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jeudi, 19 février 2015

6,2 MILLIONS D'EUROS POUR LE SILENCE DES ANCIENS PRESIDENTS SUR LE FRANC CFA: LES FRANÇAIS DECOUVRENT UN ASPECT DE LA MONNAIE NAZIE

 

 

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Nicolas Sarkozy est en colère, une fureur incommensurable, disent les journaux. Une fureur justifiée car le contrat sur le prix du silence qui lie les anciens présidents français et le gouvernement français vient d’être rompu d’une manière unilatérale par les journalistes bien instruits. Il est surtout furieux parce que des hauts dirigeants ont informé la presse de sa présence aux émirats, et surtout cette presse prétend que la république lui accorde déjà près de 2,4 millions d’euros par ans au titre d’ancien président. Voilà ce qui rend Nicolas Sarkozy en colère car il y a une confusion entre deux dotations : Une légale, qui attribue à chaque anciens président 6000 euros par mois depuis 1955 Cette dotation est toujours en vigueur aujourd’hui et s’applique à Giscard d’Estaing, J Chirac et N. Sarkozy.

La seconde dotation est, elle bien obscure, et concerne les 6,2 millions d’euros dont parle les journalistes et dont bénéficient les anciens présidents de la République. Il s’agit en fait d’une prime impériale pour leur silence par rapport au franc CFA, dont toute personne, vivant en France, ne prend la vraie dimension hautement criminelle que lorsqu’elle accède à la fonction de président de la France. Nicolas Sarkozy sait lui-même que c’est vraiment un coup tordu, car, malgré toute cette fureur, notre ex et pro-futur président de France ne peut dénoncer officiellement la violation de ce contrat de silence. Il est tenu au secret et s’enrage mais pour combien de temps ?

Les origines de cette confusion et fureur viendraient d’une information qui lève le voile petit à petit,  des deux côtés de la méditerranée, sur le franc CFA et les effets de cette monnaie nazi. En effet, après près de 30 années de bataille acharnée de quelques députés et citoyens récalcitrants, l’un de ces derniers, en l’occurrence M. Dosiere vient d’obtenir une petite victoire car le gouvernement Français vient de lui adresser le coût total des anciens présidents de la république pour l’année 2014 : 6,2 millions d’euros. Notons tout de suite que ce chiffre n’est qu’une déduction approximative, issue de tous les éléments dont disposait ce monsieur et qu’il n y a pas une ligne budgétaire officiel attribuée à cette allocation. Cette allocation n’a d’ailleurs pas une existence légale et reste totalement opaque.

Ce brave homme rapporte que les fondements de cette allocation et son financement reste totalement mystérieux, et comme Nicolas Sarkozy, sa consternation ou sa fureur s’arrête à ce niveau, laissant les Français et les autres citoyens du monde complètement médusés. Comme c’est devenu la mode au royaume de France, tout ce qui touche de près ou de loin le franc CFA, la France Afrique ou le pillage de l’Afrique est enveloppé d’une opacité dont les Français se sont à présent bien familiarisés. La réalité est que cet argent, qui sert à payer les anciens présidents, ne vient pas directement des contribuables Français, mais plutôt des revenus de la gestion du franc CFA. Ce qui ne veut pas dire que les Français ne payent pas de cette pratique digne d’une république bananière. La France est le seul pays dans le monde qui met en œuvre cette pratique, et au service des ex-présidents qui travaillent totalement à leur compte et parfois contre l’intérêt de l’état Français. Pour bien comprendre cette confusion qui entraine aussi bien la fureur de Monsieur Sarkozy que du sieur Dosiere et des Français, il faut remonter à l’origine de cette deuxième dotation opaque.

L’origine de cette dotation opaque aux anciens présidents

Les vraies raisons de cette deuxième dotation sont exactement celles qui font des présidents Africains francophones les propriétaires exclusifs du trésor public de leur pays : le Franc CFA. Tout réside dans la genèse même de cette dotation et il faut se replonger dans les années 70. A cette époque, il n’y avait dans le monde que 3 empereurs, donc deux générés par le franc CFA: Le Vraie (du Japon), le Virtuel (de la Centrafrique) et le réel (de la France). De ces trois empereurs, celui qui jouissait effectivement des pouvoirs d’un Empereur était le président Français, Valérie Giscard D’Estaing. Arrivé au pouvoir très jeune, cet homme intelligent s’est laissé aveugler par le pouvoir que lui conférait le Franc CFA.

Sachant que la France était de droite comme lui et le nombre de mandats n’étant pas limité à cette époque, il se voyait en parfait monarque qui devait régner sur la France pendant des décennies, contrairement à ses prédécesseurs qui était arrivés au pouvoir à un âge avancé.  Ses pouvoirs étaient tellement colossaux que les Africains ne remercieraient jamais assez cet homme pour leur avoir donné l’unique et le seul empereur d’Afrique de la période contemporaine.  Même Louis 14 aurait été jaloux de Bokassa 1er car la cérémonie fut grandiose. Bokassa, en bon empereur et griot Africain est d’ailleurs celui qui a décrit le mieux les faits et gestes impériaux du monarque Français. C’est de ce piédestal de la vision grandiose d’une France impériale du CFA qu’est tombé Valérie Giscard d’Estaing quand la droite a perdu le pouvoir au profit de François Mitterrand en 1981.

Le jeune président déchu a alors eu du mal à se remettre de ce retournement de situation complètement inattendu pour un empereur mais correctement possible pour un démocrate. Alors, lui qui était à l’époque le seul ancien président vivant et qui connaissait très bien les avantages du Franc CFA a alors décidé de revendiquer, comme un empereur déchu, des compensations, avec une menace sérieuse de dénoncer le Franc CFA. C’est ainsi qu’en 1985, les nouveaux arrivants, socialistes, qui avaient mis 4 ans pour prendre la mesure des richesses que procuraient le CFA à l’empire et à l’empereur français, ont alors décidé de lui garantir certaines prérogatives pour acheter son silence définitif sur le Franc CFA. Ainsi, VGE serait soutenu dans plusieurs de ses activités, allant de ses multiples élections jusqu’à la construction de Vulcania, une sorte de parc impérial pour les volcans. Le deal a bien fonctionné car Giscard d’Estaing ne s’est plus jamais exprimé sur le franc CFA et malgré l’alternance en France, le maintien de la monnaie criminogène fait l’unanimité.

Les montants réels de ce prix du silence depuis 1985 ne sont pas connus de nos jours, car les sommes sont directement déduites des intérêts du Franc CFA, un compteur sans chiffres. La somme de 6,2 millions, annoncée par René Mézière n’est qu’une indication, et seulement pour l’année 2014,  car, cette allocation qui n’a aucune base juridique, n’est pas facilement traçable. Le député de l’Aisne rappelle que cette dotation avait été réglé “sur la seule base d’une lettre personnelle” en 1985 de Laurent Fabius, alors Premier ministre, à Valéry Giscard d’Estaing. Elle n’a donc aucune existence ou base juridique.

De nos jours, il n’est pas nécessaire d’avoir une formation sur la vie des empereurs pour comprendre que le comportement des présidents Français, « Katika (Maître) » du Franc CFA, est impérial. Les journalistes Français eux-mêmes, je veux dire les quelques peu qui ont pu résister à ce tsunami de magouille du Franc CFA, qualifient d’ailleurs régulièrement leur président de monarque, a l’exemple de Médiapart ou de Marianne : Le feu président Mitterrand, de son vivant, avait déjà montré la puissance de cet empereur Français en échange de son silence sur le CFA : Les plus grands journalistes de France et Internationaux ne découvriront alors sa polygamie qu’après sa mort.

Le président Chirac est certainement celui dont la criminalité du Franc CFA, ou la monarchie aura le plus affectée. Sa déclaration, sur la nécessité que la France rembourse l’argent des Africains aux Africains, le clouera définitivement sur un fauteuil de mort politique, car dès le lendemain de sa déclaration, il a été frappé d’une maladie qui lui fait tout oublier. Son éloignement de Paris est d’ailleurs considéré comme un exil pour respecter le silence en vigueur. Le spectacle que donnent les deux derniers présidents Français avec leur vie privée ou publique, illustre bien que ces empereurs n’ont pas perdu de leur superbe. Bref, on peut utiliser tous les moyens de l’état pour gagner de l’argent dans des structures privées, tout en mettant à la disposition de ses clients, moyennant quelques pécules, les secrets de l’état.

On peut héberger une femme à l’Elysée sous aucun titre tout en organisant des courses poursuites en scooter avec les paparasis dans les rue de Paris. Ce n’est pas tout, certain candidat dans la lignée de ces monarques, candidat à la présidentielle, rêvent de remplir la fonction présidentielle en France tout en organisant des parties fines ou libertines dans les Hôtels de France et du monde. Bien entendu, ceci à l’insu des grands journalistes d’investigations qui découvrent tout a la télévision comme de simples spectateurs. C’est dire que le pouvoir que confère le franc CFA au président Français est sans limite. Et cette confusion sur les dotations aux anciens présidents, qui déclenche la fureur d’un ancien président, les frustrations d’un député ou des citoyens Français, ne lève qu’un petit coin de voile sur les méfaits de cette monnaie nazi.

La vraie morale de cette histoire c’est que toute chose, bâtit sur un socle de mensonge, de la duperie et du cynisme, finit par voler en éclat comme une maison construite sur une fondation foireuse. Ainsi des trois empereurs des années 70, centrafricain, Français et japonais des années 70, il ne demeure que le vrai empereur, celui du Japon. Au nom de cette morale, on peut parier que les deux empires générés par le Franc CFA disparaîtront également. L’empire de Centrafrique n’a pas attendu la fin du Franc CFA pour disparaitre.

Ngando

 

Source: cameroonvoice

vendredi, 13 février 2015

MARIE-THERESE A LA POURSUITE DES MILLIONS DISPARUS D'HOUPHOUET-BOIGNY

 

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Son élégance a ébloui les plus puissants. Lorsqu’elle était aux côtés de feu son mari, Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, cette « princesse baoulée » sortait du lot. « Partout où j’allais, je transcendais », dit aujourd’hui sans modestie excessive Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, 84 ans. « Et c’est d’ailleurs aussi pour ma beauté qu’il m’a choisie. »

 

Mais qu’il lui semble loin ce temps des fastes et des palais présidentiels, des dîners avec le couple impérial d’Iran, les Kennedy, les De Gaulle, les Chirac ou Senghor…« J’étais aussi la chouchou du pape Jean-Paul II », dit-elle en souriant. Loin, très loin de cette propriété perchée sur la route vicinale de Bossey (Haute-Savoie), village français à la frontière suisse, où elle vit retranchée depuis des années. Entre la télévision et la broderie, elle s’ennuie. Même la très belle vue sur Genève ne la console pas. C’est là, dans les coffres des banques, que s’est évaporée la fortune dont elle pensait hériter.

Celle qui fut surnommée la « Jackie Kennedy noire » a vu son charme immortalisé par Andy Warhol. Au bras du « Vieux », comme était appelé son mari, médecin et planteur devenu député et ministre d’Etat français avant de mener son propre pays à l’indépendance, elle fut l’icône chic et glamour du « miracle ivoirien » des années 1960 et 1970. Elle avait à peine 30 ans. Lui, le double.

 

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Marie-Thérèse Houhouët-Boigny photographiée par Andy Warhol. Crédits : Collection privée

 

Un domestique en livrée apporte le champagne. Marie-Thérèse, pétulante et à peine ridée malgré son âge, admet avoir abusé des fêtes et des tapis verts. Le président vieillissant avait d’ailleurs sollicité le sulfureux Paul Barril, ancien officier de la gendarmerie française, pour enquêter sur un Napolitain issu de la mafia qui courtisait la première dame afin de décrocher le permis d’ouvrir un casino à Abidjan. C’était au printemps 1993. Quelques mois plus tard, le 7 décembre, le « Vieux » s’éteignait. La nation ivoirienne perdait son père et Marie-Thérése Houphouët-Boigny ses millions. « Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

« Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

Dès la mort d’Houphouët-Boigny, avocats et notaires parisiens, suisses et ivoiriens ont tenté de recenser cet héritage, difficile à estimer − en tout cas l’une des plus grosses fortunes de la planète. Tout en prenant leur part, ils l’ont partagé à leurs mandants : Marie, Guillaume, François et Augustin, les quatre enfants de Khadija Racine Sow, la première femme, dont Houphouët-Boigny divorcera pour épouser vingt-deux ans plus tard, en 1952, Marie-Thérèse.

Ces héritiers, Parisiens très discrets qui vivent toujours sur la fortune de leur père, ont tout fait pour écarter la belle-mère qu’ils abhorrent. Contactés par Le Monde, ils n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Un, voire plusieurs testaments pourraient avoir été rédigés, mais aucun n’est encore apparu. Les enfants, en accord avec Henri Konan Bedié, le successeur du « Vieux », ont fait valoir l’existence d’un legs verbal. Président stratège et ô combien rusé, Houphouët-Boigny proscrivait à ses plus proches collaborateurs les notes écrites, privilégiant l’oral.

Il a en revanche rédigé en juillet 1970, à Genève, des legs particuliers concernant certains de ses biens, en faveur de Marie-Thérèse et des quatre enfants du premier mariage. « Le président m’avait remis une enveloppe avec ces trois legs à ne pas ouvrir avant sa mort, murmure la veuve dont le visage s’est refermé. Il y avait deux comptes à Genève et à Zurich, et le contenu d’un coffre chez UBS à Genève. Mais les autres ont tout pris. »

Parmi les artisans du « partage », on retrouve deux notaires parisiens : Me Paul Chardon, radié en 2003 de l’ordre de la légion d’honneur alors qu’il en portait le grade de commandeur, décédé depuis, et Me Jean-Michel Normand, qui sera plus tard interrogé sous le « régime de la garde à vue » dans l’affaire Bettencourt. Aujourd’hui à la retraite, ce dernier a également refusé de répondre à nos questions. Selon des comptes de l’étude Chardon, que Le Monde a pu consulter, plus de 2,5 millions de francs français (380 000 euros environ) d’honoraires ont été débités de la succession Houphouët-Boigny entre 1994 et 2004, ainsi qu’un million pour les frais divers, dont de nombreux voyages en Suisse.

 

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La première dame, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny en Suisse. Crédits : collection privée

 

« Le président m’avait confié qu’il avait réglé toutes les questions de succession avec le notaire français Jean-Michel Normand, poursuit l’ex-première dame. Quand je me suis présentée à son étude parisienne, il s’est excusé de me dire que j’avais perdu la tête ! »

A Bossey, les visiteurs se font rares. Parfois, Catherine Bokassa, veuve de feu l’empereur centrafricain autoproclamé, vient y bavarder entre deux rendez-vous médicaux à Genève. Le reste du temps, Marie-Thérèse s’occupe, comme elle dit. « J’ai tricoté des bonnets pour les enfants des domestiques. Il fait froid, ici, pour les Ivoiriens ».

Sentiment d’injustice

Dans le salon trône une belle commode Louis XV en marqueterie et écailles rouges, unique meuble qu’elle a pu récupérer de l’hôtel de Masseran, propriété parisienne de3 000 m2 rachetée en 1978 par Houphouët-Boigny en qualité de « planteur » – donc à titre privé – au baron Elie de Rothschild pour 60 millions de francs, réglés en espèces. La présidence ivoirienne mène actuellement des travaux dans cet hôtel particulier qu’Henri Konan Bedié était parvenu à extraire de la succession pour l’intégrer dans le patrimoine de l’Etat, sans dédommager la veuve.

Il la contraint aussi à cesser les activités de sa fondation N’Daya, pour ne pas faire de l’ombre à celle de son épouse et nouvelle première dame, Henriette Konan Bedié. « Il n’y a pas de place pour deux première dames », aurait lâché celui qui préside aujourd’hui le plus vieux parti de Côte d’Ivoire, le PDCI. Marie-Thérèse Houphouët-Boigny s’éclipse. « On ne peut pas être et avoir été », dit-elle, philosophe. La nuit est tombée sur Bossey. Au loin, les feux éclairent le jet d’eau de Genève.

 

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Le successeur à la présidence ivoirienne, Henri Konan-Bedié (second en partant de la droite) aux côtés du "Vieux" et de la "Kennedy noire". Crédits : Collection privée

 

En 1994, celle-ci s’isole d’abord quelques mois dans sa villa de Cocody, une commune huppée d’Abidjan, puis s’envole pour trois ans à Nassau, capitale des Bahamas. Le jour, elle gère une boutique d’artisanat africain et s’initie à la pêche. La nuit, elle noie sa mélancolie dans les casinos des Caraïbes. Pendant ce temps, entre Paris, Genève et Abidjan, l’héritage de son mari continue de se vider comme un sablier. Elle revient s’installer à Bossey à la fin des années 1990. Mais c’est de l’autre côté de la frontière suisse, dans la villa que possédait son mari à Cologny, la colline des milliardaires de Genève, qu’elle rêverait de poser ses valises. Une demeure occupée à l’époque par Marie Houphouët-Boigny, la cadette du premier mariage.

« Il m’ont volé vingt ans de vie. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. Tout est à régler. C’est comme si le président venait de mourir »

Près de quinze ans s’écoulent avant qu’elle se décide à agir, sur les conseils de son avocat, Me Jean-Paul Baduel et de ses derniers fidèles. Un sentiment d’injustice pousse aussi cette femme qui dit vivre principalement d’une pension de 1 700 euros versée par l’Assemblée nationale (les domestiques de Bossey, eux, sont payés par Abidjan). « Il m’ont volé vingt ans de vie, s’exclame-t-elle. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. J’en ai assez de dépendre du bon vouloir de la présidence ivoirienne pour acheter mes billets d’avion. »

Si bien qu’en septembre 2013, elle porte plainte contre X au Tribunal de grande instance de Paris pour faux et usages de faux, recel d’escroquerie et recel successoral. Dans le viseur, une escouade d’avocats et de notaires français et ivoiriens, ainsi que l’ancien directeur du protocole de son mari. Le dossier est confié à la brigade financière. L’ancienne première dame dépose aussi plainte contre UBS à Genève.

Si l’enquête en France stagne, elle devrait être entendue en février par le parquet de la République de Genève. Ces deux actions sont notamment fondées sur les legs particuliers de 1970, dont elle a une copie. Mais elle continue de croire qu’un testament plus complet existe quelque part. Peut-être au Vatican, comme le bruit en a couru en raison des liens étroits entre « Le Vieux » et le Saint-Siège. Dans une missive adressée au pape François en novembre 2014, Marie-Thérèse implore le Vatican de lui en remettre une copie, « pour qu’enfin les volontés de [son] mari soient respectées et qu’il soit mis un terme au pillage des avoirs familiaux ».

L’ex-première dame se retrouve embarquée dans une véritable guérilla judiciaire.« Tout est à régler, c’est comme si le président venait de mourir », soupire-t-elle. Elle a remporté quelques manches, notamment en prouvant que le document de séparation de biens entre elle et le « Vieux » était un faux, fabriqué à Abidjan.

Sept héritiers

Dans les documents consultés par Le Monde, un nom revient souvent, celui de Philippe Rideau, tantôt exécuteur d’un testament dont l’existence n’est pas avérée, tantôt mandataire des quatre enfants du premier mariage. C’est lui que la veuve accuse aujourd’hui d’avoir, au profit des quatre héritiers, vidé les comptes UBS et Citibank de Félix Houphouët-Boigny en Suisse et d’avoir vendu chez Sotheby’s les meubles et les tableaux qui ornaient l’Hôtel Masseran, dont trois œuvres de Bernard Buffet et une d’Auguste Renoir. Un patrimoine estimé à l’époque à7,5 millions d’euros par un commissaire-priseur.

« Vous savez nouer une cravate ? » C’est le critère étonnant que Philippe Rideau, méfiant, retient pour convenir d’un lieu de rendez-vous à Paris. A quelques enjambées de l’Elysée, ce sera le Cercle interallié, où la cravate est obligatoire. « Je n’ai aucunement touché d’argent dans cette succession que j’ai réalisée à titre gracieux », affirme d’emblée cet ancien vice-président de la banque américaine JP Morgan, désormais à la retraite. Il a néanmoins eu à répondre à l’été 2014 aux questions de la brigade financière. De 1997 à 2000, il a agi sur mandat des quatre enfants pour recenser les avoirs d’Houphouët-Boigny à l’étranger et nie avoir cherché à écarter la veuve. « Il n’y avait plus que 1,2 million de francs sur les deux comptes suisses, à répartir entre sept héritiers » , balaie-t-il. Sept pour quatre enfants, une veuve et deux enfants du second mariage adoptés et reconnus par le « Vieux ».

Pourtant, en 1999, des transferts ne sont effectués des comptes suisses que vers ceux des quatre enfants du premier mariage. Et la veuve ? Philippe Rideau rappelle le fameux legs verbal qu’il dit avoir été accepté par tous, s’agace de l’offensive de Marie-Thérèse et se prévaut d’une « mission chrétienne » pour respecter la volonté de l’ancien président : « Les quatre enfants ne souhaitaient pas profiter de cet héritage mais tout destiner à la fondation Notre-Dame de la Paix », assure-t-il.

 

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La basilique Notre-Dame de la Paix, à Yamoussoukro, le grand-œuvre de Félix Houphouët-Boigny payé avec sa fortune personnelle. Crédits : Reuters

 

Ces fonds étaient censés permettre la création d’un hôpital moderne près de la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro, le grand-œuvre de Félix Houphouët-Boigny payé avec sa fortune personnelle. Telle était la volonté du « Vieux » mais aussi de Jean-Paul II. Un projet que devait largement couvrir la recette des ventes des meubles et tableaux chez Sotheby’s à Londres et à New York pour près de 21 millions d’euros et celle des appartements, immeubles et villas dans toute la France, comme à Marnes-La-Coquette où le « Vieux » aimait à convier ses interlocuteurs français pour les discussions sensibles.

Elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. »

Il aura fallu vingt-deux ans pour que l’hôpital Saint-Joseph Moscati voie le jour dans la capitale ivoirienne. Le 14 janvier, le président Alassane Ouattara a inauguré en grande pompe cet établissement qui a coûté 22,8 millions d’euros, financés par le Vatican et le gouvernement ivoirien. Restent à trouver 4 millions d’euros pour l’équiper. Quid des fonds du « Vieux » destinés à cette réalisation ? L’avocat de la veuve, Me Jean-Paul Baduel, y voit la preuve que les fonds « ont été détournés ».

 

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Georges Ouegnin, le directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny, à droite de Marie-Thérèse. Crédits : collection privée

 

Tous les présidents de Côte d’Ivoire depuis 1993 ont dû composer avec les mystères de l’héritage du « Vieux ». Georges Ouegnin en sait quelque chose. Directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny et de tous ses successeurs, mémoire vivante de l’histoire de la Côte d’Ivoire, il est lui aussi accusé par Marie-Thérèse d’avoir accaparé des biens immobiliers à Abidjan au travers de sociétés ayant appartenu au « Vieux » et par conséquent faisant partie de la succession contestée. L’enquête de la brigade financière de Paris s'intéresse à l’immeuble « Aniaman » sis en plein cœur d'Abidjan que Georges Ouegnin a loué pour une période à la Banque africaine de développement. Joint par téléphone, il s’en défend. « J’ai été au service du président Félix Houphouet-Boigny comme commis de l’Etat durant 33 ans. Je n’ai rien à voir avec cette succession et lorsque je me regarde dans le miroir, je n’ai pas honte, je suis serein ».

Depuis qu’elle a décidé de réclamer ce qu’elle estime être son dû, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny ne se sent plus vraiment la bienvenue dans son pays. Elle s'y rend pourtant de temps à autre pour des mariages ou des enterrements, « la peur au ventre », confie son entourage. Ce soir, dans sa villa de Bossey, elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. » Son regard s’accroche à une photographie du couple, lui en smoking, elle en fourrure. « La petite Africaine modeste que j’étais a eu la chance d’avoir une vie de rêve parmi les premières dames du monde. C’était un bonus dans mon existence. J’ai aujourd’hui une vie de religieuse. Dieu en a décidé ainsi...» C’est pourtant la justice des hommes qui décidera si elle terminera sa vie à broder ou à mener grand train.

 

A suivre, sur Le Monde Afrique : l’héritage politique d’Houphouët-Boigny pèse sur la Côte d’Ivoire à six mois des élections

 

Source: LE MONDE.FR

LIBYE: KADHAFI EST MORT, VIVE TOTAL!

 

Dans la nuit du mardi au mercredi 4 fevrier 2015 un champ pétrolier conjointement exploité par TOTAL et par la compagnie nationale libyenne NOC, a été attaqué par des hommes armés à Syrte, faisant 11 morts dont 10 libyens et 1 nigériens.

Cette information n’a ému personne. Il est bien évident que tant que les droits de pomper du  pétrole par  TOTAL sont garantis, le respect des droits de l'homme en Libye  ne constituent pas une préoccupation majeure pour les pourvoyeurs d'émotions sélectives et les  champions des droits de l'homme.

Je me suis demandé que fait Total dans le chaos complet qu’est devenu la Libye de l’après Kadhafi, surtout ces derniers mois. J’ai compris pourquoi il n’y a pas de sanctions économiques contre ces groupes armées qui contrôlent la Libye, y massacrent les populations, exploitent et mettent sous coupe réglée le territoire libyen, désormais éclaté entre 4 provinces hétéroclites (Bengazi, Syrte, Tripoli, le Faisan) : une « somalisation » complète. La compagnie nationale de pétrole libyenne représente qui dans un tel contexte? Que valent les contrats et quelle est la légalité et la légitimité des opérations des compagnies pétrolières en cours dans le pays ? Peut-on être aussi cynique et fermer les yeux sur le drame des populations libyennes à ce point ?

Déjà à la veille de la chute de Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) libyen annonçait en avril 2011 sa décision « attribuant 35 % du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre conseil » : ceci représenterait une production de plus de 542 000 bb/j sur sa production journalière de 1 550 000 bb/j d’avant la guerre.

Dans le contexte de la guerre menée par l’OTAN pour tuer Kadhafi en 2011, une telle annonce pouvait apparaitre comme une contribution du groupe français à l’installation de la démocratie en Libye.

Aujourd’hui, 4 ans après, avec ce qui se passe sur le terrain en Libye on est bien loin de l’installation de la démocratie, le pays est en ruine, le semblant d’Etat qui existait sous Kadhafi est totalement délité, c’est le règne des groupes djihadistes qui se partagent le pays et rivalisent dans les exactions et les actions les plus horribles.

Alors comment comprendre que TOTAL, une entreprise « citoyenne » en France, puisse intervenir à l’aise dans un tel merdier.   

En fait, la Libye, qui recèle les plus vastes réserves de pétrole d'Afrique et 9eme dans le monde (44-46.5 milliards de barils), est déjà à elle seule la troisième source d'approvisionnement de la France, ex aequo avec la Mer du Nord (16 % du total en 2010), derrière les pays du Proche-Orient (17 %) et ceux de l'ex-URSS (32 %), selon l'Insee. La France importe plus de pétrole libyen (10,25 millions de tonnes en 2010) que de pétrole saoudien (6 millions de tonnes).

Le groupe français TOTAL, tout comme les firmes pétrolières liées à la Grande-Bretagne, avait peu à perdre et beaucoup à gagner dans la guerre en Libye ; Paris et Londres ont été les plus impliqués dans l'offensive de l'Otan en Libye.

Avant le début du conflit, le groupe français TOTAL était assez mal implanté en Libye, avec seulement deux champs fournissant une modeste production de 55 000 barils par jour (b/j) : très loin derrière l'italien Eni (244 000 b/j), les compagnies américaines (124 000 b/j), et même l'allemand BASF (100 000 b/j), d'après les chiffres du département de l'énergie américain pour 2010.

Plus généralement, l'Occident, qui est à court de nouvelles découvertes de pétrole, est dans la crainte d’une chute de la production contrôlée par les compagnies occidentales. Dès 2005, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait annoncé, pour Le Monde, un déclin de la production hors-Opep « peu après 2010 ».

La conséquence serait que les grandes compagnies pétrolières occidentales, celles que l'on a pris l'habitude d'appeler les « majors », alors même que depuis les années 70 et l'émergence de l'Opep, elles ne contrôlent plus qu'à peine un septième des réserves de la planète, perdent leur place de leaders incontestables du marché. En effet, malgré leurs capitaux fantastiques, qui les placent toujours aux tout premiers rangs des plus grandes firmes privées de la planète, les majors sont désormais des « minors », du point de vue du contrôle des réserves, face aux firmes publiques des grands pays exportateurs.

Plus le temps passera, plus la proportion des réserves de pétrole contrôlées par les pays exportateurs augmentera, tandis que la part des compagnies occidentales, elle, s'amenuisera, et cela « mécaniquement », répète Fatih Birol à l'AIE.

N’est-ce pas ici que se trouve la réponse à toutes ces guerres fomentées opportunément dans les pays abritant les plus grandes réserves d’or noir au cours des dernières décennies (Irak, Lybie, Syrie, menaces contre l’Iran, Soudan puis Sud Soudan, Côte d’Ivoire, Mali, République centrafricaine, Tchétchénie et pays d’Asie de l’ancienne URSS, menace de guerre contre la Russie elle-même, instabilité au Nigeria avec la secte BokoHaram, etc.).

La présence et les activités de TOTAL et des autres grandes firmes pétrolières occidentales en Libye finissent de nous convaincre de l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, pour lesquels en réalité ne comptent que leurs intérêts mesquins, loin des vociférations et agitations officielles se référant cyniquement à la défense de valeurs démocratiques et de respect des droits de l’homme à travers le monde.

Sous le masque de la protection des droits de l’homme et de la lutte contre le terrorisme que porte l’occident, se cache le contrôle et la protection des ressources de matières premières notamment le pétrole. La concurrence des pays émergents pousse l’occident vers un monopole de type colonial ou l’installation du chaos qui laisse la place au plus fort donc aux pays qui interviennent par la force au non de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme.

En Afrique de l’ouest, outre le Nigeria, cinq États de la région sont actuellement producteurs de pétrole : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Mauritanie et le Niger. Tandis que les dix autres États sont encore au stade de l’exploration. En termes de réserves avérées, l’Afrique de l’Ouest affiche des proportions identiques à celles de la production : elles s’élèveraient à près de 40 milliards de barils (en 2012), soit environ 30 % des réserves totales de l’Afrique.

S’agissant tout particulièrement du Nord Mali, là d’où est partie la guerre et où persistent les principales tensions, même si cette région contribue très peu – à l’heure actuelle – au PIB du pays, le sous-sol des régions de Gao, Kidal et Tombouctou suscite beaucoup d’espoir : 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Un contexte qui pourrait  expliquer en partie la situation actuelle  et qui pourrait justifier  les velléités de partition du pays.

Quoi  qu’il en soit, 4 bassins principaux ont été identifiés dans cette zone : Tamesna (à cheval entre le Mali et le Niger), Taoudeni (qui couvre également une partie de l’Algérie et de la Mauritanie), le graben de Gao et le rift de Nara (vers Mopti). Le pyromane Barkhane a bien de l’avenir surtout que le pompier est déjà opérationnel : cette zone se situe dans le prolongement de la poudrière libyenne et aux confins de la région convoitée par Boko Haram.

Quand est-ce que les élites et les peuples africains vont-ils comprendre ce fait pour savoir la force que représentent les richesses du continent et prendre conscience de la nécessité de les exploiter pour le développement de nos populations tout en rejetant l’hypocrisie de l’occident et ses prétextes fallacieux pour intervenir dans nos pays.

 

Par Jean Charles TIEMELE, Expert Economiste Financier.

vendredi, 16 janvier 2015

CHARLIE HEBDO: LES INCOHERENCES DE L'ATTAQUE. MEDIA-MENSONGE?

 

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Les événements liés au massacre dans les locaux de Charlie Hebdo ont laissé la France sous le choc. Depuis peu, une véritable chasse à l’homme a démarré afin d’intercepter les suspects en fuite.

Plusieurs détails troublants concernant cette affaire ne font que surgir, prouvant que “l’attentatne serait qu'une géante mascarade.

Tout d’abord, il s’agirait d’une carte d’identité qui aurait mis les enquêteurs sur la piste des deux premiers auteurs présumés : Said et Chérif Kouachi. La carte d’identité aurait été oubliée dans la première voiture qui aurait permis aux coupables de prendre la fuite. Difficile de reconnaître la véracité des faits. En effet, comment les deux frères, en vue de réaliser un drame d’une telle importance, aurait pu décider sur un coup de tête de laisser une preuve pouvant révéler leur identité ? Pour laisser ses coordonnées au propriétaire de la voiture en vue de faire un constat à l’amiable ?

Maintenant, zoom sur le policier sauvagement abattu sur le trottoir : étrange, on ne voit aucune trace de sang !
De plus, il suffit de regarder la photo pour s’apercevoir que le “terroriste” n’a pas tiré sur la tête. Si cela avait été le cas, la scène aurait été un véritable carnage !
Par ailleurs, on ne constate pas le moindre mouvement de corps de la part du policier, ni de recul au niveau de l’arme à feu.

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Encore des détails inexplicables : comment se fait-il que la chaîne de télévision d’infos israélienne i24news (propriété de Patrick Drahi et basée près de Tel Aviv) ait mis en avant les origines franco-algérienne des présumés coupables 5 heures avant que les médias français n’aient été capable de le faire ?

Enfin, l’attentat aurait début sur les coups de 11h50. Est-il normal, qu’en à peine 3 minutes, le journal 20 Minutes soit déjà au courant de l’affaire ? Et voilà que la chaîne i-Télé est déjà sur place, soit 10 minutes après le meurtre.
Par ailleurs, les journalistes ont même eu le temps de se faufiler par les toits afin de filmer, dont l’un équipé d’un gilet par balles. Savait-il ce qui allait se passer ?

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Ces indices prouveraient-ils une fois de plus, que le scénario de Charlie Hebdo était bel et bien prémédité ?

D’autres incohérences feront bien surface, histoire de comprendre le fort poids de la manipulation des médias poubelles.

 

Source: HALALBOOK.FR

jeudi, 15 janvier 2015

LA FARCE DE LA «LIBERTE D'EXPRESSION»

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Lors d’une allocution depuis le perron de l’Élysée, suite à la terreur meurtrière de cette semaine en France, l’ancien président Nicolas Sarkozy a condamné ces violences, les qualifiant d’« attaques contre la civilisation ». Les paroles solennelles de Sarkozy le faisaient apparaître – bronzé, bien coiffé et bien habillé – comme la personnification du « monde civilisé ». Une singulière modification d’image, pour un politicien embourbé dans des allégations de malversations et de corruption, ainsi que de crimes de guerre.

Sarkozy n’était pas aussi préoccupé par la « civilisation » quand lui et ses alliés britanniques ont lancé la campagne de bombardements de l’OTAN contre la Libye en mars 2011, en violation flagrante du mandat de l’ONU. Ces attaques, qui durèrent sept mois, débouchèrent sur le meurtre de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi – dont, par le passé, Sarkozy avait volontiers accepté en secret les donations pour ses campagnes électorales, avant de lui planter un couteau dans le dos. Cette guerre éclair de l’OTAN menée par la France contre la Libye eut pour effet de renverser un gouvernement constitutionnel, et amena à la destruction de l’une des nations d’Afrique les plus développées au plan économique.

La Libye a été ravalée au rang d’État en faillite ; elle est désormais sous l’emprise de milices extrémistes Takfiri et de seigneurs de guerres tribaux qui partagent la même idéologie que les réseaux terroristes de l’Etat islamique (ISIS ou EIIL – NdT) qui détruisent actuellement l’Irak et la Syrie. C’est la même idéologie que celle des auteurs des attentats à Paris cette semaine, qui ont tué plus d’une douzaine de personnes.

La préoccupation de Sarkozy au sujet des « attaques contre la civilisation » est donc tout à fait justifiée, mais vous ne verrez pas les choses présentées de cette façon dans les médias occidentaux sous contrôle: les forces extrémistes qu’il a contribué à déchaîner par le renversement illégal de l’État libyen ont maintenant frappé son propre peuple dans la capitale de sa République. Une des présumées valeurs fondamentales de la civilisation occidentale qui aurait été profanée cette semaine est la « liberté de parole » ou « liberté d’expression ».

Sarkozy a condamné cet assaut meurtrier contre le magazine satirique basé à Paris, Charlie Hebdo, le qualifiant de guerre faite « à nos valeurs » et a été rejoint en cela par de nombreuses personnalités politiques occidentales, du président Barack Obama au premier ministre David Cameron. Or, ce journal avait par le passé rendu furieux des millions de musulmans dans le monde entier en publiant des images profanant le Prophète Mohammad. C’est ce qui semble avoir servi de motif aux meurtriers qui, alors qu’ils s’enfuyaient de la scène du crime à Paris, ont crié : « Le prophète a été vengé. »

Le président français François Hollande a élevé les journalistes et dessinateurs abattus, au rang de « héros » morts au nom du noble principe de la liberté d’expression. Mais comme d’autres valeurs présumées du monde occidental des« droits de l’Homme», la liberté d’expression est un principe très surfait – dans le sens où les gouvernements occidentaux et leurs institutions, tout comme les médias contrôlés par les grandes corporations, invoquent ce principe comme une marque idéologique d’honneur qui les distingue et les rend supérieurs aux autres.

En pratique pourtant, ces valeurs occidentales ne sont rien d’autre que des chimères. Ce sont des slogans vides auxquels on fait profession d’adhérer, de façon vaniteuse et fourbe, dans des buts de propagande. A quels droits de l’homme, à quel respect des lois, Sarkozy, Cameron et Obama ont-ils adhéré lorsqu’ils supervisaient l’anéantissement de la Libye ? Ou lorsqu’ils tentent encore aujourd’hui de détruire secrètement la Syrie et l’Irak (malgré les déclarations tardives des Occidentaux disant qu’ils combattent les réseaux terroristes qu’ils ont eux-mêmes créés, en premier lieu pour renverser le régime syrien) ?

Quand les gouvernements occidentaux défendent la liberté d’expression, c’est surtout par opportunisme et pour en tirer un bénéfice politique. Il ne s’agit pas du tout de morale universelle, comme ils le prétendent. Et, sans craindre le ridicule, ils avancent des mensonges éhontés pour prouver le contraire, comme à leur habitude.

Une publication satirique française peut avoir été autorisée à dénigrer l’Islam mais il ne lui aurait jamais été permis de condamner le sionisme et tous ses crimes parfaitement établis. Il est peu probable que le journal en question publie des caricatures de Sarkozy, Obama ou Cameron, avec des explosifs ficelés sur la tête ou larguant des bombes sur la Libye. Même si cette dernière idée n’a rien de satirique et reflète purement et simplement la réalité d’actes criminels.

La « liberté d’expression » à l’occidentale n’est donc que la liberté pour le pouvoir en place d’avilir et de diaboliser n’importe qui, quand l’intérêt politique de l’Occident l’exige. Quand la liberté d’expression s’attaque de façon légitime aux intérêts de l’Occident, lorsqu’elle met en évidence son hypocrisie et ses malversations, alors elle cesse d’être un « principe universel ». La censure implacable prend force de loi.

Le comique français Dieudonné, par exemple, a été interdit de représentation publique (*) par le gouvernement français en raison de son geste moqueur du bras, connu comme la « quenelle ». Ce geste peut être interprété de plusieurs manières, de la vulgaire insulte personnelle à l’outrage dérisoire envers les classes dirigeantes. Les autorités françaises prétendent que ce signe est « antisémite » représentant un salut nazi inversé. Dieudonné dément cela et dit au contraire qu’il s’agit d’un geste antisioniste et « anti-establishment ».

Le gouvernement de Londres a interdit au comédien de se rendre en Grande-Bretagne en raison de ses parodies politiques. Son ami, le joueur de football professionnel Nicolas Anelka, a été empêché de jouer en Angleterre et a dû payer une amende de près de 100 000 € pour avoir fait la quenelle après avoir marqué un but.

Presque un an avant le massacre de Charlie Hebdo cette semaine à Paris, le président français François Hollande a indiqué qu’il n’y aurait aucune tolérance pour Dieudonné ou qui que ce soit d’autre faisant la quenelle. « Nous agirons, nous combattrons les sarcasmes de ceux qui prétendent être des humoristes, mais sont en réalité des antisémites professionnels », a dit Hollande. Mais attendez une minute. Il s’agit de ce que la classe dirigeante française considère être le sens de la quenelle de Dieudonné. Sur la base de leurs préjugés, l’artiste, et quiconque fait ce geste en public, est passible de poursuites. Ce n’est pas de la simple censure ; c’est de la persécution, par l’Etat, pour délit d’opinion.

Manifestement, il est tout à fait admissible d’insulter l’islam conformément à l’usage sélectif qui est fait de la liberté d’expression en Occident parce que cela sert le programme politique de diabolisation des pays musulmans ; ce qui autorise l’Occident à les attaquer avec des avions de combat ou des mercenaires terroristes secrets. Mais il n’est pas acceptable de caricaturer le sionisme ou les classes dominantes occidentales.

Il y a une autre pierre angulaire révélatrice dont il faut tenir compte. Pourquoi Press TV, la chaîne d’information iranienne en langue anglaise, est-elle exclue de la diffusion britannique terrestre et par satellite? Pourquoi la chaîne basée en Iran est-elle interdite dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord ? Où est la liberté d’expression occidentale dans ce cas ? Quel est le problème ?

Press TV n’est pas tolérée. Elle est interdite. Elle est interdite parce que la vérité du terrorisme d’Etat occidental, tel qu’il est pratiqué par Sarkozy, Hollande, Obama , Cameron, et leurs semblables, est trop lourde à assumer dans la mesure où elle pourrait éveiller les consciences et conférer du pouvoir à l’opinion publique.

La vérité du terrorisme d’Etat financé par l’Occident, tel qu’il est pratiqué par le régime génocidaire israélien, est trop difficile à assumer pour être débattue publiquement; toute critique est rejetée au nom du « devoir de mémoire », sous le prétexte fallacieux de l’« antisémitisme ». Le fait que les dirigeants occidentaux devraient être poursuivis pour crimes de guerre est trop difficile à assumer. Tous ces points de vue, aussi intellectuellement rigoureux, moralement scrupuleux et légalement étayés soient-ils, doivent être censurés, et ceux qui les défendent doivent être harcelés et mis à l’isolement.

La liberté d’expression occidentale n’est rien d’autre que le petit jeu cynique des puissants dans le but de préserver leurs positions de pouvoir illégales.

Un journal satirique encensé par des criminels de guerre occidentaux pour sa « liberté » de déshumaniser les musulmans est salué pour son « héroïsme » ? Et au même moment, une chaîne de télévision diffusant des informations sérieuses, comme Press TV, est interdite. C’est une bande dessinée grotesque.

 

Par Finian Cunningham | 10 janvier 2015 | Dissidentvoice.org

 

Traduit par Diane Gilliard, Chris et Christophe pour Il fatto quotidiano.fr et Arret sur info.ch.

(*) En réalité, c’est un spectacle en particulier de Dieudonné qui a été interdit de représentation publique, pas le comique lui-même

Finian Cunninghamdiplômé en chimie agricole, a travaillé comme rédacteur scientifique pour la Royal Society of Chemistry, à Cambridge en Angl.eterre; puis comme journaliste durant 20 ans au The Mirror, Irish Times et The Independent. Il est aussi musicien et auteur de chansons. Originaire de Belfast, en Irlande, il vit aujourd’hui en Afrique de l’Est et travaille comme chroniqueur indépendant pour Press TV et Strategic Culture Foundation.

 

Source: ARRET SUR INFO

02:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, france, la farce de la «liberté d'expression», attaque terroriste de charlie hebdo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 14 janvier 2015

SELON McCLATCHY, MOHAMMED MEHRA ET LES FRERES KOUACHI SERAIENT LIES AUX SERVICES SECRETS FRANÇAIS

 

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Le quotidien états-unien McClatchy annonce que les Frères Kouachi et Mohammed Mehra ont été recrutés par l’artificier du sous-groupe Khorasan d’Al-Qaïda.

L’année dernière, le même journal avait révélé l’existence du Français David Drugeon (photo) et son rôle au sein d’al-Qaïda en Syrie. Il avait prétendu que le jeune homme était un membre des services secrets français. Puis, le Pentagone avait confirmé le considérer comme une cible prioritaire. Le ministère français de la Défense avait alors vivement infirmé que Drugeon ait jamais travaillé pour lui.

Le 6 novembre 2014, Fox News annonçait que David Drugeon avait été tué par un drone états-unien à Sarmada (Syrie). La chaîne réitérait l’accusation selon laquelle il travaillait pour les services secrets français.

Dans un article de son correspondant en Irak, Mitchell Prothero, McClatchy analyse les images et vidéos de la tuerie de Charlie Hebdo. Il conclue que les Frères Kouachi ont probablement eu une expérience de guerre ou ont au moins reçu une formation militaire. L’article renouvelle l’accusation de l’appartenance de David Drugeon aux services secrets français. Il laisse entendre une possible responsabilité des services secrets français dans les affaires Mehra et Kouachi.

Cet article figurait dans la revue de presse interne du Pentagone, datée du 8 janvier. voltaire.net.org

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

SELON PAUL CRAIG ROBERTS, LES ATTAQUES TERRORISTES A PARIS ONT ETE CONÇUES PAR LA CIA

 

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A former White House official says the terrorist attack that killed 12 people on Wednesday in Paris was a false flag operation “designed to shore up France’s vassal status to Washington.”

 

Dr. Paul Craig Roberts, who was Assistant Secretary of the Treasury in the Reagan Administration and associate editor of the Wall Street Journal, made the remarks in an article published on Thursday.“The suspects can be both guilty and patsies. Just remember all the terrorist plots created by the FBI that served to make the terrorism threat real to Americans,” he wrote.He said that the French economy is suffering from the US-imposed sanctions against Russia. “Shipyards are impacted from being unable to deliver Russian orders due to France’s vassalage status to Washington, and other aspects of the French economy are being adversely impacted by sanctions that Washington forced its NATO puppet states to apply to Russia.”

Dr. Roberts stated that French President Francois Hollande this week said that the sanctions against Russia should end. “This is too much foreign policy independence on France’s part for Washington.”He added that the CIA has apparently resurrected a policy that it followed against Europeans during the post-WW II era when the US spy agency would carry out attacks in European states and blame them on communist groups.

Dr. Roberts said now the US agencies have planned false flag operations in Europe to create hatred against Muslims and bring European countries under Washington’s sphere of influence.He noted that “the attack on Charlie Hebdo was an inside job and that people identified by NSA as hostile to the Western wars against Muslims are going to be framed for an inside job designed to pull France firmly back under Washington’s thumb.”The widely read columnist stated that the US “government tells Americans whatever story the government puts together and sits and laughs at the gullibility of the public.”GJH/GJH
pressTV.ir


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Puis la traduction faite par Sam La Touch sur son Blog, repris par cameroonvoice:

Selon Paul Craig Roberts, les attaques terroristes à Paris ont été conçues par la CIA pour renforcer le statut de vassal de la France envers les Etats-Unis.

 

Un ancien officiel de la Maison Blanche a déclaré que l'attaque terroriste qui a tué 12 personnes, ce mercredi à Paris était une opération sous fausse bannière "conçu pour consolider l'état de vassal de la France envers Washington." Le Dr Paul Craig Roberts, qui a été secrétaire adjoint au Trésor dans l'administration Reagan et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, a fait ces remarques dans un article publié jeudi.

"Les suspects peuvent être à la fois coupable et pigeons. Rappelez-vous tous les complots terroristes créés par le FBI qui ont servi à faire en sorte que le terrorisme devienne une menace réelle pour les Etatsuniens", écrit-il.

Il a dit que l'économie française souffre des sanctions US imposées contre la Russie. "Suite à la commande russe, les Mistral français ne peuvent être livrés en raison de l'état de vassalité de la France envers Washington, et d'autres aspects de l'économie française sont négativement impactés par les sanctions que les États marionnettes de l'OTAN ont été obligés d'appliquer à la Russie, à la demande expresse des Etats-Unis."

Le Dr Roberts a déclaré que le président français François Hollande avait déclaré cette semaine que les sanctions contre la Russie devaient se terminer. "Pour Washington, c'est trop d'indépendance de la politique étrangère de la part de la France."

Il a ajouté que la CIA a apparemment ressuscité une politique qui a été menée contre les Européens pendant l'ère post-Seconde Guerre mondiale lorsque l'agence d'espionnage US menait des attaques dans les Etats européens pour les attribuer aux groupes communistes.

Le Dr Roberts a déclaré que ces opérations sous fausses bannières étaient prévues par les services étatsuniens en Europe pour créer la haine contre les musulmans et amener les pays européens sous la sphère d'influence de Washington.

Il a noté que "l'attaque de Charlie Hebdo était un travail intérieur et que les gens identifiés par la NSA comme hostile à la guerre occidentale contre les musulmans vont être encadrés pour un travail intérieur conçu pour amener fermement la France sous la coupe de Washington."

Le chroniqueur a déclaré que le "gouvernement US sert aux Etatsuniens n'importe quelle histoire qu'il organise en sous-main et se rit de la crédulité du public." Article originel : Paris attack designed to shore up France's vassal status: Roberts (Press TV).

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 10 novembre 2014

BURKINA FASO: «UN PEUPLE EN ETAT DE REVOLUTION EST INVINCIBLE!»

 

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Célébration populaire suite au départ de l’ancien président (Burkina Faso, 31/10/14, AFP / Issouf Sanog)

 

Le mot, si juste et de grande vérité, est de Maximin Isnard, député girondin et régicide, génie violent, orageux, incompressible (Charles Nodier) et l’un des plus grands tribuns, sous la Révolution française.

 J’étais à Dakar, le 23 juin 2011, témoin oculaire, lorsque, dans une immense clameur de protestation, refusant le projet de modification de la Constitution, le peuple sénégalais s’emparait de la rue et incendiait les bâtiments publics. J’étais avec mon ami Jean-Pierre Pierre-Bloch, grand soutien du mouvement « Y’en a marre », m’avoua-t-il. Le président de la République, Abdoulaye Wade, avocat de métier mais oublieux du droit fondamental, fut ainsi contraint d’abolir son projet d’éternité au pouvoir. Moins d’un an plus tard, le 25 mars 2012, il perdait les élections présidentielles. Comme Jean-Pierre Pierre-Bloch me l’avait prédit.

Les gouvernements, dit Hegel, ne tirent jamais les leçons de l’histoire. En effet, à quelques nuances près, c’est le schéma sénégalais du 23 juin 2011 qui vient d’avoir lieu au Burkina Faso, avec la fuite précipitée de Blaise Compaoré, inébranlable disait-on, au pouvoir depuis 27 ans et quasi déterminé à s’éterniser en modifiant l’article 37 de la Constitution.

Le temps, selon Saint Augustin, est une distorsion de l’âme au sens où le passé est déterminé par la mémoire, le présent par l’attention et le futur par l’attente. Certes. Mais la volonté d’étirer le temps contre toute raison, c’est-à-dire indéfiniment, est une forte maladie de l’âme, une fièvre brûlante de l’esprit. À cet égard, il est insupportable et tout à fait incompréhensible qu’un nombre significatif de présidents africains n’envisagent le pouvoir que comme éternité. Étrange conception du temps et ridicule « conatus » ! Bien évidemment, il ne s’agit que de fausse éternité. Car tout Présidence absolue est une « vanité », qui finit toujours comme un « fétu de paille » emporté par les vents.

Nous ne cessons de le dire, les crises africaines tiennent, en grande partie, au système présidentiel hérité de la colonisation. Le remède à ce mal, c’est le régime parlementaire. C’est ce qui prévaut au Cap Vert, où les prérogatives essentielles sont entre les mains du Premier ministre qui tire sa légitimité du Parlement et sa force du suffrage législatif. En Afrique, le régime parlementaire est un des facteurs déterminants de la bonne gouvernance et source du développement. L’Afrique ne s’en sortira que si y prédomine le système parlementaire.

En attendant cela, demandons-nous comment finissent les pouvoirs « éternels ». Toujours subitement, l’espace d’un ouragan urbain et/ou d’un éclair rural. Un hurlement de colère populaire longtemps contenu, et tout leur pouvoir s’effondre. La fuite est alors le salut. Celle de Zine el Abidine Ben Ali, ex-président de la Tunisie, le 14 janvier 2011, est un modèle du genre dans tout ce qu’une fuite a de burlesque : une échappée aérienne tournant au périple. Celle d’Amadou Toumani Touré, ex-président du Mali, le 22 mars 2012, est hilarante : une fuite à dos d’homme. Qui ne se souvient de la fuite de Mobutu Sese Seko, quittant Kinshasa avec un long convoi de véhicules roulant à vive allure, le 16 mai 1997, pour se rendre à Gbadolite et, de là, au Togo puis au Maroc où il décèdera. Cette fuite contraste singulièrement avec sa prise de pouvoir le 24 novembre 1965.

Patrice Lumumba a su mourir, fier et digne. Amilcar Cabral n’a pas tremblé, à l’instant de son assassinat. Thomas Sankara préméditait sa mort et taquinait son épouse en l’appelant « ma veuve ». Les héros ne fuient pas l’ultime échéance. Pour eux, comme l’enseigne les Stoïciens, la mort est un croquemitaine. Savoir mourir, c’est que ne savent pas les despotes. La crainte qu’ils inspirent a pour corollaire la fuite, dès lors que les vents tournent. Mais pour « tomber » telle une « douille vide », il faut que le dictat du président-éternel ait déjà perdu toute sa substance, à savoir la crainte qu’il suscite (la crainte est, selon Montesquieu, le principe du despotisme) et qu’il se soit vidé de son sens, c’est-à-dire la croissance (économique) et l’unité (nationale), motifs pour lesquels leur despotisme était toléré.

Dans son 18 Brumaire, Marx a admirablement décrit la dialectique des événements qui, en France, a conduit au fameux coup d’état de Louis Napoléon. L’ouvrage, de facture hégélienne, saisit sur le vif l’enchevêtrement des faits de l’actualité et est un modèle d’analyse. S’agissant du Burkina Faso, la chute de Blaise Compaoré apparaît comme le résultat d’une dialectique entre six facteurs principaux qui se classent en deux types de causes, externes et internes. Dans le registre des causes internes, il y a trois facteurs. Le premier est le péché originel du régime Compaoré : le coup d’état du 15 octobre 1987 qui verra l’assassinat du charismatique Thomas Sankara, assassinat aggravé par une suite d’atroces guerres civiles (Sierra Léone, Libéria, etc.), de coups d’État, de déstabilisations et de meurtres, dont celui du journaliste d’investigation Norbert Zongo (13 décembre 1998) à propos duquel François Compaoré, le frère du Président, est soupçonné être le commanditaire. Ces grands assassinats, qui scandent la vie politique du Burkina Faso (post-sankariste), ont hanté les consciences au-delà même du Burkina Faso. Je me souviens encore du récit détaillé que me fit João-Bernardino Vieira, ancien président de la République de Guinée-Bissau, de l’accueil fort hostile que les Présidents africains réservèrent à Blaise Compaoré lors de sa première participation à une rencontre de chefs d’États. C’est João-Bernardino Vieira qui, pour décrisper l’atmosphère pesante, prit Blaise Compaoré par la main, et calmant ses pairs, l’amena leur dire bonjour. Et, profitant de la bonne volonté de João-Bernardino Vieira, Blaise Compaoré formula sa demande d’effectuer sa première visite officielle en Guinée-Bissau, et ce pour amorcer la reconnaissance de son régime. João-Bernardino Vieira estima qu’il ne fut pas payé de gratitude, lorsqu’il découvrit, me dit-il, que Blaise Compaoré était impliqué dans le coup d’État qui le renversera en 1998.

En tous les cas, nul ne comprend le vieux ressentiment à l’encontre de Blaise Compaoré, un sentiment encore très vif aujourd’hui, sans le rappel de tels faits et situations. Ce péché originel (assassinat de Th. Sankara) et son implication (supposée ou réelle) dans certains drames en Afrique de l’ouest, le suivront jusqu’à son renversement. Le deuxième facteur, classique celui-là, relève de l’usure normale du pouvoir, par le double effet de la longue durée au pouvoir et la concentration de l’autorité publique entre les mains de Blaise Compaoré. C’est ce qu’exprime la tranche d’âge des 15 – 30 ans, cœur de la jeunesse burkinabé, lorsqu’elle clame n’avoir connu d’autre Président que lui, exprimant, en creux, l’exigence démocratique d’alternance. Le troisième facteur concerne la gestion de la chose publique, telle que profondément détériorée par le népotisme, la corruption, la mauvaise gouvernance, la gabegie, la non-redistribution des richesses du PIB dont la croissance annuelle à 7% ne profitait qu’à quelques familles. Cette croissance-là n’a aucun sens.

Au fil des ans, ces trois facteurs (assassinats politiques et déstabilisations des voisins, usure du pouvoir et mauvaise gouvernance) sont devenus d’autant moins acceptables que Blaise Compaoré avait perdu de son aura à l’étranger (retrait de Jacques Chirac de la vie politique) et son influence géopolitique avait quasiment disparue. En effet, avec l’entrée en guerre directe de la France au Mali contre la menace djihadiste (Opération Serval, 11 janvier 2013), avec la fin du régime du Guide libyen, avec la reprise en main par Alger des pourparlers entre l’État malien et les autonomistes du nord Mali, avec l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré, affaibli en matière de politique étrangère, n’offrait plus d’utilité historique. Car, le réchauffement des liens entre la France et l’Algérie, après la victoire de François Hollande aux présidentielles de mai 2012, les deux pays se sont répartis les grands rôles en Afrique de l’ouest : pour la France, les épreuves de guerre, pour l’Algérie, les tâches diplomatiques, notamment dans la grave crise malienne. Ainsi les « Accords de Ouagadougou », devenues obsolètes et caduques, ont-ils été relégués et supplantés, de facto, par les « pourparlers d’Alger ». Dans cette division du travail militaro-diplomatique, il ne faut pas oublier que les initiatives économiques ont été dévolues au Maroc. C’est parce qu’il n’a pas saisi cette division du travail que Blaise Compaoré n’a pas compris la subtilité de l’avertissement épistolaire que lui avait adressée François Hollande le 7 octobre dernier . La « porte de sortie » que le Président français lui proposait, en relation à la crise malienne, cela signifie qu’il devait impérativement quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat, sinon…

Bref, c’est la conjugaison de ces trois causes internes et de ces trois causes externes mentionnées, et dont le peule et l’opposition burkinabés avaient une claire conscience, qui a fait « tomber » si facilement, trop rapidement Blaise Compaoré. L’Histoire, ne l’oublions pas, est un tribunal implacable. Le destin, dit Hegel, c’est la conscience de soi comme étant son propre adversaire. En n’écoutant que lui-même, Blaise Compaoré s’est fait l’auteur de son propre destin : la fuite.

Mais ce destin était prévisible. Il n’était point besoin d’être grand clerc pour l’apercevoir. Ainsi, le 30 septembre dernier, échangeant quelques considérations politiques sur la situation de son pays avec un jeune Burkinabé, dont les termes sont en partie rapportés ci-dessous :
-    L. : « Il [Blaise] reprend ainsi l’initiative et inhibe un soulèvement.
-    PFT : Oui. Mais je ne crois pas que l’opposition se fasse enfarinée.
-    L. : La révision des constitutions est à l’ordre du jour.
-    PFT : Oui, je suis un peu cela. Mais à mon avis les choses vont se compliquer pour les révisions. C’est la rue qui décidera, en dernier ressort. »

Les pays africains, dussions-nous le répéter, s’ils veulent se développer et créer de véritables nations n’ont d’autre choix que le système parlementaire. L’Armée n’est pas une issue, y compris au Burkina Faso. Telle est la grande leçon que nous devons tirer de la chute de Blaise Compaoré, si tant est qu’on puisse tirer des leçons de l’histoire. Tout le pouvoir au Parlement.

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Maximin Isnard (D.R)

Car un vieux souvenir français habite le Burkina Faso : « un peuple en état de révolution est invincible  ».

 

Par , le Lundi 10 novembre 2014

 
Source: PFTAVARES.FR

dimanche, 09 novembre 2014

COMPROMISE PAR SON SOUTIEN A COMPAORE, LA FRANCE DOIT TIRER LES LEÇONS DE LA REVOLTE BURKINABE

 

BURKINA FASO. CHUTE DE BLAISE COMPAORE.jpg

 

Une semaine après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, des zones d’ombre commencent à se dissiper sur le rôle de protection du régime joué jusqu’au bout par la diplomatie française, fidèle à sa tradition françafricaine et une nouvelle fois à contre-pied de l’Histoire. Ce soutien est allé jusqu’à l’exfiltration de Blaise Compaoré, le soustrayant de fait à la justice de son pays.

Après avoir longtemps qualifié les relations franco-bukinabè d’"excellentes" (à l’instar de Laurent Fabius, en visite à Ouagadougou le 27 juillet 2012), la France n’a pris que très tard la mesure du mouvement de fond à l’œuvre depuis des mois au sein de la société civile burkinabè.

Dans une lettre à Compaoré datée du 7 octobre 2014, François Hollande se contentait de proposer comme solution de sortie un poste dans une organisation internationale (probablement l’Organisation Internationale de la Francophonie) à un président burkinabè toujours considéré comme "fréquentable" quelques jours avant sa sortie précipitée. Le parallèle avec la chute du tunisien Ben Ali, en janvier 2011, montre combien la France n’a pas su tirer les leçons de ses erreurs et continue à s’enfermer dans le soutien à des régimes dictatoriaux au nom de la "stabilité".

L’embarras et les compromissions de la diplomatie française ont été manifestes dans les jours précédant et suivant la chute du despote avec les postures embarrassées d’un ministre des Affaires étrangères français se contentant dans un premier temps d’un pusillanime appel au calme et à la protection des ressortissants, et de personnalités politiques telles que le député socialiste François Loncle, défendant en pleine crise le bilan du dictateur burkinabè face aux médias.

Auparavant, l’ambassadeur de France au Burkina, militaire de carrière comme son prédécesseur, s’était invité dans plusieurs réunions auprès des différents protagonistes du soulèvement, alimentant l’idée qu’il y défendait le plan de transition de Compaoré, selon lequel le dictateur devait se maintenir au pouvoir le temps de passer la main, quand la foule et l’opposition exigeaient un départ immédiat. Une ingérence scandaleuse de la part de la diplomatie du pays qui a le plus soutenu Compaoré au cours des 27 ans de son régime.

Ce qui est désormais avéré, c’est le rôle actif de la France dans la fuite de Blaise Compaoré.

Après avoir louvoyé en expliquant que la France avait joué un rôle dans son exfiltration, mais « sans y participer » [1], François Hollande a fini par reconnaître son mensonge en confirmant les informations de Jeune Afrique selon lesquelles le dictateur burkinabè a bien été emmené en Côte d’Ivoire par un hélicoptère puis un avion des forces françaises. Plus inquiétant, les propos de François Hollande sur les conditions de l’exfiltration de Compaoré, « il y a eu des attaques, il y a eu des réponses » sous-entendent la possibilité d’un engagement armé des militaires français. Si le président français assure avoir agi pour une évacuation « sans drame », en confiant Compaoré à un régime ivoirien "ami" peu enclin à l’extrader, il lui a surtout permis de se soustraire à d’éventuelles poursuites judiciaires au Burkina Faso, notamment pour son rôle dans des assassinats politiques comme ceux de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo ou dans la mort de manifestants burkinabè lors du soulèvement de ces derniers jours. Indispensable, la tenue d’un procès du despote burkinabè permettrait d’en savoir davantage sur les soutiens multiformes dont il a bénéficié de la part de la France depuis sa prise de pouvoir dans le sang en 1987.

Entièrement consacrée au repositionnement de l’armée française dans le Sahel (opération Serval, Barkhane), dont le Burkina est aujourd’hui un point stratégique, la France a négligé une nouvelle fois les aspirations démocratiques des populations des États qui soutiennent cette entreprise militaire. Le scénario surprise burkinabè pourrait, aujourd’hui ou demain, se reproduire au Tchad, au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, au Togo et dans de nombreux autres pays, et prendre à nouveau de cours des autorités françaises qui ne manquent pourtant pas d’informations sur la nature de ces régimes et l’exaspération de ceux qui les subissent.

L’association Survie :

  • Demande aux autorités françaises, de cesser toute forme de soutien aux dictateurs et aux familles qui s’accrochent au pouvoir : Idriss Déby au Tchad, Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville, Paul Biya au Cameroun, Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé au Togo, Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale, etc.
  • Soutient le rassemblement organisé le samedi 8 novembre à 15h devant l’Ambassade du Burkina Faso à Paris
  • Soutient la demande de commission d’enquête parlementaire sur le rôle des autorités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara formulée par la campagne Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique et déposée sans suite favorable en 2011 et 2013 par les députés du Front de Gauche et d’E.E.L.V.
  • Dénonce la protection contre des poursuites judiciaires dont bénéficie de facto Compaoré en Côte d’Ivoire et rappelle l’exigence de justice pour toutes les victimes des guerres régionales, des assassinats et des crimes économiques de Blaise Compaoré et de la Françafrique
  • Demande la démission de François Loncle de la présidence du groupe parlementaire d’amitié franco-burkinabé, pour avoir défendu jusqu’au bout Blaise Compaoré, son image, son bilan, et l’idée qu’il devrait encore se maintenir au pouvoir dans le cadre d’une transition.

[1] Déclarations de François Hollande en marge de son déplacement au Canada le 04/11/2014

 

Source: SURVIE.ORG

COMPAORE EN LIBERTE GRACE AUX FRANÇAIS

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L'Organisation Non Gouvernementale française SURVIE confirme l'information donnée par le camarade Souleymane Senn. Information selon laquelle, L'armée française, pour empêcher l'arrestation de Blaise Compaoré et sa comparution devant les tribunaux pour les nombreux crimes qu'il a commis, a combattu l'armée régulière et patriotique burkinabè.

Le président Français François Hollande confirme lui-même l'engagement armé des militaires français en affirmant «il y a eu des attaques, il y a eu des réponses».

Selon d'autres sources communiquées par le camarade, des proches sources proches de l'armée burkinabè cette bataille aurait fait une quinzaine de personnes tuées au cours de cette bataille. Il s'agit de 7 militaires burkinabè, 5 éléments du RSP et 3 des forces spéciales françaises.

Anicet Djehoury via Survie

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

vendredi, 03 octobre 2014

FRANC CFA: LE DEBAT INTERDIT

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Pendant qu’en Europe, l’avenir de l’euro est discuté à tous les niveaux de la société, les dirigeants africains de la zone franc continuent de considérer tout débat autour de la pertinence ou non du franc cfa comme tabou, alors que ce dernier est arrimé à la monnaie européenne.

 

Le vendredi 28 mars 2014, M. Alassane Dramane Ouattara, alors président sortant de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a soutenu, à Yamoussoukro que cette organisation avait amorcé «une marche irréversible vers la monnaie unique» à l’horizon 2020, qu’il fixe aussi pour l’émergence de son pays au rang de la Corée du Sud, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et dans une moindre mesure, du Brésil ou de l’Afrique du Sud. Cette perspective serait d’autant plus justifiée, selon lui, que ces dernières années, sous ses deux mandats à la tête de la Cedeao, les travaux préparatifs de la monnaie auraient fortement avancés. Pour rappel : M. Ouattara est ancien gouverneur de la Bceao et c’est pendant son mandat qu’après moult tergiversations, le franc cfa a été dévalué en 1994. Ouattara aurait-il fini d’adorer le franc CFA ? Il est permis d’en douter.

Lorsqu’un ministre ivoirien fait remarquer qu’au sein de la Cedeao, les entreprises exportatrices des pays qui ont en commun le franc cfa souffrent d’un manque de compétitivité lié à cette monnaie, les autorités monétaires de la zone cfa et celles de la Côte d’Ivoire semblent vouloir le désavouer, au motif que tout va bien dans le meilleur des mondes pour le franc cfa.

De deux choses l’une. Soit le franc cfa qui va très bien sera étendu au reste de la Cedeao et même de l’Union africaine à l’horizon 2020, conformément au contenu du rapport Védrine-Hollande, ou bien le franc cfa n’est pas si bénéfique que cela et alors il doit laisser la place à une nouvelle monnaie ouest-africaine, ce que les autorités de la zone cfa semble contester. Une chose semble claire. Le contenu du rapport Védrine est connu, mais le projet de la monnaie unique de la Cedeao n’est connu, semble-t-il, que de quelques initiés, alors que nous sommes à six ans de l’échéance annoncée pour 2020. Aucun débat n’a donc lieu au sujet de ce serpent de mer, pour savoir s’il y aura un référendum dans les pays concernés pour son adoption ou bien si les experts d’Abuja et les chefs d’Etat vont l’imposer aux populations sans consultations populaires.

Les gouvernants des pays membres du franc cfa font une entière confiance à leur monnaie, en parité fixe avec l’euro, qu’ils prennent pour une monnaie de référence. Ils n’ont peut-être pas tort, sauf que la connexion fcfa-euro passe par le Trésor public français, qui ne laisse même pas au cfa le soin d’avoir le statut de monnaie au sens propre du terme. Le franc cfa est une affaire interne aux finances publiques françaises et ne relève pas de la finance internationale. Telle était la position de la France au moment de la conception du traité de Maastricht au début des années 1990. C’est donc la solution des «comptes d’opérations» ouverts auprès du Trésor public français que les autres pays de la Cedeao devraient accepter et se laisser imposer, selon le rapport Védrine. Jacques Delors pour le traité sur l’Union européenne et Hubert Védrine pour le traité de la Cedeao avec les référendums en moins ?

Ce que le ministre J.-L. Billon dit pour les entreprises ivoiriennes est vrai pour toutes les entreprises de la zone cfa, de l’ouest comme du centre, qui sont exportatrices de produits manufacturés ou de produits agricoles améliorés. Elles ne peuvent être compétitives du fait de la valeur de l’euro –monnaie forte, disent les Africains–, des politiques économiques adoptées par le Trésor public de France et surtout à cause des politiques hasardeuses de la Banque centrale européenne (Bce) qui mettent en difficulté les négociations à Bruxelles entre les pays européens déficitaires et l’Allemagne, qui a ses propres problèmes à gérer.

Les inquiétudes de M. Billon sont d’autant plus justifiées que, depuis 2008 au moins, la situation de l’euro est compliquée, les problèmes ne sont pas traités convenablement et la situation reste préoccupante aussi bien pour les Etats et que pour les entreprises.

La Bce, qui gère l’euro, est accusée par des économistes et financiers européens ainsi que par certains observateurs qui suivent de près les manœuvres des autorités monétaires européennes, d’être en train de devenir une «mauvaise banque centrale» qui rachèterait toutes les créances douteuses figurant au bilan des banques européennes.

En Allemagne même, des événements sont en cours en ce moment qui méritent quelque attention de la part des Africains, notamment des dirigeants. Il y a d’une part la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe (Bundesgerichtshof) qui doit juger dans quelques semaines la question de la conformité du plan de rachat des dettes européennes par la Bce avec la Constitution allemande. La décision des juges constitutionnels allemands pour qui, même en temps de crise, la Constitution reste valable, alors que pour les Africains, même en temps de paix, les Constitutions sont inappliquées, est attendue, car elle pourrait interdire à la banque centrale allemande, la Bundesbank, de participer aux opérations de rachat de dettes publiques que la BCce devrait initier. Qu’adviendra-t-il de l’euro dans ces conditions, alors que cette monnaie doit par ailleurs affronter d’autres épreuves face au dollar américain, au yen japonais et au yuan chinois?

En outre, un parti politique pour les eurosceptiques créé en février 2013 par Bernd Lucke, (51 ans, anciennement militant de la CDU et professeur d’économie à l’université de Hambourg), dont l’axe central du programme est de refuser toute collectivisation de la dette publique européenne et tout transfert de richesses de l’Allemagne vers les autres pays, est en train de monter en puissance. «Alternative fur Deutschland» ou AfD, parti ne disposant d’aucun élu lorsqu’il a été créé par le proche collaborateur du Pr. Hans-Olaf Henkel (ex patron de la confédération des industriels allemands), est aujourd’hui représenté avec 12% des voix au Parlement de Brandebourg et 10 % à celui de Thuringe, après être entré au parlement de Saxe (10% des voix) en août dernier, et avoir placé sept élus au Parlement de Strasbourg à la suite des Européennes de mai, prouvant ainsi que les petits partis peuvent grandir vite quand ils sont porteurs de programmes alternatifs et que les élections se déroulent dans des conditions transparentes et démocratiques.

Dans le même temps, les agences des statistiques économiques publient des chiffres décevants de l’activité manufacturière en Europe et surtout en Allemagne, première économie de la zone euro. Les taux d’intérêt à moyen terme sur les obligations allemandes sont négatifs, comme si les anticipations des investisseurs s’attendaient à la réapparition du deutsche Mark (Dm) et à sa réévaluation au moment où l’euro rencontre des difficultés. Alors que les Européens doutent, les Africains restent vautrés dans leurs certitudes rassurantes et complaisantes.

Dans les autres pays de la zone euro, soit les gouvernements n’arrivent pas à concevoir des programmes de réformes, comme cela est le cas pour la France par exemple, où le mot réforme tétanise la classe politique et révulse les syndicats, soit, lorsque ces programmes sont conçus, ils ne peuvent être appliqués, comme c’est le cas de l’Italie du Premier ministre Matteo Renzi. En Espagne, la crise politique que l’on observe à travers la volonté séparatiste de la Catalogne est en réalité le résultat de déséquilibres économiques créés par les effets pervers de l’euro sur les politiques budgétaires et fiscales espagnoles.

La finance internationale elle-même semble douter de la force de l’euro, dont le cours de change ne cesse de baisser par rapport au dollar américain et au yen japonais. Les cambistes et des investisseurs attendent les nouvelles mesures de politique monétaire de la Bce que devrait annoncer son président Mario Draghi. Les marchés financiers de la zone euro, dans laquelle les financiers vendent des positions, présentent de moins bonnes performances que les autres marchés mondiaux sur lesquels les financiers achètent plutôt des positions. Mais comment évaluer l’importance de ces évolutions dans la zone cfa où il n’y a pas de marché financier, donc ni positions de vendeurs, ni positions d’acheteurs d’actifs financiers?

En Europe, les économistes qui font ces analyses craignent que l’euro ne conduise les pays membres au chaos. Pendant ce temps, les pays africains alliés de l’euro par le biais des francs cfa gérés par le Trésor public français préfèrent attendre bras ballants ce désastre, à condition que les réseaux de l’aide publique au développement, et des eurobonds restent accessibles et continuent de financer les déficits budgétaires. En Afrique du cfa, réformer relève du tabou économique. Tout va bien.

Le débat sur la pertinence de l’euro, sur son avenir, sur ses effets sont du domaine public en Europe et dans le monde. Les banquiers centraux européens en parlent en permanence, les chefs d’Etat comme Angela Merkel, François  Hollande et autres en parlent plusieurs fois par mois. Les premiers ministres et chefs de gouvernement européens en discutent avec les journalistes au quotidien. Les partis politiques au pouvoir ou dans l’opposition l’inscrivent dans leurs préoccupations et dans leurs programmes de gouvernement. Les intellectuels économistes, philosophes, sociologues, artistes, financiers, juristes, démographes et étudiants en font des sujets de controverses entre eux. La question n’a rien de tabou ou de magique.

En Afrique, la question du franc cfa relève de la magie, du tabou, de l’interdit. La pensée doit s’arrêter à la porte du franc cfa, surtout quand on est au gouvernement. En parler fait frissonner les hommes politiques, vibrer les gouvernements, trembler les chefs d’Etat, s’énerver les partis au pouvoir. Les banquiers centraux considèrent qu’il n’y a rien à dire là-dessus. Les opposants se demandent pourquoi en parler puisque la question peut leur fermer la route de l’accession au pouvoir d’Etat, qui se trouve être la seule raison de leur existence. Et quand bien même tout ce monde décide d’en parler, la discussion tourne à l’injure, à la médiocrité, à l’incompétence, à l’anathème et au hors sujet.

Mais un jour ou l’autre, tous ces murs, comme celui de Berlin que l’on croyait avoir bâti pour l’éternité, tomberont et les peuples africains retrouveront, comme ceux d’ailleurs, leurs libertés en dehors de franc cfa et de tous les autres instruments de la servitude. D’ici là, il serait bien que l’on nous dise quelle est la nature de la monnaie unique de la Cedeao que certains attendent pour l’horizon 2020 ?

 

Source: LIDER-CI.ORG

mercredi, 24 septembre 2014

UN OCCIDENT MEURTRIER, TERRORISTE AUTORISÉ, PLUSIEURS FOIS GENOCIDAIRE

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"Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!"

A son habitude, Camille Loty Malebranche n'économise pas ses mots.

Mais cela vaut sa peine à le suivre !

Michel Peyret

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Occident-Capitalisme: l'art de dissocier les conséquences de leurs causes

18 septembre 2014

Par Camille Loty Malebranche

RIEN ENTENDRE, RIEN VOIR, RIEN DIRE.jpg

Presse et "schizophrénie analytique": rire pour ne pas pleurer sur l’incohérence.

 

Le comportement interventionniste et belliciste de l’occident dans le monde, tient d'une logique pseudo-discursive et désopilante du crime savamment étayé, pour autant que l'on puisse rire de l'infamie et de la tuerie! Avec un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire dans son passé colonialiste esclavagiste, qui bombarde au nom de l’humanitaire, comme directement en Libye, Afghanistan, Irak, fait indirectement la guerre comme en Syrie, manipule l'Ukraine en y entretenant l'actuel conflit pour implanter l'Otan aux frontières de  la Russie, paupérise par des mesures haineuses et immondes comme à Cuba, nul ne peut s’empêcher de constater que c’est le seul cas, dans l’histoire de la solidarité humaine, où l’extermination de milliers d’individus innocents et l'instrumentalisation de la détresse humaine sciemment provoquée à des fins géostratégiques, constitue une action bénéfique, une valeur d’éthique et de salut de l’humanité.

À lire les billevesées de certains médias de l'"hyperdroite", cette extrême droite inavouable, baragouinant sur la haine de l'occident chez des ismalistes dont d'ailleurs l'occident se sert quand cela lui convient, islamistes qui ne font que tendre à l'occident, le miroir effrayant de la violence de ses propres politiques planétaires imposées, il faut se dire qu'il est facile pour les journaleux de rayer d'un trait d'encre ou par quelques gouttelettes malsaines de leur glaviot venimeux, la bonne part de la culpabilité du terrorisme d'État occidental et de l'origine occidentale de la crise plurielle de sécurité sévissant dans le monde et embrasant la planète. Oui, il est facile de faire regarder les conséquences d'une crise née du Nord et qui prend des  allures d'écheveau idéologique pour des pays ruinés où la masse paupérisée est littéralement sans autre repère que l'amélioration immédiate de sa condition intenable dans des pays égrugés par les bombes et le pillage occidental. Le capitalisme financier et belliciste est éhonté devant ses propres méfaits et leurs conséquences que ses larbins défenseurs coupent toujours de leurs causes. 

 Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!


Camille Loty MALEBRANCHE

 

Source: ALAIN INDEPENDANT

dimanche, 21 septembre 2014

EBOLA: LE MENSONGE GENERALISÉ

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Alors que le journal Le Monde parle quotidiennement de « ravages » et de « catastrophe », la réalité est que l’épidémie de virus Ebola reste d’ampleur très modeste.

La presse parle de 1229 morts entre mars et août 2014 sur l’ensemble de l’Afrique, et encore ce chiffre n’est-il pas exact.

Si vous vous rendez sur la page du site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) traitant du sujet, vous vous rendez compte qu’il y a en fait 788 décès formellement identifiés comme causés par le virus Ebola. Les autres sont des cas « suspects » ou « probables ». [1]

Ce sont bien sûr 788 morts de trop, mais il faut comparer aux 1,2 MILLION de morts causés annuellement par le paludisme [2], ou aux 2000 morts causés annuellement en France par la grippe saisonnière. [3]

Très peu de contagion

Les images de soignants portant des masques et des combinaisons intégrales pour s’approcher des malades suspectés sont insensées et dignes d’un mauvais film de science-fiction.

Car le virus Ebola ne se transmet absolument pas si facilement :

« Il faut un contact direct avec un liquide biologique comme le sang, les selles, les vomissures. Il n’y a aucune transmission par voie aérienne. C’est-à-dire que, lorsqu’une personne parle ou tousse, elle ne répand pas le virus Ebola dans l’air ambiant. » explique le Pr Bruno Marchou, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Purpan, à Toulouse. [4]

Autrement dit, le virus Ebola est comparable au SIDA pour son mode de propagation. Il faut vraiment être au contact du sang ou du liquide biologique du malade pour risquer soi-même d’être contaminé.

Cela veut dire, toujours selon le Pr Bruno Marchou, que le virus Ebola :

« n’atteindra pas le stade pandémique. À Conakry (capitale de la république de Guinée), ils avaient initialement plusieurs dizaines de cas parmi le personnel hospitalier. Ils ont réussi, en appliquant des mesures d’hygiène standard simples, à endiguer la propagation du virus parmi leur personnel. »

Ces mesures d’hygiène n’ont rien de sorcier : « Quand on s’occupe d’un patient, on se couvre les mains avec des gants. Si le patient vomit, il faut aussi se couvrir le visage. C’est le b.a-ba. On fait ça tous les jours. » continue-t-il.

«La mort dans 20 à 90 % des cas »

Sandrine Cabu, de Médecins Sans Frontières, interrogée par Le Monde, explique que le virus Ebola entraîne « la mort dans 20 à 90 % des cas ».

Pourquoi une fourchette aussi absurdement large ?

Parce que le virus Ebola est surtout dangereux quand il est mal soigné. Les personnes meurent de déshydratation ou d’hémorragies mais le traitement consiste alors simplement à hydrater ou à transfuser le patient, pas à lui donner un vaccin ni un hypothétique médicament. Il ne faut pas croire ce que prétend l’industrie pharmaceutique qui aimerait pouvoir vendre aux gouvernements une poudre de perlimpinpin comme elle l’avait fait pour le Tamiflu.

« Les nouveaux médicaments ne sont pas la solution contre Ebola », selon un expert en maladies infectieuses

La solution contre l’épidémie consiste à respecter des mesures simples et de bon sens : hygiène, bonne nutrition, vitamine D, vitamine C.

Selon Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des Etats-Unis, l’outil le plus efficace contre Ebola est de prodiguer les soins de base aux malades.

« La véritable priorité devrait être de créer des infrastructures médicales dans les pays touchés pour fournir aux malades le soutien médical de base comme l’hydratation et la transfusion sanguine. Cela aura un beaucoup plus gros effet sur la santé que la distribution au hasard de quelques médicaments expérimentaux. » [5]

Selon Thomas E. Levy, auteur d’un article récent sur les remèdes potentiels contre le virus Ebola [6] :

« Jusqu’à présent, il n’y a pas un seul virus testé qui n’ait pas été inactivé par une certaine dose de vitamine C. Un des moyens prioritaires pour détruire le virus, ou programmer sa destruction par le système immunitaire, est d’activer la “réaction de Fenton”. En un mot, cette réaction peut se produire à l’intérieur du virus, dans les cellules où les virus se répliquent et à la surface des virus eux-mêmes. »

Il n’y a donc aucune raison de suspecter le virus Ebola de se transformer brutalement en une pandémie à l’échelle de l’Afrique, et encore moins dans le reste du monde.

Mais il n’y aucun doute que cette psychose peut servir les intérêts financiers de quelques-uns.

Semer la panique : un business très lucratif

La panique autour du virus Ebola rappelle évidemment la grippe aviaire de 2005 et la grippe porcine (H1N1) de 2009.

Ces deux « pandémies imminentes » ont été l’occasion de manipuler grossièrement les opinions publiques pour justifier la vaccination en masse des populations, qui s’est révélée entraîner de terribles effets secondaires, dont la narcolepsie, un très grave trouble du sommeil. [7]

En 2009, l’Organisation Mondiale de la Santé a prédit qu’un tiers de la population mondiale pourrait être touchée par la grippe H1N1, avec des effets incalculables. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot n’avait alors pas hésité à commander 94 millions de vaccins ! Les Français n’ayant été que 6 millions à se faire vacciner, Mme Bachelot avait, dès le mois de janvier 2010, annulé auprès des laboratoires pharmaceutiques la livraison de 50 millions de doses et fait verser par l’Etat en dédommagement près de 48 millions d’euros aux laboratoires. [8]

Quant au fameux médicament antiviral « miracle », le Tamiflu, son effet réel n’est que de réduire la durée des symptômes de moins d’une journée, sans limiter d’aucune façon les hospitalisations. Une étude britannique a conclu que la distribution de Tamiflu contre la grippe H1N1 a eu pour seul effet de… gaspiller 500 millions de Livres sterling.

En effet, la saison de grippe 2009 se révéla finalement moins grave que d’habitude, malgré la présence de la souche H1N1. De plus, de nombreux prétendus cas de grippe H1N1 se révélèrent ne même pas être des grippes mais de simples rhumes, ce qui n’est pas sans rappeler ce cas de virus Ebola à Berlin qui s’est finalement révélé être… une gastro. [9]

Jouer avec le feu

Toutefois, les titres excessifs martelés par la presse sont à mon avis très dangereux :

« Une épidémie absolument pas sous contrôle, sans précédent », Médecins Sans Frontières, le 30 juillet 2014. [10] [11]

« Le virus Ebola continue de dévaster l’Afrique de l’Ouest », Le Monde, 15 août 2014. [12]

« L’OMS décrète une urgence de santé publique de niveau mondial », France 24, le 20 août 2014. [13]

Cette psychose est en train de semer la pagaille en Afrique, où des gouvernements sont ni plus ni moins en train de fermer les frontières, mobiliser les armées pour réprimer les populations, et même isoler sans raison des dizaines de milliers de malheureux, hommes, femmes, vieillards et enfants mis en quarantaine dans un bidonville du Libéria, sans nourriture ni eau. [14]

« Pour espérer contenir l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui fait rage au Liberia (…) le gouvernement prend des mesures draconiennes. Deux quartiers de la capitale, Monrovia, ont été placés en quarantaine et sous surveillance sécuritaire, alors que dans le reste du pays, un couvre-feu a été instauré. », Le Monde du 22 août 2014.

« Tirer à vue »

Dimanche 24 août, on apprenait que, au Sierra Leone :

« Le parlement a adopté un projet de loi qui interdit d’héberger des malades. Les contrevenants sont passibles de deux ans de prison. [15] »

Lundi 25 août, pire encore : le gouvernement du Libéria ordonne à ses soldats de « tirer à vue » sur les personnes qui chercheraient à passer la frontière, soit disant pour empêcher l’épidémie de se progager ! [16]

Ces réactions totalement excessives risquent de provoquer une vraie catastrophe humanitaire, bien plus grave que le virus Ebola lui-même.

Des mesures commencent également à être prises contre les Africains au niveau international :

« Au niveau international, les citoyens de ces pays font l’objet d’une quarantaine de plus en plus stricte avec la fermeture des frontières, la suspension des vols de la plupart des compagnies aériennes qui les desservaient, le rapatriement des membres des familles du personnel diplomatique dans ces pays, l’annulation de conférences internationales, la délocalisation d’événements sportifs, etc. » note Rue 89. [17]

En Corée, de véritables réactions racistes éclatent contre les Africains, interdits d’entrer dans certains magasins. [18]

Le mythe du passager infecté dans l’avion

À écouter les autorités et nos journalistes, on croirait qu’une épidémie de virus Ebola peut se déclencher à tout instant en Europe : il suffirait que débarque un Africain touché par la maladie arrivé par avion.

Cette hypothèse est parfaitement irréaliste. Elle ne traduit qu’une ignorance complète de ce qu’est réellement le virus Ebola.

Ne succombons ni à la psychose, ni à une forme de racisme qui ne dit pas son nom.

L’épidémie de virus Ebola ne sera correctement endiguée en Afrique que si toute violence et toute mesure répressive cesse. Qu’on laisse chaque patient être pris tranquillement en charge par un personnel ayant une formation médicale de base, et prenant les mesures d’hygiène évidentes.

N’envoyons ni cargaisons de vaccins en Afrique, ni médicaments. Cela ne servirait qu’à enrichir les laboratoires pharmaceutiques et à provoquer des dégâts bien plus graves par les effets secondaires de ces médicaments.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

Source: SANTE NATURE INNOVATION

01:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Guinée, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monde, afrique, santé publique, oms, santé, ébola, épidémie ébola, fièvre hémorragique à virus ébola | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 30 mai 2014

INDIGNONS-NOUS CAR ILS SAVENT CE QU’ILS FONT!

 

HOLLANDE ET OUATTARA A L'ELYSEE.jpg

 

Les chiens de garde de la démocrature françafricaine n’ont pas fini de faire parler d’eux. Alors que les électorats français et européens n’arrêtent pas de s’enfoncer dans les dérives fascistes, que les déçus de Ouattara s’immolent par le feu et que les militants de la souveraineté africaine intensifient leurs actions notamment à travers la campagne BrinBackOurGbagbo, les préposés à la chasse françafricaine sont à l’œuvre. Après le financement par l’Union Européenne de pseudo-« forums de la gouvernance identitaire » à la solde de la réélection de OUATTARA derrière lesquels se cache le propagandiste révisionniste Benoît SCHEUER (CONTREPOIDS : Benoît Scheuer le propagandiste de Ouattara est toujours à l'oeuvre), le détachement de Patrick RAMAEL par le Ministère de la Justice française à la Présidence ivoirienne affecté à la réforme de la justice en tant que conseiller du valet local OUATTARA (GRI GRI INTERNATIONAL : Ramaël a trouvé l'assassin de Guy André Kieffer)  - vaste entreprise pour enterrer tous les dossiers Noirs de la Francivoire- nous apprenons que Jean-Pierre MIGNARD lance un « appel à une République nouvelle » via Médiapart (MEDIAPART : Jean-Pierre Mignard appelle à une république nouvelle). Rappelons que Jean-Pierre MIGNARD n’est autres que l’avocat de François HOLLANDE, de OUATTARA et même de MEDIAPART… Ceci expliquant peut-être cela et notamment qu’Edwy PLENEL, Bruno GACCIO, Pierre LARROUTUROU autoproclamés contrepouvoirs démocratiques défenseurs des libertés républicainesn’aient pas répondu à nos sollicitations militantes et ne relaient jamais nos appels à la défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Leur indignation est décidément à géométrie variable.

Stéphane HESSEL a bien fait de mourir avant de voir à quelles sauces indignes ses « amis » associent aujourd’hui son nom maintenant qu’il n’est plus là pour approuver ou non leurs actions prétendues citoyennes à l’aune de son illustre et méritée réputation de « Juste ». Au « Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » très démobilisateur et qui remet le combat pour la vérité entre les mains d’une justice immanente différée et/ou incertaine, préférons un «Indignons-nous car ils savent pertinemment ce qu’ils font » plus adapté à l’idée que chacun est aussi acteur de sa vie et coauteur de son avenir.

Christine COLIN-TIBALA

 

Vous pouvez retrouvez cette contribution sur le lien suivant : CONTREPOIDS : Indignons-nous car ils savent ce qu'ils font !

 

Quelques liens pour poursuivre la réflexion sur ce thème  :

CONTREPOIDS : Charles Blé Goudé devant la CPI

BLOG DE CHRISTINE TIBALA SUR MEDIAPART : Les chiens de garde de la Francivoire

LE JOURNAL DE L'AFRIQUE AVEC INVESTIG'ACTION : Mali, Centrafrique… Comprendre les guerres de recolonisation de l’Afrique par la France de Hollande

CAFE UMOJA : Réoccupation militaire totale de l'Afrique ce samedi 31 mai 2014

BLOG DE CHRISTINE TIBALA SUR MEDIAPART : Non à ces médailles qui déshonorent la France

CONTREPOIDS : 19 septembre 2002-19 septembre 2013 : Les larmes de la Francivoire

CONTREPOIDS : Charles Blé Goudé devant la CPI

Quelques liens vers des sites/Blog qui donnent une véritable information alternative sur l’ordre inégalitaire international, plus particulièrement sur les guerres économiques déguisées en guerres humanitaires de la France ainsi que sur le combat des peuples du sud pour que l’on respecte leur droit à disposer d’eux-mêmes :

Abidjandirect

Abidjanpasnet

Afrohistorama

Cameroonvoice

Civox

Côte d'Ivoire La Vraie

Eventnewstv

Fraternafrique

Gbagbo.ci

Indignez-vous haut et fort

IREA-institut

Ivoirebusiness

Ivoire-politique

Kamayiti

La dépêche d'Abidjan

La Juda

La Voie de l'Afrique

La Voix du Peuple

La VRA (Voix de la Résistance Africaine)

L'Afrique Puissance Mondiale 2050

Le Blog de Christine TIBALA

Le Blog de Claudus

Le Blog de René Kimbassa

Le Blog de Sam La Touch

Le Blog de Shlomit Abel

Le Blog de Théophile Kouamouo

Le Blog de Fernand Dindé

Le Gri Gri International

Le Nouveau Courrier

Michel COLLON et son nouveau Journal de l'Afrique

Ligue Panafricaine UMOJA

Lynxtogo

Mondialisation

Notre Afrique

Notre Voie 

Panafricain

Soutien et Liberté

Steve Beko

Survie

Compte tenu de la marge d'avance des médiamenteurs de tous poils, j'en profite pour rappeler deux actions importantes visant à rétablir la vérité historique sur la crise ivoirienne :

  •     D'abord le LANCEMENT OFFICIEL DE L’ASSOCIATION DES AMIS DE LAURENT GBAGBO

"Paris, le 21 mai 2014

Le samedi 31 mai nous avons le plaisir de vous convier au lancement officiel de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO. Cette association a pour but de regrouper tous ceux qui veulent agir en faveur de la libération et de la réhabilitation de Laurent Gbagbo.

Date : Samedi 31 mai 2014, de 14h à 18h

Lieu : AGECA, 177 rue de Charonne, Paris 11ème

A cette occasion, la parole sera donnée à des personnalités qui connaissent depuis longtemps Laurent Gbagbo et qui feront partager leur vision personnelle de l’homme, l’intellectuel, le dirigeant politique, le panafricaniste.

Raphaël DAGBO, Président de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO
Contact : asso.amisdelaurentgbagbo@gmail.com"

Plus d'infos sur : CONTREPOIDS : lancement public à Paris de l'Association des Amis de Laurent Gbagbo ce samedi 31 mai

 

  • Ensuite la campagne #BringbackourGbagbo à laquelle s’associe pleinement l’Association des Amis de Laurent Gbagbo en ces termes :

« Chers amis,

La campagne «Bring back our Gbagbo », initiée par plusieurs cyberactivistes et responsables de mouvements animés par la volonté d'obtenir maintenant la libération de Laurent Gbagbo prend de l'ampleur, et nous en sommes heureux. Le mot d'ordre est simple et s'adresse à tous : afficher ces mêmes mots, « Bring back our Gbagbo », parfois avec quelques variantes, sur des panneaux que l'on fera circuler sur Internet ou que l'on brandira haut lors des rassemblements.

L'Association des Amis de Laurent Gbagbo se reconnaît pleinement dans cette initiative et invite ses adhérents et sympathisants à la soutenir et à s'en faire l'écho.

Bring back our Gbagbo !

Pour le Bureau de l'Association,

Raphaël Dagbo »

 

Plus d'infos sur

CONTREPOIDS : Campagne Bring back our Gbagbo

mercredi, 16 avril 2014

THEOPHILE KOUAMOUO: «JACQUES CHIRAC A TUE LES 9 SOLDATS FRANÇAIS»

 

AFRIQUE,côte d'ivoire,france,THéOPHILE KOUAMOUO,«JACQUES CHIRAC A TUé LES 9 SOLDATS FRANçAIS»,commémoration du 11 avril 2011

 

Dans leurs discours très émouvants de commémoration du 11 avril 2011, Théophile Kouamouo fondateur du journal "Le Nouveau Courrier" et Grégory Protche du « Gri-Gri International » évoquent non seulement la responsabilité de Jacques CHIRAC dans l'assassinat des 9 soldats français en novembre 2004, mais rappellent que des actes génocidaires ont été commis en CÔTE D'IVOIRE dans l'indifférence totale des "bienpensants" occidentaux, les mêmes qui dénoncent aujourd'hui la complicité voire plus de la FRANCE dans le génocide rwandais (alors qu'aucun responsable civil ou militaire français n'a pour l'instant été condamné dans ce génocide dont nous venons de commémorer le vingtième anniversaire).

Théophile et Grégory évoquent encore le tragique assassinat du Ministre Désiré TAGRO que les médias ont tenté dans un premier temps de déguiser en suicide. Ils poursuivent avec leur vécu personnel du 11 avril 2011 en le reliant à ce que le peuple ivoirien et ses plus hautes institutions ont subi, quand la FRANCE a porté un coup d'arrêt à l'Etat de droit ivoirien.

Ils passent en revue les principaux massacres et martyrs de la lutte pour la dignité et la souveraineté du peuple ivoirien (DUEKOUE, Hôtel Ivoire, Désiré TAGRO, Mahan GAHE, Laurent et Simone GBAGBO, Blé GOUDE,…) en n’oubliant pas de rappeler toutes les affaires que l’ont cherche à étouffer : Guy André KIEFFER, Philippe REMOND, Stéphane DI RIPPEL, Yves LAMBLIN,…) pour couvrir les mensonges de l’Etat français et de ses zélés serviteurs (CHIRAC, SARKOZY, Michèle ALLIOT MARIE, Jean-Marc SIMON…) que l’on entrevoit clairement derrières les vassaux locaux que l’on impose à l’Afrique (OUATTARA, COMPAORE, …).

Merci à Théophile KOUAMOUO et Grégory PROTCHE qui ont mis et continuent de mettre leur plume au service du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et qui paient d’ailleurs un lourd tribut pour leur refus de se soumettre à l'ordre néocolonial en place, y compris et surtout au sein des médias dont ils sont parmi les rares à sauver l’honneur. La vérité historique comme celle des médias ne saurait être durablement contrefaite. « Quand ça va pourrir, ça va sentir !» 

Merci également aux organisateurs de cette commémoration du 11 avril 2011 place de la Bastille ainsi qu'à Kamayiti Kamafrique de couvrir inlassablement nos marches et manifestations.

 

Christine TIBALA

mardi, 15 avril 2014

PRORUSSIA.TV: QUE FAIT LAURENT GBAGBO A LA CPI? RENDEZ SON PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE

 

OBAMA ET SARKOZY.jpg

 

Prorussia.TV assomme Ouattara, ses rebelles, la France de Chirac à Sarkozy puis dresse le bilan des 3 ans de Ouattara après le coup d’État International contre Laurent Gbagbo.

 

 
 
Côte d'Ivoire : Après trois ans d'usurpation du pouvoir, le pays attend le retour de son président légitime et enverrait bien Ouattara devant le TPI…

Cette semaine, la communauté ivoirienne commémore à son tour, un tragique anniversaire. Celui du 11 avril 2011, qui vit la violation de sa souveraineté par la France, l’achèvement d’un long processus de coup d’Etat international, l’arrestation et la déportation du Président Laurent Gbagbo. Cela va donc faire trois ans qu'à l’issue d'un coup de force, organisé et encadré par la France de Nicolas Sarkozy, le Président Laurent Gbagbo aura été arrêté, puis détenu dans des conditions d’humiliation et de mauvais traitements pendant plusieurs mois, avant d’être déporté à la Cour Pénale Internationale (CPI).

Petit rappel historique : élu au premier tour des élections présidentielles en 2000, le Président Laurent Gbagbo a dû faire face, deux ans à peine, après sa prise de fonction, à une tentative de coup d’Etat qui s’est muée en une rébellion armée, coupant le pays en deux parties.
 
Sur le point d'être défaits, ces rebelles vont être alors protégés par Paris qui organisera leur montée en puissance, en les équipant et en ayant recours à des mercenaires africains et européens, comme le révèle un document wikileaks, disponible sur le net.
 
Il est vrai que le gouvernement de Laurent Gbagbo souhaitait libérer l’économie ivoirienne de la domination française et ouvrir certains marchés à d'autres partenaires, notamment celui du cacao qui demeure la principale culture d’exportation du pays. La France de Jacques Chirac a perçu ce signal d’ouverture comme une menace pour ses intérêts. La même méthode, pour les mêmes raisons, s'appliquera d'ailleurs, avec le même succès, en République Centre Africaine.

Afin d’éviter la scission du pays, le président Gbagbo accepte de former en 2003, un gouvernement de réconciliation nationale, avec les forces rebelles et les partis politiques qui les soutiennent. Il négocie et obtient en juillet 2007, un accord politique avec la rébellion qu’il associe pleinement à la gestion du pouvoir d’Etat en nommant son chef, Guillaume Soro, Premier Ministre. Cela, dans l’optique d’aboutir à des élections transparentes, gage d’une sortie démocratique de la crise. Mais le candidat Laurent Gbagbo, est de nouveau élu Président de la République, avec 51,45% des voix.
 
Alors, contre toute attente, Nicolas Sarkozy, Président de la République française, et accessoirement ami intime d’Alassane Dramane Ouattara, conteste la décision du Conseil constitutionnel.
 
En violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire et après avoir arraché un mandat de l'ONU, comme en Libye, il soutient le coup d’Etat sanglant contre le pouvoir légal et légitime du Président Laurent Gbagbo, en imposant son ami Alassane Ouattara.
 
Trois ans après, le régime de Ouattara affiche son incapacité à réconcilier les Ivoiriens. Au contraire, depuis ce 11 avril 2011 et jusqu’à ce jour, des proches, des sympathisants du Président Laurent GBAGBO, des militants du Front Populaire Ivoirien en particulier et des Ivoiriens en général, sont dépossédés de leurs biens, pourchassés, pillés, persécutés, arrêtés, détenus sans jugement, torturés, violés, tués ou contraints à l’exil. Voici trois ans que des milliers d’ivoiriens ont perdu arbitrairement leur emploi, par la mise en œuvre de la politique dite de « rattrapage ethnique ». Trois ans que des maisons et des sites privés sont occupés illégalement, par des rebelles. Trois ans que l'économie ivoirienne ne subsiste que grâce aux fonds du FMI.
 
Voici trois ans que le Président Laurent Gbagbo, auteur du célèbre slogan « Asseyons nous et Discutons » et qui est à l'origine du multipartisme en Côte d’Ivoire, a été renversé et déporté le 29 novembre 2011 à la CPI, où il est arbitrairement détenu et où vient de le rejoindre Charles Blé Goudé, accusé tout comme lui, des mêmes crimes contre l'humanité, viols, persécutions et autres actes inhumains.
 
Tribun hors pair, Blé Goudé, n'a jamais tenu une arme, mais il a toujours su mobiliser et galvaniser la résistance face aux attaques des rebelles nordistes et à l'intervention militaire française. Il a été également un acteur central du processus de paix, initié par le président Gbagbo, en direction des forces rebelles, malgré leurs crimes, en prônant la réconciliation nationale dans l’ensemble de la Côte d’Ivoire. Jusqu'à présent, ni les juges ivoiriens, ni les juges du TPI, ne parviennent visiblement à confirmer les charges. A tel point, que le président Gbagbo pourrait très prochainement profiter d'une liberté conditionnelle et résider en Belgique, le temps de son procès.

Pendant cette période de troubles postélectorale, des pro-Ouattara se sont également rendus coupables d'exactions. Et là, les témoignages, les preuves et les cadavres ne manquent pas. Formant un véritable pouvoir politico-mafieux, des chefs de guerre, aujourd'hui aux plus hauts postes des forces de sécurité, ou ayant pris le pouvoir des principaux secteurs économiques et politiques, seraient visés par la CPI. Etrangement, aucune enquête n'a encore été diligentée contre ceux qui continuent leur entreprise de pillage systématique de la Côte d'Ivoire. Entre l’emprisonnement continuel des partisans de Laurent Gbagbo, l’insécurité permanente, le gangstérisme au sommet de l’Etat, la préférence étrangère et la paupérisation des couches sociales, Ouattara démontre bien, qu'il fait parti de cette maffia mondiale, cette même oligarchie qui entend dominer les peuples et s'accaparer les richesses.
 
Laurent Gbagbo libre, l'ancien cadre du FMI Ouattara sait d'avance que le jugement des urnes se retournera contre lui, car il n'a aucun lien fusionnel avec le peuple ivoirien. Un proverbe ivoirien dit que: « ce qui se dit sur le cadavre du lion ne peut être dit devant lui vivant ». Alassane Ouattara a cru pouvoir porter la peau du lion Gbagbo, avant de l'avoir tué. Mais c’est au peuple ivoirien de décider dorénavant de son avenir, s’il le peut encore.
 
 
Source: PRORUSSIA TV

jeudi, 10 avril 2014

POURQUOI LES PAYS AFRICAINS PAYENT UN IMPOT COLONIAL EN FRANCE MALGRE LEUR INDEPENDANCE?

 

FRANC CFA. 1000 F.jpg

 

Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Pour les pays nouvellement indépendant il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d’Afrique), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état menée par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus:

  • Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

  • Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta,  aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

  • Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

 

Nombre de Coups en Afrique par pays

Ex-colonies françaises

 

Autres pays africains

 

Pays

Nombre de coup d’état

Pays

Nombre de coup d’état

Togo

1

Egypte

1

Tunisie

1

Libye

1

Côte d’Ivoire

1

Guinée Equatoriale

1

Madagascar

1

Guinée-Bissau

2

Rwanda

1

Libéria

2

Algérie

2

Nigéria

3

Congo – RDC

2

Ethiopie

3

Mali

2

Ouganda

4

Guinée Conakry

2

Soudan

5

Sous-TOTAL 1

13

   

Congo

3

   

Tchad

3

   

Burundi

4

   

Centrafrique

4

   

Niger

4

   

Mauritanie

4

   

Burkina Faso

5

   

Comores

5

   

Sous-TOTAL 2

32

   

TOTAL (1 + 2)

45

TOTAL

22

 

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré:

"Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]"

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que: "Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle".

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France . Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état. Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré: « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement «indépendants» doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961: Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français . Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourris des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

BASES MILITAIRES FRANçAISES EN AFRIQUE.png

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé «Francophonie» qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelés dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question: « Jusqu’à quand “

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

“Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”. SEKOU TOURE

 

Mawuna  Remarque Koutonin

 

Article original : 

http://www.siliconafrica.com/france-colonial-tax/

Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

 https://www.facebook.com/dossou.gaglozoun

POURQUOI MICHEL DJOTODIA NE SERA PAS INQUIETE PAR LA JUSTICE INTERNATIONALE

 

MICHEL DJOTODIA.jpg

 

Créée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013, suivant la Résolution 2127, la Commission internationale chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme en République centrafricaine, présidée par le camerounais Bernard Acho Muna, a démarré ses enquêtes pour une durée de 2 semaines.

 

Avec un mandat pour enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et d’atteintes aux droits de l’homme qui auraient été perpétrées en RCA depuis le 1er janvier 2013, elle a une tâche impossible pour réussir en un si court délai. 

Par ailleurs, juridiquement parlant, elle sera bloquée contrairement aux attentes des populations, pour pouvoir recueillir des éléments à charge contre l’ancien président de la transition déchu Michel Djotodia.

L’INCOMPETENCE POLITIQUE N’EST PAS UN DELIT 

Le fait que Michel Djotodia soit responsable en premier de la grave crise sanglante dont ses Séléka ont plongé la RCA une année durant, n’en fait pas, au niveau du Droit pénal international un possible inculpé pour la Cour pénale Internationale (CPI), pour autant que l’on ait pu démontrer qu’il fut un donneur d’ordres pour des massacres de civils.

Le procès Bemba qui s’enlise depuis 5 ans à La Haye fait cas d’école, tout comme celui de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

La procureure gambienne du CPI, Fatou Bensouda, peine toujours à étayer ses accusations.
Entre témoignages incertains confinant souvent à des délations gratuites, et des témoins sous menace, le procès fait du sur place dans une impasse.

Dans le cas de Djotodia, tout ce qui peut lui être imputé est une incompétence notoire à tenir ses hommes et à les réguler. Etant entendu qu’il est avéré que la nébuleuse Séléka faite de factions hétéroclites, n’obéissait qu’à leurs propres chefs de guerre, et non directement au chef politique suprême.

Conséquence, à contrario, tous les chefs de guerre de la Séléka peuvent être poursuivis pour crimes de guerre, et non, paradoxe, le grand chef.

Cet état de fait, Michel Djotodia le savait, très bien conseillé qu”il fut par ses conseillers français qui surent le préserver d’une implication directe dans le moindre crime des Séléka.

D’ou son discours maintes fois répétés : “Des allégations disent que je ne contrôle pas mes hommes…Mais je ne connais que ceux qui sont avec moi.”

Ainsi s’absolvait-il de toute implication.

LE LEVIATHAN 

Inculper en outre Djotodia, le monstre du chaos primitif, obligeRait à ouvrir des dossiers politiques puant que personne dans la sous-région n’a envie de voir dévoilés en public, de la France au Gabon en passant le Tchad et le Congo-Brazza, surtout au Tchad.

Car des sommes de complots et de manipulations, si mis à jour, mettraient en difficulté politique tous les acteurs agissant dans la crise centrafricaine.

Idriss Deby serait contraint de s’expliquer sur le financement des Séléka (secret de polichinelle), sur l’implication de ses soldats à Bangui, qui bien que faisant partie des forces africaines de paix, la FOMAC de l’époque, ouvraient pourtant la route de Bangui aux envahisseurs Séléka, à la désormais célèbre “ligne rouge de Damara”.

Paris serait également mis sur la sellette afin de s’expliquer sur ce qui fut son intrusion dans la gestion d’un pays libre et auto déterminé. Car c’est la France qui a ‘démissionné’ Michel Djotodia sous l’habillage CEEAC à N’Djamena.

Quant au Congo-Brazza, il serait contraint de s’expliquer sur l’instrumentalisation du CNT (le Conseil National de Transition) à Bangui, lors du vote truqué de l’élection de Catherine Samba-Panza.

Pour un conseiller à Bangui : ‘Inculper Djotodia, ça foutrait le bordel, car il y’aurait un gros déballage de linge sale. Ce serait un véritable “DJOTODIAGATE”.”

Ainsi, pour solde de tous comptes, et surtout pour se taire et se faire oublier, Michel Djotodia en quittant N’Djamena le jour de son éviction ne partit pas au Bénin les mains vides.

En conclusion, seuls des lampistes de la Séléka seront poursuivis sans risque, et non les vrais meneurs des massacres.

 

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Par Sandra Martin-White 
Analyste politique et juridique, LNC.

 

Source: LA NOUVELLE CENTRAFRIQUE

vendredi, 04 avril 2014

NEGATIONNISME, L'OCCIDENT PEUT-IL VIVRE LA CONSCIENCE TRANQUILLE?

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Selon Wikipédia, «  le terme négationnisme désigne, dans sa signification première, la négation de la réalité du génocide pratiqué par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale contre les Juifs, c'est-à-dire la négation de la Shoah. Le négationnisme consiste ainsi à prétendre, notamment par la négation de l'existence des chambres à gaz homicides ou de la volonté d'extermination des Juifs d'Europe par les nazis, que la réalité de ces crimes relèverait de mythes.

Par extension, le terme est régulièrement employé pour désigner la négation, la contestation ou la minimisation d'autres faits historiques, en particulier ceux qu'on pourrait qualifier de crimes contre l'humanité. C'est le cas pour le refus de reconnaître le génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, le Holodomor ukrainien, le massacre de Nankin par l'armée impériale japonaise, le génocide au Rwanda, le Goulag et les massacres pratiqués par les Khmers rouges au Cambodge ou le Laogai de Chine. Bien que ces épisodes se soient déroulés dans des circonstances historiques variées et qu'ils aient été commis avec des moyens divers, on retrouve de nombreux traits communs dans leurs négations respectives1Boris Cyrulnik définit le négationnisme comme un message adressé aux survivants: « Crevez, votre souffrance nous importune »

Le terme « négationnisme » est parfois utilisé dans un sens élargi relatant d'autres faits historiques que les crimes: la négation d'une réalité historique quelconque, malgré la présence de faits flagrants. Cependant, « négationnisme » est normalement utilisé seulement pour les crimes historiques graves, tant en français qu'en anglais (« negationism »). À titre d'exemple, on a parlé de négationnisme à propos de la qualification officielle d'« opération de police » pour la guerre d'Algérie, mais les historiens préfèrent utiliser le terme de « déni historique». »

En quel sens Camille Loty Malebranche nous parle-t-il de Négationnisme ?

Michel Peyret

Occident, l'art macabre du Négationnisme

2 Avril 2014

Par Camille Loty Malebranche

Quand le passé et ses faits sont niés par la production d'une romance pseudo-historique pour justifier voire ovationner les criminels qui ont agressé et massacré des peuples et des civilisations entières afin de fonder ou d'enrichir leur propre empire, tout récit de ce passé prend des allures hagiographiques au prisme d'une affabulation moqueuse. L'Histoire conçue par les agresseurs de l'humanité du haut de leur empire, n'est jamais que négationnisme ironique, de l'historicisme sociocentriste, où ces agresseurs dédaignent le sort des broyés d'une Histoire qu'ils ont façonnée de part en part.

 Le négationnisme a cela de pernicieux dans son regard des faits de l'histoire, c'est qu'il les transpose sur le plan de la fiction, pour leur refuser leur évènementialité. Le négationnisme, quel qu'il soit, est de la manipulation mesquine qui va jusqu'à l'uchronie, jusqu'à l'hagiographie des monstres coupables pour refuser de réparer ce qui est réparable dans des passés, à degrés divers irréparables, comme les génocides et les traumatismes savamment orchestrés sur des générations humaines. D'où, aujourd'hui pour ne pas restituer l'argent volé à des peuples victimes de ses holocaustes, tout en reconnaissant l'esclavagisme comme crime contre l'humanité, l'occident justifie le colonialisme comme nécessité de l'histoire pour la construction de ses quelques États en puissance économique lesquels peuvent "aider" ceux qu'ils ont jadis freinés. Curieuse morale de distorsion et de paradoxe! Ceux qui ont été détruit dans leur chair, leur personnalité collective par le racisme, le pillage, l'esclavage, la haine exterminatrice, sont néanmoins responsables de leur piteux sort contemporain, et sont donc jugés condescendamment pauvres et faillis dans la perspective de cette affabulation de l'histoire.

 L'occident peut vivre la conscience tranquille, il n'a rien à se reprocher, il peut donc brailler et continuer ses leçons de démocratie au reste du monde, s'érigeant bienfaiteur qui aide les sud; le négationnisme, méthode de blanchiment de tous les diables, lui servira toujours à accuser ses victimes et à magnifier ses séculaires establishments criminels qui peuvent jouer de ses actuelles institutions pour poursuivre l'hécatombe économique des peuples... À cela, au sud même, les classes du pouvoir, complices et alliés de l'occident, soutenus par lui, larbins et aliénés, contribuent allègrement

 Lorsque, comme à Cuba, les puissants peuvent infliger la pauvreté par des embargos pour mieux baragouiner leur haine et leur satisfaction de l'impropriété des révolutions populaires; lorsque les impérialistes peuvent piéger des pays par la dette, l'humanitaire, les coups d'État et toutes formes de chaos artificiels agencés pour maintenir leur prépondérance en niant leur crime et assénant à leurs victimes toutes sortes d'injures et d'accusations, il est clair que le négationnisme est mode éhontée d'hégémonie, trique idéologique de l'écrasement des alterhumanités par l'occident.

 L'occident (qui est aussi en forte part, le nord économique), est donc maître de l'art thaumaturgique d'une sociodicée négationniste consistant à accuser ses agressés niant sa culpabilité objective, tout en maintenant de nouvelles politiques d'agression structurelle et économique plutôt que de se repentir et de changer. Négationnisme naturellement raciste face à ceux que nous appelons les alterhumanités, ces sociétés humaines ravagées, paupérisées par les prédations déprédatrices occidentales à cause de leur altérité,  considérée "infrahumaine" dans la logorrhée inhumaine, la vénalité des establishments occidentaux.

 En vérité, chaque fois que les ex métropoles, ex colonialistes et ex esclavagistes, toujours et encore impérialistes, se drapant dans leur superbe de puissances mondiales, refusent de changer radicalement leur rapport aux ex colonisés de l'actuel sud; tant que les ex colonisateurs refuseront de réparer tout le réparable en exorcisant leurs propres démons par la dénonciation de leurs propres crimes et la proclamation d'un nouvel étant des relations nord-sud, l'occident sera coupable de l'abomination négationniste.

 Dire que l'esclavage fut un crime contre l'humanité en entretenant l'esclavage moderne et la torture des deux tiers de la planète par l'extrême pauvreté et ses conséquences désastreuses, n'est que négationnisme voilé d'hypocrites, démagogies de néocolonialistes.

 Pour les coupables de l'histoire de fractures de toutes sortes, affectant et divisant le monde des peuples en de multiples mondes d'exclusions, Reconnaître leurs torts, doit être ipso facto entreprendre à Réparer le réparable en maudissant les horreurs irréparables de l'histoire qu'ils ont tissée, horreurs désormais refusées sous toutes leurs formes. Sinon, tout le discours démocratique, toutes les appétences des puissances occidentales pour une justice internationale à établir, restera du verbiage  idéologique, de la rouerie pathologique d'une horde de mythomanes indécents sans honneur et sans humanité...

 

Camille Loty Malebranche

vendredi, 28 mars 2014

CHARLES BLE GOUDE DEVANT LA CPI: «J’AI APPRIS AVEC GBAGBO QU’IL FAUT CONVAINCRE UN ADVERSAIRE ET NON LE VAINCRE!»

 
 

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A la juge Fernandez de Gurmendi qui s’étonne qu’il parle et comprenne parfaitement le français, voilà ce que Charles Blé GOUDE a répondu ce jeudi 27 mars 2014 lors de sa première comparution à LA HAYE : "je suis d’un pays qui a été colonisé par la France, donc je parle français"… Le ton est donné ! 
 
La déportation de Charles Blé GOUDE à La Haye le samedi 22 mars 2014 après celle de Laurent GBAGBO est en effet un signal  fort de perpétuation du néocolonialisme, à travers la Cour Pénale Internationale, le bras judiciaire de l’Organisation des « Nantis » Unis qui dirige le monde. Notons d’ailleurs que l’exécution du mandat de cette Cour « Politique » Internationale contre  Charles Blé GOUDE - figure emblématique de la Résistance aux mains nues- s’est déroulée dans l’irrespect total des procédures judiciaires les plus élémentaires, accompagnée de violences dignes de l’état de non droit qu’est devenue la Côte d’Ivoire sous le régime aussi illégitime que liberticide de OUATTARA installé et maintenu par Communauté internationale, France en tête[1].
 
Par leur combat, par leur courage, par leur dévouement au service de l’émancipation de leur pays et au-delà du continent, Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE s’inscrivent dans la lignée des dignes fils de l’Afrique qui ont consacré leur vie à lutter contre les régimes vassaux que les dirigeants occidentaux imposent au peuples africains pour continuer de piller leurs ressources en déguisant des guerres économiques en guerres humanitaires[2].
 
Car de quoi s’agit-il en effet ? Blé GOUDE est poursuivi pour 4 chefs d’accusation concernant des crimes prétendument commis sous son autorité pendant la crise postélectorale ivoirienne, à l’instar de Laurent GBAGBO d’ailleurs. Sur quels éléments de preuve peut bien s’appuyer la CPI pour justifier une telle mesure privative de liberté alors qu’elle n’a toujours pas produit la moindre preuve pour confirmer les mêmes charges notifiées contre Laurent GBAGBO ?
 
Nous nous étonnons que la plupart des médias occidentaux relaient la nouvelle du transfèrement de Blé GOUDE avec des éléments de langage similaires à ceux qui circulaient lorsqu’il s’agissait de Laurent GBAGBO en novembre 2011 sans même prendre la peine de parler de  l’enlisement de la procédure concernant ce dernier faute de preuves[3] ou encore d’interroger les violences criminelles qui continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire, sans oublier les arrestations, détentions et tortures de centaines de prisonniers politiques[4].
 
A tous ceux qui continuent de croire que la Cour Pénale Internationale est l’institution au service de la lutte contre l’impunité qu’elle avait vocation à être lors de sa conception, nous avons le devoir d’apporter le démenti le plus catégorique en démontrant son inféodation aux intérêts hexagonaux, eux-mêmes tributaires de l’ordre inégalitaire mondial imposé par l’Occident. Ainsi :
 
1.   Le traité de Rome instituant la CPI supposée poursuivre et sanctionner tous les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité a certes été signé par 139 pays et 122 l’ont ratifié acceptant de ce fait de se soumettre à la compétence de la CPI[5]. Cependant la CPI  reste toujours incompétente pour poursuivre une grandes partie de ces crimes dès lors que de nombreuses grandes puissances mondiales n’ont pas adhéré et/ou ratifié le Traité de ROME, à commencer par les EU, la CHINE, la RUSSIE et l’INDE qui refusent de se soumettre à cette juridiction, tout en l’imposant aux autres, au moins en ce qui concerne les premiers autoproclamés maîtres du monde depuis la chute du mur de BERLIN et encore plus depuis le 11 septembre 2001. A noter que même ceux qui l’ont ratifié comme la FRANCE et la GRANDE-BRETAGNE pour ne parler que d’elles, font tout pour y transférer les dirigeants africains qui refusent de les servir docilement, tout en s’arrangeant pour y échapper ou y faire échapper leurs amis dictateurs[6]. L’exemplarité étant une des plus grandes vertus pédagogiques si ce n’est la plus grande, la CPI gagnerait en crédibilité, ou plutôt retrouverait un peu de crédibilité si elle commençait par juger les grandes puissances au regard de leurs responsabilités largement documentées dans les plus grands massacres de la planète, y compris ceux des dernières décennies. Comme la reconnaissance de la CPI suppose la signature du Traité de Rome et qu’elle ne saurait avoir d’effet rétroactif, les Etats membres sont assurés que les crimes commis par eux ou ceux dont ils ont été complices avant leur adhésion échappent à sa compétence. En revanche, tous les auteurs de crimes contre l’Humanité commis depuis sont susceptibles d’être traduits devant la CPI. Pour ce qui est de la France par exemple, elle a adhéré et ratifié le traité dès sa création en 2002. On s’étonne donc que la fusillade de l’Hôtel Ivoire début novembre 2004 qui a coûté la vie à près d’une centaine de Patriotes aux mains nues et fait des milliers de blessés n’ait toujours pas abouti à la moindre inculpation de responsables civiles et militaires français alors que des preuves surabondantes existent de la responsabilité totale de la force Licorne dans cette tragédie[7] et que de nombreux rapports et demandes de commissions d’enquête en témoignent[8].
 
2.   Quant aux dirigeants africains qui se retrouvent les seuls dans les faits à se voir traduits devant cette juridiction, ils ont bien cherché à s’en affranchir, menaçant de se retirer collectivement de la CPI si elle persiste à ne poursuivre que des dirigeants du Berceau de l’Humanité qui plus est en exercice[9]. Le seul résultat concret de cette offensive des chefs d’Etats africains contre la CPI qu’ils jugent à raison partiale et au service de l’Occident est de s’être garanti pour eux-mêmes une sorte d’immunité judiciaire tant qu’ils seront au pouvoir [10], renforçant ainsi l’intérêt que la plupart de ces autocrates peuvent avoir à s’y maintenir par la force ou par la fraude. Quant au devoir de justice et de vérité qui était supposé permettre à la CPI de dissuader toute commission ou récidive de crimes contre l’Humanité, il n’en a pas vraiment été question ! Le cas Kényan a beaucoup pesé sur cette fronde des Etats Africains. Nonobstant les gesticulations de l’ONU pour ne pas donner l’impression de se dédire, la procureur BENSOUDA a fini par obtenir en catimini l’ajournement d’un an des poursuites engagées contre le Président KENYATTA pour cause officielle d’ « érosion » de preuve après le retrait invoqué de deux témoins à charge[11], mais dans la réalité pour constituer une bande de sécurité pro-occidentale au sud de la zone soudano-sahélienne très poreuse, un rempart contre Al Qaida en quelque sorte.
 
3.   Comme on le voit bien dans l’exemple Kenyan, les poursuites engagées par la CPI contre certains dirigeants africains obéissent bien moins à un quelconque désir de combattre l’impunité des pires crimes contre l’Humanité qu’à punir les dirigeants africains indociles coupables de vouloir réformer les accords de coopération dans un sens plus favorable aux Etats souverains qu’ils dirigent. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les manquements aux lois fondamentales du pays comme au Traité de Rome sont tels que l’on ne sait même plus par où commencer ! Comble du cynisme, voire même de la perversité, Laurent GBAGBO se retrouve à la CPI sur le fondement de sa propre déclaration de reconnaissance de la compétence de la CPI signée le 18 avril 2003. Cette déclaration dit que : «Conformément à l’article 12 paragraphe 3 du statut de la Cour Pénale Internationale, le Gouvernement ivoirien reconnaît la compétence la Cour aux fins d’identifier, de poursuivre, de juger les auteurs et complices des actes commis sur le territoire ivoirien depuis les évènements du 19 septembre 2002 ». Dans le souci permanent d’organiser leur impunité, les autorités ivoiriennes imposées par la force en 2011 ainsi que les institutions qui les protègent refusent toujours d’enquêter sur les crimes commis avant la crise postélectorale de 2010, nonobstant la décision de la Chambre préliminaire de faire remonter les enquêtes à 2002[12]… Bel exemple de juridiction prétendue impartiale érigée en rempart contre l’impunité des pires crimes du monde qui ne veut surtout pas enquêter sur ces derniers = ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre…
 
4.   Sur la motivation du transfert des caciques de l’ancien régime de Laurent GBAGBO, force est de constater qu’elle est pour le moins sujette à interrogation. Alors que le gouvernement ivoirien prétextait son incapacité à organiser le jugement de Laurent GBAGBO au pays pour justifier son transfert-déportation à LA HAYE, il a mis plus de 2 ans à accepter de donner suite au mandat délivré par la CPI contre Blé GOUDE et refuse toujours d’exécuter celui contre Simone GBAGBO. Sans compter que le fait de ne poursuivre que les partisans de l’ancien régime en n’inquiétant pas les auteurs de crimes contre l’humanité de l’autre camp pourtant clairement mis en cause dans des massacres à grande échelle (BOUAKE, DUEKOUE, BANGOLO, ANONKOUA-KOUTE, NAHIBLY, ABOBO,…) n’est pas sans interpeler sur la nature réelle du nouveau pouvoir installé par la Communauté internationale[13]. Cette lecture partisane et à géométrie variable de leurs engagements nationaux et internationaux est emblématique du peu de respect des nouvelles autorités ivoiriennes pour les victimes et les lois fondamentales que le pays s’est données[14].
 
5.   Pour justifier son existence et asseoir sa légitimité, la CPI s’est forgé une carapace de respectabilité et d’intégrité apparentes, en créant une instance à sa totale dévotion : la Coalition Internationale pour la CPI qui regroupe plus de 2500 ONG au plan international[15] et se décline en autant de « milices » institutionnelles au plan national, telle la « Coalition Française pour la CPI » qui fédère désormais 45 associations[16]. Est-ce pour autant qu’il faille crier au loup et invalider tout ce qui émane de ces ONG que d’aucuns considèrent encore comme réellement au service des causes qu’elles prétendent défendre ? Sans doute que non, car de nombreux bénévoles ne comptent ni leur temps, ni leurs efforts au service de ces ONG et méritent considération&respect. Mais lorsque l’on voit les partis pris, les omissions, les errements parfois de ses institutions dans lesquelles on pouvait légitimement croire comme contrepouvoirs à nos « vieilles » démocraties enclines à la toute-puissance, on est en droit de s’interroger. Nous invitons toutes les personnes qui le peuvent à mettre en exergue le parti pris de la plupart de ces grandes ONG en apparence au-dessus de tout soupçon qui font sans doute un travail remarquable au niveau de la collecte et de la gestion des tâches qui leurs sont confiées en s’appuyant sur des réseaux de militants sincères et désintéressés, mais dont les dirigeants cautionnent souvent la justice inique de la CPI.  
 
- Human Rights Watch qui selon des sources concordantes émargent aux fonds du milliardaire spéculateur Georges SOROS est un bel exemple d’ONG au service de l’ONU. Pour ce qui est de la CÔTE D’IVOIRE, on connaît sa partialité et son rôle majeur dans la diabolisation du régime légitime de Laurent GBAGBO. On lui doit notamment de nombreux rapports mensongers depuis 2000 sur les pseudo-dérives identitaires du régime. La décision de déporter Laurent GBAGBO à LA HAYE en 2011 s'appuie principalement sur son rapport de juin 2011 "Ils ont tués comme si ne rien n'était" qui travestit totalement les faits et impute la plupart des crimes et l'embrasement de la CÔTE D'IVOIRE au camp GBAGBO en épinglant à la marge le camp OUATTARA pour donner l'illusion d'une certaine "objectivité".  HRW fait ainsi partie  de la nébuleuse susmentionnées d'ONG chiennes de garde du système onusien détourné de ses nobles finalités premières ayant pour bras judiciaire la CPI si peu pénale et toujours très politique "juridiction" qui était supposée garantir les peuples contre l'impunité. La plupart des ONG présentées comme impartiales, indépendantes, au service de la vérité et des populations civiles des pays en crise, s'avèrent être majoritairement financées par des fonds publics et totalement inféodées à l'ordre inégalitaire mondial dont elles assurent la perpétuation. Bref, relayer aujourd’hui les rapports de HRW par exemple sur la SYRIE ou sur la CÔTE D’IVOIRE même lorsqu’ils vont un peu plus dans le sens de la vérité et de la dénonciation des crimes de OUATTARA (pour parler de ce que l’on connaît) revient à valider les rapports mensongers antérieurs de ces mêmes ONG, HRW en tête, surtout si l’on ne prend pas le temps de préciser les choses.
 
- Et si les rapports de ces ONG apportaient réellement la preuve des exactions prétendument commises par le camp GBAGBO, comment expliquer que les mandats de la CPI lancés contre  Laurent GBAGBO comme Blé GOUDE ne portent que sur des crimes commis pendant la période postélectorale ? Comment expliquer par exemple que les autorités françaises ne souhaitent plus savoir qui a tué les 9 soldats français le 6 novembre 2004 à BOUAKE alors que Maître BALAN l’avocat des familles de ces victimes militaires décorés à titre posthume accuse aujourd’hui le Gouvernement français de l’époque tandis que la plainte déposée contre Michèle ALLIOT MARIE pour faux témoignage a été classée sans suite début 2013[17] ?
 
- La difficulté majeure, c'est que ces ONG distillent le poison du médiamensonge pendant des années, calmement, proprement, mais savent aussi administrer des doses homéopathiques d'"antidote" aux principales victimes le moment opportun, faisant croire à ces dernières qu'elles ne sont finalement pas si partiales que cela. Pire, après des rapports mensongers et calomnieux, indignes sur le fond comme sur la forme (contextes historiques révisionnistes, méthodologies inconsistantes, inversions des victimes et des bourreaux,...), certaines de ses ONG vont jusqu'à se constituer parties civiles des victimes de tous les camps en arguant d’une neutralité et d’une objectivité qu’elles sont loin d’avoir, voire en garantissant une protection qu'elles ne sont même pas capables d'assurer, tant il est vrai que les intérêts politico-financiers qu'elles couvrent -sciemment parfois, de bonne foi peut-être dans d'autres cas- finissent par l'emporter. Nous en voulons pour preuve l’assassinat d’Alex Saint-Joël GNONSIAN dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, alors qu’il était l’un des principaux témoins des tueries de NAHIBLY qui ont fait plusieurs centaines de morts et de disparus depuis le 20 juillet 2012, massacres en masse qui visent à faire disparaître ou dissuader les victimes de cette tragédie de témoigner (trois autres disparitions de victimes de NAHIBLY sont également à déplorer le même jour) [18]. Alex Saint-Joël GNONSIAN était donc supposé bénéficier de la protection de l’ONUCI et du soutien de la FIDH qui s’est constituée partie civile dans ce dossier alors même que son responsable Afrique Florent GEEL continue de nier l’ampleur des massacres de DUEKOUE de 2011 tout en cautionnant activement la politique d’Alassane OUATTARA. Ce n’est pas la récente mise en scène des petits déboires à la frontière de ce Monsieur Afrique de la FIDH, ni les petits bémols mis dans le soutien de cette dernière à l’endroit d’Alassane OUATTARA qui nous empêcheront de dénoncer sa complicité passive dans les crimes subis par le  peuple ivoirien depuis 2002. Vous trouverez ci-dessous référencés quelques liens sur la légitime méfiance que nous sommes en droit d’éprouver à l’endroit de la FIDH eût égard à son parti pris surabondant pour les autorités de fait qui sévissent aujourd’hui en CÔTE D’IVOIRE[19].  Méfiance qui se mue en légitime colère devant le cynisme de la même FIDH incapable de protéger ses témoins/victimes qui se fend néanmoins d’un communiqué commun avec la LIDHO et le MIDH en date du 21 mars 2014 pour saluer la décision de transférer Blé GOUDE à la CPI y voyant là un espoir de « faire reculer l’impunité en CÔTE D’IVOIRE [20].». Les victimes de la rébellion sanguinaire qui sévi depuis 2002 apprécieront le « négationnisme » de ces ONG prétendues neutres et bienveillantes qui n’est pas sans rappeler celui qu’elles mêmes dénoncent en parlant du génocide rwandais même si heureusement le bilan en pertes humaines n’est pas encore aussi dramatique. A nier ainsi la souffrance du peuple ivoirien comme celui aujourd’hui des HUTU en RDC, elles risquent bien de décrédibiliser le combat apparemment sincère dans lequel elles sont engagées auprès d’autres victimes du même mal systémique africain : la prédation occidentale !

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