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jeudi, 19 janvier 2017

LE FRANC CFA EST UNE FOUTAISE INNOMMABLE

 

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LU POUR VOUS:

Je viens de m'arrêter devant un bureau de change de la banque suisse UBS.

Comme il est possible de le constater, toutes les monnaies interchangeables y figurent, même la monnaie du Vietnam.

Je pose donc la question à la dame qui est au guichet, la cause pour laquelle le franc cfa n'y figure pas. Après un instant d'hésitation, elle fait appel à son supérieur, qui m'informe, que seules les monnaie sont interchangeable, que le CFA n'est pas une monnaie, mais une devise du trésor public francais et que par conséquent, seul le trésor public francais peut réaliser ou autoriser son échange, à un taux fixe par elle, contre une autre monnaie.

En fait, c'est un papier émis par le trésor francais que nous utilisons et non une monnaie.

Cette France se fout royalement de nous.

 

#REZOPANACOM
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FRONT ANTI-FCFA

Taxe coloniale pour les "bienfaits" de la colonisation : Voici ce que la France devait aux pays africains en réserves de devises étrangères, lingots d'or inclus (en 2012 - Source : Banque Mondiale).

 

Bénin : $0.69 milliard de dollars

Burkina Faso : $0.63 milliard de dollars

Cameroun : $3.38 milliards de dollars

Congo-Brazzaville : $5.55 milliards de dollars

Côte d’Ivoire : $4.24 milliards de dollars

Mali : $1.31 milliars de dollars (2013)

Gabon : $2.35 milliards de dollars

Guinée-Bissau : $0.19 milliard de dollars

Guinée Equatoriale : $4.4 milliards de dollars

Niger : $1.17 milliard de dollars

Tchad : $1.16 milliard de dollars

Centrafrique : $0.16 milliard de dollar

Sénégal : $2.25 milliards de dollars

Togo : $0.51 milliard de dollars

#FrontAntiFCFA #StopFCFA

 

Pour aller plus loin : http://atlantablackstar.com/…/14-african-nations-being-fo...

 

Page Facebook Toussaint Alain

VOICI LES 22 PRESIDENTS AFRICAINS ASSASSINES PAR LA FRANCE DEPUIS 1963

 

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Depuis 1963, plus de 22 présidents Africains, alors au pouvoir, ont été assassinés : beaucoup d’entre eux, gênent les puissances coloniales en place et surtout la France dans notre continent d’Afrique.

Bien sur, vous connaissez le SDECE, la DGSE et la DST? Eh bien, ce sont trois services de renseignements français qui ont la réputation de faire des coups d’Etat en Afrique.

Depuis de Gaulle, les autorités françaises dénigrent les Africains de cette façon? Comptons le nombre des coups d’État et que la France a préparés, dirigés et soudoyés en Afrique, cela mérite une plainte à la cour pénale internationale contre l’état français. Pourtant les crimes français sont bien connus et les documentaires inondent les télévisions françaises et africaines pour bien se rendre compte qu’effectivement la France tue, empoisonne et pille en Afrique. Le Service de documentation extérieure et de Contre- espionnage (SDECE) a la charge de la «désinformation». Il prépare lui aussi, réussit ou manque des coups. Son territoire privilégié est l’Afrique. La DGSE est le principal service secret vers l’étranger, qui a en charge le contrôle des «gouverneurs à la peau noire». Il y a un autre la DST (Direction de la sécurité du territoire) qui s’occupe de l’intérieur et de l’extérieur de la France pour diverses raisons. D’abord parce qu’il s’agit de protéger la France des dangers de l’immigration. Ensuite, la DST, qui est une police politique, fait la coopération avec l’ensemble des polices politiques de toutes les dictatures du monde. Après la DGSE, la DST et le SDECE, il y a la Direction du renseignement militaire, le poisson- pilote de l’armée qui fait la propagande de la France lors des conflits en Afrique.

DE DE GAULLE A SARKOZY : TEL PÈRE, TEL FILS

De Gaulle a sacrifié les indépendances africaines au profit de celle de la France. Pour quatre (4) raisons : – la première, c’est le rang de la France à l’ONU avec un cortège d’Etat clients qui votent à sa suite ; – la deuxième, c’est l’accès aux matières premières stratégiques (pétrole, uranium) ou encore (l’or, le bois, le cacao…) ; – la troisième, c’est le financement de la vie politique française, à travers des prélèvements sur l’aide publique au développement ou la vente des matières premières ; – et la quatrième raison, c’est le rôle de la France comme sous-traitant des Etats-Unis auprès des pays d’Afrique. Donc, pour ces quatre raisons, la France a mis en place un système qui nie les indépendances. Et, c’est pour ces quatre raisons que le sang coulé sur le continent. Au Cameroun : L’UPC, luttait pour obtenir l’indépendance. Nyobé a été écrasé entre 1957 et 1970 dans un bain de sang qui a fait entre 100.000 et 400.000 morts. Togo Plus d’un quart de siècle de dictature avec la complicité de la France. Trois ans à peine après l’indépendance de la jeune République togolaise, ce fut l’irruption brutale de l’armée dans la vie politique.

Le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio, le premier président démocratiquement élu est assassiné par le sergent Etienne Eyadema à la tête d’une clique d’anciens soldats, après la guerre du Vietnam. Ils ont fait un coup d’Etat avec l’appui de l’officier français qui était soi-disant chargé de la sécurité d’Olympio : ils ont assassiné ce président le 13 janvier 1963. Eyadema Etienne a passé plus de quarante ans au pouvoir. Il a fait un règne digne de Ceausescu et laissa un pays qui a sombré dans le chao et dans la pauvreté. Décédé en 2005, son fils Faure Eyadema le remplace et cela aussi n’a été possible qu’avec l’appui de la France. Centrafrique Il y avait un homme d’Etat prometteur, Barthélemy Boganda mort dans un accident d’avion extrêmement curieux.

Il ne connaitra pas l’indépendance, la vraie qu’il réclame pour son pays. Barthélemy Bogandatrouve la mort le 29 mars 1959, dans une catastrophe aérienne entre Berberati et Bangui, alors qu’il était en campagne à l’intérieur de son pays. Abel Goumba, médecin diplômé d’outre- mer, ministre d’Etat et président du Conseil de gouvernement, est chargé de l’intérim. David Dacko, jeune instituteur et héritier spirituel de Barthélemy Boganda et, avec l’appui des milieux français de Bangui, réussit à écarter Abel Goumba de la succession. En juillet 1959, l’Assemblée lui refuse les pleins pouvoirs. Il fait démissionner Abel Goumba resté au gouvernement.

Celui-ci fonde alors un parti d’opposition le MEDAC (Mouvement d’évolution démocratique de l’Afrique centrale). Le MEDAC n’aura qu’une courte durée. David Dacko dissout le parti et emprisonne ses dirigeants. La République centrafricaine de David Dacko en proie à de graves crises financières (détournements de deniers publics) au lieu de réagir et d’agir vite décide de remettre le pouvoir au chef d’Etat major le colonel Jean Bedel Bokassa le 1er janvier 1966.

La France érige le pays en Empire et pille les ressources centrafricaines. La suite ? Bokassa tombe et meurt dans la misère. Les Comores Deux chefs d’Etat assassinés et deux autres déposés par le mercenaire Bob Denard. Niger Le jour où le Nigérien Hamani Diori a voulu vendre son uranium à un autre pays, il a été déposé par un coup d’Etat militaire au cours duquel il perdit la vie.

ASSASSINES, PARCE QU’ILS ONT REFUSES D’ETRE DES «MARIONNETTES» DE LA FRANCE

Gabon Léon M’ba meurt d’un cancer à Paris à l’hôpital Claude Bernard le 26 novembre 1967. Germain M’ba parent très éloigné de Léon M’ba, Inspecteur des douanes, licencié en droit et diplômé de sciences politiques, il finit ses études à la fin des années 50, au moment où son pays obtient l’indépendance. Nationaliste comme tous les Africains qui ont usé leurs fonds de pantalons sur les bancs de l’université, il ne supporte pas l’idée que ce soit des «marionnettes» de la France qui dirigent le Gabon. M’ba entre dès 1960 dans la vie politique active et devient aussitôt «dangereux agitateur» pour les agents et politiciens français qui assurent sur place l’ordre et la sécurité.

Eloigné de Libreville par une importante nomination : secrétaire général adjoint à l’Union africaine et Malgache, il fait partie au début des années 60 du petit club des Africains francophones dont la voix compte sur la scène internationale. Le 19 Février 1964 les parachutistes français rétablissent Léon M’ba à la présidence. Le président démissionne de son poste pour marquer sa réprobation. L’affaire fait beaucoup de bruit et amplifie la campagne de presse contre l’attitude néo-colonialiste de Paris.

Germain M’ba apparaît depuis cette affaire comme l’empêcheur de tourner en rond. Rejeté par Paris et par Libreville, il entame alors son errance de paria de la communauté officielle franco- africaine. Il se réfugie d’abord à Brazzaville d’où il est expulsé peu après par les hommes dépendant des services de Jacques Foccart. Il s’installe à Kinshasa, où il est emprisonné pendant un mois. Rejeté d’Afrique, Germain M’ba revient finalement en Europe et collabore au journal Jeune Afrique dont il devient en 1965 le rédacteur en chef adjoint. Affaire Germain M’ba à Libreville 18 Septembre 1971, un diplomate gabonais est abattu. Sa femme et sa fille blessées.

Le cadavre disparaît. Tels sont les éléments d’une affaire ténébreuse qui soulève une vive émotion dans la capitale gabonaise. Dans la nuit de jeudi à vendredi, M. Germain M’ba ancien ambassadeur à Bonn nommé à Tokyo, rentre du cinéma en voiture, accompagné de sa femme et de sa fillette. Mme M’ba et sa fillette descendent de la voiture et entrent dans la maison. Au moment où M’ba ferme sa portière, un homme surgit de l’ombre et tire deux coups de pistolet sur lui.

Germain M’ba s’effondre en poussant un cri. Et depuis, rien sur cette ténébreuse affaire à Libreville qui interpelle le défunt président Albert Bernard Bongo. Rappelons que c’est sur injonction du vieux Houphouët-Boigny que le président gabonais a réintégré Germain M’ba dans le jeu politique.

22 PRESIDENTS AFRICAINS, ONT ETE ASSASSINES DEPUIS 1963

Depuis 1963 : Voici la liste des 22 présidents Africains, alors au pouvoir, ont été assassinés :

– EN 1963 : SYLVANUS OLYMPIO, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU TOGO –
EN 1966 : JOHN-AGUIYI IRONSI, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU NIGERIA
– EN 1969 : ABDIRACHID-ALI SHERMAKE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE SOMALIE
– EN 1972 : ABEID-AMANI KARUMÉ, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE ZANZIBAR
– EN 1975 : RICHARD RATSIMANDRAVA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE MADAGASCAR
– EN 1975 : FRANÇOIS-NGARTA TOMBALBAYE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU TCHAD
– EN 1976 : MURTALA-RAMAT MOHAMMED, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU NIGERIA
– EN 1977 : MARIEN NGOUABI, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU CONGO-BRAZZAVILLE
– EN 1977 : TEFERI BANTE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. D’ETHIOPIE
– EN 1978 :  Ali Soilih M’tsashiwa, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DES COMORES
– EN 1981 : ANOUAR EL-SADATE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. D’EGYPTE
– EN 1981 : WILLIAM-RICHARD TOLBERT, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE LIBERIA
– EN 1987 : THOMAS SANKARA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE BURKINA-FASO
– EN 1989 : AHMED ABDALLAH, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DES COMORES
– EN 1989 : SAMUEL-KANYON DOE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE LIBERIA
– EN 1992 : MOHAMMED BOUDIAF, PRÉSIDENT DE LA RÉP. D’ALGÉRIE
– EN 1993 : MELCHIOR NDADAYÉ, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU BURUNDI
– EN 1994 : CYPRIEN NTARYAMIRA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU BURUNDI
– EN 1994 : JUVÉNAL HABYARIMANA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU RWANDA
– EN 1999 : IBRAHIM BARRÉ-MAÏNASSARA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU NIGER
– EN 2001 : LAURENT-DÉSIRÉ KABILA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU CONGO-KINSHASA
– EN 2009 JOÃO BERNARDO VIEIRA, PRESIDENT DE GUINEE-BISSAU
– EN 2011 : MOUAMMAR KHADAFI, PRÉSIDENT DE LA REP DU LIBYE, ASSASSINÉ PAR LE CNT DE LA FRANCE.

 

Source: ZAKWELI.COM

jeudi, 05 janvier 2017

LA GUERRE CONTRE LE FRANC CFA EST DECLAREE!

 

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Après la Seconde Guerre Mondiale, les grands sentiments qui avaient motivé les engagements des pays de l’Occident dans le conflit contre l’Allemagne pour lutter contre la barbarie et le racisme, et pour libérer les peuples sous occupation allemande, se sont vite trouvés en contradiction avec le principe de colonisation, entraînant une prise de conscience des peuples colonisés. La lutte pour la libération de ces peuples durera plus de dix ans, pour n’aboutir finalement, dans la plupart des cas, qu’à une réorganisation du système colonial sous le beau nom d’indépendance. Les décisions politiques qui avaient permis aux pays africains francophones d’accéder à l’indépendance n’avaient en rien gommé les fondements du système colonial qui était et reste, avant tout, une affaire de gros sous.

Pendant des décennies, les Africains de la zone CFA n’ont pas eu l’air de prendre conscience de l’importance de leur dépendance monétaire et de l’impact de cette dépendance sur leur économie. C’est aujourd’hui chose faite. Un deuxième combat de libération se profile à l’horizon, un combat d’une portée phénoménale dont les conséquences seront historiques pour l’Afrique. Les panafricanistes se mobilisent pour faire disparaitre le Franc CFA, la monnaie commune de la plupart des anciennes colonies africaines francophones. A l’appel de l’activiste et chroniqueur Kemi Seba, une mobilisation aura lieu le 7 Janvier prochain, simultanément dans plusieurs pays, pour dire NON au FCFA. Des interventions auront lieu en France (Paris), Belgique (Bruxelles), Grande Bretagne (Londres), Mali (Bamako), Bénin (Ouidah), Haïti, République Démocratique du Congo (Kinshasa), Guinée (Conakry), Sénégal (Dakar), Côte d'Ivoire (Abidjan), Italie (Bologne), Burkina (Ouagadougou).

Il ne s’agit pas d’un combat classique, d’un pays contre un autre, ni d’un peuple contre un autre. C’est le combat d’une population contre un système dont les rouages se trouvent en France, mais d’une portée beaucoup plus vaste. Il s’agit d’une première étape d’une longue marche semée d’embuches. Les puissances financières qui sont à la base du système ne se laisseront pas dépouiller sans réagir, et la France ne verra pas d’un bon œil la perte de son influence, même si la perte du FCFA n’aura pas trop d’impact sur son économie. La bagarre sera donc âpre et longue.

En cas de victoire des panafricanistes, l’Afrique retrouvera ses ailes qui lui ont été coupées depuis des siècles et nous assisterons à la naissance spectaculaire d’un autre monde, peut-être aussi spectaculaire que le fut le réveil chinois. Il n’est pas sûr que l’Europe soit préparée à la naissance d’une nouvelle puissance économique propriétaire de ses biens et de sa monnaie. Il est plus que probable qu’elle sera secouée par une série de crises avant de s’adapter à la nouvelle donne, comme ce fut le cas pendant la montée en puissance de la Chine.

Quant à la France, elle aura un choix simple, entre deux options : soit elle jouera le jeu des élites financières en se mettant en première ligne dans cette guerre perdue d’avance, car tôt ou tard le CFA disparaitra comme le fut la colonisation, soit elle accompagne le mouvement à son profit, comme le fit De Gaulle pour l’indépendance des colonies africaines. Aujourd’hui comme hier, la France a plus d’atouts en Afrique que la Chine ou les Etats-Unis. Si elle daigne laisser de côté son arrogance impériale qui ne peut plus avoir cours et traiter avec ses anciennes colonies en véritable ami, les deux premières puissances économiques mondiales citées ci-dessus n’auront aucune chance face à elle en Afrique. Mais, pour cela, il faudrait qu’elle sorte de l’esprit Jules Ferry, ce qui, pour l’instant, semble impossible, puisque c’est précisément le modèle par lequel le président actuel a débuté son mandat.

 

AvicRéseau International

 

Source: RESEAU INTERNATIONAL

mardi, 03 janvier 2017

UN FRONT INTERNATIONAL DES AFRICAINS CONTRE LE FRANC CFA, LE 7 JANVIER 2017

 

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DAKAR, le 2 janvier 2017 - Le samedi 7 janvier, les panafricains organisent pour la première fois, de Paris à Dakar en passant par Abidjan, Ouidah, Londres et Bruxelles, une journée internationale de mobilisation sur le thème du franc CFA et la nécessité de se défaire de cette monnaie postcoloniale.

Lorsque l’Afrique et sa diaspora s’unissent pour démanteler les jalons du colonialisme, il en découle un événement historique : le front contre le franc des Colonies Françaises d’Afrique (CFA). L’appel a été lancé le 26 décembre 2016 par le militant panafricaniste, écrivain et chroniqueur Kemi Seba et par l’ONG Urgences Panafricanistes (URPANAF).

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Créé en 1945, le franc CFA est en cours aux Comores et dans quatorze Etats en Afrique : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République Centrafricaine, République du Congo, Sénégal, Tchad, Togo.

En Europe, comme dans les pays de la Zone franc CFA et ailleurs sur le continent, les citoyens et associations se mobilisent. Tous dénoncent les effets pervers de cette monnaie postcoloniale et réclament la fin de la servitude monétaire. Ils exigent la vérité sur les comptes d'opérations ouverts par les banques centrales auprès du Trésor français.

Le temps est venu de mettre en œuvre des solutions alternatives pour un développement économique qui corresponde réellement aux besoins des populations. Au-delà, la société civile pose la question d’une autre architecture financière, qui déboucherait sur la monnaie unique africaine.

La mobilisation a pour objectif de contribuer aux débats en Afrique, en Europe et en Amérique concernant les moyens de sortir de cette servitude monétaire, et d’informer l’opinion africaine, française et européenne des conséquences du lien qui attache encore l’ancienne métropole à ses ex-colonies. 

Il s’agit également de discuter des transformations indispensables à opérer tant au niveau institutionnel que politique pour répondre aux intérêts des quinze pays de la Zone franc CFA dont onze sont classés parmi les pays moins avancés (PMA) par les Nations unies.

Un défi panafricain

Penser une Afrique nouvelle, c’est penser l’émergence d’un continent libéré du joug impérialiste, qui prend en main son économie et gère directement l’exploitation de ses propres ressources naturelles. La monnaie est un attribut de souveraineté. Or, le franc CFA, cheval de Troie du néocolonialisme, empêche évidemment cette impulsion. 

C’est pourquoi cette action coordonnée du 7 janvier 2017 contre l'ordre économique du système franc CFA est une mobilisation inédite et historique. Elle met en lumière la capacité des Africains et afro-descendants à comprendre l’urgence de prendre part à ces discussions afin de s’impliquer réellement dans l’avenir du continent.

Un événement mondial, des personnalités engagées

Les panafricains de la société civile, qui ont fait de cette problématique économique un point capital de leur réflexion et de leur argumentaire ont immédiatement répondu présents.

La coordination internationale des conférences du samedi 7 janvier 2017 et leur déroulement seront assurés par les membres de l’ONG URPANAF :

 

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A Paris (France), la rencontre sera animée par Nicolas Agbohou, docteur en économie politique et l’un des pères de la résistance au franc CFA, auteur du célèbre ouvrage « Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique » (1998), Toussaint Alain, journaliste politique et ancien conseiller de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, etThéophile Kouamouo, journaliste politique et écrivain.

De 15h 30 à 18h, au 4 bis, rue Henri Bergson, 92600 Asnières-sur-Seine (en face de la tour d'Asnières) - Accès : RER C arrêt : Les Grésillons - Métro ligne 13 : Gabriel Péri, Puis bus 177 arrêt : Tour d'Asnières

 

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A Bamako (Mali), avec Aminata Traoré, militante altermondialiste, écrivaine et ancienne ministre, Pape Diallo de Jeunesse Maya, Ismaël Youssef Koné, représentant de l’ONG Urgences Panafricanistes au Mali.

De 15h30 à 18h, au Missira Hôtel, Le Djenne, Salle Amadou Hampâté Bâ

 

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A Ouagadougou (Burkina Faso), avec le mouvement citoyen C.A.R, Citoyens Africains pour la Renaissance.

A 15h, au siège du C.A.R, Quartier Tanghin, non loin de l’Hôtel Ricardo

 

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A Abidjan (Côte d’Ivoire), avec les militants panafricanistes Pîija Souleymane Yameogo, économiste de développement, conférencier sur l’histoire et les valeurs africaines et directeur général à PER-FORM, et Thi-Mi N’guessan, responsable de l’ONG Urgences Panafricanistes en Côte d’Ivoire.

A 10h, à l’Institut des Civilisations Noires, Plateau Dokoui 1er Feu, Abobo

 

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A Bruxelles (Belgique), avec Jahi Muntuka, ingénieur aérospatial, analyste en économie et administrateur du groupe Négritude, Black Power, Claude Wilfried, écrivain et analyste politique, et Natou Pedro Sakombi, essayiste et fondatrice de Reines et Héroïnes d’Afrique.

De 19h à 22h, à L’Horloge du Sud, 141, rue du Trône, 1050 Bruxelles

 

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A Londres (Royaume-Uni), avec Clarice Kamwa alias Mamoushka, militante panafricaniste et Cheikh Ba, Data Scientist Senior et analyste en Marketing.

De 14h30 à 16h30, 199-201 Lewisham High Street, 13 SE 6LG

 

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Bologne (Italie), la sensibilisation sera menée par les militants panafricanistesBolivie Wakam, ingénieur en énergie, et Donfack N. Alex Leroy, entrepreneur

A 19h, Piazza Spadolino 3

 

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A Ouidah (Bénin), avec la Famille Jah.

A 15h, au Centre d’Eveil, d’Animation et de Stimulation pour Enfants (CEVASTE), Ambassade culturelle de la Diaspora et du Peuple de JAH, près d’Ouidah

 

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A Dakar (Sénégal), avec Demba Moussa Dembele, Hulo Guilabert, Guy Marius Sagna, Ndongo Samba Sylla, Badou Kane et Ndeye Nogaye Babel Sow.

A 15h, rassemblement Place de l’Obélisque

 

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Le militant panafricaniste Kemi Seba interviendra comme Invité d’honneur à l’Université de Zinguinchor en Casamance.

A 15h, à l’Université Assane Seck

 

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A Haïti, avec Bayyinah Bello, écrivaine, professeur d’Histoire et dirigeante de la Fondasyon Félicité, Camille Chalmers, professeur d’Economie et de planification sociale à l’Université d’Etat d’Haïti.

De 13h à 17h, à la Fondation Félicitée, 4 rue A, Village Théodat, Tabarre

 

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A Kinshasa (RD-Congo), avec Rex Kazadi, homme politique et militant panafricaniste, Ted Beleshayin, économiste monétariste et consultant financier.

De 14h à 17h, à l’Hôtel Campo, Beau Marché, Commune de Barumbu, en face de la Bralima

 

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Pour toute information, merci d’écrire à : urpanaf@gmail.com

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LE FRANC CFA ET L'EURO CONTRE L'AFRIQUE

 

1 Euro = 1.54 Dollars Lorsque nous vendons nos produits sur le marché international en Dollars, ce montant est d’abord converti en Euro. Prenons l’exemple de vente de produits à 1.540.000.000 Dollars, converti en Euro, cela fait 1.000.000.000 d'euros CE QUI REVIENT A DIRE QUE 540.000.000 de Dollars sont déjà perdus :

PREMIÈRE PERTE

Conformément au pacte néocolonial signé par les 15 pays, ils sont obligé de verser au minimum au Trésor Public Français (COMPTE D'OPÉRATIONS) 65% au départ mais ramené à 50% après plusieurs négociations d’où 1.000.000.000 d'euros est multiplié par 50% soit 500.000.000 d'euros qui sont déjà gardé au Trésor Public Français (COMPTE D'OPÉRATIONS) qui ne sont que perdu car selon eux, c’est l’argent des Africains qui y est gardé mais qui n’est qu’un leurre car du vol scientifiquement organisé par LA France qui ne cesse d’avilir les Africains :

DEUXIÈME PERTE

PARLONS DES COMPTES D'OPÉRATIONS

Dans tous les pays qui utilisent leur propre monnaie, cette compétence relève de l’exclusivité du parlement c’est-à-dire des représentants du peuple (les députés). Prenons le cas de la France qui utilisait sa monnaie mais a accepté d’utiliser la monnaie européenne à travers son parlement (Assemblée Nationale) en faisant un REFERENDUM en Congrès à travers lequel le peuple français a accepté de rejeter sa propre monnaie LE FRANC FRANÇAIS au profit de la monnaie européenne L'EURO. Dans le cas des pays de la zone F CFA (Franc des Colonies Françaises d’ Afrique), ce n’est pas le cas car crée par la France le 25 Décembre 1945 pour l’Afrique. La France ayant hérité de ce système du Nazisme Allemands car pendant que les allemands avaient occupés la France, ils ont créé le Mark qui était la monnaie coloniale allemande utilisée seulement en France et non en Allemagne (1 MARK était égale à 10F Français : imposition de manière autoritaire car à partir d’un rien d’où une dévaluation en son temps de la monnaie Française).

On se rappellera que la France a fait la même chose aux pays africains utilisant le F CFA avec une dévaluation en 1994 car on est passé à 1F Français = 50F CFA à 100F CFA d’où une dévaluation pas de 50% mais de 100% du F CFA.

POURQUOI LA France A CRÉÉ LE F CFA ?

Les raisons sont les suivantes : Cette monnaie a été créée pour les peuples noirs qu’elle avait colonisés et continue de coloniser mais sous d’autres formes pour endormir la conscience des peuples noirs. Sortant de la Guerre, elle avait deux possibilités pour conquérir ses anciennes colonies car SOIT DE MANIÈRE MILITAIRE SOIT ÉCONOMIQUE.

Les produits africains en ayant accès au monde avaient la possibilité d’être directement vendu par les africains afin d’assurer sur le territoire Africain, les devises extérieures car la France occupée et à peine libérée des bourreaux de la guerre, en bref cette monnaie a été créé pour rendre captives les anciennes colonies. Après la guerre, la France étant faible à plusieurs niveau a vu sa monnaie être dévaluée après les accords de Bretton Woods réunissant 44 pays en 1944 a conclu : 1$ = 50F Français à 1$ = 119.70F Français en 1945, 1Franc Français = 1.70F français ; en 1948, 1F CFA = 2F français Avec cette époque de réévaluation du F CFA, les matières premières africaines devenaient plus chères donc la France jouait ce jeu pour empêcher les Africains d’avoir accès au Marché International. A la veille des indépendances, précisément en 1958, la France change la donne car ne voulant pas être la colonie de ses propres colonies, donne un nouveau visage au F CFA, en faisant 1F CFA = 0.02F Français c’est-à-dire 2centimes d’euro (Drôle de coïncidence car en 1948, 1F CFA = 2F français, 10 ans après 1F CFA = 0.02F Français et cette inversion est restée comme ça jusqu’à la dévaluation en 1994 où 1F CFA = 0.01F Français.

Dans tous les pays où on parlera de la monnaie, ça veut dire qu’on touche à la poche de chaque citoyen, ce qui revient à dire que la monnaie relève de la compétence exclusive du citoyen africain c’est-à-dire de ses représentants qui sont les députés puis les Présidents de chaque nation or il n’existe dans aucun des 15 pays africains, un acte législatif qui crée ou qui reconnait le F CFA comme étant leur monnaie, Pourquoi à votre avis ? Tout simplement parce que c’est une propriété de la France.

Donc il y a des superstructures c’est-à-dire les institutions de la zone F CFA à savoir la Conférence des Chefs d’Etats ensuite le Conseil des Ministres des finances de chaque pays et après ce qu’on appellera, les institutions d’émissions monétaires c’est-à-dire les Banques Centrales mais on remarquera que toutes ces structures ne sont également rien devant la France.
Pourquoi ?

Parce que le F CFA est d’abord une invention de la France et elle est sous le contrôle de la France car ces 15 pays d’Afrique refusent de se donner les moyens objectifs de leur développement et de ceux de leur concitoyen alors ils se content d’utiliser une monnaie sui leur est étrangère or lorsqu’on dit monnaie, ça veut dire banque centrale qui est la banque des banques en d’autres termes celle qui fournit et contrôle les banques commerciales ( appelé aussi les banque de second rang) où les citoyens lambda font des dépôts, des retraits et autres. Une banque centrale est une banque publique c’est-à-dire la propriété de l’Etat donc quand l’Etat veut injecter dans l’économie une certaine quantité de monnaie, Il donne des instructions à la banque centrale qui va baisser par exemple son taux d’intérêt c’est-à-dire son taux directeur et les banques commerciales où toutes les populations ont leur argent vont aller prendre cet argent et créer de la monnaie c’est-à-dire prêter à la clientèle. Par contre si l’Etat ne veut pas injecter de l’argent dans l’économie, Il donnera encore l’ordre à la banque centrale afin d’élever ses taux directeurs
(Taux d’intérêts) d’où les banques commerciales en retour vont facturer à la clientèle à un taux élevé. Nous entendrons alors par-là que l’Etat a le libre choix de développer ou pas son pays à travers le financement de ses infrastructures de premières nécessité telles que :
Les hôpitaux
Les écoles et universités Les routes
Les usines de transformation de nos matières premières
Etc.

Qui sont l’un des socles de développement d’un pays.

LES QUATRE PRINCIPES DU F CFA:

1- Le principe de la libre convertibilité du F CFA en Euro

2- Le principe de la fixité des parités entre le F CFA et l’Euro

3- Le principe de la centralisation des changes autrement appelé les comptes d’opérations.

4- Le principe de la libre transférabilité des capitaux des pays de la zone F CFA vers la France et les autres pays du monde.

On parlera plus tard de ces 04 principes.

Ces 04 principes et la Banque Centrale ont été conçus à l’époque coloniale et tous convergent vers un même objectif, c’est à dire : Piller les richesses de l'Afrique au profit de la métropole.

La lutte ne fait que commencer.

 

Merci au Pr Nicolas Agbohou, L'un des Pères de la révolution contre le F CFA.

 

Source: PAGE FACEBOOK MOUSSA KONE

vendredi, 18 novembre 2016

OU EST L'OR DE LA BCEAO ? L'INCROYABLE ET IMPENSABLE HISTOIRE DU «METAL ETERNEL» DES AFRICAINS DE LA ZONE CFA

 

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« Il n’y a rien de si extravagant que de faire périr un nombre innombrable d’hommes pour tirer du fond de la terre l’or et l’argent ; ces métaux d’eux-mêmes absolument inutiles, et qui ne sont des richesses que parce qu’on les a choisis pour en être les signes. »

Montesquieu

 

Au 31 décembre 2015, le volume du stock d’or détenu par la BCEAO est de 1 174 234,76 onces, soit environ 36,5 tonnes. Avec un cours de l’once d’or à 664 330 de FCFA, la contrevaleur de ces actifs est de 780 milliards de FCFA. Seul 10 % des avoirs en or de la BCEAO est détenu sur le territoire de  l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). L’essentiel (90 %) est en dépôt dans les coffres de la Banque de France pour une valeur estimée à 700 milliards de FCFA à fin décembre 2015.


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D’après les états financiers 2015 de l’institution communautaire, « les avoirs en or sont comptabilisés, au bilan, au cours du jour de la transaction, sur la base de leur poids. Le stock d’or détenu est évalué sur la base de la moyenne trimestrielle du fixing journalier le plus bas de l’once d’or à la Bourse de Londres, convertie en FCFA au cours indicatif du dollar US du dernier jour du trimestre. »

Hormis le rachat effectué par la Banque Centrale auprès des États membres de l’UEMOA et de la Mauritanie du stock d’or monétaire de l’ex-AOF (38,7 kg), aucune transaction d’or n’a été enregistrée depuis plusieurs années. La variation du montant du stock d’or s’explique par l’appréciation et la dépréciation du cours moyen de l’once d’or sur la période revue.


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D’après le site AcheterOr.org, les réserves d’orofficielles’ détenues par les banques centrales et publiées par le Conseil Mondial de l’Or (World Gold Council, WGC) sont exactement de 32 702 tonnes au 1er janvier 2016 ![1] » Selon les données d’août 2016 de International Financial Statistic[2], les plus gros détenteurs d’or dans le monde bancaire sont : les Etats-Unis (1er, 8 133 tonnes), l’Allemagne (2e, 3 378 tonnes), le Fond Monétaire International (3e, 2 814 tonnes), l’Italie (4e, 2 451 tonnes), la France (5e, 2 435 tonnes), la Chine (6e, 1 823 tonnes), la Russie (7e, 1 499 tonnes) et la Suisse (8e, 1 040 tonnes). Ils représentent 78,6 % des réserves d’or mondiales détenues par les banques centrales. Dans ce classement, les pays africains les mieux placés sont : l’Algérie (25e, 173 tonnes), l’Afrique du Sud (29e, 125 tonnes), la Libye (31e, 116 tonnes), l’Egypte (41e, 75 tonnes), Maroc (59e, 22 tonnes). L’UMOA (huit pays réunis), avec 36,5 tonnes d’or, est classée à la 50e place mondiale.

Selon la Banque de France, « l’or représente un peu plus de 70 % de ses réserves de change, le reste est constitué de devises étrangères (dollar, yen, …). Ces réserves sont utilisées pour les interventions sur le marché des changes. L’or constitue aussi une réserve ultime en cas de circonstances exceptionnelles. A ce jour, la Banque de France possède 2 435 tonnes d’or [100 tonnes de pièces et 2 335 tonnes de lingots d’une valeur d’à peu près 110 milliards d’euros], soit près d’une année de production mondiale. La valeur de ces réserves représentait 96,1 milliards au 31 janvier 2013. L’or est principalement conservé sous forme de barres d’or presque pur (99,5 % minimum) au standard international de 12,4 kilos et d’une longueur de 26,5 cm. La Banque de France est le 4e détenteur d’or mondial derrière les banques centrales des États-Unis, d’Allemagne et d’Italie.[3] »

La totalité du stock d’or de la France est détenue sur le territoire national, au siège de la Banque de France, « dans le premier arrondissement de Paris[4] », plus précisément dans la « Souterraine »[5], selon le site officiel de la Banque de France[6]. En 2013, les autorités allemandes ont décidé de rapatrier toutes leurs réserves d’or stockées jusqu’alors en France. « Cela représente une valeur de 16 milliards d’euros, soit 374 tonnes ou 11 % du total des réserves allemandes d’or qui vont traverser le Rhin d’ici 2020, a communiqué la Bundesbank.[7] »

Interrogé sur les raisons de la détention de cet important stock d’or, le directeur général honoraire de la Banque de France, Didier Bruneel, s’explique : « Comme pour beaucoup d’autres pays, cela tient à la survivance d’un passé. Celui où se pratiquait l’étalon-or, où l’or était la monnaie internationale. Même si certains pays se sont débarrassés de leur or ou le vendent encore, parce qu’ils n’en voient pas l’utilité, d’autres pays cherchent à augmenter leur stock d’or ou, comme nous-mêmes, souhaitent le conserver. L’or reste en effet le seul moyen de paiement que tout le monde acceptera quoi qu’il arrive.[8] »

C’est tout de même curieux que toutes les banques centrales du monde puissent aimer l’or, ce “métal éternel”, et que sous nos tropiques, l’institut d’émission puisse presque s’en passer et même s’en lasser. D’abord, en ne conservant qu’une partie très modeste (0,1 %) des réserves mondiales d’or des banques centrales. Ensuite, que ce quantum puisse être pratiquement stable durant des décennies, alors que plusieurs Etats membres de l’UMOA sont des gros producteurs d’or. Ceux-ci ont produit 104,2 tonnes d’or (Mali 46,5 T, Burkina Faso 36,4 T, Côte d’Ivoire 20,1 T, Niger 1,2 T) en 2015 pour une valeur totale de 2 615 milliards de FCFA. Enfin, plus surprenant, de confier la garde de la presque totalité (90 %) des avoirs en or de l’UEMOA à la France.

Pourquoi stocker de l’or si les réserves de change assurent une couverture plus que correcte de l’émission monétaire (81% à fin 2015 contre 20 % requis) ? Pourquoi garder 90 % du stock d’or de la BCEAO en France ? Pourquoi ne pas utiliser (et non vendre) tout ou partie de ces avoirs en or pour lever des fonds nécessaires au financement de l’économie des pays de l’UEMOA qui en sont les vrais propriétaires ?

L’histoire révèle bien souvent des curiosités. Combien de gens savent que la France, apeurée et tétanisée par l’envahisseur allemand, est venue en grande pompe et à toute pompe, confier à l’Afrique subsaharienne, à une ville modeste de l’ex-Soudan (actuel Mali), la garde de 1 100 tonnes d’or, presque la moitié de son stock d’or, et environ 10 % des réserves d’or des banques centrales du monde à l’époque et, aujourd’hui, près de 10 ans la production aurifère agrégée des huit pays de l’UEMOA ? Ironie du sort : 76 ans après avoir hébergé et sécurisé la moitié du stock d’or de la France [soit l’équivalent de 22 ans de production d’or au Mali ou 30 fois le niveau actuel des réserves d’or des huit pays de l’UMOA réunis], cette ville malienne (…) n’abrite même pas une agence auxiliaire de de la banque centrale ?

Le 26 août 1944 quand le général de Gaulle descendait, fièrement et triomphalement, l’avenue des Champs-Élysées, les caves de la « Souterraine » à la Banque de France étaient désespérément vides. La France était libre mais elle était essorée par quatre ans de conflit meurtrier (541 000 morts dont 330 000 pertes civiles), avec des dégâts matériels et financiers estimés à plusieurs centaines de milliards de francs. Selon les historiens, plus d’un million de ménages français (sur 12,5 millions) étaient sans abri, des villes entières avaient été rasées (dont Brest le port d’embarquement de l’or en direction du continent africain). C’est dire combien la situation économique et financière du pays était difficile, presque désespérée.

Qu’aurait été la France, sa reconstruction post-guerre et pré-plan Marshall (intervenu 3 longues années après la fin des hostilités), sans la disponibilité de ces 1 100 tonnes d’or ? Que serait devenu, aujourd’hui, le système bancaire français sans l’aide inestimable des « indigènes » africains, ces valeureux et téméraires « tirailleurs sénégalais », extrêmement « attachés à la consigne », pour protéger et sécuriser le patrimoine aurifère du peuple français si convoité par l’Allemagne nazie ?

Pour le directeur général honoraire de la Banque de France, Didier Bruneel, conseiller auprès du gouverneur de cette institution pour les questions historiques, l’or rapatrié a été vital pour l’économie française. Il a été utilisé pour la reconstruction du pays, et a servi à la soudure jusqu’à la mise en place en 1948 du plan Marshall.

Comment comprendre, aujourd’hui, que les dirigeants de l’UMOA puissent faire le chemin inverse en confiant la garde de leurs réserves d’or à la France ? Sommes-nous, à notre tour, sous la menace d’une « armée d’occupation » ?

La suite de ces réflexions, les pistes de solution et ainsi que l’extraordinaire odyssée de l’or français en Afrique sont à découvrir et à lire dans l’ouvrage « Construire l’émergence, Un pari pour l’avenir : 12 axes d’action, 100 propositions pour booster le financement de l’économie », Edition BoD, 736 pages.

 

Cheickna Bounajim Cissé

 

(1) [1] Réserves d’or au niveau mondial en 2016: le grand secret ! En ligne : acheteror.org/reserves-or-niveau-mondial-2016/

[2] www.gold.fr/informations-sur-l-or/guides/reserves-dor-des-banques-centrales

[3] www.banque-france.fr/la-banque-de-france/histoire/1940-lor-de-la-france-a-disparu.html

[4] Les Echos, La France reste l’un des coffres-forts de l’or mondial, 16 janvier 2013, en ligne : www.lesechos.fr/16/01/2013/lesechos.fr/0202504131056_la-france-reste-l-un-des-coffres-forts-de-l-or-mondial.htm

[5] La « Souterraine » est le plus grand coffre au monde à environ 20 mètres sous l’hôtel de Toulouse, dans le Ier arrondissement, en plein cœur de Paris. Une salle « archi-sécurisée » de 11 000 mètres carrés, une fois et demi la superficie d’un terrain de football, située au huitième sous-sol de la Banque de France, ce qui lui vaut le surnom de « la Souterraine ». Ce bunker a été construit entre 1924 et 1927 par 1 200 ouvriers. Il abrite 658 colonnes, derrière lesquelles se trouvent les chambres fortes et les armoires métalliques. Aux États-Unis, depuis 1937, une partie de l’or du Trésor américain est stockée dans le très célèbre camp militaire de Fort Knox, qui a la réputation d’être imprenable. Le métal précieux est entreposé dans une chambre forte en acier et béton située sous l’édifice, fermée par une porte de 20 tonnes. Cette pièce souterraine est bâtie sur le roc et possède des murs de 61 cm d’épaisseur. Ayant contenu jusqu’à 20 205 tonnes d’or pendant la Seconde Guerre mondiale, le dépôt est désormais de moindre importance. Plus de la moitié de l’or américain est en effet conservé dans les sous-sols ultrasécurisés de la Réserve fédérale de New York (en ligne : http://www.lefigaro.fr/societes/2012/08/17/20005-20120817ARTFIG00409-l-immense-tresor-cache-des-banques-centrales.php)

[6] www.banque-france.fr/la-banque-de-france/histoire/1940-lor-de-la-france-a-disparu.html

[7] Les Echos, op. cit.

[8] www.tresordupatrimoine.fr/content/101-interview-didier-bruneel

 

Source: FINANCIAL AFRIK

jeudi, 20 octobre 2016

NE PAS IMPOSER AUX AUTRES CE QUE L’ON REFUSE POUR SOI !

 


 

La constitution ivoirienne n’est pas une serpillière sur laquelle Ouattara et ses commanditaires occidentaux peuvent s’essuyer les pieds en bafouant la souveraineté du peuple et en lui imposant des présidents criminels véritables servants locaux de la prédation occidentale. 13 ans après Marcoussis qui visait déjà à imposer les rebelles au pouvoir avec à leur tête Ouattara, le projet de reforme de l’article 35 de la constitution ivoirienne[1] facilite les reformes constitutionnelles selon le bon vouloir du prince, institue  un vice-président qui remplacerait le président en cas de vacance du pouvoir, supprime la limite d’âge actuellement établie à 75 ans pour briguer un mandat présidentiel,… et on voudrait nous faire croire que ce serait pour raffermir l’unité du peuple, le réconcilier avec lui-même au nom d’une démocratie apaisée. De qui se moque-t-on ?

 
 
 
Pour parachever sa conquête du pouvoir par la force et dans le sang et surtout se maintenir –lui ou l’un de ses proches- à la tête de la Côte d’Ivoire, OUATTARA cherche par tous les moyens à modifier la Constitution. C’est ainsi qu’un projet de Constitution vient d’être adopté par l’Assemblée Nationale ivoirienne monochrome et sera soumis à l’approbation du peuple par voie référendaire le 30 octobre 2016. En supprimant la date limite d’âge des conditions d’éligibilité du Président de la République ivoirienne posée par l’actuel article 35[2], de même qu’en acceptant des candidats dont un des parents au moins pourra être étranger, en facilitant la modification constitutionnelle par un Parlement aux ordres, il est clair que l’objectif visé n’a rien à voir avec une quelconque exigence démocratique, mais bien de se tailler une Constitution sur mesure !

Jugé « ivoiritaire », l’actuel article 35 de la Constitution ivoirienne ne fait pourtant que reprendre ce que de nombreuses constitutions prévoient pour encadrer l’accès à la plus haute fonction d’un Etat.
 

 
 
Ainsi, à force d’entendre que cet article 35 de la Constitution ivoirienne – rappelons qu’elle a été adoptée par voix référendum à plus de 80% des voix en 2000, y compris avec celles du RDR le parti de OUATTARA qui avait appelé à voter pour ce texte- à force d’entendre répéter qu’il serait xénophobe, discriminant, « confligène », on en oublie de constater que les dispositions de cet article existent à l’identique dans de nombreux textes fondamentaux, à commencer par le BURKINA FASO voisin dont M. OUATTARA a été le national pendant de nombreuses années (notamment dans les années 80 lorsqu’il se prévalait de la nationalité de cet Etat pour officier en tant que représentant du FMI[3]).

En vertu des conditions d’éligibilité à la Présidence de la République posées par leurs Constitutions respectives, OUATTARA n’aurait jamais pu être candidat non seulement au BURKINA FASO voisin, le pays de son grand ami COMPAORE qui a trouvé refuge en CÔTE D’IVOIRE et a adopté la nationalité ivoirienne pour échapper aux poursuites judiciaires du pays des hommes intègres de Thomas SANKARA dont il reste le meurtrier présumé en sus du principal bénéficiaire. Au Burkina Faso donc,  OUATTARA n’aurait jamais pu devenir Président dans la mesure où l’article 38 de la Constitution burkinabé pose des conditions tout aussi draconiennes que la Constitution ivoirienne pour devenir Président de la République. Je ne sache pas qu’on ait poussé des cris d’orfraie en accusant le BURKINA FASO d’être un peuple xénophobe… Et pourtant le Président burkinabé doit être « de père et de mère Burkinabè de naissance et né de parents eux-mêmes Burkinabè » [4] pour pouvoir être candidat aux élections présidentielles.
 
  
 
 
Force est de constater que les standards démocratiques de l’Occident varient d’un pays à l’autre selon leurs intérêts du moment. L’article 38 de la Constitution burkinabé avait bien défrayé la chronique quand COMPAORE avait essayé de le modifier pour pouvoir briguer un« troisième » mandat (rappelons qu’il était au pouvoir depuis près de 30 ans à sa chute).
 
La même démonstration pourra se faire avec les ETATS-UNIS[5] qui imposent aux candidats d’être nés américains ce qui aurait exclu d’emblée tout candidat né hors des USA. Sans oublier les conditions très draconiennes de résidence permanente dans le pays dont on convoite la Présidence, soit 15 ans pour les ETATS-UNIS et autres conditions très spartiates qui auraient exclu OUATTARA notamment en vertu de l’exigence de non-participation à des mouvements rebelles contre l’Etat dont on brigue la magistrature suprême[6].
 
 
 
 
OUATTARA aurait-il pu passer entre les mailles du filet quand on se rappelle sa paternité dans la rébellion de 2002 ? Et ce n’est pas nous qui le disons mais bien un de ses fidèles lieutenants Koné ZAKARIA en 2005[7]. Au BURUNDI également, le candidat président doit être de nationalité burundaise de naissance[8].
 

 
 
 
Cette exigence de posséder la nationalité de naissance du pays dont on brigue la présidence se retrouve dans les Constitutions congolaise (Congo Brazzaville)[9], nigérienne[10], portugaise[11], brésilienne[12]. Au GABON[13] comme en CÔTE D’IVOIRE dans l’article 35 sous sa forme actuelle, ne peuvent être candidats à la Présidence que les citoyens gabonais de naissance n’ayant pas exercé de responsabilités politiques ou administratives dans un autre pays, ce qui de fait aurait exclu OUATTARA de la Présidence de ce pays au vu de ses états de service burkinabé.
 

 
 
A l’issue de ce rapide tour du monde des dispositions qui restreignent l’accès aux fonctions présidentielles, il semble difficile de continuer de reprocher aux Ivoiriens ce que la plupart des autres pays prévoient pour eux-mêmes à savoir des limites d’âge, des conditions de nationalité, de résidence,…
 

 
 
A noter ainsi que COMPAORE pourrait bientôt briguer un mandat présidentiel ivoirien si ce n’est qu’il ne remplit pas la condition d’être exclusivement de nationalité ivoirienne, sachant qu’il n’y a plus de limite d’âge dans le projet de constitution ivoirienne… Il suffit que COMPAORE soit déchu et/ou ait renoncé à sa nationalité burkinabé au profit de la nationalité ivoirienne pour remplir la condition d’être « exclusivement » Ivoirien. Le fait de ne pas jouir de la double nationalité est désormais suffisant dans le projet de constitution ivoirienne là où l’actuelle loi fondamentale interdit de se porter candidat à la Présidence celui qui s’est déjà prévalu d’une autre nationalité). A noter là encore que le projet de réforme de la Constitution fait la part belle au couple maudit OUATTARA/COMPAORE dès lors que l’ancienne restriction à la magistrature suprême qui stipulait que ne pouvait être candidat à la magistrature suprême celui qui s’était prévalu d’une autre nationalité a disparu. CQFD !

Ce système permanent d’inversion des victimes et des bourreaux, de maximisation de l’intérêt des nantis au détriment de l’intérêt général par guerres humanitaires, manipulations électorales, rébellions et asservissement aussi bien économique, politique ou encore culturel interposés peut se résumer sous cette formule lapidaire qui fait le buzz sur les réseaux sociaux en ce moment : « si on découvrait du pétrole sur la lune, on irait y installer la démocratie » !
 
 
 
 




[2] Voici l'article 35 de la Constitution ivoirienne du 23 juillet 2000 :
 « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus. Il doit être Ivoirien d'origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Il doit n'avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s'être jamais prévalu d'une autre nationalité. Il doit avoir résidé en Côte d'Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective. L'obligation de résidence indiquée au présent Art. ne s'applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l'État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l'étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques. Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel. Il doit être de bonne moralité et d'une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l'origine. »
 
[3] Dans cet article nous reprenons les travaux de l’excellentissime Charles ONANA qui dans son livre Coup d’Etat notamment produit les différents documents qui attestent de la nationalité burkinabé de OUATTARA et du faux certificat de nationalité établi par sa créature épiphanienne en 1999 sur la base d'un extrait d'acte de naissance falsifié avant l’exfiltration dudit petit juge Epiphane ZORO BI BALLO par la FIDH acquise à OUATTARA : http://contrepoids-infos. blogspot.fr/2014/10/le-petit- juge-epiphane-zoro-bi-la.html
 
[4] Article 38 de la Constitution burkinabé : « Tout candidat aux fonctions de Président du Faso doit être Burkinabè de naissance et né de parents eux-mêmes Burkinabè [...], être âgé de trente cinq  ans révolus à la date du dépôt de sa candidature et réunir les conditions requises par la loi. »
 
[5] Selon la Constitution américaine : « Nul ne pourra être éligible à la fonction présidentielle s'il n'est par la naissance citoyen des Etats-Unis ou s'il ne l'est au moment de l'adoption de cette Constitution. Personne ne pourra être éligible à cette fonction s'il n'a trente-cinq ans révolus et résidé quatorze ans aux Etats-Unis. »
 
[6] Il faut également que vous n'ayez jamais participé à une rébellion contre l'État pour être candidat aux élections présidentielles américaines.
 
[7] Extrait d’un discours de Koné ZAKARIA chef rebelle en Dioula (avec traduction en français) qui rappelle le rôle de OUATTARA dans la rébellion dont il n’est autre que le principal commanditaire et bénéficiaire direct :https://www.youtube.com/watch? v=dVeWog4WIKM
 
[8] Au Burundi, l'article 186 du code électoral dispose que le candidat aux fonctions du Président de la République doit :
« Avoir la qualité d'électeur dans les conditions précisées aux articles 4 et 10 du présent code ; Etre de nationalité Burundaise de naissance ; Etre âgé de 35 ans révolus au moment des élections [...] » ;
 
[9] Au Congo Brazzaville : « Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il n’est de nationalité congolaise d’origine, ne jouit de ses droits civils et politiques, n’est de bonne moralité ; n’atteste d’une expérience professionnelle de huit (8) ans au moins ; n’est âgé de trente (30) ans révolus ; ne jouit d’un état de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins assermentés désignés par la Cour constitutionnelle.»
 
[10] « Sont éligibles à la Présidence de la République, les Nigériens des deux (2) sexes, de nationalité d'origine, âgés de trente-cinq (35) ans au moins au jour du dépôt du dossier, jouissant de leurs droits civils et politiques. Nul n'est éligible à la Présidence de la République s'il ne jouit d'un bon état de santé physique et mental, ainsi que d'une bonne moralité attestée par les services compétents. »
 
[11]L'article 122 dispose que, pour être éligible à la fonction de président, une personne doit être citoyen portugais de naissance et âgé de plus de 35 ans.
 
[12] Selon la Constitution brésilienne, le président doit être né citoyen du Brésil, être âgé d'au moins 35 ans, résider au Brésil, jouir de ses droits électoraux et être membre d'un parti politique.
 
[13]Sont éligibles à la Présidence de la République tous les gabonais des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques, âgés de quarante (40) ans au moins et résidant au Gabon depuis 12 mois au moins.
Tout gabonais bénéficiant d’une autre nationalité au titre de laquelle il a exercé des responsabilités politiques ou administratives dans un autre pays, ne peut se porter candidat.
Toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la Présidence de la République. Seule sa descendance ayant demeuré sans discontinuité au Gabon le peut, à partir de la quatrième génération.

lundi, 05 septembre 2016

L’EXIGENCE DU «RECOMPTAGE DES VOIX» DE LA PRESIDENTIELLE GABONAISE, UNE PREUVE DE PLUS DE LA NUISIBLE DUPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE !

 

 

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Il faut vraiment que la France, les USA, l’ONU et leurs complices de l’ordre du crime imposé à l’humanité à travers une certaine « Communauté Internationale », prennent les autres peuples du monde pour moins que des « bouts de bois de Dieu ». Ce sont ces gens-là qui, en 2011, se sont opposés avec un acharnement démentiel, à Laurent Gbagbo, lorsqu’il demandait que soient recomptées les voix de la présidentielle ivoirienne, juste pour démontrer que le protégé de « la Communauté Internationale » Alassane Ouattara, porté à bouts de bras par la France, les USA et l’ONU, n’avait pas pu gagner l’élection en Côte d’Ivoire, ce pays où, en réalité, Ouattara était connu comme indigne de confiance.

Le Secrétaire Général du « machin de New York », le sieur Ban Ki Moon, avait même osé déclarer sans sourciller, que « recompter les voix de l’élection était faire honte à Alassane Ouattara », l’homme qu’on avait décidé d’imposer aux Ivoiriens, par tous les moyens, y compris en les bombardant, avec les armes de l’ONU, de la France et des USA, après avoir usé de tout, y compris de la mesquine lâcheté, pour priver le pays du moindre outil de défense.

Dans la foulée, un obligé de cet ordre inique imposé à l’humanité, un certain Jean Ping, alors au premier rang de l’Union Africaine, déclara, à la 16ème session ordinaire de cette Union, le 28 janvier 2011, à propos du contentieux électoral en Côte d’Ivoire, que « la réouverture des résultats de l’élection serait une grave injustice et un précédent fâcheux (…) L’UA ne reviendra pas en arrière. Il y a des gens qui demandent de recompter les voix. Les opinions sont libres. Les gens sont libres de dire ce qu’ils veulent. Mais nous, notre position est claire ». Voilà ce que clamait Monsieur Jean Ping, adossé à ses maîtres dans la falsification de l’Histoire.

Ce sont aujourd’hui, ces mêmes falsificateurs de l’Histoire, pour placer leur pion, qui demandent qu’au Gabon, l’on recompte les voix de l’élection présidentielle ! C’est vrai que depuis longtemps, ces gens-là ont montré et démontré qu’ils n’ont aucun scrupule pour torde le cou à la vérité et à la justice. C’est également vrai que, convaincus d’être les plus forts, ils ne respectent rien qui soit aux autres sur la terre. Mais devraient-ils continuer de massacrer et faire massacrer tous les autres peuples de la terre, il faudra toujours leur opposer une résistance, aussi faible puisse-t-elle être, pour leur rappeler leur laideur morale et intellectuelle.

Apparemment, ils trouvent toujours dans les pays, des égoïstes vénaux, des corrompus sans état d’âme, appuyés par de soi-disant experts qui sont en réalité des agents de la falsification, dans un monde qu’ils ont pourri et continuent de détruire chaque jour un peu plus, un monde où les valeurs cardinales qui fondent l’humanité sont foulées au pied. La résistance, aussi minime soit-elle, est la voie qui permettra d’arrêter la progression de la destruction de l’harmonie entre les peuples. 

Pour l’observateur qui a suivi les crimes de la « Communauté Internationale » en Côte d’Ivoire, crimes qui ont conduit le président élu par les Ivoiriens, le président Laurent Gbagbo, à la prison de La Haye, où il est maintenu depuis des années sans aucune preuve de quelque culpabilité que ce soit, rien de ce qui peut  venir de cette communauté du crime ne peut rien présager de bon pour les Africains.

Même si Jean Ping avait pu gagner l’élection au Gabon, la posture de ses « amis » de la « Communauté Internationale » est une preuve que les Gabonais, pourvu qu’ils soient lucides, doivent se rendre compte que ce Jean Ping-là ne peut être que le « Cheval de Troie » des prédateurs occidentaux, qui se sont autoproclamés « Communauté Internationale ».

Notre propos n’est pas fondé par une quelconque haine de qui que ce soit. Nous n’exprimons pas non plus un sentiment de dépit : nous sommes bien au-delà de cela ! Ces gens nous ont rassasiés de l’usage qu’ils font, sans aucun discernement, du mensonge, de la falsification, des armes et de tous, pour s’approprier indûment ce qui appartient aux autres. Et ce serait cela être « une grande puissance ! ». De quoi susciter du dégoût, comme celui qu’on a du gangster qui écume les quartiers ! Non ! Ils ne peuvent plus nous étonner, ni susciter de ressentiment fort en nous. Sans être blasés, nous les prenons comme ils sont : des manipulateurs, que chacun peut qualifier comme il veut, et que le temps dévoilera au grand jour, un jour prochain, pour le bonheur de l’humanité !

 Nous réagissons ici, pour soutenir le peuple gabonais, afin qu’il reste ferme, non pas parce que Monsieur Ali Bongo, élu selon les lois du pays, est le meilleur d’entre eux, mais simplement parce que son adversaire ne peut pas être meilleur que lui. Même si les deux hommes peuvent avoir des tares identiques, le fait que l’autre soit soutenu par les prédateurs occidentaux, au point de vouloir que les Gabonais s’entretuent, fait de ce dernier un pion, le pire possible.

Il n’y a pas longtemps, les Nigériens ont fait barrage à la France qui avait misé sur l’ancien président de l’Assemblée Nationale en fuite à Paris ; en Centrafrique, le peuple a récusé celui que la France avait choisi ; au Bénin, l’homme de la France a été retourné à ses affaires ; au Burkina Faso, le peuple a mis en congé Blaise Compaoré, le coursier des occidentaux dans la déstabilisation des pays africains ; au Tchad, le rejet de Déby n’a pas marché, malgré le déploiement de gros moyens. Il semble que c’est seulement au Congo Brazza que l’argent des Congolais a servi à permettre à la France de contrôler le jeu de la présidentielle. Pour ce qui est du Mali, de nombreuses questions restent encore sans réponse, tandis que la Côte d’Ivoire va à vau l’eau avec le pion des prédateurs, en dépit d’une communication bien arrangée…

Nous avons choisi de taire pour le moment notre opinion sur les autres pays (ex)colonies françaises en Afrique. La réalité, c’est que chacun des pays, surtout en Afrique, où la France est profondément enracinée, a besoin de savoir que cette puissance occidentale ne peut rien lui apporter de positif. Comme d’un serpent dont on se méfie même s’il est endormi, il faut craindre tout ce qui vient de ce pays, quand bien même cela paraîtrait sans danger.

 

BEDI HOLY, Enseignant.

jeudi, 17 septembre 2015

Y A-T-IL DES GOUVERNANTS EN AFRIQUE ?

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A première vue, la question peut paraître provocatrice. Cependant, celui qui répondrait par l’affirmative aurait bien du mal à se justifier. Car être un chef, ce n’est pas endosser un titre comme on endosse un manteau ; c’est être chargé d’une fonction supposant des actions concrètes à mener ; c’est avoir la responsabilité de conduire et de protéger ses concitoyens. Et s’agissant justement des gouvernants africains, ce sont les actes qu’exigent leurs responsabilités qui nous obligent à nous demander s’ils exercent réellement leur fonction de gouvernants. Deux exemples suffisent à éclairer le lecteur quant au bien fondé de notre question. 

Depuis que la migration des populations africaines vers l’Europe a pris une dimension qui ne peut plus être qualifiée de « clandestine », compte tenu des milliers de morts qui jonchent, à intervalle régulier, la surface de la Méditerranée et les plages espagnoles et italiennes, le phénomène est devenu un sujet politique qui alimente les échanges entre les chefs d’Etats européens. Depuis les dernières semaines du mois d’août 2015, c’est même l’urgence qui est déclarée, suite à la migration jamais connue de populations blanches sur le flanc est de l’Europe avec également son cortège de morts. Toutes les digues dont l’Europe occidentale s’entourait, comme pour se protéger des guerres qu’elle entretenait hors de ses frontières, ont été rompues. Elle récolte ce qu’elle a semé, le clament certains.

Ce qui est fort étonnant, c’est de constater que dans le concert des cris d’indignations et des lamentations que les nombreux morts de la Méditerranée arrachent régulièrement aux milieux politiques et associatifs occidentaux, aucune voix africaine ne se fasse entendre. Devant les nombreux morts et les souffrances des Noirs en Méditerranée, l’Afrique reste impassible et muette. Alors que les politiques européens s’interpellent les uns les autres et se demandent ce qu’il convient de faire, aucune voix n’émane des gouvernants africains témoignant de la recherche de solution à leur niveau. Et pourtant, tout le monde sait que la prolifération du phénomène de migration a généré une véritable traite négrière dans les pays d’Afrique du nord devenus de véritables îles de Gorée !

Pourquoi donc les chefs d’Etats africains sont-ils si apathiques devant le malheur des leurs ? Mourir par centaines loin de sa terre natale est-il devenu chose si ordinaire sous le ciel d’Afrique au point de ne pas mériter une oraison funèbre, une petite larme de son pays ? 

Par ailleurs, nous assistons depuis un an ou deux à un phénomène dont l’ampleur a dépassé les frontières du pays qui l’a vu naître : la maltraitance des travailleurs domestiques au Liban. 

Depuis les années 60, bon nombre d’Africains avaient constaté que les ressortissants libanais pratiquaient ouvertement – en terre africaine – l’esclavage des jeunes filles noires à leur domicile sans qu’aucune autorité locale ne s’en inquiète. Quand ces filles accompagnaient leur maître ou leur maîtresse en Europe, cet esclavage pratiqué sous la forme de la séquestration en Afrique se doublait de la maltraitance physique sur la terre libanaise. Une domestique noire a eu le sexe brûlé au briquet ; une autre a été allègrement battue par toute la famille, une autre encore a été jetée du quatrième étage d’un immeuble. Chaque jour nous apporte son lot de maltraitances aussi indignes les unes que les autres. Les images de ces agissements inhumains diffusées par les bourreaux tournent toujours en boucle sur Internet. Les jeunes filles humiliées, blessées dans leur chair, ont parfois adressé des appels au secours sur Internet. Mais les gouvernants africains se taisent ; ils semblent ne rien voir et ne rien entendre. 

Le mutisme des autorités africaines devant les souffrances de leurs ressortissants sur les terres étrangères est d’autant plus surprenant que leurs homologues européens ne les laissent guère en paix quand il s’agit de la mort brutale d’un Blanc ou de son implication dans quelque litige ayant abouti à son arrestation ou à son emprisonnement en terre africaine. Les gouvernants européens ont-ils tort de se comporter de la sorte ? Non ! En agissant ainsi, ils se montrent dignes de leur fonction qui exige qu’ils prennent soin de tous leurs citoyens, qu’ils s’inquiètent de tout ce qui leur arrive où qu’ils soient. En d’autres termes, ce sont les gouvernants africains qui n’accomplissent pas leur devoir vis-à-vis des leurs. Ce sont eux qui se montrent indignes de toute considération aux yeux des Africains et du reste du monde.

 

Raphaël ADJOBI

 

SourceLES PAGES POLITIQUES DE RAPHAEL

jeudi, 13 août 2015

FRANC CFA: ARME D’ASSERVISSEMENT AU SERVICE DE L’IMPERIALISME ET DU NEO-COLONIALISME DE L’ETAT FRANÇAIS

 

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La prédation des ressources économiques ainsi que la confiscation de la souveraineté des pays africains de la zone franc à travers le mécanisme du CFA (franc des colonies française d'Afrique)  par la France s'éternisera tant que le système impérialiste et néocolonialiste de l'Etat français ne sera pas démantelé.

 

Le franc CFA, un outil de contrôle politique et économique sur les pays africains de la zone franc

 

La zone franc et le franc CFA, un système hérité de la colonisation

La zone franc et sa monnaie le franc CFA constituent le seul système monétaire colonial au monde à avoir survécu à la décolonisation. La mise en place progressive de ce système est le résultat de choix stratégiques de la France mettant l’entreprise de colonisation au service des intérêts économiques français. Les monnaies africaines sont supprimées et des banques privées appartenant aux colons mais contrôlées par la France sont créées.

La puissance coloniale exploite les matières premières des colonies pour alimenter l’industrie française et utilise les colonies comme débouchés pour les produits français. Suite à la crise de 1929, la France accentue son repli sur l’empire colonial pour protéger son économie et son commerce extérieur. La création de la zone franc en 1939 offre le moyen de pérenniser cette stratégie : les échanges avec des pays extérieurs à la zone franc sont interdits, ce qui cimente les liens économiques et commerciaux entre la France et son empire. La monnaie franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique) est quant à elle créée en 1945 afin que la dévaluation du franc français au sortir de la guerre n’affecte pas les marchés des possessions africaines de la France. Celle-ci conserve ainsi le leadership dans le commerce extérieur des colonies et réaffirme sa suprématie sur son empire.

Au moment des indépendances, la quasi-totalité des anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne décide de rester dans le giron de la France en signant des accords de coopération monétaire et en adhérant de ce fait à la zone franc. Le franc CFA est d’ailleurs renommé franc de la Communauté Française d’Afrique en 1958. Mais la Guinée refuse cet assujettissement monétaire et sort de la zone franc dans un coup d’éclat. Le président Sékou Touré veut une réelle indépendance politique et économique pour la Guinée, et pour ce faire crée le franc guinéen et quitte la zone en 1960. Au Togo, ancienne colonie allemande membre de la zone franc depuis 1949, des voix s’élèvent également contre le franc CFA en la personne du président Sylvanus Olympio. La sortie de la zone est prévue pour 1963 mais Sylvanus Olympio est assassiné juste avant que l’indépendance monétaire du pays ne soit acquise. Ce n’est que dix ans plus tard, en 1973, que la zone connaît de nouvelles modifications avec la sortie de la Mauritanie et de Madagascar.

C’est également à la période des indépendances que des banques centrales dont seulement la moitié des administrateurs sont des représentants africains sont créées pour émettre le franc CFA. Les présidents de ces institutions sont néanmoins français et restent maîtres de toute décision. Pendant les années 1970 la zone franc connaît des ajustements à la fois techniques et symboliques : révision des accords de coopération monétaire, déménagement des sièges des banques centrales de Paris à Dakar et Yaoundé, diminution du nombre de représentants français au sein des Conseils d’Administration. D’autre part deux nouveaux pays signent des accords de coopération avec la France et adoptent le franc CFA : la Guinée Équatoriale en 1985 et la Guinée-Bissau en 1997. Malgré ces changements, la France garde la mainmise sur la politique monétaire de la zone franc dont les pays subissent des choix économiques et monétaires dictés par les intérêts français. La France va même jusqu’à décider unilatéralement de la dévaluation du franc CFA en 1994.

La zone franc : une gestion et des principes au service des intérêts français

La zone franc englobe donc aujourd’hui quinze pays : huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad) et les Comores. C’est une organisation financière, monétaire et économique, dont le cœur est la France et l’instrument principal le franc CFA. Cette organisation, gérée par la France, s’appuie sur des institutions africaines : la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC).

Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc. A ces principes s’ajoutent la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maîtresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités.

La centralisation des réserves de changes : un principe qui bloque l’économie des pays de la zone franc

Chaque banque centrale de la zone franc possède un compte d’opérations au Trésor public français et doit y déposer une partie de ses réserves de monnaie. Depuis 2005, 50% des réserves de change doivent être stockées sur le compte d’opérations en France (jusqu’en 2005 ce pourcentage était de 65). Il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros. C’est autant d’argent qui est amputé du budget des États de la zone franc. La France rémunère les banques centrales africaines en intérêts, tout en se servant au passage grâce à des placements privés (des sommes dégagées au profit de la France qui se comptent en centaines de millions d’euros). Pire, la part d’intérêts versée aux banques centrales est comptabilisée dans l’Aide Publique au Développement ! Dépouillés de la moitié de leurs recettes, les pays africains de la zone franc se retrouvent ainsi dans une situation économique et sociale très difficile, d’autant plus que la France leur impose une rigueur budgétaire (c’est-à-dire une baisse des dépenses publiques) pour que l’approvisionnement du compte d’opérations soit garanti.

La parité fixe franc CFA-euro : une entrave à la compétitivité des économies africaines dans le monde

 Hier lié au franc français, le franc CFA est aujourd’hui arrimé à l’euro, c’est-à-dire que la valeur du franc CFA sur les marchés mondiaux dépend de celle de l’euro. Autrement dit, les pays africains de la zone franc n’ont pas le contrôle de leur politique de change et subissent les fluctuations du cours de la monnaie unique européenne. Les recettes de leurs exportations doivent être converties en euro avant de l’être en franc CFA, ce qui signifie que si la conversion entre l’euro et les monnaies étrangères fluctue, les recettes des pays africains de la zone franc fluctuent également. Actuellement la valeur de l’euro se renforce par rapport aux monnaies étrangères. Par conséquent, la compétitivité des pays de la zone euro, et donc de la zone franc, diminue par rapport au reste du monde. Une baisse de la compétitivité signifiant une plus grande difficulté à vendre ses produits sur le marché mondial, les conséquences pour les pays africains de la zone franc d’un arrimage à une monnaie forte comme l’euro sont considérables : les économies restent faibles, et les population se paupérisent car les matières premières qu’elles produisent ne peuvent ni être exportées ni être transformées.

La libre convertibilité franc CFA/Euro et la libre circulation des capitaux ou comment légaliser la fuite des capitaux

 La libre convertibilité s’applique des pays africains de la zone franc à la France et inversement, mais ne concerne pas les échanges entre les trois zones du système CFA. Ce principe facilite les investissements français en Afrique, le rapatriement des capitaux, et l’importation par la France de matières premières, mais bloque les échanges inter-africains.

Les principes de libre convertibilité et libre circulation des capitaux favorisent également la fuite des capitaux de l’Afrique vers la France. Les entreprises françaises installées dans les pays africains de la zone franc peuvent rapatrier librement leurs liquidités vers la France et les transferts d’argent entre la France et l’Afrique s’opèrent sans entraves au profit des élites françafricaines.

La participation française à la gestion des banques centrales africaines

Dans les trois banques centrales de la zone franc, des administrateurs français siègent aux Conseils d’Administration (CA). Dans les faits, la présence d’administrateurs français garantie par les statuts des banques centrales confère à la France un droit de veto lors de la prise de décision. Au CA de la BCC, 4 administrateurs sur 8 sont français alors que les décisions doivent être votées à la majorité. A la BCEAO seuls 2 administrateurs sur 16 sont français, mais l’unanimité est requise pour toute décision majeure (et notamment la modification des statuts). La situation est la même à la BEAC avec 3 administrateurs français sur 13. Le pouvoir de la France dans ces institutions est donc considérable et la présence de représentants français garantit la mise en œuvre de tous les principes centraux du système CFA.

 Un système monétaire qui constitue une entrave à la souveraineté des États africains de la zone franc

 Le franc CFA est un liant qui cimente les relations économiques entre la France et les pays africains de la zone franc. Ces pays ne sont pas libres de la gestion de leur politique économique et monétaire, domaine pourtant constitutif de la souveraineté d’un État. Preuve en est la dévaluation de 1994 décidée unilatéralement par la France.

Malgré le passage à l’euro, la France garde la mainmise sur la zone franc, alors même qu’elle n’est plus émettrice de la monnaie d’arrimage. L’adoption de l’euro aurait pu se traduire par une disparition du pouvoir tutélaire de la France sur ses anciennes colonies, or la France a obtenu que les accords de coopération monétaire de la zone franc ne soient pas affectés par l’intégration européenne.

Cinquante ans après les indépendances, la politique monétaire de la zone franc reste donc décidée par la France en fonction de ses intérêts propres. Cinquante ans pendant lesquels cette politique a été complètement déconnectée des vrais enjeux du développement africain tout en permettant à la France de contrôler économiquement et politiquement ses anciennes colonies au profit de son économie nationale, et au préjudice du développement des relations entre pays africains. Le modèle imposé par le système franc CFA induit une verticalité des échanges (Nord-Sud) au détriment d’une coopération horizontale (Sud-Sud). Un tel système financier, au service des intérêts économiques et politiques de la France, ne peut pas être le vecteur de l’autonomie monétaire et du développement. Il perpétue les relations asymétriques et néocoloniales entre la France et les pays de la zone CFA.

Afrique Expansion


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samedi, 20 décembre 2014

CONGO-BRAZZAVILLE: LA FRANCE PERSISTE DANS SON SOUTIEN A LA DICTATURE

 

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Un mois après la chute de Ben Ali, début 2011, la diplomatie de Nicolas Sarkozy avait remis la Légion d'honneur française au contre-amiral Jean-Dominique Okemba, secrétaire général du puissant Conseil National de Sécurité du Congo [1]. Trois ans plus tard, et un mois après la chute de Blaise Compaoré, l'ambassadeur de France à Brazzaville vient, au nom de François Hollande, de remettre les insignes de la Légion d'honneur à un autre pilier du régime sécuritaire du dictateur Sassou Nguesso: le général de division Guy Blanchard Okoï. Tout un symbole, à l'heure où l'exécutif défend à nouveau la démocratie par le verbe.

 

Communiqué de presse Survie - 19 décembre 2014

 

Le discours de François Hollande au Sommet de la Francophonie à Dakar, le 29 novembre dernier, mettait en effet en garde les présidents africains souhaitant se maintenir au pouvoir en violant leur Constitution, un commentaire bien mal perçu au palais présidentiel de Brazzaville. Le même François Hollande défendait pourtant également « la nécessité d'une solidarité sur le terrain sécuritaire ». Au Congo, où le clan de Sassou Nguesso s'est engagé depuis des mois dans la perspective d'un tripatouillage constitutionnel permettant au général-président de rester au pouvoir [2], c'est cette « solidarité » que l'ambassadeur de France a exprimée lors de la cérémonie de remise de la prestigieuse décoration, en vantant « la consolidation des liens très étroites qui unissent le Congo et la France dans le domaine de la coopération de défense » [3]. Quelques jours plus tard, interrogé sur la perception du discours de Hollande par les présidents congolais et tchadien, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian expliquera qu'« il faut trouver un équilibre entre l'objectif démocratique et la nécessité sécuritaire dans le cadre d'un dialogue parfois tonique, mais nécessaire. Même si la priorité est aujourd'hui sécuritaire ». De fait, la coopération sécuritaire se poursuit pleinement avec le Congo, dans le cadre de programmes de formation des cadres des forces armées qui interviennent désormais aux côtés de la France en Centrafrique et du Service de Sécurité Intérieure français, qui intervient notamment « dans le domaine du conseil technique auprès des autorités de police en matière de sécurité publique, de police judiciaire » [4].

Au Congo, le principal enjeu « sécuritaire » est justement lié à l'élection présidentielle de 2016, et à la modification préalable de la Constitution pour que Sassou Nguesso puisse s'arroger un nouveau mandat. Suite au renversement de Blaise Compaoré alors que celui-ci avait un projet similaire, la tension est encore monté d'un cran à Brazzaville. Début novembre, la police est ainsi intervenue au domicile d'un leader de l'opposition, Clément Mierassa, pour empêcher une réunion du « Mouvement citoyen pour le respect de l'ordre constitutionnel » créé en mai dernier, et a interpellé une trentaine de militants [5]. Dans ce régime sécuritaire aux abois, le général Okoï, qui vient de recevoir les honneurs français, n'est pas n'importe qui : chef d’État-major des forces armées congolaises, ce pilier du clan présidentiel [6] est l'ancien commandant du Groupement des paras commandos, resté fidèle à Sassou Nguesso lorsque celui-ci avait été chassé du pouvoir par les élections de 1992, avant de le reprendre par les armes cinq ans plus tard, grâce au soutien de la France. Selon la Lettre du Continent (30/08/2001), il « s'était fait remarquer par sa férocité lors de la guerre civile de 1997 » et avait été « promu en décembre 1997 commandant de la zone militaire "sensible" de la Likouala » puis « rappelé fin 1998 à Brazzaville pour mater la rébellion, menée par les miliciens Ninjas de l'ancien Premier ministre Bernard Kolelas, dans la région du Pool ». Son parcours est par ailleurs emblématique de la coopération militaire française avec les armées des régimes françafricains: diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, il a également « suivi un cours d’application d’officier à Angers et une formation d’état-major de Compiègne en 1993 », et est déjà détenteur de la Croix de la valeur militaire française [3].

François Hollande, dont la décision d'attribuer cette Légion d'honneur daterait de juillet dernier selon la presse congolaise, mais qui n'est pas revenu sur ce choix suite au message envoyé par les Burkinabè fin octobre, marche ainsi pleinement dans les pas de son prédécesseur Nicolas Sarkozy : un mois après le renversement populaire d'un despote, il décore et honore un pilier du régime dictatorial congolais.

L'association Survie rappelle que les discours officiels français en faveur de la démocratie ne servent à rien s'ils ne sont pas suivis d'actes, et exhorte une fois de plus les autorités à cesser toute coopération sécuritaire avec les régimes dictatoriaux.

 

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[1] « A contre-temps de l'histoire, la France adoube le dauphin du président Sassou Nguesso », communiqué de Survie et de la Fédération des Congolais de la Diaspora, 18 février 2011, http://survie.org/francafrique/congo-brazzaville/article/a-contretemps-de-l-histoire-la

[2] « Ne touchez pas à Sassou, vous êtes avertis », Billets d'Afrique n°238, septembre 2014, http://survie.org/billets-d-afrique/2014/238-septembre-2014/article/congo-brazzaville-ne-touchez-pas-a-4800 .

[3] selon le site http://www.congo-site.com/Le-general-Guy-Blanchard-Okoi-eleve-a-la-distinction-d-officier-de-la-Legion-d-honneur_a18261.html . Aucune déclaration n'est en revanche disponible sur le site de l'ambassade de France au Congo, dont la page « actualités » n'évoque pas l'événement.

[3] « Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche" », Jeuneafrique.com, 16 décembre 2014.

[4] Site internet de l'ambassade de France au Congo, http://www.ambafrance-cg.org/Presentation-du-Service-de , page mise à jour le 6/11/2014

[5] « Burkina Faso: un exemple pour l’Afrique centrale? », RFI.fr, 5 novembre 2014 ;
 http://www.rfi.fr/afrique/20141104-burkina-faso-exemple-afrique-centrale-gabon-tchad-congo/
 [6] D'ethnie mbochi comme Denis Sassou Nguesso, qui a érigé l'ethnisme en mode de gouvernement et d'administration de son armée, le général Guy Blanchar Okoï est le frère d'Alain Okoï, ancien directeur financier de la Congolaise de raffinage (Coraf) devenu en 2012 le patron d'une filiale de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), partenaire en affaires du groupe Total (La Lettre du Continent, 11/12/13).

 

Communiqué de presse Survie visionnable en ligne ICI

19 décembre 2014

jeudi, 10 avril 2014

POURQUOI LES PAYS AFRICAINS PAYENT UN IMPOT COLONIAL EN FRANCE MALGRE LEUR INDEPENDANCE?

 

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Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Pour les pays nouvellement indépendant il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d’Afrique), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état menée par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus:

  • Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

  • Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta,  aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

  • Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

 

Nombre de Coups en Afrique par pays

Ex-colonies françaises

 

Autres pays africains

 

Pays

Nombre de coup d’état

Pays

Nombre de coup d’état

Togo

1

Egypte

1

Tunisie

1

Libye

1

Côte d’Ivoire

1

Guinée Equatoriale

1

Madagascar

1

Guinée-Bissau

2

Rwanda

1

Libéria

2

Algérie

2

Nigéria

3

Congo – RDC

2

Ethiopie

3

Mali

2

Ouganda

4

Guinée Conakry

2

Soudan

5

Sous-TOTAL 1

13

   

Congo

3

   

Tchad

3

   

Burundi

4

   

Centrafrique

4

   

Niger

4

   

Mauritanie

4

   

Burkina Faso

5

   

Comores

5

   

Sous-TOTAL 2

32

   

TOTAL (1 + 2)

45

TOTAL

22

 

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré:

"Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]"

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que: "Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle".

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France . Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état. Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré: « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement «indépendants» doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961: Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français . Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourris des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

BASES MILITAIRES FRANçAISES EN AFRIQUE.png

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé «Francophonie» qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelés dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question: « Jusqu’à quand “

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

“Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”. SEKOU TOURE

 

Mawuna  Remarque Koutonin

 

Article original : 

http://www.siliconafrica.com/france-colonial-tax/

Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

 https://www.facebook.com/dossou.gaglozoun

lundi, 30 décembre 2013

L'AFRIQUE PERD MANDELA MAIS GARDE DEBY, BIYA, SASSOU ET L'ARMEE FRANÇAISE


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Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

L’association Survie a déjà largement dénoncé la tenue à l’Élysée d’un Sommet pour la paix et la sécurité en Afrique organisé par une ex-puissance coloniale qui n’a jamais cessé son ingérence sur le continent, et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix.

 
Rien ne pouvait cependant laisser présager la tonalité de la cérémonie d’ouverture, marquée par l’annonce du décès de Nelson Mandela. L’hommage rendu à cette icône des résistances africaines par le Président français et des chefs d’Etat qui méprisent leur peuple laisse un goût particulièrement amer lorsque l’on s’intéresse aux autres symboles véhiculés par ce Sommet.

Alors que les émissions de télévision repassent en boucle des images de la libération du héros de la résistance contre l’apartheid, en 1990, il est intéressant de faire le compte du nombre de chefs d’États invités à l’Élysée par François Hollande qui étaient déjà au pouvoir à cette époque. C’est le cas de Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo. C’est en cette même année 1990 que le président tchadien a accédé au pouvoir par un coup d’État soutenu par la France. La comparaison entre ce qu’est devenue l’Afrique du Sud et la situation économique et humanitaire de ces pays du « pré-carré », malgré le « soutien  » supposé apporté par la France, paraît bien cruelle. Et sur le plan politique, combien de militants inspirés par le combat de Nelson Mandela sont passés eux-aussi par les prisons de ces dictatures ?

C’est pourtant avec le régime tchadien, notoirement violent et corrompu, mais aussi avec les régimes camerounais, gabonais et congolais que la France intervient aujourd’hui en Centrafrique pour contribuer à éteindre un feu qu’elle a largement contribué à alimenter.

Il est ainsi paradoxal de constater l’absence à ce sommet de Jacob Zuma, Président sud-africain, alors que l’événement a justement pour objet de plaider pour la constitution d’une force inter-africaine, qu’à ce jour seuls les sud-africains seraient susceptibles de conduire.

Jacob Zuma aurait décidé de ne pas se rendre à Paris pour dénoncer le rôle de gendarme de l’Afrique que s’est octroyé la France dans des conflits récents (Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique). Nelson Mandela n’avait pas participé non plus au Sommet France-Afrique du Louvre, en 1998, organisé sur le même thème de « la paix et de la sécurité », avec les résultats (ou plutôt l’absence de résultats) que l’on connaît.

Outre les 50 années d’ingérence militaire et de soutien à des dictatures, peut être que ces deux présidents ont gardé en mémoire les longues années de coopération économique et militaire de la France avec le régime de l’apartheid, quand malgré les sanctions internationales, les gouvernements français successifs, y compris sous la présidence socialiste de François Mitterrand, fournissaient en armes l’État qui maintenait Nelson Mandela dans ses geôles, en utilisant les ports gabonais ou comoriens. Le 29 mars 1988, c’est même avec la complicité supposée des services secrets français que la représentante de l’ANC Dulcie September était assassinée à Paris alors qu’elle enquêtait sur les ventes d’armes entre la France et l’Afrique du Sud.

Les Français et les Africains qui défendent la justice et la fraternité entre les peuples garderont longtemps en eux le souvenir de Nelson Mandela et de nombreux héros sacrifiés, souvent remplacés par des tyrans, en espérant pouvoir tourner rapidement la page sombre de la Françafrique et du néocolonialisme.


 

dimanche, 29 décembre 2013

PAIX ET SECURITE EN AFRIQUE: LA FRANCE FAIT PARTIE DU PROBLEME, PAS DE LA SOLUTION



Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

Paris, le 5 Décembre 2013 – Réunis à l’occasion d’une conférence, les associations Survie et Sortir du Colonialisme, et des militants malien et tchadien ont dénoncé l’organisation par la France du Sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique à Paris les 6-7 décembre, au moment même du déclenchement d’une opération militaire en Centrafrique.

 
 
Il s’agit du premier Sommet France-Afrique organisé sous la présidence de François Hollande, qui a convoqué lui-même ce sommet, choisi son thème et décidé de l’organiser à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée. Difficile de voir les signes d’une quelconque rupture dans la politique africaine de la France, alors que dans la tradition des Sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents, y compris les plus infréquentables : le tchadien Idriss Déby (au pouvoir depuis 1990), Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville, depuis 1979) ou encore Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987).

A l’occasion de cette conférence de presse, Fabrice Tarrit, président de Survie a déclaré :
« En 1998, lors d’un précédent sommet France-Afrique sur la sécurité, la France avait annoncé vouloir changer de pratiques en matière de coopération militaire. 15 ans plus tard, son armée est toujours bien positionnée en Afrique et la plupart des dictateurs de l’époque sont toujours en place. La France poursuit ses interventions militaires sans avoir dressé aucun bilan de ces opérations ni de leur impact réel sur la paix et la démocratie dans les pays concernés. Ce bilan serait, il est vrai, accablant »

Le porte-parole de Sortir du Colonialisme, Patrick Farbiaz, a rappelé que ce sommet intervient pendant la négociation d’une loi de programmation militaire qui, dans le prolongement du Livre Blanc sur la Défense, prévoit le renforcement de la capacité d’intervention des forces françaises sur le continent. « On assiste à une relégitimation de l’ingérence militaire française qui s’appuie sur une propagande autour d’opérations prétendument menées au nom des droits de l’Homme, mais qui servent en vérité les intérêts français », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le positionnement en première ligne de la France dans le conflit en Centrafrique, le Président de Survie a rappelé que la France avait une responsabilité historique dans l’état de déliquescence de la Centrafrique. « Elle a installé ou destitué tous les chefs d’Etat que ce pays a compté. Elle a accueilli le dictateur Bozizé à l’Elysée en 2007 puis envoyé des troupes combattre à ses côtés à Birao en 2007 et 2008, au prix de nombreuses exactions. En 2010, malgré la déshérence de ce pays, de ses institutions et de son armée, elle a adopté un partenariat de Défense avec la Centrafrique. On ne peut pas prétendre être la solution quand on fait à ce point partie du problème. » Le représentant de Survie a également pointé les zones d’ombre entourant le « mandat » onusien de la France en Centrafrique. «  Il est regrettable de voir la France écrire elle-même une résolution à l‘ONU l’autorisant à intervenir militairement sous son propre uniforme et son propre commandement et déployer des troupes, sans attendre le vote de cette résolution, en utilisant des pays voisins comme le Cameroun comme base arrière. Les troupes africaines que la France est censée appuyer dans le cadre de la MISCA ont par ailleurs toutes en commun d’être issues d’une autre dictature du pré-carré (Congo-B ; Tchad, Gabon, Cameroun). »

Le positionnement du Tchad d’Idriss Déby dans le conflit en Centrafrique a été souligné par le bloggeur tchadien Makaila Nguebla. « Il a amené au pouvoir en 2003 le président François Bozizé et l’a destitué en 2013 en montant la rébellion de la Séléka. Des soldats tchadiens participent la force africaine en Centrafrique. Une mascarade que Hollande est en train de cautionner ».

Le cas du Mali illustre également cette nécessité d’aborder avec la plus grande méfiance les interventions militaires de la France. Selon le Pr Issa N’Diaye du Forum Civique Mali, « l’intervention militaire au Mali, initialement applaudie par la majorité des maliens, est de plus en plus remise en cause. Le rôle de la France et de la communauté internationale qui soustraient la ville de Kidal au territoire malien et imposent au Mali le MNLA comme interlocuteur unique dans les négociations sur le Nord Mali au détriment d’un processus incluant l’ensemble des communautés de la région, ainsi que le maintien d’une situation d’insécurité, sont en train de faire changer d’avis la population malienne. »

Par ailleurs, pour Issa N’Diaye «  Le processus électoral imposé par la France sans consultation des Maliens eux-mêmes est à ce jour loin d’avoir apporté des solutions satisfaisantes en matière de renouvellement de la classe politique. »

Les associations ont également relevé les enjeux géostratégiques et économiques du Sommet France-Afrique, qui a été précédé par un événement organisé à Bercy par le Ministère des Finances et le MEDEF, ayant rassemblé 600 chefs d’entreprise. Des responsables politiques français y ont clairement exprimé le souhait de voir la France conquérir de nouveaux marchés en Afrique.

Malgré les promesses de changement, ce sommet, qui met en première ligne l’Elysée, l’Etat-Major et les entreprises, consolide ainsi clairement les piliers politique, militaire et économique de la Françafrique.


 
 

dimanche, 17 novembre 2013

PRET DE SASSOU A OUATTARA, COLERE AU CONGO-BRAZZAVILLE: «SASSOU S'AMUSE A L'ECONOMIE D'ENDETTEMENT»

 

côte d'ivoire,congo brazzaville,prêt de sassou à ouattara,colère au congo brazzaville,«sassou s'amuse à l'économie d'endettement»


"Au Congo-Brazzaville, il y a un profond malaise recouvert d’un immense embarras. Des révélations par le FMI d’un crédit du Congo-Brazzaville à la Côte d’Ivoire, il en ressort une angoissante impression d’indignation doublée d’incompréhension. Le manque de sens des priorités de l’administration Sassou est sidérant. Le Congo-Brazzaville a prêté 100 milliards de FCFA (environ 152 millions d'euros) à la Côte d'Ivoire. 

L'accord négocié secrètement à Oyo lors de la visite officielle du président ivoirien Alassane Ouattara en juillet 2013 a reçu le feu vert du FMI.

Complice

Le blanc-seing et le manque de réserves du FMI, le gendarme financier international sont troublants. L’institution financière internationale qui a élu le Congo-Brazzaville au statut de pays pauvre très endetté (PPTE) a donné son quitus à l’opération financière. Une opération financière qui s’apparente au fait du prince. Début octobre 2013, Michel Lazare, le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) et son collègue Louis Dicks-Mireaux, spécialiste de la dette, ont accepté que l'État congolais débourse le financement de 100 milliards de F CFA (152 millions d'euros) accordé à la Côte d'Ivoire. Le président Alassane Ouattara avait obtenu ce prêt durant sa visite officielle à Brazzaville, en juin 2013. Il doit servir à soulager les finances publiques et à rembourser les arriérés de paiement liés à la dette intérieure. Mais l'opération minutieusement suivie depuis Brazzaville par Gilbert Ondongo, le ministre de l'Économie du Congo-Brazzaville, et son homologue ivoirienne Kaba Nialé restait suspendue à l'accord du FMI, qui surveille la stratégie de réendettement d'Abidjan comme le lait sur le feu. Cet accord semble avoir été accordé durant la visite d'une mission du FMI, conduite par Michel Lazare, à Abidjan du 17 septembre au 1er octobre 2013 (Jeune Afrique, 6 Novembre 2013). Le Congo-Brazzaville, pays pauvre très endetté (PPTE), est-il devenu le créancier de pays africains en quête de cash ? Les marchés financiers vont-ils être le cœur du métier du Congo-Brazzaville ?

Economie d’endettement

L'économie d'endettement est un système financier où prédomine la finance indirecte, sous la forme d'un financement par le crédit. 

Celui-ci suppose l'intervention d'un processus d'intermédiation financière et l'établissement de relations bilatérales individualisées entre les banques et leurs clients. Les banques prennent un risque de crédit après l'avoir évalué et financent les opérations dont elles anticipent favorablement le résultat. Le crédit constitue ainsi le principal mode de financement de l'activité productive. Même lorsque les entreprises ont par leur dimension un accès au marché des valeurs mobilières, la faiblesse du taux d'autofinancement implique le recours complémentaire au crédit.

L'économie d'endettement ne doit pas être confondue avec l'économie endettée. Il n'est pas incompatible qu'une économie de marchés financiers réalise son équilibre par l'endettement extérieur. La différence majeure entre une économie d'endettement et une économie de marché financier est que, dans la première, la Banque Centrale est un prêteur en dernier ressort contraint d'assurer le bouclage du financement de l'économie alors que, dans la seconde, l'intervention du prêteur en dernier ressort reste discrétionnaire.

En régime de finance directe, les offreurs et les demandeurs de fonds prêtables se rencontrent sur les marchés. Les banques interviennent en vendant et en achetant des titres sans assumer le risque lié aux crédits accordés à des clients identifiés. En revanche, elles assument le risque d’effondrement des marchés, ce qui les oblige à détenir de grandes quantités de titres "sûrs" (valeurs du Trésor). Ce système s’accompagne d’un fort taux d’autofinancement des entreprises. Le taux d’intérêt arbitre entre l’offre et la demande.

Expérimentations hasardeuses

Même si le crédit de Sassou Nguesso à Alassane Ouattara a reçu l’aval du FMI, il n’obéit néanmoins à aucune loi. Les crédits distribués par le Congo-Brazzaville, au bon vouloir de Sassou Nguesso, n’intègrent ni les règles, les techniques et les mécanismes de l’économie d’endettement ni ceux des marchés financiers. Le montage et le bouclage de ces opérations financières échappent aux directeurs de la Banque centrale, du Trésor public et aux commissions des finances du parlement. Ce sont des opérations financières non identifiées (ofni). Et, pourtant, curieusement, ces opérations financières non identifiées (ofni) décrétées au gré des humeurs de Sassou Nguesso reçoivent le feu vert du FMI. Si, le réendettement de la Côte d’Ivoire est assorti de conditionnalités, en revanche, la stratégie de crédit tous azimuts du Congo-Brazzaville ne bénéficie d’aucun encadrement de la part des institutions financières internationales censées le contrôler, le conseiller et l’orienter.

Le Congo-Brazzaville n’est pas, avec la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, à sa première expérience en matière d’octroi de crédits. Il a déjà prêté 50 milliards de francs CFA à la BDEAC, 50 milliards de francs CFA au Niger, 50 milliards de francs CFA à la Guinée et plus récemment 25 milliards de francs CFA à la République centrafricaine. Dans toutes les chancelleries africaines le sujet est au centre des conversations et tout le monde se met à rêver d’obtenir un prêt de la République de Sassou Nguesso. « Qui cherche des milliards, se rend à Oyo ». C’est la blague du moment dans les capitales africaines. Le Congo-Brazzaville a-t-il tellement de liquidités qu’il ne sait quoi en faire ? Remarquons que ce petit pays pétrolier qui dispose de plus de 3000 milliards de réserves à la BEAC compte parmi les moins lotis en infrastructures routières, universitaires, hospitalières, scolaires, hydroélectrique, portuaires, hydrauliques, aéroportuaires…

Un étudiant, Norbert Mboungou, a perdu une main pour avoir revendiqué le paiement de la bourse. Pendant que Sassou Nguesso joue à « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf», les enseignants attendent la modification de la valeur indiciaire, les ménages l’augmentation du pouvoir d’achat et les populations du Congo-Brazzaville le financement des programmes sociaux.

Les populations du Congo-Brazzaville ont le droit d’être traitées pour ce qu’elles sont : des adultes moins ignorants de la complexité des mécanismes et des rouages monétaires et financiers que ne semblent trop souvent le croire Sassou Nguesso, Gilbert Ondongo, Isidore Mvouba, Rigobert Maboundou, le PCT et les épigones du « chemin d’avenir ». 

Depuis 1997, les populations du Congo-Brazzaville attendent de Sassou Nguesso un discours de vérité et une vision d’avenir. Evidemment, bien sûr, l’un et l’autre font cruellement défaut à Sassou Nguesso, au PCT et aux épigones du « chemin d’avenir » animés par la kleptomanie, le clientélisme, la corruption et l’enrichissement personnel."


Benjamin BILOMBOT BITADYS

Article publié le 10 novembre 2013 au Congo-Brazzaville.