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vendredi, 23 décembre 2016

GEOPOLITIQUE: LES CONSEQUENCES DE LA CHUTE D'ALEP POUR L'EUROPE

 

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Quels liens et quelles conséquences stratégiques entre la reprise d'Alep et la vente au Qatar de près de 20 % du capital de Rosneft ?

Par le Général JEAN-BERNARD PINATEL.



La Bataille d’Alep marque un tournant décisif dans le conflit syrien. Le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad n’est plus un préalable à la fin du conflit. Les Russes ont désormais toutes les cartes en main pour imposer leur solution. Cette victoire des forces syriennes appuyées par la Russie contre les islamistes radicaux va avoir des conséquences géopolitiques considérables pour le Moyen-Orient et pour l’Europe. Le premier effet concret s’est traduit ce 10 décembre 2016 par la vente de 19,5% des actions de Rosneft au Qatar.

La Turquie avait anticipé cette victoire. Erdogan, dès le 9 août, était allé à Canossa, pardon à Saint-Pétersbourg, après avoir exprimé ses « regrets » à Vladimir Poutine fin juin concernant le sukkoi 24 abattu par son aviation. Poutine lui a rendu la politesse le 10 octobre en se rendant à Istanbul où les deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur engagement à mener à bien le projet de gazoduc russo-turc TurkStream, qui doit acheminer le gaz russe vers l’Europe en passant par la mer Noire, ainsi qu’à la construction par la Russie de la première centrale nucléaire turque.

De leur côté, confrontés à l’efficacité de l’intervention militaire russe de septembre 2015 qui contrastait avec les atermoiements d’Obama en Syrie et le peu d’efficacité de son action de soutien militaire à l’Irak, les dirigeants qataris comprenaient que leur stratégie de soutien aux Frères musulmans et aux wahhabites en Syrie allait les conduire à leur perte. Et que dorénavant, pour vendre leur gaz à l’Europe, il faudrait trouver un accord avec la Russie car c’est elle qui a les cartes en main pour autoriser ou interdire la construction d’un gazoduc terrestre pour acheminer son gaz vers les pays de l’Union Européenne (1).

Après une première visite de l’émir Tamim bin Hamad Al-Thani à Moscou en janvier 2016, ce rapprochement s’est traduit, le 6 septembre, par la signature d’un accord militaire entre les deux pays, au cours d’une visite du ministre qatari de la Défense, Khalid bin Mohammad Al-Attiyah, à l’occasion du Forum international militaire et technique « ARMÉE-2016 », à Moscou. « Nous avons signé un accord de coopération militaire avec la Russie, mais il ne comprend pas l’achat d’armes », a ainsi indiqué Saoud Bin Abdallah al-Mahmoud, l’ambassadeur du Qatar à Moscou. Toutefois, s’agissant d’éventuels contrats d’armement, rien n’est fermé du côté de Doha, le diplomate ayant assuré que son gouvernement examinerait cette « possibilité » (2).

Mais l’acte majeur de ce rapprochement à la portée géopolitique considérable s’est traduit samedi 10 décembre 2016 par la conclusion d’un accord de vente de 19,5% des actions de Rosneft à la Qatar Investment Authority (QIA). Cette vente s’est faite au prix de 11,37 milliards de dollars qui rentrent dans les caisses de l’Etat russe qui en avait bien besoin. Le Qatar est désormais le second actionnaire de Rosneft après l’Etat russe.

Pour comprendre la signification géopolitique exceptionnelle de cet accord, un rappel historique et économique s’impose.

Trois pays – la Russie, l’Iran et le Qatar – possèdent 50% des réserves mondiales de gaz naturel (3). Les trois sont désormais alliés économiquement et stratégiquement, ce qui marque l’échec de la stratégie de l’Union européenne de diversification de ses sources d’approvisionnement de gaz naturel inspirée et voulue par les Etats-Unis et l’Otan.

En effet, la Russie est déjà le premier fournisseur de l’Union européenne avec 40% des importations, qui représentent 20% de la consommation totale de gaz de l’Union européenne. Compte tenu de la hausse de la consommation dans l’Union européenne et de l’épuisement du gisement gazier en Mer du Nord, cette dépendance énergétique de l’UE vis-à-vis de la Russie devrait fortement s’accroître dans les prochaines années. La Commission européenne estimait en effet que, d’ici 2040, 70% des besoins énergétiques de l’UE devraient être assurés par les importations, contre 50% aujourd’hui.

Cette dépendance était inacceptable pour les stratèges américains pour lesquels la création d’une Eurasie annoncerait la fin de leur suprématie mondiale et l’arrivée d’un troisième grand acteur sur la scène mondiale qui perturberait leur tête-à-tête d’adversaire-partenaire avec la Chine.

Pour les stratèges américains et les atlantistes européens, le Qatar, avec 24300 milliards de m3 de réserves prouvées qui lui assurent 154 ans de production au rythme actuel, était la solution. A condition toutefois de construire un gazoduc, car la liquéfaction et le transport en bateau via le détroit d’Ormuz et le canal de Suez rendaient le gaz qatari non concurrentiel avec le gaz russe. Selon des informations du journal libanais Al-Akhbar publiées en 2012, les Qataris avaient établi un plan, approuvé par l’administration Obama et l’UE visant à construire un gazoduc vers l’Europe via la Syrie. Ce gazoduc terrestre aurait traversé l’Arabie Saoudite, puis la Jordanie, en évitant l’Irak pour arriver à Homs en Syrie, d’où il aurait bifurqué dans trois directions : Lattaquié sur la côte syrienne, Tripoli au nord du Liban, et une troisième branche via la Turquie vers l’Europe. Mais Bachar El-Assad refusait d’autoriser ce transit.

Désormais, les cartes sont redistribuées et rien ne s’oppose plus à ce que le gaz qatari rejoigne en Turquie le gazoduc TurkStream et vienne alimenter les besoins énergétiques de l’Union européenne. Dans un proche avenir, parions que les Européens vont lever leurs sanctions économiques contre la Russie.

Il aura fallu une guerre de cinq ans, des centaines de milliers de morts en Syrie et des attentats terroristes en Europe pour que s’impose par la force ce qui aurait dû se décider par la raison. Car tant dans la lutte contre l’islam radical que sur le plan économique, l’alliance russe est vitale pour que la voix de l’Europe existe à nouveau sur la scène internationale.



Jean-Bernard Pinatel | 12 décembre 2016


Général (2S) et dirigeant d’entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d’intelligence économique. Il est l’auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

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(1) Pour certains auteurs, ce projet de gazoduc et le refus d’Assad de le laisser traverser la Syrie aurait été l’un des facteurs déterminants de la guerre en Syrie.

(2) En savoir plus ici.

(3) Russie : 22,8% soit 47 500 milliards de m3 ; Iran : 15,9% soit 33 800 milliards de m3 ; Qatar : 11,7% soit 24 300 milliards de m3.

 

Source: ATLANTICO.FR

mercredi, 14 décembre 2016

ALEP: POURQUOI LES OCCIDENTAUX MENTENT-ILS A PROPOS DE LA LIBERATION DE LA VILLE SYRIENNE ?

 

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PARIS, France (11h43) – L’Occident, les États-Unis, les ONG et l’ONU sont en deuil. Depuis hier, la presse mainstream, les ONG et même l’ONU s’alarment sur le sort réservé aux terroristes à Alep-Est. Pour cela, ils disent tous la même chose, un mantra décliné en population civile, avec la précision selon laquelle les femmes et les enfants sont victimes d’exactions. L’ONU parle de 82 civils tués. La vérité est qu’ils n’ont rien pour apporter des preuves de leurs dires. En réalité, des mensonges.

Tout d’abord, il n’y a pas eu et il n’y aura aucune crise humanitaire à Alep. Si les ONG insistent tant à propos, c’est simplement parce que leur business est terminé. Elles ont tellement volé de l’argent aux gens crédules que maintenant, pour justifier les dons, il va falloir inventer autre chose. C’est en cela que la chute d’Alep Est leur fait très mal.

La guerre enrichit les démocraties autoproclamées. La guerre enrichit les ONG. Ainsi, la fin de la guerre à Alep, ville plus grande que Paris et ses banlieues, en superficie notamment, sera un manque à gagner consistant. C’est aussi la preuve que certaines organisations dites caritatives, qui ont fait leur blé grâce à la guerre en Syrie, vont voir fondre les dons. Pas besoin de les citer, elles ont pignon sur rue en France et sont les soutiens, clairement, des terroristes en Syrie.

L’Est d’Alep est complètement détruit. Ce n’est pas le fait des bombardements russo-syriens comme mentionné ici ou là, mais plus le fait des terroristes qui s’y sont installés et tout ruinés. Les pays qui soutenaient les terroristes pensent aujourd’hui à la reconstruction. Ils savent que désormais, il faut se rapprocher du Gouvernement Assad pour profiter de ce gâteau. Leur passé est à leur défaveur. Ils ont fait détruire cette zone et espéraient gagner ces marchés de reconstruction. C’est ballot. La Russie les a laminé sur ce terrain…

Allain Jules sur mamafrika.tv.

Petit échantillon des larmes françaises, ici.

Autre mensonge, dénoncé par le journaliste libanais Said Hilal Alcharifi.

« Un nouveau lapin est sorti hier du chapeau du magicien. Les images qui dénoncent un horrible massacre que l’AAS aurait commis aux sorties des couloirs humanitaire à Alep-Est contre 79 civils seraient en fait des images des exécutions des civils lors de la prise de Palmyre par Daech, l’année dernière 2015.
Regardez bien et comparez. 

Ils sont tellement en colère qu’ils ont perdu la raison. »

 

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Le massacre d’Alep qui est en fait la reprise de la boucherie du 24 mai 2015, à Palmyre, par Daesh !

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Un journaliste syrien nous propose une photo du vrai rôle de l’armée syrienne à Alep:

 

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École minée par les « rebelles modérés », si chers à la France :

 


 
 
Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL.COM

mardi, 20 septembre 2016

LIBYE: L'OFFENSIVE ANTI-KADHAFI DE 2011 BASEE SUR «DES POSTULATS ERRONES»

 

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© Stefan Rousseau, AFP | Nicolas Sarkozy et David Cameron aux côtés de Mustafa Abdul-Jalil, président du Conseil national de transition libyen, lors d'une visite éclair à Benghazi, en Libye, en septembre 2011.

 

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/09/2016

 

Dans un rapport publié mercredi, des parlementaires britanniques accablent l’intervention militaire menée par le Royaume-Uni et la France en Libye en 2011 contre l'ex-chef de l'État libyen Mouammar Kadhafi.

 

"La stratégie du Royaume-Uni fut fondée sur des postulats erronés et sur une analyse partielle des preuves". Dans un rapport publié mercredi 14 septembre 2016, des parlementaires britanniques ne mâchent pas leurs mots pour critiquer l'intervention militaire britannique en Libye en 2011. La Commission des Affaires étrangères a ainsi relevé plusieurs erreurs dans le processus décisionnel qui a amené Londres à intervenir militairement en 2011 avec la France – alors dirigée par Nicolas Sarkozy – et le soutien des États-Unis, officiellement pour protéger les civils réprimés par le dictateur Mouammar Kadhafi.

L'ancien Premier ministre David Cameron en prend pour son grade : "Il [le gouvernement] n'a pas pu vérifier la menace réelle que le régime Kadhafi faisait peser sur les civils; il a pris au pied de la lettre, de manière sélective, certains éléments de la rhétorique de Mouammar Kadhafi; et il a échoué à identifier les factions islamistes radicales au sein de la rébellion", écrivent les parlementaires dans leur rapport.

David Cameron dans le collimateur des parlementaires britanniques

Selon Crispin Blunt, le président de la commission, le gouvernement Cameron aurait pu privilégier d'autres options qui auraient amené à de meilleurs résultats. "Un engagement politique aurait pu permettre de protéger la population civile, de changer et de réformer le régime à un coût moindre pour le Royaume-Uni et la Libye", estime-t-il. "Le Royaume-Uni n'aurait rien perdu en suivant ces pistes, au lieu de se focaliser exclusivement sur le changement de régime par des moyens militaires", a-t-il affirmé dans un communiqué.

David Cameron aurait aussi dû savoir que les islamistes radicaux allaient chercher à profiter de la rébellion, estime la commission, selon laquelle il n'existe pas d'indication que la nature de la rébellion ait été correctement analysée par Londres. David Cameron est donc "le responsable final de l'échec à développer une stratégie cohérente en Libye", jugent les députés.

L'ancien Premier ministre conservateur n'a pas voulu témoigner devant la commission, évoquant "un emploi du temps chargé", selon le rapport. D'autres acteurs politiques majeurs sont en revanche venus témoigner devant la commission : l'ancien ministre de la Défense Liam Fox et celui des Affaires étrangères William Hague, ainsi que l'ancien Premier ministre Tony Blair.

Ce dernier a déclaré à la commission avoir joint par téléphone Mouammar Kadhafi en février 2011 pour tenter de le convaincre d'abandonner le pouvoir. "Nous n'avons pas vu d'éléments prouvant que le Premier ministre d'alors, David Cameron, ait tenté d'exploiter les contacts de M. Blair", dit la commission.

Nicolas Sarkozy aussi épinglé par le rapport britannique

Le rapport n'est pas beaucoup plus tendre à l'égard de l'ex-président français Nicolas Sarkozy, fer de lance de l'opération militaire en Libye. Les parlementaires britanniques citent notamment les conclusions d'un conseiller d'Hillary Clinton après une conversation avec les services de renseignements français. Selon le rapport britannique, Sidney Blumenthal a détaillé auprès de la secrétaire d’État américaine d'alors les motivations du président français, qu’il résume en cinq points : accéder au pétrole libyen ; accroître l’influence de la France en Afrique du Nord ; servir son propre intérêt politique en France ; fournir à l’armée française l’occasion d’asseoir sa position dans le monde ; couper court aux ambitions de Kadhafi visant à supplanter la domination de la France sur l’Afrique francophone. Aucune mention donc de la protection des civils réprimés par Mouammar Kadhafi, officiellement brandie pour justifier une intervention militaire sur le sol libyen.

L'échec de la transition post-Kadhafi en Libye est également un sujet sensible aux États-Unis, où Hillary Clinton a dû répondre à des accusations après l'attaque de l'enceinte diplomatique américaine de 2012 à Benghazi, dans laquelle l'ambassadeur américain Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués. L'actuelle candidate démocrate à la présidence, qui était secrétaire d'État du président Barack Obama au moment des faits, a dû témoigner dans un climat tendu devant le Congrès, et l'opposition républicaine a dénoncé un scandale politique.

En Libye, cinq ans après la chute et la mort de Mouammar Kadhafi, le chaos continue de régner dans le pays où le gouvernement d'union nationale (GNA), soutenu par l'ONU, peine à asseoir son autorité sur l'ensemble du pays depuis son installation en mars à Tripoli. Mardi, les forces du gouvernement non reconnu qui siège dans l'Est se sont emparées du dernier des quatre terminaux du Croissant pétrolier, des installations cruciales pour l'économie du pays situées entre Benghazi et Syrte, une ville d'où les forces du GNA tentent depuis quatre mois de chasser le groupe jihadiste État islamique (EI) qui en avait fait son bastion.

 

Avec AFP

 

Source: FRANCE 24

jeudi, 07 avril 2016

AFFAIRE GUY-ANDRE KIEFFER: LE GROS CANULAR

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Manipulations, intox, campagnes médiatiques mensongères, etc. La disparition le 14 avril 2004  »sur le parking d’un supermarché » du journaliste franco-canadien qui enquêtait, dit-on sur la filière café cacao, avait fait le tour du monde. Tous les médias nationaux et internationaux s’en faisaient l’écho. Cette affaire, chou gras de ceux qui trouvent à manger et à boire à tous les râteliers et en toutes circonstances, resurgissait chaque fois que le président Laurent Gbagbo posait une action d’envergure sociale allant dans le sens de l’émancipation de son pays vis-à-vis de la tutelle française.

Tous les écrits convergeaient dans un seul sens et pour un seul unique but : salir le Président Laurent Gbagbo, son épouse, son entourage pour affaiblir son pouvoir sensé ne pas faire l’affaire des occidentaux. Guy-André Kieffer cet anonyme journaliste devient alors célèbre sans aucun passé glorieux sur son talent et sa disparition une affaire d’État pour ces journaux occidentaux et locaux qui soutiennent l’opposant Alassane Ouattara. Une affaire si infâme que le président Gbagbo est amené à la qualifier de  »chiffon rouge ». De quoi s’était-il agit, pour ne plus que les mêmes qui en avaient un épouvantail continuent d’en faire écho. En fait, Guy-André Kieffer était une barbouze pion de la Françafrique juste bon à liquider pour servir la cause de l’hexagone.

Décrit avec une bi-nationalité franco canadienne, l’on n’a jamais compris pourquoi c’est la France seule, et pourquoi pas le Canada, qui défende son cas. Et très vite, l’opinion avisée se rendit compte que la France, comme un charognard se servait de cette macabre affaire, pour exister dans la crise ivoirienne de laquelle le président Laurent Gbagbo l’avait réduite au silence avec une certaine maestria politique. L’on a fait disparaître  – et non lui tirer une balle dans la tête si l’intention était vraiment de le réduire au silence – cet homme dont on dit qu’il s’échinait à décrypter les malversations au sein de la filière café-cacao. GAK de ses initiales aurait été aperçu pour la toute dernière fois alors qu’il pénètre dans le parking d’un centre commercial d’Abidjan, où il a rendez-vous avec Michel Legré  »le beau-frère de la Première Dame de l’époque Simone Gbagbo ». Beau frère de la Première dame Simone Gbagbo. Petit rajout mais grand dommage causé à l’image de marque des officiels ivoiriens présentés comme de vulgaires voyous de quartier mal famé payés pour assassiner.

Le 28 mai 2004 Michel Legré,  »beau-frère de Simone Gbagbo, épouse du chef de l’Etat », est inculpé pour « complicité d’enlèvement », « séquestration » et « assassinat » par la justice ivoirienne, puis placé en détention. Le  11 oct 2004, il est mis en examen pour « enlèvement et séquestration » par le juge Patrick Ramaël. Et le 28 oct 2005, Michel Legré est … mis en liberté provisoire. Depuis cette date d’avril 2004 à la prise du pouvoir par Alassane Ouattara en avril 2011, sept années se sont écoulées. Et de la prise du pouvoir à la réélection d’Alassane Ouattara cinq autres années sont passées. Et toujours rien. Ni sous le pouvoir, ni sous et pendant le régime Ouattara. Quel est donc cet homme dont la disparition ameutait le monde entier et qui subitement n’intéresse plus personne ? C’est à croire que Laurent Gbagbo a été enfermé dans sa cellule de prison de la Cour pénale internationale (Cpi) avec Guy-André Kiefer. Et pourtant quelle bile et médisance les médias français n’ont-ils pas déversé sur l’ancien couple présidentiel ivoirien. Laurent et Simone Gbagbo ont fait les frais de lourds soupçons. Mais en réalité n’étaient que des rumeurs. Plus les journalistes français s’improvisaient enquêteurs, plus les fausses pistes se multipliaient. Dès lors les chasseurs de primes entrent en jeu. Le 13 janv 2006 un certain Jean-Tony Oulaï Ivoirien de nationalité et se disant ex-capitaine de l’armée, est mis en examen par le même juge Ramaël. Le 29 août 2006, des  »indiscrétions annoncent que les auteurs auraient été identifiés par le juge Ramaël, lequel serait en possession d’une liste de 17 personnes.

Le 23 août 2007 sur France 3 une chaîne publique française, le sieur Berté Seydou se présente comme le chauffeur d'un commando dirigé par Jean-Tony Oulaï, qui aurait enlevé Kieffer, l'aurait détenu deux jours « à la présidence à Abidjan » puis transféré dans une ferme et tué. Le 17 novembre 2008  la justice ivoirienne lance un mandat d'arrêt international contre Berté Seydou pour « déclarations mensongères tant à la presse française qu'au juge Ramaël ». Le 23 avril 2009 Mme Simone Ehivet-Gbagbo l'une des principales cibles de la calomnie est entendue à Abidjan par le juge français Patrick Ramaël. Tellement il y avait de quoi à boire et à manger dans l'affaire, même le juge d'instruction de l'époque, Patrick Ramaël, se plaisait à multiplier les voyages à Abidjan, parfois aussi à Bouaké anciennement zone rebelle. Mais ses enquêtes s'étant soldée sans résultats, le juge Patrick Ramaël est sommé de rendre le tablier, le 1er septembre 2013, jour d'expiration de son mandat décennal. Un brin mélancolique Ramaël part laissant derrière lui un goût d'inachevé. Ce d'autant la famille de Guy-André, n'en pouvant plus multiplie les courriers à François Hollande.

Dans la dernière missive adressée en janvier, la famille montre son agacement. « D'autant plus agaçant, soupire Bernard Kieffer, que les autorités ivoiriennes ont sous la main la plupart des protagonistes ». A commencer par l'ex-First Lady, en résidence surveillée à Odienné (Nord), ou celui qui fut le caïd de sa sécurité rapprochée Anselme Seka Yapo, dit « Seka Seka », détenu au secret. A la vérité, plus personne ne comprend ce qui pourrait bloquer l'enquête, ce d'autant que les suspects n°1 et 2 sont respectivement emprisonnés à La Haye en Hollande (Laurent Gbagbo) et Odienné (à cette époque pour Simone Gbagbo). Mais là où le ridicule manque de tuer c'est lorsque, le vendredi 6 janvier 2012, des enquêteurs trouvent des squelettes dans le village d'Issia à 360 km à l'ouest d'Abidjan, et sont sensés être ceux du journaliste franco canadien. Le choix n'est pas fortuit. Issia est le village natal de deux proches du Président Laurent Gbagbo. Il s'agit de Paul Antoine Bohoun Bouabré et Désiré Tagro.

Mais la découverte se fait précisément dans le ville du premier cité qui lui a réussi à s'échapper pour s'exiler en Israel. Tagro ayant péri le 11 avril 2011 sous les balles des rebelles, Laurent et Simone Gbagbo étant emprisonnés, il ne restait plus que Bouabré à porter le pêcher d'Israël. Mais là, la trouvaille se découvre inopérante dans le plan conçu pour accabler le couple Gbagbo. Les échantillons prélevés des squelettes sont transférés en France, précisément à Nantes, pour des analyses médico-légales à l'effet de déterminer si oui ou non, il s'agit des restes de Guy-André Kieffer. Mais là aussi la déception est grande. Les expertises ADN montrent que le squelette exhumé le 6 janvier en Côte d'Ivoire n'était pas celui de Guy-André Kieffer, selon Me Alexis Gublin, avocat du frère du journaliste franco-canadien enlevé en 2004. « L'expertise ADN est négative. Le corps retrouvé n'est pas celui de Guy-André Kieffer", a déclaré l'avocat de Bernard Kieffer ». Et depuis, le mensonge semble s'estomper. Pour reprendre de plus belle certainement le temps que Laurent Gbagbo revienne au Pouvoir par un coup du sort. De toute évidence ni la France ni la Côte d'Ivoire ne se préoccupent plus de cette affaire qui avait fait couler tant de salive et d'encre.

 

Source: IVOIREPOST.COM

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Deuxième information, extraite de la dernière chronique de Hassane Magued, (qui malheureusement ne s'exprime plus depuis le 9 octobre 2015).

 

Diendéré et l’assassinat de Guy-André Kieffer

 

Afin que la Famille Kieffer arrête de chercher dans tous les sens, nous donnons la présente information sans aucun commentaire. Selon les informations qui circulent dans le milieu des renseignements, Guy André Kieffer n’a pas été assassiné par des militaires Ivoiriens. Son exécution a été assurée de main de maître par des mercenaires Burkinabè. Au moment de l’assassinat, ces hommes faisant partie de la garde rapprochée des membres de la rébellion ivoirienne exerçaient à Abidjan. Récemment, nous avons appris qu’ils sont issus des RSP burkinabè. Le meurtre a été commandité par un ministre actuel en fonction.

Dans le courant du mois de mars 2015, dans un bar privé sis au-dessus du Restaurant appelé Respako dans la Commune de Cocody précisément aux II Plateaux à Abidjan, il s’est vanté en présence de témoins et langue dioula d’avoir réussi cet exploit de neutraliser Kieffer qui les gênait à l’époque et fait porter le chapeau à Simone Gbagbo en instrumentalisant Légré Michel, beau-frère de Simone Gbagbo, lequel a rejoint depuis 2011 les services de renseignement du pouvoir en place. Selon toujours les renseignements disponibles, le Général Gilbert Diendéré et certains des officiers impliqués aux côtés des rebelles ivoiriens peuvent en dire beaucoup sur la mort du journaliste français.

Une seule question se pose désormais. Pourquoi la France dont les éléments de la DGSE sont à Abidjan en contact avec tout l’appareil politique continue-t-elle de couvrir l’auteur de ce crime que vous pouvez deviner aisément ?
Naturellement, on ne devrait pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur la présence des deux plus grandes caches d’armes du régime situées au "Black Market d’Ajamé" et destinées aux civils proches du pouvoir pour les besoins des élections à venir, de deux autres caches d’armes dédiées aux armes lourdes à Assinie et à Minignan dans le Nord, caches d’armes autour desquels gravitent des mercenaires étrangers très connus par les renseignements internationaux pour leur implication dans les massacres de civils en Afrique centrale.

Mieux, on ne peut pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur le dispositif de guerre civile mis en place par le régime actuel, dispositif dont les premiers éléments spécialisés dans le massacre de civils sont les « Microbes », une milice tribale tuant depuis quelques mois à visage découvert et en patrouille à Abidjan, lesquels sévissent sous la protection du pouvoir en place avec une formation et un mode opératoire taillés sur le Modèle des génocidaires Interahamwé du Rwanda.

Dans tous les cas, Diendéré est la boîte de pandore. Elle pourrait s’ouvrir si les bonnes questions lui sont posées. Mais qui aura intérêt à lui poser les bonnes questions et à le faire parler ?
A lui seul, il constitue la bibliothèque la mieux fournie du crime de sang en Afrique de l’Ouest. Qui donc osera ouvrir cette boîte de pandore ?

A Très Bientôt.

 

Hassane Magued. 

La révolution Permanente.

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 19 novembre 2015

ATTENTATS DE PARIS: ON SE FOUT DE NOTRE GUEULE !

 

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Visionnez simplement ces deux vidéos et vous comprendrez. Déprimant mais réel ! J'ai dit depuis le début, aux premières heures d’après, que les attentats de Paris sont un autogoal de la terreur mené par les gouvernants (Hollande et Valls en tête) pour amener le peuple français à brader sa liberté à des lois liberticides, au nom de la sécurité, et pour le compte du nouvel ordre mondial illuminati et antichrist. Wait and see ! Idem pour l’attentat de Charlie Hebdo, en début d’année 2015, et pour les Tours Jumelles, le 11 septembre 2001, aux Etats-Unis. En voici la preuve par quatre.

L’opération a été finement et rondement menée par l’exécutif français, avec l’appui de l’Assemblée nationale et du Sénat (le contraire est IMPENSABLE!), sous la férule et l’expertise des Etats-Unis dont la France n’est plus désormais que l’élève, la marionnette et le caniche de service, mais cela ne peut tromper les esprits avisés et anticonformistes!

Il ne faut, néanmoins, pas voir que ces attentats dans leur forme violente et circonscrite. Il s'agit d'un projet beaucoup plus étendu, un projet global, planétaire, dont l'objectif est de mettre en place le vieil objectif illuminati du "Contrôle total 666" (Apocalypse 13), visant à dominer les hommes et à les soumettre à des maîtres tyranniques, qui ne sont plus très loin d'être révélés au monde.

La réponse à ces attentats est toujours planétaire et internationale. Avez-vous remarqué ? Les hommes de la terre jouent gros sur leur liberté dans ce programme satanique, sous-tendu par cette devise démoniaque connue dans les milieux ésotériques: l'ordre par le chaos.

Je le dis sans détour: notre monde est gouverné par des hommes et des femmes sans morale. Notamment, la France et la totalité des pays de l’OTAN ! Que DIEU garde nos peuples ! Fernand Dindé.


Grave accusation sur Hollande au sujet des attentats. RT Deutsch (Russia Today).

 


Le jouet de l'Empire: Isis - Daesh - Daech - EI… Création, financement, armement...

 

Voir cette autre vidéo très significative:


 

Lire également cet article stupéfiant (cliquer sur):

Le Bataclan, vendu le 11 septembre 2015 et bien plus encore

jeudi, 28 novembre 2013

LA FRANCE A L’OREE DU CHAOS

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 Le babillage des nervis du TJ


Je suis parfois ébaubi par les journalistes et les gratte-papiers français, pour le motif que ces scribouilleurs à la solde, d’une ingénuité désarmante, ont la manière d’exprimer sans détour les rapports de force les plus compliqués pour ensuite mieux les embrouiller. Et ces tabellions font des lignes de reportage et des minutes de babillage au télé-journal  tant et aussi longtemps que l’un d’entre nous comprend (1).

Ainsi, la France est engagée dans un grand remue-ménage économique, politique, social et juridique. La petite bourgeoisie le sent confusément et elle l’exprime expressément avec mission de propager la pensée de ses maîtres et d’exposer les dangers venus des Cités et des régions éloignées de la capitale (2).

Ces resquilleurs hurlent, du Finistère à Paris-Cité, de St-Étienne à Marseille-barricadée, de Perpignan jusqu’à Quimper-révoltée; ils hurlent leur douleur amère que le grand capital ne soit nullement reconnaissant pour tous ces sévices  rendus du temps du développement florissant, quand seule la classe ouvrière était pressurée – surtaxée – imposée – vilipendée  et matraquée…

Moyenne et petite bourgeoisie soumises aux fourches caudines de l’austérité

Imaginez que les grands financiers s’en prennent à leur plus fidèle alliée, la moyenne bourgeoisie du commerce et de l’industrie régionale. Celle qui sous-traite pour les grands industriels, celle qui développe de nouveaux produits, de nouveaux marchés, qui une fois à maturité sont absorbés  par le grand capital monopolisé.

Les grandes familles de rentiers parisiens, par Assemblée Nationale interposée, s’en prennent à leurs plus loyaux affidés, la petite bourgeoisie paupérisée, maintenant que tous les autres y sont passés (ouvriers, travailleurs, employés, salariés) (3).

La pseudo «classe moyenne» (qui n’a jamais existé) la petite bourgeoisie citoyenne, compagne de lit des grands partis, crie son désarroi de voir la gauche déconfite se vautrer dans l’auge du petit capital –  vendant sa peau en lambeaux – sacrifiant ses appuis électoraux si chèrement décomptés lors du dernier bal électoral. Lisez plutôt : «Après l’écotaxe toujours aussi pugnace Mélenchon est solidaire du "petit patronat qui tire la langue". Mais que font le Front de Gauche, le PCF et les autres de la gauche mosaïque à propos de l'écrasement fiscal du petit épargnant que représente la taxation prévue des ventes de terrains à bâtir? ». Rastignac – Cahuzac serait de retour, annoncent  les nouveaux «prolos», piliers de bistros de la rue Soufflot (4).

Les communistes seront présents

Pourtant, malgré tout ce vent soufflant du Morbihan, quand trente à quarante mille manifestants en colère se rassemblent à Quimper, fièrement coiffés du Bonnet Rouge des insurgés,  affrontant la flicaille, ce bras armé de l’État policier, brisant les radars et jetant du pavé contre la préfecture effrayée, le devoir du militant communiste authentique c’est d’être devant avec les manifestants, faisant le coup de brique contre les riches.

Que notre classe sociale – la classe ouvrière – massivement représentée dans ce combat, ne soit nullement dirigée en tant que classe pour elle-même, avec ses propres mots d’ordre et défendant ses propres intérêts de classe, cela est su et connu. Ça fait plus de cinquante ans qu’ils y militent les réformistes. C’est justement la raison pour laquelle tout communiste qui se respecte doit faire le coup de pavé avec les révoltés. Nul endroit où notre classe se soulève où nous ne soyons présent. Il sera toujours temps à la fin de la manif, ou à la pause syndicale, d’expliquer pourquoi nous avons participé à l’échauffourée sans tergiverser. D’autres sacrifices nous attendent avant que nous n’en ayons fini avec ces malappris de la pseudo gauche tiers-parti.

Comprenez camarades, ce n’est pas nous communistes qui avons le fardeau de la preuve de l’innocuité des mots d’ordre réformistes réclamant plus de justice de la part des riches, moins de taxes et plus d’emploi pour la Bretagne et le Finistère, et pour la France toute entière. Contre l’externalisation et contre la délocalisation industrielle; contre les fermetures d’usines, contre la dette systémique et contre la crise endémique; contre les taxes et les impôts, ces trop lourds fardeaux sur les épaules de trop peu de gens travaillant (y compris nos camarades immigrants).

Le patronat régional et le petit bourgeois local trahiront

Ceux qui présentement dirigent le mouvement en Bretagne et proposent de manifester dans un champ abandonné à Carhaix (5) – aussi loin que possible de l’ennemi de classe et de ses préfectures – ne pourront pas contenir la colère populaire; et ils oublient que pour des camionneurs rien n’est plus aisé que de rouler vers les lieux et les symboles du pouvoir assiégés – en Bretagne d’abord, à Paris ensuite et à Bruxelles enfin. Le devoir de tout communiste est d’être là, présent parmi la classe, pour indiquer la voie que les petits et les moyens bourgeois ne prendront pas – au moment crucial – fatidique – le moment où tout bascule vers l’avenir – vers l’insurrection nécessaire (6).

Souvenez-vous camarades, la crise économique s’approfondit, l’écroulement approche. L’État bourgeois – leur état-major – frappe et grappille afin de transférer du capital au grand capital. Les politiciens français s’engagent à en transférer davantage que leurs concurrents d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, du Portugal ou de Grèce. Défi homérique en effet. Ces États sont tous en collusion et en concurrence les uns contre les autres au sein même de l’Union Européenne. Bruxelles ne fait que réguler la joute interne et organiser le Front commun (National) externe des riches continentaux contre les concurrents et contre les ouvriers européens – français – bretons – quimpérois y inclus.

La classe ouvrière ayant été pressurée au maximum,  il ne reste que la petite et la moyenne bourgeoisie à surtaxer afin d’assurer le flot de capital en direction des conseils d’administration des grandes familles de rentiers monopolistes français et européens.  La petite et la moyenne bourgeoisie se sentent trahies et elles critiquent Mélenchon de ne pas les protéger; et elles menacent de rallier Marine Le Pen si les ploutocrates parisiens ne leur laissent pas leur miche de pain. Ce que la grande bourgeoisie européenne ne peut leur concéder. La concurrence internationale est beaucoup trop exacerbée. La Chine veille au grain et n’attend qu’un dernier regain avant l’effondrement définitif de l’impérialisme américain, pour s’emparer de la direction de l’impérialisme «souverain».

La bourgeoisie bretonne tient bien peu de place dans ces manigances transnationales. Elle devra se résigner et passer à la caisse pour payer son suzerain de ses deniers durement valorisés à la sueur du front des ouvriers.

C’est ici que nous vous espérions camarades

C’est précisément là que nous communistes nous attendons nos camarades.  Si d’ici là nous avons fait correctement notre travail d’information, d’explication des enjeux, d’énonciation de mots d’ordre fructueux, de mobilisation et d’organisation des révoltés, alors quand les ouvriers verront tous ces petits bourgeois se dégonfler et abandonner le combat devant les représailles de l’État policier, ils se tourneront du côté de ceux qui les auront accompagnés tout au long de ce triste périple réformiste sans pour autant commettre de compromis – pour rallier les rangs des ouvriers communistes déterminés et joindre l’insurrection incontrôlée. Debout les forçats de la faim.


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La semaine prochaine: SURABONDANCE DE CAPITAUX DANS LES PAYS OCCIDENTAUX

Pour lire les éditoriaux de Robert Bibeau http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


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(1)    http://www.pressegauche.org/spip.php?article15746 et aussi
http://www.atlantico.fr/rdv/revue-analyses-financieres/1-point-croissance-facture-pessimisme-francais-ceux-qui-essaient-faire-quelque-chose-ceux-qui-entretiennent-jean-jacques-netter-902881.html
(2)http://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-france-de-francois-hollande-au-bord-du-chaos_1299075.html
(3)http://www.francetvinfo.fr/economie/transports/ecotaxe/la-france-est-elle-au-bord-de-la-revolution_459456.html
(4)    Ventes de terrains : le retour de la loi Cahuzac ?
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/11/17/ventes-de-terrains-le-retour-de-la-loi-cahuzac-ii-49384.html
et pour rappel : http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/09/26/temp-394e6c8efce2eeb91017d488af4e270f-49256.html

(5)  http://tempsreel.nouvelobs.com/france-la-crise-sociale/20131115.OBS5645/apres-quimper-les-bonnets-rouges-a-carhaix-le-30-novembre.html

(6) http://actualutte.com/une-autre-vision-des-bonnets-rouges/

 

Robertbibeau@hotmail.com

 

Robert Bibeau, le 27 novembre 2013


Source: LES 7 DU QUEBEC

14:39 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Canada, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, france, canada, la france à l’orée du chaos, robertbibeau | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 06 juin 2013

LA CPI ADMET A MOTS COUVERTS N'AVOIR AUCUNE PREUVE CONTRE GBAGBO - NOUVELLE TARTUFFERIE DE L'INJUSTICE INTERNATIONALE


ERIC MC DONALD ET FATOU BENSOUDA.jpg


La CPI admet à mots couverts n’avoir aucune preuve contre Gbagbo - Nouvelle tartufferie de l’injustice internationale - Généreusement financée par Ottawa avec nos impôts


Devant la vacuité du dossier préparé par le substitut Éric MacDonald, et par la procureure Fatou Bensouda, les juges de la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) ont renvoyé leurs deux procureurs refaire leurs devoirs. Malgré le généreux salaire que leur paient les commanditaires de ce tribunal factice, les juges ont été obligés d’admettre, dans leur décision du 3 juin 2013, l’absence de preuves assez solides pour inculper formellement Laurent Gbagbo. Comme quoi il est difficile de trouver suffisamment de carpettes aussi véreuses que MacDonald ou la juge de Gurmendi, qui a bien essayé de tordre le bras à ses deux collègues, mais sans succès. Elle a dû rendre une opinion dissidente. Certaines personnes, comme les juges Hans-Peter Kaul et Christine Van den Wyngaert, tiennent encore à leur réputation, à défaut de s’intéresser sincèrement à la justice.

Évidemment, à moins de ne pas être informée du dossier, toute personne honnête, saine d’esprit et douée d’un minimum de sens critique sait parfaitement que les rôles ont été complètement inversés et que, dans le dossier de la Côte d’Ivoire, les criminels poursuivent la victime à La Haye, siège de la CPI et capitale de la honte du genre humain. La prostitution légalisée ne se limite pas au Red Light District d’Amsterdam. Les Pays-Bas sont une grosse putain qui loue une prison à des clients sans scrupule en échange de quelques dollars. Les criminels qui devraient être immédiatement incarcérés — à une autre époque, on les aurait envoyés sommairement à l’échafaud, et ils le mériteraient amplement, vu les crimes de masse qu’ils commettent sans cesse —, ce sont les chefs des États voyous de l’OTAN, comme Stephen Harper et ses acolytes. La victime, qui est un démocrate, un révolutionnaire et un pacifiste de la stature de Gandhi et qui est, pour cette raison, gardée en otage par les criminels, c’est Laurent Gbagbo.

Mais alors, me direz-vous, s’ils n’ont pas de preuves contre Gbagbo, ils doivent le libérer. Oui, si la CPI était un vrai tribunal, c’est ce qui se produirait. Mais la CPI n’est pas un tribunal. C’est le repaire de l’injustice internationale. Une sorte d’enclos où l’on parque les Africains empêcheurs de piller en rond. Il faut comprendre, avant tout, ce que le mégasyndicat international du crime, association mafieuse d’oligarques basée à Wall Street, essaie de faire avec les organisations internationales. Les organes de l’ONU, comme la CPI, existent pour soustraire le mégasyndicat aux lois et à l’obligation de rendre des comptes normalement associée à toute utilisation des deniers publics faite par un gouvernement responsable. La CPI n’a de comptes à rendre à personne d’autre qu’à ses vrais patrons, c’est-à-dire ses bâilleurs de fonds, comme le gouvernement d’Ottawa et l’oligarque George Soros, qui ne lui demandent pas de rendre justice, mais de se conformer à leurs objectifs criminels.

Les contribuables qui financent la CPI n’ont pas le droit de savoir comment leur argent est employé. La CPI est à l’abri de toute vérification et de toute autorité ministérielle ou parlementaire. Elle agit à la fois comme tribunal de première instance et tribunal d’appel. C’est un instrument de tyrannie aux pratiques opaques et incestueuses. Avec la complicité des mythomanes et des perroquets des médias, que le mégasyndicat tient bien en laisse avec son fric, eux aussi, elle peut prendre des décisions qui sont le contraire de la logique et de la justice sans être inquiétée. Elle peut s’appuyer sur de fausses preuves gardées secrètes pour dire n’importe quoi. L’affaire Gbagbo n’est pas la première fois qu’elle le fait, et ce ne sera certainement pas la dernière non plus. Alors, vous comprenez bien qu’il n’est pas question de libérer Laurent Gbagbo, qui avait des projets passablement nuisibles pour le mégasyndicat, notamment pour les amis de M. Harper chez Canadian Natural Resources et chez Total, où des gens comme Gary Filmon, Frank McKenna et la famille Desmarais se remplissent les poches en pompant le pétrole du golfe de Guinée à peu de frais.

Gbagbo restera emprisonné encore au moins dix mois

Au lieu de respecter le principe de l’habeas corpus, qui date de la Magna Carta, il y a 800 ans, les juges dignes du Moyen-Âge et de l’Inquisition de la CPI gardent Laurent Gbagbo en prison et donnent un peu plus de temps à la procureure et son substitut pour fabriquer de fausses preuves matérielles et inventer des mensonges moins ridicules. Ils ne veulent pas avoir l’air trop fou, quand même. Ils doivent se demander quelle mouche a piqué leurs patrons pour qu’ils ne se donnent même pas la peine de soudoyer des experts et de faire de faux rapports balistiques ou de fausses autopsies. Savoir mentir est pourtant l’ABC de l’injustice internationale. Gbagbo restera en prison encore au moins dix mois, jusqu’en avril 2014, le temps que le cirque finisse de préparer ses numéros et que le dompteur cesse de ressembler à un clown. Les juges considèrent qu’une durée de deux ans et demi d’enquête pour trouver les preuves d’un grand massacre est normale. Le droit de Laurent Gbagbo à être jugé dans un délai raisonnable serait, selon eux, respecté. Ils prennent vraiment le public pour une bande de pauvres tarés.

Pendant la fameuse crise postélectorale, de décembre 2010 à avril 2011, l’armée française et les mercenaires à casque bleu survolaient constamment Abidjan avec leurs hélicoptères. Ils prenaient des photos des positions de l’armée ivoirienne et disposaient aussi de satellites. Pire encore, l’endroit où le carnage était le plus intense était le quartier Abobo, où les tueurs de Ouattara, amis de Sarkozy et de l’ONU, régnaient sans partage. Dès février 2011, il était donc facile pour les Français et l’ONU d’y faire des enquêtes sans même demander la permission de l’armée et de la police ivoirienne. Mais il est certain qu’on n’a pas envie de faire enquête lorsque les assassins appartiennent au camp de celui qu’on veut dépeindre comme un honnête homme et installer à la présidence.

Les faux humanitaires de Human Rights Watch et des autres ONG à gages, eux aussi rémunérés par Soros et les États voyous — tiens, tiens, quelle coïncidence —, lançaient violemment diverses accusations contre Gbagbo. Ils prétendaient avoir découvert des charniers ou s’indignaient avec horreur des massacres de femmes à la mitrailleuse lourde qui avaient été prétendument commis par les « pro-Gbagbo ». Cela ne faisait aucun doute, à les entendre. Tous les médias le répétaient sans cesse. Or, depuis le 11 avril 2011, n’ont-ils pas eu le temps d’identifier et d’autopsier les cadavres et de faire diverses autres expertises ? Il est évident qu’il n’y a aucune preuve contre Laurent Gbagbo, sinon on les aurait trouvées depuis longtemps. On ne les a pas trouvées, donc il faut les fabriquer, et la forgerie accuse du retard, ce qui est très embarrassant.

J’ai téléphoné au porte-parole de la CPI, Fadi El Abdallah, un amuseur bien dressé pour fournir les réponses qu’on lui a fait répéter comme à un mauvais comédien. Il m’a redit les excuses alambiquées de la CPI pour ne pas libérer Gbagbo en attendant son éventuel procès. Tout d’abord, me précise M. Abdallah, « Gbagbo n’est pas emprisonné ; il est seulement détenu. » Jolie nuance. Le principal intéressé sera sans doute heureux d’apprendre qu’en fin de compte, il est libre entre quatre murs.

Les juges considèrent que Laurent Gbagbo risquerait de ne plus vouloir participer à leur tartufferie d’injustice s’il était libéré. Il s’enfuirait et, disposant de puissants moyens, nuirait aux enquêtes. Quels puissants moyens ? Seraient-ce les puissants moyens que Gbagbo a utilisés lorsque les hélicoptères français bombardaient outrageusement sa résidence, en avril 2011, c’est-à-dire rien d’autre que s’abriter au sous-sol ? Quelle puissance ! Seraient-ce les armes inventées par les faux experts de l’ONU qui accusent sans preuve matérielle les pro-Gbagbo de comploter au Liberia, au Mali ou au Ghana pour renverser Ouattara ? Laurent Gbagbo n’a pas un rond, son parti politique subit une violente répression et ses anciens collaborateurs sont soit morts assassinés par les rebelles à la solde de Ouattara, soit incarcérés et torturés, soit forcés à vivre en exil, où leurs parents et amis, simples citoyens n’ayant pas collectivement le millième de la fortune de Soros, s’efforcent de leur envoyer de quoi se nourrir, se loger et se vêtir modestement. Mais, selon M. Abdallah, les juges disposeraient de preuves secrètes sur les puissants moyens de Laurent Gbagbo. Que c’est donc pratique, le secret, quand on n’a de comptes à rendre à personne ! Parions que je fais partie du « puissant réseau » au service de Laurent Gbagbo.

En fait, les juges de la CPI sont parfaitement conscients qu’ils gardent prisonnier un innocent qui est immensément populaire et qui a la sympathie, voire l’admiration de centaines de millions de personnes que le cartel médiatique s’emploie à museler. Ils savent qu’une fois libéré, Laurent Gbagbo mobiliserait non pas des armées de mercenaires, mais des foules d’Ivoiriens aux mains nus et qu’il serait facilement porté au pouvoir en Côte d’Ivoire, si la démocratie y était vraiment respectée. Après deux années de dictature Ouattara, les Ivoiriens en ont plus que soupé de son gouvernement ethnique, de ses pratiques génocidaires, du vol de leurs biens, de leur maison et de leurs terres, de la corruption multipliée par dix, de la fausse justice, de la fraude électorale massive, de la vie sous les tentes du HCR et de la croissance économique qui ne bénéficie qu’aux multinationales et à une clique de sangsues.

La CPI menteuse et elle-même criminelle

Les juges invoquent comme prétexte pour maintenir Laurent Gbagbo en détention que celui-ci n’a pas renoncé à la présidence. Pourquoi devrait-il y renoncer ? C’est un crime de vouloir briguer les suffrages ? En somme, la CPI a, parmi ses pouvoirs autoattribués saugrenus, le droit de disqualifier des candidats potentiels à la présidence d’un État souverain. Pire encore, elle décide par décret pontifical du résultat de la dernière élection présidentielle. Par la voix de la précieuse ridicule Bensouda et contre toute logique — puisque, comme l’a si bien souligné Laurent Gbagbo, il faut savoir qui a perdu l’élection pour pouvoir dire lequel des deux candidats a semé le trouble —, la CPI a annoncé au monde qu’elle n’examinerait pas la question de la supposée victoire de Ouattara, même s’il existe des preuves indubitables de fraudes massives commises par les partisans armés de ce dernier, dans la zone du pays sous son emprise, en novembre 2010. Bref, le résultat de l’élection du 28 novembre 2010 fait partie des dogmes intouchables de l’Église de la sainte Vérité.

FRANçOIS BROUSSEAU.jpg

Le propagandiste expert François Brousseau répand sur les ondes et dans les pages de Radio-Canada un dogme de l’Église de la sainte Vérité, envers et contre les faits et la logique la plus élémentaire. Laurent Gbagbo a été en toute légalité déclaré vainqueur au second tour de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire, seule institution de ce pays habilitée à proclamer le résultat définitif de l’élection. Des fraudes massives relevées par tous les observateurs ont été commises dans la zone du pays sous l’emprise des rebelles de Ouattara. Mais François Brousseau a tout de même le culot d’annoncer à son public captif et naïf que « Laurent Gbagbo […] refuse obstinément de reconnaître sa nette défaite aux urnes ».

Ce gros mensonge passe comme une lettre à la poste, à l’instar de nombreux autres mensonges proférés régulièrement par Radio-Canada pour aider Bay Street à réaliser des bénéfices mirobolants. Grâce à l’aide de François Brousseau, le gouvernement du Canada a pu financer sans que les contribuables regimbent l’oligarque terroriste Ouattara, que Brousseau a fait passer pour un « ancien dissident politique [ayant payé] courageusement de sa personne son combat politique », ce qui est archifaux. Les deniers publics canadiens ayant aidé Ouattara à renverser Laurent Gbagbo dans un bain de sang, le renvoi d’ascenseur ne s’est pas fait attendre : la multinationale Canadian Natural Resources a pu signer de juteux contrats d’exploitation pétrolière dans le golfe de Guinée.

En dépit du droit international, dont la souveraineté des États est un principe fondamental, en dépit du droit ivoirien et en dépit du bon sens le plus élémentaire, la CPI, qui n’a de comptes à rendre à personne d’autre que de grands criminels, s’arroge le droit de nier la décision du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire, seule institution habilitée à proclamer le résultat de l’élection présidentielle. Pire encore, la CPI refuse la décision des autorités ivoiriennes légitimes non pas à l’issue d’une enquête et d’une procédure, mais par simple déclaration sommaire d’une grotesque arriviste affublée du titre de procureure.

Les jacassements des perroquets médiatiques et les déclarations d’un fonctionnaire corrompu de l’ONU sont les raisons sur lesquelles la CPI s’appuie pour dire que Gbagbo a perdu l’élection. Les faits et les décisions judiciaires n’ont apparemment aucune importance à ses yeux. En toute objectivité et sans risquer de se tromper, on peut dire que la CPI encourage le non-respect du droit et le chaos. Que sa procureure avalise sommairement un coup d’État sanglant comme s’il s’agissait d’une démarche démocratique est une invitation aux Africains à ne pas respecter leurs Constitutions et les lois qui en découlent. Mieux vaut faire la guerre et prendre le pouvoir par les armes, comme Ouattara l’a fait, plutôt que de demander un recomptage des voix, comme Gbagbo. Vous aurez ensuite le sceau d’approbation de Mme Bensouda. Ce comportement de la part d’une personne censée représenter la justice serait, dans n’importe quel pays qui se respecte, un motif tout à fait valable pour radier cette personne du barreau. Néanmoins, la fourberie de la CPI ne s’arrête pas là.

Dans son communiqué du 3 juin, la CPI invente un nouveau terme ayant manifestement pour but de protéger le caïd ivoirien du mégasyndicat : « les groupes armés opposés aux forces pro-Gbagbo ». Pardon ? Vous avez dit les « anti-pro-Gbagbo », en somme. Mais pour qui bossaient-ils, ces terroristes génocidaires malpropres et analphabètes qui tuaient et tuent encore les ethnies jugées favorables à Laurent Gbagbo ? Tout le monde sait qu’ils bossaient pour un dénommé Alassane Ouattara et ses généreux parrains de l’OTAN, dont Stephen Harper, j’insiste pour le dire, est l’un des plus enthousiastes. L’argent des contribuables canadiens a servi à massacrer des Ivoiriens.

La circonlocution adoptée par la CPI pour désigner les « pro-Ouattara » est révélatrice de son refus de reconnaitre l’évidence, soit le fait que, depuis 2002, Ouattara est le grand chef, d’abord officieux, puis officiel, d’une bande de terroristes sanguinaires. Pourquoi la CPI emploie-t-elle ce vocabulaire créatif ? Parce qu’elle veut mettre les vrais coupables, Ouattara et ses alliés de l’OTAN, à l’abri des poursuites. Son intention est limpide. Les « pro-Ouattara » deviennent des « anti-pro-Gbagbo », et la CPI ne poursuivra jamais personne d’autre que des sous-fifres dans le camp de Ouattara et de l’OTAN. Faut-il le répéter, la CPI n’est pas un tribunal ; c’est le repaire de l’injustice. Ça crève les yeux.

Preuve que la CPI ne fait pas vraiment enquête sérieusement et qu’elle se contente d’incriminer faussement l’empêcheur de piller en rond Laurent Gbagbo, le substitut MacDonald, coqueluche en puissance de Radio-Canada et peut-être même futur candidat d’un parti politique semant au Québec la gangrène fédéraliste néocoloniale, n’a même pas mis les pieds dans un camp de réfugiés, où des dizaines de milliers de victimes l’attendent pour lui expliquer ce qu’ils ont subi aux mains des barbares de Ouattara. Pour MacDonald, les réfugiés n’existent pas. Le massacre de Duékoué est un épisode secondaire du conflit sanglant en Côte d’Ivoire. Ce qui compte, ce sont les racontars médiatiques.

Combien de temps encore les contribuables québécois accepteront-ils de verser des impôts à Ottawa pour financer l’injustice internationale ? Combien de temps encore le gouvernement de Québec, qui se dit souverainiste, fermera-t-il les yeux sur les crimes de masse auxquels participe Ottawa avec l’argent qu’il nous soutire sans que jamais nous n’ayons accepté démocratiquement de faire partie de la fédération canadienne ? Combien de temps encore les journalistes de Radio-Canada continueront-ils de mentir effrontément au public qui leur verse leur généreuse rétribution ? Quel avenir préparons-nous à nos enfants en nous taisant devant les tartufferies de l’injustice internationale, ce qui fait de nous objectivement des complices des pires crimes contre l’humanité ?


Laurent Gbagbo s’adresse en toute simplicité aux juges de la CPI et leur donne une leçon magistrale de démocratie et de probité. Sa vie durant, il a lutté pacifiquement pour la démocratie, pour la primauté du droit, pour la souveraineté du peuple ivoirien et pour l’Afrique. Il rappelle aux juges et à l’équipe de la procureure que le litige issu de l’élection du 28 novembre 2010 est au coeur de l’affaire et que la CPI ne saurait juger Laurent Gbagbo sans d’abord faire la lumière sur cette question.

« Madame la procureure a dit une phrase qui m’a un peu choqué, en disant que nous ne sommes pas là pour voir qui a gagné les élections et qui ne les a pas gagnées. Mais on ne peut pas parler, on ne peut pas débattre de la crise postélectorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées.

« Qui a gagné les élections ? Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé le trouble. Je crois que c’est ça, la logique. Donc, la question est là : Qui a gagné les élections ? […] quand je demandais qu’on recompte les voix, ce n’était pas une phrase en l’air. »


Bernard Desgagné


Source: VIGILE.NET

dimanche, 02 juin 2013

UNE AUTRE VISION DU MONDE - EUX ET NOUS

monde,pas mal perçu,une autre vision du monde,eux et nous,les occidentaux et les africains,racisme



Quand ils font la guerre, elle devient mondiale;
Quand ils ont une opinion, elle est internationale;
Quand ils s'expriment, ils le font au nom de la communauté
internationale.

Quant à leurs valeurs, elles sont universelles.
 
Quand ils ont une crise, elle est mondiale.
 
Quand ils parlent d'eux, c'est une langue. Quand ce sont les autres, c'est forcément des dialectes.
 
Leurs fruits ont des noms du genre pommes, abricots, pèches. Ceux de
l'Afrique sont exotiques, sauvages.
 
Ils se sont installés de force en Amérique, au Canada, en Australie, en
Afrique du sud, en Amérique du sud et ils nous traitent d'immigrés.
Lamentable!
 
Quand ils viennent chez nous, ils disent qu'ils sont expatriés et quand
c'est nous qui allons chez eux, ils nous traitent d'immigrés.
Mesquinerie quand tu nous tiens!
 
Ils disent d'eux qu'ils sont en situation irrégulière dans un autre
pays. Et quand il s'agit de nous, ils disent que nous sommes des sans
papiers, des clandestins.
 
Quand ils s'attaquent à l'occupant, ce sont des résistants et quand
nous on s'attaque à l'occupant, nous sommes des terroristes.
 
Ils sont les seuls à pouvoir se doter des bombes atomiques et,
bizarrement, ce sont les autres qui fabriquent et utilisent des "armes de
destruction massive".
 
Quand ils les combattaient, il y a à peine un demi siècle, on
les appelait homosexuels, pédé. Et maintenant qu'ils les acceptent, on les appelle gays. Moi avant, j'étais un homme, maintenant, je suis un hétéro.

Quand ils croient en Dieu, le monde entier doit croire en Dieu. Et
maintenant qu'ils n'y croient plus, le monde entier devrait accepter le
mariage entre deux personnes de même sexe. Croire en Dieu est devenu ringard.
 
Quand on se met tout nu avec un cache-sexe, nous sommes des sauvages.
Et quand c'est eux, ils font du naturisme.
 
Quand nos femmes se voilent, nous les opprimons. Quand les leurs se
voilent, ce sont des saintes (soeurs).
 
Quand ils y régnaient, on parlait de noble art. Depuis que nous les
terrassons, on parle de boxe tout court.
 
Quand ils nous prêtent de l'argent, ils parlent d'aide. Quand ils
viennent nous piller, ils nous parlent de partenariat ou d'accord de
partenariat.
 
Quand ce sont eux qui le font, c'est du lobbying. Quand c'est nous,
c'est de la corruption, du clientélisme, du népotisme.
 
Ils traitent nos scarifications (marque de reconnaissance ethnique) de
sauvages. Aujourd'hui, ils pratiquent le tatouage à outrance.
 
Ils disent chez eux que la femme est plus libre, mais ils oublient que
le corps de la femme se vend en vitrine à Amsterdam et, aujourd'hui, pour une pub de yaourt, on a droit à un sein nu. Quel culot!
 

Auteur inconnu.

jeudi, 23 mai 2013

QUI GOUVERNE REELLEMENT LA FRANCE ET L'EUROPE?

europe,france,Qui gouverne réellement la France?,Qui gouverne réellement la France et l’Europe, une conférence de François ASSELINEAU, président de l’Union Populaire Républicaine (UPR), le 27 avril 2012 à Saint Amour


Qui gouverne réellement la France et l’Europe, une conférence de François ASSELINEAU, président de l’Union Populaire Républicaine (UPR) version entièrement réenregistrée et remontée présentée le 27 avril 2012 à Saint Amour.

Comment la France a transféré la majeure partie de ses pouvoirs aux responsables européens et aux lobbies? Comment une poignée de groupes contrôle les médias?


Vidéos à voir absolument, à partager et à conserver ! ! !

europe,france,qui gouverne réellement la france?,qui gouverne réellement la france et l’europe,une conférence de françois asselineau,président de l’union populaire républicaine (upr),le 27 avril 2012 à saint amour


Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 1/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 2/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 3/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 4/4

 

Source: UNION POPULAIRE REPUBLICAINE (UPR)

mercredi, 08 mai 2013

SARKOZY DEMANDE L'ASILE AU CANADA

NICOLAS SARKOZY.jpg

 

L’information a été confirmée ce mardi à Paris après que trois perquisitions visant l’ex-président aient été menées par des policiers de la Brigade financière dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy n’a pas assisté aux perquisitions puisqu’il était parti la veille «en famille au Canada», a indiqué son avocat, Thierry Herzog, dans un communiqué. 

Il semble que Sarkozy a de nouveau été aidé par ses amis richissimes pour l’aider au cours d’une situation de crise personnelle. Selon le Daily Mail, ils auraient trouvé refuge à Montréal, auprès d’un milliardaire canadien Paul Desmarais, âgé de 86 ans. 

«Son richissime ami Paul Desmarais lui prête un chalet niché à une heure de Montréal, au coeur de la forêt de Morin Heights, dans les joliment nommés Pays-d’en-Haut», annonçait récemment l’hebdomadaire Le Point. 

Desmarais, est le chef de la direction des médias et des services financiers de l’entreprise géante “Power Corporation” au Canada, et pèserait plus de 25 milliards d’€. 

Sarkozy a souvent parlé de Desmarais comme son mentor, en disant en 2008: «Si je suis président aujourd’hui, c’est en partie grâce à Paul Desmarais». En Février 2008, Nicolas Sarkozy l’avait d’ailleurs largement remercié en lui décernant la Légion d’honneur. 

Parallèlement, une des filles de Desmarais, Sophie, a été mariée à Eric Le Moyne de Serigny, un ancien conseiller proche de Sarkozy, qui a également été impliqué dans l’affaire Bettencourt. Au cours de sa présidence, Nicolas Sarkozy a souvent été accusé d’avoir été uniquement  intéressé par les super-riches. 

Le juge Jean-Michel Gentil estime que Mme Bettencourt a peut-être contribué illégalement à deux paiements distincts de 500000€ lors de la campagne de M. Sarkozy pour l’élection de 2007. Tous deux ont été attribués à des comptes en Suisse, et un aurait été reçu par Sarkozy en personne à Paris. 

L’ex président est également confronté à des allégations selon lesquelles il a profité de ventes illégales d’armes au Pakistan, et qu’il a accepté 50 millions d’euros de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

Sarkozy nie toutes les accusations. 


Al Manar via Le journal du siècle 

 

Source: ALTERINFO.NET

13:38 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Canada, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : france, canada, sarkozy demande l'asile au canada, nicolas sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 17 avril 2013

DEUX ANS APRES LA RECOLONISATION DE LA COTE D'IVOIRE, LE RESULTAT DE LA DEMOCRATIE DES BOMBES (2)

 

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Chronique de Bernard Desgagné, dimanche 14 avril 2013 - Partie B

 

En aout et en septembre 2011, je suis allé seul et à mes frais pendant un mois au Ghana, pays voisin à l’est de la Côte d’Ivoire. J’ai pu rencontrer là-bas des Ivoiriens forcés de s’exiler. En plus de parler à de nombreux réfugiés, dans les camps et à l’extérieur, j’ai pu m’entretenir avec le coordonnateur de programme à la commission ghanéenne des réfugiés (Ghana Refugee Board), M. Tetteh Kwao Padi, ainsi qu’avec M. Kelly Forson, directeur du camp de réfugiés Ampain, près du village d’Esiama, dans le Sud-Ouest du Ghana. Le camp se trouve également non loin de la municipalité de Nkroful, lieu de naissance de Kwame Nkrumah, père de l’indépendance du Ghana. D’autres camps de réfugiés ivoiriens se trouvent au Libéria et au Togo, et des Ivoiriens vivent en exil forcé dans beaucoup d’autres pays.

L’afflux de réfugiés ivoiriens dans les pays voisins a commencé en février 2011. Les réfugiés sont de toutes les classes sociales. J’ai rencontré des agriculteurs, des militaires, des étudiants, des enseignants, des ménagères, des commerçants, des fonctionnaires, des élus municipaux et des ministres. Ils ont dû fuir leur pays par crainte d’être persécutés ou tués en raison de leur appartenance ethnique ou politique ou même en raison de leur appartenance à un groupe social.

Par exemple, un étudiant universitaire du quartier de Yopougon, à Abidjan, m’a dit qu’il avait fui après avoir vu des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) contrôler les cartes d’identité, pour repérer les gens appartenant aux « mauvaises ethnies » et procéder à des arrestations massives. Ces arrestations ont donné lieu à des détentions arbitraires prolongées, à de la torture et à des exécutions sommaires, au vu et au su d’Alassane Ouattara et de la communauté internationale™.

Les Ivoiriens qui se trouvent dans les camps de réfugiés souffrent beaucoup de leur exil, notamment de privations matérielles, sanitaires et alimentaires. Mais ils n’osent pas rentrer dans leur pays par crainte de subir le même sort que les déplacés de Nahibly. Ils ont perdu leurs biens, leurs terres, leurs économies et leur travail. Leurs habitations ont été détruites ou confisquées.

Les médicaments et les traitements médicaux sont insuffisants ou ne sont pas disponibles. Les enfants n’ont pas accès à un système d’éducation normal. Les adolescents et les jeunes adultes sont désoeuvrés et tombent facilement dans la consommation de drogue et la prostitution. Les témoins de crimes graves et les personnes les plus impliquées politiquement se savent très menacées par le gouvernement, les tueurs à gages, les tortionnaires et les pantins judiciaires d’Alassane Ouattara.

Un problème entièrement attribuable à Ouattara, ses rebelles et ses commanditaires

M. Padi, le coordonnateur de programme, m’a indiqué premièrement que le problème des réfugiés ivoiriens au Ghana était survenu en même temps qu’Alassane Ouattara s’emparait du pouvoir par la force. Un petit nombre de réfugiés sont d’abord arrivés au début de 2003, après le déclenchement de la guerre civile. Il n’y avait jamais eu de réfugiés ivoiriens au Ghana avant cette année-là. Mais ce n’est qu’en février 2011 que les réfugiés ont commencé à affluer. M. Padi m’a confirmé aussi que tous les réfugiés appartenaient aux ethnies considérées comme favorables à Laurent Gbagbo, par exemple, les Wê, les Bété et les Attié, ou étaient associés au Front populaire ivoirien.

Certaines personnes pourraient croire que les Malinké et les autres partisans de Ouattara n’ont pas eu à vivre en exil parce qu’à partir de septembre 2002, les rebelles régnaient sur la zone CNO (Centre, Nord et Ouest) de la Côte d’Ivoire. Toutefois, cette perception est fausse. En fait, les partisans de Ouattara ne souffraient d’aucune persécution dans la zone gouvernementale, et ils y vivaient nombreux, à l’instar de Ouattara lui-même, qui disposait d’ailleurs d’une généreuse rente d’ancien premier ministre et de toute la latitude voulue pour s’organiser politiquement.

À l’inverse, il ne faisait pas bon vivre dans la zone CNO pendant les huit années où les chefs de guerre y faisaient la loi. Les seuls à se plaire là-bas étaient probablement les chefs eux-mêmes, leurs hommes et leurs complices, qui s’engraissaient avec le racket et la contrebande et qui avaient ravagé l’administration et les services publics. Voici, à ce sujet, la description de la vie dans la zone des rebellesque fait George Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne, envoyée par la France pour « s’interposer » et toujours présente en Côte d’Ivoire aujourd’hui :

Le problème de la zone nord, c’est qu’il n’y avait plus d’organisation administrative […] Comme les bandes armées des Forces nouvelles avaient pillé tout ce qui représentait l’administration […] on arrivait à trouver dans le marché de Bouaké des beignets emballés dans des extraits de naissance. […] c’était aussi un moyen, en écrasant toute forme d’administration, de semer le désordre et la zizanie, et de faire continuer une instabilité chronique militaire, sécuritaire, dans toute la moitié nord du pays. […]

Comme il n’y avait aucun contrôle de l’administration […] c’était une espèce d’anarchie totale, la Banque de Bouaké a été mise à sac, puis après la Banque de Man dans l’Ouest du pays. Des millions de FCFA ont été dispersés dans la nature. Il fallait que nous parvenions à négocier avec des gens qui étaient responsables de ces mises à sac. […]

Est-ce que c’était des voleurs, des violeurs et des pilleurs ou des vrais combattants […] Mon avis c’est que c’était tout sauf des combattants. Et qu’ils ont absolument mis à sac la partie nord du pays. Je me souviens très bien d’être allé dans le Nord-Est de la Côte d’Ivoire, dans une ville qui s’appelle Bouna, où c’était absolument la terreur qui régnait. C’était une bande armée qui faisait régner un semblant d’organisation. Et la population était effarée, terrée chez elle. C’était des exécutions sommaires. Dans le Nord du pays, c’est le porte-parole de l’ONU qui me le disait à l’époque, on a retrouvé des conteneurs remplis de prisonniers exposés en plein soleil.

[…] je dis souvent que la zone nord était une zone de non-droit, une terra incognita. Pendant des semaines, on ne savait plus ce qui se passait dans le Nord. C’était quand même assez inquiétant. […] De temps en temps, il y avait des circulations de bus qui allaient d’une zone à une autre. Mais les gens étaient rackettés systématiquement dès qu’ils passaient la zone de confiance. Je pense sincèrement que le président Gbagbo a toujours voulu construire, maintenir l’unité du pays. Et que c’était son objectif, qu’il n’a pas eu d’autre objectif politique que ça.

Donc, le problème en Côte d’Ivoire est attribuable entièrement à Alassane Ouattara, ses rebelles et leurs commanditaires étrangers, en particulier la France. L’ONU elle-même, du moins ses fonctionnaires plus ou moins corrompus par les grandes puissances occidentales, fait partie des grands responsables du sort des Ivoiriens. Tant que Ouattara et ses chefs de guerre seront au pouvoir, les réfugiés et les autres exilés ivoiriens ne pourront pas rentrer dans leur pays.

La cinématographie hollywoodienne et l’OTAN

Ceux qui connaissent le parcours héroïque du grand personnage qu’est Laurent Gbagbo le voient avec beaucoup de douleur assis dans le box des accusés de la CPI, alors que son bourreau, Alassane Ouattara, et les chefs de guerre de ce dernier vaquent tranquillement à leurs activités criminelles. Comment peut-on en arriver là sans désaveu massif de l’opinion publique dans les pays occidentaux, où l’on se dit pourtant attaché aux principes d’une justice indépendante et impartiale et au respect des droits de la personne ?

Les récits construits par la formidable machine de propagande de l’OTAN, dont font partie tous les grands médias du Québec sans exception, sont calqués sur la cinématographie hollywoodienne la plus primaire. Dans le scénario type, l’origine de tout conflit armé est un être abject, dictateur de profession et protagoniste d’une tragédie où s’affrontent ethnies, sectes ou religions. Nous en avons connu plusieurs au cours des dernières années : Juvénal Habyarimana, Slobodan Milosevic, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Bachar Al-Assad et, bien entendu, Laurent Gbagbo.

Les ONG et les médias occidentaux investissent beaucoup de temps et d’énergie à occulter les faits et à imputer au monstre les pires atrocités. La répétition incessante des mêmes mensonges fait que le public finit par y croire et perd tout sens critique, même devant les trucages les plus maladroits. Beaucoup de journalistes y croient aussi. Dans une guerre, les premiers à se faire laver le cerveau sont toujours les soldats.

Les insurgés en lutte contre le monstre, qui sont encouragés, armés, financés et appuyés militairement par l’OTAN ou ses affidés, commettent eux-mêmes un grand nombre d’atrocités qui sont avérées, à la différence des atrocités inventées. Mais le scénario s’en accommode parfaitement pour au moins cinq raisons.

Premièrement, on peut imputer plus ou moins subtilement au supposé monstre diverses atrocités commises par ses adversaires, les insurgés. Les ONG et les médias occidentaux affectionnent particulièrement le conditionnel et l’imprécision de la forme passive, qui se prêtent bien à l’inversion de la réalité.

Deuxièmement, les insurgés ont une cause légitime, qui est de mettre fin aux atrocités du monstre. À l’instar de Rambo, ils peuvent s’autoriser divers excès « compréhensibles » dans leur entreprise vengeresse.

Troisièmement, les exécutants ne sont soumis à aucune chaine de commandement officielle, ce qui permet d’absoudre leur grand chef, c’est-à-dire celui qui remplacera le monstre.

Quatrièmement, tout se joue en réalité sur le terrain militaire, et la propagande n’est qu’un volet de la stratégie militaire. Que ceux qui affrontent le monstre soient des truands ne les empêchera pas de le vaincre s’ils disposent de moyens militaires nettement supérieurs. L’objectif visé par l’OTAN sera donc atteint malgré tout.

Cinquièmement, si le préfet nommé par l’OTAN s’avise un jour de désobéir aux injonctions du grand capital occidental, on dispose d’un dossier accablant contre lui pour lui faire subir le même sort que son prédécesseur. On n’aura qu’à dépoussiérer les passages incriminants des rapports des ONG que les médias auront jusque-là occultés ou justifiés implicitement par les injustices et les horreurs attribuées au monstre.

Bref, malgré les ficelles et les décors de carton-pâte que les victimes muselées par les médias pointent du doigt en hurlant de douleur et d’indignation, le scénario hollywoodien appliqué par la machine de propagande de l’OTAN parvient très bien à endormir le public cible, même lorsque les insurgés ne sont rien d’autre que de vulgaires criminels.

La diabolisation de Gbagbo et de ses partisans

La Constitution de la Côte d’Ivoire, approuvée à 87 % par la population, lors d’un référendum, en 2000, est un document juridique exemplaire, qui n’a rien à envier aux Constitutions des États occidentaux, et certainement pas à la Constitution monarchiste du Canada, où le peuple n’est même pas mentionné. À l’article 30, la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire dit entre autres que « la République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie et de religion ». Néanmoins, la propagande des médias unanimes du patronat français et de l’OTAN, systématiquement reprise par les médias québécois et canadiens, a diabolisé le premier défenseur de cette Constitution, Laurent Gbagbo, au moyen de diverses légendes, la plus importante étant celle de la fameuse « ivoirité », de la xénophobie et de la discrimination prétendument infligée aux Ivoiriens du Nord. Avec l’aide des ONG et des médias, Alassane Ouattara et ses chefs de guerre ont créé de toutes pièces un conflit interethnique pour masquer leurs objectifs véritables, qui étaient la conquête du pouvoir par les armes, l’enrichissement personnel et le retour en force du système d’exploitation économique occidental.

Dans leur ouvrage intitulé Côte d’Ivoire : Le rattrapage ethnique sous Alassane Ouattara, Gaha Bi Loùkou, Tata Kôkôtré et Océane Siloué démontrent clairement l’absence totale de fondement pouvant étayer la thèse de la dérive ethnocentrique de l’État ivoirien après le décès d’Houphouët-Boigny, autocrate ayant dirigé la Côte d’Ivoire pendant 33 ans et ayant néanmoins été présenté comme un saint par la faune ailéeà bec crochu des médias. À l’inverse, Laurent Gbagbo n’a été président que pendant dix ans, y compris huit années de guerre civile commanditée par la France. Voici ce qu’écrivent Loùkou, Kôkôtré et Siloué au sujet du « rattrapage ethnique » de Ouattara et de sa justification, l’ivoirité.

[…] ce projet de rattrapage remonte au début des années 1990. Il faut rappeler qu’à cette époque, M. Alassane Dramane Ouattara avait des démêlés judiciaires à propos de sa nationalité. En lice pour succéder à Houphouët-Boigny, Alassane Dramane Ouattara a réussi à fédérer autour de sa personne et ses ambitions personnelles le sursaut communautariste de ses frères musulmans du Nord. Ce mouvement a débouché sur la publication d’une Charte dite du Nord, « un brûlot ethnocentriste datant de 1991, période où la bataille de succession à Félix Houphouët-Boigny se met en place. Cette charte éclaire d’une lumière crue une stratégie de conquête du pouvoir fondée dès le commencement sur l’exploitation des oppositions tribales pouvant aller jusqu’à la guerre civile. Cette stratégie, c’est celle d’Alassane Ouattara » (Théophile Kouamouo).

Lier rattrapage ethnique et ivoirité, c’est donc faire preuve de mauvaise foi dans la mesure où la source du rattrapage en tant que mode de gouvernance politique sous Ouattara remonte à 1991, et que l’ivoirité comme concept n’a, en soi, rien d’ignoble ou d’infamant.

L’ivoirité se veut en effet la revendication d’une personnalité culturelle spécifique qui soit le produit parfait de la fusion intelligente de « nos traditions » et de « la modernité ». Au demeurant, l’ivoirité, en tant que projet politique et visée sociétale, n’est ni un concept isolé dans le monde ni une démarche exclusionniste. En effet, du point de vue sémantique, le concept de l’ivoirité se rapproche des vocables tels que la francité, l’arabité, la sénégalité ou même « l’American Way of Life ». Malheureusement, il fut dévoyé par le RDR et ses alliés qui l’ont galvaudé de façon opportuniste et à des fins politiciennes. — Extrait de : Gaha Bi Loùkou, Tata Kôkôtré et Océane Siloué, dir., Côte d’Ivoire : Le rattrapage ethnique sous Alassane Ouattara – Fondements, pratiques et conséquences, L’Harmattan, Paris, 2012, p. 11-12. La citation de Théophile Kouamouo est tirée de son ouvrage J’accuse Ouattara (Le Gri-Gri, Paris, 2012, p. 25-26).

Donc, l’ivoirité est postérieure, et non antérieure, à la Charte du Nord de Ouattara, qui ne peut pas prétendre que cette charte est une réaction de défense contre l’ivoirité. De plus, bien que l’ivoirité n’ait rien d’une idéologie xénophobe, elle n’a de toute façon jamais été invoquée ou promue par Gbagbo, dont les efforts ont plutôt été axés sur la promotion de la démocratie, le progrès économique, la justice sociale, la souveraineté de son pays et la défense de la Constitution, des lois et des institutions. En revanche, le gouvernement ethnique de Ouattara ne cesse de porter atteinte aux droits de ses citoyens et de commettre des violations criantes de la Constitution et les lois du pays.

Non seulement l’ivoirité n’est qu’un prétexte pour les ouattaristes des salles de presse occidentales, mais la discrimination qui serait censée en découler n’a jamais existé. Les ethnies du Nord, c’est-à-dire celles des aires culturelles Gur et Mandé Nord, qui constituent environ 25 % de la population ivoirienne (et non 40 % comme le soutient Ouattara), n’ont jamais fait l’objet d’une discrimination systématique. Au contraire, elles ont été constamment favorisées par les gouvernements d’Houphouët-Boigny, de Bédié de Guéi et de Gbagbo.

À l’aide des sources les plus fiables, notamment les archives nationales de la Côte d’Ivoire, la liste des membres des 38 gouvernements formés du 30 avril 1959 au 13 mars 2012, le Recensement général de la population et de l’habitat ainsi que la publication officielle La Côte d’Ivoire en chiffres, Loùkou, Kôkôtré et Siloué font une autre démonstration claire : « S’agissant de la marginalisation des nordistes sous Laurent Gbagbo, les faits, y compris ceux des régimes antérieurs, contredisent à tous points de vue les accusations portées par Alassane Dramane Ouattara. »

D’Houphouët-Boigny à Guéi, les « nordistes » ont occupé de 22 à 25 % des postes de ministre et ont la plupart du temps été au deuxième rang des ethnies représentées. Mieux encore, les auteurs soulignent que, pendant le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo, « le principal mis en cause par Alassane Dramane Ouattara, les résultats épousent la tendance observée depuis le début, avec une percée fulgurante des Malinké (Mandé Nord) qui occupent la première place (62 nominations) devant les Baoulé (58 nominations) et les Bété (51 nominations) sur l’ensemble des 21 ethnies représentées aux gouvernements [successifs de] Laurent Gbagbo. »

Les auteurs démontrent en outre que « de toutes les régions du pays, le Nord est celle qui a le plus reçu de l’État de Côte d’Ivoire en matière d’appuis politico-financiers et culturels, précisément dans le cadre de la politique de réduction des disparités régionales. Sous ces différents rapports, Laurent Gbagbo a significativement œuvré à la promotion du Nord, alors que le pays était coupé en deux par une rébellion conçue et conduite par des ressortissants du Nord dont Guillaume Soro, Soumaïla Bakayoko, Ibrahima Coulibaly dit IB, Koné Zakaria, Wattao, etc. et pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara lui-même, dixit Koné Zakaria en confession publique (lors d’un meeting) et volontaire » (idem, p. 12-13).

En conséquence, les rebelles et leur grand patron, Alassane Ouattara, n’avaient aucune raison légitime de s’attaquer par les armes à l’État ivoirien, et encore moins de faire subir à la Côte d’Ivoire une violence inouïe à partir du 19 septembre 2002.

Après avoir systématiquement diffamé Laurent Gbagbo pendant une décennie, la presse des pays de l’OTAN a jeté de l’huile sur le feu, pendant la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011, en relayant diverses mises en scène destinées à faire croire au public que les « forces fidèles à Laurent Gbagbo » se livraient à des massacres. Il s’agissait essentiellement de justifier, aux yeux des contribuables qui paient les bombes de l’OTAN, les cruelles sanctions économiques et la funeste opération militaro-terroriste qui étaient déjà au programme.

L’opération militaire a donné lieu à des actes génocidaires planifiés par la France et l’ONUCI, notamment à Duékoué (voir la partie A du présent article). Quant aux sanctions, elles comprenaient l’interdiction de vendre des médicaments à la Côte d’Ivoire. Dans les deux cas, il s’agit de crimes contre l’humanité. Pourtant, on n’entend jamais les ONG occidentales réclamer que Sarkozy et Ban Ki-moon soient traduits devant la justice.

Dans leur plaidoyer en faveur du renversement de Gbagbo par la force, les médias ont notamment présenté une attaque préméditée des insurgés fortement armés de Ouattara, contre le siège de la télévision d’État, le 16 décembre 2010, comme une « manifestation pacifique » réprimée dans le sang par M. Gbagbo. Les Casques bleus de l’ONUCI avaient alors fourni un appui important aux insurgés, ce que les médias occidentaux n’avaient pas relevé.

Les médias ont aussi inventé des charniers inexistants et utilisé des figurants en parfaite santé qu’on aprésentés comme des morts, notamment devant le siège de l’ONUCI, à Sebroko, et lors d’une marche de femmes le 3 mars 2011. Enfin, ils ont passé sous silence les manifestations aussi géantes que pacifiques d’appui au président Gbagbo tenues à Abidjan, par exemple, le 26 mars 2011.

Vu leur complicité enthousiaste dans le coup d’État électoral d’Alassane Ouattara et vu leur surdité devant les nombreuses protestations indignées des Québécois d’origine ivoirienne qui voyaient leurs proches disparaitre ou souffrir le martyre, Radio-Canada, La PresseLe Devoir et les autres grands médias québécois se sont comportés comme une véritable arme de guerre de l’OTAN, dans la conquête des ressources de l’Afrique.

La part du butin obtenue par Ottawa

Comme dans n’importe quelle autre organisation criminelle, les barons de l’OTAN et leurs complices ad hoc se partagent le butin des crimes qu’ils commettent selon leur degré d’implication. Évidemment, le principal bénéficiaire du coup d’État en Côte d’Ivoire est la France, mais le Canada, État voyou ne manquant pas d’ambition néocoloniale, avait néanmoins des objectifs précis d’amélioration des bénéfices de certains actionnaires du gouvernement fédéral.

Poussés par les vrais patrons du Canada, à Bay Street, Stephen Harper et sa radiotélévision de propagande ont été parmi les plus pressés de féliciter Alassane Ouattara pour sa fausse victoire et d’accuser Laurent Gbagbo d’être un tricheur, avant la déclaration de Barack Obama et l’injonction de l’ultra-arrogant Nicolas Sarkozy, créature de l’oligarque Paul Desmarais haïe par beaucoup de Québécois. Dès le 4 décembre 2010, Stephen Harper avait fait cette déclaration truffée de gros mensonges et jamais remise en question par aucun parti politique aux Communes :

Le 28 novembre, la population de Côte d’Ivoire a voté lors d’élections présidentielles. Je félicite Alassane Ouattara pour sa victoire à cette occasion, une victoire confirmée par la Commission électorale indépendante, les Nations Unies et des observateurs accrédités [ah oui ?].

Le Canada exhorte toutes les parties du pays à respecter la volonté démocratique de la population ivoirienne et à effectuer une transition pacifique en faveur du gouvernement nouvellement élu. Nous sommes particulièrement préoccupés par des rapports récents de violence et par des couvre-feux imposés à la population.

Le gouvernement du Canada soutient fermement la population ivoirienne et son souhait d’instaurer une solution durable à la crise politique du pays. Le Canada continuera à travailler étroitement avec la communauté internationale afin que la volonté démocratique de la population ivoirienne soit respectée.

Le gouvernement du Canada soutenait la population ivoirienne ? Disons plutôt que le gouvernement du Canada avait l’intention de « soutenir » le terrorisme, au cas où la population ivoirienne refuserait d’obéir et de « transitionner » pacifiquement le pouvoir à l’usurpateur Ouattara. À l’intention de ceux qui pouvaient encore douter de la « victoire » de Ouattara, Radio-Canada appuya la déclaration de Harper : Yao N’Dré, le président du Conseil constitutionnel, était un « proche du président sortant Laurent Gbagbo ». Voilà qui expliquait et justifiait tout, n’est-ce pas ? Quiconque est soupçonné d’un hypothétique copinage mérite d’être massacré. Et dans le copier-coller pédagogique radiocanadien, les partisans de Ouattara commençaient déjà à mettre le feu à des pneus pour la galerie.

Par la suite, les crimes des partisans de Ouattara n’ont pas été seulement des mises en scène pour la galerie. Dès le 16 décembre, comme je l’ai indiqué précédemment, des rebelles lourdement arméstentèrent de s’emparer de la RTI, la télévision d’État ivoirienne. Certains, habillés en civil, se mêlèrent aux manifestants invités à participer à une « marche » et s’en servirent comme boucliers humains, sous les regards approbateurs de Ouattara, installé tranquillement à l’Hôtel du Golf et protégé par les Casques bleus de même que par quelques policiers de la Sûreté du Québec, y compris un dénommé Jérôme Filion.

Le commando invisible d’Ibrahim Coulibaly, qui sera exécuté plus tard par les hommes de son rival Guillaume Soro, au cours d’un règlement de compte typique de n’importe quelle pègre, procédait, dans le quartier Abobo, à divers attentats terroristes contre les membres des forces de sécurité, contre le personnel et les infrastructures de l’État etcontre les ethnies perçues comme favorables à Laurent Gbagbo, sous les yeux des ambassades occidentales, y compris celle d’Ottawa, qui était sans doute parfaitement au courant de la situation réelle. Dans d’autres quartiers, c’étaient les Casques bleus quirépandaient la terreur sous prétexte que la population locale, non armée, faisait entrave à leur travail en érigeant des barrages pour dissuader les terroristes et les autres bandits sévissant partout. Les véhicules et les aéronefs de l’ONUCI ont été abondamment utilisés pour transporter les rebelles et leurs armes.

Qu’à cela ne tienne ! Ottawa décida de financer le commando invisible en fournissant de l’argent — au moins un million et demi de dollars — au « gouvernement Ouattara » pour l’aider à « ramasser les ordures » et à faire face à l’urgence « humanitaire », selon le « ministre » de la rébellion Patrick Achi et la journaliste Sophie Langlois. Évidemment, si Ottawa dépensait ainsi l’argent des contribuables, c’était dans l’espoir d’obtenir un généreux retour sur l’investissement. Pas pour les contribuables, bien sûr, mais pour les multinationales néocoloniales de l’Ouest canadien.

Canadian Natural Resources (CNR), une société basée à Calgary, exploitait déjà, depuis 2003, desplateformes extracôtières dans la zone économique de la Côte d’Ivoire, pour extraire le pétrole du golfe de Guinée, très recherché à cause de sa grande qualité et sa facilité d’extraction. Qui retrouvons-nous, entre autres, au conseil d’administration de CNR ? Deux fossoyeurs notoires de l’accord du lac Meech, respectivement ex-premiers ministres du Manitoba et du Nouveau-Brunswick, Gary Filmon et Frank McKenna.

Les nominations dans divers conseils d’administration et l’enrichissement personnel qui en résulte font partie des récompenses accordées par le grand capital de Bay Street aux marionnettes politiques qui ont su augmenter ses bénéfices. Un jour, ce sera le tour de Stephen Harper d’être récompensé. Soit dit en passant, Frank McKenna, également vice-président du groupe financier de la Banque TD, est membre du club sélect internationalde grands magouilleurs Bilderberg.

Vu l’appétit insatiable des pétrolières et des autres pillards du genre pour le rendement par action, CNR et son valet Harper salivaient à l’idée d’installer au pouvoir un néolibéral convaincu et ancien directeur du FMI comme Ouattara. Et ce même Ouattara ne les a pas déçus. Il s’est montré reconnaissant pour la généreuse aide canadienne au commando invisible. Le 21 février 2012, la société française Total, dont la famille de l’oligarque Desmarais est actionnaire de référence, annonce qu’elle obtient trois permis d’exploitation du pétrole extracôtier, en Côte d’Ivoire, à des conditions avantageuses. Elle se partagera les bénéfices avec la société étasunienne Anadarko et avec… CNR. Uneséance de signature officielle pour célébrer les contrats de bradage est organisée non pas devant les médias et le public ivoiriens, mais à l’ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris.

En février 2012, moins d’un an après le renversement de Laurent Gbagbo, Paul Desmarais et Total obtiennent 54 % des bénéfices d’exploitation relatifs au permis CI-514, tandis que Gary Filmon, Frank McKenna et Canadian Natural Resources en obtiennent 36 %. Conformément au dogme néolibéral, la société d’État Petroci et le peuple ivoirien doivent se contenter de 10 %, une part substantiellement moindre que ce qui était négocié du temps de Laurent Gbagbo.

Évidemment, cette liquidation se passera loin de l’oeil des caméras, comme il en est toujours ainsi lorsque l’Afrique est pillée. Radio-Canada ne s’y intéressera aucunement, à plus forte raison si des sociétés canadiennes en profitent. Dans son éditorial du 12 avril 2013 (p. 5), le journaliste Philippe Brou, du Nouveau Courrier, nous explique, en s’appuyant sur de l’information tirée de la lettre confidentielleAfrica Mining Intelligence, que ce sont les institutions de Bretton Woods, soit la Banque mondiale et le FMI, qui font comme d’habitude le chantage nécessaire au moyen des taux d’intérêt et des promesses de fausse annulation de la dette.

Tout chef d’État docile comprend qu’il doit se servir de l’épouvantail agité par la haute finance pour soit réduire les services, soit augmenter les tarifs, soit alléger les impôts des multinationales. Dans ce cas précis, un nouveau Code minier et un nouveau Code foncier rural seront décrétés en Côte d’Ivoire pour augmenter les profits des sociétés étrangères. Ouattara, Charest et Harper : même combat.

Pendant que Ouattara gambade sur les Champs-Élysées, son dauphin, le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, parcourt lui aussi le monde et laisse ses conseillers gérer les affaires courantes, comme traiter les opposants politiques de terroristes « à éradiquer », dans son blogue. L’ancien secrétaire général des Forces nouvelles et responsable des atrocités ayant endeuillé la Côte d’Ivoire à partir du 19 septembre 2002 traine derrière lui un lourd passé de chef de guerre, mais cela ne l’empêche pas de visiter le Québec sans être inquiété le moins du monde.

Comme je l’écrivais dans « Le mégasyndicat international du crime – 2e partie », Guillaume Soro est venu à Québec pour la 127e assemblée de l’Union interparlementaire, du 21 au 26 octobre 2012, sans qu’Ottawa ne s’émeuve de la présence, sur le territoire canadien, d’un meurtrier de masse notoire, ce qui est somme toute normal puisqu’Ottawa lui-même commandite des crimes de masse. Mais, le comble, c’est que, le 27 octobre, Soro s’est pointé à l’hôtel Château Champlain de Montréal, où il avait réservé une salle pour y recevoir des membres québécois de la diaspora ivoirienne. Évidemment, il n’était pas question pour lui d’utiliser un bâtiment public pour ce faire, car il aurait été obligé d’y admettre tout le monde. À l’hôtel, son service de sécurité pouvait faire le tri.

Tout de même, je m’étais dit que j’entrerais incognito et que j’en profiterais pour poser quelques questions sous l’oeil des caméras. Après tout, qu’est-ce qu’un chef de guerre pouvait bien avoir à craindre d’un simple journaliste citoyen ? J’étais presque dans la salle lorsqu’un informateur m’a pointé du doigt, sans doute alerté par la présence, non loin de moi, de partisans de Laurent Gbagbo venus, eux aussi, poser quelques questions à Soro.

Alors, pendant que les partisans de Laurent Gbagbo essayaient de négocier leur entrée dans la salle, trois ou quatre policiers du SPVM m’ont rapidement encerclé et m’ont escorté hors de l’hôtel, comme si j’avais été moi-même un danger public. J’ai eu à peine le temps de protester. Vous vous rendez compte ? Le SPVM accourant à la rescousse d’un chef de guerre pour lui éviter des questions embarrassantes dans mon pays, qui se dit démocratique. Au moins, la preuve est faite : il n’y a rien comme la vérité pour faire peur aux menteurs.


Source: VIGILE.NET

DEUX ANS APRES LA RECOLONISATION DE LA COTE D'IVOIRE, LE RESULTAT DE LA DEMOCRATIE DES BOMBES (1)

 

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Chronique de Bernard Desgagné, jeudi 11 avril 2013 - Partie A

 

C’était il y a deux ans jour pour jour, le 11 avril 2011. La démocratie s’abattait dans un déluge de feu et de sang sur la Côte d’Ivoire. Piétinant les cadavres encore chauds, une nuée de perroquets à micro et oreillette chantaient la joie et la paix retrouvées grâce à l’OTAN victorieuse contre le tiers monde. Gbagbo capturé, son rival Ouattara du FMI pourrait enfin exercer le pouvoir présidentiel que la communauté internationale™ s’était empressée de lui reconnaitre le 2 décembre 2010. Sentant la bonne affaire pétrolière, Ottawa avait d’ailleurs été l’une des premières capitales à se réjouir des résultats électoraux décrétés par un haut fonctionnaire onusien, en lieu et place des institutions ivoiriennes dument habilitées.

Puis, plus rien. Fini, le feuilleton postélectoral de la Côte d’Ivoire à Radio-Canada, dansLa Presse et dansLe Devoir. Plus besoin d’en parler, puisque les horreurs de l’époque Gbagbo étaient définitivement chose du passé. N’y avait-il pas un dictateur en Libye qui méritait une bonne leçon otanesque de respect des droits de la personne ? N’y en avait-il pas un autre en Syrie ? Perroquets et champions du copier-coller ne manqueraient pas de pain sur la planche ailleurs. Satisfaits, les médias unanimes laissèrent gentiment les Ivoiriens retrouver leur sérénité.

La plupart des lecteurs de Vigile étant des gens avertis, ils ne se seront pas surpris d’apprendre — s’ils ne le savent pas déjà — qu’en réalité, les deux dernières années de régime prétendument démocratique ont été infernales pour les Ivoiriens. Aussi infernales que les huit années et demi précédentes de guerre civile, cadeau de Chirac, Sarkozy et Ouattara. Malheureusement, les lecteurs de Vigile ne constituent qu’une infime minorité des Québécois. La vaste majorité continue de vivre dans l’univers fantaisiste créé de toutes pièces par les patrons de presse pour les endormir. La fabrication du consentement, dirait Chomsky. Un consentement de plus en plus criminel, qui s’apparente à celui des Allemands dont Goebbels cultivait l’insouciance et le sentiment de supériorité pendant que les panzers défilaient sur les Champs-Élysées… jusqu’à ce que les bombes pleuvent sur Dresde.

En ce sombre anniversaire, je souhaite brosser le tableau des deux dernières années de calvaire des Ivoiriens dans l’espoir que j’éveillerai quelques consciences de plus. Non pas que ce soit le seul drame sur terre. D’autres peuples souffrent autant. Pensons seulement aux victimes de Paul Kagame en RDC et au Rwanda. Pensons aux Syriens massacrés par les terroristes salafistes de l’OTAN et des pétromonarchies. Il faudra certes en reparler, comme beaucoup l’ont fait déjà sur Vigile et les autres tribunes échappant à la dictature médiatique.

Le drame ivoirien n’est pas le seul, mais c’est en éclairant d’une lumière crue tantôt une souffrance, tantôt l’autre que nous arriverons à percer le brouillard qui aveugle les consciences. En éclairant non seulement la souffrance elle-même, mais également, et surtout, les vrais responsables. C’est ainsi qu’un jour peut-être, une masse critique de Québécois, en particulier parmi les acteurs politiques de bonne foi, comprendra qu’elle est manipulée à l’extrême par de grands criminels — rien à voir avec la petite racaille de la commission Charbonneau — et que le monde n’est pas du tout celui dans lequel elle croit vivre.

Le peuple québécois aura d’autant plus de chances de se libérer du carcan dans lequel l’ont enfermé ses exploiteurs — membres enthousiastes du syndicat du crime massacreur d’Africains — qu’il saura échapper à la manipulation incessante de la pensée par les médias. Le grand capital, ennemi de l’intérêt général et de la souveraineté des peuples, doit par conséquent déployer des moyens colossaux afin qu’une telle chose n’arrive pas, sous peine de perdre son droit divin de s’enrichir infiniment avec le travail des autres.

Qui a gagné l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire?

Parallèlement aux horreurs vécues par les Ivoiriens, dont nous reparlerons dans un instant, s’est déroulée à la lugubre Cour pénale internationale (CPI), du 19 au 28 février 2013, l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire renversé et humilié par l’armée française. Fidèles à leur habitude d’occultation et de suivisme, les médias québécois se sont bornés, au sujet de cette procédure, à retranscrire quelques brefs articles de la presse proche du gouvernement et des grands patrons de l’Hexagone.

Pourtant, l’un des personnages principaux de cette sombre comédie judiciaire est un Québécois, Éric MacDonald, premier substitut de la procureure Fatou Bensouda et honte de sa patrie. M. MacDonald suit les traces de Louise Arbour, seule juge de la Cour suprême du Canada à avoir démissionné, ce qu’elle a été forcée de faire en raison de son passé inavouable de complice de Paul Kagame, l’un des plus grands criminels de l’histoire de l’humanité. M. MacDonald a présenté un dossier à charge très peu convaincant contre Gbagbo. Il n’a pas fait enquête sur le terrain, comme l’a relevé l’avocat principal de la défense, Emmanuel Altit. M. MacDonald s’est contenté de faire une revue de la presse pro-Ouattara, truffée de racontars au sujet des prétendus crimes de Gbagbo, ce qui est très loin d’un vrai travail judiciaire.

Que les médias québécois aient préféré la chasse aux magouilleurs des voiries municipales à la procédure contre Laurent Gbagbo est compréhensible, car ils pourraient ressortir très écorchés de ce combat épique et fondamental entre les forces du mensonge et celles de la vérité. Quel que soit le jugement de la CPI, l’Histoire finira par retenir que Laurent Gbagbo a commis un seul crime : celui d’avoir résisté à la servitude imposée par l’ordre néolibéral assoiffé du sang des Africains et avide des généreuses marges bénéficiaires tirées entre autres du cacao, du café, du bois, du pétrole, des diamants, de l’or, de l’uranium, de la cassitérite et du coltan.

De l’esclavage à la néocolonisation, l’Afrique des danses et des chants envoutants a été un immense réservoir de richesses humaines et naturelles bon marché pour les économies occidentales, mais ces richesses ont peu profité au développement des peuples africains, ce que Gbagbo a voulu changer, à l’instar de Kadhafi. Voilà la vraie raison pour laquelle il devait être diabolisé et mis hors d’état de « nuire ».

Le 28 février, à la CPI, Laurent Gbagbo a pris la parole. Évidemment, aucun média n’a retransmis son discours, mais les lecteurs de Vigile le trouveront au bas du présent article, dans les « images de la démocratie ». Ce grand homme de dialogue et de paix, père du multipartisme en Côte d’Ivoire, qui n’a rien à envier ni à Mandela, ni à Gandhi, a déclaré entre autres ceci :

On ne peut pas débattre de la crise postélectorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées. Qui a gagné les élections ? Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé le trouble. […] quand je demandais qu’on recompte les voix, ce n’était pas une phrase en l’air.

Vous avez vu vous-mêmes les documents dont dispose l’accusation et sur lesquels les voix des électeurs sont répertoriées. On a vu que, dans la seule ville de Bouaké, on a ajouté 100 000 voix à mon adversaire.

 […] je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre. […] J’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion. […]

La démocratie, c’est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit, qui est la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate.

Madame, c’est parce que j’ai respecté la Constitution qu’on veut m’amener ici. Alors, bon, je suis là, mais je compte sur vous. Je compte sur vous parce que je souhaite que tous les Africains, tous les Africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici devant la Cour, devant la prison, qui sont dans leur pays en train de manifester, en train de marcher, tous ces Africains-là, qu’ils comprennent que le salut, pour les États africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent.

Gbagbo souhaite donc que, malgré l’immense sentiment d’injustice qui habite sans doute des millions d’Africains aujourd’hui, ceux-ci comprennent que le salut est dans « le respect des Constitutions […] et des lois qui en découlent ». Voilà des paroles lourdes de sens. Il n’y aura ni paix, ni développement sans respect de la loi et des institutions, et il revient à la CPI de donner l’exemple en manifestant elle-même ce respect.

Ce qui nous ramène à la question fondamentale dans toute cette affaire : qui a gagné le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, en Côte d’Ivoire ? Qui a respecté la loi et qui l’a violée ? Gbagbo ou Ouattara ? C’est sur cette question que les médias s’acharnent le plus à bâillonner tout contradicteur, car elle est cruciale. Selon eux, la crise serait « née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaitre la victoire de son rival ». Ils semblent croire qu’en répétant le même mensonge à l’infini, celui-ci finira par devenir une vérité qui leur évitera de devoir admettre leur complicité dans de graves crimes contre l’humanité.

Malheureusement pour les directeurs de l’information et leurs employés soumis, Laurent Gbagbo n’a pas « triché » et ne s’est pas « accroché au pouvoir ». Il a agi dans la plus stricte légalité. Les institutions de son pays lui ont fait prêter serment comme président, après que les observateurs étrangers eurent tous constaté les fraudes électorales massives et les violations graves des droits de la personne dans la zone qui était sous l’emprise des chefs de guerre d’Alassane Ouattara. Les médias ont commis une grave faute en occultant les rapports des observateurs électoraux et en ne remettant pas en question les déclarations usurpatoires du représentant corrompu du secrétaire général des Nations Unies, Young-jin Choi, ainsi que les déclarations de plusieurs chefs d’État manifestement complices de Ouattara.

La fausse victoire d’Alassane Ouattara aura été l’amorce du scénario de coup d’État électoral. Le 2 décembre 2010, après l’expiration du délai prévu par la loi, Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante, s’est présenté seul à l’Hôtel du Golf, QG de Ouattara, alors que les autres membres de la Commission l’attendaient dans leurs locaux. M. Bakayoko a annoncé un résultat fictif devant des journalistes étrangers, en l’absence de la presse ivoirienne. Ce résultat annoncé illégalement, dans des circonstances très suspectes, est devenu la « vérité » pour la communauté internationale™ et les médias.

Quelques heures après cette fausse annonce, le Conseil constitutionnel, seule institution du pays habilitée à proclamer le vainqueur de l’élection, a annoncé la victoire de Laurent Gbagbo, qui a été bel et bien élu président. C’est plutôt son rival, Ouattara, qui a refusé de reconnaitre le résultat électoral, qui a rejeté la proposition de Laurent Gbagbo de recompter les voix et qui a fait des appels à la violence ayant entrainé un bain de sang. C’est bien Ouattara, et non Gbagbo, qui devrait aujourd’hui être jugé.

Voilà qui montre déjà, sans même tenir compte des crimes massifs commis par Ouattara — selon les abondantes et convaincantes preuves dont on dispose —, que la justice internationale n’est pas une vraie justice. Ce n’est qu’un instrument de l’OTAN pour juger les Africains qui refusent d’obéir aux injonctions du grand capital. Le procès de Gbagbo ne sera pas un procès juste. D’ailleurs, il ne devrait même pas avoir lieu. Dans un vrai tribunal, les juges n’auraient pas attendu la fin de l’audience. Ils auraient admonesté M. MacDonald pour son travail bâclé et auraient fait libérer le détenu sur-le-champ.

D’ici la fin de mai 2013, les juges de la Chambre préliminaire de la CPI nous feront savoir si la comédie se poursuivra.

Deux années d’horreurs

À compter de février 2011, les partisans du président Laurent Gbagbo et les ethnies perçues comme lui étant favorables ont fait l’objet de persécutions graves et massives et ont dû fuir en très grand nombre dans les pays voisins, notamment au Ghana et au Libéria. Les 28 et 29 mars 2011, les rebelles combattant pour Alassane Ouattara ont massacré environ un millier de civils désarmés à Duékoué, dans l’Ouest du pays, et ont causé une misère épouvantable parmi les survivants. Beaucoup d’autres personnes sont mortes dans les semaines qui ont suivi, notamment en raison des mauvaises conditions sanitaires dans le camp de déplacés de la Mission catholique de Duékoué.

Le massacre de Duékoué ne devrait pas être uniquement imputé à Ouattara et ses chefs de guerre. Nicolas Sarkozy, président de la République française, et Alain Le Roy, secrétaire général adjoint de l’ONU, chargé des opérations de maintien de la paix, y ont participé activement. Avant le massacre, les hélicoptères français et onusiens ont bombardé les positions de l’armée ivoirienne pour la forcer à battre en retraite et abandonner les populations locales aux mains des rebelles. Les Casques bleus marocains, qui se trouvaient à proximité de Duékoué, ont reçu l’ordre de ne pas intervenir. Après le massacre, ils ont tenu la presse à l’écart pendant qu’ils jetaient les cadavres pêle-mêle dans une fosse commune, de manière à rendre leur identification subséquente difficile et à éviter que des autopsies et des enquêtes permettent de retrouver les assassins.

Les persécutions n’ont pas cessé après le 11 avril 2011 et se poursuivent encore aujourd’hui, même si Alassane Ouattara ne fait face à aucune opposition armée sauf celle qu’il invente pour justifier la répression. Ses adversaires politiques sont détenus depuis près de deux ans sans procès, dans des conditions souvent très pénibles, et le principal parti politique, le Front populaire ivoirien (FPI), fondé par Laurent Gbagbo, est soumis à une dure répression.

Lorsque, le 21 janvier 2012, le FPI a essayé d’organiser un grand rassemblement politique, où de nombreux partisans ont eu le courage de venir, ceux-ci ont été attaqués à coups de pierres et de grenades lacrymogènes par des voyous partisans de Ouattara que les forces de l’ordre n’ont pas su ou voulu contenir. Encore récemment, le 16 février 2013, une manifestation pacifique de la jeunesse du FPI n’a même pas pu commencer. Elle a été interdite à la dernière minute, et les personnes présentes sur place, qui n’étaient pas au courant de l’interdiction, ont été dispersées brutalement avec des gaz lacrymogènes.

Le fils de Laurent Gbagbo, Michel, de nationalités française et ivoirienne, est séquestréet maltraité à Bouna, dans le Nord du pays, depuis deux ans, après avoir été presque lynché le 11 avril 2011. Il semblerait que le seul crime qu’on lui reproche est de porter le nom de son père. Délit de patronyme : une nouvelle infraction inventée par Ouattara depuis l’avènement de la démocratie de la communauté internationale™ en Côte d’Ivoire.

Tandis que la police ivoirienne doit tenter de maintenir l’ordre sans être armée, comme l’y oblige le gouvernement Ouattara, des dizaines de milliers d’ex-rebelles, d’étrangers et decriminels de droit commun libérés au lendemain du 11 avril circulent en portant des armes et font régner la terreur dans le pays. Certains revêtent l’uniforme de la nouvelle armée, que l’on appelle les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et qui est sous le commandement suprême d’Alassane Ouattara en personne depuis le 17 mars 2011, c’est-à-dire un peu avant le massacre de Duékoué commis par les FRCI. L’extorsion, le rançonnement, le pillage, la confiscation des terres et des biens ainsi que les séances de torture et d’humiliation collectives sont pratiqués à grande échelle contre les ethnies associées à Laurent Gbagbo, victimes de ce qui ressemble de plus en plus à un génocide.

Après avoir été lourdement endommagées et pillées, les grandes universités de la Côte d’Ivoire sont demeurées longtemps fermées. La presse n’est pas libre. Le système judiciaire ne jouit d’aucune indépendance. La Commission dialogue, vérité et réconciliation piétine dans ses travaux et est, de toute façon, sous l’autorité d’Alassane Ouattara, ce qui lui enlève toute crédibilité. Le gouvernement et la fonction publique ont désormais une forte coloration ethnique, ce qui n’était pas le cas sous la présidence de Laurent Gbagbo (comme nous le verrons en détail dans la partie B du présent article).

En 2001, Laurent Gbagbo avait dissipé les effets délétères du coup d’État du général Guéï, commis en 1999, et amené ses opposants Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara à rentrer au pays, où ils furent traités avec tous les honneurs dus à un ancien président et un ancien premier ministre. Ils bénéficièrent à ce titre d’une généreuse rente et de toute la latitude voulue pour s’organiser politiquement, y compris la liberté de presse totale. En 2007, dans un geste d’apaisement, Laurent Gbagbo avait même nommé Guillaume Soro, le secrétaire général des Forces nouvelles, premier ministre dans son gouvernement. Aujourd’hui, les opposants politiques du régime Ouattara sont, à l’inverse, systématiquement intimidés, emprisonnés, maltraités ou tués.

Un rapport intitulé La loi des vainqueurs, publié le 25 février 2013 par Amnesty International, montre de façon détaillée la brutalité de la répression systématique. Il décrit les arrestations fréquentes pour des motifs politiques et ethniques, la torture de nombreux détenus ainsi que les disparitions et les détentions dans des lieux non officiels ou secrets (p. 19 à 36). Voici quelques extraits de ce rapport :

« Ils m’ont demandé mon ethnie et pour qui j’avais voté. J’ai répondu que j’avais fait campagne pour Gbagbo et voté pour lui. » […] Cet homme a été détenu à la DST [Direction de la sécurité du territoire] jusqu’au 8 juillet 2012 au secret, sans contact avec l’extérieur, malgré ses demandes de pouvoir joindre ses proches et son avocat. […] Quatre mois après son arrestation, il n’avait toujours pas été entendu sur le fond par un juge d’instruction.

Dans un autre cas, les FRCI ont clairement indiqué à un détenu que son arrestation était motivée par une volonté de vengeance à l’égard des partisans de l’ancien président. C’est ce qui ressort du témoignage d’un fabricant de savon, arrêté à Abidjan et détenu au Génie militaire […]

« Six FRCI m’ont arrêté dans un maquis [petit restaurant] le 23 septembre [2012] à 16 heures. Ils m’ont frappé au moment de mon arrestation et m’ont demandé où étaient les autres. Je ne savais pas de quoi ils parlaient. Arrivé au Génie militaire, le chef de poste m’a dit : “Pendant dix ans, quand Laurent Gbagbo était au pouvoir, vous avez mangé, vous avez pris l’argent, maintenant, c’est notre tour, on va vous tuer." Je ne sais toujours pas de quoi je suis accusé. »

Un très grand nombre de détenus et d’anciens détenus, rencontrés par Amnesty International, ont décrit les tortures auxquelles ils ont été soumis. Leurs récits montrent que ces pratiques visent essentiellement à extorquer des « aveux » mais aussi à punir et à humilier des individus considérés comme partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo.[…]

« On m’a passé des menottes et de l’eau froide a été versée sur moi. J’ai reçu plusieurs décharges électriques, ils m’ont ensuite demandé d’écarter mes jambes, ils ont mis de l’électricité sur mon sexe et sur mon corps. C’est dans cette position qu’ils m’ont demandé d’avouer. » […]

« Après m’avoir donné des coups de câbles électriques et des coups de pied avec leurs rangers [bottes], trois membres des FRCI m’ont tenu par les pieds et m’ont plongé la tête dans une barrique d’eau. Je ne pouvais pas me débattre parce que j’avais les mains menottées derrière le dos. »

Plusieurs autres détenus ont affirmé avoir subi des brûlures au plastique fondu et ont montré aux délégués d’Amnesty International des traces de brûlures sur le dos et le cou. [Le rapport contient des photos.] Un détenu, membre de ce même groupe de 77 personnes, a raconté :

« Arrivé au camp Place de la Liberté, ils m’ont demandé d’enlever mes vêtements, je suis resté avec mon caleçon et ils ont commencé à m’interroger en me torturant. Ils m’ont attaché les mains avec des menottes reliées à une barre de fer verticale, ils me donnaient des coups de matraques et de barres de fer. Ils ont brûlé un sac en plastique et ont fait en sorte que le plastique fondu tombe sur mon dos pendant que trois personnes me tenaient les pieds. »

Mais la répression politique est loin d’être le seul problème en Côte d’Ivoire. Le prix des denrées essentielles et de l’électricité augmentent, sur l’ordre du FMI. La vie est chère pour les simples citoyens. Le taux de chômage est élevé et, vu l’insécurité, les investisseurs se font rares. Les reculs causés par la situation insurrectionnelle, au cours des récentes années, n’ont pas encore été effacés. L’économie demeure léthargique, malgré les grandes richesses du pays. La Banque mondiale, dont Ouattara est pourtant censé être un protégé, constate un recul et, dans son rapport Doing Business 2013, classe la Côte d’Ivoire au 177e rang sur 185 pays pour ce qui est de la facilité de faire des affaires. Selon elle, il est difficile de lancer une entreprise en Côte d’Ivoire.

La contrebande et l’extraction illégale sont généralisées. L’État est incapable de contrôler ses frontières et de percevoir les recettes fiscales. Dans les quartiers populaires d’Abidjan, comme Abobo, même les gens de l’ethnie malinké, pourtant largement favorables à Alassane Ouattara lors de l’élection, sont aujourd’hui désillusionnés, voire en colère puisque la nouvelle administration va jusqu’à raser leurs échoppes pour faire plus propre en ville. Elle s’intéresse peu au chômage et aux autres difficultés du peuple.

Les populations qui ont fui le pays à partir de février 2011 ne pourraient pas y retourner sans risquer leur vie. Le 20 juillet 2012, un massacre commis dans le camp de déplacés internes de Nahibly, près de Duékoué, a donné définitivement raison aux Ivoiriens qui ont choisi de se réfugier dans les pays voisins. Alors que le camp, qui abritait environ 4 500 déplacés, était censé être sous la protection des Casques bleus, une meute lourdement armée de plusieurs centaines d’individus, y compris beaucoup de membres des FRCI, ont arrosé d’essence les tentes et les autres structures du camp et y ont mis le feu, tuant sur place une bonne vingtaine de personnes.

Puis, les assaillants ont capturé, blessé ou tué des déplacés qui prenaient la fuite. Le but de l’opération était entre autres de faire disparaitre des témoins gênants des massacres précédents et de poursuivre le nettoyage ethnique, comme l’explique Fanny Pigeaud dans le numéro de septembre 2012 du Monde diplomatique. Le rapport La loi des vainqueurscontient une description de cet événement à glacer le sang dans les veines (p. 42 à 57). Vu le nombre d’assaillants et la grande concentration de personnes dans le camp, l’attaque a fait des dizaines de morts et de blessés. Le nombre exact demeure inconnu. On continuait de retrouver des charniers plusieurs mois plus tard.

 

*Communauté internationale™ est une marque de commerce de l’OTAN.

 

Source: VIGILE.NET