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jeudi, 23 juin 2016

PETITION «TOUS UNIS POUR LA LIBERATION DE LAURENT GBAGBO»

 

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Voici le site internet pour la signature de la PÉTITION POUR LA LIBÉRATION DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO :

http://pourgbagbo.com/petition/

 


TOUS UNIS POUR LA LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO

 

1. Proclamé vainqueur de l’élection Présidentielle du 28 Novembre 2010, par décision n°CI-2010-EP-34/03/12/CC/SG du 3 Décembre 2010 par le conseil constitutionnel, le Président Laurent Gbagbo qui a prêté serment le 4 Décembre 2010 dans les conditions prescrites par la constitution, était au moment de son éviction le 11 Avril 2011, le Président de la République légal et légitime de la Côte d’Ivoire.

2. Sans remettre en cause les raisons et les motifs qui ont justifié la décision du conseil constitutionnel, les organisations internationales font injonction à LAURENT GBAGBO de quitter le pouvoir. Une avalanche de sanctions diplomatiques, économiques et militaires s’abattent alors sur la Côte d’Ivoire occasionnant plus de seize mille (16 000) morts et plus de cinquante mille (50 000) exilés et déplacés de guerre (CDVR sous la direction de Charles Konan Banny) au GHANA, TOGO, LIBERIA, BENIN, etc.

3. Enfermer un Président démocratiquement élu et renversé au profit d’une rébellion armée reviendrait à transmettre à la jeunesse africaine, le message selon lequel le chemin du pouvoir serait celui des armes.

4. Le Président LAURENT GBAGBO est connu comme un leader politique qui a toujours utilisé des méthodes non-violentes pour exprimer son désaccord politique. Au cours de ses trente années de lutte, pour la conquête du pouvoir, il n’a jamais eu recours à une arme autre que le celle de la parole et des urnes. Durant ses dix (10) ans de pouvoir pourtant contrarié par la rébellion armée et une adversité politique internationale, il n’a fait emprisonner aucun de ses adversaires politiques ni porté atteinte à leur intégrité physique.

5. Un procès équitable, consécutif à un conflit ne peut être conduit en dehors de l’exigence de vérité et en l’absence des principaux protagonistes et victimes. Or, depuis le 29 Novembre 2011, soit plus de cinq (5) ans, la CPI peine à apporter la moindre preuve matérielle au soutien des charges retenues contre lui.

6. Il sera difficile, dans ces conditions, de convaincre que le rôle de la CPI en Côte d’Ivoire n’aura été de permettre à la Françafrique d’écarter du pouvoir ses adversaires politiques. Une telle situation ne peut que renforcer la suspicion légitime d’acharnement judiciaire à fondement politique contre le Président LAURENT GBAGBO, la Côte d’Ivoire et l’Afrique.

7. La forte mobilisation autour du procès de LAURENT GBAGBO est un signal fort lancé contre les pratiques mafieuses de l’impérialisme occidental. La Côte d’Ivoire est l’un des pays au monde à compter le plus de prisonniers et d’exilés politiques. Maintenir LAURENT GBAGBO en prison, c’est légitimer la logique de la chasse aux sorcières et au-delà, dénier aux peuples de Côte d’Ivoire et d’Afrique, le droit à la dignité et à la souveraineté.

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Au regard de ce qui précède, la libération du Président LAURENT GBAGBO apparaît comme une exigence humaine du respect des droits de l’homme ; une exigence juridique du respect du droit et de la justice ; une exigence démocratique de respect des institutions et des normes constitutionnelles ; un impératif pour la réconciliation nationale, la cohésion sociale et pour la survie de la Côte d’Ivoire en tant que Nation.

La mobilisation exemplaire à travers le monde entier des hommes et des femmes épris de justice et de liberté, des leaders d’opinion à titre individuel ou organisés en mouvement et associations, au nombre desquels des chefs d’Etat et de gouvernements, pour dénoncer le sort inique fait au Président LAURENT GBAGBO depuis sa honteuse déportation à La Haye, le 29 Novembre 2011, reste constante, engageante et doit être vivement saluée et encouragée. Notre devoir à tous, c’est de respecter tout homme et de respecter la justice en toute circonstance. Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont sur la brèche pour le respect des droits de l’homme et le triomphe de la justice.

Pour accompagner et amplifier ce vaste mouvement de résistance face à l’imposture comme un devoir de conscience devant l’Histoire, nous, soussignés initiateurs et porteurs de la présente pétition, y engageons les hommes et les femmes, qui refusent l’injustice et l’imposture pour exiger ensemble, dans la solidarité de conviction, la LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO.

 

BERNARD B. DADIE, JOSEPH K. KOFFIGOH

vendredi, 13 mai 2016

JEAN-CLAUDE DJEREKE: «LA COTE D'IVOIRE EST GOUVERNEE PAR DES MONSTRES»

 

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"Celui qui doit combattre des monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre lui-même", disait Nietzsche dans l’aphorisme 146 de “Par-delà Bien et Mal”. Et, pour le philosophe allemand, le monstre est celui qui est habité par le désir de vengeance, celui qui finit par faire lui-même ce qu’il reproche aux autres .

Ainsi en est-il des femmes de “La Colonie” qui, à la fin, reproduisent les comportements qu’elles condamnaient chez les hommes. Pourtant, au départ, ces femmes exilées avec des hommes sur une île portaient un beau et noble projet: former une nouvelle société, c’est-à-dire créer une communauté débarrassée de l’injustice et de l’oppression.

Malheureusement, ce projet ne verra pas le jour car les femmes, en voulant s’émanciper de la domination des hommes, vont confisquer peu à peu tous les pouvoirs et mettre en place un système de pouvoir oppressif semblable à celui qui les fit souffrir des années durant .

Pierre de Marivaux, autant que Nietzsche, veut attirer ici notre attention sur le fait que l’ennemi ou le démon n’est pas uniquement hors de nous et que celui qui combat les monstres court le risque d’en devenir un lui-même.

Dramane Ouattara et ses suiveurs ont dénoncé l’ivoirité; ils ont fait croire que les Nordistes étaient traités comme des Ivoiriens de seconde zone et exclus des responsabilités et fonctions de l’État mais, depuis avril 2011, qui dirige l’ENA, l’ENS, les Ports d’Abidjan et de San-Pedro, la Poste, la Douane, les Impôts, l’Université de Cocody, la RTI, l’État-major des armées, la Sicogi, la Sotra, etc.?

Ils ont poussé des cris d’orfraie quand Bédié emprisonna la direction du RDR; ils ont crié à la persécution mais qui garde, depuis 5 ans, des centaines d’Ivoiriens à la Maca, dans les prisons infectes de Bouaké, Dabou, Dimbokro, Bouna et d’ailleurs? Qui maintient en exil des milliers d’Ivoiriens?

Ils ont dit que la place des enfants n’était pas dans les plantations de café et de cacao mais les enfants, dont certains arriveraient régulièrement du Burkina Faso, ont-ils arrêté de travailler dans ces plantations? Quelles mesures sont prises à l’encontre de ceux qui enlèvent et tuent froidement les enfants avant d’emporter leurs organes?

Ils ont parlé d’escadrons de la mort quand furent assassinés Camara Yêrêfê dit “H”, Émile Téhé et Benoît Dacoury-Tabley; ils ont fustigé les enquêtes sur les assassinats qui n’aboutissent pas. Maintenant qu’ils sont aux affaires, leurs compétents enquêteurs ont-ils déjà retrouvé les tueurs de Guy-André Kieffer, Philippe Rémond, Yves Lambelin, Stéphane Frantz Di Rippel et leurs collaborateurs?

Ils ont accusé Laurent Gbagbo du charnier de Yopougon mais qui sont les auteurs des massacres de Nahibly, de petit Duékoué, Guitrozon, Carrefour Duékoué, Adébem? Lesdits auteurs ont-ils été arrêtés et sanctionnés?

Ils aimaient ironiser sur les Refondateurs qui s’en mettaient plein les poches, faisaient la bamboula et cadeautaient leurs copines. Mais, sous leur règne, la Côte d’Ivoire en a-t-elle fini avec le détournement et le gaspillage des deniers publics, l’entretien des maîtresses et l’ouverture de comptes bancaires à l’extérieur?

Opposants, ils estimaient que personne ne songerait à aller se soigner à l’étranger si les hôpitaux et dispensaires du pays étaient mieux équipés et les médecins bien payés mais où vont-ils quand eux et leurs proches sont malades?

Quiconque ne se distingue pas de ceux qu’il critiquait hier est un monstre. Comment les monstres sont-ils perçus? Voici la réponse de Thabo Mbeki: “Alassane Ouattara est un homme qui n’a ni foi en l’honneur ni parole d’honneur. Je serai toujours surpris de la distance qu’il est prêt à parcourir dans le seul but de contenter ceux qu’il y a seulement 50 ans mettaient son peuple dans les chaînes de l’oppression. Je me sens un peu responsable de la situation ivoirienne dans la mesure où c’est moi qui ai persuadé le Président Gbagbo de permettre à Ouattara d’être candidat. Je n’ai pas assez de mots pour vous dire le dégoût que m’inspire cet homme.”

En 1957, l’Américain Léon Festinger (1919-1989), professeur en psychologie sociale à l’Université Stanford, élaborait la théorie de la “dissonance cognitive”. Selon cette théorie, lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances ou convictions, cette personne éprouvera un état de tension inconfortable appelé dissonance.

En 2010, Ouattara avait promis de faire tomber une pluie de milliards sur les villes où il était en campagne, de ne passer que 5 ans à la tête de notre pays et de le remettre debout pendant ces cinq années, de construire 5 universités en 5 ans. Aucune de ces promesses n’a été réalisée, pas plus que n’a été appliqué le “vivre-ensemble”, le slogan cher au RDR et signifiant en fait: “vivre chez les autres sans eux”.

Au contraire, la situation socio-économique du pays s’est empirée avec l’augmentation de la dette publique, la cherté de la vie, la hausse du prix de l’électricité, la réduction du pouvoir d’achat en ville comme à la campagne, l’expropriation des Ivoiriens par des étrangers (Français, Libanais, Marocains), etc.

Bref, Ouattara et les siens sont atteints de dissonance cognitive. Ils se rendent compte qu’il y a un abîme entre ce qu’ils ont dit et promis et les actes posés par eux depuis 2011. Cela ne peut que les plonger dans un état de tension inconfortable. Comment Ouattara essaie-t-il de surmonter cette tension? En menaçant de prison ou de mort tout Ivoirien qui tente de lui faire prendre conscience de son incohérence et de son imposture, en multipliant les voyages hors du pays, en voulant distraire et endormir le peuple avec les jeux et la danse.

Mais pendant combien de temps règnera-t-il par la terreur et les menaces? Est-il certain que sa fuite en avant durera éternellement si les Ivoiriens prennent conscience que “finalement mieux vaut se battre qu’avoir peur” (Gandhi)? Quand un peuple est progressivement dépouillé et piétiné, quand il court le risque de devenir étranger sur ses propres terres, il n’a plus d’autre choix que de livrer bataille.

Si nous refusons cette bataille, alors nous donnerons raison à Étienne de la Boétie quand il déclare: “"Ce sont les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant seulement de servir, ils briseraient leurs liens. C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge: qui, pouvant choisir d’être sujet ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse. ”

On n’en est pas encore là et les Ivoiriens peuvent à tout moment montrer de quoi ils sont capables quand ils sont mécontents. Si on se réfère, par exemple, aux événements d’octobre 1958 (expulsion des Dahoméens et Togolais accusés de recruter dans l’administration ivoirienne leurs compatriotes au détriment des Ivoiriens) et de novembre 1993 (riposte à la bastonnade des supporteurs de l’Asec Mimosas d’Abidjan par ceux de l’Ashante Kotoko de Kumasi), on s’aperçoit que, poussés à bout, ils sont capables de se faire entendre et respecter.

Cela fait 5 ans que Ouattara est en train de se venger d’eux en les terrorisant, en les divisant et en pillant leurs biens, alors qu’il avait laissé entendre qu’il travaillerait pour tous et que la réconciliation se ferait comme en Afrique du Sud après le démantèlement de l’Apartheid.

Pire encore, il travaillerait pour qu’une nouvelle Constitution remplace celle d’août 2000. 5 ans, ce n’est pas rien mais un peuple debout et déterminé a besoin de quelques jours pour tourner la page de 26 ans de souffrances et d’humiliations.

 

Une contribution de Jean-Claude Djéréké.

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

jeudi, 28 janvier 2016

PROCES A LA CPI - LETTRES OUVERTES DE JEUNES AFRICAINS AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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UNE SÉNÉGALAISE ÉPRISE DE JUSTICE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Mr le President , Son Excellence Monsieur LAURENT GBAGBO, président de la République de Côte d'Ivoire déchu par l'armée française, vous souffrez certainement du silence du monde face à l'injustice que vous vivez.

Le silence de vos frères africains actuels chefs d'Etats. A l'aube de ce procès, je voudrais vous exprimer mes salutations et mon soutien le plus fraternel et chaleureux. Soutien d'une fille de l'Afrique et d'une militante de l'Afrique.

Pardonnez la tiédeur de leur indignation, pardonnez la pudeur des victimes qui taisent les crimes dont leurs frères sont victimes accordant ainsi aux bourreaux l'impunité.

Nous avons tous été grugés. Nous avons compris avec le temps que l'on nous a appris à vous détester. Nous n'avions pas compris . Nous avons compris trop tard. La pieuvre est bien trop puissante.

Vous avez résisté mais le brouhaha des plaidoyers des criminels tonnait comme le roulement d'un tambour de guerre, bien plus fort que les murmures de ceux qui avaient compris.

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Nous ne pouvons continuer à vivre dans le silence. L'aphonie des esclaves des temps modernes, les esclaves de la France perpétue l’indicible.

Nous sommes ces frères qui préfèrent faire semblant de n'avoir ni vu, ni compris l'existence des tribunaux qui ne jugent que l'homme noir. Nous sommes de ces peuples qui se résignent au fait qu'il y a de ces lois valables que pour les Présidents africains. Nul ne saurait justifier la liberté actuelle de Nicolas Sarkozy après son épopée en terre libyenne et en terre d'Eburnie dont vous êtes ressortissants.

Nous sommes avec vous de tout cœur Mr le Président. Je vous dis "Gacce nga lama" L'histoire retiendra que seul contre tous vous avez refusé le déshonneur. Vous avez choisi la dignité, la Patrie. Votre nom figurera dans les carnets des héros de la jeunesse africaine avec d'autres illustres et nobles fils de Mama Africa : Lumumba, Sankara, Olympio, Modibo Kéita et tant d'autres dignes et valeureux fils de l'Afrique sacrifiés à l'autel des intérêts de la France "pays des droits de l'homme ".

Malgré tout, je reste convaincue que vous vous en sortirez victorieux. Car vous êtes innocents selon les faits. Pour moi vous êtes l'un des derniers résistants par qui l'Afrique sera complètement libérée, grâce à DIEU. OUI J'Y CROIS !

 

Françoise Hélène Gaye, sénégalaise éprise de justice et de paix, résidant en Californie - USA.

 

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L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, à l'ouverture de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016. Photo Peter Dejong. AFP. Source: Libération.fr

 

 

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SOUTIEN AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO - LETTRE AIMABLE D'UNE JEUNE BURKINABÈ À 48H DU PROCÈS.

 

TRÈS CHERS TOUS,

Et si son excellence Laurent Koudou Gbagbo avait eu raison : Le temps c’est l’autre nom de Dieu.

Dans deux jours s’ouvrira le procès plus que jamais controversé de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la CPI.

Laurent Gbagbo a 4 chefs d’accusation dont entre autres: Crime contre l’humanité, Violences sexuelles, etc, lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Les partisans de l’ancien président ivoirien ont toujours accusé ce procès de faire du 2 poids 2 mesures. Aujourd’hui ceci est une évidence. La responsabilité des crimes et autres actes criminels de la crise ivoirienne de 2011 est largement partagée avec les partisans d’Alassane Ouattara, en alliance avec l’actuelle détenteur du perchoir ivoirien Guillaume Soro. Mais de toute évidence également, Alassane ne compte pas livrer ses partisans. Mieux, il a préféré faire juger Gbagbo à la CPI plutôt que par un tribunal ivoirien.

Ironie du sort, depuis quelques temps, Guillaume soro est acculé par divers mandats internationaux. L’un des arguments forts du président Ado est que la Côte d’ivoire n’extrade pas ses ressortissants. Gbagbo n’est donc pas un ivoirien ?

Toujours à propos de Guillaume Soro, celui-ci est accusé par le fils de Laurent Gbagbo de détention arbitraire et traitements inhumains. Le Burkina Faso l’accuse de son implication poussée dans le putsch avorté du 16 Septembre 2015, à travers les écoutes téléphoniques.

Ces écoutes téléphoniques pourraient aboutir à des révélations sur la crise ivoirienne. Une chose est là : un nombre important des détracteurs de Gbagbo sont dans de sales draps depuis un moment : Blaise Compaoré, Guillaume Soro et même Alassane Ouattara, à travers la dernière sortie polémique de Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain.

Le temps, aussi long ou court soit-il, finit pas révéler des vérités… Le temps, l’autre nom de Dieu !

Mon soutien à toutes les familles ivoiriennes qui souffrent de cette injustice !

Mes excuses personnelles, pour mon incapacité à réagir lorsque la rébellion se préparait chez moi.

Avec toutes la considération et le respect que j'ai pour ce grand monsieur, je lui répète : Le temps est l'autre nom de DIEU, et j'espère que sa libération sera prononcée, en ce mois de janvier 2016.

Cordialement,

 

Bassolé Yvette Stéphanie

Ouagadougou, le 26 janvier 2016.

 

 

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UNE JEUNE MALIENNE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Très cher Président Laurent Gbagbo,

Le lynchage médiatique, dont vous avez été victime, ces dernières années par la presse occidentale notamment française et vu la gouvernance des nouvelles autorités installées au pouvoir par la France de Sarkozy, qui a lieu actuellement en Côte d’ivoire, gouvernance devant laquelle, nous observons un silence complice de ces même médias, qui ne rataient aucune occasion pour vous diaboliser ainsi que votre régime, ont davantage poussé ma curiosité à m’intéresser à votre personne et comprendre enfin la vraie nature du conflit ivoirien.

Ainsi, je me suis rendue compte, que vous êtes un Homme d’État et un grand Homme, dont l’Afrique a besoin. Vous êtes un digne fils de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique ! Et cela me rassure de savoir qu'en 2016, l’Afrique a un successeur de Lumumba et Sankara: il se nomme LAURENT GBAGBO !

Monsieur le Président, je retiens de tout votre parcours politique, qu‘il faut sincèrement et profondément aimer l'Afrique pour prendre les risques que vous avez pris, car si vos prédécesseurs, Sankara et Lumumba, n'ont pas eu la chance de survivre pour mener jusqu’au bout leurs rêve. d’une Afrique libre et indépendante.

Je considère que vous êtes désormais l’espoir de l’Afrique contre le néo-colonialisme, car vous êtes encore en vie. Personnellement, je rends Grâce à Allah pour cela ! Car la jeunesse africaine consciente aux quatre coins du monde, voudrait vous voir libre dans un futur très proche, dans votre village Mama, InchAllah !

Sachez, Monsieur le Président que le combat que vous avez commencé depuis plus de 30 ans, nous le continuerons et nous l'enseignerons à nos enfants ! On leur parlera de vous en leur rappelant aussi un autre grand Africain Nelson Mandela qui s'est battu contre la domination et l'oppression blanche dans son pays l’Afrique du sud.

Nous leur parlerons de vous comme nos parents au Mali le font pour Soundjata Kéita, digne fils de l’empire Mandingue qui s'est battu toute sa vie pour la dignité et la grandeur de son peuple, comme Patrice Lumumba qui a osé dire NON à l'impérialisme et à l'asservissement du Congo, comme Thomas Sankara qui a tourné le dos à la FrançAfrique, comme Kwamé N'krumah qui a prôné l'indépendance culturelle, économique et politique de son Ghana et de l'Afrique toute entière.

Pour finir, je vais me permettre de vous appeler affectueusement Mon président, tout simplement, parce vous avez vécu et vous continuez de vivre une vraie histoire d'amour avec votre peuple et aussi pour votre amour pour l‘Afrique!

Mon Président, chez nous au Mali, il y un proverbe Malinké, qui dit ceci : " Douwawou den bé seguen, n'ga a té malo (Les enfants bénis souffrent, mais ne connaissent jamais l‘humiliation)". Tenez bon, car l'Histoire est témoin de tout ce que vous avez subi pour la cause de votre peuple, sachez que votre souffrance contre la domination néo-coloniale francaise n'est pas en vain et vous ne connaîtrez jamais l'humiliation, comme l'ont voulu ceux qui vous combattent, car nombreux sont les africains, qui comprennent maintenant le sens de votre combat pour votre pays la Côte d’ivoire ainsi que de l’Afrique, et qui souhaitent vous voir en liberté et en bonne santé !

 

FATIM WALETT

Citoyenne malienne, débordant d'énergie pour la cause africaine !

 

 

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 LES NORDISTES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

AVANT LE PROCES DU 28 JANVIER 2016, LES NORDITES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO POUR LUI TEMOIGNER LEUR SOUTIEN SANS FAILLE. LISEZ CETTE DECLARATION DE FOFANA YOUSSOUF PRESIDENT DE LA VOIX DU NORD DEPUIS SON EXIL GHANEEN.

 

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire,

Les populations du Nord de la Côte d’Ivoire, réunies depuis 2001 au sein de l’association dénommée « La Voix du Nord » voudraient par ma voix, à quelques jours du procès inique dont vous faites l’objet, vous réitérer leur indissoluble attachement et soutien indéfectible.

Nous vous savons injustement incarcéré à la prison de Scheveningen à la Haye, au Pays Bas, depuis exactement 50 mois aujourd’hui, tout simplement parce vous êtes accusé d’avoir commis le crime négro-colonial de lèse-majesté, celui de manifester l’amour à son peuple et d’oeuvrer pour la souveraineté et le développement de sa nation.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous continuons de vous considérer comme tel, et vous appeler ainsi, parce que pour nous, vous demeurez le seul véritable Président de l’histoire de notre pays, librement élu par l’ensemble des peuples, sans exclusive, qui constituent la société ivoirienne.

Dès votre ascension à la magistrature suprême, des individus tapis dans l’ombre et à la solde d’intérêts impérialistes, ont réussi tant bien que mal, à ternir votre image de marque auprès d’esprits moins avertis et à vous faire endosser les travers de vos prédécesseurs. On vous a taxé de xénophobie et d’être l’instigateur d’une politique réfractaire aux intérêts de la communauté musulmane, de la population du Nord et des étrangers.

Contrairement à leurs allégations, vous n’avez jamais été mêlé, ni de près ni de loin, au concept de ‘’l’Ivoirité’’ alors mis en place par M. Henri Konan Bédié, aujourd’hui allié de M. Alassane Ouattara.

Plutôt soucieux de favoriser la cohésion sociale et de consolider la paix, vous n’avez pas lésiné sur les moyens et avez déroulé un chapelet d’actions novatrices et fédératrices qui resteront à jamais gravées dans les annales de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

En effet, au lendemain de votre élection en octobre 2000, vous avez initié le forum de réconciliation nationale qui a réunit tous les leaders politiques ivoiriens. Vous avez facilité le retour d’exil de vos adversaires politiques, MM. Bédié et Ouattara, et ordonné la suppression des cartes de séjour et des certificats de résidence. Toujours attaché au plein épanouissement de vos concitoyens, vous avez permanemment soutenu la communauté musulmane dans l’organisation du Hadj, en octroyant plus de 400 prises en charge par an aux populations (billet d’avion, hébergement, frais de séjour à la Mecque). Pendant le jeun musulman, vous avez institué un élan de solidarité qui a permis aux musulmans de bénéficier de vivres et de non vivres pour la rupture du jeun.

Excellence Monsieur le Président, vous avez certainement dû vous en rendre compte de là où vous préparez sereinement la cinglante réplique à vos détracteurs, que de nombreuses populations du Nord, au lendemain des malheureux événements qui ont émaillé la crise postélectorale de 2010, désabusées par cette hideuse campagne d’intoxication et de dénigrement machiavéliquement montée contre vous, ont rejoint l’esprit de notre association. Ce revirement révélateur a été en effet, matérialisé par le désormais célèbre slogan « GBAGBO KA FISSA », qui contient en lui-même les germes du regret, formulé justement en Malinké, la principale ethnie du nord de la Côte d’Ivoire.

La confusion qui règne en ce moment même dans le camp de ceux-là qui se sont liés contre vous et la Côte d’Ivoire démontrent encore une fois votre clairvoyance, lorsque vous révéliez que « le Temps est vraiment l’autre Nom de Dieu ».

A la veille du 28 janvier 2016 donc, date historique où va s’ouvrir ce que nous qualifions à juste titre de procès de la honte, nous tenons à ce que vous sachiez que, notre frère le Ministre Charles Blé Goudé et vous ne serez pas seuls. Ce jour là, et durant tout le temps que va se tenir cette parodie de justice, c’est le Nord de la Côte d’Ivoire, que nous représentons dans sa diversité culturelle, ethnique, religieuse et politique, qui se tiendra débout à vos côtés. Nous le serons non pas pour des considérations partisanes et égoïstes, mais parce que vous avez démontré par votre passé qui témoigne aujourd’hui encore en votre faveur, que libre, vous êtes celui-là même qui peut véritablement unir et réconcilier les Ivoiriens, mais aussi parce que vous incarnez l’espoir des Africains.

En vérité, vous n’avez pas attendu l’occasion d’une campagne électorale pour parcourir toutes les contrées et les endroits les plus reculés de la Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par le Centre. De tous les leaders politiques ivoiriens de votre génération, vous êtes le mieux imprégné des réalités sociologiques de la terre de nos ancêtres, les Mandés du nord et du sud, les Akans, les Krous et les Voltaïques, au point d’avoir réussi à créer une complicité sans nul pareil, entre votre peuple et vous.

Comme on dit chez nous, vous connaissez les Ivoiriens et les Ivoiriens vous connaissent.

Au plan Africain, vous incarnez en vous seul, ces leaders éclairés de l’Afrique digne, Kwame N’Kruma, Patrice Emery Lumumba, Thomas Sankara et Nelson Mandela. Nos amis des mouvements panafricains ne cessent de nous le répéter : L’Afrique ne veut pas et ne doit pas vous perdre. Elle a besoin de vous et compte sur vous ! Récemment encore, les anciens chefs d’Etat africains, réunis au sein du ‘’African Forum’’ l’ont signifié dans un courrier adressé à une fille du continent, aujourd’hui Procureur de la Cour qui vous détient en otage. Comme pour dire en si peu d’image, à travers vous, c’est toute l’Afrique qui est à la barre, avec ses dignes et indignes fils.

Excellence Monsieur le Président, nous voulons enfin partager avec vous la foi en votre libération et restauration prochaines, et nous engager à vos côtés pour bâtir ensemble une nation libre, digne et prospère, vœux que nous savons très cher à vos yeux.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous vous prions de bien vouloir croire en l’assurance de notre amour inconditionnel et profonds respects.

Que Allah, Dieu continue de veiller sur vous et vous inspirer davantage !

 

Fait à Accra le 23 janvier 2016

 

Pour La Voix du Nord

Le Président

FOFANA Youssouf


 

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 UN JEUNE HAÏTIEN ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

LETTRE AU PRÉSIDENT GBAGBO

Cher papa,

Je viens ici parler au cœur de l’historien qui bat en ta poitrine. Je viens également m’adresser au monde qui a oublié ce qui a fait la recette gagnante de l’indépendance des esclaves sur ce petit bout de terre découvert en 1492 par un navigateur occidental : Kyskeya rebaptisé Hispaniola puis Saint-Domingue et enfin Haïti.

Mon père est né sur ce bout de terre, son père également et son grand-père avant lui. Nous sommes originaires de L’Artibonite, région de provenance de Jean-Jacques Dessalines. Comme Dessalines, nous avons ce teint noir ébène qui caractérise notre région. Nous sommes fiers de ce teint et de notre origine africaine. Nous sommes fiers d’avoir eu Dessalines comme fils de notre région. Nous sommes des Nègres Marrons dans l’âme et nous le serons toujours. Nous n’accepterons pas d’autorité que nous n’ayons choisie. C’est pour cette raison que je t’ai relaté ma courte généalogie.

Nous, descendants de Dessalines, nous nous rappelons ce qui a permis au peuple haïtien de triompher de l’armée la plus puissante de l’époque, celle de Bonaparte ! Le succès de notre révolution tient en deux mots : le créole et le vodou, en d’autres mots, le langage et la foi.

Pourquoi mentionner cela ici ? Simplement parce que tu nous as rassemblé sous un même langage et une même foi, papa. Avec toi nous parlons le langage unique de la dignité humaine et de l’égalité vraie. Avec toi nous avons foi en notre liberté acquise par le combat démocratique. Nous avons foi en un même but, l’indépendance véritable de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Tu nous réunis tous, africains et Noirs du monde, avec ce langage de la dignité et la foi en l’indépendance.

Voici ton procès qui approche à grand pas. Quelle qu’en soit l’issue, sache papa que nous avons appris grâce à toi à avoir un même langage et une même foi. La machine est en marche et aucun procès ne peut l’arrêter. Nous assistons ici aux derniers spasmes d’un système oppressif : la Françafrique ! Nous savons qu’ils useront de moyens violents pour nous faire plier et que ces moyens seront camouflés en droit et principes humanitaires. Nous sommes tranquilles. Dessalines nous a enseigné la voie du combat armé et toi celle du combat démocratique.

Papa, sur nos armoiries haïtiennes y figure un arbre palmiste qui représente la robustesse car son tronc est d’une dureté inégalée et la grandeur par sa hauteur. Tu es le palmiste de l’Afrique ! Ils s’en rendent compte aujourd’hui. Notre devise est : l’union fait la force. Tu n’as cessé de prôner l’union des États africains qui vont toujours en rangs dispersés à la défense de leur souveraineté. Ils comprennent tes paroles aujourd’hui.

Je ne serai pas plus long car tu auras beaucoup d’autres lettres à lire. Je veux juste que tu saches que chez nous, j’ai une tante qui mange quotidiennement dans des assiettes qui sont marquées à ton image ! Ton combat dépasse l’Afrique papa. Ils doivent le savoir.

 

Hervé Philippe, Un fils lointain mais si proche.

 

 

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UNE JEUNE TOGOLAISE ÉCRIT AU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO

 

Cher Président Gbagbo,

Bientôt cinq ans que vous vivez dans les geôles des imposteurs qui s’acharnent à nous révolter contre vous.
En cinq ans ils ont multiplié les documentaires, les articles, les émissions et les livres sur les medias pour faire avaler au monde, leur pilule du mensonge : celle selon que vous êtes un dictateur, un sanguinaire assoiffé du pouvoir qui a choisi de sacrifier son peuple pour se maintenir à la tête de son pays la Côte d’Ivoire.

Mais comme on le dit dans le jargon de votre pays : « ils ont tirés à terre ». En vous enfermant Président Gbagbo, ils ont libéré des millions d’autres africains des chaines de la peur et du silence. Vous devez savoir que dans ce combat vous n’avez jamais été, n’êtes pas et ne serez jamais seul et que depuis ma naissance le 19 Avril 1990, je n’ai vu aucun dirigeant d’Afrique mobiliser les africains de tous les coins du monde comme vous le faites.

Ils veulent faire croire au monde que vous êtes xénophobe et que vous avez divisé votre pays et pourtant je me sens ivoirienne grâce à vous même si je détiens un passeport togolais. Et personne n’a unie l’Afrique des esclaves de France autant que vous Président Gbagbo.

Ils ont cru que vous finirez comme un Samory Touré ou un Behanzin mais ils se sont trompés. Nous ne sommes plus au 19eme siècle et depuis, l’Afrique a grandi de 200 ans. Nous n’avons certainement pas une Afrique robuste comme l’aurait souhaité un Thomas Sankara, mais nous avons une Afrique qui se réveille car le jour est là. Bientôt, il sera MIDI et notre soleil tapera sur tous les systèmes qui nous oppriment et leur brûleront les ailes.

Sachez Président Laurent Gbagbo que le 28 Janvier prochain n’est pas la date de votre procès à vous mais plutôt celle de tous les millions d’africains qui savent que vous êtes l’incarnation d’une Afrique qui se veut libre. C’est nous tous, qui seront jugés à la Haye et vous n’êtes que notre représentant.

Avec toute ma considération

 

Farida Nabourema

Citoyenne Togolaise Désabusée

 

Sources: Facebook, IvoireBusiness.net et AfricaNews.com

mardi, 25 mars 2014

TRANSFEREMENT DE BLE GOUDE A LA CPI: ET SI L'AFRIQUE ETAIT LE CONTINENT DE LA HONTE?

 

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Image d'archives: Blé Goudé dans sa cellule de prison à la DST, en Côte d'Ivoire

 

C'était en 1845 que le premier  africain, âgé de 10 ans, a été offert à la société royale d'Anvers... "Le négrillon" comme ils l'ont dénommé était cloîtré dans l'enceinte du zoo où il était exhibé et n'était pas autorisé à quitter le périmètre qui lui a été offert".

Encore au 21ème siècle, un jeune Ivoirien, âgé de 42 ans est déporté dans un zoo moderne "baptisé la CPI" c'est-à-dire dans "la prison des blancs" comme le disait la mère de Blé Goudé. Cette prison ultra moderne a été créée dans le seul but de continuer la déshumanisation de la race noire et de son maintien dans l'esclavage. Comment voulez-vous que ce continent puisse se développer si nos intellectuels sont assassinés ou emprisonnés par la seule volonté de l'homme blanc?

Par exemple, Gbagbo Laurent et Blé Goudé ont été livrés à la CPI par d'autres africains. Par contre d'autres ont été assassinés sur instruction des occidentaux mais toujours avec la complicité de certains noirs, à savoir: Tagro Désiré, Bohoun Bouabré, Gomon, Mahan Gahé, Dagrou Loula, Boga Doudou, Lumumba, Thomas sankara, Olympio, Kouamé N'kruma, etc.... Sans compter des centaines d'intellectuels militaires et civiles qui croupissent dans les geôles du nord de la Côte d'Ivoire  et dans les sous-sols de la DST d'Abidjan.

Ce système a été savamment étudié et mis en place par les puissances occidentales afin de maintenir le continent noir dans le sous-développement et dans l'obscurantisme. Pour les Occidentaux, la démocratie ne signifie rien en Afrique tant que les matières premières n'atterrissent pas chez eux. "La démocratie est un luxe pour les africains, comme le disait Jacques Chirac".

Chirac a raison parce que toutes les démocraties s'épanouissent sur des bases régaliennes, c'est-à-dire disposer d'une armée forte, capable de défendre vos frontières et votre civilisation, battre sa propre monnaie et avoir la maîtrise de sa politique étrangère.

Le continent africain n'a pas encore acquis le minimum de ces droits régaliens. C'est pourquoi il sera difficile de parler d'élections libres, transparentes et démocratiques en Afrique tant que le travail de la conscientisation n'est pas fait.

Blé Goudé et Gbagbo sont à la CPI pour avoir heurté aux intérêts des occidentaux et en particulier à ceux des Français et non pour avoir commis des crimes contre l'humanité.

Ce que je trouve pathétique dans le transfèrement de Blé Goudé et de Gbagbo, c'est le mutisme de tout un peuple ou d'un continent de plus d'un milliard d'individus où aucun intellectuel n'a été capable de lever le petit doigt et de condamner l'inacceptable et l'injustice de ce monde. C'est finalement le continent de "chacun pour soi". Même la pauvre mère de Blé Goudé a eu la force et l'intelligence de qualifier le transfèrement de son fils à la CPI  "de déportation dans le pays des bancs". Cette vieille mère n'a jamais mis pied à l'école. Donc à quoi sert de former des intellectuels en Afrique si ces derniers ne sont pas capables de dire non aux injustices faites au continent noir?

La victoire de l'impérialisme en Afrique, c'est d'avoir corrompu les Africains eux-mêmes. Je peux comparer Gbagbo et Blé Goudé à Frantz Fanon qui disait ceci: "J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses, mon âme pleine du désir d'être à l'origine du monde, et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres".

Je conseille aux africains de sortir de la dépendance intellectuelle. Tant que les intellectuels africains ne seront pas lus et écoutés dans leurs pays respectifs, et que nos élites politiques seront de plus en plus soupçonnées de collusion avec l'ancienne puissance coloniale, l'Afrique ne sortira pas de l'ornière.

 

Liadé Gnazégbo

 

Source: CIVOX.NET

LE PRESIDENT JOHN JERRY RAWLINGS DENONCE L'UTILISATION ABUSIVE DE L'ONU PAR LA FRANCE

 

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Le président John Jerry Rawlings accuse et dénonce l'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu.

 

Dans un entretien au quotidien ghanéen Daily Graphics, l’ancien président Jerry J. Rawling n'a pas été tendre à l’égard de la politique de l'Occident en Afrique et dans le monde. Le leader ghanéen condamne fermement ce qu'il appelle "double standards" occidentaux. «Les pays occidentaux gardent leur système de valeurs intact chez eux et les appliquent différemment chez nous. Ceci affaiblit de plus en plus les pays sous-développés» affirme-t-il. Il critique le vernis infrastructurel souvent brandi comme preuve de bonne santé de certaines économies pro-occidentales. «Bien-sûr vous verrez des infrastructures dans certains pays d'Afrique, mais ces infrastructures ne sont pas le reflet de la justice socio-économique du pays. Tout au contraire, c'est le reflet d'une classe politique très corrompue qui tente de gouverner un peuple mécontent et désemparé» a-t-il accusé, avant d'ajouter que les Occidentaux exploitent justement ces failles pour mieux affaiblir plusieurs autres pays du Continent.

Selon Jerry J. Rawlings, les Occidentaux ont suffisamment déstabilisé des pays dont certains sont aujourd’hui en faillite. Ainsi, suite à l'effondrement de la guerre froide et du communisme, explique l’homme d’État, le tiers-monde avait espéré un visage plus humain du capitalisme. Mais «hélas, nous nous sommes retrouvés dans ce que le Pape Jean-Paul II avait appelé "la sauvagerie du capitalisme"».

Pour M. Rawlings, «La manière dont la guerre en Irak a été entreprise a fait le pire des dommages à la moralité humaine en ce sens que la force du droit a été remplacée par le droit de la force. Cette façon de faire a envoyé un mauvais message aux pays développés et un peu trop de gouvernements (notamment en Afrique) en ont profité. La corruption et l'impunité sont à l'ordre du jour» a t-il déploré.

L'ex-président ghanéen n'a pas été tendre envers la France en particulier. «Nous avons vu en Libye la manière dont ils ont évincé Kadhafi avant de l'abattre comme un chien». En cause, «L'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu avant de l'emprisonner à La Haye».

L’homme d'Etat ghanéen affirme que la manière arbitraire avec laquelle certaines superpuissances exercent leur autorité unilatérale ne peut plus perdurer parce que cela est préjudiciable à la stabilité mondiale. D’après lui, «La Russie et la Chine ont de bonnes chances de rééquilibrer les forces, ce qui ne plaît pas aux États-Unis qui voudraient tout faire pour conserver leur leadership». «Le monde aurait accepté volontiers le leadership unipolaire de l'Amérique si cette dernière n'était pas moralement défaillante» conclut M. Rawlings.

 

Sévérine Toche

lundi, 27 janvier 2014

OBAMA ATTEND LES AFRICAINS A LA MAISON BLANCHE

 

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Qui aurait cru ? Barack Hussein Obama - cet homme hybride, président des Etats-Unis, dont les deux mandats resteront dans l’histoire africaine, le pire cauchemar que les Africains aient connu après le siècle de l’esclavage et la balkanisation de l’Afrique - vient de tendre la main aux chefs d’Etat africain pour un sommet qu’il compte encadrer à la Maison Blanche à l’honneur de « l’Afrique » en août 2014.

Cette annonce a fait l’effet d’un boom dans les présidences africaines mais elle a pris au dépourvu les présidences européennes qui croiaient avoir leur pleine souveraineté en Afrique et dans ces « contrées ».

Ce qui est très surprenant, c’est le fait que les présidences africaines sembleraient avoir gagné le pari sur l’Europe et que leur directoire de communication serait en harmonie avec la Maison Blanche. Elles ont accueilli favorablement l’annonce et seraient en train de se préparer pour cette rencontre ô combien historique pour chacun des présidents africains qui recevront l’invitation des mains des ambassadeurs américains auprès de leur pays respectifs pour se rendre à la Maison Blanche, poser auprès d’Obama.

À ce jour, aucun chef d’état africain ne s’est prononcé, encore moins l’Union africaine, pur objet de décor de l’Afrique depuis 2011, sur sa participation « éventuelle » ou « pas éventuelle ». Tous ont gobé l’annonce et dans leurs antichambres ils seraient en train de s’en enorgueillir…

Il apparaît que ce soit un rêve pour certains leaders africains qui n’avaient jusqu’ici eu le privilège que de poser auprès d’un Sarkozy (parti) ou d’un Hollande (partant) ou de Hu Jintao l’ex-président chinois. Cette fois, ce serait le comble pour ceux-là, d’avoir été à Pékin, Paris, et Washington et pourquoi ? Pour représenter leurs villages et contrées et non les « pays » africains du point de vue du Congrès de Berlin.

REVENONS AU PROBLEME DE FOND !

Dans le mode opératoire du prédateur qu’il est, le président des USA a appâté les dirigeants africains en faisant semblant de respecter la politique de l’UA (dont les décisions ont permis d’exclure la Guinée Bissau et l’Egypte… tout comme les sanctions de l’UA sur Madagascar ne sont pas encore levées malgré les élections qui viennent de s’achever). Il a aussi évité de fâcher Londres – son allié de tous temps - en refusant d’inviter Mugabe, l’homme africain qui a mis à nu les pratiques du Commonwealth et les désirs coloniaux britanniques d’obscurcir le Zimbabwe et les états-africains qui furent sous l’influence de la Grande Reine britannique.  

Au lieu que l’UA s’insurge sur une telle annonce qui crée des différences entre Africains, elle est restée muette comme elle en a l’habitude de le faire lorsque l’Afrique est malmenée par les fauves en quête de leur pitance en Afrique et ne s’agite que lorsque les conséquences sont ténébreuses pour les Africains.

Aucun Africain digne et respectueux de l’éthique africaine, n’accepterait une telle humiliation surtout lorsqu’il s’agit des leaders qui, en notre temps, sont les leaders de l’Afrique indépendante… je souligne ici la figure de Robert Mugabe. Qu’il ne soit pas sur la liste des invités, les autres chefs d’Etat africains devaient se poser des questions sur l’intention du prédateur noir de la Maison Blanche.

Pire encore, c’est le prédateur noir, l’homme qui, pour une première fois dans l’histoire de l’Afrique, a déversé plus de 8000 bombes à uranium appauvri et/ou enrichi sur le sol africain, c’est cet homme là, qui vient inviter les Africains pour soi-disant « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique ». L’homme noir que les grands fauves de l’Amérique ont utilisé pour assassiner plus de 200.000  Libyens et tuer l’homme le plus aimé de l’Afrique, le Colonel Kadhafi. Que les Africains acceptent de se rendre à la Maison Blanche, ils y vont pour leur village et contrée mais pas pour représenter l’Afrique.

QUEL ENSEIGNEMENT CES LEADERS AFRICAINS VEULENT LAISSER A LA POSTERITE ?

Ils ont perdu le sens de l’Honneur et le reste du monde en profite pour les traiter en moutons d’abattoir. Ils sont pitoyables dans leur être lorsque tous les ans ils se rendent en longue file indienne dans les capitales étrangères pour faire la salle de classe devant un professeur dont le nom est à tour de rôle : France, Chine, Inde, et aujourd’hui, USA.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ?

Est-ce que ces dirigeants africains ne peuvent pas abandonner leur souveraineté à l’UA africaine pour se rendre en duo, UA-USA, UA-CHINE, UA-FRANCE, UA-INDE, UA-ETC… pour résoudre les problèmes de l’Afrique. Quel est ce malheur qui frappe sur le front des Africains, qui, chaque fois doivent être la risée des autres nations ? J’ai du mal à être dans la peau de ces chefs d’état sans gloire ni honneur. 

ET LE PREDATEUR ?

Ce que les Africains n’ont pas compris, là où les Latino-Américains ont déjà pris leurs distances, c’est que ces leaders noirs ne connaissent pas les enjeux mondiaux de l’heure ou bien, ils le savent mais créent les conditions pour pourrir l’Afrique après eux.

Les USA n’ont jamais été un partenaire fiable. Ils ont toujours dupé, fait croire au paradis aux peuples du monde, mais ce paradis s’est toujours transformé en enfer de l’enfer. Les pays Latino-Américains en sont bien avertis, l’Iraq, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye, la Syrie actuelle en sont des illustrations éloquentes.

Au lieu que nos leaders s’en prennent à leur soif d’invitation du Noir de la Maison Blanche, qu’ils remuent leurs méninges et renvoient l’ascenseur à l’UA, en déclinant l’offre et en laissant à l’UA, le soin d’aller à la Maison Blanche parler d’une seule voix pour l’Afrique, si l’opportunité d’y être en vaut vraiment la peine suivant l’agenda africain de l’heure.

Aucune sécurité extérieure ne sera bénéfique pour l’Afrique sauf si ce sont les Africains eux-mêmes qui en conjuguent les efforts. La sécurité des USA pour l’Afrique c’est l’insécurité totale…

Il est clair que mon analyse ne changera jamais l’avis de ces chefs d’Etat avides de notoriété. Ils sont prêts à payer le prix du diamant pour se payer le luxe en se ruant à Washington poser auprès du noir-blanc africain de la Maison Blanche, qui est détesté lui-même aujourd’hui par les Noirs américains pour ses basses œuvres dans le monde et aux Etats-Unis même.

DE MEMOIRE: OBAMA, L’HAMEÇON DES PREDATEURS DE LA MAISON BLANCHE POUR LES AFRICAINS…            

Lorsque cet homme arrive au pouvoir lors de son premier mandat, il montre immédiatement un désintérêt pour l’Afrique. Lors de sa première visite africaine qu’il effectue au Ghana en juillet 2009, il tance les chefs d’Etat africain et les traite de despotes, des infréquentables… puis lors de son discours à Accra il sermonne nos « despotes » africains tel et si bien que l’on n’aurait pu imaginer que ce serait encore lui, cinq ans après, qui les convoquera à la Maison Blanche.

Bref, il revient aux leaders africains de soigner leurs images écornées en refusant de jouer le jeu des impérialistes. Ces gens viennent toujours avec des idées sincères… vous croyez que vous êtes en train de consommer un bon poisson mais à la grande surprise, vous trouvez une vipère vivante – somnolant dans votre plat prete à vous mordre l’œsophage.

Et pour paraphraser Louis Farrakhan, « Ne pensez pas qu'ils n’ont pas l'intention de vous voler ce qui se trouve sous votre pied ! Leurs actions ne sont pas à votre avantage, mais à leur avantage (...).  Leur jeu est toujours le même. Ils n'ont jamais changé, et ils ne changeront pas maintenant. Le serpent peut se débarrasser de la « vieille peau », mais la "nouvelle peau" qu’il revêt reste la même: il apparaît juste «frais» et «neuf». »

 

Gilbert NKAMTO (*)

 

Gilbert NKAMTO pour le CEREDD / Centre Européen de Recherches et d’Etudes sur la Démocratie Directe / 25 janvier2014

 

http://www.lucmichel.net/2014/01/25/ceredd-obama-attend-les-africains-a-la-maison-blanche/

 

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Photo : Manifestation contre Obama à Pretoria, Afrique du Sud, le 28 juin 2013.

___________________________

 

(*) www.gilbertrocheteau.blogspot.com

Correspondant du CEREDD à Tripoli, puis Yaoundé.

Secrétaire général du Conseil Panafricain du MDPR /

Mouvement démocratique panafricain pour la renaissance

www.mdpr.populus.ch 

Administrateur d’EODE Zone Afrique

www.eode.org

https://www.facebook.com/EODE.africa

jeudi, 24 octobre 2013

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL A LA SUITE DE L’AUDIENCE DE LA CPI DU 9 OCTOBRE 2013

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Vive protestation des exilés contre l’acharnement du procureur de la CPI contre eux

 

Convoquée par la Juge-Présidente Argentine, Silvia De Gurmendi, à l’effet de  relever, si des éléments nouveaux étaient advenus ou non, relativement à la demande de libération provisoire ou conditionnelle du Président Laurent Gbagbo, l’audience de la Chambre Préliminaire 1,  du 9 octobre 2013, a montré une fois de plus la duplicité du Procureur de la CPI.

  • QUE RETENIR DE CETTE AUDIENCE ?

Appelé en effet, à exposer les faits nouveaux autorisant ou s’opposant à la libération provisoire du Président Laurent Gbagbo, maintenu en détention alors qu’il n’avait pu apporter de preuves de sa responsabilité dans les crimes perpétrés pendant la période postélectorale (voir décision, Chambre préliminaire du 3 juin 2013), le Procureur, à court d’arguments, s’est une fois de plus refugié dans les pseudo-arguments constamment répétés depuis le début des sessions relatives à la libération provisoire du prévenu, à savoir :

- La très grande popularité de l’accusé ; 

- L’existence d’un réseau de soutiens puissants, dont des proches vivant au Ghana ou ailleurs, disposant d’importants moyens financiers, décidés à organiser sa fuite pour lui permettre d’échapper au verdict final, ou prêts à s’investir en vue de sa réinstallation au pouvoir par les armes ;

- L’obstruction aux enquêtes par le prévenu une fois libéré.

Pour le Substitut du Procureur, tous ces faits persistent hormis la situation sécuritaire qui, selon lui, se serait améliorée. 

En revanche, selon le Substitut du Procureur, les deux faits nouveaux qui viennent conforter son opposition,  sont d’abord, la découverte de deux comptes bancaires appartenant au prévenu et à son épouse, logés à la Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA). Selon le Procureur, qui date l’ouverture de ces comptes à l’an 2003, alors que la banque a été ouverte en 2004, ceux-ci crédités d’un montant important à cette période, auraient été délestés de cette somme en 2009. Le Procureur révèle qu’il aurait demandé, la fermeture desdits comptes, mais ignore si ceux-ci ont été gelés par le pouvoir d’Abidjan, avec lequel il est pourtant en étroite coopération dans l’affaire Laurent Gbagbo.

S’ajoute ensuite à cette découverte, la présence au Ghana, du gendre de Laurent Gbagbo qui fut l’ancien Directeur de la BFA (Banque pour le Financement de l’Agriculture). Ce qui confirme bien selon le Procureur, l’existence au Ghana d’un puissant réseau financier pro-Gbagbo ayant pour appui la BFA.  Mais l’on peut se demander ce qui pourrait bien fonder les inquiétudes du Procureur, alors même qu’il affirme que ces comptes ont été remis à zéro en 2009 ! En quoi des comptes non approvisionnés, donc vides d’argent comme il le dit, peuvent-ils constituer une source de menace sur la représentation de l’accusé Laurent Gbagbo, pour la suite de la procédure en cours à la CPI ? En quoi, par ailleurs, la présence au Ghana d’un gendre du Président Gbagbo, ce qui contrairement aux dires du Procureur qui vient de l’apprendre n’est pas un fait nouveau mais ancien, est-elle une preuve  d’existence d’un réseau financier, alors même que le Procureur comme à son habitude n’a mené aucune enquête à l’effet de l’établir ?

Cela ne l’empêche pas cependant,  de développer des arguments au professionnalisme douteux. Jugeons-en :

- Si les exilés ont pu survivre (comprendre : ne sont pas morts), malgré la dureté de l’exil et le gel de leurs avoirs,

- Si les exilés ont invité « Miss » Californie à se déplacer au Ghana,

C’est qu’ils ont la capacité financière d’organiser la fuite de Laurent Gbagbo pendant sa liberté provisoire, puisqu’ils ne sont pas morts de faim, et qu’ils peuvent déplacer une célébrité mondiale comme la « Miss » de l’Etat de Californie des Etats-Unis d’Amérique.

  • L’ANALYSE

En guise de réponse aux assertions du Procureur, les exilés exposent ce qui suit :

- Tout d’abord, la prétention selon laquelle, le Président Laurent Gbagbo aurait l’intention de fuir, une fois libéré à titre provisoire, est l’expression du mépris du Procureur Canadien à l’égard d’un Homme d’Etat, qui pour l’instant n’est qu’un prévenu et non un coupable. Il n’est pas à douter que cette attitude  soit l’expression du racisme reproché à la CPI à l’encontre des Dirigeants d’Etats africains, que l’Union Africaine a dénoncé à juste titre, à l’occasion de son 50ème anniversaire à Addis-Abeba. Nous restons  totalement convaincus, que de tels propos ne viendraient jamais à l’esprit du Procureur canadien, s’il s’était agi d’un Dirigeant d’un Etat occidental. Contre ces puissants pays, une prise de position et   a fortiori une poursuite n’est même pas envisageable de la part de la CPI.

- Nous rappelons une fois encore au Procureur qui feint de l’ignorer, que le Président Laurent Gbagbo n’est pas Homme à fuir la justice, fusse-t-elle inique, lui qui n’a pas fuir sa résidence bombardée durant des jours par les armées coalisées franco-onusiennes. D’ailleurs, toute fuite du prévenu serait un aveu de sa culpabilité, alors que pour l’heure, au terme de trois années d’enquête, le Procureur n’est pas parvenu à établir sa responsabilité dans les crimes reprochés.

- Le professionnalisme du Procureur devrait lui imposer d'éviter des assertions sans précision. En effet, le Procureur aurait dû produire des numéros de comptes des exilés, les montants et les mouvements effectués sur ces comptes pour soutenir ses propos et non se contenter de les répéter comme l'aurait exigé un récit dans un journal de faits divers.

- Ensuite, à propos du prochain rapport des experts de l’ONU qu’il a évoqué au cours de l’audience, ce type de rapport de l’ONU semble être devenu pour le Procureur une bible, se substituant à une enquête véritable menée par lui-même.

Sur ce point d’ailleurs, puisque le Procureur avait promis de remettre à la Juge-Présidente une copie de leur prochain rapport, nous pensons utile de rappeler au Procureur, que la Chambre préliminaire 1 lui avait déjà reproché dans l’affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo, de se contenter des « ouï-dire » contenus dans des rapports établis par des organisations et des médias sur la base de considérations extra-judiciaires, et que cela ne pouvait être tenu pour des enquêtes menées conformément au Statut de Rome (voir décision d’ajournement du 3 juin 2013).

Au demeurant, ledit rapport, effectivement publié à mi-parcours le 15 octobre 2013, ne dit cette fois-ci, aucun mot des exilés du Ghana, et le Procureur  ne peut y trouver aucun prétexte pour refuser la liberté provisoire au Président Laurent Gbagbo.

- A propos de la survie des exilés qui semble le surprendre, peut-être parce qu’il les souhaitait plutôt morts que vivants, le Procureur démontre là aussi qu’il n’est pas informé de l’existence que mènent ces milliers d’Ivoiriens qui ont fui la mort gratuite et l’arbitraire qui ont cours dans leur pays depuis l’avènement au pouvoir d’Alassane Ouattara, le 11 avril 2011. Le Procureur ignore que de nombreux réfugiés sont morts en exil, des personnalités connues ainsi que des personnes anonymes enregistrées dans les camps des réfugiés ivoiriens du Ghana, du Togo et du Libéria. Le Procureur l’aurait su, s’il avait daigné procéder à une enquête auprès du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) dans les pays d’accueil concernés. Il aurait su que les conditions de vie difficile et le manque de moyens sont la cause principale des décès parmi les réfugiés.

Mais, cependant, que le Procureur sache, que la plupart des réfugiés survivent grâce à la solidarité des familles et des amis pour les uns et pour le plus grand nombre vivant dans les camps, grâce aux subsides (rations alimentaires et médicaments, vêtements) fournis par le HCR, auxquels il faut ajouter les soutiens en nature de quelques généreux donateurs de l’étranger.

- Quant à « Miss » Californie, dont le Procureur a évoqué l’invitation par la Coordination des réfugiés, cette démarche visait à sensibiliser à travers cette célébrité, la société américaine sur le sort des réfugiés ivoiriens dans les différents camps, en vue de susciter en faveur de ces derniers, des dons en matière de soins de santé, de vivres, de vêtements, de prises en charge scolaire.

Cette initiative a été prise parce que, contrairement aux assertions mensongères du Procureur, les cadres exilés, régulièrement sollicités par les réfugiés des camps, n’étaient pas en mesure de les soutenir matériellement et financièrement. Cette opération, à but humanitaire qui se greffait sur une visite effectuée par la « Miss » Californie au Ghana, n’a pu être finalisée faute de moyens financiers pour la faire revenir et ne peut être raisonnablement utilisée comme preuve de la fortune supposée des exilés.

Au reste, est-il vraiment sérieux de soutenir que l’enveloppe nécessaire pour couvrir l’achat d’un billet d’avion et le séjour d’une Miss américaine à Accra est suffisante pour couvrir une opération de déstabilisation d’un Etat  ou encore la fuite d’un Homme d’Etat de la stature du Président Laurent Gbagbo?

Au total, les exilés relèvent une fois encore que le Procureur de la CPI, qui, dans l’affaire Le Procureur c. Laurent Gbagbo, a délibérément pris le parti des « vainqueurs » ainsi qu’ils l’ont maintes fois démontré et dénoncé. Ils élèvent une vive protestation contre l’acharnement gratuit et infondé de ce dernier contre eux. Ils tiennent à faire les observations suivantes particulièrement à son intention. 

  • LES OBSERVATIONS

Les exilés tiennent à faire observer au Substitut du Procureur ce qui suit:

- Lorsqu’il n’y a pas de preuves contre un accusé, l’honnêteté recommande à l’accusateur de ne pas maintenir celui-ci en détention sous des prétextes fallacieux,  au risque de frapper d’indignité l’institution judiciaire dont il se réclame. Les allégations non fondées contre des proches de Laurent Gbagbo, exilés au Ghana ou ailleurs, en vue de maintenir indûment en détention le Président Laurent Gbagbo, ne sont que des manœuvres qui discréditent encore davantage la CPI dont l’image de parti-pris et d’instrument aux mains des grandes Puissances occidentales est plus que jamais ternie. La décision des juges ghanéens acquittant le porte-parole du Président Gbagbo des accusations de crime et de détournement de sommes d’argent, devraient suffire pour lever toute équivoque en la matière sur l’existence supposée au Ghana, d’extrémistes financièrement puissants.

- La libération provisoire demandée pour le Président Laurent Gbagbo, n’est pas une faveur mais un droit car comme tout prévenu, il bénéficie de la présomption d’innocence, sauf preuve du contraire. 

- Son maintien en détention, ne saurait non plus être justifié par une quelconque menace d’obstruction à la justice, dans la mesure où le Procureur, a eu plus de deux ans pour mener ses enquêtes et qu’au surplus l’enquête complémentaire à mener suite à la décision du 3 juin 2013, devrait être à présent achevée ou largement avancée.

- Enfin, il ne semble pas indiqué pour le Procureur, qui, malgré l’évidence des preuves des crimes graves commis par le camp Ouattara, avant la crise postélectorale et pendant celle-ci, n’a ouvert, à ce jour, aucune procédure contre les auteurs présumés abondamment indexés par les ONG de défense des droits humains, de rejeter du revers de la main les arguments de la défense sur la réconciliation.

  •  L’APPEL

C’est l’occasion, pour la Coordination FPI en exil, de réitérer son appel à la CPI et à la Communauté internationale : Libérez Laurent Gbagbo afin de parvenir à une vraie réconciliation en Côte d’Ivoire.

 

Fait à Accra  le 22 octobre 2013.

 

Pour la Coordination FPI en exil

Le Porte-Parole/Coordonnateur


Dr. Assoa Adou

lundi, 16 septembre 2013

KONE KATINAN APRES SA LIBERATION: «LE RETOUR A LA NORMALITE POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE, C’EST LA LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO»

 

 

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Vous venez d’être acquitté par le tribunal d’Osu à Accra après un procès qui a duré un an. Quels sont vos sentiments sur cet acquittement?

- Je suis traversé par un sentiment ambivalent. Je suis animé d’un sentiment de grande joie, qui se juxtapose malheureusement à une profonde peine. Cette peine qui se justifie par le fait que le président Laurent Gbagbo, celui-là qui a tout donné à la Côte d’Ivoire, pour reprendre l’expression du camarade Abou Drahamane Sangaré, vice-président du Fpi, et celui à qui le peuple ivoirien continue de s’identifier, est maintenu de façon absolument illégale en prison. Ils sont nombreux nos compatriotes et nos frères d’Afrique et d’ailleurs qui ont le sommeil perturbé à cause de la détention inadmissible de cet homme. De ce fait, aucune joie ne peut être totale, surtout pas la mienne. Cependant dans la nuit la plus noire, chaque rayon de lumière est une source d’espérance. Dans ces circonstances, Il faut savoir exprimer sa gratitude.

C’est pourquoi, je voudrais avant tout propos rendre gloire au Dieu Unique qui est toujours juste. Je suis l’expression achevée de sa présence aux côtés des faibles et des persécutés. Ma foi chrétienne a été la source unique de mon espérance devant cette épreuve où se jouait ma vie. C’est le philosophe et écrivain français, Jean Paul Sartre qui disait qu’à chaque fois que quelqu’un fait quelque chose de positif, il rappelle à l’humanité que cela est possible et faisable. La Justice ghanéenne vient de rappeler que la quête de l’indépendance de la justice est avant tout l’œuvre du Juge lui-même. Exerçant une fonction divine, (Dieu est le Juge Suprême), il n’a de censeur que Dieu. En disant le droit dans un contexte de fortes pressions politico-diplomatiques, le Juge Aboagye Tandoh a élargi le domaine du possible dans un espace africain qui focalise sur lui, toutes sortes de récriminations, qui partent de la corruption de l’appareil judiciaire, à sa soumission au pouvoir politique. Je voudrais sincèrement exprimer ma reconnaissance et mon admiration à la justice ghanéenne à travers le Juge Aboagye Tandoh. Mais il a fallu que le gouvernement ghanéen, qui a subi toutes les formes de pressions de la part de son homologue ivoirien et de ses soutiens, accepte de se soumettre aux lois du Ghana. J’exprime au président John Mahama, à son prédécesseur John Evans Atta Mills, de regretté mémoire, au gouvernement et à la classe politique dans son ensemble, au nom du président Laurent Gbagbo et en mon nom propre, ma profonde gratitude. J’associe à ses remerciements tout le peuple ghanéen, qui accueille dans un esprit de grande fraternité tous les exilés ivoiriens et ceux venant d’ailleurs. Je relève avec la fierté d’être africain, la grande sagesse de ce peuple, qui donne une leçon de démocratie qui contraste avec les clichés que les afro-pessimistes véhiculent sur ce continent.

Je voudrais saluer avec déférence, le président John Jerry Rawlings, qui s’est déplacé en personne pour me rendre visite dans ma prison. Il porte partout le combat du président Laurent Gbagbo. Pour les personnes de notre génération, il fait partie avec Thomas Sankara, des icônes qui ont éveillé nos consciences de jeunes africains et entretenu nos rêves pour une Afrique qui peut gagner. J’associe à ces remerciements avec autant de déférence, le président Thabo Mbeki qui a suivi cette affaire avec une très grande attention et qui ne ménage aucun effort pour dénoncer l’injustice dont est victime le président Laurent Gbagbo. Je remercie également l’Ambassadeur des Etats Unis au Ghana, qui a toujours dépêché une délégation à chaque jour de mon procès. Je finis ces remerciements par là où j’aurais dû commencer. J’adresse mes vifs remerciements et mes chaleureuses félicitations à mon équipe d’avocats composée de Maitre Lucie Bourthoumieux et de maître Patrice Sogbodjor. Leur talent a été déterminant dans cette affaire. Je crois fermement que si Madame Bourthoumieux n’était pas avec moi, les jours de mes arrestations, j’aurais eu très peu de chance de passer devant un juge. Elle m’a sauvé d’une mort certaine. Je lui suis indéfiniment reconnaissant. Je marque toute mon amitié à la cellule juridique de la coordination du FPI en exil composée des éminents hommes et femmes de droits de notre pays. Son président, le professeur Tano Félix, le professeur Hubert Oulaye , madame le ministre Jeannine Badjo, tous agrégés de droit, et surtout à maître Dakoury Roger, pour sa présence continue à mes côtés au tribunal. J’y associe la cellule de communication dirigée par les Ministres Lia bi et Koffi Koffi Lazare et à l’ensemble de leur formidable équipe avec un regard particulier sur les internautes notamment ceux qui animent mes différents espaces de communication, et les blogueurs qui ont donné la preuve de l’immensité de leur talent. Que Dieu rétribue chacun d’eux au-delà de ses espérances.

Comment avez-vous vécu une année durant l’absence ou la restriction de votre liberté de mouvement?

- Cela été le moins qu’on puisse dire très pénible pour moi. Mais jamais je n’ai douté de la victoire finale. La très grande chaine de solidarité surtout spirituelle autour de moi m’a convaincu de la justesse du combat que nous menons. Parce qu’il ne faut pas se méprendre, je n’ai aucun mérite particulier que celui d’avoir bénéficié de la confiance du président Laurent Gbagbo. Je n’ai reçu que l’expression de la grande affection que tous combattants de la liberté ont pour le président Laurent Gbagbo. Autrement dit ce n’est pas la personne de Koné Katinan Justin qui a bénéficié de cet élan de solidarité, mais Koné Katinan en tant qu’acteur pour le compte exclusif d’un grand homme : Laurent Gbagbo. Ayant vécu ces moments terribles en association avec tous les maillons de cette chaine de solidarité, c’est évident que je les associe pleinement au bonheur de la victoire. A ce titre :

Je voudrais remercier mon épouse et mes enfants, toute ma famille au sens africain du terme qui part des plus proches et se prolonge aussi loin que possible par l’effet d’un lien de sang qui se détend à l’infini, sans pour autant jamais se rompre. Je remercie également les camarades de la Direction du parti, tous les membres du comité central, les militants et l’ensemble des Ivoiriennes et des Ivoiriens. A ce niveau, j’adresse une motion spéciale au Docteur Assoa Adou, notre doyen, président de la Coordination du FPI en exil qu’il dirige avec une grande dextérité. Évidemment en le citant, c’est l’ensemble du bureau de cette coordination que je vise. Je ne peux occulter tous les autres exilés qui ont fui leur pays pour avoir supporté le président Laurent Gbagbo. Ce seul fait est devenu le crime le plus puni en Côte d’Ivoire. Enfin je reste infiniment redevable à tous ceux qui ont donné de leur argent pour m’aider dans la situation très difficile que ma famille et moi avons traversé. Que Dieu le leur rembourse avec un taux d’intérêt exponentiel. Pour répondre à votre question, j’ai été formaté au Fpi dont je suis militant depuis septembre 1989. J’ai retenu de la formation de mes maîtres, que rien n’est figé. Une intelligence figée est en soi déjà le signe d’une profonde maladie morale. J’ai compris très tôt que l’objectif de mes persécuteurs était de m’immobiliser.

Nous nous sommes réorganisés autrement au niveau du « Porte-parolat », pour continuer la mission. Ici encore, que tous ceux qui sont avec moi dans cette mission confiée par le président Laurent Gbagbo en soient remerciés. Ils m’ont encadré et nous avons continué notre mission. Aujourd’hui, avec l’avancement des moyens de communication, vouloir immobiliser une personne est une épreuve à la limite vaine. On peut être à Accra et être en même temps ailleurs. C’est ce que nous avons su faire.

Au plan politique, en quoi cela a pu véritablement être un obstacle à vos activités en tant que Porte-parole de Laurent Gbagbo?

- Lorsque le président Laurent Gbagbo m’a fait l’insigne honneur de me choisir comme son porte-parole le 26 mai 2011, il m’a donné une feuille de route. Conformément à cette feuille de route, je devrais accomplir certaines missions. C’est ce que j’ai fait du 6 juin 2011 au 24 août 2012, le jour de mon arrestation. Donc de ce point de vue cette immobilisation d’un an a un tant soit peu perturbé notre travail, mais comme je l’ai dit, nous nous sommes réorganisés autrement pour contourner cet obstacle là où c’était possible.

Au fait de quoi, vous accusait-on au juste, tant les chefs d’accusations semblaient varier au gré des humeurs de vos accusateurs?

- Je rappelle que les mandats émis par les autorités judiciaires ivoiriennes contre les ministres et les hauts fonctionnaires proches du président Laurent Gbagbo, contiennent tous les mêmes motifs. Crimes économiques. Il m’est reproché d’avoir, en tant que ministre du budget, commis des vols à main armée dans plusieurs banques et institutions financières du pays, y compris à la Bceao. En d’autres termes, on me reproche d’avoir braqué ces banques et sociétés de février à mars 2011. Je suis également poursuivi en tant que complice dans la commission des mêmes infractions. Le montant est évalué à 380 milliards de F CFA. Dans l’acte d’accusation qui a été lu devant le juge, il est mentionné que j’ai commis ces infractions pour soutenir le président Laurent Gbagbo qui faisait face à un embargo. Pour la seconde affaire, j’ai été accusé d’avoir tué moi-même, après avoir conspiré avec le ministre de l’économie et des finances, deux personnes dont j’ai entendu les noms la première fois le lundi 1er octobre 2012 devant le EMS Court. Il s’agit d’un certain Kamagaté, soudeur de son état et âgé de 83 ans que j’aurais tué le 29 mars 2011 à Port-Bouët, et un autre répondant au nom de Diabaté Drissa, négociant âgé, quant à lui, de 38 ans également domicilié à Port-Bouët. J’aurais tué ce dernier le 19 mars. Même là aussi on fait du rattrapage.

L’accusation en définitive vous semblait-elle grotesque, dénuée de sens?

- Ces deux accusations ont été toutes portées devant deux juges différents. Le mandat d’arrêt international de la deuxième affaire relative au double meurtre a été émis le mardi 25 septembre 2012, le jour même où le Juge m’accordait une liberté provisoire pour la première affaire, relative au braquage des banques. Après un mois de détention, le second juge, las d’attendre les preuves qui étayent le double meurtre, et ayant compris qu’il s’agissait d’une fausse accusation qui cachait mal un mobile politique, m’en a finalement déchargé le mercredi 24 octobre 2012. Finalement il ne restait plus que l’affaire relative au vol à mains armées des banques, pour laquelle le juge a refusé mon extradition pour les raisons qu’il a bien développées dans sa décision. En définitive que ce soit le vol à mains armées ou le double meurtre, toutes ces accusations sont absolument grotesques et dénuées de tout sens.

Un ministre du gouvernement actuel vous a publiquement accusé d’avoir fui le pays, emportant avec vous des sacs d’argent de la Bceao. Est-ce techniquement possible?

- Je crois avoir suffisamment expliqué l’impossibilité aussi bien technique que pratique d’une telle opération. 380 milliards c’est une somme énorme dont le transport nécessite une logistique qui ne peut passer inaperçue. Pour un calcul simple, à supposer que la somme volée soit composée de billets de 10 000 f Cfa, la coupure de CfA la plus importante, un milliards c’est 100 milles coupures de 10 000. Soit 100 paquets de 10 millions. Tous ceux qui ont eu à transporte 10 millions, savent que cela pèse au moins 2 kg. Un milliard pèse donc au moins 200 kg. Rapporté au 380 milliards cela représente un poids de 76000kg soit 76 tonnes. Les valises les plus grandes ne peuvent contenir un poids de 100 kg. A supposer que par extraordinaire, j’ai pu trouver des valises de 100 kg, il m’en aurait fallu au moins 760. Je ne suis pas Hercules. C’est tout cela qui enlève tout sérieux à cette accusation. Je rappelle que 380 milliards c’est 38 millions de billets de 10 000. C’est-à-dire que je distribue 10 000 à chaque ivoirien, la population ivoirienne étant estimée à 25 millions il m’en restera encore 13 millions de billets de 10 000.

J’avoue que j’ai été très peiné de voir comment mon pays s’est donné en spectacle dans un autre pays pour soutenir l’insoutenable.

Avant le verdict du Juge ghanéen, votre procès était tantôt perçu comme politique, tantôt comme de droit commun. Quel était pour vous l’interprétation la plus plausible ?

- Le gouvernement ivoirien le voulait de droit commun, moi j’étais convaincu qu’il s’agissait d’une affaire politique. Le juge est arrivé à la même conclusion que moi. Il ne faut jamais perdre de vue que le gouvernement ivoirien et ses parrains internationaux se sont évertués à soutenir qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Le Secrétaire général de l’Onu en personne a affirmé qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Du président Laurent Gbagbo jusqu’au moindre soldat, tout le monde était considéré comme des prisonniers de droit commun. Ayant célébré la démocratie à la bombe, ils ont écrit en Côte d’Ivoire d’autres critères pour définir les prisonniers politiques. C’est pourquoi, la décision du Juge Aboagye Tandoh est un véritable coup de tonnerre, dans le ciel ivoirien artificiellement dépeint d’un bleu reposant.

Quels sont les arguments que le juge a développés pour débouter vos accusateurs?

- Le juge avait à répondre de façon cumulative à 5 questions :

• Les infractions pour lesquelles je suis poursuivi dans mon pays sont-elles considérées comme telles au Ghana?

• Ces infractions sont-elles réellement constituées?

• N’ont-elles pas un caractère politique?

• Y-a-t-il une convention d’extradition qui lie les deux pays ( le Ghana et la Côte d’Ivoire)?

• Si je suis extradé, est ce que je pourrai bénéficier d’un jugement impartial et si ma vie ne sera pas en danger dans mon pays?

Le Juge Aboagye Tandoh a répondu de la façon suivante :

• En ce qui concerne le premier point, le juge a reconnu que le vol à mains armées constitue une infraction punie aussi bien en Côte d’Ivoire qu’au Ghana. Il a rappelé les différents articles des codes pénaux des deux pays.

• Sur le second point, le juge a passé en revue toutes les preuves apportées par l’accusation et le témoignage du témoin à charges. Il a relevé trois éléments qui ont forgé sa conviction.

• Le témoin à charge a reconnu que dans les preuves apportées par le gouvernement ivoirien au soutien de son accusation, lesquelles preuves sont constituées exclusivement des Procès-verbaux d’auditions des directeurs généraux des banques ou des sociétés qui auraient subi mon vol à mains armées ou de leurs représentants, mon nom figure dans quatre des dix dépositions. Mais il reconnait que nulle part dans ces dépositions il est fait mention de vols à mains armées.

• Sur les autres dépositions dans lesquelles mon nom ne figure pas, une seule de ces dépositions fait état de vol à mains armées.

• Mais le déposant a affirmé clairement dans sa déposition que les vols ont été commis dans son établissement entre le 19 et 21 avril 2011. Or A cette date a dit le Juge, j’étais déjà au Ghana et mon attestation de réfugié émis par le Ghana Refugies Board ( l’organisme qui gère les réfugiés au Ghana), établit nettement que je suis rentré dans ce pays le 13 avril 2011. Il est donc évident qu’en toute logique, je ne pouvais être l’auteur de ce vol. Mieux, le déposant affirme sans ambigüité que le vol a été commis par les FRCI.

• Le juge a relevé le fait que les banquiers eux-mêmes qui ont fait les dépositions ne mentionnent pas de vol à mains armées, d’où vient-il que l’Etat se substitue à eux pour m’accuser de cette infraction. Je rappelle que la BCEAO qui est censée avoir subi le plus grand préjudice n’a jamais porté de plainte.

• Il est revenu sur le fait que j’ai suffisamment démontré à la barre l’impossibilité matérielle de commettre ce crime et que l’accusation n’est pas arrivée à me confondre à la barre.

• Il a rappelé en outre que les banques ont été ouvertes suivant une procédure légale avec l’autorisation expresse du président du Tribunal d’Abidjan, l’ordonnance délivrée à cet effet par ce Juge faisant foi. De tels faits ne peuvent constituer des infractions.

Il en a conclu qu’il y avait trop d’ombres qui sont autant de doutes sur le fait que j’ai commis ces crimes.
• Sur le point relatif au caractère politique ou non des poursuites engagées contre moi, le juge a fait le raisonnement suivant :

• J’étais ministre du budget et c’est dans ce cadre que j’ai agi.

• Je suis haut cadre du Fpi, le parti du président Laurent Gbagbo et qu’il est notoirement établi que beaucoup de cadres de ce parti ou qui lui sont proches sont en prison

• J’ai été arrêté une deuxième fois pour une affaire de meurtre qui a été abandonnée faute de preuves.

Il en déduit qu’il est difficile de soutenir que la demande d’extradition est dénuée de mobiles politiques. Or il est constant que la constitution ghanéenne interdit l’extradition pour des motifs politiques.

• Sur le quatrième point relatif à l’existence ou non d’une convention d’extradition entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, le juge a fait les observations suivantes :

• Il n’existe pas de convention bilatérale d’extradition entre les deux pays. Le gouvernement ivoirien a fondé sa demande sur la convention de la Cedeao.

• Or sans remettre en cause le document de ratification de cette convention par la Côte d’Ivoire, le Juge a dit que sur la base des informations en sa possessions et étayées par un document produit par le procureur ghanéen qui agit par commission rogatoire pour le compte de l’Etat ivoirien, seulement cinq pays ont ratifié la convention d’extradition signée entre les Etats membres de la Cedeao. Le Juge a énuméré ces Etats qui sont le Burkina Faso, le Benin, le Cap vert, le Ghana et… la Côte d’Ivoire n’y figure.

En tout état de cause, à supposer que la Côte d’Ivoire ait ratifié cette convention, le document de ratification apporté par le gouvernement ivoirien établit que cette ratification est intervenue en Août 2012, c’est-à-dire, un an après l’émission des mandats d’arrêts. Au Ghana, une loi ne peut rétroagir. Le Juge en conclut qu’au moment de l’émission des mandats d’arrêts, la Côte d’Ivoire n’avait pas de fondement légal pour les rendre exécutoires. Le gouvernement ne peut revendiquer le bénéfice d’une convention qu’il n’avait pas ratifiée.
• Sur le dernier point relatif à ma sécurité dans mon pays, le juge a soutenu que dès lors que le gouvernement ivoirien m’a reconnu la qualité de réfugié, il a reconnu de facto que ma vie était en danger en Côte d’Ivoire. Il n’était donc pas possible pour le même gouvernement de m’extrader dans le pays dans lequel, lui-même a reconnu que ma vie était en danger.
Sur tous les points de droit, l’accusation a perdu. L’on se rend compte en définitive que le procès en extradition est un procès complet dans lequel le Juge se prononce sur le fond de l’affaire.

Pendant une année, vous avez été au centre de tractations politiques (tête-à-tête Mahama- Ouattara), et judiciaire relativement à votre extradition en Côte d’Ivoire, pensez-vous dans votre cas que le droit a prévalu sur les arrangements politiques?

- Je reconnais que le Ghana a été soumis à une pression énorme de la part du gouvernement ivoirien et de ses soutiens, allant jusqu’à la fermeture unilatérale de la frontière ivoiro-ghanéenne par le gouvernement ivoirien. Il y a des aspects de cette pression diplomatique que j’évoque dans mon prochain livre dont le titre est le « procès », un livre à la fois écrit en français et en anglais. Souffrez donc que je ne puisse m’étaler sur cette question. Mais ce qui est essentiel et je crois que c’est la leçon qui doit être retenue, le Juge ne s’est pas laissé influencer par cette pression.

N’y avait-il pas similitude entre votre cas et celui du ministre Lida, extradé manu militari du Togo où il résidait vers la Côte d’Ivoire sans décision judiciaire ?

- Jusqu’à ce jour je ne connais pas les chefs d’inculpation du ministre d’Etat Lida Kouassi. Je ne sais pas si lui-même en sait plus. Je sais qu’il a été extradé du Togo de façon extrajudiciaire, enfermé dans une prison à Bouna puis libéré provisoirement nous dit-on, sans jamais avoir été entendu par un Juge. Je dirais que j’ai eu plus de chance que lui.

En tant que leader politique, quelle lecture faites-vous (forcée ou volontaire) dans le cas de Lida, Blé Goudé, Dibopieu?

- Moi je ne juge du caractère volontaire ou non de leur départ de leur lieu d’exil. Je retiens seulement que j’ai eu plus de chance qu’eux de passer devant un juge comme l’exigent les textes de la CEDEAO. Étant en prison, ils ne peuvent se défendre, donc je crois qu’il n’est pas juste de juger quelqu’un qui ne peut répondre. Nul ne peut décrire exactement les conditions de leur départ vers la Côte d’Ivoire.. Ne précipitons pas nos jugements. Dans la situation qui est la leur aujourd’hui, ces personnes ont plus besoin de notre soutien que d’autre chose. Prions pour eux.

Dans ce qui est convenu d’appeler l’affaire Katinan, les autorités ivoiriennes ont annoncé vous avoir arrêté tantôt au Cameroun, tantôt en Afrique du Sud, tantôt à l’aéroport d’Accra au Ghana, quelle est la vérité des faits?

- Je n’ai jamais été arrêté ni au Cameroun, ni en Afrique du Sud. J’ai été arrêté au Ghana précisément à Accra. Je préfère ne pas m’étendre sur cette affaire rocambolesque. Mon prochain livre en parle. Dans cette affaire j’ai volontairement adopté un profil bas pour ne pas confondre davantage les autorités de mon pays. Je suis énarque et pour moi, le respect des institutions de l’Etat est sacré. L’Etat et la République exigent un grand respect même, si j’ai beaucoup de raisons à la fois objectives et subjectives de ne pas aimer ceux qui les incarnent aujourd’hui.

Désormais libre de tout mouvement, pour quel agenda politique?

Je n’ai qu’une et une seule mission : œuvrer aux côtés du Fpi et de tous les combattants pour la justice du monde entier, qui se mobilisent pour obtenir la libération et le retour du président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Le peuple l’attend. La Côte d’Ivoire et l’Afrique le réclament.

Depuis la libération de son président du Fpi, Affi Nguessan, le FPI amorce une reconquête du terrain politique et diplomatique. Selon certaines personnes « les lignes sont en train de bouger en Côte d’Ivoire ». Qu’en pensez-vous?

- C’est certain que depuis la sortie de prison du président Affi, du doyen gardien du temple du Fpi, Abou Drahamane Sangaré et des autres cadres du parti, le terrain politique est saisi d’une sorte de frémissement favorable à notre parti mais il faut reconnaitre qu’il y a longtemps que les lignes bougent en Côte d’Ivoire. Le président Miaka et son équipe ont fait un travail titanesque dans un contexte absolument hostile. Je me joins à toutes les autres voix pour leur dire merci. Il y a aussi cette formidable mobilisation autour du président Laurent Gbagbo et de la Côte d’Ivoire qui a fait bouger les lignes. Il faut saluer tous les acteurs de cette mobilisation. Mais il reste évident que le président Affi et les autres cadres du parti qui sont libérés viennent apporter leur pierre à l’édifice qui a été maintenue contre vents et marées. Très peu de partis au monde auraient pu résister à la bourrasque animée par une coalition mondiale qui a secoué notre parti. Mais « nous sommes infrangibles » comme l’a dit récemment le Camarade Laurent Akoun. C’est l’âme que les pères fondateurs de notre parti lui ont insufflée.

Un tandem Affi et Katinan pour des actions politiques d’envergure sur le terrain est-il envisageable?

- Il n’y a pas de tandem Affi-Katinan. Il y a un chef de parti et un cadre de parti qui travaillent tous deux dans le cadre du parti. Ma mission du porte-parole ne peut s’exercer en dehors du parti. Je suis membre du Secrétariat général du Fpi et conseiller du président Affi Nguessan. J’ai une mission ponctuelle qui m’a été confiée par le président Laurent Gbagbo. Je l’exerce sous l’impulsion du parti. Il n’y a donc pas de tandem mais une unité d’action dans un objectif commun : obtenir la libération sans condition du président Laurent Gbagbo.

Quels sont selon vous les conditions d’un retour à la normalité politique en Côte d’Ivoire au moment où on parle de réconciliation, et au moment où, le régime a libéré certains de ses prisonniers politiques?

- La première c’est la libération du Président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la deuxième est la libération du Président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la troisième est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; l’avant dernière condition est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la dernière condition est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays.

Son peuple l’attend.

L’actualité politique est aussi le vote au parlement des lois controversées sur la nationalité et le foncier rural. En quoi ces lois votées sont-elles confligènes?

- Le Chef de l’Etat ivoirien a dit que ces questions étaient tellement importantes qu’elles ont justifié à elles seules la rébellion et toute la désolation qu’elle a semée dans le pays. De telles questions ne peuvent se régler sans un large consensus. Or l’on agit dans ce domaine comme si l’on voulait narguer les Ivoiriens. Je me suis largement prononcé sur ces question dans mon livre « Côte d’Ivoire, l’audace de la rupture » qui est dans les rayons des librairies depuis plus un mois. Il y a des matières explosives qu’il faut savoir manipuler. Depuis 1960 et même bien avant, les Ivoiriens sont restés constants sur la question de la nationalité. On ne peut venir les contraindre à la baïonnette et leur faire accepter l’inacceptable. Ces questions méritent un débat national. Le gouvernement ivoirien donne l’impression d’avoir un agenda caché aux Ivoiriens. La précipitation avec laquelle il opère sur ces matières est très suspecte. Il expose le pays à des risques graves pour des questions électorales. Je suis prêt à m’associer un front de refus de ces lois. Si nous restons inactifs devant cette opération de prédation de notre pays, nous seront autant comptables de ce qui pourrait advenir dans notre pays. Le gouvernement doit absolument ouvrir le débat. Je remarque que l’Onu s’est félicitée de l’adoption de ces lois. Vous comprenez donc l’issue de la crise postélectorale. La Côte d’Ivoire est devenue le champ d’implémentation des formules magiques sorties des laboratoires d’une gouvernance mondiale pilotée par l’Onu pour le bonheur du capitalisme sans morale. La loi sur la nationalité telle que votée va envenimer les conflits fonciers parce que la loi 98-750 du 23 décembre 1998 relative au foncier rural établit un lien solide entre la nationalité et le foncier. La nouvelle loi sur la nationalité prépare des lendemains sombres pour le pays. Il est indispensable que le peuple soit associé directement à la réflexion sur ces matières.

Selon des rumeurs, Bédié proposerait à Ouattara, son allié un poste de vice-présidence à la tête de l’Etat ce, en violation de la Constitution. Doit-on regarder les bras croisés l’application des textes conflictuels de Marcoussis ?

- Il y a eu tellement de violations de la Constitution en Côte d’Ivoire que finalement, elles tendent à s’ériger en principe. Linas-Marcoussis est pour moi, le cimetière de l’Etat ivoirien et de la démocratie. J’ai même entendu le président Bédié revendiquer l’application des accords de Linas-Marcoussis au Pdci, Il appartient au peuple suffisamment instruit d’exiger la résurrection de l’Etat ivoirien des enfers de Linas-Marcoussis.

En tant que Porte-parole du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, quels sont ses dernières nouvelles depuis qu’il a appris la décision de justice?

- Le président Laurent Gbagbo est resté égal à lui-même. Altruiste accompli, il se soucie du sort des autres même quand le sien est plus grave. La libération de chaque prisonnier politique lui apporte un soulagement. Il me charge d’ailleurs de transmettre toutes ses félicitations à tous les prisonniers qui ont recouvré la liberté. Il continue de prier pour les autres en espérant qu’ils recouvreront eux-aussi, leur liberté très prochainement.

A quel niveau se situe le combat pour sa libération des geôles de la CPI?

- Ce combat est celui de chacun de nous. L’on veut écarter le président Laurent Gbagbo de la vie politique en Côte d’Ivoire. Mais à la pratique, les promoteurs de cette idée se rendent compte qu’elle ne peut prospérer, parce que le peuple le veut ainsi. Depuis le début le schéma est resté identique. L’instrumentalisation de la politique pour éliminer un adversaire politique. Sinon comment expliquer que celui à qui l’on attribue l’entièreté des morts dans une guerre soit celui-là même qui l’a perdue. On dit Gbagbo a perdu la guerre, mais c’est lui qui a tué tous ceux qui sont morts. Le vainqueur de la guerre n’a tué personne. Nous devons continuer de nous battre pour le retour glorieux du président Laurent Gbagbo. C’est un combat qui ne peut connaître de répit. Il n’y a pas de repos pour celui qui combat l’injustice.

Y a-t-il espoir de le revoir parmi les siens en Côte d’Ivoire?

- Il ne s’agit pas d’un espoir, mais d’une certitude. Le retour du président Laurent Gbagbo est une exigence à la foi morale, spirituelle et politique. C’est toute la Côte d’Ivoire qui est maintenue en prison à la Haye. Et comme nul ne peut emprisonner définitivement tout un pays, le retour du président Laurent Gbagbo s’impose de lui-même, parce qu’il y a des formes d’injustice qui ne se rattrapent jamais et qui tuent définitivement tout le corps social. C’est La libération du président Laurent Gbagbo et son implication dans le débat politique qui marqueront le début de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour reprendre les paroles du sage du Fpi, le président Sangaré, Gbagbo n’est pas une partie du problème de la Côte d’Ivoire. C’est tout le problème de la Côte d’Ivoire. C’est donc avec lui et non en dehors de lui que l’on résoudra le problème de la Côte d’Ivoire. La fuite en avant a atteint le terminus.

 

Par Francesca Adeva, in le quotidien ivoirien "Le Temps", le 11 septembre 2013.

jeudi, 05 septembre 2013

KONE KATINAN HAPPE PAR LES MEDIAS GHANEENS

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A peine sorti, d'une longue bataille judiciaire, engagée contre lui au Ghana par le régime Ouattara et qui a duré plus d'une année, le ministre  Justin Koné Katinan, Porte Parole du président Gbagbo, est très sollicité au pays de Kwame N'Kruma. Alors qu'il n'avait sur son agenda qu'une seule rencontre avec un organe de presse écrite, le ministre Katinan a été assailli par la presse Ghanéenne  ce mardi 3 septembre 2013.


C'est à 11 h 30 mn que la première équipe de presse est arrivée au lieu de rendez-vous. Quelques minutes plus tard, cette équipe du journal  Daily Graphic a été succédée par la Radio  Joyfm et les équipes de  la 3eme chaine de télévisionTV3 et  de la Télé ETV.

Les medias voulaient  tous  connaitre son état d’esprit après  avoir remporté son  procès. Bien sur Koné katinan  a exprimé sa joie qui ne  pourra selon lui être complète que si Laurent Gbagbo dont il porte la parole sera libéré .La CPI estime que les charges portées contre lui son insuffisantes .Koné Katinan ne comprend donc  pas pourquoi il est maintenu dans les liens de la détention. Les journalistes ont ensuite invité Katinan à commenter le discision de la cours suprême Ghanéenne confirmant l’élection du président John Mahama. Je vais vous surprendre a dit katinan.  « Avant même de féliciter Le president Mahama, je voudrais saluer la grande sagesse Ghanéenne et le comportement du candidat perdant Nana Akoufo Addo  qui a reconnu sa défaite Si les choses s’était  passées ainsi en cote d’ivoire, nous n’aurions  pas connu autant de désastre. Dans nos pays nous  devons  respecter la constitution, les institutions et les lois.

A la question de savoir si le Porte Parole du président Gbagbo a l'intention de retourner en Cote d'Ivoire dans un avenir proche après avoir gagné son procès, le ministre a été très clair: " Mes amis et moi sommes disposés à retourner en Cote d'Ivoire si les conditions de sécurité sont réunies par le pouvoir d'Abidjan". Il a continué pour préciser que "  M.Ouattara n'a pas gagné les élections présidentielles  de  2010  mais il est le chef d'Etat. C’est d’abord lui  qui a tout intérêt à ce qu'il y ait la paix, la sécurité et la stabilité en Cote d'Ivoire pour gouverner. Or, précise Mr Katinan, les mandats d'arrêts contre les pro-Gbagbo n'ont toujours pas été annulés, les arrestations continuent, les prisonniers pro-Gbagbo , plus de 700 ,sont à travers toute la Cote d'Ivoire .Ce qui fait que les exilés ne se sentent toujours pas en sécurité pour envisager un éventuel retour. Mais surtout conclu le ministre Katinan, "le président Gbagbo, la clé de la réconciliation est toujours à La Haye".

Le Porte Parole du President Gbagbo a profité de l'occasion pour remercier le Président John  Dramani Mahama, son gouvernement et tout le peuple Ghanéen pour l'hospitalité accordée aux ivoiriens contraints à l’exil et qui sont près de 22 000. Il a exprimé sa gratitude à l’ancien président Jerry John  Rawlings qui lui a fait le grand honneur de lui rendre visite en prison.  Il n'a pas manqué de lancer un appel au président Mahama pour qu'il œuvre inlassablement auprès du pouvoir d’Abidjan pour l’avènement de  la réconciliation en Cote d'Ivoire et de  l’intégration Ouest africaine.

 

Correspondance particulière de Anasthasie Ehoulan.

vendredi, 30 août 2013

LA JUSTICE GHANEENNE REJETTE DEFINITIVEMENT LA DEMANDE D'EXTRADITION EN COTE D'IVOIRE DE KONE KATINAN, PORTE-PAROLE DE GBAGBO




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La Haute Cour du Ghana a rejeté vendredi la demande des autorités d’Abidjan d’extrader en Côte d’Ivoire le porte-parole de l'ex-chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, arrêté à Accra en août 2012, a-t-on appris sans autres précisions.
 
M. Koné Katinan avait été arrêté au Ghana le 24 août 2012 pour des “crimes économiques’’ qu'il est accusé d’avoir commis en tant que ministre du Budget de M. Gbagbo pendant la sanglante crise post-électorale (décembre 2010-avril 2011). Libéré sous caution le 25 septembre 2012, il a été arrêté de nouveau trois jours plus tard à la suite d`un nouveau mandat des autorités ivoiriennes l`accusant du meurtre de deux hommes.

Le 24 octobre 2012,  la justice ghanéenne a estimé ne pas être habilitée à statuer sur les accusations de meurtres qui pèsent sur M. Katinan. Le verdict de l’examen de la demande d’extradition pour “crimes économiques’’, intervient après de nombreux reports successifs. Le 11 juin, il avait affirmé lors d’une audience que les accusations de crimes économiques portées contre lui par son pays avaient des motivations politiques et étaient orchestrées par l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara. Il avait déclaré qu’il craignait d’être torturé s’il était extradé vers la Côte d’Ivoire.

 Justin Koné Katinan fait partie des milliers d`Ivoiriens, partisans de M. Gbagbo, qui ont fui au Ghana après sa chute en avril 2011.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 09 août 2013

LES COULEURS DE LA DICTATURE OUATTARA: APPIA SOPHIE MEMBRE DU SG DU FPI ARRETEE

 

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Mme Appia Sophie, Membre du secrétariat général du Fpi précédemment en exil à Lomé et qui était rentré à Abidjan depuis le 27 février à été arrêté ce jour à 17h, à Noé, la frontière ghanéenne. Elle était retournée depuis trois semaines à Lomé pour prendre le reste de ses affaires.

Ouattara compte donc meubler le vide entraîné par la libération de certains prisonniers politiques en arrêtant de nouveau des cadres du Fpi. Sinon, comment expliquer les motivations de nouvelles arrestations?!

 

Source: Page Facebook Steve Beko II

vendredi, 05 juillet 2013

LAURENT GBAGBO, LA NOUVELLE ETOILE DE LA RESISTANCE AFRICAINE FACE A L'INJUSTICE DES OCCIDENTAUX

 

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Enlevé de son pays dans l'indifférence de ses pairs africains - quand ils n'ont pas contribué à sa chute aux côtés de la France - Laurent Gbagbo est devenu, après deux ans de détention dans le goulag de l'Europe occidentale, l'étoile de la résistance africaine, l'étendard de ralliement des défenseurs des institutions africaines et de l'indépendance des choix économiques des nations. Au moment où Nelson Mandela, la dernière idole de la résistance à l'injustice et au racisme s'apprête à nous quitter, l'Afrique entière se réjouit de voir la relève bien assurée.

Entre son arrestation sous les bombes françaises le 11 avril 2011 et son transfert à la Cour pénale internationale à La Haye, durant ses huit mois de détention à Korhogo, il n'y avait guère que de simples citoyens ivoiriens, camerounais et autres Africains à le défendre sans relâche. Dès le 16 avril 2011, ils manifestaient à Paris, place de la Bastille, pour lui crier leur solidarité. Quant aux rares personnalités politiques ayant pris sa défense avant sa chute, elles s'étaient alors murées dans le silence pour ne pas déplaire à la France, qui fêtait en une grande pompe l'avènement de son préfet nègre réintégrant la Côte d'Ivoire dans le giron françafricain d'où Laurent Gbagbo avait péniblement tenté de l'en extraire. La Côte d'Ivoire était revenue à son point de départ.

Les visages de la résistance à l'injustice

Il a donc fallu la ténacité de ces groupuscules d'Ivoiriens et d'Africains, mus par une même volonté, unis dans un même combat, arpentant les rues des villes européennes et faisant des émules aux Etats-Unis et au Canada, pour que le séjour de Laurent Gbagbo à La Haye ne se déroule pas dans le silence et l'indifférence des nations du monde entier. Il a fallu aussi le talent et l'habileté des journalistes d'investigation (1) comme Théophile Kouamouo, Charles Onana ou Grégory Protche, pour peindre la profonde injustice dont était victime le prisonnier de la CPI ; il a fallu le talent et l'habileté d'une petite mais ardente armée de blogueurs pour que les crimes passés et actuels du nouveau pouvoir ivoirien circulent à travers le monde entier et deviennent même des éléments de référence dans la défense de l'illustre prisonnier.

Dans leur dur et long combat, ces défenseurs de Laurent Gbagbo et du respect de la constitution ivoirienne seront réconfortés par deux excellents films-documentaires. Le premier, Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée, diffusé en mars 2011, un mois avant sa chute, démontrait de manière éclatante la rapacité de la France sur les immenses richesses encore inexploitées du pays, et sa volonté de contrecarrer le plan d'indépendance économique prôné par le président ivoirien. Le deuxième est venu d'Italie, curieuse de savoir ce qui s'était passé dans l'ouest ivoirien. A travers les témoignages locaux, ce film nous permet de découvrir comment s'est opérée la complicité de la France dans les massacres de Duékoué et de ses environs, et l'on comprend pourquoi les journalistes français refusent de voir la vérité sur cet épisode de la guerre postélectorale. Galvanisés par la flagrante injustice, convaincus de la nécessité de porter la vérité jusqu'à ce que la lumière la rende visible à tous, les Ivoiriens, les panafricanistes et leurs rares amis européens n'ont pas baissé les bras et n'ont eu de cesse de multiplier les manifestations en France, en Italie et devant la Cour pénale internationale à La Haye.

On peut affirmer que jamais, dans l'histoire, un leader noir n'a bénéficié d'autant de soutiens de la diaspora africaine et d'autant de sympathie de la part des populations d'Afrique noire. Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, Sékou Touré, sont morts dans le silence, même si de nombreux Africains les portaient dans leur coeur. Durant ses 27 années de prison, jamais Nelson Mandela n'a bénéficié d'une telle sympathie populaire. Il faut dire que les temps ont changé : grâce à Internet, l'information circule plus rapidement, les mensonges sont plus vite signalés et démontrés. Ce que l'on tente de cacher se retrouve rapidement porté sur la place publique parce que tous les citoyens, partout dans le monde, sont devenus des informateurs. Plus personne n'a le monopole de l'information. Voilà pourquoi le grossier coup d'état contre Laurent Gbagbo, présenté par la France et l'ONU comme une entreprise de salut public, a fait de lui, en moins de deux ans, le héros africain de la résistance à l'impérialisme européen.

L'accélération de la dénonciation de l'injustice faite à Laurent Gbagbo

On peut même dire que la forte offensive de la résistance au nouveau pouvoir et au mur du mensonge qui cachait la vérité sur le drame ivoirien a surpris les commanditaires et acteurs européens du coup d’état du 11 avril 2011. La popularité de Laurent Gbagbo, fortement ancrée dans le paysage politique de ce début du XXIe siècle, a forcé de nombreuses personnalités politiques à considérer de plus près la manière dont le pouvoir lui a été arraché et les conséquences de ce forfait. Dans l'introduction du livre de Charles Onana (Côte d'Ivoire, le coup d'Etat), publié en novembre 2011, M. Tabo Mbeki, l'ancien président sud-africain - l'un des premiers médiateurs entre les deux parties du conflit ivoirien - a clairement démontré la ferme intention de la France de se débarrasser de Laurent Gbagbo et le soutien précieux dont elle a bénéficié de l'ONU. En septembre 2012, lors du congrès de l'Internationale Socialiste, en Afrique du Sud, le Ghanéen Kofi Awoonor avait à son tour fustigé la passivité des socialistes français devant le sort réservé à Laurent Gbagbo. En décembre 2012, enfin, un socialiste - François Loncle - révèle l'activisme corrupteur de madame Alassane Ouattara auprès des hommes politiques français ; dans la même période, Georges Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne (l'armée française impliquée dans le conflit ivoirien) reconnaissait le parti pris du pouvoir et des médias français dans la vie politique de la Côte d'Ivoire depuis 2002.

Si les aveux et les critiques étaient devenus de plus en plus nombreux et fragilisaient le pouvoir ivoirien tout en mettant à mal le soutien que lui apportait la France, ce pouvoir demeurait solide aux yeux de l'Europe grâce au mutisme des médias et du gouvernement socialiste qui avait revêtu les habits impérialistes laissés par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. C'est finalement à partir de février 2013 que le procès devant confirmer ou infirmer les charges du procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo va donner un nouveau souffle à la Résistance ivoirienne et africaine et commencer à ébranler le pouvoir en place et les certitudes des commanditaires onusiens et français. Ce procès se révéla, en effet, une belle occasion de démontrer que les accusateurs de Laurent Gbagbo manquaient d'arguments pour le faire condamner. Quand on mène pendant dix ans une rébellion contre un pouvoir légal en tuant femmes et enfants, quand avec l'aide de forces étrangères on mène une charge finale sanglante pour s'emparer du pouvoir, cela apparaît en effet ignoble d'accuser celui qui a été défait d'avoir résisté. Oui, c'est ignoble d'accuser le vaincu de vous avoir obligé, par sa résistance, à tuer femmes et enfants dans votre conquête du pouvoir. Toutes les images de l'attaque d'Abidjan ne révélant que des crimes commis par les assaillants et leurs soutiens, le procureur a dû se tourner vers des documents étrangers pour illustrer son argumentation, la fragilisant par la même occasion. Comment peut-on, dans ces conditions, condamner un homme ou même le garder en prison?

Dès lors, avant même que les juges de la Cour pénale internationale ne déclarent insuffisantes les preuves présentées par le procureur demandant la condamnation de Laurent Gbagbo, il était difficile aux instruments de la propagande étrangère de cacher la vérité. Les ONG entrèrent donc dans la danse, au début du mois d'avril 2013, et dénoncèrent « la justice des vainqueurs » tout en soulignant les crimes ethniques, les exécutions sommaires, les chasses à l'homme et les emprisonnements arbitraires des partisans de Laurent Gbagbo - œuvres du pouvoir actuel, de son armée et de ses milices. Indiscutablement, l'impunité des hommes du nouveau régime blesse la conscience humaine ! Condamner Laurent Gbagbo pour avoir résisté à l'assaut de l'ennemi et voir les vrais bourreaux du peuple ivoirien se pavaner effrontément, alors que les médias africains et les blogueurs étalent quotidiennement les images de leurs crimes, apparaît comme une blessante injustice !

A la suite des ONG, comme si la parole était enfin libérée, ce sont les hommes politiques africains, jusque-là muets, qui vont donner de la voix. Au sommet de l'UA, à la fin de mai 2013, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, président de cette organisation, a qualifié la CPI d'instrument raciste au service des occidentaux : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités ; mais, désormais, le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale ». Effectivement, la trentaine d'hommes politiques africains poursuivis par cette institution ne laisse pas penser autre chose. Le 15 juin, au Gabon, lors d'un débat consacré à « l'indépendance » en Afrique, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a vivement contesté les dires du procureure Bensouda en accusant les Européens d'utiliser la CPI pour manipuler la politique des nations africaines : "C'est malheureux, qu'un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique [...] Il n'est pas honnête de dire que la CPI ne s'acharne pas contre l'Afrique. Je ne suis pas d'accord avec ma soeur Bensouda". Puis elle a demandé à celle-ci de ne pas dire "que les Africains viennent la voir [la CPI] pour être jugés. C'est faux, car l'Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire".

La position des hommes politiques africains sur la Cour pénale internationale est donc plus que claire : elle n'est pas impartiale ; elle n'est pas crédible ; elle est raciste. Et, à partir du 3 juin 2013, après l'ajournement du procès et le renvoi de la procureure à la recherche de preuves plus convaincantes, les Européens aussi se laissent gagner par le doute quant à l'impartialité de cette institution. Les journaux français qui, jusque-là, n'ont fait aucun cas ni des nombreuses marches de soutien à Laurent Gbagbo à Paris ou à La Haye, ni des pluies de critiques contre l'injustice du pouvoir actuel concernant l'analyse des crimes commis avant et après les élections, se sont tout à coup mis à faire le procès de la CPI. Pour la première fois depuis 2002, le journal La Croix ne fait ni l'apologie de l'élu de la France ni la critique de l'ennemi juré des journalistes français. Marianne de son côté juge le procès de la CPI fait par les africanistes tout à fait justifié. C'est à croire que pour tout le monde le mensonge qui fait de Laurent Gbagbo le seul responsable des morts avant et après les élections présidentielles de 2010 ne peut plus être défendu.

La preuve que le vent a tourné et dévoile peu à peu la vérité, c'est que même les muets parlent en France ! Qui a déjà entendu Koffi Yamgnane réagir aux injonctions méprisantes et injustes adressées à Laurent Gbagbo avant et après les dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire ? Qui l'a entendu parler de Laurent Gbagbo ou lui témoigner la moindre sympathie depuis qu'il a été arrêté dans le palais présidentiel par l'armée française ? Incapable de la moindre indépendance de parole, voilà qu'il profite de l'indignation de Bernard Houdin (conseiller de Laurent Gbagbo) pour dire tout simplement que lui aussi pense que « trop, c'est trop », que l'injustice contre Laurent Gbagbo ne peut plus continuer. Mais attendons de voir s'il ira plus loin que la simple indignation partagée. De son côté, la présidente du Mouvement des Africains-Français, qui s'est toujours opposée aux marches de soutien à Laurent Gbagbo et n'y a jamais participé, entreprend enfin une action précise dans la lutte contre l'impartialité de la CPI : elle lance une pétition pour le retrait des nations africaines de cette institution. L'intention est bonne, mais elle ignore que le combat politique se mène dans la persévérance et non pas périodiquement.

Dans tous les cas, Laurent Gbagbo ne laisse plus personne indifférent puisque ce qui était censé être son procès s'est transformé en procès de l'institution chargée de le juger. Quel retournement de situation ! N'est-ce pas déjà la victoire de la vérité sur le mensonge ? En clair, la CPI se discréditerait complètement aux yeux du monde en maintenant sa volonté de juger Laurent Gbagbo. Elle se trouve dans l'obligation de le libérer et prendre le temps de revoir son fonctionnement par rapport à l'analyse des crimes et des supposés criminels qu'elle doit juger. Les nouvelles preuves du procureur contre Laurent Gbagbo sont d'avance jugées par l'opinion publique internationale comme irrecevables ; et un éventuel procès serait considéré comme une injustice. Arrêter des partisans de l'actuel président de la Côte d'Ivoire et les traduire devant la CPI afin de justifier la poursuite du procès serait désormais inacceptable. Cette dernière entreprise serait perçue par tous comme l'aveu de l'injustice dont est victime Laurent Gbagbo depuis deux ans, voire depuis dix ans.

Quel long combat ! Mais quel combat magnifique et enthousiasmant quand, comme par miracle, tout le monde le trouve juste ! Après Nelson Mandela, toutes les nations reconnaîtraient-elles l'injustice faite à Laurent Gbagbo ? Quelle belle victoire en perspective ! Ses partisans, les panafricanistes, les journalistes activistes soucieux de la vérité, les infatigables blogueurs, les amis Français - en particulier Guy Labertit, Michel Galy, Bernard Houdin et Albert Burgi - et ses admirateurs anonymes qui vivaient dans la peur, sont aujourd'hui fiers de leur combat et heureux de voir ça et là des appels à sa libération pure et simple. Un homme qui, par son seul amour de la vérité, un homme qui a juré d'aller jusqu'au bout et parvient par sa ténacité à renverser l'opinion publique et la machine judiciaire internationale qui s'acharnait à le perdre, ne mérite que l'admiration et les éloges. L'ancien Premier ministre du Togo (1991-1994), Joseph Kokou Koffigoh, et l'artiste béninois Yokula (reggaeman) l'ont bien compris. Ils ne sont pas restés insensibles à cet amour de la vérité attaché au coeur du prisonnier de La Haye. L'un vient de lui consacrer un très beau poème demandant sa libération « des mains de l'infamie » et l'autre une chanson qui clame son amour pour la légalité constitutionnelle.

Laurent Gbagbo est entré dans l'Histoire parce qu'il a donné sa vie pour la vérité, pour le respect de la constitution de son pays ; il est entré dans l'Histoire parce que l'Afrique a reconnu dans son combat le sien. En s'accrochant à la vérité et au droit, Laurent Gbagbo a accepté de subir l'infamie de l'emprisonnement dans le goulag des puissances occidentales. Comme tous ceux qui ont consacré leur vie aux grands idéaux humains pour que leurs semblables grandissent sous un jour nouveau, l'heure de sa rédemption viendra. Quant à toi, lecteur, n'oublie pas qu'un jour tu devras répondre à cette question : qu'as-tu fait poursoutenir le combat de l’homme que l'on admire aujourd'hui ?


Raphaël ADJOBI

 

1. J'accuse Ouattara, édit. Le Gri-gri (Théophile Kouamouo) ; Côte d'Ivoire, le coup d'état, édit. Duboiris (Charles Onana) ; On a gagné les élections mais on a perdu la guerre, édit. Le Gri-gri (Grégory Protche).


Source: Les pages politiques de Raphaël

mardi, 02 juillet 2013

RENDRE HOMMAGE A MANDELA, EN ATTENDANT L’AVENEMENT D’AUTRES DIRIGEANTS AFRICAINS SOUCIEUX DE LA DIGNITE DU CONTINENT


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Depuis quelques jours, les médias occidentaux relaient, de façon fébrile, les nouvelles de la santé de Nelson Mandela, l’ancien président sud africain. Ils sont comme en compétition pour celui d’entre eux qui, le premier, annoncera le décès de l’ancien prisonnier de Robben Island. En Afrique du Sud, l’émotion est grande, mais c’est dans la sérénité que le peuple de la nation arc-en-ciel attend en priant ce qu’il en sera du sort de Madiba. Ailleurs en Afrique, on attend certainement aussi, mais juste comme on attend un évènement autour duquel il y a beaucoup de bruit, sans plus. Car nous sommes bien en 2013, et il y a eu tant d’affreux évènements dans notre vie, que le souvenir du héros Mandela ne nous caresse plus que très légèrement. Oui ! Il est bien loin dans notre souvenir, le Mandela de la lutte contre les injustices de l’apartheid. Et on se souvient à peine de celui qui partagea le prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk, son ex-ennemi, en 1994. Vingt ans ou presque, c’est beaucoup pour des gens dont la vie est une suite de souffrance dont les auteurs ou tout au moins les commanditaires sont ceux-là même qui s’excitent comme des poux autour de l’icône nommée Mandela ! Nous ne sommes pas en train de nous plaindre de la ferveur médiatique autour d’un héros de notre continent : nous sommes juste perplexe et restons dubitatif devant tant d’excitation. Car pour nous, l’enjeu se trouve bien au-delà de l’honneur aux héros.

Mandela, une étoile universelle éteinte avant l’heure :    

Il faut l’avouer sans hypocrisie, il y a longtemps que sont effacées dans l’esprit de beaucoup d’Africains, les images fortes, symboles de fierté, telles celles de Winny et Nelson Mandela. Il nous est resté très peu du héros des années terribles de l’apartheid. Et, de même  qu’aujourd’hui, nous sommes peu nombreux à nous souvenir de Steve Biko, de Dulcy September, voire des enfants de SOWETO, de même nous avons de la peine à trouver brillant dans notre mémoire, le souvenir du premier président Noir de l’Afrique du Sud. Beaucoup de nos héros, les héros de l’Afrique, sont loin dans notre mémoire. On ne les a pas oubliés certes mais, tiraillés par les contingences immédiates, les réalités amères de notre existence d’opprimés, nous enjambons ceux qui sont tombés et ramassons au besoin l’arme de celui qui part à jamais, selon le mot du Che, pour la continuation du combat. Mandela, depuis la présidence de l’Afrique du Sud, n’a plus occupé dans notre vie que la même place que nos autres valeureux héros disparus. Il n’est plus qu’une icône comme les Patrice Lumumba, les Kwame Nkrumah, les Amilcar Cabral, les Thomas Sankara, les Gamal Abdel Nasser… Tous les héros de notre histoire commune sont gravés dans notre mémoire. Mais, à la différence des autres héros, Mandela est toujours vivant.  Eux, on les a déjà pleurés, et leur souvenir est un motif de fierté qui nous encourage au combat. Mandela lui,  on ne l’a pas encore pleuré et pourtant, il ne nous est plus d’aucun véritable apport depuis la fin de sa présidence sud-africaine. Depuis cette époque-là, ce sont les autres, nos ennemis, qui lui vouent un culte totémique.

Au point où parfois, on se demande qui de nos ennemis, dont nous connaissons la cruauté, et nous, sont les vrais bénéficiaires aujourd’hui de la vie du Prix Nobel de la paix Nelson Mandela ! Il a joué un rôle majeur dans la libération de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Puis il a été président pour un mandat. Après, silence complet sur le chapitre africain !... L’homme est une étoile universelle qui pour nous est éteinte depuis bien longtemps. Que de souffrance, en effet, essuyons-nous depuis ces vingt dernières années, sans que, même par une simple déclaration, nous sentions la présence de cette icône dans notre existence ! Trop vieux, et avec ce qu’il a dû endurer en prison, il était certainement trop fatigué pour continuer de se battre. Il faut reconnaître qu’il a fait sa part ! C’est vrai ! Alors, nous disons qu’il y a longtemps que l’étoile qui a brillé s’est éteinte. Et il est malsain de s’acharner sur lui, de se bousculer autour de lui. Aujourd’hui, c’est un vieillard qui a plus besoin des prières de ses frères que nous sommes, comme le font les Sud Africains, plutôt que de cette excitation mercantile de mauvais alois. Prier pour Mandela, voilà le seul vrai hommage à rendre à ce héros de notre continent !

Au-delà des héros à qui nous rendons hommage, l’Afrique a aussi et surtout besoin d’hommes forts soucieux de sa dignité actuelle !    

Les grands hommes, l’Afrique en aura toujours besoin. Elle en a eu et, Dieu merci, elle en aura encore. Mais le constat aujourd’hui amer, c’est que le destin contrasté de tous nos héros est le fait d’un et même dénominateur, l’occident si accroché à ses visées impérialistes aux allures de déshumanisation des Africains. Une constance permanente est aujourd’hui inéluctable : l’occident n’encense de l’Afrique que ce qui, en plus de ne rien apporter aux Africains, participe de leur aliénation. De sorte que lorsque l’occident applaudit quelqu’un ou quelque chose par rapport à l’Afrique, il faut adopter de la méfiance en la situation. N’est-ce pas cet occident, principalement la France, qui fait et défait les gouvernements africains pour placer au pouvoir ses larbins, fossoyeurs des peuples du continent ? La conséquence logique de la situation, c’est que cet occident peut, en dehors de toute règle et de toute morale, encourager, laisser faire ou même conduire des massacres à dimension génocidaire sur le continent, sans que personne, ni les icônes mondiales de la taille de Mandela, ni aucun chef d’Etat, ni même ce syndicat de soumission qu’est l’UA, ne réagisse. Sarkozy et les siens ont tout faussé en Côte d’Ivoire, détruit la Lybie, sans oublier qu’ils avaient déjà tout organisé à leur profit au Tchad et en Centrafrique, et ils font maintenant toutes sortes de combines pour s’approprier le Mali. Peut-on dire qu’on ne voit pas ce qu’ils font ? Qui en Afrique ose lever le petit doigt, lorsque l’occident s’acharne sur le Zimbabwe de Mugabe, le très proche voisin de l’Afrique du Sud de l’icône Mandela ? La RDC, pas si loin que ça,  est dans la tourmente depuis de nombreuses années!... L’occident vorace torture depuis de longues années la Somalie ; il (l’occident vorace) a réussi à diviser le Soudan pour son pétrole. Et nous n’oublions pas «ses printemps arabes» qui n’épargnent pas l’Afrique!... Le ballet des souffrances des peuples d’Afrique se poursuit, et pas une voix ne s’élève, au-delà des discours à objectif médiatique des réunions où la soumission est convenue d’avance. Il est temps que les hommes et les femmes à la tête de notre continent, que ce soit au plan de la renommée ou à celui de la responsabilité à tous les niveaux, se soucient du bonheur de leurs frères, les autres Africains. Aucun être humain n’est rien sans les autres.

Dans les Saintes Ecritures, on parle du « prochain » ; et le prochain le plus immédiat, c’est l’autre être humain de la famille, le frère ou la sœur. A quoi sert-il à une personne d’être adulée par le monde, s’il n’est d’aucune utilité pour les siens ?  Personne ne sauvera l’Afrique de quelque problème que ce soit sinon les Africains eux-mêmes ! Que ceux qui en Afrique ont un minimum d’audience et de responsabilité s’investissent enfin dans les œuvres de libération et d’épanouissement des peuples africains : ils en seront de plus grands et vrais héros et mériteront bien mieux nos hommages !

Dieu nous garde!
 

BEDI HOLY, Enseignant.

lundi, 01 juillet 2013

LE RESPECT DE LA PROCEDURE D’EXTRADITION DES REFUGIES PAR LE PRESIDENT MAHAMA REMIS EN QUESTION

 

le respect de la procedure d’extradition des refugiés,par le président mahama remis en question,george koomson,"the finder" du 25 juin 2013,charles blé goudé,jean-noël abéhi,jean-yves dibopieu,extradition de refugiés ivoiriens du ghana

 

Le journal Ghanéen «The Finder», dans sa livraison du 25 juin 2013 en p.3, remet en question le respect de la procédure d’extradition des refugiés ivoiriens par le président John Mahama. Selon un expert juridique qui a parlé au journal, les demandes d’extradition doivent être approuvées par les juridictions du pays d’accueil où les individus concernés ont le droit de recevoir une assistance juridique.

Voici la traduction intégrale de l'article: "Les réfugiés ivoiriens paniquent", p.3 de "The Finder" du 25 juin 2013. Par George Koomson.

Les réfugiés Ivoiriens au Ghana paniquent après l’engagement pris par le Président Mahama d’envoyer en Côte d’Ivoire ceux d’entre eux que le gouvernement ivoirien demandera.


La peur des réfugiés ivoiriens, selon un porte-parole qui a requis l’anonymat, fait suite à la déclaration du Président Mahama: Il pense que cette déclaration pourrait encourager les autorités ivoiriennes à fabriquer des allégations contre ses opposants politiques qui ont demandé l’asile au Ghana dans le but de les extrader en Côte d’Ivoire.

Le porte-parole affirme que la préoccupation immédiate des réfugiés est leur nourriture, parce qu’ils apprennent que leur stock expire à la fin de ce mois (juin 2013).

Mais il a aussi confié à "The Finder" que ses compatriotes qui résident au Ghana paniquent parce que le «Président Mahama a dit en France que si des noms de réfugiés recherchés par les autorités ivoiriennes leur étaient donnés, il accepterait de les livrer au Président Ouattara».

Répondant aux questions pendant une interview, le 29 mai en France, par rapport à l'extradition de Charles Blé Goudé, le Président Mahama a dit: «Le Ghana a une longue tradition de démocratie, et nous ne saisirons personne par le cou pour l’envoyer dans une situation dangereuse, à moins que nous n’ayions des preuves concrètes contre lui». 

Il a continué en disant que le «Président Ouattara leur a soumis une liste de personnes recherchées en Côte d’Ivoire pour des actes de déstabilisation et nous avons extradé ceux contre qui nous avons reçu des preuves convaincantes de leur implication», se référant à l’arrestation des proches du Président déchu.

Charles Blé Goudé, Jean-Noël Abéhi et Jean-Yves Dibopieu ont été arrêtés en début d’année et extradés en Côte d’Ivoire.

La façon dont s'est faite cette extradition met en question le respect de la procédure d’extradition des refugiés par le Président Mahama (...).

Le Président Mahama a fait une allégation qui n’a pas encore été rendu publique dans une interview en  France dans laquelle il apparaît qu’il aurait assumé des fonctions qui relèvent du pouvoir judiciaire.

«Il y aurait un mandat d’arrêt contre Blé Goudé et les autres, après une vidéo qui les montrait en train de parler de coup d’Etat», a-t-dit, ajoutant selon starafrica.com, qu’il y avait assez de preuves pour leur extradition. C’est donc ce qui s’est passé après leurs arrestations qui inquiètent les refugiés ivoiriens qui résident au Ghana.

Le Président Mahama, faisant allusion à ceux qui ont été extradés affirme: «C’est tout ce que nous avons, mais si nous recevons d’autres noms, nous les remettrons aux autorités ivoiriennes».

C’est cette dernière déclaration qui crée la peur chez les refugiés qui craignent que cela n’encourage les autorités ivoiriennes à envoyer plus de «preuves» au Président Mahama contre ceux qu’ils cherchent.

 

Par George Koomson. "The Finder" du 25 juin 2013.

UN QUOTIDIEN GHANEEN: «POURQUOI LE GHANA A EXTRADE BLE GOUDE, L’ALLIE DE GBAGBO?»

 

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«Le Ghana a arrêté et remis M. Charles Blé Goudé au gouvernement du président Ouattara à la demande de la CPI».


Cette déclaration a été faite par le Chairman de "Ghana Refugee Boad" (GRB), Kenneth Dzirasah, en réponse à une question au cours du débat tenu pendant la journée mondiale des Réfugiés à Accra.

M. Dzirasah avait auparavant indiqué que le Ghana prenait la convention des Nations Unies pour la protection des réfugiés très au sérieux et ne pouvait par conséquent pas renvoyer un réfugié dans son pays si  cela pouvait mettre sa vie en danger.

Il a ajouté que le Ghana à jusque-là tout fait pour protéger les réfugiés sur son sol, dans la mesure de ses moyens, en ajoutant que le Ghana est une démocratie.

Le Ghana, dit-il, croit que quel que soit le pays qui fait une demande d’extradition de ses citoyens, il lui faudra déposer une demande à l’une des cours du pays qui déterminera la suite à donner à la procédure.

Il dit que cela peut se faire dans des cas exceptionnels comme ceux des crimes contre l’humanité. Mais, même dans ce cas, les affaires doivent être traitées au cas par cas et être examinées par la cour. Il ajoute que là où une telle procédure n’a pas été respectée, le pays ne peut extrader un réfugié.

Dans le cas de M. Charles Blé Goudé, le Chairman de GRB affirme que la demande d’extradition venait de la CPI et "donc le Ghana était contraint d’honorer cette demande".

M. Dzirasah affirme, en outre, qu’il se trouve que certains pays francophones voisins au Ghana ne partagent pas cette façon de comprendre la loi, surtout la présomption qui dit qu’une personne est innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit prouvée par une juridiction compétente.

Il dit que c’est la raison pour laquelle les cas de certains ivoiriens demandés par le gouvernement ivoirien sont à la cour pour déterminer si les demandes peuvent être accordées ou non.

A la question de savoir pourquoi Amnesty International n’as pas été entendu dans cette affaire, le Directeur de Amnesty International Ghana, M. Lawrence Amesu, dit que son organisation n’agit normalement que dans les cas de violations de Droits de l’Homme, après de sérieuses investigations. Amnesty lnternational n’a pas encore atteint ce stade dans le cas de Blé Goudé, a-t-il dit.

De son côté, M. Richard Owagson, Commissaire Adjoint de la Commission des Droits de l’Homme et de la Justice Administrative, dit qu’aucune plainte n’a été déposée auprès de la Commission à ce sujet.

La Commission a donc refusé de faire des commentaires parce qu’elle estimait que l’affaire pourrait arriver à son niveau à tout moment. Elle ne voudrait donc pas compromettre son rôle d’arbitre.

Au moment de son arrestation, laquelle a été étrangement tenue secrète, il n’y avait aucune autre explication pour justifier l’extradition manu militari du leader de la jeunesse ivoirienne et le Ghana n’a jusque-là pas dit qu’il a eu toutes les garanties concernant le traitement de Blé Goudé par les autorités ivoiriennes, une fois en Côte d’Ivoire.


Par George Koomson, in le quotidien ghanéen "The Finder" du 21 juin 2013.

AFFAIRE JEAN-NOEL ABEHI: POURQUOI LA «JUSTICE TELEVISUELLE» D'HAMED BAKAYOKO POSE PROBLEME


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Hambak Comedy Club, épisode 2. Après le show télévisé du 12 juin 2012, où il se donnait en spectacle à la RTI et faisait diffuser une vidéo des « aveux » de l’ancien ministre Moïse Lida Kouassi et du commandant Katé Gnatoa, qui « reconnaissaient » avoir été partie prenante de tentatives de coup d’Etat, le premier flic du régime Ouattara remet le couvert. Et vient sur le plateau animé par Brou Aka Pascal avec, dans sa mallette, une cassette de la « déclaration de prise de pouvoir » qui aurait été préparée par le colonel Jean-Noël Abéhi si son coup d’Etat supposé avait réussi. Dans son escarcelle, il a aussi un « repentir » filmé de ce dernier.


Il est sûr qu’Hamed Bakayoko a réussi à faire le buzz, une nouvelle fois. Mais ses méthodes plus que discutables ont mis mal à l’aise, une fois de plus, y compris dans les milieux qui soutiennent traditionnellement l’actuel régime ivoirien. En effet, le pouvoir Ouattara voudrait-il remplacer subrepticement les institutions judiciaires habituelles, caractérisées par le règne du contradictoire, et un certain équilibre de l’argumentation entre Défense et Accusation, par une sorte de « justice télévisuelle » à la fois spectaculaire et dangereuse pour les libertés, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Quelle est, en effet, la valeur probante d’éléments audiovisuels tournés on ne sait où par on ne sait qui, et livrés au grand public dans une « opération psychologique » visant à semer l’effroi et la terreur et à jeter en pâture un certain nombre de noms de prétendus complices, au-delà de la présomption d’innocence ? Dans quel cadre juridique ces vidéos ont-elles été tournées ? En tout cas, celle qui est censée être la vidéo préparée pour une éventuelle prise de pouvoir est traversée par un certain nombre d’incohérences. Pourquoi un officier supérieur intelligent se lancerait-il dans des appels à utiliser des « machettes » et des « cailloux » alors que des forces internationales n’attendraient que de telles déclarations pour contrarier sa prise de pouvoir, au nom de « la responsabilité de protéger » ? Le colonel Abéhi était-il assisté de ses avocats quand il passait « à confesse »? Le droit ivoirien prévoit-il de telles « dépositions » filmées et destinées à être diffusées par la télévision nationale ? Les deux vidéos peuvent tout à fait avoir été « fabriquées » pour les besoins de la cause par un régime qui peut faire dire n’importe quoi à ses otages, qui sont, rappelons-le, souvent détenus dans des conditions extrajudiciaires et soumis à de graves formes de torture, selon les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme.

La RTI a violé la loi sur la presse, à l’instigation d’un ministre du gouvernement

Le premier show télévisé d’Hamed Bakayoko a eu lieu il y a plus d’un an. Il y a plus d’un an, il laissait entendre à l’opinion nationale et internationale que le régime dont il est une des principales figures avait déjà réuni des preuves « accablantes » et des aveux « clairs » provenant de l’ex-ministre Moïse Lida Kouassi (voir la vidéo plus bas) et du colonel Paulin Katé Gnatoa. Pourquoi n’ont-ils donc pas encore été jugés ? Pourquoi ce régime est-il à l’aise quand il s’agit de faire de la propagande médiatique sur les « conclusions » de ses « enquêtes » de police et rechigne-t-il par la suite à passer au débat judiciaire ?


L’on se souvient qu’il avait abondamment communiqué, il y a aujourd’hui plus de deux ans, dans la presse française et ivoirienne, sur les éléments de la Garde républicaine qui auraient assassiné les Français Stéphane Frantz Di Rippel, ancien patron de l’hôtel Novotel d’Abidjan, et Yves Lambelin, président du groupe industriel SIFCA. Jusqu’à présent, aucun procès sur cette sombre affaire n’a eu lieu. «Me Pierre-Olivier Sur (cabinet Fischer, Tandeau de Marsac, Sur & associés – FTMS) continue de s’interroger sur le refus apparent de la justice ivoirienne de procéder à la reconstitution de l’assassinat de Stéphane Frantz Di Rippel, demandée il y a plusieurs mois», nous apprenait La Lettre du Continent en décembre 2012. Etrange !

Par ailleurs, si l’on suppose que la vidéo de « prise de pouvoir » d’Abéhi sera immanquablement citée au cours de la procédure judiciaire qui le vise, on ne peut que noter qu’Hamed Bakayoko a poussé la RTI à violer la loi portant régime juridique de la presse qui, en son point 73 stipule que « la diffusion d’informations, même exactes, est interdite si celles-ci se rapportent (…) au contenu d’un dossier de justice non encore évoqué en audience publique ».  Le Nouveau Courrier, qui a l’investigation dans son ADN, considère que cette disposition peut être liberticide. Puisqu’elle est violée avec la complicité directe de l’information – qui est l’exécutif lui-même –, on imagine qu’elle ne sera pas invoquée demain pour persécuter la presse et l’obliger à révéler ses sources. Les dernières nouvelles de l’Eléphant Déchaîné, dont des journalistes ont été convoqués par la gendarmerie nationale au nom de prétendues « fuites sensibles concernant la sécurité de la Côte d’Ivoire », tendent à démontrer que le régime actuel est plutôt partisan d’une interprétation sélective des textes de lois.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 30 juin 2013

PROCES EN EXTRADITION DU MINISTRE JUSTIN KONE KATINAN, EN ATTENDANT LE VERDICT DU JUGE ABOAGYE

 

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Justin Koné Katinan

Le procès en extradition du Ministre Justin Katinan KONE, vient de connaître presque son terme avec la fin des dépositions des différentes parties et la clôture des débats entre les parties le 25 juin 2013.  Le juge attend les écritures des deux parties pour rendre sa décision. Il leur a fixé un calendrier obligatoire. Ainsi, l’avocat de la défense doit déposer ses écritures au plus tard le 9 Juillet 2013, alors que le procureur doit déposer les siennes deux semaines plus tard, soit le 24 Juillet 2013, date butoir. Le juge a fixé la date du 5 août 2013 pour rendre son verdict dans lequel il devra se prononcer sur 5 éléments importants :

  • Y-a-t-il un traité d’extradition entre la République du Ghana et celle de la Côte d’Ivoire ? ;
  • Les faits reprochés au Ministre KONE Katinan Justin constituent-ils en eux-mêmes une infraction au Ghana ?;
  • Les poursuites engagées contre le Ministre KONE Katinan n’ont-elles pas un mobile politique direct ou indirect ?;
  • Le Ministre KONE Katinan Justin pourrait-il bénéficier d’un jugement équitable dans son pays ? ;
  • Sa vie ne sera-t-elle pas menacée une fois extradé vers son pays ?

Une action en extradition ne peut prospérer que lorsque ces cinq conditions sont cumulativement réunies.

Entamé le 27 août 2012, suite à l’arrestation du ministre Katinan KONE quelques jours auparavant, soit le 24 Août, le procès avait été reporté plusieurs fois, à la demande du Procureur Ghanéen (Attorney), qui agit dans cette affaire par commission rogatoire, pour le compte de l’Etat Ivoirien.

Dans un souci d’informations, la commission juridique de la Coordination du FPI en exil, témoin de ce procès, revient, dans les lignes qui suivent, sur les points saillants de ce long procès.

I/ Le système accusatoire

Dans le droit anglo-saxon appliqué au Ghana, les procès reposent sur le système accusatoire, dans lequel celui qui accuse réunit les preuves au soutien de son accusation et celui qui défend se charge de « casser » ces preuves pour établir son innocence. La recherche des preuves incombe  exclusivement à l’accusation. Dans cette procédure, la place des témoins est primordiale et leur déposition déterminante.  Dans l’affaire République du Ghana contre le Ministre KONE Katinan Justin, le procureur a présenté un seul témoin et fournit des pièces comme preuves au soutien de son accusation.

II/ Le témoin du Procureur 

Le procureur Ghanéen a présenté à la barre comme témoin à charge, un officier de la Police ghanéenne.

Immédiatement la défense a soulevé une objection en récusation de ce témoin. En effet, pour elle, le témoin doit être une personne qui a vécu les faits ou les a vus se dérouler. Il peut être tout au moins un officier judiciaire (CID) qui a conduit l’enquête sur l’affaire. Dans le cas d’espèce, les faits s’étant déroulés hors du Ghana, il est très peu probable que l’officier ghanéen en fût  témoin.

Par ailleurs, cet officier n’ayant pas mené lui-même l’enquête sur des faits qui se sont déroulés très loin de lui, il ne peut valablement en rendre témoignage. La défense a fait remarquer que si l’Etat ivoirien prenait son affaire au sérieux, il ne lui coûtait rien de dépêcher un ou plusieurs témoins de la Côte d’Ivoire, qui est à moins d’une heure de vol d’Accra.

En réponse, le Juge a demandé que la remarque de la défense soit versée dans ses écritures finales. Le Juge a continué pour dire qu’il pense que cette situation arrange plutôt la défense, qui pourra relever dans ses conclusions l’absence de témoin sérieux.  Sur ces dires, il a autorisé le témoin à déposer.

III/ Les preuves apportées par l’accusation

Le Procureur a apporté comme preuves au soutien de son accusation les documents suivants :

  • 1er : les procès-verbaux d’audition des témoins  dressés soit par le Procureur de la République de Côte d’Ivoire, soit par le Juge d’instruction. Sont donc arrivés les PV d’auditions suivants :
    • BICICI déposé par son Directeur général ;
    • SGBCI déposé par son Directeur général ;
    • SIB déposé par son Directeur général ;
    • BIAO déposé par son Directeur général ;
    • CNCE déposé par son Directeur général par intérim ;
    • Versus Bank déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BNI déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BHCI déposé par son Directeur Général ;
    • BCEAO déposé par son Directeur national par intérim ;
    • BRVM déposé par son Directeur général ;
    • SOTRA déposé par son Directeur général par intérim.
  • 2ème : L’évaluation des dommages  subis par ces banques et autres institutions financières.

Après avoir présenté ses preuves, le témoin s’est soumis au contre interrogatoire de la défense.

La défense a fait lire toutes les dépositions par le témoin. Ensuite, il lui a demandé de préciser le nombre de procès-verbaux dans lesquels le nom du Ministre KONE Katinan Justin figurait. Le témoin a reconnu que seulement quatre procès-verbaux  mentionnaient le nom du Ministre KONE Katinan Justin. La défense est revenue à la charge en demandant de relire les PV dans lesquels le nom du Ministre était mentionné  et de dire à la cour si dans un seul de ces PV il est fait cas de vol à main armée. Le témoin n’a pas fait de difficulté pour reconnaître qu’effectivement aucun des PV dans lesquels le nom du Ministre est mentionné, ne fait cas de vol à main armée.

La défense fit lire au témoin, les autres PV dans lesquels le nom du Ministre n’est nullement mentionné. Puis, elle attira son attention sur l’unique  PV qui fait cas de vol à mains armées. La défense demanda au témoin de lire à la cour, la date à laquelle ce vol a été commis et par qui. Le témoin a reconnu que le vol a été commis dans la nuit du 19 au 20 avril par les FRCI (Pour une question de sécurité des personnes ayant déposé, nous taisons leur identité).

Alors la défense présenta à la Cour l’attestation de réfugié politique délivré par le Ghana Refuges Board, l’organisme ghanéen qui assure la prise en charge administrative des réfugiés. Cette attestation mentionne clairement que le Ministre KONE Katinan est entré sur le territoire ghanéen le 13 Avril 2011. Il appert donc qu’il ne pouvait être impliqué dans un vol commis en Côte d’Ivoire la nuit du 19 au 20 avril. A cette date, a relevé la défense, le Président Laurent GBAGBO avait été renversé et le pays était géré par les nouvelles autorités issues du « coup d’Etat ».

La défense revînt sur les coupables présumés cités dans ce PV d’audition. Elle précise devant la Cour que le sigle « FRCI » désigne l’armée privée du nouveau Chef de l’Etat et que les forces régulières qui ont combattu aux côtés  de la république s’appelaient les « FDS ». Il appert donc que le seul cas de vol à mains armées mentionné dans les PV d’audition des témoins a «été commis par les FRCI, l’armée des rebelles ».

La défense fit remarquer au témoin à charge que si les premiers responsables de banques ne parlent pas de vol à mains armées, en dehors du seul cas ci-dessus relevé, d’où vient alors que l’Etat ivoirien accuse le Ministre de cette infraction ?

Elle en conclut que les poursuites engagées contre le ministre KONE Katinan Justin ont un mobile politique. Ce que va d’ailleurs brillamment soutenir l’accusé lui-même dans sa déposition entant que témoin.

IV/ L’interrogatoire du Ministre KONE Katinan Justin

Au cours de son interrogatoire, le Ministre KONE Katinan a révélé ce qui suit :

  • Il est arrivé au GHANA le 13 avril 2011, comme l’atteste son certificat de réfugié délivré par le Ghana refugie board. Il a traversé la lagune par pinasse. Il est arrivé comme des centaines de milliers d’ivoiriens au Ghana pour sauver sa vie après avoir vu ses maisons (sa résidence à Abidjan et celle de son village) pillées. Suite à un coup de fil anonyme venant des rebelles eux-mêmes, il avait été informé  que le Ministre Tagro et lui étaient particulièrement recherchés pour être exécutés. Au début, il a douté de la fiabilité de cette information jusqu’à ce que le Ministre Tagro fût froidement exécuté le jour de son arrestation le 11 avril 2011.
  • Il a été arrêté une première fois le 24 Août 2012, à l’aéroport international KOTOKA d’Accra. Il venait ce jour-là d’’Afrique du Sud. Il s’y était rendu, en tant que Porte-Parole du Président Laurent GBAGBO, sur invitation du Président Thabo MBEKI (Lettre d’invitation produite au soutien de cette affirmation). Il avait rencontré au cours de cette mission outre le Président MBEKI, les dirigeants de sa fondation qui sont tous des anciens ministres ou des anciens Ambassadeurs, madame ZUMA, alors Ministre de l’Intérieur et nouvellement élue, Présidente de la Commission de l’UA, une délégation de la Présidence de la République Sud-Africaine conduite par une Conseillère Spéciale du Président Jacob ZUMA,  la déléguée Afrique de l’ANC au siège dudit parti. Le Ministre a sollicité, auprès des Hautes Autorités Sud-Africaines, leur implication dans la libération effective du Président Laurent GBAGBO,  injustement détenu en Prison à la Haye et son retour en vue de sa participation au débat politique qui est nécessaire à la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Après avoir passé un mois en prison, il fut libéré sous caution par le Juge le 24 septembre 2012. Le même jour, les autorités ivoiriennes ont émis un deuxième mandat d’arrêt contre lui pour le meurtre de deux personnes qu’il n’a jamais rencontrées de sa vie. Il fut de nouveau arrêté par Interpol  le 27 septembre 2012 et gardé en prison pendant un mois. Il fut déchargé de cette infamie  par le Juge Ali Baba après qu’il ait compris que l’arrestation du Ministre était motivée par des raisons politiques. Un mois durant, les autorités Ivoiriennes n’avaient apporté aucune preuve, ni début de preuve au soutien de leur allégations. Le Ministre KONE Katinan a fait remarquer au Juge que pendant sa seconde arrestation, il a  failli être extradé par voie extra-judiciaire, n’eut été la vigilance  des Autorités ghanéenne immédiatement saisies par son conseil.

La défense fit remarquer à la Cour que depuis sa libération, cette affaire de meurtre s’est arrêtée comme par enchantement. Elle en déduisit que le Ministre KONE Katinan faisait l’objet d’un harcèlement politique. Ce à quoi le Ministre acquiesça  en  affirmant que, pour lui, il fait l’objet de tant de harcèlement parce qu’il est le porte-parole du Président Laurent GBAGBO et que les autorités ivoiriennes cherchent une « main » pour éliminer un opposant politique et qu’elles pensent avoir trouvé cette « main » en la personne du Juge. Et que le 29 juin 2012, les plus hautes Autorités de la Côte d’Ivoire s’étaient réjouis en annonçant à la télévision nationale qu’il avait été arrêté au Cameroun, alors qu’il n’y était même pas.

  • A la demande de son avocat, le Ministre KONE Katinan a révélé à la cour l’impossibilité matérielle pour lui d’avoir commis l’infraction pour laquelle il est poursuivi. Le ministre KONE Katinan a fait un calcul simple devant la Cour. La plus grosse coupure de billet de CFA en circulation est de 10 000 FCFA. 1 milliard, c’est 100 mille billets de 10.000. Aucune valise ne peut contenir un milliard. Il faut au moins cinq  valises, parmi les plus grosses, pour contenir 1 milliard d’anciens billets à raison de 200 millions par valise ou 3 valises et demie de nouveaux billets à raison de 300 millions. Pour 380 milliards, il faut 2000 valises d’anciens billets et 1500 valises de nouveaux billets. Ces valises  rangées dans des conteneurs, il faut 15 conteneurs de 40 pieds à raison de 100 à 130 valises par conteneurs, suivant qu’il s’agit d’anciens ou de nouveaux billets. Sachant qu’un paquet de 10 millions pèse au moins 1,5 Kilogramme, l’argent réputé avoir volé représentant 38 000 paquets de 10 millions, il pèse à peu près 57 000 kilogrammes soit 57 tonnes. Une telle somme ne peut être transportée sans attirer l’attention.
  • L’ouverture des banques s’est faite conformément aux lois ivoiriennes.

Le Ministre KONE Katinan a relevé que l’ouverture des banques nationalisées a été autorisée par ordonnance du Président du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, conformément à la séparation des pouvoirs sous le Président GBAGBO. Il a produit à la Cour l’ordonnance du Juge qui autorise l’ouverture des banques.

Il a en outre donné comme preuve à la Cour, l’ordonnance de condamnation de la BICICI au paiement de 20 milliards de FCFA au titre des dommages et intérêts à verser à deux syndicats des fonctionnaires et agents de l’Etat qui en avaient formulé la demande auprès du Juge, à la suite de la fermeture illégale de cette banque. Il a également produit l’ordonnance du Juge qui autorise ces deux syndicats à prendre des mesures provisoires sur les biens de ladite banque pour garantir le paiement des dommages et intérêts qui leur sont dus.

  • De la crainte d’un procès inéquitable en Côte d’Ivoire et de la menace sur la vie du Ministre KONE Katinan Justin.

Sur interrogation de son avocat, le Ministre a révélé que devant n’importe quel tribunal, il peut défendre son cas puisqu’il n’a rien à se reprocher. Mais, la preuve d’une justice de vainqueur en Côte d’Ivoire étant établie et eu égard au harcèlement dont il fait l’objet de la part des autorités de son pays, il craint à juste titre de ne pouvoir y bénéficier d’un procès équitable. Par ailleurs, quand on observe la manière légère dont certains juges qui occupent une place de choix dans le dispositif judiciaire ivoirien ont accepté de jouer le jeu du pouvoir d’Abidjan, en émettant  contre lui un mandat d’arrêt pour meurtre juste pour obtenir son extradition extrajudiciaire, il a  de bonnes raisons de douter, hélas, avec une profonde peine, de la justice de son pays quant à lui assurer un procès équitable. Il a déposé à la Cour les rapports des organisations des droits de l’Homme (Amnesty International, Human Rights Watch etc.) qui confirment l’existence d’une justice partisane en Côte d’Ivoire et les tortures faites aux opposants du régime d’Abidjan.

De plus, il craindrait également pour sa sécurité en cas d’évacuation vers la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il vit en exil. 

V/ Le contre-interrogatoire du Ministre

Le contre-interrogatoire fut mené par l’accusation. Le Procureur Ghanéen est revenu sur certaines déclarations sur lesquelles, il entendait prendre le Ministre à défaut.

  • La menace sur la vie du Ministre

Le procureur a affirmé que la maison du ministre n’a pas été pillée à Abidjan. Et que, c'est parce que le ministre était conscient des crimes qu’il avait commis qu’il a fui pour se soustraire à la justice ivoirienne. Du reste, contrairement à ce que le Ministre KONE Katinan a affirmé, le Ministre Désiré Tagro aurait été tué accidentellement à la résidence du Président de la République parce qu’il tentait de s’interposer entre les  rebelles qui attaquaient la résidence et les FDS qui la défendaient. Et qu’il n’aurait pas été choisi délibérément  comme cible.

Le Ministre a relevé les contrevérités du Procureur en répondant que :

  • En ce qui concerne son exil présenté comme une volonté de fuir la justice de son pays après les crimes qu’il aurait commis, le Ministre a fait remarquer que lorsqu’il quittait son pays le lendemain du renversement du Président Laurent GBAGBO, comme l’ont fait plusieurs centaines de milliers d’ivoiriens, il n’y avait aucun mandat d’arrêt contre lui. Le Mandat a été émis contre lui 5 mois après quand la décision du Président Laurent GBAGBO le nommant son Porte-parole a été rendue publique. Il ne fuyait donc pas la Justice puisqu’il n’était pas poursuivi par cette justice au moment où il quittait son pays ;
  • Pour le pillage de sa maison, le ministre a demandé au Procureur d’interroger ses voisins du quartier, qui pourront lui dire le nombre de voyages que les rebelles ont effectué dans sa maison pour transporter tout ce qui pouvait l’être, y compris en creusant dans son jardin et son plafond à la recherche selon eux, du budget de l’Etat de Côte d’Ivoire ;
  • Concernant le cas du Ministre Tagro, le Ministre a relevé qu’il a été affreusement et froidement tué dans la voiture qui le transportait au QG des rebelles à l’hôtel du Golf après son arrestation à la résidence du Président de la République ; que le Ministre Tagro, n’étant pas militaire, ne pouvait délibérément s’interposer entre deux forces militaires au combat, et que le fait de nier cette réalité atteste de ce que l’on dit qu’il n’y a pas de justice équitable en Côte d’Ivoire. S’il était resté, lui aussi  aurait été certainement tué « accidentellement » par ceux qui ont tué le ministre Tagro.
  • Les généraux Philippe Mangou, Kassaraté Tiapé et Brindou MBIA

Le procureur est revenu à la charge en prenant les cas du Général Philipe Mangou, ancien Chef d’Etat-Major, le Général Tiapé Kassaraté Edouard, ancien Commandant Supérieur de la Gendarmerie, et le général Brindou Mbia, ancien Directeur général de la Police, pour affirmer qu’ils sont en liberté, mieux ils ont été promus, le premier ambassadeur au GABON, le second Ambassadeur au Sénégal. Ils sont en liberté parce qu’ils n’ont pas commis de crime.

Le Ministre KONE Katinan a rétorqué que les personnes que le Procureur cite sont des militaires et que les militaires ne font pas la politique. Ils sont au service de l’Etat comme le sont tous les fonctionnaires ivoiriens. Ils sont au service d’un Etat et non du Chef de l’Etat. Lui-même en tant que Haut fonctionnaire de l’Etat, il aurait pu être en train de travailler pour son pays comme l’auraient fait les centaines de hauts cadres qui sont contraints à l’exil. Mais malheureusement, le régime d’Abidjan a décidé de les persécuter tout simplement parce qu’ils sont déclarés proches du Président Laurent  GBAGBO. Le régime leur demande de faire allégeance préalable à la personne de l’actuel Chef de l’Etat avant de continuer de travailler pour leur pays. Tous ceux comme lui, refusent cette allégeance préalable avant de travailler pour leur pays, sont poursuivis et traqués. Il pense que c’est l’allégeance des proches de GBAGBO qui va lui conférer une légitimité. Dès lors que les personnes que le Procureur a citées ont accepté de se soumettre à cet exercice d’allégeance préalable à  l’actuel Chef de l’Etat, ils sont loisibles de  servir sous son autorité comme ils veulent. Le Ministre a fait remarquer que de nombreux autres officiers et militaires de rang de l’armée ivoirienne qui ont refusé de se soumettre à cet exercice inutile et illégal, d’allégeance préalable à la personne du Chef de l’Etat ivoirien sont en exil ou en prison, pour toutes sortes de crimes pour lesquels, leurs premiers responsables sont absous du fait de leur allégeance au nouveau pouvoir. Si le ministre avait fait allégeance, il parie qu’il ne serait pas devant cette Cour C‘est la preuve que son procès est politique.

Le procureur est revenu pour dire que les généraux suscités, du fait qu’ils aient été nommés à des hauts  postes de commandement par le Président GBAGBO, étaient devenus des hommes politiques.

Le juge a été obligé de rappeler le Procureur à l’ordre pour lui dire qu’à ce rythme, lui et le Procureur pourraient être accusés d’être des hommes politiques puisqu’ils ont été nommés par des hommes politiques. Le procureur retira sa remarque.

D’ailleurs, le ministre fit remarquer à la Cour que le Président de son parti le FPI, le Premier Ministre AFFI N’guessan, le premier vice-Président Sangaré Aboudramane, la deuxième vice-Présidente Simone GBAGBO, étaient en prison avec de nombreux autres cadres du parti fondé par le Président Laurent GBAGBO. Il y a deux semaines, le Président de la jeunesse de son parti a été arrêté. Et qu’en Côte d’Ivoire, les opposants au pouvoir sont persécutés. Beaucoup d’entre eux sont  soit en prison, soit en exil quand ils n’ont pas été tués. Les plus chanceux qui sont restés au pays vivent en permanence dans la terreur, comme le reconnaissent toutes les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.

  • AFFI N’guessan et Aké NGBO n’ont jamais été en prison, ils sont en liberté.

Pour contredire le Ministre KONE Katinan, le Procureur est revenu pour dire que contrairement à ce que le Ministre a dit, ni le Premier Ministre AFFI N’guessan, ni le Premier AKE NGBO n’ont été arrêtés. Ces derniers vivent librement à Abidjan.

Le Ministre KONE Katinan a demandé au Procureur de mieux s’informer, parce que contrairement à ce qu’il avance, le Premier Ministre AFFI Nguessan, par ailleurs Président du FPI, est détenu à Bouna, depuis plus de deux ans, sans jugement avec entre autres, le fils aîné du Président Laurent GBAGBO. Le premier Ministre AKE Ngbo, quant à lui, a passé plus d’un an en prison et a été remis en liberté provisoire sans jugement et que son cas est toujours pendant devant les tribunaux ivoiriens.

  • Le milliard de FCFA dans une  «petite mallette»

Pour finir, le Procureur a fait sortir de sa poche un billet de 10 000 francs. L’ayant exhibé, il a fait remarquer que ce billet était léger et qu’un milliard pouvait contenir dans une « petite mallette ».

Le Ministre répondit que le Procureur avait l’excuse de ne pas connaître de ce dont il parle. Il a repris le même calcul que celui fait devant la cour.

Le Juge a alors demandé au Procureur d’arrêter d’exhiber son billet de 10 000 fcfa.

Ensuite le Procureur est revenu pour dire que le Ministre, accompagné d’hommes armés dans une voiture sans préciser ni la marque, ni le numéro d’immatriculation, ni la couleur, a lui-même braqué les banques plusieurs jours durant et a transporté tout cet argent dans un lieu, sans en indiquer l’emplacement.

Ce à quoi le ministre a répondu par la négative. Il a rappelé qu’il a travaillé pour son pays sous l’autorité du Président Laurent GBAGBO avec toute son énergie, son intelligence et sa loyauté pour éviter que son pays tombe sous l’esclavage. Si le pouvoir d’Abidjan espère par cette persécution le punir pour sa loyauté pour un Homme exceptionnel comme le Président Laurent GBAGBO, c’est peine perdue. Il entend mener à son terme contre vents et marées, la mission qu’a bien voulu lui confier le Président Laurent GBAGBO.

C’est sur cette discussion théâtrale que le contre interrogatoire du   ministre a pris fin.

Le Juge attend les écritures des deux parties pour se prononcer sur :

- Le fait que les banques illégalement fermées aient été ouvertes à la suite du décret de nationalisation du Président de la République et suite à une ordonnance du juge constitue au Ghana une infraction ;

- La possibilité que le ministre KONE Katinan ait pu matériellement commettre un vol à mains armées contre les banques ivoiriennes portant sur un montant de 380 Milliards sans qu’aucun témoin ne l’ait vu ;

- La question de savoir si le harcèlement judiciaire  dont fait l’objet le ministre KONE Katinan n’a pas un mobile politique  direct ou dissimulé ;

- La garantie d’un procès équitable pour le Ministre KONE Katinan dans son pays ;

-  Les menaces réelles sur la vie du Ministre KONE Katinan en cas d’extradition dans son pays où  les autorités avaient prématurément annoncé son arrestation;

Tous les Ghanéens, tous les réfugies ivoiriens, tous les ivoiriens, tous les Africains, tous les combattants de la liberté du monde entier attendent, avec beaucoup d’intérêt, le verdict du juge le 5 Août 2013.

 

Fait à Accra, le 27 juin 2013

 

La commission juridique de la coordination du FPI en exil.

 

NB : Les expressions entre guillemets sont la reprise in extenso des propos tenus par les auteurs cités dans ce résumé.

dimanche, 12 mai 2013

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL RELATIVE AU RAPPORT FINAL DU GROUPE D'EXPERTS DE L’ONU

 

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Le groupe d'experts de l’ONU en charge de la surveillance de l’embargo sur les armes en direction de la Côte d’Ivoire et de l’application des sanctions contre certaines personnalités conformément à la Résolution CS/1572/2004, vient de rendre public son rapport final (S/2013/228, 17 avril 2013). Il est bon de noter que, suite à ce rapport, le Conseil de sécurité a adopté la Résolution 2101/du 25 avril 2013, qui pour l’essentiel se résume aux mesures qui suivent :

- Reconduction de l’embargo sur les armes jusqu’au 30 avril 2014 ;

- Reconduction des mesures individuelles, financières et limitant les voyages jusqu’au 30 avril 2014 ;

- Interdiction de toute importation de diamant en provenance de Côte d’Ivoire jusqu’au 30 avril 2014.

Il en ressort clairement que le Conseil de sécurité n’a pas cru devoir suivre les experts du comité des sanctions dans leurs allégations mensongères contre les proches du Président Laurent Gbagbo en exil au Ghana, presque tous accusés « d’entreprise de déstabilisation » du régime d’Alassane Ouattara.

Contre ce rapport qui ne diffère pas fondamentalement de la copie servie à mi-parcours (S/2012/766, 15 octobre 2012), au regard des intentions cachées, de la méthode de travail ou d’investigation partiale, des informations livrées à la légère, des allégations affirmées mais non démontrées, la Coordination du Front Populaire Ivoirien (FPI) en exil au Ghana, en collaboration avec les personnes citées se contentera d'abord de renvoyer à deux publications y relatives (I), de faire quelques observations (II), avant de  dénoncer (III) une fois de plus un tel rapport partisan.

I- RENVOI  A DES PUBLICATIONS UTILES

Deux documents qui détaillent nos positions peuvent être utilement consultés :

1- La déclaration de la Coordination, suite à la diffusion par RFI le 6 octobre 2012 du rapport de mi-mandat des experts indépendants.

2- L’ouvrage collectif qui a pour titre : « Laurent Gbagbo au centre d’un complot. Le rapport des experts de l’ONU mis à nu », paru en avril 2013, à Paris aux éditions l’Harmattan.

Dans ces textes produits pour dénoncer les mensonges et la manipulation de l’opinion entreprise par lesdits experts, le lecteur découvrira à travers les écrits et analyses, le nouveau mal auquel les démocrates africains souverainistes sont confrontés : la fabrication ex nihilo par de prétendus experts, de complots imaginaires en vue de les neutraliser, par des mandats d’arrêt internationaux, des sanctions décidées par des organes des Nations-Unies, ou de l’Union européenne, etc.

Pour appuyer les remarques générales ci-dessus, l’on fera quelques observations.

II- OBSERVATIONS

Souci d’équilibrisme ou volonté de diversion, les experts reviennent sur les trafics en tous genres et l’accaparement, par la rébellion, d’importantes ressources financières détournées des caisses de l’État, à titre personnel ou au travers de sa centrale financière, qui continue de sévir, malgré la fin de la coupure en deux du pays en avril 2011. Ils écrivent même que le pillage autrefois limité à la zone nord, s’est aujourd’hui impunément étendu à l’ensemble du territoire. Mais cela, tout le monde  le sait, et savait, y compris la communauté internationale, que c’est ainsi et pas autrement, que le pouvoir Ouattara gouvernerait pour permettre à la rébellion de se payer sur le dos de l’État et des citoyens.

De même, les révélations sur les différentes violations manifestes de l’embargo sur les armes, par le pouvoir Ouattara, le Burkina Faso, des entreprises françaises ou non, dûment identifiées, ne sont toujours pas assorties de demandes de sanctions ciblées alors même que c’est l’unique mission des experts : surveiller le respect de l’embargo sur les armes et l’application des sanctions.

En revanche, c’est contre les proches de Laurent Gbagbo exilés au Ghana, que ce rapport final est principalement dirigé. Visiblement, les réactions énergiques des mis en cause à l’occasion de la publication du rapport d’étape, ont quelque peu freiné les ardeurs des experts.  Agissant manifestement pour le compte du ministre de l’intérieur de Ouattara, Hamed Bakayoko, dont ils ont endossé, sans analyse, les arguments habituels, les experts ont continué d’agiter le péril sécuritaire qui serait lié aux velléités déstabilisatrices des exilés proches du Président Gbagbo, au prix de mensonges éhontés. Notamment, ces derniers dont ils disaient qu’ils étaient en rapport avec les djihadistes d’Ansar Dine au Mali, sont à présent en complicité avec Soro Guillaume, le Chef de la rébellion ivoirienne.  Que croire?

Pour le régime Ouattara, la manœuvre poursuit en fait plusieurs objectifs :

-   Continuer d’avoir à disposition des milliers de casques bleus et éviter ainsi de remettre sur pied l’armée nationale de Côte d’Ivoire, désarmée au profit de la rébellion, des mercenaires et des Dozos à sa solde ;

-  Obtenir la levée de l’embargo sur les armes pour réarmer officiellement toutes les factions précitées ;

-  Exhiber le rapport comme fondement « crédible » pour lancer des mandats d’arrêt contre tous les proches du Président Gbagbo (car tous sont cités à un titre ou à un autre) ou des mesures d’interdiction ;

-  Mettre une pression plus forte venant des « Nations Unies » sur le Ghana, pays d’accueil, afin que celui-ci livre sans procédure judiciaire les personnes citées à Alassane Ouattara ;

-  Accabler plus que jamais le Président Laurent Gbagbo, le « bénéficiaire de la prétendue déstabilisation », dont le verdict de l’audience de confirmation des charges est incessamment attendu.

Alors que l’on s’attendait à un rapport final étayé par des preuves et des documents irréfutables concernant les allégations de déstabilisation, qui soit redit en passant n’entrent pas dans le mandat des experts, l’achat, l’importation ou l’exportation d’armes en direction de la Côte d’Ivoire et de traces de décaissements ou de paiements financiers effectués par les financiers « supposés », ce sont les mêmes ragots qui sont servis en lieu et place.

Alors même qu’ils n’ont pas réussi à apporter la preuve d’un quelconque financement par les exilés, les experts, au lieu d’avouer que cette piste d’investigation était infructueuse, sans se soucier d’entretenir une position contradictoire, vont tenter l’argument de la peur : « si les groupes officiant au Ghana et au Libéria ont un soutien financier conséquent, ils peuvent affaiblir le régime… » (rapport paragr. 19). En quoi une telle mention concerne t-elle  la mission de surveillance de l'embargo sur les armes et du régime de sanctions ?

D’autres fois, ce sont des demi-informations qui sont exposées pour tenter d’établir l’existence de plan de déstabilisation contre Ouattara, impliquant la diaspora et des exilés proches de Laurent Gbagbo ; tel le cas d’un e-mail effectivement adressé à un proche du Président Laurent Gbagbo mais dont la réponse n’a cependant pas été divulguée dans le rapport à dessein ; pour ne pas ruiner la thèse du plan de déstabilisation.

Mieux, faute d’arguments et de preuves, justifiant leur incursion dans l’espionnage au profit de Ouattara, les experts estiment que des opérations militaires auraient été menées sur le territoire ivoirien à partir du Ghana sans preuve, et que ces opérations seraient des violations de l’embargo (rapport paragr. 25).

Les experts, écrivent qu’à la suite de différentes arrestations, les exilés, qu’ils considèrent on ne sait à partir de quoi, comme étant l’aile radicale du FPI, se sont réorganisés en cinq (5) factions politico-militaires, auxquelles ils affectent des personnes sans justifications, sans preuves de leur adhésion ou participation à des réunions ou activités desdits groupes dont, au demeurant, l’existence effective n’est pas démontrée. Ces groupes ou factions, fabriqués pour les besoins du rapport n’existent que dans l’imagination d’Hamed Bakayoko qui les  a servis gracieusement au groupe d'experts de l’ONU.

D’ailleurs, il est permis de douter de la crédibilité de la plupart des informations qui constituent la toile de fond de ce rapport. Fournies par les services d’Hamed Bakayoko, elles ont été obtenues sous la torture. Le groupe d’experts sait-il que le ministre Lida Kouassi, extradé du Togo en Côte d'Ivoire, a subi des tortures par décharges électriques afin d'obtenir de lui des aveux ? Le groupe d’experts sait-il dans quel état mental se trouve le commandant Séka Séka, après les sévices qui lui ont été imposés pour obtenir de lui des aveux contre des proches du Président Gbagbo ? Le groupe d’experts s’est-il inquiété des raisons pour lesquelles, en dépit de son insistance, il n’a pu s’entretenir avec le ministre Blé Goudé (rapport, paragr.  286) ? Le groupe d'experts sait-il dans quel état se trouvent le colonel Katé Gnatoa, le commandant Abehi et nombre de personnes  arrêtées  pour tentative de coup d'état?

Des aveux ou autres confessions obtenues sous la torture par les services de Ahmed Bakayoko, voilà le menu que nos experts servent comme preuves de l'implication des proches du Président Gbagbo dans la déstabilisation du régime Ouattara. Mais, c'est le lieu d'exiger du groupe d'experts de présenter le mandat de l'ONU qui lui confie la mission de surveiller la déstabilisation du régime Ouattara, surveillance devenue la partie principale de ses préoccupations et investigations.

Comment accepter des contrevérités évidentes donnant certains des proches du Président Gbagbo, comme ayant participé à des réunions en 2012 au Ghana alors qu'ils n'y ont que transité en Avril 2011 pour d'autres destinations. Ces contrevérités sont en réalité distillées par le groupe d'experts du comité de sanctions pour mieux masquer la couverture des rebelles et de leur mentor qui ont fait l'acquisition d'armes lourdes malgré l'embargo qu'ils sont censés surveiller.

Nos experts ne semblent certainement pas s’émouvoir des conséquences humanitaires  désastreuses de cet armement lourd, pourtant acquis en violation de l’embargo, grâce auquel un génocide à l’ouest ( Duekoué, Nahibly entre autres ) continue d’être perpétré par les troupes rebelles auxquelles Ouattara s’est officiellement rallié en mars 2011 en créant les FRCI.

Pourquoi ce rapport est-il muet sur l’occupation par la force, des forêts de l’ouest, par des hordes de Burkinabés armés de kalachnikovs et d’armes lourdes fournies par Alassane Ouattara et Blaise Compaoré ? Pourquoi les experts de l’ONU n’ont-ils pas jugé utile ou convenable « d’investiguer » sur la provenance de cet armement, en rapport avec la surveillance de l’embargo sur les armes ? Tout simplement parce que ces crimes ainsi que la dotation en armes des rebelles mettent  en cause personnellement M. Ouattara qui a créé les FRCI en Mars 2011 de son QG de l’Hôtel du Golf, leur intimant  l'ordre d'attaquer sur tous les fronts les forces loyalistes et de renverser le Président Gbagbo par les armes.

Nous avons trop bien compris depuis longtemps le jeu et l'objectif de ses experts. Que l'on ait à l'esprit cette question fondamentale : pourquoi lesdits experts n'ont jamais pris la précaution méthodologique élémentaire d'entendre la version de ces proches du Président Gbagbo, mis en cause ?

Le parti-pris de ces experts pour le régime Ouattara et ses alliés et leur harcèlement contre le Président Gbagbo et ses proches sont si choquants, révoltants qu'ils ne peuvent qu'être dénoncés avec force.

III- DENONCIATION DU RAPPORT

Pour les raisons ci-dessus développées, la coordination FPI en exil, tient à nouveau à dénoncer vigoureusement le rapport final des experts du comité des sanctions de l’ONU, en ce qu’il persiste dans un travail toujours méthodologiquement approximatif, partial dans le fond, délibérément orienté contre le Président Laurent Gbagbo et ses proches en exil, et faisant étalage de mensonges en lieu et place de preuves.

La coordination observe que le contenu de ce rapport n’est pas reflété dans la résolution 2101 du Conseil de sécurité et s’en félicite. La coordination du FPI en exil restera cependant vigilante, et se réserve le droit de dénoncer, toute utilisation malveillante de ce rapport dans le but de nuire à ses membres, au Président Laurent Gbagbo ou à ses proches. N'oublions pas que la CPI s'était servie malicieusement du rapport de mi-mandat, pourtant décrié, pour refuser la liberté provisoire au Président Gbagbo.

La coordination voudrait s’adresser aux experts de l’ONU mais également à tous ceux qui souhaitent aider le régime « tortionnaire » d’Alassane Ouattara à s’en sortir, pour leur dire que le salut n’est pas à rechercher dans la manipulation, le mensonge et dans la répression contre tous ceux qui n’épousent pas les vues de leur poulain, mais plutôt dans un État de droit, dans la vraie démocratie et dans une réconciliation sincère.


Fait à Accra le 9 mai 2013.


Pour la coordination FPI en exil

 

Dr. Assoa Adou

Coordonnateur et Porte parole

mercredi, 06 mars 2013

LE FPI EN EXIL FELICITE MAITRE EMMANUEL ALTIT

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La Coordination FPI en Exil

A Maître Emmanuel Altit

Avocat au barreau de Paris

 

Accra, le 1er mars 2013

Objet: Félicitations à la défense du Président Laurent Gbagbo

 

Maître,

La Coordination FPI en Exil est heureuse de vous manifester sa satisfaction à la suite de votre plaidoirie mémorable dans l’affaire le Procureur contre Laurent Gbagbo, à l’occasion de l’audience dite de confirmation des charges, qui vient de s’achever.

Cette audience revêtait un caractère historique, autant au regard de la qualité de l’homme qui était dans le box des accusés, Laurent Gbagbo, Président élu de la Côte d’Ivoire, que des enjeux qu’elle recelait. En effet, cette audience mettait face à l’ingénieux organe de répression des souverainistes africains des temps modernes, qu’est la Cour Pénale Internationale, un Homme qui a consacré sa vie au combat pour l’avènement de la démocratie dans son pays, et qui en a subi tous les contrecoups, faits d’emprisonnements, d’exil et d’humiliations de toutes sortes.

Parvenu au pouvoir à la suite d’un processus démocratique, son ambition d’approfondissement de la démocratie a été contrariée par une guerre déclenchée par la France et ses valets locaux, toujours au nom de sordides intérêts égoïstes. L’épisode en cours à la Cour Pénale Internationale, vise à habiller juridiquement la mascarade de la spoliation électorale dont il a été victime, du fait de la seule volonté de Nicolas Sarkozy.

Pour défendre la cause de cet Homme valeureux, votre plaidoirie a été à la hauteur de l’évènement et a comblé les attentes tant du peuple ivoirien frustré et meurtri par tant de méchancetés et de mensonges à son encontre, que des démocrates africains qui sont restés attentifs. Ce peuple, grâce à vous, reprend espoir. Vous avez trouvé les mots justes pour rendre compte de la personnalité de Laurent Gbagbo, un Homme d’Etat, démocrate convaincu, pacifiste et humaniste qui ne pouvait commettre les crimes qui lui sont reprochés, tout en dévoilant le complot qui le visait à travers une accusation fantaisiste qui ne reposait sur aucun moyen de preuves véritables. Soyez rassuré qu’après ces deux semaines d’audiences publiques, la décision n’appartient plus aux seuls juges de la Chambre ; elle sera passée au crible par tous ceux qui, de par le monde, ont été édifiés par les vérités révélées au cours de cette instance.

C’est pourquoi, au nom des militants du Front Populaire Ivoirien (FPI) exilés à travers le monde du fait de cette guerre, je voudrais exprimer notre satisfaction et témoigner notre reconnaissance à Me Natacha Fauveau Ivanovic, Me Agathe Bahi Baroan, Me Jennifer Naouri et au Professeur Dov Jacobs, les membres de l’équipe de défense que vous avez dirigée avec compétence, ainsi qu’à vous-même, Me Emmanuel Altit. Nous vous prions de trouver ici l’expression de notre profonde et infinie gratitude.

 

Dr Assoa Adou,

Coordonnateur et porte-parole

mardi, 05 février 2013

LE COMMANDANT ABEHI ET JEAN-YVES DIBOPIEU ARRETES AU GHANA, EXTRADES ET DETENUS DANS UN LIEU SECRET PAR OUATTARA

 

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Les services secrets ghanéens du BNI ont arrêté le Commandant Jean-Noël Abéhi et Jean-Yves Dibopieu, un jeune patriote ivoirien, hier après-midi au Ghana, selon des sources concordantes.

Les deux exilés,  le Commandant de Gendarmerie Jean Noel Abéhi et le jeune patriote Jean-Yves Dibopieu, après une brève détention dans les locaux du BNI à Accra, ont été extradés, tôt ce mardi 5 février 2013, selon les mêmes sources.

"Très tôt ce mardi 05 février 2013 à 05h00 du matin, à la frontière ivoiro-ghanéenne,  les services secrets ghanéens ont procédé à la remise des deux (2) exilés au Commissaire Youssouf Kouyaté, Directeur des Unités d’Intervention des FRCI, chargé de les conduire à Abidjan", a précisé une source proche de la hiérarchie des FRCI.

La même source indique que le Commandant Abéhi de la Gendarmerie et Jean-Yves Dibopieu sont détenus dans une prison secrète du régime Dramane Ouattara, depuis ce matin mardi, à 09H.

Pour rappel, le Commandant Jean-Noël Abéhi de la gendarmerie a dirigé le camp de Gendarmerie d’Agban qui a essuyé les bombardements de l’armée française en avril 2011. Il est allé en exil, après la crise postélectorale et depuis toujours, le régime Dramane Ouattara avait le sommeil troublé à l’idée de savoir que ce très respecté Commandant est en exil. Maintenant que Ouattara et ses FRCI tiennent le Commandant Abéhi, tous les ivoiriens redoutent que le régime Dramane Ouattara torture le Commandant Abéhi, comme cela a été le cas pour les autres extradés.

 

Source: Le blog d'Alain Doh Bi

Ghana: Jean-Noël Abéhi et de Jean-Yves Dibopieu pris et conduits à Abidjan. Comment?

 

Ce matin, l'agence de Presse Alerte-Info annonçait l’arrestation au Ghana du Commandant Jean-Noël Abéhi et de Jean Yves Dibopieu, ce lundi soir (ndrl: Hier). L’information précisait qu’ils  étaient déjà en cours de  transfert par la route vers Abidjan en Côte d’Ivoire.

La nouvelle s’est très vite répandue dans le milieu des refugiés et exilés Ivoiriens du Ghana, ce matin, chacun prenant attache avec qui il peut pour en savoir plus. Il ressort de mes premiers contacts que Jean-Yves Dibopieu n’avait pas donné signe de vie depuis hier soir. Ses proches ici ne s’en étaient pas vraiment inquiétés jusqu’à ce que nous entrions en contact avec eux pour vérifier cette nouvelle. Dibopieu reste injoignable au téléphone et ne s’est pas manifesté depuis. Ce qui donne du crédit à cette alerte qui se confirme quasiment.  Le schéma est quasi identique pour le Commandant Abéhi.

Mais cette fois, le nom du BNI (Bureau of National Investigations - La DST Ghanéenne) n’est pas encore cité dans cette nouvelle affaire sécuritaire entre la Côte d’Ivoire et le Ghana voisin où sont refugiés des milliers d’Ivoiriens qui ont fui le régime brutal du putschiste Alassane Dramane Ouattara, depuis l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo, le 11 Avril 2011.


En l’état actuel des choses, la question légitime sera de demander à savoir comment ces deux exilés Ivoiriens ont été arrêtés et transférés en catimini vers Abidjan? S’agit-il d’une arrestation légale en bonne et due forme ou d’un rapt des hommes du despote d’Abidjan? Affaire à suivre donc.


Claudus Kouadio – Accra (Ghana)


Source: Le blog de Claudus