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jeudi, 23 juin 2016

COUR D’ASSISES D’ABIDJAN - INTERVENTION DE MADAME SIMONE EHIVET GBAGBO

 

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Le mercredi 1er juin 2016, Madame Simone Ehivet Gbagbo a présenté une intervention en 5 points sur lesquels elle a rétabli la vérité historique des faits qui l’ont amenée à comparaître devant la Cour d’Assises d’Abidjan, ainsi que de toutes les violations du Droit – et des droits de l’homme et de la femme – dont elle a été victime. Focus.

 

I. SUR LE VAINQUEUR DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010

La Commission Electorale Indépendante (CEI) a transmis au Conseil Constitutionnel, les 30 novembre et 1er Décembre 2010, tous les procès- verbaux de dépouillement des votes du deuxième tour des élections présidentielles sans proclamer de résultats provisoires.

En réalité, la CEI n’a pas été en mesure de procéder à la proclamation de résultats provisoires faute de consensus, mais surtout faute de pouvoir établir un Procès-Verbal de délibération et de résultats au plus tard le 1er décembre 2010.

Le 1er Décembre 2010, le candidat Laurent GBAGBO a, conformément à l’article 60 de la Constitution, formulé des requêtes devant le Conseil Constitutionnel sur des irrégularités constatées, lors du 2nd Tour du scrutin, dans les bureaux de vote de huit départements (Bouaké, Korhogo, Boundiali, Dabakala, Ferkessedougou, Katiola, Béoumi, et Sakassou).

Le 2 Décembre 2010, prenant acte de la transmission des procès-verbaux de dépouillement, et des requêtes du candidat Laurent GBAGBO, le Conseil Constitutionnel a rendu une décision dans laquelle il dessaisissait la Commission Électorale Indépendante, et constatait avoir été régulièrement saisi.

Pièce : Décision de dessaisissement

Ainsi, la critique tendant à affirmer que le Conseil Constitutionnel s’est auto- saisi de la question électorale tentant, par ce fait, d’empêcher la CEI de procéder à la proclamation des résultats provisoires est totalement erronée.

Cependant, ce même 02 Décembre 2010, et contre toute attente, Monsieur BAKAYOKO Youssouf, Président de la Commission Electorale Indépendante, est allé tout seul proclamer de prétendus résultats au quartier général du candidat du RDR, Monsieur Alassane OUATTARA.

Pour le Juge d’Instruction et la Chambre d’Accusation, la Commission Electorale Indépendante aurait de ce fait proclamé le 02 Décembre 2010, les résultats des élections présidentielles donnant le Candidat Alassane OUATTARA, vainqueur.

A ce niveau, j’ai plusieurs remarques à faire :

Tout d’abord, cette déclaration de Monsieur BAKAYOKO Youssouf est intervenue plus de trois jours après la clôture du scrutin du 28 novembre 2010, en dehors de son siège, et en l’absence des médias ivoiriens, alors que la CEI était forclose et avait elle-même déjà transmis tous les procès-verbaux de dépouillement au Conseil Constitutionnel ;

Deuxièmement : Le Président de la CEI ne peut procéder à une proclamation qu’avec l’ensemble de son bureau réuni, et au siège de son institution. Cette proclamation solitaire au QG d’un candidat rend sa déclaration nulle et de nul effet ;

Troisièmement : Le Président de la CEI, n’a jamais pu disposer d’un Procès-verbal de délibérations ni de la liste d’émargement des Commissaires Centraux pour justifier de la validité des résultats qu’il a annoncés ; Cela n’était pas possible puisqu’il n’y a pas eu de délibération ;

Enfin, conformément à la loi, toutes proclamations émanant de la CEI, réunie au grand complet, et portant sur des résultats, ne peuvent être que des résultats provisoires. En effet, le caractère provisoire des résultats proclamés par la CEI n’est remis en question par personne.

Le 3 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle dans le respect du texte constitutionnel.

Pièce : Décision du Conseil Constitutionnel du 3 Décembre 2010 

Or, tout le monde sait qu’en Côte d’Ivoire l’article 98 de la Constitution dispose que :

«Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toutes personnes physiques ou morales ».

Je considère donc que le débat sur le vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est clos avec la décision du Conseil Constitutionnel ; et que Monsieur Laurent GBAGBO est le vainqueur des élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire.

Quel est le magistrat qui ose s’ériger contre une décision du Conseil Constitutionnel et dans quelle intention le fait-il ?

Le 4 Décembre 2010, Monsieur Laurent GBAGBO prêtait serment devant le Conseil Constitutionnel. Cela est précisé par l’article 39 de la Constitution qui précise que « dans les 48 heures de la proclamation définitive des résultats, le Président de la République élu prête serment devant le Conseil Constitutionnel, réuni en audience solennelle ».

Toutes ces formalités ayant été appliquées conformément à l’article 39 de la Constitution, Monsieur Laurent GBAGBO est le Président de la République de la Cote d’Ivoire.

Je tiens à préciser que quel que soit le gouvernement mis en place par Monsieur Alassane OUATTARA, il ne pouvait être valable qu’après sa prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle, et cela conformément à l’article 39 de la Constitution.

Pourquoi le juge d’instruction et à sa suite, la Chambre d’Accusation, des magistrats c’est-à-dire des personnalités garantes du respect de la loi, dans l’Arrêt qui me renvoie devant la présente Cour d’Assises, qualifie Monsieur Alassane OUATTARA de « Président élu » en 2010 au Golf Hôtel.

Comment une telle chose peut-elle se faire dans la Nation ivoirienne ?

Le seul Président élu à la suite des élections présidentielles de 2010, est Monsieur Laurent GBAGBO.

II. SUR LA PRISE DU POUVOIR PAR ALASSANE OUATTARA

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation qui me renvoie devant les présentes Assises, dispose que « Le Président élu, Monsieur Alassane OUATTARA, formait un Gouvernement retranché au Golf Hôtel, tandis que le Président sortant, Monsieur Laurent GBAGBO mettait également en place un Gouvernement. »

Une telle affirmation de la Chambre d’Accusation est choquante et inacceptable.

C’est une contrevérité.Il n’a jamais subsisté en Côte d’Ivoire, deux Gouvernements légaux à la même époque.

Du 4 Décembre 2010 jusqu’au 11 Avril 2011, date de notre capture par les forces de la coalition internationale menée par la France, Monsieur Laurent GBAGBO était le seul Président de la Côte d’Ivoire.

Le seul Gouvernement légitime qui existait en Côte d’Ivoire, à cette époque, était celui mis en place par Monsieur Laurent GBAGBO avec à sa tête le Premier Ministre Gilbert AKE N’GBO.

A cette époque, Monsieur Alassane OUATTARA n’était pas Président de la Côte d’Ivoire et le Gouvernement qu’il avait mis sur pied était parfaitement illégal.

Oui je sais qu’après la capture du Président Laurent GBAGBO et de moi- même, à la résidence présidentielle, le Conseil Constitutionnel a rendu une nouvelle décision le 4 Mai 2011, proclamant Monsieur Alassane OUATTARA Président de la République.

Pièce : Décision du Conseil Constitutionnel du 4 Mai 2011

Le Conseil Constitutionnel a ainsi rendu :

 Le 3 décembre 2010, une décision proclamant les résultats définitifs de l’élection présidentielle faisant du Président Laurent GABGBO le vainqueur de ladite élection, et ce conformément aux pouvoirs que lui confère l’article 94 de la Constitution ;

 Le 4 mai 2011, une décision que je pourrai qualifier de décision politique de légitimation du candidat perdant, mais soutenu par la Communauté Internationale.

Comment puis-je être poursuivie alors que j’ai respecté la décision du Conseil Constitutionnel ?

Monsieur Alassane OUATTARA n’a prêté serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle que le 6 Mai 2011, et le 21 Mai 2011, il faisait son investiture à YAMOUSSOUKRO.

Notons au passage que ces deux actes de Mai 2011 sont posés en violation flagrante de la Constitution. Ce qui montre bien que nous sommes dans un processus de coup de force pour la prise du pouvoir, et tout cela organisé et légitimé par la Communauté internationale qui va venir parrainer ces évènements-là.

S’il avait véritablement donné une quelconque valeur à sa « prestation de serment » solitaire, par courrier du 3 décembre 2010, pourquoi Monsieur Alassane OUATTARA prête-t-il de nouveau serment, en audience solennelle, le 6 Mai 2011 ?

Si la prestation de serment par écrit du 3 décembre 2010 était valable, la 2ème prestation de serment serait alors superfétatoire !

Sur quel texte de loi, la Chambre d’Accusation s’est-elle appuyée pour affirmer que Monsieur OUATTARA avait pris fonction en qualité de Président depuis Décembre 2010 au Golf Hôtel et que son Gouvernement était en place depuis cette date ?

Nous savons tous que Monsieur Alassane OUATTARA n’est devenu «Président de la République de la Côte d’Ivoire» qu’à compter de sa prestation de serment du 6 Mai 2011 devant le Conseil Constitutionnel ;

Nous savons tous que le premier Gouvernement de Monsieur OUATTARA n’a pris fonction qu’à partir du 6 Mai 2011.

Monsieur Alassane OUATTARA lui-même, a reconnu cela, le 1er Mai 2016, lors de son discours devant les syndicats de travailleurs, lorsqu’il déclarait et je cite :

« Selon tout le décompte qui a été fait et en relation avec l’opposition, il n’y a plus de prisonniers de la crise postélectorale dans les prisons. Je veux que vous le sachiez et que cette intoxication arrête. Nous définissons la crise post-électorale comme ayant pris fin à l’occasion de ma prestation de serment en mai 2011. »

Oui Monsieur Alassane OUATTARA lui-même a déclaré avoir pris fonction à compter de sa prestation de serment en Mai 2011 ;

Après, c’était au tour du Procureur de la République près le Tribunal d’Abidjan, dans un communiqué transmis à la presse et mis en ligne le 25 Mai 2016, relatif à l’affaire dite « des prisonniers politiques », de reconnaître que Monsieur Alassane OUATTARA a pris fonction en Mai 2011, lorsqu’il déclarait et je cite :

«Il convient de préciser que parmi ces vingt-deux (22) personnes, trois (03) ont été arrêtées avant le 21 Mai 2011, date de la prestation de serment du Président de la République et considérée comme la fin de la crise postélectorale ».

Quand j’imagine que sur la base des contrevérités du Ministère Public, du juge d’instruction et de la Chambre d’Accusation, nous nous sommes fait condamner aux dernières Assises pour avoir prétendument posé des actes hostiles au Gouvernement du Golf Hôtel de Décembre 2010 de Monsieur Alassane OUATTARA.

Et dire que des Ministres du dernier Gouvernement de Décembre 2010 de Monsieur Laurent GBAGBO, ont été injustement maintenus en détention pendant des années puis condamnés à tort par la Cour d’Assises juste pour avoir été membres de ce Gouvernement légal, celui de Monsieur Alassane OUATTARA n’étant intervenu qu’en Mai 2011 !

INTERVENTION DE MADAME SIMONE GBAGBO (IV)

III. SUR LA CRISE POST-ELECTORALE

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation qui me renvoie devant la présente Cour d’Assises, la crise postélectorale serait née du souci des membres des forces de défense et de sécurité fidèles à Monsieur Laurent GBAGBO, de tout mettre en œuvre dans le but d’empêcher le Gouvernement de Monsieur Alassane OUATTARA de s’installer et de fonctionner aisément, se faisant aider par des jeunes gens enrôlés et formés en armées parallèles, et des mercenaires étrangers.

Cette assertion de la Chambre d’Accusation est une fois de plus erronée car Monsieur Alassane OUATTARA n’avait pas de Gouvernement légitime avant Mai 2011.

Il n’y avait donc aucune raison pour qui que ce soit, d’empêcher le fonctionnement d’un Gouvernement de Monsieur Alassane OUATTARA qui n’avait aucune légitimité.

Contrairement à l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, la crise postélectorale est plutôt née du refus de Monsieur Alassane OUATTARA, aidé par les autorités françaises, très efficace quand il s’agit de mobiliser ladite communauté internationale, de reconnaître la victoire de Monsieur Laurent GBAGBO.

Il a refusé de respecter le choix du peuple ivoirien et ainsi que la décision du Conseil Constitutionnel rendue conformément à la Constitution ivoirienne.

A. SUR LE REFUS D’ALASSANE OUATTARA

Le 3 décembre 2010, c’est à dire le jour même où le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle, Monsieur Alassane OUATTARA signifiait au Conseil Constitutionnel un premier serment par écrit.

Pièce: Courrier d’Alassane OUATTARA du 3 décembre 2010

Je précise qu’aucun texte régissant les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ne prévoit une prestation de serment par écrit adressée au Président du Conseil Constitutionnel.

La Loi ivoirienne prévoit comme je l’ai dit, la prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle.

Le 8 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel rappelait à Monsieur Alassane OUATTARA que la Commission Electorale Indépendante n’avait pu donner de résultats provisoires conformément aux textes, et que conformément aux dispositions de l’article 94 de la Constitution, les résultats définitifs sont du ressort exclusif du Conseil Constitutionnel.

Pièce: Courrier du Conseil Constitutionnel du 8 décembre 2010

Page 8 sur 19

Lequel Conseil Constitutionnel a proclamé le 3 Décembre 2010, le candidat Laurent GABGBO vainqueur de l’élection présidentielle.

Le 22 Décembre 2010, à la suite de la correspondance de Monsieur Alassane OUATTARA, le Conseil Constitutionnel rendait une décision dans laquelle, il déclarait nulle et de nul effet, la prestation de serment par écrit de Monsieur Alassane OUATTARA, et précisait que les actes de ce dernier ne sauraient donc engager la Côte d’Ivoire.

Pièce: Décision du Conseil Constitutionnel du 22 Décembre 2010

A la suite de tout cela, la Côte d’Ivoire fera l’objet d’une agression violente et multiforme.

Les troupes rebelles de Monsieur Alassane OUATTARA et de Monsieur Guillaume SORO, aidées par leurs mercenaires et milices appuyées par les forces onusiennes et françaises, ont entrepris la descente sur Abidjan massacrant des populations civiles, humiliant des représentants de l’Etat, éventrant des prisons, pillant et incendiant les résidences des cadres de la LMP sur leur passage, et cela tout le long de leur avancée.

La Côte d’Ivoire fera en outre, l’objet d’un embargo économique et tous ses avoirs à l’extérieur seront gelés.

B. LES AUTORITES FRANÇAISES, PARTIES AU CONFLIT

J’ai constaté une ingérence des autorités françaises dans le débat ivoirien. Cela s’est manifesté entre autres, par la lettre du Président SARKOZY au Président de la Commission Electorale Indépendante. De quoi se mêle-t-il ?

Cela s’est aussi manifesté par les bombardements des aéronefs français, qui n’ont jamais eu pour but de protéger les populations civiles, mais d’assister la rébellion dans ses attaques contre l’armée ivoirienne et les institutions de la Côte d’Ivoire, puis donner directement le coup final du 31 Mars au 11 Avril 2011.

Puis les autorités françaises n’ont malheureusement fait qu’accentuer la crise postélectorale :

- En encourageant le candidat malheureux à user de la violence au lieu de saisir le Conseil Constitutionnel pour dénoncer d’éventuelles irrégularités ;

- En incitant à la prise de résolutions onusiennes et européennes visant à établir des embargos dont les principales victimes sont les populations civiles ;

- En bombardant la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours, alors qu’aucune résolution de l’ONU ne leur donnait ce pouvoir.

C’est à croire que l’intention inavouée des autorités françaises était l’élimination physique du Président élu Laurent GBAGBO.

En tout état de cause, tout cela était prémédité si l’on en croit le Président SARKOZY qui aurait déclaré selon des journalistes français dans l’ouvrage « ça reste entre nous, hein » les propos suivants et je cite :

« (...) Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire ... On a sorti Laurent GBAGBO, on a installé Alassane OUATTARA, sans aucune polémique sans rien ».

(Extrait du livre de Nathalie SCHUCK et Frédéric GERSCHEL, Edition Flammarion)

IV. SUR LA VIOLATION DE MES DROITS

Je voudrais me pencher sur deux points qui touchent fondamentalement au respect de mes droits et qui portent sur:

- La violation de mon immunité de parlementaire ;

- La violation des règles de perquisitions dans le cadre de l’instruction.

A. SUR LA VIOLATION DE MON IMMUNITE PARLEMENTAIRE

Aux termes de l’article 68 de la Constitution :

«Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivis ou arrêtés en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée Nationale, sauf le cas de flagrant délit. Aucun député ne peut, hors session être arrêté qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale sauf les cas de flagrants délits des poursuites autorisées ou des condamnations définitives ».

Aux termes de l’article 59 alinéas 1 et 3 de la Constitution, la durée de la législature est de cinq ans, et « les pouvoirs de l’Assemblée Nationale expirent à la fin de la 2ème session Ordinaire de la dernière année de son mandat ».

Par un Avis du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a rappelé que « à défaut d’élection dans les délais, les pouvoirs de l’Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et règles de valeurs constitutionnelles ; qu’il en va ainsi :

- De « la séparation et l’équilibre des pouvoirs » auxquels le peuple de Côte d’Ivoire exprime son attachement dans le préambule de la Constitution, la cessation des fonctions du Parlement pouvant rompre ledit équilibre ;

- De l’exercice de la souveraineté du peuple par ses représentants élus, tel que prescrit par les articles 31 et 32 de la Constitution, le Parlement par la cessation de ses pouvoirs ne pouvant plus exprimer la volonté du peuple ;

- De la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement, pouvoir public essentiel à la sauvegarde des valeurs démocratiques auxquelles le peuple de Côte d’Ivoire est attaché, comme il résulte du préambule de la Constitution ; c’est dur este dans cet esprit que l’article 59 alinéa 4 prescrit le renouvellement des membres de l’Assemblée Nationale avant l’expiration de leur mandat. »

En l’espèce, le 16 Décembre 2000, j’ai été élue Députée de la Commune d’ABOBO.

Le 19 septembre 2002, la République de Côte d’Ivoire a été victime d’une tentative de coup d’état qui a porté atteinte à son intégrité territoriale, et ne permettant pas la tenue d’élections dans les délais constitutionnels ;

C’est dans ces conditions que dans son Avis du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a décidé que « l’Assemblée Nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs ».

C’est ainsi que l’Assemblée Nationale a continué de fonctionner postérieurement au 16 décembre 2005.

Les nouvelles élections parlementaires ne sont intervenues que le 11 décembre 2011.

Par conséquent, il ne pouvait être remis en cause ma qualité de Députée jusqu’au 11 décembre 2011.

Dès lors, je bénéficiais d’une immunité parlementaire pour toute la période précitée.

En l’espèce, j’ai été inculpée et placée sous mandat de dépôt alors que mon immunité n’avait pas été levée et que le Bureau de l’Assemblée Nationale n’avait pas donné d’autorisation à cet effet.

Force est de constater que l’action publique a été initiée à mon encontre bien avant la fin de mon mandat.

Il ne saurait être invoqué un cas de flagrant délit pour justifier la présente procédure, dans la mesure où les dispositions de l’article 53 et suivant du Code de Procédure Pénale régissant les poursuites des crimes et délits flagrants ne permettent nullement l’ouverture d’une information judiciaire.

Par conséquent, et au regard de tout ce qui précède, je proteste vigoureusement contre la violation de mon immunité parlementaire.

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B. SUR LA VIOLATION DES REGLES DE PERQUISITION

Il a été procédé par les Juges d’instruction à des perquisitions à la Résidence Présidentielle et dans les locaux de mon bureau annexe.

A l’issue de ces perquisitions, le Juge d’instruction a procédé à des saisies de documents et biens, qu’il a mis sous scellés.

L’Article 95 du code de procédure pénale dispose que :

«Si la perquisition a lieu au domicile de l'inculpé, le juge d'Instruction doit se conformer aux dispositions des articles 57 et 59. »

L’Article 57 en effet, exige que la perquisition se fasse en présence de l’inculpé ou d’un représentant de son choix.

En l’espèce, les perquisitions ont été faites en mon absence et en l’absence de tout représentant de ma part.

Mieux, je n’avais jamais été informée de ce que des perquisitions se faisaient à mon domicile afin que je puisse apprécier l’opportunité d’y assister ou de désigner un représentant à cet effet.

Cela constitue une violation de mes droits prévus à l’article 57 du code de procédure pénale.

Par ailleurs, l’Article 97 alinéa 3 dispose que :

«Ces scellés ne peuvent être ouverts et les documents dépouillés qu'en présence de l'inculpé assisté de son conseil, ou eux dûment appelés. »

En l’espèce, le juge d’instruction a procédé à l’ouverture des scellés et au dépouillement des documents et objets hors ma présence et celle de mon Avocat.

J’ai été surprise d’apprendre, de manière incidente, que certains documents censés m’appartenir, ont été transmis au Procureur de la CPI.

Cela constitue une violation de mes droits prévus à l’article 97 alinéa 3 du code de procédure pénale.

Au regard de tout ce qui précède, je proteste vigoureusement contre la violation de mes droits prévus au titre des règles de perquisitions.

INTERVENTION DE MADAME SIMONE GBAGBO (III)

V. SUR LES CHEFS D’ACCUSATION

A l’origine, l’ordonnance du juge d’instruction me renvoyait devant la Chambre d’Accusation pour les infractions suivantes :

- Génocide ;

- Crime contre les populations civiles ;

- Meurtre ;

- Assassinat ;

- Viol;

- Coups et blessures volontaires ;

- Complicité et tentative de ces infractions ;

- Voies de faits ;

- Crimes contre l’humanité ;

- Crimes contre les prisonniers de guerre.

A l’issue de l’examen par la Chambre d’Accusation de ladite Ordonnance du Juge d’instruction, je n’étais renvoyée devant la présente Cour d’Assises que pour finalement les deux infractions de :

- Crimes contre l’humanité ;

- Crimes contre les prisonniers de guerre.

Je ne me reconnais pas dans ces chefs d’accusation.

Mais surtout, je voudrais faire les observations ci-après :

L’Arrêt de la Chambre d‘Accusation dénombre des faits dont il essaie de m’imputer la responsabilité sans jamais me rapporter la preuve et surtout leurs liens avec moi.

Ce sont notamment :

- La marche de la RTI du 16 Décembre 2010 ;

- Les obus lancés sur le marché Siaka Koné d’Abobo ;

- La marche des femmes d’Abobo du 3 mars 2011 ;

- Les barrages de quartier ;

- L’émission « Raison d’Etat ».

A. SUR LA MARCHE DE LA RTI DU 16 DECEMBRE 2010

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, l’accès aux medias d’Etat du nouveau « Président élu » Monsieur Alassane OUATTRA et de son « Gouvernement » était entravé.

Cette marche de la RTI avait donc pour but de faire libérer les médias d’Etat et de faire installer le nouveau Directeur Général de la RTI ainsi nommé par le Gouvernement du Golf de Décembre 2010 ;

L’Arrêt indique que cette marche pacifique a été réprimée par les forces de défense et de sécurité faisant usage d’armes à feu avec balles réelles occasionnant parmi les marcheurs et même des personnes étrangères à la marche, de nombreux morts et blessés ;

Cette marche de la RTI appelle de ma part les observations suivantes :

- Contrairement à ce que professe la Chambre d’Accusation, Monsieur Alassane OUATTARA comme lui-même le reconnaît, n’est devenu Président de Côte d’Ivoire qu’en Mai 2011 ;

En Décembre 2010, Monsieur Alassane OUATTARA ne disposait d’aucun Gouvernement légitime qui aurait été empêché d’avoir accès aux medias d’Etat ;

- La fameuse marche de la RTI n’était pas une marche pacifique mais bien un mouvement armé planifié par les forces rebelles depuis le Golf Hôtel ;

Dans leurs différentes tentatives d’arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo de toutes les manières possibles.

En effet, des preuves attestent bien de cela et au cours de ce procès, ma défense produira les vidéos prouvant que la marche de la RTI organisée par Monsieur Alassane OUATTARA et ses collaborateurs dont Monsieur SORO Guillaume et les Commandants de zones, étaient bel et bien une attaque armée planifiée ;

Certaines des forces de l’ordre commises à la sécurisation de cette marche y perdront la vie, sauvagement assassinées par des manifestants armés venus du Golf Hôtel, QG de Monsieur Alassane OUATTARA.

Certains de ces manifestants venus du Golf seront d’ailleurs appréhendés par les forces de l’ordre puis jugés devant le Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau et condamnés pour usage d’armes ou d’explosifs au cours de ladite marche sur la RTI.

Mon équipe de défense vous produira au cours de ce procès, la preuve de la condamnation de ces marcheurs armés de la RTI.

Par ailleurs, je n’ai jamais été impliquée dans la sécurisation de ladite marche de la RTI et aucun témoin ne m’y implique d’une quelconque manière.

Cela a été du ressort du Gouvernement ivoirien via son Ministre de l’Intérieur, et la Direction Générale de la Police, dont le Directeur Général de l’époque est toujours actuellement en fonction et au même poste.

Je trouve bien curieux que la justice ivoirienne, pour la manifestation de la vérité, n’ait jamais éprouvé le besoin d’entendre le Directeur Général de la Police Nationale dont les unités avaient en charge sa sécurisation.

B. DES OBUS LANCES SUR LE MARCHE SIAKA KONE D’ABOBO

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, des obus auraient été lancés sur le marché Siaka Koné d’Abobo en pleine journée occasionnant des morts et des blessés parmi les commerçants et les clients.

Il a été dit que ces obus auraient été tirés depuis le camp Commando d’Abobo.

Je suis bien étonnée que le juge d’Instruction puis à sa suite, la Chambre d’Accusation aient pu faire de telles affirmations extrêmement graves sans avoir commis un expert en balistique pour rapporter la preuve de ce que des obus auraient été effectivement tirés sur le marché Siaka Koné d’Abobo depuis le camp Commando d’Abobo.

Contrairement aux affirmations gratuites de la Chambre d’Accusation, il n’a jamais été rapporté la preuve de ce que des obus auraient été tirés sur le marché Siaka Koné par les forces de défense.

Je voudrais faire remarquer que des éléments des forces de défense et de sécurité ont déjà été poursuivis et jugés par le Tribunal Militaire, pour ces mêmes tirs d’obus prétendument tirés depuis le Camp Commando sur le marché Siaka KONE.

Ils ont tous été déclarés non coupables.

Mieux, au cours de ce procès, un Expert militaire en armement a été appelé à l’effet d’éclairer le Tribunal Militaire sur cette question. Cet Expert a expliqué qu’il était impossible de tirer des obus sur le marché Siaka Koné depuis le camp Commando d’Abobo sans courir le risque d’endommager le camp du fait de la proximité des deux sites.

C. LA MARCHE DES FEMMES D’ABOBO DU 3 MARS 2011

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, des femmes qui manifestaient calmement pour réclamer le départ du Président élu, Laurent GBAGBO ont été violemment attaquées par un char de l’armée.

Je suis particulièrement touchée par les violences faites aux femmes et ne peut que déplorer, toutes les agressions physiques qu’elles ont pu subir.

Cependant, comment le Juge d’instruction et la Chambre d’Accusation, sans jamais avoir fait procéder à une seule autopsie, et à une seule analyse balistique affirment de façon péremptoire, une fois de plus que cette attaque émane sans aucun doute de l’armée ?!

Nul n’ignore qu’à cette époque, Abobo était le fief du Commando invisible, force rebelle pro Ouattara, qui se vantait de tuer d’innocentes personnes et surtout les forces de défense et de sécurité dans la zone d’Abobo mais aussi de Plateau Dokui et même de Cocody Angré.

En tout état de cause, il n’y a aucune élément factuel ni aucun propos de nature à pouvoir lier ces faits à ma personnes.

D. LES BARRAGES DE QUARTIER

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation me reproche de n’avoir pas demandé à la population de lever les barrages de quartier.

Selon la Chambre d’Accusation, j’aurais ainsi encouragé et approuvé les conséquences de ces barrages, en l’occurrence, les exactions et atrocités commises sur les populations civiles.

Toujours selon la Chambre d’Accusation, mes fonctions me permettaient d’avoir accès aux medias d’Etat pour faire cesser ces exactions. Je désapprouve complètement ces affirmations de la Chambre d’Accusation qui appellent de ma part les observations ci-après :

- Dans tous les quartiers d’Abidjan, les populations qui se sentaient en danger érigeaient des barrages ;

Pour moi, cela découlait du besoin de protection des populations face aux attaques ou agressions dont elles faisaient l’objet.

A un moment de la crise postélectorale, les forces de défense et de sécurité avaient de plus en plus de mal à assurer la sécurité, car les combats avaient pris la forme de guérilla dans les quartiers. De sorte que les Forces de défense et de sécurité habituées au combat classiques se trouvaient déphasées et dépassées.

Les populations qui se sentaient donc désemparées ont pu ériger des barrages pour tenter de se protéger.

- Les barrages étaient érigés partout à Abidjan par les populations et ce peu importe leurs appartenances politiques, ethniques ou religieuses.

Même dans les bastions du RDR de Monsieur Alassane OUATTARA, ses militants érigeaient également des barrages. Aux dernières assises, des militants du RDR ont reconnu à la barre avoir érigé des barrages dans les quartiers qui leur sont majoritairement favorables.

- L’Arrêt de la Chambre d’Accusation ne rapporte pas comment j’aurais encouragé et approuvé l’établissement des barrages dans les quartiers.

Tout au cours de l’instruction de ce dossier, il ne m’a jamais été rapporté la preuve de ce que j’aurais encouragé et approuvé l’établissement des barrages.

Quel acte d’encouragement j’aurais posé et dont la preuve aurait été rapportée.

Quel acte d’approbation aurais-je posé et qui aurait été démontré ?

Par ailleurs, je n’ai eu aucun contact ou lien avec les barrages ou personnes qui s’y tenaient.

Je ne suis et ne peux être responsable de quelques actes qui y auraient été commis.

E. SUR L’EMISSION « RAISON D’ETAT »

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation prétend que j’aurais une main mise sur les medias d’Etat, en utilisant des émissions comme « Raison d’Etat » pour véhiculer des messages de haines à l’égard de tous ceux qui s’opposaient au maintien au pouvoir de mon époux.

Une telle affirmation de la Chambre d’Accusation est très grave et erronée.

Aux dernières Assises auxquelles j’ai participé, les responsables et animateurs de l’émission « Raison d’Etat » ont été jugés et déclarés non coupables, car cette émission n’avait jamais véhiculé un seul message de haine.

Par ailleurs, la Chambre d’Accusation n’a jamais produit une seule vidéo ou un seul écrit de moi véhiculant un message de haine ou appelant des ivoiriens à s’attaquer à d’autres ivoiriens.

F. SUR LA PRETENDUE CELLULE DE CRISE

Oh Seigneur, que d’ignominie !

L’arrêt de mise en accusation prétend que : « le FPI a mis en place une cellule de crise dans le courant du mois de janvier 2011, qui se réunissait à la résidence présidentielle et constituait l’organe chargé de la planification et de l’organisation de la répression ».

C’est pourquoi j’ai crié: oh Seigneur.

Il faut prouver l’existence de cette « cellule de crise ».

Il faut également prouver que la « cellule de crise » aurait ordonné et planifié la répression des populations.

La lecture de l’arrêt de mise en accusation m’a rendu très triste. Mes accusateurs sont allés d’allégations fausses en allégations plus fausses, à la limite même de la diffamation.

Ils ont osé écrire qu’ « il s’infère de ce qui précède que la crise postélectorale a été un catalysateur instrumentalisé par Madame Simone GBAGBO et son clan afin d’aboutir à l’exécution du projet d’élimination d’une partie de la population ivoirienne, juste sympathisante de Monsieur Alassane OUATTARA et du RHDP ».

Troublant, quelques lignes plus loin ils écriront: «considérant que c’est conformément aux actions planifiées et organisées par la cellule de crise dont Simone GBAGBO est le membre le plus influent et sur son initiation que ces actes répréhensibles ont été commis par les miliciens et les FDS à la solde de celle-ci».

Chaque mot est une infamie.

Que des affirmations, des affirmations graves, des affirmations posées comme des postulats !

Aucune preuve, des contrevérités, un travestissement éhontée de la vérité, la déformation sans vergogne des faits !

Monsieur le Président, cet arrêt m’a beaucoup attristée parce qu’il est l’œuvre d’hommes de loi, censés représenter la Justice.

La seule institution qui devrait garantir l’application de la Loi, le respect des droits des citoyens, l’impartialité et l’indépendance dans le traitement des affaires qui lui sont soumises.

La Justice ne devrait pas se laisser instrumentaliser pour être l’expression d’une vengeance politique !

Je vous remercie de m’avoir écoutée, et je suis à votre disposition pour toutes les questions que vous voudriez me poser.

 

Simone EHIVET GBAGBO

Abidjan - 1er Juin 2016

vendredi, 13 mai 2016

JEAN-CLAUDE DJEREKE: «LA COTE D'IVOIRE EST GOUVERNEE PAR DES MONSTRES»

 

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"Celui qui doit combattre des monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre lui-même", disait Nietzsche dans l’aphorisme 146 de “Par-delà Bien et Mal”. Et, pour le philosophe allemand, le monstre est celui qui est habité par le désir de vengeance, celui qui finit par faire lui-même ce qu’il reproche aux autres .

Ainsi en est-il des femmes de “La Colonie” qui, à la fin, reproduisent les comportements qu’elles condamnaient chez les hommes. Pourtant, au départ, ces femmes exilées avec des hommes sur une île portaient un beau et noble projet: former une nouvelle société, c’est-à-dire créer une communauté débarrassée de l’injustice et de l’oppression.

Malheureusement, ce projet ne verra pas le jour car les femmes, en voulant s’émanciper de la domination des hommes, vont confisquer peu à peu tous les pouvoirs et mettre en place un système de pouvoir oppressif semblable à celui qui les fit souffrir des années durant .

Pierre de Marivaux, autant que Nietzsche, veut attirer ici notre attention sur le fait que l’ennemi ou le démon n’est pas uniquement hors de nous et que celui qui combat les monstres court le risque d’en devenir un lui-même.

Dramane Ouattara et ses suiveurs ont dénoncé l’ivoirité; ils ont fait croire que les Nordistes étaient traités comme des Ivoiriens de seconde zone et exclus des responsabilités et fonctions de l’État mais, depuis avril 2011, qui dirige l’ENA, l’ENS, les Ports d’Abidjan et de San-Pedro, la Poste, la Douane, les Impôts, l’Université de Cocody, la RTI, l’État-major des armées, la Sicogi, la Sotra, etc.?

Ils ont poussé des cris d’orfraie quand Bédié emprisonna la direction du RDR; ils ont crié à la persécution mais qui garde, depuis 5 ans, des centaines d’Ivoiriens à la Maca, dans les prisons infectes de Bouaké, Dabou, Dimbokro, Bouna et d’ailleurs? Qui maintient en exil des milliers d’Ivoiriens?

Ils ont dit que la place des enfants n’était pas dans les plantations de café et de cacao mais les enfants, dont certains arriveraient régulièrement du Burkina Faso, ont-ils arrêté de travailler dans ces plantations? Quelles mesures sont prises à l’encontre de ceux qui enlèvent et tuent froidement les enfants avant d’emporter leurs organes?

Ils ont parlé d’escadrons de la mort quand furent assassinés Camara Yêrêfê dit “H”, Émile Téhé et Benoît Dacoury-Tabley; ils ont fustigé les enquêtes sur les assassinats qui n’aboutissent pas. Maintenant qu’ils sont aux affaires, leurs compétents enquêteurs ont-ils déjà retrouvé les tueurs de Guy-André Kieffer, Philippe Rémond, Yves Lambelin, Stéphane Frantz Di Rippel et leurs collaborateurs?

Ils ont accusé Laurent Gbagbo du charnier de Yopougon mais qui sont les auteurs des massacres de Nahibly, de petit Duékoué, Guitrozon, Carrefour Duékoué, Adébem? Lesdits auteurs ont-ils été arrêtés et sanctionnés?

Ils aimaient ironiser sur les Refondateurs qui s’en mettaient plein les poches, faisaient la bamboula et cadeautaient leurs copines. Mais, sous leur règne, la Côte d’Ivoire en a-t-elle fini avec le détournement et le gaspillage des deniers publics, l’entretien des maîtresses et l’ouverture de comptes bancaires à l’extérieur?

Opposants, ils estimaient que personne ne songerait à aller se soigner à l’étranger si les hôpitaux et dispensaires du pays étaient mieux équipés et les médecins bien payés mais où vont-ils quand eux et leurs proches sont malades?

Quiconque ne se distingue pas de ceux qu’il critiquait hier est un monstre. Comment les monstres sont-ils perçus? Voici la réponse de Thabo Mbeki: “Alassane Ouattara est un homme qui n’a ni foi en l’honneur ni parole d’honneur. Je serai toujours surpris de la distance qu’il est prêt à parcourir dans le seul but de contenter ceux qu’il y a seulement 50 ans mettaient son peuple dans les chaînes de l’oppression. Je me sens un peu responsable de la situation ivoirienne dans la mesure où c’est moi qui ai persuadé le Président Gbagbo de permettre à Ouattara d’être candidat. Je n’ai pas assez de mots pour vous dire le dégoût que m’inspire cet homme.”

En 1957, l’Américain Léon Festinger (1919-1989), professeur en psychologie sociale à l’Université Stanford, élaborait la théorie de la “dissonance cognitive”. Selon cette théorie, lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances ou convictions, cette personne éprouvera un état de tension inconfortable appelé dissonance.

En 2010, Ouattara avait promis de faire tomber une pluie de milliards sur les villes où il était en campagne, de ne passer que 5 ans à la tête de notre pays et de le remettre debout pendant ces cinq années, de construire 5 universités en 5 ans. Aucune de ces promesses n’a été réalisée, pas plus que n’a été appliqué le “vivre-ensemble”, le slogan cher au RDR et signifiant en fait: “vivre chez les autres sans eux”.

Au contraire, la situation socio-économique du pays s’est empirée avec l’augmentation de la dette publique, la cherté de la vie, la hausse du prix de l’électricité, la réduction du pouvoir d’achat en ville comme à la campagne, l’expropriation des Ivoiriens par des étrangers (Français, Libanais, Marocains), etc.

Bref, Ouattara et les siens sont atteints de dissonance cognitive. Ils se rendent compte qu’il y a un abîme entre ce qu’ils ont dit et promis et les actes posés par eux depuis 2011. Cela ne peut que les plonger dans un état de tension inconfortable. Comment Ouattara essaie-t-il de surmonter cette tension? En menaçant de prison ou de mort tout Ivoirien qui tente de lui faire prendre conscience de son incohérence et de son imposture, en multipliant les voyages hors du pays, en voulant distraire et endormir le peuple avec les jeux et la danse.

Mais pendant combien de temps règnera-t-il par la terreur et les menaces? Est-il certain que sa fuite en avant durera éternellement si les Ivoiriens prennent conscience que “finalement mieux vaut se battre qu’avoir peur” (Gandhi)? Quand un peuple est progressivement dépouillé et piétiné, quand il court le risque de devenir étranger sur ses propres terres, il n’a plus d’autre choix que de livrer bataille.

Si nous refusons cette bataille, alors nous donnerons raison à Étienne de la Boétie quand il déclare: “"Ce sont les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant seulement de servir, ils briseraient leurs liens. C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge: qui, pouvant choisir d’être sujet ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse. ”

On n’en est pas encore là et les Ivoiriens peuvent à tout moment montrer de quoi ils sont capables quand ils sont mécontents. Si on se réfère, par exemple, aux événements d’octobre 1958 (expulsion des Dahoméens et Togolais accusés de recruter dans l’administration ivoirienne leurs compatriotes au détriment des Ivoiriens) et de novembre 1993 (riposte à la bastonnade des supporteurs de l’Asec Mimosas d’Abidjan par ceux de l’Ashante Kotoko de Kumasi), on s’aperçoit que, poussés à bout, ils sont capables de se faire entendre et respecter.

Cela fait 5 ans que Ouattara est en train de se venger d’eux en les terrorisant, en les divisant et en pillant leurs biens, alors qu’il avait laissé entendre qu’il travaillerait pour tous et que la réconciliation se ferait comme en Afrique du Sud après le démantèlement de l’Apartheid.

Pire encore, il travaillerait pour qu’une nouvelle Constitution remplace celle d’août 2000. 5 ans, ce n’est pas rien mais un peuple debout et déterminé a besoin de quelques jours pour tourner la page de 26 ans de souffrances et d’humiliations.

 

Une contribution de Jean-Claude Djéréké.

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 13 avril 2016

COTE D'IVOIRE: DECES DE BEN SOUMAHORO A ACCRA

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Un lion s'en est allé ! La Côte d'Ivoire digne est en deuil. Salut, Patriote ! Fernand Dindé.

 

Une information reçue d’Accra au Ghana annonce le décès ce lundi soir de Mamadou Ben Soumahoro en exil. Ce décès serait la conséquence d’un accident vasculaire cérébral [AVC] survenu en 2015. Depuis lors, l’ancien DG de la RTI, très proche de Laurent Gbagbo, était presque tout le temps alité.

Certaines informations le donnaient partiellement paralysé. Sa famille l’avait isolé, lui coupant presque toute communication.

Parti de la Côte-d’Ivoire en avril 2011 après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, Ben Soumahoro avait avec sa plume haute en couleurs, habitué les Ivoiriens aux longues tirades «pamphlets» contre Ouattara et son entourage. Dominique Ouattara était l’une de ses cibles favorites.

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L’ancien mari de la ministre Anne Ouleto surnommé «dossier en béton» ou encore Waraba, l’ex-député Mamadou Ben Soumahoro était un professionnel respecté dans le monde du journalisme en Côte d’Ivoire, malgré un militantisme politique qui l’aura conduit du PDCI-RDA au FPI, en passant par le RDR d’Alassane Ouattara.

Le sort aura voulu qu’il décède un 11 avril 2016, cinq ans après un certain 11 avril 2011.

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

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Quand BIG BEN racontait. "Simone Gbagbo, ma Reine": Témoignage de Mamadou Ben Soumahoro.

 

"...Vers les derniers jours de Mars 2011, j'étais à la Résidence Présidentielle avec La 1ère Dame Simone GBAGBO, nous étions en train de discuter lorsqu'elle s'est saisi d'une Bible sur la table à manger, elle l'a ouvert et est tombé sur le Psaume 140 que je connais parfaitement; quand je lui ai dit que je connaissais ce psaume par cœur, malgré le fait que je sois musulman, elle m'a dit en riant : "Toi, je sais que tu es un pasteur caché quelque part, mais tu nous distrais...

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Mais le plus important est que, reprenant tout son sérieux, elle m'a dit avec un air très convaincu et profond: Tu sais Ben, nous allons perdre le pouvoir, mais nous reviendrons plus tard, et nous remettrons ce pays sur pied en 3 ans. Retiens bien ce que je viens de te dire, ne l'oublie pas. Et je lui ai répondu, bien pris ma Reine, car c'est comme ça que je l'appelle : Ma Reine..."

Mamadou Ben Soumahoro
(Rencontre avec le Bureau de la Coordination du FPI en Exil, Lundi 16-2-15)

 

Source: LE BLOG DE RENE KIMBASSA

jeudi, 07 avril 2016

AFFAIRE GUY-ANDRE KIEFFER: LE GROS CANULAR

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Manipulations, intox, campagnes médiatiques mensongères, etc. La disparition le 14 avril 2004  »sur le parking d’un supermarché » du journaliste franco-canadien qui enquêtait, dit-on sur la filière café cacao, avait fait le tour du monde. Tous les médias nationaux et internationaux s’en faisaient l’écho. Cette affaire, chou gras de ceux qui trouvent à manger et à boire à tous les râteliers et en toutes circonstances, resurgissait chaque fois que le président Laurent Gbagbo posait une action d’envergure sociale allant dans le sens de l’émancipation de son pays vis-à-vis de la tutelle française.

Tous les écrits convergeaient dans un seul sens et pour un seul unique but : salir le Président Laurent Gbagbo, son épouse, son entourage pour affaiblir son pouvoir sensé ne pas faire l’affaire des occidentaux. Guy-André Kieffer cet anonyme journaliste devient alors célèbre sans aucun passé glorieux sur son talent et sa disparition une affaire d’État pour ces journaux occidentaux et locaux qui soutiennent l’opposant Alassane Ouattara. Une affaire si infâme que le président Gbagbo est amené à la qualifier de  »chiffon rouge ». De quoi s’était-il agit, pour ne plus que les mêmes qui en avaient un épouvantail continuent d’en faire écho. En fait, Guy-André Kieffer était une barbouze pion de la Françafrique juste bon à liquider pour servir la cause de l’hexagone.

Décrit avec une bi-nationalité franco canadienne, l’on n’a jamais compris pourquoi c’est la France seule, et pourquoi pas le Canada, qui défende son cas. Et très vite, l’opinion avisée se rendit compte que la France, comme un charognard se servait de cette macabre affaire, pour exister dans la crise ivoirienne de laquelle le président Laurent Gbagbo l’avait réduite au silence avec une certaine maestria politique. L’on a fait disparaître  – et non lui tirer une balle dans la tête si l’intention était vraiment de le réduire au silence – cet homme dont on dit qu’il s’échinait à décrypter les malversations au sein de la filière café-cacao. GAK de ses initiales aurait été aperçu pour la toute dernière fois alors qu’il pénètre dans le parking d’un centre commercial d’Abidjan, où il a rendez-vous avec Michel Legré  »le beau-frère de la Première Dame de l’époque Simone Gbagbo ». Beau frère de la Première dame Simone Gbagbo. Petit rajout mais grand dommage causé à l’image de marque des officiels ivoiriens présentés comme de vulgaires voyous de quartier mal famé payés pour assassiner.

Le 28 mai 2004 Michel Legré,  »beau-frère de Simone Gbagbo, épouse du chef de l’Etat », est inculpé pour « complicité d’enlèvement », « séquestration » et « assassinat » par la justice ivoirienne, puis placé en détention. Le  11 oct 2004, il est mis en examen pour « enlèvement et séquestration » par le juge Patrick Ramaël. Et le 28 oct 2005, Michel Legré est … mis en liberté provisoire. Depuis cette date d’avril 2004 à la prise du pouvoir par Alassane Ouattara en avril 2011, sept années se sont écoulées. Et de la prise du pouvoir à la réélection d’Alassane Ouattara cinq autres années sont passées. Et toujours rien. Ni sous le pouvoir, ni sous et pendant le régime Ouattara. Quel est donc cet homme dont la disparition ameutait le monde entier et qui subitement n’intéresse plus personne ? C’est à croire que Laurent Gbagbo a été enfermé dans sa cellule de prison de la Cour pénale internationale (Cpi) avec Guy-André Kiefer. Et pourtant quelle bile et médisance les médias français n’ont-ils pas déversé sur l’ancien couple présidentiel ivoirien. Laurent et Simone Gbagbo ont fait les frais de lourds soupçons. Mais en réalité n’étaient que des rumeurs. Plus les journalistes français s’improvisaient enquêteurs, plus les fausses pistes se multipliaient. Dès lors les chasseurs de primes entrent en jeu. Le 13 janv 2006 un certain Jean-Tony Oulaï Ivoirien de nationalité et se disant ex-capitaine de l’armée, est mis en examen par le même juge Ramaël. Le 29 août 2006, des  »indiscrétions annoncent que les auteurs auraient été identifiés par le juge Ramaël, lequel serait en possession d’une liste de 17 personnes.

Le 23 août 2007 sur France 3 une chaîne publique française, le sieur Berté Seydou se présente comme le chauffeur d'un commando dirigé par Jean-Tony Oulaï, qui aurait enlevé Kieffer, l'aurait détenu deux jours « à la présidence à Abidjan » puis transféré dans une ferme et tué. Le 17 novembre 2008  la justice ivoirienne lance un mandat d'arrêt international contre Berté Seydou pour « déclarations mensongères tant à la presse française qu'au juge Ramaël ». Le 23 avril 2009 Mme Simone Ehivet-Gbagbo l'une des principales cibles de la calomnie est entendue à Abidjan par le juge français Patrick Ramaël. Tellement il y avait de quoi à boire et à manger dans l'affaire, même le juge d'instruction de l'époque, Patrick Ramaël, se plaisait à multiplier les voyages à Abidjan, parfois aussi à Bouaké anciennement zone rebelle. Mais ses enquêtes s'étant soldée sans résultats, le juge Patrick Ramaël est sommé de rendre le tablier, le 1er septembre 2013, jour d'expiration de son mandat décennal. Un brin mélancolique Ramaël part laissant derrière lui un goût d'inachevé. Ce d'autant la famille de Guy-André, n'en pouvant plus multiplie les courriers à François Hollande.

Dans la dernière missive adressée en janvier, la famille montre son agacement. « D'autant plus agaçant, soupire Bernard Kieffer, que les autorités ivoiriennes ont sous la main la plupart des protagonistes ». A commencer par l'ex-First Lady, en résidence surveillée à Odienné (Nord), ou celui qui fut le caïd de sa sécurité rapprochée Anselme Seka Yapo, dit « Seka Seka », détenu au secret. A la vérité, plus personne ne comprend ce qui pourrait bloquer l'enquête, ce d'autant que les suspects n°1 et 2 sont respectivement emprisonnés à La Haye en Hollande (Laurent Gbagbo) et Odienné (à cette époque pour Simone Gbagbo). Mais là où le ridicule manque de tuer c'est lorsque, le vendredi 6 janvier 2012, des enquêteurs trouvent des squelettes dans le village d'Issia à 360 km à l'ouest d'Abidjan, et sont sensés être ceux du journaliste franco canadien. Le choix n'est pas fortuit. Issia est le village natal de deux proches du Président Laurent Gbagbo. Il s'agit de Paul Antoine Bohoun Bouabré et Désiré Tagro.

Mais la découverte se fait précisément dans le ville du premier cité qui lui a réussi à s'échapper pour s'exiler en Israel. Tagro ayant péri le 11 avril 2011 sous les balles des rebelles, Laurent et Simone Gbagbo étant emprisonnés, il ne restait plus que Bouabré à porter le pêcher d'Israël. Mais là, la trouvaille se découvre inopérante dans le plan conçu pour accabler le couple Gbagbo. Les échantillons prélevés des squelettes sont transférés en France, précisément à Nantes, pour des analyses médico-légales à l'effet de déterminer si oui ou non, il s'agit des restes de Guy-André Kieffer. Mais là aussi la déception est grande. Les expertises ADN montrent que le squelette exhumé le 6 janvier en Côte d'Ivoire n'était pas celui de Guy-André Kieffer, selon Me Alexis Gublin, avocat du frère du journaliste franco-canadien enlevé en 2004. « L'expertise ADN est négative. Le corps retrouvé n'est pas celui de Guy-André Kieffer", a déclaré l'avocat de Bernard Kieffer ». Et depuis, le mensonge semble s'estomper. Pour reprendre de plus belle certainement le temps que Laurent Gbagbo revienne au Pouvoir par un coup du sort. De toute évidence ni la France ni la Côte d'Ivoire ne se préoccupent plus de cette affaire qui avait fait couler tant de salive et d'encre.

 

Source: IVOIREPOST.COM

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Deuxième information, extraite de la dernière chronique de Hassane Magued, (qui malheureusement ne s'exprime plus depuis le 9 octobre 2015).

 

Diendéré et l’assassinat de Guy-André Kieffer

 

Afin que la Famille Kieffer arrête de chercher dans tous les sens, nous donnons la présente information sans aucun commentaire. Selon les informations qui circulent dans le milieu des renseignements, Guy André Kieffer n’a pas été assassiné par des militaires Ivoiriens. Son exécution a été assurée de main de maître par des mercenaires Burkinabè. Au moment de l’assassinat, ces hommes faisant partie de la garde rapprochée des membres de la rébellion ivoirienne exerçaient à Abidjan. Récemment, nous avons appris qu’ils sont issus des RSP burkinabè. Le meurtre a été commandité par un ministre actuel en fonction.

Dans le courant du mois de mars 2015, dans un bar privé sis au-dessus du Restaurant appelé Respako dans la Commune de Cocody précisément aux II Plateaux à Abidjan, il s’est vanté en présence de témoins et langue dioula d’avoir réussi cet exploit de neutraliser Kieffer qui les gênait à l’époque et fait porter le chapeau à Simone Gbagbo en instrumentalisant Légré Michel, beau-frère de Simone Gbagbo, lequel a rejoint depuis 2011 les services de renseignement du pouvoir en place. Selon toujours les renseignements disponibles, le Général Gilbert Diendéré et certains des officiers impliqués aux côtés des rebelles ivoiriens peuvent en dire beaucoup sur la mort du journaliste français.

Une seule question se pose désormais. Pourquoi la France dont les éléments de la DGSE sont à Abidjan en contact avec tout l’appareil politique continue-t-elle de couvrir l’auteur de ce crime que vous pouvez deviner aisément ?
Naturellement, on ne devrait pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur la présence des deux plus grandes caches d’armes du régime situées au "Black Market d’Ajamé" et destinées aux civils proches du pouvoir pour les besoins des élections à venir, de deux autres caches d’armes dédiées aux armes lourdes à Assinie et à Minignan dans le Nord, caches d’armes autour desquels gravitent des mercenaires étrangers très connus par les renseignements internationaux pour leur implication dans les massacres de civils en Afrique centrale.

Mieux, on ne peut pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur le dispositif de guerre civile mis en place par le régime actuel, dispositif dont les premiers éléments spécialisés dans le massacre de civils sont les « Microbes », une milice tribale tuant depuis quelques mois à visage découvert et en patrouille à Abidjan, lesquels sévissent sous la protection du pouvoir en place avec une formation et un mode opératoire taillés sur le Modèle des génocidaires Interahamwé du Rwanda.

Dans tous les cas, Diendéré est la boîte de pandore. Elle pourrait s’ouvrir si les bonnes questions lui sont posées. Mais qui aura intérêt à lui poser les bonnes questions et à le faire parler ?
A lui seul, il constitue la bibliothèque la mieux fournie du crime de sang en Afrique de l’Ouest. Qui donc osera ouvrir cette boîte de pandore ?

A Très Bientôt.

 

Hassane Magued. 

La révolution Permanente.

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 15 mars 2016

ATTAQUE TERRORISTE DE GRAND-BASSAM: ALLER AU-DELA DES APPARENCES ET DES COMMUNIQUES OFFICIELS

 

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Le dimanche 13 mars 2016, la Côte d'Ivoire est endeuillée par une attaque terroriste aussi barbare que lâche.

Le gouvernement ivoirien s'empresse d'annoncer 22 morts dont 6 terroristes neutralisés. Des terroristes qui ont, en réalité, eu le temps d'opérer tranquillement et de fondre dans la nature. Les forces spéciales ne sont arrivées sur les lieux du drame que bien plus tard, pour le ratissage. Sans plus.

Depuis ce matin, nos autorités, après avoir été copieusement bassinées sur la toile, se sont ravisées et ne parlent plus que de 3 assaillants tués et de 18 morts.

On n'a, en réalité, vu aucun corps d'assaillant. S'il y en avait un seul abattu par nos forces, la RTI nous l'aurait montré, croyez-moi (puisqu'à l'avantage du pouvoir en place, très enclin à la propagande et à l'auto-encensement).

Plusieurs personnes sont encore portées disparues. Certaines victimes ayant été abattues dans la mer, pendant leur baignade, et emportées par les eaux, selon des témoins crédibles. Le bilan actuel ne peut donc qu'être partiel.

Il est fait état d'un communiqué de revendication d'Aqmi, se vengeant de la Côte d'Ivoire pour 4 frères islamistes livrés par la Côte d'Ivoire aux autorités maliennes. De la poudre au yeux ! 

De Charlie Hebdo à Grand-Bassam, en passant par le Bataclan, Bamako et Ouagadougou, c'est un seul et même programme en pleine exécution. Je n'ai jamais cessé de le dire. Dans quel but ? "Nous faire accepter des lois qui ne passeront jamais dans un autre contexte", comme dit un ami très cher, afin de nous contrôler totalement et décider de nos destinées.

Si certains n'ont pas encore compris le fonctionnement de notre monde et continuent à chercher les coupables au mauvais endroit, vraiment désolé !

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A la vérité, Al Qaïda, Aqmi, Boko Haram, Isis, Daesh ou Daech, Etat Islamique et que sais-je encore = Etats-Unis + France + Otan. Les guerres en Irak, en Syrie et en Libye nous l'ont amplement prouvé. Venez nous en démontrer le contraire. Oui, l'hydre américano-française a encore frappé. Et vous pouvez comprendre pourquoi la chaîne française France 24 est toujours la première sur ce type d'information, toutes activités cessantes. Même la RTI n'y a vu que du feu, elle qui passait de la musique et du football pendant l'attentat, et qui a dû être informée depuis la France.

Ce que font, en ce moment, les Etats-Unis, la France et les pays de l'Otan s'inscrit dans un programme global de contrôle total du monde, dans un processus maçonnique et illuminati de reconfiguration géopolitique mondiale, appelé Nouvel Ordre Mondial (Novus Ordo Seclorum), avec pour ligne d'action le slogan "L'Ordre par le Chaos (Ordo Ab Chaos, un slogan figurant sur les passeports maçonniques. Lire ICI)". C'est bien réfléchi, bien planifié et extrêmement bien exécuté. Les personnes les plus insoupçonnables en font partie.

Remarquez une de leurs signatures: leurs attaques se produisent souvent pendant la période des équinoxes et des solstices ou à des dates proches de cette période, qui revêtent pour eux, une grande importance astrologique et mystique, ou encore à des jours qu'ils considèrent comme ayant une empreinte mystique ou portant un symbolisme fort comme par exemple les 13 de mois et le 11 septembre (qu'on écrit 9/11; aux Etats-Unis, le 911 est le numéro des appels d'urgences). Vous remarquerez ainsi qu'ils opèrent bien souvent entre les 11 et 13 ou les 19 et 21 des mois impairs, en général. Faites vos recherches, des Tours Jumelles de Manhattan à l'Etoile du Sud de Grand-Bassam, et vous comprendrez, et vous verrez ! On vous ment sur beaucoup de choses et on vous cache beaucoup de choses, pour ne pas dire TOUT. Visitez ce site pour juste vous en donner une idée: Ordo Ab Chao.

Au lendemain de l'attaque de Ouagadougou, en janvier dernier, j'écrivais ceci sur ma page Facebook: "La France veut se donner raison après ses excès sur ses propres populations, en janvier 2015 et le 13 novembre 2015, pour faire croire que c'est une urgence de combattre l'Etat Islamique (qu'elle a financé et armé avec les USA) et justifier ainsi l'escalade des guerres qu'elle mène avec les Américains au Moyen-Orient, pour le pétrole et pour la mainmise sur la géopolitique mondiale. Elle n'opère que dans les pays sous sa domination ou là où les Chefs d'Etats sont des hommes liges de la France. Les Ivoiriens doivent faire gaffe. Ils seront les prochaines victimes. Et ça va saigner !" Eh bien, nous y voilà !

Au demeurant, la Côte d'Ivoire est déjà habituée au terrorisme. Nous en avons déjà vu bien pire: 60 gendarmes mitraillés avec leurs familles à Bouaké par les rebelles, des ministres et officiers supérieurs de l'armée ivoirienne assassinés chez eux ou ailleurs, plus de 70 jeunes aux mains nues massacrés par l'armée française devant l'Hotel Ivoire, les différents épouvantables carnages de Duékoué contre le peuple Wè, des milliers d'ivoiriens assassinés de 2002 à 2011 par la rébellion ivoirienne aujourd'hui au pouvoir, la résidence présidentielle de Côte d'Ivoire bombardée par la France avec le président en exercice, femmes, personnes âgées et enfants à l'intérieur, pendant 10 jours. Y a-t-il pire que ceci ? Que ceux qui savent me répondent.

Alors, qu'on ne vienne pas nous claironner à la télé, après l'attaque de Grand-Bassam: "Ça ce n'est pas la Côte d'Ivoire !". A moins que ce soit pour dire: "La Côte d'Ivoire est pire que ceci".

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Toutes mes condoléances à vous, fiers ivoiriens ! Prompt rétablissement et beaucoup de courage à tous les blessés. Que DIEU console toutes les familles éplorées par ce massacre gratuit, victimes de barbares tapis dans l'ombre, sorciers pyromanes qui tirent les ficelles et viennent jouer les pompiers, et qu'il nous délivre de cette engeance !

C'était mon coup de gueule. Salut !

 

DINDE Fernand AGBO

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NOUVEL ORDRE MONDIAL

« ...On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial. Et personne,
je dis bien personne, ne pourra s'y opposer. »

(Extrait du discours de Nicolas Sarkozy du 16 janvier 2009 à l'Elysée).

lundi, 07 mars 2016

DEPUIS LONDRES, UN SPECIALISTE REVELE - MASSACRE DES 6 FEMMES D’ABOBO: «C’EST UN FILM DE FICTION»

 

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Le jeudi 03 mars 2011, une marche organisée par des femmes pro Ouattara en pleine guerre électorale s’est soldée par le massacre de 06 femmes. Aujourd’hui, la principale preuve contre Laurent Gbagbo continue de susciter des passions entre les camps opposés à l’occasion de son procès à la CPI. Ses partisans estiment qu’il s’agit d’une manipulation quand la procureure et des témoins dont des victimes de cette marche, ont récemment défilé à la barre pour livrer  leur version. Afin d’éclairer davantage l’opinion sur le flou entretenu autour de cette affaire ultra-sensible qui dure depuis 5 ans, un spécialiste résidant à Londres et qui a choisi de garder l’anonymat, nous a apporté cet article à notre rédaction pour publication. Avec ce nouvel élément, l’histoire des femmes d’Abobo prend une toute autre version.

 

Que pensez-vous du débat autour des tueries des 06 femmes d’Abobo qui vient de resurgir à la Haye à l’occasion du procès contre Laurent Gbagbo et  Charles Blé Goudé ?

Ces passions indiquent que les uns et les autres ne maîtrisent pas véritablement tous les contours de cet évènement dont les faits sont exposés dans une vidéo dite amateure. Sinon, il n’y aurait même pas de débat sur le sujet.

Pour notre part, peut-être que 06,07 ou 08 femmes  auraient été massacrées dans une manifestation pacifique de femmes en Côte d’Ivoire quelque part dans la commune d’Abobo durant la guerre de la crise électorale de 2010 à 2011, et dont nous ignorons encore certainement l’existence jusqu’à ce jour… Mais, nous pouvons vous affirmer qu’il ne s’agit pas des 07 puis 06 femmes présentées depuis cinq ans dans la vidéo dite amateure et reprise par la procureure de la CPI. Ça au moins, nous pouvons l’affirmer avec certitude.

Pouvez-vous être plus explicites ?

Pour faire plus simple, la vidéo dite amateure réalisée par un manifestant ( ?) et qui rend compte de l’évènement, souffre d’un manque criant de crédibilité tant dans la conception que dans le fond.

Nous sommes même très gentils lorsque nous parlons d’un manque criard de crédibilité. C’est à dessein afin de ménager les plus sensibles ou les plus passionnés qui, de bonne foi, pourraient parier  leur vie sur la véracité des éléments contenus dans ce film. Car une cure de désintoxication trop brusque au sujet d’un évènement admis comme vérité absolue, puis validé par les officines qui comptent au sein de la communauté internationale depuis cinq ans, pourraient causer bien des désagréments. Sinon nous concernant, cette vidéo doit être classée dans la catégorie des films de fiction. Les faits qui s’y déroulent aussi. Ce film est un condensé de trucages difficilement perceptibles à l’œil immédiat.

Ce que vous affirmez-là est d’une extrême gravité. On pourrait peut-être  parler de manipulations de certains éléments  des faits comme l’affirment les soutiens de Laurent Gbagbo et comme ont essayé de le démontrer  les avocats de la défense. Mais de là à affirmer que cette manifestation n’a jamais existé… N’est-ce pas exagéré, assez choquant pour les victimes, les parents des victimes et surtout l’opinion internationale ?

Il est question de manipulations lorsque des faits qui existent ou ont existé sont déformés ou détournés à d’autres fins. Nous, nous parlons de fiction, pas de manipulation.

Notre intervention provoquera certainement une onde de choc  au niveau de l’opinion internationale et même nationale particulièrement pour ceux qui, de bonne foi, et ils sont nombreux, ignorent la vérité autour de ce canular. Nous sommes entièrement d’avis avec vous. Cependant, vous convenez avec nous que cette révélation ne peut être choquante pour les victimes, témoins ou parents de victimes puisqu’ils n’existent pas. La manifestation elle-même, en tout cas celle dont il est rendu compte dans le film,  n’ayant jamais eu lieu. Sauf sur une scène de tournage et dans un studio de montage. Cette manifestation dont les seules traces existent dans une vidéo dite amateure, est un  film de fiction. Nous le répétons.

Vous parlez de faits aussi graves avec une telle simplicité, une telle assurance, que nous sommes bien curieux de savoir ce qui fonde votre certitude ?

Nous tenons à vous informer d’entrée que nous avons longuement expertisé  cette vidéo, mené des investigations, recueilli des informations puis ressorti de nos études et analyses dont la synthèse est contenue dans un document de plus de 70 pages, preuves à l’appui, que tous les éléments de ce film sont faux. A l’exception bien sûr de certains acteurs principaux, des figurants et des encadreurs. Et nous pouvons produire 05 documents du même type avec des éléments de preuves différents. C’est dire que nous avons de la matière à ce sujet et que nous savons exactement de quoi nous parlons.

Ça devient très intéressant. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous pouvons vous assurer que cette vidéo amateure, de la mise en scène du scénario à la conception, est l’œuvre de véritables professionnels. Le  fameux ‘’ manifestant cameraman amateur’’, par exemple,’ ne fait pas partie des manifestants. Tout le monde pourra constater que même les ‘’coups de feu’’ ne l’ont pas fait bouger de sa position pendant la débandade générale. Tous ceux qui s’aventuraient dans sa direction étaient repoussés à l’image de la petite fille en jupe blanche et en sandales que l’on peut apercevoir stopper subitement sa course, puis changer de direction à l’apparition furtive d’un individu sorti du côté droit du cameraman et qui lui fait signe de changer de trajectoire. Dès l’éclatement des coups de feu, dans la scène de panique, alors que les chars s’ébranlent de la droite vers la gauche sur la voie opposée au preneur de vue, les manifestants détalent parallèlement de la gauche vers la droite en passant devant le cameraman qui demeure dans une position fixe.

Où voulez-vous exactement en venir ?

A aucun moment, le ‘’cameraman amateur manifestant’’ n’a été bousculé pendant toute la débandade générale. Il reste, bien protégé à côté des manifestants tout le long de ses prises de vue.

De surcroît, lorsque nous disséquons les différentes images, il en ressort que la majorité de ses prises de vue pendant la manifestation (surtout la marche),  s’est faite en plongée, en hauteur au-dessus des manifestants (image 1) ou quelques fois en contre plongée. De gauche à droite et vice versa. Situant ainsi expressément le contexte, écrasant le paysage, faisant redécouvrir un nouveau, puis créant le mouvement du décor et le déplacement des fameux manifestants d’un lieu à un autre. Pendant ‘’la marche’’,  le preneur de vue se tient en mouvement soit face à la ‘’foule’’, soit derrière elle, soit bien au-dessus en face ou derrière’’ la foule de manifestants’’. De tels mouvements de prises de vue nécessitent l’usage d’un chariot comme sur les grandes scènes de tournage. Dans cette vidéo toutes les techniques de cadrage, d’angles de prise de vue et des mouvements filmiques c’est-à-dire le panoramique, les travellings et le zoom ont été utilisés presqu’à la perfection par ce curieux manifestant vidéaste amateur. Mettez à contribution tout spécialiste du langage photographique ou cinématographique, il vous confirmera que les prises de vue ont été effectuées en plusieurs jours par de véritables professionnels en la matière et avec des moyens logistiques conséquents.

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IMAGE 1

Mais cet argument ne peut être un élément suffisant pour nier la véracité de faits aussi graves ?

Nous vous sentons impatient. Nous en venons graduellement. Le fait est trop important et assez sérieux pour que nous l’abordions de manière lapidaire. Pour l’instant, nous nous situons au niveau de la forme.

Parlant donc, des prises de vue, cette vidéo est l’œuvre de véritables professionnels de films d’animation ou d’action comme on en trouve sur les grands plateaux Hollywoodiens. Mais aussi dans les armées ultra-modernes (afin de  truquer les scènes sur le théâtre des opérations). Vu les moyens logistiques et l’expertise utilisés dans le tournage, le montage, la diffusion et toute la campagne faite autour de ce film, on peut sans risque préjuger que les auteurs ont certainement bénéficié d’énormes appuis tant financiers, matériels que relationnels.

Selon vous c’est du pur cinéma, nous avons compris. Cependant quelles autres  observations sont-elles ressorties de vos études et recherches sur cet évènement qui confirment véritablement votre vision des faits ?

Sans trop vouloir vous en dire plus, sachez néanmoins qu’Il y’a une volonté manifeste de dissimuler l’identité des ‘’femmes tuées’’. Elles sont toutes couchées sur le ventre, soit recouvertes de feuillages ou de pagnes, soit elles se cachent volontairement elles-mêmes le visage avec le bras ou la main. Des signes évidents d’une action concertée, donc d’une mise en scène. Quels sont ces morts si pudiques qui ne veulent pas qu’on les identifie ? Sinon, dites-nous qu’est-ce que des mortes auraient à perdre de plus en se cachant prioritairement le visage si ce n’est d’être reconnues dans l’au-delà peut-être, ou, ce qui est le plus plausible, à leur retour dans le monde des vivants ?

La vérité est que les ‘’06 ou 07 femmes d’Abobo’’  du film, ne sont pas de vraies victimes.

Ces mortes ne sont donc pas authentiques ?

Pas du tout. Nos études nous ont permis d’identifier parmi ces prétendues victimes des mannequins et des êtres hybrides, c’est-à-dire composés de plusieurs parties de corps différents. La prétendue victime en T.Shirt à rayures vert et blanc, par exemple, est un mannequin sans tête. Il est loisible à chacun de faire une capture d’écran de cette victime dont ‘’la tête’’ est cachée derrière le postérieur d’une autre soit disant victime dans la vidéo. Il suffit  d’agrandir l’image pour se rendre compte que sa coiffure noire semblable à une perruque n’est qu’une tromperie, l’illusion du haut d’une tête coiffée d’une ‘’tignasse de cheveux’’ créée au montage par un calque noir ajouté sur l’image. Dans la vidéo, la victime en t-shirt blanc et vert est un mannequin sans tête (image 2). Comme par enchantement, sur les images diffusées dans la presse et les autres  médias, notre victime dont la position a été modifiée, a miraculeusement poussé une tête avec une écharpe noire ajoutée dans la zone du cou pour masquer les imperfections du montage (image 3). On remarquera toujours sur cette image 3, cette volonté manifeste de dissimuler encore une fois, l’identité de la victime. La position du preneur de vue (du pied vers la tête) alors que la prétendue tête est bien dégagée, en est l’illustration parfaite. Pour une prétendue marche pacifique de femmes, nous constaterons par ailleurs sur cette image que toute l’assistance est essentiellement composée d’hommes vêtus de jean et de baskets. La  prise de vue a été réalisée à l’opposé de cette assistance.

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IMAGE 2

 

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IMAGE 3

Ce que vous démontrez-là est vraiment édifiant, c’est la première fois que de telles révélations sont mises au grand jour…

Ce n’est rien encore, vu ce que nous avons ressorti des études réalisées sur cet évènement contenu dans le film. Les mortes subissent des transformations incroyables. Certaines victimes, à un moment de leur mort, se tiennent presqu’à genoux, d’autres s’essuient le visage avec une pochette avant de reprendre leur position de morte. Des victimes comme la fille en t-shirt jaune sont aperçues en train de ‘’galoper’’ un long moment après qu’elles soient mortes avec en arrière-plan des chars qui les ont déjà dépassé pendant qu’elles sont bien vivantes (image 4). D’autres ‘’mortes’’ sont, pendant leur ‘’brutal sommeil éternel’’,  soigneusement coiffées d’un turban par des individus pour camoufler tous les signes distinctifs qui pourraient permettre de les reconnaître. Certaines victimes sont des êtres hybrides, c’est-à-dire qu’elles sont composées de plusieurs parties de corps différents. Etc.

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IMAGE 4 

Dans le film, si nous tenons compte de l’emplacement  des corps, les 07 ou 06 marcheuses d’Abobo auraient été tuées sur le bitume pratiquement à l’endroit où se situe le char sur l’image 4. Sur cette image, nous n’apercevons aucun corps dans la zone indiquée au passage du char. Par contre, l’on peut voir la victime en jaune en train de courir en compagnie de trois autres dames suivant les consignes d’un instructeur militaire, posté sous un abri et sous le regard des autres figurants. Il est donc impossible que les femmes aient été tuées à l’endroit indiqué derrière elle pendant le passage des chars ou du convoi au niveau des prétendues manifestantes. Dans une autre hypothèse, si par extraordinaire des femmes avaient été tuées, elles l’auraient été ailleurs puis transportées de ce lieu en cet endroit après le passage du convoi. Sinon au passage du convoi à ce niveau aucun corps ne gît sur le bitume, qui également ne porte aucune trace de manifestation. Il est bon de signaler à toutes fins utiles que les coups de feu ont été entendus  bien avant que le premier véhicule du prétendu convoi militaire incriminé ne fasse son apparition sur la voie opposée.

Par contre cette séquence présente toutes les caractéristiques d’une scène de tournage. On peut même remarquer la position de la camera dont l’objectif plongeant indique que le preneur de vue, présenté comme amateur, se tient en hauteur sur une échelle (un chariot) bien au-dessus derrière l’assistance pour avoir une meilleure prise sur la scène de tournage (image 4).

Cette vidéo amateure est ainsi sortie tout droit d’un scenario mis en scène par des professionnels de la fiction ?

Bien sûr, ce grand canular a été réalisé par des experts en la matière et accompagné dans sa communication par des puissantes officines médiatiques et diplomatiques pour le crédibiliser. Sinon ce grand mensonge n’aurait pas survécu 5 ans durant au point de susciter des passions et d’être brandi par la procureure de la CPI comme principale preuve contre l’ex président ivoirien dans un procès aussi sérieux.  Des scénaristes et techniciens  occidentaux ont réalisé la mise en scène, les prises de vue et le montage de ce canular, quand des individus en tenue militaire ou civile aidaient à encadrer les actrices et les figurants pendant les répétitions comme on peut toujours l’apercevoir sur l’image 4.

Certaines ‘’manifestantes’’ portent déjà des traces de sang (ajoutées sur l’image) pendant la marche alors qu’elles ‘’manifestent dans la joie’’ (image 5).

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IMAGE 5

Parce qu’il y aurait même eu des répétitions ?

Effectivement, comme dans toute préparation d’un scénario de film ou d’un spectacle devant obéir à des synchronisations précises et parfaites. Plusieurs répétitions de simulacres de marche, de protestation, de lamentations, de courses, de danse et de joie etc. ont été réalisées avec les actrices principales et des figurants notamment des gamins, des combattants en civil. Le plus intéressant, est que nos ‘’marcheuses’’ n’ont pas bougé d’un iota du véritable lieu de la mise en scène et des prises de vue. Seul le décor change derrière elles par le jeu du mouvement de la camera, du montage et de l’éclairage. Donnant ainsi l’illusion, d’une marche entamée d’un point précis, au petit matin, jusqu’en plein jour en un autre lieu.

Et l’immense foule de manifestants dans les rues alors ?

(Rires). Rassurez-vous tout ceci est monté à partir d’une poignée d’individus, dont quelques dames, une petite bande de gamins  et des silhouettes d’hommes, le tout transformé en une immense foule par la technique de duplication utilisée en infographie (images 6 et 7). Vous constaterez sur ces deux images que ce sont les mêmes gamins (en prenant particulièrement pour repère la gamine en orange tenant au-dessus de la tête  une pancarte à l’effigie d’Alassane Ouattara et le petit garçon au bandeau blanc juste à côté d’elle sur la première image) qui sont transporté dans un autre décor au milieu d’une foule de manifestants quasiment dans la même position. Seul l’angle de vue est différent. Vous constaterez tout aussi dans cette deuxième séquence que le paysage en  arrière-plan est gravement entaillé, amputé (on le remarque bien à la forme des branchages brandis par les manifestants) pour faire place au faux bâtiment que nous pouvons apercevoir dans le fond.

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IMAGE 6

 

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IMAGE 7

Qu’en est-il des rues, des bâtiments et autres ?

Si vous voulez faire cas du décor, nous pouvons vous assurez que tout le décor du film où se tient la scène est archi faux. Les bâtiments tout le long du trajet des ‘’marcheuses’’ ou du prétendu convoi militaire sont faux. Le boulevard lui-même est faux. Ses caractéristiques que nous avons relevées n’existent pas à Abidjan. Encore moins dans la commune d’Abobo. Même le convoi militaire est faux. Tous les véhicules militaires sont en réalité des images statiques. C’est une technique de film d’animation qui donne vie à tout ce faux. Comme cela se fait au niveau des dessins animés.

Aucun des acteurs ou ‘’manifestant’’, ni ‘’témoin’’ ne peut lui-même retracer leur itinéraire, encore moins identifier avec précision le lieu de la prétendue manifestation où aurait eu lieu le prétendu carnage. Puisque, au moment des différentes mises en scène et répétitions, ces décors  n’existaient pas  en réalité dans leur environnement. Les scènes ont été tournées dans un endroit puis transposées dans ce décor urbain crée de toutes pièces au montage de ce film de fiction.

Et le carrefour où l’on voit des véhicules stationnés aux feux tricolores et d’autres circuler ?

Il faut bien que quelques indices permettent dans le film  d’identifier à peu près la commune d’Abobo, pour justifier du lieu où se serait  tenue la manifestation, c’est-à-dire à Abobo, bastion des pro Ouattara…

Parlant justement de cet endroit, vous remarquerez  le contraste entre la circulation banale des jours ordinaires au niveau des feux avec des véhicules de transport en commun communément appelés Gbaka et la proximité de la scène de la manifestation. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine période de guérilla urbaine menée par une milice ‘’le commando invisible’’ contre les forces gouvernementales d’alors. Ce contraste devient plus frappant après les coups de feux . On peut voir le convoi disparaître au carrefour dans une circulation banale et le décor de guerre que présente le lieu du carnage non loin de là (IMAGE 8). C’est improbable car en pareil cas, aucune circulation n’est possible ou est nettement perturbée. Logiquement on aurait assisté à une ambiance de panique, surtout après les coups de feu. Quel conducteur attendrait tranquillement que les feux passent au vert pour poursuivre son chemin et se mettre à l’abri, après avoir entendu pareilles détonations tout près de lui où se tient une scène de guerre et à la vue d’un convoi militaire qui s’ébranle dans sa direction ?

Pour tout dire, les deux vues sont fausses ou au mieux, elles n’ont pas été prises le même jour. Ce n’est au montage que cet effet de continuité dans l’action et du panorama est obtenu.

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IMAGE 8

Rien ne serait donc vrai dans le film au sujet de cette fameuse manifestation ?

Si. Les acteurs, les figurants, leurs encadreurs et toute l’équipe technique de tournage.

La fameuse ‘’marche des femmes d’Abobo’’, s’il s’agit bien de celles dont il est fait cas dans le film, avec les mêmes 07 ou 06 femmes atrocement mutilées gisant dans des mares de sang insoutenables, est un énorme canular. Un gigantesque serpent de mer. Nous l’affirmons. Et ce n’est qu’un infime aperçu de notre étude.

Ces révélations prennent totalement à contre-pied les rapports et compte rendus de l’ONU, des organisations internationales des droits de l’homme, la CPI et leurs Experts respectifs, des médias occidentaux et africains etc. Vous êtes seul contre tous. Comment expliquez-vous que toutes ces organisations spécialisées n’aient pu se rendre compte d’une si grosse supercherie ?

Nous pensons qu’il convient de poser la question aux intéressés eux-mêmes. D’interroger leurs méthodes de travail, leur mode de fonctionnement et leurs objectifs. D’un autre côté, Il ne nous appartient pas de porter des appréciations personnelles sur le travail d’autres experts. A moins que cela ne soit dans le cadre d’une contre-expertise ou d’un débat précis.

Nous concernant, la question n’est pas d’être seul contre tous, mais d’être dans le vrai ou non.

Cela dit, nous restons très perplexes lorsque nous entendons la procureure Fatou Bensouda affirmer qu’elle dispose de témoignages, de témoins, des rapports d’autopsie et de balistiques réalisés par des experts au sujet d’un pareil fait dont nous venons de vous faire découvrir un aperçu de la véritable nature. Nous attendons de voir ces preuves de la Procureure…

Justement comment avez-vous vécu la première partie du procès avec tous ces éléments en votre possession ?

Nous avons juste souri. Sans plus.

C’est un énorme défi que vous lancez aux experts de l’Onu, de la CPI et même à la défense des accusés dans la mesure où elle ne dispose pas de tous ces éléments comme constaté pendant sa prestation à la première partie du procès. Ne craignez-vous pas d’être dans l’erreur ?

L’erreur est humaine. Nulle thèse n’est infaillible. Pour ce qui est  de notre travail, si nous sommes dans l’erreur, la sanction est immédiate et publique. C’est la question de nos aptitudes qui est en jeu. Et on se relève difficilement de pareil échec. Sachez donc que nous avons totalement conscience que nous jouons gros pour notre crédibilité sur ce dossier.

Pour le reste, sachez que nous ne sommes pas dans le domaine de la magie ni des incantations, ni même de la philosophie. Le cinéma, la photographie, l’infographie… sont des matières scientifiques. Nous avons produit un travail scientifique sur la base d’une matière (un film) objective qui est à la portée de tous depuis cinq, c’est tout. Nous n’avons rien inventé des éléments contenus dans le document.

Il est bon de préciser que ce travail est une contribution au débat, non un défi à quiconque. Il appartient à chacun de l’apprécier, de vérifier sa pertinence ou non, puis d’en tirer les conséquences.

Il sera difficile à l’opinion, surtout à une partie de l’opinion ivoirienne spécifiquement aux pro-Ouattara d’épouser votre point de vue ?

Nous voudrions vous rassurer sur un point. Dans notre profession comme dans la vie de tous les jours, nous avons l’habitude d’être seul. Nous voudrions préciser que le document que nous avons produit n’est pas pour ou contre les deux bords qui s’affrontent en Côte d’Ivoire. Parce que l’épisode du drame des 7 ou 6 femmes d’Abobo n’est plus un problème ivoiro-ivoirien. C’est une question humanitaire et d’éthique. Elle a largement dépassé le cadre de la Côte d’Ivoire. L’ONU s’en est saisi avec la France pour faire adopter la résolution 1723 autorisant l’intervention militaire directe de l’armée française et des forces Onusiennes contre un camp du conflit ivoirien afin de ’’ protéger les civils’’. Aujourd’hui, ce même évènement est la principale preuve de la procureure de la CPI dans le procès qui se joue à la Haye, à la face du monde entier et qui passionne toute l’Afrique.

Notre travail est à l’endroit de l’opinion africaine et internationale mais plus particulièrement de la communauté scientifique. C’est notre modeste contribution au débat. Rien de plus.

Pour la suite de ce procès qui s’ouvre de nouveau le 07 mars prochain, à quoi devons-nous nous attendre avec ce coup de tonnerre que vous venez de dévoiler ?

Nous ne sommes pas associés au procès. Nous avons travaillé de manière indépendante pour éclairer la lanterne de l’opinion sur cette affaire qui continue d’empoisonner les cœurs.

S’agissant du procès, d’un côté tout dépend de la capacité de l’accusation à démontrer preuves à l’appui que cet évènement est authentique et que les victimes sont bien réelles. De l’autre,  de la capacité de la défense à apporter des véritables  preuves de démenti. Pour notre part, nous estimons que les clés de la Haye résident  désormais entre les mains de la défense et des accusés. Il leur est loisible de vouloir prolonger leurs séjours aux Pays-bas pour des raisons qui leurs sont propres ou de passer résolument à l’offensive contre la procureure.

Avez-vous conscience que vous pourriez faire l’objet de violentes critiques ou même de représailles, avec ces révélations inédites qui prennent totalement à contre-pied tout ce qui avait été admis auparavant?

En tant qu’intellectuel, la recherche de la vérité ne s’accommode pas des circonstances ni des états d’âmes des uns ou des autres. Chacun à son métier dans la vie. Le nôtre est de travailler sur les problèmes, les grands évènements, les faits qui se jouent dans nos sociétés, sur notre continent, puis de contribuer à y apporter des solutions à notre humble niveau. Ce canular est l’une des plus grandes escroqueries morales du siècle montée en Afrique, avec la complicité d’Africains, sur le dos des Africains et de l’humanité entière. C’est un affront fait notamment à l’intelligence et à la conscience générale des peuples africains.

Le procès qui se joue à la Haye est aussi à un certain niveau le choc ou la fusion des intelligences planétaires. Et nous y participons en tant qu’intellectuel d’abord puis en tant qu’Africain, dans notre domaine de compétences pour tenter de relever le défi à notre humble niveau. Il est loisible à tout un chacun d’en faire autant, s’il le désire.

 

Réalisé Par JM OPOKU, depuis Londres.

 

Source: AFRIQUE MATIN.NET

mercredi, 24 février 2016

UN OFFICIER DE L'ARMEE IVOIRIENNE DENONCE LE GENERAL PHILIPPE MANGOU

 

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Témoignage exclusif d'un haut gradé des Frci.

Après avoir trahi son "père d'armes" Mathias Doué, lui aussi général félon, et pris sa place en Novembre 2004 à la tête de l'état major des armées ivoiriennes, Philippe Mangou, car c'est de lui qu'il s'agit, trahi celui qu'il appela un moment son "père politique" Laurent GBAGBO en 2011, en jouant les agents doubles, causant ainsi la mort de personnes et le pillage de biens dont il avait en charge la sécurité.

Aujourd'hui, pour respecter le jamais 2 sans 3, c'est son "père adoptif" le pasteur Ebrié et tous les Atchans qui l'ont adopté, que Philippe est entrain de trahir en allant témoigner contre Laurent GBAGBO, qui est un digne fils de la Côte d'Ivoire, pays qui lui a pourtant tout donné. Bien que j'ai moi-même été adversaire interne de Laurent GBAGBO dans l'armée, je n'accepte pas cette situation. Ne pouvant malheureusement pas aller témoigner à la Cpi, les faits que je rapporte ici peuvent donc être de moindre importance dans le dossier juridique de GBAGBO, Mais au moins, l'opinion aura une preuve supplémentaire que c'est un innocent qui est entrain d'être jugé et cela sur la base de mensonges et de multiples trahisons.

Comment en sommes-nous arrivé là ?

Je suis originaire du nord de la Côte d'Ivoire et actuellement un gradé dans les FRCI, je connais Philippe depuis très belle lurette, et on a longtemps été proches. Pour conserver mon anonymat, je ne donnerai ni mon grade, encore moins mon nom exact, mais appelez moi commandant "TCHIAN" . 2010, Philippe, à l'instar de plusieurs autres chefs des FDS (Forces de Défense et de Sécurité) est promu à un grade supérieur de l'armée ivoirienne, il est fait général de corps d'armée par le président Laurent GBAGBO pour avoir les coudées franches afin de mieux défendre la Côte d’Ivoire longtemps agressée.

Occupé ailleurs à gérer l'aspect politique, économique et diplomatique de la crise, Laurent GBAGBO a toujours laissé la latitude à Philippe de gérer l'armée, non sans poser des balises en rapport avec le respect des droits de l'homme, de la liberté individuelle et collective et de l'exercice libre des activités démocratiques. Tout s'est relativement bien passé car nous savons tous que quand Laurent GBAGBO te fait confiance, il ne te gêne pas dans ton fonctionnement et tes choix.

Avec Philippe en tête, nous avons donc fait la pluie et le beau temps dans les FDS. Nous étions bien traités, même les chefs rebelles étaient constamment soutenus par le président Laurent GBAGBO qui se souciait vraiment de nous tous et de nos familles respectives, car disait-il "pour parvenir à la paix, aucun sacrifice n’est trop grand". Laurent GBAGBO est vraiment un Grand Homme, bien que l'ayant combattu, je le respecte.

Je faisais parti du groupe des agents du Rdr qui étaient encore dans les FDS pendant la rébellion armée, à cause de ma position dans les FDS, j'avais accès à beaucoup d'informations sensibles et nous étions en contact permanent avec l'ex rébellion armée du MPCI. Notre mission était de faciliter le renversement de Laurent GBAGBO en achetant tous les chefs militaires autour de lui. Ce n'était pas trop difficile car autour de Laurent GBAGBO, il y avait certes des gens de valeurs et de dignité, mais ils n'étaient pas les plus nombreux, il y avait surtout beaucoup de cupides, de vantards et de personnes qui jouaient le double jeu. Autour de Laurent GBAGBO, le peuple était franc, mais plusieurs responsables étaient faux et cela nous a facilité la tâche. Nous avions donc, sans grande peine, réussi à convaincre Kassaraté en premier et plus tard Philippe, Brédou ayant toujours été avec nous.

Nous en étions là, lorsqu'après les résultats contestées du second tour de l'élection présidentielle, les attaques contre Laurent GBAGBO furent lancées avec le commando invisible et la marche armée sur la RTI et la primature. A cette occasion, Brédou et Kassaraté étaient réglo et coordonnaient tout avec la rébellion des forces nouvelles qui avait été transformée en FRCI par le président Alassane Ouattara. Philippe quant à lui, était beaucoup calculateur, certes il donnait des informations précises qui faisaient avancer l'opération contre GBAGBO, mais il en retenait d'autres qui étaient dévastatrices pour notre camp. Il avait été plusieurs fois rappelé à l'ordre par Soro Guillaume, le président Alassane et même par le président Bédié (qui est son véritable mentor politique, Philippe étant très proche du PDCI). Mais il continuait de jouer les équilibristes malgré les fortes sommes d'argent qui lui étaient constamment versées. C'est alors qu'un sérieux avertissement lui fut adressé par l'attaque sanglante de son domicile située à Yopougon-Andokoi, le Lundi 14 Mars 2011 aux alentours de 3h du matin. Le bilan fut lourd, environs 15 morts, des militaires commis à sa garde et quelques civiles. Après cet épisode, Philippe très effrayé, tenta de rentrer en contact avec les présidents Alassane et Bédié qui refusèrent de le prendre au téléphone tant qu’il n'aurait pas posé un acte fort pour leur montrer sa bonne foi. Cest donc à Soro qu'il revint la tâche de mettre Philippe à l'épreuve en lui demandant d'aller exiger de face la démission de Laurent GBAGBO. Ce que Philippe accepta, il alla donc accomplir cette mission, mais en demandant au président GBAGBO d'accepter l'organisation d'un auto-coup d'état pour donner le pouvoir aux militaires (donc à lui) qui allaient nettoyer le pays et remettre peut après le pouvoir à GBAGBO, ce que le président refusa, sans doute avait-il la vraie information, je le pense, car effectivement Philippe agissait pour le compte du président Alassane. Encore apeuré après cet épisode et se sentant découvert par GBAGBO, Philippe s'enfuit pour se réfugier à l'ambassade d'Afrique du Sud.

Disons que, bien que peu nombreux sur le terrain, les FDS qui combattaient pour Laurent GBAGBO étaient plus forts et plus techniques que toutes les forces rebelles et internationales réunies, et n'eût été l'aviation militaire des français et de l'ONUCI et l'absence de volonté réelle de GBAGBO de maintenir le peuple dans cette autre guerre qu'on venait de lui imposer, il ne serait peut-être jamais vaincu.

Philippe à l'ambassade, donc hors jeu de la tête de l'armée ivoirienne, cela n'arrangeait pas nos plans, car les Dogbo Blé, Konan Boniface, Séka Séka, Abéhi Jean-Noel, etc, auraient eu le commandement direct et cela aurait été bien plus grave pour nous, car c'étaient des combattants aguerris, fidèles et loyaux. Les français tenaient donc coûte que coûte à ce que Philippe sorte de là et reprenne sa place à la tête des FDS. Plusieurs actions furent initiées pour atteindre cet objectif stratégique. Comme les choses semblaient incertaines, le président Bédié conseilla de mettre dans la balance 2 secrets de Philippe. Aussitôt dit, Bédié informe Alassane que Philippe n'est pas ivoirien d'origine, il est Nigérian, et précisément biafrais. Il fait partie de ces populations du Biafra qui se sont réfugiées en Côte d’Ivoire lors de la guerre de sécession qui déchira le Nigeria vers la fin des années 60 et qui était soutenu par feu le président Houphouët-Boigny. Arrivé en Côte d’Ivoire, Philippe fut adopté par le pasteur Mangou qu'il présente aujourd'hui comme son père biologique, mais qui est en fait son père adoptif. C'est pourquoi à aucun moment dans mon témoignage je n'ai mis le Nom Mangou sur le prénom Philippe, car il est indigne de ce monsieur. Lorsque le président Ouattara eu connaissance de ce secret, il réussi le même jour, par on ne sait quelle stratagème, à avoir des documents de preuves de l'origine biafraise de Philippe, sans doute avec l'aide du président Goodluck Jonathan. Toujours est-il que Ouattara appela Philippe pour l'informer de cette nouvelle et des documents qu'il détenait en disant à ce dernier que tous deux avaient désormais le même destin et qu’il fallait que Philippe accomplisse sa mission jusqu'au bout. Après cela, le président Alassane remit aux français ces documents et plusieurs numéros de comptes bancaires où Philippe gardait son argent issue de la corruption et des trafics multiples. Ceux-ci firent le reste et nous revîmes Philippe ressortir rapidement de l'ambassade. Sans doute que GBAGBO mena ses proches démarches pour ramener Philippe, mais voila ce qui fit effectivement ressortir Philippe de l'ambassade, c'est pourquoi, revenu à son poste, Philippe continua l'action de sape et de déconfiture des FDS. C’est tout cela qui entraîna la chute de Laurent GBAGBO.

Aujourd'hui, c'est cet homme qui va témoigner contre Laurent GBAGBO à la Haye, alors que ce monsieur est innocent. Il faut le dire tout net, c'est vrai que nous avons combattu Laurent GBAGBO, mais nous n’avons pas accepté qu'il soit déporté en prison loin de son pays, n'ayant pas encore digéré cette déportation voila que nous apprenons que Philippe va aller témoigner contre lui après l'avoir trahi. Je suis très peiné, je refuse cela, c’est pourquoi j'ai décidé de parler et d'informer l'opinion et ce n’est que début.

Que Allah sauve Laurent GBAGBO.

 

Commandant TCHIAN

 

Source: AFRIKA NEWS

mardi, 16 février 2016

LA MAIN DE LA FRANCE DANS LA CHUTE DE LAURENT GBAGBO - LES AVEUX DE FATOU BENSOUDA SUR L'INNOCENCE DE GBAGBO

 

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La CPI s’est discréditée lorsque les pays comme la France, craignant la perte de leur emprise sur les économies de l'Afrique de l'Ouest, la manipulent.

Je me suis récemment retrouvée assise dans un café en plein air à Kigali, dans la capitale du Rwanda, sirotant du vin sud-africain en ressassant les problèmes du continent. Mon compagnon de déjeuner est un haut fonctionnaire de la MONUSCO, la force de l'ONU pour le maintien de la paix dans l'Est de la RDC. Il a passé la plus grande partie de sa carrière en mission de maintien de la paix en Afrique centrale. Après avoir combattu le viol quotidien des femmes dans le Kivus pendant des années et ayant réalisé l'incapacité de l'ONU à mettre fin à ce fléau, mon collègue de l'ONU s'est donné la mission de faire en sorte que les auteurs de violations des droits de l'Homme sur le continent répondent de leurs crimes.

Mais nous savions tous les deux que dans quelques jours le Sommet de l'UA rallierait ses Etats membres à prendre des mesures concrètes pour se retirer de la Cour Pénale Internationale (CPI). C'est ce qui s'est exactement passé le 30 Janvier par la voix du président kényan Uhuru Kenyatta, lui-même visé par la CPI, qui engagea la bataille. Bien que mon collègue de l'ONU et moi déplorons le contournement de la justice par la CPI, nous restons convaincus du fait que cette institution ayant ainsi perdu sa crédibilité, les Africains n'ont plus foi en sa capacité de rendre justice de façon impartiale.

Il ne s'agit pas seulement de ce que seuls les Africains sont ciblés par cette institution, mais aussi du fait que les grandes puissances, la France en particulier, ont sérieusement réussi à manipuler la CPI et à l'utiliser pour leurs propres intérêts stratégiques sur le continent.

L'ouverture à la Haye du procès de l'ancien président Ivoirien, Laurent Gbagbo, le mois dernier, après cinq ans d'incarcération, a mis à nu cette manipulation de la CPI par la France. Mon collègue de l'ONU et moi avons discuté de toute la manigance que la France avait mise en place dans le but de neutraliser Gbagbo qui est pourtant venu au pouvoir par des élections démocratiques en 2000, mais qui a cherché à réduire le contrôle de la France sur son ancienne colonie. Gbagbo est ainsi devenu la plus grande menace pour la domination de la France, non seulement sur la Côte-d'Ivoire, mais sur toute la région, étant donné que sa lutte pour le déliement de l'emprise des sociétés françaises sur l'économie de son pays pourrait faire tâche d'huile dans toute la sous région ouest africaine.

La France aurait planifié cinq coups contre Gbagbo qui ont tous échoué. Elle a finalement procédé par le bombardement de sa résidence présidentielle en utilisant les forces spéciales françaises qui ont par la suite capturé le président, sa femme et son fils pour les remettre à «leur homme», Alassane Ouattara; soutenu par les rebelles qui sont formés et armés par la France. L'ancien président français Nicolas Sarkozy aurait fait pression pour que Gbagbo soit transféré à La Haye en 2011. Pendant cinq ans, les procureurs de la CPI enquêtent sur les accusations portées contre lui. Certains éléments de preuve retenus contre lui par l'accusation dans les audiences préliminaires ont été prouvés fabriqués donc irrecevables. Une des vidéos diffusées et tenues comme preuves des massacres perpétrés par ses partisans serait en réalité une scène filmée d'un homme brûlé vif au Kenya. Mon compagnon de déjeuner m'a informée qu'il n'est de secret pour personne que George Soros, un important bailleur de fonds de la CPI, est un ami proche de Ouattara et que la France a financé en grande partie les enquêtes de la CPI contre Gbagbo.

Un candidat à la présidence de la République centrafricaine, Pascal Bida Koyagbele, m'a dit qu'il avait rencontré le procureur en chef de la CPI, Fatou Bensouda en octobre de l'année dernière lors d'un dîner de remise de prix aux Pays-Bas, cérémonie au cours de laquelle Pascal Bida lui-même recevait le prix de leadership africain. A cette occasion donc, M. Koyagbele a demandé à Fatou Bensouda son avis sur le cas Gbagbo. Selon Koyagblele toujours, elle a donné la réponse suivante :

"Il n'y a rien de sérieux contre Gbagbo, c'est juste une pression politique venant de la France et je ne peux rien faire."
Koyagbele soutient que Bensouda avait sollicité le soutien de la France pour sa nomination comme procureure en chef de la CPI.

La raison de la nécessité pour la France de neutraliser la force politique qu'est Gbagbo est qu'il était déterminé à défaire l'emprise de la France sur la banque, l'assurance, le transport, le commerce de cacao et sur la politique de l'énergie en Côte-d'Ivoire. Durant le court laps de temps de son régime, il avait invité des entreprises d'autres pays à participer aux appels d'offres pour les projets du gouvernement. Gbagbo était dépassé par les coûts très élevés des projets exécutés par les entreprises françaises. Par exemple, pour la construction d'un pont, les français demandaient 200 milliards de francs Cfa. Gbagbo s'est donc détourné des Français au profit des chinois qui ne demandaient que 60 milliards de francs Cfa et ceci en 2002.

Plus important encore, jusqu'à ce jour, la France maintient son pacte colonial avec ses anciennes colonies. Selon les termes de ce pacte, le Trésor français a le contrôle de leur monnaie, des réserves de capitaux et des politiques commerciales et d'investissement. Selon l'accord entre la France et ses anciennes colonies sur la création du franc CFA, les banques centrales de ses anciennes colonies sont obligées de garder 80 pour cent de leurs réserves de change dans un compte d'opérations tenue au trésor français. Cela a rendu impossible pour ces pays africains la mise en place de leurs propres politiques monétaires.

Le défi que Gbagbo a opposé à cette situation d'esclavage a été en fait le plus grand défi qu'a connu la domination française dans cette région depuis la période post-coloniale. Son incarcération à La Haye est donc une solution de dernier recours, quand tous les autres moyens pour le neutraliser ont échoué.

Telle est la mission assignée à la CPI dans la dispensation de la justice en ce qui concerne le cas Gbagbo.

 

Par Shannon Ebrahim, le 12 Février 2016.
(Soucre: The Star)

 

Une traduction en français par le camarade Athanase Sessegnon, porte parole de la représentation FPI d'Afrique du Sud. Remerciement spécial à l'ambassadeur Abié Zogoué.

Kakry Khaza.

 

Source: Résistance Côte d'Ivoire Israël

jeudi, 28 janvier 2016

PROCES A LA CPI - LETTRES OUVERTES DE JEUNES AFRICAINS AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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UNE SÉNÉGALAISE ÉPRISE DE JUSTICE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Mr le President , Son Excellence Monsieur LAURENT GBAGBO, président de la République de Côte d'Ivoire déchu par l'armée française, vous souffrez certainement du silence du monde face à l'injustice que vous vivez.

Le silence de vos frères africains actuels chefs d'Etats. A l'aube de ce procès, je voudrais vous exprimer mes salutations et mon soutien le plus fraternel et chaleureux. Soutien d'une fille de l'Afrique et d'une militante de l'Afrique.

Pardonnez la tiédeur de leur indignation, pardonnez la pudeur des victimes qui taisent les crimes dont leurs frères sont victimes accordant ainsi aux bourreaux l'impunité.

Nous avons tous été grugés. Nous avons compris avec le temps que l'on nous a appris à vous détester. Nous n'avions pas compris . Nous avons compris trop tard. La pieuvre est bien trop puissante.

Vous avez résisté mais le brouhaha des plaidoyers des criminels tonnait comme le roulement d'un tambour de guerre, bien plus fort que les murmures de ceux qui avaient compris.

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Nous ne pouvons continuer à vivre dans le silence. L'aphonie des esclaves des temps modernes, les esclaves de la France perpétue l’indicible.

Nous sommes ces frères qui préfèrent faire semblant de n'avoir ni vu, ni compris l'existence des tribunaux qui ne jugent que l'homme noir. Nous sommes de ces peuples qui se résignent au fait qu'il y a de ces lois valables que pour les Présidents africains. Nul ne saurait justifier la liberté actuelle de Nicolas Sarkozy après son épopée en terre libyenne et en terre d'Eburnie dont vous êtes ressortissants.

Nous sommes avec vous de tout cœur Mr le Président. Je vous dis "Gacce nga lama" L'histoire retiendra que seul contre tous vous avez refusé le déshonneur. Vous avez choisi la dignité, la Patrie. Votre nom figurera dans les carnets des héros de la jeunesse africaine avec d'autres illustres et nobles fils de Mama Africa : Lumumba, Sankara, Olympio, Modibo Kéita et tant d'autres dignes et valeureux fils de l'Afrique sacrifiés à l'autel des intérêts de la France "pays des droits de l'homme ".

Malgré tout, je reste convaincue que vous vous en sortirez victorieux. Car vous êtes innocents selon les faits. Pour moi vous êtes l'un des derniers résistants par qui l'Afrique sera complètement libérée, grâce à DIEU. OUI J'Y CROIS !

 

Françoise Hélène Gaye, sénégalaise éprise de justice et de paix, résidant en Californie - USA.

 

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L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, à l'ouverture de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016. Photo Peter Dejong. AFP. Source: Libération.fr

 

 

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SOUTIEN AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO - LETTRE AIMABLE D'UNE JEUNE BURKINABÈ À 48H DU PROCÈS.

 

TRÈS CHERS TOUS,

Et si son excellence Laurent Koudou Gbagbo avait eu raison : Le temps c’est l’autre nom de Dieu.

Dans deux jours s’ouvrira le procès plus que jamais controversé de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la CPI.

Laurent Gbagbo a 4 chefs d’accusation dont entre autres: Crime contre l’humanité, Violences sexuelles, etc, lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Les partisans de l’ancien président ivoirien ont toujours accusé ce procès de faire du 2 poids 2 mesures. Aujourd’hui ceci est une évidence. La responsabilité des crimes et autres actes criminels de la crise ivoirienne de 2011 est largement partagée avec les partisans d’Alassane Ouattara, en alliance avec l’actuelle détenteur du perchoir ivoirien Guillaume Soro. Mais de toute évidence également, Alassane ne compte pas livrer ses partisans. Mieux, il a préféré faire juger Gbagbo à la CPI plutôt que par un tribunal ivoirien.

Ironie du sort, depuis quelques temps, Guillaume soro est acculé par divers mandats internationaux. L’un des arguments forts du président Ado est que la Côte d’ivoire n’extrade pas ses ressortissants. Gbagbo n’est donc pas un ivoirien ?

Toujours à propos de Guillaume Soro, celui-ci est accusé par le fils de Laurent Gbagbo de détention arbitraire et traitements inhumains. Le Burkina Faso l’accuse de son implication poussée dans le putsch avorté du 16 Septembre 2015, à travers les écoutes téléphoniques.

Ces écoutes téléphoniques pourraient aboutir à des révélations sur la crise ivoirienne. Une chose est là : un nombre important des détracteurs de Gbagbo sont dans de sales draps depuis un moment : Blaise Compaoré, Guillaume Soro et même Alassane Ouattara, à travers la dernière sortie polémique de Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain.

Le temps, aussi long ou court soit-il, finit pas révéler des vérités… Le temps, l’autre nom de Dieu !

Mon soutien à toutes les familles ivoiriennes qui souffrent de cette injustice !

Mes excuses personnelles, pour mon incapacité à réagir lorsque la rébellion se préparait chez moi.

Avec toutes la considération et le respect que j'ai pour ce grand monsieur, je lui répète : Le temps est l'autre nom de DIEU, et j'espère que sa libération sera prononcée, en ce mois de janvier 2016.

Cordialement,

 

Bassolé Yvette Stéphanie

Ouagadougou, le 26 janvier 2016.

 

 

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UNE JEUNE MALIENNE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Très cher Président Laurent Gbagbo,

Le lynchage médiatique, dont vous avez été victime, ces dernières années par la presse occidentale notamment française et vu la gouvernance des nouvelles autorités installées au pouvoir par la France de Sarkozy, qui a lieu actuellement en Côte d’ivoire, gouvernance devant laquelle, nous observons un silence complice de ces même médias, qui ne rataient aucune occasion pour vous diaboliser ainsi que votre régime, ont davantage poussé ma curiosité à m’intéresser à votre personne et comprendre enfin la vraie nature du conflit ivoirien.

Ainsi, je me suis rendue compte, que vous êtes un Homme d’État et un grand Homme, dont l’Afrique a besoin. Vous êtes un digne fils de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique ! Et cela me rassure de savoir qu'en 2016, l’Afrique a un successeur de Lumumba et Sankara: il se nomme LAURENT GBAGBO !

Monsieur le Président, je retiens de tout votre parcours politique, qu‘il faut sincèrement et profondément aimer l'Afrique pour prendre les risques que vous avez pris, car si vos prédécesseurs, Sankara et Lumumba, n'ont pas eu la chance de survivre pour mener jusqu’au bout leurs rêve. d’une Afrique libre et indépendante.

Je considère que vous êtes désormais l’espoir de l’Afrique contre le néo-colonialisme, car vous êtes encore en vie. Personnellement, je rends Grâce à Allah pour cela ! Car la jeunesse africaine consciente aux quatre coins du monde, voudrait vous voir libre dans un futur très proche, dans votre village Mama, InchAllah !

Sachez, Monsieur le Président que le combat que vous avez commencé depuis plus de 30 ans, nous le continuerons et nous l'enseignerons à nos enfants ! On leur parlera de vous en leur rappelant aussi un autre grand Africain Nelson Mandela qui s'est battu contre la domination et l'oppression blanche dans son pays l’Afrique du sud.

Nous leur parlerons de vous comme nos parents au Mali le font pour Soundjata Kéita, digne fils de l’empire Mandingue qui s'est battu toute sa vie pour la dignité et la grandeur de son peuple, comme Patrice Lumumba qui a osé dire NON à l'impérialisme et à l'asservissement du Congo, comme Thomas Sankara qui a tourné le dos à la FrançAfrique, comme Kwamé N'krumah qui a prôné l'indépendance culturelle, économique et politique de son Ghana et de l'Afrique toute entière.

Pour finir, je vais me permettre de vous appeler affectueusement Mon président, tout simplement, parce vous avez vécu et vous continuez de vivre une vraie histoire d'amour avec votre peuple et aussi pour votre amour pour l‘Afrique!

Mon Président, chez nous au Mali, il y un proverbe Malinké, qui dit ceci : " Douwawou den bé seguen, n'ga a té malo (Les enfants bénis souffrent, mais ne connaissent jamais l‘humiliation)". Tenez bon, car l'Histoire est témoin de tout ce que vous avez subi pour la cause de votre peuple, sachez que votre souffrance contre la domination néo-coloniale francaise n'est pas en vain et vous ne connaîtrez jamais l'humiliation, comme l'ont voulu ceux qui vous combattent, car nombreux sont les africains, qui comprennent maintenant le sens de votre combat pour votre pays la Côte d’ivoire ainsi que de l’Afrique, et qui souhaitent vous voir en liberté et en bonne santé !

 

FATIM WALETT

Citoyenne malienne, débordant d'énergie pour la cause africaine !

 

 

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 LES NORDISTES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

AVANT LE PROCES DU 28 JANVIER 2016, LES NORDITES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO POUR LUI TEMOIGNER LEUR SOUTIEN SANS FAILLE. LISEZ CETTE DECLARATION DE FOFANA YOUSSOUF PRESIDENT DE LA VOIX DU NORD DEPUIS SON EXIL GHANEEN.

 

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire,

Les populations du Nord de la Côte d’Ivoire, réunies depuis 2001 au sein de l’association dénommée « La Voix du Nord » voudraient par ma voix, à quelques jours du procès inique dont vous faites l’objet, vous réitérer leur indissoluble attachement et soutien indéfectible.

Nous vous savons injustement incarcéré à la prison de Scheveningen à la Haye, au Pays Bas, depuis exactement 50 mois aujourd’hui, tout simplement parce vous êtes accusé d’avoir commis le crime négro-colonial de lèse-majesté, celui de manifester l’amour à son peuple et d’oeuvrer pour la souveraineté et le développement de sa nation.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous continuons de vous considérer comme tel, et vous appeler ainsi, parce que pour nous, vous demeurez le seul véritable Président de l’histoire de notre pays, librement élu par l’ensemble des peuples, sans exclusive, qui constituent la société ivoirienne.

Dès votre ascension à la magistrature suprême, des individus tapis dans l’ombre et à la solde d’intérêts impérialistes, ont réussi tant bien que mal, à ternir votre image de marque auprès d’esprits moins avertis et à vous faire endosser les travers de vos prédécesseurs. On vous a taxé de xénophobie et d’être l’instigateur d’une politique réfractaire aux intérêts de la communauté musulmane, de la population du Nord et des étrangers.

Contrairement à leurs allégations, vous n’avez jamais été mêlé, ni de près ni de loin, au concept de ‘’l’Ivoirité’’ alors mis en place par M. Henri Konan Bédié, aujourd’hui allié de M. Alassane Ouattara.

Plutôt soucieux de favoriser la cohésion sociale et de consolider la paix, vous n’avez pas lésiné sur les moyens et avez déroulé un chapelet d’actions novatrices et fédératrices qui resteront à jamais gravées dans les annales de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

En effet, au lendemain de votre élection en octobre 2000, vous avez initié le forum de réconciliation nationale qui a réunit tous les leaders politiques ivoiriens. Vous avez facilité le retour d’exil de vos adversaires politiques, MM. Bédié et Ouattara, et ordonné la suppression des cartes de séjour et des certificats de résidence. Toujours attaché au plein épanouissement de vos concitoyens, vous avez permanemment soutenu la communauté musulmane dans l’organisation du Hadj, en octroyant plus de 400 prises en charge par an aux populations (billet d’avion, hébergement, frais de séjour à la Mecque). Pendant le jeun musulman, vous avez institué un élan de solidarité qui a permis aux musulmans de bénéficier de vivres et de non vivres pour la rupture du jeun.

Excellence Monsieur le Président, vous avez certainement dû vous en rendre compte de là où vous préparez sereinement la cinglante réplique à vos détracteurs, que de nombreuses populations du Nord, au lendemain des malheureux événements qui ont émaillé la crise postélectorale de 2010, désabusées par cette hideuse campagne d’intoxication et de dénigrement machiavéliquement montée contre vous, ont rejoint l’esprit de notre association. Ce revirement révélateur a été en effet, matérialisé par le désormais célèbre slogan « GBAGBO KA FISSA », qui contient en lui-même les germes du regret, formulé justement en Malinké, la principale ethnie du nord de la Côte d’Ivoire.

La confusion qui règne en ce moment même dans le camp de ceux-là qui se sont liés contre vous et la Côte d’Ivoire démontrent encore une fois votre clairvoyance, lorsque vous révéliez que « le Temps est vraiment l’autre Nom de Dieu ».

A la veille du 28 janvier 2016 donc, date historique où va s’ouvrir ce que nous qualifions à juste titre de procès de la honte, nous tenons à ce que vous sachiez que, notre frère le Ministre Charles Blé Goudé et vous ne serez pas seuls. Ce jour là, et durant tout le temps que va se tenir cette parodie de justice, c’est le Nord de la Côte d’Ivoire, que nous représentons dans sa diversité culturelle, ethnique, religieuse et politique, qui se tiendra débout à vos côtés. Nous le serons non pas pour des considérations partisanes et égoïstes, mais parce que vous avez démontré par votre passé qui témoigne aujourd’hui encore en votre faveur, que libre, vous êtes celui-là même qui peut véritablement unir et réconcilier les Ivoiriens, mais aussi parce que vous incarnez l’espoir des Africains.

En vérité, vous n’avez pas attendu l’occasion d’une campagne électorale pour parcourir toutes les contrées et les endroits les plus reculés de la Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par le Centre. De tous les leaders politiques ivoiriens de votre génération, vous êtes le mieux imprégné des réalités sociologiques de la terre de nos ancêtres, les Mandés du nord et du sud, les Akans, les Krous et les Voltaïques, au point d’avoir réussi à créer une complicité sans nul pareil, entre votre peuple et vous.

Comme on dit chez nous, vous connaissez les Ivoiriens et les Ivoiriens vous connaissent.

Au plan Africain, vous incarnez en vous seul, ces leaders éclairés de l’Afrique digne, Kwame N’Kruma, Patrice Emery Lumumba, Thomas Sankara et Nelson Mandela. Nos amis des mouvements panafricains ne cessent de nous le répéter : L’Afrique ne veut pas et ne doit pas vous perdre. Elle a besoin de vous et compte sur vous ! Récemment encore, les anciens chefs d’Etat africains, réunis au sein du ‘’African Forum’’ l’ont signifié dans un courrier adressé à une fille du continent, aujourd’hui Procureur de la Cour qui vous détient en otage. Comme pour dire en si peu d’image, à travers vous, c’est toute l’Afrique qui est à la barre, avec ses dignes et indignes fils.

Excellence Monsieur le Président, nous voulons enfin partager avec vous la foi en votre libération et restauration prochaines, et nous engager à vos côtés pour bâtir ensemble une nation libre, digne et prospère, vœux que nous savons très cher à vos yeux.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous vous prions de bien vouloir croire en l’assurance de notre amour inconditionnel et profonds respects.

Que Allah, Dieu continue de veiller sur vous et vous inspirer davantage !

 

Fait à Accra le 23 janvier 2016

 

Pour La Voix du Nord

Le Président

FOFANA Youssouf


 

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 UN JEUNE HAÏTIEN ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

LETTRE AU PRÉSIDENT GBAGBO

Cher papa,

Je viens ici parler au cœur de l’historien qui bat en ta poitrine. Je viens également m’adresser au monde qui a oublié ce qui a fait la recette gagnante de l’indépendance des esclaves sur ce petit bout de terre découvert en 1492 par un navigateur occidental : Kyskeya rebaptisé Hispaniola puis Saint-Domingue et enfin Haïti.

Mon père est né sur ce bout de terre, son père également et son grand-père avant lui. Nous sommes originaires de L’Artibonite, région de provenance de Jean-Jacques Dessalines. Comme Dessalines, nous avons ce teint noir ébène qui caractérise notre région. Nous sommes fiers de ce teint et de notre origine africaine. Nous sommes fiers d’avoir eu Dessalines comme fils de notre région. Nous sommes des Nègres Marrons dans l’âme et nous le serons toujours. Nous n’accepterons pas d’autorité que nous n’ayons choisie. C’est pour cette raison que je t’ai relaté ma courte généalogie.

Nous, descendants de Dessalines, nous nous rappelons ce qui a permis au peuple haïtien de triompher de l’armée la plus puissante de l’époque, celle de Bonaparte ! Le succès de notre révolution tient en deux mots : le créole et le vodou, en d’autres mots, le langage et la foi.

Pourquoi mentionner cela ici ? Simplement parce que tu nous as rassemblé sous un même langage et une même foi, papa. Avec toi nous parlons le langage unique de la dignité humaine et de l’égalité vraie. Avec toi nous avons foi en notre liberté acquise par le combat démocratique. Nous avons foi en un même but, l’indépendance véritable de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Tu nous réunis tous, africains et Noirs du monde, avec ce langage de la dignité et la foi en l’indépendance.

Voici ton procès qui approche à grand pas. Quelle qu’en soit l’issue, sache papa que nous avons appris grâce à toi à avoir un même langage et une même foi. La machine est en marche et aucun procès ne peut l’arrêter. Nous assistons ici aux derniers spasmes d’un système oppressif : la Françafrique ! Nous savons qu’ils useront de moyens violents pour nous faire plier et que ces moyens seront camouflés en droit et principes humanitaires. Nous sommes tranquilles. Dessalines nous a enseigné la voie du combat armé et toi celle du combat démocratique.

Papa, sur nos armoiries haïtiennes y figure un arbre palmiste qui représente la robustesse car son tronc est d’une dureté inégalée et la grandeur par sa hauteur. Tu es le palmiste de l’Afrique ! Ils s’en rendent compte aujourd’hui. Notre devise est : l’union fait la force. Tu n’as cessé de prôner l’union des États africains qui vont toujours en rangs dispersés à la défense de leur souveraineté. Ils comprennent tes paroles aujourd’hui.

Je ne serai pas plus long car tu auras beaucoup d’autres lettres à lire. Je veux juste que tu saches que chez nous, j’ai une tante qui mange quotidiennement dans des assiettes qui sont marquées à ton image ! Ton combat dépasse l’Afrique papa. Ils doivent le savoir.

 

Hervé Philippe, Un fils lointain mais si proche.

 

 

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UNE JEUNE TOGOLAISE ÉCRIT AU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO

 

Cher Président Gbagbo,

Bientôt cinq ans que vous vivez dans les geôles des imposteurs qui s’acharnent à nous révolter contre vous.
En cinq ans ils ont multiplié les documentaires, les articles, les émissions et les livres sur les medias pour faire avaler au monde, leur pilule du mensonge : celle selon que vous êtes un dictateur, un sanguinaire assoiffé du pouvoir qui a choisi de sacrifier son peuple pour se maintenir à la tête de son pays la Côte d’Ivoire.

Mais comme on le dit dans le jargon de votre pays : « ils ont tirés à terre ». En vous enfermant Président Gbagbo, ils ont libéré des millions d’autres africains des chaines de la peur et du silence. Vous devez savoir que dans ce combat vous n’avez jamais été, n’êtes pas et ne serez jamais seul et que depuis ma naissance le 19 Avril 1990, je n’ai vu aucun dirigeant d’Afrique mobiliser les africains de tous les coins du monde comme vous le faites.

Ils veulent faire croire au monde que vous êtes xénophobe et que vous avez divisé votre pays et pourtant je me sens ivoirienne grâce à vous même si je détiens un passeport togolais. Et personne n’a unie l’Afrique des esclaves de France autant que vous Président Gbagbo.

Ils ont cru que vous finirez comme un Samory Touré ou un Behanzin mais ils se sont trompés. Nous ne sommes plus au 19eme siècle et depuis, l’Afrique a grandi de 200 ans. Nous n’avons certainement pas une Afrique robuste comme l’aurait souhaité un Thomas Sankara, mais nous avons une Afrique qui se réveille car le jour est là. Bientôt, il sera MIDI et notre soleil tapera sur tous les systèmes qui nous oppriment et leur brûleront les ailes.

Sachez Président Laurent Gbagbo que le 28 Janvier prochain n’est pas la date de votre procès à vous mais plutôt celle de tous les millions d’africains qui savent que vous êtes l’incarnation d’une Afrique qui se veut libre. C’est nous tous, qui seront jugés à la Haye et vous n’êtes que notre représentant.

Avec toute ma considération

 

Farida Nabourema

Citoyenne Togolaise Désabusée

 

Sources: Facebook, IvoireBusiness.net et AfricaNews.com

LA CONFERENCE DES ANCIENS CHEFS D'ETAT AFRICAINS EXIGE LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

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La Conférence des Anciens chefs d'Etats africains au cours d'une rencontre. Image d'archives.

La Lettre urgente de l'Africa Forum exigeant la libération du Président Laurent Gbagbo.

 

À l’Honorable Mme Fatou B. Bensouda,

Procureur,

International Criminal Court,

Maanweg, 174,

2516 AB, The Hague.

The Netherlands.

 

Honorable Mme Bensouda,

UN APPEL AFRICAIN URGENT!

LA Côte d’Ivoire ET L’AFRIQUE ONT BESOIN DE L’ANCIEN Président LAURENT KOUDOU GBAGBO POUR RÉALISER LA PAIX ET LA JUSTICE

1. En tant qu’Africains, nous tenons à ce que l’Afrique, notre Continent résolve ses problèmes aussi vite que possible, y compris l’ensemble des défis liés à la paix et à la justice dans les pays sortant d'un conflit.

2. Cet appel urgent que nous vous adressons a trait à la situation en Côte d’Ivoire et notamment à son ancien Président, M. Laurent Gbagbo, qui, comme vous le savez, est présentement jugé à la Cour pénale internationale.

3. Nous lançons cet appel parce que nous croyons fermement que la Côte d'Ivoire devrait continuer de croître et se développer pour le bonheur de tous ses citoyens, dans des conditions de paix, de démocratie, de l'état de droit, de la réconciliation et de l'unité nationales.

4. Nous sommes absolument convaincus que le pays peut et doit atteindre ces objectifs et que M. Laurent Gbagbo peut et devrait faire une importante et exceptionnelle contrition à cet égard.

5. Inutile de dire qu'il ne peut faire cette contribution dans une cellule de prison, quelque part dans le monde, mais plutôt en tant qu’un citoyen libre dans son propre pays.

6. Au regard de ce que nous avons dit et qui se rapporte au conflit non résolu en Côte d'Ivoire, nous disons que la détention et le procès de Laurent Gbagbo ont davantage aggravé les divisions et animosités entre les citoyens ivoiriens. Ce développement risque de faire basculer le pays dans la reprise de la guerre civile, mettant ainsi en danger la vie de centaines de milliers d’innocents.

7. Il y a donc un risque réel que s’il est reconnu coupable et condamné par la CPI, cela ne mette le feu aux poudres et entraine une conflagration destructrice que nous redoutons.

8. Madame le Procureur, il est particulièrement important qu'au regard de ce qui précède, il y ait une profonde reconnaissance du fait que les événements qui ont amené Laurent Gbagbo à la CPI ont été le résultat d'une lutte politique stratégique intense et historique sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, et que cette contestation perdure.

9. Par conséquent, vous comprendrez que nonobstant la bonne foi avec laquelle votre bureau s'est acquitté de ses fonctions juridiques officielles, une partie importante de la société ivoirienne, en particulier les partisans de Laurent Gbagbo, va considérer l'intervention de la CPI comme un prolongement de la politique de domination de l’autre camp - une manifestation de la " justice des vainqueurs”. Pourtant, la situation en Côte d'Ivoire exige et nécessite que le peuple ivoirien continue à aborder ses défis stratégiques par des moyens démocratiques et dans un cadre véritablement inclusif, tout en travaillant ensemble dans des conditions de paix.

10. La polarisation autour de la question de la poursuite contre Laurent Gbagbo est attisée par l'interprétation qu’on en fait en Côte d'Ivoire, ce qui est corroborée par les informations du domaine public, selon lesquelles les exactions ont été en fait commises des deux côtés lors du conflit.

Le contexte historique de la crise ivoirienne

11. Madame le Procureur, permettez-nous de justifier certains des commentaires susmentionnés en rappelant brièvement certains des développements politiques en Côte d'Ivoire pendant ces quinze (15) dernières années.

12. Comme vous le savez, avant que M. Laurent Gbagbo ne soit élu Président de la Côte d'Ivoire en 2000, ses prédécesseurs avaient introduit une philosophie qu'ils ont appelée ‘'ivoirité". Pour l’essentiel, l’objectif était de diviser la population ivoirienne en deux groupes. Pendant longtemps, la Côte d'Ivoire a attiré un grand nombre de migrants économiques dont la majorité venait du Burkina Faso. Le concept d'ivoirité affirmait que la population de la Côte d'Ivoire était divisée en deux parties - une partie étant constituée par les ivoiriens autochtones et la seconde par les migrants économiques dont nous avons parlé. La politique de l’ivoirité avait pour objectif d’introduire une discrimination en faveur des ivoiriens autochtones qui sont majoritairement chrétiens.

13. Il se trouve que les migrants économiques, essentiellement musulmans, constituaient la majorité de la population dans le nord du pays.

14. En raison des dispositions constitutionnelles fondées sur ce concept d’ivoirité, l'actuel Président de la Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, lui-même un musulman, a été exclu de la course pour le poste de président de la République parce que sa filiation fait de lui un Burkinabé et non un Ivoirien. Naturellement, cela a eu un impact négatif sur les migrants économiques musulmans venus en grande partie du Burkina Faso et qui résidaient dans la région nord de la Côte d'Ivoire. Il était donc évident que ceux-là supportent M. Ouattara.

15. M. Gbagbo a été élu Président de la Côte d’Ivoire en 2000. En 2002, alors qu’il était hors du pays pour une visite d'État, une rébellion armée éclata dans le pays. Bien qu’elle ait été contenue dans le sud du pays, les rebelles (les Forces nouvelles) prirent le contrôle du Nord, divisant ainsi le pays en deux. Dans ces conditions, la Côte d'Ivoire fut scindée en deux territoires, chacun ayant son propre gouvernement et sa propre armée.

16. Afin de mettre un terme à la guerre civile, les Nations Unies ont déployé une mission de maintien de la paix, appelé ONUCI. La France a déployé sa propre force de maintien de la paix indépendante.

17. Après celles tenues en 2000, les prochaines élections présidentielles devaient avoir lieu en 2005. Mais, en raison de la situation de guerre dans le pays, et ses conséquences, ces élections ont seulement eu lieu vers la fin de 2010.

18. Dans l'intervalle, les parties ivoiriennes avaient conclu divers accords visant à mettre fin à la guerre civile et à aider le pays à retourner à la normalité. Dans ce contexte, elles ont également convenu de tenir des élections présidentielles pacifiques, libres et régulières.

19. Fait d’une importance capitale à cet égard, en 2005, M. Gbagbo alors Président, pris la décision d’user des pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution ivoirienne pour permettre à M. Alassane Ouattara de participer à l'élection présidentielle de la République de Côte d'Ivoire.

20. C'est en raison de cette contribution décisive faite par M. Gbagbo qu’il est devenu possible pour les parties ivoiriennes, de signer de nouveau en 2005, un accord qui, entre autres :

20.1. officiellement, mettait un terme à la guerre sur toute l'étendue du territoire ivoirien ;

20.2. établissait les processus relatifs à la mise en œuvre du programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) des forces armées;

20.3. ramenait les Forces nouvelles dans le Gouvernement de transition ;

20.4. expliquait clairement les dispositions relatives à la structure et au fonctionnement de la Commission électorale indépendante;

20.5. Mettait en place un calendrier pour la tenue des élections présidentielles et législatives.

21. Afin de permettre à ces élections d’avoir lieu, les parties ont convenu qu’il était nécessaire entre autres de :

21.1. Réunifier le pays sous une seule autorité; et

21.2. D'intégrer les groupes armés dans une armée nationale (républicaine).

22. En 2005, les parties ivoiriennes ont demandé à l'Organisation des Nations Unies, par l'intermédiaire de son Secrétaire général, d’organiser l'élection présidentielle. L'ONU a rejeté cette demande aux motifs que la Côte d'Ivoire n'était pas un État en déliquescence et disposait d’institutions prévues par la Constitution pour organiser des élections. Cette situation était différente de celle du Timor oriental où l'ONU a organisé les premières élections parce qu’il n’y existait pas à cette époque d’institutions étatiques similaires dans ce qui était un pays tout neuf. Répondant à la demande des parties ivoiriennes, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé la nomination d'un Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections qui aiderait les institutions électorales ivoiriennes.

23. Malheureusement, en raison des pressions extérieures, l'élection présidentielle s’est tenue avant la réalisation des deux objectifs convenus de la réunification du pays et la création d'une armée nationale. MM. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara étaient les eux candidats en lice.

24. Le résultat de ce combat fut que les résultats des élections annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI), qui déclaraient que M. Ouattara avait gagné, confirmaient simplement la division du pays, parce que les zones contrôlées par les rebelles avaient largement voté pour M. Ouattara et celles contrôlées par le Gouvernement largement voté pour M. Gbagbo. Le chef de l'ONUCI qui a agi en tant que Haut- Représentant des Nations Unies pour les élections annonça également que M. Ouattara avait remporté les élections.

25. La Constitution ivoirienne disposait que l'arbitre final de toute élection nationale, y compris les élections présidentielles, est le Conseil constitutionnel (CC) et non la CEI. La CEI soumit son rapport au CC qui a le pouvoir de changer la décision de la CEI sur la base de sa propre évaluation de tout élément des élections.

26. Exerçant son propre mandat, le CC annula les élections dans différentes parties du territoire contrôlées par les Forces Nouvelles parce qu’il disposait de preuves concrètes que des fraudes massives, etc., avaient eu lieu dans ces zones. Il déclara donc que M. Gbagbo avait remporté les élections.

27. Bien que le Conseil de sécurité des Nations Unies aituniquement chargé le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections de soutenir les institutions électorales ivoiriennes, ce représentant élu décida d’entériner les résultats de la CEI selon lesquels M. Ouattara avait été élu et ouvertement rejeta la décision de la CC qui faisait de M. Gbagbo le vainqueur.

28. Dans cette situation, M. Gbagbo appela à un recomptage des voix du scrutin et suggéra l'implication des diverses institutions internationales dans ce processus, y compris l'Organisation des Nations Unies, l'Union africaine et l'Union européenne. Cet appel fut rejeté par l’Onu et toutes les autres institutions contactées.

29. En fin de compte, M. Gbagbo contacta l'Union africaine et informa l'organisation qu'il était prêt et disposé à quitter le siège du Président afin de mettre fin au conflit dans le pays. Il demanda que l'UA envoie une délégation en Côte d'Ivoire afin de faciliter le processus de sa remise du pouvoir à M. Ouattara afin que le conflit de l'époque pris fin et éviter ainsi au pays des conflits futurs. L’UA accepta sa proposition.

30. En conséquence, l'UA a informé l'ONUCI qu'une délégation de Chefs d'État africains se rendrait à Abidjan pour exécuter leur mission comme proposé par M. Gbagbo. L'ONUCI s'est engagée à prendre les mesures de sécurité nécessaires pour cette délégation et les communiquer à l'UA. Cela n’a jamais été fait. Par conséquent, l'UA n'a jamais réussi à accomplir sa mission qui aurait permis de mettre fin pacifiquement au conflit d’alors.

31. Au lieu de cela, en 2011, tant l'ONU, par le biais de l'ONUCI que la France, dans le cadre de l'opération Licorne, déployée en Côte d'Ivoire en tant que forces neutres de maintien de la paix, ont demandé à ces forces de lancer des attaques militaires contre M. Gbagbo. Elles l’ont alors capturé et remis en fait aux mêmes forces nouvelles qui s'étaient rebellés contre le gouvernement élu de M. Gbagbo en 2002.

32. En 2011, à la suite du transfert de M. Gbagbo à la CPI, des élections législatives ont eu lieu en Côte d'Ivoire. Le FPI, le parti politique de M. Gbagbo a appelé au boycott des élections et n'y a pas participé. Plus de soixante pour cent (60 %) des électeurs inscrits n'ont pas participé aux élections.

33. Madame le Procureur, aux yeux de nombreux Ivoiriens, ce qui précède est l’expression d’un cortège d’injustices. C’est l'un des principaux facteurs qui alimentent la dangereuse division et l'animosité qui concernent une grande partie de la population ivoirienne - du fait que, entre autres :

33.1. en 2002, une rébellion armée a éclaté en Côte d'Ivoire cherchant à renverser par la violence et de manière inconstitutionnelle le Président Gbagbo et son gouvernement d’alors. Personne n'a jamais été poursuivi pour cet acte de trahison.

33.2. Plutôt, les putschistes ont été soutenus pendant de nombreuses années, des armes à la main, jusqu'à ce qu'ils réalisent leur objectif de prendre le contrôle d’Abidjan en 2011.

33.3. Comme nous l'avons indiqué, la pression extérieure a été actionnée afin d’obliger alors le Président Gbagbo à consentir à la tenue d'élections présidentielles dans des conditions qui étaient contraires aux accords négociés entre les parties ivoiriennes, conditions qui manifestement ne pouvaient garantir des élections libres et justes.

33.4. Encore une fois, comme nous l'ont fait remarquer, le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire a outrepassé ses pouvoirs et violé la Constitution de la Côte d'Ivoire en annonçant que M. Ouattara avait été élu président pendant les élections de 2010, en se fondant sur la décision de la CEI plutôt que sur celle du Conseil constitutionnel, constitutionnellement compétente pour valider les élections.

33.5. Cela a servi de prétexte à l'ONU et aux forces françaises pour abandonner leurs mandats de forces neutres de maintien de la paix, pour ainsi permettre aux Forces Nouvelles rebelles d’entrer à Abidjan pour déposer par la force le président Gbagbo. L'ONU et les Français ont rejoint les Forces nouvelles pour lancer l'attaque contre M. Gbagbo pour ensuite l’arrêter et le remettre aux Forces nouvelles.

33.6. Le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections n’a notamment rien fait pour donner une suite favorable à la demande tout à fait régulière de M. Gbagbo d’organiser un recomptage des voix du scrutin sous la supervision de la communauté internationale afin de mettre fin à la controverse de savoir qui avait remporté l'élection présidentielle, même après que M. Gbagbo ait également déclaré que lui et M. Ouattara devraient accepter le résultat du recomptage comme définitif et irrévocable.

33.7. L'ONU notamment et d'autres acteurs, n'ont rien fait pour reconnaître le rôle vital joué par M. Gbagbo pour ramener la paix en Côte d'Ivoire quand il a utilisé les pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution pour permettre à M. Ouattara de se présenter à l'élection présidentielle et devenir le Président de la République s'il remportait les élections. M. Gbagbo avait ainsi audacieusement résolu l'une des questions centrales qui avaient conduit à la rébellion de 2002 et à la tentative de coup d'État, et a donc commencé le processus de répudiation de la politique de division de l’ivoirité que ses prédécesseurs avaient instituée.

33.8. Tout aussi, ces acteurs n'ont pas prêté attention à la position d'une importance vitale que le Président Gbagbo a ensuite prise lorsqu'il a accepté qu’un Gouvernement intérimaire multipartite gère la transition jusqu’à la tenue des élections présidentielles. Pour montrer sa détermination à cet égard, il a même accepté que le leader des Forces nouvelles exerce la fonction de Premier ministre, à la tête du Gouvernement de transition.

33.9. En outre, et qui est d'une importance cruciale, nous ne pensons pas qu'étant donné leur longue implication dans le conflit ivoirien, l'ONU et la France n'aient pas été au courant de la réalité que Wanda L. Nesbitt, l'Ambassadeur des Etats-Unis près la République de la Côte d'Ivoire, a communiquée à son Gouvernement en juillet 2009 en disant :

«Il ressort à présent que l’accord de Ouaga IV, (le quatrième accord appelé Accord Politique de Ouagadougou qui prescrivait que le désarmement doit précéder les élections) est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré (Président du Burkina Faso) et Laurent Gbagbo en vue de partager le contrôle du nord jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle en dépit du fait que le texte en appelle aux Forces Nouvelles de restituer le contrôle du nord du pays au gouvernement et d’achever le désarmement deux mois avant la tenue des élections…

« Mais en attendant la création d’une nouvelle armée nationale, les 5 000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être ‘’désarmés’’ et regroupés dans des casernes dans quatre villes clés du nord et de l’ouest du pays représentent une sérieuse force militaire que les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont l’intention de maintenir bien formée et en réserve jusqu’au lendemain de l’élection. La cession du pouvoir administratif des FAFN aux autorités du gouvernement civil est une condition sinequa non pour les élections, mais comme le confirment des voyageurs dans le nord (y compris le personnel de l’ambassade), les FAFN maintiennent un contrôle absolu de la région en particulier en ce qui concerne les finances.»

34. Une fois de plus, aux yeux de millions d’Ivoiriens, ce qui précède et d'autres éléments liés à l'histoire ivoirienne présentent un tableau très troublant. La réalité est que depuis l'époque du Président Félix Houphouët-Boigny, notamment lorsque M. Alassane Ouattara était son Premier ministre, il a existé un plan pour neutraliser M. Gbagbo et la formation politique à laquelle il appartenait, le Front populaire ivoirien(FPI). Au cours de cette période M. Gbagbo a été emprisonné deux fois pendant de longues périodes et était régulièrement persécuté par les organes de sécurité de l'État en raison de sa campagne politique soutenue de démocratiser la Côte d'Ivoire et de libérer le pays du contrôle néo-colonial.

34.1. Pour ces millions d’Ivoiriens qui ont partagé les vues de M. Gbagbo, il est logique de conclure que ce plan pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique qu’il a conduit a été appuyé par certains Ivoiriens et certaines forces extérieures.

34.2. Ces forces combinées sont intervenues en 2002 pour déposer par la force M. Gbagbo alors Président, mais elles échouèrent.

34.3. Toutefois elles ont veillé à ce que le groupe armé qui avait tenté le coup d'État reste en place, prêt à essayer un autre coup d'état une fois que les conditions sont de nouveau réunies - d'où l'occupation du Nord et de certaines parties de l'ouest de la Côte d'Ivoire par les Forces nouvelles.

34.4. Finalement, le moment vint lorsque huit ans après la tentative de coup d'État de 2002, la Côte d'Ivoire organisa des élections présidentielles en 2010.

34.5. Il est clair pour ses partisans ivoiriens que toutes les dispositions avaient été prises pour assurer la défaite de M. Gbagbo à ces élections. C'est pourquoi, aucune mesure n'a été prise pour le recomptage des voix comme suggéré par M. Gbagbo. Cela, en dépit du fait que c’est un processus très courant dans les cas où il y a d’importantes différences au sujet du vainqueur et du perdant des élections.

34.6. Il est également clair qu’ils avaient pris toutes les dispositions pour chasser M. Gbagbo par la force s'il contestait sa perte des élections, même si cette contestation était justifiée.

34.7. C'est pour cette raison que les Forces nouvelles ont été autorisées à se comporter comme elles l'ont fait, comme indiqué par M. Nesbitt, l'Ambassadeur des États-Unis. [Cf. : Paragraphe 33.9.1. ci-dessus]

34.8. C'est également pour cette raison que l'Union africaine (UA) n’a pas été autorisée à intervenir pour assurer le règlement pacifique du conflit post-électoral qui débuta en décembre 2010. Nous devrions aussi noter que l'UA aurait également dû chercher à négocier un accord notamment entre MM. Laurent Gbagbo et Ouattara afin de résoudre certaines des anomalies structurelles en Côte d'Ivoire qui ont eu une incidence négative sur son indépendance et sa stabilité.

34.9. Enfin pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique et anti- néo-colonialiste qu'il dirigeait, il a été décidé que la meilleure chose à faire serait de l’inculper devant une cour de justice, de le déclarer coupable pour divers chefs d’accusation et l'emprisonner pour une longue période.

34.10. Plusieurs leaders et militants du FPI ont connu le même sort.

34.11. De nombreux Ivoiriens pensent qu'une partie de cette tâche serait confiée à la Cour pénale internationale (CPI), qui servirait ainsi d’instrument utile dans la réalisation de la tâche stratégique de détruire le mouvement au service du renouveau de la Côte d'Ivoire.

35. Pertinentes questions adressées à la CPI

35.1. Par conséquent, la question se pose de savoir comment la CPI devrait répondre à cette situation où l'absence de Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire compromet les perspectives de stabilité dans ce pays, et la Cour est perçue par une grande partie d’Ivoiriens et de la société africaine comme ayant été cooptée par une faction politique pour neutraliser Laurent Gbagbo et son parti!

35.2. Cette question doit à coup sûr, interpeller lourdement la conscience des juges de la CPI, notamment au regard des effets négatifs de son action sur la nécessité cruciale et urgente d'empêcher une reprise de la guerre et de réaliser la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire, qui ne peut être atteinte sans la participation de M. Gbagbo, du FPI, et de leurs partisans.

35.3. Bien que nos contacts avec eux nous révèlent que le FPI souhaite profondément que la réconciliation nationale ait lieu et est déterminé à participer à ce processus, elle ne pourra le faire sans la participation de M. Gbagbo, qui est lui-même disposé à contribuer à cette réconciliation sans exiger la réélection des institutions de gouvernance.

35.4. Bien que nous reconnaissons que la CPI devrait poursuivre sa quête de preuves pour prononcer les inculpations et est en droit d'attendre la décision définitive de chaque cas par les juges, nous estimons qu'une réévaluation du cas de M. Gbagbo est justifiée en raison de la fragilité actuelle de la situation en Côte d'Ivoire, et par sa situation particulière, notamment la nécessité pour son implication positive dans le processus de réconciliation, d'unité et de stabilisation nationales. À cet égard, il est manifeste que :

(i) M. Gbagbo n'était pas l’auteur mais plutôt la cible du recours aux armes par les autres en 2002 pour régler les divergences politiques ;

(ii) M. Gbagbo n'était pas l'initiateur mais un adversaire de la politique d'" ivoirité " qui est à l’origine du conflit ;

(iii) M. Gbagbo, contre la volonté d'un grand nombre d’Ivoiriens, a agi afin de permettre à M. Ouattara d'accéder démocratiquement à la présidence de la Côte d'Ivoire, et a donc transmis le message aux millions de migrants économiques résidents qu'ils ne seront pas considérés comme des citoyens de seconde classe ;

(iv) M. Gbagbo était tellement déterminé que la Côte d'Ivoire redevienne une démocratie qu'il a même permis à ceux qui avaient cherché à le chasser du pouvoir par un coup d'État à diriger le gouvernement qui serait chargé de conduire la transition vers la démocratie, en la personne du chef des Forces nouvelles;

(v) M. Gbagbo était déterminé à se retirer en tant que Président de la République en faveur de M. Ouattara malgré sa conviction qu'il avait remporté les élections, évitant ainsi au pays plus de morts, de souffrances et de destructions de biens; et,

(vi) Même certains juges au sein de la CPI ont soulevé des questions au sujet de l'existence de preuves suffisantes pour condamner M. Gbagbo.

36. Le contexte ivoirien et les perceptions populaires

36.1. Madame le Procureur, comme vous l'avez vu dans nos commentaires précédents, l'arrestation du Président Gbagbo en Côte d'Ivoire et son procès à La Haye ont eu lieu dans le contexte d'une situation politique extrêmement polarisée qui a abouti à la longue guerre civile en Côte d'Ivoire et la division du pays.

36.2. Il était inévitable dans ces circonstances que les mandats d'arrêt pour Laurent et Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé alimentent la perception qu'une justice des vainqueurs est en place à la CPI : une perception aggravée par le contraste saisissant qu'aucune accusation n'a été portée contre les opposants politiques du Président Gbagbo.

36.3. Par conséquent, pour d’importantes franges de la population de Côte d'Ivoire, l’insistance de la Cour que Simone Gbagbo soit aussi remise à la CPI pour subir un procès, a accentué cette perception d’une justice partiale, qui a été renforcée par l'arrestation et le transfert de M. Blé Goudé à la CPI.

36.4. Les expériences très médiatisées de M. Gbagbo à la CPI, auxquelles nous faisons allusion ci-dessous, ont ajouté au mécontentement d’importantes franges de la population ivoirienne et mettent en péril tout projet de cohésion nationale et toute perspective de redressement.

36.5. Comme vous le savez bien, et comme nous avons cherché à le démontrer, Laurent Gbagbo reste un acteur clé dans la politique ivoirienne, avec de nombreux partisans, dont l'absence persistante dans ce que devrait être une recherche collective de la réconciliation nationale et de la stabilité en Côte d'Ivoire, expose la paix et la stabilité du pays à un risque extrême.

36.6. En outre, jusqu'à présent, certaines caractéristiques des procédures de la CPI aggravent également l'effet de polarisation de l'arrestation, de la détention et des poursuites de M. Gbagbo.

37. Les problèmes soulevés par le processus de confirmation

37.1. Madame le Procureur, comme vous le savez, le déroulement du procès de M. Gbagbo est suivi de très près en Côte d'Ivoire, et le processus de confirmation des charges retenues contre Laurent Gbagbo a suscité un intérêt particulier. Force est de reconnaître que ce processus ne s’est pas déroulé sans heurts. Qu’il vous souvienne qu’en juin 2013, par une décision majoritaire, la Chambre préliminaire (I) a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves à ce stade pour confirmer les accusations portées contre M. Gbagbo.

37.2. Le fait que la Chambre ait néanmoins alloué au procureur un temps additionnel pour fournir des preuves supplémentaires pour renforcer son cas et, qu’un an plus tard, en juin 2014, la Chambre ait pu confirmer ces charges uniquement par la décision de la majorité n'a pas échappé aux observateurs. Ni le fait que l'un des éminents juges ait donné un avis complètement dissident, expliquant pourquoi elle n'était pas convaincue de la qualité des preuves qui pourraient attester de la participation de M. Gbagbo aux crimes présumés.

37.3. Pour les observateurs intéressés, notamment en Côte d'ivoire mais également en dehors de ce pays, ce fut donc une approbation mitigée des accusations contre Laurent Gbagbo. Par ailleurs, cette division dans l'opinion judiciaire a accentué la perception de l’insuffisance juridique des preuves contre M. Gbagbo.

37.4. Pire encore, vous comprendrez, Madame le Procureur, que tout cela a fermement confirmé la conviction des partisans de M. Gbagbo qu'il ne devait répondre d’aucun chef d’accusation en première instance et que la CPI s’employait à s’assurer que l'objectif prédéterminé de l’inculper était atteint.

38. Les retards dans l’affaire

38.1. Il y a d'autres éléments de l'affaire qu'il faut garder à l'esprit. Près de quatre ans après son transfert à La Haye, le procès de M. Gbagbo n'a toujours pas commencé. Bien que ce retard soit imputable à plusieurs raisons, y compris la complexité même des procédures, et la nécessité de veiller à ce que toutes les parties soient bien préparées pour tout procès; et bien que les retards dans le contexte des procès à la CPI peuvent ne pas être inhabituels, il est indéniable que plus cette affaire traine plus il y a des risques que cela attise les tensions politiques en Côte d'Ivoire auxquelles nous avons déjà fait allusion.

38.2. Comme vous le savez, les retards seraient perçus par les partisans de M. Gbagbo comme une expression délibérée et hostile du principe selon lequel - justice différée équivaut à déni de justice.

39. Détention prolongée

39.1. Le retard accusé dans cette affaire affecte énormément M. Gbagbo en raison de son maintien en détention à La Haye. En dépit des efforts incontestables de son équipe de défense, elle n’a pu obtenir la liberté provisoire de son client, bien que, selon les décisions de la Cour, un État tiers avait, à ce qu’il parait, accepté d’accueillir M. Gbagbo et qu'il assurerait sa présence à la Cour chaque fois que nécessaire. Un aspect particulièrement triste de sa détention est que l'an dernier, M. Gbagbo n’a même pas pu être libéré pour quelques jours pour assister à l'inhumation sa mère.

40. Bien que diverses décisions judiciaires puissent avoir été prises pour confirmer les accusations et maintenir M. Gbagbo en détention, il est impossible d'ignorer la réalité que cette affaire continue de polariser la Côte d'Ivoire et compliquer la transformation cruciale de son paysage historique général.

40.1. C'est une préoccupation importante, et c’est elle qui justifie notre Appel, et qui crée, à notre avis, l'impératif de réévaluer l'affaire Gbagbo, et en particulier d'interroger la nécessité d'une poursuite qui a déjà montré des insuffisances manifestes qui sont suffisamment graves pour avoir entrainé une forte dissidence judiciaire contre la confirmation des charges.

41. Contexte général

41.1. En 1998, lorsqu'il a été signé, les États ont reconnu que le Statut de Rome pourrait fonctionner au sein du système des relations internationales et entraînerait inévitablement un empiétement sur la souveraineté des États. Toutefois, les négociateurs du traité ont à juste titre rejeté l'idée de tout mécanisme de filtrage ou de contrôle externe des travaux de la CPI parce que cela aurait constitué une interférence inacceptable à l'exercice de la discrétion et la prise de décisions du Procureur et des juges.

41.2. Toutefois, dans le but de protéger l’indépendance de la Cour, les États n'avaient pas abandonné l'idée que la nouvelle cour devait fonctionner d'une manière qui reconnaisse la complexité du système international ou dans les contextes nationaux et se sont fondés sur l'option de prendre dûment en considération, le cas échéant, la nécessité de favoriser les processus nationaux.

41.3. Plutôt, et au lieu de cela, les signataires du Statut ont confié au Procureur et aux juges, par une utilisation judicieuse de de leur pouvoir discrétionnaire, le droit et le devoir de procéder aux appréciations nécessaires pour que lorsque, les procédures de la CPI sont inappropriées ou contraire aux intérêts de la justice, prennent en compte toutes les considérations pertinentes, y compris l'impact de ses interventions sur la paix durable et la stabilité dans les sociétés.

41.4. Nous considérons donc que le Statut de Rome devrait rester entre les mains de la CPI comme un instrument vivant, capable d'une part, de poursuivre les responsabilités individuelles pour les crimes les plus graves, tout en préservant dans le même temps la capacité de répondre avec souplesse aux spécificités de chaque cas, en évitant de causer des préjudices. Cette approche, de notre point de vue, est compatible avec l'objet et le texte du Statut comme nous le comprenons.

41.5. Madame le Procureur, à notre avis, l'indépendance même de votre bureau, et celle des juges, sert à protéger les décideurs de la Cour de toute interférence, leur permettant ainsi de mettre en œuvre la sagesse qui est nécessaire à la Cour afin de contribuer à la recherche de solutions aux crises majeures au sein desquelles la Cour fonctionne inévitablement. Partant, la solidité et la valeur du Statut de Rome seront jugées non pas par l'inflexibilité de la CPI dans l'exercice de la justice, mais par sa capacité de réaction face à la complexité et à la nuance des diverses situations dont la CPI sera saisie.

41.5.1. À cet égard, nous devons souligner que notre Appeln’a nullement pour intention de mettre en doute ou compromettre la nécessité de tenir pour responsables tous ceux qui commettent des infractions graves énoncées dans le Statut de Rome, et les obligations de la CPI à cet égard. Nous voudrions croire que comme ils traitent de la question extrêmement importante de la réconciliation nationale, les Ivoiriens se pencheront également sur la question de la justice, pleinement conscients de l'interconnexion entre les deux.

42. Retraits des chefs d’accusation contre Gbagbo

42.1. Madame le Procureur, nous reconnaissons que les défis auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée ne sont pas propres à ce pays, et que dans d'autres contextes également, votre bureau sera familiarisé avec les tensions entre les travaux de la CPI et les impératifs pour garantir la stabilité dans ces pays. Mais comme nous avons cherché à le démontrer, l'arrestation de Laurent Gbagbo a manifestement échoué à contribuer à la réconciliation politique et au redressement de ce pays, mais a plutôt freiné ce processus, polarisé les opinions et exacerbé les divisions de la société ivoirienne à tel point que nous sommes maintenant gravement préoccupés par la perspective de la reprise du conflit dans ce pays.

42.2. Nous sommes convaincus que l'effet cumulatif de la situation politique fragile en Côte d'Ivoire qui nécessite des efforts concertés pour parvenir à la réconciliation; les impacts négatifs actuels du procès de Gbagbo sur cette situation; l'occasion pour M. Gbagbo de faire une immense contribution à la recherche d'un règlement pacifique et de solutions humaines pour la Côte d'Ivoire; les incertitudes entourant les preuves contre lui; ainsi que les divers autres éléments personnelle à M. Gbagbo, justifient largement l’interruption du procès.

42.3. Madame le Procureur, vous nous pardonnerez pour le fait que nous ne soyons pas des spécialistes du Règlement de la Cour, et laisserons à votre appréciation la question des procédures nécessaires pour atteindre un résultat qui soit juste et équitable pour la Côte d'Ivoire, tout en reconnaissant que toute décision peut faire l'objet de confirmation judiciaire. Toutefois, nous espérons que vous comprendrez que nous avons une solide connaissance de la situation en Côte d'Ivoire et que vous nous rejoindrez dans la parfaite connaissance des défis de la construction de sociétés unies en Afrique, par dialogue.

42.4. Madame le Procureur, nous devons souligner que rien de ce que nous disons ici ne vise à minimiser les crimes qui ont été commis dans le cadre de la contestation politique en Côte d'Ivoire. Nous adhérons à l'idée que les crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale dans son ensemble ne devraient pas rester impunis mais devraient principalement être traités par des mesures prises au niveau national. À notre humble avis, en vertu du Statut de Rome, la Cour devrait, dans les circonstances qui prévalent en Côte d'Ivoire, s'en remettre à l'actuel processus national et aux mécanismes que les Ivoiriens, collectivement adopteront pour assurer la responsabilisation et la réconciliation relativement aux exactions commises lors de la crise dans ce pays.

42.5. Bien que nous reconnaissions que toute décision d’abandonner des charges pénales puisse être assujettie à l'autorisation des juges, nous sommes convaincus qu'à la lumière des nombreuses informations et analyses à votre disposition, ainsi que des problèmes que nous avons pu identifier dans la présente lettre, votre bureau, Madame le Procureur, est bien placé et équipé pour traiter cette question d'une manière qui va à la fois faire avancer la cause de la Cour et du peuple de Côte d'Ivoire, mais aussi de l'ensemble de l'Afrique.

43. Nous voudrions donc vous demander, Madame le Procureur, de réexaminer l'affaire Laurent Gbagbo et entamer le processus de son retrait ou de son interruption. Nous sommes convaincus que cette option est la meilleure façon pour la Cour de contribuer à la réalisation de la réconciliation nationale et de l'unité, de la stabilité, du redressement et de la responsabilisation de la Côte d'Ivoire, en donnant la possibilité à tous les Ivoiriens de se réunir pour régler leurs différends sans recourir à l'usage des armes.

Veuillez agréer Madame le Procureur, l'expression de nos sentiments distingués.

9 septembre 2015

Pretoria
Republic of South Africa

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CHAIRMAN AFRICA FORUM: JOAQUIN CHISSANO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF MOZAMBIQUE
DEPUTY CHAIR: NICEPHORE SOGLO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF BENIN.

 

Source: MEDIAPART

mercredi, 06 janvier 2016

QUI EST LAURENT GBAGBO ? PAR Me CHEIK KOUREYSSI BA, AVOCAT AU BARREAU DE DAKAR

 

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Maitre Cheik Koureyssi BA , Avocat au Barreau de Dakar

 

Extrait d’interview :

On va parler de la Côte d’Ivoire si vous le voulez bien. Pour vous, c’est qui, Laurent Gbagbo ?


Jérémie et Job à la fois ! L’homme politique le plus dénigré et le plus diffamé qui soit, mais aussi le dirigeant africain qui a connu le plus d’épreuves douloureuses tout au long de sa longue marche, à la fois ! Même séquestré, il continue d’être accusé de tous les crimes !

Les disparus du Novotel, pro-Gbagbo notoires, enlevés alors que la résidence présidentielle de Cocody est sous un déluge de feu : c’est Gbagbo !

Le général Guéi, tué avec tous ses proches pendant que le président se trouve en visite officielle en Italie et que ses ministres, officiers, gendarmes sont affreusement assassinés et que c’est la débandade au plus haut niveau de l’Etat : c’est Gbagbo !

Le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer enlevé et abattu alors que son enquête sur les magouilles du cacao révèle le rôle du trader Antony Ward de Armajaro, patron et mari de la sœur de Loïc Folloroux lui-même fils de Madame Ouattara Dominique Nouvian ex-veuve Folloroux, les pratiques spéculatives de la rébellion qui attaque toujours pour entraver la commercialisation du cacao et permettre donc la constitution d’énormes stocks, lesquels ne seront vendus qu’après que les prix se sont envolés à des hauteurs inédites pour des centaines de milliards de bénéfices allant dans les poches de Ouattara, Soro et leurs chefs de guerre : c’est Gbagbo qui l’a tué !

Et que dire de ces innombrables victimes, toujours « ramassées », découvertes et photographiées par les journaux proches de Ouattara au détour d’une rue, mutilées et sauvagement torturées, des morts dont la proximité et les incompatibilités d’humeur avec Ouattara, Soro Guillaume ou leurs chefs de guerre sont avérées : encore Gbagbo !

Les escadrons de la mort, Gbagbo !

Les charniers, à commencer par celui de Yopougon, où le principal protagoniste, un Malien payé en faux billets par Ouattara soi-même et qui, après son élargissement de prison au Mali pour détention et usage de ces faux billets, viendra se répandre dans la presse ivoirienne et confesser sa participation à la mascarade ? Encore et toujours Gbagbo !

Le vrai- faux massacre des femmes  marcheuses d’Abidjan où l’on s’est rendu compte qu’entre Hollywood et Bollywood, il pouvait bien y avoir de la place pour les rebelles cinéastes de Ouattara à Abobollywood assistés par l’Afp et les grandes chaînes de télévisions, avec une morte ensanglantée qui se relève, croyant la scène terminée, et qui s’entend hurler en malinké « recouche toi, ce n’est pas encore fini ! » : ne cherchez pas midi à quatorze heures, c’est encore l’effaceur qui est passé par là !

Voilà Laurent Gbagbo côté cour, le monstre que les professionnels du média-mensonge ont fabriqué et dont l’image a été pasteurisée et «vendue » aux naïfs et aux hurluberlus de la terre, tout cela pour en finir avec lui par tous les moyens ! Parce qu’il symbolise la nouvelle Afrique, celle qui refuse de se coucher et qui a décidé de se tenir debout et de marcher vers son destin !

Evidemment, tout cela est peine perdue dans la mesure où les Ivoiriens, même ceux qui ne l’aiment pas, savent à quoi s’en tenir vis-à-vis de cet homme qui est resté constant dans sa démarche et sur qui les humiliations, campagnes de dénigrement et mensonges sordides n’ont eu aucune prise.

Aujourd’hui, plus que jamais, son aura est restée intacte, les épreuves qu’il a traversées avec stoïcisme et honneur ayant, en plus et de manière  inattendue, contribué à le hisser à une altitude que nul n’aurait osé envisager ! Depuis sa « capturation », comme dit Mme Kandia Camara, ministron de Alassane Ouattara en charge de… l’Education nationale, Laurent Gbagbo est devenu, paradoxalement, le maître incontesté du jeu.

L’ombre de sa compétence couvre toute les valses-hésitations de l’incompétent technocrate libéral Ouattara à la commune renommée d’expertise surfaite et à qui l’on ne confierait même pas un quignon de pain ! Les succès de sa politique s’affichent dans toute leur splendeur au moment où l’expert économiste n’arrive même pas à trouver le chemin du début des solutions pourtant annoncées à grands renforts de pub durant sa campagne pour assurer une seule journée normale du train de vie de la Maison Ivoire…

Ce grand conducteur de peuple a subi toutes sortes d’avanies, de souffrances et d’humiliations depuis 1970, six emprisonnements, la torture pour lui et ses proches, des bastonnades, l’exil, des tentatives d’assassinat… S’inspirant de Job, son modèle de patience, il a tout enduré, sans se plaindre une seule fois, sans jamais prendre les armes!

Arrivé au pouvoir, il ne s’est vengé de personne, il n’a fait emprisonner personne, ni adversaire politique ni journaliste, alors qu’il a continué à être traité de tous les noms par ces derniers ! Au contraire il a permis un retour au pays des exilés, offert un  statut enviable au feu général Guéi, à l’ancien président Henri Konan Bédié et à l’ancien premier ministre Dramane Ouattara, permis à ce dernier de participer à titre exceptionnel à la présidentielle, financé leurs formations politiques à des niveaux jamais atteints au monde (plus d’un milliard annuel par parti politique significatif), réuni tout ce monde autour de gouvernements d’union, en les laissant de plus déverser leur bile sur lui, comploter dans son dos et salir en permanence son nom, etc…


Source: www.lynx togo.info

mercredi, 18 novembre 2015

AU COEUR DE LA « PUTSCHTAPE » SORO/BASSOLE QUI HYSTERISE ABIDJAN ET OUAGA

 

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Les attentats qui ont visé Paris vendredi dernier ont procuré un bref répit à Guillaume Soro, ex figure de la rébellion contre Laurent Gbagbo désormais président de l’Assemblée nationale ivoirienne. En effet, ce dernier était confronté à un énorme « bad buzz » depuis jeudi dernier, à la faveur de la révélation des enregistrements d’une conversation présumée entre l’ancien ministre de l’Intérieur burkinabé Djibril Bassolé, aujourd’hui en détention préventive, et lui. Une conversation durant laquelle on entend sa voix proposer une aide à la fois financière et logistique en vue de faire réussir le complot de Gilbert Diendéré, qui est alors dans l’impasse, fin septembre dernier. Plus grave : on entend la même voix assumer, avec un cynisme qui fait froid dans le dos, les assassinats de l’ancien ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, Désiré Tagro, et de Ibrahim Coulibaly dit « IB », la figure historique de la rébellion qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui.

D’une certaine manière, j’ai été au cœur de ce « bad buzz », et le cercle rapproché de Guillaume Soro n’en finit pas de me pointer du doigt et de m’insulter depuis. « J’ose dire pourtant que je n’ai mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité », disait Junie dans le Britannicus de Racine. En réalité, je n’ai fait que diffuser sur les réseaux sociaux un fichier MP3 qui venait de déborder du cercle des « initiés » dans lequel il circulait déjà depuis un certain temps, « sous le manteau » des emails et des services de messagerie instantanée.

Pourquoi ai-je choisi de lui donner un écho public en me servant de ma visibilité en ligne ?

Premièrement, parce que je considère la personne qui m’a transmis cet élément audio comme digne de confiance.

Deuxièmement, parce que son contenu est, de manière assez troublante, conforme à ce que décrivaient, selon Jeune Afrique, « des sources au sein de la transition ». Bassolé aurait été avant son arrestation « en contact téléphonique avec Diendéré et surtout avec Guillaume Soro ».

« C’est un de ces appels passés au président de l’Assemblée nationale ivoirienne qui est au cœur de la procédure judiciaire. Il aurait eu lieu deux jours avant l’interpellation de Bassolé et aurait duré une quinzaine de minutes. Cette conversation aurait été enregistrée alors que les unités loyalistes de l’armée contrôlaient la capitale et que le régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’était replié dans son camp de Naaba Kom, derrière le palais de Kosyam. Selon deux sources proches de Zida, qui disent avoir entendu l’enregistrement de cette conversation tout en refusant pour l’instant d’apporter la preuve de son existence, Guillaume Soro aurait offert un appui financier à Djibrill Bassolé pour soutenir les putschistes. Il lui aurait proposé de l’argent pour « remotiver » les hommes du RSP et financer des attaques sporadiques de mercenaires contre des casernes burkinabè, situées notamment près de la frontière ivoirienne, pour forcer les militaires loyalistes à desserrer leur étau autour de Naaba Koom. Les mêmes sources affirment que Bassolé aurait « approuvé » ce plan et suggéré que deux de ses proches se rendent dans le nord de la Côte d’Ivoire pour récupérer l’argent, le 29 septembre. Il sera finalement arrêté le jour même », avait résumé JA.

Troisièmement, parce que j’ai eu la ferme conviction qu’il s’agissait bel et bien des voix de Djibril Bassolé – avec qui j’ai dîné et longuement discuté au cours d’une conversation privée il y a quelques années – et de Guillaume Soro – que tous les journalistes qui ont « couvert » la Côte d’Ivoire des années de guerre ont abondamment pratiqué et observé. En matière de journalisme, science non exacte, il faut savoir se servir aussi de son flair.

Quatrièmement, en raison du profil psychologique de Guillaume Soro tel qu’il se laissait entrevoir dans l’enregistrement. Ceux qui le fréquentent décrivent un homme qui se sent progressivement marginalisé dans le cercle des pouvoirs en Côte d’Ivoire, qui brûle d’exister, qui adore raconter ses « prouesses » passées et peut être assez imprudent dans l’usage de la parole quand il veut impressionner son auditoire.

Cinquièmement, parce que je savais que la diffusion massive de cet enregistrement dont tout le monde parlait et que personne n’avait officiellement entendu créerait un « électrochoc positif ». Elle obligerait les concernés à s’expliquer. Et leur ligne de défense pourrait être riche d’informations.

Sixièmement, parce que la richesse des détails par ailleurs vérifiables donnés par cet enregistrement sur des réalités connues du seul microcosme des affaires et de la politique me faisait penser que si par extraordinaire il était le fruit d’une manipulation, cette manipulation serait le fait de professionnels issus des « services » d’un pays ou d’un autre. Une telle hypothèse ouvrirait un champ d’investigation certain. Il fallait donc ouvrir la marmite !

En adoptant face à la houle médiatique la ligne de défense qu’il a choisie, le camp Guillaume Soro a paradoxalement « authentifié » l’enregistrement qui faisait le buzz. Comment ? Déjà, ses hommes et lui se sont murés de longues heures dans un silence gêné, se refusant à la moindre dénégation, ce qui est pourtant le réflexe naturel et immédiat de quiconque se retrouve ainsi accusé. Par la suite, ils ont relayé un audio mis en ligne par un site Internet [http://www.oeildafrique.com] censé être le VRAI enregistrement de la conversation Soro/Bassolé, contrairement au FAUX partagé par « le délirant Kouamouo ».

Il fallait pourtant réfléchir un tout petit peu pour se rendre compte du caractère grotesque de la manœuvre.

Premièrement, le fichier produit par Soro and Co. n’est en rien conforme à ce dont avaient parlé les autorités burkinabé. Ni au regard de sa durée (moins de deux minutes) ni au regard de son contenu.

Deuxièmement, parce que les rares propos de Djibril Bassolé contenus dans cet audio sont conformes à ce que l’on entend dans la première version. Seuls les propos de Soro sont différents – et ils donnent l’impression de vouloir démontrer son innocence AVANT le scandale. Il « anticipe » même d’autres fuites et se défend par avance en affirmant qu’il a dit à certains interlocuteurs, des « infiltrés », ce qu’ils voulaient entendre. De plus, on « sent » clairement un « cut », un montage, à 1’25’’.

Troisièmement, le site oeildafrique.com dit avoir eu ce fichier des autorités burkinabé. Les mêmes qui ont jeté Djibril Bassolé en prison et accusent bruyamment Guillaume Soro se seraient donc précipitées, toutes affaires cessantes, au secours de ce dernier pour lui sauver la mise ? Difficile à croire !

Tout dans cette affaire donne l’impression que les spin doctors de Guillaume Soro ont, dans la panique, concocté une « pièce » censée les disculper mais qui en réalité, a achevé de les démasquer !

 

Source: LE BLOG DE THEOPHILE KOUAMOUO

jeudi, 12 novembre 2015

COUP D'ETAT DU RSP: LES ECOUTES AUDIO QUI ACCUSENT SORO ET BASSOLE (FUITES)

 

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Les services secrets ivoiriens et burkinabés ont fait fuiter la fameuse conversation téléphonique entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé relative au coup d'Etat Diendéré.

Guillaume Soro évoque également la mort de IB et Tagro : "Il fallait qu'on les tue pour qu'on soit en paix". Ovajab Media.

 

Ecouter la conversation sur le blog SoundCloud du journaliste Théophile Kouamouo, en cliquant:

ICI

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© Koaci.com - Jeudi 12 Novembre 2015 - Une fuite de conversation téléphonique transmise à KOACI par des sources proches de l’enquête sur le coup d'Etat au Burkina, de 16 minutes attribuée à Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et Djibrill Basolé, l’ex patron de la diplomatie burkinabé, sous l’ère Compaoré, et candidat recalé à la présidentielle au Burkina-Faso crée le choc.

(Écoutez l'intégralité de l'enregistrement transmis en cliquant sur le lien Audio en bas de l'article, ndlr).

Dans l'enregistrement, provenant probablement d'écoutes de services occidentaux (France ou Usa, ndlr), dans lequel les voix du président de l'assemblée nationale ivoirienne et de l'ancien ministre de Compaoré sont assez nettement identifiables, est clairement mise en lumière l'organisation et la planification d'un coup militaire au Burkina à l'époque du siège de l'armée devant le camp du Régiment de sécurité présidentielle (Rsp) via des actions armées à l'interieur du pays pour faire "paniquer" l'armée et permettre au putschistes pro-Compaoré encerclés de sortir afin d'instaurer un climat d'insécurité et de déstabilisation dans le pays et faire capoter la transition.

L'ancien chef rebelle ivoirien cite tour à tour entre autre, Hamed Bakayoko, Alassane Ouattara, un rapport de Faure Gnassingbé, le candidat à la présidentielle Roch Kaboré, dont il dit que "s'est déjà plié" sous entendant qu'il a déjà gagné l’élection, et un homme d'affaire camerounais Paul Fokam (patron du groupe bancaire Afriland Bank, ndlr) qui, toujours selon les dire de Soro, via l'actuel ministre de l'interieur ivoirien, financerait sa campagne sans que Ouattara en soit informé.

La résidence ouagalaise de Guillaume Soro a été perquisitionnée dans le cadre de l’enquête du coup d'Etat par les autorités burkinabé. Lors de la perquisition ont été retrouvés des lingots d'or, des gilets pare balle et des armes.

La justice burkinabé avait déjà laisser fuiter à la presse dont KOACI, l'existence de plusieurs heures d'écoutes attribuées à Guillaume Soro dont les liens avec Blaise Compaoré sont plus que connus et fraternels.

Le coup d'Etat visait à réinstaller le camp Compaoré, chassé par le peuple, au pouvoir et en finir avec la transition réinstallée depuis lors et en passe d'organiser une élection présidentielle transparente dont la campagne est en cours.

Djibrill Bassolé est à cette heure emprisonné dans le cadre de l’enquête en cours dont le rapport a été remis aux autorités.


Source: KOACI.COM

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Lire aussi l'article de Jeune Afrique publié le 12 octobre 2015: «Burkina: Bassolé dans le collimateur de la justice militaire»: http://bit.ly/1MpONyl

'Pour les magistrats militaires qui enquêtent sur le coup d'État manqué contre le régime de transition burkinabè, aucun doute : Djibrill Bassolé, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, est le complice des putschistes de l'ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP) et de leur chef, le général Gilbert Diendéré.

Les deux hommes, qui sont inculpés d’« attentat à la sûreté de l’État, haute trahison et collusion avec des forces étrangères », ont été placés sous mandat de dépôt le 6 octobre à Ouagadougou. L’ancien chef de la diplomatie aurait été avant son arrestation, le 29 septembre, en contact téléphonique avec Diendéré, mais aussi avec… Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Au cœur de la procédure en cours : un appel présumé d’une quinzaine de minutes entre ce dernier et Bassolé. Il aurait eu lieu alors que les hommes du RSP s’étaient repliés dans leur camp de Naaba Koom, derrière la présidence, et que les unités loyalistes prenaient le contrôle de la capitale.

Cette discussion a évidemment posé un problème aux autorités de la transition. Bassolé a été interpellé deux jours plus tard par la gendarmerie. Selon une source proche de l’enquête, l’ensemble de ces éléments ont été présentés à Bassolé lors de son audition par le juge d’instruction chargé du dossier. Signe de l’intérêt des enquêteurs pour cette piste, la villa ouagalaise de Soro (dont la rébellion contre les autorités ivoiriennes fut soutenue par Compaoré dans les années 2000) a été perquisitionnée le 6 octobre.'

MENTION SPÉCIALE À Théophile Kouamouo qui a pu trouver cette preuve mais surtout pour avoir eu le courage de la publier. Fier de toi mon mentor.

 

Source: Facebook Claudus Kouadio

lundi, 09 novembre 2015

COUPS D'ETAT ELECTORAUX EN AFRIQUE: LE CAS OUATTARA EN COTE D'IVOIRE - PAR LESLIE VARENNE

 

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Après le coup d’Etat manqué du 16 septembre au Burkina Faso – dont il est encore impossible de mesurer les conséquences notamment en ce qui concerne l’implication de plusieurs pays étrangers dans cette affaire -, l’Afrique de l’Ouest vient de réaliser deux magistraux coups d’Etat électoraux. Le premier s’est déroulé le 11 octobre en Guinée Conakry, avec un passage en force d’Alpha Condé, élu en bourrant les urnes et en s’octroyant 60% des voix dès le premier tour. Le second vient d’avoir lieu en Côte d’Ivoire où Alassane Ouattara a violé, non seulement les lois du code électoral, mais aussi celles de l’arithmétique !

Le scénario d’une victoire écrasante du président sortant et d’un scrutin à un seul tour était prévu depuis fort longtemps. En février dernier, un spécialiste de l’Afrique de l’Ouest confiait déjà à IVERIS : « la seule crainte du pouvoir est le taux de participation. » Ces inquiétudes étaient fondées et se sont révélées plus désastreuses que ce que le Président sortant et son camp n’avaient anticipé : les Ivoiriens se sont abstenus massivement. C’est ce qui explique l’interminable attente des résultats finaux et surtout du taux réel de participation. Finalement, la Commission électorale indépendante a annoncé qu’il y avait eu 54,63 % de votants. Un chiffre contesté par l’opposition qui, elle, avance un nombre compris entre 15 et 18%. Pourtant ce taux n’aurait dû être l’objet ni d’une polémique, ni d’une attente prolongée, puisque le National Democratic Institute, (NDI), un organisme américain, financé par la NED, était présent en Côte d’Ivoire. En effet, grâce à son système PVT , le NDI a les moyens d’obtenir des données fiables transmises dès la fin du scrutin. L’ex Premier ministre, Charles Konan Banny, a demandé : « instamment au NDI de transmettre le taux de participation ». Il attend toujours. L’ambassadeur américain, Terence McCulley, et la sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, Bissa Williams, n’ont pas attendu, eux, les résultats du scrutin pour donner une conférence de presse dès le lundi 26. Ils ont tous deux félicité les Ivoiriens pour cette élection : « crédible, transparente et inclusive ». Alassane Ouattara fait donc mieux que son homologue Alpha Condé et obtient un score à la soviétique : 83,66% ! Petite cerise sur le gâteau, les trois candidats indépendants, Charles Konan Banny, Essy Amara – ancien ministre des Affaires étrangères et ancien président du Conseil de sécurité – et Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale -, qui s’étaient désistés avant le scrutin pour dénoncer l’escroquerie électorale qui s’annonçait, ont été comptabilisés dans le vote ! Bien entendu, ils obtiennent des miettes ; bien entendu, c’est illégal, mais puisque le scrutin a été déclaré crédible, transparent et inclusif … L’Afrique francophone est malheureusement habituée à ce genre de mascarades électorales : en avril dernier, Faure Gnassimbé, qui se représentait pour la troisième fois consécutive à la tête du Togo, a, lui aussi, été élu dès le premier tour avec 55% des voix. En réalité son opposant Jean-Pierre Fabre avait obtenu 60% des suffrages et le président sortant 35%. Mais l’ONU a immédiatement validé la victoire de Faure Gnassimbé…

Quelle légitimité ?

Le taux de participation en Côte d’Ivoire était un point crucial, pas seulement parce que l’opposition fidèle à l’ancien président Laurent Gbagbo avait appelé au boycott des urnes, mais parce qu’Alassane Ouattara était arrivé au pouvoir par les armes après une élection déjà contestée. Cette élection devait donc lui apporter une vraie légitimité afin d’en finir avec « le président reconnu par la communauté internationale[i] ». Avec la manipulation des chiffres, il n’obtient qu’une légitimité de façade. Personne n’est dupe, ni les Ivoiriens, ni les chancelleries qui connaissent les vrais chiffres. Mais surtout, ces coups d’Etats électoraux, à Abidjan comme ailleurs, ne règlent aucun des problèmes qui se posent à ces Etats : pauvreté, chômage, corruption, réconciliation nationale. Bien au contraire, ils accentuent les frustrations, le ressentiment, les divisions et laissent ces pays assis sur des poudrières. L’Afrique de l’Ouest n’est pas sortie de l’œil du cyclone…

 

[i] « Le Président reconnu par la communauté internationale » était l’appellation consacrée par la presse étrangère pour différencier les deux présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara lors de la crise électorale de 2010. Le Premier avait été reconnu par le Conseil constitutionnel ivoirien, le second par la communauté internationale.

 

Une contribution de Leslie Varenne

Institut de Veille et d’Etude des Relations Internationales et Stratégiques (IVERIS).

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 27 octobre 2015

LA CEI, COMME A SES HABITUDES, FALSIFIE ENCORE UNE FOIS LES CHIFFRES DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

 

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Au moment où tout le peuple ivoirien et le monde entier ont été témoins du désert électoral qui a, une fois de plus, frappé la troisième élection organisée sous Alassane Ouattara, le dimanche 25 octobre 2015, la CEI, sous la férule de l'inénarrable Youssouf Bakayoko, annonce un taux de participation "autour de 60%", qui pourrait, selon le Secrétaire général du RDR, Monsieur Joël Nguessan, sur France 24, atteindre les 70% ! ! ! C'est absolument impensable ! Un mensonge odieux, flagrant, honteux, accompagné par les mêmes acteurs de la crise ivoirienne de 2010: les Etats-Unis, la France, l'UA, la CEDEAO et les ONG qui émargent discrètement à la Présidence ouattarienne. Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire et lui rende sa liberté et sa souveraineté ! Ici, l'indignation du Parti Communiste Français. Bonne lecture !

 

Côte d'Ivoire : Une mascarade électorale qui s'ajoute à un bilan catastrophique

 

En 2011, Alassane Ouattara a été installé à la présidence ivoirienne par les chars français à l'issue d'une élection contestée. Ce coup de force a eu lieu alors qu'il était possible et souhaitable de recompter les bulletins de vote ou de reprendre le scrutin.

Depuis cette date, le pouvoir renoue avec les pires traditions de la dictature d'Houphouët-Boigny. Il emprisonne, prive de droits, assassine et torture des centaines d'opposants politiques, associatifs et syndicaux. Il interdit leurs manifestations et s’immisce dans les débats internes de leurs organisations en vue de les modeler en faire-valoir démocratiques. Ceux qui ne se résignent pas sont impitoyablement pourchassés. Des centaines de milliers d'ivoiriens ont emprunté les chemins de l'exil et du déplacement intérieur.

La justice des vainqueurs, en Côte d'Ivoire et au niveau international, laisse impunis ceux du camp Ouattara qui depuis 2002 ont commis d'innombrables crimes dont le massacre de Duékoué de 2011. Rien n'est fait pour enquêter sur les responsabilités des puissances, dont la France, et les multinationales dans la crise ivoirienne.

Le pouvoir applique une politique de « rattrapage ethnique » ainsi qu'une introduction de critères ethniques dans le recensement, il aggrave en cela un débat délétère pour la société ivoirienne.

La prédation économique au profit des multinationales et d'une petite clique corrompue et brutale capte une immense partie des richesses.

Alassane Outtara, en complicité avec d'autres gouvernements de la sous-région et de puissants réseaux françafricains, sert de foyer de déstabilisation au Burkina Faso, comme le pouvoir de Blaise Compaoré a servi de base arrière à la rébellion pro-Ouattara dans les années 2000.

Sans espoir de véritable réconciliation, l'opposition significative a décidé de boycotter ce scrutin présidentiel qui s'apparente à une mascarade.

C'est dans ce contexte, avec des institutions électorales complètement inféodées, que s'est déroulé un scrutin joué d'avance, dont le scénario a été validé à Paris. Il n'est alors pas étonnant que la participation ait été si faible, comme l'ont noté tous les observateurs sérieux, contrairement aux chiffres fantaisistes avancés par une Commission électorale aux ordres.

Au lieu d'applaudir à cette ultime forfaiture, qui pèsera lourdement sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, le gouvernement de la France ferait mieux d'agir publiquement en faveur d'une libération des prisonniers politiques, du respect des droits et d'une perspective de réconciliation.


Le 26 octobre 2015

Le Parti Communiste Français.

Côte d’Ivoire : le casse-tête de la CEI – Comment passer de 20-22% à 60% de taux de participation (note éditoriale)

 

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Brève note éditoriale

Par Gbansé Douadé Alexis, Directeur de publication de Connectionivoirienne.net | 26 octobre 2015.

 

La commission électorale en Côte d’Ivoire osera-t-elle donner le vrai taux de participation de la présidentielle du 25 octobre 2015, communiqué par plusieurs ambassades à leurs pays respectifs depuis ce lundi matin ?

Selon toute vraisemblance NON, car le taux réel de participation qui tourne, selon ces notes diplomatiques qui nous ont été rapportées, autour de 20-22% pourrait officiellement passer à 60%, sinon au-delà. «On a été humilié, c’est nul, j’espère qu’ils communiqueront les vrais chiffres au patron afin qu’il comprenne à quoi mène l’arrogance. L’échec est total, c’était le désert électoral», nous a confié un confrère proche du pouvoir, contacté ce lundi (26 octobre 2015) d’après présidentielle, à Abidjan.

 

Source: ALEX GBANSE.COM

PRESIDENTIELLE 2015 - COTE D'IVOIRE: DES CAFOUILLAGES ET UNE PARTICIPATION FAIBLE

 

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LIBERATION.FR - Alors qu'Alassane Ouattara apparaît comme le favori, le scrutin de ce dimanche connaît des difficultés d'organisation et certains électeurs semblent avoir reçu de l'argent pour aller voter.

 

«Jamais on n’avait vu une élection aussi mal organisée en Côte d’Ivoire !» pestent les hommes assis sur les bancs du Café Emergence, une bicoque au toit en paille plantée au milieu d’un vaste terrain vague qui tient lieu de «place», à Abobo, l’un des quartiers populaires les plus densément peuplés d’Abidjan avec près de deux millions d’habitants. Ce dimanche, les Ivoiriens étaient invités à désigner leur président lors du premier scrutin organisé depuis la fin d’une longue période de conflit qui s’était achevée par une explosion de violences lors de la précédente présidentielle, fin 2010. En principe, cette fois, le scrutin de dimanche aurait dû se dérouler sans incidents, malgré les appels au boycott d’une partie de l’opposition, interdite de manifestation voire de médias depuis plusieurs semaines.

Mais à Abobo, un grand nombre de bureaux de vote n’avaient toujours pas ouvert leurs portes dimanche à midi. Comme celui abrité dans le grand lycée technique, juste en face du Café Emergence, où les hommes patientent quelque peu agacés par ces retards inexplicables. «On nous dit que certaines salles ne sont pas équipées de prise électrique pour les tablettes biométriques qui doivent enregistrer les électeurs. Ils n’auraient pas pu vérifier avant ?» s’indigne M. Koulibaly. Autour de lui, les langues claquent, signes d’une colère sourde qui n’ose encore s’exprimer totalement. «La vraie question est ailleurs», interrompt un autre homme la mine renfrognée. Comment se fait-il que dans ce lycée, construit il y a quinze ans, personne n’avait prévu de prises ?» interroge-t-il. «Tu ne sais pas ? s’amuse un autre, goguenard. Ils ont mangé l’argent !» Tous hochent encore la tête, lorsque Bakary s’exclame : «Mais c’est incompréhensible ! Le président pénalise son propre fief !»

«Seuls les idiots sont heureux»

Abobo est en effet traditionnellement une zone favorable au président sortant, Alassane Ouattara. Pendant la crise postélectorale de 2010-2011, ses habitants ont payé un lourd tribut en défendant Ouattara au péril de leurs vies, face aux partisans de son challenger, Laurent Gbagbo.

Ici, les appels au boycott des urnes, lancés par une partie de l’opposition, ne risquaient pas d’être entendus: tous les hommes présents sous le toit de paille du Café Emergence plébiscitent Ouattara. «Je l’aime, c’est un homme bien et qui bosse», confesse Bakary. Mais au fur et à mesure que l’attente s’éternise devant le bureau de vote fermé, les langues se délient : non, rien n’a changé ici depuis qu’il est au pouvoir. Au contraire, en faisant détruire manu militari des zones entières de bidonvilles, le régime a accentué la pression sur le quartier à cause de l’afflux soudain des victimes de ces «déguerpissements». «Désormais, il faut payer 30 000 francs CFA [près de 50 euros, ndlr] pour une simple chambre à peine plus grande qu’un placard», explique un chauffeur de bus au chômage. «Vous voyez la route qui passe devant le lycée technique ? signale Bakary en désignant une bande de goudron déjà abîmée. C’est la seule réalisation ici depuis son arrivée au pouvoir. Et il n’y est pour rien : elle a été financée par la coopération japonaise.»

Pour tous, néanmoins, c’est «l’entourage du Président» qui est responsable de cette indifférence au sort des plus pauvres, fussent-ils des sympathisants. «Tout va changer avec son second mandat», croit savoir un homme, qui comme tout le monde à Abidjan n’envisage même pas un second tour, pariant sur la victoire immédiate de Ouattara. «Ah bon ? Et pourquoi rien n’a été fait lors du premier mandat ?» se moque gentiment son voisin, fustigeant ces «dirigeants africains qui multiplient les promesses sans lendemain». «En Afrique, les gens intelligents souffrent parce qu’ils se posent des questions. Seuls les idiots sont heureux », conclut-il.

«Ouattara compte sur les siens»

Loin des palabres d’Abobo, à Yopougon, un autre grand quartier populaire, c’est le silence qui frappe. Les bureaux de vote sont déserts. Des assesseurs avachis sur des bancs d’école épluchent nonchalamment les listes d’électeurs avant de les diriger vers deux boîtes en carton, empilées l’une sur l’autre, qui tiennent lieu d’isoloirs. Ici, les consignes de boycott semblent avoir été bien suivies. A moins que ce ne soit cette maudite pluie qui transforme les cours d’école en lacs qui ait découragé les électeurs ? Reste que seul 55% des cartes d’électeurs ont été retirées cette semaine en Côte-d’Ivoire, malgré les nombreux appels au civisme de la commission électorale.

Et malgré le peu d’affluence, les problèmes n’ont pas épargné non plus les bureaux de Yopougon. «C’est la tablette qui déconne», explique sans détour l’assesseur d’un bureau de vote dans la zone de Sicogi 7. L’introduction des tablettes électroniques était censée assurer plus de transparence et de rapidité en enregistrant les électeurs par voie biométrique. Mais l’absence de prises électriques, ici aussi, et les bugs à répétition, ont provoqué des retards. Dans une école primaire aux murs délabrés de Sicogi 5, un tableau noir affiche la leçon du jour : «Leçon numéro 1 : être toujours ponctuel», alors que des assesseurs observent, intrigués, la fameuse tablette comme si elle allait redémarrer sous la pression de leurs regards intenses. Dehors, quelques femmes attendent patiemment de pouvoir voter, «depuis 7 heures du matin», souligne l’une d’elles, visiblement fatiguée à la mi-journée. «Ce sont des femmes dioulas, Ouattara compte sur les siens», grince Didier, un instituteur abstentionniste qui traîne devant le bureau de vote et qui se souvient encore des queues immenses qui s’étaient formées lors du précédent scrutin, en 2010.

«On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent !»

Une partie des Ivoiriens n’a jamais reconnu la victoire de Ouattara, à la sortie de la dernière crise postélectorale. Et cinq ans après, le véritable résultat des urnes de cette époque, donnant pour les uns Ouattara vainqueur et pour les autres Gbagbo, ne fait toujours pas consensus en Côte-d’Ivoire. Chaque camp maintient sa version de l’histoire. De manière presque désabusée, certains estiment aussi que «les résultats seront facilement truqués». Dans un pays où règne la méfiance et où les rumeurs gangrènent depuis longtemps les esprits, ce genre de soupçon est certainement inévitable.

Reste cette étrange scène dimanche après-midi dans l’enceinte de l’ancien siège du Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI), parti allié à celui de Ouattara au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition présidentielle. Dans la cour du bâtiment au quartier du Plateau, une foule en colère assaille un groupe d’hommes visiblement débordés. Quelle est la raison de ces clameurs qui tranchent avec le silence qui règne dans les bureaux de vote voisins, totalement désertés ? Au début, les visages se détournant à la moindre question. Puis deux hommes aux vêtements usés finissent par lâcher avec l’approbation de la foule, tout en exhibant un doigt bleu d’encre : «On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent qu’ils nous ont promis contre notre soutien !»

 

Maria Malagardis, envoyée spéciale en Côte d'Ivoire.

25 octobre 2015 à 16:13 (mis à jour à 18:13)

 

Source: LIBERATION

vendredi, 23 octobre 2015

ELECTION PRESIDENTIELLE 2015 - KOUADIO KONAN BERTIN DIT «KKB» FACE AUX ELECTEURS: VERITE, PRAGMATISME ET LUCIDITE

 

 

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L'intervention du candidat Kouadio Konan Bertin dit "KKB", le mardi 20 octobre 2015, sur les antennes de la RTI, à l'émission "Face aux Electeurs", est la seule que j'ai suivie plus de 10 minutes, de tous les passages des candidats. En réalité, c'est la seule que j'aie suivi; jusqu'au bout. Deux heures de vérité, de pragmatisme et de lucidité. Voire même de sagesse et de grandeur. Il m'a donné la force de croire que tout n'est pas encore totalement décomposé en Côte d'Ivoire et m'a empêché de désespérer totalement de ce pays. Bravo, KKB ! Ci-dessous, quelques extraits des paroles fortes de ce frère ivoirien. Bonne lecture !

 

Les paroles fortes de "KKB", à l'émission "Face aux Electeurs":

1- « Le monde entier a condamné le coup d’état au Burkina ‪‬ sauf mon pays… ».

2- « Ne faisons pas de la République de Côte d'Ivoire une base arrière de quelques malfrats qui déstabilisent des régimes autour de nous ».

3- « Le candidat des étrangers est président des ivoiriens, le candidat des ivoiriens est prisonnier à l’étranger ».

4- « Daoukro n’est pas une instance du PDCI ».

5- « Les ivoiriens du nord déchirent mes affiches, ce n’est pas ça la Côte d’Ivoire ».

6- « Je vais transformer la Côte d’Ivoire et cela est possible en 5 ans ».

7- « Président, je décide de faire passer le montant de l’allocation familiale de 2.500 F à 5.000 F CFA ».

8- « Je vais combattre toutes les formes de violences faites aux femmes ».

9- « Je vais m’y employer; il faut faire en sorte que toutes nos filles et tous nos fils aillent à l’école ».

10- « A Paris, ce sont des chinois qui ont des magasins d’Attiéké et qui vendent aux Adjoukrou ».

11- « Dans ma vision nouvelle, les jeunes gens sortis de l’école auront des points de chute ».

12- « Je veux transformer la Fête nationale en une Fête de la réconciliation ».

13- « J’adore le travail de la terre. Tout bon Baoulé naît planteur. La terre nourrit son homme ».

14- « Président, j’appliquerai les 3 stratégies: industrialisation, défiscalisation, déréglementation ».

15- « Nous devons faire de la Côte d’Ivoire un pays qui respecte les droits de l’Homme ».

16- « L’ivoirien nouveau est celui qui ne se construit pas dans le sang des autres ».

17- « Nul n’a le droit d’ôter la vie a quelqu’un à cause de ses valeurs politiques ».

18- « Le deuil n’a pas de couleur politique. Un bon ivoirien est humaniste ».

19- « Je ne veux pas participer à la mise à mort du PDCI-RDA ».

20- « Les chiffres avancés sur la croissance économique ivoirienne sont fictifs ».

21- « Depuis la mort d’Houphouët-Boigny, nous avons préféré les coups d’Etat ».

22- « Si nous devons donner une chance à la réconciliation, il faut libérer tous ceux qui sont en prison, en Côte d'Ivoire et ailleurs ».

 

Source: Facebook


Lire la vidéo

 

Konan Kouadio Bertin (KKB) à l’émission "Face aux électeurs": «Le candidat des étrangers est président des ivoiriens, le candidat des ivoiriens est prisonnier à l’étranger».

 

Très incisif, Konan Kouadio Bertin (KKB) a dénoncé mardi soir (20 octobre 2015), en direct sur le Rti, que des nordistes déchiraient ses affiches. « Les ivoiriens du nord déchirent mes affiches, ce n’est pas ça la Côte d’Ivoire » a lancé, celui qui a pris ses distance avec le Pdci de l’appel de Daoukro et qui appelle au retour de Laurent Gbagbo pour réconcilier le pays.

 

Il juge qu’il n’y aura « Pas de paix sans Gbagbo ». Selon KKB qui n’aura eu de cesse de fixer la caméra, la réconciliation est la « chose la plus simple à réaliser » mais il estime que la logique du « c’est notre tour » au pouvoir « tue la Côte d’Ivoire ».

«La Guerre se fait à deux et c’est à deux qu’on doit faire la paix » s’exprimera le candidat indépendant qui souhaite libérer tous les prisonniers politiques et d’opinion, point noir des droits de l’homme dans le pays.

« Si je suis président en une semaine je ferai rentrer tous les fils de la Côte d’Ivoire, je libèrerai tous les prisonniers politiques et d’opinion, ça empoisonne l’atmosphère, raison du non enthousiasme général qu’on constate même pour cette élection. » s’exprimera celui qui pointera du doigt l’attitude d’Alassane Ouattara face au roi de l’Indenié au sujet de l’incarcération à la Maca d’Assoa Adou.

Sur sa vision de la société, le plus jeune des candidats (47 ans, ndlr), estime que prendre les armes n’est pas un exemple, « c’est à ceux qui ont tué et éventré des femmes enceinte qu’on donne tout ».

« Le candidat de l’étranger est président en Côte d’Ivoire et le président des ivoiriens est à l’étranger », a déclaré le candidat évoquant les profits étrangers au regard du gain ivoirien, qui avouera que le jugement du président d’alors était le bon.

Au sujet de la Cei, celui qui usera à de nombreuses reprises de ses expériences de voyages à l’extérieur, estimera qu’au regard du précédent de 2010, le fait d’avoir reconduit la même équipe à la Cei, ayant selon lui, elle aussi sa part de responsabilité dans les morts de la crise, ailleurs sous d’autres cieux cette dernière aurait démissionné.

Sur les raisons de sa rupture avec la dynamique du Pdci de Bédié, KKB qui se réfèrera souvent à Houphouët tel un père spirituel, expliquera qu’il ne peut pas choisir celui qui a été le bourreau du Pdci pour compétir, « Je ne veux pas participer à la mise à mort du Pdci ».

 

Source: EBURNIE NEWS

mercredi, 21 octobre 2015

VOICI LA PLEINE PAGE DU CANDIDAT MAMADOU KOULIBALY CENSUREE PAR LE CNP

 

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Voici (ci-dessus) la pleine page du candidat Mamadou Koulibaly que le Conseil national de la presse (Cnp) a refusé d’autoriser pour l’espace dévolu au candidat de LIDER à la présidentielle de 2015 dans le média d’Etat Fraternité Matin.

Conformément à la loi (article 6 du décret 2015-620 du 9 septembre 2015) tous les candidats définitivement retenus par le Conseil constitutionnel bénéficient d’un égal accès aux organes officiels de presse écrite et audiovisuelle à compter de la date d’ouverture de la campagne électorale (9 octobre 2015). C’est dans ce cadre qu’un tirage au sort avait eu lieu au Cnp, qui avait déterminé l’ordre de parution des messages des candidats dans Fraternité Matin. La parution du Pr. Koulibaly a ainsi été programmée pour ce jour, mercredi 21 octobre 2015.

Au vu de la fraude massive mise en œuvre par le régime en place dans l’organisation du scrutin et du danger que cela implique pour les populations, encore traumatisées par la meurtrière crise post électorale de 2010, ayant (officiellement) causé plus de 3.000 morts, ainsi que d’innombrables vies humaines gâchées et familles détruites, le Pr. Mamadou Koulibaly a décidé d’axer sa campagne sur la nécessité de dire non aux élections truquées.

Les conditions démocratiques, transparentes, inclusives et équitables n’étant pas réunies pour garantir l’expression du suffrage et le calcul du consentement collectif dans notre pays, il encourage les Ivoiriens à choisir l’abstention et à ne pas se rendre dans les bureaux de vote dimanche prochain. La liste électorale qui exclut 3 millions d’électeurs ; la commission électorale inféodée au candidat Ouattara et dirigée par Youssouf Bakayoko, illégalement reconduit comme président pour un second mandat ; le bulletin de vote non conforme à la loi ; les médias de service public caporalisés qui censurent les opposants et se substituent aux institutions de la République ; les violations répétées du code électoral ; le financement opaque des partis politiques et candidats et le non désarmement des milices ne sont en effet pas de nature à permettre la tenue d’un scrutin apaisé.

Le Cnp a justifié son refus en prétextant que le candidat de LIDER devait « argumenter » les points listés dans son annonce.  « Il faut expliquer pourquoi vous dites que la liste électorale n’est pas inclusive, par exemple ». Ahurissant! D’autant que certains candidats peuvent faire paraître, sans problème et sans explications supplémentaires, des promesses virtuelles de changement ou d’émergence.

En procédant de la sorte, le Cnp sort complètement de son rôle, qui consiste à garantir le traitement égal des candidats. Une pratique généralisée dans les médias publics, puisque lundi 19 octobre, le directeur général de la radiotélévision ivoirienne (Rti), Ahmadou Bakayoko, s’est substitué au Conseil constitutionnel pour décréter le retrait du Pr. Koulibaly de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle de 2015, et pour annuler son passage prévu à l’émission en direct «Face aux électeurs».

Ceci vient étayer le constat fait par l’opinion de la panique qui a saisi le camp Ouattara face à l’ampleur du rejet des élections par les populations et qui s’est manifesté par le boycott massif du retrait des cartes d’électeurs (moins de 9% des cartes à la clôture du délai légal). Un abus de plus dans un océan de violations des lois, et des droits et libertés des citoyens et candidats. Ainsi va la Côte d’Ivoire émergente de M. Ouattara.

 

Source: LIDER-CI.ORG

mercredi, 07 octobre 2015

ELECTION PRESIDENTIELLE 2015: LE CANDIDAT ESSY AMARA REFUSE DE PARTICIPER A LA MASCARADE

 

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Pour sûr, la Côte d'Ivoire fonce allègrement vers une crise postélectorale encore plus grave que la précédente, comme cela a toujours été ma conviction, avec la réconciliation nationale à zéro, la souffrance, la misère silencieuses des Ivoiriens, le processus électoral, les conditions de l'élection gravement viciés et l'arrogance suffisante du régime actuel, qui gouverne sans vérité, sans amour ni compassion, qui préfère le béton au pansement des cœurs et l'argent à la guérison des âmes profondément meurtries de la Nation ivoirienne. Un régime qui conduit le pays en marche forcée vers le chaos. Il fallait quelqu'un pour le dire. Le seul candidat à l'élection présidentielle qui a pu exprimer, jusque dans les moindres détails, mes appréhensions et poser un acte conséquent, par la même occasion, ne serait-ce que pour interpeller les Ivoiriens et le monde entier, c'est Essy Amara. Dans une éloquente et dense déclaration, il suspend sa candidature à l'élection présidentielle du 25 octobre 2015, en l'état actuel des choses. Je n'ai vraiment pas pu m'empêcher de la publier, même si depuis un moment, la politique ivoirienne me répugne et m'oblige au silence. Je lui tire, franchement, mon chapeau. Côte d'Ivoire, tu es avertie ! Bonne lecture à tous ! Fernand Dindé.

 

Mes chers compatriotes, peuple de Côte d’Ivoire,

À moins de 72 heures de l’ouverture de la campagne officielle pour l’élection présidentielle, j’observe que les conditions du scrutin transparent et équitable que j’appelais de mes vœux ne sont toujours pas réunies.

En dépit des mises en garde incessantes sur les risques que notre pays encourt, le pouvoir est resté sourd aux revendications démocratiques de notre peuple. Il refuse notre invitation pressante au dialogue et s’enferme dans ses certitudes, dans l’arrogance et dans l’autisme.

J’ai dit à maintes reprises que les conditions d’une élection préfigurent les problèmes qu’il y aura à résoudre. Ce scrutin présidentiel ne s’annonce ni ouvert ni régulier. Si nous n’y prenons garde, nous nous acheminerons vers une crise postélectorale de plus, une crise postélectorale de trop.

Les responsables politiques de ma génération ont bâti, aux côtés du père-fondateur de la Côte d’Ivoire moderne et sous son ombre tutélaire, le crédit de stabilité de notre pays. Le président Houphouët-Boigny a constamment montré parmi nous l’exemple d’un apôtre inlassable de la paix par le dialogue. Avec lui le PDCI-RDA, notre famille politique, a appris à apaiser nos concitoyens parfois habités par une révolte sourde, par une colère froide.

J’étais membre du gouvernement de la Côte d’Ivoire en 1999, lorsque notre incapacité au dialogue a débouché sur le premier coup de force de notre Histoire. La course au développement et au bien-être engagée par notre pays a été durablement freinée par la brutalité de l’irruption d’hommes armés sur notre scène politique. Quinze ans plus tard, nous n’en sommes toujours pas remis.

Ce coup d’arrêt avait été en partie causé par les conditions d’organisation du scrutin. Depuis lors, toutes les élections présidentielles se sont soldées par des contestations violentes. Le traumatisme et les commotions des dernières élections en date sont encore palpables. Les Ivoiriens n’accepteront pas, aujourd’hui plus qu’hier, des résultats préparés d’avance dans un scrutin arrangé, une élection de convenance.

Mes chers compatriotes, je ne prendrai pas le risque, devant l’Histoire, de me présenter pour légitimer le président sortant, dans un processus dont nous avons désormais toutes les preuves qu’il est complètement à sa main. Tous les actes sont signés par lui, avec lui et pour lui, dans son antichambre. De ce point de vue comme à de nombreux autres égards, notre pays avance à reculons. Nous faisons dangereusement marche arrière à toute vitesse.

Mes chers compatriotes, rien n’est fait pour aboutir concrètement à la normalisation proclamée. La participation au financement de campagne des candidats à la présidence de la République est en principe fixée par la loi. L’annonce faite par le gouvernement d’un « financement exceptionnel », à la discrétion du candidat président, souligne une fois de plus la patrimonialisation du bien public que je dénonce sans cesse.

Le soutien de l’État à l’expression pluraliste des opinions ne doit pas être présenté comme s’il s’agissait d’une aumône. Ce n’est pas le meilleur gage de respect des électeurs ni de construction démocratique. Je vais pour ma part restituer à l’État le chèque qu’il a émis au titre du Trésor public en guise de participation à mes frais de campagne.

Peuple de Côte d’Ivoire, je ne me rendrai pas complice d’une mascarade électorale que certains de nos amis ont le bien grand tort de considérer comme une élection de consolidation du pouvoir en place. Je refuse le rôle de figurant dans une élection où les jeux sont faits, sans se préoccuper de notre désir de paix, de vraie paix, de paix juste.

Mes chers compatriotes, je ne me porterai pas caution d’une combine électorale. Les artifices de la propagande d’État supportée par nos deniers publics ne suffiront pas à masquer la fracture béante qui divise notre société et nos forces armées.

Mes chers compatriotes, nous savons tous que la majorité des Ivoiriens ne se sent pas concernée par cette élection. Le nombre très faible de nouveaux inscrits, 367 609, dix fois moins important que les prévisions annoncées par les gouvernants avant la période d’enrôlement, se passe de commentaire. Il laisse toutefois présager une abstention massive.

Au surplus, tout semble mis en place pour un passage en force. Le nombre de lieux de votes, 10 335, et le nombre de bureaux de votes, 19 841, viennent seulement d’être fixés par décret du 29 septembre 2015. Les cartes d’électeurs ne seront distribuées que du 7 au 25 octobre, jour du scrutin, c’est-à-dire à la hâte. L’identification biométrique des votants vient d’être annoncée à la dernière minute, sans être encadrée par la loi électorale. Le fichier électoral lui-même n’a subi le moindre toilettage. Il n’existe aucune garantie d’accès équitable sur toute l’étendue du territoire, pour tous les candidats ou leurs représentants. Cette situation est hautement préoccupante.

Mes chers compatriotes, l’unique façon de renouer avec l’espérance démocratique est de garantir la lisibilité du scrutin en remettant à plat l’ensemble du processus, à commencer par la Commission Électorale et la sécurisation du scrutin. Or nous n’en prenons manifestement pas le chemin. Au contraire, nous avançons à marche forcée, vers le diktat de résultats imposés.

Mes chers compatriotes, en allant à votre rencontre, j’entendais votre aspiration à voir la situation changer, j’entendais votre appel au changement démocratique. Je ne peux ni les trahir ni les ignorer.

Mes chers compatriotes, en allant à votre rencontre, j’entendais exposer vos craintes, j’entendais formuler vos incertitudes, j’entendais exprimer vos doutes sur la fiabilité de l’élection à venir. Je partage votre méfiance. Elle se justifie un peu plus chaque jour. Je refuse pour la Côte d’Ivoire et pour le commis de l’État que je suis, de me conformer au rôle d’opposant choisi pour légitimer un processus dévoyé.

En conséquence, je suspends ma participation à l’élection présidentielle d’octobre 2015 et subordonne un éventuel maintien de ma candidature à la prise en compte effective des légitimes exigences démocratiques et républicaines du peuple ivoirien.

Que vive la Côte d’Ivoire, juste, pacifique, démocratique !

 

Amara ESSY

Le 6 octobre 2015.

jeudi, 17 septembre 2015

Y A-T-IL DES GOUVERNANTS EN AFRIQUE ?

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A première vue, la question peut paraître provocatrice. Cependant, celui qui répondrait par l’affirmative aurait bien du mal à se justifier. Car être un chef, ce n’est pas endosser un titre comme on endosse un manteau ; c’est être chargé d’une fonction supposant des actions concrètes à mener ; c’est avoir la responsabilité de conduire et de protéger ses concitoyens. Et s’agissant justement des gouvernants africains, ce sont les actes qu’exigent leurs responsabilités qui nous obligent à nous demander s’ils exercent réellement leur fonction de gouvernants. Deux exemples suffisent à éclairer le lecteur quant au bien fondé de notre question. 

Depuis que la migration des populations africaines vers l’Europe a pris une dimension qui ne peut plus être qualifiée de « clandestine », compte tenu des milliers de morts qui jonchent, à intervalle régulier, la surface de la Méditerranée et les plages espagnoles et italiennes, le phénomène est devenu un sujet politique qui alimente les échanges entre les chefs d’Etats européens. Depuis les dernières semaines du mois d’août 2015, c’est même l’urgence qui est déclarée, suite à la migration jamais connue de populations blanches sur le flanc est de l’Europe avec également son cortège de morts. Toutes les digues dont l’Europe occidentale s’entourait, comme pour se protéger des guerres qu’elle entretenait hors de ses frontières, ont été rompues. Elle récolte ce qu’elle a semé, le clament certains.

Ce qui est fort étonnant, c’est de constater que dans le concert des cris d’indignations et des lamentations que les nombreux morts de la Méditerranée arrachent régulièrement aux milieux politiques et associatifs occidentaux, aucune voix africaine ne se fasse entendre. Devant les nombreux morts et les souffrances des Noirs en Méditerranée, l’Afrique reste impassible et muette. Alors que les politiques européens s’interpellent les uns les autres et se demandent ce qu’il convient de faire, aucune voix n’émane des gouvernants africains témoignant de la recherche de solution à leur niveau. Et pourtant, tout le monde sait que la prolifération du phénomène de migration a généré une véritable traite négrière dans les pays d’Afrique du nord devenus de véritables îles de Gorée !

Pourquoi donc les chefs d’Etats africains sont-ils si apathiques devant le malheur des leurs ? Mourir par centaines loin de sa terre natale est-il devenu chose si ordinaire sous le ciel d’Afrique au point de ne pas mériter une oraison funèbre, une petite larme de son pays ? 

Par ailleurs, nous assistons depuis un an ou deux à un phénomène dont l’ampleur a dépassé les frontières du pays qui l’a vu naître : la maltraitance des travailleurs domestiques au Liban. 

Depuis les années 60, bon nombre d’Africains avaient constaté que les ressortissants libanais pratiquaient ouvertement – en terre africaine – l’esclavage des jeunes filles noires à leur domicile sans qu’aucune autorité locale ne s’en inquiète. Quand ces filles accompagnaient leur maître ou leur maîtresse en Europe, cet esclavage pratiqué sous la forme de la séquestration en Afrique se doublait de la maltraitance physique sur la terre libanaise. Une domestique noire a eu le sexe brûlé au briquet ; une autre a été allègrement battue par toute la famille, une autre encore a été jetée du quatrième étage d’un immeuble. Chaque jour nous apporte son lot de maltraitances aussi indignes les unes que les autres. Les images de ces agissements inhumains diffusées par les bourreaux tournent toujours en boucle sur Internet. Les jeunes filles humiliées, blessées dans leur chair, ont parfois adressé des appels au secours sur Internet. Mais les gouvernants africains se taisent ; ils semblent ne rien voir et ne rien entendre. 

Le mutisme des autorités africaines devant les souffrances de leurs ressortissants sur les terres étrangères est d’autant plus surprenant que leurs homologues européens ne les laissent guère en paix quand il s’agit de la mort brutale d’un Blanc ou de son implication dans quelque litige ayant abouti à son arrestation ou à son emprisonnement en terre africaine. Les gouvernants européens ont-ils tort de se comporter de la sorte ? Non ! En agissant ainsi, ils se montrent dignes de leur fonction qui exige qu’ils prennent soin de tous leurs citoyens, qu’ils s’inquiètent de tout ce qui leur arrive où qu’ils soient. En d’autres termes, ce sont les gouvernants africains qui n’accomplissent pas leur devoir vis-à-vis des leurs. Ce sont eux qui se montrent indignes de toute considération aux yeux des Africains et du reste du monde.

 

Raphaël ADJOBI

 

SourceLES PAGES POLITIQUES DE RAPHAEL