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mardi, 17 septembre 2013

L’HOMMAGE DU MINISTRE EMILE GUIRIEOULOU A MAHAN GAHE: AINSI DONC ILS T’ONT EU

 

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Basile, ainsi donc ils t’ont eu ? Toi, le buffle de Diboké, toi, Mahan Gahé l’intrépide ?  De « prisonnier de la haine », tu viens grossir le rang, hélas interminable, de nos nombreux « morts de la haine ».

Basile, comme si c’était d’hier, je t’entends encore nous exposer, le ministre Oulaye et moi, lors de ton séjour à Accra en mai 2013, tes projets pour Diboké (ouvertures des rues, construction d’un château d’eau, etc.),  projets dont tu nous disais avoir obtenu des promesses de financement. Tu exprimais aussi ton souhait de te rendre au Libéria pour y rencontrer les parents réfugiés et étudier avec eux les possibilités de leur retour.

Mais j’entends encore résonner plus fort en moi tes paroles nous décrivant les actes de tortures et de maltraitance que tu as subis pendant plusieurs jours au commissariat de Williamsville après ton arrestation à ton domicile le 26 avril 2011. Je t’avais alors fortement recommandé de profiter de ton voyage à Genève le mois suivant dans le cadre de l’édition 2013 de la Conférence Internationale du Travail du BIT pour faire un bilan complet de santé et tu avais promis le faire. Je ne savais que le mal était déjà fait et que tu étais condamné à la mort : sept vertèbres cervicales et cinq côtes cassées !!! 

Quel sort cruel s’abat sur Diboké qui après cet autre digne fils, le maire Daouo Benoît en 2008, perd en Mahan Gahé celui sur qui cette nouvelle sous-préfecture plaçait tous ses espoirs pour son développement.

Basile, ils t’ont enfin eu pour le grand bonheur de celui qui, à ta vue à l’Hôtel du Golf où de Williamsville tu as été conduit plus tard par les FRCI, s’est exclamé « mais pourquoi, ils n’ont pas tué Mahan Gahé et puis ils l’amènent ici ! » comme tu me l’as confié ce jour-là.  

Basile, je n’ai pas la force de te pleurer. Aucune larme ne sortira de mes yeux. Non Basile. Parce que je suis convaincu que ce n’est cela que tu attends de moi. En pareille circonstance, les larmes doivent faire place à la dignité, à la force morale pour défier la mort et montrer à ceux qui en sont la cause que leurs desseins sont vains, que le combat qui était le tien continuera, que la flamme par toi allumée ne s’éteindra jamais et que dans tes pas d’autres Mahan Gahé marcheront pour poursuivre ton œuvre tant à la Centrale Dignité qu’à Bloléquin.

Mahan Gahé, Mahan Gahé, Mahan Gahé, Mahan Gahé, «  j’ai dit ton nom quatre fois » : de là où tu seras désormais, élevé par la mort au rang d’ancêtre, tu sais ce que tu as à faire. Bénis et accorde longue vie à ceux qui t’ont aimé et qui te portent encore dans leurs cœurs et fais descendre la malédiction, sur ceux qui t’ont causé ou même souhaité souffrances physiques et morales sur terre.

Basile, sur le chemin de la tranquillité éternelle  que tu t’apprêtes à emprunter, soit rassuré et dis en unisson avec nous : NINSEMON, GOSSEMAN !!! c’est à dire : Ta flamme n’est pas éteinte, les traces de tes pas ne sont pas perdues !!!

 

Par ton frère et ami,

Le Ministre Emile GUIRIEOULOU

MORT DU SYNDICALISTE BASILE MAHAN GAHE: COMMENT L’HOMME A ETE TORTURE PAR LES FRCI DE OUATTARA

 

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Après sa libération, lors de son passage à Accra, en juin 2013 à la faveur d’une réunion régionale du BIT sur le travail des enfants, le syndicaliste Mahan Gahé Basile avait longuement expliqué à ses camarades en exil les  conditions de son arrestation et de sa détention.

Ainsi, il a révélé qu’il avait été arrêté le 26 avril 2011 à son domicile par des FRCI qui l’avaient conduit dans leur camp à Williamsville. Il avait été copieusement battu par les soudards du régime Ouattara qui croyaient avoir en face d’eux un gardé de l’armée à cause du titre de «Général» par lequel il était souvent désigné par son entourage. En fait, le secrétaire général de la centrale Dignité était appelé ainsi  «Général »par ses proches collaborateurs et les travailleurs affiliés à sa structure syndicale- Dignité.

Cette appellation est un usage courant dans les structures comportant un poste de «Secrétaire général» comme la FESCI et bien d’autres organisations. Notre infortuné n’avait eu la vie sauve que grâce à autre Frci, coxer d’Adjamé de son état, qui avait convaincu ses amis qu’ils avaient en face d’eux un syndicaliste et non un officier supérieur des FDS.

C’est ainsi que de son premier lieu de torture, il avait été conduit à l’Hôtel du Golf dans un état piteux - sept vertèbres cervicales (logées au niveau du cou) cassées, cinq côtes cassées, dont deux sur le côté droit et trois sur le côté gauche - d’où il a été transféré au Pénitentiel de  Boundiali dans le nord du pays. Mahan Gahé n’a donc pas survécu aux lourdes séquelles de cette torture de la Milice de  Ouattara.

Il est mort ce lundi 16 septembre 2013.


Steve Beko

PDCI-RDA: PARTI POLITIQUE OU ANIMAL DE COMPAGNIE DU RDR?

 

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Nous voici à deux ans des élections présidentielles de 2015. Etant donné que le but de tout parti politique est la conquête et l’exercice du pouvoir d’état selon son projet de société, tous les Partis, à l’image du FPI, du PIT, du MFA s’activent pour être à  ce rendez-vous.

Le PDCI-RDA notre parti baigne toujours dans le flou. Après le dernier combat du président Henri KONAN BEDIE, combat soldé par un échec où notre parti se classe désormais au troisième rang sur l’échiquier politique ivoirien et où le parti tend à se réduire dans le V Baoulé, nous militants avions pensé que nos premiers responsables allaient tirer les leçons de ce fiasco et se remettre au travail pour faire de cet héritage du père fondateur l’instrument de progrès, de paix et de cohésion nationale qu’il était autrefois.

Les élections présidentielles de 2010 nous ont montré que le PDCI-RDA, parti national où toutes les ethnies se retrouvaient a perdu son influence dans le grand Nord, le grand Ouest, au Sud et dans tout l’Est. Le PDCI-RDA d’aujourd’hui se résume qu’au petit V Baoulé. Devons-nous être fiers de ce constat et continuer à y demeurer ? Comment sommes-nous en arrivés là ?

  • Le RDR sorti du PDCI-RDA  par la faute du président Henri KONAN BEDIE qui refusait la  démocratie interne et la  rénovation du parti. Ce parti ethnique a fait des peuples du Nord son bétail électoral.
  • L’UDPCI, le PURCI, l’UDCY, l’URD... tous ces partis politiques crées par des cadres issus du PDCI-RDA sont la conséquence du manque de dialogue et de l’ouverture de l’ère BEDIE.
  • Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, des individus lourdement armés ont attaqué la ville d’Abidjan et endeuillé de nombreuses familles. Ayant échoué dans leur projet de coup d’état, ces rebelles vont se replier dans la partie Centre-Nord puis l’Ouest  du pays. Pendant près de dix ans, ils sèmeront la mort et la désolation au sein de nos populations. On verra les femmes d’Adjanou massacrées à Sakassou, des femmes enceintes éventrées, des enfants égorgés et jetés dans des puits, des gendarmes tués et des milliers d’Ivoiriens morts étouffés dans des conteneurs à Korhogo. Le PDCI RDA  avec à sa tête le président Henri KONAN BEDIE n’a jamais condamné ces assassins des temps modernes. Qu’a dit BEDIE face aux accusations de son soutien au MPIGO, ce groupe armé qui a rendu l’Ouest méconnaissable? Comme le dit l’adage, qui ne dit rien consent, son silence a pesé contre notre parti dans les urnes à l’Ouest. Les populations de l’Ouest en sanctionnant BEDIE, ont envoyé un grand message au PDCI-RDA.
  • L’alliance RHDP étant vu par la majorité des Ivoiriens comme un soutien du PDCI-RDA à la rébellion, ceux la même qui ont causé leur malheur le feront payer dans les urnes à l’Est et au Sud de notre pays.

Que faire pour rebondir ?

Après tout ce qui précède, le PDCI-RDA doit revenir à son combat originel; le combat d’HOUPHOUET-BOIGNY. Celui ci consiste :

- A traduire les aspirations profondes des masses ivoiriennes;

- A la libération de l’homme ivoirien et l’affirmation de sa personnalité;

- A la promotion d’une politique de bien être par le travail dans la discipline et la paix;

- A militer pour la construction d’un monde de justice et de paix par le DIALOGUE, la neutralité absolue, la coopération internationale dans l’égalité, la tolérance et la paix.

Que constatons-nous aujourd’hui ?

Le vote des lois sur la nationalité, l’apatridie et le foncier par les députés PDCI-RDA a été fait sans consultation de la base.

Le peuple ivoirien dans sa majorité aspire à la paix et à la réconciliation vraie mais cela est le cadet des soucis des rebelles au pouvoir et contre les valeurs du PDCI-RDA, le président BEDIE les soutient.

Le peuple ivoirien est aujourd’hui pris en otage par le RDR et ses bandes armées. Tous ceux qui sont contre Ouattara iront au cimetière, propos du secrétaire général du RDR.

Les forêts et les maisons des ivoiriens sont occupées depuis 2002 par les rebelles et la crise postélectorale est venue aggraver cette situation.

Avec la politique de rattrapage initiée par le RDR où seuls les partisans de Mr Ouattara ont droit à un travail. Le chômage, les licenciements abusifs, le népotisme et la corruption gagnent du terrain dans notre pays. Ce qui a pour conséquences, la méfiance, la division, l’extrême pauvreté, la frustration et la famine donc la mort.

La question de tous ces prisonniers politiques et militaires injustement incarcérés avec à leur tête le Président Laurent GBAGBO et tous ces exilés politiques qui broient du noir loin de la mère-patrie, est le dernier des soucis de la classe dirigeante du PDCI-RDA. Quel échec !

Chers militants, voila à quoi est réduit notre parti qui est de suivre de façon moutonnière le RDR et ses rebelles. Jusqu’à quand devons nous laisser BEDIE nous conduire à l’abattoir ?

Pendant combien de temps devons nous laisser BEDIE agir contre la vision de notre parti, agir contre les idéaux de notre parti, agir contre nos textes ?

Pour BEDIE, la gestion désastreuse des affaires du pays par Ouattara et ses rebelles est un succès qu’il faudra pérenniser et pour cela le PDCI-RDA devra renoncer à ce qui caractérise tout parti politique qui est la conquête du pouvoir d’état au profit du RDR de Ouattara.

Aujourd’hui en Cote d’Ivoire sous l’ère Ouattara, le mensonge est érigé en mode de gouvernement, l’insécurité a atteint un seuil tel que le plus grand camp militaire a été vidé de tout son arsenal. Dans les cités universitaires,  les places des étudiants sont occupées par les bandes armées à la solde du RDR. A la place des concours, ont assiste à des recrutements parallèles de militants du RDR. Le système sanitaire est  plus que déplorable. La vie est de plus en plus chère avec le racket des chefs de guerre qui font la loi au vu et au su de Mr Ouattara. Seul BEDIE, ayant fait du PDCI l’animal de compagnie du RDR,  continue de cautionner et d’encourager une telle escroquerie.

Chers militants, nous vous appelons à la vigilance car il n’y a jamais deux sans trois. Tous ceux qui ont soutenu Ouattara ont par la suite été humiliés. Souvenons nous d’un certain Nicolas SARKOZY qui après avoir soutenu Ouattara est allé perdre les élections de façon lamentable. Doit-on encore vous parler de Mr Abdoulaye WADE ? Tout comme eux, Henri KONAN BEDIE, pour son soutien à Ouattara connaitra lui aussi l’humiliation.

A travers ce douzième congrès, le PDCI-RDA devra renaitre pour se positionner comme le parti leader en Cote d’Ivoire. Vu les enjeux de ce rendez vous, il serait anti démocratique de laisser un comité de soutien à un candidat de l’organiser. Les militants du PDCI-RDA devront montrer aux yeux du peuple de Côte d’Ivoire et au monde entier un comportement exemplaire dans le respect des textes que nous nous sommes librement donnés. En tant que premier parti politique créé, notre devoir sera d’être un modèle pour les autres partis politiques.

Le monde entier nous regarde, les ivoiriens espèrent toujours en nous pour les faire sortir de la souffrance actuelle causée par la politique hasardeuse de Ouattara. Evitons de montrer des spectacles honteux à ceux qui croient toujours en nous pour ne pas les éloigner de nous.

Si nous sommes tous d’accord que le PDCI-RDA doit aller à  une renaissance avec des instances rajeunies, pourquoi certains pensent que nous devrons mettre de coté nos textes qui constituent pour nous la boussole devant nous conduire au renouveau tant souhaité?

Chers militants, le peuple de Côte d’Ivoire compte sur nous et a espoir qu’au moment venu, nous ferons le bon choix, celui de donner au PDCI-RDA un président valable soucieux des enjeux du moment. Un PDCI-RDA redynamisé fort et prêt pour les combats futurs.

Dieu aime la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens.

Ensemble on va gagner !

 

YAO Kouamé Patrick

Président de la jeunesse du PDCI RDA en exil


Source: Le blog de Philippe Ehua

VERS UNE GUERRE FROIDE QUE VERS UNE GUERRE MONDIALE!

monde,syrie,vers une guerre froide que vers une guerre mondiale!,par cheikh si mimoun


En Russie, il y a et il y a toujours eu un camp pro-occidental, et ce, au moins depuis Pierre le Grand… Tous les dirigeants successifs du plus haut niveau au 4ème ou 5ème cercle étaient si l’on peut dire russo-centristes et plus tournés vers l’est et le sud.
 
La catastrophe a commencé avec le Pape polonais et le roi Fahd (succédant à Fayçal… assassiné par un neveu), instruments de Reagan, le premier pour faire craquer l’empire à partir de la Pologne catholique et le second pour le faire sombrer économiquement au moyen du prix du baril, qui a touché le fond vers la mi-année 80 à tel point qu’il suffisait à peine pour couvrir les frais de production, consécutivement à la nouvelle politique des prix appelés "net back" mise en place après l’éviction de Zaki Yamani et son remplacement par un membre de la famille royale.
 
Nous avons fait les frais aussi de cette politique, dont octobre 88 (conflit réformateurs/aile dure du FLN) et tout ce qui a suivi en est la conséquence (*).
 
Et l’Afghanistan a été le coup de grâce.
 
Dès que l’empire soviétique a explosé, qui voit-on apparaître aux manettes de la nouvelle Russie arrivés dans les bagages du clochard Eltsine?
 
Des chacals à la solde de la City et de Wall Street qui se sont mis à se partager les dépouilles en se tournant vers l’occident et tournant le dos à leurs anciens alliés notamment arabes qui de leur côté avaient déjà senti la nouvelle musique dès l’ère Gorbatchev.
 
D’où le sursaut des nationalistes russo-centristes représentés par Poutine et qui devait dans un premier temps composer avec le camp pro-occidental dont Medvedev est le pion visible au sein du pouvoir russe.

Je pense que Poutine n’est pas pour que la Russie devienne un satellite d’une autre grande puissance, il a d’autres ambitions.
 
Et s’il fait la preuve de sa fermeté et sa capacité à offrir un soutien solide à ses alliés potentiels contre les prédateurs, … et qu’il a définitivement pris le dessus chez lui, il y a de fortes chances que tous les anciens "alliés" ou protégés de l’URSS, y compris l’Égypte, reprennent le chemin de … Moscou.
 
Ce qui se passe avec la Syrie joue en sa faveur et à mon avis ce qui fait le plus enrager le trio US/GB/Fr, en plus du coup de frein à leurs plans, c’est l’évolution probable des évènements sur un plan plus large que la Syrie.
 
Il est plus juste de parler de guerre froide ou guerre tiède, sur le dos du monde arabe (richesses du sous-sol et position stratégique en méditerranée) que de guerre mondiale vu qu’il y a 2 puissances qui peuvent effacer 20 fois la planète et 6 ou 7 autres qui peuvent en effacer le 1/4, le 1/3 ou la moitié.
 
Et ça, à mon avis, ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

S’il y a un théorème à tirer de tout ça, c’est celui-ci : pour les Républiques arabes, leurs intérêts et leurs souverainetés sont mieux respectés par la Russie en échange de leur non-alignement à l’ennemi de celle-ci : les monarchies arriérées, féodales, anti-démocratiques où les richesses du pays sont entre les mains de 2 douzaines de familles ne peuvent avoir pour protecteurs que des prédateurs et maquereaux qui assurent leur survie, malgré leurs vices et turpitudes qui ne dérangent en rien ces souteneurs, contre la possibilité de disposer à volonté de 90% de ces richesses.

 

Cheikh Si Mimoun

UN GENERAL FRANÇAIS: «FRANÇOIS HOLLANDE NOUS MANIPULE»

FRANçOIS HOLLANDE. DEFILE MILITAIRE.jpg


 
Dans une analyse, le général français Dominique Delawarde, ancien chef du bureau situation-renseignement-guerre électronique de l’état-major interarmes de planification opérationnelle en région parisienne, rejoint le clan des opposants à une frappe militaire contre la Syrie en mettant en cause les accusations formulées par les services de renseignement français contre le régime syrien, seul responsable, selon eux, d’avoir gazé la population. Pour lui, il n’y a aucun doute : les preuves présentées par le Premier ministre aux députés ne sont «ni convaincantes ni crédibles». Le militaire français rappelle, à cet effet, la présentation du général Colin Powell aux Nations unies de «fausses preuves indubitables» établies par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. «Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas», affirme-t-il. Pour cet ancien officier, l’utilisation de l’arme chimique par Bachar Al-Assad «est une affirmation absurde et ne tient pas la route».
 
Selon lui, le président syrien n’aurait jamais pris un tel risque, sachant qu’une intervention occidentale suivrait de facto. «Il (Bachar Al-Assad) possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangères ?» se demande-t-il, dubitatif.
 
Ce «massacre», continue le militaire dans son analyse, ne profite qu’aux deux autres parties en cause dans cette affaire. «D’abord aux opposants à Bachar El-Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie. Ensuite, aux Etats-uniens et aux Franco-Britanniques qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire), en supprimant leur allié de toujours : la Syrie de Bachar Al-Assad», a-t-il expliqué.
 
Pour corroborer son argumentation, le général Delawarde rappelle des précédents de ce genre de manipulation dans la ville roumaine de Timisoara, en décembre 1989, où les médias avaient repris pendant plusieurs semaines la fausse information d’un prétendu «massacre» de 4 600 personnes juste pour faire tomber Nicolae Ceausescu. «Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction. Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants», a-t-il révélé.
 
Le général Dominique Delawarde conteste les renseignements français, selon lesquels les rebelles syriens «n’ont pas le savoir-faire pour mettre en œuvre les gaz». «C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillés par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires», a-t-il avancé. Fustigeant la politique étrangère française en faveur d’une intervention militaire en Syrie pour faire respecter, selon elle, les conventions de Genève, le général Delawarde s’est demandé pourquoi la France n’a pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en 2009: «Il y avait, lors du massacre de Gaza, 1 300 morts, bien réels ceux-là, dont 900 civils et 300 enfants. L’armée israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève (…) Y aurait-il deux poids et deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés et des massacres interdits ?» s’est-il encore demandé, en concluant avec ironie : «Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que plus c’est énorme, plus ça passe. Mais, là, la ficelle est un peu grosse.»
 
 
Mohamed El-Ghazi
 
 

BIZARRERIES D’UNE DEMOCRATIE!

côte d'ivoire,bizarreries d’une démocratie!,alain bouikalo juriste-consultant

 

Combien sommes-nous à croire que la Côte d’Ivoire du régime des « rattrapeurs » est un Etat démocratique depuis le 11 Avril 2011 ? En vérité, nous ne pensons pas être nombreux à adhérer à l’idée que l’avalanche des bombes franco-onusiennes a engendré une démocratie chez nous. Certes l’on enregistre des intellectuels (philosophes, historiens, juristes, écrivains, journalistes etc.) qui partagent la thèse du régime, mais ils n’ont pas encore réussi à démontrer, exemples à l’appui, qu’ils sont dans le vrai. Les arguments qu’ils avancent, dans bien des cas, oscillent entre le ridicule et la mauvaise compréhension des règles démocratiques. Ils nous parlent d’un pouvoir légal et légitime alors que nul n’est censé ignoré que ni la légalité, ni la légitimité ne s’octroient par la violation des règles qui encadrent l’accession au pouvoir d’état ainsi que son exercice. Il en est de même pour la représentation nationale dont on sait qu’elle est le fruit d’un « désert électoral » provoqué par une prise en otage bien huilée du processus électoral par un pouvoir qui refuse la saine compétition électorale (ses alliés politiques en savent quelque chose). A cela, s’ajoute le fait que les défenseurs de la démocratie du 11 Avril 2011, trouvent légale l’arrestation arbitraire, la détention, la torture de plus de 700 ivoiriens qui ont eu le tort d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo. Le seul effort intellectuel qu’ils ne s’hasardent pas à faire, est d’affirmer haut et fort que la démocratie rime avec l’assassinat des principes qui en constituent la sève: le respect des droits de l’homme, la soumission de l’Etat au droit. Voici des principes tellement bien violés chez nous que le rire s’invite dans nos salons dès lors qu’on entend ou qu’on lit les défenseurs acharnés de la démocratie du 11 Avril 2011.

Depuis la libération de 12 prisonniers pro-Gbagbo, ces défenseurs de la démocratie du 11 Avril 2011 persistent à soutenir que la démocratie est bien implantée dans notre pays. On leur demanderait si le fait de libérer des prisonniers politiques sur ordre du chef de l’exécutif suite à une montagne de pressions devenues insupportables, élève le pays au grade d’Etat démocratique ? Certains répondraient hâtivement par l’affirmative. Mais lorsqu’on regarde de près, on se rend bien compte que quelques bizarreries entament l’honneur de la démocratie des bombes. En effet, ils n’ont pas renoncé à leur volonté de contrôler les pensées des ivoiriens. Il leur faut par tous les moyens créer une adhésion à leur pourvoir en imposant une ligne de conduite à ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est pourquoi, le pouvoir a mis en ordre de bataille des personnes dont la mission essentielle est de remettre en question la libération des prisonniers politiques et la liberté de ces derniers à aborder les thèmes qu’ils jugent utiles. Au nombre de ceux-ci, le journaliste Benoit Hili. Il posait la question suivante : « Faut-il arrêter à nouveau Affi et ses compagnons ? » (Le Nouveau Réveil, 14 et 15 Septembre 2013). Ce journaliste résumait parfaitement les interventions de Joël N’Guessan, porte-parole principal du Rdr : « votre liberté n’est que provisoire », Dély Mamadou, Président du groupe parlementaire Udpci : « les griots de l’intoxication ont été mis en liberté » (La Matinale, 14 et 15 Septembre 2013), Me Franck Kouyaté, juriste pro-Ouattara pour qui le chef du FPI gagnerait à « mettre balle à terre » (L’Inter, 14 et 15 Septembre 2013). Pour ces défenseurs de la démocratie du 11 Avril 2011, les sorties du Président du FPI ne sont pas les bienvenues. Que veulent-ils en substance ? Que le Président Pascal Affi N’Guessan travestisse les faits, se range du côté du pouvoir en évitant de débattre des questions qui dérangent. Il s’agit en l’espèce de la légitimité du pouvoir Ouattara et des institutions, du complot international contre Laurent Gbagbo, du rôle joué par Sarkozy et ses forces militaires dans la chute de Laurent Gbagbo et l’intronisation de Ouattara, de l’incompétence des démocrates du 11 Avril 2011. En un mot,  il s’agit pour les responsables du FPI de vivre leur liberté comme s’ils étaient encore en prison. Ce qui nous ramènerait sous la tente du parti unique. Pour justifier leur choix, Ils affirment que le contexte politique n’autorise pas à débattre des questions essentielles évoquées ci-dessus. Autrement dit, il appartient à l’Etat d’imposer à Affi N’Guessan et ses compagnons des feuilles de route selon les réalités du moment. L’un des défenseurs du pouvoir, le journaliste Bénoit Hili, s’inquiète même de « la tolérance du gouvernement face à des empêcheurs de gouverner ». Le pouvoir doit tendre la verge à défaut de reconduire Affi et ses camarades en prison, semble-t-il dire. Les curieux défenseurs de la démocratie ne savent pas qu’ils détruisent, la thèse qu’ils défendent. Car, comment se targuer d’être démocrates alors qu’on impose à l’opposition les sujets sur lesquels elle doit se prononcer ? Quelle est la règle en démocratie qui invite un pouvoir, à sectionner la langue d’un opposant lorsque celui-ci lance le débat sur la légitimité du pouvoir, l’incompétence des gouvernants, l’Etat de droit ? Est-ce son statut pénal ? Au demeurant, ce statut évoqué à satiété, ne saurait être présenté comme un épouvantail d’autant qu’il n’est fondé que sur des motifs exclusivement politiques.

En démocratie, l’on débat de toutes les questions qui rythment la vie de la nation. Le pouvoir qui pense être ciblé par les critiques de l’opposition, devrait, par le biais de ses communicants, détricoter les critiques qui lui sont faites. Par ailleurs, le pouvoir peut également riposter face aux critiques de l’opposition. Dans ce cas, il n’appartiendra pas à cette opposition de prendre les armes, mais plutôt de démontrer que les thèses du pouvoir sont fausses. C’est ce jeu qui devrait être de mise dans une démocratie et non des velléités d’embrigadement de l’opposition. Malheureusement chez nous, l’embrigadement est la règle. Cette bizarrerie constatée dans un Etat dit démocratique atteste de ce que les démocrates du 11 Avril 2011 n’ont jamais été ce qu’ils prétendent être. D’ailleurs, tout indique qu’ils ne le seront jamais. Ils semblent visiblement être atteints par les critiques des responsables du FPI. Mais ont-ils autre choix que de libérer le jeu démocratique ? Assurément non. Le contexte a considérablement évolué et les amis d’hier, même s’ils tardent à prendre position publiquement, supportent difficilement les bizarreries que recèle la démocratie du 11 Avril 2011.

Les nouveaux censeurs qui hier, étaient engoncés dans un silence complice lorsque certains affirmaient qu’ils rendraient ce pays ingouvernable, devraient savoir qu’ils vivront désormais avec des responsables du FPI plus que jamais déterminés à faire barrage à l’imposture. Notre pays a besoin de la démocratie au sens plein du terme et non d’une démocratie grevée de bizarreries.

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

SYRIE: POUR EN FINIR AVEC LA BHLISATION DES ESPRITS

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On se croirait revenu plusieurs années en arrière, au temps de l’éclatement de l’ex Yougoslavie ou du conflit au Kosovo. Comme à cette époque, les médias sont investis par deux sortes de personnages : des « experts » de la chose militaire transformés en commentateurs, et des éditorialistes prompts à chausser leurs rangers pour régler un conflit complexe au moyen de solutions simplifiées à l’extrême. Le « Moyen Orient compliqué »(De Gaulle) ? Foutaises. « Y’a qu’à » bombarder Assad et tout sera réglé.

C’est la forme supérieure de la BHLisation des esprits. Elle consiste à ériger l’émotion en guide suprême, à vider l’ONU de son contenu et à faire de quelques va-t-en guerres les shérifs attitrés d’une nouvelle police internationale autoproclamée. Bernard-Henri Lévy écrit dans sa dernière chronique du « La force est le dernier recours pour faire entendre raison aux assassins ». Au nom de quoi il faut « faire bloc autour du chef des armées ». A vos ordres, mon général. Ces paroles viriles sont dignes des chambrées nationalistes de 1914.

Certes, l’émotion face aux révélations sur le recours probable au gaz par Assad ou l’un de ses sbires est légitime, même si l’échelle des responsabilités reste peu claire. Mais on ne peut laisser BHL écrire de ceux qui ne partagent pas son entrain guerrier comme unique riposte possible que cette histoire d’attaque au gaz ne leur fait « ni chaud, ni froid ». Personne n’a le monopole de l’indignation. Encore faut-il voir plus loin que le bout d’un missile Tomahawk et se demander comment apporter une réponse qui ne peut se résumer à une simple « punition », pour reprendre l’expression puérile de François Hollande.

« La loi internationale » existe, écrit BHL. Justement. Si elle existe, il faut la faire respecter par les instances habilitées, aussi lourdes soient-elles à manœuvrer, et ne pas se laisser aller à une riposte à la hussarde.

Or c’est ce qu’ont fait les Etats-Unis et la France, relayés par quelques potentats arabes rêvant de déstabiliser la Syrie à des fins inavouables. Barack Obama et François Hollande ont brandi l’étendard de la guerre contre l’avis de l’Onu, de la plupart des pays européens, et de la totalité des Brics. Mine de rien, ça fait du monde.

BHL aime à se déchaîner contre la Russie de Poutine (au demeurant fort critiquable), ou contre la Chine. Mais il oublie de relever que l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du sud sont également contre une intervention. Va-t-on nous expliquer que c’est parce qu’ils soutiennent eux aussi l’infâme Assad ? En vérité, ces pays mesurent peu ou prou les risques d’un engrenage dont nul ne sait à quelles extrémités il peut conduire.

L’historien Edward Luttwak, qui fut pourtant conseiller en stratégie de Reagan et de Bush père, dit de Barack Obama, dans Le Point : « Il s’est fait piéger en nommant autour de lui des gens qui sont des interventionnistes enthousiastes…des droits-de-l’hommiste, des Bernard-Henri Lévy, en somme ». Et de poursuivre : « Aucun d’entre eux ne comprend quelque chose à l’armée, aucun n’a jamais revêtu l’uniforme, mais ils poussent le président à utiliser la force armée à toute occasion ».

On connaît très bien cette engeance. On se gardera de la confondre avec tous ceux qui prônent une intervention ponctuelle, même s’ils font fausse route. Il y a parmi eux des gens fort respectables. Tous ne sont pas des clones de BHL ou de Bernard Guetta, soudain transformé en conseiller militaire matinal de France Inter. On comprend la nécessité de ne pas laisser la Syrie se transformer en champ d’expériences attentatoires à des principes universellement reconnus. Mais rien ne serait plus périlleux que de succomber aux sirènes de l’aventurisme au nom des bons sentiments.

C’est ce qu’a fait Sarkozy en Libye, naguère, déjà téléguidé par BHL. Résultat : Kadhafi a été éliminé, ce dont personne ne se plaindra, mais la Libye est devenu un foyer de terrorisme qui a débordé au Mali, forçant la France à intervenir afin de déloger des fous de Dieu qui attendent qu’elle vienne les aider en Syrie en bombardant cet autre fou qu’est Assad. Dans l’art d’avancer en s’embourbant, il est difficile de faire mieux. Renouveler l’opération en Syrie pourrait avoir des conséquences incalculables.

 

Source: MARIANNE.NET

lundi, 16 septembre 2013

DECES - OUATTARA A TUE MAHAN GAHE: SEPT VERTEBRES CERVICALES ET CINQ COTES CASSEES


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Le syndicaliste Mahan Gahé Basile, qui vient de décéder, ce jour, à la Polyclinique Sainte Anne-Marie d'Abidjan Cocody (PISAM), avait vu son état de santé se dégrader considérablement suite aux multiples actes de tortures subis de la part des Frci. Voici l’article du quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du 12 Septembre 2013 qui en atteste.

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Le Secrétaire général de la Centrale syndicale Dignité, Mahan Gahé Basile, libéré de sa détention arbitraire et illégale de plus de 18 mois, est actuellement dans un état critique qui a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam.

 

Le Secrétaire général de la Centrale syndicale Dignité, Basile Mahan Gahé, est en ce moment dans un état alarmant. Sa santé s’est sérieusement détériorée suite aux mauvais traitements et actes de torture endurés durant sa longue détention arbitraire aussi bien dans un commissariat de Williamsville qu’à la prison civile de Boundiali. Depuis sa mise en liberté, le 22 décembre 2012, à la suite de pressions des confédérations syndicales nationales et internationales, Mahan Gahé n’a jamais pu retrouver la forme. Selon des membres de sa famille, il était souvent pris de paralysie totale durant des crises dont la dernière, survenue le lundi 9 septembre 2013, a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam, où il est interné depuis lors. A en croire le diagnostic effectué à la suite des examens médicaux, le SG de la Centrale Dignité a plusieurs vertèbres et côtes brisées. Pour être plus précis, Mahan Gahé, selon ses médecins traitants, a sept vertèbres cervicales (logées au niveau du cou) cassées, cinq côtes cassées, dont deux sur le côté droit et trois sur le côté gauche.

Dans la haine viscérale qui avait animé le régime Ouattara, en plus d’avoir été enlevé et détenu illégalement, Mahan Gahé avait vu ses avoirs gelés. Dans ces conditions, comment faire face au moindre frais médical causé par des actes de tortures subis?

Les actes de tortues subis

Amnesty International, dans plus d’un rapport publié, avait dénoncé l’arrestation arbitraire, illégale de ce responsable syndical et révélé les actes de tortures qu’il a subis durant sa  longue détention illégale. «Basile Mahan Gahé est le secrétaire général de la Confédération Dignité, un syndicat affilié à la Confédération syndicale internationale (CSI). Il a été arrêté sans inculpation le 26 avril chez lui, à Abidjan, par des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), qui ont perquisitionné et mis son domicile à sac… Amnesty International a reçu des informations crédibles indiquant que cet homme a été soumis à des actes de torture, en particulier dans les jours qui ont suivi son arrestation, et qu’il serait en mauvaise santé.

L’organisation a appris que, une nuit, celui-ci avait été emmené au cimetière de Yopougon et attaché. Des agents des forces de sécurité ont alors commencé à faire feu autour de lui pour lui faire croire qu’ils allaient le tuer. Une autre fois, il a été frappé au dos à maintes reprises avec le plat de la lame d’une machette. La douleur était si intense qu’il ne pouvait même plus s’asseoir», a relevé Amnesty International dans son rapport d’urgence sur le cas Mahan Gahé, en juin 2011. La Confédération syndicale internationale (CSI) regroupant plus de 175 millions de syndiqués à travers le monde, avait fait du cas de Mahan Gahé, une urgence, mobilisant toutes les structures syndicales africaines et internationales. L’état de santé de Mahan Gahé nécessite une mobilisation des centrales syndicales et des démocrates dans leur ensemble. Parce que ce dernier fait les frais d’une injustice sans précédent. Tout comme lui, plusieurs autres détenus, à un degré certainement moindre, ressentent à ce jour les séquelles des actes de tortures subis.


 Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

POUTINE, L'HOMME QUI LES REND TOUS FOUS

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Vladimir Poutine, G20, Saint Petersbourg, septembre 2013 - Host Photo Agency/CNP/AdM/SIPA


Les Occidentaux étaient persuadés que sur le front syrien, on ne pouvait rien attendre de la Russie. Et voilà que Poutine lance une initiative diplomatique qui fait bouger les lignes. Comment expliquer ce tête à queue?

 
 
Ce sont les aléas d’une actualité mouvante mais aussi les conséquences des esprits formatés par des a priori idéologiques. Dans son numéro de cette semaine, L’Express publie un article fort circonstancié titré: «Poutine ou les calculs de « M. Niet ». Décryptons la formule pour les plus jeunes et pour ceux qui ne sont pas férus de Kremlinologie. En somme, à l’instar de feu Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’époque soviétique, l’actuel président d’un pays appréhendé comme un remake de l’URSS ne peut que dire Non à tout. 

Manque de chance, il n’a pas dit « Niet » mais « Da » à la suggestion de John Kerry sur les armes chimiques de la Syrie. Patatras. C’est le monde à l’envers. Du coup, l’analyse de L’Express tombe complètement à plat (ce n’est pas exceptionnel) tout comme les clichés véhiculés dans les médias occidentaux pour qui Poutine est à la fois un Diable, un Soviétique en peau d’ours et un imbécile. 

Certes, on ne peut comprendre la Russie sans son passé soviétique ou même tsariste. Et pourtant, rien ne ressemble moins à l’URSS que la Russie d’aujourd’hui, convertie aux dogmes de l’hyper capitalisme fou. De même, si Poutine n’a rien d’un petit Saint orthodoxe, s’il perpétue des traditions antidémocratiques tenaces, il est absurde de le réduire à une marionnette de l’ex KGB, comme on le lit en permanence dans Le Monde ou dans les écrits des nostalgiques de la guerre froide. Quand Bush père était à la Maison Blanche, on ne rappelait pas en permanence son passé de dirigeant de la CIA. 

La Russie a donc pris tout le monde à contre-pied en ouvrant une porte diplomatique. Surprise dans les chaumières. Quoi ? Les Russes, ces rustres que l’on dit incapables de sortir de l’obstruction permanente au Conseil de sécurité de l’ONU peuvent reprendre une suggestion américaine afin d’ouvrir une alternative à la guerre ? Comment est-ce possible ? Manifestement, ça l’est. On ne peut d’ailleurs exclure que Barack Obama en soit fort satisfait, lui qui voyait arriver l’hypothèse d’un Waterloo politique au Congrès comme un Tomahawk mal dirigé tombant sur la Maison Blanche. On peut même penser que des discussions secrètes ont été menées depuis plusieurs jours entre les représentants des deux pays. 

Certes, la question de la Syrie n’est pas réglée pour autant. Certes, il faut s’assurer de la faisabilité du projet. Certes, on peut douter de la bonne volonté de Bachar El Assad. Certes, on peut penser que dans les rangs de la rébellion, certains auront tout intérêt à faire capoter l’opération. Certes, il ne sera pas facile d’aller chercher les armes chimiques dans un pays déchiré par la guerre civile. Bref, le plus dur est à venir. 

Reste que le pire a été (peut-être) évité, à savoir l’engrenage guerrier aux lendemains indécis. Force est de reconnaître que la Russie y aura pris une part non négligeable, prouvant ainsi qu’elle ne se réduit pas aux raccourcis manichéens en vogue dans les gazettes. Les adeptes de la diplomatie du missile diront qu’une telle perspective aurait été inenvisageable sans la menace militaire exhibée par les Etats-Unis et la France. C’est possible, mais ce n’est pas certain. On peut aussi y voir la volonté de ne pas rajouter la guerre à la guerre dans un pays d’ores et déjà éclaté. 

Dans ce conflit, rien ne pourra se faire sans la Russie et a fortiori contre elle. Ses liens avec la Syrie sont connus. On peut sans doute les critiquer compte tenu de ce qu’est le régime en place à Damas, mais ils ne sont guère différents de ceux entretenus par les Etats-Unis avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui ne sont pas vraiment des modèles de démocratie. Quoi qu’on pense de Poutine, il ne fait que dire à haute voix ce que disent les dirigeants de nombre de pays (comme l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du sud, la Chine et la plupart des membres de l’Union Européenne). 

Evitons les raccourcis, les diabolisations et les procès d’intention qui font écrire au Monde que « la nouvelle donne diplomatique suscite des inquiétudes ». Ah bon ? Parce que l’ancienne donne, celle qui devait déboucher sur les bombardements suscitait de l’espoir ? Si, pour l’heure, le risque d’un aventurisme guerrier a été écarté, c’est parce que certains pays, à commencer par la Russie, ont su trouver une voie que d’autres, aveuglés par la folie guerrière, n’ont pas voulu étudier. 

 
Cela ne change rien à la nature du régime syrien. Cela n’enlève rien à la nécessité de faire toute la lumière sur des exactions qui ont conduit la Commission d’enquête de l’ONU à dénoncer les « crimes contre l’humanité » commis par les forces gouvernementales et les « crimes de guerre » perpétrés par une opposition gangrenée par les djihadistes, comme en témoigne le journaliste de La Stampa, Domenico Quirico, détenu cinq mois en Syrie. Mais cela devrait amener à regarder le monde avec les lunettes d’aujourd’hui et non avec des clichés hérités d’une époque révolue.

 

Jack Dion - Marianne

 

Source: MARIANNE.NET

SYRIE: LA GUERRE BALISTIQUE US/RUSSIE A BIEN EU LIEU!

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Un diplomate bien informé vient de faire d'importantes révélations au sujet de la crise syrienne, informations propres à prouver la maîtrise dont fait preuve la Russie dans le dossier syrien. "C'est cette maîtrise politique et militaire dont font preuve les russes qui a poussé les Etats-Unis à mettre de l'eau dans leur vin. Les Etats-Unis se sentent désemparés face à une Russie plus que jamais attachée au respect des principes éthiques, une Russie au calme et au sang froid sibérien dont les dirigeants voient juste et maîtrisent les règles du jeu"; selon AsSafir, "la guerre américaine contre la Syrie a commencé dès le tir de deux missiles balistiques en Méditerranée et elle s'est achevée au même moment. Les deux missiles qu'Israël a fini par revendiquer et que les radars russes ont bien détectés".  

"Israël a prétendu avoir tiré ces deux missiles dans le cadre d'un exercice militaire commun avec les Etats-Unis, indépendamment de ce qui se passait en Syrie. Or la réalité est toute autre chose: ces deux missiles ont été tirés par les Etats-Unis depuis une base de l'Otan en Espagne. Les radars russes les ont détectés immédiatement et ce sont les systèmes de défense anti-missile russes qui ont intercepté et détruit l'un d'entre eux en plein air et ont dévié l'autre de sa trajectoire, de façon à ce qu'il s'abîme en mer". Et AsSafir d'ajouter: "Dans le communiqué qu'il a publié, le ministère russe de la Défense a omis de mentionner deux choses: la base à partir de laquelle les missiles avaient été tirés et l'interception et la destruction de ces deux missiles. Mais pourquoi? En effet, aussitôt après le tir de ces missiles, les services du renseignement russe ont contacté leurs homologues US pour leur dire que "toute attaque contre Damas est comme si Moscou était pris pour cible". Le renseignement russe a également indiqué aux américains sa décision de supprimer dans son communiqué la partie qui précise "la destruction des missiles US" pour éviter que les tensions s’accroissent. "Nous vous demandons de revoir vos politiques et votre ligne de conduite à l'égard de la Syrie et, soyez-en sûrs, vous ne pouvez pas empêcher notre présence en Méditerranée".

"Ce face à face non déclaré Moscou/Washington a ajouté à la confusion de l'administration Obama qui s'est aperçue du sérieux de Poutine dans le dossier syrien et de sa volonté d'aller jusqu'au bout. Obama a compris qu'il n'existe pas de voie de sortie autre que la proposition russe". "L'entrée en scène d'Israël s'est effectuée en second lieu. Aussitôt après l'attaque, Israël a dit ne pas savoir qui en est l'origine, ce qui était vrai mais les américains ont demandé à Tel-Aviv de revendiquer le double tir de missile Anchor, ce qu'Israël a fait pour éviter à Washington une perte irréparable de crédit. Bref, Obama voulait se rendre au G20 en chef de guerre, il s'y est rendu en président désœuvré et en quête d'une échappatoire!". Et AsSafir de poursuivre: "Après ce face à face, Moscou a envoyé un nombre plus important de ses experts militaires en Syrie ainsi qu'une armada de navires. Le plan russe a été élaboré en concertation avec le vice-ministre iranien des Affaires Etrangères, Amie Abdollahoyan, le ministre syrien des Affaires Etrangères, Walid Moallem, et les russes ont remis à l'après-G20 la signature d'un accord destiné à éviter à Damas toute action armée en échange du contrôle de son arsenal chimique. La première et dernière guerre missilière US/Russie a eu pour effet le vote négatif du parlement britannique à la guerre, vote qui a fait des émules puisque la chancelière allemande a elle aussi refusé le principe d'une guerre".


Source: IRIB RADIO FRANCOPHONE

KONE KATINAN APRES SA LIBERATION: «LE RETOUR A LA NORMALITE POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE, C’EST LA LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO»

 

 

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Vous venez d’être acquitté par le tribunal d’Osu à Accra après un procès qui a duré un an. Quels sont vos sentiments sur cet acquittement?

- Je suis traversé par un sentiment ambivalent. Je suis animé d’un sentiment de grande joie, qui se juxtapose malheureusement à une profonde peine. Cette peine qui se justifie par le fait que le président Laurent Gbagbo, celui-là qui a tout donné à la Côte d’Ivoire, pour reprendre l’expression du camarade Abou Drahamane Sangaré, vice-président du Fpi, et celui à qui le peuple ivoirien continue de s’identifier, est maintenu de façon absolument illégale en prison. Ils sont nombreux nos compatriotes et nos frères d’Afrique et d’ailleurs qui ont le sommeil perturbé à cause de la détention inadmissible de cet homme. De ce fait, aucune joie ne peut être totale, surtout pas la mienne. Cependant dans la nuit la plus noire, chaque rayon de lumière est une source d’espérance. Dans ces circonstances, Il faut savoir exprimer sa gratitude.

C’est pourquoi, je voudrais avant tout propos rendre gloire au Dieu Unique qui est toujours juste. Je suis l’expression achevée de sa présence aux côtés des faibles et des persécutés. Ma foi chrétienne a été la source unique de mon espérance devant cette épreuve où se jouait ma vie. C’est le philosophe et écrivain français, Jean Paul Sartre qui disait qu’à chaque fois que quelqu’un fait quelque chose de positif, il rappelle à l’humanité que cela est possible et faisable. La Justice ghanéenne vient de rappeler que la quête de l’indépendance de la justice est avant tout l’œuvre du Juge lui-même. Exerçant une fonction divine, (Dieu est le Juge Suprême), il n’a de censeur que Dieu. En disant le droit dans un contexte de fortes pressions politico-diplomatiques, le Juge Aboagye Tandoh a élargi le domaine du possible dans un espace africain qui focalise sur lui, toutes sortes de récriminations, qui partent de la corruption de l’appareil judiciaire, à sa soumission au pouvoir politique. Je voudrais sincèrement exprimer ma reconnaissance et mon admiration à la justice ghanéenne à travers le Juge Aboagye Tandoh. Mais il a fallu que le gouvernement ghanéen, qui a subi toutes les formes de pressions de la part de son homologue ivoirien et de ses soutiens, accepte de se soumettre aux lois du Ghana. J’exprime au président John Mahama, à son prédécesseur John Evans Atta Mills, de regretté mémoire, au gouvernement et à la classe politique dans son ensemble, au nom du président Laurent Gbagbo et en mon nom propre, ma profonde gratitude. J’associe à ses remerciements tout le peuple ghanéen, qui accueille dans un esprit de grande fraternité tous les exilés ivoiriens et ceux venant d’ailleurs. Je relève avec la fierté d’être africain, la grande sagesse de ce peuple, qui donne une leçon de démocratie qui contraste avec les clichés que les afro-pessimistes véhiculent sur ce continent.

Je voudrais saluer avec déférence, le président John Jerry Rawlings, qui s’est déplacé en personne pour me rendre visite dans ma prison. Il porte partout le combat du président Laurent Gbagbo. Pour les personnes de notre génération, il fait partie avec Thomas Sankara, des icônes qui ont éveillé nos consciences de jeunes africains et entretenu nos rêves pour une Afrique qui peut gagner. J’associe à ces remerciements avec autant de déférence, le président Thabo Mbeki qui a suivi cette affaire avec une très grande attention et qui ne ménage aucun effort pour dénoncer l’injustice dont est victime le président Laurent Gbagbo. Je remercie également l’Ambassadeur des Etats Unis au Ghana, qui a toujours dépêché une délégation à chaque jour de mon procès. Je finis ces remerciements par là où j’aurais dû commencer. J’adresse mes vifs remerciements et mes chaleureuses félicitations à mon équipe d’avocats composée de Maitre Lucie Bourthoumieux et de maître Patrice Sogbodjor. Leur talent a été déterminant dans cette affaire. Je crois fermement que si Madame Bourthoumieux n’était pas avec moi, les jours de mes arrestations, j’aurais eu très peu de chance de passer devant un juge. Elle m’a sauvé d’une mort certaine. Je lui suis indéfiniment reconnaissant. Je marque toute mon amitié à la cellule juridique de la coordination du FPI en exil composée des éminents hommes et femmes de droits de notre pays. Son président, le professeur Tano Félix, le professeur Hubert Oulaye , madame le ministre Jeannine Badjo, tous agrégés de droit, et surtout à maître Dakoury Roger, pour sa présence continue à mes côtés au tribunal. J’y associe la cellule de communication dirigée par les Ministres Lia bi et Koffi Koffi Lazare et à l’ensemble de leur formidable équipe avec un regard particulier sur les internautes notamment ceux qui animent mes différents espaces de communication, et les blogueurs qui ont donné la preuve de l’immensité de leur talent. Que Dieu rétribue chacun d’eux au-delà de ses espérances.

Comment avez-vous vécu une année durant l’absence ou la restriction de votre liberté de mouvement?

- Cela été le moins qu’on puisse dire très pénible pour moi. Mais jamais je n’ai douté de la victoire finale. La très grande chaine de solidarité surtout spirituelle autour de moi m’a convaincu de la justesse du combat que nous menons. Parce qu’il ne faut pas se méprendre, je n’ai aucun mérite particulier que celui d’avoir bénéficié de la confiance du président Laurent Gbagbo. Je n’ai reçu que l’expression de la grande affection que tous combattants de la liberté ont pour le président Laurent Gbagbo. Autrement dit ce n’est pas la personne de Koné Katinan Justin qui a bénéficié de cet élan de solidarité, mais Koné Katinan en tant qu’acteur pour le compte exclusif d’un grand homme : Laurent Gbagbo. Ayant vécu ces moments terribles en association avec tous les maillons de cette chaine de solidarité, c’est évident que je les associe pleinement au bonheur de la victoire. A ce titre :

Je voudrais remercier mon épouse et mes enfants, toute ma famille au sens africain du terme qui part des plus proches et se prolonge aussi loin que possible par l’effet d’un lien de sang qui se détend à l’infini, sans pour autant jamais se rompre. Je remercie également les camarades de la Direction du parti, tous les membres du comité central, les militants et l’ensemble des Ivoiriennes et des Ivoiriens. A ce niveau, j’adresse une motion spéciale au Docteur Assoa Adou, notre doyen, président de la Coordination du FPI en exil qu’il dirige avec une grande dextérité. Évidemment en le citant, c’est l’ensemble du bureau de cette coordination que je vise. Je ne peux occulter tous les autres exilés qui ont fui leur pays pour avoir supporté le président Laurent Gbagbo. Ce seul fait est devenu le crime le plus puni en Côte d’Ivoire. Enfin je reste infiniment redevable à tous ceux qui ont donné de leur argent pour m’aider dans la situation très difficile que ma famille et moi avons traversé. Que Dieu le leur rembourse avec un taux d’intérêt exponentiel. Pour répondre à votre question, j’ai été formaté au Fpi dont je suis militant depuis septembre 1989. J’ai retenu de la formation de mes maîtres, que rien n’est figé. Une intelligence figée est en soi déjà le signe d’une profonde maladie morale. J’ai compris très tôt que l’objectif de mes persécuteurs était de m’immobiliser.

Nous nous sommes réorganisés autrement au niveau du « Porte-parolat », pour continuer la mission. Ici encore, que tous ceux qui sont avec moi dans cette mission confiée par le président Laurent Gbagbo en soient remerciés. Ils m’ont encadré et nous avons continué notre mission. Aujourd’hui, avec l’avancement des moyens de communication, vouloir immobiliser une personne est une épreuve à la limite vaine. On peut être à Accra et être en même temps ailleurs. C’est ce que nous avons su faire.

Au plan politique, en quoi cela a pu véritablement être un obstacle à vos activités en tant que Porte-parole de Laurent Gbagbo?

- Lorsque le président Laurent Gbagbo m’a fait l’insigne honneur de me choisir comme son porte-parole le 26 mai 2011, il m’a donné une feuille de route. Conformément à cette feuille de route, je devrais accomplir certaines missions. C’est ce que j’ai fait du 6 juin 2011 au 24 août 2012, le jour de mon arrestation. Donc de ce point de vue cette immobilisation d’un an a un tant soit peu perturbé notre travail, mais comme je l’ai dit, nous nous sommes réorganisés autrement pour contourner cet obstacle là où c’était possible.

Au fait de quoi, vous accusait-on au juste, tant les chefs d’accusations semblaient varier au gré des humeurs de vos accusateurs?

- Je rappelle que les mandats émis par les autorités judiciaires ivoiriennes contre les ministres et les hauts fonctionnaires proches du président Laurent Gbagbo, contiennent tous les mêmes motifs. Crimes économiques. Il m’est reproché d’avoir, en tant que ministre du budget, commis des vols à main armée dans plusieurs banques et institutions financières du pays, y compris à la Bceao. En d’autres termes, on me reproche d’avoir braqué ces banques et sociétés de février à mars 2011. Je suis également poursuivi en tant que complice dans la commission des mêmes infractions. Le montant est évalué à 380 milliards de F CFA. Dans l’acte d’accusation qui a été lu devant le juge, il est mentionné que j’ai commis ces infractions pour soutenir le président Laurent Gbagbo qui faisait face à un embargo. Pour la seconde affaire, j’ai été accusé d’avoir tué moi-même, après avoir conspiré avec le ministre de l’économie et des finances, deux personnes dont j’ai entendu les noms la première fois le lundi 1er octobre 2012 devant le EMS Court. Il s’agit d’un certain Kamagaté, soudeur de son état et âgé de 83 ans que j’aurais tué le 29 mars 2011 à Port-Bouët, et un autre répondant au nom de Diabaté Drissa, négociant âgé, quant à lui, de 38 ans également domicilié à Port-Bouët. J’aurais tué ce dernier le 19 mars. Même là aussi on fait du rattrapage.

L’accusation en définitive vous semblait-elle grotesque, dénuée de sens?

- Ces deux accusations ont été toutes portées devant deux juges différents. Le mandat d’arrêt international de la deuxième affaire relative au double meurtre a été émis le mardi 25 septembre 2012, le jour même où le Juge m’accordait une liberté provisoire pour la première affaire, relative au braquage des banques. Après un mois de détention, le second juge, las d’attendre les preuves qui étayent le double meurtre, et ayant compris qu’il s’agissait d’une fausse accusation qui cachait mal un mobile politique, m’en a finalement déchargé le mercredi 24 octobre 2012. Finalement il ne restait plus que l’affaire relative au vol à mains armées des banques, pour laquelle le juge a refusé mon extradition pour les raisons qu’il a bien développées dans sa décision. En définitive que ce soit le vol à mains armées ou le double meurtre, toutes ces accusations sont absolument grotesques et dénuées de tout sens.

Un ministre du gouvernement actuel vous a publiquement accusé d’avoir fui le pays, emportant avec vous des sacs d’argent de la Bceao. Est-ce techniquement possible?

- Je crois avoir suffisamment expliqué l’impossibilité aussi bien technique que pratique d’une telle opération. 380 milliards c’est une somme énorme dont le transport nécessite une logistique qui ne peut passer inaperçue. Pour un calcul simple, à supposer que la somme volée soit composée de billets de 10 000 f Cfa, la coupure de CfA la plus importante, un milliards c’est 100 milles coupures de 10 000. Soit 100 paquets de 10 millions. Tous ceux qui ont eu à transporte 10 millions, savent que cela pèse au moins 2 kg. Un milliard pèse donc au moins 200 kg. Rapporté au 380 milliards cela représente un poids de 76000kg soit 76 tonnes. Les valises les plus grandes ne peuvent contenir un poids de 100 kg. A supposer que par extraordinaire, j’ai pu trouver des valises de 100 kg, il m’en aurait fallu au moins 760. Je ne suis pas Hercules. C’est tout cela qui enlève tout sérieux à cette accusation. Je rappelle que 380 milliards c’est 38 millions de billets de 10 000. C’est-à-dire que je distribue 10 000 à chaque ivoirien, la population ivoirienne étant estimée à 25 millions il m’en restera encore 13 millions de billets de 10 000.

J’avoue que j’ai été très peiné de voir comment mon pays s’est donné en spectacle dans un autre pays pour soutenir l’insoutenable.

Avant le verdict du Juge ghanéen, votre procès était tantôt perçu comme politique, tantôt comme de droit commun. Quel était pour vous l’interprétation la plus plausible ?

- Le gouvernement ivoirien le voulait de droit commun, moi j’étais convaincu qu’il s’agissait d’une affaire politique. Le juge est arrivé à la même conclusion que moi. Il ne faut jamais perdre de vue que le gouvernement ivoirien et ses parrains internationaux se sont évertués à soutenir qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Le Secrétaire général de l’Onu en personne a affirmé qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Du président Laurent Gbagbo jusqu’au moindre soldat, tout le monde était considéré comme des prisonniers de droit commun. Ayant célébré la démocratie à la bombe, ils ont écrit en Côte d’Ivoire d’autres critères pour définir les prisonniers politiques. C’est pourquoi, la décision du Juge Aboagye Tandoh est un véritable coup de tonnerre, dans le ciel ivoirien artificiellement dépeint d’un bleu reposant.

Quels sont les arguments que le juge a développés pour débouter vos accusateurs?

- Le juge avait à répondre de façon cumulative à 5 questions :

• Les infractions pour lesquelles je suis poursuivi dans mon pays sont-elles considérées comme telles au Ghana?

• Ces infractions sont-elles réellement constituées?

• N’ont-elles pas un caractère politique?

• Y-a-t-il une convention d’extradition qui lie les deux pays ( le Ghana et la Côte d’Ivoire)?

• Si je suis extradé, est ce que je pourrai bénéficier d’un jugement impartial et si ma vie ne sera pas en danger dans mon pays?

Le Juge Aboagye Tandoh a répondu de la façon suivante :

• En ce qui concerne le premier point, le juge a reconnu que le vol à mains armées constitue une infraction punie aussi bien en Côte d’Ivoire qu’au Ghana. Il a rappelé les différents articles des codes pénaux des deux pays.

• Sur le second point, le juge a passé en revue toutes les preuves apportées par l’accusation et le témoignage du témoin à charges. Il a relevé trois éléments qui ont forgé sa conviction.

• Le témoin à charge a reconnu que dans les preuves apportées par le gouvernement ivoirien au soutien de son accusation, lesquelles preuves sont constituées exclusivement des Procès-verbaux d’auditions des directeurs généraux des banques ou des sociétés qui auraient subi mon vol à mains armées ou de leurs représentants, mon nom figure dans quatre des dix dépositions. Mais il reconnait que nulle part dans ces dépositions il est fait mention de vols à mains armées.

• Sur les autres dépositions dans lesquelles mon nom ne figure pas, une seule de ces dépositions fait état de vol à mains armées.

• Mais le déposant a affirmé clairement dans sa déposition que les vols ont été commis dans son établissement entre le 19 et 21 avril 2011. Or A cette date a dit le Juge, j’étais déjà au Ghana et mon attestation de réfugié émis par le Ghana Refugies Board ( l’organisme qui gère les réfugiés au Ghana), établit nettement que je suis rentré dans ce pays le 13 avril 2011. Il est donc évident qu’en toute logique, je ne pouvais être l’auteur de ce vol. Mieux, le déposant affirme sans ambigüité que le vol a été commis par les FRCI.

• Le juge a relevé le fait que les banquiers eux-mêmes qui ont fait les dépositions ne mentionnent pas de vol à mains armées, d’où vient-il que l’Etat se substitue à eux pour m’accuser de cette infraction. Je rappelle que la BCEAO qui est censée avoir subi le plus grand préjudice n’a jamais porté de plainte.

• Il est revenu sur le fait que j’ai suffisamment démontré à la barre l’impossibilité matérielle de commettre ce crime et que l’accusation n’est pas arrivée à me confondre à la barre.

• Il a rappelé en outre que les banques ont été ouvertes suivant une procédure légale avec l’autorisation expresse du président du Tribunal d’Abidjan, l’ordonnance délivrée à cet effet par ce Juge faisant foi. De tels faits ne peuvent constituer des infractions.

Il en a conclu qu’il y avait trop d’ombres qui sont autant de doutes sur le fait que j’ai commis ces crimes.
• Sur le point relatif au caractère politique ou non des poursuites engagées contre moi, le juge a fait le raisonnement suivant :

• J’étais ministre du budget et c’est dans ce cadre que j’ai agi.

• Je suis haut cadre du Fpi, le parti du président Laurent Gbagbo et qu’il est notoirement établi que beaucoup de cadres de ce parti ou qui lui sont proches sont en prison

• J’ai été arrêté une deuxième fois pour une affaire de meurtre qui a été abandonnée faute de preuves.

Il en déduit qu’il est difficile de soutenir que la demande d’extradition est dénuée de mobiles politiques. Or il est constant que la constitution ghanéenne interdit l’extradition pour des motifs politiques.

• Sur le quatrième point relatif à l’existence ou non d’une convention d’extradition entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, le juge a fait les observations suivantes :

• Il n’existe pas de convention bilatérale d’extradition entre les deux pays. Le gouvernement ivoirien a fondé sa demande sur la convention de la Cedeao.

• Or sans remettre en cause le document de ratification de cette convention par la Côte d’Ivoire, le Juge a dit que sur la base des informations en sa possessions et étayées par un document produit par le procureur ghanéen qui agit par commission rogatoire pour le compte de l’Etat ivoirien, seulement cinq pays ont ratifié la convention d’extradition signée entre les Etats membres de la Cedeao. Le Juge a énuméré ces Etats qui sont le Burkina Faso, le Benin, le Cap vert, le Ghana et… la Côte d’Ivoire n’y figure.

En tout état de cause, à supposer que la Côte d’Ivoire ait ratifié cette convention, le document de ratification apporté par le gouvernement ivoirien établit que cette ratification est intervenue en Août 2012, c’est-à-dire, un an après l’émission des mandats d’arrêts. Au Ghana, une loi ne peut rétroagir. Le Juge en conclut qu’au moment de l’émission des mandats d’arrêts, la Côte d’Ivoire n’avait pas de fondement légal pour les rendre exécutoires. Le gouvernement ne peut revendiquer le bénéfice d’une convention qu’il n’avait pas ratifiée.
• Sur le dernier point relatif à ma sécurité dans mon pays, le juge a soutenu que dès lors que le gouvernement ivoirien m’a reconnu la qualité de réfugié, il a reconnu de facto que ma vie était en danger en Côte d’Ivoire. Il n’était donc pas possible pour le même gouvernement de m’extrader dans le pays dans lequel, lui-même a reconnu que ma vie était en danger.
Sur tous les points de droit, l’accusation a perdu. L’on se rend compte en définitive que le procès en extradition est un procès complet dans lequel le Juge se prononce sur le fond de l’affaire.

Pendant une année, vous avez été au centre de tractations politiques (tête-à-tête Mahama- Ouattara), et judiciaire relativement à votre extradition en Côte d’Ivoire, pensez-vous dans votre cas que le droit a prévalu sur les arrangements politiques?

- Je reconnais que le Ghana a été soumis à une pression énorme de la part du gouvernement ivoirien et de ses soutiens, allant jusqu’à la fermeture unilatérale de la frontière ivoiro-ghanéenne par le gouvernement ivoirien. Il y a des aspects de cette pression diplomatique que j’évoque dans mon prochain livre dont le titre est le « procès », un livre à la fois écrit en français et en anglais. Souffrez donc que je ne puisse m’étaler sur cette question. Mais ce qui est essentiel et je crois que c’est la leçon qui doit être retenue, le Juge ne s’est pas laissé influencer par cette pression.

N’y avait-il pas similitude entre votre cas et celui du ministre Lida, extradé manu militari du Togo où il résidait vers la Côte d’Ivoire sans décision judiciaire ?

- Jusqu’à ce jour je ne connais pas les chefs d’inculpation du ministre d’Etat Lida Kouassi. Je ne sais pas si lui-même en sait plus. Je sais qu’il a été extradé du Togo de façon extrajudiciaire, enfermé dans une prison à Bouna puis libéré provisoirement nous dit-on, sans jamais avoir été entendu par un Juge. Je dirais que j’ai eu plus de chance que lui.

En tant que leader politique, quelle lecture faites-vous (forcée ou volontaire) dans le cas de Lida, Blé Goudé, Dibopieu?

- Moi je ne juge du caractère volontaire ou non de leur départ de leur lieu d’exil. Je retiens seulement que j’ai eu plus de chance qu’eux de passer devant un juge comme l’exigent les textes de la CEDEAO. Étant en prison, ils ne peuvent se défendre, donc je crois qu’il n’est pas juste de juger quelqu’un qui ne peut répondre. Nul ne peut décrire exactement les conditions de leur départ vers la Côte d’Ivoire.. Ne précipitons pas nos jugements. Dans la situation qui est la leur aujourd’hui, ces personnes ont plus besoin de notre soutien que d’autre chose. Prions pour eux.

Dans ce qui est convenu d’appeler l’affaire Katinan, les autorités ivoiriennes ont annoncé vous avoir arrêté tantôt au Cameroun, tantôt en Afrique du Sud, tantôt à l’aéroport d’Accra au Ghana, quelle est la vérité des faits?

- Je n’ai jamais été arrêté ni au Cameroun, ni en Afrique du Sud. J’ai été arrêté au Ghana précisément à Accra. Je préfère ne pas m’étendre sur cette affaire rocambolesque. Mon prochain livre en parle. Dans cette affaire j’ai volontairement adopté un profil bas pour ne pas confondre davantage les autorités de mon pays. Je suis énarque et pour moi, le respect des institutions de l’Etat est sacré. L’Etat et la République exigent un grand respect même, si j’ai beaucoup de raisons à la fois objectives et subjectives de ne pas aimer ceux qui les incarnent aujourd’hui.

Désormais libre de tout mouvement, pour quel agenda politique?

Je n’ai qu’une et une seule mission : œuvrer aux côtés du Fpi et de tous les combattants pour la justice du monde entier, qui se mobilisent pour obtenir la libération et le retour du président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Le peuple l’attend. La Côte d’Ivoire et l’Afrique le réclament.

Depuis la libération de son président du Fpi, Affi Nguessan, le FPI amorce une reconquête du terrain politique et diplomatique. Selon certaines personnes « les lignes sont en train de bouger en Côte d’Ivoire ». Qu’en pensez-vous?

- C’est certain que depuis la sortie de prison du président Affi, du doyen gardien du temple du Fpi, Abou Drahamane Sangaré et des autres cadres du parti, le terrain politique est saisi d’une sorte de frémissement favorable à notre parti mais il faut reconnaitre qu’il y a longtemps que les lignes bougent en Côte d’Ivoire. Le président Miaka et son équipe ont fait un travail titanesque dans un contexte absolument hostile. Je me joins à toutes les autres voix pour leur dire merci. Il y a aussi cette formidable mobilisation autour du président Laurent Gbagbo et de la Côte d’Ivoire qui a fait bouger les lignes. Il faut saluer tous les acteurs de cette mobilisation. Mais il reste évident que le président Affi et les autres cadres du parti qui sont libérés viennent apporter leur pierre à l’édifice qui a été maintenue contre vents et marées. Très peu de partis au monde auraient pu résister à la bourrasque animée par une coalition mondiale qui a secoué notre parti. Mais « nous sommes infrangibles » comme l’a dit récemment le Camarade Laurent Akoun. C’est l’âme que les pères fondateurs de notre parti lui ont insufflée.

Un tandem Affi et Katinan pour des actions politiques d’envergure sur le terrain est-il envisageable?

- Il n’y a pas de tandem Affi-Katinan. Il y a un chef de parti et un cadre de parti qui travaillent tous deux dans le cadre du parti. Ma mission du porte-parole ne peut s’exercer en dehors du parti. Je suis membre du Secrétariat général du Fpi et conseiller du président Affi Nguessan. J’ai une mission ponctuelle qui m’a été confiée par le président Laurent Gbagbo. Je l’exerce sous l’impulsion du parti. Il n’y a donc pas de tandem mais une unité d’action dans un objectif commun : obtenir la libération sans condition du président Laurent Gbagbo.

Quels sont selon vous les conditions d’un retour à la normalité politique en Côte d’Ivoire au moment où on parle de réconciliation, et au moment où, le régime a libéré certains de ses prisonniers politiques?

- La première c’est la libération du Président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la deuxième est la libération du Président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la troisième est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; l’avant dernière condition est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la dernière condition est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays.

Son peuple l’attend.

L’actualité politique est aussi le vote au parlement des lois controversées sur la nationalité et le foncier rural. En quoi ces lois votées sont-elles confligènes?

- Le Chef de l’Etat ivoirien a dit que ces questions étaient tellement importantes qu’elles ont justifié à elles seules la rébellion et toute la désolation qu’elle a semée dans le pays. De telles questions ne peuvent se régler sans un large consensus. Or l’on agit dans ce domaine comme si l’on voulait narguer les Ivoiriens. Je me suis largement prononcé sur ces question dans mon livre « Côte d’Ivoire, l’audace de la rupture » qui est dans les rayons des librairies depuis plus un mois. Il y a des matières explosives qu’il faut savoir manipuler. Depuis 1960 et même bien avant, les Ivoiriens sont restés constants sur la question de la nationalité. On ne peut venir les contraindre à la baïonnette et leur faire accepter l’inacceptable. Ces questions méritent un débat national. Le gouvernement ivoirien donne l’impression d’avoir un agenda caché aux Ivoiriens. La précipitation avec laquelle il opère sur ces matières est très suspecte. Il expose le pays à des risques graves pour des questions électorales. Je suis prêt à m’associer un front de refus de ces lois. Si nous restons inactifs devant cette opération de prédation de notre pays, nous seront autant comptables de ce qui pourrait advenir dans notre pays. Le gouvernement doit absolument ouvrir le débat. Je remarque que l’Onu s’est félicitée de l’adoption de ces lois. Vous comprenez donc l’issue de la crise postélectorale. La Côte d’Ivoire est devenue le champ d’implémentation des formules magiques sorties des laboratoires d’une gouvernance mondiale pilotée par l’Onu pour le bonheur du capitalisme sans morale. La loi sur la nationalité telle que votée va envenimer les conflits fonciers parce que la loi 98-750 du 23 décembre 1998 relative au foncier rural établit un lien solide entre la nationalité et le foncier. La nouvelle loi sur la nationalité prépare des lendemains sombres pour le pays. Il est indispensable que le peuple soit associé directement à la réflexion sur ces matières.

Selon des rumeurs, Bédié proposerait à Ouattara, son allié un poste de vice-présidence à la tête de l’Etat ce, en violation de la Constitution. Doit-on regarder les bras croisés l’application des textes conflictuels de Marcoussis ?

- Il y a eu tellement de violations de la Constitution en Côte d’Ivoire que finalement, elles tendent à s’ériger en principe. Linas-Marcoussis est pour moi, le cimetière de l’Etat ivoirien et de la démocratie. J’ai même entendu le président Bédié revendiquer l’application des accords de Linas-Marcoussis au Pdci, Il appartient au peuple suffisamment instruit d’exiger la résurrection de l’Etat ivoirien des enfers de Linas-Marcoussis.

En tant que Porte-parole du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, quels sont ses dernières nouvelles depuis qu’il a appris la décision de justice?

- Le président Laurent Gbagbo est resté égal à lui-même. Altruiste accompli, il se soucie du sort des autres même quand le sien est plus grave. La libération de chaque prisonnier politique lui apporte un soulagement. Il me charge d’ailleurs de transmettre toutes ses félicitations à tous les prisonniers qui ont recouvré la liberté. Il continue de prier pour les autres en espérant qu’ils recouvreront eux-aussi, leur liberté très prochainement.

A quel niveau se situe le combat pour sa libération des geôles de la CPI?

- Ce combat est celui de chacun de nous. L’on veut écarter le président Laurent Gbagbo de la vie politique en Côte d’Ivoire. Mais à la pratique, les promoteurs de cette idée se rendent compte qu’elle ne peut prospérer, parce que le peuple le veut ainsi. Depuis le début le schéma est resté identique. L’instrumentalisation de la politique pour éliminer un adversaire politique. Sinon comment expliquer que celui à qui l’on attribue l’entièreté des morts dans une guerre soit celui-là même qui l’a perdue. On dit Gbagbo a perdu la guerre, mais c’est lui qui a tué tous ceux qui sont morts. Le vainqueur de la guerre n’a tué personne. Nous devons continuer de nous battre pour le retour glorieux du président Laurent Gbagbo. C’est un combat qui ne peut connaître de répit. Il n’y a pas de repos pour celui qui combat l’injustice.

Y a-t-il espoir de le revoir parmi les siens en Côte d’Ivoire?

- Il ne s’agit pas d’un espoir, mais d’une certitude. Le retour du président Laurent Gbagbo est une exigence à la foi morale, spirituelle et politique. C’est toute la Côte d’Ivoire qui est maintenue en prison à la Haye. Et comme nul ne peut emprisonner définitivement tout un pays, le retour du président Laurent Gbagbo s’impose de lui-même, parce qu’il y a des formes d’injustice qui ne se rattrapent jamais et qui tuent définitivement tout le corps social. C’est La libération du président Laurent Gbagbo et son implication dans le débat politique qui marqueront le début de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour reprendre les paroles du sage du Fpi, le président Sangaré, Gbagbo n’est pas une partie du problème de la Côte d’Ivoire. C’est tout le problème de la Côte d’Ivoire. C’est donc avec lui et non en dehors de lui que l’on résoudra le problème de la Côte d’Ivoire. La fuite en avant a atteint le terminus.

 

Par Francesca Adeva, in le quotidien ivoirien "Le Temps", le 11 septembre 2013.

LES DIX STRATEGIES DE MANIPULATION DE MASSES

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1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. »
Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


Source: Facebook Institut AfricaMaat

13:47 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, les dix strategies de manipulation de masses, facebook institut africamaat | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

COMMUNIQUE DU COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS


côte d'ivoire,communiqué du comité pour la libération,des prisonniers politiques ivoiriens

 

Continuons le combat pour la libération de tous les prisonniers politiques, et du premier d'entre eux, détenu à La Haye, Laurent Gbagbo.

 

Sans la libération totale de tous les prisonniers, sans le retour de tous les exilés, sans la cessation totale des ethnocides de l'Ouest, sans le jugement du génocide de Duékoué, sans l'abrogation de la politique liberticide de rattrapage ethnique, sans l'annulation de la loi sur la naturalisation et l'apatridie, passée en force au détriment des ivoiriens et de leurs terres, sans la restitution des biens et le déblocage des comptes, sans le retour de la liberté d'expression et du débat démocratique, la réconciliation, condition de la reconstruction du tissu social, ne pourra se faire

La clé de la réconciliation se trouve à La Haye.

Abidjan, Paris  et la «communauté internationale» le savent

 

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A la date du 6 août 2013, le total cumulé des prisonniers politiques s’élevait à 708 personnes. Or, il y a quelques jours, 4 pro-Gbagbo, ou supposés tels, ont été jetés en prison. Ainsi, le régime de Ouattara continue-t-il sa fuite en avant en poursuivant allègrement sa logique de persécution et de violation généralisée des droits de l'homme.

Un mois et demi à peine après leur mise en liberté provisoire, le régime d'Abidjan menace déjà de reconduire en prison le Président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, et ses camarades : souffrant d'un déficit de légitimité, le régime d'Abidjan opte une fois de plus pour la réduction de toute contradiction idéologique par une instrumentalisation politique de la violence et de la justice.

D'ailleurs Alassane Ouattara et son ministre de la Justice et des droits de l’homme viennent de promettre la construction de 10 nouvelles prisons, affichant de la sorte publiquement leur volonté de durcir un des moyens de répression de la dictature qu'ils ont mise en place, depuis le 11 avril 2011, avec l'aide de la France et de l'ONU.

On sait que les camps illégaux de détention et de torture dont Amnesty international a dénoncé l'existence, continuent à fonctionner. Et que dans les locaux de la sinistre DST, des personnes soupçonnées d'être pro-Gbagbo sont gardées des jours entiers à l'intérieur de containers, dans des conditions que l'on ne souhaiterait à aucun animal.

Aujourd'hui, des prisonniers politiques, provisoirement libérés, souffrent de graves séquelles physiques dues à leurs conditions de détention. S'il est encore impossible d'évaluer précisément l'étendue et l'impact des conséquences des traumas moraux et physiques infligés par leurs tortionnaires, on sait par contre que les conséquences sont importantes et pour certains, terribles. Ainsi, Basile Mahan Gahé, secrétaire général de la centrale syndicale Dignité, qui n'a dû sa libération, après 18 mois de détention arbitraire et illégale, qu'au soutien sans faille de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la CGT-France, se trouve-t-il aujourd'hui dans un état critique qui a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam (Polyclinique Internationale Sainte Anne-Marie), à Abidjan.

Si la plupart des leaders politiques ont été libérés le 6 Août, il faut rappeler que Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu, pour ne citer qu'eux, croupissent encore dans leurs cachots, en violation totale de toutes les conventions internationales.

La quasi-totalité des prisonniers anonymes, quant à elle, se trouve à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan), dans des conditions carcérales de surpeuplement innommables.

Nous venons d'apprendre que les FRCI (soldats de l'armée ethnique Ouattariste) ont lancé une offensive sur les détenus de cette prison, hier, samedi 14 Septembre. On note plusieurs blessés dont deux cas graves (Source: Le blog d’Alain Doh Bi:

http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com).

Cette attaque fait suite à celle du 23 au 24 Juillet 2013, pour laquelle le "Collectif des femmes des détenus de la crise postélectorale" a dénoncé le massacre de 57 personnes dont 16 femmes.

Le Nord du pays, considéré symboliquement par le pouvoir comme le lieu le plus sûr, parce qu'étant la région natale des «vainqueurs» qui font régner leur «justice» à travers une terreur généralisée dans tout le pays, est la zone territoriale où ont été embastillées les personnalités proches de l'ancien président Laurent Gbagbo.

Aujourd'hui encore, 28 mois après la prise de pouvoir de Ouattara par la force, les arrestations et les persécutions  continuent en toute illégalité, sur la base de présupposés ethniques (en particulier contre des personnes originaires du sud du pays), de sympathies politiques et/ou de motifs infondés. Mais parmi les victimes du régime totalitaire d'Abidjan, se trouvent bien entendu des ressortissants du Nord persécutés pour leurs opinions, ce qui confirme le fait que Laurent Gbagbo est bel et bien le leader le plus transethnique d’entre les candidats à la présidentielle du 28 novembre 2010.

Enfin, le nombre total des réfugiés est estimé à 80 000 personnes, dont 52 839 assistées par le HCR.

Certains de ces exilés (en particulier des membres de l'élite intellectuelle et/ou  politique complètement décimée depuis le 11 avril 2011) sont même pourchassés jusque sur le sol de leurs pays d'accueil (Ghana, Libéria, Togo, Bénin) par les services secrets ivoiriens et les milices tribales à la solde de Ouattara.

A la veille du 11ème anniversaire du coup d'état le plus long de l'histoire (19 septembre 2002-11 Avril 2011), il est plus que temps que cessent le martyre du peuple ivoirien et l'ethnocide des populations de l'Ouest.

L'allégresse générale suscitée par la libération des prisonniers politiques, et l'accueil phénoménal réservé à Pascal Affi N'Guessan lors de sa tournée actuelle dans le pays, témoignent de l'existence d'un véritable soutien populaire à  Laurent Gbagbo et à la politique mise en place par le gouvernement courageux, intègre et socialiste du Professeur Gilbert-Marie Aké N'gbo, ainsi qu'à la cause qu'ils ont défendue jusqu'au bout, celle du droit du peuple ivoirien à son autodétermination, dans la légalité.

C'est pourquoi il est à noter, à deux ans d'hypothétiques élections présidentielles, que sans la libération imminente de Laurent Gbagbo, dont la nature politique du procès n'est plus à démontrer, et dont la relaxe est la condition sine qua non d'une véritable réconciliation nationale, la Côte d'Ivoire ne pourra que continuer son escalade vers la violence. Sans cela, si le pire n'est jamais certain, il pourrait bien rester à venir.

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Continuons à faire pression pour la libération totale des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire, et du premier d'entre eux, Laurent Gbagbo, pour leur réhabilitation et pour le retour de tous les exilés!

Justice et vérité sont les conditions non négociables du retour à la paix.

 

Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens.

 

Paris, le 15 Septembre 2013.

 

Contact du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens: 

prisonnierspolitiques.rci@gmail.com

dimanche, 15 septembre 2013

SYRIE: LA LETTRE D'UN ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE A FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d'adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.
 
 
 
Mexico, le 2 septembre 2013

Monsieur le Président de la République,


Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une  intervention militaire chirurgicale en Syrie.

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu'ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci  ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre,  et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

Après cette victoire  pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par  la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année  du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme  « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays  se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de  moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses.  Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur,  serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est  bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction  des moyens  du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

« O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler  que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez  aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées  par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour  mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.


Pierre Charasse, Français de l'étranger, contribuable et électeur.


UN JOURNALISTE QUITTE «LE MONDE» POUR ECHAPPER A LA CENSURE DU BUSINESS

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MICHEL COLLON : Le journaliste Hervé Kempf couvrait pour le « prestigieux » quotidien français la construction scandaleuse d'un aéroport anti-écologique à Nantes. Ses enquêtes étant de plus en plus “découragées”, il vient de quitter Le Monde pour garder sa liberté de publier. Il a découvert que Le Monde avait des intérêts liés avec les constructeurs de l'aéroport. Ceci rejoint notre analyse sur ce journal dans Les 7 Péchés d'Hugo Chavez : nous avions montré que les médiamensonges anti-Chavez et anti-Evo Morales de ce journal s'expliquaient par ses liens économiques avec les pires multinationales actives en Amérique latine. Seule l’info indépendante est vraiment libre. Le Monde est au service de ceux qui le payent. Et cela explique qu’il mente systématiquement sur chaque guerre de la France. Et refuse tout débat.

 

Ce 2 septembre, quinze ans et un jour après y être entré, je quitte Le Monde : en ce lundi, le dernier lien juridique entre ce journal et moi est défait, par le « solde de tout compte ».

Que je quitte volontairement un titre prestigieux étonnera peut-être. Mais certes moins que la raison qui m’y pousse : la censure mise en œuvre par sa direction, qui m’a empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre Dame des Landes.

Au terme de l’histoire que je vais ici retracer, il ne me restait qu’une issue, si je voulais conserver la liberté sans laquelle le journalisme n’a pas de sens : abandonner le confort d’un salaire assuré et de moyens de travail avant que soit étouffée la dernière marge d’expression qui me restait, la chronique Ecologie.

Abandonner le journal fondé par Hubert Beuve-Méry et vendu en 2010 est une libération. Je me lance dans l’aventure du site Reporterre, parce que plus que jamais, une information indépendante est nécessaire pour rendre compte du phénomène le plus crucial de l’époque, la crise écologique.

On trouvera ci-après le récit des événements ouverts le 5 novembre 2012 et qui ont conduit à cette décision. Les lecteurs qui en auront le temps trouveront dans C’était un autre monde une présentation de mon travail antérieur dans ce journal qui éclairera le contexte de cette affaire.

Rappelons simplement quelques dates :
 création du service Planète : octobre 2008 ;
 création de la chronique Ecologie : février 2009 ;
 prise de contrôle du Monde par MM. Bergé, Niel et Pigasse : juin 2010.

Notre Dame des Landes : il est interdit d’enquêter

J’ai suivi avec attention le dossier de Notre Dame des Landes depuis qu’en 2007, j’avais rencontré sur place des protagonistes du projet d’aéroport. J’y étais retourné en août 2009, enquêtant et présentant les arguments des uns et des autres, dans ce qui fut un des premiers articles de presse nationale abordant en détail le sujet.

Articles dans Le Monde du 11 août 2009.

Je gardais un oeil attentif sur ce dossier qui ne semblait pas vouloir s’apaiser. J’étais le journaliste qui publiait le plus d’articles sur ce sujet, comme en témoigne la base de données du Monde : sur les 155 articles ou brèves où apparaît l’expression « Notre-Dame-des-Landes » entre le 19 novembre 2005 et le 19 novembre 2012, 33 sont signés de moi, le deuxième auteur, Anne-Sophie Mercier, signant 14 articles, le correspondant local, Yan Gauchard, 10.

J’avertis, dans une chronique du 5 octobre 2011, que cette affaire serait délicate pour un gouvernement socialiste : « Il serait dommage qu’une éventuelle présidence socialiste s’ouvre par le spectacle de CRS évacuant des paysans et des écologistes pour faire couler le béton ». Mais ni M. Hollande, ni M. Ayrault, ne lisaient apparemment la chronique Ecologie.

En octobre 2012, des forces de police investissaient la zone de Notre Dame des Landes où est censé être construit un aéroport. Elles venaient déloger les quelques centaines de personnes qui s’y étaient progressivement installées durant les années précédentes.

Gendarmes à Notre Dame des Landes, octobre 2012

Je consacrais trois chroniques aux événements, dont deux peuvent être qualifiées de « scoop » : le 14 octobre 2012, j’avertissais de l’imminence d’une intervention policière, qui se produisit le 16 octobre ; le 21 octobre, je montrais que l’affaire n’était pas locale, mais bien nationale ; le 3 novembre, je révélais que M. Hagelsteen, le préfet de Loire-Atlantique qui avait préparé l’appel d’offres que remporterait ultérieurement la compagnie Vinci, avait plus tard été embauché par cette entreprise.

Durant toute cette période, entre la mi-octobre et la mi-novembre, je m’étonnais de la réticence du journal à suivre cette affaire, alors même que le service Planète aurait dû plonger sur ces événements qui étaient alors le principal sujet de l’actualité environnementale. Sur place, dans la ZAD (Zone à défendre), les forces policières puissamment armées détruisaient maison après maison, noyant le bocage sous le gaz lacrymogène, mais rencontrant une résistance farouche des nouveaux habitants de la zone, des opposants de toujours et des paysans. Ces événements étaient quasiment tus par Le Monde. Le journal publiait cependant le 27 octobre, alors que le résistance se renforçait, un article étonnamment titré "Le ciel se dégage pour l’aéroport de Notre Dame des Landes". J’avais demandé dès le 16 à partir sur place en reportage, la chef de service me dit que ce n’était pas possible pour des raisons budgétaires.

Je traitais donc le sujet, tant bien que mal, par la chronique Ecologie. Je dus m’absenter une semaine, juste après avoir publié, le samedi 3 novembre, l’information sur l’évolution professionnelle du préfet Hagelsteen. Ce papier fit du bruit : il intervenait à un moment où l’action policière échouait décidément à réduire la résistance. Alors que ce qui devait être expédié en deux coups de cuiller à pot se transformait en guerilla, cette information, comme tant d’autres éléments du dossier, montrait que la cause si obstinément défendue par le premier ministre était fort discutable.

Dans les jours suivants, en mon absence, un collègue était enfin envoyé sur place. Je revins le 12 novembre. Une grande manifestation devait avoir lieu le 16 novembre, elle s’annonçait d’ampleur importante. Je demandais à y aller, ayant suivi le dossier depuis le début. La chef de service s’y opposa. Au terme de l’échange, nous convînmes d’en référer au directeur adjoint de la rédaction, Didier Pourquery. J’allais voir celui-ci une heure plus tard. Il me dit que, par ma chronique, mes livres, j’étais “trop marqué" et que je ne pouvais pas couvrir le sujet. J’objectais que mes livres n’avaient pas évoqué le sujet de Notre Dame des Landes, que les chroniques avaient "sorti" des informations exclusives et exactes sur ce dossier, que, par ailleurs, j’écrivais dans les autres pages du journal différemment que dans la chronique qui, par nature, adoptait un ton et un angle fortement marqués. Mais non, "moi, directeur de la rédaction, je décide que tu n’iras pas". Mais ne pourrais-je travailler avec un autre collègue ? Non. Faire au moins un papier "magazine" dans le supplément hebdomadaire du journal ? Non. Nous parlâmes assez longuement, mais la réponse était tranchée : je ne pouvais pas couvrir Notre Dame des Landes pour Le Monde, hors la chronique. Je n’obtins qu’une chose : pouvoir partir en reportage sur mon temps libre pour celle-ci et pouvoir le raconter sur Reporterre.

Il m’envoya en fin d’après-midi un courriel indiquant : « Bonsoir, En effet Hervé tu as bien noté que je ne souhaite pas que tu suives ce dossier pour le journal (ni pour le M d’ailleurs). Et j’ai bien noté que tu irais sur le terrain en tant que Hervé Kempf chroniqueur ’engagé’. Tout est clair
Merci Didier »
.

Je répondis : « J’irai sur le terrain en tant que journaliste. Je ferai mon travail, qui est de témoigner de mon époque, en relatant honnêtement un moment important de l’histoire du mouvement écologique.
Dans le contexte actuel, le terme de chroniqueur
’engagé’ me paraît injurieux – à moins que l’on parle des ’éditorialistes engagés’ quand trois éditoriaux avalisent le Traité TSCG, ou de ’chroniqueur engagé’ à propos de notre camarade assurant la chronique Europe, aux vues très tranchées. J’en reste à ces exemples. »

Contre tous les usages, j’étais dessaisi sans raison valable d’un dossier que j’avais couvert et fait mûrir depuis le début. On me bloquait les reportages, mais aussi les enquêtes sur une affaire où les intérêts économiques paraissaient singulièrement tortueux. En m’interdisant de traiter ce sujet, en refusant de donner écho à ce que je pourrais voir ou trouver dans mes enquêtes, on assumait le fait que Le Monde ne creuserait pas le dossier de Notre Dame des Landes. C’était, de fait, une censure.

Que faire ? A court terme, préparer mon reportage (qui s’effectuerait à mes frais) et prendre rendez-vous avec Erik Izraelewicz, qui fut calé le lundi suivant. Je partis le jeudi pour Notre Dame des Landes. Dans l’espace confiné des 2 400 signes de la chronique, je restituais un constat essentiel de la lutte : les "zadistes" et les "historiques" ne s’étaient pas divisés, comme l’avait espéré le pouvoir, c’était au contraire leur alliance contre la répression qui avait fait échouer celle-ci (« Solidarité écologique »). Et sur Reporterre, je racontais ce que j’avais vu durant ces trois jours magnifiques. Dans un registre d’écriture propre au média, bien sûr, ce n’était pas le reportage que j’aurais écrit dans Le Monde.

La rencontre, lundi 19 novembre, avec Erik Izraelewicz, n’aboutit à rien. Nous discutâmes franchement, quoique calmement, car l’estime était, je crois, réciproque. Il me dit presque d’entrée de jeu qu’il soutenait sa direction. Il me reprocha l’accroche de mon reportage, en forme d’allégorie. Je lui répondis que c’était la réponse à la déloyauté du journal à mon égard. Il me dit que j’avais désobéi en allant à Notre Dame des Landes, à quoi je répondis que Didier Pourquery m’y avait autorisé. J’évoquais l’idée que le journal aurait pu subir des pressions à propos du traitement de ce dossier. Erik dit que c’était injurieux.

Plus tard, des indices concourrant me firent penser que l’hypothèse de pressions d’un propriétaire sur le journal à propos de Notre Dame des Landes était pensable. Ce sont des indices, pas des preuves. Je les publierai si cela parait nécessaire au public.

Mais mon propos n’est pas de savoir pourquoi la direction du Monde a bloqué mon travail de journaliste. S’il y a eu pression, elle devait y résister. S’il n’y en pas eu, elle devait me laisser travailler. Le journal aurait pu discuter des sujets, travailler les angles, m’associer un autre journaliste. Mais non : la direction ne discutait pas, elle interdisait. Le contrat de liberté qui fonde la légitimité de la presse était rompu.

Je ne lâchais pas le morceau. J’allais voir les uns et les autres, interrogeais le syndicat, faisais front face à l’agressivité de la hiérarchie. Nous avions convenu avec Erik Izraelewicz de nous revoir. J’appelais son secrétariat pour prendre rendez-vous. Sa secrétaire me dit, affolée, "Erik va mal, les pompiers sont dans son bureau". Le directeur du Monde décédait le soir même, 27 novembre.

Nous n’étions pas d’accord, mais je le respectais. C’était un homme droit, il écoutait.

La vie continua. L’affaire n’était pas close. Il me restait la chronique. Je continuais à travailler avec les moyens du bord. Le 2 décembre, m’appuyant sur le travail de contre-expertise des opposants au projet de Notre Dame des Landes, la chronique Ecologie montrait comment, dans l’enquête publique, l’Etat avait manipulé les chiffres pour présenter comme profitable le projet. J’étais coincé dans les 2 400 signes d’un article enfoui au fond du journal ? Rien n’interdisait de développer la démonstration sur internet. De nouveau, ce travail repris par d’autres sites, eut un réel écho.

Mais un journaliste ne peut pas enquêter durablement sur les sujets délicats si le média qui l’emploie ne le soutient pas. Il y faut du temps, quelques moyens, la discussion avec des collègues motivés, la force de la carte de visite. Je savais dans quelles directions il faut porter le regard, l’indiquais dans la chronique du 16 décembre ("Voici le programme") et notamment sur "le comportement des grandes firmes de génie civil et concessionnaires, à la puissance financière devenue énorme et qui, par des formules de type partenariat public privé, s’assurent la gestion d’opérations qui sont logiquement de la responsabilité publique. »

Je vis le directeur par intérim, Alain Frachon, le 5 décembre. Discussion intéressante, mais qui n’aboutit à rien : le fond du problème était nié. Dans une lettre qu’il m’écrivit le 17 décembre, il exprima le point de vue officiel de la direction : « Ce ne sont pas tes compétences qui sont en question, mais un problème d’image : nous tenons à ce que l’approche du journal reste aussi impavide que possible, tout particulièrement dans les pages Planète ».

A quoi je répondis : « Impavide, nous dit le dictionnaire, signifie ’qui n’éprouve ni ne manifeste aucune crainte, aucune peur’. De quoi le journal pourrait-il avoir peur ? En quoi mon travail de journaliste et de révélateur d’aspects dérangeants du dossier Notre Dame des Landes pourrait-il empêcher le journal de ne pas avoir peur ? »

Une réponse possible à cette question est que Le Monde avait peur de déplaire aux promoteurs du projet d’aéroport.

La fin

Je ne détaille pas les mois suivants, qui ont été pénibles. On voulait me transformer en coupable. Les événements prirent une telle tournure que le délégué du personnel me conseilla de consulter le médecin du travail, qui m’orienta vers une psychologue. J’allais bien, heureusement, même si le choc était rude. Je découvris alors que plusieurs de mes collègues étaient en dépression nerveuse, qu’une mission sur les risques psycho-sociaux était menée dans l’honorable journal, qu’une plainte pour harcèlement moral était engagée par une collègue.

En mars, une nouvelle directrice du Monde fut désignée par les actionnaires. Une de ses premières réformes fut de rétrograder le service Planète, pourtant bien peu remuant, en un pôle subordonné au service International. Le journal lançait une formule marquée par un cahier consacré à l’Economie et aux entreprises, signe de la ligne nouvelle, qui visait la clientèle des "responsables" et CSP +++.

Le Débat national sur la transition énergétique, peu traité par le journal, trouva soudain une vive expression, le 17 mai, sous la forme de quatre pages axées sur « la compétitivité des entreprises » et majoritairement rédigées par des journalistes économiques extérieurs à la rédaction. On expliquait que l’enjeu essentiel d’une nouvelle politique énergétique était la compétitivité des entreprises, que le gaz de schiste réveillait l’industrie américaine, que la politique énergétique allemande produisait maints effets pervers. Un colloque organisé par l’Association française des entreprises privées (les cent plus importantes) et le Cercle de l’Industrie (fondé naguère par Dominique Strauss-Kahn) avec Le Monde accompagnait cet exercice de communication, qui remerciait Alstom, Areva, GDF-Suez, Arkema, Lafarge, etc. Ces partenaires avaient-ils apporté 35 000 euros au journal pour prix de ces quatre pages, comme me l’indiqua un collègue bien placé pour le savoir ?

Le 18 juin, Le Monde organisait, avec l’Institut de l’entreprise, l’International summit of business think tanks (Sommet international des cabinets de réflexion sur les affaires), "avec le soutien de Deloitte et Vinci". Pour préparer cet important événement, des entretiens avec des chefs d’entreprise furent publiés, le premier avec Xavier Huillard, président de Vinci.

Xavier Huillard, PDG de Vinci

L’environnement gênait. Plus que jamais, la chronique Ecologie divergeait des éditoriaux et des autres chroniques. Cela restait un espace de liberté, mais dans une atmosphère de plus en plus pesante.

En juin, une actualité obligea à supprimer la page du journal qui comprenait la chronique Politique. La direction de la rédaction décida de déplacer cette page au lendemain, et de supprimer de ce fait la chronique Ecologie qui devait paraitre ce jour. C’était un choix éditorial net, qui marquait quelle était la priorité. Pour la première fois depuis sa création, cette chronique était supprimée. On allait me conduire à une lente asphyxie. Nous échangeâmes des courriels, puis des lettres.

J’allais voir Louis Dreyfus, le président du directoire et directeur de la publication, et nous convînmes qu’une rupture conventionnelle de contrat était la solution idoine. J’étais libéré.

Le quotidien de l’écologie

Libéré... et chômeur. Dans toute cette lutte, je n’ai pas cherché à "voir ailleurs". Un média aura-t-il le désir de travailler avec un bon journaliste d’environnement, libre, produisant régulièrement des informations et des idées nouvelles, apprécié du public ? On verra. Le téléphone est ouvert.

Mais dans le secteur économique dévasté qu’est devenue la presse, et largement dominé par les intérêts capitalistes, le journalisme environnemental est relégué, de nouveau, à la position de cinquième roue du carosse, voire de gêneur. Ce qui compte, dans l’atmosphère délétère d’un système qui ne proclame la démocratie que pour mieux renforcer les logiques oligarchiques, c’est la croissance, l’économie, la production.

On ne peut plus feindre qu’il y aurait des journalistes "engagés" et d’autres qui seraient neutres. Derrière la bataille pour l’information se joue celle des priorités, et les choix de priorité renvoient à des visions différentes du monde. Le 11 juillet 2012, sur France Inter, Matthieu Pigasse, vice-président de la banque Lazard en Europe et co-propriétaire du journal Le Monde était interviewé - présenté, d’ailleurs, comme "engagé". La vision de la crise par M. Pigasse était révélatrice. La question des inégalités et de la répartition des richesses n’était pas évoquée, comme si elle n’avait aucune part dans les difficultés. Et pour résoudre le problème de la dette, une seule solution : la croissance. « La mère de toutes les batailles est la croissance », selon M. Pigasse. Qu’il pourrait y avoir une tendance historique à la stagnation de la croissance économique dans les pays riches était hors sujet. Quant à l’idée d’écologie, elle était aussi absente de l’entretien que l’existence des Martiens.

Je ne reproche à personne cette vision des choses. Simplement, il en est une autre tout aussi légitime, et qui ne trouve pas sa place dans les médias : celle selon laquelle la crise écologique mondiale est le phénomène actuel essentiel, sur les plans historique, économique et géopolitique. Et que c’est autour de ce phénomène - qu’il faut mettre en relation avec l’inégalité record qui structure la majorité des sociétés nationales comme les rapports entre Nord et Sud, en relation aussi avec la lutte pour la démocratie qui anime tant de mouvements populaires à travers le monde -, c’est autour de cette question centrale que peut et doit s’orienter la hiérarchie de l’information.

Nous manquons de lieux où s’expose nettement cette problématique, où se présentent les informations et les reportages qui l’expriment, où l’on lise les débats et réflexions vigoureuses qu’appellent les nouvelles questions qui se posent, où les mouvements sociaux et les luttes "d’en bas" soient racontés, où les mille alternatives et solutions nouvelles que créent autant de citoyens qui savent que, oui, "un autre monde est possible" seront décrites, comme ailleurs, on relate les aventures des entreprises du CAC 40.

Eh bien, nous allons développer ce lieu nécessaire, ce "quotidien de l’écologie". C’est Reporterre.

Faiblesse de nos moyens face aux millions des oligarques qui contrôlent les médias. Nous ne sommes rien, ils sont tout. Mais nous avons ce que l’argent ne peut pas acheter : la conviction, l’enthousiasme, la liberté.

 

kempf@reporterre.net

 

In REPORTERRE


Source: MICHEL COLLON.INFO

samedi, 14 septembre 2013

AFFI NGUESSAN ANNONCE LA LIBERATION DE GBAGBO ET DE SIMONE DEPUIS MOOSSOU


AFFI NGUESSAN 3. PASSATION.jpg

Affi Nguessan, le 07 septembre 2013, au siège du FPI à Cocody Attoban
 

Lundi 09 septembre 2013, Pascal Affi N'guessan, président du Front populaire ivoirien, était sur les terres de la première Dame Simone Ehivet Gbagbo, à Moossou (Grand Bassam) où il a été accueilli en triomphe par la population.
 
A cette population massivement sortie, Affi N'guessan a apporté la bonne nouvelle: Celle de la libération prochaine de leur fille Simone Ehivet Gbagbo, incarcérée injustement et dans des conditions inhumaines au Nord de la Côte d'Ivoire, dans les geôles de la dictature Ouattara.
 
Et celle aussi de la libération prochaine du Président Laurent Gbagbo, injustement incarcéré à la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir respecté la constitution de son pays, et contre qui la procureure Fatou Bensouda n'a aucune preuve.
 
Pour Affi N'guessan, Gbagbo et Simone seront bientôt libérés, car ils sont indispensables à la réconciliation nationale et à la paix.
 
De même que tous les prisonniers politiques qui croupissent dans toutes les prisons du pays, parfois dans des conteneurs, devront être libérés. Leurs comptes et leurs biens devront leur être rétrocédés car la politique actuelle du régime Ouattara, c'est d'affamer le peuple ivoirien pour le réduire à la mendicité, afin qu'il n'ait pas la force ni le courage de revendiquer ses droits. Sans oublier les milliers d'exilés politiques qui ont fui la dictature actuelle, qui doivent aussi revenir au pays. C'est le minimum pour que le pays s'inscrive sur la voie de la réconciliation nationale et la paix.
 
Message reçu cinq sur cinq par les populations de Moossou.
 

Eric Lassale
 
 

vendredi, 13 septembre 2013

LIBERATION DES DOMICILES OCCUPES, PROVOCATIONS DE WATTAO - PAUL KOFFI KOFFI AVOUE SON IMPUISSANCE FACE AUX FRCI


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Alors qu’il est directement connecté à Alassane Ouattara, le ministre délégué à la Défense semble n’avoir aucune force face aux dérives des ex-rebelles.


Invité de la RTI, hier mardi 10 septembre 2013, le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi s’est prononcé sur un certain nombre de questions militaires, notamment la réforme de l’armée. En tout cas, sur ce sujet le «sécurocrate» de Ouattara a relevé les dysfonctionnements dans l’armée, notamment les cas d’indiscipline, où des «lieutenants donnent des ordres à des généraux», ou encore les cas où des sous-officiers et officiers se donnent à un jeu d’interviews interposés, créant ainsi la «zizanie» dans la hiérarchie militaire. Bien entendu, il pointait, sans le dire, l’incroyable entretien accordé au quotidien Nord-Sud par le commandant Issiaka Ouattara dit « Wattao », dans lequel il défiait quasiment ouvertement l’autorité du commissaire Youssouf Kouyaté, son supérieur au sein du CCDO. Selon Koffi Koffi, il est temps de mettre de l’ordre dans l’armée et de faire cesser les cas d’indiscipline pour avoir désormais une armée républicaine, respectueuse de la hiérarchie militaire.

C’est sur la question de la libération des résidences et sites privés ou publics occupés par les Frci, depuis la fin de la crise postélectorale,  que le ministre de Ouattara a eu ses propos les plus scandaleux. Alors qu’il avait annoncé le mois de juillet pour la libération des résidences et autres, Paul Koffi Koffi a été on ne peut plus flou dans ses explications. Il a fait savoir qu’il faut employer la diplomatie et le dialogue pour aboutir à la libération de ces maisons par les Frci. Plus grave, il a invité les propriétaires de résidences occupées à engager des procédures judiciaires contre les «occupants illégaux» de leurs maisons, et à saisir des huissiers de justice pour entrer en possession de leurs biens. C’est bien un aveu d’impuissance et d’incapacité dont fait montre celui là même qui avait promis quelques mois en arrière, une période de sensibilisation suivie de la période de répression. Eh bien, il faudra encore attendre la providence divine pour espérer entrer à nouveau en possession de ses biens mobiliers ! Selon lui, avec les Frci qui occupent encore des résidences privées et autres, la procédure est encore plus délicate, pour éviter qu’on en arrive à des «coups de feu». A l’entendre l’on est en droit de se demander s’il existe bien une autorité ? A moins que les autorités ivoiriennes ne veuillent voir perdurer cette situation…


Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 12 septembre 2013

LETTRE AUX FRERES ET SOEURS SYRIENS - OBJET: «I HAVE A DRONE»

                                                              

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Chers frères et sœurs syriens, j’ai décidé de vous écrire car comme hier mon pays, la Côte d’Ivoire, a été attaquée par la France Sarkozienne avec la complicité des Etats Unis d’Obama après avoir épuisé 8 ans durant une liste impressionnante de faux prétextes et aujourd’hui, si le congrès américain l’autorise, ses deux pays  s’apprêtent à livrer bataille contre vous quel que soit le temps que cela prendra pour trouver le bon prétexte. Il est vrai que je continue, quand je n’ai pas le choix, de consommer français ou américain et donc je contribue au financement des armes qui s’apprêtent à vous « protéger » en vous tuant et vous poussant à l’exil pour occuper votre pays avec des  apatrides armés qui seront demain plus syriens que vous. Ayant vécu en direct la crise ivoirienne, je constate que les arguments utilisés par les initiateurs de la guerre (courte guerre, frappes ciblées, pas de troupe au sol) pour tromper les opinions publiques  pour arracher leur soutien, reviennent en force. Finalement, ils ont fait tout le contraire de ce qu’ils avaient promis et sont allés au-delà de ce que la résolution onusienne autorisait en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire après les bombardements illégaux et injustifiés de Sarkozy qui ont ciblé les armes d’origine russe et laissé intact les armes d’origine française, le nombre de massacres et d’exécutions sommaires, d’emprisonnements arbitraires se sont multipliés sous le gouvernement de l’obligé de Sarkozy qui utilise des armes exclusivement françaises sans que la même émotion contre Laurent GBAGBO ne visite les champions de l’impunité et les protecteurs du peuple ivoirien. Hollande a-t-il tiré les bonnes leçons de la crise ivoirienne malgré le geste en faveur de la libération de quelques prisonniers politiques célèbres dont le Président du principal parti d’opposition ou applique-t-il la règle du pompier pyromane ? On se pose la question au regard de son attitude sur la question syrienne.

Ainsi, je m’en voudrais terriblement de ne pas vous faire partager l’expérience ivoirienne. J’ai donc décidé de vous écrire cette lettre…

Comme hier en Côte d’Ivoire,  il était question de frappes ciblées, de courte durée, contre les armes lourdes que le Président légitime, légal de la République de Côte d’Ivoire était supposé utiliser contre son peuple c’est-à-dire ses propres électeurs.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le Président Laurent GBAGBO aurait tué sept (7) femmes avec « ses armes lourdes » ; il est apparu que c’était un film tourné avec de vrais acteurs de cinéma pour émouvoir l’opinion publique et arracher une résolution de l’ONU.

 Je suis convaincu que la fameuse ligne rouge franchie par votre Président avec des armes chimiques qu’il aurait utilisées contre son peuple est encore un film sorti des studios d’Hollywood et que même s’il y a eu utilisation d’armes chimiques, l’auteur direct n’est pas obligatoirement un pro-Bachar.

 Je vous informe qu’en Côte d’Ivoire pendant la guerre de huit (8) ans de la France contre la Côte d’Ivoire, la France de Chirac n’a eu aucun scrupule à bombarder ses propres soldats à Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire, pour faire porter la responsabilité au Président GBAGBO et détruire toute la flotte aérienne d’origine russe de l’Etat ivoirien.

Je vous informe aussi que le Président GBAGBO a été arrêté, déporté à la Cour Pénale Internationale depuis  2011. Mais, jusqu’aujourd’hui, les accusateurs que sont la France, les USA, l’Union Européenne avec la contribution de tous les services secrets qui ont brandi aux yeux du monde entier les preuves du massacre des sept (7) femmes par Laurent GBAGBO, n’ont pas pu apporter, après trois ans d’enquête, le moindre élément factuel solide pour convaincre les Juges de la CPI attestant la culpabilité de Laurent GBAGBO d'avoir tué ces femmes et encore moins à l'arme lourde.

Comme hier en Côte d’Ivoire, ils ont tous criés que le crime contre ces femmes ne peut rester impuni mais par contre leur agent installé au pouvoir a massacré 800 personnes de même ethnie avec des armes d’origine française, un véritable génocide qui reste aujourd’hui impuni.

Comme hier en Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO  a été désigné comme co-auteur indirect du massacre de son peuple, mais jusqu’aujourd’hui les auteurs directs n’ont toujours pas été identifiés pour qu’ils désignent leur donneur d’ordre. De même, Bachar Al Hassad est désigné comme responsable d’utilisation d’armes chimiques sans qu’aucun coupable ne soit formellement identifié pour qu’il indique Bachar Al Hassad comme le donneur d’ordre. L’occident, parti pris au conflit, s’est érigé en juge du droit international contre le principe sacro-saint de la présomption d’innocence  et décide de frapper la Syrie en ne faisant même pas l’hypothèse de la réaction des alliés de Bachar en cas de propagation des dégâts collatéraux comme au Mali ou pire, comme Pearl Harbour qui a précipité les USA dans la seconde guerre mondiale malgré leur neutralité initiale.

Ainsi les Etats occidentaux jouent avec le feu et  hiérarchisent en grands frères et petits frères les Etats où les premiers jugent et frappent les seconds mettant de côté les institutions et règles qu’ils se sont librement données pour gérer les relations internationales entre Etats souverains. Nous constatons que ces pays, les USA, la France et la Grande Bretagne qui se sont érigés "Shérifs planétaires" font partie du Top 10 des plus gros exportateurs d'armes au monde.  Avouons-le tout net, l’ONU comme hier la société des nations, est aujourd’hui incapable de régler pacifiquement les relations entre nations souveraines face à la poussée des industries d’armement qui alimentent le nazisme économique : occupation militaire, domination monétaire et économique, consommation forcée, soumission, exécution ou contrainte à l’exil des populations.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la première cible frappée par la France n’était plus uniquement les armes lourdes d’origine russe mais la télévision ivoirienne, l’Université d’Abidjan et le palais présidentiel qui a reçu à lui seul 50 bombes dont une qui a frappé le mur de la chambre du Président, heureusement il n’était pas dans sa chambre.

Je suis convaincu que ça sera les mêmes cibles chez vous avec le même objectif : Eliminer  les seules armes lourdes qu’ils recherchent : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien ; détruire tout l’arsenal militaire d’origine non occidentale. L’arrestation du Président GBAGBO ayant permis de mettre à nu le complot et les mensonges d’Etat servis à la communauté internationale, je suis convaincu d’une chose : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien subiront le même sort que KADHAFI ou SADDAM HUSSEIN et leurs états respectifs si le monde entier continue de rester sourd et aveugle au nazisme économique de l’occident en crise.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le terme « courte période » n’étant pas normalisé par l’ONU seul le temps pour arrêter ou tuer Bachar et décimé l’Etat Syrien, sera le temps que prendront les bombardements. En une seule journée, plusieurs cibles peuvent être atteintes par les missiles Tomahawk. En Libye, pour la seule journée du 19 mars 2011, l’OTAN a tiré 124 missiles Tomahawk et touché une vingtaine de cibles. En Côte d’Ivoire, ces bombardements par la France ont commencé le 28 Mars 2011 pour se terminer le 11 Avril 2011, date de l’arrestation du Président Laurent GBAGBO mais la guerre des rebelles armés par la France de Chirac et de Sarkozy a démarré le 19 septembre 2002 pour prendre fin le 11 avril 2011.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le 11 avril 2011, contrairement aux déclarations initiales qui ne prévoyaient pas de troupes au sol, ce sont les troupes françaises qui sont descendues sur le terrain à bord d’une cinquantaine de chars pour prendre possession du palais présidentiel ayant résisté à la pluie de bombes pour arrêter le Président Laurent GBAGBO.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs que pendant cette « courte période », tout l’appareil d’Etat sera détruit, le peuple syrien sera enfermé chacun chez lui sans eau, sans électricité, sans gaz avec tous les hôpitaux, pharmacies et commerces fermés. Les malades mourront dans les hôpitaux, les femmes enceintes  accoucheront à domicile et celles qui auront besoin d’une césarienne mourront, les bébés seront privés de lait. La faim, la soif, la maladie seront vos amis. Les toilettes  de vos maisons seront remplies et vous dormirez avec vos urines et vos déchets. Les missiles Tomahawk, équipées souvent d’ogives nucléaires ne feront pas la différence entre pro et anti-Bachar. Les cadavres seront ramassés, incinérés et les cendres jetées à la mer pour effacer les traces et faire croire que les frappes étaient des frappes chirurgicales sans effet collatéral. Tout cela se passera hors caméra.

Paradoxe des paradoxes, punir un « présumé coupable » reviendra à punir des innocents. Autre paradoxe : punir un chef d’état supposé avoir violé le droit international passera par la violation de ce même droit édicté par la charte des Nations Unies qui recommande l’accord du conseil de sécurité pour l’usage de la force dans les relations entre états souverains sauf en cas de légitime défense. Sommes-nous dans un cas de légitime défense ? Certainement pas. Quel est l’avenir de l’ONU en cas de « frappes punitives » sans son aval ? Un machin qui risque de disparaitre comme son géniteur : la SDN. Quel est l’avenir de de la Syrie en cas de frappes ? Une poudrière djihadiste.

Chers frères et sœurs, sachez que quand l’industrie militaire a soif de profit, la vie, la morale et le droit ont  peu d’utilité et les commerçants de la mort n’ont pas  de limites.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la destruction de l’appareil d’Etat exposera le pays à un pillage sans précédent des commerces et des domiciles.

Comme hier et aujourd’hui en Côte d’Ivoire la destruction de l’appareil d’Etat ouvrira tout le pays à une foule de rebelles sans foi ni loi, qui se proclameront Syriens à la place des Syriens, exécutant sur dénonciation tous ceux qui seront de loin ou de près désigné pro-Bachar. Une foule de Syrien sera contrainte à l’exil, sans protection contre la faim ou d’un simple abri de la part de ceux qui sont soi-disant, venus  vous protéger, abandonnant ainsi champs, commerces, usines, domiciles entre les mains de rebelles sans identité fixe qui s’en approprieront à souhait.

Comme hier en Côte d’Ivoire, même les bénéficiaires du complot qui seront à la tête du pays n’auront pas la main mise sur cette foule de rebelles et le pays sera exposé à une insécurité permanente. La punition frappera donc tous les innocents qui vivront au rythme des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, des tortures et des emprisonnements. Tout ceci se passera hors camera.

Comme hier en Côte d’Ivoire, tous ceux qui étaient venus avec le prétexte de vous protéger, ne parleront plus de vous dans leurs medias. Ils fermeront les yeux sur les massacres quotidiens des nouveaux seigneurs de guerre et leurs parrains installeront les principes du nazisme économique pour vous vendre de nouvelles armes sous prétexte de reconstruction de l’armée et  pomper en silence sans taxe ni autorisation toutes les richesses du sol et du sous-sol au nom de la démocratie et des droit de l’homme.

Comme hier en Côte d’Ivoire, cette guerre intervient au moment où les USA sont proches de la cessation de payement. La France, quant à elle, recherche désespérément une croissance économique et vient de recevoir, comme par enchantement, une commande de un (1) milliard d’Euros de l’Arabie Saoudite, principal financier et allié de la rébellion Syrienne et des USA dans la crise syrienne. Est-ce pour acheter la participation de la France et son  soutien indéfectible à la guerre ? Car l’histoire n'avait-elle pas donné raison à la France quant à sa position de "non participant" à la 2ème guerre américaine contre l’Irak ? Secret d’État. Cette hésitation dans le camp européen montre à quel point cette guerre pour punir Bashar, est difficilement  justifiable.

La défection européenne est venue de là où personne ne l’attendait : Londres.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs, que cette guerre n’est pas pour vous protéger mais pour protéger l’industrie d’armement de ces pays « shérifs de la terre » qui maquille leur commerce de la mort par une action humanitaire. Sinon, ils allaient commencer par protéger les millions d’exilés sans toit et ils n’auraient pas craint la présence des experts de l’ONU qu’on pressait de quitter les lieux pour cause de bombardement imminent. C’est pour protéger l’industrie d’armement en prenant possession de votre économie par la force après  avoir accompagné certains d’entre vous au cimetière ou en exil.

Comme hier pour le cacao ivoirien, le financement de cette guerre sera fait par l’étranglement du marché du pétrole pour faire flamber les prix au profit des pétrodollars qui soutiennent et financent la rébellion. Tout le monde entier sera puni en payant cette guerre pour le malheur des syriens et pour le bonheur éphémère de l’industrie militaire américaine qui sera momentanément sauvée de la faillite, le temps d’une autre cible et d’une autre crise de surproduction d’armes.

Chers frères et sœurs syriens, sachez que la Côte d’Ivoire a souffert et souffre encore, comme plusieurs autres pays, de ce nazisme économique et que vous pouvez l’éviter si vous opter franchement et sincèrement pour un compromis politique quel que soit le temps que prendront les négociations afin de préserver le  bien le plus précieux d’un pays : l’Etat.

Je sais que certains de vous n’aiment pas Bachar,  mais je vous en prie, aimez votre pays et évitez de mettre sous la guillotine la tête de Bachar, en même temps que votre pays !

 Vous le regretterez comme c’est le cas aujourd’hui pour beaucoup d’Ivoiriens, entre autres, qui ont soutenus la rébellion et ses alliés. Car demain, ce seront leurs experts (militaires, économistes, santé, etc.) qui viendront vous dicter la gestion de votre pays, alors vous découvrirez que la Syrie est sous tutelle.

Si le besoin de punir peut faire avancer la résolution du conflit, il ne revient pas à l’exécutif d’un autre pays de faire justice, le mode d’identification des coupables et leur punition peut faire partie de la solution politique.

Chers frères et sœurs, Obama s’était battu contre la guerre de Bush en Irak parce qu’il avait jugé les preuves insuffisantes et l’intervention sans l’ONU illégale. Il se présente comme l’héritier du plus pacifique des américains : Martin Luther KING qui avait lancé la fameuse formule « I have a dream ». Obama peut être fier de l’héritage en lançant  « I have a drone ». De même Hollande s’est opposée à la guerre de Bush contre l’Irak pour les mêmes raisons et s’est retiré de l’Afghanistan pour faire des économies. Ils étaient tous deux convaincus que la crise économique et la réduction du chômage pouvaient être résolues sans faire la guerre comme Bush. Face à la concurrence des pays émergents, l’économie de marché ne marche plus pour l’occident. Le secteur de l’industrie des armes est le seul sauveur. La guerre suivie de l’occupation militaire et économique en accompagnant des citoyens du pays occupé au cimetière et en exil, restent l’unique alternative pour réduire le chômage, le déficit de la balance commerciale, le déficit budgétaire et  financer la croissance. Même cette solution est devenue éphémère et ne profite qu’aux paradis fiscaux et quelques intérêts privés. Ironie du sort, Obama, prix Nobel de la paix, héritier de Martin Luther King, fait la guerre avec Hollande dans les mêmes conditions que Bush pour tenter de redresser leur économie. Ils font leur devoir de Président élu pour donner de l’emploi à leurs concitoyens et protéger leurs industries stratégiques.

Chers frères et sœurs, faites le vôtre en disant non à la guerre et oui à une solution politique pour protéger vos domiciles, vos activités économiques et vos emplois. Je vous préviens, vous regretterai tout autre choix.

Chers frères et sœurs Syriens,

Je sais que vous n’aurez pas cette lettre car aucune presse internationale n’osera la publier. Je la considère comme une  bouteille à la mer.


Par le  Dr Cheick DIABATE

Enseignant chercheur, Université du Colorado

(USA)

mercredi, 11 septembre 2013

LA CRISE MORALE DES SOCIALISTES FRANÇAIS ET LE CAMARADE LAURENT GBAGBO

 

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Nombreux étaient les Africains francophones qui, en 2012, lors des élections présidentielles françaises, avaient adressé des prières au ciel pour qu'il les débarrassât de Nicolas Sarkozy. Une fois leurs vœux exaucés, ils s'étaient mis à espérer une politique plus ferme de François Hollande à l'égard de la dictature qui commençait à se mettre en place en Côte d'Ivoire. Ils ont attendu. Ils n'ont rien vu venir. Certains se demandent s'il faut encore espérer.

Au regard de l'esprit actuel des socialistes, on est tenté de leur dire que l'espoir n'est pas permis sans un petit miracle. Car, au-delà de l'impasse économique dans laquelle se trouve la France et qui demande une autre voie d’étude - excellemment analysée par Fernand A. Dindé dans son article « La France doit se réinventer ou périr » - le mal français trouve aussi son explication dans l'éloignement des valeurs morales. Et ceux qui ont perdu quelque chose dans ce domaine, ce sont les socialistes. Quand Jean-Marc Ayrault clamait le 25 août 2013 à la clôture de l'université d'été des socialistes à La Rochelle qu'il leur faut « se réinventer », c'est qu'il était conscient que son parti s'est éloigné de ses valeurs premières. En effet, depuis quelques décennies, il paraît tout à fait évident – aussi bien sur le plan national que sur le plan international – que les socialistes ne portent plus aucun espoir, n’indiquent plus aucune voie à suivre. L'affaire du camarade Laurent Gbagbo et l'état actuel de la Côte d'Ivoire sont là pour nous montrer qu’ils ont perdu tous leurs repères. Peut-être qu'avant de penser à se réinventer économiquement – comme le leur conseille Fernand Dindé - il faudra d’abord qu'ils songent à retrouver leurs valeurs morales.

Car, si dans l'opinion commune le libéralisme a une connotation individualiste, le socialisme revêt indubitablement une idée de société plus égalitaire, distillant des valeurs humanistes. Le socialisme renvoie aux combats pour l'égalité et la fraternité humaines. Des idées apparemment utopiques, mais qui ont dans la pratique quelques consistances charmantes et galvanisantes qui font de l'homme un être cherchant à donner le meilleur de lui-même pour construire une humanité plus juste. Le socialisme évoque le combat des abolitionnistes du XIXe siècle, le combat de tous ceux qui, çà et là, sous tous les cieux, ont soutenu ou participé aux luttes des faibles contre les puissants, des pauvres contre les riches.

En mai 1981, avec l'arrivée de François Mitterrand à l'Elysée, nous nous sommes tous mis à rêver : Français blancs, Français noirs et anciens colonisés d'Afrique et d'ailleurs. Oui, les Noirs de France et d'Afrique francophone ont vu se lever un jour nouveau sur leur rêve d'une plus grande fraternité humaine en mai 1981. Par ailleurs, la personnalité même de François Mitterrand, homme cultivé pétri de connaissances humanistes, laissait augurer de belles choses pour les minorités françaises et anciens colonisés vivant dans une indépendance tronquée au sein d'un système de soumission et de prédation adroitement préparé par Charles de gaulle.

La grande désillusion

Malheureusement, François Mitterrand et les socialistes n’ont jamais adressé de signe fort aux minorités nationales pour entretenir leurs rêves. Certes, les discours plaidant pour une vie commune apaisée n'ont pas manqué. Certes, le racisme n'a jamais été aussi vivement dénoncé par les autorités politiques. Mais à aucun moment le pouvoir n'a accompli de geste significatif permettant une plus grande acceptation des minorités par la majorité blanche. Rivés au principe selon lequel il n'y a pas de communauté ethnique en France, les socialistes n'ont pas tenté d'analyser les souffrances des minorités pour y trouver des solutions particulières comme on le fait pour les femmes, les handicapés, les victimes de guerre, les homosexuels... Ils n'ont pas jugé que des gens sortant assez récemment tout de même de l'esclavage et de la colonisation - états dans lesquels ils n'ont connu que brimades et tâches avilissantes - avaient besoin d'être présentés différemment pour être mieux acceptés par leurs nouveaux concitoyens blancs. Aucun héros noir ne sera élevé à la gloire nationale. La discrimination positive tant rêvée ne sera jamais tentée parce que constamment soumise à des débats stériles. L'on se contentera par conséquent d'un seul Noir issu de l'immigration (comme on le disait déjà) au sein du gouvernement durant les quatorze années de pouvoir mitterrandiste-socialiste.

Il a donc fallu attendre que la droite revienne au pouvoir avec Nicolas Sarkozy, le moins amoureux des lettres et donc des humanités parmi les présidents de la cinquième république, pour voir un geste allant dans le sens d'une meilleure visibilité des minorités en terre de France. La maigre poignée de ministres noirs et d'origine maghrébine a créé l'événement durant son quinquennat. En 2012, la nomination d'un plus grand nombre de ministres issus des minorités par François Hollande est presque passée inaperçue. Et pour cause : en cinq ans, les Français se sont déjà quelque peu habitués à voir des personnes basanées dans les plus hautes fonctions politiques de l'Etat ! Chacun venait de comprendre que ce n’est pas le talent qui permet d’accéder aux hautes fonctions politiques et à la direction des grandes sociétés d’Etat mais l’arbitraire de la nomination et de la promotion.

Retenons donc que c'est la nouveauté qui effraie mais qu’en même temps « on ne peut rétablir confiance et espérance que si l’on indique une autre voie » (Edgar Morin, sociologue et philosophe). Il fallait donc oser la nouveauté pour que l’habitude, ou plutôt la confiance s’installe ! Retenons aussi que quand on manque d’audace, quand on a peur de la nouveauté, à force de mollesse, on finit par marcher dans les pas de ses adversaires. Les valeurs qui sont votre marque distinctive finissent par vous sembler encombrantes et vous finissez par les taire ou les cacher. Les socialistes se renient constamment et se contentent de faire comme les autres parce que, aujourd'hui, défendre les valeurs morales et humanistes est vu comme une faiblesse. Par contre, prôner la violence pour la violence, le châtiment pour la moindre offense, lever des armées pour combattre sous tous les cieux pour y apporter désolation et misère est vu comme une vertu. Qu'elle est déjà lointaine cette époque où les intellectuels socialistes descendaient dans les rues pour défendre les peuples opprimés par nos propres armées !

Quand les socialistes livraient Laurent Gbagbo à la droite

S’ils ont du mal à reconnaître et à défendre des valeurs humanistes en France, ce n’est pas en terre africaine qu’ils vont jouer les défenseurs de la veuve et de l’orphelin. Sur ce continent, ce sont les armes qu’il faut faire parler. On est sûr d’être applaudi par les médias qui se parfument à la dynamite, la guerre sous tous les cieux étant leur fond de commerce. N'est-ce pas à leurs exploits militaires en Afrique que le peuple français juge de la valeur de chacun de ses présidents ? Après le Mali qui lui a permis de grimper durant quelque temps dans les sondages, François Hollande ne s’est-il pas découvert une âme de guerrier ? L’Afrique comme terrain de jeu ne lui suffisant plus, il veut aller s’amuser en Syrie. Il faut croire que les socialistes ont perdu toutes leurs valeurs au point de ne plus savoir ce qu’ils disent et ce qu’ils font. Edgar Morin a bien raison de dire que « le parti [socialiste] a perdu sa pensée » parce que « nos hommes politiques ne se cultivent plus, ils n’ont plus le temps, leur connaissance du monde est fournie par des spécialistes et des experts dont la vue est évidemment bornée à un domaine clos et il n’y a personne pour faire la synthèse »*. N’étant plus éclairés par les humanités ils ne peuvent que tourner le dos aux valeurs qui nous unissaient au-delà de nos frontières respectives. On comprend mieux le crime des socialistes français à l’égard du camarade Laurent Gbagbo.

Car là où François Hollande et les socialistes ont fait preuve de la plus grande lâcheté et d’une mollesse inqualifiable et continuent à le démontrer, c’est avec l’affaire du camarade Laurent Gbagbo. Oui, l’ancien président ivoirien est un socialiste dont le parti était une des composantes de l’Internationale socialiste. Nous disons « était » et allons vous expliquer pourquoi nous nous exprimons au passé. L’Internationale socialiste exige une certaine cohésion entre ses membres sur certaines valeurs. Cela va de soit, dans toute organisation.

Toutefois, tenez-vous bien ! Alors qu’à la fin des années 90 Dominique Ouattara organisait des galas au nom d'une association ivoirienne d'aide à l'enfance dont on devine que les bénéfices ont servi à acheter des armes, au moment où elle faisait le tour des personnalités socialistes pour plaider la cause de son cher et tendre époux (propos de François Loncle, député socialiste de l’Eure*), aucun d’eux n’a jugé utile d’entendre un autre son de cloche pour essayer de comprendre la réalité du terrain ivoirien parce qu'ils ne voulaient pas avoir à soutenir le socialiste Laurent Gbagbo contre un projet français. Ils iront même plus loin.

Non contents de se murer dans le silence quand les valeurs humaines sont bafouées dans les anciennes colonies par l'armée française et les réseaux officiels de l’Elysée (la Françafrique n'est plus un réseau occulte*), les socialistes français vont aller jusqu’à se désolidariser officiellement, et donc publiquement, du démocrate Laurent Gbagbo au nom des intérêts de la France. Par un acte officiel intitulé « Appel : Gbagbo doit partir » daté du 22 décembre 2004 publié par le journal Le Nouvel Observateur, ils avaient lancé les premières signatures demandant l’exclusion de Laurent Gbagbo et du FPI de l’Internationale socialiste !

Cet appel est intervenu à la suite des événements de 2004 où, encerclé par les patriotes ivoiriens venus protéger la résidence de leur président contre tout éventuel coup d’état, l’armée française tira sur la foule. Cet événement, exceptionnel en Afrique noire – qu’Antoine Glaser et Stephen Smith comparèrent à la prise de la Bastille* - fut l’occasion pour les socialistes de se rapprocher davantage du gouvernement de Chirac et lui témoigner leur solidarité. Effectivement, pour eux, « les pouvoirs passent, les intérêts de la France demeurent », selon les termes de Laurent Fabius.

Quand de jeunes patriotes défient à mains nues une armée étrangère qui vient faire la loi sur leur sol, universellement, on y voit un acte héroïque. Malheureusement pour les socialistes français, un jeune Ivoirien qui meurt pour son pays est un affront à la France ; et cela mérite des représailles. Quelle perte énorme du sens des choses ! Qu’ils prennent le temps de méditer ces paroles pleines de vérité de Bernard Houdin, le Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo : « En France on perpétue la mémoire de [Guy Moquet], tombé sous les balles nazies […]. Mais a-t-on le même souci pour tous les "Guy Moquet" des luttes pour la souveraineté des peuples et qui sont, parfois, tombés sous les coups de ceux qui honorent, chez eux, "leurs Guy Moquet" ? Combien de Guy Moquet palestiniens, ivoiriens, congolais, vietnamiens, boliviens et autres ? »*

Et au moment où Nicolas Sarkozy avait besoin d'être officiellement approuvé pour mener la charge finale contre le palais présidentiel ivoirien et parachever l'œuvre commencée par Chirac, qui se chargea de déclarer le camarade Laurent Gbagbo « infréquentable » ? Le camarade François Hollande ! On n’est jamais mieux trahi que par les siens.

Aujourd’hui, plus personne ne cherche les valeurs humaines chères aux socialistes français d'antan. Depuis leur retour au pouvoir en 2012, François Hollande a purement et simplement chaussé les bottes impérialistes laissées sur le paillasson de l'Elysée par son prédécesseur pour aller défendre les intérêts français en Afrique sans une once d'attention à la dictature qui sévit en Côte d'Ivoire. Plus de 700 prisonniers politiques et plus de 200 militaires de l'ancien régime (Nouveau Courrier du 23/08) croupissent dans les geôles de Ouattara ; la plupart dans le nord du pays transformé en véritable Guantano impénétrable. Et Hollande se tait. Ceux qui sont laissés libres ont leur compte bancaire bloqué par Ouattara. Et Hollande se tait. Les exilés qui ont un peu de notoriété sont pourchassés avec la complicité des pays voisins et jetés en prison. Et Hollande ne dit mot. Les populations de l'ouest qui ont pris le chemin de l'exil après les massacres de Douékoué, Guitrozon et Nahibly sont remplacées par des populations venues du Burkina et du Mali. Pas un socialiste pour crier au scandale. Hollande se tait. Et quand officiellement Ouattara déclare que par la politique de rattrapage le sud de la Côte d'Ivoire est exclu de la gestion des affaires du pays, le président français se tait parce qu'il juge que cela ne porte nullement atteinte aux intérêts français.

Plus rien ne distingue une politique étrangère de la gauche d’une politique étrangère de la droite. Il est clair que pour le gouvernement socialiste, critiquer les agissements du pouvoir ivoirien installé avec force par la France réunifiée et solidaire équivaut à une remise en question de la politique africaine de la France. Après avoir chanté les louanges du burkinabé Ouattara et l'avoir imposé aux Ivoiriens comme leur sauveur, ce n'est sûrement pas un président français qui commettra le crime d'aller défaire ce que son prédécesseur a fait. Pourquoi aller parler de droits de l’homme et de démocratie à un dictateur installé par la France ? De toutes les façons, il n’est pas certain que les nègres aient assez de jugement pour distinguer démocratie et dictature.

De leur côté, sûrs de l'impossibilité pour la France de se renier, Alassane Ouattara et ses milices font la pluie et le beau temps depuis deux ans. Ils assurent haut et fort qu'ils sont en train de réussir la réconciliation nationale, de « rendre la démocratie irréversible en Côte d’Ivoire » (Le Monde du 4 février 2012), et leurs propos sont pris pour parole d'évangile en France. Ils assurent que tous ceux qui ont commis des crimes durant les périodes troubles du pays seront jugés et punis. Et François Hollande les croit, même si de toute évidence c’est un mensonge puisqu’il n'y a que Laurent Gbagbo et ses partisans qui subissent la loi du régime en place. Ni l'ONU, ni les Américains, ni la France ne juge tout cela inadmissible. Alors Ouattara passe son temps à voyager en Europe pour serrer des mains blanches qui sont autant de bénédictions qui l’innocentent des crimes de ses miliciens chargés de terroriser les populations pour éviter toute manifestation politique en Côte d'Ivoire. La peur est décidément devenue un gage de stabilité aux yeux de tous les observateurs étrangers.

Ou les socialistes se réveillent ou ils disparaissent

François Hollande le socialiste peut-il avoir une autre lecture de la relation entre la France et la Côte d'Ivoire ? Nicolas Sarkozy était l'ami d’Alassane Ouattara et il a mis l'armée française au service de son ami pour installer le pouvoir que nous connaissons aujourd'hui. François Hollande est-il capable de dire à Alassane Ouattara « moi aussi j'ai des amis et des valeurs à défendre avec eux » ? Non ! Il n'en est pas capable. Et c'est là que l'on reconnaît la gauche molle dans toute sa splendeur ! Elle n'est pas capable d'exiger le respect des valeurs chères à tous les socialistes du monde entier : un retour rapide à une vie politique normale afin de permettre des élections démocratiques honnêtes qui ne nécessitent pas l'intervention de l'armée française, de l'Onu et des Etats-Unis. Voilà le minimun que l’on attendrait d’un gouvernant socialiste. Si nous avons festoyé ensemble à la Bastille en agitant les drapeaux de divers pays de la terre lors de l'élection de François Hollande, c’était tout simplement pour lui demander qu’il nous permette de nous retrouver autour des valeurs simples comme la démocratie et le non-emprisonnement pour des opinions politiques.

A vrai dire, François Hollande et les socialistes français nous ont trahis. Ils vivent dans la peur d'incarner des valeurs pour lesquelles le monde entier lutte pour un mieux-vivre et un mieux-être. Ils ont peur d'agir parce qu’ils ont peur de la nouveauté. Alors, ils se contentent de gérer plutôt que de prendre des initiatives. Si François Hollande ne force pas immédiatement la main à Ouattara pour l’amener à une gestion plus humaine, plus démocratique et plus juste de la Côte d’Ivoire, alors ce dernier a de beaux jours devant lui. Grâce à ses dozos et à ses rebelles nordistes qui ont remplacé les forces régulières ivoiriennes plurirégionales – rattrapage ethnique oblige – et la naturalisation massive de ses anciens compatriotes burkinabés, il est certain d’avoir préparé le cocktail idéal pour remporter les élections de 2015 dans un carnaval de fraudes. Et quand la gauche aura perdu les prochaines élections présidentielles en France, l’homme fort d’Abidjan sera assuré de continuer à mépriser les appels à la démocratie, à l’instauration d’un état de droit, à une justice équitable pour tous et au non repeuplement de la Côte d’Ivoire.

C'est en Côte d'Ivoire, terrain d'injustice et de violations des droits de l'homme où la responsabilité entière de la France est engagée que les socialistes doivent "se réinventer" et non en Syrie. C'est là qu'ils doivent commencer - sur le plan international - le grand chantier moral qu'ils viennent de découvrir enfin. C'est au pied du mur ivoirien, où nous les attendions depuis si longtemps, qu'ils ne doivent pas mollir au risque de disparaître à jamais de la mémoire de leurs camarades de l'Internationale socialiste.
 
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*le film de Patrick Benquet : Françafrique, 50 années sous le sceau du secret.
* Antoine Glaser et Stephen smith : Pourquoi la France a perdu l'Afrique. Calmann-Lévy, 2005.
* François Loncle, député socialiste de l’Eure, ancien président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale entre avril 2000 et juin 2002. http://www.youtube.com/watch?v=Yj7OJH_zH0c
* Bernard Houdin : hommage à Vergès, « Salut Jacques ! »


Raphaël ADJOBI

LOGEMENTS SOCIAUX: LA GROSSE ARNAQUE DU REGIME OUATTARA ENFIN DEVOILEE

 

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Ouattara avait annoncé lui-même à cor et à cri de bâtir des logements sociaux en Côte d’Ivoire. Quel nom le régime Ouattara n’avait-il pas inventé pour ce projet : "Logements pour Tous" ou "60.000 Logements Sociaux". Bien évidemment, les premiers souscripteurs ont été les mordus du régime Ouattara.

Seulement voilà quelques mois après les "Logements sociaux" de Ouattara, les souscripteurs se rendent compte de la laideur de l’arnaque gouvernementale.

Ce fut d’abord le quotidien pro-Ouattara "L’intelligent d’Abidjan" qui a donné le ton dans sa livraison du 24 août 2013 en tirant "60.000 Logements Sociaux, tout est mélangé, 600 milliards introuvables". 

Mais aujourd’hui, les langues se délient dans le rang des souscripteurs. Nous vous livrons ici le témoignage pathétique d’un souscripteur à l’opération qui a découvert les rouages de l’arnaque. Le dénommé Vass Diarrassouba relate dans un forum social ce qui suit :

«Logements "sociaux": allant voir l'agence immobilière à laquelle j'ai été affilié, on me dit que je dois payer 10% de la valeur de la maison comme apport initial +3,5% de caution mutuelle (je ne sais à quoi) + 135.000FCFA soit 1.500.000FCFA à payer de préférence avant la fin du mois pour être vite pris en compte . Je leur demande avec quoi ils veulent que je paye. Ils me disent d'aller voir ma banque. 

La banque me dit qu'elle n'a AUCUN partenariat avec les logements sociaux et si que je souhaite payer leur apport initial je prends un prêt classique avec le taux d'intérêt appliqué pour tout type de prêts. Au cas où je souhaite un prêt pour payer la maison, le prêt me sera accordé en fonction de mon revenu et je ne pourrai pas avoir la totalité de l'argent qu'il faut pour la maison car mon niveau de salaire ne me permet que d’avoir 7 millions de FCFA remboursable sur 15 ans à un taux de 9%.

Conclusion: Après, ne dites pas qu’on ne vous a pas dit et que vous n'avez pas su ce que les gens font sur le terrain. Gardez mes 30.000FCFA, c'est bon, quand j'aurai l'argent je vais construire ma maison» a-t-il publié.

Ainsi donc, s’étant rendu lui-même compte de la complexité des procédures des logements dit sociaux, M. Diarrassouba a décidé de renoncer à ses 30.000FCFA de frais de souscription pour chercher à bâtir sa maison par ses propres efforts.

Le régime Ouattara est conscient que les souscripteurs, pour la majorité, ne pourront jamais réunir l'apport initial requis comme ce fut le cas de M. Diarrassouba. 

Etant donné que des milliers de souscripteurs se sont engagés dans cette opération de "logements sociaux" sans savoir qu’il s’agit d’un gouffre d’arnaque sans fonds qu’ils ne pourront remonter, les déceptions comme celles de M. Diarrassouba se compteront en milliers les jours qui viennent, si ce n’est déjà le cas. Les logements sociaux sont donc une arnaque qui ne dit pas son nom.


Source: Le blog d'Alain Doh Bi