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mardi, 31 août 2010

NOMINATION DU GENERAL BETH COMME AMBASSADEUR AU BURKINA : FAIRE TRES GAFFE A LA FRANCE !

 

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Sous des dehors de préoccupations sécuritaires dans la région sahélienne, la France installe dans la sous-région ouest-africaine un commandement d'opérations spéciales (obscures) contre la Côte d'Ivoire, en nommant le Général Beth, un acteur de la crise ivoirienne, ambassadeur au Burkina Faso. Ivoiriens, il faut savoir lire entre les lignes; vous êtes avertis! A bon entendeur...! Fernand Dindé.

 

A deux mois de la présidentielle en Côte d'Ivoire : Paris installe le général Beth à Ouagadougou


Le général de corps d'armée Emmanuel Beth, est officiellement, depuis le mercredi 4 août 2010, le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso. Il remplace, à ce poste, le civil François Goldblatt.


Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, le général Beth fut le premier commandant de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, en 2002, après la tentative de coup d'Etat muée en rébellion armée. Il dirigea la Licorne du 1er octobre 2002 au 30 mai 2003. C'est sous lui que s'est déroulée la récupération des ressortissants français vivant à Bouaké qui fut "un prétexte", selon des sources informées, pour "permettre aux rebelles acculés par l'armée ivoirienne de bénéficier d'appui de mercenaires et d'armement". La signature du cessez-le-feu entre les Fds et la rébellion sous les auspices du Sénégal, alors président en exercice de la Cedeao et l'accord de Linas-Marcoussis se sont effectués pendant qu'il était à la Licorne.


Le général Beth est surtout celui qui a consacré la partition de la Côte d'Ivoire. Puisqu'il est le concepteur de la zone de confiance. Pourquoi Sarkozy nomme-t-il Beth à Ouaga en cette période-ci ? La revue française "La Dépêche diplomatique", datée d'août 2010, livre en des termes voilés, les raisons de ce pré- positionnement d'un ambassadeur militaire français au Burkina Faso : "Les confins sahélo-sahariens seraient devenus une zone à risques, la situation n'est pas stabilisée au Niger ; au Mali, le général d'armée, Amadou Toumani Touré, président de la République, va probablement laisser la place à un "civil" lors de la prochaine élection 2012. A Abidjan, la présidentielle d'octobre 2005 sera organisée (au mieux) en octobre 2010 ; et si cela ne se produisait pas, on peut penser que l'axe Abidjan-Ouagadougou en subirait les effets collatéraux (pour ne pas dire plus). A Ouagadougou, Blaise Compaoré va rempiler (sans surprise) pour cinq ans à la suite de la présidentielle du 21 novembre 2010 (dans tout juste trois mois). C'est dire que Ouaga est le centre de gravité du triangle Abidjan/Bamako/Niamey. Voilà pour le contexte. Pour le reste, ce sera le job de Beth", écrit le magazine.


En des termes plus clairs, la France, qui visiblement prévoit une déflagration du contexte sociopolitique en Côte d'Ivoire si l'élection présidentielle ne se tient pas comme prévue le 31 octobre prochain, a préféré nommer, à Ouagadougou, un général, ancien commandant de l'opération Licorne, pour organiser les interventions en terre ivoirienne.


Paris qui ne croit ni en l'Accord de Ouagadougou ni en l'excellence des relations bilatérales entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, présage déjà des tensions entre les deux pays au-delà du 31 octobre.


Comme on peut le constater, cette nomination du général Beth cache bien des secrets qui ne sont pas faits pour ramener la stabilité en Côte d'Ivoire et en l'Afrique de l'ouest. Une sous-région confrontée, pourtant, à des réalités ignominieuses telles que les coups d'Etat, les rébellions armées, le terrorisme, le trafic de drogue, le fondamentalisme religieux et le rapt de civils occidentaux innocents.


Didier Depry (ddepry@hotmail.com)

Source: Notre Voie N° 3669 du Lundi 30 Août 2010

REALITE DU FRANC CFA : LE NAZISME MONETAIRE FRANÇAIS EN AFRIQUE

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Vidéo : Histoire du Franc CFA interview de Nicolas AGBOHOU

http://www.youtube.com/watch?v=myqXvbrSelo

http://www.youtube.com/watch?v=vB9GQWKGdXk

http://www.youtube.com/watch?v=9pnMyNbMm40


Le professeur Nicolas AGBOHOU a donné à son livre un titre qui résume la réalité qu'il décrit et annonce le combat qu'il mène : "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique"

Quelle est cette réalité ? C'est d'abord la servitude de quinze pays africains à la monnaie française. Un système de parité fixe, sans équivalent dans l'histoire monétaire, ligote la monnaie de ces pays, à la monnaie française, hier le franc français, aujourd'hui l'euro. La singularité de ce système, c'est l'arsenal légal et statutaire qui régit le fonctionnement de la zone franc. Le lecteur est vivement invité à lire avec attention l'analyse que fait Nicolas AGBOHOU de cet arsenal.

A ce jour et à notre connaissance, seuls deux auteurs ont consacré leur ouvrage à cette analyse : feu le professeur Joseph TCHUNDJANG POUÉMI, dans un livre paru au début des années 1980, "Monnaie, servitude et liberté - La répression monétaire de l'Afrique" (tiré à un nombre restreint d'exemplaires, épuisé aussitôt après sa publication, ce livre est resté longtemps introuvable. Il a été récemment réédité par les éditions Menaibuc) et Nicolas AGBOHOU, dans le livre "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique". C'est dire l'importance de ce livre et l'exceptionnelle valeur du travail qu'a accompli Nicolas AGBOHOU.

La réalité du franc CFA et de la zone franc, c'est aussi et peut-être surtout, le nazisme monétaire. Mettre en lumière cette autre réalité est l'un des intérêts majeurs de la présente et nouvelle édition du livre de Nicolas AGBOHOU.

Le franc CFA, ou franc des Colonies Françaises d'Afrique, est créé le 25 décembre 1945 par un décret signé par trois Français (Charles De GAULLE, président du gouvernement provisoire ; René PLEVEN, ministre des finances ; Jacques SOUSTELLE, ministre des colonies) qui ont en commun un double caractère : ils sont imbus de la suprématie blanche ; ils sont de fervents acteurs de l'agression coloniale contre l'Afrique. Surtout, leur pays, la France, vaincue et conquise par l'Allemagne hitlérienne en mai 1940 vient de subir cinq années d'occupation nazie. Or cette occupation n'avait pas que le caractère spectaculairement bestial des hordes de soldats allemands soumettant les Français, pillant et versant le sang. L'occupation allemande de la France fut aussi un formidable champ d'exécution du nazisme monétaire externe.

Conçu par Herman GOERING, ministre de l'économie de Hitler, et appliqué aux territoires conquis par les troupes allemandes, le nazisme monétaire externe allemand n'avait que deux objectifs : soumettre et piller. Parce qu'elle était, et de loin, le plus gros des territoires conquis par l'Allemagne, la France a subi le nazisme monétaire allemand avec beaucoup plus de rigueur que les autres territoires eux aussi conquis par l'Allemagne, par exemple la Belgique et la Pologne.

Curieusement, alors qu'il existe des tonnes de livres, de mémoires, de thèses de doctorats et d'articles sur l'occupation nazie de la France, et que chaque année apporte de nouvelles publications sur le sujet, il n'existe quasiment rien sur le nazisme monétaire infligé par les Allemands aux Français. Pourquoi ?

La grande surprise ici, c'est le silence des Français, de leurs historiens et de leurs universitaires, d'habitude si diserts, sur ce qui est sans doute l'épisode le plus saignant de l'histoire contemporaine de leur pays.

Il faut remonter soixante-trois ans plus tôt, pour trouver un Français écrivant sérieusement sur ce sujet : René SÉDILLOT, qui publie en 1945, son livre intitulé Le Franc enchaîné - Histoire de la monnaie française pendant la guerre et l'occupation. SÉDILLOT constate : "Avec les siècles, les formes de pillage sont devenues plus savantes. Les anciens Germains dévastaient en toute simplicité les pays qu'ils avaient conquis. Leurs descendants, en 1940, ont recouru à une méthode de rapine plus subtile et plus fructueuse : ils ont mis le mark à 20 francs".

Cette manipulation du taux de change, à l'avantage exclusif du conquérant est l'une des caractéristiques du nazisme monétaire appliqué à la France, nazisme monétaire que celle-ci, une fois libérée du joug hitlérien, appliquera aussi, intégralement et même en l'accentuant à l'Afrique. Ce n'est pas une surprise, les Français créent le CFA en 1945, après l'occupation nazie, la même année où René SÉDILLOT publie son livre.

Pour cette création, ils ont au préalable récupéré l'arsenal statutaire du nazisme monétaire que leur a infligé l'Allemagne et qui fut entre autres inclus dans la convention d'armistice signée le 22 juin 1940 entre la France conquise et l'Allemagne conquérante. Les Français ont alors fait du copier-coller : à leur tour, ils ont retourné l'arsenal nazi contre les Africains, de sorte que le franc CFA et la zone franc, c'est du nazisme monétaire.

Parmi les nombreux mérites de la présente édition de "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique", l'un des plus instructifs est donc que Nicolas AGBOHOU, ici, est l'un des premiers auteurs à jeter la lumière sur le caractère foncièrement nazi de la zone franc. Du coup, il montre aussi la transmutation par laquelle, la France, d'opprimée et exploitée par l'Allemagne hitlérienne, est devenue oppresseur et exploiteuse de l'Afrique, en usant du nazisme monétaire. Nicolas AGBOHOU ouvre ainsi un vaste domaine de recherches que devront explorer historiens, économistes et divers chercheurs.

Nicolas AGBOHOU n'est pas qu'un chercheur. Il est aussi un combattant pour la justice. Son livre est un outil de ce combat. Combat contre le double caractère malsain des pères fondateurs du franc CFA : suprématie blanche, agression coloniale de l'Afrique. Double caractère qui est hélas une immuable constante de la zone franc et qui permet à l'Etat français de réussir l'exploit de maintenir intact son système de domination monétaire des pays CFA, malgré les "indépendances" qu'elle leur a accordées dans les années 1960.

Rien n'a changé, pas même le sigle : on a gardé CFA, qui signifie désormais quelque chose comme Communauté Financière d'Afrique.

Combat contre l'infantilisation dans laquelle la zone franc maintient l'Afrique, infantilisation qui relève du syndrome "Ne-le-faîtes-pas-vous-même, nous-nous-en-chargeons-pour-vous".

Au lieu de gérer eux-mêmes leurs réserves, les États CFA les confient au Trésor français.


-        Au lieu de fixer eux-mêmes leurs objectifs de taux d'inflation, ils se contentent de singer ceux de la France et aujourd'hui de l'eurogroupe.

-        Au lieu de favoriser et intensifier les échanges entre eux, les États CFA miment les "critères de convergence" définis par la France et l'eurogroupe.

-        Au lieu de se doter des moyens techniques pour fabriquer eux-mêmes leur monnaie, ils se contentent de tout sous-traiter aux imprimeries de la Banque de France, qui facturent au prix fort.

-        Au lieu d'encourager l'émergence d'une élite africaine d'économistes et financiers compétents et indépendants, capables de défendre les intérêts africains, de promouvoir le point de vue africain et de le faire entendre dans le monde, les Etats CFA, s'en remettent aux "experts" de la Banque de France et du Trésor français ou à ceux des institutions multilatérales comme le FMI ou la Banque Mondiale.


Toute politique sans contradicteurs est corrompue. C'est précisément le cas de la zone franc et du franc CFA en Afrique. Dans cette zone, les questions monétaires sont un sujet tabou, la répression sévère, parfois meurtrière, comme ce fut probablement le cas concernant le décès, certains disent l'assassinat de TCHUNDJANG POUÉMI.

Les premiers responsables de cette situation sont les dirigeants africains. Au lendemain des "indépendances", ils ont embarqué leurs populations dans l'impasse du franc CFA, lequel n'est rien d'autre que la prolongation de l'agression coloniale et raciale contre l'Afrique.

Cette monnaie a admirablement servi le but pour lequel il fut créé : être l'instrument de "l'appauvrissement automatique de l'Afrique et de l'enrichissement automatique de la France", pour paraphraser René SEDILLOT. Il y avait d'autres voies. Par exemple celle choisie par les pays du Maghreb, dès qu'ils se sont libérés du joug colonial français. Ces pays se portent aujourd'hui infiniment mieux que les pays CFA. Toutes les études le montrent, la décision de quitter la zone franc est pour beaucoup dans la meilleure santé économique de ces pays maghrébins.

Le travail de Nicolas AGBOHOU peut donc être considéré comme une œuvre salutaire contre la corruption en Afrique. En déchirant le voile du tabou, en mettant le débat sur la place publique, en présentant aussi objectivement que possible tous les termes du débat, il rend un grand service à l'Afrique entière. S'il vise les décideurs qui, par leurs fonctions dans l'appareil d'État, sont capables de prendre les mesures nécessaires à la libération monétaire de l'Afrique, Nicolas AGBOHOU s'adresse d'abord au plus commun des citoyens africains : bien informés, ceux-ci seront mieux armés pour obliger leurs dirigeants à prendre les meilleures décisions.

Ici encore, il faut rendre hommage à Nicolas AGBOHOU : il a abandonné le jargon des hommes de sa profession, les économistes, pour utiliser une langue simple, que peut comprendre tout Africain qui accepte de faire le moindre effort personnel.

Au livre de TCHUNDJANG POUÉMI publié voici bientôt trente ans, les adeptes du statu quo néocolonial et les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont répondu par un silence. Total black- out. Ils ont refusé le débat. Il n'y a pas eu débat. Ils ont été imités par leurs relais dans les cercles influents, en l'occurrence le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, qui ont la mainmise sur les questions économiques ou stratégiques concernant l'Afrique. Les banques centrales des pays CFA ont réagi exactement comme ces adeptes et ces bénéficiaires.

A la première édition de Le Franc CFA et l'Euro contre l'Afrique, publiée en 1999, l'année de l'introduction de l'euro, on a observé encore la même réaction de ces adeptes, de ces bénéficiaires et de ces banques centrales.

Jusqu'ici, cette réaction, ainsi que la répression et l'intimidation contre la pensée libre en Afrique ont bloqué tout débat sur ce qui est sans doute le plus grand scandale monétaire de toute l'histoire et aussi la principale cause de l'appauvrissement de centaines de millions d'Africains.

Les choses pourraient être différentes avec la présente édition. Deux éléments nouveaux poussent à le croire. D'abord, l'euro n'a apporté aux Africains aucun des nombreux bienfaits qu'on leur avait promis lors de l'introduction de cette monnaie et de l'arrimage du franc CFA à elle. Au contraire, les populations africaines souffrent aujourd'hui plus que jamais de l'asservissement du franc CFA à l'euro : l'appréciation considérable de l'euro par rapport au dollar a pour conséquence l'appréciation automatique du franc CFA et donc aussi une dévastatrice perte de compétitivité des pays CFA.

Second élément, le plus important, la guerre en Côte d'Ivoire. La guerre que les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont provoquée en Côte d'Ivoire ces cinq dernières années, a permis à grand nombre d'Africains, en premier lieu les Ivoiriens, d'identifier clairement les ennemis de l'Afrique.

Des millions d'Africains sont descendus dans la rue pour affronter les chars ennemis et protéger les responsables Ivoiriens décidés à défendre l'intérêt Africain et à mettre fin au néocolonialisme dont le franc CFA n'est qu'un aspect. Un nombre considérable d'Africains, souvent des jeunes, sont morts dans ce combat pour la libération de la Côte d'Ivoire et celle de l'Afrique.

Une responsabilité particulière est donc placée sur les épaules des dirigeants actuels et futurs de la Côte d'Ivoire. Toutes ces victimes, tous ces jeunes, sont-ils morts pour rien ? Le débat pour la libération définitive de l'Afrique ne peut plus être interdit. Or cette libération passe, à notre avis, par un rejet du franc CFA. Il ne peut donc plus y avoir tabou, et aujourd'hui, l'on ne peut plus répondre à Nicolas AGBOHOU par le black-out.

Mieux, les dirigeants de Côte d'Ivoire, ont pour ainsi dire l'obligation d'aller de l'avant sur le chemin de la libération. Or il se trouve que, malgré la guerre qui a considérablement affaibli ce pays, économiquement, politiquement et administrativement, le divisant en deux territoires antagonistes, l'un aux mains des rebelles et de leurs commanditaires étrangers, la Côte d'Ivoire demeure et de loin, la plus importante économie de l'UEMOA, représentant à elle seule près de 40% du PIB de cette union. La sortie de la Côte d'Ivoire de l'UEMOA sonnerait le glas de la zone franc.

Tout ceci souligne l'importance exceptionnelle aujourd'hui de la Côte d'Ivoire pour le progrès en Afrique. L'année 2010, est annoncée comme aussi l'année des élections en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, quel que soit leur niveau de responsabilité, doivent bien saisir la portée des choix qu'ils auront à effectuer lors de ces élections. Tout mouvement vers la libération étant pour l'instant invisible dans la zone CEMAC soumise à des autocrates s'éternisant au pouvoir, totalisant près de deux siècles d'exercice continu de dictature, c'est à l'UEMOA que revient la tâche de lancer la marche vers l'émancipation de l'Afrique. Et à l'intérieur de l'UEMOA, c'est au leader de cette union, la Côte d'Ivoire, de donner le cap.

Il se trouve que Nicolas AGBOHOU, patriote panafricain convaincu, est aussi Ivoirien. Il se trouve aussi que c'est en Côte d'Ivoire que TCHUNDJANG POUÉMI a élaboré sa théorie et rassemblé les éléments qui lui ont permis d'écrire son livre.

Nicolas AGBOHOU, en digne successeur de TCHUNDJANG POUÉMI, est un Ivoirien conscient des responsabilités qui incombent à son pays dans le combat sans merci contre le nazisme monétaire français en Afrique. Les dirigeants ivoiriens pourraient-il l'écouter ? Les dirigeants Africains pourraient-ils lui prêter l'oreille ?


http://mampouya.over-blog.com/

D'APRÈS LA PRESSE IRANIENNE, CARLA BRUNI EST UNE PROSTITUEE.

 

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Les médias français sont en émoi : la presse iranienne vient de qualifier la « première dame de France » de « prostituée » ... Nicolas Sarkozy va beaucoup apprécier ... Etant donné que l'amour rend aveugle, on sait d'ores et déjà où les soldats français vont être envoyés pour mourir demain ...! Evènement.

 

L'épouse du président français Nicolas Sarkozy a été qualifiée de « prostituée » en Iran après avoir signé la « pétition » appelant à libérer Sakineh Mohammadi Ashtiani. Ashtiani est accusée : « d'avoir trompé son mari et d'avoir établi un complot en vue de le tuer ».

En réalité, le mot « prostituée » est fréquemment utilisé chez les « traditionnalistes » et dans les sociétés traditionnelles pour y qualifier les femmes de mauvaise vie, celles qui font des choses indignes avec leur corps, avec les hommes etc ... Il ne s'agit pas spécifiquement d'une question de profession. Il est évident que Carla Bruni n'est pas une « prostituée » qui tapine au bois de Boulogne, car par définition une « prostituée » se fait payer pour louer ses services ...

PROPOS DE CARLA BRUNI DIGNE D'UNE PROSTITUÉE :

La semaine dernière, la première dame de France a écrit une lettre ouverte à Ashtiani, où elle dit : « Pourquoi ton sang serait-il versé et tes enfants seraient-ils privés de leur mère ? Parce que tu as vécu, parce que tu as aimé, que tu es une femme et parce que tu es iranienne ? Tout en moi refuse d'accepter cela ».


ADJANI AUSSI QUALIFIÉE DE PUTE :

Le journal « Kayhan » - contrôlé par le gouvernement iranien - a traité Carla Bruni et l'actrice française Isabelle Adjani de « prostituée ». Adjani, tout comme Bruni, fait campagne pour la libération de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Carla Bruni a reçu une attaque supplémentaire en étant accusée d'« immoralité ».

 

PAS DE MESSAGE DIPLOMATIQUE :

Non content de qualifier Isabelle Adjani et Carla Bruni « de putes françaises » pour avoir manifesté leur soutien à Sakineh Mohammadi-Ashtia, cette Iranienne condamnée à mort par lapidation pour adultère, le quotidien conservateur Kayhan vient de trouver un soutien de poids chez l'agence de presse iranienne « Inn ».

Selon l'organisme de presse, « les médias occidentaux, en détaillant ses nombreux antécédents d'immoralité, ont implicitement confirmé qu'elle méritait ce titre », déclare-t-il en réaction aux propos de Kayhan, avant d'ajouter : «  Ses antécédents montrent clairement pourquoi cette femme immorale a apporté son soutien à une femme condamnée pour avoir commis des adultères et été complice du meurtre de son mari ». Toujours aucune réaction de la part de l'Elysée...

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Photo de Carla Bruni posant nue

 

Cordialement,
Appolinaire Noël KOULAMA


Source: NERRATI.NET

jeudi, 19 août 2010

LES PAYS AFRICAINS DE LA ZONE FRANC SONT TOUJOURS COLONISES 50 ANS APRES LA PROCLAMATION DES INDEPENDANCES




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Par Dr Séraphin PRAO

L'histoire nous enseigne qu'entre le 1er Janvier et le 31 Décembre 1960, 17 pays d'Afrique subsaharienne (ASS), dont 14 anciennes colonies françaises, accédaient à la souveraineté nationale et internationale. Evidemment cela fait cinquante ans, qu'ils sont théoriquement libres. Pour ne pas démentir la légende qui veut que les africains aient un faible pour les festivités, ils n'ont pas manqué cette occasion pour danser et festoyer.

Les africains veulent considérer ce cinquantenaire comme l'an zéro de l'Afrique libre. C'est dans ce cadre que des journées de réflexions ont été organisées pour trouver les remèdes au mal africain : son retard en matière de développement. La Côte d'Ivoire n'a pas manqué à l'appel.

Si le cinquantenaire des indépendances doit être considéré comme l'année zéro pour les africains, alors, on peut le dire sans se tromper que ceux de la zone franc sont mal repartis et n'ont encore rien compris.

En effet, lors du colloque international sur le cinquantenaire de l'indépendance et ses perspectives en Afrique subsaharienne, qui s'est tenu à la Fondation Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, à Yamoussoukro, le 3 août 2010, le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'Ivoirien Philippe DACOURY-TABLEY, a en substance plaidé en faveur du maintien du Franc CFA. Pour le gouverneur, il ne s'agit pas d'avoir une monnaie.

"Tout le monde peut le faire. Mais, si c'est pour faire et s'asseoir à côté, ça ne sert à rien", a-t-il fait remarquer. Pour le banquier, il faut plutôt dépassionner la question et "rendre nos économies indépendantes"

Lorsqu'il évoquait "l'indépendance du drapeau", le leader indépendantiste tanzanien Julius NYÉRÉRÉ voulait faire comprendre que la véritable indépendance ne réside pas uniquement dans ses attributs extérieurs. Pour être effective, elle ne peut se contenter d'être diplomatique. Elle doit aller au-delà, pour se manifester dans tous les domaines de la vie d'un pays, le politique et administratif, l'économique et le financier, le culturel enfin.

L'objet  de cet article est de dire sans détour que la conquête de l'indépendance passe nécessairement par celle de la souveraineté monétaire. La littérature sur le sujet est dense (AGBOHOU Nicolas, 1999 ; TIANI KEOU François, 2002 ; HUGON, 1999 ; TCHUNDJANG POUENI, 1980 etc...).

Il s'agit ici de déférer à la barre de la "raison" comme à la barre de la "conscience", l'élite bourgeoise africaine qui peine à comprendre ce que les autres savent déjà : la monnaie est à la fois un instrument de développement et de domination.

Il faudra répondre à l'innocente question initiale : le franc CFA est-il défendable ?

Nous trouvons ici comme prétexte, une réponse au gouverneur de la BCEAO, Philippe DACOURY-TABLEY, pour apporter des éclairages sur le concept mal connu qu'est la monnaie.

Ce que notre étude apporte c'est la dimension sociale de la monnaie qui vient convaincre définitivement que si les africains veulent une identité économique, ils doivent battre leur propre monnaie.

Nous commençons par revenir sur la définition de la monnaie car il nous semble utile de poser le problème de fond : celui de la nature de la monnaie.

Ensuite, on pourra montrer pourquoi, le Franc CFA doit disparaître si nous aspirons à l'indépendance et au développement. Ce sera le lieu de rappeler que les pays africains en général et ceux de la Zone Franc, en particulier, doivent s'affranchir de la tutelle française pour penser réellement leur développement.

QU'EST-CE QUE LA MONNAIE ?

D'ordinaire, les manuels d'économie définissent rapidement la monnaie comme un bien économique remplissant trois fonctions : une fonction d'unité de compte, une fonction d'intermédiaire des échanges, une fonction de réserve de valeur.

Respectivement, la monnaie permet d'exprimer en une seule et même unité la valeur des biens et services échangés, éliminer les contraintes liées au troc de marchandises et constituer un lien entre le présent et l'avenir.

Une telle définition présente des limites. On peut citer au moins deux inconvénients majeurs :


-        elle ne hiérarchise pas les différentes fonctions et sous-estime donc le problème de savoir où se situe la limite entre ce qui est de la monnaie et ce qui n'en est pas. Ainsi, si l'on considère que la principale fonction de la monnaie est d'être une réserve de valeur, on constate que de nombreux objets tels que des timbres, des tableaux peuvent servir de réserve de valeur sans être pour autant une monnaie.

-        l'approche fonctionnelle est trop limitative, puisqu'elle ne prend pas en compte la nature de la monnaie qui est d'ordre social.


Délaissons à jamais l'approche fonctionnelle de la monnaie pour nous concentrer maintenant sur les approches vivifiantes.

La monnaie peut alors être considérée comme un lien social essentiel, c'est à dire un "objet" liant entre eux des individus hétérogènes afin d'en faire une société. Il est admis par un grand nombre d'économistes, depuis les écrits d'Adam SMITH et la naissance de l'économie en tant que discipline autonome, que le marché était généralement considéré comme le seul lien nécessaire pour réunir en une société des individus par ailleurs isolés.

Mais La publication par Karl MARX du livre premier du Capital en 1867 va constituer une rupture très nette avec l'économie politique classique en ce qui concerne la théorie monétaire.

Selon Karl MARX, derrière la circulation des marchandises, il existe toujours des rapports sociaux. La valeur est en effet un rapport social de production qui revêt la forme d'un objet obtenu à partir de travail. Pour aller vite, disons que la monnaie dans la pensé de Karl MARX a un caractère double puisqu'elle est à la fois une marchandise et l'expression d'une relation sociale.

Or, le rôle de convention sociale de la monnaie s'accommode mal du statut de marchandise qu'il cherche à lui donner.

Comme par miracle, c'est un autre auteur allemand, Georg SIMMEL, qui, dans sa Philosophie de l'argent, va s'émanciper du concept de monnaie marchandise. L'échange monétaire peut en effet être considéré comme une socialisation, c'est à dire "l'une de ces relations dont la présence transforme une somme d'individus en un groupe social".

Pour former un lien social, il est nécessaire de passer par la médiation de l'instance collective que représente l'institution monétaire. C'est ce qui se passe, d'après SIMMEL, lors de l'extension de la sphère des échanges. Selon FEMENIAS (2008), pour SIMMEL, c'est donc bien la communauté dans son ensemble qui garantit que la monnaie soit acceptée aujourd'hui et dans l'avenir en règlement des échanges.

Dans le même ton, Michel AGLIETTA et André ORLÉAN dans La violence de la monnaie, ont de façon savante, démontré la dimension sociale de la monnaie. La monnaie est vue comme le moyen de canalisation de la violence censée caractériser tout ordre social. La socialité n'est possible qu'après un processus de socialisation dans lequel l'institution monétaire joue un rôle essentiel. Elle permet ainsi la conciliation de deux contraires : l'affirmation de l'autorité souveraine et celle d'une liberté personnelle, individuelle.

La forme générale de socialisation que constitue l'échange représente la forme sui generis du lien social. C'est l'adhésion de tous à la monnaie en tant que forme "socialement reconnue et légitimée de la richesse" (AGLIETTA et ORLÉAN, 2002, 67) qui confère son statut à la monnaie.

Comme l'État est porteur d'un projet d'unification politique et qu'il en a les moyens, il joue un rôle qui peut être déterminant pour conduire le processus monétaire jusqu'à sa réussite, en particulier en tant qu'il possède la légitimité permettant d'affronter les puissants antagonismes d'intérêt politique que la définition de la monnaie ne peut manquer de faire naître.

L'indépendance est aussi l'occasion de rétablir les symboles nationaux d'avant la guerre et de jeter les bases d'une restauration monétaire.


La monnaie est sans aucun doute une expression de la souveraineté d'un pays. La monnaie joue un rôle  dans l'ensemble des processus et des relations par lesquels une communauté se constitue en autorité souveraine.

On peut citer l'exemple du cens à Rome. La société romaine met en place, dès le 6e siècle av. J.-C., le cens, une sorte d'état civil d'état. Sous la monarchie romaine, existaient deux classes principales, les nobles et le peuple (populus), outre les esclaves et les non-citoyens. Après l'instauration de la République,  la société romaine se définissait elle-même comme une société d'ordres (ordines) implacablement stratifiée. L'évaluation en monnaie y apparaît au centre d'un dispositif qui établit la citoyenneté et assigne à chaque citoyen une place au sein de la hiérarchie sociale. Finalement, le census marque solennellement la limite entre les citoyens et ceux qui ne le sont pas.

Enfin, exposons rapidement, l'approche de la monnaie comme système de paiement. Celle-ci explique que la monnaie doit être analysée comme point de départ obligé de la théorie du marché plutôt que comme un simple objet économique.

La monnaie est ainsi considérée comme une institution, un ensemble de règles d'emblée sociales. Pour CARTELIER, "la monnaie, ou système de paiement, est l'institution qui rend possible la coordination des actions économiques des individus".

L'approche de CARTELIER est différente de celle  exposée plus haut, faisant de la monnaie, une canalisation de la violence. Selon CARTELIER, la monnaie n'est qu'un des résultats possibles du processus de canalisation de la violence. Ainsi, la loi ou le sacré constituent autant de solutions alternatives.

POURQUOI LE FRANC CFA DOIT DISPARAÎTRE

Nous avons pris soin de rappeler dans notre introduction que les pays africains sont logiquement indépendants depuis 50 ans. Pourtant, ils sont aujourd'hui encore nourris au "lait" de la France. Que le lecteur m'accorde la faveur de dire que notre continent ne se développera que lorsqu'il sera en amont et en aval de ses stratégies de développement.

a)  Les principes de la Zone Franc sont des leviers du pillage des économies africaines

La parité fixe. Un nombre croissant de monnaies vernaculaires se rattachent à des monnaies véhiculaires (Bourguinat) qui permettent l'acceptabilité, la liquidité et la stabilité permettant la prédictibilité.

Les francs CFA sont ainsi rattachés au franc français par une parité fixe (éventuellement ajustable). Deux régimes de taux de change sont possibles : le taux de change flexible et le taux de change fixe.

La réflexion n'a pas été menée pour savoir lequel des deux, éventuellement, doit être préféré. On sait pourtant que le taux de change remplit deux fonctions conflictuelles dans la gestion de l'économie [BOUGHTON, 1991] : point d'ancrage à la stabilité économique (un pays qui stabilise son taux de change par rapport à une devise forte, gagne en crédibilité); instrument de rééquilibrage des comptes extérieurs (un pays qui surévalue sa monnaie perd de la compétitivité).

Le taux de change flexible permet d'utiliser la politique monétaire à d'autres fins. On admet généralement qu'une économie fortement exposée à des chocs extérieurs, ce qui est le cas des pays africains de la Zone, ont intérêt à stabiliser l'économie par la flexibilité de change.

En imposant le régime de taux de change fixe aux PAZF (Pays Africains de la Zone Franc), la politique monétaire avait un seul objectif à poursuivre, celui du maintien du taux de change à son niveau annoncé.

L'ancrage nominal conduit à réduire l'inflation et il favorise des anticipations non inflationnistes; il crée une contrainte pour la convergence des politiques économiques et il impose une discipline monétaire.

La fixité du change réduit la spéculation déstabilisatrice sur les modifications de taux de change.

En réalité, le choix du régime de taux de change fixe était de faire en sorte que les bénéfices des  entreprises françaises ne subissent pas les caprices d'un taux de change erratique.

En clair, la France voulait stabiliser les bénéfices des entreprises françaises. Pour cela, la France a promis réduire l'impact des chocs extérieurs avec des mécanismes coopératifs (comptes d'opérations) ou d'aides (exemples du Stabex ou du Sysmin).

En ce qui concerne, la liberté des transferts, elle est limitée au niveau des pays africains mais massive entre les pays africains et la France. Cette liberté de transferts a conduit à un rapatriement massif des bénéfices des investisseurs étrangers vers leur maison-mère et à un exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d'origine : entre 1970 et 1993, alors que les investissements étrangers s'élevaient à 1,7 milliards de dollars, le rapatriement des bénéfices et des revenus d'expatriés s'est élevé à 6,3 milliards. Les rapatriements ont donc été quatre fois supérieurs aux investissements (Nicolas AGBOHOU, 1999, p. 87).

La transférabilité interne a pris un coup depuis les années 90. Il y a une mesure de suspension de rachat des billets de banque CFA entrée en vigueur le 2 août 1993. Auparavant, et ce jusqu'au 1er août 1993, la convertibilité des billets était libre et illimitée aux guichets de la banque de France. En plus d'une mesure de suspension de rachat des billets CFA entre la zone UMOA et la zone CEMAC à compter de septembre 1993.

Cela n'a pas empêché la détérioration des comptes dans les années 1990 et l'incapacité déclarée de la France à soutenir sans limites les budgets africains. Résultat : les deux francs CFA ont été dévalués de 50 % en janvier 1994 pour passer de 0,02 à 0,01 FF. Cette parité fixe ne changea pas avec le passage du FF à l'euro (1999). Elle s'est traduite automatiquement par le taux de 1 euro pour 655,957 F CFA.

La libre convertibilité et la libre transférabilité sont limitées par le contrôle des changes (surtout depuis la suspension de la convertibilité des billets FCFA) et l'absence de marchés des FCFA (tous les flux passent par le filtre des banques centrales).

Finalement, la zone franc est un espace de circulation asymétrique des capitaux privés, d'investissements publics, et de répartition de l'aide publique où les entrées de flux publics sont compensées par des sorties de flux privés.

Elle demeure caractérisée par le poids des intérêts des firmes françaises. Elle est un espace politique, linguistique, financier marqué par des relations privilégiées avec l'ancienne métropole. D'espace commercial préférentiel, elle est devenue un espace financier privilégié; de système centralisé et hiérarchique de défense externe de la monnaie dans un espace protégé, elle est devenue une institution plus souple de coopération monétaire.

Au sujet de la convertibilité illimitée ou la garantie illimitée du Trésor Français, cette disposition était une manière légale pour les entreprises françaises d'avoir des devises avec leurs milliards de franc CFA. La convertibilité des francs CFA ne résulte pas du marché mais d'une convention avec le Trésor français. La convertibilité permet l'accès aux marchés internationaux et favorise l'entrée des capitaux.

Depuis la dévaluation des francs CFA du 12 janvier 1994, les pays africains membres de la Zone ont perdu leurs droits de tirage automatique. La France est devenue un prêteur résiduel qui se situe en second rang par rapport aux institutions de Bretton Woods, et qui intervient après mobilisation des multilatéraux notamment la Banque africaine de développement.

Enfin, le principe des comptes d'opérations est une escroquerie morale, financière de la France.  Les comptes d'opérations auraient même une origine nazie. Il faudrait reprendre l'idée de Nicolas AGBOHOU (1999, p.79) sur ce point.

Selon l'auteur, "la France applique actuellement aux Africains, les cruautés financières que l'Allemagne hitlérienne lui a infligées pendant l'occupation. En effet, l'Allemagne nazie a fait supporter des charges financières énormes à la France envahie...", Selon un mécanisme bien décrit par Pierre ARNOULT.

Selon Nicolas AGBOHOU, l'Allemagne avait organisé sous des apparences commerciales l'exportation chez elle, à peu près gratuitement, de toutes les richesses françaises dont elle avait besoin.  Pour réaliser ce dernier projet, elle imagina d'instituer un accord de compensation franco-allemand qui, à la vérité, n'aurait d'accord que le nom et mettrait la production française à sa merci.

Lorsque deux pays décident de régler leurs relations commerciales par voie de compensation, ils créent un clearing, c'est-à-dire un organisme chargé d'équilibrer leurs créances et leurs dettes respectives.

En dehors de l'argumentation fournie par Nicolas AGBOHOU, celle de Maurice NIVEAU (1954) ne manque pas d'intelligence. Cette technique de compte d'opérations, qui est en réalité une escroquerie était pourfendue par les français eux-mêmes.

Maurice NIVEAU (dans Histoires des Faits Economiques contemporains, PUF, 1966, p.306-307) nous rapporte le sentiment français, par les propos de  M. Emile MOREAU (gouverneur de la banque de France de 1926 à 1930) qui disait ceci à M. POINCARÉ (président du conseil) : "j'expose au président du conseil que l'Angleterre ayant été le premier pays européen à retrouver une monnaie stable et sûre après la guerre, a profité de cet avantage pour jeter sur l'Europe les bases d'une véritable domination financière. [...] les remèdes comportent toujours l'installation auprès de la banque d'émission d'un contrôleur étranger anglais ou déguisé par la banque d'Angleterre, et le dépôt d'une partie de l'encaisse de la banque d'émission à la banque d'Angleterre, ce qui sert à la fois à soutenir la livre et à fortifier l'influence anglaise..."

b)  Le Franc CFA n'a pas apporté le développement économique mais le développement du sous-développement

Le franc CFA est un facteur de sous-développement. Nous le verrons dans les lignes qui suivent. Mais il y a un autre argument que nous devons brièvement examiner ; il renforce la tendance à la libération des PAZF (Pays Africains de la Zone Franc).

b.1) La création monétaire est du domaine de la souveraineté d'un pays

Jamais, en réalité, l'Etat ne s'est désintéressé de l'émission ; même quand l'institution d'émission était un organisme strictement privé, comme en grande Bretagne, les relations entre la Banque et la Trésorerie étaient étroites.

Les PAZF ont abandonné à la France, la création monétaire qui est pourtant une prérogative régalienne de l'Etat. C'est un "droit inconditionné de définir les règles qui gouvernent l'évolution de la monnaie qui a cours sur son territoire". Et ceci sous deux aspects : au plan interne, s'agissant du "pouvoir d'émettre la monnaie fiduciaire, de définir un système de contrôle de la quantité globale de monnaie en circulation, de définir dans quelles limites l'Etat peut avoir recours à la création de la monnaie pour financer sa dette".

Sur le plan externe, la liberté de choisir un système de change et éventuellement de fixer la position de la monnaie nationale dans ce système. Certaines fonctions sont indispensables à la survie de l'identité nationale et spécifiques à l'Etat et touchent au plus près à la souveraineté et donc ne sauraient souffrir que des limitations très restreintes.

Cela concerne au premier chef le maintien de l'ordre public, la justice et le monopole de la contrainte à l'intérieur, la diplomatie, la défense et enfin la monnaie.

La plus grande démission des intellectuels africains, en tout cas, ceux du sous-continent noir, c'est d'avoir toléré ce viol monétaire pendant longtemps. Nous avons dit plus haut que le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'Ivoirien Philippe DACOURY-TABLEY, a en substance plaidé en faveur du maintien du Franc CFA.

Pour le gouverneur, il ne s'agit pas d'avoir une monnaie. "Tout le monde peut le faire. Mais, si c'est pour faire et s'asseoir à côté, ça ne sert à rien", a-t-il fait remarquer. Pour le banquier, il faut plutôt dépassionner la question et "rendre nos économies indépendantes"

Il nous semble  mystérieux de rendre les économies africaines indépendantes quand la monnaie elle-même, l'instrument de mesure, est colonisée.

La banque centrale a d'abord été le banquier de l'Etat. C'est du fait de cette relation privilégiée, et seulement dans un second temps, qu'elle a été considérée progressivement comme la "banque des banques", celle qui compense les paiements des banques commerciales et régule la liquidité du secteur bancaire (GOODHART, 1988).

Ce n'est que plus tard qu'on a voulu centrer le mandat des banques centrales sur la lutte contre l'inflation, et les protéger en construisant un cadre institutionnel qui les mette à l'abri des pressions politiques et leur interdise de prêter à l'Etat. Ce cadre est consacré en Europe, en 1992, par le traité de Maastricht.

Le gouverneur sait qu'il n'est que haut fonctionnaire du trésor français. La BCEAO est administrée par un conseil d'administration composé de 16 membres dont deux français. La conduite de la politique monétaire est confiée au Conseil d'Administration de la BCEAO avec le "concours" des comités nationaux de crédits (article 52 du statut de la BCEAO).

L'article 10 de l'accord de coopération entre la République Française et les Républiques membres de l'UMOA dit : "Deux administrateurs désignés par le gouvernement français participent au Conseil d'Administration de la BCEAO dans les mêmes conditions et avec les mêmes attributions que les administrateurs désignés par les Etats membres de l'Union ".

Si l'on doit arrêter une décision à l'unanimité, une simple opposition de la partie française peut compromettre la vie des millions d'africains. C'est tout simplement une infamie. La France contrôle par le biais du franc CFA toutes les économies des PAZF et en conséquence, leur souveraineté.

b.2) Le franc CFA n'apporte pas le développement mais le sous-développement

Si le gouverneur de la BCEAO arbore une joie non dissimulée de faire partie de la zone franc, les populations africaines sont loin de le suivre dans cette œuvre solitaire. Et pour cause, le franc CFA n'apporte pas le développement promis.

Le franc CFA ne permet pas le financement des entreprises, n'entraine pas l'intégration régionale et en dernier ressort ne nous donne aucune dignité.

Le franc CFA étant structurellement et économiquement étranger aux africains, le système bancaire est faiblement développé et les africains n'y attachent aucun intérêt.

Selon le rapport JUMBO de l'agence Française de Développement (AFD, 2007, p.11), en 2007, le total des bilans des banques de l'UEMOA et de la CEMAC est inferieur à la somme des actifs de la première banque sud-africaine.

Le système financier et bancaire de la zone UEMOA a été soigneusement étudié par PRAO Séraphin. (2009) et arrive à la conclusion que la dimension monétaire du développement est absente.

En tout cas, qu'il s'agisse de la Côte d'Ivoire ou du Sénégal, le ratio de l'approfondissement n'atteint jamais le seuil de 36,5.

En effet, BERTHÉLÉMY et VAROUDAKIS (1998) ont validé par une analyse de panel l'idée selon laquelle l'impact de l'approfondissement financier sur la croissance ne se manifeste qu'à partir d'un certain seuil (  au moins égal à 36,5). Pour la Côte d'Ivoire et le Sénégal, ce taux moyen est respectivement  de l'ordre de 0,26 et 0,21  sur la période 1962-2004.

La densité du réseau bancaire des pays de l'UEMOA est très faible. Il y a 1,4 agences ou bureaux bancaires pour 100 000 habitants. Le taux de bancarisation dans l'UEMOA à fin décembre 2003 variait de 0,76% pour la Guinée Bissau à 5,18% pour la Côte d'Ivoire avec une moyenne de 3,02% pour l'Union. En 2005, seules 3 personnes sur 100 ont accès à un compte (BCEAO, 2005b, CB-UMOA, 2006). En comparaison, la France était en 2001 à un taux de 99% (Daniel et Simon, 2001).

Les africains estiment que le système bancaire est réservé aux riches. Ils sont d'autant plus persuadés d'avoir raison que le financement bancaire ne représente que 16% du produit intérieur brut (PIB) en Côte d'Ivoire contre environ 70 % en France ou en Tunisie.

En 2006, le ratio moyen du crédit privé au PIB était de 110% dans les pays de l'OCDE, de 31% dans les pays d'Amérique latine et de 20% seulement en Afrique Subsaharienne (ASS).

En Afrique, les banques sont très peu actives dans le financement de l'investissement. Elles sont très frileuses dans l'octroi des crédits. Du coup, le système bancaire regorge d'énormes liquidités inutilisées.

Le comble c'est que les banques sont depuis 1994 apparues surliquides. La liquidité peut être définie comme l'aptitude d'un établissement de crédit à faire face à ses engagements à court terme, c'est-à-dire concrètement à répondre à une demande inopinée de retraits d'une partie des fonds déposés par la clientèle. Dès lors la surliquidité bancaire n'est rien d'autre que la possession par une banque d'un excès de liquidité.

Mais selon le FMI (2006)[i], la surliquidité bancaire est définie comme le montant des dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale qui excède les réserves obligatoires. C'est cette même définition qu'on retrouve chez  Jean CALVIN (2008), en la considérant comme les réserves auprès de la banque centrale excédant les montants minimum requis, en moyenne sur l'année.

PRAO Séraphin (2009) a estimé que cette surliquidité bancaire représente en moyenne sur la période 1996-2006, entre 2% à 7% du PIB nominal de la zone UEMOA.

Avec cette paresse bancaire, l'effort d'investissement n'a pu engendrer une croissance forte. Sur la période 2002-2007, le taux d'investissement n'excède pas 20% dans l'espace UEMOA (17% (2002) ; 16,1 (2004) ; 18,8% (2005) ; 19,2% (2007)). Sur la même période, en ASS, le taux est en moyenne nettement supérieur à ceux de la zone UEMOA (18,7% (2002) ; 19,3% (2004) ; 20,4%(2005) ; 22,4% (2007)).

Le taux de croissance du PIB réel dans la zone UEMOA ne permet pas de dire que le franc CFA a un impact positif sur l'économie des pays membres.

En comparant cette zone et l'ASS, le taux de croissance du PIB réel y est faible.

Sur la période 2002-2007, dans la zone UEMOA, ce taux est de 1,5% en 2002 ; 2,9% en 2003 ; 2,8% en 2004 ; 3% en 2007. En ASS,  ce taux est de l'ordre de 3,5% en 2002 ; 4% en 2003 ; 6,8% en 2004 et 7,2% en 2007.

Les défenseurs du franc CFA ont échoué lorsqu'ils ont cherché à rendre explicite la correspondance entre la monnaie unique (le franc CFA) et l'intégration régionale.

Les monnaies coloniales ont plutôt encouragé l'intégration économique avec la puissance de tutelle, et, dans une moindre mesure, avec le reste du monde.

En imposant leur monnaie, leur système bancaire, et d'autres types de régulation économique dans les frontières arbitraires qu'ils avaient données à l'Afrique, les pouvoirs coloniaux ont en partie empêché l'intégration économique à l'intérieur du continent.

Mais, en même temps, une intégration économique de l'Afrique avec l'Europe et le reste du monde a été possible. Des économies sont intégrées lorsque "leurs relations réelles et monétaires sont si intenses que leurs marchés réagissent simultanément aux mêmes chocs""par le marché" ; elle résulte de l'essor des flux commerciaux et financiers. (BAUDASSE, MONTALIEU, SIROËN, 2001, p. 78) ; Le concept d'intégration traduit deux types de dynamique : l'une est spontanée, elle se réalise de fait,

L'autre est institutionnalisée, "formelle" ; elle traduit un volontarisme et des accords politiques ; obtenue "par les règles", elle suppose la mise en place d'institutions et le passage d'étapes programmées dans le temps.

En effet, les grands pays exportateurs dans le commerce intra UEMOA sont la Côte d'Ivoire et le Sénégal qui ont exporté vers la zone respectivement 11 et 6,5% de leurs exportations totales entre 1990 et 2003 (BOOGAERDE et TSANGARIDES, 2005). Ces pays sont de ce fait de loin les grands offreurs de biens manufacturiers dans la zone en détenant respectivement 74 et 14% des exportations intra zone.

Selon la commission européenne (2002), en 1999, 40% des exportations de l'espace UEMOA étaient destinées à l'Europe. Les importations en provenance de l'union européenne en direction de l'UEMOA la même année se situe à 43%. Les exportations de la zone UEMOA en direction du même espace représentent 12% tandis que les importations se situent à 10%.

Le renforcement de l'intégration régionale doit passer par le développement du commerce intra régional à travers l'amélioration des infrastructures routières notamment. Il a été démontré que le commerce au sein de l'UEMOA triplerait si toutes les routes nationales reliant les pays membres entre eux étaient revêtues en dur. Pour cela, il nous faut trouver des ressources pour le financement de grands projets routiers. Et pourtant, des milliards de Franc CFA dorment dans les caisses du Trésor français, signe que les africains sont tout simplement terribles.

CONCLUSION

La monnaie, lien social, est au cœur d'une légitimation par le pouvoir, d'une confiance par les marchés et d'une crédibilité par le dynamisme de l'économie, et par les politiques, notamment de la Banque centrale. Les francs CFA ont une convertibilité conventionnelle; la monnaie CFA ne constitue pas un symbole de Souveraineté.

Si le Franc CFA ne disparaît pas, on aura garde de paraître conférer aux Africains une étiquète d'incapable congénitale.  Être libre, être indépendant, pouvoir se gouverner soi-même, être maitre de ses décisions, c'est une fin en soi. C'est même la première fin qu'il faut rechercher quand on veut se bâtir un pays ou une vie à soi.

Un pays indépendant est un pays qui exerce sa souveraineté en toute liberté, n'a d'allégeance pour aucun autre pays et ne se détermine qu'en fonction de ses intérêts et de sa volonté. Telle est, en gros, la définition de l'Indépendance.

BODIN, un des plus grands théoriciens de la souveraineté dans les Six livres de la République (1576) reprend le thème de l'imitation de Dieu pour caractériser l'autorité souveraine. Cette autorité insiste-t-il est indivisible absolue (elle est au-dessus des lois puisqu'elle les fait) ou encore perpétuelle. Il va ainsi fixer les attributs de la souveraineté.

En Egypte ancienne, le pouvoir du pharaon reposait sur un certain nombre de symboles. Ils étaient les témoins de sa force, de sa divinité et de son autorité sur les terres d'Egypte.

La monnaie fait partie des attributs de la souveraineté, l'ignorer, c'est simplement faire fausse route dans le combat pour la souveraineté tout court.


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mardi, 13 juillet 2010

LE QUAI D'ORSAY EST UN MINISTERE SINISTRÉ

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Jean-Christophe RUFIN au journal "Le Monde"

"Le Quai d'Orsay est un ministère sinistré"


L'écrivain Jean-Christophe RUFIN, que Nicolas SARKOZY avait nommé ambassadeur de France à Dakar (Sénégal) en août 2007, a quitté ses fonctions le 30 juin 2010 après que le président Abdoulaye WADE a demandé à la France son départ, et l'a obtenu. Quittant la diplomatie, il a retrouvé sa liberté de parole et s'exprime sur la politique africaine de la France.

Jean Christophe RUFIN : "Le Quai d'Orsay ne pèse plus rien dans les affaires"

Qui dirige aujourd'hui la politique africaine de la France ?

Ces dernières années, un mode de gouvernance particulier s'est construit : les affaires africaines les plus sensibles sont tranchées par Claude GUÉANT, qui est un préfet et n'a pas une connaissance particulière de l'Afrique. Dans ce domaine qu'il s'est réservé, le secrétaire général de la présidence agit d'autant plus librement qu'il n'en répond ni devant l'Assemblée ni devant le gouvernement. Il dépend du seul président de la République, dont j'ignore s'il est complètement informé des initiatives de son collaborateur.

Que s'est-il passé depuis trois ans ?

Il s'est passé que Bernard KOUCHNER n'a pas souhaité ou pas pu s'imposer dans ce domaine et, plus généralement, en politique étrangère. Etant donné son parcours que nous admirons tous, il est difficile de comprendre comment il peut avaliser des décisions prises par d'autres sur des bases qui ne sont pas les siennes.

D'un côté, il y a un Quai d'Orsay qui sert de vitrine à la fois "people" et morale, et, de l'autre, une realpolitik faite par-derrière et par d'autres. Bernard KOUCHNER a réorganisé le ministère des affaires étrangères à la manière d'une organisation non gouvernementale (ONG). Le Quai d'Orsay est aujourd'hui un ministère sinistré, les diplomates sont dans le désarroi le plus total, car ils ne se sentent pas défendus.

Vous mettez en cause l'influence auprès de l'Elysée de "réseaux occultes" sur la politique de la France en direction de l'Afrique. De quoi s'agit-il ?

Ces réseaux sont construits à l'inverse des réseaux Foccart qui existaient du temps du général DE GAULLE et étaient censés servir les intérêts de la France. Aujourd'hui, il s'agit de réseaux de lobbying qui cherchent à faire valoir les intérêts de tel ou tel régime africain auprès des autorités françaises.

Le pire est qu'ils parviennent à faire croire en haut lieu que leurs analyses sont plus désintéressées que celles fournies par les ambassadeurs, alors qu'ils sont stipendiés et ne font qu'exprimer l'opinion de leurs clients.

On les disait amis, ils semblent désormais sérieusement brouillés. L'écrivain Jean Christophe RUFIN, ex-ambassadeur de la France au Sénégal, se livre à une charge sévère contre Bernard KOUCHNER, ministre des Affaires étrangères.

Décrivant dans un entretien au "Monde" un Quai d'Orsay "complètement marginalisé et sinistré", des diplomates dans le "désarroi le plus total", RUFIN regrette que le co-fondateur de Médecins sans frontières se laisse dicter sa politique africaine par Claude GUÉANT, secrétaire général de l'Elysée, et des "réseaux de lobbying".

Le fond de l'affaire n'est pas nouveau. L'impuissance de l'ancien french doctor aux Affaires étrangères a déjà été décrite, notamment par le journal Libération. Bernard KOUCHNER lui-même a reconnu qu'il devait s'accommoder d'influences parfois contraires....

Bernard KOUCHNER devrait "savoir partir" : "On n'est jamais trahi que par les siens"

Le ministre a d'abord répondu par l'ironie aux critiques de l'ancien ambassadeur, jugeant que ce dernier "boudait" et qu'il avait su "s'alimenter à la bonne source" pour écrire son dernier livre. Puis, interrogé à l'Assemblée nationale, il s'est fait plus offensif: "J'espère- on n'est jamais trahi que par les siens - que cet homme ne s'étouffera pas de haine"

"Nous sommes fiers de la politique qui a été menée, aussi bien pour la Guinée qui vient de voter pour la première fois depuis 59 ans, pour le Rwanda (avec lequel la France a repris depuis six mois des relations diplomatiques)", a rétorqué le ministre.

"Nous sommes fiers de ce que nous avons fait après les coups d'Etat en Mauritanie, au Niger, ou à Madagascar", a-t-il ajouté.

Mais les temps sont décidément compliqués pour Bernard KOUCHNER, puisque deux de ses prédécesseurs, Hubert VÉDRINE et Alain JUPPÉ, viennent de publier dans "Le Monde" une tribune dénonçant "l'affaiblissement sans précédent (des) réseaux diplomatiques et culturels de la France".

 

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FRANÇAFRIQUE : TANGO A DAKAR

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Par Marc Schindler

Photo: Jean-Christophe RUFIN

Voilà ce qui arrive quand on nomme ambassadeur un écrivain célèbre au lieu d'un diplomate. Son Excellence Jean-Christophe RUFIN, ambassadeur de France au Sénégal, a été remplacé, après trois ans à Dakar. Bien sûr, au Quai d'Orsay, on affirme qu'il ne s'agit que d'un mouvement diplomatique normal.

En fait, l'éviction de Jean Christophe RUFIN a été décidée après une féroce bataille d'influence à Paris, qui s'inquiète de la lutte pour la succession du vieux président WADE, qui risque de provoquer une explosion sociale à Dakar. Le Quai d'Orsay n'a proposé aucun autre poste à son ambassadeur. Choqué par les pressions auxquelles il a été soumis depuis trois ans, RUFIN a décidé de quitter son poste à la fin du mois de juin

Jean Christophe RUFIN n'est pas diplomate de métier, même s'il a occupé des postes d'attaché culturel. Il est surtout médecin, l'un des pionniers de Médecins sans frontières, il a consacré vingt ans à travailler dans des ONG. C'est aussi un écrivain célèbre pour ses essais (La dictature libérale, Un léopard sur le garrot) et surtout ses romans (Sauver Ispahan, Rouge Brésil, Le parfum d'Adam), qui lui ont valu plusieurs prix dont le Goncourt. Un écrivain bardé de titres et France et à l'étranger, élu à l'Académie française, il y a deux ans.

Evidemment, pour Bernard KOUCHNER, l'ancien French Doctor, devenu ministre des Affaires étrangères, avoir un bijou aussi brillant au Quai d'Orsay, c'était une aubaine. En août 2007, RUFIN est nommé ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie. Et c'est là que les choses se gâtent.

Dans toutes ses carrières, RUFIN n'a jamais pratiqué la langue de bois. En décembre 2008, à Dakar, il déclare lors d'une conférence de presse : "Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets. Tout le monde sait tout, ou tout le monde croit tout savoir, donc dit n'importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente"

Aïe, aïe, aïe ! Incident diplomatique. On lui demande des excuses publiques. L'ambassadeur Rufin, avec ce sens bien à lui de l'humour, affirme "le caractère ironique et affectueux" de ces paroles "tenues sur le ton de la plaisanterie". Broutilles.

Mais le président du Sénégal Abdoulaye WADE, un grand ami de la France, explose quand il apprend que l'ambassadeur RUFIN déconseille à Paris d'accorder une aide financière au Sénégal sans une réforme profonde de son système politique. Et les télégrammes de RUFIN sont bien peu diplomatiques. Il écrit qu'une aide sans condition reviendrait à "fournir à un toxicomane la dose qu'il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin". A Paris, KOUCHNER a dû en avaler son chapeau. Et à Dakar, WADE demande la tête de Rufin.

Au Sénégal, la corruption publique au plus haut niveau est institutionnelle. Le président WADE, élu il y a dix ans à la tête du Sénégal, joue au sage africain, à 84 ans. Il jongle allègrement avec ses premiers ministres, il modifie la Constitution quand ça lui chante, il décapite l'opposition et emprisonne les journalistes.

En comparaison internationale, en 2007, le Sénégal était classé 166e sur 182 pays pour les indicateurs du développement humain. Le président WADE a fait ériger une gigantesque statue "La Renaissance africaine" bâtie par la Corée du Nord, qui a coûté 15 millions d'euros. Wade a annoncé, selon l'opposition, que 35% des retombées financières de l'opération lui reviendraient, puisqu'il était l'auteur du monument. Bref, encore un intellectuel africain formé par l'Université française, auquel le pouvoir a fait perdre la tête !

Le président du Sénégal pratique aussi la corruption à la mode de la Francafrique, du genre BOKASSA. En septembre 2009, il a fait remettre un "cadeau d'adieu" au représentant du FMI à Dakar, une valise contenant 100 000 euros et 50 000 dollars. Pas pour l'influencer ni pour remercier le FMI pour son aide. Juste un simple cadeau ! Ca ne vous rappelle pas les diamants de Giscard ?

Autre affaire de corruption : WADE vient de limoger son ministre de la Justice, remplacé par un proche du président. Cet ami serait impliqué, selon la presse sénégalaise, dans une affaire de dessous-de-table de 40 millions de dollars pour l'attribution d'une licence de téléphonie mobile à un groupe soudanais. On ne change pas une équipe qui gagne !

Il n'y a pas que l'ambassadeur de France qui subit les foudres de WADE. L'ambassadrice des Etats-Unis a, elle aussi, eu droit à une violente diatribe présidentielle. Elle avait osé affirmer que "La corruption, voire même la perception de la corruption, ainsi que les politiques exécutées de façon inefficace, peuvent facilement ruiner les efforts de développement, détourner les fonds des services de santé, d'éducation et d'autres services vitaux de la communauté, portant préjudice à ceux qui en ont le plus besoin".

Le vieux président, que son opposition appelle méchamment "le sénégâteux", s'est emporté : il n'y a que les Etats-Unis pour ternir l'image du Sénégal. L'Europe, la Chine, l'Arabie saoudite aident le pays sans jamais parler de corruption.

Pourtant, SARKOZY a pris ses distances avec ce personnage encombrant : au sommet France-Afrique de Nice, WADE a été isolé par les autres chefs d'Etat africains, lui qui se vante d'avoir contribué à la libération de la Française Clotilde REISS, détenue en Iran.

Pour la France, le Sénégal n'est pas seulement l'un des principaux bénéficiaires de l'aide au développement pour quelques dizaines de milliards. Dakar est aussi un enjeu stratégique en Afrique. Paris a accepté symboliquement de restituer au Sénégal les bases militaires françaises. Mais la France veut garder 300 hommes et obtenir des facilités logistiques.

On souhaite bien du plaisir au nouvel ambassadeur de France, Nicolas NORMAND qui devra apprendre à danser le tango à Dakar sans marcher sur les pieds du président WADE.

Ancien ambassadeur de France au Congo Brazzaville, Nicolas NORMAND est rompu à toutes les combines de la Francafrique

A Brazzaville, Nicolas NORMAND a appris à avaler des couleuvres sans jamais broncher. La plus grosse étant l'assassinat devant ses yeux le 21 janvier 2009 du franco-congolais Bruno OSSEBI alors qu'il s'apprêtait à le faire évacué en France suite à l'incendie criminel de sa maison ; incendie dans lequel avait périt madame OSSEBI et ses deux filles.


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vendredi, 11 juin 2010

LES NOUVEAUX VISAGES DE LA FRANÇAFRIQUE

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Une manifestante contre la « Françafrique ».


Alors que le 25e sommet « Afrique-France », qui est aussi celui du cinquantenaire des « indépendances », s'est tenu à Nice les 31 mai et 1er juin 2010, l'affaire est assez emblématique des mutations de cet étrange serpent de mer qu'est la « Françafrique ». Chacun sait, depuis le 15 mai 2010, que la libération de l'universitaire Clotilde Reiss est en partie due à une médiation sénégalaise, au sein de laquelle l'avocat Robert Bourgi, aussi talentueux que multicarte et seul héritier du savoir-faire « foccartien », a joué un rôle déterminant.

Seuls trois hommes étaient au courant du voyage secret en Iran de Me Bourgi et de Karim Wade, à la fin du mois de mars 2010: le père de ce dernier, Abdoulaye Wade et, à Paris, Nicolas Sarkozy et son secrétaire général, Claude Guéant, à qui les deux émissaires ont régulièrement rendu compte au téléphone, depuis Téhéran, des progrès de leur mission. Ni Bernard Kouchner, ni Jean-David Levitte, ni même le patron de la « DGSE », Erard Corbin de Mangoux, ne savaient quoi que ce soit de ce déplacement feutré. Culte du secret, court-circuitage des filières institutionnelles, casquettes africaines et contacts parallèles activés par un personnage à la réputation (forcément) sulfureuse et qui en joue avec habileté : la méthode « Foccart » transposée dans l'Orient compliqué a donc, si l'on peut dire, porté ses fruits.


FOCCART, LE GRAND MARIONNETTISTE

Si la « Françafrique » incestueuse et patrimoniale est morte, celle des réseaux est, elle, toujours bien vivante. À une différence - de taille - près : elle est acéphale. Là où Jacques Foccart, qui consacrait l'essentiel de son temps aux affaires du « pré carré », tirait tous les fils à la manière d'un grand marionnettiste, Claude Guéant, pour qui l'Afrique n'est qu'une préoccupation parmi d'autres, n'intervient directement ou par intermédiaire interposé que sur certains dossiers sensibles. D'où l'éclatement et la multiplication de réseaux souvent complémentaires « (Élysée-business (par exemple) », reliés entre eux par des passerelles « avocats, juges, médecins, (ouvertement rivaux) »  (ONG), « transcourants (francs-maçons) », etc., mais qui tous fonctionnent en interne avec de vraies solidarités corporatistes et une opacité commune.

Autre évolution : les réseaux sont désormais autant « afro-français » que « franco-africains » et leur interpénétration réciproque est fréquente. Un Laurent Gbagbo, un Paul Biya, un Denis Sassou Nguesso, un Ali Bongo Ondimba, pour ne citer qu'eux, ont tous leur réseau d'influence qui emprunte à chacun (ou presque) des réseaux français. Conséquence de cette alchimie complexe, qui tient parfois de la raffinerie : l'apparition de missi dominici dont on distingue mal a priori l'allégeance principale. Il faut ainsi de bons yeux pour hiérarchiser les fidélités dont se réclame aujourd'hui l'incontournable Robert Bourgi : Sarkozy et Guéant en premier lieu, puis Wade, Ali Bongo Ondimba, Ould Abdelaziz, Gbagbo et quelques autres. Il est vrai que, en ce domaine, chacun avance masqué.

Le petit « Who's Who » que nous publions (voir ci-dessous) - et d'où sont exclus les ministres pour qui l'Afrique fait en quelque sorte partie du job, tels Bernard Kouchner et Alain Joyandet - a pour ambition de guider les pas du profane dans le maquis de la « néo-Françafrique ». Nous avons volontairement omis dans ce vade-mecum les pays du Maghreb, qui relèvent, eux, de réseaux bilatéraux à la fois différents et étanches, sur lesquels nous reviendrons prochainement.


ROBES NOIRES

Simone Gbagbo et l'État togolais ont un point commun : leur avocat, Pierre Haïk (le dossier Kieffer pour la première, l'affaire Kpatcha Gnassingbé pour le second). C'est un habitué du continent, ex-conseiller de l'ancien directeur des affaires générales d'« Elf », Alfred Sirven, et surtout de Charles Pasqua. Plus jeune, il joue dans la même cour qu'autrefois Jacques Vergès, lequel conseille encore le chef de l'État centrafricain, François Bozizé. D'autres « pointures » prennent la relève : après le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée, Francis Szpiner, Lev Forster puis Marcel Ceccaldi ont essayé de mettre Dadis Camara à l'abri des poursuites ; Christian Charrière-Bournazel (bâtonnier à Paris) et Mario Stasi conseillent Kpatcha Gnassingbé.

Ancien maire « UMP » et proche de Nicolas Sarkozy, Manuel Aeschlimann,­ qui a rejoint l'équipe du Congolais Jean-Pierre Bemba - poursuivi par la « Cour pénale internationale » -, est un nouveau venu. Il est à l'opposé d'un William Bourdon, qui se montre plus volontiers aux côtés des faibles. Ce dernier est avocat des plaignants dans l'affaire des « biens mal acquis », qui vise notamment Denis Sassou Nguesso (défendu par Jean-Pierre Versini-Campinchi). Mais il est aussi celui de... la famille Kaddafi ! Les « cabinets d'affaires » ont également leurs « Messieurs Afrique », notamment Jean-Claude Petilon chez Fasken Martineau ou Stéphane Brabant chez Herbert­ Smith.


BLOUSES BLANCHES

Les prostates, surtout quand elles sont présidentielles, peuvent créer des liens étonnants entre les patients et leurs médecins. Ces derniers peuvent ainsi passer du domaine médical au champ politique. Bernard Debré, chirurgien-urologue, ancien ministre de la Coopération, est considéré un peu comme un pionnier en la matière. Outre les soins apportés à Gnassingbé Eyadéma et Félix Houphouët-Boigny, il s'est plus d'une fois rendu sur le continent avec son équipe, composée d'une quarantaine de personnes. Au Congo-Brazzaville, on connaît particulièrement le cancérologue Claude Maylin et son épouse Maria, d'origine marocaine, amis personnels de Denis Sassou Nguesso. Autre médecin connu à Brazzaville - et ailleurs -, le chirurgien Alain Deloche, de la Chaîne de l'espoir, qui travaille surtout avec la Fondation « Congo Assistance », présidée par Antoinette Sassou Nguesso.

Le professeur Luc Montagnier est l'un des principaux soutiens de la Fondation « Chantal Biya », au Cameroun, où il se rend souvent. Tout comme le dentiste Jean-Marc Aubert, qui a d'abord commencé par soigner Paul Biya, avant de devenir son ami personnel. Autre célébrité sur le continent, le professeur et ancien patron de la « Croix-Rouge française » Marc.


Lire, aussi, dans la même rubrique l'article suivant :

FRANÇAFRIQUE :  TOUT SUR LES NOUVEAUX  RÉSEAUX :  LES HOMMES ET LEUR CONNEXION.

mardi, 08 juin 2010

QUAND SEGOLENE ROYAL REND HOMMAGE A UN PERSONNAGE HISTORIQUE... FICTIF

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Après la bourde de Bernard-Henri Levy citant un philosophe fictif, c’est au tour de Ségolène Royal de créer le buzz sur la toile pour une gaffe du même acabit. Le 10 mai 2010, à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, la présidente de Poitou-Charente a en effet rendu sur son blog un vibrant hommage à un personnage de l’histoire rochelaise qui. .. n’a jamais existé.

L’affaire a été révélée par le quotidien Sud-Ouest

« Ce capitalisme négrier dont la région porte l’empreinte eut ses dissidents : au XVIIIe siècle, Léon-Robert de L’Astran, humaniste et savant naturaliste mais également fils d’un armateur rochelais qui s’adonnait à la traite, refusa que les bateaux qu’il héritait de son père continuent de servir un trafic qu’il réprouvait. » La candidate à la présidentielle de 2007 s’est semble-t-il appuyer sur « une histoire locale » qui lui avait été racontée en 2009 dans son entourage.

« On ne retrouve sa trace dans aucune archive ; il est le fruit de l’imagination de quelqu’un qui s’est peut être inspiré d’histoires réelles de fils de négriers », affirme Jacques de Cauna, un historien bordelais, membre du centre international de recherche sur l’esclavage. « Je n’ai jamais vu ce nom-là ; on ne peut vérifier aucun des détails qui sont donnés ; il ne figure sur aucun registre de l’époque pas plus que le nom du bateau de son père qui était armateur », confirme Jean-Louis Mahé, historien rochelais.

La cofondatrice de « Désirs d’avenir » à l’origine de la bourde

« Errare humanum est ! J’avoue être l’auteure de la référence à Léon-Robert de L’Astran, opposant à l’esclavagisme dont on aurait aimé qu’il existât, tant l’histoire était belle », a écrit, dans un communiqué, Sophie Bouchet-Petersen, cofondatrice de l’association de Ségolène Royal « Désirs d’avenir ».

« D’autres s’y sont laissés prendre », a-t-elle ajouté, citant les sites communes-françaises.com (à la rubrique histoire de La Rochelle) ou la-rochelle.org, « mais prenons-le du bon côté, tant mieux si ce canular sans gravité permet de parler de la traite négrière et de tous ceux qui ont réellement combattu l’infâme commerce ».

Jean-Louis Mahé a été amené à découvrir la supercherie, fin mai, après avoir été sollicité par un étudiant qui devait écrire un article sur ce personnage, présenté sur Wikipédia comme « un naturaliste et savant humaniste » né en 1767, à La Rochelle. Depuis la page sur cet homme fictif a disparu de la bible internet.

En février dernier, Bernard Henri Levy s’était lui aussi fait reprendre. Dans son livre « De la guerre en philosophie, » aux éditions Grasset, le philosophe appuyait sa démonstration sur les travaux d’un philosophe, Jean-Baptiste Botul, qui aurait critiqué l’œuvre de Kant dans les années 1950. Or, cet auteur était fictif et son œuvre publiée une mystification littéraire. Une bourde qui a fait le tour du net elle aussi !

Source: JFORUM

lundi, 07 juin 2010

LE CHEF D'ETAT-MAJOR DES ARMEES FRANÇAISES: L'EUROPE EST EN DANGER


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Le patron des armées françaises redoute une « crise sécuritaire » sur le continent.

En matière de défense et de sécurité, l'Europe a « le dos au précipice ». Dans un discours de haute volée prononcé mercredi à l'École militaire à l'occasion du congrès annuel du Conseil économique de la défense (CED), le chef d'état-major des armées (Cema), l'amiral Édouard Guillaud, n'a pas usé de la langue de bois pour rappeler les défis qui attendent l'Europe.

Nouveau concept stratégique

Constat de base : « Les lignes bougent » entre l'Union européenne et les États-Unis. À Washington, la nouvelle Administration a défini une nouvelle stratégie de défense. En Europe, le traité de Lisbonne est entré en vigueur. Enfin, l'Otan est engagée dans l'élaboration d'un nouveau concept stratégique. Dans ce monde de « puissances relatives », au sein duquel l'influence se déplace peu à peu vers l'Asie, alors que des menaces nouvelles, comme la cybercriminalité, sont venues s'ajouter aux menaces traditionnelles et que se développent de nombreuses « zones grises », la relation transatlantique est à une « période charnière ».

Depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis ont retiré plus de 80% de leurs forces du Continent européen, qui n'est plus, vu de Washington, comme un « continent prioritaire ». « L'Europe doit tenir compte de cette nouvelle vision américaine. Mais la question qui se pose est de savoir si les Européens vont réussir ou non à s'affirmer comme une puissance militaire », prévient l'amiral Guillaud. La question n'est pas seulement politique, elle est aussi stratégique.

Depuis le sommet de Saint-Malo, en 1998, la défense européenne a fait des progrès. Les opérations « Concordia » en Macédoine, « Artémis » au Congo et « Atalante » dans l'océan Indien sont autant d'étapes franchies. « Quand l'Europe veut, l'Europe peut », constate l'amiral. Mais ces progrès sont insuffisants, et ils ne peuvent masquer les divisions générées par la guerre en Afghanistan. « 27 pays de l'Union européenne peuvent-ils être considérés par les États-Unis comme des partenaires fiables quand ils refusent de partager le fardeau afghan ? », s'interroge le chef d'état-major. Il a aussi des inquiétudes relatives à la transformation de l'Otan. « L'Europe s'y présente en ordre dispersé. C'est un peu le combat des Horaces et des Curiaces », regrette-t-il.

Développer des synergies

La crise financière, une « surprise stratégique », est encore venue assombrir le tableau. Alors que plusieurs pays européens sont en train de raboter leurs budgets de défense, l'amiral Guillaud redoute qu'une « crise sécuritaire » vienne s'ajouter à la crise économique. Avec de lourdes conséquences : une relégation de la défense européenne au « soft power », la tentation d'un repli national, un risque de décrochage technologique et capacitaire... À moyen terme, on risque une « démission de l'Europe », qui deviendrait spectatrice au lieu d'être actrice. Ce n'est pas ce que veulent les États-Unis, qui préfèrent une Europe puissante à une Europe vassale. « Mais nous avons été bercés par les sirènes du court terme », regrette l'amiral Guillaud.

Pour autant, il n'y a pas de fatalité au déclin. Pour remonter la pente, l'Europe doit développer des synergies. « Depuis la fin des années 1980, aucun pays européen n'a les moyens de tout faire tout seul » dans le domaine militaire, rappelle le Cema. L'Europe doit remettre à plat sa stratégie et cesser d'éparpiller ses efforts. Mais il faut pour cela réunir trois volontés : « Celle des armées, qui est acquise. Celle des politiques. Et celle des opinions. »

Source: LE PORTAIL JUIF FRANCOPHONE

mardi, 01 juin 2010

GBAGBO SE DECIDE ENFIN A INCRIMINER OUVERTEMENT LA FRANCE DANS LA CRISE IVOIRIENNE

  

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Sommet France-Afrique, Gbagbo: "Pas question d'aller à Paris!"

 

Le sommet France Afrique débute ce matin (hier, lundi 31 mai 2010), à Nice sans le chef de l’Etat ivoirien. Laurent Gbagbo n’ira donc pas à Nice. Le chef de l’Etat ivoirien qui ne souhaite pas associé son image à cette cérémonie s’est fait représenter par le président du conseil économique et social Laurent Dona Fologo. Selon le chef de l’Etat ivoirien il n’était « pas question d’aller à Paris » sans avoir discuté avec la France des différends avec la Côte d’ivoire. « Il n’y a pas de raison que j’aille en France tant qu’on n’a pas discuté du différend qui oppose et qui continue d’opposer l’Etat français et l’Etat de Côte d’Ivoire », a-t-il martelé.


Laurent Gbagbo accuse la France d’avoir tenté de le renverser en novembre 2004 après le bombardement du camp militaire français par l’aviation ivoirien. En réaction, l’aviation française avait détruit la flottille ivoirienne. Pour Laurent Gbagbo, la France avait tenté ce jour là de le renverser et cela reste inacceptable. « La tentative pour un pays qui est de renverser un Chef d’Etat, légalement élu, légitimé par une élection démocratique et populaire, tant qu’on envisage les relations comme ça, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec cette manière de voir les relations entre deux Etats », a-t-il indiqué

Même s’il blanchit le président Nicolas Sarkozy et accuse depuis cette époque clairement et ouvertement l’ancien président français Jacques Chirac et son premier ministre Dominique De Villepin d’être à l’origine du refroidissement des relations avec la France, Laurent Gbagbo n’a pas l’intention de passer l’éponge pour autant. « Je n’ai jamais fait mystère de l’implication de l’Etat français à travers les personnes de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. Je n’ai jamais fais mystère de leur implication dans la tentative de renversement de mon régime. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais dire le contraire. Mais, nous ne nous sommes jamais assis avec l’Etat français pour discuter de ces questions-là. Ce n’est pas Sarkozy. C’est Chirac et De Villepin. Mais, pour moi, c’est l’Etat français. Alors, nous n’avons pas encore discuté du fond », a-t-il expliqué

Laurent Gbagbo veut d’abord discuter avec Paris avant d’envisager un quelconque voyage, peu importe la façon dont les choses se feront. Et Nice n’est pas la bonne opportunité. « Je ne trouve pas que ce soit une bonne solution que d’aller au sommet de Nice pour discuter d’un différend que j’estime fondamental. Il faut qu’on en discute d’abord et, après, je pourrai faire un déplacement. Que nous discutions. Peu importe. Ou bien, s’ils veulent que moi, j’envoie un émissaire, je peux le faire, mais qu’on discute. Quand j’ai discuté avec Compaoré, je ne suis pas allé à Ouagadougou. Le sommet de Nice lui s’ouvre ce matin avec 38 chefs d’Etats Africains.

 

Marc Antoine Colombus

 

Source: KOACI.COM

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