

Par ailleurs, Konan Konan Denis s’est insurgé contre l’attitude de la CEI locale qui a publié les résultats du scrutin en la présence du seul candidat RDR dont les accointances avec les membres de la commission dite indépendante ont été mises à nu. Face à la situation, la liste PDCI pour les législatives à Bouaké a décidé de faire un recours devant la commission centrale de la CEI, à Abidjan, à l’effet d’obtenir une annulation des résultats proclamés et un réexamen des procès-verbaux. Au dire de Konan Konan Denis, une équipe est déjà en route pour Abidjan aux fins de formuler officiellement la réclamation de la liste Pdci, avec à l’appui toutes les preuves du faux dont le RDR et la CEI locale de Bouaké se sont rendus coupables.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

mercredi, 14 décembre 2011

OUATTARA EST-IL EN TRAIN DE COMMETTRE LES DERNIERES ERREURS QUI VONT LE COULER?


ALASSANE OUATTARA 2.jpg

Brève analyse des deux derniers événements majeurs en Côte d'Ivoire.



1. Le transfert du Président Gbagbo à La Haye: Encore une fois, je ne sais pas quelle mouche les a piqués pour envoyer le président à cet endroit. C'est une erreur dont la gravité se mesure à l'échelle d'une catastrophe ou détonation nucléaire, et ils paieront CASH pour l'avoir commise.

Au début, certains parmi vous n'avaient pas compris quand j'ai dit que c'était une grosse erreur, mais maintenant tout le monde comprend. Aucun avocat ne peut se réjouir d'un tel événement concernant son client, mais l'erreur est tellement grosse que les avocats du Président Gbagbo affichent ouvertement leur « satisfaction et joie » devant ce transfèrement et se préparent contre la CPI et son procureur.

Ce dossier met la Cour Pénale Internationale dans une très mauvaise posture et je demeure convaincu qu'elle cherchera à s'en débarrasser. Mais quoi qu'il arrive, je pense que le Président Gbagbo sortira grand vainqueur de cette affaire de la CPI et il en récolte déjà les dividendes, au lieu d'être à Korhogo en train de mourir à petit feu.

2. Les élections législatives: J'ai régulièrement entendu des médias américains dire ouvertement et sans ambages qu'on ne sait pas qui a gagné les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, contrairement à leur président Obama et le nain gangster de l'Elysée qui ont pris fait et cause pour Ouattara.

Les législatives d'hier devaient trancher cette question et l'ont tranchée de fort belle manière. Ouattara et la coalition rebelle appellent à voter, les représentants du Président Gbagbo disent aux Ivoiriens: « Ne votez pas, restez chez vous ». Tout était mis en place pour un « ultimate showdown » et une sorte de reprise de la présidentielle de Novembre 2010, pour voir qui est majoritaire en Côte d'Ivoire.

Chaque parti risquait gros en prenant une position ferme sur les législatives. Ouattara et sa coalition rebelle ont tenu à faire le scrutin. Le FPI aussi a risqué gros en maintenant son mot d'ordre de boycott, au risque d'être désavoué par les Ivoiriens et confirmer le RDR comme parti majoritaire. Hélas pour le RDR, le verdict des urnes fut sans appel ; les Ivoiriens, toutes régions confondues, ont suivi le FPI à au moins 80%. Et Gbagbo n'était même pas là, il n'est même pas intervenu. Dans ces conditions, comment ne pas reconnaître Gbagbo comme le seul véritable maître du jeu politique en Côte d'Ivoire? Qui peut et comment peut-on ignorer ces données? Comment Ouattara pourra-t-il continuer à mentir aux blancs qu'il est majoritaire en Côte d'Ivoire et que quelqu'un veut l'exclure?

Voilà deux événements ou Ouattara et la coalition rebelle ont joué et perdu, et tout le monde a été témoin. Si vous pensez que ça n'aura aucun impact sur l'ardeur des soutiens de Ouattara et des rebelles, en Côte d'Ivoire comme à l'extérieur de la Côte d'Ivoire, c'est que vous ne savez pas lire les événements politiques.

Comment Choï et Ban Ki Moon vont-ils expliquer avoir utilisé les ressources de l'ONU, sans mandat, pour faire la guerre à un Etat souverain afin d'imposer un homme qui ne peut même pas obtenir plus de 20% de taux de participation dans des élections qu'il a lui même organisées?

Ceci est un grand revers pour Ouattara et s'il commet encore quelques gaffes pareilles, ce sera juste une question de temps avant que ses propres gaffes l'emportent.

Les avocats du Président Gbagbo ont suivi avec intérêt et une attention TOUTE PARTICULIERE les législatives du 11 décembre et attendez-vous à ce que ce soit mentionné dans les débats ou documents, à La Haye.

Ouattara est en train de creuser sa propre tombe, lentement mais sûrement.


Source : Facebook Maître Namory Fatogoma Dosso.

mardi, 06 décembre 2011

LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: DON MELLO MET A NU LA MASCARADE DE OUATTARA


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Le 11 décembre 2011, le pouvoir Ouattara organisera les élections législatives en Côte d'Ivoire pour élire un nouveau parlement dans l'optique de mettre en place le deuxième pilier de la république: l'Assemblée nationale. Le 29 novembre 2011, soit deux (2) semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté à la Cour pénale internationale (Cpi) et selon l'acte d'accusation :

«Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que co-auteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité à raison de meurtres, de viols et d'autres violences sexuelles, d'actes de persécution et d'autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011». Le même acte indique :

«Les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010, prenant pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans du candidat de l'opposition, Alassane Ouattara».

Pour rappel, le président Laurent Gbagbo, lors de l'élection présidentielle de 2010, a eu le soutien sans faille de la région d'Abidjan et de l'Ouest. Dans le district d'Abidjan, Laurent Gbagbo a obtenu au premier tour 46.88% contre 31.37% pour M. Ouattara. En termes simples, sur trois (3) civils dans la rue, deux (2) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement un partisan de M. Ouattara. De même, dans l'Ouest du pays c'est-à-dire, dans les 18 montagnes et le moyen Cavally, le Président Laurent Gbagbo a eu respectivement 40.15% et 53.26% contre respectivement 15% et 17.35% pour M. Ouattara c'est-à-dire, pour quatre (4) civils dans la rue, trois (3) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement partisan de M. Ouattara. Au vu de ces chiffres, comment peut-on admettre que le Président Gbagbo puisse concevoir un «plan» pour commettre des «meurtres», des «viols», des actes de «persécutions» et des «actes inhumains» sur ses propres électeurs ?

Le fait que Laurent Gbagbo ait été embarqué à Korhogo sans M. Fofié Kouakou Martin, qui était présent sur le lieu d'embarquement et est sanctionné par le conseil de sécurité de l'Onu depuis 2006 pour la mise à mort de 99 personnes, sans M. Ouattara, dont les hommes ont commis le génocide Wê par son ordonnance du 17 mars 2010 faisant de lui, le chef hiérarchique des rebelles qui ont exterminé 800 personnes de même ethnie et sans M. Soro, chef de la rébellion dont les faits et méfaits peuplent tous les rapports de l'Onu depuis 2002, montre le niveau de sérieux qu'il faut accorder à la Cpi et aux raisons avancées pour justifier la déportation du Président Laurent Gbagbo. Peut-être qu'un article caché du statut de Rome instituant la Cpi connu par les initiés de cette cour stipule:

«Tout auteur, co-auteur de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, viols et actes inhumains, parrainé par l'occident jouit d'une immunité internationale». Seul l'enjeu des élections législatives peut justifier cette précipitation.

En effet, le caractère illégal et non démocratique de la conquête du pouvoir exécutif par M. Ouattara constitue la grande faiblesse du régime actuel. Suite à la victoire du président Gbagbo proclamée par le Conseil Constitutionnel de la Côte d'Ivoire à l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle, M. Ouattara refuse de reconnaître cette victoire. La France, au mépris de la Constitution ivoirienne et croyant encore la Côte d'Ivoire sous le code de l'indigénat de l'époque coloniale qui donnaît droit au Président français de choisir les gouverneurs de ses colonies, a organisé un coup d'Etat pour installer à la tête du pays son candidat vaincu par le vote des Ivoiriens.

Ces élections législatives visent donc à transformer la défaite du candidat Ouattara à l'élection présidentielle en une victoire dans les urnes via le Parlement pour donner un visage démocratique à ce pouvoir ethnique et génocidaire mis en place depuis le 11 avril 2011 qui extermine peu à peu les Ivoiriens par des exécutions sommaires (26 exécutions en un mois selon l'Onu).

Le découpage électoral qui en est l'un des instruments, est l'objet de notre analyse.

Contrairement au consensus recherché autour des questions électorales depuis le coup d'Etat de 1999, le nouveau découpage électoral a été fait par M. Ouattara d'une manière unilatérale. L'objectif stratégique recherché, en violant sans inquiétude le consensus pour un régime qui prétend réconcilier les Ivoiriens, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la fabrication d'un surnombre d'élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l'opposition remplacée par des indépendants sans électeurs (car la plupart des électeurs sont des déplacés internes ou des réfugiés externes et les autres restés sur place ne participeront pas au vote compte tenu des conditions de sécurité et de détention de leurs leaders) et enfin, en affaiblissant le Pdci, dans son bastion du centre du pays.

Fabriquer un surnombre d'élus dans les zones favorables au Rdr

La carte électorale des élections du premier tour donnant les zones d'influence des différents poids lourds à l'élection présidentielle de 2010 indique clairement que le candidat du Rdr venait en tête du classement dans cinq (5) régions dont quatre (4) du nord et un (1) du centre: la région des savanes, le Worodougou, le Bafing, le Denguélé et la vallée du Bandama. Les cinq (5) régions, zones d'influence du candidat Ouattara sont passées à onze (11) régions dont dix (10) du nord dans le nouveau découpage régional correspondant aux zones de règne des différents chefs de guerre de la rébellion. Sur treize (13) nouvelles régions créées, six (6) se trouvent donc au nord.

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara sont passées de 53 sièges dans l'ancien découpage à 74 sièges dans les onze (11) régions favorables à M. Ouattara selon le nouveau découpage soit une augmentation de vingt et un (21) sièges. M. Ouattara commence les élections avec une avance nette de 74 sièges, soit 30% des sièges pour 17% de la population électorale.

Dans le Bafing, l'une des régions d'influence de M. Ouattara, pour une population électorale de 38 766, il est prévu 5 sièges de députés, soit 1 député pour 7 000 électeurs, contre 1 député pour 26 000 électeurs dans la région du fromager et 1 député pour 55 000 électeurs à Abidjan, pour une moyenne nationale de 1 député pour 22 453 électeurs. En terme simple, 1 électeur du Bafing vaut presque 4 électeurs de la région du Fromager et presque 8 électeurs à Abidjan. Le principe démocratique (1 homme une voix) devient : 4 hommes une voix dans l'ouest et 8 hommes une voix dans le Sud. Le département de Korhogo (10 sièges) a presque 2 fois plus de sièges que les départements suivants de même importance ou souvent plus grands: Yopougon (6 sièges), San-Pedro (5 sièges), Gagnoa (5 sièges), Daloa (6 sièges), Man (4 sièges).

Le département d'Odienné (5 sièges) a plus de sièges que des départements plus importants comme Abengourou (3 sièges), Adzopé (3 sièges), Sassandra (2 sièges), Yamoussoukro (3 sièges).

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara selon l'ancien découpage totalisent une population électorale de 976 409 électeurs soit 17% du collège électoral national. Avec le nouveau découpage électoral, ces régions auront 74 sièges de députés, soit 30% des sièges du Parlement. Abidjan qui totalise 30% de l'électorat a 12% des sièges. En terme simple, pour deux fois plus de population électorale à Abidjan par rapport aux régions favorables à M. Ouattara, il y a deux fois moins d'élus. Le Rdr commence, ainsi, la course avec une avance nette de 74 députés. La combinaison des critères de superficie et de population ne justifie pas cette inflation des élus dans les zones d'influence de M. Ouattara.

Ecarter le président Gbagbo pour écarter l'opposition

Le candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Le Président Laurent Gbagbo, était en tête au premier tour des élections dans dix (10) régions qui sont : Agnebi, Lagunes, Marahoué, Sud-Comoé, Moyen-Comoé, Fromager, Zanzan, 18 montagnes, le Haut Sassandra, Sud-Bandama. Ces dix régions représentent 3 766 534 électeurs (4 fois plus d'électeurs que dans les zones pro-Ouattara) soit 66% du collège électoral national correspondant approximativement à 2/3 de la population électorale nationale. Ces régions totalisent 147 sièges soit 57% des sièges. Les 2/3 de la population électorale favorable au Président Gbagbo ont un peu plus de la moitié des sièges. Cela montre que M. Ouattara a intérêt à écarter les candidats Lmp aux législatives s'il veut contrôler le parlement. Au deuxième tour de l'élection présidentielle, si nous prenons uniquement en compte les 14 régions dont les résultats ont fait l'objet de consensus au niveau de la commission électorale indépendante (Cei) sur les 19 régions que comptait la Côte d'Ivoire, le résultat global du deuxième tour de l'élection présidentielle pour les 14 régions est de 53.87% pour Laurent Gbagbo et 46.13% pour M. Ouattara soutenu par M. Bédié. Ces résultats consolidés ont confirmé le soutien inconditionnel des dix (10) régions du premier tour au candidat Gbagbo sur le candidat Ouattara.

Ces chiffres démontrent avec éloquence que si le découpage était équitable et consensuel et si les conditions de sécurité étaient garanties et que la neutralité de la commission électorale indépendante (Cei) était avérée, les chances du pouvoir Ouattara de se donner une légitimité démocratique par le biais du Parlement seraient très minces et sa prétendue victoire à l'élection présidentielle suspecte. Priver les 2/3 de l'électorat de leur citoyenneté par l'emprisonnement, l'exil de ses candidats potentiels et de ses électeurs; fermer la porte à tout consensus sur le découpage électoral, la composition de la Cei, les conditions de sécurité, sont l'unique chance pour le pouvoir de justifier sa victoire à l'élection présidentielle et s'offrir une majorité pour se donner une façade démocratique.

Ecarter l'opposition d'une manière ou d'une autre, permettra donc de fabriquer des vainqueurs et des vaincus à souhait comme ce fut le cas dans la région nord du pays occupée par les rebelles lors de l'élection présidentielle. C'est donc au prix de l'exclusion de l'opposition, que le pouvoir Ouattara pourra remporter les circonscriptions des zones favorables à cette opposition ; l'Onuci, la Licorne et les Frci veillant au grain pour sécuriser les fraudes et déporter les inattendus, ou pire bombarder ceux qui revendiqueraient un quelconque recomptage ; l'Onuci se tenant prête pour certifier la mascarade selon son nouveau chef.

Affaiblir le Pdci dans son bastion

Principale force politique concurrente du Rdr au sein du Rhdp, M. Ouattara a promis le poste de Premier ministre au Pdci-Rda. En politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient selon une personnalité de la droite française; les rapports de force, les intérêts et les convictions profondes décident en dernier ressort. Les exigences sécuritaires ayant justifié le maintien de M. Soro Guillaume au poste de Premier ministre n'ayant pas changé, il est fort probable que la promesse faite au Pdci n'engage que ceux qui y ont cru. Pour avoir les mains libres de décider, M. Ouattara a intérêt à réduire le Pdci à une minorité invisible à l'Assemblée nationale, lui enlevant ainsi toute prétention à un chantage ou une pression politique.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat du Pdci, M. Aimé Henri Konan Bédié est arrivé en tête des élections dans trois (3) régions : la région du lac, le Nzi-Comoé, le Bas-Sassandra. Dans le V Baoulé qui est sans conteste la zone d'influence du Président Bédié, sur 378 312 électeurs, il est prévu 19 sièges de député soit 1 député pour 16 000 électeurs contre 1 député pour 7000 électeurs dans le Bafing, bastion de M. Ouattara.

Pour les 3 régions favorables au Président Bédié, le collège électoral est de 806 014 électeurs soit 14% de l'électorat avec seulement 34 sièges soit 13% des sièges. La zone d'influence du Président Bédié possède deux fois moins de sièges que la zone d'influence de M. Ouattara pour à peu près la même population électorale. Pour faire passer cette pilule amère, une concession de taille a été faite au Président Bédié. En effet une région spéciale a été créée sur mesure pour le Président Bédié : la région d'Iffou avec comme capitale Daoukro dont le département bénéficie de 3 sièges devançant ainsi de grands départements comme Bongouanou (2 sièges), Agnibilékro (2 sièges), Sassandra (2 sièges), et un nombre de sièges identiques avec d'autres grands départements comme Adzopé (3 sièges), Aboisso (3 sièges), Bouaflé (3 sièges), Yamoussoukro (3 sièges), Abengourou (3 sièges).

Conclusion

Selon la carte politique de la Côte d'Ivoire telle qu'elle se présente aux yeux de l'observateur au vu des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 et des résultats consensuels du second tour, le poids politique du Président Gbagbo et son assise nationale ne souffrent d'aucun doute : dix (10) régions sur 19 concentrant 66% des électeurs lui sont acquises. Il est véritablement le premier de la classe politique ivoirienne. Vouloir faire des élections démocratiques en écartant un tel leader, ses partisans contraints à l'exil interne et externe, c'est refuser la voie de la démocratie et emprunter la voie de l'usurpation politique pour installer une chambre d'enregistrement de la politique de recolonisation du pays. Le risque de compromettre la réconciliation et éloigner la Côte d'Ivoire de la démocratie et de l'Etat de droit est élevé.

Hier, M. Dramane Ouattara, animé d'une conception très sarkozienne de la démocratie (le pouvoir des bombes par les bombes et pour les bombes) faisait bombarder des Ivoiriens à Abidjan par l'armée française pour installer la «démocratie» pendant que ses hommes exterminaient près de 800 citoyens de l'ethnie wê, brûlaient des villages et tuaient d'autres dans une église à San-Pedro pour s'ériger en Chef de l'Etat.

Aujourd'hui, depuis son accession au pouvoir, il se réjouit de l'occupation illégale par ses combattants des domiciles et des plantations, de la déportation, de l'exil et de l'exécution au quotidien des Ivoiriens qu'il est censé protéger et pour qui il cherchait le pouvoir.

Dans sa conception très exceptionnelle de la démocratie, il est en train de se fabriquer une majorité à l'Assemblée nationale pour priver l'Assemblée nationale de tout débat démocratique et passer à l'offensive sociale contre les étudiants, les travailleurs et les propriétaires coutumiers de terre agricole.

L'organisation de la marginalisation du Pdci et le triomphe sans gloire du Rdr dans le Parlement à venir avant même le déroulement des élections par la manipulation du découpage électoral, finit par convaincre tout observateur attentif du peu d'intérêt de M. Ouattara pour la démocratie et sa peur bleue de toute compétition politique ouverte en Côte d'Ivoire. Ce sont les militants du Pdci et des autres partis du Rhdp qui apprendront que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.


Dr. Don Mello Ahoua

Ministre et porte-parole du Gouvernement Aké N'Gbo


Source: LE TEMPS

dimanche, 04 décembre 2011

LEGISLATIVES: LE CAMP GBAGBO BOYCOTTE, LE RHDP SE DECHIRE


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Le pouvoir Ouattara a maintenu «ses» élections législatives. Contre vents et marées. Malgré les interpellations de la «communauté internationale» qui a souhaité sans succès un scrutin «transparent et inclusif». Et des protestations de l’opposition politique conduite par le FPI. Le contexte sociopolitique reste marqué, neuf mois après l’accession au pouvoir de Ouattara, le climat sociopolitique s’est nettement dégradé avec les exactions et actes d’intimidation des Frci contre les partisans du président Gbagbo, dont le transfèrement à la Haye continue de choquer profondément les Ivoiriens toutes convictions politiques confondues.

Un acte attentatoire à la cohésion que les dirigeants du pays, surpris de la réaction des Ivoiriens, tentent vainement de justifier. Au moment où s’ouvre la campagne électorale pour les législatives du week-end prochain, dans un climat délétère, on peut dire que l’on s’achemine vers un scrutin qui consacrera le partage du gâteau entre les seuls «vainqueurs de la bataille d’Abidjan», les conditions de son déroulement ne permettant pas du tout la participation des partis de l’opposition conduite par le Fpi. En clair, il s’agit d’élections mono-partisanes, ouvertes aux seuls «vainqueurs», traduction de la justice des vainqueurs obséquieuse actuellement dans notre pays. Le pouvoir est d’autant plus isolé sur ce terrain des législatives que les quelques partis membres du Cnrd et autres candidats indépendants proches de cette organisation viennent de se retirer de la course au parlement, rejoignant ainsi dans sa position le FPI qui avait, dès le début, décider de ne pas y prendre dans un environnement sécuritaire aussi chaotique et catastrophique que celui que nous connaissons.

Le MNC de Kabran Appiah, le CAP-UDD de Gervais Coulibaly, l’UDCY de Mel Eg Théodore, l’URD de Boni Claverie, etc. ainsi que des candidats indépendants se sont ainsi retirés du scrutin avant même l’ouverture de la campagne électorale. En guise de protestation contre le transfèrement du président Gbagbo à la Haye mardi dernier. Mais même seul sur le terrain, l’attelage hétéroclite RHDP vole déjà en éclats avant même l’ouverture de la campagne, alors que les partis membres – qui n’ont en commun en réalité que leur haine pour Laurent Gbagbo – disent défendre le même idéal.

Le panier de crabes

Les divergences sont profondes et béantes entre les alliés et ne peuvent être sabotées sans coup férir. En témoignent les derniers développements de l’actualité.

En effet, les uns et les autres ne se sont pas fait prier pour voler dans les plumes et jeter de grosses pierres dans le jardin de leurs alliés. Ainsi, en réponse à la sortie du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko fustigeant récemment les candidatures en rangs dispersés, alors qu’il était convenu de présenter une liste RHDP dans la commune de Cocody, la jeune candidate du PDCI, Yasmina Ouégnin, s’est montrée très incisive. A la limite du tolérable pour le tout puissant patron du ministère de l’Intérieur s’il s’était agi d’un partisan de Laurent Gbagbo. La fille de l’ancien directeur du protocole d’Etat sous Houphouët Boigny n’a ménagé aucunement le «fils de Ouattara», affirmant que ses propos témoignent de «dérives dictatoriales». Réponse du berger à la bergère. «Nous sommes choqués par ces propos de madame Guessend née Yasmina Ouégnin. Ses propos ne sont pas de nature à honorer le PDCI qu’elle prétend représenter. Le ministre d’Etat n’a cité aucun nom en particulier lorsqu’il avait fustigé «ce qui se passe dans cette commune », répliquent jeudi les partisans d’Hamed Bakayoko. La polémique enfle sur cette guéguerre entre alliés qui cachent à peine leur haine les uns pour les autres. Il y a peu, c’est le ministre de l’Artisanat, Sidiki Konaté, candidat RDR à Man, qui se distinguait par des propos haineux et tribalistes à l’endroit de l’UDPCI de Mabri Toikeusse, dans sa course folle et sans merci pour contrôler le siège de député de cette circonscription.

Les exemples sont légions. Au niveau même de la haute direction du RHDP, la situation n’est pas moins complexe. «Il y a problème au Rhdp !», reconnaissait la semaine dernière le président du Mfa, Anaky Kobena, fustigeant ses alliés accusés d’être voraces et vouloir étouffer sa formation politique. Le secrétaire général du PDCI, également président du directoire du RHDP, lui-même, n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le secrétaire général du RDR d’Alassane Ouattara qui répète à qui veut l’entendre que son partir gagnera ces élections législatives vaille que vaille. Selon toute vraisemblance il y a de l’eau dans le gaz. Une vraie crise de confiance au RHDP. «Quand on part à une élection. On ne dit pas on gagne à tous les coups. Mais tous les coups ne sont pas permis en démocratie. Il y a des règles du jeu qu’il faut respecter et il faut être prêt à faire face à la défaite», s’est indigné Djédjé Mady, craignant certainement de voir son parti broyé par la machine électorale du RDR.

Parlement des vainqueurs ou célébration de la haine

Cette guéguerre traduit la volonté de chaque camp, notamment le PDCI et le RDR, de contrôler le parlement. En s’adjugeant le poste de président de l’Assemblée nationale, le PDCI veut se donner un moyen de pression pour peser sur la prise de décision au sommet de l’Etat. Cela permettrait en tout cas au PDCI de Konan Bédié de s’offrir une meilleure part du gâteau confisqué presque entièrement par ses alliés du Rdr et des forces nouvelles de Soro Guillaume qui s’accroche à la Primature. Avec la bénédiction de Ouattara. Avec ces élections, l’«alliance de dupes» qu’est en réalité le Rhdp est à l’épreuve. Et il est à craindre que les animosités qui dominent leurs relations hypocrites de «je t’aime moi non plus » se transportent au sein du futur parlement. Dans tous les cas, le parlement des « vainqueurs » qui naîtra de ces élections ne pourra prétendre être représentative des populations ivoiriennes dont la grande majorité vit aujourd’hui dans la peur, dans l’incertitude, à la merci des Frci et du parquet dont la mission principale est de traquer et emprisonner tous les partisans du président Laurent Gbagbo. Dans un tel parlement, il est clair que les querelles intestines entre alliés occulteront les préoccupations essentielles des Ivoiriens.


lundi, 28 novembre 2011

IL EST LA, LE DEBAT SUR LA DEVALUATION AUSSI


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Il me plait de conseiller aux compatriotes ivoiriens de ne pas rechigner à débattre avec leurs camarades du Rdr. Si les armes se sont quelque peu tues et qu'ils consentent maintenant à discuter, je vous assure que c'est très intéressant de les écouter. Ce sont des gisements inépuisables du ridicule qui, heureusement, ne tue pas.

Je trouve un matin un "fou" de Dramane Ouattara attablé à un kiosque à café. Il prenait son aboki. Après les salamalecs, je lui lance: «Frère, comment va maintenant le pays ? ». Il me répond: « Au début, c'était un peu difficile mais maintenant tout va bien. Nous sommes à 8% de croissance et on prévoit même un taux à 2 chiffres, d'ici l'année prochaine. » Quoique le ton soit un peu caverneux, j'ai apprécié la variation du langage. Au lendemain de l'arrestation du Président  Gbagbo, tout allait déjà bien pour eux. Reconnaitre que c'est à cette époque que c'était dure, je me dis que le triomphe de la vérité ne se presse pas.

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Je n'ai pas eu besoin de commenter les 8 % de croissance, soit un point de croissance à chaque voyage mensuel de Dramane en France. On ne s'acharne pas sur quelqu'un qui est déjà au tapis. Il est victime de l'intox.  Alors, je relance le débat et lui dit: « Mais, on parle de dévaluation pour le premier janvier prochain, c'est ce qui va certainement booster la croissance ?». « Oh non, c'est faux, il n'y aura pas de dévaluation. J'ai écouté Rfi, la dernière fois. Des spécialistes disent que ce n'est pas possible. Et je pense qu'ils ont raison parce qu'on ne peut pas dévaluer la monnaie d'une économie en pleine croissance. »

Ah oui ! J'avais oublié les 8 % de croissance et le fait même que pour nos frères d'en face, n'importe quel quidam blanc qui a feuilleté deux ou trois pages sur les Pygmées du Gabon et les Massaïs du Kenya est un spécialiste de tous les problèmes d'Afrique. Alors je lui rappelle timidement qu'en 1994, les mêmes spécialistes avaient nié la même évidence parce qu'une dévaluation ne s'annonce pas officiellement, de peur de créer une panique financière. «S'ils font ça, nous allons quitter le FCFA pour créer notre propre monnaie...»

Écoutez, j'en avais pour ma dose journalière.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 104 du vendredi 25 novembre 2011.

samedi, 26 novembre 2011

PDCI-RDA: CE QUI ATTEND BEDIE APRES LES LEGISLATIVES


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Le sort d'Henri Konan Bédié à la tête du Pdci Rda est plus que jamais lié aux résultats des législatives de décembre 2011. Président du plus vieux parti de la scène politique ivoirienne depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, en 1993, le sphinx de Daoukro joue son maintien à travers les législatives à venir.

Si au départ, l'ancien président de la République, jouissant du respect dû à son rang, pouvait imposer ses visions aux militants, aujourd'hui, les choses semblent évoluer autrement. On l'a vu pendant le choix des candidats à la candidature aux prochaines législatives. Quand, en tant que premier responsable du parti, Bédié a voulu, de façon moutonnière, s'aligner sur les décisions d'Alassane Ouattara qui consistent à privilégier les cadres du Rdr dans les circonscriptions où ils ont fait les meilleurs scores au second tour de la présidentielle de novembre 2010, les barons du Pdci se sont dressés pour dire non ! On se rappelle qu'après une réunion tenue à la maison du parti à Cocody sur ce sujet, barons, militants et simples sympathisants s'étaient déportés au domicile de Bédié pour lui dire de retirer sa caution à cette volonté du chef de l'Etat de précipiter la mort du Pdci. Ce qui avait fait reculer N'zueba dont le discours plein d'hésitations, n'avait pas manqué de surprendre ses alliés du Rhdp.

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Bien avant cela, unis comme un seul homme, ils ont fait ombrage à l'idée de transformer le Rdr et le Pdci en un seul parti politique. Des cadres, comme Edjampan Tiémélé, Gaston Ouassenan Koné et bien d'autres barons avaient fait entendre leurs voix pour refuser ce qu'ils ont eux-mêmes qualifié de fusion-absorption. Toutes ces démarches révolutionnaires constituaient déjà un avertissement à Henri Konan Bédié quant à ses options sur la gestion globale du parti.

Selon certaines indiscrétions, aujourd'hui, les bases grognent parce qu'elles ne sont pas contentes de la trahison dont le Pdci est victime de la part d'Alassane Ouattara qui n'a respecté et qui ne veut respecter aucun de ses engagements vis-à-vis du parti. Pour rappel, notons que pendant la campagne présidentielle, l'ex-mentor du Rdr avait promis la primature au Pdci. Il avait également promis de nommer le chef du protocole de Bédié comme chef du protocole d'Etat. Mais le Président Ouattara en a été dissuadé par certains de ses sbires qui voyaient en cette nomination une grosse erreur à ne pas commettre. Parce que le bénéficiaire de ce poste stratégique serait l'œil et l'oreille de Bédié au cœur du pouvoir.

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S'il a accepté la nomination du Colonel Gervais Kouassi à la tête de la gendarmerie nationale, sur proposition du président du Pdci, selon des informations de sources dignes de foi, le chef de l'Etat semble ne pas lui faire entièrement confiance. Certains barons de son régime le soupçonnant d'être l'œil et le bras séculier d'un Henri Konan Bédié qui rêve, malgré son âge très avancé, 76 ans officiellement, de revenir au pouvoir.

Ce sont ces faits, au dire d'un haut cadre du Pdci, qui fondent la colère des militants qui attendent la fin des législatives et surtout les résultats qui en découleront pour demander des comptes au successeur d'Houphouët Boigny. Lesquels résultats détermineront son sort à la présidence du Pdci. Dans ce débat, dit-on au niveau du parti sexagénaire, les chances d'Henri Konan Bédié sont minces à cause de son âge très avancé qui joue contre lui. Les militants et les barons qui grognent actuellement auront-ils les coudées nécessaires pour exiger un congrès après les législatives ? Attendons de voir.


Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 102 du mercredi 23 novembre 2011.