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mardi, 06 mars 2012

SYRIE - HOMS LIBEREE: NOUVELLES REVELATIONS SUR LE TERRAIN A BABA AMR


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Ça y est. L'armée syrienne a pénétré Baba Amr et en a chassé les groupes armés. Une occasion qui a permis aux caméras de presse de révéler toute la vérité sur ce qui s'est déroulé pendant les trois dernières semaines dans ce quartier de Homs.

A première vue, les images diffusées montrent une région fantomatique complètement dévastée. Plus rien n'y bouge. Des immeubles et unités résidentielles ont été transformés en ruine, laissant constater la dureté des combats auxquels se sont livrées les forces syriennes contre des groupes, sans aucun doute, armés jusqu'aux dents.

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Près de 700 hommes armés, arabes et étrangers à la fois, ont mis bas les armes à Baba Amr, le bombardement des tunnels leur en ont coupé tout approvisionnement. Les gangs et leurs munitions se trouvent actuellement aux mains des forces sécuritaires syriennes, et personne ne peut dorénavant démentir les vérités suivantes suite aux aveux des insurgés qui viennent de capituler:

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- Les hommes armés arrêtés par les forces syriennes sont originaires des pays du Golfe, de l'Irak, et du Liban. Des membres de renseignements qataris, des combattants afghans, turcs, et des Européens, notamment des Français, ont eu aussi « l'honneur » de combattre côte à côte l'armée nationale syrienne. C'est ce qu'a révélé l'expert syrien des affaires stratégiques, Salim Harba, dans une interview au site d'information d'alManar.

- Des armes israéliennes, européennes et américaines ont été confisquées à Baba Amr. Ces armes sont tellement sophistiquées qu'elles n'ont pas encore été testées dans les pays producteurs, ajoute l'expert, qui promet la révélation prochaine par les autorités syriennes de nombreuses informations à ce sujet, tenues secrètes jusque-là.

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Armes confisquées à Baba Amr - Des obus israéliens, des jumelles nocturnes, des roquettes, des systèmes de vision nocturne, des systèmes de télécommunications très sophistiqués ont été également saisis par l'armée syrienne.

- Des stations de communications ont été mises en place sur le territoire libanais afin de superviser les opérations militaires à Baba Amr, et d'assurer le contact entre les commandants sur le terrain et un bureau de coordination dirigé par des membres de renseignements dans la capitale qatarie, Doha.

- Ces stations de communications ont été commandées à partir du Liban par des personnalités libanaises, dont des députés du Courant du Futur, révèle aussi l'expert syrien dans son interview. «C'est ainsi que la région de Wadi Khaled a constitué la profondeur stratégique de Baba Amr pendant les combats», a-t-il affirmé.

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Le Mossad et Black Water supervisent depuis le Qatar les opérations à Homs

De même source, on confirme qu'un bureau de coordination a été mis en place au Qatar, sous le parrainage des Etats-Unis et des pays du Golfe. Ce bureau regroupe des agents de renseignements américains, français, qataris et saoudiens, ainsi que des membres de l'agence de renseignement américaine, la CIA, du Mossad israélien, de la compagnie Black Water, et certes des figures éminentes du « conseil transitoire syrien».

Le Qatar a, en effet, finalisé une transaction avec des compagnies d'armement israélo-américaines pour armer les gangs armés, et les pays du Golfe ont financé l'accord.

Et Harba d'ajouter que les autorités syriennes possèdent des documents et des aveux qui bouleverseront la situation contre tous les pays ayant participé à ce complot. « Même les pays voisins connaitront un changement sécuritaire et politique après ces révélations », a-t-il dit.

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Les journalistes européens exfiltrés au Liban via des tunnels

Arrivés à leurs pays après neuf jours passés à Homs, les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, n'ont pas oublié de rendre hommage aux rebelles qui les ont exfiltrés. Il suffit de lire leur compte rendu publié dans Le Figaro de samedi pour faire taire toutes les allégations sur l'absence de tunnels de contrebande entre le Liban et la Syrie.

«Une première tentative à travers un tunnel a échoué sous les bombardements syriens, dans la nuit du 26 au 27 février, seuls Paul Conroy et Javier Espinosa sont parvenus à être exfiltrés par l'ASL (armée syrienne libre) et à gagner le Liban... L'ASL a alors décidé de sortir les deux journalistes par un véhicule, le long d'un itinéraire secret. Edith Bouvier et William Daniels sont allés de cachette en cachette... Leur itinéraire était ouvert par des éclaireurs qui connaissent les routes et les chemins détournés.

En changeant plusieurs fois de véhicule (pick-up, camion), sur des chemins de montagne, les deux journalistes ont atteint la frontière libanaise jeudi soir, avant d'être rapatriés par avion, vendredi, en France», racontent les deux journalistes.

Preuve à l'appui, l'ASL usait bel et bien de tunnels qui liaient Baba Amr au territoire libanais, des tunnels servant à l'acheminement d'armes et de combattants, et non comme le prétendait le Telegraph sur la présence de tunnels pour abriter les civils.


Source: INFOS D'ALMANAR

dimanche, 04 mars 2012

LES ETATS-UNIS ET AL-QAEDA DANS LE MEME BATEAU AU MOYEN-ORIENT



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Après avoir saoulé le monde entier par le prétendu complot islamiste de Ben Laden contre les Etats-Unis dont les attentats sur les tours jumelles de Wall Street à Manhattan, le 11 septembre 2001, ont fait plus de 3.000 morts, voici aujourd'hui le pays de l'Oncle Sam allié à Al Qaida (qui l'eut cru, il y a 10 ans?) pour établir la démocratie (?) en Syrie, en appuyant sans vergogne des mouvements terroristes étrangers contre Bachar Al-Assad. Vous y comprenez quelque chose, vous, à la politique américaine? Pourquoi les Etats-Unis ont-ils alors écumé le monde pour combattre Al Qaida et ont-ils détruit l'Irak et l'Afghanistan, s'ils ont les mêmes valeurs et les mêmes idéaux? Obama souille la mémoire des 3.000 américains qui ont péri dans ces attentats, avec la caution de toute l'Amérique. Nous sommes en plein rêve debout! Il se trouvera après des individus pour soutenir qu'il n'existe pas de conspiration lié au 11 septembre 2001! Foutaises que tout ceci! Fernand Dindé.

 

« Croit-on sérieusement que si le régime change de face en Syrie, un régime démocratique va le remplacer? » s'est demandé M. Evgueni Primakov, ancien Premier ministre russe, dans une interview accordée à la chaîne de TV Russia Today, soulignant que les Etats-Unis et al-Qaëda sont maintenant « dans le même bateau ».

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Il a fait noter que Ayman al-Zawahiri (actuel numéro 1 d'Al Qaëda) avait annoncé un appui historique à "l'opposition" en Syrie en allusion aux terroristes eux-mêmes.

Mais que diable fait la France dans cette galère?


Source: DECAP' ACTU

lundi, 27 février 2012

LA FRANCE OUVRE DES NEGOCIATIONS AVEC LA SYRIE POUR RECUPERER SES 18 AGENTS


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Réseau Voltaire.

Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu'au 26 février, le nombre de prisonniers français s'élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu'ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d'Oman. 
L'ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d'urgence à Damas. 
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l'ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l'usage qu'il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d'expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s'expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l'élection présidentielle, le président risquant même d'être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Dans l'affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l'importation d'ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l'Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l'attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d'élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l'ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.

Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d'un conflit ayant entraîné la mort d'au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s'ajoutent des pertes économiques et des sabotages d'infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.

 

Source: AFRIK 53

mardi, 21 février 2012

LES MENSONGES «DEMOCRATIQUES»

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Comme au bon vieux temps des conquêtes coloniales, les Arabes et assimilés, les monarques en tête, bachaghas et caïds des temps modernes, en bons supplétifs, tambours battants, ouvrent la voie aux maîtres. Ils s'en vont démocratiser les irréductibles d'entre eux, qui leur sont désignés, qui refusent de s'aligner ou de les suivre dans leur équipée. Ils ont volé au secours des «révolutionnaires» libyens, ils sont en train de le faire pour la Syrie. Ils n'ont rien à craindre à le faire, ils sont les légions avancées de l'ordre mondial. De plus, il vaut mieux faire du zèle que de fâcher les maîtres qui, en matière de démocratie, ont plus d'un reproche à leur faire. Le problème est que, cette fois-ci, cela ne se passe pas exactement comme prévu. Les maîtres s'interdisent d'aller démocratiser eux-mêmes. Ils ont décidé, aux dernières nouvelles, de garder leurs avions, leurs pilotes et leurs bombes bien au chaud. Tout cela parce que les Russes et les Chinois se sont dit qu'il n'était pas question de se faire blouser une seconde fois. Ce qui a changé, fondamentalement, les données.

Ce sera, donc, en toute probabilité, aux Arabes et eux seuls d'aller au casse-pipe. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont envisagé une opération a minima. Ils veulent faire accepter au pouvoir syrien d'intervenir en tant que «force d'interposition». Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a expliqué que ce n'était pas si simple, dans une phrase simple : «Pour déployer une force de maintien de la paix, il faut l'autorisation de la partie qui la reçoit, tout d'abord. Deuxièmement, pour envoyer une mission de maintien de la paix, comme on l'appelle dans le jargon de l'ONU, il faut qu'il y ait une paix à maintenir». Le Russe a remis les choses à plat et a utilisé des formules désintoxiquées. «Il faut qu'il y ait une paix à maintenir», c'est fort de sens et une très judicieuse remarque. En clair, il veut dire qu'il ne suffit pas de mettre en branle l'armada médiatique et un CNT pour asseoir la vérité. Si tant est que le «droit d'ingérence» est accepté, il faudrait, pour le moins, qu'il y ait des raisons sérieusement établies. Ce qui est loin d'être le cas. L'exemple Irakien a démontré que des centaines de milliers d'êtres humains sont morts sur la base de mensonges, dont l'ONU a servi à la validation. Il suffit pour la Syrie d'en référer à la dernière tentative en date.

L'ambassadeur étatsunien en Syrie et le département d'Etat ont mis en ligne sur internet des photos prises par satellite, comme autant de preuves que l'armée syrienne conduit des opérations «d'envergure» contre les civils, notamment dans la ville de Homs. Un internaute algérien, Hafid, s'exclame : «La position (34° 42' 24'' N / 36° 41' 00'' E)  est particulièrement   intéressante : l'ambassadeur US parle de cratère (suite au pilonnage) !!! Je me suis posé sur cette position (grâce à Google Earth) et j'ai effectivement vu des cratères !!!  Le hic c'est que les images Google Earth datent du 29 juin 2010 et à cette date les «cratères»  existaient déjà !!!!  On est en plein Retour vers le futur. L'ambassadeur ne s'est pas douté un instant que des petits curieux s'amuseraient à visiter ses coordonnées. Autre débilité de l'ambassadeur, sur sa photo en bas à gauche : on peut lire: «Source : © 2011 Digital Globe» !! Oui, Oui, Copyright 2011 !! Digital Globe est un fournisseur privé d'images satellite !! Le mensonge éventé fait le tour de la toile. On comprend la phrase du Russe.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

mardi, 14 février 2012

SYRIE - NADIA KHOST: LE TERRORISME AU NOM DE LA «DEMOCRATIE»


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Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.


Nadia Khost dénonce le cynisme de l'Occident


L'intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l'auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s'emploient aujourd'hui à détruire son pays et son indépendance.- Silvia Cattori

Se préparant à envahir l'Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd'hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N'est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n'est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d'avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l'ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la «  démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l'État Syrien qu'il veut fabriquer : 1) Il n'a pas exigé des élections qui révéleraient l'État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu'ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu'à l'ouverture des urnes. 2) Il ne s'est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l'ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c'est la réponse des Syriens au projet de l'Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d'Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d'artistes et d'intellectuels et la délégation des opposants syriens de l'intérieur, à l'entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l'ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l'ONU, les partisans de ce Conseil d'Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s'y trouvait.

Quelle belle expression de «  démocratie » !

D'où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n'a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l'intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l'économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l'économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l'Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l'intérieur, avions également rappelé l'œuvre de Khaled ALAZEM, l'économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d'un système public puissant, avec l'aide de l'Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l'expropriation des maisons privées.


Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l'eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu'aujourd'hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu'ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l'explosif à Idleb. Ou le sort de l'ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N'importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu'ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n'a jamais connu un tel mépris de l'être humain ! Et l'Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d'une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani - Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas - Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d'armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n'avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas - Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s'opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n'ont-ils pas été tués parce qu'ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l'Occident.

Voici par exemple le cas d'un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d'armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d'ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une «  armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d'électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d'Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu'une armée arabe patriotique puisse être équipée d'armes fabriquées par l'État d'Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d'une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?


Radwan Zyiadé (photo) , membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l'article 7 [de la Charte des Nations Unies -Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l'ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d'un million d'Irakiens, et qui garantissent l'impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : «  Ce que vit le monde Arabe actuellement n'est pas un printemps, c'est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d'horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l'information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s'affrontant. Nous avons su nous mettre d'accord sur la loi qui garantit le droit à l'information, l'interdiction d'emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l'interdiction d'autorisation à n'importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d'accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l'information, mais d'un « Conseil national de l'information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l'objectif de protéger la liberté d'expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l'ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu'ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d'une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l'ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d'une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J'y ai participé en tant qu'écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d'ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d'éducation nationale et d'aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d'indépendance nationale et patriotique... en feignant aussi d'ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire!


N'importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd'hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu'a connu l'Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l'épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s'applique aussi aux autres partis.

Et c'est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l'ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J'ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l'ingérence étrangère a instrumentalisée. J'ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J'ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l'ancien gouverneur de Homs, et la mise à l'écart du président de l'Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J'ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l'expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d'un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l'infiltration sioniste par des prix attribués à l'élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C'est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi - et pas seulement le parti Baath - mettent en avant la loyauté au parti.


Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.

Qu'amène aujourd'hui le projet « démocratique » de l'Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n'écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l'ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L'opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, d'être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus «  démocrates » des Syriens qui refusent l'ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l'occupant occidental, avec l'argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n'arrive presque pas à croire qu'un intellectuel comme le chef du Conseil national d'Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu'il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l'embargo contre l'Irak, mais n'a pas libéré le Liban, et n'a pas utilisé l'article 7 pour empêcher l'État d'Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu'il ne sache pas que les «  négociations » n'ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n'aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus «  démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n'est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d'un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s'il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s'il est obtenu par la voix des urnes.

L'attaque contre les ambassades syriennes n'est pas une action politique ; c'est l'œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j'ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l'être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n'est pas l'amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l'occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n'est qu'un papier d'emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.


La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari (photo), de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l'occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l'infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l'une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu'une élite d'intellectuels et d'hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l'indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l'insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l'occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n'y a pas de Syriens de la génération de l'Indépendance qui n'aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l'orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m'a raconté qu'avec deux de ses amis, il s'est engagé pour lutter contre l'occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n'est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu'il nouerait des contacts avec l'État d'Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d'Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d'images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu'Israël... est une base militaire d'occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l'ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l'expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C'est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu'on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l'âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n'est pas seulement l'enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d'amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : «  la poésie est lâche si elle n'est pas portée par la colère ». Sa colère s'adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C'est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l'ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n'avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l'homme de l'indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l'ont porté jusqu'à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l'ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu'au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l'âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu'il a cité ces deux vers du poème de Nizar : «  ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l'arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu'en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l'ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n'ont pas bougé pour la terre volée et l'honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».


Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l'argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d'imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d'histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d'intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L'utilisation de l'ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n'est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l'ont brandi n'ont pas remarqué que c'est le drapeau de la résistance contre l'occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l'Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l'Etat d'Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l'ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l'argent du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, n'ayant touché aucun pot de vin occidental, n'ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d'Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu'à la destruction du pays.

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu'un homme corrompu, comme l'ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d'un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l'ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c'est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l'opposition de l'intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d'Istanbul serait présent ». C'est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu'il fasse en Syrie ce qu'il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n'est pas qu'une question politique, c'est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c'est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d'être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d'occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l'Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd'hui que l'armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l'on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d'États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la «  démocratie occidentale » : SARKOZY n'a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d'OBAMA n'a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n'ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l'Occident colonialiste qu'il n'avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.



Dr Nadia KHOST


6 février 2012.

Traduit de l'arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l'opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.



samedi, 11 février 2012

SYRIE: VERS UNE LIBERATION TOTALE DE HOMS PAR L'ARMEE SYRIENNE, CAP SUR ALEP


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Depuis que la Russie et la Chine ont sifflé magistralement la fin de la récréation pour les prédateurs and co, convaincus benoîtement que le monde leur appartient et qu'ils peuvent faire de lui ce qu'ils veulent, c'est l'hallali. Malgré le décompte macabre des morts fait par des médias "mainstream" dépassés par les évènements et s'appuyant honteusement sur l'hypothétique Observatoire syrien des droits des terroristes décliné en droit de l'homme, l'heure est grave.

Pas de quartiers pour les terroristes. De nombreux quartiers de Homs sont en train de retrouver peu à peu le calme. Les terroristes ont été chassés, après leurs exactions cachées par l'Occident. Pour preuve, incapable de s'asseoir à une table de négociations, ils préfèrent tuer. C'est ainsi qu'aujourd'hui, A Alep, la capitale économique du pays située dans le nord, deux explosions émanant des terroristes ont soufflé le bâtiment de la sécurité militaire et un siège des forces de l'ordre. Bien sûr, les médias qui considèrent ces renégats comme étant des démocrates, refusent de se déjuger, malgré les faits. De nombreux civils et des militaires ont été ainsi assassinés. On parle de 25 morts. Attribuez ça aussi à Bachar al-Assad bande de zozos !

A Homs, on peut noter encore quelques poches de résistances, après 6 jours de chasse aux terroristes estampillés démocrates par qui vous savez mais, l'essentiel est en train d'être fait. Le nègre de maison Barack Obama parle de "bain de sang", sans toutefois mentionner que c'est du fait des terroristes qu'il soutient sans vergogne.  Ces quartiers qui veulent résister en prenant en otage les habitants sont Inchaat qui, selon nos informations est en ce moment encerclé, et Baba Amr, où, il y a une plus grande concentration des traîtres à leur nation. Ce ne sont pas les populations des quartiers libérés de Homs qui démentiront (vidéo).

Selon un haut responsable de l'armée, dans une semaine maximum, tout sera terminé, et les terroristes éradiqués. D'ailleurs il y a urgence, pour que la paix revienne. Un Gouvernement responsable, doit protéger ses citoyens, ce que le régime Assad fait en ce moment, malgré la désinformation. Alors, d'entendre le chef de la diplomatie turque crier avec les loups et déclarant qu'il faut que la communauté internationale agisse alors qu'ils (les Turcs) ont été incapables de protéger leurs concitoyens lors de l'épisode Marvi Marmara pour la flotille pour Gaza, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.

La chasse se poursuit, et, on peut comprendre la panique dans les chancelleries occidentales. Après Obama, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a dénoncé un «massacre quotidien» et son homologue britannique William Hague appelait M. Assad à quitter «immédiatement» le pouvoir. Qui sont-ils pour exiger le départ d'un chef d'Etat étranger ? Pourquoi ne le font-ils pas à l'encontre de la Chine ou de la Russie ces poules mouillées qui ne s'en prennent qu'aux faibles ? Toujours est-il que, de nombreux terroristes, déserteurs de l'armée ont été arrêtés (vidéo) ces derniers jours, d'où le baroud d'honneur de la lâcheté de ce matin à Alep.




Source: Le blog d'Allain Jules

LA SYRIE ET LES GERMES D'UNE GUERRE MONDIALE


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Le veto sino-russe à la résolution de l'ONU ouvrant la voie à une intervention en Syrie a provoqué une réaction furieuse des États-Unis et de leurs alliés impérialistes.

Susan Rice, ambassadrice américaine auprès des Nations Unies et représentante influente des va-t-en-guerre des « droits de l'homme » qui exigent l'acceptation universelle des manigances de l'impérialisme américain, a qualifié la décision des émissaires du veto de « honteuse et écoeurante » et dit d'un ton menaçant que c'était « une décision qu'ils [la Russie et la Chine] viendront à regretter ».

La secrétaire d'État, Hillary Clinton, a qualifié le vote de « farce » qui a « castré » l'ONU.

La France, ne voulant pas être en reste dans la poursuite d'objectifs impérialistes dans un pays sur lequel elle a exercé une tutelle coloniale pendant un quart de siècle, a réagi avec la même attitude belligérante. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré que le double veto était une « sorte de tache morale » sur les Nations unies et le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a décrit la Russie et la Chine comme des pays qui « méritent des coups de pied au cul. »

On n'avait entendu aucune inquiétude de ce genre sur une « neutralisation » de l'ONU ou des « taches morales » lorsque la délégation américaine avait à maintes reprises émis des vetos aux résolutions dénonçant l'agression par son principal allié dans la région, Israël, au moment où celui-ci menait des guerres contre des populations sans défense au Liban, à Gaza et en Cisjordanie, coûtant la vie à des milliers de civils.

La moralité et les droits de l'homme n'ont rien à voir avec cela. L'indignation émanant de Washington et des capitales de l'Europe de l'Ouest porte sur le fait que Moscou et Beijing refusent de s'aligner derrière la stratégie de l'impérialisme américain visant à réorganiser le monde selon ses propres intérêts et ceux de l'élite financière.

Les soi-disant « principes » sous-jacents à l'initiative américaine - à savoir que les principales puissances impérialistes ont le droit d'intervenir et de renverser les gouvernements des anciens pays coloniaux qu'ils jugent coupables de violer les droits de l'homme - sont en contradiction totale avec le droit international. Comme pour tout le reste, l'aristocratie financière américaine établit les règles du jeu au fur et à mesure qu'elle avance.

Le raisonnement des gouvernements russe et chinois est assez clair. Ils voient les États-Unis se présenter une fois de plus en champions de la démocratie et des droits de l'homme alors qu'ils mènent une campagne d'agression incessante visant à transformer l'Iran et la Syrie, tous deux des partenaires commerciaux et stratégiques clé de Moscou et de Beijing, en États coloniaux fantoches de l'impérialisme américain.

L'enjeu pour la Russie est la perte de l'unique allié qui lui reste dans le monde arabe, ainsi que des contrats d'armement s'élevant à plusieurs milliards de dollars, l'accès de sa marine à son unique port sur la Méditerranée et des dizaines d'autres milliards de dollars en investissement. La Chine a des intérêts similaires, bien que moindres, en Syrie. Les deux pays reconnaissent toutefois que la Syrie a été ciblée pour un changement de régime dans le cadre d'une campagne plus large visant à renverser le gouvernement d'Iran, fournisseur clé d'énergie de la Chine, et à placer sous hégémonie américaine la totalité de la région riche en pétrole et stratégiquement cruciale qui s'étend du golfe Persique à la mer Caspienne.

Le modus operandi de la poursuite de ces objectifs impérialistes n'est désormais que par trop familier. Un régime ciblé est dénoncé à l'aide d'allégations hypocrites de violation des droits de l'homme, puis les États-Unis et leurs alliés promeuvent la guerre civile dans le pays pour ensuite utiliser l'inévitable répression comme prétexte à une intervention.

Ce fut la recette utilisée avec succès en Libye, soi-disant pour protéger la population civile, après l'abstention de la Russie et de la Chine qui n'avaient pas exercé leur droit de veto à une résolution autorisant la mise en place d'une « zone d'exclusion aérienne ». Cette résolution avait ensuite servi de caution pseudo-juridique à une guerre d'agression coloniale des États-Unis et de l'OTAN, impliquant le bombardement incessant de la Libye. Des forces spéciales et des agents secrets avaient mené les prétendus rebelles au renversement et finalement à l'assassinat de Mouammar Kadhafi.

Les sentiments de défense des « droits de l'homme » exprimés par Obama, Clinton, Rice et les autres ont la même sincérité que la réaction d'indignation d'Adolf Hitler face aux prétendus crimes commis par la Tchécoslovaquie à l'égard des Allemands des Sudètes.

Et pourtant, ces sentiments assument une fonction politique cruciale. La croisade en faveur des droits de l'homme est le moyen par lequel toute une couche sociale de membres jadis de gauche et libéraux des sections les plus aisées de la classe moyenne, une base clé du Parti démocrate, a abandonné l'attitude anti-guerre qu'elle avait adoptée sous le gouvernement Bush et s'est largement intégrée dans la course à la guerre impérialiste sous Obama.

L'animatrice du magazine d'information de la chaîne MSNBC, Rachel Maddow, est caractéristique de cette couche. On l'a vue mardi matin dans l'émission de télévision « Today » diffusée sur NBC où elle a déclaré que « le monde entier » s'est rangé contre l'Iran et que « tout le monde s'attend à ce qu'Israël prenne l'initiative » de l'attaque contre le programme nucléaire du pays.

Le « monde entier » est, pour Maddow et ses pairs, représenté par les gouvernements capitalistes des États-Unis et de l'Europe occidentale et exclut sans doute la Russie, la Chine et l'Inde, qui englobent près de la moitié de la population de la planète, sans mentionner les centaines de millions de travailleurs de par le monde qui sont opposés à une nouvelle guerre encore plus meurtrière au Moyen-Orient.

De plus en plus, tant le langage que la pratique de la politique internationale, employés par les États-Unis et leurs alliés, reprennent les méthodes qui ont caractérisé les périodes précédant 1914 et 1939. Dans la situation d'une crise capitaliste mondiale qui dure, l'humanité une fois de plus est confrontée à la menace d'une guerre mondiale.

 

Bill Van Auken


Articles de Bill Van Auken publiés par Mondialisation.ca


Article original, WSWS, paru le 8 février 2012.


Source: MONDIALISATION.CA

vendredi, 10 février 2012

INTERVIEW AVEC AHMED MANAÏ, OBSERVATEUR DE LA LIGUE ARABE EN SYRIE


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Etant l'un des 166 observateurs envoyés par la Ligue arabe en Syrie, on a interviewé Ahmed Manaï, ancien expert international auprès de l'ONU, militant en faveur d'une démocratisation de la Tunisie et auteur de «Supplice Tunisien - Le jardin secret du général Ben Ali».


Nawaat: Quelle était votre réaction, en tant que membre tunisien des observateurs envoyés par la Ligue arabe, face au véto sino-russe au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie ?

A.M: Une immense satisfaction pour le peuple syrien et la Syrie, leur présent et leur avenir. Le véto sino-russe a sauvé un pays, berceau de la civilisation humaine et arabe, de la destruction totale à laquelle le destinaient d'autres arabes et que les puissances de la guerre s'apprêtaient à lui faire subir. Avec ce véto la Syrie ne connaîtra pas, je l'espère, le sort de l'Irak si proche avec son million de morts, ses 3 millions d'orphelins, ses deux millions de veuves, ses quatre millions de réfugiés et sa société déstructurée. Il ne connaîtra pas non plus le sort incertain de la Libye déstructurée et désarticulée.

Nawaat: Vous avez écrit sur votre page facebook que la décision du "renvoi de l'ambassadeur syrien" de la Tunisie émane non pas du Président Marzouki mais de Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha et du Qatar, d'où est-ce que vous détenez cette information ?

A.M: Je rappelle d'abord qu'il n'y a pas d'ambassadeur de Syrie à Tunis depuis plus d'un an, mais juste un vice chargé d'affaires. On n'a pas besoin de puiser ce genre d'information à une autre source que celle de M.Ghannouchi lui-même. Il suffit de revenir à ses déclarations et rappeler, par exemple, celle qu'il a faite en novembre 2011, je crois, dans laquelle il a « décidé « que la Tunisie allait renvoyer l'ambassadeur syrien.. Il avait déclaré plus tard, « qu'il allait remettre les ambassades du Yémen et de la Syrie aux opposants des deux pays » ignorant sans doute la convention de Genève qui régit les relations diplomatiques et consulaires.

Il n'était alors que le chef d'un parti politique ayant gagné les élections.

Heureusement que le gouvernement de l'époque avait tempéré son zèle. Maintenant il est tout et décide de tout, toujours sans autre qualité que celle de président d'un parti chef de file de la majorité à l'assemblée nationale constituante. Pourquoi le Qatar ? Parce que ce pays, sous-traitant des basses besognes, qui pilote « l'initiative arabe » avait enjoint à tous les pays sous sa tutelle, d'accompagner la réunion du Conseil de sécurité du 04/ 02, par une action concertée de rupture avec la Syrie. Ils ont tout prévu sauf le double véto. Il a donné aussi des consignes à certains médias pour chauffer un peu plus l'ambiance. Le CNT syrien pour sa part a recommandé aux siens de procéder à l'occupation des ambassades syriennes partout dans le monde et à ses militants et ses groupes armés de se distinguer par des actions d'envergure. Cependant je ne vous cache que j'ai des amis à la ligue qui m'ont confirmé certaines choses, entre autres l'alignement inconditionnel de la délégation tunisienne à la ligue arabe sur le Qatar.

D'autre part, tout cela est en droite ligne de la stratégie concertée entre les « frères » et leurs alliés arabes, turcs et occidentaux.

Nawaat: Que pensez-vous, de la décision même de "renvoi d'un ambassadeur" ?

A.M: Je rappelle que la Tunisie a envoyé une délégation officielle qui a participé à la rédaction du rapport de la mission arabe en Syrie. Si les décideurs tunisiens avaient consulté les membres de cette délégation sur la situation en Syrie, ils leur auraient conseillé sûrement autre chose. Je ne sais pas d'ailleurs si ces décideurs avaient connaissance de cette mission qui comprend des ambassadeurs, de hauts fonctionnaires et des officiers supérieurs. Alors qu'est ce que j'en pense ? C'est une décision irréfléchie, prise par des amateurs de la diplomatie et des relations internationales, inconscients du tort qu'ils font aux intérêts et à l'image d'un pays qui s'est longtemps distingué par sa diplomatie sage et équilibrée, ou alors, une décision dictée par plus forts qu'eux !

Curieusement aucune des puissances qui s'apprêtaient il y a quelques semaines à lancer leur aviation sur la Syrie, n'a eu recours à la rupture des leurs relations avec la Syrie.

Nawaat : Quels sont les différents agents (On a parlé de l'Iran, de Hezb Allah, Irakiens ...) impliqués aux événements qui se déroulent en Syrie depuis mars 2011 ? Pouvez-vous nous éclaircir plus les acteurs svp ?

A.M: L'Iran et le Hezbollah sont des alliés stratégiques des syriens. Les irakiens par contre, étaient en mauvais termes avec eux, quoique actuellement on assiste à leur rapprochement. Seraient-ils impliqués dans les évènements en Syrie ? Je ne crois pas que les syriens auraient besoin de l'aide de quiconque pour gérer la situation intérieure de leur pays. De nombreux médias ont parlé de combattants du Hezbollah et des Pasdaran iraniens qui seraient engagés dans la répression des manifestants. C'est tout simplement de la propagande. Mais il est certain qu'ils coopèrent à plein au niveau du renseignement, par exemple. Il y a d'autres pays impliqués à fond dans la crise syrienne : ce sont les pays du golfe avec à leur tête le Qatar, puis la Turquie et l'ensemble des pays de l'OTAN. Certains d'entre eux accueillent les groupes armés sur leur sol, d'autres les financent, d'autres encore les entraînent et certains autres leur assurent la couverture médiatique.

Il y a d'autres acteurs de taille, tels que les Russes et les Chinois, mais comme on l'a vu lors du dernier vote du Conseil de Sécurité, leur rôle est surtout de soutien.

Mais il y a aussi, en plus de ces Etats, des mouvances politiques très influentes, telle que les frères musulmans et les Salafistes.

Nawaat: Que pensez-vous de la couverture médiatique en Syrie? Qu'en est-il de la censure?

A.M: Il y a une couverture médiatique étrangère sur la Syrie et une autre en Syrie.

L'une des questions inscrite dans le protocole et à laquelle devrait répondre la mission des observateurs concerne les médias et leurs conditions de travail. Le rapport final y a répondu ainsi :

« Vérification des agréments accordés par le gouvernement syrien aux médias arabes et internationaux, et enquête sur les possibilités offertes à ces médias de se déplacer librement dans toutes les régions de la Syrie..

41 - Le gouvernement syrien, par la voix de son ministre de l'information, a confirmé avoir accordé l'agrément à 147 divers médias arabes et étrangers depuis le début de décembre 2011 et jusqu'au 15/01/2012. 112 divers médias étrangers nouveaux ont visité le territoire syrien en plus des 90 médias déjà présents sur le territoire syrien qui disposent de correspondants permanents.

42 - La Mission a suivi cette question et a observé la présence de 36 médias arabes et étrangers et un certain nombre de journalistes dans un certain nombre de villes syriennes. Elle a reçu quelques plaintes qui indiquent que le gouvernement syrien a accordé des autorisations pour certains médias d'opérer en Syrie pour une durée n'excédant pas 4 jours considérés comme durée insuffisante de leur point de vue, en plus de ne pas permettre leur déplacement à l'intérieur du pays à moins d'indiquer au préalable leur destination et de demander une autre certification pour se rendre à certaines zones sensibles. Le gouvernement syrien se dit prêt à accorder aux médias des mandats de 10 jours renouvelables.

43 - Des rapports et des déclarations de certains secteurs de la Mission montrent l'existence de restrictions gouvernementales sur le déplacement des médias dans les secteurs de l'opposition, incitant ces journalistes à se déplacer, dans de nombreux cas, derrière le déplacement de la mission, pour exercer leurs fonctions.

44 - La ville de Homs a été le témoin de l'assassinat d'un journaliste français travaillant pour France 2, et de la blessure d'un journaliste de nationalité belge. Sur ces deux cas, le gouvernement et l'opposition ont échangé les accusations sur la responsabilité de chacun dans ces incidents et ils ont publié, chacun, des déclarations condamnant la partie adverse. Le gouvernement syrien a constitué une commission gouvernementale d'enquête sur l'incident pour déterminer ses causes. Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l'opposition.

Quant au rôle des médias internationaux, il suffit pour y répondre, qu'il y a une soixantaine de chaînes télévisées, dans tous les pays, qui débitent en permanence et dans toutes les langues, un flot de mensonges et de propagande éhontée sur la situation en Syrie.

Nawaat: Revenons au "véto": Il y a de cela un an, La Russie et la Chine, avec l'Allemagne, le Brésil, et Inde se sont abstenus vis-à-vis de la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre le régime de Kadhafi en Libye. Comment expliquez-vous l'usage de ce véto cette fois-ci pour le cas de la Syrie ?

A.M: La résolution 1973 sur la Libye, votée en principe pour assurer la protection des populations civiles a été détournée par les pays de l'OTAN. Le résultat de la guerre de l'OTAN contre la Libye, encore très peu connu du grand public, a été catastrophique. La Russie et la Chine, n'avaient pas fait usage de leur droit de Véto, estimant sans doute que la résolution serait exécutée à la lettre. Il y aussi que la Libye, même avec sa production pétrolière de près de 4% de la production mondiale, n'a pas le même poids stratégique que la Syrie dont la production pétrolière est presque négligeable. Le double Veto sino-russe, a empêché que le verrou syrien ne se brise, et que ces deux pays ne deviennent les prochaines cibles de l'occident. Il est donc avant tout l'affirmation de la fin d'un monde dominée par les USA et du retour à un monde binaire. Il y a une autre raison qu'a expliqué le chef de la diplomatie russe, c'est qu'il y avait une clause secrète dans cette résolution qui autorise le recours à l'intervention armée.

Nawaat: Les Russes et la Chine ont intérêt à maintenir Bashar Al Assad à la tête du régime syrien, notamment pour des raisons purement économiques qui serait entravées en cas d'embargo sur les armes: Selon le think tank russe Cast, la Syrie a acheté 700 millions de dollars d'armes à la Russie en 2010, soit 7% des ventes russes du secteur... Pourquoi la communauté internationale ainsi que les médias internationaux semblent offusqués par le véto sino-russe déjà annoncé par l'ambassadeur de Russie à l'Onu, Vitali Tchourkine le 4 octobre 2011 puis ce jeudi 2 février 2012 ?

A.M: Les Etats n'ont pas de sentiments mais des intérêts. Certes les Russes et les Chinois ont de nombreux intérêts économiques, commerciaux et stratégiques avec la Syrie. Les ventes d'armes n'en constituent qu'une partie infime.

Nawaat: Le massacre à Homs, tuant plus de 200 vies, le plus meurtrier depuis le début des événements vous semble-il suspect ? Ce massacre est signé et ses auteurs se moquent de notre intelligence. Est-il possible de croire un instant, qu'un gouvernement, quel qu'il soit, puisse commettre un tel massacre le jour même où son affaire est portée devant Conseil de sécurité ?

A.M: En fait, il s'agit d'un coup monté dans le cadre d'une stratégie globale et concertée où sont intervenus les « militants syriens » à l'étranger pour occuper les ambassades et les consulats syriens», l'appel au renvoi des ambassadeurs syriens dans les pays arabes et bien sûr ce massacre de Homs.

Alors ce massacre : tous ceux qui ont suivi les télévisions ce jour là ont vu des photos de très nombreuses victimes. La plupart de ces victimes avaient les mains liées derrière le dos et certaines avaient le visage au sol. Les metteurs en scène nous ont expliqué que c'étaient les victimes des bombardements des bâtiments et des habitations par les blindés et même par l'aviation syrienne. Curieusement ces victimes ne portaient pas de blessures ni même aucune trace de l'effondrement de leurs maisons et habitations. Chacun peut en tirer les conclusions qu'il veut. En tout cas tout au long de la journée du 4 février, de citoyens syriens ont témoigné qu'ils avaient reconnu parmi ces victimes, des proches et des voisins enlevés depuis une semaine et même des mois.

Chacun peut en tirer les conclusions qu'il veut.

Nawaat: En réaction à ce véto et suite au massacre à Homs qui a eu beaucoup d'échos sur la scène internationale, Susan Rice, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, a déclaré que les dirigeants russes et chinois auront sur les mains toute effusion de sang supplémentaire. Que pensez-vous de cette recrudescence de tension et les jeux d'intérêts entre la Chine et la Russie d'un côté face aux USA, à la France et au Royaume Uni de l'autre côté, tous membres permanents du conseil de sécurité ?

A.M: La meilleure réponse faite à Susan Rice, est venue de l'ambassadeur syrien aux Nations unies, qui lui a rappelé les 60 Vétos des USA pour faire avorter les résolutions condamnant Israël. Mais il y a dans la déclaration de Rice une menace à peine voilée, parce que le sang risque de couler en Syrie. La coalition anti-Syrienne va continuer dans son entreprise de déstabilisation de la Syrie et envisage de recourir prochainement à l'assemblée des Nations Unies pour s'offrir un droit d'intervenir militairement.

Globalement nous vivons un retour de la guerre froide avec cette fois-ci une Russie et une Chine plus puissantes, assurées du soutien d'un certain nombre de pays émergents, avec en face un occident en crise et même en déclin.

Nawaat: Le 8 janvier dernier, des navires de guerre russes ont accosté à la base navale russe située au port de Tartous en Syrie, chose déjà prévue depuis août 2010... Avec ce véto, serions-nous dans une phase catastrophe de préparation à une guerre dont les alliés semblent de plus en plus définis ?

A.M: Après la guerre d'occupation de l'Irak, puis le retrait honteux des troupes américaines, il est difficile de croire que les américains puissent s'engager de nouveau dans une guerre impliquant une présence de leurs troupes au sol. C'est ainsi qu'ils ont choisi, dans le cas libyen, de faire intervenir l'aviation de l'OTAN et de leur apporter un soutien au final. Ce scénario n'est pas valable dans le cas Syrien parce que la Syrie est une puissance relativement importante et qu'elle a des alliés très puissants. C'est pourquoi, la coalition anti syrienne a choisi de faire imploser le pays de l'intérieur en créant, finançant, entraînant et armant des foyers de rébellion.

Sommes-nous à la veille d'une guerre ? S'il y a une guerre, elle ne sera pas confinée aux frontières du Moyen-Orient, tout le monde en est convaincu même les plus fous et tous ceux qui en dressent les plans!

Nawaat: En continuant à collaborer et avec le régime syrien et avec l'opposition syrienne divisée, la ligue arabe semble croire à une possible 'solution politique' à la crise syrienne, afin le Président Bashar Al-Assad délègue ses prérogatives au Vice-président pour former, dans les deux mois, un gouvernement d'union nationale qui conduirait le pays vers des élections libres. Le véto sino-russe bloque cette résolution, quel genre de pression se préparerait à votre avis pour mettre à genoux Bashar Al Assad ?

A.M: La Ligue arabe est entièrement discréditée en enterrant le rapport de sa propre mission d'observateurs et par son recours au Conseil de sécurité. Elle a laissé échapper l'occasion unique de participer au règlement de l'affaire syrienne. Tout ce qu'elle peut proposer dans l'avenir sera sans valeur.

Maintenant c'est le tour de la Russie de jouer le rôle principal mais aussi à la direction syrienne appelée à accélérer et à concrétiser les réformes.

Nawaat: A votre avis, quel serait le véritable poids du CNS (pro intervention militaire) et du Comité national de coordination pour le changement démocratique (contre une intervention et dont on entend rarement parler dans les médias internationaux) ?

A.M: Le CNS n'a pas une bonne réputation en Syrie justement parce qu'il appelle à l'intervention armée. Les syriens ont une vieille tradition de patriotisme et une haute histoire de résistance à la domination étrangère. Par contre, à l'étranger, il est le chouchou des médias et le partenaire favori des hommes politiques, qui le soutiennent et le financent.

D'ailleurs le CNS n'a pas de représentants à l'intérieur du pays et une de ses composantes, les kurdes, vient de le quitter.

C'est différent dans le cas du Comité de Coordination, parce que ses représentants sont presque tous des militants de l'intérieur du pays, et n'ont qu'un porte parole à l'étranger, Haytham Manna. Il est tout à fait normal qu'on ne parle pas de ce Comité dans les médias de la propagande et de la désinformation qui soutiennent l'intervention.

Nawaat: Comment estimez-vous les actions entreprises par les déserteurs de l'armée régulière syrienne ? Disposez-vous de preuves qui prouvent que l'armée syrienne libre (ASL) commet des actes de barbarie ?

A.M: Le rapport de la mission des observateurs arabes signale l'existence de l'ASL et d'autres groupes armés qui attaquent les forces gouvernementales, procèdent aux enlèvements de civils qui ne sont libérés que contre paiement de rançon, de meurtres, de sabotage des installations pétrolières, de bâtiments civils, des trains et voies ferrées....

Nawaat: Dernière question : peut-on être pour ou contre le régime de Bashar Al Assad et du Président syrien en lui-même ?

A.M: Ceux qui croient que le départ d'un président résoudrait tous les problèmes du pays, sont tout simplement des idiots. Nous n'avons pas réussi à tirer les leçons des exemples tunisien, égyptien et yéménite et convenir que les lendemains de dictature sont souvent plus difficiles à gérer que la dictature elle-même, parce que les oppositions n'ont pas encore appris à gouverner !

 

Lu sur ABDALLAH KALLEL.COM

 

Source: NAWAAT.ORG

jeudi, 09 février 2012

LES EPREUVES DE FORCE ENTRE LES ETATS-UNIS ET LA RUSSIE SERONT PLUS ACHARNEES SUR LE PROBLEME SYRIEN



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Le fait que la Russie et la Chine ont mis le 4 février leur veto à un projet de résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la situation syrienne constitue un revers sévère pour la stratégie américaine sur le Moyen-Orient, et entrave en même temps des dispositions stratégiques américaines sur l'Iran. Sur ce projet de résolution, la Russie persiste toujours dans sa position dure, créant ainsi une situation de contrainte mutuelle au Conseil de Sécurité.

Le contenu du projet de résolution du Conseil de Sécurité a été avancé au nom des pays arabes, mais en réalité, il a été élaboré et conduit par les Etats-Unis. Donc, la lutte diplomatique acharnée apparue au sein du Conseil de Sécurité est, en effet, un duel entre les Etats-Unis et la Russie. Dans ce processus, les Etats-Unis ont attiré 13 pays membres du Conseil de Sécurité, tandis que la Russie n'a obtenu que le soutien chinois. Mais, la Russie a réussi à recourir à la force de dissuasion de son veto, de manière à occuper toujours une forte position.

Tout d'abord, la Russie a forcé, avant le vote officiel, les Etats-Unis à faire de grandes concession pour qu'ils acceptent d'annuler, dans le texte, deux contenus clés à savoir la demande du départ du président syrien Bachar el-Assad et la mise en oeuvre de l'embargo sur des armes contre la Syrie. Ensuite, à la dernière minute avant le vote, la Russie a demandé soudainement à modifier davantage le contenu du projet de résolution. Elle a demandé à effacer les mots selon lesquels les soldats de l'armée gouvernementale syrienne doivent se retirer de tous les villes et bourgs pour retourner dans leurs casernes. Surpris par cela, les Etats-Unis ne voulaient plus faire de concessions. Résultat : les Etats-Unis sont tombés dans le piège tendu par la Russie et celle-ci a profité de cette occasion pour mettre le veto.

Ce duel diplomatique au sein du Conseil de Sécurité s'est terminé par la victoire russe, mais, cette situation est temporaire. Les Etats-Unis ne s'avouent pas vaincus, il y aura encore des épreuves de force plus acharnées entre les Etats-Unis et la Russie. Elles se manifesteront principalement dans ces domaines :

Premièrement, l'opposition du veto par la Russie au projet de résolution de l'Occident signifique que la Russie a pris l'initiative de prendre la responsabilité de résoudre le problème syrien. En d'autres termes, la Russie doit assurer que le pouvoir de Bachar el-Assad ne sera pas renversé, et aider la Syrie à en finir avec la guerre civile et à rétablir la paix. Mais, les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ne sont pas contents de la réussite facile de la Russie, et ils entreprendraient de plus grandes perturbations y compris l'armement de l'opposition syrienne et le renforcement du blocus économique et de l'isolement diplomatique contre la Syrie.

Deuxièmement, le gouvernement de Bachar el-Assad pourrait-il continuer longtemps? ça reste pour le moment une grande question. Même que si les troubles internes sont apaisés et que le régime est maintenu, les pays occidentaux n'abandonneront pas leur objectif de le pousser à quitter le pouvoir. Cela fera porter à la Russie pour longtemps le fardeau de la protection de Bachar el-Assad. Cependant, protéger ce dernier signifie évidemment que la Russie continue à s'opposer aux pays occidentaux.

Troisièmement, les élections présidentielles russes auront lieu et les pays occidentaux estiment qu'elles leur donneront prise. A part qu'ils noirciront et isoleront la Russie, les Etats-Unis inciteront et utiliseront la force de l'opposition russe pour troubler la situation politique des élections présidentielles russes en vue de plonger la Russie dans des troubles. On peut prévoir que la Rusie serait attaquée par l'Occident sur le problème syrien et sur ses propres affaires intérieures.


Source: CRI ONLINE

jeudi, 29 décembre 2011

THIERRY MEYSSAN: «LA DECISION D'ATTAQUER LA SYRIE A ETE PRISE LORS D'UNE REUNION A CAMP DAVID LE 15 SEPTEMBRE 2001»

 

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La Syrie est prise entre les feux de la désinformation des puissances occidentales prédatrices et une mouvance islamiste à leur service, avec la complicité plus ou moins inavouée d'une Ligue arabe aux mains des monarchies du Golfe. Un projet hégémonique qui, selon l'analyste Thierry Meyssan, a été planifié lors d'une réunion à Camp David en septembre 2001. Aventure qui ne serait pas sans conséquences dévastatrices pour la région et pouvant dégénérer en conflit mondial. Telles sont les grandes questions abordées avec Thierry Meyssan, journaliste et analyste politique, directeur du Réseau Voltaire.


La NR : Vous étiez en Syrie. Quel constat avez-vous fait? La réalité du terrain reflète-t-elle les propos avancés par les médias occidentaux concernant les manifestations massives, les tirs à balles réelles qui ont fait au moins 5.000 morts, la constitution d'une «armée syrienne libre» déjà forte de 1.500 hommes et ce début de «guerre civile» avec notamment 1,5 million de Syriens pris au piège qui souffriraient de la faim ?


Thierry Meyssan : Une expression française affirme que «lorsqu'on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage». En l'occurrence, lorsque les puissances occidentales veulent envahir un Etat, leurs médias disent que c'est une dictature barbare, que leurs armées peuvent protéger les civils et qu'elles doivent renverser le régime et apporter la démocratie. La vérité, nous l'avons vue en Irak et en Libye : les puissances coloniales ne se préoccupent aucunement du sort des populations, elles dévastent le pays et le pillent.

Il n'y a jamais eu de manifestations de masse contre le régime syrien, et par conséquent, il n'a pas été possible de les réprimer à balles réelles. Il y a eu au cours des derniers mois environ 1.500 morts, mais pas du tout dans les circonstances décrites. Il y a bien une «armée syrienne libre», mais elle est basée en Turquie et au Liban, et ne compte au grand maximum que quelques centaines de soldats que l'on exhibe devant les caméras. Enfin, la Syrie est autosuffisante au plan alimentaire et, malgré les difficultés de distribution, il n'y a aucun problème de pénurie.

La version des médias occidentaux est une pure fiction. La vérité sur place, c'est que les Occidentaux livrent une guerre non conventionnelle contre la Syrie.

Ils ont envoyé des combattants arabes et patchounes, recrutés par le prince saoudien Bandar bin Sultan et encadrés par les forces spéciales françaises et allemandes.

Ces combattants ont d'abord tenté de proclamer des émirats islamiques, puis ils ont organisé de vastes embuscades contre les convois militaires syriens.

Aujourd'hui, ils sont commandés par un émir d'Al Qaïda, le Libyen Abdelhakim Belhaj. Ils ont renoncé aux grandes opérations et mènent des actions commando au coeur des villes pour y semer la terreur en espérant provoquer une guerre civile confessionnelle. Leur dernier fait d'armes est ce double attentat à Damas.

Dans l'un de vos articles, vous vous posez la question sur les accusations avancées par l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé à Londres, que des institutions comme le Haut Commissariat des droits de l'homme de l'ONU reprennent sans les vérifier. D'après vous, à quel jeu se prêtent les instances onusiennes ?

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a surgi soudainement sur la scène médiatique. Cette association n'a aucun passé dont elle puisse se prévaloir et seul un de ses membres est connu. C'est un cadre des Frères musulmans syriens, disposant de trois passeports, syrien, britannique et suédois.

Ce monsieur annonce chaque jour le nombre de «victimes de la répression», sans étayer ses dires. Ses affirmations sont invérifiables et donc sans valeur. Elles sont pourtant reprises par tous ceux que cela arrange.

La Haut commissaire aux droits de l'homme a désigné trois commissaires pour enquêter sur les événements en Syrie. Leur mission outrepasse les compétences de l'ONU, qui prévoient des inspections régulières que la Syrie reçoit conformément aux traités.

Comme dans l'affaire Hariri, les Nations unies partent du principe que les autorités locales (libanaises ou syriennes) sont incapables ou malhonnêtes et qu'il faut leur substituer des enquêteurs étrangers. Dans ces conditions, elles ne peuvent pas exiger raisonnablement la coopération des autorités locales. Elles ont donc travaillé depuis la Suisse et la Turquie.

La désignation des trois commissaires n'offre aucune garantie d'impartialité. Ils sont tous trois ressortissants d'Etat qui militent pour l'intervention militaire contre la Syrie. Leur méthode n'est pas plus acceptable : sous la pression de la commissaire turque, qui est une militante engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la commission a considéré que les témoignages à charge n'avaient pas besoin d'être recoupés et vérifiés : ce serait aux accusés de faire la preuve de leur innocence lorsqu'on les déférera devant un tribunal.

Cette procédure inquisitoriale permet d'accuser n'importe qui de n'importe quoi, mais ne démontre rien du tout. Les enquêteurs ont entendu plus de 200 personnes qui disent disposer d'informations et affirment parfois avoir été témoins, voire victimes d'exactions. Conformément à la procédure, le nom des témoins reste secret à ce stade de l'enquête. Mais contrairement à la procédure, les noms des victimes sont également secrets. La Haut commissaire affirme doctement qu'il y plus de 5.000 victimes de la répression, mais elle n'avance que deux noms.

Pas de chance, ces deux cas, qui ont été largement médiatisés par Al Jazeera, ont fait l'objet de multiples investigations. Le premier correspond à un enfant tué dans la rue par des tireurs inconnus en voiture ; le second est un adolescent qui a été recruté par une bande armée pour participer à l'attaque d'une résidence militaire et qui est mort la kalachnikov à la main. Cela n'a rien à voir avec une répression de manifestation pacifique. Nous attendons donc de la Haut commissaire qu'elle publie le nom des victimes pour que nous puissions vérifier le bien-fondé de ses accusations.

De nombreuses instances de l'ONU ont perdu leur crédibilité. En premier lieu, on ne devrait pas accepter de confier des responsabilités à des experts qui n'ont pas le statut de fonctionnaires internationaux, mais sont des fonctionnaires nationaux détachés par leurs Etats. On ne devrait pas pouvoir agir au nom de l'ONU si l'on reste tenu d'obéir à sa hiérarchie nationale.

En Syrie comme en Libye, certains observateurs avancent que les rebelles sont en fait des escadrons de la mort, des mercenaires étrangers. Quel constat avez-vous fait à ce propos ?

Dans les deux cas, il y a des nationaux qui participent à la lutte armée, mais ils sont minoritaires par rapport aux combattants étrangers. En Libye, des groupes issus de tribus précises se sont joints aux mercenaires étrangers pour la sécession de la Cyrénaïque. Mais ils ont refusé d'aller se battre en Tripolitaine pour renverser Kadhafi.

Il a fallu déployer les troupes d'Al Qaida, puis faire débarquer 5000 commandos incorporés dans l'armée régulière du Qatar pour mener les combats au sol. Dans les derniers jours de la Jamahiriya, la tribu des Misrata a rejoint l'Otan et elle est entrée dans Tripoli lorsque les bombardements et la bataille au sol ont cessé. Les seuls Libyens qui se sont battus de bout en bout contre le régime sont ceux d'Al Qaida et un groupe de soldats qui avaient fait défection avec le général Abdel Fatah Younes. Or, le général Younes avait été chargé dans le passé par le colonel Kadhafi de réprimer la rébellion d'Al-Qaida. C'est pourquoi ses alliés d'Al-Qaida l'ont assassiné pour se venger dès qu'ils ont pu se passer de lui.

En Syrie, il y a des insurgés, ce sont des Frères musulmans et des takfiristes. Il y a surtout des combattants étrangers qui recrutent des voyous et les payent grassement pour tuer leurs concitoyens. Le problème de l'Otan, c'est que, à la différence de la Libye, la Syrie est une nation historique. Il n'y a pas de fracture régionale comme entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine.

La seule division possible est sur une base confessionnelle, mais elle ne fonctionne pas pour le moment, bien que l'on ait assisté à quelques affrontements de ce type à Banyias et à Homs.

L'arrivée officielle des Libyens pour installer un quartier général en Turquie et intégrer des déserteurs syriens dans le dispositif parachève le tout.

Le Conseil national syrien s'est formé sous l'égide de la France à Paris. Quelle lecture peut-on faire de cet événement ? La France va-t-elle prendre les devants de la scène comme en Libye avec notamment son «émissaire» BHL, ou opter pour une autre stratégie?

D'abord, chacun voit bien que les institutions françaises sont en partie pilotées par des personnalités illégitimes, comme BHL, qui exercent des responsabilités sans droit, ni titre.

Ensuite, certains élus, comme le président Sarkozy, ne servent pas les intérêts nationaux, mais ceux du système impérial US.

Sous leur autorité, la France s'est déjà engagée dans un conflit en Côte d'ivoire qui servait les intérêts de quelques multinationales françaises, puis elle s'est engagée en Libye de manière à étendre à l'Afrique du Nord le projet néo-conservateur de remodelage du «Moyen-Orient élargi».

La France n'a plus de contentieux avec la Syrie, ainsi que l'a montré la réception du président Al-Assad à Paris, lors du sommet de la Méditerranée.

A la rigueur, on pourrait considérer que le vieux conflit des années 80 (notamment l'assassinat de l'ambassadeur français à Beyrouth) est passé par pertes et profits sans avoir été soldé, et l'on pourrait le réactiver. Mais je ne suis pas sûr du tout que, dans cette affaire, les torts français ne soient pas plus importants que ceux des Syriens. Bref, Paris n'a aucune raison d'attaquer Damas.

Nous savons tous que la vraie question est ailleurs : la domination et l'exploitation de cette région dépendent de l'alliance des Etats-Unis et d'Israël d'une part, avec la Turquie et les monarchies pétrolières d'autre part. Cette alliance se heurte à un axe de résistance comprenant le Hamas, le Liban, la Syrie, l'Irak et l'Iran, appuyés par la Russie et la Chine. Au plan régional, deux pôles se sont formés, l'un est exclusivement sunnite, l'autre est multiconfessionnel (et non pas chiite comme le prétendent les néo-conservateurs pour imposer la fitna). La France est devenue le «proxy» des Etats-Unis. Elle peut à tout moment entrer en guerre contre la Syrie. Cependant, elle n'en a pas la capacité seule, ni même avec la Grande-Bretagne. Et le sommet du 2 décembre qui devait instituer une alliance à trois avec l'Allemagne a été annulé faute d'accord au plan financier. En pleine crise de l'euro, les Européens n'ont pas les moyens de leur impérialisme.


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Source : LA NOUVELLE REPUBLIQUE

samedi, 26 novembre 2011

GUERRE DE L'INFORMATION, PROPAGANDE ET MEDIA-MENSONGES: LA SYRIE EST PLUS QUE JAMAIS LE TERRAIN D'UN JOURNALISME A GEOMETRIE VARIABLE

 


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DAMAS, Siège du Parti Baath. 21 novembre 2011 © photo Maha MAHFOUD


Depuis le début des troubles qui ont éclaté en Syrie dans le contexte du « Printemps arabe », l'information, la ré-information et la désinformation s'affrontent sur ce terrain que rendent particulièrement mouvant les intérêts multiples des différentes communautés et confessions qui y cohabitent, mais aussi les rôles ambigus de plusieurs acteurs internationaux et, notamment, ceux de la Turquie et de l'Arabie saoudite, comme celui du Qatar et de sa chaîne de télévision de plus en plus controversée, Al-Jazeera.

Face à cette situation critique, le gouvernement baathiste avait opté pour une politique d'opacité, la fermeture des frontières et l'interdiction des journalistes et autres observateurs.

Vérifier la fiabilité des informations qui parvenaient de Syrie était dès lors souvent très difficile. Mais pas impossible : en juillet, j'avais obtenu un visa et l'autorisation de me déplacer librement à travers tout le pays, de Deraa à Alep et de Latakieh à Der-ez Zor -et je n'étais pas le seul sur place : François Janne d'Othée, Alain Gresh du Monde diplomatique, ou encore Gaëtan Vannay de la Radio suisse romande.

J'avais observé la situation à Homs, où les manifestants « pacifiques » munis d'armes à feu s'en étaient pris à l'armée, et, le vendredi 15 juillet, à Hama, dont les quelques milliers de manifestants que j'avais pu y dénombrer s'étaient miraculeusement démultipliés en 500.000 opposants dans les dépêches de l'AFP, « information » benoîtement reprise par Euronews, France 24 et la plupart des journaux « mainstreams » ; seul Le Monde faisait exception, renchérissant avec l'annonce de 600.000 manifestants (Hama compte à peine plus de 340.000 habitants).

Cette politique d'opacité s'est ainsi rapidement révélée contreproductive pour le gouvernement syrien, dans la mesure où l'opposition a peu à peu diffusé des rapports fallacieux, grossissant l'importance des mouvements de contestation dans des proportions colossales : concernant le nombre des morts et celui des manifestants, la bataille des chiffres a atteint des degrés confinant à l'absurde, comme l'illustre bien l'exemple évoqué, relatif à la mobilisation de l'opposition à Hama.

Absents du terrain et manifestement peu enclins à critiquer leurs sources, les médias occidentaux n'ont en effet pas soupçonné les « informations » qu'ils recevaient par les canaux de l'opposition, rejetant en revanche les communications du gouvernement syrien, considérées comme propagandistes ; entre autres cas d'école, aucun doute n'a jamais été émis à propos des vidéos transmises par l'opposition et supposées témoigner d'une Syrie à feu et à sang, de manifestations de dizaines ou centaines de milliers de participants, alors que, systématiquement, les images diffusées étaient constituées de gros-plans présentant quelques centaines de personnes seulement. Et les rares observateurs qui ont pu entrer en Syrie et faire part de leurs constatations ont généralement été désavoués et discrédités, comme des affabulateurs ou des supporters de la dictature.

Parmi les sources principales des médias, on trouve l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme (OSDH), presque toujours cité en référence par les journalistes et qui domine largement « l'information » sur la Syrie (c'est cette organisation, basée à Londres, qui avait annoncé le nombre de 500.000 manifestants à Hama, le 15 juillet 2011).

Or, il n'est pas très difficile de se renseigner sur l'identité de l'OSDH et des personnes qui se cachent derrière ce label aux apparences honorables, à commencer par son président, Rami Abdel Rahmane, un opposant de longue date au régime baathiste, très connu en Syrie comme étroitement associé aux Frères musulmans, organisation islamiste radicale dont l'influence grandissante sur le mouvement de contestation en Syrie laisse entrevoir de plus en plus clairement l'ambition de ce groupe que d'aucun croyait presqu'éteint, du fait de son interdiction par le régime, mais qui couvait dans la clandestinité.

Le 17 novembre, les Frères musulmans sont sortis du bois : alors que plusieurs observateurs estimaient le mouvement exsangue et sans plus aucun poids, le porte-parole des Frères, Mohammad Riad Shakfait, en exil en Turquie, s'exprimant au nom du « peuple syrien », a annoncé qu'une « intervention était acceptable pour protéger la population civile  ». Il en a précisé les contours : l'intervention serait mieux reçue si elle venait de la Turquie plutôt que des puissances occidentales (la Turquie, gouvernée par un parti islamiste qualifié de « modéré », l'AKP).

En juillet, j'avais également pu constater l'implication grandissante des Frères musulmans dans les mouvements de contestation, à tel point que les minorités communautaires (Chrétiens, Druzes, Kurdes, Chiites... outre les Alaouites et une partie de la bourgeoisie sunnite) s'en étaient désolidarisées et revendiquaient même leur soutien au régime, par crainte de la montée en puissance des islamistes syriens, dont les intentions sont sans équivoque : l'instauration en Syrie d'une république islamique.

Plus encore, les Frères musulmans, membres du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble les principaux courants de l'opposition, très hétéroclites et aux objectifs divergents, et se présente comme une alternative au gouvernement de Bashar al-Assad, ont entamé au nom de ce CNS des négociations avec la Turquie, mais aussi avec des gouvernements occidentaux, pour l'établissement en Syrie d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les civils, alors que la ligne du CNS avait été, jusqu'à présent, de refuser toute ingérence étrangère. Il ressort clairement de ces événements que les islamistes ont pris une influence non négligeable sur l'ensemble de l'opposition et de ses structures exécutives.

En d'autres termes, il apparaît sans ambiguïté que, durant ces derniers mois, les médias occidentaux ont été « informés » par les Frères musulmans syriens via l'OSDH et ont, complaisamment ou non, servi leur agenda pour la Syrie.

Conscient de la nécessité de contrer efficacement la propagande de l'opposition, et ce de manière crédible et imparable (c'est-à-dire autrement que par des démentis officiels), le gouvernement syrien a semble-t-il décidé, depuis plus d'une semaine, de laisser à nouveau entrer sur son territoire des observateurs étrangers, et ce dans un contexte de plus en plus tendu : la Ligue arabe a sévèrement critiqué la Syrie, motivée par l'Arabie Saoudite et le Qatar, très impliqué dans le soutien aux mouvements islamistes libyens, tunisiens et syriens ; Israël, silencieuse depuis le début des événements, a accepté de recevoir les représentants du CNS et d'entamer avec eux des négociations ; la Russie, pourtant alliée historique du régime syrien, a fait de même (tout en déployant toutefois sa marine de guerre dans les ports syriens, message très clair à ceux qui envisagent, à Ankara ou ailleurs, une intervention militaire sur le sol syrien) ; enfin, la militarisation de la contestation en Syrie : l'opposition semble avoir décidé de passer à l'offensive et de plus en plus d'attaques ont lieu contre les forces armées gouvernementales syriennes, dont certaines à l'arme lourde, dont aussi des tirs de snipers sur les policiers, des enlèvements et des assassinats, et une « Armée syrienne libre », constituée de « déserteurs », a commencé la lutte contre le gouvernement et demandé au CNS de la recevoir sous son commandement (un doute subsiste cependant quant à la constitution de cette Armée syrienne libre, dont le gros des forces pourrait être en réalité composé d'éléments étrangers ayant revêtu l'uniforme syrien, majoritairement islamistes et armés par le Qatar).

Si certains médias ont commencé de changer leur point de vue sur les événements en Syrie (voir, par exemple, l'article de Christophe Lamfalussy publié par La Libre Belgique ce 19 novembre ou le reportage de la RTBF, encore timide cela dit, diffusé lundi 21, qui confirment à présent les propos des « affabulateurs » de juillet), cette ouverture n'a cependant pas réussi à enrayer la guerre de propagande hostile au régime baathiste, qui n'a pas seulement pour moteur l'organisation des Frères musulmans et les divers courants de l'opposition regroupés dans le CNS.

Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie, comme il l'avait fait en Tunisie, contre Zine Abidine Ben Ali (au Maroc, en revanche, Al-Jazeera avait abandonné à leur sort les manifestants qui dénonçaient la monarchie ; même silence d'Al-Jazeera sur le massacre des protestataires au Bahreïn, qui furent écrasés par les chars, appuyés par des troupes saoudiennes envoyées en renfort).

Ainsi en témoigne ce tout récent exemple d'un média-mensonge « made in Qatar » : ce dimanche 20 novembre, Al-Jazeera (et Al-Arabia : Dubaï - Émirats arabes unis) a diffusé un reportage annonçant l'attaque du siège du parti Baath, à Damas.

Selon Al-Jazeera, deux hommes en moto ont tiré deux roquettes au moins sur le bâtiment, qui s'est embrasé ; et l'attentat a été revendiqué par l'Armée syrienne libre, qui a ciblé ce symbole du pouvoir, dans le centre de Damas, la capitale, jusqu'alors totalement épargnée par ces neuf mois de contestation.

Le régime de Bashar Al-Assad, touché en plein cœur et pour la première fois à Damas, serait-il au bord du gouffre ?

À nouveau, à l'appui de cette « information », concoctée par Al-Jazeera cette fois, la caution de l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme, qui a même apporté des précisions : deux roquettes supplémentaires ont encore été tirées, mais ont manqué leur cible...

Comme d'ordinaire, « l'information » a été reprise en chœur par tous les médias mainstreams.

Ce même dimanche au soir, un de mes contacts à Damas m'a téléphoné : « ma famille habite tout près du siège du parti Baath ; le bâtiment est intact ; c'est un mensonge ».

Lundi 21, j'ai demandé à une amie qui habite également Damas de vérifier pour moi l'information et de prendre une photographie du siège du Baath, en présentant à l'avant-plan l'édition du jour d'un journal occidental connu, de telle sorte qu'il ne puisse y avoir le moindre doute quant à la date à laquelle cette photographie a été prise.

Résultat : le bâtiment du siège du parti Baath à Damas est effectivement intact ; aucune roquette n'a frappé ni incendié l'immeuble.

L'Armée syrienne libre, après avoir revendiqué dimanche l'attentat sur sa page Facebook, a supprimé lundi sa revendication.

Entre désinformation organisée par une opposition islamiste, qui a reçu l'appui des monarchies du Golfe et des médias arabes dominants, et l'incompétence politiquement correcte des médias occidentaux, Damas peut toujours rouvrir ses frontières...


Pierre Piccinin
Historien - Politologue (Bruxelles)


Source: INVESTIG'ACTION

lundi, 17 octobre 2011

CHAQUE GUERRE EST PRECEDEE D'UN GRAND MEDIA-MENSONGE


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Une réthorique qui rappelle étrangement une certaine crise ivoirienne débutée en 2002 et qui a connu son apogée en Avril 2011, avec un Alassane Ouattara porté à bout de bras par une prétendue "communauté internationale" menée par la France de Sarkozy et les Etats-Unis de Barack Obama (toujours les mêmes). Médiamensonge pour dégommer un patriote africain et un démocrate ivoirien qui dérange: Laurent Gbagbo. Le cas libyen est plus qu'édifiant, de ce point de vue, et nous renseigne amplement sur ce qui s'est REELLEMENT passé en Côte d'Ivoire. N'est-ce pas que le temps est l'autre nom de DIEU?

 

Voici une liste non exhaustive de quelques pays qui ont subi des médiamensonges permettant de créer des guerres :

Vietnam (1964-1975)
Grenade (1983)
Panama (1989)
Irak (1991)
Somalie (1993)
Bosnie (1992 - 1995)
Yougoslavie (1999)
Afghanistan (2001)
Irak (2003)

La suite ?

Libye (en cours)
Algérie ? Somalie ? Iran ? Syrie ? Liban ?

Merci à Al-Jazeera et merci à toutes les chaînes qataries. Vos mensonges sont d'une très grande efficacité. On sait que vous êtes suspendus par les couilles au système financier américain et que vous ne souhaitez pas voir votre compte gelé par refus d'obéir aux oligarques sataniques...Vous devez en avoir une belle conscience.

Quel est le rôle de l'OTAN ?

L'OTAN est un acteur de premier plan sur la scène internationale et contribue activement à la paix et à la sécurité. Dans le cadre de ses opérations de gestion des crises, l'Alliance démontre à la fois sa volonté d'agir comme une force positive de changement et sa capacité de répondre aux défis de sécurité du XXIe siècle.

Ça me lasse d'entendre toujours la même excuse : Sauver des civils. Bien évidemment, ils ont trop d'argent à dépenser pour protéger des étrangers, trop de bombes en stock. Pour eux, paix et sécurité, ça signifie tuer 50 000 civils par guerre. Ils n'ont même pas honte de balancer cela sur leur site officiel, et tout le monde n'y voit que du feu. Si on prend la définition telle qu'elle est écrite, on s'aperçoit que l'intervention en Libye est justifiée par un manque de paix et de sécurité interne au pays. Or, les immigrés en Libye nous disent qu'ils sont heureux de vivre dans ce pays car ils peuvent y trouver du travail facilement, ils peuvent y acheter une maison et une voiture rapidement. Bref, on est dans le mensonge total. Je vous laisse avec la vidéo de Michel Collon ci-dessous. À bientôt.




Source : Le blog de Jonathan Dienst

 

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LES MEDIA-MENSONGES DE LA GUERRE DE LIBYE


Parmi d'autres, citons les points suivants :

1- Kadhafi bombarde son peuple

Malgré les moyens techniques époustouflants dont nous disposons, aucune télévision ne nous a montré d'images de bombardements.

2- Une révolte populaire

Alors que les manifestants Tunisiens et Égyptiens n'étaient pas armés, il n'aura échappé à personne que ce n'était pas le cas en Libye. Depuis quand des citoyens révoltés ont ils des armes lourdes ?

Rappelons aussi que la Libye est un Etat dont les populations sont structurées en "tribus", il s'agirait donc, à priori, plus d'une guerre civile que d'une "révolution".

3- Un nombre de morts extrêmement important

Les décès annoncés par la presse sont très variables : selon l'heure, 6000 ou 200.

Ce qui montre une fois de plus que le rôle joué par nos médias n'est pas celui de l'information juste et vérifiée.

4- Une action de la "Communauté Internationale"

La seule instance qui pourrait revendiquer le titre de "Communauté Internationale" est l'Assemblée Générale des Nations Unies. Dans le cas présent un petit groupe de pays seulement a voté pour la résolution 1973 du Conseil de Sécurité. Notons l'abstention de certains de nos partenaires les plus proches (Allemagne) et de grandes nations telles la Chine, l'Inde, la Russie....

Possibilités

Faut il laisser les situations s'envenimer ? Ou déclarer la guerre ?

Ni l'un ni l'autre, les choix ne sont que rarement binaires. D'autres voies existaient et nous ne rappellerons que l'offre du président Vénézuelien Hugo Chavez qui se proposait d'organiser une médiation entre les parties sous la direction de l'ancien président US Carter. Cette possibilité, acceptée par Kadhafi et soutenue par l'Union africaine, l'ALBA et la Ligue arabe, a été refusée par la partie adverse. N'aurait-on pas pu obliger les acteurs à "se mettre à table" ?

Respect de la résolution

1- Cessez-le-feu

Lors du vote de la résolution, Kadhafi a annoncé un cessez-le-feu. N'aurait il pas été pertinent de vérifier sur place la réalité de son propos avant de le bombarder ?

2- Embargo sur les armes

Il est établi que ce que nous nommons les "révolutionnaires" ont reçu des armes après le vote de la résolution. Approvisionnement qui ne peut se faire sans accord de nos forces (OTAN).

3- "No fly zone"

Les premiers actes de guerre, avant le vote au parlement belge, furent des tirs de missiles à partir de bâtiments des flottes des pays coalisés. Cela répond-il aux prescriptions de l'ONU ?

Déclarations de nos décideurs

Les déclarations affirmant que le but de l'opération est le départ de Kadhafi sont proprement scandaleuses. Cela est en effet totalement illégal en regard du droit international et ne rentre évidemment pas dans le cadre de la résolution 1973 qui a pour but de "protéger la population".

Autres réflexions

Une guerre "propre" ou même une guerre "juste" n'existe pas. Pour citer Saint Exupéry : "La guerre n'est pas une aventure, c'est une maladie, comme le typhus."

On voit mal comment le lancement de missiles et de bombes pourrait "protéger la population" comme nous y invite la résolution du Conseil de sécurité.

Y a-t-il une personne censée qui affirmerait que la "démocratie" peut être imposée par les bombes ? Ne faudrait il pas plutôt croire que nous allons amener le chaos et la désolation, comme nous l'avons fait au Kosovo, en Afghanistan, en Irak ?

Quelqu'un sait-il qui est ce que les médias appellent "l'opposition" ? Nous savons qu'elle comprend un ancien ministre de la Justice ayant fraîchement démissionné, quelques ambassadeurs de Kadhafi ayant eux aussi fraîchement démissionné, des supporters du roi Idriss, des islamistes.... Mais qui en fait réellement partie ? Quelles sont les revendications de ce groupe hétéroclite ?

Précision

Population libyenne sous le seuil de pauvreté : 7,4 %, à comparer avec la France qui était à 6,2 % en 2004, et les USA qui sont à 12,5 % en 2008.


Beez, Libreinfo, 24 mars 2011


Source : LIBRE INFO.ORG

mardi, 23 août 2011

EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX?

LIBYE. DESTRUCTION D'UNE MAISON DE KADHAFI 3.jpg

Les taureaux qui sont «sacrifiés» au cours des moments de sadisme collectif que sont les corridas philosophent-ils au moment de s’éteindre ? Oui, l’on en croit un texte de Francis Cabrel, qui s’est mis pour les besoins de la cause poétique, dans la peau de l’un d’entre eux. Subissant la folie des hommes, qu’il entend rire lorsqu’il «râle», danser lorsqu’il «succombe», s’amuser «autour d’une tombe», il s’interroge, au sujet de la civilisation violente qui le met à mort : «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Ces derniers mois, alors que l’actualité internationale s’emballe et que la recolonisation violente de larges pans de la planète se masque derrière un storytelling qui abêtit une opinion occidentale encore plus anesthésiée en cette période estivale, les Africains devraient-ils avoir honte de s’identifier à des bovins ployant sous les lances d’impitoyables toreros ? A bien y réfléchir, pas forcément. En tout cas, il est légitime, en observant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise des élections où il est juge et partie

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis. La « très très démocratique » communauté internationale a estimé qu’elle n’était pas assez équilibrée. L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement rebelle. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur ELECAM, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’ELECAM. «Nous sommes déçus par la composition de ELECAM. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble », a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?

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Déstabilisation des Etats faibles : la doctrine d’Abidjan appliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en œuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda.

A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes base-arrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !

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De qui le Bahreïn se moque-t-il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ immédiat» d’un régime «ami» ? Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ? En tout cas, il y a mille et une raisons de se poser la question du taureau de Cabrel: «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 17 août 2011

DERNIERE HEURE: L'OTAN ET LA TURQUIE APPUIENT LES REBELLES ARMES EN SYRIE - RECRUTEMENT DE MOUDJAHIDINES



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Les médias occidentaux ont contribué activement à dissimuler la nature de l'interférence étrangère en Syrie, incluant le soutien extérieur aux insurgés armés. Ils ont décrit en chœur les récents événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar al Assad.

Des développements récents en Syrie indiquent qu'il s'agit d'une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l'OTAN et le haut commandement de la Turquie. Selon des sources du renseignement  israélien : 

Entre-temps, le quartier général de l'OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d'armes pour combattre les chars d'assaut et les hélicoptères. Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l'OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d'antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011. C'est l'auteur qui souligne.) constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence.

La livraison des armes doit être effectuée par « voie terrestre, à savoir par la Turquie et sous la protection de l'armée Turque [...] Autrement, les armes seraient transportées par camion jusqu'en Syrie sous la garde de l'armée turque et transférées aux chefs des rebelles lors d'une rencontre prévue. (Ibid. C'est l'auteur qui souligne.)

L'OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d'un djihad impliquant le recrutement de milliers de « combattants de la liberté, ce qui évoque l'enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l'âge d'or de la guerre soviéto-afghane :

Selon nos sources, Bruxelles et Ankara discutent également d'une campagne pour enrôler des milliers de volontaires musulmans dans les pays du Moyen-Orient et le monde musulman afin de combattre auprès de rebelles syriens. L'armée turque logerait ces volontaires, les entraînerait et assurerait leur passage en Syrie. (Ibid. C'est l'auteur qui souligne.)

Ces divers développements indiquent une implication potentielle de troupes turques en Syrie, ce qui pourrait mener à une confrontation militaire élargie entre la Turquie et la Syrie ainsi qu'à une intervention militaire « humanitaire » sans réserve de l'OTAN, dont la mise en oeuvre serait coordonnée avec l'insurrection.

Un reportage détaillé sur l'évolution de la situation en Syrie sera publiée sous peu par Mondialisation.ca.

Article original en anglais publié le 15 août 2011:
BREAKING NEWS: NATO and Turkey Support Armed Rebels in Syria. Campaign to Recruit Muslim "Freedom Fighters"

 

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca


Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca