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vendredi, 04 avril 2014

NEGATIONNISME, L'OCCIDENT PEUT-IL VIVRE LA CONSCIENCE TRANQUILLE?

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Selon Wikipédia, «  le terme négationnisme désigne, dans sa signification première, la négation de la réalité du génocide pratiqué par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale contre les Juifs, c'est-à-dire la négation de la Shoah. Le négationnisme consiste ainsi à prétendre, notamment par la négation de l'existence des chambres à gaz homicides ou de la volonté d'extermination des Juifs d'Europe par les nazis, que la réalité de ces crimes relèverait de mythes.

Par extension, le terme est régulièrement employé pour désigner la négation, la contestation ou la minimisation d'autres faits historiques, en particulier ceux qu'on pourrait qualifier de crimes contre l'humanité. C'est le cas pour le refus de reconnaître le génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, le Holodomor ukrainien, le massacre de Nankin par l'armée impériale japonaise, le génocide au Rwanda, le Goulag et les massacres pratiqués par les Khmers rouges au Cambodge ou le Laogai de Chine. Bien que ces épisodes se soient déroulés dans des circonstances historiques variées et qu'ils aient été commis avec des moyens divers, on retrouve de nombreux traits communs dans leurs négations respectives1Boris Cyrulnik définit le négationnisme comme un message adressé aux survivants: « Crevez, votre souffrance nous importune »

Le terme « négationnisme » est parfois utilisé dans un sens élargi relatant d'autres faits historiques que les crimes: la négation d'une réalité historique quelconque, malgré la présence de faits flagrants. Cependant, « négationnisme » est normalement utilisé seulement pour les crimes historiques graves, tant en français qu'en anglais (« negationism »). À titre d'exemple, on a parlé de négationnisme à propos de la qualification officielle d'« opération de police » pour la guerre d'Algérie, mais les historiens préfèrent utiliser le terme de « déni historique». »

En quel sens Camille Loty Malebranche nous parle-t-il de Négationnisme ?

Michel Peyret

Occident, l'art macabre du Négationnisme

2 Avril 2014

Par Camille Loty Malebranche

Quand le passé et ses faits sont niés par la production d'une romance pseudo-historique pour justifier voire ovationner les criminels qui ont agressé et massacré des peuples et des civilisations entières afin de fonder ou d'enrichir leur propre empire, tout récit de ce passé prend des allures hagiographiques au prisme d'une affabulation moqueuse. L'Histoire conçue par les agresseurs de l'humanité du haut de leur empire, n'est jamais que négationnisme ironique, de l'historicisme sociocentriste, où ces agresseurs dédaignent le sort des broyés d'une Histoire qu'ils ont façonnée de part en part.

 Le négationnisme a cela de pernicieux dans son regard des faits de l'histoire, c'est qu'il les transpose sur le plan de la fiction, pour leur refuser leur évènementialité. Le négationnisme, quel qu'il soit, est de la manipulation mesquine qui va jusqu'à l'uchronie, jusqu'à l'hagiographie des monstres coupables pour refuser de réparer ce qui est réparable dans des passés, à degrés divers irréparables, comme les génocides et les traumatismes savamment orchestrés sur des générations humaines. D'où, aujourd'hui pour ne pas restituer l'argent volé à des peuples victimes de ses holocaustes, tout en reconnaissant l'esclavagisme comme crime contre l'humanité, l'occident justifie le colonialisme comme nécessité de l'histoire pour la construction de ses quelques États en puissance économique lesquels peuvent "aider" ceux qu'ils ont jadis freinés. Curieuse morale de distorsion et de paradoxe! Ceux qui ont été détruit dans leur chair, leur personnalité collective par le racisme, le pillage, l'esclavage, la haine exterminatrice, sont néanmoins responsables de leur piteux sort contemporain, et sont donc jugés condescendamment pauvres et faillis dans la perspective de cette affabulation de l'histoire.

 L'occident peut vivre la conscience tranquille, il n'a rien à se reprocher, il peut donc brailler et continuer ses leçons de démocratie au reste du monde, s'érigeant bienfaiteur qui aide les sud; le négationnisme, méthode de blanchiment de tous les diables, lui servira toujours à accuser ses victimes et à magnifier ses séculaires establishments criminels qui peuvent jouer de ses actuelles institutions pour poursuivre l'hécatombe économique des peuples... À cela, au sud même, les classes du pouvoir, complices et alliés de l'occident, soutenus par lui, larbins et aliénés, contribuent allègrement

 Lorsque, comme à Cuba, les puissants peuvent infliger la pauvreté par des embargos pour mieux baragouiner leur haine et leur satisfaction de l'impropriété des révolutions populaires; lorsque les impérialistes peuvent piéger des pays par la dette, l'humanitaire, les coups d'État et toutes formes de chaos artificiels agencés pour maintenir leur prépondérance en niant leur crime et assénant à leurs victimes toutes sortes d'injures et d'accusations, il est clair que le négationnisme est mode éhontée d'hégémonie, trique idéologique de l'écrasement des alterhumanités par l'occident.

 L'occident (qui est aussi en forte part, le nord économique), est donc maître de l'art thaumaturgique d'une sociodicée négationniste consistant à accuser ses agressés niant sa culpabilité objective, tout en maintenant de nouvelles politiques d'agression structurelle et économique plutôt que de se repentir et de changer. Négationnisme naturellement raciste face à ceux que nous appelons les alterhumanités, ces sociétés humaines ravagées, paupérisées par les prédations déprédatrices occidentales à cause de leur altérité,  considérée "infrahumaine" dans la logorrhée inhumaine, la vénalité des establishments occidentaux.

 En vérité, chaque fois que les ex métropoles, ex colonialistes et ex esclavagistes, toujours et encore impérialistes, se drapant dans leur superbe de puissances mondiales, refusent de changer radicalement leur rapport aux ex colonisés de l'actuel sud; tant que les ex colonisateurs refuseront de réparer tout le réparable en exorcisant leurs propres démons par la dénonciation de leurs propres crimes et la proclamation d'un nouvel étant des relations nord-sud, l'occident sera coupable de l'abomination négationniste.

 Dire que l'esclavage fut un crime contre l'humanité en entretenant l'esclavage moderne et la torture des deux tiers de la planète par l'extrême pauvreté et ses conséquences désastreuses, n'est que négationnisme voilé d'hypocrites, démagogies de néocolonialistes.

 Pour les coupables de l'histoire de fractures de toutes sortes, affectant et divisant le monde des peuples en de multiples mondes d'exclusions, Reconnaître leurs torts, doit être ipso facto entreprendre à Réparer le réparable en maudissant les horreurs irréparables de l'histoire qu'ils ont tissée, horreurs désormais refusées sous toutes leurs formes. Sinon, tout le discours démocratique, toutes les appétences des puissances occidentales pour une justice internationale à établir, restera du verbiage  idéologique, de la rouerie pathologique d'une horde de mythomanes indécents sans honneur et sans humanité...

 

Camille Loty Malebranche

«N’EN FAITES PAS UNE AFFAIRE POLITIQUE»: DE L’INDIGNATION SELECTIVE A LA TRISTE «DIOULATISATION» DE L’AFFAIRE AWA FADIGA

 

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Le 25 mai 2010 je publiais sur mon Blog le billet intitulé 'Mon Hôpital Public se meurt. Que faut-il faire ? [ http://bit.ly/OfEdCn ].

Cet article m'a été inspiré par une scène insoutenable à laquelle je venais d’assister impuissant à l’hôpital de la ville de Grand Bassam ; une femme enceinte malade et en cours de traitement obligée de retirer elle-même sa perfusion et fuir l’hôpital parce ce qu’elle n’avait plus de quoi payer les médicaments et autres analyses. C’était juste un être humain, une femme. Rien de plus pour moi qui a aucun moment n’ai cherché à savoir s’il elle était ivoirienne, de quelle ethnie ou partie politique. Pour moi c’était juste révoltant, inacceptable. J’ai fini cet article par cette question qui était de savoir ce 'que fait le ministère de la santé pour rappeler au corps médical son rôle premier ? Qu’est ce qui ne va pas au cœur du système médical ivoirien ? '. Les responsables du 'pouvoir de Laurent Gbagbo' avec qui j’ai évoqué ce sujet jetaient la pierre à Allah Kouadio Remi et au PDCI-RDA qui depuis la signature des accords de paix de Linas Marcoussis en 2003 dirigeaient ce ministère qui leur servait plutôt de caisse noir sans vraiment aider à mettre en œuvre les reformes proposées par le Président Gbagbo concernant par exemple l’AMU (Assurance Maladie Universelle). L’opposition ne s’indignait jamais de l’état et du fonctionnement de nos hôpitaux publics. Pourquoi ? Ne me posez pas la question. « Ils n'allaient pas retourner leur propre couteau contre eux-mêmes » pour paraphraser le Féfal.

Avec l’avènement de Alassane Dramane Ouattara à la tête de notre pays, son allié du PDCI se voit déposséder la conduite de ce ministère. Depuis juin 2011, de Thérèse Aya N'Dri-Yoman au début jusqu'à Raymonde Goudou Coffie aujourd’hui, le pouvoir en place « chante » la gratuité des soins. Mais la réalité est tout autre et les hôpitaux publics ne disposent pas du minimum qui pourrait permettre des soins de premières nécessités vu le manque de médicament dû généralement aux factures impayés du ministère dans les comptes de la pharmacie de santé publique. Ce fait n’est qu’un infime morceau de la partie émergente de cet iceberg de désolation.

L’AFFAIRE AWA FADIGA

Cette affaire qui a fait le tour des médias mondiaux en partant des réseaux sociaux ivoiriens est symptomatique de la triste réalité quotidienne dans notre pays depuis la prise de pouvoir par le « clan » Ouattara : une défaillance tous azimuts et des crimes à la pelle qui malheureusement étaient relégués dans la banalité des colonnes « faits divers » ou « nécrologie » lorsqu’on daignait en parler. Une insécurité quasi-totale dans un pays où l’on trouve plus facilement une Kalachnikov qu’un morceau de pain rassis.

L’infortunée Awa Fadiga emprunte un taxi dans la nuit du 23 au 24 mars 2014. Elle se fait agresser dans des conditions encore troubles avant de se retrouver projetée sur la voie publique alors que le véhicule roule à tombeau ouvert. Un bon samaritain qui assiste à la scène arrive à trouver de l’aide pour que Awa soit transportée dans un hôpital. Inconsciente, elle se retrouve dans un piteux état au CHU (Centre Hospitalier Urbain) de la commune de Cocody à Abidjan. Là, il va se jouer cette « scène de mort » qui donne froid dans le dos rien qu’a y penser. Alors que son état exige une admission aux urgences et des soins dans l’immédiat, la jeune fille est déposée dans une sorte de « couloir de la mort » en attendant que soit payée sa première facture qui s’élève à 12.000 F CFA (Un peu moins de 20 Euros). Sans quoi, Awa Fadiga n’aura pas droit aux élémentaires soins de premières nécessités. Sons agonie va durer plus de 15 heures de temps avant que sa famille ne retrouve sa trace le lendemain. Une fois l’argent disponible, la prise en charge commence. Vu son état en ce moment-là comateux, le corps médical propose un scanner pour mieux être situé vu qu’elle souffre d’un traumatisme crânien (fracture de la base du crâne). Pas de scanner disponible au CHU alors les parents doivent payer pour qu’elle soit transportée dans une ambulance du SAMU pour être soumise au scanner dans un autre centre de santé privé et bien évidemment à un coût non négligeable. En réalité il était bien trop tard car sa longue agonie avait visiblement déjà eu raison d’elle. Ce sombre tableau sera clôturé par des troubles respiratoires avant que Awa Fadiga ne rende l’âme dans la matinée de 25 Mars 2014.

LE WEB EST EN ÉMOI
 
Marietou Coulibaly une jeune Mannequin Ivoirienne (comme Awa Fadiga) relais cette affaire via facebook. Son émotion communicative entraine plus d’un à son chevet pour comprendre les circonstances de la mort de celle qui est comme sa sœur. Rapidement et à l’unisson le Web ivoirien est en émoi face à cette nième « bavure ». Ensuite vient la colère. Premier accusé car dernier en contact avec Awa encore vivante : le corps médical qui est matraqué, vilipendé et cloué au pilori. L’affaire prend une dimension internationale en l’espace de quelques heures a un point tel que pendant que la toile crie haro sur les hôpitaux publics, des médecins interviennent pour donner des explications non pas pour se disculper mais pour nous instruire sur les contours non visibles de ce drame. L’un d’eux retiendra particulièrement mon attention. Il s’agit du pseudonyme Kruz Castillo qui dira:

«Chers amis, je vais probablement m'attirer vos foudres. Mais je souhaite être clair et franc sur cette question. Il faut éviter de faire un amalgame dangereux sur l'accusation de "non assistance à personne en danger " faite au corps médical. Dans le contexte d'émergence fallacieuse, le corps médical souffre également le martyr comme tous les Ivoiriens. Et le dos des médecins est tellement large qu'ils sont la cible d'accusations non acceptables. Je ne nie pas que comme dans tous les corps de métier, il y a des brebis galeuses. Mais la vérité c'est que les médecins sont juste l'interface entre le malade et le système gouvernemental. Donc le politique peut faire ses déclarations publiques sans même disposer de matériel à l'hôpital. La réalité, c'est le citoyen lamda qui vient en consultation, qui la découvre. Mais il restera sceptique car le politique s'est montré très persuasif et rassurant dans son discours la veille sur la disponibilité dudit matériel. Quand dans un Etat on déclare péremptoirement la gratuité des soins et qu'on ne mette pas à disposition de l'hôpital les médicaments, que voulez-vous que le personnel soignant fasse?? Qu'il paye pour le malade ? SI oui, pour combien de malades paiera-t-il avec son maigre salaire ? La vérité des hôpitaux est que le corps médical souffre de la non disponibilité de matériel (parfois même le plus élémentaire). L'autre vérité dont on ne parle jamais, c'est que entre nous professionnels de la santé, on fait toujours mains et pieds soit en recueillant une petite quête, soit en fournissant un petit matériel personnel pour intervenir pour tel ou tel patient en terme de premiers soins en espérant que la famille réagisse à temps. C'est souvent dans cette attente que le drame arrive. Et ces cas sont légions malheureusement. Mais l'opinion ne rapporte jamais ces situations où les équipes médicales se saignent pour secourir X ou Y en raison de la défaillance de l’État. Chirurgien de formation et exerçant depuis plus de 10 ans, je sais que nous avons assisté et opéré par nos propres moyens des centaines de malades. Cela se fait dans tous les hôpitaux de Cote d'Ivoire. Mais on ne fait pas de déclarations là-dessus. Il y a en principe dans les hôpitaux des services sociaux pour régler les situations similaires à celles décrites ici. Mais ces services sociaux sont eux-mêmes des cas sociaux sérieux. C'est dommage. Mais on est tous emmerdé par cette émergence, disons cette « emmerdence », ennuyeuse et illusoire. Ceci dit, je ne nie pas l'existence de brebis galeuses dans notre milieu; vous ne me croirez pas si je vous dis en interne qu'elles vivent un calvaire parce que marginalisées très souvent!»

En un mot, son point de vue traduit la tendance de l’argument général du corps médical qui partage la responsabilité de ce drame avec le pouvoir lorsqu’il ne l’accuse pas directement.

L’INTERVENTION MENSONGÈRE DE MINISTÈRE DE LA SANTÉ

Dans la foulée et certainement avec l’idée de calmer les esprits qui s’échauffaient, le Ministère de la santé fait publier un communiqué sur sa page Facebook avec comme intitulé : « DÉCÈS DE MLLE AWA FADIGA: VOICI LA VÉRITÉ ». Comme quoi, la famille, les amis de Awa et l’opinion générale seraient en train de mentir sur les faits et leur chronologie. Pour démentir l’accusation qui est le fait d’avoir privé Awa des soins de premières nécessités, le Ministère dit : « Elle a reçu les premiers soins médicaux que nécessitait son état, par voie veineuse, y compris un nettoyage et des soins corporels par les filles de salle, avec eau savonneuse et antiseptique. Ceci pour lui rendre sa dignité. » Les enquêtes auprès des médecins, de la fille de salle présente cette nuit et surtout le témoignage des autres parents de malade contredisent ces propos qui se révèlent être un tissu de mensonges. Pire, le Ministre Goudou organise une conférence de presse pour confirmer la « foutaise » contenue dans le communiqué. Alors reprennent de plus belle les tirs en direction du corps médical qui est de nouveau accusé de faux témoignage. Mais le corps médical semble lui aussi se désolidariser de son Ministère de tutelle. «Lorsque nous guérissons un malade, ce sont des miracles que nous faisons tous les jours», déclare le Dr Ernest Atté Boka Secrétaire Général du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d'Ivoire qui en a profité pour lancer un appel en direction de l'Etat qui selon lui devrait investir davantage dans la modernisation de son système de santé. Il ira même jusqu’à imputer cette faute aux «conditions de travail difficiles» et à «la vétusté du matériel» en demandant de ne pas jeter l'anathème sur les médecins Ivoiriens. Finalement celui qui a menti dans cette affaire n’est la famille de Awa Fadiga, ni le corps médical mais la ministre Raymonde Goudou Koffi. Pourquoi? Simplement pour couvrir les mensonges éhontés qu’elle transporte depuis bien longtemps dans les médias quant à la gratuité des soins dans nos hôpitaux. Dans un état normal, le moindre mal aurait été la démission de Goudou, mais c’est sans compter sur le gouvernement Ivoirien qui vient de confirmer les propos de celle-ci dans le dernier Communiqué du Conseil des ministres. Et chose extraordinaire, la « foule de crieurs » prend acte, ne dit plus rien sinon accuse tout mais jamais les personnes au plus haut niveau en charge de la sécurité et de la santé des Ivoiriens. Pourquoi ? Aussi « bête » que cela peut paraitre, l’argument est bien choisi : « N’en faites pas une affaire politique. ». On pourrait de prime abord penser à du suivisme d’hypocrite ou même à de la pure lâcheté - mais non. Cette grave affaire dont le dénouement aurait pu aboutir sur une solution modèle « Alerte AMBER » aux USA pour que plus jamais cela ne se reproduise, a été réduite à des considérations tribales. Ce fait réducteur est en train d’installer une sorte d’omerta, un silence partisan.

LA TRISTE «DIOULATISATION» DE L’AFFAIRE AWA FADIGA

Lors d’un rassemblement de la famille et des amis de Awa Fadiga dans l’enceinte du CHU de Cocody pour crier leur ras le bol, sous le double choc de la mort de sa nièce mais surtout face au communiqué mensonger du ministère de la santé, la tante de la défunte donne des explications à chaud face camera.

Entre larmes et cris, elle dit : "Le Professeur a dit qu’ils n’ont pas de premiers soins. Il l’a dit clairement. L’émergence 2020, c'est zéro ! C’est zéro ! C’est zéro ! Il n'y aura pas d’Émergence 2020", en faisant allusion à l'émergence économique et sociale que Ouattara prétend viser pour la Côte d'Ivoire à l’horizon 2020. Cette vidéo fait le tour du web encore une fois et très rapidement un grand nombre de défenseurs de la cause Awa Fadiga change son fusil d'épaule. Pour eux, elle va trop loin en égratignant ainsi Alassane Dramane Ouattara.

La réalité sociopolitique de la Côte d’Ivoire souffre d’un fort relent tribaliste. De son incursion dans la vie politique Ivoirienne jusqu’à ce jour, Alassane Dramane Ouattara n’aura eu d’autres arguments politique que la fragile fibre tribale et religieuse : les populations du Nord du pays et la religion musulmane. Il aura ainsi réussi à littéralement abrutir une grande partie des ressortissants du Nord du pays qui lui vouent un véritable culte de la personnalité. Alors, même au prix de leurs vies, certains se borneront à faire don de leurs droits élémentaires si cela peut gêner Ouattara. C’est le triste spectacle auquel nous assistons, en ce moment.

On peut accuser le chauffeur de taxi qui est l’auteur de l’agression mais il ne faut jamais mettre en cause le Ministre de la Sécurité Hamed Bakayoko – le faire, c’est faire de la politique : entendez par là, dire toute la vérité et mettre le pouvoir Ouattara face à ses responsabilités. On doit accuser les médecins mais pas Raymonde Goudou Coffie la Ministre de Ouattara qui a menti avant, pendant et après cette histoire - le faire, c’est faire de la politique : entendez par là, dire toute la vérité et dénoncer l’incompétence du pouvoir. Alors pour ce problème d’envergure nationale, une solution parcellaire est trouvée dans le cadre familiale et « coutumier » loin de toutes les juridictions et sans sanction aucune. Ce faisant, sans forcément s’en rendre compte, les Fadiga viennent d’accepter d’avoir menti devant toute la nation car acceptant de fait la version du pouvoir. Une compromission qui salit la mémoire de Awa Fadiga mais que sa famille assume, au nom de la norme du militantisme Dioula pour le RDR (Rassemblement Des Républicains) le parti politique de Ouattara. Pire, aucune solution viable ne sera proposée par le gouvernement vu que finalement selon les Fadiga, tout a été fait dans les normes.

Quel gâchis. Cela est simplement honteux !
Repose en Paix Awa Fadiga.

Claudus Kouadio II

samedi, 29 mars 2014

UN POEME POUR NOTRE REFLEXION: LA BULLE DE SAVON

 
 

BULLE DE SAVON.jpg

 
Vous savez
Une bulle de savon
C’est lisse
C’est rond
Avec sa jolie forme
De ballon.
 
Vous savez
Une bulle de savon
C’est beau
C’est coloré
Comme l’arc-en-ciel.
 
Vous savez
Une bulle de savon
C'est léger
Ça vole
Ça flotte
Et puis
On peut jouer avec
On peut l’étirer
On peut la faire avancer et reculer
On peut la faire monter et descendre
On peut la faire remonter et redescendre.
Un plaisir simple
Un plaisir facile à satisfaire.
 
Mais
Une bulle de savon
Tôt ou tantôt
Elle finit toujours par faire plouf !
Pour éclater
Pour s'écraser
En un fragment de seconde
Avec plus ou moins de bruit
Avec plus ou moins de violence
Avec plus ou moins de finesse
Avec plus ou moins de grâce
Avec plus ou moins de beauté.
 
Alors
Elle disparaît
La bulle de savon
À tout jamais
Sans rien laisser
Sinon
Une tâche grasse  
Plus ou moins petite
Sur le sol ou dans l’air.
 
Eh oui !
La nature
Elle nous offre
Tant et tant de choses
Comme les bulles de savon
Simples et formidables
Avec autant de variétés
Que de grains de sable.
 
Et
Ces choses-là
Nous en disposons
A tous instants
Selon nos grés
Selon nos appétits
Selon nos plaisirs.
 
Mais
De ces choses-là
Comme des bulles de savon
Bien souvent
Nous en oublions
Hélas !
Le revers.
 
 
Léandre Sahiri
 
Ecrivain et Docteur ès Lettres

vendredi, 28 mars 2014

INTERVENTION DE CHARLES BLE GOUDE A LA CPI: EXTRAITS

 

CHARLES BLE GOUDE 4. CPI.jpg

 
Quelques extraits du discours de Charles Blé GOUDE lors de sa première comparution devant la CPI du 27/04/2014

 
« Pour le respect que j’ai pour les victimes, toutes les victimes de la crise qui a secoué mon pays, je suis content d’être là dans l’affaire qui m’oppose au procureur pour que la vérité soit sue afin que cessent les murmures. Madame la Juge, je ne veux pas être libre de mes mouvements physiques tandis que ma conscience innocente accusée à tort d’être la base de tous les torts est au-dedans de moi. Madame la Juge, à une certaine opinion qui estime à tort ou à raison que le voyage à la CPI est un voyage de non retour, je pense qu’un citoyen qui est suspecté par la CPI peut venir ici, faire l’objet d’un procès et s’il est innocent peut repartir chez lui. Et je sais que je repartirai chez moi. »

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"Si je suis reconnu coupable, que la loi s’applique à moi dans toute sa rigueur, mais si je suis jugé pour ce que j’ai fait et non pour ce que je suis, que je sois reconnu innocent et que je rentre chez moi; et je sais que je vais retourner chez moi. Quand dans mon pays, on me traque, on traque ma famille, on fait un chantage à ma famille biologique et politique, mon médecin est en prison, tous mes collaborateurs emprisonnés pas pour ce que j’ai fait mais pour ce que je suis. Parce que si on devait me poursuivre en Côte d’Ivoire pour ce que j’ai fait, il y a beaucoup de personnalités pro-Ouattara qui ne pourraient même pas me regarder en face."
 
« Je suis venu ici et je me considère en mission pour la manifestation de la vérité. Je suis pro-Gbagbo et je suis fier de l’être. Je l’étais hier, je le suis encore aujourd’hui. Madame, j’ai appris avec Gbagbo le dialogue, j’ai appris avec Gbagbo la réconciliation, j’ai appris avec Gbagbo qu’il faut convaincre l’adversaire et non le vaincre et pour cela, je suis pour la manifestation de la vérité. "

« Je suis venu à la Haye, c’est ici que j’ai appris qu’un individu peut avoir des droits qui lui sont reconnus et je voudrais vous remercier pour ça d’ailleurs. Je suis bien traité ici et je suis animé d’un double sentiment parce que quand on m’emmenait à La Haye ici, beaucoup ont pleuré et pourtant en Côte d’Ivoire, je vivais le calvaire. Chaque jour, je vivais dans l’angoisse, chaque minute était un combat. J’étais comme un objet dont on disposait quand on voulait et comme on voulait…J’ai été logé, je ne peux pas demander qu’on me loge dans un hôtel à quatre étoiles. Un prisonnier est un prisonnier dans tous les cas et je suis préparé à cela, je suis prêt. »


Lien vers la vidéo:

https://www.youtube.com/watch?v=DySaH0Bcuuc#t=53

 

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CHARLES BLE GOUDE DEVANT LA CPI: «J’AI APPRIS AVEC GBAGBO QU’IL FAUT CONVAINCRE UN ADVERSAIRE ET NON LE VAINCRE!»

 
 

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A la juge Fernandez de Gurmendi qui s’étonne qu’il parle et comprenne parfaitement le français, voilà ce que Charles Blé GOUDE a répondu ce jeudi 27 mars 2014 lors de sa première comparution à LA HAYE : "je suis d’un pays qui a été colonisé par la France, donc je parle français"… Le ton est donné ! 
 
La déportation de Charles Blé GOUDE à La Haye le samedi 22 mars 2014 après celle de Laurent GBAGBO est en effet un signal  fort de perpétuation du néocolonialisme, à travers la Cour Pénale Internationale, le bras judiciaire de l’Organisation des « Nantis » Unis qui dirige le monde. Notons d’ailleurs que l’exécution du mandat de cette Cour « Politique » Internationale contre  Charles Blé GOUDE - figure emblématique de la Résistance aux mains nues- s’est déroulée dans l’irrespect total des procédures judiciaires les plus élémentaires, accompagnée de violences dignes de l’état de non droit qu’est devenue la Côte d’Ivoire sous le régime aussi illégitime que liberticide de OUATTARA installé et maintenu par Communauté internationale, France en tête[1].
 
Par leur combat, par leur courage, par leur dévouement au service de l’émancipation de leur pays et au-delà du continent, Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE s’inscrivent dans la lignée des dignes fils de l’Afrique qui ont consacré leur vie à lutter contre les régimes vassaux que les dirigeants occidentaux imposent au peuples africains pour continuer de piller leurs ressources en déguisant des guerres économiques en guerres humanitaires[2].
 
Car de quoi s’agit-il en effet ? Blé GOUDE est poursuivi pour 4 chefs d’accusation concernant des crimes prétendument commis sous son autorité pendant la crise postélectorale ivoirienne, à l’instar de Laurent GBAGBO d’ailleurs. Sur quels éléments de preuve peut bien s’appuyer la CPI pour justifier une telle mesure privative de liberté alors qu’elle n’a toujours pas produit la moindre preuve pour confirmer les mêmes charges notifiées contre Laurent GBAGBO ?
 
Nous nous étonnons que la plupart des médias occidentaux relaient la nouvelle du transfèrement de Blé GOUDE avec des éléments de langage similaires à ceux qui circulaient lorsqu’il s’agissait de Laurent GBAGBO en novembre 2011 sans même prendre la peine de parler de  l’enlisement de la procédure concernant ce dernier faute de preuves[3] ou encore d’interroger les violences criminelles qui continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire, sans oublier les arrestations, détentions et tortures de centaines de prisonniers politiques[4].
 
A tous ceux qui continuent de croire que la Cour Pénale Internationale est l’institution au service de la lutte contre l’impunité qu’elle avait vocation à être lors de sa conception, nous avons le devoir d’apporter le démenti le plus catégorique en démontrant son inféodation aux intérêts hexagonaux, eux-mêmes tributaires de l’ordre inégalitaire mondial imposé par l’Occident. Ainsi :
 
1.   Le traité de Rome instituant la CPI supposée poursuivre et sanctionner tous les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité a certes été signé par 139 pays et 122 l’ont ratifié acceptant de ce fait de se soumettre à la compétence de la CPI[5]. Cependant la CPI  reste toujours incompétente pour poursuivre une grandes partie de ces crimes dès lors que de nombreuses grandes puissances mondiales n’ont pas adhéré et/ou ratifié le Traité de ROME, à commencer par les EU, la CHINE, la RUSSIE et l’INDE qui refusent de se soumettre à cette juridiction, tout en l’imposant aux autres, au moins en ce qui concerne les premiers autoproclamés maîtres du monde depuis la chute du mur de BERLIN et encore plus depuis le 11 septembre 2001. A noter que même ceux qui l’ont ratifié comme la FRANCE et la GRANDE-BRETAGNE pour ne parler que d’elles, font tout pour y transférer les dirigeants africains qui refusent de les servir docilement, tout en s’arrangeant pour y échapper ou y faire échapper leurs amis dictateurs[6]. L’exemplarité étant une des plus grandes vertus pédagogiques si ce n’est la plus grande, la CPI gagnerait en crédibilité, ou plutôt retrouverait un peu de crédibilité si elle commençait par juger les grandes puissances au regard de leurs responsabilités largement documentées dans les plus grands massacres de la planète, y compris ceux des dernières décennies. Comme la reconnaissance de la CPI suppose la signature du Traité de Rome et qu’elle ne saurait avoir d’effet rétroactif, les Etats membres sont assurés que les crimes commis par eux ou ceux dont ils ont été complices avant leur adhésion échappent à sa compétence. En revanche, tous les auteurs de crimes contre l’Humanité commis depuis sont susceptibles d’être traduits devant la CPI. Pour ce qui est de la France par exemple, elle a adhéré et ratifié le traité dès sa création en 2002. On s’étonne donc que la fusillade de l’Hôtel Ivoire début novembre 2004 qui a coûté la vie à près d’une centaine de Patriotes aux mains nues et fait des milliers de blessés n’ait toujours pas abouti à la moindre inculpation de responsables civiles et militaires français alors que des preuves surabondantes existent de la responsabilité totale de la force Licorne dans cette tragédie[7] et que de nombreux rapports et demandes de commissions d’enquête en témoignent[8].
 
2.   Quant aux dirigeants africains qui se retrouvent les seuls dans les faits à se voir traduits devant cette juridiction, ils ont bien cherché à s’en affranchir, menaçant de se retirer collectivement de la CPI si elle persiste à ne poursuivre que des dirigeants du Berceau de l’Humanité qui plus est en exercice[9]. Le seul résultat concret de cette offensive des chefs d’Etats africains contre la CPI qu’ils jugent à raison partiale et au service de l’Occident est de s’être garanti pour eux-mêmes une sorte d’immunité judiciaire tant qu’ils seront au pouvoir [10], renforçant ainsi l’intérêt que la plupart de ces autocrates peuvent avoir à s’y maintenir par la force ou par la fraude. Quant au devoir de justice et de vérité qui était supposé permettre à la CPI de dissuader toute commission ou récidive de crimes contre l’Humanité, il n’en a pas vraiment été question ! Le cas Kényan a beaucoup pesé sur cette fronde des Etats Africains. Nonobstant les gesticulations de l’ONU pour ne pas donner l’impression de se dédire, la procureur BENSOUDA a fini par obtenir en catimini l’ajournement d’un an des poursuites engagées contre le Président KENYATTA pour cause officielle d’ « érosion » de preuve après le retrait invoqué de deux témoins à charge[11], mais dans la réalité pour constituer une bande de sécurité pro-occidentale au sud de la zone soudano-sahélienne très poreuse, un rempart contre Al Qaida en quelque sorte.
 
3.   Comme on le voit bien dans l’exemple Kenyan, les poursuites engagées par la CPI contre certains dirigeants africains obéissent bien moins à un quelconque désir de combattre l’impunité des pires crimes contre l’Humanité qu’à punir les dirigeants africains indociles coupables de vouloir réformer les accords de coopération dans un sens plus favorable aux Etats souverains qu’ils dirigent. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les manquements aux lois fondamentales du pays comme au Traité de Rome sont tels que l’on ne sait même plus par où commencer ! Comble du cynisme, voire même de la perversité, Laurent GBAGBO se retrouve à la CPI sur le fondement de sa propre déclaration de reconnaissance de la compétence de la CPI signée le 18 avril 2003. Cette déclaration dit que : «Conformément à l’article 12 paragraphe 3 du statut de la Cour Pénale Internationale, le Gouvernement ivoirien reconnaît la compétence la Cour aux fins d’identifier, de poursuivre, de juger les auteurs et complices des actes commis sur le territoire ivoirien depuis les évènements du 19 septembre 2002 ». Dans le souci permanent d’organiser leur impunité, les autorités ivoiriennes imposées par la force en 2011 ainsi que les institutions qui les protègent refusent toujours d’enquêter sur les crimes commis avant la crise postélectorale de 2010, nonobstant la décision de la Chambre préliminaire de faire remonter les enquêtes à 2002[12]… Bel exemple de juridiction prétendue impartiale érigée en rempart contre l’impunité des pires crimes du monde qui ne veut surtout pas enquêter sur ces derniers = ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre…
 
4.   Sur la motivation du transfert des caciques de l’ancien régime de Laurent GBAGBO, force est de constater qu’elle est pour le moins sujette à interrogation. Alors que le gouvernement ivoirien prétextait son incapacité à organiser le jugement de Laurent GBAGBO au pays pour justifier son transfert-déportation à LA HAYE, il a mis plus de 2 ans à accepter de donner suite au mandat délivré par la CPI contre Blé GOUDE et refuse toujours d’exécuter celui contre Simone GBAGBO. Sans compter que le fait de ne poursuivre que les partisans de l’ancien régime en n’inquiétant pas les auteurs de crimes contre l’humanité de l’autre camp pourtant clairement mis en cause dans des massacres à grande échelle (BOUAKE, DUEKOUE, BANGOLO, ANONKOUA-KOUTE, NAHIBLY, ABOBO,…) n’est pas sans interpeler sur la nature réelle du nouveau pouvoir installé par la Communauté internationale[13]. Cette lecture partisane et à géométrie variable de leurs engagements nationaux et internationaux est emblématique du peu de respect des nouvelles autorités ivoiriennes pour les victimes et les lois fondamentales que le pays s’est données[14].
 
5.   Pour justifier son existence et asseoir sa légitimité, la CPI s’est forgé une carapace de respectabilité et d’intégrité apparentes, en créant une instance à sa totale dévotion : la Coalition Internationale pour la CPI qui regroupe plus de 2500 ONG au plan international[15] et se décline en autant de « milices » institutionnelles au plan national, telle la « Coalition Française pour la CPI » qui fédère désormais 45 associations[16]. Est-ce pour autant qu’il faille crier au loup et invalider tout ce qui émane de ces ONG que d’aucuns considèrent encore comme réellement au service des causes qu’elles prétendent défendre ? Sans doute que non, car de nombreux bénévoles ne comptent ni leur temps, ni leurs efforts au service de ces ONG et méritent considération&respect. Mais lorsque l’on voit les partis pris, les omissions, les errements parfois de ses institutions dans lesquelles on pouvait légitimement croire comme contrepouvoirs à nos « vieilles » démocraties enclines à la toute-puissance, on est en droit de s’interroger. Nous invitons toutes les personnes qui le peuvent à mettre en exergue le parti pris de la plupart de ces grandes ONG en apparence au-dessus de tout soupçon qui font sans doute un travail remarquable au niveau de la collecte et de la gestion des tâches qui leurs sont confiées en s’appuyant sur des réseaux de militants sincères et désintéressés, mais dont les dirigeants cautionnent souvent la justice inique de la CPI.  
 
- Human Rights Watch qui selon des sources concordantes émargent aux fonds du milliardaire spéculateur Georges SOROS est un bel exemple d’ONG au service de l’ONU. Pour ce qui est de la CÔTE D’IVOIRE, on connaît sa partialité et son rôle majeur dans la diabolisation du régime légitime de Laurent GBAGBO. On lui doit notamment de nombreux rapports mensongers depuis 2000 sur les pseudo-dérives identitaires du régime. La décision de déporter Laurent GBAGBO à LA HAYE en 2011 s'appuie principalement sur son rapport de juin 2011 "Ils ont tués comme si ne rien n'était" qui travestit totalement les faits et impute la plupart des crimes et l'embrasement de la CÔTE D'IVOIRE au camp GBAGBO en épinglant à la marge le camp OUATTARA pour donner l'illusion d'une certaine "objectivité".  HRW fait ainsi partie  de la nébuleuse susmentionnées d'ONG chiennes de garde du système onusien détourné de ses nobles finalités premières ayant pour bras judiciaire la CPI si peu pénale et toujours très politique "juridiction" qui était supposée garantir les peuples contre l'impunité. La plupart des ONG présentées comme impartiales, indépendantes, au service de la vérité et des populations civiles des pays en crise, s'avèrent être majoritairement financées par des fonds publics et totalement inféodées à l'ordre inégalitaire mondial dont elles assurent la perpétuation. Bref, relayer aujourd’hui les rapports de HRW par exemple sur la SYRIE ou sur la CÔTE D’IVOIRE même lorsqu’ils vont un peu plus dans le sens de la vérité et de la dénonciation des crimes de OUATTARA (pour parler de ce que l’on connaît) revient à valider les rapports mensongers antérieurs de ces mêmes ONG, HRW en tête, surtout si l’on ne prend pas le temps de préciser les choses.
 
- Et si les rapports de ces ONG apportaient réellement la preuve des exactions prétendument commises par le camp GBAGBO, comment expliquer que les mandats de la CPI lancés contre  Laurent GBAGBO comme Blé GOUDE ne portent que sur des crimes commis pendant la période postélectorale ? Comment expliquer par exemple que les autorités françaises ne souhaitent plus savoir qui a tué les 9 soldats français le 6 novembre 2004 à BOUAKE alors que Maître BALAN l’avocat des familles de ces victimes militaires décorés à titre posthume accuse aujourd’hui le Gouvernement français de l’époque tandis que la plainte déposée contre Michèle ALLIOT MARIE pour faux témoignage a été classée sans suite début 2013[17] ?
 
- La difficulté majeure, c'est que ces ONG distillent le poison du médiamensonge pendant des années, calmement, proprement, mais savent aussi administrer des doses homéopathiques d'"antidote" aux principales victimes le moment opportun, faisant croire à ces dernières qu'elles ne sont finalement pas si partiales que cela. Pire, après des rapports mensongers et calomnieux, indignes sur le fond comme sur la forme (contextes historiques révisionnistes, méthodologies inconsistantes, inversions des victimes et des bourreaux,...), certaines de ses ONG vont jusqu'à se constituer parties civiles des victimes de tous les camps en arguant d’une neutralité et d’une objectivité qu’elles sont loin d’avoir, voire en garantissant une protection qu'elles ne sont même pas capables d'assurer, tant il est vrai que les intérêts politico-financiers qu'elles couvrent -sciemment parfois, de bonne foi peut-être dans d'autres cas- finissent par l'emporter. Nous en voulons pour preuve l’assassinat d’Alex Saint-Joël GNONSIAN dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, alors qu’il était l’un des principaux témoins des tueries de NAHIBLY qui ont fait plusieurs centaines de morts et de disparus depuis le 20 juillet 2012, massacres en masse qui visent à faire disparaître ou dissuader les victimes de cette tragédie de témoigner (trois autres disparitions de victimes de NAHIBLY sont également à déplorer le même jour) [18]. Alex Saint-Joël GNONSIAN était donc supposé bénéficier de la protection de l’ONUCI et du soutien de la FIDH qui s’est constituée partie civile dans ce dossier alors même que son responsable Afrique Florent GEEL continue de nier l’ampleur des massacres de DUEKOUE de 2011 tout en cautionnant activement la politique d’Alassane OUATTARA. Ce n’est pas la récente mise en scène des petits déboires à la frontière de ce Monsieur Afrique de la FIDH, ni les petits bémols mis dans le soutien de cette dernière à l’endroit d’Alassane OUATTARA qui nous empêcheront de dénoncer sa complicité passive dans les crimes subis par le  peuple ivoirien depuis 2002. Vous trouverez ci-dessous référencés quelques liens sur la légitime méfiance que nous sommes en droit d’éprouver à l’endroit de la FIDH eût égard à son parti pris surabondant pour les autorités de fait qui sévissent aujourd’hui en CÔTE D’IVOIRE[19].  Méfiance qui se mue en légitime colère devant le cynisme de la même FIDH incapable de protéger ses témoins/victimes qui se fend néanmoins d’un communiqué commun avec la LIDHO et le MIDH en date du 21 mars 2014 pour saluer la décision de transférer Blé GOUDE à la CPI y voyant là un espoir de « faire reculer l’impunité en CÔTE D’IVOIRE [20].». Les victimes de la rébellion sanguinaire qui sévi depuis 2002 apprécieront le « négationnisme » de ces ONG prétendues neutres et bienveillantes qui n’est pas sans rappeler celui qu’elles mêmes dénoncent en parlant du génocide rwandais même si heureusement le bilan en pertes humaines n’est pas encore aussi dramatique. A nier ainsi la souffrance du peuple ivoirien comme celui aujourd’hui des HUTU en RDC, elles risquent bien de décrédibiliser le combat apparemment sincère dans lequel elles sont engagées auprès d’autres victimes du même mal systémique africain : la prédation occidentale !

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mardi, 25 mars 2014

ALLOCUTION DE VLADIMIR POUTINE SUR L'INTEGRATION DE LA CRIMEE A LA RUSSIE

 

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Vladimir Poutine s’est adressé aux députés de la Douma, aux membres du Conseil de la Fédération, aux délégués des régions russes et aux représentants de la société civile au Kremlin.


Vidéo : YouTube.com

Président Vladimir Poutine : Bonjour, chers membres du Conseil de la Fédération et députés de la Douma ! Les représentants de la République de Crimée et de la municipalité de Sébastopol sont ici parmi nous, citoyens de Russie, habitants de Crimée et de Sébastopol ! (Standing ovation)

Chers amis,

Nous sommes réunis ici aujourd’hui au sujet d’une question d’une importance vitale, d’une portée historique pour nous tous. Un référendum a été organisé en Crimée le 16 mars, dans le plein respect des procédures et des normes démocratiques internationales en vigueur.

Plus de 82% de l’électorat a pris part au vote. Plus de 96% des votants se sont prononcés en faveur de la réunification avec la Russie. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. (Applaudissements)

Pour comprendre la raison d’un tel choix, il suffit de connaître l’histoire de la Crimée et ce que la Russie et la Crimée ont toujours signifié l’une pour l’autre.

Tout en Crimée évoque notre histoire et notre fierté communes. Là s’y situe l’ancienne Chersonèse Taurique, où le Grand-prince Vladimir Ier a été baptisé. Son exploit spirituel, à savoir l’adoption du christianisme orthodoxe, a prédéterminé les bases globales de la culture, de la civilisation et des valeurs humaines qui unissent les peuples de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie. Les tombes des soldats russes, dont la bravoure a permis l’intégration de la Crimée à l’Empire russe, se trouvent également en Crimée. La Crimée, c’est aussi Sébastopol, une ville légendaire ayant une histoire exceptionnelle, une forteresse qui constitue le lieu de naissance de la Flotte russe de la mer Noire. (Applaudissements). La Crimée, c’est Balaklava et Kertch, Malakhov Kurgan et le mont Sapoun. Chacun de ces lieux est cher à nos cœurs, symbolisant la gloire de l’armée russe et sa bravoure exceptionnelle.

La Crimée est un mélange unique de cultures et de traditions de différents peuples. Elle est en cela similaire à la Russie dans son ensemble, où pas un seul groupe ethnique n’a été perdu au cours des siècles. Russes et Ukrainiens, Tatars de Crimée et autres groupes ethniques ont vécu côte à côte en Crimée, en conservant leurs propres identités, leurs traditions, leurs langues et leurs confessions.

Il faut noter que la population totale de la péninsule de Crimée est aujourd’hui de 2,2 millions de personnes, dont près d’1,5 million sont Russes, 350 000 sont des Ukrainiens qui considèrent majoritairement le russe comme leur langue maternelle, et environ 290 000-300 000 sont des Tatars de Crimée, qui, comme le référendum l’a montré, sont eux aussi favorables à un rapprochement avec la Russie.

Certes, il fut un temps où les Tatars de Crimée étaient traités injustement, tout comme un certain nombre d’autres peuples de l’URSS. Il n’y a qu’une seule chose que je puis dire ici : des millions de personnes de différentes ethnies ont souffert durant ces répressions, et principalement des Russes.

Les Tatars de Crimée retournèrent dans leur patrie. J’estime qu’il est de notre devoir de prendre toutes les décisions politiques et législatives nécessaires afin de finaliser la réhabilitation des Tatars de Crimée, de les restaurer dans leurs droits et de rétablir pleinement leur renom. (Applaudissements)

Nous avons énormément de respect pour les membres de tous les groupes ethniques vivant en Crimée. C’est leur foyer commun, leur patrie, et il serait juste – je sais que la population locale y est favorable – que la Crimée ait trois langues nationales sur un même pied d’égalité: le russe, l’ukrainien et le tatar. (Applaudissements)

Chers collègues,

Dans les cœurs et les esprits des gens, la Crimée a toujours été une partie inséparable de la Russie. Cette conviction profonde, fondée sur la vérité et la justice, a été transmise de génération en génération, au fil du temps, en toutes circonstances, malgré tous les changements dramatiques que notre pays a connus tout au long du XXème siècle.

Après la révolution, les bolcheviks, pour diverses raisons – que Dieu les juge – ont ajouté de grandes sections du Sud historique de la Russie à la République d’Ukraine. Cela a été fait sans tenir compte de la composition ethnique de la population, et aujourd’hui, ces zones forment le Sud-Est de l’Ukraine. Puis, en 1954, il a été décidé que la région de Crimée serait transférée à l’Ukraine, ainsi que Sébastopol, en dépit du fait qu’il s’agissait d’une ville fédérale. Ce fut là l’initiative personnelle du chef du Parti communiste Nikita Khrouchtchev. Déterminer ce qui a motivé sa décision – un désir de gagner le soutien de l’establishment politique ukrainien ou d’expier les répressions de masse des années 1930 en Ukraine – est la tâche des historiens.

Ce qui importe maintenant, c’est que cette décision avait été prise en violation flagrante des normes constitutionnelles qui étaient en vigueur à l’époque. La décision avait été prise dans les coulisses. Naturellement, puisque cela se passait dans un Etat totalitaire, personne n’avait pris la peine de demander l’avis des citoyens de Crimée et de Sébastopol. Ils ont été mis devant le fait accompli. Les gens, bien sûr, se sont demandés pourquoi tout d’un coup, la Crimée devenait une partie de l’Ukraine. Mais dans l’ensemble – et nous devons le dire clairement, car nous le savons tous – cette décision a été considérée comme une simple formalité parce que le territoire de Crimée était transféré à l’intérieur des limites d’un seul et même État [l’URSS]. À l’époque, il était impossible d’imaginer que l’Ukraine et la Russie pourraient se séparer et devenir deux États distincts. Cependant, c’est ce qui s’est produit.

Malheureusement, ce qui semblait impossible est devenu une réalité. L’URSS s’est effondrée. Les choses ont évolué si rapidement que peu de gens ont réalisé à quel point ces événements et leurs conséquences allaient prendre des proportions véritablement dramatiques. Beaucoup de gens en Russie et en Ukraine, ainsi que dans d’autres républiques, espéraient que la Communauté des États indépendants qui a été créée à ce moment deviendrait la nouvelle forme commune de l’Etat. On leur a dit qu’il y aurait une monnaie unique, un espace économique unique, des forces armées conjointes ; mais tout cela n’a pas dépassé le stade des promesses vides, alors que le grand pays avait disparu. Ce n’est que lorsque la Crimée a fini en tant que partie d’un autre pays que la Russie s’est rendue compte qu’elle n’était pas simplement spoliée, mais bel et bien pillée.

Dans le même temps, nous devons reconnaître qu’en lançant le mouvement des souverainetés, la Russie elle-même a contribué à l’effondrement de l’Union soviétique. Et lorsque cet effondrement a été légalisé, tout le monde a oublié et la Crimée, et Sébastopol, base principale de la Flotte de la mer Noire. Des millions de personnes se sont couchées dans un pays et se sont réveillées dans d’autres, devenant du jour au lendemain des minorités ethniques dans les anciennes républiques de l’Union, tandis que la nation russe est devenue l’un des plus grands, sinon le plus grand groupe ethnique au monde à être divisé par des frontières.

Maintenant, des années plus tard, j’ai entendu des résidents de Crimée dire qu’en 1991, ils ont été abandonnés comme un sac de pommes de terre. Il est difficile d’être en désaccord avec cette affirmation. Qu’a fait l’Etat russe ? Qu’a fait la Russie ? Elle a accepté humblement la situation. Ce pays traversait alors des temps si difficiles qu’il était alors absolument incapable de protéger ses intérêts. Cependant, les gens ne pouvaient pas se résigner à cette injustice historique scandaleuse. Durant toutes ces années, des citoyens et de nombreuses personnalités sont revenus sur cette question, affirmant que la Crimée est une terre historiquement russe et que Sébastopol est une ville russe. Oui, nous le savions tous dans nos cœurs et dans nos esprits, mais nous devions agir selon la réalité existante et construire nos relations de bon voisinage avec l’Ukraine indépendante sur une nouvelle base. Durant toutes ces années, nos relations avec l’Ukraine, avec le peuple ukrainien frère ont toujours été et resteront de toute première importance pour nous. (Applaudissements)

Aujourd’hui, nous pouvons en parler ouvertement, et je voudrais partager avec vous quelques détails concernant les négociations qui ont eu lieu au début des années 2000. Le Président de l’Ukraine d’alors, M. Koutchma, m’a demandé d’accélérer le processus de délimitation de la frontière russo-ukrainienne. À ce moment, le processus était pratiquement à l’arrêt. La Russie semblait avoir reconnu la Crimée comme une partie de l’Ukraine, mais il n’y avait pas de négociations sur la délimitation des frontières. Malgré la complexité de la situation, j’ai immédiatement donné des instructions aux organismes gouvernementaux russes afin d’accélérer leur travail pour documenter les frontières, de sorte que tout le monde ait une compréhension claire du fait qu’en acceptant de délimiter la frontière, nous admettions de facto et de jure que la Crimée était un territoire ukrainien, mettant ainsi un terme à cette question.

Nous avons donné satisfaction à l’Ukraine non seulement en ce qui concerne la Crimée, mais aussi sur une question aussi complexe que les frontières maritimes en mer d’Azov et dans le détroit de Kertch. Les considérations qui motivaient alors nos actions étaient qu’avoir de bonnes relations avec l’Ukraine était primordial pour nous et que cela ne devait pas être compromis par une impasse dans des conflits territoriaux. Toutefois, nous nous attendions à ce que l’Ukraine reste un bon voisin, et nous espérions que les citoyens russes et russophones d’Ukraine, en particulier le Sud-Est et la Crimée, vivent dans un Etat ami, démocratique et civilisé qui protégerait leurs droits, conformément aux normes du droit international.

Cependant, ce n’est pas la manière dont les choses ont évolué. Maintes et maintes fois, des tentatives ont été faites pour priver les Russes de leur mémoire historique et même de leur langue, et pour les soumettre à une assimilation forcée. En outre, les Russes, tout comme d’autres citoyens de l’Ukraine, souffrent de la crise politique et institutionnelle constante qui a secoué le pays depuis plus de 20 ans.

Je comprends pourquoi le peuple ukrainien voulait un changement. Il en a eu assez des autorités au pouvoir durant les années d’indépendance de l’Ukraine. (Applaudissements) Les présidents, les Premiers ministres et les parlementaires changeaient, mais leur attitude à l’égard du pays et de ses habitants restait la même. Ils ont dépouillé le pays, se sont battus entre eux pour obtenir du pouvoir, des actifs et des liquidités et ne se sont guère souciés des gens du quotidien. Ils ne se sont pas demandés pourquoi des millions de citoyens ukrainiens ne voyaient aucune opportunité chez eux et partaient dans d’autres pays pour travailler comme journaliers. Je tiens à souligner ceci : ils n’ont pas fui en direction d’une quelconque Silicon Valley, mais pour devenir journaliers. Rien que l’an dernier, près de 3 millions de personnes ont trouvé de tels emplois en Russie. Selon diverses sources, en 2013, leurs revenus en Russie ont totalisé plus de 20 milliards de dollars, ce qui représente environ 12% du PIB de l’Ukraine.

Je tiens à répéter que je comprends ceux qui sont venus sur la place Maïdan avec des slogans pacifiques contre la corruption, la mauvaise gestion de l’Etat et la pauvreté. Le droit à la manifestation pacifique, à des procédures démocratiques et à des élections pacifiques existe dans le seul but de remplacer les autorités qui ne donnent pas satisfaction au peuple par d’autres. Cependant, ceux qui étaient derrière les derniers événements en Ukraine avaient un ordre du jour différent : ils préparaient un nouveau renversement du gouvernement ; ils voulaient s’emparer du pouvoir et ne reculaient devant rien. Ils ont eu recours à la terreur, à l’assassinat et aux pogroms. Des nationalistes, des néo-nazis, des russophobes et des antisémites ont exécuté ce coup d’Etat. Ils continuent à donner le ton en Ukraine jusqu’à ce jour.

Les nouvelles soi-disant autorités ont commencé par introduire un projet de loi de révision de la politique linguistique, qui était une violation directe des droits des minorités ethniques. Cependant, ils ont été immédiatement « rappelés à l’ordre » par les bailleurs de fonds étrangers de ces soi-disant politiciens. Il faut admettre que les mentors de ces autorités actuelles sont intelligents et savent bien à quoi ces tentatives de construire un Etat purement ukrainien peuvent conduire. Le projet de loi a été mis de côté, mais clairement gardé en réserve pour l’avenir. Aujourd’hui, pratiquement plus aucune mention n’est faite de cette tentative, probablement sur la présomption que les gens ont la mémoire courte. Néanmoins, nous pouvons tous clairement percevoir les intentions de ces héritiers idéologiques de Bandera, le complice d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il est également évident qu’il n’y a pas d’autorité exécutive légitime en Ukraine à présent, il n’y a personne à qui parler. De nombreux organismes gouvernementaux ont été saisis par les imposteurs, mais ils n’ont aucun contrôle sur le pays, alors qu’eux-mêmes – et je tiens à le souligner – sont souvent contrôlés par des radicaux. Dans certains cas, vous avez besoin d’un permis spécial des militants de la place Maïdan pour rencontrer certains ministres de l’actuel gouvernement. Ce n’est pas une plaisanterie : c’est la réalité.

Ceux qui se sont opposés au coup d’Etat ont été immédiatement menacés de répression. Bien entendu, la première ligne a été la Crimée, la Crimée russophone. Face à ces événements, les habitants de Crimée et de Sébastopol se sont tournés vers la Russie pour qu’elle les aide à défendre leurs droits et leurs vies et à empêcher la propagation des événements qui se déroulaient et sont toujours en cours à Kiev, Donetsk, Kharkov et dans d’autres villes ukrainiennes.

Naturellement, nous ne pouvions pas laisser cet appel sans réponse ; nous ne pouvions pas abandonner la Crimée et ses habitants en détresse. Cela aurait été une trahison de notre part. (Applaudissements)

Tout d’abord, nous avons dû les aider à créer des conditions telles que les habitants de la Crimée puissent, pour la première fois dans l’histoire, exprimer pacifiquement leur libre arbitre quant à leur propre avenir. Cependant, qu’entendons-nous aujourd’hui de la part de nos collègues en Europe occidentale et en Amérique du Nord ? Ils disent que nous violons les normes du droit international. Tout d’abord, c’est une bonne chose qu’ils se souviennent enfin, au moins, qu’il existe une telle chose, à savoir le droit international, mieux vaut tard que jamais. (Applaudissements)

Deuxièmement, et plus important encore, qu’est-ce que nous violons exactement ? Certes, le président de la Fédération de Russie a reçu l’autorisation de la Chambre haute du Parlement d’utiliser les forces armées en Ukraine. Cependant, à proprement parler, personne n’a encore donné suite à cette autorisation. Les forces armées russes ne sont jamais entrées en Crimée ; elles étaient déjà là, conformément à un accord international. Certes, nous avons rehaussé nos forces en présence, mais – c’est quelque chose que je voudrais que tout le monde entende et sache – nous n’avons pas dépassé la limite en personnel pour nos forces armées en Crimée, qui est fixée à 25 000 hommes, parce qu’il n’y avait pas besoin de le faire.

Point suivant. Lorsqu’il a déclaré son indépendance et décidé d’organiser un référendum, le Conseil suprême de Crimée s’est référé à la Charte des Nations Unies, qui parle du droit des nations à l’autodétermination. A ce propos, je tiens à vous rappeler que lorsque l’Ukraine a fait sécession de l’URSS, elle a fait exactement la même chose, presque mot pour mot. L’Ukraine a utilisé ce droit, mais les habitants de la Crimée se le voient dénié. Pourquoi donc ?

En outre, les autorités de Crimée se sont référées au précédent bien connu du Kosovo – un précédent que nos collègues occidentaux ont créé de leur propre fait dans une situation très semblable, quand ils ont convenu que la séparation unilatérale du Kosovo d’avec la Serbie, exactement ce que la Crimée est en train de faire en ce moment, était légitime et n’avait pas besoin d’une quelconque autorisation des autorités centrales du pays. Conformément à l’article 2 du chapitre 1 de la Charte des Nations Unies, la Cour internationale de l’ONU a approuvé cette approche et a fait le commentaire suivant dans sa décision du 22 juillet 2010, et je cite: « Aucune interdiction générale ne peut être déduite de la pratique du Conseil de sécurité en ce qui concerne les déclarations d’indépendance ». Et encore : « Le droit international général ne contient aucune interdiction contre les déclarations d’indépendance. » Clair comme de l’eau de roche, comme ils disent.

Je n’aime pas à recourir à des citations, mais dans ce cas, je ne peux pas faire autrement. Voici une citation extraite d’un autre document officiel : l’exposé écrit des Etats-Unis d’Amérique du 17 avril 2009, soumis à la même Cour internationale des Nations Unies dans le cadre des audiences sur le Kosovo. Encore une fois, je cite : « Les déclarations d’indépendance peuvent – et c’est souvent le cas – violer la législation nationale. Toutefois, cela n’en fait pas des violations du droit international. » Fin de citation. Ils ont écrit cela, ils l’ont disséminé partout dans le monde, ils ont obtenu l’accord de tous, et maintenant, ils sont scandalisés. Qu’est-ce qui les rend si outrés ? (Applaudissements)En l’occurrence, les actions du peuple de Crimée sont tout à fait conformes à ces instructions. Pour une raison quelconque, des choses que les Albanais du Kosovo (et nous avons beaucoup de respect pour eux) ont été autorisés à faire, les Russes, les Ukrainiens et les Tatars de Crimée ne sont pas autorisés à le faire. Encore une fois, on se demande pourquoi.

Nous ne cessons d’entendre de la part des États-Unis et de l’Europe occidentale que le Kosovo est une sorte de cas particulier. Qu’est-ce qui le rend si spécial aux yeux de nos collègues ? Il s’avère que c’est le fait que le conflit au Kosovo ait donné lieu à tant de pertes en vies humaines. Est-ce là un argument juridique ? La décision de la Cour internationale ne dit rien à ce sujet. Ce n’est même pas un « deux poids deux mesures » ; c’est du cynisme brutal, primitif, colossal. Il ne faut pas essayer aussi crûment de tout adapter à ses intérêts particuliers, qualifiant une même chose de « blanche » aujourd’hui et « noire » demain. Selon cette logique, nous devrions faire en sorte que tous les conflits conduisent à des pertes en vies humaines.

Je vais l’affirmer clairement : si les forces locales d’auto-défense de Crimée n’avaient pas pris la situation en main, il aurait également pu y avoir des victimes. Heureusement, cela n’est pas arrivé. Il n’y a pas eu la moindre confrontation armée en Crimée et il n’y a eu aucune victime. (Applaudissements) D’après vous, pourquoi les choses se sont-elles passées ainsi ? La réponse est simple : parce qu’il est très difficile, pratiquement impossible, de lutter contre la volonté du peuple. Ici, je tiens à remercier l’armée ukrainienne – et il s’agit de 22 000 militaires portant les armes. Je tiens à remercier les membres des forces de sécurité ukrainiennes qui se sont abstenus de répandre le sang et qui n’en ont pas tâché leurs uniformes. (Applaudissements)

D’autres réflexions viennent à l’esprit à cet égard. Ils n’arrêtent pas de parler de quelque intervention russe en Crimée, d’une sorte d’agression. Il est étrange d’entendre cela. Je ne connais pas un seul cas dans l’histoire où une telle intervention se soit produite sans un seul coup de feu et sans faire de victimes.

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CHARLES BLE GOUDE A LA CPI: L'AIRD INVITE LA JEUNESSE IVOIRIENNE A RELEVER LA TETE

 

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Joignant l’acte à la parole du conseil des ministres du jeudi 20 mars 2014, le gouvernement ivoirien a fait transférer le camarade Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye.

Officiellement, selon le gouvernement ivoirien, Charles Blé Goudé a été transféré à la CPI afin, selon le gouvernement ivoirien lui-même, d’être «jugé par la communauté internationale» qu’il aurait contrariée. Ainsi, aux dires du ministre ivoirien de la Justice, «Blé Goudé a été vu en 2007, fermer plusieurs entreprises et s’en prendre à des coopérants européens», poursuivant «qu’en 2010, c’était encore lui Blé Goudé qui demandait que les véhicules de l’Onuci soient "caillassés" (sic)…» avant de conclure «(qu’après) la diffusion des photos de maltraitance de (Charles Blé Goudé), il est du devoir du gouvernement responsable d’offrir à chacun la possibilité de meilleures conditions pour répondre des faits qui lui sont reprochés». Autrement dit, Blé Goudé a été transféré pour venger la communauté internationale et venger un pouvoir qui n’a pas digéré que l’on ne se tûtdevant la maltraitance dont il aurait fait usage. C’est une thèse inacceptable et anti républicaine, qui donne froid dans le dos, car demain, n’importe quel citoyen pourrait être réduit au silence y compris par les escadrons de la mort s’il venait à trop se plaindre: de simples déclarations n'ont-elles pas déjà valu à certains responsables politiques des mandats d’arrêt internationaux?

L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) condamne cette politique de matraquage aveugle mise en œuvre par un régime qui, pourtant, se targue partout d’être au service de tous les citoyens.

L’AIRD ne se fait pas d’illusion sur le rapport de forces défavorable à la démocratie en Côte d'Ivoire, ni sur la nature de la CPI, qui reste avant tout une institution politique à l’habillage juridique. Le combat pour les valeurs sera donc âpre et exigeant sur le terrain de l'intelligence.

Face à la vacuité des accusations retenues - accusations sur la formulation desquelles la CPI et le pouvoir ivoirien divergent d'ailleurs du tout au tout -, le transfèrement de Charles Blé Goudé à la Haye participe des méthodes antidémocratiques de musèlement de toute voix dissidente par rapport à celle du pouvoir et s’apparente plus à une déportation intermédiaire. Ainsi, le pouvoir croit se donner les moyens de gouverner en roue libre, de sécuriser ses plans de succession en gagnant du temps avec les longues procédures de la CPI préalables à tout acquittement.

Comptant en son sein de nombreux militants desdroits de l’homme, l’AIRD refuse de faire de la réconciliation un exutoire à l’impunité. Mais, à qui a profité au juste cette impunité que l’on dit combattre aujourd’hui, si ce n’est aux dignitaires du régime actuel à travers les accords de Marcoussis et le gouvernement de réconciliation national doublé de la loi d’amnistie qui en ont résulté ?

Les Ivoiriens, témoins et victimes d’une décennie de méthodes violentes d’accession au pouvoir, prennent acte de la gouvernance d’ivoirophobie, de division qui oppose les Ivoiriens entre eux, de promotion d’intérêts hostiles à la cause nationale, d’injustice, de pillages et de corruption généralisée; une gouvernance sur fond de mépris du peuple et de la République.

L’AIRD invite l’ensemble de la jeunesse ivoirienne, visée dans sa chair et dans son âme par ces mesures injustes, à relever la tête pour aborder l’avenir avec espérance et responsabilité par sa rigueur au travail et son ancrage dans les valeurs de solidarité, de rassemblement, d'intégrité, de justice, d’égalité et de démocratie. Demain sera incontestablement meilleur, parce que débarrassé de la peur de l’autre, dans les frontières sûres d’une vraie nation. Demain nous devons être des adversaires politiques qui savent être des partenaires de la démocratie. C’est à nous de donner cette leçon à ceux qui sont aveuglés par la haine.

À l’épouse de Charles Blé Goudé et à ses enfants, à sa famille biologique, à sa famille politique et à tous les combattants de la démocratie et des libertés, l’AIRD tient à témoigner sa solidarité, en les assurant de sa présence à leurs côtés. À notre frère Charles Blé Goudé, l’AIRD  souhaite les grandes ressources morales qui confronteront ses juges à leur devoir de justice dans le cadre d'un procès équitable, et l'abandon rapide de toute charge à son encontre, pour un digne retour au pays, lavé de toute accusation.

 

Le Ministre Eric Kahé
Président de l’AIRD

TRANSFEREMENT DE BLE GOUDE A LA CPI: ET SI L'AFRIQUE ETAIT LE CONTINENT DE LA HONTE?

 

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Image d'archives: Blé Goudé dans sa cellule de prison à la DST, en Côte d'Ivoire

 

C'était en 1845 que le premier  africain, âgé de 10 ans, a été offert à la société royale d'Anvers... "Le négrillon" comme ils l'ont dénommé était cloîtré dans l'enceinte du zoo où il était exhibé et n'était pas autorisé à quitter le périmètre qui lui a été offert".

Encore au 21ème siècle, un jeune Ivoirien, âgé de 42 ans est déporté dans un zoo moderne "baptisé la CPI" c'est-à-dire dans "la prison des blancs" comme le disait la mère de Blé Goudé. Cette prison ultra moderne a été créée dans le seul but de continuer la déshumanisation de la race noire et de son maintien dans l'esclavage. Comment voulez-vous que ce continent puisse se développer si nos intellectuels sont assassinés ou emprisonnés par la seule volonté de l'homme blanc?

Par exemple, Gbagbo Laurent et Blé Goudé ont été livrés à la CPI par d'autres africains. Par contre d'autres ont été assassinés sur instruction des occidentaux mais toujours avec la complicité de certains noirs, à savoir: Tagro Désiré, Bohoun Bouabré, Gomon, Mahan Gahé, Dagrou Loula, Boga Doudou, Lumumba, Thomas sankara, Olympio, Kouamé N'kruma, etc.... Sans compter des centaines d'intellectuels militaires et civiles qui croupissent dans les geôles du nord de la Côte d'Ivoire  et dans les sous-sols de la DST d'Abidjan.

Ce système a été savamment étudié et mis en place par les puissances occidentales afin de maintenir le continent noir dans le sous-développement et dans l'obscurantisme. Pour les Occidentaux, la démocratie ne signifie rien en Afrique tant que les matières premières n'atterrissent pas chez eux. "La démocratie est un luxe pour les africains, comme le disait Jacques Chirac".

Chirac a raison parce que toutes les démocraties s'épanouissent sur des bases régaliennes, c'est-à-dire disposer d'une armée forte, capable de défendre vos frontières et votre civilisation, battre sa propre monnaie et avoir la maîtrise de sa politique étrangère.

Le continent africain n'a pas encore acquis le minimum de ces droits régaliens. C'est pourquoi il sera difficile de parler d'élections libres, transparentes et démocratiques en Afrique tant que le travail de la conscientisation n'est pas fait.

Blé Goudé et Gbagbo sont à la CPI pour avoir heurté aux intérêts des occidentaux et en particulier à ceux des Français et non pour avoir commis des crimes contre l'humanité.

Ce que je trouve pathétique dans le transfèrement de Blé Goudé et de Gbagbo, c'est le mutisme de tout un peuple ou d'un continent de plus d'un milliard d'individus où aucun intellectuel n'a été capable de lever le petit doigt et de condamner l'inacceptable et l'injustice de ce monde. C'est finalement le continent de "chacun pour soi". Même la pauvre mère de Blé Goudé a eu la force et l'intelligence de qualifier le transfèrement de son fils à la CPI  "de déportation dans le pays des bancs". Cette vieille mère n'a jamais mis pied à l'école. Donc à quoi sert de former des intellectuels en Afrique si ces derniers ne sont pas capables de dire non aux injustices faites au continent noir?

La victoire de l'impérialisme en Afrique, c'est d'avoir corrompu les Africains eux-mêmes. Je peux comparer Gbagbo et Blé Goudé à Frantz Fanon qui disait ceci: "J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses, mon âme pleine du désir d'être à l'origine du monde, et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres".

Je conseille aux africains de sortir de la dépendance intellectuelle. Tant que les intellectuels africains ne seront pas lus et écoutés dans leurs pays respectifs, et que nos élites politiques seront de plus en plus soupçonnées de collusion avec l'ancienne puissance coloniale, l'Afrique ne sortira pas de l'ornière.

 

Liadé Gnazégbo

 

Source: CIVOX.NET

LE PRESIDENT JOHN JERRY RAWLINGS DENONCE L'UTILISATION ABUSIVE DE L'ONU PAR LA FRANCE

 

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Le président John Jerry Rawlings accuse et dénonce l'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu.

 

Dans un entretien au quotidien ghanéen Daily Graphics, l’ancien président Jerry J. Rawling n'a pas été tendre à l’égard de la politique de l'Occident en Afrique et dans le monde. Le leader ghanéen condamne fermement ce qu'il appelle "double standards" occidentaux. «Les pays occidentaux gardent leur système de valeurs intact chez eux et les appliquent différemment chez nous. Ceci affaiblit de plus en plus les pays sous-développés» affirme-t-il. Il critique le vernis infrastructurel souvent brandi comme preuve de bonne santé de certaines économies pro-occidentales. «Bien-sûr vous verrez des infrastructures dans certains pays d'Afrique, mais ces infrastructures ne sont pas le reflet de la justice socio-économique du pays. Tout au contraire, c'est le reflet d'une classe politique très corrompue qui tente de gouverner un peuple mécontent et désemparé» a-t-il accusé, avant d'ajouter que les Occidentaux exploitent justement ces failles pour mieux affaiblir plusieurs autres pays du Continent.

Selon Jerry J. Rawlings, les Occidentaux ont suffisamment déstabilisé des pays dont certains sont aujourd’hui en faillite. Ainsi, suite à l'effondrement de la guerre froide et du communisme, explique l’homme d’État, le tiers-monde avait espéré un visage plus humain du capitalisme. Mais «hélas, nous nous sommes retrouvés dans ce que le Pape Jean-Paul II avait appelé "la sauvagerie du capitalisme"».

Pour M. Rawlings, «La manière dont la guerre en Irak a été entreprise a fait le pire des dommages à la moralité humaine en ce sens que la force du droit a été remplacée par le droit de la force. Cette façon de faire a envoyé un mauvais message aux pays développés et un peu trop de gouvernements (notamment en Afrique) en ont profité. La corruption et l'impunité sont à l'ordre du jour» a t-il déploré.

L'ex-président ghanéen n'a pas été tendre envers la France en particulier. «Nous avons vu en Libye la manière dont ils ont évincé Kadhafi avant de l'abattre comme un chien». En cause, «L'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu avant de l'emprisonner à La Haye».

L’homme d'Etat ghanéen affirme que la manière arbitraire avec laquelle certaines superpuissances exercent leur autorité unilatérale ne peut plus perdurer parce que cela est préjudiciable à la stabilité mondiale. D’après lui, «La Russie et la Chine ont de bonnes chances de rééquilibrer les forces, ce qui ne plaît pas aux États-Unis qui voudraient tout faire pour conserver leur leadership». «Le monde aurait accepté volontiers le leadership unipolaire de l'Amérique si cette dernière n'était pas moralement défaillante» conclut M. Rawlings.

 

Sévérine Toche

dimanche, 09 mars 2014

COMMENT GAGNER UNE GUERRE SANS COMBATTRE SELON SUN TZU? L'EXEMPLE DE LA RUSSIE EN CRIMEE

 

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Leçon de géostratégie africaine N° 71: Comment gagner une guerre sans combattre selon Sun Tzu? L’exemple de la Russie en Crimée. Ou voici comment la Russie a piégé les dirigeants de l'Occident et récupéré la Crimée sans tirer un seul coup de fusil.

 

Qu'est-ce qu'on enseigne dans les écoles de stratégie militaire ? Installez-vous bien dans votre fauteuil. Je vais vous amener avec moi dans un voyage sur les bancs d'une école de stratégie militaire comme si vous y étiez. Nous allons étudier la crise ukrainienne en nous servant d'un livre de stratégie militaire largement utilisé dans la formation des militaires russes et chinois. Mais aussi dans certaines écoles de commerce dans le monde. Ce livre s'appelle : "l'art de la guerre" écrit par le penseur et stratège militaire chinois Sun Tzu (544–496 avant notre ère). L'idée centrale du modèle de stratégie militaire de Sun Tzu est d'utiliser la ruse pour amener l'ennemi à déposer les armes et se rendre avant même d'avoir commencé à combattre. En d'autres termes, pour Sun Tzu, le meilleur stratège militaire est celui qui gagne une guerre sans avoir besoin de la combattre, tout simplement en jouant sur la ruse, les bluffs, les fausses informations distillées au bon moment pour désorienter l'ennemi, en donnant de faux espoirs à l'ennemi au début des hostilités avant de le désillusionner complètement à la fin. Analysons maintenant la crise ukrainienne en étude de cas, comme on le fait dans les écoles militaires. Nous allons nous servir des 10 principales stratégies préconisées par Sun Tzu pour gagner une guerre sans combattre, pour savoir, en Ukraine, qui a le plus de chance de gagner le bras de fer en cours entre les Etats Unis d'Amérique et la Russie.

1- «Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité.»
 
Lorsque vous avez identifié les projets de l'ennemi, pour vous battre, vous devez constamment lui donner l'impression d'aller à contre-courant de l'attitude belliqueuse qu'il attendrait de vous en pareille circonstance. Ainsi, vous devez savoir vous rendre invisible dans votre contre-offensive, savoir mentir et surtout, ne donnez à l'ennemi aucune chance de vous situer ou de situer votre vraie réaction face à son intention guerrière, que vous devez constamment feindre de ne pas savoir. Dans ce dossier, l'objectif des Occidentaux est celle de partir d'un accord d'association entre l'Ukraine et l'Union Européenne pour arriver à l'objectif de l'adhésion pure et simple de l'Ukraine à l'UE. Mais surtout, de faire adhérer l'Ukraine à l'Otan afin de la couper complètement de la Russie et donc, de ne plus renouveler la location de la base marine de Sébastopol en Crimée à l'armée marine russes, c'est-à-dire, de priver la Russie de toute possibilité d'intervention rapide en mer Méditerranée en cas de guerre avec l'Otan, comme les récentes opérations d'intimidation dans les ports syriens lorsque le président Hollande voulait bombarder le pays et égyptiens lorsqu'à la chute du président Morsi, les USA menaçaient l'Egypte de sanction sur les fournitures militaires.

Le président Yanukovych qui est l'homme de Moscou a feint ne rien comprendre quant aux conséquences néfastes de la signature des accords d'association. Et s'est arrêté à la dernière minute. Et c'est en ce moment que les Occidentaux entrent en jeu, en inventant la révolution populaire. Selon la télévision Euronews une conversation interceptée entre le Ministre Estonien des affaires étrangères Urmas Paet et madame Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie européenne, les 88 morts de la place de l'indépendance ne sont pas l'œuvre du président Yanukovych mais des paramilitaires de l'opposition, commandités par les membres de l'actuelle coalition au pouvoir à Kiev pour porter un coup fatal à la présidence hostile à l'Union Européenne et à l'Otan. Mais comment en est-on si sûr ? Voici à propos, ce que déclare Euronews : "Un ou plusieurs snipers ayant tiré sur les manifestants d’Euromaïdan s‘étaient installés dans le siège de la banque d’Ukraine, à Kiev. Les enquêteurs y ont découvert des douilles correspondantes aux balles retrouvées dans les corps des victimes. Ce sont par ailleurs les mêmes balles qui ont servi pour attaquer les forces de police anti-émeute et les opposants." Total : 88 morts.

Devant tout cela, la Russie sait tout ce qui se passe, mais fait semblant d'être invisible, inaudible, absente. Et laisse faire. Ce qui l'intéresse, c'est reprendre toute la péninsule de la Crimée, mais sans combattre. Comment y parvenir? Ce sont les Occidentaux qui vont lui donner un coup de main, en jouant à une partie d'échec, sans jamais tenir compte des pions que l'adversaire est en train de pousser, lui aussi, mais en cachette. Et pour cela, c'est la deuxième stratégie de Sun Tzu qui va nous apporter plus d'éclaircissement sur le comportement du président Poutine de Russie dans cette crise.

2- «Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire.»
 
Selon ce principe, Sun Tzu nous explique qu'en guerre, on n'attaque que lorsqu'on est certain de gagner. Sinon, on attend le temps qu'il faudra que la situation tourne à notre avantage.

Sur la place Maïdan de Kiev, la capitale de l'Ukraine, ont défilé durant la révolte, de nombreux politiciens occidentaux, comme le Sénateur américain Mc Caïn le 15 décembre 2013, pour soutenir et encourager la foule en colère, une colère bien entretenue et guidée. Le 19 février, nos manifestants dits pacifistes vont lancer un assaut sur la police. A la fin des émeutes, il y a 26 morts dont 9 policiers. Et voici ce que déclare le président Obama depuis le Mexique où il se trouve en visite officielle : "Je veux être très clair, nous allons observer de près les développements des prochains jours en Ukraine et nous attendons du gouvernement ukrainien qu'il fasse montre de retenue, qu'il n'ait pas recours à la violence face à des manifestants pacifiques". Plus tard dans l'avion de retour du Mexique, selon une dépêche AP, c'est au tour de Ben Rhodes, conseiller spécial du président Obama à faire un point de presse dans Air Force One pour affirmer ceci : "Nous sommes opposés à la violence, d'où qu'elle vienne, mais c'est le gouvernement qui doit retirer les membres de la police anti-émeute, décréter une trêve et entamer des discussions dignes de foi avec l'opposition (...) Il est évident que les Ukrainiens estiment que leur gouvernement ne répond pas à leurs aspirations légitimes à l'heure actuelle".

Ces 3 personnalités américaines sont dès lors déjà entrées dans le piège du président Poutine : ils ont clairement fait leur choix de camp. Par leurs actions et leurs propos, ils ont signé sans se rendre compte la paternité des manifestations sur la place de l'Indépendance à Kiev. Cette signature sera ensuite utilisée par la Russie pour discréditer les interlocuteurs occidentaux dans la suite des évènements qui semblent complètement imprévus par les deux camps, mais jusqu'à quel point? Nous allons voir dans la prochaine stratégie qui privilégie le résultat final recherché aux multiples pseudos victoires temporaires.

3- «Pour le bon stratège, l’essentiel est dans la victoire, non pas dans les opérations prolongées.»
 
C'est à dire que pour un bon stratège militaire, ce qui compte ce sont les éléments pris dans leur globalité, c'est le résultat final de l'ensemble des opérations et non des petites victoires sporadiques au quotidien. Nous sommes partis des objectifs des uns et des autres : à terme, l'Occident veut l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan, afin de priver la Russie de son accès à la Méditerranée. Alors que la Russie veut tout simplement annexer la Crimée pour éloigner une telle éventualité. La Crimée est en effet le seul accès de la Russie en mer chaude.

Ailleurs, au nord, c'est la mer froide et si l'Occident déclenche une guerre contre la Russie en hiver, tous ses bateaux sont bloqués dans des eaux gelées de la Baltique ou de la mer du Nord. Ce serait donc une défaite même avant de combattre. Dans les opérations qui vont se succéder à Kiev jusqu'au renversement du président, c'est l'Occident qui semble avoir les meilleures cartes en main, puisque c'est lui qui dicte le tempo des événements, jusqu'au choix des nouveaux dirigeants, reconnus à la vitesse de la lumière. Même s'ils viennent à peine de renverser un gouvernement démocratiquement choisi par le peuple, qu'importe, la démocratie est un gros mensonge qui vit au dépend de ceux qui y croient. Surtout que les élections normales étaient prévues dans un an. Et dans les négociations, le président Yanukovych avait accepté d'anticiper ces élections. Et cela n'a pas suffi au tempo occidental qui l'a fait renverser à peine 24h après la signature de cet accord avec l'opposition. Là, c'est l'Occident qui s'installe dans les opérations prolongées. Moscou est muet.

Le président Poutine est coincé à Sotchi pour les jeux Olympiques d'hiver. C'est la suite des évènements qui nous fera comprendre que ce mutisme était bien calculé. Apparemment, ce qui l'intéressait, c'était la victoire finale et non les opérations intermédiaires.

4- «Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer, en lui faisant miroiter une opportunité s’assure la supériorité.»
 
Pour Sun Tzu, vous devez toujours pousser l'ennemi dans une plus forte mobilité, afin de l'orienter vers là où vous voulez le conduire, pour le finir. Le 6 Février 2014, c'est la secrétaire d'Etat américaine adjointe, Victoria Nuland, qui arrive à Kiev et rencontre les trois principaux dirigeants de l'opposition Ukrainienne : Oleg Tiagnybok, Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk, qui deviendra Premier Ministre par la suite. Le lendemain, dans un entretien au quotidien Kommersant Ukraine, le conseiller spécial du président Poutine, Sergueï Glaziev déclare : "Autant que nous sachions, Madame Victoria Nuland a menacé les oligarques ukrainiens de les placer sur une liste noire américaine si le président Yanukovych ne cède pas le pouvoir à l'opposition. Cela n'a rien à voir avec le droit international. (...) Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d'Etat. (...) les Américains dépensent 20 millions de dollars par semaine pour financer l'opposition et les rebelles, y compris pour les armer".

Pour commenter la visite du sénateur américaine Mc Cain sur la place de l'indépendance le 15 décembre 2013, Alexeï Pouchkov, député au Parlement russe (la Douma) déclare au quotidien ukrainien, Kievski Telegraf, ceci : "Les représentants de l'Union européenne et des Etats-Unis sont directement impliqués dans le bras de fer politique en Ukraine. (...) Veulent-ils y établir un nouveau régime colonial ?" Nous constatons déjà à ce niveau que la Russie joue la parfaite diversion. Ayant poussé les occidentaux à être plus mobiles et de se rendre plusieurs fois à Kiev, alors qu'ils ne bougent pas d'un millimètre depuis Moscou, ils arrivent à contraindre les américains à choisir une priorité : le changement de pouvoir à Kiev. C'est dans ce piège que les Russes vont les y conduire et les occuper un bon bout de temps, pendant qu'ils peaufinent en toute liberté et secret, l'invasion de la Crimée.

5- «Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi.».
 
Le bon stratège doit être insaisissable pour l’’ennemi. Il doit communiquer le moins possible et pratiquer la rétention de l'information. Et lorsqu'il communique, c'est pour transmettre à l'ennemi une information inexploitable ou fausse.

En Crimée, lorsque le président Poutine fait la seule conférence de presse, le 5/03/2013 admise aux seuls journalistes russes, il jure sur la tête de son arrière grand père qu'il n'a pas de troupes en Crimée. Et que les militaires qu'on voit sans insigne sur l'uniforme, sont en effet, des forces d'Auto-défense locales. Vu de l'Occident, il s'agit d'un mensonge. Mais à bien y regarder, le président Poutine est juste en train de les rouler dans la farine. Et il leur fournit une information capitale qui n'est pas comprise par les stratèges occidentaux. En effet, lorsqu'il nie qu'il n'y a pas de militaires russes, donc étrangers en Crimée, il est en ce moment en train de leur dire qu'officiellement, la Crimée est déjà russe et à ce titre, les forces présentes en Crimée ne peuvent pas être considérées sous l'optique d'une invasion, mais d'une force qui est déjà chez elle, dans sa nation, dans sa république, d'où l'appellation de Forces d'Auto-défense locales. Ce message subliminale n'a malheureusement pas été convenablement analysé et compris par les "stratèges" Occidentaux qui au lieu de se pencher immédiatement sur le cas de la Crimée, ont continué comme d'habitude à faire de la figuration à parler de la désescalade de la tension de la partie russe alors que cette dernière venait de leur signifier qu'elle était déjà passé à la deuxième mi-temps du match qu'ils avaient invité la Russie à jouer.

A Paris, on a transformé une conférence dédiée au Liban à une conférence de sanctions contre la Russie, si elle n'est pas suffisamment gentille et retirer ses militaire de la Crimée pour rentrer dans leur base.

Le lendemain à Rome, on a transformé une conférence pour parler du chaos laissé par l'OTAN en Libye, en un débat pour expliquer à l'opinion publique européenne que l'Europe comptait quand même quelque chose.

On a continué d'organiser des conférences inutiles, à aller et venir entre les capitales européennes et Kiev, alors que le barycentre de la crise s'était déplacé depuis des lustres de Kiev en Crimée. Même un mini-sommet extraordinaire sur l'Ukraine est organisé à Bruxelles le 6/03/2013 et c'est en pleine réunion que le président Poutine va envoyer aux participants un petit cadeau, c'est la dépêche qui tombe sur les téléscripteurs à 12h de Bruxelles et qui dit que le Parlement de la Crimée a voté à l'unanimité le rattachement de la Crimée à la Russie et qu'un référendum pour valider ce choix sera organisé à peine 10 jours plus tard.

6- «Remporter cent victoires après cent batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat.»
 
Un bon stratège n'est pas violent, il n'humilie pas son adversaire. Il amène son adversaire à se transformer pour reconnaître son infériorité. Ainsi, il n'a plus besoin de combattre. En Crimée, les forces spéciales russes sont arrivées dans une tenue sans étiquette et ont encerclé toutes les bases militaires ukrainiennes, mais sans les contraindre de quitter la base. Le problème est que les habituels occupants de ces bases ne pouvaient plus être libres d'entrer et de sortir. Il fallait alors choisir : ou attendre stoïquement que les événements à Kiev permettent un miracle de déloger les russes, ou bien se rendre. Beaucoup ont préféré se rendre sans même tenter de se défendre. De toutes les façons, ils n'étaient pas attaqués. Au même moment, sans même attendre le référendum, à l'aéroport de Sébastopol, la pression psychologique est montée d'un cran : tous les vols pour Kiev ont été dès le vote du parlement de Crimée, programmés comme des vols internationaux. La monnaie ukrainienne progressivement sortie de la circulation et remplacée par le rouble russe. C'est la première fois dans l'histoire qu'on assiste à un sans faute dans l'application des théories de Sun Tzu : Gagner sans combattre. Les Etats-Unis n'y ont vu que du feu.

7- «Jadis, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis attendaient le moment où l’ennemi serait vulnérable. L’invincibilité réside en soi-même. La vulnérabilité réside en l’ennemi.»
 
Un vrai stratège joue sur le timing pour gagner toutes ses batailles. Il redouble de ruse pour ne pas être affecté par les menaces ou les actions belliqueuses de l'ennemi. Ainsi, il devient d'abord invincible. Mais cela ne suffit pas. Il faut ensuite gagner. Pour cela, un bon stratège doit savoir attendre le moment où ses ennemis sont affaiblis pour passer à l'action et leur donner le coup de grâce. Une fois sécurisé l'annexion de la Crimée, la Russie sait que l'opération en elle-même va drastiquement affaiblir le coté occidental dans la suite des opérations. Mais alors que ces derniers croient par erreur que le Président Poutine va s'arrêter à la Crimée, ils se trompent.

Il sait qu'il a déstabilisé pendant longtemps ses adversaires incapables de prendre des initiatives novatrices. Le président Obama a annoncé une série de sanctions d'abord sur les visas. On a l'impression qu'il s'agit d'une blague de mauvais goût. En 1994, tu as contrains l'Ukraine à se débarrasser de l'armement nucléaire en lui promettant que s'il est attaqué, tu viendrais à son secours. Et maintenant qu'on démembre son territoire, tu menaces de ne pas donner des visas ? De qui te moques-tu ? En réalité, le Président Obama ne peut pas faire grand chose. En ce moment c'est le président russe qui est le seul maître du jeu. Il a toutes les bonnes cartes en main. Il fait ce qu'il veut, quand il veut et comme il l'entend. Le pire est que les gesticulations des occidentaux, trahissent au fond leur impuissance.

D'abord parce qu'ils n'ont pas d'argent pour mener la moindre guerre contre une puissance comme la Russie, mais aussi parce que la moindre sanction économique se retournerait immédiatement contre eux. Par exemple, selon une information publiée par le journal économique français Challenge du 7 mars 2014, à la seule menace du président Obama de geler les avoir russes, la Banque Centrale de Russie a déplacé dans la seule journée du jeudi 6 mars 2014, une somme gigantesque de plusieurs dizaines de milliards de dollars des comptes bancaires détenus aux États-Unis vers la Russie et les paradis fiscaux. Ce genre d'opérations, si elle continue, dans le moyen terme, peut causer un véritable séisme bancaire et financier aux États-Unis. C'est la classique histoire de l'arroseur arrosé.

Toujours Vendredi 7 mars 2014, c'est l'Agence Bloomberg qui fait d'autres analyses et prévisions. Selon elle, au 1er septembre 2013, la Russie détenait dans les banques de 44 pays la somme de 160 milliards de dollars, alors qu'à la même date, 24 pays avaient déposé dans les banques russes, la somme de 242 milliards de dollars. Les pays occidentaux peuvent geler jusqu'à 160 milliards de dollars d'argent russe. Et la Russie peut geler jusqu'à 242 milliards de dollars d'argent des occidentaux. Selon Bloomberg, depuis Washington, qui a plus à y perdre serait la France dont les banques ont investi 50 milliards de dollars en Russie, suivie par les Etats-Unis dont les banques ont investi pour 35 milliards de dollars dans le plus vaste pays du monde, la Russie, avec ses 17 millions de km2. Le pire, nous vient de la bouche du conseiller du président russe Sergueï Glaziev, rapporté par la même Agence Bloomberg : "En cas de sanctions américaines, la Russie serait obligée de renoncer au dollar au profit d'autres monnaies et de créer son propre système de paiement. (...) Si les États-Unis gèlent les avoirs d'entreprises publiques et d'investisseurs privés russes, Moscou recommandera à tout le monde de vendre les titres du Trésor américain. En outre, les sanctions, si elles sont infligées, amèneront la Russie à renoncer au remboursement des prêts octroyés par les banques américaines." La messe est dite. La Russie est invincible et a même identifié le point de faiblesse de l'ennemi. On peut dès lors parier qu'après la Crimée, elle sait qu'elle pourra annexer d'abord les anciens territoires géorgiens de l'Abkhazie et de l'Ossétie, avant d'avaler toutes les régions de l'est ukrainien russophones qui avaient voté pour le président Yanukovych aux dernières élections présidentielles. Sans oublier bien sûr la région séparatiste de Transnistrie en Moldavie, à la frontière avec l'Ukraine, là aussi à majorité russe et qui demande depuis son indépendance proclamée en 1992, son rattachement à la Russie. Et là nous arrivons à l'autre stratégie de Sun Tzu.

8- «Pour avancer irrésistiblement, attaquez les points faibles de l’ennemi. Pour battre en retraite sans être rattrapé, soyez plus rapide que votre ennemi.»
 
Pour avancer, il faut éviter le corps à corps avec l'ennemi et se limiter à le toucher uniquement dans ses parties non protégées. Et pour des replis stratégiques, il faut se mettre dans les coins qui échappent au contrôle ou à la connaissance de l'ennemi.

Depuis la guerre éclair du mois d'Aout 2008 contre l'allié des USA, la Géorgie avec Saakachvili, les territoires conquis sont le point faible de l'Occident. Tu avais fait croire à la Géorgie que tu pouvais l'aider en cas de guerre avec la Russie. Et il a fait ce que tu lui as conseillé. Quand on l'a bombardé, tu n'es pas arrivé. Alors, que vaut ta parole ? L'humiliation de la petite Géorgie par la Russie a été une grosse tache dans la crédibilité des USA et encore aujourd'hui, les deux territoires alors contestés sont de fait sous la Russie. Voilà pourquoi il est facile de prévoir que ce sont les premiers territoires que la Russie va annexer après la Crimée. Cette victoire si facile en seulement 4 jours sur la Géorgie ne suffit pas pour être répétée aujourd'hui en Ukraine, toujours selon Sun Tzu. Et ça, le président russe Poutine l'a très bien compris.

9- «Ne répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulières.».
 
Il faut toujours adapter les tactiques et les stratégies aux situations nouvelles. Ce n'est pas parce qu'une solution a marché hier qu'elle marchera toujours. Si on répète les tactiques victorieuses du passé, on court le risque de trouver un ennemi plus aguerri, qui aura passé le temps à étudier votre stratégie et comment y faire face convenablement. Chaque situation, pour un bon stratège est unique et mérite une stratégie unique. Alors que les Américains ont répété en Irak et en Afghanistan les mêmes recettes ruineuses du Vietnam, la Russie a évité de répéter en Ukraine ses tactiques victorieuses sur la Géorgie des bombes tirées par centaines des chars et des hélicoptères de combat. Car il est évident que si en Géorgie les alliés américains s'étaient fait trouver impréparés, rien ne dit qu'une nouvelle fois les trouverait aussi passifs, parce que surpris. En effet, on nous annonce que les F16 américains sont partis vers les ciels estoniens et polonais. De la même façon que le président Poutine a été silencieux pour les événements de Kiev, avant d'avaler la Crimée, aujourd'hui, personne ne sait quelle stratégie il a préparé pour les régions russophones de l'est de l'Ukraine. Comme Sun Tsu suggère de ne jamais répéter les mêmes stratégies victorieuses, il y a à parier qu'il a préparé toute autre choses pour avaler les régions de l'est mais quoi ?

10- «Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles.»
 
Le bon stratège doit toujours avoir en tête 3 soucis : bien maîtriser l'environnement, le terrain de la bataille, connaitre l'ennemi dans ses détails et se connaitre lui-même pour surtout desceller avant l'ennemi ses propres faiblesses. Pour faire partie des stratèges des services secrets russes, il faut bien parler plusieurs langues donc l'anglais. Au même moment, tous les textes et communication entre les membres du FSB, sont exclusivement codés en russe. A la CIA il existe un département Russie qui ne peut pas faire le poids face à l'imposante stratégie russe de la maîtrise de l'anglais par tous ses espions. Et donc, de connaitre les américains dans ses plus petits détails. Il existe un réseau composé aussi par russe américains qui, avec le passeport américain, accèdent à tous les postes de l'administration américaine.

C'est ce qui va expliquer que pour le président russe, on a l'impression que rien de ce que dit son homologue américain ne le surprend ou ne l'émeut. Sur le plan de l'environnement, la Russie c'est 17 millions de km2, les USA la moitié. Alors que les américains en Russie sont concentrés dans quelques grandes villes de l'Ouest, les russes aux USA, sont repartis sur tout l'étendu des USA. Ils sont devenus des américains à tous les effets. Il suffit pour Moscou d'étudier leurs comportements pour savoir tout, des américains. Pour revenir en Ukraine, les zones qui intéressent la Russie sont les régions où on parle russe, où les populations sont russes, donc avec une parfaite maîtrise même sociologique de la part de la Russie. Ce qui n'est pas le cas des USA qui en Ukraine comme en Afghanistan ou en Irak, donnent toujours l'impression de s'engager sur des éventuels théâtres de guerres sans jamais maîtriser le terrain, n'importe où sur la planète comme s'il s'agissait d'un jeu vidéo, où il suffirait de remplacer une carte par une autre et continuer à appuyer sur la gâchette au maximum. Ce qui a porté à des guerres inutiles qui ont littéralement ruiné les Etats Unis d'Amérique.

Et le président Poutine l'a bien compris que de l'autre côté, il y a une véritable navigation à vue, du dossier iranien et syrien hier et à celui ukrainien aujourd'hui. Au final, devant le désarroi du président américain avec ses menaces génériques et sa totale incapacité à placer la moindre initiative dans le dossier ukrainien, s'il y a un maître du monde aujourd'hui sur le plan de stratégie militaire, ce maître s'appelle Monsieur Vladimir Poutine. Il connait son ennemi, les USA, il connait bien le terrain, l'Ukraine et il connait la nouvelle force de son pays, les nouveaux moyens militaires du pays depuis la guerre en Libye qu'il cite chaque fois qu'il veut se moquer des stratèges américains qui ont prétendu d'aller installer la démocratie en Libye et aujourd'hui organisent une conférence à Rome pour demander l'aide des russes pour aller y mettre un peu d'ordre. Le président Obama de son côté, donne l'impression de ne comprendre ni son homologue, russe, de ne pas connaitre la complexité ukrainienne, sinon, il n'aurait pas suggéré à ceux qu'ils ont mis au pouvoir à Kiev comme première action, de supprimer la langue russe. Et pire, il semble ne pas connaitre ses propres faiblesses, d'un pays ruiné et qui ne pourra rien offrir à 47 pays africains qu'on invite à Washington, juste pour mimer les rencontres tous les 2 ans entre les dirigeants africains et chinois.

QUELLES LEÇONS POUR L'AFRIQUE ?
 
Le 22 Janvier 2014 dernier, la Maison Blanche, par communiqué, nous annonce que le président Obama a invité à Washington, 47 chefs d'Etat Africains. Il a pris soin d'en exclure 3 de Centrafrique, Egypte et de la Guinée Bissau, accusés d'être arrivés au pouvoir sans passer par les urnes, mais par des coups d'Etat. Comment expliquer qu'en Ukraine c'est plutôt l'administration américaine qui tente de forcer la main à la Russie pour reconnaître le nouveau pouvoir à Kiev lui aussi issu d'un coup d'Etat ? Un coup d'Etat en Europe est-il différent d'un coup d'Etat en Afrique? Le 17 février 2008, le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance de la Serbie. Les Occidentaux applaudissent. La Serbie porte l'affaire à la Cour Internationale de Justice (CIJ), organe judiciaire des Nations Unies qui tranche et valide la sécession du Kossovo par sa décision du 22 juillet 2010 en ces termes : "la déclaration d'indépendance du Kosovo n'a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel". En revanche, la CIJ ajoute qu'elle n'est "pas tenue par la question qui lui est posée de prendre parti sur le point de savoir si le droit international conférait au Kosovo un droit positif de déclarer unilatéralement son indépendance. La Cour n'est pas chargée de dire si le Kosovo a accédé à la qualité d'Etat".

Le ministre français des Affaires étrangères d'alors, Bernard Kouchner va se féliciter de la décision du CIJ en ces termes : "L'indépendance du Kosovo est "irréversible (...) Cet avis affirme clairement que la déclaration d'indépendance du Kosovo n'est contraire ni au droit international ni à la résolution 1244, comme la France l'avait toujours soutenu, et je m'en réjouis". Question : Pourquoi l'Occident se réjouit d'alimenter les sécessions au Kosovo, au Sud Soudan et font semblant de jouer aux fervents défenseurs du droit international et de l'intangibilité des frontières pour l'Ukraine ? En quoi la Crimée en Ukraine est différente du Sud Soudan ou du Kossovo? La réponse est que cette équation à géométrie variable est le fond de commerce de certains pays, les mêmes qui se sont arrogés le droit de faire les gendarmes du monde pour partager les bons et les mauvais points aux candidats naïfs à la démocratie, pour bien les spolier. Contrairement à ce qui se passe régulièrement en Afrique, de l'Erythrée au Sud Soudan, la Russie n'a pas aidé la Crimée à déclarer son indépendance, mais plutôt la rejoindre dans un ensemble déjà grand. Toute nouvelle indépendance affaiblit le pays qui perd un morceau de sa terre. Mais fragilise aussi le nouvel état non viable.
 
Les mêmes qui se battent aujourd'hui contre l'éclatement de l'Ukraine, sont les mêmes qui œuvrent en sous-main pour démembrer le Mali, ce sont les mêmes qui financent les rebellions dans l'Est de la RDC pour demain créer une nouvelle république dans le Kivu.

La Russie n'a pas fini de surprendre les américains.
 
Quel message voulait envoyer les russes aux américains lorsqu'ils ont fait coïncider la date de la fin des jeux para-olympiques d'hiver de Sotchi le 16 mars 2014 et le référendum pour valider l'annexion de la Crimée à la Russie ?

A la différence de la Russie, les africains sont grossièrement prévisibles dans toutes leurs stratégies par leurs ennemis occidentaux. Encore faut-il qu'ils soient capables de comprendre que l'Occident est l'ennemi de l'Afrique. Il existe en Afrique un vrai retard culturel et intellectuel de la population, pour déjà être capable de comprendre qu'il lui faut instaurer un rapport de force avec l'occident dans lequel ses propres points de vue seraient pris en considération. Mais on ne peut pas y parvenir dans un rapport classique de mendicité institutionnalisé où celui qui tend la main pour recevoir est toujours celui qui obéit à l'autre.

Voilà pourquoi il n'existe à ce jour dans aucun pays africain, un seul projet sérieux pour espionner l'occident. Les africains croient par erreur qu'ils sont les amis des européens et ne se posent jamais la question de savoir comment ils sont vus aux yeux des européens : de simples esclaves même si très lettrés. Les chaines de télévision en occident pourrons donner l'impression de haïr le président Poutine ou la Russie, mais il reste un élément que personne ne peut mettre en doute, quelque soit leurs relations dans le futur, ils sont condamnés à respecter la Russie. Ils ont déjà commencé à le faire, pour preuve, la façon dont tous tergiversent pour des pseudo-sanctions qui n'arrivent jamais.

Et c'est dans ce rapport de respect que je suis paradoxalement optimiste pour le futur des relations entre ces 2 ennemis d'aujourd'hui. Je ne peux pas dire de même pour l'Afrique. Pour qu'on nous respecte, nous devons cesser de tendre la main, c'est une condition incontournable avant même de parler de stratégie militaire ou d'espionnage des européens par les africains.
 
 
Yaoundé, le 08 mars 2014

Jean-Paul Pougala (ex-docker clandestin)
 
N.B: Il est strictement interdit d'utiliser ce texte qui est couvert par les droits d'auteur à des fins commerciales comme la publication dans les journaux payants ou vocalisé sur Youtube, sans mon autorisation écrite.

 

Source: Page Facebook de Jean-Paul Pougala

NEONAZIS AU POUVOIR D’ETAT EN UKRAINE

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L’anarchie fasciste planifiée

Un observateur de la scène politique internationale résume ainsi ce qu’il observe en Ukraine ces jours-ci : «Tout un tintamarre à Kiev, avec la faune habituelle de mécontents qui, sous les mots creux de liberté et démocratie, protestent contre la pauvreté, l’ineptie, la corruption et une vie qui n’est que survie. Ils ont été encadrés par des bandes de malfrats et d’agents provocateurs pour qui la casse et le trouble deviennent pour un temps le petit boulot le plus rentable et le plus abordable» (1).

Ce descriptif, quoique superficiel, est tout à fait réel, mais ne serait-il pas plus intéressant de gratter sous le vernis médiatique pour découvrir les véritables enjeux et les forces en présence dans ce conflit international impliquant deux alliances, celle de l’OTAN (28 pays sous-direction étatsunienne) et la CÉI-Chine sous-direction russe et chinoise (2)?

Nombreux sont ceux qui, souhaitant prendre position dans le drame ukrainien, s’exclament : « Entre ces deux camps – celui de l’ex-président Ianoukovitch prévaricateur, et l’actuel pouvoir putschiste néonazi de Tourtchinov-Iatseniouk, on ne peut pas rester indifférent et appliquer la tactique du Ni-Ni, qui aboutit à soutenir en dernier ressort un clan impérialiste et consor t» (3).

Le camp du Ni-Ni comprend ceux qui l’énoncent ouvertement et ceux qui l’énoncent hypocritement, C’est un clan favorable à la guerre impérialiste dirigée par l’OTAN confrontant le camp impérialiste de la CÉI-Russie sur la défensive pour le moment (4).

Deux camps impérialistes s’affrontent

En Ukraine, la question de la montée du fascisme n’est pas un débat ulcéré entre intellectuels petits-bourgeois, piliers de café. En Ukraine, présentement, les puissances impérialistes occidentales mènent une attaque concertée contre les ouvriers du monde entier dans les trois instances concomitantes, c’est-à-dire dans l’instance économique, politique et idéologique-médiatique. Je m’explique.

C’est dans l’instance politique-diplomatique-militaire que les puissances occidentales (OTAN) mènent l’attaque contre l’alliance concurrente (CEI-Russie-Chine) sur trois fronts géopolitiques interdépendants. À la fois sur le front de l’Occident, et aussi sur le front ukrainien-russe, ainsi que sur le front d’une série d’autres pays de la périphérie.

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 Dans tous les pays occidentaux, le grand capital monopoliste renforce son appareil d’État policier par des lois antigrèves, des lois anti-démocraties bourgeoises – contre les libertés d’expression – d’opinion – de réunion – de manifestation – de publication – d’affichage. Partout, les États occidentaux ainsi que les États de la CÉI Russie-Chine renforcent leurs appareils policier, judiciaire et carcéral de répression en prévision de briser la résistance ouvrière sur le front économique de la lutte de classe, quand la grave crise financière aura tant appauvri la classe ouvrière et la petite bourgeoisie que des révoltes et des soulèvements éclateront à tout vent (en voir la préfiguration en Grèce, Chypre, Espagne, Portugal). En Occident, ce seront les États policiers – conservant le plus souvent un verni électoraliste bourgeois – qui dirigeront, l’écrasement des révoltés (assistés parfois par quelques groupements néonazis sortis tout droit des officines d’espionnage).

La raison en est simple, les miettes qui resteront après la crise permettront de tempérer quelque peu les souffrances d’une portion de la populace apaisant d’autant la révolte des gueux qu’il ne sera peut-être pas requis de massacrer jusqu’au dernier. Les petits-bourgeois sont déjà à l’emploi et proposent toute une série «d’actions anti-austérité» comme de signer des pétitions pour demander justice et équité; de voter pour un planqué moins compromis que son vis-à-vis jusqu’à ce qu’il ait mis la main, lui aussi, dans l’assiette aux biscuits… et autres pusillanimités et enfantillages de paumés.

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Parallèlement à cette montée des États policiers en pays fortement industrialisés, on assiste à l’installation dans les pays dominés de la périphérie (pays intégrés à une alliance militaire ou à une autre) de gouvernements carrément fascistes sans aucun vernis électoraliste bourgeois, car dans ces pays du glacis des deux empires, l’indigence est si grande parmi ces peuples dominés (Slaves-Ukrainiens, Sémites-Arabes, Persan, Pachtoune, Pakistanais, Bengali, Soudanais, Somaliens, Africains), que les soulèvements seront farouches et les sous-fifres fascistes locaux auront pour mission de faire exemple et d’apprendre aux révoltés ce qu’il en coûte de faire trembler leurs maîtres ostracisés.

Là-bas, dans ces tiers-mondes de misère, à des kilomètres des métropoles d’Occident, il sera superflu de prendre des gants pour massacrer les révoltés : « Tuez-les jusqu’au dernier. Dieu reconnaîtra ses préférés! ».  Cette tactique pour préserver leurs néo-colonies intégrées et développées est déjà appliquée. Dès l’effondrement de l’empire social impérialiste soviétique, les pays baltes ont vu resurgir les organisations nazies et des lois racistes et fascistes antirusses et anticommunistes ont été imposées. Puis l’Europe de l’Est y est passée, et elle fut mise au pas de l’exploitation esclavagiste totalement dégénérée comprenant la traite des blanches, le trafic d’organes et le commerce de la drogue. La dernière dépecée, la Yougoslavie-Serbie ne s’en est pas encore remis. 

Puis ce fut au tour des pays du Proche et du Moyen-Orient que d’être envahis pour y installer des gouvernements militaires fascistes de la bonne allégeance. L’Afghanistan, où les choses ne se sont pas passées comme escompté, mais dont les talibans seront finalement recrutés comme auxiliaires armés dirigés contre la CÉI (Mission : faire sauter les oléoducs approvisionnant la Chine). L’Irak, neutralisé et balkanisé. Dans la péninsule arabique la tâche était déjà complétée et il ne restait qu’à consolider les pouvoirs militaires-fascistes des sultans et des émirs à la solde au Bahreïn et au Yémen. Ce qui fut fait. Par contre au Liban, en Syrie et en Iran le camp impérialiste adverse (CEI-Chine) maintient ses dépendances et aujourd’hui il gère lui-même tout ou partie de ces États traumatisés, boycottés et menacés.

Le « Printemps arabe » aura permis au camp de l’OTAN de se faire la main sur la façon de récupérer des mouvements spontanés et de les retourner contre les ouvriers enragés. Partout, dans le nord de l’Afrique, le pouvoir militaire, soit sous tutelle des armées officielles; soit sous l’emprise de groupes djihadistes criminels, tire les ficelles et mène la répression fasciste contre les populations affamées.

Depuis les affaires somalienne, malienne et soudanaise (un autre État partitionné) le travail d’implantation et/ou de consolidation des pouvoirs militaires fascistes est en cours dans la corne de l’Afrique et dans toute la zone subsaharienne où de petits généraux en goguette ont installé leur pouvoir d’opérette avec la consigne de maintenir la bourgeoisie locale compradore dans l’Alliance — Africom et d’écraser dans le sang tout soulèvement populaire des gueux miséreux et des ouvriers salariés (Centre Afrique, Afrique du Sud, Éthiopie, Nigéria, Cameroun).  

Que faire ?

Quelle doit être la position des progressistes, des ouvriers ukrainiens et des ouvriers du monde entier au milieu de ce salmigondis? Soutenir une bande de truands contre un clan de brigands?  Non évidemment ! Deux vecteurs devraient diriger notre jugement :

A) Quel est l’intérêt de la classe ouvrière – la seule classe révolutionnaire – le sel de la terre et l’espoir de l’humanité?

B) Que nous enseignent la théorie et la science de la lutte ouvrière dans cette situation singulière afin de forger une tactique et une stratégie actuelle — concrète — dans cette situation contemporaine inédite?

Lénine a écrit ceci : « Lorsqu’un Allemand sous l’empereur Guillaume, ou un Français sous Clémenceau dit : “ j’ai le droit et le devoir, comme socialiste, de défendre la patrie si l’ennemi envahit mon pays ” ce n’est pas là le raisonnement d’un socialiste ni d’un internationaliste ni d’un prolétaire révolutionnaire, mais d’un nationaliste petit-bourgeois. Car dans ce raisonnement disparaît la lutte de classe révolutionnaire de l’ouvrier contre le capital ».

Ceci nous suffit. Le choix du prolétariat ukrainien est simple, subir une guerre inter-impérialiste (OTAN-CEI-Russie) où il servira de chair à canon pour servir les intérêts d’une puissance envahissante ou d’une autre; ou alors, mener sa propre guerre populaire pour faire sa propre politique et chasser la bande de sous-fifres néo-nazis installée au pouvoir à Kiev.

Sans plus attendre, partout en Ukraine, tout progressiste qui se respecte doit entreprendre la lutte, jusqu’à y compris la lutte armée, contre le pouvoir fasciste – illégale et illégitime – de Kiev. Pouvoir néo-nazi qui se propose de voter des lois opprimant les russes,  interdisant les communistes, et promouvant les anciens escadrons de la mort SS-Nazi châtiés par le peuple ukrainien au cours de la Seconde Guerre mondiale. Partout, dans le monde entier, tout Partisan de gauche se doit de saluer et d’encourager le soulèvement armé des ouvriers ukrainiens opposés à l’établissement du pouvoir fasciste à Kiev.

 

Pour information http://www.robertbibeau.ca/Palestine.html

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-partition-de-lukraine-le-piege-de-lours/ 

 

  1. La Communauté des États Indépendants http://fr.wikipedia.org/wiki/ Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants et http://allainjules.com/2014/03/03/alerte-info-troubles-en-ukraine-la-russie-et-la-chine-en-accord-sur-lukraine/
  2. http://www.mondialisation.ca/europes-autrefois-brune-et-rouge-et-maintenant/5366467  
  3. Manœuvres de l’OTAN auxquelles sont conviées l’armée ukrainienne : « Les ministres ont ainsi traité le thème central de la Connected Forces Initiative, qui prévoit une intensification de l’entraînement et des manœuvres qui, conjointement à l’emploi de technologies militaires toujours plus avancées, permettra à l’OTAN de maintenir une grande “promptitude et efficience dans le combat”. Pour vérifier la préparation, se déroulera en 2015 une des plus grandes manœuvres OTAN “live”, avec la participation de forces terrestres, maritimes et aériennes de toute l’Alliance. La première d’une série, que l’Italie s’est offerte d’accueillir. » http://www.mondialisation.ca/la-nouvelle-strategie-de-guerre-de-lotan/5371312

 

Source: LES 7 DU QUEBEC.COM

samedi, 08 mars 2014

LE MINISTRE ERIC KAHE: A MON AMIE ET A MA MAMAN SIMONE EHIVET GBAGBO

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Si en cette journée du 8 mars, l’humanité a décidé de célébrer la Femme à travers une journée internationale qui lui est dédiée, c’est bien pour nous arrêter un instant sur les inégalités et les injustices faites à nos mères, sœurs, filles, épouses et amies.

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C’est sans doute pour donner à chacun l’occasion de faire son introspection et prendre conscience des souffrances diverses qui leur sont faites au nom d’un ordre social dans lequel le mâle est dominateur, quelle que soit la latitude, quel que soit le fuseau horaire.

À juste titre et pour encourager l’exemple, cette commémoration  se veut aussi la célébration de celles d’entre les femmes qui ont, soit donné l’exemple de la brisure des œillets du regard, soit fait avancer la cause de la Femme. Il en est ainsi de deux Simone : Simone Veil et Simone Ehivet Gbagbo.

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Maintenir cette dernière dans les liens de la détention, après tant d'humiliations affrontées avec dignité, au seul motif qu’elle a osé sortir du rôle que nos sociétés masculinisées veulent réserver aux femmes, est une véritable aberration et un déni de célébration du 8 mars. C’est vouloir une chose et sanctionner ceux qui vous offrent cette chose. Toute femme, qui, pour des considérations politiciennes, ne réclame pas la libération de Simone Gbagbo tout en disant se battre pour les droits des femmes est une illusionniste manipulée qui sert une cause de salon et livre un spectacle pour le plaisir des appareils et des machos.

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Courage à l’amie de combat, à la mère affectueuse, à l’épouse loyale de Laurent Gbagbo, à la Servante dévouée du Seigneur !

 

Le ministre Eric KAHE

Président de l'AIRD, Porte parole du CNRD.

 

Source: AIRD-INFO

mercredi, 05 mars 2014

EUPHEMISME - ECONOMIE: LA FRANCE SOUS SURVEILLANCE RENFORCEE - UNE FAILLITE QUI NE DIT PAS SON NOM

 

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Le siège de la Commission européenne à Bruxelles Revert Bernal / AFP

 

Economie: la France placée sous surveillance renforcée

 

La Commission européenne reproche à notre pays son manque de compétitivité, un coût du travail trop élevé et une dette qui ne cesse d'enfler.

 

La Commission européenne a décidé mercredi de placer la France sous surveillance renforcée, après avoir une nouvelle fois épinglé son manque de compétitivité et le niveau élevé de sa dette. Pour l'exécutif européen, la France souffre de nombreux déséquilibres macroéconomiques qui n'ont pas été suffisamment corrigés et nécessitent désormais ce type de surveillance qui sera également appliquée à l'Espagne et à l'Irlande, deux pays qui viennent tout juste de sortir de leur plan d'assistance financière. Deuxième économie de la zone euro, la France se retrouve donc au côté de pays qui ont été en grande difficulté au plus fort de la crise de la zone euro et ont eu besoin d'un plan d'aide.

L'annonce de Bruxelles vient s'ajouter à une longue liste de griefs à l'encontre de la France, à qui est reproché un manque de compétitivité, un coût du travail trop élevé et une dette publique qui ne cesse d'enfler. "Le déficit commercial qui ne cesse de se creuser reflète la perte continue des parts de marché à l'exportation", analyse la Commission. "Malgré les mesures prises pour favoriser la compétitivité, jusqu'à présent, le rééquilibrage est limité. (...) Le coût du travail reste élevé et pèse sur les marges des entreprises", souligne-t-elle dans son rapport. Concernant le niveau de la dette, le risque est que la France se retrouve "exposée à des turbulences sur les marchés financiers, qui auraient des retombées sur l'économie réelle". Des problèmes pour la santé de la France mais aussi pour celle de la zone euro dans son ensemble, "compte tenu du poids économique" du pays, souligne la Commission.

En réponse à cet avis sévère, les ministres français de l'Économie Pierre Moscovici et du Budget Bernard Cazeneuve ont promis mercredi de "poursuivre les efforts" de redressement des finances publiques. "Le gouvernement est engagé à poursuivre son effort de rétablissement des comptes publics jusqu'à la fin du quinquennat, en faisant porter l'intégralité des efforts sur la réduction de la dépense publique à partir de 2015, avec au moins 50 milliards d'euros d'économies prévues sur la période 2015-2017", écrivent les deux ministres dans un communiqué. Ils se disent par ailleurs "déterminés à poursuivre (leurs) efforts de soutien à l'offre productive".

L'Allemagne épinglée pour ses excédents

Lors de ses prévisions économiques publiées fin février, Bruxelles avait mis l'accent sur un autre problème de l'économie française : le risque de voir ses finances publiques déraper. Pour Bruxelles, le déficit public français devrait rester largement au-dessus de 3 % en 2014 comme en 2015, si elle ne prend pas de nouvelles mesures. La France a "entrepris des réformes budgétaires et structurelles importantes. Elles ne sont pas faciles. Les résultats ne sont pas immédiats. Mais elles sont indispensables", avait alors affirmé le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn.

Dans son rapport, la Commission a fait le point mercredi sur les déséquilibres économiques de dix-sept pays européens au total. Quatorze d'entre eux souffrent de déséquilibres. La Croatie, la Slovénie et l'Italie - qui conjugue elle aussi une dette conséquente à des problèmes de compétitivité - sont dans une situation pire que la France et font face à des déséquilibres jugés "excessifs" qui requièrent également une surveillance renforcée. De son côté, l'Allemagne est une nouvelle fois épinglée pour ses excédents, qui constituent des déséquilibres macroéconomiques. L'excédent commercial allemand, supérieur à 6 % du PIB depuis 2007, traduit la dépendance de Berlin envers les exportations et la faiblesse de sa demande intérieure. Aussi, "l'Allemagne doit mettre en place des mesures pour stimuler sa demande intérieure et son potentiel de croissance", indique le rapport. (AFP)

 

Source: LE POINT.FR

mardi, 04 mars 2014

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 3 MARS 2014

 

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Statistiques du blog pour le mois de FEVRIER 2014: 34.200 visiteurs uniques, 66.913 visites et 298.565 pages vues. Pages par jour (Moyenne/Maximum): 10.663/13.668 et Visites par jour (Moyenne/Maximum): 2.389/3.358.
 
 
Nombre d'abonnés à la Newsletter, à la date du 3 mars 2014: Non disponible depuis le chiffre de 4.165 abonnés du début du mois de décembre 2013
 
 
Nombre de posts, à la date du 3 mars 2014: 3.290

 
Nombre de commentaires au 3 mars 2014: 15.408
 
 
Pour télécharger la mise à jour du 3 mars 2014 de votre blog préféré, veuillez cliquer:


ICI

 

Vous pouvez également effectuer votre téléchargement en passant par la catégorie que nous avons créée à cet effet dans la colonne de droite: «Télécharger le blog Regards Croisés: Lancer l'export de la mise à jour du (date de la dernière mise à jour)».

Comment visualiser le blog Regards Croisés, une fois le téléchargement effectué?


1- Double-cliquer dans le fichier zip (compressé: en icône de livres rouge, bleu et vert empilés, avec le titre en minuscule sans accent «regardscroises», terminé par un nombre en milliers et le mot «zip»);
 
2- Si votre ordinateur comporte un logiciel «WinRAR» installé, il vous fera apparaître un encart de dialogue sous forme de tableau. Cliquer dans «Extraire vers» et choisissez le dossier (ancien ou nouveau) ou le périphérique où vous voulez conserver votre archive zip extraite;
 
3- Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) «regardscroises» et un fichier «index.html»). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier «index.html». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion)! Bonne lecture!
 
 
DINDE Fernand AGBO

samedi, 15 février 2014

LE COUP QUE NOUS FOMENTENT OUATTARA ET BEDIE POUR 2015

 

côte d'ivoire,Elections, Interview, LIDER, Mamadou Koulibaly

Mamadou Koulibaly: "Le tripatouillage de la constitution est le prix à payer par Ouattara pour avoir une chance de se maintenir au pouvoir".

 

L’ancien président de l’Assemblée nationale, à la tête du parti d’opposition Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), évoque des arrangements politiques en cours censés profiter aux deux têtes fortes du Rhdp, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Le Pr. Mamadou Koulibaly prévient contre les risques de nouvelles instabilités.

 

Depuis plus d’un an,  vous n’arrêtez pas d’attirer l’attention sur les élections à venir en Côte d’Ivoire. Quel est votre problème ?

Mamadou Koulibaly : Mon problème, ce sont les enjeux de ces élections. L’enjeu, c’est ce que l’on gagne ou perd lors d’un pari ou d’un engagement quelconque. L’enjeu peut être matériel ou moral aussi. Quand je regarde le jeu du gouvernement, je le vois prendre une voie qui mène en général, en Afrique, à des élections escamotées, prélude à des crises post-électorales violentes.

Pouvez-vous être plus précis sur ces voies que vous reprouvez?

Oui, je peux. Des élections démocratiques se déroulent dans des conditions très précises qui sont vraies partout dans le monde qui se veut libre et démocratique. Ici, dans notre cas, nous ne voyons pas ces conditions réunies. Quelles sont-elles? Il y en a six qui devraient mériter toute notre attention depuis plus d’un an maintenant, mais qui sont encore totalement négligées. Ce sont : le recensement général de la population et de l’habitat, la confection et la mise à jour de la liste électorale, la mise en place d’une nouvelle commission électorale, l’accès aux médias d’Etat de tous les partis politiques et pas seulement de ceux qui sont au pouvoir, la définition et l’adoption d’un statut clair pour l’opposition précisant ses droits et ses obligations, la définition et l’adoption d’un cadre de sécurisation des élections qui ne soit pas laissées aux mains de l’armée de réserve de Ouattara constituée par les dozos et les ex-combattants Frci et enfin la vigilance accrue autour de toute révision de la constitution.

Pensez-vous qu’il peut y avoir une révision de la Constitution avant les élections de 2015 ?

En fait, une révision n’est pas nécessaire avant nos élections, car ce n’est pas d’une révision que notre constitution a besoin, mais d’un abandon. Notre pays a besoin d’une nouvelle constitution qui nous sorte du présidentialisme fort et tyrannique instauré par l’actuelle. Cette nouvelle constitution peut être discutée après les élections, mais il me semble entendre que certains partis au gouvernement souhaitent faire des retouches à la constitution actuelle pour régler des problèmes ponctuels de personnes et leur éligibilité. En 2000, nous avons adopté une constitution qui a été présentée comme taillée sur mesure pour écarter Ouattara de l’élection présidentielle. L’arrêt de Tia Koné est encore là pour nous le rappeler. A la suite de cela, nous avons eu une rébellion montée au profit de Ouattara, la destruction du pays et la non-application de cette constitution, qui aurait dû alors être abandonnée officiellement depuis les accords de Marcoussis. Nous avons tous fait semblant de l’ignorer, nous avons fait comme si elle était encore en vigueur alors que nous savons tous que personne ne la respectait. Ça été une période de grosse hypocrisie et de démission totale du personnel politique. Aujourd’hui, au moment d’aller aux élections, après que le président nous ait assuré que nous sommes revenus à l’ordre constitutionnel normal, la question revient au sein du Rdr et du Pdci au pouvoir, qui veulent modifier de nouveau quelques dispositions de la constitution pour que quelqu’un qui ne peut être candidat puisse le devenir. Dans les marchandages politiciens en cours, il est en effet de plus en plus question, pour faire plaisir au président Bédié, que l’article 35 soit modifié dans sa condition d’âge limite pour être candidat. Bédié, avec plus de 75 ans, pourrait ainsi se présenter aux élections en tant que vice-président de Ouattara, qui serait alors le candidat unique du Rhdp. Notre régime aura alors un président et un vice-président, un premier ministre et des ministres d’Etat. Inscrire la vice-présidence, qui ne fait pas partie du dispositif actuel, nécessite une révision non pas seulement de l’article 35 de la constitution, mais de bien d’autres articles.

Mais alors, que gagnerait Ouattara à accepter cette révision ?

Hier, on a adopté une constitution pour bloquer Ouattara. Aujourd’hui, Ouattara ferait une modification de cette même constitution pour se maintenir au pouvoir. La vice-présidence est le prix à payer par Ouattara pour avoir, selon ses calculs, les voix du Pdci-Rda et sauver son alliance avec Bédié et son fauteuil présidentiel. Cela est totalement anormal et inacceptable. C’est de la tricherie d’adultes et une manœuvre malsaine pour la démocratie et les générations actuelles. Ouattara se maintiendrait au pouvoir de cette façon illégitime et illégale, avec ce que cela pourrait avoir comme conséquences. Ne dit-on pas que les mêmes causes conduisent aux mêmes effets ? Mais au-delà de cet aspect éthique, il y a le fait que cette révision nécessiterait un référendum après que le texte ait été rédigé, discuté et adopté en conseil des ministres et à l’Assemblé nationale. Nous sommes en février 2014 et si tout se déroule selon leurs plans, c’est en 2015 que ce référendum devrait donc avoir lieu. Mais la question se posera de savoir si nous pouvons, dans notre pays, faire une liste électorale à temps pour ce référendum, si nous pouvons faire le recensement général de la population à temps pour ce référendum, si nous allons nous doter d’une nouvelle commission électorale à temps pour ce référendum, si nous aurons suffisamment de moyens humains et financiers pour organiser ce référendum. En plus, peut-on organiser ce référendum en 2015 et en même temps faire des élections présidentielles la même année ? Un référendum constitutionnel mobilisera autant d’énergie électorale qu’une élection présidentielle. Cela reviendrait quasiment à faire deux élections présidentielles la même année, comme en 2000 pendant la transition du général Guei Robert, avec les conséquences que l’on connait. Devant ces questions, des voix s’élèvent du côté du gouvernement pour proposer que l’on prenne le temps de «bien faire les choses» sans précipitation. Ce qui voudrait dire de ne pas se presser et d’aller à un rythme qui permettrait de faire le référendum en octobre 2015 et de se donner par la suite le temps d’organiser les présidentielles quelques mois après. Pourquoi pas un an ou deux ans après 2015 ? Deux ans permettraient de répondre à un des vœux secrets du président Ouattara de nous faire passer du quinquennat au septennat. Cela arrangerait Ouattara, qui prétend  que la crise post-électorale lui a volé une partie de son mandat, alors que depuis l’hôtel du Golf, il gérait bel et bien le pays, recevant et nommant les ambassadeurs, fermant et ouvrant les banques, les ports et autres institutions de la république, imposant des embargos sur les médicaments, créant une télévision et une armée. A supposer même qu’il ait raison, combien de mois lui auraient été «volés» ? Entre la proclamation de sa victoire par la commission électorale en décembre 2010 et sa prestation de serment le 6 mai 2011, il n’aurait perdu que cinq mois. Le septennat lui permettrait ainsi de rattraper ces 5 mois perdus avec 2 années supplémentaires sur son mandat. N’est-ce pas de l’entourloupe politicienne à l’état pur? Quoi qu’il en soit, cette thèse, si elle prospère, demanderait que dans le deal entre le Pdci et le Rdr, l’on inscrive une révision constitutionnelle pour modifier aussi la durée du mandat présidentiel qui passerait de 5 à 7 ans. Ouattara y gagnerait énormément. Bédié y gagnerait énormément. La démocratie en Côte d’Ivoire y perdra énormément et les Ivoiriens voient les risques de nouvelles instabilités accroître énormément.

Qu’est-ce que votre formation entend faire pour empêcher cela, puisque vous semblez ne pas l’apprécier ?

A LIDER, nous parlons avec nos partenaires politiques, le corps diplomatique, les organisations des droits de l’homme, la société civile en général, les  journalistes et autres communicateurs pour les sensibiliser sur la question de l’état de droit et de la démocratie. Nous tournons partout dans le pays, non pas pour dire «voter pour nous», mais pour dire «Attention, voyez les nouveaux dangers qui nous guettent. Réveillez-vous et ne laissez pas faire ces types de tripatouillages qui conduisent inéluctablement à des crises graves lors desquelles seules les populations civiles se font massacrer impunément par des élites politiques qui s’amnistient entre elles juste après.»

 

Propos recueillis par Kisselminan Coulibaly. In le quotidien ivoirien Soir Info du 15 février 2014.

 

Source: LIDER-CI.ORG

samedi, 08 février 2014

HAMBACK EN SON ROYAUME

HAMED BAKAYOKO.jpg

 

Comme François Hollande devant publier ses bulletins de santé, le dernier scoop des docteurs es sciatique ivoiriens a été de nous livrer l'information scientifique suivante: Ado souffrirait depuis 1998 d'une sciatique à complications, nécessitant des séjours à répétition en France. Tout cela pour nous expliquer ce second voyage en France, quelques jours seulement après son retour du premier.

Les propagateurs de cette rumeur nous prennent pour des veaux surdoués, je le crains fort. Bien sûr il y a des sciatiques très douloureuses, mais avec son rang et son portemonnaie, qui drague les fonds de la lagune abidjanaise pour additionner les frais de voyage par ci, les frais de santé par là, Ouattara devrait bénéficier d'un traitement garanti sans douleurs inutiles.

Désormais, que tous ceux qui souffrent de sciatique, aillent prendre les eaux à Paris ou à Nice, nouvelles capitales mondiales de la sciatique, lieux de cure privilégiés pour touristes africains émergents...

Nous savons que Dramane bénéficie en permanence de deux médecins français, qui le suivent nuit et jour; ces médecins militaires  très bien formés, très expérimentés, bénéficient des dernières technologies, et peuvent le soigner en Côte d'Ivoire, à la française avec des médicaments français. En cas de besoin, ils peuvent même appeler en renfort un chirurgien pour soulager le pauvre homme courbé de douleur. alors pourquoi l'équipe médicale et son patient a-t-elle repris en sens inverse la navette intercontinentale Paris Abidjan?  Pourquoi l'hôte hébergeur a-t-il joué les absents au Forum ICI 2014 et à la rencontre de l'Union africaine?

Les rumeurs de son absence ne devant pas rajouter une couche de peinture opaque sur sa personne tellement en phase avec son peuple, lui, le Papa de la Nation ivoirienne, le Père du retour des exilés, selon l'expression du nouveau poète Soro Alphonse, et afin que les maquis ne se transforment pas en lieux de paris clandestins  "malade, pas malade", "un peu malade, très malade", on s'est dépêché de  rapatrier Ouattara de France en objet volant non identifié, avec atterrissage non enregistré, pour permettre quelques clichés photos  à la fin du forum, où il sert quelques mains et reçoit trois, quatre personnalités triées sur le volet durant quelques minutes. Une personne impressionnée par la dégradation de sa santé, l'ayant croisé sur les lieux du forum, a laissé une petite note anonyme dans un courrier de lecteurs, où face au "bon pied, bon œil" affiché par le photographe officiel, elle affirmait au contraire que le président avait très mauvaise mine et qu'elle avait été très impressionnée par son œil qui ne s'ouvrait presque plus...

En citoyens respectueux de ceux qui nous respectent, nous voulons bien croire qu'une sciatique se soit rajoutée aux autres maux dont souffre vraisemblablement Mr Ouattra, et qui nécessitent des soins inexistants en Côte d'Ivoire; mais de là à imaginer que les nerfs commandant les paupières soient des ramifications du nerf sciatique, il n'y a que dans « les comptes de l'éléphant perché » que l'on pourrait lire cela, ou dans une chronique "à la manière de" version Kandia Kamara. Et nous n'allons pas nous étendre sur tous les détails retenus  par les uns et les autres, parce que la vieillesse est cruelle parfois: si elle vous laisse en vie, vous donne le pouvoir et l'argent,  elle peut vous frapper dans le corps, et bien souvent la puissance et la gloire ne rajouteront pas grand chose  au capital "jours" d'une personne, quand celui-ci est dilapidé.
 
La théorie du sciatique était un ballon d'essai envoyé dans le ciel ivoirien; je ne sais pas s'il va suffire à arrêter les rumeurs. En bon ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko aura eu le mérite de le lancer pour tenter de couvrir un Ouattara toujours absent pour convenances personnelles. Certaines indiscrétions médicales non vérifiables, ont évoqué hier le retour du vieillard prodigue sur une civière, sans arrêt-conférence dans les salons de l'aéroport, ni haie d'honneur et tapis rouge. Mais on a pu lire sur un communiqué que la rencontre de conciliation avec les opposants de Blaise Campaoré demeurait ajournée.

Soro est à l'étranger comme à l’accoutumée; le Parlement ne fonctionnant plus que par décrets, il est actuellement en voyage au Maghreb : il se remet d'un petit incident parisien: dans un restaurant du 18ème, voulant régaler tout le monde, et persuadé que tous les noirs du restaurant  étaient membres de son fan club, il aborde une dame et son fils déjà installés à une table pour deux, pour leur dire qu'aujourd'hui c'est lui Soro Guillaume qui régale; quelle ne fut pas sa surprise en recevant une volée de bois vert de cette dame qui découvrait l'assassin de son époux, devant elle, bien vivant, alors que son mari avait rejoint le monde des morts, ayant juste croisé au mauvais moment le rouleau compresseur de la cause rebelle, ce rouleau fou qui ne s'arrête jamais, mais dont le compteur des victimes est bloqué sur le chiffre 3000. Il s'en suit un petit déballage de vérités crues, et nous espérerons que les clients qui ne connaissaient rien à la Côte d'Ivoire, auront eu envie de se documenter sur son histoire mouvementée; car assister à une joute entre un petit gros prétentieux et une veuve qui réclame justice pour elle et son fils, permet au camp de la vérité de se dévoiler plus naturellement. Et c'est le paon faussaire qui petit à petit a ramassé ses plumes, fermé son éventail. Mais aujourd'hui, l'homme de plume aux plumes colorées est  de nouveau indispensable en Tunisie pour écraser une petite larme démocratique et encourager les Tunisiens à persévérer dans leur nouvelle Constitution. Demain cap sur le Maroc, pour animer en pan ivoirien la basse cour constituée de toute la panoplie de la cacophonie francophile.

Tout cela pour dire que  Hamback, ministre de l'Intérieur était seul maitre à bord en Côte d'Ivoire ces jours-ci, avec des responsabilités énormes: beaucoup de gens dépendaient de lui; il assurait la protection des caïds,  supervisait les derniers préparatifs du congrès de Maçons dont il fait partie, et qui débute aujourd'hui 7 février; il suivait aussi l'évolution de la situation à la Maca: l'avancée intra muros des tueurs armés , et annulait la sortie des prisonniers politiques pour amnistier 50 droits communs. Donc il avait très peu de temps pour nous concocter rapidement une maladie de Ouattara crédible. S'appuyant sur quelques souvenirs de ses études éphémères de carabin reconverti en carabinieri version mafiosi italiano, aidé du moteur de recherche Google, il nous a fabriqué cette fiche maladie, très savante qui sera reprise demain par la presse du même bord, à la rubrique culture et santé.


Shlomit Abel, 7 février 2014.

vendredi, 07 février 2014

MAMADOU KOULIBALY: «LES THEMES AUTOUR DESQUELS L’ACD A ETE CREEE PERMETTRONT DE BATTRE OUATTARA EN 2015»

 

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Interview de Mamadou Koulibaly (LIDER) par Bidi Ignace, in le quotidien ivoirien "Nord Sud" du 05 février 2014.

 

Faut-il considérer la réunion tenue vendredi à Abidjan par certaines formations politiques dont la vôtre comme la réponse à l’appel que vous avez lancé à l’opposition à former une coalition le 2 janvier dernier?

Pr. Mamadou Koulibaly: En effet, cette réunion fait suite à l’appel que nous avons lancé le 6 mai 2013, lorsqu’à LIDER, nous avons dressé le bilan de l’an 2 du régime Ouattara. Nous n’avons eu de cesse de le réitérer depuis lors et nous sommes heureux de voir que nous avons finalement été entendus.

L’union fait la force, dit l’adage. Cela implique-t-il qu’en l’état actuel des adversités, l’opposition ne peut venir à bout  du pouvoir que si elle est unie?

Monsieur Ouattara, depuis trois ans qu’il est au pouvoir, n’a montré aucune volonté à aller à des élections transparentes et apaisées en 2015. Bien au contraire, il maille l’ensemble du territoire avec des milices, dozos et hommes en armes ; il maintient en place une commission électorale forclose, qui n’a jamais été capable d’organiser un scrutin sans violence ni mort d’homme et qui compte en son sein des groupements armés ; il refuse d’actualiser la liste électorale ; il envoie le recensement général de la population et de l’habitat aux calendes grecques ; il jette le statut et le financement de l’opposition à la poubelle et il empêche l’accès des partis d’opposition aux médias d’Etat. Si ces conditions perdurent, les échéances électorales à venir relèvent de la farce et il est impératif que non seulement les partis politiques, mais aussi la société civile et les populations s’unissent pour contraindre le régime à mettre en place un cadre pour des élections transparentes et crédibles. Si ces conditions sont réunies et que le peuple peut exprimer librement et en toute sécurité son suffrage, il n’y a aucun doute que le mandat de M. Ouattara prendra fin en octobre 2015.

Un regroupement des partis d’opposition n’est-il pas illusoire quand des individualités revendiquent ici et là un certain leadership?

C’est possible et c’est certainement le cas dans certains regroupements, mais en ce qui concerne l’Alliance pour le changement démocratique (ACD) que nous venons de mettre en place avec 9 formations politiques, ce problème ne se pose pas, parce que notre objectif n’est pas de choisir un leader ou de regrouper des faire-valoir autour d’une formation politique soit disant dominante, mais d’œuvrer ensemble pour contraindre le régime Ouattara  à mettre en place des conditions préalables aux élections : le recensement général de la population et de l’habitat, l’actualisation de la liste électorale,  le reformatage de la commission électorale, le statut et le financement de l’opposition, l’accès de l’opposition aux médias d’Etat et la sécurisation des populations, des candidats et des suffrages lors des élections. Il ne s’agit pas de désigner un candidat pour l’élection présidentielle ni même de tomber d’accord sur un programme commun de gouvernement. Il n’y a donc aucune place pour des guerres de leadership en notre sein. Vous le constaterez quand les structures mises en place seront rendues officielles par les instances de l’ACD. Nous unissons nos efforts afin d’obtenir que les élections se déroulent dans des conditions univoques de transparence.

A en juger par le nombre de partis présents à cette concertation du vendredi, il apparait que l’idée de la coalition n’a pas l’adhésion de toute l’opposition. Comment expliquez-vous que seuls les membres du Cadre permanent de dialogue (Cpd), en plus de l’Udl de Martial Ahipeaud, se sentent concernés par le projet?

Tout d’abord, il n’y a pas que des partis membres du Cpd dans notre coalition. L’Alliance pour le changement démocratique (Acd) regroupe, en dehors de LIDER, le Rpc-Paix d’Henriette Lagou, Cap-Udd de Gervais Coulibaly, Mnc Alternative de Kabran Appia, qui sont membres du Cpd, et les formations qui n’en font pas partie, telles que l’Udl de Martial Ahipeaud, le Congrès de la résistance ivoirienne de Jean Enoc Bah, le Congrès panafricain pour le renouveau de Doumbia Major, le Parti des démocrates républicains de Soko Gbalehi et l’Udt-Ci de Bertine Tia Monné. Par ailleurs, nous sommes confiants que cette alliance va s’élargir rapidement à d’autres participants, étant donné que les thèmes que nous défendons concernent toute la population et trouvent l’adhésion de nombreux acteurs politiques et de la société civile. Ceci n’est que le début.

Une coalition étant par tradition une union de partis qui l’allient contre un adversaire commun, la meilleure stratégie n’aurait-elle pas été que toute l’opposition se mette ensemble?

Pour s’unir, il faut avoir des objectifs communs. Il ne sert à rien de faire des coalitions de façade alors qu’il n’y a aucune convergence de combat, de principes ou de valeurs. Notre objectif immédiat est clair : nous voulons un recensement de la population, l’intégration des nouveaux majeurs depuis 2009 et des exclus du scrutin de 2010 sur la liste électorale, le reformatage de la commission électorale, le statut, le financement, l’accès aux médias d’Etat des partis d’opposition et la sécurisation des élections.

Considérez-vous  que l’opposition, c’est dorénavant un «front uni» et l’«Alliance pour le changement démocratique»?

Nous sommes heureux de constater que l’appel à la coalition que LIDER a lancé depuis l’année dernière semble avoir été entendu par tous. Même ceux qui voulaient faire cavaliers seuls en dénigrant l’utilité de ceux qu’ils qualifiaient de  «formations insignifiantes» semblent avoir compris la nécessité des «petits petits partis». C’est une avancée, même s’il y a encore du chemin à faire. Maintenant, le fond et la forme des deux entités sont pour l’instant très différents. Mais nous sommes ouverts au dialogue et dès lors que les interlocuteurs font preuve d’humilité et partagent une même volonté de rupture avec les systèmes et dérives qui ont mené la Côte d’Ivoire dans le chaos, il n’y a aucune raison pour que la situation n’évolue pas vers encore plus d’unité dans l’opposition. Vous savez, Ouattara et Konan Bédié, le créateur de la très funeste ivoirité mise en place pour écarter Ouattara du pouvoir et qui avait même lancé des mandats d’arrêt contre lui, ont réussi à devenir des grands alliés au sein du Rhdp pour chasser Gbagbo du fauteuil présidentiel. Quand le temps est mûr pour que les choses se fassent, elles se font.

La formation des  deux entités, "front uni" et "ACD", quoi que les dénominations ne soient pas définitives, n’est-elle pas l’illustration du refus d’un chef de l’opposition par des opposants?

Si les autres n’ont pas encore défini leur appellation, celle de notre groupement est bel et bien établie: c’est l’Alliance pour le changement démocratique. Nous ne nous sommes pas créés dans la précipitation, nous avons pris la peine de bien nous entendre sur le contenu avant de lancer officiellement notre alliance et avons peut-être pour cela quelques longueurs d’avance sur les autres. Maintenant, il n’a jamais été question d’avoir un chef de l’opposition. D’ailleurs, le projet de statut de l’opposition soumis il y a plus d’un an au gouvernement et signé par tous les partis membres du Cpd et le Fpi n’en faisait pas cas. Cette lubie est celle du gouvernement, qui souhaite voir ses adversaires se déchirer autour d’un fauteuil au lieu de préparer l’alternance. Elle n’a aucune chance de prospérer. Dans un régime parlementaire tel que nous le prônons à LIDER, le chef du parti qui arrive second aux législatives et qui ne fait pas partie de la coalition gouvernementale est d’office le chef de l’opposition parlementaire. Mais la vie démocratique ne s’arrête pas à l’hémicycle. Il y a des idéologies diverses, variées et qui n’ont pas vocation à se coaliser. C’est le peuple qui décide, pas des formations politiques ou un gouvernement.

En cette année 2014, des prétendants au fauteuil présidentiel affirmeront leur ambition. Parmi les opposants, faut-il d’ores et déjà compter Mamadou Koulibaly parmi les futurs candidats à l’élection présidentielle prochaine?

Ce n’est pas un scoop. Cela fait belle lurette que j’ai annoncé que je serai candidat contre Ouattara en 2015, sauf si à l’orée du scrutin, LIDER fait partie d’une coalition qui s’est entendue sur un programme de gouvernement commun, avec des réformes clairement définies à mettre en place et un calendrier d’exécution très précis. Dans ce cas, c’est la coalition qui décidera qui sera la candidate ou le candidat qui sera le mieux à même de porter le projet et de fédérer la majorité des votes pour mettre fin à cinq années traumatisantes et clivantes de gestion Ouattara.

Une opinion ivoirienne, et même des observateurs de la politique internationale, pensent que vous avez le profil idéal pour briguer la présidentielle. Ceux de vos admirateurs qui pensent aussi ainsi sont-ils excessifs?

Pourquoi voulez-vous qu’ils soient excessifs ? Si je ne pensais pas avoir le profil pour gérer la destinée de la Côte d’Ivoire, je n’aurais pas créé un parti politique ou alors annoncé ma candidature pour 2015.

Des voix s’élèvent de plus en plus sur l’échiquier politique pour demander la révision de la Constitution. Quelles raisons motiveraient-elles LIDER à soutenir une telle proposition?

Notre constitution a été taillée sur mesure pour qu’un homme fort se retrouve avec les mains libres et des institutions faibles, au lieu d’avoir un pouvoir limité au juste nécessaire. Pour LIDER, la constitution est avant tout un document qui empêche les hommes qui ont le pouvoir d’Etat de faire impunément mal à leur peuple. En outre, LIDER trouve inutile et inconséquent la présence d’un premier ministre dans notre régime hyper présidentiel où seuls les desideratas du chef de l’Etat ont valeur de loi. La gestion de notre Etat par les présidents et le fonctionnement des institutions de la République montrent de manière scandaleuse la surpuissance du chef de l’Etat qui est la source de tous les pouvoirs : administratif, exécutif, législatif, judiciaire, budgétaire, économique, financier et monétaire. Le président, chez nous, est un monarque doublé d’un pontife avec des prérogatives illimitées et sans contrepouvoir. A LIDER, nous pensons qu’il faut rompre avec ces pratiques. Il ne faut pas pour cela des modifications partielles de tel ou tel article pour faire plaisir à quelqu’un ou pour sanctionner qui que ce soit. LIDER est favorable à une révision totale de la loi fondamentale pour donner à cette coquille actuellement vide un contenu. Il faut rompre avec le régime présidentiel et instaurer un régime parlementaire sur le modèle britannique de Westminster. Il faut rendre sa souveraineté au peuple et mettre en place les mécanismes qui font des dirigeants politiques les serviteurs intègres de l’Etat et non les maîtres corrompus et tyranniques des populations de qui ils tiennent leur pouvoir.

Quel(s) article(s) de la Constitution poserait problème pour la future présidentielle et pourquoi?

Ce ne sont pas des articles qui sont en cause, mais le système que nous impose le régime présidentiel et qui fait que certains d’entre nous peuvent, sans conséquence, aucune infliger les plus grands maux à notre peuple, à notre pays, à notre économie : La constitution dans sa forme actuelle et le système qu’elle instaure impose la pauvreté, la guerre, la misère et toutes les frustrations qui vont avec à la population.

Entre autres réformes souhaitées par l’opposition et même des partis proches du régime, laquelle est la plus urgente? Et comment devrait se faire?

La réforme du foncier rural en premier. Il faut rendre la terre de Côte d’Ivoire aux populations qui en sont coutumièrement les premiers propriétaires et leur distribuer les titres fonciers négociables après un cadastrage systématique et propre de tout le territoire.

 

Source: LIDER-CI.ORG

AFFAIRE MAHE: QUAND LA JUSTICE FRANÇAISE S’ACHARNE SUR LES VICTIMES!


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Ci-dessus, Maître Norbert TRICAUD en compagnie de deux des proches de Firmin MAHE qui l’ont désigné pour porter plainte contre l’Etat français en sus de 4 autres parties civiles.

 

J’entends de ci de là que l’affaire MAHE serait morte et enterrée…  Ça me rappelle un certain Jean-Marc SIMON qui disait que GBAGBO, c’était fini. Toutes proportions gardées en effet, suffit-il que ceux qui ont intérêt à occulter la vérité parviennent à museler les médiamenteurs occidentaux pour que la vérité elle-même s’efface au gré des intérêts des puissants?

 « Ce n’est pas parce que le mensonge se multiplie et se propage qu’il devient vérité et ce n’est pas parce que la vérité ne se voit pas qu’elle devient erreur » disait GANDHI.

Alors que s’est-il passé depuis le verdict inique de la Cour d’Assises du 7 décembre 2012… Médiatiquement rien ou pas grand-chose tant il est vrai que les chiens de garde de la Françafrique veillent dans ce dossier.

Pour mémoire rappelons que Firmin MAHE est ce jeune civil ivoirien étouffé le 13 mai 2005 en CÔTE D’IVOIRE à l’aide d’un sac poubelle dans un char de la force Licorne sur ordre du Général PONCET (ce n’est pas parce qu’il a bénéficié d’un non lieu plus que douteux contre son silence dans d’autres sales dossiers de la Francivoire que cela doit nous empêcher de continuer de dénoncer l’impunité dont il jouit !).  

A noter d’ailleurs la perversion de notre Justice qui, dans le cas d’espèce, non seulement n’a pas fait appel, mais permet de poursuivre toute personne qui mettrait en cause ceux qui ont bénéficié d’un non lieu ou d’un verdict pour le moins clément tout en criminalisant post-mortem le jeune Firmin MAHE qui n’a jamais été jugé de son vivant, mais s’est vu imputer tous les crimes de la sous-région, au mépris des règles de droit les plus élémentaires, telles que l’existence de preuves, la fiabilité de ces dernières ou encore l’accès à la justice de ses proches. Bref sur ces sujets voir notamment quelques articles commis antérieurement(1).

Dans un article du Figaro daté du 16 janvier 2014 (2), nous apprenons que le colonel Eric BURGAUD -un des donneurs d’ordre du crime de Firmin MAHE- s’est vu retirer toutes ses décorations. Et alors quoi ? Doit-on féliciter cette Justice aux ordres qui après plus d’un an d’un verdict inique basé sur le mensonge, le faux et usage de faux, la subornation de témoins et je ne sais combien encore de manquements à tous les principes de droit les plus élémentaires consent à priver un colonel meurtrier de ses décorations ? Geste symbolique certes, et peut-être symptomatique me direz-vous. Car si on les lui enlève maintenant, c’est peut-être que le vent commence à tourner pour ses victimes et que le voile du mensonge se déchire. Gageons malheureusement qu’il n’en est rien !

Ne s’agirait-il pas plutôt de continuer de faire croire que les militaires français ont bien fait d’assassiner celui que l’on persiste à taxer de « coupeur de route » et de bandit dans le même article cité ci-dessus? Les photos des victimes des meurtres barbares qu’on impute à Firmin MAHE ont beau avoir été prises dans le village de LOGOUALE pour certaines, à une date antérieure à celle que les amis du colonel BURGAUD et ses complices mentionnent comme étant le fait de la « bande à MAHE », il faut à tout prix continuer à justifier ce crime barbare en le légitimant par les prétendues exactions qu’on lui colle sur le dos en inversant systématiquement la victime et le bourreau (3)...

…Pendant ce temps, l’enfant de la victime vit caché quelque part en Afrique, les sœurs se terrent et rasent les murs de peur de représailles (elles ont d’ailleurs quitté la région) ; le frère aîné de la victime -Jacques- est hospitalisé depuis plus d’un an sans discontinuer avec un pronostic vital engagé à moins de bénéficier d’une greffe des deux poumons qui ne viendra pas tant que sa situation ne sera pas stabilisée. Sauf qu’on vient de lui notifier le rejet de sa demande d’asile politique après près d’un an d’un silence assourdissant de l’OFPRA qui n’a même pas daigné le recevoir en entretien comme cela se fait habituellement ; sauf que son neveu Basile a également vu sa demande d’asile rejetée par l’OFPRA qui ne craint pas d’écrire qu’il est arrivé en France en novembre 2011 avec un passeport d’emprunt, alors qu’il a atterri en France le 30 novembre 2012 avec son propre passeport tous frais payés par l’Etat français pour participer à un procès vicié dès le départ (Fabien NDOUMOU l’avocat de la famille autoproclamé depuis février 2006 a lui-même reconnu avoir été mandaté par l’Etat français et invoque aujourd’hui le secret d’Etat pour tenter de masquer sa forfaiture). C’est un imposteur qui a saboté le dossier d’indemnisation des proches de la victime en première instance, en ne déposant aucune conclusion écrite, en n’invoquant pas de préjudice moral et en ne fournissant pas le plus petit début de preuve à l’appui de sa demande de réparation du préjudice économique qui n’avait pas lieu d’être hormis en ce qui concerne le fils de Firmin. Bref, tout a été clairement ordonnancé pour que l’affaire MAHE soit complètement enterrée. Excepté la dépouille de Firmin MAHE qui elle attend toujours qu’une sépulture décente lui soit donnée en vertu d’une ordonnance aux fins d’inhumation qui date quand même de… février 2006 (4) ! Des employés de l’IVOSEP (la société de pompes funèbres qui est supposée entretenir le corps en attendant son inhumation) ont laissé entendre que c’était  à la famille de payer les frais d’entretien du corps pendant ces 8 années. Ce qui n’est pas sans nous rappeler cette pratique barbare prêtée aux autorités chinoises qui iraient jusqu’à facturer la balle qui a servi à exécuter le condamné à mort.

La même société IVOSEP refuse dans le même temps de répondre à nos demandes réitérées de facture, tandis que la Justice française se prévaut de l’absence de ce document pour refuser de prendre en charge les frais funéraires, dont le montant doit s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’Euros aujourd’hui si tant est que la dépouille de la victime y soit toujours.

Depuis le jugement d’Instance du 22 janvier 2013 (qui fait suite au verdict inique de la Cour d’Assises en vue d’indemniser les victimes), il y a eu pas moins de 4 renvois, et 4 des parties civiles n’ont même pas pu se faire représenter par un avocat digne de ce nom. Car Fabien NDOUMOU, fort de ses bons offices de « mercenaire » de la justice françafricaine, ne s’est pas contenté de mal les défendre. Il a lâchement abandonné les parties civiles à leur sort depuis le 10 décembre 2012, soit trois jours après le verdict inique de la Cour d’Assises. Il refuse d’ailleurs toujours de restituer le dossier à ses « clients » ou même à son successeur – autant dire qu’il les prive littéralement de la moindre chance d’obtenir une juste réparation de leur préjudice. Pour contrer les procédures de manquement à la déontologie que nous avions engagées à son encontre devant l’ordre des avocats, il est allé jusqu’à les faire condamner à verser 20 000€ (en même temps ce n’est pas si grave puisqu’ils ne sont pas solvables et pas prêts de l’être, d’autant que tous deux viennent de se voir couper l’Allocation Temporaire d’Attente, en dépit du recours pendant exercé devant la Cour National des Demandeurs d’Asile). Ils ont introduit des demandes d’aide juridictionnelle depuis près d’un an mais n’ont toujours pas de décision favorable, sans compter que les notifications de pièces manquantes, les décisions de caducité qui sont supposées avoir été transmises à 6 des parties civiles dans ce procès, n’arrivent jamais entre leurs mains. Sur le plan strictement humanitaire même, Jacques a été jeté dehors en plein hiver en janvier 2013, ce qui a fait dire au médecin de PONTOISE qui le suivait à l’époque qu’ « on aurait voulu le tuer qu’on ne s’y serait pas pris autrement ».

Un seul mot d’ordre : tout faire pour que l’affaire MAHE ne refasse pas surface alors que la diplomatie hollandaise inscrit résolument ses pas dans celle de son prédécesseur, avec une visite d’allégeance réciproque annoncée pour fin février 2014 (première visite de HOLLANDE en CÔTE D’IVOIRE)(5).

Car l’argent, celui de l’indemnisation des victimes, est loin d’être l’enjeu central de cette affaire. Plus que jamais, « l’affaire MAHE est l’arbre qui cache la forêt »(6)de la mainmise de la FRANCE sur une grande partie des richesses de la CÔTE D’IVOIRE au détriment du droit du peuple ivoirien à disposer de lui-même.

Nous osons affirmer qu’en ce début d’année 2014, l’affaire MAHE est un des rares dossiers portés sur la place judiciaire que la Francivoire n’a pas encore réussi à enterrer, avec la plainte de Michel GBAGBO contre SORO pour  « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants » de juin 2012 qui n’est pas non plus sans connaître de nombreuses obstructions (7) :

-   Les demandes de commissions d’enquête sur le rôle de la LICORNE dans la crise ivoirienne sont toujours en souffrance sur le bureau de l’Assemblée Nationale (8) ;

-    Les enquêtes sur les véritables circonstances de la mort d’Antoine MASSE (9) et de 9 soldats à BOUAKE en novembre 2004 sont au point mort, surtout après le non lieu accordé à Michèle ALLIOT MARIE (MAM rebaptisée plus à propos Mensonges Après Mensonges), déni de justice prévisible certes, mais déni de justice qu’il convient de dénoncer malgré tout (10);

-  Les responsables de la centaine de morts et des milliers de blessés de la fusillade de l’Hôtel Ivoire et des autres exactions commises par l’Armée française à ABIDJAN en novembre 2004 courent toujours en dépit des actions du  COPAVIL (11);

-  Les meurtres de Guy André KIEFFER, Philippe REMOND, Yves LAMBELIN, Stéphane Frantz DI RIPPEL (12) et de bien d’autres restent sans réponse dès lors que leur résolution risquerait de mettre  à jour les intérêts économiques en jeu et le rôle de la FRANCE dans leur préservation au mépris de la souveraineté du peuple ivoirien ;

- La FRANCE, les instances européennes et onusiennes qui couvrent le fonctionnement de la Cour Pénale Internationale continuent de soutenir les procédures opaques, partiales et complaisantes de la Procureur BENSOUDA à l’encontre des seuls tenants de l’ancien Régime, au mépris du respect du droit non seulement des accusés, mais également de leurs prétendues victimes(13).

A celles et ceux qui continuent de croire que l’affaire MAHE n’aurait fait qu’une victime, un dommage collatéral sans intérêt de la crise ivoirienne en quelque sorte, nous disons :

-     Pourquoi dans ce cas, les autorités politiques, judiciaires, militaires, policières tant françaises qu’ivoiriennes se donnent-elles autant de mal pour étouffer cette affaire MAHE/LICORNE depuis bientôt dix ans?

-       Pourquoi n’y a-t-il aucune plainte des prétendues victimes de Firmin MAHE ?

-       Pourquoi les autorités illégitimes de CÔTE D’IVOIRE ne sont-elles pas partie au procès pour accréditer la thèse de la « bande à MAHE » et des prétendues exactions qu’on lui impute ?

-   Pourquoi ne vérifie-t-on pas les témoignages des victimes de la région qui dénoncent les nombreux crimes qu’ils ont subis et continuent de subir depuis 2002 avec le soutien direct de la FRANCE ?

Quelques extraits des témoignages des victimes que la justice française cherche à tout prix à écarter des débats, notamment en empêchant le procès des assassins de Firmin MAHE de suivre son cours :

« Jusqu’à la rébellion de 2002, nous vivions en bonne entente avec les allogènes, en majorité des Burkinabés et des Ivoiriens venus du Nord qui pour la plupart travaillaient pour nous depuis de nombreuses années. […] nous vivions ensemble dans les mêmes villages, partagions notre vie quotidienne et nos enfants fréquentaient les mêmes écoles. Comme beaucoup de mes frères de la région, nous avons adhéré au Front Populaire Ivoirien dès sa création […] pour lutter contre le parti unique mais aussi pour une société plus juste.

Après le 19 septembre 2002, […] Les rebelles venus du Nord tuaient nos parents, violaient nos sœurs et pillaient nos terres. Il y a eu plus de 40 morts dès la première attaque. La plupart des allogènes se sont rangés du côté des rebelles. La zone assiégée par les rebelles est devenue une zone de non droit. Nous  avons appris ce qui se passait en accueillant des victimes qui fuyaient leurs villages […]  Nous étions à leurs funérailles lorsque des rebelles ont surgi et ont assassiné par balle […] Suit une liste de victimes dont nous tairons les noms pour ne pas mettre en danger les survivants.

Une autre fois, peu de temps avant le massacre du chef, les rebelles ont fait irruption au village, […]. Un groupe de 15/20 personnes est arrivé en Kia moteur (camion benne), escorté de quelques voitures et de motos 4x4 équipés de lance-roquettes. Quand ils sont arrivés devant la maison du Directeur de l’Ecole […], les enfants se sont réfugiés à l’intérieur. Ils étaient en vacances et géraient les téléphones au village. Les assaillants ont cassé la porte de la maison et ont arrosé les 5 enfants/étudiants du Directeur d’école. Ses 5 fils sont morts sur le coup et leurs tombes sont à […].

Le chef du village […] a également été assassiné par les rebelles. Ils sont allés dans son campement. […] Sa sœur […]  a voulu les empêcher de partir avec le chef et ils l’ont tué d’un tir de Kalachnikov. Ils sont partis avec les sacs de cacao et le chef qu’ils obligeaient à porter une charge trop lourde en dépit de son extrême faiblesse. A quelques kilomètres du village, ils l’ont étranglé. Nous avons retrouvé son corps dans la brousse deux jours plus tard et nous l’avons inhumé. Là encore, sa tombe est là… »

« Donc en 2009, quand j’arrive à […], la plantation familiale de 16ha de cacao est occupée par des Burkinabé ainsi que le campement par un dénommé « Koffi » et un autre « Moussa ». D'après les infos que j’ai, ils occupaient toujours notre plantation le 11 avril 2011 lorsque les troupes rebelles aidées par l’Armée française ont fait tomber notre Président. »

« Je suis à ABIDJAN en 2011 quand survient la crise postélectorale. […] J’ai participé à la plupart des grandes marches aux mains nues en 1992, 2000, 2004, 2007, 2010, 2011 pour défendre mon pays. En mars 2011, j’ai répondu aux appels de BLE GOUDE de nous rassembler et de dormir Place de la République pour montrer à la Communauté Internationale que nous soutenions notre Président,            nos institutions et que nous voulions que l’on respecte notre choix (http://www.youtube.com/watch?v=Nhmy2B3hPKo).  Quand les bombardements franco-onusiens ont commencé sur  le camp d’AKOUEDO, fin mars – il s’agissait d’hélicoptères français « PUMA », les gens ont commencé par fuir COCODY pris de panique. Nous étions des dizaines de milliers rassemblés autour de la Résidence Présidentielle pour soutenir Laurent GBAGBO. J’ai vu des milliers de Patriotes aux mains nues tomber. Début avril, les porte-paroles du Président nous ont demandé de partir car Laurent GBAGBO estimait que c’était lui qui était visé, que ce n’était pas la peine de mourir pour rien, comme nos frères morts en novembre 2004  en se dirigeant vers le 43ème BIMA et devant l’Hôtel Ivoire. Moi, j’ai quitté les lieux le 4 avril par la route de MPOUTO. J’ai pu regagner KOUMASSI en me faufilant entre les barrages des FRCI (Riviera 2). Avec un camarade, on a mis longtemps pour atteindre MPOUTO où on a pu prendre une barque (La Pinance) pour traverser la lagune et aller au Terminus 32. Là je suis allé me cacher dans mon Eglise jusqu’à la capture de Laurent GBAGBO et de ses proches le 11 avril 2011. Après le 11 avril, je suis resté là. Les gens de la paroisse nous envoyaient de quoi vivre et manger (nous étions au moins 6 à avoir trouvé refuge dans l’Eglise). C’est là que j’ai pu rester sans pratiquement jamais sortir au-delà d’un petit périmètre en vivant de la charité chrétienne.

« […] et […] sont morts devant moi à COCODY après nous être séparés pour avoir plus de chance de nous en sortir au niveau de la RTI quand nous avons fui la Résidence Présidentielle début avril comme je l’ai exposé plus haut. Nous avons vu les rebelles les découper en morceaux. Nous avons assisté impuissants à leur dépeçage, pétrifiés par la peur. »

Malgré tout, un espoir nouveau se fait jour dans ce dossier avec la désignation de Maître Norbert TRICAUD qui a accepté de les représenter à cette audience d’appel tout d’abord, avant de porter plainte contre l’Etat français qui devra rendre compte de sa responsabilité dans cette tragédie (14)… En espérant que cela permette à de nombreuses autres victimes de  reprendre confiance, d’engager la responsabilité de l’Etat français dans toutes les affaires précitées, et plus largement la couverture de nombreux crimes barbares commis par les rebelles de 2002, sans oublier sa responsabilité dans l’accès et le maintien au pouvoir d’un régime aussi illégitime que liberticide, dont la liste des victimes ne cesse de s’allonger (15).

C’est pourquoi nous invitons toutes celles et ceux qui rejettent la Françafrique et sa Justice aux ordres à venir massivement soutenir Maître Norbert Tricaud lors de sa première plaidoirie dans l’affaire MAHE/LICORNE le mardi 11 février 2014 à 9h à la COUR D’APPEL de PARIS Pôle 2, chambre 4 (Métro Cité Ligne 4). 

 


 

(1)http://nouveaucourrier.net/les-assassins-du-jeune-ivoirien-condamnes-a-de-la-prison-avec-sursis-affaire-mahe-pourquoi-ce-verdict-honteux-etait-previsible/

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/laffaire-mahe1-pas-encore-assez-etouffee.html

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/12/et-si-laffaire-mahe-ne-faisait.html

(2)http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/16/97001-20140116FILWWW00722-un-colonel-prive-de-ses-declarations.php?pagination=1  

(3)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/qui-veut-tuer-son-chien-laccuse-davoir.html

(4)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/du-droit-naturel-denterrer-ses-morts.html

(5)http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14043.html

(6)http://survie.org/billets-d-afrique/2013/220-janvier-2013/article/affaire-mahe-l-arbre-qui-cache-la

(7)« Affaire « audition de Michel Gbagbo à Paris »: La juge française en colère contre Abidjan » publié le vendredi 31 janvier 2014, Notre Voie: http://soutienetliberte.wordpress.com/2014/01/31/la-justice-francaise-reitere-sa-demande-dentendre-michel-gbagbo-suite-a-sa-plainte-pour-enlevement-et-sequestration/

(8)Proposition de résolution de juillet 2012 visant à créer une commission d’enquête sur le rôle de la Force Licorne en CÔTE D’IVOIRE renvoyée à la commission de la défense nationale et des forces armées, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement: http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0131.asp

(9)http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2013/05/10/antoine-masse-le-journaliste-tue-dont-rsf-se-moquait.html

(10)http://www.peuples-observateurs.org/article-togo-cote-d-ivoire-soldats-francais-tues-a-bouake-en-novembre-2004-la-justice-francaise-etouffe-l-af-121117628.html

(11)Voir déclaration du COPAVIL (Collectif des Patriotes Victimes de la force française Licorne): http://news.abidjan.net/h/416215.html;

Preuves de la responsabilité directe de la force Licorne dans cette tragédie: http://www.youtube.com/watch?v=8j5StJnIw-s; http://www.youtube.com/watch?v=0YaJnbkWDSQ; http://philippehua.com/2012/07/25/cote-divoire-la-victoire-aux-mains-nues-un-documentaire-de-sidiki-bakaba/

(12)http://claudus.ivoire-blog.com/archive/2013/03/14/assassinat-du-francais-phillipe-remond-en-cote-d-ivoire-un-a1.html

(13)Gbagbo à la CPI: comment Maître ALTIT et ses collègues ont dézingué BENSOUDA:

http://nouveaucourrier.net/gbagbo-a-la-cpi-comment-altit-et-ses-collegues-ont- dezingue-bensouda/

CPI: L’affaire Laurent Gbagbo perturbe le complot françafricain:

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=8506

(14)Maître Tricaud demande que la lumière soit faite sur tous les crimes politiques en Côte d’Ivoire  et au-delà:

http://www.youtube.com/watch?v=bjgbKPHUSrI; http://www.youtube.com/watch?v=LKX2QmqtgPE

(15)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html

côte d'ivoire,france, AFFAIRE MAHé, quand la Justice Française s’acharne sur les victimes!,maître tricaud

Contacts : 06 69 49 40 06 ou 06 10 47 67 17

 

Source: CONTREPOIDS INFOS

jeudi, 06 février 2014

MEDIAS ET RESEAUX SOCIAUX - FACEBOOK FETE SES DIX ANS

 

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"Facebook a commencé la révolution du social, mais il pourrait ne pas réussir à la contrôler"

- Trip Chowdhry (analyste chez Global Equity Research).

"Cela a été un voyage incroyable"

- Mark Zuckerberg, PDG de Facebook.

Facebook fêtait ses 10 ans d'existence ce mardi ! Le réseau social est devenu un formidable outil de partages et de communication. Mais il peut aussi se révéler destructeur pour certains utilisateurs. Insultes, harcèlements, chantages, détournements de photos, usurpations de compte : les dérives sont nombreuses.

QUEL AVENIR POUR FACEBOOK?

Facebook s'apprête à fêter ses dix ans, l'âge de la maturité pour le roi des réseaux sociaux qui a dépassé une entrée en Bourse catastrophique et se transforme en machine à rentrées publicitaires, mais voit aussi son public vieillir. "Cela a été un voyage incroyable", remarquait encore ce mercredi le PDG Mark Zuckerberg.

Le trombinoscope en ligne qu'il a démarré en janvier 2004 dans sa chambre de Harvard est devenu une entreprise mondiale connectant plus d'un milliard de personnes, et lui-même l'un des plus jeunes milliardaires de la planète.

"Facebook a rendu le monde plus petit, plus interactif. Il unit des familles, des amis, des voisins à travers le monde. C'est un vrai phénomène de société", souligne à l'AFP Trip Chowdhry, analyste chez Global Equity Research. "Plus de 20% du temps passé sur internet l'est sur Facebook. Ils ont réalisé avec succès la transition de l'ordinateur de bureau au mobile. Ce qu'ils ont réussi est remarquable", juge aussi Lou Kerner, fondateur de la société d'investissement Social Internet Fund.

L'histoire a pourtant failli mal tourner. Au printemps 2012, l'entrée en fanfare de Facebook à la Bourse de New York est un désastre avec une accumulation de problèmes techniques, puis une dégringolade du cours de l'action qui perd la moitié de sa valeur en trois mois.  Le groupe a depuis retrouvé les faveurs de Wall Street, où son cours évolue à des niveaux record et où certains analystes comme ceux de la banque Citi voient en lui "la meilleure histoire de croissance du secteur internet américain".

UN EMPIRE PUBLICITAIRE

Il a en effet trouvé en quelques trimestres un moyen d'afficher de la publicité, dont comme tout service gratuit sur internet il tire le plus gros de ses ressources, sur les petits écrans des smartphones de plus en plus populaires pour accéder à internet.

Ses recettes en ce domaine ont explosé l'an dernier, lui permettant de détrôner Yahoo! de la deuxième place sur le marché mondial de la publicité en ligne dont selon la société eMarketer il s'est adjugé 5,7%. Il reste loin de Google (32,4%) mais sa croissance est trois fois plus rapide et il multiplie les nouveaux produits comme récemment ses premières publicités vidéo.

UN AVENIR RADIEUX OU UNE CHUTE ANNONCEE ?

Les avis des experts sont partagés.

Tout cela ne va pas sans heurts. "Facebook a commencé la révolution du social, mais il pourrait ne pas réussir à la contrôler", prévient Trip Chowdhry, qui énumère les polémiques régulières sur la protection des données privées des utilisateurs ou sur le caractère intrusif de ses dernières publicités, ainsi que les inquiétudes récurrentes sur le départ d'utilisateurs, notamment adolescents, vers des concurrents toujours plus nombreux.

Une étude récente de iStrategyLabs calculait qu'en trois ans, le nombre de membres américains de Facebook dans la tranche d'âge 13-17 ans avait diminué de 3 millions (-25%), tandis que ceux de plus de 55 ans augmentait de 12,5 millions (+80%). "Les gens blaguent sur le fait que pour un adolescent, ce n'est pas cool d'avoir sa mère sur Facebook. Ce n'est même plus la mère, mais la grand-mère", note Lou Kerner.

Il relativise toutefois. "On ne peut pas rester cool pour toujours": à un moment il faut disparaître ou "devenir davantage un utilitaire. Et Facebook fait cela avec beaucoup de succès". Pour l'analyste, "la perte de fréquentation par les adolescents est plus que compensée par le gain de fréquentation et d'engagement par des gens plus âgés".

Le cabinet de recherche Trefis a aussi jugé dans une note que le vieillissement des membres de Facebook pourrait être positif pour ses revenus, les usagers plus âgés ayant aussi plus de pouvoir d'achat. "Les annonceurs mettent des contenus promotionnels sur Facebook pour une seule raison: générer des ventes. La vaste majorité des achats en ligne vient d'utilisateurs de 25 ans et plus", relève Trefis. "Avec ces chiffres à l'esprit, le déclin des utilisateurs âgés de 13 à 24 ans devient presque hors de propos".

Les cassandres sont souvent des universitaires fort loin de la vie réelle, souligne La Libre Belgique : « le cours de Bourse de l’entreprise crève des plafonds et que l’existence de ce média se traduit en créations d’entreprises et de jobs, des chercheurs de l’université de Princeton ont publié une étude très pessimiste sur son avenir. Un signal d’alarme pour Mark Zuckerberg, le fondateur du site de contacts ? Pas vraiment. Le groupe de chercheurs est arrivé à la conclusion que Facebook pourrait perdre 80 % de ses utilisateurs d’ici à 2017, en se basant sur l’histoire d’une autre plateforme (MySpace) et sur la théorie de la viralité mesurée par le nombre de recherches via Google sur le nom Facebook et le niveau "d’engagement" des internautes vis-à-vis des marques. Et Facebook de rétorquer par un article publié sur le blog d’un de ses spécialistes des données, Mike Develin, qui a démonté l’étude de Princeton en appliquant sa méthodologie à… Princeton. "La tendance analysée de cette façon montre que Princeton risque de disparaître par manque d’étudiants d’ici 2021", explique-t-il en substance. »

FACEBOOK SAIT REAGIR ET ANTICIPER

La Libre Belgique rappelle qu’ « On a dit notamment que les jeunes préfèrent utiliser Instagram pour partager les photos des instants clés de leur vie ? Instagram a été rachetée par Facebook en août 2012. »

Et ajoute que Facebook a aussi réussi « le défi du mobile ? ». « Lors de l’introduction en Bourse de Facebook, "on" a aussi assuré que Facebook ne parviendrait pas à s’imposer sur les smartphones. Loupé, une fois encore. Dans le prospectus destinés aux investisseurs, diffusé avant l’introduction en Bourse, Facebook expliquait avoir pleinement conscience de ce défi. Et dans les résultats publiés la semaine dernière, la société - un groupe à présent - a assuré avoir réalisé sur ce segment une percée spectaculaire en actant plus de 50 % de ses résultats publicitaires sur les mobiles sur le trimestre écoulé. Et on n’est pas ici dans l’esprit d’une start-up : 1,5 milliard de dollars de bénéfices net sur un chiffre d’affaires 2013 de 7,9 milliards. Le tout avec une accélération exceptionnelle au dernier trimestre 2013. Sur 1,2 milliard d’utilisateurs. »

Facebook ? Une affaire à suivre …

 

TEM / avec AFP / Infographie AFP / 5 février 2014

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lundi, 03 février 2014

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 2 FEVRIER 2014

 

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Statistiques du blog pour le mois de JANVIER 2014: 35.174 visiteurs uniques, 71.929 visites et 332.571 pages vues. Pages par jour (Moyenne/Maximum): 10.728/13.082 et Visites par jour (Moyenne/Maximum): 2.320/2.928.
 
 
Nombre d'abonnés à la Newsletter, à la date du 2 février 2014: Non disponible depuis le chiffre de 4.165 abonnés du début du mois de décembre 2013
 
 
Nombre de posts, à la date du 2 février 2014: 3.284

 
Nombre de commentaires au 2 février 2014: 15.376
 
 
Pour télécharger la mise à jour du 2 février 2014 de votre blog préféré, veuillez cliquer:


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Vous pouvez également effectuer votre téléchargement en passant par la catégorie que nous avons créée à cet effet dans la colonne de droite: «Télécharger le blog Regards Croisés: Lancer l'export de la mise à jour du (date de la dernière mise à jour)».

Comment visualiser le blog Regards Croisés, une fois le téléchargement effectué?


1- Double-cliquer dans le fichier zip (compressé: en icône de livres rouge, bleu et vert empilés, avec le titre en minuscule sans accent «regardscroises», terminé par un nombre en milliers et le mot «zip»);
 
2- Si votre ordinateur comporte un logiciel «WinRAR» installé, il vous fera apparaître un encart de dialogue sous forme de tableau. Cliquer dans «Extraire vers» et choisissez le dossier (ancien ou nouveau) ou le périphérique où vous voulez conserver votre archive zip extraite;
 
3- Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) «regardscroises» et un fichier «index.html»). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier «index.html». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion)! Bonne lecture!
 
 
DINDE Fernand AGBO